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8 (1740) Lettres SEH - Z
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S E L.

Venoît d’une averfion fecrette qu’il avoit pour le Clergé, car ila été Procureur de l’Univerfité d'Oxford, & a été lié d’amitiéavec plulieurs Théologiens Epifcopaux. Il mourut le 30 novembre1654, âgé de 70 ans. Au milieu de toutes les affaires & de tousles embarras qu’il a eus pendant le cours de fa vie, il n’a jamaisdifcontinué de s’appliquer à l’étude, qui faifoit tout fon plailir.Le grand nombre de fes Ouvrages le fyit affez connoître. Il laif-fa une partie de fa bibliothèque à l'Uriiverfité d’Oxford & le re-lie à trois Jurifconfultes de fes amis, qui en firent eux mêmespréfent à la même Univerfité. Sa liberté à dire fes fentimens &à les foutenir, le brouilla plufieurs fois avec les Cours de Jac-ques I, & de Charles I. On peut dire cependant qu’on ne voitpoint dans fes Ecrits ce zélé impétueux des divers partis qui a-gitoient l’Angleterre de fon tems, & qu’il n’y dit rien qui reffen-te l’amertume de celui de la plupart des Théologiens Angloisqui vivoient alors. 11 paroit qu’il s’elt un peu entêté des Ecritsdes Juifs, dont il a voulu quelquefois tirer des lumières qu’ilauroit pu mieux tirer d’ailleurs, comme il a fait dans fon Ouvra-ge du Droit de la Nature 6? des Gens félon les Principes des Juifs.Quelques-uns ont voulu rendre fa Religion fufpeéte ; mais M.Wilkins ' qui a donné fa Vie à la tête de fes Oeuvres, prétendque quoiqu’il ait été affez libre dans fes fentimens, il n’a ce-pendant jamais rien dit, ni fait, qui pût faire douter qu’il nefût attaché à l’Eglife Anglicane. Voici l’Epjtaphe qu’il le fitlui-mêtne & qu’on a gravée fur un marbre attaché à la muraille audeffus de fon tombeau,

Johannes Seldenus heic juxta Jitus, natus ejl XVI Decemhris’MDLXXXIV Salvintoniæ , qui viculus ejl Terring accidenta -lis in Suiïexia maritimis, pafentibus honeftis, Joanne SeldenoTlmnce filio , Quitus fecundo, an. MDXLI nato, £? Mar-garetba, filia (5* bcerede unica Tbomce Bakeri de Rusbington,ex Equefiri Rakeriorum in Cantio familia , filius e cunis fu-perjlitum unicus , cetatis fere LXX annorum. Denatus ejlultimo die Novembris an.falutis reparut ce MÛCLIV per quemexpeélat beic refurreüionem felicem.

On a de lui les Ouvrages fuivans, Analeüôn Anglo - Britannicên,lïbri duo , de Civili adminijiratione Britannica Mainte ufque ad Nor-manni adventum ; Jani Anglorum faciès altéra; Iraitê du Duel, enAnglois; Les titres d'Honneur , en Anglois; Louanges des LoixAnglofes par le Chevalier Jean Fortefcue, avec des Notes deJean Selden, en Anglois ; DVfertation fur les Juifs d’Angleterre,en Anglois; De Dûs Syris; Traité des Dîmes, en Anglois; (CetEcrit atma le Clergé Anglois contre lui & lui caufa bien des af-faires) Spicilegium in Eadmeri quinque libros Hiftoriarum ; MarmaraArundelliana, five Saxa Grâce incifa ex venerandis prifcce Orientisglorice ruderibus , aufpiciis & impenjis Tbomce Comitis Arundelliœ vin -dicata, & in ejus tedibus difpofita, Commentariolos adjecit JoannesSeldenus ; De Succeffionibus in bona Defun&i fecundum Leges He-brceorum ; Mare Claufum feu de Dominio Maris ; Vinàicice fecundumintegritatem exiftimationis fuce per convicium deferiptione Maris Clau-ji petulantiffimum & mendacijfmium infolentius Icefce in Vindiciis Ma-ris Liberi, adverfus Petrum Baptijlam Burgum Ligujlici maritimiDominii Adfertorem ; De Jure Naturali & Gentium juxta Difcipli-nam Hebrceorum ; Les Privilèges des Barons d’Angleterre affemblezen Parlement, en Anglois ; De la Judicature dans le Parlement, oudu Pouvoir des Pairs & des Communes pour y rendre Juftice, en An-glois ; Eutycbii Ægyptii Patriarcbce Ortbodoxorum Alexandrini Ec-elejice fuce Origines ex ejufdem Arabico nunc primum edidit ac Verfio-ne & Commentario auxit Joannes Seldenus ; De Anno Civili £? Ca-lendario Judaico ; Uxor Hebraica, five de Nuptiis & Divortiis exJure Civili, id ejl Divino Tbalmudico veterum Hebrceorum , libritrès; Fleta five Commentarius Juris Anglicani fie nuncupati ; DeSynedriis £? PræfeSturis veterum Hebrceorum, libri très; Prcefatioad Hifiorice Anglicane Scriptores decem ; Traité où l’on prouve que lejour de la Naijfance de Jefus-Chrijl doit être fixé au 25 décembre,en Anglois ; ÏHjfertationfur la charge de Chancelier en Angleterre,en Anglois ; Traitez de Jean Selden, en Anglois ; Entretiens deTable, en Anglois. Tous ces Ouvrages ont été réünis par Da-vid Wilkins & imprimez en trois volumes in folio, à Londres1726. Voici quatre vers que Gérard Langbaine fit pour mettreau bas du portrait de Selden,

