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cite, ou le filenee eft bon dans le Confeil d’un Prince prudent,dont les defleins doivent être fecrets. * Antiq. kom.
TACITE (Corneille) Tacitus , Iliftorien Romain. On nefait rien des ancêtres de la famille de Tacite. M. de Tille-mont conjecture feulement qu'il étoit fils de Corneille Tacite,Chevalier Romain , & Intendant de la Belgique , dont parlePline l’ancien , l. 7. c. 16. II vint au inonde à la fin du régnede l’Empereur Claude, ou au commencement de celui de Né-ron. C’étoit certainement avant l’an 61 de l’Ere vulgaire,puisque Pline le Jeune , né cette année, convient que Taciteétoit un peu plus âgé que lui. 11 époufa l’an 77 ou 78 , lafille du Conful Cn. Julius Agricoia , célébré par la conquêtede l’Angleterre. Vefpalien & Tite commencèrent è l’élever auxprémiéres dignitez. il fut Préteur fous Domitien & fous Ner-va, & Coniul fubrogé l’an 97 à la place de Virginius Rutus. A-lors il prononça le Panégyrique de fon prédécellèur. Il s’aquitun grand nom dans le Barreau. Chargé de la caufe des Afri-cains contre Marius Prifcus, Proconful d’Afrique, il le fit con-damner. Pline le Jeune lui donne des éloges très-pompeux,& dit dans une de fes Epîtres, qu’il l’avoit pris pour le mo-dèle de l’éloquence qu’il vouloit fuivre, parmi un très - grandnombre d ürauurs qu’on trouvoit alors à Rome. Il écrivitfon Hiltoire, dont nous n’avons plus que cinq livres; puisfes Annales, dont nous avons aulïi perdu une bonne partie.Outr. ces deux Ouvrages , il a aulli compofé un Traité desdivers peuples , qui de fon tems habitoient l’Allemagne, où ilparle de leurs mœurs différentes ; & un livre de la Vie de fonbeau père Agricoia. Quelques-uns lui attribuent encore celuides Caufes de la corruption de l’Eloquence Latine, que d’au-tres donnent àQuintilien, & qui n’elt peut-être ni de l’un ni del’autre , félon la conjefture de Julie Lipfe. Eulgence Plancia-dés cite fous le nom de Tacite, un Traité de Facéties, ou decontes plaifans; mais il n’eft pas difficile de connoître que c’eflune fuppolîtion qui n’a trompé que ce Grammairien. Nousne parlerons point ici, ni du Hile, ni du langage de cet Au-teur: les Curieux pourront confulter Pline, m Epijl. L 4. 6.£? 7. Julie Lipfe, in Not. ad Tacitum. Voflius, de Hiji. Lat.I. 1. c. 30. La Mothe-Le-Vayer, Jugement des HiJl. Lat. *Sâyle, Diâion. Critique.
TACITE (Annius) Voyez ANNIUS TACITUS.
T A C I T E (M. Claudius) Tacitus, Empereur , fut mis parle Sénat en la place d’Aurélien, le prémier oétobre de l’an 275,après un interrègne d’environ fept mois. Les Soldats approu-vèrent d’abord cette éleftion, & l’on conçut de grandes efpé-rances de la vertu d’un homme déjà avancé en âge , qui effe-ftivement rendit au Sénat une partie de fon autorité, & fitde très - bonnes Loix. 11 avouoic l’HilIorien Tacite pour fonparent, & fit mettre dans toutes les bibliothèques fa llatue &fes Ouvrages, de peur qu’ils ne fe perdifTent. Quelques Au-teurs difent qu’il mourut de mort naturelle ; d’autres, qu’il futaflaiËné par les Soldats près de Tyane, à l’âge de 65 ans, &un peu plus de lîx mois après fon éleftion, c’elt à dire, aumois d’Avril de l’an 27 6 de Jefus-Chrift. Florien, fon frère uté-rin , fe rendit alors maître de l’Empire, & n’en jouît que deuxmois. * Vopifcus, in Tacito & Fioriano.
* TACITURNES: c’eil le nom que l’on a donné dansle XVI fiécle à une branche de l’Anabaptifme. Ils difoient queles mauvais jours dont parle S. Paul, étoient arrivez, & quec'étoit le tems de fe taire, jugeant le monde indigne d’enten-dre la parole de Dieu. Si l’on leur demandoit â quelle Reli-gion on devoit donner la préférence , iis fe taifoient obftiné-ment, & pour toute réponfe fe répandoient en injures contreles dérèglement du lîécie. * Voyez le Supplément de Paris 173b.
T A C Q U E T (Jean) d’Anvers, pafla fa vie à Bruges, &écrivit en François un Traité qu’il intitula Pbilippica ou Harasde chevaux, où il parle de tout ce qui concerne les chevaux. *Valére André , Bibliotb. Belgica, p. 570.
