LZ yi/f f£t-t(- v^ [ B«f .JfcjHL kJ5| P^j5! BBr jfldf ' "^■'* '"^b^fä ^BH BBuP^flv ^Bt~ \ '"'^EbI W/ £2&m " ' - iBbj& 'iBH aar ,^^a~^ ^a-" ■fÜj '^V^/ik j& jBW /^bbm^S^SE ^' 8 f M \Nws»«' i * ^ ■•** / % f-J *%» #4B$ —J3 */ i2 -f ■f.' A IM tortvi ••■■ rt». i L A PHARMACOPEE UNIVERSELLE ■Ü» v. ,'•- a j ItaHM PHARMACOPEE UNIVERSELLE, CONTENANT TOUTES LES COMPOSITIONS DE PHARMACIE , qui fönt en ufage dans la Medecine , tant en France que par toute l'Europe; leurs Vertus, leurs Dofes } les manieres d'operer les plus fimples Sc les meilleures. AVEC UN LEXICON PHARMACEUTIQUE, PLUSIEÜRS REMARQUES, ET DES RAISONNEMENS für chaque Operation. Par NICOLAS LEMERY, de l'Academie Royale des Sciences, Docleur en Medecine. TROISIE'ME EDITION. Chez CHARLES-M AURICE D'HOÜRY, feul Imprimeur & Libraire de Monfeigneuf le Duc d'Orleans, me S. Severin. M. DCC XXXVIII. AVEC APP ROB AT IONS ET F RIVILEG E DU ROY. A MESSIRE GUY CRESCENT FAGON , CONSEILLER D'ESTAT ORDINAIRE, ET PREMIER MEDECIN DU ROY O N S I EUR , QyQl QJJ E lOwrage qne j'ay Vhomew de vous prefenter 3 contienne tout ce quily a de plus cßhitiel dam la mattere Medecinale, Ksr quil puijfe ferüir arendre ä l avemr laPbarmacie ür plus daire v E P I T R E iff plus dibaraßee , je riaurois pourtant jamais oß propoßr le moin- dre cbangement dans aucune preparation , ß vous navie* bleu Voulu niaccorder la grace d'etre mon Protet'kur. Votre feul nom MONSIEUR , me defendra contre l'ignorance & lapreoccu- pation i car qui neßait que vouspojfede^en un degre eminent l'une cy l'autre Pbarmacie ? Et qui oßroit selever contre un Ouvrao-e qu'ori Vena munide l'Approbation d'une perjonne dont les plus babdes re- coiventles decifions commedes orades ? On na pasoubiie ces fcavante s mais comme Ton cherche coujours le mieux , les anciens jMedecins s'aviferentde joindrecertains Remedes ä d'autresj puis dans la vüe de les conferver pour en avoir dans rous les tems , ils in- venterent quelques compo/irions. Ceuxquilesfuivirenren firent de meme,&par lä ces compofitions ont ece multipliees fucceffive- ment prefqu'ä l'infini, comme on peut le voir par les defcriptions contenues dans les Difpenfaires: Chacune des principales Villes dans prefque tous les Etats du monde , s'eft faic lionneur de metcrc au jour fa Pharmacopee , oü il y a toujours eu quelques particula- rites; mais parce que plufieurs des defcriptions qui y etoient contenues , avoient ete faites par des perfonnes qui n'avoient jamais opere, ni vü operer en Pharmacie, il s'y rencontre /ouvent des fautes groffieres für la dofe & la liaifon des medicamens. D'ailleurs comme les Auteurs de ces Pharmacopees n'avoient aucune con- noiffance de la Chymie, ils decruifoienr eres -fouvent par des pre- parationsfaites mal-a-propos, les qualitez les plus efTentielles des Remedes, II ie rencontre encore un autre defFaut dans les Difpenfations, c'eftla foule desingrediensinutiles dont elles fönt farcies, Sc qui detruifenc fouvenc, ou du moins diminuent l'action des Remedes eilentiels. Ces abus ont paffe d'un Auteur ä l'autre, & quoiqu'on aic vu pa- roiere dans ciiaque fiecle, quandte de Pharmacopees, nous n'en P R E' F A C E. v voyons pas une oü les erreurs desprecedencesfe trouvent corrigeesj li ce ntft en tres peu de chofes, & pour ainfi dire en des minuties - t tancon aete fcrupuleux a conferver ce qui eft venu des Ancicns. Maintenant cju'on voic plus clair qu'on ne faifoit autrefois^Sr que Je phantöme ou le preftige de l'Anriquite ne prevaut plus für la raifon , on ofe trouver mauvais dansles Andern ce qui l'eft efFecti- vement, Scc'eft aveccette liberte que j'ai entreprisl'efpeced'ou- vrage que je donnc prefentement. II m'a parü extremement fou- haite , 6c perfonne que je fache, n'avoit travaille dans la meme idee; c'eft une Pharmacopee univerfelle dans laquelle j'airamafle touces les dcfcripcions de Pharmacie anciennes de modernes qui fonc en ufage dans la Medecine , tant en France que dans les aucres parties de l'Europe ; j'y parle de leurs vertus, de leurs dofes, des manieres d'operer les plus fimples &. les meilleures, &c je fais des Remarques fürchaque Operation, deforteque fans toucher aux an» ciennesformules, je donne des avis raifonnez für la reformationSt les changemens que je croi necefTaires pour ce qui regarde feit la proportion des ingrediens , le retranchement ou Paddition des drogues, foit l'operation. Plufieurs trouverontfansdoute aredire de ce que j'ai fait cette Pharmacopee fi ample, y ayant infere beaueoup de deferiptions peu ou point en ufage dans Paris 5 mais comme mon intention etoit que cet ouvrage fut propre pour tous les pays oü l'on exerce la Medecine , j'ai trouve a propos d'y decrire generalement autant que je le pourrois, les preparations contenues dans les Difpenfaires, afin que chaeun y trouve ce qui Paccommodera , fans etre oblige d'al- lerchercher dans lesautres Pharmacopeesles deferiptions qu'ilju- gera lui etre neceilaires 5 car les fentimens etant difFerens für ce fu- jer, on met en u(age en certaines Villes des Compofitions qui ne le iont point en d'autres. De plus, comme en temsde paix, les Me. decins des Princes Etrangers 8c des Ambafladeurs qui viennent ä Paris, fe fervent fouvent de Cempofitions extraerdinaires qu'ils onc adoptees en feüilletant Jes Difpenfaires, ou qui fönt en ufage dans leurs pays,ii eft bon de favoir oü en trouverles deferiptions lorf- qu'on veut les faire: Mais avant fouvent trouve qu'une meme compofition eft decrite avec des differences notables par plufieurs Auteurs, j'ai choifi &prefere celle qui m'a paru la meilleure; j'ai meme rapporte aflez frequemment plufieurs de ces deferiptions differentes d'une meme Operation, quand je les ai trouvees äquivalentes en jufteffe, Sc qüelles ont ete publiees par des Auteurs de reputation. Diviflon de l'Ou- vragc. P;cmierc partie Seconde Partie- Troifieme Partie. Quatriem« Partie. Cincjuieme Partie v) PRE'JACE. Je marque dans les compoilrions purgatives, k quantite du pur- gatif qui entre dans chaque dofe, afin qu'on connoiile plus aile- ment la force du Remede qu on met en uiage. On trouvera dans cette Pbarmacopeeun grandnombre d'opera- tions deChymie,neanmoinsje n'y trairepointa fond de cette belle partie de la Pharmacie,parce que j'en ai compoie depuis long-tems un Livre en parciculier, auquel je renvoye le Lecteur. J'ai diviie mon Ouvrage en cinq parties. II s'agic dans la premiere, des prineipes de la Pharmacie, des termes, des vaifTeaux, des poids, des mefures Sc des cara&eres. Dansla feconde, je decris toutes lespetites preparations de Pharmacie que Ton fait Ja plupart für le champ, comme les Decoctions, Jes Infulions, les Apozemes, les Juleps,lesEmulfions, les Porions, Jes Mixtures, les Gargarifmes, les Mafticatoires, les Errhines, les Inje&ions, les Supofitoires, les Peflaires , les Fomentations, les Embrocarions, les Lotions, les Mucilages , les Epithemes , les Ecuilons, lesCucufes, les Parfüms, les Frontaux , les Colyres , les Cataplafmes, les Dentrifiques; les preparations des Pierres , des Terres, de la Scammonee, de l'Euphorbe , de l'Oefipe , de l'E- laterium , des Fecules, de l'Oignon de Scille, de la Racine d'Elula, de l'Eüebore noir , des Feuilles de Mezereum, de l'Acacia noftras, des Poümons de Renard , du Foye Sc des Inteflins du I oup , des Crapaux, des Vers de terre , des Cioportes, du fang de Bouc , des Viperes, delaCornede Cerf ,duCrane humain, desHirondelles, De l'Eponge , du Poil de Lievre, duCachou, de l'Oleo-faccharum, des Gommes, des Sucs, du Rob , du Sapa , des Gelees, de l'Eau Clairette, du Vin & du Vinaigre medicinaux, du Verjus, du Fiel de beeuf, See. Dans la troifieme, je parle des Compoilrions dont on le fert in - terieurement, comme des Condits, des Conferves, des Hydromels, des Oxymels, desMiels, des Syrops, des Loochs, des Poudres, des Trochifques, des Pilules, des Tablettes ou Electuaires folides, des Opiates, des Confections, des Ele&uaires liquides, des Eaux diftillees, des Elixyrs. Laquatrieme, renferme les Compofitions qu'on employe exte- rieurement, tels que fönt les Huiles, les Baumes, les Onguents, les Cerats, les Emplätres. Et dansla cinquieme, qui fera unefuitedependante de cetOu- Yrage, Sc qui formera un tome particulier, je comprendrai toutes les Drogues fimples, jeparlerai de chaeune en particulier, je les rangeraipar ordre alphabetique, Sc cecarrangement produiraun P R E' F A C E. vij Dictionaire de Drogues, dans lequel on crouvera kurs noms, kurs ethymologies, leurs origines, leur chcix , kurs qualitez & leurs principes Chymiques. Quoique la Pharmacie ne foit qu'une partie de la Medecine, F te l due eile eil pourtant d'une vafte etendue, eile apour objec les mine- ^ae. **"' raux, les vegetaux 6c les animaux 5 eile devoile la compofition dun grand nombrc de mixtes naturels, non-feulement par la voye de l'analyfe ou de la decompofition, mais encore par celle de la com. pofition, c'eft ädire,en formantdenouveaux compofestout-a-fair, femblables a plufieurs de ceux de la nature : eile choifit, fepare , affemble, prepare, mele 5c fait un grand nombrede remedes ex- cellens 6c de differentes vercus pour les maladies de toute efpece que le Medecin a a combattre. Au rede quoiqu'il fernble que la Pharmacie appartienne fpecia- lemental'Apotiquaire, elleappartient cependanc encore davan- tageau Medecin. Sa connoifiance fuppo/e celle de lamatiere me- decinale , des proprietez des drogues fimples, de l'alliage qu'on peuc faire de plufieurs de ces drogues par rapport a certaines vucs, des akerations donc elles Tone fufeeptibks en confequence de ce melange 6c des preparations par lefquelles on juge ä propos de les faire paffer ^ de l'executionou du manuel de ces preparations, Sc enfin de l'ufäge qu'on doit faire dans les maladies, des remedes fimples 6c des differentes compofitions 6c preparations galeniques 6c chimiques Dans les premier s tems depuis l'origine de la Medecine, l'cxpe- rience n'avoit point encore fait connoiere le nombre des remedes qui fe fontintroduitsenfuite dans lapratique. Les Medecins de ces premiers tems fefervoientparticulierement, ainfiquil a deja ete die, d'une certaine quantite de drogues fimples 5 6c comme le nombre des compofitions qu'ils imaginoient, n'avoit point encore eu le tems de fe multiplier beaueoup , 6c qu'ü repondoit d'ailleurs a celui des drogues connues pour lors , ils trouvoient le tems de voir leurs malades & de preparer les remedes qu'ils leur ju- geoient neceflaires; mais depuis que ce nombre s'eft fi fort aceru, non-feulement par la connoiilänee d'une tres grande quantite de drogues fimples, ma's encore .par la multitude de compofitions ßc depreparations differentes imaginees fucceffivement, ßemifes en ceuvre avec fucces, le manuel de la Pharmacie de beaueoup aug- mente 6c devenu tel, qu'il ademande pour lors un homme tout eritier, fedentaire Scuniquement oecupe de cette efpece de travaiJ, ce manuel, dis-je, n'a plus etc compatible avec la profeflion du Vllj P R F F A C E. i Medecin, continueliementappelle chezdifFerents malades, & hors d'etat par la de fuivre chez foi toutes les Operations differenres de la Pharma ie , &. de vaquer avec afliduke 6c exa&itude ä toac ce qui fait L'emploi du Pharniacien. D'aiüeurs fi la pratique de la Medecine lai/Te quelques momencs de libres au Medecin, il en doit faire le meillcur ufage qu'il eft poffible pour le bien meme de (es malades 5 & ce meilleur ufage ne onfifte pas dans le manuel de la Pharmacie dont d'autres peuvenc s'acquiterauffi bien que lui, mais dans l'etude conftante detoutesles parnesdela Medecine, qui parlesnouveaux progres qui s'y fönt de jourenjour, neceflentde pre/enter de nouvelles lumieres, que le Medecin fage&eclaire fc^ait meecre a proflc dans la prarique de fon art: Car ileftä propos defaire remarquerici quequelqu'ideequ'on aic en general, Sc avec raifon , du feavoir d'un Medecin , 1 immen- fitedes differenrs objets defes etudes lui faic appercevoir en touc tems, quece qu'il ic ic eft toujoursfortau-deflous decequi/uire/te a r cavoir, de maniere que comme les connoiflances qu'il a de- jaacquifesdans chaeune des parcies de Medecine, ne lui fonc que mieux fentirle befom d'en acquerir de nouvelles, les moments defa vie,doncla pratique de faprofeffionle laiilent le maitre, fetrou'venc par-la confacrez a une etude continuelle dontil n'appercoit Jamals leterme&quM n'abandonne qu'avecla vie. Il etoit donc importa it pour le bien public quele Medecin deja trop oecupe d'ailleurs, fe dechargeät für d'autres d$ l'execution de fesordonnances h maisfice manuel a pafle en d'autres mains, la Pharmacie lui eft toujoiusrefteeen propre , la connoiflance lui en etoit indifpenfablementneceflaire. b'il l'ignoroit, comment pour- roit il mettre en ceuvre des remedes dont la compofition , la pre- paration & lesvertus lui feroient inconnues ? Ne font-ce pas /es ordonnances qu'on execute ? Ne font-ce pas für les formules qu'il a imagine'es ou adoptees, que fe fönt les differentes Operations de la Pharmacie? Plufieurs Facultesde Medecine nedefignent-elles pas aux Apotiquaires les preparations chimiques & galeniques qu'ils doivent faire & tenir dans leurs Boutiques ? Le Medecin eft l'ame , le mobile &lefondateur de la Pharmacie , ainfi que de toutes les autres parties de la Medecine: Elle lui appartient donc en entier y auffi n'y a t'ii que lui qui foit capable & qui ait droit de la profefler & de l'enfeigner. Par confequent l'Apotiquairepeut Sc doit etreregarde comme JeSubftitut du Medecin par rapportau manuel de la Pharmacie $ ils doivent concounr enfemble chaeun dans leurs fonetions au fou- lagement P R E' F A C E. jx lagement & a laguerifon des malades. LeMedecin en s'atrachant a difbnguer Sc ä connoitre la nacure Sc la caule d^ la maladie, & en prefcrivant tout ce qui eft neceflaire pour fa guerifon tant de la part de la diete que de la Pharmacie Sc de la Chirurgie 5 PApotiquaire enexecutant fidelement cequi eft de fon minifterej c'eft für fon liabilece & la probite que le Medecin conte Sc fe repofe pour le fucces de fes ordonnances. Je dis fon habilete, & en effet quoique l'Apotiquaire ne foic charge que du manuel de la Pharmacie, cepcndant comme toutce qui part de fes mains n'eft faic que pour la fante Sc la vie des hom- mes, il doic y apporter toute la capacite que demandent des ou- vrages auffi imporcants que le fonc les fiens: or il a befoin pour cela d'unelongue fuite de connoiiTances qui prouvent fuffifammenc que la formationd'un bon Apotiquaire n'eft pas une chofe auffi fa- cile Sc aufli prompte qu'on fel'imagine peut-etre communement. i°. Il doitavoir appris la Langue Latine. Sans cela commenc entendroit ils les ordonnances des Medecins ? Et comment les exe- cuteroit - il ? Que deviendroient pour lui tous les Livres larins de Pharmacie Sc toutes les formules qu'ils contiennenr, Sc donc l'execution eft fon partage. Il doit en fecond Heu avoir fait une etude particulierede lamatiere medecinale pour etre par-lä en etat de connoitre la multitude de drogues difFerentes für lefquelles il a a travailler , Sc le choix qu'on doit faire de chacune de ces drogues. Enfin ce qui caracterife davantage le Pharmacien , Scce qui denote qu'elle doit etre l'etendue de fes connoiiTances, c'eft le grand nombre de remedes chimiques Sc galeniques qui meublent laboutique Sc qui s'introduifent tous les jours de nouveau dans la pratique: or chacun de ces remedes demandent des manceuvres particulieres Sc difFerentes dont l'Apotiquaire doit etre fi bien in- ftruic, que fon Noviciat foit tout fait quand il travaille en chef. De plus, ila encore befoin d'une cerraineintelligence,d'une mefure de fagacite , qui lui faffent appercevoir dans le cours de fes travaux , quantite de faits qui echaperoient a des yeux moins clair- voyants; ces faits par les reflexions qu'ils infpirent, Sc les confe- quences qu'ils fuggerent, ont ordinairement deux utilitez; l'une de re&ifier des procedez communement ufirezpour plufienrspre- parations; lautre, de contribuer auprogresdelaphyfiqueexpe- rimentale; 6c c'eft par-lä que l'Apotiquaire trouve place dans des Compagnies f^avantes Sc du premier ordre, qui en FaiTociant a leurs travaux, fönt ä la fois l'cloge de fa perfonne Sc de fa profeffion. Mais quelque verfe qu'il Tbk dans la pratique de fon art, toute -.sm~»^ x PRE'FACE. cette habilete devient en pure perte pour le public, ü eile n'cft accompagnee d'une droiture & d'un accachemenc inviolable ä fes devoirs. Sans cela l'avarice Iui permettra-t'elle de choifirtoujours pour chacune de fes Operations les drogues les meilleures & par confequenc ies plus cheres ? de mettre fidelement dans certaines compofitions des drogues d'un prix un peu haut? N'en fubftituera- t'il poinc d'autres qui lui couceronc moins ? ou s'embaraflera-t'il en tout d'en fubftitucr ? La parefle, la negligence, le plaifir &. la diffi- parion , la prefomption qui Iui fera croire qu'il eil en etat de rem- plir des fon&ions qui lui fönt -rrrangeres, Sc qui fönt au-deflus de faportee ; chacun de tesmoriisne lederangeront-ils point de ce qu'il doit au public comme Apotiquaire ? Rcnouvellera - t'il foi- gneufement dans fa boutique les drogues fimples 6c les compofitions qui en auront befoin ? Sera-t'il toujours attenüf a toutee qui fe paffe chez lui, de maniere qu'il ne fe falle jamais des meprifes fou- vent funefles dans l'execution des ordonnances des Medecins ? Fe* ra-t'il lui-meme tout cequi ne doitjamais etre confie a desappren- tifs, &: n'acheteraril jamais des Colporteurs, des preparations tou- tes faites & fouvent fophiftiquees ? Enfin fe renfermera-t'il unique- ment dansune profeffion a laquelle il fe doit tout entier , parce qu'elle lui fournitperpetuellement des occupations& desconnoi£ fances utiles? Ce qui fait la beaute de cette profeffion peut rendre l'Apotiquaire d'autant plus coupable, s'il n'en execute pas exa&e- ment les loix. Rien n'eft plus beau ni plus flateur qu'un emploi con- facre aentretenirla fantedes hommesjmaistoutefaute qu'on com- met ä cet e^gard, pouvantinfluer für lavie , iln'y en a point qui ne rende criminelle, quand au lieu de travailler ä l'eviter , on s'a- mufe a toute autre chofe. Qu'on ne s'etonne point fi je prends foin d'expliquer beaueoup de chofes qui paroitront des Minuties aux Scavans; j'ai compofe cette Pharmacopee auffi-bien pour les apprentifs que pour Jes plus habi- les dans l'Art. Je fouhaite que chacun y trouvede quoifefätisfaire. Dans cette nouvelle Edition, l'ontrouvera des corrections', des changemens de des additions en plufieursendroits, qu'on a eu foin de dellgner par un afterice ou petite etoiie ä cöte. Et pour la oom- modite des perfonnes charitables qui s'appliquent ä preparer des Remedes pour le foulagement des pauvres malades ä la campagne, ou dans les maifons Hofpitalieres, on avertit qu'on aimprimepartie des Exemplaires de ce Livre avec les Ordonnances en franeois, &c partiedesautresavecles memes ordonnances en latin, pour fervir ä eeux qui fönt leur exercice de la Pharmacie. APPROBATION. De Meßire Guy Crefcem lagon 3 Confetller d'Etat ordinäre, & premkr Medecin du Roy. LA vafte etendue de la matiere Medeeinale demande, peur en bien craiter ,une connoif- fanc-fi generale de touslesetres delanature , & une cblervat on fi (crupuleufe des «T'.ff rem chansemens qui leur peuvent aniverpar le melange ,que le> Anciens depourvüs du fecoim delaChymie, ontfouvent dttuiitparlears compofitions, les vertus des drogues __....._____...... _____.ipratique Pharmacie, retouchent de'nouveau cett~mem.- matiere. Et on neIcauroit. affezlouer ie ze.e oui a engageMonfieur Lemery ä entreprendre cet immenfe travail, pour faire part au Public des juviicieules Remarques qu'il a faitesiurce grand nombre de Compofition? , quil ralT mble prefques toutes, pour la commodite de ceux qui les doivent exarmner, & dont ll parle avec cette meme capacite, cebon iens & cette neuere, qui ont fait ci-dcvant Techer- cheravec tant d'empiefiement (on Tratte de Chymie Ce qui nous oblige de donnernotre Approbation ä km Ouv rage, que nous avons juge tres-utile au Public Faita Vcrlanles ce 2zjjnvieri6?7. F A G O N. APPROBATION. De Meßlears les Doyen & Deäcurs-Regem de Li Faculte de Medec'we de Taus. ^T Ous Doyen &Dofteurs Resens de la Faculte de Medecine en l'Univerfite de Paris.- Ouy i le Rapoört de Meflieurs Creffe, de Saintyon, de Beleihe & de la Carhere, auli Dofteurs Regens de ladire Faculte, commis pour exa.niner un Livre intitule : Tharmacopee Umverfelle, ccmpfee par M. Lemery , certifions que par le moyen des Remarques tres judicieuies qu'il a faites, ila d.barailc toutes les Compofitions que ce Livre cortienc, de ce qui pouvoit s'y rencontrer A' nu ile, & les a enrichies des Medicamens lesp'.us capables d'augmenter eonü- dera lern ntleurs vertus. tnic rt que le Public ne peutma -quer d'enrctirer unetresgrande ist Lite. F.nf< i de qu i'nous lui avons accordela prefente Approbation. A Paris ce 17 ]um 16/7, Boüuin Do^en, , Cresse', deSainhon, de Beustre, delaCauuse. APPROBATION. De Meßiems les Maines & Gardes Apotiquaires de Paris. NOUS Antoine Poulain , ]eanFradin & Thomas Prevott , Maitres & Gardes Apoti- caires de Pari-,, ce tifions avoir lü un Livre intitule: Th*rmaco?eeZbtverfiBe , compoßepur M. Lemery , qui a eilt iburnis a l'examen de notie Compagnie: Nous avons trouve qu'ou- tr cicriptions de Pha m.iciecjui v fönt rapportees oans ,eüt etat naturel, l'Auteur y a fa.t un grand nombre de reflexions & de Remarques ties-judicieu e, qm debaraflent les CoT.pofiüonsde ce qu'e les pouvoient contenir defuperflu, & qui augmentent coniidera- blement leurs vertus, enlorte que cetOuvrace n* peut etre que tres-utile pour Ja perredtion de la matiere Medecinale & pour le bien public , en foi de quoi nous lui avons donnela prefente Approbation. FaitäPaiis ce? Juillet 1677 POULIAIN, ]. FRADIN, PrEVOST, eij I P R I V I L E G E DU ROY. LOUIS par la grace de Dien, Roy de France & de Navarre: ä nos ames & feaux Confeillers les Gens tenans nos Cours de Parlement, Maitres des Requetes ordinaires de notre Hotel, Grand Confeil, Prcvöt de Paris, Baillifs, Scmichaux, leurs LieutenansCivils, & autres nos Juliiciersqu'ilappartiendra. Salut. Notre.,bien ame Charles- Maurice d'Houhy , (eul Imprimeur & Librairede notrL trcs-cher& trts-ame Oncle Louis Duc d'Orleans, Premier Pnnce de notre Sang: Nous avant fait remontrer qu'il fouhaiteroit iinprimer ou faire imprimer &rdonner au public «»« Differtatio» für U formution des pierresparle fieur Deidier, & ?h*r- tnacopet univerfelle par le ßtur Lcmery , s'il Nous plaifoit lui accorder nos Lcttres de Privilegc für ce ntcelfaires, offrant pour cet erfet de les imprimer ou faire imprimer en bon papier & beaux caradteres lüivant la feiiille imprimJe & artachee pour modele fous le contre-fcel des prefentes: A ces caufes , voulant traiter favorablement ledit Expofant , Nous lui avons permis & permettons par ces Prefentes d'imprimer ou faire imprimer lefdits Livres ci- defTus ipecifies, en un < u pluficurs volumes , conjointement ou feparement &: autaiit de fois que bon lui femb'.era , & de les vendre, faire vendre & ddbiter par tout notre Roiaume pendant le tems de douze annees confecutives, ä compter du jour de la date defdites Prefentes. Faifons dtfenfes ä toutes fortes de perfonnes de quelque qualitc & condition qu'ellcs foient, d'en introduire d'impreilion etrangere dansaucun Jieu de notre obeiffance; comme auffi ä tous Imprimeurs, Libraires & autres, d'impimer, ou faire imprimer, vendre, faire vendre, deoiter, ni contrefaire lefdits Livres ci-deßus expofe's, en tout ni en partie, ni d'en faire aucuns extraits, f< us quelque pretexte que ce foit, aaugmentafion, corredlion , chan- gemcnt de titre, ou autrement, fans la permiflion expreffe & parecric dudit expofant, ou de ceux qui aurontdroit de lui; äpeinedeconfitcation des exemplaires contrefaits, de fix mille livres d'amende contre chacun des contrevenans, dont un tiers a Nous, un tiers a l'Hötel-Dieu de Paris, l'autre tiers audit Expofant & de tous depens, dornma.es & interets ; ä lacharge que ces Prefentes feront enregiltrees tout au long für lc Regiftre de laCommu- naute des Libraires & Imprimeurs de Paris, & ce dans trois mois de la date d'icelles •, que l'impreflion de ces Livres fera faite dans notre Roiaume , & non ailleurs: &: que l'Impe- trant fe conformera en tout aux Reglemens de la Librairie , & notamment a celui du 10 Avril 1711"; & qu'avant de les expofer envente, les manufcrits ouimprimes qui auront fervide copieä rimpreffion deidits Livres, feront remis dans lememe etat oü les approbationsy au- rontetedonnc'es, es mainsdenotretris-cher &feal Chevalierlefieur Dagueffesu Chancelier de France , Commandeuvdenos Ordres, &qu'ilenfera enfuite remis deüxExemplaires dans ^ans notre Biblioteque publique, un dans celle de notre Chäteau du Louvre, & un dans celle de notre tres-cher & feal Chevalier kSr Dagueffeau Chancelier de France, Commandeur de Mos ordres le tout ä peine de nullite des Prelentes. Du contenu defquelles vous mandons & en- joignons de faire jeuir PExpofant ou (es ayans caufe, pleinement & paifiblement, fans lbuffrir qu'il leur foit fait aueun trouhle ou empechement, Voulons que la copie defeiites Prefentes qui fera bnprimee tout au long au commencement ouä lafin defdits Livres, foittenue pour düment ßgnifiee, & qu'aux copies collationne'es par Tun de nos ames & feaux Confeillers & Secre- taires, foy foit ajoütec comme ä l'Original. Commandons au premier notre HuifTier ou Sergent de faire pour l'executicn d'icelles tous Actes requis &• neccfTajres, fans demander autre permiflion, & nonobllant clameur de Haro, Charte Normende, & Lettres ä ce contrai- res 5 Car tel est notre tlaisi". Donne ä Fontainebfeau le dixieme jour d'Odiobre , l'an de grace mil fept cent trente-fept, & de notre Regne le vingtroifiune. Par leRoy en fon Confeil. SAINSON. Kcgiflü für le Reg-.ßre IX, de laChambreBoj^le del,nprimeurs & Libraires Je Paris Ko. s44i fei. scs. confannitnem aux annms Rcalemens cmfirmesptr celui du 28 Fcvrier 1723 A Paris tt 12 oMre 17} 7. L A N G L O I S Syndic ', xnj TABLE DES CHAPITRES PREMIERE PARTIE. Chapitre I. P\ E U Pbarmacie engeneral , Page i Ch. II. L_J Des Medicamens i? deleursvertus, z Ch. III. De la preparatwn des Medicamens , 7 Ch. IV .Contenantenabrege unLEXlCOXVuATLMACElJTlQXlE augmente, oü ton donne l'etbjmologie de plußeurs termes dont on je fert en Pbarmacie , 1 z Ch. V. DesVaißeaux ist des Inßrumens quifirventen Pbarmacie, 60 Ch. VI. Des Poids & des Mefures qui fönt en ufage en Pbarma- macie , <& de cejtx qui ne lejont plus , 64 SECONDE PARTIE. Contenantplufieurspetites prcparations de Pharmacie. Chapitre I. f~^\ Es Decotlwns, Ch. II. YJ DesTtfanes, Ch. III. Des Infufions , Ch. IV, Des Apo^emes 3 Ch. V. Desjuleps, Ch. VI. Des Emulfions, Ch. VII. Des Am ande^ 7 Ch. XVII. Des Pejjatres , & Ch. XVIII. Des Fomentaüons 3 ^ Ch.XIX. Del' Embrocation, j 0 1 Ch.XX. Des Lotions , 102. Ch. XXI. Des Mualages 3 104 Ch. XXII. Des Epitbemes , 106 Ch. XXIII. Des Ecuffons, J07 Ch. XXIV. Des Cucupbes (? demi-Cucuphes , i 0 8 Ch. XXV.DiP^/w, !o 9 Ch. XXVI. Des Frontaux, J in Ch XXVII DesCollyres, ri2f Ch. XXVIII. D <5 Cataplafmes , II( j Ch. XXIX. DtsDentnßques , 1 19 Ch. XXX. D&fuiv, Ch. II. \^J Des Baumes, 5? 1 8 & fuiv. Ch. III. Des Onguents, des Liniments & des Geräts, 557 & fuiv. Ch. IV. Des Emplatres , 1031 & fuiv. FIN DE LA TABLE DES CHAPITRES. PHARMACOPE'E PHARMACOPEE UNIVERSELLE PREMIERE PARTIE. CHÄPITRE PREMIER. De la Pharrnacie en general. o E nom de Pharrnacie vient du mor grec Pbdrmaco» , qui flgiiifie Ecimologle. iredicamcnt, parce quelle enfeigne a preparer les remedes. On dcfiiüt la Pharrnacie en Art ou Science qui enfeigne ä choi- Deflnicion- fit, ä preparer & a mcier les medicamens, c'eft une partie de la Therapeutiqu.e ou Medecir.e curarive •, on la divife en deux parties, =!/ en Galenique 6c en Chymique. La Pharrnacie Galenique eft celic qui fe contente du fimpie melange , fans fe mettre en peine de chercher les lub- ftances dont chacune des drogues eft narurellement compofee. La Pharrnacie C Vjfc- mique eft celle qui fair l'analife des corps naturels , ahn d'en pouvoir (eparer les iubftances inutiles, & d'en faire des remedes plus exalcez & plus effentiels. La Pharrnacie a pour objec tous les corps naturels qu'on appelle mixtes •, on les Objet oa divife en trois Clafles, en Animaux, en Mineraux & en Vegetaux. Sous les ani- fujec maux on comprend non-feulement leur chair, mais auffi leurs os, leurs ongles, leur lait, leur fang, leur poil, leurs excremens : Sous les mineraux les fept metaux , les matieres minerales , lespierres & les terres: Et fous les vegetaux les phntes, les fe- ves, les gommes, les refmes, les fruits , les excroiffances, les femences, les fleurs, les moufles, les raeines, les fucs, les tanres, les fecuies > Sc toutes les autres cho- fes qui en viennent. f A PHARMACOPE' E Medica- «nenc, ce que c'eft. Remedes alterants. Remedes purgatifs. Remedes foitüunts. Remedes echaaffants Remedes lafraichif- fanu. Remedes hijmectans Remedes defficatifs. CHAPITRE II. Des AAedicamens £r de leurs vertus. LE medkament eft tour ce qui etant applique exrerieurement, on donne inte- rieurement excite quelque alteration dans nos humeurs> & y caufe un change- menc lalutaire; on le divife en fimple , 8c en compofe : Le fimple eft celui qu'ort employe comme il eft venu naturellement, &c le compofe eft celui qui eft fair par le mclange de plufieurs Ingrediens. On divife ordinairement les remedes a raifon de leurs verrus en alterans, en pur- gatifs, & en fortifiants. Les alterans fönt ceux qui etant appliquez exterieurement ou donnez interieure- ment apportent quelque changement en notre corps , foit en echaurFant ou en ra- fraichiflant, en humeetant ou en deflechant, en amoliflänt on en condeniant, en rarefiant ou en afloupiflant, en reflerrant ou en lächant, en digerant ou en refol- vant, en corrodant ou en incraflant, en detergeant ou en arretant. Les purgatifs fönt ceux qui par une certaine Fermentation & irritation qu'ils ex- citent dans le corps , detachent les humeurs fiiperflues, les liquefienr &c les niertenr en etat detre evacuees: Je les divife en cathartiques ou purgatifs, en emetiques ou vomitifs , en diaphoretiques oufudorifiques, en diuretiques ou aperitifs, Les fortifiants fonc ceux qui par la conformite de leurs parties avec les elprits de notre corps , corrigent les alterations qui s'etoient faites däns les humeurs ou dans les efprits memes , foit en y excitant Le mouvement qui avoit ete ralenti, loit en moderant celui qui etoit trop violent, foit en pouflant dehors les impuretez. Les remedes ecfiaüffeht ou rafrakhiflent par eux-memes ou par aeeident; ils echauffent par eux-memes quand etant compolez de parties Zahnes & fulphureufes , ils augmentent l'agitation des humeurs dans le corps de ceux qui en ufent, tels fönt l'abfinthe, la canelle, le poivre, le gingembre , la mufeade •, ils cchauftent par aeeident quand en faifant des obftructions dans quelques vaifleaux , les humeurs qui y devoient pafler s'y arretent & s'y fermentent d'oü reiulte une chaleur dans le corps , tels fönt les narcotiques, les aeides, & plulieurs fruirs cruds. Ils rafrakhiflent d'eux-memes quand etant compofez de parties aqueufes ou glu- tineufes, ils temperent l'acrimonie des humeurs , Öc moderent la vitefle de leur mouvement, tels fönt la lai£hic, le pourpier, la buglole , les gommes adraganth & arabiques : Ils rafraichillent par aeeident quand etant chauds ßcacres, mis enpetite quantite dans beaueoun de liqueur aqueufe ils lui fervent de vehicuLe pour la faire penetrer, tels fönt l'ean de vie, l'efprit de vitriol, l'eiprir de foulfre : Ces efprits aeides rafrakhiflent auffi en fixant & en preeipirant les fels & les foultres volacils du corps, qui par leur trop grande agitadon, Fadbient La chaleur •, ils rafrakhiflent er.core en pouflant par les urines, parce qu'ils enlevent &: ehäflent des humeurs qui par leur fejour , produifoient dans les vaifleaux une chaleur etrangere. Les remedes humeclent quand etant aqueux ou phlegmatiques , ils augmentent la partie aqueufe des humeurs, tels fönt les mauves, le pourpier , La laiclue, le con- combre. Les remedes deflechent en ematre manieres difFerentes: la premiere, quand par la tenuite de leurs parties ou par leurs fels fulphureux , ils enrrainent par lespores les humiditez fuperflues, tels fönt la farfepareille , la fquine , le gayac : La feconde , quand par leurs parties terreftres & poreufes , ils ablorbent ou amortiflent les hur- UNIVERSELLE. f Vneurs acres, tels fönt la litharge , la terre figillee, la pierre calammaire, les ycux d'ecrevifle, le corail Sc les autres matieres alkalines: la troifieme lors qu etant cau- ftiques, ils brülent les extremitez des petits vaiiTeaux qui fournillbienr rhumeur a laparrie, & y fönt un trombus qui empeche que la playe ne loit abceuvee de cette humeur comme eile letoit auparavanc; reis fönt le vitriol, l'alum brüle , la pierre infernale -, le precipite rouge , les efprirs acides corrofifs : La quatrieme , quand etant deterfirs , ils nettoyent les playes de leurs fanies , car alors n'y ayant plus de matiere qui y excite la fermentation & la corruption, les chairs reviennent, Sc la ci- catrice fe tait, tels fönt l'eau phagedenique, l'eau d'arquebutade , les teintures d'a- loes & de myrrhe , les ariitoloches Sc les autres vulneraires. Les remedes amolhTent quand ils fönt compofez de parties mucilagineufes ou gluantes , Sc de quelqueTel qui leur ferve de vehicule pour les faire penetrcr, tels Tont les mauves, les violettes , les femences de fenugrec Sc de lin. Les remedes condenfent en deux manieres, la premiere en delTechant l'humeur fuperflue , tels fönt les ludorihques: La leconde en hgeant l'humeur par le Ftoid qu'ils communiquent a la partie malade quand on les applique deffus, tels Com le plomb, le frais de grenoüille , le blanc d ceuf, la julquiame , la joubarbe , l'eau fraiche : Oa bien en figeant l'humeur par un acide quils contiennent, tels (ont i'o- feille , le berberis, les grofeilles, Toxicrat, les eiprirs acides pris interieurement. Les remedes rarefient ou attenueat quand etant compofez de parties fub.iies & penetrantes, ils divifent les humeurs, Sc les rendent plus coulantes, tels iont l'ef- prit de vin , les fels volatils. Les remedes afloupiflenc en deux manieres: La premiere en rafraichiflfant un peu le fang, & en moderant fon mouvemenr trop violent, tels fönt les emuliions, l'or- ge-monde , les bains , les fermentations: La feconde en portant une vapeur narcori- que ou epaifliflante au eerveau , laquelle ralentit le mouvemenr des efprits, & les empeche de circuler avec autant de force qu'ils faifoient auparavant, tels iont le pavot, l'opium. Les remedes reflerrent en plufieurs manieres, par leur ftipticite , parce qu'etant cmpremrs d'un acide verd, rerreftre & crud, ils coagulentfacilemcnt les humeurs en taprochant les fibres des vifceres, tels fönt le fumach, le coing, la nefle , la lorbe. Ils reflerrent par leurs parties terreftres Sc alicalines , parce qu'ils abtorbent l'humeur acre qui caufoit le cours de ventre, Sc le vomiifement, tels iont le corail, iesperjes , les yeux d'ecrevifle, la terre figülee , le bol. Ils reflerrent en excitant lafueur, parce qu'ils enlevent par les pores la caufe de la maladie , tels fbnr la fquine , la farfepareille, l'antimoine diaphorique , les bezoards. Ils reflerrent en purgeant, & ils le fönt de deux manieres : la premiere eft quand ces remedes, outre leur qualite purgative, contiennent en eux des parries terreftres ou ftiptiques qui apres levacuation demeurent 6c fönt leur eftet , tels fönt l'ipeca- cuanha , la rhubarbe , les myrabolans, les tamarinds : la leconde fe fait par acci- dent, quand apres l'evacuation que le purgatifaexcitee , on a le ventre reflerre pen- dant quelques jours, cet efTet provient de ce que le remede ayant fait fortir beau- coup d'humiditez du corps, il n'en tombe plus aflez dans les mteftins pour hume- &er les matieres. Ils reflerrent encore quand etant aperitifs , ils fönt beaueoup uriner , car ils de- tournen: les feroiitez qui fe jettoient dans les inteftins, tels iont les racines de gramen , de fraizier. Les remedes lachent le ventre, ou excitant dans le corps quelque ledere fermen- Aij Remedes emolients. Remotes- condeu- fanti. Fe-nedes tat fLnts 0» . tee- nu-.nts, Re nedes aflFbuplf- fants. Remedes reflerrano. Remedes lachants. ■1 ■■ 4 PHARMACOPE'E tarion de purgatif, tels fönt les violettes, lcs pruneaux , les pommes, les cerifes: ou en amoliflant & liquefiant les matieres , tels fönt le laid , les boüillons de veau, les deco&ions de bourache, de buglofe, les fomentations, le bain. ..^^^e* Lesremedes digerent ou excitent la fupuration par leurs parties falines &pene- geitiis. rrantes } q U j rarefiant les humeurs arretees leur donnent alfez de mouvement &c de fermentation peur rompre la peau, & pour fe faire un paflage libre, tels fönt les oi- gnons, les gommes, le levain. JH mt r cs Les remedes refolvent en trois manieres : la premiere quand etant remplis de parties volatiles & penetrantes, ils ouvrent lespores & donnent iifuc a l'humeur qui caufoit la rnaladie, tels fönt les eiprits volatils, le mercure : la feconde quand etant compofez de parties mucilagineufes Sc emollientes, ils ramoliflent l'humeur qui avoit trop de confiftence Sc la difpofent a erre enlevee par la circulation du fang Sc des aucres humeurs, tels fönt les cataplafmes, les emplätres de melilot, de mucilage: la troifieme quand etant compofez de fubftances rroides & condenfantes , ils cal- ment le trop grand mouvement des efprits qui caufoit la rnaladie Sc empechent qu'il n'en revienne en fi grande quantite , tels (ont le plomb, les marcailites , le folanum, la joubarbe , la jufquiame, la mandragore. Remedes Les remedes corrodent quand ils fönt empreints de fels tres-acres, tre-s-piquants, coiroii s. g^ briilants, tels fpntla pierre infernale , lcs pierres a cautere , le preeipite rouge , le fublime corrofif, le beure d'antimoine. Remedes Les remedes incralfent quand etant compofez de parties glutineufes, ils epaifif- incraflants. f e nt les humeurs, tels fönt les racines de fymphitum Sc d'althaea , l'orge monde , les gommes adraganth & arabique, la larcocolle. Les remedes detergent quand etant compofez de parties falines ou rarefiantes , ils difpofent l'humeur a fe detacher , tels fönt la bügle , la fanicle , la pervenche , l'aigremoine , l'aloes , la mirrhe , l'eau phagedenique , 1'alum. Les remedes arretent en empechant que les humeurs ne ie jeztent davantaseffur une partie deja afTligce, comme lur une playe, tels fönt l'oxycrat commun, l'oxyctat de faturne , le vin ferre. Les remedes cathartiques ou purgarifs fönt divifez en phlegmagogues, en chola- gogues, en melanagogues , en hydragogues Sc en panehymagogues. Les phlegmagogues fönt ceux qui etant compofez de parties volatiles £c pene- Phle°nu- trantes , fönt plus difpofez que les autres a s'elever au cerveau , a rarefier Sc diflou- gogucs. dre lapimite , d'ou vient cya'ils font dits purgerpatticulietement le cerveau, tels fönt l'agaric , la coloquinte , la fleur de pefcher. fönt cnpa- Remfdes Remedes suretants. Divifion des remedes purgarifs Cholago gues. Les Cholagoga es, fönt ceux qui n'ayantpastant daction queles autres, ne i bles qued'emouvoir l'humeur la plus tenue & la plus difpofcea fe detacher •, d'oii vient qu'ils purgent la bile plütot qu'une autre humeur, tels fönt la caife, la rhubarbe. Les melanagogues fönt ceux qui etant compofez de parties fixes & fort putatives , dillbivent 1'humeitt - tartareufe &melancolique , qui eft la plus difricile a detacher , tels fönt la feammonee, le turbith , le fenne , rhellebore. Les hydragogues fönt ceux qui etant compofez de parties refmeufes & falines > ouvrent les vailfeaux lymphatiques & donnent cours a la ferofite , tels fönt le jalap, le mechoacan, l'iris noftras. Les Panchimrgogues fönt des melangesde touteslesefpeces de purgatifs ; ils fönt ma g°g ues dies purger teures les humeurs, tels fönt le catholicum, la confe&ion hamech, l'ex- trait panchimagogue. Keine es ^ C5 renredei emedques ou vomitifs fönt des purgatifs remplis de foulfres falins fü emeu<]ues, •> r t> » Melanagogues. Hydragogues. Panchv- UNIVERSELLE. 1 clifpofez au mouvement, qu'ils agiflent des qu'ilfont dansi'eftomacli , en quoi iis difterent des purgatifs ordmaires qui ont le temps de defcendre jufqu'aux inteftins avanr que d'exciter leur fecmenration , tels fönt le foye d'antimoine, le carrre eme- tique, le vnriol, l'azarum. Le vomiffement fe feit par ces remedes, parce qu'ils piquent les fibres de l'eftomach & y caufcnt une efpece de convulfion. Les remedes diaphoreciques ou fudorifiques Com ceux qai etant compofez de parties volatiles , ouvrent les poresdu borps, Sc cn chaflentles humeurs par la tranipi- ration, tels fönt lesiels volatils, lafqaine , la farfepareilie , legayac. Les remedes dmretiqaes ou aperitifs fönt ceux qui etant compofez de partics fa- lines& penetrantes, rarerie.it le fang , Sc en foiuprecipiter la ferofite avec plus de vitelle qu'auparavant, tels fönt le cryllal mineral, l'efprit de fei, le vin bianc , le perfil, lache , lebnvfcus, l'afperge. Les remedes cordiaux ou cardiaques fönt ceux qui fortifient le coeur en reparant los efprits, Sc donnent plus de vigueur au corps qu'il n'en avon; il y ena de deux dpeces generales, de rareriants & de rixants; les raretiants par la tenuite de leur iubftance& par leur volatilite, augmentent le mouvement Sc la circulation des humeurs, tels fönt la poudre de viperes, les confedVions dalKermes Sc d'hyacinthecomplertes, le mu!c, l'ambre, la canelie, le lantal citrin; les iixants par leur acidite ou par leur quakte nar- cotique, moderent ou fu'pendent le moavent trop impemeux des efpri;s,relsiont i'el- prit de vitriol, les fncs acides de citron, de grofeille, d'epine-vinette, les fcrrraiferes. Les remedes cephaliques fönt ceux qui etant compofez de parties hilphurcules Sc faimes volatiles, donnent une vapeur agreable au cerveau, laqaelle apres avoiratte- nue Sc faiten partie diiliper la pituite trop groffiere t ranimeies efprits anirnaux Sc excite la circulation des humeurs , tels fönt le tabac , la betoine, lc ftoechas, la fauge , la marjolame , le gyrofle. Les remedes oph almiques fönt ceux qui fortifient Sc gueriflent les maladies des yeux •, il y en a de plufieuis fortes, les uns fortifient en echaufrant, lorfque la vue a ete debilitee par un defaiit d'efprit, Sc par quelque fluxion d'humeur pitueule ou phlegmatiques, tels fönt l'eau de vie, l'eau de fenoiiil, l'eau de la Reine d'Hongne : les autres rortirient les yeux en les rafraichiflant, lorfqu'ils fom rouges Sc eniiam- mez , tels fönt le laict de femme, les eaux de plantain, d'euphraife, de chelidoine , le blanc d'ceuf, ia petiie confoude , ou marguerite : les autres gueriflent les yeux en detergeant 6c deffechant les petits ulceres qui s'y fönt formez, tels fönt le colyre de Lanfranc , la tuthie preparee , le fei de faturne , le fuc candi, l'iris de Florence , le vitriol, les trochifques de Rhaßs. Les remedes dentrifiquesfont ceux qui etant deterfifs Sc aftringents, fönt propres a nettoyer les dents, a rafrennir leursligaments, Sc a les fortifier, reis fönt le vin Ferre, le bois de leatifqae, les rofes rouges, le corail, Tos de feche, la pierre-ponce, le pain brCile, Li creme de tartre ; on met encorc en ce rang les efprits de vitriol Sc de (ei qui nettoyent Sc blanchiiient les dents en peu de tems, mais ilsles corrodent Sc les ga:enr. Lee remedes pectoraux ou bechiques fönt ceux qui etant compofez de fubftartces huileufes,'douces & temperees, adoucdient les acretez qai pourroient defcendre für Ja poitrine, Sc amoliffent les phlegmes qui s'y etoient attachez, tels fönt le laiit, le tuliilage , la reglule , la racine d'althea, les raihns, les jujubes •, on fe fert aulli de» remedes deterfirs Sc rareliants dans les maladies de poitrine , oü il s'eft fait obitru- ,t~tion ; comme dans l'afthiae , tels lont les racines d'enule campane Sc d'iris , les preparations de loullre , iesfleursde benjoin. Les remedes ftomacmqaes fönt ceux qai ecant compofez de parties falir.es , acres A üj ou venu«! Remedes diaphoret. ou fudorifiques. Keinedes diurcdques ou -peruifs Remedes cordLux ou cardiaques. Remedes cephaliq. Remedo* ophtalmi- ques. Remed» derttifi- cues. Remede* pectoraux ou bechi- oues. Remedes ßomuciüq. Remedes hepatiques Remedes fpleniqucs. Remedes hytteriques Remedes Carotin atifs Herbes ? ulnerai res Les cinq jacines a- perkives. Les cinq capillaires. Les trois fieurs cor dialcs. Fieurs car- minatives. Herbes cmollientes Grandes fernen ccs froides. Petitjs femences frokies. $ PHARM AC O P E* 0 & attenuantes , excirent affez de chaleur Sc de fermentation dans feiromach pouf diflbudre une maciere vifqueufe Sc phiegmatique , qui embaraffant fes fibres , ra- lentiflbit le mouvemenr des eiprits, ÖE empechoit la digefhon; reis fönt la canelle, la mufeade, la coriandre, l'anis, le fenoüil, les ecorces d'orange Sc de cicron. Quelque- fois aulli ces fibres de l'eftomach etant iimplement relachees , il fuffit des remedes aftringents pour les rafFermir , comme de la confervc de rofes, de la confecldon d'hyacinthe , du maltich ; quelquefois l'eftomach netant debihte que par iin aeide qui coule dedans, on le fortifie par des matieres alkalmes qui rompent les pointes de l'acide Sc l'adouciifent; tels lonc les yeux d'ecrevilfes, les perles, le corail prepare. Les remedes hepatiques ont ete ainii nommez, parce qu'on a pretendu qu'ils for- tifioient le foye ; ils fönt propres pour corriger les vices du fang •, tels fönt la chico- ree , la lai&ue , l'hepatique , le houblon, la rhubarbe , l'aloes. Les remedes fpleniques fönt ain/i appellez,parce qu'ils fönt utiles aux maladies de la ratte , ils abondent en fels apentifs qui poulienc par les urines , Sc levent les obllru- dions de la ratte Sc des autres vifeeres •, tels fönt le ceterach, le tamarifc, le caprier , le mars. Les remedes hyfteriques fönt ceux qu'on employe pour les maladies de lamatrice. Il y en a de plufieurs fortes, les uns etant compofez de parties fubdles ou lpirirueu- fes' falines, donnent de la force a cetre parrie pour rejetter dehors ce qui lui efl: nuiilble ; tels fönt les trochifques de myrrlie , fluide de fuccin , l'eau de canelle, le caftor •, les autres etant compofez de parties fixes ou condenfantes, calment & ra- battent les vapeurs qui s'elevoient de la matrice , tels fönt l'tau commune , l'efprit de vitriol, l'efprit de nitre dukifie , lelaudanum. Les remedes carminatifs lont ceux qui etant compofez de parties fpiritueufes Sc falines, rarefient Sc diflblvent la matiere grolliere qui retenoit les vents dans le corps & leur procurent une forde; tels lont i'ams , le fenoüil, la chamomille } 1« melilot, la canelle , le zedoaria. Les herbes vulnerairesfont l'aigremoine , la bügle, le fanicle , l'alchymilla ou pied de lion, la pervenche, lapulmonaire, la veronique, les capillaires, Sc plufieurs autres. Les cinq racines aperitives fom celles de brulcus ou petit-houx, d'alperge , de fenoüil, de periil & d'aehe •, plufieurs autres racines lont auili aperitives, Sc aufii en uiage que celles-la , comme celle de gramen, d'arreftebeuf, d'ermgium ou chardon roland , tle guimauve , de fraizier , de fougere male; mais il a plu aux Anciens de fixer ainfi ce nombre de cinq racines aperitives. Les cinq capillaires lont l'adiantum commun ou noir , l'adiantum blanc appelle capillaire de Montpelier , le polythric , le ceterach ou la fcolopendre , & le falvia vita: ou ruta muraria. Les trois fieurs cordiales fönt celles de buglofe, de bourache Sc de violette. Plufieurs autres fieurs pourroient a aulli juft.es ritres etre appeilees cordiales, comme celles d'ceuillet, de rolTohs , de rofes. Les quatre fieurs carminatives fönt celles de chamomille , de melilot, de matri- caire & d'aneth. Les herbes emollientes communes, fönt la mauve, la guimauve, la branc-mfine , le violier , la mercuriale , le parietaire , la bete , l'atripiex, le fenecon , le lis. Les quarre grandes femences froides fönt celles de eourge, de citroüiüe , de me- lon & de concombre. Les quatre pecites femences froides fönt celles de laiftue, de pourpier, d'endive» Sc de chicoree. Gratida» iemences chaudes. Petice» femences chaudes. FiagmffRS preckux. Eaux cor- dialcs. _ Eaux an- tipleureti- ques. Huiles ir Toiiines, comme l'epithyme qui croit für le thym, la eufeute für le hn, le polypode & a *s> Q ' le guy für le chene. Les autres ont plus de force & de vertu quand elies croiiTent eloignees les unes des autres, que quand elies fönt proches, comme les coloquintes. En quatrieme lieu le tems, car quelques-unes fönt dans leur plus grande vigueur Lj terops» au Printemps, les autres en Ete , les autres en Automne - , on ne peut pourtant pas deligner un tems bien prefix en cette occafion , car fuivant les differents climats , les mixtes croiflent plus du moins vite. La regle generale eft que les plantes doivent «tre cueJJj.es , s'ilfe peut, enbeau tems, avant qu'elles pouifent leur graüie ; les La fub- ftance. L'odcur. Le goflc La cculeur l.a grandeur & la grofieur. Lotion. Monder. Secher. I Hume&er» Infufcr. 8 frlARMKÖPH fruits, les femenccs, les fungus doivenc etre cueillis lorfqu'ils ont atrelnt la groffeuf qu'ils doivent avoir ; les animaux doivenc etre tuez jeunes, vigoureux, avanc qu'ils (e foient accouplez avec les femelies. Les mineraux doivent etre retirez des mines , quand ils ont la grandeur , la fohdite , la pefanteur & la couleur requife. En cinquieme Heu laiubftance , car les unes doivent etre compactes comme l'o- E>ium, les autrcs friables conimc la fcammonee , les unes pefantes comme la cafle , es autres legeres comme l'agaric, les unes liquides &c coulantes comme la tereben- thinc commune , les autres dures 8c leches comme l'aloes, les unes molies comme les tamarinds, les autres dures comme les myrabolands. En fixieme lieu l'odcur , car plufieurs remedes fönt d'autant meilleurs qu'ils fönt plus odorants comme, le lantal citrin , le iailafras, la canelle. En feptieme lieu le godt , car les unes doivent etre douces comme la reglilTe , ameres comme l'aloes, aigres comme les ramarmds, acres comme le gimgembre > ftyptiques comme l'acacia. En huirieme lieu la couleur, car les unes doivent etre blanches comme l'agaric , noires comme les tamarinds, rouces comme le lang de drapon , vertes comme lc verdet, bleues comme le Vitriol de üypre, jaunes comme le curcuma, grifes comme le jalap. En neuvieme lieu la grandeur & la grofTeur, car quelques-unes doivent etre Ion- gues, & moyennement grofles comme la cafle , les viperes ; les autres doivent etre petites, comme les cornes de cerf encore tendres, les petits ehiens. La preparation des remedes confifte premierement ä les laver pour en oter la crafle , comme on fait aux racines aufli-tot qu'eiles ont ete retirees de la terre •, ou fiour les purifter de quelques parties acres qu'eiles contiennent, ainfi on lave la itharge, la tuthie dans l'eau : ou pour augmenter leur vertu , comme quand on lave les pomades dans des eaux odorantes. En fecondlieu a les monder de leurs parties groflieres & inutiles, ainfi Ton mon- de le lenne de fes bätons &c de fes feuilles mortes •, on 6te de certaines racines une maniere de corde qui le trouve dedans, on 6te des raifins fecs les pepins qui fonc durs & aftringents. En troiiieme lieu a les faire fecher comme les vegetaux&'les animaux,lefquels on ex- pofe au foleil ou a l'ombre, afin que l'humidite en etant diilipee, ils puiffent etregar- dez fans fe corrompre •, mais comme les fleurs enfecliant perdent fouvent leur couleur & leur odeur, on doit en enveloper quelques-unes dans du papiergrispar petits paquers , comme Celles dhypericum , de petite centauree. Pour les roiesrouges elles doivent etre iechees promptement au foleil le plus chaud, car fi on les faifoit fecher lentement, elles perdroient leur couleur \ les großes racines ont peine a le fecher fans fe pourir en dedans, & nous voyons fouvent les gros morceaux de rhubarbe gätez dans le ccenr , c'eft-pourquoi l'on doit les choifir de grofieur mediocre. On coupe par rranches les racines de jalap, de mechoacam, de bryone , pour les faire fecher plus facilement ; les fruits qui abondent en humidite fuperflue doivent etre fechez dans le four, autrement ils fe pouriflent ; les viperes apres qu'on en a fepare la tete , la peau & les entrailles doivent etre attachees a une ficelle & fechees d l'ombre. Il faut prendre garde que les drogues ne fechent trop long-tems de peur qu'eiles ne perdent leur meiiieure fubftance. Quand elles fönt leches il faut les enfermer dans des boctes pour les garder. En quatrieme lieu a les hume&er, ainfi l'on humecle la limaille d'aeier & la rouil- lure de fer avec de U ipfee ou dela pluye pour les ouvrir & pour augmenter leur vertu. En UNIVERSELLE. 9 En cirquieme lieua les infufer dans des liqueurs , foit pour les faire dilTotidre, commc U cerufe dans le vinaigre •, foic pour communiquer leur vertu a la liqueur, comme quand on fait tremper le fenne , les rofes, la lhubarbc dans l'eau; foit pour corriger leur adtion trop forte , comme quand on met tremper la racine d'efula dans dn vinaigre avant que de l'employer ; (oit pour les ouvrir & pour augmenter leur vertu, comme quand on fait tremper les daclres dans du vin blanc ou dansl'hydro- mel, Sz quand on fait infufer l'antimoine dans une liqueur acide pour le rendre eme- tique ; foit pour les conferver, comme quand on met des fruits, des racines, ou des animaux dans de l'efprit de vin, ou dans du vinaigre; foit pour les attendrir en forte qu'on puifle les pulverifer facilement, comme quand on eteint du cryftal &c des caillous rougis dans du vinaigre. En fixiemelieu a les faire macerer ou digerer , comme quand apres avoir pile les vofes, on les met dans un pot, on les couvre de fei, & on les laufe en cet etat pen- dant plufienrs mois, afin que le bd & l'huile s'exaltant par la fermentation, on re- tire enfuite plus d'efprit quand onles fait diftiller. On fait ecumer du miel dans de l'eau , puis on le met dans un lieu chaud pendant plufienrs mois , afin que par la digeftion ou fermentation ü devienne vmeux. En ieprieme lieu a les faire cuire, foit pour les amoür, comme quand on fait bouil- lir les racines d enula 8c d'alrha:a pour en tirer la pulpe ; foit pout qu'elles commu- niquent leur qualite a la decodion , comme quand on fait des tizanes; foit pour les rendre epais comme quand on fait cuire le mouft ou le fuc de coing en fapa, ou en cotignac •, foit pour les conlerver comme quand on confit les racines, les yeux de peuplier; foit pour les corriger, comme quand on fait bouillir la cafle, afin d'empe- cher qu'elle n'excite des vapeurs ; foit pour les purger de leurs parties inutiles, comme quand on fait cuire la litharge,& les autres prtparations de plomb avec les huiles Sc les graiiles^foit pour augmenter leur force, comme quand on torrefie la rhubarbe pour la rendre plus aftringente , & quand on calcine l'alum pour le faire devenir efcarrotique. En huitieme lieu a les fcier ou couper comme les bois , a les hacher comme les herbes , a les raper comme la corne de cerf, l'y voire , a les limer comme le fer , Vacier , a. les cafier ou rompre comme les racines , les fruits fecs. En neuvieme lieu a les reduire en poudre , foit par le möulin comme les fari- nes , toit par le mortier comme le fenne, la rhubarbe, foit par la molette für le por- phire, comme les coraux, les perles. La mixtion des medkämens confifte a. les melanger Sc unir enfemble pour en faire des compofitions. l'our ce melangeil faut premierement diftinguer les Ingrediens quis'unillent enfemble mttirellement, d'avec ceux qui ne peuvent avoir de liaifon que par art - , l'huile , par exemple , s'unit bien avec les lubflances graiTes , mais eile ne fe lie qu'imparfaitement avec les fabftances aqueufes, on eil contraint den faire le melange dans un mortier , comme quand on prepare l'onguent Nutritum ou le beurc de Saturne : l'efprit de fei femble fe lier facilement avec l'efprit de vin, nean- moins la liaiton en eft: plusetroite quand on les fait circuler ejifemble dans un vaif- feau de rencontre, comme quand on prepare l'efprit de fei dulcifie, on mele un peu d'huile de canelle ou quelque autre eflence dans du fucre candi pulverile pour faire 1'oleoftccharum, afin que l'huile etant rarefiee par ce moy en dans les parties du fuc;e, eile puifle etre difloute avec lui dans les liqueurs aqueufes. On mele de la tereben- thine avec du jaune d'ceuf pour la rendre difloluble dans les dccocKons. En fecond lieu, on doit (cavoir les moyens dont ll faut fe fervir pour le melange ilcs drogues, car quelquefois il futric de les agiter enfemble dans un mortier commc Infufer. MaceratiS ou dye- lHon. Codtion. Scier ou couper,ha- cher , ra- per, limer, cafier ou rompre. Pnlverifa- tion Mixtion des medi- camensa io PHARMACOPE' E les poudres , le mercure qu'on eteint avec la terebenthine. Quelquefois il faut les barere long-tems , comme les fleurs quand on les mele avec du fucre pour faire des conferves, lesmaftes des pilules, des trochifques ; quelquefois il faut les faire dif- foudre dans des eaux forces, comme quand on faic les preparations de Ghymie (ur les metaux; quelquefois il eft neceflaire de les faire bouillir enfemble i comme le fucre ou le miel avec les fucs , les decoctions, les infufions, pour faire les fyrops &: plufieurs aucres compolirions ; quelquefois il faut faire confinner i'humiditc a petit ieu apres le melange , comme quand on faitl'extrait panehymagogue ; quelquefois il faut les demeler enfemble avec le biftortier, comme les.piüpes & les poudres dans le fucre ou dans le miel cuit; quelquefois il faut les liquerier enfemble comme la cire, la refine, les poix avec les huilesj quelquefois il faut les meler par un grand feu , comme les metaux , & plufieurs mineraux qu'on met en fufion enfemble > quelquefois il faut les amalgamer , comme le mercure avec l'or ou l'argent. En troifieme lieu , on doit obferver de l'ordre dans le melange desdrogues, car les unes doivent etre melees avant les autres; par exeirple , il faut meler les pulpes dans les compofitions avant les poudres, & les poudres avant les eflences ; les ingrediens odoränts & volatils doivent etre laiflez ordinairement pour la fin , de peur que leur vertu ne s'altere par la chaleur &c par l'agitation ; la feammonce , l'aloes & les autres gommes fe grumellent dans les electu.ures, fi on les mele pen- dant que la matiere eft encore trop chande ; il laut attendre quelle foit prefque froide ; la cire & les poix ne doivent etre melangees ou fonducs dans les empia- tres , qu'apres la cuite de la litharge ou du mmium , ou de la cerufe s'il y en entre. Lorfqu'on veut faire des tablettes ou il n'entre poiiit d'aeide , on peut meler tout d'im coup la liqueur avec le fucre pour les faire cuire enfemble , mais fi Ton a def- fein de preparer des tablettes aeides comme celles de berberis, de citron , degrena- de, il nefaut meler le fuc que peu a peu avec le fucre für le feu, & le deflecher a mefure , car fi l'on y faifoit entrer tout en une fois le fuc qui y doit etre employe } on ne viendroit pas a bout de donner au melange par la coction , une confiftence aflez folide pour en former des tablettes; quand on veut faire le fei poiychrefle, on mele le foufre avec le falpetre avant que de jetter la matiere dans le creufet rougi •, & quand on veut faire le cryftal mmeral, on met en fufion par le feu le falpecre avant que d'y meler le foufre. En quatrieme lieu , il faut que la compofition foit d'une bonne confifl ence , quelle foitgardee dans un lieu fec , cv fi eile eft liquide comme les elecfuaires , quelle foit agitee de tems en tems avec une fpatule , alin de donner lieu a la fer- mentation. On pourroit faire encore un grand nombre d'autres remarques, für l'election , fnr la preparation , & für le melange des remedes; mais outre qu'il feroir trop long de les rapporter ici, la plupart nepeuvent etre bien comprifes qu en travaillant . Sc les auties fönt repandues dans le corps de cet ouvrage. ES AVIS MO N deffein et mt de donner dam cctte Pbarmacopie autant de lumiere qu'il me fera pößible pour l'intelligence de tont ce qui en depend , je nai pas voulu obmettre d'y expliquerles termesqui pourroient caufer de l'objcurite , i? d'en rapporter les Etymologies ; je les rangerai en moniere de Dielionaire par ordre alpbabetique ,pour In commodite de ceux qui les chereberont; j'appelle ce petit ouvrage Lexicon Pharmaceutique , nom qui lui convient aße?; bien ; cor Lexicon ou Aeg.ao» 3 ejltire du verbe grec x't-ya , dico , c&do,ferio, eft un remedepourles lafluudes, comme fönt plufieurs linimens ou onguents dont on fait frotter les membres. ACO USTICA , fönt des remedes propres pour les maladies des orei'les. ACUENTIA Medkamenta, ab acuere , aiguifer fönt des drogues propres a ai- guifer la vertu de quelque remede , comme quand on mele trois ou quatre grains de diagrede , ou de trochilques alhandal dans une prife de piluLes. ACUMELI , voyez APOMEU. vEGYPTIACUM Unguentum, eft une compofition fort detei-five, impröprement appelleeonguent,car iln'yentre m huile nigrailTe ; fon nopi vient de ce quelle a tte inventee en Egypte , ^Egyptiac. /E.REOLUS fou Cbalcus , etoit un petit poids des anciens Grecs pefant deux de nos grains. jETHERE A SubßantU eft un e/prit volatil, ou la partie d*un mixte la plus deta- chee , qui fe repand de foi-meme en l'air , qu'on appelle en Latin /Etlkr. ATHIOPS MINERALIS eft une prcparatien de mercure qui fe fait en mclanr exadlemenr enfemble deux paedes de fleurs de foufre avec une partie de vif-argenr; puis y allumant le feu pour faire bruler le foufre , il refte une poudre noire tres- bonne pour les maladies veneriennes prife par la bouche , enpiluleou en bolus. La dofe en eft depuis deux grains jufqu'a huir, eile agit fouvent par les fueurs, & rare- ment par la falivation. * Ce nom lui a ete donne pour exprimer une matiere mine- raie noire comme an i£thiopioi. Cbalcus. Pre'para- tion de mercure. Venus. Lole. UNIVERSELLE. i 5 AGGREGATIVjE piluU ex Aggregate aflembler , fönt des pilules purgatives , cephaliques qui font dites aflembler les humeurs pour lespurger.La dole en eft de^ puis un Icrupule jufqu'a quatre , Mefue en eft 1' Auteur. * AIGRE chez les Fondeurs eft quand unematiere qa'ils ont mife en fufion pour Ja verler dans an moule , eft difHciie a fe Her & a fe mouler. AL , eft une parricule Arabe lignifiant le ou la 5 mais eile eft fouvent employee au commencement d'un nom , pour dellgner une choferelevce , grande, excellente. * Alb'gine de cöTail, nom Francois •, c'eft le magiftere de corail. ALCHIM1A ex Al & ^-voa ;fundo y eft la Chymie qui enteigne la tranfmucation des metaux. ALBUM RHASIS, feu unguentum de cerufa , vulgairement appelle en Francois blanc raifin , eft un onguent blanc, deflicatif, rafraiclulTant dont la cerufe fair la bafe, Rhaßs en eft l'Atiteur. ALEMBICUM, ex arttculo Aral'ico Al & Graco « opem fero 8c j^äos , malus, eft un Amulette qui re- fifte au venin. ALEXIPHARMACA ex etA«£« ? opemfero &c<$ ce mot eft employe dans toutes les recettes ou Ordon-r nances des Medecins. AN ACOLLEMATA fönt des remedes , qui etant appliquez für le front & für les remples , arretent Sc calment le trop grand mouvement des humeurs qui tom- bent für les yeux. AN ALEPT1CA ex hxXafito&U' > reßcere , fönt des remedes reftauranrs Sc re- tablifTäntsla nourrimredespartiesdu corps. 5 AN ALT SIS t Grase. «.raAuaic , dijjolut'w , Analyfe , eftla feparation des fubftan- ces, ou principes qui compofent namrellement un mixte, ouun compofe. N APHROMELI , eft du Miel ecume. JNj AN APLEROT1CA fönt des remedes qui cicatrifent les playes , comme la far- cocoüe , les onguents & les emplätres defficatifs. AN ASTOMOTICA ex AvaqcjuJa > *V mo > f° nt des remedes incififs, aperitifs, propres pour lever les obftrucftions. ANATHYMIASIS ex ha., fürfum Sc fv/juau , evaporo , fuß, eft un parfum , comme une caflolerte , une eau d'Ange. ANHALTINA fönt des remedes propres pour faciliter la re r piration , tels fönt les herbes vulneraires, les prepararions de raufte. ANIMA HEPATIS eft le vitriol ou fei de Mars : ce nom lui a ete donne par les Chymiftes, ä caufe qu'il eft capabie de „ever les obftruiftions du foye , Sc de guerir [es maladies. UNIVERSELLE. 15 ANODYNA fönt des remedes adouciuants Sc propres a calmer les doulears, tels fönt Je pavot, le nenuphar. ANTI , fignifie comre. ANTIAPOPLECTICA fönt des remedes propres contre l'apoplexic. ANTIASTHMATICA fönt des remedes propres pour l'afthme. ANTICOLICA fonrdes remedes carniinatirs propres contrela colique. ANTIDOT US ab im Sc hoüuu 3 äo, dt im remede ccatre le venin & la ma- ligiiirc deshumeurs ■, Antidote. ANTIDYSENTERICA fönt des remedes propres contre la dyfenterie : tels fönt la rhubarbe , l'ipecacuanha. ANTIEPILEPT1CA fönt des remedes propres contre repileptie', tels fönt le pie d'eland , les fels volatils des animaux. ANTIHECTICA mot Grec 5 fönt des remedes propres contre la fievre hetYiqae, tels fönt le ceteracb, lapulmonaire, l'antiheiäique de Poterms, le laict de foufre. f ANT1HECTICUM Föteni , feu Diapboretuum joviale , eft un melange d'etaim. Sc de regule d'Antimoine fixe par le faipetre. ANTIHYDROPICA tont des remedes propres contre l'hydropifie, tels fönt le jalap , le mechoacam , les fels de Mars,de tamarifc. ANTfHYPOCHONDRIAC A fönt des remedes propres contre la melancholie hypocondriaque, tels fönt l'ellebore, le lenne , les (eis apentifs. D.de Pirou ANTILYSSUS ex anti contra & ÄC rabies, eft une compofition de poadre & ?*lm*- propre contre la rage. Ymi * ANTIMELANGHOLICA ex anti contra Sc jtteAcuvct^A«, nigrabilis t fönt des remedes qui diilipenr l'humeur melancolique ou atrabile, tels tont l'extrait panchy- magogue, les ielsaperitiis. •^XnAiON/l/MDr^GREDIi4TÜM,AntimoineDiagredie,c'eftlapoudrdCornachinc. ANTINEPHRITICA ex anti contra Sc vetppü ■> rein, fönt des remedes propres pour les maladies des reins, pour la pierre , la gravelle; tels tont la terebenthine , les racines Sc les fels aperitifs, l'efpritde tel, les cloportes. ANTIPOD AGRIC A ex anti Sc -mhi ciypx ■> fedis captura , fönt des remedes propres contre la goutte, tels fönt le fyrop de nerprun, le laicl, Purine. ANTIP YRETlCA , ex anti contra Sc ^p , ignis feu, lont des remedes propres pour guenr labrulure ; tels tont l'efprit de vin , la chaux eteinte , l'onguent popu- Jeum , l'huile d'ceuf. ANTISCORBUTICA , vtl SCORWTICA ex fchore , germanice , rnptura Sc bot , ld eftw , comrae qui diroit ruptiire des os , parce que lefcorbut commmence par ebranler les os de la bouche ou les dents , fönt des remedes propres pour le (cor- but, commele creßon , le cochlcaria, lebecabunga. ANT1SPASMATICA , feu ANTISP. \ exanti & leßis. Eau de mil- Jeflsurs. Urine de vache. Eau forte. Eau de fleurs d'o- range. Aqua re~ p* 3 eau Regale, tau fecon- de. Eau de caillous. Arhor ph'Jo- ffrph 'cns. Arbre de Diane. Arcadeco- raliin, Sa! de dut' faUm m PHARMACOPE'E APOMELI, feu ACUMELI, feu OXTMEL eft un efpcce de fyrop compofe de miel, de vinaigre Sc d'cau cuirs enfemble. APOPHLEGMATISMUS ex ^bra & (phiyux'pituite, eft un mafticatoire ou un rernede qui etant mäche , echauffe la bouche , ouvre les vaiffeaux falivaires, & ex- tels fönt cite le crachat, tels (ont la pyretre , le gingembre. APOPLECTICA ex ■^Jt^tt Aijlia, fönt desremedespropres contre l'apoplexie, tels föntlextraitpanehymagogue, les {eis volatils. APOSTOLORU.M (JN^UENTUM, eft un onguent vulneraire compofe de douze fortes de drogues egalant le nombre des Apocres d'oü lui vient fon nom. APOTHECA eft un mot Grec , qui fignifie la boete ou le vaifleau dans lequel on garde le medicament, d'oii eft venu le nom Apothecanus , Apoticaire. APOTHERMUS , fignifie/j/xt ou vin cuit. APOZEMA , ex ^Jbre Sc £etf » ferveotft. une forte dcco&ion,ouune infuflon de plufieurs plantes Sc autres Ingrediens , Apozenre. «" JOUA , vel ejjentia Kabel t eft un melange d'huile de vitrriol avec le double de fon poids d'efprit de vin. AQUA C.ELESTIS , on a donne ce nom a plufieurs efpeces d'eaux medecinales » aux unes a caufe de leur qualite alexitaire & des autres grandes vertus qu'elles pof- fedent,aux autres a caufe de leur couleur azuree qui imite edle du cid AQUA FLORUM OMRIUM , vel Aqua mille florum , eau de mille fleurs, eft ordi- nairement une eau qu'on tire par diftillr.tion de la fiente ou bouzee de vache recem- ment rendue , mais on a donne ce nom depuis quelques annees a Purine de vache nouvellement rendue qu'on boitpour plufieurs maladies. AQUA FORT1S , Eau-Forte, ce nom a eie donne commepar excellence al'Eaii- Forte , a caufe de fa grantle force , carte eile diilbut les metaux. AQUA N APPLE, eft l'Eau defleur d'Orange diftillee. AQUA REGALIS , vel Aqua Regia, a Rege, Roy, parce que cette eau diflout, Tot qu'on appelle le Roy des metaux. AQUA SECUND A , Eau feconde eft une eau forte blenätre affbiblie par de Par- gent qu'elle a diilöut, par beaueoup d'eau,& par une plaque de cuivre qui aiervide preeipitant a la djiTblution j voyez mon cours de Cliymie au chapitre de l'ar- genr, . AQUA SILICUM , eau de Caillous, eft de l'eau dans laquelle on arait etein-r dre des caillous rougis au feu , cette extinetion fe fäit dans une marmite de fer. AQUILA ALBA eft le fublime doux ; voyez dans mon Livre de Chymie. APv/EOTlC A, mot Grec , fonr des remedes qui rarphent les humeurs Sc qui ou- vrent les pores du corps, comme les fels volatils. f ARBOR DIANA , feu Arbor philo fofhicus Arbre de Diane eft un melange d'ar- gent de mercure'& d'efprit de nitre,qui fe fönt criftalifez enfemble en la forme d'un perit arbre; voyez mon cours de Chymie; on a donne le nom de Diane a cette Operation , parce que la lune qu'on appelie de mefne , ou l'argent, en fait la baze. ARCANUM CORALLINUM, Arcane Corallin,c'eft dupreeipite rouge ordi- naire qu'on adoucit en y faifänt brüler plufieurs fois de l'efprit de vin re&ine, il eft furnomme Corailin a caufe qu'il eft rouge comme du Corail; voyez mon cours de Chymie. ARCANUM DUPLICATUM , vel Sal de Dnobus,efr un fei blanc qu'on a tire de Ja mafle qui eft reftee dans la corniic apres la diftillacion de l'eau forte ordinaire , on Pappelle Sal de Dmbus,^ caufe qu'il eft tire de deux matieres,du vitriol Sc du falpetre. AREGON , fignifie apportant du foulagerqentjon a donne ce nom a un onguent refoluüf UNIVERSELLE. 17 fefolutif, fondant, laxatif, Nicola.is Salernitanus en eft l'Auteur. ARTHRITICA ex ot p%o» , articuhs , fönt des remedes propres poi.tr Ies mala- dies des jointures , tcls font le iyrop de rhamno cathartico, le chamedrys , le cha- napithys. As feu LISRA eft la liyre, poids. ASSAIERET PILUL/E , fönt des pilules purgatives , fthomachales •, la dofe era eft depuis im fcrupule jufqu a quarre , Avicenne en eft l'Auteur. ASS ARIUS , etoit un poids des Anciens pefant deux dragmes. ASSATIO ex aßare rotir, eft une coftion feche, comrae quand on torrefic de larhubarbe , quand on fair cuire des feuilles au four. ASTHMATICA MEDICAMENTA fönt des remedes propres contre l'afthme, tels fönt la conferve d'enule campane , les preparations de foufre , les fleurs de benjoin. ASTR1NGENTIA ab ajlrivgtre , ferrer , fönt des remedes qui arretent le cours immodere des humeurs en reflerrant les fibres Sc les fortifiant, tels fönt le corail, 2e bol, le (uraach. ASYNCRITUM MEDIC^MENTUM , fignine un remede fans pareil. ÄTHANAS1A MAGNA , eft une efpece d'opiare hifterique, fomnifere; la do- fe en eft depuis demi fcrupule jufqu a une dragme. 5 ATHANOR ou Athannor , vient de Tanneron , terme Arabe qui fignifie un feur, c'eft un fourneau tres commode pour faire les Operations de Chymie qui n'ont beioin que d'un feu modere ; quelques-uns l'appellent rourneau Philofophique , d'autres Fourneau des Arcanes. ÄTHERA , fignifioit chez les Anciens de labouillie faite avec du lai&& de la larine ou de la collc faite avec de l'eau 8c de la farine. f ATRAMENTA SYMPATHICA, Encres Symparhiques , fönt des liqueurs dedifference naturequi fe detruifent l'unelautre, &c qui reprennenr enfuite de la couleur •, Voyez mon cours de Chymie. ATTENUANTIA ex attenuare , attenuer , fönt des remedes qui penetrent, ra- refient, &c divifent les humeurs en partics fubtiles, tels fönt les fcl^la racine d'iris, les fleurs de benjoin , ies efprits volatils. ATTENU ATIO ab attemtare eft une divifion , ou unefubtilifation des parties des medicamens pour les rendre plus difpofes a fe diftribuer dans lecorps. AVICULvE CTPRE/E (ont des paftilles aromatiques nommees oilelets , parce qu'en brillant elles s'envolent peu a peu a la faejon des oifeaux , 8c elles parfument les lieux 011 elles brülent. AUREA ALEXANDRINA eft une efpece d'opiate ou antidote de grande compo- fition , dans lequel il entre de l'or qui lui donne fon nom , il a ete invente par un Mcdeciu nornme Alexandre; la dofe en eft depuis demi dragme jufqu a une dragme & demie. AUREUM UNGUENTUM , eft un onguent de couleur jaune oudoree, vulneraire. AUREUS etoit un poids des Anciens pefant quatre fcrupules. AURUM FULMINANS , vel Crocus auri, Safran d'or , eft un or penetre & empreint par quelques efprits qui en fönt ecarter les parties avec violence , quand on les echauffe. A URUM POTABILE, Ot Potable, on croit communement que c'eft de l'Or dont on a fi bien divile 8c fepare les prineipes , qu'on ne peut pas les reunir , &c raflembler pour les remettre en mafle d'Or ; mais cette divifion fi exa&e aparu im- pflible jufqu a prefent; ainfi l'on ne peut pas dire qu'il y ait de yeritable Or potable, 5 C Arthrid- ques. Libra. Poids, Aftrin- eents. Athannor, Fourneau philolo- phique. Fourneau des Arcanes. Encres fym patluques. Antidote Dofe. Onguent, Poids. Crocu « > r , Safran d'or. Or potable. Baye. BainMaric. 18 PHARMACOPE' E ATJSTERUS a Graeco aüqupdi ab a yJ, exßcco, eft une faveur'acre qui defleche la bouche avec forte aftridtion , comme fönt les poivres. AZYMUS PANIS , en Francois/?<«w a chanter , eft un pain dans lequel on n'a fait cntrer aucun levain , comme le mot le porte , car cc&uot figmhe/V rinenti ex- fers ou ians levain ; on s'en fert en Pharmacie pour enveloper les bois ou les pilules qu'on veut faire avaler aux malades. B; BACCA gr&ce y#i.yjt% en Francis baje , eft unc efpece de petit fruit rond ou un grain. BALNEUM MARI£ vcl BALNEUM MARIS , ou parce qu'il a ete invente par une femnie nommee Marie , ou parce qu'on le faifoit autrefois avec de l'eau de h mer , eft un bain diftillatoire d'eau chaude dans lequel on place une ou plufieurs cu- curbitesqui contiennentles di-ogues qu'on veut faire diftillerparune douce chaleur, ahn qae l'eau qui diftille ne (ente point L'empireume : on le fert aufli de ce bain Bain de vapeur. Bain de furnier de chjval. Baume. Oneuenc fupurati£ Eleöuiire Vercus. Dole, Biftoxtier, B chet. BoiKhei. point i empireui maric pour les digeftions &pour cuire les viandes,quandon fait des reftauran* pour les malades. Voyez mon livre de Chymie. BALNEUM VAroRIS , bain de vapeur , eft quand on mer en digeftion ou en diftillanon quelque matiere a la vapeur de l'eau chaude. Voyez mon traue de Chymie. f BALNEUM VENTRIS EQUINI , bain de furnier de Cheval, eft du furnier chaud dans lequel on met en digeftion quelque preparation contenue dans un vaifleau. BALON eft un grand reeipient de verre ou de grais qu'on adapte au col d'une cornue quar.d on veut faire diftiller quelque efprit aeide qui fe rarefie en beaueoup de vapeurs, comme quand on rireTetprit de vitriol, l'elprir de nitre, l'eau forte. Voyez mon Livre de Chymie. BALSAMLTM , en Francois Baume , eft une efpece d'huile vifqueufe , epaüje » na urelleouarrificielle qui prendfonnom de ßxÄ.ou/M>i > arbrilleau dejudee, d'oü decoule le verkable bäume blanc. BASILICUM UNGUENTUM a ß&mXive, quaß regium, eft un onguent noir di- geftif excitanr a la fupuration , balilic , fupuranf. BECHIC A ex^M? tujfis, fönt des remedes qui calmentlatoux, qui adoueiflene les acretes dela poitnne, & qui provoquent le crachat, reis fönt les iyrops dejuju- bes, de tuiulage, les tablettes pettorales. BENEDICTA LAXATIV a eft une confection ou un ele&uaire forr purgatif, hyftenque, carminatif, dont on ufe fouvent dans les lavemens & rarement en po- tion ; la doCe par la bouche eft depuis une dragme jufqu a fix , Sc en lavemenr de- puis irois dragmes jufqu'a dix. BES ou BESSJS , ou OCTUNX etoit un poids des Anciens pefant huitonces. £EZO*RD ANIMAL eft le foye Sc Je cceurde la vipere feches & pulverifes. BEZOARD MINERAL eft une preparation d'antimome fudorifiqiie , a qui 'on attribue la vertu du bezoard ordinaire , d'ouvienrfon nom. Voyez dans mon Trai- te de Chymie. BICONGIUS eroit une mefure des Anciens contenant vingt livresde vin. BliTORTUS , en Francois Biftortier, eft un rouleau de bois long , rond , egal» uni , poli, fervanr a remuet les compolitions , & a etendre les table res. f BOCFiETUM , Röchet, ou Bouchet, eft une feconde deco&ion des drogues qu'on a employecs pour faire la deco&ion fudorifique oudeficcative, ou bien cell UNIVERSELLE. 13 une foible de'co&ion de ces memes drogues t dont on fait ufer aux malades pour leur boire ordinaire. BOLUS a $^05 > glehx , fruflum , eft un melange de plufieurs drogues mede- cinales reduites en confiftence d'opiate qu'on divife en morceaux longuets de la grofleur d'une amande , lefquels on envelope dans du pain a chanter mouille, &c qu'on fait avaler fans macher pour en eviter legoiit. f BOUQUA IN , nom Francois, c'eft du fang de bouc prepare. BUTYRUM , vel Oleum gUc'ule Antimonii , Beure ou Huile glaciale d'Anti- moine , eft une liqueur cauftique epaiffe comme du beure ou de la glace , qu'on ti- re par diftillation, d'un melange d'Antimoine &c de fublime corrofif; voyez mon Traite de l'Antimoine. BUTYRUM ANTIMONII LUNARE, Beure d'Antimoine Lunaire une liqueur epaiffe comme du beure , renduc cauftique par des aeides du nitre 6c du fei marin , qui fönt fortis d'un preeipite d'argent ; voyez mon Traite de l'Antimoine. BUTYRUM, vel Oleum corroßvum Arfcnici , Beure d'Arfenic , eft un Arfenic penetre & rendu en confiftence de beure par les aeides du fublime corrofif •, voyez T p t ™ m mon Cours de Chymie. BUTYR UM CEKJE , Beure de Cire, eft une huile epaiftc qu'on tire dela ci- re par la diftillation -, voyez mon Cours de Chymie. BUTYRUM JOVIS , velßamni, Beure d'Etainoude Jupiter , eft une huile corrofive ou toüjours fumante , qu'on tire d'un melange d'une parcie d'Etain & de '" amnt • troisparties de fublime corrofif; voyez mon Cours de Chymie. BUTYRUM SATURNI, beure de Saturne , eft un onguent nutritum qu'on ß«" re d 'E" fait en agitant enfemble dans un mortier du vinaigre de Saturne avec de l'huile ro- l fat, jufqu'a ce que le melange prenne une confiftence de beure. c. CACHECTICA ex X906^, ldL ' ^ olu ^ es remc ^ es a P ei 'i t i r " s pi'°P res P 0 ^ lever les obftrucYions les plus enracinees , tels fönt les preparations de Mars , les fels aperitifs. CADUS ouCERj4N7UM,etoituncgrande mefaredes Anciens contenant cent vingt livres de vin , & environ cent cinq livres d'huile. 5" CALCIN ATIO , eß: reduire en chaux quelque matiere par le feu, ou par les eaux fortes. CALX ANTIMONII Chaux d'Antimoine, c'eft l'Antimoine diaphoretique , la dofe en eft depuis fix grains jufqu'a trente. CALX AURljFve Solls , Chaux d'or eft une poudre d'or qui refte quand on a fepare Tor de fon Amalgame par la calcination - } ou bien c'eft un or fepare d'avec l'argent avec lequel il etoit incorpore, par le moyen du depart. CALX JOVIS , chaux de Jupiter ou d'etain, c'eft de l'Etain calcine pendant trentc-fix heurcs. CALX LUN JE , chaux d'argent, c'eft de l'argent diflout par del'eau forte , Sc preeipite en poudre blanche par de l'eau de une plaque de cuivre , ou par de l'eau falee de fei marin. CALX MERCURII, chaux de Mercure, c'eft le preeipite rouge fans addition, la dofe en eft depuis deux grains jufqu'a fix. CALX SATURNI , c'eft du minium. CALX VENERIS , chaux de cuivre ou de venus* Cij Oleum glaciale Anti- mnnü , Beure ou huile gla- e ß ciale d'Antimoine. Beure d'Antknoi- r.e lunaire. Oleum cjj» 0J Beure de cire. Btttyrum Jupiter. fcSefure. Chaux _ d'A ntimoi- ne. Lalx (alt , Chaux d'or. Chaux de Jupiter ou d'Etain. Chaux d'argent. Chaux de Mercure. Chaux de Cuivre. Chaux de Venus. Chapiteau. Chapiteau aveugle. Tirra datx~ tuu* , tete tnorte» E'eihiaire pargatif. 2a PHARMACOFE' E CAPITULUM , Chapiteau , eft la tete oulapartie fuperieure de l'alembic qui ramafle les vapeurs dans la capacite > & qui les fait diftiller par fon bee dans un re- cipient qu'on Im a adapte. Chapiteau aveugle , eft quand le bee du chapiteau eft encore bouche hermetique- ment, tel qu'on le trouve chez les Marchands Verriers. CAPUT MORTUUMfeuT.FKR/1 DAMNATA, tete morte eft Li- terre qui' refte apres qu'on a fepare les prineipes aclifs d'un mixte ; vüyezmon Livrc de Chymie. CARAT D'OR,eftlavingt-quatiu'ine partie du poids de ce metal: Carai de perle , de diamants-, & des autres pierres precieufes eft de quatre grains. CARDIACA , a i^p^isl > cor , fönt des remedes cordiaux, ou qui fortifient & rejbuiflent le ceeur , reis fönt les confections d'hyacinthe & d'alkermes , le fyrop delimons. CARMINATIVA MEDICAMENTA , fönt des remedes falins & fulphureux artc- nuant beaticoup leshumeurs & diffipants les vents - , tels fönt l'anis , le gingembre , ks {eis alkali, la hiere: le mot de carminatif vient du verbe carminare qui fignifie earder de lalaine •, on a donne ce mot par metaphore aux remedes qui divifent les hunicurs, comme la laine eft divifee quand on la carde. CARRELET , eft uq inftrament de bois fa.it en carre , &c ayant aux quatre coins des pointes de clous pour y attacher un blanchet. CARYOCOSTINUM ELECTUARIUMz caryopbjllo Sc coflo eft un electuaire purgatif qui prend fon nom des gyrofles &c du coftus, lefquels entrent dans la com- pofidoni la dofe en eft depuis une dragme jufqu'a demi once. CATAGMATICA ä y$-my pat, fraäura. fönt des remedes propres pour les fraefcures, appliques exterieuremenr. C ATALOTICA , fönt des remedes propres pour aplanir & dilliper lesmarques groilieres des cicatrices qui paroiflent für la peau» CATAPLASMATA , fönt des nielanges de pondres, ou odorantes dont on parfume les habits t ou fortiriantes qu'on äpplique für i'eftomach , für le eceur, für la tete, ou efearroriques avec lefquelles on Fait eonfumer les chairs. CATAPLASMA a %%■&.&£ TtAdffTj.a > farmo ,finga , eft un remede compofe da farine, d'herbes ou d'huile , ayant une confiftence depulpe ou de bouillie qu'on äpplique für les parties malades: cataplafme , le nom de ce remede vient de la reflerrt- blance qu'il a avec l'argüe ou terre amolie dontles-potiers forma« leurspots. Klufcs. CATAPOTIA a x-ato, & c^W devorare fignihe pilules. CATHARTICA a y^oüpee ■> purg 0 ? fo nc des remedes purgatiß. CATELERETICA a yetJauiPu > fubverto , detrabo , fönt des remedes propres a eonfumer ks chairs baveufes & les exeroiffances qui viennent dans les piayes, tels font le preeipite rouge , l'alun brüle-. CATHOLICUM a j^m & *q\o$ > tetus , eft un ele£fcuaire qui eft dit univet- fei ou purgeant tcutes les humeurs , la dofe en eft depuis deux dragmes jufqu a dix. elntfi ce~ CATILLUS CISEREUS , feu OBRUS.E CATILWS , en Francois coupelle, eft ullus, cois- uue efpece d'ecuelle faite de cendres lavees qui fert a punfier l'or & l'argent; voyez P eiil> ' dans mon Livre de Chymie. CATOTERICA , motgrec, font des remedes purgatifs deftines pour purger ks reins, le foye > la veilie , tels font les fyrops de pomrac compofe & de rofe pale , la cafle. CAUSTICAa j^a, contbun > en Francois cauteres, font des remedes falins corrofifs, bnüants. UNIVERSELLE. n" CEMENTATTO eft une maniere de purifier l'or, par le moyen du cement royal «ui eft unc päte compofee de fei commun , de fei armoniac Sc de bol pul verifes Sc m- corpores avec de Turme •, voyez mon Livre de Chymie. CEPHALICA a •/*$«.*>) , (aput , fönt des remedes propres pour les maladies Je la tete. CERAN1UM etoit une grande mefure des anciens Grecs ; voyez cadus. CERATION , etoient un poids des Anciens V.ßitqua. CERATOMALAGMATA , fönt des emplätres molers, appelles cerats. CER AT UM ä certt,, eft une efpecc d'emplätre ou d'onguenr donr la cire doit faire la bafe , mais on donne fouvent ce nom de cerat a plufieurs emplatres mo- lets ou il n'eft point entre de cire , comme au diapalme diflbur, qu'on appeile ce~ rar de diapalme. CER./ELEUM a cera Sc oleam,e& unmelange d'huile 8c de cire qu'on appeile cerat CERONEUMeft unemplätre refoludf, forririant compofe decke Sc de laf- firan -, cell de lui qu'eft venu le mor de Ciroetre. f CERUSA ANT1MON1I, \dflores antmomifixi, fleurs d'anrimoines fixes, cft une poudre legere qui fe preeipite de la lotion de 1'Anumoine diaphoretique par un aeide qu'on y mer; la dofe en eft depuis trois grains jufqua vingr. Voyez mon Traite de i'Anrimoine. CHAL ASTICA ex f^\aa > moflio , fönt des remedes emolients , relachants. GHALCUS etoit un poids des Anciens. V./Ereolus. CHAPEAU DE ROSES , eft un amas de fleurs de rofes qui s'eft aplati, creu- fe , & endurci par la diftillarion au fond d'un rofaire , Sc qui a pris a. peu pres la fi- gure d'un grand gateau , duquel les bords fe fonr relevez en forme d'un chapeau de fleurs des Anciens. CHARTA EMPORETICA , en Fr«ncois, papier brouilUrd, eft un papier faas colle fort poreux , lequel ferr a filrrer. CHEMA , eftun terme Hebreu qui fignifie conftellation chaude. CHEMA , eroit encore une melure des Anciens, conrenant deux petiteseuit- lerees. CHEVRETTES , fönt une efnece de vafe de fayance , oü les Apoticaires con- confervent leurs fyrops. CHI ST , eft un mot Arabe fignifianc un fexrier. * CrL£NIX , etoir une mefure des Anciens conrenant quarante-quatre onces de vin > ou environ quarante onces d'huile. CHOLAGOGA a ;$A-/i, bilis Sc Üy*, dueo , fonr des remedes qui purgenr particulierement l'humeur biUeufe , tels fönt la rhubarbe , le diagrede, les rofes pales. CHOPINE , nom Francois, vient du mot Allemand fchopp qui iignifie la meine chofe, ou bien de cupina diminurif de cupa coupe ; c'eft une mefure de liqueurs qui contient quinze onces Sc demie d'eau , ou la moirie de la pinte de Paris. CHRYSULCA, feu Chryfolea Bajtlü a yt>vi > Aurum Sc ßcLay\üo<: 5 quaßre- giiim , on a donne ces noms a l'eau- regale, parce qu'elle eft le diilblvant de l'or qu'on qualifie de Roy des Meraux. CHUS etoit une mefure des Anciens, conrenant huit livres de vin, ou fept iivres & un quarr d'huile. CHIMIA ä^oc« j fuecus, vel ex -Jxo ■> fundo , eft une partie de la Phannacie qui enfeigne afaire Tanalize des mixtes. CICERA TARTARl , fonr des pilules de terebenthinc oü il entre de la creme de Ciij Cement Royal. Mefure. Poids. Cerar. Ciroena Ficrcs Ar.li- moiüifixi. foiis. ConlWla- tion chavi* de. Cfiymiej Pilules de terebai- tbinc tir- Cäiiftcij il Incinera- tio. Cinabre fadtice. Cinabre d'Amimoi- ntf. Clyfimis. Pilules co- chtes. ■ Dok. P H A R U A C O P E' E tartre ; la dofe cn eft depuis denü dragme jufqu a une dragme Sc demic ; A. Myn- ßcht. en eft l'Auteur. CINERATIO, feu INCJN£IMr70 eft ?a redudion d'une mixte cn cendrcs , conime quand on brule une plante pour en avoir lefel. CINNABARIS ARTIrlCIALiS , cinabre fad icc , eftun melange de foufte & de mercure qu'on a fait fnblimer enfemble par ungrand feu , en une mauere pier- reuie, dure, belle, cryftalme, pefante & rres-rouge. CINNABARIS ANTIMONII, Ginabred'Antimoinc, eft un melange de fou- fre d'antimoine & de mercure , qui ont ete fublimez enfemble par un grand feu en une matiere dure , pefante , noire & iuifante. CIRCULATIO , eft unmouvement qu'ondonneauxliqueurs dans un vaifleau de rencomre, en excitant par un pent feu, les vapeurs a s'elever & a de/cendre : fette Operation fe fait pour iubtilifer les liqueurs, ou pour ouvrir quelque corps dur qu'on y a mele. CLARIFICATIO, eft une purification de quelque liqueur pour la rcndre clai- re, eile fe fait ou par depuration, ou par rikration, ou par du blanc d'ceuf. CLISSVS , eft une efpece de lapa ou d'extrait qui fe fait avec huit parties de fuc d'une plante & une partie defucre cuits enfemble jufqu'en confiftence de miel. CLISSUS fe prend auili pour une reinrureoupour une quinre/Ience. CL YSMATICA , fönt des remedes deftinez pour des lavements. CL YSTER a x\v^t> > alluere f eft une efpece a mje&ion qu'on appelle auffi clif- rnus , & en Francois lavement ou elyftei c. CO AGUL ATIO, eft un epailillenient qu'on donne auxliqueurs en y melantles fels de differentes natures ) comme quand on verfe de l'efprit de vitriol für de l'hui- Ie detartre, ou quand onagite enfemble dans un monier des huilesavec des liqueurs aqueufes ou faliucs conime au nutritum. COCCI£ PI1UL/E , a xaxxoi s granum , en Francois pilules cochees , fönt des pi- lules purgatives , cephaliques, la doie en eft depuis un icrupule jufqu a une dragme ; ce oom leur a ete donne a caufe quc la ngure des pilules approche de celle des grains ou bayes, RbajFs en eftl'Aureur. COHOBATIO,eft une diftillation reiteree,quand on reverfe la liqueur diftülee für la matiere d'cü eile fort, Sc qu'on la met diftiller de nouveau ; cette Operation fe fait pour ouvrir ou pour attenuer les corps durs, ou pour rendre les efprirs % plus (ubtils & plus penetrants. COLATURA , eft la feparation d'une liqueur d'avec quelques impurete's ou matieres groffieres. COLLYRIA , KoVi'Jex* > fönt des remedes liquides ou Cccs, deftinez particu- lieremenr pour les maladies des yeux , collyres. COLLYTICA , mot Grec , tont de; remedes aglutinants. COLORATIO , eft un embelliflemenr qu'on donne aux drogues , foit en relevant leur conleur , comme quand on mele quelques gouttes d'eiprit de vitriol dans de la conferve de rofe : foit en changeant leur couleur , comme quand on fait les ereparations für les meraux. CONCRETIO A CONCRESCERE, s'aflembler j fe figer, eft un epaifiOe- ment ou une coagulation qui fe fait de quelque matiere fluide ou liquide, comme quand un fei diflout dans une leilive , s'y fige , & s'y criftalife. CONDITA a condire , confire, fontdes fruits ou des racines ou d'autres parties des vegetaüjc cuits avec le lucre, confitures. CONFECTTO icum Sc faao vel a conficere, achever, perfe&ionner ? eft une efpece delecluaire liquide, Vtdvh cor- nach'mtts de Poudre comacbi- ne UNIVERSELLE, H CONFECTIO FAP ALIS, eft les tablectes d'althaea. CONFECTIO UNIVERSALIS , eft l'ele&uaire catholicüni. CONGELATIO , eft une confiftence que le froid donne aux liqucurs, couime quand on fait les geiees cie corne de cerf, de grofeille. CüNulUS ecoit une mefure des Anciens, tontenant dix livresde vin, ou neuf Mefure. iivres d huiie ; les Anglois s 'en fervent encore, mais ils la foat plus petite , car eile ne contient que buk Lvies de vin. CONQU ASSATIO eft quand onpile ou qu'on caffe qaelque corpsdur avec im pilon ou ua raarteau» COR.NACHINUS PULVIS , feu pulvis de tribus, feu pulvis comitis Varrvik > en Fian^ois poudre cornachine , eft une poudre purgative compofee avec le diaere- de ,i 'anumoine diaphoretique , & le cryftal de rarere en parties egales; la dofe en eft depuis ua fcrupule jufqu a une dragme, le nom de Cornachmus eft ceiui de loa auteuu qui etoit Profefleur en Medecine a Pife. CQKPUbCULA iGNEA , Corpufcules lgnees> ou petic corps de feu fönt des Cornufc» pardcules lubtiles qae le feu mtroduit dans piulieuis matieres pendant une forte l £s ignees calcinacion , comme dans la chaux , dans le regule d'antimoine , dans le plomb. Le 0Ll },eti ? Saleil donne aiiffi les fiennes par reflexion du miroir ardent. Voyez man Livre de f,?^ 5 Chymie. CORRECTIO,eft quand on ajoute au remede quelque fei ou autre matiere qui puiffe hater fon eftec, comme quand on mele de 1'mfufion de enngembre avec de l'agaric , ou pour en dimmuer 1 achon trop violente, comme quand on calcine le verre d'antimoine avec un peude falperre , ou pour empecher les trenchees comme quand on diflout du fei de tarcre dans l'infiifion de fenne. CORROSIVA fcuCORRODENTIA , fönt des remedes acres, falins, rongeanw comine l'arfenic , le iublimecorrofif. COSMETICA , a jeaa^yv , omare, fönt des drogues qui fervent particulierementr ä i'embelliffementde la peau, comme le magiftere de biimuth, lespedes preparees. COTYLA , etoit ledemi fextiet des Anciens. COUPELLE , voyez Catillus ciuereus. CREPATURA ä Crepare , crever , eft un amolifTcment qu'on fait de quelque fruit ou femence comme de l'orge en la faifant boüülir jufqu'a ce quelle cre ve. CRIBRATIO a Cnbrare , cribler , eft quand on faitpaller quelque poudre pac un tamis pour fepaver la fine d'avec la srofherc CROCOMAGMA » eft une compolition de trochifques fortiftants dont le faf- fran fait la bafe ; la dofe eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme, Damocrat^s en ques, eft 1'Auteur. * CROCUS MARTIS , eft une preparation de limaille de fer par laquelle on lui Saffran de donne une couleur rougeaprochantede celle du faffran, d'oüvientfonnom; voyez ly1drs< dans mon Cours de Chymie, faffran de Mars. CROCUS METALLORUM, eft le foye d'antimoine lave 5c qui a pris une couleur SafFran de 10 ige aprochante de celle du faffran , d'oii vienr ton nom; li fert pour faire le vin m ^iux. emerique. V. dans mon Livre de Chymie, faffran des metaux. CROCUS VENER1S , faffran de cuivre, eft du cuivre brüle , purifte & re- Saffran de duit en poudre fine. cuivre. ^ CRUCIBULUM, en Francis Creufet, eft un vaiffeau de terre poreufe defti- Cieufec. ne pour les calcinations. Voyez dans le meine Livre. CRYSTALISATIO , eft quand apres avoirfait evaporer für le feuouau Soleil, une partie de l'humidite de quelque liqueur empreinte de fei, on expofe ce qui refte Vte&i TrochÜt- Cuciife. Mefure. Tafle eme- jigue. Mefure. Trochif- ques aro- rsiaiiques. EaudeDa' raas. Poids. Tabletes furgatives Pefenfifs. Dcfailkft- Denier M PHARMACOPFE en un licu frais, afin que lc fei s'y fige & s'y reduife en cryftaux. C C/CUPHA , eft un efpecc de bonnet pique garni en dedans de poudres cepba« Üiques, lequel on applique lur la tece pour fortifier le cerveau. CUCURBITA , eft un vaifleau de verre on de terre , ou de metal lequel a la fi- gured'une couige , d ou vient fon nora , ileft employe pour les diftillations. CUINE , eft une eipece de retorte ou cornue de terre , ronde , mais platte au fond , & dont le col s'eieve un peu en montant, eile fert pour la diftillation des ef- priis acides. CULHUS , etoit une grande mefure des anciens , contenant quarante urnes. CUPPA EMETICA , Taife emetique,eft une talfe dont la matiere eft du regu- le d'antimoine martial & qui rend emetique du vin qu'on a laifle dedans pendant un jour ou deux ; voyez mon Traite de rÄntimoine , cupp* vient du verbe capio , profter cafacitates. CYATHUS , etoit une mefure des anciens, faite comme un petit de nos verres ä boire , contenant une once cinq dragmes &c un ferupule de vin, ou une once & demie d'huile. CYN ANCHICA , a ^opäymn, fuffocare , ou bien cynanchica a yoicLyw > ca " nis de ayxju , fuff. co , comme fi Ton difoit fquinancie en laquelle on eft tellement opprefle de la gorge qu'on tire la langue comme le chien, ce i'ont des remedes propres pour la fquinancie. CYPHl > eft un mot arabe , qui denote une efpece de parfum fortifiant, on a donne ce nom a des trochifques aromatiques. CYPHOIDES , eft une Compofition de remedes aromatiques & fortifiants. D. DACRYDIUM; voyez Diacrydium- DAMASCENA AQU a , en Francis, eau de Damas, äcaufc quelle a ete in- ventee dans la ViUe de Damas, eft une eau compofee, tres-odorante , cephalique> ftomachale, carminative; la dofe en eft depuis une dragme jufqu'a une once ; on s'en fert aufli pour parf umer Jes habits. DANICH, etoit un poids des anciens, pefint buk de nos grains. DECANTATIO>feu DECUPELLATJO, eft quandon fepare par inclination, une liqueur claire, des feces qiü fe fönt preeipitees au fond. DE CITli5 T./JB£Ll/£,eft un electuaire folide purgatif tirant fon nom de l'ccorce de citron qui y entre j la dofe en eft depuis une dragme jufqu a fix. DECOCTUM ,feu DECOCTIO a decoquere , eft une decodion. DECREPITATIO , eft un petillement que fair, le fei marin & plufieurs autres matieres compactes quand onles calcine ', Decrepitarion. DEFENSIVA , ä dej"endere , fönt des drogues aftringentes , "fortifiantes qu'on applique en cataplafme ou en onguent, ou en emplätre pour arreter le fing ou le cours des autres humeursqui tombent für quelque partie dueorps •, defenfifs. DEFRUTUM, eft du vin cuit, oudu mouft donton a fait evaporer für le fcu , envicon les deux tiers de l'humidite. DELETERIA , ex h\ia , deludo , deeipio , fönt des poifons. DELIQUIUM , en Fran^ois defaillance, eft larelolution de quelque fei en liqueur par l'humidite de Fair , comme quand le lel de tartre qui a ete mis a. la tave fe reduit en ce qu'on appelle improprement huile de tartre. DE MORBO , eft l'onguent Neapolitanum pour la gale. DENARIUS 3 en Francis, denicr, etoit un poids. des anciens pefant lafeptie- me tiiiquait, Depilitoi- re. Eloäuaire purgaof. Dole UNI VERSELLE. i 5 i*\e partic d'ani once,* mais a prefent ce qu'on appclle en terme de monnoyc un de- Deniei e« nier en J'argenc, eil la douzieme partie de la quantite de ce metal qu'on employe l'Kgcnt'. quand on le purifie. Voyez mon Cours de Chymie. DENTILAVIUM , eft une liqueur aftringente dont on fe lave la bouche pour raffermir & fortifier les denrs, teis fönt les deco&ions d'orge, de fomnites de ron- ce, de plantain , de fumach, le miel rofät , le fei de Saturne•, c'eft une efpece de gargarifme. DENTRIFICIA fönt des remedes qui fervent a. nettoyer 8c a blanchir les dents. DEPART ou linquart, eft une feparation de quelque metal d'avec un autte avec lequel il avoit ete mele, par exemple, quand Tor fe degage d'avec l'argent par l'cau forte ; ces deux mots fignifient abandonnement, delailfement. DEPIL ATORI A fönt des matieres un peu corrofives qui etant appliquees für la peau, enlevent le poil \ depilatoires. DE PSTILJO ELICTUARIUM, eft un ele&uaire fort purgatif dont labafe eft le mucilage tire de la femence de pfylliuin j la dofe en eft depuis une dragrac jufqu'a. demi once. DEPUR ATIO eft une efpece de puvincation qui fe fait des fucs, des deco&ions Sc des autres liqueurs par refidence , quand la matiere grofliere 6c impure s'en fe-* pare, & fe preeipite au fond; Depuration. DESICCATIVUM RUBRUM, eft un onguent rouge de confiftence aftez ferme Onguem fort defficatif. DESPUMATIO , eft quand on ecume du miel, du fyrop, ou quelqu'autre liqueur quibout für le feu. DE STILL ATIO , eft une exaltation des parties humides des mixtes envapeurs qui fe condenfent en gouttes Sc qui tombent dans des reeipients; il y en a de deux efpeces generales , Deflillatw per afeenfutn , & deßtllatb per defeenfum. La prernie- re eft diftiller a. lamaniere ordinaire quand onmet le feu Ions le vaifteau qui con- tient la matiere qu'on Yeut echaufter : La deuxieme eft quand on met le feu für la matiere qu'on veut echaufter. Voyez mon Traitc de Chymie. DE SUCCO ROSARUM. TABELL/E , fönt un ele&uaire folide purgatif & chola- gogue , dont la bafe eft le fuc de rofe , la dofe eft depuis une dragrae jufqu'a denn once. Il y a aufli un elcc~hiaire de rofe liquide de meine qualite & de meine dofe , Mefue. DE SUCCO TIOLARUM ILECTUARIUM> eft un electuaire folide purgatif, dont ie fuc & Ja femence de violettes fönt la bafe - , la dofe eft depuis une dYagme jufqu'a P^» at " demi once. DETERGENTIA , dtttrgtre , nettoyer en Francois deterfifs , fönt des remedes propres a. penetrer &c a ecarter les humeurs •, teis fönt l'aigremoine , le lierre teircftre. DETONATIO , eft un bruit qui fe fait a la fortiedes parties volatiles de quelque melange qu'on poufle par le feu , comme quand on jette du charbon groffiere- njent pulverife dans du falpetre fondu & rougi au feu • Detonation. DETREMPER DE L ? ACIER , eft quand on met rougir au feu de l'acier qui a reculatrempe & qu'on lelaifte refroidir infenfiblement, afin qu'il refteporeux. DE V1GO feu EMP LASTRUM DE RAMS, eftun emplätre refolutit, fort en tifage , qui tire fon nom defon Auteur Jean De Vigo , & des grenouilles qui entrent dans fa compotition. DE U NX , etoit un poids des Anciens, pefant onze onces. DEXT ANS , etoit un poids des Anciens, pefant dix onces. 5 D Tablettes purgatives. Electuaire de rofe liquide. Tablettes Dofe Deteifi&k Poids. Poids. ' Poudre cordiale. Dole. Poudre di- £ eft V l'ofe. P< udre cephalique. DoVe. fc'ecrnaire purgat. Dofe. Poudre a- ftiingent. Poudre hyfterique. Emplätre. Fledhiaire cephalique Dofe. Onguent. Poudre car diaque. Dofe. Poudre fto- inach. Dofe. Tablettes puigatives. Doie. Eleötmre puisat. Dofe. Eleduaire byftsr. Dole. Emplätre. Poudre 90- tiepilepti- qne- Dofe. Poudre cordiale. Syrcp de pavot bläc. 2 duta , diete , fönt des remedes akerants fudorifiqjes ou deflicatifs qu'on fait prendre aux malades pendant qu'ils tont dans la dietc; tels fönt les decoeftions de fquine , de larfepareille , de gayac , de faffafras. DIAFARFAR^E kfarfara., tuffilage eft une compofition de tablettespecft orales laquelle prend fon nom &c Ca vertu du tifiilage qui y entre. DIAGALANC/EenVune compofition de poudre ftomachale hyfterique , dont Poudre fiele petit galanga fait la bafe; la dofe en eft depuis demi fcrupule , jufqu'a deux fem- ma C"ale. pules , Mefue. DIAGREDIUM V. DIACRTD1UM. Poudre an- DIAHYSSOPI eft une compofition de poudre ftomachale antufthmatique,dont tiafthmati- l'hyfope fait la bafe : ladofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a deux fcrupules - 1 ue . itc Dofe. Cerat. Poudre prrgat.ve. Dofe. Nie. Alexandr. chale. Poudre DIAJALAPjE eft une compofition de poudre purgative hydragogue, dontla pur»atiy;. bafe eft le jalap ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a quatre, Dofe. DIAIREOS eft une poudre pecftorale antiafthmatique compofee, dontl'Iris de Pouirep:* Florence fait la bafe; la dofe en eft depuis unferupule jufqu'a deux. 'doIc Di} iS ' PHAkMACOH'S Penice a» DIALACC/£ eft une compofition de poudre apetitive, hyfterique, fortifiante, dont la gommc laque fait la bafe; la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a deux ferupules. M*/«/ en eft 1'Auceur. DIALAURI eft une compofirion depoudre carminative hyfterique , dont les bayes de laurier fönt la bafe ; la dofe en eft depuis im fcrupule jufqu ä une dragme, A. Mjnjicbt en eft l'auteur. DIALUN/E eft une compofition de poudre antiepileptique dont l'argent fait la bafe; la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a. un ferupule, A. Mjnßcbt. DIAM hNNJE eft un electuaire folide un peu purganf compofe de manne Sc de" fucre; la dofe en eft depuis demi once jufqu'a deux onces. DI A Ivl ANN A eft un electuaire liquide fort purgatif, dont la manne fait la bafe ; la dofe en eft depuis une dragme jufqu'a demi once , Galten en eftl'Auteur. DIAMARGARITUM eft une coinpofition de poudre cordialefortifiante,dont les pedes preparees fönt labafe ; la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a deux Icriroules. DIAMARGARITUM SIMPLEX. V. Manus Chrifti. DI AMERCURII eft une compofition de poudre contre les vers, ou il entre du mercurc, A. Mynßcbt. DIAMORUM SIMPLEX eft le fyrop de meure ordinaire. DI AMORUM COMPOSITUM eft un rob de meure mele avec du miel, du fapa y du verjus, de la myrrhe & du fafran. DIÄMORUSIA eft un ele&uaire ftomachal hyfterique •, la dofe en eft depuis une dragme jufqu'a deux, Mtfue en eftl'Auteur. DIAMOSCHI DULCIS eft une compofition depoudre cordiale fortifiante , dont le mufc fait la bafe; eile eft appellee douce pour la differentier d'avec une autre qui eft amere, & qu'on ne met point en ufage ; la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a deux ferupules , Mtfue en eft l'Auteur» DI AMUMI^E eft une compofition de poudre , dont la mumie fait la bafe ; eile eft empbyee pour ceux qui fönt tombez de haut; la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a deux ferupules. DIANITRI eft une compofition depoudre diuretique , dont le falpetre fait la diu.re.ique. j^ . j a £ Q fe en e ß j e p U i s (l sm i fcrupule jufqu'a demi dragme , A. Mynßcbt en eft l'Auteur. Rob de DI ANUCUM t feu DIACARIOtf eft un rob fait avec du fuc de noix verres & noh > du miel. Poudre an- DIAOLIBANI eft une compofition de poudre antiepileptique , dont l'oliban fait taepilepuq. la bafe ; la dofe en eft demi icrupule jufqu'a demi dragme, A. Mjnßcbt. DIAPALMA , feu EMPIRIST RUM PJLMEL/itf eft unemplätre defficatif qui tire fon nom du bois de palmier, dont eft faire l'eipatuie qui fert a l'agiter pendant qu'il cuit. DI APASMATA fönt des parfums qu'on employe für le corps comme les eflen- ces, les pomades odorantes. DIAPENTE eft un tnoc Grec qui fignifie un compofe de cinqforres de drogues. DIAPf-LCNICUM ex aig{ IAPHORETlCUM SOLARE eil le ftomachique de Potcrius; voyez le meine Livre. DIAPIPEREOS CER4TUM eft un cerat deterfif vulneraire oü il entre du poi- Cetil ml. vre , Gdien en eft l'Aureur. DIAPL ANT AGINIS eft Qöe poudre aftringente compofee, donc la femence de ß r - plantainfait labafeda dofe en eft depais un fcrupulejufqu'a une dragme, A. Ujnjicbt. Y>ofe DIAPOMPHOLYGOS ex Q^g. Sc mfiAMASCENUM CHOLAGOGUM eft un Elefluaire electnaire purgatif, dont la bafe eft la pulpe des prunes de damas, Sc le principal purgatir, purgatif la fcammonce ; la dofe en eft depuis une dragme jufqu a fix ; le diaprunum fimpte eft celul ou l'on n'a point fait entrer de fcammonce. DIAPYMTES eft un cerat vulneraire , refolutif, ou il entre du pyrites ou Cerat vut- pierre a feu preparee , Gallen en eft l'Auteur. neraire. DIARHODON ABB ATIS Sc alg. Sc foSb', Ro/a, eft une compofition de Poudre poudre cordialc ftomacfiale , dont les rofes rouges fönt la bafe ; eile a ete invenree co ^^ e ' par un Abbe ; la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a deux fcrupules. DIARHODON HWL/E eft une compofition de pilules purgatives, ftomacha les, la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a quatre. DIARHODON TROCHISCI eft une compofition de trochifques cordiales, fto- n U;s r °cor- irrachales, aftringentes, dont les rofes feches fönt la bafe ; la dofe en eft depuis un diafes. fcrupule jufqu'a quatre. Dof&- DIASAT CJRNI eft une compofition de poudre propre pour l'afthme, pour la P°"^ rC an * phtifie , dont le magiftere de Saturne fait la bafe 5 la dofe cn eft depuis un fcru- " ai pule jufqu'a une dragme. Dofe. DIASÜORDIUM eft une efpece d'opiatc ou d'eleclruaire refiftant au venin , Opiate ou c'eft un iomnifere qui prend fon nom-du fcordium qui y entre 5 la dofe en eft de- cleftuaire pms un fcrupule jufqu'a une dragme , Trtcaßor Sc Sylvias l'ontmis cn ufage. pTif"'^" DIASEBESTEN eft un elecftuaire purgeant doucement, dont les febeftes fönt i axat if." * la bafe} la dofe en eft depuis deax dragmes jufqu'a une once Sc demie, Barth, Man- Dofe. tagm:na en eft l'Auteur. Poudre putative» Dofe DI ASENN JE eft un electnaire purgatif , rnenalagoguc , dont le fenne fait fa purgatif. bafe ; la dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once 6c demie, N*C. Alexatidr. en eft l'Auteur. DI ASPERMATUM eft une compofition ou il entre beaueoup de femences. DIASUCCINI eft une compofition de poudre aftringente & narcotique, dont le karabe fait la bafe 5 la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a denn dragme 5 altring. A. Uynßiht. en eft l'auteur. Poudre an»- Dl ASULPHIJRIS eft une poudre anti.1ftbmatiqj.1e , dont les fleurs decerpo , colligo, eft un emplatre depilatoire ou enlevant le poil des parties oii on l'applique. D UELLA etoit un poids des anciens pefant huit fcrupules. DUPONDIUM etoit un poids des anciens pefant demi once. EBULLITIO ab ebulllre, bouilür , eft une rarefaction des liqueurs füte par 1c feu , ou par les renconrres des fels de differente nature , comme quand on mele de l'huile de tartre avec de l'fiuile de vitriol. ECBOLIA ab dv.Zä.^a> j tjicio , fönt des remedes propres pour faire fortir Pen- fant mort du venire de la mere. ECCATHARTICA fönt des remedes deterfifs. FCCOPROTICA ab ok & VATB^t, ,flercus , fönt des remedes laxatifs qui pur- gent doucement le venire apres avoir amoli les humeurs. ECLEGMA ab cu & Asru» > ^ n S° > e ^ un looeh ou un remede ayant laconiiften- ce d'un fyrop epais qu'on donne a fuccer au malade , au bout d'un baton de regime pour exciter le craenat, en detachant les phlegmes de la poitrine. ECPHRACTICA ab , eip^^oe > fepio t obflruo, fönt des remedes qui bouchent & refferent les pores du corps, I 3 S PHARMACOM'« ECTYLOTICA ab du Sc abjAaö , tgito , expello, eft Pextrait du concombre fauvage , forc purgatif •, la dofe en eft depuis trois grains jufqu'a demi ferupule. ELECTUARIUM, feu ELECTARWM ab eUclwne , parce quec'eftunecompo- tion faice avec plufieurs ingrediens choifis ; il y en a de deux cfpeces generales, une folide comme les tablerres ; lautre liquide ou en confiftence de miel comme l'elcc- tuaire de pfyllio , le catholicum. ELEOSACCHARUM , feu OLEOSACCUARVM eft un melangc de quelque efience ou huile dans du fucre candi en poudre. ELIXATIO eft unecoction des medicaments dans quelque Hqueur , comme quand on fait une decodtion. EL1XYRIUM ab gAxab trabo, aut ab aixi<*, auxilior, eft un efprirou une tein- ture quintefcentielle tkee chymiquement de plufieurs mixtes Sc fervant en la ma- decine, Elixyr. EMBROCHE, feu EMBROCATIO aiZptxa > plue irrig» , eft une efpece de fomentation ou de lotion qu'on fait en preflant avec la main für la partie malade , par exemple , des etoupes , ou une eponge imbue de quelque liqueur , comme d'oxyrrhodin. EMETICA ab !^i# , vom,(oni des remedes qui excitentle vomiffement; tels fönt le foye d'antimoine, la poudre d'algarotb. , le gilla vitrioli. f EMMENAGOGA , ex aju«, Sanguis& d'ya dueo , fönt des remedes qui excitent les menftraes & les lochies apres J'accouchement. EMMOTA i/wnii limmentum, fönt des linimens liquides qu'on applique für des puftules de la peau avec de petits linges , comme en la petite veröle pour era- pecher qu'on n'en foit marque. EMOLLIENTIA ab emollire , amolir, fönt des remedes emollients, rela- chants, refolvants, tels lont les mauves, le fennecon, labranc urfme. EMPASMATAfont despoudres aftringentes qui fervent a corrigerla mauyaif« haieine , Sc a empecher les fueurs inuriles. EMPHRASTICA ab iftfgp'rla ebßruo, fönt des remedes obftruants , ou bou* ehant les pures. EMPLASTRUM ab tfi-^Aa-rlätf , figere ,firmare , emplätre. EMPLATTOMENA fönt des remedes emplaftiques qui bouchent les pores. EMPYREUMA eft une odeur de diftillation qui refte fouvent dans les liqueurs ^ui ont etc diftillees a grand feu, Sc qui leur donne un gout defagreable. EMULSIO ab emuigere, tirer du laidl, eftun laidt qu'on tire des femences froi- des, des araandes, Emul/ton. EN/EMON , mot Grec, eft un remedeaglutinant propre pour arreter lefang, SC pour confolider les playes, tels fönt la racine de la grande confonde , la faixocolle. ENCHERID^E fönt desgrumeaux qu'on trouve quelquefois dans lesemplätres enlesliqueftant. ENCHILOMA eft la memc chofe quElixlr. ENCHRISTUM ab y, Sc %j>i a , ungo , eft un onguent ou Liniment dont on oint quelque partie malade. EN CBY T A UNIVERSELLE. M ENCHYTA fönt des remede; enliq ear qu'on inftüle dans lcs yeux } comme le lai immito, eft un clyftere ou lavement. ENS , ab effe eft la partie eflentielle d'un mixte. £NS VENERIS eft des fleurs de fei armoniac empreintes de quelquc portion Iaplus fixe du vitriol de Cypre, voyez m 0 n Livre de Uiymie. ENULATUM U1HGUENTUM eft an onguent proprepour la gale , dont la ra- cine d'efula campana fait la bafe. EP1CARPIA ,cx'fm & kolPtivs , cxrpe , poignet , eft une efpece de caraplafme compoie d'ingrediens acres & penetrants , comme d'ail & d'oignon, de toile d'arai- gnee , d'ellebore , de camphre, de theriaque, de poivre, lequel on applique autoiir du poignet a l'entree d'un acces de fievre , pour chalfer la hevre. EP1CERASTICA fönt des medicaments de qualirez temperees. EPIDEMICA MEDICAMENTA ab It^JV^o? j morbus epidanicus , Tont des remedes alexiteres epidemiques; tels fönt la theriaque , le mithridat, les fels vola- tils , les eflences de genievre, defauge •, ce nom vient des mots grecs g-jn & traho. EPITHEMA ab tTrm&vpi , eft une efpece de fomentation fpimueufe qu'on applique für les regions du cceur & de l'eftomach. f EPONGE DE LUMIERE eft de la pierre de ßoulogne preparee en phof- phore \ voyez monCours deChymie. EPULOTlCxl ab t-^-. & et Aec ■> c'tcatrix , fönt des remedes qui cicatrifent les playes, tels fönt l'emplätre de cerufe , l'onguent pompholix , le diapalme. ERRHIN A ab e» & pl* > n^ris, cn franeois fternutatoires , fönt des remedes un peu acres & picotants qu'on introduit dans les narines pour faire eternuer, moucher & decharger le cerveau d'une pituite gradiere. ULKYSIPLLATODES pulvis ab'e.p va , trabo & ^\ot, prope , eft une poudre Poudre defticcative propre pour appliquer für les eryfipeles. A. Mynßcbt, en eft l'auteur. demcative. ESCHARROTICA ab tox*^ , crufta , en fran9ois cauftiques, fönt des reme- Efcairoü« des qui erant appliquez extedeurement fönt des efearres en brulant la chair ; tels 1 ucs *. fönt la pierre a caurere , la pierre infernale , le preeipite ronge. ESSENTIA , eftla partie du mixte Iaplus virtuelle, comme Trudle a?theree tiree par diftillation d'une plante odorante , l'eCprit ou le fei volatil d'un animal, l'efpric d'un minecat EVAPORATIO , eft une diffiparion des parties phlecmianquesou inutiles de quelque liqueur qui fe fait par le reu 011 par le foleil, comme quand on met confu- mer ur.e leiiive für le feupour en avoir le fei, ou quand on fait cuire un fyrop afin qu'il puiffe etre conferve. EXAGIUM , etoit un poids des Anciens pefantquatre ferupules. EXALTATIO , eft une fpiritualilation ou volatilifation , comme quand on re- Poids« tftifie l'efpiit de vin , ou quand onfepare les fels volatils des mixtes. EXCATHISMA feu SEMICUPIUM , eft un demi bain d'eau tiede. Semicu- EXIPOTICA , fönt des remedes digeftifs. P lura * EXPRESSIO , ab exprimere , exprimer, epreindre, eft un preffement qu'on fait des matieres qui ont ete long-tems pilees ou attendries par infufion ou par deco- tftion, pour en tirer le lue. E 3 4 PHARMACOP'E' E Dcteififs. EXTERGENTIA , ab extergere , effuyer , fonr desremedes qui nettoyent &r enfuite rellerrent, comme l'orge , l aigremoine , le plantain, deterjifs. EXTINCTIÖ , ab exünguirt , eieindre, eft quand apres avoir fait rougir au feu quelque mineral ou metal > on ie J etre dans une liqueur froide \ ainfi l'on eteint la tuthie rougie au feu pour l'adoucir : On eteint la bnque rougie au feu dans de l'huile d'olive , afin qu'elle s'en imbibe , quand on veut faire lhtule de brique : On eteint le cryftal rougiau feu dans du vinaigre , lorfqu'on veut l'artendnr pour le mettre en poudre. il y a encore une efpece d'extincftion impropremenr dite , t'eft quand on mele fi bien du vif argem: dans de la terebenthme ou dans de la graiffe , qu'il y eft rendu impei cepnble. EXTRACTIO , ab extrahere , eft une feparation de la partie pure d'un mixte d'avec la groffiere, comme quand on tire les pulpes de la caife, des tamarinds par un tamis. Feces. Fecules. FiECES , en franeois feces ,font lesparties impures, groflieres !k pefanres d'une liqueur , lefquelles fe feparent par la depuration en le precipitant comme de la he. FECUL/E , en franeois-/ eft un remede qu'on applique für ie front pour calmer les fafeiu de la tere, Frontal FULMINATIO a EULMINARE , foudroyer , eft quand quelques matieres vo- lariles renfermees a l'etroit, fe rarcfient tout dun coup & fojtantavecimpetuofite , fönt un bruic confiderable, comme en la poudre fulminante. Voyez mon Livre de Chymie. f FULMINATIO IN LIQUIDO, fulmination dans un liquide, eile fe fait Fulmiiw daus un matras oü l'on a mis de l'huile de vitriol afFoiblie par beaucoup d'eau & de tion dans la limaille de fer. Voyez mon Couts de Chymie. un liquide. F UMIGATIO a Tumigare , parfumer, eft quand on fait recevoir a quelque corps la fumee d'un autre , comme loriqu'on prepare la fcammonee a la vapeur du foufre. GALAGTOPOETICA , a xjt^o. >tttc , & otw» , fach , fönt des remedes qui provoquent le lait aux nounces, tels fönt l'eau de verveine , la femence de laitue. GALB ANETA a GMano, fönt des remedes oü il entre beaucoup de galbanum. Trochit- GALLIA MOSCHATA , eft une compofition de trochifques cordiaux , forti- U uces colluo > vel a yctPyapen > guitur , eft une Gar^ariL liqueur aftringente deftinee pour les maladies du palais tk de la gorge, Gargarifme. me. GELATINA Xgehre , geler , eft dela gelee de viande ou de fruits. Gelee. GELENIABIN , eft unmot arabe qui iignifie nuelrofat. GILLA VITRIOLI, velGliIM THEOPHRjim, eft du vitriol blanc purifie GillaTheo, par diflolution , filtration &£ evaporanon , le mot de gilla figniäe fei. phrafti. GILVA EMPLASTRA a yixQoi , color, fönt des emplätres de couleur fauve , comme celle du miel. GLUTINATORIA , MED1CAMENTA , aglutinare , coller , conjoindre , fönt des remedes qui aglutinent & epaififlent le fang & qui atretentles hemorragies, tels fönt les mucilages des femences de coing , de racine d'althxa, de gomme adra- ganrh. GLYCEA MED1CAMEMTA , fönt des remedes laxatifs & adoueiflants. GOBLET EMETIQUE , eft un gobelet forme avec du regule d'Antimoine , il rend vomitif le vin qu'on y amis dedans. Voyez mon Traite de l'Antimoine. GRADUS ICNIS, tlegre du feu •, il y en a quatre: Pour lepremier,il faut Degrerde donner une tres-petite chaleur dansle fourncaupour echauffer la matiere infenfi- feu. blement : Pour le fecond , il faut augmenter un peu le feu avec trois ou quatre chatbons allumez : Pour le troifieme , il faut augmenter peu a peu le feu par un grand feu de charbon : Pour le quatrieme , il faut fe fervir de charbon & du bois qui excite une derniere violence. GRANA AtiGELICA , fönt de petites pilules purgatives dont l'aloes fait labafe ; Graln cu la dofe en eft depuis douze grains jufqu'a. une dragme ; elles fönt appellees grana , piiules an- parce qu'elles ont la figure des grains , Sc ar.gelica a caufe de leurs grandes vercus. 8 e |?iues. GR ANULATIO , eft reduire un metal fondu en forme de grains en le verfant goutte a goutte dans l'eau froide. GRAN UM, grain, le plus petit des poids j eft la pefantcur d'un grain d'orge p Grain, oulavingt-quatrieme partie d'un ferupule. Eii ? tf PHARMACOPE'E GRATIA DEl,eftun emplätre vulneraire reiTemblant fort a remplätre dc betoine. f GUTTETA , eft: im nom tire dupatois Languedochienqui lignific epilepfie r on a donne ce nom a unc poudre antiepileptique. H H'emkiai i-oye n'an tniüinc. H ALM AGOGUS , ex <&a& ■> ßnguh & xyt, duco , fatigmnem ducens, eft uw remede qui excitc les hemorrhoides, les menftrues , lcs lochies qui fuivent laccouchement, tels lont l'aloes, le caftoreum , l'armoile , le mktticairc, Aftringen« HtEMOPTOICA UEDICAMEHTA , ab 4/««, > langiüs & -ß{,a, fpuo , fönt des remedes propres pour arreter le cracheraenr de fang, tels fönt le corail, la pierre hxmatite. Trochil- HEDYCHROUM , y\$y^oooi ex ^ jucundus , Sc ypoa. color , fönt des tro- ques forti- chilques alexipharmaques, de belle couleur fafranee. ^' Its HEDYSMATA , mot grec, fönt des onguents ou pomades odorantes. vjn°uents *-< r n edoiants. HELCTICA. Voyez Epifpaflicum. HELIOSISab yiAitK , fal , eft qnand on expofe un remede au foleil pour ic füre fermenter ou volatililer oudeflecher , c'eftcc qu'on appelle aufii infolatw. EMYXESTON feu HEAfIN.4 , etoitle demifexuer des Anciens. HEPAR ANTIMONII, eft une preparation d'antimoine qui le rend de couleur de foye & vomitif. Voyez dansmon Cours de Owmie , foye d'antimoine. HEPAR SÜLPHURIS , eil un melange de fleurs de foufre fondues avec du fei de tartre; par exemple, für quatre onces de fleur de loufre on mele une once 5c demie de fei de tartre , Sc Ton en fait une malle dont on peut fe fervir pour la gratelle. HEPATICA MEDTCMMENT^, fönt des remedes propres pour lesmaladies du foye , appelle en lartin hepAi. HEPSEMA , exgjw , coquo , eft du fipa & vin ctiit en confiftence de miel. Utumhetu HERMETiCUMSIGILLUM, feu LVTVM HERMETICUM, eft quand on nuücum. ferme & cloft tout-a-fait l'ouvertiire du col d'un vailTeau de verre apres l'avoir fait er r rougir & amolir au feu , c'e.ft ce qu'on appelle feeller hermetiquement. mens HIERA PICRA, lont deux mots grecs dont le premier ligmhe grandc & lacrce t Eleiluaire & ie dernier amete", c'eft une confection ou electuaire purgatif tres-amer , dont purgatif l'aloes fair la bafe & la vertu - , la dofe en eft depuis une dragtne jufqu a demi-once » a^l ^ r • mais on ne l'empioye guere que dans les iavemens •, Galten en eft l'aureur, Or^e'at HORDE AT UM, en francois borgeat, ou orge mondee, eft une forte decoction »ree möfl- d'orge mondee ou Ton mele du fuete & qu'on prend chaud en fe coucliant. iss* HORETICA , fönt des remedes qui aidenr a h digeftion , & qui excitcut l'apetit. HYDATODES VIN UM , c'eft du vin qui porte beaueoup d'eau. HYDRAGOGA c^ZSmp > '"J t{a & i>i) > duco , lont des remedes qui purgent les eaux. HYDREL/EUM ex Uü? >A ! l< t ' t & ihcyov i oleum , eftun melange dliuile & d'eau. AqM Ur- HYDROCRITHE ,- ab Uitg , aqua, öc jt^^i' hordettm , Aqua, kordä, vel aqut iei , aqu* bordeatit /eau d'orge. M ''' M/ ' : • HYDRÖMEL cx th>p , aqtix Sc fjy A [ mcl , ePc un melange de miel & d^eau.. HYDROPICA e&vS&f , aqu* , fönt des remedes propres pour Haydcopifie > comme les hydraao2UE& UNIVERSELLE. \j HYDROSACCHARUM ab vämp, aqua. avLXt&poifaccbarum, eft un eau fu- cree oa un julep. HYPOLATA , fönt des remedes qui »urgent les reins , la vefcie } le foye ; tels fönt lacafle , la rhubarbe, le tartre Vitriole. KYPERCATH ARTIG A ex l^np ; juper 8c ju^etjo« > P ur S° > ^ om ^ es remedes qui purgcnt avec exces; comrae les pignons d inde , l'elaterium , la racine d'elula. HYPNOT1CA ab vvrvai ■> fonms , fönt des remedes qui excitent le fommeil; tels fönt l'opium , le pavoc. HYPOGAUSMUM ab -x^sra , ßb & %$>& ,uro, en francjois etuve, eft un liea oü Ton conferveles remedes iujets as'humecEer trop. HYPOGLOT1DES PIWLM ab ^j^ , fub 8c y>^o., l'mgua , fönt des pi- lules aftringetttes , adouciflantes , qu'on Lufle fondre für la langue pour les rela- chemens & les acretez de la 1 linguales. HYPERICA ab g^ de lamatricc» de la luecte ; on les appelle auffi piluU ~fublingu£ vel juir- Uterus , fönt des remedes propres pour les maladies Ju lep* Tiluh fub Unat«* l ICTERICA ab iäero , jaunifle , fönt des remedes aperitifs propres pour faire diffiper la jaunifle ; tels fönt les meines de pacience, de fraizier , les prepara- tions de Mars, les fels de tamarifc , d'abfinthe , de tartre vitriole , l'efprit de fei; ce noni vient du grec jfcms viverra, füret , parce que cet animal a les yeux jaunes imitansla couleur de l'humeur bilieule qui eil repandue dans l'habitude du corps quand on eft malade de la jaunifle. IGNIS AREN/E , feu de fable , ou bain de fable , eft quand on place dans un fourneau un vaifleau de verre ou de grez für du fable, 8c qu'on Ten entourre aux cotes jufques environ la hauteur de la mauere qu'il contient, afin que le feu ne donne point immediatement für le vaifleau, ce qui pouroir le faire caffer. IGNIS CINERUM , feu de cendre, ou bain de cendre , eft quand on place pareillement dans un fourneau un vaifleau de verre ou de grez für des cendres , Sc qu'on Pen entouve aux cotez jufques environ la hauteur de la matiere qu'il contient, afin que le feune donne point immediatement für le vaifleau. IGNIS ORCULARISvel igmsratulationis , feu de roue, eft quand on entourre entierement un vaifleau qui contient quelque matiere, pour la calciner ou la mettre en fuiion. IGNIS GRADATUS , feugradue •, eft un feu qu'on fait pardegrez , petit au commencement, Sc qu'on augmenre enfuite, cn ouvrant peu a peu le cendrier 8c les regiftres du fourneau. IGNIS LlMATURiE EERRI, feu de limaille de fer, eft quand on place dans un fourneau un vaifteau de verre ou de grez lur de la limaille de fer, &c qu'on Pen entoure aux cotes jufques environ la hauteur de la matiere qu'il contient, afin que le feune donne point immediatement für le vaifteau: ce feu echauffe plus fort que le feu de fable.- IGNIS LUCERN/E , feu delampe , eft quand on met echaufFer par une lampe alfvtmee, un vaifleau de verre qui contient quelque matiere oü l'on veut exciter une digeftion ou une er-lcination par une chaleur medioere Sc toujours egale. La sieche de cette Lampe trerape dans-de l'huile. E üi Virnis arent feu de fable, baio de labte. Fea de cendre , bain de cendres Jgnis romltt- Uon'u- feu de reue Feu gra- due. Fen de limaille de fei. Feu de Um» pe. ]gnh imire- iintm, feu nud. Feu de re verbeie. Feu de fup- preüion. 38 PHARMACOPFE Ily a un autre feu de Iampe dont Ies emailleurs fe fervent, on y cmplye une graue mcche qu'on fair tremper dans de Ja circ fondue & qu'on foufle concinuel- lemenc avec un fouflet, expoiant de l'email oa du verre au haue de la fläme , ii s'y amolit, Sc on Im fait prendre la äfigure qu'on veur. IGNIS NUDUS , feu unmediatus , feu nud , eft quand le vaifleau qui contient la mariere , eft pofe a nud ou immediaremenr für les charbons ardens , fms qu'il y ait intermiffion d'aucune autre matiere, comme quand on fair calciner quelque chofe au creufet, ou quand on calcine le tarrre dans les charbons allumez. IGNIS REVERBERATOR1US , feu de reverbere , eft quand le fourneau dans lequel on a mis en diftillation ou en calcination quelque matiere , etant cou- vert d'un dorne , la fläme refl echit ou reverbere für cette matiere pour l'echaufer fortement. IGNIS SUPPRESSIONIS , feu de fuppreffion , eft quand on met le feu für le vailfeau qui contient la matiere , au lieu de le mettre dellbus , comme quand on diftille per defeenfum. Voyez mon Livre de Chymie. IMMERSIO ab immergerc , plonger , eft une efpece de lotion qui fe frit en plongeant une drogue dans de l'eau , ahn quelecorce s'en fepare , ou pour la pri- ver d'une qualite nmfible , ou pour lui en communiquer une bonne : ainfi l'on trempe la tutie rougie au feu dans de l'eau pour la, nettoyer de quelque acrete quelle pourroit avoir , onlave lesgraifles, la cire Sc plu/ieurs autres matieres femblables, non feulemenr pour les blanchk , maispour les rendre plus rafraichiflantes & plus adoueiflantes. IMPALPABLE , eft un mot fran$ois adapte anx poudres tellement broyees& lubtilifees, qu'on ne les fent pas fous les doigts , comme au corail prepare. IMPASTATIO , eft une reduetion de poudre ou autres matieres en pafte ou en mafle. IMPR^EGNATIO, eft quand une liqueur eft empreinre d'un mixte qu'elle a diflout, tel eft le vinaigre de laturne. IN AURATIO , eft quand oncnvelope despilules ou d'autres remedes d'une feuille d'or. INCARNATIVA , fönt des remedes qui etant appliquez für Iesplayes , fönt naitre, de nouvelles chairs ; tels fönt la farcocolle , les racines de confoude. INCISIVA ab incidere , couper , trancher, fönt des remedes attenuants, pene- trants, rarefiaqts les humeurs vifqueufes , tels fönt la fcille , les fels ineififs. INCLINATIO ab inclmare, baiuer , incliner \ eft un terme uiite pour expri- mer la feparation qu'on fait d'une liqueur repofee , laquelle on werfe doucement afin d'en feparer les feces qui demeurent au fond. INCORPORATIO , eft une confiftence qu'on donne ä une poudre en la ms- lant avec quelque fyrop ou autre liqueur appropriee, comme quand on fait les maflTes des pilules, des trochifques. On in corpore auili les liqueurs quand on les mele avec quelques matieres folides, comme ies huiles avec la Litharge , la cire , les reiines. INCRASSANT , fignifie epaifißant & aglutinant les humeurs fereufes Sc trop claires; tels fönt les mucilages, les lyrops pedtoraux , les gommes. INFUSIO , ab infundere t mettre tremper t eile le fair quand on met tremper quelque remede fec ou dur dans une liqueur pour en feparer la vertu. INJECTIO , ab injicere , jetter dedans, eft une liqueur qu'on feringue dans quelque partie que ce foit du corps humain. INSOL ATIO , eft quand on expofe aux raypns du foleil quelque matiere qu'on veut mettre en fermentation > ou qu'on veuc deuecher. L UNIVERSELLE. p reis fönt les piluies cochees , le fyrop de ner- prun , lts aperitifs. JULEPUS fea JULEB, feu JULAPJUM , en francois Julep , eft une efpece de fulapwm. potion aiterative j compofee de fyrops Sc d'eaux diftillces ou de decoclions. Julep. K K IRAT feu S1LTQUA, etoit un poids des Anciens, pefant quarre de nos Poicfe, grains. LAC SULPHURIS , eil lemagiftereou preeipice de foufre jfonnom vient de ce qu'en fe preeipitant f ll donne a la liqueur eine couleur de lait. Voyez dans mon Livre de Cfeytaie. LAC VIRGIN ALE , ü y en a de deux fortes, le premier eft; im oxyerat de fa- turne , ou de L'eau dans iaquelle on a yerfe un peu de vinaigre de faturne pour lc faire blanchir comme dirlait ; le fecond eft de l'eau blanchiepar un peu de tein- ture debenjoin qu'oua verfee dedans; le furnom de virginal vient de ce que les filies fe fervoient aucrefois de ces liqueurs pour fe decrauer Sc pour embeiar leur peau; Uiit virginal. L/EVIGATiO , eft reduire unematiere dure en poudre impalpable für le por- phyre, kvigere. LAPIS CAUST1CUS ä ^Ja , comburo . eft un efearotique ou un fei acre qui brulela chak oii on l'apphque; on l'appelle en francois pierre a cautere , ou cau- tere potentiel. Voyez mon Traite de Chyrnie. LAPIS INFERN ALIS , eft une preparation d argent, ou de l'argent empreint & arme des poimes de Vefpric de nitre qui le rendent corrofif ; on l'appelle en francois , pierre infernale ou cauftique perpetuel. Voyez mon Livrede Chyrnie. LAPIS MEDICAMENTOSUS > eft une compofiuon ou un melange de ma- tieres aftringenres , dont le cholcouur fait la bafe & la plus grande vertu ; on les calcine enfemble en forme de pierre. Voyez mon Cours de Chyrnie > perre medi- tamenteufe. LAPIS MIRABILIS , efr une compofltion ou melange de matteres vulnerai- res & aftringenres dont le vitrioi fait la bafe Sc la vertu. Voyez dans le meine Livre^ fitrre admirable. LAÜCANLfM QUASI LAUDATUM > eft l'extrait de I'opium. Voyez encore dans le meme Livre. LAXATIVA a LAX ARE , lächer , fönt des remedes un peu purgatifs , ou qui lächent le ventre •, reis fönt la cafle, les tamarinds, les prunes. LENITIVUM a LENIENDO, eft un eleduaire qui purge doucement enadou- cifTaiTc; la dofe en eft depuis deux dragmes jufqu'a dix. LEUOENUM a tevuos , albus Sc ovo? , vimm , c'eft du vinblanc LEXIPYRETUS a \yy$, defino 6c iPJpiTti > febris, eft une efpece de cata- Laidl cu magißere de foufre> Laicl; \ irgs» nal. Leviger. Caucers potentiell. Caiiftkjue pcrpetuel. Pierre me» dicamen- teuie. Pierre zd- mirable» ExtrairaV pium, Laxatifs» Electuair« purgatifi. Loie» 4« P H A R M A C O P E 1 E plafme qu'on applique aux poignets , pour faire cefler la fievre. Sabjcta!l;~ LILIUM MINERALE , vei {dlmeuhcum ,eft im fei empreint des foufres de tum. fe L - 1 Je l'etain , du cuivrc & de l'antimoine ; la dofe en eft un fcrupule. Voyez mon Cours de Chymie. LIM ATIO , eft la redu&ion d'nn mixte dur en limaille, par la lime. Confeftion LIMONATA SMARAGDINA , eft une confection oii ll untre des emeraudes, cordiale. C } 11 {y ro p £r J e l a femence de limons , d'oii vientfon nom: eile approche fort en e * vertus de la confe&ion d'hyacinthe j la dofe cn eft depuis une dragme jofqu'd une dra^me & demie. LlNCTUS a lingere, lecher , fuc pinguis, aAj-Tut ■> pnguedo, ce nom a ete donne aux me- dicaments oniftueux, comme aux onguents , aux linimens. LIQUATIO , feu liquefaäio , eft une fufion ou une reduction dequelque ma- tiere fufible en liqueur par lc moyen du feu , comme de Ja cire, de Ja reime , du fuif. LIQUEUR DE PELLEGRIN , eft une liqueur cauftique ou efcarrotique faite avec deux parties d'efprit de foufre & une partie de beure d'Antimoine. Voyez mon Cours de Chymie. f LIQUEUR FUMANTE eft une liqueur epsiffe tireepar diftillation du rc- gule d'antimoine i del'etain& du fublime corrofif, eile jette perpetuellement des fumces epaifles & blanches , d'oü vient fon nom. Voyez mon Traite de l'Anti- moine. Llthontri- LITHONTRIPTICA feu LITHONTRIBA ex \fto ( Upis, 8c v?'&u, contero, ba. fönt des remedes propres a attenuer & brifer la pierre qui fe forme dans le rein 8C dans la veflie; tels fontlelithofpermum , le faxifrage. LITUS, c'eft le liniment. LOCALIA MEDICAMENTA fönt des remedes qu'on applique exterieure- ment ■, on les appelle aufli topiques. LOOCH , mot arabe , eft un remede pe&oral en confiftence de fyrop epais lequel on fait fuccer au bout d'un baton de reglifle. LOTIO , a Urare , laver , fe fait quand on lave quelque mixte, foit pour en oter la craffe & l'acrete , comme quand on lave les racines, ies herbes, les graifles, la litharge , la cerufe , foit pour leur communiquer quelque vertu , comme quand en lavanr le cerat de Galten , on y incorpore un peu d'eau pour le rendre plus rafrai- chiflanr •, foit pour le rendre odorant, comme quand onlave les pommades avec les eaux de rofe , de fleur d'orange. LUTUM , en francois, lue , eft une terre grafle dans laquelle on a mele du furnier ou de la boure , ou quelque autre matiere, & qu'on amolit en reflemblance de boue ; il y a encore plulieurs autres elpeces de lurs. Voyez dans mon Cours de Chymie. LUTUM KERMETICUM , vel Sigillum llermeticum , Lutou Sceaud'Her- mes, eft quand on bouche tout-a-fair par le moyen du feu l'orihce d'un vaiffeau me$ feeau ^ ans ' cc I ue ^ on a m ' s q nc lq L, e drogue qu'on veut faire exalter, on ne fait ce lue qu'aux «Thcimest vaifleaux qui ont une embouchure etroite comme aux matras : Hermes a ete i'in- venteur de ce lut, üc c'eft Uli qui lui a donne ce nom. LUTUM Topiques. Iah. Sigillur» fiermetc. Lut d'her Aymatit arfenical». Rubine UNIVERSELLE. 41 LUTUM SAPlENTIi£, eft un Lut compofe de chaux eteinte , de farine 3 de tut de bol en pönale. Je tout incorpore par du blanc d'ceuf bacu avec un peu d'eau. Sapicncg, M MACERATIO eft une eipece de fermentation fort femblable a la digeftion ; mais eile ne fe fait que dans les matieres epaiftes, comrae quand apres avoir mele des rofes dans de lagraiffe pour faire de l'onguent rofac, on expofe lc melange pendanr quelques jours au foleil , afin que la qualite des rofes fe communique mieux ä la graiffe. MAGDALEONES a fmyShi\ls , cylendrus unguenti , fönt des rouleaux d'em- . Ma g emollio, fönt des remedes emolients Sc refolutifs. MALAGMATA a ßa.XaLKja , emollio , fönt des cataplafmes ou d'autrcs remedes qu'on applique excerieurement pour ramolir ou pour refoudre. MAL AXATIO a fjuxXa.o& o& > emollio , eft quand on amolit les emplätres ou les pilules, en les maniant ou en les battant dans un mortier. MALTHACODE EMPLASTRUM ä pxAaxo' > »»//« , eft un emplätre de confiftence molette , comme de la cire qu'on auroit amolie en la melant avec de la poix ou avec de la terebenmine. MANICA HYPOCRAT1S , en francois , manche ou chauffe d'hypccrate, eft ' Chauffe une maniere de fac fait de draplarge par haut &c pointu par bas en forme de capu- atypocr*«. chon , mais plus long Sc plus pointu. Üa ete invenre par Hjpocrate , pour paffer les liqueurs qu'on veut clarifier. MANiPULUS ä manu , en francois une poignce , eft une efpece de mefure Poigtuei d herbes , de fleurs, de quelques femences ; c'eft ce que la main en peut con- tenir. J MANNA VINOSA , manne vineufe , c'eft de la manne diffoute de l'ean Manne«- qu'on a mife long-tems e:i fermentation. Voyez mon Cours de Chymie. neu'.e. MANUS CHRISTI, feu SACCHARUM ROSATUM PERLATUM , feu Sacchar. DIAM ARGARITUM SIMPLEX , fönt des tablettes de fucre rofat dansla com- joht per-. pofition defquelleson a fait entrer für chaque livre , demi oncc de peiles prepa- ^ c [*•" rces. _ MANUS DEI , eft un emplä.;re vulneraire , rcfolutif Sc fortifiant , fon nom vient de feserands effets. dia- ;..rit ii.nplex. MARTiATUM UNoUElNTUM, eftun onguent verd, nerval, rcfolutif Onguent ncivalt ms. Maflcpain, Matie e reduCtive. Matras. Mois phi- Jo'opfu- que. Mmftnie. Mefipe d'Allema- gne. Mercu-re principe. Mercure de vie. Remedes mefenteii Antidote. Dofe. 4* PHARMACOPE' E danslacompofition duquel il entre beaucoup de plantes aromatiques; Ton nom vicnt de Ton auteur Martianus Mcdecin. * MASSA PANIS , vel Marfuspanis , Maffepain vientde l'Italien Marcapane, parce que Marco Italien cn fut 1'inventeur. MASTICATORIA fönt des remedes acres qu'on mäche afin qu'ils cchauffent la bouche, & qu'ils faffent cracher ; tels fontla lauge , la betoine , la pyrechre , le tabac. ? MATERIA REDUCTI VA , matiere reductive , eft une matiere faline Sc alkaline coinpofee avec du nitre, du tartre, du cryftal & du charbon calcinez en- fenible ; on s'en lert pour revivifier des metaux qui ont ete deguifez par la diffolu- tion , parla precipitation Sc par quelque melange. MATRATI UM , en francois matras, eft un vaiffeau de verre ronda long col, qui iert dans les Operations de Chymie , tantöt pour les digeftions , tantotpour re- cipient des liqueurs qu'on fait diftiller. MATRICALIA , fönt des remedes deftinez pour les maladies de la matrice. MATURATIO , eft une efpece de fermentation ou de coction infenfible qui meurit les mixtes , & qui les met en etat d'etre employez ; eile fefait par exemple, au fruit de chynorrhodon , quand apres l'avoir ouvert Sc monde de fes pepins, on l'arrofe de vin blanc , Sc on le mer a la cave afin qu'il s'y ramolifle. MELANAGOGA a [A\au, nigrum, Sc ayg , dueo , fönt des remedes quipur- gent la melancolie ou l'atrabile ; tels fönt le turbith, le fenne , rhellebore. MELICRATIUM a fii\i , mel yüio^,in^u , mifceo, eft del'eau miellee appellce bydromel. MELILEMUM a pÜM, mel Sc /M)\on malum, eft du coing ou un autre pomme confite dans du miel. MENSIS PHILOSOPHICUS , en frangois mois philofophique, eft l'efpace de quarante jours. MENSTRUUM a. menfe , eft un terme des Chymiftes, fignifiant un diffolvant de quelque nature qn'il foit; ce nom vient de ce qu'en quarante jou:s qui eft le mois philofophique , le diflblvant doir avoir agi Sc acheve la diffolution qu'il eft capable de faire, menßrue. MENSURA GERMANICA , mefure d'Allemagne, eft lapinte de Paris. * MERCURIUS PRINC1PIUM, Mercure, principe, eft chez les Chymiftes la meme chofe que l'efprit. •MERCURIUS VITj£ , Mercure de vie, c'eft la poudre da/garoth. Voyez mon Cours de Chymie. MESENTERICA , a (uwrittw » mefentere , fonr des remedes aperitifs Sc propres pour les maladies du menfentere ; tels Com h gomme ammoniac, les fels aperitifs, la rhubarbe , le fublime doux , mefentenques. METRENCHYTA a fi*a, infundo , eft une efpece defe- ringue fervant a faire entrer des injeclrions dans ia matrice. METRETES ctoit une grande mefure des Anciens contenant cent vingt livres de vin , & environ cent livres d'huile. MICLETA , fignifie remede pour le fluxde fang Sc pour celui des hemorrhoi- des: on a donne ce nom a une compoßrion aftringente ; Nicol. Salermtanus en eft l'auteur. MIGMA a ^uyyi%, mifceo , eft un melange de plufieurs efpeces de drogues. MITHRIDATIUM a MITHRIDATE , eft une efpece d'opiate ou un antidore de grande compofition , invente par le Roy Mithridate. La dofe en eft depurs ua fciupule jufqu'a quarre. UN IVERSELLE. 45. ^vlIXTA , en francois mixtes, fönt tous les corps naturcls divifez en animaux , Mixtcfc en vegeraux Sc en mineraux •, ce nom vienc de mifccre f meler , parce que chaquc mixte eft un melange des principes de Chymie. MIXTURA ä mifccre, meler, eft un melange d'efprits, d'elTences, d'el'xyrs, pour prendre par la bouche , mixture. MIXTURA DE TRIBUS, eft un melange d'eau theriacale camphree , d'ef- prit de tartre Sc de vitriol. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu ä une dragme. MOCHLICA ab o'xA6» » tnoveo , fönt des remedes qui purgent violemmenc par haut Sc par bas. MOLETTE , eft un morceau de porphyre ou d'autre pierre fort dure avec la- quelle on broye für le porphyre, les matieres les plus dures, MONOHEMERA ä ^iqs , folus Sc ^ymgp. , dies , fönt des remedes qui gue- ruTent en un feul jour. MORTIF1ER, eft un terme de Chymie qui fignifie changer la forme exterieure d'un mixte , comme on fait au mercure ; on mortifie aufli les efprits en les melant avec d'auttes liqueurs qui detruifent leur force , comme quand on mele de l'huile de tartre avec l'efprit de vitriol. MOSCAELALUM a mofcho Sc oleo , eft une compofition d'huile nervale ou le mufc enrre. MOUFLE eft un couvercle de terre fait enpetit dorne, perce de trois ou qua- tre trous; il fert a couvrir les coupelles Sc a faire reverberer la flame du charbon deflus pendant qu on foufle. MUCAGO , feu MUCILLAGO , en francois mucilage , eft une liqueur gluante Mucilage« ou une maniere de colle tiree par infufion de plufieurs mixtes ; ce nom vient de mueus , morve, parce que le mucilage eft vifqueux Sc reflemblant a la morve du ncz. MULSA AQUA, eft de l'eau miellee , ou de l'hydromel. MUNDARE , cn francois monder, fignifie nettoyer ou purifier les mixtes de leurs parties les plus groflleres , ainfi l'on fepare du fenne les batons, on pelle les amandes, on ote les pepins des raifms fecs , avant que de les employer on palTe la cafle , les tamarinds , les prunes cuites au travers d'un tamis de crin renverie pour cnfeparer les femences Sc les autres impuretez. MUNDIFICATIVUM UNGUENTUM , eft un onguent deterfif vulneraire. °^ l ^ a ' MUSA iENEAeftuneefpeced'opiate fomnifere quia pris fon nom de Mufa f omn P jfc r ^, fon auteur , Sc fon futnom de fa couleur approchante de celle de l'airain. La dofe Dole, en eft depuis un fcrupule jufqu ä une dragme. MIRACOPON ex ux?n & aitowov> eftunremede odorant qui fortifie Sc qui delaue. * MYREPSUS a juvfe-loi, unguentmus qui (jui^ji-\.u- MYRICALIS PULVIS , eft une poudre cachectique dorce, dont ladofe cn^|™ e J|- eft depuis un fcrupule jufqu a une dragme. dotec. * MYRON fxuw » unguentum, a puipoe > fluo. Dofe. MYROPOLA qui ^cogoc > unguenta , 7ro\u > vendit, c'eft un Apoticaire. MYSTUM MAGNUM , etoit une mefure des Anciens contenant trois onces Meto». huit ferupules de vin , ou trois onces d'huile. MYSTRUM PARVUM etoit une mefure des Anciens contenant fix dragmes deux ferupules de vin ou fix dragmes d'huile. MYYA eft de la gelee de fruits. Mefura Fij 44 N Sternuta toires. Oiibriient. Neige d'Antimoine. PHARMACOPE'E N ARCOTICA ä td r yji , torpor , fonr des remsdes qui excitem raiTbtipiiTe- ment, tels fönt le pavot, 1'opiüm. NASALIA a tiafo , fönt des remedes qu'on introduit dans les narines pour faire eternuer Sc mouchec ,flernutatoires. * NEOGALA , ex na,pos , recens 8c ^a^a. > l*c , c'eft du Iait nonvellement trait. NEAPOLITANER UNGUENTUM , iwMisN^efcf,»», cftiin onguent mercuriel employe pour guenr la große veröle , qu'on appelle maladie de Napies ; on s'en fert auili pour la gale. NEPENTHES ä »>J , privativ a particula , 8c mii^os , luäus , comme qui diroir , remede qui appaife la donleur , cell: le laudanum. NEPHRITIC A ä nQP'ös , ren , fonr des remedes propres pour faire fortir des reins , la pierre , le fable , le phlegme. NERVINA a tepout > fieclere , lont des remedes propres pour amolir Sc forti- fier les nerfs. f NIX ANTIMONI ALIS , Neige d'Antimoine eft les fleurs Manches du re- gule d'Antimoine qui reprefentent par leur figure Sc par leur couleur de la neige ; voyez mon Cours de Chymie. Phofphore. NOCTILUCA eft un pbofphore ou une matiere qui Iuit dans les tenebres ; voyez mon Cours de Chymie. NUTRITIO eft quand on mele en agitant enfemble peu a peu des liqueurs de differentes natures jutqu'a ce qu'elles ayent acqiusune connftenceepaiiTe, comme quand on fait le beure de faturne ou l'onguent nutrirum. NUTR1TUM UNGL7ENTUM a nutrire , nourir, eft un onguent defficcarif Sc rafraichiilänt qui fe prepare en agitant 6c nourrifiant enfemble dans un mortier quelque preparation de plomb avec de l'huile Sc du vinaigre ou du fuc de folanum. o Obole. /"Y BOLUS, feu ONOLOS AT, en franeois obole, etoit un poids des Anciens Poids. \^/ pefant demi ferupule. OßTRUENTIA MEDICAMENTA , fönt des remedes quiincraflent leshu- meurs trop iubtüesSc qui les arretent, tels fönt les narcoriques, les aftringenrs» Poidji OCTUNX ab oäo uneiis , etoit un poids des Anciens pefant huitonces. OX30NTALGICA ab ciV , dem , Sc a\y>t , dolor , fönt des remedes propres pour les douleurs des dents. * ODONTITES , ab ofrv> , dem , eft un remede qui adoncit la doulenr des dents ' t Sc qui les conferve , comme l'huile de gvrofle , l'huile de buis. ODONTOTRIMMA ex o'JV , dem, 8c Tgjßa, efi dentnficwm , remede propre a nettoyer Sc a fortifier les denrs. OENELAION ab o ^ 0 s, vinum Sc gAoqo» •> oleum , eft un melange de vin & d'huile. OENODES ex ojio/, vinum , eft du vin genereux qui porte bien l'eau. OENOGALA ex o ifOt , vinum Sc yy,Anele d'opium. OPORICE ab 0 7rcegp!' '-> Autumnus, eft un remede tire des fruits qui meurififenc cn Automne. OPPODELDOGH feu OPODELTOCH EMPLASTRUM , eft un emplatre refolutif, refTerranr , fortifiant, refl'e.nblant beaueoup en compofition Sc en vertus al'emplätre ftiprique de Crollius. Paracel/e Sc Minderen en fönt les Auteurs. OPTICA ab o'^o/^j > Video, fönt des remedes propres pour les maladies des yeux. ORBIS feu ORBICULUS , eft une efpece de trochifque qui prend fon nom de fa figure ronde. ORVIET ANUM , eft une efpece d'opiate ou un antidote fameux } qui prend fon nom d' Orviette ville d'Italie , oü il a ete premierement fait & mis en ufage. La dofe en eft depuis un fcrupnle jufqu'a une dragme & demie. OXEL^EUM , ab o£v, aeiäum Sc e>eq°y > oleum , eft un melange de vinaigre Sc d'huile. OXICOOS, eft un remede propre pour les maladies des oreilles. OXIFRAGIUM , ce mot eft compofe du grec o'£u , aeidum , Sc du latin frangere, quafi aeidum frangens , eft im remede qui brife Sc adoucir les pointes des fels aeides qui fönt en trop grande quantite dans le corps •, tels fönt les yeux d'ecrevifle, les perles , le corail prepare & les autres matieres alka- lines. OXYCR ATUM ab o%v, aeidum & -M^mm , m'ifceo , eft un melange de vinaigre & d'eau , oxyerat . OXYCRATUM SATURNI, eftun melange de vinaigre de faturne Sc d'eau appellee auftl Uiä virgiml. OXYCROCEUM, ce mot eft compofe du greco^J > aeidum Sc du latin crocus, c'eft une compofition d'emplatre refolutif, fortiiiant j oü il entre du faffran Sc du Boutique d'Apoti- caire. Huik des Philofophes. Oleum orr~ fha cinum. Obole. Poids, Oivietan» Dofe. vinaigre Oxycras. Laidt vir- ginaL Emplatre i'efoluüf. OXYDERCICUM , feu OXYDORCICUM, ab Ufai . «eidus, Sc hpm > Video , eft un remede propre pour aiguiier la veuc. Fiij 44 PHARMACOPE'E OXYGALA ab o£u »*« kf, eft du laicT: aigrc. OXYGLYCE ab ö£u Sc y\oxt/i > eft un melange de vinaigre Sc de micl appel« le oxymel. OXYMELab'o?«« > acetum Sc fjü\i, mel, eft une efpecede fyrop compofe avcc le miel, le vinaigre & l'eau. OXYPORION abö£ J* > promptus Sc^pa, trmfeo , eft un rcmede penetrant Sc qui pafle vite, corame le fyrop de nerprun , les fels aperitifs. OXYRHODINUM, ab ä£o«, tuetum Sc piSbi, rofa , eft un melange d'huilc de rofe & de vinaigre , on l'appelle en frai^ois oxyrrbodm, OXYSACCHARUM, eft une efpece de fyrop avec du vinaigre 6c du fucrc. * OXYTOCIA , fonc des remedes qui facilicent 1'accouchemcnt. Tanacea Vxrcurialis. Panacce mercuiiel- !e. Mercure viokt, Trochif- que. Pain royal. Bhnchet. PtftorauK. PALLIATIVA REMEDIA , fönt des remedcs qui anoupiflent 5c calment les douleurs fans en öter la caufe; tels (ont les narcotiques. PANACEA a mv>omne Sc ä-iiof^, fano quaßomnia fanans , eft un remede qu'on eftime univerfel, ou gueriflant toutes fortes de maladics. PANACEA ANTIMONIALIS, vel Panacea Mercuriaüt, eft un rartre foluble rendu emetique par du beure d'anrimoine , Sc reduit en liqueur par l'humidite de l'air. Voyez mon Traite de l'Antimoine. PANACEA MERCURIALIS , panacee mercuriele , eft un fublime de mercure dulcifie par bcaucoup de fublimations 6c par de l'efprit de vin. Voyez mon Cours de Chymie. PANACEA MERCURIALIS VIOLACEUS , c'eft le mercureviolet > ou un mercure penetre 6c empreint de quelques portions de foufre Sc de fei armoniac; Voyez mon Cours de Chymie. PANCRESTUM a ans» i omne , 5c ^o utills , eft un remede utile pour toutes les maladies. PANCHYMAGOGA ä m* > omne, ^c/m( , fuccus humor, Sc dyS > duco, fönt des remedes qui peuvent purger toutes les humeurs. PANDALEON, eft une compofition pe&orale en forme d'opiate ou dele- ctuaire liquide dont on fe fervoit au tems de Rondelet. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a trois. PANIS PARVUS , eft un trochifque. PANIS, REGIUS , pain Royal, eft un eledfcuaire cordial, pedoral 5c ftoma- chal. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a deux dragmes. PANNUS , en franeois blanchet, eft un morceau de drapblanc carte par out l'on paffe les fyrops Sc les autres liqueurs qu'on veut clarifler. P AR ALITICA ex ©^,At/'a, fönt des remedes propres contre la paralifie. PAREGORICUS ex xyi^, , oratio , eft un remede confolant, Sc adoueiffant la douleur. PARYGRON, eft un mot qui fignific medicament liquide ; on a autrefois don- ne cc nom a un emplätre refolutif. PASTILL US, eft une efpecede trochifque odorant qu'on fait bruler pour pac- fumer quelque lieu. PAUCIFERUM VINUM, eft un vin qui porte peu d'eau. PECTORALIA , fönt des remedes propres pour les maladies de la poitrine, tels fönt les fyrops de jujubes , de tuffilage , de capillaire. PEDIL AVIUM afafcpied, Sc tarare, laver, eft une deeoftion d'herbes & UNIVERSELLE. 47 d'autres Ingrediens avec laquelle on lave les pieds & les jambcs des malades poiirieur concilier le fommeil, ou pour abbatre Les vapeurs ou pour d'aatres ma- ladies; on approprie les Ingrediens qui entrent dansces decoctions a la naruredu mal. PELICANUS PELICAN, eft un vaiiTeau de verre qui fevvoit anrrefois en Pelican. CJiymie pour les digeftions öc pour les circulations des liqueurs o:i les y faifb.it entrerpar unbecou col etroit qu'on bouclioit enfuite fienneriquemenr. Lafigure dece vaiireauetoitdiverfifiee , tanrbrronde , rantor longue , on employe pitfen- tement en fa place les vaiffeaux de rencontre , qui fönt deux matras dont le col Medicamentum &c vnitu, facto, eft un Livre contenant les deferiptions des compofitions de Pharmacie ■, on l'appelle vulgaire- ment Difpenfaire. PHARIvlACOPOEUS a Vapuaxcu Medicamentum & m.ia,facio, eft celui qui compofe les medicaments , Apoticaire. PHARMACOPOLA a fp&ouaxcrv > Medicamentum &: ^nhia > vendo, eft celui qui vend les remedes •, Apoticaire. PHARMACUM.iyipuayusi , ferre opem t eft tout medicament quel qu'il foit. f PHILONI UM, eft une efpece d'opiate fomnifere anodine , qui prend fon nom Opiats de Philon Medecin fon aureur. La dofe en eft depuis un ferupule jufqu a une fomnife/e. dragme. Dofe. PHLEGMA , principe paffif des Chymiftes, eft de l'cau pure infipide qu'on fe- pare des mixres loufqa'on en fair la diftillarion , phlegme. PHLEGM AGOGA a plcnus & 'cupM, pincipum , impUns prin- ' cipale , eft une poudre cephalique fortiiiante compoiee. La dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'ä deux ferupules, Nico!. Salerriitanns. PLEURETICA a^eo^ & töwocoi , latus, caßa , fönt des remedes propres pour la pieureiie qui eft une inflammation de la membrane qui couvre les cores; reis fönt le fyrop de coquelicoq, de jujube , l'oüban, le fang de bouc prepare. PNEUMONICA a.7nia> ,fpiro, fönt des remedes propres pour facilicer la refpiration ; reis iont le fyrop de tabac , les preparations de foufre , les fleurs de benjoin , l'iris de Florence. , PODAGRICA : Voyez ANTIPODARGICA. POLYANODYNA a m>hv , multum &c Anodjna , anoclitis, fönt des remedes ifent en peu de tems les douieurs; tels fon : Top ium & les autres narco: iques. POLYUiREiTA qui appa 4? UNIVERSELL «.' ' POLYCHRESTA ä 7n>\i5> multum 8c ^pu* , utditas. POMATUM. ä pomo , eft uneefpece d'onguent adouciflant 5 amoliflant, lequel p oraa ^ e , prendfon nom des pommes qui y entrcnt; pomade. POMPES DE MER , fönt certaincs colomnes d'cau qui fönt elevees dans la merpar des ouragans , &c qui donnent un llniftre prefage pour les Navires. POMPHOLYX Vnguentum ; Voyez DIAPOMl-HOLIGOS. POPULEUM VNGUENTUM ä populo arbore , eft un onguent narcotique , re- folutif, dont les yeux ou germes de l'arbre peuplier fönt la bafe ; Nie. Salem, en eft l'auteur. POSCA a TTocnj > potio , eft de l'oxycrat , ou de l'eau vinaigree. * POSCETUM vel hquor pofeeticus ä ttoot« , potio, ex ^m , bibo , eft une boif- Liquor paf- fon que quelques - uns appellent bochet ou bouchet, c'eft un melange de deux «'»««•'• parties de pente biere Sc dune parcie de petit laict ; lequel melange les Angloisdon- nent aleurs malades pour leur boiflon ordinaire. On donne encore ce nom a une feconde decocHon qu'on fait des drogues qui -ont fervi a la decoction defficative fudorifique. POTIO » feu POTUS ^.potare , boire , eft un melange ou une diflolution de Potion. pluiieurs poudres , confeclions, eleeTniahes , fyrops dans diverfes liqueurs pour prendrepar la bouche; potion. PRJiCIPITATIO apraeipitare , jetter de haut en bas, eft quand une matierc qui fe fepare d'une liqueur, tombe au fond du vaifleau en matiere de feces , com- me il arrive en faifant le preeiphe blanc , les magifteres ; Voyez raon cours de Chymie. PROJECTIO kprojicere, jetter , eft un terme de Chymie , qu'on employe lorfqu'on met quelque matiere qu'on veut calciner cuilleree a. cuilleree , dans un creufet. PROLIFICA ä prote , gener Atio , & fucio je fais, fönt des remedes qui forti- fient les parties fpermatiques Sc qui excitent la femence -, tcls fönt le Satyrium , le mufc, l'ambre, la mufeade, la graine de paradis, l'ecorce d'orange amere , la ca- nelle , la confection alkermes. PROPHYLAGTICA , fönt des remedes prefervatifs ou reTiftants au venin. PSEUDO a 4ä»-fts » f^fum , faux. PSILOTRUM. a N^xöa denaäo, deglubo Sc Jpifc , piltts, depilatoire ou qui en- ieve le poil de l'endvovc de la chair oxi il a ete applique ; tels fönt la pierre de Bolo- gne calcinee 8c broyee, la decoction d'orpiment & de chaux. PSORICA a \Jzi>Pce , fcahies , fönt des remedes qui guerilTent la galle. PSYCTICA MEDICAMENTA a 4o'g, 5 , fngus , fönt des remedes rafrai- chiflants. PTISANNA a ^kj-ou ■> decortico, parce qu'on faifoit autrefois la tizane toü- jours avec de l'orge mondc. PUGILLUM , en Francois pincee, eft une mefure de fleurs, ou de femences , pi nC c'e. autant que les deux doigts Sc le pouce en peuvent prendre. f PULPA , en Francois pulpe, a pulps bouillic , c'eft la partie moelleufe des Pulpe, fruits qui rcflemble par fa confiftence ä de la Bcjuillie , comrae les pulpes de cafle , de tamarinds t de prunes. PULVIS AD COMITIALEM AFFECTUM , poudre antiepileptique, c'eft Poudre la poudre de guttette dont ou fe fert pour le haut mal. anriepilrp- PULVIS CANTHIUNUS , vel Kanthiatius, c'eft-adire, poudre qui vient de tque. KanthProvinced'Anglecerrc, c'eft la poudre de la Comteflc de Kant, appellee pulvis e ihel'is cancremm. Pulvis al- geroth. Poudre e- metique. Poudre fulminante Pfudre de fympacie. 50 PHARMACOPE' E PULVIS ^THIOPICUS , cette poudre a pris fa denomination de fa couleur noire , comme qui diroit poudre qui a la couleur d'un Äthiopien. PULVIS ALGAROTH feu ALGEROTH , eft une poudre blanche emetique, ou un precipiri de beure d'antimoine lave 6c feche ; ks noms viennent de celui de fon Auteur, car il s'appelloic de meine. PULVIS EMETICUS , poudre emetique, c'eft la poudre d'algaroth : on lui a donne le nom d'emetique par excellence, parce que c'eft un des emetiques les plus forts que nous employions en Medecine. P UL VIS FULMIN ANS , poudre fulminante, eft une poudre compofce de fal- petre, de fei de tartxe & de foulfre , laquelle etant chaufFee dans une cuilleie für ie feu jufqu'ä fufion, fait une fulmination Violente avec un fort grand bnüt; Voyer mon Cours de Chymie. PULVIS SYMPATHICUS , poudre de fympathie , eft du virriol blanc qui a ete expofe au Soleil & dellechc'en blancheur par fa chaleur , pendant le figne du Lion , vers le mois He Juillet. Voyez mon cours de Chymie. PULVIS TORMhNTORIÜS , c'eft la poudre a canon. PUTREFAC1ENTIA , vovez Septa. P YCNOTICA , fönt des remedes froids & condenfanrs, comme le nenuphar , le folanum. PYR/ENUS a ttZp > ignis, Sc oivo', vmum , comme qui diroit vin fufceptible du fei; c'eft de ielprit de vinalkojhleou bien dephlegnie. PYRIAMA , eft un mor grec qui figmrie fomentation. PYROTEH^NI A a t£p , ignis «Sc Ti%o,y\, ars , art du feu , c'eft la Chymie. Cautere. PYROTICA MEDIKAMENT A a -y^p t igms, fent des cauteres ou des remedes acres & brülants qu'on applique für la chair pour y faire efcarre. Q. Poids. /^~\UADRANS , etoit un poids des Anciens pefant quatre onces. Quarteron V*^ QU ARTARIUS , en Francois quarteron , eft un poids pefant la quatrieme Poids. partie d'une livre. Mefure. QUA RTARI US , etoit une mefure des Anciens contenant cinq onces de vin , ou quatre onces & demie d'huile. Poids. QUINC U N X a quinque unciis , etoit un poids des Anciens f pefant cinq onces. R Trochif- "T% AMICH, mot arabe eft une compofirion de rrochifques fortifiants, aftringents, cues forci- J_^ j a j Q ^ e en e ß. depuis un f crU p U le jufqu'a une dragme; MefuL ^Dofe. R AREFACTIO , eft une Fermentation, ou une dilätation des parties d'un mixte , en forte qu'il occupe plus de place ou de volume qu'il n'en occupoit aupara- vant, comme quand le moüt boüt pour devenir en vin } ou quand la päte Fermente. RASIO , eft la reducftion d'un corps dur en raclure ou rafure, comme en la cor- ne de cerf, ou bois de gayac. RECIPIENS eft un vaifleau de verre ou de gres qu'on adapte au bec d'un alem- bic , ou au col d'une cornue pour recevoir ce qui en diftille , recipient. RECTIFIC ATIO , eft une efpece de purification &c d'exaltation Chymique qui fe fait ordinairement par des diftillations reuerees. 1 Opiate fommfe.e. ppte. Feces. UNIVERSELLE. 51 REFECTTVA , fönt des remedes reftaurants Sc proprespour reparer les forces abatucs, tels fönt le laic, la vipere, la tortue*. REFRIGERATORIUM , refrigeratoire, ort refrigerant, eft une efpece de Refrige- baflin de cuivre qui entoure la tete de more, ou le chapiteau d'un grand alembic , rant. 8c lequel on remplit d'eau fraiche pour condenfer les vapeurs, Sc aider a la diftüla- tion. REGULUS eft la partie la plus pure, la plus fixe Sc la plus pefanre d'un rhecal ou Regule- d'un mineral, Regule. RELAXANTIA a Relaxare , relächer, fönt des remedes emollienrs & un peu laxatifs, qui amoliflent les humeurs, Sc les difpofent a la purgation, tels fönt les violettes t la mercuriale , les mauves , la borrache, les pruneaux. * REMEDIUM aKf,& Meden , remedier. REPELLENT! A,/e« REPERCUSS1VA MEDICAMENTA , a repellere , Sc Aflatögt«. repercutere, repouifer , fönt des remedes aftringents , ou qui arretent le coürs d^s humeuts; tels fönt le plantain, les rotes rouges, le bol. REQUIES NICOLAI , eft une efpece dopiate fomnifere dont Nicolas Mjrcpfus a donne la defeription ; la dofe en eft depuis deux ferupules julqu'a huit. RESIDENTIA eft la rnariere c-rafle 6c terrdtre qui le trouve en forme de lie au fond des liqueurs qu'on a laiflees depurer ; on I'appetle aufii Ececes. RESOLUTI VA , feu RESOLVENTIA ä refolvere, refoudre, fönt des remedes propres ä fondre Sc a diiliper les humeurs, (oic en les pouflant par la rranfpiia- tion, feit en les amoliftant, Sc en les difpofant a ecre emportcz par la circulation , tels fönt l'eipnc de vin , Pemplätre de mucilagc, RESUMPTIVA , a refumere^ reprendre ", feu RESTAURANTIA , zrcß.m- ReSa!imh rare, reparare , fönt des remedes pectoraux , Sc alimenteux , dont on fe fert pour titt. retablir les perfonnes attenuees ou deflechees par des longues maladies ; tels fönt les ecreviöfes, les tortues,le lait , les pigeons, I'orge. RETORT A , en Francois Comue, a caufe que fort col eft fait en corne , c'eft un vaiffeau diftillatoire - , voyez mon traite de Chymie. REVERBERATIO a reverberare , repoafler, eft quand la flame du feu qu'on a auumee dans un fourneau eft repoulfee Sc rabattue par le dorne für le vaifteau , alin d'y exciter une plus grande chaleur. RE\ IVIFICATIO eft lareduction de quelque mixte qu'on auroit deguife par des fels . ou par des vbulfres, en fon premier etat; amfi l'on revivirie le emabre en vif argeilt , le fei de fatume en plomb. RHO DIN UM. a r %<,, rofa , feu OXYRHODINUM , eft un melange d'huilc de rofe & de vinaigre. RHO ^OMEL a pc%r, rofa , & pi\; , mel , c'eft dumiel rofit. RHYl'TICA , eft un mot Grec qui fignifie deterfifs. ROB , fe'i ROBUB, 110ms Arabes fignifiants fuc d'un fruit evapore , ou cuit en confiftence de miel. ROBORANTIA a cwnva » roboro , firmo , fonr les remedes qui fortifient •, tels fönt les confecTrions Sc poudres cordiales , l'eau de canelle. ROSAIRE eft un vaiSeau de cuivre plat, qui fert a la diftillation des rofes. ROS MELLIS eft la piemiere eau qu'on fait diftiller dumiel au bain-marie, rofee de miel. ROiSOLIS FEBRIFUGE eft une teinture de quinquina dans laquelle on a fait lhfufer de la coriandre & de la caneiie, Sc ou Ton a diflout du fucre , voyez dans mon Cours de Chymie. ROS VITRIOLI, rofee de vitriol, eft le premier phlcgme du vitriol qui di ■ ftille au bain-marie. G ij Miel rofat. 5 2 PHARMACOPH ROTUL A eft une efpece de trochifquc ou de tablette qui prend fon nom de U figure ronde ; Rotule. ROßINA ANTIMONII > voyez Uagnefu opdlina* Manns Chrißi. umarnm. Sei efien- tiel- Sei fixe. SACCHARUM HORDEATUM, Sucre d'orge eft un fucre cuk aufli fortemcnt que les penides, & forme en bätons droits , longs comme la main , gros comme le petit doigt, un peu tortus , de couleur citrine luifante. SACCHARUM PERL ATUM eft du fucrerofat, für chaque livre duquel ona fait encrer demi once de perles preparees •, on l'appelle aufli Manus Cbrißi. SACCHARUM TABELLATUM ,feu ROSATUM ,cft du fucre cuk en eau de rofe , jette für un marbre, & coupe en tablettes. Sucre rofat ^^ ACIDUM.eft un fei reflerre en fes pores qui ne fermente point avec les acides, & duquel on retire par la Chymie un efprit acide; tels fönt le falpetre, Fa- lum t le vitriol. Salmln- SAL ALKALI eft proprement le fei de la foude •, mais on appelle vulgairement bilt, fal cf.~ fei alkali, tout fei qui fermente avec les acides, comme le fei de tartre, le fei de ta- xbarticum nwifc \ voyez mon cours de Chymie. f SAL AMARUM CATHARTICUM eft un fei armoniac , penare par de Phuile de vitriol, ou un fei naturel qu'on tire par evaporation des eaux minerales d'Ebfon en Angleterre, ce dernier fei eft appelle fal mirabde , aut fal catharticuni. amarum. SAL ESSENTIALE eft un fei acide tire par cryftalifation, des fucs desplantes fans Paide du feu; voyez dans le meme livre. SAL FIXUM eft un fei qui fourfre L'a&ion du feu fans diminution conliderable,. tels fönt le fei marin , le fei de tartre. SAL FLUOR eft un fei acide qui demeure liquide, & qui ne fe condenfe jamai3, s'il nefe trouve quelquematiere terreftre qui I'cmbarafle & le corporifie 5 tels fonc les efprits de nitre , de fei, de fbulfre. SAL POLYCHRESTUM STIBIALE , Sei Polychrefte ftibial, eft un fei ern- chreile iH- preint d'Anrimoine qu'on tire par evaporation des lotions de P Antirnoine Diapho- bial. retique filtrees. Sei de Pru- SAL PRUNELLyE , Sei de prunelle , on a donne ce nom au cryftal mineral » neue, parce que les Allemans Payant teint autrefois en rouge avec de la teinture de rofe, le formoient en pilules quiavoient la figure dune petiteprune fauvage qu'on appelle prunella, ou bien fal prunelU a pruna braize , parce que le cryftal mineral eft. eftime propre pour eceindre les fievres ardentes qu'on ä comparees a des charbons allumez. Sei fedatif SAL SEDATUM , fei fedatif ou tranquille, eft une exaltation ou yolatilifation Sei trän- du ^ ^ xe & du vitriol par le borax. quille. SAL VOLATILE eft un fei qui s'envole & fe fublime par la moindre chaleur qu'on lui donne ; tels fönt les fels de vipere , de crane , de corne de cerf. Sei volatil f SAL VOLATILE NARCOTICUM VITRIOLI , fei volatil & narcotique &narcoti- de vitriol, eft un fei tranquille ou Narcotique volatil , tke du vitriol en fleurs que de vi- blanches par le borax. tnoL SANG D£ SAL AMANDRE , c'eft de Pefprit de nitre le plus fort, quand il eft reduit en vapeurs rouges dans le reeipient ; voyez mon cours de Chymie. Reffnee. SAPA a Safere 5 eft du mouft ou du fuc de raifins meurs evaporc für le feu en confiftence de miel: on Pappelle en Francis RejFnee. SARCOTICA MEDICAMENTA 3 «/»£, catv, fönt des remedes propres l Sei Poly- 53 Poids. EcufTon. Scpum, UNIVERSELLE, faire rcvenir les chairs dans les playes j tels fönt la farcocolle , le fangdragon SATURNINA MED1CAMENT A, a S&turm, plomb, fönt des compofitions oü il entre des prepararions de plomb. SCAMMONIUM ROSATUM eft -de lafcammonee bien cmpreinte de tein- ture de rofe, tiree dans Fefprit de vitriol dulcifie, & reduite cn trochifqucs purga- rifs .• la dofe en eft depuis fix grains jufqu'a. vingc. A. Mjnjicht en eft V Auteur. SCELOTYRBICA a oxt A«« ä Ctw , & TuCt > Wb* > fönt des remedes propres Antifcar- pour les maux des jambes qui viennent du fcorbut, antifcorbutiques. budques. SCLERONTICA a oxAripos ■> Awus, fönt des remedes propres a durcir les chairs du corps. SCORBUTICA REMEDIA ; voyez Antifcorbutka. * SCORIit» Scories , c'eft une ecume de metal ou de mineral, SCRUPULUS , vel SCRUPULUM , eft un petit poids pefant ving-quatre grains, la tröiiieme partie d'une dragme, & la vingt-quatrieme partie d'une once ; ferupule. SCUTUM , en Francois Ecuffon, eft une maniere d'emplatie compofe d'ingre- diens fphimeux qu on appltque en forme d'Ecuftbn für l'eftomach ou für le ca*ur pour fortirier. SEBUM, vel SEVUM , velSEPUM , en Francois fuif, eft unegrailTe dure , ferme, tiree du mouton , du beeuf, du belier , du bouc. SEBUM CASTRATI, fuif de mouton qui eft le belier chaftre. SEMICUPIUM eft un demi bain d'eau tiede: on le fait aufli avec les deco&ions d'herbes. SEPLASIARIA, [tu UNGUENTARIA, fönt des drogues fimples, huileufes, aromatiques, comme la mufeade , le gyrofle. SEPTA,/ etoit un poids des Anciens, pefant fix onces. SIEF , eft un mot Arabe , qui fignifie Colyre. SIFFON eft un tuyau deeuivre plieourecourbe , ou ayant une branche pluslon- gue que l'autre; il fert pour attirer le phlegme de l'eau de vie refte dans la cueurbite, apres qu'on en a fait diftiller l'elprit de vin ; voyez mon Cours de Chymie. * SIGILLARE FIERMETICE , Sceller herroetiqueaient, voyez lut hermeti- hermeti que. G iij quemenu- Septica* Poids. Poids. Poids. Mefure» Poids. Poidsv Sedier Poi 's. Sapc. ?4 PHARMACOPE' E SILIQUA , /wCERATION,/« KIRAT , etoitunpetit poids des Ancicns, pefant quarre de nos grains. SINÄPSISMUS ajtnapi, mourarde, eft unc applicarion de femence de mou- tarde pulverilee, für quelque parrie , afin d'y excirer de la rougeur. S1PHYLICA AQUA eil une eau diftülee , tiree de la rafure de gayac , infufee Sc fermentee avec de la bierre. SIROEUM figmüeSapa , ou mouft evapore für le feu en confiftence de miel epais. SMEGMA ä qxä^a , abflergo , eft un remede qu'on n'employoir autrefois quc pour nettoyer la peau •, mais ce nom comprcnd prefentement tous lcs remedes qu'on SmeH'uum. applique für la chair: on dir auffi fmecl'tcum. Poids. SOLID UM etoit un poids des Anciens, pefant quatre fcrupules. SOLUTI V A a Jolvere , lächer, deracher, fönt des remedes purgatifs. Tda Giial- SOMNIFERA fönt des remedes qui excirent 1c fommeil, fomniferes. '«•• ^ SPARADRAPUM, feu TELA GUALTERI, feu EMPLASTRUM AD "Ioslegau- FONTICULOS , en Francois toile gantier ou fparadrap , eft un emplätre digeftif drap. fuputatif, afin quelle s'encharge desdeux cotez, & quelle puifle fervir pour ap- Tmplaftrum phquer für les cauteres. adfimticH- SPARGIRIA , feu SPAGIRIA , ä <&&(» , trabo Sc Äyiia , congrega , eft la • partie de Pharmacie qu'on appelle Chymie. SP AT U LA , feu a araits > de trabo , en Francois efparule , eft une efpece de bäron ou de verge aplarie Sc elargie par un bout, 6c pour en prendre quand on veut s'en lervir. SPIRITUS , efprir, dans l'idee des Chymiftes eft une liqueur fubtile Sc penetrante , il y en a de volarile & de fixe ; voyez mon Cours de Chymie. SPLANCHICA , voyez Splenica. SPLENICA , vel SPLENETICA , vel SPLANCHICA dff«A»r,/»»,fontdes remedes aperinfs Sc propres pour les maladies de la rarre. STALTICA fönt des remedes fondants Sc applaniifants les chairs qui fönt trop relevees aurour des playes. STAMERA ab 'farfou ,fiatuere , apperdere , eft unebalance. STEGNOTICA MEDICAMENTA , fönt des remedes bouchanrs, arretants, in- cralTants. STEPHANIE A MED1CAMENTA fonr des remedes qu'on applique für les furu- res de la tere pour excirer la trarfpiration, & pour rornfier le eerveau. f STERNUTATORI A , fonr des remedes propres a provocjuerl eternuement, etant refpirez parle nez ; reis fönt le rabac , les chateignes des Indes, le lue de poiree. STIBIALIA ,font des compofitions dontl'Anrimoine fait la bafe. STICTICA . fonr des remedes aftringenfs qu'on applique exterieuremenr, com- me le bol , le langdragon , le vitriol. STICTlCUMEMPLAi.TR UM , eft un emplätre vulneraire , forrifiant, def- ficatif, confolidant, employe pour les piqueures, pour les coupsd'cpfe , pour les morfures; See'. CroHius en eft l'auteur. STOMACHICA ä cD«a.w< > eftomach, fönt des remedes propres pour foTifiec l'eftomach', tels fönt l'aloes, la rhubarbe , La mufeade, la conferve de rofe. f STÖMACHICUM POTERII, ftomachique de Pocier, eft une prepa'ration que de Po- d'or & de regule d'Antimoine tnartial - , la dofe en eft deputs fix grains jufqu'ä trente. «er. STOMATICA , irot Grec , fonr des remedes deterfifs Sc un peu deflicatils, comme les fommitez des ronces, les meures. Chymie. Efprit. Sfkneika, Sternuta- coiies. Emplätre. Stomachi- UNIVERSELLE. 55 STRAFICARE eft mettre difFerentes matieres par couchcs les unes für les au- Strxi , m /•„„- tres ; firatam fitper ßratum , lidt für le li& ; foic Ahn de faire communiquer lears terflmium vertus, foit arln de les calcmer eniemble. STUPEFACIEMTIA a qo: a>, ßipo , vel a (Iatto ,ßupeo } fönt des remedes ano- dins , condenfants , coagulanrs , engourdiflants; comme les narcotiques. f ST YGIA AQUA , c'eft l'eau Regale, on lui a donne ce nom a caufe de fi cor- rofion, pour la comparer al'eau dun pretendu fleuve des Enfers que les Anciens Payens nommoient Styx. STYMMATA , mot Grec > fönt des matieres feches & odorantes qu'on mele dans des huiles pour les rendre epaiiTes & d'une odeur agreable , tels fönt le coftus, lamarjolaine, la menrhe, l'amomc. ST YPTICA a qC$ » , aflringo, fönt des remedes fort aftringents, comme le Vitriol , 1'alum , la poirede coiiig , la fovbe verte. SUBLIMATIO , eft une eievationou volatilifation de quelqne matiere par lc feu, au haut d'une cucurbite ou d'un matras. SUBLINGUAL vel SUBLINGUALES PILUL/E ; voyez Byppoglotydes pluU. Sl'CCAJS , en Francoisfuc , eft laliqueur üibftantielle d'un mixte , laquellefe tire par expreilion. SUFFlTUS 3 feu SUFFIMENJA, feu SUFFUMIGIA , fönt des parfums qu'on St&mnt*. fait recevoir aux malades , foit pour fortuier ie cerveau Sc rehfter au venin , com- Saffumigia. meqaand ou faitbruler du genievre, du benjoin ; ioit pour calmer & arreter le coius des leroficez dans le rhume du cerveau , comme quand on fair briiler le fuc- ein, le lucre; foit pour faire diffiper l'humeur durhumanfme par les pores, comme quand on met le malade für la vapeur de l'eiprit de vin brillant ; foit pour exciter le flux de bouclie , comme quand on fait recevoir au malade la vapeur du cinabre qu'on a je : :te für du feu. * SULPHLTR CELESTE , vel Sulpbur Be&oardicum vegetahle , c'eft de l'eiprit sulpbur it. de vin bien dephlegme. zoarduum SUPPOSITOR1UM , fuppoittoire, A fuppmere fubftituer, parce qu'on s'en fert w ^f de Q ^ en place d'un lavement > c'eft un remede (blick en forme d'un perit baton long & to j ie , gros comme le petit doigt pointu par un des bouts. On l'introdnit par le fondement, dans Tinteftin redum , & onl'y lailTe afin qu'il s'y fonde , & que par fon Irritation il fafle aller a la feile. SUPURATIVUM UNGUENTUM eft l'onguent balilic , fupuratif. Supuratif SYMPATHIA , Sympathie, agraecoaov & *a £««/"#<>• bafihe. SYNANCHICA a Synancbe , angine, fönt des remedes deterfifs & refolutifs Sympathie. qu'on employe interieurement &c exterieurement poutT'mflammation & enfleure de la gorge , qu'on appelle angine ou fquinancie •, tels fönt le miel rofat, l'aigremoine , les flaues , le cryftal mineral , la crote de chien. SYNCOxMISSUS P ANIS , a c'vi, cum Sc xo ea> , alo , eft du pain fait avec de la moine , dont on n'a point fepare de fon. SYNCOPTICA mjywm y fineepe > fönt des remedes propres pour la defail- lance appellee fyncope. SYNCRITICA , fönt des remedes relächants, amoliftants. * SYNTHERICA , eft un mot Grec par lequel on entend un precis de vianc e ou un confomme. SYNTHESIS a oi'v> cum t Scheut 5 pono , eft une compofition de mt'dica- ments. SYNULOTICA MEDICAMENTA , fönt des remedes propres pour cicatrifer les playes. ;tf PHARM ACOPE' E Sirab. SYRUPUS a qv"a,, traho Sc ovni > [accus, vel a firab , nom Arabe qui fignific potion , eft une liqueur fucree ou miellee qu'on faic cuire en coniiftence propre poux etre gardee ; fyrop. Tuftarum ßiiiatum. T ; -.rtre lli- bie. Caput mor- titum. Terre dou- ce de vi- tiiol. Oneuent baffiic. Antidote. Dole. Teinture fcTAntimoi- ne- TJnture de corail. Huiles. Onguents. Lotalitt ri- TALISMAN , nom Arabe qui derive peut-etre du Grec «, calefacto, fönt des remedes echaurfanrs. THYMI AM A ex 0u/uew> > odores accendo , eft un parf um. TINCTURA a tingere , teindre , eft la teinture d'un mixte qu'on tire en le faifant infufer dans un menftrue ou diflolvant convenable a fa nature , comtne qtiand on met tremper du caftor dans de l'efprit de vin pour en tirer la teinture. TINCTURA ANTIMONII, teinture d'antimoine , eft une teinture rouge , rirce de la parde fulfureufe de l'antimoine calcine avec un tel alkali; Voyez mon Traite de l'Antimoine. TINCTURA CORALLORUM , teinture de corail, eft une diflolurion de quelques parties bitumineuies qui endiufoient la lubftance du corail rouge ; Voyez mon cours de Chymie. TONITA /?« TONOTICA a td'kj« , nervus , fönt des huiles ou des onguents dont on frotte les parties nerveufes pour les fortifier. TOPICA ,-fea LOCALIA REMEDIA , en Francois topiques, fönt des reme - des qu'on applique exterieuiement fm les parties malades. TORCULAR UNIVERSELLE, 5} TORCULAR vel TOR^ULUM, eft une prelle qui fert a exprimer Iesmixtes, Tmitl»m, .pour en tirer les fucs , les huiles. TORREFACTIO a torrefacere , rotir , fecher , eft une co&ion feche des me- dicamenrs, 011 une efpece d'aflTation, cornne quand on met rotir ou deirecher la rhubarbe coupee par pecics morceauxiur une poclle de fer, qu'on a placeefur un peu de feu, pour priver cette racine d'une partie de lä qualite purgative , & la rendre plus aftrmgente. TOXICA , mot grec , fönt des drogues venimeufes empoifonnantes. TRACHEA , a lyavt/Tjjs » afpentas, fönt des remedes acres t irrirans, ulce- rants. TRAGE A GRANORUM ACTES , fönt des petits pains ou trochifques faits Trochif- avcc le fuc des grains de fureau murs 8c de la farine de feigle, employez avec fixe- ques pour cez contre la dilfenterie ; la dofe en cft depuis demi dragme jufqu'a trois dragmes •, * . en " Ouercetan en eil l'auteur. Vertus. * TRAGE A MERCURIALIS , eft de la panacee mercurielle, reduite en grains Grains de relTemblants a de petites dragees avec du mucilage de gomme adragant, le nom de panacee , träte* qui fietüfie draeee , vient du erec te£.yiua., qui fignifie ieconde tabie , °? P ana " parce que quand on fair ks dragees communes , on y met pmiieurs tabies de g, ra ; ns# fiicre. Dragees TRANSMUTATIO , eft quand on change la nature d'un mixte en une autre mercuriel- plus parfaite , comme fi du cuivre , de l'etain, ou de quelques autres metaux ou mi- ^ es « neraux , on pouvoit faire de l'or , de l'argcnr. TREMPE DE L'ACIER, fe fait quand apres avoir calcine des lames de fer avec des ongles d'animaux, on les trempe toutes rouges dans de l'eau froide pour faire condenfer Sc fermer fes pores tout d'un coup , le rendre par confequent plus compa&e &c en acier j Vojez, mon Cours de Chymie. TRIAPHARMACUM , mot compofe du latin tria , trois & du grec (fAP/MZOi medicamentum , eft un remede compofe de trois drogues. TRICONGIUS , etoit une mefure des Anciens contenant trente livres de vin , ou vingt fept livres d'huile. TR1ENS , etoit un poids des Anciens pefant trois onces. B TRIGON A mot grec , fönt des remedes compofez de femences Sc d'autres drogues un peu ftupefiantes } narcotiques, comme des femences de jufquiame, de pa- vot, de Solanum, TRITURATIO , eft une pulverifation tres-fumie des drogues fimples qui fe fait en remuant feulement le pilon en rond dans le mortier für la matiere fans la battre , comme quand on met en poudre de la feammonee , du bol, de la terre figillee. TROCHISCUS , mot grec , en Francöis troebifque , eft une compofition de medicaments qu'on reduir premierement en malTe dure comme celle des pilules, puis on la forme en de petits morceaux tantot longuets, tantot ronds, tantöt carrez, rantot triangulaires, &c on les fait fecher. TRYPHERA , mot arabe , lignifiant delicat, de bon goüt. TURBITH MINERAL , feu PICECIPITATUM FLAVUM , eft une pre- Vn(ipk ^ patation'icic mercure , jaune, vomitive , purgative. Voyez. dans mon Cours de Chy- llim flavum mie ; la dofe en eft depuis deux grains jufqu'a fix. Dofe- Mefure. Poids. !H 5? PHARMACOPE'E V VAPPA en Francois vin evente, eft du vin dont la meilleure panie de VcCpsk s'eft evaporee oü dnlipee. _ Vaifleau VAS CIRC UL ATORI UM , etoit aurrefois nn Pclican , m'als c'eft prefente- circuhtot- re. Enfer. ment une jonttion de deux matras , dont le col de Tun entre dans celui del'autre; on y mec circuler quelques liqueurs für un feu de digeftion. VAS INFERNALE , Enfer , eft un vaifleau de verre , au col duquel on a exao tement Joint & maftique un petit enconnoir de verre , enforte que fon bec entranr dans la caoacite du vaifleau , les liqueurs qu'on y verfe y tombent faeiiement, mais elles n'en peuvent fortir , d'oü vient qu'on l'appelle Enfer : ce vaifleau peut fervir pour füre circuler les liqueurs, pourvu qu'on bouche exacFement l'ouverture de l'entonnoir } mais ll n'eft point en ufaee. VECTIARIA MEDlCAMEtiTA , fönt des purgatifs violenrs •, ce nom vient du latin vettis , biron , comme fi Ton avoit voulu faire entendre que ces remedes chaflent les humeurs a coups de bätons ; on les appelle en grec /MxAn(al a /xoa^i, vcäis , ex öy>i® , moveo. VENTLR E QUIN US, eft du furnier de cheval chaud, on y met en digeftion plufieurs matieres. VERMIFUGA a verme , ver , & fuga , fuite , fönt des remedes qui chaflent ou fönt mounr ies vers , tels tont le mereure , le pourpier , le lernen contra , la coralhne. Veflie de VESICA y£NEA , eft une grande cueurbite de cuivre , laquelle fert pour la cuivre. diftillation des Planres, quand on en veut tirer de l'eau. VESICA TORI UM, eft un emplätre qui excite des vefeies quand il eftapplique für la peau , les mouches cantharides en fonr la bafe & les vertus, veßcutoires VINACl^E , c'eft le paare du raifin qui a ere exprimc au prefloir. VINUM MANNTE , vin de manne , c'eft de la manne diflbute dans de l'eau , Sc tenue lorg-temps en fermentation chaudement. VINUM MELLIS, c'eft de 1'hydromel vineux , Voyez. mon Cours de Chy- mie. Vinftibie» VINUM ST1BIATUM , vin ftibic , c'eft du vin rendu emetique par quei- Vin emeti- q Ue preparation d'antimoine Vomitive comme du foye d'antimoine , du regule d'an- ^ l ' e nmoine, du verre d'antimoine. VIROSUS derive du mot virus , venin. Cryftaux VITRIOLUM L UN/E , eft de l'argent diflbut Sc cryitalL'fe , on l'appelle Cry- ftaux de Lune; Voyex. dans mon Livre de Chymie. VITRIOLUNI MARTIS , eft le fei de Mars fair par cryftalifation. Vojez. mon Cours de Chymie. VITRIOLUM VENERIS, eft du cuivre diflbut Sc cryftalife. Vojez, clansle meme Li vre. VITRUM ANTIMONII, eft un Antimoine puirifie de fon foulfre proilier par la calcination, & vitrifie par la fuiion. Voyez, encore dans le meine Livre. VIVIFICANTES IMPERIALES TABELLE , en Francois Tablettes de Ion- gue vie , fönt des Tablettes de confection alkermes , cardiaques; la dofe en eft de- puis un-; dragme jufqu a trois. UN CIA , en Francois once , eft un poids pefant la feizieme partic de la livre des Marchands , Sc ladouzieme partie de la livre de Medecine. UNGUENTUM ab uniert, oii-dre, fignific ongüent. de Lune, Sei de Mars Tablettes de longtie vie. Poids. UNIVERSELLE. y 9 VOLCAN > eft un lieu qui jette des flammes venanc de deflous terre , comme le Mont Vefuve , le Mont Etna; on appelle aufli volcan d'eau, certains lieux qui vomiflent des eaux , mais c'eft improprement. URETICA , voyez DIURETICA. URNA , etoit une grande mefure des Anciens 5 contenant quarante livres de Urne tn&r vin, ou environ trence-cinq livres d'huile. f ure « USTIO , eft quand on brule quelque mixte , foit pour le reduire en cendres , comme quand on veut tirer le fei dune plante ; foit pour en faire une matiere al- kaline, comme quand on brule l'yvoire , la corne de cerf, foit pour le purifier de quelque partie nuifible , comme quand on calcine le cuivre. UTERINA REMEDIA , ab utero , matrice , fönt des remedes propres pourles maladies de la matrice; tels tont l'armoile , le caftor , le camphre. VULNERARIA , a Vulnere, playe, fönt des remedes deterfifs , deficcatifs, propres pour guerir les playes j tels fönt l'eau phagedenique, les teintures d'aloes, de mirrhe 3 le plantain ( i'ariftoloche. X XEROCOLLYRIUM a fypot, mdus Sc xo\\j/gtoir, collyrium , eft un collyre Collyrsfcc fec , tels fönt les trochifques d'albi rhaßs. XEROMYRUM ä g^o$ , aridus, & pü/f*v > unguentum , eft un melange de myr- lhe & d'aloes. XEROPHTH ALMICA a £g/>o$ Sc oQja.\uuii > opthalmiaficca , fönt des remedes propres pour l'inflammation feche des yeux •, tels fönt kp laicl de femme, les eaux de chelidoine, d'euphraife i de cyanus, de plantain. 5PINGIBER LAXATIVUM , voyez diaüngiber. jZULAPIUM, en Francois julep , eft un melange de fyrop & d'eau. ZYME & ZYMOSIS a £q, ferveo , eft du ievain. ZYTHUS ä £«'<» , ferveo , eft de la biere. Julep. #. Hij So PHARMACOPE'E Vaifleaux fervant en Piiaimacie. Matierc des vaif- feaux. C H A P l T R E V. DES VAISSEAUX ET DES INSTRUMENTS QUI SERVENT EN PHARMACIE. LE S Vaifleaux qui fervent a la cuite des compofitions de la Pharmacie, fönt les bafllnes de cuivre fimples ou etamees., les chaudieres , les poe'les , les. poelons, les marmices, les coquemarcs, les bafllns d'etam , les rerrines , les plats, les ecueiles, les pots de terre, les cucurbites de vcrre & de gres, les Cucurbitas de cuivre etamees en dedans avec leurs refrigerants, les cornues de verre & de gres, les creulets. On doit, aurant qu'on peut, preTerer les vaifleaux de terre ou de verre a ceux de cuivre, pour les preparions qu'on employe parla bouche , parceque la terre ni le verre ne communiquent aueune impretlion aux drogues , & le cuivre en peut donner ■, mais- comme les vaifleaux de terre & de verre font ordinairement petits, qu'ils caflent facüement au feu , & que ceux de terre font aflez fouvent penetrez par les Jiqueurs ; on peut fe lervir des vaifleaux de cuivre etamez , fans craindre que le metal fe communique au medicament ; car l'ctain ne fe rarefie pas facile- ment comme le cuivre. De plus ll faut remarquer qu'une bafline de cuivre , quand eile ne feroit pas etamee , ne donne ni goiit ni odeur aux Jiqueurs qu'on fait bouil- lir dedans, pourvü qu'on ait ioin de les verfer dans une terrine en meine temps qu'onretirecette bafline de defliis le feu,- car pendant qu'elle eft für le feu , les petits corps ignes qui paflent au rravers du cuivre, foulevent tellement la liqueur , qu'ils l'empechent de toucher au fond dela baffine , & par confequent de prendre l'odeur & le goüt de l'airain , comme je Tai remarque plus au long dans mon Cours de Chymie , au Chapitre du cuivre. On trouvera dans le meme Li vre , les def- criptions 8c les figures des cueurbites, des cornues , des creulets qui fervent beau- coup plus en Chymie qu'en Galenique- Les vaifleaux employez aux infulions , &t ä garder les compofitions Galeniques , font les pots d'or, d'argent, d'etain, de plomb , de terre, de gres, de terre vernif- fee, de fayance, de verre , de cryftal , les bouteilles, les cruches , les boetes. L'or , l'argent & l'etain font les metaux les plus convenables pour la fabrique des vaifleaux qui doivent fervir aux infufions, 8c a conferver les remedes; mais comme ils ne font pas impenerrables a plufieurs {eis , & a la plüpart des efprits des mixtes , ils peu vent communiquer quelque legere impreflion aux compofitions qu'on met dedans ; c'eft pourquoi je prefererois a ces metaux en cette occalion , le verre & la terre qui ne peuvent rien donner . le gres entre toutes les terres , eft celle qui fereit la plus convenablepour ces vaifleaux, car outre qu'elle eft toujours fort nette , eile eft la moins poreufe & la plus propre pour empecher la diffipation qui fe pouroit faire des parties fubtiles des remedes, mais comme le gres n'eft pas commun en tous pays, St UNIVERSELLE. 