Druckschrift 
8 (1740) Lettres SEH - Z
Entstehung
Seite
91
Einzelbild herunterladen
 

Z A F. Z A G.

l’un nommé Rabadz, & l’autre Racoubt , lefquels faifant voyagepar mer, vinrent aborder à la côte orientale de Madagafcar , tics’établirent dans cette ifie. * Flacourt, tlijioire du Madagafcar.

Z A F I. Voyez S A F I E.

Z A F L A N, Lac d’Afrique de la Haute Ethiopie, avec uneville de ce nom, dépendoit autrefois de l’Empereur des Abyf-fins, & appartient préfentenient aux Galas, félon Jérôme Loup.

Z A F R A, petite ville fortifiée, & défendue par une bonnecitadelle , eft dans l’Eftrémadure d’Efpagne , à huit ou neuflieues de Mérida vers le Couchant méridional. On prend Za-fra pour la ville nommée anciennement Segeda ou Julia Reflitu-ta (laquelle pourtant quelques uns mettent à Cacéres, petite vil-le du même païs. * Maty, Dià. Géogr.

ZAGA CHRIST, Prince d’Ethiopie, comme quelquesuns ont cru, étoit fils de Haffe- Jacob , Roi des Abylfinsou d’Ethiopie , appellé communément le Prête-Jean. Jacobayant régné fept ans allez paifiblement, fit deflfein d’exterminerles Chrétiens Catholiques qui étoient dans fon Empire. MaisSufnéos, coufin du Roi, qui prétendoit à la Couronne, & quifavorifoit'les Catholiques, fe fervit de cette occafion pour luidéclarer la guerre. Jacob fut blefifé dans une bataille qui 1edonna l’an 1628, & mourut quelques jours après, laiiïant deuxfils, Côme , âgé de 18 ans, & Zaga Cbrijl , d’environ 16. Lenom de ce dernier, lignifie TureJ'or de Cbrijl. Ces deux Princesétoient alors dans T 111e de Méroé, dans la ville d’Aïch, où l’onéléve ordinairement les fils du Roi des Abyffins. Nazaréna leurmère, fongeant à la fûreté de fes deux enfans , leur donnapromtement avis de fe retirer chez quelque Prince, ami de leurpère, & leur envoya quantité d'or & de pierreries, pour s’en-tretenir pendant leur retraite. Le Prince Côme qui etoit l’aî-né , -s’en alla vers la partie méridionale, du côté du Cap deBonne-Efpératice. Zaga Chrift , accompagné d’environ cinqcens hommes, tira vers le feptentrion pour gagner le RoyaumedcSanar, qui étoit fon patrimoine, & patfapar le Royaume deFundi, où régnoit alors un Roi Payen, nommé Orbat , Valfal& tributaire du Prête Jean. Ce Roi reçut ôt traita magnifiquement le Prince Zaga Chrift, & lui voulut même donner fa filleen mariage; mais parce que cette PrincetTe étoit Payenne, Za-ga Chriit refufa ce parti. Orbat indigné de ce refus, retint cePrince prifonnier, & dépêcha un Courier vers Sufnéos, quienvoya auifi-tôt une Compagnie de fes Gardes, pour ame-ner Zaga Chriit. Il choiiit pour Capitaine de cette Compagnie,un Gentilhomme Vénitien, nommé Lombarde, Renégat en ap-parence, mais Chrétien dans l’ame, lequel retarda deux joursPexécution de fa cotnmillïon, & fit avertir Zaga Chri;t par unChrétien Cophte. Ce Prince infortuné fe refolut de palier lesdéferts de l’Arabie, où cinquante feulement de fes gens le fui-virent. Il fut volé par un Prince Arabe, qui lui enleva une par-tie de fon bagage, & plufieurs de ceux qui lui reftoient, péri-rent en chemin. Lorsqu’il fut arrivé au Caire, les Cophtts luifirent un grand accueil, comme à un Prince de leur Seéte, &fils de l’Empereur qui avoit perdu la vie & l’Empire pour main-tenir leur Religion. Le Balla même qui commandoit à cettegrande ville, & à toute l’Egypte, fit venir Zîga Chriit en fonchâteau, & l’y traita plufieurs jours. Après avoir pris quelquerepos, ce Prince fe remit en chemin, avec quinze de fes plus fi-dèles ferviteurs , (K s autres manquant de forces & de couragepour le fuivre) & accompagné de huit Religieux Recollets,Millionnaires du Royaume d'Egypte, il arriva à Jérufalem, aucommencement du Carême de l’an 1632, fut faluer le Balla, &fe retira chez les Religieux Abyffins. Dans la femaine- fainte,il fut curieux d’affilter aux cérémonies des Cophtes; mais il ap-prit d’un Prêtre Ethiopien, que ie feu qu’on difoit defcendredu ciel le Samedi - faint, fe faifoit avec un fufil dans le Saint-Sépulchre: ce qui l’excita à quitter les erreurs des Abyffins, &à embralTer la Religion Catholique. 11 n’en fit pas d'abord pro-feffion publique, parce que le Gardien des .Cordeliers craignoitque cela n’attirât la colère du Cadi & du Balfa de Jérufalemcontre lui & contre tous les Religieux. Ce Père lui coufeillade fortir fecrettement pour être plus en liberté. Le jour étantpris, il fortit un foir avec trois de fes ferviteurs, & huit Reli-gieux pour aller à Nazareth; où il arriva le fécond Jeudi aprèsPâques, & y demeura jufqu’au mois de feptembre. Pendant cetems, il apprit l’Italien, ôt un peu de François , & fut reçu à laCommunion de l’Eglife Catholique. Le Pape averti de l’avanture de ce Prince, commanda au Gardien de Jérufalem d’en-voyer Zaga Chrifl à Rome. Lorsqu’il y fut arrivé, le Pape luidonna un Palais pour fon logement, & l’entretinc près de deux ans.Le Duc de Créqui étoit alors Ainbafifadeur à Rome, & perfuada à cè Prince de voir la France, & de venir à Paris ; ce qu’ilfit l’an r(53S- Après y avoir vécu trois ans, il mourut au villa-ge de Ruel proche de Paris, dans la maifon de plaifance du Car-dinal de Richelieu, n’étant encore âgé que de 28 ans. Son corpsfut inhumé en ce lieu, auprès de celui du Prince de Portugal.On publia en même tems une Epitaphe où on parle de lui comme d’un Impolleur. En voici les paroles,

