LIVEE II, CHIP. V. <)i
ministration. II est donc plus simple qu’il l’a-bandonne ä un visir (i) qui aura d’abord lameine piiissance que Ini. L’etablissement d’un■visir est dans cet etat une loi fondamentale.
On dit qu’uii pape, ä son election, penetrede son incapacite, fit d’abord des diffieultesinfinies. II acrepta enfiri, et Iivra ä son neveutoutes les affaires. II etoit dans l’admiration,et disoit: « Je n’aurois jamais cm que cela eiit« ete si'aise. » II en est de meine des princesd’orient. Lorsque, de cette prison oü des eu-nuques lcur ont affoibli le coeur et l’esprit, etsouvent leur ont laisse ignorer leur etat me-ine, on les tire pour les placer sur le tröne ,ils sont d’abord ctonnes : mais quand ils ontfait un visir, et que, dans leur serrail, ils sesont livres aux passions les plus brutales; lors-qu’au milieu d’uue cour abattue ils ont suivileurs capriees les plus stupides, ils n’auroientjamais cru que cela eüt ete si aise.
Plus l’empire est etendu, plus le serrail s’a-grandit, et plus, par eonsequent, le prince estenivre de plaisirs. Ainsi, dans ces etats , plusle prince a de peuples a gouverner, moins ilpense au gouvernement; plus les affaires ysont grandes, et moins on y delibere sur lesaffaires.
(i) Les rois d’orient ont toujours des visirs, ditM. Chardin.