Druckschrift 
8 (1740) Lettres SEH - Z
Entstehung
Seite
400
Einzelbild herunterladen
 

400 S U E.

& refuféïent de continuer cette guerre. Après cela les deux Roisreprirent les armes l’un contre l’autre. Dans ces entrefaites Wal-demar avoit pris le parti de Suénon, parce que fon père avoitété tué par celui de Canut. Canut fut fi bien battu devant Wi-bourg, qu'il fut obligé de fe retirer en Suède auprès du RoiSuercher II, fon beau-pére. Suénon fortifia Wibourg & fit laguerre aux Vandales avec peu de fuccès. Canut n’étant pas tropbien vu en Suède, il alla en Pologne, de là en Saxe, &enfin,auprès de Hartwich, Archevêque de Brème, qui lui promit tou-te forte de fecours, parce qu’il avoit perdu divers biens ecclé-fiafiiques en Danemarck. Canut revint ainfi en Jutlande, aflié-gea Wibourg, & fut tellement maltraité dans une fortie qu’onfit de la ville, qu’il fut obligé une fécondé fois de s’enfuir en Sa-xe. Il fut alors mettre dans fon parti lesFrifons, que Suénonfurprit & défit. Canut porta fa caufe devant l’Empereur Frédé-ric Barberouffe, afin qu’il décidât la querelle. Suénon fut citéà Mersbourg, où l’Empereur prononça que le Danemarck feroitun fief de l’Empire, & que Suénon partageroit le gouvernementavec Cauut. Les Etats du Royaume ne furent pas contens decette fentence & Suénon ne voulut pas non plus y acquiefcer.Il époufa enfuite Adélaïde, fille de Conrad, Duc deSaxe, afinde s’unir plus étroitement les Princes, fes voifins. Les EcrivainsDanois difent qu’avec cette Princeffe Suénon introduifit en Da-nemarck le luxe dans les habillemens & dans les repas, ce quiépuifa le thréfor & fut fort à charge au Royaume. Suénon entradepuis en guerre avec la Suède parce que Jean, Prince de Suè-de, avoit enlevé deux PrinceiTes Danoifes, & qu’il les avoitrenvoyées après en avoir abufé. La Finlande fut alors conquifepar les Danois. Mais Suénon étant de retour dans la Scanie,les grandes extorfions qu’il exerça, excitèrent une fi terrible ré-volté, que le Roi même courut rifque d’être lapidé. Les Etatsdu Royaume s’étant aufli oppofez à Suénon, Waldemar aban-donna fon parti & fe joignit à Canut. Les Danois réfolurent•■unanimement de chaffer Suénon, particuliérement parce qu’ilsavoient été obligez de payer pour la guerre contre les Vandales3000 marcs d’argent , qui avoient été donnez à Henri le Lion ,Duc de Saxe, fans pourtant que ce Prince eût fourni aux Danoisles fecours promis. Suénon fe vit ainfi obligé de fe fauver avec fafamille en Saxe, auprès de fon beau - père. Trois ans après ils’empara de la ville de Sleeswick par les fecours que lui donnèrentHenri le Lion & Hartwich, Archevêque de Brème, après quoil’ifie de Fuhnen fe rangea aufli fous fon obéïffance. On en vintenfin à un accommodement, enfuite duquel Waldemar devoitpoflèder la Jutlande, Canut la Seelande & l’Ifle de Fuhnen, &Suénon la Scanie, Halland & Blecking. Suénon ne fit paraîtrefon mécontentement de ce partage que lorsqu’en 1157, CanutPeut invité à un repas à Rofchild. Suénon amena alors avec luides affaflins qui furprirent Waldemar & Canut, tuèrent celui-ci, & manquèrent Waldemar parce qu’il s’étoit enfui. Dans lamême année Suénon & Waldemar en vinrent à une bataille dé-cifive près de Wibourg. Suénon y fut entièrement défait, &forcé à prendre la fuite, mais s’étant embourbé dans un maraisprofond, les gens de Waldemar le joignirent. Il tâcha de fetirer d’affaire en difant qu’il n’étoit qu’un Sécretaire, mais il futtrop bien reconnu & eut la tête coupée par les mains d’un Paï-fan. * Saxon le Grammairien. Meurfius. Krantzius , in Hijl.Dan. Dïct. Allemand.

* S U E' N O N, Roi de Norvège, fut fils de Canut le Grand,Roi de Danemarck, & fut nommé SUE'NON II, parce queSuénon I, Roi de Danemarck, l’avoit aufli été de Norvège. En1031, il s’empara du thrône par la force des armes ; mais il futchaffé en 1034 & mourut en 1036.

