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[1.] De l'Esprit Des Lois 1 (1803)
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78 DE lESPRIT DES LOIS.

ou seulemenl uns partie du peuple. A Lacede-mone, il falloit dix mille citoyens. A Rome,nee dans la petitesse pour aller ä la grandeur;ä Rome, falte pour eprouver toutes les vleis-situdes de la fortune; a Rome, qui avoit tan-töt presque tqus ses citoyens hors de ses mu-railles, tantöt loute lIlalie et une partie de laterre dans ses murallles, on navoit point fixece nombre (1); et ce fut une des grandes cau-ses de sa ruine.

Le peuple qui a la souveraine puissance doitfaire par lui-meme tout ce quilpeut bien faire;et ce quil ne peut pas bien faire, il faut quille fasse par ses ministres.

Ses ministres ne sont point a lui, sil ne lesnomine : cest donc une maxime fondamentalede ce gouvernement, que le peuple nomine sesministres, cest-a-dire ses magistrats.

II a besoin, connne les monarques, et meineplus queux, detre conduit par un conseil ouSenat. Mais, pour quil y ait confiancc, il fautquil en elise les membres; soit quil les clioi-sisse lui-meme, comme ä Atlienes, ou par quel-que magistrat quil aetabli pour les elire, coni-me cela se pratiquoit ä Rome dans quelquesoccasions.

Le peuple est admirable pour choisir ceuxä qui il doit confier quelque partie de son au-torite. Il na ä se determiner que par des cboses

pi) Voyez les ConsideraUons sur les caiiscs de lagrandeur des Romains et de leur decadencc, cli. IX.