6t cme (Tailleurs les differences des terres ne fönt ici aucun prejudicc confiderable 3 cm peur fe fervir en place , de la fayance , ou des terres vernillees. On prefere la fayance aux autres terres chez les Apoticaires, a caufe de fa beaute & de fa nettere ; ils en font faire des efpeces-de pots qu'ils appellent cltevrettes pour y Härder les fyrops , les miels, les huiles : d'autres qu'ils appellent pots a cation, a caufe de leur forme, pour y mettre les electuaires, les baumes, les ongaents: d'autres plus perits qu'ils appellent piluliers, a caufe qu'ils y gardent les malles des pilules. Le plomb n'eft. gucre employe pour les vaifleaux , li ce n'eft lorfqu'on veut empe- cher qu'un mixte ou une compoiition ne ie durciffe 5 ou ne fe defleche trop; par exem- ple, on conferve le mufe dans des boetes de plomb , ahn qu'etant plus- fraichement dans ce metal qu'aillcurs , il fe diftipe moins de fes parties. Plufieurs employent des boetes de plomb peferablevnentad'autres, pour conferver la theriaqae, l'orvietan , le mithridat, parce que ces compofitions y retiennent mieux une jufte conliftence , que dans des pots d'une autre mutiere; mais il y a a craindre que quelques particules du plomb ne fe detaehent , & ne fe meiern: dans les antidotes , ce qui pourroit en 1 quelque manieve les alterer. Le verre & le cryftal font les plus belles matieres, & les plus propres qu'on puifle employer pour les vaifleaux de Pharmacie; ils onrla nettete qu'U eft tres-racile d'en- tretenir;la tranfparence qui fait qu'on voit lesdroguesrenfermees dans le vaifleau, fans qu'il foir befoin de l'ouvri-r , & la petitefle des pores qui empeche la diflipa- rion des parties fubtiies des medicaments : mais la fragilire de ces vaifleaux empeche qu'on ne les employe auiTi frequemrnent qu'on voudroit. On fait des poudriers de verre, ce font des efpeces de pots oblongs ou ovales at- racfiez für des pieds femblables a ceux des verres a boire •-, on y garde les poudres com- poßes, les trochifques. On fait des bouteilles de toutes facons & de routes les entonnoirs , les feringues, les efpatule3, les biftortiers , les ra- pes, les cuilleres > les ecumoires, les biberens ou cuilleres pereees, les toiles fortes & deliees, les etamines, les tamis , les blanchers , les chaufles d'hypocras , les lan- guettes a filtrer , les mefures , les poids, les balances, les marteaux, les coüiteaux , les eifeaux, les carrelets, les difpeniaires. Les mortiers de bronze font grands & petits, les grands fervent a faire prefque routes les poudres, a malaxer les malles des pilules & des trochifques, a eteindre le vif argent, leurs pilons font de fer ; & comme pour les tres-grands mortiers, il eft ne- ceflaire d'avoir des pilons de grandeur proportionnee , & par confequent fort pe- fants , on les fufpend quelquefois par une corde liee a une eipece d'arc pliant, que Von attache au plancher, ahn de foulagcr 1'ArtiltG. H ii} Chevrettes Pots ä ca- non Piluliers. Boetes de plomb Ufa de fer , de bois, de nacre de perle's, d'yvoire , d'ecaille de tortue. Les cuilleres d'or fönt rares, a caufe de leur valeur , celies d'argent fuppleent a Ieur defaut, les grandes cuilleres Sc les ecumoires fönt ordinairement de cuivre, mais cetix qui aiment la proprere Sc l'exactitude en ont d'argent, car ie cuivre peut iaifler de fjü odeur aux liqueurs oü on le trempe. Les cuilleres de fer a manche long fervent fouvent en Chymie } pour porter les matieres pulverilees dans les creufets rougis au feu. Les cuilleres de bois peuvent fervir pour tirer les pulpes. Les cuilleres de nacre de perles, d'yvoire , d'ecaille de tortue fonr fort propres ä faire prendre des fyrops, des potions t ou d'autres liqueurs aux malades. Les biberons ou cuilleres couvertes lont d'argent ou d'etain t ils fervent pour faire prendre aux malades les bouillons, les tizanes, les remedes liquides avec plus de fa- cilite que par les ecuelles. Les preffes fe fönt de difFerentes figures , leur matiere eft toiijours du bois fort Sc compacte •, mais quand on veut preller des ingrediens dont le fuc ou l'hiiile eft difficile ä dkacher , on les met entre deux plaques de fer, ou de bois garnies de fer blanc ; on fe fert aufli de plaques de bois de noyer fimples , pour tirer les hui- lesd'amande, denois , deben , les fucs des plantes. On employe aufli une barre de fer ronde 5 qu'on met dans les trous de la prelle pourla faire tourner avec plus de Force. On enveloppe les matieres qu'on veut paffer, dans des toiles forres. Les etamines coupees en carre fervent a couler les medecines , les emullions , les tizanes. Les tamrs fönt couverts ou decouverts; les couverts fönt de crin ou de foyc, i!s fervent pour paffer les poudres fubtiles ; les decouverts fönt de crin , ils fönt em- ployez tantot pour paffer les poudres groiTieres-,commeles farines, les poudres fter- nutatoires, tantot pour pafler les puipes. Les blanchets fönt des morceaux de drap blanc taillez en carte , ils fervent pour paffer les fyrops & les autres liqueurs qu'on veut clariüer. Les chaulfes ou manches d'hypocras fönt aufli faites de drap blanc t leur figure eft large par haut, Sc allant fucceflivement en pointe comme un capuchon , afin que les liqueurs coulent plus facilement ; on les employe aux meines ufages que les blanchets. Billorüers, Rapes. Rapoires. Biberons, Cuiiliercs couvertes. Preßes. Plaques. Barrede fer. Toilds for- ccs. Etamines. Tamis» Bianchec ChaufTca ou manche, dnyv p&cras» s Laneuettes de drap ä filtrer. Papier a filtrer. Charta cn:- fettlics» Fouineaux A: Vondc. Quarteron 4 arc. j. f a «. ß Once. Dragme. Gros. Le poids «un ecu «i'or. Scrupule. di, Grain. l'once , la drag- nie , le lerupule & le grain. La livre marchande eft de feize onces qui fönt deux marcs des Orfevres , mais la livre de medecine n'eft que de douze onces , les Anciens la defignoient par As ou Tondo , mais les Modernes la defignent par ce cara&ere Ifej, pour la demi livre l'on met 1b S. Le quarteron poids de marchand eil de quarre onces, & poids de medecine , de trois onces 5 il eft defigne par 4 tar j, le demi quarteron eft defigne par 4 tar ß. Il faut remarquer que les livres marcfiandes des differentes Villes de France ne fönt pas toüjours dune egale pefanreur , car par exemple la livre de Rouen pele plus que celle de Paris , Sc celle de Paris pefe plus que ceiles du Langucdoc , de la Provence , du Dauphine , du Lionnois. L'once eft toüjours la feizieme partie de la livre poids de marchand , Sc la doa- zieme partie de la livre poids de Medecine, ainfi l'on ne doit pointadmettre deux forte d onces, une de poids de Marchand Sc l'autre de poids de Medecine > comme quelques-uns fönt •, car l'once de la livre du poids de Medecine eil egale a. celle du poids de Marchand- On defigne l'once de medecine par ce caraerere §j, &c la demi once par ^ß , l'once eft compofee de huit dragmes. La dragme eil la huitierne partie d'une once , de'fignee par ce cara&ere Jj , qui eft comme un 3 en chiflre , pareeeju eüe eft compofee de trois ferupules ; la demi dragme eft defignee par 5 6. On appelle aufii la dragme un gros , Sc le poids d'un ecu d'or. Le ferupuie eft Iatroifieme partie d'une dragme, defignee par ce carailere, 3i il eil compofe de vingt-quatre grains, le demi icrüpule eil marque par 9 &. Le grain eft la vingt-quatrieme partie d'un ferupuie defignee par gr. 1. On doit fe fervir de celui qui eft fait de leton, Sc qu'on employe dans le commerce, car quand on fe fert des grains de bled ou des grains d'orge, comme plufieurs fönt, on n'eft pas bien für du poids, d caufe que ces grains fönt de pefanteurs differentes. Des UNIVERSELLE/ ^ Des Poids des Andern. E S Poids dont les Anciens fe lervoient, mais qui ne fönt plus en ufage, fönt jus l'sreole, la filique , le danich, l'ebole , lc denier , l'aureus , l'exagium , le fexrula, le folidum, le filicus, le duella , le dupondmm , le fexcunx . le lexrans , le triens, le quadrans , le quincunx, le fexunx , le fepranx, l'oxunx , le dodrans , le dextans, & le deunx. r _ , L'sreoleappellee enLatin «reolas ,feucbalcus, etoitautrefois ua poids enulage a *g* chez les Grccs , il etoit compofe de deux grains. _ . * ' La filique appellee des Arabes Kirrt , des Grecs urtfW , & des Latins./%« «*«[£. etoit compofee de quatre grains. ■ • . r , qua. Le danich etoit un poids ufite feukment chez les Arabes, il etoit compole de Danidn huit grains. , , . . r , , j '„. Obo'us, L'Obole appellee en Latin Obolus, & en Arabe Onolofat, etoit compolee de douze qvq1o ^ grains, c'etoit proprement le demi fcrupule. : . »m D^narius. Le denier anpeile en Latin Dtnmus, etoit plus pefant chez les Medecms qu il neft chez les Orfövres, car il etoit compofe de la feptieme partie d une once qui eft quatre-viner-deux grains .& deux feptiemes de gram, au heu que chez les Uj> fcvres , Je deiner n'eft compre que pour deux fcrupules, ou pour la douzieme partie dune once. Les Romains confondoient autrefois le denier avec la dragme a caule ^ ^ ^ du peu de difference qu'il y avoit, on defignoit le denier par ce caractere qui eit ^ - ^ une perite etoile, ou par Den. i. , - exagium, Aureus, exagium, fextula & folidum , etoient des poids d une egale pelanteur , fextula, lo- compofes de quatre fcrupules chacun. Silicus ou Äff Artus , etoit compofe de deux dragmes. Duella , etoit compofe de huit fcrupules. Dupondium , etoit notre demi once. Sefcunx feu fefcuncia etoit un poids pefant une once Sc demie. Sextans etoit compofe de deux onces. Triens etoit compofe de trois onces. Quadrans etoit compole de quatre onces. Quincunx etoit compofe de cinq onces. Sexunx etoit compofe de fix onces. Septunx etoit compofe de fept onces. Oäitnx feu bes , feu btffis etoit compofe de huit onces« Dodrans etoit compofe de neuf onces. Dextans etoit compofe de dix onces. Deunx etoit compofe d'onze onces. . Chacun de ces poids etoient defignes par deux ou trois des premieres lettres. Des Adefures. ON ne peut gueres etablir de regles generale* a l'egaid des mefures parce qu'elles different en grandeurs & en noms dans les difterentes Viües , les Apoticaires ne doivent s'enfervir qu'apres avoir pefc ce qu'elles peuvent contenir, encore ne fera-ce que pour mefurer les liqueurs ordmaires ,comme leau , ies decoctions, les tizanes , l'huile d'olive , afin de n'etre pasobliges d avoir toujours des balanccs a la main.pour des chofes ou l'on n'a pasbeloin duneregulante de poids tout, a-faic exaße, rtwis pour les auttesliqueurs il vaut niieux que Les *po- lidum. Silicus, af- iarius. Duella. Dupondifi. Sefcunx. Sefcunciii Sextans. Tnens. Quadrani. Quincunx. Sexunx. Septunx. Oaunx. Bes,Beflis. Dodrans. Dextans. Deunx. 66 PHARMACOPE'E ticaires qui doivent etre tres-exacts dans les dofes, employent les poids, quc les mefures , car ces liqueurs etant de narurcs difFerentes plusou moins rarefiees Sc legeres , ou plus ou moins fixes & pefantes , Sc par confequent tenant des volumles differens en des poids egaux , on fe tromperoit aifement par les mefures ; le fyrop par exemple eft plus pefanr que l'eau, Sc il contient moins de volume, l'eau commune eft plus pefante que le vin , le vin eft plus pefanc que l'huile } l'huile eft plus pefante que l'efprit de vin. Des Mefures dont on fe fert a Paris pour les liqueurs. LE S Mefures dont nous nous fervons ä Paris, fönt la pinte, la chopine , le demifextier, le poifcon , le demi poifcon. Pinte. La pinte contient trente-une onces d'eau ; la mefure d'AUemagne eft d'une pa- reille grandeur & d'un pareil poids. La chopine contient quinze onces Sc demie. Le demi fextier contient huit onces d'eau. Le poifcon contient quatre onces Sc une dragme d'eau. Le demi poifcon contient deux onces Sc une demie dragme d'eau. On fe fert auili du verre a boire ou goblet, appelle en Latin Cyatbus t il contient une doie de potion. On employeencore la cuillere d'argent ordinaire pour dofer les fyrops, les po- tions cordiales, eile contient environ demie once de liqueur, on defigue cette dofe par eacblear. j. — On ordonne les Efprits, les Elyxirs, les Effences par gouttes, qu'on defigne par Des M.ejures des Andern. LE S Mefures des Anciens qui ne fönt plus ufieees , Contle Congius, le Bicon- gius, le Tricongius 5 le Chus , le Chcenix, le Sexder, l'Hemine , le grand Myftre, le petit Myftre, 1'Acetable , le Cyate , le Quartarius, le Cheme. Le Congius etoit une Mefure en ufage chez les Atheniens , eile contenoit dix li- vres de vin ou neuf Jivres d'huile > le Bicongius contenoit le double, Sc le Tricongius le triple, les Anglois fe fervent d'un Congius, qui ne contient que huit livres. Le Chus contenoit huit livres de vin , ou fept livres Sc un quart d'huile. Le Chcenix contenoit quarante-quatre onces de vin , ou environ quaranre onces d'huile. Le Sextier a ete appelle des Arabes cbifl , Sc des Latins Sextarius, a caufe qu il contenoit la fixieme partie du Congius, laquelle etoit une livre huit onces de vin r ou une livre Sc fix onces d'huile. L'hemine appellee en Latin tieminx ou Cotyla, ou hemjxeflon etoit le demi fextier. Le grand Myftre, appelle en Latin Myflrum magnum, contenoit trois onces Sc huit ferupules de vin , ou trois onces d'huile. Le petit Myftre , appelle en Latin Myflrum parvum , contenoit fix dragmes Sc deux ferupules de vin , ou fix dragmes d'huile. L'Acetable , appelle en Latin Aeetahlum, contenoit deux onces Sc demie de vin , ou deux onces Sc deux dragmes d'huile. Quartarius. L e Quartanus contenoit deux acetables. Cymhus, Le Cyate > appelle en Latin Cyatbus a caufe de la reflemblance qu'il avoit avec Chopine. Demifextier. Poifcon. Demi- poifcon. Ctiüliere. Cochlearj. €ut. Congius. Chus. Chcenix- Sextier Chili. Sixtarius • liem'ma> Cotyla. llemyxcßon. Myßrutn rna.gnu.rn. Myflrum parvitm. Acetabulum Chema. Grandes mefures U N I V ER S E L L E. 6 7 tin verre a boire, contenoit une once , ciirq dragmes & un {erupule de vin j ou une once & demie d'Jiuile. Le Cheme contenoit deux petices cuillerees. Outre ces Melures les Anciens en avoient encore d'autres tres-grandes, commc l'Urne, l'Amphora, le Cadus, le Culeus. L'Uine appellee en Latin Urna , contenoit quarante livres de vin ou enviuon desAn- trente-cinq livres d'huile. Ciens. L'Amphora contenoit deux Urnes. Amphora. Le Cadus, appelle en Grec Ceramium ou Metretes , contenoit une Amphore 5c Centmmm» demie. "* Mannt. Le Culeus contenoit quarante Urnes. Des AJcfures de plußeurs Ingrediens. LE S Mefures des bois, des herbes, des fleurs Sc des femences fönt le falcicule, lapoignee & la pineee. Le Falcicule eft ce que le bras plie en rond peut contenir , on le marque par Fafcicule. f'fa'i* . ... La poignee ou manipule eft ce que la main peut empoigner , eile eil defignee Manipulc. par Man. j. ou M.j. La pineee ou pugille, eil ce qui peut etre pris avec les trois doigts ; eile eil de- Rigillum. fignee par Pugej. ou par p. j. Mefure des La mefure des fruits & de plufieurs animaux, fe fait par lenombre qu'on defigne n°.* par N°. ou par Patres defignez par Par. Quand on trouve dans les delcriptions Ana ou ä ä , il faut entendre de chaeun, autant de Tun que de l'autre. Par Q. S. il laut entendre , une quantite fuffifante , ou autant qu'il en faut. Par S. A. ou ex Arte il faut entendre , fuivant les regles de l'Art. Par B. M. il faut entendre Balneum Maria, ou bain marie. Par B. V. il faut entendre Balneum Vaporis, ou bain vaporeuxt Par. Ana- äät Q. S. S. A. Ex Arte. B.M. B.V. M S E C O N D E PARTIE, CONTENANT PLUSIEURS PETITES PREPARATIONS DE PHARMACIE. CHAPITRE PREMIER. Des Decoftiom. F' z w m t, Mf :.'■* E mot de Decoction vient du Verbe latin Decoquere , qui fignifie cuire. La Decoction fe faitou pour diflbudre Jes Cabdances actives 3c utiles des mixtes dans une liqueur appropriee, ou pour cuite &C ramollir ces mixtes, en forte qu'o:i en puiffe tirer les pulpes. ^U Les matieres qu'on employe ordinairement dans les Decoctions fönt les animaux & les vegetaux 5 quelquefois auffi les mineraux , comme fönt l'anrimoine, Je vif argent. Les liqueurs qui fervent pour les cuire fönt l'eau , le vin, le vinaigre , le laict, le petit Lu6t- Comme les decoöions doivent erre differentes, fuivant les differentes intentions qu'on a , il feroit diflicile d'etablir des regfes touchant la proporrion de l'eau Sc des ingrediens qu'on y fair bouillir. Ce qu'on peut dire en gcneral, c'eft que plus les drogues fönt dures & compa&es, plus il faut de liqueur pour les faire cuire. La decocÜon doit etre quelquefois precedee de i'infu/ion , afin de donner aflez de temps a la liqueur pour extraue le fubftance des mixtes, comme quand on fait la decoction des racines de farfepareilie, de iquine » des bois de gayac, de buis. On doit eviter autanr que Ion peut de faire bouillir les Arormtiques, parce que leurs pnneipes volarifsqui fönt les plus eflentiels,fe diffipent en bouillant. Il vaut inieux fe contenter de les mettre inrufer dansla liqueur chaude en un vaifleau bieo couverr. Modt'le Lorfqu on veut faire une decoction de plufieurs fo r res d'ingrediens, on commune De- mence par faire bouillir Porge , les raclures de corne de cerf Sc d'yvoire, la racine eoüiont de gramen, pendant demi heure par un feu modere, on y inet enfuire les autres racines recerament cueillies, comme celles de chicoree, d'ofeille, lavees, mondees UNIVE RSELLE. & 9 de leurs cceurs ou cordes, & coupces par pecits morceaux; on les fait bouillir pen- dant un quait d'heurc : on continue par les fruits 3 apres'les avoir mondes ou de leur ecorce ou de leurs grains , Sc coupes par morceaux s'ils fönt gros: on y mer en- fuite les herbes hachees , & les femences concaffees , puls les fleurs Sc la reMide qu on laiffe bouillir legeremenc: on renverfe le tout dans une terrine ou dans un bailin d'etain oii l'on a misla canelle concaiTee, le Tantal citrin , le bois de ialTäfras rapes, & les autres Aromates: on couvre le vaifieau, & quand la deco&ion eft re- froidie, on la coule avec expreffion, & on la laifle repofer, afin qu'elle fe deoute &c quelle devienne claive. Si l'on veut employer dans une dccoction , des Animaux , comme des ecrevif- fes j des grenoüiiles, des vipet es, il faut les y mettre des le commencement, mais il faut toujours eviter que la decodion (oit faire ä trop grand feu, de peur qu'il ne fe fade une trop grande diffipatio .1 des fels ellentiels &c volatils. Baocfion Cephalique. Trenet, ditguy de ebene , de U racine de ftvome malt & dt benohe, de chaeun fix gros, De l'ongle d'Elan rapee & des bayes de genievre , de chaeun trois gros. Des femlles de fauge , de betotne , ae marjolatm', de bafilic, ae chaeun une poi- gnee. Des fleurs de fleecas , d'eeillet, de nw-guet & de titht , de chaeun une pineee. L'on fera cuire toutes ces drogues felon- V an , dans trois pintes d'eau commune* R E M A R QJJ E S. On rapera le pie ou l'ongle d'elan , on coupera par perits morceaux le guy de ebene & les racines , on les tera bouillir en trois pintes d'eau commune par un feu modere jufqu'a diminution d'environ la. troiücme partie de la Üq leur; puis on y ajoutera les bayes concaflees , les herbes , le^ fleurs qu'on ne tera uouilln qu'un bouillon , de peur que leur odeur ne fe diflipe, on verlera le tout dans un baffin d'e- tain ou dans une terrine qu'on couvrira,- on coulera la decochon quand eile lera refroidie, on la lailfera depurer , & l'on s'en fervira; elie ne peut eae gardee fans fe cotrompte, que deux jours, en temps ciuud, e icore fau:-il la mettre a la cave dans un \anleau bien bouchc , ix quatre jours en temps-tVoia. Elle eft propre pour les maladies du cerveau, comme pourl'Epilepfie, l'Apo- vertust plexie, ia Lethargie i la dofe en eft depuis deux onces jufqu'a fix. Dofs. De offion eordtale* Trenei. des racines de fcorfonnaire > du [ccah de Saloinon , de chiendent, de tormen- tiVe , dt chaeunes detai-ence. Desfeutlles de bjrrache , de trefle aceteux , de capiilalre, autrement dite jsobpendre vulgaire , ae <.hacune une poigttee. Des fleurs de b,4ghfe , de violette , de rofes , dg rofee du foletl , de ebaeme me ptneee. De U rtgliße bien ratißee , trois dragmts. Que tout ceU / oit ctut felon l'art, dans trois pintes d'eau de fontame , jufqu'a U (onfomption du tters. S E M A R QJJ E S- On coupera les racines par morceaux , on les concaffera, & on les mettra bouillti: Xiij Vertus. Dofe. Vertus. Dofe. Vertus. 70 PMARMACOPE'E dans l'cau environ demie-heurc> on y ajoutera les feuilles hachees, puis les fleurs, & enfin la reglifle ratiflee & concaffee; quand la dccodion aura encore bouilli un quart d'heure , on la retirera de deflus le feu , on la laiflera refroidir a demi, puis on la coulera par unlingc, ou par un blanchet il Ton veuc qu'elle foit plus claire. Elle eft propre pour fortifier le cocur, pour refifter a la malignite des humeucs , la dofe en eft depuis deux onces jufqu'a fix. De'cotfion pect orale. freuet, des ecrev'ijfes deriviere au nombre de huit. Del'orgemonde ,des racines de tuj/ilage, d'altbca, de grande confoude , de cbacun Jix dragmes. Des jujubes , & des raißns fecs mondez. de leurs pepins , de cbacun demi-once, Des feuilles de pulmonairt, de capillaire, d'byfope , de fcal/ieufe , de cbacunes une poignee t De la regliffe ratiffee &concaffee , demi-once. Qtfe tont ceU bouille dans qnatre livres ou deux pintes d'eau commune, jufqu'a la confomption du tiers. R E M A R Q^V E S. On netxoyera les racines, on les coupera par morceaux, & on les fera bouillir avec l'orge dans l'cau , environ un quarr d'heure , on y ajoutera les jujubes ouver- tes , les railins mondes de leurs pepins, on continuera la coofcion encore un quart d'heure, puis on y mertra les herbes mondees Sc lavces, & enfin la reglifle ratiflee & bien concafl'ee •, on retirera la deco&ion de deflus le feu quand il y aura environ un tiers de l'humidite confumee , lorfqu'elle fera refroidie a demi, on la coulera pour s'en fervir. Elle eft propre pour adoucir & epaiflir les ferofitesäcresqui defcendenc du cer- veau für la poitrine; la dofe en eft depuis deux onces jufqu a /ix. DecoUion blanche de Sydenham. Vrenez. de la corne de cerf calcinee en blancbeur , &de la mie de paln blanc, de cbacun deux onces. 9 Que cela foit mis dans trois cbopines d'eau de fontaine reduites a une pinte, apres quoi on y diffoudra du fucre bU.ncautänt qu'il fera niceßaire pour donner a la liqiteur tm gout agreable. R E M A R QJÜ E S. On cakinera de la corne de cerf en blancheur, on la pulverifcra, 8c on la melera avec de la mie de pain blanc , on mcttra bouillir le melange dans de Teau a ciimi- nurion du tiers , on coulera la decoction , Sc Ton y diilbudera du fucre fin, la quantite qu'il en faudra pour lui donner un goüt agreable. Elle eft propre pour la dyfenterie, pour Ja diarree , le tenefme , le crachement de fang, la toux feche & äcre, &rpour les debords du cerveau , il faut en ufer a fon boire ordinaire. La mie de pain & la corne de cerf donnent a cette deco&ion une couleur blan- chätre, d'oü vient qu'on l'appelle decoäion blanche 3 eile eft en ufage en Anglererre. Le fucre n'y eft ajoute que pour le bon goiit, ceux qui ne l'aimeronr point , pourvont s'abftenir d'y en ajoüter. ' On pourroit en place du fucre , employer du fyrop de grande confoude , il fe- ioit plus convenable pour les maladies dans lefquelles on donne cette deco&ion. * UNIVERSELLE- 71 Dicottion untere. freuet des/ommitet, de petite centauree , des feuilles d'aigremo'me , & des flems decamomille, de chacun une demi-poignee. De U meine de gentiane , deux dragmes. Des femences de cbardon benit & de citron , de chaeune un gros & demi. Desfleurs de fouej , deux findes. Du vin blanc , & de l'eau de fontaine , de chacun trois demi-Jextiers. Faites botüllir le tout jufqu'a, diminuüon de U moitie , puis coultz,. R E M A R 0_ü E S. Ort cor.caflera les femences, on coupera la racine de gentiane par petits mor- ceaux on les mettrabouillir enfemble dans l'eau , puis on y ajoutera les fommi- tes, les feuilles, les fleurs & le vin blanc, on continueia la coction jufqu'a. diminu- tion d'environ la moitie de l'humidite, & on la coulera avec expreffion. Si l'on veut rendte cette decoction purgative , on y mettra infufer chaudement De'co&ion pendantunjour, fix dragmes de fenne, une dragme de rhubarbe, 8c quarre fem- amerepur. pules de fei de perire centauree. gative. Elle eft proprepour chafTer les fieVres inrermittenres, pour tuer les vers , pour pu- Veitus, rifier le fang; on en prend deux fois le jour, un verre a chaque dofe , marin & foir. La perire cenrauree feule feroir capable de rendre la decoction forr amere , la racine de gentiane Sc les femences lui communiquenr auffi quelque amertume. Nous voyons fouvent que les remedes amers lont febrifuges ; la raifon en eft que la fubftance faline & fulphureufe qui compofe l'amer , eft propre a. rareher ou a diüoudre les matieres groffieres , qui fönt les obftrudtions ck la caufe de la fievre» De'coffion Jtttifcorbutiqttf. Vrenet. des ecrevijfes de riviere au nombre de doui*e. Des r»eines de chiendent, de petit hottlx , de fougere male , de chaeune une once, Des feuilles de cochlearia , de crcjjon atanois & de cerfeuil, de chaeune une pvignee. Des feuilles d'aehe & de roquette , de chaeune demi-poignee. De U reghße bien ratißee , ßx dragmes. Du bois de faßnfras , trois dragmes. Que le tout bouüh en trois pintes d'eau commune , jufqu'a la confomption du tiers. REM/K QJJ E S. On mondera les racines, on les concaflera , &: on les coupera par morceaux, on les fera bouillir dans l'eau avec les ecreviiTes pendant trois quarts d'heure, enfuite l'on y ajoutera les herbes hachees , Sc enfin la reglifle : Quand la decodtion fera reduite aux deux tiers , on la retirera du feu , on y jettera le faffafras rape ou in- eife menu , on la couvrira, Sc quand eile fera refroidie a demi, on la coulera avec expreffion. Elle eft propre pour exciter l'urine, pour remedier au fcorbut; la dofe en eft Venus, depuis deux onces jufqu a fix. Dofe. DecoBio» fudorißque ou pre'fir-vativc. Vrenet* des rMeines de farfeporeille , deux onces. De celle d'efquine , une once , J>e celle de contrtbyerva & de gajtc , de chaenne demi-onie , Vertus. Dofc Socheiam, ßochet. Vertus. 7 s PHARMACOPE'E De f antimtlne crudgrojjierement pile, & enferme dans un nouet, quAtre onces. Que mit cela infufe dans quatre pintes d'eau commune, pendant douze beuresfur les cendres cbaudes, & qu'on le f-affe enfuite bouillir jufqu'a la confomption du tiers , für la fin on y ajoutera Jix onces de regltffe concaffe'e & bien ratiffee , avec trois gros dt bou de faffafras. R E M A R Q^V E S. On fendra la farfepareille en deux, & on la coupcra par petits mofceaüx , on coupera aufli les aurres racines , Sc Ton concaflcra ie tont dans un mortier , on envelopera l'antimoine gröflierement pulverife, dans un noüet, on le mettra avec le gayac rape & les racines concaflees dans un coquemart de terrc , on verfera Vena deil'us, on couvrira le vaiffeau, & on le mettra en digeftion fut les cendres chaudes ou proche d'un petit fcu pendant dix ou douze heures; on fera bouillir enfuite la decocHon jufqu'a la diminurion du tiers, on y ajoutera für la fin le Caflafras rape & la reglifle bien concaifee. Quand la deco&ion fera a demi rcfroidie on la coulera avec expreflion, & l'ayant laiflee repofer, on la paflera par un blanchct pour la rendre claire. Elle eft propre pour les rhumatifmes, pour deflecher ou chafler par tranfpi- ration les humeurs nuifibles du corps; eile arrete la gonorrhee ; la dofe en eft depuis deux onces jufqu'a. fix ou une verree, on en prend trois ou quatre fois parjour. * Si apres Pexpreflion des drogues qui ont fervi a faire la decoction , on remet ces meines drogues bouillir environ demi heure dans cinq ou fix livres d'eau, l'on aura une decocHon legere ou peu chargee, qu'on appelle en Latin Boche tum, Sc en Francois ßouchet, on s'en fert pour le boire ordinaire- De'coEtion commune A'up Clyßere ernollient. Prenet. des feuiltes de mauve, deguimauve, partetaire, vwlters, mer atriale, feuern, de chaettn une poignee , Des pur s de camomille & de meliht, de ebaeun une demi poignee. Que le taut bouille dans quatre pintes d'eau commune jufqu'a la confomption du tiers, Apres cela que Von coule cette de'coclion & qu'on enfajje l'expreffton. R E M A R O^V E S. Oninciferales herbes, on les mettra bouillir avec les fleurs dans Pearl jufqu'a confomption du tiers, on retkera la deco&ion de defliis le feu t Sc q;iand eile fera prefque refroidie on la coulera. Elle amollir les humeurs Sc les diipofe a l'evacuation. Si l'on veut que ia decoelion foit plus rafraichiifanre, on y ajoutera de la Chicoree , du concombre, de la laictue , du pourpier; ü l'on veut qu eile foit hyfteri- que, on y ajoutera des feuilles de matricaire , d'armoife , de ruc , les fleurs de iurcau; fi l'on veut quelle foir carminarive, on y ajoutera de l'anis , du fenoüil, de la coriandre, du gerne vre > de la menthe, de l'origan. Ve'cociion de'ierßve pour les Clyfleres. Trenez, de l'orge entier , dufon de froment, des feuiltes d'aigremoine, de renotte'e] de bouillon blmc, de plant Am , de ebaeun une foignee Des rofes deux pineees. De la grame de Im deux dragmes. Fakts UNIVERSELLE. Taltes cuire dms deux pintes d'eau commune , jufqu'a U confomption du tiers. li HMJROÜU. On mertra bouillir enfemble dans l'eau tous les Ingrediens confufement jnfqu a ce qu'ils foient cuits, on coulera la decoction avec expreflion pour s'en fervir. Elle eft propre pour afreter les cours de vencre. On fait quelquefois les decoctions deterfives dans du lai<5b, quelquefois dans du bouillon d'une tete de mouton cuire avec fa peau , & quelquefois dans du bouillon de nioes. J__ 4 CHAPITRE IL Des Ti'^änes. E nom de Ptifane ou Tizane eft rire du verbe Grec Ptiffein , qui fignific r feparet l'ecorce , parce que la tizane des Anciens etoit faite avec l'orge mon- dee ou leparee de fon ecorce j mais la tizane des Modernes eft faite avec l'orge enciere. La tizane differede /a decoction feulement, en ce qu'eüe n'eft pas (i chargee de drogues, car comme eile eft employee pour le boire ordinaire, on la rend le moins defagreable qu'on peut. Tizane commune. Frenez. de l'orge entiere bien nette, une poignee. Qu'on lafäffe bouillir dans deux pintes d'eau commune , jufqu'a U confomption du tiers. Apres cela ajoutez,-y une demi-once de regliffe concaßee & bien ratiffee, dont on fera une M*ane felon l'art. R E M A R Q^U E S. On nettoyera l'orge de fes impuretez , on la lavera dans de l'eau , puis l'ayant laiffee egouter , on la fera bouillir dans l'eau jufqu'a diminution du tiers, on ver- fera cette decocTtion toute boüillante , dans une terrine oü Ton aura mis la regiifle ratiffee & bien concallee , on la laillera refroidir , & on la coulera. Elledefaltere,eilerafraichit, eile adoucit l'äcrete des humeurs , eile tempere Vcttus. Ia fievre, ells modere le rhume; on en donne aux malades pour leur boire ordinaire- 11 n'eft pas befoin que la reglille boüille dans la tizane > eile communique aflez facilement fa fubftance par la feule infufion. De plus en boüillant eile donneroit a la tizane une efpece d'amertume defagreable, principalement fi eile etoit recente. On peut rendrela tizane citronnee en metrant tremper avec la regliffe un citron Tizane coupe par tranches. Quelquefois on y ajoute aufli quelques grains de coriandre, troaee. ou un petit morceau de canelle. Si l'on veut que la tizane foit un peu aperitive, on employe a la place de l'orge , la racine de gramen, on y met meme bien fouvent Tun avec l'autre ; mais la plüpart de ceux qui fönt un grand debit de tizane , ne la fönt point par decoction , ils fe contentent de mettre tremper de la regliffe dans de l'eau, foit afin de priver la tizane du godt fade quelle acq'uiert en boüillant, foit afin d'y gagner. davanta°e. o K Tizane pe- öorale. Veitus. Vertus. 74 PHARMACOPE'E On peut rendre la tizane plus pectorale, en y ajoutanr des jujubes, des raifm» y des pornmes. Titane aperitive, Trener* des racines de cbiendent , d'althea , de fraißer , de cbacune une once. Quelles bouillent dans deuxpintes d'eau communejufqu'a U confomption du quart i Apres quoi ony ajoutera, demi-once de reglijfe concäffee & bien ratißie } pour faire une tizane fclon l'art. R E M A K Q^U E S. On nettoyera, on ecrafera les racines, on les coupera par petits morceaux, Sc, on les fera boüillir dans l'eau jufqu'a diminutiondu quart, on verfera la decoction boiüllante dans une terrine oü Ton aura mis la reglille ratiilee &c bien concaifee , on la laiifera refroidir & on la coulera. Elle eft propre pour faire uriner, pour adoucir les äcretez des reins &C de la veflie, pour faire couler les chaudepilfes, 6c pour en oter l'inflammation •, on s'en fert pour le boire ordinaire. On pourroic ajouter a cecte tizane plulicurs autres racines aperitives de meine vertu; mais on feroit une decodtion defagreable au Heu d'une tizane. Onpeut auffi ajouter quand on le jugera a propos, une dragme de cryftal mi- neral ou d'autre fei aperitif für chaque pinte de la tizane , pour quelle foit plus diuretique. Tizane afiringente* Trencx. de l'orge entier deuxonces, De la raclure de eorne de cerf, une once y De la racine de tormentille, demi-once. Des frnits d'epine-vinette, une poignee. Que cesßmples bouillent dans fix livres d'sau commune jufqu'a U confomption tu, tiers , pour en faire une tizane felon l'art. R E M A R QJJ E S. On nettoyera l'orge de fes ordures , on la lavera , Sc on la mettra boüillir dans l'eau avec de la raclure de corne de cerf & la racine de tormentille concaffee, apres demi-heure de coction ony ajoutera lesfruits depine-vinette , on fera boüillir encore la liqueur environ un quart d'heure , puis on la laiifera refroidir, 8c ön la. coulera. Elle eft bonne pour arreter les cours de ventre, les hemorragiesj on s'en fert pour le boire ordinaire. Ceux qui aimeront la reglifle , pourront en ajouter dans cette tizane. On peut auffi la rendre plus aftringente en la faifant avec de l'eau ferree au lieu d'eau commune. C H A P I T R E III. Des Infufions, LE mot d'infufion vient du verbe latin inj"andere, qui fignifie mettre rremper. On fait infufer les drogues, ou pour les ramolir, comme quand on met crem* per les dadesdansl'bydromel , ou pour les corriger eh diminuant leuräerete, com- UNIVERSELLE. 7$ me quand on met infufer la racine d'efula dans le vinaigre , ou pour extraire leur fubftance & leur veL-tu , comme quand on met infufer dans de l'eau commune ou dans des fites , le fenne , la rhubarbe , les myrabolans, l'agaric. Les liqueurs qu'on employe ordinairement pour les infufions & qu'on appelle en termes de Chymie Menflrues, fönt les eaux communes & diftillees, le petit laict, „ _ les fucs des plantes, la pluye , la rofee, les vins, l'eau de vie, l'efprk de vin, le * vinaigre diftille ou non diftille. On ne peut donner de regles certaines pour les proportions des drogues feches 8c des liqueurs, parce que les infufions de meine que les decottions fe fönt diffe- remment fuivant les differentes intentions des Medecins , quelquefois legeres 8c quelquefois fortes •, mais l'on doit feavoir que la liqueur ne pouvant s'empreindre que de la quantite de fubftance qu'il lui faut pour remplir fes pores, il eft inutile d'y mettre infufer plus qu'une certaine quantite de drogues. C'eft neanmoins a quoi n'ont pas fait de reflexions plufieurs Auteurs qui farciftent tellement leurs deco- dions & leurs infufions de drogues , qu'il y en auroit quatre fois autant que la quantite de liqueurs qu'ils demandent pourroit contenir. Pour faire les infufions avec prudence & utiiite il faut connoure la nature de R e fl ex : ons la fubftance de la drogue qu'on veut infufer, afin de lui donner un diftblvant con- f ur ks in- venable : roure iiqueur n'eft pas capable d'extraire les vertus de tous les mixtes : fufionst l'eau par exemple, eft fuffifante pour tirer les lubftances du leime, de la rhubarbe , des tamarinds; mais eile n'eft pas propre pour recevoir Celles du jalap , du turbith , il faut pour ces mixtes refineux , des liqueurs fulphureufes, comme l'eau de vie , l'efprit de vin ou autres, qui foient de nature a diflbudre les relines; l'eau deta- che bien de l'antimoine quelque petite quantite de foufre diaphorerique quand on le met infufer ou bouillir dedans; mais fi l'on veut tirer la qualite vomitive de ce mineral, laquelle coniifte dans un foufre ialin, il faut le mettre infufer dans le vin qui eft un diftblvant fulphureux 8c falin. Le Mars (i l'on en veut tirer quelque vertu, le gingembre qui ne prodifoient pas un grand effet. On fait quelquefois infufer le fenne a ixoid , & l'on y ajoute pour corriger fon rnauvais goüt, du cirron ou de 1 orange , de la pimprenelle. On met auffi infufer aflez fouvent avec le fenne, de la rhubarbe 3 de l'agaric, des myrabolans , des tamarinds. Si le fenne purgeplutöt la melancolie qu'uneautre humeur , c'eft parce quetant compofede parties fixes, ilaplusde dilpoiition as'attacher cette a humeur qui eft fixe Sc terreftre. Teintures de Rofes, Vrenez, des rofes rouges deffechies, demuonce , De l'efprit de vitrtol , demi-dragme. Quecelafoit infufe cbaudemem dans unechoplne d'eMpendant quatre a cinjbeure$ } 4pres quoi V'mfußon fera coulee. R E M A R Q^U E S. On aura de belies rofes feches, on les mettra dans un pot de fayance ou de terre verniiTe, on verferadeftusdeux livres d'eau bouillante,on couvrira lepot r & apres tine heure d'infufion on le decouvrira, & l'on verfera dans la liqueur goutte a goutte i'efprk de virriol, Sc en meme tems eile prendra une belle couleur rouge; on remet- tra le couvcrcle für le por, Sc on laiflfera la matiere encore trois heures en infufion, puis on la coulera, ce fera la teinture de rofes; on y peut meler du fucre ou du fy- ■rop de rofe feche pour la rendre plus agreable. UNIVERSELLE. 77 Elle eft propre pour afrerer les diarrhees, la dyfenterie, le crachement de fang Veit.»*> & les autres hemorragies •, eile artete aulii les gonorrhees & les fleurs blanches des femmes; on la prend en maniere de tizane, une verree a chaque fois. Sil'on veut rendre la teinture de rofes plus aftringente , il faudra mettre infufer les rofes dans une deco&ion de raclure de corne de cerf faite en eau ferree j on" peuc auili y ajouter des balanftes ou del'ecorce de grenade. Les rofes rouges feches fönt preferables aux recenres pour la teinture de rofe , parce qu'elles fönt plus aftringentes; mais quand elles feroient moins bonnes, on feroit oblige de s'en fetvir au defaut des rotes recentes qu'on ne peut pas avoir tou- te l'annee. La teinture de rofe nepeut etregardee qu'un jour ou deuxenEte , &c deux ou trois en Hyver. Je lauTe infufer les rofes quelque tems avant que d'y meler 1'efprit de vitriol, afin que l'eau ayant eu le tems de difloudre une partie de la fubftance des rofes , l'acide trouve lur quoi agir ; car quand on met 1'efprit de vitriol en meme tems que les rofes dansVeau > la teinture ne fe colore pas tant , & la raifon de cette dif- ference d'effets , vient de ce que l'acide du vitriol n'agit pas feulement en fervant de vehicule a l'eau , pour tirer la teinture des rofes, mais auffi il penetre, il ineife 8c il rarefie les partiailes de laroie , lefquelles fönt deja fufpendues dans les pores de l'eau, & il les fait paroitre avec plus d'eclat. Ce qui prouve bien ce raifonne- ment eft que fi par curiofite , l'on ote les rofes infulees de dedans la liqueur avanc que d'y verfer 1'efprit de vitriol, cet aeide agira bien für l'infufion coulee, &c lui donnera une auffi belle couleur que 11 les rofes y etoient encore. On peut a la place de 1'efprit de vitriol, employer 1'efprit du fucre , ou 1'efprit de nitre dulcifie, ou 1'efprit de fei, ou les fucs de berberis, de grofeille •, mais il en faut mettre une plus grande ou une plus petite quantite fuivanrüa force de l'acide. On peut augmenter la quantite des rofes rouges dans l'infufion , mais la teinture en fera moins agreable au goiit , ce qui eft confiderable en une liqueur qu'on fait fouvent prendre aux malades en place de tizane pour boidon ordinaire. CHAPITRE IV. Des Apozemes. LE mot d'Apozeme vient du Grec apo & %.eo, ferveo. Les Apozemes fönt de fortes deco&ions de plufieurs cfpeces de racines d'herbes, de fleurs , de fruits , de femences & autres parties de plantes , appro- priees en vertus aux maladies pour lefquelles on les donne. On rend quand on veut ces Apozemes purgatifs , en y faifant infufer des drogues purgativeSj comme on verra dans la fuite. Apo\emc alterant & aperitif. Trenen des meines de chiendent, de petit houlx 3 d'afperges , d'arrete-bxuf, & de tartre blanc, de chaeune demi-once. Des fruits d'alkekenge , de rofes de einen , de pois cbiihes & de la femence de gremil? de chaenn trois dragmes. Kiij 7 S PHARMACOPE'E Desfeuilles de Chicoree , parietale , langue-de-cerf, de psrjil, d'acbe & de cerfeuit, de cbacune denn poigm'e. Que ces ßmples apres avoir bouilli dans trols pintes d'eau commune , faient re'duitis alt tiers , & enfuite paffer cette decoäion & l'exprimer. R £ M A R Q^U E S. On pulvcrifera groffierement le tartr'e blanc , on neroyera bien les racines, on. les concaiTera , on les coupera par raoirceaux , &c Ion fera bouilhr le tout enfem- bledansl'eau environ demi-heure , enfuite Ton y ajoutera les fruits qu'on aura ouverts, les pois chiches Sc la femence de milium folis qu'on aura concafles: Qaand ladeco&ion aura encore bouilli un quart d'heure ,on y melera les herbes ineifces: on acheverade faire cuirele rout jufqu a diminution d'environ le tiers de l'humi- dite , puis on retirora la deco&ion de deflüs le feu , & lorfqu'elle fera a demi re- froidieon la coulera Sc l'onexprimera les ingrediens; onlailfera repofer la liqueur coulce, on la pailera par un Mancher pour la rendteclane , c'cil i'Apozeme. -Vertus. 11 eft propre pour lever les obftruäions du foye , de la ra:e , du mefentere de JOofe. la matrice , pour la pierre , pour la gravelle , la dofe en eft une verree. On pourroieajourer a cette decocHon d'Apozeme , les ecre vilfes , les ecorces de tamarifc , de capryer &plufieurs autres ingrediens de la meine vertu >• mais cette defeription n'eft qu'un modele, c'eft au Medecin a juger dans les occaiioas de ce qu'il y faudra ajouter ou diminuer. Je n'employe pas une grande quantite des ingrediens pour la quantite d'eau , comme on a coutume de faire dans les deferiptions d'Apozemes , mais je fuis fdr que les deux pintes de decochon qui peuvent refter , feront aufli empreintes de la fubftance des drogues qu'elles peuvent i'etre ; & en effet a quoi ferviroitden jnettre d'avantage ; On peut faire für ce modele des Apozemes pectoraux avec des drogues pedo- tales ; des Apozemes cephaliques avec des drogues cephaliques j des Apozemes hyfteriques avec des drogues hyrleriques. Apo\emc , oh homllon amer. Trencz. des rac'mes de cbicoree fauvage , deux onces, I>e gentiane une dragme , Du Quinquina, demi dragme , Des feinlies de pervenche & de filmet er e \ de cbacune une poigne'e , Des fleurs depetite centauree , de mdlepertuis, de cbacune une demi poignee. Takes bouillir ces drogues dans deux pintes a"iatt commune jufqu a la confomption du quart, pmscoulez, & exprimez., & dans la colature faites infufer de la rbubarhe shotjte coupee menti & mife dans un nouet, deux gros; enfuite di/Jolvez, du fyrop d'ab- fynthe, trois onces & du tarne martul folutif, deux gros , dorn vom fere% un Afo%,eme. UNIVERSELLE. R E M A R Q^U E S. Oncoupcra les racincs par morceaux , onconcaffera le quinquina & on Ics met 79 Bouillon fait am inaiie. tra bouillir enlemble dans de l'eau , on y ajouicra les herbes incifees , & enfin les fleurs: on fcra cuire le tout jufqu'a confomprion d'environ le quart de l'humidite , on coulera la decoction avec forte expreffion, on y fera infufer la rhubarbe cou- pee menu Sc enveloppee dans un nouet de toile deliee, Sc Von y difloudra le fyrop d'abiinthe &c le rarrre marcial foluble. On laifle le nouet dans la decoction jufqu'a ce qu'elie foir tout-a-fait employee : on appelle vulgairement cette efpece de decoction ou apozeme, bouillon amer. Il eft trcs-bon pour fortifier un eftomach Bouillo» trop relache ou remplideglaires, il leve les obftructions , il guerit les fievres in- amer. termittentes , il excite l'appctit; on en prend le marin &r le foir un petit verre cliaud, Sc Ton continue plufieurs jours defuite. Le premier jour il femble diffizile ä boire & de raauvais gout, mais les jours fuivans on s'y accou turne. On fait encore au bain marie un bouillon amer en la maniere fuivante j Prenez deux livres de ruelle de veau nettoye de fa peau Sc de fa graifle, Sc cou- ame [». pees par petites tranches , des feuilles 8c racines de chicoree fauvage Sc de ceifeuil, a de chacun fixpoignces, de creßon d eau Sc de fumercrre, de cliacun trois poignees, de racine de genriane, une once, de rhubarbe trois dragmes, de fleurs de peticc centauree , une poignee, des bayes de genievre deux onces , du tartre martial foluble demi-once. On mondera Sc l'on coupera par petits morceaux les racines , on enveloppera la rhubarbe dans un nouet, on incifera les herbes & les fleurs, on concaflera les bayes, on melera le tout enfemble dans un pot de teere avec le tartre martial, on y ajoutera cinq ou fix onces d'eau > on couvrira le pot Sc Ton en bou- chera les jointures avec du plätre , on le mettra bouillir au bain marie pendant fix ou fept heures , puis on coulera avec forte expreflion tout ce qui fera dedans , on y ajoutera quatre onces de fyrop d'abiinthe , Sc l'on auva un bouillon amer dont on prendra un petit verre a chaque dofe , deux ou trois fois par jour. 11 a les memes vertus que le precedent, Sc il eft un peu nouriilant, il eft bon pour l'hydropifie , pour la jaunifle, pour la reterkion des menftrues, pour le fcorbut. Apozeme ou bouillon rouge. Prenez. des racines de chicoree fauvage , de celles d'ofeille longue , de Celles de frai- z.ier, de la regliße ratijjfee > de chucuneßx gros , Des feinlies 4'aigrenmne, depimprenelle , d'admntum ou fente capilUire & de fume- terre , de ebaeune une poignee. Taites bouillir le tout felon l'art dans trois pintes d'enu commune , jufqu'a la confoat- iton du tiers, puis coulez.. TL E M A R Q_U E S. On nettoyera bien Sc l'on mondera les racines de chicoree , de fraizier Sc d'ofeille ; on les coupera par morceaux , & on les mettra bouillir dans l'eau t on y ajoutera les herbes hachees &: enfin la reglifle concaflee , pour faire une decoction qu'on coulera quand eile fera refroidie fans la preifer ; on 1'appelle bouillon Boüillcm rouge, on y peut dilibudre pour la rendre plus agreable, quatre onces de fyrop de rouge. pomme fimple - , Sc fi l'on veut la rendre plus aperitive, trois dragmes de (el vegetal. Dofes Vertus. 8a PHARMACOPE'E Vertus. Cet apozeme eil aperitif, humettant, propre pour lever les obftructäons du Dofe. f° ve ' ^ e ^ a rate » P 0Lir ^ a jauniHe ; on en boit trois ou quarre verres par jour entre les alimens. Apozeme cephaliqae purgatif. Frenez. des racines de benoite , de pivoitie male , & da gtty de cbefne , de chacm demi-once , Besfeinlies de betoine , de rofmarin & de fange ( de chacune detni-poignee. Que ceLi boutlle dansdeitx pmtes d'eati commune jufqu'a la confomption du quart. Faites enfuite la colature [uns expreffion. Pitts f*ites-y infufer pendant qium-e heures ßx dragmes de fcnne monde , deux dragmes de rhubarbe , & autant de irochifques d'agartc, un gros de bajes de genievre & trois gros de tartre foluble. Apres quoi vous coulerez. l'tnfußon & l'exprimeret. & vous y dtßoudrez. deux onces de jyrop de rojes foluttf, compofe avec agartc, & autant de fyiop de fieurs depe/cber, pour en faire un apoi.eme purgatif. R E M A R Q^U E S. On nettoyera , on conca(Tera les racines 8c le guy de chene, on les fera bouil- lir dans l'eau un quart d'heure , puison y ajouterales feiuües •, on cominuera la decoction jufqu'ä la confomption d'environ le quarc de rhumidite , on coulera la deco&ion toiue chaude fans preller le marc, &; p on y mettra infufer chandement l'efpace de quinze ou feize heures dans un por couvert, le fenne j l'agaric , la rhubarbe coupee par petits morceaux , les bayes de genievre concaflees & le rarere foluble; on fera fremir l'infuiion für le feu , & on la coulera avec expreffion, on mefera dans la colature les fyrops pour faire du tout un Apozeme purgari£ Veitus. Ilpurge toutes les humeurs & principalement lapituire du cerveau; la dofe en Dofc eft depuis trois onces jufqu'a fix, on en fait prendre plufieurs jours de fuite , un ou deux verres par jour. On doit faire la decoelion des Apozemes purgatifs, legere, afin qu'il fe trouve de la place dans fes pores pour les purgatifs qu'on y met. On peut für ce modele preparer les Apozemes purgatifs de qualites difFe- rentes, en appropriant les remedes aux natures des maladies pour lefquelles on les donne. Les Apozemes en general fönt des remedes afTez approchanrs des Juleps dont nous allonsparier , a la difference qu'il y entre un plusgrandnombre de medi- camens qui les rendent moins agreabies. On peut ajouter a ces decodtions toures fortes de remedes fimples ou compofez, laxatifs ou forrifians , & y dillbudre meme des fyrops, des teintures ou des fels üüvant les diverfes xntentions qu'on peut avoir. CHAPITRE. UNIVERSELLE. 8t C H A P I T R E V. Des Juleps. JUlep ou Juleb eft un nom Perfien qui fignifie breuvage doux, les Grecs l'ap- pellent Zoulapion , & les Latins J ulepus, öc Juiapium ou Hydrofaccbarum , c'eft un nielange de fyrops &c d'eaux diftillees on de decodions legeres , dont lapro- poirion eft ordinairement d'une once de fyrop für fix onccs d'eau ou de deco&ion. Le Julep des Anciens etoit beaucoup plus fucre que le notre , car c ecoit propre- tnent un fyrop clair. Les juleps fe fönt de differens fyrops & de difFerentes liqueurs, fuivant les ma- iadies pour lefquelles on les donnei ils peuvent erre rendus aigres avec des efprits ou avec des fucs acides. On ne les preparc qu'au rems qu'on en abeioin , parce qu'ils ne pourroient pas fe garder que deux ou trois jours en Hyver, & environ vingt-quatreheures en Ete dansun lieu frais;onn'y mele jamais de purgaüf. julep cordial. Prenez. du fyrop de Limons, une once. Des eaux d'allelfta, de reyne des frei. & de buglofe , de chacune deux onces» Metex, le tout pour un Julep qui fera pns en une feule dofe. R £ M A R Q^U E S. On pefera premierement le fyrop de limons dans une phiole, puis on y verfera les eaux diftillees, on agitera le tout enfemble , & le Julep fera fair. Il eft propre pour fortifier Sc rejoüir & le coeur. On peur au lieu des eaux diftillees fe fervir d'une legere decoc"bion de feuilles d'oxytryphyllum t de reyne des prez Sc de buglofe. Ceux qui recherchenc particulierement le Bon goüt dans les juleps, les preparent avec de Teau commune & le fyrop qui leur femble le plus agreable, conime celui de grofeille , celui de berberis , celui de grenade, ceiui de violertes, ils melent avec ce dernier quelques goutes d'efprit acide de vicriol 5 ou de foufre. Le julep rofat ou Alexandrin ou Royal des Anciens, etoic un fyrop clair qu'on faifoitavec trois parties d'eau rofe & deux parties de fucre. julep peBonL Trenez. du fyrop de jujubes, une vnce. Des eaux de fcdieufe , de botracbe & des fituis de xoquelicoq , de chacune deux Qtices. Metex, le tout pour un julep d'une dofe. REMARQUES. On pefera le fyrop de jujubes dans une phiole, & J'on y verfera les eaux diftillees , on brouillera le tout pour delayer le fyrop, & le julep fera fait pour une prife. Il humedle la poitrine & il adoucit les äcretez, ou les ferofitez falees qui tom- bent deffus. Juleb Julapiun. Hydrofac charum. Venus, Julep rofat, ou Ale« xandrin , ou Royal. VcitUü ?L 'Vertusi . Dole. Si PHARMÄCOPE'E Julep hyßefique.- Trenez. des eaux difitllees de meüße & d'amoife, de chacune deux ottces 5 de Vem de fleurs d'oranges , un gros, De l'eau de canelle deux gros; de l'eau d'armoife , une ome. De U teinture de caßoreum & de l'efprit volatil huileux aromatique , de thacun huit gouttes , & de fhuile de fuccin reäifiee , quatre gern tes. Melez. le tont pour un Julep d'une dofe. R E H A K Ö_U E S. On pefera dans une phiole de prife , le fyrop , on melera bien l'huilc de fuccin, la teinture de caftor & l'efprit volatil huileux , on y ajoürera l'eau de canelle, puis les autres eaux pour faire un julep qu'on donnera en une prife. Ü abat les vapeurs hyfteriques, il fortifie, il excite ies mois. Julep hyßerique camphre' de Bateus. Ahmet, deux gros decamphre & l'eteignez, pbjieurs fots dans une cbopined'eau de fontaine jufqua ce qutljoit tntierement eonfume , apres telaconlez. la liqueur. R E M A R Q^U E S. On alumera le camphre au feu &on le plongera dans l'eau pour l'y eteindre, on le ralumera & on l'eteindra , on continuera de meine jufqua ce qu'il foit touc eonfume > enfuite on coulera l'eau , ce fera le julep hyfterique camphre. Il eft bon pour abatre les vapeurs , pour fortiher la matrice & le cerveau, pour exciter les mois aux femmes. La dofe en eft depuis deux onces jufqu'a huit. Le camphre s'enflame tres-facilement •, il faut le tenir avec une petite pincette« On ne doit pas s'imaginer qu'il fe diflolve dans l'eau, il ne lui donne qu'une im- preflion , & il fe conlume en brulant. Cette liqueur eft improprement appellee julep, puifqu'il n'y entre point de fyrop, on Pappelleroit plus juftement eau camphree. Si l'on eteignoit le camphre dans de l'eau d'armoife au lieud'eau commune, le remede en feroit plus falutaire. Sur ces modeles on peut faire d'autres juleps appropriez a d'autres maladies. CHAPITRE VI Des Emulßotju EMULSION vient du verbe Latin emuigere, qui fignifie tirer du Iait ; en eft et ce remede approche fort de ia couleur 8c de la confvftence du lait; on le tire des amendes, des femences froides, ou de fruitsdiflouts dans les eaux diftillees qu'on exprime, 8c qu'on edulcore avec du fucre ou avec des fyrops. Entulfion peclofale, Vrtnet, des amandes douces feparees de leur peau , une douiLame, Des quam grandes femtnees froides mondees , Jtx dragtnes. £t de la fetmee de pavot blanc , me demi-dragme. UNIVERSELLE.^ S; Que tottt celafoit concaffe dans un monier de marbre , en y melant peu a, peu, de U ' decoftion faite avec l'orge , les jujubes& les capillaires; le tout jufqu'a la quan- iite de trois demi-fextiers ; apres quoicoulez, & exprimez, la liqueur , enfuite dif- folveu-yfix dragmes de fyrop d'altbea, & antant de celmde UiJfiUge , pour ** faire trois dofes d'emuljion. en R E M A R Q^U E S.. On aura douze belies amandes douces, on les plongera un moment dans de l'eau chaude, & Ton en feparera la peau qui fe levera aifement, on les mertra dans un petit monier de marbre avec fix dragmes des quarre grandes femences froides mondees & une dragme & demie de femence de pavot blanc ; on pilera le rouc enfemble avec un pilon de bois, &c quand la matiere commencera a prendre une confiftence de päte, on y verfera snviron une cuilleree d'une decoftion qu'on aura faite avec de l'orge , des jujubes, des capillaires, on continuera de battre la pare & dela diftoudre peu a peu avec la decoftion , jufqu'a ce qu'on en ait employc une livre &c demie, il fe fera un laift qu'on patTera au travers d'une etamine blanche 5 exprimant fortementle marc. On melera dans la colamre les fyrops d'Akhata 6c de TußilJage, Sc Von aura une emulfion pour rrois prifes. Elle eft propre pour humefter & pour adoucir les äcretez de la poirrine , pour Vertust exciter le crachar, pour calmer la toux, provoquer le fommeil, mais eile le provo- quera encore bien plus furement fi l'on y ajoute une once £c demie de fyrop de pavot blanc ; on en prend un verre ä la dofe. Dofc« Emulfion rafrahhijfante & aperitive. s Trenez, des quatre grandes femences froides mondees , une once. Des femences de mauve & de pavot blanc , de ebaeune un gros. Que ces femences foient pilees dans un monier de marbre , en y melant peu a peu de la decoclion faite avec les rachtes d'althea & de nenupbar jufqu'a la quantite d'une pinte. Coulez.enfuite,& exprimez.la liqueur ,pnis diffolveiL-y deux onces de fyrop , & mutant de celui de nenupbar. Ce qui fera quatre a cinq dofes d'emuljion, R E M A R Q_U E S. On pilera toutes les femences enfemble dans un mortier de marbre, & quand dies commenceront a fe mettre en päte , on y melera un peu de la decoftion, on continuera ä battre & a deiayer la matiere, y verfant peu ä peu de la decoftion , jufqu'a ce que tout y foit, il le fera un laift qu'on coulera exprimant le marc ; on melera dans la colature les fyrops, & l'on aura des emullions pour quatre ou cinq prifes. Elle eft propre pour cbaffer doucement le fable des reins & de la veffie , pour Vertus. temperer Sc adoucir les äcretez d'urine, foit qu'elles Yiennent d'une chaudepifle ou d'une autre caule. On peut ajoüter dans ces emulfions un dragme d'yeux decrevifle preparcz > Sc autant de cryftal mineral pour les rendre plus aperitives. Li; Vsrtus. g 4 PHARMACOPE'E Emulßon aftringente, Trenez, une doux,dtte d'amandes douces depouillees de lenr peau t Des femences de coton , de plantain, de taüchtrum, de pavot blatte, de coins , de fu- mac \ de ebaeune une dragme & demie. Que ces femences foientpilees , en y melant peu a peujufqu'a une pinte de decocTion d'orge , de racines de plantain & degrande con/oude. Apres cela coulez. la liqueur & l'exprimez., puls dijfolvez. dans la colature deuxonces de fyrop de rofes feches ,& autant de celui d'epine-vinette, pour en faire quatre au c'tnq dofes d'emuljions. R E M A R g_U E S. On plongera douze belies amandes douces dans de l'eau chaude pour les depouil- ler de leur peau , & lorfqu'elfes feront pelees, on les mettra dans un petit monier de marbre avec les femences; on pilera le tout enfemble avec un pilon de bois juf- qu'a ce que la matiere fe reduite prefqu'en päte ; alors on y melera un peu de la decoction qui aura ete faite avec les racines de grande confoude , de plantain 8c l'orge; on continuera a piler la matiere , y ajoutant peu ä peu de la decodtion pour la deliyer jufqu'a ce qu'on en ait mis deux ii/res, il fera fair un laicT: qu'on coalera. avec forte expreflion, & l'on y diflbudra les fyrops > on aura une «nulluni pour quatre ou cinq prifes. Elle eftpropre pour arreter lescrachemens de fang , la dyfenterie Sc les autres cours de ventre & hemorragies. Si l'on veut la rendre encore plus aftringente , on peut y meler de la terre fi- gillee, du corail prepare 8c de lapierre hannatite, de chaeun deux ferupules ; il eil bon meine quelquefois d'y didoudre un peu de laudanum. CHAPITRE VII. Des Amande^ i? des Orgeats. LEs Amandez & les Orgeats ont beaueoup de rapport avec les Emulfions ; ce fönt tous remedes liquides aflez agreables au gout; mais les premiers erant plus aifez a faire, fönt aulli plus en ufage, car on en prend pour les delices auranc que pour la fante. Trenez, desamandes deuces pelees , deux onces. "BroyeZs-les dans un monier, puis rerfez, deffuspeu a peu une chopine de decoäkn d'orge mondee f coulez. & expiimez. enjfmte; dijfolvez.-) une once & demie defucre blanc s pour faire un amande. R E M A R. Q^U E S. On choi/ira des amandes douces bien entieres & des plus nouvelles , on Jes plongera un momenc dans l'eau chaude pour les depouiller de leurs peaux qui fe Jeveront facilement, cependanton fera bouillu legerement dans de l'eau , demi- poignee d'orge moiidee, on/etteraeettepremiere'eau qui fera/aunätre 8c qui nc ■ UNIVERSELLE. 8j eontiendra que la crafTe de l'orge, on lavera encore l'orgeavec de l'cau chaude jufqu'a ce qu'elJe ne teigne plus, puis on la feiabouillk dans une quantitc fuffifante de nouvelle eau jufqu'a ce quellecommenceä fe crever , alorson retirera la deco- £hon de dellus le feu Sc on la laiiTera refroidir. On pilera les deux onces d'aman- despelees dans un petit mortier de marbre avec un pilon de bois ; Sc quand elles commenceront a femettre enpäte, on y verlera peu a peu une livre de la deco- ction d'orge pour faire un laidt qu'on coulera avec expre/fion , Sc Ton y diflou- dra le fucre en poudre. On aura un amande qu'on pourra aromatiier avec demi-once d'eau de fleur d'orange pour le rendre plus agreable , c'eft ce que les Limonadiers vendenc depuis quelques annees fous le nom d'Orgeat; il y a cecce diffetence qu'ils Orgeat des n'obfervent pas d'y employcr la decoction d'orge monde, mais qu'en fa place ils fe Ljmon &- contentent d'eau pure pour tirer le laid des amandes, la fraicheur de la glace qu'ils dlcrs * lui donnent, contribue aulli a le rendre delicieux.; on peu't y meler deTambre Sc du mufc fion le trouve a propos. L'amande eft un remede alimenteux ptopre pour nourrir , hume&er , rafiraichir, Vertu*; reftaurer la poitrine, pour calmer la toux , pour adoucir les acretez de la trachee artere, pour excicer le dormir. On peut au Jieu d'eau d'orge employer le Bouillon de veau ou l'eau de poulet, pour tirer le iaicl: des amandes Sc au lieu du (ucre , le fyrop violat ou celui de capillaire, ou meine les fyrops de nenuphar Sc de pavot blanc quand on voudra rendre l'amande fomnifere. Ofgext. Prenez, de l'orge feparee de [on ecorce , trois onces; faites-la bouilllr a petit feu dans de Veau bkn clahe , & apres avoir jette cette premiere eau verfemen d'autre dans laquelle l'orge bomllira pendant quatre a cinq beures. Coulera enfitite U liqueur & y faites fondre ce qu'il faudra de fucre blanc pour lui dmner un gvüt agreable ; apres ceU dinnex, encore quelques boittllons a U decottion , & l'orgeat fera fait. R E M A R Q^U E S. On lavera l'orge monde •, on le fera bouillir un demi-quart d'heure dans envi- ron une Uvre Sc demie d'eau commune , on jertera cette premiere eau qui fera jaune& Ionen mettra afa place quatre livres d'eau bien claire , on continuera Ja coction a penrfeu jufqu'a ce que l'orge loit crevee , alors on retirera la deco- ction de defüus le reu , & quand eile fera a demi refroidie, on ecralera l'orge avec une cuilhere Sc on Ja diflbudra autant qu'on pourra dans la liqueur , on palfera la dinoiuuon par un tamis de cun , on y ajoutera ce qu'il faudra de fucre pour Ja rendre agi^able , & l'on fera mitoner Je meiange für un petit feu jufqu'a ce qu'il fe loitepaiili :n coniiftence de panade daire, onendoit avoir une moyenne ecuellee qu'on fera prendre au malade , chaude commeun bouiJJon a l'heure du doimir, c 'eil l'orgeat qu'on appeüe vulgairement o< ge monde. Or^ea* Ceft un remede ahmenteux. I'l nourric & reftaure en hume&ant Sc rafraichiflant Or^e raon- lapoitrine , ll provoque le tommed Sc ü modere la roux. de. Si les quatre Lvlcs d'eau ne fumfoient pas pour faire cuire l'orge jufqu'a crepa- Vertat- ture , il enfaudror. üiettre davantage , maisilfaut quelle foitchaude , car fx on l'y Nerfoitfroide, eile empecheroit que l'orge ne s'amolic. Lii; PHARM ACOPE'E CHAPITRE VIII. Des Potions. Potion T E raot de potion vient du verbe Iatin potare qui fignifie boire, ce nom peut coidiale. J ä £ cre donne a toures fortes de breuvages, mais on ne l'adapte ordinairemenr en Medecine qu'a cerrains melanges qu'on fait de plufieurs poudres, confe&ions , elecluaires> fyrops , elyxus, teintures, efTences, & qu'on dilfout dans des liqueurs: on peut preparer des potions de toutes fortes pour chaque maladie particuliere : on en fait d'anodines, d'emetiques, de ftomachiques & pour divers autres delTeins. Ce que La potion cordiale eft proprement uh Julep dans lequel on a meJe quelques c'elt. drogues fimples ou compofees comme des poudres , des confeclions cordiales: La potion hyfterique eft im Julep dans lequel on a meJe quelques remedes hyfteriques : enfin la potion cephalique eft un Julep dans lequei on a mele quelques medicamens ' cephaliques. La potion purgative eft une Medecine ou Apozeme purgatif ■, les dofes des drogues qui entrent dans les potions, ne peuvent etre generatement determinees au jufte, car les Medecins les fontplusou moins fortes fuivanclausindications Scla diverfes intentions qu'ils peuvent avoir. Potion cordiale. Trenez, de la confeclion cThyac'mthe , une dragme , Du fyrop de tunotis , une once •, Des eaux de Buglofc , de cbardon beriit & 4'alleluia , de chaeune une once & demie; Mtlez, le tont pour une potion. R E M A K Q^U B S. On diflbudra dans un petit mortier la confe&ion & le fyrop dans les eaux diftil- lees, pour faire du tout une potion cordiale qu'on fera prendre au malade tout d'un coup ou a plufieurs prifes. Vertus. Elle eft propre pour fortifier le coeur , pour renfter a la malignite des humeurs. On peut ajouter dans cette potion, des poudres diamargaritum frigidum, de vi- pere, de l'antimoine diaphoretique, du bezoard, des fels volatils & plufieurs autres remedes femblables fuivant le befoin. Potion cephalique* Frenex, de la confeäion alkermes , une dragme ; Du fei volatil de corne de cerf , un ferupule , Du fyrop d'oeillets , une once , De l'eau tberiacale, demi-once , Des eaux de betoine , de marjolaine, de faucy, une once & demie. Metex, le tout pour en faire une potion qui fera prife par cuillerees. R E M A R 0_U E S. On diftbudra dans un petit mortier de la confection d'alkermes & le fei volatil de corne de cerf avec le fyrop & les eaux diftillees , pour faire une potion. Elle eft propre pour fortifier le cerveau, pour l'epilepfie, pour l'apoplexie, pour la letargie , pour la paralifie ; on en prend deux ou trois cuilierees a la fois. On peut ajouter dans cette potion plufieurs autres drogues cephaliques, com-; Vertu«. Dofe. tT N I V E R S E L L E;- S 7 itte la teinture de caftor, le diafcordium, lapoudre de gutcette, I'efprit ou efTence de gerorle. Yotiort aßringente contre le crachement & vomijfement de fang t de Sylvias. Trenet. du fyrop de myrtilles, une once; du fang-dragon , une dragme. Des jeux d'ecreviffes preparees & du diaphoretique minerat, de cbacununfcrupute, De l'eau de plant am , deux onces , Del' cm de rofes, une once, Du vmaigre , fix gros. Melez, &f'altes unepotkn aprendre a U cuitliere, REMARQUES. On aura du fang-dragon le plus fin, on le pulverifera fubtilement, on le melera avec les yeux d'ecLeviffe prepares & l'antimoine diaphoretique , on y ajourera le fyrop de mymiles, on diffoudra le touc dans les eaux diftillees & le vinaigre, 8c Ton aura une potion. Elle eft aftringenre, propre pour arreter le crachement & le vomifTement de Vertus» fang, pour Je cours de venrre 8c la. dyfenterie, pour les pertes de fang t les fleurs bianches 6c aurres ecoulemens de matrice. La dofe en eft une cuilleiee , öc on la Dofc» reitere fouvent. Onpourroic ajourer dans cette potion une dragme de l'eau ftyptique, de laquelle j'ai donne la defcription dans mon Cours de Chymie. Potion hypctique* Prenez. du diafcordium de Iracaßor , un gros; du fyrop d'armoife , une once. Des eaux de meliffe , de matricaire & de rhue , de cbaeune une once & demte. De l'eau de fleurs d'oranges , une demi-once, de l'eau de canelle , deux gros. Du fei d'armoife , quatre fcrupules ; de la teinture de caßoreum & du fei volaül hui-r leux , de cbacun un gros. I/Lelez. letout pour une potion qui feraprife par cuillerees. R E M A R Q^U E S. On di/Ibudra dans les eaux diftillees , le diafcordium, les fels, le fyrop, puis on y melera la reinture de caftor, on aura une potion hy fterique qu'on-fera prendre par. cuillerees. Elle eft propre pour abatrre & diffiper les vapeurs, pour lever les obftrußions V«rtus» de la matrice , pour exciter les mois aux femmes. On peut ajouter dans cette potion quinze grains de camphre diflout ou liquefie par quinze gouttes d'huile de fuccin recftifiee, mais lapotion en fera plus degoutante. Potion antinephntique. Prenez. du fyrop d*altheA&d< l'huile d'anundes douces tiree fansfeu, de cbacun une once & demte ; du metlteur vin blanc , ttois onces . Des eaux de raves & de parietaire , de cbaeune deux onces t Du crjfial minerat, un gros > Des efprits de tberebentine & de fei , de clueun huit gouttes. Melez, letout pour deux dofes de potion. n PHARMA 'COPE'E Vertus. Vertus. Dofe. Vertus. Dofe. R E M A R O^V E S. On diflbudra dans unpetit monier le cryftal mineral avec le fyrop , le vin &les eaux diftillees ,on y melera enfuite lesefprits &c l'haile d'amandes douces tiree fans feu , pour faire une potion qu'on prendraen deux dofes. Elle eft fort banne pour charier daucement le phlegme ou la gravelle, ou la jyüerre qui du rein paffe par l'uretere dans la veilie , & qui caufe la colique nephre- uque. Elle poufle par les urines. C H I X. APITRE Des AUxtwes. MIXTURE vient du verbe latin mfeere , qui (lgnifie meler, ce nom parolt bien general, ll pourroir erre donne a une infinite d'efpeces de melanges qu'ou fait dans la Pharmacie, neantmoms pn n'a courume de l'adapter qu'a certains melanges d'elpnts, d'eflences , d'elixyrs, d'eaux diftillees qui fe donnant en petitc dofe ne Lullent pas de produue l'eftet que d'autres remedes en grand volume pro* diuroient, öc lls agillent plus promptement. Mixture antieptleptique. Prenei. des eaux imperiale & de canelle , deebaeme une once , De l'efprit de crane bumain reüifie , deux gros s De L'eiprit de fuccin reäifie ,du fei volatil huileux & de la teinture de fei de tarne, de chaeun un gros. Eaites de tont cela une mixture, R E M A R Q^U E S. On pefera dans une meine phiole toutes les drogues l'une apres l'autre, & on les brouillera bien enfemble pour les melanger ^ on fera une mixrure qu'il faudra bien boucher. Elle eft propre pour le haut-tnal ou epilepfie , 8c pour les autres maladies du cerveau, on en donne dedans & hors ia paroxylme. La dofe en eft depuisun tcru- pule jufqu a quatre. „ Mixture hyßericjue. Trenet, des eaux de canelle, theriafale, camphree & de fleurs d'oranges , deebaeune une onec. Des teintures de caßoreum , de faffran , de fuccin & de fei de urtre , de cbacHite deux dragmes. Des Imles dißillees de fabine , de menthe & d'abßnthe , de ebaeune fix gouttes. ., Ealtes de tout cela une mixture. REMARQUES. On pefera premierement dans unephioie les teintures, on y melera les efTences eu huiles qui fe difloudront facüement, puis on ajoutera les eaux diftillees , ou melangera bien le tout enfemble en agitant la phiole, Sc l'on aura une mixture qu'on bouchera bien. Elle eft propre pour calmer & abaifTer les vapeurs , pour exciter les menftrues J la dofe en eft depuis une dragme jufqu'a une dragme & demje. Mixture dture'ttquf, Prenez, de l'e fprit de terebentbine , une once, \ UNIVERSELLE. S* De l'efprit defelrtäifie , de celui de nitre dulcifie & de celui de Creßon , de chaem tro'u dragmes , Dei'e/prit de [mein & de Velixir de propriete , de ebaeun deux dragmes. Faites de tont ceU une mixture. R E M A R Q^U E S. On pefera toutes les drogues enfemble dans une phiole , on les agitera pour en faire une mixture. Elie eft propre pour la pierre, pour la gravelle , pour la colique nephretique , pour la fupreflion d'urine; la dofe en eft depuis quacre goutes jufqu a quinze dans du vin blanc ou dans une autre liqueur appropriee. C H A P I T R Des Bols. E X. LE mot de Bol ngnifie une mauere coupee en petits morceanx ,ona donne ce nom a une efpece de remede en coniiftence de pafte , c'eft ordinairement im purgarif qu'on fepare en plaüeurs parties avanr que de le prendre. La repugnance qu'on a eu de tout temps pour les breuvages degoürans de la Medecine, a fait inventer plaiieurs moyens de faire prendre les remedes fans les boire, afin que lepalais en loit le moins imbu qu'ü fe peut. Le Bol eft im de ceux- la , car etant enveloppe dans du pain ä chanter , ou ayant ete faupoudre de fucre pulverife, ou de poudre de regime , il peut etre avale fans qu'on en redeute le goür. On doie toüjours faire prendre en Bols ou en pilules les preparations de mercure & jamais en potion , de peur qu'a caufe de leur pefanteur elles ne tom- ballent entre les dents & ne les ebrankftent. La confiftence des Bols eft ordinairement pareüle a Celles des electuaires , la matiere en eft difterente fuivant les difFerentes indications quon a. Bol purgatif & aperitif contre U gonorhore'e. Prenez. de la ptdpe de caffe nouvellement tiree ,& de la confeilion hamec; de cba* Cime deml-once , De la terebcnthine un gros , de la creme de tartre , tin demi-gros, Du mercure doux , quitru grains. Melex. le tout pour un bol. UMH QJU E S. On pulverifera fubtilement le fublime doux &C la creme de tartre, on les me- lera avec la terebentine de Venife , la confedion Sc la calfe recemment mondee, & Ton fera un bol purgatif pour une prife. Il purge Sc il pouffe par les urines, il nettoye l'uretre & les vaifleaux fpermati- ques, du virus venerien. X I. C H A P I T R E Des Gargarifmes. LE mot de Gargarifme vient du verbe Grec gargarifo, fauces colluo. Les gargarifmes fönt des remedes en liqueur propres pour les maladics de la bouche & de la gorge , on en lave ces parties, fans rien avaler. 5 M Vcrtus. Dofe, Vertu«. ja PHARMACOPE' E Vertust Ca rgarifme contre l*infl,Ammation da goß er. Prenez. de Vorge emier , une once , Desfommitez. de ronces, desfeuilles de plantain & d'aigremoine, de chaeune unepoignee. "Baues bouilltr le tout dans une pinte d'eau commune jufqu'a la confomption du tiers, puis cottlei. la decoäion & dißolvez. dans une chopine de la colature , une once & demie de miel rofai & une dragme de fei de faturne ; Pour faire im gargarifme. R E M. A R OV E S. • On fera premierement boüiüir l'orge dans l'eau } puis l'on y mettra les herbes pour faire une deco&ion forte laquelle on coulera, Sc für une livre de cette deco- «äion on difloudra une once Sc demie de miel rofat Sc une dragme de fei de faturne , pour faire un gargarifme. Il eft propre pour eteindre l'inflammation du gofier , pour deflecher & gue- rir les petits ulceres qui peuvenc s'y etre tormez, pour raffermir la luette rela- chee, pour arreter le flux de bouche. On peut au lieu du fei de faturne, metrre une dragme & demfe, ou deux dragmes de cryftal mineral, mais le gargarifme en fera plus decerfif Sc moins def- ficcatif. Comme le miel rofat n'a pas un goüt fort agreable , on peut lui fubftituer pour les delicats le fyrop de rofes feches , ou le fyrop de meure. On fair aurfi les gargarifmes pour la meme maladie avec de l'oxycrat, ou avec du verjus Sc de l'eau. Gargarifme propre a atreter le flux de bouche. Trenez. de l'orge entier , une once t Des feudles de plant ain , de renouee & de rofes rouges , de chaeune demi poignee , Des noix de cjpres y de l'ecorce degrenade & deßeursdefumac, de chaeune demi once 9 De Ufemence de berberis , deux dragmes. Mettez, le tout bouilltr dans une chopine d'eau commune & autant de vin rouge jufqu'* la confomption du tiers •■, puis coulel* la decoäion dans une chopine de laquelle vous dif- foudrez, deux dragmes efextraitde mars afiringent 5 une demi dragme de fei de faturne t & une once de miel rofat y pour faire un gargarifme fekn Vau. S E M A R Q^V E S. On fera premierement boiüllir l'orge dans l'eau, puis on y adjoütera 1 ecorce de grenade, les noix de cypres, la femence de berberis , le tout concalfe on y ver- icra le vin, & quand la decoelion .iura encore un peu boüilli, i'o.n y mettra les herbes ineifees & les fleurs, on continueVa la coclton jufqu'a diminution du tie rs , ou meme de la moirie de la liqueur, on la coulera avec forte expreifion, & dans une livre de la colature on difloudra le miel rofat, l'extrait de mars aftringent Sc le fei de faturne , pour faire du tout un gargarifme. Vertus. ^ e & &rt aftringent, propre pour deffecher les ulceres de la bouche , pour raffermir les geneives, Sc pour arreter le flux de bouche, il faut s'eii gargarifex fouvent. UNIVERSELLE. 9* CHAPITRE XII. Des Maßkatoires , appdle^ en latin Apophlegmatifmi. LES Mafticatoires fönt des drogues acres qu'on mäche afin qu'elles echauffent la bouche , qu'elles ouvrenr les vaifTeaux falivaires t qu'elles delayent la pi- tuite, & qu'elles faflenc cracher ; tels fönt le maftich , la betoine, la fauge , le ta- bac, le gingembre, la pyrethre , la graine de rnoutarde, les poivres 3 la racine d'iris; on en peut faire aufli de compofez en la maniere fuivante. Paßilles matticatoires. Trenez. des racints d'iris & de flapbifaigre, de chacune demi-once , D« pivre long ' de la pyrethre & de U graine de rnoutarde, de cbacun deux dragmes. Melez. le tout en poudre & Cincorporet, avec le fyrop de rofespales pur en faire des paßilles. REMARQUES. On pulverifera toutes les drogues enfemble, & Ton incorporera la poudre avec ce qa'il faud^a de fyrop de rofes päles pour en faire une päte dure qu'on formera cn trochifques ou en paftilles, & on les fera fecher. Elles fonc propres pour exciter le crachat, etant mächees , on en envelope aufli dans un petit linge delie, &c l'on mäche le nouet. Vertus- CHAPITRE Des Errbines. XIII. LEs Errhines appeüees aufli en Latin NafalU , fönt des remedes qu'on intro- Kaftl»*» duit dans le nez pour faire moucher Sc etcrhuer, on leur donne diverfes for- mes, car tantot on les fait en poudre , tantot en liqueur, tantot en onguent, tantot en mafle folide dont on forme de petits bätons piramidaux. Poudre fiemutatoire. Trenet. de l'hellehrt Manc, du tabac & de l'iris de Florence, de cbacun deux dragm. Des fleurs de muguet, des fenilles de betoine, de marjolaine & de fauge > de chaeune m gros. Melet. le tont pour une poudre. R E M A R Q_ü E S. On mclera toutes les drogues enfemble, 8c on les pilera dans un mordet de bronze, on les paflera dans un tamis de crin ordinaire pour faire une poudre grofliere. Elle eft propre pour exciter l'eternuement Sc pour decharger le cerveau, on en v crWS , afpire par le nez. On pourroit adjoüter un ferupule d'euphorbe dans cette poudre lorfqu'on veut s'en fervir pour reveiller quelque apople&ique ou lethargique, mais dans les au- tres occafions il y a du danger de faire entrer l'euphorbe dans le nez ä caufe de fes effets trop violents. Mij I Vertus. Vertus. ft PHARMACOPE'E Errhine liquide. Treues. desfucs tirex, des racittes d'iris vulgäre , de pain de psurceau, de bete &. de chtu marin , de chacun une once & demie , Des feuilles de betoine & de marjolaine , de chacune une once, Melez, tout cela pur une errhine. R E M A R Q^U E S. On aura environ fix onces de chacune des racines recentes, on les faoera , 5£ on lcs exprimera, pour en avoir le fuc j on pilera bien dans un monier des feuilles de betoine & de marjolaine des plus vertes recemment cueillies, onles arrofera d'un peu de vin blanc, & les ayant laifle maccrer environ deux heures, on les exprimera pour en avoir le fuc qu'on melera avec celui des racines, & Ton aura une errhine. Elle delayc 8c rarefie la pituite rrop groffiere qui etoit arretee au haut du nez 5c la fait couler; on en attire par le nez apres avoir rempli Ca bouche d'eau , de peur qu'il n'y pafle de l'errhine. Comme la racine de chou marin ne peut pas etre trouvee par tout recente, pour qu'on en puifle tirer le fuc, on en aura de feche dont on fera une forte decoction qu'on fubftiruera au fuc. On peut encore faire des errhines liquides avec des decoäions de racines de pirethre, d'iris, de poivre, de roquerre de perficaria non maculata, de betoine , dethym, de calament & de beaucoup d'autres Ingrediens cephaliques Sc penetrants., Errhine en forme d'onguent. Vrenez. des meines feebes de concombre fauvage , de pjrethre > du ftapbifaigre, & du poivre noir , de tbaeun une dragme, De l'hmle laurin, une once & demie. Ealtes du tout an Liniment felon l'art. REMARQUES. On pulverifera enfemble les racines, le ftaphifaigre 5c le poivre; on melera la poudie dans l'huile de latirier , & Ion fera un onguent. Ii eft propre pour les douleurs de tete qui proviennent d'une pituite crafTe, pour l'epilepfie, pour l'apoplexie , pour la paralifie, pour les maladies des yeux, on en introduit dans les narines pour faire eternuer ou moucher. Erhine aHringent folide. Trenez. du hol d'Armenie , du fang~dragon& du corailprepare, de chacun demi-once. Des rofes rouges & des balaufies t de chacun trois dragmes, Du Vitriol blanc , deux dragmes. ll faut pulvertfer teures ces drogues & les meler, puis avec du blanc d'auf en faire une maße a laquelle on donnera unefigurepyramidale propre a etre introduite dans les narines. REMARQUES* Apres avoir pulverife tous les ingrediens I ubtilement, on melera les poudres Sc on malaxera le tout avec ce qu'il faudra de blanc d'ceuf pour une päte folide qu'on formera en petires pyramides propres pour etre introduites dans les narines. Elles anecent l'hemorrhagie du nez , on les attache ä un fil pour les pouvoir retirer quand on veut. UNIVERSELLE. »? ön peut aufli arreter le laigncmem du hez en afpirant de l'eau ftyptique qu'on Enhin# peut appcller en cette occauon Errhine ftyptiquc liquide. ftipti^ue. CHAPITRE XIV. Des Inje&ions. LE rnot d'inje&ion vient du Verbe injicere, qui fignifie jetrer dedans. L'injection eft une liquenr qu'on introduit avec des feringues dans plufieurs cavitez du corps humain, comme dans les parties naturelles de l'un 8c de Fautre fexe , dans les playes, & meine dans les inteftins , car les lavemens Tont des efpc- ces d'inje6tions ; les matieres des inje&ions fönt difFercntes furvant les diverfes indications qu'on a. Injektion pour arreter U gonorrhe'e. Trenez. des eaux de flantain & de rofes 3 de cbacme quatre onces, Du miel rofat , une once , e De la pierre medicamenteufe , une dragme. Metex* le tottt pour une injeäion. R E M A R Q^U E S. On pulverifera la pierre medicamenteufe, & on la difloudra dans le miel ro- fat, & dans les eaux diftillees pour faire une injection. Elle eft aftringente, propre pour raffermir les vaifleaux fpermatiques & pour Venu» arreter la gonorhee. La pierre medicamenteufe eft decrite dans mon Traite de Chymie, eile eft pre- ferable en cette occafion ä celle des autres defcriptions. On doit en fe fervant de cette injection prendre des pilules aftrigentcs , fi Ton veut que la chaudepide s'arrete bien & plus promptement. On peut a. la place de la pierre medicamenteufe employer les trochifqnes de Rhafis , alors l'inje&ion fera plus adouciflante , mais moins decernve 6c moins aftringente. Injtliion vulnerxife. Trenez. de la racsne d'arißolocbe ronde , une once. laites-la bsuilltr (Uns trois demifetiers de v'in blanc jufqua la confomftlon du tien, coulez, la de'cofiioti & dißolvez,-j enfuite une once & demie de miel rojat, avec demi- once de teinture de myrrhe, & autant de celle d'aloes , pur faire une injeämu R E M A R Q^U E S. On coupera par petits morceaux la racine d'AriftoIoche , on la fera bouillir dans le vin blanc jutqu'a diminution du tiers, on coulera la deco&ion exprimant le marc, on melera dans la colature le miel rofat & les teintures pour faire une inje£tion. Elle eft propre pour rarefier, pour deterger , pour refoudre 5 pour refifter a la Veitusi gangrenne , on en feringue dans les playes, on en imbibe des tentes , des pluma- ceaux, des comprefles qu'on applique für les playes Miij f4 . P.HARMACOPE'E On peut fuivant les occaiions fubftkuec le fucre au miel rof*. L'eau vulneraire d'arquebufade donr je donncrai la defcriprion dans fon Heu, eft encore une excellente injeftion pour les plpyes. On employe fort fouvent au meme ufage, l'eau de chaux &c l'eau pliagedemque. CHAPITRE XV. Des Lavements ou Clyfleres, C LTST ER, feu Clyfmus , feu Enema, fönt des mots grecs qui fignifient les deux premiers, lavement, &c le dernier, inje&ion. Le Lavement, a ce qu'on dit, eft de l'invention d'une efpece de Cicognc qui avec fon bec fe met de l'eau de la mer dans le fondeinenc quand eile eft confti- pee; mais quoiqu'il en loir, c'eft une injeclion qu'on fair entrer dans les intef- tins par le moyen d'une feringue , ou quelquefois d'une veffie pour remedier ä plufieurs maladies , comme pour amolir & evacuer les matieres qui par un trop long fejour , s'y fönt rendurcies Sc deffechees , pour chaffer les vents Sc les vers , pour exiter l'urine, pour häter l'accouchement, pour arreter le cours de venire ; on peut dire que les lavements fönt des meilieurs Sc des plus falutaires re- medcs de la medecine , quand ils fönt donnez a propos •, mais on en abufe fouvent •, car un grand nornbre de perfonnes accoutument tellement leurs inteftins a ces fbrtes de rcmedes dont elles ufent tous les jours en (ante comme en maladies , qu'elles rendent leur ventre pareffeux Sc incapable de faire de lui-meme fes fon- dtions. Leur defTein eft de fe rafraichir en tenant toujours leurs entrailles nettes Sc lavees , mais elles ne prennent pas garde qu'elles empechent par la que la di- geftion ne fe falle auffi bien qu'elle fe feroit > car il eft bcfoin d'une certame quan- tite d'excrement dans les entrailles pour exciter la fermentarion des alimens dans l'eftomach , de meme que quand nous voulons donner une fermentation douce a. plufieurs infuiions, nous mettons le vai/Ieau qui les contient dans le furnier chaud. Aufli voyons-nous que la pluparr de ceux qui fe fönt fait une habitude de prendrc tous les jours des lavements, rendent leur temperament fluet & delicat •, ils ont le teint bleme, & ils fönt plus fufceptibles des maladies que les autres j on peut mfc- me aller plus loin £< dire que leurs enfans en participent en nailfant des defauts de leur temperament. Clyßere emollient & laxatif. Trenez, de la decoäion emolliente & rafrakblffunte ordinwe } une chopine , De l'eleäiiaire lenitif, une oncc , Du miel violat, deux onccs. Melez. le tout four un Cljßere. R E M A R Q^U E S. On diflbudra dans un monier le lenitif avec le miel violat Sc la decoction pour faire un lavement. Vertus. 11 eft propre pour ceux qui fönt conftipez, pour purger le bas ventre des numeurs biüeutes & aurres, pour temperer l'ardeur des entrailles, pour moderer la fievre. Quand la perfonne eft difhcile a emouvoir , on peut ajouter dans ce lavement une dragme de criftai minerai , mais fouvent ce fei picotant trop les inteftins» UNIVERSELLE. 9; empeche qu'on ne garde le lavement affez de tcmps pour qu'il falTe une evacuatio» louable. On peut au lieu du lenitif fubftitucr un egal poids de caflTe mondee & faire la decoction en du petit lait au Heu d'eau , pour rendre le lavement plus ra- fraichiflänt. clyßere ctnrminntif & laxatif. Trenet, des feuitles de mauve, de parietale , de mercuriale & d'origan, de cht* eune demi poignee, Des fleurs de camomille & de melilot , de chaeune deux pincees ; Des bajes de Immer & de genievre ,& de Ufemence de feneuil, de chaeune deux dragmes. Qtton mextele tout bouiUir dans deuxpintes d'eau commune jufqu'a. la confom- piion de la mottle : couler* & exprimez, la decoäion • pms diffolvez.-y ßx gros de catho- licon , demi-once de diapheenic , & trois vnces de miel anthofat, 0:1 de rofmarin , dont en fern un clyfiere. R E M A R QJTJ E S. On ineifera les herbes, 011 concaffera les bayes & les femences, on fera bouillir le tout dans quatre livres d'eau jufqu'a diminution de la moitie , on coulera la decoäion avec expreflion , on prendra une livre de la colature dans laquelle on diflbudra le catholicum, le diapheenic Sc le miel de romarin pour un lavement. U eft propre pour detacher & purger les glaires, les vents &c les autres humeurs größeres du bas ventre. On peut mettre a la place du diapheenic, le hiera picra ou la benedi&e Sc en place du miel anthofat, le miel mercurial. On fait quelquefois la decoction des herbes avec le vin, & Ton donne meme des lavements de fimple vin d'Efpagne. On peut ajouter dans les lavements carminatifs, une once d'huile d'aneth ou de camomille, on y met aufli quelquefois une dragme de fei gemmc. Clyfiere hyßeriquc & laxatif. Trenez. desfeuilles de mauve , deparietaire , d'armoife, de mcrcnriale, & de ma- tricaire , de chaeune une demi poignee , Des fleurs de camomille & de füre au , de chaeune deux pincees , Des bayes de genievre , trois dragmes. Que cesßmples bouillent dans deux pintes d'eau commune jufqu'a diminution de U moitie: coulez. enfuite & exprimez. la decadion, & dißolvez, dans la colature ,ßxgros de catholtcon , & autant de benedicle laxative , une dragme de trocbifqnes , de myrrhe & trois onces de miel mercurial. VciciiSt Teur un Clyfiere, Vernis. Vfirtus. ^ PHARMACOPE'E R E M A X. Q_V E S. On coupera les herbes, on concafTera les bayes, Sc l'on ferabonillir le tout dans quarre livres d'eau , a diminution de la moitie, on coulera la deco&ion en exprimant le marc, & dans un livre de la colarure on diftbudra le catholicum, la benedi&e , les rroclüfques de mirrhe pulverifees & le miel mercunal pour un lavemenr. Il eft propre pour calmer 6c abaiffer les vapeurs, les fuffocations de matrice , pour excirer l'accouchemenr & la forde de l'arriere-fais pour l'apoplexie , pour a lechargie, on peuc y ajouter jufqu'a quarre onces de vin emetique dans le jeloin ; on mer auffi pour ces forts lavemens , de la coloquinte Sc du fenne dans la deco&ion. Clyßere deterßf. Vrenet* de la decoäion deterßve , ci-devant decrite , une ebopine , DU cathelicon double f de la rhubarbe , me demi-once , Du miel rofat, deux onces , Un jaune d'oeuf. Melez, le tout pour un clyßere. REMARQUES. On diftbudra dans la deco&ion , le Catholicon double , un jaunc d'oeuf & le miel rofar , pour faire du rour un lavemenr. Il eft propre pour purger en arretant dans les cours de verirre , on peut en re- trancher le catholicon double ü on le juge a propos, Sc mettre en place de l'huile d'amande douce, ou de lys quand le cours de ventre eft aecompagne de glaires qui caufent des epreintes. Les premiers lavemens qu'on donne pour le cours de ventre, doivent etre un peu puro-adf, parce qu'il eftnecefläire en ces ocrafions de netoyer les inteftins d'tine humeur qui enrretient le rlux , &c fouvent on guerit par cela feul •, mais li la maladie s'opmütre apres les purgarions, il faut fe fervir des lavemens fimple- ment adoueiflans Sc aftringents, on en peut faire la decodtion avec le laicl:, le boüillon de tripes, on y diflbut du fucre ou du miel rofat, un jaune d'ceuf; & quand le cours de ventre degenere en dyfenterie, on y ajoute de la terebenrliine une dra^me Sc de l'huile d'hypericum une once , d'aiurefois deox onces de iuif de mouton , d'autres fois, une once d'onguent populeum. Clyßere contte U douleur nephretique. Trenez. des feuilles de mauve , de guimauve, de parietaire & de crejfon , de chacune demie poignee , Des fleurs d'hyperkon & de verge doree \ de chaeune deux pineees , Des bayes de gemevre , trois dragmes. Ou'on mettc bouillir ces ßmples dans trois eboptnes d'eau commune jufqu'a diminut'un iela moitie : coulet-enfuite & exprimez. la de'cottwn , & diffolvez, dans la colature qui fera d'une ebopine, deux onces de miel violat , demt-ouce de lemtif, & autant de lenediäe laxaüve , Deux dragmes de tberebentine de Venife , &ßx dragmes d'buile de Un. laites du tout un dyflere. KmAIQVES' 97 UNIVERSELLE. R £ M A R Q^U E S. Oh incifera les herbes , on concaflera les bayes, Sc l'on fera du tout une forte decoction, de laquelle on prendra une livre, Sc Ton y diflbudra les ele&uaires Sc le miel, pnis on y ajoutera l'huile Sc la terebentine qui s'uniront enferable par la chaleur > Sc le lavement fera fair. II eft propre pour ouvrir les conduirs de l'iirine, pour guerir les coliques nephre- Vertus. riques &c venteufes j on peut au lieu de la benedi&e , employer le diaphxnic ou l'eiecTruaire de p(yllio •, on fait quelquefois ladecocHon dans du vin blanc ; les lave- mens dans lefquels il entre des huiles ou des graifTes, purgent moins fort que ceux oü il n'en entre poinc, parce que les fubftances graffes emouffent par leurs parries rameufes , les pointes des purgatifs. CHAPITRE XVI. Des Suppofitoires. LE S Suppofitoires fönt des medicamens folides qu'on formoit autrefois et* gland , mais a prefent on leur donne une figure plus commode qui eil celle cfevtpetit bäton de la grofleur & de la longueur d'un petit doigt, arrondi Sc fait en Pyramide. Ils ont ete invencez pour fuppleer au defaut des lavemens t pour lefquels piufieurs perfonnes ont de la repugnance, auili le mot de Suppofitoire vient du verbe Latin Supfonere qui iignifie fubftituer, ou mettre une choie a la place d'une autre. Ce remede eil propre pour lachcr un peu le ventre , on le met (oi-mc-me dans le fondement, ou bien on l'y fait mettre par un autre , on le garde quelques momens ou le plus qu'on peut, ahn qu'il ait le tems de penetrer Sc de ramohr un peu les matieres, Sc de picoter l'inteftin rectum pour l'exiter , mais il s'en faut bien qu'il agifle autant que le lavement. La matiere ordinaire des Suppofitoires eft le miel commun cuit en une confiften- ce fohde ; on Peguife d'un peu de tel, Sc on lui ote fa partie phlegmatique, tant pour le rendre convenable a l'intention qu'on peut avoir, que pour lui donner plus d'aerete •, on le fait cuire jufqu'a. ce qu'il foit noir , 6c qu'etant refroidi, il devien- ne aifez dur pour en faire de petites quilles longues d'un doigt. Suppofitoire. Trenez. du miel commun , deux onces. Du fei marin , deux dmgmes. Queces deux Ingrediens cuifent enfemble afettt feu jufqu'a se qiitls ayent acquis me conßflence aßet* dure dont on former a des fuppoßtoires* R E M A R Q_U E S. On mettra dans une grande cuillere de cuivre ou de fer, ou dans un petit poelon le miel Sc le fei, on les fera boüillir enfemble ä" petit feu, jufqu'a ce que la matiere ait acquis une confiftence folide , ce qu'on connoitra fi l'on en met refroidir un petit morceau, on la verfera alors toute chaude für le eul d'un petit monier renverfe , & l'on en formera des Suppofitoires für un marbre ou für une planche graiflee d'un peu d'huile. On introduit ce remede dans le fondement, Sc on le garde le plus long-temps Vertus, qu'on peut , il fait vuider le ventre de fcs exeremens groffiers. f N pZ V H A R M A C O P E'E Quandon veut faireles Snppofitoiresplus forts, on y ajoute deleledtuaire de hiera-picra demie-once, ou de l'aloes deux dragmes. On fait auili des Suppofitoires avec du favon ou avec des mufcardins. C H A P I T R E XVII. Des Pcjfaires. LE S Peffaires fbnt des medicamens folides formez a peu pres a la grandeur d'un doigt, mais de figure pyramidale, on les incroduit dans la matnce apres les avoir attachez par un bout a un pecit ruban afin de les pouvoir retirer quand on veut. On peut faire les PefTaires avec du liege, ou avec du bois leger, ou avec une racine, ou avec un petitfoureau de linge ou de taffetas bien delie , rempli de pou- dres incorporees dans de la cire, de L'huile &c du coton , le tout bien preffe dans le foureau, afin qu'il air afTez de folidite pour pouvoir etre introduit dans la matrice , il faut auffi prendre garde que la couture foit bien unie &c applatie de peur qu'clle ne bleffe. Celui qui eft fair de bois ou de liege ou de racine, doit etre oingt avec un lim— ment oü Ton aura fait entrer des drogues apropriees a i'intention qu'on a, par exera.- ple, ii c'eft pour provoquer les mois, on fe fervira du liniment fuivant. Liniment pour les Peßaires. Trenez, de la mjrrhe & de l'aloes , de cbacun un gros , Du fafran , un jcrupule ; ducamphre buit grains , du caßoreum, quatre grains. Le tout mis en poudre & melez, avec uneonce & demie d'onguent d'altbea, puis ajoutez,- y deux gros de fperme de baleme & ßx gouttes de fuccin pour un liniment. Quand on veut un mclange folide pour en remplir un petit foureau de taffetas , on peut le coropofer en ia maniere fuivante. Mattere folide pour les Peßaires. Trenez. des gommes ammon'tac & galbanum d'tffoutes & cuites dans le vin, de cha~ cune deux gros , De la myrrbe & de Valoes , de cbacun un gros, Des feuttles de fabine, de calament & de dtilame de crete,de chacune deux fcrupules. Du fafran & du caßoreum , de cbacun demi gros. Du fperme de baleme , un gros & demi , De la cire jaune , une once , & de l'huile de rbue a difcretion pour faire un cerat dans lequel etant cbaud , en jettera du coton ou de la tarne bien cardee , ce que l'on jugera Apropos. Si c'eft pour abatrc ies vapeurs de matrice , on oir.dra les Peffaires avec le liniment fuivant. Liniment pour les Peffaires. < Trenez, de tbuile de capres & de l'onguent martiatum , de cbacun trois dragmes , De l'huile laurin deux gros, de l'huile de jap, une dragme & demie. Meltz. le tout pour faire un liniment. V N r V E R S E L L E. ?<, Plufieurs fe fervent en cctte occafion d'un gram de mufc ou d'anibre gris, ou de civette, parce qu'ils croyent qae la marrice eft fortifiee par les bonnes odeurs, mais l'experience monrre que ce r'emede eft fouvent inutile: Si queiquefois on l'a vü pro- duire quclque effet, c'eft qae toutes chofes qu'on applique a la matrice qu'elles qu'elles foient, abaiffent les vapeurs; on penc dire encore que comme le mufc , l'ambre, la civette , fönt des matteres remplies de fonfres Sc de (eis volatils tres- fubtils, elles peuvent lever les obftrudtions de la marrice qui caufoient les vapeurs j mais pour cet effet il eft indifferent que l'odeur foit bonne ou mechante. Si c'eft pour arterer un flux de menftrue , on fe fervira du liniment fuivant. Liniment pour les Pejfaires aßriagents. Vrener. du corail rougeprepare, de la terreßgülee & de lapierre hematite, de cha- cun deux dragmes, Des balaußes, des rofes rouges & des myrtilles, de chacun une dragme. Que toutes ces drogues fount fubtilement pulvertfees , puls weites avec tro'is onces de cjrat de Galien , pour enfuireun Innment felon l'art. On peut a. la place du Gerat de Galien mettre deux onces de cire blanche , demi once d'huile de fofaöum Sc du cotton fuffifammenr pour faire an meLinge dur & propre a merrre dans de petirs fourcaux de taffetas , ou de toile fine & deliee. Le Peflaire eft appelle en Iatin Peffarium ou Pefjns, Sc en grec Pe'fjos. "cHtTa PITRE XVII L Des Fomentations. LA Fomentation eft appellee en latin Fomentum ou Fötus du verbe Fovere, ellefe faitordinairementdedeco&ions d , herbesemollientes& rafraichiilantes pour ramolir quelques duretez qui fe fönt faites dans le bas ventre , ou de üqueurs aftringentes pour fortifier & reflerrer les fibres', on rxcmpc des linges dans ces Fomentations chaudes; Sc on les etend für les parties malades . ou bien on enferme les herbes dans des fachets de toile, & apres les avoir fait boiidiir on les applique. On fait encore des fomentations feches für diverfes parties du corps, comme quand apres avoir fticaiTe du fon ou de l'avoine , on l'applique chaudement entre deux linges pour les douleurs de rhumatifmes , on fricafte de la verveine pour la douleur de cotc dans la pleurefie, de la parietaire pour appliquer a la region de l'u- retere dans la colique nephretique; on remplit de laitt chaud une veffie de cochon Sc on l'applique für les duretez du bas ventre; on fait calciner du fei Sc des cendres, Sc on les applique chaudement für le col, pour deflecher Sc faire diiliper les cathar- res. Enfin l'on peut mettre en ufage prefque autant de fortes de Fomentations qu'il y a de maux diftcrents qui affligent le corps humain. Fomentation emolliente ejr rafraichiffantc. Frenez. des racines d'Althea& de lys , de chaeune quatre onces, Des feuilles de mauve , deguimauve , de vidiers, de fennecon & de branc-urßne , de chaeune deux poignees , Desfleurs de camomtlle & de melilot, de chaeune une poignee , Dis femences enüeres de lin & defenugrec , de chaeune une once. Oue tous cesßmples bouillent dans ciuq pintes d'eau commune jufqu'a la csnfomptloH fawrs , apres cela coulez, & exprmeu la decoäion pour fervir de fomentation. Nij Arotnats mis dars la matrice. Tefftmum, up.. Fomentations feches. Vercus. loe PHARM ACOPE'E R JE M A R Q^U E S. On coupcra les meines & les herbes, on les metrra botiiüir avec Ies fleurs 8c Ie$ femences dans l'eau jufqu'a diminution du tiers, on coulera Sc on exprimera la de- codtion pour s'en fervir avec des liuges qu'on rrempera dedans, Sc qu'on appli« quera chaudement für tout le bas ventre , ou für unc autre partic du corps qu'on voudra ramolir. Cette fomentarion eft propre pour ramolir Sc pour difpofer les maricres etran- geres du bas ventre a etre evacuees ; eile eft propre pour les duretez du foyc, de la rate , & de la matrice. Pour bien fomenrer un malade , il fällt avoir deux grands linges molets & a de- mi-ufez, les plier en quarre, & les bien imbiber dans la fomentatation, laqueile aura ete mife für un peu de feu pour enrretenir fa chaleur „ on en prendra un , Sc apres l'avoir un peu tort, on l'appliquera für Je bas ventre, ou für une aucre parrie malade , & on l'y laiffera jufqu a ce qu'il commence a paroitre rrop froid au malade , alors on le retirera, Sc Von mettra en fa place l'autre linge imbu de la meine deco- ction chaude , on rcmoiiillera celui qui aura ete retire , Sc Ton continuera a chan- ges ces linges alternativement pendant une heure au moins , enfuite Ton efluyera la partie fomenree ; on pourroit fomenrer le malade avec un linge feul, mais la fo- menration ne fe feroit pas fi exaetemenr, car il faudroit attendre que le linge qu'on auroit retire fut humeefteou rechauffe dans la decodtion avant que de le reappliquer^ Sc cependant il eft a craindre que le malade ne s'enrume » au heu qu'en ayant deux linges tout prets , on applique Tun a la place de l'autre dans le meine tems qu'on 1c retire. On doit avoir eu la precaution de mettre fous le malade un drap double en fix ou en huit,pour empecher quela fomentarion qui peut couler des linges ne moüille fon lir. Fomenra- On peut encore remplir deux fachets de toile deliee avec les Ingrediens qui enrrenc tion en fa- dans la fomentarion , puis les faire boihllir comme il a ete dir , Sc les apphquer alternativement für le bas ventre a la place des linges ; cette derniere fomentarion eft plus longue ä faire que la precedenre , maiselle eft meilleure , parce que les herbes boüillies etant appliquees en fubftance für le bas ventre, le ramoliuent Sc l'hu- medent davantage. Forwntation propre aux dißocations & attx contußons. Vrenet, des feuilles de romarin , d'hjelles t de grande confoude } de fcordium, d'ori- gan & de rofes rottges, de ebaeune une poignet , De l'ecorce de grenades, des bayes de laurier & degenierre t de ebaeun une once. Quetous ces ßmples bien melez. faient enfermez. dans des fachets, Cr bouülttit enfuite a peut feu dans deux pintes de gros vin, jufqu'a diminution du tiers, apres quot ils feront appltquez. chaudement für les parties malades en firme de fonientatwn. R E M A R O^Ü E S. On concaffera bien les bayes Sc l'ecorce de grenade , on hachera les herbes, 8c Von melera le rout enfembie , on remphra de ce melange , des fachers de toile deliee qu'on aura fairs a la grandeur proportionnee de la partie malade für laqueile on veut les apphquer , on clorra ces fachets , Sc on les fera boüillir en un pot cou- verr, dans du gros vm noir ou d'un rouge fonce qu'on apelle vin de reinte , jufqu'a diminution du tiers , on laiffera refroidir a demi la decocüon, Sc apres avoir chets. UNIVE RSELLE. j6r exprime un des fachets legerement encre les mains, on l'appliquera für la partie malade : on l'y laiffera environ une heure , puis on le changera en Ie recirant, & en metranc un autre en fa place, on continuera ainfi en appliquant alrernativemenc les fachers cinq ou fix fois , autant de tems qa'il en fcra befoin, on laifTera le der- nier qu'on aura applique cinq ou fix heures für la partie. Certe fbmentation eil propre pour fortifier &pour rafFermir les osdiloquez ; les nerfs, les ligamens, pour refoudre les tumeurs qui fuivent les contufions , £>C ponr aider a la digeftion etant appliquee für la region de l'eftomach. Venus» CHAPITRE XIX. De lEmbrocation. L'EMBROCATION appellec en grec Embroki , aboeko,pluo,irrigo , & en Embroehe, ilatin Embrocbe , Afperjfio & \mgatio , eft une afperfion ou un arrofement Alperfio, qu'on faic de quelque liqueur pav ie moy en des etoupes ou des eponges für plufieurs lrrl S atl °" parties du corps, öc principaLement für la tete, pour ouvrir les pores & pour fortifier. L'Embrocarion eil proprement une Lorion compofee ordinairement de deco- ftions ou d'eiprit de vin , ou d'oxyrrhodins preparez avec des huiles &c des vinai- gtes rolats qu'on applique für la tete rafee des malades, tant pour prevenir le delire, que pour les en garentir. Embrocation pour Ix le'urgie. Trenez. des racines de fohebet long , d'iris de Florerice & de caUmusaromaticus , de chaeunes dem't ortee , Des feuilles de fange t de romarin , de be'teine , de p'üillot, de mar um odorant, de ca- lament , & desfieurs deficechas , de chaeunes demi poignee > Du jenesdorant 3 des bayes de launer , de la ferne nee de cortandre & du cumin , de ebaeun deux drugmes. TMes bouilitr Ie tout dans deux pintes d'eau commune jufqiCa la confomption du üers , enfuite coulei. &exprime%. la decoäion , puis ajoutez. dans la colature quatre ences d'eau de vie pur faire une embrocation für la tete. R E M A R Q^U E S. On conpera Sc Von concaffera toutes les drogues, on les melera cnfemble, &C on les metcra cmre dans de l'eau en un pot de terre couvert, jufqu ä diminution du tiers,on couiera la decoction avec expreffiön,8c quand eile ferarefroidied'on y lue- lera l'eau de vie, on fei a une embrocation dont on fe fervirä avec de la laine > ou des etoupes ou de l'eponge , pour mettre für la tere apres l'avoir fair rafer. Elle eft propre pour reveiüer les efprits, dans ia Jetargie , dans l'apoplexie, w ertU8 , dans la paraiifie. Oxyrrhodin. Trenet. de Vhuile rofat , deux onces } Du vtnatgrt rojat, une once. Melex.-les enfemble & en faltes m oxyrrhodin. N ii; Vertus. ros PHARMACOPE'E REHA R Q^V E S. On mettra dans une mbiepliiole, l'huile de rofe & le vinaigre rofat , on les agi- tera quelque tems afin qu'ils fe melent autant qu'ils pourront, ce fera l'oxyrrhodin. II eft bon pour les inflammations, pour deflecher les darcres, les gratelles; on en ftote les parties malades ; on s'en ferc encore en embrocation avec des c r oupes lorf- qu'on teure un petir chien ou un pigeon ouverr qu'on a fair appliquer vivanc für k tete, on j mec en fa place l'oxyrrhodin un peu chaud pour ernpecher l'inflammation qu'on craint au cerveau ; mais j'eftime qne ce remede fait plus de Wal que de bien : car comrne il eft aftiingent, il bouche les pores de la tete qu'oiVavoit ouveis par l'application du petit chien ou pigeon , & il empeche qu'une tranfpiration tres- neceilaire ne concinue a fe faire , il vaudroit mieux mettre a la place un melange compofe de parties egales d'eau de vie & de beroine, ou l'embrocation precedente« EmbrocAtion fomntfere. Trenez, dettx poignees de laitue t Desflturs de mmpbea & de rofes blanche* , de cbacune une poignee ' Du pavot & de la betonte, de chacun demi-pcignee. Quc taut ceUbwilie dans une pmte d'eau jitjqu'a la confomptwn du quart codex* enfuite & exprimez. U deceätonpaur en faire une embrocation für U tete. R E M A R O^u E S. ' On fera bouillir datts l'eau les feuilles & les fleurs jufqu'a la confomption du quart de l'humidite , on coulera la decoction & l'on s'en fervira pour laver la tete chau- dement avec une eponge. Cette embrocation excite le fommeil. Si l'on n'a point de fleurs de pavot, on peut leur fubftituer une tete de pavot rompuc par petits morceaux: comme l'on n'a pas toujours des rofes Manches , on peut fubftituer en leur places les rougcs, C H A P I T R E Des Lotions. x k. LOTION vient du verbe lAvare , qui fignifie laver ; mon deflein n'eft pas de parier ici des bains par lefquels on fe lave tout le corps tant pour la lanre que pour le plaifir ; ils fönt preparez ou naturellement comme les eaux minerales chau- des & les eaux des rivieres en Ete, ou arnficiellement par le moyen du fcu d'une maniere qui n'eft ignorce de perfonne. Je traiterai ici fculemenr des lotions qu'on fait a quelque partie du corps en particulier avec des liqueurs medecinales, foit pour cn 6ter la craffe Sc en ouvrir les pores» foit pour les rafraichir > foit pour les fortifier, foit pour en appaifer la douleur, foit pour faire mourir la vermine, foit pour provoquer le fommeil. On employe des Lotions plus ou moins fortes & penetrantes, a proportion que le mal eft plus ou moinsgrand. On lave la tete avec de l'efprit de vin ou de l'eau de la Reine d'Hongrie pour fortifier le cerveau •, pour en guerir les contufions, ou pour en difliper les humiditez fuperflues. Quelquefois on lave la tete avec de la leftive pout en oter la crafTe ou celle des cheveux : on lave ou l'on hume&e la racine des cheveux avec de l'efprit de miel pour häter leur accroiflement: on lave les parties artaquees de grateile avec l'eau qui a fervi a. adoucir le precipite blanc: on laye les UNIVERSELLE. 103 pieds & les jambcs avec des deco&ions de iai&ue , de nenuphar, de mauve, de violiers, de pavot, de pourpier , de faule pour exciter le fommeil. Lotion pourfaire mannt Ix vermint de U fite. Trenet, de la ßaphyfaigre , deux onces , Du fernen contra , une once , De l'abßntbe , de la tanaiße, de la betome , de lapetite centaurie, de chaeune deux poignees. Que tout cela bouille dans deux fmtes d'eau commune jufqu'a la confomptiott du tiers, coulez. enfutte la decoäion, lavex.-en la tite avec une eponge ou des linges mouilles, REMARQUES. On concafTera enfemble le ftaphifaigre & le fernen contra, on conpera les her- \fotm, bes, on fera bouillir le toiK dans de Feau jufqu a diminucion du tiers, on coulera la deco&ion 6c Ton l'exprimera. On enlave la tete chaudement, eile tue les poux Sc les morpions. On peut faire cette deco&ion dans de l'urine pour la rendre plus forte & y ajou- ter des racines de patience Sc d'enule campane de chaeune une once Sc demie. Lotion pour la galle. Trenez, des racines de patience & d'aunee , de chaeune quatre onces, De Celles d'bellebore blanc , une once , Desfeuilles d'abjinthe & de creßon aquatique, de chaeune une poignee. Queces plante s bomllent danstroispintes d'eau commune jufqu'a la confomption da tiers, coulen. enfutte & exprimez. la decoäion , puis dißolvej. dans U coUture Jtx dra- gmes de fei de tartre pour faire une lotton. R E M A R Q^U E S. On coupera par morceaux les racines Sc les feuilles, on les fera bouillir dans l'eaa jufqu'a diminucion du tiers,on coulera la decoction&l'on y dilToudra du fei de tartre. Cette liqueur eft propre pour deflecher Sc chafler la galle, la teigne Sc les autres VeitUfc vices du cuir •, on en lave chaudement la partie malade. On peut faire cette decoction dans les lotions du preeipite blanc, eile fera en- core plus forte. Lotion propte a noireif les cheueux. Prenex. des ecorces de noix vertes, une demi livre , De Celles de ebene , d'aune , de noix de galles, de chaeune deux onces , Desfeuilles de mjrte & de grenades, de chaeune une poignee. Que tout cela bouille dans trois chopines d'eau jufqu'a la confomption du tiers , foulet, enfutte la decoäion &l'exprimez. fortement, puis diffolvez. dans la colatute envi- ronune once & demied'alun deroebe & autant de vitrtolvert d'Angleterre pour une lotion. lf E M A R dV E S. On concafTera bien les ecorces & les noix de galle, on les melera avec les feuilles de myrte Sc de grenadier, Sc Ton fera bouillir le tout jufqu'a diminntion du tiers » on coulera & l'on exprimera fortement la deco&ion , on y difloudra Palum Sc le Vitriol vert d'Angleterre , on aura une encre dont on lavera les cheveux. Elle les noircit, on les läiflfe fecher fans les elTuycr. Quoique cette lotion ne foit pas dependante de la Medecine , mais pliitöt de la it>4 PHARMACOPE'E teinture, eile ne deplaira pas a ceux qui ayant les cheveux roux, cherchent autant qu'il peuvent Les moyens de les faire changer de couleur. CHAPITRE Des Älucilages. XXI. LE Mucilage appelle en Latin UucUUgo ou Mucago eft quelquefois une Iiqneur gluante qui jecte des Filaments quand on la verfe de quelquefois une coiie ; 011 lefait ordman ement avec les racines d'althxa , de fymphitum , les grames de lin , de fxnugrec de coing , de pfyllium , les gommes adraganth , arabique , de ceri- fier , de prunier , la colle de poifTon, la peau de belier infufees, ou bouillies dans de l'eau : tous ces mucilages fervent pour ramolir. Mucilage emollient otdinxife. Prenez, des racines d'althea , quatre onces , Des femences de Im & de fenugrec , de chaeune une once. Faites les infu/er chaudement pendant douz.e heures dans deux p'tntes d'eau commune , & quelles bomllent enfuite a pettt feu, jujqu'a U confomptim de la mottle , cou- lez. apres ceU la dicoüion, & en exprimtz. le mucilage. REMARQUES, On coupera ces racines par petits morceaux, on les concaflera, Sc on les mettra dans un poc de terre vernifle avec les femences , on verfera l'eau chaude> par deflus & apres avoir couvert le poc, on le placera für les cendres chaudes on für un neu de feu pour entretenir la chaleur pendant dix ou douze heures ; enfuite on fera bouillir l'infuiion doucement dans le meine poc couvert jufqu'a diminution de la moitie , ou jufqu'a ce quelle foit en mucilage , on le couleia alors avec expreffion. Vcrtus. C? mucilage eil propre pour ramolir les durerez, pour palmer les douleurs , pour adoucir , on en peut faire des fomentations chaudement, Mucilage de gommt xiragxnth. Trenet. demi-once de gomms adraganth la plus blanche & la plus nette que vous pourrez. trouvtr. Faites-la infu/er chaudement pendant trois ou quatre heures dans un demifetier d'eau commune t & tirez,- cn le mucilage. R E M A R Q^U E S. On choiilra de la gomme adraganth de la plus blanche Sc de la plus nette, on la concaffera Sc on la mettra dans un pot de Eiyance, on verfera deilus fix oncs d'eau commune , on couvrira le pot-, Sc on Je placera au bain marie chaud pendant deux ou trois heures, ou jufqu'a ce que route la gomme foit fondue dans l'eau, Sc qu'il fe foit fait un mucilage en forme de gelee , on retirera alors le pot de dedans l'eau Sc l'on paileta le mucilage au travers d'un tamis renverfe bien propre, afin den fe- parer quelque petites faletez qui y pourroient etre. Veitus. lieft propre pour rafraichirlapoitrine, pour adoucir la roux , pour epaiffir les crachats '> on en mele un peu dans les fyrops pedfcoraux , on en applique dans les cre- vafles du fein, des levres, des mäins, on s'en ffert pour donner des coafiftences aux pätes dont on forme les troclnfques , les paitiUes, les rotules, On V UNIVERSELLE. 105 On peut faire ce mucilage dans les eaux diftillees de plantain, de rofe, ou autces appropriees aux indications qu'on a. Mucilage pour affeter l'hemofragie. Trenez. des fernem es de pfylltum & de coing , de cbacunesdemi'once. Taites-lesinfujer cbaudement pendant douz-e heures dans un demifetier d'eati de plantain , & autant d'eau de rofes ; enfuite faites-les bouillir a petit feu jufqu a la colli (omftiondu tiers, puis coulez, cela & tirez,-en le mucilage par exprejßon. REMAROUES. On mcttra les femences de coing &: de pfyllium dans un pot de terra, on ver- fera deflus les eaux diftiiiees , on couvrira le pot & on le placera für les cendres chaudes dix ou douze heures, puis on fera bouillir l'infunon doucement dans le meme pot couvert , la remuant de tems en tems avec une elpacule d'yvoke ou de bois , jufqu a ce qu'il fe foit confume environ le tiers de la liqueur, 6c qu'il fe foit fait un mucilage , on le coulera au travers d'une etamine, 1'exprimant le mieux qu'on pourra. II eft propre pour artet« le crachement de fang & les autres heraorragies, on le Diele avec une partie egale de fyrop de coing ou de rofes feches, & i'on en prend une cuilleree a la dofe. tJ\4ucilage de cole de poiffons. Trenet, de la colle de poiffon coupee par petits morceaux , une once. lnfufez.-la cbaudement dans une chopine d'eau commune , puis tiret,-en le mucilage felon l'art. REMARQUES. On coupera par petits morceaux la colle de poiflbn , on la mettra dans un petit pot, on verfera dellus l'eau chaude , on couvrira le pot & on le placera iur les cendres chaudes , on laiflTera infufer la matiere , l'agitant de tems en tems jufqu a- cc qu'elle foit entierement diffoute & qu'il fe foit fait une colle. Ce mucilage eft fort propre pour ramolir les duretes , on le fait dritter dans plu- ficuis emplatres. On peut au lieu de l'eau commune , fe fervir de fucs on de deco&ions appropriees. Si l'Ixumidite fe confume trop & qu'il n'y en ait pas aflfez pour diffoudre la colle de poiilbn , on peut y ajouter un peu d'eau chaude. Mucilage de peau de belier. Trenet, la peau d'un belier nouvellement horche , coupeiL-la avec fa laine par petits morceaux, puis faites-la bouillir a fett modere dans une fujjifante quantite d'eau commune , jufqu a, ce quelle foit tout-a-fait fondue dans l'eau ; coulei* enfuite la de'co- itwn& exprimez, fortement la lame } pour en tirer le mucilage. R E M A R Q^U E S. On prendra la peau d'un belier nouvellement ecorche , on la coupera par morceaux , &on la fera bouillir dans une quantite d'eau fuffifante a petit reu jufqu'a. ce qu'elle loit entierement difloute , on coulera la diflolution , on exprimera fortement la laine qui fera reftee, Sc fi le mucilage n'eft pas alfez epais, on pourra en tüte evaporer une partie de l'humidite. Vertus. Dofe. Verws. 10(5 PHARMACOPE'E Verttis. 11 eft propre pour ramolir 8c pour fortifier, on l'employe dans l'emplätre pour ,, •■ les hernies. d'ofeilte, & de rofes, de ebaeune trois onces , De Veau thermale , une dragme, De la confeäion alkermes , une denn ence , Da lapoudre diarrbodon abbatis , dtux dragmes. Melez. le tout & trempez~-y deux morceaux de drap qui fervent alternativement l «ppliquez*chaudement pendant une beure ou deux für la region du Coeur. K E M A R O^U E S. On difloudra la confection & la poudre dans les eaux diftiilees, Sc l'Epitheme fera fait. Il eft propre pour fortifier le cceur, pour reveiller les efprits, pour retifter a.. la malignite des humeurs ; on le fait chaufrer dans un plat, on en imbibe deux mor- ceaux de drap lefquels on applique altetaadvement für la region du coeur. Onpeut ajouter ä cet Epitheme tels autres cordiaux qu'on jugera a. propos. Epitheme he'pdtique. Trenez, des eaux de Chicoree , de buglofe } de nenuphar , & depourpier, de ebaeunet trois onces , Du vinaigre rofat, une once & demie , De lapoudre des trois fantaux t trois gros , Des trochifques de camphre , deux fcrupules. I aites du tout un epitheme pour appliquer chaudement für la region du foye, R E M A R QJU E S. On pulverifera fubtilement les trochifques de camphre, on les melera avec Ja poudre diatriafantali, & on les difloudra dans les eaux diftiilees & le vinaigre rofat pour faire un Epitheme. Onpretend qu'il fortifie le foye en le rafraichiflant, etant applique deffus chaudement par le moyen de deux morceaux de drap qu'on en imbibera &i dont on fe fervira altemativemenr. UNIVERSEL L E, > _ ? t*j Les Epithemesquon applique fur le cceur peuvent atre de quelqu'utilite, mais ceux qu'on met für le foye me paroiffent bien inutiles ; les fomentations emollientes ou le bain agiroient mieux, parce qu'ils ont plus de difpofition ä huraedter Sc ä ramolirque n'ont les Epithemes. Epitheme en forme folide. Vrenets des conferves tfmllets & de rofes, de chacun demi once. Des confeäioHs d'alkermes & d'byacinthe , de cbacune deux dragmes. De la tberiaque ,& de la poudre diamargaritum frigidum , de cbacune me dragme. V Altes de tout cela un epitheme folide que vous etendrex, fur du cuir , & que vot;'i tfpliquerez. (haudement für la region du cceur. R E M A R Q^U E S. On pefera Sc Ton melera enfemble toutes les drogues pour en faire une päte qu'oit etendra für un morceau de cuir ou d'ecarlate , pour l'appliquer für le cceur apres l'avoir un peu chauffe. Cet Epitheme fortifie le cceur , en rarefiant le fang & & lui donnanc une circu^ Vernix lation plus Jibre. Les anciens preferoient l'ecarlate pour les Epithemes , ä toute autre etoffe ä caufe de fa couleur rouge qui eft femblable a celle du cceur , mais on a rejettc certe fu- perftition en Medecine, n'etant bonne a rien. CHAPITRE XXIII. Des Ecujfons. L'E C U S S O N appelle en Latin Scutum, apris fon nom de fa figure , c'eft un medicament qu'on applique für l'eftomach en emplacre ou en poudre, fur du cuir ou dans un fachet fair en forme d'ecuflbn pour fortifier & echaurfer ce vif- cere debilite , foit par privation d'efprits , foit par une pituite craiTe & indigefte qui enduit fa membrane interieure , on l'applique autli fur le cceur. Ecuffen empUßique. Prenez. de U vielUe tberiaque , de l'opiate dt Sdomon , du ftyrnx liquide , de cbd~ eun une once , De la gomme Tacamabacha y & de la poudre aromatique rofat, de cbacune une dragme, Des huües de noix mufeade tirees par exprefßon , de gerofles i & de canelle , de cha-, euneßx gouttes. Eaites de tout ctU un ecujfon pour appliquer für la region de l'eflomach. R E M A R QJJ E S. On pulverifera fubtilement la gomme tacamahaca, on melera enfemble la theria- que, l'opiate de Salomon & le ftorax liquide, on y incorporera la poudre de tacamahaca •, celle de rofe aromatique, 6c les huiles pour faire une päte qu'on etendra Oij Venus. Vwtus. ro8 PHARMACOPE' E für un morccau de cuir ou d'etoffe taille en forme d'ecuflon pour appliquer für la region de l'eftomach. Il fortific l'eftomach , il aide a rarefier & a. difloudre les glaires qui peuvent etre dedans , il aide a la digeftion , il appaife le vomiflement. On peuc fe fervir des emplärres ftomachiques qu'on decrira dans la fuite oour le meine dellein. Ectißon fait avec des poudre s. Tretiez, du fauchet lang , de la fange , du bois d'aloes t du calamus aromatique de cbacun une dragme t Du jonc odorant t de la canelle, du gyrofle & de la tiolx mufeade, de cbacun demigros Des rofes rouges , de la marjolaine, de l'abßntbe, & de la menthe , de chaeunes deux dragmes. Que tous ces Ingrediens foient mis en poudre , qu'on repandra für du coton mufqui, qui, jera ajufle en forme d'e'cujfon. R E M A R QJJ E S. On pulverifera toutes les drogues enlemble groffierement, & l'on melera la poudre dans du coton mal que-, quon aura forme en ecuftbn aflez grandpour couvrir la region de l'eftomach , on enveloppera le rour en la meine difpoiition dans de la roile ou dans du raffetas, on piquera cer ecuftbn par petits quarrez , on y attachera des rubans aux coings pour le tenir en etat, afin qu'etant porte , il demeure toüjours für l'eftomach. Si ce remede eft pour l'ufage d'une femme ou d'une fälle, on employera du coton common au lieu du mufqui , de peur des vapeurs. Il forrifie & echauffele ventricule debilite par rrop de rafraichiflement, ou par des glaires qui tapifTent fes membranes interieures, ou par un defaut d'eiprits , ii aidea la digeftion , il provoque l'appetit, il arrete le vomiiremenr.. CHAPITRE XXIV. Des Cucuphes is* des Dcmiatcupbes. LES Cucuphes fönt des bonnets piquez garnis de poudres cephaliques, qu'on applique für la tete des malades pour fordfier le cerveau. Les Demicucuphes ne differem quen grandeur , car elles (ont remplies des meines remedes , elles fönt faites pour ceux qui ont la migraine , ou quelque autre maladie qui ne uent qu'une partie du cerveau. Poudfe prepare"e pout des cucuphes. Trenez. des clouds de gyrofle , de la canelle , du calamus aromatique, du jonc odorant, de l'iris, de la marjolaine, du romarin , de la betoine , de lafauge, dufixchas " de cbacun une dragme, Des bajes de laurier , duflyrax , du benjoin , de lagomme Tacamahaca , de cbacun une demi dragme. Metten en poudre tous ces Ingrediens, & repandez. cette poudre für du coton qtfon enfermera d*ns, U doublure d'un bonnet pique. Vertus, E UNIVERSELLE; foj} R E M A R QJU E S. r On pulverifera groflierement, & Ton melera toutes les drogues, on öpandra la poudre dans du coton qu'on envelopera de toile Sc de taffetas, pour en former un bonnec, on le piquera par petits quarrez afin que la poudre demeure en erat. Ce bonnec pique eft propre pour rejouir 8c fortifier le cerveau , pour l'cpilepfie, our la lethargie , pour la paraliiie, pour l'apoplexie ,• il rarefie par les parties fubti- es qui enrrent par les pores du crane , la pituite trop condenlee , & il lui donne quelquefois cours par le 'nez ou par la bouche. On peut ajouter a la poudre de cette cueufe , du mufc & de Pambre de chaeun qaatre grains, mais ces aromates excitent des vapeurs a beaueoup de gens. C H A P I T R E XXV. Des Parfüms, LE S Parfüms de la Medecine n'exhalent pas toüjours de bonnes odeurs, il y en a de fort agreabies , & de fort delagreables, mais tous ne tendent qu a. ap- porter quelque foulagement aux malades. Quoique les elpeces de parfums foient d'une etendue coniiderable , on peut les divifer en deux generales, en parfums liquides 8c en parfums fecs, les parfums liquides fönt comme les eaux de lenteur , les caflolettes ; les parfums fecs fönt comme les paftilles , les bayes ou le bois de genie- vre qu'on fait brüler dans les chambres des malades , pour corriger le mauvais air. Onparfume agreablement les chambres avec de l'eau de fleur abränge qu'on fair chauffer für un petit feu dans une phiole d'etroite embouchure , afin que la vapeur forte & fe repande doucement. Les Parfumeurs fönt un melange de benjoin, de ftorax, d'iris & d'autres drogues aromatiques en poudres groflieres, ils les humectent avec de l'eau de fleurs d'oran- ges, & ils en fönt une pate liquide qu'ils mettent dans de petits vaiffeaux de cuivre etames en dedans , c'eft ce qu'on appelle cafiolettes. Quand on veut s'en fervir on Cafiolet&s* en pofe une für un petit feu , afin que la matiere etant echauffee, eile repande une vapeur agreable. OnparfumefouventlesHopitaux & les autres lieux ou Ton craint la maliguite de l'air , avec du vinaigre chaud , ou avec de Pefprix de fei armoniac , ou avec de Pefprit de viru On verfe peu a peuun melange d'efprits de vin &c de foufre dans un poclon de ferpour en faire recevoir la vapeur aux pulmoniques. On f«it bruler des poudres cephaliques pour fortifier le cerveau. On fait bruler des poudres aftringentes pour empecher que les ierofites ne toirj- bent für la poitrine dans le commencement du rhume. On fait bruler des poudres cordiales pour fortifier le cceur. On fait bruler des poudres hifteriques, da papier, des favates & plufieurs autres chofes d'ou il puuTe fortir une odeur puante pour appaifer les vapeurs. On fait bruler des poudres mercurielles pour exciter le flux de bouche. On fait des fachets defenteur pour rejouir les melancoliques Sc pour leur fortifier le cerveau , on parfume auffi leurs habits avec des poudres aromatiques, Poudre propre a fervir d'un parfum ce'phdique. Vrenet, du Styrax calamlte & du benjoin , de chaeun une dragnie & demie. De Ugomme degenievre , & dt l'encens, de chaettn une dragme , O ii> Vertus. Vertus. Vertus rta PHARMACOPE'ß Du gyrofle & de la (Melle f de cbacun deux fcrupules, Des feuilles de laurier , de [äuge , de romarin t de marjolaine % de cbacunes demi dragme. I 'altes une poudre de tous ces Ingrediens j dont vous jetterei, enfuite une portion für les charbonsardens, afin que le malade enrecoive la fumee par lettez., REMARQUES. On pulverifera enfemble les gommes , puis les aurres drogues, le tont groflie- rement, on melera ces poudres , & Ton en jettera une pincee a la fois dansun re- chaut oü il y aura un peu de braife ou de charbon bien allume pour en faire recevoir la vapeur au malade. Ce parfum eft bon pour lepileplie , pour l'apoplexie, pour la paralifie. On peut aufli faire fentir au malade 1 efprit volatil de fei armoniac , le fei volatil Jiuileux j l'eau de la Reine d'Hongrie. Poffdu pout un parfum fortifiant. Frenex, des trochifques mufqucx. ou d'alipta mofcbata , trois dragmes , Du calamus aromatique , du bois d'aloes , du jonc odorant, de la canelle , du Styrax calamite, & du benjoin , de cbacun une dragme & demie Du mach, du gyrofle, des rofes , & de la marjolaine t de cbacun deux fcrupules , Eaites de tont cela une poudre pur un parfum. R E M A R QJCJ E S. On pulverifera groflierement toutes les drogues, on les melera enfemble , & Ton en jettera quelque pincee für des cliarbons allumes, pour en faire recevoir la fumee au malade. Elle fortiiie le cceur , eile recree les efprits. Parfum propre h ptcvoquer les menßrues. Frenez, des racines d'iris, decoulevre'e , & du fureau , de chacune demi once, Des feuilles de fange, de fabine, de marjolaine, de matricaire , & d'armoife > de chacunes demi poignee, Dujays , des bayes de genievre & de laurier } de cbacun trois dragmes. Faites une poudre de toutes ces drogues pour un parfum. R E M A R (l_U E S. On pulverifera groflierement toutes les drogues, on melera les poudres, Sc Von en jettera un peu dans un rechaut de feu pour en faire recevoir la vapeur au malade. Ce parfum eft propre pour calmer le grand mouvement des ferofites qui coulent du cerveau für la poitrine dans le commencement du rhume , & pour les adoucir. Parfum propre h arreter une httmeurqui tombe für lespoulmons. Trenez. du fuccin, du maße t de lagomme Tacamahaca, des rofes, du ladanum &, du fucre > de cbacun deux dragmes. Toutes ces drogues feront mifes tn poudre pour un parfum. universelle; in R E M A R Q^V E S. On pilera groffierement, & Ton melera toutes les drogues enfemble pour en falte une poudre dont on parfumera la matrice 3 lui en faifant recevoir la rurace. Ceparfum excite les mois aux femmes, paixe qu'il rarefie & diifout le fang trop großer qui faifoit des obftruclrions dans Ja matxice. Pour ie fervir utilement de ce remede ; il faut que la malade etant aflife für une Vcrtus, chaife percee , on metre delfous eile, un peu de feu dans im rechaut ou dans une chauffvette oü l'on aura jette quelques pincees de la poudre. Parfüm propre a exciterleflux de bouche dans le traue ment de la veröle, Frenez, du cinnabre une once & demie ' Desgrains de gemerre } de l'encens, du maßte , du ladanum , de chaeun une dragms & demie. Qne toutes ces drogues foient pile'es & confervees pour un parfum. R E M A R £_U E S. On pulverifera 8c l'on mettra toutes les drogues enfemble , on jettera une parüe oe la poudre dans un rechaut de feu, & l'on en fera recevoir la vapeur au malade de tems en rems, jufqua ce que la ialivation foit venue. Cette moniere de faire recevoir le mercure eft dangereufe , il en arrive fouvenr de fächeux aeeidens, foit parce qu'il entre une trop graude quantite de mercure dans le corps a la rois, foit parce qu'il fe jette prefque tout für une partie , foit parce qu'il affecte les nerfs, & qu'd caufe la paralifie : les friftions avec l'onguent mer- curiel fe fönt avec moins de rifque , parce que le mercure y eft etendu par tout le corps, & il n'elt pas introduit avec tant de violence. Il n'y a que le cinabre dans cette poudre qui excite la filivation , les autres drogues ne fervent que pour le corriger oupour le volatilifer ; on peut voir la deferip- tion du emabre dans mon Livre de Chymie. CHAPITRE XXVI. Du frontal. LE Frontal eft un remede qu'on applique für le front pour diminuer un peu le mal de tete , & pour provoquer le fommeil; on le compole tantot avec des medicamens Cecs comme avec les rofes, les fantaux , la betoine, la marjolaine, la coriandre , quand il s'agit de rarerier une pituite cralfe , & de foniiier le cerveau ; tantot avec des linges mouillesd'eau rofe & de vinaigre rolat pour artetet le lang du nez , tantot avec des onguents des feuilles deplantes , des fieurs vertes pilees , des conferves,de l'opium,pour provoquer le fommeil,& pour appa'ifcr la douleur de tete. Frontal Jec. Trenei, des rofes rouges feiches j du fantat citrin t & du bois de fajfafras , de cba* eun deux dragmes, Des fleurs de Jure au , de muguet, de letoine , de ßeeebas, & de gyrofle » de chaeun une dragme. Tüez. toutes ces drogues & les enfemez, dans un tinge wollet en double que vous üfflüquerez. für le front. nt i'HARMACOPE'E R E M A R Q^U E S. On pulverifera toutes les drogues en les arrofant avec de I'eail rofe, on envelope- ra la poudre dans un morceau delinge molet Sc delie, & on l'apptiquera au front. Ce frontal eft propre pour fortifier le cerveau. La vertu de ce remede confifte dans des parties fpiritueufes qui penetrent les po- res du crane, & qui rarefiant unepituite groifiere Sc vifqueufe , donnent plus de liberte aux efprits animaux de circuler. Front d liquide. Trenex. une poignee de laitues, Des conferves de rofes & de nenupbar , de cbacunes denn once J Onguent populeum, trois dragmes f Sei marin , une dragme , Extrait liquide d'opium , demi dragme. Melex* le tout pour un frontal. R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilement le fei, on pilera dans un mortier de marbre les feuil- les de lai&ue, on les melera avec les conferves, l'extrait d'opium, Je fei &I'onguent populeum, on fera du tont un frontal, qu'on etendra für un linge, Sc qu'on appli- quera für le front Sc für les temples. Il eft propre pour calmer les grandes douleurs de tete , & pour faire dorrnir. Sief. CHAPITRE XXVII. Des Collyres. CE que les Grecs appellent Coüouna, les Latins Collyria, les Arabes Sief, eft nomine en Francois Collyres, ce fönt des remedes deftines particulierement pour les maladies desyeux ; mais on a donne ce nora improprement a quelques li- queurs dont on Ce lert pour les ulceres veneriens. Les Collyres fönt ou fecs, ou liquides , les collyres fecs fönt comme les trochifques de Rhafis, la thuthie prepa- ree, le fucre candi, l'iris, le vitriol blanc en poudre qu'on fouftle dansl'oeil avec un petit chalumeau pour difliper les cataractes dans leur commencement: les Collyres liquides fönt compofez d'eaux & de poudres ophthalmiques, comme k tuthie preparee dilfoutc dans les eaux d'euphraife, de rofe , de planrain, de fenouil, de chelidoine ; On appelle encore Collyres des onguents opJiralmiques, comme l'on- guent de tuthie Sc plufieurs autres dont il fera parle au Chapitre des Onguents, Collyre ra,fra.ichij[Ant. Prenez, des eaux de plantain, d'eufrai/e&de rofes , de chacune deux onces , Du blanc d'ceuf 3 demi once. Melez, celapour un collyre. R E M A R Q^ä E S. On brouillera enfemble le blanc d'ceuf avec les eaux diftillees pour faire uri Collyre. Venus. Il eft propre povu: les inflammations de les douleurs des yeux } il lie Sc iladou- cit I UNIVERSELLE. n 5 clt parfapartieglutineuie les fels acres qui tont la caute du mal ; on imbibc de cc Coliyre un linge fin ou un petit morceau de maigre de veau , Sc on l'applique für Toeil malade. Ceux qui employent trop de blanc d'oeuf dans leur Coliyre , voyent fouvent un effetdu remede contraire a celui qu'ils onc attendu , car au Heu de diminuer l'in- flammation , il l'augmente en faiiant enfler I'ceil , parce que la glutinoüte du blanc d'osuf fe deflechant für la luperficie de l'ocil, par la grande chaleur qui accom- pagne toüjours les ophralmies, eile arr'ete prefque entierement la tranipiration, ce qui fait gonfler les vaiileaux , Sc mettre les humeurs plus en fermencation qu'elles netoient. On peut au Heu du blanc d'osuf, employer un leger niucilage de graine de coing. Coliyre deterpf. TrentZa du verre d'antimoine fubtilement pulvenfe, de la tuthie preparee & du fei de faturne , de chacun un fcrupule , Des eaux d'euphraife t de plantain , de rofes & de grande cheüdoine , de ch.uttnes une once. liilet, le tout pour un coliyre. R E M A R Q^V E S. Onbroyera le veixe d'anrimoinc en poudre impalpable , on le diiloudra avec la tuthie preparee 8c le fei de faturne dans les eaux diftillees , & Ton fera im Coliyre. U eft propre pour confumer le cataracte dans fon commencement, 8c pour net- noyer les yeux de leur fanie •, on en imbibe de petits linges fins bien blancs , Sc on les applique für l'oeil malade. Colly-'e de Brun. Prenez. de f aloes hepatique , une dragme. ' Du vin blanc, & de Fe an de rofes blanches, de chacun une once & denüe. Melez, cela & en faltes un coliyre felon l'art. R E M A R O V E S. On pulvcrifera 1'Aloes , on le mcttra dans une phiole., on verfera deilus le via blanc Sc l'eau rofe, on pofera la phiole für le lable chaud , 8c on y laillcra la mauere en digeftion pendant douze heures, puis on filtrera la liqueuu. Ce Coliyre eft recommaride pour la galle qui (e forme für les paupieres, il deterge Sc il deileche , on en imbibe un cotton ou un linge qu'on applique deilus : l'alocs le diilour pi'e/cjue entierement dans la liqueur , ilnerefted'indiflbluble que la partie terreftre qu'on lepare par la filtration. Coliyre de charas. Trenez. du fucre candi , une once , De la rac'ine d'tris de Florence , trois dragmes , de la tuthie preparee , deux dragmes J De lafarcocolle , du vitriol blanc , & de l'aloes fuecotrin , de chacun une dragme , Du gerofle , un fcrupule , Des eaux dißdlees d'euphraife , de fenouil & de rofes > de chaeune hmt ouces , Du vin d'Efpagne , une plnte. Toutes ces drogues etant pulverifecs & melees avec les eaux & le vin d'Efpagne , f'.ront cnfermees dans une bouteille de verre fort & bien bouchee , qu'on expofera en- fuite au foleil d'Efie" pendant qiiin%.e jours, & qu'on remuera de tems en tems , ou bien apres quoi l'on filtrera la liqueur qui fera g,irdee pour ly r age. . UNIVERSELLE, tij REMjiR OJJ E S. On aura de l'eiu de chaux nouvellement faite, c'eft-a-dire del'eau commune dans laquelle on aura eteint nouvellement de la chaux , & qu on aura filtree pour la ren- dre bien claire , ony diflbudra le fei armoniac, on verferala diflblution dans une bailine de cuivre , & on l'y laiflera pendant une nuit, 011 jufqu ä ce qu'ayant ronge une petite portion de cuivre , eile ibit devenue bleue , on la filtrera, & on la gar- dera , ce fera le Collyrc bleu. b!e£ II eft bon pour nettoyer les yeux de lenr fanie , pour defTeche'r les petits ulceres Vertus. qui y viennent pour eclaircir la vue , pour confumer les cataradtes. Coupe oh eatt ophtalmique de M e . Fouqttet. Frenez.de la tutbie preparee , deux onces , De lernte de macis bienpulverifee , une ottee , D« Vitriol blanc , une dragme, Des eaux de fenouil & de rofes, de chaeunes trois demi-fetiers , De Vetuide plantain , un demi-fetier. Le tont bien mile fera expofe au foleild'Efte pendant quelques jotirs ,puis la liqutur fera gardee pour Vufage. R E M A R Q^U E S. On mettra toutes les drogues pulverifees & melees dans une bouteille de verre, on verfera deflus les eaux diftillees, on bouchera exaclement la bouteille , •& on l'expofera quelques jours au foleil en Ete , puis on laiflera repofer la liqueur , Sc le Collyre lera mit. C'eft un bon remede pour deterger & foreifier les yeux, pour eclaircir la vue , Vc:ms, pour deflecher les ulceres. Collyre de Lanfunc, Prenez, de Vorpiment , deux dragmes , Du vert de gris , une dragme , myrrhe & aloes , de ebaeun-un ferupule. Pttlverifez, Vun & Vautre tres-fuhtilcment , diJfolvez.-les enfuite dans une pinte de vin blanc , apres quoi vous j ajouterez. trois onces d'eau de plantain , & autant d'eau de rofes , & le collyre fera fait. R E M A R O^U E S. On pulveriiera fubtilement l'orpiment, le verdet, la myrrhe & l'alocs, on nie- lera les poudres ,. & on ies diffoudra dans le vin blanc & les eaux diftillees, on verfera le tout dans une bouteille pour s'en fervir au beioin. Cette liqueur appellee improprement Collyre , eft propre pour deterger les ul- Vertus. ceres veneriens , on en fait des injccYions dans les parties naturelles des hommes & des femmes , pour guerir les ulceres & artetet les gonorrhees, mais on l'adou- cit auparavant avec trois ou quarre fbis autant d'eau de plantain , car il agiroit avec trop d'aerete fi on l'employoir pur. Collyre de Damtintius. Prenez. de la pierre calaminaire , tine once & demie , Du fucre candi t une once , De la tutbie preparee , de V aloes & du fei de verre , de chaeun denn once , De la jarcocolle & du vitriol blanc, de ebaeun trois dragmes , Dm camphre , une dragme; du faffran un denn ferupule , des eaitx de rofes & de fenouil , de chaaine deux or.its yduyin blanc une pint?,pur faire un colljre felon Vm. P ij Vertus. Vertiir. n* PHARMACOPFE R E M A R Q^V E S. Onpulveriferabienfubtilement toutes les drogues , on les mettra dans un ma~ tras, on vertera deilüs les eaux diftillees & le vin blanc , on bouchera le matras , Sc on le placera für unpetit feu de fable pour faire digerer la matiere pendant vingt-quatre heures, l'agitantde tems en tems , enfuite Payant retirte de acfliis le feu , on la laifiera raffeoir, & Ton fe iervira de la liqueur claire. Elle eft propre pour empörter les cataractes des yeux , on s'en fert auffi pour deterger Sc deffecher ks ulceres. Collyre fec % Prenez. du fucre candi, trois dragme s, De la tuthie preparee & de la pierrc medkamenteufe > de ebaeune une drAgme , De l'aloes fuecotrin , & de ftris de liorence , de chaettn demi dragme. Toutes ces drogues pulvertfees & melues enfemble, ferontgar dees pour un collyre feu R E M A R 0_.U E S. On pulverifera fubtilement, Sc Von melcra toutes les drogues enfemble, puis on aura le Collyre f ec. Il eft propre pour confumer les cataraeftes exterieures, pour deterger l'ccil de Ia fanie, Sc pour eclaircir la vue; on en met tnois ou quarre grains dans un chalumeau de plume, on les ioiifle dans l'ceil, on peut auffi en difloudre une dragme dans quarre onces d'eau de fenoüil, de plancam , de chelidoine & d'euphraife pour en faire un Collyre liquide. CHAPITRE XXVIII. Des Cataplaßnes. LE Cataplafme eft appelle en Grec Sc en Latin Cataplafma a cata Sc plafnm „ forma, fingo; c'eft un remedepourl'exterieur ayant uneconfiftence de päte , compofe ordinairement de farines, de pulpes, d'huiles d ; onguents, de gommes, de poudres •, on l'applique (ur les parties du Corps bumain, tantot pour ramollir, tantot pour refoudre , tantot pour appaifer les douleurs > tantot pour sxciter la fupuration , tantot pour irriter Sc reveiller Les efprirs. CatApUffne anodin & refilatif. Freuet, de la mie de pain blanc, quarre onces , Da lait nouvellement trait, un demifetier. EAltescuire L'un & Vautre en conßfience de cataplafme,puisy ajotttet. deuxjaunes d'aufs t une once d'hutle rofat, & une dragme defajfranbien pulvert fe \pour un cataplafme* R E M A R Q^U E S. On emiera le pain, Sc cm le fera cuire dans le lait remuant inceflämment ia ms- riere avec un biftortier jufqu'a ce qu'elie foit en confiftence de bouillie epaiife ou de cataplafme ; onlaretirera alors du feu, Sc quand eile fera refroidie, on y melera les jaunes d'oeufs , l'huile rofat Sc le faffran en poudre pour faire an cataplafme. ll eft propre pour refoudre, pour appaifer les douleurs, pour diffiper les turaeursj en en applique chaudement für la partie malade- UNIVERSELLE. u? On ajoüte quelquefois dans la compoiition de ce cataplafmc une dragme de Lau- danum pour le rendre plus propre ä calmer les douleius. Cataplafme emollicnt & digeßif. Trenet, des racines dejis & d'aithaa, de ebaeunes trois onces , Des feuilles de mauves, de guimauves, & de violiers, de ebaeunes deux poignücs. 1 Altes bouülir ces plantes dans trois pintes d'eau commune , jufqu'a ce qii eile s foient reduites en pulpe , apres celd broyez,-les dans un monier , & tirez.-en la pulpe par le tamis; faites cuire enfuite a petit feu dans la decoction la pulpe des herbes, trois onces de farine de Im , & autant de celle de fenugrec jufqWa, une conßßence raifonnable , finalement ajoutez,-y trois onces d'onguent bajtlic, &une demi once defleurs de camo- mdle mifes en poudre fubtile , & vous aurez. un cataplafme compofe felon Hart. R E M A R Q^U E 5. On fera cuire lesoignons ou racines de lis dans les cendres chaudes, ou dans la braife , jufqu'a. ce qu'ils foient bienmols, on coupera les racines d'althxa 5c les herbes , on les fera bouillir enfenable dans L'cau jutqüa. ce qu'elles foient prefque reduites en pulpe, oncoulera la decoction, on pilera les racines & les herbes cuites enfemble dans im morrier de marbre, tk l'on en tirera la pulpe par un tamis de crin •, on fera cependanr cuire a petit feu , les farines avec la deco£tion , les agitant inceffamment avec un biftortier , jufqu'a ce que La matiere ak pris une confiftence de bouillie , on y melera alors les pulpes, on la remettra für le feu pour hü faire prendre encore quelques bouillons jufqu'ä ce quelle foit fufhfamment epaiffie pour hu cataplafme; on la retirera du feu, & l'on y melera l'onguent bafilic qui fe fondra aifement par la chaleur, & enfin les fteurs de camomille pulverifees , pour faire un cataplafme. Il eft propre ä ramoflir & a exciter lafupuration, on en etend für du linge & on l'applique chaudement für les tumeurs. * Cxta.pla.fme de cfottes de chien , de Batem. Ttene-L des crottes Manches de chien pulverifees , une once , De la pulpe de conferve de rofes rouges „ deux onces , Du fjrop de Diacode ou de Laudanum liquide , autant qu'il en faudra, Melez. cela , & faites un cataplafme pour Vappliquer chaudement fous le menton de- puis une oredle jufqu'a fautre, mais auparavant il fera bon de faire faigner le malade,, R E M A R Q^U E S. On pulverifera des crottes de chien Manches, on les melera avec la conferve df? rofe liquide qüon aura paffe par un tamis pour en avoir la pulpe , Sc ce qüil faudra de diacode pour faire un cataplafme qu on appliquera chaudement au haut de la gorge vers le menton , depuis une oreille jufqu'a lautre , & l'onne fera cette application qu'apres avoir fait les faignees neceffaires: il efl bon pour la fquinaneie, il efl refolutif , & il calmeunpeu la douleur. Comme ce cataplafme eft arretant Sc ftupefiant, il eft tres a propos defaire faigner le malade fuffifamment avant que de l'appliquer , de peur qu'en fixant l'hu- meur ou 1'inflammation, qui fait la fquinaneie y il ne bouchät trog le paflage des alimcns, §c n'augmentät l'embarras au lieu de le dirainuer. P iij. Vert«. Vertus. Vi* I j H A RMACOPE'E Comme Ie fyrop de meconium ne fe trouve pas communemenr dans les bouti- cjues, on peat lui fubftituer Je laudanumliquide oule diacode. Cataplafme de nid d'hirondelle, de Mjnficht. Prenez, un nid d'hirondelle & une once & demie de crote de cbien , Des racine s d'althea & de lis, de chacunes une once , Trois figues gra/fes & trois dattes. I 'altes bouillir ces Ingrediens dansl'eau commune jufqu'a. ce qtCils foient rediüts en pulpe; ajoutcz*-y enfmte des farmes de fenugrec, defroment&de Im, de cbacune Jtx dragmes, unjaune d'ceuf, trois onces d'butle violat , demionce de cervelle de cbat , Jix dragmes de poudre de fleurs de camonülle , du hibou & des birondelles foulet* , de chactin deux dragmes , & un fcrupule de fäff ran Oriental. De tout ce melange faites un cataplafme felon l'art. R E M A R QJJ E S. On prendra un nid d'hirondelle qu'on conpera par pecits morceaux , on coupera aufli la racine d'althxa , les figues 8c les dattes; on les fera bouillir dans trois ou ou quatre livres d'eau jufqua ce que tout foit bien mol, on coulerala decocl:ion,cx: l'on pilera le marc avec l'oignon de lis qu'on aura fait cuire fousles cendres chau- des, dans un moitier de pierre ou de marbre; on en tirera la pulpe par un tamis de crin: on demelera dans unpoelon les farines de froment, de lin 8c de fenugrec avec la deco&ion, on les fera cuire jufqu en confiftence de cataplafme, on y ajou- tera les pulpes, la cervelle de chat, le jaune d'ceuf, l'huile violat, la crotte de chien, la fleur de ckamomille pulverifez , le hibou 8c l'hyrondelle bruLez entre deux pots 8c pulverifez avec le faftran en poudre fubtile , pour faire du tout un cataplafme. Vcrtus- II eft propre pour la fquinancie applique au col für la gorge chaudement 8c pour les autres occaiions ou il faut refoudre. * CatapUfme apopleftique de Bateus. Prenez. de la racine de Brjone recente t trois onces , Du favon noir ,& de la grame de moutarde , de ebaeun une once.' Des cant arides pulvertfees ,fix dragmes ,& la quantite qu'tlfaudra du nteilleur vinaigre , pour faire du tout un cataplafme que vous appliquerez, chaudement für la tete rafe'e. R E M A R QJJ E S. On aura de la racine de Bryonne recente ou nouvellemcnt tiree de terre , on la rapera , on pulverifera les mouches canrarides, on barrra dans un mortier la graine de moutarde juiqu'a ce qu'elle foit en päte, on y melera le favon noir , la racine de Bryone rapee , les canrarides pulverifees , 8c ce qu'il faudra de vinaire bien fort pour un cataplafme qu'on fera chaurfer un peu , 8c qu'on appliquera für la tete apres l'avoir rafee. Venus. Il eft vefficatoire , il irrite , il attireles ferofites , il eft propre pour l'apoplexie , pourla lethargie, pour la paralifie , & pour les autres occafions oü il eft beioin de reveiller les efprits, on ne s'en fert jamais qu'exterieurement. La principale adion de ce cataplafme vefficatoire vient des Cantarides, ainfl on le pourroit rendre plus fort ou plus foible , fi l'on en augmentoit la quantite ou qu'on la diminuät. Quelqucs-uns ayant double la quantite de ces mouches fönt des UNIVERSELLE. u 9 »etits emplatres de ce cataplafme , defquels ils appliquent tous Ics jours un a la nuque du col, & par la ils attirent, de fönt fortir les lerofites, ils continuent ce remede deux ou trois mois, & par la ils foulagent les maux des yeux & des autres parties de la tete qui viennent de Simons. Si l'apoplexie eft forte , il feroit bon d'appliquer für la tete rafee une ventoufe avec quelques fearifications avant que d'y mettre le cataplafme. CHAPITRE XXIX. Des Dentrifiques. LE S Dentrifiques appellez en Latin Dentrificia , fönt des remedes qu'on cm- ploye pour nettoyer les dents & pour les conferver , commc fönt les bois de lentifque, les fantaux , le bois de rofe, les coraux prepares, le pain brüle, la pierre ponce , l'os de feche , le cryftal calcine , la corne de cerf brülee, l'yvoirebrule , la coquille d'ceuf brülee - , ces alkali meles ou fepares-font fort propres ä nettoyer les dents Sc aabforber l'acrete des fels qui y demeurent apres le manger & qui lespeu» vent carier ; on fe fert des dentrifiques en curedents , comme du bois de lent-ifque, du bois de rofe en poudre, comme des matieresalkalines pulverifees , dont je viens de parier , & en Opiates comme quand on met ces pondres en une päce liquide avec une quantite fuffifante de miel rofat ou de fyrop de rofes leches. Je decrirai les poudres, & les opiates dentrifiques en leurs rangs. L'efurit de fei & de vitriol blanchiffent les dents en peu de tems , majs il [es corroderit & les ufent. CHAPITRE XXX.. De la Reparation du corail, des perles , de la nacre de perles , des yeux o« pierres d'ecrevijp, du fpodinm ouyvoire brule, des por- celaines , des pierres precieufes y du fuccinum ou carabe 3 de la pierre hematite , de la pierre d'aimänt } Z? de plußews autres matteres Jemblables. LA preparation de ces matieves ne confifte qua. les reduire en poudre impalpa- ble : les mortiers ne luffifent pas pour en faire une auffi exaefce attenuation, orr a recours aux porphyres &c aux ecailles de mer •, les marbres communs peuypntc etre propres pour ia preparation des matieres tendres comme des yeux d'ecrevifle ,, de l'yvoire brule > mais fi l'on y broyoit des corps plus durs , il s'en meleroitavec la poudre, parce que la matiere grattanc le marbre, eile en detaeheroit une partie 5v afin donc de bienpreparercesmarieres,par exemplele corail, il faut enprendre la quantite qu'on voudra du rouge & du blanc, ou du rouge feul, on le pulverifera au- tant qu'on pourra dans un mortier de bronze, on jeteera la poudre für une table de porphyre ou d ecaille de mer , on y mclera la quantite qu'il faudra d'eau rofe ou d'eau de plantain pour la reduire en päte liquide ; on broyera cette pate avec une molette pendanr deux jours, ou jufqu'a ce qu'elle ne falle plus de bruit, ce qui montrera que le corail fera en poudre tres-fubtile ; on formera la matiere en petita ttochifques pour la faire fecher , c'eft le corail prepare» , ■ ■ho PHARMACOPE'E II eft propre pom* arreter les cours de ventre, Ies hemorrhagies, les gonorrhees-, la dofe en eft depuis fix grains julqua un ferupuie , on prefere ordinairement le corail rouge aux autres elpeces de coraux pour la Medecine, a caufe de fa ceinture qui eft eftimee bonne pour fortifier le cceur ; j'ai fait voir dans mon Traite de Chymie, que cetre teinturene vient que d'unepetite quantite de bimme qui n'a aueune vertu en foi; Sc que la qualite du corail ne confifte qu'en ce qu'etant une matiere alka- Une, il detruit les humeurs ( alces ou aeides du corps qui caufoient par leur acrete les maladies pour lefquelles on les donne , ainfi le corail blanc me pauoie erre auili efti- mable en Medecine & faire les meines effets que le corail rouee. A mefure qu'on pulverife le corail rouge , il perd fa couleur , Sc il devient en couleur de chair; l'eau qu'on y mele ne fert que pour le broyer plus facilemenc Sc avec plus d'exactitude. * Quoique je n'aye pas grande eftime pour ce qui fait la couleur du corail rouge > j'ai donne dans mon Cours de Chymie de la onzieme editionpluiieurs manieres de tirerla teinture du corail, ces teintures fönt empreintes des qualites desmenftrues qui ont fervi a les tirer, il en eft parle dans les Memoires de 1'Academie Royale des Sciences. Les perles, la nacre de perjes, les porcelaines Sc les autres coquillages ont a peu pres la meme durete que fe /orail; il faut bien autant de tems pour les broyer für le porphyre ; mais les yeux d ecrevifle , l'yvoire bmle Sc les autres matieres lern- blables calcinees, n'ont pas befoin dune fi longue trituration , ils cedent facile- ment a la molette. Les pierres precieufes fönt plus dures que le corail, ainfi dies doivent etre broyees plus long-tems, Les marques pour connoitre qu'une matiere eft fuffifamment broyee , c'eftquand eile ne crie plus fous la molette, Sc qu'on ne la fem point fous les doigts. CHAPITRE XXXI. De la preßaration de UTuthk <&T de la Pierre calaminaire. LA preparation de ces deux matieres neft differentedelaprccedente , qu'en ce qu'on les calcine, & qu'on les lave avanc que de les pulveiifer , ahn den en- lever les parties les plus falines Sc les plus iulphureufes. On prendra donc une de ces deux drogues, par exemple de la mthie h quantite qu'on toudra, on la mettra rougir dans un creufet entre les charbons ardents, on I'etein- dra en la jettant dans un vaifleau rempli d'eau Sc l'y laiflänt pendant un quart d'heu- re , on retirera la tuthie de l'eau, & on la remetrra rougir de eteindre encoredeux fois comme devant en de nouvelles eaux; enfuite la tuthie etant hors de l'eau Sc egouree , on la broyera für le porphyre avec une molette , y rhelant ce qu'il faudra d'eau de rofe ou de plantain jafqu'a. ce quelle ioit en poudre impalpable, alorson la formera en petits trochifques, & on la fera iecher. Veitus. Elle eft deflicative Sc propre pour les maladies des yeux, c'eft la bafe de l'onguent pompholix , on en mele dans les collyres & dans dubeure frais; eile nettoye la fänie des yeux en deftechant Sc fortifiant les fibres. Plufieurs fe contentent de laver la tuthie lans la calciner, ce qui ne fait pas une difference fort coniiderable. CHAPITRE. UNIVERSELLE. in CHAPITRE XXXII. De U preparation du Bol , de U terre figdlie , de la craje t des litharges , de la cerufe. ETTE preparation confifte a pulverifer les matieres & ä les puriner de quel- c ques parcics groflieres Sc terreftres qu'elles conrienneiir. On prendra donc une de ces drogues, par exemple da bol fin teile quantite qu'on voudra,on le pulverifera fubcilement dans un mortier de bronze,& L'ayant mis dans une terrine , on verfera deflus de l'eau de plantain , on agitera la maxiere avec un biftortier, 6c on la verfera doucemenr dans un autre vaifleau , afin que le plus par & le plusfubtil de la poudre coule avec l'eau;on concinuera ä laver,a aguer la matierc & a. verier la liqueur trouble dans un autre vaifleau jufqu a cc qu'il ne rede au fond que du fable, ou une autre impurete groffiere qu'on rejettera , on verfera toute la mauere dans un entonnoir garnis de papier gris, afin que l'eau s'en fepare , Sc l'on formera le bol qui y fera refte, en petits trochifques pour le faire feclier au Soleil. Il eft aftringent Sc propre pour arreter les cours de ventre , les hemorragies & les gonorrhees. La dofe en eft depuis dix grains jufqu'a un ferupule. Cette preparation n'eft pas d'une grande utilite , car on fepare bien peu de nia- tiere grofllere du bol fin', de plus cette impurete ne feroit pas capable de caufer au- eun mechant effet dans le corps : pour le bol groffier comme il ne fert qu'exterieu- rement, on ne lui donne point d'autre preparation que de le reduire en poudre dans un mortier. Les litharges n'ont pas plus befoin de preparation quele bol,il fuftit de les mettre en poudre lubtile dans le mortier de bronze, elles fe diflblvent auffi aiiement de cette maniere dans les grailTes Sc dans les huiles en bouillant pour donner confiften- ce aux emplätres , que fi on les avoit bien lavees. Quant a la cerufe la lotion peut augmenter fa blancheur Sc la rendre plus propre pour le cofmetique & pour la peinture ou eile eft fouvent employce , mais pour la Pharmacie il fuftit de la reduire en poudre lubtile. CHAPITRE XXXIII. Dela preparation du Lapis La^tdi pour faire l'Outr einer. CETTE preparation confifte a. feparer du Lapis Lazuli, lapartie bleue , faline & fulphureule d'avec fa partie metallique & terreftre. On prendra la quantite qu'on voudra de cette pierre la plus bleue, on la pulverifera dans un mortier de bronze, puis on la broyera (ur le porphyre avec un peu d'eau commune jufqu'a ce qu'elle ne falle aueun bruit fous la molette, on la melera alors dans une päte grafle quelle qu'elle foit, ou dans une elpece de paftel compole de poix grafle, de cire, d'huile de Un ou autre, on lavera le melaiige en la maniant iheeflam- ment für un marbre incline avec de l'eau qu'on y verfera peu a peu, on fera tomber la lotion qui fera bleue dans un vaifleau qu'on aura place lous le marbre; on conti» nuera a laver la matiere jufqu'a ce quelle ne rende plus de bleu, mais on aurafoin de feparer les lotions, car les premieres contiendront le plus bei outremer , on les iaiffera reoofer , on verfera 1 eau claire par inclination , 5c l'on txouvera au fond Vertus. Dofc. ■ Venus. Dofe. Ontirede l'or du Lallt PHARMACOPE'E unc belle poudre bleue precipitce ; on la rfiettra egourer dansun enronnorr garni de papier gris, puison la fera fecher ; c'eft l'outremer dont fe fervent les peintres pour peindre en huile ou en mignature , il eft eftime a proportion de la beaute de fa couleur •, on fe fertaufli en Medecine du Lapis Lazuli prepare •, mais comme lapä- te grade dont on fe fert pour l'envelopper peuc y donher quelque impreflion defa- greable, je ferois d'avis qu'on fe contentat de le broyer für le porphyre ; il ne fera pas a la veritc fi pur ni il haut en couleur que l'aurre , parce qu'il s'y fera tuele quelques rerreftreites que la pate grafle retiendroit, mais ces impureres fönt de nulle coniequence , Sc elles ne nuiront pas rant tj ans la preparation que l'impreiuon de la pate grade feroit. Le Lapis Lazuli prepare eft eftime cordial, propre pour refifterau venin , pour piivifier le fang , il erttre dans la confe&ion Alkermes, la dofe en eft depuis qua- tre grains jufqu'a quinze. Si Ton brüle la pate grafle qui refte apres les lotions, on y troavera quelques pis Lazuli. particules d'or Veitus. CHAPITRE XXXIV. De la preparation de la gomme lacque. CETTE preparation confifte a purifier la gomme de fes parties terreftres enlui imprimant une qualite vulneraire ou deterfive. On tera une decoction de deux dragmes de racine d'ariftoloche, Sc d'autant de fleur de fchaenante dans deux livres d'eau, a dimmution du tiers , on coulera la decoction , & l'on y fera bomllir lenrement quarce onces de gomme lacque concaflee, mais non pas reduite en poudre , jufqu'a ce que k partie la plus pure dela gomme fefoit feparee des feces, & quelle fumage la liqueur , on ramaüera cette partie pure & on la fera fecher au Soleil. Elle eft deterfive , aftringentc , propre pour forriher 1'eftomach Sc les geneives-, les Teinairiers s'cn fervent; on en fliir auili la bafe de la cire ä cachetev les lettres. CHAPITRE XXXV. De la preparation de la feammonee en ce qu'on appelle Dacridium ou Diacriiiuniy W en framon Diagrede. LE deflein que les Anciens ont eu en preparant la feammonee, a ete de la corri- ger en donnant un frein a fa quaUte purgative , enforte que fon effet ftit moins violent, Sc qu'elle excität moins de tranenees dans Je corps •, mais j'eftime que tou- tes les preparations qu'on lui donne fod: bien inutiles , puifqu encore que nous nous fervions tous les jours de cerre gomme fans qu'elle ait ete preparee , nous n'en voyons aueuns maüvais erfets , Sc nous n'appercevons point que la preparation lui donne rien de meiüeur , la feammonee qui nous vient d'Alcp eft la plus eftimee, il fuSiroir qu'on la choisit la plus pure , la plus reftneufe , la pius fnable qui fe pour- roit trouver, Sc qu on la reduisit en poudre fubtde , neanmoins je rapporterai ici ies preparations. Pripara- La preparation la plus ordinaire qu'on donnoit cutrefois a la fermmonee , etoit tion de la de l'cnfermer dans u:ie poire detoingcreufeeen dedans,de faire cuire Li pohe dans UNIVERSELLE. iz 3 lcs ceiulres chaudes,puis de tirer k fcammonee imbue du fuc de coing Sc de la Lire lecherpour s'e» fetvir , oubien iismeloient enfemble dans une terrine.deux paedes de bonne fcammonee pulvenfee,& une parcie de fuc de coing depure, ils mettoient la terrine au Soleil ou für unpetufeu , Sc ils faifoient evaporer l'humidire delama- tiere, en l'agitant avec une efpatule jufqu a cequ'elle eüt pris une confiftence foli- de; quelques-uns fe fervent encore de ces preparations ; c'eft ce qu'on appelle Dia- cridtum cjdomatum; onpretend par l'aftriclion du coing , avoir corrige la qualite trop purgative de la fcammonee. La methode laplus ufiree prefentement pour preparer la fcammonee eft de la redui- re en poudre, Sc de lui faire recevoir au travers ci'un papier gris, la vapeur du fou- fre qu'on faic brüler dans un rechaut de feu environ demi quarc d'heure, la remuanc doucement de tems en rems avec une efpatule; on pretend que cette vapeur fulphu- reufe rarefie la fubftance glutineufe de la fcammonee , Sc l'empcche de caufer des tranchees ; on appelle cette preparation Diacridium fulphuratum. S'il eft neceflaire d'une preparation a la fcammonee, il n'y en a point de meilleure que la fuivante. On fera cremper environ deux heures, demi once de regliffe bien concau"ee,dans huirou neufonces d'eauchaude, on couleral'infuiion Sc Ton y rnelera quarre onces de bonne fcammonee dans une ccuelle de grais,onpofera 1 ecueile iur Ie fable & par un petit feu, Ton fera evaporer l'humidite ju(qu';i ce que la fcammonee nie repris La folidite, on 1'appelle Diacridiumgljcyrrbifatum; c'eft un forr bon purgatif, eile pur- georincipalem;nt Thumear meiancolique ; eile agic fans tranchees, la dufe en eft deDLiis dix grains jufqu a un ferupule : l'extrait de regiitre qui eft mele dans certe preparation de (cammonee l'adoucit beaueoup , c'eft pourquoy l'on en peut faire preadre une plus grande dole que des autres diagredes ; j'en donne ordmairemeru: vingt grains Sc je m'en trouve bien. Pour garder le diagrede glyccirrhifö, il faut l'enfermer dans une bouteille , car autrement il s'humecle ailemenc a caufe de l'extrait de reglifle. Scamrno- nee dansle coing. Autre pre- paratiö de laScammo- nte dans du fuc de coing D;a- crid.' Cydoniat. Preparation de la Scammo- nee dans Ie foufre. Diacri- dhim fulphuratum. Preparation de la Scammo- nee avecla reglüTe. Diacri dium e! ; - cyrrhtta- cum. Vertus. Do.c. CHAPITRE XXXVI. De la prcp.wation de l'Euphorbe. LA preparation de l'Euphorbe conlifte a le purifier & a l'adoucir. On aura de l'Euphorbe du plus beau Sc du plus pur la quantite qu'on voudra , on le reduira en poudre , on le mettra dans un matras , on verlera deftus du lue de citron depure jufqu a la hauteur de quatre doigts , onboucherale matras Sc on le placera en digeftion au feu de fable , on l'agitera de tems en tems, Sc quand la gomme fera difloute on coulera la liqueur par un linge, dans un vailTeau de verre ou de grais,6v l'ayant mis für un feu de fable , on en fera evaporer l'humidite jufqu'a confiftence d'extrait \ c'eft l'Euphorbe prepare , on le gardera dans un por. Qn en mele dans quelques pilules cephaliques Sc arthritiques en petite quantite, Vertus- il deliye lapituite (Sc il la purge par bas. 11 faut humecter l'Euphorbe avec un peu de fuc de citron en le mettant en poudre , pour eviter d'en etre incommode , car pour peu qu'il en monte dans le nez Sc dans les yeux , d y caufe une acrete Sc une ardeur inluportable. Sil'Euphoibe n'eft point tout-a-fiit diftbut dans le fuc de limons apres la digef- üon, il laut leparer la liqueur par inclmation, Sc mectre de nouveau fuc de ci- /utre prc- paration de l'Eu- phoibc« tana Suc cida. Oefipus ■humi.ia. Uiages. 124 PHARM ACOPE'E tron fur ce qui reftera pour achever de difloudre la gomme. L'extrait de citron qui refte avec l'Euphorbe apres levaporationde l'humidite, fixepar fes parties aeides Ie volatil de la gomme Sc l'empeche d'agir avec tant d'aerete qu'elle faifoit. II y a encore une aurre preparation de l'Euphorbe qui eft la plus commune , on broye l'Euphorbe tut le porphyre avec de l'luule d'amande douce pour en faire une malle , on met cecte rnalfe dans une poire de coing ou dans un cicron qu'on a cave en dedans, on enveloppe ce frnic de pate commune & on le fait cnire au four , on retire enfuite la maife d'Euphorbe Sc onla garde dansnn pot pour l'ufage. L'huile d'amande douce Sc le fuc de coing ou de citron qui entrent dans certe preparation peuvent un peu adoucir les (eis acres de l'Euphorbe , mais quelque cor- reclion qu'on lui donne , il lui refte toüjours beaueoup de corrofif capable de pro- duire des effets violents ; c'eft pourquoy je defaprouve fort l'ufage de l'Euphorbe pour l'interieur , il y a alfez d'autres remedes dans la Medecine qu'on peut fubfti- tuer a celui-la. CHAPITRE XXXVII. Alanlere de faire l'Oeßpe- PR E N E Z la quantitc que vous voudrez de laine gralfe tiree du col & d'en- tre lescuiifes des brebis , fans avoir ete nettoyee , on 1'appelle en Latin Lana fueeida , lavez-la plulieurs fois dans l'eau bouillante jufqu'a ce qu'elle ait ete dc- graillee , prelfez fortement Sc ramaifez toutes les lotions enfemble , bartez les dans deux vaiiTeaux jufqu'a ce qu'il s'y loit fait beaueoup d'ecume , laillez repofeL" le tout & ramaifez la grailTe quiiurnagera , verfez del'eau froidefur la liqueur & la battez encore de nouveau arin qu'il s'y falle de nouvelle ecume Sc qu'il y pa- roifle encore de la grailTe, Sc ramaifez-la , Sc continuez l'agitation de la liqueur , jufqu'a ce qu'il ne paroifte plus d'ecume ni de graifle Javez alors dans de l'eau froide ce que vous aurez ramaiTe > le nettoyant avec la main des orduies qui peuvent y etre , & changeant d'eau jufqu'a ce que la matiere foitprivee d'aerimonie , puis gardez-la dans un pot. L'ceiipe eil empioyee dans les emplätres pour ramoi'ir Sc porvr refoudre , on l'ap- pelle en Latin Oefipus bumtda,, parce qu'elle eft toüjours liquide. On peut le iervir de laine lavee comme d'une autie , aux ulages ordinaires. CHAPITRE XXXVIII. JUanieres de priparer CElaterium. L'ELATERIUM eft proprement le fuc du concombre fauvage des qu'il a ete tire •, mais comme ilne ie conferveroit pas long-tems, 011 le prdpare en la ma- niere iuivante. Onecrafe les coneombres fauvages meurs dans un montier de pierre ou de mar- bre , on les laiile en digeftion quatre ou cinq heures a froid , on les echaurfe,on les met a la prelle dans un iinge pour en tirer le lue : on met ce fuc dans un vaiileaa deverre ou de grais, Sc l'on en fut evaporer l'humidite jufqu'a coniiftence d'extrait ou de pilules, c'eft l'Elatcr'tmtu Quelques-uns lailfcnt repoler le fuc, & en feparent les feces qa'ils fonrdeflecher r.u Soieü, c'eft ce qu'ils appellent Elatcrtum ; d'autres rejerrent les feces & fönt eyaoorcr lefoc depute jufqu'a cooüft«ncc d'exuavtmiaisje crois qu'on ramalle bisn UNIVERSELLE. _ _ 115 vmeux laqualite du concombre fauvage en tirant cct cxtrair , fans avoir Iaifle de- purer le fuc, comme je Tai decrir. L'Elarerium purge vigoureufement la pituite crafTe, la melancolie , les feroiitcs, ons'en fert dans l'apoplexie , dans la lethargie , dans l'hydropifie , dans la melancolie hypocondriaque •, la dofe en eft depuis trois grains jufqu a demi fcrupule. On laiile les concombres piles quelques heures en digeftion , afinque les partics vifqueules s'etant rarefiees, le lue s'en tire plus facilemenr. C H A P I T R E XXXIX. Mankre de preparerles Feculesdebryone , d'irisnojlras y d'Arum, Sc l'on trouvera au fond , des fecules fort Manches relfemblanres a de Famidon, on les fera fecher au foleil, Sc on les gardera en poudre. Elles fönt hydragogues, eUes purgent les ferofrtes, on en donne dans Thydropifie, Sc dans les autres maladies, ou il s'agit de faire uriner - T la dole en eft depuis dix grains jufqu'a. demi dragme. Le fuc qui fe fepare d'avcc les fecules eft proprepour purger les eaux, on en peut donner depuis demi once jufqu'a. deux onces, fi on veut le conlerver, il en faut remplir une bouteille jufqu'au col, Sc y mettre deffus un peu d'huile pour empecher l'air d'y entrer. - Les fecules d'iris fönt un peu plus purgatives que celles de bryone , Sc ceiles d'Arum fönt plus purgatives que celles d'iris, les fecules d'Arum ou de Dracontium fönt appellees par quelques Auteurs gerfa ou eerufa ferpentaria* Les racines feches en poudre fubtile produiroient en Medecine un auffi bon efFet que les fecules. Venus. Dofc. Vertus. Dole. Suc de n- cine de Bryone, moyen de le coivfei- vei. c C H A P I T R E XL. Preparations de tcvriion de Setile. ES preparationsconiiftent, la premiere a. faire fecher les oignons de Scillepour les priver d'une humidite nuifible Sc lliperfluc, la feconde a faire*coirrla Scilic pour en pouvoir tirer la pulpe. Pour Ja premiere , on prendra des oignons de feilte de groflenr medioere , bien lains & bien nourris, on en feparera avec un couteau de bois, l'ecorce ou les pre- mieres feuilles feches rouges qu'on rejettera ■, enfuite on levera les larnines blan- chärrcs , lainant le cceur & les racines comme inutiles, on fera fecher ces latiiiobs- au Solcil. On les employe pour le vinaigre fcillitic dont je parlerai en fon rang. Pour la fecöncle on envelopera les dignons de fcille , de gatc ordinaire, Sc on XJiign. Venus. Vertust Veritable corre&if de la racine (TEfiila. L? Meze- reuin n'eit pJus en u- i'age. II ne faut point de prtpara- t'on aux femences deCorian- dre & de SJunji». u6 1> H A R M A C O P E" E les mettra cuireau four jufqua ce qu'ils foient mous, ce qu'on connoitraen intro- duifant dedans un petit bäton pointu, on en feparera alors la päte cuice en croute, Sc l'ontirera la pulpe de la fciile , eile eil employee pour faire ies crochifques de fcille dont je parietal dans la luire. La falle encre dans plufieurs compoiitions, eile rarefie Sc ineife la pituite , on s'en fert pour l'epilepfie, pour refifter au venin, pour l'aithme. Tous les Aureurs avertiilent de ne point fe fervir des coüteaux ordinaires pour Cepa.net les laminesdc la fcille, ils pretendent que le fer rende cet oignon venimeux. C H A P I T R~E X L I. De la preparation des racines d'Efula IS d'El'ebore noir, desfeuilles de Ale^crcum ou Laureola, des grames deCoriandre <Ü" de Cumin. CETTE preparation ne confilte qu'a faire tremper les ingrediens dans du vinai- gre pour empörter une partie de leur force, puis a. les faire lecher. On prendra donc une des drogues, par exemple on choilira des racines de la pe- tite efule les plus groffes Sc les nneux nouries la quantite qu'on voudra, on les con- caflera , & on en Icparera le coeur appelle corde qu'on rejetrera , on fera fecher au Solei! les racines ainn" mondees , puis on les mettra dans du fort vinaigre pendant vmgt-quatre heures, on les retirera, Sc on les fera fecher au Solei!. Elles purgent violemment la pituite , il cn entre dans plufieurs compoiitions. Le vinaigrea laverite diminue de beaueoup la force de la racine d'Efule , car il empörte prefque tbute la fubftance, & il fixe par fon acicle ce qui reffe ; mais cette preparation elf. une delfrucKon prefque totale de la vertu du mix:e,il mefembie qu'il vaudroit niieux diminuer la dofe qu'on employe dans les compohtions, Sc le contenter pour teure preparation de la faire fecher apres l'avoir mondeecomme j'ai dit & la palveriier, mais (1 l'on veut abfolument une preparation, je voudrois qu'on donnat a cette racine un correclifqui en emoullant les pointes de fon fei, lafit agir plus doucement; on pourroir donc en ayant reduit quatre onces de racine d'e- fula en pondre,y meler demi once de creme de tartre,& autant de gomme adraganth pui veriiez,lk inalaxer le melange en une maffe avec le mucilage de gomme adraganth pour en former des trochifques qu'on feroit iccher, Les Anciens fe fervoient de mezereum ou laureola dans les forts purgatifs, mais il n eft plus en ufage , il purge trop violemment. Pour les (emencesde coriandre & de cumin,c'eft un abus que de vouioir leur don- ner un correcüf, elles n'ontrien de malin , Sc on leur 6re ce qu'eJles ont de bon en les faifanc tremper dans le vinaigre , car cette liqueur empörte la plus grande partie de leur fubftance vojanie eniaquelle confilfe leur vertu , Sc eile fixe ce qui leur en reife. CHAPITRE X L I I. Manien de faire l Ada nofiras. ON aura unebonne quantite de prunes fauvages mores nouveüement cueillies, on les ecrafera dans un monier de marbre , Sc les ayant Iaiilees digerer quelques heures a froid , on en tirera le fuc par la prelle , on mettra ce fuc dans une ter- rine, Sc l'on en feta evaporer l'humidite par un petit feu jufcju a coniiff ence folide, c'eft iAcacia nqftras, UNIVERSELLE. ti 7 On s'en fert dans Ies remedes aftringents au Heu de l'Acacla verkable , il arrete les cours de ventre , le crachement de fang , il refifte ala malignite des humeurs , la dofeen eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Venus. Dofc. CHAPITRE X L I I I. De la preparation de la Tcrebenthine claire. COMME la tcrebenthine eft difficile a prendre par la bouche a caufe de fa glu- tinofite oVde fon mauvais goüt, on a cherche les moyens de la durck, afin de la rendre en etat d'etre prife en bolus ou en pilules. On fe contente en hy ver de la laver plufieurs fois avec l'eau de parietaire ou avec celle de rave , non pas tant pour en empörter quelque falete qu'elle pouroit avoir contradtee, que pour la rendre plus ferme , eile fe condenfe par les lotions, & eile devient blanche, on n'employe pour la bouche que la terebenthine la plus claire. En Ete les lotions ne fufhfent pas pour rendre la tcrebenthine en etat d'etre prile par la bouche , eile ferok encore trop niolle , il laut la faire cuire dans une eau diitillee ou dans une deco&ion aperitive, jufqu'a ce quetant refroidie , eile ait la con/iftence de rahme , 8c qu'on en puifle former des pilules , cetre cuite eft or- dinairement faite en demi-heure, la terebenthine fe fepare d'avec la liqueur qui refte comme inutilc. La terebenthine lavee ou cuite eft aperitive, on l'employepour lapierre , pour la gravelle, pour les gonorrhses, pour les ulceres du rein , de la veffie , de la ma- trice, la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Les lotions &laco£tionpriventla terebenthine d'une partie de fon fei eilenriel en quoy conilfte fa prinzipale vertu , mais la difficulte qu'il y a de la faire prendre liquide comme eile eft naturellement, eft caufe qu'on a invente ces preparations, on pourroit neanmoins s'en paffer , la reduifant en bolus ou en pilules par le m'elange qu'on en feroit avec des poudres aperitives , comme avec celles de clopjrtes , de criftai mineral, de criftal de tartre , de racines d'akhac.i, de mercure doux, dyeux d'ecieviffe, ou avec des compoutions purgatives comme avec la confecHonhamech, celle de pfyllio , le catholicum, le lenitif ihr, la terebenthine de Chio n'a pas befoin de preparation, car eile eft folule , & en etat d'etre formee en pilules. CHAPITRE XLIV. De la preparation des poülmons de renard , du foye & des inteßins du loup , de l arriere-fais & des autres matteres femblables. CETTE preparation ne conlifte qu'a faire fecher des vifeeres d'animaivx , afin de pouvoir les garder He les mettre en poudre quand on voudra. Onprendrapar exemple des poülmons de Renard bien iains tircs de l'animal re~ cemtuent tue , onles lavera , onles coupera par tranches, on les fera lecher au four par une douce chaleur , puis on les envelopera d'hyfope ou de marrube pour les garder. Us fönt eftimez pour les maladies de la poitrine & des poülmons comme pour Vaftkne, pour la phniie , ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Lotion de la Terebenthine. Codtion de la Terebenthine, Vertus. Dofe, Moyen de rendre la Tereben thine dr.re fans cuite nilodon. VerttiSj Dole. Lotion ordinale du poulnon duRenard. Vertus & dofe du foye & des intefJins du Loup« Vertus & dofe de l'arriere- r'ais prtpa- 4- Vertus du Crapau. Doli. Vertus des vcrs deter- re prtpa- rez. Vertus des cloporces pr^pjaez , (iSur dofe 11S PHARMACOPE" E II ne faut pas quc le Renard dont on veut tirer les poulmons foit mort de ma- ladie , de peuc que ce vifcere ne fiit imbu de quelque mechante impreflion , ni qu'il ait peri de vieillefTe, car il feroit prive d'efprits, il faut qu'il foit mort de mort violente , ahn que le poulmon foit dans fa vigueur 8c abondant en eiprits , on doit obferver la mcrae chofe a l'egard du Loup dont on retirera le foye & les inteftins. Pour l'arrierc-fais , il faut qu'il vienne d'une femme feine , qu'il foit entier 8c bien conditionne. On le feit ordinairement pour laver les poulmons duRenard d'une decoclrion d'hy- fope & de fcabieufe faire dans le vin blanc , mais outre que toute l'impreilion que cette liqueur remplie de fubftances volatiles a pu communiquer a la chair du poulmon, le dillipe bientot quand on la fait fecher dans le four, il y a bien de Fapparence qu'une lotion fpiritueule enleve avec foy une partie du fei volatil du poulmon en qui confifte fa principale vertu, j'aime donc mieux me fervir de l'eau commune en cette occafion , eile n'emporte rien avec foi quand eile s evapore dans le four. On peut reduire le poulmon de Renard en poudre des qu'il a ete leche , 8c garder la poudre dans une bouteille de verre bien bouchee, mais fi on le garde en mor- ceaux il faut l'enveloper avec des des herbes appropriees a fa vertu , & qui puifTent refifter aux vers: l'hyfope, le marrube fecs fönt aflez convenables pour ce fujet. On preparera de la mcme maniere le foye 8c les inteftins du Loup par morceaux, ahn qu'ils fechent plus facilement dans le four •, ils fönt propres pour la colique ven- teufe , la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme, on peut les conferver envelopes dans des feuilles de mente ou d'origanfeches. L'arrierefais prepare de meine eil dit propre pour empecher les tranchees des femmes en couche •, la dofe en eft depuis im fcrupule jufqu'a une dragme ; on peut Ten /eloper pour le conferver dans des feuilles de fange, de marjolaine , de fouci. CHAPITRE X L V. De la preparation des crapaux, des vers de terre , des cloßortes , O* d'autres in fehles jemblables. CETTE preparation confifte a. faire fecher au Soleil les animaux pour les pou- voir conferver 8c mettre en poudre quand on voudra. , On prendra donc par exemple des crapaux, apres les avoir tuez , on les lavera 8c on les pendra par un pied en quelque Heu expoie au Soleil pour les y faire fecher. On pretend que le crapau entier deifeche etant tenu dans la main ou deffous 1'aiffeUe ou dernere l'oreille, ou pendu au col, arrere lefäignement du nez,& que- tant applique für le nombril il guerit le flux d'hemorroides, on en applique en poudre für les bubons ou charbons peftilentiels 8c furlesbubonsveneriens, il en attire la nialignite en dehors , 8c il les fait /«purer , on en donne auffi par la bouche pour l'hydropilie depuis demi fcrupule jufqu'a demi dragme. Apres avoir bien lave les vers de terre dans de l'eau, 8>c enfuite dans du vin pour les faire mourir,on le s attachera a une ficelle par un bout, 8c on les fera fecher au Soleil, ils fönt refolutifs - , on iesemploye dans les compofitions de quelques emplatres. Onlave les cloportes, 8c on les fait mourir dans du vin blanc ou dans de l'eau ai- guifee d'efprit de fei, puis on les fait fecher au Soleil pour les pouvoir mettre en poudre , ellesfont aperitives 8c propres pour faire jetter la gravelle , la pierre,pour la colique nephretique , pour les retentions d'urine; la.dofe en eft depuis un ferupuv le j ufqu'a une dragme, ll UNIVERSELLE. u 9 * Il eft a remarquer qae fi Ton a prepare par la maniere que nous venons de dire feize onces de cloportes , elles ne peferont etant feches , que fept onces & demie. CHAPITRE XLVI. ~ De la preraration du Sang de Bouc. CETTE preparation confifte a faire fecher doucement le fang de bouc pour le pouvoir garder & redulre enpoudre quand on voudra. On fera nourir a la madon pendant un mois un bouc d'age moycn avec la pimprc- nelie , Fache , le perfil, la mauve , le faxifrage ; on lui fera enfuite ouvrir les arte- res, & Ton ramallera le fang qui en coulera , on le laiffera raifeoir , puis en ayant fepare la ferofite , on le fera fecher au Soleil ou a une chaleur douce du feu. Il eft ludorifique & aperitif, on en donne dans les pleureiles, dans les fievres malignes •, la doie en eft depuis un fcrupule jufqu'a. quarre, La nouriturechoifie qu'on donne au bouc communique dans fon fang une bonne irnpreflion., en le rendant plus pur Sc plus fpiritueux. * Plufieurs preferent au lang du Bouc domeftique celui du Bouc fauvage- qu'on trouve en Seide , Sc qu'on anpeile Bouj Eftain. On a donne le nom de bouquain au fang de bouc prepare qnel qiul foir. Le fang humain fe defleche de la meme maniere , il faut prendre celui dune perfonne (aine qui ne fe fait laigner que par precaution. Il eft refoluür', ;1 entre dans quelques remedes exterieurs. C H A P~I T R E X L V I L De la preparation des Viperes, CETTE preparation confifte a faire (edier les Viperes pour les pouvoir garder Sc les mettre en poudre quand on voudra, On choilira des viperes les plus großes & les plus vives au Printems Sc en Au- tomne , on en coupera la tece; on les ecorchera, Sc Ton en leparera les ent«illes,on lavera les troncs dans de l'eau, on les attachera ä une ficelie, Sc on les merrra fecher pendues en unlieu fec, on amaflera aufli les cceurs Sc les foyes, Sc on les fera (eeher de la meme maniere. On feparera ja graiffe des inteftins, on la fera fondre doucement dans une ecueile für un peu de fiu , on la coulera avec expreflion au rravers dun linge fin pour la pur- ger de fes membranes , Sc qrant refroidie onla verfera dans une bouteille de verre pour l'y garder j eile eil liquide comme de l'huile a caufe de la quantite du fei vo- latil qu'elle contient, qui excedc on les mettra calciner dans un pot de terre bien bouche au nu- lieu des charbons ardentspendant environ une heure, on retirera enfuite le pot , £c l'ayant laifle refroidir , on le debouchera 6c l'on ramaflera une matiere brunc qu'on trouvera dedans, laquelle on reduira en poudre fubrile. Elle eft propre pour exciter l'urine , pour chafler la pierre, la gravelle •, la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a demie dragme. R JE AI A X ö V ES. Quelque bien qu'on bouche le pot, on ne fcauroit calciner les hyrondelles qu'on ne faffe difliper le fei volatil qui fait le meilleur de leur vertu , ainli je trouve que cette preparation a ece mal inventee , il vaudroit mieux pour toute preparation fe Rij Preparatio de la corne de Cert. Preparatio du crane humain. Vertus. Dofe. Preparatio de l'hyvot- re,Spo- dium. Vertus. Dole. Calc:na- tion dese- p oiiges. Iji PHARMACOPE'E coiKentcr de faire fecher au fbur les pedts des hyrondelles &C les reduire en poudre- C H A P I T kIl L. Des preparations de I'eponge la dofe en eft Dofe. depuis fix grains jufqu'a un ferupule. On prepare de la meme manierele poil de lievre. La cendre d'eponge ou I'eponge cakinee contient un fei fixe en qui confifte fa vertu. Pour les poils de lievre, ils perdent dans la calcination leur fei qui eft volatil, 8c il ne leur refte pas grande vertu ; on les donne pour exciter l'urine , la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'a derai dragme. L'autre preparation de i'eponge fe fait par la methode fuivante. On couperaavec des eifeaux, par petits morceaux les plus menus qu'il fe pDura , de I'eponge fine & bieu nette , on la melera avec de la cire jaune qu'on aura mis fondre für le feu , on remucra le melange avec une efpatule , & quand il fe- ra prefque refroidi, on le mertra dans un linge a la prelle pour en faire une forme de gäteau , on le retirera de la pfeife , on en feparera pendanr qu'il fera en- core un peuchaud , le linge & la cire qui fera paffte au travers & Ion aura I'eponge preparee : Elle eft propre pour dererger &pour abforber les ferofites aercs qui abreuvenc ks playes 6c qui enrreriennent le mal , on y en met des petits morceaux. CHAPITRE TT De la preparation du Cachou. CETTE preparation confifte a. rendre le cachou moinS amer, plus agreable au goüt, odorant & en petits grains faciles a temr dans la bouche. On pulverifera Sc l'on melera enfemble deux onces de cachou avec une once de fucre candi, un grain de mufc & autanr d'ambre gris, on incorporera la poudre en päte dure avec une quantire fufrifanre de rnucilage de gomme adraganth tire en eaude fleur d'orange, pour en faire une mafle qu'on forrnera en petits grains lon- guets , lefquels on fera fecher, & on les gardera dane une boete clofe Le cachou prepare eft bon pour forriher l'eftomach , pour exciter l'apetit, pour donner bonne bouche , pour refifter au mauvais air •, l'on en met trois ou quarre grains dans la bouche & on les y laufe fondre doucement. Vertu?. On y peut augmenter le mufc & l'ambre felon qu'on le jugera a propos , mais les perfonnes fnjettes aux vapeurs doiVent faire' recrancher ces aromats de la compofi- UNIVERSELLE. iu tion , parce qu'ils caufent fouvent des accidents fächeux qui feroient capables de produireplus de mal que le remede ne feroit de bien. C H A P I T R E L I I. De l'Oleofaccharum ou Oleojaccbarum. 'Oleofaccharum , comrae le mot le porre, eft une huile ou efTence incorporec i dans du fucre candi en poudre , on en peut preparer d'autant d'efpeces qu'on a de Portes d'huiles. On prend donc, par exemple, une dragme d'efTence de canelle, on la mele exatfte- Oleofac- ment dans un mortier de marbre ou de verre, avec quarre onces de fucre candi re- charutn de duir en poudre bien fubrile , on enferme le melange dans une bouteille de verre afin qu'il conferve fon odeur. Il rejouit le cceur, il forrifie le cerveau & l'eftomach, ii repare les forces abatues , il excite les mois aux femmes •, la dofe en eft depuis un ferupule jufqu a deux , dans quelque liqueur appropriee. R E M A R Q^V E S. Comrae les eilences ou huiles ne fe dillblvent poinc dans les liqueurs aqueufes, ä caufe de la diiproporrion des parties qui les compofenr; on a invente cette prepara- tion a deffein de divifer 8c de rarefier tellement les parcies de l'eflence par le fucre candi, qn ellespuiflenc etre en erat de fe diflbudre dans teile liqueur qu'on voudra ; c'eft ce qui arrive aulfi, car le fucre candi fert d'un intermede entre la liqueur Sc l'huile pour les unir. L'efience donne, a la verite , une couleur blanchätre dans les liqueurs aqueufes , oü Ton a diflout l'oleofaccharum , mais eile ne fe ramaile point. On n'a pas befoiu de mettre les eflences en oleofaccharum , quand on veutles me- ler dans des liquetirs fulphureufes, comme dans Veau de vie , dans l'efprit de vin , car elles s'y lient facilemenr , ttant de fubftance homogene avec ces efprits. canelle. Venus. Dofc. CHAPITRE L I I I. De la Reparation du crjßal tf des cailloux. COMME lecryftal 8c les caillous fonttrop durs pour etre mis en poudre par la maniere ordinaire, on a recours a la preparationfuivante. On prend, par exemple, du cryftal la quantite qu'on veut, on le met rougir dans le feu, puis on l'eteint dans de l'eau froide ; quand il eft refroidi onregarde s'il eft attendri & s'il fe rompt facilemenr : s'il eft encore trop dur , on le remer rougir au feu, & on l'eteint dans de l'eau froide comme auparavant, il devient friable; on le pulverife alors groflieremenr dans un morrier, & on le broye für un porphyre avec un peu d'eau de verveine pour le reridre impilpaBlc ; on en forme de petits trochif- ques qu'on fait fecher, c'eft le cryftal prepare. On l'eftime propre a exciter le laictaux nourices; la dofe en eft depuis fix grains jufqu a deux lcrupules. R E M A R Q^U E S. On jette le cryftal rougi dans l'eau froide, afin que fe refroidifiant tout d'un coup, fcs parties nele rejoignent point aufii exaeiemenr qn'elles etoient. Les caillous fönt plus durs , ils demandent une plus longue preparation que le R ii; l 3 4- PHARMACOPE* E cryftal: quelques-uns les fönt eteindre dans du vinaigre, les autres dans une diflb- lucion de fei armoniac. Ils fönt eftimez bons pour faire fortir la pierre & la gravelle du rein & de la veflie, mais ils me paroiffent bien plus propres pour en produire que pour en 6ter. CHAPITRE L I V. De la preparation de la pierrc-ponce , appellee en Latin Pumex. CETTE preparation confifte a ncttüyer la pierre-ponce de quelque impurete quelle pouroit avoir , & del'attendrir avec du laicft deVache , pour la pou- voir pulverifer bien fubtilement. On fera rougir dans le feu teile quantite qu'on voudra de pierrede ponce , on l'eteindra dans du lai6t de Vache , on la broyera für le porphyre, & on la formcra en petits trochifques pour la faire lecher. Vertust On l'eftime propre pour abforber les acides de Teftomach, pour arreter les conrs de ventre 8c pour blanchir les dents. Veitus. Sei de vi- trjol. Dofe. CHAPITRE LV. De la preparation de la terre de vitriot. CETTE preparation confifte a depouiller le colcotharde fonfei. On prendra la quantite qu'on voudra du colcothar qui refte apres la diftil- lation de l'huile de vitriol, on le mettra dans une tetrine , on verfera dellus beau- coup d'eau chaude , & on l'y laiffera tremper neuf ou dix heures ; on filtrera la liqueur, & l'on rnettra für la matiere, autant de nouvelle eau chaude que devant, on la laiffera infufer quelques heures, puis on filtrera la liqueur, on continuera ces lotions jufqu a ce qu'elles fe retirent inlipides, on fera alors fecher la terre rouge qui reftera & on la gardera. Elle eft aftringente & tortifiante', eile arrete le fang etant appliquee für les playes. R E M A R Q^U E S. Si aprc-s avoir ükre vos lotions , vous en faites evaporer Thumidite dans un plat de terre, vous aurez le fei de vitriol. Il eft vomitif , la dofc en eft depuis un fcrupule jufqu'ä une dragme. Quand la terre de vitriol a ete gardee quelque tems a l'air , eile reprend de nou- veau fei, foit parce que l'acide de l'air s'yintroduit, foit parce que celui qui etoit corame envelope dans la matiere, fe develope par la fermentarion, quand cette terre eft bien envelopee &c enfermee , eile demeure plus long-tems douce & infipide. CHAPITRE L V I. De lapreparation de l'ahm de plume i? de la pierre Amyanthe. CETTE preparation n'eft qu'une calcination qu'on donne a l'aluni de plume , & a la pierre Amianthe pour les reduire en poudre. On melera enfemble une partie d'alum de plume , ou de pierre Ämyanth e , &c deux parties de fei commun ; on mettra le melange dans un creufet qu'on p lacera UNIVERSELLE. ^5 au milieu d'an grand feu de charbon pour faire fondre le fei, on continuera cette calcinationpendant fepr ou huit heures, puis on verfera le tout dans de l'eau froide, le fei s'y diiioudra , & l'on trouvera l'alum de plurne enpoudre au fonddu vaif- feau , on le lavera plufieurs fbis , &c on le gardera. Il eft employe pour embellir la peau , on en mele deux dragmes dans une once de pommade. R E M A R O^U E S. Le feu feul coule für l'alum de plume & für la pierre d'Amyandie,fans y faire d'impreflion ou fans les divifer , il faut lui aider apc'netrer ces mixtes qui fönt des efpe.es detalc , par le moyen d'un fei. L'AUan de plume prepaie ne s'actache gueres für la peau , a caufe de fa fubftance «raitTeufe. CHAPITRE LVII. De la preparation ou purifieation de plufieursgommes qu'on ne p&ut mettre aifement en poudre, comme du galbanum de la gomme ammoniac , de l'opopanax , dufagapenum. ON prendra la quantwe qu'on voudra dune ou de plufieurs de ces gommes on i e s e craferaparpemsmorceaux 5 & on les mettra tremper quekmes heures dans du vinaigre , on les y f era fondre für un petit feu, on pallera la diffolution oar un ecaminc avec föne exprelfion on remettra le marc dans de nouveau vinaiL für le feu pour achever de diiloudre le refte de la gomme , on coulera la difiofu tion comme auparavant, & on la mcleraavec l'autre dans une ternne qu'on „lacera tut le feu, pour en faire confumer l'humidite jufqu'a confiftence d'emplätre & l'o„ aura les gommes puafiees. r ' Elles fönt propres pour ramolir, pour refoudre , pour aider a h fupuration pour abatre Les vapeurs, on les appbque für le nombril Sc für les tumeurs. ' K E M A S O^U E S. On fe fert quelquefois d'autres diflblvants que du vinaigre commun pour puri- fier les gommes, car on tache toüjours daproprier ces Hqueurs aux effetsS de- mande, amfi 1 on employe tantot le vinaigre fcülttic , tantot le vin, an oT£ fuL des plantes, maisil vaut beaucoupnueuxquandotvle peut , mettrelcs "omme en poudre avec leurs unpureres, que de les preparer, parce que dans la punficZn on laufe echaper beaucoup de fels volatils & fubcils qui fönt la principale vermde cet gommes ce qud eft faale dereconnoftreparIbdeur fortekpfig antel'on cn tcflcnt;, de plus le vinaigre fixe ou modere la völarilitd de ce qui reite en forte qu il en diminue la vertu. 