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8 (1740) Lettres SEH - Z
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SUR.

XVII. Samuel de Granges deSurgéres, Seigneur de La Foü-chardiére, a joint, comme fes coufins, le nom de Surgéres acelui de Granges. * t'oyez Vialart, Hiftoire de ta Maifon de Sur-gères , imprimée en 1717- , „ , . .... , ,

SURINA, contrée de lAmérique méridionale. Un laplace dans le pais de l’Amazone, entre les rivières de Cayane &de Cufiguares, * Maty , DiB. Géogr. Les peuples de cetteprovince font les Surines & les Coripunes, nations les plus cu-rieufes & les plus adroites en ouvrages de bois de toute l’Amé-rique. Us font des bancs & des iîéges en figures d’animauxavec une délicatefîe qui va au delà de tout ce qu on peut s ima-giner. Us font aufll des javelots & des flèches que recherchenttoutes les nations voifines. Les petites idoles qu’ils forment aunaturel, font travaillées avec une telle induftrie que les plus ha-biles Sculpteurs de l'Europe feroient contraints de les admirer.L’échange qu’ils font de tous ces divers ouvrages, leur fait menerune vieaifée& commode, le commerce qu’ils en font leur atti-rant de tous côtez toutes les chofes qui leur peuvent être nécef-faires. * Le Comte de Pagan, Rélation Hift. Géogr. de la Ri-vière des Amazones. Th. Corneille, DiB. Géogr.

SURINAME. Voyez S U R Y N A M E.

SURINTENDANT DES FINANCES, char-ge dont l’infpeétion s’étendoit fur toutes les Finances du Roy-aume, a été fupprimée en France, après l’emprifonnement deM. Fouquet, l’an 1661. Les fondions & l’autorité du Surin-tendant ont pafTé au Contrôleur général des Finances.

SURINTENDANT DES BATIMENS DEFRANC E. Autrefois il y avoit feulement des Surintendansparticuliers pour les maifons royales. M. Damville de Montmo-rency étoit Surintendant des Bâtimens de Fontainebleau , M.le Duc de Gêvres étoit Surintendant de Monceaux; M. deFour-cy, de Paris & de Saint - Germain en Laye, fous le Roi HenriIV; Mrs des Noyers, Le Camus & Ratabon l’ont été fucceffive-ment de Paris, de Saint-Germain & de Verfailles. LesSurin-tendans des Bâtimens de Paris étant les plus confidérables, àcaufe de la magnificence de fes édifices, & du titre de capitale duRoyaume, ont eu enfuite la qualité de Surintendans générauxdes Bâtimens de France. Au foin des bâtimens a toûjours étéjoint celui des Arts & Manufactures qui fervent à la conftruction& à l’embelliflement des maifons royales, comme, l’Archite&ure,la Peinture, la Sculpture, les tapilTeries, & autres riches étoffespour l’ornement de ces maifons. M. Colbert y joignit le foin &i’infpe&ion fur tous les Arts & Manufactures du Royaume, &eut le titre de Surintendant général des Bâtimens du Roi, Arts& Manufactures de France. M. de Louvois fuccéda à M. Col-bert de Villacerf, qui mourut en 1699. M. Manfard eut alorscette charge: mais après fa mort, arrivée en mai 1708, le RoiSupprima ce titre , & érigea en la place un Directeur & Ordon-nateur général des Bâtimens , Arts & Manufactures royales,dont fut pourvu M. le Duc d’Antin, en faveur duquel la chargede Surintendant des Bâtimens a été de nouveau créée par le RoiLouis XV, en 1716. * Mémoires Hift.

