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de la ftupidité des Suiffes & mille contes ridicules qu’on faitd’eux, n’eft fondé que fur un préjugé; & tout Etranger, qui enfera i’eiTai, pourra fe convaincre par l’expérience qu’une pro-nonciation rude, des montagnes efcarpées & des vallées pro-fondes ne font pas incompatibles avec des manières douces &affables, avec la fincérité, avec l’humanité & avec un jugementfolide. Ceux qui les ont vus de près en font très perfuadez.Les grands hommes dans les Sciences, dans les Arts, dans laPolitique & dans la guerre; l’Univerfité de Bâle; les Académiesde Zurich, de Genève, deBerne, deLaufanne, &c. ; les Col-lèges des Jéfuites à Lucerne,à Fribourg & à Soleurre, & les Do-fteurs de Théologie & de Philofophie, qui fe trouventdans di-verfes Abbaïes de Bénédiétins, prouvent que les Suilîes ne fontpas moins capables des Sciences que les autres nations, & qu’ilstravaillent à les cultiver avec beaucoup de foin. Les fabriques detoiles, de laines, de foye, de dorures, de montres & d’autresmarchandifes qui fe trouvent à Zurich, à Bâle, à Genève, & àS. Gall, font fort fleurir le commerce de la Suifle & rapportentde grands avantages à la nation. 11 y a quatre Cantons Prote-llans, ceux de Zurich, deBerne, de Bâle & de Schaffhoufe.11 y en a fept Catholiques, Uri, Schwitz, Underwald, Lucer-ne, Zug, Fribourg & Soleurre. Il yen a deux mixtes, Giaris& Appenzel. * Bullinger. Tfchudy. Hafner. Stumpf. Simler.Steiner. Hottinger. Bucelini. Scheuchzer, Hijl. Helv. nat. Plan-tin. Cyfat. Etterlin. Mérian, Topograpbia Helvetiœ. Waldkirch,Eydgnojfflcbe Bunds, und Staats - Hijlori. DiS. Allemand de Bâle.Voyez fur tout l'Etat £? les Délices de la Suifle: & par rapport iVHijloire de la Réformation de la Suifle , •voyez M. Ruchat, Hijloirede la Réformation , &c. en Jix tomes.
SUIT HUN (Saint) Evêque de Winchefter, ville d’An-gleterre dans le Comté de Southampton, fut Religieux de l’Or-dre de faint Benoît, dont il prit l’habit dans la même ville. Ilfut choifi par Egbert le Grand, premier Roi d’Angleterre, pourêtre Précepteur d’Etelwolfe fon fils, & mourut l’an 802. * Pit-feus, de Illuflr. Angl. Script. Capgrave. Léland, &c.
S U I T Z ou SCHWITZ, eft un des trois Cantons dela Suifle, qui fecouérent le joug de la Maifon d’Autriche, l’an1307. Il eft entre ceux d’Uri, de Giaris, de Zurich, & le Lacde Lucerne. II peut avoir neuf lieues du Couchant au Levant,& fept du nord au fud. Le païs en efl: exrémement montagneux.Les Habitans font Catholiques Romains, & le gouvernement eftdémocratique. Il n’y a point de ville, & Suitz, qui leur a don-né le nom, & même à toute la Suifle, ne confifte qu’en une é-glife, & quelques maifons peintes, rangées autour d’une gran-de place, à une lieue du Lac de Lucerne , & entre des monta-gnes fi hautes, qu’on y voit de la neige au plus fort de l’été.* Maty, DiS. Géogr.
S U K. S U L.
U K A W. Voyez S U C K A W.
* SUL A, ville du Cercle de Franconie en Allemagnedans le Comté de Henneberg fur la rivière de Ilafel, eft aunord-eft de la ville de Henneberg, dont elle eft éloignée d’en-viron fix lieues.
SU LAÇA (Simon) Religieux Neftorien de l’Ordre defaint Pacome, dans le XVI fiécle, s’étant uni à l’Eglife Romai-ne, fut élu Patriarche par ceux de fon parti, & vint à Romefous le Pontificat de Jules III, qui lui confirma l’an 1552, fa dignité de Patriarche, après qu’il eut donné une Confeflion de Foiconforme à celle d’Eglife Romaine. Etant retourné en Orient,il établit fon Siège patriarchal à Caramit, ville de Méfopotamie,prit le titre de Patriarche des Affyriens, & ordonna plufieursEvêques & Archevêques. Les Turcs le firent mourir à la folli-citation des Schifmatiques. On lui élut pour fucceffeur unMoine de faint Pacome qui fe nommoit Hébed Jefu. * Bayle,DiS. Crit. édit, de 1702.
