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[1.] De l'Esprit Des Lois 1 (1803)
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46
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A N A L Y S T.

Jcure, autant qn'il est possible, la condition dapi;uple eonqnis : cest satisfaire tout a la fois ia loinaturelle et: la maxime detat. Tlien nest plus beauque le traite de pnix de Gelon avec Ies Carthaginois ,par lequcl il ieur defeudit dimmolera Tavenir leurspropres enfauts. Les Espagnols, en eonquerant lel'erou, anroieiil du obliger de meine les liabitantsn uc plus iininoler des liommes a leurs dieux; maisilscrurent plus avantageux dimmoler cespeuplesmeines. Hs ueureut plus ponr conquete quun vastedesert; ils furent lorces a depeupler leur pays, etsaffoiblirent pour toujours par leur propre vio-toire. On peut etre oblige quelquefois de cliangerles lois dupeuple Yaincu ; rien uc peut jamais obli-ger de lui dler ses meeurs, ou meine ses eoutumes,qui sont souvenL loutes ses mamrs. Mais le moyenle plus sur de conserver une conquete, ccsl demettre, sil est possible, le peuple vaiucu au ni-veau dupeuple eonquerant, de lui accorder iesniemes droits et. les meines privileges : cest ainsiqucn ont souvent use les Romains; cest ainsiqucu usa Cesar a legard des Gaulois.

Jusqiiici, en considcrant chaque gouvernementtant en lui-meme que dans son rapport aux autres ,nous uavoas eu egard ui a oe qui doit leur etrecomnmn, ni aux oirconstances particulieres , tireesou de la nature du pays , ou du genie des peuples :cest ce qnil Taut mainteuant developper.

La loi commune de tous les gouvernements , dumoins des gouvernements moderes et par conse-quent justes, est la liberte politique dont chaquecitoyen doit jouir. Cefte liberte nest point la li-cence absurde de faire tout ce quon vcut, mais lepouvoir de faire tout ce que les loisperiuettent. Ellepeut etre envisagee , ou daus son rapport ä la Con-stitution , ou daus son rapport au citoyen.