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donnent au fameux Artus, Roi des Bretons, la gloire d’avoirinventé les tournois, les joutes & la table-ronde; & les An-glois mêmes fe perfuadent que c’eft cette table, qui fe voitencore à préfent attachée aux murailles du vieux château deWinchelter en Angleterre: ce que le favant Camden a raifonde révoquer en doute, remarquant que cette table eft d une fa-brique bien plus récente. Thomas de Walfinghatn dit que leRoi Rdouard III, qui commença de régner en 1042, lit bâtirau château de Windfor une maifon , à laquelle il donna le nomde Table -ronde. Quoi qu’il en foit, il y avoit cette différenceentre les tournois & les combats de la Table-ronde, que lespremiers fe faifoient en troupes ; & Geux - ci étoient des com-bats finguliers, dont l’arme propre étoit la lance. MatthieuParis diltingue ces deux exercices militaires l’an 1252.. par cesparoles, Non in bajliludio illo quod Torneamentum dicitur , fed' potius in illo ludo Militari qui Menfa Rotunda dicitur. * DuCange, DiJJertation 7. fur la Vie de faint Louis.
T A BLE (Montagne de la) c’eft une montagne qui a prisfon nom de fa ligure. Elle eft dans la Cafrerie, près du Capde Bonne Efpérance, & du petit Golfe de la Table, fur lequelles Ilollandois ont bâti le Fort-de Bonne Efpérance. * Rela-tion des Voyages.
TABLES (Loix des Douze) ont été chez les Romainsleurs premières Loix. On les appelloit Loix des douze Ta-bles, ou parce qu’en ce tems- là les Romains écrivoient avecun flile fur des tables de bois fort minces, & couvertes de ci-re, ou plutôt parce qu’elles furent gravées fur des tables decuivre, pour être expofées dans le lieu le plus éminent delàville. Après l’expulfion des Rois, comme les Romains n’avoientpoint de Loix tixes & certaines, ni allez amples pour régler lesaffaires, qui pouvoient naître entre les particuliers, on réfo-lut de choilir les Loix les plus fages des Grecs. Un certainHermodore fervit d’interprète, puis les Décemvris furent char-gez .de les compiler, & de les rédiger fur dix Tables. Aprèsy avoir travaillé avec beaucoup d’attention, ils les firent con-firmer en l’an 303 de Rome , par le Sénat, & par l’affembléedu peuple. L’année fuivante on reconnut qu’il manquoit en-core quelque chofe à cette compilation des Loix, qu’on avoit em-pruntées des Grecs : ainfi l’on recueillit quelques loix faites parles Rois de Rome , l’on convint de certaines coutumes quel’ufage avoit autorifées, & on les fit de même graver fur deuxautres tables. C’étoit là les Loix des douze Tables, li fameu-fes dans la Jurifprudence Romaine. Elles furent le fondement& la fource du Droit Romain. On appelloit aulli les Loix desdouze Tables , les Loix Décemvirales , parce que la compila-tion en avoit été faite par les foins & par l’autorité des Décem-virs. Ces Loix fe font perdues par l’injure du tems : il n’enrelie plus que des fragmens, difperfez dans divers Auteurs,que Jean Géoffroy a ramaffez. Le Latin en elt vieux & bar-bare. On y remarque beaucoup d’obfcurité & de dureté. *Voyez Tite-Live. I. 3- & le mot LOIX.
TABLES NEUVES, Tabula nova, étoit le nom d’unEdit, qui fe publioit quelquefois dans la République Romaine,
& par lequel toutes fortes de dettes généralement étoient abo-lies , & toutes obligations étoient rendues nulles. On l’appel-loit Table, parce qu’autrefois avant qu’on fe fer vît de papier oude parchemin, pour écrire les Actes publics, on les gravoitavec un petit Hile fur de petits ais de bois mince, couverts decire , qui s'appelaient tables, tabula. Ce nom Latin demeuraencore à tous les A êtes publics, après même qu’on eut ceffé deles écrire fur du bois, & lorsqu’on les écrivit fur du parchemin& fur du papiet. On donna à cet Edit le nom de Tables Neu-ves, parce qu’il obligeoit de faire de nouvelles Tables pourécrire les Aétes, à caufe que les vieilles devenoient inutiles,les Créanciers ne pouvant plus fe fervir de leurs contrats d’ob-ligation, ni les Marchands de leurs regîtres, ni de leurs livresde comptes. * Aulu-Gelle, l. 9. c. 6.