Talem fe ore tulit, quem gens non barbara queevisQuantovis pretio mallet babere fuum.

Qtialis ab ingenio, vel quantus ab arte, loquenturDique ipfi lapides, fi taceant bomines.

Dans le dernier diftique on fait allufion à deux Ouvrages del’Auteur, fa voir, le Traité des Dieux des Syriens, & l’Explica-tion des Marbres d’Arundel. * Sa Vie par Wilkins. Wood, A-t b ente Oxonienfes. Le Père Niceron, Mémoires pour fervir à l’Hi-fioire des Hommes Illuftres, ç?c. tome 5. p, 21 £? fuiv. Colomefiana.SE'LE'BIM. Voyez SÇAHALABIM.

S E'L E'B I M. Voyez S A B A T S I M.

* S E’ L E D, fils de Nadab de la Tribu de Juda, mourut fansenfans. * 1. Chron. ou Paralip. cb. 2. v. 30.

SETEMBRIA. Voyez AGRIOME'L A.

S E'L E M N E, Selemnus, fleuve de l’Achaïe, province duPéloponnéfe, coule proche de la ville de Patras. On dit queles hommes & les femmes qui s’y baignoient, oublioient leursamours, & n’avoient plus que de l’indifférence. Paufanias, quiparle de cette tradition, ajoûte que fi l’eau de Sélemne avoitcette vertu, elle feroit préférable à de groffes fommes d’argent.La Fable fuppofe que Vénus donna cette qualité à ces eaux, enfaveur de l’Amant de la Nymphe Argyra, lequel s’appelloit Se-lemnus, & avoit été aimé de cette Nymphe, qui le méprifa lors-que l’âge eût effacé ce qu’il avoit d’agrément. Sélemne mourut

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de regret, & fut changé en fleuve par Vénus. Ne pouvant feguérir de fa paflion, même après ce changement, il couloit versl’endroit où il pouvoit joindre Argyra; mais Vénus lui en fitperdre le fouvenir, & il prit un autre cours. * Paufanias, inAcbaicis.

SE'LE'NAS, Sécretaire d’Ulphila , Evêque des Goths,inventa les Lettres Gothiques, & fuccéda à fon Maître dans cetEvêché. Il vivoit vers l’an 370 fous l’empire de Valens. * So-crate l. 5. c. 33.

S E' L E'N E, Concubine de Simon le Magicien. Voyez II E'-LE'NE.

S E'L E S T A D T ou S C II L E S T A D T, ville de laBaffe Alface, fur la rivière d’IIl, étoit autrefois libre & Impéria-le, & du Gouvernement de Haguenaw. Aujourd'hui elle ap-partient à la France depuis la paix de Weilphalie, par laquellece Gouvernement lui a été cédé. Sélefiadt ell à quatre millesde Brifac, & à quelque peu moins de Colmar, au fud- fud-oueltde Strasbourg. Ses fortifications furent ruinées en 1673, & répa-rées entièrement deux ans après: de forte qu’elle eft maintenantune place très - forte. * Maty, DiÜ. Géogr.

