78 DE l’ESPRIT DES LOIS.
ou seulemenl uns partie du peuple. A Lacede-mone, il falloit dix mille citoyens. A Rome,nee dans la petitesse pour aller ä la grandeur;ä Rome, falte pour eprouver toutes les vleis-situdes de la fortune; a Rome, qui avoit tan-töt presque tqus ses citoyens hors de ses mu-railles, tantöt loute l’Ilalie et une partie de laterre dans ses murallles, on n’avoit point fixece nombre (1); et ce fut une des grandes cau-ses de sa ruine.
Le peuple qui a la souveraine puissance doitfaire par lui-meme tout ce qu’ilpeut bien faire;et ce qu’il ne peut pas bien faire, il faut qu’ille fasse par ses ministres.
Ses ministres ne sont point a lui, s’il ne lesnomine : c’est donc une maxime fondamentalede ce gouvernement, que le peuple nomine sesministres, c’est-a-dire ses magistrats.
II a besoin, connne les monarques, et meineplus qu’eux, d’etre conduit par un conseil ouSenat. Mais, pour qu’il y ait confiancc, il fautqu’il en elise les membres; soit qu’il les clioi-sisse lui-meme, comme ä Atlienes, ou par quel-que magistrat qu’il aetabli pour les elire, coni-me cela se pratiquoit ä Rome dans quelquesoccasions.
Le peuple est admirable pour choisir ceuxä qui il doit confier quelque partie de son au-torite. Il n’a ä se determiner que par des cboses
pi) Voyez les ConsideraUons sur les caiiscs de lagrandeur des Romains et de leur decadencc, cli. IX.