ques autres Maifons Religieufes. L’Univerfité de Valence eftcompofée de quatre Profeffeurs, pour la Jurifprudence Civile& Canonique. Celle de Grenoble lui fut unie fous le régne deCharles IX. Cette ville a encore Siège Préfidial, SénéchauiTée,Juftice Seigneuriale, & Elettion, & fouffrit d’étranges mauxdans le XVI fiécle, pendant les guerres civiles de la Religion.
Le VALeNTinois, qui a porté le titre de Comté & deDuché, eft divifé en Haut & Bas; le premier, depuis l’Iférejufqu’à la Droume, le long du Rhône; & l’autre, depuis laDroume jufqu’au Comté de Venaiffe ou Venaiflin. Valence eftla capitale. Les autres font Saint Marcellin,Romans, Montelimar, &c. Gontard, qui Vivoit vers l’an 950, eft Chefdes Comtes de Valentinois. Le nom de Poitiers qu’ils por-toient, marque l’origine de la Maifon des Comtes de Poitiers,Ducs d’Aquitaine. Louïs de Poitiers, Comte de Valentinois& de Diois, fe trouvant accablé de dettes , prit le parti en1419, de donner ces deux Comtez au Dauphin Charles, quifut depuis le Roi Charles VII, à condition qu’ils demeure-roieht unis au Dauphiné, mais que l’ufufruit lui en refteroit favie durant; & que s’il venoit â avoir des enfans, cette ceflionferoit nulle ; enfin que le Dauphin acquitteroit fes dettes. CeComte mourut l’année fuivante. Louis de Poitiers, Seigneurde Saint-Vallier, fon coufin germain, & fils de Charles, aufliSeigneur de Saint-Vallier, voulut contefter cette donation, &fe pourvut au Parlement de Grenoble contre le Procureur duRoi; mais il fe défifta de fes pourfuites,moyennant 7000florinsde rente perpétuelle qu’on lui alligna. Cependant comme leRoi Charles VII avoit été hors d’état de payer les dettes deLouis de Poitiers, le Duc de Savoye y fatisfit; & comme ilétoit fubftitué au Roi par l’Aéte même de la donation, à cettecondition de contenter les Créanciers, il fe mit en poffeiïiondes deux Comtez, & les garda jufqu'en 1446 , qu’il les cédapar Traité du troifiéme Avril au Dauphin Louis, fils de Char-les Vil, & le Dauphin en échange lui remit l’hommage duEoucigny. Ainfi ce pais paffa à la Maifon de France,& fut unipar le Roi Louis XI au Dauphiné. Louis XII l’érigea en Du-ché l’an 1499, & le donna à César Borgia, fils du Pape.< 4 -lexandrè VI. Depuis, Diane de Poitiers, faifant inftance au-près de François I, fe fit donner le Duché pour en jouir pen-dant fa vie! Ce Duché eft à préfent dans la Maifon de Grimal-di, Prince de Monaco, qui eft établie en France. * Pline, l.3. c. 4. Ptolomée, 1 . 2. c. 8. Chorier, Hiftoire de Dauphiné & E-tat politique de Dauphiné. Colombi, de Epi Je. Valent. Sainte-Mar-the, Gall. Chrift. Hifi. de Charles VII, &c. Voyez aufli le Supplé-ment de Paris 173 6.
CONCILES DE VALENCE.
