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8 (1740) Lettres SEH - Z
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si8 S E L.

t;fuit qüe ce Saint, & fes confrères des Gaules, étoieht Sabel-liens ; mais il fe purgea bientôt de ce foupçon. Le Concile fetrouva divifé en deux opinions, parce que les uns vouloientqu’on commençât par les controverfes de la Foi ; & les autres,que l’on traitât des accufations & des dépolirions des Evêques.Les Semi-Ariens, qui admettoient. dans Jefus Chrift la reffem-blance de la fubftance, ne vouloient point que l’on dreffât denouvelle Confelfion de Foi. Au contraire Acacius deCéfarée,condamnant le Concile de Nicée, & diffamant fon Symbole, enpréfenta un, où il difoit que la reffemblance du Fils avec lePère, étoit de volonté feulement, & non de fubftance. II avoitappris cette doftrine d’Aëtius, qui fervit de prétexte à ce Concile. Les Sémi-Ariens déteftérent cette Confeflion de Foi, di-fant qu’il fe falloit tenir à celle qu’on avoit faite à Antiochel’an 341: & en effet, ils la confirmèrent. Mais comme la divi-fion augmentoit toûjours , Léonas, que Confiance avoit envoyéavec Laurice, pour faire obferver l’ordre dans le Concile, le rom-pit le quatrième jour, & renvoya les Evêques. Enfuite lesSé-mi-Ariens s’étant affemblez dans l’eglife, & ayant cité inutile-ment Acacius , ils ledépoférent, lui & piufieurs autres Prélats.Anien, qui étoit Prêtre d’Antioche, fut mis en la place d’Eu-doxe dépofé. Mais ceux du parti d’Acacius s’étant faifis delui, le mirent entre les mains de Laurice & de Léonas, lefquelsaprès l’avoir fait garder quelque tems par les Soldats,l’envoyè-rent en exil. Ceux qui venoient de l’ordonner,fe plaignirentde cette violence, & députèrent dix d’entre eux à Confiance,pour l’avertir de ce qui s’étoit paffé ; de quoi ils âvoient auffidonné avis aux autres Evêques par une lettre Synodale. * S.Athanafe , de Synod. Saint Grégoire de Nazianze, Orat.11. Sul-pice Sévére, Hifl. Sacra, l. 2. Socrate, /. 2. Théodoret, l. 2.Sozoméne , /. 4. Baronius, in Annal. Herman, Vie de S. Atba-nqje, l. 8- Godeau , Hifl. Eccléf.

S E'L E U C I E, fur le Tigre, viile d’Afie, dite Seleucia aiTigrim, fut bâtie par le Roi Séleucus Mcator. Trajan la prit avecCtéfiphonte; & Caffius brûla l’une & l’autre. Du tems de JulienYApoflat, elle s’appelloit Coché, comme nous l’apprend AmmienMarcellin, l. 24. c. 5. Les Modernes font en peine de.trouver cetteville, que quelques-uns prennent pour Moful, & d’autres pourHellé, à deux journées de Bagdet. Sanfon croit que c’eft la mê-me que Bagdet ou Bagdat, qui ayant été prife fouventéc repri-fe par les Turcs, eft foumife aux derniers depuis l’an 1638.

* Strabon, l. 1 6. Pline, 1 . 6 . c. 26. Ammien Marcellin, l. 24.c. 5. Ortélius. Le Noir. Sanfon.

Ce fut environ l’an 294- avant Jefus Chrift que Séleucus fitbâtir Séleucie à quarante milles de Babylone. Elle étoit fur la ljive occidentale du Tigre , vis à vis de l’endroit où eft aujour-d’hui Bagdad, fur l’orientale. Elle devint bientôt une grandeville. Pline dit qu’elle avoit fix cens mille Habitans. Les Habi-tans de Babylone fe retirèrent là à caufe de la commodité de lafituation & des privilèges que Séleucus accorda à fa nouvelle ville.

* Prideaux, Hifl. des Juifs, tome 2. p. 565.

SE'LEUCIE, ville de Syrie, furnommée Pieria, & bâ-tie par le même Séleucus Nicator , étoit près de l’Oronte , avecArchevêché. Le Noir la nomme Soldin; & d’autres la prennentpour Séleucbe Ielber.

SE'LEUCIE, autre ville de Syrie, fur le fleuve Belus,avec Evêché fuffragant d’Apamée. On croit que fon nom mo-derne eft Divertigi. Séleucus Nicator bâtit neuf villes de cenom. Voyez fon article. * Ferrari, in Lex. Géogr. '

S E'L E U C 1 Fl, ville de Pifidie, fur les confins de la Pam-phylie , avec Evêché fuffragant d’Antioche de Pifidie. S- Pauly établit la Foi. Les Turcs la nomment Carafazar, & d’autresCelejlria. C’eft dans cette ville que mourut l’Empereur Trajan.

