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Les tribunaux d’un grand etat cn Europefrappentsans cessc, dcpuis plusicurs siecles,sur la juridiction patriinoniale das seigneursct sur l’ecclesiastique. Nous ne voulons pascensurer des magistrats si sages; mais nouslaissons ä deeider jusqu’a quel point Ia Consti-tution cn peut etre changee.
Je ne suis point entere des privileges desecclesiastiques; mais je voudrois qu’on fixätbien mie fois leur juridiction. 11 n’est pointqucstion de savoir si on a eu raison de l’etablir,mais si eile esl etablie; si eile bat une partiedes lois du pays, et si eile y est par-tout rela-tive; si, entre deux pouvoirs quel’onrecon-noit inddpendants , les conditions ne doiventpas etre reciproques; et s’il n’est pas egal ä unbon sujet de delendre la justice du prince, oules limites qu’elle s’est de tout tempsprescrites.
Autant que le pouvoir du clerge est dangc-reux dans une republique, autant est-il con-venable dans une monarcliie, sur-tout danscelles qui vont au despotisme. Oü en seroientl’Espagne et le Portugal depuis la perte daleurs lois , sans ce pouvoir qui arrete seul lapuissance arbitraire ? Barriere toujours bonnelorsqu’il n’y en a point d’autre : car, commele despotisme cause ä la nature Immaine desmaux eff'royables, le mal meine qui le limiteest un bien.
Comme la mer, qui semble vouloir couvrirtoute la lerre, est arretee par les herbes et lesmoindres gras iers qui se trouvent sur le ri-