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Le Roi d’Achem pofféde la moitié del’Ifle, où foht du côtéde l’orient les villes de Pédir, de Pacem, & de Dély ; & ducôté de l’occident, Daya, Labou, Cinquel, Barros, Bataman,l’aflaman, Ticou, Priaman & Padag ou Padang. La capitale,nommée Acbem, eft vers le nord, fous un air plus tempéré.L’autre moitié de l’Ifle eft polTédée par cinq ou fix Rois. Versl’orient de l’équino&ial eft un petit Roi, dont la capitale fe nom-me Andragiri ; plus avant eft le Roi de Jambi, qui eft le plus ri-che de tous ; puis celui de Palimban. Vers l’occident après Pa-dang , fuit le Royaume de Manincabo ou Ménancabo ; puis ce-lui d'Andripoura. Le refte de la côte, jufqu’au détroit de laSonde, eft inhabité, parce que tout ce païs eft couvert de bois,& rempli de montagnes. La côte, qui eft fur le détroit, eft fousl’obéïffanee du Roi de Bantam, dont la capitale eft dans l’Iflede Java. Tous ces peuples font Malais, & parlent le mêmelangage que ceux de la prefqu’ifle de Malaca; mais le dedans del’Ifle eft habité par Tes naturels du païs, qui parlent une languebien différente. Ils font gouvernez par plufîeurs Rois , quid’ordinaire fe font la guerre les uns aux autres. Celui qui habi-te entre Ticon & Manincabo, eft le plus puiflant & le plus ri-che; car il a fous fa puiffance la plus grande partie des lieux oùfe trouve l’or de cette Ifle; mais il n’a pas l’invention d’y fairecreufer des mines. On n’y recueille l’or que par les ravines despluyes qui l’entraînent dans quelques petites ioffes, qu’ils creu-ient à la defcente des torrens. Ils en font commerce avec ceuxde Manincabo, pour du riz, des armes, & des toiles de coton :& avec ceux de Priaman , pour du poivre, du fel, de l’acier, &des toiles de Surate. Mais ils ne traitent point avec les Etran-gers; & lorsqu’ils en peuvent attraper quelques-uns , ils lesmaffacrent & les mangent auiîî-bien que leurs ennemis. Ilsn’ont aucune Religion, & obfervent feulement quelque policeentre eux touchant le mariage, la juftice, & le devoir enversleurs Rois. Les Hollandois ont quatre ou cinq fortereflës dansl’Ifte de Sumatra, & y ont plus de pouvoir que les Rois, dontils font prefque les maîtres. Les Portugais n’y ont point d’éta-bliffement; mais ils y trafiquent quand ils n’en font point em-pêchez par les Hollandois. 11 croît dans cette Ifle un arbre mer-veilleux, que les Malais appellent Jingali, & les Portugais, ar-boltrijle dédia; c’eft à dire, l’arbre trijte pendant le jour. Il pouf-fe plufîeurs boutons d’où il fort des bouquets compofez de cinqfleurs blanches comme la neige, & un peu plus groffes que lafleur d’orange. Ces boutons s’ouvrent dès que le Soleil eft cou-ché , & les fleurs fe montrent pendant toute la nuit, jufqu’à ceque le retour du Soleil les faffe tomber, & dépouille l’arbre detoutes fes feuilles. Sur le foir cet arbre recommence à ouvrirfes boutons, qui répandent une odeur fi douce, que l’air detous les environs en eft parfumé. On eftime fort le poivre deSumatra, qui eft fans doute le meilleur de toutes les Indes,aprèscelui de Cochin, fur la côte de Malabar. Le Royaume d’Achemeft le plus confidérable de l’Ifle. Voyez A C H E M. Il y abeaucoup de poivre au Royaume d’Andragiri, mais il eft fortmenu. L’or y eft à meilleur marché qu’en aucun autre endroitde l’Ifle. Le peuple de Jambi fait trafic de poivre & d’or, &ceux de Manincabo font commerce d’or; mais il n’eft qu’à tren-te ou trente-cinq pour cent de meilleur marché qu’en France.Vers la côte occidentale de l’Ifle de Sumatra, il y a plufîeursifles, les unes plus grandes que les autres, qui n’appartiennentni au Roi d’Achem, ni aux autres Rois dont nous venons deparler. Celles qui font habitées, font occupées par des anciensOriginaires, que les Malais n’ont point chalîez ; parce que peut-être ces petites ifles ne leur étoient pas propres. Quelques-unsde ces peuples font fauvages, & quelques autres un peu civili-fez. * Le Général Beaulieu , Voyages aux Indes Orientales, dansle Recueil de Thévenot, tome 2. Mandeflo, tome d’ Oléarius.