SELEÜCIDES, nom des Defcendans de Séleucus, Roide Syrie. L’Ere ou l’Epoque des Séleucides ell de fi grande im-portance dans l’Hiftoire, qu’elle mérite qu’on en faffe icimen-*tion. Quelques Auteurs la nomment Amplement l’Are des Grecs.Les Juifs la nomment 1 ’Ere des Contrats, parce que lorsqu’ilstombèrent fous le Gouvernement des Rois Syro - Macédoniens ,ils furent obligez de s’en fervir dans toutes les dates des contracta& des autres pièces civiles. Ils s’y accoutumèrent fl bien , queplus de mille ans encore depuis Jefus-Chrilt, ils n’avoient pointd’autre manière de compter les années. Ce fut alors qu’ils s’a-viférent de compter depuis la création du monde. Les Arabesnomment cette Ere, Tarie Dilcarnaïm, c’ell à dire, 1 ’Ere du Bi-cornu. 11 y en a qui veulent que ce foit à caufe d’Alexandre leGrand, luivant eux nommé le Bicornu dans l’Alcoran & dansplulieurs livres Arabes,parce qu’il vouloir fe faire paffer pour êtrele fils de Jupiter Ammon. Mais lefavant Mi Prideaux remarque;1. Que comme cette Ere commence depuis l’entrée de Séleucusdans Babylone, 312 ans avant Jefus - d>rifl, & douze ans aprèsla mort d’Alexandre, il n’ell pas naturel de rapporter cette Epo-que à rien de ce qui regarde Alexandre; 2. Qu’Appien nous four-nit une particularité qui fert à expliquer pourquoi les Arabesont nommé cette Ere Tarie Dilcarnaïm. Cet Auteur remarqueque Séleucus étoit fi fort, qu’en prenant un taureau par les cor-nes il l’arrêtoit tout court, & que cela avoit donné lieu auxSculpteurs de lui mettre ordinairement deux cornes de bœuf àla tête. Ainfi il y a beaucoup d’apparence que c’eil lui & nonpas Alexandre que les Arabes défignent parle Bicornu, dans lenom qu’ils donnent â leur Ere. Les deux livres des Macchabéesl’appellent Y Ere du Royaume des Grecs, & tous deux l’employentdans leurs dates, avec cette différence pourtant que le premierde ces livres le fait commencer au printems, & l’autre à l’au-tomne de la même année. Le calcul de ce dernier fe trouve parlà le même que celui qu’ont fuivi les Syriens, les Arabes, lesJuifs, & tous ceux qui fe fervoient autrefois de cette Ere, ouqui l’employent encore aujourd’hui, à laréferve des feuls Chal-déens. Ces derniers ne regardent pas Séleucus comme bien éta-bli à Babylone avant le printems de l’année fuivante, qu’arrivala retraite de Démétrius. Ils ne firent commencer l’Ere des Sé-leucides qu’à cette Epoque ; d’où vient que toutes les années decette Ere commençoient aulfi parmi eux dans la même faifon.Ainfi quoique toutes les autres nations qui s’en fervoient, Iafif-fent commencer vers l’équinoxe d’automne de l’an 312 avantJefus-Chrift , les Chaldéens n’en piaçoient le commencementqu’au printems de l’année fuivante. L’Auteur du premier livredes Macchabées ell le feul qui la faffe commencer un an entieravant les Chaldéens. * Scaliger , de Emend. Temp. I. 2 £? 5.Pétau, de Doit. Temp. I. 2. Langius, de Anr.is Cbrifii, l. 2. c. 17. Ric-cioli, Chron. Reform. Calvifius. Torniel. Salian. Le Père Pagidans fa Differtation de Periodo Grceco - Romana, où il réfuté quel-

ues erreurs vulgaires, que l’on a fur l’Ere d’Alexandre. * Pri-

eaux, Hijl. des Juifs, tome 2. p. 515 fuiv.

S E'L E U C 1 E, ville de l’ancienne Cilicie ou de l’Ifaurie, &aujourd’hui de Caramanie, a été autrefois très - confidérable, &étoit nommée Séleucie la rude, Seleucia afpera, peut-être à cau-fe des montagnes dont ce païs eft tout rempli; & par d’autresAuteurs, Olbia & Hiria. Saint Grégoire de Nazianze l’appellela Séleucie de fainte Tbécle, parce qu’elle étoit célébré par le tom-beau de cette Martyre. Les Modernes la nomment Selefcbia, Se*leuca & Salefica. Elle a été métropole d’Ifaurie, & a eu un Ar-chevêché, fous le Patriarchat d’Antioche. * Ammien Marcel-lin, l. 24. c. 5. Strabon. Ortélius. Le Noir, &c.

CONCILE DE SE'LEUCIÈ.

Les Partifans de l'Héréfie d’Arius, très-puiffans à la Cour deConfiance, portèrent cet Empereur à indiquer un Concile Oecu-ménique à Nicomédie; mais après que cette ville eut été ruinéepar un tremblement de terre, on réfolut de le tenir à Nicée.Cette fécondé propofition fut encore fans effet; car les Héréti-ques firent en forte que Confiance ordonna qu'il fe tiendroitdeux Conciles à la fois; l’un à Séleucie, pour l’Orient; & l’autreà Rlmini. pour les Prélats d’Occident. La chofe fut exécutéede cette forte : tous les Evêques convoquez en Orient, fe ren-dirent à Séleucie le 13 feptembre de l’an 359, & le Concile s’ou-vrit lé 27 du même mois. Il s’y trouva cent foiXante Prélat»,prefque tous Ariens. Saint Hilaire de Poitiers, qui étoit enexil dans la Phrygie, vint à ce Synode, & défendit puiffammentla vérité orthodoxe, en quoi il ne fut fécondé que par quel-ques Evêques d’Egypte. Les Hérétiques avoient fait courir leE e bruit-