IIVRE II, CHIP. IV. 91
vage; alnsi les monarques , dont le pouvoirparoit sans bornes, s’arretent par les plus pe-tits obstaeles, et soumettent leur fierte natu-relle a la plalnte et ä la priere.
Les Anglais , pour favoriser la liberte,ont ote toutes les puissances intermediairesqui formoient leur monarcliie. Us ont bien rai-son de consei'ver cettc liberte : s’ils venoient ala perdre, ils seroient un des peuples les plusesclaves de la terre.
M. Law, par une ignorance egale de la Con-stitution republicaine ct de la monarehique,fut un des plus grands promoteurs du despo-tisme que l’on eüt encore vus en Europe. Ou-Ire les changements qu’il fit, si brusques , siinusites, si inouis, il vouloit oter les rangsintermediaires et aneantir les corps politiques:il dissolvoit (1) la monarcliie par ses cliimeri-ques remboursements , et sembloit vouloirracbeter la Constitution meine.
Il ne suflit pas qu’il y ait dans une monar-cliie des rangs intermediaires, il faut encoreun depot de lois. Ce depöt ne peut etre quedans les corps politiques, qui annoncent leslois lorsqu’elles sont failes, et les rappellentlorsqu’011 les oublie. L’ignorance naturelle äla noblesse, son inattention, son inepris pourle gouvernement civil, exigent qu’il y ait uncorps qui fasse sans cesse sortir les lois de la
(1) Ferdinand, roi d’Aragon, se fit grand-maitredes ordrcs, et cela seul altera la Constitution.