II
DE MONTESQUIEU,differentes nations , il etoit necessaire qu’il les con-1111t. Ce fut dans cettcvue qu’il entreprit de voyager.Son but etoit d’examiner par-tout le pliysicpie et lemoral; d’etudier les lois et Ia Constitution decbaquepays; de visiter lessavants, les ecrivains, les arlistescelebres ; de cliercher sur-tout ces liommes rares etsinguiiers dont le commerce supplee quelquefois a,plusieurs annees d’observations et de sejour. M. deMomesquien eiit pu dire comiue Democrite: « Je« n’ai rien oublie pour m’instruire ; j’ai qtiittea mon pays et parcouru l’univers pour mieux con-« noitre la verite ; j’ai vu tons les personnages illus-« tres de mon temps. » Mais il y ent cette difrerenceentre le Democrite francais et celui d’Abdere, quele premier voyageoit pour instruire les liommes , etle second pour s’en moquer.
Il alla d’abord a Vienne , oü il vit souvent le ce-leb re prince Eugene. Ce heros, si fuuesteä la France( a laquelle il auroit pu etre si utile), apres avoirbalauce la fortuue de Louis XIV et lmmilie la fierteOttomane, yivoit saus faste durant lapaix, aimantet cultivant les lettres dans une cour ou eiles sontpeu en lionueur (i), et donnant ä ses maitres l’exem-ple de les proteger. M. de Montesquieu crut entre-voir dans ses discours quelques resles d’iuterelpour
(i) Quelques Allemands orit pris, tres mol-ä-propos,ces paroles pour une injurc. L’amour des liommes est.im devoir dans les princes : 1 amour des lettres est ungoAl qu’il leur est. permis de ne pas uYoir. (JSote ded’Alcmbert.\