TA C Q U E T (André) Jéfuite, natif d’Anvers, entra dansla Compagnie deJefus en 1629, âgé de 18 ans, & mourut en1660. C’étoit un grand Mathématicien, dont les Ouvragesfont encore fort efiimez des Connoiffeurs. On les a tous raf-femblez & imprimez in folio à Anvers en 1 669. 11 y a plufieursMaîtres qui fe fervent de fes Elemens d'Euclide. Son Agrono-mie & fon Optique font d’un très-grand ufage.
T A C S E B. Voyez D H A F A R.
T A C TI C U S. Cherchez E N E' E ou ENEAS TAC-TIC U S.
TADCASTER, TADCESTER ouTE DC AS-TER &C ALCACES TER, ville d’Angleterre avec mar-ché, dans la partie occidentale du Comté d’Yorck, aufud-oueftde la ville d’Yorck dont elle eft éloignée d’environ trois lieues.Ce n’eft à préfent qu’une très petite ville, mais elle a été autrefoisplus confidérable. 11 y a un grand pont cle pierre fur la rivière deWharfe, & elle eft confidérable pour la pierre à chaux qu’on en tireen grande quantité. Elle eft à 182 milles Anglois de Londres. *Ditt. Anglais.
T A D D A (François) célèbre Sculpteur d’Italie, fut proté-gé par Côme de Médicis, Grand Duc de Tofcane. Ce Princeayant trouvé l’an 1555 , quelques pièces de porphyre parmiplufieurs morceaux de vieux marbres, voulut en faire un ballînde fontaine; & pour en faciliter le travail, il fit diftiller cer-taines herbes, dont on tira une eau. qui avoit tant de vertu,qu’en y trempant les outils tout rouges, elle leur donnoit unedureté extraordinaire. Par ce moyen Tadda fit un très - beaubaffin de fontaine. Comme le Duc lui avoit donné ce fecret,il l’éprouva fur d’autres Ouvrages, & y réüflit fi bien, qu’il fittrois ovales: dans I un il r'préfenta cn demi - relief une tête deChrift; & da-'s les deux ’Utres, le Duc Côme de Médicis, &la Pucheffe fa femme. Tadda fit enfuite d’autres pièces avec un
T AD. TAE.
pareil fuccès ; mais ce fecret fe perdit à fa mort, A on ne fait per-fonne aujourd’hui qui le polféde. * Felibien, Principe: des Arts.
* T A D D E’ E (N. ..) Florentin , né de parens obfcurs,pafla jufqu’à l’âge de 30 ans fa vie dans l’oifiveté, puis fortanttout à coup de cette léthargie, il fe donna tout entier à l’étu-de. 11 s’appliqua enfuite avec tant de fuccès à la Médecine,qu’il devint en peu de tems un des plus renommez Médecinsd’Italie, & amafl'a par ce moyen de grandes richeffes. Il mou-rut à Bologne en l’an 1303, âgé de 80 ans. Vander Linden ditque Taddée a fait des Commentaires fur les Aphorifmes d’Hip-pocrate ; fur les Pronoftics du même ; fur la manière de trai-ter les maladies aiguës du même ; fur un livre de Joannitius,intitulé Ifagoge ; fur les Ouvrages de Jean-Bâti (te Niqolini. Ilen a fait aulfi fur l’Ars Pana de Galien. * Voyez le Supplémentde Paris 1736.
TADELE'S. Voyez T E' D E L E' S.
T A D I C A. Voyez T A D I G E.
TADIGE, TADICA, CADIGE,CHADIGE,femme Arabe, dont l’impolteur Mahomet étoit Efclave, étoitune veuve riche, & âgée de 50 ans, lorsque le Moine Sergiualui perfuada d’époufer Mahomet qui inventa depuis fa nouvel-le Religion. * Volaterran, Geogr. I. 12.
TADOMOR ou THADAMOR, que la Vulgatenomme Palmyre, eft le nom d’une ville qui fut bâtie par Salo-mon, Roi d’ifraël, dans le défert qui eft au deflus de la Sy-rie Supérieure. Elle eft éloignée de deux journées de cette Pro-vince, d’une de l’Euphrate, & de fix de Babylone. Elle eft| dans un lieu où il y quantité de fontaines & de puits. * I. 0111 111. Rois, cb. 9. v. 18. II. Chron. ou Parai, cb. 8. v. 4, Onprétend que c’efl: celle qui eft nommée Tbamar dans Ezécbiel ,cb. 48. v. 28. fÿ ailleurs.
