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8 (1740) Lettres SEH - Z
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12o 2 U L

en 151 g, il s'ôppofa à Bernardin Samfofl, quivendoic des In-dulgences à toutes mains. ,, Il lit plus, il s’addreffa à Hugues,, de L.andeberg, Evêque de Confiance, pour l’exhorter à per-„ mettre qu’on prêchât purement & fans aucun obstacle laPa-,, rôle de Dieu dans fon Diocéfe, & à examiner comment onj, pourrait faire du bien à l’Eglife, en aboliffant tant d’abus, &,, de fuperflitions groflrares, qui avoient la vogue. ” Il fut ap-pellé la même année le onzième décembre à l’emploi de Prédi-cateur dans la cathédrale de Zurich. „ Y étant arrivé, il dit auChapitre qu’il avoit deffein, avec l’aide de Dieu, d'expliquer**, non pas les Dominicales ,comme ç’avoit été jufques alifrs laeou-„ tume, mais l’Evangile félon faint Matthieu tout entier; non,, point félon les Traditions humâmes, mais par la Sainte-Ecritu-re ; le tout à la gloire de Dieu & de jefus - Chrift & pour avani, eer le falut des âmes , & intfruire les hommes dans la véritableji Foi Chrétienne. ” Zuirgle prêcha avec fuccès & avec un grandconcours d’Auditeurs ; il fut même appuyé pendant quelquetems de Jean Faber, Vicaire de l’Evêque de Confiance, quil’alTûroit fouvent, que l’Evêque, fon Maître, ne vouloitplusfoufFrir l’orgueil du Pape. Zuingle renonça en 1520, àunepeh-lion que le Pape lui avoit faite. Quatre ans après il fe mariaavec Anne Reinhart, femiiiiede qualité, âgée d’environ 40 ans,& veuve de Jean Meyer de Knonau, Seigneur de Weihingue,dont il eut plufieurs enfans. Deux lui furvécurent, Ülric, quifut Archidiacre & Chanoine de Zurich, & Régula, qui époufaRodolphe Gualtef. Les Magiilrats de Zurich ne voulurent pasque Zuingle allât à la Difpute de Bade, & il ne jugeoit pas noaplus à propos d’y aller, craignant qu’on ne machinât contre favie. Ce fut en 1525, qu’il eut ce fameux fonge fur lequel on afort gloféi Ayant difputé avec Am Grut fur le fens de ces pa-roles, Ceci eft mon Corps, il fongea le lendemain que difputantavec Am Grut fur la même queltion, &que, fe trouvant em-barraffé à trouver dans l’Ecriture un exemple qui prouvât quedans la matière des Sacremens le terme eft fe prend pour fignifie,quelqu’un fe préfenta à lui tout à propos (aterfuerit an albus nonmemini, dit il dans fa rélation,) qui lui indiqua le pàffage ducb. 12. de l’Exode, v. 11. En 1531, Zuingle demanda fon congé ,mais on le lui refufa, & il feréfolutde relier. II n’omit rienpour empêcher qu’on n’en vint â une guerre ouverte avec lesCantons Catholiques. Il alla dans cette vue à Bremgarten avecdeux Ecrléfiaftiques de Zurich, pour tâcher de dlfpoferles efpritsdes Réformez à la paix. Mais tout cela n’empêcha point qu’onn’en vînt â une rupture d’éclat, & les cinq petits Cantons com-mencèrent les hoftilitez. Il mourut dans la célébré bataille deCappel, où il fe trouvoit par le devoir de fa charge & par unordre exprès de fon Magiftrat. Il fut d’abord blelTé d’un coupde pierre, qui le jetta par terre. Il fe releva, mais preffé par lafoule il retomba & fe releva par trois fois. Etant encore tombéfur fes genoux, il s’écria, Hélas! quel malheur ejl ceci. Eb bien!its peuvent tuer le corps, mais ils ne peuvent tuer l'ame. Ce furentfes dernières paroles; un Officier acheva de le tuer d’un coup depique. On fit plufieurs infultes à fon corps. On tint contre luiun Confeil de guerre; on le condamna â être écartelé par leBourreau de Lucerne, & à être réduit en cendres. Henri Wœlf-llein Ou Lupulus, Chanoine de Berne , qui avoit été fon Préce-pteur, lui fit cette Epitaphe, dont le premier diltique marque lejour & l’année de fa mort, par les lettres numérales,

HéLVetiœ ZlngLI D oCtor PaJîorqVe CeLebrls.

VnDena oCtobrls pafsVs ln cetbra VoLat.

Cum grege commijjo pugnans cum fertur in hojlem,

Fro patria, Cbrijlo, Relligione , Fide.

Sic fua Jcripturis tejlatus conforta facris,

Dogmata cum fufo fanguine Jirma probat.

Dumque viri famam combuflo corpore funiïiObfcurare putat, promovet boftis atrox.

