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Utembogaerts Livtn. G. Brandt, Hifi. de la Réformation, &c.tome t, p. 346. &c. & tome a.
UTENHEIM (Chriftophle d’) Eveque de Baie , îflud’une famille noble de l’Alface,s’appliqua aux études, & ayantpris le degré de Maître-ès-Arts, il s’attacha au Droit Canondont il fut fait Doéteur. Il fut enfuite Chanoine de l’Eglit'eCollégiale de S. Thomas à Strasbourg, & en 1473 Refteur del’Univerfité de Bâle. Il y fut reçu au nombre des Chanoinesde la Cathédrale, & parvint à la charge de Cuftode. Il futsuffi Vicaire-Général de l’Ordre de Clugny. Enfin, Gafpardde Rhéno, Evêque de Bâle, ne remplilîant pas allez bien lesdevoirs de fa charge, Utenheim fut fon Vicaire, & cet Evê-que étant mort deux ans après en 1502, il lui fuccéda dans l’E-vêché de Bâle. Etant fort âgé, fes Chanoines, du confente-ment du Pape, lui donnèrent pour Coadjuteur Nicolas deDies-bach, à qui il remit quelque tems après l’Evêché: il fe retiraà Dellemont, où fes Chanoines lui faifoient tenir une penfionannuelle de 200 florins. Il y mourut en 1527. Il étoit grandami d’Erafme, qu’il invita fort gracieufement à l’aller voir. E-rafme s’entretenoit avec lui par Lettres au fujet du Carême,des Fêtes, du Mariage des Gens d’Eglife, des Traditions,&c.C’elt Utenheim qui avoit appellé Oecolampade. Uniquementappliqué aux faintes méditations, il étoit ennemi du faite, del’oiflveté & de l’orgueil. Une des grandes raifons pour les-quelles il fe démit de fon Evêché, fut l’embarras où il étoitde prendre parti dans le tems qu’on commença d’agiter lesControverfes de Religion. On peut juger combien il comp-toit fur le Mérite des Oeuvres,par l’Infcription qu’il fit mettrefur une vitre du Couvent des Repenties de Bâle, où elle feconferve encore •: la voici, C briftopborus, Del & Apeftolka Se-dis Gratia Epifcopus Baftlccnfis ; Spes mea Crux Chrijti, gratiamnon opéra quaro, anno 1521. On voit aifément qu’il y a plus debon fens que de Poëfie dans cette Infcription. Il mourut âgéd’environ 78 ans. Son Epitaphe fe voit à Dellemont. * Ur-ftifius, Chron. Bafil. Erafmi Epiftola. Tonjolæ Monum. Bafil. Ba-filea Sacra. DiSion. Allem. de Bâle.
UTENHOVE (Charles) natif de la ville de Gand enFlandre, étoit fils de Nicolas, illuftre par fanoblelîe, par faprudence, & par fon érudition, Il avoit joint à une rare élo-quence une infigne piété, & occupa, auffi bien que fon père,un rang confidérable dans le païs. Tous les deux furent forteftimez des Savans de leur fiécle, fur-tout d’Erafme, qui fitl’Epitaphe de Nicolas en Grec & en Latin, & qui écrivit plu-sieurs Lettres à Charles. * Teiffier, Eloges des Hommes Savans ,tome 4. p. 372. édit, de Hollande 1715.
UTENHOVE (Charles) fils du précédent, & né com-me lui à Gand en 1536, fut envoyé à Paris, où ayant fait fesétudes avec fuccès, & étant recommandé par Adrien Turné-be, il fut Précepteur des trois doétes filles de Jean Morel,d’Ambrun, appellées Camille, Lucrèce, & Diane. De Paris ilpafia en Angleterre, où il écrivit en faveur de la Reine Eliza-beth, qui lui fit fentirles effets de fa libéralité. Enfin, s’é-tant retiré à Cologne il y mourut d’une apoplexie, l’an 1600,âgé de 64 ans, dans le tems qu’il alloit fe mettre à table pourdîner. Outre la Langue Latine & la Gréque, il favoit la Fran-qoife, l’Angloife, l’Italienne, l’Allemande,l’Hébraïque,&laChaldaïque. Il a même écrit en fept Langues l’Epitaphe duRoi Henri II, favoir, en Hébreu, en Chaldaïque, en Grec,en Latin,en François, en Allemand & en Flamand. Ses prin-cipaux Ouvrages font , Epigrammata ; Epitapbia ; EpitbalamiaGræca & Latina ; Xeniorum liber ; Epifiolarum Centuria ; Mytholo-gia Æfopica, Métro Elegiaco ; Anagrammatismi, F? allufiones ad il-iuftrium aliquot hominum nomina ; C ommentarius, five libellas adfer-iaiorius, que Princïpum duorum, Philippe II, Hifpaniarum Regis,& Mabometis III, Turcarum Imperatoris vires, opes, &c. expli-tantur, ex Italico je. Bottri Latine redditus ; Epitaphes fur Joachimdu Bellay, Epiftola Peneiopes ad Ulyffem, Carminé Grceco reddita ;Callimacbus & Honni Dionyfiaca in Linguam Latinam converfa. *De Thou, Hifi. Melchior Adam. Valére André, Bibliotb. Bel-gica, p. 129 & 130. Teiffier, &c. p. 373 ©*374.
