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8 (1740) Lettres SEH - Z
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Z U M. Z U N.

tre fujets, il y en a un d’une idée particulière, & qui demandedans le Sculpteur une force furprenante d'imagination : c’eft cequ’il appelle la Corruzione. Ce font des figures colorées au natu-tel y qui répréfentent un. homme mourant, un corps mort, unqui commence à fe corrompre, un autre corrompu, & enfin uncadavre plein de pourriture & mangé des vers, que l’on ne fau-ioit regarder fans être faiii d’une efpéce d horreur, tant 1 ingé-nieux Sculpteur y a fçu mettre de vérité. Ces ouvrages frappè-rent fi fort le Grand-Duc, qu’il les jugea dignes de tenir leurrang, dans fon fuperbe cabinet, parmi les ftatues antiques & lesplus rares tableaux qu’il poffédoit. Après quelques années deléjour à Florence, Zumbo crut qu’il n’y avoit que la France quifût digne d’attacher fa fortune : ainfi il demanda fon congé auGrand-Duc, qui n’ayant pu le diffuader de ce voyage, lui ditobligeamment en le congédiant, Vous pouvez trouver un Maîtreplus grand que moi, mais jamais perfonne qui facbe mieux que moi ceque vous valez. Les bienfaits, l’eftime de ce Prince, & tous lesagrémens que Zumbo avoit à fa Cour, ne purent l’y retenir. Ilpaifadonc à Gênes, où il employa quatre ou cinq années à tra-vailler une Nativité du Sauveur, & une Dejcente de Croix, qu’onpeut dire fes chefs - d’œuvre. Il s’aifocia en cette villeavec un Chirurgien François, nommé Des-Noues, à deffeinderépréfenter avec fa cire colorée des corps anatomiques : le Chi-rurgien difTéquoit, & le favant Sculpteur répréfentoit. Sonplus beau morceau dans ce genre, fut un corps de femme avecion enfant, qui parut avec tant de vérité, & des couleurs fi na-turelles , que les Speétateurs les plus habiles y furent trompez:l’ouvrage étoit fur fa fin, lorsque des raifons d’intérêts brouillè-rent les deux AiTociez. Ainfi, Zumbo piqué, abandonna fonChirurgien, à qui le corps refta, & pafia en France. Arrivéà Marfeille, il y montra fes deux merveilleux ouvrages de laNativité & déjà Defcente de croix, dont M. de Montmor, In-tendant des galères, fut fi étonné, qu’il én écrivit en Cour.Il reçut ordre d’y envoyer cet Etranger. Pendant que cela fepréparoit, Zumbo voulut aufli porter à Paris quelque morceaulemblable à ce qu’il avoit fait en Anatomie à Gênes. M- l’Inten-dant lui donna un jeune Chirurgien, Galérien, pour l’aider; &il lui fit diiTéquer plufieurs têtes, que l’hôpital de Marfeille eutordre de lui fournir. Ce fut fur ces têtes naturelles, qu’il for-ma une belle tête anatomique, que l’Académie des Sciences ap-prouva , avec les éloges-que l’on voit dans l’Hifloire de l'Académiede l’année 1701. Les plus curieux voulurent la voir; & Philip-pe, petit-fils de France, Duc d’Orléans, Prince plein de bongoût pour toutes chofes, ne dédaigna pas d’aller chez Zumboexaminer à loifir cet ouvrage ; mais peu après cet homme mer-veilleux trouva fon tombeau où il croyoit trouver fon triomphe,& au milieu des applaudiffemens de tout ce qu’il y avoit de grand&d’illuftre à Paris, la mort l’enleva à la fortune au mois d’ofto-bre 1701. Cetre tête anatomique, dont nous venons de parler,fut achetée par le Roi, qui la remit entre les mains du SieurMaréchal, premier Chirurgien de fa Majefté. Cependant dix ansaprès, Des-Noues, ce Chirurgien, dont nous avons parlé, re-vendiqua cet ouvrage, difant qu’il étoit forti de fes mains; &que Zumbo, qu’il traitoitd’Impofteur, n’y avoit eu d’autre partque de l’aider de fon travail, comme auroit pu faire un autreOuvrier. 11 en fit imprimer un article dans les Mémoires de Tré-voux du mois de juillet 1707. Mais le mois fuivant on inféradans ces mêmes Mémoires, une réponfe à cet article injurieux à lamémoire de Zumbo : cet article en efl: extrait.

Z U M E L (François) Général des Religieux de la Merci,fe fignala contre le Jéfuite Molinaqui avoit attaqué fa do&rine.Zumel compofa des Ecrits apologétiques que Bannez s’engagea àdéfendre devant l’Inquifition. Il compofa une Cenfure de laDoétrine de Molina, que l’on envoya à Rome pour la décifionde la grande affaire De Auxiliis, qui a duré longtems. Zumelvengea l’éleétion du Pape Clément VIII, dans l’Ecrit qu’il inti-tula , De inconcuffa Clamentis VIII P apte EleÜione, & certitudineinfaillibili ipfius Pontificatus. Clément VIII, fatisfait de fon zé-lé, lui addrelTa pour l’en remercier un Bref , dans lequel ildonna de grandes louanges à fes Ouvrages. * Voyez le PèreSerry dans fon Hiftoire Latine des Congrégations De Auxiliis , l.1. c. 22: l. 2. c. 25 31,

* ZUM-STAIN, petite ville du Cercle d’Autriche, enAllemagne dans la Haute Carniole, fur le Weiftricz, eftaunord-oueft de Laubach, dont elle efl: éloignée de près de 12 lieues.

