DE MONTESQUIEU. 17
leurs dieux et Ieurs cout umes ; dans celle de n’avoirjamais deux puissants ennemis sur les bras , et detout souffrir de l’uu jusqu’a ce qu’ilseussent aueanlil’autre. II trouve les causes de leur decadence dansl’agrandissenient meme de l’etat, qui cliangea enguerres civiles les tumultes populaires ; dans lesguerres eloignees, qui, forcant les citoyens a unetrop longue absence, leur faisoient perdre insensi-blement l’esprit republicain ; dans le droit de bour-geoisie accorde ä taut de nations , et qui ne fit plusdu peuple romain qu’une espece de monstre a plu-sieurs teles ; dans la corruption introduite par leluxe de l’Asie; dans les proscriptions de Sylla , quiavilirent l’esprit de la nalion et la preparercnt aresclavage ; dans la neeessitc ou les Romains setrouvcrent de souffrir des maitres loi'sque leur li-berte leur fut deyeuue a cliarge ; dans l’obligafionoii ils furent de clianger de maximes en changeantde gouvernement; dans cette suite de monstres quiregnerent, presque saus interruption , depuis Ti-bere jusqu’a Nerva, et depuis Comuiode jusqu’aConstantin ; enfin dans la translatiou et le partagcde rempire, qui perit d’abord en occideut par lapuissance des barbares, et qui, apres avoir languiplusieurs siecles en Orient sous des empereurs im-becilles ou feroces, s’aneantit inseusihleineut, com-me ees flenves qui disparoissent dans des sables.
Un assez petit volume a sufliaM. de Montesquieupour developper untableau si interessant et si vaste.Comnie 1’auteur ne s’appesantit poiut sur les detailset ne saisit que les branches fecondes de son sujet,il a su renfermer cn tres peu d’espace un graud uoni-.
2.