SUE'ONIE ou S U E N O NI E. Voyez cy - deffus

5 U E' D E.

* S U E R C FI E R. II y a eu de ce nom trois Rois de Suè-de. Suercher I a régné depuis l’an 273 , jufqu’à l’an 276.Ayant fouhaité de voir Odinus qui avoit fait tant de miracles ,il lui apparut un fpeélre fous la figure d’un nain qui le tranfpor-ta dans le creux d’une montagne, d’où il n’eft point forti depuis.Suercher II, fut en 1134, élevé fur le thrône par la Nobleffe,

6 ayant fait un certain foir une partie pour aller en traîneau, ilfut affafliné par fes propres Domeftiques. Suercher III, pro-che parent du précédent, & fils de Charles VII, monta fur lethrône en 1192, & fut en 1210 tué par EricX, à la bataille deLatern. * Gr. Dicl. Univ. Holl. Puffendorf, Hijloire de Suède.Krantzius, inSuecia. Gothofredi/nmit. Suecice, p. 46.

S U E’S, ville & port de mer d’Egypte, au fond de la MerRouge, donne le nom à l’Ifthme de Sués, qui eft entre la MerRouge & la Mer Méditerranée, & fépare l’Egypte de l’Arabie.C’eft le rendez - vous des Ethiopiens, qui y apportent des Indestoutes fortes d’épiceries, des pierres précieufes , des perles,de l’ambre, du mufe, & d’autres raretez. On les tranfporte en-fuite parterre, fur des chameaux, jufqu’au Caire, & de là à A-lexandrie, où les Vénitiens, & les autres Marchands Chrétiensles viennent acheter. La ville efl: environnée d’une campagnepleine de fables & déferte: de forte que les Habitans font obli-gez de tirer toutes leurs provifions d’ailleurs; & même on y ap-porte de l’eau de deux lieues loin. On y voit fur une hauteurun château bâti à l’antique. * Dapper, Defcript. de l'Afrique.

S U E S S A. Cherchez SES S A.

S U E T , ville. Voyez S C H W E T.

S U E'T O NE (Caius Suétonius Paulinus) Gouverneur deNumidie, l’an 40 de Jefus-Chrift, vainquit les Maures, lespouffa jufqu’au delà du Mont-Atlas, ce qu’aucun autre Géné-ral Romain n’avoit fait avant lui, & écrivit une Rélation decette guerre. L’an 60, il commanda dans la Grande Bretagne ,& s’y fignala par fes grands exploits. Il fut Conful, à ce qu’oncroit, l’an 63, ou félon les Fartes Confulaires l’an 66 de Jefus-Chrift, (M. Tillemont croit que ce fut fon fils,) & co mm anda

SUE.

dans le parti de l’Empereur Othon ; mais avec moins de fuccèsqu’on n’en eût attendu d’un homme de fa réputation. 11 prithonteufement la fuite le jour du combat décifif, des’en fit mêmeun mérite auprès de Vitelüus. On s’eft trompé, lorsqu’on acru qu’il étoit père de Suétone l’Hiftorien; & qu’ii étoit l’Au-teur de la Vied’Othon. * Tacite, Annal. I. 14. c. 29. 33. 37:l. 16. c. 14. Hijl. I. 1. c. 90: l. 2. c. 23. 25. 31. 32. 6a. Agricole ,c. 5. 14. Tillemont, Hijloire des Empereurs. Bayle, Diü. Crit,quatrième édition.