1 ' cliluuc Quandon veut pulveriferces gommes, il ftk choifir les plus belies & lesplus nettes en langes& les faire fecher doucement entre deux papiers au Soleil ou verl lefeu , d eft faede de les mettre en poudre quand elles fönt melecs avec beaucoup d autres drogues comme dans la poudre de la theriaque. Ufages. Vcnss. t} & pour lui procurer un goiit agreable , on y melera les gommes 8c le fixere marquez dans la defeription. On concallera pour cet eifet des gommes arabique Sc adraganth , de chaeune quatre 011- ces, on les mettra tremper chaudement dans environ crois livres d'eau jufqu a ce qu'elles fe foient fondues en mucilage , on paffera Je rout par un tamis propre , on melera ce qui fera paffe avec la demi-Hvre de fucre , 8c les deux livres d'extrait de regliffe dans une terrine •, on fera evaporer l'humidite du nielange ä petit feu, l'a- gitant continuellement avec une fpatule jufqu a. ce qu'il foit reduit en une confiftence d'extrait ou de päte dure ; on le formera alors en bätons ou en paftilles, ce fera unfuc de regliffe facile ä garder. Il eft bon pour le rhume , pour faciliter le crachat, pour adoucir les acretez de la poitrine , on en laiffe fondre un petit morceau dans la bouche. Les gommes adraganth 8c arabique qui entrent dans cette compofition rendent le fuc de regliffe plusglutineux qu'il ne feroit etant feul (ans melange •, elles lui don- nent auffi une meilleure qualite pour adoucir & embarairer les ferofitez acres qui tombent par la trachee-artere für les poulmons. On debite chezles Marchands certain fuc de regliffe don on veut que l'origine vienne de Blois, il eft tellement rempli de gomme arabique qu'il ne contient pref- que autre chofe , on pouroit ä plus jufte titre l'appeller gomme glycyrrifee que fuc de regliffe ; il eft forme en longs bätons plats , larges d'un doige, de couleur brune. Pour le preparer on fait une forte deco&ion de regliffe dans laquelle on met fondre fm le feu , beaueoup de gomme arabique concaffee & un peu de fucre , on coule la Uqueur , & Tonen fait confumer l'humidite julqu'a. ce quelle foit en confiftence requifc pour en former des bacons : l'avarice a eu ians doute beaueoup depart ä l'in- vention de cette efpece de fuc de reglilfe, car la gomme arabique etant a bon mar- che , il eoute peu ä faire, & on le vend eher j mais quoiqu'il contienne peu d'ex? rrait de regliffe, il ne laiffe pas d'avoir fes vertus , car la gomme arabique etant glutineule ou mucilagineute, eile adoucit les acretez du gofier & modere latoux. Onnous apporte d'Efpagne beaueoup de fuc de reglifle en petitspains noirs que les Droguiftes vendent, mais il eft le plus fouventgraveleux 8c rempli d'ordures. * Les Marechaux employent auffi le lue de regliffe pour Les rbumes de leurs che- vaux , mais c'eft apres l'avoir mele avec beaueoup d'autres drogues echaurrantes, jcomme on le peut voir dans Je parfak Marechal fait par M. Soleyfel, $uc de KgUße blane, Vrenet. du fucre trei-hlanc & tres-fin , une tivre. De Vamidon , deux ences , de U regliffe bien rati/fe'ejtx dragmes,' De l'irisde Flore tue , dtmi-once; de U gomme adraganth, deux dragmes, Du mufc & de l'ambregris , de ebaeun un gram. Que tout celafoit mis enpoudre &mele, puis avec une fuffifante quanttte de mucilage de gomme adraganth tire dans l'eau de rofes , qu'on en faffe une pate ferme dans le monier de mxrbre , dont on formera desbatms M des paflilles qu'on fera fecher a Vorn* irt & quon gardera pour Vufage, 55 Vertus. Suc de regliffe de Blois» Sucre de regliffe pour les ghevaux. 1,1 PHARMACOPE'E R E M A R QJU E S. On prendra unelivre de fucre royal & deux onces d'amidon bien blanc, on les pulverifera enfemble , on ratiflfera fix dragmcs de belle reglifle feche , on la mettra. cn poudre avec demi-once d'iris de Florence ; on choifira deux dragmes de belle gomme adraganth bien blanche Sc bien nette, on la reduira en poudre dans un mor- tier de bronze qu'on aura fait chauffer, on mettra un grain d'ambre gris , Sc autant de rriüfc dans un mortier de marbre, on les pulverifera avec un peu de fucre, Sc Ton y mclera toutes les poudres. On mettra tremper environ trois dragmes de gomme adraganth belle, blanche Sc nette, concafleedans quatre onces d'eau-rofe pour faite un mucilage epais, on en prendra la quannte qu'irfaudra pour incorporer la poudre en päte dure, Sc Ton en formera des rotules ou de petits bätons, qu'on mettra en- fuite fecher a. Pombre, c'eft le fuc de reglifle blanc. Venus. ^ e .^ employc pour les maladies de poitrine , pour Pafthme, pour exciter le cra- ehat, il n'a pas tant de vertu que le precedent, mais a caüfe de Von goüt agreable , il eft beaueoup plus ufite , il eil fort improprement appelle fuc de reglifle, puifqu'ü n'y entre qu'un peu de reglifle en poudre. Effet de la La gomme adraganth qu'on mefc dans cette compofition , ne fert pas feulement Ira^anth?" ^ ^ er * es aucres c ' ro S aes & * durchla p^te, eile eft bonneponirla poitrinc, car eile aglutine Sc adoucit par fon mucilage , la feroiite falee qui defeend du cerveau , Sc eile faitcracher plus aifement, Pamidon y eft mis pour la meme intention •, la poudre d'iris attenue les phlegmes qui fönt trop epais ; & avec le mufc Sc Pambre, eile donne une bonne odeur a la compofition •, ceux qui fönt fujets äux vapeurs peuvent faire retrancher le mufc Sc Pambre. Ondoit laifler fondre le fuc de reglifle fort doucement dans la bouche , afia qu'il ait le tems d'humecler la poitrine en paflant. Robab. Sapa. Defrutam. Refinu CHAPITRE L 1 X. Du Rob _, du Sapa, & du Defrutunu RO B , ou robub eft un nom Arabepar lequel on entend le fuc de quelque fruit que ce fort , cuit en confiftence de miel. Le nom de (apa ne le donne qu'au mouft ou fuc des raifins cuits , on peur aufli l'appeller rob , car le fapa en eft une efpece. Le defrutam n'eft autre chofe que le fuc des raifins evapore a diminucion feulement de la troifieme partie. Quand onle met fermenter dans un tonneaUj il s'en fait un vin de liqueur , qu'on appelle vin cuit. Rob ou refine. Prenez, du fuc de raifins bUncsbten metirs, & nouvellement exprime , vingt üvres, Ia':tes-!e cuire a petit fiu dans un vaijfeau de terre verntffe ,jufqua confißence de miel R E M A R Q^U E S. 11 faut faire evaporer le* rhöüft ou fuc de raifins blancs des qu'il a ete exprime » car ii on le laiflbit ferrnenter. quelque temps, il changeroit de nature , en ce qu'il fe convettiroit en vin , Sc il en fortiroit des efprits dans Pevaporation , on mettra ce fuc dans une grande terrine ou dans un pot de terre vernifle , on placera le vaif- feau für unfeumediocre, Sc Ionen fera evaporer Phumidite juiqua confiftence UNIVERSELLE. 135? 4e miel, c'eft ce qu'on appelle vulgairement refine , on y ajoute quelquefois du fucre, du coing, de la canelle, du gyrofle, pour le rendrc plus agreable au goüt. Le läpa eft employepour les petits chancres qui naiffent dans la bouche , il les deterge & il les guerit, on senfertauffi en aliment, & principalement lorfqu'on v ajoure le fucre & le coing. Onprepare de la meine maniere les robs de coing , de grofeille , de berberis, de bayes defureau, de verjus , de cerife, de cornes ou cornoüilles. Rob de meures , autrement dit, DUmorum fimple. Trenet, du fucre dt meures cultivees bien depure , quatre Ihres , £)« miel bien ecume , deux livres , Que cela foit cuit jufqu'a une conjtftence raifonnalle, R E U A R Q_V E S. On aura des meures cueillies avant leur parfaite maturite , on les pilera dans ua morrier de marbre, on en tirera le lue qu'on laüTera depurer un jour ou deux au Soleil, puis on le paffera par un blanchet, on en melera deux parries avec une par- tie de miel, dans un plat de rerre verniiTe , &c on les fera evaporer par un feu me- dioere juiqu a coniiftence de miel, ce fera le rob de meures fimples qu'on gardera dans un pot. Il eft bon pour les inflammations de la gorge, pour les aphtes qui viennent au palais &c ä la langue. On pouioit au lieu des meures domeftiques fe fervir des meures fauvages. Quel- ques-iuis retranchent le miel de ce rob , mais il en eft moins agreable. Rob de meures , autrement dit , Diamorum compofe. Trenet. des fucs de meures domeftiques & fauvages bien depuret. , & du mkl bien ecume , de chaeun deux livres , * D« fuc de raifins cuit , trois onces ; du fuc de verjus , une once , De la mjrrbe & du faffran , de ebaeun nne dragme & demie. Taites de tont cela un Rob felon l'art, R E U A R QJÜ E S. Apres avoir tireles fucs des meures domeftiques & fauvages, & les avoir depu- rez comme il a ete dit, on les fera cuire avec le miel, le verjus & le fapa jufqu'a coniiftence de miel, puis on y melera la myrrhe & le faffran qu'on aura reduits en poudre bien fubtile pour faire un rob qu'on gardera au befoin. Il eft propre pour deterger les phlegmes de la poitrine , pour faciliter la refpira- tion. La dole en eft depuis une dragme jufqu'a demi once. Rob de noix auf ferneut dit Bixnucum , ouDiacaryon de Galten. Trenet, du fuc desecorces de noix vertes, tirependant les jours caniculaires } &bien depure , quatre livres , J)u miel bien ecume , deux livres. Que tout cela foit cuit felon l'art peur un Rob. R E M A R Q^U E S- On ramaffera au mois de Juillet ou d'Aouft une bonne quantite d'ecorces de noix vertes, on les pilera dans un morrier , & l'on en tirera le fuc, on le depurera en lui Faifant prendre un boüiilon, Sc le paffant par un linge, on melera deux par- Sij Robs de Coing de berberis,de fureau, de verjus, de cerifes, de cornoü.l- les. Vertus. Dofe, Vertu?. Dofe. Vcrtus. Dofe. 140 PHARMACOPE'E ties de ce fuc de noix avec une parrie de niiel ecume , on les fera cuire enfemble par un feu mediocre dans une terrine vernifTee jufqu a confiftence de miel, c'eft le rob de noix. 11 eft propre pour forcifier l'eftomach pour faire fuer, pour refifter au venin •, la dofe en eft depuis une dragme jufqu'a demi once. Si l'on ne pouvoit pas tirer ailement le lue des ecorces de noix verres pilees, on les hume&eroit avec de l'eau de noix diftillee > ou avec une force deco&ion d'au- tres ecorces de noix. Rob de Vc'roniquc. Prenex, du fuc de veronique bien de füre , deux livres, Dufucre , ou du miel bien ecume, um hrre, Que cela fott cuit felonl'art. R E M A R QJÜ E S. On rirera le fuc de veronique a la maniere ordinaire, on le depurera en le faifanr legerement bouillir , Sc le paftant par un blanche: , on en melera deux parties avec une parrie de miel ou de fucre dans une terrine verniflee , Sc Ton en fera confumer ihumidite par un feu mediocre jufqu'a confiftence de miel. Ce rob eft propre pour les ulceres dupoulmon, pour l'afthme, pour faire uriner, pour porifier le fang; la dofe en eft depuis trois dragmes jufqu'a une once. C H A PITRE Des Gelees. L X. ßclatinx T ES gelees appellees en Latin gelatina , parce qu'elles fe congelent au froid ou My v», | „j quelquefois myvt, , fönt des fucs de fruits, Sc de plulieurs parties d'animaux qui ayant cte privez p^fr le feu, d'une portion de leur hurnidite aqueufe , fe congelent . en confiftence de colle •, la caufe de ces congelations vient dun melange des {eis 1 ^ a ü li volatils ou effentiels avec une Proportion d'huile, car les pointesdes fels s'etant en- iion des trekiflees dans les parties rameules de I huiie, lls y peraent. leur mouvement, cc iücs. arretent la rluidite de l'huile Sc du phlegme qui s'y rencontrent •, plufieurs mucila- ges fönt proprement des gelees , comrac ceux qu'on tire de la gomme adraganth, de la gomme Arabique, de la grame de coing. Tous les fucs ne fe convertiflent pas en gelee , il faut qu'il s'y rencontre une quantite fuffifante & une proportion de fei Sc d'huile. Les fruits 8c les gommes e.itre les vegetaux, erant la plupart remplis de ces prineipes, donnent plus de gelee ais ils n'en rendent pas tous egalemept. Les es que les autres parties des vegetaux , mais fruits d'oü l'on en tire le plus, fönt les pommes , le verjus, le coing , la grofeüle, l'abricot. Quant aux animaux, comme ils fonr remplis de fels volatils & d'huile, loutes leurs parties peuvenc donner de la gelee, mais les unes plus que les autres. Gelee de eoins. Trenez, des csins qui nefment pas encore meurs , buk livres. Coupez.-les par mweeaux avec hur ecorce & leur femence , & les faltes bouillir dans d'tx p'mtesd eau jufqu'a U confompt'wn de lamoiti* 5 couhz. enfuite la decoclion& en exprimez. le marc; enfuite darifiez, la colature avec le l/lanc d'tsuf&ßx livres du meil- leurfucre : &fAltes cutre laliqueurcL'.rißee für un feu lent jufqu'a la confifience de gelee, UNIVERSELLE, 141 R E M A R Q^U E S. Onaura des poires de coing qui n'ayent point encore atteinr une parfaite ma- türite afin qu'elles foient plus aftringentes, on les efliiyera avec un linge net, on les coupera par morccaux , fans cn feparer la peau ni les femences, on les fera bouillir dans l'eau jufqd'a diminunon de la mortie , on coulera la decocbion avec forte expreffion, on y melera le fucre , on clarifiera le tout avec un blanc-d'ocuf & l'ayant pafle par ün blanchet ou par une chauffe de drap, on le fera cuire jufqu a confiftence de gelee , ce qu'on connoitra en mettant refroidir un peu de la liqueur fur une affiette, on verfera alors cette gelee chaude dans des boetes de bois plactes, ou dans des vales de verre ou de porcelaine , c'eft ce qu'on appelle cotignac. Cotienac. II eft propre pour fortifier le cceur &c l'eftomach, pour armer le cours de ventre, vertus» les hemorrhagies , pour aider ä la digeftion, pour arrerer le vomiflement i la dofe en eft la grofleur dune aveline, Sc davancage li l'on veut •, c'eft une confiture agrea- ble au goüt qu'on mange aurant pour le dehce que pour la laute. Les gelees de pomme de renette & d'abricot fe fönt de la meme maniere. Gel'es de On peut aromatifer le cotignac en y jettant für la fin de la cnite un noüet delinge pomme 8r fin rempli de demi once de canelle & de deux dragmes de gyrofle concaffez, onre- d'abricot. tirera ce noüet quand on ferapret a verfer le cotignac dans les vaifleaux deftinez Aromatifa- pour le garder, ceux qui aimerontle mufc &c l'ambre pourront en ajoiiter quelques l ^ °~ grains dans le noüet. Mefue demande qu'on aromatife cette gelee de coing, avec de la canelle & du Aromacifa« cardamome de chacun trois dragmes, des gyrofles, du faffran, des trochifques de tion du Co- gallia mofchata, de chacun deux dragmes , du gingembre , du maftich , du bois ?" n ^'f ' d'aloes & du macis , de chacun une arides femences froides t de chaeunes deux onces , Des feinlies de betonte f de pimpernelle & de parietaire , de chaeunes quatre poignees. Out toutes ces plantes biennettoyees foientmifes en maceration au temps des vendanges dansun baril de cinquantepmtes , demi plein de moufi nouvellement exprime , dans lequel d reflerapendant troisa quatre mois, apres quot on coulera la liqueur qa'on enfermera enjuitt dans des bouteilles de vtrre bien bouchees , & on les garder a pour l'ufage. R I M A R QJJ E S, On cueillera les racines 3c les herbes en leur plus grande rigueur, on les nettoyerä, on les expofera deux ou trois jours au Soleil pour en faire confumer une partie du phlegme, on les coupera par petits morceaux, on concaftcra les bayes & les femences , on metrra Je tout en temps de vendange , dans un petit tonneau, on verfera deifus cinquante livres de mouft ou de fnc de raifin blanc , on ne bouchera le ton^ neau qu'avec un linge , & on laillera fermenter la matiere', quand la fermentation aura cefle , on bouchera exaetement le ronneau , & apres trois ou quatre mois d'in- fufion , on coulera la liqueur, & on la gardera dans des bouteilles de verre ou de grais bien bouchees, c'eft le vin Nephretique. Il nettoye le rein & les ureteres, de phlegme, de pierre, ou de gravelle, il excite l'urine, il leve les obftructions , il provoque Jes mois aux femmes •, la dofe en eft depuis une once jufqu'a trois. Le mouft tire du raifin blanc eft plus propre pour cette Operation que celui qu'on tire du raifin roitge , parce qu'il eft moins terreftre & plus aperitif. La fermentation aide a deracher les prineipes des ingrediens qui entrent dans cette infufion, ainfi il eft plus a propos de fe fervir en cette occafion, du mouft que du vin. Vin martia.1. Trenez, dufaffran de mars aperitif prepare [ans fett , quatre onces , De la canelle , & de Vecorce exterieure d'oranges ameres, de chaeunes deux dragme s, Du macis > «ne dragme > pufaffra», une demi dragme. Universelle. i 45 Oue tout celafoit infufe&digere pendant quini^e jours dans deuxpintes de hon vin blanc , apres quoi l'wfußonfera conlee & gardee pour l'ufage. REMARQUES. On prendra du faffran de Mars prepare a la rofee ou a lapluye , comme je Tay de- crit dans mon Livre de Chymie; on le broyera bien, & on le metcra dans un ma- tras avec le faffran , le macis, l'ccorce jaune ou exterieure des oranges ameres 8c la canelleconcaflee, onverfera defl'us, quarre livres debonvin blanc; onbouchera le vaiffeau, & on le placera en digeftion au furnier ; ou au Soleil, ou au bain marie im peu chaud, on l'y laiffera quinze jours , le remuant de temps en temps, puis on le coulera, ou bien on le laifl'era repofer für le marc des drogues pour s'en fer vir au befoin, C'eft un fort aperitif, il excite les mois aux femmes, il leve les obftru&ions de la rate, du pancreas, du mefentere ; la dofe en eft depuis une once jufqu'a trois, on peut y ajoüter du fucre ou du fyrop des cinq racines pour rendre le gofit moins de- lagreable. Laprincipale droguequi entre dans cette preparation eft le Mars, ilfautlemet- tre en poudre bien fubtile, afin que le vin s'en empreigne plus facilement. Sii'onfaiibircette operarion en temps de vendange, il leroit plus apropos de fe fervir du fuc des raiiins blancs nouvellement rire que du vin fait, parce que ce fuc diffoudroit mieux le fer que ne feroit le vin, il ne faut pourtant pas croire que le mouft ni le vin diflblvent entierement la roiiillure du fer , ils ne fe chargent que de la partie la plus faline & la plus rarefiee , ce qu'il y a de plus grollier demeure au fond avec le marc des autres drogues, On bouchera bien le vaiffeau de peur que les efprits.ne fe diilipent dans le temps dela fermentation , mais il ne faut pas qu'il foit plein , car la liqueur en fermentant creveroit tout, il y doit avoir au moins un tiers de vuide. Ce vin eft aperitif principalement a caufe des parties falines qu'il contient, mais il faut en ufer plufieurs jours de fuite fi l'on veut en voir de reffer. Vin magiftral purg peuvent les faire retrancher de la compoiition. Biere purgative de SyAenhxm. Trenex. de la rac'tne de poljpode de ebene , une hvre , De La rhubarbe des moines, des fe-mlUs de fenne, & des raißns dont on aura ote les pc- p'ms, de ebaeun denn üvre* UNIVERSELLE. .. 14.9 De U rhubarbe coupee par tranches 3 & de Ix racine de ra'ifort fauvage , de chacune trots onces, Desfeuilks de cocblearia domefiique \ & de fauge de chacunes quatre poignees , avec quatre oranges coupees par tranches. Metten le tout dans un bxril capabte de contenlr vingt a yingt-cinq pintes de biere fans houblon, qu'on Appelle Alle d'Angleterre, pendant qu'elle fermente encore } & on laiffera, la mauere en digeßion pendant cmq oußxjours ; puis on coulerx & on exprimera U li- queur qu'on garder a pour l'ufage. R E M A K QJU E S. On mondera , & Ton concaflera bien la racine de polipode, de chene, on cou- pera par petits morceaux les rhubarbes & la racine de rave fauvage, on mondera les raifins de leurs pepins,on coupera quatre oranges aineres par tranches, on meleta ces ingrediens avec les feuilles & l'on mettra le melange dans un petit tonneau, on verfera deilus, quarante ou quarante-huit livres cfune biere- qu'on fait en Angle- terre fans houblon & qu'on appelle Alle, pendant qu'elle fermente encore: on bou- chera le vaiffeau, & on laiffera la matiere en digeftion durant cinq ou fix jours, on lacoulera enfuite avec expreffion & on laiffera purifier la liqueur couleepar reliden- ce, c'efHa biere purgative. Elle purge doucement les ferofites & les autres humeurs par les feiles Sc par les uri- Veits* nes, on peut s'en fervir pour le fcorbut, pour les rhumatifmes,pour les fluxions d'hu- meurs fubtiles,pour puririerle fang. L'Auteur recommande denufer pour boiffon ordinaire, pendant quatorze ou vingt & un jours, & principalement au marin. J'ai mis cette preparation au rang des vins medicaux, parce que la biere eft une liqueur vineufe , eile ne peut guereetre preparee ailleurs qu'en Angleterre , parce qu'on fait tres-rarement l'Aile aux autres pais. Eau clairette fimple. Vrenet. une chopine d'eau de vie, Du fucre blanc, quatre onces, De la canelle größterement battue , une once. I.aiJJe7~-les infujer dans un mairas bien bombe pendant 24 beures t enfuite coulet, tu liqueur deux ou trokfoispar la chaujje d'Hypocras, puisgarde^-la pour l'ufage. R E M 4 R Q^U E S. On pulverifera fubtilement le fucre , on concaflera bien la canelle 5 & on les mettra entembie dans un mattas, on y verfera l'eau de vie , 011 agitera bien le melange & le matras erant bouche exa&ement, on le mettra en digeftion au bain de vapeur tiedeou dans le furnier pendant vingt-quatte heures , on renverfera enfuite l'infufion dans une chaufle d'nypocras ou (ur unblanchet pour la couler, mais quand eile fera coulee, on la repailera encore phifieurs fois lur le meme marepour faire fondre le fucre entierement, pour emprexndre bien la liqueur de la fubftance de la canelle & pour clarifier & purifier parfaitemenr , on la gardera dans une bou- teille de verre bien bouchee, c'eft l'eau clairette fimple. p i e> Elle efl propre pour fortifier & pour rejouir le cceur, eile aide a la digeftion > Venus» eile diffipe les vents , eile excitc les mois aux femmes ; la dofe en eft depuis deux. Dofe. dragmes jufqu'a une once. L'eau clairette eft proprement une teinture de canelle rendue douce & agreable au goüt par le fucre , on y difföut quelquefois un grain ou deux d'ambre gris pour la rendre plus cordiale , mais aiors eile 11'eft plus propre pour les femmes, acaufe de lodern quileur excite des vapeurs- T iij Eau ciai- Vertus. Dofe. 150 PHARMACOPE' E Par la commune methode on y fait entrer un tiers d'eau rofe av«c deux tiecs d'eau de vie, mais j'eftime l'eau de vie feule meilleüre Sc plus convenable pour ti- rer la teinture de la canelle Sc pour fortifier, outre que l'odeur de la rofe n'eft pas bonne a rout le monde. Quand on a l'eau clairerte, on peut fort bien fe paffer de l'eau de canelle •, car ces deux liqueurs ont une qualite Sc un goüt femblable , excepce que celle-cy eft plus agreable. Eau ciairettecompofe'c. Trenez, de U canelle f du macis , &■ du geroüe < t de chacun une once , Dugalanga , une demi once , du cardamome, & du jonc odorant ; de chacun deux dra* mes ; Da gingembre , une demi dragme ; Du fucre pulvert/e , huit ences » Sau de vie , une p'tnte. Tont es ces drogues feront mifes en digeflion pendant vingt-quatre heut es, ptiis la li- queur fern paffee par la chauße d'hypocras deux & trois fois 3 & fera gardee dans un Vaij/eau propre pourTu/age. R E M A R g_U ES. v Ou concaffera enfemble tous les Ingrediens, on les mettra avec le fucre dans un matras , on verfera deffus , l'eau de vie , on bouchera exacTrement le marras Sc on le placera en digeftion au bain maric d'eau tiede , pour l'y laifter vingt- quatre heures , l'agitanr fixivent; enfuite, on verfera le rout für un blanchet ou dans une chauffe d'hypocras, Sc quand la liqueur fera paffee , on la reverfera für le marc , on continuera de meme deux ou trois fois , afin de tirer mieux la force des ingrediens Sc pour rendre la teinture plus claire , puis on la gardera dans une bou- teillebien bouchee. Elle fortifie le cceur , l'eftomach, le cerveau, eile aide a la digeftion , eile re- pare les forces abbatues, eile refifte au venin •, la dofe en eft depuis deux dragmes jufqu a fix. Cette preparation eft proprement une teinture des ingrediens marques faite dans l'eau de vie , qui etant un dillöivant mlphureux eft propre a. extraireles fub- ftances de ces drogues qui fönt au/II fulphureufes , le fucre y eft mis pour donner bon goüt. On pourroit rendre cette eau clairette purgative , en y diflolvant des refines de jalap Sc de feammonee, de chacun une dragme. On pourroit aufli la rendre emetique, en y faifant tremper pendant cinq ou fix jours une once de farFran des metaux. Ra.ta.fin de cerifes, Trenez, dufuc de cerifes bien depure, fix pintes, Des fucs degrofeilles & deframboU fespareillement depurez,, de chacun trois chopir.es, de la meilleüre eau de vie, dix pintes. Taites infufer pendant deux jours dans ce melange desnoyaux de cerifes pilez,, deux livres du fucre blanc pulvert fe , huit livres ; de la femence de coriandre, de U canelle , & du gerofle battus , de chacun une once & demie. Agitez. le tout fortement, & apres la dtffolution du fucre , que tout ce melange foit fiffe par la chauße d'hypocras , puis gardez, la colature dans des phioles bien bouchees pour Vufage. R E M A R QJÜ E S. Pour bien faire ce Ratafia on aura des cerifes , des grofeilles & des framboifes rou- ges lorfqu'elles fönt dans leur force Sc vigueur , on les ecrafera, Sc les ayani laif- UNIVERSELLE. 151 Tees fermenter cinq 011 fix heures , on les exprimera pour en tirer le fuc, 011 ex- pofera ce fuc deux jours aux Soleil pour le faire depurer , puis on le paflera par un blanchet, il fe feparera de fa He & il deviendra clair & d'une belle couleur rou- ge ; on prendra les noyaux qui fcront demeurez dans le marc des cerifes apres l'ex- pretfion, on les caflera bien dans un mortier, on les melera avec le fucre en pou- dre, & on mettra infufer le melange pendant deux jours dans les fixes depures, agi- tanrla matiere de tems en tems avec un biitortier, ahnde faire fondre le fucre (ans l'aide du feu. Cependant on aura mis infufer un egal efpace de tems dans l'eau de vie en un vaiffeau bien bouche, la coriandre , le gerofle & la canelle , on paflera enfuite 1'in - fulion paUa chaufle d'hypocras plufieurs fois jufqua ce qu'elle loit claire , puis 011 paflera für le marc , l'autre infuuon de noyaux & de fucre , on melera exa&ement les liqueurs paflees, Sc Ton gardera ce melange dans des bouteilles bien bouchees, c'eftle Ratafia. Il eft cordial, ftomachal, cephalique, il excite un agreable mouvement dans les Vertus. efprits , il aide a la digeftion , il rarerie & diflout la pituite trop grofliere , il excite le crachat , il prclerve du mauvais air ; la dofe en eft depuis demi once iuf- ^ > °f e ' qu'a deux once?. Cette liqueur eil extremement a la mode , on en prepare par beaueoup de mc- thodes , chaeun s'erforcant d'y ajoüter quelque chofe du fien , & Ton na pas tant d'egard a fa vertu medecinale comme au bon goüt, Ton trouvera dans celui-ci de quoy fe contenter tant pour Tun que pour lautre. Car outre que toutes les drosues qui y entrent fönt remplies de bonnes qualites , il a meilleur goüt que la plüparc des autres Ratafia ; ceux qui n'aiment pas la douceur peuvent retrancher une par- rie du fucre. _ Le Pvatarla etoitautrefois-appelle eau cerifee , on fe contentoit pour fi prepara- Eau eerifee tion de mettre tremper des cerifes entieres & un peu de fucre dans l'eau de vie, en une bouteilie bien bouchee qu'on expofoit au Soleil, quelques-uns y ajoütoient de l'anis , les autres dela coriandre , les autres de la canelle. Le Soleil aide par Gl cha- leur a la diflblution de la fubftance des cerifes , mais il fait diiliper le plus fubtil Sc le rneilleur de l'eau de vie. Il ne faut point employer le feu pour faire le Ratafia, parce qu'il emporteroit beaueoup du gout desfnuts. Ratafia d'Oeil'ets. Trenez. des ceillets rouges ßmples bien eplucbez. leur otant leurs parties blanches & herbeufcs , deux livres. Mettez,-lesd(ins un vaiffeau bien bouche , & les faltes infufer dans dix pintes d'eau de vie ; coidez* enfuite la liqueur & Vexprimez* legerement. Puis infufez, de nouveau dans cette colature durantßx jours fept lines de fucre blaue pulverife , avec des noyaux de pefche & d'abrkots bien com äffe z*, de chacutis .une douz,aine. Une once de canelle , du gerade concaße , une demi once. Apres quoi on agiierafortement tont ce melange pour laparfahe diffolution du fucre , tnfuite on fera la colature par la chaufe d'hypocras , & U liqueur awß clarifiet ?', fern referve'e pour Vufage dans des bouteilles bien bouchees. R E M A R QJU E S. On aura des ceillers de jardms fimples, rouges , odorants , nouvellemenc cuällis en leur plusgFande vigueur, on lesmondera avec des eifeaux de leurs par- II Ratafia d'ailkt. Vertus. Dofe. ui PHARMACOE* E ties herbeufes Sc Manches, on les pefera & on les mettra dans une grande cruche de gres; on verfera deflus l'eau de vie , on bouchera le vaifleau exa&ement Sc on Ratafia de noyau. V'crtuso Ppfe. laiflera la matiere en infufion pendant huit jours. On la coulera enfuite par un linse avec legere expreflion. On mettra dans la meme cruche le fucre en poudre, les noyaux de pefclie Sc d'a- bricot bien concafles, les gerofies & la canelle qu'on aura reduits en poudre groflie- re , ori verfera par deflus la teinrure d'ceillet, on brouillera le tout enfemble , 6c on le laiflera en digeftion ä froid pendant fix jours remuant de tems en temsla matiere; enfuite le fucre etant bien diflbut on la paflera par une chaufle d'hypocras deux ou trois fois , ou jufqu'a ce qu'elle foit bien claire , on la gardera dans des bou- teiiles bien bouchees, c'eft le Ratafia d ocillet. Il eft propre pour fortifier toutes les parties vitales Sc principalement le cerveau, il rejouit le cceur, il ramme la memoire,il preferve de la malignite entems de pefte-, la dofe en eft depuisdeux dragmes jufqu'a une once, il ä un goüt fort agreable. Commela fleur d'osillet eft legere , il y en aura fuffifamment en deux livres pour empreindre de fon odeur Sc de Ion goüt vingt livres d'eau de vie ; mais ceux qui nc trouveront pas la teinture aflez forte pourront en faire une feconde , en rei'rerant d'y mettre infufer comme auparavant quand eile aura ete coulee, une pareille quan- tite d'ceillets. On a plus d'egarda l'agrement du goüt dans les preparations du Ratafia qüaux qualitesmedecinales. On n'exprimepas l'infufion des ceillets avec beaueoup de force quand on la cou- le , de peur de faire fortir des fleurs m\ dernier fuc qui a un goüt herbeux; on pre- fere les ceillets fimples & rouges aux autres , a caufe qu'ils fönt plus odorants Sc plus colores; mais comme plufieursperfonnes demandent une plus forte & plus belle teinture , ils ajoütent dans l'infufion fept ou huit onces de fleurs de coquelicoq a. demi fechees au Soleil , ce qui a mon avis , diminue fonbon goüt. Ce Ratafia eft beaueoup plus fort que le precedent, a caufe qu'il ne contient pas rarit de fucs, Sc que par confequent l'eau de vie n'eft pas il affbiblie. Rataßa de noyaux, Prenez. des noyaux de piche & d'abricot bien concaffez, , de chaeun une livre & demie, De U cAnette, une once, Du gerofle & de lafemence de coriandre cencaffex-groflerement, de chteun demi once , Da fucre pulvtrife i trois livres & demie. Metten le tout dans un vaißeau bien bouche avec cinq pintes d'eau de vie pendant vingt jou^s t apres quoi coulez, la.liqueur , & la gar den. pour Vufage. R E M A R Q^U E S. On aura des noyaux de pefche Sc d'abricot, on les concaflera bien t Sc on les mettra avec leurs coquilles dans une cruche , on y melcra Ja canelle, les gyrofles , la coriandre bien concafles ou groflierement pulverifes, Sc le fucre en poudre,on verfera deflus l'eau de vie , on bouchera bien le vaifleau , & on laiflera la matiere en digeftion a froid pendant vingt jours, l'agitanriöuvent pour faire diflbudre le fucre, on verfera enfuite l'infufion dans une chaufle d'hypocras pour faire paffer la liqueur deux ou trois fois ou jufqu'a ce qu'elle foit claire-, on la garderaalors dans des bou- teilles bien bouchees ; c'eft le ratafia de noyau qui a un goüt fort agreable. Il eft cordial, cephalique , ftomachal, aperitif, propre pour exciter les mois aux femmes; la dofe en eft depuis deux dragmes jufqu'a. une once. Comme ce Ratafia eft bien fort, plufieurs y melent du jus d'abricot, les autres du fuc de raifin mufeat pour le temperer & l'affoiblir. On faitune infinite d'autres efpeces de Ratafia qui feroient trop longues a, rapor- tec UNIVERSELLE. ifj ter ici, il ftiffir que j'aye marque lcs principales qui peuvent fervir dans la Mecie- cine aufli bien que pour ledclice. Ceux qui aimeront les odeurs ou qui en auront befoin pourront d:lloudre dans vingi-quatre livres de Ratafia, deux grains de mufc, 6c autant d ainbre gris. Ratafia de citron. Trenez. I' ccorce jaune exterieure d'un citron ceupepar tranches , & au fuc que VOM 4urez, nouvellement tire& depure de ce metne citron. Ajoutet, denn livre de fucre fin pulvert fedans une p'inte d'eau de vre. Metten le tout dans un matras , que vous la'tfferez, en digeßon dam un vaiffem bien bouche pendant quhiM jours, enfuitefiltrez, U liqueur & la garde^four fufage. R I «M A R QJJ E S. On levera avec un couteau l'ecorce jaune & exterieure d'un bon citron de moyen- ne groffeur , on la coupera par petits morceaux , on la mettra dans un matras avec le iucre en poudre bien blanc & bien pur. On tirera par expreflion le fuc du meme citron , on le mettra un peu depurer par refidence , & etant clair on le verlera 4ans le meine matras für les autres Ingrediens , on y adjoiitera enfin l'eau de vie qui fera bonne , claire Sc bien choifie ; on bouchera exactement le vaifleau t 5c on l'agitcra afin que tout s'y mele bien , puis on le laiffera en digeftion ä froid pendant quinze jours le remuant chaque jour , afin de faire diffoudre le fucre & la fubftance etfentiellc de l'ecorce de citron ■> le feizieme jour on filtrera la liqueur , ou bien on la pailera par un blanchet neuf & bien propre, on aura un ratafia clair de couleur approchante du citrin , qu'on gardera dans une bouteille bien bouchee : Aromatill a une odeur & ungoüt tres-agreables, mais il peut les avoir encore plusfatis- zaton j u faifantes, (i Ton y ajoute cinq ou fix gouttes d'effence d'ambre gris, Ratafia, Il eft cordial, il fortifie l'eftomach ßcle cerveau, il donne de la vigueur , il re- v"ertus. fifte au mauvais air & a. la malignite des humeuts. La dofe en eil depuis demi once ^ Q ^ jafqu'a. deux onces. Le gout delicieux de ce Ratafia vient d'une proportion convenable de citron qu'on y afait cntrer , celle que j'ai marquee m'a paru la meilleure. Mais quand on y en met davantage le gout de citron predomine trop dans la liqueur , & y fait un defagrement plutot quun agrement, c'eft-pourquoi il ne faut employer ici qu'un citron de moyenne groffeur. Si i'on ve'ur faire de ce Ratafia en une quantite plus giande que celle qui a ete decrite , par exemple le double, le triple , il ne faudra pas mettre du citron a pro- Jortion de ce que j'ai demande , il y en auroit trop , & je fcai par experience que e citron y communiqueroit un gout trop acre , ilvautmieux en mettre moins d'a- )ord , &c fi Ton s'appercoit enfutte que le Ratafia n'ait pas affez du gout du citron , on en ajoutera encore, car cettepreparation eft pliitot eftimee pour fon bon gout que pour fa vertu, & il la faut rendre la plus dehcieufe qu'il eft poilible. La raifon pourquoi plufieurs cirrons employez dans une plus grande quantite de Ratafia donnent a proportion plus de leur odeur Sc de leur gout, que quand on n'en fait entrer que la quantite que j'ai demandee, eft apparemment que ces citrons unis & ramaffez enfemble fermentent davantage, Sc communiquent par confequent a la liqueur plus de leur fubftance. Comme l'ecorce de citron qui donne le principal agrement au Ratafia ne fe ren- cor-tre pas toujours d'une egale force & bonte 5 il eft a propos de labien choifir &c ? ■ 154 PH A R M A C O P E' E deialever avec adrciTe, prenant gardeque fon eflence la plus volatile ne s'echape" Sc ne fe di/lipe en l'sir. Vinaigre füre!.- Veicus. Vinaigre d'eftragon. Vinaigre de Capu- tme. CHAPITRE LXII. Des Vmawres JUedeclnaux. E Vinaigre Medecinal elf un Yinaigrc rempli des lubitances Sc des verras d'une *ou de plufieurs efpeces cle diogues qui (ervent en Medecine. Vinaiare de Sitteau. Prenez, des flcurs de fürcau deffeebees , une Uwe Du meiiieur vinaigre , quatre ptntes. — Metten, cela dons un vaijjeau de verre bien bauche', que vous expoferez, an fok'd pen- dant dix-buit a vingt jours, enfuite vous eculer ez, & exprimerez, la liqaettT " que vous meieren de nonvean avecpareille q.iantite de fleurs, & que vous expoferez, au foleil con- me U premiere fois durant le meme efpace de temps, fattes enfuite la colature & l'ex- primez, taut de nouveau , aß» de le garder pour l'ufage. Onpoura preparer de meine le vinaigre roftt, celtu de gyroflecs , de rofmartn , de fange, de fouci , da Plant am montagneux, de come de cerf & d'aillets. R E M A R Q^U E S. On fera fecher a. demi des fleurs de fureau lorfqu elles fönt en leur vigueur , on les mettra dans une grande bonteille de verre, on veriera le vinaigre par deflus, on boucheraia bouteille ., Sc on l'expofera au foleil pendanr dix-hui: ou vingt jours , on coulera la liqueur avec exprellion , on mertra dans la bouteille , aurarrt de nou~ velles fleurs de lureau feches qu'auparavant, ony verfera l'infuiion coulee & l'ayanr, bouchee, on la remettra en digeftion au Soieil comme auparavant, puis on coulera la liqueur pour s'en fervir , c'eft le vinaigre iura]. Il eft propre pour incifer , pour deterger les pfilegmes , pour exciter l'appetit , pour refifter au venin , on s'en fer: plus dans les ahmens que dans les remedes. On fair deflecher a demi les fleurs de fureau & les totes rouges avant que de les metrre tremper dans le vinaigre, de peur que leur phlegme n'afioibliiTececte liqueur aeide , lieft vraiquil s'en diflipe quelque peu de l'odeur en iechant, mais ü en reite afiez. Je ne trouverois pas a propos qu'on en fit de meme a l'egard des fleurs d'ceillet quand on veut les mettre tremper dans du vinaigre, car le meiiieur pouroit s"en diiliper, ii vaut mieux les ernplover recemment cueiüies. Quelques-uns fönt aufli de la meme maniere du vinaigre de feuilles d'eftragon , du vinaigre de fleurs de capucine , on les employe dansk cuifine > ils fönt fort out. VwAio-re Scillitique. Prenez, deux ou trois olgnons de falle dent vous herez, Vecorce & le cirur avec un couteau de bo'is ou d'ebene , & dont vous couper ez, enfuite par morceaux les lantes en mt- nuesparties que vous expoferez, au foleil pendant plufieurs jours pour en confumer l'bu- miäite fuperflue, apres cela vous mettrez, une livre de ces oignons ainjt preparez, dans un vaijjeau capa&le de contemr cette mauere avec quatre pintes du meiiieur vinaigre ■blanc , vous boueberez, enfuite le vaijfeau & l'expoferez, au fcleit pendant quarante jours \ puls vous cmhrez, & cxpr'tmerez. l'infufim, & vousgardtrcz, le vinaigre pour l'ufage. . agreables au UNIVERSELLE. Ij-S R E M A R OJJ E 5. On aura deux ou trois oignons de fcille bien nouris Schien fains , onles moti- dera duneecorce de deflus cjui eft a demi feche , on feparera les lamines avec un •coutean de bois ou d'yvoire , 6c l'on rejettera le cceur , on coupera avec le meme coateau ces lamines par morceaux , & on les expofera au foleil jufqu'a. cequ'eiles finent prefque feches, on en mettra une livre dans une grande bouteille de verre, 6c l'oa verfera deflus, huit livres de bon vinaigre blanc , on bouchera la bouteille , & on la placera en digeftion au ioleil pour l'y laiiler quarante jours, puis on coulera l'infuiion avec expL'effion , 6c on la gardera dans une bouteille bien bouchee , c'eft le vinaigre fcillitic. II eft eftime propre pour l'epilepiie, pour purifier Iefang, pour refifter au venin, Vertus. pour dufter les vents •, la dofe en eft depuis une once jufqu'a. trois, on s'en feit aufli d 0 g», dans les gargarifmes, pour la Iquinancie. Tous les Auteurs recommandent qu'on feferve d'uncouteau de bois, oud'yvoirft ou de canne pour feparer 6c couper les lamines des fcilles,on pretend qu'uncouteau de fer lesrendroit venimeufes: cet oignon ala veriteeft rempli d'un lue aeide Sc penetrant cjui peut dilloudre Sc ie ciiarger de quelques parties les plus diifoiubles du fer , mais je n'ai pas vu d'experience qu'il le rendit venimeux. On fait fecherles lamines de fcilles, ahn de les priver d'une partie de leur hs- midite phlegmatique qui affoibliroit le vinaigre. Vinaigre Theriacal. Trenst* des r achtes X angelique , de grande valeriane, de meti athamantique , d'in:- ptratoire , de gentiane , de vincetoxicum, de carline, de s^edoaire , de tormen- menttlle , & de biflorte } de chacunesjix dragmes , De V ecorce de citron feche & de fa femence , des bajes de geniivre , de la petite car-i damome , des cubebes , demi once , Des feuilles de rlme , de fcordmm , de diffame de crete , de cbardon benit } de petita Cente.nree , desfleurs d'orarges & de rofes rouges , de ebaeunes demi poignee. Metten les meines & les femences concaffees~ avec les feuilles hachees en mennes parties dans un; bouteille de verre alfc^ample. ]ette"Lpar deffusces drogues , trois pintes du meilleur vinaigre. BokCbez. la bouteille & l'txpofez. pendant doune jours aux rajons du foleil , ob fer- VArit d'agiter ces matteres le plus frequemment que faire fe pourra. Apres cela conlez* & exprimtt. U hqueur , &Ugardez* pour l'ufttge. R E M A R Q^u £ s. On cueillcra les racines , les feuilles 6c les fleurs dans leur vigueur , on les fera fecher a l'ombre , on les concaflera avec l'ecorce de citron , les bayes Sc les femen- ces , on mettra le tout enfemble dans une bouteille de verre , on yerfera deflus le vinaigre , on bouchera la bouteille, 6c on l'expofera au foleil pendant douze jours, on l'agitera de tems en tems , enfuite Ton coulera la liqueur , &c l'on exprimera le mare , on gardera ce vinaigre theriacal dans une bouteille bien bouchee. Il eft bon conrre toutes les maladies contagieufes , il refifteau mauvais air , il tue Ve;tus. les vers 3 il dillipe les vents. La dofe en eft depuis deux dragmes juiqu'a une once , on s en fert aufli dans les errhines, on l'applique exterieurement für les tempics , aux nadnes, iur reftomach , aux poignets. Vi; *fr PHARMACOPE'E Ompha «JVurs. Agreih. Uva acer- ba. CHAPITRE LXIII. Du Vevjus ptiisfiltrez, la liqueur & la gardez* pour l'nfage, R E M A R QJU £ S. On pulverifera toutes les drogues enfemble , on les mettra dans une bouteille de verre, on verferadeflus le fiel qu'on aura fait dtftiller dans une cueurbite de verre ou de grais au feu de fable , on bouchera la bouteille , & on Pexpofera eu foleil ou dans le furnier , l'efpace de quinze jours, l'agitant de tems en tems , puis on filtrera la liqueur & on la gardera , c'eft le fiel de Beuf prepare. Il a a pe^ pres les meines qualitez que le verjus prepare pour decrafler la peau , VertBS» mais on l'eitime plus puiflant.- On fait diftiller le fiel de beuf afin qu'il fe conferve mieux, & qu'il fbit plus convenable a etre employe für le vifage des Dames, on y ajoute ordinairement du camphre , mais iln'y fert guere , car il ne s'en diflout rien dans les liqueurs aqueu- fes , Sc il donne une odeur fort defagreable i j'en ai retranche aufli l'alum de plume 6c le fublime corrofif que quelques-uns y mettent par les raifons que j'ai dites dans les remarques für la preparation du verjus. Les fels qui entrent dans la preparation du fiel de beuf fervent a. le rendre plos penerrant & plus deterfif, afin qu'il eftace mieux les taches du vifage. Il ne faut pas que la bouteille lolt pleine, afin qu'on puiffe agiter la liqueur de tems en tems. V h] i 5 « j"*!a W jtfMi > mkTO*lW f MämiWMW^^^ *tU*i*trKi4titiiaiiiitnAiiiii*iiiia*rttAiti*tAiiiAA^AAiiiAA^.^^^i^yfjiJj TROISIE'ME PA RT I E. DES PREPARATIONS E T COMPOSITIONS INTERNES CHAPITRE PREMIER. Des Condits. E S Condits ou Confitures ont ete inventcz en intention de conferver les parties des vegetaux dans leur vertu, de mainrenir Je bongont des uns , Sc de corriger l'aprete des autres 3 tantpour les ufages de la Me- deciiie , que pour le delice de Ja boucJie. L'Aporicairen'cft oblige de tenir dans fa boutique , d'autres condits que ceux qui fervent pour Ja Medecine , & il laiffe aux Confifeurs a preparer les Confitures dont l'ufage eft feulement pour lebongout. Je ne traiterai donc ici que de ceux qui fönt employez dans la Medecine. Quand on a deilein de confire les plantes ou leurs parties , il faut les choi/ir bien nouries & en leur vigueut. Si par excmple on veut conhre les racines, on doit les tirer de terre au printemps avant qu'elles ayent poufle leurs tiges; car alors leur vertu eft rnoins diffipee , & elles (ont moinsrtouries , pJtis fucculentes Sc plus ten- dres, les fleurs doivent etre cueiliies quand eJes fönt encore en boutpn, &c Ja plii- part des fruits avant leur naaturite. Racines de Satyriu'n confites. Prcuez. des racines de Satyrium, une itvre. Faites-les bouillirjufqu'a ce qu'elles fotent bitnramolies dans une fuff.[ante quantite 4'eau commune , puis diffolvez, dans U dkoüion une livre & demie du plus beau fucre bUnc. Cuifei-cela jufqu'a la conßflence d'un fyrop epais t ecamex.-le , puis le jettet* tout cbaud für les racines qne vous aurex, mifes dfris un vaiffeau de terre verniffe ; apres quelques JQiirs reemfez* de nouveauce mime fyrop qui Jer» detuit ,jnfqua fapremiere UNIVERSELLE. jt 9 tonßfience , &le Jettes, encore für les racines: reitet ex, cette cocTion troh ou quarre fois, de teile forte qtte le fyrop fe puiße apres ceh gar der avec les racines dans la con- fiftence que vous lui aure-L donnee. On pent (pnfirt de la mime mamere les racines d'acorus vulgaire , Celles d'angelique , de borrache , de chicorree , de vuglofe , d'aunh , de pmpernelle , de grancle confoude s De gingembre , de wedaaire , de benoite , de fcorfonaire , de piveine , de pain de pour- ceau, &c- ■R 1 M A R Q^U E S. On aura des racines de Satyrium nouvellemenr tirees de la terre au prinremps avanc qu'elles ayent poufle lcurstiges, on les nettoyera bien , & on les feraboiiillir dans ce qu'il faudra d'eau commune , jufqu a ce qu'elles foient molles , on les reri- rera de la decoction, Sc on les mettra dans un pot de terre verruße ou de grais, on meiera le fucre dans la decoction, Sc on le fera cuire en con/Iftence de fyrop cpais, on le verfera tont chaud für les racines , on l'y laiflera quelques jours, il s'y ddeuira par l'humidite aqueufe qu'il en aura tirce, on le leparera, Sc l'ayant fair reeuire aufli fort qu'auparavant, on le reveriera tout boüillant für les racines, ou l'on le laiflera penetrees parle iuere, ongamera ces racines coimtes avec ieur fyrop i Elles fönt propres pour exciter la femence, pour fortrtier les reins, Li veffie , les parties genitales, on en domie aufli ä ceux qui le fönt trop epuifez avec les femrnesj la dofe en eft une ou deux racines tous les matins a jeun, ou trois heures apres diner. On peut confire de la m;me maniere toutes les autres racines, mais il faut aupa- rayant orer lescordes ou le cceur de Celles qui en ont, comme en celie de chicoreej quelques-uns enfeparent les ecorces , ce que je napprouve pas , parce que la prin- cipale vertu des racines refide fouvent dans leur ecorce. On laifle tremper les racines dans le fyrop avant que de les faire cuire tout-ä-fair, afin qu'elles en foient penetrees entierement, Sc qu'on puifle les garder fans qu'elles fe gatent. La vertu du Satyrium confilte dans fonfel, qui s'etant, repandu dans lefang , y excite une douce fermentation , par le moyen de laquelle les efprits fönt poulfcz plus abondamment dans les vaifleaux fpcrmatiqv.es. Ecorces de citnns co?ifites. Pretiez, des ecorces de citrons emphet feien leur longiieur , autant que vouslc jugeret. a propos. LtiffeL-les tremper petidant quini~t jours dans l'ean marine ' tirez,-les enfuite de cette eau, & les jettex. dans l'eaude fontame que vous cbangerex, jourent, & dans laquelle vous les laißeret, jufqu" a ce qu'elles feicr.t entierement öefallees. Taites-les bändln apres cela dans de nouvelle e.tn, afin de leur o.'er abfolument tout ce qui pouroit hur reßer de fahrte, cüifta-les enfuite jufqu a ce qu'elles foient fuffifam- ment attendnes, apres quoi vous les deffe'cherez* dans un linge btennet autant qu'il vous fera pojßble J puts vous les metYrtz. dans un vaijfeau de terre verniße , vous jetterei, enfuite chaudement par dejfus du fucre cuit a conßftence dans leur propre deccä'wn , le double du poids des ecorces , & la coäion dece fyrop fera teiteret autant de fois que tious l'avons dtt cj-devant dans la conßture du fatjnnm, On peut confire de mime les ecorces d'oranges, les cotes de laitaes , d'epwe jaune, de b&rdane & d'angelique. Verdis» Dofe. Veitus- i«b PHARMACOPE'E R E M A R g_U E S. On coupera des ecorces de citrons par quartiers, ou fi l'on veut par morceaux; plus petits , on ies arrangera dans un pot de terre, on verfera deffus, de l'eau falee > qui les furpaffera entierement, on couvrira le pot, & on laiflera la mauere en in- hifion pendant quinze jours , on rethera enfuite l'eau falee , &c on lavera les ecor- ces plufieurs fois dans de l'eau de fontaine , les laiflant tremper quelque cemps £ chaque fois, on les fera meme bouillir legerement dans de l'eau, pour en empörten tout le lel marin qui y pouuoit etre refte , puis on les fera cuire dans de nouvefle ean jufqu a ce qu'elles foient attendnes fuffifamment ; onles retircra alors de leur de- coction , on les efluyera doucement avee un linge net 8c propre , on les pefera, 8c on les arrangera les unes für les autres dans un pot de terre vermiß, on fera cependant cuire le double du poids de fucre blanc dans la decoftion des ecorces julqu'ä confi- ftence d'opiate •, on le verfera tout chaud für les ecorces, on couvrira le pot, 8c on laiflera pendant quelques jours la mauere en digeftion, afln que le fucre ait le tems de penetrer les ecorces •, enfuite l'on verfera doucement le fyrop dans une baffine, on le fera cuire auffi fortement que devant, & on le renverfera für les ecorces, on rci'terera les infufions des ecorces, 8c les codtions du fyrop jufqu a ce qu'il fe tienne dans fa confiftence , 8c que les ecorces ne le decuifent plus , ce qui monrrera que l'humidite aqueufe f uperfluc en fera abforbee : on gardera alors ces ecorces de citrons confites dans leur fyrop •, mais fi l'on veut les faire cuire ä fec on les reti- rera de dedans leur fyrop , on les laiflera bien egouter , puis on fera cuire de beau fucre dans de l'eau jufqu ä conhftence-de tablettes, on y jettera doucement les ecorces , Sc on les y fera boiiillir ä petit feu pour confumer l'humidite qu'elles peuvent avoir apportee, 8c pour redonner au fucre fa meme cuite ; alors on retireta les ecorces , laiflant bien egouter le fyrop , &c on les etendra für des clayes qu'on placera dans une etuve, afln qu'elles y foient fechees. Ellcs fortifient le cceur & 1 eftomach. Le premier fyrop peut fervir aux meines ufages. Quandonveut employer les ecorces decitron &c d'orange dans les compolitions» on les pile premierement-dans un monier de marbre , on les amolit avec un peu de fyrop d'ceillet ou de capiilaire, 8c on les paffe enpulpe au travers d'un tamis de crin. On met tremper les ecorces dans de l'eau falee avant que de les confire , afin de les rendre fermes 8c belles , car fi l'on n'obfervoit cette circonftance , elles fe fepa- reroienr en petits mpreeaux , 8c elles feroient fi molles qu'on ne pouroit pas les faire fecher. Je ferois d'avis qu'on laiffät ces fortes de preparations pour les delices , 8c que lorfqu'on veut ufer des ecorces de citron 8c d'orange en Medecine , on fe contentät de les employer recemmeht tirees de defTus le fruit, elles auroient toute leur vertu, au lieu qu'enles confifant onfaitdiiliperprefque toutes leurs parties volatiles. Les tiges ne doivent pas tremper ni bouillir fi long-tems que les ecorces , parce qu'elles fönt plus rendres. je pourois ajouter ici les deferiptions de plufieurs condits ou confitures, de feuil- les, de fleurs, de fruits qui fervent en Medecine , mais ii vaut mieux les reduire en confeives, parce qu'on n'y fair pas une fi grande diffipation des fubftances volatiles. CHAPlTRE, UNIVERSELLE. 161 C H RE IL A P I T Des Conferves. ENTRE les parties de la plante h fleur eft celle qiü fe detrau le plas fädle- menr ,parce qu'elle eft compofee dune fubftance volacile ou xtheree, c'eft aufli Ja fleur qui eftla matiere ordinaire des conferves , quoiqu'ony employe quel- quefois des feuilles, des racines & des fruits. Les Conferves different des condits en leur confiftence , cat elles fontpreparees en päte au iieu que Jes condics fönt des fruits ou des racines cuits entiers ou coapes par parties dans le facre. Le nom de Conferveleur a ete juftement donne,puifqu'elles ne fönt faites que pour conferver les parties des vegetaux dans toute leur bonte , car le fucre qu'on y mele etant un fei, il enbouche les pores , il en abforbe le trop d'humidite aqueufe, & il empeche que l'air n'y entre pour exciter la fermentation, que nous appellons cor- ruption, il eft neanmoins a. remarquer que les conferves liquides fe fermentent quelques jours apres avoir ete faites, parce que les fels &c les autres parties fu'otiles de la plante fe derachent, fe mettent en mouvement, & fönt rarefier la matiere la plus grofliere de la compofirion t mais cette fermentation etant Interieure , eile ne faxe qu'unir & lier les parties de la plante avec le fucre , Sc en augmenter la vertu. On fait deux fortes de conferves, une liquide &C lautre folide, la liquide eft pre- ferable a la folide , parce qu'il y entre moms de fucre , mais la folide eft quelque- foisplus agreabie au gout; je donnerai des modeles de l'une & de l'autre. Conferve de -violettes. Treueides feuilles de violetes rKHVelUmentyCueillics & lien ephebees, ur.e demi- livre , Du fucre Hatte > tote livre &demie. Vaites-en une conferve felon l'art. O» peut faire de metnedes conferves de fleursde buglofe , de berraebe , de njmpbea, de mauve , d'althea , de chtcoret, de lis blattes , de piveine & de coquelkoq. R E M A R Q^V E S. On aura des violettesprintanieres nouvellement cueillies, des plus bautes en cou- leur de des plus odorantes, on les pilera dans an mortier de marbre julqu'a ce qu'el- les foient en forme de pulpe , on fera cependant cuire le fucre dans cinq ou iix onces d'eau commune en confiftence de tablettes, onle retirera de deifus le feu SclorC- qu'il fera.) dein» refroidi, on y melera les violettes piiees,on verfera cette conferve encore un peu chaude dans Con pot Szon l'y Inflera refroidit* fans la remuer , afin qu'il fe forme deffus unepetite croute qui aide a la conferver. Elle eft codiale & peclorale, eile adoucit les acretes du fing, eile excite le cra- chat, eile lache un peu le ventre ; la dofe en eft depuis une dragme jufqu a demi on- ce le matin ä jeun. Les violettes fimples fönt profitables aux violettes doubles dans la medecine, parce qu'ellesont beaueoup plus d'odeur & de vertu, illes faut cueillir le matin ou 1c foir en beau tems , on en trouve prefentement, en pluileurs faifons, mais Celles djarprintems fönt les meilleures. Differencs des Condits & des Confexves. Vertu«, Dofc i6% V H A R M A C O P E' E ün n'employe ordinäuement dans la compoiition des conf erves liquides,que deux parries de fucre für une partie de fleurs , mais comme les violettes fönt fort humides Sc qu'elies tiennent un grand volume,ia conferve ne demcureroir guere fans s'aigrir fi l'on n'y en mettoit pas davantage,il en arriveroit de meme a toutes les autres con- ferves de fleurs legeres Sc humides, comme fönt celles qui fönt ici rapportees fi l'on. n'obfervoit la meme precaution en les faifant; car il faut que toutes les parties de la flettr foient comme envelopees dans le fucre , autrement l'air y cntreroit Sc il y exciteioit une fennentation etrangetc. ün poiirroit fe contenter de meier le fucre en poudre dans les fleurs pilces pour faire cette conferve ala maniere ordinaire, mais la trop grande humidite des violettes rendroit la conferve trop liquide, il eft mieux de faire cuire le fucre Sc d'y meler la fleur pilce , non-feuleraent ahn que la chaleur du feu confume une partie de l'humidite Sc, faiTe un melange exact, mais auili afin qu'il le forme une croute für h matiere comme il a ete dit, car par cette mechode la conferve fe garde bien plus long-tems dans fa beaute que par la commune. La violette contient un fei acre envelope de beaucoup de parties mucilagineufes, ce fei fait fans doute fr qualite Laxative , mais il empeche quelle ne prodiiifeun. efFet für la poitrine aufli bon qu'il feroit a fouhaiter. Conferve de Rofes molk. Vrenezj des feuilles de boutons äerofes rouges nouvellcment cucillies & fepare'es de leur pirüc blanche , une livre , Hu plus beau fttcre bUnc , deux itvres. Sattes-en mte conferve felon l'am R E M A R Q^U E S. On aura des boutons de rofes rouges avantqu'ils foient epancius, on en ßparera; avec des cifeauxla partie blanche qu'on appelle ongler,on peiera une livre des bou tons ainfi niondes, on les feca bomlhr quelques Bouillons dans environ trois livres. d'eau commune , on coulera Li liqueur exprimant les rotes, on pilera ces rofes qui feront amolies , dans un monier de marbre jufqu'a ce qüellesdoien: en pulpe , Sc qu'elies fe delayent entierement dans la boache, on fera cependant cuire dans la deeoftion coulee , deux livres de lucreblanc jufqu'a confifteucc d'eiecruaire, l'on y melera exacFement hors du feu avec unbift.or.tier , les roies pilees, on retnefcra la bauine (ur un tres-petit feu & en agttänt contmuellement la coniefvc,Qfl en fera con- fiimer doucement l'humidite jufqu'a ce qu'elle ait acquis une con/iftence railonna- ble , puis on la mettra dans un pot pour la garder. t tfrwjsv Elfe eft propre pour moderer la.toux pour arrejer les hemorrhagies , le vomifle- Bafc», .ment, le cours de ventre., pour fordher le cceur & i'eftomach , pour aider a la di- geftion ; la dofe en eil depuis une dragmc ;iifqu a trois , eile entre. ordinakement , dans les- epitheires folides. mute pr t - ^ a C o mniune inethode pour preparer la conferve de rofe, eft de battre les boutons de oinfT- ^ e ro ^ es rou g es niondes, dans un mortier de marbre avec le double de leur poids de wes dg io.- fucre, jufqu'a ce que le melange fok en forme d'eiec~tuaire,puis de mettre la confer- i'-?<.. ve dans un pot de terre Sc de l'expoier au Soleil quelques jours, afin qu'il s'y fade une Fermentation & une union de parties plus exacfce;cette maniere de Füre la conferve .eft naturelle Sc d'autark plus eftimable qu'on n'y employepoint de feu,mais lacon- ferye ne fe garde pas fi. iong-tems dans ia beaute, parce que le fucre n'a pas fi bien UNIVERSELL E. j<% if>ener,re & ne s'cft pas fi bien uni aux rofes quc pat'l'autre mechode , ajourez qu'en faifant la conferve iur le feu , on prive les rofes dune partie de leur Immidite phle- oniarique, Jaquelle donne Heu d une fermentation qui detruit leur couieur. On ine dira , fans doute , que le feu fak evaporer le plus fnbtil & le plus odo- raiirdes rofes & qu'il diminue par confequenr leur vertu , mjis les rofes rouges ne Com guere odorantes & leur vertu ne coniiite qu'en leur aftri&ion que le feu n'en- leve point. On doit commencer a faire la Conferve des que les rofes fönt coupees, car fion ks laifle long-tems ä l'air , elies dkninuent en beaute &: principalementquand elles dementem: a l'ombre, la decochon en empörte prefque toute la teinture , mais il n'importe pas, puifqu'on le Ufert de cette decoction pour faire cuire le fucre ; la reirt- ture ne fe perd point en bouülant, car lorfque le melange eil fak , la conferve pa- roit auffi teinte quelle le pe'ut etre. Si Von tnele dans la conferve de rofes, quelques gouttes d'efprit de vitriol ou de foufre , ces aeides lui donneront une couieur plus reievce Sc un gout plus agreable, mais ellepalka en vieüliüant. Les anciens Auteurs preferent dans leurs recettes la Conferve de rofe vieille a. la nouvelle, (ans doute a caufe quelle aplusfermente , mais celle quieft faire fuivan: la defenption que j'ai donnee, aura autant de vertu , nouvelle que vieille , & eile ne perdra point fa couieur en vieilliffanr. On prepare auffi des Confervcs de rofes päles & de rofes mufeates, mais en cel- les-la il ne faut poin: de feu , parce qu'il demikok leurs partie* volatiles en quoy •confifte leur vertu , il funk de les pilcr dans un mortier de marbre avec le double -de leur poids de fucre. Elles lächent le ventre , mais en vicilliffant, elles perdent beaueoup de leur qua- lite ; les rofes mufeates dans les pa'is chr.uds fönt fort purgatives. Conferve de rofes , folide. Prenez. des rofes rouges bien erhebe es \ deffeebees , & mlfes en pudre fubtile , une Confervcs de rotes päles & mufeates. Vertus, once. Arrofe7L-les nvee une demi dragmeou environ d'efprit de vitriol. jipres ceU prenet, du fucre bU-nc , une livre, De V eau de rofes , qtuttre onces. Faites cuire ceU a cenjißence de tablettes s & mele%-y enfuite la poudre de rofes , & quand la matierefera, & peu pres refroidte , formen en des tablettes oh des paßüles pour l'ufage, REMn QJÜ E S. On mertra fecher des rofes rouges mondees de leurs onglets au Soleil le plus ar- ■denr , afin qu'etant fechics en peu de tems, elles conlervent leur couieur qu'elles perdvoienr en partie , fi Ton employoit crop de tems a les faire fecher, on en pulve- nfera fubtiiement une once, on melera dans la poudre avec une efpatule de bois, en- ^viron demi dragme d'efprit de vitriol. On fera cuire une livre de (ucre fin dans quarre onces d'eau de rofe jufqu'a confiftence de tablettes, on leretirera du feu & l'on y incorporera avec une efpatule de bois la poudre de rofe vkrioiee; quand la matiere fera prefque refroidie , vous la jetterez par morceaux für un marbre ou für un papieu ointd'hude d'amandes douces pour la laifTer durcir , puis on la gardera dans une boü:e , c'eftla conferve de rofes folides ou feche. On lui attribue les meines vertus qua, la conferve de rofe liquide, mais eile n'en Vertus. Dole. Vertus. Tofe. i On fair cnire la raeme ä perir feu afin de conferver le fei elfentiel 8c Fhuüc darre Jefquels confifte la vertu,car 1 ebulition trop forte en feroit difliper beauconn. Quand on veut connoirre fi le fucre eft cuir en fucre rofat, il faut tremper an efpatule de- dans, & fi enla retirantil fefaitde longs filaments, il eft comme il faut. Si apres que le melange eft fair, la conferve eft rrop liquide, il faut la mettre deflecher far un petic feu en la remuant toiijours , on pourra la renverfer toute chau- de dans lepot, mais il faut l'y lailTer refroidir a decouvert, car fi on la couvroit etant encore chaude, l'humidite qui s'en eleve en vapeur feroit conrrainre de re- torrrber delTus , 8c eile la feroit moifir, au lien qu'en la laifTant refroidir decouver- te {ans la remuer, il fe formera deflus , une petite croute qui aidera a la conferver. Certe conferve eft bonne pour l'afthme , parce qu etant rempJie d'un foulfre Li- ,'lin , eile attenue 8c difeute lespJilegmes qui embaraflent lesfibres des poulraons. ■Conferve de Cynorrhodon. Trenex. des fruits meurs de cynorrhodon vutgairetnent dits grattecus, dam en aura, 4te les fepins Avec foin , la quantite qiul vous plaira , & apres les aveir arrofez. avec du vin blanc > broyez,-lcs dans un mortier de marbre } puis les pajfez. par le tamis ; melet* apres xela U pulpe avec une fois autant de fucre & faltes cuire le tsut afetit feu pour tn faire une conferve. R E M A R Q_U E S. On aura. trois ou quatre livres de fniirs du cynorrhodon bien rouges, des plus .gros lorfqiuis.fönt en leur maturite, on les ouvrira avec un coüteäu , on enotera les pepins & la partie cotonneufe qui eft dedans , on lesmettra dans une terrine, 8c on les humec'tera avec de bon vin blanc , on couvrirala terrine, 8c onlaraettra a la cave, onl'y lanTera deux ou trois jours, ou jafqu'a ce que le fruit fe foit amoli , on 1 ecrafera alors dans un mortier de marbre, & Ton en tirera la pulpe par un tamis renverfe, on y mtlera le double de fon poids de fucre blanc, Sc onle fera cui- .re & deffecher, l'agitant continuellement avec un biftorrier, iafqa a ce qu'il foit en confißence convenable, c'eft ia conferve de cynorrhodon. Elle eft propre pour aVfetetles cours de venrre,pour excirer Purine, on s'en fert pour Ja gravelle, eile fortifie le cceur; la dofe en eft depuis une dragme jufqu'a fix. J'arrofe les fruits de vin blanc, & je Jes mers a Ja cave pour les amolir , «Sc pour augmenter leur vertu , le vin Jeur donne aiiffi une belle couleur. Cette conferve eft fort agreable au gout, fa qualite aftringente vient de l'acide vert du cynorrhodon. En reflenant le ventre, eile pouffe par les urines, non-feulement a cr,ufe de fon fei eflentiel qui fe melant dans le fang , peut en faire precipirer la ferofire avec plus de vitefte , mais auffi parce que ordinairement les remedes qui donnenr de iaftriction au ventre provoquent les utines , la raifon en eft que 1'hujTjidite qui t'cvacuoit par Les feiles, n'ayant plus lepaflage libre , eile fort par les urines s aulfi UNIVERSELLE. i&ß atvxte-t'on fouvent des cours de ventre gar des aperitifs , &c l'on excite les urinest par leswxftaügents. Conferve d'ache folide.- Fretirt- des fommitet. d'ache nouvellement cueillies , deuxonces, Coupet.-ies& lesreduifcTL en forme de pulpe en les pilant dtms un mortier de mar- hei melex.-les enfuite avec une livre de fucre hUnc cmt a conjtßence de tablettes, &■ fätes-enune conferve• fclide felon l'art. R E M A X QJÜ E S. On cueillera des fomrnitez d'ache les plus tendres lorfque la plante eft dans fa vi- «uieur, on les hachera menu , & on les battra dans un mortier de raarbre jufqu'a ce qu'elles foient reduites en pulpe , qui etant mife dans la bouche , s'y fonde : on - fera cependant cufte une livre de fucre blanc dans de l'eau jufqu'a connftence de fucre rofat, on y melera hors du feu , l'ache pilee , puis ayant remis le melange für un petit feu, on le fera clelTecher jufqu'a ce qu'il foit allez dur , on le jettera alots par morceauxfur du papier oingt d'huile d'amande douce , c'eft la conferve d'ache, on la gardcra dans une boete. Ehe eft propre pour exciter le crachat, ponr fortifier les poulmons, pour facili- ter la refpiration , pour chafTer les vents , pour exciter l'urine & les mors au fem- taes, pour refifter au venin. La dofe en eft depuis deux dragmes jufqu'a une once. Quand on voudra faire une conferve d'ache reguliere liquide , ll faut proceder comme en la conferve de capillaire, mais parce que le gout en eft fort ingrat, on. peiit faire celle-ci qui a la verite n'a pas tant de vertu, mais qui fupieera au defaut de l'autrepour les perfonnes delicatcs.- Vem-.sv Dofe? C H A E I T R E III. Dumiel i? de jus prej>arations. LEMiel eft unaftemblage de lameilleure fubftance des fieufs 5c de quelques fruits , laquehe les mjuches a mielamaifent dans leuis ruches. Pline dk que le premier qui trouva le miel fut un certain Anftee Athenien , les Curettes furent lespreuüers peuples qui s'en fervuent a ce-que rapportent quelques Hillorieos. Les faifons dans lefquelles on raraaiTe le miel cn France fönt le Prinrems &c V Au- tomne , les Abeilles cn ce rerns-la fönt leur proviiion de miel pour l'Efte & pour l'Kyver , car dans l'Efte la iechereüc empörte la fubftance des fleurs, ScdansPHy- ver il n'y a rien dont eiles puiüent rirer du miel. Lolqu'on voit une allez grande quanrire de miel dans les ruches, on en retireune partie des tablettes , mais il ne laut pas orer rour, car les abeilles n'y retourneroient plus, on leur enlaifle une partie pour leur fubhftance: Ces tablettes fönt difpofees en petits hexagones de che qui contiennent du miel, on les met dans un fac de toile ä la prelle , le miel fort & la che rette en gäteau dans le fac , mais quand 011 veut faire de beau miel, il faut fulpendte le lac au foleil & ayant misun vaiileau def- lous, lailfer couler le mielfansle prelTcr. De cette maniereil eft ncn-feulement plus beau Sc de meilleur goüt, mais il eft plus net que celui qui a ete prefTe , la prefje fait fouvent couler de la cire avec le miel, c'eft la raifon pourquoi plufieurs miels ! entern la che , &dans la diftillation qu'on en fait par la Chymie , on rerire- dts*> Choix. !/>itus. i<5« PHARMACOE'E tnorceaux de cire qui fe Com elevez avec 1 efprit. De plus quand il fe rencontre des vers ou des mouches dans le miel, la prelle les ecrafe Sc les y mele, ce qui n'-atrive point quand on le fair fans expreilion; il faut le mettre enfuite dar.s im lieu frais, afin qu'il s'y fige, ce qui reftera dans le fac quand il ne coule plus rien peut-etre mis a ia prelle & gar de a part. Les Anciehs avoient le miel beaucoup plus en ufage que nous ne l'avons, parce que le (ucre ri'etbit pas-alors fi commun qu'il eft prefentemcnr : On le prefere pour- taat encore au fucre dans plufieurs compofitions, & en effet il eft meiileur en quelques rencontres , par exemple, il purge dans les lavements, & le fiicre ne purgc point, il deterge les playes plus que le iucre, c eft pourquoi Ton en mele dans les digeftifs y il lie & conferve mieux les compofitions ou il entre, que le (ucre a caufe d'onc partie vifqueufe qu'il conrienr , c'cft par cette railon qu'on l'employe dans Ia theriaque , dans le mithridat. Sil'on confidere encore l'originc du miel, on fe determinera aifement a le prefe- rer au fucre , car il eft propremenr compofe de la fubftance la plus eflenrielle des fleurs que les abeilies ramaüent, ainii Ton peut dire qu'il conrient la quinteiTence des planres. Le meiileur miel eft celuy qu'on fait-en Dauphine, en Languedoc, aux environs de Narbonne , parce que les fleurs du chym , du romarin , du muguet, de la violette , Sc les autres piantes dont lesabeiltes tiient du miel, y fönt beaucoup plus odoranres Sc plus remplies d'efprits qu'ailleurs, a caufe de L'ardeur du foleil. Nous voyons aufli que le miel qui eft fair iur ies montagnes oü le foleil donne a plomb, eft comiderahlement plus beau Sc plusipiritueux que lautre. Quand on employe le miel pour la bouche , il faut fe fervir de celui de Narbonne, parce qu'il eftle plus beau, le plus fpiritueux Sc le plus agreabie au goüt, mais pour les lavements Sc pour les remedes exterieurs, je prefcrerois lemieljaune ordinaire, parce qu'il a un peu d'acrete qui le rend plus purgatif Sc plus deteiiif que le blanc , il faut le choiiir d'une conliftence entre dure Sc liquide, bien US en fes parties. Le miel eft un bon aliment pour ceux qui ont long-temps jeune , car il eft leger, il £b diftribne tres-faciienient, Sc il fepand dans les vaifteaux un fuc doux Sc leger qui eft comme un bäume de la vie ■, c'eft ce qui failoit dire a Democrite, que pour vivre long-temps, il falioit s'arroler par dedans de miel & s'oindte d'huile par de - bors, il faut poartant remarquer que les temperaments bilieux ne fe trouvent pas bien de l'ufage du miel par la bouche, parce qu'il fe lie faciiement avec h bile , Sc il lernble qu'il fe convertifle en cette humeur: En effet la faveur douce fe change faciiement en amertume, car nous voyons que lorfqu'on fair cuire trop le miel, la reglifle , le fucre Sc plulleurs autres marieres douces, elles deviennent ameres, il fe pouroit faire que la chaleur trop grande des entrailles en f eroit de meine. Le miel lache le ventre, il eft bon pour les maladics de la poitrine & du poulmon, on en fait des hydromels, il detergepuiuamment, on l'employe dans les lavements. J'ay traite dans mon Livre de Chimie , de la diftillation du miel, je ne parlerai ici que des Operations dont on fe fert dans la Pltarmacie Galenique, Hyifomel vineux. Prenez, de treshn miel blatte , quatre livres , de Venu commune, dixpintes. Fmtes-les bouillir enfemble dans im vaiffeau de cuivre e'tame& bien bouche , jtifqu'% U confomption du tiers 3 oujufqu'a ce qu'un auf que Ion yjsttera recemment nage für Ia üqHeur. pendant UNIVERSELLE- 16* "Pendant U cuijjon on aura fom d'oter tonte limine , puls Vhydromel etant cuit & rajfis a loifir, fera enferme dans un baril que Von expofera au foleil ou que Von met- tra dans une etuve pendant ^ojours, & mime plus leng-tems ß la fermentation n'eß pas cejfee, apres quoy on bouchcra le baril } &onle gardera a la cave pour le befoin. R E M A R QJU E S. On mcttra dans une balline de cuivre etamee quatre livres de miel & vingt livres d'eau , on les fera cuire enfemble par un petit feu jufqu a la confomption d'en viron le riers de l'humidire , ou julqu'a ce qu'un ceuf puiffe nager dedans, on ecu- mera cependanc la liqueur , on b yerfera dans un baril , on l'expofera a la chaleur du foleil, ou bien on placera le baril dans une etuve , Sc on l'y laiffera quarante jours, ou jufqu'a .ce que la liqueur ne fermente plus , l'agitant de tems en tems, er> Jtuite on lebouchera , on le defeendra a. lacave, Sc onle gardera. ll fomfie Veftomach, il rejouit le cceur 5 il eft propre pour exciter le mouveraent des efprits, on l'employe plus fouvent pour le delice que pour la Medecine, car il eft pour le moins aum agreable au goüc, & auffi vineux que du vin d'Efpagne, il lui reffemble meine beaueoup •, la dofe en eft depuis demi once jufqu'a deux onces. Melicratum, Mulfa, , Hjdromel & Apomeli , fönt des noms dont on fe fervoit ai- trefois pour figniüer de l'eau miellee, on faifoit auffi un melange de vin &c de miel, &: on FuppellokO/»»;«!?/. Lhydromel ordinaire fe prepare commeliiydromel vineux , excepte qu'on ne le fait point fermenter. On fait fouvent des hydromels vulnerairesavec des decot-tions d'herbes vulnerai- res, & un peu de miel pour en faire boire a ceux qui fönt malades du poulmon. Liiydromel vineux eft proprement du miel dhlout, dont l'huile 6c le lel oht ete exaltez par la fermentation, enforte qu'on pouroit tirer de cet hydromel, un efprit inflammable pareil ä celui du vin , par la diftillation , comme j'ay dit dans mon Traite de Chymie. Il vaut mieux prendre du miel blanc pour cette operation,que du miel ordinaire a caufe du goiit qui en eft meilleur , Sc ann que liiydromel foitplus pur Sc plus clair, lemiel dsHarböiiney feroit preferable aux autres, mais comme il n'eft pas bien comnjun, on peut fe fervir a la place du miel blanc le plus beau qu'on poura trouver. On fait cuire Vhydromel jufqu'a ce qu'un ceuf frais puiffe nager deffus , car par cette marque l'on connoit que la liqueur a affez de confiftence pour etre confervee, II eile etoit trop claire , l'ceuf tomberoit au fond. Il ne faut remplir que les deux tiers du baril, afin que la fermentation ait de Tef- pace, Sc qu'il ne feperde rien. Onnebouchera le baril pendant la fermentation,que »'un papier ou dun linge, mais quand eile fera achevee & que le baril fera a la cave, on le bouchcra avec fa bonde , en la maniereordinaire •, fi on le remplit dliydromel vineux , il s'en gardera mieux. Pour expliquer la fermentation de liiydromel, il faut feavoir que le miel contient naturellement un fei aeide effentiel Sc de l'huilccomme on le demontre par la Chyr »nie, Ce fei eft mis en mouvement par la chaleur , SC il tend a fe developer , mais il trouve une fubftance huileufe Sc embaraffante qui le retient,il faut donc qu'il agiffe für cette huile , Sc qu'il en rarefie Sc attenue les parties pour avoir fon mouvement libre , c'eft ce qui caufe la fermentation d'ou il refulte un efprit vineux , parce que l'huile ayant ete long-tems rarefiee & divifee par le fei, eile devient efprit. Quand liiydromel eft devenu vineux la fermentation ceffe , parce que les fels aci- dts qui fönt comme autant de petks couteaux,ayant tout a fait diffeque ce qui s'op- Vertus. Dofe. Melicratum, Mulla, Apomeli. Oinome!. Hydromel ordinaire. Efprit de Vhydromel vineux pareil ä celui du vin. ExpHcatiö de la fe - mentation de Vhydromel. Versus. Acetum mulfurrit 170 PHARMACOPE'E pofoit a Ieiir mouvement, il ne fe doit plus faire d'effort, nipar confequent de gön- flement dans la liqueur. Il eft a remarquer qu'U fe fait la meine chofe dans lafermentation de 1'hydromel que dans celle du vin d'Efpagne , parce que les meines principes & la meme diipo- fition des parties fe rencontrent en Tun comme en l'autre, il y a pourtant cette diffe- tence que dans le fuc des raifins il fe trouve une plus grande quantite de fei que dans 1'hydromel, c'eft ce qui fair que la fermentation en eft plus prompte , quoiqu'on il*V donne aueune chaleur etrangere. Ceux qui voudronr «re inftruits plus au long de la fermentation des vins , pouront lire ce que j'en ai ecrit dans mon livre de Chymie. La chaleur du foleil feroit preferable a celle des etuves pour exciter la fermentation de 1'hydromel, mais comme l'on n'en peut joüir que pendant une partie du jour, l'operation eft plus promptement faire quand 011 met le baril aux etuves qu'on rend chaudes le jour & la nuit par le feu. On peut fe fervir de 1'hydromel vineux aux memes ufages qu'on fe fert du vin d'Efpagne, Sc fi l'on en buvoir par exces , iL enyvreroit de meme. Les Hollan- dois Sc les autres nations qui habitent les pays froids 011 le raifin n'aequiert pas la qualite ni la maturite requife , pour qu'on en puifte faire du vin , preparent de 1'hydromel vineux bien plus frequemment qne nous ne faifonsen France , Sc ils ea boivent au lieu de vin. Oxjrnel ßmple. Trene^ de Ion miel , deux livres , Du vhwgre de vin bltne , une cbopnt< laites-les cuire enfemble 4 petit feu , jufqii* U conßßence d'unfjrop. R E M A R QJU E S. On melera dans un plat de terre, deux parties de bon miel blanc, & une partie de vinaigre blanc , on placera le plat für le feu , Sc l'on fera bouillir doucement le melange , l'ecumant a mefure qu'il paroitra de l'ecume, Sc quand ilfera cuit en con- fiftence de fyrop , on le gardera. Il eft eftime propre pour ineifer Sc pour deraciner les humeurs craffes &c vifqneu- fes qui fönt attachees a la gorge & a la poitrine , on le mele dans des garganfmes Sc dans les looehs, on en peut prendre aufli la cuiUere ; la dofe en eft une demi cuilleree. Oxymel eft un mot Grec qui fignific melange de miel & de vinaigre, on Jap pelle encore Acetum mulfum , c'eft a dire vinaigre mielle. On doit eviter de faire cette preparation dans un vaiifeau d'airain , de peur que l'acide du yinaigre corrodant le metal, ne fit meler du verd de gris dans la liqueur. On peut faire ecumer le miel avant que de le meler avec le vinaigre > mais en cui- fant, l'acide fait fort bien feparer l'ecume s'il y en eft refte. L'oxymel n'cft pas convenable a la poitrine quand eile eft irritee par des humeurs trop acres qui rombenr deflus , au conrrairepar fon aeidite il feroit toufler & il l'irriteroit encore davantagc;mais il eft propre a ineifer par fcs pointes, & a diflou- dre la pituire groffiere qui s'attache en plufieurs endroits, il eft bon de l'avaler doucement ahn qu'il ait le tems de penetrer les phlegmes qu'il rencontre en fon paiTagc, Oxymel Scillitique. TrewL du meilleur miel, trois livres; Du vinaigre scillitique , une pinte. lAttes-les cuire a put feu , ecume^-les avec fain , & fattes-cn l'txymel fcüliüque. Dofe. UNIVERSELLE, i;i R £ M A R 0,1/ E S. Onmeleni dansun platde terre vernifle trois parties de micl blanc avec deux partics de vinaigre fcillitic ; on les fera cuire ä petit feu les ecumant jufqu'a. con- üftence de fyrop , c'eft l'oxymel fcillitic. Il eft propre pour infinuer & attenuer les phlegmes qui fönt recuits &c attachez Vertus. aux poulmons, a lapoitrine &c aux autres vifceres,on s'en fert pour les fquinancies, pour Tcpilepiie, on le mele dans les loochs Sc dans les gargarifmes;on en prend aufli dans des eaux appropriees depnis une dragme jufqu'a demi oncc, il a plus de force que l'oxymel fimple pour detacher les phlegmes. Oxymel compofe' , de Mefue. Trcnex. des racines d'acbe lien nettes ; de Celles de per/71 , de petit houlx ^ de fenoM , & d'afperges , de chacunes deux ances, Des femences d'acbe , de fenoutl & de perjil f de chacunes une once. Que toutes ces plantes grojfterement concaßees reftent en maceration dans trois pintes d'eau pendant vingt-quatre heures. Cuifez.-les apres cela jufqu'a U confomption du üers , puis ajoütex, a la colature trois livres de miel, trois demi-fepüers de vinaigre t & quele toutfoit cuit a conjifience de fyrop, R E U A R Q^U E S. On aura les racines dans leur vigueur , on les nettoyera bien , on en feparera h corde, on les coupera par petits morceaux , on concaffera les femences , on mettra le tout enfcmble dans un pot vernhTe, on verfera deffus l'eau commune toute bouil- Jante, on couvrira le pot, de on laiflera la mauere en digeftion pendant vingt-quatre licures , on placera le pot für le feu, & on la fera bouiuir jufqu'a. confomption du tiers, on coulerala dcco&ion avec expreflion, on la melera avec le miel & le vinaigre , on clarifiera le melange avec un blanc d'ceuf, & apres l'avoir paffe par im blan- chet, on le fera bouillir julqu a confiftence de fyrop , c'eft l'hydromel compofe. Il eft eftime propre pour ouvrir les obftructions au foye , de la ratte , des reins, il attenue , & il deterge les humeurs , cralles öc lentes; Ja dofe en eft depuis demi once jufqu'a. une once. Si au Heu du vinaigre commun vous employez le vinaigre fcillitic dans cette Operation > vous autez, l'oxymel fcillitic compofe. Je nc mele point le vinaigre dans la decocHon , parce qu'il feroit pliitöt durcir !es racines que lesamolir ; de plus il laifferoit la plus grande partie de fes pointes dans le marc qu'on rejette. Je ne puis approuver de meler du vinaigre qui eft aftringent , dans un remede qu'on veut rendre aperitif. Miel rofat. frenet* du fuc de rofes renges , & de tres-bott miel t de chaeune parties egales. Qu'ils foient (Imfiet. avec un blanc d'oeuf, & cuit enfuite a csnfißence de fyrop, R E M A R Q^U E S. On pilera des rofes rouges recemment cueillies, dans un mortier de marbre , jufqu'a cequ'elles foient cn päte ; onles laiffera cinq ou fix heures en digeftion ä froid , puis on les mettra ä la preffe pour en tirer le fuc , on pefera ce fuc , on le mclcra avec autant de bon micl, on clarifiera le melange par le moyen d'un blanc y ij Vertusi Dofc. Oxyrncl fcillitic compoßi. Autfe ma riere de faire le miel rofat tj% PHARMACOPE'E d'ccuf, puis l'ayant paffe chaudement par un blanchet, on le fera cuire en con- fiftence de fyrop , & on le gardera. Veitus. il e ft deterfit & aftringent, on l'employe dans les gargarifmes, pour les maux de la bouche &c de la gorge , dans les injedtions &c dans les lavemens quand il eft be- foin de refferrer le venire. Les rofes rouges fonr preferables a toutes les autres efpeces de rofes pour la prepa- racion du miel rofat, a caufe de leur vertu aftringente. bi Ton vouloit faire un miel rofat laxatif, on fe fervkoit des rofes päles fimples, mais il ne leroit guere en ufage. On pourroit encore preparer le miel rofat en mettant digerer au Soleil pendant dix ou douze jours, une partie de rofes rouges bien pilees, & melees avec deux par- des de bon miel dans un pot de terre couvert; on feroit enfuite bouillir doucement la matiere apres y avoir ajoüte une quantitefuffifante dedeco&ion de roles rouges, puis on la couleroit, on l'exprimeroit , on la clarifieroit, & on la feroit cuire fc- lon l'art •, ce miel rofac ne cederoit pas en vertu au precedent. Il ne faut point craindre de difliper le peu de parties volatiles qui eft dans les rofes rouges en les faifant bouillir , car elles fönt inutiles dans le miel rofat, on n'y demande que les parties fixes qui fönt les plus aftringentes. Miel violat, Prenet, des violettes nouvellement cuetlltes, qttatre livres , Du miel commun y dout.e livres. biilez.-les enfemble & les Ulffei. en digeflion pendant huit jours dans un Heu chaui. Apres celafaites les bouillir avec une pinte de decoäion defleurs ou de feuilles violettes jufqu'a laconfomption du quart. CouleiL-les enfuite avee expreß on ; puis faltes cuire lacolature en coit/ißence de fyrop , cbfervam d'oter Vecumeavecfoin ; ey gardei* ce miel pour Vufage. R E M A R Q_V E S* On melera dans un pot de terre les violettes avec le miel, on boucherale pot , & on le mettra en digeftion dans le furnier ou en un autre lieu chaud fept ou huic jours ; enfuite Von fera une forte decoclion de fleurs ou de feuilles de violettes, on la coulera , on la melera dans une bäume avec la matiere digeres , on fera bouillir le melange jufqu'a dim'mution d'environ le quart de l'humidite , on le coulera , on l'exprimera, & on fera cuire la colature jufqu'a confiftence de fyrop , l'ecumantde tems en tems, on gardera ce miel violat dans des cruches de grais. Il eft propre pour adoucir, pour rafraichir Sc pour lacher le venrre , on ne s'en lert que dans les lavemens,on en mer depuis une once iufqu a trois a chaque clyftere. Les violettes limples fönt preferables aux violettes doubles pour le miel violat , parce qu'elles fönt plus laxatives. Les Apoticaires n'y employent ordinairement quele boutonqui refte apres qu'on en arireJafJeur bleue dont on faitlaconferve tk le fyrop violat, c'eft aulli dans ce bouron que confifte la qualite purgative de la violette. On peut encore faire le miel violat en peu de tems avec parties egales d'une forte decoction de violettes & de miel, mais la premiere preparation eft lameilleure. On peut clarifier le' miel violat comme le miel rofat avec un bianc d'ceuf, mais comme il ne fert Jamals qu'en lavemens , cette delicatefte eft bien inutile. On ne doit point le foucier de l'odeur ni de la couleur des violettes dans le miel violat, elles ne fcrviroient a den, on n'y demande qu'une qualite laxarive qui Corte Vertus. Dofc Autre pro parat : on rlu miel vidat. Vertu si Dofc UNIVERSELLE', 175 fifte principalcment dans fori fei •, ik. une fubftance mucilagineufe emolliente qui confifte dans l'Jiuile. Miel de nc'nttphar. Vrenet. des fleurs de njmpbea , qttatre livres t De l'eau commune , quatre fintet. Faites-les bouillir enfemble a petitfeu jufqu'a U confomption du tiers, apres ceU coulez, & exprimet, la liqueur & mclez* dans la coUture fix livres de miel commuih Cuifet, le tont & l'ecumet. jufqu'a confiflence de fjrop. R E M A R Q^U E S. On aura des fleurs de Nenuphar nouvellement cueillies , 011 les mettra bouillir: dans de l'eau pour en faire une decooHon auffi chargee qu'elle pourra etre de la fubftance des fleurs, on la coulera avec expreflion , on y melera environ un poids egal de miel commun , on fera bouillir douceraent le melange ; Pecumant de tems en teirs jufqu'a confiftence de fyrop ; c'eft le miel de Nenuphar. II eft propre pour rafraichir, pour humedter , pour adoucir les inteftins, pour moderer les cours de ventre , on ne s'en ferc que dans les lavemens •, la dofe en elf depuis eine o'nce jufqu'a rrois. II feroit inutile de faire bouillir plufieurs fois de nouvelles fleurs de Nenuphar dans une meine eau comme quelques defcriptions le demandent , car une feule fois eft capable d'empreindre & de charger entierement les pores de la liqueur de leur fubftance vifqueufe. Miel mercurial. Frcnez. du fuc de mercuriale de'pure } & du miel commun , de cbdCttn parties egales, Taites-les cuire jufqu'a confiflence de fyrop. On peutpreparer de mime le miel de Ntcotiane. Miel de Ri- cctune, R E M A R Q_U E S. On tirerale fuc de Mercuriale par expreffion en h merhode ordinaire, on le de- purera en le faifant bouillir legerement, ßc le paflant par un blanchec On melera le fuc depure avec un poids egal de miel commun, on les fera cuire. enfemble les ecumant jufqu'a confiftence de fyrop , ce fera le miel Mercurial, on le coulera par un ramis decouvert, & 011 le gardera dans des cruches. II eft plus purgatif que les miels precedents , on l'employe dans les lavemens Vermt, pour la colique venreuie, pour les maladies hyfteriques; la dofe en eft depuis une £> a f& once jufqu'a trois. Le miel de Nicotiane purge violemment , on s'en fert dans les lavemens des Apoplecliques, des Lediargiques. Miel anthofat, Vrenet, des fleurs nouvelles de rofmarin, une hvre ^ Du miel bien ecume , quatre livres. Laiffez,-les en digeßwn expofez, au foleilpendant un mois. Apres cela ajoutez.-y un feu d'eau de rofmarin dißillee , cuifex. - les legerement -. toulez. & exfr'me%*U liqueur, &lagardez*pour l'ufage. R E M A R QJU E S. On concaflera dans un monier de marbre les fleurs- de Rofmarin nouvellement Y lij Vertus. Dofe. y§KU9. 174, , PHARM ACOPE'E cueillics, on les meleraavec le miel ecume les kutane quelque tems enfemble-; on mettra le melange dans im pot de terre vernifle, on le bouchera bien , on l'expofera au Soleil, oubien on le mettra dans le furnier pendant im raois , enfuue on y ajou- tera environ demi livre d'eau de Rofmarin diftillee, ou a fon defaut, de decodaon de rof marin,on rebouchera le por,on le mectra für un petit feu, & des que la matiere bouillira, on la coulera avec expreflion,on laiflcra refroidir le miel,& on le gardera. II eft bon pour la colique venteufe , pour la lechargie , pour la paralifie, pour les maladies hyfteriques; on ne s'en fert ordinairernent que pour les laveraens ; la dofe en eft depuis une once jufqu'a trois, mais on pourroit auffi s'en fervir par la bouchc. Comme la plus grande vertu des fleurs de Rofmarin confifte dans (es parties vo- latiles, on evite de faire une longue coction dans la preparation de ce miel, de peur qu'elles ne fe difnpent. On laifle long-tems en digeftion les fleurs de Rofmarin dans le miel, arm que leur vertu s'y communique fufrüamment. L'eau de Rofmarin qu'on ajoute. au melange n'eft que pour le liquener , afin qu'on le puifl'e faire bouillir un bouillon , le couler Sc reduire le miel en une con- flftence de fyrop. On ne demande ordinairernent que trois li vres de miel für une livre de fleurs de Rofmarin, mais comme ces fleurs fönt legeres, & qu'elles tiennent ungrand volu- me, il y en a fuffifamment en une livre pour empreindre quatre livres de miel. Au defaut de la fleur on pourroit bien fubftituer les feuilles du Rofmarin , cac elles fönt fort chargees de fels & de parties huileufcs volatilcs qui doivent commu- niquer au miel beaueoup de vertu. Mielde p.irieuire. Trenez, des feuilles de parietale muvellement cueillics, deux petits faiffeaux, coh- pet,-les & les pilex. >• apres cela faites-les cuire dans dtx livres d'eau commune jufqu'a, la confomptton du üers - Coulez, enfutte la liqueur & l'exprimez,, & qut la colature bomlle une feconde fois avec la meme quantite de feuilles de partetaire. Codex, de nouveau & exprimez, les feces , & faites cuire finalement la colature AVecdouz*e livres de miel commun, a conßßence de fyrop } Qtet, Vecumipendant la cuifr fon , & gardez. U compojitton pour fufage. • O» peut preparer de la meme maniere du miel de menthe , de petite centauree, de repe-defpret*, & de Myrthe. R E M. A R Q^U E S. On aura unebonne quantite de parietaire tendre , eucillie dans fa force , on la coupera , on la battra dans un mortier pour l'ecrafer, onlamettra bouillir dans une bailine avec vingt Uvres d'eau jufqu'a diminution du tiers, on coulera la decoelion avec expreffion ; on fera bouillir de rechef dansla colature une pareille quantite de ->arietaire ecrafee environ demi heure,on coulera la liqueur exprimant fortemenc es herbes , on la melera avec unpoids egal de miel commun, & l'onjera cüire le melange cn l'ecumant, jufqu'a confiftence de fyrop •, c'eft le miel de Parietaire. Il n'eft employe que dans les lavemens ; on s'en fett pour la colique nephretique, pour la pierre, pour la douleur des reins, pour la difnculte d'uriner, on en mec deux ou trois onces dans chaque lavement, Miel d'hellebore. Tffffti- des rdeines d'hellebore wir feiches & bien broyees , une livre. E UNIVERSELLE. 175 Vertust Dofe. Tütes-tes infufer chattdtment dans fept fnnes d'eau commune, pendant trois jours Apres cela faires bouillir l'infufion jufqu'a la cotifompticn de la mottle. Ceulez. enfuite U hqueur, & exprimez, les feces >• puls melez. dans la colaturejtx livres de miel com- man. Cuifez, le tont a conßßence de fyrop. R E M A R Q^U E S. On concaftera l'hellebore noir , Sc on le mettra infufer chaudement dans l'eau pendant trois jours; puison fera bouillir l'infufion ä petit feu, jufqu'a confomption de la moitie, on la coulera avec expreffion, Sc Ion y fera cuire le miel jufqu'a confiftence de fyrop , on 1 ecumera Sc on le gardera. On peut s'en fervir par la bouche Sc cn lavement pour la lethargie, pour l'apople- xie , pour la manie , pour la melancolie hypocondriaque ; la dofe par la bouche en eft depuis unedragme jufqu'a demi once, il purge par haut Sc par bas ; la dofe en lavement en eft depuis demi once jufqu'a trois onces. On pourroit au lieu de faire la deco&ion de l'hellebore , le meler concafle dans Autre male miel, Sc le laifler en digeftion au Soleil ou dans le furnier pendant quinze jours, niere ie puis y ajoüter de l'eau , faire bouillir la matiere doucement pendant deux ou trois ^\ ie } e heures, la couler avec expreffion , Sc la faire cuire en confiftence requifc ; ce miel l"! i i ' 'j 1 tebore. auroit aurant de vertu que le precedent. Si a la place de la raeme d'hellebore noir on employoit celle d'hellebore blanc , Miel d'hd- le miel en feroitbeaucoupplus purgatif; mais il ne pourroit fervir que pour les la- Jebore vemens, parce qu'il feroit trop acrepour etre pris par la bouche. blajic. Miel de raißns paßes. Trenn, des raißns paffes mondez, de letirs pepins, deux livres. Taites-les infufer dans trois pintes d'eau cbaude t & le jour fuivant faites-les bouillir jufqu'a la confomption de la moitie j & les exprimex-fortement; puis faites cuire l'ex- prejjien avec deux livres de miel. R E M A R Q^U E S. On mondera les raifins de leurs pepins, on les mettra infufer chaudement vingt- quatre heures dans l'eau, puis on fera bouillir l'infufion a diminution de la moitie on la coulera & on l'exprimera fortement, on y fera cuire le miel en l'ecumant jufqu'a confiftence de fyrop. Le miel de raifins eft propre pour le rhume , pour exciter le crachat, pour tem- Vertns. perer les acretes de la poitrine', la dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once. Dofs» Quelques-uns appellent miel de raifins la decoction des raifins evaporee en confiftence de miel ou d extrait, mais les noms de Rob ou de Sapa conviendroient mieux ä cette preparation. Aliel Ma.cxfd.in, Trenet, des anacardes , une livre. TikiL-les & les infufer chaudement pendant vingt-quatre heures dans trois pintes d'eau commune, faites-les boiiillir enfuite jufqu'a la confomption de la liqueur; puis melez. dans la colature trois livres de miel ecume t & faites cuire le tout en conßßence de fyrop, On peut pre'parer de meine le miel de mjrabolant. R E M A R ()_V E S. On concaftera bien une livre d'Anacardes, on les mettra infufer vingt-quatre heures dans l'eau chaude , on fera bouillir l'infufion jufqu a diminution de la moi- moiüe , on la coulera , on l'exprimera & Ton y fera cuire le miel jufqu'a confiftence de fyrop on l'ecumera Sc on le gardera. Miel Myr». bolanoruix Vertu s. Dofe. Autrc miel d'Anacar- «Jes. D'oa vien- nent lesSy- ieps & 1 e- timologie du mot. i7 fyrop feltnl'art. R E M A R 0_U E S. On aura des ceillets bien rouges & bien odorants nouvellementcueillis, onles mondera de leurs parties herbeute &c blanche , retenant feulement la partie purpurine ", on les mettra dans un pot de fayance ou de terre verniflee Sc on verfera deluis l'eau toure bouillanre , on couvrira le poc & on laiflera la mauere en digeftion dix ou douze heute; enluite on fera bouillir l'infufion legerement Sc on la coulera avec expreflion; on y mettra rremper autant de nouvelles fleurs d'osillecs comme aupara- cant, puis on fera encore bouillir legerement l'infufion, S: on la coulera exprirnant fortement le marc ; on aura une forte teinture d'oeillets> on y melera le fucre , on clarifiera le melange avec un blanc d'ceuf, Sc apres l'avoir palfe par un blanchet, on le fera cuire doucemenc en confiftence de fyrop. On aura un tyrop d'oeillets fort agreable au goiit. Il eft bon pour fortifier l'eftomach, pour rejouir le cceur Sc le cerveau , pour Venus* refifter au venin, pour chaner par tranfpiration les mauvaifes humeurs; on le don- ne pour la pefte, pour la petite veröle, pour les hevres malignes, pour i'epilepfic', la dote en eft; depuis demi once jufqu a une once. Dofe, Il feroit inutile de faire davanrage d'infufions de nouveaux oeillers apres les deux qui fönt decrites,parce que l'eau ne pourroit pas en prendre plus de fubftance quelle en a pris. L'oeiuet donne au fyrop une odeur de gerofle fort agreable, mais on pour- roir la rendie plus forte en faifant bouillir dans le fyrop ciarihe für la fin de la cocl ion , deax ou trois dragmes de gerofle concafle Sc envelope en un nouet de lingeclair, le fyrop en feroit auifr plus cephalique. li fortifie l'eftomach parce qu'il eft compofe de parties fpiritueufes Sc falines qui rarefient les phlegmes Sc qui ratermiffent les fibres de ce vifeere 5 enforte que la digeftion s'en fait mieux ; il rejouit le coeur en rarefiant le fang & le faifant cir- euler avec plus de vitefle ; c'eft aufli par fes parties fpiritueutes qn'il ouvre les pores Sc qu'il chatte par tranfpiration les mauvaifes humeurs; il eft: bon pour les epilepriques, parce qu'il fortifie par fes efprits le cerveau qui eft attaque dans cettc maladie. Syrop de CapilUifes , ßmple. Prenez. des capillaires nouvellement ceuillis, fix onces. Coupez.-les & les Lüffez. infufer cbaudement pendant fix ou fept beures dans deux pnte s d'cau commune, puis vous les feret. bouillir jufqu * la confomption du quart , & 4prtj les aveircoulez. & exprimez., vous ajauterez. a U colature , tro'ts livres de fuerf iUnc , vous la clarifierez. & en feret. un fyrop felon Tart. ! z Vertu». Dofe. Autfema niere de faire le fyrop de Ci- piluire. Vertus. i7 8 PHARMACOPE'B R E M A R QJU E S. On aura des Capillaires recemment cueillis, des plus heaux & des plus odoran» qu'on pourra trouver , on les coupera menu , 8c on les mettra tremper chaudement dans I'eau pendant fix ou fept heures; on fera enfuite bouillir l'infufion jufqui dimi- nution de la quatrieme partie, on la coulera avec expreffion & on y melera le fucre, on claiifiera le melange avec un blanc d'oeuf 8c apres l'avoir pafle par un blanchet, on le fera cuire jufqu a confiftence de fyrop. Il eft bon pour la toux, pour les maladies de la poirrine, pour adoucir la matricc apres Faccouchement, 8c pour les maux de ratte, on en prend a cuiileree Sc l'on en mele dans les juleps , dans les emulfions, dans la tizane. Les plus grands, les plus beaux 8c les meilieurs Capillaires croiflentenCanadaj ceux du Languedoc 8c de la Provence fönt beaucoup plus perits; mais ils appro- chent fort en vertu de ceux du Canada, les Capillaires qui croiffent en nos pays temperez fönt moindres en force & en vertu; plulieurs Apoticaires fönt venir des Capillaires fecs de Canada ou de Montpellier pour en faire leur fyrop de Capillairc, mais la meilleure methode eft de faire venir la conferve de Capillaire des meines pays, & de Pemployer pour la compofition de ce fyrop, car comme l'herbe a fer- mente avec le fucre dans la conferve, le detachement de fes principes le fait aifc- ment pour le fyrop. On prendra donc une livrc de conferve de capillaire du Languedoc, on la mettra infufer chaudement dans quarre livres d'eau commune pendant quatre ou cinq heures , enfuite on coulera l'infufion avec expreffion , on y melera trois livres de fucre blanc, on clari&erale melange avec un blanc d'oeuf, 8c on le fera cuire en confiftence de fyrop. La grande reputation qu'ont les capillaires de Montpellier donne licu a plufieurs Colporreurs ou autres Marchands d'abufer le public par un pretendu fyrop de capillaire qu'ils difent venir de Montpellier ; ce fyrop n'eft autrc chofe que du fucre clarifie qui peut auffi-bien etre prepare a Paris qu a Montpellier , ainfi il eft affez inutile de lui faire (oufFrir un ii long voyage, il eft facile de reconnoitre ce que je dis en examinant fa couleur 8c Ton gout, car au lieu que le verkable fyrop de capillaire doir avoir une couleur rougeäcre 6c un gout de capillaire tres- aife a diftinguer , celui-li eft clair d'un blanc jaunärre 8c d'un goüt de fucre tout pur •, qu'il foit donc prepare a. Montpellier fi l'on veut , il n'en vaut pas mieux. Il faut pourtant avouer que ce n'eft pas pour epargner les capilaires qu'on en prive ce fyrop , car cette herbe eft affez commune 8c de peu de vaieur dans le Languedoc , mais c'eft afin que le fyrop ait une plus belle couleur 6c un goüt plus agrcable ; aufli a-t'on tellement accoücume le public principalement dans Paris, a certe couleur 8c a ce goüt du pretendu fyrop de capillaire de la rue de la Huchette , que quand on en ordonne de veritable aux malades , ils ne le rc- connoiflent poinc, 8c ils preferent lautre qui n'a dautre vertu que celle que lui donne le fucre. On ne doit point avoir de repugnance pour lc goüt des capillaires, car il eft agreable : le fyrop de Capillaire eft bon pour les maladies de la poitrine , parce qu'il adoucit l'humeur acre qui y tombe, 8c il excite lc crachat, on le donne me- le avec de l'huile d'amande douce aux enfans, 8c aux femmes nouvellement ac- couchees. On peut rendre le fyrop de capillaire plus reint 8c plus pedoral en augmen- tant la quanme^du capillaire qui entre dans fa compofition, 8c en y ajoütant uac cac UNIVERSELLE. i 79 oncc & demie de rcgliffe , mais il en fera un peu moins agreable au gout; on peuc aufli y employer les cinq efpeces de capillaires, 8c meme la langae de cerf vulgai- rement appellee fcolopendre, ou bien n'y en mettre que d'une ou de deux fortes il eft alTez indifferent de quelle efpece de capillaire on empreint le fyrop , eües ont routes une vertu femblable. Sjrop de CupilUites compofe\ de Fefnel. Frenet. du Capillaire vulgare , du politric , de la tue dt mttrailles , de U fcolt- fendre vulgäre ou Ungue de cerf , de chaeun une peignee , Dt la faxifrage , de la betoine & de la pimpernelle , de chaeune detni-poignee , Laiffes. ces plantes en maceration pendant vingt-qu<:tre heures dans trois pitttet d'eau, & les fAltes bouillir enfuite , jufqu'a laconfomption du tiers , fuis dans la cola- ture legeternenn exprimee , diffolvez. trois livres & trois onces du meülcur Jucrt blatte , que vom cutrti. enfuite a conjtflenct de fyrop. REMO QJJ E S. On ineifera les herbes, on les mettra tremper chaudement dans I'eau pendant tingt-quatre heures, puis on fera bouillir l'infufion jufqu a diminution du tiers, on la coulera avec expreflion , on y melera le fucre, on clarifiera le melange avec un blanc d'ccuf, & apres l'avoir paffe par un blanchet ou par une chauffe d'hypocras, on le fera cuire en confiftence de fyrop. Il eft propre pour exciter le crachat & les urines, pour aider a la refpiration, pour provoquer les mois aux femmes, pour adoucir les acrerez du fang , pour les ulceres du poumon, pour les maux de ratte, & autres maladies de poitrine ; la dofe en eft depuis demi once jufqu'a. une once. Syrop d'Abßnthe fimple. Trenen. de V abßnthe vulgahe , une demi-livre. Tütes-la d'abord infufer , puis bouillir dans trois chopines d'eau commune. Apes cela vousferez. cuire la Colature bien ratijfee , avec une livre & demie de miel, Acovfißenct de f)ropfelon Part. K£Mi)R Q^V E S. On aura des fommitez ou des feuilles d'abfinthe quand la plante eft dans fa vi- gueur ; on les ineifera menu>& on les mettra tremper chaudement cinq ou fix heures dans l'eau, puis on fera bouillir l'infuiion a diminution du tiers, on la coulera, &c Von fera cuire lc melange en l'ecumant jufqu'a confiftence de fyiop. Il aide ä la digeftion , ilforrifie l'eftomach, il tue les vers •, la dofe cn eft depuis demi once jufqu'a une once , on s'en ferr pour mondifier les playes, mais il n'ell pas tant en ufage que lc fuivant. * Comme la qualite du fyrop d'abfinthe fimple ne refide que dans l'abfinthe, plu- fieurs malades fe fevent a la place de fyrop , de l'abfinthe preparee cn guife de the, y ajoütant un peu de fucre ou de miel de Narbonne, par cette manierc ils com- pofent für le champ un elpece de fyrop clair qu'ils boivent tout chaud •, il eft a la verite plus amer que le verkable ; mais l'amertume plait a beaueoup de gens, les filles Sc les femmes fe fervent de cette abfinthe preparee en the pour provoquer leurs ordinaires. Zi; Venus. Dofe. Vertus. Dofe. Abfinthe preparee en guife de The. Vertus. Dofe. iZq PHARMA C*0 PE'E Syrop d'Abßnths compofe. Prenez, des femmitez* feches de grande abjinthe ,une dem't-ltvre , Des rofes rouges & du tarn e blanc, de cbacun deux cnces, Du nard-indtque,dufue de coings depure & du vin blanc, de chacun trois livres & demle. Jeus cesßmples etant dans un vaijfeau bien bauche , feront lajffez. ert infußon pett- dant ringt quatre heitres, puis ort lesfera bouillir a petit fcujufqu'a la confemption dn tiers. LA.coi.tHre dans laquelle ort Aura d-.ffoutqiatrelivres de fucre bLinc, fern da- rißu & cuite en conjißence de fyrop , dans lequel ort milera deux onces de teinture d'abßntbe tiree avec l'efprit de vin , lorfqu'ilfera refroidt. R E M A R Q_U E S. On aura des fommitez de grande abfinthe leches» on les coupera menu avec le fpicanard , on les mertra dans im por de terre vernitTe , on melera les rofes & le rarere pul verde groilierement, on verfera für le nielange, le fuc de coing depure & le vin blanc , on couvrira le pot, Sc on le metcra pendant vingt-quatre heures en unliea chaud , enfuite l'on fera bomtlir l'infufun a petit feu, jufqu'a. diminurion du riers, on la coulera, on y melera le fucre, on clanriera le melange avec un blanc d'ceuf, & od le fera cuire en confiilence de fyrop epais, quandil ferarefroidi, l'on y meieri exaclxmenc la reinmre d'anfinthe, Sc loa gardera ce fyrop. II eft propre pour forriiier l'eftomach, pour aider a la digeftion , pour arrecer les diarrhees, pour la colique venreufe , pour les maladies hyfteriques, il provoque Turme Sc les raois anx feiumes ■, la dofe en eil depuis denn once jufqu'a utic once, on s"en ferr. auffi exteneurement rnele dans les onguenrs pour deterger les playes Sc les vieux ulceres, pour reTifter ä la corrnption. Comme les ufages prineipaux de ce fyrop fonr de forrifier reftomach, etant donne intenearement, ou de deterger, Sc de refifter ä la pourriture etant applique exte- rieurement, le fuc de coing Sc le vin avec lefquels on rire la reinmre des ingrediens, fönt des menftrues bien convenables; car par leur quahre ftyprique , lls peuvent ' & raffermir les fibres de l'eftomach.qui etanr relachis ca llent la roiblefle feere; l'efprit de vin a !a verire fe diflipe en bouillant, Sc il empörte ave reflerrer de ce vi ec Autre fyrop d\;D- iinttic. Teinture tfaMInthe.. Vertus-. Dofe. lui le plus volatii des drogues, mais o:i ne peut remedier a cet aeeident qa'en ad- joutant dans le fyrop cuit Sc refroidi la teinture d'abiinthe faite dans l'elprit de vin, ou h l'on aime rmeux un ferupule d'erlenee d'abllnthe mele dans environ une once de iuere candi en poudre. On pourroit fubftituer de la canelle au fpicanard fi l'on en craint Je mechant gour, quelques-uns fe fervent de la pente abfinthe qui n'eft point amere , mais le (yrop n'en a pas tant de verru. On peut faire un fyrop d'abfinrhe für le champ fansfeu , agitant enfemble parties egales de vin d'abiinthe & de fucre en poudre avec un peu d'eau de canelle jufqi'a ce qne le fucre foir fondu, ce fyrop eil chk, & il ne (e gardera pas fi long-tems que lautre , mais il ne fera gueres de mqindre verru pour l'interieur. Pour fiire la teinrure d'abfinrhe, on mettra dans un matras des fomrnitez d'ab- finthe feches, on verfera defius de i'efprit de vin la quantite qu'il en faudra feule- ment pour faire qne {'herbe foir bien humedee, on bouebera ie matras. on Liifiera la mauere en digeftion cinq ox üx jours, puis on coulera la liqueur avec exprefiion, te fera la teinture d'abfmthe , on la laidera raiTeoir , Sc on la Ältferav Elle eft propre pour forurier l'eftomach, pour aider a la digeftion , pour exciter las. mois auxfemmes. La dofe en eft depuis fix goutes jufqaa trente- UNIVERSELLE. i8t Syrop d'Althea. Yrene^des racinesd'Altbea, deuxonces;de Celles de chiendent , cftifperges y de regliße , des raißts p.iffes, & des pois clncbes , de clucttn une once , Des fommteu d'althea, demiuves , de p.trietiiire > de phnperr.elle , d'xdtehte vulgäre , & de CApiÜMres de Montpellier t de cbnenne une poignee , Des yutre fetnencet frmdes grandes CT petstes , de cLicune deux dragmet. Ott fera bouilltr ces ßmples dans qitdtre pmtes d'eau commune jujquA Ix confom- ptun du tiers. On coulera enfuite leur decoclwn & on exprimera le marc , puis on y d'tjfoudra qtu- trt livres du mulieur futre , on U cUnßera enfuite , & on Li cmra a conjtßetui de /j- rop Jelon l'*rt* K E M A R Q^U E S. On choifira les racines les plus grolTes & les mleux ncutrries, on les concaflera, & on les coupera pat morceaux , on fera bouillir dans l'eau celles de gramen , enfuite celles d'afperge & d'akhea, puis les po:s chiches concaflez , les raifins mondez de leurs pepins, les herbes, les femences Sc la regliffe concaffees , pour faire du touc une forte decodtion qu'on coulera er) exprimant leget ement le marc, on melera dans la colature le lucre, on clarifiera le melange avec un blaue d'oeuf 3 & on le fera cuire en fyrop. II eft bon pour adoucir la pituite acre qui defeend für la poitrine & aux reins , il excite le crachar, il provoque l'urine , ii fait lortir le fable des reins, il eft propre pour la colique nephretiqüe j W dofe en eft depuis demi - once jufqu'a une once & demie, on en melc dans les tifanes, dans les juleps , dans les emuluons , on en faic prendre aulli a la cuilliere pour calmer la toux. La fubftance mucilagineule de 1'Althearend ce fyrop fort glutineux, & il paroit cuit avant qu'illefoit, c'eft pourquoi il eft neceffaite qu'il bouule julqu'ä ce qu'il foit affez epais ü Ton veut le garder quelque tems, c'eft ce mucilage qui lui donne le plus de vertu , car par fes parries hutleules ou rameufes, il lie Sc embaraiTc les fels acres Sc falez qui diftilent du cerveau , il epaiflic les humeurs trop fereufes qui excitent la toux , il fait couler avec douceur le fable , la pierre & les phlegmes des reins 8c de la veuie. Les ingrediens qui entrent dans cette compofition conciennent aufli beaueoup de partics fälines qui fervent de vehicule au mucilage pour le faire penetrer & poufler par les urines. Les deferiptions du fyrop d'akhea fe tiouvent dlfferentes dans les Difpenfaircs } celle-ci m'a paru räifonnabfe , je Tai tiree de la Pharmacopee Royale. On peut faire un fyrop d'althea fimple avec une irfufion de racines d'akhea faite dans de l'eau chaude, Sc du (ucreparcie egales, on les fera cuire enfemble en con- fiftence de fyrop. Il eft excellent pour les acretez de la poitrine , pour le rhume. Hil/ijcum , en grec tbjjion t eft l'althea. Syrop cL'Armoife de Felnel. Trenei* desfeuilles d'drmoife deux pngneei, De Celles de poutllot, d'ortgan , de edament de montAgne , d'herbe au chit , de mel'iße, dt fdine^de mtrjoUine , d'byßope ,de nurrube blanc ,d"hypericum avec fafleur, Z üj Venus, Dofc. Syrop d'althea fimple. Vertus. Hibifcum. Vertus. Dofe. j& PHARMACOPE'E de cbdmedris , de chamaepytis , de matrkaire & de betonte, dt thdcune untpügnee , Des racines d'tris vulgaire , d' mnee , de garence , de pivome , de leviflic & de fenciiil , de chacune demi-once , Des fememes d'anis, deperjtl, de femiiil , de bafilic, de daucus de Crete , de ritelle romaine rjr de rbue, de chacune trots dragmes. 1/ faut piler cesßmfles & les Ltijjer en maceration pendant vingt-quatre heures , ians quatre pintes d'hydromel, pjur les faire bouillir-jufqu'a Li cunfomptim du tiers. Apres cela cmre la colature dans laqutlle ort auramts anq livres de fucre en dtffolu~ t'ton, a confi'jkme de fyrop , & y jetter für Ufin un nouet dans lequelon auraenferme une once de canelle > trois dragmes de fpicanard. R E M A R H^V E S. On choifira tous les Ingrediens qui entrent dans la compofition de ce fyrop , les plus beaux 8c les mieux nouris, on lavera les racines, on les mondera, on les cou- pera par morceaux, on les concaffera dans un mortier de marbre 8c on les mettra dans un pot de terre vernifle , on y melera les femences bien nettes & bien concaflees 8c les herbes hachees menu 8c ecrafees dans un monier , on verfera deflus huit livres d'hydromelqu'on aura fait avec une livre de miel fondu 8c ecume dans fept livres d'eau,oncouvrira le po^Sc l'on mettra la matiere en digeftion chaudement pendant vingt-quatre heures, on la fera bouillir enfuite a feu lent jufqu a diminution d'envi- ron le tiersdel'humidite, on coulera la decodlion avec forte expreilion, on y melera Ic fucre,on clarifiera le melange avec deux blancs d'ccufs & on le fera cuire en con« fiftence de fyrop, y jettantfur lafinle nouet remplide la canelle grolfierement pul- verife, 8c du fpicanard coupe menu avec des cifeaux > on laiflera le nouet toujour* tremper dans le fyrop > afin qu'il ait du tems pour lui communiquer fa vertu. Ce fyrop eft propre pour exciter les mois aux femmes, pour abatre les vapeurs , pour appaifer la colique venteufe, pour fortifier le cerveau, pour refifter au venin 8c pour exciter l'urine ; la dofe en eft depuis demi-once jufqu a une once 8c demie. On ne peut point empecher que le feu ne falle difliper le plus fubril des drogues de cctte compofition pendant qu'elles-bouillent, cequi prive le fyrop d'une partie de la vertu qu'il feroir bon qu'iJ eiit, mais il lui refte les principes fixes des plantes qui fönt les plus propres pour exciter les mois 8c les urines. Plufieurs Font trerrper les racines feparement afin de les faire bouillir plus long- tems que les herbes 8c les femences \ mais j'eftime qu'il eft plus a propos de mettre infufer le tout enfemble, afin que la fermentation fe rafle mieux, & que la vertu foit plus difpofee ä le detacher de la matiere dans la deco&ion. De plus comme les racines fönt concaflees, leur fubftance eft aifee a difloudre, & on les fait bouillit avec les autres drogues aflez long-tems pour qu'elles cuifent fufRfammenr. II ne faut point mettre le nouet dans le fyrop piutot que vers la fin de la cuite, afin de conferver les partics volatiles de la canelle &c du fpicanard , car ellesfe diffi- peroient fi on faifoit bouillir long-tems le nouet. Fernel a tire cette defcription de celle de Mathieu des DegreE, eile eft moins embarall'ee & mieux ordonnee, toutes les plantes qui y fönt employees fönt bonnes 8c fpecifiques pour les maladies dans lefquelles ont les donnent. Mais lans faire un fi grand entafiement de drogues, on pourroit compofer un fyrop d'armoife qui auroit pour le moins autant de bonnes qualitez que celui-cl, 5c qui tiendroit plus de k vertu del'armoiie, comme on le trouve ici prepare en la maniere fuivantc. Syrop d'Armotfe , reforme. rrenea desfeuilks d'armoife nouvellcmcnt cueillies, quntrc foignitu UNIVERSELLE. 185 £oupez.-les & ks fikz'> puis UiJJez,-les tnfufer peniant douz.e htnres dans deux flutes d'eau d'amtoife dißillee f Apres cela faites bouillir cette infußon jufqu'a U con- fomptwnduquart.Cauhz.-Uenfuite } & faites-en une forte exprejßon , diflolvet.-} deax ttvres de fucre t puis cUi ifiet.-U , & ta faites cmre a conjißence de jyrop , j ajoutant für lafin de Ucuite ,un nouet dans lequel an enfetmera demi-vnce de fei d'atmoife , trcis dragmes de bonne canelle großerement battue , une dragme de fpicA- nard backe mem , & autant de cafioreum , alorsle fyrop fera fan. Syrop de Chicoree , de Nicolas Flotentin. Trenez, de l'orge entier & bien net , quatrc onces , Des meines d'aebe , de fcnouil, & d'afperges t de ckaeune deux onces , Des fetülles de chicoree , de piffenltt \ d'endive , delaitron t de Uttue eultivee t delalaiäue fauvage epmeufe , d'hepatique , de fumeterre & de houblcn, de chaeune une poignee ,' Des CaptlUires de Montpellier, Du Polytric , de l'adiante vulgaire , du ceterac , de la regllffe rat'iffee, des bayes d'alkekenge & de la femence de eufeute, de cbacunjix dragmes. I aites cmre ces fimples felon l'art dansjix pmtes d'eau , ou plus s'U le faut jufqu'a la confompüon du üers. Coulez. enfürte & exprimez. la decc3itn,& apres aveir mis fix ttvres de fucre en lißolution dans la colature , on la darifiera & on la fera cuire en conjißence de jyrop. R E M A R Q^V E S. On nettoyera l'orge de fes pailletres , on le lavera dans de l'eau chaude, puis Tayant retire Sc feche dans un lingeblanc, on le fera bouillir environ un quarr d'heure dans douze livres d'eau, on y ajoürera les racines qu'on aura choiües bien nourries, qu'on aura lavees , mondees de leurs cordes Sc coupees par morceaux , {>uis les bayes, la eufeute, les herbes hachees, Sc enfin la regliife concafTee. Quand e tout aura bouüli jufqu'a diminution du tiers de l'humilite , on coulera la deco- £tion avec expreflion, on y melera le fucre , on darifiera le melange avec un blanc d'ceuf, & on le fera cuire en confiftence de fyrop. Il eft hepatique Sc fplenique, paice qu'etant compofe d'ingrediens aperitifs , il debouche les obftruc"tions qui fe tont faites dans les pecits vameanx du foye & de la ratte ; on en peut donner pour l'hydropifie, pour la cachexie, pour la jaunüle, on en mele dans les juleps , dans les emumons, dans les apozemes. L'orge donc la vertu eft depaiflir les humeurs Sc de reiferer le ventre, ne me pa- roit pas etre une drogue bien appropriee dans ce fyrop , qui doit etre penetrant pour ouvrir les petits vaifleaux obftruez du foye> de la rarte Sc du mefentere. La lai&ue qui eft narcotique ne peut non plus apporter que de l'empechement a la vertu des autres herbes, car on kjait aftez que le propre des narcotiques eft de coaguler & de fuipendrelemouvement des elprits. L'Auteur de cette defeription y fait entrer ces deux ingrediens comme des rate aichiftants propres a fortifier le foye, mais on doit coniiderer que le fyrop de chi- c otee agit beaueoup mieux en ouvrant le paffage des liqueurs dans les petits vaif- f eaux du foye, de la ratte, du mufentere qu'en donnant du rafraichiffement a ces Vcrtui i«4 PHARMACOPE' E vifcercs , de plus ce rafraichiflfement n'eft: pas trop aflfure , car nous voyons fouvent que les narconiques & les autres drogues qui arretcut les humeurs donncnt lieu ades fermentacions qui cauient plus de clialeur qae n'en pourroient exciter les remedes qu'on appellent chauds, je trouverois dune a propos qu'on retranchät de cecce def- cription l'orge & la lahäue. Les c ipillaires & la reglifle onc une venu pe&orale & adoueiflante qui ne peut nen gacer dans cette compohnon, mais ces Ingrediens n'etant pas necellaires dans un fyrop heparique & aperiuf, on pourroit les en 6:er, ann que l'eau de la deco- je voudroiü donc qu'on refbraiac le lyrop de chicoree en la maniere faivante. Syrop de Chicoree re forme'. Prenez. des racines de chicoree fauvage , de pißenlit , d'aebe , ae fensuil , d'afperges, de ebaeune deux onces , Des feuüles de chiceree , de piffenht, d'endive , de Uitron , d'hepatique } de fumetere , & de houblons , de chaeune une poignee & demte , Des fleur s de chicoree , une poignee, De Li fernence de chicoree concaße'e , deux onces t De la fernence de eufeute & des bayes d'atkekengti de chaeune fix dragmes. Faites cuire ces fimplcs dans une juffifante quantitc d'eau, pms clarifiei* la colature, apres que vous y aunz, difj'out fix livres de fucre ,&Ucuifez, a confiflence de fyrop. Syrop de On pourroit preparer un fyrop de chicoi ee fimple avec le lue de la chicoree lau- Chicorce vage d l epure > & le fucre blanc parties egales qu'on feroit cuire en confiilence de fyrop. .fimple. xl eil apentif, il purifie le fang. Syrop de Chicoree compofi de Rbubarbe. Trenez, de larhubarbe eboifie & coupee parpetits morceaux , trois onces, Dn fd de chicoree ,fix gros. Faitts-les infufer pendant vingt-quatre heures dans deux pintes d'eaa de chicoree diftülee , puis onfera bouillir cette infufion legerement ,puis l'ayant coulee & exprime'e tut UNIVERSELLE. 185 eile fera clariße'e par reßdence& ftltration , enfuite evaporee apet'it feujufqiCk con- Jtflence de fyrop , enfisi on les meiern exaäement avec quatre livres de fyrop precedent qui Im donnera fa derntere perfeäion. REMARQUES. On mettra dans un pot de tcrre vernifle la rhubarbe coupee par petits morceanx avec le fei fixe de chicoree, 011 verfera deilusl'eau de chicoree route bouülante, ou bouchera le pot & on laiflera tremper la matiere für les cendres chaudes pendant 14 heures, on la fera enfuite bouillir legerement, on coulera l'infufioh avec forte ■exprelfion. Si le marc de la rhubarbe eft encore teinr, on le fera infufer de nouvean dans dauere eau de chicoree trois ou quatre heures, puis l'ayant fait bouillir deux ou trois bouillons , on coulera l'infulion comme ci-devant; on melera les collatures & 011 les laiflera repofer quelques heures, ahn qu'elles fe depurefft de leur partie grofliere qui tombera au Fond, on les Altera par des tahgusttes de drap, ou bien ou les paffera par un blanchet, on mettra cette teinture ainli purifiec dans un plat de terre vernifle , Sc par un petit feu Ton en fera evaporer l'humidite jufqu'a. confiften- ce de fyrop ; alors on pefera quatre livres de fyrop de chicoree, on le fera bouillir cinq ou fix bouillons dans une baffine, ahn qu'il foit cuit dans une confiftence plus -epaifle qu a l'ordinaire, Sc ayant retire la balline de deifus le feu, on le deeuiraen y melant exaclement la teinture de rhubarbe epaiffie, puis on gardera ce fyrop. Il purge en refTerrant , il eft bon pour les cours de ventre, dans les obftruwions des petits vaiffeaux du foye, de la ratte , du mefentere , dans la jaumfle, pour tuet les vers; la dole en eft depuis demi once jufqu'a deux onces. Je n'aipoint (uivi ici la methode ordinaire qui eft de tirer la teinture de la rhubarbe dans une partie de la decoebion dont on fait le fyrop , parce que cette de- coclion etant deja chargee de fubftances de plufieurs ingrediens , eile n'eft pas en etat de s'empreindre en tous fes pores, de celle de la rhubarbe •, j'ay trouve plus .1 propos d'employer en cette occafion i'eau de chicoree qui etant diftillee & claire comme de l'eau commune, pourra plus facilement extraire ce qu'il y a de bon dans la rhubarbe. Les Anciens ont cru qu'on pouvoit rendre la rhubarbe plus aeftive Sc corrigerles Lees que fa iubftance putative pourroit caufer en y melant quelque medica- : purgative pourrc tranchees que ( ment compofees de parties tenues Sc fpiritueufes, comme le fpicanard, la canelie, le fanral citrin, c'eft ce qu'ils ont appelle correctifs ; mais la rhubarbe eft un remeüe il doux Sc ii incapable de faire aueun mechant effet dans le corps, qu'il eft rres-inu- tile de lui joindvs des correctifs •, pour ce qui eft d'aecelerer fa vertu purgative,com- me s'expriment ordinairement les Auteurs, nous ne voyons point par les experien- ces que la rhubarbe meiee avec cespretenduscorrectifs agiffe plus vite, tout ce qu'ils peuvent faire, c'eft une imprciTIon de chaleur dans le corps plus grande qu'il n'y en auroit li I'ort donnoit la rhubarbe feule : de plus ccs drogues oecupant leur place dans l'infufion, empechent que la liqneur ne s'empreigne d'aurant de patties de la rhubarbe quelle le pourroit faire , c'eft pour ces rai/ons que j'ay rerranche trois dvagmes de fpicanard qu'on met ordinairement tremper avec les trois onces de rhubarbe , aufli-bien la partie volatile en laqueile confifte fapnncipale vertu , fe dif- liperoit-elle dans la coftion & dans l'evaporation. Que fi nonobftant ces raifons , on fe trouve tellement attache a ce qu'ont ftatue les Anciens, qu'on n'en veuille rien relacher on pourra envelopper le fpinacard inerte menu avec des ciieaux dans un linge fin Sc mertre tremper ce noüet dans le fyrop , par ce moyen 011 coramuniqueron la rneilleure fubftance du fpinacard au fy- Vertus. Dofe. Vertus» Pofe. i8 parce qu'elles s'evaporent en bouillant; il vauc donc beaucoup mieux leur fubftuuer comme j'ay fair , le tartre foluble qui eft le verkable corrcvl-if, carcelel rarefie & diftoutla fubftance glutineufe du fenne , qui en s'atrachant a la membranne Interieure des inteftins , cauleroit des tranchees. De plus il aide a la liqueur a penetrer le fenne , Sc a tiref fa teinrure« Si l'on veut empecher que le fyrop ne candifte, xl £uic y meier quand on le fait cuire trois ou quatye onces de miel ecume ; c'eft apparemment par fa vifcofite que. le miel empeche cette cryftalifation. Si l'on faifbit bouilür' le fafFrän dansle fyrop , il fe diffiperoit beaucoup de fes. parties volatiies ; pour i'y mertre il vaut mieux atrendre que le fyrop foie cuit; Sc comme la fubftance du fafFrao eft naturellemenr affez diipofee a fe detacher, eile fe diflbudra dans le fyrop chaud, quöique cette fleurfoit enclofe dans un iinge. Il eft bon que le noüet foit grand & d'une toile deliee afinquelefafFran eranr a/Iezau large , le fyrop le penetre plus facilernent &c qu'ilen rfifoive h qualite qui eft hyf- tenque & apencive. Comme ce fyrop eft appelle fyrop de pomme & qu'on s'artend en l'emplovant d'avoir la rcrru du fruit; il femble qu'on ne devroit employer pour toute liqueur dans fa compoiition que du fuc de pomme , mais les f ucs de bovrache & de bugloie ayant une qualite forc convenable a celle que l'on attend de ce fyrop , je crois qu'ii. faut avoir la complaifance pour les Anciens de fuivre leur methode , au moins ia. ebofe ne menre-t'eile pas d'etre ciitiquee- Il entre für chaque once de fyrop de pomme compofe de c erre defeription , las fubftance ou l'extrait d'environ foixanre & quarre grains de fenne , cv feize grains- de tartre foluble- Syrop de pommes Mtgifiul, Trentz. du fuc de pommes de renette , trois livres, Des /ucs de bonacbe & de buglofe f de chaeun une livre & demie ' Des femlL's de fenne mondees, une demi livre , De lEpyt'mme de Crete , deux ontes> r De l'agaric le plus Hatte & de U rhubarbe t de chaeun demi once, Dus fentfnees d'anis & de fenouil, de ebaeme trois dragmei, Du gmgemke & du macis, de chaeun quatre fcrupules, De U caneile deux ßrupules , Du Jaßran , un denn gros y Du fuert bimc , quarre livres. $Mes de tout tcla un fyrop felon l'aru UNIVERSELLE. tS? REMiK Q^U E S. On coupera la rhubarbe Sc l'agaric par petics morceaux , on concafl'era l'anis, le fcnouil Sc Je gingembre , Sc les ayant melez avec lc feone & lepithyme, on mettra le meiange dans unpot de terre verniflc on verfera defi'us, les lucs depurez, on cou- vriralepor, l'on mettra la mattere en digefhon chaudement pendant deux jours, on fera bouillir enftute l'infulion jufqu'a diminution d'environ le quarr ; on lacou- lera avec forte expreffion , on y melera le fucrc, on clarifiera le meiange avec un blanc d'ceuf Sc on le fera ctüre en (y rop , on y ajoutera für la finla canelle concafTce, le macis Sc le faffrar! envelopes dansun nouet qu'on laiflera toujours tremper dans le fyrop.- II purge toutes les humeurs, on le donne particulierement aux melancoliques. La dofe en ert depuis demi once julqu a deux onces, Ge fyrop fe trouve decrit dans plulieurs Pharmacopees & enrr'autres dans celle de Londre ; on lui a donne le iarnom de magiftral pour exprimer qu'il a plus de vertus que les autres fyrops de pommes; fes principales qualitez fonc tirees du fen- ne , de l'agaric Sc de la rhubarbe qui y entrent, les aurres drogues u'y äpportent pas une grande utilite , Sc clies empechenr en etendant lcurs fubflanees aahs les fucs' qu'ils ne s'empreignent entierement de celles des purgatifs; je ferois doric d'avis qu'on en letranchat une bonnepartie , conmie les deux onces d cpichyme qui par leur grand volume dans l'innifion offufquent > par maniere de dirc ■ les autV.es drogues, les femences d'anis , de fenouil Sc le gingembre , Sc quWrnift. er) leur pla- ce une once Sc demie de rarere foiubie , ce fei bienioin d'empSchef eftte les fucs ne /e chargeauent de la lubftance des purgatifs, les exctteroii, Sc ll donneroit au fyrop une venu aperirive qu'U ne tire pomt des drogues que je voudrois oter: Je (c..f bien que i'Aureur de la delcripcion de ce fyrop y a entremelc ces Ingrediens a def- fein de cornger les purgatifs & de fprtifier les vifeeres; mais pour un corredif des- purgatifs le tartre folubie eil beaueop plus für ; car etant un fei ll eft de nature beau- coup plus propre a attenuer Sc ä rareher les fubflanees vifqueufes qui pouroienc s'attacher contie les membrannes internes des vifeeres , 8c cauier ce qu'on appelle tranchees» Pour ce qui eft: de rottincr les vifeeres pendant que les purgatifs agifrent dans le corps, ll eft difriede deconcevoir qu'iis le puiffent faire j mais quand lachofe feroit pollibie ll faudroir .l'empecher , puifqu'ifellneceffairequ'en cetems-la les parties foient debilirees Sc Jes fibres reiachees par les remecles , afin que la ditfolution des humeurs qu'on veut evacuer, (t falle plus facilement. Quant aux aromats qu'on ajoute für la fin envelopez dans un noüet, leur ufage doit etre d'apporter quelque agreement au fyrop , afin qu'on le preanc avec moins derepugnance , onnelesmet que für La fin de peur de faire diiliper leur parties odoriferantes. Les fucs etant deja empreints de leur propre fubiiance, fi depurez qu'ils foient, ne- peuvent pas contenir beaueoup de celles des drogues qu'on y met inf uler; c'cfi pour- cjuoi l'on devroit faire diftiller du moins ceux de borrache Sc de buglofe , avant que de les employer pour l'intufion, lls leroient beaueoup plus fulceptiblcs des im- pteffioas des drogues , Sc leurs pores etant degagez de i'extrair geofiier Sc vifqueux. desplautes, pourroient fe remplir entierement de celui des drogues purgatives;' volddonccommejc voudrois reformer cetre compofuion de fyrop. i Ä a iij Vertus» Dofe. ijo PHARMACOPE'E Syrop de pommes Magißul reforme* Trenez, des feuilles de fenne mondees , demi livre , Du tartre foluble, une once & demie , De l'agaric tres-blanc & de la rbubarbe , de chacun demi once. lnfufez.-les cbaudement pendant troisjours dans trois livres de fuc de pommes de renett e bienepur ces , & dans une livre & demie d'eau dißillee de bor räche & autant de Celle de buglofe ,• Faites- les bouillir enfuite legerement ,puis les coulez. & les exprimez.. Apres cela diffolvez. dans lacolature quatre livres de fucre blanc , que vous clarijjierez, enfuite avec le blanc d'ceuf, & que vous cutrez. a conjißence de fyrop ; vous y ajouterez, für la fin de la ernte quatre ferupules de macis, deux ferupules de canelle % une demi dragme de fafran enferme dans un nouet, que Von laißera dans le fyrop. Vcitus. Dofc. Syrop de pommes avec helle höre. Trenez, des feuilles de fenne mondees , deux onces , Des racines d'bellebore noir Des ecorces de tamarifc & de caprier, Du fei d'abjinthe , de chacun demi once , Du fuc de pommes de renette epure , quatre livres , De la femence d'agnus caßus > trois dragmes. Que toutes ces drogues reßent en macer ation pendant troisjours , puis faites les cuire~ jufqua confompüon du tiers, coulez. enfuite la liqueur avec exprejfion; apres cela cui- fez, dans la colature deux livres de fucre blanc , & ajoutez,-y für la fin de la cuite «» gros de faffran orient l alenfermedans un nouet, pour en faireun fyrop feien Vart. K E M A R Q_U B S. On concaffera les meines , les ecorces Scles femences , on les mettra dans un pot de rerre verni/Ie avec les aurres drogues, on verfera deflusle fuc de pommes depure tont ciiaud, on couvrira le pot, on mettra la matiere en digeftion en un lieu chaud pendant trois jours , enfuite on la fera bouillir a diminution d'environ la croifieme partie , on la coulera avec forte expreffion , on y melerale fucre , on darifiera le melange , & on le fera cuire en coniiftence de fyrop , on y ajoütera für la fin le pe- tit noiiet, & on l'y laiftera toiijours. Ce iyrop eft propre pour iever les obftrucHons de la rare , du mefentere, du pancreas, il purge la melancolie , on en donne aux fous, aux rateleux , il excite les mois aux femmes; la dofeen eft depuis demi once jufqua une once & demie. Outre que la vertu aperitive du fei d'ab/inrhc eft fort convenable dans la com- pofition de ce fyrop ; c'eft un fort bon correctif pour les purgatifs, car etant al- Icali, il arrenue &c diflbut leurs vifcofizez qui cauferoient des tranchees dans les vifeeres. Syrop de ßeufs de pefcher. Trenez, des fleurs de pefcher nouvellement cueillies & pilees grojferement , deux livres , De l'eau cbaude , quatre pintes. laiffet-les maecrer pendant douz.e heures, apres cila faites Aes bouillir legerement & les expnmej*. Que ces macer atkns, coUtures & exprejfion d'un pareil poids de {leurs UNIVERSELLE. i 9£ foient reitertet trois a quatrefeis pendant le meme efpace de temps: Enfin dum ladtr- niere exprejpon dißolve^ buh livres de beau fucre blanc , pour en faire un fyrop. REMARQUES, On ecrafera dans un mortier de marbre les fleurs de pecher nouvellement cueil- lies: on les mettra dans un pot de terre vernifle, on vcrfera deflixs l'eau toute bouil- lante, on couvrira le pot, Sc on lailTera la matiere en digeftion pendant douze heu- res, on la fera bouillir legerement, on la coulera Sc on l'exprimera fortement. On fera dans la colature trois on quarre fois pareilles infufions de nouvelles fleurs de pecher les coulant & les cxprimant comme devant, enfin dans la derniere colatu- re, on melera le fucre , on clarifierale melange avec un blanc d'ceuf, Sc on le fera cuire en fyrop. Ilpurge doucement, principalement les fcrofttez; c'eft pourqnoi onl'eftime pour Vertus purger le cerveau , il eil; propre auffi pour les obftruitions , pour les vers; la dofe ^ r en eil depuis demi once jufqu'a deux onccs. 11 ne s'agit pour faire l'infufion de fleurs de pecher que d'empreindre l'eau autant quelle peut l'etredeleut fubftance , & Ton reconnoitraquecette infufion eft affez forte, lorfque les fleurs en fortiront pour le moins aufll teintes qu'elles y etoient en-- trees, il feroit inutile alors d'en employer dayantage , parce que les pores de l'eau en etant remplis , ils ne pouroient plus rien recevoir. On peut garder une partie de l'infufion de fleurs de pecher coulee , dans des boureilles de verre ou de grez , mettant un peu d'huile d'amande par deilüs , pour empecher l'air d'y entrer, Sc quand on voudra faire le (yrop, on retirera l"liuile avec du cotton, on verferapar inclination la liqueur claire , onla filrrera , Sc on la fera cuire avec autant de fucre. Si en melanr le iucre avec l'infunon y on y ajoute quelques onces de conferve de fleurs de pecher, qu'on falle un peu bouillir le melange t qu'on le coule avec expref- fion , qu'on la clanfie & qu'on la fafle cuire, on aura un lyrop qui lentira l'amande, Sc qui aura autant de verru que s'il avoir ere fair au prinrems. On peut au lieu de l'infufion rirer le fuc des fleurs de pecher par expreflion,apres les avoir fufhfamment pilees dans un mortier de marbre,& ayant mele un egal poids de fucre avec le fuc, clarifier le melange Sc en faire un fyrop de fleurs de pecher pour le moms aufll bon que le precedent. On peut aufli faire un fyrop de fleurs de pecher fans feu en la maniere fuivante. Pilez Sc mclangez bien dans un mortier de marbre quarre livres de fleurs de pecher & autant de lucre en poudre, ajöutez y huir onces d'eau commune, brouil- lez le tont pour en faire une conferve liquide , ctendez un linge clair für un pot de de fayance , ou de terre vermiTe , lequel ait l'embouchure grande , liez-le aurour du rebord &C y faites une cavire dans le milieu -, mettez-y votre conlerve Sc la cou- vrez d'irn aurre linge, placez le por a la cave ou en un autre lieu humide, Sc l'y laif- fez quelques jours , vous trouverezau fond du por un fyrop de fleurs de pecher qui aura bon gout Sc beaueoup de vertu , on peut au lieu du linge fe fervir d'un ramis- propre renverfe, comme tout le fucre n'aurapas ete reiout en lyrop, on pourra faire bouillir dans de l'eau la conferve reftante, couler la decoction, la clarifier Sc la faire cuire en confiftence de fyrop , ce fera le fyrop de fleurs de pecher ordmaire. On peut encore faire un fyrop de fleurs de pecher en employant les feuilles les ^vxep de plus tendres de l'arbre au lieu des fleurs > il aura la nierne verru que l'autre , coais il fruiÜes de leraun peu plus purgati£ .;; fachet. Moyen de garder l'infufion de pefcher, pour en preparcr le l\ropquäd on veuc S)'rop de fleurs de pecher fait aveclelue des fleurs. Syiop de fieitrs de pecher faic lans fca.. Vertus. Dofc. Syrop de rofes muf- cate« , fyrop de fleurs cfa- cacia. Venus. Dofe. Les rofes puigent par Ieur ©deur. ipi PHARM ACOPE'E Syrop de flatn de pejcher compofe. Prenez, des trochifques d'agaric , une once. Tattes-les infufer pendant vingt-quatre heures dans deux livres de fuc de fleurs de pefcber , puis bouillir legerement, diffolvez, enfuite dans la eolaturefaite avec expref- Jion , une livre & demie de fucre blanc , & quatre onces de manne. Clarifiez* le tout & le cuifez, a feit lent en conßflence de fjrop. R E M A R QJJ E S. On concaflera bien les trochifques d'agaric , on les metrra infufer chaudement vingt-quatre heures dans le fuc des fleurs de pecher quem aura tire par expreifion en la maniere ordinaire , on fera bouillir legerement l'infufion , on la coulera on i'ex- priinera, on y melera le fucre Sc la manne, on clarifiera le melange par refidence, & Ion en fera evaporer rhumidne dans une terr ine par un petit feu jufqu'a confiftence de fyrop , on l'ecumera , on 1c coulera tout chaud 5 & on le gardera. II eft plus purgatif que le commun & plus propre pour purger le cerveau, la dofc en eft depuis demi once jutqu'a une once & demie. On doit eviter de faire bouillir ce fyrop de peur de perdre les fubftanccs vola- tiles des purgatifs , il vaur mieux en faire evaporer l'humidite par une douce chaleur- Comme il fe rencontre toujours quelques legeres impuretez dans la manne & dans le fucre , il eft a propos de couier le fyrop apres l'avoir ecume. Syfop de rofes jolutif. Prenex, du fuc epure de rofes pales ,& du fucre blanc, de chaeunparties eg.de s. Melez,-les & les cuifez. en conßflence de fjrop. On peut preparer de mime le fjrop de rofes mufeates , & celui de fleurs d'acMta. R E M A R Q_ü E S, On aura des rofes päles fimples nouvellement epanouies & cuillies au marin, on les mor.dera de leurs pecules, & de leurs calices , on les pilera dans un morrier de marbre, &c les ayant laiflees quelques heures en digeftion, on les exprimera pour en tirer le hie qu'on laiflera rafleoir ou depurer au foleil ou dans un aurre lieu chaud , on le verleraparinclinarion, & l'ayantpafte par unblanchet, on Jemelera avec un poidsegal de fucre lin, on enfera evaporer l'humidite par an petit feu, jufqu'a confiftence de fyrop. Il purge les ferofitez & les autres humeurs doucement en fortiflant l'eftomach; la dofe en eft depuis demi once jufqu'a deux onces. Les roies pä'es fimples ionr prererables aux doubles pour ce fyrop , parce qu'elles fönt plus odorantes & plus purgatives , il faut les cueillir au matin en beau tems , quand elles fonr bien epanouies. J'ay vü plufieurs pertonnes etre purgees par Podeur fimpledes rofes fanslesavoir mifes dans h bouche, par les vomiffemens Sc par les feiles avec grar.de violence , la caufe de cet effet vient des parties fpiritueufes volariles de la rofe qui erant entrees par le nez dans le cerveau, en rarefient & en delayent la pimire, laquelle coule dans i'fiftomachjouen picotant les membranes du vifecre par fon fei,eile excite une efpece de UNIVERSELL*: 195 de convulfion qui fait le vomiflerrient', cclie qiü defcend dans lcs inteflins y agic auffi , mais par lcs feiles. Le fyrop de rofes mufcates eft plus purgatif que celui des rofes päles, principa- lementquand on le fair aux pajs chauds, oü les rofes mufcates ont beauoup plus de force qu'ailleurs. Le fyrcp de fleur d'acacia purge fort doucement, Sc il purifie le fang, la dofe eil de deux onces. On fair ordinairement des infufions de rofes dans de l'eauhuit ou neuf fois, ou pi qu a ce quelle f 01t ü chargee de la fubftancc des rofes que le marc en forte reint, ce qui eil un figne qu'elle 11'en peut recevoir davantage , mais la methode de tirer le fuc eil la plus courte Sc la meilleure, parce qu'on ne fair point diffiper les parties volatiles de la rofe dans lefquelles confifte fa qualite. * Le fyrop, principalement celui qiü a ete fait avec ce fuc , ctant nouvellement prepare , a moins d'odeur que quand il a ete garde quelques mois, parce que fes parties eflentielles n'ont pas en- core ete beaucoup Ipiritualilces •, mais ä melure qu'on le garde , il fe fait une cxal- tation des principes qui lui dornte de l'odeur: c'eil peut etre ce que les anciens Medecins ont reconnu, lortqu ils demandent dans leurs receptes , le fyrop de rofes qui ait ete fait l'annee precedenrc. Si au lieu de faire cuire le fyrop, comme il a ete dir, on mele le fucre pulveriie Sc lc fuc de rofes depure , dans une cucurbite de verre 5 qu'on adapte deflus un chapi- teau avcc fön recipient, qu'on lutte exaftement les jomtnres , Sc qu'on falle diftil- ler au bain marie ou au bain de vapeur, environ la quatrieme partie de la liqueur 5 Vemis du fyrop de Roies mufcates. Vcrrus du fyrop de fieurs d*M cacia. Pidn. Aut r e me* thode de cuire le fyrop de rofes. Eau de rofe. bouilij, mais il aura acquis quelque petit gout, Sc un peu d'odeur de diftillation , ce qui ne duriinuc en rien f a vertu. On peut garder le fuc des rofes dans des bouteilles , mettant un peu d'huile da- mande douce deflus & preparer le fyrop quand on voudra. On peut aulli faire un fyrop de rofes fans feu de h meine maniere que j'ay decrit le fyrop de Heues de pecher {ans feu dans les remarques. Syfop de rofes compofe avec le jenne & Vagtiric. Prenez, des feinlies de finne mondees , deux onces, Du bonagaric cenpe par peüts morceaux, une once , Du tarne foluble , denn once. Infufez, ceU cbaudemtut pendant z^heures dans treis üvres de fuc de rofes pales epure. Faites bouillir tnfutte l'infußon legerement,piis couki~& expnmez, cette hqueur t dans laquelle voits diffolverez. deux Im es de jure que vom dartfierez* & ferez, cuire in fyrop. R E M A R O^U E S. On coupera l'agaric par petits morceaux, on ies merrra avec le fenne & le tartre foluble dans un pot de terre vermfle, on verfera deflus , le fuc de rofes depure, on couvrira le pot, on le mettra dans de l'eau chaude pour faire digerer la matiere vingt-quatre heures, enfuite on le fera bouillir legerement, on coulera avec forte expieflion , on y meiern le fucre, on clarihera le melange avec un blanc d'ceuf , Sc fayant pafle par un blanchet, on le fera cuire en fyrop par un petit feu. C e fyrop eft plus purgatif que le ptecedent ? on s'en ferr pour purger le cerveau Sc 1 lrumeiu melancolique ; h dofe eu eft depuis demi once iufqiül une on ;e & denuc. % Bb Syrop de rofes fans feu. Vertas. Dofe. Syrop de ro e com- poic avec jrhubaroe. Vertus» Dofe. 194 PHARM ACOPE'E Le fuc des rofes qui eft deja charge de fa propre fubftance , ne peut pas difloudre beaucoup de ceile du leime & de 1 agai ic , ces maueres fortenc de l'intulion encorc empreintes d'uneparrie de leur vertu purgative.qui y eil reftee. On pourroit tirer la teinture du fenne 6c de l'aganc dans de l'eau, Sc ayant fait epaiiiir cette teinture für un petir feu jufqu'a coniiftence de fyrop epais , la meler dans le fyrop de rofes iolutif , il eil vrai que dans 1 evaporation ll fe diiTipe beau- coup du purgatif, mais la mcme diifipation le fait aüffi par l'autre methode. Le tartre ioluble vaut incomparablemenr mieux que ie gmgembre, l'anis , le fe- nouil dont on a coutume de le tervir en cette occalionpour corriger les purgatifs, outre qu'il aide encorc a en tirer la teinture. Un Auteur ajoute dans ce fyrop , quand il eil cuit, quelques gouttes d'eilences d'anis & de gyrofle, mais cette aromatizanon me paroit inuule, le (yrop eil allez parfume par 1'odeur de la rofe. On Fait entrer quelquefois de la rhubarbe dans 1 lnfniion de ce fyrop, afin qu'il purge la bile, on prepare auili quelquefois tvois fortes de (yrops de rofes compoiez, un avec la rhubarbe, un autre avec le fenne , un autre avec Fagaric. Les fyrops de rofes compofez perdent beaucoup de leur vertu purgative en vieil- litTant, c'eft pourquoy il eil bau de n'en faire que peu a la fois, afin de les renou- veller plus fouvenr. Syfop de rofes compofe d'hellebote. Prenez. des ecorces de Myrohlans cltrms & desfeuilles de fenne mondees', de chtcit- nes itne once , De la racine d'bdlebore nolre, De la rhubarbe & du tartre foluble, de cbacun dem't once. I attes infufer ces drogues cbaudement pendant 24, beures dans trtls üvrts de fuc de rofes Spure ; puls fahes-les boull'ur jufqu'a la confomption du quart. Apres celadtjfolvez. dans U coUture fatte avec exprejjion , deux Uvres de fucre blanc. Clarißct. le tont, & enfaltes un fyrop felon l'art. R E M A R Q^V E S On aura de la racine d'hellebore feche, on la concafTera bien avec les myrobolans citrins dont on aura feparc les noyaux on coupera la thubarbe par petits mor- ceatix , on meara Je rout avec le fenne & le tartre foluble dans un pot de terre vermiß , on verfera deifus le fuc de rofe pale depure par refidence Sc paffe par un Wandlet , on couvrira le pot & on le mettra au bain marie chaud pendant vingt-quatre heures, puis on fera bouillir doucement l'infufion , on la coulera on y meiera le (u- cre, Sc ayant ciarifiele melange, avec ua blanc d'ceuf, on en fera confumer l'humi- dite a petit feu jufqu'a coniiftence de fyrop-. Il purge plus fortement que les fyrops de rofes precedents, & quelquefois il fait vomir, on le donne pour la melancolie hypochondriaque, pour l'epilepfie, pour l'a- poplexie , pour la paralifie, pour la teigne, pour la ladrerie •• la dofe en eil depuis deux dragmes jufqu a fix. On fait quelquefois entrer dans la defcription de ce fyrop , de l'epithyme , du polypode, des gyrofles, de la femence de citron, de la regluTe ; mais ces drogues iont inutiles dans un fyrop purgatif, Sc elles oecupent les pores du fuc en forte qu'il ne s'empreint pas tant qu'il feroit des purgatifs. Le tartre foluble aide a tirer la teinture des purgatifs & a les corriger, il modere un peu la qualite Vomitive de 1'heUebore en fixant en quelque facon fa fubftaice r Sc en envelopant un fei aeide eflentiel qui eft capable de picoter les ribres de l'efto- ■uiach, 5c de caufer le vomiilement, mais comme V Alkali du tartre foluble eft ex- UNIVERSELLE. 195 trem 'msnt afrbibii par l'acide du cryftal de tartre qui entre dans la compofition de ce'fel, ii ncpeutpas fi bien detruire les pointes dulel effentielde l'hellebore, qu'il n'en reite beaucoup, enforte que ce fy 10p cxcite le vorniflement aux eftomachs dcli- cats • les myrobolans, la rhubarbe diminuent aufli l'a&ion Vomitive de l'hellebore , partequ'ils la determinent en bas par les feiles-, onpourroit abatte enneremenc cerre qualite vomitive en fubftituant du fei fixe de tartre foluble, mais le lyrop en auroit moins de vertu , car ce fei Alkali ayant trop rompu les pointes du fei eflentiel acide de l'hellebore , il ne fe feroit point aflez d'irritation dans les vifceres , & le fyroppurgeroit moins; il eft bon qu'il irrite un peu, Sc qu'il fecouele corps dans les maladies oü il eft employe. Lorfqu'on voudra conferver toute la forcede rhellebore dansl'infufion, il faudra a la place du tartre foluble , mettredu cryftal de rarere ou du tartre blanc, ce mixte etant acide ne detruira point le fei eflentiel de l'hellebore, Sc le fyrop purgera par haut & par bas. Sjrop de roß s feches. Prenez, des rofes reuges deßecbees , dix onces. Inhfe^-les dans trois ebopines d'eau cbattde pendant huit heures, puls faltes-Us boüil- tlr jufqua U diminution du quart. Apres cela dijfolvez, dans la colature J'altes aveeex- frejfton, deux livres de kau fucre ; clarifiez. le taut & en fattes un fyrop jelon l'art. R E M A R £_U E S. On mettra dans un pot de terre vernifle les rofes feches les plus belles qu'on pour- ra trouver, on verfera deflus, l'eau bouillante , on couvrira ie pot, Sc on laiflera la matiere en digeftionhuitou neuf heures, enfuite on la fera bouillir , onla coulera avec expreflion , & dans la colature on melera le fucre , on claririera le meiange, & on le fera cuire en confiftence de fyrop. Ce fyrop eft bon pour arreter la diarrhee, la dyflenterie, le vorniflement de fing, pour la fquinancie, pour fortifier l'eftomach; la dofe en eft depuis demi once juf- qu'a deux onces. Ce fyrop eft teint de la conleur des rofes, mais on peut relever confiderablement cette couleur & le rendre plus beau , en melant dans 1'mh.ifion ou dans le fyrop quand il eft cuit douze ou quinze gouttes d'efprit de vitriol ou defoulfre, ou une d. agme Sc demie d'efprit de fuc , ou deux onces de fuc de grenade ou de berberis. On peut faire plufieuts infufions de rofes feches dans la meme eau , mais c'eft un travail inutile , car dix onces de rofes feches doivent etre luftifantes pour remplir de leur fubftance les pores de trois livres d'eau; & quand on fair une feconde in- fulion , les rofes ne trouvant plus de place pour commumquer leur impreilion , on les retirc aufli teintes qu'on les y avoit miles. Syfop de tterprm putgatif, Vrenez, du fuc de bajes meures de nerprun purgatif epure , Jix livres , D« fucre blanc , quatre livtes, Du mtel bien ecume , une demie livre. Cuifez. cela enjemble für un petitfeujufqu'a conßßence de fyrop, & ajcute-L- y für U jin de la ernte trois dragmesde canelle&deux dragmes de maßte cnfermez. dans nne mntt. laHes-en un fjrop felon l'art. Bbij VertüSi Dofe. Venus. Düle. Syrop hy- dweogue. 196 PHARMACOPE'E Ä £ AI A Ä 0 ü £ S. On apfa beaucoup de baycs meures de nerpun, on les ecrafera dansun mortier de roarbre , 0:1 les laitlera quelques heures en digeftion , puis on les exprimera, on fera depurer le fuc en le laillant repofex dix ou douze heures en un lieu chaud , &C le feparant de fes feces par inclination , on le melera avec le fucre Sc le miel, on fera cuire le melange a petit feu jufqaa cönfiftence de fyrop , on y ajoütera lur la fin de la cuictCi la caneüe 8c le maftich concaflez Sc envelopez dans im nouet qu'on laitlera toujours rr'empe: dans le fyrop. II eil fort purgarif, ll cvacue* principalement les feroihez , on en donne aux gou- teux, aux hydropiques & a ceux qui onr des obfiructions ; la dofe en eft'depuis deux dragmes jufqu'a unc once & demie , ll faur manger auffi.ot qu'on l'a pris. („e fyrop eft decrit dans pluiieurs Pharmacopees fous le nom de fyrop hydrago- gue, on le fair fouvent avec du nnel fans fucre , mais il eft plus convenable d'em- ployer le fucre en un iyrop qu'on prend par la bouche , le mie} que j'ajoüte dans la dekription , eft pour empecher que le lyrop ne candifle quand on le garde. La canelle & le maftich f onr joinrs ici pour corriger l'achon violente du fyrop en empechant les tranchees, Sc pour forafier 1'eftornach pendant la purgarion , mais ces-ingrediens fönt inutiles en certe occafion j le manger des qubn a pris ce fyrop , eft le meiüetir corredtif qu'on lui puiile dünner , 8c il forriiüe plus l'eftomacn que ne feroient la canelle Sc Je maftich : rour ce que ccs aroinats peuvent faire ici, c'eft de donner un peu d'odeur agreahle au fyrop, Si apres avoir pris de ce iyrop > on demeuroit long-temps fans manger comme l'onoblerve apres avoir pris unc aucre elpece de purgarif, il pourroir caufer des rranchees, parce que le nerpun contient un fei eilende! aeide qui picoteroit les membra les du ventricule & des inreftins t mais la fübftance mucilagineufe des ali— meiirs adoucir ce ici en liant 8c embaralfant (es pointes. Syrop d'ipithywe. Prenez, de Vepithyme , deux onets & demie t Des myrobolatts citrins & indtques , de ebaeun qmnt.t gros J Des myroboLins embltques & belleriques , de l'agaric , de la racine de poljpode , de Ia- regliffe t du ihm , du calament, de la bughfe , dufieeebas , de chaeun fix dragmes, Defdmetere , de eufeute , de chaeun dix gros , Desto fes rouges, des femences de fenmil doiix & d'ams, de chaeunes deux dragmes & demie. Une vmgtame de pruneaux doux , Des raifins paffes , quatreonces 5 Des tamarins, deux onces & demie. Que tout cela foit nus enmaceration pendant 24. heures dans cinq pintes d'eail de font.nne; puis fait.es bmllir le tout jufqu'a confomption du tiers. Coulez, enfuite cette liqueur avec exprejjion , & dißelvex. dam la colature cinq Itrres de fucre pour en faire un fyrop. REMARQUES. On concaffera les rnyrobolans, le polypode , la regliffe t les femences, on inei- fera 1'epithyme & les herbes, on rapera l'agaric , on mondera les raifins de learsi pepins, on humectera &l'on delayera les tamarins peu a peu avec i'e.ui bouiilanre , on y mettra tremper routes les drogues pendant vinge-quatre heures dans un poc de terre couvert; on fera enfuite bouillir l'infufion a la diminurion du tiers , on la «öiüera avec forte expreilion, on la Jaiflera repofer quelques heures 5 puis on la y ei- - *97 UNIVERSELLE, fera par inclinarionpour en fepater les feccs qu'on tejetteraj on nu'Iera dans Li li- queur purinee le fucie ; on mettra 1c melange dans unplät de terre , & Ton enfera confumer fiiumidite a perit feu jufqu'a confiitence de fyrop. Il eftemploye pour purgcr lä bile ncrite & la melancolie hvpochondiinqne , on Vemis. en donneaux lepreux, aux galeLix , aux veroleZj aux epilepriqucs, & a ceux qui ont Dofe. des Cancers dt des ulceres rnalkis} la dofe-en eft depuis denn once jufqu'a deux onces. Les prineipaux purganf s qui entrent dans Ja compofitiö'n de ce fyrop & qui fönt Purg. de la (es vertus les plus effentielles fönt les myrobolans &c i'agaric; mais ils fönt reilement copofiuon. offufquez par la quantite des autres drogues qu'ils n'y peuvent Euere communiquer de leurs qualitez; je ferois d'avis qu'on en retranchät beaueoup } & qu'on mit en ieur place du fei de fumecere, il aideroit a tirer la teintüre des Ingrediens, a corriger les putgatifs, & il rendroit le fyrop plus aperitif & par confequent plus propre pour les rnaladies ou il eft empleye : je voudrois donc coinpofer ce fyrop en la ma- niere fuivante. Sytop (L'c'pithyme reforme. Trenez, de l'epnhjme, de mnhUns eifrins & des tamarins , de ebaeun deux onces- & dcm:e, De l'agaric , du fei de fumetere t de cbacunßx gros. Infufez, ceUcbaudementpendant 24. bewies dans qnatre livres d'eau dißillee de bu- glofe ; & apres quelques bouillons } coulez. avec expreßhn j clarifiez, U coUture avec deux livres de fucre , & cuijex, en cenjißence de fyrop. On pourroit faire entrer deux onces de miel ecume dans la compofition de ce fyrop pour empecher qu'il ne candit. Syrop de fumeldt ßmpk. Vrenez, du fuc de fumetere epure &/& du fucre blanc , de chactai deux livres,. Cmfcu-les enfemble , & enjj.\tes un fyrop felon l'art. R E M A R 0_U E S On cueillera de la fumetere. dans fi vigueur , on la pilera dans un mortier & on l'expnmera a la prelle pour en tirer lefuc , on claririera ce fuc en le faifant boüinir un bouillon , ck le paflänt par unblanchet. On melera enfemble parties egales de ce fuc de fumetere depure & de fucre blanc, on fera boüillir le melange a petit feu dans un plat de terre jufqu'a conii- ftence de fyrop , l'ecumant de rems en tems. Ce fyrop eft propre pour la galie, pour les dartres, pour exciter l'urine; il puri- fie le fang. La dofe en eft. depuis demi once jufqa a une once & demie. La fumetere condentbeaueoup de fei eilentiel propre a exciter une efpece de fermen:ation dans les vaifleaux •, c'eft parcette raifon qu'elle purifie le lang, car dans la rarefaction il, fe fepare beaueoup de fes ferofuez les plus acres qui forteat. par les pores ou par les urines. VertaSv Dofe ß ü ü| Venus. Dofc 198 PHARMACOPE'E Syfop de fumetere compofe, Prenet. des mirohlans citrins & cbepules, de cbacun deux onces & dem'ie Des fleurs d'abjinthe vulgaire, de burrache , de buglofe ( de violettes , de cufcute, de chacunes une mce , De l'epitkyme & au polypode ,de cbacun fept dragmes , De la reglijfe, de Ufemence d'anis & des rofes rouget, de cbacun une dem'i once Be> primeaux & des raifips pa/Jes mndez. de leurs pepms , de cbacun une denn üvre , Des pulpes de tamarins & de tajfe t ae cbacun trots livres. Taues de tout ceU un fyrop fcknl'art* R E M A R QJJ E S. Pour bien faire ce fyrop on aura de la fiimerere dans fa vigueur, 011 la pilera dans un morcier & fori en exprimera le fuc a la prelle , on depurera ce Tue en le faifant bouillir un bouillon & le paflant par un blanchet, on mettra infufer dans ce fuc chaudement pendant vingt-quatre heures , les tamarins que Ton y demelera peu a peu , & les myrobolans bien concaflez •, on fera bouillir enfuite legerement l'infu- fion , on la coulera avec expreffion, on y difloudra la pulpe de calle, on la mettra bouillir encore un bouillon & on la coulera de nouveau » puis on en fera evaporer doucement l'humidite dans un plat de terre jufqu a confiftence de fyrop. D'une autrepart on choifira de la racine de polypode de chefne de la plus große & de la mieux nourrie , on la nettoyera de fes filaments, on la concaffera bien dans un monier & on la fera bouillir dans l'eau environ demie heure , on y ajoutera les prunes , les raifins, l'abfinthe , l'anis & enfin laregluTe ratiifee & concaflee, la cufcute , l'epithyme & les fleurs; quand la decoction fera faite, on la coulera, on l'ex- primera, on la laiflera rafleoir , 8c on la verfera par inclination pour la feparer de les feces: on y fera cuire le lucre , l'ecumant jufqu a confiftencede miel, on y me- lera alors exa&ement la liqueur purgative , & l'on fera du tout un fyrop en confi- ftence raifonnable , pour le garder au befoin. Il eft propre pour lächer le venrre , pour lever les obftructions , pour fortifier feftomach & le foye , pour güerir les darrres , la lepre , la gallc ßc les autres mala- diesdela peau ; ladofe en eft depuisune once jufqu a deux. Cette defeription me paroit embaraffee de drogues donr la plüpart fönt inutiles, les autres nuifibles, & lesautresmal apropriees, les fleurs de borrache > ia reglifTe, l'anis, le polypode •, lesraifins ne peuvent pas beaueoup fervir ici, les rofes rou- ges ont une aftridkion qui ne peut que nuire a la vertu despurgarifs ; les prunes, la cr.fle, les tamarins , fönt des medicamens defubftance trop epaifle pour s'aecommo- der bien dans un fyrop qui doit etre coulant ; de piuson a toujours ces drogues pre- tes pour les employer dans les medecines quand les Medecins le jugent apropos "> je ferois donc d'avis qu'on reformät ce fyrop en li maniere fuivante. Syfop de fumetere compofe & reforme'. Prenez. des mirohlans citrins , des fcmlles de fenne de levant & des femtnas de violettes , de cbacun trots onces , Du fei de fumetere , une once, Taites-les infufer chaudement pendant vingt-quatre heures , dans quatre livres de fuc de fumetere epure. Qu'ils boütllent enfuite legerement , & que l'on conle & exprtme UNIVERSELLE. % 99 cette tnfußon '. Apres quoi Von dißoudra trois hvres de fucre dans U colature, on U (laufet a , & on enfera un fyrop felon l'art. R JE M Ä Ä H V ''S $* Cefyrop fera plus purgatif quel'autfe , il contiendra davantage de la vertu de Ja fumetere dont ll porte le nom , & il fera fait avec bicn moms d'embaras; j'y employe Jes mirobolans curins preferablement aux autres, parce qu'on ks efhme les meilleurs , mais on en peut mertre parties egales de chepules ik de curins, coramt on le demande dans la defcription ordinane, fi on le jugc a" propos ; je prefere la femence de violette a la fleur , parce qu'elle eft plus purgative. Le fene augmenrera auffi la faculte purgative du fyrop > mais fans cette addition il purgeroit bien peu ; outre que le fei de fumetere augmente la qualite aperitive de ce fyrop r il fert decorredifauxpurgatifs \ car commealkali, il rarefie leur fubftance vif- queufe & ü L'empechedfc s'attacher trop aux membranes des vifceres 6c d'y caufec des tranchees par leur acrete. Syfop nwgißul purg&tif. Prenez. de U rdeine d'iris vulgäre & des hermodates, de chaeun deux onces , Du turbith gommeux t du mechoacan y & du. jalap , de chaeun une once & demie , De Vbjebte , de U rhubarbe , desfeudles de fenne de levant & du tartre foluble , de chaeun une once, Des trochifques d'agaric, des femences de violettes , des femlles de gratiole & de fol- danelle , de chaeun demi onee. Tons cesßmples pilez^feront mis en infnßon pendmtquatrejours dans deux pintes de hon vin blaue : apres quoi la teinture fera filtree p*r le papier gris , ou par la chauße d'hypocras , puis fera evaporee j ur un petit feu jufqu' a conßfitnce de fyrop. Prenez. le marc de l'infußm fufdite, faites le bouillir dans trois pintes ä'eau commune julqu'h la confomption du tiers , coulez. enfuiie cette decoäion & exprimez, le marc , puis cuifez, U colature avec quatre hvres de fucre & anfallt de miel ecume , jufqu'a. corßflence de fyrop J en y melant exaäement la teinture ci-deffus decrite , & en faites un fyrop. R E M A R 0_ü E S. On concaflera les drogues, on les melera enfemble , on les mettra tremper pen- dant quarre jours dans le vin blanc en un vaiffeau bien bouche qu'on aura place dans le furnier ou au loleil ; enfuite Ton fikrera La teinture par le papier gris , & l'on en Fera evaporer l'humiditc dans un plat de terre a petit feu, julqu'a ce que la liqueur ait acquis une confiftence approchante de celle du fyrop. On prendra le marc des drogues quifera refte apres lankration -,onle fera bouillir dans fix livresd'eau jufqu'.-i dimmution du tiers, on coulera & io:i exprimera la decoction , on y melera le fucre & le miel, on cJarirkra le melange & on le fera cuire en fyrop cpais; alors on le retirera du feu & l'on y melera exaecemeht la teinture epaiflie , pour faire du tout un fyrop qu'on gardera. Il purge puillamment les ferofirez ik la pituite grofliere du cerveau , il leve les, obftrudfcions, il eft bon pour l'hydropifie, pour faire venir les mois aux femrnes, pour les päles coukurs. La dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once & demie» On employe le viu pour l'infuiion des drogues qui entrent dans la compoficion de ce fyrop , parce cp'etant refineufes, il leur htuc un dilfolvant fulphureux : le tartre Vernix Dofe* Vertuj, Dofe. 100 ( PHARMACOPE'E ■ lbluble y eft mi.s pour aider au vin a cirer la teinture des miitcs p:>rr corriger le* ©urgarirs Sc pour rendre ce fyrop plus aperitif. On ne fair evaporer beaücoup del'humidire de la teinture qu'aprei quelle a ete fiitree , afin que n'etantpas oblige de la faire bouülir avec le fyrop, on en conferve mieux le purgarif. On tirepar !e moyen de l'eau , le reite de la fubftance utile des medicaments, & .comaie cette fubftanceeil lapiusrixe , iln'y a pas tant a craindre quelle fe dillipe en bouillanr. Le micl qu'on ajoute avec le fucre ne fert qu'a empecher que le fyrop ne candiiTe en vieilliftant. Syfjp magißral aß ringent ,ou fyrop dy[entertque. * Prenez, de la rhubatbe t une once , Des rr-irobolans citrins, dcmi once , De Ve'corce de grenades & des rofes rouges de thacun trois gros. Uettez. infufer ch.utdemtnt ces drogues Vefpace de vingt-quatre beures dans trois cho- pines d'eau diflillee de pUntain: enfuite fAltes bouiitir legeremerit, & dans la colature ^iterousexprimerei.fortement,melex.quatre onces du fuc epure d'epine -rinettt avec deux livres de fucre : clarifiez. & cuifez. le toutpour un jjrop felon l'art. R E M A R O^U E S. On coupera la-rhubarbe par petirs morceaux; on concaflfera les myrobolans & l'ecorcc dtgrenade, on metrra toutes les drogues infufer eufemble chaudement dans l'eau de plantain pendant vingt--quarre heures, on fera bouillir l'infufion quelques boiullons , & on la coulera avec forte exprefllewi, on y melera le fuc de ber- beris & le fucre; on clarihera le melange avec un blanc d'ceuf, on le paifera par un blauchet, & on le fera cuire en iyrop. Il evacue trcs-doucementles humeurs bilieufes parle ventre, en reflerrantj il eft bon pour la dyfenterie & pour les auues cours de ventre : il fortirie l'eftomach. La dole eneft depuis une once julqu'a trois; on enprend ordmairement trors cuüle- rees ou une once & demie , huit ou neuf marins de fuite a jeun. Il n'y a pas bien long-tems que ce iyrop a ete dccri: dans quelques Pharmacopees - , il ne paroilloir que dans de iimples manufcrits dont plufieurs perlonnes faifoient un fecret , il eft pretentcment beaücoup en ufage : je l'avois obmispar megarde dans la premiere eaition de cette Pharmacopec ■, il varie un peu dans les deicriptions pour les doies des Ingrediens ; je donne celle-ci pour la meilleure : On y demande ordinairement de l'eui de rofe avec celle de plantain en parties eg.ües; mais comme 1'ocieur & la vertu de l'eau de rofe fe dillipe en bouillanr, je i ai cm inutile-, de plus, comme les Apotiquaires tirenttonjoursleureau de rofe , des rofes palesoudes rofes Manches , parce qu'elles ont plus d'odeur que les autres j l'eau de rofe qu'on de rhanderoit ici comme aftringetite, ne l'eft aueunementj au contraite eile a retenu de la vertu de; rofes qui l'ont renduepHiTÖr un peu hxarive qu'aftriftgente: Au rede le3 rofes rouges qu'on ernpioye dans cetrecompoficionfupplcent au dehuit deleur eau. Sjrop de ScAmmome. fr inet, ds la feammonee choiße & concaffee grojjierement , fix gros , JMU regliffe ratißee & concajjee , trois gros. F dtes-les infufer pendant trois jonrs dans trois demi-fextiers d'eau-de-vie: que la teinture foit fiitree enfuite & evaporee für unfen lern, mettei* deux livres de fucre gnpmdre , & cuifez<]Hfqn'a mfißvite de fjrop. REMARQUES U N I V E R S E L L t. zoi On pulveri/era groffierement la fcammonee , on ratiflera Sc Ton concafleia bien la regli/Ie > on les mcttra enfemble dans un matras t on verfera deflüs l'eau de vie , on bouchera le macras, Sc l'ayant place dans le furnier ou dans un autre lieu chaud j on laiflera Ja matiere en digeftion pendant trois jours , l'agitant de tems en tems , on fiitrcra enfuitc l'infufion , Sc l'ayanr mife dans un plat de terre , on y melera lc fucre en poudre; on pofera le plat lur un pecit feu pour faire fondrele lucre & eva- porer riuimidite jufqu'a confiftence de fyrop. II eft propre pour purger les melancoliques hypochondriaques, 3 vi » 3vii, I*. 5 ix, On met dans un plat de terre de la fcammonee cn poudre , du fucre auffi pulve- rife & de l'eau de vie; on allume l'eau de vie , Sc quand eile eft brulee , il refte un fyrop qu'on fepare de fesfeces par inclination, il eft purgarif ; mais comme la dofe de la (cammonee y eft mal obfervee, parce qu'on en met tantot plus & rantot moins il a quelquefois plus Sc quelqnefois moins de force •, j'en ai vü qui prodiufoit de bons effets en purgeant comme les purgatifs ordinaires > Sc d'autre qui excitoit des fuperpurgations Sc des flux de fang. ?Cc Syrop ie Scammo- nee ordi- naire. Venus. Doie. J-oi PHARMACOPE'E La maniere de preparer ce fyrop eft irreguliere , car en faifant bruler l'eau de vie , on enleve beaueoup des parcies de la icammonee , il vaut mieux s'en tenir a la premiere deferiprion. Syrop de me?cttr'ule ßmpfe. Trenet, du fuc de mercuriale ecume , & du [iure blanc , de chaevn deux Uvres. Eaites-les cuire enjemble jufqu'a tonßjler.ce ae Jyup. R E M A R Q^U E S. On cueillera de la mercuriale en fa plus grande vigueur, on la pilera dans un mortier de maibre, & l'on en tirera lc lue par ia prefle , on depurera ce fuc en le faifant boiiillir un boüillon & le filcrant ou le paüant par un blanchet. On nielera enfemble parties egales de fuc de mercuriale depure 6c de fucre , dans un plat de terre , on placera le plat für un perit feu pour laue diilbudre le fucre & pour faire evaporer l'humidire luperflue julqu a confiftence de fyrop. II lache le ventre, il exciteles mois aux femmes , il eft propre pour faire fortir Farriere-fais, il purifiele fang ; la dofe en eft depuis un once jufqua trois. En faifant cuire ce fyrop par evaporation , il retiendi a plus de la qualite de la mercuriale, que li on le faifoit boiiillir t parce qu'il nc s'evaporera que ia parde la plus phlegmatiquc , & il fe fera moins de diilipacion du fei edentiel. Syr>p de mercuriale , compofe'. Trenez-du fuc de mercuriale epure, une livre & denne , Des jtics de borracbe & de b.tglofe f de ebaeun huit onces > Des rdeines d'iris vulgaire , quatre onces , De la rächte de gentiane , deux onces, Du fucre bUnc , ou du miel de Na, b^nne , deux tivres. Taites-en un fyrop je Ion l'art. R E M A R Q^U E S. On pilera les nerbesdans un mortier de marbre , on raperala racine d'iris;, Sc l'on tirera les fucs par expreflion; on les depurera en les faifant boiiillir legerement & les palTant par un blanchet oupar un filtre; on fera tremper chaudemenr dans ces fucs depurez qu'on aura mele enfemble, la racine de gentiane coupee par mor- ceaux, pendant vingt-quatre heures, puis on coulera la liqueur avec expreilion, on la laillera purifier par refidence & l'ayant feparee de fes feces, on la mettra dans un plat de. terre avec le fucre ou lemiel, & par un petit feu l'on en fera evaporer l'humidite jufqu a confiftence de fyrop. Venus. Ce fyrop eft purgatif, on le donne pour purger les ferofitez, pour donner de Dofe. 1'appetit, pour puniier le fang , pour excicer les mois aux femmes , pour provoquer Syre-f dt I'accouchement , pour faire forrir J"arriere-fais •, Ia dofe en eft depuis une once juf- 1( n zue vie c -, u >^ rro | s . c ' e ft an {j 011 xemede pour l'afthme , fi Ton en prend tous les matins une cal b°e cueilleree pendant un mois; on l'appelie fyrop de iongue vie ou de calabre. Quel- Syrop de ques Pharmacopeesledecriventfousle nom de Jyrupus de Centiana. Cehtiane. On fait oidinairement tremper la racine de gentiane dans du vin blanc pour en joindre enfuite la teinture avec les fucs; cette methode feroir bonne (i l'on n'eroit pas oblige den faire confumer l'humidite avec le fucre ; car le vin blanc eft un di flolvanc plus convenable que les fucs pour bien exaaire ia fubftance de la racine, mais lorf- UNIVERSELLE. t0 * qu'on le feroic evapoter il cn emporteroit beaucoup plus de la partie volatile que ne fönt les fucs. Cette racine eil employee dans lc fyrop pour augmenter fa vertu hyfterique, 8c pour puriner le lang. Syfop violat ßmple. Frenez. des fleurs de violettes nouvellement cueillies & bien epluchees, deux livres , De i'eau commune bouillante, quatre livres. laites-les macererpendant htutbettres dans un vaiffem de terrevernißebien couvert, reitet et, l'infußon encore c bände d'une paredle quantite de vioh ttes nouvellement cueiU lies pendant le mime efpace de tems, claripex. en/uite pendant trois beures de reßdence jnfqua trois livres de cette infußon , puis dißolveußx livres de fucre blanc pulvertfe, pour en faire un fyrop felon l'art. R E M A R QJU E S. On mettra dans un pot de terre vermiß , deux livres de heiles violettes nouvellement cueillies & mondees; on verfera defTus quatre livres d'eau chaude, on cou- vrira le pot & on laiflera la matiere huit ou neuf heures en digeftion; on fera chauf- fer l'infufion au bain marie, on la coulera avec forte expreflion , on y mettra infu- fer comme devant , unepareille quantite de violettes , on coulera 8c Ton exprime- ra fortement cette feconde infufion , on la laillera repofer trois ou quarre heures, on la verfera par inclination pour la feparer de fes feces, on la pefera , on la melera avec le double de fon poids de fucre pulverife , dans un bailin d'etain ou dans le meine pot de terre, on pofera le vaiileau für un bain de vapeur , c'elt-a-dire , für unpot a demi rempli d'eau bouillante Sc l'on remuerale melange avec une cuilliere d'argent jufqu'a ce que tout le fucre foit diffout, alors on le coulera 6c on ie gar- dera. Onle donne pour rafraichir & humeftet la poitrine , pour epaiflir Sc adoucir les Venus, humeurs trop acres, pour temperer la bile, pour delalterer dans les he vres ardentes, Dofe. Sc dans le thume •, la dofe en eil depuis demi once jufqu'a une once. De la meine maniere on peut preparer le fyrop de Cyanus. Svrop de Quoiqu'on ait trouve le moyen d'avoir de la fleur de violette en Automne aufli cyirms cu belle qu'au printems, on doit toujours preferer celle du Printems , conime la meil- bküet. leure & la plus odorante. On monde les violettes non-feulement pour en avoir une plus belle teinture , mais aufli pour empecher que le purgatif ne femeledansce fyrop , car leealieeou partie herbeufe de cette fleur eft un peu purgatif. Les violettes fimples fönt preferables en Medecine aux violettes doubles, clles ont plus de couleur , plus d'odeur & plus de vertu: celles qui ont ete cultiveesfont en certain pays plus belles que edles des bois , &c en d'autres pays les violettes des bois fönt plus belles que les eultivees ; il faut toujours choilir les plus belles Sc les plus odorantes. Il ne faut pas attendre für la fin du tems des violettes a faire un fyrop violat, car elles perdenr leur beaute ä mefure que la faifon avance , les premieres qui pa- roiflenr fönt toujours les plus belles & les meilleures , il les faut cueillir en beau tems, Sc les mettre dans un linge mouille d'eau fraiche : ahn de les conferver ea leur beaute , jufqu'a ce qu'onles ait mondees, 6c qu'on les employe. Par les deuxinfufions decrites,l'eau doit etre autant chargee quelle peut 1 etre Cc ij zo4 - PHARMACOPE* E de la fubftance des violettes & il leroit inutile d'en faire une troifieme.QucI- ques-uns, au lieu des infufions , tirent ie lue de violettes mondees, ce qui eft une auffi bonne methode, mais il en coute davantage , car cette fleur eft peu fuccu- lenre, de plus il reite beaueoup de la teinture &c de la vertu de la violette dam le roarc exprime. On ne fait point boiiillir la teinture ni Ie fyrop de violette, parce que l'ebulition en detruiroit la couleur , 6c en feroir difliper les parties les plus volatiles-, mais on doit y employer deux parties de fucre für une partie de teinture, afin que la cor.li- ftence du fyrop foit convenable. Il fällt pulverifer le lucre affez fubtilement, afin qu'il fe fonde avec facilite daris l'infufiun de violette , & l'on doit lailler le fyrop für le bain bouillant , ou für du feu a nud jufqu'a ce qu'il foit fort chaud , car quand on ne le fait pas chauffer fuffi- famment, le fyrop fe conferve peu , a caufe qu'une portion de fucre qui na pü cae diffoute exacfcemenr fepreeipite au fond. Quelques-uns meme fönt prendre unbouillonau fyrop , il perd a la verite dans ce tems-la un peu de fa belle couleur , mais il la reprend quelques jours apres ; parce que les parties fulphureufes dela violette quis'etoienr ecartees en bouillant, fc reuniflent & s'etendent quand le fyrop eft refroidi. Quelques-uns melent dans le fyrop vioiac un peu de liqueur aeide , comme de l'efprit de Vitriol, de Fefprit defouifre , du fuc de citron pour lui donner une plus belle couleur & pour Je rendre plus rafraichiflant & plus agreable au goüt, mais comme ces acicks y excitent une fermentation , il devient rougeatre Sc il fe conferve moins, il vant mieux garder le fyrop fans aeide > on y en melera toujours bien für le champ , loifqu'on jugeraa propos den faireprendre aquelquemalade. D'autres ajoutent dans l'infufion des violettes unpeu de racine d'irisde Florcnce CdricafJee , afin d'augmenter le goüt du fyrop 3 car l'iris de Florence a une odeur de violette , mais il communique une petite acrete au fyrop, laqueiie il eft bon d'eviter. Quand le fyrop eft refroidi } on trouve deifus une ecume blanche qu'il faut reti- rer doucement avec une cuilliere, piüs ver/er ie fyrop dans des cruches ou dans des bauteilles de veri'e qu'on bouch-era bien , il faut etre foigneux de les mettrepen- dantl'Efte en un lieu frais & fec , car la grande chaleur fait fermenter le fyrop violat & lui fait perdre fa couleur, il fe forme ordinairement deffus une croute qui aide a leconferver , parce quelle empeche l'air d'y enrrer. Le fyrop violat a plus de vertu & plus d'agrement pour le goiit &pour la couleur , les premiers fix mois que dans les dermers mois de l'annee , mais en quelque tems que ce foit, il eft facile d'y remarquer une petite acrete qui vient de la violette. Syrop de violat compofd ', de Meßte. Prenez, desfleurs de violettes nmvellement cueillies & bien eplucbees , deux onces } Dix jujubes & aut.wt de febeßes , Des femences de coins & de mauve , de chaeunes une once. Taites-les cuire dans une fuffifante quuntite £em de courge , cUrißez, la colature , ditns laqueiie vous auren, dijfout une üvre & demie de fucre blanc, pw.s la cuifex. a con~ Jifiencede fyrop fclon l'art. R E M A R O^U E S. On ouvrira les jujubes & les febeftes, on envelopera les femences dans im notier, Venus. UNIVERSELLE. 105 On ferabouillir le tont dansenviron quatre livres d'eau de courgc diftillee , on y mettraenfuite les violettes, Sc quand la decoction fera diminuce du quarr, on la coulera avec cxpreilion , on y mclera le fucrC , on clarifiera le melange avec un blanc d'ccuf, Sc on le fera cuire en fyrop. IJ eft propre pour adcucir les acretez de la gorge Sc de lapoitrine , car il lie & il erabaraffe par (es parties muciiagineufes les ferohtez falees qui y defeendent , il excite le crachat, il tempere les ardeurs de 1 urine , il ldulage dans les douleurs de la nephretique , il en faut prendre a la cuilliere, l'avalant doucemenc afin qu'il ait lc tems de faire Ion effer. Il faut que le nouet dans lequel on envelope les femences de coing Sc de mauve, foit de toile claire Sc aflez ample, enforte qu'elles fbient au large , car elles fe gonflent en bouillant, fi on les mettoit dans la decocftion a nud ; elles larendroieut trop mucilagmeufe. Pour faire de l'eau de courge , il faut avoir plufieurs courges quand elles fönt Eau j e dansleur vigueur , les couper par morceailx , les ecrafer bien t les mettre dans une courge. cucurbite avec Ion chapiteau ,y adaptet un recepient, & par un feu modere, faire diftiller L'humidite. Cette eau eft fort hurnectantc Sc rafrarchiflante. Sy'op violat folutif, Trenez. des fieurs entieresde violettes nouvellcment cue'ülks , deux livres , De la femence de violette concajfe'c , une demi livre. Faites-les infufer pendant douz,e heitres dans trois pintes d'eau cbaude: & apres quelques boadlons, codex, U decoction & Lexprimez,, puis reitet ez. l'infußon reebauffee juf- qti'a neuffots t ßvous le jugez, apropos , &y remettez, autant de violettes & de leur femence qtte vous infufer cz, en la meme maniere quelle aura ete fute Li premiere fois. Enfin clarifiez, la derniere colature dans laquelle vous aurez, diffout trois iivres de fucre blmc f & Li cuifei. a cenßflencc de fyrop felon l'art. REMAROUES. On employera ici les violettes entieres fans les monder, parce que la partie her- beufequon retireroit en les mondäne eft la partie la plus purgative de la fteur ; de plus on ne doit pas tant rechercher pour ce fyrop la beaute de la temture que la vercu purgative : on ajouteradaiisl'mfufion s la femence de violette qui eft beaueoup plus purgative que la fieur, Sc qui par coniequenr doit augmenter la vertu. On fera I'infufion chaudement dans unpot de terrecouvert , pendant douze heurcs , on la fera bouillir legeremenr, on la coulera avec exprellion , on mettra de rechef infufer de nouvelles rleurs Sc de la femence de violettes comme devant j dans I'infufion coulee , on reiterera des infuiions Sc des colatures jufqua ce quela liqueur foin enticrement empreinte de la fubftance des violettes, ce qu'on connoitra lorfque les fleurs lortircmt teintes de la liqueur. On fair ordmairement neuf intuhons, mais les dernieres fönt inutiles, car la liqueur etanr tout-a-fait chargee de la teinture des premieres fleurs, eile ne peuc plus rien recevoir. On mclera dans la derniere infufion coulee, le fucre, on clarifiera le melange avec un blanc d'ccuf , & on le fera cuire enconfiftence de fyrop. Il purge la bile Sc les ßrofitez 5 la dofe en eft depuis dem once jufqu'a deux OtlCCS. Queiques-uns mettent rremper dans i'infufion de violettes coulee, de la rhuSa- be Cc iij Verruf.. Dofe» i0 6 PHARMACOPE' E ou du fenne. ou de l'agaric, pour rendre le fyrop plus purgatif; on pourroit aufli j ajouter du tartre foiubie. Syrop de rhubarb'. Trenez, de U rhubarbe choiße, une demi livre , du tartre foluble , ßx dragmes. Taites-les infufer chaudement dansune fujfifante quantite d'cau commune pendant douz.e heitres ; apres celafaites- les bouillir kgercment, puiscouhz. la de'ccäion & l'ex- primez,. Enfin clarifiez. la colature par reßdence , diffolvet.~y trois Im es de fucre blatte, puis cuife%.-U en conßflence de fyrop. R £ M A R Q^TJ E S. On coupera la rhubarbe par petits morceaux , on la mettra avec le tartre foluble dans un potde terre vernifle , on verfera deflus troisou quatrelivres d'eau bouil- lante , on couvrira le pot & on laifTera la matiere en digeftion dix oudouze heures, on la fera bouillir legerement, on la coulera avec ex-reflion , on remettra le marc exprime dans le pot , on le fera tremper encore dans de nouvelle eau chaude pendant cinqou fix heures, puis l'r.yant fait bouillir & couler comme auparavant, on melera les teintures , on les laiflera repofer , & on les filtrera par la languette de drap , on les melera avec le fucre, & par unpetit feu Ton en fera evaporer l'hu- midite jufqu'a confiftence de fyrop. Vettus. Il purge la bile , il eft bon dans les coursde venrre, parce qu'il evacue en refler- Düfe. rant > on ^ e donne pour les vers ; la dofe en eft depuis demi once jufqu'a deux onces. Le tartre foluble aide a tiver la teinture de la rhubarbe , 6c il donne une vertu apeätive au fyrop. La feconde inrufion qu'on fait de la rhubarbe , eft pour achever d'en extraire tonte la teinture. Il eft plus ä propos de faire cuire le fyrop par evaporation que par ebulition, afin qu'il fe dillipe moins des parties purgatives de la rhubarbe. Ce fyrop a beaueoup de rapport pour fes effets avec celtii de chicoree compofe ; tnais il eft un peu plus purgatif, parce qu'outre quel'eau fimple aveclaquelle on le fait, eft bien plus capable de fe diarger dela fubftance de la rhubarbe que n'eft la forte deco&ion da fyrop de chicoree , il y entre davantage de rhubarbe. Syrop de fenne'. Trenez, des feuilles de fenne de levant mondets , une demi livre , Du tartre joluble ,ßx dragmes. Faites-les infufer chaudement pendant vingt-quatre heures dans trois chopines d'eau Commune, pnis bouillir legerement; apres cela coulex. &exprimet, l'infußon : clarifiez, en feite U colature , tantpar reßdence que par filtratton, avec deux livres de fucre s tnelez, le tcut & le cuifez. a conßßence de fyrop. Onpeutpreparer de mememattiere le fyrop de coloquinthe & celuid'hellebore ttoir. R E M A R Q^U E S. On mettra infufer pendant vingt-quatre heures chaudementle fenne & le tartre foluble dans l'eau commune , on fera bouillir legerement l'infufion, on la coulera avec expreffion , on la laifTera repofer , & on la filtrera par une larguerte de drap , oupar le Mancher, on la melera dans un plat de terre avec le fucre , &l'on en fera evaporer a petit feu , l'humidite fiiperflue jufqu'a confiftence de fyrop. Vertas. ^ e ^ P ro P re p our p ur ger les humeurs melancoliques Sc bilieufes. La dofe en Dole e '^ depuis ^ era i once j u %f a- deus onces. Syrup$ rö lor nl. & beilci/ori nl tri- UNIVERSELLE. 107 Le tartre folablc eft mele dans l'infufion de ce fyrop pour aider a tirer la teinture da fenne, &pour luifervirde correctif, car den dilluut la fabftance vifqueufe qiu s'atrachant aux inteftins , y cauferoit des tranchecs» On fait ctiire le fyvop par evaporarion fans le faire bouillir, afin d'y retenir au- tanc qü'ilfe peut de la vertu purgative du fenne •, mais quelque precaution qu'on prenne ll s'en diffipe beaucoup, c'eft-pouiquoi je trouverois apropos qu'on fecon- tentär des infulions de fenne qu'on peut faxte chaque jour , fuivant les occaiions , fans s'embaralfer de Computer da fyiop de fenne. Cefyrop a durapport avec iefyrop de pommc compofe : mais il eft plus pur- gatif. Syfop de trois drogues, frenez, des feuilles de fenne de levant mondees , quatre onces T Des trochifques d'agaric , deitx onces , De U rhubarbe & du tartre foluble , de cbacun une once. Infufez. le tout enfemblependant vingt- quatre heures dans denxp'mtes d'eau eommu - ne , puis le faites bouillir legeremtnt;coulez. enfuite &expnmez, l'infufion; Apis qitoi vous clarißerez. la colature t taut par reßdence que par filtration, & vous la cunez. enfuite avec trois hvres de fucre jufqua conßjlence de fyrop. R E M A R Q^U E S. On mondera le fenne , on concaflera les trochifques d agaric, & l'on coupera Li rhubarbe en petits morceaux , on melera tout enlemble dans un pot avec le tartre foluble , on verfera lur le melange 1'eau bouillante , on couvrira le pot, on laiilera la maciere en digeftion vingr-quatre heures, enfuite on fera bouiilir legerenent l'infufion , on la coule.a avec expreffion , on la laidera rafteoir, & on la filtrera :>ar la languette de drap , on y melera dans un plat de teure le fucre en poudre , cn placeta le plat lur un feulenr, & l'on en fera evapoiet l'humidite jufqua confiftence de fyrop. 