Le premier fe tint l’an 374, fous l’Epifcopat de Saint Emi-lien, fous le Pontificat du Pape Saint Damafe, & fous le Con-fulat de l’Empereur Gratien & d’Equitius. Quelque différendfurvenu dans cette Eglife, mais dont on ignore le fujet, don-na lieu à ce Concile. Florentius, Archevêque de Vienne, ypréfida. On ne voit dans fes fouferiptions que les noms devint Evêques, quoiqu’un ancien Manufcrit cité au bas de fesAftes, affure que trente Evêques y afliftérent. Ce Concile fitquatre Canons. Le premier ordonne qu’à l’avenir les Bigamesne pourront être ordonnez, foit qu’ils ayent contraélé cettebigamie par des mariages faits avant ou après leur batême. Ledeuxième, que les filles qui après s’être confacrées à Dieu parle vœu de virginité, viendroient à fe marier, ne feroient pasreçues à la pénitence, dès qu’elles le demanderoient; & quequand elles y feroient reçues, on leur différeroit la commu-nion jufqu’à ce qu’elles euffent pleinement fatisfait à Dieu. Letroifiéme eft encore fur la pénitence ;& le quatrième veut quel’on croye ceux qui fe diront coupables de quelque crime mor-tel, lorfqu’on voudra les élever à quelque Ordre Sacré. Enconfequence de ce quatrième Canon , le Concile en écrivitau Clergé, & au Peuple de l’Eglife de Fréjus ; c’eft que ce Ca-non avoit été fait au fujet d’Acceptus, Evêque de Fréjus. Ni-colas de l’Aubefpine,Evêque d’Orléans, a éclairci par dé fortbonnes Remarques le troifiéme Canon du même Concile, quieft contre ceux qui avoient facrifié aux idoles après le batême.Le deuxième Concile dont nous n’avons point les Aftes, fetint vers le tems du deuxième Concile d’Orange, c’eft à direvers l’an 529, & fur le même fujet que celui ci, c’eft à direpouf combattre les erreurs des Pélagiens & desSemi-Pélagiens,pour la juftification de la doétrine de S.Céfaire d’Arles, fur lesmatières de la Grâce, comme on l’apprend du Diacre Cyprien,Auteur de la Vie de S. Céfaire. Le troifiéme Concile de Va-lence, ou le deuxième félon ceux qui ne comptent point ce-lui dont on vient de parler, eft de l’an 584, le 23 de Mai, fousl’Epifcopat de Ragnoalde. Sapaudus d’Arles y préfida, & il yeut environ quinze autres Evêques. On ne fit prefque qu’yconfirmer les donations qu’avoient fait le Roi Gontran & laReine Auftrechilde fa femme, à l’Eglife de S. Marcel de Chal-lon & â celle de S. Symphorien d’Autun, conformément à laprière que Gontran en avoit fait faire à ce Concile par Afclé-piodore fon Envoyé. Le quatrième ou le troifiéme Concile deValence eft beaucoup plus important. Il fut tenu par les Evê-ques des trois Provinces de Lyon, deVienne & d’Arles,& parles ordres de l’Empereur Lothaire, pour examiner l’affairede l’Evêque de Valence, qui n’eft point nommé, accufé de plu.fleurs crimes. On ignore le jugement du Concile fur ce fujet;mais les Pères, avant que de le féparer, firent plufieurs Ca-nons , dont les fix premiers font fur les matières de la Grâce,de la Prédeftination, de la Mort de J. C. pour tous les Fidè-les, &c. La doétrine du Livre de Jean Scot, autrement JeanErigéne, intitulé, les 19 Chapitres, en un mot, toutes les
erreurs des Pélagiens & des Sémi-Pélagiens furent condam-nées folemnellement dans ce Concile, dont nous avons en-core les Aétes : & cette fainte Affemblée à eu la confolationde voir la doétrine contraire qu’elle a foutehue, approuvéedepuis dans deux autres Conciles , & en général par toutel’Eglife. Elle, fit enfuite plufieurs Canons de Difcipline très u-tiles, au nombre de 18, dans les deux féances qu’elle tint.Ce Concile, l’un des plus célébrés de la France, & l’un desplus utiles par l’importance des matières qui y furent déci-dées , fe tint fous le régne de l’Empereur Lothaire, en Janvier855 , dans l’Eglife de S. Jean, & tout le Clergé de Valence yallifta. Sous Ifaac, I du nom, Evêque de Valence, on tint lequatrième ou le cinquième Concile de cette ville en 890; maisç’a été moins un Concile qu’une Affemblée des Prélats & desSeigneurs du Royaume d’Arles, dans laquelle il ne fut guéresqueftion que de l’Eleétion de Louis, fils de Bofon, au Royau-me d’Arles, comme fon père Bofon avoit été élu pour le mê-me Royaume dans le Concile ou l’Affemblée de Mantaille.Hugues de Flavigny parle d’un cinquième ou fixiéme Concilede Valence , commencé à Autun, & continué à Valence fousle Pontificat de Pafcal II, & fous l’Epifcopat de Gontard, l’anïioo, au fujet de Norgard, Evêque d’Autun, accufé de fimo-nie. Le fixiéme ou feptiéme Concile de Valence fe tint l’an1248, fous l’Epifcopat de Philippe de Savoye. Ce Concile a-voit été d’abord indiqué à Montélimart : mais il fut transféréà Valence, & les Cardinaux, Pierre Evêque d’Albane, & Hu-gues Prêtre du titre de Ste Sabine , y préfidérent comme Lé-gats du Pape Innocent IV. On y fit vint-trois Canons contrel’Empereur Frédéric II, contre les Bénéficiers qui exerçoientdes charges de Judicature, contre les Juifs, les parjures, lesforciers, les excommuniez, &c. * Voyez fur tout cela les Au-teurs citez ci-deffus ; les Antiquitez de l’Eglife de Valence parM. de Catellan ; la Vie de S. Prudence , Evêque de Troyes,par M. Brayer, &c.
