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8 (1740) Lettres SEH - Z
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\a charge ^ fervir dans fes armées. Les terres qu’ils poffédents’appellent Zaimets. Zaim , en Arabe, lignifie un Commandant quiconduit un certain nombre d'hommes dont il efl le Maitre. Leur reve-nu eft réglé par les lettres patentes qu’ils obtiennent du Sultan,& ce revenu eft de vint mille afpres, jufqu’à cent mille, moinsun afpre; car fi le nombre de cent mille étoit complet, ce feroitle revenu d’un Sangiac, Bec ou Bacba, qui eft de cent milleafpres, jufqu’à deux cens mille, moins un afpre: lequel y étantajoûté, fait le revenu d’un Beglerbeig. Les Zaims font obligezde mener un Cavalier avec eux, pour chaque fomme de cinqmille afpres du revenu qu’ils ont. Par exemple, un Zaim qui adix mille afpres de revesu, doit être accompagné de deux Cava-liers ; celui qui en en a quinze mille, de trois, & ainli à pro-portion. Ces Cavaliers font nommez Gébelus. Les Zaims, aufli-bien que les Timariots, font difpofez par régimens qui ontchacun leur Colonel, & lorsqu’ils marchent ils ont des drapeaux& des timbales. Ils ne peuvent jamais s’exemter de fervir enperfonne, avec leur fuite, fi ce n’eft fur mer, où on les difpen-fe de venir, moyennant une taxe qui fert à lever d'autres Sol-dats. La plupart des Zaims ont le revenu de leurs terres poureux & pour leurs enfans : quelques uns n’en jouïffent que pen-dant leur vie. Voyez TIMARIOTS. * Ricaut, de l'Em-pire Ottoman.

Z A I N A B, fille de Ilaneth, de la ville de Chaibar. Ma-homet ayant aflîégé & pris cette ville y entra, & alla loger chezHaneth, un de fes principaux Habitans. Sa fille Zainab apprê-tant une épaule de mouton pour le fouper de Mahomet, y mit dupoifon. Bâcher, un des compagnons de Mahomet, en ayantmangé, tomba mort fur la place, & quoique Mahomet n’en eûtporté qu’un morceau à fa bouche, qu’il cracha même, parceque le goût lui déplut, il ne fut jamais bien depuis ce tems-là,& il en mourut au bout de trois ans. Lorsqu’on demanda à Zai-nab pourquoi elle avoit ainfi traité Mahomet, elle répondit,qu’elle avoit eu envie d’éprouver s’il étoit Prophète ou non.Car, dlfoit- elle, s’il eft Prophète, il connoîtra infailliblementque la viande eft empoifonnée, & ainfi il n’en mangera point;mais s’il n’eft pas Prophète, on ne fauroit rendre un ferviceplus fignalé à l’univers que de le délivrer d’un Impofteur & d’unTyran. * Prideaux, Vie de Mahomet, p. 120 121.

ZAÏRE, Lac d’Afrique a fa fource dans la Haute Ethiopie.Il y en a même qui ont cru la même chofe à l’égard du Nil ;mais Jérôme Lobo, Portugais, qui a demeuré 12 ans dans cepaïs-là, & qui s’eft attaché à cette recherche, n’eft pas de ce fen-timent, comme on le voit dans fon Ouvrage des fources du Nil& de la Haute Ethiopie, imprimé à Coïmbre l’an 1660. Plu-fieurs croyent que ce Lac de Zaïre, eft celui qu’on nomme àpréfent le Lac de Zambéfe. Voyez NIL. * Baudrand.

Z AI T A, lfle d’Afie, formée par une rivière du même nomdans le Royaume de Ténafférim. Elle a une ville auflî appelléeZaita, & abonde en toutes chofes néceffaires à la vie. Les mou-tons n’y ont ni cornes ni laine , & ont la peau femblable à celled’un veau. Au milieu de l’Ifle on voit un lac où il y a de très-bon poilTon. Quelques uns appellent ce lac Adamas ou Lac deZaita. * Voyage de Vincent Le Blanc, partie 1. cb. 22. Th. Cor-neille , Dicl. Géogr.

ZAKROCHIM, qu’on écrit Zakroczim ou Zacrotjin,ville de Pologne, fur la rive droite du Bug, éloignée d’environcinq lieues de Varfovie, eft élevée fur une platte- forme, & eftl’une des plus confidérables du Palatinat de Mazovie, par la pe-tite Diète qu’on y tient. * Mémoires du Chevalier de Beaujeu.