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Z U N CIIIN , Empereur de la Chine , étoit frère de Tienki,& lui fuccédavers l’an 1628. Voulant remédier à la divi-fion, qui avoit commencé fous le régne de Tienki, entre les Grandsde fa Cour, il fit mourir l’Eunuque Gueï, avec plufieurs de fafaftion, dont il craignoit la puifiance. Par cette mort, il s’atti-ra la haine des principaux d’entre les Eunuques & des Manda-rins. Ceux-ci ayant pris la fuite, commencèrent à lier des in-telligences avec les Rebelles, & firent en forte que Licungz,leur Chef, devint le Maître de Péking, où étoit Zunchin dansfon Palais. Cet Empereur voyant qu’il ne pouvoit fe défendrede cette violence, écrivit de fon fang une lettre à Licungz, pourle prier d’avoir pitié de fon peuple. Puis il coupa la tête à fafille, qui étoit déjà en âge d’être mariée, craignant que Licungzme lui ôtât l’honneur; & étant defeendu dans le jardin de fon Pa-lais, il s’y pendit avec fes jarretières à un prunier. Ce fut l’an1644, que cet Empereur, qui fut le dernier de la famille deThamin, périt fi miférablement. Sa femme, & plufieurs Grandsde la Cour, qui lui avoient été fidèles, fui virent fon exemple.* Martini, Jéfuite, Hiftoire de la Guerre des Tartares contre laChine.

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Voyez S O N D.

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Z ü NIG A, l’une des plus anciennes Maifons de Caftilledite auparavant Estuniga , que l’on tient defeendre d’A lfonse,Inlant de Navarre, & de Sanüie, Dame & héritière de Zuniga ,dont on ne rapportera ici la poftérité que depuis Inico , qui enfaifoit le fixiéme degré.

VI. Inico -Ortiz, feptiéme Seigneur de Zuniga , quitta laNavarre en 1274, pour s’établir en Caftille, & époufa Agnès, fil-le de Jean- Alfonfe de Haro, dit le Vieux , Seigneur de Los - Ca-meros, & il en eut 1. Alfonse - Fernande’s qui fuit; 2. Inico,qui continua la poftérité rapportée après celle de fon frère aîné ; & 3.Fortunio de Zuniga, qui retourna en Navarre, où il s’établit, &où il laiflfa poftérité.

VIL Alfonse-Fernande's, huitième Seigneur de Zuniga,mourut en 1350, au fiége de Gibraltar, ayant eu de TbéreJ'e,fille d 'Alvare - Diaz de Haro, Seigneur de Los - Cameros, 1. Diè-gue, mort au fiége de Gibraltar, avec fon père; & 2. Alvare,neuvième Seigneur de Zuniga, deBagnarès, &c. mort en 1359,fans poftérité.

VII. Inico de Zuniga, fécond fils d’iNico-O rtiz, feptiémeSeigneur de Zuniga, fut Seigneur deLas-Cuévas, de Menda-via, de Caftroviejo, &c. & époufa 1. N. . . Lapés de Haro ;2. Mencie de Haro, fœur de Tbéréfe, mariée à fon frère aîné.Du premier lit vinrent 1. Tode, mariée à Diêgue- Lopès de Haro,dernier Seigneur de Los - Cameros ; & 2. 3. 4. trois autres fil-les, mortes fans alliance. Du fécond fortirent, 5. Die'gue quifuit; & 6. Loup-Diaz de Zuniga, Seigneur de Caftroviejo, quifit une branche qui eft finie.

VIII. Die'gue-Lofe’s de Zuniga, Seigneur de Las-Cuévas,mort en 1343, avoit époufé Elvire de Guzman, Dame de Prias,deVillalva de Lofa, &c. dont il eut 1. Inico qui fuit; 2. Ferdi-nand, Seigneur de Moguer & d’Algave, mort fans enfans deMarie Guillen de Cafus; 3. Gonfalve , mort fans poftérité deSanüie de Roxas; & 4. Tbéréfe de Zuniga, mariée à Gonfalve *Alfonfe Carillo, Seigneur de Quintana.

