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Trochif-ques de vi-per desArciens
reiormez.
3 9<J P H A R M A C O P E* E"
On conferve tonte la vertu de la vipere en faifant fecher Ie tronc, le comr 5c lefoyecomme ll a ete dir , car Ü ne peut s'en dilTipei qu'un phlegme inflpide & inutilc
Le mucilage de gomme adraganch eft fort propre ä corporifier la poudre de vi-pere , parce qu'il en unit fort bien les parcies , & il rend les trochifques durs 8cd'affez longue duree.
Mais fi ceux qui fönt encore fcrnpuleufement attachez aux fentimens des anciensMedecins bor.s ou mauvais ne trouvenr pas a proposla licence qu'on s'eft donnee deretrancher le fei, Faneth & le pain des trochifques de vipere, il y a moyen de lescontenter en preparant les trochifques par la methode fuivante,
On aura douze ou quinze troncs de viperes receinment ecorchez & lavez avecleurs foyes tk leurs cceurs, on les coupera par morceaux, & on les mettra dans 1111por de terre vernifle , on y ajoütera demi poignee de fleiir d'aneth. &c demi once defei marin , on couvrira le pot exactement, bouchant les jointures avcc dela palte ,on le placera au bain marie qu'on fera bouillir fix heures au moins, on retirera lepot du bain , & l'ayant decouvert on y rrouvera le fuc de la vipere qui fe fera fepa-re, on le coulera avec forte expreflion pendant qu'il fera chaud , car il fe congeleen refroidiflant, on y melera une quantite fuffifante de pain fubtilement pulverifepour en former une paile dont on formera des trochifques , lefquels on fera fechera l'ombre , & on les oindra d'itn peu de bäume du Perou..
* Au refte, il eft etonnant que tout convaincu qu'on eft ou qu'on doit etre en cetemps ici, que la vipere morte eft privee de venin •, il fe trouve encore des Mede-cins & Apotiquaires qui veulent fuivre la difpenlation des trochifques de vipereancienne a la lettre, & qui femblent vouloir corriger comme les Anciens une ma-lignite imaginaire aux depens de la meilleure fubftance des viperes. On devroir.profiter mieux de fes lumieres a. cet c-gard , & ne fe renk pas tellement atrache aPantiquite en fait de Medecine & de Phyfique, qu'on la fuive jafqaes dans (es er-reurs les plus apparentes.
TfochiCques d'hedychfocw , d'Jndromachus.
Prenez. de Pamomum , trols onces,De lafeuille indienne , du fpican&rd , de la cajfe oder ante, du faffran & de la myrrhe,
de chacun une once & deniie ,De la canelle, du xdobafame , dujonc odorant , des rachtes de coßus, de pbupontique , n
de calamus aromati<]iie f de chacun fix dragmes,De la ractne d'afarum , de Pafpalatb > de la marjolaine & du marum , de chacun
demi-once ; du maflic deux dragmes.
Taites-en des trochifques avec le vin de malvoijit,
R E M A R QJU E S.
On pulverifera enfemble les racines, les bois , les feuilles, le fchamanthe, le fpi-canard Sc Pamomum, d'une autre part le faffran apres l'avoir fair fecher par uneIente chaleur entre deux papiers; d'une autre part la myrrhe dans un monier huileau fand; d'une autre part lemaftich dans un monier humecte aufond d'une goutted'eau.
On demelera en premier lieu dans un monier de marbre , le faffran avec trois ouquatre cuillerees de vin d'Efpagne , afin d'etendve fa couleur, on y melera enfuitcles autres poudres & le veritable bäume, ou ä fon defaut Vhiüle de mufcade qu'onaura üquefiee, onbattra bien le melange, & Ton y ajoutera ce qu'il faudra encore