11 eft panchymagogue, c'eft a dire propre a purger routes {brresd'fiumeurs, onen donne aux paralitiques, aux lethargiques, aux apoplectiques, aux epilepaques, parce qu'il evacue les humeurs du cerveau ; la dofe en eft depuis denn once juiqj'a deux onces. Ce fyrop a pris fon nom des trois drogues purgatives qui y entrent ; fcr.voir, de ^' ol vienr l'agaric , de la rhurbarbe & du fenne : le tartre foluble n'y elt ajoute que pour cor- ' e ,,om de recfcif, & pour aider a tirer la teinture des purgarifs. Si apres avoir exprime la matiete de l'infufion, on veut la rcmettre tremper dans de nouvelle eau bouillante pendant fept ou huu heures t la faire bjuulir quelques bouillons, la cotiler 6c exprimer comme auparavant, on aura un refte de teinture & de vertu des purgarifs qa'onpourrameler avec la piemiere apres i'avoii* filtree. Syrop de Carthame. Vrenez.de la femence de tartbame , quatre onces , Des r.ußns mondiz, , deux onces , Des raemes de polypode de cbefne , une once & demie , De Celles d'afperget, d'angehque , de regiiße , de fenouil , des femences d'anis , de jem'üil d'ammi & de daucns , de cbacunes une once , D:s ecorces de tamarifc & decujcute y & acsfruits d'/tlkfkftige , de cbacun dem: once 3 Verms» Dofe. ee lyrop. Vertus. Pofe- ro8 PHARMACOPE* E De l'adunti blatte i de l'hyfope, du tbin , de Vorig*» t du chamedris, du cbamepltis, de la fcolor.cndre & de la buglofe , de chaeun une demie poignee. I 'aite$ de toutes ces drogues une decoäion dans une fuffifante quantite d'eau commune , jufqiia Ix confomption du tiers ■■, coulez. enfuite ejr exprimez, la iiqueur , puls in- ftifez. dam la coUture bien ebaude , une once & denn de feuilles de fenne monde es ,Jix dragmes de rhubarbe chotjie, demi once de trochifques d'aganc , & une dra- tne de gingembre. La/JJez. macerir tout ceU pendant v'mgt-quatre heures > puis Ufaltes bouillir leger e- tnent; apres quoi vous coulerez, & exprunerez, la decoäion , & dans la colature que veus aurez. clarifiee par la reßdevce &par la filtration , vous diffolverez.une Uvre de fucre llanc , & deux onces de fyrop violat folutifaceteux Jimple } ejr vous cuirez. le tout doucement jufqua conjißence de fyrop. On coupera les racines, on concalTera l'ecorce de tamarifc & les femences, on mondera les raiiins , on ineifera les herbes , on les fera bouillir methodiquement dans une quantite fuffifante d'eau commune , pour en faire environ trois livres de decodtion, on y mettra infufer chaudement pendant vingr-quarre heures le fenne monde, la rhubarbe coupee par petits morceaux , les trochifques d'agaric t$c le gingembre concafle, on fera bouillir legerement l'infufion, on la coulera , on Fex- primera & l'ayant laiffee repofer , on la filtrera par la languerre de drap , on la me- lera dans unplat de terre avec le fucre & les fyrops, & par un pecit feu Ton en fera evaporer 1'humidite jufqu a confiftence de fyrop. Il purge la pituite & la melancolie, il leve les obftru&ions , il purifie le fang >• la dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once & demie. J'ai rapporte la defcriptiondufyropdecarthame, commejel'ai rrouvec dans les Difpenfaires, il eil aife d'y remarquer un grand embaras de drogues inutiles qui em- pechent l'a&ion des remedes eftentiels, car Li decodtion etant empreinte de la fub- ftance des ingrediens alrerans , die n'eft prefque plus capable de recevok celle des purgatifs qui eft la plus neceflaire; je trouverois donc ä propos qu'on retranchät la decodtion 5 & qu'on fe fervit a fa place de l'eau de buglofe diftillee , pour tircr la reinture des purgatifs , ce menftrue etant clair iera en etat de fe charger de leur qualite. Le fyrop aceteux me femble peu convenable pour cette compo/Irion, a caufe que le virjaigre qui y entre , le rend plutot afttingent qu'aperitif. Le gingembre eft bien inurile ici, puifque l'agaric qu'on y employe etant tro- chifque , il n'a pas befoin de cet autre corredtif. Il feroii a propos de meler dans l'infufion du rartre foluble pour corriger le fenne , & pour aider a tirer la teinture des purgatifs; voiei donc comme je voudrois reformer certe defeription, Syrop de Cnnhxrne reforme. Trenez, de U femence de cartbame , quatre onces j des feuilles de fenne monde es, une once & demie , de la rhubarbe eboiße fix dragmes , des trochifques d'aganc t & du tarne foluble , de ebaeun une denn once , ^ Taltes infufer tout ccla chaudtment pendant vingt-quatre heures dans trois thoplnet d'eau UNIVERSELLE. 109 d^eau dißlleede buglofe, puis lefaites bomllir legerement: coulet. enfuite & exprimez. Vinfußm , puis dißolvez. dans la colature que vous aurez. clariftee par reßdence & par filtratwn, une livre & demie de fucre blanc & denn livre de fjrop rofat Jolutif: apres lelacwfei* le tout für unfeu lent en cenßftence de fjrop. Syrop de Polypose. j Vrenez. du polypode de chefne , une livre. in cas qiion le putffe avoir tout nouvcau , il faudra le couper par petits tnorceaux , ßnon il faudra le concaffer grofßerement, puis le faire infufer chuuäement pendant 24, beares dansßx pintes d'eau de fontauie, puis l'y faire be'üilür jufqiia laconfcmptwn de iamoitie , & y ajoutez,fur lafin Du calamus aromaticus une once , De la femence de fenouil, trois dragmes. ¥aites foürfhr dv nouveau la decoclwn legerement, & ajoutez. enfuite a cette deco* ilion apres iavoir coulee Du fuc 011 de Vmfußon de rofes pales , une livre & demie. Des fucs de bnache , de fumetere & de houblm , de ibacun une demi livre. Puis aans ces fucsmilez, avec la premiere decocttonfattes infufer chaudement pendant Vingt-quatre teures, Des feuilles de fenne de Levant , ßx dragmes , Des petits r/ßns paffes , trois onces Des myrobolans citrins, cbepules &tndiques , de cbacun une once ejr demie. Apres celajaites boiiillir le tout jufqu'a la confomptwn dutters. Coulet, enfuite & exprimez. la decoäton , & dißolvez, dans la colature que vous aurez, tlarif.se par reß- dence & par filtratwn , trois Itvres de fucre , & cuijez, teut cela a conßßence de Jyrop. R E M A R Q^V E S. On aura de la racine de polypode recente , 011 la coupera par petits morceaux > mais fi Ton n'en peut avoir que de la feche , on la pulvenfera grotlierement > & on la feratremper pendant vingt-quatre heures dans l'eau chaudement ,• on mettra enfuite bouilhr rinfufion jufqu'a confomption de la rnoitie , onyajoiitera für la fin le calamus aromaticus 8c la lemence de fenouil concaffez, on coulera la dccochon avec expreliion, on la melera avec les fucs, & Ton fera infufer chaudement da s toute la liqueur les raifms mondez, le fenne & les myrobolans concafTez pendant vingt-quatre heures, on fera enfuite bomllir doucement l'infufion , jufqu'a dimmii- tion du tiers, on la coulera, onl'exprimera , on lalaiffera repofer quelques heures, on la filtrera par la languette , on y melera le fucre dans un plat de terre vernifle , & par un feu mediocre , on fera evaporer l'humiditc jufqu'a confiftcnce de tyrop. f 1 purge la bile noire Sc Ja melancolie , il purific le fang 8c les autres humeurs j la dofe en eil depuis demi once jufqu'a une once Sc demie. Cette defcriprion eft farcie de plu/ieurs ingrediens inutiles qui empechent que les drogues eflentielles ne communiquent faffiCimmen: Jeur vertu au fyrop , 1? calamus aromaticus 8c la femence de fenouil me paroiflenr peu neceffaires dans li decocti jn ; de plus leurs parties volatiles en quoi confiftent leurs qualitez^ fönt la plüparf dc- truires en bouillant. Les fucs etant chargez de leurs propres fubftances, ne fönt gueres en etat de s'ern- pveindre de Celles des purgatifs , c'elt pourquoi je ferois d'avis cju'au Leu des fucs deborrache , de fumeterre 8c dehoublon , on employät leurs eaux difliilees qui fönt clares 8c difpjfees a recevoir les reintures de; drogues. Pout les raifins, outre qu'ils fönt bien inuües dans cette compoutio"» 5 ils occil- ?od Vertus. D&fc. INJ PHARMACOPE' E penr par leur fubftance mielleufe la plus grandepartie des pores de Ia liqneur , en forte qu'il y en refte peu pour celle des purgatifs. Je voudrois meler dans l'infufion demie once de tartre foluble pour aidet a. tirer la teinture des mixtcs, & pour corriger leur quahte purgative , en forte qu'ils ne donnent point de tranchees ; voici donc comme je ferois d'avis qu'on reformät cette defcription. Sytjp de polypode reforme'. Prenez. du polypode de chent bien battu , une livre , Mettez.-le en infufiun pendant 24. beures dam cinq pintes d'eau de fontaine *. faites bouillir jufqu'a U mottle , ajotttez. a la colaturc Du Juc ou de l'infufion de rofes pales , une livre & demie , Des eaux difldlees de borrache , de fumetere & de boublon , de cbacun demi livre. Dans ces fucs & liqneurs infufez, cbaudement pendant 24. beures des feuüles de fenne oriental , demi livre, des myrobdans citrins, chepules & indiques, une once & demie ; puis faites bouillir ces drogue* a feu lent jufqu'a conjomptwn du quart, coulez. & ex- primez, : puis faites cuire lacoLiture par refidence & par filtration clarifiee avec trois iivres de fucre jufqu'a confißence de fyrop. Venus. Dole. Syfop d'cttAive fimple , deJSi. Prevot. Prenez, du fuc d'endive domeßique bien purifie , huit Iivres , Du fucre bUnc , cinq Iivres & demie. Taites-les cuire enfemble en confißence de fyrop felon l'art. E E M A R Q^U E S. Pour bien tirer le fuc de l'endive, il faut la piler dam im monier de rnarbre, 8C la laifler digerer a froid lept ou huit hcures, puis ia metcre a. la prelfe , ie fuc en coulera plus aifemenr qtie /1 on i'eüt exprmiee aullicot apres l'avoir pilee, parce qne. la viicofite fe rareiie par la fermentanon , on ie depure enfuite en le faifant bouillir un bouillon für le feu , fa partie craiTe le leparera , &c on le filtrera par un blancher ou par un papier gris, on meLera eniemble le fuc depure Sc le fucre en la propor- tion marquee dans la recette, on les fera bouillir a petit feu , les ecumant jufqu'a coniiftence de fyrop. On le donne dans les fievres , dans la pleurefie 5 il purifie le fang , il tempere l'ardeur de la bile ; la dofe en eil depuis demi once jufqua deux onces. Syrop d'Endive compofe' y de Gentil. Prenez, des fucs d'endive ou fcariole domeßique &hepatique bien purifiez, , de cbacun trois hvres, De l'orge entter , des capillaires t des quatre grandes femences froides , de cbacun une once , Dis rofes rouges , des violettes , de la lentille d'e au & du polytric t de cbacun demi once. 'S Altes cuire cisfimples dans les fucs felon l'art, & dans l'expreßjon clarifiee , dif- folvez. quAtre Iivres de fucre blanc j puis la faites cuire en confißence de fyrop , y ajou- 1am für Ufin de lacuite du fantal rouge & bUnc & du fruit ae berberis , de cbacun , »ne dragms & denü-gros de cmelle. UNIVERSELLE. R £ M A R £^U £ S. III Apres avoir tire & depure les fucs , on y fera bouillir l'orge Sc les autres Ingrediens Pour en faire une decoftion felon l'art; on la coulera > on l'exprimera , on la melera avec le fucre , on clarifiera le melange , & on le fera cuire en confiftence de fy- rop ; on l'aromatifera avec les fantaux, la canelle , 6c le berberis concaffez & en- velopez dans un nouet qu'on y jetcera für la fin de la cuitte , Sc qu'on y laiffera roüjours. ll eft propre pour remperer les ardeurs de la fievre & de la bile , il humefte Sc Vertiis. rafraichit le foye Sc les reins, il excice l'urine ; la dofe en eft depuis demi once Dofc. jufqu'a une once Sc demie. Ce fyrop eft fort peu en ufage. Syrop d'Endive cathartique , d''Andernac. Vrenet, des feuilles d'endive & de Chicoree fauvage, de chacunes tro'ts poignees , Des feuilles d'adiante bUnc & noir , de fcolopendre , d'aigremo'me & de fumetere , de chacune une demi-poignee. Des fleurs de violettes , de buglofe & de borrache , de chacunes une pincee , Des racices de polypode de chefne, une once , de regliffejix. dragmes , d'ache t de fe- wml & d'afperges , de chacunes une demi once , Des raißns pafjes mondez. , une once , Vingt prunes de damas Desfruits d'alkekenge & de la cufcute, de chacun trois dragmes, De l'orge & de la femence de carthame , de chacun demi once , Des quatre grandes femences froides , de chacune deux dragmes , Des femences d'endive & de chicorie , de chacunes une dragme & demie , Taites cuire toutes ces ßmples dans l'eau commune jufqu'a la confomptwn du tiers , & dans trois demi-feptiers de cette decoftion bien coulee ,faites infufer feparement pen- dant la nuit t Des feuilles de fenne mondees , une once & demie , Des trochifques d'agaric, une once , Des mjrobolans chepules & citrins , de chacun demi once , Du gingembre & de la canelle , de chacun une dragme. Coulez, de nouveau cette infußon & l'exprimez., puis ajoutet,-y une livre de fitere , & trois onces de fyrop rofat folutif. Enfin on fera cuire ce melange a petitfeujufqua une epaißeur raifonnable. R E M A R QJÜ E S. Ce fyrop eft appelle Diafcreos a caule de l'endive qui en fait la bafe, Sc qui eft appellee en latin Seris. On fera premierement bouillir l'orge enticre Sc la racine depolypode bien con- caffee, puis les racines dache, de fenouil Sc d'afperge , apres les avoir mondees Sc coupees par morceaux , enfuite les femences concaflces, Sc les fruits ( les feuilles etant ineifees) enfin les fleurs Sc la regliffe rariffee Sc bien concaffee. Quand la decoftion fera faire , on la coulera, Sc l'on y mettra rrernper chaudement route la nuit les purgarifs ; on fera enluite bouillir legerement l'infunon , on la coulera avec ex- preifion, on la clarifiera par refidence 5c par filtration, on y melera le fucre Sc le fyrop rofat, on fera cuire le melange en fyrop par un petit reu. Il eft propre pour lever les obftruftions, il purge la pituite, la bile& la melan- Vertu?, colie •, la dofe en eft depuis demi once jufqu'a deux onces. Dofe. D d ij. iiz PHARMACOPE'E II y aplufieurs defauts dans cetce defcription •, premierement il y entre qnatrc fois plus d'ingrediens qu'il n'en faut pour faire une livre & demie de decoction que Pon demande. Eniecondlieu, cecre quandte dedecoction eft trop petitepour euer la vertu des purgatifs , outre qu'etant deja empreinte de la fubftance des plantes , eile n'eft gueres capable d'en recevoir dauere ■■, en troiuerae lieu la dofe du tucre eil trop petite pour une li grande quantite de drogues, il en faudroit deux fois autant. Comme on a donne le nom d'endive a ce fyrop , il me femble que le but princi- pal qu'on doit avoir, eft de lui communiquer la vertu de la plante , mais on l'a tel- lement farci d'autres Ingrediens, qu'a peme Pendive s'y reconnoic-elle ; je ferois donc d'avis qu'on le reformät en la inaniere fuivante. Syrop d'endive purgatif ', reforme. Trenez, de la rhubarbe clmße coupee menu, deux onces & demie , Des feuilles de fenne de Levant mondees > une once & demie , Des trocbijques d'agaric , une once, Des myroboLtns citrins & ohepules & du fei de cbicoree , de chaeundemi once. Jnfufez. ces drogues chaudement peudant Viugt-quatre beures dans deux pmtes d'e,m dißillee d'endive ; & Apres quelques bouilkns, coulez, & exprtmex.:ptiis dans la colature clarifwe par reßdence &parfiltratwn , faites dijfoudre trcis livres & demie de fyrop d'endiveßmple , avec du fyrop rofat foltitif& du tniel blatte , de ebaeun trois onces, & cuifez, le tout afeu lent en conßßence de fyrop. Je mets le fei de chicoree ä la place de la canelle Sc du gingembre , parce qu'il eft plus propre pour fervir de correchf aux purgatifs, pour augmenter la vertu du fyrop , & aider a tirer la teinture des drogues: jajoüte le nuel pour empecher que le fyrop ne candifle etant garde. Syrop hydragogue t de M. Daquin. Trenez. des racines de mechoacan, d'iris vulgaire , d'jeble nouvelle 3 de la moe'lle de femence de cartharne , desfeüilles de fenne de Levant & des feinlies de foldanelle fe- ches , de chaeun une once once & demie , Du turbitb gommeux x des bermadaäes , dujalap , & de Ix rhubarbe choiße } de chaeun fix dragmes, Des racines de valeriane majeure , de chardon roland , d'e'nule campane ou aunee, d'a~ farum , d'ecorce de racines de cabrter & de tamarifc , du yantal atrin, de U fe- vtenced" yeble , & des bayes de genievre , de chaeun denn once , De l'aigremoine, du chamedris, du ceterach & desfleurs degeneß, de chaeun unepoignee, De la limine d'aeier enfermee dans un ncüet, & du tartre blanc de Montpellier concaffe, de chaeun deux onces , Faites infufer (ur les cendres cbaudes tous cesßmples , couptz, ou concaffcL dans trois (hopine s de fucs epurez., tanr de racine de jure au que de feuilles de cerfeuils & dans une pmte d'eau de cbicoree dißillee , peudant vingt- quatre heitres ; puts faites-les boiiil- lir a petitfeu pendant une heitre & demie ; coulez. enfuite la decoäwn & t'exprirnez. fonenie; t: apres cela diffblvez, dans la colature ( quatre livres du medleur fucre , clari- fietXi enfuite , & la cuifez. en fyrop , y ajoutant für la (in dt la cutte > deux onces de tartre vttrol:& autant de fei polychreße. Enfin le fyrvp etant refroidi, on le pourra. j*rfunter avec tro.s gouttes d'btiilc de canelle mcorporees avec du fucre en peudre. ai 5 UNIVERSELLE. REMjIR q^u e s. Apres avoir incife & concafle les Ingrediens, on lesmettra enfemble Jans im poc de terrc verniffe : on vetfera deflus les (lies & l'eau diftillee , on bouchera le poc & on le placera für les cendres chaudes ; on laiflera la datiere en digeftion pendant vingt-quatre heures , on la fera bouillir enfuite a pecic feu pendant environ une teure & demie, on la coulera & on I'exprimcra fortemerit, on melera la colature avec le fucre, on clarifieräle melange, Sc on le fera cuire en fyrop , on y ajoutera für la fin le tartre vitriole & le fei polychrefte; cpand le fyrop fera refroidi on pour- ra l'aromatifer avec trois gouetes d'eilence de canelle melees en oleofaccharum dans un peil de fucre candi pnlverife. Ce fyrop eft propre pour l'hydropiile, pour les rhumaciimes , pour la gontte feia- tique •, iL purge par les feiles & par les urines ; la dofe en eft depuis demi once juf- qu'a. deux onces. Sjfop aperitifeachectique , de M. Daquin, Frenet, des meines d'aebe , defenoiitl , de perßl , de garance & de petite arifiohebe , de chaeunes , deux onces. JSSettoye^-les & les micaffez,, & les ajant mifes dans un vaiffeau de terre verniffe, arrofez.-les de vmaigre fctllitique, puis ajant couvert le vatjje.iu, laiffez-les y infufer ■pendant 24. heures ;& faites-les leuillir enfuite a petit feu dans quatre pintes d'eau ferree , pifqua la tonfomption du quart. Apres cela ony ajoutera des feinlies d'armoife , d'aigremmne, d'abßnthe } de po'üillot, & de chamedns , de chaeunes une poignee , & une demi-poignee de rhue. On coupera ces herbes & on les fera bouillir pendant un quart tthettre avec laprerniere infußen , puis on y jettera deux pincees d'eptthime , & autant de fieurs de matricaire , de carmmüle & d'hypericcn. Apres quelques bomllons , otez> la de'coäion bors du feu , coulez,-la & l'exprimez. Diffolvez* enfuite cinq hvres de fucre dans la colature : clartßez.-la & la cttifet en fyrop : & flvous voulez, le rendre pitrgatif, prenet, de la rhubarbe choiße coupee par pems morceaux & desfeinlies de fenne de Levant mondees > de chaeun deux onces t Des racines de jalap , de mecoackan, d'hermodacTes & de bryone blanche concaffees >. de chaeunes une once , & du tartre vitriol; ,ßx dragmes. Infufez. tout cela fendant 2^heures dans un vaiffeau de terre verniffedent Vcntrie feit etroite&bien bnchte } & danslequelon auramisprealablementtroischopinesd'eau de meliffe. Onfera bouillir cette infußon legerement , on la coulera & on l'exfrimera ; puis on fera cuire le fyrop en conßßence d'eleäuaire moa ; apres quoi l'on y melera V'in- fußon purgaUve clarißee, & on fera cuire le tont en fyrop, lequel etant refioidi, on y Ajoutera demi-once ü'oleofaicharum , de canelle , & autant de teinture de faffran. REMARQUES. Apres avoir monde & nettoye les racines, on les ecraiertavec un biftortier, on les mettra dans un por de terre vernifle , on les arrafera de vinaigre fcillidc, on couvrira le pot, on le placera en un heu chaud pour laifler la matiere en digeftion pendant vingt-quatre heures: enfuite on la fera bouillir dans l'eau ferree a petk feu a dimi- nurion du quarr, puis ony fera cuire les herbes un quart d'heure, enfuite les fieurs quelques bouillons ; on coulera la deeoition, on l'exprimera, on melera dans la colature le fucre, on clarifiera le melange , & on le fera cuire en fyrop. Sil'on veur rendre ce fyrop purgatif, on mettra dans unpot de terre vernifle , la. Aabatbccoupee parpetits morceaux, le fenne mondejle tartre vitriole , le meclioa- D d h; Verttis. Dofe. Vertus. Doic. Vertus. Dofe. ii 4 PHARMACOPE'E cam, lc jalap, les hcrroodadtes Sc la bryone concaflcz 1 , on vcrfera deflus l'eau deme- liflc , on couvrira le pot, Sc on laifi'era la maticrc en digeftion pendant vingt-quatre heures , on fera bouillir legerement l'infufion , on la coulera Sc on l'exprimera: on fera cuire le fyrop enconfiftence d'opiate , puis on y melera l'infufion purgative coulee j & par un pccit feu l'on fera confumer l'humidite du melange jufqu a con- fiftence de fyrop, dans lequel lorfq u'il fera refroidi, on ajoucera demi once d'oleo- faccharum de canelle , Sc auranr de teinture de fatTran. Ce fyrop defopile en purgeant les humeurs vifqueufes ou terreftres qni faifoient l'obftrucftion : on le donne dans les cachexies , dans Phydropifie, dans les pales- couleurs , dans les retentions des mois; la dofe en eft depuis demi once jufqu'a deux onces. Syrop fortifiant. Trenez. de la rhubarbe choiße , coupee parpetits morceattx , quatre onces , Des bayes de mjrte concafjees t & des rofes rouges bien eplucbees, de chacunes trois onces , Du tartre blanc concaße , une once. Infufez, ces drogues chaudementpendant vingt-quatre heures dans Jtx p'intes d'eau ferree > que l'infu/Ton boüille enfuite legerement, & qu apres cela eile foit coulee & ex- primee , puis clarifiez. avec le b anc d'ceuf & quatrc livres de fucre , & la cuifez, en fy- rop. REMARQUES. On coupera la rhubarbe par petits morceaux , on concafTera les bayes de myrte Sc le tartre blanc, on mettra le tout avec les rofes dans un pot de tcrre vernilTejon vcrfera deflus l'cau ferree , on bouchera le pot, on le placera für les cendres chaudes , on laiffera lamatiere en digeftion pendant vingt heures: on la fera bouillir legerement, on la coulera Sc on l'exprimcra , on melera le fucre dans la colature , on clarinera le melange avec un blanc d'ceuf. Sc on le fera cuire en fyrop. Hell propre pour fortifier l'eftomach & les autres vifceres, pour arreter les cours de ventre & les hemorrhagies ; la dofe en eft depuis demi once jufqu'ä deux onces. Syrop Lienterique , de -A4» Daquin. Trenez, des fommitez, de grande abßnthe & des rofes rouges feparees de leurs onglets, de chacunes trois poignees , De la limure d'acier enfermee dam un nouet , deux onces , De la rhubarbe choifie & de l'ecorce de myrobolans citrins, de chacunes une once & demie> Du tartre blanc pulverife\ une once , Du fantal rouge concaße , demi once. Mettez. tout cela dans un vaijjeau de terre vernijfe , avec deux livres de fuc de plan- tarn & autant de celui de rofes , mfufer für les cendres chaudes pendant vingt-quatre heures : faites-le boüilhr enfuite für un feu lent pendant un quart d'heure ,puis csulez, l'infußon & Vexprimez.; clartfiez,-la enfuite avec le blanc d'ceuf , & quatre livres du meilleur fucre , & la cuifez, en fyrop. R E M A R 0_U E S. On mettra toures les drogues enfemble dans un pot de terre vernifle, on verfera deflus les fucs des rofes rouges & de planrain , on couvrira le pot, on le placera für les cendres chaudes pour l'y laifler pendant vingt-quatre heures; enfuite l'on fera bouillir l'infufion doncement pendant un quarr d'heure , on la coulera avec expref- , fion ; on melera le fucre dans la colature, Sc par le moyen d'un blanc d'ceuf on les clarifiera, puis on les fera cuire en fyrop. UNIVERSELLE. % x , 11 artete le cortrs de ventre Sc particulierement la liencerie, ii forrifie l'eftonuch Vertus. Sc les autres vifceres , ii adoucit I'acrimonie des humeurs on s'en fert pour les he- Dofe> morrhagies ; la dole en eft dcpuis demi once jufqu'a une once Sc deraie. Comme la premiere caufe de la lienterie vient de ce que les fibres de l'eftomach fönt debilites ou relaches , en forte qu'il ne fe fait point deco&ion des alimens, les Ingrediens qui entrent dans la compofition de ce iyrop fönt fort convenables, car apres avoir purge doucement l'humeur qui peut cauferle relächement, ils reiferrenc & forafient les ribres du vifcere. Syrop Cha'ybe, Aperitifs c&thartique , de M. Baquitt. Trenez. de la limure d'acier enfermee dans un nouet lache & fufpendu, ßx onces , Des racines de fennid, de elricoree, de garence , de chacunes trois onces Du tartre blanc concaße , deux onces. Mettez. tout cclt dans un vaiffeau de terre verniffe , & verfez.par-deßus quatre pin- tes & chüpine d'eau cbaljbee tres-cbaude , & laiffez. le tout en tnfußon Jur les andres cbaudespendant dow~e heures, le vaiffeau etant bien boucbe ,faites bomlltr enfuite ce melange pendant une heure für un feu lent. Puis apres y avoir ajoutedes feudles de rhue , d'boublon } de patience, d'aigrcmoine & de capillaires de Montpellier , de chacunes troispoignees \ fattes-les bomlltr de nouveatl jujqu'k dnmnution du tiers , puis coulez. la decoäion & l'exprtmet,. Ce pendant falte i infufer feparement pendant douz.e beut es für les cendres cbaudes y dans deux pintes de la meine eau cbalbee , demi-hvre de feudles de fenne de levant , tnondees , quatre onces de femences de carthame concaßees , &une once de tartre Vitriole. Que cttte infußm boinlle enjuite legerement, quelle fo'tt coulee, exprimee , cid* rifee avec le blanc dleeuf . & une demi livre du meüleur fucre , puis gardee. aIjts la cdature de la premiere decoäion etant rtanfiee avec le blanc d'ceuf & c'mq livres de fucre , fera cuite für unfeu lent jufqu'a anßflence d'eleäuaire folide, & dans ce tems-lala tolature clanfiee de la Jeconde decoäion fera melee avec la premiere % & fera cuite a peut feu en conßßence de fyrop, lequel etant refroidi, fera aromatife avec Jixgouttes d'ejjence de canelle mcorporee avec le fucre pulverife. R £ AI A R Q^V E S. On fera eteindre fept fois dans de l'eau un morceau d'acier rougi au feu > on met- tra cette eau ferree dans une cruche de terre verniflee, on atrachera a l'ance de la etliche la ficelle qui fulpcndra le nouet de limaille d'acier , en forte que le nouet trempe dans l'eau ferree; on y ajourera le tartre blanc groffierement pulverife Sc les racines mondees & coupees par morceaux , on couvritala cruche 6c l'ayant placee für les cendres chaudes, on laiffera la mariere en digeftion pendant douze heures, puis on la fera bouillir a petit feu pendant une heure , Sc Von y jettera les herbes ineifees , on continuera la coction jufqu'a. diminution du tiers de l'humidite , on coulera la decodion avec expreflion ( Sc on lalaifTera repofer. Cependant on mettra infufer en un pot de terre couvert für les cendres chaudes pendant douze heures, le fenne , la femence de carthame Sc le tartre vitriole dans de l'eau ferree - , on fera bouillir legerement l'infufion, on la coulera Sc on 1'exprimera ; on melera dans l'infuiion coulee demi livre de fucre ; on clarifiera le melange avec un blanc d'ceuf Sc on le gardera Onmcletala premiere decoction avec cinqlivres de fucrejonclarihetale melange i\6 P H A R M A C O P E' E avec uri blanc d'ceuf, & on le fera cuire en confiftence de tablertes s on y ajoutera alors 1 infufion purgative clanfiee , & par un petit feu, on rediura le tout e i conti» ftence de fyrop , lequei etant rcfroidi , on l'aromanfera avec fix gouttes d'eflence de canelie meiees avec ce qu'il faudra de fucrc candi en poudre pour faire un oieo- {accharum. Vertus. Ce fyrop eft propre pour lever les obftructions du foye , de la rate, du mefente- rc, de la raatrice, pour purger doucement les humeurs vilqueules & tartareules ; on le donne dans la cachexie , dans l'hydropifie , dans les päies-couleurs dans les re- Dofe. tennons des mois; la dole en eft depuis demi oncc jufqu a deux onces. Symp d'hyeble. Vrenet. de l'ecorce de racines d'ytble nouvellcment cueiliies , quatre onces , Des feuilles d'hyeble , deux poigne'es , De la femence d'hyeble loncaffee , deux onces , lnfufez.-les chaudement dans une plnte de v'm blanc & autant d'eau commune pen- dant vtngt-quatre heures jufqu a diminution du tiers , puts coulez, 1'infußm & l'expri- mez,: apres quoi la colature e'tant clar:fiee par reßdence & parfiltration , vous J dijjol- rerei* deux hvres de fucre blanc & ßx dragmes de fei d'hyeble. Cuifez, le tout a petit feu en conßflence de fyrop felon l'art. R E M A R Q^U E S. On aura des racines d'hyeble nouveUement tirees de la terre , on les nettoyera bien , on les mondera de leurs cordes ou cceurs, & onprendra les ecorces premiere & leconde , qu'on coupera par petus morceaux , on les mettra dans un pot de terre vernille avec les femences concaflfees & les feuilles d'hyeble incifees , on verfera deflus le via blanc & l'eau, on bouchera le pot ■, on le placera lur les cendres chau- des, & on laiflera la manere en digeftion pendant vingt-quatre heures ; enfuite 011 la fera bouilhr a diminution du tiers, on Ja coulera , on l'exprimera , on la lailTera raifeoir & on la filtiera, on la meiera avec ie fucre & le lel d'hyeble , & par un petit feu, l'on en fera confumer l'humidite julqu'a. confiftence de fyrop. II purge les ferofitez par les feiles Sc par les urines , on s'en fert pour les hydro- piques, pour les gouteux , pour la retention des menftrues; la dofe en eft depuis demi once jufqu a trois onces. Onpeut faire le lyrop d'hyeble avec parties egales de fuc d'hyeble depure & de fucre que l'on fera cuire enfemble , mais U ne fera pas fi purgaaf que le precedent. Sftop de fle.ir de genest , fimple. Prettin desfleurs degemß nouvellcment aieillies &legerement pilees , une livre ) De l'eau bien chaude t deux p'tntes & chopine. Latffez.-les macerer pendant dout-e heures , puisfaites-les boüdhr legerement & ex- primez, ladecoäion ; re'itcrez, trois foisla mime chofe ; & dans la derniere expreß, on , äiffülpiz. trois hvres de fucre blanc , trois onces de miel commun , & une once de fei de genefl, clarißez*-la , & la ciufcz. en fyrop. R E M A R dJJ E S. On ecrafera dans un mortier de marbre une livre de fleurs de genefl: nouve'.lement cueiliies > on les mettradans un pot de terre vernille , on verfera deflus quatre hvres d'eau bouiüanie, on couvrira le pot 3 6c on laiflera tremper les fleurs pendant douze heures j Vertus. Dofe. Aut.e fy rop de lhyeble. UNIVERSELLE; irr teures •, on fera boüillir legerement l'infüfion , on la coulera & on 1'expnmera , on y mertra une parcille quantite de fleurs de geneft , on procedera comme aupa- ravant, on reirererales memes infufions encore deux fois , puis dans la derniere co- larure, on melera le (acte, le miel, ik le fei de geneft, on clarifiera le melange avcc un blanc d'aeuf, & on le fera cuire en fyrop. Il eft apcritif & propre pour lever les obftru&ions de la ratte &c du mefentere , il fonifie le cceur & l'eftomach , on en donne aux melancoliques ■, la dofe en eft de- puis demi once jufqu'a une once & demie. Ilfaur faire des infufions jufqu'a ce que l'eaufoit tout-a-fait chargee de la fub- ftance des fleurs , rnais trois ou quatre doivent fiiffire ; on reconnoitra que la li- queur fera parfairemenr empreince, lorfque les fleurs fbrtiront de l'infüfion tein- tes. Le fei de geneft augmenre la vertu aperirive de ce fyrop , le miel n'y eft adjoü- te que pour empecher qu'il ne fe candilfe en vieilhlfanr. On pourroit encore faire un fyrop de geneft avec le fuc des fleurs tire par expref- fion j 6c le fucre parties egales. Syrop de gnest compoje , de £)ucrcetan. Trenez, des fleurs de geneft, trois hvres , Des fommitez. de frefne > & des feüiiles de fumeterre , de cbacune une llvre; adjoii- tez.-y des fleurs d'bepatique & de ceteracb , de chaames une pctgnee. Des fleurs de boracbe , de buglofe, de violettes , & d'' epiibyrne } de cbacunes deux pincees , De Ufemence de fenoiiil, d'anis, de chardon-benit , de cbacunes fix dragmes i De l.t canelle , deux dragmes. Faites infu(er cesfimples pendant 24 heures au bain-marie bien cbaud; puis coulex. & exprimez, fortement l'infufim t & dans cette exprejßon vous laifierez, encore maccrer pendant trois jours comme la premiere fois au bain mane, une once & demie de potypode de che , ne concaffe\ trots onces de pulpes de tamarins, & quatre onces de feüiiles de fenne, laquelle infufim on exprtmera fortement apres le tems fini t ejf l'on dijfoudra dans la. eoUture deux hvres de fucre blanc , une livre de fyrop de pommes fimples, & apres l'avoir cUrißs , on U cuira a confiftence de fyrop. R E M A R {\XJ E S. On tirerapar expreflvon les fucs de fleur de geneft , de frefne & de fumeterre , on les depurera & Tony fera infufer chaudement au bain-marie pendantvingt-qua- rre heures en un pot de terre vernilfe , les femences &: la canelle concaflces , les fleurs -& les feüiiles incifees, on fera boüillir legerement l'inmfion, on la coulera , on l'exprimera, & dans Li colature on lera infuier pendant trois jours au bain-marie chäud le polypode bien concaiTe , les tamarinds delayez & letenne monde, on fera eniuite boüillir legerement l'infüfion , on la coulera avec forte expre/Iion, on y melera le fucre 6c le fyrop de pomme fimple , on clarifiera & l'on fera cuire le me- lange en confiftence de fyrop. 11 evacue la bile recutte , on en donne aux melancoliques hypocondriaques '■> la dofe en eft depuis une once jufqu'a deux. Il entre dans Ja defcription de ce fyrop beaucoup d'ingrediens inutiles qui em- pechent que les fucs ne s'empreignent autant qu'ils pourroient de la vertu des purga- tifs •, on ieroit fort bien de retrancher les drogues de la premiere infufion , Hc de mettre en leur place , de la femence de violette & du Tel de geneft ; voici donc comme je voudrois reformer cette defcription. Vertus. D01& Aufe fyrop de ge^ neft. Vertus. Dofe. juS PHARMACOPE' £ Syrop de genefi compofe, nforme. TreneiL des fucs depurez. de fleurs de genefi , trois livres. Des fommitex, de frefne & defumeterre } de cbacune une livre. Ajoütez.-y des feudles de fenne mondees, quatre onces. De la femence de violettes concaßee dcux dragmes, Du fei de genefi, une once ; des tamarinds trois onces ; Du polypode de chefne ctmcaffe , une once & demie. Ilfaut mettre macerer chaudement ces drognes enfemblependdttt trois jours: puis les faire boüillir doucement , les couler & exptimer, & dans la colature , les clanfierpar reßdence & filtration : difJolvez,-y enfuite deuxhvres de fucre blatte , avec une livre de fyrop de pommes Jimples f & faites cuire le tout a feu lent en conßßence de fyrop. On ajoute ici le fei de geneftpour aiigmenter la vertu aperitive du fyrop , pour aider a rirer la teinture des purgatirs , & pour les corriger en rarefiant leur fubftancc vifqueufe. Syrop de raifins paßes Uxatif. Prenez. des raißns de cor int he , deux livres. Faites les cuire dans b.tit livres d'eau commune jufqu'a la confomption du t'tcrs , puis coulez, la decoction t & l'cxprimcz,. Enfuite infufex* dans l'exprejjion } Des ftiiillcs de fennemondees , deux onces & demie. De la femence d'ams"■dttm once. De la canelle , deux dragmes. Que ce mi lange bo.tille legerement, & que la deccäion foit coulee & exp rimee , puis dißolver^ dans la colature , deux livres de fucre blanc, & une demie livre de manne. Apres ctla cuifez, le tout apetit feu en conßßence de fyrop. REMARQUES. On lavera & Fon nettoyera les raifins de corinrhe, on les fera cuire dans Featr jufqu a ce cju'ils toient mous, on coulera la decoeiion avec expreffion , on y fera innuer chaudement, vingr-quarre heures, en un pot de terre verniffe , le fenne monde , l'anis & la canelle concaflez, on fera enfuite boüillir legerementi'infufion, on la coulera avec expreilion , on y diffoudra le fucre & la manne , on coulera la diflblution, &: Fon en fera confumer Fhumidite parunpedtfeu ,jufqua conüitcncc de fyrop. Ii purge Fhumeur bilieufe 8c les ferofttez ; la dofe en eft depais demi once jufqu a deux onces. L'anis 8c la canelle ne fönt employez dans Finfufion, que pour corriger le fenne; mais comme ces Ingrediens ne produifent qu'un tres-petit eff er en cette occafion, je ferois d'avis qu'on leur fubftituat fix dragmes de tarne ioluble , ce fei aidera a tirer la teinture du fenne, & enrarefiant Ca. partie vifqueufe il empechera cju'elle ne s'at- tache aux membranes internes des vifeeres, 8c quelle ne caufe des tranchees •, de plus il augmeme h vertu aperitive du fyrop. Syrop de Plufieurs deferiptions n'ordonnent qu'une livre de fucre pour ce fyrop, mais la izifins fim- quantite n'eftpas bien proportionnee au refte des drogues, j'ai rrouve a prepos de P' es * doubler la dofe. On peut faire le fyrop de raifins fimples avec la decoelion des raifins & le fucre par- ries egales,mais les fyrops de raifins funple 8c cornpofe fon: peu en ufage en Medeone. Venus. Dofe. UNIVERSELLE. ii* Syrop de Pytethte, de Mjbficht. Prenei. de l'agaric blanc f une once & demle. De la racine de pyrethre , une once > De celles deptvome male , d'acorus , & de pimpemelle , de chacunes deml once. Des (emences defenoüil, depivoine, & des bayes <;e gemerre, de chacunes trois dragmes» De In matricaire > de l'aigremoiue t de l'bjfope , du primevere, de la marjolaine , de la mentbe fauvage & de l herbe a cbat , de chacunes dettx dragnies. Desfleurs de mugttet , de bmillon blanc t de bugLfe , de romann , de chacunes une dragme & dem'ie. De la canelle , de la mix mufeade , & des cubebes, de ch.xcuv. une dragme. Que ces Jimples coupet. & ccncaßez. reflent en infußin pendant tonte la mit dans trois chopmes d'eatt de fange , & autant d'catt de remarin t qu'ils hiiilient apres et Li jttfqu'a ia confomptim du tiers, puls dißJvez, dans deux pintes de cette colature } deux livres de fucre blanc } melet, tont cela , & le cuiftz, jnjqu'd conjtßencc de fyrop. R E M A R Q^U E S. On rapeta l'agaric , on concaflera les meines , la canelle , la mufeade > les bayes, les femences, puis les herbes & les fleurs, on mettra infuier le tout enlemble chau- dement unenuit dans les eaux difrillees de fange & de roimarm , on fera enfuite boiiillir l'infufion lufqu'a diminution de la troifieme parcie de i'humidite , on la coulera exprimant forcement le marc , on laiflera repptef la colature , on la melera avec le fticre on clarifiera le melanee avec un blanc d'ceaf , Öe on ie fera cuire en confiftence de iyrop. Il eft propre dans les maladiesdes nerfs , comme dans'la paralihe, dans les con- yulfions , dans t'epileplie , dansla goutte faatiqae , il purge doucement, & il for- tifie le cerveau •, la dofe en eil depuis demi once jufqu'a. une once. J'ai rapporte la defeription de ce fyrop fuivant fon Auteur , mais comme en fai- Maniere de fant bouiuir l'infufion, on laifle echaper la parcie fpiritueufe des ingrediens dans prepaierle laquelle confifle la princinale vertu , je fuis d'avis qu'on falle 1'infu/ion dans une '}' ro P «e 1 i • i r i r , ' j. i ■ 1 il Pvrechre cueurbue ae verre ou de grez , qu on couvnra d un chapiteau cie verre, on la pla- £ n con (\ r Vertu». Dofc. ex recipient cj ii (era demeüre aufond delacucurbkce, dans une bafline , on y ajouteras'il eft neceflaire, environ une livre d'eau commune j on fera boiiillir la matiere a. diminution du tiers , on la coulera avec expreflion , on melera dans la colature le fu- cre, on clarifiera le melangc avec un blanc d'ceuf, & Von fera cuire le iyrop en confiftence d'opiate. Quand il fera prefque refroidi, on le deeuira avec l'eau fpiritueufe diftilee t agi- tant bien le tout avec un biftorrier , pour en faire un fyrop cp'on gardera pour le befoin dans un vaifleau bien bouche. Par cette maniere Von aura raflemble dans ce fyrop le volatil 8c le fixe des plan- tes qui y entrent, Sc par confequent on aura conferve leur vertu , le Iyrop fera peut- ctre un peu clair , mais il n'en faut guere faire a la fois, afin qu'on nefoit point oWige de le garder long-tems, il pourra pourtant etre conferve trois ou quatre mois. E e ij s Ingrediens qui y entrent. Vertus. Dofc. Vertus. Dofe. *** PHARMACOPE'Ä Sirop de Nicotine fimple. Trenez. dufuc de TSicotiane epure, & du fucre blau } de chacunune livre $ cuifefJ* ]es enfemble jufqu'a conßflence de fyrop. R E M A R Q^U E S. On aura de Li nicotiane appellee herbe a la Reine ou tabac , cueillie dans fa vi- gueur, on l'incifera , on la pilera dans un mortier de marbre exacftement, on la laifTera en digeftion a froid rrois ou quarre heures, puis on l'exprimerapour en avoir le fuc : on le depurera en le failant boüülir un tciiillon , & le paflant plu/ieurs fois par un blanchet, on pefera le fiic depure , on y melera un poids egal de fucre , Sc i'onfera cuirele melange a peric feu, l'ecumant de rems entems jufqu'a confiftencc de fyrop. II eft un peu vomirif, ons'en fett pour l'afthme, pour purger le cerveau Sc l'efto- mach , pour lever les obftrucHons de la rarte •, la dofe eft depuis rrois dragmes jufqu'a une once , on l'applique auili für des vieux ulceres , il les dererge fans douleur. Syrop de Nicotiane compofe\ de Jpue ce:a». Trenez, du fuc de Nicotiane epure > deux livres & dorne , De Vljydromel Jimfle f une hvre. Eaites-y infuj'er cbaadementpenJant deux ou trois jours , desfeüilles d'byfope , dt polytric ( de capillaires t Des fleurs de tujflage y deßotcbas^e violettes & de buglofe J de chaeunes deux pineees. Des femences de ceton , d\rtie , & de chardon lernt , & des troebifques recens ä'aga- ric t de chaeun une once, Desfeüilles de ftnne, trois onces , De la CAnelle, du macis , & du gerofit , de ebaeun une dragme. L'cn exprimera, fortement l'infufion f puis oa la. laiffera repofer autant yu'il fdudrx ponr la parfaite epttration de fesfeces : apres on y msiera parties egales de cette infti- fim & de fucre, & on la euka en conjißence de fyrop. R E M A R Q^U E S. On ineifera les feiüllcs , on concalfera les femences , la canelle , les gyrofles , les trochifques d'agaric , on les mertra avec les fleurs dans un pot de rerre verruße,. on verfera delfus le lue de nicotiane depure & 1'hydromel, on couvrira le por, öc 1'ayant place en un lieu chaud , on lailfera la mauere en digeftion pendant denx ou trois jours, enfuite I'on fera boüülir legerement l'infufion ; on la coulera avec ex- preffion , on la laiifera repofer , on la leparera de fes feces, & 1'ayant riltree par la languette, on la pefera, on y mettra un egal poids de fucre hianc , Sc par un petit feu i'on fera cuire le melange en fyrop. Il eft propre pour l'afthme , pour deterger la poitrine des hnmeurs cralTes qu'elle peut contenir, pour purger le cerveau , pour fever les obftrudtions. Ilpurge ordi- nairementpar bas, & queiquefbispar le vomiffement ; la dofeen eft depuis demi once jufqu'a une once Sc demie. Les purgatifs qu'on employe dans ce fyrop fixent la qualite tmetique du fuc de nicotiane, & la determinent a agir plütuepar bas que par le vomiflement, les au- tres Ingrediens qui y entrent ne fönt pas d'une grande utilite , 6c ils empechentque le fuc de nicotiane s'empreigne d'autanc de qualite purgative qu'il le pourqit, par- ce qae ieurs fubftarices oecupenr leurs places dans fes pores ; je ferois donc d'avis UNIVERSELLE. m cm'on les retranchat & qu'on mift a leur place une once de fel'de nicotiane , pour aider a. tirer les teintures du fenne & de l'agaric , pour leur fervir de correclif, en rarefianr leurs parties vifqueufes qui caufent des tranchees, & pour faire mieux pre- cipirer l'emenque de la nicotiane, enfoi te qu'il agifle par les feiles, je voudrois donc refbrmer la eompofition de ce fyrop en la maniere iuivante. Syrop de Nicotiane cowpofe , reforme. Trenei. du fuc de nicotiane epure , deux Im es & demie , Del'hydromeljimple, une livre , Dans lefquelles vous fereu macerer chaudementpendant troisjours, des feudles de hon fenne , trois omes t De l'agaric nouvellemem trochifque t du fei de nicotiane , de cbacun une once, De la femence de violettes ecrafee , denn once. F 'attes bomihr le tont doucement, coulez. & exprimez,^ & dans la colatare que vous clanfierei, par reßdence & par filtration , vous dijjolverez. du fucrefin deux lmes& demie , & fexer, cuire le tout en conjiflence de fjrop felon l'art. Syrop emetique. Trenez. du foye d'antimoine fubttlement pulverife, une once & demie, Du fuc de coins epure deux Uvres. Laiffei.-les enfemble en dtgeßwn chaudement pendant fix jours, dans un matras bien bauche , les remuant fouvent, filtrez. enfuite la liqueur , & avec une livre de fucre blanc, cuifez. ce melange enfjrop. R E M A R QjU E S. On pulverifera fubtilement le foye d'antimoine, on le mettra dans un matras, o» verfera dcftus, le fuc de coing depure , on bouchera le matras & on le placera au bain marie chaud , ou dans le furnier , on laiflerala matiere en disjeftion pendant fix jours l'agitant de temps en temps, äfin que le fuc s'empreigne mieux de la qualite. de I'antimoine , on riltrera la liqueur , Sc l'ayant melee avec le fucre, Von en fera evaporer lttttittidite dans une terrine de grez , ou dans un vai/Icau de vcrre au fcu de lable jufqu'a confiftence de fyrop. II purge par le vomuTement & par les feiles; la dofe en eft depuis deux dragmes VeitHSi jufqu'a une once &: demie, on s'en fert ordinairemeut pour les enfans & pour les Dofe. pedonnes delicates. On employe ordinairernent pour cette preparation , le verre d'antimoine qni eft le fove plus vominf que le foye , quand on le prend en fubftance , mais parce qu'iLell fait- ^ a *l imo J: fans fels, la liqueur en tire moins de ioulfres falins que du foye d'antimoine qin eft f " ™\1 prtpare avec le talpeitre. J ay rronve autli par expenence, que le fyrop emenque Ter re pouc prepareavec le foye d'antimoine, excite mieux le vomuTement que celui qui eft le fyrop &. fait avec le verre. metique- On pouroit a la place du fuc de coing fe fervir du fuc de citron, ou du verjus, ouduvinaigre. Les aeides cüffölvefit le foulfre falin emetique de I'antimoine, mais ils en öxent une partie , c'eft pourquoi ce fyrop agit doucement par le vomitfement •, ii i'on y employoit le vin emenque ordinaire a la place du fuc aeide , il feroit un peü plus vominf, une liqueur fimplemcnt aqueufe ne feroit pas capable de tirer la vertu eine - nque de I'antimoine, llfaut qu'il sy trouve des fels pour penetrer ce mineral, & pour diflbudre fon ibuifre falln. Ee iij Comment J'Anrsmoi- ne exätele vomifTemct Moyeo de facilker U vomiflemSt & de corri- oer l'acrete «du remede. Verrus. Dofe. ui P H ARMACOPE'E $i l'on veur mettre autauc d'aucre die de coing für ce qui reftera du foye d'antf- moine apres la hkratioo 5 &■ qu'on le laiile en digeftion eomme auparavant, on aura une liqueur auffi emetiqiie que la precedente, on peuc meine reiferer d'en mettre jufqua fix fois s'il en eil befoin , car il fe detachera aifez departies de l'antimoine pbür rendre toutes ces infuiions emetiques. L'antimoine excire le vomilfement, parce que fon foulfre lalin etant mis engran- de agiration par la chaleur de l'eftomach , picorre violemment les fibres de ce vif- cere & y caufe une efpece de convulfion qui le fait boulverfer & repoufler en haut ce qui eil dedans. Si l'on veut faeikrer le vomilfement pendant l'adtion de ce remede , il laut faire prendre au malade quelques cuiilerees de bouillon gras, on empe- chera par la les trop grands efforts , & l'on corrigera l'acrete des humeurs en liant par les parcies rameufes de la graifle leurs poinces, qui en des perfonnes delicates pouroient ouvrir des vaiifeaux & caufer des hemorragies. Syfop emetiopue d 1 Angel Sala. Prenez, du verre d'antimoine fubtilement pulverife , une once, Du fantal rouge } um demi once. De la canelle , de la ne' doa.tr e } & dela femence d'angslique t de chaeunt deux dragmes. Du faffran une demi dragme. Faites infufer le tont ckaudement pendant 24 hsures dans trc'ts demi-fept'.ers de vhnügre rojat t apres celafiitrez. l'tnfußm par le papier gris , puls dijfilvex* une Ihre & demie de fncre blanc dans la liqueur fittree , & la cuijez, a petit feu en confifance de fyrop felon l'art. REMARQUES. On pulverifera bien fubtilement le verre d'antimoine , on concaftera la canelle , le fantal, la zedoaria & la femence d'angelique: on mettra le tout avec le fafTfan dans im matras, on verfera deifus le vinaigre rofat, on bouchera le marras, on le mettra en digeftion , au bain marie tiede pendant vingr-quatre heares, agitant la matiere de temps en temps ; enfuite l'on fiitrera la liqueur & on la meiera avec un poids egal de fucre en poudre dans une terririe de gres ou dans un vaifleau de verre , on placera le vaiileau au feu de fable & par une lente chaleur , on fera evapo- rer Vhamidite dumelange jufqua conliftence defyrop. Il fait vomir doucement •, la dofe en eft depuis demi once jufqua deux onces. Ce fyrop eft moins vomitif que le precedent pour pluüeurs raifbns ; la premierc parce que le verre d'antimoine, donne moins de vertu yomirive dans les infuiions, que ne fair le foye d'antimoine, corame je Tay remarque ailleurs 5 la feconde, parce que les drogues qu'on niele avec le verre d'antimoine , rempliflant une bonnc parne despores du vinaigre qui eft deja empreint de la fubfrance des rofes, le dilfol- vant n'eft pas fi en etat de fe eharger du foulfre falin de l'antimoine, que dans l'autre preparation \ la troifieme , parce qu'il y entre a proportion plus de fucre , ce qui fait que la quaiite de l'antimoine etant plus e'tendue, le fyrop en doit avoir moins de force. Les ingrediens aromariques ont ete employez dans l'infuilon a detTeie de cor- riger l'emerique & de fortifier l'eftomach contre fes efforts •, mais cette precaution fait une contre indication ; car puifqu'on a deffein de faire vomir , 8c par confe- ipo/it \Xi UNI VERS ELLE, canelle, le zedoaria , Jagraine d'angelique & lefaffran ■-, lemeillenr correclrif qu'on puine donner aux eifets violents de i emetique eft le böüillon gras ou l'huile d'a- xnende douce, car ce liqueurs excitent l'evacuation en adoucillant l'acrete du re- mede & des humeurs & en rendanr les conduits plus fouples. rc d'an reite d'humeur vifqueufe , ou d'une ilmple privarion d'efprits , les drogues que je voudrois retrancher de ce iyrop , ou d'autres d'une qualite pareille, feroient alors donnces fort ä propos. Il arrive bien fouvent en fait d'emetique , qu'une petire dofe tourmente davan- ttge un malade , qu'une Stande , parce quelle derneurepius de tems a faire voinir, 8c cependant eile caufe des fermentations &c des remuements fort incommodes dans l'eftomach •, il ne faut pas aulFi en donner une trop grande , depenr quelle n'agille trop violemment ; on doit en proportionner la dofe a la forte de celui a qui on la donne. Il n'eft pas toüjours für que 1'emetique falle vomir, ilpoufle quelquefois parle bas, foit parce que les nbres de leftomach etant robuftes & Forces , dies ne fönt point piccorces ailez fortementpoar qu'il ieraffe convulfion enla partie , fo'u parce qu'au contraire ces meines fibres iont trop debilitees, comme il arrive dans la fuire des graades & longues maladies; foit parce queleremede emetique rencontre e» fon chemin quelqu'iuimeur faline qui le precipite dans les inteftins; quoiqu'il en foit l'humeur eft toüjours evacuee , mais plus doucement ; il eft pourtant .1 fouhaiterdans plu/ieurs maladies que l'emetique agifte par en haut, afin que les efforts qu'on fait pui/Jent detacher les humeurs les plus atrachees, rarefier & diifoudre la matiere des obftrucrions & ouyrir les pores pour faire fortir ce qui eft tranfpirable. Autye fyrop emetique & purgatif. Vrenet, des meines de cabaret , trois ences. De celle de peme efule , & d'bdlebore mir, de ebaeunes deux onces* Infufez, cbaudemetit ces Jimtiles pilez. pendant 24 heures dans deux f'tntes d'eau commune } qti'üs bomllent enfuite a petit feu jufqifa la confomptim du quart. Coulez, enfulte & exprimez. l'tnfujton > tlar'ifitX, la cetatiire par reßdence & parfiltratiou , pHis j dijjolvex. deux hvres de fucre lUnc t & faites un fyrop felon l'art. KEMiü O U E S. On concaflera les racines, on les raettra dans un pot de terre vernifte , on verfera deffos l'eau boiiillante , on cöuvrira le pot , on le placera en un lieu chaud, & on laiflera la matiere en digeftion pendant vingt-quatre heures ; on fera enfuke boüillit doucement l'infufion a diminuridn du quarr, on Li coulera , on l'expri- mera & l'ayant laiflee repofer, on la hltrera par une languette de drap , puis on la melera avec le fucre Sc l'on fera cuire le meiange en iyrop qu'on gardera au beloin. Il purge fortement par haut & par bas: il eft bon pour les hydropiques, pour les hypocoadriaques , pour les apoplectiques ; la dofe en eft depuis deux dragmes jufqa'd fix, Comme ce fyrop eft cömpöfe de remedes violents, on ne doit s'en («vir qu'en des occallons oü ü eft queftion de remuet bien fortement les humeurs. Vertu*. Dofe. Vertuj. Pofc. Mayen de tirer le liic de beibeiis Movens de depurer ce fuc & de le garder. Vertus. Doie. "4 PHARMACOPE'fi Syfop de perles orientales, de iMynßcht. Prenez* des eaux difillUes de rofes 3 de hrracbe , & de buglofe de clucttnes «* denü-feptter. Du fei de per/es , demi once. Melez, le tout , & la dijjolution des perles etant faite > a'joute^-y des amandes dorn ces ce qu'il enfaudra. Faites-en une fanne emulßon t a Uqtieüe vous ayiutereu enfuttt gne hvre de fucre bUnc 3 & vous ferez* cuire le tout en conjißence de fyrop. R E M A R O^U E S. Le fei de perles fe prepare de la meine maniere qae le fei de corail, duqucl o» «rouvera la defeription dans men Livre de Chymie. On dilfoudra le fei de perles dans les eaux diftdlees •, on bartra dans un monier de marbre , une once d'amandes douces pelees, on les demelera dans la dillblution du fei de perles pour faire un lai& qu'on paiTera par une etamine avec exprellion » on melera dans ce laicTt , le fucre ; on fera cuire le melange a petit feu en conli- ilence de lyrop , "on le coulera chaudement & on le gardera. Il eft eftirne propre pour forrifier le cceur & le cerveau , pour excirer le laicT: aux femmes & la femence a Tun & a lautre fexe ; h dofe en eft depuis demi once jufqu'a. une once. Le prineipal efFer des perles eft d'adoucir par Ieur vertu alkaline , les aeides ou les fels trop acres qui fe rencontrent dans le corps •, mais le fei de perles n'a point rete- nu cette qualite , il en a ete prive dans la preparation qu'on en a faite avec le diflbl- vant aeide ; je ne me fiiispoint appercuque ce fei eut d'autre faculte quun pett d'aftri&ion; je n'ai donc pas grande foi pour ce fyrop. Syrof d: BerbeYts. Trenet. du fuc de fr uns mürs de Herberts nouvellement tiri & epure , & dtt fucr*. ihnc t de chaeun deux livres. Ctufe^-les enfemble a petit feu en conjißence de fyrop. R E M A R 0_U E S. On choifira des fruits de berberis miirs, on les ecrafera bien dans un mortier de marbre , on les lailfera trois ou quarre heures en digeftion a froid, puis on les mettra a la prelle pour en tirer le fuc. Pour depurer ce fuc, on le mettra dans une bouteille & on l'expofera deux oit trois jours au foleil fans le remuer, puis on le filrrera ; fi Ton veut le garder long- tems, on en emplira des bouteilles jufqu'au col; on ajoutera par deflas de l'huile d'amande douce a la hauteur de deux rravers de doigt pour empecher que Fair n'y entre Sc le falle corrompre. On mettra dans un plar de rerre verniiTe , un poids egal de fuc de berberis & de fucre blinc; on placera le plat für un petit feu, Sc l'on fera confumer l'humidite de la liqneur jufqu a confiftence de fvrop. Heft aftringenr Sc rafraichiilant, on l'employe dans les juleps pour arreter les cours de ventre, pour fortirier le coeur & pour relifter a la malignire des humeurs ; la dole en elf depuis demi o :ce jufqu'a une once Sc denne. Le fyrop de berberis etanr acide Sc fort agreable au goüt, doit etrefait dans un vaißeau M- UNIVERSELLE. Uf Vaifleau de terrcpreferablement a un de metal donr il pouroit tirer une impreition ; on le fait cuire par evaporarion , afin qu'il n'y ait que la partie phlegmatique qui le confume, car il on le faifoit bouillir, une partie de fon fei elfenuel ou acide fe difliperoit, & le fyrop en auroit moins de vertu. On peut encore faire le fyrop de berberis en mettant fimplement fondre deux Autre nu- parties de fucre dans une partie de fuc de berberis, fans qu'il foit betoin de le faire niere de bouillir ny evaporer, car on n'aura employeque la quantite du fuc qu'ilfaudra pour ' aire !e fy- liquefier le fucre en fyrop. berisf "* Ce dernier fyrop de berberis fera encore plus agreable au gout que le precedent •>. mais comme il ne contiendra pas tant des acides du fruit, il auramoins de vertu. Syrop de corait. • Trener- des coraux preparez. ,quatre onces , du fuc de berberis epure , trois livres. Mette%.-Us enfetnble en digeßion pendant deux jours dans un matras bien bauche ; apres eelafiltrez. la liqueur , & avec unpoids egal de fucre blatte , faites-en un fyrop feien i'art. R E M A R Q^U E S. On -mettra les coraux preparez ou broyez fubtilement für le porpbyre, dans un matras, on verfera deilüs, le fuc de berberis depure , on bouchera le matras Sc on le placera dans le furnier chaud , ou au bain marie pour faire digerer la matiere pendant deux jours l'agitant de remps en temps, on filtrera la liqueur & l'ayant pe- lce on la mettra dans un plat de terre vernilTe avec un poids egal de fucre blanc , on placera le plat für un petit teu , Sc Fon en fera evaporer l'humidite jufqu'a confiiteu- ce de fyrop. On l'eftime propre pour fortifier l'eilomach Sc le foye, pour arreter les cours de Vertus yenrre, les flux de menftrucs Sc d'hemorrho'ides, le crachement de lang Sc les au- rres hemorragies ; la dofe en eil depuis demionce julqu'a une once. Dole. Quand on a verfe le fuc de berberis für le corail, il ie fait une ebulirionou effer- vefeence confiderable qui rarefie beaueoup la liqueur; c'eft pourquoi il eft neceffaire que le matras foit afl'ez ample , car autrement eile paßaroit par defTus en s'elevant; cette effervefeence provient de ce que le fuc de berberis qui eft acide, penetre le corail qui eft alkali, & il fe fait un ecartement vioient des parties de ce mixte. On tient la matiere long-temps en digeftion de on l'agite quelquefois, afin d'exci- ter le fuc acide a diffoudte autant de corail qu'il en peut contenir , apres quoi le di(- folvant a perdu prefque toute fon aeidite , parce que fes pointes le (ont emouffees contre le corps iolide du corail, ou bien fe iont comme enguainees dans fes pores: on peut fubftituer au fuc de berberis, le fuc de grenade , le lue de coing , le lue de grpfeilles, lg verjus, le vinaigre: mais on prend ordinairement en cetie occalion , un fuc acide rouge pour imiter lacouleur du corail. Il reitera beaueoup de corail au fond du matras, parce que l'acide foible du fuc de berberis qu'on a employe n etoit pas fu/fifanrpour le diflbudre entierement > ort peut le faire fecher Sc le garder pour une Operation femblable. Il ne faut point faire bouillir le fyrop , de peur qu'une partie du corail diflout ne fe feparät 8c ne fe preeipität au fond. La plupart des grandes vertus qu'on a attribuees au corail me paroifTent a(Tez imaginaires, comme celles de fortifier le cceur Sc d'arreter le fang, etant fimplement attache ou iufpendu au col, outre cela les Anciens ont cru qu'il fe detachoit du corail rouge pris interieurement une teinture fpritueule capable de produire des effets coniiderables comme de purifier le fang , de fortifier le cceur ■, il fe trouve % Depuratio du lue de grenade. Moyen de le garder ians qu'il fe gäte.. Veituj Dofe. Autre pre- parat r on Sti fyrop •isgreuade 116 PHARMACOPE'E meine encore beaueoup de Medecins prevenus de cette opinion ; c'eft ce qui fair qu'on a coütume de preferer en medecine le corail rouge aux autres elpeces j je n'ay point remarque en donnant ce remede qu'il eüt d'aurre vertu que celui d'un alkalt qtii abforbe les aeides , Sc la teinrure que j'en ay üree par la Ghymie, ne m'a parü qu'une matiere bitumineuie law vertu. J'eftime donc le corail pour les maladies caufees par des iels acres, comme lont la plüpart des cours de ventre, pour les he- morrhagies •, parce que ces fels s'embarauant dans les pores du corail, y emoiüTent leurs pointes & y perdent beaueoup de leur mouvement ; c'eft pourquoi je trouve qu'on a tort de donner au corail aueune autre preparation que celle d'etre broye fous. la molette •, & le fyrop de corail me femble invente mal a propos, car le fuc aeide de berbetis fait par avance für le corail, ce que les humeurs trop acres ou trop aeides du corps pouroient faire , & le corail demeure lans vertu pour adoucir ces humeurs; puifqu'erant deja rarefie & penetre quand il entre dans fe corps , les fels ne trou- vent plus de matiere alkaline contre qui agir , ny de pores pour fe loger. Pour ce qui eft du fuc de berberis - , bien loin que par l'addition du corail, il fok rendu plus cordial & plus efheace pour les maladies ; au contraire cette matiere alkaline ayant detruit fon aeidire dans laquelle confiftoir £a principale vertu , il de- vic.t beaueoup plus foible & moins falutaire.. Syrop de Grenades. Irenez. du fuc de grenades aeides nouvellement üre & Spure , & du fucre blanc , ds chaeun äeux livres^ Cuife%.-les a petit feu en conßßence de fyrop.^ R £ M A K QJÜ E S. On ouvrira des grenades aigres , on en feparera les grains qu'on ecrafera dans urr mortier de marbre, on les laiilera quelques heures en digeftion a froid , puis on les exprimerapour en avoir leiue •, on depurera ce fuc en l'expofant quelques jours au Soieil dans une bouteille, puis on le filtrera par le papier gris. Si Von veut ie gardet on en emplira des pilules juiqu'au col & on le couvrira d'haile d'amande douce a, la hauteur d'un pouce. On melera dans im plat de rerre egales parties de fuc de grenade depure & de fucre blanc , on mettra le plat (ur un petit reu , & Ton fera evaporer l'humidite da melange jufqu a coniiftence de fyrop. Il rejouit le cceur , il artete le vomiflement, les flux de ventre & les hemorrha- gies , il defaltere en rafraichiflant: la dofe en eftdepuis demi once ju/qu a une on- ce & demie- On peut preparer un fyrop de grenade en faifant iimplemenr fondre deux parties de fucre für une partie de fuc depure. Les grenades aigres fönt les plus en ufage dans la Medecine , parce qu'elles fönt les plus cordiales: on peut faire de meme le lyrop de grenades douces.. Ce qui fe confume dans l'evaporation n'eft que la partie la plus phlegmatique du fuc, le fei eilentiel aeide demeure avec le fucre. Il n'eft pas necelläire de faire cnire les fyrops aigres autant que les autres , car le fei eilentiel aeide qu'ils contiennentles conferve , quoiqu'ils n'ayent pas la coniiftence ordinaire ; il faut faire fecher l'ecorce de grenade au Soleü, eile eft aftringente.- Syrop de Grojeilles *ottges. Trexez, du fuc de grofedles rouges nouvellement üre & epure, une livre 3 Duficre blau , ieux hvres*. laitcs-en un fyrop felon l'art*. UNIVERSELLE. iif RIMiü Q^V E S. ön ecraflera dans un mortier de marbre des grofeilles rouges ', on en tirera le Tue dont on remplira des bouteilles jufqu'au col, on metcra defliis de l'huile d'amandc douce, ä la hauteur de deux doigts 3 on bouchera les bouteilles, & on laifTera de- purer ce fuc quinze ou vingt jours, ou jufqu'a ce que les feces fe foient prefcipitees au fond & qu'il ioit bien clair , on le nltrera alors par le papier gris , on le pefera & on le melera avec le double de fon poids de fucre blanc, dans un plat de terre vo-nifle; on placera le plat für un petit feu pour faire fondre le fucre, & alors le fy- xop fera fait, on l'ecumera , on le coulera Sc on le gardera. 11 eft aftringent & rafraichiffant, il rejouit le coeur , la dofe eneft depuis demi Vertus. once jufqu'a une once & demie. Dole« On employe ordinairement les grofeilles rouges plütot que les autres pour le fy- rop a caufe de leur couleur agreable •, on pouroit auffi fe fervir des grofeilles Manches , car elles ont le meine goivt & la meine vertu , mais pour les noires eiles fönt dt mechant goüt 6c de peu d'ufage. Si l'on faifoit le fyrop des que le fuc a ete exprime , il fe congeleroit. On n'employe ici qu'une partie de lue für deux parties de fucre , afin que n'ctant point oblige de faire bouillir le fyrop , il le tienne clair. Le fyrop de grofeilles eft plus commode pour les juleps que la gelee, parce qu'ils fe mele plus vite Sc fans peine. Syrop de Coins. treuem du fuc de coins epure & du fucre blanc, de chaeun deux livres. Cuifeic-Us a feu lent en conßflence de fyrop felon l'art. E E M A R Q^U E S. Ontapera des poires de coing , on en tirera le fuc par expreffion 5c on le mettra Suc de depurer deuxou trois jours au Soleil, enfuite on le filtrera. coing , fa On melera dans un plat de terre vernifle parties egales de fuc de coing depure & de P urau0B de fucre blanc , on placera le plat für un petit feu, & l'on fera evaporer l'humidite du melange jufqu'a. confiftence de fyrop •, on peut quand il eft refroidi l'aromatifer avec deux ou trois gouttes d'eflence de gyrofle reduices en oleofaccharum avec un peu de fucre candi pulverifö fubtilement. Le fyrop de coing eft aftringent, propre pour fortifier l'eftomach , pour arrefter Jes cours de venire j la dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once §c demie. Si l'on employoit le fuc de coing des qu'il eft exprime fans le depurer, on feroie de la gelee de coing , au Heu de fyrop. Syrop de fuc de citrons ou de limons. Frenez. du fuc de citrons oh de limons nouvelhment üre& epure, une livre i t>u fucre blanc, deux livres. Uilttrles , & en faites un fyrop felon l'art. R E M A R QJÜ E S. On auta des citrons ou des limons les plus fueculents, on en feparera l'ecorce; Manieredc en ecrafera le dedans en un mortier de marbre avec un pilon de bois, on les laif- *j re |.' e * uc fera digerer a froid cinq ou fix heures afin que leur vifcoiite fe rarefie , on les ex- °£ f ^?'^l ptimerapour en tirerlc tue: Onmetttacelue dans des bouteilles, Sconl'expo- iat jon, Ff ij Vertus. Dofe. Vertust Dofe. Syrop de limons ou de citrons faic laus feu. Vercus. Syrop d'o- tiS P H A R M A C O P E' E fera quelques jours au foleil pour le faire depurer , on le filtrera enfuite, & Payant mele avec Je double de fon poids de Giere nn , dans un plar de terre vernifle, on inccrra le melange für un petit feu pour faire fondre le fucre, 5c le fyrop fera ache- ve, on l'ecumera & on le coulera. Il eft cordial Sc rafraichiiTant, on le donne pour refrfter ä la corruption des hn- meurs, & pour les vers •, la dofe en eft depuis demi once juiqu a une once &c demie, on en mele dans les porions 8c dans les juleps. On employe ordinairement dans la preparationde ce fyrop, pour fe moins autant de fuc de limons que de fucre, mais comme alors il eft neceflaire de faire confu- met le trop dlrumidite du melange, afin de lui donner la con/iftence requife, le fyrop acquierr de l'acrete , &c il n'eft pas fi rafraichiiTant, ni fi beau, ni fi delicieux que quand il a ece fait par la methode qui a ete decrite , ou l'on ne met que ce qu'il faut de fuc pour liquefier le iuere 8c le reduire, en confiftence de fyrop , ians qu'il foir befoin de le faire bouillir ni avaporer. Le fyrop de limons eft rafraichillant , parce que fon aeidite fixe Sc apefentir les fels volatiles ou les foulfres qui lont trop en agitation dans le corps , & modere leur mouvement qui caufoir la chaleur. On peut faire un fyrop de limons ou de citrons fans feu, en coupant le fruit par tranches, faupoudrant les tranches de fucre pulverife, & les merrant für un ramis renverfe qu'on pofera dans Line grande terrine, on placera le tout a la cave ou en un autre heu humide, il coulera dans la terrine un iyrop qui aura les memes vertus que lautre.. Le fyrop de limons comme les autres fyrops aeides , fc conferve long-temps dans £a. bonre, a caufe de fon fei eflentiel. Syrop de fuc d'&lleluya* Prenez- du fuc d'alleluya nouvellement tire & Spure, & du fucre llanc, de chaiun. 3 ieux livres. Taites-les culre enfemble a petit feu, &faites-en un fyrop. R E M A R Q^V E S. On aura de l'oxytnphyllum , appelle en Francois alleluia, nouvellement cueilli dans fa vigueur, on le pilera bien dans un morner de marbre, & l'ayant laiiTe trois ou quatre heures en digeftion a froid, on l'expnmera pour en avoir le fuc, on de- purera ce fuc en lui donnant un boüillon & le paflänt plufieurs fois par un blanchet. On melera enfemble dans unplat de terre vetniiTe parties egales de fuc d'oxytri- phyllum depure 8c de fucre blanc, on placera le plat für un feu modere pour faire fondre le fucre, 8c pour faire evaporer 1'humidite de la liqueur jufqu'a. con/iftence de fyrop. Il eft propre pour defalterer , pour fortifier iecceur, pour puriner le fang , on le donne dansles nevres ardentes 3 dans les fievres malignes. Ladofe en eft depuis demi once /ufqu'a une once 8c demie. On peut faire de La meine maniere le fyrop d'ofeille. Syrop de cerijes aigriottes. Prenez du fuc de cerifes aeides nouvellement tire'& Spure & du fucre lUnc de ch&* tun tr, s livres. Cuifes.-les (nfemble , & faites-en un fyrop*. UNIVERSELLE. SEMiR QJJ E S- M> Versus, Dofe, VerniSi I>üfftr önprendra descerifes appellees aigriottes avantleur parfaite maturite , on Ies ecrafera dans un morrier de maibre > & Ton en tircrä le lue , on laifTera depurer ce fuc au foleil pendant deux jours , puis on le filtrera , on y melera un egal poids de fucre blanc dans un ptat de terre vernifle , Sc Ton fera cuire le melange en fyrop. Il rafraichit, il defaltere, il eft bon pour les febricitants, Sc pour temperer la bile, on le prend en juiep avec de l'eau. La dofe en eil depuis demi once jüfqu'a deux onces. Ies cerifcs aigrelettes rendent le fyrop plus rafraichifläüt & plus agreable que ceücs qui par une parfaite maturite fönt devenues douces. Syrop- de verjus. Trenez. du fuc de verjus nouvellement ine & epure& du fucre bUnc } de cbaeuti deux livres. Melez,-les & les cuifez. en fyrop. R E M A R Q_U E S. On eaalera des grains de verjus dans un monier de niarbre, on Ies exprimera , pour en rirer le Tue , on depurera ce fuc au foleil, on le filtrera, & on le mettra dans un plat de terre vernifle , on y melera un egal poids de lucre fin , on pofera le plat für un petit feu pour faire fondre le fucre & pour faire confumer la liqueur douce- ment jufqu a con/iftence de fyrop. Il eft rafiraichifl&nt, il arrete le vomiflement, il tempere la bile, il excite i'ape- tit. La dofe en eft depuis demi once jufqu a une once öc demie. On ne doit jamais fe fervir de vailTeaux d'airain pour faire les fyrops aigres , de peur qu'ils n'en tiraflent un verd-de-gris. Il eft bon de faire confumer l'humidite a petit feu, afin qu'il n'y ait que le plile- gme qui s evapore. On pouroit rendre le fyrop de verjus plus aigre en y employant plus de fuc , mais- il auroit de L'acrete» Syrop sie vinaigre ßmpk. Trenez du vinaigre de v'm blanc > une üvre y J>u fucre blanc , deux livres. Meltz.-les & faites-eti un fjrop fehn l'arf. REMARQUES. On mettra dans un plat de terre vernifle , deux partie* de fucre en poudre, &" une partie de vinaigre bien clair , on pofera le plat für le feu & quand le fucre fera f ondu , le fyrop fera fair , on lecumera Sc on le coulera. Il eft propre pour rafraiciiir dans les fievres ardentes , il defaltere , il arrete le Vertiis. crachement de fang & les autres hemorrhagieS, il reiifte au venin» La dofe en eft Dofa, depuis demi once jufqu ä une once. Il n'eft pas befoin de faire bouillir ni evaporer ce fyrop , parce qu'on n'y mele du vinaigre que la quantite qu'il en faur pour liquefier le fucre Sc pour le mettre en confiftence requife j. on peut le rendre plus aigre en y employant parties egales de fucre & de vinaigre ; mais comme alors il faudra faire confumer une partie de la Tiqueur , l'acide volatile du vinaigre s'evaporera avec le phlegme Sc le fyrop en fera plus acre Sc moins agreable au goiir. Qiioiqu on employe orejinairement le vinaigre blanc pour le fyrop , il ne feroit Ff iij Veitus. Pofe. Vertus. Dole. H e P H A R M ACOPE'E pas moins bon quand on fe ferviroit de vinaigre rougc Syrop de vinaigfe compofe', PreneZu des racines de fenouil, d'aehe y & d'endives ,de chaeunes troisowes ,' Des femences d'anis , de fenouil & d'aebe de chaeunes , une once , De la femence d'endive , une demi-once. Cuifex. ccsßmples a petit feu dans qua.tr e pintes d'eau commune jufqu'a la dimimi- t'ton du tiers; puis ajoutet, a la colature trois hvres de fucre blanc t & une pinte du ttieilleur vinaigre. clarifiez, le taut & le cuifez. en fyrop, R E M A R Q^U E S. On choifira les racines bien nouries 8c recemment tirees de terre dans leur vi- , gueur, on les lavera , on les mondera, on les coupera par morceaux, on concaf- fera les femences, on fera bouillir le touc enfemble dans l'eau jufqu a diminution de la moitie , oncoulerala deco&ion 8c Ton y melerale fucre, on clarifiera le melange avec un blanc d'ceuf, on y ajouterale vinaigre & Ton fera cuire laliqueur en fyrop. ■ On le dir propre a deterger la bile craiTe , a rarefier lapitiüte, a lever les obftru- ftions , a exciter les urines. La dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once. Le vinaigre qui eft aftringent nie femble peupropre 8c convenable dans ce fyrop qu'on veuc rendre aperitif. Syrop de vinaigre rofat t de Mefue. Prene & des racines d'aehe, de fenouil & d'endive, de chaeunes deux onces , Des rofes t une once , Des femences d'anis , de fenouil & d'aehe , de chaeunes fept dragmes , De U regliffe, une demi once t Du fpicanard , deux dragmes & demie. Takes bouillir cesßmples dans trois pintes d'eau de fonta'me jufqu'a la diminution du. tiers , ajoutez. a la colature des Jucs d'endive & d'aehe , de chaeun deux Hvres & demie> Du vinaigre , une pinte. Taites de tout cela. un fyrop felon l'art. R E M A R Q^V E S. On nettoyera & Ton concaflera les racines 8c les femences , on les fera bouillir dans l'eau , on ajoutera für la fin les rofes & la reglille, & quand Li decoction fera faite , on la coulera ; on«y melera les fucs 8c le fucre, on clarifiera le melange avec un blanc d'ceuf, on le mettra cuire dans un plar de terre en confiftence d'opiate, on y ajoutera alors le vinaigre , on fera evaporer le trop d'humidite a petit feu , jufqu'a ce que la liqueur foit en fyrop; on y jettera für la ün le fpicanard ineife menu 8c enveloppe dans un nouet, on lelai/Iera toajonrs tremper dans ce fyrop, II eft eftime propre pour les fievres compliquees, pour lever les obftru&ions du foye, de la ratte &pour fortifierles vifeeres. La dofe en eft depuis demi once juf-» qu'a une once. On evite de faire bouillir le vinaigre , tant afin de conferver fa vertu, que pouf empecher qu'il n'aequiere une acrete en bouillant, laquelle feroit defagreable au gOLlt. On nc met le fpicanard que für la fin de la cuite du fyrop , afin de conferver fe* parties fubriles dans lefquellcs coniifte fa vertu. UNIVERSELLE. .t,t Ces deux de/criptions de fyrop acereux compofez me paroifTent mal imaginces, car on y meJe des aperitifs avec des ailringents qui fe detruifent Tun lautre , ou qui diminuent de leur vertu; le vinaigre & les rofes dans la derniere fönt aftrin- gente, & le refte des drogues eft apennf, ne vaudroit-il pas mieux fe fervir de ces deux efpeces de drogues kparernent dans les occafions ou elles feroient neceflau:e& que de iss meler l Oxyfacchafum ßr/iple. Freuet, du fuc de grenades aigres , huit onccs , Vinaigre , quatre onecs , fucre blanc t une livre. Cut/ex. le taut en conjtfience de fyrop. R E M A R Q^U E S. On aura des grenades aigres, on en tirera le fuc par expreffion, on le laiffera depurer au foleil, puis l'ayant nitre, l'on en mettra huit onces dans un plat de terre verniiTe avec quatre onces de vinaigre &c une livre de fucre , on pofera le plat für un petit feu pour faire fondre le fucre & pour evaporer l'hurnidite jufqua confi- ftence de fyrop. Il rejouit le cceur, il reiifte a la malignite des humeurs, il rafraichit en precipi- tant les vapeurs bilieufes ou fulphureufes 8c falines, il artete les cours de ventre & les hemorrhagies. La dofeen eftdepuis demionce jufqua uneonce. On entendordinairementparo.^/rfff^4r«;»,unrnelange de vinaigre 8c de fucre, mais on peut außi donner ce nom a quelqu'autre liqueur acide que ce foit oü l'on aura diflöut du fucre , puiique oxyiaceharum eft compoiedu Grec bxis , acidus 8c faaron, faecbarum , comme qui diroit fucre acide. Certe efpece de fyrop approche beaucoup du fyrop de grenade , mais il eft plus acide a caufe du vinaigre qui a plus de force que le fuc de grenade. On fait cette preparation dans un vaifleau de terre plutöt que dans un de metal, afln qu il ne recoive aucune mechante impreilion , on le contente d'en faire evaporer doucement l'humidite , afin de conferver 8c de rerenir autant qu'il fe peut, la vertu 6c le bon gout des acides , car quand on les fait bouillir } il s'en dillipe beaucoup j 8c ils deviennent acres. Oxyja.ccha.mm compofe, de N. Prevot. Trenet. des capillaires f de la fcolopendre , du poljtric , de la langue de cerf , de tbepatique y des violettes, des racines de fenouil , d'afperges , de petit boux , & de ibtendent, de chacunes demi once , Du fuc de grenades aigres , quatre livres & trois onces. Que ces ßmples infufent enfemb'ependant trois jours, qiiils bouillent enfuite lege- rement; que ion c>ule & exprime l'mfujibn ; que la colature foit clarifiee avec deux hvres de fucre , & quelle foit ernte en fyrop felon l'art. R I M A R Q^U E S. On ineifera les herbes; on concaflera les racines , on les mettra enfemble dans tin pot de terre vernifTe, on verfera deflus le fuc de grenade, on couvrira le pot 5 & on laiflera digerer l'infufion pendant trois jours : Enfuite on la fera bouillir lege- rement > on la coulera avec expreffion 5 on y melera le fucre, on clari&era le me- Vertus» Dofe-. 11 Vertus Dofe. Suc de meures. Diamorum cum facha- 10. Vertus. Syrop de meures de Renard. Yeitus. Vertus. iji PHARMACOPE'E lange avec un blanc d'ceuf, & on le fera cuire en fyrop dans un vaifTeau de terre; Ün Je dit propre pour lever les obftru&ions Sc pour fortifier les viieeres. La dofe en eft depuis derai once jufqu'ä une once Sc demie. Il y a dans cecte compofition la meme faute qu'aux fyrops aceteux compofez , c'eft qu'on fe fort d'une liqueur aftringente pour tirer la fubftance des plantes qui fonr aperitives, je trouve donc ces deferiptions bien inutiles. Syrop de Meures fimple. Prenez* du fuc de meures domefliques & du fucre blatte , de chaeun deux livres, Faites-les cuire enfemble en conßflence de fyrop felon Vart. R E M A R 0,U E S. On cerafera des meures dans un monier de marbre, on les laiffera digerer fept ou huit heures a froid , puis on exprimera le lue au travers d'un linge , on melera ce fuc avec un egal poids de fucre fin Sc Ton fera cuire le melange en fyrop, c'eft ce qu'on appelle Diamorum cum faccharo. Il eft Bon pour les maux de la bouche Sc de la gorge, on en mele dans les garga- rifmes , on en prend aufli a cuilleree pour le rhume. On peut preparer de la meme maniere le fyrop de meures fau vages appellees vul- gairemenr meures de Renard. Il eft bon pour les maux de gorge , Sc pour arreter la dyfenrerie. On fair ordinairement le lyrop de meures fans avoir laille depurer le fuc , mais fi l'on veut fe donner le tems de le laiffer depurer au foleil, & de le paffer par un blanchet, le lyrop en fera plus beau Sc moins epais. J'ai decrit ailleurs un autre diamorum qui ne diftere d'avec celui-ci qu'en cc qu'on y employe le miel au lieu de fucre. Syi'op de meures, compofe. Tremt. du fuc de meures domefliques & du fucre blanc, de chaeun deux livres t Du v er jus t Jix gros , De la myrrbe & du faffran , de chaeun deux dr Agnus, Cmfcu-les en conßflence de fyrop. R E M A R O^TJ E S. On ferabouijlir enfemble le fuc de meures, le verjus Sc le fucre, quand le fyrop fera ä demi cuir on y jetrera un nouet rem pli de la myrrhe concafTee Sc du faffran, on aclievera la cuitte du fyrop Sc l'ayanr laiffe refrojdir enn'erement , on le verfera dans une cruche ou autre vaiifeau avec le nouet qu'on y laiffera toujours tremper, Ce lyrop eft propre pour la fquinancie, pour les ulceres du palais Sc de la gorge » on en mele dans les gargarifmes , il eft decerfif. • Il eft bon d'employer ici les meures un peu avant leur maturite parfaite , parce qu 'elles fönt alors plus deteriives que quand elles fönt tout-a-fait meures. Syrop de fleurs de pas-d'ane , fimple. Vrenez, desfleurs de pas-d'aneou de tufßlage nouvcllement cueillies, une livre &demlei lnfufet.-les chaudement pmdant i 2 heures dans quatre pintes & chopines d'eau d& fonfame , faites-les bouillir enfmte legerement ; puis coulez, & exprimez, l'infußon. Apres (eh remettex.-yle mime poids des memesßeurs, & reiteret, U meme infußon, cnlaturi Syrop de pied de chät. UNIVERSELLE. 155 folature & expreß»»: Enfin clarifiex* cette feconde colature avec quatre Uvres de fucre, puis la faltes nitre a petttfeu en conßflence de fyrop. On petit preparer de meme le fyrop des fleurs de pied de cbat. R E M A R Q^U E S. On mettra dans un pot de terre vernifle les fleurs de pas-d'afne ou tuflilage cueil- lies nouvellement dans leuu vigueur Sc y ajoütant du fucre. Syrop de pas d'ane , compofe. Trmet. des racines de tufftlage, une dem livre , Des feinlies & des fleurs de la mime plante , de ebaeunes quatre po'ignies , Des capillaires de Montpellier , deuxpoignees , De laregliffe , uneonce. Faites-les bouillir dans quatre pintes d'eau commune jufqu'a la confomption dutiers. CUrißez, la colature avec cmqlmes du meilleur fucre, & U cuifez, en fyrop felon l'art. R E M A R Q_U E S. On choifira des racines de tuflilage les plus grofles & les mieux nouries, on les lavera, Sc les ayant coupees par petits morceaux, on les fera bouillir dans l'eau en- viron un quart d'heure, puis on y ajoütera les feuilles incilees , Sc enfin les fleurs & la regliffebien concaflee , on continuera la codeion jufqu'a" diminution d'envi- ron le tiers de l'humidite , on laiflera ä demi refroidir la decoeftion, on la coulera & on l'exprimera, on melera dans la colature le fucre, on clarifiera le melange avec un blanc d'ceuf, Sc on le fera cuire en fyrop. 11 eft propre pour la pleurefie, pour l'afthme, pour detacher les phlegmes de la poitrine, Sc pour faire crachcr •, la dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once Sc demie. Syrop de jujubes. Frenez. foixante jujubes. De l'orge mondi t de U reglijfe , & des capillaires , de chaeun une once , Des violettes nouvellement cueilhes, une po'tgnee t Des femences de mauve, de coings » de favot blanc , de melons & de laiäue , de ebaeunes trois dragmes. Qtu tout cela bomlle dans trois pintes d'eau commune : puis coulez, la decoäion & la da- rifiex. avec le blanc d'ceuf & trois Uvres de fucre. Cuife%,-la enfutte en conßflence de fyrop. REMARQUES. On fera premierement bouillir doucement dans l'eau l'orge monde pendant demi Vieure, puis on y mettra les jujubes qu'on aura ouvertes, enfuite les femences, les capillaires, les violettes Sc la reglifle ratilfee Sc concaflee, on fera cuire le tout juf- VertiK. Dofe,. Vertus Dofe. Svrop jujubes fimple. Sv op Dactes. Vertus. Pofe 134 PHARMACOPE'E qu'ä diminution du tiers, on coulera la decoclion , on y melerale fucre > 5i äjent clarifie Je melangeavec un blanc d'ceuf, on le fera cuire en confiftence de iytop. ll eft propre pour epaiilir les (eroiuez ou les aucres humeurs trop fubtiles & trop acres qui tombent für les poümons, il provoque le crachac, ll fair mcurir la toux, on le donne dans les pleurefies, dans l'afthme Sc dans les autres fluxiens de poitri- ne ; la dofe en eft depuis demi once jufqu a une once Sc demie» La pldpart des Difpenfaires ajoutent en la difcription de ce fyrop , trois drag- mes de gomme adragantfi ; mais comrae eile rend le fyrop trop vifqueux, les Modernes onr trouve a. propos de la retrancher, ceux qui voudront l'y faire euerer , l'envelopperont avec la graine de coing dans un nouet de linge qu'ils mettront bouillir dans la decoction. La vertu principale de ce fyrop confifte dans fa fubftance gtutmeufe , car par eile il lie & il emouile les pointes des fels acres qui tombent für la poitrine , Sc ilepaillit les f eroiuez trop coulantes öc trop iubnles. j e On fair encore un fyrop de jujubes fimple avec une forte deco&ion de jujubes Sc de fucre parties egales. On peut preparer auili de meme le fyrop de da£tes, appelle en latin } Sjrupus " e dactjlorum. Syrop de Nenuphar. Trenez. des fleurs de nenupbar blanche s bien e'plticbe'cs, deux üvres. Infufez-lcs cbaudementpendant 24 beures dans quatre pintes & cbop'me dfeau. commune , f.iioes-les boutllir enfmte legerement , puis coulez. l'mfußon & iexprunez.. Jettez. le meine poids de muvelles fleurs dans la colature & reiteret, linfujton pendant le meme efpace de tems , aujji bten que la colature & l'exprejfion qui jeront faites comme la prcmiere fois. Enßn atte feeonde infußon fera clarif.ee avec le blanc d'ceuf &• quatre livres de fucre, puts eile fera einte en fyrop felon l'art. R E M A R Q^U E S. On aura des fleurs de nenuphar bianches nouvellemenr caeillies t on en feparera les f euilles du miheu les plus bianches 8c les plus nettes qu'on mettra dans un pot de terre vernifle ; on verfera delhis, l'eaa bouillante, on couvrira le pot , on laiifera Ja matiere en digeftion pendant vingt-quatre heures, enfuite on la fera bouillir legerement t on la coulera avec exprefllon , on mettra dans la liqueur coulee toute chaude, autant de nouvelles fleurs de nenupbar que devant ; on les laiffera en ma- ceration j on fera bouillir l'infufion, on la coulera avec expreffion , on y melera le fucre, on clarirlera le melange avec un blanc d'ceuf Sc on le fera cuire en fyrop. II tempere la chaleur des entrailles, Sc en incraflant les humeurs trop fubtiles, ii provoque le fommeil, il caime les ardeurs de Venus, il modere les cours de ven- tre, qui viennenr des fels acres & bilieux , il arrece les hemorrhagies i la dofe en eft depuis demi once jufqu'a. une once & demie. On pourroit faire davantage d'infufions de fleurs de nenuphar ; mais elles fe- roienr inutües, deux bonnes mfnfuns doivent fuffire 5 car quand lespores de l'eail fonc une fois remplis de Ja fubftance de la fleur , ils fönt incapables d'en recevok davantage. Il ne faut pas erpire que le fyrop de nenuphar foit beaueoup fomnifere, il conci- He feulement un peu le ibmmeil en diminuant par une fubftance epaiffidante ort quelquepeu narcotiqüe, le mouvement des efprits Sc des humeurs. Sjiop de Nenuphar compo V, de Francois de Piemcttt, Trenez, despws bUmbes de nenuphar, deux onecs, UNIVERSELLE. J 3 5 T)es fieurs denenuphar jaunes, de U femence de pjjilium & d'ofiille, des meines de je nouil, de cbaeun une once, Des qnatre grandi s fehiences froides, de ebaeunes denn once, Des quatrepetites femences froides , de ebaeunes dettx angines, Emtes boutlltr ces plantes dans deuxpintes d'cau d'otge jufqua la confctnpt'on de la, moitie; fuis ajoutez, a la coUture une livre de fucre blanc ,dti fuc de grenades aetdes, & du vinatgre blanc , de ebaeun deux onces. De tont celafaues un fyrop felon l'art , qui [er* parfume avec une dragme & demie de fantal citrin , & au taut de ff icanm d. K E M. A R O^U E S. On mettra dans un poc de teure vermiß , les fleurs de nenuphar blanches & jaunes mondees, les femences froides , Sc celles d'ofeille concallees, la racine de fe- nouil mondee & coupee par perits morceaux •> on fera quarre livres de decoeftion d'orge , on la verfera dans un pot für les drogues , on les laiflera tremper quelques heures le pot etant bouche, puis on les fera bouillir doucement jufqu'a dimlnutian de la moitie de l'humidite , y ayant ajoute vers la moitie de la cuite , la femence de pfylium enveloppce dans un nouet, on coulera la decoction , un y melera le fucre , le lue de grenade Sc le vinaigre, on clarifiera le melange avec un blanc d'ceuf & on le fera cuire en lyrop, on l'aromatifera lur la fin avec le fantal citrin rape , Sc le fpicanard ineife enveloppez dans un nouet qu'on jettera dans le fyrop , & qu'on y laiflera toiijours tremper. On eftime ce fyrop bon pour eteindre les ardeurs de la bile & de la hevre , pour epaiflir les humeurs Sc pour provoquer le iommeil-, la dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once. Comme la femence de pfyllium eil; acre Sc un peu purgative quand eile a ete con- cafTce , i[ vaut mieux l'employer ici entiere, afin qu'il nc s'en derache que la partie mucilagineule qui eft adoucitlante & peclorale ; d eil bon de l'envelopper en un nouet, Sc de ne la mettre dans la decoction que quand eile eft ademi faire, depeur quelle ne la rende trop vilqueufe , car la dofe en eft grande Sc il y en auroir affez pour rendre le fyrop epais en opiate : je ferois d'avis qu'on en retranchaft les trois quarts, Sc qu'alors on l'employaft fans l'envelopper. La racine de fenouil, le fantal citrin & le fpicanard onr ete mis dans cette def- cription, tant pour corriger la qualire narcotique Sc rafraichillante du nenuphar , que pour aromatifer le fyrop •, mais cette fleur li innocence dans (es effets n'a poinr befoin de correeftif ,nile fyrop d'etre aromatiie. Les parties fubtiles & rarefianres de ces ingrediens ne peuvenr que diminuer fa vertu, Sc empecher fon aeftion la meilleure qui eft d epaiflir les humeurs Sc de rafrakhir. Le fuc de grenade & le vinaigre fönt des aeides propres , a. la verire , a calmer le mouvemenr rrop impetuenx des humeurs enles condenfant, mais ils dimmuent la qualite narcotique du nenuphar en la fixant trop , 8t Vempechanr de s'elever en une vapeur douce au cerveau , laquelle provoque le fommeil ; or comme cette qualite narcotique refide rres-foibleinent dans ie nenuphar , routes ces drogues avec lef- quclles on le mele, la detruifent enrieremenr, c'cftpourquoi jeprefererois roujours le lyrop de nenuphar umple acehu-ci. Il y a encore un autre defaut dans cette defeription, c'eft que l'Auteur y ordonne trop peu de fucre pour la quantite des drogues, les proporrions (eroienr plus juftes, ul'on en doubloir la dofe , Sc qu'au lieu d'une livre on en mit deux. Syt'op de pavot fimple , ou de Diacode. Prenez. destetes de pavot blanc meures & nouvellement cueillies 3 itnxlivns , Des ütes de pavot mir attjft nouvellement cueillies t une livre, Ggij Vert is. Doli. Vertus. Dofe. Diacode de;Ancies. i 3 tf l'HARMACOPE'E Coupez*-les & les infufez, enfemble dans quatre pmtes d'eau defonta'ttte i'ien chwde pendant 2 4, heitres & qti'elles boHiüent enfuite jufqu'a la diminution de la moit i. Cmlez, apres cela la decoäwn & Vexprimez, ; pms cbrifiez,-la avec le blanc d'xuf & trois livres de fucre , & la cmfez, en fyrop felon l'art. R E M A R Q^U E S. On inciferapar petits morceauxles tetes de pavot nouvetlement cueillies dans leur maturite •, on les merrra dans un pot de cerre vernifie , on verfera deifus l'eau bouillante , on couvrirale pot Sc on lailfera infufer La matiere 14 heures, on la fera bouillir eniuite doucement jufqu'a diminution de la moitie de 1'humidite ; on coulera la decodtion avec forte expreflion, on y melera le fucre , on clarificra le melange avec un blanc d'ceuf, Sc par un feu modere , onle fera cuire en fyrop. Il eft lonimfere , propre pour adoucir les acretez de la gorge Sc de la trachee ar- tere , il apaife les douleurs, il artete les fluxions , la toux , le crachement de fang , la dyflenterie •, on le donne dans toutes les occafions oü il eft befoin d'afloupir Sc d'aneter le mouvement des humeurs •, la dofe en eft depuis demi oncc jufqu'a dix dragmcs. Le Diacodium des Anciens etoit proprement l'extrait des tetes de pavot oü l'on ajotitoit un peu de fapa ou de fucre; mais ce que nous appellons prefenrement diacodium n'eft autre chofe que le fyrop de pavot. Il n'eft pas eiVenüel de faire entrer le pavot noir dans la compofition de ce fyrop •, ü l'on n'en a point, on n'employera que le blanc en une quantite proportionnee. Il feroit inutile de faire plus d'une infufion de pavot pour ce fyrop , parce qu'il en entre affez dans celle-ci pour remplir entierement les pores de la liqueur. Plufieurs fönt fecher a demi les tetes de pavot avant que de les employer pourie fyrop , afin qu'il fe conferve mieux •, car une humidite vifqueiife qui fc rencontrc dans les tetes de pavot vertes, fait fermenter le fyroo : on peut m&nc en un befoin compofer eii hyver le lyrop de pavot avec des tetes de pavot feches ; mais alors il en faut faire deux ou trois bonnes infufions; car l'eau ne s'cmpreint pas fr facile- ment de la fubftance du pavot fec que de cellc du pavot rccent La vertu narcotique da pavot coniifte particulierement dans fa tetc , fa grainc n'en a que trespeu ; c'eft pourquoi il eft aifez inutile de l'employer dans l'infuiion , on s'en fert dans les emulflons , ou. eile produit le meme eftet que les fernences froides. Le pavot a plus ou moins de qualite narcotique fuivant la temperarure du pai's ou il a cru , ainfi il eft beaueoup plus fomnifere en Italie, en Efpagne 6c meme en Languedoc , en Provence , qu'il n'eft a Paris ; mais il a encore plus de vertu en Egypte & dans la Grece ; car c'eft en ces pays-la qu'on en tirc l'opium , par incifion 6c par expreffion. La dofe du fyrop de pavot en Languedoc Sc en Provence , ne doit etre que depuis une dragme jufqu'a demi once. Les effets du fyrop de pavot viennent de ce que par fa fubftance glutineufe Sc cmbaraflänte, il epaiffit les humeurs Sc artete le trop grand mouvement des eiprirs- dans le cerveau ; on peut lue a ce fiajet ce que j'ai ecrit des effets de l'opium dans mon Livre de Chymie en traitant du laudanum ; car c'eft par une meine raifon que le pavot 6c l'opium fönt dormk, ils ne different dans leurs effets que du plus aut. moins. Syrop de pavot compofe\ de Mefuei Irenez, des. tetes de pavot SUnc & mir & desfemences de laifitte, de chaeun cinq onceu 4 3? UNIVERSELLE. Des fernem* de mauves & de coings , de cbacun ßx dragmes, trente jujuhes, Des capillaires, quinz.e dragmes, De Li regliße , cinq dragmes. Eaites bouillir ces fimples dans quatre pintes d'eau commune jufqu'a la dimimition de la moitie', & dans la coUture clarifieepar tifidenee , dijjolvtz, des penides & du fucrt hlanc, de cbacun wie livre , puis la cuifex. en fyrop. R E M A R QJJ E S. On coupera menu les tetes de pavot Sc les eapillakes > on concaffera la regliue Sc les ßmences de lai&ues , on ouvrira les jujubes , on mettra le tour enfemble dans im poct on vctfera deflus l'eau bouillante, on laiflera la mauere en digeftion dix ou douze heures , puis on la fera bouillir jufqu'a diminution de la moitie de 1 numi- dite , on enveloppera dans un nouet les femences de coing Sc demauve, on jettera ce nouet dans la decottion a demi falte , on coulera la decoction quand eile fera achevee, & on la laiflera rafleoir, on verfera par inclination dans un autre vaif- feau, ce qui fera clair , on y melera ie fucre & les penides, & Ton fera cuire le me- lange a petit reu jufqu'a confiftence de fyrop. 11 eft propre pour calmer la toux , pour excicer le fommeil, pour appaifer les Vertlis douleurs , pour arrererles hemorrhagies, pour rafraichir Sc fortifier la poitrine, D r pour epaiilir les humeurs rrop f ubdies ; la dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once Sc demie. Les femences de coing 5c de mauve fonc fi mucilagineufes qu'elles rendroient le fyrop en confiftence de gelee liquide , li on les faifoit autanr bouillir que les autres Ingrediens $ c'eft la raifon pour quoi on ne les met dans la deco&ion que quand eile eft a demi faite. La femence de laiclue entre en une ,dofe exceflive dans cecte compofltion , il nie fcmble qu'on y en mettroit aflez quand on en changeroit les onces en dragmes. Ce fyrop n'eft pas fi fomnifere que Leprecedent , parce qu'en celui-ci l'eau fe cViarge dans la decoction indifferemment de diverfes fubftances, au lieu qu'en i'au- tre eile ne peuc s'empreindre que de ceJles du pavoc. Syrop de pavot Rhee.ts , nuttement dit de coquelicoq. Trenet, des fleurs de pavot rouge nouvellement cueillies , une livre , De l'eau de fontaine ( deux pintes. Laijfezrles en macermon pendant huit heitres dans un vaißeau de terre für les cen~ dres chaudes ; pws les faltes hwülir legerement. Coulez, enfuite la decoäion & l'expri- tnez. : jettet, apres cela dans cette meme decoäion le mime poids de nouvellesfleuts pour faire une ftconde tnfußon , & dans la feconde colature dißolvez. quatre Uvra de jucre* & deux on- es de miel ecutne. Clartfiez*-la enfuite, & la faltes cuire en fyrop felon l'art. R E M A R Q^V E S. On aurades ffeurs de'coquelicoqou pavot rouge nouvellement cueillies , on les Syrop de mettra dans un pot de terre vernifle , on verfera deiliis l'eau bouillante, on cou- co^utli- vrira le pot Sc on laiflera la matiere en digeftion fept ou huir heures chaudement, co ß' on fera bouillir l'infufion legerement, on la coulera, on l'exprimera , Sc Ton y met- oa y!?' > a ^ tra tremper für les cendres chaudes, de nouvelles fleurs comme anparavant pendant gft un pareil temps, on fera bouillir enfuite l'infufion legerement, on la coulera Sc on Texpnmera; on melera dans cette infufion coulee le (ucre , Sc le miel ecutne , on clari&erale melange avec un blanc d'ceuf, Sc on le fera cuire en-fyrop. Gg ü£ Vertus. Pofe. H« 'Autre ma- niere de faire lc fy- iop de coquelicoq. PHARMACOP E' 11 II eil propre poui' eppiflii; les ferofitez trop liibules, pour faire cracher; on s'en fert pour Je rhume , pour la fqiunancie, pour lapleuretie , pour ia phthifie , pourle crachement de fang , il provoque un peu le fommeil & la fueur : la dofe en eft depuis demi once jufqu' a une once & demie. II feroit inutile de faire plus de deux fortes infufions de la fleur de coquelicoq , parce qu'il y en a luffifammenc pour empremdre enrierement les pores de l'eau. Si dans les infufions de fleurs de coquelicoq on employe les petites tetes oü les feuilles des fleurs fönt attachees , &c d'oü elles fe detachent tres-facilement , le fy- rop en fera plus fomnifere & plus adoueiflant. Le miel eft ajo&te dans ce fyrop pour empecher qu'il ne candifle. On pouroit au lieu de l'infiifion des fleurs de coquelicoq en tirer lc fuc par ex- prcflion, & le faire cuire avec un poids egal de fucre ; on autoit un fyrop du moins auffi bon que l'aurre. On fair fecher pendant l'Ete au foleil des fleurs de coquelicoq , & Ton s'en fert en guife de the avec un peu de fucre , il produic le meine effet que le fyrop, on en boir une tafle tour chaud de temps en temps entre les alnnens. a mode. L'ufage de ce remede eft devenufort familier &c ä Poudre «arcotiq. Vertus. Dofe. Syrop narcotique de fuccin. * Trenez. de l'ambre jaune redmt en poudre , deux onces , & apres l'avoirfaitfondre apetitfeu dans une ecueile de terre vermffee t melez,-y deux onces d'opium coupe' pur tnorceaux , pour en faire une muffe a garder pour Vufage. Enfutte prenez. de cette maße pulvertfee deux dragmes, avec chopine d'eau commune. Mettez, bouillir le tont enfemble jufqu'a diminutton de la moitie , & filtrez, cette l'iqiteur par le papier gns avec une üvre de fucre fin , que vous ferez, cuire enfemble en ccnftßence de fyrop. R E M A R Q_U E S. On reduira en poudre le fuccin, on le mettra dans une ecueile de terre vernie, on placera cette ecueile für le feu dans un rechaud , on la couvrira d'une autre ecuelle , la matiere fe liquefiera en maniere de poix fondue , Ton y melera alors l'opium coupe par petits morceaux , on agitera le melange avec une lpatule pour corporifier aütaht qu on pourra les drogues, les unir enfemble & en faire une malle qui fera noire; on la laiflera refroidir &: on la pulverifera fubrilement, on gardera cette poudre pour s'en fervir au befoin , on peut l'appelier poudre narcotique : la dofe en eft depuis un grain jufqu'a fix. On prendra deux dragmes de cette poudre narcotique, on la dcmelera dans qua- tre livres d'eau chaude, on fera bouillir doucemcntcc melange juiqua diminunon d'environ la moitie , on fikrera ia liqueur par un papier gris , eile fera jaunäere , on la melera avec une üvre 8c demie ou dix-huit onces de fucre , & on les fera cuire enfemble en fyrop. Il eft cephalique & pectoral, il calme & adoucit les acretcz de la pituite, il fortine en excitant le fommeil; la dofe en eft depuis une cuilleree jufqu'a trois, ou depuis demi once jufqu'a une once & demie, dans une liqueur approprice a h maladie. Ce fyrop aete mis en ufige par quelques particuliers qui l'eftiment beaueoup , la fubftancc du fuccin n'eft pas difloluble dans l'eau , erant feule, mais celie de UNIVERSELLE. j;, 9 l'oplum avec /acjiielle eile eft melee , la penetre & en difpofe une portlon a fctre difloure. Onpourroic faire une plus grande cliflolution de lapoudre , fi au Heu de h faire bouillir dans l'eau ieule , on la faifoit bouillir dans le fyrop pendant qu'on le cuic» carle fucre en dilioudroit bien plus que l'eau ', il faudroit quand le fyrop feroitä" demi cdit, le pail'er au travers d'tm blanchet pour le puririer de la poudre ßiii ne leroit point dillbure. Syrop des cinq racines. Trenex, des racines d'ache , de fenouil, deperßl a d'afperges & de petit houx , de cbacunes une once. Taites-les bouillir artiflement dans trois chopines d'eau jufqua Li confompt'tcn d% iiers. Gouiei, enfuiteU d'coä'wn & l'exprimez* 5 puis dijjolvez. dans U cohiture trois livres de Jiure , & j ajoutez, buit onces de vmaigre. Cuifez. le tout en fyrop felon fart. R E M A K Q^V E S, On choifira les racines les plus grofTes , les mieuxnouries recemment tireesde la terre , on les nettoyera , on les mondera, on les coupera par morceaux , & on les fera bouillir dans l'eau a diminution du tiers, on coulera la decodtion & on l'expri- mera, on y tnelera le fucre , on clarifiera le melange avec un blanc d'ceuf, Sc on le fera cune dans un vaiileau de terre vernifle jufqu'a confiftence d'opiate , on y me- lera alors le vmaigre , & par un petit feu l'on reduira le tout en fyrop. II eft eftime bon pour lever les obftru&ions du foye , de la ratte , du mefentere ,■ Vercus* il excire Purine ; on le donne aux hydropiques, a ceux qui fönt travaillez de la gra- velle & dans toutes les autres maladies caufees par des opilations •, la dofe en eft de- Dofe, puisdenn once jufqu'a deux onces. Le vmaigre qui eft aftringent me paroit mal convenable dans un fyrop aperitif, je ferois d'avis qu'on le retranchat, le fyrop en feroir plus efffeace -, les cinq racines qui entrent dans cette compolition fönt empreintes de fels cflentiels qui les rendent fort aperitives. Syrop des deux racines, Prenez. des racines de fenouil & de perßl } de chaeunes quatre onces ] De l'eau commune , deux pintes & choptne. Taites-les bouillir jufqu'a reduäion de la, moitie •, puis ajoutez, a la colature, deux livres de fucre blanc. Clarifiez,-la enfuite, & U cuifez, en fyrop felon l'art. R E M A R QJU E S. On choifira les racines dans leur vigueur & nou vellement forties de terre, on les mondera f on les coupera par petits morceaux , Sc on les fera bouillir doucement dans l'eau jufqu'a drmmuuon de la moitie, on coulera la decocLion, on l'exprimera » 6c l'on y melera le fucre , on clarifiera le melange avec un blanc d'ceuf , $$ on le fera ruire en fyrop. 11 eft propre pour exciter Purine , & pour lever les obftructions ; la dofe en eft Vera«» depuis demi once jufqu'a deux onces. < Dofe- Suc de Ucrre cer- Vertus. Dofe. ^4« PHARMACOPE'E Syrop de iierre terteflre. Prenet* du fuc de Iierre epure & du fucre blatte , de chaeun deux Ihres. Cuife%.-les enfemble en fyrop felon Vart. R E M A R QJÜ E S. Comme le Iierre terreftre eft peu fueculent, on auroit de la peine a cn tirer Ie fuc fans y ajourer quelque liqueur. Apres avoir pile exaetement neuf ou dixpoignees de Iierre terreftre cueilli en fa . plus grande vigueur, dans un mortier de marbre, on les humedtera avec neuf ou dtpuration ^' x onccs d'eau chaude , on couvrira le mortier , & on lailfera la mariere en dige- ftion dix ou douze heures, puis on l'exprimera , an depurera le fuc exprime en le failant bouillir un bouillon öc le pailant deux ou trois fois par un blanchet, on pe- fera ce fuc depure , on le melcra avec un poids egal de fucre blanc , & par un petit feu on fera cuire le melange en fyrop. Il eft propre pour les maladies du poümon 8c de la poitrine, quand elles proce- denr d'une pituite craffe qui tombe deluis, car il deterge & confolide , il eft bon pour l'afthme, pour lever les obftructions de la ratre , du foye, du inefenrere &c de la matrice, il excice les mois, c'eft auili un fudorilique ; la dofe en eft depuis de- mi once jufqu'a deux onces. Le Iierre terreftre eft ordinairement dans fa vigueur au mois d'Avril ou de Juin. Si au Heu d'eau commune, on employe l'eau diftiliee de Iierre terreftre , ou une forte decodlion dela meme plante, pour humecter l'herbe pilee , le fyrop n en fera que meilleur. L'humectation qu'on fait a l'herbe pilee ne peut au plusapporter d'autre preju- dice au fuc qtie de l'affoiblir un peu, mais en recompenfe l'eau aide a de'racncr le fei effentiel qui demeureroit dans le marc ; mais ceux qui auronc du fcrupule pour cette humedtation , pourront eroployer dans la compofition de ce fyrop deux par- ties de ce fuc für une parrie de fucre. Syrop d'hyfope. Trenet, desfeuilles d'hyfope des meines d'aehe, de fenoüil & de reglijje , de chaeu* ties dix dragmes, De Padtante blanc , Jix dragmes , Des raißns paßes mondez,, une once & demie , Des jujubes & des febeftes , de chaeun trente , Des figues graffes dejfechees } le nombre dt dix , De l'orge monde , demi once . Des femences de mauve , de coings & de Ugomme adragMth , de chaeun trois dragHU Taites bouillir ces drogues dans une fuffijante quantite d'eau , & diffolvei* dans U tolature deux livres de fucre tors, puis cuifez. le tout en fyrop. R E M. A R Q^u E S. On mettra premierement bouillir l'orge monde dans fix livres d'eau, en fecond lieu les racines d'aehe & de fenouil qn'on aura bien nertoyees mondees de leurs cor- des & coupees par petits morceaux , en troifieme lieu les fruits ouverts, en qua- triernc lieu les feuilles incilees, puis les graines $c lagomme adraganth enveloppee dans UNIVERSELLE. 141 cLans un nouer, enfin la reglifle ratiftee & concaftee, quand la liqueur fera dimi- nuee d'un rjets, on coulera la deco&ion , on la claririera par refidence, on y me- lera le fUcre tors, & on fera cuire le melange en fyrop. Il eft propre ponr les maladies de la poitrine quand eiles fönt caufees par des Vertus. phlegmes, Sc par des obftrudfcions , on le donnc pour l'aftkne , il provoque les uri- Dofe. nes, il poufle le fable hors des reins; la dofe en eft depuis demi'once jufqu'a une once & demie. Ce fyrop eft compofc* d'ingrediens de vertus difFerentes, l'hyfope Sc les racines conriennenr beauconp de lel Sc d'efprit volaril qui les rendent deterfives, penetrantes Sc aperitives, les autres drogues fönt huileufes ou mucüagineufes, hume- thntes, epaiffiflantes & adoucilläntes. Les premiers ingrediens perdent beancoup de letirs parties fpiritueufes dans Li coction , mais il leur en refte affez pour fervir de vehicule aux fubftanccs glutineu- fes, & pour leur aider a incifer Sc detacher les phlegmes qui fönt actachez für la poitrine Sc für les poümons •, il pouroit meme arriver que fi toutes ces parties fpiritueufes reftoient dans le fyrop , il ne feroit pas (i pe&oral, parce qu'il auroit trop d'acrete ou de fubtilite pour s'accommoder bien ä la poitrine & aux poumons qui fönt des parties delicates , & qui ne demandent pas des remedes trop fpiritueux : ain/i je n'aprouve pas la merhode de ceux qui ordonnent qu'on fade diftiller la par- tie fpiritueufe de l'hyfope & des racines, pour la meler enfuite dans le fyrop qu'ou «iura auparavant fait cuire avec la deco&ion en confiftencc d'opiate. Syfop de confoud? , de Ferne!. Trenez, des racines & des foinmite^ de grande & de petite confaude , de cbacunes trois poignees , Des rofes rouges , de la betoine , du plant am t de lapimpernelle , de U renouee , de U fcabieufe , & du pas-d'ane , de ehacun deux poignees. Tirei, le fuc de toutes ces plantes & l'e'purez,; puls mclcz.*j deux livres & demie de fucre blanc , & les cui/et en fjrop felon l'art. R E M A R QJÜ E S. On choifua lesplantes bell«, fucculentes , cuillies en leur vigueur , on les ne- toyera , on les coupcra, Sc onles pilera bien dans un mortier de marbre , commen- jant par les racines , on les laiffera ainfi pilees toutes enfemble dans le mortier en digeftion ä froid, pendant dixou douze heures , afin que leur fubftance vifqueufe fe rarcfie , puis on les exprimera pour en avoir le fuc , lequel on depurera en le faifant bouillirun bouillon & le paffant pluf eursfois par un blancliet, on le melera enfuite avec le fucte, &: on fera cuire le melange en confiftence de fyrop. Il eft bon pour arrefter le crachemenr de fang Sc les autres hemorrhagies, il forri- Vertu j, fie les poümons Sc la poitrine, il modere les cours de ventre ; h dofe en eft depuis D 0 fa demi once jufqu'a. une once Sc demie. Si l'on veut faire ce fyrop exadement, il faut y travailler dans le temps cjes rofes, afin que leur fuc foit mele avec celui des autres ingrediens , mais ceux qui ne vou- dront point s'aflujettir a une faifon , Sc qui auront envie de preparer ce fyrop au printemps ou en automne fe ferviront des rofes feches qu'ilspileront Sc qu'ils laifte- tont maecrer avec les autres plantes, afin que leur teinture Sc leur vertu y foit communiquee. La raciue du grand fymphitum qui eft le prineipal ingredien de ce fyrop etant 242 PHARMACOPE" E fort vifqueufe, rend peu de fuc , Sc la plus grande partie de fa vertu demeute avec le marc. Poar remedier a cet incon venient, je ferois d'avis qu' apres avoir ecrafe les racines, on les fift bouillir doucement dans de l'eau pour en avoir environ une li- vre Sc demie de decoction , qu'on pilaft cependant dans im niorner de tnarbre , les herbes & les fleurs : comir.e ll a ete dir, qu'on verfäc deiiu;, la decoiStion toute A ma _ chaude avec les racines bouillies , qu'on meüt bien le tout avec un pilon de bois, niere de qu'on couvriu le mortier, qu'on laiflac le melange en maceracion dix ou douze heu* preparer le res, puis qu'on l'exprimät forcement, qu'on meiät l'expreffion avec le lucre , Sc fyrop de q U ' 0 n fic ciariher & cuire le melange en fyrop. e °S ro C de ^ n P cut P r< ^P arer un fyrop de fymphitum fimple en faifant une forte decodHon f, mphuum de racines de grande confoude , y melant un poids egal de fucre , Sc faifanc clari- fcnple. fier Sc cuire le melange en confiftence de fyrop. Syrop deßcechas % de Feind. Prenex. des fleurs de flocebas arabtque , quatre onces t D« tbim , du calament , de Vongan , de chaeun une once & demie , De la fange , de la betoine , & des fleurs de rofmarin , de ebaeun une dem once ,. Des femences de rbue , de pivoine & defenottil, de ebaeun trois dragmes. Faites-les cuire dans cinq pintes d'eau jufqu'a reduäion de la moltie. Coulez, enfu'ite & exprimex. la decoäion, puis cuifex.-la en fyrop avec deux livres de fucre & autant de miel. Äjoutex.-j für lafin de U ernte , de la canclle ; du gingembre , & du calamus aromaticus , de ebaeun deux dragmes ; & que ces drogues enfermees dans une nouet de linge clair demeurent fufpendues dans le fyrop. - R E M A R Q^U E S. On cueillera les plantes dansleur vigueur , on en prendra les fommirez qu'on mettra avec les fleurs Sc les femences concaflees dans un pot de terre vermiTe , on verfera deflüs , l'eau commune , on couvrira le pot, Sc l'on fera bouillir la matiere jufqu'a diminution de la moitie de la liqueur, on coulera la decochon , on y me- lera le miel Sc le fucre, on clarifiera le melange avec un blanc d'ceuf, & on le fera cuire en fyrop, on y jetrera Zur la Bn de la curtte . le gingembre , la canelle , Sc le calamus aromaticus concaflez enletnble & enveloppez dans un nouet de linge clair, cn lailfera toüjours ce nouet lufpendu dans le fyrop , arin qu'il y commumqne les parties lpiritueufes & odorantes. Ce fyrop eil bon pour fortifier le cerveau , les nerfs Sc l'eftomach , il attenue la pituite crafle, il chatte les vents Sc les mauvaifes humeurs par la tranfpiration, iL excite les menftrues , il aide ä la reipiration ; la dofe en eil depuis demi once jul- quaune once. Le fyrop de ftoechas eft decrit en plufieurs manieres dans les Pharmacopc'es •, la defeription que je rapporte ici me femble la meilleure Sc la plus raiionnable, nean- moins il y a plufieurs chofes ä reförmer. Premierement l'Äuteur y demande trop d'eau pour la quantite des Ingrediens, & une trop longue coction, puifque les drogues ne coniiftcnr qu'en feuilles, en fleurs Sc en femences, il n'eft pas befoin qu'elles bouiüent fi long-temps pour en tirer la vertu : de plus comme ces plantes fönt rou- tes odorantes, & par confequent remplies de parties fubtiles ou ipiriruenies, dans lefquelles conlifte ieur prinzipale qualite , on detruit ce qu'elies ont de bon en les. failant bouillir long temps: je ferois donc d'avis que non-feulement on retranchät- anepartic.de l'eau, tnais qu'on s'appliquät a conferver l'eilenael des plantes, aha Vertus.. Dcfe. UNIVERSELLE. ? 4J tiue le fyrop en demeurät empreint •, on pouroit meme fc fervir de via blanc au Heu d'eau , car ce diflblvant etant fulphureux &c falin feroit fort convenable pour tirer la partie fpiritueufe & faline des Ingrediens , voiei comme on pouroit y reuffir , Sc comme je voudrois reformer cette defeription de fyrop. Syrop de Stechns reforme. Vrenet. des feuiUes deßceibas arabique , quatre onces , Des fommitez. de thim , de calament, & d'ongan , de ebaeunes une once & demie , j)e U fauge , de la betoine & desfleurs de rof marin, -de ebaeunes demi or.ee , De la femence de rhu« t depivoine , de fenouil t de ebaeunes trois dragmes, De la canelle , du gingembre , du calamus aromattcus 3 de chaeun deux dragmes , Que toutes ces drogues foient pilees & mifes enfemble dans une cueurbite de verre , & verfei~-y par dejjus trois pimes du meilleurvin blanc. Qiie U mattere infufe pendant trois jours , l'alembic etant bien litte für U cueurbite, & que tont cela Joit enfuite dißille au bain marie, pour en tirer une livre ou environ d'eau aromatique : apris quoi on laißera refroidtr les vaißeaux & la mattere qui reßera dans le fond du vatßeau fera coulee & expnmee , &la decoäion fera clarifiee avec quatre hvres de fucre blanc , & cuite en conßßence d'eleäuatre folide , lequel etant refroidi, on y melera l'eau arematique dißtllee avec quatre gouttes d'eßence de ßeeebas, & att- tant de celle de rofmarin , dornen fera un fyrop qui fera garde ßoigneußement dans une fiole de verre bien bouebee. R E M A R QJJ E S. Cette methode de faire le fyrop de floechas eft beaueoup plus lorigue Sc plus em- baradante que la commune; mais eile vaut beaueoup mieux , on camaffe les parties fpiritueufes & volatües par la diftilation & les parties fixes par i'expreffi.o\i de ce qui demeure dans la cueurbite. On ne mele la liqueur fpiritueufe que quand le iy- rop eft refroidi, afin d'eviter la diilipation que la chaleur pouroit faire. Le fyrop qui a ete cuit en opiate dort avoir une confiftence raifonnable quand il a ete decuit par cette liqueur fpiritueufe , mais s'il etoit encore trop epais, on y pouroit ajouter un peu d'eau de betoine ou de tillot ; fi au contraire , il etoit un 3eu trop clair , il vaut mieux le garder en cette confiitence que de le remettre für e feu pour le faire cuire davantage , parce que pour peu qu'on le chauffat le plus fpiritueux & le meüleut s'en detacheroit & fe difllperoit. Pour bien meler les eflences dans le fyrop il faut les avoir auparavant incorpo- rces avec un peu de fucre candi en oleofaccharum. E Syrop de pourpier ^ de Mefue. Vrenez, de la femence de pourpier , une demi livre , Du fuc d'endivc epure , deux hvres , Du fuc de grenades aigres epure , neuf onces , Du fucre , une livre. la femence pilee reßera en maceration pendant 24 heures dans le fuc d'endive , apres quoivous le ferez, bouillir jufqu'a la reduclion de la moitii; Enfin cuißez. le tout tn fyrop felon l'art avec le fucre & le fuc de grenades. R E M A R Q^U E S. On concaffera la femence de pourpier, on la mettra dans un pot de terre ver- H hij 244 PHARMACOPE'E hifle, on rerfera deffus, le fuc d'endive depure bien chaud , on couvrira lepo* ? Sc onlaiiTera la matiere en digeftion pendant vingt-quatrc heures , on placeraen- fuire Je pot für un petit feu , & Ton fera bouillir l'infuiion a diminution de lamoi- tie, on la coulera avec expreffion, on y melera le fucre Sc le fuc de grenade , on clarifiera le melange, Sc on le fera cuire dans un plat de terre en confiftence de fyrop. Vertus. II erc propre pour defairerer Sc pour calmer le rrop grand mouvement des hu- Dofe. rneurs dans la fievre, pour les durerez du foye, pour ruer les vers; la dofe en eft de- puis demi once jufqu a une once Sc demie. Je rrouve que certe deferiprion n'eft pas bien döfee, qu'ü y enrre rrop peu de fucre, pour la quanrire des fucs Sc des femences 5 je ferois d'avis qu'on y ajourar du moins une livre de fucre. Le fucre d'endive a des verrus affez convenables aux effers qu'on atrend de ce fyrop , mais pmfqu'on luy a donne le nom de fyrop de pourpier, on devoit employer dans fa compoiirion plutot le fuc de pourpier que celuy d'endive , je voudrois donc reformer certe deferiprion en la maniere luivanre. Syrop de poufpiern'forme. Prenez, delafemence de pourpier, demilme t FthZs-la & Ufaites infufer pendant vingt-quatre /teures dans une pnte de fuc de pourpier depure , avec le fuc de grenades aeides depure , neuf onces. Enfuite faites bouillir ces droguera feu lern jufqu'a la confomption du tiers. Coulez. & exprimez., faites chrifier la colature avec trois livres de fucre dans un blanc d'eeuf, & U cu'ifii* en fyrop ftlon l'art. R E M A R QJU E S. Syrop de Qn peur encorc preparer un fyrop de pourpier iimple, en melanr parries egales ; "' n 1 P1 ' de fuc de pourpier depure & de fucre , Sc faifanr cuire le melange doucemenr juf- np»Si ,\ rn. r qu a conliltence requile. Vertus. Ce dernier fyrop a une vifcolire qui le rend propre a embaraffer & .1 emoufler les fels piqnantsqui cauifenr les acrerez delapoirrine, il a aufli a peupres lafacuL- tez de lautre, on en ufe a la ciüäerc. Syrop de pivoine fimple. Vrenet, des pur s de pivoine , une livre , Des racines de pivoine male concaßee , qitatre onces , De Li femence de pivoine aujfi concaßee , une once & demie, lvfnfex*-les enfemble cbaudement pendant 24. heures dans deuxpintes d'eau commune ; ptäs faites-les bouillir a petit feujufqu'a la confomption du quart. Coulet enfuite & e xprtme- la decoäion .-apres celadi(]olvez.dans lacoUturedeux livres de fucre blanc, une once de fei de pivoine; clarifiex, le tont & le cuiftt. en fyrop felon Hart. REMARQUES. On aura des racines Sc des fleurs de pivoine male cueiiües recemment, & en leur vigueur, on coupera les racines Sc on les ecrafera bien dans un monier de mar • bre, on concaifera les femences , on merrra le rour dans im por de rerre verniffe , on verfera deflus, l'eau bouillanre, on couvrira le por , Sc on iaiflera la mariere en digeftion pendant vingr-quarxe heures, puis on placera le pot für un feu medioere , & i'on fera bouillir l'inhiiion doucemenr jufqu a diminution du quarr, on la coule,- UNIVERSELLE. 145 rä avec expre/fion, on y melera le fucrc & le fei, on clarificra le melange avec un blanc d'ceuf, Sc on le fem cuire en fyrop. Il eft propre pour l'epilepfie , pour la paralifie , pour l'apoplexie, il forcifie le cerveau, ü provoque les urines-, la dofe en eft depuis demie once jufqu'a deux onces. U feroit affcz inutile de faire plufieurs infofions de la fleur , de la racine & de la /"emence de pivoine, car une feule eft fuffilanre pour empreindre entieremenr les quarre livres d'eau de la fubftance. On pourroic rendre ce fyrop plus efficace en y melant exactement, quand il eft fair Sc refroidi •, trois dragmes d'efprk volarile huileux aromatique dont on trou- vera la defcription dans mon Livre de Chymie. Sjrop de pivoine compoß'. Erene^des racutes de pivoine male & femelle cueillies en pleine Luve , coupees par trancbes & infufees pendant 24, bewies dans le vi» blanc, de chacunes une once & demie. De la fermontaine ,Jix dragmes, du contraysrva denn onee , de fongle d'elattd une once , du rofmarin avec (es fleurs > une poignee y De la betoine, de ibyfope , de l'origan , du chamepitis & de la rbue , de chacun trois dragmes, Duboisd'aloes } dugerefle , de U femence de cardamome mineure, de chacun deux dragmes & demie , Dugingembre & du fp'tcanard , de chacun une dragme , Du ßoecbas & de la mix mufcade, de chacun deux dragmes & demie « Faites bouillir tout cela pendant 24 beures d'tnfußon dans une fujfifante quantiti d'eau difidlee de racine de pivoine , ce qui peut aller jufqu'a deux pintes ; puis dißolvez, dans la coUture quatre livres & demie de fucre blanc, & cuifez^le tout en fyrop. , R E M A R OJU E S, On tirera de terre en pleine lune des racines de pivoine male & femelle des mieux nouries, on les coupera par rranches , on les metrra infufer im jour dans du vin blanc, puis les ayant reurees > on les mettra dans un pot de rerre verniifee avec les autres racines, les femences , le bois d'aloes, les gyrorles > le gingembre, la mufcade concalTes, l'ongle d'eland rapee, les herbes, les fleurs Sc le fpicanard incifez rhenu; on verfera deffus envivon fix livres d'eau de pivoine diftillee, on couvrira le pot, on le placera dans un lieu chaud , pour laiifer la matiere en digeftion pendam un jour , puis on le metrra für un feu mediocre, Sc Ton fera bouillir l'infufion a. di- minution d'environ le tiers , on la coulasa, on l'exprimera , Sc y ayant mele le fucre , on clarifiera le melange, Sc on le fera cuire en conhftence de fyrop. Il eft bon contrc l'epileptie, h paralifie, l'apoplexie 5c contre les maladies hyfte- riques, il rortifie le cerveau; la dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once 8c demie J'ay tire cette delcription de la Pharmacopee de Londres , je trouve deux defauts dans la maniere qu'on y a donnee de compofer le fyrop ; le premier, c'eft de mettre infufer la racine de pivoine dans le vin blanc t avant que de l'employer dans l'infufion avec les autres drogues; on a apparemment prerendu l'empreindre de la qua- lite du vin blanc. Mais qui ne voit que ce raenftrue diffout & empörte avec lui la fubftance la meilleure de la racine: ainfi Ton rejerte ce qu'il y a de meilleur, Sc l'on riemploye qu'un marc de racine de pivoine dans le fyrop. Pour donc reformer cet abus, il faudroit retrancher cette circonftance de la defcription Sc employer la racine de pivoine fans preparation. .. H b iij Vertus, Dofe. Vcrtusr, Dofe. Syrop de deMeliffe. Maniere Je rirer le fuc de ia betoi ne & fa de- puration. Vertus. Dofc, Autre pie- paration du iyrop' de bete ine. z 4 5 PHARMACOPE" E Le fecond deTaut eft, qu'on n'a aueun foin de conferver dans cettepreparation le* parties volatiles des Ingrediens qui fönt les plus eflentielles , car la co&ion fait difli- per ce qu'üs ont de plus fubtil, & il ne demeure dans le fyrop que quelques fubftan- ces fixes qui n'ont pas grande vertu pour les maladies du cerveau dans lelquelles on l'employe particulierement ; je trouverois donc a propos qu'apres avoir faitinfufer deux ou trois jours tous les Ingrediens enfemble dans l'eau de pivoine diftülee ou a fon defaut dans du vin blanc; on fift diftiller par un alambic de verre au bain marie , a feu lent environ une livre & demie de l'inrufion f ce feroitune eau lpiritueufe qui contiendroit le volatil des drogues ; qu'on tili enfuire bouillir la mauere reftee dans la cueurbite jufqu'a diminution d'environ le quarr de l'humidite , qu'on la coulät avec forte expreßion , qu'on y melät le fucre, qu'on clanfiär le melange Sc qu'on le fift euire en confiftence d'opiate: que quand la mariere feroit refroidie Ton y melät exaetement avec un biftortier l'eau lpiritueufe diftülee &c demi once d'efpru vola- tile huileux aromatique , pour faire un fyrop qu'on garderoit dans un vaifleau bien bouche. On ramafTeroit & on conferveroit par ce moyen antant qu'il feroit poffible tou- tes les qualnez des Ingrediens ; car la diftilation ayant fepare les parties fubtiles , la decodftion diflout la iubftance laplus fixe qu'on fait bouiiiir avec le fucre iufqu'ä une confiftence bien epaifle , afin que la mariere puifle etre deeuire en fyrop par le moyen de l'eau lpiritueufe, /ans qu'on foir oblige de la mettre für le feu qui en feroit diffiper le meilleur. Le fyrop de pivoine compofe agit par fes parties fpiritueufes, qui etant elevees au cerveau diffolvent l'obftru&ion qui s'etoit faire dans les nerfs Sc dans les autres paflages des efprits. Syrop de betoine fimple. Prenez. du fuc de betoine epure & du fucre blanc , de chaeun deux livres , Ctufez,-lcs enfemble en fyrop. On peut preparer de meme le fyrop de mcllße. R E M A R Q_U E S. On aura une bonne quanrite de fenilks de betoine verte recemmenr cueillie dans fa vigueur, on les coupera 8c on les battra bien dans un mortier de marbre les hu- meetant avec de l'eau de betoine diftülee. On couvrira le morrier, on laiflera lama- tiere en digeftion a. froid pendanthuit ou neuf heures , on l'exprimera enfuire pour en avoir le fuc, lequel on depurera en le faifant bouillir un bouillon für le feu & le pafiänr plufieurs fois par un blanchet; on le pefera enfuite, on le meiera dans un plat de terre avec un poids egal de fucre, & pSr un feu lent on fera evaporer l'humidite julqu'a confiftence de fyrop. 11 eft bon pour les maladies du cerveau , il le foreifie, il provoque les urines j la do(e en eft depuis demi once jufqu'a deux onces. Comme la betoine eft une herbe peii iueeuiente, il eft bon de l'humecler avec fon eau diftülee ; on la laufe en digeftion, ahn que le fuc s'endetacheplusfacüement. On peur encore preparer le fyrop de betoine avec une forte infufion des fleurs de betoine faite dans l'eau de betoine diftülee. Syrop de betoine compofe. VrewL de Li betoine, trois poignees, De la marjolame, unepoignee & demie* Du thim & des rofes rouges t de ebaeun une poignee , Des violettes , du floicbas, de la fange , de clueunes demi poignee , UNIVERSELLE. 247 Des rdeines depivoine, de polypode & de fenouil, de ebaeunes cinq dragmes , Des femences de fenouil, d'anis & d'ammi, de ebaeunes denn once. Takes bouillir ces ßmples dans trois pintes d'eau de riviere jufqu'a la reduäwn du iiers ; puls njoutet. a U colature trois hvres & demie de fucre Marie, & deux hvres ds fue de betome. Cuifez, le tottt en fyrop felon l'art. REMARQUES. On conpera les racines par morceaux, on les fera bouillir environ demi heure dans I'eau, puis on y ajoutera les femences concaflees, les herbes ineifees & enfin les- fleurs, on continuera de faire bouillir la decoction jufqu'a diminution de la moitie de l'humidite , on la coulera avec expreilion, on y ajoutera le fucre §c le fuc de be- toine qu'on auratire par expreilion , comme j'ay die dans les remarques für le fyrop precedent', on clarifiera le melange avec un blanc d'ccuf & on le fera cuire en fyrop. Il eft propre pour l'apoplexie, pour la paraliiie, pour l'epileptie , pour fortifier le cerveau, pour en difliper la trop grande quantite de pituite crafTe; la dofe en eil depuis demi once jufqu'a une once & demie. - Comme les verrus principales des drogues qui entrent dans la compoiition de ce fyrop , refident dans leur partie fpiritueule, il n'en refte guere apres la coelion, car en bouillant elles fe diilipent en l'air ,• je ferois donc d'avis pour remedier a cet in- convenient, qu'on mit tremper chaudement les Ingrediens melez, bien pilez 8c ecrafez dans cinq lives de fuc de beeoine pendant trois jours en une cueurbice de verre couverte de fon chapiteau, qu'on fit enfuite diftiler au bain marie, environ une li- _ f vre de la liqueur , qu'on garderoit dans le reeipient bien bouche , qu'on verfall: ce ^ {yjop qui feroit refte dans la cueurbite , dans une baffine j & qu'on le fit bouillir apetit feu d e betoins. jufqu'a diminution d'environ le quart de l'humidite ; qu'on coulaft la deco&ion avec expreilion & qu'on y melät le fucre , qu'on clarifiät le melange , qu'on le flft cuire en confiftence d'opiate ; & que quand il feroit refroidi Ton y melät l'eau fpiritueufe diftülee pour en faire un fyrop } auquel on pouroir ajoüter demi once d'efprit vola- tile huileux aromatique &c cephalique ; il faudroit garder ce fyrop dans une bou~ teille bien bouchee; on en donneroit a la dofe depuis demi once jufqu'a, une once s il agiroit avec beaueoup plus d'eificace que l'autre. Syrop d'ecofce de ^uinquina. ; Treueide l'ecorce de quinq'.üna du Perott grofßerement pilee , une demi iirre, InfufeZs-licbaudement pendant trois jours dans deux pintes de vtn blanc , apres cehi faites-la bouUlir a petit fett jufqu'a lareduäion du quart. Coulez* enfuite la dccoäiot? &l'exprunez., puis clarißez. la colature avec trois hvres de [iure blanc , & la cuifez* tn fyrop felon l'art. R E M A R OJJ E S. On aura du bon Quinquina qu'on pulverirera gro/Herement & on le mettra dana^ un pot de terre vernilfe, on verfera defllis le vin blanc, on couvrirale pot & on le placera en digeition aubain marie , ou en'autre lieu chaud pour l'y laifler pendant, trois jours, agitant de temps en temps la matiere. On fera enfuite bouillir douce- ment l'infufion dans le memc pot jufqu'a diminution du quart de l'humidite ,on la coulera & on l'exprimera , on y meiera le fucre , on clarifiera le melange avec un- blanc d'ceuf & on le fera cuire en confifte.ice de fyrop,. Ceß: un febriluge , il axreie toutes les fie vres intermittentes ; la dofe en eft depuis- Dö/>.- \m Vertus. Dofe, i 4 8 PHARMACOl'E'E demi once jufqu'a deux onccs ; on peut le delayer dans un vcrre d'eau de petite centauree quand on veut le faire prendre au malade. L'experience a montre que ie vin blanc tiroit mieux la vertu du Quinquina, que Jes autres diflblvants; c'eft pourquoy on l'a employe dans la compolition de ce fy top il eft vray que pendant la cocluon , l'efprit de vin qiü s'evapore peut empörter avec lui quelques parties du Quinquina, mais le febrifuge de cette ecorce refide princi- paiement dans fa parrie fixe. Il eft bon de faire ce fyrop dans un vaiffeau de terrc plutot que dans unebaffine, pour eviter l'impreflion du ciuvre qu'il pouroit prendre. On nedoit point fe fervirde ce lyrop qu'apres avoir bienpurge le malade Sc fait les faignees necefläires, parce qu'il fixe les humeurs, il en faut donner trois ou qua- tre fois par jour & en continuer l'ufage au moins quinze jours •, j'ai parle des effets du Quinquina plus au long dans mon Livic de Ghymie. Sffop de reghffe de Meßte'. Trenei, de la regtiffi ratißee &conca0e, deux onces, De /' idiante blanc , wie or.ee , De l'byfope fec , demi once. Laiffez.-les infufer pendant vingt-quatre hetircs dans deux pintes d'eau de fönt/ine ; puis les faltes bouiliir jufqu'a la reduclun de la mottle. Coulez. la de'coäion & l'exprmex^, puis melex. dans la colature du meilleur triiel ecumi dufucre blanc, & des feindes, de ebaeun demi livre. clarifiez* le tont & le cmfet-en fyrop f y ajoutant für lafin im demi-feptier d'eau de rofes. K E M A R CrfT t S. On choifiia de bonne regliiTe, on la ratiflfera & onla concaflera bien; on ineifera les herbes, on mettra le tont enfemblc dans un pot de terre vernifle , on verfera ddfiis , l'eau toure bouillante , on couvnra le pot, & on laiffera la mariere en dige- ftion vingt-quatre heures, on la fera bouiliir enfnite jufqu a diminution de lamoi- tie , on la coulera avec expreifion , on y meiern ie fiicre, Je miel & les penides, on clarifiera 1c melange avec un blanc d'ceuf8c on Ie fera cuire en conhftence d'opiate ; on le laiffera refroidir ä demi, puis on y melera l'eau-rofe pour faire un fyrop qu'on gardeta. Il excite le etachat, il adaucit la trachte artere , il eft propre pour la plenrefie, pour l'afthme & pour les autres maladies de la poitrine; la dofe en eft depuis demi once jufqu'a deux onces. La regliffe recente eft un peu amere on doit lui preferer celle qui eft a demi fe- che , il faut quelle foit jrunc & belle en dedans, il eft bon de la concafler jufqu'a ce qu'elle foit en frlaments, afin que fa fubftance fe diffölve plus facilement dans l'eau. Il nie femble aflez indifferent que l'hyfope foit empioyee feche ou verte dans la decoction , car fa partie fpiritueufe fe detruir egalement de l'une & de l'autre fac.on en bouillanr; cette herbe eft mife dans la compofition de ce fyrop, pour le rendre deterfif &c propre a rarefier le phlegme de la poitrine & des poulmons, ce qu'elle peut faire par fbn fei fixe. Quand on met bouiliir l'eau-rofe avec le fyrop, eile n'y laiffe non plus dbdeuc que fi Von n'y en avoit point mis, parce que fa partie volatile & odoranre sechape , mais fi onlamele quand le fyrop eftprefque refroidi comme/ei'aymarque y on cern- terve ce qu'elle a de bon,. tjrop UNIVERSELLE. i-j? Autre fyrop de Regliffe, Ftenex, dela racine de reglijfe t deux dragmes, Hesracines de pas-d'ane & d'aunee , de chacunes une once & demie , De celle d'iris de Florence , une^once , Desfeuilles de pulmonale , de marrube blanc , de fcabteufe , d'hyffope , de veroniquc , de chacunes unepoignee t Desjujubes , des dattes , des figues, de chacun d'tx en nomke. Faites bouillir ces Jimples dans trois pintes d'eau commune jufqu'a la diminution de in mottle; puis diffblfez. dans la colature trois livresde fucre blanc , & cuifet, le tout tn fyrop, y ajoutant lorfqu'il fera rcfroidi, une dragme d'effeme d'anis. R E M A R Qjü E S. On coupera& Ton concaflera les racines , on les fera bouillir dans l'eauenviron demiheure , ony ajoiitera les fruits ouverts, lcsfemences pilees& les herbes ine i- fees, on conrinuera de faire bouillir la deco&ion jufqu'a diminution de la moitie de l'humidite , on la coulera avec expreffion , on y melera le fucre , on clarinera le xnelange avec un blanc d'ceuf & apres 1'avoir pafle par un blanchet on le fera cuire en fyrop; lorfqu'il fera prefque refroidi, l'on y melera exaclement l'eflence d'anis feule ou reduite en oleofaccharum avec du fucre candi en poudre. Ce fyrop eft vulneraire , il eft propre pour l'afthme, pour nettoyet les ulceres du Vertus. poulmonjpour exciter le craefiat, pour fortifier le cerveau, lapoitrine Sc l'eftomachj la dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once Sc demie. Dofe On rendroit ce fyrop plus efficace fi au lieu d'une dragme d'elTence d'anis qui y enrrej l'on y diflolvoit deux dragmes de bäume defoufre anife. Syrop de fleurs d'oranges. Trenei. des fleurs d'oranges nouvellement cmüies ^ une demi livre, Infufet,-les pendant z 4 heures dans une pinte d'eau chaude t apres quot jetten. ces fleurs & en mettei. autant de nouvelles dans la mime mfujion, ce que vous reiterercu jufqu'a trois feis. Coulez. U troißeme infußin , & U mffL en fjrop avec une livre de fucre blanc. R E M A R QJJ E S. On aura des fleurs d'orange recentes des plus odorantes, on les mettra dans im por de terre vernifle, on venera defliis l'eau bouillante , on couvrira le pot , Sc on laiffera macerer la mariere vingt-quatre heures, on la fera enfuite bouillir legere- menc, on la coulera avec expreffion , on mettra infufer autant de nouvelles fleurs comme devant dans la Irqueur coulee , on reitererala meme infufion pour la troißeme fois , puis etant coulee Sc exprimee, on en pefera quinze onces avec lefquel- les on melera nne livre de fucre, on clarifiera le melange Sc on le fera cuire a pe- tit feu enconfiftence de fyrop. Il fortifie le cerveau, il reerc-e les efprits, il excite les fueurs , il reTifte a la m,v lignite des humeurs , il abbat les vapeurs hyfteriques ; la dofe en eft depuis demie once jufqu'a deux onces. Comme la partie volatile Sc eflentielle des fleurs d'orange fe diflipe quand on fait bouillir le (yrop , je ferois d'avis qu'on refornpl cette defeription en la maniere fuivante, 5 I« Vertus. Dofe. Syrop d'e- corce d O ranges ameres. Vertus. Dofe. Autre pre- piration du iyrop d'orange. Syrop d'o- xangcdou- «e. I 2 5 o PHARMAGOPE'E Syrop d.'ßeurs ^oranges , fefome. Prenez. desfleurs d'oranges nouvellement cueillies , une hvre. Mettez, le taut dans une cucmbite de verre , & vetfez. par dejfus deux pintes de au deßeurs d'oranges dißiUee; putsl'alembic etant adapte & litte , on laiffera la mattere en macer ation pendant 2 4, heures , puis on en tirera une choptne d'eau au bain marie : 'apres quoi les vaifleaux etant refrotdts , la mattere qui reßera aufond du vatßeav. , fera (oule'e & expriinee & la cJature fera clarifiee avec le blanc d'acuf & trois livres de fucre; puis on la fera cuire jufqu'a conßjtence d'opiate , lequel etant refroidi t on y i/ii/era l'eau dißillee , & on en fera un fyrop. On peut preparer de memt le fyrop d'ecorces d'oranges ameres. Syrop de fite d'oranges. Prenez. du fuc d'oranges ameres epttre } & du fucre blanc, de ebaeun deux livres. Cuifez,-les enfemble a petit fett en conßßence de fyrop felon fart. R E M A R QJU E S. On aura une bonne quanrite d'oranges ameres , on les coupera par quartier«, on en feparera le dedans qu'on ecrafera bien dans un mortier de marbre avec un pi- lon de bois, on couvrira le mortier , & on laifTera digerer la matiere a froid pendant fept 011 huit heures ; puis on la preflera dans un linge ; on metrra le fuc dans des bouteilles qu'on expofera au Soleil pourle faire depurer, puis on le filtrera, on le verfera enfuite dans un plat de terre vernifle , on y melera unpoids egal de fucre blanc, on placera le plat für un feu medioere pour faire conliimer doucemenr le l'hu- midite jufqu'ä confiftence de fyrop. Il eft propre pour fortifier le coeur&I'eftomacfrpour re/ifter a la maiignite des humeurs 5 la dofe en eft depuis demi once jafqu'a. une once & demie. Il eft bon de faire cuire ce iyrop a petit feu, afin qu il ne s evapore que le phleg- ine, & que la partie eftentielle aeide foit endetement confervee. On pourok encore preparer ce fyrop fans le faire bouillir en faifant fondre feule- ment für le feu deux parties de fucre en poudre dans une partie de lue d'orange depure. On peut faire de la meine moniere le fyrop d'orange douce. Syrop de berrarhe, de Mefue'. Prenez, des fleurs de borrache nouvellement cueillies, deux livres, De l'eau de borrache dtflillee , quatre pintes. Laifez.-les eninfußon pendant douz.e heures, puis coulez, Finfußm &l'exprimcz,. Jrttez. enfuite par etile qu^ntite de twuvelles fleurs dans la colature } & reifer ez. ce) infußons juj'qu'a trois fois: apres quoi l'on melera quatre livres de fucre für cinq livres de la troißeme infußon que vous cUtifiertz, tnfttite & que vous cuirez. en fyrop felon lart. Cr, peut preparer de meine le fyrop de hstgtofe. Syrrp de Bortache. Vertus. Dofe, räche. UNIVERSELLE. iJt REMjIR Q_ü E S. On aura da fleurs de borrache nouvellemenr cueillies, on les mettra dans un pot de rerre vermiß, on verfera deflus , l'eau de borrache bien chaude , on couvri- ra lepoc & on laiflera la matiere en digeflion pendant douze heures, on la ferabouil- lir enfuite legerement, on Li coulera, on l'exprimera, on mettra de nouvelles fleurs dans l'infufiön coulee, & l'on procedera comme devant, tant pour la digeftion que pourda colature , on mettra pour la troifieme fois de nouvelles fleurs dans la liqueur coulee, on les laiflera digerer encore douze heures ; on fera bouillir legerement l'infufiön , on la coulera & on l'exprimera , on pefera cinq livres de cette infu/ion coulee , on les melera avec quatre livres de fucre, on clariiiera le melange avec un blanc d'ceuf } & on le fera cuire en fyrop. II eft propre pour humedler lapoitrine , pour purifier le fang, pour recreer les efprits , on le donne aux melancoliques •, la dofe en eft depuis demi once jufqu'a. une once 6c demie. Quelques deferiptions de ce fyrop demandent qu'on mette tremper les fleurs dans le fuc de borrache , mais comme ce fuc eft charge de fa propre lubftance , il n'eft guere en etat de rirer beaueoup de celle des fleurs , il eft plus 1 propos de fe fervir en cette occafion de l'eau diftillee de la plante, qui etant claire comme de l'eau commune j eftdifpofee a recevöir l'impreflion qu'on veut luidonner. On peut encore preparer un bon fyrop de borrache , en faifant cuire enfemble Autre fy- parties egales de fuc de borrache depure & de fucre blanc. . top debor- Lefyrop de buglofe approche fi fort en quälite du fyrop de borrache, qu'on peut fort bien fubftituer l'un ä la place de l'autre fans ferupule. Syrop Byfantin fimple , de Mefue. Vrenez. des fucs d'endive dornefiique & d'aehe de ebaeun deux livres, lies fucs de houblon , de bugloje , eu de borrache , de chaeun une livre. On donnert un bouillon aux fucs pour les purifier ; puis on y fera cuire deux livres & demie du fucre en conjtjhnce de fyrop. R E M. A R QJU E S. On tirera tous les fucs par exprefiion en la maniere ordinaire , on les melera enfemble , on les fera bouillir un bouillon , puis etant refroidis , on les paffera deux ou trois fois par un blanchet pour les depurer , on les melera avec le fucre , on clarifiera le melange avec un blanc d'ceuf, & on le fera cuire a peüt feu , en confiftence de fyrop. Il eft heparique & aperirif, on le donne pour lever les obftruclions & pour faire uriner ; la dofe en eft depuis demi once /ufqua deux onces. Ce fyrop a pris fon nom de Byzance Ville qu'on appelle prefentement Conftan- tinople , peut-ctre parce que les Medecins l'y ont mis en ufage , ou parce que Mefue qui en a donne ladefeription , l'avoit apprife d'un Medecin de ßyfance, on appelle encore ce fyrop , fyrupus dinarius , c'eft-a-dire en Arabe fyrop diuretique ou aperitif. Comme la buglofe eft vifqueufe & le houblon peu fueculent, leur fuc ne fe ti- re pas bien facilement, mais pour y bien reuflir il faut meler confufement toutes ces herbes en leur quantite ä peupres proportionnee, les bien piler dans un monier li xj Vertus, Dofe. SvmfHS dinaruu. Vertus. Vertu«. •251 PHARMA COP FE de marbre, les laifTer en digeaion fept ou huit heures , puis les exprimer pour en avoir Je fuc. Ce fyrop eft defagreable au goftt , a caufe de la grande quantite des fucs qui y entrent, car für deux livres & demie de fucre on employe du moins cioq hvres de (lies, il eft bon de le faire euire ä petit feu, afin d'empecher Ja difllpation des fels eflentiels qui fonc le prineipal de la vertu. Syrop Byfantin compofe', de Mefue. Prenez. des fucs epurez, d'endive dorneflique & d'aehe , de chaeun deux livres „ Des fucs de boublon & de buglofe , de chaeun um livre , Faites-y bouiliir deux onces de rofes rouges } & une demi-ona dt regliffe nouvellt l'ten ratiffee , Des femences d'anis, de fenouil& d'aehe , de chaennes trois dragmes , Apres cela diffolvez*dans la colature deux hvres & demie de fucre blanc. darißez,-la , & la cutfez, en fyrop {ihn Part. R E M A R (£_U ES On fera bouiliir doucement dansles fucs depures, les femences concaflecs , les rofes & la regliffe jufqua dimmution du quartde 1 numidite,on conJeraladecoction, & Jon y melera le fucre , on clarifiera le meJange avec un blanc d'ceuf de on le fera cuire en fyrop, ajoutant für la fin de la cuitte, Je fpicanard ineife menu & envelopc dans un nouet qu'on laiflera toujours tremper dans le fyrop. Il eft eftime propre ä ouvrir les obfttucüons, a ineifer, a artenuer les humeurs, on le donne dans la jauniile & dans les fievres malignes ,• la dofe en eft dspuis de- rni oncejufqu'a une once. Les rofes rouges qui fönt aftringentes ne me paroiffent pas convenables dans Ja compofition de ce fyrop qui doir avoir une vertu aperitive; je i erois d'avis qu'on les retranchät de la defeription , & qu'on mit en Jeur place des feJs de chicoree & d'aehe de chaeun deux dragmes. Je n'employe le fpicanard que Curla fin, &jel'envelopedans un nouet, afin que fes parties volariJes Coient con/ervees Sc repandues infenublement dans le fyrop oii l'on doit toujours le laifTer- Syrop de calamenty de Mefue^ Prenez. du- calament dorneftique & fauvage t de chaeun deux ences , Des femences de fertnontatne & de daueus de Crete & de feheenanthe } de chacunei cinq dragmes t Des raißns pajjes mondex, , une demi livre > Du fucre blanc & du miel ecume , de chaeun deux livres. De tont ce melange, faites-en un fjrep felon l'art.- R E M A R OJJ £ S. On mondera Jes raißns, de Jeurs pepins , on les fera bouiliir dans qnatre livres d'eau , environ demi Jaeure, puis on y jettcra les femences concaffees, le cüamenz & le Jone odorant, on continuera la coelion jufqua diminution du tiers de J'Jiumi- dite, on coulera la decodion , on y melera le fucre , ou le miel ecume, on clanflera le melange, & onle fera cuire en confiftence de fyrop» il eft propre pour l'afthme, pour kver ks obftruclions, pour chafler les vents. > UNIVERSELLE. 153 pout refifter ä Ja corruption des humeurs, & pour exciter les mois aux femmes j la dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once & demie. Comme il entre beaucoup d'aromatesdanscettepreparation , on feroit Dien de les mercre tremper dans de l'eau chaudement, & d'en faire diftiller par une lente chaJeur, l'eiprit le plus volatil avanr que de les faire bouillir , afin de conferver ce qu'iis onr de plus eflentiel, on feroit enfuire cuire le fyrop enconfiftence d'opiate, & on le deeuiroit avec cet efprit volatil. Syrop de camomille. Prenez, des fleurs de camomille nouvellement cueillies , une livrt f De Venu de fontaine bien cbaude , deux pintes. laißez.-les en maerationpendant doux*e beures 5 puls faites-les bouillir legerement & les exprimei. j pms jettez. dans la colature pareille quantite de nouveUes fleurs t que vous mettrez, de nouveau en macer atim , ce que vous rgitererez. jufqu'a trois fois. Diffolvez, dans la troißeme expreffion trois hvres de fucre blanc, & fattes-en m fyrop felon l'art. On peut preparer de mime le fyrop de [äuge* R E M A R O^U E S. On aurades fleurs de camomille recemment cueillies dans leur vigueur , 011 les mettra infufer douze heures dans l'eau chaude en un pot couvert, on fera bouillir legerement l'infuilon, on la coulera avec exprefllon , on y infufera autant de nouveUes fleurs que devant, on fera bouillir legerement 1 rnfuuon. J on la coulera , on l'exprimera , on mettra pour la troifteme fois, de nouveUes fleurs macerer dans l'in- fulion coulee , on procedera comme devant, & apres la derniere colature &c expreflion , on y melera le fucre y on clariflera le melange avec un blanc d'ceuf, & par un feu modere > on le fera cuire en confvftence de lyrop. Il eil excellent pour la colique venteufe, & pour exciter les mois aux femmes ; k dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once & demie. Si Von ajoütoit dansce fyrop quand il eft euie 5c refroidi, dix ou douze gouttes d'eflence de camomille , on repareroit en pautie celle quis'eft difllpee peiulant les coctions , & le fyrop en auxoit plus de vertu. Syrop de fraifes Prenez. du fite de fraifes epure , & du fucre bUm , de cbaamdeux livres% Culfe%~-les enfemble en fyrop. REHXI Q^V E S. Pour tsirer aifement le fixe des fraifes , il ne faut pas attendre qu'elles foient rrop- meures, car alors elles lont vifqueufes , mais il faut les prendre dans le commence- ment de leur maturite, on les pera/era dans un monier de marbre , on les laiflera trois ou quatie heures en digeftion a froid , afin que leur viicofire le rarefie , puis on les exprimera , on fera depurer le fuc dans une bouteille au foleil, & on le filcre- ra j on melera ce lue depure avec un egal poids de lucre fin dans un plat de terre , on le mettra für im leu medioere , pour en faire coniumer Thumidite jufqu'a conii- ftence de (yrop , 1 ecumant de tems en tems a mefure qu'il cuira» 11 rejouit le coeur, il fortine l'eftomach, il purifie le fang , il excice Turins •, la •Aofe en eft depuis demie once jufqu'a une once & demie. Ce la memc maniere ic faxt le lyrop de framboife qui poflede a peu pres les mS- mesYertus,. 1 1 iij Dofe. Sjrupus Salm Vermsi Dofe. Syrop de fraifes. Vertust Dofe. Syrop de fraajboife. Eaux de fraife & de framboife des Limo- nadicis. Vertus. Dofe, i 54 PHARMACOPE'E On pourroit prcparer ce fyrop fans ctxe oblige de Je niettre bouillir en n'em- ployanr qu'une parrie du fuc depure, für deux parties de fucre , car alors il n'y au- roit qu'a faire fondre le fucre dans le fuc für un peu de feu. Les liqueurs que les Limonabiers appellent eaux de fraifes 8c de framboifes , fönt des fyrops clairs, ou pour mieux dire des juleps, üs ecratent les fraiies ou les framboifes dans un morrier de marbre, ils y mclenc du fucre en poudre Sc de l'eau en une portion convenable pour faire une hqueur claire 8c agueable au goiit, ils laiffent macerer lemelange quelques heures, puisl'ayantagite oubattu plufieurs fois enlc verfant de vailfeau en vailfeau, ils paflent & repafienr la Hqueur par un blanchet, ou par une chaufle d'hypocras jufqu'ä ce qu'elle foie claire, ils la metrenc alors ra- fraichir a la glace pour la rendre plus delicieufe. Syrop d'agnus cattus. Pretiez. de lafemence d'agnus caflus, qua.tr e onces, De Celles de lentüles, de pfylltum & de emandre , de ebaeunes denn ence , De ce lies d'endive , de laütue , de courge & de melons } de ebaeunes deux dragmes , De cetles de chanvre & de rhu'e , de ebaeunes denn dragme , Des fleurs de nenuphar & des feinlies de menthe , de ebaeunes une demi poignee. Taites-les bouillir danstrois chopines d'eau commune jufqu'a la confomption du tiers j puis cüulez. la decoclion & l'exprimez, ; apres cela dißolvez. dans la colature deux livres de (ucre blau & deux onces de fuc de limons epure } puis cuij'ez, le taut en conßflence de fyrop felon l'art, REMARQUES. On fera premieremenr un peu de tems bouillir les lentilles dans l'eau , puis ony ajoütera les femences toutes concaffees ä la referve du pfyllium qu'on envelopera en- tier dans un nouet a caufe de fa vifcoiue , on y rnetcra eniuire la menthe 3c la fleur de nenuphar , on fera bouillir la decoclion a diminurion du riers de 1'humidite } on la coulera avec expreffion , on y melera le Acre, on clarifiera le melange avec un blanc d'ceuf, & on le fera cuire en fyrop epais, puis on le deeuira en une jufte con- üftence avec le fuc de limons depure. Ce fyrop eft dit propre pour cemperer les ardeurs de Venus ; la dofe en eil de- puis demi once jufqu'ä une once de demie. On demande trop peu de fucre dans la defeription ä proportion des drogues, je ferois d'avis qu'on y en mit trois livres , au lieu de deux. Si au lieu du fuc de limons qui entre dans ce fyrop on y meloit demi once de vinaigre de faturne, il produiroir bien mieux qu'ii ne fait les effecs qu'on luy arcribuc. Syrop de Ratfort % de FerneL Prenez, des rac'mes de raifort domeßique & fauvage t de ebaeunes une once , De cel/es de regltße, de faxifrage t de pettt houx , de levißic , de chardon roland, d'trrete-beeuf, de perjil & de fenouil, de chaeune demi once, Des [ommitez. de betoine \ de pimpernelle , de pomllot & d'ortie } de crejfon, de fenouil marin & de capillaires, de ebaeunes une poignee , Des frutts d'alkekenges & de jujubes, de ebaeunes une vingtaitte, Des raifins faßes mondes ,ßx dragmes, UNIVERSELLE. i 5 j De Vecorce de racine de laurier ou de caprier , des femences de haßüc , de grande bardane , de perßl de Macedoine } de fefeli de Mar feilte , de carvi, de daucus de Crete , de gretnil, de chacunes deux dragmes. fattes tiuillir cesßmples dam cmq pintes d'eau reduttes a trois j puis clarifiez. U coUmetvec quatre livres de fucre & deux hvres de rniel ecume, & cuifez.-la en fyrop , y ajoutant für lafin de la cuite , une once de canelle t & une demi once de noix taufende. R E M A R QJU E S. On choifira les racines faines & bien nouries, on Jes mondera, on Ies coupera aar morceaux , & on les fera bouillir dans l'eau refervant pourrant la reglifle pourla £n , quand ellcs auront bouilli environ demi heure , on y mertra Tecorce, les fruics euverts , les herbes ineifees, les femences Sc la reglifle concaflees, on fera bouillir la decodtion jufqu'ä diminution de plus du tiers , on la coulera, on y melera le fucre & le miel, on clarifiera le meiange avec deuxblancs d'oeufs , & on le fera euire en fyrop , on y jetrera für la fin pour le parfumer, la canelle & la mufeade concaflees la dofe en eft depuis demi once jufqu'a deux onces, Ce fyrop me paroie trop compofe , on pouroit en retrancher plufieurs drogues aflez inutiles, comrae les jujubes, lesraifins, la regiffe , la betoine , les capillaires, la mufeade, la canelle , Des oignons blancs , trois onces y Des racines de faxifrage , depetit houx , de cbardon-roland , d'arrete-hceuf 3 & de perßl, de chacunes une once, Des feutlles de parietaire > de pimpernelle ; d'erüe ,de creßon , & de pajfe-pierre , de chacunes deux poignees , Des fruits d'akekenges , trois onces , Des femences de gremil ,ßx dragmes , de perßl f de fefeli de Marfeitle , de carvi i de daucus , de Vecorce de la ratine de cappres, de chacunes deux dragmes. Que toutes ces drogues coupees & pilees ,foientmifes en infußonpendant dowLebeu- its dans quatre pintes de vin blanc; enfuite faites-les cuire a feu lent jufqu'a diminu- tvrn du quart ; coulez, & exprimei^ U decoäton., & dans la colature dijfolvez*ßx livrei de jucre blanc , avec du fei de tamarifc & de genievre , autant de tun que de i antut ßx gm; clmfiez. &fa'nes cuire le tont en cmßßtnte de firop feto» tan. Vertu j. Dofe» Syrop de raves fim- p!e. Vertus. Dofe. 156 PHARMACOPE' E R E M A R Q^U E S. La dofe de ce fyrop fera pareille a celle du preccdent, ceux qui fouffriront aife- ment une odeur un peu defagreable pouront meler dans chaque dofe du fyrop , trois ou quatre gouttes d'huile etheree de terebenthine, il en aura plus de vertu. On pouroit preparer un fyrop de raves fimple avec le fuc'des raves & le fucre parties egales, il auroit auffi beaucoup de vertu pour la gravelie. Syrop de marrube , de Mefue. Trenez* du marrube blaue nouvellement cueilli, deux onces , De la regliße , une once t Des capdlaires t & de l'hyflope unpeufec, de chaeunfix dragmes , Du calament t de l'anis , des racines d'aebe & de fenoml } de chaeun cinq dragmes, De U raune d'iris , des femences de muuve & de fenugrec } de ebaeunes trois dragwes, De Celles de hn & decomgs , de chaeunes deux d.-agmts , Des paffules mondez,, cinq onces; desfigues graffes , feiz*e. Faites bouillir cesßmples dans cmq pmtes d'eau bien claire , & reduifez,-les a U mottle; puis ajoutez. a l'exprejßon deux iivres de penides , & autant de miel e'cume , pour en faire un fyrop felon l'art. R E M A R QJU E S. On choi/ira les drogues belles, bien nouries, cueillies dansleur vigueur, on mon- dera les racines, on les coupera par petus morceaux , on les fera bouillir dans l'eau environ denn heure, on y jettera cnluite les fruits , puis les herbes, la reglifTe Sc les femences envelopees dans un nouet, on fera bouillir la decodfcion julqu'a diminurion de la moitie de l'humidite, on la coulera, on l'cxprimera Sc Ton y melera le miel Sc les penides, on clarifiera le melange avec un blanc d'ceuf & on le fera cuire en fyrop. Il eft propre pour attenuer Sc deterger les vifcofitez de la poirrine, il excite lc crachat > il aide a la refpiration , on en donnepouriafthme, pour la pleurefie, pour ia peripneumonie } la dofe en eft depms demi once jufqu'a une once Sc demie. On renferme les femences dans un nouet, parce qu'etant toutes mucilagineufes, elles rendroient h decoction trop vifqueufe £1 on les y faifoit bouillir toutes nues. On trouve encore d'autres deferiptions de fyrop de marrube dans les difpenfaires oü l'on fait entrer lepolypode , l'origan, le thym, la farriete, le pas-d ane, la Üe- mence de cotton •, mais la delcription de Mefue m'a paru la meilleure. Je ferois d'avis qu'on melaft exa&ement dans ce fyrop lorfqu'il feroit pre/que re- froidi, une dragme de bäume de foulfre anife incorpore dans une once de fucre can- di en poudre, Sc un ferupule de fleur de benjoin; ces Ingrediens augmenteroienc beaucoup la vertu du remede , car ils le rendroient plus propre a ineifer & ä pene- trer les phlegmes qui cauient des obftru&ions Sc pluiieurs autres maladies dans la poitrine. Syfop de mentheßmple , de Mefue. Trencz, des fites epuret. de menthe , de grenades douces & aigres, & du fucre blanc de chaeun une livre. Eaites-les cuire apetitpeu enconßflence de fyrop felon Part. R E M A R Q_U E S. On mera les fucs par expreflion a la maniere ordinaire, on les depurera en leur faifant prendre un bouillon Sc les paffant enfuite par un blanch.ee ou par une chaufle a UNIVERSELLE; i 57 ä. liypocras, on ks mettra dans un plat de terre verniffe , on y melera le fucre , on fera cuire Je mcJange par un pecit feu jufqu a confiftence de fyrop , on 1 ccumera Sc on le gardera. On I'eftime propre pour fortifier l'eftomac , pour atreter le vomiffement, pour Vertu« chaflerles vents j la dofe en eft depuis demie once julqu'ä une once & demie. Dofe. La qoantite du fucre me paroift trop perire ä proportion de celle des fucs qui enrrenc dans cecte defcriprion de fyrop, il en faudroit ajoucer encofe autant. Syrop de menthe compofe\ de Mefue, Frenez. des fucs de coings aigres & doitx , & des fucs de grenades aigres & douces » ie cbacun une livre & demie. Weites macerer pendant vingt-quatre heitres dttns ces fucs , des feuilles de menthe: fiches , une livre & demie , Desrofes retiges, deux onces. Taites-les bouillir enfuite dans un vatffeau de terre verniffe jufqu'a reduäion de Ix mottle,puis les coulez. & les exprimez., &dans la colature diffolvez. deux livres de fucre que vous cUrifiere%,& que vous cuire z, enfuite en conjiflence de fyrop qui fera Aromauf i ttvec une dragme de trochifques de GaIIia Mofcata , pilez. & enfermez. dans im nouet. R E M A R Q^U E S. La difference desfaveurs a legard des coings eil bien petire ; mais afin de fuivre l'intention de l'Autcur, on peut employer ici des coings meurs Sc d'autres qui rie le feiern point encore y on les rapera & l'on en tirera le Tue. On aura des grenades de trois fortes fi i'on en peut trouver, ou fi l'on n'en trou- ve que de deux ou d'une , on ne laiflera pas de faire le fyrop en proportionnanc toüjours la quantite du fuc : on feparera l'ecorce des grenades, on ecrafera le de- dans exadement dans un mortier de marbre, on laiilera la maticre en digeftion a froid quelques heures•, puis on l'exprimera. On mcttra dans un pot de terre verniffe les feuilles de menthe Sc les rofes feches, on verfera deffus les fucs de coings Sc de grenades, on couvrira le pot & on laiflera la matiere en digeftion pendant vingt quarre heures, puis onla fera bouilhr ;l di ■ minution de la moitie, on coulera la decodlion, on l'exprimera & l'on y melera le fucre ) on clarifiera le melange, Sc on le fera cuire en fyrop qu'on aromatizera avec les trochifques de gallia mofehata, lefquels on aura concaffez Sc envelopez dans un notier, on jettera ce nouet dans le fyrop lorfqu'on le retirera du feu Sc on l'attachera ä l'ance du vafe dans lequel on voudra le garder. Ce fyrop eft propre pour fortifier l'eftomac en rafFeumiffant fes fibres, pour em- Vertu». • pefcher le vomiflement, les naufees, le hoequet, pour la lienterie ■> la dofe en eft £> 0 fc, depuis demie once jufqu a une once &c demie. Je trouve plufieurs deffauts dans la defeription de ce fyrop •, premieremenr en ce qu'on veut que la menthe y foit employce feche •, car en feenant eile perd la plus grande quantite de fes parties voiariles öc eflentielles ; de plus eile devientfi legere, qu'une livre Sc demie qu'on en demande rient un trop grand voluniepour la quantite des fucs ou l'on la met infufer, quoiqu'il y en ait beaueoup. Je voudrois dortc l'employer verre Sc dans fa vigueur. En fecond lieu on la fair bjuillir trop long- tems, on perd par cettelonguecoelion, ce quelle ademeilleur. Entroifieme heu, il entte trop peu de fucre dans cette compofition, a proportion des autres drbgues, je voudrois donc la reformer en la maniere 1 uivante. Syrop de menthe compofe\ refofme'. Prenex, da fucs de coings & de grenades , de ehaem deux livres. Venus. Dofe. Syrop de Myrthe fimpie. 1$ S PHARMACOPE'E la.iffet.-y nucerer pendant quatre jours , desfeuilles de mentke noWVtlkmtnt Cftell* lies & ptle'es , huit onces, Des rofes rouges ,deux orices. Aprescela faltes biuiliir legerement ce melinge dans un vaijfeau de terre vertilge, Coulez. enfuite & exprim tl'infttßm; puts clartfiez. la colature avec trois hvres de fucre & U cuifez. en fyrop cfie rous aromatiferez. enfuite avec deux dragmes de trochifques de GalitaMofchata enfermez, dans un noutt, & douz,egrattes d hutle eßentie'e de menthe* R E M A S de chacun ßx dragmes , Des capdlaires , du chardon benit , de leponge de cynorrhodon } desfleurs ou des TAcinef de buglofe t des femences de fenriiä & d'anis, de chacun cmq dragmes , De la meilleure thubarbe & du maßte , de chacun trois dragmes, Du fpuanurd f de l'afarum , de la femlle indienne , de chacun deux dragmes. tT N I ▼ E R S E L L E. 159 Takes louillir toutceU dans quatre pintes d'eait jufqu'a redu&ion du tlers , puis tvec quatre livres de jucre blatte & avec deux hvres de fuc d'aehe & autant de celui d'endiye. Faites-en un(yrop felon l'art. R E M A R Q^U E S. On netoyera & l'on mondera les racines, on les coupera par morceaux, on Ies fera bouillir dans l'eau , puis on y mettra l'eponge de cynorhodon, les herbes, les femences concalfees & les fleurs 5 quand la deeoition fera diminuee d'un tiers, on Ja coulera, on y melera le fucre Sc les fucs nouvellemenr tires, on clarifiera le rae- iange avec un blanc d'ceuf Sc on le fera cuire en fyrop , y jettant für la fin la rhubar- be , le maflich & le fpicanard envelopez en un noiier. 11 eft eftime propre pour fornfier l'eftomach Sc le foye, il leve les obftru&ions; on Vertris* en donne pour l'hydropifieja dofe eft depuis demi once jufqu'a une once & demie. Dofe. La racine d'endive n'a pas grande vertu, je voudrois employer en la place, cellc de chicoree fauvage. On pourroit faire un fyrop d'aigremoine fimple, en faifanr cuire enfemblc parties s vrop $ü 4 egales de fuc d'aigremoine & de fucre. gremoine Syfop de chamoedfys , de Bauderon. Vrenex, du chameedrys avec [es fleurs , huit onces De la fcolopendre , trois onces , De l'ecorce de racine de caprier , deux onces, De l'acorus Veras, du jonc odorant, du nard-indique , & des femences de perjtl & d , a- nis 5 de chacunjtx dragmes. Laiffei, toutes ces drogues pileesen maceraüon pendant deuxjours dans trois choplnes d , eau & autant de vin blanc , puis coulez. & exprimez. Vinfujion } & dtjjolvez. enfuite dans la colature trois livres de fucre blanc ou de nüel ecume. Clarifiez~-la enfuite & la cuifez, en fyrop , auquel vous ajouterei« dans la cuite deux dragmes de canelle. REMARQUES. On concaffera toutes les drogues, 011 les mettra enfemble dans un pot de terre verniffe , on verfera delfus l'eau Sc le vin , on couvrira le pot, on ie placera en digeftion furlescendres chaudes pendant deux jours; puis on fera bouillir douce- ment la mauere jufqu'a confomption du tiers de l'humidite , on la coulera , on l'ex- prirnera , on j melera le fucre , on clarifiera le melange Sc on le fera cuire en fyrop leqael on aromarizera en y jettant für la fin de la cuitte la canelle concafiee Sc en- velopee en un noiiet. Ce fyrop eft propre a exciter les mois aux femmes, a faire uriner , a ineifer Sc deterger les humeurs trop vifqueufes; la dofe en eft depuis demi once jufqu'a deux Vertu«. Dofe. onces. Les principales vertus du fpicanard, du jonc odorant Sc de l'acorus verus resident dans des parties fubtiles, qui fe diffipent prefque toutes dans les coctions, j'aimerois. mieux les referver pour les enveloper en des noiiets , les mettre dans le fyrop lorl- qu'il eft prefque cuit Sc les y laifler torijours tremper, afin qu'ils y communiquaflent leurs odeurs Sc leurs qualites. Syrop de fcolopendre , de Fernel. Prcnez- de la fcolopendre , trois poignees t Dk btublon , des capillaires , de la eujeute & de la meliße , de ebaeun deux poignees, Kk ij Vertus. Dofe. Autre fy> rop deSco- Jopendre. Depiratio du fuc de cochkari.it Vertust Dofe. Syrops de creßon, de becabunga ±4o PHARMACOPE'E Des racines de polypode de cbefnes mondees , de buglofe , de horrAche , des ecorcts dg meines de caprier & de tamarifc , de chaeun deux onces. faitcs bouiliir ces ßmples jufqu'a confompüon du tiers dans qua.tr e pintes & tho- p'tne d'eau commune; puis ajoutez, a la coUiüre quatre livres de fucre blatte. Cla.rtfiex.-la , & la cmfez, en fyrop. R E M A R O^U E S, On nettoyera Sc Von mondera les racines, on concaflerale polypode avec les ecor- ces , on coupera les racines de buglofe Sc de borrache par petits morceaux : on met- tra boiüllir le tout dansl'eau environ demi heure, puis on y ajoutera les feüiiles ineißes , on continuera a faireboiüllir les macieres jufqu'a diminution du tiers, on coulera la decocÜon , on y melera le fucre , on clanriera le meiange avec un blanc d'ceuf & onle fera cuire en confiftence de fyrop. Il eil propre pour les obftructions de la ratte, du mefentere , il excite l'urine j on en donne pour la melancohe hypocondriaque , pour les fievres intermittentes; la dofe en eft depuis demie once jufqu'a une once Sc demie. On pourroit faire un fyrop de leolopendre fimple, avec une forte decoeftion de la plante Sc du fucre parties egales, il auroit a peu pics la meine vertu que le fyrop de capillajre ordinaire. Syrop de cochlearia. Trenex. du fuc de cochlearia epure & du fucre blanc , de ebaeun deux livres, Du fei de cochlearia , une once. Taites-ks cttire a peritfeu jufqu'a conßßence de miel , & quand la mauere fera re~ froidie , ajoutez,-] trois onces d'efprit de cochlearia , & en faites un fyrop de bonnc conßßence. R E M A R QJJ E S, On tirera le fuc du cochlearia par expreflion , a la maniete ordinaire, on le de- purera en le faifant boiüllir un boiüllon , Sc lepoilant 3c repaflänt par un blanchet julqu ace qu'il foit clair. On mettra dans un plar de rerrc verm/Te , le fuc depure , le fucre Sc le fei de cochlearia , on fera boiüllir le meiange ä petit feu, jufqu'a. confiftence de fyrop epais. On le laiffera refroidir prefque tout a fait , puis on le deeuira avec ce qu'il fau- dra d'efprit de cochlearia , remuant le touc avec un biftortier , jufqu'a ce qu'il ait pris une confiftence de fyrop ordinaire •, on le gardera dans un vaifieau de verreou de terre bien bouche. Il eft propre pour le fcorbut, il adoucit les humeurs trop aeides du corps, il excite l'urine , il leve les obftructions de la ratte Sc du mefentere; la dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once & demie. De la meine maniere fe peuvent preparer les fyrops de creifbn, de becabunga, Sc des autres plantes antiieorbutiques fuceuienres. Le fei & l'efprit de cochlearia qu'ona ajoute dans la compofition ordinaire de ce fyrop , contribucront a le rendre aurant empreint de la vertu de ia plante qu'il pourra letre; on ne mele l'efprit que quand le fyrop eft refroidi, parce que lacha- leur en feroit diiliper le meilleur. On trouvera la defeription de l'efprit de cochlearia dans mon cours de Chimie»- Syfop de canelle. Trenex de Iwrit cancllt grofperement ptierifee , demi üvre^ UNIVERSELLE. £, t Mette^-ta dans une cucurbite de verre & verfem par dcffus unepinte de vin d'Efpagne , & apres avoir adapte & litte te chapiteau & un recipient a fon bec, laiffez* l e tout en digefltonpencUnt trois jours; puls tiret,-enbun onces de üqueur par la dißillaüon a fett lent , apres quoi Li cucurbite etant refroidie , prenet, le reßdu que vcus ferez* boudlir legerement avec une cbop'tue d'eaa commune, vohs coulerez. & exprimerez^enfuite U de- coätoti , & vous ajouterez» deux livres de fitere blanc a Li colature , que vous clarifierez* & cuirei* en conjißence d'opiate , laquelle etant refroidie onjmelera l'eau fpiritueufe dißilee, & Jtxgouttes d'effence de canelle , & on U cmräenfyrop felon l'art. R E M A R QJU E S. On choifira de bonne canelle bienpiquante an gouc, on la concatTera, on la meo tra dans une cucurbite de verre , on verfera deflus le vin d'Efpagne , on adaptera a. Ja cucurbite un chapiteau & un recipient, on Intern exaetemenr les jointures-, on pla- cera le vaiffeau au bam marie tiede, on laiiFera la mauere en digeftion trois jours, puis on en fera diftiler a petit feu , environ huit onces de üqueur fpiritueufe , on laiflera refroidir les vairfeaux, on les deluttera , on renverfera dans un plat de terrc verniue ce qui fera demeure dans la cucurbite , on y ajoiitera une livre d'eau commune , on fera boüillir legerement la matiere , puis on la coulera avec expreflion , on y meiern le üicre , on clariflera le melange avec un blanc d'cenf, 8c on le fera cuire en confiftence d'opiate , on ie laiflera refroidir, puis on le deeuira avec l'eau fpiritueufe diftillee , oü Ton aura auparavant diflout 1 'huile de canelle , on amera bien le tout avec un biftortier, & Ton gardera ce fyrop dans une bouteille de verre bien bouchee. Il fortine ie cceur &d\*ftomach.,il recree &c repare les efprits \ il aide ä la digeftion , il donne une haleine agreable , il excite les mois aux femrnes •, la dofe eft depuis une demi once jufqu'a une once. On peut preparer de la rnememaniere les fyrops de gyrofle , de bois de rofe, de faflafras , de fantal citrin, d'anis , de fenoüil, de corundre , de macis, de bayes de genievre. La vertu de la canelle confifte' dans un foulfre faiin , ou pour m'expliquer plus clairement, dans ur.e huile aetheree , melee avec un ie! eilentiel piquant, c'eft ce qu'on peut connoitre facilement en la machant ; on ne peut pas lui donuer une dif- iolution plus convenable que le vin d'Efpagne qui eil rempii d'cfprit fulphureux & de fei. On enleve &c on conferve par la diftillation les parries fpiritueufes & volatiles qui s'echaperoient en boüillant, & l'on tire par la coeftion ce qui reite de plus fixe des prineipes aeftifs de la canelle ; on ne peut pas a la verite empechet qu il ne s'evaoore quelque quanrite du volatii qui demeute toujours apres la diftillation dans la cucurbite ; mais a la place de ce qui eft echape , Von mele Veffence de canelle a la firi dans le iyrop refroidi, & de cetre maniere on lui communique autant qu'il ie peut , les bonnes qualites de la canelle. Si Ton n'uvoit point de vin d'Efpagne , on pourroit lui fubitituer de bon vin blanc. Sj/rop de chardon binlt. Vrenez. du fuc de cbardon lernt epuri & du fitere blanc \ de ebueun deux livres , Du fei de cbardon beult, une once. Cmfe-L-les en fyrop felon l'art. Oh \mpri- ( &rer de msmc les fjrops de {(abteufe , de yerosiquc & de perve^ch^ AM. k 11J Vertiis, Dofe. Syrops de gyrof.e, de bois de rofe, de hih' fräs de fantal citrin , d'anis , de fenoüil , de macis r de bayes ce genievre, de cori andre, Syrop de euieuce, de peivi'. Suc de chardon benic & fa xiepuraciö. Syrop de primevere- ou de fou- cy. 16t PHARMACOPE'S REMARQUES. On cueillera le chardon benit dans fa vigueur, on en feparera Ia racinc qu'on rejertera , on l'incifera; on le pilera dans im mortier de marbrc , on le laiffera di- gerera^roid cinq ou fix heures, afin que le fuc s'en detache plus aifement; puis on le mertra a laprefle : on fera bouillir le lue feulement un bouillon, on le paflera pluiieurs fois par un blanchec ou par un papier gris jufqu'a ce qu'il foit clair Sc bien depure , on le mectra alors avec le liiere & le fei de chardon benic dans un plar de terre , on fera cuire le melange für un petic feu en confiitence de fyrop. Vertus. Ü refifte a la malignite des humeurs, il excire la fueur , il tue les vers on en Pofc. donne dans les fievres malignes, dans la petire veröle , dans la pefte, dans la pieu- refie •, la dofe en eft depuis un oncejufquaune once Sc demie. . Si l'on veur eviter que le fyrop candüle en vieillifllint, il faut y meler deux onces de miel ecume. Syrop de fleurs de millepertuis. Prenez, des fleurs de millepertuis nouvellement cuetllies , nne livre , De l'eau cbaude , deux pintes. ],atffez.-les en infujiunpendant dout-e heures t puis faites-les bouillir doucement & les exprimei.: apres quoi vous jetterez. dans la colature la meine quanttte de nouvelles fleurs pour en faire une feconde infußon , dans laquelle etant coulee & exprimee, vous dijjoherez, trois livres de fucre bUnc t & une once de fei de millepertuis , vous U cU- nferet, enfuite & la cuirez. en con/tflence de fyrop felon l'art. R E M A R Q^U E S. On mettra dans un potdeterre vernifle les fleurs de millepertuis nouvef/ement cueillies, on verfera delTus l'eau boiiillante , on couvrira iepor, 8c on laiflera la mauere en digeftion pendant douze heures, on la fera bouillir iegerement , on la coulera avec expreflion , on y mettra infu/erauranr de nouvelles fleurs d'hypericum que devant , on reiterera la coäion Sc /'expreflion j on y infufera pour la troifieme fois une pareilie quancicc des meines fleurs , Sc apres l'avoir coulee & exprimee , on y melera le fucre Sc le fei de millepertuis, on clanfiera le melange, Sc on le fera cuire en fyrop. Vertus. H fortine le cocur & le cerveau, iltuc les vers, il refifte ala corruption des hu- j; 0 f e> meurs , il eft propre pout artenuer la pierre des reins Sc de h veflie , & pour faire uriner, la dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once Sc demie. On adeflein de rendre l'infuiion autant empreinre qu'eile peut l'etre dela fub- ftance des fleurs: fi l'on voyoit qu'apres les trois infuiions, la fiqueur ne füt pas en- core bien teinte , on en pourroit faire une quarrieme Sc une cinquieme, mais ordi- nairement il fuffit de trois infuiions quand dies ibnt bien fortes , Sc ü l'on en fait davanrage , elles fönt inutiles, parce que les pores de l'eau etant rcmplis, il ne fe peut plus rien diflöudre. Syrop de houhlon. Trtnez. du fuc epure de houblon , deux livres , Du fuc de funietere t une livre , Du fucre blanc ; deux livres, Du fei de Imbun , fix dragmes* UNIVERSELLE. Cuifez. U tout l petitfeit , & faites-en un fyrop felon l'art. %6$ fyrop de houblon, R E M A R Q^V E S. Le Cac de fumeterre eft facile a tirer , parce que la plante eft aflez humide , mais commele houblon eft peu fucculent, il eil bon de l'humecter avec une forte decoc- tion de houblon pendant qu'on le pile,& le kifler quelques heures en digeftion avant que de l'expnmer. On depurera les fucs en les faifant boüilür un boüillon , & les paflänt par un bJanchet» on les mettra enfuite dans un plat de terre avec le fucre & le fei de houblon , on feracuite le melange en fyrop. ll punfie le fang, il en appaife les effervefcences, il provoque l'urine ; la dofe Vertus, en eft depuis demi once jufqu'a une once & demie. Dofe On peut encore faire un fyrop de houblon avec le feul fuc de houblon depure , Autre & le fucre parties egales. Syrop de pUntaw. Prctiez, de U rac'tne de plantain nouvellement cueülie, quatre onces" t De la. j ernenne de plant ain , une once. Pilez,-les & les faite s bouillir dam une pinte d'eau de plant am diftillee jufqu'a la reduclion du tieis ; melez. dans l'exprejjion deux livres de fuc de plant am } & detix livres & demie de fucre blanc. CUnßeu-la enfuite ) &la cuifez. en fyrop, R E M A R Q^U E S. On concalTera la racine & la femence de plantain , on les mettra bouillir douce- ment dansl'eau de plantain jufqu'a dnninution d'environ le tiers de Fhumidite , on coulera la decocfhon avec expreflion, on y meiera le fuc des f eiiilles de plantain qu on aura tire recemment par expreilion, & le fucre , on ciarifiera le melange avec un blanc d'ceuf, & on le fera cuire en fyrop. Il eft propre pour arreter les cours de ventre , les hemoragies , les gonorrhees, la dofe en eft depuis demi once jufqu'a deux onces. Cette compofuionde fyrop renferme lesqualttes de toutesles parties du plantain , 8c c'eft afTurement la meilleure qu'on puilfe donner. La methode ordinairc de preparer le fyrop de plantain , eft de faire bouillir en- femble parties egales du fuc de plantain depure & de fucre jufqu'a. une confiftence railonnable. De cette derniere maniere on peut preparer les fyrops de centinode , d'ononis on ou arrefte-bceuf, de pulmonaire. Syrop de fcordium ßwple. Trcnez, du fuc de fcordium epure , deux livres & demie } Dm fucre blanc , deux üvres, Du fei de fcordium , ßx dragmes* Cuijez.-les tn conßftence de fyrop felon l''an. R E M A R Q^U E S. Comme le fcordium eft une plante peu fucculentc , il eft bon de l'hume&er apresVavoir pile, avec de I'eau de fcordium diftillee , ou a fon defaut avec une Venus» Dofe. Au f re maniere Je faire !e fyrop de plantain. Sy ops de centirc.de, doneni , de Pu mo- naiie. Vemu. Pofe. Autrc ma- liiere de faire le fy- xop de fco' eümn. i iir un bouillon , Sc le palTant pluiieurs fois par un blanchet , jufqu'a ce qu'il foit clair t on y melera alors le fucre Sc le fei, on clarifiera le melange , Sc on le fera Cime en fyrop. On s'en fert contre la pefte, contre les fie vres malignes, contre les vers, il excite la tranfpiration Sc les mois aux femmes i la dofe en eil depuis demi once jufqu'a une once & demie. On conferve par cette methode les fubftances du fcordium les plus fixes dans le fyrop , mais il s'echape en bouülant beaueoup des parties volatiles qui fonrles plus ciTencielles Sc les plus neceilaires •, ceux qui feront curieux de bien travailier , Sc qui ne plaindront poinc leur peine, pouront remcdier a cet aeeidenr en communi- quant au fyrop les parries fpiritueufes & fixes du fcordium par la maniere fuivante, On prendra cinq ou fix poignees de fommitez de fcordium nouvellement cueillies en leur plus grande vigueur , on les pilera bien dans un morcier de marbre, les hu- meclant avec environ une livre de vin blanc , on mettra la matiere dans un cueör- bite de verre ou de grez , on la bouchera exaetement , on la laiflera en digeftion pendant trois jours , puis y ayant adapte un chapiteau avec fön reeipient & lucte exaetement les joineures, on fera diftiller au bain maric ou au bain de vapeur, environ fix onces de liqueur ipirirueiüe, on la gardera pour la meler exa&ement avec un biftortier dans le fyrop de fcordium qu'on aura auparavant fait cuire en confiiten- ce d'opiate , & laiiTe refroidir prefque taut a iait, on gardera ce fyrop dans une bouteille bienbouchee. Vertus« Do:e. Syrop de Scordium compofe\ de Jerome Mcreuthl. Trewi* desfeuilles de fonebus leger , de borracbe, d'ofeille , de pimpernelle , des fieurs de nenuphar, de rofes, de borracbe, de citron, ou de fon e'corce, & de pimpernelle y de ebaeunes cinq pineees. De la femenee d'ofeille & de Citren, de chdeunes cinq dragmes. Faites-les bonillir dans trois chopines d'eau d'orge jufqu'a reduäion du tiers; puis cuifez. en fyrop la decoä'ton precedente avec deux hvres de fuc de fcordium epure, quarre livres de _fucre , y ajoutant für la finde la ernte , demi dragme de camphre, & autant de mufc. R E M A R Q^U E S. On fera une decoction de deux poignees d'orge dans quatre livres d'eau a dimi- nution du quart, on mettra bouillir dans cette decoction coulee, les feuilles inci- fees , les femences concaflees Sc lesüearsa conibmption du tiers, on corle:a la decodlion avec une legere expre/fion, on y melera le fuc de fcordium tue par expref- iion & deptire, & le iücre , on clarifiera le melange avec un blanc d'oeuf, Sc onle fera euire en l'yrop ; quand il fera hors du feu , Ton y jettera le mufc Sc le camphre enveloppez dans unnouet, Sc on les y laiiTeratoiijours tremper, on gardera ce fyrop dans un pot bien bouche. On s'en fert pour les.fievres malignes Sc pour les autres maladies qui viennent de corruptionci'humeurs; la doie en eil depuis demi oncejufqu a une once Sc demie. La ■ UNIVERSELLE. r 7f 5 Lacomponnonde ce fyrop nie paroit mal inventee, on y mele des epaifliflänts ou des rafraichiflanrs qui ne conviennent point du tout avec la qualite du fcordium qui eft penetrante, fnbtile & rärefiante : je voudrois donc retrancher roure la de- coiäifaHS & ajoüter en fa place deux livres de fuc de fcordium , ou pour faire en- core mieux, on pourroit preparer ie fyrop de fcordium compofc en la maniere fui- vante. Syrop de fcordium compofe\ reforme. Prenez, du fyrop de Scord'wmßmple , tine pinte , dans Uquetle vous meieren, de l'efprit velatil buileux-aromatique , demi once , Du cam/hre diffout dans deux dragmes d'efpnt de vin , & du tnufc lie dans un nouet de cbacun demi fcrupule , dcnt vous ferez, un fyrop. Reformation du fyrop de fcorriium compole. Syrop de joubarbe ßmple. Fretiez, du fuc de joubarbe epure , trois livres , Du fucre bUnc, deux livres. CHtfet,4ei en fyrop felon l'art. R E M A R Q^U E S. joubarbe recemmenr cueillie , on lecrafera bien dans On aura de la grande von ahn que un morrier de marbre, on la laiflera quelques heures en digeftion a f: Ca. vifcoiue fe rarefie , puis on l'exprimera , on depurera le lue en le faifanc bouiliir legerement , & le paflarit plufieurs fois par un blanchet, on en melera trois paf- ties avec deux parties de (ucre blanc , Sc par un reu medroere , on les fera cuire en fyrop. II tempere les ardeurs de Venus, il calme le trop grand mouvement des humeurs, il eteint la ioif, on en donne dans les fievres ardentes, dans les iecherefles de bou- che, & dans les autres occafions ou il eil befoin d'epaiiiir les humeurs j la do'ie en eil depuis demi demi once jufqu a une once. Syrop de joubarbe compofe. Prenez. du fyrop de joubarbe ßmple , cy-devant decrit, une livre , diffolvet,-y une dragme de fei armoniac , & faites-enun fyrop. R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilement une dragme de fei armoniac bien pur, on le drfloudra, dans une livre de fyrop de joubarbe fimple , & Ton gardera ce fyrop. On l'eftime pour calmer l'ardeut de la fievre, pour defakerer , pour les inflam- mations de la gorge •, la dofe en eil depuis demi once jufqu a une once. Le fei armoniac eil mele dans ce fyrop pour le corriger en rarefiant fa vifcolite trop raftraichiilante. Syrop AKtiepileptiqHe de M. Daquin. Trenez. duguy de ebene , de la racine de pivoine male & de fa femence , de cbacun deux onces, Des racine s de grande valeriane, düangelique , d'imperatoire , d'iris illirique & de di- äame blanc , de cbacun une once , Vesfeuilles de betome , de rhu'e , des purs de muguet, de tillot & de lavende, de cha- eune une poignee } Du u\me Uanc de Montpellier mis en poudre, une once & dank. Vertus. Dofe. Vertus. Dole. Vertus. Dufc x66 PHARMACOPE'E Toutes ces plante s coupees & (eneajfees, feront mifes dans im matras, & l'on verfera par deljus trols chopines d'eau de cenfes tuiret , & autant de celle de fleurs de titki ; puis le matras etant bien bouche , on l.üffera macer er le tout ptndant 24. htures dans le bain m.irietiede , apres quoi on les mertra dans un bain tres-cbaui pendant deux oh trois beures ; l'on coulera enfuitt cette infußon , on expnmera & on clanfiera la cola- ture avec quatre livres de fucre , on Li < iura enfutte en fjrop que Von parfnmera avec trois gouttes d'ejjence de luvende , & autant de celle de canelk mcorporees avec du fucre pulvert Je* R E M A R OJJ E S. On choifira toutes les drogucs eu leur force 8c vigueur , on les incifera , on les concaflera 8c on les mettra dans un grand matras, on vetfera dellusles eaux de cerife noire & de fleur de tillot, on bouchera exattement le vaiffeau , & on ie placera au bain marie tiede , pour faire digerer la matiere pendant vingt-quatrc heiues , puis on fcra bonillir l'eau du bain deux ou trois heures; enfuire l'on coulera l'infufion& on l'exprimera, on y melerale fucre } on clarifiera le nielange avec un blanc d'ceuf 8c par un petit feu on le fera cuire en fyrop , on l'aromarif era quand il fera froid avec les eflences reduires en oleofaccharum par l'intennede d'une quantite fuftiiaute de fucre candi fubtilement pulverife. Ce fyrop eft propre contre l'cpilepfie, l'apoplexie , la paralifie & contre les autrcs maladics du cerveau ; h dofe en eft depuis demi once jaCaa a une once 8c demie. Quoiqu'on prenne quelques mefuresen faifant l'infufion des drogues qui entrent dans cette compoiition pour eviter l'evaporation des fubftances , on en laifle beau- coup echaper des plus volatiles&: effentielles lorfqu'on fak bouillir l'infufion coulec avec le fucre; je ierois d'avis que pour remedier a cet accident, on mit l'infufion apres quelle auroit digere fuftifamment dans une cucurbite de verre, qu'on la cou- vrit de fon chapireau , qu'on y adaptät un recipient 8c qu'on en fitdilldlev au bain marie ou au bain de vapeur environ une livre de liqueur fpirirueuie , qu'on laiffät enfuite refroidir les vaifTeaux > & qu'apresles avoir dckutcs & fepares, on bouchäc bien le recipient: qu'on fit bouillir legercmcnt ce qui feroit demeure dans la cucurbite, qu'on l'exprimar fbrrement, qu'on y melät le fucre, qu'on clarihät le melange avec un blanc d'ceuf, qu'on le fit cuire en conu.ft.ence d'opiate , puis qu'on le decuüit quand il feroit refroidi, en y melant exadtement avec un biftortier l'eau fpiritueufe, puis les eflences aromatiques. Par ce moyen on communiqueroit au fyrop toutes les fubftances des mixtes dont il eft compofe. Quand on a retire par la diftilation le plus fpiritueux de l'infufion , on ne doit point craindre qu'en faifant bouillir ce qui refte dans la cucurbite , il fe falle beau- coup de diffipation , car il n'y demeure que des fubftances fixes , 8c il eft befoin de les faire un peu bouillir afin qu'elles fe dilTblvenr. Syrop antinephritique de M. Daquin. Trenez, des racines de guimauve , d'ariete-loeuf , de fraißer , de bardane, de ne~ nupbar , des cinq racines aperitives , de cbacunes une once & demie , Des fruits d'alkekenge & de cynirrhodon ■> de chacun trois onces > J)es femences de bardane, de gremil , de fermontaine , & des quatregrandes fernen- ces froides mondees s des nojaux de nefles & de peches, de chacun une once , Des feuilles de faxtfrage , de pimpernelle , de cerfeuü , de verge doree, de milleper- tms & de cafillaires de Msntpi liier, de cbacunes une poignee > 16 7 UNIVERSELLE. Du ttirtre Harte pidrcrife , deux once f. Cm/et. cesplantcs i'elan l'art dans cinqpintes d'em de parietale , apres quu raus clarißereblaceltiture a.-ec qitatre hvresde fucre , & nus la cuire%. en fyrop qui fem farfuMf nvec l'oleofaccharum anife. R £ M A R O^TJ E S. On nectoyera & l'on mondera les racines , on les couperapar petits morceaux, on pulverifera groifierement le rarere blanc ; on les mettra bouilhr enfernble dans l'eau de parietaire diftillee a petit feu environ une heure \ enfuite l'on ajoutcra ies fruits ouverts , puis les noyaux, les femences concaflees , & enfin les feuillcs inci- Cees; on laiffera diminuer la decoction a la moitie , on la couiera on y aioutera le fucre , on clarinera le melange avec un blanc d'oeuf & on le fera cuive en fyrop on l'aromatifera avec fix gouttes d'eflences d'anis qu'on aura rediiit en öleofaccharuro avec demi once de fucre candi iubtilement pulverife. Cefyrop eft bon pour attenuer la pierre & les phlegrnes qui fonz dans le rein, dans l'uretere , dans la veflie , & pour les faire jetter , ll excite l'urine, il eft: bon pour les päles couleurs •, la dofe eft depuis demi once jufqu a deux onces. Syrop mti-atfhmatique , de M.Daqum. Vrenet. de l'orge monde' , deux onces , Des racines de petaßte , d'aunee, d'aebe, de fcnoriil, de teglijfe & des raifins de da* tnas mondei* , de ebaeun une once & dem'te , Des dattes Jans noyaux , dout-t en nmbri, Desjujubes & des febefles , de chaeun trente en nembre ( Des femlles de pas-d'äne , depulmonaire , des fommitez. d'byffope , de manu.be bUnc* & des capillaires de Montpellier, de ebaeunes une poignee , Des femences d'anis & de cotton , de chaeune une demi once , Des fleurs de pas-d'ane & de pied de cbat , de ebaeunes une demi peignee. Taites bouillir cesßmples dans quatre pintes &chopined'eau de fontawe \puis coulez, & exprime-L. la decoäion qui fera enfuite clarifiee avec le blanc d'oeuf & cinq livres de fucre ; apres quoi eile fera cuite en fyrop , que l'on aronutifera für la ßn de fa cuite avec ßxgouttes d'ejjence d'anis, & deux gauttes de Celle de canellc mcorporees aveeun peu de fucre en poudre. R E M A R O^U E S. On fera premierement bouillir l'orge monde dans l'eau environ demi-heure; on y ajoutcra enfuite les racines mondees & coupees par petits morceaux, puis les rruits ouverts & mondes ; les feüilles, les femences concafles , les fleurs & la regliffe •, quand la dcco&ion aura dinünue d'environ un tiers, on la laiffera refroidir a demi, on la couiera , ony melera le fucre , on clarifierale melange avec un blanc d'oeuf & on le fera cuire en confiftence de fyrop , on l'aromatifera quand il fera froid , avec les efTences d'anis &decanellereduires en oleofaccarum avec cequ'rl faudra de lucre candi en poudre. Ce fyrop eft bon pour ineifer 6c pour detacher la pituire crafTe •> il aide a la refpi- ration , il debouche les obftrudtions qui fe fönt faites dans le poulmon & dans le diaphragme; il eft employe pour l'afthme Sc pour la toux inveteree ; la dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once. Syrop re'fomptif ', Autrement fyrop de toftitcs. trtnet dt U cbair de tortues des bris, une livre > Li i) Vertus. Veru», Dofa ■ i68 PHARM ACOPE'E De Celles Secrerißes de riviere , buit onces , De l'orge monde , de lachair de dattes, & de raifins de damas , de chacu.n deux onces > Des jujubts & des fehe fies , de ebaeun arte douz.aine , De Ia i eghße rattßee & concaßee , une once , Des pignons & des piflacbes mondees , des fleurs de violettes & de ne'nttphtr, des fernen- ccs de cotton , de melons t de concombres & de citrciülle , de ebaeunes denn once , De Celles de laiilut & de pavot bUnc t de ebaeunes deux dragmes. Taites boüälir tout cela d.ins une juffifante quantite'd'eau commune ; puis coulez. & exprimez, la decoäwn , dißolvez, en/uite dans Ucol.it ine trois itvres de fucre blatte. Clarifiez.