S U R I T A (Jérôme) naquit à Saragoffe le quatrième décem-bre 1502. Son père fe nommoit Antoine, & étoit forti d’unefamille noble. 11 fit fes études à Complute fous FerdinandNonnius Pincianus. Dans fa jeunefTe il reçut des marques de lalibéralité de Charles - Ouint, à caufe que fon père avoit été do-meftique du Roi Ferdinand le Catholique. Il s’attacha entière-ment à l’étude jufqu’â l'année 15+3, qu'il fut obligé d’aller enAllemagne, pour confulter l’Empereur touchant quelques affai-res du Sénat de Madrid, dont il étoit Sécretaire. L’année 1548,îl s’employa à ramaffer tous les Brefs des Papes, concernant leTribunal de l’Inquifition. ,, La feule chofe dont on peut blà-„ mer Surita, dit M. De Tbou, ou plutôt le feul malheur dont,, on le doit plaindre, c’eft qu’il ait ëté.Sécretaire del’Inquifï-„ tion, & que paffant pour un homme très - doCte, & qu’étant,, très-propre â gagner l’amitié de tout le monde, il ait été„ obligé de prendre un emploi fi cruel & fi pernicieux à tous les„ Gens de Lettres, foit qu’il l’eût fait à deffein de pourvoir à fa„ fûreté, ou par le deftin de fa nation, afin de foutenir fa digni-,, té, ” Ce fut la même année 1548, que les Etats d’Aragonle chargèrent d’écrire THiftoire de ce Royaume. Alfonfe deSainte-Croix, Hiftoriographe du Roid’Efpagne, écrivit contrel’Hiftoire de Surita, mais elle a été défendue par Paès de Caftro,& par Ambroife Moralès. Il mourut â Saragoffe, âge de 68 ans,fuivant Nicolas Antoine, mais M. De Thou place fa mort autroifiéme novembre 1580, & dit qu’il n’étoit âgé que de 67 ans;ainfi, fi cela étoit, il faudroit que la date de fa naiffancedon-née par Nicolas Antoine dans fa Bibliothèque Efpagnole fût fauf-fe. Surita étoit félon Voffius un homme d’un jugement & d’uneérudition extraordinaire. C’étoit un des plus fincéres, des plusexacts, Ce des meilleurs Ecrivains d’Efpagne. Mais il fut accufédans le Confeil du Roi Catholique d’avoir découvert avec tropde liberté dans fon Hiftoire, les défauts des Rois de la nation. Ila fait des Notes fur l’Itinéraire d’Antonin, fur Céfar & fur Clau-dien; Indices Rerum Aragonite. * Vofltus , de Scient . Matbem.Nicolas Antonio, Bibliotb. Ilifpan. PofTevin. De Thou, Hift.Tciflkr, Eloges des Hommes Savons, tome 3. p. 182 & fuiv. é-dit. de Hollande 1715.

S URI U S (Laurent) Chartreux, né à Lubeck, étudia àCologne , où il fut compagnon d’étude de Canifius. Le père &la mère de Surius étoient de la Religion Proteftante, & c’eft àCologne qu’il fut inftruit dans la Religion Romaine. Il fit ami-tié en cette ville avec le Père Dom Jean Lanfpergius, Chartreux,dont il eftimoit la vertu; & â fon exemple il entra dans la Char-treufe de Cologne. Il s’appliqua d’abord â traduire les Ouvra-ges de Taulére & de quelques autres, & il recueillit en un vo-lume les Homélies de divers Docteurs de l’Eglife. Depuis il fitun Recueil des Conciles en quatre volumes; & travailla à la Vie

SUR. , ^

des Saints, que nous avons en lîx tomes. Le Pape Pie V luîtémoigna l’eftime qu’il faifoit de cet Ouvrage par un Bref ex-près. Surius compofa auffi une Hiftoire de fon tems, fous le nomde Mémoires, & mourut à Cologne le 25 mai de l’an 1578, quiétoit le 56 de fon âge, & le 36 de fa Profeflion. Le Cardinal.Du Perron le traite de grande bête & d’ignorant. SeckendorFdit que Surius eft un aveugle, qui abboye comme un chien en-ragé; que c’eft le plus impudent & le plus effronté de tous lescalomniateurs. 11 a travaillé à exeufer le maffacre de la faintBarthélemi. * Dorlandus, Cbron. Cartb. Petreïus , Bibliotb.Cartb. Sponde, in Annal. £?c. Teiffier, Eloges des Hommes Sa-vans, tomes, p. 151 &fuiv. édit, de Hollande 1715.

SURNOM, en Latin Cognomen. C’étoit proprement chezles Romains le nom qui diftinguoit les familles ou les branchesdans une même Maifon, in eadem Gente, comme quand Tite-Live a dit que la Maifon des Potitiens étoit divifée en douze fa-milles ; car Gens & Familia étoient comme le tout & fes parties.Ceux d’une même Maifon ou d’une même race s’appelloient Gen-tiles; & ceux d’une même branche ou même famille, Agnati:comme on voit en France, que la Maifon royale a fouvent étédivifée en diverfes branches, en celle de Valois, de Bourbon ,d’Orléans & de Montpenfier, &c. Ainfi quand on dit que lafamille des Céfars étoit de la Maifon des Jules, Jules eft le nomcommun de la Maifon, nomenGentis ; & Céfar celui de la famil-mille, cognomen familia. Le mot Cognomen comprend aufîi lesfurnoms donnez pour quelque rencontre particulière , témoinSallufte, quand il dit de Scipion même, Mafiniffa in amicitiamreceptus a P. Scipione, cui poftea Africano cognomen fuit ex virtute ;& Cicéron pariant à Pomponius, qui fut furnommé Atticus,pour avoir parfaitement bien étudié à Athènes, lui dit, tequénon cognomen Atbenis folum deportaffe, fed humanitatem & pruden-tiam intelligo. Si l’on veut examiner la chofe, on verra qu’il n’ya point de furnoms de ceux que l’on appelle cognomina, & quidiflinguent les familles, qui ne foient venus ainfi de quelquerencontre particulière: il eft même vrai que les pranomina, quifont les noms propres, tirent leur origine d’ordinaire de la mêmefource. Ces furnoms étoient héréditaires à tous les Defcendansd’une même famille; mais en forte néanmoins qu’on pouvoit leschanger, ou y en ajoûter quelque autre de nouveau. Quelque-fois même outre le nom de la famille particulière, on ajoûtoitcelui de la Maifon ou de la Tribu â l’ablatif, comme C. FerrerRomulea; Servius Sulpicius Lemonia, c’eft: à dire, ex Romulea, exLemonia Tribu. Les Romains mettoient quelquefois le furnomde la famille particulière avant le nom général, cognomen antenomen Gentis, dit Manuce ; comme quand Cicéron a dit, BalbiCornelii, Papum Æmilium , & Tite-Live, Paulus Æmilius, &femblables, quoique, Balbus, Papus 6c Paulus, fufifent des fur-noms de famille, & non pas des prénoms. Quelquefois les fur-noms font devenus des noms, dit Valére Maxime.