IX. Inico-Ortiz, Seigneur de Las Cuévas , dixiéme Sei-gneur de Zuniga après la mort de fon coufin de Bagnarès, &c.époufa Jeanne d’Orozco, fille & héritière d'Inico - Lopès, dernierSeigneur d’Orozco, & il en eut 1. Jean, onzième Seigneur deZuniga, tué à l’armée en 1385; 2. Die'gue-Lope’s qui fuit; 3.Inico, Seigneur de Monteagudo, qui époufa SanÜie Nunès dePayua, fille d ’Inico de Zuniga, Seigneur d’Azofra, dont la po-ftérité finit en la troifiéme génération; 4. Loup, Seigneur deCanalès, mort en 1410, qui avoit époufé SanÜie Ponce de Léon,dont les Zuniga d’Andaloufie tirent leur origine; 5. Ferdinand,Seigneur d’Efcariche, dont defeendent les Zuniga établis à Gua-dalaxara; 6 . Mencie, alliée à Pierre- Gonfalès Davila , Seigneurde Villafranca & de Las-Navas; & 7. Jeanne de Zuniga, Ab-beffe de Las - Huelgas à Burgos.

X. Die'gue -Lope's , douzième Seigneur de Zuniga, mouruten novembre 1417. II époufa Jeanne - Garde de Leyva, fille deSancbe-Martinès, Seigneur de Leyva, & il en eut 1. Pierre ,I. du nom, qui fuit; 2. Sancbe, Seigneur de Bagnarès, qui é-poufa Bèatrix Manrique, fille de Garde, Comte de Caftagnéda,de laquelle il^n’eut point d’enfans; 3. Inico, qui fit la branche desComtes de Nie va, rapportée cy-après; 4. Die'gue, qui fit celle desComtes de Monterey, aufft mentionnée cy-après; 5. Gonfalve, E-vgque de Palencia & de Jaën, mort en 1456; 6 . Mencie, alliéeà Diégue-Pérès de Sarmiento , Seigneur de Salinas; 7. Eléonore,mariée à Alfonfe-Pérès de Guzman, Seigneur de Lépe ; & 8.Inico de Zuniga, Seigneur de Saint-Martin de Valbéni, qui é-poufa Marie de Fonféca, fille de Jean - Alfonfe d’Ulloa, & deBéatrix de Fonféca, & en eut Jean, Seigneur de Saint-Mar-tin de Valbéni, qui de Marie de Caftille, fille de Diégue de Ro-xas , Seigneur de Pofa, eut pour enfans N. . . Seigneur deSaint - Martin de Valbéni; & Eléonore de Zuniga, mariée à Pier-re d’Acugna, Seigneur de Villaviudas.

XI. Pierre de Zuniga, I. du nom, Grand de Caftille, Sei-gneur deBéjar, Comte de Lédefma, de Truxillo & dePlacentia,Seigneur d’Ayamonte & de Miranda, mourut en 1454, âgé de70 ans. Il avoit époufé Ifabelle de Guzman, fille d'Alvare - Pé-rès de Guzman, Seigneur de Gibraléon, &c. &il en eut 1. Alvare,I. du nom, qui fuit; 2. Die'gue, qui a fait la branche des Com-tes de Miranda, rapportée cy - après ; 3. Elvire, mariée I. ijean-Alfonfe Pimente!, Comte de Mayorga: 2. à Pierre-Alvarès O-forio, Comte de Traftamare; 4. Jeanne, Religieufe; & 5. Ifa-belle de Zuniga , morte fans alliance,

XII. Alvare de Zuniga, I. du nom, fécond Comte de Pla-centia, Grand de Caftille, Duc d’Arévalo, puis Duc dePlacen-tia & de Béjar, inoiitut le dixième juin 1488. Il époufa 1. en1429, Léonore Manrique, fille de Pierre, Seigneur d’Amufco &de Trévigno: 2. en 1447, Léonore Pimentel, fille de Jean- Al-fonfe, Comte de Mayorga, morte en i486. Du premier lit vin-rent 1. Pierre, IL du nom, quifuit; 2. Die'gue, quiafait labranche des Seigneurs de Villoria, rapportée cy-après; 3. Alva-re, qui a donné l'origine à celle des Comtes de Fuensalida, aufftmentionnée cy - après ; 4. Frédéric, mort, élu Evêque d’Ofma; 5.Léonore, marjée 1. â Jean de Luna, Comte de Sant-Iftevan: 2-à Ferdinand- Alvare de Tolède, Comte d’Oropéfa; 6. Elvire, al-liée à Alfonfe de Sotomajor, Comte de Bélalcazar; & 7- Fran-çois de Zuniga, Seigneur de Mirabel, qui époufa Marie Manuelde Sotomajor, fille de Jean, Seigneur d’AIconche!, & qui en eutpour fils unique Frédéric de Zuniga & Sotomajor, Marquis deMirabel, Seigneur d’AIconchel, &c. qui d'Anne de Caftro , eutpour fille Marie de Zuniga & Sotomajor , Dame de Mirabel, abliée à Louis Davila; & Agnès de Zuniga, Dame d’AIconchel,mariée à Pierre de Ménéfès, Seigneur de Cantagnéde. Les en-fans du fécond lit d’ALVARE de Zuniga, fécond Comte dePla-centia , furent 8. Jacques , Cardinal, dont il fera parlé cy - apresdans un article féparé ; 9. Ifabelle, mariée à Frédéric - Alvarès as