Zaga Cbrijl publié pour Roi d'Ethiopieuiyant imbu Paris de fes grands accident ,put cru tant feulement en être la copieEt non l'original par tes hommes defens.

* Eugène Roger, Relation de la Terre - Sainte. De Rocoles, lesImpojleurs Infignes.

ZAGA RÀ, montagne que les Anciens appelaient Hélicondans la Béotie, étoit une province de la grande Achaïe ou Grè-ce, proche du Mont-Parnafie, dont félon quelques uns, ellefait partie. C’ell au pié de cette montagne, que les fontainesd'IIippocréne & d’Aganippe prenoient leurs fources ; & l’on y

Z A G. Z A H. 91

voyoit autrefois ie tombeau d’Orphée. Les Poètes en avoientfait le féjour des Mufes, & difoient que ceux qui buvoient del’eau de ces fontaines, étoient auffi tôt infpirtz d’Apollon, quileur donnoit un efprit poétique. * Spon, Voyage d’Itdie, deDalmatie, de Grèce du Levant , en 1675 O’ 16/â, tome 2. 1 . 4.p. il. édit, de Lyon, 16; 8. Voyez HE'LICÜN.

Z A G A R 1 . Cherchez S A N G A R.

ZAGAROLO, bourg de l’Etat de l’Eglife en Italie, atitre de Duché, & eft fitué dans la Campagne de Rome, i fixou fept lieues de la ville de Rome vers le Levant. * Maty, Di-ttion. Geogr.

ZAGATHAY ou USBECK, grande partie de la Tar-tarie. On lui donne auffi le nom de M A. Cherchez T A R-TARIE & SUGD 1 ANE.

Z A G O R A. Cherchez D E' V E L T O.

Z A G R A B, ZAGRAB 1 A ou AGRAM. Voyez A-G R A M.

Z A G R U S , aujourd’hui ADILBOGIA, grande mon-tagne del’Afie, fépare la Médie d'avec l’Alfyrie. Niger prétendqu’elle s’appelle auffi Sëmiramis, & que ce nom lui a été donné,parce que Sémiramis, Reine des Afiyriens, la fit percer pourpalier dans la Médie. Ce paftage s’appella pendant quelque temsZagri Pylæ , c’eft à dire, le détroit ou les portes de Zagrus , com-me on nomma Thermopyles, le Détroit du Mont - Oeta. * Stra-bon. Caftai Je.

* Z J H AM ou ZOOM, fils de Roboam, Roi de Juda &d’Abihaïl, fille d Eliab. * II. Chron. ou Paraiip. cb. n. v. 18.