S U L A C H, Ifle de la Mer des Indes, on la nomme autre-ment Xula ou Xulo. Elle eft au nord de celle de Bum, qui en eftvoifine, à cinquante lieues de Ternate & à deux degrez de l’E-quateur du côté du Sud. Ses Habitans font Anthropophages, &vont tout nuds tant hommes que femmes, fi ce n’eft qu’ils fefont une ceinture au milieu du corps avec des écorces d’arbre.Cette Ifle a fourni quelquefois quatre mille hommes au Roi deTernate. * Davity. Th. Corneille, DiS. Géogr.
SULCARD, de Weftminfter, Religieux Anglois de laCongrégation de Clugni, dans le onzième fiécle, & fous le ré-gne de Guillaume le Conquérant, laiffa une Chronique, des Ser-mons, divers Opufcules & un volume d’Epîtres. On met famort vers l’an 1070. * Pitfeus, de Illujlr. Angl. Script.
SULCE'RU S (Simon) Doéteur & Profeffeur en Théolo-gie & Antijles de l’églife de Bâle, naquit à Berne, ou félon d’au-tres dans le village d’Interlappen, dans le Canton de Berne, en1508. Son père fut Béat, Prévôt des Moines d’Interlappen, quiavoit fecrettement époufé Marguerite Bærtlin , avoua publique-ment après fon changement de Religion ce mariage clandeftin ,& protefta qu’il reconnoiffoit fes enfans comme fortis d’un ma-riage légitime. Simon commença fes études à Berne, à Lucer-ne & à Bâle, où il étudia d’abord les Mathématiques fous Lo-ritus Glaréanus, & enfuite la Théologie fous Oecolampade &d’autres. En 1531, il fut créé Maître-ès- Arts & reçu Oeco-nome du Collège. Il paffa depuis i Berne où il enfeigna lesArts & les Langues. L’amour pour la Théologie le fit retour-ner à Bâle, où il fe pouffa dans l’Hébreu fous Munfter & dansla Théologie fous Simon Grynæus. Il fut aufll nommé Prépo-fite du Collège. Dans les commencemens de la Controverfefur le Sacrement de la fainte Cène, il alla en Saxe en 1538, &conféra avec Luther, dont il paroit avoir alors adopté les fen-timens, puisqu’il avoit accoutumé d’inculquer à fes domeltiques
SUL.
de croire Amplement les paroles de l’Inftitution. Lorsqu’unEtudiant lui annonça la mort de Bullinger, il doit avoir répondu,Cecidit ergo ctlumna Zviingliana. Il fut enfuite appellé a Bernepour y prêcher & demeura dix ans dans fon pofte. Mais la di-lpute iur la fainte Cène y ayant aufll commencé, il revint à Bâleen 1548, fut derehef Prépolite du Collège, & un an après Pafteurde l’églife de S. Pierre; & en 1552, Profellèur en Hébreu. A-près la mort d’Oswalde Myconius, on donna à Sulcéruslacharged‘Antijles de l’églife de Bâle en 1553; en 155b, la Chaire deProfeffeur du Nouveau Teltament; & en 1563 , il reçut desmains de Martin Borrhaus le dégré de Docteur en 'rhéologie,étant Reéteur de l’Univerfité. En 1564, il paffa à la Chaire deProfellèur du Vieux Teftament ét expliqua le Prophète ifaïecomme il avoit fait auparavant l’Evangile de S. Matthieu. Sonéloquence, & fon jugement folide lui aquirent bien desSeéta-éteurs, de forte que Jacques Grynæus lui même entra dans lesfentimens touchant l’article de la fainte Cène ; mais Grynæusles abandonna enfuite & les fit abandonner à plufieurs autres.Il fut quatre fois Reéteur de l’Académie. L’ufage des orguesayant été banni des églifes depuis le tems de la Réformation,Sulcérus le rétablit, mais avec bien desdifficultez. Quelquesannées avant fa mort il quitta fes emplois & Jacques Grynæus luifuccéda. Comme il n’avoit point d’enfans il fit en faveur desEtudians trois legs différens, qui fubfiftent encore. Il mouruten 1585, étant Reéteur de l’Univerfité. 11 a compilé TbefaurusLocorum Communium ex facris (ÿ profanis Autboribus , mis des pré-faces à la tête de divers livres & traduit en Latin les Aétes duSynode deBerne. On a imprimé de fes lettres dans différentesColleétions, comme dans celle de P’echtius , &c. * Ex VitisMelchioris Adami. Acad. Baf. Diü. Allemand de Bâle.
S U L G A W ou S U L G O W. Voyez S A U L G E N.
* SULINGEN, petite ville du Cercle de la Baffe Saxe,en Allemagne, dans le Comté de Hoye. Elle eft au fud-oueftde la ville de Hoye dont elle eft éloignée de fix à fept lieues.