S E' L E U C I F. N S, Hérétiques, venus de Séleucus & dTIer-mias, dans le quatrième fiécle,faifoient Dieu corporel, & foute-noient que la matière élémentaire étoit éternelle. Ils batifoient enimprimant un fer chaud fur le front,&foutenoient d’autres erreurscontre lagioire du Verbe fait chair. * S. Auguftin,H<ar. 59. Nicé-phore,/. u.c. i4.Philaftrius.Sandére. Pratéole ou du Préaux, &c.

jr? Ces deux Hérétiques (Séleucus & Hermias) étoient deGalatie, félon Philaftrius. Ils croyoient, comme Hermogéne ,que la matière étoit éternelle ; mais ils avoient ajouté à ce dogmeles erreurs fuivantes, 1. Que Dieu eft corporel : 2. Que les âmesfont tirées de la terre : 3. Que le mal vient de Dieu ou de lamatière : 4. Que le Sauveur n’eft point aflis à la droite de fon Pèreen corps; mais qu’il a quitté fon corps, & l’a laiffé dans le fo-leil : S, Que le Paradis eft vifible ; 6. Que les âmes étant de feu&d’tfprit, ne doivent pas être batifées par l’eau: & 7. Qu’il n’ya point de réfurrection, ou qu’elle n’eft autre chofe que la géné-ration continuelle des hommes. * M. Du Pin , Bibliotb. desAut. Eccl. des trois premiers fiécles.

SE'LEUCUS NICATOR ou NICANOR, quilignifie Viüorieux &. Conquérant, Roi de Syrie, I. du nom, étoit filsà'Antïocbus & de Laodice. On dit qu’il portoit fur fa cuiffe la figured’une ancre, & qu’il avoit apporté cette marque en naiffant.Voyez LAODICE'. Après la mort d’Alexandre,dont il étoit undes Généraux d’armée, il s’établit à Babylone, mais il en futchaffé par Antigonus, & fe retira en Egypte, près de Ptolémée.Depuis il traverfa toute la Perfe, & fit alliance avec Sandrocotus,Roi des Gangarides, peuples de l’Inde, dont il reçut un renfortde cinq cens éléphans, & de fix mille hommes de pié. A fon re-tour il fe ligua avec Ptolémée , Caffandre & Lyfimachus, contreAntigonus, Roi de l’Afie Mineure, qui fut tué dans la batailled’Ipfus, la première année delà CXIX Olympiade, l’an 304 avantJefus Chrift, & partagea avec eux les provinces de cette conquêre. Ce fut ce Prince qui commença le Royaume de Syrie qui defon nom fut appellé des Séleucides. Depuis il fit la guerre àDémétrius; puis il reçut fous fa proteélion l’Eunuque Philétére ,qui fe retira auprès de lui avec neuf mille talents qu’il avoit 1

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amaffez danà le Gouvernement de Pergame. Il alla au devantde Lyfimaque, qui pourfuivoit Philétére, lui livra la bataille, &le tua, l’an 281 avant Jefus Chrift. Après certe viéloire , il for-ma ledeffein de conquérir la Thrace & la Macédoine; mais ilfut affaflînépar Ptolémée Céraunedans la ville d’Argos, l'a premièreannée de la CXXV Olympiade, l’an 280 avant Jefus Chrift, le78 de fon âge, & le 32 de fon régne. C’étoit un prince vail-lant , & néanmoins fort doux. On rapporte de fa modérationun exemple qui eft allez extraordinaire. Son fils Antiochus ô’c-ter étant tombé dans une langueur amoureufe pour Stratonicefa belle-mére, & le Médecin Ërafiftrate ayant reconnu la caufedu mal de ce Prince par un foudain treffaillement de fon pouls ^à la vue de cette Reine, Séleucus eut la bonté de la lui céder,

& de permettre qu’il l’époufât. Il renvoya aux Athéniens la bi-bliothèque que Xerxès leur avoit enlevée, & qu’il trouva enPerfe. 11 fit bâtir feize villes, appellées Antioche, en mémoirede fon père; fix Laodicèes en l’honneur de fa mère; neuf Sê-leucies, pour immortalifer fon nom; trois Apamées, & une Stra*tonice, en faveur de fes femmes, outre Berrbée , EdeJJe, Bella ,

&c. où il envoya des Juifs, aufquels il donna de beaux privi-lèges. Il tenta de joindre le Palus Méotide à la Mer Cafpien-ne; mais ce deffein ne put réüflir. Jofeph fait mention d’unprodige qui lui arriva dans un de fes facrifices. Le bois, dit-il,deftiné pour le bûcher, s’alluma en fa préfenee, fans qu’on yeût mis le feu. Antiochus Soter lui fuccéda. * Plutarque, inSéleuco. Joféphe. Juftin. Arrien.