VALENCE, que ceux du pais nomment Valenza, villed’Italie dans le Milanez près du Pô, fut prife par les Fran-çois l’an 1657, & rendue par la paix des Pyrénées. Elle futafliégée en 1696 par le Duc de Savoye, foutenu des Prançois,& ce Prince en auroit fait la conquête, fi le Roi d’Efpagne n’eûtaccepté la neutralité.
V A L E N C E, Ville du Gouvernement Général de Guienne,dans l'Armagnac, eft fituée fur la Baife, au nord de la villed’Aufch, dont elle eft éloignée de fix à fept lieues.
VALENCE de Minho , ville du Royaume de Portugalfur le Minho, a été fouvent attaquée par les Efpagnols dansles guerres du XVIIfiécle, mais toûjours inutilement.
VALENCE d’Alcantara, ville d’Efpagne dans l’Eftréma-dure fur le Savar, fut emportée par les Portugais vers le mi-lieu du XVI fiécle , & fut rendue par la paix de Lisbonnel’an 1698.
VALENCE en Irlande. Voyez VALENTIA.
VALENCE NOUVELLE, bourg de la Terre-Fermeen Amérique, eft dans le Gouvernement de Vénézuela, versle Lac de Tocarigua,& à huit lieues de la mer. *Maty ,DitHmiGéogr.
VALENCE ( Jaques de ) Voyez P E R E Z. .
VALENCIENNES furl’Efcaut, qui la fépare en deuxparties, dont celle qui eft la plus grande eft à la droite dansle Diocéfe de Cambray, & la plus petite à la gauche dans leDiocéfe d’Arras, ville du Païs-Bas dans le Hainault, eft trèsancienne & très agréable. Outre fon Eglife de Notre-Dame,qu’on croit y avoir été fondée par le Roi Pépin, il y en a d’au-tres confidérables,des Chartreux, des Dominicains, des Car-mes, des Auguftins, des Recollets, des Capucins, des Reli-gieufes de Sainte Brigitte. Il y a aufli l’Eglife Collégiale deSaint Géry, dont le Chapitre elt compofé d’un Doyen, & dequinze Chanoines; l’Abbaye de Saint Jean de Chanoines Ré-guliers; & un Collège, où les Jéfuites enfeignent les Humani-tez. Cette ville qui fleurit par le Commerce, fe nomme en La.tin Valentiana ou Valentiniana. On y trouve une Juftice Royaleappellée la Prévôté-le-Comte, dont la jurifdiétion s’étend fur lesvint-quatre villages de la Prévôté, & connoit des Cas Royauxdans la ville: un Magiftrat qui connoit en première inftancede toutes les affaires contentieufes civiles-& de police, & parappel des jugemens rendus par lesMagiftrats de la Halle baffe,lequel décide de ce qui regarde laDrapperie: un Confeil par-ticulier qui a l’adminiftration des Affaires de la ville, qui neregardent pas la Juftice ; un Grand-Confeil de deux cens Bour-geois, qui ne s’affemblent que pour les affaires extraordinai-res; à la Juftice de l’Abbaye de Saint-Jean, qui eft foncièreféodale, & pour les Cas de Haute Juftice dans un quartiernommé la Tannerie. Le Magiftrat de Valenciennes a le droitde faire des Réglemens pour la Châtellenie de Bouchain, plu-fieurs villages de celle d’Ath, de la Prévôté du Quênoy, &autres enclavez dans la Châtellenie de Lille, & dans le Cam-brefis, & de juger l’appel des jugemens rendus dans les Jufti-ces de ces lieux. L’an 1656, les François l’avoient afliégéefous le commandement des Maréchaux de Turenne & de laFerté-Senneterre; maisDom Jean d’Autriche, qui commandoitdans les Païs-Bas Efpagnols, foutenu de la valeur du Prince deCondé, leur fit lever le fiége, & fit prifonnier le Maréchal delaFerté. L’an 1677, I e Roi Louis XIV en perfonne afliégeacette place importante & la prit d’affaut; mais il empêcha lepillage, & n’èxigea des Habitans que les frais pour la con-ftruétion d’une citadelle.
La plupart des Hiftoriens Flamands veulent que Brennus aitjetté les fondemens de Valenciennes avant fon expédition d’I-talie ; mais l’opinion que l’on croit la plus vraifemblable,eft que ce fut Céfar, qui les jetta lorsqu’il faifoit la guerre aux
Ner-