DE I, ESPRIT DES LOIS.
poussiere oü eiles seroieut cnsevelies. Le con-seil flu prince n’est pas un depöt eoiivenable :il esl, par sa nature, le depöt de la ■volonteinomentanee du prince quiexecule, et non pasle depöt des lois fondainentales. De plus , leconseil du monarque (Lange saus cesse; illi’est point permanent; il ne sauro I etre nom-breux ; il n’a >oint ä un assez haut degre laconfiance du peuple : il n’est donc pas en elatdel’eclairer dans los temps difficiles , ni de leramener a l’obeissance.
Dans les etats despotiques, oü il n’y a pointde lois fondamenlales, il n’y a pas non plus dedepöt de lois. De la vient que, dans ces pays,la religion aordinairementtant de force : c’estqu’elle forme une espece de depöt et (#e per-manence : et, si ce n’est pas la religion, ce sontles coutumes qu’on y venere, au lieu des lois.
CH AP IT RE Y.
Des lois relatives a la nature de l’etat despotique.
X i. resulte de la nature du pouvoir despotiqueque riiomme seul qui l’exerce le fasse de me-ine exercer par un seul. Ln liomnie a qui sescinq sens disent saus cesse qu’il est tout, etque les autres ne sont rien , est nalurellemcntparcsseux, ignorant, voiuptueux. Il abandon-ne donc les affaires. Mais s’il les confioit ä plu-sicurs, il y auroit des disputes entre eux; onl.iroit des brigues pour ötre le promier escla-\ e; le prince seroit oblige de rentrer dans l’ad-