SUE'TONE (C. Suétonius Tranquillus) Hiftorien, filsde Suétonius Lénis, Tribun de la troifiéme Légion, fous Othon,vivoit vers l’an 118 de Jefus - Chrift, fous Trajan & fous Adrien,dont il fut Sécretaire. Cette charge lui fut ôtée, parce qu’ilen avoit ufé avec trop peu d’égard & de refpeét auprès de l’Im-pératrice Sabine. Pendant fa difgrace, il compofa les Vies desdouze Céfars, qui font également utiles & agréables. Pline leJeune, qui étoit de fes amis particuliers, le prie, dans une defes lettres, de ne tarder plus à publier un de fes Ouvrages, qu’ilne défigne point, de peur qu’il ne le gâte à force de le polir:PerfeClum opus abfolutumque eft , necjam fplendefcit lima, fed atteri-tur. Nous avons encore de Suétone, un livre des Grammai-riens illuftres, & un des Rhéteurs, dont la meilleure partie nousmanque, aufli-bien que celui qui contenoit la Vie des Poètes;car celle de Térence eft prefque toute de fa compofition, commeDonat le dit, en y ajoûtant quelque chofe. Celles d’FIorace,de Juvénal, de Lucain, & de Perfe, font encore vrai femblable-ment de lui. Quoi qu’il en foit, on ne doute point que faintJérôme ne l’ait pris pour modèle de ce genre d’écrire, lorsqu’ila compofé fon Traité des Ecrivains eccléfiaftiques. Mais il nefaut pas fe perfuader que la Vie de Pline l’Ancien, que nousa-vons fous le nom de Suétone, foit de fa façon ; car le ftile, &plufieurs autres raifons nous perfuadent qu’elle ne vient pointde lui. Nous avons perdu plufieurs autres de fes Ouvrages, dontles titres fe trouvent dans Aulu-Gelle, Servius, Tzetzès& Sui-das. Ce dernier lui attribue des Traitez fur les Jeux que prati-quoient les Grecs ; fur les Speétaeles que répréfentoient les Ro-mains; fur la République de Cicéron; des habits ; des parolesinjurieufes ; de la ville de Rome; & quelques autres. Aufoneparle aufli d’un Traité des Rois, en trois livres, que Ponce Pau-lin avoit pris pour fujet d’un Poème de fa façon. L’Ouvragede Suétone, des Grammairiens illujlres , nous feroit d’un plusgrand ufage, fi nous avions les Ecrits de ces Grammairiens il-luftres, dont il parle. Néanmoins, comme c’ert une pièce del’Antiquité, on la doit refpeéter, & la réputation de fon Auteurdoit la faire eftimer; mais l’on peut dire qu’un homme, quifemêleroit d’écrire aujourd’hui fur une matière femblable, & quine feroit pas mieux, auroit bien de la peine à fe fauver delàcenfure des Critiques decefiécle. Depuis Suétone, il femblequ’on ait négligé de recueillir à part les Ecrits & les aftionsmême des Grammairiens, peut-être à caufe que leur nom &leur profeflion eft tombée dans une efpéce de mépris, depuisqu’on a vu la plupart des Grammairiens dégénérer en Pédans.Les Savans, qui ont été depuis dans cette profeflion, ont mieuxaimé le nom de Philologues ou de Critiques. * Pline, l. 1. E-1pijl. 18: l. 5. Epijl. 11. Aufone, Epijl. 19. Suidas, in voceTpay-xvAAo;. Voflius, de Hijl. Lat. I. i.c. 31. La Mothe-Le-Vayer,Jugemens des Hijloriens Latins. Jufte - Lipfe, in Not. ad Tacitum ,l. 2. Bayle, Dih. Critiq.

S U E'T O N E, dit Optatianus ou Aclacianus, vivoit du temsde l’Empereur Tacite, vers l’an 27 6 de Jefus-Chrift, décri-vit la Vie de ce Prince, comme nous l’apprenons de Vopifcus.

S U E' V E. Cherchez S O U A B E.

S U E' V E S, peuples d’Efpagne, étoient fortis de la Soua-be dans la Germanie. Au commencement du cinquième fiécle ,ils fe joignirent aux Alains & aux Vandales; & vers l’an 406,ils entrèrent dans les Gaules, où ayant pillé diverfes provinces,ils pafférent en Efpagne l’an 409, & s’y cantonnèrent dans lesprovinces de Gallice & de Portugal. Hermenric, qui fut leurpremier Roi, mourut vers l’an 440. Ses fucceffeurs font, Ri-chila, Réchiaire, Maldras, Frumarius, Rémifmond, Théodé-mire, Miron, & Eburice ouEboric. Ce dernier fuccéda à fontpère l’an 583 , & fut déthrôné par le Tyran Andeça, qui épou-fa la veuve de Miron & confina Eboric dans un monaftére; maisLeuvigilde, Roi des Vifigoths, prit le Tyran, & joignit à fonEtat celui des Suéves, vers l’an 585, félon la fupputation deJean de Gironne, inChron. * Saint Ifidore, in Cbron. Mariana,Hijl. Hifpan.

SUEUR (Euftache Le) excellent Peintre François, fut del’Académie Royale de Peinture & de Sculpture dès les premiersjours de fon établiffement. Il étudia fous Vouet, comme tousles jeunes Peintres de fon tems: au lieu que lesDifciples fe fonttous eftimer à proportion de ce qu’ils imitent bien leur Maître,celui-ci, (de même que Le Brun fon contemporain & fon con-difciple, & quelques autres encore, qui avoient un génie fupé-rieurpourla Peinture) s’eft fait confidérer pour avoir quitté debonne heure la manière de fon Maître ; parce que, quoiqueVouet fût très - habile homme, Le Sueur avoit un goût beaucoupplus exquis & plus délicat. Le premier ouvrage de conséquencequ’il entreprit, fut la Vie de faint Bruno, qu’il peignit dans lecloître des Chartreux de Paris dans vint-deux tableaux d’unebeauté admirable, & dont quelques-uns, par une malice in-croyable, & de laquelle on n’a jamais pu découvrir les Auteurs,ont été gâtez confidérablement, dans les endroits où il y avoitde pins nobles & de plus vives expreflions. Il fit tout cet ou-vrage en trois années. Cependant quelques beaux qu’ils foient,ceux qu’il fit depuis en plufieurs endroits le font la plupart en-core davantage du côté de la force de la couleur. Un des plusbeaux eft celui qu’il fit, pour être mis à Notre-Dame à Paris,en l’année 1650 fuivant la coutume que les Orfèvres obfervoieat