S U M IN G, ville du Quangfî dans la Chine. Elle appar-tient au Roi de Tunquin, avec fon territoire, qui renferme cinqautres villes. * Maty, DIS. Géogr.
SUMISCAHACouSIMISCASAC, bourg de l’A-rabie déferte, aux confins de la Syrie, environ à cinquante lieuesde la ville d’Anna vers le Couchant, & à quatre-vints-dix deJérufalem vers le Levant. On prend ce bourg pour l'ancienneSala de l’Arabie Déferte, & quelques-uns fe font imaginé queles Mages qui vinrent adorer Jefus-Chriftà Bethléem, étoientde ce lieu. * Maty, DiB. Géogr.
SUMITANDA (Barthélemi) Roi ou plutôt Prince d’O-mura, car Omura, qui eft la partie la plus occidentale du Ja-pon, eft un trop petit Etat, pour porter le nom de Royaume,n’ayant guéres qu’une ville aflez petite, quelques forterefles,& un territoire d’affez peu d’étendue. Sumitanda étoit fils puî-né de Xengandon, Roi d’Arima; & le Prince d’Omura étantmort fans enfans légitimes, il fut appellé comme parent à la fuc-ceflion: il y fit les délices de fes Sujets, & ayant le premier detous les Souverains du Japon embraffé le Chriftianifme, plufîeursguerres qu’il eut à foutenir à cette occafion , lui donnèrentmoyen de faire mille belles aétions, qui le firent palier pour undes grands Capitaines de l’Empire, il étendit aflez loin les bor-nes de fon Etat, qu’il fournit tout entier à Jefus- Chrift. Il futun des Princes qui envoyèrent en 1582, une folemnelie ambaf-fadeauPape Grégoire XIII, & plein de gloire & de mérite ilmourut le 24 de mai 1587, n'ayant pas voulu fe fervir d’un Mé-decin idolâtre qui promettoit de le guérir, parce qu’on foupçon-noit ce Médecin d’être Magicien. Il laifla une famille toutefainte, mais Sanchès fon fils & fon fucceffeur, après avoir ho-noré l’Egüfe & la mémoire de fon père par des vertus héroï-ques , mourut Apoftat. * Le Père Charlevoix, Hijloire du Ja-pon. Bartoli, Afia.
SUMMERSBURG. Paye* SOMMER SB O URG.
S U NA : c’eft ainfi qu’on appelle le Recueil des Hiftoires &des Traditions, touchant la Religion Mahométaae, Les exem-
S U N.
plaire* qu’on en a font fort différens les uns des autres, & lesAnciens n’ont prefque aucun rapport avec les Modernes. C’eftque la Tradition a toûjours été fort différente félon les différenspaïs. Non feulement celle des Perfes eft fort différente de celledes Arabes, mais celle des Africains l’ell de celle des Habitansde la Mecque, & de celle des Arabes du Défert. Cette diffé-rence a produit-tin grand nombre de Seétes, qui ont divifé laReligion Mahométane, & elle a introduit quantité de varia-tions dans l’intelligence de l’Alcoran , & dans la Jurifprudence.La Tradition des anciens Arabes eft inconteftablement la plusauthentique; celle des païs conquis a été altérée par une infini-té de nouveautez; les Fakis, ou Dofteurs des Arabes , fontconfifter toute leur fcience à débiter des Hiftoires qui ayent rap-port à Mahomet, & à fes premiers compagnons. On dit de l’unde ces Fakis, Abu-Yacoub- Ifaac, Difciple du Chafeï, qui futChef d’une Sette, qu’il favoit par cœur foixante dix mille ha-dith, ou Hiftoires confidérables, & cent mille moins importan-tantes fur ces fujets. En les citant dans leurs livres, les Maho-métans nomment les Auteurs d’où ils les ont tirées, ceux de quices Auteurs les ont apprifes, & remontent ainfi jufqu’aux pre-miers, à peu près comme font les Juifs dans leur Talmud. *Renaudot, Rélation des Indes.
S U N A M ou SÇUNEM, ville de Paleftine dans la Tri-bu d’Iflachar. ^ Joféphe la nomme Sonna. On la mit enfuite dansla Galilée près du Mont-Carmel. On dit que ce n’eft aujour-d’hui qu’un village nommé Torondolos Gabraleris. * Maty, DiB.Géogr. Il eft parlé aflez fouvent de cette ville dans l’Ecriture.Voyez entre autres endroits, I. Samuel ou I. Rois, cb. 28. v. 4.II. ou IV. Rois, cb. 4. v. 8 . Jofué, cb. iç.v. 18.
