:HW
DE MONTESQUIEU. 3
ton avoit jefe , des sa premiere jeunesse ,les fonde-nients des onvrages qui l’ont rendu iinmortel. Ge-pendant l’etnde de la jurisprudence,quoique moinsaride pourM. de Montesquieu que pour la plupartde cenx qui s’y livrent, parcequ’il la cultivoit enphilosophe , ne sufiisoit pasa l’etendue et a 1 activitede son genie : il approfondissoit, dans le meinetemps, des malleres encore plus importantes ct plusdelicates (i) , et les discutoit dans le silence avec lasagesse, la decence et l’equite qu’il a depuis mon-trees dans scs ouvrages.
Un oncle paternel, president a mortier au parle-rnent de Bordeaux , juge eclaire et citoyen ver-tueux, l’oracle de sa compagnie et de sa proviuce ,ayant perdu un lils uni que, ct voulant conserverdans son corps l’esprit d’eievation qn’il avoit tuched’y repandre, laissa ses biens et sa cliarge ä M. deMontesquieu. Il etoit conseiller au parlcinent deBordeaux depuis le 24 fevrier 1714, et fut recupresident a mortier le 1 3 juillet 1716. Quelques an-nees apres , en 1722 , pendant la minovite du roi,sa compagnie le chargea de presenter des reraon-trances a l’occasiou d’un nouvel impot. Place entrele tröne et le peuple, il remplit, en suj et respectueux,et en magistrat plein de conrage , l’emploi si nohleet si peu envie de faire parvenir au souverain le crides malheureux ; et la misere publique, representee
(r) C’etoit un ouvrage en forme de lettres, dont lebut etoit de prouver que l'idoiatrie de la plupart despaicus ne paroissoit pas meriten une damnation eternelle,(JSote da d*Alembert!)