io8 de l’esprit des lois.
(loit avoir aussi iufailliblement son effet qu’uneboule jetee contre une autre doit avoir le sien.
II n’y a point de temperament, de modifica-tions, d’accommodements, de termes, d’equi-valents , de pourparlers , de remontrances ;rien d’egal ou de meillcur a proposer. L’hom-me est une creature qui obeit a une creaturequi veut.
On n’y peut pas plus representer ses crain-tes sur un evenement futur , qu’excuser sesmauvais succes sur le caprice de la fortune.Lepartage des liommes, comme des betes, y estl’instinct, Fobeissance , le cliatiment.
11 ne sert de rien d’opposer les sentimentsnaturels, le respect pour un pere, la tendressepour ses enfants et ses femines, les lois del’lionneur, Fetat de sa sante; on a recu l’ordre,et cela suffit.
En Perse, lorsque le roi a condamne quel-qu’un , on ne peut plus lui en parier , ni de-mander grace. S’il etoit ivre ou hors de sens, ilfaudroit quel’arret s’executat tont de meine (i");sans cela il se eontrediroit, etla loi ne peut secontredire. Cette maniere de penser v a eie detout temps : l’ordre que donna Assuerns d’ex-terniiner les Juifs ne pouvant etre revoque,on prit le parti de leur donner la permissionde se defendre.
11 y a pourtant une cbose que Fon peut quel-quefois opposer a la volonte du prince ( 2 ),
([) Voyez Chardin.— ( 2 ) 10ul.