SUNAN, ville de la Chine. Elle eft la troifiéme de la pro-vince de Quicheu, & elle n’a qu'une autre ville fous fa jurifdi-étion. * Maty, DiB. Géogr.
S U N D. Cherchez S O N D.
SUNDERBOURG, ville & Duché de Danemarck,dans l’Ifle d’Alfen, à l’orient du Jutland méridional. C’eft letitre d’une des branches de la Maifon de Holftein. VoyexH O L S T E I N.
SUNDERLAND, ville avec marché dans l’Evêché deDurham en Angleterre. Elle eft près de la mer, à l’emboûchurede la rivière de Ware, au nord - eft du Comté appellé Underland,parce qu’il eft toûjours battu des flots de la mer, & entouréd’eau lorsque la marée eft haute. Elle eft connue par fon négo-ce du charbon, & parce qu’elle donne le titre de Comte à Ro-bert Spencer, qui l’a hérité de Henri fon père, que le RoiCharles I honora de cette dignité en 1643 , & qui fut tué la mê-me année à la bataille de Newbury. Cette ville eft à deux censmilles Anglois de Londres. * DiB. Anglais.
SUNDERSHAUSEN. Voyez SONDERSHAU-SE N.
SUNDGOU, SUNDGAW, SUNDGOWouS U N T G O W, province d’Allemagne dans le Cercle du HautRhin & qu’on rapporte ordinairement à la Haute Alface. Elleconfine vers le Couchant avec le Comté de Montbéliard, vers lefud avec l’Evêché de Bâle, vers le nord avec le Landgraviatd’Alface & vers le Levant avec le Rhin. Frédegaire fait men-tion de ce païs fous le nom de Pagus Suetenjis ou Sugitenjis, enécrivant l’Hiftoire des Rois de France de la première rate dansles chapitres 35 37 de fa Chronique. Ce païs appartenoit an-
ciennement aux Séquanois, mais depuis Clovis & le premier é-largiffement des bornes du Royaume de France, il a été joint âl’Alface dont depuis il a prefque toujours fuivi le fort. Le ter-rein en eft fort fertile en blez & en vin. Le païs eft divifé enquatre Bailliages ou Offices, qui portent le nom des principauxendroits qui s’y trouvent, Ferrette, Tbann , Altkircb & Lanfer.On y trouve aufli les villes de Mullhaufen, de Huningue-& deBéfort. Ce dernier endroit a été bien fortifié par les F’rançoisen 1679- Le Sundgau étoit autrefois pour la plus grande partiefous la domination des Comtes de Ferrette comme un fief de l’E-vêché de Bâle, & paffa enfuite par mariage à la Maifon d’Au-triche en 1325. Sigifmond, Duc d’Autriche, engagea ce païsen 1469» à Charles , Duc de Bourgogne , pour la fomme de80000 florins d’or, & le dégagea derechef en 1474. Dans laguerre de 30 ans la Couronne de France s’en mit en poffeffion &y fut confirmée en 1649 par la paix de Weftphalie. * Urftifius,Cbron. Baftl. I. 1. Mérian, Topogr. Aljat. Dejcript. FUJI, {y Géogr.de France. DiB. Allemand de Bâle.
S U ND IV A, Ifle de la dépendance du Royaumed’Ara-can dans les Indes. Elle eft à fix lieues de la terre-ferme deBengale. Son tour eft de trente lieues. Il s’y fait grande quan-tité de fel dont tout le païs de Bengale fe fournit, de forte queplus de deux cens vaiffeaux y viennent chaque année & appor-tent plufîeurs marchandifes pour échanger contre du fel. CetteIfle eft fi forte naturellement qu'il eft prefque impoffible d’y a-border fans le confentement des Habitans. C’eft ce qui fit pren-dre aux Portugais la réfolution de s’y retirer & de s’y fortifier.Cette Ifle appartenoit de droit à un des Rois de Bengale, nomméCadaray , mais le Grand Mogol s’en étoit emparé par la force de-puis longtems. Les Portugais la prirent en 1602, & lorsqu’ilsen furent maitres, Cadaray leur céda fon droit; mais un peuaprès ceux du païs l’affiégérent, & furent défaits par les Portu-gais, qui en demeurèrent poffefleurs. Le Roi d’Aracan voulutles en chaffer, mais il fut contraint de faire la paix avec eux.Cependant les Portugais fe virent obligez l’année fuivance d’a-bandonner l’Ifle, & ils fe retirèrent dans le païs de Siripur, deBacala & de Chandecan. * Davity, Royaume d'Aracan. Th.Corneille, DiB. Géogr.
S U N D O, province du Royaume de Congo dans la BafleEthiopie. Elle commence au Couchant, à douze lieues de San-Salvador, capitale de tout le Royaume de Congo, & s’étend
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