ZALAME'A ou CALAME'A, bourg d’Efpagne. Onle trouve en plufieurs Cartes dans l’Andaloufie, entre la rivièred’Odier, & celle de Tinto à douze lieues de Séville vers le Cou-chant feptentrional. Baudrand le place en ce lieu dans un en-droit de fon Diétionnaire, & il dit que c’eft l’ancienne Ilipfa,petite ville des Turdétains ; mais dans un autre endroit il la metdans l’Eftrémadure d’Efpagne, à fept lieues d’Elléréna, vers lenord & au fud de la Guadiane, au lieu où les Cartes marquentVilla Nuova délia Séréna. Apparemment ce font deux bourgs dif-férens, dont le premier porte Amplement le nom de Salaméa,& l’autre celui de Salaméa délia Séréna ou de Villa Nuova délia Sé-rèna. * Mat y, DiÜ. Geogr.

ZALAWAR. Voyez S A L A W A R.ZALDE'RANE, grande plaine de la Médie, fur lesfrontières de l’Arménie, au delà de l’Euphrate, allez près deTauris, fut autrefois le féjour des Rois de Perfe. Elle n’eftconfidérable que par une campagne de quelques lieues d’éten-due, dans laquelle Sélim, I. du nom, battit l’armée redoutablede Sophi Ifmaël, Roi de Perfe le 26 août 1514. * Leunclavius,l. 8 .

Z A L E U Q U E, Zaleucus, Légiflateur des Locriens, peu-ples d’Italie vers l’an 663 avant Jefus Chrift, fit une loi qui or-donnoit que toute perfonne convaincue d’adultère perdroit lesdeux yeux. Par malheur fon fils vint à tomber dans cette fau-te. Comme il s’agilfoit de le punir, & que d’un autre côté leeuple touché de compaflîon demandoit inftamment fa grâce,aleuque qui vouloit abfolument que la loi fût mife en exécu-tion , partagea la peine, fe faifant arracher l’œil droit, & faifantarracher le gauche à fon fils, pour faire connoître qu’il n’étoitpas moins bon père, que jufte Légiflateur. Cet exemple de ju-ftice & de rigueur, fit une fi forte imprelfion dans les efprits,qu’on n’entendit plus parler de ce defordre, pendant le régnede ce Légiflateur. On ajoûte qu’il défendit le vin aux malades,fous peine de mort, à moins que le Médecin ne l’ordonnât, &qu’il fut fi jaloux des loix qu’il avoit établies, qu’il ordonnaque quiconque voudioit y changer, feroit obligé en propofantfa nouvelle loi, d’avoir la corde au col, afin d’être étranglé furle champ, au cas que la fienne valût beaucoup mieux que l’au-tre. Diodore de Sicile attribue la même chofe à Charondas, Lé-

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giflateur des Sybarites. * Elien, Var. Hijtor. I. 2. c. 37 : £7 ».13. c. 24. Cicéron , de Leg. Stobée, Serm. 42. Diodore de Sici-le, l. 12. Valére Maxime, l. 6 . c. 5. Ext. 3.

NB. S’il eft vrai que Zaleuque ait été Difciple de Pythagore.comme l’aflurent Diodore de Sicile, Diogène Laërce, Sénèque,Jamblique & plufieurs autres Anciens, & que Pythagore ait vé-cu l’an 534 avant Jefus Chrift, il eft vifible qu’il n’a pas été Lé-giflateur des Locriens vers l’an 663 avant Jefus Chrift.

* Z A L L A, Goth attaché à l'héréfie Arienne, voulut avoird’un certain païfan ce qu’il avoit. Celui - ci lui ayant réponduqu’il avoit mis fon bien entre les mains de Saint Benoit,Zalla, après lui avoir lié les mains, lui ordonna de le conduireau mooaftére de ce Saint. Ils rencontrèrent le Saint devant facellule, & Zalla lui demanda brutalement le bien du païfan.Alors à la vue de ce faint homme les liens du païfan fe déliè-rent miraculeufement. Zalla en fut furpris, & fe jettant auxpiez de S. Benoît, il fe recommanda à fes prières. Depuis ce-la il n’ofa plus rien exiger du païfan. * Voyez le Supplément deParis 173 (S.