SULLY (Maurice de) Evêque de Paris, ainfi nommé, par-ce qu’il étoit natif d’une petite ville de ce nom fur la L.oire, vi-voit dans le XII fiécle. Il fut élevé à l’Evêché de Paris aprèsPierre Lombard, en confidération de fa fcience & de fa vertu;car il étoit d’une affez baffe naiffance, mais d’ailleurs libéral &magnifique. Ce fut lui qui fonda les Abbaïes de Hérivaux & deHermiéres, outre deux monaftéres de Filles, Gif&Hierres, &qui jetta les fondemens de l’églife de Notre-Dame, l’un desplus grands bâtimens qui fe voyent en France. Il arriva de fontems que quelques perfonnes doutèrent de la réfurreétion descorps. Pour témoigner quelle étoit fa foi fur cet article, il or-donna qu’on graveroit fur fon tombeau le premier Répons quife dit à l’Office des Morts, Credo quod Redemptor meus iivit, &in novijfmo die de terra refurreSurus Jum, tÿc. Ce Prélat mourutl’an 1196, & fut enterré dans l’églife de l’Abbaïe de Saint -Vi-étor, où l’on voit cette Epitaphe, Hic jacet reverendus PaterMauricius, Parijienjis Epifcopus , quiprimus Bajilicam beatce Mariaincboavit. Obiit anno Domini M. C. XCFI. tertio Idus feptembris.
* Rigord, in Pbilippo Auguflo. Guillaume de Nangis, inCbron.Vincent de Beauvais, Spéculum Hijl. p. 3. Jacques de Vitry, c.38. Céfaire de Cîteaux, L 6 ■ c. 19: l. 7. c. 43. Du Breuil, An-tiq.de Paris. Sainte-Marthe, Gall. Cbrijl. tome î.p. 436 Ê? 437.Trithéme, &c.
SULLY (Eudes ou Odon de) Chanoine Régulier de l’Ab-baïe de Saint-Viftor-lès-Paris , & Chantre de l’églife de Bour-ges , puis Evêque de Paris, neveu de Thibaud, Comte de Cham-pagne, fuccéda en 1196 à Maurice de Sully, qui étoit d’une au-tre famille. Il eut part aux plus grandes affaires de fon tems ; &publia des Ordonnances Synodales, que nous avons dans la Bi-bliothèque des Pères. Odon de Sully mourut en 1208. Soncorps fut enterré en grande pompe dans le chœur de fa cathé-drale , où l’on voit fon Epitaphe en ces termes,
Quem Catbedræ decoravit bonor, quem Jartguis avitus,Quem morum gravitas, bic jacet Odo Jitus.
Prœfulis hujus erat, qutd babent bœc temporararo,
Mens Jincera, manus munda, pudica caro.
Lenibus bic lenis, toga nudis, viBus egenis ,
Vita fuit juvenis clara , probata fenis.
Hic bis fexcento Cbrijli, quartoque bis anno ,
Tredecimo julii tranfnt Odo" die.
* Etienne de Tournay, Epijl. 225. Pierre de Blois, Epijl. 12S.127 fÿ 160. S. Antonin, tit. 17. c. 7. Suger, in Vita Lud. Vil .Jacques Du Brueil, Antiq. de Paris. Sainte - Marthe, Gall. Cbrijl .tome 1. Robert, Gall. Cbrijl.
SULLY, petite ville de France, dans la Sologne, fur laLoire à huit lieues au deffus d’Orléans. Sully a un fort beauchâteau & titre de Duché-Pairie depuis l’an 1606, où elle futérigée en faveur de Maximilien de Béthune, Marquis de Rôny,qui en 1602 avoit acquis la Baronnie de Sully, alors appartenanteà la Maifon de La Tremouille. Voyez BE'THUN E. * Ma-ty , DiS. Géogr.
SULLY, Maifon illuftre & ancienne en Berry, tire fonorigine de Guillaume qui fuit.
I. Guillaume, fils aîné de Henri, furnommé Etienne , Com-te Palatin de Champagne, de Brie, de Blois & de Chartres,& d'Alix d’Angleterre, fut privé de la fucceffion de fon père &de fon droit d’alneffe, à caufe de l’imbécillité de fon efprit, &époufa Agnès, Dame de Sully, reftée fille unique de Gilon ,Sirede Sully, de la Chapelle & des Aix-Dam-Gilon, èid'Eldebur-ge, fœur d’Etienne, Vicomte de Bourges, dont il eut 1. Eudes-Archambaud qui fuit; 2. Raoul, furnommé Rabier de Sully, quifit le voyage d’Outremer; 3. Raoul, Prieur de la Charité & Ab-bé de Clugni, qui fc démit de fon Abbaïe trois ans après fon