Nam qui clams erat vivons, jam mortuus ampleClarier œtermim nomen in orbe tenet.

Zuingle croyoit que le pouvoir d’excommunier, n’appartientni à un homme, ni à deux, ni â trois; mais à l’Eglife, qui exer-ce ce pouvoir avec fon Pafteur, après avoir averti charitable-ment celui qui a péché. * Ruchat, FUJI, de la Rêform. &c. tome3. p. 4 ffc. tome 3. p. 351 6? fuiv.

Z U 1 N T I B O L D. Foyez ZWENTIBOLD.

Z U I R I E, eft un païs que Sanfon, dans fes petites Cartes,place dans la Géorgie en Afie , au Levant du Gurgiftan , le longde la Mer Cafpienne, à l’endroit où étoit l’ancienne Albanie; &il met dans ce païs les villes de Zitracb, de Stranu & de Chipi-che. Mais Baudrand allure que la Zuirie eft le même païs quele Guriel, fitué le long de la Mer Noire: auffi dans les grandes■Cartes de Sanfon & dans celles de Viffcher, on trouve le Da-gheftan au lieu de la Zuirie. * Maty, Diiï. Géogr.

* Z U I S K I, Gouverneur de Pleskow, s’eft diftinguépar favaleur & fon efprit, après le milieu du XVI fiécle. L'arméePolonoife attaquant Pleskow en 1582, Zuiski, non content dedéfendre la place, voulut forcer le camp des Potonois, maiscette entreprife ne lui réüffit pas, parce que fes gens donnèrentdans une embufeade, où ils perdirent trois cens des leurs. LesAffiégez voyant les Polonois fe promener le long de leurs mu-railles, leur tirèrent des coups de carabine qui en tuèrent & enblefférent plufieurs. Les Polonois pour s’en venger, employè-rent une rufe indigne de braves gens. Ils firent préparer un cof-fre de fer, dans lequel ils avoient enfermé douze canons d’arque-bufe, fi menus que le moindre effort étoit capables de les rompre,& que l’on ne pouvoit ouvrir fans les faire tirer. Ce coffre futenvoyé à Zuiski par un des Affîégeans qui feignant de vouloirdéferter, étoit bien aife, difoit-il, de le mettre en fûreté, difantqu’il étoit plein d’or, de pierreries &. de chofes très-précieufes.

ZUÎ. Z U K. Z U L. Sec.

Zuiski he fe trouvant pas chez lui à I’arfiVée du coffre, AndréChoroftin, fécond Palatin de la ville & rival de Zuiski, fe hâta dél’ouvrir, & fut tué à l’ouverture, & plufieurs autres furent eftro-piez. . Là - deffus Zuiski publia un Ecrit fort vif contre Zamos-ki, Grand Général de l’aimée de Pologne, qu’il accufoit d’avoirconfeillé ce fitratagême, & le fit même appelleren duel; maiscomme de part & d’autre ils n’avoitnt pas une grande envie defe battre, cette affaire n’eut point d’autres fuites. Le fixiémefévrier 1582, l’armée Polonoife fut obligée de fe retirer de de-vant Pleskow. * Foyez le Supplément de Taris 1736.

ZUISKI ou BASiLÜWITZi Foyez Z U S K I.

Z U K K A W. Foyez SUCKAWi

ZULCH ou ZULPICH, en Latin Tolbiacum, ou félonquelques Auteurs du moyen âge, Cajlellum Tulpiacum, eft uneville du Duché de Juliers à dix lieues de Cologne, & fort con-nue à caufe de fa grande antiquité. On en a déjà parlé fous lemot TOLBIAC, & l’on peut y ajoûter ce qui fuit. Tacite& l’Itinéraire d’Antonin en font mention. Grégoire de Tours& divers autres Ecrivains François difent que Clovis I obtintune viétoire complette fur les Allemands, friais fans nommer lelieu où la bataille s’eft donnée. L’ancien Ecrivain de la Vie deS. Vaaft dit que ce fut circa ripas Rbeni: ce ne peut donc pasêtre près de Zulpich ou Tolbiac, qui eft éloigné d’une grandejournée de ce fleuve. Les mêmes Hilloriens difent auffi queThéodoric, arriére-petit-fils de Clovis, défit dans ces mêmesquartiers fon frère Théodébert. Dans le partage qui fe fit entreles fils de Charlemagne cette ville fut donnée au Royaume deLorraine, lequel ayant été éteint, elle demeura aux Ducs de Lor-raine. Mais ce Duché ayant été déchiré à l’occafion du Bandans lequel Giefelbert de Lorraine fut mis, & Henri l'Oifeleurayant pris Zulch par force en 925, cette ville tomba , du temsde l’Empereur Othon I, entre les mains du Comte Palatin Her-man , furnoromé le Petit, qui ('hypothéqua enfuite aux Comtesde Juliers. Cunon de Falckenltein, Archevêque de Trêves &Coadjuteur de Cologne, dégagea cette ville le 25 août 1368, enfaveur de ce dernier Archevêché. Cette ville fouffrit beaucoupdans la guerre de 30 ans, & dans les fuivantes , mais elle s’eneft parfaitement relevée. Charlemagne trouvoit la fituation de;Zulch fi agréable qu’il y demeuroit de tems en tems. Il y a troiséglifes paroiffiales à Zulch, celle de S. Pierre, de S. Martin,&c. Il y a encore quelques autres églifes, chapelles fteouvensdans la ville, & les Abbaïes delloven & dePœffenieh au dehors,qui ont des Abbeffes nobles. * Tacite. Grégoire de Tours.Frédegaire. Flodoard, Chanoine, deRheims. Godefroy le Moine.,Fréher. Mabillon. Mérian. Tolner, Hijl. Pal.p. 2 6. Sagitta-rius, de Reg. Tbur. c. 13. ». 4. DU. Allemand de Bâle. Foyexauffi TOLBIAC.