S E'L E U C U S II, fils d’Antiochus dit eto-, le Dieu, eutle furnom de Callinicus. Les Savans ne font pas d’accord fur laraifon pour laquelle il porta ce nom, qui lignifie un VainqueurHeureux. Quelques-uns difent qu’il lui fut donné par ironie,comme à un Prince prefque généralement malheureux dans tou-tes fes entreprifes ; mais Al. Vaillant croit qu’il pritee nom aprèsla viéloire qu’il remporta fur fon frère Antiochus, en mémoire delaquelle il fonda une ville qu’il nomma Callinicopolis. Il fuccédaà fon père 247 ans avant la naiflance de Jefus Chrift, dans la fé-condé année de la CXXXLI Olympiade. D’abord en entrantdans le gouvernement de fes Etats il fuivit le mauvais confeii defa mère Laodice, & fit mourir Bérénice, la fécondé époufe defon père Antiochus, avec le fils qu’elle en avoit eu & qui étoitencore au berceau. 11 ne s’attira pas feulement par là la révoltede diverfes villes de fes Etats, mais encore une grande guerre delapart de Ptolémée Evergetes, Roi d’Egypte & fi ère de Bérénice.Ptolémée lui enleva prefque tout fon païsjufques à l’Euphrate,

& en auroit apparemment fait autant du refte de fon Royaume,fi une rébellion , qui s’alluma en Egypte, ne l’eût rappellé. Sé-leucus perdit aufli fes flottes par des tempêtes dans le tems qu’ils’en vouloit fervir pour ranger à leur devoir les villes rebelles.

II eut pourtant le bonheur de voir que ces villes rentrèrent d’ellesmemes dans 1 obéïffance, foit qu’elles le cruflent déjà allez puni,foit qu’elles n’aimaffent pas à vivre fous le joug des Egyptiens.

La guerre avec Ptolémée s’étant rallumée , Séleucus fut encorebattu & fes troupes prefque entièrement défaites. Il crut fe forti-fier en appellant à fon fecours fon frère cadet, Antiochus Hierax,à qui il fut obligé de promettre pour récompenfe toute l’Afie Mi-neure jufques au Mont-Taurus. Mais à peine eut-il obtenu parce moyen une trêve de dix ans, que fon frère même l’attaqua&le battit dans une grande aétion qui fe paffa près d’Ancyra. Eumé-nès, Roi de Bithynie, qui favoit profiter en maître delà difeor-de de ces deux frères, défit Hiérax à fon tour. Séleucus lui mê-me battit enfuite auiîi fon frère, qui fe vit enfin obligé de fe re-tirer auprès de Ptolémée fon ancien ennemi, qui le fit auffi-tôtmettre dans une prifon fort dure, de laquelle il ne fe fauva quepour périr, ayant été affaifiné par des Voleurs en chemin. Avectout cela les affaires de Séleucus n’étoient pas encore relevées,car le Royaume de Syrie avoit trop fouffert par ces guerres in-teftines. L’on remarque fur tout que, pendant ces troubles, Ar-face, qui avoit déjà arraché, fous les Rois précédées, les Pro-vinces de Syrie, fituées au delà du Tigre & affermi par là leRoyaume desParthes, avoit augmenté confidérablement fes for-ces, tellement que les Rois fuivans de Syrie n’étoient plus enétat de rien tenter contre lui. Athénée dit que Séleucus Calli-nique ayant entrepris une expédition contre Arface en avoit étéfait prifonnier, mais qu’enfuite il fut remis en liberté, aprèsavoir reçu de grandes civilitez de la part d’Arface. Il mourutd’une chûte qu’il fit de fon cheval dans la deuxième année dela CXXXVIII Olympiade, 227 ans avant la naiffance de JefusChrift dans la 20 année de fon régne. * Strabon, /. 13(5* 16.Juftin, l. 27. Appien, de Bellis Syriacis. Athénée, /. 5. Polyen.Plutarque. Polybe. Vaillant, Hijloria Seleucidarum. DictionnaireAllemand de Bâle.

SE'LEUCUS III, furnommé Gér.aune ou le Foudre , fuc-céda à fon père Séleucus Callinique, la troifiéme année de laCXXXVIII Olympiade, & la 226 avant Jefus Chrift. Séleucusne méritoit rien moins que le titre de Ceraunus. C’étoit un Prin-ce très foible de corps & d’efpric, très indigent, & qui n’a ja-mais rien fait de confidérable. Son régne fut fort court, & fonautorité mal établie dans les Provinces & dans l’armée. Ce quil’empêcha de la perdre tout à fait fut qu’Acheüs, fon coufin , filsd’Andromachus, frère de fa mère , homme de cœur & de tête ,prit le maniment des affaires. Attalus, Roi'de Pergame, s’é-tant faifi de toute l’Afie Mineure, Séleucus marcha contre lui,

& laiffa la Régence de la Syrie à Hermias, Carien. Mais com-me il n’y avoit point d’argent pour payer l’armée, Nicanor &Apaturius, deux des premiers Officiers, confpirérent contre luipendant qu’il étoit en Phrygie, & l’empoifonnérent, la troifié-me année de fon régne, la deuxième de la CXXXIX Olympia-de, & la 223 avant Jefus Chrift. Il eut pour fucceffeur fon frè-re Antiochus le Grand. * Polybe. Juftin. Appien, in Bellis Sy-riacis. Prideaux, Hifl. des Juifs * tome 3. p. 150.

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