TADOUSSAC, petit port fur la droite en entrant dansle Saguenay, à 50 lieues au defibus de Québec. 11 étoit fortfréquenté dans les commencemens des voyages qu’on a faitsau Canada ; & c'elt apparemment ce qui a donné occafion ànos Géographes d'y marquer une ville. Mais il n’y a jamais euqu’une mailon de traite; & il y a long tems qu’aucun vaifleaun’y mouille. Voyages de Champlain. Mémoires du Canada.
T A D U A N. bourg de la Perfe entie Kafer & Moukak, àvint lieues ou environ de Chiras. C’elt un des plus délicieuxendroits de la Perfe. On y trouve tout en abondance, de for-te que p ndant plufieurs années les riches Habitans du SeinPer-fique alioLnt pafler les étez en ce lieu, qui elt extrêmementfrais, à caul'e du couvert & des eaux. On voit dans ies mon-tagnes voifines des ruines de palais, & des marques d’habita-tions fomptueufes. Les gens du païs appellent ces ma fur esKabne Guebrou, c’elt A dire habitations de Payent, par où ils enten-dent les anciens Perfes.' * Chardin, Voyages ,' tome 3. p. 150.
T A E GI (Ambroife) natif de Milan, entra vers l'an 1485,dans l’Ordre de faint Dominique, & vivoit encore en 1517.Quoiqu’on n’ait rien d’imprimé fous fon nom, il mérite néan-moins de tenir rang entre les illuflres Auteurs ; parce que noijfeulement tous ceux qui depuis lui ont travaillé à l’Hiltoiredel’Ordre de faint Dominique, fe font fervis de fes Mémoires,mais parce que les Péns Bollandus, Henfchenius &Papebroch,ont donné plufieurs Vies des Saints, tirées du même Ouvrage.Cet Ouvrage, qu’on conferve en fix volumes à Milan , com-prend toute l’Hiltoire de l’Ordre de faint Dominique, c’eft à di-re, les éreftions des couvens & des provinces; les Vies & lesAftes originaux des Saints & des Saintes; les fuites des Cardi-naux, des Evêques, &c.' pris de l’Ordre ; les grâces qui lui ontété accordées; & en un mot, prefque tout ce qui mérite d’ê-tre fçu, depuis 1 an 1220 jufqu’en 1513. Ceux qui les ont ci-tez les appellent ordinairement les Monument de l’Ordre, & lesdiltinguent par parties: ce qui a donné lieu â une plaifante er-reur du P. Souéges, d’ailleurs habile homme, qui trouvant PP.Monumeut. Otd. a cru que les deux premières lettres pour-roient fignifier Petrus Pidovinus. * Echard, Script. Ord. FF.Proed. tome 2.
*TAELBOO M (Jean-Guillaume) de Bruges, fut premiè-rement Curé de Sainte Anne & Proti-fleur en Théologie à Bru-ges, puis Chanoine & Archidiacre de S. Omçr. On a de luiLaudatio funebris in obitum Jacobi Pameliij Üratio pro defenftoncCatbolicce Religionis ; Difputatio de Verbo Dei non Jcripto. * Va-lére André , Bibliotb. Belgica, p. 334.
•TÆNARE. Payez T E' N ARE,
T A E N C A S, Sauvages de l’Amérique feptentrionale,quidemeurent foixante lieues au deflous des Akanceas. Cette na-tion ne cède ni en force, ni en beauté de climat, à aucuue au-tre de l’Amérique. M. de la Salle, qui l’a vifitép, dit qu’étantarrivé dans un de leurs villages, fitué à demi-lieue du bordd’un lac, qui a huit lieues de circuit, il remarqua que leurscabanes étoient difpofées en divers rangs , & en droite ligneautour d’une grande place, & qu’elles étoient faites de bouffil-lages, & recouvertes de nattes de cannes. Il en vit deux bienplus belles que les autres. L’une étoit celle du Chef & l’autre leTemple. Chacune avoit environ quarante piez en quarré. Les mu-railles en étoient hautes de dix piez, & épaifles de deux, avec uncomble en forme de dôme, couvert d’une natte de différentescouleurs. II y avoit environ douze hommes armez de demi-piques devant la maifon du Chef. Quand M. de la Salle fepréfenta, un vieillard s’adrefla à lui, & le prenant par la main,il le conduifit dans un veftibule, & de là dans une grande fal-le en quarré, pavée, & tapiffée de tous côtez d’une très bellenatte. Au fond de la falle en face de l’entrée, étoit un beaulit avec des rideaux d’une fine étoffe, faite & tiflue d’une écor-ce de meuriers. Il vit fur ce lit comme fur un thrône, le Chefde ce peuple au milieu de quatre fort belles femmes, & autourde lui plus de foixante vieillards, armez de leurs arcs & de leurs1 flèches.