Z U L C I M I N, autrement nommé S O L Y M A N, Ca-pitaine Arabe, fe rendit maître de la Perfe, fous le régne deMarvan , fur lequel il gagna une bataille vers l’an 754. Aprèscette viétoire, il fit trancher la tête à Marvan, & exterminaprefqué tous ceux de fa famille. 11 renouvella dans la Perfe laSeéte d’Ali, & prit le titre d’Amir-el - Mofelmin, c’eftàdire,Empereur des Enfans du falut. * Marmol, de l'Afrique, l. 2.

Z U L F A , ville de l’Arménie ou Turcomanie, fur le fleuveAras , eft fituée entre deux montagnes, où paffe cette rivière.Cha-Abas, Roi de Perfe, fit démolir la ville pour n’être pasobligé de la défendre contre les Turcs, & fit auffi abattre unbeau pont de pierre qui y étoit. Les Habitans furent menez àIfpahan, où le Roi leur donna un fauxbourg, qui porte le nomde Zulfa, en mémoire de la ville. Les terres des environs fonttrès-fertiles, & ils y vivent affez doucement. CogiaNazar,l’un des principaux Arméniens qui fortirent de Zulfa, s’étantrendu puiffant dans le négoce, & ayant acquis un grand créditauprès de Cha-Abas, & de Cha-Séfi, fon fucceffeur, qui lefirent Kelonter, c’eft à dire, Chef & Juge de la nation Arménien -ne, fit bâtir en faveur de fa patrie deux grands Carvanféras, qu’onvoit en la ville de Zulfa, des deux côtez de la rivière d’Aras.* Tavernitr, Foyages, tome 1. I. 4. cb. 6. p 1 468. édit, de HoLlande 1692.

Z U L I A N O. Foyez G I U LI A N O,

Z U L K I E W, ville de Pologne. Cherchez JOULKIEF.

ZU LLICHAW, bourg ou petite ville de Siléfie. Elleeft dans la Principauté de Croffen, vers l’Orient un peu fepten-trional. * Maty, DiB. Géogr.

ZULPICH Foyez ZULCH & TOLBIAC.

Z UM B O (Gafton-Jean) Gentilhomme Sicilien , hommerare ‘dans fon tems, naquit à Syracufe l’an 1656, peu favorifédes biens de la fortune; mais doué d’un prodigieux génie pourles beaux Arts, particuliérement pour la Sculpture, à laquelleil s’attacha. La vue continuelle des Antiques & des rares Pein-tures qui font à Rome, & dans toute l’Italie, échauffa cettedifpofition qu’il avoit à imiter ce que la nature produit de plusparfait: de forte qu’avec le fecours de l’Anatomie, qu’il appritavec plus de précifion qu’il n’eftmême néceffaire à la Sculpture,il fe rendit, fans avoir d’autre Maître que fon propre génie,l’un des premiers hommes qui ayent jamais paru en cet Art. 11ne fe fervit dans tous fes ouvrages d’autre matière que d’une ci-re colorée , qu’il préparait pourtant d’une manière particulière.Ce fecret à la vérité ne lui fut pas particulier. Warin & Le Bell’avoient eu avant lui; mais les morceaux qu’il fit avec cettematière excellèrent fur tous les autres en ce genre pour leur per-feétion. Le Grand Duc de Tofcane, qui avoit fçu les applau-diffemens que Zumbo avoit eus à Bologne, fut ravi de le voir ar-river à Florence, & charmé d’un mérite fi rare, il crut fe l’at-tacher par une penfion confidérable, & par d’autres marques d’u-ne diftinétion particulière. Pendant le tems qu’il futé ce Prince,il fit pour lui avec fa cire colorée deux Sujets de cinq ou fix fi-gures chacun, & deux pour le Prince Ferdinand. Parmi ces qua-tre