TABLES-DU-SOLEIL, lieu de l’Ethiopie dans l’Iflede Méroé ou de Guéguére. Le peuple croyoit qu’une infinité debonnes viandes, qu’on y voyoit expofées tous les jours,pourceux qui en vouloieDt prendre, y naiffoient toutes préparéesdu fein de la terre, ou y tomboient du ciel; mais les Magiftratsles mettoient là avant le jour. Les Italiens l’appellent Paèfedélia Cucagna ; & les François, pais de Cocagne. Le Roman deThéagéne & de Chariclée en parle fort au long, * Flérodote,l. 3. Mêla. Solin.
T A B O G A, Ille dans la Mer du Sud, à cinq lieues de laville de Panama & à douze des Mes qu’on appelle de Laspulas,qui font plutôt des rochers que des Ifles , & qui font au nom-bre de vint. 11 y en a deux un peu plus grandes que les au-tre; l’une eft nommée del-Rio, & l’autre Tararégui. Ellesont été rénommées pour la groffeur & la perfeétion des perlesqu’on y pêchoit. Il s’en eft trouvé qui pefoient vint-fept &même trente carats, tant rondes qu’ovales & en forme depoires, & d’une eau admirable. Les Efpagnols .n’ont laiffé au-cune huître à perles dans ces contrées. Tous les naturels deces Mes étant morts, ceux qui les habitent aujourd’hui fe fer.vent d’Efclaves de Nicaragua pour cultiver leurs terres. * Laët,Defcript. des Indes Occid. I. x. cb. 11. Th. Corneille, Diction.Geogr.
T A B O R, ville de la Paleftine, dans la Tribu de Zabulon, &affeétée à la demeure des Lévites. * I. Cbron. ou Paralip. cb. 6. v. 77.
T AB OR, petite ville de la Bohême, fur la rivière deLauznicz, à quinze lieues de Prague, eftlelieuoù les Huflitess’étoient retirez pendant les guerres de Bohême dans le XVfiécle. Ils donnèrent à ce lieu le nom de Tabor, qui eft de-meuré à cette ville, & ils furent de là appeliez Taborites. *Æneas Sylvius , Hijl. de Bohême, c. 58. & Epifl. 138. Co-chlæus, Hijl. HuJJit. Sponde, in Annal.
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Ziska, Chef des Huflites, craignant d’être furpris dans quelque embufeade, n’ayant aucune ville où il pût fe retirer en caide befoin , réfolut d'en bâtir une. Il choiiit dans la Provincede Bechin, un endroit fort par fa fituation , où il y avoit eu au-trefois une bonne fortcrelfe nommée Hradijlie, qui fut détruitepar les guerres. En attendant qu’on pût bâtir là une ville,Ziska ordonna à fes gens de drell'er des tentes dans les endroitsoù ils voudraient avoir leurs maifons. Ceft là l’origine duTabor, mot qui en Bohémien lignifie une Tente, ou un Camp.Quoique la ville que Ziska fit bâtir fût défendue par des rochersefearpez, il la fit enfermer de murailles & d’un avant-mur. El-le eft baignée en partie de la rivière de Lauznicz, & en partied’un gros torrent qui, arrêté par un rocher, eft contraint de fedétourner à droite pour entrer dans la rivière, à l’extrémité dela ville. L’efpace pour aller dans la ville par terre eft à peinede trente piez. Là il y a un folié fort profond, & une triplemuraille, li épaiffe qu’elle étoit à l’épreuve de toutes les machi-nes de guerre. C’eft la defeription qu’Æneas Sylvius en faittelle qu’il la vit. Cette ville fublifte encore. On y voit unetour que Ziska avoit bâtie pour y faire un magalîn. Dans cet-te tour étoit l’effigie de Ziska, tenant de la main gauche unMoine raré, & de la main droite une malfue pour l’affommer.
* Lenfant, Hijl. de la Guerre des PluJJites, tome 1. p. 90. &Juiv.
TABOR (Jean-Othon ) célébré Jurifconfulte Allemand,naquit à Bautzen , capitale de la Haute Luface , le troifiémede feptembre 1604. 11 lit fes études de Philofophie &de Droità Leiplîc, & fe rendit capable avant l’âge de vint ans d expli-quer à fes compagnons d’étude les Paratitles de Wefembecius.Il paffa de l’Univerfité de Leiplîc à celle de Strasbourg; puisil voyagea en France au tems de la prife de la Rochelle. Ilfut reçu doéteur en Droit à Strasbourg le dixiéme de novem-bre 1631. Les guerres d’Allemagne lui ôtèrent une partie de fonpatrimoine; & l’an 1634, ellesréduifirent en cendres fa patrie,où il exerçoit alors la charge d’Avocat & de Syndic de la ville.
