■LIVRE V, ClIAP. XII. 175
Seconde question. Esl-ce ime bonne nia-xime qu’un eitoyen puisse etre oblige d’accep-ter dans l’armee «ne place inferieure ä cellequ’il a occupee? On vöyoit sonvent, chez lesRomains, le capitaine scrvir i’annee d’apressous son lieutenant (1). C’est que, dans les re-publiques,la vertu demande qu’on fasse a le-tat un sacrilice continuel de soi-meme et de sesrepugnances. Mais, dans les monarcliies,riion-neur, vrai ou faux, ne peut souffrir ce qu’il ap-pelle se degrader.
Dans les gouvernements despotiques, oül’on abuse egalement de l’ltonneur, des posteset des rangs, 011 fait indifferemment d’un priu-ce un goujat, et d’un gonjat un prince.
Troisieme question. Mettra-t-on sur unemeine tete les emplois civils et militaires ? ilfaut les unir dans la republique, et les separerdans la monarchie. Dans les republiques il se-roit bien dangereux de faire de la professiondps armes un etat particulier distingue de ce-lui qui a les fonctions civiles; et dans les 1110-narcbies il n’y auroit pas moins de peril ä don-ner les deux fonctions ä la meine personne.
On ne prend les armes dans la republiquequ’en qualite de defenseur des lois et de la pa-
(1) Quelques eenturions ayaut appele au peuplepour demander l’eiuploi qu’ils avoieuL eu: « Il cst<' juste, mes compagnous , dit un centurion, rpie« vous regardiez comnie lionorables Lous les postes" oü vous del’cndrez la republique. » Tite-Live,liv. ULII.