UTENHOVE (Jean) de la même famille que les précé-dens, dit à’Ardembourg, du lieu de fa naiflance en Flandre, en-tre Bruges & l’Eclufe, entra dans l’Ordre de S. Dominique,fut reçu Docteur en Théologie dans l’Univerfité de Paris, versl’an 1283, & mourut à Bruges le dixiéme Décembre de l’an1296. Ce Religieux fut très célébré dans fon tems; & enco-re au milieu du XV fiécle, on gardoit & on confultoit deuxCommentaires qu’il avoit compofez fur les Sentences. *Echard,Script. Ord. FF. Prad. tome 1.
UTERET, petite ville de Géorgie. Elle eft dans la Min-grélie, au confluent de l’Abbafcia dans le Fazzo, à dix lieuesde l’embouchure de cette dernière rivière dans la Mer Noi-re. On croit dans le païs qu’elle eft l’ancienne Æa ou Æapo-fis , dans la Colchide. * Maty, DIS. Géogr.
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U TICA. Voyez UTIQUE.
UTILO I, ou ODILLON, Duc de Bavière, fuccé-da à fon père Tbéodon, & fit Iongtems la guerre en Italie. 11mourut l’an 565, dix ans après que les Goths eurent été chaf-fez de l’Italie par l’Eunuque Narfès. * André Brunner, An-nales Virtulis 0 * Fortitudinis Boiorum.
UTILO II, Duc de Bavière,fuccéda à Hugibert l’an 739,dans lequel il fit venir S. Bonifaçe, qui pour appaifer les trou-bles qui commençoient à naître dans la Religion, divifa ce Du-ché en quatre Diocéfes, & ordonna des Evêques pour en a-voir U conduite. Utilo fe joignit l’an 741, à Charles Martel,
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pour combattre les Sarazins qui menaçoient toute la Chrétien-té. Sa valeur parut dans la bataille qui fut donnée contre cesInfidèles, où ils furent défaits. Il époufa la même année Hil-trude, fille de Charles Martel, & prit le nom de Roi: ce quilui attira l’an 743, une guerre contre Carloman & Pépin, frè-re d’Hiltrude, qui l’obligèrent de quitter le nom de Roi. U*tilo fit bâtir fept Monaftéres confidérables. * Le même.
UTINO (Léonard de) Moine Jacobin, a fleuri au XVfiécle. Il étoit grand Prédicateur. Ses Sermons font un despremiers Ouvrages qui foient fortis de deflous la prefle ; carils furent imprimez l’an 1446. Son Traité des Lieux Communsfut imprimé l’an 1478>& fes Sermons fur le Carême & fur lesDominicales, à Lyon, l’an 1495- * Voyez l'Epitome de la Bi-bliothèque de Gefner. Olearius, in Abaco.
UTIQUE, ville d’Afrique, fameufe par le choix qu’en fitCaton, pour s’y retirer après la défaite de Pharfale & la mortde Pompée. Ayant appris que Céfar le pourfuivoit, il con-feilfa à fes amis de prendre la fuite, & à fon fils d’éprouver laclémence du Vainqueur. Enfuite, il fe mit au lit, & après a-voir lu deux fois le Phédon de Platon, où il traite de l’immor-talité de l’ame, il fe donna un coup d’épée au travers du corps.Ce coup n’ayant pas été mortel, on mit un appareil à fa playe,& il le défit pour arracher fes entrailles. Utique eft aujour-d’hui nommée Biferte, à dix lieues de Tunis. Marmol croitqu’Utique eft le Porto Ferino des Italiens , en quoi il n’eftpas fuivi. Voyez BISERTE, & CATON DUTIQUE.Th. Corneille, DiSion. Géogr.
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TJ T O (Le Royaume d’) Province du Japon, eft fituée dansPille de Ximo, entre la ville de Bungo, & celle de Figen.* Maty, DiS. Géogr.