-U enfutte & la cuifez. en fyrop, lequel etapt refroidt, fern aromatifS avccJix gouttes ä'eßence d'anis incorporees avec une once de (iure pulverife. R E M A R Q^U E S. On aura des tortucs des bois defquelles on feparera la peau, les os &: les entrail- les, on en mettra bouilhr a petit feu , la chair avec les ecrevifles de riviere bien lavees & l'orge monde danshuit ou neuf hvres d'eau de fontaine pendant deux heu- res ; enfuite Ton y ajoutera les fruits mondes & les femences concaflees; enfin la reghlfe neroyee &: concaflee 8t les fleurs; quand la deco£tion fera faire , on la laif- fera refroidir a demi, on la coulera, on y mclera le fucre, on clarifiera le melange avec im blanc d'ceuf & on le fera cuire en fyrop ; on le taiflera refroidir , puis on l'aromadlera avec i'elience d'anis reduite en oleoiaccharum avec une once de fucre candi fubtilemenc pulvenle. Ce fyropeft appelle reftaurant , parce quil aide a. retablir les perlbnnes qui ont ete attenuees & deflechees par des maladies longues, il eft bon pour les phtiiiques, il humecte , il adoucit l'acrctc des humeurs; la dofe en eft depuis demi once juf- qu'a une once & demie. Ce fyrop ne fe conferve pas longtems a caufe des fucs deschairs quiy entrenr & qui le corrpmpcnt facilemenc nonobftant qu ils foienr cuicsavecle liiere , par cette raifon il ne doie ctre prepareque dans le temps qa'on veur l'employer. Syrop de Kermes. Frenex. des grahn meurs de Kermes& du fucre bUnc , de chaeun quatre livres. <2u\fet*-les en fyrop felon l'art. R EM H Q^U E S. Les grains de Keanes appelles cocca bapbica , feu grana infecloria en franeois, fbicn grana graine d'ecarlate, fönt les fruits d'un arbriileau qui croit en Provence & en Lan- tnf4 m*. auedoe , ils meunffent aux mois de Mai & de Tum; cell en ce tems-la qa'on les cariattc. ramalie ix qu on en rait le lyrop lur les lieux. On cerafe exaetement dans un mortier de marbre les grains de Kermes quand ils fönt bien meures öc bien rouges, on Les Liifle en digeftion a froid fept ou huit iieures, afin d'en faire un peu rareüer Li /ubftance vifqueufe, puis on les inet dans un linge a h prelle , & i'on en fait exprimer le fuc , on laiffe repofer ce fuc quelques heüres > on le fepare de ces feces les plus grofficres en le verfantparinclination dans un auire vaiileau , on le pele . on y mele autant de fucre blanc , & ayant mis le me- langelur un fea niedioere, Ton en fait confumer doucementi'humidltejufqua con- Cftence de fyrop. Il foiti&e iecceur & l'eftomach , il refifte a la malignite des humeurs, il em. peche L'aYOUement', la doie en eft depuis demi once jufqu a une once. Venus. Dofe. Coecn he.» VerttiSo Dofe. UNIVERSELLE. tfy Ceux qui veulent faire le fy rop de Kermesplus charge du fruit, cmployent deux parties de fuc für une partie de fucre \ mais le fyrop prend alors une couieur brune , ßc il ne fe garde pas rant que quand on le fait avec parties egales de fuc & de fucre. On fait toujours cuire le iyrop de Kermes plus enaisqueles autres iyrops, parce que le fuc du fruit etant de utbftancc Vifqueule & grofliere , il ne fe garderoit pas s'il eroit trop clair ou trop peil euit; de plas comme Ton tranfporte ce Iyrop dans les pays eloignez , il eft rieceflaire qu'il ait de la confifterice. On fait aufli du iyrop de Kermes fansfeu ea h rmnie're fuivante On ecraie bien dans un monier de marbre des grains de Kermes meurs, on y c v 0Ü j, icie du iure pulverife a proportion , c'eft-a-dire , environ trois parties für une de Keimes fait räins, on agtce le tout quelque tems, on le laiiie en digeftion a troid dix ou douze fans feu« heures, puis on le coule & on rexprime par un linge clair ou par un tamis •, ce qui en fort eft un fyrop qu'on garde comme le prccedent; il cbnferve des parties volati- les que i'autre a perdues par le feu. Syrop exWih'/ant de DuUttfent. Prenez. du fuc de pstnmes de renettes, une llvre , Des fucs de buglofe & de4orrrache } de chaeun neuf onces , Du Juc de mcltjje , une denn once , Des grains de kermes, trois dragmes , Despoudres de d'iambra , quatre ferupules , De celles de dtamarg antum frigidum&de faffran , de chaettnes une denn dragme s Du fucre , deux hvres. Taites de tout cela un fyrop felm l'art. RIMH QJÜ E S. On tirera les fucs par expreffion en la maniere ordinaire , onleur feraprendre un bouillon & on les paflera plufieurs fois par un blanchet juiqu'a ce qu'ils foient clairs, on y mettra infufer chaudement pendant une nuit, les grains de Kermes concaffes, on coulera l'infufion avec expreffion , on y melera le fucre, on clarifiera le melange avec un blanc d'ceuf, & on le fera cuire en fyrop , on y jetrera für la fin les poudres Sc le faffran envelopezenfemble dans un nouet qu'on laiffera toujours tremper. Ce fyrop eft propre pour fortifier le cceur & le cerveau, pour exciter la circulation des humeurs 8c des efprits, on s'en fert pour recreer les melancoliques & pour leur donner de la vigueur; la dofe en eft depuis demi once jufqu'a deux onces. On ne met le nouet dans le fyrop que für la fin de la co&ion a de peut que les aromates qui fönt dedans ne fe diflipent en Vouillant. Les fucs de buglofe & de borrachc rendent le fyrop dtfagreable.au goüt, ce qui eft un grand defaut en un fyrop reitaurant comme eft celui-ci •■, on pourroit y reme- dier en retranchant ces I4.1CS 8c en augmenrant a proportion cekü de pomme, la vertu da reirede n'en feroitpas diminuee. Pour le fuc de meliile , quoiqu'il entre ici en fort petite quantite , il pourroit comnumiquer au fyrop quelque vertu ü Ton attendoit al'y meler apres la cochon ; mais comme on le fait bouillir avec les autres fucs, on laiffe diffiper fa partie vokale odorante la plus effentielle. Les grains de Kermes fönt mis dans cette compofition cn trop petite dofe ; de plus comme on les employe fecs ils ont tres peu de vertu , j'aimerois mieux le fyrop de Kermes; voiei donc comme je voudrois reformer la deferiptionde ce fyrop. Lliij Veiras.. Dole. i7® Ve rtus. Dofe. Autre Sy- ipp anti- fcorbuti- que. 1» H A R M A C O I» Sy op cxhiUrant E'E reforme. Treuer* du fite de pommes de renettes efttre\ deux Itvres & demie , Di fmre v : :i>'C , deux In res. Caifex.-les erifepMe en conjifience de fyrop , & ajoutez,-y für Ufin de fa. ernte qua» trcönces de fj/rop de keines , deux onces d'eau de mliffe, de la poudre de dt Ambra, , quatre [crupulcs , acs poudres diawdrguritum frigidum &de fajfran , de ebaeunes demi d agme ; & de taut cela faires un fjrop felon l'art. - Syrop anti-jcotbutique , de M Daj;in. Trenez. des racines de fougere male , d'angelique , de cbardon-roland > de raifort fauv&ge , de ebaeunes tuis onces , Des eeorces de citrons & d? oranges , de ebaeunes deux onces , Des feuilles de meliffe , de fumetere , de eoeblearia , de beceabunga, de creffon AquAt'i-* que , de nummuläre & de mentbe t de ebaeunes trois potgnees , Des femences de erefan dejardins, de eharden beut & de citrons , de ebaeunes une once jj Des fleurs de genefls & d'cellets, de ebaeunes une potgnee , Du tartre blanc concaße , deux onces. Faites bomlhr tout eela (Uns quatre pintes & eboptne d'eau chaljbee : Coulez. enfuite & exprimez* la decoäten, puis clarifiex, la colature avec le blanc d'oeuf , &ßx livres da meilleurfucre.Cuifex.-la enfuite en fyrop qui fera aromatife avec trois gouttes d'ejfencc de canelle , & autant de celle degjrfle ineorporees avec du Jucre fulvertje. JEMO OJJ E S. On mertra bouillir premierement les racines coupees par petits morceaux, Scle tartre groflicrement pulverifez , dans l'eau ferrce , puis les ecorces & les femences concaflees, apres les herbes ineifees & enlin les fleurs ; lorfque la decoefion aura bouillia dimmution d'environ le tiers, on la laiflera rerroidir a demi, on la coulera avec exprellion , on y melera le fucre, on eiarif/erä le melange 6c on le fera cuire en fyrop , on l'aromarifera quand il fera fait avec les huües de gyrofle Sc de canelle qu'on aui-a reduires en oleofaccharum avec une quantite fuftilante de fucre candi en poudre. Ce fyrop eft propre pour purifier le fang Sc pour refifter ä la malignite des ha- metirs, pour faire uriner , pour provoquer les raois aux femmes ; on s'en fert dans le fcorbut, dans les fievres malignes Sc dans les autres maladies ou il eil befoin d'exciter la cireuktion des humeurs; la dofe eft depuis demi once jufqu'ä une onee & demie. On peut faire encore un bon fyrop antifcorbutique , en melant enfemble des fy- rops de cochlearia, de creflbn de beccabunga , ou bien en tirant les fucs de ces plan- res Sc les faifant cuire apres les avoir depurez, avec du fucre en une proportion convenable ; par exemple für rrois livres de (ucs depares, on mectradeux livres de fucre : fil'on y ajoüreuoe once de fei de cochlearia ou de creflbn , le fyrop fera encore plus fälutaife. Syrop royal\ autfcment'julep ahxxndrin , de Me'Jue'. Trenei. de Feau de rofes diflülee , trois chop'tnes , Du fucre bhnc , deux livres. laites-eti un fyrop ou unjulep. UNIVERSELLE. * 7 i REMARQUES. Si l'on veutfaire le julep Alexandrin , ii faut fimplementmettre fondre Ie fucre pulveriß dans l'eau de rofe, mais fi i'on veut preparer un fyrop , il eft neceiläire de fairecuirele melange en confiftence requife; or comme en boüillant la parcie vola- tile odorante Sc clientielle de l'eau de rofefe diflipe, ie fyrop na pas plus de qualite ques'il avoitete fait avec de l'eau commune, c'eft pourquoije fecois d'avis que quandon veut preparer ce fyrop, 011 fe contentät de mettrc fondre für unpetitfeü dans une partie d'eau de rofe deux parties de fucre; le fyrop feroit fait fans bouiiiir, Sc il feroit empreint de la vertu de l'eau de rofe. Le lyrop royal ou le julep Alexandrin fönt propres pour fortifier le cerveau, le coeur , la poitrine Sc l'eftomacfa \ on lesdonne aufli dans les cours de ventre Sc dans les hemorragies ; la dole du fyrop eft depuis dcmi once jufcju\i deux onces Sc celle du julep eft depuis une once jidqua quarre. Le nom de ce iyrop ou julep vient de cc qu'on l'a trouve autrcfois dignc d'etre prefente au Roy Alexandre le Grand. Syrop de fleuts de Muguet. Trer.et.des ßeurs de muguet nauvellement cueillies , une livre. Mette~~-les dans une Cucurbita de verre, & vcrfez. par dejjus de l'eau diflillee de mu~ giuttroishvres. rLicet, levaiffeau dans unlieu cbaud,puisy ayant adaptel'alembic & le reapient , lai(fet.-les en digeflton pendant troisjom s , puis ttrez^-en une livre ou envi- ron de liqueur [ans povßcr le feu , apres quoi la cucurbtte et am refroidte prenez. le re~ Jidii de h mauere , & ajoutet,-j trois chopines d'eau commune que vous jeret, bouiiiir legerement: vous couleret, enfutte & exprimeret, l'infufien ;puis vous clanfierez* la co- lature avectroislivres de fucre blanc , & vous lacuiret, en opiate , dans laquelle etane refrcidie , vous d'tffolveret, L'eau diflillte & vous en feret, un fyrop. R E M A R Q^U E S. On aura des fleurs de lis des vallees nouvellement cueillies dans leur vigneur, o» les mettra dans une cucurbite de verre ou de grez ; on verfera deiTus l'eau de lis des vallees diftillee, on couvrira le vaifteau de fon chapiteau, on y adaptera un recipient, on luttera les joinrures, on laiftera la matiere trois jours en digeftion au bain marie „ puis on en diftilerapar un feu mediocre environ une livre de liqueur fpiritueufe , on delutera les vailleaux quand ilsferont froids, on renverfera ce qui fera demeure au fond de la cucurbite dans une bafline , on y ajoutera deux livres d'eau •-, on fera bouiiiir legerement la matiere , puis on la coulera avec expreflion , on y melera le fucre , on clarifiera le melange Sc on le fera cuire en confiftence d'opiate , on le deeuira quand il lera prefque froid avec l'eau fpiritueufe diftillee pour le reduire en fyrop. Il eft propre pour fortifier le cerveau Sc I'e/tomach , on s'en fert dans I epilepfie, dans la paraltfie , dans l'apoplexie ; la dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once Sc demie. On ne pouroit pas conferver le volatil de la fleur (du muguet en qui confifte fa principale vertu , ii l'on n'obfervoit les circonftances que j'ai marquees. il faut faire la diftiilation a une chaleur lente, afin qu'il nediftille que le plus fpiritueux; on fait enfuite bouiiiir la matiere reftante afin de diffoudre la fubftance fixe; j'y ajoute de l'eau, parce qu'il n'y auroit pas afl'ez de liqueur pour faire la decodtion Sc la cuite du lucrs. Venus. Dofe. Venire» Dole. Syrops de lavenac,de Rofoiar. de fldeiur.de Marj. de Thym, & des autres phntes o» doranus. Vertus. Dole, 5^1 P H A R M A C O P E" E On peut preparcr dela rn£ro£ mauere , esfyrops de Lavende , deRofmarin, de fleur de fureau, de Marjolaiiae, de Thym , & des autxes plantes odorairtes. Syrop de gomme ammoniac. Protei des racines de Chicoree , d'afperges, & des ecorces de racines de caprier > de chaeunes deux onces, Des feudlcs d'aigremoine & de ceterac , de chaeunes quatre poignees, De V abßnthe vulgaire, deux poignees. Taites-les infufer pendant 24, heitres dans unepinte d'eau de raves, autant d'eau, de fumeterre , & trois onces de vin blanc. Faites-les bouillir enfuite jufqua reduclion de la moitie , puis cLirifiez. Ix colature en la laiffant raffeoir , & dans qtiatre onces de cette meme i-ifußonun peu tiede , dijfolvez. feparement deux onces de gommes ammoniac deja difjeute & purtfiee dans le vmaigre. Cutfez, le refle de l'mfußon avec um hvre & demie de fucre blanc en ccnjtftence de fyrop t & jette^-y le melange de Ugomme für, la fin de la cuite. K £ M A R QJÜ E S. On mondera 6c Ton coupera les racines par morceaux, on concafTera l'ecorce , 011 ineifera les herbes & Fon mettra le tout enfemble dans un por de rerre Ycrnifle, on verferadeilusleseauxdiftUees de rave & de fumeterre & le vin blanc , oncou- vrira le por 8c on laiilera la matiere en digeflion chaudemenr pendant vingt-quatre heures, puis on la fera bouillir doucement jufqu'adiminution d'envirqn la moitie, on la coulera avec expreilion , on la iaiflera repo/er, on la verfera par inclination, & onla pallera parun blancher ; cependanr on difloudra de ia gomme ammoniac dans du vinaigne blanc , on coulera la diflolution Sc on la fera epaiilir für le feu en confiltence de fyrop epais, on pefera deux onces de cette gomme , on la difloudra dans quatre onces de la deco£tion, on fera cuire le refte de la decoction avec le fucre en fyrop epais, 6c Von y delayera für la fin de la coction la gomme ammoniac difloute, pour faire un fyrop de jufte confiftence. Il eil propre pour lever les obftructions de la ratte, de la matriee, du mefentere on le donne pour les päles couleurs , pour les retentions de mois •-, pour diffiper leg fehyrres du foye ; la dofe en eft depuis demi once jafqa a une once. j'ai tirc cette defeription de la Pharmacopee de Londres. La gomme ammoniac etant d'un goüt fort deiagreable 6c d'une fiibftance qui ne s'aecommode guere dans les fyrops, on devroit fe contenter de la faire prendre en pilulesou en opiate, donnanrpardeflüs tellyrop aperitif qu'on voudroit. Sjrot> de piment , ou botfjs. Trtnex. du piment ou botrys, du velar ou cryßnmmje l'ortieje chaeun deux poignees, Dupas-d'ane , une poignee & demie. Fattes-les bouillir dans une fufjifante q'iantite d'eau jufqua reduäion de la moi^ t'ie, puis mihi* avec deux Uvres de cette decoelion, une livre de fac cxpr'mf $ e raifo rti - ü N I V E R S E L L E. irj ■ratforts cu'its att fottr dans un vaißeau bim dos. cLnfiez« le tont AVcc trois Ihres de ß*. fre blatte, & le cuifeu en fyrop. R E M A R QJU E S. On ineifera ies herbes , 8c l'on en fera une deco&ion dans quarre livres d'eau ä diminution de la moitie, cependant on mettra cuire au four des grofTes raves dans un pot de terre couverr , puis on les ecrafera, Sc on les exprimera pour en avek une livre de lue qu'on melera avec la decoction coulce & le fucre, on clarifiera le nie- hnge avec un blanc d'aeuf, Sc on le fera cuire en fyrop. Ü eft propre pour l'afthme, pour fortifier la poitrine, Sc pour exciter l'urine j la Venus, dofe en eft depuis demi once jufqu'i une once. Dofe« On pourrok corriger deux chofes dans la deferiprion de ce fyrop, la premiere eft de faire bouillir rrop long-teraps les herbes, car cette longue cottion düftpe beau- coup de leur fei eflentiel en qui confifte leur verru principale , il fufliroit donc de les faire cuire ä diminution du quart de l'humidke ; la feconde eft de faire cuire les raves au four avanr que den rirer le fuc, car on pouroit fort bien tirer cefuc enra- pant des raves Sc les exprimant fimplement, fans alonger l'operation par cette ck- conftance ixiurile. Syrop d'e'tyfimttm , de Lobc'lius. Vrenet. de la flaute entiere nommee eryßmum on velar , nouvellement cunllie ' ßx ■poignees, Des racines d'aunee , de p.is-d'ane nouvellement cueilli , de rtgJifft & des raißns paffes mondet,, ds ebaeun deux onces, De la borrache , de la cbicaree, & des capillaires , de ebaeun une poignee & demie ] Des fleurs cordiales de rofmarin , & de betoine ou de ßeeebas , de ebaeunes , demie poignee. De la femence d'anis t ßx dragmes. Apres avoir coupe &pile Ces herbes , faltes en une decoäion avec trois chopines d'eau d'orge & autant d'bjdromel, dißolvez* dans la colature une livre & demie de fm on le rae- Hydromsi. lera avec l'eau d'orge , Sc l'on y fera bouillir les racines nettoyees Sc coupees par pears morceaux , enfuite les raifins mondez , puis les herbes ineifees , Sc enfin les fleurs, la regliffe Sc l'anis concaffez , quand la decoction aura fuftifamment bouilli on la coulera, & on y melera le fuc d'eryfimum tire par expreffion & le fucre , on clarifiera le melange avec un blanc d'ceuf > & on le fera cuire en fyrop. Il eft propre pour attenuer 8c pour deucher les phlegmes trop epais de ia poitrine Sc des poumons, ilexcke le crachat, iiprovoquelelaiiftaux nourices, il aide a la refpiration ; la dofe en eft depuis demi once jufqu a une once. L'eau d'orge Sc l'hydromel etant deja chargez de leur fubftance, ne peuvent pas recevoir celle des ingrediens qui bouillent dedans en aufli grande quantite qu'il feroit a. fouhaiter, je rrouve qu'on feroitmieux de fe fervir de l'eau commune pour faire la decoction, Sc de meler demi livre de miel avec le fucre quand on corn- pofe le fyrop. On peut faire un fyrop d'eryfimum fnuple en melant Sc mettant cuire enfemble Vertus. Dofe Vertus. »ofc af + PHARMACOPE'E parties egales de fuc d'eryfimum depure &c de fucre blanc. Sjrop de camtepitis, ou d'ivette, Trenez. du cam&pyt'is , deux poigne'es , De U fange , du refmarin , Du pouillot de mont.igne , De l'origan , du calament, De la mentbe fauvage , Du pouillot, de l'byffope , Du thjm , de U rbu'e , De la betoine & du ferpolet , de ehacun , une poignee , Des raiines d'Acorus, d'anfloloche ronde & hngue , De hryone , de dtäame , de gentiane , de fenoutl de porc, & De vuleriane } de ebaeun , demi once t Des racines d'aebe, d'afperges, de fenoutl, de perjil, De peilt houx , de ehacun , une once , De la racine de pyrethre f une once & demie , Des purs de fteeebas , des (emences d'anis , d'amm't , de carvi , de fenoiiil , De fermontaine & de fefelt, de chaeunes , trois dragmes, Des raifins paffes, deux onces. Faites bomllir tous ces ßmples dans cincj pintes d'eau , jufqvj'a reduäion du tlers , puts ajjuirx. a la colature deux livs.es de mal , & autant de fucre pour en faire un fy- rop felon l'art. Enfuite vous le parfumerez. avec trois dragmes de canelle ,' Avec autant de mix mufeade , & autant de cubebes. R E M A R 0_U E S. On netroyerales racines, & les ayanr coupeespar morceaux, onles mettrabouil- lir dans l'eau environ demi heure , enfuite l'on y a/ourera les fruits & Les herbes in- eifees, puis les femences concafTccs 8c les fleurs, on fera euke les Ingrediens juiqu a diminution d'environ le tiers de l'humidke , oncoulera la decoction f on y meiera le fucre & le miel, on clarifiera le melange avec un blanc d'ceuf, & on le fera cuire en fyrop, on y jeetera für la fin de la euke, la canelle, la mulcade & les cubebes en- veloppees enfemble en unnouet qu'on lanTera toüjours tremper dans le fyrop, afin que l'odeur & les qualitez des drogues s'y communiquenr. Il fortifie le cerveau , l'eftomach, les nerfs & les jointures, il excite les moisaux femmes, il häte l'accouchement, il poulfe l'arriercfais; la dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once. Comme prefque tous les ingrediens qui entrent dans la compofition de ce fyrop , fönt odorants, & par confequent remplis d'liLiiie a:rheree & de fei volaril, ils per- deta la meilleure partie de leur vertu dans la longue cocäion qu'on leur donne, car ces fubftances volatiles fe diilipent en bouillant; on peut remedier a cet inconve- nient en preparant le fyrop en la maniere fuivante. On pilera tous les ingrediens dans un mortier, on les meiera bien, on metrra le melange dans une cueurbite de grez , on verfera deflus quatrelivresde vinblanc , on couvrira la cueurbite de fon chapiteau , on laiffera la maricre en maceration trois ou quatre jours, puis ayant adapte un reeipient au bec du chapiteau Sc kitte les jointures exaetement, on fera diitiller au bam marie , environ une livre d'eau UNIVERSELLE. r i 7S fpiritncufe, on /ai/Icra refroidir les vaifleaux , on les deluttera } on vcrfera ce qui fera demeure dans la cucurbite, en une bafline , on y ajoutera trois livres d'cau commune , on metcra bouillir la mauere environ demi heure , on la coulera , on l'exprimera, on melera dans la liqueur coulee, le fucre & le miel , on clarifiera le meJange avec un blanc d'ceuf, Sc on le fera cuire en confiftence d'opiate, on lc de'cmra quand il fera prefque refroidi avec l'eau fpiritueufe, pour le reduire en fyrop , on y ajoürera des huües de canelle & de mufcade de chacun un fcrupule , «enducs en oleofaccharum dans une once Sc demiede fucre candipulverifefut- tikment, on gardera ce fyrop dans un vaifTean bien bouche. On pourroit faire un fyrop de chamepytis iimple avec deux partics de fuc ou de Syrop de forte decodtion de chamepytis, cueilli dans fa vigueur , Sc une partie de fucre fin chamepy- cuits enfemble. tis Emple, Sfop de plofäle. Trenet. de la pilofelle , trois poignees , Des racines d'alchimüle , une once & demie , De Celles de gründe confoude , de garence , de diel ante bUnc , De tormentüle , & de bißorte , de chacunes , une once , De la pyrole f de la queue de cbeval , du lierre terreßre , Du plantain , de la langue de ferpent, du fraiuer, Du millepertuis avec fes fleurs , De la verge doree , de l'aigremoine , De la betoine t de la pimpernelle , de la benoite t De la quintefeuille majeure , Des cboux rottges , des balaußes } & Des rofes rouges , de chacun une poignee. Faites bouillir mit cela a pettt feu dans trois pntes d'eau de plantain , jnfqu'% reduclion de moitie. Apres une forte exprefflon , latffei. raffeoir la colature , Vuis y ajoütez, les mucüages de gomme adragantb , de racines d'althaa, Des femencts de pfyllium & de coings , qui auront ete tiret. a part dans les e.tux de fraiws & de betoine , de chacun , trois onecs , Du fucre blanc > deux Uvres. Pms cuifez. le tout enfemble en conjißence de miel. E £ M A R O^U E S. On nettoyera Sc Ion coupera les racines par petits morceaux , onlesmettra bouillir a perit feu dans l'eau de plantain pendant demi heure , on y ajoutera les herbes incilees , Sc enfin les fleurs y on conrinuera a faire bouillir la decoction jufqu a diminution de la moitie de la liqueur, puis on la coulera avec expreflion , on la lailfera repofer julqu'ace quelle foir claire , & on la paflera par un blanchet, on fera cependant les mucüages en la maniere fuivante. Onaura quarre pots de fayance ou de terre commune verniiTee , dans un def- Manierede quels on mettra une dragme Sc demie de gomme adraganth blanche & nette con- pieparer caffee. Dans un autre pot on mettra demi once de femence de pfyllium ; dans un " u " autre trois dragmes de pepins de coings , & dans un autre fix dragmes de racine d'akhaeabienncrtoyee , coupeepar petits morceaux & concaflee , on verfera für la i'eau de Mm 1) ttoyee , coupee par petits 1 gormae adraganth , deux onces Sc demie d'eau. de fraize Sc autant d'cau de betoi- Mucilage deg mine adraganth« Mucilage tiefem-nee depiyllium Mucilage de perins de coinirs. Mucilage des i meines d'althasa. Venus. Dofe. Syrop de pi'ofelle firaple» tfj4 PHARMACOPE'E ne, on convrira le pot, on le placera für les cendres chaudes pendant trois ou flua- tre henres, ou jufqua cequela gomme le foit enrierement fondue , Sc quelle ait fair une maniere de colle avec l'eau , on paflera la mauere par un tamis renverfc bien propre , ce fera le mucilage de gomme adraganth. On verfera für la femence de pfyilium trois onces d'eau de beroine , & aurant d'eau de fraize , on couvrira le pot & on laifTera la matiere en infufion für les cendres chaudes pendant huit ou dix henres , puis on fera bouillir l'infuiion legeremCfit &. pn la coulera avec expreilion •, ce fera le mucilage de pfyilium. On verfera für les pepins de ooing deux onces Sc demie d'eau de beroine & aurant d'eau ae fraizes', on couvrira le pot & on laiffera la matiere en infulion pendant huit ou dix beures, on fera chaufFer l'infuhon jufqu a ce qu'elle foit piece a bouillir, puis on la coulera avec expreilion ; ce fera le mucilage de coing. On verfera für la racine d'althxa fix onces d'eau de fraizes Sc autant d'eau de be- toine ; on couvrira le pot, Sc on laifiera la matiere en infufion chaudement pendant huit ou neuf heures, enfuite onla fera bouillir a. diminution des deux tiers j on coulera la decoction en l'exprimant fortement ; ce leralc mucilage d'altha?a. On pefera tous ces mucilages coulez, on les ditloudra dans la decoction purifiee 5 on y melera le fucre , Sc on fera cuii e le fyrop en confiftence de miel, le remualtt fouvent avec une efpatule de bois, de peur que les mucilages ne s'atraclaent au fond de la bafline. Ce fyrop eft bon pour arreter la crachement de fang & les autres hemorrhagies , pour epaifliL les humeuis lalees & trop iubtiles qui diitillent du cerveau ,pour ex- citer le crachat, pour nettoyer les ulceres du poiimon cV: de la poitrme, on peut s'en fervir dans la phnlie; la dofe en eftdepuis clemi once jufqu a une once & demie. Les mucilages qui entrent dans cette compofinon , readent le fyrop glutineux Sc epais, c'efx pourquoi on le reduit en confiftence de miel; car fi l'on fe conrenroir de iui donner la confiftence ordinaire des fyrops, il fe corromproir etant garde. On employe ici trop peu de fucre pour la quanrire des autres drogues, il en fau*- droit du moms encore autanr. On pouroir rendre ce fyrop moms muci/agineux en fe contentant de faire un nouet de h gomme adragandi, de ia racine d'althxa Sc desfemences pour le faire bouillir dans le fyrop. On peut preparer un fyrop de pilofelle funple en mettant cuire enfemble deux parties de fuc de pilofelle depure Sc une partie de fucre. SyTop de Mucilages. Trends des femences deguimauve , de mauve, & de coings , de ckaeuncs , uneonce , De la gomme adraganth , trois dragmes. Faitesles mfufer chaudement pendant fix heures dans deux livres de decoction de mauves, de femence de pavot blanc , & de fruits d'alkekenge , puis cxprimez.-en le 'mucilage, ajoutez,-y enfuite une hvre & demie du meüleur fucre, & ciujcz, le tout en fyrop felm tait: R E M A R QJJ E S. On fera bouillir dans environ trois livres d'eau commune une poignee de feuil- les de mauve , douzeou quinze fruits d'alkekenge Sc fix dragmes de femences de. pnvot blanc cor.callee , jufqu a diminution du quart , on coulera la decoction , & o,a la verfera toure chaude dans un pot de terre oü l'on aura mis les femences Sc la, gomme adragandi, on couvrira le pot Sc on laidera infufer la matiere pendant fix. UNIVERSELLE. ir? heures , ou jufqu'a ce que le mucilage fok faic, alors on le paflera chaudement par un hnge clair ou par un camis rcnVerle, on y melera le fucre, on mestra le melange fiU' un perir feu , & Ton en fera diffiper le trop d'hümidite jufqu a ce qu'il foic en. confiftehce He miel. 11 eft propre pour adoucir les acrerez de la picuite qui defcend du cerveau, il ar- Vertus.. refte ks hemorrhagies, il epaiffic les humeurs crop fubciles, meuric le rhume & il Dofe. excite le crachar •, La dole en eft depuis demi once jufqu'a une once. Quand on veur garder ce fyrop , il eft necelläire de le faire cuire en confiftence feien epaifle, car les mucilages le fönt paroitre cnit avant qu'il le foic; la codtion en doit etre faite a petic feu , Sc l'on doit l'agicer fouvent, de peur que les mucilages ne s'attachent au vaifleau, & que le fyrop ne prenne un gout de roti, Syrop de fleurs de faules. Trencz, des fleurs & des fommhex, de faules , & des feinlies d'ortte } de cbacunes 5 trois poignees. Des fommitcz, de rcnce & de bourfe a berger , de cbaeunes, une pöignee. laites-les bouillir dans trois pintes d'eau de feuilles de faule difiiilee jufqiia la re- duäion du tlers, puls clarifiez. la coUture avec deux livres de fucre , & la auf es, en fyrop fclon l'art. REHA R Q^U E S. On aura des fleurs de faules 8c des bours les plus rendres des branches, ou a leur defaut des feuilles les plus jeunes, on les fera bouillir avec les bouts de ronce , les fommkezdorne & deburfa-paftoris^ansl'eaudelaulediftilleejufqu'aconfomotion du tiers de l'humidite ; on coulera la decoction , 8c l'oö y melera le fucre , on cla- tifiera le melange avec un blanc d'ceuf, & on le fera cuire en fyrop. Il eft propre pour arrefter les cours de ventre, le crachement de fang & les au- Venus, tres hemorrhagies ; la dofe en eft depuis demi once jufqu'a deux onccs, on s'en fert Dofc- aufli dans Les gargarifmes. Syrops de bUncs d'ceufs. TreneiL buk blancs d'ceufs, Battez,-les , & les diffolvez. dans trois chopines d'eau commune. Ajoutez--y enfuite deux livres de fucre blanc , & cuifei* le tout en conjiflence de fyrop felon l'art. E. E M A R 0_U E S. On aura les blancs ou les glaires de huit ceufs frais avec leur laict f on les battra dans une baffine avec des verges de baley bien nettes, y melant peu a peu trois livres d'eau , on y ajoütera enfuite le fucre, on fera bouillir le melange pendant demi heure, on le pallera par im blanchet ou par une chaufle , on remettra cuire la colature en fyrop. 11 eft propre pour humecter 8c pour rafraichir la poitrine, pour adoucir les acre- Vem s, tez qui defcendent du cerveau, 8c pour excirer Je crachat; Ja dofe en eft depuis de- Dofe». mi once jufqu'a une once & demie. Quoique dans la codtion les blancs d'ceufs femblent fe feparer entierement aux cotez de la baffine , le fyrop en retient pourtant quelque partie mucilagineufe , la plus claire & la plus detachee , c'eft eile qui donne la qualite au fyrop, car eile lie & aglutine les fels piquants qui caufoient la toux, 8c eile modere leur mouvement: Qnpouvok rendre ce fyrop encore plus efKcace en y faifant bouillir , apres la colature, un noüet rempli de deux dragmes de gomme adraganth concalfce. M m üj- Vertus» Dofc. i7 S PHARMACOPFE Syfop de noix , de Mefue. Protei, du fuc de noix vertes , epure, quatre Uvres , Du miel ecume , deux livres. Cuifez*-lcs enfemble en confiftence de fyrop. REMARQUES. On pilera bien dans un mortier des noix vertes , on lcs laifTera un joae en dige- ftion, puis onlesmerrra alaprefle, il en forcira du fuc qu'on fera bouillir legere- menr für ie feu, afin que la partic crafle s'cn fepare> on le paffera cnfuire par un blan- chcr, on le melera avec du miel ecume, & Ton fera cuire le melange en fyrop. Heft propre pourles fluxions qui tombent du cerveau für la poitrine , pourla fquinancie, pour excirer la fueur &c le crachat: la dofe en eft depuis dcmi oncc iuf- qu'a une once & demie. Ce fyrop ne dirfere du robe de noix qu'en confiftence. C H A P I T R E Des Loochs. V. IO O C H, Eclegma Sc Lir.äus fonr rrois mors qui iignifient une meme chofe l „^lechement, fuccement; le premier eft Arabe , le fecond eft Grec Sc le troifie- me eft Latin; on les a donnez pour noms a des compoiltions pectorales qui ont une confiftence moyenne entre les lyrops Sc les eledtuaires mous, on les fair fuccer aux malades avec un bäton de reglilfe qu'on trempe dedans par un bout, ou a la cuille- re , afin qu'etant pris peu a peu , lls demeurent plus de temps au paflage , Sc hu-' mettent mieux la poitrine , on ne les prepare ordinairement que für le champ lorf. qu'on en a befoin. Looch de lentilles y d'Avicenne. Trencz. des lentilles rouges, deux pincees. Donnez.-leur une premtere cuijjon dans l'eaa de fontaine, puis fa'ites les cuire une feconde fots dans une ptnte de nouvelle eaujufqtCa la confompüon du quart ; ajoütei*-y en/uite deux dragmes de femence de pavot blatte t & apres quelques bomlkns , ajoü' te%-y encore une bonne pincee de raifins paffes mondeic. Faites encore bouillir le tout jufqu'a ce que la decoäion foit reduite a une ebopine , jette?—y apres ccla deux dragmes de rojes rouges , & quand elles auront bouilli un bouillon , coulez, la decoäion , & dijfolvet. dans la colature une demi livre de fuerg candi, & finalement cutfez. le tout en confiftence d'eclegme. R E M Ä R Q^U E S. On mettra bouillir legerement les lentilles dans de feau commune, on/ettera cette premiere decodion, & on les fera bouillir derechef dans deux livres de nouvelle eau de fonraine jafqa'si confompüon de la quatrieme partie , on y ajoütera alors la femence de pavot bkne, on fera bouillir la decoction quelques bouillons , on y mettra les rai/ins mondez de leurs pepins , on continuera la coction jufqu a ce qu'ii ne refte qu'environ une livre de liqueur , enfin on y jettera les rofes , Sc leur ayant fait prendre un bouillon , on coulera la decoelion avec forte expreilion , on la laiflera repofer, on la paflera par un blanchet, & on la fera cuire avec le fuers candi en confiftence de looch. 279 'UNIVERSELLE^ II deterge, il foniüs , il adoucit les acrerez de la poitrine , il foulage les maux Vertu; de gorge, il e/t bon poud'enroueure , pour excirer le crachar, on en prend avec le bouc d'un baton de reglifle ou d la cuiliere. Looch pc [total. puttez. dufucre candi, despemdcs, & de l'oximel fcillitique , de chaeun de ml once, j>e Upoudre d'adraganthfroid , trois dragmes , De celle diaireos, de racine d'aunee, & de reglißepulverifee, de chaeune, une dragme & detnie. Melez. le tout, & avec une fufßfante quantite de fyrop de pAVot rheeas, faites-en un hoch felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les racines, puis les penides Sc le fucre candi, on les melera avec les poudres diatragacanth & diaireos, on incorporera le rouc avec l'o- xymel fcillitic Sc du fyrop de coquelicoq autant qu il enfaudra pour faire un looeh. On s'en fert dans la pleurelie > l'afthme , dans la phtifie Sc dans les autres mala- Venus, dies de la poitrine & des poumons, il ineife Sc attenue les phlegmes , il excite le crachat, on en prend au bouc d'un baron de reglifle. Looch pour artetet le etachement de fang. Trenet* de la poudre d'adraganthfroid, trois dragmes , Des poudres de rofes rouges , d'jeux d'ecrevtffes preparez* & de coratl pre'pare, de cha- euns , deux dragmes , DeUpierre hematite pre'paree , de la racine de grande confoude fechee & pulvertfee f de ebaeune une dragme & dernte % du fei de Saturne , quini*e grains. Du laudamm > quatre grains , Des mucilages de femences de coings & de pfylltum , de chaeun , denn once, Melez, le tout, & avec ce qu'il faudra de fyrop de confoude. Faites en un looch felon l'art. R E M A R QJU E S. On monderales rofes rouges de leurs onglets, on coupera par petits morceaux la racine de la grande confoude, & on la fera fecher au Soleil, on pulverifera fubtile- ment ces deux iugrediens enfemble. Pour faire les mucilages de coing & de pfyllium, on mectra infufer chaudement, enfemble une dragme de chaeune des femences dans deux ou trois onces d'eau de phntain pendanc cinq ou fix heures, ou jufqu'a ce que la liqueur foit glutineufe , puis on coulerale mueiiage avec expreflion-, fl Von veutqu'il fort plus epais, rl ea fauc faire evaporer par un perir feu une paitie de i'humidite. On melera routesles poudres enfemble , on difloudra dans un morrierle kuda- num Sc le fei de Saturne avec environ demi once de fyrop de confoude ; on y ajou- tetäkspoudres & les mucilages, puis la quantite qu'il faudra encore du meine fyrop , agitant le rout enfemble long-temps pour faire un looch. Il eil propre non feulement pout arreiterle crachement de fang, mais aufli tou- Vertus, les les autres hemorrhagies •, on en prend au bout d'un bäton de reglifle. Looch de choux , de Gordon. tmex. du fuc de choux rouges epure , une livre , Du faffran Du {iure & du miel ecume , de chaeun une demi livre. Melei. tout cela & en faites un looch, trois dragmes , iSo PHARMACOPE'E REMARQUES. Vertus. Mcfue. On tirera le fuc des choux rouges par expreilion, ä la maniere ordinaire, puls on le depureraen le faifant bouillii: un bouillon & le paiiant par un blanchet, on nie- lera ce fuc de choux depure avec le miel & le fucre , on fera bouillir le melangc doucement jufqu'a confiftence de looch , puis etant refroidi, Ton y nielera exadte- menc le faffran reduit en poudre tres-fubtile. Ce looch eft propre pour l'afthme &c pour les autres maladies de la poirrine &c des poümons, on cn prend au bout d'un bäton de reglifle. Looch de Mefue decrit autremenc ce looch, il veut qu'on prenne cinq livres de fuc de iu °fi* ' choux rouges depure , qu'on le fafle confumer a petit feu , jufqu'en confiftence de fyrop , puis qu'on y mele une livie de fapa & autanj de miel ecume. Looch de pttS'd'atte fimple. Prenez. de la racine de pas-d'ane quatre onces , Taites-la bouillir dans l'eau commune jufqu'a ce quelle foit b'ien ramolie , puis en tirez, la pulpe au travers d'un tamis, diffolvez.-la enfuite dans la decoäion, ejr j ajoU", tez, hmt onces de miel ecume : Enfin auf ex. le tout en conjrßence de looch. R E M A R Q_U E S. On auta des racines de tuflilage cueillies dans leur vigueur , on les coupera par morceaux , &c on les mettra bouillir dans ce qu'il faudra d'eau , jufqu'a ce qu'elles foient molles, de qu'il ne refte qu'environ lix onces de liqueur , on coulera la decoenon, on pilera les racines dans un morrier de marbre , on en rirera la pulpe par un tamis, on difloudra cette pulpe dans la decoifcion coulee , & l'on y melera le lucre pulverüe , on mettra le melange für un petit feu pour Jui donner plus deiiai- lon & de confiftence •, le looch fera acheve. Il adoucit l'actimonie des humeurs qui defeendent für la gorge , il appaife la ronx , il excire Je craeiwr, il humecte la poitrine , on en ule avec un bäton de Vertus. reglifle. Looch de pas-d'ane , compofe. Prenet, des racines de pas-d'ane j quatre onces , De Celle d'altbda , deux onces, Faites-les bouillir dans l'eau commune , & tircz.-enUpulpe par le tamis> puis la dißüvet, de noureau dans la decoäion avec une livre de fucre , fept onces de miel de raijins, & quatre ferupules de fuc de reglifle, agitet* le tout enfemble avec un pilon de bois , & y melez. cependant im ferupule de poudre de canelle, autfflt de poudre de nucis , unde im ferupule de faffran , & au taut de gerofies. De tout cclafaites un looch felon Part. R E M A R QJU E S. On coupera les racines par morceaux , on les fera bouillir dans de l'eau jufqu'a ce qu'elles foient molles, & qu'il ne refte qu'environ une livre de liqueur > on coulera la deco&ion , Sc ayant pile les racines dans un mortier de marbre , on en tirera la pulpe par un tamis renverfe , cependant on mettra fondre dans la deco- de chacun deux fcrupuhs , Du fucre blanc, une Uvre. Ta'ttes de tout ceta im looch felon Part. REMARQUES. On mettra en poudre fubcilc les rrochifques, les gommes, la pierre hematire ou fanguine Sc les poiis de lievre rotis ou prepares , on tera cuire le fucre dans le fuc de pourpier en fyrop epais, puis quand il fera prefque refroidi, on y melera les poudres pour taue un looch. II eft propre pour armer lc crachement de fang &c les autres hemorrhagies- Looch de raißns p*ßes. Prenez, des racines depivoine & de regliffe , de chacunes denn once , De l'hyffope , de la mehffe & du cetherach , de chacun une denn poignee. Eaues-les bouillir dans i'eau depluye ; puis ajoutez. dans la colature apres une forte txpreffionutie hvre de petits raijinsmvndcz, , que vom ferea fouültr & exprimerez. fo.tement au traverr d'un linge , apres celadtßolvez. dans T exprejfion une Lvre de Jucre blanc , & faites-en un looch Jelon Part. R E M A R Q_U E S. On fera bouillir la racine de pivoine coupee par morceanx dans huit livres d'ena de pluye bien nette , on y ajourera les herbes incifees & la reglifle conoanee; quand la decoction fera coniumeeenviron au quarr, on la coulera ,on y mettra cuire les raiüns mondes de leurs pepins jufqu'a ce qu'ils fbienr mous, on päflera alors la decoction par un hnge claire, on lexprimera fortemenr, puis on y mettra cuire le fucre en confiftence de ioec. Vcxtus. U eft propre pour rarefier & incifer la pituite craffe qui tombe du cerveau für les poumons, pour facilirer la refpiration dans l'afthme, pour l'epilepfie, on en peut ufer au bout d'un bäton de regliffe, ou a la cuillere. Looch de Guimauve , de Jj>uercetart. Prenez, delapulpe de racine de gmmauve , deux onces , De la poudre d'adragantb frstd & de dtaireos , de chacunes trois dragnies, Du fucre candi & des penides , de chacun demi once , D» fyrop de capillaires & de pas-d'ane, de chacun ce qu'il en faudra pour faire un looch felon 1'art. S E M A R Q^U E S. On merrra bouillir des racines d'althaca recentes dans de l'eau jufqu'a ce qu'ellc foienr molles , on les pilera dans un mortier de marbre , üc l'on en paitera la pulpe per un tamis bien renverfe ; onpulvenfera fubrilement le fucre candi & les penides, on rcelera toutes les poudres enfemble dans un mortier avec les fleurs de foulfre , on y verfera ce qu'il faudra de fyrop de ruffflage Sc de capillake , on agitera 2c Ton buüra le melange pour le reduire en looch. UNIVERSELLE. 185 ll eft propre contrc la toux inveteree , il detache lcs phlegtnes de la poitrine , il Venus» excite le crachac, il foulage ies afthmatiques ; on en ufe au bout d'un baton de regliflc. Looch fanum , dt Mefut, Protei, des raißns paffes mondez. , desfigues nouvellemttit fechees , & des dattes gtaffes t de ebaeun deux onces , Tics jujubes & des febeßes t de ebaeun une trentaine , Des femences de fenugrec , cinq dragmes , De celles de im , d'ams , de fenouil, de l'byfope feebe , de U anale , de la regliffe , da calanent & de l'iris , de ebaeun denn once , Des capdlaires , htie poignee. Taites bouillir tout cela dans deux pitites d'eau jufqu'a la reduä'wn * ■'"" mmUe ' 'Cin.ifei.la colature avec deux livres de penides jufqn'> -"Jtjtence de miel, puh djoutez.-y ks poudres fuivantes, de pignons pe'"~ & recents , cmq dragmes, D'amandes douces pelees, de regliffe m"-^ > des g°mmes adragantb & ambique & d'i~ midoH , de chaeunes trois edagmes , .„< "Des racines d'iris , deux ^agmes, De rout cela, fat*s-e»Uh looch jelon l'art. R E M A R Q^U E S. Onmettrapremierement bouillir la racine d 'iris , enfuite les fruits apres leg feuilles Sc les femences c.ifin la reglifle Sc la canelle } on lauTera confumer la de- coetton jufqu'a diminucion de la moitie , on la coulera avec expreilion , on y fera cuire ies penides jufqu'a confiftence de miel, puis on y melera les poudres, pour faire un looch qu'on gardera aubefoin. Il eft propre pour adoucir la toux & lcs acretez de la poitrine , ilincife Sc il atte- Vertut« nue les humeurs vifqueufes , on peut s'en fervir pour la phtifie , pour la peripneu- monie , pour l'afthme ; on en prend au bout d'un bäton de regliiie. Comrae les ameades Sc les pignons fönt trop huileux pour etre reduirs enpoudre, je voudrois qu'0.1 ies pilac en päce dans un mortier de maibre , qu'on y melät un peu defyrop ou de la decoclion , Sc qu'on lespafiat par un tarais , pour enfuite de- meler la pulpe dans la compofition. Au reile cette grande defenption rae paroit bien embaralTec > Je voudrois la re- former en la maniere fuivante. Looch fanun, lefotmi. Vrenez. des raißns paffes monder., desfigues & des jujubes , de chaenn trois dragm, Des femences de Un & d'mis, de chaeunes demi once , Des feuilles d'h]jJope& de capillaires, de chaeunes une poignee. Taites-les bouillir a reduäion de moitie dans deux pintes ä'eau commune. Codex. enfuite & exprimez. la de'coäion , puis cuifez. dans la colature deux Itvres de penides juf- tjtt'i con/i'flence de miel: apres cela ajoutez.-y des pignons pelez. & pilez. dans un mor- tter de marbre , puis delayez. avec une fuffifante quanüte de fyrop d'althaa > & paffex. par un tamis une once & demte , He la poudre de regliffe mondee , une demi once , De Celles d'amidon , d'iris de Tlortnce , degommes adragantb & arabique, de chaeunes Uois dragmes. De tont cela faites-en un hoch. N niij %%6 PHARMACOPE' E V I. Pour pul- verüer les gommes. Fonrlapul- verifation des aroma- tes fecs. Pourla pul- verifati m de !a colo- quinte. PourLipuI- verifation des matie- res acies. Pourlapul- verifation du faffran, des rofes. Drogues difficiles i pulverii'er. Pulverifa- tion du cryilal, des cailloux. Pulverifa- tiö du talc 4s VsBife. C H A P I T R E Des Poudres. IL efl nccelfaire de pulverifer les Ingrediens fecs qui entrent dans les compofi- tions de Pharmacie , non feulement afin qu'ils s'y meiern plus fäcilemenc & plus exaclement, mais auill ahn qu'ilspuifTent mieux communiquer Ieur vertu quand ils fönt dans le corps. On fait ordmairement les poudres dans les mortiers de bronze, mais quand oq veut qu'elles foient plus fubtiles, on les broye für le porphyre jufqua ce qu'elles [mem impalpables ; cette derniere pulverifanon n'ell gueres que pour les mineraux, les F 1Cli j v les terres. Quand on veiu *. art ^ e j es g 0mmes en poudre, il eil neceflaire d'oindre le fond du mortier & le bout du pno.. . j„ ^ e lq UCS goutes d'huile d'amande douce ou d'au- tre huile , autrement les gommes s'attao,^ nt au mo rtier & on a de la peine a les pul- verifer , excepee pourtant les fuivantes, Quand on veutreduire en poudre les gommes adrag^rh & arabique, il faut au- paravantavoir chauffe le mortier avec des charbons alumez, cfi n q ue cerre chaleur falle dilliper une humidite fuperfluc qui eil dans ces gommes & qui cn empecheroit la pulverifation. Quand on veut mettre en poudre le maflich, il faut auparavant hume&er lefond du mortier & le bout du pilon dun peu d'eau , autrement il s'attacheroit. Quand on veut mettre en poudre des matieres aromatiques bien feches , comme la canelle, les fantaux , il faut les arrofer de quelque eau apropriee ä leur vertu , pour empecher la dillipation qui fe feroit du plus f ubtil de leurs parties. Quand on veut pulveriler la coloquinte, il faut l'avoir auparavant fi-ote'e ou ointe d'huile de rofe; car autrement il s'echaperoit beaueoup de les parries qui rempli • roient le lieu d'amertume. Quand on veut mettre en poudre l'eaphorbe, les cantarides, l'ellebore blanc , il faut les humecler de quelques goutes de vinaigre ou d'une autre liqueur appropriee, car ü i'on neprend cerre pre'caution , l'artifte eil fort incommode des particules vo- latiles de ces matieres, qui etant agitees par le pilon voltigent Sc entrent dans le nez &c dans les yeux, & par leur, acrete fönt pleurer & eternuer extraordinairc- menr. Quand on veut mettre en poudre le faffran , les rofes &plufieurs autres fleurs qui confervenr toüjours quelque humidite aqueufe, quoiqu'elles paroiffenr feches, il faut les faire fecher tres doucement entre deux papiers au foleil ou au feu, autrement on auroit peine a les mettre en poudre. On ne peut pas mettre en poudre feparement l'opium, l'acacia, l'hypociflis , le lue de reglifle, le galbanum , l'opopannx, le/ägapenum , l'aflafrada; mais qu=ind ces drogues fönt melees avec des Ingrediens fecs d'une autre narure en grande quan < üte} Von en vient a bour, il en efl de meme ä cet egard des amendes des fernences froides, des avelines, des pignons. Quand on veut mettre en poudre le cryftal, les cailloux & les autres pierres de pareille durete, on doit les avoir auparavant plufieurs fois rongies au feu Sc ereintes dans del'eau ahn de les attendrir, aurrement il feroit bien di/ficile d'en venir a. bout. Quand on veut pulverifer letale de venife , il faut l'expofer environ demi quart d'heure aun grand feu de fläme, puis le piler dans un grand mortier de fer qu'on aura faitprefque rougir au feu. TT VT U XN i- k. S E L L E. _ 287 Quand on veut pulvcrifer des cornes, des ongles, k'agaric, la noix vomique, il taut ies avoir auparavant rapees , puis les püer dans unmorrier de mecal. Quand on veut pulverifer le plomb , l'etain , il faut les meccre en fufion dans im plat de terre, puis les remuer toüjours für le feu avec une fparule demi hSälc ou une heure, ils fe reduiront en poudre, on peut pncore jetter Ccs meraux fondus dans une boe're de bois frottee au dedans de craye, couvrir la boete & l'agiter commeje Tai lnarquedans mon Livre de Chymie , ils fe pulvenferont. Il eft pecelTaire de battre fortement plufieurs matieres qti'on veut pulverifer , comme les bois, les racines, les feuilles •, les femences , les fruits les cornes, les os, jpais pluiieurs autres ne doivent etre que broyees dans le morcier comme l'aloes , la fcammonee , les terres , l'amidon. Les fels & les autres matieres acres ou corrofives doivent etre mifes en poudre dans des mortiers de verre , de marbre ou de pierre , pour eviter 1'impreiTion qu'ils pouroient recevoir du metal. Foudre de fenne'. Trenet, des feuilles de fenne de Levant mondees , & de U creme de tartre, de chx-> cune , une once. D« diagrede , deux dragmes, De U femence d'ammi, de la racine de galanga mlneure , de la canelle & du gerofle, de chacun une dragme. Faites-en une poudre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On mondera le fenne defes batons , on le pulverifera avec les femences d'ammi, les gyrofles, le galanga Sc la canelle , on broyera a part la creme de tartre Sc d'une autrepart lafcammonee preparee ou diagrede dans un morcier dbnt on aüra öint le fond Sc le bout du pilon de deux goutes d'huile d'amande douce : on melera exa- dtement enfembie tous les ingrediens pulvenfes pour faire une poudre qu'on gar- dera au befoin. Ellepurgela melancolie & hpituitc , eile 'provoque lesmois aux femmes; la dofe en eft depuisdemi dragme jufqua une dragme Sc demie. Quelques Auteurs appellentcette poudre pulvis tartanfatus folutlvus 5 eile eft rendue purgative par le fenne Sc par le diagrede, la creme de tartre corrige le fenne empechant qu il n'excitedes tranchees & par fa quahte aperitive eile aide a lever les obftructions; pour la femence d'ammi, la galanga , la canelle Sc les gyrofles ils n'apportent pas un grand biendans la compofition , au contraire je croirois la poudre plus ialutaire ii eile itcfit debiraffee de ces ingrediens qui ne fervent qu a lui donner beaucoup d'acrere & a echauffer le malade. Demi dragme de la poudre diafenna contient environ treize grains de fenne Sc trois grains de diagrede. Deux fcrupules de la poudre conriennent environ dix-fruit grains de fenne Sc quatre grains de diagrede. Une dragme de la poudre contient environ vinc't-iix grains de fenne & fixerains j r 1 ö ö de diagrede. Quatre fcrupules de la poudre conriennent environ demi dragme de fenne Sc huit grains de diagrede. Une dragme & demie de la poudre contient environ trente-neuf grains de fenne Sc neuf grains de diagrede. On trouve encore dans les difpenfaires les defcriptions fuivantes de la poudre diafenna. Pulverifa« t ; on des cornes, des v/ügics de la noix vo- mique, de l'agaric. Pulverifa- tion du plomb & de 1'etain. Vertag Dofe. Vulvis lay tan fr tus Jö* lutivus. Prirgafifi de la poii- dre, 9ii, 9iv, 3i ß > fl Vertus. Dofc. Pürgatifs «icla poudre. 9J»' 9iv, iSS ^HARMAGOPE' ß Autres poudres de fenne, compofeef. Vrenet, des feuilles ae fenne mondees , une once & demie , J>»girgembre , du nucis, de U canelle & du tartre ,decbacun une dragme & demie* Faites-en une pudre. AVTRE. Vrenet. de Vherbe aux pries & de U regliffe , de chacune une once & demie , Dugalanga > de la canelle , du fpkanard, desjemences de cum'm, de feaouil, de carvi »' & d'anis , de cbacun demi once , Dn fenne autant que de tous les autres Ingrediens. Faites-en une pudre. l'oudre de turbith avec Rhuhxrbe. Trenez. du turbith gommeux & des bermodaäes , de cbacun une once \dela rhubarbe 2 dix dragmes , du diagrede une demi once ; du fantal ronge & blanc ; des violettes & du faffran , de cbacun une once & demie ; du maßic , de l'anis , de la canelle & du faffran , de cbacun une demi dragmt. Faites-en une pudre felon l'art. R £ M A R Q_U E S. On commencera par battre les fantaux qui fönt les ingrediens les plus durs de cette compofition •, fi l'on veut prendre la peine de les raper avant que de les mettxe dans le mortier , ils feronrplus fäcilement mis cn poudre; on y ajoutera le turbith coupe par petits morceaux , Sc afin que la poudre ne s'exale poinc trop , on y melera l'anis qui par fa partie huileufe l'engraiflera un peu, quand ces drogues feront ä demi battues, on y melera la rhubarbe, la canelle, le faffran , le gin°embre Sc les her- moda&es , on continuera a battre le tout Sc l'on paffera la poudre par un tamis fin. On pulverifera feparement le diagrede Sc le maftich jufqu'ä ce qu'ils foient im- palpables , puis on les melera exa&ement avec les autres drogues pulverifees pour Faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle purge la pituite du cerveaujla bile Sc la melancolie, eile provoque les mois aux femmes, on pretend auffi qu'elje forrifie I'eftomach Sc le foye; la dofe en elf depuis un fcrupulejufqu'a guarre. La vertu purgative Sc e/lentielle de cette poudre canfifte dans les quatre premiers ingrediens qui la compofent. Unfcrupule de la poudre diaturbkh contient de turbith Sc d'hermodactes de chacun cinq grains, de rhubarbe fix grains, de diagrede deux grains & demi. Demi dragme de la poudre contient de turbith Sc d'hermodac"bes de chacun fept grains Sc demi, de rhubarbe neuf grains; de diagrede trois grains Sc lestroisquarts d un grain. Deux fcrupules de la poudre contiennent de turbith & d'hermoda&esHe chacun dix grains , de diagiede cinq grains , de rhubarbe demi fcrupule, Une dragme de la poudre contient de turbith Sc d'hermodactes de chacun quinze grains , de rhubarbe dix-huit grains, de diagrede fept grains Sc derrii- Quatre fcrupule de Ja poudre contiennent de turbith Sc d'hermoda&es de chacun vingc grains, de rhubarbe un fcrupule de diagrede dix grains. Les fantaux, les violettes, le gingerobre, le maftich, l'anis, la canelle Sc le faffran meparoiffent bien inutiles dans cette compofition , onpourroity mettre aleur place, de la femence de violettes Sc du fd de tartre ; mais comme ce dernier reridroit la poudre humide Sc difficile a garder , il vaux mieuxle referverpour en meler dix ou douze grains für chaque prife de la poudre cjuand on fera pra de la donner au malade UNIVERSELLE. iSp malade , ce fei corrigera bien mieux les purgarifs que ne pouroient faire les Ingrediens dont je viens de parier , & il rendra la poudre plus aperirive; on peut aulli em- ployer dansla compofuion , du criftal de rarere qui n'eftpas fi fujet a s'humecler. La quanrire da rurbih ne me lemble pas aifez grande dans certe poudre ■, je voudrois la tloubJer Sc reformer la compofiuon en la maniere fuivante. Poudre de turbith avec rhnbarbe , refofme'e. Treuen du turbith gommeux , deux onces , De la rbubai be choi/ie . dix dragmes , Des hermodacles , une ov.ee , ßudiagrede , du cnfial de tartre & de la femence de violettes , de ebaeun demi once» Taites-en une poudre feIon l'art, dont la dofefera depuis buit gramsjafqua une drag. 1 i Poudre de Saxe. TreneiL de la rachte d'angelique eultivee nouvellement cueillie , quatre onces De Celles d'angelique fauvage , de guimauve , de polypode de cbejne , de chacums deux onces , De Celles d'ortie & de vintetoxicum, dechaeunes une once , De valeriane , une demi once , De l'ecorce de racine de laureole d'AÜemxgne • une once & demie. Tont es ces racines etant coupees feront imfes dans un vaiffeaa vernijfe, & l'on jetter& par-deffus du fort vinaigre , en teile forte qu'il für nage de deux doigts für les r acutes , puis levaijjeau etantcouvert & bienlute , l'on fera bouillir letouta pfiffest, apres quot l'on couvrira le vaiffeaa , l'on jetter a le vtnaigre qui reflera , & l'on fera fecher les racines de teile forte qu'on puiffe les mettre en poudre , a laquelle on ajoutera des frmts de l'herbe Paris , autrement dit raißn de renard t au nombre de vtngt-ßx. R E M A R Q^U E S. On coupera toutes les racines & l'ecorce par perits morceaux, on les mettra dans un por de terre vernifle , on verfera deffus du vinaigre , jufqu ä ce qu'il furpafle la matiere de deux doigrs, on couvrira le poc 8c on lutrera exae-temene les jointures avec un lut compofe de blanc d'ceuf & de farine, on placera le poc für un perir feil pour faire bouillir l'infufion doucemenr pendant un quart d'heure, on recirera le por, on le laitTera refroidir , puis l'ayanr ouvert & rejerre le vinaigre qui s'y trou- vera, on fera fecher les racines, on les pulvenfera enluite avec les fruits de i'herbe paris , pour faire une poudre qu'on gardera. Elle elf fort eftimee contre les poifons, contre la pefte & les autres maladies malignes , eile purge violemment a caufe de l'ecorce du laureola qui y encre •, la dofe en elf depuis demi fcrupule jufqu a. deux ferupules , ou meine jutqu'a. une dragme. On devroit le contenter dans certc defeription , de corriger l'ecorce de la racine du laureola en la faifanc bouillir dans du vinaigre pour en beer une parcie de i'aere- te corroiive quellecontient. Les aurres racines n'ont rien de malin en dies qui doive etre corrige, Sc on leur rait un grand tort en ce qu'on bte par cetre decochon la fubftancc ia plus volacde &c la plus eflencielle qu'elles ayent, & l'on fixe en les empreignant des aeides du vinaigre , ce qui peut leur etre refte de prineipes volanls ; il faudroir donc reformer cec abus en le contentant de faire fecher ces racines en la maniere Ordinaire. Gerte poudre. eft diverlement decrite dans les Difpenfaires pour les dofes des Ingrediens qui y enttetvt & pour les manieres de les preparer , fon origine vient de ^axe d öu eile a pris fon nom, eile n'eft en ufage que dans l'Ailemagne, eile ieroit trop violente pour nos temperamens Francois. ! oo fl Vertus. Dole Vertu 5. Pols. V;rvus» Dofe. Rofes vi- tfiolees. Ptirgatifde la poudre. gr. vnj. B i, - o 0 PHARMACOPE'E Ton Are chuUr ..fffte . de Quefcctxn. pretteZ. de la rbubarbe chiijie ,trois ences , Du fucre vtolat , une demi once , Des fleurs de violettes, deux dragmes, De celles de rofes pales & de mülepertius , de chacunes une dragme , De la fcammonee preparee , un fcrupule , De U poudre des trois fantaux , de maßich , & de canelle , de chacunes demi fcrupule, Faites- en une poudre fclon l'art. B. E M A R O^U E S. On pulverifera enfemble la rhubarbe , les fleurs & la canelle, d'une autre parc onmeura ea poudre ßparement le maitich , le diagtede & le fucre violar, on me- lerä toutes ccs poudres enfemble avec la poudre DiatriaCaatali, Hc Von fera une poudre qu on gardera dans un vafe de verre bien bouche, autrement eile s'liumeCteroit a caufe du fucre qu'elle contient. Elle purge tres doucement la bile , & enfuite eile fortihe les vifeeres, eile eft propre dans les cours de ventie; la dole en eil depuis un fcrupule jufqu'a quatre. La graine de violette vaudroit mieux dans cette poudre que la fieur, parce qu'elle eft plus pürgative. La rofe pafie etant feche n'a prefque plus de vertu. Le fucre violar ne fe rrouve guere dans les bouriques des Apoticaires, on peut fubftiruer en fa place, le fucre rofat, ou plfttot n'y en meler que quand on voudra faire prendre la poudre au malade , la compofition en fera beaueoup plus facile a. garder. Poudre choligogue , de Mynßcht. Prenez. de la refinc de fcammonee , une once , De la poudre diarhodon abbatis , denn once , De la creme de tarne, deux dragmes , Des rofes rouges vitriolees & des fleurs de petite centauree, de clucunes une uragme, Pattes-en une poudre felon l'art» R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les rofes & les fleurs de petite centauree , on broyera dans un monier la refme de fcammonee 6c la creme de tartre , on melera ces ingre- diens pulvedfez, avec la poudre diarrhodon abbatis , pour faire une poudre felon l'art. Elle purge riiumenr bilieufe , ellechaffe la fievre; la dofe en eft depuis huit grains jufqu'a un fcrupule. Pour rendreles rofes vitriolees , on les arrofe d'unpeu d'efprit de vitriol, & on les lait fechcr , cec aeide augmente leur couleur. Tont le purgatif de cette poudre vient de la renne de fcammonee. Eiuir grains de la poudre cholagogue contiennent quatre grains de refme de fcammonee. Demi fcrupule de la poudre contient fix grains de refme de fcammonee. Un fcrupule de la poudre conrient demi fcrupule de refme de fcammonee. La poudre diarrhodon , les rofes, la petite centauree , & la creme de rarere fer- vent dtoscette compofition a etendre lesparties de la refine, & a empecher qu'elle ne s'attache trop cor.tre les membranes internes des inteftins. Quoy quel'Äuteur ait donne le nom de cholagogue a cette poudre, eile purge aufli bien les autres humeurs que la bile.. UNIVERSELLE. i 9 , Poudre phlegmagcgue , de ty'ietcet&n. Vrenet de la poudre des efpeces de diacharthami , une snce , Du turbitb&des b^rmod alles , de cbac-.in demi cnce , Des mclnfques tfagaric , deux dragmes. Faices-en une poudre felon l'art. R E M A R Q^V E S. On pulverifera enfemble fubtilement le tiubith , les hermodactes, l'agaric, on nieierala poudre avec Celle des efpeces de diacarthami poui faire une poudre qu'on eardera au beioin. Elle purge la pituite du cerveau, on s'en ferc dans l'apoplexie, dans la lethargie > Venus» dans la paralyfie ; la dofe en eft depuis an fcrupule jufqu'4 une dragme & demie. Dofe« Poudre miUnagogue , de Jftueycetan. Trcnex, du fucre candi blanc t une cnce & demie , Des feuilles de fenne mondees t une cnce , Du cryflal de tartre , jTx dragmes t Des femences d'ams & de fenauil, de chacunes une dragme , De la canelle , deux fcrupules. Taites-en une poudre felonl'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le fenne, la canelle Sc les femences , d'une autre pari le fucre candi & le cryftal de tartre, on melera le tout pour faire une poudre com- . pofee qu'on gardera au befoin. Elle purge principalement l'humeur melancolique; la dofe en eft depuis demi Vertus. dragme jufqua deux dragmes. Dofe. Cette poudre n'eft purgative que par le fenne qui y entre. Lir S de la Demi dragme de la poudre melanagogue contienr dix grains de renne, g Deux krupules de la poudre contiennent treize grains de fenne. 2, ••* Une dragme de la poudre contienr vingt grains de fenne. ._ • Quatre krupules de la poudre contiennent vingt-fix grains de fenne. ö ; v ' U ne dragme & demie de la poudre contient trente grains de fenne. _ j g' Deux dragmes de la poudre contiennent quaranre grains de fenne. ^ ii ' On mcle dans cette compofition le cryftal de tartre avec le lenne pour luy aider Refovma- a rarefier & a. derac'met, l'humeur tartareule & melancolique qui eft ordinairement tion de la fort artachec, les autres drogues n'y fervent de den qua exciter plus de chaleur poudreme* aux malades, ou pouroitles rctiancher & dnninuer la dofe de la poudre de la «na^oguc« taoitie. Poudre pinchymtigogue , de jQutrceetiM. Trenez. de Uraclnedegalang* mitteure ,dnmacts& de Ucanelle, de ebaeun une vnce & demie , Desfcmlles de fenne mondees , quini^e dragmes , Du cryßal de tartre , une once , Des bertnodacles & du turbttb j de ebaeun demi once, De la rhubarbe & des trcclnjqiies d'agaric t de ebaeun trois dragmes , J)n Hagre de , deux dragmes , Du füre vtolat, hutt onces & Jix dragmes. Eaites-en une poudre felon Pari. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble le galanga, le macis, la canelle, le fenne , les hermo- daftes, ie turbith, la rhubarbe & l'agark; d'une autre part on reduira en poudre Oo i) Vertus. Dofe. Pur^ dela pouche. 3*» 3 U > I«. Reformation de la. poudre yanchima- ' i9 i PHARMACOPE'E en particulier dans un monier omr d'hutle , le diagrede , d'une aurre part le cryfta? de rarere Sc le fucre vroiar, on melera tous les Ingrediens pnlverifez poar faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle purge roaces les efpeces d'humeurs ; la dofe en eft depuis une dragme jufqu a demi once. Les pürgatrfs de cette poudre fönt le fenne-, la rhubarbe, L'agaric, le diagrede, le turbith 8c les heruiodacäes. Une dragme de h poudre panehymagogue contient du fenne quarre grains Sc demi, des hermodadtes Sc du turbith de chaeun un peu moins de deux grains, de Li rhubarbe & de l'agaric de chaeun un grain Sc demi , du diagrede un grain. Deux dragmes de la poudre contiennent du fenne neuf grains , des hermodactes Sc du turbith de chaeun un peu moins de quarre grains, de la rhubarbe Sc de l'agaric de chaeun troisgrains» du diagrede deux grains. Trois dragmes de la poudre contiennent du lenne treize grains & demi, des hermodactes & du turbith de chaeun un peu. moins de fix grains, de la rhubarbe Sc de l'agaric de chaeun quarre grains, du diagrede rrois grains. Demi once de la poudre conrient du fenne dix-huir grains , des hermodactes & du turbith de chaeun fept grains, de la rhubarbe Sc de l'agaric de chaeun cinq grains & demi, du diagrede trois grains Sc demi ou quarre grains. Comme le fücre violar ne fe trouve pas orainairement cr.ez les Apoticaires, o\\ peut lui fubftiruer fe fucre rofat, on doit garder la poudre dans un verre bien bou- che , car a caufe du fucre l'air l'humedteroit aifement. Si Ton otoit de la compofition de cette poudre , le fucre, le galanga, le macis & la canelle qui y fönt en grande dofe Sc qui n'y fervent de rien, la poudre s'en conferveroit bien mieux, Sc l'on ne feroit point oblige den donner uneh*grande quantite a chaque fois au malade , car alors ll fufBroix d'en faire la dofe depuis im ferupule jufqu a quatre. Foudre ptfgitiiie contte tautei les affetfions froides du cerveau , de Jguercetan. Frenez, des feuilles de fenm & du cryflal de tartre , de chaeun une onee , Des hermodaäes & du turbith , de chaeun demi once , Des feudles de tabac deffechees , des femences de pivoine , de fermontaine, defenouili d'anit , d'ammi , de fpicanard , de chaeun quatre Jcrupules , Du calamus aiomaticus, de la z-eucaire , du corailprepare , des perlespreparees, de ebaettn une dragme , Des eubebes , du macis & dugerofle , de chaeun une demi dragme , 3u fei d'euphraife & de beto'me 5 de chaeun une dragme & detme Du fucre anthofat, cinq ences & demie. Faites-en une poudre fe Ion l*art~ R E M A K O^U E S. On pufvarifera enfemble le fenne -les hermodadtes , le turbith, fe rabac , les (z- iwences, le fpicanard , le calamus aromaticus., le zedoaria , les eubebes, Je macis & ksgyrofles , d'une autre parr on pulverifera enfemble le cryftal de rarrre, le fucre anthofat , les fels, les perles Sc les coraux preparez , on melera enfemble tous ces.ingrediens puiverifez., & l'on en fera une poudre qu'on gardera dans un pot de ^cn:e.bien bouche de peur quelle ne s'iuimeileu. UNIVERSELLE. i 9J Elle degage le cerveau en purgeant par haut & par bas la pituite , eile fortifie la ir.emoire, on s'en fert dans l'apoplexie , dans l'epileptie, dans la leihargie >■ la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu a quatre , dans an bouilkm. Les riurgarifs de cette compoficion fönt le fenne, les hermod.t£fces., le tabac & le turbith. Un fcrupule de la poudre purgarive & cephalique contient du fenne deux grains, des hermodacfces & du turbith de chacun un grain } du tabac les trois quarts d'un gram Demi dragme de la poudre contient du fenne trois grains, des hermodaclres &c du riubith de cbacun un grain & demi, du tabac un grain , 6c le demi quart d'un grain. Deux fcrupules de la poudre contiennent du fenne quatre grains, des hermodac- tes & du turbith de chacun deux grains, du tabac un grain &c demi. Une dragme de la poudre contient du fenne llx grains , des hermoda&es &: du turbith de chacun trois grains, du tabac deux grains & le quart d'un grain. Quarre fcrupules de la poudre contiennent du fenne huit grains, des hermodac- tes & du turbith de chacun quatre grains, du tabac trois grains. Pour faire le furcre anthofat, Ü taut preparer une forte infufion de flenrs de rof- marin , la conler , & l'ayant melee avec parties egales de fucre, faire cuire le me- lange en tablettes. Maiscomme le fucre anthofat ne fe trouve que rarement dans les bouriques des Aporicaires, & parce que d'ailieurs etant mele dans la poudre, il l'humecLeroit &: la rendroit fouvent en päte , il vaut mieux lui fubilituer le fucre cahdi blanc & ajoüter deux ckagmes de fleurs de rofmarin fcclies dans la compoficion de la poudre. Cette poudre doit purger fouvent par le vomiflement auffi bien que par les feiles; ä caufe du tabac qui y entre t mais f on aition eft. quelquefois decermmee en bas" par les purgatifs. Il me paroit plufieurs Ingrediens inutiles dans cette defeription, comrne les fe- mences d'anis, de fenouil, le corail, les perl es, le fucre anthofat; Ci Ton retran- choit ces drogues la poudre en auroit plus de force , & eile fe conferveroir fans s'liumecter, en effet a quoi peuvent fervir dans une poudre purgative cephalique du corail & des perles qui fönt des matieres fixes, alkalines & altringentes: a quoi eft bon ce fucre en fi grande quantite fi ce n'eft pour etendre & pour affoiblir les purgatifs , mais on les etend affez par le boiiillon dans lequel on demele la poudre pour la prendre. Les f eis de betoine & cPetiphraife ne peuvent produire qu'un bon effet, mais corame ils reeoivent facilement l'humidite de l'air, ils rendent toujours la poudre humide, je ferois d'avis qu'on les retranchät de la defeription, & qu'on en fit prendre fix grains de chacun a chaque dofe qu'on donneroir. Voudre hydragogue , de £hiercetxn. Trenet, des raclnes tCafarum & de meihoacham , de cbacun deux dragmei ^ De celks d'efule preparee & de foldanelle s de chaeunes une dragme , Des efpeces de dtacartbami , une dragme & demie , Du dhgrede & des fecules de brjone & d'tris, de chacun quatre fcrupules 5 - T)it\w\)\fques de rhubarbe & d'eupatoire , de chacun deux fcrupules , DeUtmelle & in macht de chacun unfc^upule^, £'0-Hf Vertiis, Dofe. Purg. del» poudre. 9i> 5 ß > 3'ir, Sucre aSK thof£t». Pefbrrm* tion de I* poudre» Vertu». Dofe. Pu« dcla poudre. 9i, 3"j 91V; 294 PHARMACOPE' E Dnfdjjrun de Mars , une demi dragme , Du jucre rojat , autant que de tout le refle t ouune onc fix dragmes & utl fcrupule, Faites-en une feuere fehml'arr. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les racines , les macis, lacanelle 8c les trochifques, on melera cecte poudie avec Celles de diacarthami & des trois fantaux, ie (arfran de marsfera bien broye a part , on mettra le fticre rofat en poudre iubale , on pulverifera aufli le diagrede dans un mortier oinc d'unegoutte d'huilc, Sc on le melera exa- ctement dans le corps de la poudre avec toures les autres otognes. Certepoudre purge les ferofttez , on peut s'en fervk dans i'hydropilie ; ia dofe en eft depuis an fcrupule jufqu a q.iatre. Les purgatifs qiu entrenc dans ia compofuion de cecte poudre fönt le l'afarum, le mechoacam , l'elula , le foidanella , les elpecesou la poudre du diacarthami, le diagrede , les feculcs de bryone & d'iris, les trochifques de rhubarbe & d'eupaco- num. Un fcrupule de la poudre hydragogue contienc de l'afarum & du mechoacam de chaeun un peu moins de deux grains, de l'elula Sc du foidanella de chaeun un peu moins d'un grain , des efpeces ou de la poudre diacarthami un gram , Sc le quart d'un grain , du diagrede , des fecules d'ins (Sc de bryone de chaeun un grain & le denn quart d'un grain , des trochifques de rhubarbe Sc d'eupatonum de chaeun de- mi grain Deux ferupules de la poudre contiennen: de l'afarum Sc du mechoacam de chaeun trois grains Sc demi, de l'efula Sc du foidanella de chaeun un gram 6c les trois quarts d'un grain , de la poudre diacarthami deux grains & denn , du diagrede , des fecules d'iris Sc de brione de chaeun deux grains Sc le quart d'un grain , des trochifques de rhubarbe & d'aigremoine de chaeun un grain. Une dragrne de la poudre contienr de l'afarum Sc du mechoacam de chaeun cinq grains Sc le quart d'un'grain , de l'efula & da foidanella , de chaeun un peu plus de deux grains Sc demi, de la poudre diacarthami trois grains 6c les trois quarts d'un gram, du diagrede, des fecules d'iris & de bryone de chaeun un peu moms de trois grains & demi, des trochifques de rhubarbe oc d'eupatonum de chaeun un gram Sc demi. Quarre ferupules de la poudre contiennent de l'afarum Sc du mechoacam de c'ia- eun lept grains , de l'elula Sc du foidanella de chaeun trois grains Sc demi, de la poudre diacarthami cinq grains, du diagrede , des fecules de bryone & d'iris de chaeun quarre grains Sc demi, des trochifques de rhubarbe Sc d'aigremoine de chaeun deux arains. Certe poudre eft farcie de plufieurs Ingrediens inuriles qni diminueW fr force Sc qui la rendent humide ; on pouroit en recrancher le lue rofat, la poudre duena- (kntali, la canelle Sc le macis, & mettre en leur place une once de cryftal de tartre; le f.ifFran de mars y entre en fop petire dofe ; je voudrois la doublet ou meine ia tnpler Sc rerorrnerla compofuion enlarnameie fuivante. Poudre hydragogue , reforme:. Vrentl, du Ci jßal de tartre , une vnce , Des racitus iafauni , de mechoacam & de rhub.tr be , de ebueures deux djagmes * De Celles a ;jult preparee & de joldaneiie , de clucunes une urn-gme, UNIVERSELLE. *9* Des e fpeces d'utcarthmi, & du faffran de Mar$ apentif, de chacun um dragme & demie, Du diagrede & des fecules de brjone & d'iris , de chacun quatre dragmes. Faites-en une poudre dcnt la dofe fera de v'tngt a vingt-quatre grains. Poudre contre les vers , de QuentUn. Irenen de la caneile , de la corianlre } desfleurs d'bypericum& de petite centauree, de chacun d. j ux dragmes t Derajaium & de la rbubarbe , de chacun quatre fcrupules , De Li corne de cerf preparee , du corailprepare, des fernem es de pourpier & de Citren , de chacun une demi dragme , De la coralltne , de la gemiane , du d'täame , de la myrrhe , du fäff ran de la feammonee preparee , des trochifques alhandal, de chacun un fcruptile. Faites-en une poudre ftlon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfembleles fleurs, la caneile , les femences, les trochifques , les racmes, Sc ia coralline, d'unc aatre pan on mettra en poudre cians un mörtier oint d'une goure d'huile d'amande , le diagiede Sc la mirrhe, on melera rous ces ingre- diens pulverifez, avec le corail Sc la corne de cerf preparez, pour faire une poudre qu'on gardera au befom ; l'Auteur demande qu'on y ajoixte un peu de fucre pour corriger fon mauvais gour, mais le fucre ne fcrviroitqu'd P augmenter Sc il rendröit la poutire humide Sc diflicile a garder , on ne peut bien evirer le göttt tres amer & deiagreable de ce remede qu'en le redudant en bolus 011 en pilules avec un peu de fyrop & le failanc avaler envelope dans du pain a chanrer möiülle. Cette poudve eft eftimee propre a tucr les vers Sc a. evacuer jnfqu'au fondl'hu- meur ou lafemence qui les produic; eile purge le cerveau , eile provoque les mois aux femmes •, la doie en eft depuis un fcrupule jufqa a quatre. Les Ingrediens »urgatifs qui entrent dans la compofitiorj de certe poudre fönt Pa- farum , la rhubarbe , la feammonee & les trochilques alhandal. Un fcrupule de la poudre pour les vers connent de Pafarum & de la rhubarbe de chacun deux grains, de la feammonee preparee Sc des trochilques alhandal de chacun demi gram. Demi dragme de U poudre connent de Pafarum Sc la rhubarbe de chacun trois grains, de la feammonee Sc des trochifques alhandal, de chacun les trois quam d'un grain. Deux ferupules de la poudre contiennent de Pafarum Sc de la rhubarbe de chacun quatre grains^ de la feammonee 8c des trochifques alhandal de chacun un grain. Une dragme de la poudre contient de Pafarum Sc de la rhubarbe de chacun fix grains, de la feammonee preparee 8c des trochifques alhandal de chacun un gram ic'demi. On calcineordinairemeatla corne de cerf pour la preparer : rnais cette caicina- tion empörte tout ces prineipes acfcifs qui fönt la vertu , il vaut mieux fe conteater Ae k reduire en poudre. On pouroir rendie cette poudre plus efficace, fi au lieu de la caneile Sc de la co- riatwke qai n'y fönt pas de grande utilite , on y fubftituoit trois dragmes de fernen contra 8c une dragme de fublime doux» Vertu*. Dofe. Pu-g d: la poudre. 9i, 5i» Keforma- t on de L* pcudie» Venus. Dole. Ingrediens Purg. Je la copoficiori. 3 i, 3 is, 9". 3i» Vertus. Dofe. Purg. dela poudre. 3 *?£ PHARM ACOPE'E Poudre contre les vers , de Lemoft. Vrenet. desfeuilles de fenne , une demi once, De la lemence de z^edoaire , deux dragmes , Des feinlies d'aurune, des fommitei. ä'abjinthe,desfleurs de tanaiße, de chaeun une drag. De la coralline & de Licorne de cerf preparee philofopbiquement, de chaeunes üuni dragme. Du Vitriol de Mars, deux jcrupules , De l'aquila alba , unferupule. Eattes-e n une poudre j"ehrt l'art, R E M A R QJÜ E S. On pulverifera enfemble le fenne , la femence de zedoaria ou fernen contra » l'abnnthe , les Heins de tanaifie , l'abrotanum & la coralline : on mettra en poudre d'unc autre partle fublime doux, la corne de cerf preparee 8c le fei de mars, oa melera enfemble les Ingrediens pulverifez pour en faire une poudre. Elle tue les vers & eile purge doucement ; la dofe en eft depuis demifetupule jufqu'a une dragme. Les ingrediens purgatifs qui entrent dans cette preparation fonc le fenne 8c le fublime doux. Demi ferupule de la poudre conrienc de fenne quarre grains & demi, de fublime doux le tiers d'un gram. Un ferupule de la poudre conrient de fenne neuf grains, de fublime doux les deux tiers d'un grain. Demi dragme de la poudre contient de fenne treize grains 8c demi, de fublime doux ungrain. Deux lerupules de la poudre contiennent de fenne dix-huit grains, de fublime doux un grain , 8c le tiers d'un grain. Une dragme de la poudre contient de fenne vingt-fept grains , de fubiime doux deux grains. Cecte poudre doit etre prife en bolus ou en pilules, a caufe du fublime doux qui pouroit refter dans les dencs ii on laprenoir enpodon , 8c ä caule defonamer- tume Poudre contre les vers de MM. les Medecins de la, Facttltede Paris. Frenez. des jemences de tanaiße , d'abfinthe vulgaire, depourpier & de l'aloes , de chaeun denn once De la rhubarbe choiße , du fenne monde , de la coralline & des fommitez. feches de fcordium , de chaeun deux dragmes. Faites-e n une poudre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera l'aloes feparement dans un mortier oint de quelques goutres d'huile d'amande douce 8c les autres drogues enfemble, on melera les drogues pul- verifees 8c Ton gardera cecte poudre. Elle tue & chaiTe les vers hors du corps en les evacuant, eile excite les mois aux femmes , 8c die re/Ifte a la maJignite; la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'a une dragme. Les purgatifs de cette preparation fönt l'aloes, la rhubarbe 8c le fenne. Demi ferupule de la poudre pour les verscontient d'aloes deux grains, de fenne 8c de rhubarbe de chaeun un grain. Un ferupule de la poudre contient d'aloes quatre grains , de fennö 8c de rhubarbe de chaeun deux grains. demi UNIVERSELLE. 197 Demi dracnie de h poudre contient d'aloes fix grains , de fenne &t de rhubar- 5 ß, bc de cfaacan rrois grains. Deux ferupules de la poudre contiennenr d'aloes huit grains , de fenne & de 9 ii, rhubarbe de chaeun quatre grains. Une dragme de la poudre contienc d'aloes douze grains , de fenne & de rhu- 3 i , barbe de chaeun fix grains. Comme cecte poudre eft fort amere au goiit a caufe de l'aloes qui y enrre , il fe- roirdifficile de la faire prendre aux malades autrement qu'enpilules ou en bolus, il fruit donc la corporifier avec un peu de fyrop d'abfinthe & l'enveloper dans dupain a clianter quand on eft pret de la donner. Poudre de M er eure contre les vers , de Mynfuht. Vrenez, du fernen contra, une once & cinq dragmes , Du mercure doux , cinq dragmes, De la rhubarbe dmfie., du turbith gommeux & de la coralline, de chaeun deux dragmes, De la rapure de corne de cerf & de la mjrrhe t de chaeun une dragme , Des fommitez, depetite centauree & de tanaiße, & du campbre, de chaeun un ferupule' De l'hmle dißtllee de bois d'avehnes , tiree par defcenßon , & de l'efprit de Vitriol, de chaeun ßxgouttes. Faites-en une poudre feien l'art. R E M A R Q^.U E S. On pulverifera enfemble le fernen contra , la rhubarbe , le turbith, 1?. coralline " la raclure de corne de cerf & les fommitez de petite centauree 8c de tanaifie, d'une autre part la myrrhe; d'une autre part le fublime doux, 8c d'une autre part le cam- phre dans un mortier oint avec 1'huile de bois de coudrier tiree per defeenfum , ou a fon defaut avec de 1'huile d'amande amere , on melera toutes ces poudres enfemble , & Ton y fera enrrer peu a peu l'efprit de vitriol en les agitant dans un mortier de verre j pour faire une poudre qu'on gardera dans un vafe de verre bien bouche. Elle eft propre pour tucr les vers 8c pour les faire fortir du corps, eile eftpurga- Vertus, tive j la dofe en eft depuis un ferupule jufqu'a une dragme. Dofe* Les purgatifs de cette compofition iont le fublime doux, la rhubarbe & le Purg. äela turbith. poudre. Un ferupule de la poudre diamercurij contient de fublime doux quatre grains &c 9 i, le tiers d'un grain de rhubarbe & de turbith, de chaeun un peu moins de deux grains. Demi dragme de la poudre contient de fublime doux fix grains & demi, de rhubarbe 8c de turbith de chaeun deux grains & demi. Deux ferupules de la poudre contiennenr de fublime doux huit grains & les deux tiers d'un grain t de rhubarbe Sc de turbith de chaeun un peu moins de quatre grains. Une dragme de poudre contient de fublime rreize grains, de rhubarbe 8c de turbith de chaeun cinq grains. Comme le fublime doux eft pefant, il pourroit refter entre les dents; fi l'on fai - foit prendre cette poudre en la maniere ordinaire, il faut l'enveloper dans du pain a chanter, apres Pavok reduite en bolus ou en pilules, avec un peu de fyrop depourpier ou d'abfinthe. Poudre vulgaire contre les vers. Trenez. du fernen contra , une once , Des [mtnees de eboux, de pourpier, de chaeun trois dragmes, ! Pp 3*> 3 1 * sardera 1 »98 PHARMACOPE'E De la [erneue de cltron , deux dragmes, De U rhubarbe , des fleurs feches de pecher & desfeuilles de fcordkm , de cbAcun une dragme & demie. Taites-en une poudre felon l'art. R E M A R Q_U E S. On pulverifera toutcs les drogues enfemble dans un monier de bronze, & l'on a poudre. Vertust Elle fait moutir les vers & eile rehfte a la pouriture; la dofe en eft depuis demf Dofe. fernpule jufqu'a. deux ferupules. De tous les Ingrediens qui entrent danscetre poudre le plus falutaire eft le fernen contra; & comme il n'y a nul danger de le faire prendre feul , je trouve qu'on feroit bien mieux de fe contenter de cette femence pour faire la poudre aux vevs, que de l'accompagner de plufieurs autres drogues prefqu'inutiles qui ne fönt guercs qu'augmenter le volume , & la rendre plus difhxile a prendre aux enfans pour lef- quels eile eft particulieremenr deftinee. Poudre de jxrfepxreille Uxxtive. Trennt, de la farfepareille , une once & demie , Des feüUles de fenne, une once , Des hermodafies du turbith , & du jalap, de chaeun deml once , Du diagrede & du turne blanc , de chaeun deux dragmes > De l'oLban & de l'ams , de chaeun une dragme. E altes- en une poudre felon Part. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble la farfepareille , l'anis, le fenne , le rartre, les hermo- da£tes, le jalap , Sc le turbith, d'une autre part on mettra en poudre dans un mor- tier oinr au fond de quelques gouces d'huile d'amandes douces , le diagrede 8c l'oli- ban , on melera les Ingrediens pulvenfez, öc Von fera une poudre qu'on gardera au befoio. Elle purge principalement les eaux, eile excite la fueur , on s'enfert dans les af- fedtions verohques, dans L'hydropine, dans la retention de mois, dans la gouete feiatique; la dofe en eft depuis un ferupuie julqu'a quatre. Les purganfs de cette compofition fetu le fenne , les hermodadtes, le turbith , le jalap Sc le diagrede. Un ferupule de la poudre de farfepareille contient de fenne cinq grains, d'her- moda&es, de turbith, de jalap , de chaeun deux grains Sc demi , de diagrede un grain Sc le quart d'un grain. 2 ß , demi dragme de la poudre contient de fenne fept grains Sc demi , d'hermoda- ctes , de turbith , de jalap de chaeun trois grains & les trois quarts d'un grain , de diagrede un peu möins de deux grains. 3 ii > Deux ferupules de la poudre contiennent de fenne dix grains, d'hermoda&es, de turbith, de jalap de chaeun cinq grains , de diagrede deux grains Sc demi. 31? Une dragme de la poudre contient de fenne quinze grains , d'hermodattes , de jalap , de turbith de chaeun fept grains & demi, de diagrede trois grains & les. trois quarts d'un grain. 3 iv , Quatre ferupules de la poudre contiennent de fenne vingt grains, d'hermodaCtes ? de jalap, de turbith de chaeun dix grains, de diagrede cmq grains. Venus. Dofe. P^rgatifs dela poudre. \ UNIVERSELLE; 159 VouAfi de j&lxp , de Mynficht. Trenet de U racine dejalap bonne & bten reßneufe , deux onees & demie , Du (rjßd de tartre , demi once , De l'huile de canelle , m fcrupule, Taites-en une poudre tres-fubtile. R E M A R Q_U E S. On pulverifera feparement le jalap Sc le cryftal de rartre , puis les ayant melez enfemble , on y joindra l'effence de canelle , remuant le toat qaelque tems dans un monier, puis on gardera la poudre dans un vafe de verre bien bouche ; on l'appelle encore pulvis folutivus tartanfatus. Elle purgeles (erofitez fans violence, la dofe en eft depuis un fcrupule jufqua quarre. Cecte prepararion n'eft pas forr neceflaire , car le jalap peur etre melange avec la creme de rartre für le champ , quand on veut le faire prendre; pour ce qui eft de Tefience de canelle , eile donne une odeur Sc un goür agreable au remede , mais eile augraente fon acrere qui eft deja aflez grande d'elle-meme. On rrouve encore d'aurres defcriptions de poudre de jalap dans les difpenfaires ; mais celle-ci eft la meillcure & la plus fimple. Poudre d'e'fulc. Trev.ei. des racines de petite efule preparees , & de la poudre diarrbodou Abbaus ,' de cbacune une once & demie t De l'ellebore blatte prepare & du fei de vitriol , de ebaeun trois dragmes , Du fuc de rcgli/fe & du fantal rouge , de chacim une dragme , De la canelle , de l'iris de florence & du gingetnbre blatte , de ebaeun deux ferupules , Du magißere de perles orietuales & de coraü rotige , de ebaeun un fcrupule , De la mix mufeade , du maßte &de l'oleofaccharwn de ge'rofie , de ebaeun un demi- fcrupule. Melez. le taut & enfaites une poudre tres-ßne. REMARQUES. On pulverifera enfemble les racines, le fantal, la canelle , le fuc de reglifle , la mufeade & le maftich -,'pn melerala poudre avec les magifteres.le fei de vitriol qu'on aura broye au fond d'un mortier , la poudre diarrhodon Sc l'oleofaccharum degyro- fle : on gardera cette poudre dans un vafe de verre bien bouche. On l'employe dans les fievres intermittentes , dans la melancolie hypochondria- que, dans les maladies de l'eftomach qui viennent'de repletion, eile purge par haut Sc par bas; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. On trouverales deicriptions du fei de vitriol Sc des magifteres de coraux Sc de perles dans mon traue de Chymie. L'eleofaccharum de gyroHe fe fair avec le fucre candi fubtilement pulverife, dans lequel on mele quelques goutres d'effence degyrofle; l'eflence ou huile de gyrofle le rrouve auili .decrite dans le meme traire de Chymie. Lespurgatifs de cette poudre fönt les racines d'efula Sc d'ellebore , Sc le fei de vitriol. Un fcrupule de la poudre diaefula contient de racine d'efula preparee huit grains, d'ellebore Sc de (el de vitriol de chaeun deux grains. Demi dragme de la poudre concienr de racine d'efula preparee demi fcrupule, d'ellebore 8c de fei de vitriol, de chaeun trois grains. Vtiv'is folu- ttvttf tnrtn- ritkt. Vertus. Dofe, Vertu;. Dofe. Ehofac- char.de gyrofl:. Purg dela poudre. 5 ß > !■ 3 co P H A R M A CO P E" E 3 ii, Deux fcrupules de ia poudre contiennent de racine d'ef lila preparee feize grains > d'ellebore Sc de fei vitnol, de chacun quatre grains. z i , Une dragme de la poudre contient de racine d'efula preparee un fcrupule d'ellebore Sc de fei de vitriol, de chacun fix grains. Cette derniere dofe eil confiderablement forte , on ne la doit danner qu a des perfonnes robuiles Sc difhciles a cmouvoir ; Tellebore blaue eil rrop violenc li bicn prepare qu'il foit, pour entrer dans une compofition laqueüe on employe par la bou- che j je luis d'avis qu'on lui fubilitue la racine d'ellebore noir qui a moins d'äcretc & moins de force. Je rrouve dans la compofition de cette poudre beaueoup de drogues inutiles com- me la poudre diarrhodon abbatis, le fantal rouge . la canelle , Tiris de Fiorence , Ie gingembre, les magifleres de perles Sc de coraux , la noix mufeade , le maftich , l'eieofaccharum de gyrofle : Ces Ingrediens ont ete ajoutez aux purgatifs pour les corriger Sc pour forciner les vifeeres contre leur effort , mais ils ne peuvenr faire ni Tun m Tariere eilet, ils ne fönt propres qua augmenter 1 acrete de la poudre. Quand unpu> gatif agit, il n'y a point de remedes qui puiflent fortifier, ilraut que la f ermentation Sc le detachemenr des humeurs necelTaires fe foit fait avant que les fibres des vifeeres ioient en etat d'etre rafTermis. Cell pourquoi Ton donneroit bien plus a propos ces remedes forrihants feparez des purgatifs, un jour ou deux apres la purgation; car dans ce temps la ils pouroient faire leur eflet &ns erre trorrbiez. Pour ce qui eil des corre&ions qu'on pourroit donner aux racines d'efula & d'ellebore qui (ont des purgatifs tres-violens , il me paroit que les gommes arabiques Sc adraganth, Sc la regliiTe qui fönt compofez de fubflances glutineufes y fe:oient tres-propres, parce qu'ellespourroienther Sc embaraflferlespointes de leursfclspi- quants & trop acres; je voudrois donc reformer la poudre en la maniere fuivante. Poitdfe d'efule ,. fefovne'e. Trenez, de Vccorce de racine depetite efule , une once & demie , De l'ellebore noir , du fei de vttr'wl&de la regliffe ratiffee , de chacun trois dragmes 9 Des gommes arabique & adraganth, de ebaeunes deux dragmes & demie. Eaites-eriune poudre dorn Li dofe feradepuis un fcrupule jnfijua nn? demi dragme. Venus. Dofe. Purg. dela, poK drei Puttdre d'her,nodäctes, compefee. Vrenez, des hermodaäes , une once & demie % Du turbith, une once , Du mechacan& de la regliffe \ de chacunßx dragmes, Bu gingembre , deux dragmes. Faites-en une poudre felon I'art, R E M A R O^U E S. On pulverifera toutes les drogues.cn/emble fort fubtilement dans un mortier de Bronze , & Ton gardera la poudre. Elle purge pamculierement les eaux , on s'en fert dans Thydropi/ie; la dofe en eft depuis un l'crupalc jufqu'a quatre. Les purgatifs de cette poudre fönt les hermoda&es, le turbith Sc le mechoacam. Un lerupule de la poudre d'hermodacles compofee contient d'hermodacles neuf grains, de turbith fix grains , de mechoacam quatre grains & demi. Demi dragme de la puudre contient d'hermodacles treize grains Sc demi, de (Ol 8*> 9iv> UNIVERSELLE, turbith neuf grains , de mechoacam fix grains Sc les trois quarts d'un grain. Deux fcrupuies de la poudre contienncnt de racines d'hermodactes dix - huit grains, de turbith douze grains, de mechoacam nenf grains. Une dragme de la poudre contient d'hermodactes vingc-fept grains, de turbith } dix -huit grains, de mechoacam treize grains Sc demi. Quatre fcrnpules de la poudre contienncnt d'hermoda&es demi dragme , de turbith un fcrupule , de mechoacam dix-huit grains. La defcription de cette poudre vient des Medecins de Venifc ; j'en voudrois rerrancher le gingembre qui m'y paroit inutile, Sc qui ne fait qu augmenter l'acrete tfespurgatifs, il y a ete mis pour iervir decorrectif au turbith Sc au mechoacam qui excitent en purgeant des tranchees, mais il ne les empeche point. Pour la reglifle, eile peur Iervir en quelque facon ä ce deflein par fes parties onctueufes 6c glutineu- fes 5 mais (i l'on veut bien corriger l'action de cesputgatifs , il fatit meier dans cha- que dofe de la poudre quand on lera pret de la faire prcndre , dix ou douze grains de fei de rarere ou d'un autre fei alkali, cär certe efpece de fei rareficra les fubftances. refineufes du remede, lefquelies peuvent s'attacher contre les membranes des vifee- res , & il empechera Les tranchees. Poudre de tartre , de Mynficht, Traut, du tarne Vitriole & de Li refine de feammonee, 4e chaeun une once y J>« turbithgtmmetix & des hermodaäes , de chaeun denn once t De ihuüe de gereue & de cantlle , de chaeun un demi fcrupule. Iaites-en une poudre felon l'art. REMARQUES. On pulverifera enfemble le turbith & les hermodactes, d'une autre part la reh- ne cie feammonee dans un mortier ointau-fond avec les huiles de gyrofle , de ca- nelle; on meiera ces pondres avec le tarne vitriole pour faire une poudre qubn gar- dera dans un vafe de verre bien bouche. Llle purge i'humeur melancolique tartareufe Sc la pituite, eile eft propre pour la Vera«» goutte, pour la lepre, pour l'hydropifie, pour le fcorbut i la do(c en eft depuis demi fcrupule jufqua deux (crupules. Demi fcrupule cle la poudre diararrari contient de tartre vitriole & de refine de feammonee de chaeun quatre grains, de turbith- Sc d'hermodactes de chaeun deux grains. Un fcrupule de la poudre contient de tartre vitriole Sc de refine de feammonee de chaeun huit grains, de turbith & d' hermoda6r.es de chaeun quatre grains. Demi dragme de la poudre contient de tartre vitriole 8c de reime de feammonee de chaeun demi fcrupule, de turbith & dhermodaöies de chaeun (ix grains. Deux fcrnpules de la poudre contiennent de tartre vitriole Sc de refine de feammonee de chaeun feize grains, de turbith Sc d'hermodactes de chaeun huit grains. Comme le tartre vitnole eft un fei qui fe fond aifement, Sc qui peut Iiumeäer la poudre, je trouverois a propos de hü fubftituer du cryftal de tartre. Poudre d'byefe ftcre ßmple , de Rhaßs. Vrenez. de l'aloes fuecotrin , deux snces-, Du abaret, de la cajfe lignee, de la canelle. des refes rtuges , du mafiic, du fpicanard, in xjkbalfame , du carpobalfame , de chaeun une dragme. Met. ces drogues exaäement , & fanes-en une poudre pour Vufate. Dofa- Sri* Vertus. Dofe. D'oü vient le nora de hiera picra Purg. de la poudre. 9 8, 9 i, 3 ß > 9u, Büß, Vertus. Dofe. Purp;, de la poudre. *«> 9", ;ez PHARM ACOPE'E B £ M A R Q^U E S. On pulverifera l'aloes & le maftich feparement dans un morticr de bronze oinc d'huile d'armnde , & Ton mettra en poudre les autres drogue; enfemble» on melcra les poudres & Ton gardera le melange pour le befoin. Cette poudre eft employee pour purger l'eftomach , pour exciter les mois aux femmes, pour provoquer les hemorrhoides, pour lever les obftruclions du foye > pour purifier le fang; la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'a. une dragme. Comme cette poudre eft fort amere a caufe de l'aloes qui en fait la bafe , on ne peut la prendre qu'en pilules ou en bolus, on la reduit facilement en la forme qu'on deine avec un peu de fyrop de rofe. Hiera-picra ngnifie facree amere , on lui a donne ces noms a caufe des grandes qualitez qu'on y a reconnues & a caufe de la grande amertume. La vertu purgative de cette poudre coniifte dans l'aloes. Demi ferupule de la poudre de hiere-picre contient huit grains d'aloes, Un ferupule de la poudre contient feize grains d'aloes. Demi dragme de la poudre contient un ferupule d'aloes. Deux ferupules de la poudre contiennent trente-deux grains d'aloes. Deux ferupules & demi de la poudre contiennent quarante grains d'aloes. Une dragme de la poudre contient deux ferupules d'aloes. Tout le bon eftet qu'on peut attribuer a cerre compofition , vient de l'aloes ,' les autres drogues y ont ete melees pour fervir de correclif a ce purgatif , mais elles n'y fervent de rien , au contraire eiles en augmentent l'acrete par leurs par- ties fpiritueufes 6c falines , le meiüeur correctif qu'on puiffe donner a. l'aloes, eft de manger aufli-tot qu'on l'a pris, afin que les pointes de fon fei foient iiees ou embarallees par la vifcofite de l'alimcnc qu'elles rencontronr dans l'eftomach : Cette prepararion eft donc bien inutile , on peut prendre de l'aloes fuecotrin tout pur en momdre dofe, & il produira pour le moins d'auffi bons eftets que la poudre de hiera-picra. Poudre folutive de trois drogues. Prenez, des feuilles de fenne ,ßx dragmes , Du turbith, une demi once , De U rhubarbe , deux angines , De U regliffe , des femences d'anis & de ftncütl , de ebaeune une dragme , De fpicx-indictt, de>;.i ferupule. Taites-en une poudre felon l'art. R E AI A R Q^U e S. On pulverifera enfemble toutes les drogues , 8c Von gardera la poudre pour s'en fervir au befoin. Elle eft eftimee propre a purger la pituite & les humeurs froides , eile evacue les eaux en levant les obftrurftions ; la dofe en eft depuis un ferupule jufqu a quatre. Cette poudre eft appellee pulvis [olutivus de tribus d caufe des trois drogues pur- gatives qui y entrent & qui en fönt labafe, feavoir le fenne, le turbith 8c la rhubarbe. Un ferupule de h poudre folutive contient de fenne neuf grains, de turbith fix grains, de rhubarbe trois grains. Demi dragme de la poudre contient de fenne treize grains 8c demi , de turbith neuf grains, de rhubarbe quatre grains & demi. Deux ferupules de la poudre contiennent de fenne dix-huit grains , de turbith douze grains, de rhubarbe (ix grains. UNIVERSELLE. 5°3 Une dragme de Ja poudre contient de fenne vingt-fept grains, de turbith dix Kult grains, de rhubarbe neuf grains. Les aurres Ingrediens fönt mis dans la poudre pour fervir de corre&if a ces pur- gatifs, mais lls n'y produifent pas grand effet on empecheroit mieux les tranchees quepeuvent caufer le ienne Sc le turbith , fi für chaque dofe de poudre on ajou- roit, quand on eft pret de la faire prendre, huit ou dix grains de fei de tartre ou d'un autre fei alkali. Poudre cornachine , ou de trois droauts. Trintt. de la meilleure feammsnee, du cryflal de tartre & de Vm'mmne diapbareti- que , de chaeun parues egales, Taites-en une poudre. R E M A R Q^V E S. On pulverifera feparement la feammonee dans an mortier oint d'huile d'amande douce , on mettra en poudre la creme de tartre & l'antimoine diaphoretique , puis on melera les poudres exaftement eriemble , on gardera le melange pour le belom. Cette poudre purge les humeurs fans tranchees ; la dofe cn eft depuisdemi fcrupule julqu'a deux icrupules. Demi fcrupule de la poudre cornachine contient quatre grains de feammonee. Un fcrupule de la poudre cornachine contient huit grains de feammonee. Demi dragme de la poudre cornachine contient denn fcrupule de (cammonee. Deux icrupules de la poudre cornachine contiennent feize grains de feammonee. Le nom de cornachine qu'on a donne ä cette poudre vient de fon Auteur Cornn- chinus , Piofefleur en IV.edecineaPife - , eile eft nornmee pulvis de trtbus ä plus jufte titre que la precedenre, puifqu'il n'y entre que trois fortes de drogues ; on l'appelle encore poudre du Comte de Varvick , & antimoine diagredic. On peut augmenter la dofe de la feammonee , quand on veut rendre la poudre plus purgative, car eile ne purge que par cette drogue. La feammonee fans preparation m'a toujours paru aufli bonne dans fes effets que le diagrede; mais ceux qui auront du fcrupule iur cet article t pourront fe fervir du diagrede. Poudre folutive ntAgißule , de Sto kjfald. Prenez, des feuilles de fenne , du diagrede , des hermodactes, du tur&ith gommeux de chaeun demi once , "De la cartelle & du gingembre , de chaeun deuxdragmes , De la femence d'anis , une dragme , D« CArdamome y dugahnga & du maßte t de chaeun une demi dragme, Du fucre , trois onces. Faites de tout cela um poudre. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le fenne , les hermodadbes, le rurbith , la canelle , le gingembre , l'anis , le cardamome & le galanga ; d'une autre parton mettra en poudre dans un mortier oint de quelques gouttes d'huile d'amande douce , le diagrede 8c le maftich ; d'une autre part on pulverifera le fucre , on melera toutes les poudres enfemble, & Von. gardera le melange pour le befoin. Cette poudre purge la pituite & les ferofuez, eile leve les obftructions, eile excite les mois aux femmes; la doie en eft depuis demi fcrupule jufqu a quatre icrupules. Ji. Veraw. Dole. dt, 3i, 3 ß > D'oü vienr le nom de cornachine, Toudre du Comte de Varvick , antim. diagredie. Purgat. de cette poudre. Venus. Doie. Purg. de h foudre. di, 5 ß > 9ij > 9iv, Reformation de la poudre. Vertus. Dofe. 304 PHARM ACOPE'E Les purgatifs de cette poudre fönt le fenne, le diagrede , les hermoda&es 5c Ic turbith. Demi ferupule de la poudre folutive magiftrale contient de fenne, de diagrede, d'hermodadtes & de turbith de chaeun un grain. Un ferupule de la poudre contient des memes purgatifs de chaeun deux grains Demi dragme de la poudre contient des memes purgatifs, de chaeun trois grains. Deux ferupules de la poudre contiennent des memes purgatifs, de chaeun qua- tre grains. Une dragme de la poudre contient des memes putgatifs t de chaeun fix grains. Quatre krupules de la poudre contiennent des memes purgatifs de chaeun huit grains. La canelle, le gingembre, l'anis j le cardamome, le galanga & le maftich , ont ete mis dans cette compohtion pour corriger les purgatifs & pour fortifier les vif- eeres contre leur action violente , mais ces drogues ne fönt rien ni pour Tun ni pour l'autre, comme je Tai montre ailleurs , le correofcif dont on dok le lervir en cette occafion , eft de meler für chaque dofe de la poudre lorfqu'on veut la faire prendre , huit ou dix grains de lel de tartre } ou d'un autre fei alkali. Quant au fucre , il a ete ajoüte dans cette defeription pour rendre la poudre plus agireable a prendre , mais l'agrement qu'on peut chercher dans les remedes purgatifs eft de les reduire en petir volume , &c non pas d'y meler des ingrediens mutiles; de plus le fucre s'humecte , 8c rend la poudre qu'on veut garder prefqu'en palte. Je lerois donc d'avis qu'on fe contentat des quatre premieres drogues pour la compofition de cette poudre, & alors il n'en faudroit donner a la dofe que depuis demi lerupule iufqua demi dragme. Poudre contre l'epilepße , autfement dite de gutteta. Prenez, de la rac'me de pivoine male & duguy de chefne, de chaeun une demi once i Du crane huma'in qui n'aitpas ete enterre , & de l'ongle d'eland-, de chaeun trois dragm, Des/etnences de bajilic& de pivoine, de ebaeunes deux dragmes , Des fleurs de betoine & de tillot, de chaeunes quatre ferupules , De la foudre de diambra [ans mufc , une dragme t Du fucre rofat autant que de tout le refle , ou deux onces&Jtx dragmes. Taites-en une poudre felon l'art. R E M A R OJJ E S. On pulverifera enfemble la racine de pivoine malle , le guy de chefne, le crane humain Sc l'ongle d'elan , apres avoir rape ces deux derniers , les femences & les fleurs -, d'une autre part on mettra en poudre le fucre , on melera ces poudres exa- clement avec celle de diambra fans mufc , on y ajoütera les feuilles d'or pour faire une poudre qu'on gardera dans un vafe bien bouche. Elle a ete inventee pour remedier a l'epilepfie des enfans } on s'en fert auffi pour les perfonncs ägees, on la donne dans l'apoplexie , & dans les aurres maladies du cerveau ; la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'a demi dragme dans de l'eau de betoine ou de menthe. Guttete eft unmot nie du patois Languedochien , qui fignifie epilepfie. On a donne ce nom a la poudre, parce qu'on l'employe dans cette maladie , comme il a ete dir. On ne fcait point qui eft l'Auteur de cette poudre , mais apparemment c'ctoit un UNIVERSELL!. i 0f cm Medecin Languedochien •, quoiqu'il cn foit, eile eft fort en ufage en Languedoc, en Provence 8c en Dauphine. Cette poudre eft decrite differemment dans plufieursPharmacopees , & fouvent fbus le nom de poudre antiepileptique j j'ai tire cette defeription de la Pharmaco- pee de Lyon. Le fucre rofat a ete Joint a cette poudre pour la rendre agreable au gout des en- fans, mais il y produit un effet importun quand on veut la garder, car il l'humedte Sc ü la reduit prefque en päte, je ferois donc d'avis qu on le retranchät, & qu'ondi- roinuärde moitie la dolede la poudre , onpourra bien quand on voudra la faire prendre , y meler du fucre li on le juge a propos. Les feuilles d'or ne fervent que d'ornement dans cette poudre, car on les rend par les feiles au meme etat qu'on les a prifes , ainfi Ton pourroit bien lans ferupule les retrancher de la compofition. Poudre anti-epileptisfue y de M. Vaquin. Trenez, de la racine de pivoine male au commencement du Printems & cue'illie au de* cours de la Lutte , & de fa femence ; de la racine de diäame blanc , du guy de ebene , de la raclure du crane d'un homme mort de mort violente , de l'umcorne, de l'ebeine , & de Vongle d'eland, de ebaeun une once , Des perle s orientales, des hjacinthes & du cor ad rouge prepare , de chaeun une dem* once , De la femence de baßl'tc , desfleurs de tillot , de ietoine & de tnuguet 3 de ebaeunes, deux dragmes , De Vambre gris , une denn dragme , Du mujc , Jix grains. I 'attes en une poudre a laquelle on ajoutera quin%t feuilles du meilkur or. R E M A R Q^V ES. On cueillira les racines de pivoine au printems dans le decours de la Lune f ort les nettoyera & on les fera fecher au foleil t on les mettra en poudre avec la femence de pivoine , la racine de diclame, le guy de chene , le crane humain , l'unicorne, l'yvoire & l'ongle d'ehnd rapez , la graine de bafilic & les fleurs •, duneautre part on pulverifera le mufc &t l'ambre- gris avec le corail t les hyacinthes & les perles preparees , on melera les poudres enfemble & on y ajoutera les feuilles d'or } on gardera cette poudre pour s'enfervir au befoin. • Elle eft propre contre lepileptie & contre les autres maladies du cerveau , eile fortifie le coear & eile re/ifte a la pourkure - , la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu a demi dragme. Poudre antz-epileptique excellente. Trenez, de la raclure du crane d'un homme mort de mort violente,des fojes de viperes avec les caeurs de l'ongle d'eland , de chaeun etny dragmes, Dh guy de ebene . de la racine de pivoine, de valeriane , de contrahyerva , de fuccitt hUnc , de chaeun une demionce t De hrnere-faix de ffe che , du une femme qui foitd'un temper ament fanguln , de l'os du caur de cerf, de latente de paon deffeebee , de chaeun trois dragmes , Du unubre iantmmnc & du jel vtiatil de corne de cerf , de chaeun une dragme. laites-en une poudre felon l'art. Vertufi Dofe. 50S Vertus. Doic Vertus. Dole. PH'ARMACOPE'E REMARQUES. On pulveriferaenfemble le cra le humain rape, les foyes &c les cceurs de vipere, I'ongle d eland rape , le guy de diese , les raemes, le fuccin, l'arrierefaix ieche , l'os decoeur decerf & de la fiente de paon: onpulverifera dune autrepart le cina- bre d'antimoine , on melera les poadres enfemble , & l'on y ajouterale fei volatil de corne de cerf, on gardera cerw poudre dans un vale bten bouche. Elle eft propre pour fomfier le cerveau ,pour relifter a l'tpileprie , al'apoplexie; la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'a deux fcrupules. , Cetre defcription ne conrient rien d'inutüe, tous les Ingrediens qui y entrenr fönt eflentiels, & Ton peuc s'aflürer quelleprodaira de bons effecspour peu qu'on foit verie dans la connotllance des remedes ; on auroit pii y en ajouter plulieurs autres , mais la poudre neu auroit pas plus de vertu , eile peut fervir aux femmes commeaux hommes & aux eufans , n'y ayant point d'odeur qui puifle exciterdes vaoeurs, il en faut faire pferiare tous les jours pendant un mois t mais comme cette poudre eft un peu rSegöütahte , Sc que d'ailleurs il y entre du cinabre qui pourroit ä caufe de la pelanteur s'attacher aux dents , il eft bon de la reduire en pilules ou en opiate avec un peu de fyrop de pivoine ou d'ceillei, afin de lapouvoir raireprfendre enveloppee dans du pain a chanrer. Poudre e'pileptique da Marquis, Prenez, des rac'mes de pivoine male cueilhes dms le decours de la Lune^ une dem once y Du guy de eben«, de l.i rapure d'jvnre , de I'ongle d''eland, de Vunicorne , ou en [on heu de la orne de cerf prife des endroits les plus elevez., de l'yvoire brule , du corait ronge & blanc, & des per les preparees , ae ebaeunune dragme > fingt feuilles d'or. Eaites-en une poudre felon Vart. R E M A R OJJ E S. On tirera de la terre pendant le decours de la Lune, les racines de pivoine male: on les nettoyera 8c onles fem. fechev : on les pulverilcra avec le guy de ebene Sc les rafures , on mefera la poudre avec les coraux , le tpodium Sc les perles, puis oa y ajoutera les feuilles d'or pour l'omement. Elle eft propre contre 1'epileptie , cor.tre la paralifie, contre l'apoplexie Sc pour corriger les humeurs froides du cerveau •, la dofe en eft depuis demi Icrupule jufqu'a demi dragme. Les matieres purement alkalines fixes comme le fpodium , les coraux > les perles Sc Fol me paroill'ent bien inutiles dans une compoiinon qui n'a befoin quede par- ties volatiles qui puiflent fe communiquer au cerveau .• ü on les en retranchoit, la poudre feroit privee d'Ingrediens qui nepeuvenr qae fixer les parties volatiles des autres drogues & conftiper le malade par leur aftrichon , ainfi eile feroit plus fa- lutaire. Poudre de cinnabre , de Mynßchl, Trenez. du cinnabre naturelprep&r» , demi once , De Lpierre e'toile'epreparee & de I'ongle d'eland C aliinechynüquement ,'de chaeun troh dragmes, Du er hie humum rape enfa Partie anterieure & duguj de ebene, de chaeun deux dragm. De la räche de pivoine Jeche & de fa femence , de ebaeune une dragme & demie , J°7 UNIVERSELLE. Des poudres dimofchi doux & diambra. , de cbacune une dragme i B Du magiflere de per les orn nttiles & de coraux rouges , de chacun une deml dragme , Du fuffran onental & de l'ejfence de fuccin blanc , de chacun demi fcrupule, Treis^feftilles d'or. Faites de tout ceU une poudre felon l'art. R E M A R jQ_l/ E S. On broyera für le porphyre le cinabre naturel, l'ongle d'eland calcine Sc la pierrc Preparatia etoileejufqua ce qu'ils foient impalpables : on pulvenfera fubtilement enlemble ducirubie dans un momer, le crane humain de la partie anterieure ou du front rape, leguy de " mnei > de chene, la racine de pivoine & la femence ; d'une autrepart onreduira en poudre le ^oil!" & fa/Fran apres l'avoir fait un peufecher entrc deux papiers, on melera tous ces ingre- de i'ongle diens pulverifez avec les poudres diambra & diamofchi, les magifteres & l'eiTence d'elan cal- de fuccin, puis on y ajourera les fcuilles d'or, pour du tout compofer une poudre cint ** qu'on garderadans un vafe bien bouche. Elle eft bonne conrre l'epileprie & contre les autres maladies du cerveau; la dofe Vertus. en eft depuis unfcrupuie jufqu'n. deux. Dofc' La pierre etoüee eft une matiere privee des principes a&ifs 3 8c qui ne peut ap- porter aucune utilite dans cette preparation. Ceft un abus que de calciner l'ongle d'eland commc l'Auteur le demande ; car Fante par cette calcinanon, on fait diffiper le fei volatil & 1'huile de cette partie d'animal c l u ' on C 3 * dans lefquels confiftoit toute fa vertu -, 8c il ne refte qu'une tefte motte alkaline qui " n £j.5 1 " ne peut plus produire aucun bon effet pour l'epileprie , il vaut donc beaucoup mieux c örne ou employer l'ongle d'eland en fon etat naturel, fe contentant de le raper comme on l'ongle d'e- rape la corne de cerf pour le pouvoirplus facilement pulvenfer avec les autres lan( £ drogues- Les magifteres de coraux & de perles fönt tout a. fait inutiles dans cette poudre, ce fönt des matieres fixes precipitees terreftres qui n'ont rien en elles de capable d'etre porte au cerveau , ni de caufer aucun effet. On peut lire ce que j'en ai ccric en traitant de leur preparation dans mon livre de Chimie. Il faut employer du crane d'un homnie qui foit mort de mort violente Sc qui n'ait point ete enterte. Les feuilles d'or fönt pliitot nuifibles ici que neceuaires ,jparce qu'elles fe lient au cinabre & modevent fa volatilite qui doit produire fon efretjje voudrois doncre- fbrmer la compofitkm en la maniere fuivante. Pouirc de cinn >bre , refofmec. Prrnez, du cinnabre naturel prepare , demi once De la ratlure de corne d'eland , trois dragmes , Du crane humain & du guy de ebene , de ch.icun deux gros , De la raane depamne (eche ,& de fa fermnee , de clhxcun demi gros, De lapoudre de mufc & ae celle d'amb'e , de chacur ungros , Dujaffran onent.d , du fei utlatil er du fucem, de chacun un fcrupule, Mele^ ces drogues , & fa.tes-cn votre poudre. REMARQUES Teprefere dans cette preparation le lel de fuccin a l'Iiuile , parce qu'il a plus de vertu & qu'il convient nueux a une poudre. I oxiu co An les chutes de haut. PrtHes, du, caille de lievre & du juccji , de chacun demi once , Q-qij \ _ Caille de lievre , ce que c'eft. Vertus. Dofe. Vertu*. Dofe. Maniere de bruler les gienoüil- les. joS PHÄRMACOPE'E Des raeines degarence & de grande confoude & du fperme de bAleine , de ebnem deux dragmes } De U myrrhe, du rapontie & de l'encens , de chaeun deux ferupules. Eaites-en une poudre felon l'art. R E M A R (£_U E S. Par le caille du lievreon entend une petite quantite dunematiere epaule figes cn fromage, qiü fe trouve adherente dans l'eftomac du levreau, le meilleur eft celui qui a ete tire des levreaux qui n'ont point encore pris d'autre nourirure que lelaidt de leur mere, on fera fecher ce caille , onle reduira cn poudre, d'un autre parton pulverifera les raeines , on broyera le fuccin für le porphyre , on choifira de l'encens pur 8c fec, ou plütot de l'oüban, on le mettra en poudre avec la myrrhe dans an morder dont on aura auparavant graifTe le fond avec un peu de nature de baieine , on mettra enfuite le ieftedc la nature de baieine dans unmortier 8c on la melera exadtement avec la poudre, l'y jettant peu ä peu, pour iaire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle arrefte le fang 8c eile diflout celui qui fe trouve caille dans le corps, eile adoucit les douleurs , eile fortine les parcies, eile a ete inventee en faveur des Ou- vriers qui fönt tombez de haut 8c qui fe fontrompu quelque vaifleau dans le corps* la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu a unedragme. Poudre contre L'hemorragie , des Medecins du College de Lyon. Trenez. dufaffran de Mars aftringent ,ßx dragmes , Du bol d'armenie , du cor all rouge , de la pierre hemaüte , & de Vencens male } de chaeun demionce, De la queue de cbeval , de La renoüee & de la femence de plantain , de ebaeunes trois dragmes , Du calchantum calcinea rouge ur, de lacendre degrenoüilles } de lacornede tAurean br.ule'e ,& du platre , de chaeun deux dragmes. 'S altes-en une poudre felon l'art. R E M A R QJJ E S. On broyera enfemble Carle porphyre, le faffran de Mars aftringent, la pierre he- matique ou languine 8c le corail, jufqu'a. ce qu'ils foient en poudre impalpable £ part onpuiverueraenLemoieaansunmorrier, i equilc apres les avoir fait fecher au foleil 8c la graine de plantain. D'une autre parti'oliban dans un monier oint de quelques gouttes d'huile d'amande , on melera totis les Ingrediens pulverifez, & l'on aura une poudre qu'on gardera au befoin. Elle arrete le vomiflement de fang & les autres hemorrhagies, la dofeen eß depuis fix grains jufqu'a un fcrupule } on Papplique auili exrericurement pour arreter le lang. Pour reduire les grenoüilles en cendre , il faur les mettre dans un pot de terre /ans verni, couvrir le pot & leplacer entre les charbons ardens , les grenoüilles de- viendront en charbons tpongieux, puis en cendre. Pour la corne de raureau, il ne faur que la jetter dans le feu 8c IV. lailfer jufqu'a ce quelle foit reduire en une matiere blanche & fpongieufe toute femblable aux os brulez. Poudre dyfenterique , de Langtet. yrenei* dt U machoire. de brocket qui alt /es dents, dupriape de cerf, des ecoras de* 1 •»'«!- :.fi | UNIVERSELLE. jo 9 grenades, de U corne de cerfbrulee t du bol d'armenie , des ferne ntes de patience , de chacw une once. Tanes-en une poudre. R E M A R Q^V E S. On fcrafccher au four le priape du cerf 8c les machoires de brochee garnies de Ieurs dencs, puis on les pulyerifera avec 1 ecorce de grenade feche & la femence de pacience; d'une autre part on mettra en poudre enfemble lacorne de cerf calcinee 8c le bol, on melera les ingrediens pulverifes pour faire une poudre qu'on gardera au befbin. Elle eft propre pour arreter les cours de ventre, 8c principalementla difenterie; la dofe en eil depuis un fcvupule jufqu'a une dragme. Poudre nßringente , de Galten. Prenez. de Valoes , de l'encens , de V ecorce de pin , de la terre de Lemnos , du toi d'armeme , de lapierre hemattte , du Juc d'hypocifiis, du faffran , des galles , de cb*~ eun une once. laites-en une poudre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble I'aloes, l'encens 8c le fuc d'hypociftis , qu'on aura fait fecher enrre deux papiers, d'un autre ebte Ton pulverifera enfemble l'ecorce de pin 8c les noix de galle , d'un autre part la pierre hematite , d'une autre part le bol &c la rerre figülee , d'un autre part le faftran apres l'avoir fait fecher doucement entre deux papiers, on melera tous les ingrediens pulverifes 8c Ton gardera la poudre au befoin. Elle arrete le fang erant appliquee für les playes. Il me paroit qu'il entre une trop grande quantite de fafFran dans cette poudre , je voudrois en retrancher la moitie ou bien lui fubftituer le faffran de Mars aftringent,, qui fera plus convenable dans une compofition aftringente. Poudre d'encens & d'aloes.. Prenez. de l'encens , une once r De I'aloes , une demi once. Faites-en une poudre felon l'art, R E M A R Q^U E & On aura deux parties d'encens , une partie d'aloes , on les pulverifera enfemble dans un morrier de bronze oint au fond de quelques gouttes d'huile. Cette poudre eft propre pour rarefler 8c deterger les humeurs vifqueufes & gip- feufes des playes , & pour reiifter ala gangrene erant appliquee demis. Toudre aßringente topique ou pourappiiquetau dehors r de Zuvelffcr. Vrenez. du Vitriol de Cjprecalone t une once&demie, Dt l'dun de röche , de I'aloes hepatique , de l'encens , du mafiieh , de la terreßgillee^ de U pierre hematite , des noix de galles, de la racine de tormentille, de chaeun. dem ob«. < Verein, Dofc. Vertns» Venu». Uslez, le toutpour en faire une poudre, Q. -*i. "i Calciria- tion du vi, triol deCy- pie. Vertus. Vertus. Dofe. Vertus, Dofc 3 io PHARM ACOPE'E R E M A R Q^U E S. On mettra du vitriol de Cypre dans un pot de terre qui ne (o'u poi'nt vcrruflc en dedans , on le placcra für le feu Sc Ton feracalciner le Vitriol jufqu'a ce qu'enbouil- lant i\ fe foit deflechc Sc reduit en malle. On pulverifera eniemble la racine de tonnentille & les noix de galle •, d'un au- tre part la pierre hematire ou ianguine, le vitriol calcine , l'alun de röche & la terrc figillee; d une autre part le maftich, l'alocs Sc l'encens; on melera roures les dro^ues pulvenfees eniemble pour en faire une poudre qu on gardera au beibin. Elle arretc le fang etant appliquee für les playes. Poudre dyfeMerique , de Crolltas. Trenet. du fuccin , du fang-dragon , de la pterre hetnatite , du cor All rouge prepare, des Jemt nies de pourpier , de planten , d'anthora, de U racine de tormentille > & de Li terre ßgille'e, de cbacun deux onces , Des balaufit s, du fuffran de Mars aflrmgetit, du talc calcine & pulverife, de U nacre de per les preparee , des os bumains cakinez,, de cbacun une once De Li canelle, denn once , Quatre noix mufeades. Taites-en une poudre felon l'art. REMARQUES. On pulverifera cnfemble les lemences, la tormentille , les balauftes , la mufeade Sc la canelle , d'un autre part on broyera enfemble le faffran de Mars aftringent & la pierre hematire •, d'une autre part Tos calcine , le fuccin Sc la terre figülee; d'une autre part le fang-dragon ; on melera les ingrediens pulverifez avec le talc , le corail & la nacre de perle preparez, pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle eft propre pour arreter la difenterie Sc les atitres cours de ventre , eile peut fervir auffi pour toutes les hemorrhagies; ladofe en eft depuis un ferupule jufqu'a une dragrne. Poudte dyfenterique , de Mynfichr. Vrenet. de U corne de cerf calcinee , une once & demie , Des femences de fanguinaire & de plant tun , de ebaeunes une once , De la craje blanche preparee , de la noix mufeade , du guy de ebene & du nitre fre~ pare , de cbacun demi once. laites-en une poudre tres-fubtile. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le guy de ebene, les iemences & la mufeade ; d'une aurre part la craye, le nitre purine &la corne de cerf calcinee : on melera enfemble les ingrediens pulverifez pour faire une poudre qu'on gardera an befoin. Elle eft propre pour armer la dyfenterie &c les autres cours de ventre j la dofc en eft depuis un ferupule jufqu'a une dragme. Le nitre ne convient pas trop dans cette poudre , Sc il eft caufe qu'elie s'hume&e toujours •, je ferois d'avis qu'on Ten retranchat. La mufeade me femble lei en trop grande quantite, Sc eile donne trop d'aerete a la poudre - , je trouve qu'il feroit bon den retrancher la inoitie. UNIVERSELLE. jm Poudre dyfcntetique exccllcnie. Prenet de la racine d'ipecacuanha, deux onces, Desmjrolulans citrins , & de U rbubarbe cboiße, de cbactlti trols dragmes > De U femence de taliärum , deux dragmes. Faites-en une poudre felon l'art. REMARQUES. On pulverifera fubtilement toures ces drogues enfemble dans un morticr de bronze, & l'on en gardera la poudre. Elie fait vomir (ans violence , eile purge parlcs feiles, eile arrete aufli la dyfen- Vertuw rerie ; ia doie en eft depuis un demi fcrupule jufqu a quatre. Dofe» La principale drogue de cette poudre eft la racine d'ipecacuanha ; on la donne ordmairement feale,mais on verra que cette compofuion produic de fort bons effets. Poudre contre laphtifie. Prenez, de la femence d? pavot blanc , demi once, Des gommes arabique & adragantb, des femences d'althaa , de cotton , de pourpier , des quatre femences fmdes moudees, de ebaeunes une dragme & demie , De la cendred'e'crevijfes & aupousmn de renard prepare, de ebaeun quatre ferupules* Faites-en une poudre felon l'art. R E M A R (?_U E S; On mettra en poudre enfemble les gommes adraganth & arabique dans un mor- tier chaufFe > dune autre part on pulverifera enfemble les orobes , le poümon de renard prepare & les femences de pourpier ßc de cotton •, d*une autre part on brulera les ecreviflesdans un potde terre rougi aufeu , jufqu'a ce quelles foient rediutes en cendre , on.bioyera ces cendres dans unmortier ; dune autre part on pilera enfemble dansun mortier de marbre les femences de pavot, d'althxa, & les femences froides jufqu'a ce quelles foient bien en pä:e,puis on melera cette pate avec les au- tres drogues pulverifees pour faire une poudre. Elle eft noivfeulement bonne pour laphtifie, mais pour toutes les maladies de Vcrtas«- poitrine, eile abforbe Sc eile adoucit l'acrete des ferofitez qui tombent du cerveau, eile les epaiilk & eile excite le crachat; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une Dofe» dragme. - Cette defeription eft mal imaginee pour une poudre, car il y entre tant de femences qu'elle fe met prefque en päte , eile ne doit etre preparce qu'au tems qu'oa veut s'en fervir , car eile le rancit etant gardee. Poudre de U Contre(fe ae Idtitb , oit de pdttes d'e'crevißes. Trencz, des extremitez, ncires des plus großes , des ecreviffes de nur; quatre onces, Desjeux d'ecrevijfesde rivtere ,desperlcs aonent & du cor ad rouge prepare , de ebaeun une ence , Da juccin blanc , de Li racine de contrabyerva & de viperine, de cbacunjix dragmes t De la perre de be%.oard Orient d , trois dragmes , De Usiucceur du cerf, quatre fcrupules, Du faffran , deux fcrttpnles. Tmtes es drogues et am fubtilement pulverifees feront arrofees avec une once & de~ ttüe-ftffritde miel, puts wcorporces arec de lagelee de viferes, pour en former de* Celee de virere. Trochif- ques de partes d'e- C'cvifife. Venus. Dofc. Vulva i rhelis cur.- ererum , fiirjfhx. Venus. Dofe. Vufos ?-u PHARMACOPE'E troebifques que Von fera [ahn a l'ombre, & que im mettra en 'poudre lorfqne To» voudra s'cn fervir. R E M A R Q^U E S. On aura des ecrevifles de mer, on feparera de leurs plus großes pattes les extre- miecs noncs qu'on vuidera de leur chair contenuc en dedans, puis on les concaflera avec les yeux decrevifTe , le bezoard , los de coeur de cerf & le fuccin dans un mordet" ; onlesbroyera enfuice für le porphyre jufqu'a ce qu'ils foient reduits en poudre knpalpable : d'une autre part on pulverifera les racines enfemble •, d'une aurre part on mettra en poudre le faffran apres l'avoit fair fecher par une lente chaleur entre deux papiers; on mclera rouces ces poudres avec le corail 8c les perles preparees , puis on arrolera la poudre avec l'efprit demiel. Cependanr on aura fept ou huit viperes vivantes, on en feparera les deux extee- mites, la peau 6c lesentrailles , on prendra les rroncs les coeurs & les foyes , on les lavera, on les coupera par morceaux , on les mettra dans un pot de terre vernifle qu'on cdiivrira exadtement, & on les fera cuire au bain marie dans leur propre fuc pendant cinq ou fix heures; on decouvrira enfuite le pot 5 on coulera le bouillon on plutot lefuc des viperes avec expreilion tk on le laiflera refroidir , il fe figera en une gelee fort agreable au goüt, de laqueile on prendra ce qu'il en faudra pour re- duirela poudre en une malle donr on fbrmera des rroch.fques qu'on fera fecher ä l'ombre, & qu'on reduira en poudre quand on voudra s'en fervir. On l'eftime fort pour refifter a la malignite des humeurs , pour le (corbut, pour faire fortir la petite veröle 5 pour la pefte & pour les autres maladies epidemiques; la c'ofe en eft depuis demi ferupule jufqu'a demi dragme. Certe compofition a ete mite au rang des poudres par les Medecins d'Anglererre, mais on devoit la mettre au rang des trochilques, plufieurs en retranchent les racines & l'efptit de micla caufe de leur gout defagreable. * On peut faire cette poudre fimple en broyant feulement les pattes d'ecrevifie noiresfur le porphyre , jufqu'a ce qu dies foient impalpables , & garder cette pou- drepour le befoin ; eile eil nperitive, abforbante , propre pour adoucir les aeides du corps , pour les cours de venire s pour le fcorbut •, la dofc en eft depuis demi ferupule jufqu'a demi dragme. Prefque toutes les autres deferiptions demandent la corne de cerf calcinee au heu de l'os de coeur de cerf, mais cette fubftitution ne m'a pas paru valable , & jen'ay pas fait de difficulte de preferer ici l'os de cceur de cerf a la corne de cerf calcinee. Cet os a beauconpplus de qualite , puifqu'il renferme toutes fes fubftances actives, au licu que la corne de cerf les a perdus par fa calcination. On trouve cette poudre decrite lousle nomde pulvis Canthianus , c'eft-ä-dire , poudre qui vient de Canth Province d'Anglererre, parce qu'on atrribue l'inven- tion a une Comtefle de Kant ou Canth ; k dofe des drogues qui y entrenr ne fönt pas femblables dans roures les Pharmacopees, mais ces differences fönt de petite confe'qncnce. Quelques-uns y demandent du cryftal prepare & du diapho.etique mineral de chaeun une once , ce qui ne peut etre que convenable dans cette compofition , comine plufieurs autres matieres abforbantes qu'on y pouroit joindre; on y demande aufli demi dragme d'ambre gris & demi ferupule de mufc ; mais comme ces aromatesne fönt pas propres aux malades fujets aux vapeurs , il ne rne femble pas a propos de les meler dans toute la compofition, il vaut mieux les ga'der apart pour y en mettre aproportion dans les occafions ou lbn le jugera i propos. Si UNIVERSELLE. . 5 r 3 Si au liea de former toute la poudre en trochifques avec Ia gelee de vlpere , commeilaeredic, on en veut mettre une partie en paftilles ou en tablertes, on Paftpjcsou la mSlera avec fix fois aurant de fucre pulverife , on mcorporera le mclange en t blettes pafte dans un mortier de marbre , par le moyen d'une quantite fuffifante de muci- de la Com- laeedegomme adraganth fait en eau de meiiife , Sc on lui donnera teile forme e ^ e quon voudra. La Pharmacopee de Londres donne la defeription d'une poudre de patres d'e- crevi/le plus fimplc que celle-ci, fous le nom de pulvis albus , en la maniere fui- vante. Poudre bUnehe. * Prenez. du bez.oard ariimal, de iambre blatte , du corail rouge , des pe rldde cba~ Cttn une once , Des yeux d'e'crenjfes de rivierc , & des pattes d'ecrevijfes de mer, de chaeun deux ences, De ce melinge , faites-en une poudre tres-Jubtde. R E M A R g_t/ E S. Cette derniere poudre approche en vertus de celle que j'ai decrite, eile eft meine encore plus alkahne & plus abforbante. Poud'/e de faeme d'a-fum compofe'e y ou bien Pcuire ßomachique , de Bifckftxn. Prenez, de la raetne d?&rumprep&ree , deux onces t De Celles d'aeorus vulgaire & de pimpernelle , de chaeunes une once , Des yeux d'ecreviffes preparez., demi once , De U canelle t trois dragmes, Du fei d'abjintbe & de genievre , de chaeun une dragme , Du fucre rojat nutant que de toutle reße , c'efi-a-dire cinq onces & une dragme. laites-en une poudre felon l'art. R E M A R Q^U E S. L'Auteur de la compofition demande qu'on tire de larerre les racines darum quand elles commencent a germer , avant que leur (ubftance fe foit elevee dans la plante , qu'on les lave bien, qu'on les coupe par tranches Sc qu'on les laifle cremper VJngt-quatre heurcs dans du vin blanc , qu'on retire enfuite la liqueur , Sc qu'on les remerte tremoer dans de nouveau vin blanc encore douze heures; puis apres les ayant fearces de dedansla liqueur 5 qu'on les mette fecher au four ou au boleil •, cette preparation fe fait pour depouilter la racine de la qualite acte Sc purgative , en forte quelle ne foit plus que deterfive. On pulverifera enfembie les racines Sc la canelle , d'une autre part le fucre rofat & les fels, on melera les Ingrediens pulveri/ez avec les yeux d'ecreviile preparez Sc Ton fera une poudre qu'on gardera dans im vafe de verre bien bouche. Elle eft propre pour les maladies de l'eftomach Sc da cerveau , pour la migraine , psut les vertiges , pour la melancolie hypacondriaque, pour la cachexie, pour la fievre quarte , pour lever les obftrucHons du melentere ; la dole en eft depuis un Ictupule jufqu'a une dragme. Le vin blanc depouille a la verite la racine d'arum de ce quelle a de pargatif , rnais en meme temps jl empörte prefque tout ce quelle a de bun, en forte qu'il ne Jui refte guete de vertu. fRr Prtpara- tion de 1» raciii d'A- rutn , pour lui öter ia venu pux- gativc Vertus, Dofe. Vertus. Po:c. 514 PHARMACOPE' E Le fucre rofat a ete mis dans cctte compofition pour la rendre agreable au goiit , mais il eft caufe quelle s'hume&e quand on la garde > je feruis d'avis qu'on le re- tranchät & les (eis auffi par la meme raifon ; mais comme ces fels de genievrc & d'abfinthe fönt une partie de la vertu la plus effentkue de la poudre > je voudrois qu'on en fit prendre au malade fix grains de chacun , dans le memo temps qu'on donneroit une dofe de la poudre. Quercetan vante beaucoup certe poudre, &c il Jui attribue de grandes qualirez. Poudreßomarhique , de Mynficht. Prenez, de U creme de tartre, trois onces , Du feüt galanga, du gingembre blanc & du poivre long, de ebnem une dragtue & dem'ie, Du petit cardamome , de la mix mufca.de , dugerofle & de la x.edoairc, de chacun une dragme , De la raeme de reglife ratiffee, des feuilles de ftuge, des femences de rhue & de carvi, de l oliban , de chacun une denn dragtne , Du fucre candi blanc , Iran onces , De l'buile de canelle , unferupule ; Des htüles de mentbe cre'pee , d'oranges & d'anis , de chaeunes denn ferupule , Melez. le tout & enfaites une poudre tres-fubüle. R E M A R O^U E S. On pulverifera enfemble le galanga, le gingembre , le poivre long , le cardamome , la mufeade, les gyroffes ,le zedoaria, k regliiTe . la (äuge & les femences; d'unc autre part on mettra en poudre feparement l'olibaiv, d'une autre part on pulverifera enfemble lecryftal de tartre & le fucre candi , Von y melera les eflences pour en faire comme un oleofaccharum , puis les aucres drogues pulveriiees , & Ton fera du tout une poudre qu'on gardera au befoin. Elle excite l'appetit, eile fortifie l'eftomach , eile appaife le vomiflement & le hoqnet, eile chafle les vents, eile aide a la digeftion ■, k dofe en eft depuis unferupule tulqu'ä une dragme. Il eft difficile de garder certe poudre quelque temps fans qu eile s'humecte , ä caufe du licre qui y entre en grande quantite , ceux qiü voudront eviter qu'elle s'liumecle, rerrancheront le fucre du corps de la poudre , &£ ils en meleront dans chaque dofe quand ils voudront la prendre. Poudre ßortiAchtque exqttife , de Mynßcht. Trenez, de la creme de tartre arrofee pltifieurs foisd'efprit de vitnol & autant de fois fechee y detix onces , De la cerne de cerf calcinee, deml once , Des fels de pierres de perches , & d'yeux d'ecrevijfes y de chacun deux dragmes , Des magifleres de perles d'orient , & de cor all rouge , de chacun deux dragmes, Des huiles de gerofle & de canelle , de chaeune une dem dragme % Du fucre candi blanc, huit onces. . Melez, le tout & enfaites une poudre tres-fubüle. R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilement la creme de tartre , &c on l'arrofera plufieurs fois d'efprit de vicnol, la faifant fecher ä chaque fois dans un vaiiTeau de verre ou de grez für un peu de feu : D'une autre part on mettra en poudre le fuc candi 8c la corne de cerf calcinee , on y melera les ellences , puis la creme de tartre vitrio- iee, les fels & les magifteres pour faire du tout une poudre qu'on gardera dans ua vafe de verrebien das.. UNIVERSELLE. ? i 5 Elle eft dire propre pour fortifier l'eftcmach, pour en corriger les cruditez & les Vertfis» foiblefles, pour rejouir le cczm; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Dofe. Le fei des pierres qui fe trouvent dans les tetes des perches & celui des yeux d'e- crevifielefontde la meine maniere que le fei de corail qui eft decrit dans mon Li- vre de Chymie , on y txouvera auffi les preparations des magifteres de coraux & de peries & Celles des eftences. Quand les poudres feront melangees, il s'y fera quelque legere eflfervefcence ou fermenration, parce que la creme de tartre violee , qui eft un acide , penetrera la eorne de cerf calcinee , qui eft un alkali, Sc j'eftime que certe petite fermenration produira en quelque facon un bon effet dans la pondre, car eile emouftera & adou- cira les pointes acides de l'efprir de virriol, qui pourroient picotter trop les fibres de l'eftomach , & y caufer plus de mal que de bien. Les (eis des pierres des perches & des yeux d ecrevifle , les magifteres de coraux , & des peries fönt des remedes de fort petite vertu , comme je Tai montie dans mon cours de Chymie, en traitant des preparations für le corail, on feroir mieux de leur fubftimer les matieres memes en fubftance defquelles ils fönt rires , apres qu'on les auroit broyees ou preparees für le porphyre , elles auroient du moins retenu leur difpofition alkaline qui peut fervir a abforber &c a detruire le trop d'aeide qui fe rencontre fouvent dans l'eftomach , maisles fels Sc les magifteres qu'on en tire , ont perdu dans la diffblurion par 1c vinaigre les pores neceifaires pour engager les acides du corps, Sc par conlequent ils ont cefle detre alkahns. Le fucre, qui entre en grande quantite dans cette poudre , la rendplus agrcable au gout, mais il s'hume&e facilement lorfqu'on la garde , on peut le retrancher du corps de la poudre, fe refervant a. en meler un peu dans chaque dofe quand on fera pret a la prendre j mais il arrivera alors un autre inconvenient , c'eft que la poudre reftant enbienmoindre quantite , les eflences 1'engrauTeront trop : 1'Artifte choi- fira für ce fujet ce qu'il nouvera le mieux. Poudre digeßive. Trenez. des femences defenouil, d'anis & de ceriandre , de chaeunes une once & & demie , De la canelle, de l'ecorce de citren & d'ormges 5 de ebteuncs treis dragmes, Du gerofle & de la rhubarbe , de chaeun une dragme , Du fucre candt , bttit onces. laites-en une poudre felon Vart. R E M A R Q^U E S. On pulverifera feparement le fucre candi, Sc l'on mettra en poudre toutes les autres drogues ememble , on mclerales Ingrediens pulveriiez pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle aide a la digeftion, eile chafle les vents, eile fortifie l'eftomach , eile excite Vertus, l'appetit, on en prend immediatement apres le repas ; la dofe en eft depuis demi Dofe» dragme jufqu'a deux dragmes. Comme cetre poudre eft agreable au goüt, on la fair grolllere afin qu'on ait le plaifir de la mächer. Foudre du Duc ßmple, Vrenez. de U canelle , une demi once t Du(mre ctndiblanc , une demi hvre. Faites-en une poudre feien l'art, R r ij HS Vertus. Dofe. Venus. Dofe. P H'ARMACOP E* REMARQUES. On pulverifera feparement le fucre candi Sc la canelle , puis on les raelera pout en faire une poudre qu'on gardera au betoin. Elleiornrie1'eftomach , eile aidea la digeftion , eile excite I'appecir, eile appaife les naufees •, la dofe en eil depuis une dragme jufqu a trois; on en prend immedia- tement apres le repas. Cecte poudre , a caufe de fon bon goüt , eil plus en ufage pour les alimens que pour lesremedes; ion nom vient peut etire de ce qu'un Duc l'a inventee, ou de cc qiul s'en fervoit fouvent , il fe peut faire encore que ee nom foir une coirruption. de dukis qui fignirie douce , parte qu'en erfet la poudre a une fort agreable dou- ceur j mais il tt'eft pas de grande coniequence d'en icavoir letimologie. Poudre du Dur. compofc'e. Trenez, de U ctnelh , deux dragmes , Du gingembre , du petit galanga, du gyrofle , de la mix mufeade , du cardamome , du cubebes ; dupoivre lotig , de chaeun un fcrupule, Du fäff ran , un denn fcrupiie , Dh fucre candi, une denn iivre. I tutes-en une poudre felon l'art. R £ M A R 0_U E S. On pulverifera le fuc candi a part , & toutes les autres drogues enfemble , pour faire une poadre qa'on gardera au befom. Elle eil propre pour fortifier 1'eftomach & le cerveau , pour aider a la digeftion, pour exciter les mois aux femmes ; la dofe en eil depuis un icrupuie jufqua une dragme Cetce poudre n'eft pas fi agreable au goür que la precedenre, mais eile eft plus propre a rarefier & a diffiper les humeurs pituireufes qui s erant attachees aux ftbres de l'eftomach , y caufenr du froid & de la debiluc, empechant la digeftion, Poudre douce du Dhc , de Nt~. Alcxandrin. Trenez* de Li femence 4'anis , deux dragmes & fei£egrains , De la reghffe & du maßte ,de chaeun deux fcrupules & anq grains , Du cbamadris , du gingembre , de la canelle x dupetit galanga, des femences de feaouil & de carvi , de chaeun un fcrupule & qulhue grains , Du daueus de Crcte , de l'amomum ( de la cafje Ugnse , du calament de montagne, du pyretbre, du poivre blanc & long , du fouchet, du pne odorant, de l'iris, de la feuille indienne & de l'afarum , de chaeun un fcrupule , Du fpica-tndica, du faffran, des gummös arabique & adragantb , du calamus aroma~ tique, dugeroße , des cubebes , du carpobaLame , desbayes de gemevre t du car- damome, des femences d'aneth, de leviflic , de maceron t de fermontaine , d'af- perges y de thron, d'ammi, d'ortie, de baßlic , de gremll ■> de faxifrage , des qua- tre grandes femences froides mondees , d?cndive , de perßl, des rac'mes de qulnts- femlle , d'aeorus vrai t de rhubarbe , de raponttc , de beben blanc , de beben rouge , de Unoix mufeade , du boisd'aloes , dußorax calamithe , de chaeun qttinz*e grains , Z>cs petlidei , cinq dragmes. imes-en, upe poudre que voutgarderez, pour l"ufage> UNIVERSELLE. REMARQUES. 3*7 Vertus. Dole. On pulverifera dans un morrier chauffe les gommes arabique Sc adraganth , d'u- ne aurre part les penides, d'une aurre part le maftich dans un morrier hume&e au fond d'une goutte d'cau > d'une aurre parr Je ftorax dans un morrier oint d'une goutce d'huüe d'amaiidc döuce , d'une aucre part le refte des drogues enfemble, on melera exa&enwnt les Ingrediens pulvenfez, Sc Ion gardera la poudre. EJie eit propre poar forcifier l'eftomach t pour challer les vents, pour la pierre , pour la cohque nephretique ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'ä une dragme , on peüt aulii la mectre en eledtuaire , le melant avec une qiiantue iufcüTante denjiel Electuair ecume ou de lucre cuit. du Duc. Le nom de cecte poudre vient de ce qu'nn Duc de Calabie s'en fervoir fouvent pour une debüite d'eftomach, pour une paffion iliaque Sc pour la pierre qu'il avoir; on pretend qu'il fuc gaeri de ces trois maladies par L'ufage de ce remede. Je ne doute pas qae cette grande compofition ne produife quelque bon effet dans les maladies pour letquelies eile a ece deftinee; car il y entre beaueoup de bon- nes drogues Sc bien appropriees, mais j'efhme quelle en produiroit un encore meilleur , 11 Ton en avoit retranche beaueoup d'ingrediens qui nie paroillent aflez inutilesj vorci donc comnie je voudrois abreger cette deferipeion. Poudre du Duc , nforme. Trewi* dugingembre , de la canelle , du petit gaUnga , du gerofle , de ebaeun trois dragmes, De l'amome ,du cardamome t desbayesde genievre t du poivre long t du diäame de Crete t des mix mufeades , de l'ins de Florence , de ebaeun deux dragmes t Du jpicanard, du jonc odorant, des femences d'ams , d'aehe , de perßl , d'afperges , de fenoütl, de daueus de Crete, degremil f de faxifrage , de bajtlic, d'ortte, du- bois d'aloes , dttfiorax , du ealamus aromatique, de chaeun une dragme, Faites-en une poudre felon l'aft. REMARQUES- Je ne mele point de fucre dans cette derniere defeription, parce qu'il rend la poudre humide, eranr gardee ; mais fi Ton veut y en rasrtre, on doit preferer le lucre candi aux penides parte qu'il eft: plus Tee. Poudre de daffes , de Nicol. Myrepjus Alexand. Vrenez. d«. gerofle , dix dragmes & buit graitts , Dugingembre , cmq dragmes, un fcrupule & feiz.e grains s Dela canelle, une demi once , unfcrupu'e & feiste grains , De la chair de daäes y autant que des atitres drogues , Du petit gaUnga , du fpkanard, de la z-edoaire , du coßus , du pyrethre , de la gomme adraganth blanche , du cor ad rottge prepare , du raponttc % du fpica-celtique , de l'Anacarde , des noyaux de daäes, du carpobalfame a fon defaut des cubebes , de bt femence d'anis , des bayes de genievre & des trois fort es de poivre , de ebaeun uns ditgme t deux fcrupules & buit grains , Vertus. Dofe. Diacatre. rem. Vertus. Dofe. 318 PHARMACOPE" E De l'os ducKitr de cerf& des feuillts d'or & d'argent y de chacun deitx dragmes & demie , Des perles preparees , quatre fcrupules , De l'angle odorant deux fcrupules , ZX U raclure d'yvoire & de l'ambre, de chacun un ferupule & feptgralns , Du mufc } trois grains. Takes de tout ceU une poudre felon l'art. R E M A R QJÜ E S. On pulverifera enfemble la raclure d'yvoire, les femences , les bayes, les dactes deflechees, les racines , les epis, les fruirs \ la canelle % los de corne de cerf: dune autre parr on metrra en poudre la gomme adraganth dans un monier chauffe , d'une autre part l'ambre gris & le mufc avec les perles & les coraux preparez j on melera tous les ingrediens pulverifez •, on y ajoutera les feuilles d'or & d'argenr pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle foreifie l'eftomach, eile aide a la digeftion , eile excite la femence ; la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'a deux fcrupules. Cette poudre eft decritc fous les noms de diacameron & diarhamaron; le premier fignifie contre la maladie, & le dernier vienr du mot Thamar, que les Arabesem- ployent pour exprimer des da&es , parce qu'il en enrre dans la poudre. Le corail, les perles, la gomme adraganth, les feuilbs d'or Sc d'argenr. pourroient etreretranchez de cette compofition comme des ingrediens qui y fönt fort inuriles. On peut mettre cette poudre en eleftuaire en la melant avec une quantite fuffi- fante de miel ecume. Poudfe d'baly. Vrenet, de la femence de pavot blanc, cinq dragmes , De Celle de coings & des quatregrandes femences froides tnondees , de ebaeunes trois dragmes & demie t De cclles de poürpier, de mauve ?de coton, d'althea , de chaeunes deux dragmes & demie , De l'amidon , desgommes arablque & adraganth , de la reglijje & de la rapure d'ebene, de ebaeun une dragme& demie , Des penides autant que de tout le reße, c'efl-a-dire ) trois onces&cinq dragm. & demie. Faites-en une poudre feien l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble la femence de bombax ou corton , la reglifle Sc la raclure d'yvoire, d'une aurre parr on mertra en poudre les gommes dans un mortier chauffe, d'une aurre parr l'amidon avec les penides; & d'une autre parr on pilera enfemble les femences jufqu'a ce qu'eJlcs foient comme en päte , puis on les melera avec les au- tres ingrediens pulverifez, & Ton fera une poudre qu'on gardera au befoin. Elle eftbonne pour adoucir les humeurs acresqui rombenr des glandes du cer- veau , pour excirer le crachat, on seil ferr dans la phtifie, & dans la toux violente; la dofe en eft depuis un ferupule juiqu a une dragme. Cette poudre a retenu le nom de fon Aureur, eile a beaueoup de rapport avec une poudre pour la phtifie qui a ete decrite j les femences n'y ont point ete epar- * UNIVERSELLE. i\9 gnces, on y en a mis en fi grande quantite , que la compoiition a plutot une confi- {tence depäce que la forme d'une poudre ; il n'en faul faire que peu a la fbis , afin de la reiferer plus fouvcnt, car eile fe rancit, Sc eile shumecte quand on la garde. J'oudre de diofpoli , de Galten. Prenez. delafemence de cumin macerce datts hvinaigre & fecbee enfu'ite , du poivre long , & desfeuilles de rbue fecket , de cbacun une ante , D« nitre une dem ence , ou autant que des autres drogues t Jil'mveHt la rendre folu- tive. Taites-en une poudre felon l'art. REMARQUES. On mettra infufer dix ou douze heures le cumin dans du vinaigre , puis on le fera fechct Sc onle torrefiera für an peu de feu , eniuite on le melera avec le poivre Sc la rhue feche , & on les pulverilera enfemble : d'une antre parr on mettra en noudee le falpetre & Ton melera les Ingrediens pulvenfez, pour faire une poudre qu'on gardera au beioin. Elle eft propre pour abattre les vapeurs, pour exciter les mois aux femmes, pour Vertu«, la colique venreufe ; la dofe en eil depuis demi fcrupule jufqu'a. deux fcrupnles. Dole. L'Auteur prerend que ü Ton y mettoit autant de nitre qu'il y a des autres drogues , eile deviendroir laxarive ou propre a emouvoir le ventre , mais il £e trompe, eile feroit feulement im peu plus aperirive. Cette poudre a pris fori nom de Diofpoli Ville d'Egipte , oü eile etoit en ufage du temps de Gaben. La preparation qu'on fait du cumin en le faifant tremper dans le vinaigre , (e- cher de rotir, eft en inrention de le corriger ; mais quel befoin a cette femence d'e- tre corrigee} A-t-elle aueune qualite maligne ? Cependant on empörte par cetre precendue corredion , tout ce qu'elle peut avok de bon, &c l'on n'y laiiie gueres au- tre chofe qu'une tete morte ; il vaut donc beaueoup mieux employerla femence du cumin fans autre preparation que de la monder de quelques petites paillettes qui y pourroient etre melees. Toudre fudorifique, 'de Lemort. Prenez, de U racine de contrayerva , cinq dragmes , De Celles de valeriane, d'imperatoire & d'angeüque , de ebaeunes demi once , •Desfeuilles de chardon benit, trois dragntes , Des yeux d'ecreviffes preparez & des coqmllespreparees, de cbacun deux dragmes „ Du faffran , quatre fcrupnles , D« campbre , deux fcrupnles, Du laudanum, um demi dragme. Taitts-tn une poudre. R E M A R Q^U E S. Les racines 6c les feuilles ayant etefechees a I'ombre , on les pulverifera entern- ble j d'une autre part on fera fecher le farfran entre deux papiers par une lerne chaleur, & on le reduira en poudre fubtile, d'une autre part on ecrafera lecamphre & le laudanum dans un mortier de bronze , on y melera les perles Sc les coqiulies pveparees, on agitera bien le melange pour le reduire en poudre , puis on y ajotv- tera peu a peu les autres drogues pulvenfees, Sc Ton fera une poudre qu'on gardera au befoin dans un vafe bien bouche. Elle cxciie la fueur Sc le fommeil, eile refifte a la malignite des humeurs, eile V«»u». Dofe. 9ß 9i, 5 ß > 9u 3 1 ' Vertus. Dofe. jto PHARMACOPE'E abat les vapeurs hyfteriques, on s'en fert contre les fievres malignes & intermitten- tcs; la dole cn eft depius detni fcrupule jufqu a une dragme. Demi fcrupule de la poudre fudorilique connent de laudanum un peu moins d'un quart de grain. Un fcrupule de la poudre contient un peu moins d'un demi grain de laudanum. Demi dragme de la poudre contient im peu moins de trois quarts d'un grain de laudanum. , Deux fcrupirles de la poudre contiennent un peu moins d'un grain de laudanum Une dragme de la poudre contient un grain & le quarr d'un grain de laudanum Poudre fudortfique. * Trencz.de Pantimoine , du foulfre commun , des yeux d'ecrevijfes de riviere > de chaeunes parties egales. Sattes le melange que vous mettrez. en poudre fclon Part. R E M A R Q^U E S. Önaura de l'antimoine ä longues aiguilies du plus beau, du plus net, & du plus brillant, avec du foulfre commun i on les pulvenlera enfemble , & onles melera avec les yeux d'ecrevilie preparez , on aura une poudre qu'on gardera au be(oin. Elle eft fudorifique, eile purifie le fang park tranfpiration & par les urines •, la dofe en eft depius demi dragme jufqu a une dragme; on ne la met en ufage que pour les perfonnes fortes & d'un temperament robufte : eile eft bonne pour la gratelle , pour la lepre , pour la teigne, pour l'afthme, pour les fcrophules. II fembleroit que cetre poudre devroit erre vomitive , a caufe de l'anrimoine qiri entre dedans ; mais foit parce que ce mineral eft crud , c'eft a dire , n'ayant point paflfe par le feu , foit parce qu'il fe rencontre en petite quanrire pour chaque dofe , foit parce que les fels fönt ablorbez par les autres Ingrediens, eile ne produit point ordinairement d'efret emetique. Poudrt cardiaqae magi (träte. Prenez, de la pierre de kz,oard d'orient & de Pos du cceur de C(rf, de chaeun une drigme & demie , Du magißere de toratlbUnc , de cor ad rouge & de perles , du fuccinhlanc , de la raclure d'yvoire & de la cerne de cerf , du hol ortental, de la terre d'jlhmagne, de la ttrre f/tmiemie & lemmenne 3 de l'ongle d'eland, de la raeme de tormentüle , de chaeun une dragme , Des raemes d'angelique & de z,edoa\re , du bo'is d'aloes & de Pecorce de atron , de chaeun deux ferupules , De l'ambre gns, un /crupule , D« mufc, ßxgra'ms \ Une vingtaine de feuüles d'or, Mßlez, le tont, & faites-en une poudre fclon Part. R E M A R Q^V E S. On pulverifera enfemble I'os de CGEur de cerf, la corne de cerf, l'yvoire, l'ongle deland rapez , les racines, le bois d'aloes & l'ecorce de cirron; on broyera für le porphyre les terres , ie bezoard & le fuccin jufqu ä ce qu'ils foienr en poudre inapalpable : d'une autre part on mettra en poudre enfem&le l'ambre gns , le mufc , on y melera les rnagifteres, puis les autres ingredienspulverifez , & enfin les feuilles d'or, pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle UNIVERSELLE«. 311 Elle fortific le cceur , eile refifte a la malignite des humeurs, eile excite la tranf- Vertu«. piration ', la dofe en eft depiüs dix grains jufqu'a. deux fcrupules. . Dofe. On trouvera la defcription des magifteres de coraux & de perlcs dans mon traite de Chymic, niais cc fönt despreparations de petite veiicn, 6c qui fönt bien inutües dans cerre poudre. Les terres d'Allemagne , de Samos 8c de Lemnos fönt des efpeces de terre figil- lee qui ne diflferent pas beaucoup les unes des autres, ainfi Ton peut y en mettre une pour toures en un poids proporrionne, mais ces rerres , hon plus que le bol ne don- nenr pas une grande qualite ala poudre, on pouiToitles retrancher Sc reformier la compofitionenlamaniere luivante. Poudre cordiale , tefotmee. Vrenez. de la plerre de bez,oard oriental & de l'os du cceur de cerf, de chacun une dragme & demte , Du fuccm blatte, , de la raclure d'poire , de Vongle d'eland , de larac'me de tormenülle d.' ebaeun une dragme , De l'angelique, de la z*edoaire , du bois d'alo'e's , des ecorces de citton, de chaeun deux fcrupules, De l'ambre gris , demi ferupule , du mufc , quätre grains. Faites-eu une pouare feien l'art. REMARQUES. Je retrancheI'or de cette poudre , parce qu'ilne pouroit y feevic que dorne- ment qui n'eftpas neceflaire. Poudfe cacheffique fimple , d'JtJartmart. Vrenez* du fafiran de Mars aperitif, demionce , De la canelle % une ence , ou de la caße hgnee, une once & demie , Du fucre candi , deux onces. Faites-en une poudre felon V*rt. R E M A R Q_U E S. On pulverifera a part la canelle, d'une autre part le fucre candi, on broyera 1c fafFiande Mars aperirif furleporphyre, jufqu'a c'e qu'il foit impalpr.ble, onmele- ra les ingrediens pujverifez enfemble , pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Eile eft propre pour lever les obftrucVions, pour la cacbexie , pour les päles cou- Vertusi leurs , pour exciter les mois aux femmes ; la dofe en eft depuis denn dragme jufqu a Dofe- deux drasmes. Le faffran de Mars agit par fon Cd qui penerre 8c di/Tout la matiere des obftruc- tions, & par ia pefanteur pouiTe cette matiere en bas. La canelle eft mife dans cette poudre pour fortirier l'eftomacli 8c pour exciter les mois aux femmes , comme eile eft plus forte que le caftia lignea , on l'employe en plus petite dofe. Le fucre n'eft ajoute que pour le bon goiit, c'eft pourquoi ceux qui ne fe foucie- ront pas de cetagreement pouront le retrancher , mais alors ll faudra diminuer a rnoiüe la dofe de la poudre. Auparavant que d'ufer de cette poudre, il eil bon de s'etre prepare par quelques ! sf Vertus. Dofe. Vertus. 3 n PHARMACOPE'E bouillons& une purgation, afin que les conduics etant ramoüsj la poudre fafie mieux fon effet. Il an'ive quelquefois des coliques ä ceux qui en ufenr fans avoir pris cette pre- caution, a cauie du mars qui s'arrera-nt dans les pents vaiiTeaux, en picotte les mem- branes", ilfau: pour remedier ä cec inconvenient, baigner ou fomenter le bas ven- tre & donner des lavements emolüents. Poudre cachcctique, de £himetm. Trenet. du faffran de Mars aperitif, une ortet, Des fe'cules de meines d'arum , une dragme & demie , Du fuecin prepare , de la cam lle , des magißeres de coraux & de perles, de ehaeun qUA- tre ferupules, De l'amhe gris , demi dragme , Du fucre candi , tuitmt qutl enfaudrapour adoucir la poudre* REMARQUES. On broyera le faffran de Mars aperitif für un porphyre jufqu'a ce qu'il foit en poudre impalpable y on pulverifera feparement la canelle , pius on metfra en poudre rambregris avec un peu de fucre candi : on pulverifera le rede du fucre candi Sc on le melera avec les magifteres, les feeuies , le fuecin prepare & les autres pou- dres pour faire du tout une poudre qu'on gardera. Elle eft propre pourlever les opilations , pour la melancholie , pour rejouk le eceur Sc le fortifier, la dofe en eft depuis un ferupule jufqu'a. une dragme. On trouvera dans mon livre de Chymie , les defcnpuons des magifteres Sc du faffran de mars aperitif. Les magifteres de coraux & de perles nie femblent bien inutiles ici , car ce fönt des matieres terreftres qui ne peuvent apporter aueune vertu, m pour lever les ob- ftnictions ni pour förtirier le cceur *, on peut meine dire qu'il y auroit a craindre que ces matieres ne s'embaraftaffent dans les petits vaiileaux , Sc qu'elles n'augmen- taffent l'obftruction, plütot que d'aider a ia diminuer.. Les femmes fujettes aux vapeurs ne doivent point fe fervir de cette poudre i caufe de l'ambre gris qui y entre, a moins qu'on ne L'eüi tetranche. Le poicJs du flicre candi, pour donner un goüt agreable ala poudre, doit erre d'une once Sc demie , ceux qui ne fe foucieront pas de cet agreement pouront fe difpenfer d'y en mettre , le fucre excite quelquefois des vapeurs aux femmes.. Poudre cAchecfique ,, de Lemort. Trenez, du faffran de Mars aperitif , une onee , Du cor ad rouge prepare & desfecules de raune de Brione, de ehaeun deux dragnies ,, De la raclure de corne de cerf } du fuecin prepare, de la canelle & dttnuets, de chn~ am quatre ferupules Du fucre - trois onces. Faites-en une poudre.. R E M A R QJJ E S. On broyera für le porphvre le faffran de Mars aperitif jufqu'a ce qu'il foit en poudre impalpable : on pulverifera enfemble la canelle - , le irucis Sc la corne de cerf; d'une autre part on mettra en poudre le fucre , on y melera le corail prepare , les fecules Sc les autres Ingrediens pulvenfes pour faire une poudre qu'on gardera au befom. Elle adoucir l'acrete & l'acidite des humeurs , eile excite les mois aux femmes,. on i'en fert pour la cachexie , pour les päles couleurs Sc pour toutes les raaladies ■ UNIVERSELLE. 3*3 qui Vxennentd'o£>Äruc"Uons i k dofe en eft depuis un fcrupule jufqu a une dragme. Poudre d'acier , ^a Medecins de Paris. Trenez. de la limaille d'acier preparee, deux onces , De la canetle , fix dragmes , De la myrrhe , demi once , Des racines d'arißoloehe & de garence majeure , des fommitet. de thjm , d'origan, de matricaire , de calament de motitagne, de poiullot, d'armoife , d'bjffope, de marrube hlmc , de melifje , de pimpernelle , de betoine , d'berbe an cbat , & de Jahne , de ebaeunes deux dragmes , Des femences de levißic , de rbue, d'aebe, de fefel't, de ebaeunes une dragme & demie, Du maeis) deux ferupules. Mmefc le tout en poudre , & le refervez.pour Vufage. R E M A R g_U E S. Pour preparer la limaille d'acier on la lavera plufieurs fois dans de I'eau , & on la fera fecher , on la broyera enfuite für un porphyre avee du fuc de limons & quelques goutes d'efprit de foulfre, on fera fecher la poudre broyee ; on la reliu- mecteraavec du fuc de limons, 8c on la broyera encore pourla rendre impalpable , Sc pour faire ouvrir le metal aucant qu'il fe pourra , c'eft une elpece de faffran de Mars preparee fans feiu On pulverifera en parciculier la myrrhe dans un monier oint dune goute d'huile, Dofe. Prepars- tion de h limaille d'acier. Sc les autres drogues toutes enfemble. On melera les ingrediens pulverifez , &c Tonen fera une poudre qu'on gardera s.u. befoin. Eile eft propre pour lever les obftrucfcions , pour excirer les mois aux femmes, pour diffiper la jaunifle, pour hlrer Variiere faix apres l'acouchemenc ■, la dofe en eft depuis depuis demi fcrupule jufqu'ä une dragme. Poudre de Mars , de Mynficht, Trenez, de Uraeine de tormentille , de la noix mufeade & des galles , de cbacuntt une once , Du faffran de Murs afiringent, du magißere de ccrail touge, du faffran $ de la pierre bematite , de ebaeun trois dragmes t De la t-edoaire, du calamus mmatique , dufuccin blam prspare , de la meine de qu'm- tefeuille & du gerofle , de ebaeun deux dragmes , Dela cendre d'eponge , du bold'armeme rougcprepare,de la terre figillee, deVacacia, de ebaeun une drtgme & demie , Des femences deplantain , d'anthora & de rofes , de chaeunes quatre ferupules , De la corne de eerf&des os humains ealeinez., de Valiin de plume ealcine, & de la terre dorne de Vitriol, de ebaeun demi dragme. Melez, le tout, &faites en une poudre tres-delie'e. R E M A R QJJ E S. On broyera für le porphyre le fafFran de Mars aftringent & La pierre hematite , dW autre parc la corne de cerf, les os, Talon de plume , Teponge calcines, d'une auttepart on pulverifera enfemble dans le morcier les racines, la muicade, les galles, lcsgyrofles 3 Tacacia de les femences j d'une aucre parton mectra en poudre enienv Sf ij Vertas, Dofa. Vertu s. Dole. Verp.is. Dole. Bezonrd sniunal. UertiiS.. Dofe 314 , P H A R M A C O P E'E ble la terre /7gillee& la terre douce de vicriol: dune satte part on pu1veri r era Le fafFran apres l'avoir fait fecher bien doucemenc encre deux papiers, on melera les Ingrediens pul verifez avec le magiftere de corail, le fuccin, le bol prepare , & Ton fera une poudre que l'on gardera au befoin.. Elle fomfie l'eftomach, eile artete les cours de venrre , les hemorrhagies, las gonorrhees ,le flux d'urine ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqa a une dragme« Poudre de vtperes. Frencz. des trencs, des cceurs& des fojes de viferes deffechez. & buchet., quatre ences. Puherifez,-les , & en confervez. la poudre. R E M A R Q^U E S, On aura des viperes les plusgrofles amalTees au Printems ou en Automne , on en coupera la tete öc la queue , on les ecorchera, on en feparera les encrailles, on atracherapar des fkeiles,les troncs, les foyes 6c les cceurs, on les fera fecher a Tom- b,e, puis on les pulvenlera enfemble dans im morcier de bronze , & l'on paifera la poudre par un tamis fin. Elle eltfudorihque . eile refifte alamalignite des humeurs , eile eft febrifuge, eile purifie le fang , la dofe en eft deoms fix grains jufqu a deux ferupules. Ona donne dans les Pharmacopees pluheurs defcriptions dela poudre devipere, xnais celle-ci eft la plus iunple 8c la meilleure , ü n'en fällt faire que psu ä la fois, ahn dela renouveller plus (ouvent, parce que les vers s'y mettent en vieilhfiant , principalement quand les cceurs & les foyes y ont ete employez, cette raifon em- peche qu'onnelesy metre ordinairement. On pourra quand on voudra parfumer cette poudre avec un grain d'ambre gris Sc quelques gouttes d'efle.nces de canelle & de macis, plufieurs y ajourent da Caere candi pour ist rendre agreabiean gout, les autres dupam feche, mais eile vaut mieux pure comme je Tai decrite. On pulvenfe auffi lesfoyes & les cceurs de vipere feparement des troncs, & l'o»i appelle cette poudre bezoard aaimal. Poudre e'thiopique-, * Prenex. trente ou quarnnte crapMx vivants. BMtes-les Cime dans unpstde terre neuf\ jufqu'a ce qu'ils foient reduits en cenires noires, &.lespulvertfez. fubtilement. R E M A R Q^U E S. On mettra trente ou quarante crapaux vivants dans un grand pot de terre-neuf, onle couvrira d'un couvercle ordinaire &c l'on enduira lesjointuresde lue, onpla- vera ce pot au nrilieu des charbons ardens dans im fourneau , & l'on y Jaiflera cai- ciner les crapaux jufqu'a ce qu'ils ne;etrentplus de fumee , on les retirera alors du feu , ils feronr red jirs en charbons ou en cendres noires, on les pulvenfera lubrile- ment Sc on les gardera. Cette poudre eft fudorifique & diuretique , ons'en fert pour l'hydropifie, pour ia petite veröle , pour les hevres malignes, pour les fcrofules ; h doie en eft depuis un laupule jufqu a une dragme. Le nom de cetre poudre vient de fa couleur noire, comme qui diroit, po adre. qui a la couleur d'unEtiopien,. UNIVERSELLE qa on alt ODiervc pou eher lepot , car es lel (ort immanquabiement en fumee par ies jointurcs , aurrfc- menr tour crcverqit, & U ne reite que le fei fixe qui a la verite eit un apernif des plus penerrans. La couleur noire de la matiere calcinee , vienc de ce qu'une parrie des fuli^ino- firezn'ayant poinc trouve une Ül'ue aflezgrande pour fomr , fönt retombees. La preparation des crapaux qai me paroit la meilleure eil de les faire fecher au foieil, & de les mettre en poudre , comme je Tai die ailleurs. Poudre cttthiretiq >e. Trenez, des racines (Firis , d'arißolocbe ronde , & d'euphorbe, de chaeun dem once , De Uicerufe & de la mynrht , deebaeune deux dragmes , Des fcutlles de fabine jeebe , de fallt» brule , du mercure prieipite rouge, de chaeun une dragme, De l'butle de girofle , un ferupule. Mclez* le tont, & fanes-en une poudre fehn l'art,, R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble ies racines & les feuüles, d'ime autre part on meerra en poudie l'euphorbe & la myrrhe dans an monier oint de quelques goutes d'huile - ; d'une autre part on mettra en poudre enfemble la cerufe , l'alun brule , le preeipite rouge j on melera tous les ingrediens pulverifez, & l'on y fexa entrer l'huile de gyrofle ; ongardera cette poudre au befoim Elle eil; propre pour la caric des os, pour ouvrirles chancres veneriens, pour de- Venu» rerger cv confumer les chairs baveufes, pour refifter a la gangrenc , on en applique für les os cariez.apres les avoir depouillez de leur chair & les avoir iaveavec de l'eau alumineufe. Je voudrois retrancher de cette poudre la cerufe , eile defleche trop & eile emouffe les pointes des autres drogues, les racines d'iris & d'ariftoloche, la myrrhe & l'huile de gerofle fönt des drogues dctei iives vulneraires & qai reiiftent a ia cer- ruption , mais elles divninuent beaueoup par leur Hielange , i'aeretedes cathereti- ques qui fönt le preeipite rouge , l'alun brule, la fäbine & l'euphorbe ; fi ces der- niers Ingrediensetoient melez feuls, ils produiroient un effet beaueoup plus feur 8c 'plus prompt pour manger la carie des os & pour ouvrir les chancres ; on peut les in- corporer dans un peu d'aegyptiac , pouv ies apphquer plus commodement avec des plumaceaux. Poudre ßernutAtoire. Trenez. des [einlies feches de beteine, de marjoUine & de fange , des fleurs feches- de mugmt& deßoschas & des racines d'iris de vlorence , de ebaeune demi once, T)e edles de pyretbr? , d'ellebsre blanc & du tabac, de chaeun deux dragmes , De l'ecorce d orange ficht , une dragme. Tattes une poudre größere,~ R E M A R Q^U E S. On pulverifera groflleremenr toutes les drogues enfemble , & l'on gardera l» poudie pour l&fceloin. ■ S.Ciii 3 2 De l'alo'e's , de U mjrrbe , du htume de Jttdee , de chacun une livre , Des racines de cjperus , d'irit de Thrence , d'arißoioche ronde, de valeriane , de getl~ tiane , d'angehque , d'imperatove , de gingembre, de ebaeunes qitatre Itvres , Dh labdanum , du poivre noir , du petit cardamome , des feüüles Jeches de fcordtum ^ d'abßnthe , de tbym , de martube b'.anc & d'hyjfope % de chaeunes trois livres. Fa'ttes de taut cela une poudre felon Part. R E M A R Q^U E S. On pulverifera en particulierle tan, Sc on le paflera groffierement par un tamis decouvert; d'une autre part on mettra en poudre enfemble les racines, les feuilles, le poivre & le cardamome : d'une aucre part le labdanum, la myrrhe , l'aloes & le bitume judaique: on melera tous ces Ingrediens quand ils auront ete pulvenfez 5c pafl'ez groffierement par un tamis •, on paflera enluite fubtilement par im tamis nn, environ une Uvre du meiange ou ce qu'il en faudra pour embaumer le cceur. Ufs^es, Cette poudre eft deftinee pour embaumer les corps mores, apres qu'on en a tire la cervelle , les entrailles, qu'on a abforbe avec des eponges le fang & les autres hu- miditez qui fe rencontrent dans les parties, «Sc qu'on a etuve tous les endroits d'efprit de vin & d'huile d'afpic. On doit bien prendregarde de ne laifler pas trop d'rmmidite dans le corps qu'on veut embaumer, car eile liquefieroit trop les poudres & la corruption fe mettroir dansks parties : l'efprit de vin & l'huile d'afpic fönt mis ici pour penetrer les chairs, pour les unir avec la poudre , afin qu ils ne s'en falle qü'un corps & pour refißer a la corruption. Il eft bonque la poudredont on embaume le cceur foit fubtile , afin quelle en puuTe penetrer plus facilement la fubftance, car ce vifeere etant plus aifement cor- rompu que les autres parties du corps, il a befoin d'une plus grande precaution pour l'embaumement. Le corps de la poudre eft fait pour remplir les cavitez du cadavre qu'on veut embaumer , apres quoi l'on rejeim la pean, on la coud & on Point par tout de beaume du Pcrou , pour empeclier que i'air ne la penetre & pour y faire aglutiner la poudre luivante. Poudre propre a encrotiter les cndxvies. Trenez, du benjoin , dußorax t de l'encens , de U myrrhe , de l'alo'e's , du Uhdanum , du bitume dejude'e , du Vernix , de la gomme tacamabaca , de l'iris de Florence & du bois d'aloes , de chacun deux livres , Des ecorecs d''oranges fechis, des fommitez. de marjolaine feches , dutbym , ditrof- UNIVERSELLE. y. 7 rmr'in, desßfurs de Uvende , du poiiilht de monrtgne , de cbacun une livre , l>e U caffe ügnee & da gerofle , de chacun dcmi hvre, Faiies-en tine poudre. R E M A R 0_U ES. On pulverifera Ies gorames & le bitume dans un mortier oint dun pcu d'eiTence de genievre : d'autre part on mettra en poudre enfemble le refte-des 'drogues, on meJera les Ingrediens pulverifez & l'on en fera une poudre dont on faupoudrera mit le corps exteneurement a mefure qu'on le frortera de beaume du Perou, en forte qu'ils'y falle unecroute del'cpaifleur d'un travers de doigt , on envelopera alors le corps ainfi embaume d'une toile ciree & on le mettra darjp une biere de plomb dont les pintures feront exa&ement claufes, afin d'empecher que l'aii n'y tiatc. Quand l'embaumement eft bien fait, les drogues fe lient & s'uniiTent fi bien aux Mumie des parties du cadavre , qu'il ne s'en fair qu' un corps qu'on peut appeller Mumie. Eayptieni» Les anciens Egyptiens reuflitToient beaucoup mieux dans leurs embaumements 9 a i! av , res que nous, foit parce qu'ils fe fervoient de drogues plus convenables 8c meilleures, e e \ es e r 2 , foit parce qu'ils s'y fuflent plus apphques, c'eft ce que nous voyons en leurs Mumies bles dans qu'on retiie encore despyramides qui etoient leurs fepukures. la Lybie. On trouve quelquefois dans les deferts de la Lybie des cadavres humains tellement Cadavrcj penetrez de fable 8c deflechez par l'ardeur du foleil qui eft exceilive dans ce pavs-la, ff ? ar , *• ... .«* ■ / „ > r • i i> \. y ' leaudela qu ils paroiiient embaumez , & 1 on peut s en lervir comme de 1 atme Mumie. nier & a £ f_ On trouve fouvent aux bords de la mer dans les pais chauds des cadavres humains fechez par qui ayant ete falez par l'eau marine & deffechez par le foleil } fönt comme embau- ' e foleil. Biez, 8c c'eft une efpece de Mumie. fUr-Y^ On voit a Toaloufe 8c en plufieurs auttes lieux- des cadavres qu'on a mis depuis pa r "i a deux cens ans dans des caves ou ll y avoit eu autrefois pendant long-tems de la chaux, chaux» qui paroiifent auili entiers, comme quand ils y fönt cntres , meine jufqu'a avoit eonferve leur barbe; ces corps pouroient fervir de Mumie en un beibin, mais on les garde par curiofite^ Les embaumements reufilTent mieux dans les pays chauds que dans les pays froids, Earce que 1'humidite des caves dans les pays froids liquefie trop les drogues de l'em- aumement & les fak couler, au lieu que dans les pays chauds , la terre etant plus, feche 8c falee, eile aide a la confexvation du cadavre. Poudre de cjpfe ofdlnaire^ Trettez, de la mouffe d'arbre preparee , deux hvres , B« mufc , une dragme, De I'ambre gris , deux ferupules „ Dt U civette , un jcrupule. laites-en «ne poudre. R E M A R Q^U E S* On aura de la moufle d'arbre la plus blanche que l'on pourra trouver , on la lavera Prepara^ feien, puis on la fera fecher Sc on la pulverifera fubtilement; d'une autre part on non £* *• reduira en poudre le mufc & I'ambre , on y ajoutera la civette , Sc Ton meiern, le tout exaftement avec la moufle pulvenfee pour faire une poudre odorante qu'on gardeta au befoin dans vaifleau de verre bien bouche». tJfagej. Vertust Vertust I, jaS PHARMACOE'E Lapoudre de cypre ferc pour parfumer les habits, pour refifter au mauvais air, c'eft de quoi l'on remplit les fachets de fenteur. l'oudre de violettes. Prenet. de l'iris de Florence, buit onces p Duftorax , tinq onces , Du benjoin , rf« £w äff ro/f* , rf« ealamus aromatique , dubois de faffafras, de chaeun deux onces y De la canelle , dugerofle , de lafemence de coriandre , des econes d'oranges & de ci- trons feches , du cyperus long , de chaeun une once , Du mufc , une demi dragme t De l'iimbre gri* y un ferupule. Takes en une poudre felon l'art. REMARQUES. On pulverifera cnfemble l'iris , le bois de Rhodes, le ealamus aromaticus , le failafras , la canelle > les gyrofles ,1a coriandre , lesecorces &c le cyperus ; d'une au- tre part on metna en poudre er.femble le benjoin ßc le ftorax, d'une aurre parc le mufc & l'ambre; on raelera le tout exaclement äc l'on fera une poudre odorante qu'on gardera dans un vafe de verrebien bouche. Elle eft propre pour parfumer les habits , pour fo rtifier le cerveau , pour reiifter au mauvais air , on en retnpiic au/Ii des (achers. Cette poudre eil appellee poudre de violettes i caufe de l'iris qui lui donne une odeurfemblable a celle de la fleur de violette j ceux qui craindtont l'odeur du mufc & de l'ambre a caufe des vapeurs, pourronc les retrancher de la compoiition. Poudre pour frotter les dents. Prenet, de la p'ierre deponce * du wail prepare , de l'os de Je che, de U creme de tartre , de chaeun une once , De l'tris de Florence , deux dragmes. laites-en une poudre. R E M A R Q^V E S. On pulverifera l'iris de florence feparement &c les autres drogues enfemble , ort melera les Ingrediens pulverifez , Sc l'on fera une poudre qu'on gardera au befoin. Elle eft propre a netroyer, a. blanchir, a fomrier les dents & a les conferver con- trela cane , on en prend avec le doigt mouille de vin & l'ons'enfrotte les dents , le marin en fe levant Sc apres le repas ■, on en peuc mettre auill für les gencives arra- quees du fcorbut pour en adoucir Sc deterger l'humeur acreqm decharne Sc ebranle toutes les dents. L'efprit de fei & l'efpritde virriol qu'on employe ordinairement pour netroyer les dents, les bhnchiiient plus que route aurre chofe , mais ils les carient & lls les caicinent en les penetrant comme fom was les autres acides acres; c'eft pourquoi l'on doit eviter de s'en fervir en cette occaiion. Gerte poudre eftpreique toure cornpofee dematieres alkalines capables de forri- fier les dents en ies decergeanr, parce qa'elles abforbent Sc adoucilfent les fels qui reftent dans les gencives apres le manger; & fi cette poudre ne blanchir pas rant les dents comme fönt les elprits acides, au moins eile n'eft pomt capable de leur appor- rer aueun prejudice : la creme de tartre qai y enrre eft aeide, mais cette aeidite n'eft pas affez forte pour produire aueun mediane erret & d'autant moins quelle eft melee Opiate pour les dents. Ü N I V ER S E t L E, 3 t 9 Vneiee avec beaucoup de maxieres aliealines qui en emouüent les pointes •> eile n'eft donc employee ici que pour deterger mieux les dents , en donnant a la poudre un peu plus dedi(polinona penerrer quelle n'auroit. L'iris eft mis dans cette corr.pofition principalement pour lui donner une odeur de violette agreable, il eft aufl] un peu deteriif. Si l'on veut rendre cette poudre plus odoran?e , il y faut meler quatre ou cinq Poudre gouttes d'eflence de bois de rofe , ou de gyrofle, ou de canefte , ou d eoorce de ci- ° Jor a nte tron; on y ajodte meine quelquefois cinq ou fix grains de taufe, & autant de civet- ^" : j # CS re, mais alors eile n'eft plus propre pour l'ufage des femmes fujettesaux vapeurs. On pourroit faire entrer dans la compofition de la poudre encore plufieurs autres drogues , comrae des yeux d'ecrevifle, du fpodium , de Li corne de cerf preparez , de i'alun, de la gomme laque, mais le remede n'en auroit pas plus de vertu. Si l'on veut reduire la poudre en opiate, il ne faut que la meler avec du fyrop de rofe feche ou avec du miel rofat clarihr. Poudre & farine blanche, de Mynßcht. Trenet, des cailloux de riviere eahmet, &pulverifez*, demi livre, De U pierre ponce preparee , une once , De la racine d iris de Ehrence, une demi once, De la vrate galle mitfquee , une dragme , De l'huile dißtlle'e de rofes , un ferupule. Uelci* le tont, & enj'altes une poudre auffi fir.e que la far'ine. R E M A R Q^U E S. On aura des cailloux de riviere bien nets,on les fera rongir au feu Sc on les etein- dra dans du vinaigre,on reitcrera a les mettre rougir Sc a les eteindre de la meme ma- tion des niere,jufqu'A ce qu'ils foient friables, on les reduna alors en poudre groffiere dans un c31 "°üjl. mortier , puis on les broyera für le porphyre jüfdu ä ce qu'ils foient en poudre im- palpable. On pulverifera chaeun en particulier l'iris Sc les trochifques de gallia mofehata; on melera tous les ingrediens preparez Sc pulverifez , puis on y ajoutera l'eflence de rofe, on agitera la poudre queique tems dans un mortier de marbre ayec un pilon de bois , puis on la mettra dans un vafe de Yerre pour la garder. Elle eft propre pour nettoyer les dents Sc pour donner bonne bouche. Cette poudre eftappcllee farine a caufe des cailloux Sc de la pierre de ponce qui etant preparez reflemblent ade la farine - , le nom de virgtnalnelui convient guere, parce que les rilles fönt comrae exelufes de s'en fervir ä caufe des trochifques de gallia mofehata Sc de l'eilence de rofe qui pourroient leur exciter des vapeurs, Poudre conire les darfres , de Mynßcht. Trenez, de la folle farine, une demi livre, Dit plomb brule, & du hol rouge , de chacuu , deux once/ , Du maßte t de Volban, & de la cerufe t de chaeun f une once. Melez. le tont, & en faites une poudre tres-fubtile. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble le bol & la cerufe •, d'une autre part on pulverifera fepa- rement l'oliban dans un mortier oint de quelques gouttes d huile, Sc le maftich hu- mette de quelques gouttes d'eau ■, on melera ces ingrediens pulverifez avec le plomb * Tt Prepsn- Vextusi t 3 o P H A R M A C O P E' E rüle & la farine de froment bien tamifee, pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Vertus- Elle eft propre pour fecher & guerir les dartres , on en applique un peu deffus, & on la couvre d'un morceau de papier bleu , apres qu'on a faigne & purge le malade. Gerte compofition de poudre peut fervir pour les dartres faciles a guerir , mais quand elles fonr invecerees & rebelles , on rrouvera beaucoup plus d'effet en la poudre fuivante. Autre poudre contre les dartres. Trenet, de U fol'e farine d'orge , wie dem hvre , De la racine d'aune'e feche t une once , Du fei de faturne & du mercure precipite- blatte , de cJucun , trois dragines. - Melet. le tot.t & en fattes une poudre. Poudre propre a deßecher^ confolider , efr guerir les puflules de la petite •veröle , de-Mynjtcht. Trenez. des farmes de Untdlcs } def eves & ä'orobes f de chaeun } denn once y De lalltarge, de la cerufe , de la tutbie prepare'e, & de la calamtne blanche, de chaeune , deux irAgnus, Des coquilles de mer preparees, des racines de rofeau feches, & dufaffran des metauxy de chaeun, une dragme. Miliz, le tont , & en faltes une poudre. R E M A R OJÜ E S. s On tamifera bien les farines afin quelles foient tres fubtiles, on pulverifera a part la racine de rofeau , dune autre part on raettra en poudre enfemble la ürnarge öc la cerufe } onmeiera ces poudres avec le faffran des metaux, des coquilles de mer preparees 011 broyees für le porphyre & la tuthie preparee : quand au nil ou nihili, on n'en trouve pas , mais on peut lui fubftiruer la tuthie preparee qui eft prefque la meine chofe , on en doubiera donc la dofe & on la melera avec les autres Ingrediens pulverifez, pour faire du rout une poudre tres-fubtile qu'on gardera au beloin. VertnSt ' Elle eile eft propre pour deterger, pour fecher Sc pour erracer les puftules de lape- tite veröle •, on en applique defliis apres les avoir coupees quand elles fönt bien blan- ches & meurespour en faire fortir le venin,environ le neuviemejourdelamaiadie. Comme cette poudre eft: fortdeflicauve , il fant bienprendre garde a nelappli- quer pas avant que la lupuration de la petite veröle foit parfaite , car eile pourroit empecher la petite veröle de fortir, ce qui feroit capable de caufer la mort. Poudre pour des coeffes. Trenex, de l'iris de Florence } httit onces, Du bois de rofes , quatre onces } Du calamus aromatique' De la racine de cofius doux, & de fauchet > des rofes rouges, des fomtnitez, de marjo*- Urne feches, de chaeun , trois onces, Despurs de muguet 3 de betonte , de fioeebas , dechaeunes , deux onces, Du benp'in , dufiorax, de lagomme tacamahaca , du gyrofle , de la canelle t de la noix iMjcade , de chaeun , trois dragmes. I Altes de tout cela une poudre größere. UNIVERSELLE. 35* R E M A R Q_U E S. On pulverifera les gommes enfemble dans un mortier oint d'un peu d'huile de mufeade, d'une autre part on mettrai en poudre enfemble toutes les auxres drogues, on paffera les poudres grofllerement par un tamis decouvert Sc les ayarit meiees exa&ement enfemble, on les gardera pour le befoin. Certe poudre eft deftinee pour etre mife dans les cueufes ou bonnets piques Veitasi dont on couvre la tete pour foreifier le cerveau,on nc s'en fert point interieureraent. Poudre pout les e'ptthemcs da cauf, Prenez» du fantal citrin , deux onces , Des rofes rouges , des ccorces de cttron & d?oranges feches , & du faccin , de chacuti une once , De U canelle } de U corne de cerf & d'yvoire , de la poudre de diamargariü frigidi ' de ebaeun , demi once , Du faffran , une dragme f D« tampbre , un ferupule. Eaites-en une poudre. REMARQUES. On pulverifera le camphre feparement & toutes les autres drogues enfemble: oh melera tous les Ingrediens pulverifez avec la poudre diamargaritum , Sc Ton fera une poudre qu on gardera au befoin. Elle fortifie le cceur , on s'en (ert dans les palpitations & dans les autres foiblef- fes pour reveiller le mouvernent du fang ; on en Fair des epitbemes liquides, c'eft-a- dire qu'onen demele dans des eaiix cordiales ou dans du vin d'Efpagne , & Ton en imbibe un morceau dcearlatte qu on applique cbaudement für la region du cceur;. on peut autTi en meler dans des conferves cordiales Sc en fai re des epithemes folides. Comme cette poudre eft compofee d'ingrediens volatils Sc fulpbureux, eile peut communiquerfa vertu par les pores, Sc rarefier quelque fang groilierou une autre matiere a demi coagulee, qui ayant peine a. paffer dans les ventricules du cceur caufe la palpitation. Poudre pottf les epithemes da foye. Prenez, des rofes rouges, une once & demie , Du fantal blanc & rouge , de ebaeun , une once , Des [ommitcz* d'abfjnthe , du jmc odorant, de ebaeun denn once, 'De la raclure d'yvoire , deux dragmes, Du fpea-nard, demi dragme. Eaites-en une poudre felon l'art. R E M A R de l'aloes, de la myrrbe } & de la munde 3 de cha- Tastes-en une poudre felon l'art. cun. une once. R E M. A R Q_ U E S. On pulverifera enfemble les racines d'ariftoloche, Sc d'une autre part teures les gommes enfemble , puis on melera les Ingrediens pulverifez , Sc l'on en fera une poudre qu'on gardera au befoin. Ellenetroye les playes, eile rait revenir les chairs & eile les confolide : on 1 ap- plique feule ou melee dans des onguents. Poudre odorante pour les mains. Trene-L dumarc de Pexpreffion des amandes douces & arncres, de chaeun auatre onces, De la farir.e de fe'ves, deux onces, De celle de r'is & de lupins ,■ de chaeunes , une once & demie De la racinc d'tris de Tlorence, une once, Des rofes blanches deffeche es , & du benjoin, de chaeun, Jix dragmes, Du fei de tartre f de la eraye blanche preparee, du fpode fr Spare, dufperme de baieine nouveau, de chaeun, demi once. Des huiles de bolsdc rofes- , degjroße & de lavende, de chaeun , demifcnipule. Faites de tmt cela un melange , oh une poudre. R E M A R Q^V E S. On prendra des pains d'amandes ameres Sc douces qu'on rire de la prelTe apres en avoir exprime les huiles , on les mettra en poudre dans un mortier de marbre ■, d'une autre parton pulverifera enfemble l'iris Sc les rofes, d'une autre part le ben- UNIVERSELLE. 333 jo'm , on Melera ces Ingrediens pulverifez avec le fei de rarere , Ie fpode prepäre , la craye broyce, les farines ; on mettra dans un morcier de marbre la natare de b.i- le-ine Sc les huiles, on les agitera bien enfemble avec un pilon de bois pour en fai - reunepafte, puisony melera peu a peu les poudres, on remuera long-tems le rout enfemble pour en faire un nielange exa&, on aura unepoudre päteule, qu'on gärdera dans un pot de verre 011 de fayence. Elle netroye la peau la rendanr douce , blanche , polie , on l'employe pour de- eräfler les mains, elie leur lailfe auffi une bonne odeur, on peut l'rmmecler dans la main avec im peu d'ean de fleur d'orange au lieu d'eau commune> & s'en frotter les mains fans les humecler davantage jufqu a ce que la parte qui fera chargee de craffe foit deflechee & tombee» enfuite on s'efluyera les mains avec un lmge nee imbu d'un peu d'eau de fleur d'orange. Il eil ailez inutile d'employer dans cette compofition rrois fortes de farines, il fuffiroit dune en quanrite proportionnee. Celle derisme paroit plus convenable , parcequelle n'a aueune odeur, mais il irnportc peu laquelle on choifilTe. Les rofes blanches perdent prefque tonte Ienr odeur en fechant, ainii elles foiu d'une bien petite urilirc dans cette poudre. Le benjoin eil ici en trop grande quantite , il donne une odeur trop forte a la compoiirion, je voudrois en diminuer la dofe , comme auili ceile de la. natare de baieine, parce quelle rend la poudre trop grade. Le fpodmm eil alfez inutile ici, l'kuile de lavende rend une odeur trop forte , je ferois donc d'avis de reformer cette poudre en la maniere fuivante. Poudte pour les mains , reforme'e. Vrenez. da nurc de l'exprejßon des amande: douces & ameres, & de la farbie de ris } de ch.icun , ßx onces, De la racine d'iris de Fhrence > & de la craye blanche preparee, de ebaeun, une once Du benjoin 3 du fperme de baieine, & da fei de tartre, de chaeun deux dragnies De l'buile de bois de rofes , une demi once. Miiii. le tout, & en faites une poudre. Venu?. Poudre contfe la. fievre dt Mynßcht. . Prenez, du calamus aromatique } une once y Des racines de gentiane } d'arißoloche iongue , & degingembre hlanc , de chaeunes , une demi once , Du fei de petite centauree, de chardon-benit , & d'abßntbe t de chaeun-, trois dragmes De U corne de cerf > de Ufemence de plantaln des montagnes, & du campbre, de cba- c:m, une dragme. Du [iure candi blatte , une once & demie. Taites-en unepoudre tris-fubüle~ R E M. A R QJJ E S. On pulverifera enfemble les racines, la corne de cerf & les femences,d'une aurre part on mettra en poudre le fucre candi & les fels, d'une autre part le camphre , on meleratous les ingrediens pulverifez,& l'on fera unepoudre qu'on eardera ä'ü befoin. Ons'enfert pour les fievres intermittentes, la dofe en eil depuis demi dragme jnfqu'aune dragme. T t iij Venus, Dofe, Vertus. Cakina- tion des limas. Verms. Dofe. 334 PH,ARMACOPE'E Cette poudre efl; bien fujette a s'humeder a caufe du fucre 8c des fels qui y en- trent, le fucre n'y fert de ricn •, je ferois d'avis qu'on Ten retranchat; pour les fels ils fönt laplus grande vertu de Li poudre , mais cornme ils fönt alkalins lls recoivent avec grande avidite l'humidite & (e relolvent en liqueur, de forte qu'ils tiennent toujours la poudre humide, je trouverois d propos qu'on les gardät pour en meletdix ou douze grains für chaque prile de la poudre , quand onferoit pret de laprendre. Cette poudre peut guerir la fievre en levant les obftru&ions Sc en pouflant par la tranfpiration , mais comrac le quinquina agit beaucoup plas fürement; on ne fc feit guere d'autre febrifuge. Poudte ophtalmique. Treuer- du fucre candi blanc, deax dragmes 3 De U tutbie preparee , une dragme, Del'uloes. du fei de faturne,duvitnolbUnc,& de lafarcocole, de chacun demidragihe t De l'irh de plorence , un denn fcrupule. faites-en une poudre tres-fubtUe. R E M Ä R O^U E S. On pulverifera enfemble l'aloes Sc la farcocole , d'une autre par le fucre candi, le vitriol, Sc le fei defaturne, d'une autreparri'ins ; onmelera toutes ces drogues pulverilces avec la ruthie preparee Sc Ton fera une poudre tres-lubule qu'on gae- dera au beioin. Elle eft propre pour nettoyer les yeux de leur fanie , Sc pour difliper les catara-r cles, on en fouffle dans l'ceil par le moyen d'un petit chalumeau de plume. Poudre pour l'enterocele des enfans , de Bauderon. Prcnez, de la berniaire, & de la racine de grande confoude, de chacun deux dragmes, De la racine de pain de pourceau, & du feeau de Salomon, de chacun une dragme & demie, De la cendre de iimapns rouges , une dragme. Faites-in une poudre dontvous dijjolverez. au cotnmencement du repas une dem'i dragme dansune petitequantitide bomliie, donnant le für plus a, Venfant fans melknge, & cott~ Mutant ceta pendant plußeurs jours. R E M A R Q^U E S. On mettra fecher les racines apres les avoir nettoyees & coupees par morceaux , on enveloppera l'herniaria d'un papier brouillard , & on le fera fecher fans que fa qualite ioit detruite , on le mettra en poudre avec les racines. On mettra des limas rouges dans un pot de terre qui ne foit poiiu verni en de- dans, on couvrira le pot Sc on le placera enrre les charbons ardents jufqu'a ce que les limas foient reduits en cendres, alors on les retirera du por Sc on les mettra en poudre ; on melera tous les ingrediens pulverifez Sc l'on fera une poudre. Elle eft propre pour Jes defeentes des petits enfans t on leur en fait prendre dans une petite quantite de bouillie , leur donnant a manger par deflüs, le refte de la bouillie , Sc l'on continue l'ufage de ce remede pendant plufieurs jours •, la dofe en eft de demi dragme. Cette poudre etant glutineufe Sc confolidante, eile peut un peu afrermir le perl- toine des petits enfans qui s'etoit trop ctendu Sc dilate, pourviique d'aillcuvs on ait eu le foinde faire un petitbandage a la partie. UNIVERSELLE. 