S U R R E N T O. Voyez SORRENTO.

S U R R E Y , en Latin Surria , Comté d’Angleterre, quiconfine vers le nord avec Middlefex, vers le fud avec SufTex,vers 1c- Levant avec Kent, & vers le Couchant avec Hampshire& Barckshire. La Tamife le fépare de Middlefex, & comme ceComté fe trouve fur le bord méridional de ce fleuve, il en a tiréle nom de Surrey, qui défigne qu’il eft fitué au fud de la rivière;car les Saxons appelloient Rey une rivière. Depuis l’eft versl’oueft ce Comté a 34 milles, depuis le nord au fud 22, & danstout fon circuit ii2milles. On le divife en 13 Centuries, quicomprennent 140 paroifTes & neuf villes à marché, dont les Ila-bitans, auffi bien que ceux de SufTex, étoient connus chez lesRomains fous le nom de Regniens. Du tems de l’Heptarchie ceComté, avec le Comté de SufTex, faifoient le Royaume des Sud-Saxons, & aujourd’hui il appartient au diocéfe de Winchefler.Le païs eft très - agréable, jouît d’un air fain, éc eft pourvu deparcs, de forêts & de tous les avantages pour la chafle. Sesfrontières, fur tout du côté de la Tamife, font très-fertiles enblez & en foin; l’intérieur du païs eft aiïez ftérile. C’eft pour-quoi Ton compare ce païs à une pièce de drap greffier, dont lalifiére eft fort fine; ou à l’arbre de lacanelle dont l’écorce vautmieux que ce qu’elle couvre. Les marchandifes qu’on tire de ceComté font le bouïs & une certaine terre dont on fe fert enfoulant les draps. Cette terre qui fe trouve près de Rygate eftla meilleure de toute l’Angleterre, mais le bou’is qui croit furtout aux environs de Darking , quoiqu’il foit le meilleur duRoyaume , n’eft cependant nullement comparable à celui qufvient de la Turquie. Du côté de Cheam on trouve auffi uneforte de terre, qui fert aux potiers. Le long de la Tamife onvoit de très-beaux jardins. Autrefois il y avoit dans ce Comtéles deux maifons royales de Richemond & de Non-fucb. La pre-mière fut bâtie par Henri Vit, & l’autre par Henri VIII. Entreplufieurs maifons de Gentilshommes, celle de Wimbleton, bâtieen 1588, par Thomas Cécil, mérite fur tout d’etre vue. Il S’eflautrefois donné dans ce païs deux batailles mémorables, l’uneprès de Wimbleton, entre les Weft-Saxons & ceux de Kent; &l’autre près de I'arnham , entre les Saxons & les Danois; oùceux-ci eurent du defTous. C’eft auffi dans ce Comté que fetrouve la maifon de Lambeth, bâtie fur le bord de la Tamifedans le XII fiécle par l’Archevêque Baudouin, & qui depuis atoûjours été la réfidence ordinaire des Archevêques de Cantor-béry, qui, cependant, ont encore un autre Palais â Croydon;où ils' font leur demeure en été. Les rivières de ce Comté fontla Tamife. la Wye, le Mole & le Wandle. La capitale en eftKingfton fur la Tamife. Le premier Comte de Surrey fut Guil-laume de Warren , créé en 1107, par Guillaume le Conquérant.Guillaume, le troifiéme de cette ligne, fuccéda en 1133 , & futfuivien 1146, par Guillaume de Blois, fils du Roi Etienne, &'qui étoit le premier mari d’Ifabelle de Warren. Hamelan Plan-tagénet, fils naturel de George, Comte d’Anjou, & fécond marfF f f 3 * d’Ifa-