182 de e’esprit des lois.
par une volonte rigide, qui est par-tout la
meine; tout s’applanit sous ses pieds.
A mesure que les jugements des tribunaujcse multiplient dans les monarchies,'la juris-prudence se Charge de decisions qui quelque-fois se contredisent, ou parceque les juges quise succedent pensent differemment, ou parce-que les meines affaires sont tantöt bien, tantötmal defendues; ou enfin parune infinite d’abusqui se glissent dans tout ce qui passe par lamain des hommes. C’est un mal necessaii’e,que le legislateur corrige de temps en lemps,comme.contraire meme a l’esprit des gouver-nements moderes: car quand on est oblige derecourir aux tribunauj;, il faut que eela viennede la nature de la Constitution, et non pas descontradictions et de l’incertitude des lois.
Dans les gouvernements oü il y a necessair-rement des distinctions dans les ])crsonnes, ilfaut qu’il y ait des Privileges. Cela diminueencore la simplicite, et fait mille cxceptions.
Un des privileges le moins a cliarge a la so-ciete, et snr-tout ä celui qui le donne, c’est deplaider devant un tribunal plutot que devantun autre. Voila de nouvelles affaires, c’est-ä-dire celles oü il s’agit de savoir devant queitribunal il faut plaider.
Les peuples des etats despotiques sont dansun cas bien different. Je ne sais sur quoi, dansces pays, le legislateur pourroit statuer, ou lemagistrat juger. Il suit de ce que les terresapparliennenl au prince, qu’il n’y a presque