33? Poudrepour empecher l'avonement. Frenei, des grains de kermes , du f,vital rouge , du maßte , De Ufemence de plantain, de la rapure de corne de cerf, Du fuccin , du hol d , ar?nenie } de la terrcJig'üUe , Des jeux d'ecreviffes prepare-L t du coraü rougeprepare , Des raemes de tormentille , & de grande confoude , de clueun trois dtAgnus, Du macis & du gyrofle , de ebaeun une deml dragme. Faites-en une poudre felon l'art. REMARQUES. On pulverifera enfemtle les racines , le Kermes, k graine de plantain , le fäntal , Je fuccin, la corne de cerf, le gyrofle & le macis: d'une autre part le maftich dans un monier humedte de quelques gouttes d'eau de plantain , d'une autre part on met- tra en poudre enfemble la terre figillee &lc bol, onmelera tous les ingrediens pul- verifez , Sc l'onenfera une poudre qu'on garderaau befoin. Elle eft propre pour empecher que les femmes n'aecouchent avant terme , pour Vertus. arreter les cours de ventre, &pour fortifier l'eftomach •, la dofe en eft depuis un Y)ok ferupule julqu a une dragme. Quand une femme grolle craint d'avoir ete bleffee par quelque efFort 011 autre aeeident, il eft a propos quelle garde le lithuit ou neuf jours, & quelle ufe foii- vent de cette poudre, ahn de rafrermir s'il fe peilt, les ligamens qui attachent l'en- fant a la mere quand ils ont ete cbranlez. Poudre propre a avAncerl'accouchement. Prenez.de U canelle } du dtclame de er ete , du fajfran & du borax > de ebaeun deux drAgmcs , Des troebifques de myrrbe t une dragme } De la fabine } une denn dragme. Faites-en une poudre felon l'art. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble la canelle , le didtam & la labine ; d'une autre part on mettra en poudre les trochifques & le borax, on melera le$ ingrediens pulverifez 6c Von fera une poudre qu'on gardera pour le befoin. Elle eft propre a härer Vaccouchement quand la femme eft dans fes douleurs, Sc Venus. eile pouffe l'arriere-faix ; ladofeen eft depuis un ferupule jufqua deux •, on peut Do f et auffi s'en fervir pour exciter les menftrues , on la diffout dans du vin blanc ou dans de l'eau d'armoife. Poudre pour appaifir k s trmchees apres i'a.ccouchement. Frenez, de la racine de grande confoude fechte , & du meut-atbamantique y de ebaeun deux dragmes, Dk glandde cbefne & du fuccin , de ebaeun une dragme & dem'te , Des ecorces d'oranges feebes , du macis , du fajfran, de U femence de fariete & de immdre > de clMcune, deux ferupules. Faltes du tout une poudre. R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble toutes ces drogues bien fubtilement, &c V on gardera la poudre pour s'en fervir au befoin. Vertus. Dofe. Vertus. Doj Vertus. Dole. ?3 6 PHARM ACOP E*E Elle eft propre pour appaifer les tranchees des femmes nouvellemcnt accoucheeS Sc pour la coiique venteuie ; ia dofe en eft depuisunfcrupule jufqu'a deux. Poudre contte la toux des enfans , de MyntLht. Trcnet* du fucre penidie, trois ences , De la poudre d'stdraganth froid , & diaireos Jimple , de ebaeunes denn once , De la raune de pivoine, deux dragmes, Du fuc de regliiffe , une dragme , Du lait de foulfre f & du faffran oriental , de chaeun deux ferupules , Du crane humain, &de lafemence de pavotblanc , de chaeun un ferupule, Melez. le tout, & enjaltes une poudre tres-fubtde, R E M A R Q^U E S. On pulverifera errfemble la racine de pivoine, le faffran, la femence de pavot 8c le crane humain •, d'une autre parc le fuc de reglifle & les penides ; on melera ces Ingrediens pulvenlez avec le Laift de foulfre, les poudres diabeos Sc diatragacan- thi frigidi, Sc Ton fera une poudre qu'on gardera pour le befoin. Elle eft bonne pour epailnr les humiditez trop fubciles qui defeendent du cer- veau lur la trachee-artere, pour exciter le crachar, pour adoucir les acretez de la poierine, pour aider ala reipiration; on peut s'en fervir aufli bien pour les grandesper- fonnes que pour les enfans ; la dofe en eft depuis demi ferupuie jufqu'a une dragme. Le deflein qua eul'Auteur de cette defeription, eny faifant entrer la racine de pivoine Sc le crane humain , a etc apparemment pour romner le cerveau d'oii de- couk Thumeur qui produit ia toux , pendant que les autres drogues adoueiflent la poitrine; ilpeut aufli avoir eu en viie de prevenir Sc d'empecherpar lales mouve- mens convulfifs Sc epileptiques aufquels plufieurs enfans fönt fujers. Poudre pour les u'ceres du goßer. Trcnex, da foulfre vif, tjuatre onces, De la myrrbe , de l'alun , du fitere t de chaeun deux onces ] Du maßte & de fencens , de chaeun, une once , Da Pyretbre, fix dragmes, Faites-en une poudre tres-fubtile. R E M A R (£_U E S. On pulverifera le pyrethre en particulier, d'une autre part le foulfre vif cV i'a- lun de fucre •> d'une autre part la myrrhe Sc l'encens dans un mortier oint de quelques gouttes d'huile d'amande: d'une autre part le maftich dans un mortier hume£te au fond de quelques gouttes d'eau : on melera tous les Ingrediens pulvenfez, Sc l'on fera une poudre qu'on gardera pour le befoin. Elle eft propre pour deterger Sc pour confolider lesulceres de lagorge , on en mele une once dans une chopine d'eau de vie, Sc Von en touche fouvent l'ukere. piudte be^oardique , ou dextphurmtique. Prenez, des rachtes de contrayerva , de ferpentaire de virginie, d'angelique & de •uedoatre , de ebaeunes demi once , Des foyes de viperes, avec les coeurs, du bez.oard d'orient , du bemard minerd, de ebtuun , trois dragmes , De l'uriiCQW > du jonc odorant, & du f antat citrin, de chaeun, deux dragmes , Des grains deformes , du faffran , de Fecotce de cttron feche t & du atmphre , de ebaeun demi dragme t De l'ambre $}7 UNIVERSELLE. De Vambregr'ts & du mttfc , de chacun ßx grains , Des huiles de canetle & de macis , de chacunes , cinq gmtttes'. ¥ altes-tn une poudre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulvcrifera enfemble les racines , les foyes de vipere , l'unicorne, le fchxnan- te, le Tantal citrin , le kermes , le laftian , l'ecorce de citron feche, dune autre narr le camphre , les bezoards , l'ambre gris, le mufc, on melerales pondres cnfem- bfc 8c on les agitera quelque temps dans un monier de marbre , y ajoutant peu ä peu les huiles de canelle Sc de macis^pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle eft propre contre toutes les maladies oü il y a de la mafigfÄte , on en peut Vertus. donner dans les fievics malignes, dans la pefte , dans la petite veröle, & lorfqu'il D r eft queftion de pouffer les humeurs par la tranfpiration ; la dofe en eft depuis huit grains ju{qu*d demi dragme. La poudre bezoardique fe trouve decrite fort differemment dans les Pharmaco- pees, eile tire fon nom du bezoard qui y entre ; fon ufage etoit plus frequent avant qu'on fe fervit de la poudre de vipere , eile a pourtant des vertus fort recomman- dables, les ingrediens qui y entrent fönt tous eifentiels pour les äffers qu'on en demande.' üottdre pxnnonique. Prenez. du htl d'armenie & de la terre Umniene , de cbacune uneence & demie t des perh s d'Onent & des hyacinthes , des emeraudes, des fapbyres, des rtthis, & du cor ad rouge & bUnc , des racines de tormentille , du doronic, & du diäame blanc, da fantal citrin , de la raclure d'unicorne & d'yvoire, de chacun demi ffnce. De l'ecoicc exterieure de citron feche , & de U femence d'ofeiüe , de tlucune trois dragnies. De la canelle , une dragme. Dugyrofte & du faffran de chacun t demi dragme. Et v'wgt-cinqfcutlies d'or tres-pur. Taites-en une poudre felon faxt. R E M A R O^U E S. On broyera enfemble für le porphyre , les coraux , les perles Sc les pierres prc- tieufes jufqu a ce que le tout foit en poudre impaipable , on pulverilera enfemble les racines , le fantal, les rafures, les ecorces , la femence d'ozeille, les gyrofles Sc le faffran ; on melera enfemble les ingrediens pulverifez, 6c Ton y ajoütera les feuil- les d'or pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle eft eftimee contre la pefte, conrre les fievres malignes & conrrc toutes les autrcs maladies epidemiques , eile pou/Ie les humeurs par tranfpiration ; la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu a deux ferupules Cette poudre a retenu le nom d'Hongrie , ou eile a ete premierement mife en ufage, on s'en fert frequemment en Allemagne Sc aux autres pays feptentrionaux , mais rarement en France. On mele une once & demie de cette poudre dans une livre de fucre cuit en eau de tofe comme le lucre rofat , Sc Ton en fair des tablettes. lebol, la rerre figillee , les perles, les coraux , Tor Sc les pierres pretieufes qui Tablettes enticntdans cette compoiidon, ne fönt pas les ingrediens qui lui donnern plus d'Hor.«iic, % Vu Vertus. Dofe. Poudre c'Hon b iie, A y !tion ^e cam- fhre. Verrus. Dofe. ;j? PHARMACOPE'E de vertu , au contraire comme ccs maneres ne fönt que terreftres, alkalhes & aftringentes, il y a de la raifon a croire qu'elksernpechent plutot l'eLec des autres remedes, en fixant leursparcies volatdes, que de leur aider a clufler ie venin ; je ferois donc d'avis qu'on les retränchät de h defcripcioi, Ceux qain'auront point d'unicornepourrontIm fubftituer los de cceur decerf. Quelques defcriptions ajoiuenr deux dragmes de campLe dans le corps de la poudre j ce qui peut produire un bon efter dans plufieurs occafions, mais le camphre rendant une odeur importune & delagreable , je trouveiois a. propos qu'on atrendi: a en melei dans cliaque dofe de la poudre deux chx trois grains lorfqu'ii en icioit be*- foin. Poudre contte les e'crouel'es, d'Atnxud de Vtllcneuve. Trenez. de Veponge brulee , de la feite de mer rotte , de fos ie feche-, du poivre long & mir , dugingenibre , de l.i enteile , du fei gemme , du Pyrethre , des gatles , de Ia perre d'epmge de chaeun , une onte. Fulvertfez, ces Ingrediens & les melei,, S E M A R Q^V ES. On pulverifera enfemble les noix de galles, le pyrethre, la canelle, Ie gingembrej ies poivres , d'une autrepart on metrra enfemble en poudre les autres Ingrediens , on les melera, & Ton fera ans poudre qu'on gardera au befom. Elle eft propre pour difloudre &: refoudre les tumeurs fcrophuleufes , lesecrouel- les, le goeftre j la dofe en eft depuis fix grains julqu'a un ferupule. Cette poudre eft compofee de remedes rarefiants & deOechants , le pyrethre , les poivres , le gingembre, la canelle , le (el gemme , la rendenr fort acre & penetrante , & les autres drogues fönt des matteres aikalines qui abforbent les humidirez aeides qui fe rencontrent dans les tumeurs fcrophuleufes. Poudre de falfran , de Meßte. Trenez* de la racine de meu-athamantique, de rapontk, de fpica-indiea , de chaeunßx dragmes. Du meilleur faffran, de l'ttfarum, dee femences deperjtl , de d.mcus de Crete , d'anis ejr d'aehe , de chaeun demi once. Du fcordium ,de la fcolopendre y du fuc de regüjfe , de chaeun deux dragmes & demie* Du coftus , de la cajfe odorante , du Jone odorant, du carpobalfame , de la mjrrhe, de U garenee t des fucs d'abßnthe& d'eupatoire & de iIhuile de noix mufeade , de chaeun deux dragmes. Du caUmus odorant & de la canelle, de chaeun une dragme & denüe. De la gomme adraganth , une dragme. Taites-en une poudre felon l r aru R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble les racines, le fuc de reglifTe , le {picanard, les femences , les feuilles, les fleurs, le carpobalfamum ou a fon defaut les cubebes, la gomme adraganth, le cailia lignea, la canelle, le calamus aromaticus, d'une autre part on mettra en poudre le faffran , apres l'avoir fait fecher tres-doucement entre deux papiers, d'une autre part la rairrhe dans un monier oint de quelques gouttes d'hui- UNIVERSELLE. 33 9 le d'aman^e j oft tiffira des fucs d \ bfinthe & d'aigremoine par expreßion a la ma- niere ordinairc , on les depurera en les faifant boudlir im bouillort , & les paffänt •plufieurs fois par un blanchec, puis on les fera epaifllr an feu dt fable , jufqu'a- ce qu'ils foienr diu s, Sc qu'ils puiflent hne caffez comme le fuc de i'eglifle , on les ecrafera dans un morrier Sc on les pulverifera les meianc avec un peu de h poudre >• on y ajoiitera l'huile de mufcade Sc le rede de la compofition pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Ehe eft propre contre les maladies epidemiques t pour refifter ala malignite des Vertus. Jiumeurs, pour exciter la tranfpirarion, pour provoquer les mois aux femmes, pour Dofc, «ccirer les urines ■, la dofe en eft depuis demi lerupule jufqu'a deux fcrupules. Les fucs, 11 epaiflis qu'ils foienr, ne fönt gueresen erat d erre pulvenfez, ni mc- Jcz dans une poudre - , de plus, en les faifant epaiflir ou evaporer , on nepeutpas empecher que le feu n'enlevc Sc ne didipe leur parcie eflentielle , je ferois donc d'avis qua la place des fucs, on employat dans la poudre, les feuillcs d'abfmthe Sc d'aigremoine feches , mais il y a bien de l'appärence que l'Auteur n'a point pre- tendu qu'on garderoit cette compofition en poudre, il a fansdoute voulu lareduire en eleduaireenlamelantdans une quantite luflifante de mielecume , Sc alors les fucs y pourronr entrer fans avoir et« epaiflis. La dofe de la poudre qu'on doit reduire en electuaire eft une once Sc demie für Fleftuairc chaque livre de miel ecume. diacurcu- Le nom de curcuma eft donne a beaucoup d'ingrediens qui teignent en jaune , lais ici par diacurcuma Ton entend une compofition de fafrra«. »u. mais: Peudfe contre la tage. Prenez. des feuilles de rbue , de verveine , de fxuge , de plant am t de polypede, d'ah- Jintbe vnlgaire , de menthe ,d'arnu)ife , de meliffe , de betotne , de mülepertuis & de peilte centturee, de cbacunes parties egales. On choijtra ces plantes dans le tems quelles out plus de forte , c'efi-a-dire* vers U pleine Limedejuin,fattes-les fecher au foletl , & quand ces femlles [crem feches vous lesgardercz,pour l'uftge, a condbion neantno'ttis de les renaav eller toutes les annees t & quand vous vtudret* vms enfervtr r vous reduirct. enpeudre tref-ßne le mime peidf de cbacunes. R I U A R Qjü E S. On ciieillera rontes les plantes qui entrent dans cette compofition , quand elles fönt dans leur plus grande vigueur, ce qui arrive dans ia pleine Lune de juin , on lesdivifefa par petitspaquets, on les enveloppera de papicr brouiJlard , Sc on les, expofera au So feil ardentpour les faire Zecher Je 1 pfusprompteiment q,u'ifiepourra , on gardera ces herbes feches dans une boette , les renouvellanr toutes les annees avec les memes circonftanGds, Sc a. mefurc qti'ori voudra s'en fervir , on les pulverifera fubtilement en parties egales. Cette poudre eft propre pour prevenir les aeeidens de la rage quand ön a itc roosdu d'un animal enrage , il en faat ufer pendant quinze pars confecutifs le 'mi- tin a jeun •, la dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a trois dragmes , dans du vittf blanc, on peut s'en fervir encore pour fortifier le cerveau. L'Auteur de cette poudre eil M. d'ePirou, mais M. Palmarius Medecin de Paris Yttij Vertus, Dofe. Venus. Dole. 34© PHARMACOPE* E en a donne la deicription dans un livre qu'il a fair imprimer , Sc qui a pour titre ,, de la morfure du Chien enrage. La circonftance de cucillir les plantes vers la pleine Lunc de Juin a ece recom- mandee par i'Aureur, parce qu'il a cru qu'elles recevoient dans ce tcmps-ü quel- qu'influence falutaire, maisj'eltime qu'il importe peu que ces plantes foier.t cueil- lies dans la pleine Lune ou en decours , au mois de Juin ou en un autre mois pour- vü qu'on obferve de ne les cueillir, quc quand elles fönt en leur plus gründe vi- gueur. Si l'on ajoutoit ä cette compofition un tiers depoudre de vipere, eile auroit en- eoreplus de vertu. Poudre contte U peße > de Bauderon* Trenez, du bol (Carmenie prepareavec l'eau de fcabteufe , uneonce , De la terre Jigülee, den» once , Des meines de ttrmentille & d'angelique, de chaeunes deux dragmes , Des ecorces de citron & de [es femences mondees , de Celles d'ofetile , de pourpier , dt chardon kernt, des raemes de diclame , de chaeunes denn dragme, Des raemes d'aunee , de buglafe , de borrache \ de z.edeaire } d'eeillets , de la raclurc d'yvotre , l'os de cotur de cerf ,ou de bamf y de la canelle t de la mix mufeade , des feuilles de meltjfe jeebes , des pierres d'emeraudes , d'byacinthes , de grenats, dr fapbyrs, de cor ad rouge , des per les bten hufantes , & des rofes rouges , de cha.- eunes une dragme > Du mttje, un demi ferupule* Faites-en une poudre felon fart. REMARQUES. On pulverifera enfemble les racines , les ecorces, les feuilles , la mufeade , les- femences, les ralures, l'os de cceur de cerf, Sc les rofes : on broyera enfemble für leporphyre, les perles, lecorail , Sc les pierres precieufes , jufqu'ä ce qu'elles foienr en poudre impaipable , d'une autre part on pulverifera la terre figillee , le bol prepare & le mufc , on melera rous les Ingrediens pulverifez , Sc l'on en fera une poudre qu'on gardera au befoin. Elle eft alexvtaire , propre contrela pefter, les fievres malignes & les aurresnia- ladies contagieuies > la dofe en eft depius demi ferupule jufqu'a deux ftrupules. Cette compofition a beaueoup de rapport avec la poudre d'hongrie. Le bol, la terre figillee , les fragmens pretieux, le corail, les perles etant natu- rellement privees de parties volatilcs. je les crois du tout inutilcs dans cette poudre qui n'agit que par fes parties fpiritueufes , ainii je ferois d'avis qu'on les re~ tranchät de la compofition. Poudre grife de C^far i eontre Ix peße, Trenez, des rachtes de pimpernelle , de gentiane , de tormentille , de ferpentairt y- des gratns de genievre , des feuilles de rbiie & d'abßntbe , de chaeun une once x JM cafiwenm , une demi once. Imtes-en une poudre felon l'aru UNIVERSELLE. J4 , R E M A R Q^V E S. On pnlverifera toutes les drogues enfemble , & l'on gardera Ja poudre pour le befoin. tue e/t propre contre la pelle & pour s'en preferver i h dofe en eft depuis demi fcriipule/ulqu a deux ferupuies. On a/oüte dans cette poudre des noix mondees & pilees en päte dans un monier de marke , dela theriaque &c du vmaigre rofar de chaeun une once , on malaxe le tour enfemble , & l'on en forme une maße de pilules dont on fak prendre a la do-e depuis un lerupule jufqu'a une dragme. Autre poudre de C&far y contre U pefle» ?rencz. da hl d'armeme& du foulfre vif, de chaeun demi once. Des racines de -Ledoaire & de gmgembre , de chaeunes, trois dragmes. Des racines de genttane , de ptmpernelle & de tormenülle, du dtclame de Crete y de la. corne de cerf , de chaeun deux dragmes» Du camphre, quatre ferupuies. De la myrrhe choijte & du faffran , de chaeun une dragme r De l'osdu coeiir de cerf\ deux ferupuies. Faites de tout eela une poudre feien Vmu R E M A R QJÜ E S. On pnlverifera enfemble les racines , le dietam , la corne de cerf, l'os de cceur de cei f , les arrofant d'un peu d'eau de vie •, d'une autre part le faftran apres l'avoir fair fecher entre deux papiers par une lente chaieur; d'une aurre part on mettra en poudre enfemble le bot, le foulfre vif & le camphre , d une autre part la myrrhe , on melera les ingrediens pulverifez , & l'on en fera une poudre qu'on gardera au befoin. Elle refifte au mauvais air, eile chaffc le venin , on s'en fert contre la pcfl:e , la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a deux ferupuies. On corporifie cette poudre avec de la theriaque , du mithridat de ehneun fix dragmes & un peu d'eau de vie, pour en faire une mafTe de pilules. Le bolme paroit bien inutile dans cette compofition , c'eft une terre bitumineufe privee des prineipes afti£s qui fönt necefTaires dans un remede alexitaire. Poudre de l'Empereur Ferdinand, contre U petfe. ' Trenez. du bol d'armeme prepat'e , une demi once. De la raclure de corne de cerf, da femences de citrons , d'eranges & de limons , de chaeunes trois dragmes. JUS ftmemes de coriandre & de mitteptrtuis, de chaeunes une demi dragme. Du diäame blanc & de la canelle , de ebaeun deux dragmes. Des gjroßes, des rofes rouges , de U raclure d'yvrotre $ de ebaeun, une dragme & demie. Du bois d'aloes , de la mix mufettde , des feuilles feehes de mar plante , des bayes de gentevre , del'ts de cceur de cerf, des racines de tormtnnlle , de feabteufe & de buglofe , des trois fantaux , de chaeun une demi dragme , Des ftpbirs , des Irjacinthes , des emeraudes > des rubts & des grtnats , de chaeun un [trupuk. Taites de tout cela une poudre felon l'art. fviij. Vertu* Dofe. MafTe de pilules cortre la pefle. Dofe. Venus, Dofe. PiluleiCon«, tre la peßs. "Venus. Pole. 340- l'HARMACOPE'E B E M A R Q^V E S. On pulverifera enfemble les femences, les racines, la canelle , les syrofles les rofes , la corne de cerf, le bois d'aloes, la mufcade, la marjolaine , le genievre , l'os de cceur de cerf, les fantaux ; d'une autre part on reduira en poudre für le porphyre les pierrcs precieufes, on melera les Ingrediens pulverifez avec le bol prepare , Sc l'on fera une poudre qu'on gardera an befoin. Elle eft non feulemenc propre contre lapefte, mais contre toutes les autres maladies aufquelles ll y a de la maltgnite ; eile provoque la fueur, eile chafle les humeurs pac la tranfpiration ; la dofe en eil depuis demi (crupule jufqu a deux fcrupules. Cette defcription eft farcie de plufieurs drogues inutiles, comme les pierres precieufes , le bol, ces matieres rerreftres etant privees naturcllement de prmcipes a&ifs, ne peuvent aider a chalTer le venin t la graine de limon eft bien peu diffe- rente de celle de citron ; on peut en rerrancher une & mettre le double de 1'autre ; pour la fcmence d'orange, eile a peu de vertu , je voudrois mertre en fa place de l'ecorce jaune exterieure feche de l'orange amere , c'eft la partie de l'orange qui a le f»lus de qualite: les racines debuglofe & de fcabieufe feches fönt de petite de vertu , a rafure d'yvoire n'eft pas fort necefläire la. oü il y a de la corne de cerf, ce fönt des matieres d'une meine vertu , mais la corne de cerf contient plus de Cd que l'y voire , comme je Tai remarque dans mon Livre de Chymie, & par confequent eile a plus de qualite ; voici donc comme je voudrois abreger & reformer cette compofition. Poudre contre Ia pefle , reformte. Prencz. de la raclure de corne de cerf & de la femence de citron, de cbacune jTx drag. De l'ecorce exterieure d'oranges ameres , trois dragnies , De la ractne de diäame blanc & de la tanelle , de cbacun deux dragmes , Du geroßc , des rofes rouges , du bois d'aloes , du macis , des feuilles de marjolaine feches , des bayes de genievre, de l'os de-cceur de cerf, de la racine de torment'tllle & du fantal citrin , de cbacun une dragme &demie , Des femences de corundre & de millepertuis t de chacunes demi dragme. Takes-en une poudre felon l'art. Poudre de Mumie , de Mynfitht. Trenez. de la Mumie & du magiflere de perre de percbes } de cbacun deux dragmes > Du fang de baue prepare , dugerofle > du, fperme de baieine, de cbacun une dragme & denue , Des racines de garence , de cbelidoine , de tormentille, de chacunes une dragme, pu fuccin blanc prepare , du fei de cor all rouge, du hl rouge d'onent, de chaeun demi dragme. Meiere ces drogues, & faites-en une poudre felon l'art. R E M A E QJU E S. On pulverifera enfemble les racines & les gyrofles , d'une autre part on mettra en poudre enfemble la Mumie , le fang de bouc prepare & la curare de baieine , d'une autre part le bol Sc le fei de corail , on melera ces ingrediens pulverifez avec le magiftere de pierre de perches & le fuccin prepare, pour faire une poudre qu'on gardera autafoin. UNIVERSELLE. 545 Elle e(t bonne pour ceux qui fönt tombez ou qui ont ete bleffez violcmment, el- Vennfc 1c diflbut le fm% catlle , eile fortifie les parries, eile agluune les playes intcnses ; la Dole, dofe en cd depuis an fcrupule jufqa'a une dragme. Pour faire le magiftere de pierres de perches , il faut les calciner, puis les ayant Magiftere reduitcsen poudre mbtüe » pro jeder comme ä i Operation du magiftere de coraü , de pierres donron rrouvera la defcripnon dans mon Traite de Chymie : raais par la calci- de P erciies narion öc par la redu&ion de cccte pierre en magiftere , on fait diiliper toutes ces parries volayles, dans lefquelles confiltoit fa pnncipale vertu , & il ne refte qu'u- ne mauere privee de cous principe« actifs, laquelie on pourrok appeller a jufte rirre tete morre , ainfi j'eftime qu'ü feroit beancoup meilleur d'employer dans cetre compolirion les pierres de perches iimplement pulverifees , que de les reduire en rnagiftere. Poudre de femences. Prenez. des racines de chardon-roland , de petit Ikux , cfarrete-bxuf, de fauchet, de garence , de chaeunes deux dragmes t De la regitfie 3 du cbanudris & de Ugomme adragantb, de ebaeun quatre fcrupules , De U pierre de Judee , de l'epongepre'paree , de ebaeun une dragme & demie , Des yeux d'ecrevißes preparex., des femences d'aebe , d'afperges , d'ammi 5 de bar- dane , de carvi t de citron y de daueus , de fenoutl, de gremil, de bajilic, de perjil de Macedoine , de pimpernelle , des quatre grandes femences froides, de faxt frage > de fefeli , A'ortie , des bayes de genievre & des frutts d'alkefange , de ebaenn um dragme. Taites-en une poudre felon Faru R IMilR £_U I S. On pulverifera enfemble les femences, les bayes, lesfruits, les racines , le cha- medrys, d'une autre part la gomme adraganrh. , dans un mortier qu'on aura fait chauffer, On broyera tur leporphyre la pierre judaiquejufqua.ee quelle foit reduire en poudre impalpable; onmelera les ingrediens puivenfez avec les yeux d'ecrevifle & leponge preparez pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle eil fort diuretique 8c propre pour le fcorbut, pour le goeftre, poiir la goutte , pour la colique nephtcuque t pour la pierre; la dofe en eil depuis un fcrupule jufqu'a. une dragme» Cecte poudre eft appellee diafpermaton, a caufe de lagrande quantite des femen- ;s qui y entrent, car ce nom liCTnifie compontion de femences. ces qui y apofvt Poudre de rofes nottvelles , de Nie. Alex. Trenez. des rofes rouges, de ta regliße &dufucre , de chaeun tteufdragmes , deux ferupules & demi ( Bf U canelle , deux dragmes, deux ferupules & deux grains , D« gerofie , du fpicanard , du petit galanga , duglngembre , de la uedoaire , de La Kix mufeade , du florax cdxmtthe , du cardamome ,& dt la femence (Cache , ds ihtcun un fcrupule &huit grains. Taitet-en une poudre felon l'art, Venus, Dgi&. :44 \ r ertus. Doie. Vertu». Düic. PHARMACOPE'E R E AI A R OJJ E S. On pulverifera enfcmble les rofes , la reglitTe, la canelle , ie fpicanard , !c gakn- ga , le gmgembre , le zedoaria , la mufcade, le cardamome 8c la (emence d'ache , d'une autre part le (torax , &: d'une aurre part le fucre; on melera les ingrediens pul- verifez, pour en faire une poudre qu'on gardera au betoin. Elle fornfie l'eftomach , le ccem Sc le cei'veau, eile arrete le vomiiTement Sc eile diillpe les vents; la dofe en eil depuis demi ferupule jufqu'a une dragme. Cetre poudre eft dire nouvelle par fon Aureur, pour la differenrier d'avec une aurre du raeme nom qu'il avoir decrite auparavanc , ou il faifoic enrrer le foulfre vif. Le fucre eft inutile dans certc compofition , & il peut rendre la poudre humide parce qu'il s'humedte aifement, on pourroit Ten retrancher. Il femble qu'on ait tremble en dofant les ingrediens de cetre poudre , car pour- quoi mettre des rofes, dela reglitfe & du lucre candi de chaeun neuf dragmes deux lerupules Sc demi > Quelle conlequence y auroit-il eu d'ajoiiter demi ferupule de chaeune de ces drogues, & d'en mettre de chaeune dix dragmes > Ne pouvoit-on pas s'enhardir affez pour marquer trois dragmes de canelle , au licu de deux dragmes deux ferupules &c deux grains > Cette ecorce n'eft pas un remede dangereux pour en epargner quelques grains für une quantire confiderablede poudre;pouiquoi ne mettre pas demi dragme de chaeune des autres drogues plutot qu'un ferupule & huit grains ? Eft-ce que quarre grains qu'on auroit ajoütes , auroienr pü apporter quelque prejudice a la poudre ? Il n'y a pas de raifon a le croire, Sc d'autant plus qu'en augmentant le poids des premieres drogues, comme je Tai marque , l'on auroit proporrionne celui des fuivantes : mais il y apparence que l'Auteur avoie employe dans fa delcription d'autres poids qui ont ete changez depuis en nos dragmes, nos ferupules, nos grains , Öc compenfez a proporrion de ce qu'ils pefoient. Poudre de rofes aromatiqtte , de Gzbricl. Prenez. des rofes rouges mondees, qum-Le dragmes , De U regliffe , fept dragmes , De la canelle , etnq dragmes , Du bois d'aloes & du fantal citrin, de chaeun trois dragmes, Des gommes arabique & adraganth, du ge'rofle , du macis , de chaeun deux dragmes & demie , Du fpicanar l, de la noix mufcade , du petit CArdamome & du petlt galanga, de chaeun une dragme & demie. % M elex. le tout, & en fait es une poudre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les gommes dans un monier chauffe Sc routes les autres drogues auili , on melera les ingrediens pul verifez , Sc l'on en fera une poudre qu'on gardera au befoin. Eile a les memes verrus que la precedentc , & l'on s'en fere aux memes ufages: la dofe en eft depuis demi lcrupule julqu'a deux ferupules. Les gommes arabique Sc adraganth ne peuvent faire dans cetee poudre que di- minuer la bonne odeur Sc la vertu des aromats par leurs parries glutineufes , air.fi elles y fönt plfuot nuifibles qu'utiles. Quelques-uns ajoürent dans le corps de cettc poudre de 1'ambre oris deux ferupules , 6c du mufc un ferupule; mais alors eile ne peut plus fervir aux per- fonnss UNIVERSELLE. J4J fonnes fujetres aux vapeurs , parce que ces aromats les excitent. Cette poudre meparoitmieuxdofee dans fes Ingrediens que lautre, & eile fe conferveinieuxaufli, parce qu'il n'y entre rien qui recoiVc facilernent l'humidice. Poitdre diarhodon de VAbbe\re formte. Pretiex. des rofes rouges feparees de leurs onglets,une once & demie, Bit [untd citrin & rouge , de chacun , trois dragmes , Dubots d'aloes , de la canelle , du rbapontic , du tiard-tndique , De la raclure d'yvoire , de tos de coeur de cerf Du Jaffran t du maßte, du petit cartUmome, des gommes adraganib & arabique ," Du Juc de reglijfe t des femencesd'anis, duftnoml , du b/tßtic , De melons , de concornkes mond -es } & des perle s prepare'es, de chacun , tmedragme t De l'ambre gris , huit grains } Da mujc _ quatre grains, f altes -en une poudre felon Part. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les rofes , les fantaux, le bois d'aloes , la canelle, Ie rha- pontic , le fpica-nard , l'yvoire , i'os de cceur de cerf, le cardamome, le fuc de re- gliffe & lesfemences , d'une autre part on mertra en poudre le faffran apres l'avcir fair fecher tres-doucement enrre deux papiers ; d'une autre part le maftich dans un " morrier humeetc de quelques gouttes d'eau; d'une autre part, les gommes arabique & adraganrh dans un mörtier chauffe •, d'une autre part le mufc & l'ambre gris avec les perles preparees, on melera exa&ement les Ingrediens pulverifez , pour en faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle eft employee pour fortifier le cceur, l'eftomach , & le foye , eile aide a la Vertu*, digellron , eile empeche le vomifTement 5 la dole en eft depuis demi ferupule juf- D 0 le. qua deux ferupules. Cette poudre prend fon nom des rofes qui en fönt la bafe, car-diarhodon fignifie compoiition de rotes, ellea ete inventeepar un Abbe, fadekription aetereformee dans la Pharmacopee Royale, comme je Tai rapportee ici, l'on en a retranche le fucre qui y feroit inutile & qui humeclreroit la poudre •, on a mis l'yvoire rape a la place du fpodium qui eft un yvoire calcine,& l'on a eu beaueoup de raifon de faire ce changement, parce qu'en calcinant le fpodium, on laifle difliper tout le fei vola-, til de l'y voire en qui confifte fa principale vertu: on a retranche Vaiarum, le cam- phre , ies femences d'endive , de pavot, de berberis, de pourpier , de courge & de citrouille; il me femble qu'on anroirpuörer encore celle de melon & de concom- bre, &c les gommes arabique & adraganthöui fbnrplacees dans un remede fpiri- tueux, & donr la vertuconlifte dans des parties volariles; ie fuc de reglifle quand il eft fait fidellement n'eft guere en etat d'etre pulverife , ll vaudroit mreux lui fub- ftituer la reglifle feche. II eft bon de feparer une partie de cette poudre, avant que d'y meler du mufc & de l'ambre , en faveur des malades qui fönt fujets aux vapeurs. Les perles nie paroiflent encore aflez inutiles dans cette compofition, parce qu'el- les n'ont qu'une qualite alkaline delaquelle on napasbefoin •, je voudroisdoncre- /brmsrlapou4te diarhodon en la moniere fuivanre. ? Xx Vcrtus. Dofc. 9«, 3&> 3 4 d'une au- rre parc on mettra en poudre le mufc Sc l'ambre avec les coraux preparez : on me- lera les ingrediens pulverifez: on y ajoutera les feuilles d'or, Sc Ton fera une poudre qu'on gardera dans un vafe de verre bien bouche. Elle eft employee pour fortifier les parties nobles, pour donner de la vigueur , pour facilirer la refpiration, pour refifter ä la malignite des humeurs; la dofe en eft depuis demi ferupuie jufqu a deux Icrupules. Le nom de cette poudre vienr des perles qui en fönt la bafe, car diamargaritum fignifie compofition de perles, eile eft dite froide pour la differentier d'avec lautre poudre deperlcs qui eft compofee d'ingrediens plus acres Sc plus chaudsmeanmoins h Ton confidere cette delcription , on y trouvera des atomares qui fönt plus capa- bles d'exciter du mouvement dans les efprits & par confequent de la chaleur , que du rafraichiffement, il eft vrai que les femences de melon, d'endive, d'ofeille, les fleurs de nenuphar Sc de violettes qui fönt rafraichiffantes peuvent en quelquefacon moderer le mouvement des parties fubtiles des fantaux, du bois d'aloes, du mufc , de l'ambre, mais ils n'empecheront pas que la poudre n'excite toüjours une chaleur moderee dans le corps, ainli l'on auroit autant de raifon de furnommer cette poudre chaude que froide, & d'autant plus que la vertu principale qu'on en retire vient de la fubtilite de fes parties qui fe melant dans le fang Sc dans les autres humeurs, les purifient, les exakent Sc les mettent en etat de fortifier l'habitude du corps en fe re- pandant de tous cotez, La poudre diamargaritum frigidum eftdecrite diverfement dans les Pharmaco- pees ; je rapporte la defeription que j'ai trouvee la plus raifonnable & la moins em- baraiTee, il y enttepourtant quelques ingrediens qui me paroiifent inutiles,8c qu'on pourroit retrancher, comnie la femencede melon •, eile engraifle trop la poudre ; le corail eft un alkali fuperflu, puifqu'il y a dans la compofition des perles en aflez bon- ne quantite, lefquelles fönt de la meme nature •, les feuilles d'or ne fervent que d'ornement «i la poudre , carlbr n'a aueune vertu pour fortifier le cceur. J'eftime meme que les perles quoiqu'elles donnent le nom a la compofition, y fönt d'une petite utilite , car etant une matiere purement alkaline Sc privee de prin- cipes actifs, elles n'ont pas grande vertu pour fortifier le cceur , ni pour refifter a la malignite des humeurs. Poudre dUmargayitum exlidum , d''Avhenne. trenn, de la canelle , dix dragmes , ■E« gmgemlre & du maßte, de ebaeun , demi once , Xx i; Vertu*. Dofe. 34» PHARMACOPFE Du poivre lang & mir, de U racine de beben blanc & rotige, de chacun , tro'is Ar Agnus. De la mix mufcade, du macis , du cardamome , de la garence , du x.edg*ire, du chronic t & de la femence d'ache , de cbacun , deux dragnes, Du pyrethre , des perles preparees, de cbacun ■> une dragme. Mettcz. le toutpour une poudre felon Part. Vertus. Dofe. Vertus. Dofe. R E M A R Q^U E S. On pulvcrifera toutes les drogues enfemble Sc l'on y melera les perles preparees , pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle eft.hyfterique & propre pourfortifier La matricc •, eile excite les mois aux femmes 8c la femence, eile aide a la digeftion : la dofe en eft depuis demi feru- pule jufqua deux ferupules. Certe poudre eft mal appellee diamargaritnm, puifque ce nefont pas les perles qui y dominent; vertu alkaline nt ; eile n'en eil pourtant pas moins bonne, car les perles n'ont qu'une , de laquelle on n'a pas befoin pour les maladies oü Ton l'employe. Votiere des tfols ßtntaux. Prenex. du fantat citrin , blatte & rouge , des rofes rouges feparees de leurs anglets , & des femences de violettes, de cbacun , demi once , De Celles d'endive , de pourpur , & de melons mondees, des gommes adragantb & arabiqne , de chacmies , une dragme , Du rbapontk, de la rapure d'poire } & du fuc de regüße , de chacun , deux dragmes, laites-en une poudre felon l'art. R E M A R Q^U E S.Ott rapera les fantaux 8c on les battra long-tems dans im mortier de bronze avec la raclure d'y voire 6c les femences, puis on y melera les rofes, le rhapontic, & le fuc de regliffe. On pulverifera le tout enfemble exa&ement: d une autre part on mettra en poudre fubnle les gommes dans un mortier chaud, on melera les ingre- diens pulverifez pour en faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle eft eftimee propre pour fortifier le «cur, le foye & l'eftomach , pour lever lesobftru&ions de la ratte , & pour reparer les forces apres les grandes maladies ; la dofe en eft depuis demi ferupule juiqu'a deux ferupules , on s en fert auffi dans les epithemes. On trouve les deferiptions de la poudre des trois fantaux un peu difrerentes dans les Diipenfaires, j'ai rapporte celle-ci comme la plus raifonnable , je Tai tiree de la Pharmacopee Royale,mais j'eftime que la meilleure poudre diatrion fantalon qu'on pourroitpreparerferoit celle qu'on feroit avec les trois fantaux feuls , car les Ingrediens dont on les aecompagne me paroiflent les uns inutiles , 1 es autres nui- fibles^par exemple la femence de violette etant purgative n'eft guere convenable dans une compofition cordiale, les autres femences & les gommes arabique & adra- d- canth qui fönt mucilagineufes aglutinent trop les parries volatiles des fantaux & empechent par eonfequent leur. a&ion, le fuc de reglilTe qui fera fideüement fair ne UNIVERSELLE. 34$> fe pourra que di/Kcilement meler dans une poudre , & quand il y fera melc* il l'hu- medtera&Jarendra en pafte, il eft vrai que le fuc de regliffe vulgaire qu'on vend chez les Drogiiiftes en petirs pains peut ecre reduit en poudre (ans beaucoup de peine, mais il eft rempli de gornmes , je trouverois plus a propos d'employer la rediUe feche. Poudre de gare nee. Trenet, de la racine de garence majeure , une demi once, De Celles d'aunee &de rhubarbe, de chaeune , trois dragmes, Du/äffran , de Ugomme lacque preparee , Dujpica-nard, de l'afarum, dujonc odorant, du /cordiu?n,du ceterac, Des ßcs epaißisde regliffe , d'abjintbe & d'aigremoine , Des femetices de perfil de Macedoine , de daueus , d'aehe & 'd'anis, De la myrrbe, du bdellium, & du coftus, de chactm, deux dragmes t De la canelle , une dragme. I 'altes de tout cela une poudre /elm l'art, R E M A R Q^U E S. On puiveriiera enfemble les racines, la canelle , le fpicanard, les femences, les herbes & le fchaecanrhe , dune autre part le farfran apres l'avoir fait fecher enrre deuxpapiers par une iente chaleur, d'une autre part les gommes. On tirera les fucs par expreflion en la maniere ordinaire , on les metcra dans une terrine de grez & par un petit feu , on les fera epaiflir, puis on les melera avec les Ingrediens pul- veri{ezpour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle eft bonne contre La pefte, contre les tievres malignes , pour faire {ortir la perite veröle , pour exciter les mois aux femmes, pour foftifier l'eftomach & le foye , pour faire fuer ; la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'ä deux ferupules. Les fucs des plantes quelques bien epaillis qu'ils foient ne fönt point de con- fiftence aflez dure ni aflez feche pour etre pulverifez , ä moins qu'on ne les ait ce- duits en charbon a force de les faire fecher , mais alors ils fentiront le bnile , & ils auront perdu leur principale vertu, j'aimerois beaucoup mieux mettre en leur de Rubia. place, les plantes memes d'ou on les tire , apres les avoir fait fecher ; mais il y a bien de fapparence que l'Auteur a decrit cette poudre ä deflein qu'on la melan- geaft dans quarre fois autant de miel ou de fucre cuit pour en faire un elecLuaire , alors il ne fera point befoin de mettre les fucs en poudre , on les diffoudra dans la compoiirion; au refte la poudre ou l'ele&uaire de rubia fönt tres-peu en ufage. Poudre de Ucque , de Mefue. Trenez. de Ugomme lacque preparee > de la rhubarbe, du Joneodorant , de ebaeun , trois dragmes , Desracines d'arißoiocbe runde 5 d'a/arum , de coßus , de gentiane y De garence , du Jpica-nard, de la caffe odorante , De U canelle , du /affran , desfeuilles de fabine & d'byffope , De: fucs epaijfis d'abßntbe & d'eupatoire, des amandes ameres, Des femences d'ammi, d'aehe , d'anis, & de fenouil, Du bdellmm, du maße, de U myrrbe, de chaeun, um dragme & demie , Xx ii; Vertus. Dofe. Eleftunire J{Q PHARMACOPE* E Du poivre_ mir & du gingembre , de chacun , une dragme. Faites-en une poudre felon l'art. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble les meines, les femences,les feuilles,les ecorces, le fpi- canard, le faffran & le fchxnanthe , dune autre part toutes les gommes enfemble , on tirera les fucs d'abfynthe & d'aigremoine en la maniere ordinaire , puis on les fera epaiffirfur un feu lent: onpilera bien les amandes dans un mortier de marbre, on y melera les fucs epaiffis, puis les drogues pulverifees pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Vertus. Elle eft propre pour fortifier l'eftomach & le foye , pour lever les obfuruftions , D r- pour exciter les mois aux femmes , pour faire uriner } la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'a deux ferupules. Cette poudre a bien du rapport avec celle de rubia, on pourroir fubftituer l'une a la place de l'autre , mais on ne fe ferc guere de ces compofirions en Medecine. L'Auteur a eu defTein de faire merrre cecte poudre en electuaire la melant avec quatrefoisautant de miel ecume , c'eft pourquoi il y mele des fucs epaiffis. Si l'on veut garder cette compo/ition en poudre, il faut en rerrancher les fucs qut ne fönt point de confiftence a erre pulverifez, on peut fubftituer en leur place leurs plantes lechees. Poudr: tTolibxn, de Mynßcht. Freuet, des raclnes de pivoine & d'iris de Florence t de ebaeunes , trois dragmes t Du bon oliban t de l'ongle d'eland , du magißere du crane humain , Du faffran oriental, du guy de cbejne , de chacun J une dragme , Du fucre penidie, deuxonces. Faites-en une poudre tres-fubtile. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble les racines,l'ongle d'eland rape & le guy de chefne,d'uiie autre part le faffran, dune autre part l'oliban, d'une aurre part les penides, on melera ces drogues pulverifees avecle magiftere de crane humain, & l'on fera du rour une poudre qu'on gardera au befoin. Venus. E ^ e e .ft P ro p re P our l'epilepfie, pour l'apoplexie , pour le catharre fuffocatif, D 0 j- Cj eile fortifie le cerveau •, la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'a demi dragme. Il nie paroit que cette poudre ne contient pas atfez d'oliban pour en porter le nom , je ferois d'avis de l'augmenter au moins d'une fois autant. Magiftere P°ur faire le magiftere de crane humain, on calcine le crane , on le pulverife de (haeun, deux dragmes. faites de tout cela une poudre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera toutes les drogues enfemble, & l'on gardera la poudre pour s'en fervir au befoin. Elle eft diuretique Sc propre a attenuer la pierre dans les reins & dans la veffie , y-„ rras on s'en fert auili pour l'ifchune 8c pour ladmuue •, la dofe en eft depuis demi feru- q r pule jufqu'a une dragme. Le nom de cette poudre marque qn'elle a ete le remede d'une Reine. On ne fcait pas au jufte ce qu'on doit enreidre ici par Cureuma qui eft un mot arabe figiüiiant route drogue qui peut teindre en jaune, les uns veulenc que ce foit la racine de la grande chendoine, les aurresla garence ou rubia tinclorum ; les autres la racine pernfiee appellee terra menta , daurait plus q re ce nom eft particu- lieiement attache a cette racine , mais comme la perfonne qui a invente cecte poudre enavoulu faire un remede aperitif, il eft plus probable qu'on ait entendu par curcuma , la racine de rubia qo'uneautrc drogue. Ohrounoit anementer la vertu apentive de certe poudreenymelant für cha- que pule quand on eft preft de la piendre, douze a quinze grains de lel de perfiL Vertus. Dofe. Vertus. Dofc j5i PHARMACOPE' E Poudre ne, brittque. Tretet, des yeux d'e'creviffcs de nviere , des os pierreux des perehes & des merUns j des chportes feche'es ) du fang de bouc prepare, & de U femence degremll , de chaeun une once. Eaites-enune poudre. R E M A R QJJ E S. On broyera enfemble für le porphyre, les os pierreux des perclies & des mer- lans,& les yeux d'ecreviflejjufqu'a ce qu'ils foienr reduits en poudre impalpable,on battra Jes aurres drogues enfemble dans un mortier de bronze,&: apres les avoir pal- fez par un tamis fin,on melera le tout pour faire une poudre qu'on gardera au beloin. Elle eil fort aperitive, propre pour la pierre, pour la gravelle , pour la colique ne- phretique , pour exciterles urines; la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu a. une dragme. Cette poudre eft tiree de la Pharmacopee Royale, eile eft compofee d'ingtediens' fort bien choifis 8c eftentiels. Poudre ne'phr';tiq:ie , de Mynßcht. Vrenet. une once de creme de tartre , Des magifteres de pierres de perehes , & d'yeux d'ecreviffes , de chaeun, demi once , Du fei de fuccin blaue, une dragme , de l'hude d'ams , un ferupule , Du fucre candi blanc , qtiatre onces. Melez. le tout & en faites une poudre trh-fubüle. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le fucre candi Sc le cryftal de tartre j on les melera avec les magifteres , le fei Sc l'huile, on fera une poudre qu'on gardera dans un vafe de verre bien bouche. Elle eft propre pour attenuer & brifer la pierre des reins 8c de k veftie, pour faire couler les phlegmes Sc le fable par les urines, pour les ulceres de la veftie i la dofe en eft depuis un ferupule jufqu a une dragme. Les magifteres des pierres d'ectevißb 8c de perche fe fönt comme celui du coraii dontonpeut voirla de/cripriondans mon Traite de Cbymie 3 mais il vaudroit beau- coup mieux employer ces pierres en fubftance comme elles iortent des poiflbns, que d'en faire des magifteres, comme j'ai dit ailleurs. On trouvera auffi. dans mon Livre de Chymie la maniere de tirer le fei du fuccin» Poudre litontrtptic^ue , de Nie. Alex. Vrenet, du nard-indique , du gingembre , du xikbalfame, De l'acorus vrai, de la canelle , du pas-d'ane , Du meu-athamantique , des trois fortes de poivre, de lafaxifrage, de chaeun deux dragmes & demte , De l'opobalfame , du gjrofle , du eoßus, du rhaponüc » De la regliffe , du fouchet, de lagomme adragantb , Des femences de maceron , d'aebe , d'ammt , d'afperges t de baßle , d'ortie , De iitrons , & du chamadris , de chaeun , une dragme & qumz.e grains , De in feuille-tndiene, dufaffran ■ dujonc odorant , de la eaffe aromatique > Du bddlium , du maßte , de l'iris, deVamome, du levißw, Du gremil , du perßl de Macedoine ou vulgatre , de la fermontaine , du, cardatnome , De l'aneth , de l'euphorbe , de la pierre de linx , des Imles de nard & de mufc , de chaeun, . UNIVERSELLE. >jj He chacunvkgt-huit grains. Takes-en une poudre felon Va.ri. REMARQUES. On pulverifera enfeinble le bdellium & l'euphorbe dans un momer oint d'un peu ci'iiuile de nard: d'une autre part on rednira en poudre le maftich dans un mordet hmnecti d'une gourte d'eau, d'une autre part ia gomrne adfaganth dans un mor- tier chaufFe , d'une autre part on reduira enfemble en poudre , les bois les ccor- ces, les racines , les femences , les feuilles, lesfleurs , le fpicanard , l'amomum , les poivres , d'une aucre part on broyera la pierre de Ünx für un porphyre pour la reduire en poudre impalpable -, on melera tous les Ingrediens pulvenfez avec les huiles, & l'on fera une poudre qu'on gardera au befoin. Elle eft propre pour attenuer la pierre du rein 8c de la velfie , pour exciter l'u- Vertus. rine & pour foulager la douieur de la nephretique , la dofe en eil depuis demi fcru- Dofe. pule juiqu'ä deux fcrupules. Le mot de lithontnptique declare la vertu de cette poudre, car il fignifie brife- picrre. Ceux qui eftiment les compofirions par une longue diver/Ire des ingrediens qui y entrent, trouveront bien leur compte en celle-cy , mais ceux qui ne demandent que des remedes eilentielsn'approuveront pas cegrand fatxas de drogues acumuites les unes für les autres fans beaucoup de diftinction, car quelques-unes fönt iniitiies & les autres nuifibles , le maftich par exemple , le rhapontic & quelques autres drogues qui y entrent fönt aftringenres, &c par confequent contraires au deilein qu'on a d'ouvrir les conduits de l'urine , je fcay bien que ces aflringents ont ete mis ici pour fortifier l'eftomach qui eft fortement attaque dans la colique nephretique a caufe de la communication qu'il a avec le rein & l'uretere , mais alors il ne taut que s'appliquer a oter la caufe du mal qui eft l'obftraction de l'uretere & les autres aeeidens finiront bien-t6t; de plus il n'eft pas a propos en cette occafion d'empecher le vomiiTemenr, car fouvent les fecouiles qui fe fönt en vomiiTänt de- bouchent l'uretere , faiiant couler ce qu'il contient, dans la veilie d'ou s'enfuit un ioulagement en peu de temps, La pierre de linxetant tres-peu empreinte de fei, me paroit une matiere plus capable de former la pierre que de la rompre. L'euphorbe, les poivres, lacanelle , le caffia lignea , l'amomnm , le cardamome, les gyrofles , le gingembre, le fpicanard , le coftus & plufieurs autres ingrediens acres qui entrent dans cette poudre peuvent caufer des inflammations dans les en- droits oii fönt la gravelle , ou les pierres, ou les ftegmes , &c augmenter par confequent les douleurs. Je prefererois donc les poudres nephretiques precedentes a cette grande compo- fition. On peut rendre la poudre lithontriptique en elecTaiaire, la meiant avec quatre Eledluairc fois autant de miel ecume. lithor.tn- pu^ue. Poudre diuretique , de )nßin. Irenen de la canelle , de la caße odorante , de lafeu'üle mdinetie t De l'bjßbpe , du poudlot 3 de l'armoife 3 des racines de coflus } B'trißoloche ronde & longue 3 d'aunee 3 de quinte-feuille t Da nard-indique , du poivre bUnc > de l'oroh } ? Yy 5 54 PHARMACOPFE Des hdjes de genievre & de laurier \ Des femences de perjtl t de maceron t de levißic t D'ortie t de gremtl , de faxifrage , D'afperges , de fermontaine , d'acbe , d'anet, de rhu'e , De citron , de fenouil & d'ams, de cbacun , une dragme & demie. Taites-en une poudre felon l'art. R E M A R Q^U E S. Apres avoir fait fecher doucement entre deux papiets, les herbes 8c les racines, on les pilera avec le refte des drogues , & Ton en tera une poudre qu'on gardera au befoin. Vertus. Elle eft propre pour attenuer & brifer la pierre du rein & de la veffie , pour la Eofc. colique nephrepriqne, 8c pour les difhxultez d'uriner •, la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a deux fcrupules On prerend que L'Empereuc Juftin ait ctc l'inventeur de cetre poudre, eile a du rapport avec la poudre lithontriptique precedente , mais eile a moins d'acrete. Poudre de cendres, d''Aviccnne. Trenez* des tendres de Vene , de fcorpions, de racines de choux, De foye de lierre t de coquilles d'ceufs dont les petits foient e'clos , De la pierre d'eponge, du fang de bouc prepare , De la pieyre de Judee ; de Ugomme de myer, de V Acorus , de cbacun t une dragme y Des femences de perfd , de dauetts t d'altbea , de pouillot , De lagomme arabique & du poivre noir de cbacun , une dragme & demie. Que tout cela foit pile & titele enfemblc. R E M A R g^U E S. 'Cendrede * >our ^ a ctn ^ l ' c de verre il faurprendre h cendre du Kali dont on fait le verre. verre. On mettra briiler leparement dans des pots ou dans des creuiers des morceaux de hevre , des fcorpions, des coquilles d'ceufs qui reftent apres que les pouiets en font fortis , 8c des vacines de choux pour les reduire en cendres, on les pulverifera avec celles du Kali & le fang de bouc prepare. D'une aurre part on mettra en poudre enfemble l'acorus, le pulegium , le poivre 8c les femences: D'une autre part on pulverifera enfemble dans un mortier qu'on aura chaufre , les gommes arabique & de noyer , on broyera für le porphyre , les pierres d'eponge & judai'que jufqu'a ce qu'elles foient en poudre impalpable , on melera tous les Ingrediens pulverifez., & Ion en fera une poudre qu'on gardera aa befoin. Vertus. Elle eft aperitive &c propre pour iure rompre la pierre & evacuer le fable des Pofe. reins & de la veffie, la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'a une dragme. Les cendres du Kali & de la racine de choux ont beaueoup de vertu , parce que le fei des pkntes qui eft fixe y eft demeure , mais on n'en peut pas dire de meine de celles des fcorpions, du lievre 8c des coquilles d'ceufs, car le fei des animaux etantvolatil, il fe diffipe entierement dans la calcination, &ilne refte dans les cendres qu'une matiere terreftre alkaline qui na point de vertu aperitive, il vau- droit donc beaueoup mieux fe contenter de les faire fecher au rour ou au Soleil four lt> j-ouvou reduire en poudre. UNIVERSELLE. m Les pierres d'eponge & judai'que etant des matieres prefque privees de fels mc femblenc plus diipofees ä augmenter la quantite du calcul dans le rein &c dans la veffie quedc i'expulfer,je ferois d'avis qu'onles retranchätde la compofition. Les gommes arabique Sc de noyer nie paroifl'ent trop aglutinantes pour cette poudre, il y a lieu de craindre qu'elles ne diminuent trop la force des (eis en env- baraflänt leurs parties,je voudrois qu'on 1 otaft de la defcription Sc la reformet en la moniere fuivante. Poudre de cendres , reformee. Prenex. des poudre s äe kalt & de racines de choux ,'cfe chaeune tritt dragme s "" Des femences de perßl, de daucns , & d'althea , Du poivre mir , &des fommitez. de pomllot, de ebaeun t une dragme & demie, De l'acorus , du fang de boueprepare , du fcorplon , du foye de lievre & des coquUles d'eufs deffeebees , de ebaeun, une dragme. Piles-les & les milez. enjemble. Poudre joviale , de Nic.de S'deine. Vreneu du meilleur faffran , de la zedoaire t du xilobalfame , . * Du gjrofle, de l'ecorce de citron fechte t Du peilt galanga , du maus t de la noix mufc ade , Dußyrax calamite , de la femence de baßlic , de ebaeun t deux dragmes & demie. De la raclure d'yvoire t du thim, de l'epithime, & des perles ' de ebaeun , une dragme y De Vos du coeur de cerf \ de l'ambre,du mufc eriental , & du camphre t de ebaeun , une demi dragme. Des feuilles d'or &d'argem , de chaeunes t demi ferupule \ Faites-en une poudre felon lart. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les bois, les femences , l'ecorce , les racines, lamufca- de, le macis, l'epithyme, le thim & la rafure d'yvoire , d'une autre part on mettra en poudre le faffran apres l'avoir fait fecher par une tres-lente chaleur , entre deux: papiers ; d'une autre part on pulvifera feparemenc le ftorax , dans un mortier oint d'une goutte d'huile de gyrofle - , on bfoyera enfemble kir le porphyre , les perles Sc l'os de coeur de cerf iufqu a ce quils foient en poudre impalpable •, on pulverifera enfemble le mufc Sc i'ambre , d'une autre part oa mettra en poudre le camphre dans un mortier imbu au fond de quelques gouttes d'efprit de vin, puis onle melera exa- ctement avec les autres drogues pulve. ifees, y ajoütant für la fin les feuilles d'or Sc d'argent pour faire une poudre qu'on gardera au be/oin. Elle eft propre pour fortifier l'eftomach , pour aider a la digeftion , pour exciter Vertus. l'appetit, pour corriger l'haleine puante, pour reparer les forces apres une longue D ,. maladie, pour diffiper la melancolie Sc les palpitations ; la dofe en eft depuis demi Tctupule jufqu'a deux fcrupules. Cette poudre eft compofee d'ingrediens remplis de parties volatiles qui peuvent excitet le mouvement des efprits, Sc procurer par conlequent quelque gayete parti- culicrement aux melancoliques, dont le fing eft fouvent epais Sc les efprits commg engourdis. Yyij 35 demi fcrupule jufqu'a deux fcrupules. Dole» Ontrouvera dans mon Tratte de Chymie la defcription du fei de Jupiter. La vertu qu'on attribue aux preparations de l'etain pour les maladies de la matrice n'eft fondee que für l'opinion des Aftrologues qm s'imaginant que les Pianettes dominent chacune für chaque parrie du corps , ont affigne Jupitar pour la matrice, & comme ils pretendent que l'etain recoive des influences particuheres de cct aitre, ils ont dit que l'etain croit propre pour les maladies de la matrice , mais je ne nie fuis jamais aperceu des eftets de ce metal pour les maladies hyfteriques , öz j!ai bien de la difpofition ä croire que ii les poudres joviales y apportent quelque fou- lagement c'eft ä caufe des autres remedes qu'elles contiennent. Poudre Spemiolle , de Crollius. Trenez, de U mjrrhe choiße , & de Vencens male , de chacun s deux oncer r Du meilleur fajfran, une demi once. Que ces drogues foicnt humeäees vingt & trente fois y avec de l'eau de frais de grenouille s, ou plütk de la liqueur qui difüllera au travers d'un fac oü on aura enfermi du- Alt frais,& qm aura etepurifiee au Soletl; en teile forte neanmoins que la mauere a cba- que fois qu eile aura ete bumeäee fecbe d'elle-meme, avant qu'on la nmi'üle une Jaon- de fois 7 & apres la deriüere humeäation } on y adjoutera trois gros de campbre. Puts on en fera une poudre , qm fera gar die pour l'ufage. RIMi R O U E S. On ramaifera vers le mois de Mars , une bonne quantite de frais de grenouille qu'on fera diftiller au bain marie , ou pour vnieux faire on mettra du frais de grenouille dans un fac de toile, on le fufpendra en quelque lieu mettant de/lbus un vaiileau qui recevra la liqueur la plus claire qui en degouttera ; on expofera cette liqueur dans une bouteille de verre quelques jours au Soleil afin quelle s'y purifie, puis on la verfera par inclination pour en feparer les feces qu'on rejettera. On pulverifera iubtilement enfemble la myrrhe & l'oliban dans un monier oint de quelques gouttes d'huile •, d'une autre part on mettra en poudre le laffrah apres l'avoir fait fecher fort doucement entre deux papiers, on melera les Ingrediens pul- venfez , on mettra la poudre dans un plat de terre , on l'humeftera avec l'eau pu- rifiee au Soleil, ou avec l'eau de frais de grenouille diftillee , jufqu'a ce quelle fok en pate, on fera fecher la päte, & on la rehumeclera comme devant , on re'i- terera la mevne chofe vingt ou trente fois, puis on fera fecher la'pare une derniere- Yy iij Vernix. Do(c. Venus. Dofc. ?5 8 PHARMACOPE* E Ibis, en y melera le camphre Sc ayant pulverife le tout cnfemble, on gavdera Ja poudre pour le befoin. Elle eft bonne pour arreterles hemon-hagies & le vomidement, eile abatles va- peurs,elle tempere lardeur de la gouttejla dote en eft depuis trois jufqu a cinq grains, dans l'eau de frais de grenoüilles, on la dctrempe aufli dans du vinaigre pour l'ap- pliqner für les erelipelles, für les dartres , Sc für les autres inflammations de la peau. On ne reifere ranc de fois a humedter la poudre & a. la faire fecher, qu'ann de lui imprimer plus de qualite condenfante Sc rafraichiflante. Poudte d''adrtg/tnth froid. Prenex* de la gomme adragantb blanche & bien cbo'ifie t deux onces , De Li gomme arabique tres-pure , dix dragmes, De la reglij/fe & de I'amidon , de chaeun , deux onces > De la femence de pavot blatte , trois dragmes, Des quatre grandes femences froides mondees, de ebaeunes , une dragme. Faites-en une poudre felon l'art. R E M A R Q^XJ E S. On pulveqfcra dans un mortier chaud les gommes ; d'une aurre part on mettra en poudre I'amidon , d'une autreparc la regliffe apres l'avoir fair fecher doucement Sc l'avoir ratiflee, d'une autrepart onpilera les l emences dans un mortier de mar- bre, Sc quand ellesferontbien en päce, on y melera les ingrediens pulverifez, pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle eft propre pour incrafler Sc pour adoucir les humeurs fereufes trop acres Sc trop (ubriles qui tombent für la poitrine, pour moderer la toux Sc pour excirer le cracliat; la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu a une dragme. J'ai tirc cette defeription de la Pharmacopee Royale l'ayanr trou vee la plus raifon- nable,les autres y mettent de plus,trois onces de penides, douze grains de camphre Sc le double des femences froides ; on a bien faicd'en retrancher les penides,parce- que ce fucre rend la poudre humide,onpeuren meler für chaqueprilece qu'on trou- vera i prepos, quand on fer.i prer de la prendre: le camphre donne uneodeur bien defagreable a la poudre, Sc il n'y produit pas grande vertu: quant aux femences froides, j'eftime qu'on ne devoit pas feulement le contenter d'en retrancher la moirie, il falloit les bter toutes, car elles rendent la poudre graiTe Sc päteufe Sc elles la fönt rancir, on peut les referver pour en meler (ur le champ dans les looehs ou autres formes de remedes oü Ton voudra faire prendre la poudre; je voudrois donc refor- mer cette poudre en la maniere fuivante. Poudre d'adragxnth froid , reforme". Prenet. de la gomme adragantb blanche & bien choi/ie , deux onces, De Ugomme arabique tres-pure , dix dragmes, De la reglijje bten ratijje'e , & de I'amidon, de chaeun » demi once. Faites-en une poudre. Poudr? d'adtagantb chaud , de Nicolas. Vrenet, de la gomme adragantb, quatre onces , De In. cmelle , une once , De l'bj/lfope , desnoyaux depignms mondez., des amandes pelees, dt U fetnence de Un , de chaeun fix dragmes , UNIVERSELLE. 35? De la femence defenugrec , une demi once , De la reglijfe, de fonjuc & du gingembre , de chacun > deux dragmes. iMes-en une poudre felon Part. R E M A R QJJ E 8. On pulverifera feparement La gonime adraganth dans un monier chaud , ou met- tra en poudre enfemble la canelle, la reglifle , le fuc de reglifle, l'hyfope feche, le eingembre & les femences, on pilera enfemble les amandes & les pignons mondez Jans un mortier de marbre jufqu a ce qu'ils foient bien en päte , puis on y melera neu a peu les ingrediens pulverifez pour faire une poudre. Elle eft bonne pour l'afthme, pour exciter le crachat, pour fortifier Veftomach Sc pour aider ä la digeftion •, la dofe en eft depuis un fcrupulc jufqu'ä une dragme. Certe compofition eft fort peu en ufage> auili ne la trouve-t'on que rarement dans les Difpenfaires, les femences, les amandes & les pignons qui y entrent la rendent päteufe & la fönt rancir , le fuc de reglifle ne fe met en poudre que difficilement, & il rend le melange humide, je voudrois le reträncher & mettre en fa place le double de reglifle. Si Ton ajoütoit dans certe defcription demi once de magiftere de foulfre &: demi dragme de fleur de benjoin, la poudre en auroit plus de vertu pour les maladies du poumon : voici donc comme je ferois d'avis qu'on la reformaft. Poudre d* adraganth chaud, refefme'e. Trenez, de la gomme adraganth , quatre onces De la canelle & de Vkyjfope » de chacun ßx dragmes > De la reglijfe feche , & du Magiflere de foulfre , de chacun demi onee } Du gingembre , deux dragmes, Des fleurs de henkln , une demi dragme. Faites-en une Poudre. Vertus. Dofe, Foudft de Soulfre , de OWynfitht. Vrenex. des fleurs de foulfre & du magiflere de foulfre, de chacun une once & demie, Du fuc de reghße , dupetit cardamome & de la tcrre ßgillee i de chacun ßx dragmes , De la femence d'ortie i & de coings, de la canelle , du gingembre , De la noix mufcade , du faffran 3 du puvxe long & du macis a de chacun trois dragmes t De lagomme adraganth, de la racine d'iris de Elorence , des fieurs de pavot cham- p'etre, du maßte, & de la creme de tartre , de chacun t une dragme & demie. Eaites de tout cela une poudre, a laquelle vous ajouterez. des builes d'bjjfope, de fenoüU t de fange , d*ams ) de camomille } de ebaeunes, unfcrupule. Garden la pour l'ufage. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble le cardamome , le fuc de reglifle, ia canelle, le gingembre , la mufcade , le poivre long, le macis, l'iris, Sc les fleurs de coqaehcoq fe- ches •, d'une autre p-rt on pulverifera le faffran apres l'avoir fait fecker entre deux j*o PHARMACOPE' E papiers, d'une autre part la creme de rarere , d'unc autre part le maftich, dans un mortier nurnecte dune goutte d'eau ; d'une autre part la gornme adraganth , d'u- ne autre part la terre figülee , on mclerales Ingrediens pulverifez exa&ement avec Li fleur de foulfre , le magiftere de fouifre Sc les huiles, pour faire une poudre qu'on gavdera au befoin. Vcrtus. Elle eft propre pour la toux inveteree , pour la difficulte de refpirer, pourl'afth- Düfe. nie , pour la phtiue •, la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu a demi dragme. II nie femble affcz inutile de faire enrrer dans cette poudre deux fortes de pre- paräiiöns de foulfre , il fuffiroit du magiftere en dofe doublee. Le flic de regfifle veritablene peutpas erremele exacbement dans une poudre, il la rend grumeleule Sc pateufe, je voudrois mettre en fa place de la reglifle feche. La terre flgillee ne convient guere bien dans un remede rarefiant & attenuant. L'Auteur fait entrer trop d'huiles dans cette compofition , elles rendent la pou- dte päteufe; on pourroit retrancher Celles de fange $c de fenoiül. Cette poudre eft urile dans les paisfroids oü les humeurs fönt groffieres Sc diffi- ciles ä rarefier, mais li l'on s'en fervoit en France ou les temperamens fönt vifs & Sc les humeurs fort en mouvement, il y auroit a craindre qu'elle ne mift l'inflam- mation dans lapoitrine Sc quelle n'allumätla rievre ; on pourroit donc pour laren- dre plus temperce, en retrancher le gingembre, le poivre long , la mufcade , le macis, Sc le cardamome, je prefererois mcme le magiftere de foulfre a cette Ion- gue compofition. ? andre tcmplißant le principal , de Nie. de Salerae, Preuet. de la canelle , du gyrofie , du bois d'aloes , De la meine de galenga mmeure , de gingembre, de eyperus, Du fpica-indiea t de la mix mufcade , du fpode , Du Jone odorant , des rofes rouges & des violettes , de ebaettn 3 une dragme & quinze grains , De lafeuille indietme , de lareglijfe , dumaflk, du ftjrax calamite , Des feulles de marjolame ; de mentbe aquaüque , Du Cardamome , du poivre long , du poivre blanc , De la femeitee de bajilic , de l'e'coree de citron , & des bajes de mjrtille , de chactm t duix fcrupules & cmq grains , Desperlespreparees , des racines de beben blanc & de beben rouge , De Lifoye cru'e, de ebaeun > un fcrupule & deux grains & de im ■ Du mufc , feptgrains & demi, Du campbre , cmq grains. Taites-en une poudre. REM AR QU E S. Onpulverifera enfemblela foye crue, les racines , les bayes, les ecorces, les femences, les feuilles, les fleurs, les fruits & les bois •, d'une autre part on pulve- rifera enfembie les gommes, d'une autre part le mufc Sc le campke , on meiera les Ingrediens pulverifez avec les perles Sc les corauxpreparezpour faire une poudre qu on gardera au beföin. Venus. Elle eft propre pour fortifier le cerveau, pour l'epilepfie , pour l'afthme, pour Dofe. la melancolie , pour rappeüer la memoire , pour reftaurer Sc remettre ceux qui fönt exienuez UNIVERSELLE. ,«■ extenuez par une longue maladie, pour exciter la femence ; dofe en eft depuis demi fcrupule jufqa a deux fcrnpules. II femWe cju'on ait affecte de rendre cette defcription mifterieufe par les poids, car Ton y radiäre par grains &c par demi grains des ingrediens qai ne pourroient porrer aaam prejudice a la fante quand on en prendroic un fcrupule plus ou moins, mais apparemment la raifon de cerre circonftance eft que l'Auteur s'etoir fervi de poids di/Ferents des notres qu'il a fallu changer &c compenfer avec ceux dont nous nons fervons , au plus jufte qu on a pii. Je trouve plufieurs drogues inuciles dans cetre poudre, comme les violettes, 1c inalabatnrum, le fpodium, le poivre blanc , les perles, le corail, la racine de bellen rouge, la foye; fi ces ingrediens etoient retranchez de la compolition, eile en feroit plus efficace. On peut reduire cette poudre en tablettes avec fix ou huit fois autant de fucre cuit, ou en clecTruaire liquide avec quarre fois autant de fyrop de rofes feches cuit en confiftence de miel. Poudre resiaarante, de Mynßcht. Vrtnt-L du fuc candi que Von trouve dans le fyrop violat , une once , ■ Du magißere de foufre, demi-once , Des fleurs de foufre , & de la poudre des efpeces de la confeäion alkermes , dechatu» deux dravmes Du magiflere de perles , du corail rouge & de faturne, de chacun une dragme. Melez. tout cela , & faites-en une poudre trh-fubtile. R E M A S. QJJ E S. On ramaffera du fucre candi qui fe trouve fouvent au fond Sc aux cotez des chevrettes ou des cruches dans lefquclles on garde le fyrop violat, on le fera fe- cher & on le reduira en poudre , on le melera avec les magifteres, les fleurs de foufre & la poudre des efpeces de la confe&ion aikermes, on fera une poudre qu'on gardera au befoin, Elle eft dite propre pour reparer les forces abbatues, pour fortifier le ccrur, pour armer la piruite du ccrveau, pour adoucir la roux, pour l'afthme, pour la phthi- fie, la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'ä un fcrupule. On trouvera dans mon Traite de Chimie les defcriptions des magifteres 8c des fleurs de foufre, qui entrenr dans cette compofuion. Le fucre candi s'fiumedte facilement, & il mer fouvent la poudre en päte, c'eft pourquoi il feroit bon de le rerrancher de cette compolition fi on la veur garder, il vaudroit mieux en meler dans chaque prife de poudre quand on eft prec de i'a- valer , ou bien meler la poudre dans du lyrop violat. Il ne feroit pas befoin ici de fleur de foufre, puifqu'il y encre du magiftere de foufre. Les magifteres de perles & de corail fönt des remedes de petite vertu , je ferois d'avis qu'cn les retranchat & qu'on leur fubftituät, de la poudre de vipere , de l'antimoine diaphorerique Sc du faffran ; voici donc comme je voudrois reformer. cette poudre. Vertus. Dofe. 3*4 PHARMACOPE' E Poudre reßattraote refofme'e. Frenex, de la poudre de viperes & du magiflere de foufre , de chacun demi-once , Des efpeces de confeäion alkfirmes , & du diaphoretique mineral , de chacun detut dragmes , Du fafran & du fei de faturne , de chacun une deml-dragme. Faites-en une poudre. Poudre eontre U pleureße. Trenez. du fang de baue prepare , une onee , J>e la poudre de viperes, de l'anttmoine diaphoretique , des fieurs de pavot rhaas , Des yeux d'e'crevijfes prepare es, de la dent de fanglier, de la femence de chardon benit, de l'otiban , de chacun une dragme, Faites-en une poudre felon Part. On fera fecher doucement les flsurs de coquelicoq, on rapera la dent de fanglier , o.i les pul verilera avec la lerne • jee de ch.u don bemt ; d'une autre part on met- tra enfemble en poudre, l'ohban & le lang de bouc prepare , on meiera ces ingre- die.:s uulverifez avec Ja poudre de vipeic , les yeux decrevilTes preparez Sc l'anti- moine diaphoretique pour en faire une poudre q.i'on gardera au befoin. Vertus» ^ e e ^ p rü p f c p^>ur appaiter la douleur du coce qui arrive dans la pleurelie, pour Do.e. refoad.e l'humeur, pour exciter Li Cueur , le crachat 6c l'urine •, la dofe en eft de- puis im ltrupiile juiqu'a. une dragme , on doit la donner dans les jours critiques quand la natute a dilpofe les humeurs a lortir. Si on l'a fait prendre trop-tot, eile ne fait qu'augmenter la iieVre. Poudre de Perle's , de Adejue. Frenex, des trochifques diarrhoden & du bois d'aUes , de chacun cinq dragmes , Des ratines de z,ed»aire y de doronic oh d'angetiqae , ou d'aunee , Des ecorces de citron feches, du mac'ts , de la femence de bafihe , De l'ambregris , des peiles brillantes , de chacun deux dragmes , Desfragmens de faphns , d'hjarintbes ,de fardoines , de grenats & d'emeraudes , De lacanelle y des racinet de x*edoaire & de galanga, de chacun une dragme & dorne , Du beben blanc & rouge , dugyrofle , du gingembre, du poivre long, Du fpica-tndica , de la feutlle mdienne , du meilleur fafran , du grand cardamome, de chacun une dragme , Du corail rouge , du Juccin , de la raclure d'hyvoire, des feutlles d'or & d'argent , de chacun deux ferupules , Du mufc onental , une demi dragme. Faites-en une poudre felon Part* R E M A R Q^U E S. On pulveriiera enfemble les racines, les bois, les ecorces, les femences, la ra- elure d'yvoire, les trochifques , la feuille d'mde , le fpicanard, iesgyrofles, le ma- cis Sc le üftran, d'une autre part on niettra enfemble en poudre le mulc ÖC l'am- bre > onbroyera enfemble für le porphyre , les fragmensprecieux, les peiles, le* V N r V E R S E L L E.I 3^ coraux & le fuccin jufqu'a, ce qu'ils foient en poudrc iropSlp^ftle , on melera le in- grediens puiverifcz, & l'on y ajoutera les feuilies d'or 8c d'argent pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle eil bonne pour forrifier le cerveau, le coeur , le foye } 011 s'en fert pour les Venus* melancholiques, eile rarefie les humeurs pituireufes & craffes, eile excite la cit'cu- larioii du fang ; la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'a. demi dragme. Dofe. Quoique cette preparation tire fon nora des fragmens precieux qui y entrent, eile en reeoit moins de venu que d'aucun autre de fes ingrediens, ce fönt des pierres dures qui ne peuvent faire au plus qu'abforber des aeides s'il y en a rrop dansle corps, je dis la meme chofe des'perles, du corail, de l'or, de l'argent t roures ces macieres fönt naturellement privees des prineipes adtifs qui feroient ne- ceüaires pour produire i'effet qu'on demände en donnant cette poudre. L'ambre gas me paroit ici en une quantite exceffive, je voudrois en retrancher du moins la rnoitie, c'eft une matiere qui s'etend beaueoup par fa vertu & par foa odeur. On peut reduire cette poudre en ele&uaire avec le quadruple de fon poids de Ele&uaire fucre cuit en eau de buglofe. Poudre de Lttnc , de Mjnficht. Prenez, de la raune depivoine male , de la femtnee de la meme plante , De l'ongle d'el.md , du magißere du crane humain, de chaeun une once & demie , Du preapite de lune & de la poudre bez.oardique lunaire , de chaeun trois dragmes , Du etnabre naturel prepare t du guy de chefne , des trochifques de fetile , de chaeun deux dragmes, Del 'arr:ere-faix dejfeche d'une femme qui alt tu unntale afonpremier aecouchement, & de la fiente de Paon, de chaeun une dragme & demie , Du fei de perles & de corail rouge de chaeun une dragme , Du vrai caftoreum , du poivre long, & des cubebes, de chaeun un fcrupnle , Du mufc & de l'ambre gris , de chaeun un demi ferupule. Melez. le tont & en faites une poudre tres-fubtile , a laquelle vous ajouteret. de Vh\(de de come de cerfreäifiee, de l'huile de fuccin blanc, de l'huile de noix mufeade , & de l'huile de rbue , de chaeun demi ferupule. ütmelez. le tout ,&le gardez. pour l'ufage. R E M A R Q_U E S. Cette poudre tire fon nom de l'argent qui a etc appelle Lune par les Aftrologues, a caufe de la rellembiauce 6c des correfpondancs qu'ils pretendent que la Lune a avec ce metail. On pulverifera enfemble les racines, la femence, l'ongle d'eland rape, l'arriere- faix d'une femme aecouchee d'un premier enfant male, le guy de chene, la riente de paon deifechee , le caftor, le poivre, les cubebes, les trochifques de fcille, d'une autre part on mettra en poudre l'ambre Sc le mufc avec les fels, on melera ces ingrediens pulverifez avec le cinabre broye, le preeipite d'argent, le magiftere, la poudre bezoardique, pour faire une poudre a laquelle on ajoutera les huiles, remuant le tput quelque tems dans un mortier 5 on gardera cette poudre dans un vafe de verre bien bouche. Elle eft bonne contre le mal caduc ou l'epilepfie, contre les vertiges, contre la letlurgie, eile fortifie le cerveau, le coeur & l'eftomach, eile diffout & difiipe la pkuke grofiiere ; la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'a un ferupule. Zz ij de perles« Vertu* Dofe. 5 6 4 PHARMACOPE'E L'Autetir demande qu'on calcine l'ongle d eland , mais cette catcinacion detrui- roic rout fon fei volatil en qui confifte fa venu, il vauc mieux l'employer dans fon etat naturel, cecte parcie d'animal ne concient rien ea foi qiü demande d'etre corrige. Pour preparer le magiftere du crane humain, on fait calciner le crane, on le reduit en poudre, piüs on procede comrae au magiftere de corail qu'on rrouvera decrit dans mon Livre de Chimie, mais on detruit par cecte preparation toute la vertu du crane, car on laifle echapper fon fei volatil &: fon huile dans la ealci- nation, enforte qu'il ne refte plus qu'une terre alkaline privee de prineipes actifs, encore rompt-oncet alkali par la diflolution, de (orte que le magiftere du crane ne confifte qu'en une terre legere <5c inutile qu'on pourroit appeller tete mortc , il voudroit donc beaueoup mieux employer dans cette poudre , du crane humain en fubftance, que fon magiftere 5 mais on doit choifir de celui d'un jeune hom- tae mort de mort violente , &c qui n'ait point ete enterre , afin que tous fes prineipes adtifs y foient demeurez. On rrouvera le preeipite de Lune decrit dans mon Livre de Chimie , maisquoi qu'il donne le nom a cette compofition, il ne lui communique aueune verru , c'eft une matiere rrop dure pour ecre diflbure dans l'eftomach , & on la rend par les feiles comme on l'a prife : fa pretendue vertu vient de l'imaginarion des Alchymi- ftes & des Aftrologues qui ont cru que la Lune dominoit für ia rece , & que l'argent a qui ils arrribuent ces influences, eeoir capable de forrifier cette partie. Poudre be- On prepare la poudre bezoardique lunaire , en melant dans la poudre bezoar- zoardique (Jicjue ordinaire du preeipite ou des feuilles d'argent» Poudre de mufc douce , de Mefue. Trenet. des perles brillantes , de Ufo je crue , du fuccin , du corail rouge, Dugaltia mofehata, de lafemence de bafilic citrone, de ebaeun trois dragmes & demie , Du macis, du xiloaloes , du fafran , de la racint de doronic > ou d^angelique , & dt t*edoaire , de ebaeun deux dragmes. Du gingembre , des cubebes; dnpoivre long, de ebaeun üne dragme & demie , Dugyrofle , dufpica-indica, de la feuille indiennc , de Uracine de beben blatte & rouge , de ebaeun une dragme > Du mufc > deux fcrupules. Imtes-en une poudre felon l'am SIMj!R QJJ E S. On pulverifera enfemble les racines , le bois d'aloes , la foye ineifee menu , fes femences t le faffran, la feuille indienne, le fpicanard, lesgyrofles, le poivre long , les cubebes, le macis: D'une autre parr on mettra enfemble en poudre, les rro- chifques de gallia mofehata, & le mufc, d'une autre parr le faffran apres l'avoir fair fecher doucemenr enrre deux papiers : On broyera enfemble für le porphyre , les perles, le fuccin & Je corail rouge jufqu'a ce qu'ils foienr reduits en poudre impalpabie. On meiera les Ingrediens pulverifez pour faire une poudre qu'on gar- dera au beioin. Vcitus. ^ e e ^ b° nne P our la melancolie, pour fortifier le ctEur, pour rarefler la pi- tuitetrop vifqueufe ducerveau, pour le verrige, pour lepilepfie , pour les palpi- JJofe. ta«ons, pour l'afthme, pour exciter la femence; la dofe en eft depuis demi feru- pule jufqu'a deux fcrupules» UNIVERSELLE. $6$ On a nomrne cetre poudre pulvis diamofchi dulcis , pour la difrerencier de celle pulvis dia*» qu'on anpeile/»»/w* diamofchi amarus, laquelle n'eft plus en u(age ; il y entre oucre moichi ar les drcües tels fönt la foye, les perles, le corailde behen rouge Sc la feuille indiennc Poudre de Nitre , de Mynßcbt. Vrenet. du cryßal de Nitre prepare avec l'efprit de Vitriol & du vin , une once ? Du fei de pierres de perebes, des yeux d'ecrevißes, du fuccin blanc, de chacun deux dragmes, Des racines de ßlipendule & de regliffe , de chaeune une dragme & demie, Des femences de petite ortie , de bardane, de/axtfrage , de gremil & de geneß , de chaeune une dragme & demie, Des bayes de laurier pelees & de genievre , de chaeune quatre ferupules , De la canelle , dugingembre blanc, du faffran oriental, du potvre long , & du macis , de chacun deux ferupules t Du Iievre brule, du fang de baue prepare, du ceterach & du fantal rouge , de chacun demi-dragme » Des cloportes preparex. un ferupule , du fucre blanc quatre onces. Faites-en une poudre tres-fubtile. R E M A R QJÜ E S. On pulverifera enfemble le fantal , les racines, la canelle , les cloportes, le ceterach, le fang de bouc prepare , le macis , le poivre, le faftan , les bayes, les femences •, d'une autre part, le fucre, le iievre brule , le fei de pierres de perches, ls falpetre ranne qu'on aura auparavant arrofe d'efprits de vitriol Sc de vin, Sc qu'on aura fait fecher : d'un autre part on broyera enfemble le porphyre, les yeux d'e- crevifles Sc le fuccin jufqu a ce qu'ils foient en poudre impalpable : on melera les Ingrediens pulverifes, & Ton en fera une poudre qu'on gardera au befoin. Eile eft propre pour brifer & faire fortir la pierre Sc gravelle du rein Sc de la Vertu» veffie ; la dofe en eft depuis demi fernpule jufqu'a demi dragme. Dof& Il faut conferver cette poudre dans un vameau bienclos, autrement eile s'hume£te a caufe des fels & du fucre qui y enrrent. Le fei de la pierre de perches fe prepare comme celui du corail; mais j'eltimerois mieux le pierre de perches en fubftance broye für le porphyre. On pourroit retrancher de cette compoiition plufieurs Ingrediens inutiles , comme le fucre , la reglifle, le fantal. En brülant le Iievre on fait diffiper fon fei volatil en qui confifte la principale vertu. C'eft pourquoi j'aimerois mieux l'employer fimplement defleche au four« Poudre de boL frentt. du meilleur hol, une demi-once ,. Des rM'mts de tormenülle & d'angeliquc , de chaeune deux dragmes , Zzii; Vertus. Dofe. Autrc po» j(J<5 PHARMACOPE'E Du conti rouge prepare , de la raclure d'ymre & de corne de cerf, & des rofes rm- ges , de cbacun une dragme & demie , Desjemences de melons mondees , d'oz.eille } de citron mondez., degenievre & de coton , de chacune une dragme , De Celles d'anis & de fenouil, de la canelle, du bois £ Alois & du macis , de chacun une dragme & demie. Taites-en une poudre felon faxt. R E M A R Q_U E S. On pulvcrifera cnfemble Ies racines, lc faois d'alocs, la canelle, les rafures , les femcnces, le macis, les rofes ■, d'une aurre part le bol Sc le cocaü prepare , on me- lera les Ingrediens pulverifez , & Ton en fera une poudre qu'on gardera au beioin. Elle eft propre pour refifter a la milignire des humeurs, poar exciter la fueur , pour arrerer le cours de venire i la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a deux fcrupules. On a encore decrit une autre poudre de bol aflez fimple, eile eft compofee de ore de bol. demie once de bol fin, de deux dragmes de racines de tormentille, d'une dragme de racine d'angelique & de fept dragmes de lucre candi Poudre de borax , de Mynßcht. Trenez, du borax de Venife , une once & demie , De lacaße odorante & du [äffran oriental , de chacun trois dragmes, Du bois de fabine, du fuccin blanc prepare, de chacun une dragme & demie , De Vos du emir de cerf , du guy de cbefne , desßeurs de violter jaune , de cbacun une dragme. Melez. le tout , & enfaites une poudre tres-fubtile. R E M A R Q_U E S. On pnlverifera enlemble le ca/fia iignea, le bois de fnbine, le guy de chefne, l'os de cceur de cerf, 8c les fTeurs de violier leches: d'une antre p?rt on mettra en poudre le borax de Venile avec le fuccin prepare, on melera les Ingrediens pulverifez povu faire une poudre qu'on gardera au befoin. Vertus. Elle eft propre pour facüiter Vaccouchement & la forrie de l'arriere fais, eile pro- Pofe, voque les mois aux femmes •, la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dr3gme. Poudre de ßettrs de rojmarin, de N. Alex, PreneTL des fleurs de rofmarin , une once, Des rofes rauges, des violettes & de la regime, de chacun Jtx dragmes, Du gjrofle , du fpteanard , de la noix mufeade , du petit galanga, De la canelle, du gingemhre, de la zedoaire , du macis , du bois d'aloes , Du cardamome, desjemences d'aneth & d'anis , de chacun quatre fcrupules, Faites-en une poudre felon Vart. R E M A R Q^U E S. Ou pnlverifera toutes les drogues enfemble, 8c Ton gardera la poudre pour s'ea fervir au befoin. Vertur. Dofo Elefluair* d'anthos t UNIVERSELLE. jä 7 Elle fortine le ccrveau, l'eftomach & le cceur, ellerecree les cfpritscn diflipant la melancolie, eile excite les mois aux femmes ; la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'ä deux fcrupules. Vax pulvis dtantbvs on entend poudre de fleur de rofmarin - , car quoique le nora Grec Amins, fignifie feulement rleur en general, il eft applique particulierement a la fleur de rofmarin , comme qui diroic fleur par excellencc On peut reduire cette poudre en elc&uaire avec une quantite fuffifante de miel anthofar ou de f yrop d'ceüiet. Poudre teßmpttve , de Fernel. Prenez, du fucre pendle , une deml-once , Du fuc de regiijfe , de l'atmdon , des femences de pavot Haue, de pourpier, de laiäue * d'endive , de chaeun trois dragmes , De U gomme arabic & adraganth, de chaetme deux dragmes & deux fcrupules » Des rofes rouges & de la regltfje , de chamn deux dragmes & cinijgrains, Des quatre grandes femences froides mondees , des femences de coings , de niAuve & de cotton , des noyaux de pignons mmdci*, Des fleurs de violettes , des piflaches nouvelles , des amandes douces & des febefles , de chaeun deux dragmes , Du fantal blanc & rouge , de chaeun quatre fcrupules , Du gyrofle , du fpode prepare & de la canelle, de chaeun une dragme, Du/affrau, c'mq grains. faites-en une peudre felon l'art. R £ M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les fantaux, la canelle, le faffran, les gyrofles, les vio* leeres, la reghffe, les rofes, les febefles, le fuc de reghlle, les femences de coron , de pourpier de laiclue 8c de fcariole; d'une autre parc on pulverifera l'amidon , le fpode ou y voue brüle prepare, & les penides; d'une autre parc o.i mettra en poudre les gommes dans un mortier chauffe : d'une autre part on pilera dans un moruer de marbre les amandes pelees, lespiftaches mondees, les pignons mondez, les grandes femences froides mondees, les femences de pavot, de comg, de mauve, quaild le rouc fera bien en päce, ony melerapeu a. peu les ingrediens pulverifez & i'on en fera une poudre. Elle eft bonne pour reftaurer , pour refaire les forces abbatues par une Icvigue maladie , pour fortifier l'eftomach & le cceur ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'ä den« dragmes. Cette defenption eft tellemenr rempliede fruits Sc de femences ondtueufes qn'il eft bi€n diflicile den faire une poudre ; ce fera plütoc une maniere depäre qui ie rancira en peu de rems: fon Aureur donne le clioix de la garder en poudre ou de la recluire en elechiaire en la melant avec le rriple de fon poids de fyrop violat. Le fuc de reglifte n'eft guere convenable dans une poudre, comme je Tai dit ailleurs, il feroit bon de lui fubftituer la reglifte feche. L'yvoire biüle a perdu touce fa vertu par la calcination , parce qu'elle confiftoit , dans fon fei volatil qui s'eft entierement diflipe, il faut lui fubftituer l'yvoire fim- plement rape. Au lieu des fantaux blanc & rouge qui entrent dans cette compofition , je vou- Reforraas- tkois employer le fantal citrin qui a plus d'odeur & plus de vertu qu'eux. FIec?uaire analtpti- que. ? v*ettus. Dofe. Vertus. Dofe. 6% PH'ARMACOPE'E Foudre de Saturne , de Mynficht» Vrenet. du magiflere de Saturne , une once , De celui de foufre & du fuc de regliffe , de chacun demi-onc» , Des fleurs de foufre & de l'efquine choiße , de chacun trois dragmes , Du fei de perles orientales , de corail rouge & du pain de fronten?, de chacun deux dra- mos , Du hol nage oriental prepare desßears de benjoin & de iohban, de chacun une dragme, Dt/affran oriental , & de la caffe odorante , de chacun dsmi dragme , Du fucre candi blau, trois onccs. Taites de tout cela une poudre tres-fubtile. REMARQUES. On pulverifera enfemble le pain de froment feche, le fafFran , le caflialignea , le fuc de regliffe 8c l'efquine •, d'une autre part on mettra en poudre enfemble le ßac candi & le bol, d'une autre part l'oliban , on melera ces Ingrediens pulverifez avec les magifteres, les fels & les tleurs pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle eft cftimee propre pour la phtifie , pour l'afthme •, la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. On trouvera dans mon Livre de Chimie les defcriptions des magifteres de Saturne &c de foufre, des fleurs de foufre & de benjoin, des fels de perles 6c de coraux. On pourroit retrancher de cetre poudre, le pain 5 le bol, le fucre & les fels de perle &c de corail, comme chofes inutiles. Poudre de cumin , de Nie. Alex. Vrtne%* du cumin que Von aura fait infufer lejour precedent dans du vinaigre, & qui Aura e'te feche enfuite , une once & un fcrupule , De la canelle & dugjroße , de chacun une dragme & demie, Du gingembre & du poivre mir, de chacun une dragme & cinq grains , Du petit galanga , de la fariette & du calament, de chacun cinq ferupules , Des femences de fybißicum & d'ammi, de chaeune um dragme & dix-huitgrains , Du poivre long , une dragme, Du nard-'mdique, du cardamtme & de la noix mufeade , de chacun deux ferupules & demt. Taites-en une poudre feien l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble touces les drogues, 8c l'on fera une poudre qu'on gardera au befoin. Elle eft propre pour difeuter on rarefier la pimite trop epaifle, pourfortifier le cerveau & l'eftomach , pour chafter les vents, pour excicer les mois aux femmes ; la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a deux ferupules. La preparation qu'on donne au cumin en le rnettant infufer dans du vinaigre lui eft prejudiciable, car eile le prive de la partie la plus eflentielle qui paife dans la liqueur ; c'cft un abus des anciens leqnel on ne doit pas fuivre, il faut employer cette femence feche comme on la trouve chez les Marchands apres 1'avoir bien nec- royee de fes paillettes ou autres ordures fi eile en conrienr. V Auteur veut paroirre myfterieux dans le poids, car il ajoure un fcrupule avec Vonce de cumin, cinq grains avec les dragmes du poivre noir & du gingembre &C /ainii ailleurs 5 ce fönt de petks fuperflus qu'on pourroit retrancher des defcriptions. On UNIVERSELLE. ^ Ön peut reduire cette poudre en ele&uaire la melant avec quatre fbis autanr d? fucre ou de miel en confiftence requife. Poudre carminative , & du peut galanga t de cbacun deux fcrupules , pu fei de canelle & de fabine \ de chaeun une demie dragme. Faites-en une poudre tres-fubtile. R E M A R OJJ E S. On envelopera de päte des bayes de kurier, on Jes inettra cuire au four, puis les ayant ßparees de la päte cuice , on les fera fecher Sc on les pulverifera avec les fleurs, les racines Sc le cardamome ; d'une autrepartonmettra en poudre la myrrhe dans un mortier oint d'une goute d'huile; on melera les ingrediens pulverifez avec lesfels, Sc l'on fera une poudre qu'on gardera au befoin. On l'employe pour lever les obftrudUons de la matrice, pour la colique venteufe, pour exciter les mois aux femmes; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Laprepavation que l'Auteur de cette defeription donne aux bayes de 'laurier dt % Aaa VerttiSf Dofe Vertus. Dofe. Prepara-i tion des bayes de laurier. Veituä. Dofe, , 57ö PHARMACOPE'E piütöt nuifible qu'utile, car eile fait diiliper ce qu'elles ont de plus fubtÜ & cfe meilleur •, ll vaudrbit beaucoup mieux les employer en leur etat narurel, feches comme onlestrouve chezles Droguiftes: eiles n'ontriende malin qui demande d'etre corrige. Les fels de canelle 8c de fabine fe preparent comme les autres fels fixes des plan- tesparla calcination, par la leilive 8c par l'evaporation ; mais il ne faut pas s'ima- giiier que le fei de la canelle ait retenu beaucoup de fa vertu ; car eile s'eft diffipee prefque toure dans la calcination ; veu qu'elle confiftoit principalement dans une effence & un fei volatil dont cette ecorce etoit remplie. Il laut bnder beaucoup de canelle pour avoir un peu de fei fixe ; car prefque tout fon fei qui la rend piquantc au goiit etant volatil, il n'en demeure guere dans les cendres •, & ce peu de fei qu'on en retire , lequel coüte beaucoup , n'a point d'auttc qualite que celui d'un vegetal ordinaire ; ainii l'on pourroit fans fcrupule retrancher ce fei 8c mettre en fa place le double de canelle. Poudre de marube , de Nie* Alex. Trenet, du tnarrube nouvellement feche, cinq dragmes & demle, 'He lagotnme adraganth , des noyaux de pignons mondtt,, des amandes douces ' Des pißaches, de la cbair de dafies, des raißns fans pepins , & desfigues grajfes, dt chaeun trois dragmes & demie y De la canelle t dugyrofie 3 de la noix mufeade , du, macis , du bois d'alocs , Du petitgalanga 3 dugmgembre, de la %.edoaire , de la reglijfe, du rhapomic » Du fpicanard , de l'anacarde 3 dußyrax calamite , du maßic , de la myrrhe , Du galbanum , de la terebentbme , de Vhis 3 de l'anfloloche ronde t De V ecorce de racine de caprier , de la gentiane , du poivre noir, Des femences d'anis , de fenouil, d'anetb 3 de faxifrage, d'aebe de montagne , D'acbe vulgaire , de chaeun deux dragmes, Des femences de carvi de leveche , des hermodacies , des chateignes , de Vengan \ De la queu'e de pourceau } du Jone odorant 3 du cardamome , du poivre blanc } Du dompte-venin, de chaeun une dragme & demie & un gram & demi , Du bäume } du diäame , du coßus , dupyretre , du pomllot 3 de la fariette ~ Des femences de pivoine , du ba/ilic , du poivre long , de l'amotnum & de l'orobe> dt chaeun quatre ferupules & deux gratns. Du xilobalfame , ou a fon defaut des rejettons de lentifque 3 de la caffe odorante 3 Du corail rougeprepare y de laraclure d'jvoire ,du carpobalfame , & du daueus de Crete , de chaeun une demie dragme > Du mufc 3 de l'ambre 3 de l'os du cceur de cerf 3 de chaeun quatorze gratns. laites-en une poudre felon l'art» S E M A R QJJ JE S. On pulverifera enfemble l'os de cceur de cerf, les femences, les bois , les ra- eines, les feuilies, les ecorces, le carpobalfamum , ou en fa place les cubebes , l'y- voire , lesorobes, l'amome, les poivres, le cardamome, le fchenanthe , le fpicanard , les anacardes, les cfiataignes, le macis , la mufeade, les gyrofles , d'une autre part on mettra en poudre enfemble le itorax , la myrrhe , le galbanum en iarmes ; on melera le bäume avec la terebenthine , dans une ecuelle de terre , on les poferafurun pecitfeu, les remvunt jufqu a ce que Ja matiere foit dure com- Vcittis. Dofe« Dofe, UNIVERSELLE. \yt me de la refine, alors on la pulverifera avec le maftich: D'une autre part on reduira cnpoudrelemufc &c l'ambregris : Dune autre parc onbattra & onmetcra enpou- dre dans im monier de bronze chauffe , la gomme adraganth ; on pilera dans im monier de marbre les amandes pelees, les pignons mondez, les piftacnes mondees, les raifins mondez de leurs pepins , les da&es mondees de leur peau exterieure & de leurs noyaux , & les figues feches coupees par petics morceaux. On battra le tout enfemble long-temps .jufqu'a. ce qu'il jfoit en forme de pafte, puis on y ajoutera peu a peu les ingrediens pulverifez pour en faire une poudre qu'ongardera au befoin. Elle eil eftimee propre pour ceux qui fönt fujets aux fluxions du cerveau, ä la foiblefle de la vue , aux puanteurs de la bouche, pour calmer la toux, pour pro- voquer Purine , pour brifer les pierres dans le rein; la dofe en eft depuis demi ferupule jutqu'a. deux ferupules. Cette poudre ie met prefqu'en pafte a. caufe des fiuits qui y entrent, & on ne peut pas la garder long-temps lans qu eile fe rancilfe : L'Auteur donne lechoix de l'employer en poudre ou de la reduire en elecfcuaire avec quatre livres de fucre ou de miel ecume , cette derniere forme convient mieux que l'autre a ce remede , & alors il ne fera point befoin de pulvenfer les fruits , on en tirera la pulpe par un ta- mis apres les avoir fait bouillir & amolir dans de l'eau, puis on melera cette pulpe dans le miel ou dans le fucre cuit, on ne fera point non plus durch" le bäume ni la tcrebenthine, on les melera en leur etat naturel, dans la compofition quand eile fera faite & prelque refroidie ; la dofe de cet elecTiuaire eft depuis une dragnie jufqu'a deux. On peut dire que cette compofition eft un grand amas de drogues entaflees les unes für les antres fans neceftice , mais comme i'on ne s'en fert guere dans la Phar- macie il feroit inutile de la reformer •, d'ailleurs on ne manque pas d'autres com- , pofition de la meine qualite qui fönt moins embaraflantes a faire. Poudre de cryflal , de Mynßcht. Trenez. de la chair des mammelles d'une jeune vacbe rouffe t cutte dam le vin, & fechee au four , une once f Du poivre long , cinq dragnies , du cryßal prepare , une demi once t Des peiles preparees, deux dragme s , Des femences de borrache } de fenoiul , de Liäu'e , & de nlelle , de ebaeun , une dragnie. Des racines de barbe de bouc , de charden laiteux , de reponfes i de chaatnes , demi dragme ~ t Du plus liau fucre t trcis onces. Mitteile tout & faites-en une pmdre trh ftibtile, R E M A R O U E S. On aura de la chair des mammelles d'une jeune vache rouffe, tendre, on la fera cuire dans du vin , puis on la mettra fecher au four; on pulverifera cette chair le- che avec les racines qu'on aura fait fecher au foleii ou a l'onibre, avec les femences; d'une autre part on mettra en poudre fine le fucre , on melera les ingrediens pulverifez avec le cryftal & lesperles preparees pour faire une poudre qu'on gardera au beibin. Elle eft dite propre pour exciter le hiß, aux nourices ; la dofe en eft depuis un Vertut, fcmpule jufqu a une dragme , on en prend au matirj, a midi Sc au ibir , dans du Dofe. bouillon, le fucre eft caufe que cette poudre s'humec~te facilemeht. Afiu quune nouricc abonde en takt, il faut que fön eftomach foit bon pour A a a i j 5,7* PHARM ACOPE'E faiteune coftlon iouable , Sc arm que ies aliments quelle prendra fe cönveiüflent facilement en chyle, car le laidt n'eft proprement qu'un chyie qui ayant receu quel- qiie coclion , en circuiant avec le fang , fe fepare dans les mammelles qui lonc des glandes propre a filtref des liqueursj. auffi voyons-nous que les aliments qui digerent aifement comme ies bouiüons , ies ioupes , excirent le laict aux nourices: Les in- fent cette poudre font propres ä exciter la digeftion, les uns en echauffara ce vifcexe 3 lesautres en reilerrant fes ribres par leur aftricHon. Je ne crois pas que les mammelles dune vache rouife foienc dune plus grande efficace dans cette poudre que celles d'une vache d'une autre couleur, mais on doit obferver cette circonftance en faveur de f Auteur qui merke bien qu'on ait quelque confiance en ce qu'il a etabli. Il vaudroit mieux faire feclier au four ces mammelles-crues , que de Les faire cui- rc auparavant dans le vin, car cette coction empörte la plus grande partie de leur fei volatil en qui confiite leur principale vertu. Poudre d'hyßope , de Nie. Alex. Trenez. de l'byffope feebe , de la racine d'irts dupoivre noir t du tbym , de chaeun ' trois onces &ßx dragmes , Du pouillot t de la fariette , de la rbu'e t du cumhi, de chaeun } deux onces & demie , De U cbair de dacles, de lagomme adragantb , de la reglijfs, des figu.es grajjes t des raißns paffes monde%,, & des femences de fenouil , de chaeun , dix dragmes t Des femences d'anis) de carvi , de levißic, ö* du ginge rubre } de ebaeun , cinq dragmes v Taites-en une poudre fdon Vart. R E M A R OJJ E S. On pulverifera enfemble les racines, les herbes Sc les femences, d'une autre part on mettra en poudre dans un monier chaurfe, la gomme adraganth , on pilera. d ins un mortier de marbre , les hgues, les daeftes möhdets de Ieurs peaux. & de leurs noyaux , & coupees part petits morceaux Sc les railins mondez jufqu'a. ce qu'ils foient bien en pate , puis on y meJera les Ingrediens pulveriiez pour faire une poudre qü'on gardera au beloin. Vertus. Elle eft propre pour rarefier &»difliper la pituite trop epaiffe du cerveau , pour le relachement de luette, pour l'afthme , pour exciter le crachat, pour aider a la D °fe« digeftion ■, la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'a deux ferapules. Eleftuaire Cette compofition ne dort po'mt eure une poudre: Les fruits qui y entrentla d'iiyffope. rendent prefqu'en pafte , il vaut mieux la meler avec quatre fois autant de miel ecume & en faire un elecftuaire , alors il faudra faire cuire les fruits dans de l'eau- Dofe. Sc entirer la pulpe qu'on melera dans la compoiition ; la dofe de lekchiaire fera depuis une dragme jufqu'a trois. Poudre contre l'incontinenct d'titine. Trenez, deux efionutebs de coqs lavez. & dejfecbez, y des fouris eventrees lavees & feebees au four , le nombre de ßx , Des rofes rouges , & des fommitez, d'atgremme 3 de chaeun } ßx dragmes , Des jeux d'ecreviffes preparez, & du cor ad rouge prepare , de chaeun, demi once 3 Des balaußes, & des Fleurs de nemipbar t ds chaeun } trois dragmes , Du fei de [ttnm^une dragme. EMss-en une poudre felon l'arr, UNIVERSELLE. 37J R E M A R O^U E S. On aura deux eftomachs de coqs nouvellement tuez , on les vuidera , on les la- verabien, & on les fera fecher au four , dune autre part on aura fix fouris nouvellement mees, on les ecorchera, on les vuidera de leurs entrailles, & apres les avoir lavees on les fera fecher au four, on coupera les eftomachs de coqs & les fouris par petits morceaux , on les melera avec les rofes, l'aigtemoine, les fleurs de nenuphar feches & les balauftes: On pulverifera le meknge, & l'on y äjoutera le Cd de faturne, le corail & les yeux d ecrevifies preparez pour en faire une poudre qu bn gardera au beloin. Elle eft propre pour fortifier le fphincfter & pour faire retenir l'urine plus aife- ment, on en donne aux perfonnes ägees qui pifl'ent au lit; la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu a une dragme , on la prend le foir en fe couchant; comme l'incontinence de l'urine vient ordinairement de ce que le mufcle fphincfcer eft picotre & reläche par l'acrete de Purine, il faut fe lervir en cetre occafion de remedes qui puiuent adoucir , reilerrer & fortifier. Ceux qui auront de la repugnance pour cette poudre a canfe des fouris qui y entrent, pourront la reduire en opiate ou en pilules avec im peu de fyrop de rofes feches, &c l'enveloper dans du pam a chanter. Poudre de craye , de Mynficht. Trenex. de la craye blanche preparee avec l'eau de rofes } trois dragmes tye la noix mufcade 5 une dragme & denüe y De la reglijfe, & de la femence de coings , de cbacune , une dragme , Du hol & du corail rouge preparee , de cbacun , demi dragme, De la pierre de carpe preparee avec l'eau de plantam , & du mach un peu roti > du maßic & du fajfran oriental, de chacun , un fcrupule , D« fucre blanc , trois onces. Taites-en une poudre tres fubtile. R E M A E O^U E S. On pulverifera enfemble le faffran , le macis un peu roti, la graine de coing y la reglifle 6c la mutcade •, d'une autre part on mettra en poudre le maftich •, d une autre part le fucre. On melera ces ingrediens pulverifez avec la craye , le corail, le bol & la pierre de carpe preparez pour faire une poudre qu'on gardera au beloin. Elle elf propre pour abforber Sc detruire les icls aeides qui fe rencontrent en trop grande quantite dansl'eftomach, eile apaife 1 ebulition de la bile en lapreeipitant, eile fornfie l'eftomah, eile artete le vomüTement & les cours de ventre-, la dofe cn eft depuis demi dragme jufqu a une dragme. Le fucre rend cette poudre humide, quand on la gar de, & il ne feit de rien pour fa qualite , je trouverois a propos qu'on ie rerranchafh On a tort de faire torrefrer ie macis, on fair cK/Iiper par la ce qu'il a de plus vo- latil & de meilleur , il vaut beaueonp mieux l'employer en fön etat naturel. On peut preparer la craye comme l'on prepare le bol, ou bien fe contenter de la broyer für le porphyre , l'humectant avec de l'eau de rofe. La pierre de carpe fe prepare comme les yeux d ecrevifies. Poudre de Rändelet , contfe la phfe'neße, Vrcnet. des Fleurs de nenuphar fechees, trois dragmes , De Celles de vwllettes, de rofes rwges ,& dela tor'wndre, de cbacune , deux dragmes. A aa ii j Vertus. Dofe. Verrus. Dofe. _ Pripara- tion de !i ciaye &de la ?ierrrce carpe, Ufages. Venus. Dofc. Oxirhodin« Vertus. Dofc. Or potable d'A. Myn- ficht. 574 PHARMACOPE'E Du corail rmge prepare, une dragme & Hernie, De U fcmence de laiäue & de pourpier blanc, de chacune, une dragme ,' Du fantal rouge , deux fcrupules. Eaites-en une poudre felon l'arti R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le fantal, les femences, les fleurs , on melera les Ingrediens pulverifez avecle corail prepare , Sc l'on en fera une poudre qu'on garde- ra au beioin. Il en faur difloudre deux dragmes dans deux onces d'oxyrhodin , Sc l'appliquer für la tete du malade avec des eroupes, eile abbat les vapeurs , eile calme le trop grand mouvement des humeurs, Sc eile difpofe au repos, on peut aullr faire pren- dre de cette poudre au inalade par la boucne •, la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. L'oxyrhodin eft un melange de parties egales d'huile de rofe Sc de vinaigre: Quand on y diiloudra la poudre il fe fera une efFervefcence legere a caufe des aci- des du vinaigre qui penetreront le corail, niais cette circonftance n'empechera en rien l'effet du reniede. Poudre de Buglofe , de Mynßcht. Prenez, de Vicorce de racines de buglofe, une ence , De l'cleofaccharum de citron > denn once > Des rofts rouges fechees > du fantal citrin , & du bois d'alo'cs , de chacun, trois dragmes i Des magifleres de ptrles & de coraux rouges t de chacun une dragme t De l'eau du coeur de cerf , & du faffran oriental , de chacun, demi dragme , Des troclnfques de gallia mofchata t de Vor potable de Mynjicht } &dufpica-nard, de chacun , une dragme , De l'hmle e/fentiee de rofes t & de canelle \ de chacun , un demi fcrupule , Du minus chrifti fimple } trois onces. Melex. le tout & en faite une poudre. R E M A R Q_U E S. On choiiira des racines de buglofe des plus großes & des mieux nouries , on les lavera bien, & Jon en /eparera l'ecorce qu'on fera lecher au foleil, on la pulverifera avec los de cceur de cerf, le fpicanard , le faffran , le bois d'aloes, le fantal citrin, Sc les rofes •. D'une autre part on mettra en poudre les trochifques de gallia mofchata, Sc le manus chrifti, on melera les Ingrediens pulverifez avec l'or potable, les maf- gifteres, l'oleofaccharum & les effences, pour faire une poudre qu'on gardera dans un vafe de verre bien bouche. On l'eftime un grand cardiaque & un bon remede contre la melancolie; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Le manus chrifti n'eft autre chofe que Je fucre rofat, il humecfe la poudre Sc la rend en pafte quand on la garde, je iemis d'avis qu'on l'en rerrancnaft, on en pöurroit bien meler en chaque dofe quand on feroit preft de la prendre. On trouvera dans mon Livre de Chymie , la defcription des magifteres, mais ils Com fort inuriJes ici, on y verra aufli les manieres de tirer les eflences de rofe Sc de canelle. Pour faire l'or potable d'A . Myn/icht, il faut faire difloudre de l'or dans de l'efprir, de fei, mettre eVaporer für le feu la diflolution jufqu'a ce quelle foit reduit une malte , verfer für la maffe de leflence de canelle pour faire un pafte liquide » puis v ajouter de l'eiprit de vin tartarife a la haureur d'un doigt , pour extraire UNIVERSELLE. 375 tinc teinture rotigc qu'il appelle or potable ; mais ce n'cft au plus quc quelque por- tioncule dbr diiloute dans l'huile de canelle, au lieu que le veritablc or potable , Sil s'en pouvoit tiirer , feroit unfoulfre ou un fei feparez ducorps del'or. 11 eft fort difficile de faire diflbudre de l'or dans l'efprit de fei pur , il faut qu'il foit en feuille, encore ne s'en diilöut-il guere, mais fi vous aiguifez le diflolvanc parle melange d'un peu d'efprit de nitre , il en diflbudra davantage. Poudre d'lr'ts ßmple. Trenet. de l'iris de Florence, une once, j)e la poudre d'adraganth froid , & du Jucre candi 3 de chaeun ' dem once, Faites-en une poudre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera l'iris Sc le fucre candi feparement, & on les melcra avec la poudre diatragacantlu frigidi, pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle facilite le crachat, eile eft bonne pour l'afthme, pour attenuer les humeurs Vertu», gluantes trop attachees ; la dofe en eft depuis un ferupule jufqu'a deux. Dof& Comme cette poudre contient du fucre Sc les femences huileufes de la poudre diatragacanthi frigidi, eile nepeut pas etregardee long-temps quelle ne s'humecTie 6c ne (e rancilfe, c'eft pourquoi je voudrois reformer la compofition en n'y era- ployant ni femences, ni fucre , par la moniere iuivante. Poudre d'itis , reforme'e, Prenez, de V'iris de Florence , une once , Des gotnmes arabic & adragantb , de chaeun t une dragme & demie , De l'amidon, de U regh/fe ratiffee , du magißere de foufre, de chaeun , une dragine. Melez. le toutpur une poudre felon l'art , dont la dofe fera depuis un demi ferupule jufqu'a une demi dragme. R E M A R QJJ E S. Les gommes 6c l'amidon fervent ici a. corriger par leurs parties vifqueufes l'a- crete de L'iris, & pour epaiffir les ferofitez qui tombent du cerveau. Poudre d'trts de Sxlomon , ou compofe'e, Prcnez. de Viru de Florence une once , Des feuilles d'byjfope , de pouillot , & de la regliffe , de chaeun , ßx dragmes , Desfigues > de la cluir de dacle, & des paßules mondex. > de chaeun , trois dragnies & demie t De lagomme adragantb, de l'amidon, de la canelle % dugingembre, dupoivre 3 des amandes douces & des fignons, de chaeun, trois dragmes , Dufiorax rouge calamtte , deux diagmes & un ferupule. lAttes-en une poudre JeLn l'art. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble les racines, les feuilles, le poivre , la canelle: D'une autre part on mettra en poudre le ftorax dans un mortier oint de quelque gouttes d huik d'amande : D'une aurre part on pulverifera l'amidon : D'une autre part la gomme adraganth dans un mortier chaurfe: D'une autre part on pilera dans un mor- ■ Eleftuaire deSalomon co.np^fe. Vertus. Dofc. \jä PHARMACOP E' E tier de marbre , les amandes pelees, les pignons mondez , les raifinS mondez, les dactes mondees de leur peau & de leur noyau , les figues; quaiid la mauere fera bien en pafte , on la paßerapar im tamis decouvert, & Ton en meiere la pulpe avec les Ingrediens pulvenfez, pour faire du tont une poudre ou pliiröt un elecluaire, le raelant avec quarre fois autanr de fucre cuir ou de tniel ecume. Cer electuaire eft propre pour l'afthme , ponr rarefier les phlegmes ou la pituire crafle du cerveau ; la dole en eft depuis une dragme jutqu'a rrois. L'Aureur de cerre compofirion n'y avoit pas bien penie quand il en a voulu faire une poudre , car les amandes, les pignons, les raifins, les dactes & les figues -ne lonr point des matieres qu'on puiffe pulverifer, il faut toujours la reduire en ele- cluaire comme il a ere dir, & arm que les pulpes fe puiflenr tirer plus facilemenr, on humecte avec un peil d'eau les fruits, enles battantpour en faire une pate liquide. Poudre de PUndin , de Mynficht. Vrenez, du fuc de regliffe , & de la terre ßgillee , de ebaeun une once , De laracine deplantain , de ferpentaire, & de tormentille, de ebaeun ßx dragme s ," Dufaffran de Mars afiringent , de la corne de cerf brulee & preparee f de fecorce de grenades t de ebaeun une demie once , De la piere hemmte , de la noix mufeade, des %.eßes d'e'corces d'orange , & dugj- rofle , de ebaeun trois dragmes, Des feuilles de fäuge, duguy de chefne , & des balaufles, de ebaeun deux dragmes, Du magißere de coraux, de la femence de plant am , du. priape de cerf , de ebaeun une dragme & demie t De la tumque Interieure des eßomachs de cocqspreparee-, & du fang-dragon, & de l bypo- ciflis, de chaeun une dragme. Mihi, le tout , &faites-en une poudre tres-fubüle. REM A R QJJ E S. On pulverifera enfemble les racines , les ecorces ', les lemences, les fucs , les feuilles, le guy de chefne , les gyrofles, les balauftes , la mufeade, le priape de cerf Sc les petites peaux interieures des e/lomaciis des poules qu'on aura fair fecher au four : ü'une autre parr on merrra en poudre le fang dragon dans un morrier oinr d'une die: D'une aurre parr la rerre fieillee: D'une autre part on broyera en- eoarc d'luüle: Venus. Dofc. Magiftere de faffran de mais aftringent, d'K Mynficht. femble für le porphyre , la pierre fanguine & le (äff ran de mars aftringent, on rne- lera ces Ingrediens pulverifez avec la corne de cerf preparee 6c le magiftere de coraux , pour faire une poudre qu'on gardera au befoin. Eile eft propre pour forufier l'eftomach, pour aider a la digeftion, pour arreter le piilement de lang , pour 1'incontinence d'urine , pour les cours de ventre, pour les iiemorrkagies •, la dofe en eft depuis un ferupule jufqu'a une dragme dans de l'eau de plantain. L'Auteur de cerre poudre y demande du magiftere de faffran de mars compofe en fa maniere , c'eft propremenr un exrraitde mars tire avec la decootion de tamarinds. faire dans du fuc d'oieille , 8c par-confequent il eft mal appelie magiftere. Mais comme un extrair liquide n'eft pas de confiftence propre a entrer dans la compofirion d'une poudre , je lui ai fubftitue le faffran de mars aftringent , je pre- fereiois lciles coraux iimplement broyez ou preparez au magiftere de corail, parce que jeles-crois plus aftririgents & plus convenable a la qualire de cecre poudre. Le lue de regliffe prepare comme il doit letre , n'eft pas difpofe a ecre mis en poudre , il rendla compofition grumeleufe Sc humide, je voudrois employer en fa place la regliffe. toudre Vertus. Dofe. UNIVERSELLE. ?7? Poudre des trois poivres , de Gallen". Trenendes trois fortes de poivres, de chacun trois onces & une dragme, Dugingembre } desfommitez. de tbymavcc fafl'e'ur, & de U [emence d'anis, de chi* cun une den» once. Faites-en une poudre felon l'art. R E M A R 0_C7 E S. Les trois poivres fönt le poivre noir, le poivre blanc , & le poivre long, on les meJera avec les autres drogues •, & Ton pulverifera le tout fubtüement; on gardera Ja poudre pour s'en fervir au befoin. Elle eft propre pour incifer & rarefier la pituite crafle , pour fortifier l'eftomach, pour en chafler les vents, pour aider a la digeftion ; la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'ä demi dragme , on la prend apres le repas, on peut s'en lervir aufll pour les relachements de la luette, en en appliquant une petite quantite deflus. Poudre polychrefle impe'r'ule , de Mjnßcbt. Trenez, dufucre candi blanc, une demi livre , Du faffran de mars Aperitif, une once & demie , De la [emence de fenouil, de la raclure d'yvoire, de l'os du talon de lievre , des yettn de kochet, dupetit cardamome , du gingembre blanc } de la noix mttfeade, & de la. regliffe , de chacun une once , De la canelle , des cubtbes , de la caffe odorante, du fpicanard, de la racine de pivoine i & de fa [emence , du guy de chefne ,&de la creme de tarne t de chacun demi once, Des magißeres de pierres de carpes & de perles, des yeux d'ecreviffes preparez,, du faffran Orientd , du caßoreum , des ftmences de prßl & d'aehe , dugyrofle, deU myrrhe ) du bois d'aloes , de l'hyffope, & de l'hu'tle d'anis , de chacun deux dragmes 3 Des magißeres de pries & de cor ad reuge, & du macis, de chacun une dragme } Des femlles d'or , quatorz,e. Metex, tont cela & en faltes une poudre tres-ßne. R E M A R O^U E S. On pulverifera enfemble les racines , les bois les ecorces , les femences , les herbes, lesgvrofles, le macis, lecaftor, le faffran, lefpicanard, la mufeade , l'os du talon du lievre, & la raclure d'yvoire ; dune autre part on mettra en poudre enfemble le fucre candi & le cryftal de tartre, d'une autre part la myrrhe ; on melera les ingrediens pulverifez avec les magifteres, & l'on y ajoütera l'huile d'anis en agitant le tout quelque temps dans un mortier , puis les feuilles d'or; on gardera cette poudre pour le befoin. Elle chaffe les vents, eile fortine l'eftomach Sc le cerveau , eile augmente la nie- V« ttt$# moire, eile eft bonne pour l'epilepfie > pour les palpitations, pour l'afthme, pour la melancolie , pour reiifter a la corruption, pour lever les obftru&ions du foye Sc de la ratte, pour l'hvdropifie tympanite, pour arreter le flux hemorrhoidal, pour puriner le lang, pour provoquer les mois aux femmes , pour la gravelle, pour ex- citer l'urine : la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme & demie. Dofe* Polychreftus eft un mot Grec qui fignifie, fervant a pliüieurs ufiges, d a ete adap- te a jufte titre a cette poudre. f Bbb I Vertus. Dofe. 37 S P H A R M A C O P E* E Le fucre n'y eil utile en rien & il eil caufe que la compofition s'humedle quand oö la girde, je voudrois le retrancher. Les magiileres de pierres de perches Sc de carpes fe fönt comme ceux du corail, mais ces preparations detruifent plütot la qualite de ces mixtes, que de les augmen- ter, par les raiions que j'ai dites ailleurs •, je trouve donc qu'on feroit mieux de fe contenter de preparer für le porphyre en la moniere ordinaxre , les perles , les co- raux , les pierres de perches & de carpes. Les feuilles d'or ne fervcnt dans cczze poudre que pour l'embelliilement, car eile ne fe diflolvent point dans le corps, & on les rend comme on les a pnfes. Poudr'e du bns d'aloes , de Mefue. Vrenez. du bois d'aloes & des rofes rouges , de chacun wie once J Dugyrofle y du fpicanard, du mach , de la mix mufcade t des trcchljques de gaüia mofcbata , des cubebes, du grand & petit cardamvme , du maßte , de la canelle , du fouebet, du jonc Odorant , de la Mdoairc , des raciues de benbenblane & rouge , de la feuille indienne, de la foye (Tue , des perles , du corail rouge t du fuccin , des feuilles feehes de citronier, de l'ecoree de citrons , de la femev.ee de bafilic, du füre au , de la mentbe aquatique , de la menthe feebe i du poivre long , du gingembre , de ebaeun denn once , De l'ambre gris, um dragme & demie, Du raufe, un fcrufule. laites-euune poudre , & lagardez, pürfufage. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les bois , les racines , les feuilles, les iemences, les ecorces, la foye ineifee menu, les fleurs, les gyrofles, le /picanard, la mufcade , Sc le macis, d'une autre part onmettra en poudre le maftich dans un mortier humedle de quelques gouttes d'eau rofes, d'une autre part on pulverifera enfemble l'ambre , le mufc & [es trochifques de gaüia mofehata ; d'une autre pavt on broyera enfemble für le fnarbre les perles, Je corail Sc le fuccin jufqu'a ce qu'ils foient en poudre im- palpable - , on melera les Ingrediens pulverifez Sc l'on en fera une poudre qu'on gar- dera au befoin. Elle fortine le cerveau, le cceur 8c l'eftomach , eile remedie aux palpitations da coeur Sc aux fyncopes, eile aide a. la digeftion , eile cornge l'haleine puante, eile excite lafemence •, la dofe en eil depuis demi ferupule jufqu'a deux ferupules. Je voudrois qu'on retranchät de cette defeription plulieurs ingrediens qui fem- blent n'y etre mis que pour arnplifier la compofition Sc pour donner de l'amphafe , pourquoi par exemple mettre ici le grand & le petit cardamome, ne fumroit-il pas d'y employer le grand ? Pourquoi la racine du behen rouge , puifque celle du beben blanc qui vaut mieux y entre ? Pourquoi la menthe aquatique puifque la menthe ordinaire qui eft plus fpiritueufe Sc meilleure y eil mife. La feuille indienne ni la foye crue ne peuvent pas communiquer de grandes ver- tus dans cette poudre , car elies n'en ont guere. Lespedes Sc le corail peuvent ab/brber Sc adoucir les humeurs aeides , s'il s'en rencontte dans le corps enleur pafläge , mais il ne fautpas attendre d'eux une vertu alexitaire teile que les Anciens l'ont imaginee. La feuülede citron eil d'une petite vertu en comparaifon de l'ecorce du fruit, je UNIVERSELLE. _ 379 voudroisretrancher h feiülle & augmenterlccorce •, voici donc corame je ferois d'avis de reformer cette compofition. Poudre de bois d'alocs , reformic. Trcnet, du bois d'dloes , deux onces , Des ro/es rouges , des racines de beben blanc , de l'ecorce de citrons , de la menthe feche, de chacun ttne once } Dugyrofle , du fpicanard , du mach j des cubeles , du grand carditmome , de chacun ßx dragmes , Du maßte, de la canelle , du fouchet , dujonc edorant 3 de Li -Ledome , du fucc'm , de la femence de baßlic , du füre au . du poirre long, dugingembre, de chacun demi-OUe. De l'ambre grls , une dragme , du rmtfc , un ferupule. Faites-en une poudre pour l'ufage. Poudre ßiptique , de CMynßcht. Trenez, de la nature de laleine, une once , de la terreßgilh'e ; demi once , D« bot d'armeme t dufang-dragon , de la pierre hematite , de chacun deux dragmes , Des jeux d'ecrevtffes preparea,, une dragme , De U racine d'angeiique , derbapontic, de la rhubarbc , de chacun une demi dragme. Melez. le tont, &. en faites une poudre feien l'ait- R E M A R Q^U E S, On pulverifera enfemble les crois racines, d'une autre 6aft on mettra en poudre Li terre figillee, le bol ; d'une autre bare on pulverifera le fang-dragon dans un mor- tier oint de quelques gouttes d'huile d'amande ou d'un peu de nature de baieine ; dune autre part on broyera für le porphyre la pierre hematite, on mslera les Ingrediens pulverifez avec les yeux d ecrevifle preparez & la nature de baleine, on agitera le tout quelquetems dans un monier pour faire une poudre qu'on gardera au beloin. Elle eft propre pour les playes qui fe fönt dans le corps, pour les fraiftures, pour arrecer le fang, pour adoucir. La dofe en eil depuis demi ferupule julqua demi dragme dans du vin chaud. Toudre de galanga , de Meßie. Trenez du petit galanga & du bois d'ahes , de chacun ßx dragmes] Du gyrofle 5 du m&cts, &de la femence de levißic, de chacun deux dragmes , Du gtngembre f dupoivre long& blanc , de U canelle 3 du talamus aromatique, de chacun une dragme & demie Des fucs de calament & de menthe, du grand cardamome, du fpicanard, de Lt fementt d'aehe, de fenouil, de carvi &d'anis, de chacun une dragme. Faitts-en une poudre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les racines, 1c bois d'aloes,les femences, la canelle, le fpicanard, le cardamome, les poivres, le macis & les gyroftes; on tirera des fucs <\e menthe & de calament pat expreflion , on les fera epaiffir par un petit feu jüf- qu a confiftence d'extrait, puis on les melera avec les ingrediens pulverifez , pour faire une poudre qu'on gardera au befoin, Bbbij Vertu*. Dofe. 3 8o PHARMACOPE'E Vertus. Elle eft bonne pour rechaufer &C fortifier les eftomachs froids, eile en attentlc les glaires , eile aide a la digeftion , eile chafle les vents, eile excite les mois aux Dofe. femmes. La dofe en eft: depuis demi fcrupule jufqu a deux fcrupules. Eledtuaire L'Auteur de cette compoficion donne le choix de la garder en poudre ou de la de galanga reduire en eledtuaire avec quatre fois autanr de fucre ou de miel; j'eftime qu'il eil plus a propos de la mercre en eledtuaire ä caufe des fucs qui ne conviennenc guere a la compoficion d'une poudre , fi bien epaiffis qu'ils foient. Si l'on veuc garder la compoficion en poudre } il fauc aulieu des fücs de menthe 6c de calamenc, employer les plances feches. Poudre de Balaußcs. Trenez, des balaußes , Jtx dragmes, Des meines de benoite & de fouchet rond, du maßte chotß, de Litene ßgillee , du gy- rofle , du Vernix , de l'ecorce de cttrons , & du rofmarin , de ebaeun demi ov.ee , Des coraux preparez,, du fuccin prepare, des fleurs de pivoine & de rofes reuges } & de Voliban , de ebaeun trois dragmes, J>e la noix nmfca.de , des mjrtüles , de la coriandre preparee s du fantal citrin, du bois de faßafras , & des cubebes , de ebaeun deux dragmes. Melez, le tout, & en faltes um poudre felon Part. REMARQUES, On pulverifera enfemble les bois , les racines, les fleurs , les femences, l'ecorce de cirron , le rofmarin, les gyrofles , les cubebes, les myrrilles & la mufeade: d'une aucre parc on meecra en poudre enfemble le Vernix, l'oliban & le mafticii, d'une aurre parc la cerre figillee ; on melera les Ingrediens pulvenfez avec Je corail & le fuccin preparez , pour faire eine poudre qu'on gardera au be/oin. Ufages. On en applique für la llicure coronale pour fortifier Je cerveau, on en met auffi Poudre J^j j es cucu f es ou bonnets. pour les c *Wk* Poudre de canelle , de Mefue. Trenez, de h canelle cholfie , deux onees & trois dragmes * De la racine de galanga. mineure , fept dragmes r De eelle d'aunee , demi once , Dugingembre t du bois d'alo'e's , de la mix mufeade , du macls , du grand & pettt cardamome , du polvre long & du gjrofle , de ebaeun trois dragmes > Du fäfft an, une dragme , Du mufc oriental, deux ferupules s Du fucre } clnq dragmes. Eaites-en une poudre felon fort. R E M A R Q^XJ E S. On pulverifera enfemble la canelle , le bois d'aloes , les racines, les gyrofles } les cardamomes , la mufeade, le macis , Jepoivre long d'une aucre parc le faffran apres l'avoir faic fecherlenremenc euere deux papiers, d'une aurre parc on mectra en poudre lemufc avec le fucre, on melera les ingrediens pulverifez pour une poi*- dre qu'on gardera au befoin, Dofe. Elecluairs de candic UNIVERSELLE . Elle fortine le coeur & l'eftbmach , eile aide a la cocUon des alimen« , eil» « cue le niouvement du fang* des efpnts , eile donnedela vigueur * ceux qai?n" manqaenr. La dofe en eil depuls dam fcrapule jufqa'ä deox (Lpules. * L Autear de cettc ddcnpnon y demande quinze dragnies de canelle fine & Le fucren'eft poinc utile ici, il rend la ooudre hnmiJ» l r ' it « il feroir a propos'de le retrancher a moins q S e ,™ ,1°/^ C le eft ^ e: cn «äeAuaireavec une quannce fuffi&nce defi^couÄd^ k «^^^ Poudre hemorrhoidale. I _____ Trenez.de la falle farine , une once, Du faffran de Mars , une denn once, Du hl oriemal prSpare, & de laractne de bouülm bhnc , de chacun den* j Deshermodaäes bland qm auront infu/S dans du vinpendant la nun X „*""' ' > > ■fettet., desfleurs de pam champitre , du fucre Ldi blanc dufTnrTTl 1 l'oliban l de chacun une dragme & demie. ' J g '°' a & on & Ae Melez, le tont, & en faites une poudre tres-menue, R E M A R O u E S coqueücoq feches, dune * m pa , a^Z^g™* * ^ * ytrcparc lbfiban & le W-dragon dans un monier onT^trT^T d une aucre part on broyera für le porphyre le faffran de Mar, g i Ullc 5 g^iensreduitscapou^ tr^hne, pour faire une poudre VongorderaauE """ ^^^ tue arrete le Hux des hemmorrhoides , & e\\e rrf™,, ^u ■ r erant appliquee deffus> on la mele dans un b^dW& 1W?^ ^?' Vc <^ etoupes. ' on etcnd Ia P at e für des Po»d» de bouillon blanc , ^ Myndcht. Prenez. des feuilles de bou'dlon blanc vertet r? „„„ , J enfuite cene mauere nnre , ^nLli^^^J^Z '""»*"• °^ cette poudre noire une once, P J ' ' ' a P r " ceU P*™^ d* De ia rbubarhe clmfie t deux dragmes. MiltiMes &faites-en une poudre trh-fine. R E M A R Q^U E S v«jux Bbb U J Venus. Dofe. Vettus. Dofe. Elefluaire decala- menc. 5S1 PHARM ACOPE'E Poudre d'ambre, de Mefue'. Trenez, de la'canelle , du doronic > du macis , dugjrofle, de la mix mufcade } de U feuille indunne , du pettt galanga , de cbacun trois dragmes , Du fantal citrin, du höh d'aloet , & du poivre long, de cbacun deux dragmes t Du gingembre , une dragme & demie t Du fpicanard , du grand '&pettt cardamome } de cbacun une dragme t De l'ambre , quatre fcrupules , Du mufc , une demi dragme. Taites-en une poudre. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble les cardamomes, le fpicanard , les racines ,lesbois, les femences , le poivre long , le malabatrum , la mufcade , le macis, les gyrofles & k canelle", d'une autre parc on mettra enfemble en poudre le mufc ßc l'ambre •, on me- lera les ingrediens pulverifez Sc Ton en fera une poudre qu'on gardera dans unvafe de verre bien bouche. Elle eft propre,pour fortifier le cerveau, le coeur & l'eftomach ; eile aide a la digeftion , eile excite la femence, eile refifte a la malignite des humeurs ; La dofe en eft depuis demi fcrupale jufqu a deux fcrupules. Poudre de calament ^ de Ni r . Alex. Trencz. du calament de montagne t du po'üdlut , du poivre noir , des femences de fefcli de Marfeille, & de perjil de ll.%ced.oine , de cbacun trois dragmes & deux fcrupules , Du levifik, deux dragmes & unfcrupule , De Vammi , de Vanis , des fommitez, de thbn , de la canelle , du glngembre , de cbacun deux fcrupules , de Li femence dache t im fcrupule. Taites-cn une poudre felon l'art. R E M A R Q^V E S. On pulverifera toutes les drogues enfemble , Sc l'on gardera la poudre. Elle eft: cepbaVvque Sc ftomachale , eile excite les mois aux femmes, eile chaffe les vents, eile refifte a. la malignite des humeurs. La dofe en eft depuis demi fcra- pule jufqu'a deux fcrupules. On peut aufli la reduire en electuaire, la melant dans quatre fois autant de mid ecumc, ou de fucre cuit en eau de calament. Poudre d'artis , de Mefue. Trenez.de la femence d'anis, deux onces & demie, De la regltjje ratißee , & du maßic, de cbacun une once , Des femences de carvi & defenouil, du macis } du petit galanga , du glngembre , & de la canelle t de cbacun cinq dragmes , Des trois fortes de poivre , du calament de montagne , du pyretbre & de la caffe edo- rante , de cbacun deux dragmes , Du grtnd cardamome, dugyrofle } des cubebes, dufaffran Orient al & du fpicanard , de. cbacun une dragme & demie , Du fucre blanc, deux dragmes. laites-en une poudre felon l'art", UNIVERSELLE. R E AI A R Q^V E S. 3*5 Onpulverifera feparement le friere Sc le maftich , on mettra en poudre enfemble tourcs Jes autres drogues , on meiera les Ingrediens pulverifez, Sc l'on en feraune poudre qu'on gardera au befoin. Elle rarehe & diflipe lcs cruditez de l'eitomacri, eile aide a la digeftion , eile Venus, chafle les venrs, eile excite les menfeties. La dofe en eft depuis unfcrupulc jufqu'a Dofe. une dragme. Onpeut auffilareduireeneledaairelamelant avec une quantirx fuffifante de Hiiel ecumc ou de fucre. . Je voudrois retrancher de cette poudre la pyrechre a caufe de fon acrete bru- lante, le caflia lignea puifqu'il y entre de la canelle, le gingembre puifqu'il y a du poivre, ou le poivre puifqu'il y a du gingembre ; car ces deux drogues enfemble Font trop d'apretc. Le fpicanard donne un tres-mauvais gout ä cecte poudre qui dcit etre agreable, afin qu'on en puiife prendre apres le repas comme une poudre digeftive. Lelucre rend la poudre agreable au gout , mais il la fak humecLer quand on la garde , il vaudroic mieux le rerrancher de la compofition , Sc en nieler dans cha- que dofe a mefure qu'on voudroit en prendre. Poudre Arom.ttique de gyt'oße , de Mefue'. Prenez, du gjroße , fept dragmes , Des ro/es rouges feparees de leurs onglets , une dem'i once , De la reglijje ratiffee , & des troebifques degallia mofebata ,de cbacun deux dragmes, Du macis , de h racine de z,edoaire , du petit galanga , du fantal citrin , des troebifques diarrbodon t de la canelle, du bois d'aloes , du fpicanard , du poivre long , de Yambre gris t & dugrand cardamome , de cbacun une dragme , De lafeuille indienne & des cubebes , de cbacun deux ferupules , Du mufc oriental ,un demi ferupule. laites-enunepeudre felon l'art. R E M A R QJU E S. On pulverifera routes les drogues enfemble excepte le mufc Sc l'ambre gris qu'on mettra en poudre a part, on meiera les ingtediens pulverifez. Sc l'on fera une poudre qu'on gardera au befoin. Elle fortifie le cerveau , le cceur Sc 1'eftomacK, eile atrete le vomiflement, eile Vertag, «Hflipe les vents, eile refifte a la malignite des humeurs. La dofe en eft depuis demi Dofc> ferupule jufqu'a deux ferupules. Poudre coidiale, d'Jlex. Trenez. des per les preparees , desgrenats preparez., du fpode prepare, de la canelle , ie U racine de tormentille , & du hol d'armeme , de cbacun trois dragmes De U terre ßgillee , deux dragmes & deux ferupules } Destms fantaux ) de U raclure d'poire&d'unicorne , de cbacun deux dragmes , Des bjttcintbespreparees , des faphyrspreparsz. , des coraux preparez,, du juccin blanc prepare , du bois d'aloes , des meines de valeriane, de diäame blanc } & de z*edoaire> de ibacun une dragme , Vertus. Dole. Venus. Dofc. 5S4 PHARM ACOPE'E De la foje crue , de la r achte de beben blanc & rouge , de chactin deux fcrupula j De l'os du cceur de cerf , une dem dragme , De i'ambre gris , & du mufc , de chaeun dixgrains , Cinq feuilles d'or. Tahes-en une poudre felonl'art. R E M A R 0_U E S. On pulverifera enfemble les bois, les racines, les rafures d'yvoire Sc d'unicorne» l'os de cceur de cerf, la foye crue incifee menu & la canelle ; d'une autre part 011 mcttra en poudre enfemble la terre figillee & le bol, d'une autre part le mufc &C I'ambre , on melera les Ingrediens pulverifez avec les pierres pretieufes, les perles , k corail, le fpode, le luccin prepare & les feuilles d'or , pour faire une poudre qu'on gardera au beioin. Elle eft bonne contre les fievres malignes , eile refifte a. la pouriture, eile fortifie le cceur & l'eftomach , ellearrete les coursde ventre. La dofe en eft depuis demi fcrupulejulqu'a. deux ferupules. Cette poudre a beaueoup de rapport avec celle de la confe&ion d'hyacinthe •, on pourroit la reduire en tlectuaire la melant avec fix ou fept fois autant de fyrop d'ceillet. On pourroit preparer une partie de cette poudre fans mufc ni ambre pour les femmes, aufquelles ces odeurs ne conviennent pas. Poudre de gingembre , de Nie. Prenez* du gingembre , dugalanga, de la rhttbarbe, du gyrofle, de la canelle t de U mix mufeade, des grains de paradis , dupoivre long , du macis, du cardamome, du fpica-indica, des rofes rouges, de chaeun cinq dragmes } Des pignons mondex, , une demi ence , Des pißacbes , deux dragmes , Des femences d'anis & de fenouil, de lareglijfe raüffec, & du faffran } de chaeun demi dragme. Faites-en une poudre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera toutesles drogues enfemble excepte les pignons & les piflacfies qu'on pilcra dans un mortier de marbre jufqu'a. ce qu'ils foient en päte , puis on les demelera avec les Ingrediens pulverifez, pour en faire une poudre qu'on gardera au befoin. Elle fortifie l'eftomach , eile aide a. ladigeftion, eile cbaffeles vents. La dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'a deux ferupules- Les pignons & les piftaches rendent cenc poudre grafle & en etat de fe rancit bientot fi on la garde , je ferois d'avis qu'on les retranchät. Poudre de coflns , de Mefue, Vrenez, du coflus blanc aromatique amer, de la cafje odorante 3 &dela canelle, dß cbticun emq dragmes, De l'afArum , une demi once ' Des femences i'nebe & d'anis t du Jone odormt[& de la rhttbarbe , de chaeun trois (irapnes, Dlt UNIVERSELLE. 3 S$ i>« faffran } de l'arißoloche ronde , & de la myrrhe , de cbacun deux dragmes. Faites-en une poudre felon l'art.j REMARQUES» On pulverifera la myrrhe feparemenr & toutes les autrcs drogues enfemble , on ttielerale tout & Ton gardera la poudre pour s'en fervir au befoin. Elle eft bonne pour lever les obftrudtions du foye &: de la matrice , pour exciter Vertus; les mois aux femmes, pour chafler les vents ; la doic en eft depuis demi fcrupule juf- Defei qn'a deux fcrupules. Poudre prefervative , de Valdi CordL Trenez. du bol d'armente prepare' t & de U terreßgillee , de cbacuntms dragmes ; Des femences d'ofetile , d'endive, & de coriandre , de U racine de termentllle , de Vc~ corce de citrons, de cbacun une dragme & demie t Des trois [amaux , du diäame blatte , de cbacun une dragme , Des penides & du fucre candi t de tbaeun deux fcrupules t Des per les & des cor aux blanc & rouge , du fuccin , de la r achtre d'yvoire , du fpode prepare, de t'os du coeur de cerf ou de lauf, des racines de beben blanc & rouge j de doronic , & de ■uedoaire, du cardamome , du macts , du bois d'aloes , de la caffe odorante , dufaffran , & de la canelle 3 de cbacun une demi dragme ; Des pierres Semeraude, d'byacinthe & de grenats, de la foye crue coupee b'ten menue j des fleurs de nenupbar , de buglofe , & de rofes rouges , de cbacun un fcrupule , 2?u camfbre, feptgrains, du mufc Oriental & de l'ambrc , de chaeun trois grains^ faites-en une poudre que yous garderei, pouriufage. R E M A R OJJ E S. On pulverifera enfemble les femences, les bois, les racines, les feuilies, les fleurs, les raclures, Tos de coeur de cerf, les ecorces, lafoye ineifee bienmenu; d'une autre part on merrra en poudre enfemble le bol, la terre flgillee , le camphre ; d'une autre part le mufc , l'ambre Sc Sc les fucres , on broyera für le porphyre les coraux, les perles , le fuccin Sc les pierres pretieufes : on mclera les ingrediens pulverifes avec le fpode ou yvoire brüle prepare , Sc Ton fera une poudre qu'on gardera dans un vafe de verre bienbouche» Elle preferve de la pefte , du mauvais air, & de toutes les autres maladies conta- gieufes ; la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqua deux fcrupules. On peut reduire cette poudre en tablettes avec une quantite fufhTante de fucre. On pourroit fans faire de tort ä cette compafveion en rettaneber le bol, la terre figillee, les perles , les coraux , le fpode , les pierres pretieufes, ce fönt toutes ma- tieies alkalines , qui ne peuvent produire ici aueun eftet: on a befoin d'ingrediens remplis de parties volatiles •, la foye n'y fert de rien non plus , & eile eft compofee de filaments qui donnent beaueoup de peine ä pulverifer : le fucre candi Sc les penides s'humeäent Sc rendent la poudre comme en pate , il eft bon de les retraa-» eher, voiei comme je voudrois reformer cette defeription, Poudre prefervative , re'forme'e. Vrenet, des racines de tormennlle , de diäame , de beben blanc , d'angelique \ & de f-edoaire , de chaeunes demi once , Dts frw fmaux, du fuccin, de U raclure d'ypoire, de tos dyi coeur de cerf } del'i- Vercus,- Dof?« :85 P H A R M A C O P E' E corce de citrons > de la canelle , de cbacun troisdragmes } Du macis , du cardamome , de la femence d'ofeille , de coriandre & des rofes , de chd>* cun deux dragmes j du faffran , une dragme j du camphre } fept grains > De l'ambre gns & du mufc d'orient } de cbacun troisgrams, imes-en une poudre. Noms des trochifques, Sief. C H A P I T R E Des Trochifques. V I I. P-cids. T^ ROCU1SCÜS eftunmotGrec qui hgnifie Rotule , on l'appelle aufll Tlacetnu- la , feu orbis, feu orbiculus , feu parvus panis , feu pafldlus : Ce dernier nom eft appropne ä une efpece de trochifques qu'on jette dans le fea pour en recevoir une odeur agreable Sc qui corrige la mahgnite de l'air : les Arabes ont donne le nom de lief aux trochifques fervants aux maladies des yeux. Les trochifques en general fönt des compoiitions feches compofees deplufieurs medicamens pulverifes & incorpores avec du vin, ou avec des eaux diftillees, ou avec des fucs, ou avec des mucüages, ou avec des pulpes , ou avec des fyrops en une confiftence affez folide. On pile bien la malle dans un mortier,afin que tout s'u- nilTe exa&ement, & on la divife en petits morceaux aufquels on donne la figure qu'on veut rantor longuette , tantot quarree , tantot triängulaire, tantot ronde 8c platte , tantot en petits grains •, on les met enfuite lecher pour les pouYoir garder fans qu'ils fe moififfent. Tro hifques d'a'handxL Trenez, de la coloquinte blanche t legere feparee de fes grains, ce que vous voudrez,* Coupez,-la bien mcnu, pms l'arrofez. de quelques goutes d'hiale d'amandes douces, ejr la redmfet. en poudre ; & de cette poudre mcorporee avec le mucilage de gemme adra- gantb vous en ferez* une maße, & de cette majfe des trochifques, que vous feret. fecher a l'ombre. Les trochifques etant bienfecs , veus les ptlerez* de nouveau , & puis veus les incorporerez. dans un nouveau mucilage de gomme aaraganthUont vous formerei, de nou~ veaux trochifques qui feront fe'chez. conme les premiers , puis gar-dez, pour l'u/age. • R E M A R g_U E S. On aurades pommes de coloquintes des plus Manches & des plus legeres, on les ouvrira, on les mondera de leuts grains, on les coupera le plus menu qu'on pourra avec des eileaux , on les arrofera d'huile d'amandedouce cv on les frottera enrre les mains pour faire penetrer l'huüe, & pour ernpecher qa'elles ne s'exhalaK trop hors du mortier quand on les pilera : on les pul venfera fubtilemeiit , on mettra la poudre en mile avec une quantite fufrifante de mucilage de gomme adraganthjon diviiera cette malle en troctulques ou en petits morceaux qu'on mettra für im tamis pour les . faire lecher a l'ombre ; quand lls feront fecs on les reduira en poudre fubtiie 6c avec ce qu'il faudra de mucilage de gomme adraganth, on enfbnnerade nouveaux trochifques qu'on fera fecher comme devantpour les garder. * Une hvre de leize onces de bdlle coloquinte rend ordinairement cinq onces de chair oupulpepnvee de fcs pepms:cette chair etanr pulveafee pefe quatre onces &c demi dragme -,.onen forme des trochifques comme il a ete dit, qui etant fechstE exaÄement pefenc quatre onces 3 & demie* UNIVERSELLE. ? 8 7 Ils fönt fort purgatifs, ils purgent principalement lapimire crafle 8c les au.res kumeurs größeres; on les donne pour 1 apoplexie, pour lalethargie, pour l'hydro- pifie , pour pro voquer les mois aux femraes; la dofe en eft depuis deux gtaitts juf. qu'a demi fcrupule en pilules. Alhandal eft un nom Arabe qui fignifie la coloquinte. Ce qu'on appelle chair ou pulpe de coloquince , n'eft que la coloquinte privc'c de fesgrains. Le mucilage de gomme adraganth eft employe ici non-feuleraent pour reduire la poudre en une conliftence propre a erre formee en trochifques, mais auili pour adou- cir 8c pour corriger l'acrece de la coloquinte , ce mucilage par fes parties rameufes ou glutineufes , He les pointes des ich du mixte , modere leur mouvement, 8c empeche la trop grande imprellion qu'ils pourroienr faire für les membranes inte- rieures des vifeeres, c'eft auffi afin qu'il entre davantage de ce mucilage dansks tro- chitques, qu'on les fait fecher & qu'on les pulverife pour les former de nouveau avec du mucilage. Mefue demande pour faire ces trochifques des mucilages de gomme adraganth, de gomme arabique 8c de bdellium , mais comme la gomme adraganth eft la plus mucilagineufe 8c h plus propre a adoucir la coloquinte , on trouve a propos de Pemployer feule. Des Trochifques cL'ag&ric. Prenez, du gingembre blatte b'ien concaffe, deux dragmes* Taites-le infufer afroid pendant 24 heures dansquntre onces de vin blanc. Coupez- le enfuite , puts prenez. de l'agaric bien choiß& pulverife . une dem livre. Humeclez.-U avec la hqueur fufdite pour en faire une tnajfe folide dont on puiffe former des trochifques qui feront fechei. a l'ombre. R E M A R Q^U E S. On mettra infufer a froid pendant vingt-quatre heures dans le vin blanc , le gingembre monde de fon ecorce 8c concaffe , ptiis on le coulera , on rapera 8c l'on mettra en poudre, de l'agaric le plus blanc & le plus leger qu'on pourra rrouver,on Je reduira en päte folide dans un mortier avec ce qu'il faudra de l'infuilon du gingembre coulee , on formera de cette päte des trochifques qu'on mettra fecher a J'ombre , ils purgent principalement la pituite du cerveau , on les donne aux apo- Vertus. plecTriques , aux paralitiques, aux lethargiques, la dofe en eft depuis un fcrupule D 0 [ e , jufqu a une dragme. Il faut premierementraper l'agaric afin qu'il fe mette en poudre plus facilement, car il eft dirTicile delepulverifer , fi on le met en moveeaux dansle mortier. Le gingembre a toüjours pafle pour le correctif de l'agaric, c'eft pour certe raifon qu'on le fait entret dans ces trochifques; nous voyons meine que Mefue 8c les Auteurs qui Tont fuivi demandent qu'on humecle par rrois diverfes fois l'agaric avec Pinfufion du gingembre, le deflechant 8c le pulvenfant a chaque fois excepte ä la derniere , avant que de le former en trochifques, afin de l'empreindre autant qu'il fe peut de la fubftance du correctif', les Apoticaires n'obfervent guere cette derniere methode : premierement parce qu'on a reconu par experience que ce gingembre ne produit rien dans l'agaric , 8c que celui qui en eft empreint n'agit pas mieux que celui qui ne 1'eft point; en fecond lieu, parce que ces hume&ations qu'on fait avecl'infufion de gingembre donnent aux trochifques une couleur brune noirä- tre qui empeche qu'on n'y reconnoifle celle de l'agaric , 8c qui fait croire a ceux C cci; Corredtlu de l'Aga- ric Autre cor- reftion de l'Agarjc. E prit de vitriol iac. 10- Dulci/ica- tiond I'ef- prit de vi- trioL Vertus de l'efprit de virriol rofat. Vertus Dofe. Diagrede lolar, 5 8Sf PHARMAfiOPn qui ne fönt point inftruits de cette circonftance qu'on a employe de rnechant agarl«? pour Ies faire. Cetre derniereconfideration fait que plufieurs pteparenr leurs trochifques d'agaric fans gingembre, employant feulement de boa vin blanc pour les former , alorj ils fönt blancs. Mais j'eftime que les trochifques d'agaric fönt une preparation inutile , puifqne l'agaric en fon etat naturelproduit d'aufli bons effets , llfuffit de bien choifir cette drogue avant que de l'employer, & fi Ton veut lui donner quelque correctif, le fei armoniac lui conviendra mieux qu'aucun autre ; car non-feulenient A attenuera fa fubitance purgative l'empechant d'exciter des tranchees dans les vifceres.mais par fön fei penetrant & volatil il lui donnera plus d'adtion pour s elever au cerveau &z pour y diffoudre la pituire grofliere ; la dole qu'on en peut donner eft demi feru- pule für chaque prife d'agaric. Trochifques de diagrede rofat , de Mynßcht. Trenez, de V efprit de vitriol dulciße , trois ences , Des rofes rostiges deffechees , une dragme & demie. Faites-les infufer jufqu'a ce que t efprit devienne rouge; junf.ltret.-le par le papief gris & vous aurez* l'efprit de vitriol rofat: Apres cela jcrvez.-vous de cet efprit pour diffoudre Li feammonee cru'ecn forme de pulte ;fecbez*-U enfuite & reiteret, jufqu'a trois fois cette Operation; apres quoi vouspetnrez, la pate avec unptlon enduit d'huile d'aman- des douces , & vous y a/outerez, ce qu'il faudra de fyrop de rojes folutif, pour en former une maße que vom reduiret. en trochifques avec les builes difidlees de rofes & de eanelle, R E M A R Q^U E S. Pour dulcifier l'efprit de vitriol on le mele avec un poids egal d'efprit de vin , & on les fait circuler dans un matras de rencontre pendant vingt-quatre heures für un petit feu , puis on garde la hqueur , c'eft l'efprit de vitriol dalciRc. On rnettra infufer une dragme Sc demie de rofes rouges feches dans trois onces de cet efprit jufqu'a ce qu'il le foit fait une reinture bien rouge, on filtrera alors 1'infufion , & i'on aura l'eipnt de vitriol rofat. L'efprit de vitriol dolciüefs chargefacilementdelateinturedes rofes, &ilse- tend & la releve ü bien quelle paroit plus eclatante en couleur que les rofes meines.- Cet efprit de vitriol rofat eft propre pour arreter les cours de ventre , le vomifTe - ment, le crachemeiu de fang •, il tempere les ardeurs de la fievre & il defairere fort bien, on en met dans une liqueur appropriee jufqu a une agreable aeidite. On mettra en poudre fubtile teile quantite qu'on voudra de feammonee, dans un mortier de verre , on l'incorporera avec ce qu'il faudra d'efprit de vitriol rofat pour en faire une päte liquide qu'on mettra enfuite fecher au Soleil ou a un petit feu, on remettra en poudre h malfe , on la rehumectera avec le meme e/prit commc devant & on la fera fecher , an reiterera a la mettre en poudre , a l'humecter & as Ja faire fecher , puis on la reduira en poudre fubtile dans un mortier oint de quelques gourres d'huile d'amande douce de peur quelle ne s'y attache; on la corpori- fiera en päredure avec une quantite fufhf mte de fyrop de rofepale , pour en former des trochifques avec les doigts oints d'huiles diftiliees de rofe & de canelle, puis on les fera fecher. Ils purgentleshumeurs bilieufes fans tranchees ; la dofe en efi depuis fix grains jufqu'a vingt. Teilte cette grande preparation qu'on peut appellcr Diagrede rofat, n'a ete inven- UNIVERSELLE. 3 8 ? tee que pour corriger par un aftringent la fcammonee, mais cctte gomme n a rien en foi qui deiiiande derre corrige , on peut fans fcrupule l'employer en fon erat naturel. Ainfi j'eftime cette compofiticn aflez inutile. Trochifques de rhubarbe. Trettez, de la mellleure rhubarbe, quinz.e gratns ; des amandes douces, une demionc** "Des rofes rouges , trois dragmes >• du fpuanard, des racines de garence & d'afarum \ desfemences d'acbe & d'anis & de Ugrande abjtnthe 3 de cbacun une dragme. Faites de toutes ces drogues des trocfnfques avec le fuc d'eupatoire epaijji en conß~ fience de m'iel 3 & les faites fethcr a l'ombre, R E M A R QJJ E S. On pulverifera cnfemble la rhubarbe , les rofes, le fpicanard, le rubiales fernen- ces , l'abhnthe , 6c l'afarum , on pilera dans un mortier de marbre les amandes pe> Ices jufqu'a ce qu'elles foie« en pate , l'on y melera les poudres Sc avec une funSfan- te quantite de lue d'aigremome epailli für le feu, jufqu'a confiftence de miel, on fera une mafle affez fohde qu'on formera en petits trochifques , öc on les mettra fecher a l'ombre. On s'en fert pour les obftru&ions du foy , du mefentere, de la ratte ,. pour les Verdis, cours de venrre, ils purgent tres-doucement en reflerrant ; la dofe en eft depuiaun n 0 r e> ." ierupole jufqu'a quarre. Les amandes fe melent difficilement dans la poudre Sc dies empechent la liaifon de la mafle, je ferois d'avis qu'on mift en leur place une dragme de gomme adra- ganth donr on feroit du mucilage avec le fuc d'aigremoine pour faire la mafl~; des trochifques , ils fe durciroient faGilement en fechant Sc ils fe conferveroienc tan? qu'on voudroit fans s'humecter.- Trochifques de violettes , de Nie. Alex 1 . Trenez, des flenn de violettes nouvellement cueillies & mondees , cmq dragmes'} " De l'amidon , trois dragmes; de la femence de pavot bhnc , deux dragmes & un fern* pule ; de Celle de plantain , une dragme ; de la meilleure rhubarbe, on a fon defauf, de l'huile de gjrofle , ou de celle de ?ioix mufeade t un ferupule , De reau de rofes ce qu'il enfaudra,- Taites-en des trochifques felon Vart, R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble la rhubarbe Sc les femences, d'une autre part on mtttra en poudre feparementi'amidon y on melera les Ingrediens pulverifez : on battra dans un mortier de marbre les fleurs de violettes nouvellement cueillies Sc mondees juf-- qua ce qu'elles foient en pulpe, puls on y melera les poudres 6c le verkable bäume ou ä fon defaut l'huile de gyrofle ou celle de mufeade, 6c ce qu'il raudra d'eau de rofes pour en faire une malle aflez folide dont on formera des trochifques. Ils lächent un peu ie ventre r ils adouciilent Ja bilc , ils temperent la chaleur des Vettas, entrailles 6c ils les fortifient ; la dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a quarre feru- d^ pules. Ces trochifques fe trouvent decrits dans quelques Pharmacopees ious le nom de trochifei diam t vel diavi % c'eft a dire trochifques de violettes, ils fönt fort peu en ufage. Trochifques de violettes foluttfs , de Harnec« fnntt. desfleurs de violettes feches ,Jix dragnies; Du turbith , dem once Dufutderegliffe, de la feammmee preparee & de la manne, de cbacun deux dragmes«- Dufyrop roßt folutif „ ce qu'il enfaudra. fahes-en des trochifques felon Vart, Ccc üj Trochifques de violettes. Vertus. Dofe. Venus. Dofe. 390 PHARMACOPE'E R E M A R Q^V E S. On pulverifera enfemble les violertes feches, le turbirh & le fuc de re^liue , d'une autrc parc on mettra en poudre le diagrede dans im mortier oint de deux ° ouc- tes d'hiule d'amande douce , on choilira ia manne Ia plus nerte , on l'ecrafera biet» dans un mortier , Öc onla reduira en pafte liquide avec ce qu'il faudra de fyrop vio- lat purgatif, puis on y incorporera les poudres pour faire une mafle qu'on battra quelque temps pour donner une liaifon aux drogues, & Ton en formera des trochif- ques qu'on fera fccher. Ils puigent le pituite & la bile; la dofe en eft depuisderni fcrupule jufqu'ä* deur fcrupules. On pourroit fubftituer aux fleurs de violettes, la femence de violettes qui eft plus purgative. Trochifques d'eupatoire , de Meßte. Trenez. de la manne , une once ; Des rofes rauges , une denn once Dufpode i trois dragmes & demie; du fpicanard > trois dragmes , De la medleure rhubarbe , de l'afarum , & de Ia femence d'anis , de cbacun deux dragmes. Eaites de tout cela une maffe avec le fuc d'eupatoire epaijß en conßßence de miel , apres quoi vous en formerei, des trochifques felon l'art. R E M A R Q^V E S. On pulverifera enfemble les rofes, le fpicanard , la rhubarbe, l'afarum & l'anis. D'une autre part on broyera le fpode ou y voire calcine, pour le reduire en poudre jmpalpable : on tirera par expreflion environ deux onces de (uc d'aigremoine, on y fera fondre für un peu de feu la manne , on coulera la diüolution , & on ia fera e- paifllr en confiftence de miel, on y melera exaetement les poudres , Sc Ton fera une mafle dont on formera des trochifques lelon l'art, Ils fönt propres pour le ver les obftructions du foye & de la ratte •, on s'en fert dans la jaunifle ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. La faclure dy voire feroit de plus grande vertu dans cette compoiition, que l'y- voire calcine , car eile contient du fei volatil 6c de 1'huile dont l'yvoire brüle a ere* .depouille par la cakmation. Ces trochifques ont beaueoup de rapport avec ceux de rhubarbe. Trochifques d'anis, de Mefue. Prenet. de la femence d'anis t de l'atoes fucemin & du fuc d'aigremoine epaijß, de chaeun deux dragmes , De la femence d'anetb, des amandes ameres t du fpicanard , du maßic, dumacis r des feinlies dVbJtnthefeche , des raetnes d'ajarum & d'aehe , de chaeun une demi dragme. Avec ce quil faudra de fuc d'abßnthe epaijß , faites de toutes ces drogues des tro- ehij'jues felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les femences, les feuilles, les racincs, les amandes ameres qu'on aura pelees, le fpicanard 6c le macis,d'une autre part on mettra en poudre enfemble l'aloes &c le maftich, on tirera par exprefiion les fucs , & Ton fera cpaiffir celuy d'aigremoine jufqu'en confiftence d'excrait, 011 le melera avec les UNIVERSELLE. 391 poudres , & Ton a/outera ce qu'il faudra de fuc d'abfinthe pour faire une malte dont on formera des trochifques , & on les fera fecher. Us fönt propres pour chailer & pour diiffper les vents, pour forcifier l'eftomach , pour rarcfier les humeurs froides & vifqueufes, pour les obftru&ions du fbye & de la rarte, ils purgent doucement; la dofe en eil depuis demi dragme jufqu a une dragme & dejnie. Ces trochifques fönt compofez d'ingrediens & deüägreables au goüt qu'il feroic comine impoffible de les faire prendre en potion , on fera bien de les donner en bol ou en pilules au malade, il eft bon meme de s'en fervir comme des pilules gourman- des, immediatcmcnt avant le repas , afin que lalfment emoufie les pointes du fei de l'aloes, & empeche les tranchees qu il pourroit caufer dans l'eftomach , mais ces rrochifques fönt fort peu en ufage. Les amandes rendenr la poudre trop grafle , ce qui peut empccher en quclque raaniere la liaifon exacle de la mafTe, je trouverois a propos qu'on mift en lear place un poids egal de gomme adraganth, la cornpofition en auroitplus de corps Sc ces rrochifques en feroient plus durs öc plus en etat detregardez. Trochifques d'e'pithyme. Prenez, de Vepitbymc & du turbith , de chacun dix dragmes , Du fagapenum , cinq dragmes , du camphre , une dragme. Pulverifex. le tout, & avec le mucilage de gomme adraganth prepare dam Fe au de meliffe, faites-en une maße dont vous formertz, des trochifques felon l'art. X E M A R Q^U E S. On pulverifera e'nfemble le turbith , lepithyme & le fagapenum : d'une autre part on mettra en poudre le camphre dans un monier mouiile au fond de deux 011 trois gouttes d'efprit de vin, onmelera les poudres, & on les reduira en maße avec ce qu'il faudra de mucilage de gomme adraganth prepare en eau de meliffe, on formera de cette malle, des rrochifques que Ion fera lechera I'ombre. Ils fönt purgatifs & propres pour la colique venteufe , pour la goutte feiatique , pour purger les jointures, pour exciter les mois aux femmes , pour abbacre les va- pears ; la dofe en eil depuis demi dragme jufqu'a deux dragmes» Il n'y a que le turbith d^ purgatif dans ces trochilques, les autres drogues y fönt mifespourluy aider apenetrerlesobflruclions , lepithyme & le turbith lont place»- entre les remedes arthritiejues ou qui vont aux jointures, parce qu'ctant fecs, ils demeurent long- temps dans le corps, & iLs oat le loiiir de le diftribuer aux parties les plus eloignees. On pourroit a au/Ii Jude titre appeller cette cornpofition trochifques de turbith r que trochifques d'epirhyme, puifqu'il y entre egalemenr de Tun Sc de lautre. Trochifques d'alkekenge , de Meßte. Vrenez, du bol d'armenie , de Li gomme arab'ujue, de l'encens , du fang-dragou * Du fuc de regliffe , de la gomme adraganth , des amandes amtrts t des ptgnvns, df l'amidon , & de la femence de pavot blanc , de chacunßx dragmes, De> femences de courge, de melon & de citroudle , de chacun trois dragmes & demte , Des biyes d'alkekenge s trois dragmei , Des femences d'aehe ,& de jujqmamt blanc ,du fuccin, dt l'opium , de ckaeun den» dtaguies. Vertus. Dofe. Vertus. Dofo ift PHARMACOPE'E AH motendufuc d'alkekenge epaiffi, fattes-en des trochifques ftkn farti R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le fuccin, les alkekenges fechcs, i'opium, les femences' d'ache & de jufquiame , dune autre part on mettra en poudre enfemble le bol Sc l'a- midon , dune autre on pulverifera enfemble dans un mortier chauffe , les gommes adraganth Sc arabique ; d'une autre part le fang-dragon Sc l'encerK : on mettra enfemble dans un mortier de marbre , les amandes pelees, les pignons mondez , les femences de pavot, de citrouille, de courge Sc de melon mondees , on les battra jufqu'a ce que tout foit bien en pafte, on y melera alors les poudres: on fera diffou- dre für un petit feu, dans une ecuelle de terre verniffee le fuc de reglifle, avec ce qu'il faudra de fuc d'alkekenge tire par expreffion , puis on y melera les poudres : on battra le melange dans un mortier pour en faire une pafte dont on formeta des trochifques qu'on mettra fecher au foleil. Vertus. Ils fönt eftimez pour les ulceres des reins Sc de la veffie , pour la diffurie, pout' Dofe. l e piffement de fang, ils excitent le dormir •■, la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a deux fcrupules. Les amandes, les pignons, les femences de citrouille, de pavot, de courge Sc de melon etant des matieres fort huileufes, elles empechent que la maffe ne prenne la liaifon qu'elle doit avoir pour qu'on en puifTe former aifement des trochilques, je ferois d'avis qu'on les retranchaft de la compfition, &c qu'on fift la dofe des trochifques plus petite a propottion a caufe de I'opium, ou bien qu'on diminuaft I'opium de demi dragme. Les alkekenges qui donnent le nom 4 ces trochifques y fönt trop epargnez, on pourroit (ans fcrupule en augmenter la quantite, voici comme je voudrois reformei" Ja defcription. Trochifques cfalkekenge reforme{, Trenez, desbayes d'alkekenge feckes , deux onces , Du bol d'armenie, de Taliban, du fang-dragon, de la, gomme arabique } du fuc de regliffe , du maßic, du fuccin , & de Tamtdon , de chacun une once , De U gomme adraganth , fix dragmes, Des femences de jufquhme, de taliärum & de plantain, de cbacun trois dragmes l De I'opium , deux dragmes , Du fei de faturne , un fcrupule. De toutes ces drogues incorporees avec le mucilage de gomme adraganth tire avec le fuc d'alkekenge vous enferez, des trochifques felon Tan , dont la dofe fera depuis un demi fcrupule jufqu'a deux. Trochifques de terre figdle'e , de Mefue. Trenez. de la terre figillee , du bol d'armenie , de la pierre bematite, du corail rouge* du fuccin , de la corne de cerf brulee , des trochifques de ramich, dn fpode , de Vdmi- don roti , de la gomme arabique , du fang-dragon , du vrai acacia, de Thypocifiis , du fuc tire des feuiiles de cißus t & a fm dejaut, doublen la dofe de l'hypocißis , de To« üb an, du (affran , des balaufles , des rofes rouges , des femences de rofes & de pour* per roties , des gratns de grenades , des noix de cyvres , de chacun deux dragmes ■ D'. ie UNIVERSELLE. $ 9$ Heia, femence depavot noir t de Ugomme adraganth & des pries, de cbaeutt une dra* gme & demie. De toutes ces droguesmelees avec le fuc de plantain , formcu-en des trochifques que vous ferei^fecber a l'ombre , & que vous referverez, pour l'ufage. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble les femences , les noix de cypres, les fleurs, les trochif- ues de ramich , I'acacia & l'hypociftis •, d'une autre part on mcttra en poudre en- InbJelebol, la tcrrefigülec öc l'amidonun peu rotifür le feu, on broyera für le porphyre les perles , le corail, la piere hemarke ou fänguine, lefuccin, le fpode ou y voire "brule & ia corne de cerr calcinee jufqu a ce qu'ils foient en poudre im- palpable ; d'une autre part on pulverifera enfemble le fang-dragon, l'oliban , & la gomme arab^que qu on aura auparavanr torrefiee ou dellechee für le feu, on meierst toutes ces poudres & l'on en fera une maße avec un mucilage qu on aura prepare de la gomme adraganth dans le fuc ou dans l'eau diftillee de plantain : on battra cette mafle quelque tems dans un mortier, & Von en formera des trochifques qu on fera fecher a l'ombre, Ilsfont propres pour le crachement de fang & pour les autres hemorragies. La dofe en eft depuis un ferupuie jufqu a une dragme. On les applique auili für les playes exterieures pour en arreter le fang. P.lufieurs Difpenfanes ajoutent dans cette defeription une dragme d'opium , ce que je trouve fort a. propos. Qioique les Ingrediens qui entrent dans la compofition de ces trochifques foient tous aftringents 6c convenabies pour les maladies oü l'on les employe : on peut dire que 1' Auteur s'eft trop etendu , & qu'il auroit pu faire un remede d'une vertu pour le moins auffi grande , en fe reftraignant dans les drogues les plus effencielles. Yoici Comme je voudrois abreger cette compofition. Trochifques de terre ßgille'e , reforme's. Vrenez. de la terre ßgillee , deitx onces , De la pierre hemmte , du fuccin , du cor all prepare , du fpode , de l'amidon, du did- phoretique mineral, des noix de cjpres , de I'acacia , de l hjpociflis , de la gomme Arabique , des balaujles , des rofes rouges , de U femence de pavot, de l'ex trau de Mars aßrtngent , de chaeun demi-once , De l'opium t une dragme, du jel de faturne , une denn dragme. Taites en des trochifques avec une fußfante quanüte de mucilage de gomme adraganth t'v e dans l'eau de plantain, dont la do(e fera depuis un demi ferupule jufqu'a deux. Iru bi i q es j-t tim cto , ac Mejue, Prenez, des ftas d'ofeille o« de coings , feiz^e onces, Des fucs t e bayes de rnyrte , quatre onces , & de verjus fept dragmes, Taites bratllir unpeu dans ces jucs des mix de galles recentes&bienpilees } trois onces» Des bayes de myrte cmcalfees , deux onces , J)es ro(es rouges . une once. Mtttez, enfuite dans la colature la poudre fuivante , Le Ugomme arabique , une once & demie > Du ftntal citrin , dtx dragmes Des rofes tauges , du fumac & du fpode , de chaeun une once, 5 D dd Vertuj; Doie. 394 PHARMACOPE'E Du bois d'aloes , du gyrofle , du macis , de la mix mufcade , de chacun quatre dvagmti". Apres ceU expofei. le tout au foleil dans un vaiffeau de terre verntße; puisfaites fe-, eher ce melange , pi!ez.-le tres-menu &le rendei* en poudre impalpable. Enfin avec quatre ferupules de campbre y & une fuffifante quantite d'eau de rofes > faites-endes treebifques qtie vous ferex, feeber a l'ombre. Quelques-uns parfument cette compo/ttton avec dix-huit grains de mufc. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le fantal, les rofes, le fumach , le bois d'aloes , les gv- rofles, le macis & la mufcade ; d'une autiepart on metrra en poudre la gomme arä- bique dans un raortier chauffe ; d'une aurre part on broyera le fpode ou yvoire brule für le porphyre , on melera les poudres enfemble. Ontirerapar expreffion les lucs d'ofeille , de verjus, de bayes demyrte , onfe- ra boüilLir quelque tems dans ces lucs les noix. de cypres & les bayes de myrre bien concalfees &: les rofes rouges , on coulera la decodtion avec forte expreilion, on y difloudra les poudres, on mettra la diflblution dans une ecueile ou un plat de terre vernifle , & on l'expofera au foleil jufqu'a ce qu'elle fe foit evaporee ou deflechee en confiftence folide, alors on lareduira en poudre , on la melera avec le camphre auffi pulverile , on reduira le melange en malle avec ce qu'il faudra d'eau de rofe, & Ton en formera des troclufques qu'on mettra fecher a l'ombre. Quelques-uns ajoutent dans la compofnion dix-huit grains de mufc pour la parfumer. Vertus. Ces trochifques fortihent 1'eftomacli ,le cceur & le foye , ils appaifent le cholera Dofe. morbus, ils arretentles hemorrhagies. La dofe en eft depuis un ferupule jufqu'a une dragme. Ramich , Ramich eft un mot arabe qu'on croit venir par corruption de rumex qu iignific d'ou vient ofedleoucoing. On peut pour abreger la preparation de ces trochi/ques, faire evaporer la deco- ction dans une ecueile de terre verniflee, ju/qii a conhftence de miel ■, puis on y cor- porifierales poudres & le camphre pour faire une maile dont on formera les trochifques , car il ne fax a rien de faire deflecher le melange comme demande l'Au- teur , pour enfuite le rehumetter avec l'eau de rofe. Les fucs d'ofeille, de myrte & le verjus etant chargez de leurs propres fubftances ne fönt guere en etat de recevok celles des myrtilles , des rofes ik des noix de cypres qu'on fait bouillir dedans, on pourroit fe difpenier de faire cette decoction en employant les ingrediens qui la compofent, dans la poudre on pourroit meine retrancher les fucs de bayes de myrte & le verjus , & faire la compolition en la raa- niere fuivante. 7rochlfqu.es de ramich, reformes. Prenez. des noix de cypres , des bayes de myrte, & de la gomme arabique, de chacun une once ejr de mie , Des rofes rouges & du fantat citrin, de ebaeun dix dragmes , Du fumac & de U raclure d'yvoire , de ebaeun une once , Du bois d'aloes , des gyrofles, du macis , de la noix mufcade } de chaeun demi-once , Du campbre , quatre ferupules. Que toutes ces drogues foient pilees y melees & incorporees avec le fuc d'ofeille epai/ji en mid t pour en faire une majfe dont on formera des tmbifques fehnl'art. UNIVERSELLE, W Doft. Trochifques de viperes ou therUcsux, Trene^ des troncs des foyes & des coeurs de viperes deffecbez, , ce cjiie vous en voudrez.. Metten-les enpoudre fubtile , pu'ts avec une fuffifante quantite de mudlagedc gomme adraganth preparee avec le vind'E/pagne , faites-en des trochijques que vous ferex. fecber a l'ombre &quc vous oindrez. enfuite avec quelque peu de haume du Perou. R E M A R Q_U E S. On aura des viperes bien nouries & des plus vigoureufes , on en coupera la tete, on les ecorchera, on en feparera les entrailles, on metrra fecher les troncs, les foyes & les cceur, les atcachant (eparement a des ficeiles Sc les per.danr au plancher t on les coupera enfuite par petits morceaux , Sc on les metrra enfemble en poudre fubtile , on reduira la poudre en päte dure dans un mortier de marbre, avec une quantite fuffifante de mucilage de gomme adtaganth preparc dans du vin d'Efpagne, puis on en formera des trochifques qu'on fera fecher a l'ombre , & afin de ieur donner une bonne odeur Sc d'empecher que les vers ne s'y engendrent, on les oindra de quelques gouttes de bäume du Perou. Ces trochifques fönt propres contre routes les maladies ou il y a de la rnalignitc , Vertust ils chafTent par tranfpiration les mauvaifes humeurs, ils refiftent a la pouriture, ils purifient le fang, Sc ils retabliflent les forces •, la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqua unedragme. Ces trochifques de vipere fönt differents de ceux d'Andromaque qui fe trouvent dectits dans prefque rous les Difpenfaires, mais ils doivent leur etre preferez, car ils fönt beaucoup meüleurs. Les Anciens croyant que la vipere confervoit fon venin apr^c fa mort, fe fönt appliquez aurant qu ils ont pii a corriger cette pretendue malignite: pour y par- venir ils demandent dans leurs defcriptions que ces animaux foient premierement flagellez dans une baffine chaude pour les irriter Sc pour exciter leur venin a couler vers les extremitez, qu'enfuite on ieur coupe la tete deux doigts au deflous, Sc la 1 uej , V1 " queue deux doigts au deflus, qu'on cn fepare la peau, la graifle & les entrailles, anciens. qu'on fade cuire les troncs avec de l'eau falee & de l'aneth, qu'on detache la chair cuite d'avec les arreftes, 8c que für huit onces de cette chair bien pilee dans un mortier de marbre , on mele deux onces de pain fec Sc pulvcrife fubtilement pour faire une päte dont on forme des trochifques: Mais les viperes etant mortes il ne leur refte aucun venin comme on a reconnupar une infinite d'experiences , ainfi les gran- des Sc longues prepararions des Anciens a cet egard, fönt non feulement inutiles, mais elles fönt diffipetee qu'ils y a de'plus effentiel dans Vanimal, car premierement en flagellant les viperes Vivantes dans unebalfine chaude , Sc en les irritant, il y a bien de 1'apparence que la colere ou l'on les met, fair exhaler par leurs pores ou par leur gueule, une partie de leurs efprits qui fönt aurant de diminution a la vertu qu'on doit retirer de leur chair : En fecond lieu la codtion qu'on donne a la vipere la faifanr bouillir long-temps dans de l'eau , la prive de ces prineipes adtifs Sc vo- ktils, de meme que les viandes dont on a fait le bouillon des malades fönt privees de ce qu'elles avoient de meilleur 8c de plus favoureux. En troifieme lieu le pain fec qu'on ajoute a cette chair prefqu'infipide l'adou- cit encore beaucoup , Sc il y predomine tellement quand les trochifques fönt fecs, qu'il y auroit plus ce lieu d'appeller cette preparation troclnfques de pa n , que trochifques de vipere. Ddd i) Trochif- / Trochifques de vi- per des Arciens reiormez. 3 9 de la marjolaine & du marum , de chacun demi-once ; du maflic deux dragmes. Taites-en des trochifques avec le vin de malvoijit, R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble les racines, les bois , les feuilles, le fchamanthe, le fpi- canard Sc Pamomum, d'une autre part le faffran apres l'avoir fair fecher par une Iente chaleur entre deux papiers; d'une autre part la myrrhe dans un monier huile au fand; d'une autre part lemaftich dans un monier humecte aufond d'une goutte d'eau. On demelera en premier lieu dans un monier de marbre , le faffran avec trois ou quatre cuillerees de vin d'Efpagne , afin d'etendve fa couleur, on y melera enfuitc les autres poudres & le veritable bäume, ou ä fon defaut Vhiüle de mufcade qu'on aura üquefiee, onbattra bien le melange, & Ton y ajoutera ce qu'il faudra encore UNIVERSELLE. *97 pecite mar- Dofe. de vln d'Efpagne pour faire une pafte (iure dont on formera des trochifques qu'on mettra fecher a l'ombre. Ils fonr propres contre la pefte &c contre toutes les autres maladies malignes, ils Vertus refiftenc aux mauvaifes humeurs les chaffänt par tranfpitation, ils entrent dans la theriaque; la dofe en eil depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Galien rapporre cetre compofition en vers hexametres fous le nom de magmx hedjocbroon; c'eft a dire pafte de belle couleur , a caufe du fafiran qui y entre Au defaut du verkable marum qui eft rare, on peut fubftituer ici la petit iolnine & en mettre le double. Comme ces trochifques ne fönt guerc ufitez que dans la theriaque, on ne les pre- pare pas fouvent, mais quand on compofe la theriaque , l'on y fait entrer les ingre- diens de cette defcription en une proportion convenable fans fe donner une peine inutile de les prcparer en trochifques. Trochifques de Jcilte. Trenez* des fc'illes envelopees de pate & cuites au four , une livre , Des meines de diäame blanc fubtilement pulverifees , huit onees t Melez,-les enfemble , & en fAltes une maße dont vom formerei- des trochifques qui feront feebez. a l'ombre. $. E M A TL QJU E S, On enveloppera des oignons de fcille chaeun feparement avec de la pafte ordi- naire ä. l'epaifieur d'un travers de doigt, on les mettra cuire au four dun Boulanger auffi long-temps que le gros pain , puis les ayant retires , on en feparera la pafte cuite , les feuilles rouges de deifus , & ce qui peut y etre de racines , on battra les feuilles blanches cuites dans un mortier de marbre avec un pilon de bois, & Ton en paffera la pulpe par un tamis : On pefera cette pulpe, & für chaque livre onme- lera exaetement dans le meme morner huit onces de raeme de diclame fubtilemenc pulveriiee , puis on en formera des trochifques qu'on fera fecher a l'ombre. Ils fönt alexitaires & propres a ineifer & a detacher les humeurs vifqueufes du cer- Veau & de la poitrine : On s'en fert pour 1'Apoplexie , pour l'Epilepfie, pour 1'Afth- me , ils entrent dans la theriaque ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a deux. On recherche ordinairement les oignons de fcille blancs, comme les meilleurs a etre employez dans cette compofition. On les entoure de pafte avant que de les mettre dans le four , afin qu'ils feeuifent dans leur propre fuefans qu'ilfe raffe beaueoup de diffipation de leur iubftance volatile •, cette coetion les amollit en forte qu'on en !>eut tirer la pulpe , Sc eile adoucit leur acrete , parce quelle emoufle les pointes de eur fei. Il n'eft pas vrai que la croute ou la pafte cuite qu'on retire d'aurour des oignons de fcilles foit un poifon, comme plii/ieurs le croyent, car les animaux en mangenc fans qu'il leur en arrive aueun aeeident. Onfepareles premie.es lamines de la fcille , parce qu'elles fönt ordinairement fales & roties, on ne prend que la partie molle. Les Auteurs recommandent d'en re- jetter le cceur, mais je n'en voy pas de raifon, & je le croy auffi bon que le refte. Les Modernes onr fort a. propos change la farine d'oiobeque les Anciens em- ployoient dans la compofirion de ces trochifques , en la racine de diftame pulveri- fee, laquelle a incomparrblement plus de vörriu _ Onn'employe guere les trochifques de fcille que dans la compofition de la theriaque •, je aouve qu'il eft aflez muule de les prcparer, car on pourvoi: fe contencex Ddd iij Vertus. Dofe. Vertus. Dofe. Cyphi. j>? PHARMACOPE'E de meler le fuc ou la pulpe de la fcille dans la theriaque, corame a fort bien rcmar- que Zuvelfer dans la Pharmacopee Auguftane. Trochifques odorans , de Damocrxtes. Vrenet. de la pulpe de raijins paffe'e pur un tamis, de la terebenthine de cjpre , de cbacun trois onces, De la myrrhe choiße & du jene odorant, de chaeun une once & demle. Du caUmus aromaüque , neuf dragmes , De la canelle , une dem once , Des bayes de genievre, du bdellium , de la cajjc odorant e } du fauchet t du nard-indique, de chaeun trois dragmes , De l'ajpalat, deux dragmes & demie ~ Vufaffran, une dragme. Avec du bon vin & du tniel, faites-en des trochifques felon l'art. R E M A R Q_U E S. On pulverifera fubtilement enfemblc Pafpalath, la canelle , le caflia lignea , le Cyperus, le Calamüs aromaticus, le Sclucnanthe, les bayes de genievre , le fpica- nard & le laffran ; d'une aurre parr on mettra en poudre enfemble dans un mortier oint de quelques gouttesd'liuile de genievre, le bdellium, & la myrrbe, onmele- ra les poudres. On monderales raifins de damas de leurs pepins, on les battra bien dans un mortier de marbre, les arrofant d'un peu de vin & de miel ecume pour les reduire en pä- te, on les paflera par un tamis & l'on melerala pulpe avec la terebenthine & les poudres , on battra bien le tout enfemble, & s'il manquoit de l'humidite pour reduire le melange cn päte, on y ajoüieroit un peu de vin & de miel ecume. Onrormera de cet- te päte des trochifques qu'on fera fecher a l'ombre pouries garder au befoin. On les eftime propres pour les ulceres du poulmon & du foye , pour les rhuma- tifines , pour refifter ä la malignire des humeurs, pour la pefte , &c pour les au- tres maiadies epidemiques. La dofe en eft depuis un ferupule jufqu'a une dragme. On en fait aum des parfums en tems de contagion. Cyphi eft un mot Arabe qui fignifie odorant. Les anciens Pretres Egyptiens fe fervoient de ces trochifques pour parfumer leurs Dieux. Andromaque, Damocrate, le Roi Mithridate furent les premiers qui les mirent dans l'ufage de la medecine, ils entrent dans la compofirion du mithridat. Trochifques alexitetes , ott contre U peße. Prenez. des racines d'angelique > trois dragmes , De Celles de tormentille, d'iris de Elorenee, de z*edoaire , de Vecorce de citren fe che ,' de ebaeunes deux dragmes , Du gingembre , de la coriandre t & des rofes rouges , de chaeun une dragme , Du nucis , de la canelle , & du gjrofle , de chaeun demi dragme , De l'extrait de genievre , ce qu'il enfaut. Iaites-en des trochifques felon l'art, R E M A R Q^U E S. On mettra en poudre fubtile enfemble tous les Ingrediens fecs, & l'on reduira la poudre en une päte aflez dure avec ce qu'il faudra d'extrait de genievre > UNIVERSELLE. 3 5>9 pour en former des trochifques qu'on fera fecher ä l'cmbre. r Ils fönt propres non-feulement pour la pefte , mais pour toutes les maladies oü Vertus. il y a de Ja malignite , ils fervent de prefervatif coijtre le mauvais air. La dofe en D 0 f e . £ft depuis un fcrupule jufqu a une dragme. Trochifques d'un me'lange mufque. Vrenez. du labdanum tres-pur , treis onces , D« fljrax calamite > une once detnie , du benjoin , une once , Du bois d'aloes , deux dragmes t de fambregris, une dragme, Du mtifc oriental, denn fcrupule ; Puis avec une fuffifante quantitedegomme adraganth preparee avec l'eatt de rofes » faltes des trochifques qui ferout feebez. a l'ombre. R E M A R O^U E S. On pulverifera feparement le bois d'aloes ; on mettra en poudre enfemble le ben- join , le ftorax 5c le labdanum; d'unc autre part le mufc & l'ambre: on melera les poudres , Sc on les corporifiera en päre folide avec une quantite fuffifante de muci- tage de gomme adraganth faire en eau de rofe, pour en former des trochifques qu'on fera fecher a l'ombre. Ils fortirient le cerveau , l'eftomach , le foye , ils retabliflent les forces , ils refi- Vertusi ftent a la malignire de l'air. La dofe en eft depuis un demi fcrupule jufqu a un feru- Dofe. pule: on s'en lerr aulli dans les parfums. On raelc ordinairement demi dragme de camphre dans la compofition de ces trochifques; mais l'odeur defagreable de cette drogue ne convient guere avec les Aromates dont les trochifques fönt compolez. Aüpta mofehata , fignifie melange mufque. Trochifques de gallia. mofehata- , de Mefue. Trenez, du meilleur bois d'aloes , c'inq dragmes , De l'ambre gr'is, trois dragmes ; du mufc oriental, une dragme. Faites-en des trochifques avec le mucilage de gomme adraganth prepare avec VeAtL de rofes , puis les faltes fecher a l'ombre. R E M A R 0_V E S. Ort pulverifera fubtilement le bois d'aloes en particulier , & Ton metrra en poudre enfemble le mufc & l'ambre dans un monier oint au fond d'un peu d'huile de mufeade. On melera les poudres & on les reduira en pate folide avec une quantite fuffifante de mucilage de gomme adraganth tiree en eau de rofes ; on formera de cette päte des trochifques qu'on fera fecher a l'ombre enrre deux papiers. "Ils forrifient le cerveau, le casur & l'effomach , ils reparenr les forces abatues , Vertus» ils arretent le vomiflement. La dofe en eft depuis huir grains jufqu'a un fcrupule. Dofe- Onpeut aufli s'en fervir encauolette , avec un peu d'eaude fleur d'orange pour en parfumer la chambre & les habirs. Le nom de Gallia que Mefue a donne a cette compofition, vient apparemmenr de ce que les Medecins des Gaules s'en fervoient de fon tems. Trochifques odorans , de Neu. ?rm% de fmbre gris , demi once, du hu d'aloes, une dragme & dem?] 400 PHARMACOPFE Da tnufc t ßx gra'ins , du camphre , un gram. " Vulven fez, ces drogues & les melez. } puis avec une fuffifante quantite de liquidum' bar , fattes-en une maße dont vcusfurmerez. des troihtfques qui feront fecbes a l'ombre. E R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtiiement en particulicr le bois d'aloes; d'une autre part on metrra en poudre enfemble l'ambre gns, le mufc Sc le camphre. On melera les poudres & avec une quantite fuffifante de liquidambar, on fera une päte alTez fo- lide de iaquelle on forme ra de petites paftilles ou trochifques , qu'on fera fecher ä l'ombre entre deux papiers. Vertus. Ils ont la meine vertu que les trochifques de gallia mofchata , mais ils agiflent Vok, avec plus de force. La dofe en eft depuis fix grains jufqu'a vingt. Ces trois dernieres preparanons ne doivent point etre employees a l'ufage des femmes, d caufes des odeurs qui pouroient leur caufer des vapeurs hyfteriques. Trochifques h mettre f„us la lan t gue en tems d pette, Trenez, des r acute sd'angelique , de pimpernelle , & de z.edo#ire , demi ence , De U femi nee d'ang lique , & de l'ecorce de citrvns jeebe de chaeun une dragme , Dufucre blatte , feit onces. Fattes-ett des trochifques avec la gomme adraganth preparee d.ins l'eaa de rojes. R E M A R Qjü E S. On pulverifera le fucre feparement & les autres drogues enfemble , on melera les poudres & on les incorporera avec une quantite fuffifante de mucilage de gomme adraganth fait en eau rofe , pour faire une päte folide dont onfonnera des trochifques. Ils refiftent au mauvais air , on les laifTe fondre dans Ja bouche. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a quatre fcrupules. On peut ajouter dans la compofition de ces trochifques pour leur donner une odeur agreable, de j'ambregris quarre grains , du mute deux grains Sc de la civette un grain. Trochifques de bois d'aloes. Trenez, du bois d'aloes & desrofes rouges , de chaeun deux dragmes , Du maßte, de la canelle , du gyrofie , du fpicanard, de la mix mufcade 5 de la femence de panets, dugrand cardamome & du peut t des cubebes, des trochijques de gallia mofchata , de l'ecorce de citron feche & du macis , de chaeun une dragme & demie , De l'ambre gns & du mufc , de chaeun demi fcrupule. Avec une fuffifante quantite de miel de ratßns t faites-en des trochifques, & les faites fecher a l'ombre. R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble le mufc & l'ambre ; d'une autre part on mettra en poudre le refle des drogues enfemble, onmeiera les poudres de on les corpo-ifiera avec une quantite fuffifante de miel de raifins , pour en faire une päte dure dont on formera des trochifques. Ils fönt propres pou: fortifier Peflomach Sc le cceur, pour aider a la digeftion , pour refifter ala malignite des humeurs entems de pelle. La dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a deux fcrupules. Comme Veitus. Dofe. Vertus. Dofe. UNIVERSELLE, "* 4Gl •Gomme ccs trochifques prennent leur nom du bois d'alocs,on dcvroit cn cmployer davantage qu'ü n'y en a daos la defcription •, je ferois d'avis qu'on en mit une once au lieu de deux dragmes: mnis paice que celui qu'on tirouve chez les Droguiftes eft or- dinairement falnrie , on peut fubftituer fort a. propos en fa place le fancal citrin. Le miel de railins eft propre pour aflembler les poudres en une mafle; mais com- rae il recoit facilement l'humidite de I'airyles trochifques s'humedtent quand on les garde >j'aimerois mieux corporifier les poudres avec du mucilage de gomme adra- ganrh tire dans la decodtion de railins, les trochifques s'en conlerveroient mieux > car la. gomme adraganth les endurciroit 8c ils ne s'humedteroient pas: ce petit chan- gement ne diminueroit en rien leur vertu , car il ne faut pas s'imaginer que la petite quantite de miel qu'on employe pour reduire cette poudre en päte, lui dornte une qualite bien confiderable. Tlechifques dixi-hodon. Vrenex. des rofes rotiges feparees de leurs onglets , «ne once , De la mehre d'hyvoire , du farital citrin & rouge , & de la regliffe rapee , de chACnn trois dragmes. Du maßte eboiß, deux dragmes. Du faffran , une dragme. Du campbre, dou-Le grains. De l'eau-rofe , fujfifament. Faites-en des trochifques qui feror.t fechez, x Vomhre. R E M A R Q_U fi S. On pulverifera enfemble les rofes rouges apres les avoir mondees de leurs onglets ou parties blanches, la raclure d'yvoire, les fantaux, la reglifle & le faffran; d'une autre part, on mettra en poudre le maftich dans un monier humedte d'une goutte d'eau; d'une autre part le camphre j on melera les poudres & on les corpo- ririera en une mafle folid jlide avec ce qu'il faudra d'eau rofe pour en former des tro- :a au befoin , apres les avoir fait fecher a l'ombre. chifques qu'on gardera Ils lonc eftimez propre pour fortifier le cceur, l'eftomach Sc ic foye , pour arre- ter la difenterie' Sc les autres cours de ventre. La dofe en eft depuis un ferupule jufqu'ä quarre. De tous les fantaux le citrin eft le plus odorant 8c le meiileur , c'eft pourquoi je voudrois le doubler ici 8c retrancher le rouge, le camphre donne une odeur defa- greable ä la compofnion. L'eau-rofe feule n eft pas capable de bien corporifier les poudres,elle les lie mal, Sc les trochifques deviennent en fechant trop friablcs: pour remedier a cet aeeident il faut fe fervir du mucilage de Gomme adraganth fait en eau de rofe, il donnera beanconp plus de coips a la compofition. Voici donc comme je voudrois reformer ces trochifques. Trochifques dia.rhod.on reforme\. Trenez, des rofes rouges feparees de teurs onglets , une once , Dm fantal citrin , fix dragmes } D« bois de rofes & de la, raclure d'jvoire , de chaeun trois dragmes, Du maflic choiß, deux dragmes, Du faffran , une dragme. Pulverifez. tes drogues , & avec une fuffifante quantite de mucilage de gomme a puis on y melera les poudres & on la reduira en päte folide avec une quantke fuf- fitante du mucilage de plyllium fait en eau de rofe , on en formera des trochif- ques qu'on mettra fecher pour les garder au befoin. Les Auteurs les recommandent dans les fievres ardentes, pour temperer l'ardeur■ Vertus. de la bile Sc du fang , pour la phtifie & pour la fievre hectique > mais leur plus fre- quent ufage eil pour les vapeurs &c pour les aucres maladies hyfteriques j la dofe en Dofe. eft depuis im fcrupule julqu a deux t on en mele auffi dans les lavemens depuis demi | dragme jufqua deux dragmes. Ces trochifques fe trouvent differemment decrits dans les Difpenfaires, mais aucune des defcriptions ne doit guere contenter; on y trouve du purgatif , de l'af- trigent, du fortiflant t du rafraichiflant, du coagulant, de l'hyfterique , de l'a- peritif, du pectoral. Il femble qu'on ait fait un atTemblage d'ingrediens fans choix , je ne m'appli- querai donc pas a corriger cette defcription, j'en ferai une autre qui iera plus coa- yenable a la vertu du camphre pour calmer les vapeurs hyfteriques. Trochifques de Camphre reforme ^. Vrenet, da camphre, une oncs , De la myrrbe , de l'ajja-fatida & du caßoreum, de chacun detni-onc* , Du fpicanard , trois dragmes, du faffran , une dragme , De l'opium , demi-fcrupule , de l'buile de fuccin , hui't gsuttes. Pulverifez,& melez, ces drogues, & avec une fuffifante quantite de gomme adra- ganth üree avec l'eau de matricaire , faites-en des trochifques felon l'art, dont U dofe fera depuis un demi fcrupule jufqu a une dragme. Trochifques hyßeriques. Vrencz. de Vaffa-fatida & du galbanum , de chacun deux dragmes & demie , De la myrrbe , deux dragmes, du caßoreum } une dragme & demie , De Ufarum , de la fabine, de Vmßolocbe , de l'berbe au cbat, de la matricaire, de chacun deux dragmes, du dtttame , une demi-dragme. Faites-en des trochifques felon l'art avec la decoä.on ou le fuc de rhue. R E M A R £_U E S. On pulverifera enfemble le caftor, l'afarum, la fabine, l'ariftoloche, le nepeta s " la matricaire 8c le di&ame; d'une autre part on mettra en poudre enfemble dans un Eeey Vertus» Dofc. Verais. Cofc.. 404 PHARM ACOPE-E mortier oint de quelques gourtes d'huile de Karr.be , l'afia-fcetida, Ia myrrhe & le galbanum qu'on aura choiii en 1 armes > on melera les poudres & avec une quantite f uihfante de fuc ou de decoction de rhue, on les corporifiera en mafle folide, pour en former des trochifques qu'on mettra (echer a l'ombre. Ils fönt propres pour abattre les vapeurs hyfteriques, pour provoquer les mois aux femmes, pour les paies couleurs , pour faire fortir l'arriere-fais apres l'accou- chemenc La dofe. en cit depuis un fcrupule jufqua deux. Trochifques de myrrhe. Trenez. de la mjrrbe choiße , & des lupins feiet. t de chaeun c'inq dragmes , Des ftuilles feches de rhue , de mentbe , de pouillot Royal , de diäamede Crete , de la femence de cumin , de la racine de garence t de l'affa-foetida , du fagapenum , de Vo- ■pepanax , de ebaeun deux dragmes. Avec le fuc d'armoife ou de rhue epaiffien muciUge , faites-en des trochifques ft- hnl'ait. fc E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les lupins mondez de leur ecorce, la racine de garence la femence de cumin & lesfeuilles; dune aucre part on mettra en poudre entemble les gommes, on melera les poudres, de on les corporifiera avec le fuc d'armoife ou de ruhe, pour en faire une maße folide dont on fonnera des trochifques qu'on fera fecher a l'ombre. En cas que quelques unes de ces gommes qui entrent dans cette compofition fe trouvaffent trop molles pour etre mites en poudre, on les reduira en päte les bat- rant dans un mortier de bronze affez long-tems, & les hume&ant avec un peu de fuc epaifli, puis on les melera avec le reite. Ces rrochifques provoquent les mois aux femmes , ils facilirenr faecouchement & la fortie de Farnere-fais t ils abatent les vapeurs. La doCe en eil depuis un fcrupule jufqu'a. une dragme. Ces trochifques onr ete invenrezpar Rhafis, mais les deferiptions qui enont ete donnees depuis celle de cet aureur , y ont augmente de deux dragmes le poids de la myrrhe, & y ont äjoute la femence de cumin Sc le diitame , ce qui ne peut produire qu'un bon effet dans la compofition. Les lupins mefemblentbien inutiles dans cette preparation , je ferois d'avis qu'on les en rechanchät. Le principal effet de tous les trochifques hyfteriques, vient de ce que par Jeurs parties (ubtiles, ils rarefient le fang epais 6c groflier qui caufoit des obftrti&ions dans les petits vaiffeaux de la matrice. Trochifques de Bdellium , d y Avicenne.. Trenez. desrofes rouges t dix dragmes, Du bdellium , trois dragmes. Du fpicanard , deux dragmes , \ Des amandes ameres & du coflus, de chaeun une dragme & demie , De la tnjrrhe & du maflieb , de chaeun une dragme. Diffolvez, le bdellium & la myrrhe. dans du vin , & en formet, des trochifques.