A N A L Y S T.
Jcure, autant qn'il est possible, la condition dapi;uple eonqnis : c’est satisfaire tout a la fois ia loinaturelle et: la maxime d’etat. Tlien n’est plus beauque le traite de pnix de Gelon avec Ies Carthaginois ,par lequcl il ieur defeudit d’immolera Tavenir leurspropres enfauts. Les Espagnols, en eonquerant lel'erou, anroieiil du obliger de meine les liabitantsn uc plus iininoler des liommes a leurs dieux; maisilscrurent plus avantageux d’immoler cespeuplesmeines. Hs u’eureut plus ponr conquete qu’un vastedesert; ils furent lorces a depeupler leur pays, ets’affoiblirent pour toujours par leur propre vio-toire. On peut etre oblige quelquefois de cliangerles lois dupeuple Yaincu ; rien uc peut jamais obli-ger de lui dler ses meeurs, ou meine ses eoutumes,qui sont souvenL loutes ses mamrs. Mais le moyenle plus sur de conserver une conquete, c’csl demettre, s’il est possible, le peuple vaiucu au ni-veau du‘peuple eonquerant, de lui accorder iesniemes droits et. les meines privileges : c’est ainsiqu’cn ont souvent use les Romains; c’est ainsiqu’cu usa Cesar a l’egard des Gaulois.
Jusqii’ici, en considcrant chaque gouvernementtant en lui-meme que dans son rapport aux autres ,nous u’avoas eu egard ui a oe qui doit leur etrecomnmn, ni aux oirconstances particulieres , tireesou de la nature du pays , ou du genie des peuples :c’est ce qn’il Taut mainteuant developper.
La loi commune de tous les gouvernements , dumoins des gouvernements moderes et par conse-quent justes, est la liberte politique dont chaquecitoyen doit jouir. Cefte liberte n’est point la li-cence absurde de faire tout ce qu’on vcut, mais lepouvoir de faire tout ce que les loisperiuettent. Ellepeut etre envisagee , ou daus son rapport ä la Con-stitution , ou daus son rapport au citoyen.