ZALUSKI (André-Chryfoftome) étoit fils A'AlexandreZaluski, Vaivode de Rava, & d’une iœur du célébré AndréOlezewski, Evêque de Culm & Vice-Chancelier de la Cou-ronne, qui devint dans la fuite Archevêque deGnefne, & Pri-mat du Royaume. Il pafla fa première jeuneffe en Pologne. En1667, on l’envoya étudier à Vienne. Mais comme cette capi-tale, ne lui parut pas un endroit commode pour cela, il alla àGratz, où il s’attacha principalement à la Langue Allemande &à l’étude du Droit. L’année fuivante il fut appellé en Pologne,apparemment pour aflïfter à cette Diète, que l’abdication deJean-Cafimir rendit fi mémorable. Il fit fes voyages en 1669.Il alla en France par les Païs-Bas; de France il pafla en Italie,& après s’être arrêté quelque tems à Rome, il revint dans fapatrie un peu avant la mort du Roi Michel. Quelque tems aprèsil obtint un Canonicat à Cracovie par le moyen de fon oncle,& il eut l’honneur d’être nommé à l’Ambaffade d’Efpagne & dePortugal. Le principal but de cette Ambaffade étoit de follici-ter un puiflant fecours d’argent pour la continuation de la guer-re qu’on faifoit aux Turcs. Mais il fut chargé en même temsd’une, autre commiflîon, qui étoit de remettre au Roi d’Efpa-gne 1 Ordre de la Toifon d’Or, qu’il avoit envoyé au Roi Mi-chel. Il pafla par l’Allemagne & par la France, & arriva à Ma-drid dans le tems que le Roi étoit à Aranjuès. N’ayant pas envied’attendre qu’il fût de retour, il demanda par Marefcotti Non-ce du Pape, la permiflion d’aller en Portugal, pour y exécuterfa commiflîon en attendant le retour de la Cour à Madrid. Ilne l’obtint qu’après bien des inftances. Arrivé à Lisbonne, ilfit demander audience au premier Sécretaire d’Etat, qui ayantremarqué que Zaluski, dans fes lettres de créance, étoit quali-fié à’Envoyé de Pologne, il s’informa, dit-on, fi la Pologne étoitune ville ou un Royaume. Il prit aulfl Zaluski pour un Député del’Archevêque de Gnefne, jufqu’à ce qu’on lui eût fait compren-dre la vérité de la chofe. Notre Envoyé fut enfuite admis àl’audience de Dom Pédro, qui, quoiqu’il n’eût pris que le titrede Régent du Royaume, après la dépofition de fon frère, nelaifloit pas d’être en effet Roi de Portugal. 11 eut auflî l’honneurde faluer la Reine, & après les cérémonies accoutumées, il en-tama fa négociation, dans laquelle il ne réüflit pas, traverfé parle Nonce du Pape. Il fut obligé d’aller tenter fortune à Ma-drid. A peine fut-il arrivé fur les frontières d’Efpagne, qu’ilreçut une lettre du Nonce Marefcotti, dans laquelle il lui con-feilloit de ne point venir à Madrid en droiture, la Cour, auflî-bien que le peuple, étant fort mécontente du refus que les Polo-nois avoient fait d’accepter pour Roi le Duc de Lorraine. Enconféquence de cet avis, Zaluski fit un détour aflez confidéra-ble, & trouva les efprits un peu appaifezà fon arrivée. CharlesII, étoit encore fous la tutelle de la Reine fa mère. Ce fut àelle que Zaluski remit l’Ordre de la Toifon d’Or. Mais fa prin-cipale négociation, qui conliftoit à obtenir du fecours contreles Turcs, ne réüflit point. Zaluski alla en France félon les or-dres qu’il en avoit de fa Cour. Deux jours après fon arrivée àParis, il eut audience du Roi à Verfailles, & falua auflî la Rei-ne & Monfieur, Frère du Roi, & il leur notifia l’éle&ion deJean Sobieski. Il prit congé de la Cour trois femaines après, &s’embarqua à Calais pour Hambourg, d’où il continua fa routepar Dantzick. Auflî - tôt qu’il fut en Pologne, il fe fit recevoirDiacre & puis Prêtre par fon oncle Olezewski, qui étoit deve-nu Primat du Royaume pendant fon abfence. Il fe rendit en-fuite auprès de la Reine Douairière Eléonor, à laquelle il remitune petite caille dont on l’avoit chargé en Efpagne. Ce futalors que le Primat, dont il étoit Chancelier dans ce tems-là,lui ordonna d’aller à Javorow, pour s’y faire voir à la Cour. ILfut reçu aflez froidement de la Reine, parce qu’elle étoit mé-contente de fon oncle. Cependant elle fut obligée de difiîmulerayant befoin de fon crédit pour une affaire fort importante. Za-luski affoupit une (Jifpute qu’il y avoit entre l’Evêque de Cra-covie & l’Archevêque de Gnefne pour le rang. Le premier pré-tendoit l’avoir à la cérémonie de l’enterrement des Rois JeanCafimir & Michel. 11 les remit bien enfemble, & l’Evêque fedéfifta de fes prétentions. La mort de fon oncle, qui venoit definir fa courfe à Dantzick, lui fit concevoir de grandes efpéran-ces. Il fut pourtant obligé de prendre de tout autres mefurespour s’avancer, qu’il n’avoit fait jufques-là: cela veut direqu’il fallut penfer à ouvrir fa bourfe. A force de préfens il arri-va enfin à être Chancelier de la Reine, qui le reçut fous fa pro-teétion. Le Roi content de fa conduite lui conféra l’Abbaïe deWachoc, & en 1683, les Evêchez de Kiow & de Czernichow.La joye de Zaluski fut diminuée, parce qu’il futdifgracié de liReine, qui pouffa fa haine jufques au point qu’il fe vit obligéderéfigner fon Evêché le quatrième oétobre 1687 > & de s’éloi-gner