- R E M A R 0_17 E S. On pulverifera enfemble les rofes, le fpicanard , les amandes 8c le coftus •, d'unc autre part on mettra en poudre le maftich, on melera les poudres > on difibudra B UNIVERSELLE. 40J dans du vin furun pecicfeu le bdellium & la myrrhe, on coulerala dilTolution, 8c on la fera evaporer jufqu a confiftence de miel, puis on y melera les poudres pour faire une malfe folide dont on formera des trochifques, & on les mettra fecher a I'ombre. Ils fonc eftimez propres pour ies obftrudtions 8c pour la duretc du foye, ils for- tifient l'eftomach> ils aident a la digeftion. La dofe en eft depuis un fcrupule jufqu a une dragme. Comme ces trochifques prennent le nom de bdellium, on devroit y en faire en- trer une plus grande quantite. Les rofes rouges qui fönt puremenc aftringentes ne conviennent guere dans une compofition aperitive 8c relolvante , je voudrois mettre en leur place des yeux d'ecrevilTes preparez &c du faffran de mars aperitif. Les amandes ameres rendent la poudre tröp grafle , elles ne donnenr guere de rertu , 8c elles empechent une exa&e liaifon de la raffe, je ferois d avis qu'on les. retranchät, & qu'on mit en leur place le fublirrie doux > voiei donc comme je voudrois reformer ces trochiques. Trochifques de Bdellium fefofme^.. Trenez. du bdellium, une once & demie , De la myrrhe , du nard-indique , dueoflus, du maßieb , du faffran de mars aperitif, de chaeun une dragme & demie , Du mercure doux & du maßieb , de chaeun une dragme. Pulverifez. ces drogues & les melez,; puisavec une fuffi/"ante quantite de mucilage de gomme preparee, aveclev'mblanc , faites-en une muffe dont vous formerez. des trochifques. Leur dofe fera depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. R E M A R Q_U E S. Il faut prendre ces trochifques en pilules a caufe du fublime doux qui y entre. Vertus» Dole* Trochifques de femences , de Gxlten. Trenez, des femences d'aehe 3 d'ammi, demi-once,, D'anis & de fenouil, de chaeun deux dragmes , De l'opium & de lapulpe de caffe nouvellement tiree , de chaeun une dragme.. Eormez.-en des trochifques , avec une fuffifante quantite'd'eau de pluye. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfembleles femences, on battra long-tems l'opium , ou plüroc fbn extrait avec la cafle nouvellement extraire & un peti d'eau de pluye : quandils feront exaetement liez 8c unis enfemble, on y melera la poudre des femences, pour du tout en faire une maife folide qu'on formera en trochifques. Ils fönt propres pour calmer toutes lortes de douleurs, pour exciter le fommeil, pour arreter les hemorrhagies. La dofe en eft depuis üx grains jufqu a un ferupule. On a nomme ces trochifques diafpermaton > a caufe des femences qu'ils con- tiennent. Cette compofition me paroit mal imaginee, il y entre du carminatif, du purga- tif, Sc dufomnifere, de plus la pulpe de cafTe rend ces trochifques toujours humides. Je voudrois la retrancher & reformer la defeription en la maniere fuivante.. E e e iij, Vertu* Dofe, Vertus. Dofc 40S PHARMACOPE'E Trochifques de femences refofme^. Prenei. des femences d'ache & d'ammi, de cbacune demi-once , He Celles d'anis & de fenouil, de chacune deux dragmes, De l'extrait d'opium , une dragme. Mettet^-les en poudre & les melet. avec une fufßfante quantite de mucllage de gomme adraganth , tire avec l'eau de pluye , faites-en une maße pour en fortner des trochifques. Trochifques de Capprier. Trenei.de l'ecorce de racine de capprier& de la femence d'agnus caßus , de chacune Jix dragmes; de la gomme ammoniac , demi-once , Des amendes ameres pelees, de la femence de nielle & de creffon , des fommltez. de calament, des racines d'aeorus vrai, d'arißoloche ronde , de ftuchet , des feuilles feebes de rhue & de fcolopendre , de cbacune deux dragmes , Du fuc d'eupatoire epaijfi en mucilage $ autant qu'ü en faut pour en former des trochifques fclon l'art. REMARQUES. On pulverifera enfemble l'ecorce de racine de capprier , les racines , les feuilles , les iemences, les amandes , d'une autre part on mettra en poudre la gomme ammuniac qu'on aura choifie en larmes, on melera les poudres , on tirera par expreilion da fuc d'aigremoine , 8c on le fera epaiifir en confiftence de miel pour en corponrier les poudres en une maffe folide , dont on formera des trochi/ejues qu'on tera fecher a l'ombre. Ils fönt propres pour ramolir 8c diffiper les duretez & les ob/truetions de la rattc & des aucres vifeeres, pour chafler les vencs, pour provoquer les mois & les urines. La dofe en eft depuis un ferupule jufqu a une dragme. Je voudrois retrancher les amandes ameres de cette defeription , & incorporcr les poudres avec le mucilage de gomme adraganth tire en fuc d'aigremoine. Trochifques de betberis , de Mefuc\ Trenet, des rofes rouges ,ßx dragmes , De la femence de citrouille mondee , trois dragmes & demie , De celle de pourpier , des bayes d'' efine-vinette , du fuc de regltjje , du fpodeprepare , de ebaeun trois dragmes y Du fpictKard, du fajfran t de la gomme adraganth & de l'amidon, de chaeun une dragme t Du campbre demi-dragme, Avec une once de manne de Calabre dißmte dans le fuc.d'epine-vinetti, formet.-en des trochifques felon l'art'. R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble les rofes rouges, les femences f le berberis fec, le fuc de reglide, le ipicanard,le faffranjd'une autre part on mettra en poudre enfemble l'ami- don, le camphre 8c le fpode preparc; dune autre part la gomme adraganth dans un mortier chaud , on meiera les poudres , onjnettra diddudre ou plütot liquefier la manne für un peu de feu, dans environ une once & demie de fuc de berberis, on paf- fera la diffolution,& l'on s'en fervira pour corporifier les poudres •, s'il nV avoit point ailez d'humidke, on y ajoutcroit du fuc de berberis pour faire une malle folide donc UNIVERSELLE. 407 on formeroit des trochifques, & on les mettroit fecher a l'ombre. Ils fönt eftimez propres pour temperer ou rafraichir les humeurs dans les fievres ardentes > pour arreccr le couis de ventre. La dofe en eft depuis un fcrupule juf- qu a une dragme. On trouve dans cette defcription de I'aftringent, du purgattf, du rarefiant ou echauffanc, du condenfant 011 rafraichiflant, du pe&oral, de l'hyfterique. L'auteur y a voulu merrre de tout, mais les qualitez de ces remedes de differentes vertu* fe confondent & fe detruifent l'une lautre. Je voudrois reformer ouplutot com- po/cr des trochifques de berberis en la manierc fuivante. Trochifques de berberis , reformeZ. Prenez. des bayes de berberis feches , deux onces, Des balauftes & des rofes rouges , de chaeun demi-once, Des gommes adraganth & arabique , du fpode , de famidon, de U femence de eitrouille tnondee , de chaeun deux dragmes 5 Du fei de Jaturne , demi-dragme. Avec une fuffifante quantite de juc de berberis epaiffi en mucilage, faites une maße folide , dont vous formerez. des trochifques fe Ion l'art. R E M A R Q^U E S. Ces derniers trochifques calment la trop grande ardeur de la fievre, ils arretent les cours de ventre, les hemorrhagies, la gonorrhee. La dofe en eft depuis un fcrupule jufqu a une dragme. Trochifques narcotiques , de Fernel. Prenez. de U eerufe , ßx dragmes , Des gommes arabique & adraganth , de l'amidony de chaeun demi~once~ Di fl>rax , di U mjrrbe , dn cajhreum & du Uudamm , de chaeun quatre feruputes , Du faffran , demie-dragme. Avec une fuffifante quantite de muctlage , de femence de pfjllium tiredans l'eaude rofes ;faites-en une maße fvlide dont vous formerez. des trochifques, R E M A R Q^V E S. On pulverifera enfemble dans un monier chaud les gommes arabiques 8c adra- ganth; d'une autre part on mertra en poudre enfemble , la eerufe & l'amidon > a une autre part enfemble le caftor, le ftorax, la myrrhe dans un mortier oint de quelques goutes d'huile •, d'une autre part on pulverifera le fafFran apres l'avoir fair lecher entre deux papiers par une lente chaleur, on mclcra ies poudres , & avec ce qu'il faudra de mucilage de femence de piyllium fait en eau de rote & le laudanum, on fera Lr.emafTe (ohde qu'on battera long-tems dans un mortier,puis on en formera les trochifques lefquels on mettra fecher a l'ombre. On les employe exrerieui ement, comme für le fvont pour le mal de tete , entre les dents pour la douleur des dents,& für les autres parries 011 il y a de la dou- leur Sc de l'ir.fl anmarion , on les met en poudre & on les humedfce avec uneliqueur apropriee , ils aflbupiflent la douleur. Le ftorax , la myrrhe 8c le caftor etant des ingrediens fpititueux , me paroiiTent plutot nnifibbs a reffet de ces trochifques , qu'utiles & neceflaires, car ils ne peu- venc que rarefier & affoibhr la fubftance vifqueufe des Narcotiques, & par con- fequent empecher leur Operation; le faffran eft ipiritueux, mais ü a quelque chofe de narcotique qui le rend convenable ici. Verms. Dofe* Vertus. Dofe» Verruf. Vcrtüs. 5ie& t\ 4©t PHARMACOPE'E II cntrc trop peu de laudanum dans cette compofition , c'eft liii qui en produk le prineipal effet ; c'eft pourquoi l'on en devroit mettre d'avantage. Voici comme je ferois d'avis qu'on reformät ces trofehifques. Tracht (ques rtdicotiques , leformez. Vrenex. de U cerufe , ßx dragmes , De l'amidon , des gommes arabique & adragantb , de ebaeun demi-once , Du laudanum , deux dragmes ; du faffran t demi-dragme. Avec une quanüte fuffifante de mucilage de femence de pfjlium } tire avec l'eati- rofe Jaites une maße dont vous formerei, des troebifques. Collyre , oh Trochtfques bUncs , de Rhaßs. Trenez. de ta cerufe lavee dans ?eau de rofes , dix dragmes , De la farcocolle grofßere macer ee dans le lait, trois dragnies , Des gommes arabique & adragantb , de chaeune une dragme , Du camphre t une demi-dragme. Toutes ces drogues etant pulvertfees feparement, puismelet. enfemble , feront de- trempees dans l'eau de rofes ,ou dans du lau de femme , pour en former des troebifques que l'on fera fecher, & que l'on gar dem pour l'ufage, & lorfquon voudra s'enfcr- yir , onpourraj ajouter l'opium quand il fera necejfaire. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble les gommes arabiques Sc adraganth dans im morrier cbaud , & les autres drogues feparement j on melera les poudres & on les corpori- fiera avec l'eau de rofes ou avec lelait de femme, pour faire une ma/fe dont on for- meta de petits trochifques qu'on mettra fecher &c qu'on gardera. On peut y ajouter de l'opium dans le tems qu'on voudra s'en fetvk, ß Ja neceffice le requiert. Ils ne lervent qu'exterieurement, ils Com bons pour les maladies des yeux 5 ils temperent l'inflammation, ils arretent la fluxion, &c ils detergent la fanie ; on en met dans Jes collyres , on s'en fert auffi dans les injeefcions , pour moderer l'ardeur des chaudcphTes & pour les arreter. Ces trochifques fönt appellez lief par les Arabes , c'eft-a-dire collyre ou remede pour les yeux. Le lait dans lequel onlave la farcocolle , l'adoucit en enlevant ce quelle peut Avoii" de trop acre , de meine que fait l'eau dans laquelle on lave la cerufe. Trochifques de plomb. Prenez, du plomb brule & lave', de l'airain brule , de l'antimoine, de la tutine , des gommes arabique & adragantb, de chaeun une once , De l'opium , demi-dragme. Avec un quanttte {ufffante d'eau de rojes , faites-en des trochifqties. R E M A R QJJ E S. Onbroyera für le porphyre le cuivre brule , le plomb briile , l'antimoine & la tuthie, apres les avoir lavez, jufqu'ä ce qu'ils foient reduits en une poudre tres- fubtile', d'une autrepart on pulverifera enfemble hs gommes dans un mortier chauf- fe, on melera les poudres; onliquefiera l'opium en le bartanr dans un mortier avec »n UNIVERSELLE. 40? un peu d'eau de rofe, on y melera peu a peu les poudres, & ce qifilfaudra e-ncore d'eau de rofe pour faire une maife dont on formera de petits trochifques qu'on mettra fechcr. Ils fontpropres pour nettoyer la fanie des yeux , pour diffiper les catara£tes dans kur commencement, pour les deflecher &pour en 6ter linflammation&ladou- leur, on en diilout une dragme dans fix onces d'eau d'euphraife. Trochifques ophtalmiques , de Mynßcht. Prenez. de la cerufe lavee , une once , De la corne de cerf calc'inee , de U farcocolle & de la tuthie preparee, de chacune demi once j Desgsmmes arabique & adraganth & de l'amidon, de chacun dcux dragmes , De la nacre de perles preparee, de la calamine blanche , & de l'oüban, de chucun une dragme , De l'extrait d'opium & du camphre , de chacun demi dragme. Metex, le tout, & avec des blancs d'oeufs, faites-en des trochifques. R E M A R QJJ £ S. On pulverifera enfemble la farcocolle & l'oliban: D'une autre parr on mettra en poudre lesgommes adraganth & arabique : D'une autre part l'amidon, la corne de cerf calcince 8c la cerufe; comme le nihilum na (e trouve gueie > on peut Im (ub- ftituer la thutie preparee qui a la meme vertu , on pulverifera le camphre dans un mortier imbu de quelques gouttes d'eau de vie, on melera les poudres avec la nacre de perles & la rhutie preparee , on demelera l'extrait d'opium dans un moi tier avec un peu de blanc d'ceuf, on y ajoiitera les poudres, puis avec ce qu'il faudra en- core de blanc d'ceuf, on fera une mafie folide dont on formera des rrochitques. Iis fönt eftimez bons pour toutes les maladies des yeux , on s'en fert en coiiyre> on en diflour une dragme dans fix onces d'eau de plantain. Trochifques de foufre, & de tuthie. Vrenet, de la tuthie preparee , demi once, Du foufre vif, du camphre , & de la gomme adraganth , de chacun une dragme, Avec une quantitifuffifante de gomme adraganth reduite en muctlage dans I'eau de "Hofes } faite s-en des trochifques felon l'art. R E M A R QJU E S. On pulverifera chacun feparement le foufre vif, le camphre & la gomme adraganth , on melera les poudres avecla thutie preparee &avec unequantitefuflifante de mucilage de gomme adraganth tire en eau de rofe 3 on fera une malle folide dont on formera des trochifques lefquels on mettra fecher a l'ombre. Ils fönt propres pour empörter les taches de lapeau , pour deflecher les dartres, les ercfipelles, on en diflout une dragme dans quarre onces d'eau, 8c Von enfomen- te la partie malade. Trochifques d'encens. Treuen de la cerufe , cinq onces , De Vencens t de Li pierre calaminaire, & du pompholix , de chacun dix dragmes) De la gomme arabique , & de l'opium, de chacun ßx dragmes, Avec un quantite proportionnee d'eau commune y faite s-en des trochifques felon V art. R E M A R OJU E S. Onbroyera enfemble für le porphyre, le pompholix ou tuthie & la pierre calaminaire : D'une autre part on pulverifera l'chcens : D'une aucre part la gomme arabi- ?Fff Vertuji Dofc. Vertus.. Dofc. Vertus. Dofc. 4TO PHARMACOPE' E que: D'une autre part ia cerufe. On fera ramolir ou liquener dans une ecuelle de terre , l'opium coupe par petics morceaux avec un peu d'eau , on le melera dans un mortier avec les poudres , on y ajoikera ce qu'il faudra encore d'eau pour achever de reduire le tout en une maffe folide dont on formera des rrochifques. Vertust Ils fönt propres pour adoucir & deflecher les humeurs trop acres, on s'en fert dans les maladies des yeux , en collyre , on ne les employe point interieurement, Trochifques des trois fxntaux , de tMeßte, Vrentt. des trois fantaux , de cb.icun une once & demle t Des rofes rouges , trois drAgmes & demle , Des bayes de berberls feebes f du hl d'armenle • des femences de emeombre } de courge t de citroudle , de pur per ,& de la raclure d'yvoire , de chaeun deux dragmes , Du camphre ; une demi dragme. Avec une quatititefuffifante d'eau de pourpier , faites-en des trochifques felon Vart. R E M A R O^U E S. On piüverifera cnfemble les fantaux , les rofes, les frans de berberis fecs, la ra- clure d'yvoire Sc les femences: D'une autre part on reduira enfemble en poudre le bol Sc le camphre, on melera les poudres , Sc avec une quantite fuffifante d'eau de pourpier , on fera une maffe folide dont on formera des rrochifques. Vertus Qn l es eftime propres pour diminuer l'ardeur de la fievre , pour remedier aux Dole chaleurs de l'eftomach Sc du foye, pour calmer la foif, la dofe en eft depuis un feru- pule jufqu'a une dragme. Si Ion incorporoit les poudres de cette compofition avec le mucilage de gomme adraganth , faiteneau de pourpier les trochifques fe durciroient davantage, Sc üs fegardeioient mieux , mais ils ne fönt guere en ulage. TKchißfues de Juccin , de Mcfue. Treuen du fuccin , une once , De Li come de cerfbrulee , desgommes araliquc & adraganth, du vrai acacia , de Iby. pociflis , des balaufles, du maflieb, du cor ad rouge prepare , de la gomme lacque , de Li femence depavot noir } de chaeun deux dragmes & deux ferupules , De Lernens, du faffran , & de l'opium , de chaeun deux dragmes. Avec du mucilage de femence de pfyllium tire dans l'eau de plantain , faltes da trochifques felon l'an. REMiS QJU E S. On broyera für le porphyre enfemble le fuccin & la corne de cerf calcince, jufqu'a ce qu'ils loient en poudre impalpable lon pulverilera enfemble dans un mortier chaud,les gommes adraganth Sc arabiqne : D'une autre part on mettra en poudre enfemble les fleurs de grenade , le faffran Sc la femence de pavot: D'une autre part la gomme lacque , le maftich Sc l'encens. On melera les poudres avec ie corail prepare, on choilira de l'opium,de l'acacia Sc de l'hypociuis des plus nets,on les con- eJlera bien, Sc on les mettra dans une ecuelle de terre , on y verfera environ deux onces de mucilage de femence de pfyllium tire dans l'eau de plantain : On pofera 1'ecuelle für un perir feu , Sc Ton fera fondre ou liquefier la inatiere , on y melera l'es poudres, on mettra le melange dans un mortier, & on le battra long-tems y ajoutant »s'il en eil encore befoin f du meine mucilage pour donner une jufte liaifon ä la matiere , & pour faire une maffe folide dont on formera des trochifques qu'on mettra fecher a l'ombre. UNIVERSELLE. 411 lls föntbons pourarreter les hemorrhagies comme le crachement de fang, le fai~ Vertuj, gnement de nez, la dyfenterie , le flux de menftrucs &c d'hemotrhoides , on s'en fert aufli dans les diarrhees , dans la lienterie , pour arreter les gonorrhees, on en ufeparlabouche &c en injection. Ils excitent le dormir ; la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu a detix fcrupules. Dofe. Trochifques de Gordon. Tratet, da bol d y armenie , dufang-dragon, dufpode, des rofes rouges & de la myrrhe, de cbacun demi oncc , Des gommes arabique & adragar.th , de la reglitfe mondee, des p'ignons mondee, des pißacbes, de l'orge monde , des mjrtilles , des amandes douces , des quatre grandes femences froides mondees , de Celles de pavot blanc, de mauves , de cotton , de pourpier , & de coings , du (iure candi, & des penides , du mucüage de femence de pfyllium , de chaeun deux dragmss. Detrempez* toutcela arec l'bydromel, & enfaites des trochifques. R E M. A R Q^V E S. Onpulverifera enfemble les rofes , la reglifle, l'orge monde, les myrtilles , les femences de pourpier & de cotton ; d'une autrepart on mettra en poudre dans im morticr echaufreles gommes arabique & adraganth ; d'une autre part on reduira en poudre enfemble la myrrhe & le fang-dragon ; d'une autre part le bol, le Ipode Sc les lucres - , on pilera enfemble dans un mortier de marbre , les quarre grandes femences froides mondees, les femences de coing, de pavot, de mauves, les araan- des douces pelees, les pignons & les piftaches mondeesj, jufqu'a ce qu'elles foient en päte , on y melerale mucüage & cequ'il faudra d'hydromel pour la rendre molle , on la paflera par un tamis de crin renverfe , Ion y melera les poudres pour faire une malle dont on formera des trochifques felon l'art. Ils fönt eftimez propres pour les ulceres des reins &c de la veffie , pour ceux qui piffent le fang, pour adoucir l'acretc des chaudepifles, pour les diabetes;la dole en eft depuis demi dragme jufqu'a quatre fcrupules, on s'en fert aufli en injection. Ces trochilques ont pris le nom de leur Auteur nomine Gordon : La quantite des drogues huileufes qui y entrent le rend fi gras , que leur matiere a peme a fe Jier, £c on ne peut pas les garder qu'ils ne fe rancilTenr. Le lucre candi & les penides m'y femblent inutiles, 6c ils fönt que la compofl- tion s'humecte aifement. Voici comme je voudrois reformer la defeription. Trochifques de Gordon , iefotmes. Vrenez, du hl d'armenie, du fang-dragon , du fpode , des rofes rouges & de la myrrhe } de cbacun demi once , Des gommes arabique & adraganth , de l'orge monde, des myrtilles, &de la regliflfe , de chaeun deux dragmes, Des femences de pavot blatte , de cotton } de pourpier , de coings, de cbacun une dragme. Avec une quantite fuffifante de mucüage de femence de pfyllium, tiree dans fem de flantam, faites des trochifques, dont la dofe fera depuis un fcrupule jußu'a une dragme. Troch.fques contre la gonor/hee. Vreneu du bol d'armenie 3 deux dragmes i Verrtis. Dc;e. Fff ij Vertus. Dofe. 411 PHARMACOPE'E Du fuccinprepare , & de la raclure d'yvoire, de chacun une drAgme & detme j Des femences de plantar* quAtre fcrupule s , De Celles d'Agnus cafius , & de Uifiue , des ßatrs de grcnade & des rofes rouges , de chACUn une drAgme, Du bois de fAffafrAs , deux fcruputes. Avec le mucÜAge de femences de cohigs tlre (Uns leau de nenuphar } fAltes des trochifques felon l'art. R E M A R Q_V E S. On pulverifera enfemble lc faifafras ( l'y voire, les fleurs Sc les femences, on mc- lerala poucke avec le fuccin prepare , on corporifiera le melange avec une quantitc fuffifante de naucilagc de femence de coing tire en eau de Nenuphar,pour faire une mafle folide dont on formera des trochifques. Ils fonr propres pour deflecher les petits ulceres de l'urecre , pour fortifier les vaifleaux fpermariques, pour arreter la gonorrhee; la dofe en eft depuiS un fcrupule jufqu a une dragme. On les employe aufli en injec'tion. II ne faut point fe fervir de ces trochifques ni d'aucun autre aftringent au com- mencement de lachaudepiiIe,on renfermeroit la matiere qui doit s'evacuer,laquelle ne manqueroit pas de donner la veröle , parce que cette humeur corrompue reflue- roic dans les vaifleaux & imprimeroitpar tour fa malignite ; mais quand 1'humeur a fufhfamment coule , que celle qui fort eft blanche Sc en confiftence requife, quand on a purge fu/Kfammeiit le malade par le ventre Sc par les urines , on peut arreter fans rifque l'ecoulement. Quand on voudta ufei: de ces trochifques en injecÜon , il faut en difloudre une dragme dans huit onces d'eau de plantain Sc une once de miel rofar. Tracht fettes de fpode , de Mefue. Frenez. des rofes rouges , une once & demie-; Du fpode , dix dragmes } De la femence d'ojedle , ßx dragnies , De Celles de pourpier & de coriAiidre ,& des fleurs de funiAC , de chACunes deux dra- gmes & demie,. De V Amidon t des balaufles, & des bayes de berberis , de chACim deux dragmes , De lagomme Arabique , une drAgme & demie , Du verjus , ce qa'U en faudra pour former des trochifques felon l'art. R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble les fleurs,les femences Sc le berberis lec; d'une autre part onbroyeraenfemble lefpode Sc lamidon , onmeieva les poudres & on les iflcorpo- rera avec du verjus recemmenr exprime, dans lecpei on aura fait fondre Ja gomme arabique für un petit feu , pour faire une malle dont on formera des trochifques. On les eftime propres a temperer les chaieurs de l'eftamach & du foye, pour les Dofe. fievres bilieufes, pour arreter les cours de ventre, les hemorrhagies, les gonorrhies; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Ces trochifques fonr bien diiFeremment decrits dans les Difpenfaires. Le fpode ou vvoire brule eft une matiere alkaline cap;;ble de mortifierles acides ,- qui etant en trop grande quantitc dans le corps, caufent diverfes maladies:mais com- me cet alkali eft meie ici avec beaucoup d Ingrediens chargez de fels acides , il perd une partie de fa vertu. Je voudrois donc pour faire les trochifques de ipode , qiuan fe contentar de preparer l'y voire brule für le porphyre en la maniere ordinaire ; o\x bien qu'on en composät un felon la methode fuivante. Vertus, UNIVERSELLE. 4 r 3 Tfo'hifques de fpode , reforme\, Prehi du fpodeprepare, deux cnces, De la corrie decerf brulee , de l'amidon > de Ugomme arabique , du diapboretique miner al , de chacun demi once. Pulverijez, le tout & le melez., puts avec uns quantite fußfante de mucilage de gomme adraganth, tire dans Venu de rofes , faites-en des tmbi/ques. Trochifques d'agnus castus , de Rhxfis. Prenez, de la femenee d'agnus eaflus & de l'ecorce de tamarifc, de cbacune c'mq dra- gmes ; Des femenee s de pourpier & d'endive, de cbacune deux dragmes & denue. Faites-en des trochifques avec la de'coäion desfeuilles de fcohpendre* R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfembie toures les drogues fubtilement, Sc Ion cn incorporerä ta poudre avec une quantite fumlante de decoeuon de icolopendre , pour faire uns nufl'e folide dont onformera des rrochifqaes qu'on mettrj lecher a l'ombre. On les eitime bons pour arreter le rlux des gonorrhees; ils renvidient an mal de rate , ils excitentl'unne; la dofe en effc depuis demi dragme jufqu a une dragme. je ne croispas ce remede fort convenabte pour arreter les gonorrhees, il eft com- pofe d'ingrediens aperitifs qui fönt plus difpofez a. ouvrir les condmts qua les refle- rer. La decocHon fimple de fcelopendre n'eft pas propre a bien nnir les poudres, ni i donner une bonne confiftence aux trochifques. Je voudrois les corporifier avec 1c imicilage degomme adraganth, fair en une decoction defcolopendre. Trochifques fomniferes , de Mefue* Trenez, des femences de latäue , de pourpier , de pavet blanc , de citrouille, & de courge , de cbacune c'mq dragmes , Du fuc de regliffe , de l'amidon , de la gomme adraganth & de V»pium y de ebaeux une dragme & demie. Faites-en des trochifques avec le mucilage de femenee de pfjHiifin* R E M A R Q^U E S r On pulverilera enfemble,ou pliuöt on reduira bien en päre les femences,önmet- rra en poudre ftparement l'amidon & La gomme adraganth, on concaffera le fuc de regiifle & l'opium, on les hquifiera dans une ecueile de terre für un petit ieu, avec environ une once de mucilage de pfyllium ,puis on mettva la mauere dans un mor- tier, on y melera les femences püees Sc les poudres, on battra bien le tout enieinble pour faire une malle folide dorn on fonnera des trochifques. Ils fönt propres pour appaifer les douleurs internes , pour calmer la toux, pour arreter les hemorrhagies, les cours de ventre Sc pour faire doaali; Ja dofe en eft. depuis un fernpule juf qu a deux. Il entre trop de femences dans la compofition de ces trochifques, dies empe- chent par leur fubftance huileufe la liaifon des poudres. Ontrouve dansle livre de Meine meine, foit parfaute d'imprefuon ou aurrement, la prile de ces trochifques dofee depuis deux dragmes jufqu a quatre - r cc qu'il taut prendre garde de iuivre, a canfe de latrop grande quantite d'opium qui y enir-oroit.- Cette compofition eil inutile en Mededne, cac on peut en fa place ditiaet le lau- F ff iij Vertus. Dofe. Venus» Doie- Vertus. Dole. Vertüs, 4 t 4 PHARMACOPE'E danum qlti fera le mcme effet; on peut meme ti Ton veut, le dilToudre da»s unc ernullion preparee avec les femences qui fönt demandees ici, quand on le trouve- O a propos. Trochifques de lacque , de Mefue. l'reuez. de la lacque mondee & lavje t des fucs de regliffe , d'eupatoire & d'ab- Jtntbt poritiqu* , du berberis > des rtciv.es de rbapoutic, dUriftolocbe longue , de ceßus , d'afanmi, degarence , des amandes douces, du Jone odorant, des femences d'ams& d'aebe , de cbacun une dragme. Eorme%.-en des trochifques tvec du fuc d'eupatoire. R E M A R OL7 E S. On pulverifera cnfemblc les racines , les femences, les amandes , le berberis fec, le fchxnanthe •, d'une autre part on mettra en poudre la gomme lacque, on melera les poudres, on tirera par exprerlion les fucs d'abfinthe & d'aigremoine,on les fera evaporer doucement für le feu julqu'a ce qu'ils foient en confiftence de miel, alors on en pefera de chaeun une dragme , on dillbudra le lue de regliffe dans un peu de fuc d'aigremoine, & on le fera epaiflir ä la confiftence des autres fucs: on melera ces trois fucs epaillis avec les poudres, battant le rour enfemble dans un monier , & s'il n'y a point aftez dliumidite, on y ajoürera du fuc d'aigremoine pour faire une maffe dont on formera des trochifques. lls fönt eftimez propres pour les obftrucHons du foye, dela ratte, pour la jaunifTe, pour l'hydropifie ; la dofe en eft depuisdemi dragme julqu'a une dragme & demie. Corame ces trochifques prennentleur nom dela gomme lacque , on devrok y en faire entrer davantage,je voudrois qu'on en mit une once au lieu d'une dragme. Les amandes ameres rendent la poudre trop graife , je ferois d'avis qu'on mit en leur place de la gomme adraganth , eile donncroit un meüleur corps aux trochifques , eile les feroit durcir davantage, car a cau/e des fucs ils fönt fujets a s'amo- lir & a s'humec'ter. Trochifques de minium , de J. de Vlgo". Vrenez, de la miede pain , quatre ences } Du merenre fublime corroßf\ une once , Du minium , denn once. Formet,-en avec Feau de rofes des trochifques oblongs* R E M A R Q^U E S. On pulverifera dans un monier de marbre le fublime corrofif & le miniiimjd'une autre part on fera defTecher de la mie de pain, & on la mettra en poudre fubtile, on melera les poudres & on les incorporera avec ce qu'il faudra d'eau rofe pour faire une pare folide dont on formera des trochifques longuets. On s'en fert exterieurementpour cuvrirles chancres veneriens, pour les ulceres charneux verohques, pour les fiftules, pour nettoyer les chairs baveufes, pour manger & confumer les callofites, On auroit eu plus de raifon d'appeller cette compoiltion trochifques de fublime , que trochifques i-t Minium , le pain y eft mis, tant pour Her & unir les poudres , que pour temper er la force du fublime, le minium y fait eneore un adoucifTe- medt, Sc il deffeche apres la conrofioa. UNIVERSELLE. Trochifques d'afphodele. V$ Trenex, de la mie de p*in feche, deux onces , Dumercure fublime'corroßf, une once f Du camphre , de l'amidon , & de Varftnic ränge, de chacun dem'i once , De Parjemcblanc, une dragme & demie t Du vinaigre cinq drttgmcs > Dufucd'afpbodcle epure } ce qu'il cnfaut pour former des trochifques obhngs fclon Varu R E H A R Q^U E S. On pulverifera enfemble dans un mortier de marbte ou de pierre le fublime & Jes arfenics; d'une autre part on mettra en poudre enfemble l'amidon & la mie de pain feche ; d'une autre part on reduira en poudre le camphre efans un mortier im- hu au fond d'un peu d'efprit de vin ,on melerales poudres , Sc on ies incorporera avec le vinaigre , & ce qu'il faudra de fuc d'aiphodelepour faire ui>e maife dont on rormera des trochifques ionguets qu'on rnettra fecher a l'ombre pour les garder au au befoin. Ils fönt propres aux memes ufages que les precedents, mais ils agiflent avec plus Vcrtus. de force , on ne s'enfert qu'exteneurement, le pain , le camphre & l'amidon fönt mis ici pour remperer la force des corrofifs, Sc pour lier les autres ingrediens. Il eft aflez inutile d'employer en cette prepaiation deux fortes d'arfenic, onpour- roit fe contenter d'y mettre le blanc qui eft le plus fort, en une quantite propor- tionnee. Trochifques a-ßringents , de ]. de Vigo. PreneL de la mie de pain , deux onces , Des trochifques de minio, une once & demie , Du vttriol calcine a rougeur, dix dragmes, De la cbaux vive , cinq dragmcs , De la myrrhe & de l'äoes , de chacun deux dragmes & demie } De l'amidon & du plane t de chacun deux dragmes. Exites-en des trochifques avec le fuc de plantam, R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble la mie de pain feche , la chaux vive , fes trochifques de miniuin , le colcothar ou le vitriol calcine en rougeur , l'amidon & le plärre ; d'une autre part on mettra en poudre enfemble , la myrrhe Sc l'aloes, on melera les poudres 8c avec ce qu'il faudra de fuc de plantain tire par exprellion , on fera une malle folide dont on formen des trochifques. Ils arretent le fang appliques exterieurement, on s'en fert pour le faignement de Vertue nez , on en met dans les narines. Le colcorhar eft l'ingredient le plus aftringent qai entre dans la comoofition de ces trochifques , & le plus propre pour arreter le fang du nez. La chaux & le platre qui fönt alkali corrigenr & diminuent beaucoup de I'acrete du fublime corrouf, le pain & l'amidon fervent au/21 pour temperer la force des autres remedes Sc pour abforber les acides. Trochifques contre l'a.ßhme. Prenez, du fucre candi blanc , neuf onces, De tamidon y une once & demie > De riris de Flcremce & du viagiftere de foufre , de chacun une denn once , De U reghjfe t trois dragmes , Des flettrs de benjoin » deux fcrupules* Avec du mucilage degomme adraganth , tire dans l'eau de rofes y faites une maffe dont vous fornierez* des trochifques feien l'art. , 4 i<£ PHARMACOPE'E R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le fucre candi blanc & i'amidon ; d'une autre part la re- glifle &c l'iris de Florencc, on melera ces poudres avec le magiftere de foufrc Sc les fleurs de benjoin , on corporifiera le melange avec le mucilage de gomme adLa- ganth rire en eau de rofes pour faire une päte folide dont on formera des rotules qu'on fera fecher a l'ombre. Vertus. ^ s ^ ont propres pour 1'afthme, pour la toux inveteree , pour aider a la refpiration, Dole. P our excit ~ r le crachat; la dofe en eft depuis demi dragrae jufqu'a. une dragme. L'iris, le magiftere de foufre Sc les fleurs de benjoin, qui entrenr dans certe com- pofition , fervenr a rarefier & a attenuer par leurs parcies lubciles la pituire ou autre mauere gramere qui fe renant dans les fibres du poümon & du diaphragme empe- che qu'ils ne s'etendent fLiffifammenr pour faire une refpiration libre ■, ces memes in- grediens aidenc a detacher les phlegmes epais du cerveau Sc de la poitrine, 8c äles dilpofer au crachat. Le fucre candi blanc eft preferable a l'aucre fucre dans cette compofition, parce qu'etant plus dur, les trochifques s'en confervent plus long-tems fans s'humecter. Trochifques be'chiques noirs. Prenez. du fucre candi, une livre , Du fuc de regliffe, quaire onces , De l'orge monde& de i'amidon , de chaeun une once t De l'iris de Florence , des gommes arabique & adragantb , deebaeune demi once. Faites-en des trochifques avec le mucilage de racine d'althea. R E M A R OJJ E S. On pulverifera enfemble l'orge monde & l'iris de Florence ; d'une aurre part on mettra en poudre le fucre candi Sc I'amidon •, d'une autre part ies gommes dans un mortier chaud : on mettra difloudre dans une ecueile de rerre für un petit feu,le fuc de reghffe, ou plutot de l'extrait de reglifle, avec du mncilage de racine de guimau- ve , on fera confumer l'humidjte de Ja di/Iöiurion jufqu'a confiftence de miel,alors on y melera les poudres , on battra ie melange dans un mortier pour faire une päte fblide dont on formera des trochifques. Vercus» Ils fönt propres pour attenuer Sc deiayer la pituite , pour aider a la refpiration , pour excitet le^rachat, pour adoucir les acretes de la poitrine Sc de la trachee-arre- re pour le rhume, on en laifle fondre doucement dans la bouche. Trochifques be'chiques rouges. Frenez, du fucre candi rouge f cmq onces , Du hol d'armtnie > une once , De I'amidon t demi once , De l'iris de Florence , & de U gomme arabique f de chaeun une dragme. Avec fextrait de fleurs de favot rbeeas , faites^en des trochifques felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le Giere candi, le bol & I'amidon ; d'une autre part on pulverifera I'irisjd'une autre part la gomme arabique,on melera les poudres, Sc avec une quantite fufKfante d'extrait de pavot rhxas epaiili en confiftence de fyrop , on fera une mafle folide dont on formera des trochifques. Vertus. Tis fönt propres pour arreter les carharres caufes par des humeurs fubtiles ou fereu- Do'e, & s » P out ^ e crachemem de fang j la dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a une dragme & demie. Les UNIVERSELLE. _ 417 Les trochifques bechiques blancs fönt le fuc de regliffe blanc dont il a ete parle Tj ochif- cn fon Heu. _ ^csbläS Ttochifqitesde pavot ^ de Mynßcht. ** Freuet du fitere penidie, deux onces, De U femence de pavot blfflc } une denn once } De eitles de melons & de courge , de chaeune deux dragmes , Du fuc de regliße , du kld'armenie prepare , & des fleurs de foufre , de ebnem une dragme & denüe , De lagomme adragantb t & de l'amidon , de ebaeunune dragme , De l'extrait de fieurs de pavot cbampetre, une demi dragme. Melet, le tout, & avec le mucilage de femence de coings tire dans l'eau de coquelicoq 3 l'on en fera des trochifques felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le fucre, le bol Sc l'amidon ; d'une autre part on mettra en poudre feparement la gomme adraganrh dans un mortier chand ; on battra long-tems les femences enfemble dans un mortier de marbre , afin qu'elles fe met- tent bien en pate: on liquefiera fur le feu le lue de regliffe Sc l'extrait de pavot rou- fe dans environ une once de mucilage de coing, on pilera dans un mortier de matte les femences jufqu a ce qu'elles foient bien en päte, on les melera avec les fleurs de foufre &: les poudres, on incorporera le melange avec les fucs, Sc l'on fera des trochifques 011 rotules qu'on mettra fecher. Ils fönt propres pour arreter Sc adoucir les ferolites acres qui defeendent du cer- Vertus. veau für la poitrine > Sc pour le crachement de lang ; la dofe en eil depuis demi dra- Dofe. gme jufqu'a une dragme, Les femences qui entrent dans ces rrochifques en grande quantite empechent les poudres de fe Her bien } je voudrois retrancher Celles de courge Sc de melon. L'extrair de fleur de coqnelicoq eft ici en trop petite dofe, on pourroit y enmet- tre deux ou trois fois autant. Au lieu du fuc de regliffe ordinaire, je voudrois employer l'extrait de regliffe qui vaut beaueoup inieux, Trochifques- anoiins , de Galten. Prenez. des femences iacbe , & de jufquiame, du poivre hlanc, de cbacunßx dragm* De la femence d'anis, de daueus, & dußorax , de ebaeun demi once, Du fäff ran & de l'opium, de clueun trois dragmes , Du cafloreum & de la myrrbe , de chaeun deux dragmes , Faites-en des trochifques avec les fucs de mandragore & de jufquiame. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les femences , le poivre , le caftor Sc le farFran; d'une autre part on mettra en poudre enfemble la myrrhe Sc le ftorax, on melera les poudres , on fera fondre l'opium coupe par petits morceaux dans environ une once de fuc de mandragore , ou de jufquiame tire par expreffion fur un perit feu, on le mettra enluite dans un mortier,& on le melera exadiement avec les poudres Sc ce qu'il faudra du meme fuc pour faire une malle folide dont on formen des trochifques en figure d'etcile , e'eft ce qui les fair appeller etoiles. Ils fönt propres pour calmer les douleurs de quelque parrie du corps que ce foit, Vertus. pour appaifer les vapeurs , Sc pour faire dormir , ils excitent auili la fueur •, la dofe Dofe* en eft depuis demi ferupule jufqu'a unferupule. ! G gg Vertus. vors. 4 i8 PHARMACOPE'E Les vertus de cette compofition viennent principalement de l'opium , da caftor, du farfran , & dela myrrhe , les autres ingrediens qui y enrrent me paroiftent aftez inutiles, ils n'y ont ete mis que pour comger l'opium , mais la myrrhe & le caftor fönt affez capables de le corriger : le ftorax qui eft odoranr peut pliirot exciter des vapeurs que de les abatcre; je ferois donc d'avis qu'on preparät ces trochifques en la maniere luivante. Trochifques xnodins reformez» Trenez, du laudanum , une denn once , D« caßoreum de la myrrhe , & du fäff ran , de chaeun deux dragmes , Du camphre , un fcrupnle. Avec le mucilage de gomme adraganth , tlre avec le fuc de jufqmame , faltes des trochifques dont la dofe fera depuis qttatregrains lujqu'a un demi fcrupule. Tfochifqites polides , £ Androm actis. Trenez. desfieurs de grenades , une once & dcmle , De Valoes , nne once , Du cahantum , & du fiel de taureau de chacunßx dragmes, De l'cncens & de la myrrhe , de clucun demi once , De l'alun de röche, trois dragmes. I altes des trochifques avec le gros v'in , les fites de foUnum , ou de plantaln, R E M A R <2_L7 E S. On pulverifera enfemble l'aloes, l'encens & la myrrhe; d'une autre parr on met- traen poudre lubtile la fteur de grenade , d'une aurre part le vitriol calcine Sc J'a- lun , o i melera les poudres Sc on les incorporera avec le fiel de taureau, & ce qu'il faudra de vin de teinte ou de fuc de folanum ou de planrain pour faire une mafle folide dont on formera des trochifques. Ils fönt propres pour nettoyer & deftecher les vieux ulceres principalement ceux du nez Sc des oreilles, pour arrecer le fang, pour reiifter a la ponrriture, pour la ca- rie des os , on ne s'en fert guere qu'exterieurement, mais on en peut faire prendre par la botiche pour la dyfcnreric Sc pour les ulceres des inteftins; la dofe en eft depuis huit grains jufquaun fcrupule. Ces trochifques ont ete decrits par plufieurs Auteurs differemment pour les do- fes, en ce que quelques-uns en ont retranche l'aloes. Trochifques d'alun , de Mynßcht. Trenez, de Valun crnd,& de la ranne de pyrethre , de chaeun demi once , Du poivre long & de la femence de jttfquiame , de chaeun deux dragmes, De la forme de fegle, de la craye blanche, & du nitre preparc . de chaeun une dragnie & demie , Du gingembre blanc , du gyroße & de fextrgrt d'opium, de chaeun une dragme. Metex, le toat & en faltes des trochifques avec le fuc de perlte ortie. R E M A R O^U E S. On pulverifera enfemble les racines, les gyrofles, le poivre Sc la femence de juf- qüiame •, d'une autre part on mettra en poudre le nitre purifie , la craye Sc l'alun de röche, on melera les poudres avec la farine de fegle bien üne, Si on les incorporera avec l'extrait d'opium & ce qu'il faudra de fuc de lapetite ortie pour faire une mafle folide dont 0:1 formera des trochifques. UNIVERSELLE. 4 i 5 Ils fönt propres pour appaifer la douleur des dents etant appHquez ddlas. Vertus, La craye & Ja farine de fegle me paroiilent bien inutiles dans cecce compoiition , ils ne peuvenr qu emoufler la force des Ingrediens elfentiels. Tro.hifqites de bdaufles. Trenei, des balaußes, une once , Des rofes rouges, du hl d'armenie ,& de la gomme aralique , de chacun denn once , De l'acacia, trois dragmes. Avec une quantite fuffifante de gomme adraganth preparee dans l'eau de rofes , fdtes des trochifques. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble les balauftes 8c les rofes ; d'une autre part le bol ; d'une autre part la gomme arabiqüe , on liquefiera l'acacia avec un peu d'eaa de rofe für un petit feu , on le melera avec les poudres dans un mortier , 8c avec ce qu'il fau- dra de mucilage de gomme adraganth tire en eau de rofe, on fera uae maüe folide «k>nt on formera des trochifques. Ils fönt propres pour arreter les cours de ventre , les hemorrhagies , les gonor- Vettus. rhee ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'ä une dragme 8c demie. Dofe. Trochifques de benjoin. Trenet, Au fitere candi , neuf onces , Du Bois d'aloes, deux onces , Du benjoin une once & demie , Du florax , ßx dragmes , Del'iris de llorence , une denn or.ee , Du mufc, neufgrains. Taites-en des trochifques avec l'eau de rofes. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le bois d'aloes 8c l'iris ; d'une autre parton mettra en poudre enfemble le benjoin 8c le florax ; d'une autre part le fucre candi & le mufc, on melera les poudres & on les incorporera avec de l'eau de rofe pour en faire une päte folide dont onformera des trochifques qu'on fera fecher a l'ombre. Ils fortifient le cerveau, ils facilitent la refpiration , ils refiftent a la pouriture •, la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'ä une dragme , on s'en fert aufll dans les caflblettes 8c dans les autres parfums. Si Von incorporoit les poudres dans du mucilage de gomme adraganth fait en eau de rofe , la maile des trochifques feroit mieux liee, 8c ils fe garderoient plus fermes. Trochifques de doronique. Trenez* de la rdeine de doronique feche , deux onces & demie " De la cbaux vive , & des gdles, de chacun dix dragmes , Du verd de gris t du colcothar , de chacun cinq dragmes , De l'alun de röche , de l'acacia, & des balaufles , de chacun trois dragmes s Taites-en des trochifques avec du vinaigre tres-fort. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble les racines de doronique, les noix de galles Sc les balauftes •, d'une autre part on mettta en poudre enfemble la chaux vive , le verd de gris, lecolcothar 8c l'alun , on melera les poudres : on fera difloudre für un petit feu l'acacia avec environ deux onces de vinaigre du plus fort, on verfera la diflo- G ggV Venus. Dofe. 4 zo PHARMACOPE'E lution dans un monier de marbre , on y ajoutera les poudres l Sc avec ce qu'il faudra encore de vinaigre , on fera une mafle folide dont on formera des rrochifques. Vcrtus. Il s f° nt dererfifs & defficarifs, on les employe pour les ulceres de la bouche & des gencives, pour refifter a la poorrirure, on en diflout une dragme dans deux on- ces d'eau de plantain pour fomenter la partie malade. Apres que le melange fera fair, la maciere fermenrera, parce que les acides qui fönt abondans dans cetre compofition penetreront la chaux vive qui eft un alkali Sc en ecarreront les parries. II eft bon de laiifer paffer la ferraenration de la päte avant que d'en former des rrochifques, car il y auroit a apprehender que fi ces rrochifques formes fermenroienc, ils ne changeaflenr de figure , & qu'on ne tut oblige de les remettre en päte pour les former de nouveau, ce qui neanmoins feroit un aeeidene de peu de confequence Sc qui ne coiitcroit que de la peine. Trochifques de corail , de Nicolas. Trenez, du corail rouge prepare , de la canelle, de la mjrrhe de Vamomum^ & de U femence depavst, de ebaeun demi onee , Des fleurs de Jone odorant ,& du fäfft an , de chaeun deux dragme s , Du calamus odorant , du xilobalfame , de la, cajje odorante , du macts , du maße , des feuilles de pouülot dementagne , & de p'ied de pigem >des raetnes de valerune & d'afarum , de (baeun une dragme. Avec du vin rouge , faites-en des trochifques feien tart. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les racines, les bois , les feuilles , les femences, les fleurs Sc l'amonium ; d'une autre parr on metrra en poudre feparement la myrrhe Sc le mafthich , on melera ces poudres avec le corail prepare , & l'on corporifiera le melange avec une quantite fufhfante de bon vin rouge pour faire une pate dont on formera des trochifques. Vertus. *k ^ ont propres pour fortifier le cceur & f eftomaeh , ponr aider a la digeftion , Dofe. pour arrerer le crachement de fang 6c h dyfenterie •, la dofe en eft depuis un Icrupu- le jufqu a une dragme. Comme les Anciens croyoient que le corail etoit un grand cardiaque , ils le meloient avec des drogues alexitaires 8c convenables a la vertu qu'ils lui arrri- buoient ; mais les Modernes out reconnu par touces les experiences , que cetre plante petrifiee ne contient aueun principe adlif qui puiffe s'elever & penerrer dans les humeurs Sc au cceur pour le fortifier & faire une vertu cordiale. Tour ce que nous y reconnoiflons eil une qualire alkaline & aftringente , forr propre a adoucir les acides rrop acres du corps, Sc a les fixer •, ce qui ecant pole , 1c corail n'eft pas l'ingredienr le plus neeeifaire dans la poudre, ii Ton veut quelle fei ve a fortifier le cceur. Trochifques degrtins de ßtresit y de Quercetan. Trenez, du fttc de bayes de fureau bien »teures tirees par expreßon, ce que vous toudrex. , ajoutez.-y de la farine de Jegle a proportion , fattes-en une pate , puis de pe- tits pains que votis feret, cmre au four en ccnßßence de bifcutt; pulvertfciL-les une fe~ condefois , pms les empatez.de nouveau: apres cela faites-les cmre une feconde fvit laites la mime cbefe pour U troijieme fois, & les gardet, pour 1'nfage. UNIVERSELLE. R E M A R QJU E S. 411 On aura des grains de tureau bicn nicurs nouvellement cueillis, on les ecraferu dans un monier de marbre avec unpilon de bois •, on entirera leiuc par expreilion, on melera dans ce fuc , de la farine de fegle autant qu'il en faudra pour en faire une päre dont on formera des trochiiques ou des petits pains , on les mettra cuire dans le four jufqu a ce qu'ils foient durs comme du bifcuic, on les retirera alors, on les reduira en poudre, on les remettra en pate avec du meme fuc , on les formera & on les met:rra cuire comme auparavant , ce qu'on rei'terera jufqu'ä trois fois, puis on gardcra ces trochifques ou petits pains. Ils fönt fort propres pour artetet la dyfenterie , &c les autres cours de ventre > la dofe en eft depuis demi dragme julqu'a trois dragmes. Collyre ou trochifques citrins, de Mefue. Prenez. de U certtfe lavee , deux onces , De la tuthte preparee , une once t Du faffran, demi once t De U gomiue adragantb, deux dragmes , De l'opium , une dragme. Faites-en des trochifques avec l'eaii de pluye. R E M A R Q_U E S. On mettra ßchet par une lente chaleur le faffran entre deux papiers, Sc on le reduira en poudre tres-fubtile , d'une autre part on pulverifera la gomme adragantb dans un monier chaud , on melera les poudres avec la cerufe pour les contufions, pour G S§ »j Venus. Dofe, Venus. Dofe» Vertus. Dofe. Vertus. Dofe. Vertus. Dpfe. Vertus. Dofe. 4x1 PHARMAGOPE'E appaifer les dotüeurs, on en difTout une dragme dans cinq ou fix onces d'eau de plan- tain pour un collyre. Je ferois d'avis qu'on fit un mucilage de gomme adraganth en eau de plnye pour incorporer les poudres. Trochifqnes d'iris. Frenez. detaracine de Flerence, une once , Dupoivre blanc , de la gomme ammoniac, de chacun demi dragme. Faites-en des trochifqnes avec le vm blanc, R E M A R O^U E S. On pulverifera enfemble l'Iris & le poivre blanc ; d'unc autre part on choiiira de la gomme ammoniac en larmes , & on la mettra en poudre, on melerales Ingrediens pulverifez, &c avec une quantite fuftifante de vin blanc , onfera une päte donc on formera des trochifqnes qu'on mettra lecher. Ils fönt propres pour refoudre les obftructions de la ratte Sc du mefentere , pour les pales couleurs & pour exciter les mois aux femmes •, la dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a quarre ferupules, Trochifqnes de valeriane. rrenez. de la rdeine de valeriane , une once & demie , De l'ecorce de raeme de c optier , de l'iris de Florence, & de l'arißolocbe ronde } de ebaeun deux ix Agnes. F.tites-en une maße avec lefjrop de capillalres, dont vous formtreu, des trochifques fehn iart. R E M A R 0_C7 E S. On pulverifera enfemble tous les ingrediens, Sc l'on en corporifiera la poudre avec une quantite fuffilante de fyrop capillaire pour faire une päte lolide dont on formera des trochifqnes lefquels on merrra fecher a l'ombre. Ils fönt propres pour exciter laccouchement, pour faire fortir l'arriere-faix de la matrice, pour Jever les obftructions de la ratte Sc du melentere ; ladofe eneft depuis demi dragme jufqu'a quarre ferupules, Trochifques de faffran ^de Nicolas. Prenez, du faffran, Jtx dragmes , Des rofes rouges , de la femence d'amml &de la mjrrhe t de ebaeun trois dragmes, Du his d'aloes f quatre ferupules. Faites-en des trochifqnes avec l'eau de rofes, R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble le boisd'aloes , les rofes & la femence d'ammi; d'une autre part la myrrhe; d'une autre part on fera fecher le faffran par une tres-lente chaleurentre deux papiers , & l'on reduira en poudre fubtile: on melera les poudres , & on les corporifiera avec ce qu'il faudra d'eau de rofes pour faire une pate folide dont on formera des trochifqnes. Ils fönt propres pour le ver les obftructions du foye & de la ratte, pour dilliper les vents Sc pour refifter ä la malignite des humeurs; la dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a quatre ferupules. UNIVERSELLE. 4 jj Les rofes rougesquifont aftringentes, ne peuvencetre quenuifibles dans cetce compofition oü il ne doit entrer que des Ingrediens aperitifs & carminatifs; je fe- rois dd'avis qu'on les retranchär. L'eau de rotes peut exciter des vapeurs, & eile n'eft pas capable de donner une "randeliaifon aux poudres J je voudrois qu'on les corporifiät avec le mucilage de eomme adraaanth tire en eau de chicoree. Trohifques de fajfran , de Damocrates. Prenez. du faffran , trois dragme s, Vi la mjrrbe > & des rofes fe'cbes , de chacunes une once & dem'te. Fattes-en des trocbifques avec du vin rouge. K E M A R 0_U E S. On pulverifera toutesles drogues chacune feparcment, on melera l$s poudres, Sc avec ce qu'il faudra de vin rouge on fera une päre folide dont on formera des trochifques. On s'en fert pour lever les obftrucr.io.ns de la ratte , du mefentere > pour refifter Vertm. a la pourrttjire, pour fortifiei:i eftomach ; la dofe en eft depuis un ferupuie jiüqu a Dofe. une dragme. Trochifques de gommes. Prenez. de U mjrrbe, des gommes ammoniac & fagapenum , de chacune une once. De l'affa-fetiia , dem once, Avec l'eau de rhue faites-en des trocbifques felon Vart. REMARQUES. On choifira les gommes les plus nettes , on les fera fecher par une lente chaleur , puis on les reduira en poudre, 8c avec ce qu'il faudra d'eau de rhue , on en fera une malle dont on formera des trochifques. Ils provoquencl'accoiichement Sc lafortie de rarriere-faix , ils abartent les vapeurs , ils amolißent les duretes fquirreufes, ils excitent les mois aux femmes ; la dofe en eft depuis un ferupuie jufqu'a une dragme. Les gommes quicompofent ces crochifques fönt remplis de fels volarils & de fou- fre propres a rarefier les humeurs grolHeres, a penetrer , a detacher l'enfant 8c l'ar- ricre-faix , a lever les obftmctions. Trochifques aß ringen s , d'Andron. Prenez. du Vitriol calcine a rougeur y une once & de mit , Des bdatßes , neuf oncet t De l encens f de la racitie d'arißolocbe } & des noix de gdles, de ebaeun tute once , Du fei armonuc, de l'alun de röche, & de la mjrrbe , de chaeun demi once. Avec le mucilage de gomme tiragamh, tire dans l'eau de mjrtbe, faites des troebif- ques felon l'art. R E M A E Q^U E S. On pulverifera enfemble les balauftes , l'ariftoloche & les noix de galles ; d'une autre part on mettra en poudre enfemble l'alun , le fei armoniac & le colcothar > d'une autre part la myrrhe & lencens, on melera les poudres, Sc avec une quantite iuffilante de mucilage de gomme adraganth tiree en.eau de myrthe, on fera une pä- re dont on formera des trochifques. Ve.tus, Dofe. Dofe. Venus. 4 x 4 PHARM ACOPE'fi Vertus. Ils fönt propres pour deterger & fecher les playes, les ulceres, pouf arretcr ie fang , on ne s'en fert qu'exterieurement en poudre, on en faic aufli entrer dans les injettions pour arreter les gonorrhees; par exemple on en diflouc une dragme dans hiüc onces d'eau de plantain & une once de mielrofat. Ces trochifques s'humectent facilement a caufe des fels qu'ils contiennent. Trochifques deterßfs , de Paß». Prenez. du verd de gris, trois onces & denüe, Dh fei armoniac , de l'encens , de Valun de röche , de chacun une once , Fettes- en des trochifques felon l'art. R E M A R Qjü E S. On pulverifera enfemble l'alura & le fei armoniac •, d'une autre part on met- tra en poudre le verd de gris; d'une aucre part l'encens , on melera les poudres, & ayec ce qu'il faudra de vin rouge , on fera une maflc donc on formera des trochifques. Ils fönt propres pour nettoyer les vieux ulceres, on les applique feuls en poudre oudillout dans quelque liqueur apprqpriee , ou melez dans an onguent. Ces trochifques s'humectent aifement, a caufe des fels qu'ils contiennent; il faut les enfermer en an lieufec, afin qu'ils puiffent ecre confervez. Trochifques aßringens , de Mufa. Prenez. de Valun de röche , de l\>.loes t de la myrrhe , & du Vitriol calcine , de chacun Jtx dragmes, Des balaufles , demi once , Du faffran & des trochifques de faffran , de chacun trois dragmes. Faites-en des trochifques avec le vin rouge, R E M A R QJJ E S. On pulyerifera enfemble l'alun & le colcothar ; d'une autre part l'aloes Sc h myrrhe; d'une autre part le faffran, apres I'avoir fait fecher doucement entre deux papiers; d'une autre part les balauftes; d'une autre part les trochifques de faffran : on melera les poudres, & avec une quantite fuffifante de vin on fera une mafTe fo- lide dont on formera des trochifques. Vertus. On s'en fert pour deterger & pour deffecher les vieux ulceres & les autres playes, on en applique en poudre, ou meles dans des onguents, pu difTouts dans une liqueur approprice. je trouve qu'il entre trop de faffran dans cette «mpofition , Ton devroir fe contenter d'y mettre les trochifques de faffran ou le faffran feul. Ces trochifques s'humectent facilement a caufe des fels qui entrent dans leur com- pofidon , ils doiventetre confervez en un üeu Cec. Trochifques eßh.trotiques. Prenez. du mercure fublime corroßf & da minium , de chacun parties egales. Pulvertfez,- les & les melez,, puls avec une fuffifante quantite de mucilage de gomme adraganth , faites-en des trochifques deliez- felon l'art. REM por A R Q^V E S. On pulyerifera les drogues fubtilement, & les ayant bien melees, on le rifiera avec ce qu'il faudra de mucilage de gomme adraganth , pour ei s cor- mucilage de gomme adraganth , pour en faire une Vertus. Dofe, UNIVERSELLE. 4ZJ une pate folide donton formera des trochifques longuets en petits batons ronds. I'ls fönt propres pour faire efcarre , on les applique für les chancres veneriens, für les fcrophules, für les excroiflances, ils n'ambulentpas beaucoup, 8c ils fonc aflez promprement leur effet •, ils ne peuvent fervir qu'exterieurement. Le minium 8c la gomme adraganth corrigent un peu la grande acrete du fublimd corro/if, mais ces ingrediens n'empechcnc pas qu'il n'agifle encore avec beaucoup de force. il eft bon d'humedter avec unpeu d'eau le bout du trochifque quand on veut l'ap- pliquer , afin quii penctre plus vite. Ti'ochifques d'arfenic, Trenez. de Var fenic , quatre onces , Du mercure ßblime corroßf, denn once, iMtei-tn des trochifques avec le mucilage de gomme adraganth. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble l'arfenic 8c lefublime corrofif dans un mortier de mar- fore ou de pierre , on corporificra lapoudre avec du mucilage de gomme adraganth pour en faire une päce donc on formera des trochifques. Ils fönt propres a manger & a confumer les excroiflances de chair fans beaucoup Venus» de douleur; on peut s'en fervir pour les cors des pieds, pour faire efcarre für les chancres veneriens ; on les applique entiers ou en poudre. L'Arienic contient un fei extremement acre & corrofif ; mais comrae ce fei eft enveloppe dans beaucoup de loufre, il ne fe develope que lenteruent, c'eft pour le häter 6c lui donncr un vehicule qu'on lui Joint le fublime corrofif, dont les parties iont beaucoup plus promptes dans leur ac\ion. Quoique ce melange foit un grand cauftique , il ne caufe pas beaueonp de douleur a. caufe du foufie, de l'arfenic & du mucilage de gomme adraganth qui lient en en quelque maniete les fels en moderant leur mouvement. Atitres trochifques d'arfenic. Trenez* de Uorftmtnt & de la chaux v'm > de chaeun parties egales. laues-en des trochifques avec le mucilage de gomme adraganth. R £ M A R Q^U E S. On pulverifera eniemble la chaux vive & l'orpiment 3 on corporifiera le melange avec une quantite fuffifante de mucilage de gomme adraganth pour faire des trochifques. Ils fönt depilatoires, ils fönt propres aufli pour confumer les cbairs baveufes. _, .. . La päte ou mafle de cettecompoiition etant faite , eile s'echauffera Sc fc formen- IC# tera pendant quelque tems a caufe de la chaux vive qui aura ete hume£tee par le Vertus. mucilage , il eft a propos de lailfer finir la fermenration Sc la chaleur avant que de formet les trochifques, car fi etant formes ils fe fermentoient leur forme fe detrui- rok, & ils febriferoient. Quelques deferiptions ajoutent dans la compofttion de ces trochifques, du fei alkali 6c de l'acacia, le fei alkali produiroit a peu pres le meine effet que la chaux , il augmenteroit la force du remede , mais il feroit bientot refoudre les troch fques en liqueur , car etant fort poreux il rec,oit l'humidite de l'air avec avidite ", qnant i l'acacia il ne peut etre bon ici a caufe qu etant un lue aeide, il penetreroit la chaux JHhh Veitus. Vertu s. Dofe. 4 z£ PHARMACOPE' E Sc le fei alkali, & faifant trop diffiper de leurs corpufcuks ignees, il en diminuc- roitlafoixe , outre qu'ü n'a aucune qualite cauftique donc on auroit befoin dans cette preparation. Trochifques de Bithynie. Trenez. du Vitriol calcine, une once & demie , De la tuthie preparee , de lalun de röche , des galles & des balaußes , de cbaeun ßx dragmes, De l'iris de phrence , du verd de gris , de cbactm une once & demie , Du nitre } du borax & de Vtncens, de chaeun dtux fcr'uptäes. I altes-en des trocbijques avec du vinaigre. R E U A R Q_U E S. On pulverifera enfemble le colcorhar , l'alun, le falpecre, le borax 5c le verd de gris •, d'une autre part les noix de galle, l'iris 8c la fleur de grenade 5 d'une autre par: L'cncens; on melera les poudres avec ce qu'il faudra de vinaigre, on fera une pa- te folide dont on formera des trochifijucs. Ils fonr deterfifs &c defficatifs, on en applique für les vieux ulceres, für les ex- croiftances nerveufes , dans les fiftules, on ne s'en ferc poinr interieurement. Tro cht fettes cordiaux t de Mynficht. Prenex. du fucre eandi Liane, huit ences, De U canfeclwn alkfirmes } une once , Des cmq pierres pretieujes preparees t de chaeune un fer »pule , Des builes de gyrofle & de canelle , de chaeun un denn ferupule. Melez, le tont, puis avec le mucilage de gomme adraganth tire dans 1'ean de rofes faites-en despetits trochifques felon l'art } R E M A R Q^U E S. On pulverifera bien fubtilemenr le fucre candi, on y melera les cinq fragmens precieux prepares , les elTences de caneiie & de gyrofle , la confecYiond'alkermes & ce qu'il faudra de mucilage de gomme adraganth tire en eau de rofes pour faire une parefoiide donton formera des petks trochitques qu'ongardera dans un vale de verre clos afin que i'odeur s'en conierve. Ils fortifient le caeur , ils reparent les efprits , ils aident a la digeftion •, la dofe en eft depuis un ferupule juiqu'i uue dragme. Les fragmens precieux peuvent abforber & adoucir quelque humeur aigre qni caufe quelquefois des picoteemens dans l'eftornach , mais pour la qualite cordiaie qu'on a pretendu qu'il y avoit dans ces pierres, eile n'eil qu'nnaginaire. Trochifques pour arreter le vomiffement de fang. Prenex des rofes rouges t de la femence de jufquiame , des fleurs de grenades, du M oriental, de (aeaeta, de Ugomme arabique & de l'opium , de chaeunparties egales. Puis avec le mucilage de gomme adraganth tire dans l'eau de pourpitr , fmtes des ireebifques felon l'art. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble les fleurs & la femence •, d'une autre part le bol ; d'une autre part la gomme arabique, on liquefiera für un petit feu l'opium & l'acacia avec un peu de mucilage , puis on battra la matiere long-teuis dans un monier avec les Vcrtäi. Dofe. U N I v E R S E L L E. 4 2 7 poudres & cequ'il faudra de mucilage de gomme adragantn tue en eau de pourpier pour faire une niafle iolide dont on rormera des trochilques. Ils fönt propres pour aurerei: toures les hemorrhagies, pour calmer Sc aflbupir Vertue les douleurs trop violentes •, la dofe en eft depuis huit grains jufqu'a un ferupule. £> 0 fe. Trocbifqu.es pour xrreter le flux hemorroMnL Prenet du bdellium , dix dragmes , Des m/raklans indlques, emlftques & lleriques, de ebaeun clnq dragmes, De U femence d'oignons , trois dragmes , Du cor all prepare , du fuccin prepare , duhol d'arme nie prfpare des coquüles cal- cinees , de chaeunes deux dragmes. Avcc le mucilage de gomme adrag'amh , tire dans Venu de rofes , faltes des trochifqv.es felon l'art. R E M A R (2JÖ E S. On pulverifera enfemble les myrabolans mondes de fear noyau Sc la femence d'oi- gnon Öc celie de poireau : on biroyera les coquüles calcinecs , on mettra en poudre le bdellium , on melera les pondres avec le bol, le fuccin & le corail prepares, on corporifiera le mclange avec du mucilage de gomme adraganth tireen eau de rofe, pour faire une mafle folide donton formera des trochifques. Ils fönt aftringents , on peut s'en fervir pour arreter les flux de ventre 5c toutes les hemorrhagies; Li dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a deux dragmes. Trochtjques pourU di&frhe'e. Trenez. des femence s d'ofetile & de berberis t des myrtilles , des cl/ataignes, de l'amidon & du fpode , de ebaeun c'mq dragmes , Du fuccin & du corail rouge t de ebaeun trois dragmes. Avec du mucilage de gomme adraganth tire dans l'eau de rofes , faltes des trochlf ques felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les femences, les myrtilles & les chataignes mondees de leur peau •, d'une autre part l'amidon , on broyera für le porphyre le fpode ou yvoire beule, le fuccin & le corail, on melera des poudres ÖC on ies corporifiera avec une quantite fufhfame d. mucilage de gomme adraganth tire en eau de rofe , po!.?r faire une päte duredont onformerades trochilques. Ils fönt propres pour arreter les cours de ventre & ies hemorrhagies , la dofe en Venus, eft depuis demi dragme jufqu'a deux dragmes. Dofe. Trochifques odor&ns , ou oyfelets de Cjpr:. Vrenet, du cbarbm de faule, trois or.ces Du Üb dämm , deux onces , Ditßorax , du benjoin , du tacamahaca & du bols de rofes , de cbacunßx dragmes, De l'ambre gris , du m'ufc & de la civette , de ebaeun dix grains , Deshuilesde bois de rofes , de cmelle & de gyrofle , de ebaeune quatre gouttes. Avec le mucilage de gomme adraganth tire dans l'eau de rofes , faltes des trochifques felon l'art, R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le benjoin, le ftorax, le labdanum 5c le tacamahaca; Hhhij UTages. Vemis. Pole. 41S PHARMACOPE'E d'une autre part on mcttra en poudre le bois de Rhodes ; d'une autre part le char- bon de faules •, d'une autre part le mufc &C l'ambre , on melera les poudres avec les eöfences &c la civette , on incorporera le melange avec ce qu'il faudra de mucilagc de gomme adraganth tire en eau de rotes pour faire unc päte dont on formera des trochifqnes ou paftilles qu'on mettra fecher a l'ombre. On fait biuler une de ces paftilles dans un rechaut de feu, afin que la fumee qui en fort parfume &C embautne le lieu oü Ton eft par fa bonne odeur , & qa'elle refifte au mauvais air. On anpeile ces paftilles oifelets a caufe qu'elles s'elevent en l'air quand on les met dans le reu ; on les dit de Cypre , foit parce que l'origine de ces lortes de parfums vient de l'lfle de Cypre , ou parce qu'on les prepare mieux en ce pays-la qu'ail- leurs. Trochifques joviattx oft d'etain, de M'ynficht. Trenez. du magiftere de Jupiter , de la nacre de perles , du cor All rouge prepare , de chacun deux dragmes, De l'bulle de futcin blanc reclifije, deux fcrupules. Avec le mucilage de gomme adraganth , tire dans l'eau hyflerique de Mjnßcht, fai~ tes des trochifques felou l'art. R E M A R Q^U E S. On melera le magiftere d'etain avec la nacie de perles & les coraux prepares , orr y ajoütera l'huile de fuccin rectiiree Sc ce qu'il faudra de mucilage de gomme adraganth tire dans l'eau hyfterique d'A. Mynlicht que je decrirai dans fon rang, pour faire une malle folide dont on formera de perits trochifqnes. Ils lont eftimez propres pour les fuftocations ,*pour les autres maladies de la ma- trice > la dofe en eft depuis demi fcrupule juiqu'a deux fcrupules. On trouvera dans mon traite de Chymie la deitriprion du magiftere de jupket, Sc celle de l'huile de fuccin. Il n'y a proprement que l'huile de luccin dans ces trochifques dont on puifTe ef- perer ies efrers qu'on en demande, car le magiftere d'etain, le corail & la nacre de perles prepares n'onr rien en eux qui foit propre a abatre les vapeurs, ni a remedier- aux maladies de la matrice, excepte qu'elles vinftent d'une trop grande quantite de fuc acide qui fe repandit dans ce vifcere , car alors ces matieres qui fönt alkalines pourroient abforber &c adoucir i'humeur. Trochifqnes £c'ctcvi(fcs, Trenez. des ecrevißes calcinees , iix dragmes , Des rofes rouges , de Vamiden , du hol mental & de Li terrc ßg'tllee , de chucun ß» dragmes t Du fpode t de la p'ierre he'matite, de la gomme adragantb, de chucun cinq dragmes ,.. Du fuc de reghße, trits dragmes. Avec lefue de faüence , faites ces trochifques fehn l'art.. R E M A R ()_u E S. On calcinera des ecrevifies dans un pot de terre au milieu des charbons ardents jufqu'a ce qu'elles ne fument plus,. on les btoyera für le porphyre avec le fpode £>c la pierre fanguine jufqu'a ce qae le rout foit irripalpable; d'une autre part on pulve- rifera enfemble le bol, la terre figrllee & l'amidon; d'une autre part on redmra en. I UNIVERSELLE. 4 j 9 poudre la gornme adraganth •, d'une autre part les rofes , on fera fondre für un pe- tit feu , le fuc de reglifle dans environ deux onces de fuc de patience tire par expref- fion Sc depurs, on y incorporera les poudres, Sc s'il n'y avoit pas aflez d'hnmidite, on ajoiirera encore du fuc de patience pour faire une malle folide dont on formera des trochifques. Us fönt eftimez pour la phtifie , pour la fievre Continus , pour arreter le crache- Vertus- ment de fang, la dyfenterie , les flux de menftrues Sc d'hemorro'ides •, la dofe cn eft Do(Ce dspais un ferupule jufqu'a une dragme. La calcination qu'on donne aux ecrevifles , les prive de la plus grande vertu u'eiles ont pour la phtifie Sc pour les fievres, parce que le feu en fa.it dilfiper ler f A volatil Sc l'huile, en forte quil neleur refte qu'une marierealkaline Sc aftrin- gente. Cette compofition eft plus propre pour arreter les hemorrhagies & les flux de vea- tre que pour tous autres ufages. Trochifques de r&cine de rofes , de Mynßcht.. Prenez. dela räche de rofes, une once , De l jcorce de racine de mandragore, des nojaux de pefches , de Ptxträt d'ophm,. &■ de U myrrbe, de ebaeun fix dragmes , Des fleurs de pavet champetre , du Japan or'untal, & des rofes rouges t de chaeun demi onee , Des femenecs de jufquiame blatte, d'anetb , d'aebe t de chaeunes trois dragmes , De tanoix mufeade , deseubebes , du camphre } de cbacitn deux dragmes. Avcc le mucilage de femence de pfyllium, & de coings tire dans Venu de laiäue ,, fa:tes-en des trochifques felon Va.ru REMARQUES. On pulverifera enfemble les racines, les femences , les rofes, les cubebes, les mufeades, les noyaux de pefche mondes; d'une autre part la myrrhe ; d'une autre part le camphre dans un monier imbu de quelques gouttes d'efprit de vm , on nie- lera les poudies , on fcra du mucilage de femences dfeeoing & de pfyllium dans de l'eau de laittue •, on liquefiera l'extrait d'opium für un petit feu avec environ deux. onces de mucilage coule , on y melera les poudres, on battra le melange dans un- rnortier f y ajoütant ce qu'il faudra encore de mucilage de femences de coing Sc de pfyllium , pour faire une malle folide dont on formera des trochifques, Sc on les mettra fecher a l'ombre. Ils fönt propres pour temperet le trop grand mouvement du fang, Sc des autres Vertas> humeurs , ils excitent le fommeil , o.i s'cn fert pour les grandes douleurs de tere , TJia^es;. pour laphreneüe, pour les infomnies, on en dillout demi once dans luüt onces d'eau de lai£tue : on trempe des linges dans cette difloluiion apres l'avoir faic tiedir, .Sc on les applique für le front & auxtemples. Tro htfques contre le hoejutt.. Trenez. de Vopium , une dragme & demie 3 De l'ato'e's , de l'encens , des racines de ceflus & d'afarum, du Jone odorant, des feuilL les de raifort aquatique , de pouillut de montagne , dementhe & de rlnte & dv lafs-r . mtnee d'aebe , de eh.nun une dragme, Des rofes rouges , une demi dragme. 4s« U muciUge de gornme adragantb ,fattes des trochifques felon l'art.. Hhh iij 43 o PHARMAGOPE'E REMARQUES. On pulverifera cnferable i'opium , les racines , les fleurs , les feuiües & Ies fe- mences ; d'une autre part on mettra enpoudreeafemble l'aloes & lencens , onme- lera les poudres, & avec une quantite luffifante demucilage de gomme adraganth, on fera une malle folide dont on formera des trochifques. Vertus. Iis arretent le hoquet, ils fortifient l'eftomach 3 la dofe en eft depuis demi fcru- Dole. pule jufqu'a demi dragme. Commela caufe du hoquec vicnt apparemment d'une humeur falee 011 acide qui picottant quelques pecires rlbres du fond de l'eftomach; y fait une maniere de con- vulfion, il lui taut des remedes qui abforbent ce fei, & lui otent fa force en cal- mant ragitation de l'eftomach; ces trochifques iont alfez convenables en cctte oc- ■cafion , mais je voudrois retranchec de leur compofition , l'aloes & l'afarum qui par leur qualite purgative, peuvent empecher 1'efFet de I'opium dont il faut attendre le plus de loulagetnent. Je ine fuis iervi plufieurs fois avec: fucces pour le hoquet, du laudanum meld avec du fei volutil de corne de cerf & des yeux d'ecrevifle prepares. Trochifques de fariette , de Mynßcht. Trenez, de U fariette t une demi once , De la marjdame & de l'origan , de chaeun deux dragmes , Des fleurs de lavende t de rofmarin & de refes rouges s de chaeunes une dragme & demie, Du bois d'aloes, de la gomme arabique & adragantb , dela raune de benoite & d'ins de Florence, de chaeun une dragme , Du gyrofle, de la mix mufeade, du petit cardamome , des cubehes , de chaeun demi dragme , De l'ambre gris & du mttfc , de chaeun demi ferupule Formez.-en des trochifques avec le blaue d'cetif. R E M A R Q_U E S. On pulverifera les herbes, les fleurs, les racines , le bois d'aloes ,1a mufeade, les cubebes, le petit cardamome , 8c les gyrofles - , d'une autre part l'ambre & le mufc, on melera les poudres, & avec une quantite fuffifante de blanc d'ceuf on fera une pä:e dont on formera des trochifques. CJfages. On en diffout une dragme dans huit onces de lexive , & Ton en lave la tete le matin chaudement', cette fomentationou lotion nettoye la peau, ouvre les pore$'& & fortifie le cerveau. Comme plufieurs rnaladies proviennent des hnmeurs fuligineufes, quine pou- vantpoint tranfpirer fufhfarnment par lesfutures dela tete ni par les pores ein crane, retombent für diverfes parties du corps, il eft fort a propos de procurerla Uberte de la tranlpiration autant qu'on peut; pour cet effeteeux qui ont le cerveau trop humide , Sc deiquelslapituitene s'evacuepas fufnfamment par le crachar 8c par le nez, doivent Ce faire rafer la tete Coavent , parce qiie les cheveux 8c la craife qui fe pro- duit für h peau de la tete , boachent les pores & empechent la diflipation de ces fu- Uginofitcs qui doivent fortir; mais comme ces pores fe rebouchent facilement par une nouvelle craife qui s'y fait, il eft bon de fe fervir de la fonientation faite avec les trochifques, comme il acte diu Trochifques contre le flax exceffif d'urine. • ttenet, des b.ijes de mjrte, & de lafemence d'ofeille, de chaeun deux onces t UNIVERSELLE. 4jr De U gomme aral/'tque & de l'amidon 3 de chacun une once. F/tites-en des trocbifques avec le mucilage dt femence de pfyllitm. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les myrnlles Sc la femence d'ofeille j. d'une autre part l'ainidon, d'une autre part la gomme arabique , on meiera les poudres &c avec une quantite fuffifante de mucilage de femence de pfyllium , on compofera une malle De Valoes , deux drag'mes, De lafemlleindienne, de l'afarum , detabßmhe , de la femence de perßl de Mace- clotne , dufpicanard , des anwies douces & du maflich , de ebueun une dragme. Faites-en des trocbifques avec le fuc d'abßntbe. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le malabatrum, l'afarum, l'abfinthe , les femences , le fpicanard & les amandes ameres pelees ; d'une aücre part l'aloes Sc le matHcli , on meiera les poudres, on les corporifiera dans un mortier avec le fucre d'aigre- moine & ce qu'ilfaudra de fuc d'abfinthe , pour faire unemafle dont on formera des trochifques. On les dir bons pour la fievre quarte, pour les maladies du foye , pour exciter les mois aux femmes, ils tiennent le venire libre; la dofe en eft depuis demi dragme jufqu a deux dragmes. La petite quantite d'aloes qui entre dans cette compofition n'eft pas capable de rendre les trochifques purgatifs , ils peuvent feulement tenir le ventre libre , aufll n'a-t-onpas eu deflein d'en faire un remede purgatif, il furhe que ce peu d'aloes Joint aux auttes Ingrediens aperitifs, rarerle le fang , pour le puririer Sc pour lcvec les obftructions. Trochifques de vit , de Mynßcht. Prenez, de U main de ebnft ßmple , huit onces, De la cmfeäion alkermes, demi once } Du magillere de perles , & de l'ambre gris , de chacun une dragme , Du mufc & des cinq pierres pretieufes preparees t de chacun un fcrupule , De l'eleofaccharum de canelle t de gjrofle & de citron, de chacun demi fcrupule^ Melez, le tont, puis avec le mucilage de gomme adraganth } tire dans icatt de rofes^ forniez*-en de petits trocbifques. R E M A R Q^U E S On pulverifera fubtilement les tablettes de fucre rofat; d'une autre part le mufc & l'ambre, on meiera les poudres avec le magiftere de perles, les fragmens pre- tieux prepares, l'eieofact harum & la confection d'alkermes: on y ajoiitera ce qu'ilfaudra de mucilage de gomme adraganth tire en eau de rofe, pour faire une pate folide qu'on battra quelque tems dans un mortier de marbre pour bien melangen les Ingrediens, puis on formera des trochifques qu'on mettra fecher a. l'ombre» Vertus. Dofe. Vertust Dofe, Vertus. Dofe. Vertus. Dofe. Vertut. Pofc. 43a 1 PHARMACOPE'E Ils fortinentle cceur, l'eftomach Sc le cerveau, Us reparent les efprits cn hätanc Ia circulation des humeurs , ils reflftent au mauvais air ; la dofe en eft depiüs une dragme jufqu'a. deux. Le magiftere de perles Sc les pierres pretieufes fönt des matieres terreßres fort inutiles dans cette compofition ■, on pourroit les en retrancher fans diminuer fa ver- tu , car ils n'y peuvent communiquer rien de cardiaque. Trochifques contre U pleureße. Trenez. du fang de fouc prepare , quatre onets , De Vollbart , une once , Du fuc de regliffe, des foyes de viperes av.ee les cocurs & du diaphiretlque mineral, de ebaeun denn once. Avec le fyrop de pavot rheeas t faites-en des trochifques. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfembleles foyes & les coeurs de viperes, lc fangdebouc prepare 6c le fuc de reglifle ; d'une autre part Toliban , on melera les poudres avec l'anti- moine diaphoretique , Sc avec une quantite fuffifinte de fyrop de coquelicoq on fera une mafTe fohde dont on formera des trochifques. Ils fönt propres pour la pleurefie , pour exciter le crachat Sc la fueur, ils pouffent auffi quelquefois par les urines; la dofe en eft depuis un ferupule jufqu une dragme Sc demie dans de i'eau de chardon benit ou de fcorfonnaire. Ces trochifques ne fönt aueun bon eftet quand on les donne dans le commenec- ment de la pleurefie , parce qu'alors les humeurs fönt trop crues , il faut en ce tems-la deTemplii^es vahTeaux par pluheurs faignees, faire prendre au malade des fyrops pectoraux , des tifanes, des juleps, pour preparer Sc amolir les humeurs, & lorfqu'on voit que les dejeetions marquent quelque co&ion , ce qui arrive vers le lepriemejour au tems de lacrife , il faut donnerles trochifques, ils produifent or- .dinairement un boneffet, car ils pouffent les humeurs rarefieespar les pores oapar les urines, «Sc ils excitent le crachar. Trochifques de perles, Frenez, des perles preparees , une once , Du fpode prepare , du cor all rouge prepare > du fantal citrin , des quatre gr arides fe- mences froides mondees , de chaeun trois dragmes , De la ferne nee de pourpler , & des rofes rouges , de chaeun deux dragmes. Fattes-en des trochifques avec le muctlage de pfyllium. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les rofes, le fantal citrin & la femence de pourpier , on battra dans un monier de marbre , les quatre grandes femences froides mondees jufqu'a ce qu'elles foient bien en päte , on y melera les poudres , les co- raux , les perles Sc le fpode prepares, on corporifiera le melange avec ce qu'il faudra de mucilage de femence de pfyllium , ponr en faire une päte dont on formera des trochifques. Ils fönt propres pour fortifier le cceur, pour les palpitations , & pour les cours de ventre •, la dofe en eft depuis un ferupule jufqu'a une dragme. La prevention qu'on a euc de la qualite cordiale des perles Sc du corail, fon- dee für ce que les Anciens en ont dit, a fait qu'on n'a guere invente de compofition Aurres Vertus. Dofc UNIVERSELLE. 4J5 pofition cardiague qu'on n'y a-it fait entrcr ces deux Ingrediens: rnais quand on voudra examiner ians preoecupation les effets des perles & du corail, on verra qu'ils fe reduiient a etre aftringents & alkalins, c'eft-ä dire a. reflerrer Sc mortifier les aeides: ainfi quoique cecte compofirion prenne fon nom des perles, ellan'en ti- re pas fa plus grande vertu. On pourroic encore faire des trochifques de perles avec la poudre diamargariti Autr« frigidi corporifiee en mafle par ie mueiiage degomrae adraganch. Trochit- On peur auffi appeller les perles prepärees qu'on forme en petits trochifques, ^jL C pour les faire fecher, trochifques de perles. Trochifques de perles , de Mynßcht. Prenez, du magißere de perles , une once , Des huüles de canelle & de rofes t de cbacutte , un ferupule , ' Formez,-en des trochifques avec le mueiiage de gomme adraganth tire dans lern de rsfes. EIMjU qjj e s. On melera le magiftere de perles avec les efTences de rofe & de canelle , on cor- porifiera le melange avec une quantire fuffifante de mueiiage de gomme adraganth, pour faire une maile folide dont onformerades trochifques. Iis font propres pour les maux de cceur , pour les foiblefTes, pour lapalpita- tion , pour les maladies de la tete , comme le vertige , l'apoplexie , laparahfie , la manie , pour exciter la fueur ; la dofe en eft depuis fix grains iufqu'o.un ferupule. Le nom de magiftere impofe beaueoup en Medecine , 0:1 s'imagine que c'eft une quinteftence ou la partie la plus pure & la plus exakee du mixte > cepen- dant ce n'eft qu'une matiere terreftre prefque entierement privee de vertu, comme je Tai remarque dans mon livre de Chymie cn decrivant le magiftere de corail. Les perles fimplement prepärees en la maniere ordinaire, agiflTent comme les aurres matieres alkalines, & elles fönt propres pour abforber & adoucir les fels aeides ou acres qui caufent diverfes maladies, mais lorfqu'on adivife les parties dans la diflblution , pour les faire preeipiter enfuite en magiftere , on en a detruit lespores dans lefquels les fels acres & aades pouvoient s'embarafTer & s'adoucir , ainu l'on a rendu la matiere incapable de produire fon efrec , il vaudroit donc mieux employer les perles prepärees danscette compofirion que leur magiftere. Trochifques de folanum. Prenez, de la regliffe , de l'amidon , des gommes arabique & adraganth , du fang- dragon , de l'encens , de la femence de cencombre mondee } de chaeun dtx dragmes, Du perjil de Macedoine , deux dragmes , De V opium, une dragme. Avec le fuc des grains meurs epaijfi en mueiiage , faites- en des trochifques felon Vart. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble la reglifle & la femence de perfil de Macedoine ; d'une autre part les gommes arabique & adraganth dans un monier chaud •, d'une autre patt le fang-dragon & l'encens, d'une autre part l'amidon , on melera les poudres; on battra dans un moruer de marbre la femence de concombre mondee II Venus. Dofe. 434 PHARM ACOPE'E Vertus. Doie. jufqu'a ce qu'eile foit en päre , on la melera avec les poudres , on aura des grains meurs de lblanum , on les ecrafera & l'on en tirera le fuc qu'on depurera en le faifant bouülir un bouillon & le paflant par un blanchet, on raettra epaiffit fuc un petit feu ce fuc depure jufqu'a confiftence de rniel. on en feparera envi- ron demi once avec laquelle on liquefiera für un perit feu 1'opium coupe me- nu , puis on les batrra dans un morcier avec les poudres Sc ce qu'il faudra encore du fuc de grains meurs de folanum epailli, pour faire une mafle qu'on formera en trochifques. On s'en fett en injedtion pour les ulceres des tefticules & de b vcflie , Sc pour ceux qui piflent le fang , on en diflout une dragme dans fix onces d'eau diftillee , ou decociion de folanura , on en fait prendre auffi par la bouche pour les meines maladies ; la dofc en eft depuis demi fcrupule julqua deux fcrupules, elles fönt fomniferes. Trochifques d'aune'e. Frenez* des vacines d'tunee fecbes , deux onces, De t'amidcn, desgommes adragantb & arabique ,de firis de Ehre nee , du magiflere de foufre t de chacun deux drAgnus, Des fleurs de pavot champetre , une dragme & demie , Des fleurs de benjoin, un fcrupule , Du beatme de foufre anife , dtx gouttes , Avec le mucilage de gimme adragantb tiree dans l'eau de pavot Rbceas, faltes des trochifquss qui feront fecbex. a l'ombre. R E M A R QJJ E S. Onpulveriferaenfemblelesracines d'enuia & les fleurs de coquelicbq Ceches ; d'une aurre part l'amidon ; duneaurrepartles gommes dans unmortier cnaud , on melera les poudres avec la fleur de benjoin , le magiilere de foufre & le bäume de foufre anife; on corporifiera le tout avec ce qu'üfäudra de mucilage de gpmme adra- canch tire en eau decoquelicoq ,pour faire une maile donr on formera des trochifques 8c on les mettra fecher a i'onibre. Iis fönt propres pour I'afthme , pour exciter le crachat, pour le rhunie inverere, pour les ulceres du poumon & de In poirrme - , la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Trochifques de b&yes, de Mjrthe. Yrenez. des myrftlles , quatre onces , Des fleurs de fumac , de l'ecorce de tamarifc 3 de gl and de chefne , du hol Oriental > de l'amidcn , de chacun dix dragmes , Des noix de galles , & des balaufles , de chacun cinq dragmes , Du bdellium , une dragme. Avec le mucilage degomme adragantb tire dans l'eau de tnyitbe } faites des trochifques fehn l'art. R E M A R OJJ E S. On pulverifera enfemble les noix de gdlle , les balauftes , les myrtilies , le gland monde de fon ecorce ; lecorce de ramarifc & la fleur de fumach; d'une autre part l'amidon & lebol ; d'ur.e autre part le bdellium , on melera les poudres avec une quantite fufiifante de mueikge de gomme adragantb tire eneau de myrthe,on fera une maße donton formera des trochifques. Vertu». Dole. UNIVERSELLE. 455 lls fönt propres pour arreter le vomiflement, le cours de ventre , & les hemor- thaeies ■ la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Trochifques de Kirmes. Trenn* des grains de kerntes, deux onces , De U raclure de corne de cerf, de citron , du f ant.il rouge , du corailprepare } du [neun > du diapboretique miner al , des troncs de viperes feebet.. Formcz,-en des trochifques avec le fjrop de kerntet. R E M A R Q^U E S. Onpulverifera cnfemble les grains de Kermes, la corne de cerf rapee, lecorce de citron feche , le fantal, le luccin & les viperes fech.es coupees par petits mor- ceaux , on inelera la poudre avec lc diaphoretique mineral & le corail prepare, 011 corporifiera le melange avec ce qu'il faudra de fyrop de Kermes pour faire une maffc folidc dont on formera des trochifques qu'on mettrafecher a l'ombre. lls tont propres pour fortifier l'eftomach , pour puriner le fang, pour empecher Vertus. i'avortement ou 1'accouchement avant terme ; la dofe en eil depuis un fcrupule juf- D 0 f e , qua une dragme & demie. Le remede ordinaire des Matrones pour les femmes großes qni croyent etre bleffees, eil des grains de Kermes fecs qu'elles fönt prendre en poudre dans im ceuf , ces grains pourroient produire un aflez bon effet en rortifiant les parties de- bilitees ü en fe fechant, il ne s'ecbit dulipe le meitleur de leur fubftance en petits vers , car il ne refte qu'une ecorce de peu de vertu , mais quand on aura ajoute ies autres in^redienscontenus danscette defeription, on aura heu d'en attendre un bo:i effet , pourvü d'ailleurs qu'on ait foin de faire tenir la femme couchee pendant quelques jours les jambes un peu elevees, afin que la raatrice ne foit point fatiguee par le fardeau. _ . Il ne faut pas dans ces aeeidents fe fervir de remedes fortifiants , acres, falins, ni trop fpiritueux , de peur de liquefier trop le fang , & de poufler en bas ce qui pou- roit etre deia ebranle , on doit employer les fortifiants temperes , & qui ayant de i'aftriftion , reilerrent les fibres de la matrice. Trochifques de fouchet , de Mefue. Prenez, de U racine de fouchet long, de l'ecorce de citron feche , du maßich , du Jone odorant , du fpicanard , ds U canelle , des mjrahlans embliques , des Jcmmitez,, de myrtbe , de ebaeun deux dragmes & deux ferupules f D't gingembre , du cardamome , de la noix mufeade , des cubebes , du macis , dugyrofle , des trochifques de galita mofcbata&de Ugomme arabique , de ebaeun quetrejeru- pules. ' Faites-en des trochifques avec du mtel de raifins felpn l'art. R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemblelagommearabique Scle maftichj d'uneaurre part les trochifques de galha mofehata; dune autre part les autres drogues toutes enfemble, on melera les poudres , & Ton corporifiera le melange avec ce qu'il faudra de miel de raifins , pour faire une maffe folide dont on formera des trochifques. lls fortifient l'eftomach, ils aident ä la digeftion, ils corrigent la mauvaife bou- Vertu». che; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. ^ Dole. Mefue demande qu'avant d'ufer de ces trochifques on ait nettoye le corps par le vomiffement &»ar la purgation du ventre: cette precaution eft bien railonaable , 1 lii i) Pourquoy les Pilules ont ete in- ventees. 4,5 PHARMACOPE* E ci rant qucl'eftomach eft rempli d'humeurs, ou qu'il reco« des vapeurs mechan« res de quelque corruption contenue dans lcs autres vifceres, ll ne peut pasetre TeTtrochifquesfeconferveront fans s'humeäer , fi au lieu du rpiel de:raifi«J dont on fe fett pour les corponfier , on employoit lc mucilage de gomme adragantn fait dans une decodion de raifins. ' ■ ■ ______________________ CHAPITRE VIII. Des Pilules. Ethnologie p HULA eft un diminutif tefd* , qtuß parva piU , parce qu on forme les pilules JT en netites boules. t ., a , Mim » . M r„ Les Grecs les ont nommees catapotia, du Verbe w&tpw *i 'P , ««">» a caule qu'on les lavale entieres fans les mächer« Elles ont cteinventees pour ckux raifons principales. , r La premiete afin qu'en cette forme l'on puille faire prendre facilement pbfieut. remedes qui feroientinfuportables au gout, s'ils etoient pris d une autre man ete, comme l'aloes, la coloquinre, l'agacic , la terebenthine, ou qui s atacheroieiit aux dents & les pourroient ebranler, comme le fublimi dpux & les autres P^auor« de mercure \ il ne fe trouve meme que trop de malades qui ont rant de df^aefle pour tout ce qui s'appelle remede, qu ils n'enpeuvent prendre , ii peu deiagteables qu'ils foient, sils ne fönt reduits en pilules. Lafeconde afin que le remede etant pris fec, demeure davantage dans les vifceres, & qu'il ait plus de tems pour communiquer fa vertu aux parnes eioignecs comme aux jointures & a la tete. . * J'.!-,.««« La plus grande partie des pilules fönt putatives, mau il y en au/h *#«*£*> de roboratfves , d'aftnngentes, de fommferes, de diaphorenques , d apennves » d'hyfteriques , de cephaliques, de bc'chiques , d'artnntiques. > Onconferveles pilules iitremcnr que les troch.fques car au heu quon forme les troeimques des que la mafTe eft faite afin de les lanTer techer , on garde lamaflc des pilules afin que les differentes drogues dont eile eft compofee , termentent en- femW , & Ion fe referve a les former für le champ , a me ure qu on en a beloin. Mais il bat remarquer que quand la mafTe des pilules a ete feite avec des fiicsou avec d'autres Hqueurifans fucre ni miel, eile durch fi fort quelque tems; apres,qu on eft oblire de la mertre en poudre,& de la malaxer de nouveau avec une uqueur pour en former des pilules, ce qui arrive , parce que les liqueu« fe corponlientjxaCte- ment Sc fe deflechent fans fe rehumeder. Quand au contraire on s eft lern d unly- rop ou d'unmiel, la malte ne peut pas fe deflechet fi fort, parce que k:mie ÖC le fyrop contiennent beaueoup defels qui preftr&nt facilement i humidite de 1 air , ce qui entretient cette compofition dans la confiftence quelle doit avoir. II eft plus arantageux que la mafTe des pilules fe conlerve molettc, que trop dme, parce que la fermenration le feit beaueoup mieux dans l'humide que dans le lec. Comme les pilules pourroient donner un mauvais gout en pattant pai le palais, on les envelope tantot avec du pam ä chanter mouille , tantot avec des reuilles d or ou d'argent, tantot avec des conficures , tantot avec du pain de la toupe. Pilules coehe^s majeures » deRhaßs. Vunt-L du meilkur turbitb , & du 'ß«cbas ardnque , de cbacun cinq ir*gms, Differen-_ ceb des Pi* lules. De la con- iiitenceque coivfrt a- voir les Pilules. UNIVERSELLE.- 4 57 "De U coloqtitnte , trois dragmes & unfcrupule , De la(cammenee, deux dragmes & dem'ie t De la poudre d'hierepure de Rbajt's , une dragme. Taites-en une maffe de pilules avec le fyrop deßxchas } ou avec le fuc d'abßntbe. R E M A R O^U E S. On pulverifera enfemble le turbith , leftxchas & la coloquinte mondee & inci- fee menu; d'un aucre part on mettra en poudre la fcammonee, on melera les poudres avec Celles de hiere ; & avec ce qu'il faudra de fyrop de ftcechas ou de tue d'abfinthe on fera une maffe de pilules. £lles purgent toutes les humeurs , mais principalement la pituite , c'eft pourquoy jbns'en fert pourpurger le cerveau ; la dofc en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Les purgatifs de cette compofition fönt le turbith, la coloquinte , la fcammonee, 6c la poudre de hiere. Un fcrupule des pilules cochees majeures contient de turbith quatre grains, de coloquinte , un peu moins de trois grains } de fcammonee deux grains, de poudre de hiere environ un grain. Demi dragme des pilules cochees contient de turbith fix grains, de coloquinte quatre grains, de fcammonee trois grains, de poudre de hiere environ un grain Sc demi. Deux ferupules des pilules contiennent de turbith huit grains , de coloquinte un peu moins de fix grains, de fcammonee quatre grains, de poudre de hiere un peu moins de deux grains. Une dragme de pilules contient de turbith demi fcrupule, de coloquinte huit grains , de fcammonee fix grains, de poudre de hiere un peu moins de trois grains. Le nom de cocci* vient de coecos qui fignifie grain , il a ete adapte a cespilules a caule qu on les fait en forme de grains ; elles fönt dites majeures , parce qu'elles fönt plus compolees que les autres qui fuivent> mais elles n'en valent pas mieux. Le ftcechas a ete mis dans certe compofition pour fortifier le cerveau contre l'acfcion des purgatifs, mais fi l'on confidere bien lcffet des purgatifs 8c celui des remedes fortifiants, on reconnoitra aiferaent qu'il y a une contre-indication a les meler , car en faifant prendre le purgatif on a deflein de rarefier ou de diflbudre les humeurs ; ce qui ne fepent faire qu'en irritant 8c relächant les parties; aueontraire en y medant des remedes fortifiants, on veut afFermir les fibres de ces parties 8c em~ pecher par confequent que les humeurs ne foient detachees , ce qui fe contredit, il faut tout un ou tout autre. Je ne crois pas ä la verite que le ftcechas puiue fortifier le cerveau pendant l'action des purgatifs , c'eft une digue trop foible pour refifter a ce torrent, je l'eftiine inu- tile dans cette compofition. Si l'on veut en faire prendre avec quelque utilite, il raut que ce föit les jours fui- vants la purgation , il pourra alors fortifier le cerveau , parce qu'il n'y aura rien qui interrompe fon action;j'en dis de meme des eflences que plufieursDifpenfaires fubfti- tuent au ftcechas pour le meme deflein. Le turbith eft purgatif , mais il ne puege qu'avec tranchees, purgat turbamo , fi on lui fubltituoit le jalap , les pilules agiroient avec moins de tranchees. Ondevroit employet ici l'aloes ä la place de la poudre de hiera picra 5 car cette poudre n'eft compolee que d'aloes mele avec quelque peu d'ingrcdiens inutilcs en cette occafion commede canelle , de maftich , d'alarum , de lpicanard , de fanoi citrin , de faffran. I i i üj Vertus. Dofe. 9i; 9", 3»» D'ou vient le nom de eoeeix- -,4jS PHAR M A COPE'E On pourroit ajoüter dans la compofition de ces pilules quelques dragmes de tar- tre foluble , pour barer leur achon en corngeant les purgatifs , & empechant qu'ils n'excitent des tranchees, voici comme je voudrois reformer ces piiules. Pilules toche'es ?najcures retorme'es. Prenet. de U racine de jalap , fix dragmes , Des trochifques d" alhandal, une denn once , De U fcammonee , trois dragmes , Du tartre foluble , deux dragmes } De l'aloes t une dragme , Pulvertfex. U tont & le melei. , puls avec le fjrop de fieurs de pefcher, faites-en une maße de pil lc<. I' iluks cocbe'es mmeu es , ott admirables. Trenet^ de l'aloes fueöirin , de la fcammonee choifie , & des trocbifques d'alhan- dal, de chaeun parties egales. Faites-en une maße de pilules avec le fjrop de refes compoje d''agaric. R E M A R Q_U ES. On pulverifera fubtilement enfemble i'aioes & la fcammonee dans un mortier oint de quelques gouttes d'luiile d'amande douce ; d'une autre part on metcra en poudre les trochifques alhandal, on melera les poudres & on les corporifiera avec ce qu'il faudra de lyrop de rofes compole avec agaric pour faire une malle de pi- q lules. pi- Vertus. Eües fönt propres pour purger toutes les humeurs , on s'en fert particulierement Dofe. quand on veut purger le cerveau ; la doie en eft depuis demi ferupule jufqu'a deux fcrupules. Tout eft purgatif dans cette compofition. 3 8 , Demi ferupule despilules cochees mineures contienrde l'aloes 3 de la fcammonee Sc des trochifques alhandal, de chaeun trois grains. 3 i, Un ferupule des pilules conrient de l'alocs, de la fcammonee , 8c des trochifoues alhandal, de chaeun fix grains. X f>, Demi dragme des pilules contient de l'aloes, de la {cammonee Sc des trochifques alhandal, de chaeun neuf grains. «5 ii , Deux fcrupules des pilules contiennent de l'aloes , de la fcammonee Sc des trochifques alhandal, de chaeun demi ferupule. Ces pilules fönt appellees admirables a a. caufe de leurs grands effets. On fait cn- trer ordmairement dans leur compofition , la poudre de hiere fimple, mais parce qu'elle eft prefque toute aloes , & que les autres Ingrediens qui yentrentnefont point purgatifs, j'aitrouve a propos de fuivre quelques Diipenfaires qui n.e.tent en fa place l'aloes fuecotrin. II eft affez indifferent quelfyrop on employe pour reduire les poudres en mafle , pourvü qu'il foit convenable. Les uns demandent le iyrop defteechas, les autres le fyrop de roies, les autres le fuc d'ablinthe, il y en a meine qui veulent l'ehxyr de pro- priete. Ce n'eft pas la liqueur avec laquelle on malaxe les pilules qui peut leur don- nerune grande vertu , car ü Ion confidere ce qu'il en entre a chaque prife, on verra que la quantite eft trop petite pour produire quelqne effet, ainn" quand on n'auxa point de lyrop de rofe avec agaric , on peut fe fervir d'un autre fyrop purgatif. Quant a l'elixir de propriete , je le trouve peu propre a bien lier les poudres 5c £. enuetenir une jufte confiftence dans la maue, UNIVERSEL L'£. ; ' 4$p On demande dansplufieurs defcriptions de ccs pilules des eflTences cephaüques Sc ftomachales comme celles de ftacchas, de lavende , de gyrofle , mais je les crouve inutiles, par Jes raifons que j'ai dites en la deferiprion precedente. Pilules d'agaric. Trenet de l'agaric tres-blanc , de turbith cboi/7, & de lapoudre d'biere pure Jtm- ple de ebaeun dem once , Des trochifques d'albandal, & de la farcocolle - t de ebaeun deux. dragmes , De U ractned'tris , des feu'üles de marrube blatte-, & deU myrrhe choiße , de ebaeun une dragme. Taites-en une maffe de pilules avec du vin cuit. R E M A R QJU E S. On rapera l'agaric , Sc on le pulverifera avec le tnrbith ; les trochifques alhandal, l'iris Sc le marrube blancj d'une aurre part on mettra en poudre enfemble la farcocolle Sc la myrrhe , on melera ces poudres avec celle de hiere picre Sc avec une quantite fufhfante de fapa ou vin cuir, on corporiiiera le melange pouren faire une mafTe folide qu'on gardera, Sc l'on en formera des pilules au beibin. Elles purgent prmcipalement la pituite crafle du cerveau & des autres parties du corps. Eiles (bnt propres pour les afthmatiques ; La dofe en effc depuis un ferupule jufqua quarre. Les drogues purgaeives Sc eflentielles de certe compofition fönt l'agaric , le tur- birh , la poudre de hiere Sc les trochifques alhandal. Un ferupule des pilules d'agaric contient d'agaric , de turbirh Sc de poudre de hiere , de chaeun quatre grains, de trochifques alhandal deux grains. Demi dragme des pilules d'agaric contient d'agaric , de turbith Sc de poudre de hiere, de chaeun fix grains, de trochifques alhandal trois grains. Deux ferupules des pilules d'agaric contiennent d'agaric , de turbith & de poudre de hiere , de chaeun fix grains f de trochifques alhandal quatre grains. Une dragme des pilules d'agaric contient de poudre de hiere fimple de turbith & d'agaric de chaeun demi ferupule , de trochifques alhandal fix grains. Quatre ferupules des pilules d'agaric contiennent d'agaric , de turbith & de poudre de hiere , de chaeun feize grains, de trochilques alhandal huit grains. Comme ces pilules prennent le nom de l'agaric , on devroit y en emnloyer da- . --------- .— ,j__ -~ — ---------------------- -j ----------- - ^ — t -^—^— e foluble pour corriger les purganfs Sc principalemenr le rurbirh qai donne ordi- lirement des tranchees , voici comme je voudrois reformer ces pilules. On pourroir fubftiruer l'aloes fuecotrin ä la poudre de hiere. La farcocolle , la myrrhe Sc le marrube fönt des drogues fort inutiles ici, je fe- rois d'avis qu'on les rerranchät Sc qu'on mit en ieur place quelques dragmes de tar- tre f nairem< Pilules d'agaric , re'fofmees. . Vrenez* de l'agaric tres-blanc , une once , De l'aloes , & du turbith cbo/jF f de ebaeun demi once , Des trochifques d'albandal t & du tartre foluble , de chaeun deux dragmes \ De U meine d'iris de Florence , une dragme. Avec ime quantite fußfante de fyrop de rofes compofed'agaric , faites une maffe de pilules. Vertus. Dofe, 3i, 9iv, 44° PHARMACOPE'E Pilules dore'es , de Nie. Alex. Prenez, de l'aloes fuccotrin , & du diagrede , de chacun cinq dragmes t Des rofes rouges , de la femence d'ache , de cbacunes deux dragmes & tiemie , Des femences d'anis & de fenouil , de chacune , une dragme & demie , De la poudre d'biere picre , du fäff ran & des trochifques d'alhandal , de chacun une dragme. laites-en une maffe de pilules avec le mucilage de gomme adraganth. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les rofes, les femences , le faffran , les trochifques ; d'une part l'aloes & le diagrede , on melera les poudres avec celles de hiere, on cor- porifierale melange avec ce qu'il faudra de mucilage de gomme adraganth , & i'on fera une mafle qu'on gardera ponr en former des pilules au befoin. Vertus. Llles purgent toutes les humeurs; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqua une Dofc. dragme. Les Ingrediens purgatifs & eflentiels qui entrent dans cette compofition fönt l'aloes , le diagrede , la poudre de hiere Sc les trochifques alhandal. :j i t Un fcrupule des pilules dorees contient de l'aloes, du diagrede de chacun un peu moins de cinq grains. De la poudre de hiere & des trochifques alhandal, de chacun un grain. 5 ß , Demi dragme des pilules dorees contient de l'aloes & du diagrede , de chacun fept grains , de la poudre de hiere Sc des trochifques alhandal, de chacun un grain Sc demi. n [l Deux ferupules des pilules dorees contiennent de l'aloes & du diagrede ; de chacun im peu moins de dix grains, de la poudre de hiere Sc des trochifques alhandal, de chacun cleux grains. 0 i , Une dragme des pilules dorees contient de l'aloes & du diagrede, de chacun qua- torze grains , de la poudre de hiere Sc des trochifques alhandal , de chacun trois grains. Ces pilules fönt lurnommees dorees, parce qu'on apretendu que le farfranleur don- noit une couleur approchante decelle de l'or, mais la couleur noire de l'aloes prevauc par deffus celle du faffran , ce qui eft de nulle confequence. Les rofes & les femences fönt bien inutiles dans cette compofition, on pourroit les retrancher. Il n'eft pas neceliaire non plus d'employer ici la poudre de hiere qui eft prefque toute aloes, puifqu'il en entre d'ailleurs dans les pilules. Le mucilage de gomme adraganth fait durch la maße des pilules enpeu de tems, * Sc l'on eft oblige;de la malaxer de nouveau avec quelque liqueur quand on veut former des pilules, on peut remedier acetinconvenient en y melant quelques dragmes de tarne foluble & lubftituant au mucilage , le fyrop de rofes folutif; voiei donc comme je voudrois reforrner cetre compohtion. pilules dorees re'forme'es. Prenet* de l'aloes fuecotrin , Jix dragmes Dt la feammonee, cinq dragmes , Du tartre foluble , deux dragmes, Pes trochifques £ alhandal, & du faffran } de cbacun une dragme. faites-en une maffe de pilules avec ce quil faudra de fjrop de rofes folutif. pilulif UNIVERSELLE. 441 Pilules de turbith dorees , dt Mefui. Trenex. de l'aloes fucotrin, une once & demie, Des myrobolans citrins, dix dragmes , Du turbith , fept dragines, Du maßich & des rofes rouges , de chacunßx dragmes , Du faffran, une denn once. Eaites-en une muffe de pilules avec le fuc d'abßnthe. R E M A R QJU E S. Onpulverifera enfemble les myrobolans , le turbith & les rofes ; d'une autre part on mettra en poudre le faffran , apres l'avoir fait fecher par une lence cha- jeur entre deuxpapiers; dune autreparcle maftich dans un morcier aufondduquel on aura mis quelques gouttes d'eau ; d'une autre part l'aloes dans un monier oinc au fond de quelques gouttes d'huile d'amande , on melera les poudres & on les incorporcra avec du fuc d'abfinthe tire par exprellion Sc epaiiTi für le feu en confiftence de fyrop , on fera une maße folide qu'on garderapour en former des pilules au betoin. EUes purgenr & fortifient l'eftomach; elles fönt propres pour la colique , pour exciter les mois aux femmes 5 la dofe en eft depuis un ferupule jufqu'd une dragme Sc demie. Les drogues purgatives Sc efTentielles de cette compofition fönt l'aloes, les myrobolans 6c le turbith. Un ferupule des pilules de turbith dorees contient d'aloes fix grains, de myrobolans cinq grains, de turbith trois grains Sc lequart d'un gräin. Demi dragme des pilules contient d'aloes neuf grains , de myrobolans fept grains Sc demi, de turbith cinq grains. Deux ferupules des pilules contiennent d'aloes douze grains , de myrobolans dix grains , de turbith fix grains & demi. Une dragme des pilules contient d'aloes dix-huit grains, de myrobolans quinze grains, de turbith dix grains. Quarre ferupules des pilules contiennent d'aloes un ferupule , de myrobolans vingt grains, de turbith treize grains. Une dragme & demie des pilules contient d'aloes vingt-fept grains , de myrobolans vingt-deux grains Sc demi, de turbith quinze grains. Ces pilules fönt nommees dorees par la meme raifon que les precedentes. Le maftich Sc les rofes fönt inutiles ici, je voudrois les retrancher Sc mettre en leur place quelques dragmes de tarne foluble pour rarefier lafubftance vifqueufe du turbith qui s'attache aux vifeeres Sc y caufe des tranchees. Yoici donc comme je fe- rois d'avis qu'on reformät cette compofition. Pilules de turbith dorees , reforme'es. Prenez. de l'aloes fucotrin , une once & demie , Des mirobolans citrins , dix dragmes } Du turbith , une once , Du faffran & du tartre foluble , de chaeun trois dragmes. Faites-en une maße de pilules avec le fyrop d'abßnthe. Venus. Dofe. 9i» 9Ü» 9iv , 3 iß » Pilules uhiee ßmp'e , de Galten. Prentz. du meilleur aloes, trois onces & une dragme t % Kkk Venus. Dofc. Venus. Tofo. 441 PHARMACOPE'E De la (Melle , du xjlobalfane , des rejettons de Unit {que , de VafArum , du fpcA~ indiCii } du faffran & du maßich , de chacun une dragme& demie. laites-en une maße de pilules avec le miel rofat. R E M A R QJU E S. On putverifera enfemble le bois de bäume, au a Ion äefäut Ies rejettons Je len- tifque, la canelie , l'afarum , le fpicanard & le faffran •, dune autre part on mettra en poudre enfemble l'aloes Sc le maftich , onmelera les poudres & on les incorpo- rera avec ce qu'il faudra de rniel rofat pour faire une mafle qu'on gardera , Sc Ton en formera des pilules au befoin. Elles purgent Ieshumcurs bilieufes Sc pituiteufes de l'eftomach Sc des inteftins , elles excitent les mois aux femmes 5 la dole en eft depuis un fcrupule jutqu'a une dragme. Il eft bon de manger immediatement apres les avoir prifes. Ces pilules fönt compotces des meines Ingrediens que la liiere picte , Sc elles ne different d'avec cet electuairc qu'en conliftence , l'aloes eft ce qui fait leur vertu ; les aütres Ingrediens qui y entrent n'y ont ete mis que pour cornger ce mixte , Sc pour fortifier l'eftomach contre les picottemens ou tranchces qu'il y ex- cite , mais ces drogues qui lont Ipiritueufes Sc falines , doivent plücot augmenter Facrete de l'aloes que de la diminuer •> le meilleur correctif qnbn lui pmife don- ner eft de manger aufli-ror qu'on l'a pris , ahn que l'aliment qui eft en pare dans l'eftomach , lic Sc emoüfle les pointes du fei de ce purgatif, &lempeche d'exciter une fermentation fi. violente. Puis donc qu'il n'y a que l'aloes qui foit utile dans ces pilules, on fe feroit bien paffe de cette delcription, on n'a qu'aie iervir de l'extrait d'aloes que i'aidacric «uns mon Livre de Chymie, il fera les effets qu'on artend des pilules de hierefim- ple , & ii agira mieux, parce qu'il n'et't point ambarafle d'ingrediens mutiles. L'Aioes eft propre pour provöquer les mois aux f emmes, parce qu'il rarefie beau- coup lefang , il exciteauililes hemonoides; cenxqui fönt lüjetsaucraeneinenr de. fang & aux autres hemorrhagi.es facheu/es , doivent s'en abftemr.. Pilules d'hiere compofees cfagaric* Trenez. de la poudre d'hiere fimple , une once & demie , Des troclnfques d'agaric , demi once. laites-en une maffe de pilules avec le miel rofat* ■ R E M A R O^U E S. On pulverifera les trochifques d'agadc , Sc on les meiern avec la poudre de liiere fimple , on corponfiera le melange avec ce qu'il faudra de mielrofat pour en faire une mafle folide qu'on gardera, & Ton en formera des pilules an befoin. Elles purgent la pituite du cervcau Sc des viiceres ; on s'en fertdaqs Papoplexie 5 dans lepiiepfie , dans laletargie ; la dole en eft depuis un fcrupule jufqua quarre. On peur fubfutuer l'aloesaiapoudre dehiere liraple , l'agaric purgele cerveau, parce que ies parties eränr volariles & f eches, elles s'clevenr rkcffernent a la tere , & eiies y excitent leur fermentation de purgatif en rarefiant lapiruire» Filules d'htefe compofe'cs , de Nie. Alex. Trcnet, de l'aloes fueotrin , une once , De la cantik , du Jpicanard , du meilleur faffran . du Jone odorant , de l'afarum , du xjlvbdlftune , ou des rejettons de Untifjue t de la caße odorante , du carpo- UNIVERSELLE. 445 l/alfame , de U femence de vtoleites-, de l'abßntbe majeure, de Vepythime , de l'agaric blanc, des rofes rouges, du meilkm turbitb , de U coloquinte & da maflicb, de chacun demi dragme. laites-en une muffe de pilules avec le miel rofat. R E M A R 0_U E S. On pulverifera l'aloes Sc le maftich feparement 8c le rede des drogues enfemble, on melerales poudres, 8c avec ce qu'il fäudra de miel rofar on fera une malle lbli- de qu'on gardera pour en Former des pilules au befoin. Elles fönt eftimees propres pour purger le cerveau , l'ef tomach & les iointures; Ja dofe en eil depuis un fcrupule jufqu'a une dragme cc demie. Les drogues purgarives & eflcntielles qui entrent dans cette compofuion, fönt J'aJoes, la femence de violettes, l'afarum , l'agaric , le turbith 8c h coloquinte. Un fcrupule des pilules de hrere compoföes , contient d'aloes huit grains , de femence de violettes, d'afarum , d'agaric, de turbith Sc de coloquinte , de chacun demi grain. Demi dragme des pilules contient d'aloes demi fcrupule , de femence de violettes , d'afarum d'agaric, de turbith & de coloquinte, de chacun les trois quam d'un grain. Deuxfcrupules des pilules contient d'aloes feize grains, de femence de violettes , d'afarum , d'agaric, de turbith & de coloquinte , de chacun un grain. Une dragme des pilules contient d'aloes un fcrupule , de femence de violettes , d'afarum , d'agaric, de turbith & de coloquinte , de chacun un grain 8c demi. Quarre fcrupules des pilules contiennent d'aloes trente deux grains, de femence de violettes, d'afarum , d'agaric , de turbith & de coloquinte , de chacun deux grains. Une dragme 6c demie des pilules contient d'aloes demi dragme , de femence de violettes, d'afarum, d'agaric , de turbith 8c de coloquinte , de chacun deux grains 8c le quart d'un grain. Il entre beaucoup de drogues inutiles dans cctte compofition, j'en voudrois re- trancher ce qui n'eft pointpurgatif, & mettre a la place quelques dragmes de tartre ioluble , pour corriger l'actiori des purgatifs empechant cm'üs n'excitent des tran- chees. Voici donc comme je ferois d'avis de reformer la defcription. Pilules d'hiere cor/tpofe'es , reforme'es. Trenet, de l'aloes fucotrin, deux onces , Du tartre foluble , deux dragmes , Du meilleur turbith , des trochifques d'albandal, des ferne nc es de violettes & d'afa- rum , de chacun une dragme, Avec le miel rejat t faites-en une tu äffe de pilules dont la dofe fera depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Pilules d'aloes. Prenez, del'extrait d'dloes , une once t Des trochifques d'agaric , trots dragmes, Du maßicb , deux dragmes , De la poitdre d'eleäuaire diamofcln dottx, une demi dragme , Faites-en une maße de pilules avec le vind'Efpagne , ou de Malvol/ie. R E M A R Q^U E S. * Qn pulverifera chacun feparement l'extrait d'aloes, le maftich , l'agaric , on me- K k k ij Vertus. Dofe. 9 ü i 9iv 9 3J 5 > Vertus. Doic. 9i, du, Vertus. Dofe. Purgatifs. 9« , 3 ß > 9", x i, 444 PHARMACOPE'E lera les poudres avec celle de diamofcln dulcis Sc avec ce qu'il faudra de maWoide ou de vm d'Efpagne, on fera une mafle de pilules qu'on gardera. Eiles purgent le ce;veau, l'eftomach & les autres paraes ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufquW une drr-gme Sc demie. Les Ingrediens ptirgatifs Sc effentiels des pilules fonr l'extrait d'aloes & l'agaric trochifque. Un fcrupule des pilules d'aloes contient d'extrait d'aloes huit grains & demi » d'agaric trochifque trois grains & demi. Demie dragme des pilules d'aloes contient d'extrait d'aloes demi fcrupule & les trois quarts d'un grain , d'agaric trochifque cinq grains Sc le quarr d'un grain. Deux fcrupules des pilules contiennent d'extrair d'aloes dix-fept grains, d'agaric trochifque fept grains. Une dragme des pilules contient d'extrait d'aloes vingt- cinq grains & demi , d'agaric trochifque dix grains & demi. Quatre fcrupules des pilules contiennent d'extrait d'aloes trente quatre grains , d'agaric trochifque quatorze grains. Une dragme Sc demie des pilules contient d'extrait d'aloes trente-huit grains Sc" le quart d'un grain , d'agaric quinze grains Sc les trois quarts d'un grain. Le maftich Sc h poudre de diamolchi fönt inutiles dans cette compofition , on pourroit les retrancher. Üy a. tanr de reflemblance de ces pilules avec celles de hiera compofees avec aga- ric , qu'on peut fort bien le pafler des unes en ayant les autres. Pilules d'aloes ejr de maßte , de Nie. Trenez. de l'aloes fueotrin , une once j Du maflich, demi once , Du gjrofli & des rofes rouges , de chaeun une dragme , B" faffian ejr du diagrede , de chaeun deux fcrupules t Faites-ert une majfe de pilules avec le Juc d'abjtnthe , ou de fenotül. R E M A R Q_U E S. On pulveriiera enfemble les gyrorles, les rofes Sc le faffran; d'une autre oarr on mettra en poudre enfemble i'aloes & le diagrede dans un morrier oint ou fond de quelques gouttes d'huile d'amande; d'une autre part on reduira en poudre le maftich dans un monier hume&e au fond d'une goutte d'eau, on melera lespoudres,& avec ce qu'il faudra de lue d'abhnthe ou de fenouil, on les corporifiera en une mafle (o- lide qu'on gardera pour en former des pilules au befpin. Elles purgent Ia bile & la pituite ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufcju a une dragme & demie. Les drognes purgatives & eftentielles de cette compoiirion fönt l'aioes Sc le diagrede. Un fcrupule des pilules d'aloes contient d'aloes neuf grains, Sc de diagrede les deux riers d'un grain. Demie dragme des pilules contient d'aloes treize grains Sc demi, dediagrede environ un grain. Deux tcrupules des pilules contiennent d'aloes dix-huit grains , Sc de diagrede environ un grain Sc demi. Une dragme des piluUs contient d'aloes vingt-fept grains, Sc de diagrede envi- xon deux grains. UNIVERSELLE. 445 Quatre fcrupules des pilules contiennent d'aloes demi dragmc , & de diagtede environ deux grains Sc les deux tiers d'un grain. Une dra^me Sc demie des pilules contient d'aloes quarante grains Sc demi, de dia^rede environ trois grains. Le "vrofle, les rofes Sc ie fafrran fonc des drogues inutiles dans ces pilules, le ma- ftich meme n'y fett pas de grande chofe , mais a caufe du nom de la compofition onl'ypeutlailler. Lefac d'abfinthe ou de fenouil donnera une bonne confnlence a la mafle dans Je tcms qu'on la fera, mais fi on la garde , eile fe durcira en forte qu'il faudra la remetrre en poudre Sc la malaxer avec de nouveau fuc , pour en former des pilules ; on peut remedier a. ce petit accident en employant le fyrop d'abfinthe au Heu du fuc, parce que le fucre tiendra la mafTe humide Sc maniable. Voici donc t' n ine je voudrois qu'on reTormät cette defcription. Pilules d'aloes & de nuttich , reforme':s« Prenez, de falocs fucotrin , deux onces , Du mafiich , demi once , Du diagrede, quatre fcrupules. Faites-en une maße de pilules , avec le fyrop d'abfinthe. : com- 3 iß, grains de vie. Vertus» Pilules angeliques. Prenez. de l'extuit d'aloes t une demi iivre , De la rbubarbe s demi once ,. Des trocbifques d agaric , deux dragmes , De la canelle \ une drugme, Taites-en une maße de pilules avec le miel rofat. R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble la rhubarbe , l'aganc & la canelle , on melera la poudre Grains an avec l'exrrait d'aloes & ce qu'il faodra de miel rofat pour faire une rpaffe folide geliques qu'on gardera pour en former des grains ou petites pilules dans le befoin , on 0l1 les appelle grains angeliques, ou grains de vie a caufe de leurs vertus. Eües purgent la bile Sc les aurres humeurs-, on les prend en mangeant ; la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu a une dragme. On les prend pendant le repas afin que le manger corrige l'adlion trop violente de l'aloes corame j'ay dit ailleurs. La canelle me iemble fort inutüe dans cette defcription» On trouve pfufieurspreparations de pilules angeliques dans les Pharmacopees , Sc l'on en voit paroitre fouvent de nouvelles manufcrites qui ont ete inventees par des particuliers , Sc qu'on garde precieufement eomme desfecrers. Toutes ces differentes recettes ont roüjours l'aloes pour bafe, & les aurres drogues dont elies fönt compofees n'y produifent pas un grand effet: entre ces defcrip- tions en voici une qui eft laplus eftimee dans le public. Pulverifez Sc melez enfemble fix onces d'aloes fuccotrin du plus pur, Sc quatre onces de belle myrrhe , mettez le melange dans une terrine vernie , verfez deifus leize onces de fuc de chicor.ee fauvage depure , placez le plat für un petit feu , la. matiere fe liquefiera & fe difloudra , remuez-la louvent avec efpatule Sc en faites tvaporer Thumidite jufqu a coniiftence de miel r rctirez alors la matiere de dellus ie feu, Sc etaa't a demi refroidie s incorporez-y exaclement dsux onces deiarfiau K k k ii\ Vertus. Do!e. Pi'ules de ]onc;ue-vie Pilules de Francfoit. Pilules gpurman- d* fpica-indica , du maßicb , de chacun deux drtigmes& dem'ie ,' De la fetaence d'anis , une dragme & denue , Du fei gemme , & du faffran t de chacun une dragme, Taites-en une maßt de pilules avec le fyrop d'abßntbe. R E M A R O^U E S. On pulverifera enfemble les myroboians cicrins , le turbith, les rofes , ie fpica-j mrd, l'anis & le faffran 5 d'une autre part l'aloes Sc le maiHch'; d'une autre parc le fei gemme , on corporihera ces poudres enfemble avec dufuc d'abiinthe tire par exprellion & epaifli lur un feu lent a confiftence de fyrop pour en faire une malfe qu'on gardera & Ton en lormera des pilules au befoin. Blies purgent la pituite & h bilc , eiies fortificnt les vifceres ; l a dofe en efc de- puis un (crupule julqu' a quatre. Les Ingrediens purgatiis & elfenriels de ccttc compofition fönt les myroboians, l'aloes & le turbith. Un (crupule des pilules ftomachiques contient des myroboians citrins, de l'aloes Sc du turbith , de chacun cinq grams. Demi dragme des pilules itoiiiachiques contient des myroboians citrins de l'aloes & du turbith, de chacun fept grains Sc dcmi. Deux fcrupules des pilules ftomachiques contiennent des myroboians, de l'aloes Sc du turbith, de chacun dix grains. Une dragme des piiulcs contient des myroboians, de l'aloes & du turbith de chacun quinze grains. Quatre fcrupules des pilules contiennent des myroboians , de l'aloes & du turbith , de chacun vingt grains. ^ Ces pilules 011t beaueoup de rapport avec les pilules de turbith dorees qui ont deja ete rapporeeea > on peut fort bien fe pafler des unes quand on aura des autres. Je feroisd'avis qu'on retranchät decerte compofition le maftich , l'anis, le fa- fran , le fpicanard & les rofes qui fönt ici des in^rediens inutiles. Meine a decrit encoreplufieurs autres pilules ftomachiques qui different neu de ces deux deferiptions. Pilules ßomachiques , d'Alkind. Trencic de Paloes fueotrin , quatre omes , Du mtilleur turbith, fept dr Hernes r D? la rbubiirbcchoijie } denn once, Des mjrtboLtns citrins } indiques & chehules , de titatun trois dr.igmes , Des rofes voriges & du nuftieb , de chacun deux dragmes , Du cardamome , du bols d'aloes , du fantM citrin i des cubebesj du gyrofle , du iottt odorant , & de Li mix tnufeade, de chacun une dragme.. Avec le fyrop d'abßntbe ,faites de toutcela une maffe depilules felvn l'art^ R E M A R O^U E S. On pulverifera enfemble la inufeade , le fchoenanth , les gyrofles , le fanral , lebois d'aloes, le cardamome , les rofes, les myroboians le turbith& la rhubai be ; A'uac autre part on rnettra en poudre enfemble l'aloes & le maftich, on müera iex poudres, Sc avec ce qu'il faudra de fyrop d'abfmthe , on fera une malle qu'on gardera pour en former des pilules au Dsfcirf. Eiies purgent les humeurs pitinceufes & bilieufes de la tete 8C des vifceres , elks Vertus. Dofe. Purg. de la copofitien. 9i, 3iv , Vitras Dofe. Purg. de la eöpofiüon. 3i> 3 ß 4 4 8 PHARMACOPE'E fonjßent i'eftomach & ellcs exckentl'appetic; ia doie en eft depuis un fcrupulft jufqu'a quarre. Les Ingrediens purgatifs &c eflentiels qui entrent dans cetce compofkion fönt l'aloes , !e turbuh, la chubarbe & les myrobolans. Un fcrupule des püuies ilomachiques contient d'aloes neuf grains , de turbith deux grains, de rhubarbe un grain & le demi quart d'an grain, des myrobolans ci- tnns, indiens &c chebnles, de chacun environ un grain. Demi dragme des pilulescontient d'aloes treize grains 5c demi, de turbith trois grains, de rhubarbe un grain & les deux tiers dun grain, des myrobolans, de chacun environ un grain Sc demi B u > Deux ferupules des pilules contiennent d'aloes dix-huk grains , de turbith qua- tre grains, de rhubarbe deux grains Sc un quarc de grain, des myrobolans; de chacun environ deux grains. 5 j > Une dragme des pilules contient d'aloes vingt-fept grains, de turbith fix grains, de rhubarbe trois grains 6c le tiers d'un grain, des myrobolans, de chacun environ trois grains. B iv , Quatre ferupules des pilules contiennent d'aloes demi dragme , de turbith huk grains, de rhubarbe quatre grains & demi, des myrobolans , de chacun environ quatre grains. Il entre dans cetre compo/kion beaueoup d'ingrediens qu'il ferok ä propos de re- trancher,parce que n'etant point purgatifs, lis ne tont qu'empecher l'adtion des prin- cipaux remedes, je voudrois donc reformer ces pilules en la maniere fuivante. Pilules ßomachiques , feformees. Prenez, de l'aloes fueotrin, quatre onces , Du turbith & des myrobolans citrins , de chacun une once, De la rhubarbe chotfie , demi once ; Du tarne foluble , deux dragmes, Avec ce qu'tlfaudra de fyrop d'abjiuthe , faites-enune maße de pilules dont U dofe fera depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. REMARQUES. Qn peut faire une autre mafle de pilules avec les diogues de cette compofkion qui ne fönt point purgatives Sc en donner au malade les jours fuivants celui de la purgation , alors dies forafteront I'eftomach , Scle cerveau , mais li elles fonrme- Ices avec les purgatifs , elles ne produiront aueun bon effet, par les raifons que j'ai dites ailleurs. Pilules ßomuchiques , & anti-hjpo;ondnaques , de Zvvelfer. Prenez, de Vextrait d'aloes prepare avec le fuc de grande abjinthe , une demi livre , De Vextrait d 'ellebore mir, une once , De la reßne de jalap , demi once , Des bajes de laurier ■ de lamjrrhe , de l'ohban , du mafitcb t du fafran& du fuccin , de chacun deux dragnies , Des rofes rouges t une dragme. Uelez. letout, & avec une quantite fuffifante d'elixir de propriete , faltes-en une majfe de pilules felon l'art, R E M A R Q^U E S. Qn piÜYenfcraenfemblelesrofeSj le fuccin, le faffran, les bayes de laurier, d'une autre 3*. 9" > tT N I V E. R S Etl £. 449 »utre part on mettra en poudre enfemble le rmftich, l'oliban , la myrrhe ec la refine de jalap , on melera les poudres avec les exrraics & une quantitc fuffifante d'elixyrdepropriete pour faire une malle qu'on battra long-tems dans un mortier afin de bien meler les drogues, on gardera enfuite cetee maffe pour en former des pilules au beloin. Blies purgent violemment toutes les humeurs , mais particnlierement l'humeur Vertus. melancolique , on pretend auili qu'elles forrifient l'eftomach ; h dofe en eft depuis rj) 0 f e , un fcrupule jufqu'a deux fcrupnles. Les ingrediens purgatifs & effentiels de cette compofltion fönt l'extrait d'aloes, Ingrediens l'extrait d'ellebore noir , & la refine de jalap. Purg. ceia Un fcrupule des pilules ftomachiques & antihypochondriaques contient d'extrait ^ • d'aloes quatorze grains, d'extrait d'ellebore noir deux grains 8c demi, de renne de jalap un grain 8c le quart d'un grain. Demi dragme des pilules contient d'extrait d'aloes vingt-un grain , d'extrait d'ellebore trois grains 6c les trois quam d'un grain, de refine de jalap un peu moins de deux grains. Deux ferupules des pilules contiennent d'extrait d'aloes vingt-huit grains, d'extrait d'ellebore noircinq grains, de refine de jalap deux grains & demi, Les bayes de laurier, la myrrhe , l'oliban , le maftich, le faffran, le fuccin 8c les rofes fönt des drogues affez inutiles dans cette compofition , je ferois d'avis qu'on les retranchät & qu'on mit en leur place du tartre foluble pour corrigerun peu l'a- ction trop violente de l'extrait d'ellebore : Voici donc comme je voudrois qu'on riformät cette defeription. Pilules fio:n acht ques de Zvvelfer, refo'i'mees. Trenez. de l'extrait d'aloesprepare dans le fuc d'abjintbe , une demi livre , De Vextra.lt d'ellebore noir, une once , De la reßne de jalap & du tartre foluble , de ebaeun demi once. Melez. le tout , & avec une quantite fuffifante d'elixir de propriete , faites une mdffe de pilules, dont la dofe fera depuis un demi fcrupule jufqu'a une demi dragme. Pilules mafiiehines , de Pierre Abmo. Prenez, de Paloes fucotr'm , dix dragmes f Du mafiieb , demi once , Des trochtfques d'agartc , trois dragmes. laites-en une maffe de pilules avec du vin cuit. REMiR QJU E S. On pulverifera enfemble les ingrediens chaeun en leur particulier , on melera les poudres , 8c avec ce qu'il faudra defapa , Ton fera une maffe qu'on gardera pour cn former des pilules au befoin. Elles purgent, 8c dies fortifient l'eftomach, le cerveau; dies excitent les mois Vertus. aux femmes; la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a'une dragme. Dofc. Ces pilules feroient mieux nommees pilules d'aloes que pilules de maftich pui - qu'il y en entre davantage. Onfeferoit bien paffe de cette defeription , puifqu'on en a plufieurs autres qui fönt compolees de drogues a peu pres femblables , 8c qui ont la meme vertu. Pilules de Rufftts , ou pilules commune*. Vrentt de l'aloes fucotr'm , deux onces 3 fLll Vertus. Dofe. Purg de la copofiiion. 9i, 3 ß > 9ii , 3 I > 9iv> Vertu«. Do.e. Furgatifs. 6 « • 5' ' 3iv, 4 5 o PHARMACOPE'E De /<* /»jTrA« , «»? ok« , Du faffran , demi once. Avec du vin rouge formet.-en une maße felan l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverilera enfemble la myrrhe & l'aloes dans un mortier oint au fond de quelques gourtes d'huile d'amande ; dune autre pari on mettra en poudre le faffran apres Pavoir fait fecherpar une tres-lenre chaleur entre deux papiers, on melera les poudres, & avec une quantite fufiifante de bon vin rouge, on fera une malle folide qu'on gardera pour en rormer des pilules au befoin. Elles purgent en fortifiant, elles purifient Je fang , elles excitent les mois aux femmes ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu' a quarre. Lefeul ingrcdient purgatif & effentiel de cecte compofition eft l'aloes. Un fcrupule des pilules communes de Ruffus conrienr d'aloes dix grains. Demi dragme des pilules contient d'aloes qiunze grains» Deux fcrupules des pilules conriennent d'aloes viugt grains. Une dragme des pilules conrienc d'aloes trente grains. Quarre fcrupules des pilules conciennenc d'aloes quarante grains. On seil donnebiende lapeinea.invenrer des reeeptes inuriles , celle-cy eft de ce genre, cat l'aloes fuecotrin ou l'excrait d'aloes fimplemenr en pilules produit un meilleur effet que cetre compofirion, & l'on a la commodite de le prendre en moin- dre volume, la myrrhe & le faffran peuventala verite excirer les mois aux femmes mais l'aloes a plus de vertu pour cer effet, car il rarefie le fang & ll pouffe davanta- ge ce qui doit fortir,on peut donc garder ces ingrediens pour en faire prendre apres que l'aloes aura agi. Pilules contre Ix pefle , de Bauderon. Treuen de Valoes fueotrin , detix onces , De la metlleure myrrhe , & du hl d'Armenie , de ebaeun une once , Du faffran & de lavieille tberiaque , de ebaeun demi once , Avec le fyrop de Unions , ß c'eß en Ffle', & avec le vin rouge ß c'eß en Hper , formez,-en une maße felon l'art. R E M A R 0_U E S. On pulverifera enfemble l'aloes & la myrrhe; d'une autrepart le bol, dune autre part le laf&an , on melera les poudres avec la theriaque & ce qu'il faudra defiic de hmon fi c'eft en Efte, ou du vin rouge fi c'eft en hy ver, on fera une maffe qu'on gardera pour en formet des pilules au befoin. Elles purgent &c forrifient l'eftomach Sc lesaurres vifeeres , elles rc'fiirenca la pouriture ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqua quatre fcrupules. Le feul ingredient qui entre danscette compoficion eft l'aloes. Un fcrupule des pilules conrre la peile contient d'aloes huic grains. Demi dragme des pilules contient d'aloes demi fcrupule. Deux fcrupules des piiules conriennent d'aloes feize grains. Une dragme despiluhs contient un icrupule d'aloes. Quatre fcrupules des pilules contiennent d'aloes trente-deuxgtains. Les remedes alexitaires & fortifiants qui entrent dans cette compofirion fönt en danger de manquer leur effet, car le purgatif faiiant fermenter les humeurs , em- pecheq-ae les fibres des vifeeres ne s'affermiffent pour re/iflera la malignite, ainfi il me fcmbieroit plus ä propos de donner l'aloes ä partpour purger les humeurs tna* UNIVERSELLE. 451 lignes & apres Ton effetde faire prendreles reinedes fortifiants, ou cardiaques. Pilules fans lefquella il m fxut point ctre. Trend- de l'aloes futotrin t une once & ßx dragmes, Du diagrede , ßx dragmes , De l'agaric tres-b'.anc , de U rhubarbechoiße } & des feuilles de fenne mondees , de chaeun demi once , Des rofes rouges , des fommitez. d'Abßnthe , des femences de violettes & de cufeilte } &du maßich , de ebaeun une drAgme , &rmei~-en une mAJje de pilules avec le fyrop de fuc de fenouil prfpare avec le mlel. R E U. A R Q^IJ E S. On puiverifera enfemble les femences , les rofes, le fenne , la rhubarbe Sc l'agaric ; d'une aucre part l'aloes & le diagrede, on melera les poudres, & avec ce qu'il faudra de fyrop de fenouil prepare avec le miel , on fera une malle folide qu'on gardera pour en. former des pilules aubefoin. Elles purgent toutes les humeurs & particulierement la pituite , on les donne Vertus» pour les maladies des yeux & des oreilles; la dofe en eft depuis un ferupule jufqu a Dofe. une dragme. Les drogues effentielles & purgatives de cetee compofition fönt l'aloes , le dia- Purg. de la grede , l'agaric , la rhubarbe 8c le fenne. copofition. Un ferupule des pilules /ine quibus contient d'aloes fept grains, de diagrede trois grains , d'agaric , de rhubarbe 8c de fenne , de chaeun deux grains. Demi dragme des pilules contient d'aloes dix grains 8c demi, de diagrede qua- tre grains 8c demi, d'agaric , de rhubarbe & de fenne , de chaeun trois grains. Deux ferupules des pilules contiennent d'aloes quatorze grains , de diagrede fix grains, d'agaric, de rhubarbe & de fenne, de chaeun quatre grains. Une dragme des pilules contient d'aloes vingt & un grains, de diagrede neuf grains, d'agaric , de rhubarbe & de fennne , de chaeun fix grains. On pourroit retrancher de cette compofition, l'abfinthe, les rofes , la eufeu- te , 8c le maftich, comme drogues inutiles } mais je ferois d'avis qu'on mit en leur place quelques dragmesdetartre foluble pour corriger les purgatifs, &pour em- pecher qu'ils n'excitent des tranchees: Voici comme je voudrois qu'on reformät ces pilules. Pilules [ans lefquelles, tefofmees. Vrenet. de l'aloes fueotrin > une once &ßx dragmes, Du diagrede , ßx dragmes. De l'agaric } de la rhubarbe choiße, des feuilles de fenne mondees, de chaeun demi once, D« tarne foluble , & des femences de violettes , de chaeun deux dragmes Taites-en unemajfe avecle fyrop de fenouil. La dofe fera depuis ringt grainsjufqu '4 deux ferupules. d 1» Bij, 3 l > Pilules hepatiques. Vrtnet. de l'extrait d'aloes , une demi livre , Dt U rhubarbe choiße, une once , Du fantal citrin , deux dragmes. Faites-en une maffe de pilules avec le fyrop de rofes. R E M A R QJJ E S. On puiverifera enfemble le fantal citrin & la rhubarbe , on melera la poudre r LH i; Vertus. Pole. fercu» Dofe. Pur», dela eopofüiou. 5 ß 9ü, 45 2 PHARMACOPE'E avec 1'extrait d'aloes & ce qa'il faudra de fyrop de rofes päies pour faire une maSe qu'on gardera ponr ea fonr.er des pilules au befoin. Elles purgent principalement l'humeur bilieufe , elles levent les obltru- ctions , & elles excirent les mois aux femmes, on les prend en mangeant, ou immedtatement avant le repas; la dofe en eil depuis demi fcrupule jufqu'a une dragme. Lefantalcitrineft inutile dans cette compofnion. Comme les maladies du foye viennent ordinairement des obftructions qui s'y föne formees peu a peu , ces pilules y fönt falutaires , car elles rarefient telle- ment le- fang Sc les humeuirs qu elles pouflent &c ouvrefit le paflage des vaif- fcaux pbftrues; cette fermentation ou rarefaction eil caufee par unlelacre qae contient l'aloes. Ces pilules fönt autant ilomaehiques quhepatiques , car apres qu elles ont pur- ge , elles fortifienc l'eilomach. Pilules de rhubarbe. Prenez, de la poudre d'bierepicre , dix dragmes , De la rhubarbe choijte t des myrobolans citrms t des trcchifques diarhodon } du fuc d'abjintbe epaiffi , de chaeun trots dragmes , Bit fuc de reglijje, du maßteh t de la ferne tue d'' ache & de fenouil , de cbacun une aragme. laitcs-en une 'maße de pilules avec le jyrop de fenouilprepare avec le viieL R E M A R Q^JJ E S. On pulverifera enfemble la rhubarbe, les myrobolans, les trochifques diarhodon , le fuc de regliil'e , Sc les femences' - , dune autre part on mettraenpoudre. le tnaftich , on tirera du fuc d'abfmthepar expreilion •, & l'ayant fait epai/fir en con- iiftence d'extrait, on en melcra trois dragmes avec les poudres, puis on y ajoü- tera du lyrop de fenouil fait avec le miel ce qu'ii en faudra. pour corporilier le melange Sc le reduire en une mafle iolide qa'on gardera , on en fojmera des pilules au befoin. Elles tont eilimees propres pour purger les huraeurs groffieres Sc vifqueufes ,. on les donne dans les fievres ohftinees Sc rsbelies ; la dofe en eil depuis un fcrupule jufqu'a quarre. Les Ingrediens purgatifs & eil'entiels de cette compolition fönt la poudre de iiie- re , la rhubarbe & les myrobolans. Un fcrupule des pilules de rhubarbe contient de poudre de liiere fept grains, de rhubarbe & des myrobolans citrms, de chaeun un peu plus de deux gra'ir. Demi dragme des pilules contient de poudre de hicre dix grains Sc demi, de rhu - barbe Sc de myrobolans, de chaeun un peu plus de trois grains. Deux ferupules des pilules contiennent de poudie de hiere quatorze grains ? de rhubarbe Sc de myrobolans cirrins, de chaeun quatre grains Sc un quarc de- ? »-j 9 iv, Une dragme des pilules contia.it de poudre de hiere vingt & un grains , de rhubarbe & de myrobolans, de chaeun fix grains & demi. Quatre ferupules des pilules contiennent de poudre de hiere vingt-huit grains , de rhubarbe & de myrobolans, de chaeun Hu.it grains Sc demi. Lenomde ces pilules fait croire quand onn'en a point vü la defeription , que la rhubarbe y domine , neanmoins taloes y eil employe en plus grar.de quantite qn'aucune auos drogue; ■ UNIVERSELLE. 45 J On pourroir fiibftituer l'aloes fuccotrin a la poudre de liiere ', cal' c'eft prefque la meine chofe , & le peu des autres ingrediens qui encrent dans cecte poudre ne fert ä rien. J'eftime qu'il feroit a propos de retrancher de certe compofition les trochifques diarhodori, les fucs de regliflc 8c d abfinche, Sc les femences, carces ingrediens qui ne fonfpointpurgatifs nepeuvent qu'affoiblir les drogues eflentielles, &ilsnepro- duifent en cette occafion aucun bon effet commc je i'ai dit aiileurs ; voici commc je vouctois compofer lespilulesderhubarbe. Pilules de rhubarbe , reforme'es. Prenet, de la rbubarbe cboijie , deux onces , De l'aloes fucotrin , une once , Des myrobolans citritis , demi once t Datnitre foUMe f trois dragines. Pulvenfez. le tout & le melet., & puis avec une quantitefuffifante de chicoree com- pofee de rbubarbe , faites-en une maße de pilules. f Pilules catholtques ott. imperiales y de TemeL Prenet. de l'aloes fucotrin , deux onces , De la me'üleure rbubarbe , «ne orce & demle \ Des trochifques d'agaric & du fenne monde > de chdcun une once , De la canelle , trois dragmes, du gingembre, deux dragmes, De Li mix mufcade , dugyrcfie t du fpicanard & du maflicb , de chaeun une dragme,- Avec le fyrop violat t formet*-en une maffe de pilules felon l'art. REMARQUES. On pul verHera enfemble la rhubarbe , l'agaric , le fenne , la canelle , le gingembre , la mufcade , les gyrofles , le fpicanard ; d'une aucre part on mettxa en poudre enfemble le maftich Sc l'aloes , on melera les poudres, Sc avec une quantite fuffifante de fyrop de violettes, on fera une maffe folide qu'on garder* pout en former des pilules au beioin. Elles purgent toutes les humeurs , elles rortifient l'eftomach Sc le cerveau, elles ent les obftructions •, la doie en eft depuis demi dragme jufqu a quatre fcrupules. levent Les ingrediens purgatifs Sc effentiels de cette corhpofitiön fönt l'aloes, la rbubarbe , l'agaric, 8c le fenne. Uu ferupule des pilules carholiques ou imperiales contient de l'aloes fix grains, de la rhubarbe quatre grains & demi, de l'agaric Sc du fenne > de cliacun trois grains. Demi dragme des pilules contient de l'aloes neuf grains , dela rbubarbe fix grains Sc les trois quarts d'un grain , de l'agaric Sc du lenne , de chaeun quarre grains Sc demi. Deux fcrupules des pilules contiennent de l'aloes demi ferupule , de la rhubarbe neuf grains , de l'agaric 8c du fenne, de chaeun (ix grains. Une dragme des pilules contient de l'aloes dix-huit grains, de la rhubarbe «reize grains & demi , de l'agaric Sc du lenne , de chaeun neuf grains. Quatre fcrupules des pilules contiennent de l'aloes un ferupule , de ia rhubarbe cUx-huit grains, de l'agaric Sc du lenne , de chaeun demi ferupule. Jeferois d'avis qu'on retranchät de cette defenption la canelle , le gingembre, ia rrmfeade , les gyrofles, le fpicanard & le maftich , car ces ingrediens ne peu- ventproduke aucun bon effet eomme je Tai dit aiileurs, Sc ils augmentent i'aerete L 11 üj Venus* Dofe. Purg. de Ia eöpofidon- 9i> 3 S > 3 ü f 3^ 454 , PHARMACOPE'E des purgatifs : mais comme le fenne donaa fouvenr des tranchees , j'eftime qu'il feroit a propos de meler dans Ja compofition deir.i once de tartre foluble, pour rarefieu Ja fubftance vifqueufe de ce purgatir , & pour l'empecher de s'attachet contre les membranes interieures des vifecres ; voia donc comme je voudrois re- former ces pilules. Pilules catholiques , reformier. Frenez. de l'aloes fueotrin, deux onces, De la meilleure rhubarbe } une once &demie> Des trochijques d'agaric & du fenne monde , de ebaeun une once, Du tartre foluble , derrii once. Avec dufyrop violat au dufyrop de rofes ,faltes-en une muffe de pilules dont la dofe feto, depuis un ferupule jttfqtfa, une dragme. Pilules imperiales des Medecins de lyott. Frenez. de l'extrait d'aloes , quatre onces , De U rhubarbe , une once , Du maßuh , une denn once. laites-en une maße de pilules avec le fuc de rofes. R E M A R QJJ E S. On pulverifera feparement la rhubarbe & le maftich , on meJera les poudres avec l'extrait d'aloes, Sc ce qu'il fäudra de lue de rofes päles pour faire une mafle qu'on gardera, Sc Ton en formera des pilules au befoiri. Vertus. Elies purgent labile & les autres humeurs, ellcs fortifient l'eftomach, on les prend Dofe. en fe mettant ä table •, la dofe en eft depuis demi ferupule jufqu a une dragme. 9 ß f Demi ferupule de ces pilules imperiales coritient huit grains d'extrait d'aloes , Sc deux grains de rhubarbe. 9 i , Un ferupule de ces pilules contient feize grains d'extrair d'aloes , Sc quatre grains de rhubarbe. ^ ß , Demi dragme de ces pilules contient un ferupule d'extrait d'aloes Sc fix grains de rhubarbe. 9 ii , Deux ferupules de ces pilules contiennent trente-deux grains d'extrait d'aloes, Sc huit grains de rhubarbe. Zi, Une dragme de ces pilules contient deux ferupules d'extrait d'aloes, & demi ferupule de rhubarbe. Ces pilules ne fönt pas fi compoföes que les precedentes , mais elles n'en valent pas moins , elles ont beaueoup de rapport avec plufieurs compolitions de pilules qui ontete decrites, Sc entr autres avec les pilules hepatiques. Le maftich y eft inutile , je voudrois le retrancher; mais il produiroit un bo;i effet, fi apres l'action des purgatifs , on en mächoit de tems en tems , car alors il fortifieroit l'eftomach. On prend ces pilules en fe mettanta table afin qu'en mangeantpar defius , le fei de l'aloes foit emoufle, Sc qu'il ne caufe point de tranchees. Pilules Catholiques , de Mynficht. Frenez. des maffes de pilules, fans lefquelle s, dorees & coebees, de ebaeune demi once y De l'extrait d'ellebore no'ir & de ccloquhite , de ebaeun trois dragmes t Du tartre Vitriole , & du diagrede t de ebaeun deux dragmes, De l'efprit de vitriel , un ferupule, Uelez. le tont, & avec l'huile de ferneue de fenouil, faitt'S-en une maffe de pilules* UNIVERSELLE. REMARQUES. 455 On mettra en poudre la coloquinte, ou pour le plus aife, les trochifques d'alhan- dal •, d'une autre part le diagrede Öcle tartre vitriole : on melera les poudres avec l'exrrait d'ellebore , les mafles de pilales , l'efprit de vitriol, & ce qu'ü faudra d'huile de fcmence de fenouil pour faire une mafle qu'on gardera, & i'on en for- mera des pilules au beloin. Eflbpurgent toutes les humeurs; la dofe en eft depuis im fcrupule jufqu a une dragme. Vertus. Dofc. 0i, 3'ih 51. Uü fcrupule de ces pilules contient des mafles de pilules,//»*? quibus> aurees Sc co- clie'es, de chacun trois grains de l'extrait d'ellebore noir Sc de lacoloquinte de cha- cun deux grains & Leqaart d'un grain, dudiagrede un grain & demi. Demi dragme de ces pilules contient des mafles de pilules , de chacun quatre grains & demi,de l'extrait d'ellebore noir & de la co loqiunte,de chacun trois erains 5 Sc le tiers d'un grain , du diagrede deux grains & le quart d'un grain. Deux fcrupules de ces pilules contiennent des mafles de pilules, de chacun fix grains , de l'extrait d'ellebore Sc de la coloquinte, de chacun quatre grains Sc demi , du diagrede trois grains. Une dragme de ces pilules contient des mafles de pilules, de chacun ncuf grains, de l'extrait d'ellebore & de la coloquinte , de chacun fix grains, & les deux tiers d'un grain , du diagrede quatre grains &c demi. L'huüe de femence de fenouil n'eft guere propre a. corporifier les poudres d'une mafle de pilules, il n'en faut point employer plus d'une dragme , de peur que la compofition etanttropengraiflee , les Ingrediens ne s'uniflent pas aifement, roais s'il faut encore de la liqueurpour mettre la mafle en jufte confiftence , on fe fervira de fyrop de rofes päles. Pilules catholiques y de ^uefcettin. Trenei* de l'extrait Maines & des fucs epurez, de fleurs de violettes , de pefeher , de rofes , de chicoree , de bugloje , de fouci, de prwievere , de chacun quatre o*ues , Des extraits de rhuhxrbe&de fenni , de chacun deux onces & demie De la teinture de faffran , une demi dragme , Des builes de gjrofle & de canelle , de chdcun Imit gouttes , De la crime de tartre , ce quil en faudra. Taites-en une maffe de pilutes felon l'art. R E M A R Q_U E S. On prendra les plantes cueillies en leur vigueur , pour en tirer les fucs par er- preflion en la maniere ordinaire , on les depurera en les faifant botullir un bouillon 6c les paflant par un blanchet, on en fera evaporer l'humidire dans une terrine juf- qu'a confiftence de fyrop , ony melera alors les extraits , Sc l'on continuera J'eva- poration a petit feu , agirant larnatiere jufqu a confiftence d'extrait; on retirera la terrine de defliis le feu , Sc quand l'extrait fera prefque refroidi l'on y melera les ciTences Sc la teinture apres les avoir incorporees dans environ demi once de creme de tartre fubtilement pulverifee, pour fahre une mafle de pilules qu'on gardera, & l'on en formera des pilules au befoin. Eiles purgen&toutes les humeurs -, elles fortifient Peftomach ; la dofe en eft depuis Venus* un fctupale julqu'a une dragme. Dofa On pourrok reduire cette grande prepararion au mclange de trois drogueseflea- ^ertui. Dofe. Purg- de h pöpofition. Di, 3 ß > Magneßa Saturnina meieorifttta. AS& PHARMA COP FE tiellcs qui fönt les exttaits d'aloes , de rhubarbe & de fenne aufquels il feroitböri d'ajodter la creme de tartre, mais les autres ingrediens n'y ferv.ent de ricn, je ierois meine d'avis qu'au lieu des extraitson employat les drogues dont ils fönt nres , en fubftance , parce que dans l'evaporation des teinrures les principes les plus volatils &c les plus eflentiels de l'aloes, de la rhubarbe Sc du fenne fe diilipent: Voici donc comme je voudrois reformer ces piluies. Piluies ca-tholiqites , de £hterceto.n , teformees, Prenez, de l'aloes fucotrin , tjuatre onces , Du fenne monde & de la rhubarbe cboijie , de cbacun deux onces & demie , Be la creme de tartre , demi once. taites-en une maße de piluies avec du fyrop de fahr. Piluies c&tholiques, de Potier. Prenex, de l'aloes fucotrtn , demi once , De U myrrhe , deux drxgmes , Des fleurs d'antimoine & du maftich t de chacun une dragme, Du faffran , demi dragme. Jaites-en une maffe de piluies avec du fyrop de rofes folutif, R E M A R Q^U E S, On pulverifera enfemble l'aloes, la myrrhe & le maftich •, d'une autrc part 011 mettra en poudre le faffran apres l'avoit fait fait fecher par une lente chaleur entre deux papiers, on melera les poudres avec les fleurs d'antimoine , & ce qu'il faudra. de fyrop de rofes päles, pour faire une maffe qu'on gardera , Sc l'on en forrnera des pilnles au befoin. Elles purgent par les feiles, Sc quelquefois aufli par Je vomiflemcnr. Poterius les eftime contre les coliques , contre l'afthaie, les vertiges, h migraine, l'epileptie Sc lagoutte ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Les ingrediens purgatifs Sc eflentiels de cette compofition fontl'aloes Sc les fleurs d'anrimoine. Un fcrupule des piluies catholiqu.es de Poterius contient huit grains d'aloes , Sc deux grains de fleurs d'anrimoine. Demi dragme des piluies contient demi fcrupule d'aloes, Sc trois grains de fleurs d'antimoine. Deux fcrupules des piluies contiennent feize grains d'aloes Sc quatre grains de fleurs d'antimoine. Une dragme despilules contient un fcrupule d'aloes Sc fix grains de fleurs d'antimoine. La myrrhe , le maftich & le faffran me paroiflent inutiles dans ces piluies. Poterius qui eft fouvent myfterieux appelle les fleurs d'antimoine , magneßa /« turbith & des bermodaäes , de chacun cinq dragmes , Des trochifques d'alhandal, demi once , De lajcamonee , deux dragmes , De la racme d'iris , des fleurs de marrube bUnc jecbes , des rofes rouges , & des fleurs deßacbas, de chacune demi dragme. Avec le fyrop de chkoree ßmjrfe 7 faites-en une maße de ftlules. R £ M A R QJJ E S. On pulverifera cnfemble le turbith, les hermodactes, l'iris , les trochifques, les feuilles Sc les fleurs ; d'une aurre parc on mecrra en poudre la feammonee, on mele- ra les poudres avec celles de hiere fimple Sc avcc ce qu'il faudra de iyrop de chico- ree fimple , on fera une maße qu'on garderapour en former des pilules aubeioin. Ellcs fönt propres pour evacner routes les humeurs, on s'en (ert pour purger les Verais. jointures Sc le cerveau 5 la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu a une dragme. Pofc Les Ingrediens purgatifs Sc etfentiels de cerce conipofinon , lonrla poudre Putg dcl* de hiere fimple , les trochifques alhandal , le turbich , les hermoda&es Sc la cöpbficion, feammonee. Un fcrnpulc des pilules de coloquinte contient de poudre de hiere fimple fix 9 i» grains , de turbith Sc d'hermodactes , de chacun rrois grains \ de trochifques alhandal deux grains Sc demi, de feammonee Un grain Sc le quart d'un grain. Demi dragme des pilules contient de poudre de hiere fimple neuf grains: de cur- 5 8 • bit Sc d'hermodactes , de chacun quarre grains Sc demi, des trochifques alhandal trois grains, Sc les trois quarrs d'un grain , de feammonee pres de deux grains. Deux ferupules des pilules contiennent de poudre de hiere demi fcrupule de tur- 9 ii # bith Sc d'hermoda&es, de chacun fix grains, de trochifques alhandal cinq grains , de feammonee deux grains & demi. Une dragme des pilules contient de poudre de hiere dix-huit grains, de turbith & d'hermodadtes, de chacun neuf grains, de trochifques alhandal fept grains & demi , de feammonee environ quatre grains. Ces pilules lont diverfement decrites dans les Difpenfaires , j'ay rapporte la deicriprion qui m'a paru la plus raifonnable, mais on y peut faire quelque reforma- tion : premierementla coloquinte dont la compofition prend le nom , pc m'y fem- ble pas en afiez grandc quanrite, eile y doit dominer, car quand lc Mcdecin ordon- nc ces pilules , ii a en vucprincipalementla vertu de la coloquinte. En fecondlieu ims s'embarailer de la poudre de hiere que les Apoticaires ne garden: pas toujours, on n'a qua mertre a la place l'aloes; ils difFerent feulement en ce qu'on mele avec l'.iloes dans la poudre de hiere une perite quanrite d'mgrediens inurds. En troiiie- me lieu , le marrube , les rofes, le ftoechas Sc l'iris me paroiflenr inutiles, ou feulement propres a moderer la force des purgatifs , car pour leur vertu fortifiante Sc arthritique , eile fe derruir dansle purgatif, je ferois d'avis qu'on mit enleur place quelques dragmes de rarrre foluble pour corriger les purgatifs , empechant qu'ils n'excitent des tranchees 5 je voudrois donc reformer les pilules de coloquinte en la moniere fuivantc. Pilules de coloquinte , refofme'es. Yrent-L des trochifques £ alhandal, une once & demie, De ithes \ une once , Du turbith,& des henmdaclts, de chacun Jix dragmes, J Mmm $ l > Vertu*. Dofe. Puc$ de la ccpcütion. 9 i> 5 11 j 4.5S PHARM ACOPE'E D* lafcammonee , & du tarne foluble , de cbacun deux dragmes , Avec une quantite fuffifante de fjrop de nerprun , fAltes - en une nu/fe de pilules , dont la dofe fera depuis un demi fcrupule jufqua une demi dragme. Ptlules de nitre et Alex. Tralltun. Frenez, del'aloes , de la coloquinte ,du diagrede , de l'ellebore noir, du l/dellium, & de Ligomme arabique ; de cbacun deux dragmes , De Peupboi be , & du nitre , de cbacun deux dragmes. Taites-en une maße de piUes avec du triitl rofat. R E M A R Q^U E S Ott pulverifera enfemble la coloquinte mondee de fes pepins & ineifee menu, & Li raeme d'eiiebore noir j d'uneautre part on mettra en poudre enfemble l'aloes , le cbagiiCiU, le bdellium & l'euphorbe dans un monier oint au fond de quelques gouttesdnuile'd'amande; d'une autre part lagomme arablque dans un mordet chaud jd'unc autre part le nitre , onmeiera lespoudres , 2c avec une quantite fufri- ianre de mielrolat on fera une malfe qu'on gardera pour en tonner des pilules au beioir. Eiles purgent vigoureufement toutes les humeurs, on en dornte pour lamelanco- lie hypocondriaque , pour l'apoplexie , pour la letargie, pour la goutee feiatique \ la doie ene$ depius un krupule jutqua une dragme. Les Ingrediens purgatifs & ßUendels de cettc compoiition fönt l'aloes, la coloquinte , le diagrede , l'ellebore noir Sc l'euphorbe. Un icrupule des pilules de nitre contient d'aloes , de coloquinte , de diagrede Sc cl'eilebore noir , de chaeun un peu moins de trois grains, d'euphorbe un gram &c le tidsü'ungraui., Demi dragme des pilules contient d'aloes, de cofoquinte , de diagrede Sc d'elle- boj-'C noif de,chacun quarre grains , d'eupliorbe deux grains. . Deux krupules des pilules conriennent d'aloes, de coloquinte, de diagrede & d'eiiebore noir, de chaeun un peu moins de fix grains, d'euphorbe deux grains 5c les deux tiers d un grain. Une dragme des pilules contient d'aloes , de coloquinte ,de diagrede & d'ellebore noir , de cbacun buk grains, d'euphorbe quarre grains. Je ne puis approuver qu'on tafle entrer 1'euphorbe dans les preparations qu'on donne a prendre par labouebe , c'eit une gomme crop acre Sc approchante du cau- ftique, ü y a a craindre quelle neiaifle une meebante impreiiion dans le Corps , quoiqu eile entre en petite quantite dans ces pilules, je ierois donc d'avis qu'on ia retranchät. Le bdellium Sc la gomme arabique fönt propres a corriger par leurs pardes ful- phureufes Sc glutineufes, racrere de l'ellebore & de la coloquinte. Il y a Ji.-u de s'etonner pourquoy l'on a donne a cette compoiition le nom de pilules de nitre, puitque le nitre y entre en fi petite quantite : on pourroit en augmen- ter la dole & en mettre demi once au heu d'une dragme , mais c'eft: principalement des purgatifs que viennent les vertus de ce remede , ainfi on l'auroit plus juttemenc appeile pilules panchimagogues, ce qui eil pourtant de petite conlequence. Pilules bydrapiques , de Bontius. Treuen de 1'n.hes fuectrin » deux onces & demie , UNIVERSELLE. <$* De U gi)tnme gutte fubtilemem' pulverifee & diffoute avec du vir. dt Mahoi/ie ; pxis deffcchee, une once & demie ; De la fcammonee preparee de meme , une once f De la gomme ammoniäc choifie , une ence & demie , Du tartre Vitriole , denü once. 'Faites-enune muffe de pilules avec du fyrop de rofes folutif. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble fubrilement'la gomme gutte & le diagrede dans un mor- tier oinc de quelques gouttes d'huile d'amande douce , on reduira la poudre en päce liquide avec la malvoiile, on la mettra für un porphyie, & on la broyera avec la mo- leere julqu'a ce quelle foit impalpable, alors on la fera iecher: on mettra en poudre eniemble l'aloes & la gomme ammoniäc, en melerales poudresavec lerartre Vitriole öc l'on incorporera le tout avec ce qu'il faudra de fyrop de rofes folutif'pour faire une malle folide qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. Elles fönt propres pour lever les obftrucHons de la ratte, du mefentere, pour l'hydropilie , elles purgent puiffamment; la dole en eil depius demi fcrupulc jufqu'a deux fcrupules. Les drogqes purgatives de cette compoiition fönt l'aloes , la gomme gutte , & le diagrede. Un fcrupule des pilules hydropiques contient d'aloes fept grains, de gomme gutte quarre grains, de diagrede environ trois grains. Demi dragme des pilules contient d'aloes dix grains Sc demi, de gomme gutte ux grains, de diagrede environ quarre grains &- demi. Deux (crupules des pilules contiennent d'aloes quatorze grains, de gorofne gutte huit grains, de diagrede environ fix grains. Le tartre vitriolefert ici non-feulement d'aperitif, mais aufli il fixe le foufre fa- lin emetique de la gomme gutte, & il la derermine a purger par bas , ces pilules ne laiiTent pourtant pas d'excirer un leger vomilTement a plüneürs de ceux qui en prennent. Bontius Auteur de cette defcription etoit Medecin du Princed'Oränge. La preparation qu'on donne ici a la gomme gutte & au diagrede en les humeclant ou diflblvant avec du vin de malvoiile pour les broyer für le porpliyre , me femblc aiiez inutile, il fuffiroit de reduireces gommes en poudre bien fubtile pour les me- ler exadtement avec les autres drogues. Outre que la gomme ammoniäc eft aperitive & fondante , eile eft fort propra pour corriger la trop grande acrete des purgatifs en l'embaraffant par fes patties ra- meufes. Pilules de tartre , de Bontius. Trcnets de la gomme ammonuc pure f une once & demie, D? l'aloes fucotrtn , trois dragmes, Du tartre Vitriole , une demi dragme. Avec le vinaigre fcillitic , faites-en une maffe felon Part. R E M A R Q^V E S. Onpulveriiera enfemble la gomme ammoniäc qu'on aura choifTe en larmes bien nettes Sc l'aloes, on melera les poudres avec le tartre virriole , on corporiSera le melange dans un mortier avec ce qu'il faudra de vinaigre fcillitiric pouren faire une maflt folide qu'on battra long-tems avec un pilon pour faire une exa£te liaiton des Ingrediens, puis on gardera la malle pour en former des pilules au befoin. M m m ij Vertus. Dofe. Pur? de la cöpofitton. 3i, 3*> 9 11. Vertus. Dofe. r.xtraic d'aloes tir^ tbns du u magtflere de tartre purgatif dißout Cr coagule dans Fe au de buglofe, une demionce , De l'extrait de genttane , trois dragmes , Bafel de mars, & de la teinture de faffran , de ebaeun deux dragmes Faites-en une maße de pilules avec la teinture de tartre. R E M A R Q^U E S. On nepeur faire certe preparation qu'au printems. On tireta par expreflion , du fuc des fraifes meures , on le laiflera depurer deux jours au SoLeil, puis l'ayant Ultreon palle par un blancher , on en prendra environ huir onces dans lefquelles on mettra diflbudre lur un peu de feu deux onces d'aloes iuecotrin da plus luilant & du plus pur, on coulera la diflolution &: l'on en fera confumer L'humidite par une lente chaleur , Ton aura un extrait d'aloes tirc dans le fuc de fraife. On choifira de la gomme ammoniac en larmes les plus belles & les plus nettes , Schröder les nomme reßna ammoniaca , onles pulverdera fubtilement, on les melera avec le magiftere de tartre purgatif qu'on aura auparavant dillout plufieurs fois dans de l'eau de buglofe & defleche für le feu , Sc le fei de mars, on incorporera cette poudredans un mortier avec les exrrairs d'aloes Sc de gentiane , la teinture de faffran t Sc ce qu'il faudra de reinture de fei de tartre pour faire une malle qu'on gar- defa Sc Von en formera des pilules au befoin. Ellespurgent J humeur rarcareufe-& terreftre, ellesleventlesoblrudiors, clles excitent lesmois'aux femmes , etiles fönt propres pour les rlevres intermitrences , pour iespales couleurs, pour l'hydropifie > la dofe en eft depuis un icrupule j ufqu i une dragme. Le prineipal purgatif de cette compofition eft l'aloes. Un fcrupule des pilules tattarees condent d'aloes dix grains. UNIVERSELLE. Demi dragme des pilules contient d'aloes quinze grains. Deux fcrupules des pilules contiennent d'aloes vingt grains. Une dragme des pilules contient d'aloes une dragme 461 5«. d ij. Lemagiitere de tartre purgarif de Schröder eil ce que quelques aurres Autcurir Mai iitcre onc appeiie fei de rarere folie , il fe fair en la manierc liuvaarc. de tartre Metrez dans un vaifleau de verre ou degrez la quantite qu'il vousplaira de fei r^. r " ?t , fdr de rarere fixe prepare comme je Tai decrit dans mon Livre de l.hymie, verfez deflus iro er ' cinq on üx fois auranr de vinaigre diftille , il fe fera une eouiition , parce que les pointes aeides penetreront les pores du fei de tartre & Je rarefietörk , il faut qu'il y air aflez de vinaigre diftille ponr faouler ce (el ou pour rempln rous fes pores, ce qu'on connoitra quand l'ebulinon etant rinie , eile ne recommencera poinr, encorc Sei de tat- qu'onverfe dans lamatierede nouveau vinaigre diftille en la brouillant avec une fctolie. fpatule de bois , on placera alors le vaifleau rar du table 8c par un feu de charbou modere , on en fera evaporer l'humidite jufqu a liccite, on aura un fei qu'on reduira en poudre & qu'on mertra dans une cueurbire de verre, on verfera dellus de l'efprk de vm a la bauteur derrois doigts, on agitera bien le meiange , pius ayant adapte un cbapiteau a la cueurbire & un reeipient, on fera diftiller la liqueur au feu de fable jufqu'a. ce qn'il ne rede qu'un fei au fond > on levera le chapireau ; on verfera de nouvel efpric de vin lur ce fei, & l'ayanc bien agtte on fera diftiller la liqueur comme cy-devanr, on mettra pour la troineme fois de nouvel efprit de vin für le fei reftanr, on agitera la mariere , & Ton en fera diftiller l'humidite par une rres- lente chaleur jufqu'a liccite , on rrouvera au fond de la cueurbire un fei blanc qui fe feparera comme par fe.nlles,d'ou vient qu'on l'appelle fei de tartre folie, on le gar- dera dans un vaifleau de verre. II eft aperitif & il a: le un peu le venire , il eft propre pour l'hydropiue , pour lever les obib uftions du bas ventre , pour purifier le lang , fa vertu ne differe pas beaueoup de celle du tartre vitriole y la dofe en eft depuis douze grains jufqa'a. deux fcrupules. Cette Operation n'eft guere en ufage, l'efprit de vin ne lui apporre pas une gran- cle qualite, car il n'y en refte rien , ceux qui ne fe foucieront point de perdre l'efprit de vinpourront faire tou;e l'operation dans uneterrine de grez: Revenons a nos pilines- Je prefererois la racine degenriane pulverifee ä fon extrair, parce qu'en faifant evaporer la reinrure qu'on en a tirce pour faire l'extrait > le reu en diflipe ce qu'il y a de meiUeur, mais la racine de gennane ni Ion extrair ne fönt guere neceftaires. dans cette compofition. Les Pharmacopees qui ontrapporte cette defeription different en quelques cfr- conftances de neu de confequence , les unes demandent cinq dragmes de gomme ammoniac & les aurres fept dragmes, les unes demi oncedei'extrairdegentianev 6: les aurres rrois dragmes, les unes demandent de l'eflence de larfran, les aurres de Efr enre .j,«. l'extrait de fäffran : on peur faire l'eflence de fäffran comme on faitcelle de canellc, foffran. & l'extrait de fäffran comme celuy de rhubarbe ; on trouvera ces deux Operations Extrait de dicrites dans mon Livre de Chymie , mais on nefeauroir faire l'eflence de fäffran vafttan» qu'on ne perde la plus grande partiede ce qu'il y a de plus volatil &c de meilleut de cette petite fleur, pour ce qui eft de l'extrait de fäffran , il aeteprive des meifteafs prineipes de la fleur quand on la fait evaporer pour le reduire en confiftence reqaL- 1 e , ainfi l'on ne peur rien compter für fa vertu. On a tort de chereber des ptepara- wous dt Caffran, c'eft- un rrftxre exalte qui rien a aueun befoin-, il fufhYokdel'e Mmm ii) Vertu», Dofe» ■ Vertus, Dofe. 462 PHARMACOPE'E mettre en poudrc avant que de le meler dans les compofinons , mais fi l'on vcul avoir une preparation de iaffiran qui n'ait detruit aucune fubftance de la fleur , il faut employer la teinture , oh en yerra la defcription dans mon traite ds Chymie , öc celles de la teinture de fei de tanre , Sc du fei de mars, See. Pilules de tartre , ott me'Un&gogues , de Jguercetan, Bretten, du cryßal de tartre, trois onces, Du polypode de chefne ( deux onces , Des rat/ins de Corintbe , une or.ee & demie, De toutes les fortes de myrobolans, de chaeune dem ence. Faites-les kuillir jufqu'a dtminution de la moitie dans la decoäion de fumeterre , & de fcolopendre , apres cela prtnez. deuxltvres de cette decoäion bien purißee & da- rtfiee : Ajoutez^y du fenne monde , trois onces, Du turbitb , & de U raeme 6\'ellebore noir } de chaeun 5 une once & demie, De la mjrrbe , une once , Du macis , du gjrofle } de lacanelle , & de l'epithjme , de chaeun , demi once. Laiffcz, macer er & digerer tout celapendant quatre jours a la chaleur du bain dans un vatffeau de verrebien ferme; apres cela la mattere etant encore chaude vous enferez. une forte exprejfton au travers du tamis de foye; puis vous y ajouterez. De Vextrait d'aloes , quatre onces. Que tout cela s'epai/ijfe fuffifamment für un petit fett, y ajeutant für lafin , lorf- que la mattere fera prefque refroidte f despoudres diarhodon Abbaus & joviale de Galten , & des troebifques d'althea , de chaeun , une dragme , Du fei d'abjintbe & de frefne , de chaeun , deux dragmes , De la teinture de fajjran, deux ferupules , De l'buile d'anis I quelques gouttes, Eaites-en une maße de pilules. R E M A R Q^V E S. On mettra bouillir dans quatre livres d'eaux diftillees de fumeterre Sc de fcolopendre , les myrobolans, le polypode bien concafles , le cryltal de tartre, les raifins de Corinthe Sc les fleurs julqu'a diminution de la moitie de la liqueur, on coulera la decoction avecexpreiuon, on la clarifiera par depuration, on y meiera le fuc de pomme depure,letutbim, 1'ellebore, les gyröfles de , la canelle concafles, l'epichy- me , la myrrhe , le macis & le fenne , on mettra infufer le tout dans un vaifleau de verrc ou de terre au bain marie pendant quatre jours, apres lefquels on pa/Iera l'in- fulion encore chaude, on l'exprimera & l'on y meiera l'extrait d'aloes, on mettra le melange dans une terrine de grez , on la placera für le fable , Sc par un petit feu l'on fera confumer l'humidite jufqua confiftence d'cxtrait liquide , puis quand la matiere fera prefque refroidie , on y incorporera les poudres, les trochhques , les fels pulverifcs , la teinture de faflran 8c quelques gouttes d'huile d'anis pour faire une malle qu'on gardera , & l'on en formera des pilules au beloin. Eiles fönt propres pour purger l'humeur tartareufe ou mclancolique , l'une & l'autre büe Sc Ja pituite , on s'en fert pour purger les maniaques, les hypochondria- ques, Sc pour faire vemr les mois aux femmes ■, la dofe en eil depius un fcrupule jufqu'a demi dragme. 11 entre dans cette grande compofition beaueoup de drogues itrutiles, comme le polypode, lesraifms, les fleurs, le lue de pomme , le macis, la myrrhe , les gyro- UNIVERSELLE. ^ fles , la canelle, l'epirhyme , les poudres , les rrochifques, la teinrure de fafFran & l'huile d'anis: de plus en faifant la decoction & l'evaporation, on laufe diffiper les parties volatiles & les plus eflentielles des drogues, je voudrois donc reformer cette compoiirion enla'moniere fisivantc* Pilules de tartre , de Jguerctu» , nformen. Trenca. de l'aloes fueotrin, quatre onces , De la creme de tartre f & des myrobclans citrins, de chaeun dtux onces , Du fenne monde , une once , De la ranne d* ellebore noir & du turbith, de cbacun demi once , Du fei dUbßnthe & de frefne , de chaeun deux dragmes. Eaites-en une muffe de pilules avec le fyrop de fahr , dont la dofe fem depuis Uli denn ferupule jufqua une demi dragme. Pilules polychrefits , de jgueteetan. Prenez. de la maffe de pilules de tartre meL'nagogues de Quercetan, quatre onces 3 Des temtures d'aloes , de feammonee, & de rlmbarbe t de ebaeune Jtx dragmes 3 Du fenne y denn once , De la coloquinte , deux dragmes. lieht, tout cela , & enfaites une maffe de pilules felon l'art. R E M A R Q_U E S. On preparera les teintures d'aloes & de feammonee avec l'efprit de via , celle de coloquinte avec le vin blanc , celles de fenne Sc de rhubarbe avec l'eau de chicoree diihllee , mais il faut faire en forte que ces teintures foient aurant chargees de la lubftance des drogues qu'elles le pourronr etre : on pefera de ces teintures la quan- tite demandee , ik on les melera , on mettra le melange dans un vaiffeau de verte ou de grez , on en fera evaporer l'humidite par un feu de fable modere , jufqu a confiftence d'extrait, on le melera alors exadement avec la malle des pilules tarta- ri/ees , 8c l'on gardera cette compolition pour en formet des pilules au befoin. Elles purgent routes les humeiurs; la dole en eft depuis demi ferupule jufqu'a. demi dragme. Ces pilules fönt nommees polychreftes , mot grec qui ftgnifie fervanr. a plufieurs ufages. On ne peut faire evaporer les teintures qu'il ne fe diilipe leur vertu la pluseflen- tielle quelque petit feu qu'on y employe, c'eft pourquoy je nouveroisplus a propos qu'onfe fervit des Ingrediens en fubf tance ; le difioivaiit de i'eitomach e/t affez ca- pable de faire les feparations ncceflaires du pur d'avec 1'impur: vojei donc comme je voudrois reformer cette compoficion. Pilules polychreftes, reformees. Frenez, de la maffe de pilules de tartre melanagogues de Quercetan, quatre omes 3 De U feammonee & de la rhubarbe, de chaeune deux dragmes , Des troclnfques d*alhandal , une dragme. Avec le fyrop de pommes compofe > fa'ttes-en une maffe de pilules, Dofft. Vertu«. Dofc. 46+ PHARMACOPE'E je n'employe point ici de fenne ni d'aloes, parce qu'i! en entre fuffifamment dans la mafTe des pilules tartarifees melanagogues. Pilules benites , de Jgutrcetan. Trenez, de U maße de pilules foljehrefies dt Quercetan , & du beuoard mineral, de chacun farttes egale i. laites-en tine maje avec le fyrop de jabor. REMARQUES. On pulverifera lebezoard mineral , on le melexa avec la mafTe des pilules poly- chreftes Sc avec ce qu'il faudra de fyrop de pomme compofe , on fera une mafTe qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. Elles purgent en excitanc la tranfpiranon, on s'en fert pour les rhumatifmes , poiiL les elandes du mefenterc, pour les nodus, pour les ecrouelles, pour la gaile •, la dofe en eft depuis demi ferupule, jufqu'a demi dragme. Ces pilules (ont nommees benites par ieur Aureur, a caufe des grands effets qu'elles produifent. Pilules AgqrtgAtives ou polyckrefies, de Aiejue. Trenet, de falte's fuecotrin , du meilleur turbith t & du diagrede, de chacun fix drAgnus t Des mjroboUns citrins & de la meilleure rhubarbe , de chacun demi once , Des fucs d'aigremoine & de g~ande abfinthe , de chacun trots dragmes , Des myrobJans chebules & indiqtes ■ de l'agaric bUnt, de la coltqumte , du polypode de chefne , de chacun deux dragmes , Du maßich , des rofes rouges, du fei gemme f de l'tpitbyme de Crete, des femtnees d'ani) & deg'mgembre , me dragme. Faitef.gn une m/iffe de plules avec l'e'leclHahe refat tholagogue. R £ M J R £JJ E S. On pulverifera enfemble ie rurihith, les myrobolans , la rhubarbe , l'agaric , la coloquinte, le polypode , les rofes, l'epithyme > l'anis & le gingembre j a une aa- autrepartonmettra enpoudre enfemble l'aloes, le diagrede & le maftich-, d'une pelirala quannte ordonnee qu'on mielera avec les poudres , &c ce qu'j U&uaire rofac, pour faire une maffe qu'on gardera, 6v Ton en formera des pilules au befoin. Elles purgent toures les humeurs, on les employe pour les maux de tece & d'efto- rnach ; la dofe en eft depuis un ferupule jufqu a quarre. Les Ingrediens purgatifs & eüenrieis qui encrent danscctrecompofuion fonc *üiofiüon. l'aloes , le turbith , le diagrede, les myrobolans , la rhubarbe , l'agaric , la coloquinte 3c 1 c5ectu.iii e rofat. Un ferupule des pilules agregatives contienr d'aloes, de turbith Sc de diagrede de chacun deux grains , des myrobolans citrins Sc de la rhubarbe de chacun um grain, &. ie tiers d'un grain , des myrobolans chebules Sc indiens, de l'agaric Sc de la coloquinte de chacun demi grain &c demi tiers de grain , dt l'electuaire rofac choiagogue fix grains. Demi dragme des pilules contient d'aloes, de turbith 8c de diagrede de chacun Vertus. Dofc. furg- de la 9i, 3« . . UNIVERSELLE. , r < «un , trois grains,des myrobolans citrins & delarhubarbe, dechacun deux grains des myrobolans chebules & Indiens, de l'agaric & de la coloqumte de chacun un gi-ain , de I electaure rofat cholagogue , neuf grains. Deux fcrupules des püules conticnnent d'aloes, de turbith & de cfiagrede de chacun»quarre grains, des myrobolans citrm s & de la rhubarbe, de chLn deux grains & les deux riers d un gram , des myrobolans chebules & Indiens , de iWic & de ja coJoquinre de chacun un gram & le riers dun gram , de l'eleäuaire foflt cienii ici upuie. Une dragme des püules contient d'aloes, de turbith & de diagtede , de chacun fegRUDS , des myrobolans cirrms & de la rhubarbe , de chacun quarre g ran ^de myrobolans chebules & mdiens, de agaric & de la cojoquinte } de ch ün deux grains, de lelectuaire rolar, dix-hukgrams. Quarre fcmpules des piluies contiennent d'aloes de turbith & de dinweHi- de chacun hu« grains des myrobolans citrins & de la rhubarbe, de chacun cinq grain! & le riers d ungram , des myrobolans chebules & indiens , de iWic & de laco loquinte de chacun deux grains & les deux tiers dun gram, d'eledtuaire rofat un lerupule. On a «W ces püules agregaiives, parce qu'on pretend qu'elles afiemblent les humeursj&polychreftes.parcequ'eUespurgent pluHeiirs forres d'humerrs- on pourroit en retranener beaueoup de drogues mutiles, conune lemaftich , le oolv- pode, les rofes, 1 epirhyme ,1'ams, legmgembre , les iues; ces Ingrediens ne fönt quafroibiir lespurgaurs parleur volume. II eil inutile d'employeTici ttoisforres de myrobolans, on pourroit fe contenter d augmenter la dofe des citrins qui fönt les nieüleuts: voiei comme je voudrois refonner cette compolition. ' v^amurs Piluies polychrefies , refofme'es. Vrev.ez.des myrobolans citrins , une once, De Valoes fueotrin , du turbith , & du diagrede, de chacun fix dragmes De la rhubarbe , une denü once , ö De l'agaric , des troclnfques d'albandal, & du tarne foluble , de chacun deux dragmes. Fanes-en une maß de piluies avec le fyrop de rofes compofee d'aiark dont la dofe fera depuis un demi ferupule /«/?*'* deux. * ' ""'' Autres Piluies poljehreß es majeures, de Ultefue, Prenez, de Valoes fueotrin f quiw~e dragmes, Du turbith , treibe dragmes , Des myrobolans indiques & embhques, du fagapenum & bdellium, de chacun demi once ' Des penules , trois dragmes, ' Des hermodacles,dufelgemme,&du maßeb , de la gomme ammoniac des rofes rouges , des fememes d'aehe , defenouil, d'ams , de carvi , d'ammi , d'ongan de rhue & de pafferage , de chacun une dragme. ' Faites-en une maße de Piluies avec le fuc de choux. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les femences, les rofes, le turbith , les myi obolans f Nna Bü d fr Venus. Doi'e. Ingrediens effentiels& purg. de la copofition. 9i, 3 ß > 9n> 9 iv, 4 66 PHARMACOP'E' E Sc les hermodadtes •, d'une aurre part on mettraenfemble en poudrel'aloes, le bdel- lium, le fagapenum , la gomme ammoniac & le maftich ; d'une autre part les peni- des & le fei gemme , on melera les poudres, & avec ce qu'il faudra de lue de chouX tire par expreflion , on fera une maflc de pilules qu'on gardera pour en formet des pilules au beloin. Ellespurgent la pituite crafTe , on s'en fert pour la goutte fciatique, pour la coli- que , pour les rnaux de tete. La doie en eil depuis un fcrupule julqu'a une dragme Sc demie. Les ingrediers purgatifs Sc eflentielsde cctte compofition fönt l'aloes, le turbith, les myrobolans Sc les hermodadtes. Un fcrupule des Pilules polychreftes contient d'aloes cinq grains, de turbith quatre grains Sc le tiers d'un grain , des myrobolans Indiens Sc embliques, de cha- cun un grain Sc le tiers d'un grain, des hermodadtes le tiers d'un grain. Demi dragme des Pilules contient d'aloes fept grains Sc demi, de turbith fix Sc demi, des myrobolans de chaeun deux grains , des hermodadtes demi grain. Deux ferupules des Pilules contiennent d'aloes dix grains, de turbith huit grains & les deux tiers d'un grain, des myrobolans, de chaeun deux grains, & les deux tiers d'un grain > des hermodadtes les deux tiers d'un grain. Une dragme des Pilules contient d'aloes quinze grains, de turbith treize grains, des myrobolans , de chaeun quarre grains , des hermodadtes un grain. Quarre ferupules des Pilules contiennent d'aloes vmgt grains-, de turbith dix- fept grains Sc le tiers d'un grain , des myrobolans de chaeun cinq grains & le tiers d'un grain , des hermodadtes un grain Sc le tiers d'un gräm. Une dragme Sc demie des Pilules contient d'aloes vingt-deux grains Sc demi, de turbith dix-neuf grains Sc demi, des myrobolans de chaeun fix grains, des hermodadtes un grain & demi. Ilentre dans cette compofition plufieursingrediens inuriJes qui affbiblifTent par leur quantite , les purgatifs ; tels lont les femences, les rofes, le fagapenum , le bdellium, les penides Sc le maftich, je ferois d'avis qu'on les retranchät, Sc qu'on; reformärles Pilules en la maniere fuivante. Pilules polychresies majeures , veforme'es* Trenet* de l\iloes fuectrin, deux ences , Du turbith , une ence & demie , Des myrobolans indtques, une or.ee , Des hermodaäes , de la gomme ammoniac , du tartre foluble, de chaeun deux dragmes. Faites-en une maße de pilules avec lefyrop de noir-prun. La dofe fera d'un fcrupule jüfqua une dragme. Pilules polychreßes mineures % de. Mefue, Trenez, de lapoudre d'hiere fimple t une once & demie , De la rhubarbe eboißt , cinq dragmes , Des myrobolans citrins , embliques, &'mdiques , de chaeun trois dragmes , Da mafiub , de l'anis, des rofes , desfucs d'eupatoire & d'abjintbe epuret* , de cbACttn deux dragmes. Faites des pilules felon Vart avec le fuc d'aehe, UNIVERSELLE. 4-7 R E M A R O^U E S. On pulverifera enfemble les rofes, l'anis, la rhubarbe & les myrobolans ; d'une autre parr le maftich, on tirera par expreilion , des fucs d'aigremoine & d'ablinthe, on les dcpurera en les faifant bouillir un Bouillon, & les paflant par un blanchec, en- fuire on les fera epaiffir für un petit feu en confiftence de fyrop, puis on en pefera de chacun deux dragmcs qu'on melera avec les poudres, & une quantite fuffifante de fuc dache, poiur faire une maiTe qu'on gardera, &c Von en formera des pilules au be- foin. Elles purgent la bile & la pituite , dies fortifient l'cftomach , ellesgueriflent les üevres. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'd deux dragmes. Les Ingrediens purgaüfs Sc eflcntiels de cecte compofirioh fönt la ooudre de liiere fimple , la rhubarbe & les myrobolans. Demi dragme des pilules polychreltes mineures contient de poudre de liiere fimple neuf grains, de rhubarbe deux grains & les trois quarts d'un grain, des myrobolans cirrins, embliques & indtens, de chacun un grain Sc demi. Deux fcrupules des pHules contiennent de poudre de hiere fimple, onze grains & un quart de grain , de rhubarbe trois grains 8c demi, des myrobolans, deciiacun deux grains. Une dragme despilules contient de poudre de liiere dix-huit grains, de rhubarbe cinq grains Sc demi, des myrobolans de chacun trois grains. Quatre fcrupules des piluies conriennenr de la poudre de liiere fimple vingt-deux grains & denn grain, de rhubarbe fept grains , des myrobolans de chacun quarre grains. Une dragme 6c demie des pilules contient de poudre de hiere vingt-fept grains, de rhubarbe huit grains & le quarc d'un gram , des myrobolans , quatre grains & demi. Deux dragmes de pilules contiennent de poudre de hiere demi dragme , de rhubarbe onze grains, des myrobolans, de chacun fix grains. Ces pilules fönt iurnommees mineures , parce qu'elles tont moins compofees que les precedentes du mime ftom & du mcme Aureur , on pourroit les rendre encore plus fimples Sc meilleures en recranchant plufieurs ingrediens inutiles qui entrent dans leur compofition, corame le maftich , l'anis, les fucs, les roles, & lubflituer l'aloes a la poudre de hiere: Voici comme je voudrois les reformer. Pilules polychreßes mineures , reforme'es. Vrenez, de l'aloes fucotrin, une once & demie } Des myrobdans citrins, neuf dragmes s De la. rhubarbe cho'ijie <4t»q dragmes , Ealtes en une maffe de chicore'e compofe'e de rhubarbe , dont la dofe fera depuis un fcrupule jufqu'a quatre. Pilules de Philagrc Vrenet, de faloes fucotrin , & de l'agaric , de chacun une once , Du turbith , des myrobolans citrins, de la cufcute , des trochifques diarhodon & de rhubarbe , de chacun demi once, De iepne blanche , ou bedegar , & du fuc d'aigremoine , de chacun deux dragmes. Du fuc d'abßnthe , & du felgemme , de chacun une dragme & demie. Eaites-en une maffe de pilules avec le fuc de fenouil. Nnn i) Vertu?. Dofe. Pur^. dela copofition. 5 ß > 9u, 3 iv, 3"> 468 Vertus. Dof:. Purg. de la Co ofirion. 6u. 3 *> 3 i ß > 3 »» PHARMACOPE' E REMARQUES. On pulverifera enfemble l'abfinthe , l'agaric , le turbith , les myrobolans, la cuf- cute Sc le bedegar ; dune aurre part le fei gemme 6c les trochifques; d'une autre part l'aloes , on meiera les poudres Sc avec ce qu'il faudra de fuc de fenoüil Sc le lue d'aigremoine , on fera une malle qu'on gardera pour en former des pilules au beibin. Elles purgenr principalement la pituite, onles eftime pour les fievres ; la dofe en eft depuis demi dragme julqu a deux dragmes. Ces pilules fönt rapportees par Mefue, mais elles ont ete inventees par Philagrius. Les ingrediens purgatirs Sc eflentiels de cetre compofition fönt l'aloes, l'agaric , le turbith , les myrobolans Sc les trochifques de rhubarbe. Demi dragme des oilules de Philagrius contient d'aloes fuecotrin Sc d'agaric , de chaeun fix grains , des myrobolans citrins Sc des trochifques de rhubarbe, de chaeun trois grains Deux ferupules des pilules contiennent d'aloes & d'agaric, de chaeun huit grains., des myrobolans & des trochifques de rhubarbe , de chaeun quatre grains. Une dragme des pilules contient d'aloes Sc d'agaric , de chaeun demi lerupuie , des myrobolans Sc des trochifques de rhubarbe , de chaeun fix grains. Une dragme & demie des pilules contient d'aloes Sc d'agaric, de chaeun dix-huit grains , des myrobolans & des trochilques de rhubarbe , de chaeun neur grains. Deux dragmes des pilules contiennent d'aloes &: d'agaric, de chaeun un lerupuie, des myrobolans & des trochilques de rhubarbe , de chaeun demi lerupuie. Je (crois d'avis qu'on retranchät de cette defeription l'abhnthe , la euleute , les trochifques, le bedegar & le fuc d'aigremoine, ce fönt des ingrediens inutiles ici Sc qui diminuent par ieur quantite la force des purgatirs , je voudrois reformer ces pilules en la maniere luivante. Pilules de Philagre , reforme'es. frenez, de l'aloes fuecotrin , & de l'agaric , de chaeun une once } Du turbith , & des myrobolans citrins , de chaeun demi once , Du tartre foluble , une dragme & demie. Avec une quantite de fyrop de Chicoree compofede rhubarbe , faites-en une majfe de pilules. Pilules ßibiales , de CrolLius* Erenct, du verre d'antimoine corrige , de la theriaque d' Andromacus, du gyrofle , des femences de fenouil & de coriandre , de chaeun deux onces , De la notx mufeade , du mafiuh t de l'ecorce d'oranges , & du corailrougeprepare , de chaeun deux dragmes. Vulven fez. le tout & le melei. s puis avec le fyrop de coings , faites-en une majfe de plules felon l'art* REMARQUES. On trouvera dans mon livre de Chymie la defeription du verre d'antimoine •, Sc la maniere de le corriger , on le broyera long-tems für leporphyie ou jufqu'a ce qu'il foit reduit en poudre impalpable : on pulverifera enfemble dans un mor- tier de bronze, les gyrofles, les femences, la mufeade, l'ecorce d'orange •, d'une UNIVERSELLE. 