UT R AD, Royaume des Indes dans les Etats du Mogol.Il confine avec celui de Chitor,& eft allez proche de la riviè-re du Sinde. Sa ville capitale porte le même nom à'Utrad.On cueille en ce païs le Jcl gemme. Il fe fait de la rofée quitombe & fe congèle fur les bïez, ce qui eft caufe qae les ori-ginaires l’appellent Giukar, de Ge«qui lignifie de l'orge en leurLangue, & de Kar qui veut dire fel. On y trouve auffi leSpica Nardi, appellée Sembul-tib par les Perfans & par les Ara-bes, c’eft à dire, Epi de bonne odeur. * Davity, Etats du Grand-Mogol.
UTRECHT, ville & Seigneurie du Païs-Bas, avec Ar-chevêché, étoit du Cercle de Weftphalie, & eft aujourd’huicapitale d’une des fept PfovincesUnies. Elle a été nomméediverfement en Latin UltrajeSum , TrajeRum inferius, Utrice-Jium, Wiltenburg, & Antonina civitas, & eft fituée fur l’anciencanal du Rhin, dans un lieu commode & fertile. Les villesfont fi fréquentes de ce côté-là, qu’il y en a 48 à chacune des-quelles on peut aller aifément d’Utrecht en un jour, & des-quelles il y en a 38 où l’on peut aller & d’où l’on peut aullî re-venir en un jour. Le premier Evêque d’Utrecht a été SaintWillebrod fur la fin du VII fiécle, Moine Anglois, qui accom-pagné de 12 Religieux vint prêcher la Foi Chrétienne auxHabitans d’Utrecht, qui en avoient déjà une légère connois-fance, mais qui furent entièrement convertis par ce Prélat.Charles Martel lui donna cette ville & fon territoire en pro-priété, & elle fut érigée en Archevêché par le Pape Sergius.L’Archevêque de Cologne prétendoit que ce Diocéfe devoitrelever de fa Métropole. La vie de ces premiers Evêques é-toit fimple & retirée. Le premier qui porta l’épée fut Balde-ric,de la famille des Comtes de Cléves. Les Normands avoientpris & détruit plufieurs fois cette ville, & pour les chafler en-tièrement de fon Diocéfe, il y avoit amalfé des troupes qu’iljoignit à celles de Brunon, Archevêque de Cologne, à qui ilavoit demandé du fecours. Cet Evêché étoit devenu un Etatpuiffant par les donations de plufieurs Rois & Empereurs, quiy avoient ajoûté des villes & des Provinces entières. Il conte-noit toute l’ancienne Frife qui renfermoit auffi la Hollande,& il s’étendoit jufques dans la Gueldre &dans l’OverilTel. Mê-me, lorsque la Hollande fut érigée en Comté, elle ne laiflapas de relever de l’Evêque d’Utrecht, qui avoit plufieurs Prin-ces & grands Seigneurs pour Officiers de fa maifon. Le ComJte de Gueldre étoit fon Grand-Veneur; le Duc de Brabantfon Grand-Echanfon ; le Comte de Benthem, Grand-Maître,de fa maifon ; le Seigneur de Ghoer, fon Gûnfalonier ou Por-te-Enfeigne. Tous ces Seigneurs étant feudataires de l’Evê-que, étoient obligez de fe trouvera Utrecht en perfonne,ou par Procureur, toutes les fois qu’il tenoit les Etats-Géné-raux de fon Diocéfe. Guillaume I, XXII Evêque, fit le voya-ge de la Terre-Sainte, & fut dépouillé & bleffé par les Ara-bes. Philippe, LVIII Evêque, fe piqua de magnificence. Ilfit fon entrée à Utrecht fur un cheval couvert de brocard d’or,d’où pendoient des fonnettes d’or & d’argent: lui-même étoitorné d’une cuiraffe fur une fuperbe cotte d’armes. Il étoit ac-compagné de quantité de Seigneurs Bourguignons auffi magnî-fiquement équipez que lui. 11 étoit encore fuivi de neuf censCavaliers, armez de toutes pièces, fous le nom de Gardes duPrince. Henri de Bavière, fils de Philippe, dit fIngénu, Ë-lefteur Palatin,fut le dernier qui pofTéda Utrecht en Souverai-neté. Ses Sujets fe révoltèrent contre lui, & l’obligèrent d’im-plorer la proteftion de ^Empereur Charles-Quint, auquel iltranfporta, du confentement de fon Clergé & des Etats, la do-mination temporelle du païs en 1528, après quoi il fut faitEvêque de Wormes. Le Pape Clément VII confirma la do-nation faite en faveur de Charles-Quint, & fuppléa par fonplein-pouvoir à toutes les nullitez qui auroient pu fe trouver