I76 DE l’eSPKIT DES LOIS.trie; c’est parceque Fon est citoyen qu’on sefait, pour un temps, soldat. S’il y avoil deuxctatsdistingues,onferoitsentiräcf]uiqui,sousles armes, secroit citoyen, qu’il n’est que soldat.
Dans les monarcliics, les gens de guerren’ont pour objet que la gloire, 011 du moinsl’honneur ou la fortune. On doit bien se gar-der de donner les einplois eivils a des liommespareils : il faut, au conlraire, qu’ils soient con-tenus par les magistra t s eivils, et que les meinesgens n’aient pas en meine temps la conliancedu peuple, et la force pour en abuser (1).
Voyez, dans une nation oii la republique seeaclie sous la forme de la monarchie, combienFon craint un etat particulier de gens de guerre;et comment le guerrier reste toujours citoyen,ou meine magistrat,afin que ces qualites soientun gage pour la patrie, et que Fon ne l’oubliejamais.
Cette division de magistratures en civiles etmililaires, faite par les Ptomains apres la perlede la republique, ne fut pas une cliose arbi-traire; eile fut une suite du cliangement de laConstitution de Home: eile etoit de la naturedu gouvernement monarebique; et ce qui nefut que commence sous Auguste (2), les em-
(1) Ne Imperium ad optimos nobilium transfer-retur, senatum militiä vetuit Gallienus'; etiamadireexercilum. Aurelius Victor, de Ccesaribus. —(2)4.11-guste öta aus senateurs, proconsuls, et gouverneurs,le droit de porter les armes. Dion , liv. XXXIII.