Z A H A R A, ville d’Efpagne dans le Royaume de Grenade,à quatre lieues de Ronda & de Séville, & â douze de Xérès. El-le eft fituée fur un rocher efearpé de tous côtez, avec un fortchâteau aux frontières de l’Andaloufie, prés de la montagne dePinar, au detrous de la fource de la rivière de Guadaléte, quicoule le long de fes murs. Les Habitans de Zahara font naturel-lement complaifans , honnêtes & induftrieux. Ils font grandétat de leur noblelfe, & s’allient rarement avec ceux d’un autrefang. L’agriculture eft leur occupation, & ils fe contentent devivre de leur revenu, ils ne permettent point aux enfans deboire du vin. Les hommes en boivent modérément & les fem-mes fort peu. * Botéro, Relatio di Spagna. Th. Corneille, Dïïï.Géogr.

Z A H A S P A, ville de la grande Tartarie, eft dans le Ma-waralnahar, â l’emboûchure du Gihum dans la Mer Cafpienne.* Maty, DiS. Geogr.

Z A H N (Jean) Chanoine Régulier de l’Ordre de Prémon-tré, Pre> ôt de la Celle inférieure du même Ordre, près deWirtzbourg, l’un des plus grands Philofophes & Mathémati-ciens du ficelé patio, imprima a Nuremberg chez ChriftophleLochner, en deux tomes, in folio , en 16 96, Spécula Pbyjico-Matbematico - Hijlurica nutabilium ac mirabilium Jciendorum, in quaMundi mirabilis Qeconomia , nec non mirifice amplius & magnificusejujdem ubdite reconditus, nunc autem ad tucem protrailus. . .. The -

Jaurus . in tnplici Mundo Cœlejii , JEreo & Terrejlri proponi-

tur. Rien iv’a échappé dans ect Ouvrage à la pénétration deçet habile homme, en ce qui concerne les fecrets Sc les Phéno-mènes des trois mondes dont il fait pour ainfi dire l’Anatomie.Un fcrupule afiez mal fondé l'a empêché d'adopter le fyftême deCopernic; les grands hommes n’en font pas exemts. En 1702,il imprima au même lieu, Oculus artificialis Teledioptricus Jive Te-lefcopium. 11 enfeigne dans cet Ouvrage la méthode de faire desTélefcopes & d’en ufer utilement. Le Père Zahn occupoit fonloifir & fes heures de délalfement, à des expériences de Phyfi-que & de Méchanique. 11 étoit confulté de tous païs, & fapo-liteffe jointe à fon érudition & à fa vertu lui attirèrent l'amitié& l'eftime des Savans. 11 mourut le 27 juin 1707. * Çet articleà été fourni.

ZAHRINGEN. Voyez ZÆHRINGEN.

* ZAHNA, ZAHNAN ou i'ZAHAN, petite villedu Cercle de la Haute Saxe, en Allemagne, dans le DuchéEleétoral deSaxe. Elle eft vers les confins de; l’Eleélorat deBrandebourg & au nord-eft de Wittenberg, dont elle eft éloi-gnée d’environ quatre lieues. Cette ville fut brûlée dans laguerre de trente ans.

Z A H U R I S : c’eft ainfi qu’on nomme en Efpagne certainshommes, qui ont, à ce qu’on prétend, la vue fi fubtile, qu’ilsvoyent fous la terre les veines d’eau, les métaux, les thréfors& les cadavres. Ils ont les yeux fort rouges. Martin del Rioraconte, que lorsqu'il étoit à Madrid en 1575, on y voyoit unpetit garçon de cette efpéce de gens. 11 eft remarquable qu'en-core que cet Auteur aille fort vite à imputer au Démon les ef-fets extraordinaires, il ne croit pas que les Zahuris découvrentl'eau & les métaux fous la terre par aucun patte magique. Ilcroit que les vapeurs leur font çonnoître cette eau, & qu’ilsconnoilfent les mines par le moyen des herbes qui croiftent ences lieux-là. Quant aux thréfors <£ aux cadavres, il prétendque le Diable les leur indique, attendu qu’ils peuvent marquerquels thréfors & quels cadavres ils voyent, & qu’ils n’ont cet-te puiffaneeque les Mardis & les Vendredis. Mais il neraifonnepas bien fur ce que Fon conte de ces gens-là; car fi le Diablevient à leur fecours pour la découverte de ces thréfors & descadavres, pourquoi ne les aideroit-il pas pour découvrir l’eau& les métaux. Ceux qui fe font fervis de cet Auteur pour jufti-fier que ces découvertes fe faifoient naturellement, le font parlà même trompez; puisqu’il en attribue une partie au Démon.Gutierrius, Médecin Efpagnol, dans fon Opufcule de Fafcino,fe mocque de ce que l’on conte des Zahuris. * Martin - An-toine Del Rio, Difquifitiones Magies, tome 1. 1 . r . c - 3- Queefliont

quarta.

Z A I M S, gens de guerre Turcs, jouïflent des revenus decertaines Terres ou Fermes que le Grand-Seigneur leur donne 3M 2 **