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[1.] De l'Esprit Des Lois 1 (1803)
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79
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LIVRE II, CHAP. II. 79

quil ne peut ignorer, et des faits qui tombentsous les sens. II sait tres bien qunn bomnie aete souvent ä la guerre, quil y a eu tels ou telssucees; il est donc tres capable delire un ge-neral. II sait quuu juge est assidu, que beau-coup de gens se retirent de son tribunal Con-tents de lui, quon ne la pas convaincu de cor-ruption; en voilä assez pour quil elise un pre^teur. II a ete frappc de la inagnificence ou desricliesses dun citoyen; cela suffit pour quilpuisse clioisir un edile. Toutes ces clioses sontdes faits dont il sinslruit mieux dans la placepublique, quun monarque dans son palais.Mais saura-l-il conduire une al'faire, connoitreles lieux, les oceasions, les moments, en pro-fiter? Non; il ne le saura pas.

Si Ton pouvoit douter de la capacile natu-relle qua le peuple pour discernerle merite,il ny auroit qua jeter les yeux sur cette suitecontinuelle de clioix etonnants que firent lesAtbeniens et les Romains; ce quon naltri-buera pas sans doute au liasard.

On sait qua Rome, quoique le peuple sefüt donne le droit delever aux charges les ple-beiens, il ne pouvoit se rcsoudre ä les elire; etqnoiqua Atlienes on püt, par la loi dAris-tide, tirer les magistrats de toutes les elasses,il narriva jamais, dit Xenoplion (1), que lebas peuple demandät eelles qui pouvoient in-teresser son salut ou sa gloire.

(i)lag. C91 etÖ92, edit. de Weelielius,deraui 5 g 6 .