Il fut appellé peu de jours après ce defaftre pour fuccéder àJoachim Clutenius, qui avoit laiffé vacante une Chaire de Pro-feffeur en Droit à Strasbourg. Il fuivit cette vocation, & fevit bientôt honoré du premier polie dans la Faculté de Droit.11 fe fixa dans cette ville jufqu’en l’année 1656 , quoiqu’on luieût offert de divers endroits plufieurs charges fort honorables.Mais enfin cette année-là, il fe fentit plus difpofé à en fortir.Le rétabliffement de la paix, le regret d’avoir perdu une épou-fe avec laquelle il avoit vécu vint-deux ans, le dégoût quilui prit du lieu où elle étoit morte, & quelques autres mécon-tentemens , à quoi le mérite a accoutumé d’expofer , envoyè-rent Tabor au pais de Meckelbourg, pour y être Chancelier duDuc. Il quitta bientôt ce polie, pour fe redonner tout entierà fes études ; mais avant que de retrouver le repos de fon ca-binet, il fût obligé d’aller à la Cour de Saxe & à celle de l’Em-pereur , pour les affaires de ce Duc. II fe retira à Gieffen en1659, & y fut Chancelier de l’Univerfité & Confeiller duLandgrave de Ileffe-Darmftad. Diverfes raifons l’obligèrent àfortir de cette ville: ce qu’il fit en 166 7, pour fe retirer àFrancfort, où fon fils étoit Avocat. Il ne fut point là, nonplus qu’ailleurs, exempt de chagrins, & mourut le 12 de dé-cembre i 674‘ Î1 avoit publié en divers tems plufieurs livresde matières de Droit, qui avoient eu beaucoup de débit, lesexemplaires en étant devenus fort rares. Un Profeffeur deLeipfic, nommé Milius, en fit un recueil le plus exaét qu’il luifut poffible , qu’il publia en deux volumes in folio, l’an 1688.M. Prafchius, ancien Bourguemeftre de Ratisbonne, & gendrede Tabor, mit fous la preffe en 167s, un petit Ecrit conte-nant en abbrégé la Vie de fon beau-père. Il avoue en géné-ral que Tabor avoit des défauts, qu’il pouvoit avoir des er-reurs, ou avoir défendu la vérité avec trop d’aigreur; mais iln’entre dans aucun détail à cet égard : & c’eft pourtant ce dé-tail que le public auroit le plus fouhaité de favoir. * Bayle,Dicî. Crit.
T ABORITES, Bohémiens de la Seéte de Jean Hus,qui fortifièrent une montagne près de Prague, à laquelle ilsdonnèrent le nom de Tabor. Ils eurent pour chef le fameuxZifca: ils étoient autant ennemis de ceux qu’on appelloit Ca-lixtins, qui différoient principalement des Catholiques, fur l’u-fage du calice, que des Catholiques mêmes. Les Calixtinsleurfirent même une cruelle guerre, & gagnèrent une bataille con-tre eux en 1434. Roquefanne ouRockifanne chef des Calixtins,fut leur grand ennemi, & tâcha de ruiner ce qui reftoit de Ta-borites. Enfin , Poggebrac, depuis Roi de Bohême, ayant pris leTabor en 1454, ruina entièrement la Seéte des Taborites. *Hijl. des Hujjites.
Les Taborites ne fe contentoîent pas de ruiner autant de Mo-naftéres qu’ils pouvoient, & de s’établir par la force des ar-mes , ils appelaient auffi la Prophétie à leur fecours. Ils di-foient, par exemple, que Jefus-Cbrijl viendrait bien-tôt juger lemonde, que par les armes des Taborites , ils établiraient un nou-veau régne fur les ruines de tous les Royaumes de la terre, que tou-tes les villes de Bohême feraient englouties fous la terre à la refervede cinq qui leur étoient les plus favorables, favoir Pilfen , Zigaeck,Launy, Slany & Glatz. Ces difeours portèrent plufieurs Am-ples de Bohême & de Moravie à vendre leurs biens à vil prix,
& à s’en affer avec leurs femmes & leurs enfans en porter l’ar-gent aux piez des Prêtres. Ceux de Prague voulant en 1422 ,offrir la couronne à Jagellon, à condition qu’il les laiffât com-munier fous les deux efpéces, les Taborites, à la tête defquelsétoit Huffinetz, s’y oppoférent fortement, & voyant qu’ils negagnoient rien par leurs oppofitions, ils fortirent de Prague & feféparérent des Calixtins. On tacha de les réünir par une con-férence qui fe tint à Prague, & où les Taborites & les Calix-tins préfentérent les articles qui renfermoient leur créance. En
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