4^9 äutre part le maflich (eparement, on melera les poudres avec le corail prepare , on mcorporera le tout avec latheriaque & ce qu'il raudra degelee de coing pour faire une mafle qu'on gardera , & i'on en formera des pilulesaa befoin. Ellespurgent par le vomiflemeur 6c fouvent par les feiles ; elles fönt propres dans la lerhargie, dans l'apoplexie , dans la paraliüe. La dofe en eil depuis denü feru- pule jufqua deux fcrupules. Demi lcrupule des pilules ftibiales contienr de verre d'antimoine corrige , deux erains. «5 I7n ferupule des pilules ftibiales contient de verre d'antimoine , quatre "rains. Demi dragme des pilules contient de verre d'antimoine , fix grams. Deux fcrupules des pilules contiennent de verre d'antimoine, huit erains» II n'y a dans cette compofition d'eflentiel que le verre d'antimoine , toutes les autres drogues n'ont etc melees avec lui, que pour fortirier I'eftomach contre fon adtion un peu violente > mais comme ces drogues fönt fpiritueufes , elles fönt plus capables d'irritei le vifeere par le vomiflement, que de lefortifier: De plus s'etant melees dans le fang , elles le rardient & l'agiteut trop , ce qui donneroit lieu de craindre que quelque vaifleaü ne le rompit & ne caulät une hemorrhagie: Cettte compofition de pilules eft donc du mo ins inutile > & l'onpeut bien fe fervir du verre d'antimoine corrige feul, a la place des pilules, il fumra ds le reduire en pou- dre bien fubcÜe , & de le meler für le champ dans une cudlerce de bouillon , 011 dans un peu de conferve de violette, fi l'on veut le prendre en bolus, le meilleur moyen d'empecher que I'eftomach ne patifle pendant le vomiflement, eft de Eure prendre au malade quelques cuillerees de bouillon gras ou d'huile d'amande douce, arin d'emoufler ou d'embarafler un peu lefel de l'antimoine , d'adoucir les mem- branes du ventricule & les conduits irritez, & de faciliter le vomiflement. On peut compofec une maire de pilules avec les fortifiants contenus dans la def- cription , & en faire prendre au malade les jours qu'il n'aura point ete purge, alors ces remedes agiront & fortifieront les vifeeres. Pilules mochüques. Trenez, du fenne morde > quatre onces , Du turbith , des bermodaäes, de l'agaric & dujalap t de chaeun deux onces ' De U pulpe de coto julnte , de U raeine d'ellebore noir , de la rhubarbe, du polypode de chefne , du difiame de Crete , de chaeun une once \ Des femences d'anis & de feiv'üd & de la canelle t de chaeunes demi once. llfaut mettre enfemble toutes ces drogues concajfees dans un matras, puis verfer defftts de l'efprit de vm quifurnage de quatre doigts, & apres avoir bouebe le matras on laijfera macerer cette mutiere a la cbaleur d'un bain tiede pendant qumz,e jours ■puis on coulera & on exprimetA l'infuji'on ; onfiltrera la colature & on la laiffera eva- prer für un petit feu jufqu'a conßßence de miel; apres quoll'on y melera les poudres fnivantes: Trenez, de l'aloes fuccotr'm , deux onces y De l'euphorbe prepare , une once , Du fpktnard , du maflieb 3 de l'opopanax , du Idellium & du fagapemm t de chaeun une denn once , Des fels d'itbßntbe , d'hieble , & de frefne } de chaeun une dragme. 'Sutes-enune maffe de pilules avecle fyrop de rofes folutlf. Vertus. Dofe. du 3 ß > 9", N n n uj 470 PHARMACOPE'E R E M A R Q_U E S. On concaflera les premiers Ingrediens, on les njettra dans un grand matras, on verfera detfus de l'efprir de vin jufqu'a* ce qu'il iurpaffe la matiere de quarre doigts, on bouchera bien le matras, on le placera en digeftion pendanr douze jours au bain rnkrie tiede, ou a une aurre chaleur approchante, agirant l'infufion de remps en temps, enfuire Ton coulera la liqueur , on exprimera fortement le marc , on lahfe- ra repofer la liqueur coulee , on la filrrera , & l'ayant mife dans un vaiifeau de verre on dans une cerrine de grez , on en fera cvaporer l'humidite au feit de fable modere jufqu'a confiftence de miel •, cependant on mertra en poudre enfemble l'a- loes, l'euphorbe , le maftich , l'opopanax , le bdellium, Sc le fagapenum , d'une autre part le fpicanard , on melera les pondres avec la matiere evaporee en extrait, Sc ce qu'il faudra de roies päles, pour faire une mafle qu'on gardera , Sc Ton s'en fervira au befoin. Elles purgent routes les humeurs avec violencc , on s'en fert pour la melancolie hypocondriaque, pour l'hydropifie , pour la retention des mois, pour l'apoplexie, pour la paralyiie , pour la lethargie; la dofe en eft depüis denn fcrupule jufqu'a de- mi dragme. Mochhcum fignifie remuant les humeurs & les evacuant avec beaucoup de violence, ce furnom a ete fort bien adapte I ces pilules, car elles fönt furieufement purgatives. Comme l'efprit de vin eft une liqueur fulphureufe , il eft fort propre a diflbudre les reiines du turbith &c du jalap qui fönt le purgatir de ces deux racincs , &c il fe charge autaht qu'il peut de la reinture des autres drogues qui entrent dans l'infufion : fi apres avoir coule la reinture, on mettoit de nouvel efprit de vin für le marc , & qu'on remit la matiere en digeftion, on tireroit encore de la teinture un peu foible, mais qui etant melee & evaporee avec la premiere , ne laifleroit pas d'augmenter la quantite de l'extrait. On devroit retrancher de l'infufion, la canells, l'anis, le fenouil, le dictame Sc le polypode 5 car ces drogues qui ne fonrpoint purgatives occupent les pores de l'ef- prit de vin par leur fubftance inutile , öc elles empechent que ce menftrue ne fe charge aurant qu'il le poürfoit de la quaiite des purgatifs. On pourroir pour eviter de perdre 1'efprit de vin , mettre l'infufion coulee & ül- tree dans un alembic de verre & en faire diftiller l'humidite au bain marie ou au feu de fable , jufqu'a ce qu'on trouvät l'extrait au fond de la cucurbitte , cet e/prit pourroit etreun peu purgatif, maison ne s'en ferviroit que pour une occa/ion pa- reille a celle-ci , il feroit aufli difpofe qu'auparavant a. tirer des extraits purgatifs. Les purgatifs qui fönt employez dans cette infufion fönt tous dilpofez naturelle- ment a etre dilTouts dans les vileeres, fans qu'ils ayent befoin de preparation chymi- que -, je trouve donc cet extrait bien inutile, la nature eft aflez capable de faire les infufions, les digeftions & les fepararions neceffiires für ces mixtes , fans qu'il foit necelfaire de lui aider: De plus on ne peut faire evaporer l'efprit de vin qu'on ne laille echaper beaucoup de parties elfentiels de la teinture, fipetit feu qu'on falfe deflous, je ferois donc d'avis qu'on employät ici les drogues en lubftance apres les avoir reduites en poudre fubtile. Tevoudrois encore qu'on retranchät de la poudre le fpicanard, le maftich Sc l'euphorbe , les deux premieres de ces drogues fönt inutiles, & la derniere a une acrete brillante qui agit trop violemment für le corps. L'opopanax , le bdellium &C le fagapenum fönt des gommes qui peuvent fervir i refoudre, a ramolir les duretez Sc a lever les obftruftions •, c'eft-pourquoi elles UNIVERSELLE. 471 peuvent ctre de qudque utilite dans cette compofition , mais je trouve qu'elles y ont ete mifes en crop grande quantite , & qu'elles affoibliffent trop les purgatiis ; voici comme je rrouverois a propos qu'on reformät la compofition. V ilules rnoobliques s reforme'es. Prenez. de l'aloes fuccotrin , deux onces, Du ferne mcnde & de la racine d : eilebore mir , de cbacun une once & dernie, Du tmbith, des hermodaäes , de l'agaric, & dujalap , de chacmßx dragtnes , Des trocbifques d'alhandal , de la rbubarbe , de l'opopanax , du fagapenum , du bdel- lium , de cbacun trois dragmes } Des [eis d'abjtnthe , d'bieble , & de frefne , de cbacun une dragme ' Taites-en une maffe de pitules avec le fyrop de rofes folutif; la dofe fera depuis un dem fcrupulejufqu'a une demi dragme. R E M A R O^U E S. Cette demiere defcription meparoit tuen capable de purger violemment, mais fi onnelatrouvoit pas encoreaflez forte, Ton pourröit y ajouter une dragme de turbith mineral. Pilulcs de gomme ammontac , de J^uercetan, Wertet, de l'extrait d'aloes, quatre onces, De la gomme ammontac & de Li mjrrhe , de cbacun demi once , Du maflich } & de Upoudre des trois faul'aux , de cbacun uns dragme & demie , Du fei de frefne m d'abßntbe, quatre fcrupules , du faffran , deux fcrupules , Avec le fjrop de flocchas oh de rofes , faitcs-en une maße de pilulcs. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble la gomme ammoniac choifie en larmes , la myrrhe Sc le maflich , on melera lapoudre avec celle des trois fantaux , le fei de frefne, l'extrait d'aloes & ce qu'il faudra de fyrop de ftoechas ou de rofe pour faire une maffe qu'on gardera , Sc Ton en formera des pilules au befoin. Elles fönt purgatives, elles levent les obftructions, elles excitent les mois aux Vertut, femmes-, on s'en lert dans la cachexie, dans les päles couleurs & dans les maladies de la matricc ; la dofe en eft. depuis un fcrupule jufqu a une dragme. Dofe. L'extrait d'aloes eft le (eul ingredien purgatif quientre dans cette compofition. p uri r a tL' 5 , Un fcrupule des pilules d'ammomac contient d'extrait d'aloes un peu moins de g [ } quatorze grains. Demi dragme des pilules contient d'extrait d'aloes, vingt grains Sc demi grain. 2 ß 3 Deux fcrupules des pilules contiennent d'extrait d'aloes vmgt-fept grains Sc les 3 ü , deux tiers d'un grain. Une dragme des pilules contient d'extrait d'aloes quaranre Sc un grain. * [ Le maftich & la poudre des trois fantaux me paroiilent inutiles dans cette compofition , je voudrois les en retrancher. Pilules d'ammoniac mxgtftrale s , de Bateus. Trenez, de la gomme ammontac preparee avec le vinaigre fcillitique, deux onces , Du meüleur aloes , une once & demie t De la mjrrbe , du maflich , du benjotn , de cbacun demi once , Du faffran de mars, deux dragmes. Avec du fyrop d'abjimbe autmt qu'il en faut, faites-cn une maffe* ia gomme am- Vcrtus. Dofe. 5*. 3 lß > 3"> 471 PHARMACOPE* E R E M A R Q^U £ S. On mettra difloudre für le feu dans une ecueile de terre vernie momac avec du vinaigre kühne, on pallera la dillblution toute chaude par une eta- mine, cnlapreflantbienfort pourlaparifier des impuretez quelle pourroit conte- nir; on en mettra enluite evaporer l'humidite jufqua coniiitence de miel ; d'une autrepart on pulveriiera enlemble les autres gommes, on broyera iubtilement le {affran demars, onmelf/a&on incorporera le tout enlemble dans un monier, öc avec une quantite fufhlante de (yrop d'abfmthe , on fera une malle de pilules qu'on gardera pour s'en (ervir au belom. Eiles purgent doucement leshumeuts grofiieresßc tartareufes du corps, elles le- vent les obftrudtions ; elles fönt propres pour la cachexie , pour les duretez de la rate & du foye, pour les lquires , pour la fievre-quarte , pour les retentiorts des mois aux femmes. La dofe en eft depuis denn dragme jufqua. deux dragmes. L'aloes eft le feul purgauf qui entre dans cette compofition. Demi dragme des pilules d'ammoniac magiftrales contient quarre grains Sc demi d'aloes. Une dragme des pilules contient neuf grains d'aloes. Une dragme & demie des pilules contient treize grains & demie d'aloes. Deux dragmes des pilules contiennent dix-huit grains d'aloes. On ne peut pas faire difloudre & evaporer la gomme ammoniac qu'en meme tems on ne falle difliper une grande portion de fes lels volatils dans lelquels confifte fa plus grande qualite •, it me paroit que cette dillblution & purificarion eil bieia inutile ; on peut l'eviter ici , ii l'on veut employer dans la compofition de beiie- gomme ammoniac choifie en larmes qui ne contiendra guere d'impuretez , & qu'on reduirafacilement en poudre : onlameiera alors avec lesautrcs gommes, &: l'on corporifiera le tout enlemble avec le fyrop d'abfinthe. Pilules de bdellium majeure s , de MeCue. Prenez. du meilleur bdellium , une once & demie t De la femence d'ammi , trois dragmes t Des mjrol'dans chepules, indiques, bleriques , & embliques, des coquilles de porceUmes brulees , & du fuccin t de chacun deux dragmes & demie. ]tMtc$~en une maße de pilules avec le fuc de poireau. R E M A R QJÜ E S. On pulverifera enfemble les myrobolans & la femence d'ammi, on broyera für le porphyre enfemble les porcelaines calcinees & le fuccin ; d'une autre part on mettra en poudre feparement le bdellium, on melera les poudres Sc avec ce cp'ii faudra de fuc de poireau, on fera une malle qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. Vertus. Elles fönt eftimees propres pour arreter les flux d'hemorroides & de menftrucs ; Dofe. la dofe en eft depuis un {crupule jufqua une dragme. Cette compontion ne meparoit pas tout-a-fait convenable auxufagesoii l'on la deftine, le bdellium qui en fair la bafe , le fuc de poireau & la femence d'ammi , fönt des ingrediens remplis de fels & de foulfres volatils plus propres a raiefier 3c a exciterla fortiedu fang, qua I'arrerer. Pilules de bdellium mineures , de Mefus. Vientu du bdellium , quinu dragmes. Des UNIVERSELLE. 47J Des mjroboluns indiques, embhques , & bleriques , de chaeun chiq drdgmes. Faites-etlune maffe de pilules avec le fv.c de poireau, R E M A R Q^U E S. Onpulveri/era enfemble rous les myrebohns; duneautrepart le bdellium, on melera les poudies, Sc avec ce qu'il faudra de lue de poireau rire par exprelfion, on fera une malle dont on formera des pilules au befoin. ElLes purgent doucement en reflerrant, on s'cn fert pour les cours de venrre , pour ie flux d'hemorroides Sc de menftrues; la dolh en eil depuis demitlragme jufqa'a deux dragmes. des pilules fönt appellees mineures, parce qu'elles fönt moins compofees & moins aftringentes que tes precedentes. Melde a donne encore une autre defeription de pilules de bdellium , mais parce qu'elles fönt en compofition Sc en vertu dlez femblables aux oiajeures, je les pafleray fous filence , aulli bien toutes ces pilules de bdellium ne iont-elies gueres en ufage. Pilules hy/le'riqites. TTenez, de l'extrait d'aloespre'pare avec le fuc d'armenfe, dix dragmes , De? fecules de Bryone , de la myrrhe cbo'ifie , du Vitriol de mars, & du feld'artnoife, de chaeun deux dragmes , Ducaßoreum t ducampbre t & desfeuilles de rbue , de chneun deux ferupules, Faites-en une maße de pilules avec le fuc d'armoife. REMARQUES. On pulverifera les drogues chaeune en leur particulier , on melera les poudres enfemble , on les incorporera avec l'extrait d'aloes & ce qu'il faudjra de fuc d'armoife pour faire une maffe de pilules qu'on gardera pour s'en fervir au beiöin. Elles purgent Sc abaiffent les vapeurs, elles nettoyent la matrice de fes impure- tez en debouchant les obftruclions, elles excitent les mois; la dole en eft depuis un ferupule jufqua une dragme & demie. Il n'y a ici proprement que l'extrait d'aloes qui puiffe etre dit purgatif, les fecules de bryone lachet« le venire, mais la petite quantite qui fe rencontre dans cha- que prife des pilules ne peut au plus produire c]u'un etfer apentif, les autre drogues aidenr ä l'aloes a rarefier le fing Sc a lever les obfliiictions. Un ferupule des pilules hyfteriques contient d'extrait d'aloes fept grains, Demi dragme des pilules contient d'extrait d'aloes dix grains Sc demi. Deux ferupules des pilules conriennent d'extrait d'aloes quatorze grains. Une dragme des pilules contient d'extrait d'aloes vingt-un grains. Quatre fcruplules despilulescontiennentdei'extrairdaioes vingr-huit grains. Une dragme & demie des pilules contient de l'extrait d'aloes trente-un grains & demi. Pilules ar/hntiques , de Nie. de, Salefne. Vrenet. de Paloes fuecotrin , trois onces & demie , He h feammonee , demi once , Des hermodattej , du turbith, & de Pagarie, de chaeun deux dragmes , Du fei gemme, de la caffe odorante , du fpicanard, dugyrofle , du carpcbalfame, on a fort dejuut des cubebes, du xykbalfame , on a fori defaut des fommitez, de lert'. 5 Ooo Vertus. Dole. Vertus." Dofe. Purp:, de la copofition. 9i. 9iv, 51 «, Vertust Dole. Purg dela cöpoficion» 3i, 5*. 474 PHARMACOPE'E tifques, dumac'is ,dupetit galanga, du gingembre, du maflicb, de V affafcetidd ;. des femences de fenouil, d'anis , de faxifrage , d'afperges t de petit boux , degre- tn'il & des rofes rougcs , de cbacun une dragme. Eaites-en une maße de piluLes avec le fac de chamepjtis epure. R E M A R QJJ E S. On pulverifcra enfemble les hermodacles, le turbith, l'agaric , le caffia lignea, lc fpicanard, les gyrofles, le carpobaliamum, le xyloballamum, le macis, le galan- ga , le gingembre , les femences Sc les rofes ; d'une autre part on mettra en poudre enfemble l'aloes, la fcammonee, le maftich, l'affa-fcetida ■■, d'une autre parc le fei gemme , on melera les poudies, Sc avec du fuc de chamepytis depure Ton tera une maffe qu'on gardera pour en formet des pilules au beloin. On les efttme particulierement pour purger les jointures, on s'en fert contre la gouete Sc contre les rhumatifmes •, la dofe en eft depuis un ferupule jufqu i une dragme. Les jointures fönt les bras, les jambes , les cuiffes, onles appelle en Grec atros d'ou vient le mot d'arthritiques. Les drogues purgatives Sc eilentielles de cette compofition fönt l'aloes, la fcammonee , les herinodactes, le turbith Sc l'agaric. Unlcrapule des pilules arthritiques contient d'aloes neuf grains Sc le tiersd'un grain, de fcammonee un grain 6c le tiers d'un grain, des hermodaefces, du turbith Sc de l'agaric de cbacun demi grain Sc le demi tiers d un grain. Demi dragme des pilules contient d'aloes quatorze grains, de fcammonee deux grains, des hermodactes, du turbith Sc de l'agaric, de chaeun un grain. Deux krupules des pilules arthritiques contiennent d'aloes dix-huit grains Sc les deux tiers d'un grain , de fcammonee deux grains Sc les deux tiers d'un grain, des hermodactes, du turbith Sc de l'agaric, de chaeun un grain Sc le tiers d'un grain. Une dragme des pilules contient d'aloes vingt-huit grains, de fcammonee quatre grains , des hermodactes, du turbith Sc de l'agaric , de chaeun deux grains. . J'eftime qu'il feroit bon de retrancher de cette compofition , le caffia lignea , le fpicanard, les gyrofles, le carpobalfamum, le xylobalfamum, le macis, le galan- ga, le gingembre, le maftich , l'affa-fcetida , les femences Sc les rofes, tous ces Ingrediens ne fervent qu'a affoiblir par leur volume , la force des purgatifs. Je voudrois mettre en leur place quelques dragmes de fublime doux qui eil fort propre a adoucir la ferofite acre qui caufe le rhumatifme , je ferois d'avis de fubfti- tuer au fei gemme , le tartre foluble, il eft plus propre pour corriger les purgatifs , Sc pour empecher qu'ils n'excitent des tranchees : Voici donc comme je trouverois ä propos de reformer ces pilules. Pilules arthritiques refifmees. Prenez. de l'aloes fuecotrin , trois onces & demie % De la fcammonee t demi once , Des hermodatles , du turbith , de l'agaric, des trochifques d'alhandal > du mercurt doux,& du tartre foluble > de cbacun deux dragmes. TeAites-en une maffe de pilules avecle fj/rop de noirprum la dofe fera depuis un dem ferupule jufqu a, deux ferupules. R £ M A R QJU E S. k La raifon pourquoi les pilules arthritiques purgent les jointures> eft parce qu'e-r UNIVERSELLE. 47J tant compofees de medicamens fecs & remplis de parties volatiles, elles demeurent long-tems dans les vifeeres, & elles ont le loifir de repandreleur fubftance de tous cotez. Ptlules arthrittques , d'Erneß Sehxffer. Fretiex. de U reßne dejalap-, demi once , Du diagrede & de la teinture d'arißoloche ronde , de chaeun quam ferupules , De la teinture de rbubarbe , deux dragmes , De Celle de gentiane, du tartre Vitriole, & du magißere de mars , de chaeun un ferupule. Faites-en une muffe de filules avec la teinture de ferne. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble larefinede jalap Sc le diagrede , on melerala poudre avec le ranre vitriole Sc le magiftere de mars, on y ajoutera les teintures d'ariftolo- che ronde, de rhubarbe, de gentiane , Sc ce qu'il faudra de teinture de fenne pour faire une mafle qu'on gardera , Sc Ton en formera des pilulesau befoin. Elles purgent les ferofitez de toutes les parties du corps; la dofe en eft depuis fix grains jufqu aun ferupule, on les aiguife quelquefois avec quelques grains de nomine gutte ou de trochifques alhandal. On trouvera dans mon Traite de Chymie les deferiptions de la refine de jalap, du rartre vitriole & du magiftere de'mars, ce dernier eft decrit fous le nom de mars diaphoretique. Pour les teintures on pourra les cirer dans l'eau de vie , ou dans i'eau d'armoife aiguifee par quelques dragmes de fei de tartre. Les teintures d'ariftoloche & de gentiane fönt inutiles dans cette compofition , je voudrois les en retrancher Sc compofer les pilules en la manierc fuivante. Piinles arthritiques fefotmees. Trenez. de la reßne de jalap , demi once , Du diagrede & de U rbubarbe , de chaeun qualre ferupules , Du mars diaphoretique, & du tartre Vitriole , de chaeun un ferupule. Faites-en une majfe de filules avecle fyrop de fabor t la dofe fera defitis ßx grains jufqua un ferupule. Filules d'hemotlacles majeures, de Mefue. Trenez. des bermodattes, de l'aloes fuecotrin , des myrobolans c'itr'ms , du meilleur turbith , de la coloquinte , du bdellium , du fagapenum , de chaeun ßx dragmes. Du cafloreum , de la farcocolle , de l'euphorbe , de l'opopanax , de la femence de rbue &d'ache , de chaeun troh dragmes } Du faffran , une dragme & demie. Faites-en une maßt de filules avec du fuc de chotix epure. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les hermodactes, les myrobolans, le turbith , la colo- Juinte mondee de fes pepins Sc ineifee menu, le caftor ,-les femences Sc le faffran; 'une autre part on mettra en poadre enfemble l'aloes, le bdellium, le fagapenum, la farcocolle,l'euphorbe & l'opopanax,on melera les poudres de avec du fuc dechoux O o o i j Vertus. Dole. Vertus. Dofe. Purg dela copofition. 9i. 3ß 5 47 l'aloes , les myrobolans , le turbith , la coloquinte & l'euphorbe. Un fcrupule des pilules d'hermoda&es contient d'hermodacles , d'aloes, de myrobolans citrins, de turbith, de coloquinte, de chacan deux grains , d'euphorbe un grain, Demi dragme des pilules contient des hermodactes, de l'aloes , des myrobolans, du turbith ] de la coloquinte , de chacun trois grains, d'euphorbe un gram &demi. Deux fcrupules des pilules contiennent d'hermodadfces, d'aloes, de myrobolans , de turbith, de coloquinte , de chacun quarre grains , d'euphorbe deux grains. Une dragme des pilules contient des hermodactes, de l'aloes , des myrobolans, du turbith , de la coloquinre , de chacun fix grains, de l'euphorbe, trois grains. Je trouve dans cette compofition plulieurs Ingrediens inutiles, comme les femen- ces, la farcocolie •, je forois d'avis qu'on mit en leur place des fels d'ache & de rhue qui ferviroienr a corriger les purgatifs. L'euphorbe me paroit trop äcre pour erre mife dans des remedes qu'on prend m- t.neuremenr, je voudrois la retxancher , quant al'opopamx, au bdeilmm 8c au fa- gapenum , ces gommes peuvent fervir a ramolir 8c a diifoudre les obftruclions, mais ilme paroir qu'on en employe une rrop grande quantite dans la.deicriprion, je voudrois en recrancher & augmenter les hermodades qui donnent le nom a ces pilules : Voici dcmc comme je voudrois reformer la compoiirion. Pilules d'hermodailes , reforme.s. Prenez. des hermodaäcs , deux onces t De l'aloes fuccotnn , des myrobolans citrins } du turbith , de la coloquinte, de chacun ßx dragmes , Du caßoreum , du bdelli cm , & du fagapenum, de chacun trois dragmes , De l'opopanax , deux dragmes , Diifaffran & des fels de rhue & d'ache , de chacun une dragme & demie. Faites-en une maffe de pilules avec le fyrop de noirprun ; la dofe fera depuis une denn dragme jufqu'a une dragme & demie. faules-d'herna d Act es mmettres t de Mefue. Prenez, de l'aloes fuecotrin , dix dragmes , Des bermodacles , cinq dragmes , Des myrobolans citrins t trois dragmes s Du diagrede t deux dragmes & demie, Des ro/es rouges , deux dragmes. Faites-en une maffe de pilules avec CeleuUAire rofat. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble les hermodactes , les myrobolans 8c les rofes , dune autrepart on mertra en poudre enfemble l'aloes &c le diagrede, on melera les pou- dres avec une quantite furülänte d'eleduaire rofat , & l'on fera une malle de pilules qu'on gardera pour s'en fervir au befoin. Elles font efhmees propres pour purger la pituise 8c la bile recaite des joinrures, on s'en fort pour les gouteux •, U dofe en eft deptus un fcrupule jufqu a quatre. UNIVERSELLE. 477 Ces pilules fönt appellees mineures a l'egard des precedentes qui fönt beaucoup plus compofees, je prefererois neanmoinsceiles-ci aux majeures, quoiqu'elles foient moins en ufage. Tous Jesingrediens de cette compofition fönt purgatifs excepte les rofes rouges. Un lcrupule des pilules d'hermoda&es mineures contient d'aloes fuccottin, fix grains Sc les deax tiers d'un grain, des hermodades trois grains 8c le tiers d'un grain, des myrobolans citrins un grain Sc demi Sc le tiers d'un grain, de diagrede im grain . & denn Sc le demi tiers d'un grain , de l'eleduaire rofat neul gräms. Demi dragme des pilules contient d'aloes dix grains, des hermodades cinq grains, des myrobolans un peu plus de deux grains Sc demi, de diagrede deux grains & demi , de l'eleduaire rofat treize grains & demi. Deux fcrupules des pilules d'hermodades contiennent d'aloes treize grains Sc le tiers d'un gram , des hermodades fix grains Sc les deax tiers d'un grain , des myrobolans trois grains & les deux tiers d'un grain , de diagrede trois grains 8c le tiers d'un grain , d'eleduaire rolat , dix-huit grains. Une dragme des pilules contient d'aloes vingt grains, des hermodades dix rrains, des myrobolans cinq grains Sc demi, de diagrede, cinq grains, de l'eleduaire rolat vingc-fept grains. Quatre fcrupules des pilules contiennent d'aloes vingr-lix grains & les deux tiers d'un grain, des hermodades treize grains Sc le tiers d'un grain, des myrobolans fept grains Sc le tiers d'un grain, de diagrede fix grains Sc le tiers d'un grain, d'eleduaire rofat, demi dragme. Je ttouve qu'on a trop epargne les hermodades dans cette compohtion, car puif- qu'elleslui donnent le nom , elies doivent predominer , je voudrois donc en augmenter la quafttite. Les rofes rouges etant aftringentes ne conviennent nullement ici oü tout doit etre purgatif. Comme tous les Apotiquaires ne tiennent pas l'eleduaire de rofes, on pourra lui fubftituer le fyrop de rofes compofe avec fenne Sc agaric , mais parce que ce fyrop eft bien moins purgatif que l'eleduaire, on fuppleera au defauten augmentant de demi dragme la diagrede: voiei donc comme je ferois d'avis qu'on reformät ces pilules» Pilules d'hermodacfes mineures , feformees. Prenez. des hermodaäes , une once & demie, de l'aloes fuecotrin > dix dragmes 5 Des myrobolans citrins } & du diagrede , de clueun trois dragmes , Avec du fyrop de rofes compofe avec fenne& ugaric , faitcs-en une majje de pilules dont la dofe fera depuis unferupule jufau'a um dragme. Flug, de 'a copofition. 3«. Autres Pilules d'hermod&Bes j de Meßte. Vrenet. des hermodacies , & de l'aloes fuecotrin , de chaeun cinq dragmes , Des myrobolans citrins , du turhitb , de chaeun demi once , Dugingembre, deux dragmes Taites-en une maße de pilules avec l'eleäuaire rofat. ' R E M A R Q^V E S. Onpulveriferafeparement l'aloes ,& Ton mettra en poudre les autres drogues enfemble, on melera les poudres , Sc avec ce qu'il faudra d'eleduaire rofat, on fera O o o iij 9ü, 9iv, Vertus. Dole. Purg de la copofition. 9i, 47? PHARMACOPE'E uiie mafle qu on gardera pour en former des pilules au befoin. Elles purgent la pituire crafle Sc les ferofuez ,on s'en fert pour les goutteux*, k dofe en eft depuis un fcrupulc jufqu a quarre. Tous les Ingrediens de cetre compoiition fonr purgarifs excepte le gingembre. Un fcrupule des pilules hermodadtes conrienc d'hermodacles Sc d'aloes, de cha- cun quarre grains, des myrobolans & du rurbith , de chacun trois grains Sc le quart d'un grain , de Fele&uaire rofarbuir grains. 3 ß , Demi dragme des pilules conrient d'hermoda&es Sc d'aloes, de chacun fix grains, des myrobolans & du rurbirh, de chacun un peu moins de cinq grains, de 1 ele<5tuaire rofar, demi fcrupule. 9 u > Deux fcrupules des pilules conriennent d'hcrmoda&es & d'aloes de chacun huit grains, des myrobolans &c du turbirh , de chacun fix grains Sc demi, de Felettuaire rofar, feize grains. 2f i, Une dragme des pilules conrienr dliermodaftes Sc d'aloes, de chacun demi fcrupule , des myrobolans Sc du rurbirh , de chacun neuf grains & les trois quarts d'un grain , de leledhiaire rofar un fcrupule. 3 -iv j Quarre fcrupules des pilules contiennent d'hermodactes & d'aloes, de chacun feize grains , des myrobolans Sc du rurbirh , de chacun rreize grains, de l'ele&uaire rofar, rrenre-deux grains. Je voudrois employer dans cerre compofirion, le rartre foluble a la place du gingembre , il corrigeroic beaucoup mieux la violence des purgarifs. Pilules d'ellebofe arthritiques , de jguercetan. Vrenet. des raeines d''ellebore noir , qtiatre onces , des hermodatles , trois onces , Des racmes d'angelique & de gentiane , des femences de chardon benit , d'ofeille , & de citron, de cbacune une once , Des feuilles de chamedris , de camepjtis , des fleurs de primevere & de betoine, de chacun fix dragmes , Des feuilles de fanicle , de petlte centauree, d'hypertcon, de la fetnence d'anis & da gyrofle, de chacun demi once, Du fäff ran, & du cafioreum, de chacun trois dragme s , De la coloquinte } une dragme. Infufez* pendant fix jours toutes ces drogues concaffees dans une fufßfante quantite de petit lait, coulex. enj'uite l'infufion & l'exprimez,. clarifiex. la colature par refidence t puis faites-la evaporer für un petit fett en confißence de miel; pour lors , Trenez.de cetextrait , trois onces, des feuilles de fenne mondees , une once. Metex, le tout & en faites-en une majfe de pilules. REMAR QJJ E S. On incifera &c l'on concaflera les drogues, on les mettra enfemble dans un potde terre vcrriiflc , on verfera deffus environ huit livres de petit iair chaud, on bou- chera le por, Sc on leplacera dans le furnier ou en un aurrelieu chaud en digeftion, oül'on le laiflera fix jours, enfuire l'on fera boiiillir legerement l'infufion , on la coulera, on Fexprimera, on h lai/Iera repoier , on la paflera par un blanchet, & l'ayanr mife dans un vaifleau de verre ou degrez au feu de fable, on en fcra con- fumer Fhumidite jufqu'a. confiftence de miel, on pefera cet extrait, Sc für trois onces d'icelui on melera une once de fenne monde fubtilement pulverife pour faire Vertus. Dofe. UNIVERSELLE. 479 une maffe qu'on gardera, & l'on en formera des pilules aubefoin. Elles purgent les humeurs fereufes des jointures & de Li tece , on s'en fert pour la melancolie hypochondriaque , pour la fievre qaarte , pour l'epilepfie, pour la manie ; h dofe en eft: depuis demi fcrupule jufqu a une dragme. Je ne trouve d'elTenriel dans cerre compourion que les purgatifs, mais on dimi- nue beaucoup leur vertu lorfqu'on en rire Pextrait a raufe de l'evaporation qui fe fair de leurs parties les plus effenüelles; je ferois d'avis qu'on reformät ces pilules en h moniere fuivantc Pilules ci'ellebore fefotme'es. Frenez. des racines d'ellebore noir, deux onces 5 Du fenne monde, & des hermodacles , de cbacun une once & demle ' Des trocbifques d'albandal, une dragme. Faites-en une maffe de pilules avecle fyrop de fahr'; la dofe fera depuis un demi fcrupule jufqu'a deux. Pilules me'Jente'rtques de M. Da quin. Trenet. de l'extrait d'aloes prepare avec lefuc de fumeterre , De la gomme ammoniac cholße , de cbacun une once , Du fäff ran de mars aperitif, & du diagrede , de cbacun une demi once, De la myrrhe choiße , du fajfran & du fei de tamarifc, de cbacun deux dragmes , Du fei de mars de Riviere , deux fcrupules. Faites-en ime maffe de pilules avec le fyrop de cbicoree compofe de rhubarbe. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble, la myrrhe , la gomme ammoniac qu'on aura choifie en larmes bien nettes, 6c le diagrede ; d'nne aurre part on mettra en poudre le fafFran apres i'avoir fait fecher entre deux papiers par une tres-lente chaleur, on broyera für le porphyre le faftran de mars apentif jufqu'a ce qu'il foit impalpable , on me- lera les poudres avec les fels, l'extrait d'aloes , & ce qu'il faudra de fyrop de chi- coree compofe de rhubarbe pour faire une maffe qu'on gardera, & l'on en formera des pilules au befoin. Elles purgent en debouchant les obftructions dumefentere , du foye, dela ratte, Veitus» elles fortifient enfuite l'eftomach , elles excitent les mois aux femmes ; on s'en fert dans la cachexie , pour les päles couleurs , pour l'hydropifie ; la dofe en eft depuis Dofe. un fcrupule jufqu'a quarre fcrupules. Les Ingrediens purgatifs qui entrent dans cette compofition fönt l'extrait d'aloes ^ U S* ^ e I 3 & le diagrede. cöpofiuoiu Un fcrupule des pilules mefenteriques contiennent d'extrait d'aloes cinq grains, 6 i» de diagrede deux grains & demi. Demi dragme des pilules contient d'extrait d'aloes fept grains & demi, de diagrede rrois grains & les trois quarrs d'un grain. Deux lcrupules des pilules contiennenr d'extrait d'aloes dix grains, de diagrede cinq grains. Une dragme des pilules contient d'extrait d'aloes quinze grains de diagrede fept grains 8c demi. Quatre fcrupules des pilules contiennent d'extrait d'aloes vingt grains, de diagrede dix gtains, 3 ß > Vertus. Dofe. Purg. de la copofition. 3U 3* B'n 9iv 4 go P-HARMACOPE* E L'cxtrak d'aloes qu'oa demande ici doit avoir cte prepare avec du fuc de fa- meterre bien depunt a k pir.ce d'autre liqueur, comme on peut le voir dans man Livre dz Chemie. On Kouvca auflS dans le meme Livre des defcripdons du faffran de mars aperi- tif > &c des fels de mars & de tamantc. Pilules op'zques mtjeures , de Mefae. PreneZu de taloes fuecotrin , cinq vnces & cinq dragmes Des fendlos d'eufraife jeehes , trois dragmes , De l'aganc & d,. jentiemonie , de ebaeun cieux dragmes & demie , De la meilteure rhubarbe . & des cinq furtes de myrobolans , de chaeun deux dragmes , De la cohquinte, du turbitb, des cub. bes, de la femence de viulettes. de fefelt, de rbue, d'ams t de fenouil & d'aehe t de l'afarum, des rotes rouges t de l\bßnthe pontique y du calamus odorant , de la mix mujeade y du fpicanard , de i'epithyme de Crete y du carpobalfame , on des cubtbes a Jon defaiit, du xihbalfame , ou a fon d:faut des fommttz. de lenttfque , dujonc odorant , du mafiicb } dugyrofle , de la canelle t de la caj/e odorante } du Jaffran, du niacis . de chaeun une dragme. Faites-en une muffe avec le fuc de fenouil. R E M A R O^U E S. On pulverifera enfemble les femences , les racines, Ies bois, les fleurs > l'epithi- me, le /jncanard, la muicade , les cubebes, le fenne , l'euphraife, les myrobolans, l'agaric, la coloqumte , l'abiinthe ; d'une autre part on mercra enfemble en poudre l'aloes, le maftich -, on melera les poudres , & avec ce qu'il faudra de fuc de Fenouil tire par exprefiion , on fera une malle qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. On appelle ces pilules optiques majeures, parce qu'on s'en fert pour eclaircir la veuic, Elles purgent la pituite du cerveau & les autres humeurs •, la dofe en eft depuis un (crupule jufqua une dragme & demie. - Les drogues purgarives de certe compofition fönt l'aloes , l'agaric , le fenne 1* rhubarbe, ies myrobolans, la coloquinre, le turbith, la femence de violettes Sc l'afarum. Un fcrupule des pilules optiques contient d'aloes fueotrin dix grains , d'agaric, de fenrse rnonde , de rhubarbe & des cinq myrobolans , de chaeun demi grain, de coloquinre, de turbith, de femence de violettes, & de l'afarum de chaeun 1$ quart d'un grain. Demi dragme des pilules contient d'aloes quinze grains, d'agaric, de /enne , de rhubarbe & des cinq myrobolans de chaeun les trois quarts d'un grain, de colo- quinte , de turbith , de femence de violettes & de l'afarum de chaeun le tiers d'un grain. Deux ferupules des pilules conüennent d'aloes vingt grains, d'agaric, de fenne , de rhubarbe «Sc des cinq myrobolans de chaeun un grain , de coloquinre , de turbith, de femence de violettes & de l'afarum de chaeun demi grain. Une dragme des pilules contient d'aloes trente grains, d'agaric, de fenne , de rhubarbe & des cinq myrobolans de chaeun un grain & demi, d'afarum Sc de femence de violettes de chaeun les trois quarts d'un grain. Quarre ferupules des pilules contiennent d'aloes quarante grains, d'agaric j de lene, de rhubarbe Sc des cinq myrobolans de chaeun deux grains, de colo- quinte» UNIVERSELLE. 4 8i qu'mte , de turbith, d'afarum «Sc de femence de violectes, de chaeun un gfain. U ne dragme 6c denn des pilules connent d'aloes quaran;e-cmq grains, d'agaric, 2 j ß „ de fenne, de rhubarbe ik des cinq myrobolans, de chaeun deux grains & le quarc d'un grain, d'afarum & de femence de violettes , de chaeun un grain & le demi quan d un grain. Cette deloiption eft farcie de beaueoup de drogues qui fönt non-feulement inu- tiles, maisqtii affoiblnTent par leur trop grand volume les vertus des remedes eilentieis, Voici comme je voudrois la reformer. Pilules optiques , ou de lumiefe majeures , teformies. Trcnezs de l'aloes fuecotrin , quatre onces , De l'agark & du fenne monde , de chaeun deux dragnies , De U rhubarbe choiße & des cinq myrobolans, de chaeun une dragme &dem\e, De U coloqumte t du turbith , du fei d'eufraife& de fenouil, de la ranne d'afarum " & des femences de violettes, de chaeun une dragme. Avec du fjrop de fleurs de pefcher , faites-en une maße dont la dofe fem depuis un ferupule jufqua quatre. R E M A R Q^U E S On peut compofer une autre maffe de pilules avec les Ingrediens que j'ay retran- cbez de la derniere defeription & s'en fervir les jours quon n'a point ete purge , clles fbrrifieront le cerveau & la veue bien mieux que ü elles etoient melecs avec des purgatifs. Pilules optiques mineures , de Mefae'. Trenez. de Valoes fuecotrin t trois onces , Des feuilles de grande chelidoine , deux dragmes & demie , Des femlles d'eufraife & d'abßnthe, des fleurs de violettes & de rofes ringes , de chaeunes une dragme & demie , Du fenne monde , de l'ipithyme , des myroholans citrins, bleriques , indiqnes , chebu^ les & embhques , des trochifques d'agaric & d'alhandal, des fleurs de jonc odorant, de la pierre d'az*ur prepxree , des fleurs de buis , de chaeun quatre ferupules. Avec le Juc (pure de chelidoine ou de fenouil, faites-en une majfe de pilules. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les feuilles, les fleurs , 1 epirhyme, les myrobolans, les trochifques: d'une autre part on mettra en poudre l'aloes fuecotrin, on melera les poudres , & avec du fuc de chelidoine ou de fenouil depure , on fera une malle quon garderapour en former des pilules au befoin. Elles purgent la pituite & l'humeur bilieufe, on s'en ferr pour les ma/adies des v yeux & du cerveau ; la dofe en eft depuis un ferupule juiqu a une dragme & demie. -. r Les drogues purgatives qui entrent dans cette compofition, fönt l'aloes, le fen- p ur De l'huile de fenottil difitlle'e t deux fcrupules. Melez*le totit& en formet, une maße de pilules avec le vinaigre fcülitic. R E M A R O^U E S. On pulveriiera enfemble le galbanum , le maftich qu'on aura choifis en larmes Sc la myrrhe; d'une autre part on mettra en poudre enfemble, le caftor Sc les trochifques alhandal; d'une autre part le faffran , on melera les poudres avec le fuccm prepare , l'euence de fenouil, l'extrait d'aloes & ce qu'il fäudra de vinaigre fcülitic, pour faire une maffe qu'on gardera pour en former des pilules aubefoin. UNIVERSELLE. 4 S 3 Elles rarefient Sc elles purgenr les phlegmes epais & les autres humeurs , dies Vertus. cxcitent les mois aux femmes, elles fortifienc i'eftomach i la dofe en eft depuis Dofe. dcmi fcrapule jufqu'a une dragme & demie. Les Ingrediens purgatifs de cette compofition fönt l'extrait d'aloes Sc les tro- Pu^g. de la chifques alhandal. copoficion. Un fcrupule des pilules contient d'exrrait d'aloes trois grains Sc le tiers d'un 9 i, grains , de rrochifques alhandal deux grains. Demi dragme des pilules contient d'extrait d'aloes cinq grains, de trochifques * ß 5 alliandal trois grains. Deux fcrupules des pilules contiennent d'extrait d'aloes fix grains Sc les deux 9 ij, tiers d'un grain , de trochifques alhandal quarre grains. Une dragme des pilules contient d'extrait d'aloes dix grains, de trochifques g i, alhandal fix grains. Quarre fcrupules des pilules contiennent d'extrait d'aloes treize grains Sc le tiers 9 iv , *Tun grain, de trochifques alhandal huit grains. Une dragme Sc demie des pilules contient d'extrait d'aloes quinze grains, de 3 i S, trochifques alhandal neuf grains. II entre pluiieurs drogues inutiles dans cette compofition comme le fuccin, le maftich , la myrrhe, le iarfran. Pilules contre la pituite vitre'e , de Sylvias. Trenez. des trochifques alhandal, denn once t Du galbanum pur, deux dragnies & deux fcrupules, Des reßnes de jdap & de fcammonee , du maflich & du vitriol de nurs calcine a feil lern , de chacun quatre fcrupules , Du cafioreum & de U myrrhe , de cbacun deux fcrupules & demi , Du faffran , deux fcrupules , De l'huile d'icorce de citron , im fcrupule. Faites-en une maffe avec le vinaigre fcilliüc. R E M A R QJU E S. On pnlverifera enfemble le galbanum en larmes, les refines , le maftich, le caftor Sc la myrrhe; d'une autre part 011 mettra en poudre chacun ieparement, les trochifques alhandal , & le faffran, on calcinera le vitriol de mars dans un petit creufet a feu mediocre , jufqu'a cequ'il foit blanc , on le reduira en poudre Sc l'ayant mele avec les autres ingrediens pulverifez & l'huile d'ecorce de citron, on corporifiera le tout en une maüe folide avec ce qu'il faudra de vinaigre fcillitic , & on le gar- dera pour en former des pilules au befoin. Elles purgent la pituite vifqueufe & les ferofitez , elles levent les obftruclions, elles excitent les mois aux femmes; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Les ingrediens purgatifs de cette compofition fönt les trochifques alhandal, les refines de jalap & de fcammonee. Un fcrupule des pilules contient des trochifques alhandal quatre grains & les 9 i, deux tiers d'un grain , des refines de jalap Sc de fcammonee de chacun un grain 8c les deux tiers d'un grain. Demi dragme des pilules contient des trochifques alhandal fept grains, des re- 3 S, iines de jalap Sc de fcammonee de chacun deux grains Sc demi. Deux fcrupules des pilules contiennent des trochifques alhandal neuf giains Sc 9Ü,' Ppp i; Vertus. Dofe. Pur», dela copofition, 4S4 PHARMACOPE'ß le tiers d'un grain, des refines de jalap Sc de fcammonce de chaciin trois grains Sc le tiers d'un grain. 3 i j Une dragtnc des pilules contient des rrochifques alhandal qnatorze grains, des refines de jalap Sc de fcammonee de chacun cmq grains, L'Auteur demande dans ces deux dernieres defcriptions , Je galbanum prcpare avec le vinaigre fciliitic , mais comme en faifanr la preparacion , on laiffe diiliper le fei volatil de cette gomme , j'ay cru qu'il etoit plus a propos qu'on fe fervit du galbanum en larmes, qui n'a befoin d'aucune purificarion ni preparacion , Sc afin qu'il entre du vinaigre icillitic dans ces pilules uiivant l'intennon de l'Auteur, on incorporera les poudres avec le vinaigre fciliitic , fi au lieu de ce vinaigre on em- ploye l'oximel fciliitic , la maife en aura plus de corps & eile fe deflechera moins , le maftich & l'huile d'ecorce de citron Com inutiles icy. C'eft un abus que de calciner le vitriol de mars , on en bte une partie de l'efpric leplus aperitif, li vaut mieux l'employer en fon erat ordinaire. Pilules de fumeterre , d'Avicenne. Trenez. de Caloes fuccotrin , fept dragme s , Des myrobolans citrins, cepules & indtques, de la fcammonee, de chacun cmq dragmcs; Avecle fuc de fumeterre s faites-en deux fms une maße , & formet.-la une troißeme fois avec le fyrop de fumeterre; puis refervcz,-la pour l'ufage. R E M A R Q^V E S. On pulverifera enfemble les myrobolans; d'une autre part l'aloes Sc la fcammonee , onmelera les poudres, & avec une quantite fufhfante de fuc de fumeterre, on fera une mafle folide qu'on divifera en petits morceaux, Sc qu'on fera fecher , on les pulverifera enfuite Sc avec ce qu'il faudra de nouveau fuc de fumeterre, on les remettra en une mafle , laquelle on divifera encore en perits morceaux pour les faire fecher , on les pulverifera comme auparavant, & avec du fyrop de fumeterre on corporifiera la poudre en une mafle folide qu'on gardera pour en fo.mer des pilules au befoin. Vertus. Ellespurgent J'humenr bilieufe 8c falce, on s'en fert pour la gratelle , Sc pour les Do , c> autres maiadies de la peau ; la dofe en eil depuis un fcrupule jufqu a une dragme. Purg. de la Tous les ingrediens qui entrent dans la compofition de ces pilules fonc purga- cöpofition. tifs , excepte le fuc & le fyrop de fumeterre. g i y Un fcrupule des pilules de fumeterre contient d'aloes quarre grains r de fcammonee , des myrobolans citrins , chebules Sc indiens de chacun trois grains. 3 $ , Demi dragme des pilules contient d'aloes iix grains , de fcammonce, des myrobolans citrins, chebules Sc indiens de chacun quatregrains & demi. 9 ii, Deux fcrupules des pilules contiennent d'aloes huit grains, de fcammonce , des myrobolans citrins , chebules Sc indiens de chacun fix grains. 5 i, Une dragme des pilules contient d'aloes demi fcrupule , de fcammonee , de myrobolans citrins , chebules & indiens de chacun neut grains Onpoanoirpour abreger la compoiitiun n'y employer que les myrobolans citrins au pords des trois. Tiltilfs mercurielles. Prenthält merctre crudeteint avec ce qu'il faut de terebenth'me claire t une once , De l'aloes fuccotrin, de la rhubarbe cboijie t des feuilles de fenne'msndees, & de l'a~ garte, de ch.icun demi mce } U N I V E R S E L L t. 4S5 "De U r/icine de jalap > «fe/ B'n, Venus. Dofe.. Purg. ef- fentiels de la copofi- tion. 9 i, 3«> 4$<* PHARMACOPE'E une qunntite fuffifante de terebenthine de Venife dilayce dans un peu d'huilc diftil- lee on fera une mafle qu'on gardera pour en formet des pilules au befoin. Ellcs fönt particuherement deftmees pour purger dans Jes maladies veneriennes, mais on peut auffi s'en fervir dans les rhumatifmes, pour les obftructions, pour les ecrouelles; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu a une dragme. Un fcrupule des pilules mercurielles conticnt de rhubarbe, de trochifques al- handal, de diagrede Sc de lublime doux de chacun cinq grains. Demi dragme des pilules contient de rhurbarbe , de trochifques alhandal, de diagrede Sc de fublime doux de chacun fept grains & demi. Deux ferupules des pilules contiennent de rhubarbe de trochifques alhandal, de diagrede Sc de fublime doux de chacun dix grains. Une dragme des pilules contient de rhubarbe , de trochifques alhandal, de diagrede & de fublime de chacun quinze grains. On trouvera dans mon rraire de Chymie la defeription du fublime doux. On rendroit ces pilules encore plus convenables qu'elles ne fönt pour les maladies veneriennes, fi au lieu du fublime doux qui y entre , on eteignoit une pareille quantite de mercure cru dans la terebenthine, pour enfuite le meler exaclement avec les autres drogues , car les pores du mercure cru n'etant point remplis comme fönt ceux du fublime doux , ils fönt plus en etat de fe charger de l'humeur vene- rienne Sc del'entrainerpar ks feiles , ou par la tranfpiration. Pilules mercurielles , de Barberouße. Frenez, du me'illeur aloes & du mercure eteint avec le fuc derofes, de chacun ßx drag. Des trochifques d'agaric , demi once , De la rhnbai be chotße t deux dragmes , De la canelle, de la myrrhe & du maflich , de chacun une dragme ~ Des poudres diamofchi & diambra , de chacun un fcrupule. Faites-en une maße avec la terebenthine. R E M A R 0_U E S. On piuVerifera enfemble l'agaric, la canelle & la rhubarbe ; d'unc autre part la myrrhe, l'aloes & le maftich, on melera ces poudres avec celles diamofchi Sc diam- bra:: Quoyque 1'Auteur demande qu'on eteigne le mercure avec le fuc de rofes, on ne pourroit jamais y reuffir, il faire l'eteindre avec environ une once de terebenthine de Venife , les agitant long-temps enfemble dans un mortier , puis on y melera les poudres Sc ce qu'il faudta encore de terebenthine pour faire une imffc de pilules qu'on gardera, &c l'on s'en fervira au befoin. Elles purgent l'humeur bilieute & les ferofitez , on s'en fert dans les maladies veneriennes, pour la goutte feiatique, pour la galle , pour la lepre, pour les ob- ftruetions , pour les ecrouelles ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu a quarre. Les drogues purgatives Sc eilentielles de cetee compofition fönt l'aloes } le mercure , l'agaric & la rhubarbe. Un fcrupule des pilules mercurielles contient d'aloes Sc de mercure cru , de chacun cinq grains , d'agaric trochifque quarre grains , de rhubarbe, deux grains. Demi dragme des pilules contient d'aloes Sc de mercure cru, de chacun fept grains 8c demi, d'agaric fix grains, de rhubarbe trois grains. Deux ferupules des pilules contiennent d'aloes & de mercure, de chacun dix grains, d'agaric trochifque huit grains, de rhubarbe quatre grains. 3* Vertas, Dof«, UNIVERSELLE. _ 487 "Une dragme despilules conticnt d'aloes & de mercure, de chacun quinze grains, d'aganc demi fcrupule, de rhubarbe fix grains. * Les Marechaux ont auffi leurs pilules mercurielles pour leurs chevaux qu'ils Pilules de appellent Pilules de cinabre , ils les compofent en lamaniere fuivante. cinabre Prcnez du cinabre, dePafTa-fcetida , 8c des bayes de kurier 3 de chacun parties j^eyaux, egales. Pulverifez ces drogues chaeune feparement 8c les melez enfemble , incor- porez le melange dans im morrier avec une quantite fuflifanre d'eau-de-vie , pour raire une malle dorn on formera des pilules pelanr chaeune quatorze gros. M. Soleyzel recommande qu'on en fuTe avaler une rous les jours f ou de deux jours Tun aux chevaux bleffez qui ont des playes, ou de la galle, ou le farcin , ou des vers jufqu'a ce qu'on leur en ait fair avaler huk ou dix. Au refte la canelle, la myrrhe, le maftich & les poudres diamofchi &diambra?, ont ete mis dans ces pilules pour corriger le mercure 8c l'aloes , mais ils ne peu- vent apportcr aueunSienni pour Tun ni pour lautre : Voici comme je voudrois reformer ces pilules. Pilules mercurielles , refome'es. Trenez. du mercure & de l'abes fuecotrin , de chacunßx dragmes , Des trochifques d'aganc, denn once , de la rhubarbe choiße , dix dragmes. Ilfaut eteindre le mercure dans une quantite fufffante de terebenthine t puls y titelt r les poudres & en faire une maße de pilules felon I'art, dont la dofe fera depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Pilules d'eupxtoire majeuies , de Mcfue. Prenez, de l'aloes fuecotrin , cinq dragmes , De la rhubarbe choiße, trois dragmes & demie ■ Des myrobolans citrin y desfucs d'eupatoire & d'abßnthe pontique, de cbACUn troisdrag. Du majhch , une dragme t du fajfran t une demi dragme. Fattes-en une majfe avec le fuc d'endive epure. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble la rhubarbe , les myrobolans & le faffran ; d'une autre part l'aloes & le maftich , on tirera par exprellion des iues d'abfinrhe & d'aigre- moine, on les melera avec les poudres & ce qu'il faudra de fuc d'endive depure , pour faire une malle qu'on gardera 8c l'on en formera des pilules au befoin. Elles fönt employees pour purger 8c defobftruer les petits vaifleaux du foye, Vertu?, elles fortifient l'eftomach; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a deux dragmes. Dofe. Les Ingrediens purgatifs 8c eifentiels de cette compofition fönt l'aloes, la rhu- Pur Dii 3 Ih 3iv, 4§8 PHARMACOPE'E 5 i ß, Une dragme & demie des pilules contient d'alaes vingr-deux grains & demi, de rhubarbe qmrize grains & les trois quarts d'un gram, oes myrobolans treize grains 8c demi. gii, Deux dragmes des pilules contiennent d'aloes trentegrains , de rhubarbe vingt- un grains, de myroboians dix-huitgrains. On pourroit retrancher de cette compofition le maltich , le faffran , les fucs d'en- dive & d'abfinthe bc corponfier lamafle avec les iues d'aigremoine donr les pilules rirent leur nom, je voudrois donc rerormer cette compoiicion en la maniere fuivante. Pilules d'eupatotre majeures , reformees. Trenet, de l'aloes fuecotrin t cinq dragmes, De la rhubarbe choijie } trois dragmes & demie, Des myrobolans citrins , trois dragmes, Des jels d'abfinthe & d'endive , de ebaeun une dragme. Faites-en une maffe avec ce qii'il faudra de fuc d'aigremoine epaijfi en conjißence de fjrop; la difefera depuis un fcrupule jufqu'a quatre. Pilules d'eupatotre m'tneures , de Mefui. Vrenei* de l'aloes fuecotrin, des myrobolans citrins & de U rhubarbe choijie, de ebaeun parties egales. Faites-en une maffe avec le fuc d'eupatotre. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble les myrobolans 8c la rhubarbe •, d'une autre part on mettra en poudre l'aloes, on melera les poudres, 8c avec une quantire fuffifamc de fuc d'aigremoine epaiili für un petit feu en confiftence de fyrop , on fera une malfe qu'on gardera pour en formet des pilules au befoin. Vertus. Elles ont les memes vertus que lesprecedences ; la dofe en eft depuis demi dragme Dofe. jufqu'a deux dragmes. Ces pilules fbnr appellees mineures pour les differentier d'avec les precedentes qui fönt plus compofees , mais quin'en valenr pas mieux. Pilules fe'tides majeures , de Mefue'. Trene-L du fagapenum , de Ugomme ammoniac, opopanax , hdellium , de la coloqmnte, de l'aloes JucCotrin , de la femence de rbue, de l'epithjme, de chaeun cinq dragmes , De la feammonee , trois dragmes , De l'efule preparee dans le vmaigre , & des hermodaäes , de chaeun deux dragmes, Du meilleur turbith y denn once , Dugingembre , une dragme & demie , De Li canette , du fpica-indica , du faffran , du caßoreum , de chaeun une dragme t Di? l'euphorbe, deux ferupuics. Faites-en une maffe avec le fuc de poireau. R E M A R Q^V E S. On pulverifera enfemble la coloquinte ineifee menu, les racines , la femence de lhue , l'epithyme , le fpicanard , lacanelle s le lanran 8c le caftorj d'une autre parc on mettra en poudre enfemble l'euphorbe , la feammonee , l'aloes St les autres gommes ? UNIVERSELLE. 4S9 gommes , on melera les poudres , &c avec ce qu'il faudra de fuc de poireaux tire par expreffion, on fera une malle qu'dn garclera ponir en former des pilules au befoin. Elles raiefient Sc elles evacueot la piruite crafie, elles levent les obftructions > elles excitenr les mois aux femmes, on s'en ferr pour la goutte, pour la colique , pour l'hydropifie , pour les rhumauimes, pour les vapeurs ; la dofe en eft depais uh Dofe, icrupule jufgu a quarre. Les Ingrediens purgatifs de cette compofition fonr la coioquinte, l'aloes, le turbith , h icammonee , l'efule preparee, les herrnodacles Sc l'euphorbe. Un fcrupule des pilules fcetides majeures conrienr de coioquinte & d'aloes de chacun un peu moins de deux grains , de turbith uri grain Sc demi, de fcamrnonee Vertus» Purg. de la copofiüon. 9>i> an grain , d'efule & d'hermodactes de chacun les tföis quarts d'un gram, d'euplior- be le quart d'un grain. ■U :n Sc demi, d'efule Sc d'euphorbe un Demi dragme des pilules contient de coioquinte & d'aloes de chacun deux grai Sc demi, de turbith deux grains, de fcamrnonee un grain d'hermodactes de chacun un grain & le demi quart d'un quart & demi grain. gram de Deux f crupules des pilules contiennent de coioquinte Sc d'aloes de enaeun trois grains & les trois quarts d'un grain, de turbith trois grains , de (cammonee deux grains, d'e'ule Sc d'hermodactes de chacun un grain & demi, d'euphorbe demi grain. Une dragme des pilules contient de coioquinte & d'aloes de chacun cinq grains, de turbith quatre grains, de fcamrnonee trois grains, d'eiule & d'hetmoda&es de chacun deux grains Sc le quart d'un grain, d'euphorbe les trois quarts d'un grain. Quarre fcrupules des pilules contiennent de coioquinte Sc d'aloes de chacun fept grains Sc demi, de turbith fix grains, de fcamrnonee quatre grains, d'efule Sc d'hermodactes de chacun trois grains, d'euphorbe tu! grain. Ces pilules fontappellees feetides, a caufes du caitor, du fpicanard , desgommes de mauvaife odeur, Sc du lue de poireaux quiy entrent: on pourroit retrancher de leur compofition, l'epithyme, le lpicanard, la canelle , le gingembre , comme des Ingrediens inutiles, je trouve meme qu'on y a fait entrer trop de gommes, je voudrois 6:er le bdellium & l'euphorbe , la premiere parce que je ne la croy pas ne- ceffaire , Sc laderniere parce quelle eft trop acre pour erre employeedans les re- medes qu'on prend par la bouche , je ferois donc d'avis qu'on reformät cette com- po/ition en la maniere fuivante. Pilules fettetes majeures t'efotmees. Vrcnez* des gommes ammoniac, opopanax 3 fagapemuih del'aloes fuecotrin, des tro- chifques alhandal , de chacun avq dragmes , Du meilleur turbith , demi once , Dela fcamrnonee , trois Angines, De la raeme de petit efule, des herrnodacles , du caßoreum, du faffran , du fei de rhue , de chacun deux dragmes, De ihuile de fitcctn, deux [crupules , Taites- en une majfe de pilules avec le fyrop de fabor, dorn la dofe fera depnis un ferupule jufqua deux. 3&, 9ii S^ 9iv , Pilules fe'tides mineures , de Mefue. rrenex* du turbith , dix dragmes i Des trochifques alhandd , ßx dragmes , SCLqq 49 o PHARMACOPE'E Du fagapenam , desgommes ammoniac , opopanax, bdellium & de U myrrhe , de (h/fi' tun cmq dragmes. Eahes-en une niAffe avec le fuc de poireaux. R E M A R OJJ E S, On pulverifera enfemble toutesles gommes , dune autre part k turbith , d'unc autre pari les trochifques alhandal, on melera les poudres Sc avec ce qu'il fuidra de fuc de poireaux, on rera une malle qu'on gardera pour en former des pilules aubeloin.. Verras. Elles purgcnt la pituite du cerveau Sc les feroficez , elleslevenr les obftruclions , Dole. Sc elles excitent les mois auxfemmes; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme Sc demie. P«Tg. dela Les Ingrediens purgatifs de cette compofidon fönt le turbith & les trochifques copöfttian. alhandal. 3 i j Un fcrupule des pilules fetides mineures contient de turbith cinq grains, de rro- ehifques alhandal trois grains. 3 ß j Demi dragme des pilules contient de tutbith fept grains de demi, de trochifques alliandal quatre grains Sc demi. 3 ü » Deux ferupules des pilules contiennent de turbith dix grains , de trochifques alliandal fix grains. 3 i» Une dragme de pilules contient de turbith quinze grains, de trochifques alliandal neuf graim. 3 iv , Quatre ferupules des pilulei contient de turbith vingt grains , de trochifques alhandal demi fcrupule. 3 l ß > Une dragme 5c demie des pilules contient de turbith vingt-deux grains Sc demi, de trochifques alhandal treize grains Sc demi. Ces pilules fönt furnommees mineures , a caufe qu'il y entre moins d'efpeces de drogues que dans les precedentes qu on appelle majeures, elles fönt peu en uiage. * Les Maquignons le fervent pour les maladies de leurs chevaux d'une efpece de pilules fetides , dont voiey la delcription. Prenez de Pafla fastida , des bayes de laurier & du foye d'antimoine de chaeun parties egales, pulverifez-les feparement, Sc les melez ; incorporez ce mela:geen le battant long-tems dans un mortier avec ce qu'il faudra de bon vinaigre pour faire une ma/Ie donc on formera des pilules du poids de quatorze dragmes chaeune.. M. Soleyfel dans fon Li vre du Parfa'tt MarechaL, eftime fort ces pilules pour la four- bure, le gras-fondu, la courbature Sc les tranchees qui- arrivent aux chevaux, la dofe Beie» eft deux de ces pilules, revenant enfemble au poids de trois onces deux dragmes. Aurefte je trouve que la quantite des gommes qui entrent dans les pilules de Mefue, emoufle trop la force des purgatifs, je voudrois en retrancher unepartie, Sc mettre en fa place quelques dragmes de tarcre foluble qui les rendroient plus apentives. L'intention de l'Auteur dans les deux deferiptions de pilules fetides eft qu'on dif lolve les gommes dans le fuc des poireaux , qu'on coule la di/Iblution, Sc qu'on en falle evaporer 1'humidite für un petit feu, jufqu'a conliftence de miel, puis qu'on j mele les autres drogues pulverifees pour former du tont une mafle; mais comme fay remarque que dans la diflblution Sc dans l'evaporarion, il fefaifoit une grande diüipation des fels Sc des foulfres volarils en qui confifte la plus grande vertu des gommes, j'ay trouve plus a propos qu'on fe conrentät de merrreles gommes en pou- die, pour enfuite les incorporer dans la malte avec le fuc de poireaux dans un mortier, par cette methode onconlerve bienmieux les qualkez de ces mixtes: ileft. vray que Pllides fetides pour les chevaux. Venus» / UNIVERSELLE. 4?« la plupatt de ccs gommes corame le fagapenum , lopopanax ctant narutellement humides Sc vifqueufes , ne fe reduifent pas aifemenc en poudre •, mais on peut les faire fecher par une lente chaleur , jufqu'a ce qu'elles foient en etat de pulverifa- tion : de plus quand elles ne feroient pas pulverifees bien fubrilement, on ne lail- feroit pas de les meler exactement dans les pilules cn les battant long-tems & forte- ment dans un mortier de bronze avec les autres drogues. Le fuc de poireaux eft bien capable de corporifier les poudres & de leur donner une conüftence de pilules, mais quand on aura garde la malle quelque tems, eile fe durchs, tellemenc , qu'on ne pourra plus en former des pilules , h on ne la remet eu poudre , & qu'on ne la corporifie de nouveau avec quelque liqueur. Pour prevenir cet inconvenient, on peut fe fervir d'un fyrop feit avec deux parties de lue de poireaux & une partie de miel: voiei comme je voudrois reformer ccs pilules. Pilules fe'tides mineures fe'fcrme'cs, Trettct. du turbith , dix dragnies , Des trochifques d'alhandal, ßx dragmes , Des gommes ammoniac , opopanax , fagapenum , de U mp rbe , du tartre folMe , de chaCHtt trois dragmes. De l'hutle de fMein , un dragme, Waites-en une maffc de pilules avec le fjrop du fuc de poireaux , la dofe fera depuis un ferupule jufqu'a une dragme. R E M A R Q^U E S. Je fais entrer l'huile de fuccin dans ces deux deferiprions reformees, parce qu'elle eft fort convenable aux maladies hyfteriques, tarn par le fei volatil qu'elle contient, que par fon odeur fetide. Pilules de [a.gApenum y de Mefue. Trenez. de taloes fueotrin ,fix dragmes , Trochifques al'handal, cinq dragmes , Des gommes fagapenum , ammoniac , opopanax t de chaeunes deux dragmes & dctnle , Des femences d'aehe , d'anis , d'ammi & de rhtt'e , de chaeunes une dragme , Du Cdtamus odorant > des feuilles de crejfen fauvage , de calament, de pouitlot , Du fpicanard, de la peilte centauree , du coflus, du fei gemme, de chaeun denn dragmt. Faites-en unemajfe de pilules avec le fuc de poireaux epure, R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les femences , les feuilles , les racines & le fpicanard , d'une autre part on mettra en poudre enfemble routes les gommes , d'une aurre part le fei gemme & les trochifques alhandal, on melera les poudres, & avec ce qu'il faudra de fuc de poireaux tue par expreflion & depure , on fera une mafle qu'on gardera pour en rormer des pilules au befoin. Elles purgent les humeurs pitueufes, elles levent les obftrucYions> elles excitent Veitus. les mois aux femmes , on s en fert encore contre la goutte & les rhumatifmes. La Pole- dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a une dragme & demie. Les Ingrediens purgatifs de cette compofition fönt l'aloes 6c les trochifques alhandal. Qqq W 4i)i PHARMACOPE'E | 5 ß, Demi dragme de pilules de fagapenum contient d'aloes cinq grains, de uochiQ ques alhandal, quatre grains. 3 i, Une dragme des piiuies contient d'aloes dix grains, de trochifques alhandal huit grains. 5 i ß, Une dragme & demie des pilules contient d'aloes quinze grains , de trochifques alhandal , demi fcrupule. Ces pilules ont beaueoup de rapporr avec les precedentes, mais elles fönt moins purgatives, il y enrre beaueoup de chofes inutiles qu'on feroitbien deretrancher , mettant enleur place quelques dragmes de fels dache & de rhue pour fervir de cor- re&ifaux purgatifs & pour exciter les mois; voiei donc comme je voudrois refor- mer cette coropoiition. Pilules de fagapenum , refoime'cs* Trenez. du fagapenum f une once , De Paloe's fueotrin , & des trochifques alhandal ,fix dragmes, Du fei d'aehe & de rhue , de chaeun une dragme y laites-en une maffe de pilules avec le fjrop defuc de poireaux : La dofe fera d'un fcrupule jufqu'a une dragme. Venus. Dofe. Purg. dela copoßtion. 9i, 5 S > 9 ü , Extrait de coloquinte Pilules de fapapenum , de Camille. Prenez, de l'extrait de coloquinte t une once y Du fagapenum pur , fix dragmes , Du diagrede } demi once , De la gomme ammoniac , trois dragmes y Du fei gemme } une dragme & demie. Faites en une maffe de pilules avec le fjrop violat un peil aride. R E M A R Q^U E S. On pulverifera ehfemble le fagapenum , le diagrede & la gomme ammoniac * d'une autre part on mettra en poudrele fei gemme , on meierales poudres & avec ce qu'il faudra de fyrop violat rendu aigrelet par quelques goutes d'efprit de vkriol» on lera une malle qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. Elles purgent principalement Inumeur tartareule ou melancolique , elles levent les obltructions, on en.donnepour la nevre-quarte une pdule grolle comme unpois au commencement de l'acces, & Tonen contmue l'ufage jufqu'a guer.ifon. La dofe ordinaire eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. LeSIngrediens purgatifs de cette compofi.ti.on föntPextrak de coloquinte, Sc le diagrede. Un fcrupule de pilules de fagapenum, contient d'extrait de coloquinte fix grains s de diagrede , trois grains. Demi dragme des pilules contient d'extrait de coloquinte, neuf grains, de diagrede , quatre grains & demi. Deux fcrupules des pilules contient d'extrait de coloquinte, demi fcrupule, de diagrede , fix grains. Une dragme des pilules contient d'extrait de coloquinte, dix-huit grains , de diagrede, reuf grains.- Pour faire 1'extrait de coloquinte , on-moude la pomme coloquinte de Tes. pepins UNIVERSELLE. 4 ? ? öni'incife menu, on la fait tremper plufieurs jours dans du vinblanc , puis on coule la teinture & Ton en fait evaporer l'humidite jufqu'a. confiftence d'extrait ; Maiscomme il s'echape toujours pendant l'evaporation, quelques parties les plus fubtiles & les plus eifenuelles du mixte , je ferois d'avis qu'on preferat les trochif- ques alhandal a cet extrait , le difiolvant naturel des vifcetes eil fuffifant pour faire les feparations neceffaires en cette occafion. L'aigreur qu'on donne au (yrop violat ne convient point auX m^lancoiiques, il vaut nucux employer le fytop violat ordmaire , que celui dans lequel on a mel£ de l'eiprit de vitriol. Je trouverois a propos qu on fit enrrer dans cette compoii- tion du fei de tamarifc ä la place du fei gemme , parce qu'il eil plus aperinf 8c plus convenable aux melancoliques. Voici donc cornment je voudrois reformer ces pilules. Pilules de fdgapenum re'formeei. Trenez, du fagapenum & des trochlfqttes albandal , de cbacun une once, Du diagrede s dem once , Dufcl de tamarifc 3 une dragme & demie , Taites-en une maße de pilules avec le fyrop vidat. Pilules indiennes d'H.ili. Trenez. des peudres d'hiere ßmple , une once & demie , Dufixchas ardique , & de l'epuhyme , de cbacun Jix dragmes , De myrobolans indiqties , dt iellebore noir , du pdypode de chcfne , de cbacun cinq dragme s. De l'agancblanc, de la coloquinte, de lapierred'autr preparee , & du fei gemme , de cbacun denn once, Du fuc d'eupatoire & du fpica-indica , de cbacun deux dragmes , Du gyrofle , une dragme , TMtes-en une maffe avec le fuc ä*ache epure. R E M A R Q^U E S. Ön pulvcrifera enfemble le ftcechas , l'epidiyme, les mirobolans, les racines » l'agaric , la coloquinte,lefpicanard & les gyrofles ■-, dune aucre part on mettra en poudre le fei gemme , onmelera les poudres avec celles de liiere iimple & la pierre lazuii preparee , le fuc d'aigtemoine , & autant qu'il faudra de fuc dache depure, pour faire une maffe qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. Elles purgent vigoureufement, principalement l'humeur tartareufe melancolique, on s'en iert pour les hypocondriaques > pour la jaunitfe , pour les maladies de la rate , pour la fievre quarte. La doie en eit depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Les Ingrediens purgatifs de cette compofition, fontia poudre d'hiere , les mirobolans , l'ellebore noir , l'agaric , & la coloquinte. Un ferupule des pilules dehali, contient des e/peces de liiere fimple quarre grains des mirobolans incliens , & l'ellebore noir de chaeun un grain Sc les deux tiers d'un grain, d'agaric £c de coloquinte , de chaeun un grain & le tiers d'un grain. Demi dragme de pilules contient des efpeces d'hiere fix grains, des mirobolans Indiens &c de l'ellebore noir de chaeun deux grains Sc demie , d'agaric Sc de coloquinte , de chaeun deux grains. Deux ferupules des pilules contiennent des efpeces de hiere huit grains, des mirobolans 6c de l'ellebore noir de chaeun trois grains Sc le tiers d'un gram , d'agaric , Vertv». Doie. Ptirg. de la cöpofition, 9i, 3iij 4?4 PHARMACOPFE Sc de coloquinte , de chacun deux grains & les deux tiers d'un grain. Une dragme de pilules contient des efpeces de hiere demi fcrupule , des miro bolans mdiens , Sc de l'ellebore noir de chacun cinq grains , d'agaric & de coloquinte , de chacun quarre grains. Cette compofition a ete inventee par Hali Medecin Indien, 8c depuis rapportee par Mefue. Onpourroic a la place des efpeces de hiere , mettre l'aloes fuccotrin , car c'eft prefquela meine chofe, on pourroit aulli recrancher beaucoup d'ingrediens inutiles qui entrent dans ces pilules, comraele fpicanard , lesgyrofles, lefuc d'aigremoine, lelapis lazuli , le poiypode , l'epithyme , lefkecas , la compoiition enauroit plus de force , & eile feroit plus facile a prendre , car la dofe auroit moins de voiuiney je voudrois donc qu'on reformät ces pilules en la maniere fuivante. Pilules indiennes reforme'es. Trenez. de l'aloes fuccotrin , une once & demte. De l'ellebore noir , & des mynbolans indiques, de chacun cinq dragmes , Des troclnfques alhandal & de l'agaric llanc , de chacun demi once } Du fei de tamartjc , trois dragmes, Faites-en une majje de pilules avec le fyrop de fahr. La dofe fera depuis tat demi fcrupule yufqu'a une demi dragme. l'tlules Lontre la colique, de M. Dxquin, Vrenet, de fextratt d'aloes preparS dans le fuc de rofes pales, trois onces , De l'agaric choiß t une once & demie , De l'extrait de rhubarbe , une once, Du foje de loup prepare , ßx dragmes , Des fommitet. ePabßntbe , demi once, De la poudre durhodm Matts , du fei d'abßnthe ,& de la noix mufcade } de chacun une dragme & demie. Faites-en une majjede pilules avec le fyrop de chicoree compoje de rhubarbe. R E M A R QJJ E S. On pulveriiera enfemble les fommites d'abiinthe, la mufcade, l'agaric Sc le foye de loup prepare, on melera cetre poudre avec le fei d'abiinthe, la poudre diarhodon, les extraits Sc ce qu'il faudra de fyrop de chicoree compofe , pour faire une mafle qu oa gardera, Sc Ton en formet» des pilules au befoin. Elles purgenr doucement toutes les humeurs, on s'en fert pour les coliques , Sc particulierement pour celle qu'on appellela colique de Poitou. La dofe en elt depuis unfcrupule jufqua une dragme. Tuig. de la Les ingrediens purgatifs de cette compofiticn fönt les extraits d'aloes Sc de rhu- cöpoficion. barbe Sc l'agaric. Un fcrupule des pilules pour la colique contient d'extrait d aJoes huit grains , d'agaric quarre grains, d'extrait de rhubarbe deux grains Sc les d«'x tiers d'un grain. Demi dragme des pilules contient d'extrait d'aloes demi fcrupule } d'agaric üx grains, d'extrait de rhubarbe quarre grains. Deux fcrupules des pilules contiennent d'extrait d'aloes feize grains , d'agaric huit grains, d'extrait de rhubarbe cinq grains Sc le tiers d'un grain. Une dragme des pilules contient d'extrait d'aloes un fcrupule , d'agaric demi fcrupule , d'extrait de rhubarbe huit grains. Vertus. Dofe. 9i, 3 ß » B'n, 2h UNIVERSELLE. W Cornrneonnepeutpas faire l'extrait de rhubarbe quem ne laiffe diflipcr une bonne parrie de h qualite de cetre racine, je prefererois ici la rhubarbe en fubltance bien choifie Sc fimplemenr pulverifee a. fon extrair. Pilules de pLrre d'afyr, de Mefue. Trenez* de la poudre d'hiere picreßmple } quin^e dragmes ■> De l'agaric , du pelypode de chefne , & de l'epithyme , de chaeun une ence , De la fierre d'az,ur preparee t ßx dragmes , Dugjrofle & de Tanis , de (haeun denn once, De la feammonee f de Teilt bore noir,& dufelgemme, de chaeun deux dragmes & demie. Tattes-en une maße de pilules avec le fyrop de pommes compofe. R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble lesracines , 1 anis, les gyrofles , 1 epithyme Sc l'agaric , on mettra en poudre chaeun feparementla feammonee & le fei gemme , on melera ces Ingrediens pulverifes avecla poudre de hiere limple, le lapis lazuli prepare, Sc ce qu'il faudra de fyrop de pomme compofe pour faire une maife qu'on gardera , Sc l'on en formera des pilules au befoin. Elles purgent principalemenc les humeurs tartareufes &c pituiteules, on s'en ferr Vertus. pour la melancholie hypocondriaque , pour la fievre-quarte. La dofe en elt depuis Dole. un ferupule jufqu a quarre. Les Ingrediens purgarifs Sc eflentiels de cetre compofirion fönt La poudre de Purg. de la hiere iimple , l'agaric , la feammonee Sc l'ellebore noir. Un ferupule des pilules contient de poudre de hiere iimple cirq grains, d'agaric deux grains, Sc les deux tiers d'un grain , de feammonee Sc d'ellebore noir , de chaeun un peu moins d'un erain. copofition- 9i, tiaeun un peu raoms n un grain. Demi dragme des pilules contient de poudre d'hiere fimple agaric quatre grains, de feammonee Sc d'ellebore de chacur fept grains Sc demi, un un grain, Sc le quart d'un grain. Deux ferupules des pilules contiennent de poudre de hiere dix grains , d'agaric cinq grains Sc le tiers d'un grain , de feammonee Sc d'ellebore noir , de chaeun un grain Sc les deux tiers d'un grain. Une dragme des pilules contient de poudre de hiere fimple quinze grains, d'agaric huit grains , de feammonee & d'ellebore , de chaeun deux grains Sc demi, Quatre ferupules des pilules contiennent de poudre de hiere vmgt grains> d'agaric dix grains & les deux tiers d'un gram, de feammonee Sc d'ellebore noir , de chaeun trois grains Sc le riers d'un grain. Quoique cetre compofirion ait pns le nom du lapis lazuli qui y entre, eile n'en tire pas une grande vertu, c'eft une drogue tout-a-fait inutile dans les pilules purga- tives, il faut pourrant IV hirfer en faveur du nom ; mais on peut rerrancher plufieurs autres drögues qui n'y fönt que de l'embaras, comme l'anis, Jes gyrofles, l'epithyme & le polypode , on peut a la place de la poudre d'hiere , employer un egal poids- d'aloes fuecotrin ; voiei donc comme je voudrois reformer cette compofiuon. Pilules depierre d'afyr refome'es* Trenez. de Tabes ft'.ceotrin , deux onces , De la fterre d'az.ur preparee f & de l'Agaric , de ebaeun ßx dragmes y De la feammne'e , de l'ellebore mir s & du fei de tamarifc , de chaeun deux dragme? & dem:e. Faites-en une maße de plules avec le fyrop de pommes compofL 3 ß > 49^ PHARM ACOPE' £ V Utiles contre U rn/tnie , de Stärket. Trenet, des fels de tartrefixe, & de nitre fixe, de cbacun dornte onces , De Feau de cbaux nuuvcllement prcparee , deux pmtcs .- I Altes diffoudre & buuiülr enfcmble ces drogues jufqu'a, confomption de leur hunüdltc-, ilne reflera qutm fei fixe , für lequel vous verferez, de l'huile de terebenthine jufqu'a, la bauteur de deux dotgts ; falt es le nielange agitant bien la mauere avec une fpatule de fer , afin que le fei fori bien imbibe & qu'il devtenne une efpece de favon } puls melex* le tout exaäement avec de Vextra.it d'opium reduit en covßfience demiel , une livre t De la raune d'ellebore blanc fubtüenient pulverifee , deux livres, Formen-en des pilules ou un ipiate fol'ide , dont la dofe fera depuis quinz^e grains jufqu'a unferupule. R E M A R Q^U E S. * On a decrit ici le procede de ces pilules le plus en abrege qu'il a ete poflible , mais fi Ton veut fuivre exaclement l'intention de 1'Aurcur, on pulverifera fepare- naent du falpetre purine & du tartre blaue , de chaeun trois livres, on melera ces deux drogues enieinble , on fera rougir au feu une marmite de fer , ou tout autre vaiileau du meine metal, ou de terre , telon qu'on voudra , pourvü qu'il foit pro- porrionne pour la grandeur a la quautite de la matiere qu'on veut employer ; on jet- tera dedans le melange des poudtes par cueillerces , attendant chaque fois que Li detonation foit finie •, car il s'en fera une affez confiderable , &c Ton continuera jufqu'a la fin de la matiere, on mettra eniuite le fei dans l'eau de chaux, & Ton fera boiiiilir le tout pendant environ une heure ; on le laiflera pendant quinze jours en cet etat hors du feu , le fei fe fera diflbut dans l'eau de chaux ; on fürrera la diflolu- tion & 1'on enfera evaporer l'humidite acejueufe jufqu'a ficcite dans le meine vaif- feau , il reftera au fond un iel, qui etant encore tout chaud , on verfera deffus peu d peu de l'huile de terebenthine d la hauteur de deux doigts , & comme cette huile prend feu d'abord par la chaleur, & quelle s'enfläme , on couvrira auffitbt le vaif- fieau t on y remettra de l'huile , & 1'on continuera peu a peu jufqu'a ce que le fei foit entierement imbibe , & que l'huile furnage la matiere de deux doigts •, il faut alors laiffer le vaifieau couvert tout-a-fait, ayant foin de remuer le melange deux ou trois fois le put, ahn que le favonpuiife etre parfait dans l'epace de fix mois ,• dans ce tems-la on i'agitera avec une fpatule de bois , il eft neeeifaire d'avoir cinq ou fix livres de ce favon pour en proportioner la quantite a celle des autres drogues i qui ont ete demandees dans cette recette. Cependant on aura tout pret une livre d'extrait d'opium , dont j'ai donne la def- cription dans mon Cours de cbjmie , & deux livres de racines d'ellebore blanc p'nl- veriic fubtilement $c tamife , on incorporera exaebemenr toutesces drogues enfem- ble d lorce de bras; il faut garder ces pilules ou opiate dans des pots de fayence bien couverts, &c h la compoiition fe dureiifoit ou fe defTechoit trop, on la lique- fieroit en y melant un peu d'huile de terebenthine. L'experiencenous apprend que quand on i'a garde environ un mois apres qu'elle a ete achevee , eile en eft plus falutaire. Venus. £i\ e e ft anodine , calmante, diaphoretique, eile provoque une douce fueur ou rhoiteut, on en fair prendre aux maniaques, eile modere les grandes douleurs , eile Dofe. excite le doimir, eile eft propre pour la melancolie hypochondriaque, La dofe en eft depuis UNIVERSELLE. 49T depuis dixgrainsjuiqu'a vingt-deux; on l'envelope avec du pain a. chanter dans une cuillere qu'on remplit de vin pur , büvant par deffus unbon verre de vin pur, on ne prend ce remede que trois heures apres avoir mange , de peur d'mterrompre la dieeftion. O m On trouvera dans mon Ceurs de Chymie les defcriptions de l'extrait d'opium , Oulaudanum, de l'huile de terebenthine 8c des felsde rarere & de nitre fixe, La racine d'ellebore blanc feroit etant feule , rrop acre & trop purgarive pour erre prife intcrieurement, mais l'extrait d'opium 8c l'eipece de favon avec lefquels on h mele dans cette compoiition, abforbent 8c embaraflenr rellement fes principe« aclifs, qu'il ne lui refte de force que pour pouff er les humeurs par tranfpiration. Ces pilules ont acquis une grande reputation en pluiieurs pays fous le nom de Pilules de Starkey ; commela compoiition en eft grande , embaraffänre , longue & ^i' u ' e da diflicile a executer, on pourtoit en faire une plus aifee qui egaleroit la vertu , mais ' 3tai ''-i r ' qui etant faite en plus petite quantite & fans y employer autant de rems, embarafTe- joitmoins 1'Artifte. Voici donccommeje croiqu'on la peut reformer & labre^er. Pilules contre U folie , reforme'es. VrencL de la racine d'ellebore blanc dejfeche & mis en poudre tres-fubtile , deux inces ; de l'extrait d'opium, une once. I altes le nülange , & avec ce qu'üfaudra d'huile de tartre tiree par defaillance ,' & d'huile de terebenthine claire , formez.-en une maße de pilules. La doje efl depuis bukgrains jujqu a demi ferupule. Autres pilules pour Ix manie , de Bateus. Trenex. de la meine d'ellebore blanc fubtilement pulverifee , deux onces, De l'extrait d'opium , une once. Mele'~ ces drogues, & avec fuffifante quantite d'huile une dragme & demie. Iormez.-cn une maffe felon V art. R E M A R Q^U E S. On concafiera les premieres drogues , on les fera boiiillir quelque tems dans ttois livres d'eau, on couiera la decoction , on 1'exprimera & Ton y mettra fondre > ou diffoudre Taloes groffierement pulverife, on laülerarepofer la diiTolution, on h ver- fera par inclination , on la couiera & Ton en fera evaporer Thumidite für un petit ieu jufqu'a confiftence d'extrait un peu liquide, puis i'on y melera hors du feu la myrrhe, le maftich & le laffran qu'on aura reduits en poudre bien iubtiie, pour faire du tout une mafle, laqueile on gardera & l'on s'en fervira au befoin. Elles purgent 3c elles fornnentl'eftomach , elles aident a la digeftion. La dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a une dragme, on les prend en mangeant. Le nom qu'on a donne äcespilules vient dumot Arabe Aloepbangia, c'eft-a-dire aromatique. Quoiqu'il entre dans cetre compofition beaueoup d'ingrediens odorants , eile n'eft point aromatique, parce que dans la coefcion & dans 1 evaporation , toute l'o- deur qui confifte dans les iels volanls & les foufres fe diilipe , & il ne refte avec l'extrait d'aloes que la partie fixe qui ne produit aueun efter. Quant aux poud.es de UNIVERSELLE. 499 trtyrrhe , de maflich ßcde faffran , elles font bien inutiles. L'extrait d'aloesfeulpre- pare comme/e Tai decnt dans mon Traite de Chymie, agiramieux & avecplus de force que cette grande 8c embaraffante compofition & ii produira des effets fem- blables a ceux qu'on demande d'elle. *■ " ' ---------'-------------------------------------------------------------------------------------------------------------- ■ Ptlules doe'ph angines , de Mynßcht. Preitez. desfeuilles de fennemondees ,deux onces, De U racine de polypode , une once; de (eile d''ellebore mir , deml once' Des trochifques alhandal, de l'ecorce d? oranges & de la femence de cumm , de chacu* deux dragmes , De l'abjintbe , du, cbardon benit, du cbamepytis, &de la veronique, de chacun une demi poignee , Des fleurs cordiales, du fioschas trabique , de petite centauree & de chamomille , de chacunes , une poignee & demie. Faites infufer tontes ces drogues groffierement concaffees dans une fuffifante quanüte dt v'm de malvoiße > & les y faites bouillir enfuite a petit feu jufqu'a la diminution des deux tiers de la liqueur; apres quoi vous en ferez* une forte expreßlon, & vous dif- foudrez.huit onces d'aloes fuccotrin dans une hvre de cette decoctton. Vous fer et. enfuite evaporer la diffolution jufqu'a une epaißeur raifonnable , puis vous y ajouterex. Des poudres diamofchi & diambra t de chacune deux dragmes , De Celles de myrrhe, de maflich & de faffran oriental, de chacune une dragme & demie. Des builes de chamomille , de fuccin blanc reftifie t de rofmarin , de cumm & de carvi , de chacune dix-hnit gouttes. Melez. tontes ces drogues, & les incorporeu en teile forte que Von en puiffe former ftne maffe de pilules felon l'art. R E M A R Q_U E S. On concaffera les premieres drogues, onles mettra dans un pot de terre verruße, on verfera deffus de la malvoifie ou du vind'Efpagne jufqu'a la hauteur de quarre doigts ou plus, enforte que la mauere trempe tuftifamment, on couvrira le por , on laiffera les drogues en infufion pendant deux jours chaudement, enfuite 011 les fera bouillir a pent feu jufqu'a diminution des deux tiers de l'humidite , on coulera la decoction, on preflera fortement le marc, dans la colature on difToudra l'aloes, Sc l'on fera evaporer la diffolution a petit feu jufqu'a confiftence de miel •, puis on y ajoutera le maftich, larmyrrhe, le faffran qu'on aura reduits en poudre fubtile, les poudres diamofchi &c diambra & les efTences , on agitera bien le rout enfemble, pour en faire une maffe qu'on gardera & l'on en formera des pilules au befoin. Elles purgent les humeurs tartareufes & pituireuies, elles chaffent les vents, on scn fert dans l'epilepfie, danslaimelancoliehy pochondiiaque, dansl'apoplexie,dans le vertige, dans la migraine. La dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. J'ai dit en la defcription precedente, que le mot Aloephangu fignifiearomatique, l'Auteur de ces pilules les furnomme Aloephangina , voulant dire par la qu'elles ti- rent leur nom de l'aloes. II y abeaucoup de drogues inutiles qu'on pourroit retrancher de la deco&ion , comme le polypode, les ecorces d'orange, les femences , les feuilles d'abfinthe, de veronique, de chardon benit, de chamepytis 6c les fleurs •, ces ingrediens y ont ete Rrrij Vertus. Dofe 5 oo fHARMACOP E* t mis pour rendre les pilules odorantes Sc fortifiantes, mais par la codion Sc par l'e- vaporarion qu'on en fait, onperd ce qu'ils ont de volatil 8c d'eflentiel, en quoi con/iftoit leur odeur & leur principale vertu , ainfi ces drogues ne peuvent qu'em- barafler la liqueur de fubftances inutiles qui l'empechent qu'elle ne s'empreigne autant qu'elle le pourroit, ou qu'elle ne remplifle tous fespores dela fubftance de* purgatifs qui eft la plus neceffaire. II feroit meme bien plus ä propos qu'on fe fervit dans cette compo/jrion du fenne y de l'ellebore noir 8c destrochifques alhandal en lubftance,queden tirer l'extrait, parce qu'on perd toujours une bonne partie de leur qualite purgarive en faifant bouillir les drogues 8c evaporer leur teinture; l'eftomach & les autres vifceres fe- ront afTez bien leur extra&ion 8c les feparations neceflahes fans l'aide de l'art, parce qu'ils n'auront afFaire qu'a des fubftances faciles ä difloudre. Pour les poudres 8c les effences qu'on ajoute dans l'extrair, elles ne nie paroif- fent utiles que pour rendre ces pilules aromatiques & convenables au nom qu'elle« portent. Voici comme je voudrois reformer cette compoiition. Pilules aloe'phangines , re'forme'es. Trenez. de Valoes fuccotrin , quatre onces , D« fenne tuende , demi once , De l'ellebore mir, une dragme & demie , Des trochifques albandal t des [eis d'ahßnthe & de cbardon henk t des poudres de dt/t* mofcbi & d'mmbra , du fajfran oriental, de la myrrhe & du maßicb , de chacun une dragme , Des builes de cumin, de fuccin reäifie , de rafmar'm & de cbamomüle , de cbacttnefix gouttes. Ttiis avee ce qu'il faudra de fyrep de noirprm , faites-en une maßt de pilules dont la dofe fera depuis un fcrupale jufqu'a une dragme. i r Pilules benites y de Mynßcht. Trenez, des trochifques d'albandal deffechees & arrofes avec Vefprit de foufre i de l'extrait de pilules aloepbangtnes de Mynjicht & du diagrede , de chacun une once, De l'efprit de Vitriol, quatre fcrupules. Melez, le tont , & avec l'eau benite de ferpolet de Mynjicbt , formc%.-en une maffe de pilules* R E M A R QJU E S. On pulveriiera les trochifques alhandal, on arrofera la poudre avec de l'e/prit de foufre 8c on la fera lecher , on mettra en poudre le diagrede dans uh mortier oint de quelques gouttes d'eflence de chamomille , on melera les poudres. On coupera par petits morceaux environ deux onces & demie des pilules aloe- phangines d'A. Mynficht, on les mettra infufer pendant douze/ieures dans environ une livre & demie d'eau commune chaudement, on coulera J'infufion avec ex- preiuon &l'on en fera evaporer l'humidite jufqua con/iftence d'extrait. On pefera une once de cer exrrair dans iaquelle on melera les poudres, l'efprit de vitriol 8c cc qu'il faudra d'eau benite de ferpolerd'A. Mynficht, on fera le melange dans un mortier de pierreou de marbre , & on le battra long-tems avec un pilon de bois ou de verre, pour faire une maße qu'on gardera 8c Von en formera des pilules au belbiß avec lesdoigts imbus d'eflence de chamomille- UNIVERSELLE. jor f Elles pnrgent toures les humeurs, on s'en fert pour le fcorbut, pour l'apoplexie , $>our la paraime , pour lepilepfie, pour les obftru&ions. Ladofe en eil depuis demi fcrupule jufqua demi dragme. Ccs pilules fönt appellees benites a caufe de l'eau benite de ferpolet qui y enrre. C'eft une prcparanon bien inucile que de tirer l'extrait des pilules aloephangines, puifqu'elles fönt elles -meines un extrair. De plus, on ne peur empecher qu'en fai- fanr epai/fir cet extrair für le feu, ii ne fe diffipe beaucoup des parties eflentielles de Ja compofition; je ferois donc d'avis qu'on employär ici la malte meme des pxlu- ks aloephangines fans en tirer l'extrair. Un mortier de bronze ne feroit point propre pour malaxer ces pilules , a caufe des efprits acides de foufre & de Vitriol qni y entrent } lefquels pourroient corr«- der le metal Sc älterer k compofition. Pilules affaiefet 3 A'Avicenne. Frenez.de l'aloes fuccotrin, deux onces , De la poudre d'hiereßmple de Galten t une ence , De Celles de myrobolans citrins & de mafitch, de cbacune demi once. Faites-en une maffe de pilules avec le fyrop de ßacbas* R E M A R QJU E S. On pulveriferaFaloes, les myrobolans & le maflich chacnn feparement, on mc- 3era la poudre avec celle des efpeces de luere f impk, & avec ce qu'ü faudra de fyrop de ftcechas , on fera une maße qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. Elles purgent & elles fortifient leftomach , dies purifient le fang. La dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'ä quarre. Toutes les drogues de cette compofition fönt purgatives, excepte le maftich & le fyrop de ftcechas, Un fcrupule des pilules afTaieret contient d'aloes huit grains, de poudre de hiere fimple , quarre grains, des myrobolans deux grains. Demi dragme des pilules contient d'aloes demi fcrupule, de poudre de hiere fim- ple fix grains, des myrobolans trois grains, Deux fcrupules des pilules contiennent d'aloes feize grains > de poudre de hiere /imple huir grains , des myrobolans , quatre grains. Une dragme des pilules contient d'aloes un fcrupule, de poudre de hiere demi fcrupule , des myrobolans fix grains. Quatre fcrupules des pilules contienent d*aloes trente-deux grains , de poudre de hiere feize grains, des myrobolans demi icrupule. Ces pilules fönt decrites difFeremment pour les dofes des ingrediens qui y entrent Fernel y demande deux onces de poudre de hiere, demi once d'aloes , uns dragme de myrobolans, 8c autant de maftich. La defcriprion que j'ai rapporree d Avicenne eft la plus ufitee , j'en voadrois retrancher le maftich qui y eft inutile, mais apres l'operation des pilules, on pourroit en faire prendre pour fortifier l'eftomach. II y a tant de reflemblance entre l'aloes & la poudre de hiere lunple, qu'on devroit ne faire qu'un article des deux & reformer cette compofition eu la mamerefuivante. Pilules affaiefef , »efp'mees, Irenen de l'aloes fuccotrin trois onces , des myrcbilans citrins , demi once. Iormez,-en une maffe de pit-'les avec le fyrop de cbuoree compofe de rbubarbe , donS Udofe Jera depuis un fcrupule jJ*f$H4 une dragme. Rr r iii Dsf& Vetzasi- Dofe. Purg. de b CÖpofltlOßo- Dir 5°* PHARMACOPFE Vertus. Dofc. PUules de mezereum , de Mefue'. Trencz* desfcuilles de mezereum macerees pendant toutela nuit dans le vinaigre t puis dejfechees cinq dragmesdes myrobolans citrins &cbebules, de chacun demi once > mmtJ~-en me maß de pilules avec la manne & les tamarinds dißus dans l'eau d'endive. R E M A R OJJ E «?. On metrra infufcr pendant une nuit, des feuilles de mezereum dans du vinaigre , puis on les fera fecher, Sc on les pulverifera avec les myrobolans, on corporifieu la poudre avec une diflolution de tamarinds Sc de manne qu'on aura faite dans de l'eau d'endive pour compofer une malle qu'on gardera, 8c l'on en formera des pilu- les au befoin. Elles evacuent vigoureufement les ferofitez , on s'en fert pour les hydropiques j la dofe en eft depuis un demi ferupule jufqua une dragme. Quoiqu on aftoiblifle beaueoup le mezereum en le faifant infufer une nuit dans du vinaigre: il lui reite roujours une portion de fei acre Sc cauftique qni caufe des effets trop violents: Mefue qui purgeoit les malades avec grande violence fe fervoit fouvent de ce remede, mais comme l'on ne purge plus guere fi fortement, on n'a point retenu l'ufage de cette drogue Sc les pilules de mezereon ne fönt guere uliteofi dans la pratique de Medecine. Pilules d'e'fule , de Ternel. Prenez, de l'ecorce de la racine de pettte e/ule preparee une once , Des grains de palma chrifti torrefteu , fotxante Des myrobolans citrins t ßx dragmes , Du chamedris, du chame'pytis , du fpicanard, & de la canelle } de chacun dettx dra- mes & deux ferupules. Formez*-en une maß de pilules avecle mucilage de gomme adraganth tire avec l'eau dt refes. R E M A R Q^U E S. On pulverifera toutes les drogues enfemble, Sc l'on incorporera la poudre avec ce qu'il faudra de mucilage de gomme adraganth prepare en eau de rofe , pour faire une malle qu'on gardera Sc l'on en formera des pilules au befoin. Elles purgent avec violence , principalement les ferofitez, on n'en donne qu'aux perfonnes fortes Sc robuft.es dans l'hydropilie, dans la paraliiie, dans la lerhargie ; * dans l'apoplexie , la dofe en eft depuis demi ferupule jufqua deux ferupules. pyS' . e **■ Les Ingrediens purgatifs Sc efTentiels de la compoiition, fönt l'ecorce de ia racine °" * ° * du petit efula, les grains de ricinus, & les myrobolans. 3 1 ' Un ferupule des pilules d'efula contient de l'ecorce de la racine du petit efula 5c des grains du palma Chrifti de chacun cinq grains, des myrobolans trois grains 6c les deux tiersd'un grain. 3 5 > Demi dragme des pilules d'efula contient de l'ecorce de la racine du petit efula , & des grains du palma Chrifti de chacun fept grains Sc demi, des myrobolans cinq grains Sc demi. 9 u > Deux ferupules des pilules d'efula contiennent de l'ecorce de Ia racine du petit efula, Sc des grains de palma Chrifti de chacun dix grains, des myrobolans fept .grains & le tiers d'un grain. Le chamedris 9 le chamepitys, le fpicanard Sc la canelle ont ete mis d> n> cette Vertus. UNIVERSELLE. 505 eompoution, rant pour aider a. corriger l'efula Sc le ricinus, que pour fbrtifier les parties vitales & les jointures contre la force du remede, mais üsne produifent au- cun de ces efters, Sc on les doit eftimcr inutiles. Vilulcs d'euphorbe , de OueYctian. Freuet de l'euphorbe preparee , une once , Du fpicanard & du maßteb , de chacun ßx dragme s , Des gomnus opopanax , fagapenum & bdelhum , de cbacunes demi once t Des trochifques d'alhandal & d'agaric t de chacun treis dragnies, formet-en um maffe de pilules avec le fjrop violat rendu acide. REMARQUES, On pulverifera enfemble le bdellium, le fagapenum , fopopanax & le maftich ■■, d'une autre part on mectra en poudre le fpicanard , l'agaric & les trochifques d'al- handal, on melera les poudres avec i'euphorbe preparee, Sc ce qu'il faudra defyrop violar rendu aigrelet par quelques gouttes d'elprit de vicriol qu on y aura mele , on fera une mafle qu'on gardera pour en former des pilules au beloin. Elles purgent vigoureufement, on s'en fert dans les fievres intermittentes , dans Veruts» la cachexie, dans i'hydropifie, dans la paralifie , dans la colique; la dofe en eft de- Dof'e« puis un lcrupule jufqu a deux. Les drogues purgatives de cette compofition fonr l'euphorbe , les trochifques Purgatsfs. alhandal Sc l'agaric. Un lcrupule des pilules d'euphorbe contient d'euphorbe preparee quatre grains, 3 i , des trochifques alhandal & de l'agaric de chacun un grain & demi. Demi dragme des pilules contient d'euphorbe fix grains, des trochifques alhandal, 2 ß , Sc de l'agaric , de chacun deux grains & le quart d'un grain. Deux fcrupules des pilules contiennent d'euphorbe preparee huit grains, des tro- 9 ii, chifques alhandal Sc de l'agaric , de chacun rrois grains. L'erphorbe de quelque maniere qu'on la corrige , eft un remede fi violent, Sc il diffout les humeursavec tant de force par un fei cauftique qu'il contient, qu'on ne peut le prendre interieurement fans-craindre qu'il ne laille une mechante irnpref- fion dans le corps , c'eft-pourquoi ces pilules fönt fort peu en ulage. Le fpicanard ne meparoitpas bon dans cette compofition , il ne peut qu'aug- nienter l'acrete de l'euphorbe par (es parties volatiles &c falines. Pour les gommes de bdellium, d'opopanax , de (agapenum , de maftich, elles ftnt propres pour lier & adoucir par leursparties mucilagineufes Sc embaraifantes , les pointes des fels du remede. Pilules d'euphorbe, de JZaacetan, contfe U peße. Frenez. de l'extratt de tberiaque , deux onees. Des meines de tormcntüle & d'angeltque , de ebaeune une once & denüe, De l'euphorbe preparee & des confeäions d'alkermes & d'bjacintbe, de chacun uneoiice. De l'extratt de mix vonüque & de faffran oriental , de chacun deux dragmes , De la teinture de corail, une dragme & denüe ; de la terreßgillee ce qu'il en faudra. Tonnet*-en une maffe de pilules felon Part. R E M A R Q_U E S. On melera enfemble les extraits, les confe&ions, la teinture de corail, l'euphorbe preparee Sc ce qu'il faudra de terre figillee fubtilement pulverifee pour durch le melange en une mafle qu'on gardera Sc Ton en formera des piluies au befoin. j®4 PHARMACOPE'E ■yertus. Elles pouffent par les fueurs & par lcs urines, elles refiftent a la pefte Sc a toute» Dofe. les maladies aufquelles il y a du venin. La dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a demi dragme. Les extraits de theriaque , de fafran, de tormencille & d'angelique ne peuvent ctre faits fans qu'il fe diilipc les fubftances les plus volatiles Sc les plus effentielles de ces drogues ; c'eft-pourquoi il vaudroit bien mieux qu'on les eniployät en leur etat naturel fans en titer l'extrait. Quant a la noix vomique, eile pourroit fe gonfler dans l'eftomach , (i on la pre- floit en fubftance , ü eft ä ptoposden faire Pextrait enla maniere fuivante. On rapera quatre onces de noix vomiques, on les mettra infufer chaudement dans cinq ou fix hvres d'eau pendant vingt-quarre heures, on ferabouilhr l'mfufion &C on la coulera, on laiflera rafleoir la colature & l'ayant feparee par inclination de fe$ feces, on enfera evaporer l'humidite jufqu'a conhftence d'extrait. L'euphorbe preparee etant melee avec beaucoup d'ingrediens volatils & fudori- fiques , eft dsterminee a faire fuer , mais ce remede (emble toujours fufped quel- qje preparation qu'on en fafle , il excite une trop grande fönte des humeurs , 8c il iailfe p.ir fo:i fei acre une mechanre impreifion; li cependant on veut fe fervir de ees puules, voici cornme je ferois d'avis qu'on les reformät. Ptlules d'euphorbe cordiales te'forme'es. Prenez. de lavieille tbertaque t deux onces , JDes racnes d'angtliqtte & de tormennile , de ckactine une once & demle , De l'euphorbe prepar.-e & des confeätons d'byacinthe &d'alk.ermes, de cbacunc UM Oitce t J)u f äff ran & de l'extrait de noix vomique , de cbacundeux dragmes ; De la temture de cor ad, une dragme & demle. Faites de tout celaune majfe de pilules felon l'art. R E M A R Q_U E S, Je ne fais point entrer de rerre /igilJee dans cette defcriprion reformec , parce que les racwes puivenfees 8c l'euphorbe fufliient pour rendrc la malle des pilules gn con/iftence radonnabie. * ' ' ' ' » Pilules d'euphorbe , cLj Mefue. Prenez. de l'aloes fuccotrm , cinq dragmes, de l'euphorbe preparee, des gommesbdel- lium & fagapenum, des trochifques d'albandal & d' garic, de cbacun deux dragmes. Faites-en une maße de piLles avec le fuc de poireaux. R E M A R g^U E S. Onpulvenferaenfemble l'aloes , lebdellium & le fagapenum ;d'une aurre part les trochifqaes, on melera les poudresavec l'euphorbe preparee öc ce qu'il raudra de fuc de poireaux pour faire une maße qu'on gardera , &c Von enformera des pilules au befoin. Venus. 'E.lles purgent la piruite vifqueufe , on s'en fertpour la paralifie, pour l'apoplexie, Dofe P our ^ es obftructions j pour relbudre les durerez du foye, pour la lethargie. La dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Pur«r. de la L es Ingrediens purgatifs Sc effentiels de cette compofition fönt l'aloes, l'euphorbe, cöpofitton. | £S troc hifques alhandal & d'agaric. B i» Un fcrupule des pilules d'euphorbe contient d'aloes fix grains, d'euphorbe , des trochifques UNIVERSELLE. 505 trochifques alhandal Sc d'agaric de chacun deuxgrains Sc les troisquarts d'un grain. Demidragme des pilules contienr d'aloes neufgrains, d'euphorbe, des trochif- ques alhandal & d'agaric de chacun quatre grains Sc le demi quart d'un grain. Deux ferupules des pilules contiennent d'aloes demi ferupule , d'euphorbe , des trochifques alhandal & d'agaric de chacun cinq grains Sc demi. üne dragme des pilules conrient d'aloes dix-huir grains,d'euphorbe, des trochif- ques alhandal Sc d'agaric de chacun huit grains Sc le quarr d'un grain. Cette deferiptionme femble preferableauxprecedentes, tantpar^equ'il y enrre moins d'euphorbe , que parce que rousles ingrediens qui la compofent fönt elfen- riels, cependant j'auroistoujoursde la repugnance ä me fervir interieurement des remedes oü il enrre de l'euphorbe par les raifons que j'ai dites. Pilules de gomme gutte , de Lemort. Trenex.de Valoes fuecotrin , deuxonces & demie , Des gommes gutte & ammoniac , de ebaeunt une once & demie , De la reßne de feammonee , une once , D« tartre Vitriole , une demi once, Taites-en um maße de pilules atec le fyrop de noirprun. R E M A E. QJÜ E S. On pulverifera le tartre vitriole a part Sc tous les autres ingrediens enfemble; or\ melera les poudres Sc avec ce qu'il faudra defyrop de noirprun, on fera une mafle dont on formera des pilules au befoin. Elles purgent les humeurs melancoliques, bilieufes & fereufes , on s'en fert pour Ihydropifie Sc pour les autres maladies caufeespar des obftru£fcions. La dofeeneft depuis demi ferupule jufqu'a demi dragme. Tous les ingrediens qui compofent ces pilules fönt purgatifs, excepte la gomme ammoniac. Demi ferupule des pilules de gomme gutte, contient d'aloes fuecotrin trois grains Sc le tiers d'un grain, de gomme gutte deux grains, de refine de feammonee, un grain Sc demi. Un ferupule des pilules contient d'aloes fix grains &: les deux tiers d'un grain, de gomme gutte quatre grains, de refine de feammonee , trois grains. Demi dragme des pilules contient d'aloes dix grains, de gomme gutte fix grains, de refine de feammonee quatre grains Sc demi. On treuvera les preparations de la refine de feammonee & du tartre vitriole dans mpn Livre de Chymie. La gomme gutte efl: purgative & emerique, mais quand on la mele avec du fei de tartre ou avec du tartre vitriole, fes parties fbnt fixeres, enförte qu'elle ne purge que par bas. Pilules de huit , de Nie. Alex. Vrentt. de l'alots fuecotrin & du diagrede , de chacun deu# dragmes , Dt Upitlpe de coloquinte , de lepithjme, de l'agaric Uanc , du maflieb , du daueus de Crete • des myrobolans cepules & de l'abßnthe vulgaire , de ehaeun une dragme. 3*. d'n, Veitus. Dofc. Purg de!a copofitior., 3*. du Eaitcs-cn une maffe de plules ayec le fuc de morelle. f Sff jo£ Vertus. Dofe. Purg;. dela PHARMACOPE'E REMARQVES. On pulverifera enfemblela coloquinte, les myrobolans , l'epithyme , l'abfmthe, l'agaric , les femences de dauern» daneaatre part on reduira en poudre enfembfe l'aloes , le diagrede , le maftich , on melera les poudres, & avec ce qn'il faudra de fuc de folanum tire par expreflion , on fera une malle folide qu'on gardera pour en former despilules au befoin. Ellespargent toutes les humeurs, onles donne pour purger le cerveaü Sc pour eclaircir la veu€ : la dofe en eft depuis un ferupule jafqu a une dragme. Les Ingrediens purgatifs Sc elTentiels de cette compofition fönt l'aloes , le dia- copofition. grede , la coloquinte , l'agaric Sc les myrobolans. 9i , 5«. 8Ü , 5». VertiB. Dole. Un ferupule des pilules o&omeres contient d'aloes fuecotrin 6c de diagrede, de chaeun trois grains , de coloquinte , d'agaric 6c des myrobolans, de chacan un grain Sc demi. Demi dragme des pilules contient d'aloes Sc de diagrede de chaeun quatre gtains Sc demi, de coloquinte, d'agaric Sc des myrobolans, de chacan deax grains Sc le qaart d'an grain. Deax fcrapales des pilules contierment d'aloes Sc de diagrede de chaeun fix grains, de coloqainte , d'agaric Sc des myrobolans de chacan trois grains. Uae dragme des pilules contient d'aloes 6c de diagrede de chaeun neaf grains , de coloquinte , d'agaric Sc des myrobolans, de chacan qaatre grains Sc demi. Ces pilules auroient ete mieux appellees decamera que oclomera , car il y entre dix fortes de drogues en comptant le fuc de folanum. L'epithyme , le maftich, le daucas Sc l'abiinthe, fönt des Ingrediens inutiles ici, fi on les retranchoit les pilules en auroient plus de force. Le fuc de folanum qai eft ftapenant ou coagalant ne me femble pas convenable a la qualite des purgatifs, je voudrois mettre en fa place un fyrop pargatif Sc refor- mer ces pilules en la moniere faivante. Pilules de huit reforme'es. Vrenez, de Valoes fuecotrin & du diagrede , de cbacün deux dragmes ' Des tjoebifques d'alhandal & d'agaric , du tarne foluble & des myrobolans cepules , de chaeun une dragme. Faites-enune muffe de pilules avec le fyrop de rofes folutif, dont la dofe fera depuis an demi ferupule jufqn'a deux. Pilules de tfois drogues. Fronet, de la rhabarbe ebeifie , de l'aloes fuecotrin , & des troebifques d'agaric . de chaeun parties egales. Faites-en une majfe de pilules avec le fyrop de rofes folutif. R E M A R Q^U E S. On pulverifera l'aloes feparemenr Sc les deax aatres drogues enfemble, on melera les poudres Sc avec une quantite fuffifante de fyrop de rofe folatif, onfera une mäXe foiide qu'on gardera & 1 bn en formera des pilules au befoin. Elles purgent la pituite Sc Ja bile, elles fortifient I'eftomach , elles excitent les mois aux femmes; la dofe en eft depais an ferapule jafqu a une dragme. Cette compoution a beaueoap de rapport avec les pdules angeliques pour les Vertus, Dofe. UNIVERSELLE. 5 o 7 Ingrediens quiy entrent, mais elles different dansles dofes. Pilules des cinq myrobolans , de Nie. Prenet, du meilleur aloes , une demi once , Des cinq efpeces de myrobolans , de l'agaric blanc , du diagrede, de U coloquinte & du fenne monde , de chaeun deiix dragmes & demie , De la meilleure rhubarbe , quatre ferupules, Del'epitbyme , de l'anis, du turbith, du gingembre, de Upierre d'azur preparee & du maftich , de chaeun une dragme & Jeiz.e grains. Faites-en une muffe de pilules avec le fuc de fenouil ou d^abßnthe. REMARQUES. On pulverifera enfemble les myrobolans , l'agaric , la coloquinte mondee defes pepins, le fenne monde, la rhubarbe , l'epithyme , l'anis , le turbirh & le cin deux tiers d'un grain •, des cinq efpeces de myrobolans , d'agaric Sc de diagrede, de coloquinte, de fenne, de chaeun un grain Sc les deux tiers d'un grain, de rhubarbe un grain, de turbith un peu moins d'un grain. Demi dragme des pilules conrient d'aloes quatre grains , des cinq myrobolans , d'agaric , de diagrede, de coloquinte de fenne , de chaeun pres de trois grains, de rhubarbe , un grain & demi, de turbith un grain Sc un tiers de grain. Deux ferupules des pilules contiennent d'aloes cinq grains Sc le tiers d'un grain , de myrobolans d'agaric , de diagrede , de coloquinte , de fenne de chaeun firöis grains Sc le tiers d'un grain , de rhubarbe deux grains , de turbith un peu moins de deux grains. Une dragme des pilules contient d'aloes huit grains , des cinq myrobolans , d'agaric , de diagrede , de coloquinte , de fenne de chaeun cinq grains & demi, de rhubarbe trois grains, de turbith deux grains Sc les deux tiers d'un grain. Quarre ferupules des pilules contiennent d'aloes dix grains Sc les deux tiers d'un grain , de myrobolans , d'agaric, de diagrede, de coloquinte, de fenne , de chaeun fix grains Sc les deux tiers d'un grain , de rhubarbe quatre grains , de turbith trois grains Sc les trois quarts d'un grain. Il y a plufieurs ingrediens inutiles dans cette compoficion , feavoir l'anis, l'epithyme , le gingembre , le lapislazuli Sc le maftich, je_voudrois les retrancher Sc mettre a lenr place quelques dragmes de tartre foluble pour corriger les purgaurs ou pour empecher qn'ds n'excitent des tranchees: Voici commeje lerois d'avis de reformer ces pilules. Filules des cinq myrobolans , reforme: s. Treuei. de Caloes fuecotrin , une demi once, S ffi; 3*. 9ii £iv, Vertus. Dofe. Vertus. Dofe. Purg dela cöpofition. 3i, 3 ß > $o3 PHARM ACOPE'E Des cinq efpeces de myrofoUns, de l'agaric blanc , de la fcammonie , des trochifqtK! d'alhandal, des feutlles de Jenne mondees, & du tartre foluble ,de chacun deux dragmes & demie, Du turbith , & de la rhabai be choijie , de chacun quatre fcrupules. Faites-en une maffe de pilules avec le fyrop defleurs de pefcber > U dofe fern depuis un demi fcrupule j ifqua une dragme. ftUlcs de dekx drogues. VreneXu des, trochifques d'alhandal & de la fcammonee y de chacun parties eg la dole en eft depuis demi fcrupulejufqu a demi dragme. Les Ingrediens purgacifs de cette compofition (ont le turbith mineral, l'extrait d'eliebore noir , la coloquinte , la rhubarbe , 1'elaterium , le fafran des metaux & la gomme gu:te. Demi fcrupuledes pilules hydragogues contient de turbith mineral deux grains, d'extrait d'eliebore noir , & de ia coloquinte de chacun un gi'ain 8c demi , de la rhubarbe & de 1'elaterium de chacun un gram, dufafran »des metaux 8c de lagomme gutte de chacun demisrain. Ün fcrupuledes pilules contient de turbith mineral quatre grains , d'extrait d'eliebore noir & de la coloquinte de chacun trois grains , de la rhubarbe Sc de 1'elaterium de chacun deux grains, du (afran des metaux & de la gomme gurre de chacun un gi'ain. Demi dragme.des pilules contient de turbith mineral fix grains, d'extraird'el- lebore noir 8c de la coloquinte de chacun quatre grains öc demi, de la rhubarbe & de l'elarerium de chacun trois grains, du iäfran des metaux & de la gomme gurte de chacun un grain 8c demi. On trouvera dans mon traite de Chymie,. les manieres de preparer les elTences ou huiles , le turbith mineral, les extrairs , l'efprir de vitriol dulcifie 8c le magiftere de corail; pour le fafran des metauxl'Auteur demande qu'on le prepare avecle feL d'abfmthe en la maniere fuivante. Prenez de l'antimoine & du rehd'abfinthe de chacun parties egales , pulverifez- les , & les ayant meles , calcinez le melange dans un creufet & jufqira ce qu'il de- vienne rougeatic, retirez-Ie, alors du feu, & le lävez.plufieurs fois avec de l'eau. Sff üj 9", V*C"tUS^ Dole. Purg. dela. cöpoüuon.. 9*. ai, 3* Safran f'es nwwux-d'Ä Mj/nficht.. yio PHARMACOPE'E I ■ Venus. Dofc Vertus. Dofe. Tut?, de la cöpofition. d'n, 3»' 9iv , X i fi chaude pout en oter lc fei d'abfinthe, il reftera une poudre rouge qae vous ferez fecher , c'eftlefafran des metaux d'A. Mynficht, il eft moins vomitif que celui qu'on prepare par la methode ordinaire , parte que le fei d'abfinthe qui eft fixe 8c alkali rompt &c abforbe une bonne partie des pointes de l'antimoine & l'empeche de piccotter l'eftomach autant que lautre qui eft prepare avec un fei acide : cette pre- pararion d'Antimoine purge fouvent par les feiles & eile fait fuer; la dofe en eft depuis trois grains jutqu'a huit. L'extrak d'ellebore ne fe peut faire, qu'on ne laifTe echaper une partie de la meilleure fubftance du mixte , c eft pourquoy je prefererois la racine iimplement pulveritee a fon extrait. Lemagifterede corail, les hyacinthes & les eflences fönt inutiles dans cectc compofition , elles ne fönt point du tout propres a unir les Ingrediens, pour eu faire une mafle , felon que le demande l'Auteur : Voici donc comme je voudrois reformer ces pilules. Pilules hydngogues , re'formees. Vrenez. du turbitb miner al , une denn once t Des trcchifques d'alhandal & de la racine d'ellebore noir , de chacun trois dragmes > De la rhubarbe choiße & du concombre fauvagt, de chacun deux dragmes , Du faffran des metaux prepare avec V abßnthe , une dragmc t De l'efprit de Vitriol dulciße f une demi dragme. Taites-en une muffe de pilules avec le fyrop de no'irprun. Pilules de pierre d'Armenie , deMefue. Vrentt- de l'epitbjme & du poljpode de cbefne , de chacun une once De Li pierre d'Armenie lavee&preparee, & de la poudre des efpeces d'byere picre, de chacun cinq dragmes , Du diagrede , trois dragmes t Du g)rofle , deux dragmes , Du fei gemme , une dragme & demie. Taites-en une maffe de pilules avec le fuc de morelle. R E M A R QJJ E S. On piilverifera enfemble l'epithyme , le polypode & les gyrofles; d'une autre part le diagrede & le fei gemme , 011 melera les poudres avec Celles de la hiere, h pierre d'Armenie lavee Sc broyee furle porphyre en alkool, & ce qu'il faudra de lue de folanum tire par exprelfion , pour faire une mafle qu'on gardera Selon en fprmera des pilules au befoin. Elles purgent la melancolie & labile brulee ■, la dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a une dragme & demie. Les drogues purgatives qui entrent dans cette compofition fönt la poudre de hiere & le diagrede. Demi dragme des pilules de pierre d'Armenie contient de Ja poudre des efpeces de hiere picre fepc grains & demi, de diagrede trois grains. Deux fcrupules des pilules contiennent de la poudre des eipeces de hiere dix grains, de diagrede quatre grains. U ne dragme des pilules contient de la poudre des efpeces de hiere quinze grains , de diagrede fix grains. Quatre ferupule des pilules contiennent de? eipeces de hiere vingt grains , de diagrede huit grains. Une dragme & demie des pilules contient de la poudre des efpeces de hiere vingt deux grains & demi UNIVERSELLE. 511 Ces pilules onr beancoup da rapport avec celles du lap'ts Uudi , mais elles fönt moins purgatives & moins en ufage. Elles contiennent plufieurs ingrediens inuciles (ju'on pourroir rerrancher comme 1 epirhyme , le polypode , les gyrofles ; elles ne tircnt pas grand efret non plus de Li pierre d'Armenie , mais il laut l'y laifler en faveur du nom. La poudre de hiere n'eft compofee que d'aloes & de quelque peu d'autres Ingrediens inuriles, c'eft pourquoy l'onpeut fort bien hü fubllituer l'aloes. Le fei de tamarifc feroit plus convenable que le fei gemme pour cette compofi- tion, parce qu'il eft plus aperitif. Lefuc de folanum avec lequel on corporifie les poudres , eft mal approprie a la vertu des pilules purgatives, car il eft coagulant & ftupefiant, je voudrois employer a Ca place le fyrop de pomme compofe , &: reformer ces pilules en la maniere fui- vante. Pilules de pierre d'Armenie , rifotme'es. Prenez. de la pierre d'Armenie lavee & prepare'e , & de l'aloes fuecotrin , de chtteun dix dragmes , Du diagrede , fix dragmes , Du fei de tamarifc , trois dragmes. Faites-en une majfe depdules avec le fyrop de fahr 3 U dofe eß clepms un fcrupule jufqu'a une dragme. Pilules hydrxgogues , Cuculini. Prenez.de l'aloes fuecotrin, du diagrede & dugyrofle, de chaeun ßx dragmes & deux ferupules , Des trochifques d'alhandai, du fenni monde, & de la gomme arabique , de chaeun trois dragmes & un fcrupule t De l'euphorbe preparee ,& de la noix mufeade \ de chaeune deux dragmes & demie. Faites-en une majfe de pilules avec les fucs de fureau & d'abfintbc. ' R E M A R 0_U E S. On pulyerifera enfemble la mufeade, les gyrofles , le Tenne & Jes rrochifques alhandai ; d'une autre part on mettra en poudre l'aloes & le diagrede; ci'une aurre part la gomme arabique, on melera les poudres avec l'euphorbe prepare & ce qu'il Kmdra de fucs de fureau & d'abfinthe > pour faire une maife qu'on gardera pour en fo.mer des pilules au befoin. Elles evacuent les ferofites, on s'en fert contra l'hydropine; la dofe en eft depuis an fcrupule iafqa'a une dragme. Les ingrediens purgatifs qui entrent dans cette compolition fönt l'aloes, le diagrede , les rrochifques alhandai, le fenne & l'euphorbe prepare. Un fcrupule des pilules hydragogues contient d'aloes fuecotrin & de diagrede de chaeun quatre grains, des trochdqaes alhandai Sc de fenne monde de cha.cun deux grains, d'euphorbe prepare le tiers d'ungrain. Demi dragme des pilules contient d'aloes & de diagrede de chaeun ftx grains , de trochifques alhandai Sc de fenne de chaeun trois grains, d'euphorbe prepare demigrain. Deux ferupules des pilules contiennent d'aloes fuecotrin & de diagrede de cha- c; in huit grains, de trochifques alhandai & de fenne monde de chaeun quatre grains, d'euphorbe prepare les deux tiers d'un grain. {"ne dragme des pilules contient d'aloes 8c de diagrede de chaeun demi fcrupule, de trochifques alhandai & de fenne de chaeun fix grains, d'euphorbe prepare un Vertuj» Dofe. Purg de la copofition. 3r> 3^ 3ii Vejtus. Dpfe. 5 u PHARMACOPE'E Je ferois d'avis de retrancher de cecte compofition les gyrones, la gomme ara- bique & la mufcade comme chofes inutiles, & l'euphorbe comme remede trop vio- lent, je voudrois mettre a leur place la renne de jalap 8c le tartre foluble : Voicy donc comme il feroit bon de reformer ces pilules. Pilules hydragogues Cuculini , refotme'es. Prenez, de Taloes fuccotrin & du diagrede > de chacun demi once , Des trochifques d'albandal, du fenne monde& du tartre foluble , de chacun deux Ara^ gmes , De la. refine de jalap , une dragme. I altes- en une maße de pilules avec le fyrop de noirprun , dont la dofe fera depuis un denn fcrupule jufqu'a une demi dragme. pilules hydragogttes , de £)uerceUn. Vrenet. des fucs tout-a-fait bien depurex, de frefne , une livre ~ De valeriane & de petite centauree , decbacune , une demi livre. Taites digerer dansces fucs aufeu du bain marie , Des feuilles de fenne de Levant, trois onces , Des bermodaäes, du turbnh , & de l'afarum , deux dragmes , De la canelle, du fantal citrin, & du fpicanard , de chacun demi once. Exprimez. enfuite fortement cette infufion, & la cuifez, apres cela en confißence dt miel, puis ajoütez.-y de l'extrait d'aloes , trois onces, Desfecules de bryone & d'iris , de chacunes uneonce f Du diagrede, de l'extrait des trochifques d'alhandal, de chacun trois dragmes, Desconcombres fauvages , & des trochifques d'eupatoire y de chneun une dragme ' Du fei de fcolopendre , & du aiflal mineral, de chacun une dragme & demie. Faites-en une maße de pilules avec le fyrop de rofes folutif. R E M A R Q_V E S. On tirera par expreffion les fucs , on les depurera en les faifant bouillir legere- ment & les paffant par un blanchet <, .on y mettra inf ufer chaudement pendant deux jours dans un pot de terre bien couverr, les Ingrediens decrits , lefquels on aura au- paravant concaffez , on fera enfuite bouillir un peu l'infufion , on la coulera avec forte expreffion , on la purifierapar relidence, on la verfera par inclination, & l'on en fera evaporer l'humidite par un petit feu jufqu'a connftence de miel oud'extraic liquide , on y melera alors l'extrait d'aloes , 1'elaterium , l'extrait de trochifques alhandal , les fels , les fecules, le diagrede, les trochifques d'aigremoine qu'on aura reduits en poudre fubtile , & ce qu'il faudra de fyrop de role foJutif pour faire une mafle qu'on gardera & l'on en formera des pilules au hefoin. Eiles purgent vigoureufement les föreiltes, elles levent les obftru&ions , on s'ea fen pour h cachexie, pour l'nydropiue; la dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a deux lerupules. L'Auteur de cette compofition demande trop peu de liqueur pour tirer l'extrait des Ingrediens; de plus les fucs des pJantes etant deja chargez de leur propre fubftan- ce , ne peuvent pas en recevoir beaueoup des drogues qu'on met infufer dedans , il feroit plus apropos qu'on fe fervit en cette occafion , des eaux diftdllees des plan- jesjear elles tont bien plus diipofees que les fucs,a dißbudre les pnneipes des mixtes: je UNIVERSELLE. jij je ferois $ avis qu'on en mit le double , afin qu'il fe fift une ample teinture. Si 1'on pouvoit rirer l'extrait des vegetaux fans qu'il fe diffipat rien de leur vertu , je trouverois a propos avec les Äureurs de preferer l'extrait a la mauere en fubftan- ce , mais comme la plus grande exadtitude de l'art n'eft pas capable de tetenir tout, ni meine d'empecher que le meilleur ne s echape , je fouciehs qu'il vaut beaueoup mieux fe fervir des drogues en fubftance que d'en tirer l'extrait. Le fanral citrin, la canelle, le fpicanard , les trochifques d'aigremoine fönt in- utües dans ces pilules •, ces ingrediens y ont ete mispour corriger les purgatifs, mais üs en fönt incapables, il fautlaifler produire cet effer aux fels de ceterach Sc de pru- nelle , car ils peuvent bienmieux rarefier les fubitances vifqueufes du fenne , du turbith , Sc empecher qu'elles ne s'attachent aux membranes internes des inteftins pour les picotet par leur fermentadon & excitet des tranchees, je ferois douc d'avis qu'on reformät certe compofition en la maniere fuivante. Pilules hjdugogues de Jgaercetan , rcforme'es. Vrenet* des feinlies de fenne monde & de l'aloes fuecotrin } de cbacun une once & demie. Des hermodaäes & de l'afarum , de cbacun une once , Des fecules d'irts & de bryone, de chaeune demi once, Du d'ugrede & des trochifques d'albandal, de cbacun une dragme & demie , Du concombre [auvage, da fei de fcolopendre & du crjfial mineral t de cb.icun une dragme. Faites-en une maffe de pilules avec lefyrop de noirprun , dont la dofe fera depms un dertü ferupule jufqu'a deux. Pilules arabiques , de Nie. Trenez, de Palm fuecotrin , deux onces y De la racine de bryone feche , des cinq efpeces de myrobolan , du mafiieb, de l'afarum, du diagrede & des rofes , de cbacun denn once , Du caßoreum , une dragme & demie, dufaffran, une demi dragme. Faites-en une maße de pilules avec lefuc de fenoutl epure. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les racines , les myrobolans, les rofes, le caftor Sc le fa- fran ; d'une autre part on mettraen poudre l'aloes, le maftich & le diagrede enfemble , onmelera les poudres Sc avec ce qu'il faudra de lue de fenouil depure, on fera une mafle qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. Elles purgent toutes les humeurs, on s'en feit pour abartre les vapeurs, pour exci- Vertas. tcr de lajoye , pour cclaircirla veue , pour diiiiuer les douleurs detete , pourpro- voquer les menftrues ; la dofe en eft depuis un ferupule jufqu'a une dragme. Dofe. Les ingrediens purgatifs & eilentiels de cette compofition fönt l'aloes, la racine P ur S* 4 e * a de bryone feche , les cinq myrobolans, l'afarum Sc le diagrede. C0 P Ü uon " Un ferupule des pilules arabiques contient d'aloes fuecotrin fept grains, de raci- 9 * > ne de bryone feche , des cinq myrobolans , de l'afarum & du diagrede de chaeun deux grains & le quart d'un grain. Demi dragme des pilules arabiques contient d'aloes dix grains Sc la moitie d'un 2 ß, grain, de racine de bryone feche, des cinq myrobolans , d'afarum Sc de diagrede de chaeun trois grains Sc demi. Deux ferupules des pilules contiennent d'aloes fuecotrin quatorze grains , de ra- 9 ii» eine de bryone feche , des cinq myrobolans 3 d'afarum Sc de diagrede de chaeun «juatre grains & demi. f Ttt 5*4 Vertus. Dofe. Purp;, de la eopofition. ai, 3*, 9"> $»: PHARMACOPE'E Une dragme des pilules conrient d'aloes vingt & un grain , de racine debryone feche, des cinq myrobolans , d'afarum Sc de diagrede de chacun fept grains. Le maftich & les rofes fönt inutiles dans cetce preparation, je ferois d'avis qu'on les en retranchit. Pilules familercs , de Mynßcht. Trenet, de la muffe de pilules alephangines de Mjnßcht t deux onces , De la racine de jalap , une once , de la creme de tartre , une demi once , De la refine de fcammonee & de l'extrait de rhubarbe , de chacun deux dragme s ' De l'efprit de fei reäiße , une dragme. Faites-en une maffe de pilules avec du vin de Malvoiße. R E M A R QJ7 E S. On pulverifera feparement le jalap , la creme de tartre & la refine de fcammo*- nee , on melera les poudres avec l'extrait de rhubarbe, les pilules alephangines , l'efprit de fei Sc ce qu'il faudra de malvoifie pour faire une malle qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. Elles purgent les tcrofues , elles levent les obftructions ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu a une dragme. Tous les Ingrediens de cette compoiition fönt purgatifs, excepte l'efprit de fei Sc la malvoifie. Un fcrupule des pilules familieres d'A. Mynficht contiennent des pilules alephangines neuf grains & demi, de jalap quatre grains Sc les trois quam d'un grain, de refine de fcammonee Sc d'extrait de rhubarbe de chacun un peu plus d'un grain. Demi dragme des pilules contient de la malle des pilules alephangines quatorze grains & le quart d'un grain, de jalap un peu plus de fept grains, de refine, de fcammonee Sc d'extrait de rhubarbe de chacun un grain & les trois quarts d'un grain. Deux Icrupules des pilules contiennent de la maffe des pilules alephangines dix neuf grains, de jalap neuf grains Sc demi , de refine de fcammonee Sc d'extrait de rhubarbe de chacun un peu plus de deux grains. Une dragme des pilules contient de la maffe des pilules alephangines vingt-huit grains & demi, de jalap quatorze grains Sc le quart d'un grain , de refine de fcammonee Sc d'extrait de rhubarbe de chacun un peu plus de trois grains & demi. On trouvera dans mon Iivre deChymie les defcriptions de l'efprit de fei, dela refine de fcammonee Sc de l'extrait de rhubarbe. Je ferois d'avis qu'on employät dans cette compoiition, la rhubarbe en fubflan- ee a la place de fon extrait , parce qu'en preparant l'extrait, on laiffe diffiper la partie volatile Sc purgative de la rhubarbe. Pilules de Spa+ Trenex, du crißal de tartre, trois onces , Du diagrede t une demi once , du fei de mars , deux drtgmes. Faites-en une maße de pilules avec du mucilage de gomme adraganth tke dans Veait minerale. R E M A R Q^U E S. On pulverifera les Ingrediens chacun feparement, on les melera enfemble, & avec ce qu'il faudra de mucilage de gomme adraganth tire dans de l'eau minerale de Spa, on fera une maffe folide qu'on gardera pour en former des pilules au Iselöin. UNIVERSELLE. 5 T .J Elles purgent, el!es levent le« obftrudions; la dofe cn eft depuis un fcrupule jufqu a une dragme & demie. La vertu purgative de cerre compofition vient du diagrede qui y entre. Un fcrupule despilules de Spa conrient de diagrede deux grains & les deux tiers d'un grain. Demi dragme des pilules contient de diagrede quarre grains. Deux fcrupules des pilules contiennent de diagrede cinq grains 8c le tiers d'un grain. Une dragme des pilules contient de diagrede huit grains. Quatre fcrupules des pilules contiennent de diagrede dix °rains & Les deux tiers d'un grain. Une dragme & demie des pilules contient de diagrede demi fcrupule. Ces pilules tirent leur nom des eaux minerales de Spa, taut parce qu'il en entre dans leur compofition, que parce qu'on en fair prendre aux malades qui vont boire de ces eaux. L'Auteur de cette compofirion demande que le fei de mars qu'il y fait entrer foit compofe en la maniere fuivante. Mettez dans un poelon de fer neuf, deux onces d'efprit de fei, laifTez Vy vingt quatre heures, puis y adjoütez goutte a goutte une once d'huile de tartre faire par defaillance, il fe fera une ebulition ou effervefcence, laquelle etant paflee , placez votre poelon für un petit feu & faites evaporer lentement toute l'humidite , il vous reftera un fei attache au poelon, il faut le detacher avec une efpatule & le garder dans une bouteille. Pilules ce'phdiques^ de CMynßcht. Trenez* de U feammonee rofate , ßx dragmes , De l'extraitdc pilules cochees & d?'ellebore mir , de chaeun trois dra de Fabrice. Freuet, de l'aloes fuecotrin , une oncs , Du tartre Vitriole , anq dragmes & un ferupule , Du fuccin prepare & du maflich , de ebaeun demi once, De la racine d'arißolocbe ronde , des fecules de racine de pivoine & du magißere de foul fr e , de ebaeun deux dragmes , Des trochifques d'agaric , deux ferupules & demi, De C extrait de bois d'aloes, deux ferupules , Des hmles de cumin& de launer , de ebaeun douz.e gouttes. Faites-en une maffe de pilules avec le vin d'Efpagne. REMARQUES. On pulverifera enfemble l'agaric trochifque & l'ariftoloche ; d'une autre parr orr mettra en poudre enfemble le mailich &c l'aloes •, d'une autre part le tartre vitriole, on melera les poudres avec le fuccin prepare , le magiftere de foufre , les fecules de racine de pivoine, l'extrait de bois d'aloes, les eflences ou huiles de laurier Sc de cumin & ce qu'il faudra de vin d'Efpagne pour faire une maffe qu'on gardera & l'on en formera des pilules au befoin. Vertus- Ellespurgent& ellesforrifientlecerveau & lapoitxine, on s'en fertpour l'epilep- Dofe. fie, pour l'aithme ; la dofe en eft depuis demi dragme jufqu a une dragme Sc demi. Purg. de la Les ingrediens purgatifs & effentiels de cette compofition font l'aloes fuecotrin cöjbfition. & l'agaric. 2 ß, Demi dragme des pilules cephaliques contient d'aloes fuecotrin huit grains SC d'agaric les deux tiers d'un grain. 3 ü, Deux ferupules des pilules contiennent d'aloes dix grains & les deux tiers d'un grain , d'agaric un grain. $ i > Une dragme des pilules contient d'aloes feize grains & d'agaric un grain Sc demi.. 9 iv, Quarre ferupules des pilules contiennent d'aloes vingt & un grain Sc le tiers d'w» grain, d'agaric deux grains- UNIVERSELLE. 517 ' tJne dragrfle Sc demie des pilules contienr d'aloes un fcrupule, d'agaric un peu plus de deux grains. On trouvera dans mon traite deChymie la defcription du tattteVitriole & du mariilere de foorre, les fccnies de piyoine ie tirent comme cellcs de bryone ,. mais la racine de pivoine fimplemcnt reduire en poudre a plus de vertu que les fecules. Comme Je bois d'aloes eil refineux , fön extrait doit etre tire par un menftruc (ul- phureux comme l'eiprit de vin ou l'eau de vie , une liqueur aqueute ne pourroit pas en pt'nerrer ni difloudre la reime , o.n y procedera en la maniere fuivante. PuJverifez une livre de bois d'aloes & le mettez dans un matras, verfez deflus de J'e/prit de vin a la hauteut de quatre cloigcs au moins, bouchez bien le matras Sc laif- fez digerer ia maticre pendant quatre jours , l'agitant de temps en temps, filtrez alors la teineure Sc faites-en evaporer ou diftiller l'humidite jufqu a confiftence d'extrait. II eft cordial ftomachal & fudorifique ; la dofe en eil depuis un fcrupule jufqu ä une dragrae , mais il a bien moins de vertu que le bois d'aloes en fubftance , parce que fa partie la plus volatile & la plus eiTentielle a ete enlevee par I'efprit de vin, ainii c'eil un abus de faire cec extrait. Il n'y a d'effentiel dans la defeription de ces pilules que l'aloes, l'agaric 8c le tar- tre vitriolc; tous les autres ingrediens y iont inutiles., parce qu'ils ne peuvent com- mnniquer leur vertu aux parties du corps etant aecompaenes des purgatifs; je vou- drois clonc reformer ccitc compoiition en la maniere fuivante. Pilules ce'fhaliques > re'forme'es. Trenez. de l'aloes fuecotrin , deux onces , De l'agaric & dutartre Vitriole , de chacan demi once. Faites-en une mtße de pilules avec le fyrop defleurs de pecher, dont la dofe fera depuis un fcrupule jufqu'a quatre. On peut compofer une autre mafle de pilules avec les drogues alterantes qui en- trent dans la compofition & s'en fervir les jours qu'on ne fera point purge , elles agiront alors Sc l'on s'appercevra de leur eflet. Fecules de pivoine« Extrnkde bois d'aloes. Vertu s. Dofe. Tiluks d'opopanax , de Mefue. Trenez. de l'aloes fuecotrin t une once demie , Des trochifques d'albandal, des hermodaäes , des gommes opopanax , fagapenum l bdellium , ejr ammoniac , de sbaeune cinq dragmes , Du turbith , une demi-onet ; du diagrede , deux dragmes , Des myrol/olans embliques, citrins , bleriques , de la cajfe odorante } dupoivre noir , du gingembre , du faffran } dupivre long, de la myrrhe t du caßoreum , de chaeun une dragme. Faites-en une muffe de pilules avec le fuc de choux, R £ M A R QU E S. On pulverifera enfemble les myrobolans, les trochifques alhandal, les hermo- da&es le turbith, le caffia lignea, les poivres, le gingembre , le fafran &: le caftor; d'une autre part on mettra en poudre enfemble la myrrhe , l'aloes, le fagapenum , 1 opopanax, le bdellium, la gomrne ammoniac Sc le diagrede, onmelera les pou- T tt.i'ij 5 iS PHARMACOPE'E dres, de avec cc qu'il faudra de fuc de choux tire par expreilion, on fera une mafle qu'on gardera pour en former des piiules au befoin. Veitus. Eiles purgent toutes les humeurs , on s'en fert principalement pour purger le cer- veau Sc le jointures , on en donne pour la goutte, pour les convulfions, pour les Dofe. rhurnatifines, pour exciter les mois aux femmes; la dofe en eft depuis un ferupule jufqu a une dragme. Purt;. de la Les ingrediens purgatifs qui entrent dans cette compoiition font J'aloes, les tro- copoficion. chifques alhandd, les hermodadtes, le rurbith, le diagrede Sc les myrobolans. q • Un ferupule des piiules d'opopanax contienr d'aloes fuecotrin quarre grains, de trochifques alhandal 8c d'hermoda&es de chaeun un grain & les deux riers dun grain , de rurbith un grain Sc le riers d'un grain, de diagrede demi grain & le demi tiers d'un grain, des myrobolans emblics, citrins Sc blerics de chaeun le ciei'S d'un grain. 2 ß f Demi dragme des piiules eontient d'aloes fix grains, de trochifques alhandal Sc d'hermodactes de chaeun deux grains & demi, de turbith deux grains, de diagrede un grain , des myrobolans de chaeun demi grain. B ii, Deux Icrupules des piiules contiennent d'aloes huit grains, de trochifques alhandal & d'hermodaclies de chaeun trois grains Sc le riers d'un grain, de turbith deux grains & les deux tiers d'un grain, de diagrede un grain Sc le tiers d'un grain , des myrobolans emblics , citrins Sc blerics , de chaeun les deux tiers d'un grain. X i , Une dragme des piiules eontient d'aloes demi ferupule, de trochifques alhandal Sc d'hermodacles de chaeun cinq grains, de turbith quarre grains, de diagrede deux grains, des myrobolans de chaeun un grain. On pourroit retrancher de la compoiition de ces piiules plufieurs drogues affez iuutiles , comme le fagapenum , le bdellium , l'ammoniac , le callia lignea, les poivres, le gingembre, le fafhran, la myrrhe. Je trouve que l'opopanax qui donne le nom aux piiules y entre en trop petite quantite , je ferois d'avis qu'on l'augmentät 3 & qu'au lieu des drogues inutiles on mit quelques dragmes de tartre foluble : Voici done comme je voudrois reformer la compoiition. Piiules d'opopanax , refrrme'es. Trenez. de Ugomme opopanax t deux onces , de Valoes fuecotrin , une once & demie. Des trochifques d'alhandal & des hermodaäes } de chaeun cinq dragmes } Du turbith , une demi-once , Des myrobolans citrins mondes & du tartre foluble , de chaeun trois dragmes, Du diagrede , deux dragmes ', du cafloreum , une dragme. Faites-en um maße de piiules avec le fyrop de fahr } dorn la dofe fera depuis un demi ferupule jufqu'a une dragme. Piiules cholagoques de centaure'e , de fguercetan. Vrenez. des fucs bien epureic de petite centaure'e , de rofes pales , d'eupatoire de Mefue, & de racine de patience t de chaeun quatre onces. A)outcL-y une demi livre d'extrait d'aloes; apres celafaites-les digerer au feu du bain marie pendant dix heures , afin qu'ils'enfa/fe uneparfaite mixtion & diffolütion, & quandvous l'auret. fait epaijfir en corßflence de miel 3 ajoute&~y de la poudre de rhu- barbe , une once. UNIVERSELLE. 519 Dm ho'is d'aloes, dufaffran & de la canelle } de cbacun une dcm'i dragme , Res poudres des trois fantaux , & des trockfques diarhodon, de chacun une deml dragme, Melez. le tout f & en faltes une map de pilules. REMARQUES. On rirera les fucs par expreffion , a la maniere ordinaire , on les depurera en les merranr boüillir legerement, Sc les pallant par un blanche: •, on y fera diffoudre l'extrait d'aloes, on mettra la diffolunon dans un plar de rerre vernifle , on en fera evaporer l'humidite luv un petit feu jufqua confiftence de miel & Ton y ajoutera les poudres , on melera exaetement letouc pour en faire une malle folide qu'on gar- dera, Sc l'on en formera des pilules au befoin. Elles purgent l'humeur bilieufe, elles levent les obftructions du foye , elles guc- riflfent les fievres intermittentes, elles fortifient l'eftomach •, la dofe en eil depuis demi ferupule jufqua quatre ferupules. Par cholagogue 011 entend un remede qui purge la bile. Les Ingrediens purgatifs de cecte compolition fönt l'aloes & la rhubarbe. Demi ferupule des pilules cholagogues, contient d'aloes fept grains Sc demi, de rhubarbe un grain Sc le quart d'un grain. Un ferupule des pilules contient d'aloes quinze grains , de rhubarbe deux grains Sc demi, Demi dragme des pilules , contient d'aloes vingt-deux grains Sc demi, de rhubarbe trois grains & les trois quarts d'un grain. Deux ferupules des pilules contiennent d'aloes trente grains , de rhubarbe cinq arains. Une dragme des pilules contient d'aloes quarante-cinq grains , de rhubarbe fept grains & demi. Quatre ferupules des pilules contiennent d'aloes foixante grains, de rhubarbe, dix grains. Comme la petite centauree eft une plante naturellement peu fueculente , on ne pourroit pas en tirer le fuc fi on ne l'humectoit un peu apres l'avoir pilee , mais il faut la lailfer macerer chaudement fept ou huit heures avant que del'exprimer, afin que le fei elfentiel s'endetache. II n'y a que l'extrait d'aloes Sc la rhubarbe d'elfentiels dans cette compofition,les autres Ingrediens qui y entrent fönt inutiles , Sc ils ne fönt qu'embaraffer & äff oiblir par leur quantitc les purgatifs, ils y ont ete mis pour corriger l'aloes 8c pour forti- fier l'eftomach ; mais j'ai prouve ailleurs qu'ils nepeuvent faire ni Tun m l'autre : fi l'on veut qu'ils fortifient l'eftomach , il taut les faire prendre feparement des purgatifs , Sc aux jours qu'on n'aura point ete purge; je voudrois donc reformer les pilules cholagogues de centauree en la maniere fuivante. Pilules cholaglgues de centauree, teformees. Trenez. de l'extrait d'aloes prepare avec le fuc de petite centauree, demi livre , De U rhubarbe choiße pulverifee } une once. laites-enune maffe de pilules avec le fjrop derofespales , dont la dofe fera depuis un ferupule jufqu'a une dragme. Vemis. Dofe. Pur£. de la copofition. 3 ß > 9 iv, jzo PHARMACOPE'E Vettus. Dofe. Pilules phlegma-gogues d'abßntbe^ de Jguercetan. Prenez. des trochifques d'agaric , deux onces , De la poudre d'hiereßmple de Galten , unn once & denüe t De la femence de cartbame t des bermodaäes , de Tafarnm , & du turbitb f de cha.- eun une once , Des trochifques hsercetAn. freitet, de Vextrait d'aloes prepareavec le fuc de violettes , une demi livre , dtffol- yex, cet extrait dans les fucsepurez, defieurs de pnmevere , de pecher , de rofespales , it Chicoree , de buglofe & d'jpericm , de chacun quatre onces. V Altes paffer apres ceU cette dtjfolutionjufqu'a U conjtflenct d'extrait ;& pour Ion vous y ajouterez. De fextrait de fenne, deux onces , De ceux de rhubarbe & d'agaric, de chacun deux onces , De la caneile, des poudres de fenoütl doux & d'anis, de chacun une dragme , Destfpeces des trois fantaux , quatre fcrupules. Faites-en une maße de pilules felon l'art. R E M A R Qu E S. Comme toutes les fleurs dont on demande les fucs dans cette defcription , ne fe trouvent pas en une meine faifon , on fera oblige, fi Ton veuc faire exa&ement ces pilules , de garder les fucs depurez a mefure qu'on les aura tirez des fleurs quand dies feront en leur vigueur , afin de les meler tous enfemble & d'y diflbudre l'ex- ttrait d'aloes •> on fera evaporer la diflolution jufqu'a confiftence d'extrait, on y me- lera alors exa&ement les autres extraits 8c lespoudres pour en faire une mafle qu'on gardera^ & Ton enformera des pilules au beloin. Elles purgent toutes les humeurs. La dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une Vertue. dragme. ^ Defc Par le mot depanchymagogue } on entend un medicament qui purge toutes les humeurs. Les Ingrediens purgatifs de cette compofition fönt les extraits d'aloes, de fenne, p ur j, j e f t de rhubarbe &c d'agaric. copofitio». Un fcrupule des piliües panehymagogues contient d'extrait d'aloes neuf grains, ^ • d'extrait de fene , quatre grains & demi, d'extrait de rhubarbe Sc d'agaric, de cha- * eun trois grains. D,emi dragme des pilules contient d'extrait d'aloes treize grains &c demi, d'extrait » g de fene fix grains ßc les trois quarts d'un grain ; d'extrait de rhubarbe Sc d'agaric , de chacun quatre grains & demi. Deux ferupules des pilules contiennent d'extrait d'aloes dix-huit grains •, d'extrait 9 ii, de fene neuf grains , d'extraits de rhubarbe &c d'agaric , de chacun fix grains. Une dragme des pilules contient d'extrait d'aloes vingt-fept grains , d'extrait de 2 j fene treize grains &c demi grain, d'extraits de rhubarbe Sc d'agaric de chacun neuf " grains. Les fucs qu'on fair evaporer avec l'exrrair d'aloes , ne /ervent qua diminuer fa vertu , foit en enlevant par l'evaporation le volatil de ce mixte , (öit en melant avec lui leurs extrairs inuriles •, je ferois donc d'avis qu'on fe fervit de l'aloes fueco- trin en fubftance a la place de fon extrait, j'en dis de meme a l'egard des autres extraits qui entrent dans cette compofition, on abregeroit par-Hbeaucoup i'opera- tion, S>c eile en feroit meilleure. L'extrait de caneile , l'anis , le fenpuil & la poudre diatriafantali fönt des Ingrediens bien inuriles dans ces pilules, je voudrois mettre a leur place du fei de chi- corce ou du tartre foluble , pour corriger l'action des purgatifs, & pour empechcr 5 Vuu Vcrtus. Dofc. |Ü PHARMACOPE'E qu'ils n'excitent des trenchees; voici comme jeferois d'avis qu'on reformät la com* pofition. Pilules panchywagogues rtjorme'es. Trenex. de l'aloes fucotrin , trois onces , Des feuilles de fene , une once & demie , De U > hubarbe choiße & des trochifqu.es d'agark , de chicun trois onces , Du tarne foluble t trois dragmes , Faites-en une muffe de pilules avec le fyrepd? rofes folnif. La d>fe en fera depu'ti un fcrupule jufqu'a une dragme. ____——— — Pilules p-.nchymxgogues , de Zvvelfer. Frenez. du fene monde , une once & demie, Des hermodaäes , dtx dragmes, De l'ellebore noir , & de la pulpe de coloquinte , de chacun une once , De l'agaric, de la rhubarbe, de l'eCorce mojenne de fureau & de la femence d'byehle , de chacun demi once f De l'herbe nommee gratiola , trois dragmes» Faitesbouillir ces Ingrediens dans l'eaujtmple pour en tirerla vertu, & renouvelez. l'eau deux ott trois fois ; cette decoäion etant coulee & exprimee fera clarifiee avec le bUnc d'xuf, pms redutte a unelivre par l : 'evaporation > dans Uquelle veus ajouterez, demi livre d'aloes hepatique ; apres quoi eile fera reduite en, conjißence d'extrait, j iijoutant jur lafin , Du maßtet), trois dragmes " Des reßnes de jalap & de feammonee , de chaeune deux dragmes , De l'huile de noix mufeade, une demi dragme , Faites-en une maße de pilules. REMARQUES. On ineifera Sc l'on concaüera les drogues, on les mettra bouillir dans un pot de terre vernuTe avec environ quarre livres d'eau commune a perir feu , le por etant couvert pendant demi heure, on coulera la decoction avec forre expreilion , on fera de rechef bouillir le marc avec de nouvelle eau comme auparavant, pour achever de tirer la fubftance des drogues , on coulera la decodtion exprimanr le marc, on la melera avec la premiere, on les clarifiera avec un blanc d'reuf Sc l'on en fera eva- porer l'humidite jufqu'a ce qu'elles foient reduitesa environ une livre, on y ajou- tera alors l'aloes en poudre gradiere Sc par un petit feu Ton fera epaifllr le melange cn confiftence d'extrait, quand ilfera refroidi a demi, l'on y incorporera le maftich Sc lesrefines qu'on aura fubtilemenr pulverifees dans un mortier oinr aufond avec la demi dragme d'huile de mufeade, pour faire une maße qu'on gardera & l'on en formera des pilules au befoin. Elles purgent vigoureufement toutes les humeurs , on s'en fert pour la manie, pour la melancoiie hypocondriaque, pour la fievre quarre, pour l'apoplexie, pour la letliargie , pour l'hydropiiie. La dofe en eu: depuis demi ferupule jufqu'a demi dragme , elles Tont plus purgatives que les precedentes. Il vaudroit beaueoup mieux employer les drogues qui entrent dans cette compo- fition en fubftance, que d'en tirer l'extrait comme onl'ordonne > acaufe de la dif- UNIVERSELLE. jig fipationdes parties fubtiles qui fe fait pendant la co&ion Sc l'evaporation. Le maftich & l'huilede mufcadeont ete mis dans ces pilulespour fortifier l'efto- mach con:re l'aclion de l'aloes &c des autres purgatifs, mais ils ne peuvent produirc aucun effet en cette occafion, comme j'ai die ailleurs, parce que la fennentation du purgatif les entraine & detruit leur vertu; fi l'on veut que ces Ingrediens fomfians agiflent, il faut les donner feparement des purgatifs dans les jours qu'on n'aura point ete purge- Voici comme je voudrois reformer ces püules panehymagogues. Ptlules panehymagogues reformees K Trenez, de l'aloes fuecotrin , tjois onces , Du fene monde & des bermodaäes , de chaeun demi once } De l'ellebore noir , de lapulpe de coloquinte , de l'agaric , de la rhuharbe , de l'ecorce moyenne de fureau , de la femence d'hyeble & du tartre foluble, de chaeun deux dragmes. De rherbe nommee gratiola, des reßnes dejalap } & de fcammov.ee, de chaeune une drag. Fakes-en une maffe de pilules avec le fyrop de Jabor , dont la. dofe fera depuis im demt ferupu le jufquadeux. Pilules de Safcocolle , de Meßte'. Trenez. du turbith , une demi once , de la farcocolle , trois dragmes, De la pulpe de coloquinte & du gingembre , de chaeun une dragme & demie , Du fei gtmmt , une dragme. Faites-eu une maße de püules avec le fyrop de rofes folutif. R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble la coloquinte mondee de fes femences & ineifeemenu, le turbith de le gingembre •, d'une autre part la farcocolle •, d'une autrepart le fei gemme , on melera les poudres & avec ce qu'il faudra de fyrop de rofes folutif, on fera une malle qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. Elles purgent principalement la pituite crafle du cerveau. La dofe en eft depuis Vertus. un ferupule jufqu'a une dragme. Dofe. Les Ingrediens purgatifs qui entrent dans cette compohon , fönt le turbith & la p uro . de la coloquinte. cöpofition. Un ferupule des pilules de farcocolle contient de turbith fix grains, de colo- g [ t quintc deux grains & le quart d'un grain. Demi dragme des pilules contient de turbith neuf grains , de coloquinte un peu mois de trois grains & demi, Deux ferupules des pilules contiennent de turbith demi ferupule , de coloquinte quatre grains öc demi. Une dragme des pilules contient de turbith dix-huit grains , de coloquinte fix grains & les trois quarts d'un grain. Le gingembre ne fert a rien dans cette compofition, la farcocolle peut etre utile p our adoucir ßc aglutiner les fels acres de la coloquinte Sc du turbith. Pilules contrelaßevre quane , de Ce frier. Trenez, de l'aloes fuecotrin t une once y du dtagrede , deux dragmes , De h räche d'ellebore mir, de l'agaric , de la myrrhe , des feuilles de cbatnedris & dt fcordium, de l'arißoloche rende, de la canelle, du fafran, de lafarum, du )onc odorant , du bäume de Judee , de l'amQme, du maftic, du gyrofle , du coßus , du fpuanard , de U V uu ij 9ii» j*4 PHARMACOPE'E gentiane, & du polypode , de chacun unfcrupule, Faites-en une majfe de pilules avec le fyrop de fahri R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les racines , les fenilles, le gyrofle, le fafFran , la ca- nelle , l-'agaric, le fchxnante, le fpiea-nard, l'amome & le carpobalfame, d'une au- tre parr on mettra en poudre enfembie l'aloes, le diagrede, la myrrhe & le maftich, on melera les poudres Sc avec une quantire fuffifante de fyrop de ponraie compofe, on fera une mafTe dont on formera des pilules au befoin. Elles purgent lapituite Sc la melancolie , on s'en fert dans les fievres intermit- tentes, &c principalement dans la fievre quarte; fe. dofe en eft depuis un lcrupiUe jufqu'a une dragme. Purg. dela Les Ingrediens purgatifs & efTenriels qui entrent dans cette compofition fönt copofition. l'aloes, le diagrede , la racine d'ellebore, l'agaric &c l'afarum. Verrusi Dofe- 9i, 9"> Ingrediens inutücs. Un fcrupule des pilules pour la fievre quarte contient d'aloes neuf grains, de diagrede deux grains Sc le quart d'un grain , de racine d'ellebore , d'agaric & d'afa- rura de chacun environ le riers d'un grain. Demi dragme des pilules contient d'aloes treize grains & demi, de diagrede ttois grains Sc demi, d'ellebore , d'agaric Sc d'afarum , de chacun environ demi grain. Deux fcrupules des pilules contiennent d'aloes dix-huit grains, de diagrede quarre grains Sc demi, d'ellebore, d'agaric Sc d'afarum, de chacun environ les deux tiers d'un grain. Une dragme des pilules contient d'aloes vingt-fept grains , de diagrede Ccpt grains, d'ellebore , d'agaric & d'afarum , de- chacun environ un grain. L'agaric entre ici en trop petite quantite ; car que peut faire un fcrupule d'agaric dans une mafTe de pilules de vingt-une dragmes ? II y a beaucoup d'ingrediens inutiles dans cette compofition, comme la mirrhj, le chamedris, le fcordium, la canelle, le fafran , le fchxnante , le carpobalfame , l'amome , le maftich , les gyrofles , le coftus, le fpicanard , la gentiane , le polypode , je voudrois les retrancher Sc mettre a leur place quelques dragmes de tar« tre foluble, reformantla compoiition enla maniere fuivante. Pilules contre U fievre quarte, refotme'es. trenez. de l'aloes fuccotrin , une once , Du diagrede t de l'agaric , & du tarne foluble, de chacun deux dragmes ~ De l'afarum & de l'ellebore mir t de chacun un fcrupule Faites-en une majfe de pilules avec le fyrop de sabor. La dofe fera depuis un fcrupule jufqu'a deux. La fievre quarte etant ordinairement caufee & entretenue par des humeurs grof- .fieres ou rartareufes qui bouchent plufieurs petits vaifleaux de la ratte, du pancreas ou des autres vifceres, il eft neceflaire de donner des remedes forts & penetrans , tels que tont ceux-qui entrent dans ces pilules, pour rarefier ces humeurs, & lever les obftruclions. On pourra faire une autre mafTe de pilules avec les ingrediens qui ne fönt point purgatifs Sc en donner aux jours qu'on ne fera point purge, eile fortifieront l'efto-- mach Sc le cerveau. Pilules contre la fievre quarte, de Sennert. Irenen det'kuik d'antimoine , une mce , de l'aloes futcw'm , demi once > UNIVERSELLE. 515 'Dufafrttt , deux dragme s & demie , de l'ambregrts, deux dragmes» Faites-en une maffe felon l'art. R E M A R QJJ E S. On pulverifera grofllerement l'aloes, on le mectra dans une petire ecueile de ter- re, on le liquifiera avec l'huile d'antimoine für un petit feu, Sc Von fera evapores l'humidire de la matiere jufqu'a ce quelle air une confiftence- de pilules molettes, alors on Ja rerirera de dellüs le feu, Sc quand eile fera prefque refroidie, on y me- Icta exaiftement le faffran & l'ambre gns apres les avoir reduits en poudre fubtile, on fera une maffe qu'on gardera pour en former des pilules , au befoin. Ellespurgent doucement, elles provoquent par fois les fueurs ; la dofe en eil de- puis un fcrupule jufqu'a une dragme. L'ambre gris eft employe dans ces pilules a deffein d'exciter la fueur, mais les fudorifiques meles avec les purgarifs n'agiffent qu'avec peine, parce qu'ils fönt in- terrompus dans leur action Sc entrainez en bas •, il feroit plus a propos de tenir ces fudorifiques feparez pour en faire prendre aux jours qu'on n'a point ete purge. Filttles de fuccin, de Crxton* Prenez. de l'aloes fuccotrin , cinq dragmes , Du fuccin & du maflic , de chacun deux dragmes ~ Des trocbifques d'agaric, une dragme & demie., de l'arißolocbe ronde^ une denn dragme* laites-en une maffe avec le fyrop de betoine. REMARQUES. Ou pulverifera enfemble l'agaric & l'ariftoloche , d'une aütre part l'aloes Sc le maftich, d'une autre part on broyera le fuccin für le porphyre pour le reduire en poudre impalpable on melera les poudres, Sc avec ce qu'il faudra de fvrop de beroi- ne, on fera une marfe qu'on gardera pour en former des pilules au belohn Elles purgent les humeurs pituiteufes Sc bilieufes, on s'en fert pour les maladies du cerveau, elles fortifient l'eftomach; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a ime dragme. Les Ingrediens purgatifs de cette compofition fönt l'aloes & Pagaric. Un fcrupule des pilules de fuccin cöntient d'aloes fuccotrin huit grains, d'agaric deux grains Sc le tiers d'un grain. Demi dragme des pilules cöntient d'aloes demi fcrupule, d'agaric trois grains & demi. Deux fcrupules des pilules contiennent d'aloes feize grains, d'agaric quatre grains Sc les deux tiers d'un grain. Une dragme des pilules cöntient d'aloes un fcrupule , d'agaric fept grains. Quoiquele fuccin donnele nom a cette compoarion, ce n'eit pas la drogue qui lui donne le plus de vertu ; on peut dire meine que par Ion aftriction , eile peut etre un peu nuiiible aux purgatifs , mais en faveur du nom il faut la lailfer. Le maftich Sc l'ariftoloche me paroiffent ici entierement inutiles , je voudrois les retrancher & reformer cette compolition en la maniere fuivante. Pilules de fuccin , reforme'es. Trtnet.de l'aloes- fuccotrin , dix dragmes, Du fuccin , une demi once , des trocbifques d'agaric, trots dragmes, Faites-en une maffe avec le fyrop defleurs de pkber } dont la dofe fera depuis unfcrti* pule jufqu'a une dragme, V u u üj Vertus» Dofe. Vertus. Dofe. Purg. de la cöpofitiono Vertus. Dofe. Purg. de Ia cöpofition. jk? PHARMACOPE' £ Piluks antiepileptiques. VrencL. du guy-de-chefne , une demi once , De la femence de pivoine male s deux dra.gm.es , Du bois d'aloes ~ une drdgme. il faut infufe r chaudement ces Ingrediens pendant 2 4 heitres dans les fucs de pivotne male , de fleurs de prtmevere t de hs & de (äuge , de chaeun quatre onces, llfaut enfuite les faire boiüllir lentement, les couler & hs exprtmer; puis dijfoudrc dans la colature , de Valees fuccotrin , une once t Couler U dijjolutton , & la faire evaporer a petit feu jufqu'en conjtfience de miel j Apres cela j ajouter , Des trochifques d'agarte fubtilemcnt pulvertfeie } demi once , De l'extrait de fenne , & de la raetne d''ellebore noir , de chaeun deux dragmes , De l'butle de fuccin reäifie , un ferupul? laites-en une maffe felon l'art. K E M A R Q^JJ E S. On concaflera tuen le guy de chene, le bois d'aloes Sc la femence de pivoine, ort les mettra enfemble dans un pot de rerre vernille, on verfera dell'us les fucs qu'on aura tires par exprellion, on couvrira le pot, on le placera en digeftion für les cen- dres chaudes, 011 au bain marie Sc on l'y lailTera vingt-quatre heures , on fera enfuite boiüllir legerement l'infufion , on la coulera avec exprellion , on y fera fondre fülle feu l'aloes , pulverife grollierement, on coulera la diflblution , Sc l'on en mettra evaporer l'humidite dans une ecueile de terre verniflee jufqu'a confiftence de miel, on y melera alors les extraits, l'agaric trochifque & fubtilement pulverife, Sc l'hui- le de fuccin reclifiee pour faire une maffe qu'on gardera, Sc l'on en formera des pilules au befoin. Elles purgent le cerveau , on s'en fert contre l'epileptie , la paralifie , l'apople- xie, la dofe en eft depuis un ferupule jufqu'a deux. Les ingrediens purgatifs Sc ellentiels de cette compofition fönt l'aloes , l'agaric, les extraits de fenne & d'ellebore. Un ferupule des pilules antiepileptiques contient d'aloes fept grains , d'agaric trochifque trois grains Sc demi, des extraits de fenne Sc de racine d'ellebore noir, de chaeun un grain , & les trois quarts d'un grain. Demi dragme des pilules contient d'aloes dix grains Sc demi , d'agaric cinq grains, Sc le quart d'un grain, des extraits de fenne Sc de racine d'ellebore noir de chaeun un peu plus de deux grains Sc demi. Deux fcrupules des pilules contiennent d'aloes quatorze grains,d'agaricfeprgrainsj des extraits de fenne & de racine d'ellebore noir de chaeun trois grains & demi. Une dragme des pilules conrient d'aloes vingt-un grain, d'agaric dix grains Sc demi, des extraits de fenne Sc de racine d'ellebore noir de chaeun fept grains Le guy de cheihe, la femence de pivoine, le bois d'aloes, fhuile de fuccin, les fucs de pivoine, des fleurs de fauge, de muguet Sc de primevere fönt des cephali- ques propres pour prevenir l'epileptie , mais il faudroit les donner feparement des purgatifs, ii l'on veur qu'iis prcduilent JeurerTet, qui eft de fortifier le cerveau , car la fermentation qu'excitent les drogues purgatives empeche que le cerveau ne foit en etat de recevoir leur impreilion, & eile confond leur vertu en forte qu'iis deviennent inutiles •, je voudrois donc les retrancher de cette compotition , Sc niet- tre a la place quelques dragmes de fei de pivoine. UNIVERSELLE. 527 1e ferols d'avis au/Ii qu'on employäc le fene 8c larhubarbe meme au Heu de leurs extraits parles railöns que j'ay dices aüleurs, &c qu'on reformätles pilules en la ma- niere fuivante. Pilules antiepileptiques , reforme'es. Trenei, de faloes fuccotrin, une once , Des trochifques d'agaric , une dem'i once, Du fene monde, de la racine d'eile bore noir , & du fei de pivoine male , de chaeun deux dragnies , jaites-en une maffe de pilules avec le fyrop de rofes folutif. La dofe fera depuis un demi ferupule jufqu'a deux. Pilules antieptleptiques , de Duclos. Trenet, des extraits de pivoine male & femelle preparez. avec l'efprit de vin , & des fecules de bryone s de chaeun trois dragmes , Du cinabre minerale , deux dragmes & deux ferupules > Des extraits de caftoreum & du fucem, & du preeipite folaire prepare dans un matras a feu lent, de chaeun deux dragmes, Des feuilles d'ellebore noir, quatre ferupules, De l'huüe d'antimotne , quarante gouttes, De l'huüe d'angeltque , & de l'efprit de vitriol, de chaeun vingt gouttes , laites-en une maffe de pilules avec le fuc de poireaux. R E M A R QJJ E S. On pulverifera fubtilement les feuilles d'ellebore noir fechees, on broyera en- femble für le porphyre , le fuccin 8c le cinabre , on melera les poudres avec les fecules de bryone, le preeipite folaire qui aura ete fait dans un matras a feu lent, les extraits preparez par l'efprit de vin , l'huüe d'antimoine faite avec le fucre , com- me je Tay decrite dans mon Livre de Chymie , l'huüe d'angelique , l'efprit de vitriol , 8c ce qu'ü faudra de fuc de poireaux pour faire une mafTe qu'on gardera, 8c l'on en formera des pilules au befoin. Elles fönt propres pour l'epüeptie, elles lächent le ventre 8c fortifient le cerveau, la dofe en eft depuis denn ferupule jufqu'a demi dragme. les Ingrediens de certe compofition , oii ü faut le plus obferver les dofes, fönt le cinabre nuneral & le preeipite folaire. Demi ferupule des pilules antiepileptiques contient de cinabre mineral un grain Sc le riers d'un grain, de preeipite folaire un grain. Un ferupule des pilules contient de cinabre mineral deux grains Sc les deux tiers d'un grain , de preeipite folaire deux grains. Demi dragme des pilules contient de cinabre mineral quatre grains, de preeipite folaire trois grains. Verrus. Dofe. 3ß, Trecipitc Pour faire le preeipite folaire, comme le demande l'Auteur de ces pilules, il faut mettre dans un matras une partie d'or coupe par petits morceaux & fix parties folaire» de mercure revivifie du cinabre , pofer le matras für le fable dans un fourneau , 8c faire deftbus un feu de lampe ou un autre feu de meme degre , le continuant jufqu'a ce que la matiere foit reduire en poudre rouge : cette prepararion eft mal appellee preeipite , c'eft plikot une chaux. Onfait prendre de ces pilules au malade lorfqu'on s'apperc,oit par quelque figne que le paroxyfme epileptique doit venir. On ne peut faire ies extrairs de pivoine 8c de caftor qu'on ne laifle cLffiper dans 1'evauoration le plus fubtü 8c le medleur des fubftances 5 c'eft pourquoi je ferois d'avis 5 t8 P H A R M A C O P E' E qu'on fe fervit fimpiement de la racine de pivoine male fechee 8c pulverifee, & du caftor auffi en poudre fubtile: voici donc comme je voudrois reformer ces pUules. Pilules anttepileptiques , rcfomc'es, Frenet. des racines de pivoine male deßechees , Jix dragmes , Des feculet de bryone , trois dragmes , Du cinnabre mineral, buit fcrupules , Du caftoreum , du fuccin , du preeipite folaire , de chacun deux dragmes , Des feuilles d } ellebore noir , & de Chuüe d'antimoine t de chacun qtiatre fcrupules , De l'huile d'angeüque, & de tejprit de Vitriol, de chacun vingt gouttes. Faites-en une majfe de pilules avec le fuc de poireaux. Pilules gommeufes, de Ditclos. Frenet, des gornmes ammoniac& galbanum , de chacun trois dragmes , De la myrrhe , de Valoes fuccotrm & du mercure preeipite £/*«f, &e chacun itux drag. Du diagrede , une dragme & demie, Du turbith , & des trochtfques d'agaric, de chacun cinq fcrupules > Des trochtfques d'alhandal, une dragme , Du mafiic & du fafran oriental , de chacun deux fcrupules , Du bäume du Perou trois dragmes. laites-en une viajje de pilules avec le vinaigre fcillitique. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le galbanum, la gomme ammoniac choifls en larmes , la myrx-he>l'aloes , le diagrede .ßc le maftich, d'une autre part.on mettraen poudre enfemble les trochifques, le faffran ßc le turbith, on melera les poudres avec le preeipite blanc, le bäume du Perou 8c ce qu'il faudrade vinaigre (jbiilitic pour faire une mafle qu'on battra long-tems dans un mortier de bronze pour bien incorporej: les drogues enfemble; on gardera cette malle pour en former des pilules au befoin, Vcrtus. Elles purgent, elles levent les obflxuclrions, elles refolvent les glandes du mefen- tere, les duretez de la ratte Sc du foye ; on s'en fert pour la cachexie , pour la jau- D 0 f e< ni/Ie, pour la retention des mois } pour la veröle. La dofe en eft depuis un feru- pule jufqu a une dragme Sc demie. Purg. de la Les Ingrediens purgatifs de cette. compofltion £bnt i'ajoes, le preeipite blaue , k copofition. diagrede, le turbith, l'agaric 8c les trochifques alhandal. 9 i , Un fcrupule des pilules gommees contient d'aloes 8c de mercure preeipite hjanc de chacun un grain 8c les deux tiers d'un grain , de diagrede un grain & le quarr, d'un grain ? de turbith 8c d'agaric , de chacun un peu plus d'un grain ? des rro.chif- ques alhandal un peu plus que les trois quarts d'un grain. 2 £ t Demi dragme des pilules contient d'aloes Sc de mercure preeipite Manc de chacun deux grains & demi, de diagrede un peu moins de deux grains, de rurbith 8c d'agaric de chacun un peu plus d'un grain 8c demi, de trochifques alhandal un grajin 8c le quarr d'un grain. £ l\ f Deux fcrupules des pilules contiennent d'aloes & de preeipite blanc , de chacun trois grains &: le tiers d'un grain , de diagrede deux grains Sc demi, de turbith Sc d'agaric de chacun deux grains Sc le quarr d'un grain, des_ trochifques alhandal un peu plus d'un grain 8c demi. 2 i f Une dragme des pilules contient d'aloes Sc de preeipite blanc, de chacun cinq grains, de diagrede trois grains 8c les trois quarts d'un grain, de turbith Sc d'agaric de 3 iß > UNIVERSELLE. 5*9 de chaeun trois grains & Je cicrs d'un grain , des rrochifques alhandal deux grains Sc demi. Quatre ferupules des pilules contiennent d'aloes 5c de preeipite blanc de chacim 3 iy fix grains Sc les deux ciers d'un grain, de diagrede cinq grains, de turbith & d'a- o-aric de chacan quatre grains & demi, des trochifques alhandal crois grains de ie quarr d'un grain. Une dragme 5c demie des pilules contiennent d'aloes Sc de preeipite blanc de chaeun fepz grains 5c demi, de diagrede cinq grains 5c demi, de turbith Sc d'aga- ric de chaeun cinq grains, des trochifques alhandal trois grains Sc les trois quarts d'un grain. L'Auteur dernande qu'on mette diflbudre les gommes aromoniac Sc le galbanum dans le vinaigre Icülitic , qu'on coule la diflolution 5c qu'on en falle confumer l'hu- midite , mais comme par l'evaporation, les parties falines volatiles 5c fulphureufes ies plus eifentielles fe diflipent, il vaut mieux mettre les gommes en poudre, apres les avoir choifies les plus pures 5c les plus nettes qu'on pourra. Le vinaigre fcillitic, n'etanr guere propre a malaxer des poudres pour en faire une exac~te liaifon, on fera bien d'employer a fä place l'oxymel fcillitic. Le maftich, le faffran, le bäume du Perou me paroillent alTez inutiles dans ces pilules. Pilules de Rhaßs , contre U pafßon iliac[ue. Vrcnet, des trochifques d'alhandal & de la gomme fagapenum , de chaeun ßx dragmes t Du diagrede , deux dragmes. I altes- en une maße de pilules avec le fuc de polreanx. R E hl A R Q^XJ E S. On pulverifera le fagapenum 5c le diagrede cnfemble ; d'une autre part les trochifques alhandal, on melera les poudres 5c avec une quantite fuffifante de fuc de poireaux, on fera une mafle qu'on gardera pour en formet des pilules au befoin. Elles fönt propres pourla pallion iliaque, pour les coliquA, pour la migraine , elles purgent la pituite & les autres humeurs ; la dofe en eil deuuis demi fcrupule julqu'a deux ferupules. Les ingrediens purgatifs de cette compoiition fönt les trochifques alhandal 5c Ic p U rg.ciela diagrede. copofition. Un fcrupule des pilules contient des trochifques alhandal huit grains, de diagre- a ] de deux grains 8c les deux tiers d'un grain. Demi dragme des pilules contient des trochifques alhandal demi fcrupule, de diagrede quatre grains. Deux ferupules des pilules contiennent des trochifques alhandal feize grains, de diagrede cinq grains & le tiers d'un grain. Pilules de violettes, trenez. des femenees de violettes, deux onces , Du turbith, une once, De la feammmee , demi once, Du fuc de reglijfe, une dragme. Taites-en une maffe avec le fyrop de fleurs de pecher. R E M A R Q^V E S. On pulverifera enfemble la femence de violettes, le turbith 5c le fuc de reglifle, d'une autie part on mettra en poudre la {"caramonee dans un mortier oint de quel« ?Xxx Vertu«. Dole. 3 ß > 53° PHARMACOPE' E Vertus. Dofe. Purg. de la copofition. 9i, 9"» 9 iv : ques gouttes d'huile d'amande douce , on melera les poudres , Sc avcc cc qu'il fau- dra de fyrop de fleur de pecher , on fera une mafle qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. Elles purgent principalement la pituite, on s'en fert pour les maladies des yeux Sc de la tete; la dofe en eft depuis un ferupule jufqu'ä quatre ferupules. Tous les ingrediens qui entrenc dans cecte compoficion fönt purgatifs, excepte le fuc de reglilfe. Un ferupule des pilulesde violettes contient de femence de violettes onze grains, de turbithcinq grains Sc demi , de feammonee deuxgrains Sc les trois quans dun grain. Demi dragme des pilules contient de femence de violettes feize grains Sc demi grain, de turbith huit grains &c le quart d'un grain, de feammonee quatre grains Sc le demi quart d'un gram. Deux ferupules des pilules contiennentde femence de violettes vingt-deux grains, de turbith onze grains, de feammonee cinq grains & demi. Une dragme des pilules contient de femence de violettes trente-trois grains, de turbith feize grains & demi grain, de feammonee huit grains Sc le quart d'un grain. Quatre ferupules des pilules contiennent de femence de violettes quarante-quatre grains, de turbith vingt-deux grains f de feammonee onze grains. Le fuc de reglifle n'eft pas inutile dans cette compoiition; il adoucitpar fa fubf- tance glurineufe I'acrete de la feammonee , Sc il fait un diagrede glycyrrhife. II feroit bon de faire entrer dans ces pilules deux dragmes de tartre foluble pour corrigerles purgatifs, oupour empecher qu'ilsn'excirem des tranchees. Pilules de ladanum. Trenet. du ladanum & de l'eltäuaire de fuc de rofes , de chaeun demi once , Des trochifques d'alhandal, trois dragmes , Du mafltch , une dragme. Faites-en une maße avcc le fyrop de rofes folutif. R E M A R Q^V E S. On pulverifera chaeun feparement le ladanum , le maftich & les trochifques alhandal , on melera les poudres, & avec l'ele&uaire de fuc de rofes, Sc ce qu'il faudra de fyrop de rofe folutif, on fera une mafle qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. Vertus. £ii es p Ur g ent l es humeurs tartareufes & melancoliques, elles fönt eftimeespour Dofe. la colique venteufe -, la dofe en eft depuis un ferupule jufqu'a une dragme. Pu rg. d e la Les ingrediens purgatifs de cette compofuion fönt l'ele&uaire de fuc de rofe & copofition. Jcs trochifques alhandal. Un ferupule des pilules de ladanum contient d'elecbaire de fuc de rofe huit grains , de trochifques alhandal fix grains. Demi dragme des pilules contient d'ele&uaire. de fuc de rofe demi ferupule , de trochifques alhandal neuf grains. Deux ferupules des pilules contiennent d'electuaire de fuc de rofe feize grains , de trochifques alhandal demi ferupule. Une dragme des pilules contient de l'elecluaire de fuc de rofe un ferupule , de trochifques alhandal dix-huit grains. Corr.me le ladanum eft aperitif Sc refolutif, il peut erre de quelque utilite dans cette compofition , mais quoy qu'il donne le nom aux pilules , ce n'eft pas luy qui fait leur grande vertu. Le maftich eft inutile icy. 9i> 3 ß > d'n, 53' UNIVERSELLE, Pilules perpetuelles. trenet, du regute d'antimoine, autant que veus voudrex.. Mettez.-Ie dam uncreufet & lefaitesfondre aufempuis de cette mutiert fondue , formet, des filules felon l'art. R E M A R Q_V E S. On pulvcrifcra groffierement deux ou crois onces de regule d'antimoine ordi- mire, cn les mettra dans un petit creufet, lequel on couvrira d un tuileau, on place« ce creufet dans un rechaut au milieu des charbons ardents, afin d'y faire fondre la mariere, quand eile fera en infufion , on en verfera dans des moules de fer dont ou fe fert pour former des bales de plomb de la groffeur des pilules ordinäres j mais il faut avoir oint ces petits moules par dedans avec un peu d'huile, pour empe- cher que les pilules ne s'y atrachent trop : quand la maticrc fera a demi refroidie , on ouvrira les moules, Sc l'on en fera fortir les pilules qui auronc la figbrc Sc la cou- fear dunebale de plomb. On verfera dauere matierefondue dans les meines moules encore graiffez Sc l'on continuera de meme jufqu a ce qu'on ait allez de ces ba- Bales ou pi- les ou pilules , on coupera alors avec un couteau ou avec une lime le regule qui * u ' es ^ re ." fera "demeure. attache a chaque pilule, a l'endroit de Pembouchure du moule } on ~ ul ? A antl " gardera ces pilules ou bales de regule d'antimoine pour s'en fervir au befoin. Elles evacuent les humeurs par les feiles , elles chaffent Sc tuent les vers, elles levent les obftrucHons des inteftins; la dofe eft une pilule qu'on avale au marin Sc qu'on rend apres quelle a fait fon effet en la meme forme & en la meme durece quelle etoitauparavant ; onpeutla reprendreapresl'avoirbienlavee , eilepurgera comme auparavant» & eile agira toujours de meme autant de fois qu'on l'aura fait avaler , d'oü vient qu'on l'appelle pilule perpetuelle. Le regule d'antimoine ordinaire eft meilleur pour certe Operation que celuy qui a ete mele avec du leu, & qu'on appelle regule d'antimoine martial, parce qu'ü eft plus purgatif. 11 purge par le vomiflement Sc par les feiles etant pris en poudre ,• la dofe en eft depuis un grain jufqu'a huit, mais on l'employe rarement en poudre fon ufage ordinaire eft en infufion dans le vin blanc. Quoyque le regule d'antimoine foit emetique, la pilule perpetuelle qui en eft fori "' dl Venus. Dofe. Vertu». Dofe. H'mee ne purge que par le bas, a. caufe de fa pefanteur,* car eile eft en peu de temps :terminee a pafler dans les inteftins oü eile excite fa fermentation de purgatif. ^ Le regule d'anrimoine agit par un fei aeide fulfureux qu'il contient. Ce fei etant Commenc Bill avec violence quand il a fejourne quelque temps dans l'eftomach, il en picotte k regule brufquement les fibres , & il excite dans ce vifeere un mouvement impetueux Sc ^ imtno '- convulfif qui fait le vomiflement; Sc comme une partie de ce fei fulfureux fe pre- haut & par cipite ordinairement dans les inteftins, il y agit a peu pres de meme, mais plus bas. foiblement, Sc la determination des humeurs fe fait en bas. Apres que la pilule perpetuelle a ete prife Sc renduc quarre-vingt ou cent fois, 8c quelle aproduita chaque fois fon effet purgatif, il ne paroit guere qu'elle ait diminue de poids, ce qui a fait dire a quelques Chymiftes, que l'antimoine ne pio- duifoit fes effets que par une Irradiation qui ne dependoit point de la matiere: mais uneexplicationfi relevee ne fatisferaguere un Phyficien , il vaut mieux dire qua. la place de ce qui eft forti de' la bale de regule, il eft entre d'autres corpufcules qui ont fupplee a la pefanteur. Si l'on mettoit infufer les pilules perpetuelles dans du vin blanc pendant quelques heures chaudement, on auroit du vin emetique. X xx i) Venus. Pofe. Purg.de fa copo/icion. 5 ß , di, S?>> 9", R>.'fin« de ) aSap , de turbith, & de tarn iiionee. J5 i PHARMACOPE* E Si l'on pulverifoit fubtilement la pilule perpetuelle, & qu'on en fift prcndre comme il a ete dit du regule d'antimoine , eile excireroit le vomiflement. Pilitles de refines. Prencz. des refines de j.dap , de turbith , de feammonee & de Ugomme tnmonht » dt fbitun dem once , Des jenx d'ecrevijfes pre'parez. t du diaphoretique mineral ,ditfaffran de man Aperitif\ & de Li ci eine de tartre , de chacun deux dragmes. Piilverifez, ces Ingrediens , mele^-tes , & en formet, tine maffe de pilitles avcc le fyrop de Jahr. R E M A R Q^u E S. On pulverifera fubtilement enfemblc les refines & la gomme ammoniac , qu'on anra choifie nette & en lavmes ; d'une aurre part la creme ou cryftal de tartre, le faffran de Mars Sc l'antimoine diaphoretique , on melera ces poudtes avec les yeux d'ecreviues preparez, & Ton corporifiera le nielange dans un mortiCr avec une quan- tice fuffifante de fyrop de pomme compofe , pour faire une mailc dont on formet» des pilules au befoin. Elles purgentla pituite & les ferofitez du cerveau , elles levent les obftructrons, elles fönt propres pour l'hydropifie , pour la retention des menftrucs, pour les päles couieurs, pour ies duretez de la ratte Sc du foye , pour la paralifie ; la dofe en eft depiüs demi fcrupule jufqu'a deux fcrupules. Les Ingrediens purganfs Sc ellentiels de cette compontion fönt les refinesde ja- lap , de turbith & de feammonee ; les autres y fönt ajoütez, non (eulement pour augmenter la qualux aperitive des pilules, mais pour erendre Sc divifer les refines, ahn qu'ellesne s'attachenr point trop contre les rnembranes interieures des vifeeres, oü elles cauferoient par leur acrete des tranchees & des fuperpurgations. Demi fcrupule des pilules de refines conrient des refines de jalap, de turbith Sc de feammonee , de chacun un grain Sc le tiers d'un grain. Un fcrupule des pilules de refines conrient des refines de jalap , de turbith Sc de feammonee de chacun deux grains & Jes deux riers d'un grain. Demi dragme des pilules de refines contienr des refines de jalap, de turbirh Sc de leammonee de chacun quarre grains. Deux fcrupules des pilules de refines conriennent des refines de jalap, de turbith & de feammonee de chacun cinq grains & le tiers d'un grain. Les rehnes de jalap , de turbith Sc de feammonee , le tirent toutes de la meme maniere, comme on peut le voir dans mon Traire de Chymie , on met infufer ces drogues pulverifees dans de l'efprit de vin pendant trois jours, on filtre iinfufion Sc Ton en fair diftiller les deux tiers de l'efprir de vin qui peut fervir une aurre fois a la meme Operation ; on verfe für ce qui refte au fond de la cueurbire beaueoup d'eau commune, il fe preeipite au fond une renne en confiftence de terebenrhine , on la lave plufieurs fois , & on la fait fecher au Soleil ou für un petir feu. On trouvera auili dans mon Livre de Chymie les prepararious du diaphoretique minerai, du farTran de Mars aperitif Sc de la creme de tarne. Ptlules de concombres fauvages. Vrenez, des racines dept/aj>, de mechoacan, de bryone, d'tris vulgaire t & de Vecorce dt rtcine de furea.i jeebe , de ebaeune dem once , De la rbubiiibc ckafie , des feuilles de ferne monde t des femences d'hjcble & de violettes , de U arime de tartre & de U gomme ammofiittf ; de (haCHii trois dragmes. Vertu s» Dofe. UNIVERSELLE. 5'j lies irothlfques d'atbandal, de Ugommegutte & de U feammonee, de chaeun deux dr*g„ fulverifez. ees ingredtens, melez.-les , & avec uns quantite fajjifante d'extrait de tancombre fauvage ,formez.-en des pilules Jelonl\trt. R E M A R Qjü E S. On pulvcrifera enfemble les racincs, le fenne Sc les Ccmcnccs ; d'une autre part Iesgommcs,- d'une autre parrles trochifques alhandal Sc la creme ou cryftal de tartre onmelera ies poudres exactement dans un mbrtier, & avec ce qu'il faudra dcla- rerium aftez liquide, on fera une malle (bilde qu'on battra long-temps pour la bien malarer , puis on la gardera pour en former des pilules au befoin. L'elatenum eft l'extraic de concombre fauvage, s'il ctoit rrop folidc, on le lique- fiera en confiftence de miel ou de fyrop epais avec un peu de fyrop de nerprun. Les pilules d'elaterium purgent avec beaucoup de forcc les humeurs pituiteufes, fereufes Sc melancoliques, dies fönt propres pour 1'hydropine, pour les retentions d'urine Sc des mois des femmes, pour la melancolie hypocondriaque, ponr l'apo- plexie pour la letargie , pour la paralifie, pour la gouttc feiatique, pour les rhu- imtifmes •, la dofe en eft depuis demi ferupule jufqua une dragme. Les ingrediens qui compolent ces pilules fönt tous purgarifs, excepte la gom- Purg de [a rae ammoniac. ccpofition. Demi ferupule des pilules d'elaterium conrient des racincs de jalap de mechoa- gli, can , de bryone, d'iris noftras, de l'ecorce de racine de furcau feche de cbacun demi grain Sc le demi tiers d'un grain, de la rhubarbe , du fenne, des femences Sc du cryftal de tartre dechaeun demigrain , des trochifquesalhandal, de lar gomme gutte Sc de la feammonee de chaeun environ le tiers d'un grain , de 1'elaterium cinq grains. Un ferupule des pilules d'elaterium contient des racines de jalap de mechoacan , 9 1 ■> de bryone , d'iris noftras, de l'ecorce de racine de furcau feche de chaeun un grain & le tiers d'un grain, de la rhubarbe, du fenne, des femences d'hyeble & de violette , de la creme de tartre dechaeun un grain, des trochifques alhandal, de la gomme gutte Sc de la feammonee de chaeun demi grain Sc le demi tiers d'un grain, delelaterium dix grains. Demi dragme des pilules d'elaterium contient des racines de jalap, de mechoa- % &» can, de bryone, d'iris noftras, de l'ecorce de racine de fureau feche de chaeun deux grains, de la rhubarbe , du fenne, des iemences d'hyeble Sc de violette; de la creme de tarrre de chaeun im grain Sc demi, des trochifques alhandal, de la gomme gutre & de la feammonee, de chaeun un grain, de l'elarerium quinze grains. Deux ferupulcs des pilules d'elaterium contiennent des racines de jalap , de rae- 9 n j choacan de b.-yone, d'iris noftras , de l'ecorce de racine de fuveau feche de chaeun deux grains Sc les deux tiers d'un grain , de la rhubarbe , du fenne , des femences d'hyeble 8c de violette , de la creme de tartre, de chaeun deux grains, des trochifques alhandal, de Ja gomme gutte Sc de Ja /cammonc'e de chaeun un grain Sc le tiers d'un grain , de I'eJarerium vingt grains. Une dragme des pilules d'elaterium contient des racines de jalap , de,mechoa- z i ? can , de bryone , d'iris noftras, de l'ecorce de racine de fureau feche de chaeun quatre grains; de la rhubarbe , du fenne, des femences d'hyeble Sc de violette, de la creme de rartre de chaeun rrois grains, des trochifques alhandal, de la gomme gutte & deh feammonee de chaeun denx grains, de l'elaterium trenre grains. ptlulcs riuUnagogues. Prenez, de la mtjfe de pilules indiennes, une demi once > X x x Li) Venus. Dofe. Purg.de la 9 1: 554 PHARMACOPE' E De Upierre d'az.ur prepare & de la fcammonee rofate , de chacun deux dragmes , l De la refine de jalap , de l'extrait de trochifques d'alhandal & d'ellebore noir , de chacun une dragme & demie , Des extraits de fenne & d'hypericum , de chacun une dragme t Du faffran oriental & de l'epithyme , de chacun demi dragme , Du fpicanard & du gyrofle , de chacun demi fcrupule. ■ Uelez. ces drogues & formez.-en felon l'art une majje de pilules avec U confeäion al- formes dijfoute dam l'eau de rofes. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble l'epithyme , le faffran , le fpicanard , & les gyrofles , d'une autre part la fcammonee 8c la refine de jalap , on melera les poudres avec le lapis Laznli prepare, les extraits, la mafle des pilules appellees Inda Bali, & ce qu'il faudra de confeiäion d'alkermes difioute en eau rofe pour faire une mafle qu'on gardera, & dont on formera des pilules au befoin. Elles purgent particulierement rhumeur melancolique; on s'en fert dansla ma- nie, dans la melancolie hypochondriaque, dans la fievre quarte, dans la lepre', la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu a une dragme. Les ingrediens purgatifs & eflentiels de cette compofition fönt la mafle des pi- copofition. } u l es indiennes, la leammonee rofate, la refine de jalap, les extraits de trochifques alhandal, d'ellebore noir Sc de fenne. Un fcrupule des pilules melanagogues contient de la mafle des pilules indiennes quatre grains, & les deux tiers d'un grain, de la fcammonee rofate deux glains 8c le tiers d'un grain , de la refine de jalap , des extraits de trochifques alhandal; &c d'ellebore noir , de chacun un grain Sc" les trois quarts d'un grain , d'extrait de fenne un grain 8c le demi tiers d'un grain. Demi dragme des pilules contient de la mafle des pilules indiennes fept grains , de la fcammonee rofate trois grains & demi, de la refine de jalap , des extraits de trochifques alhandal & d'ellebore noir de chacun un peu plus de deux grains 8c demi , d'extrait de fenne un grain & les trois quarts d'un grain. Deux ferupules des pilules contiennent de la mafle des pilules indiennes neuf grains & le tiers d"'n grain, de fcammonee rofate quatre grains & les deux tiers d'un grain , de la refine de jalap, des extraits de trochifques alhandal & d'ellebore noir de chacun trois grains & demi, d'extrait de fenne deux grains & le tiers d'un grain. Une dragme des pilules contient de la mafTe des pilules indiennes quatorze grains, de la fcammonee rofate fept grains, de la refine de jalap, des extraits de trochifques alhandal &c d'ellebore noir de chacun cinq grains 8c le quart d'un grain, d'extrait de fenne trois grains & demi, On ne peut preparcr les extraits qui entrent dans cette compofition , qu'on ne laifle echaper beaueoup de la fubflancela plus eflentielle desmixtes; c'eft pourquoy je rrouverois a propos d'employer au lieu de ces extraits , les drogues memes en fubftance dont lls fönt tirez; il fe rencontrera aflez de diflolvant dans Peftomach & dans lis inreftins, pour faire la feparation du pur d'avec l'impur de ces matieresj fans qu'il foit beibin d'aide. Le lapis lazuli, l'extrait d'hypericum, le faffran, l'epithyme , le fpicanard , les gyrofles 8c la confedion d'alkermes meparoiflent des ingrediens inutiles dans cette compofition; je voudrois les retrancher 8c mettre en leur place quelques dragmes de fei d'hypericum pour corriger les purgatifs: Voici donc comme je ferois d'avis qu'on reformat ces pilules. 3 on coulera la diflolurion. On difloudra de meine Ja gomme ammoniac dans environ trois onces de vinaigre fcillitic , on coulera la diffolution avec forte expreflion. On difloudra la myrrhe dans environ une once & demie d'eau de rhue diftillee. On melera ces trois diflblutions avec quatre onces de fuc de limons ou de citrons dansunmatras, on y ajoutera l'agaric trochifque apres l'avoir mis en poudre, ärro- fe d'eiu de canelle & reduit en confiftence de pulpe avec les fucs d'aehe, de fenouil, Sc d'afinthe, la rhubarbe pulverifee & incorporee en la meine confiftence avec les fucs de clücoree, de pimprcnelle Sc de fumeterre, le fäfFran, le coftus & le bois Vertus» Dofe. 35 e l'extrait d'aloes, une denn livre , He In reßne de fcammonee redw.te en poudre fubtde , trois onces; Et formellen une muffe de pilules. R E M. A K QJCJ E S. On c/ioi/na lesplantes en leur vigueur, on nettoyera les racines , onen feparera le cceur, 011 les coupcra par morceaux , on les mettra bouillir avec les ecorces con- caflees dans fix livres d'eau d'endive pendanc demi heure ; 011 ajoucera les herbes incißes, on continuera a faire bouillir le touc encore un quari d'heure, on coulcrä h decocftion, on y mettra tremper chaudement pendant vingt quarre heures, le ferne , l'anis Sc le fenouil concaflez , on fera enluite bouillir legerement l'infufion, Sc on la coulera avec expreffion , on laiffera rafloir la coiacurc, Sc l'ayant verfee par mclinacion, & paffee par un blanchet pour la purifier , on en fera eVaporer l'humi- dite dans un plat de terre verniflee jufqu'a confiftence de miel, on y melera alors l'extrait d'aloes & la refine de fcammonee fubrilement pulverifee pour faire une maffe qu'on gardera , & i'on en formera des pilules au beioin. Elles purgent les humeurs tartareufes 6c melancoliques , elles levent les obftruc- Vertus. tions de la ratte 6c de la matrice; la dofe en eil depuis demi tcrupuie , jufqu'a demi • Dofe. dragine. Les ingrediens purgatifs Sc eftentiels de cette compofition , fönt les extraits de pujg. d e j a fenne, d'aloes & la relines de fcammonee. copofidon. Demi fcrupule des pilules fplenetiques contient d'extrait d'aloes fix grains, de re- 3 g fine de fcammonee trois grains, Sc la fubftancc ou l'extrait de quatre grains d; fenne. Un fcrupule des pilules contient d'extrait d'aloes demi fcrupule, de refine de fcammonee fix grains, & la fubftancc ou l'extrait de huit grains de fenne. Demi dragme des pilules contient d'extrait d'aloes dix-huit grains, de refine de lcammonee neuf grains, Sc la fubftance ou l'extrait de demi fcrupule de fenne. ■ Cette defeription eft tiree de la Pharmacopee de Bruxelles ; j'y trouve plufieurs chofes ä reformer. Premierement la decoelion qu'on fait des racines , des ecorces 5c des feuilles fplenetiques, Sc dans laquelle on met infufer le fenne erant deja empreinte de fub- ftances , n'eft guere en etat de recevoir celle de ce purgatif, qui eft la principalc : car les pores del'eau etant remplis, il n'y peut plus rien entrer; je trouve donc qu'il vaudroit beaueoup mieux employer des eaux diftillees fplenetiques, au lieu de la decotftion, pour mettre infufer le fenne , afin que ces eaux qui tont claires comme de l'eau commune , puiffent fe charger dans tous leurs pores , de fa fubftance. En fecond lieu , l'anis & le fenouil qu'on donne au fenne pour correftifs ne fer- vent a rien ; on doit mettre en leur place des fels de tamanfe & d'abfinthe 5 qui non-feulement empecheront que ce purgatif ne donne des trenchees: mais ds ren- dront la compofition plus aperitive , Sc plus propre pour lever le obftrucfcions de la ratte. En troifieme lieu , Ton ne peut preparer les extraits qu'on ne laifle perdre une bonne partie de la vertu du mixte, ainfi les drogues en fubftance feroient plus con- venables ky que leurs extraits; Voici comme je ferois d'avis qu'on refovmac ces pilules. fYyy 9i, 3 ß » 53S PHARMACOPE' E PUnks Splene'tiqucs refome'es. Vrenez. de laloes Juccotrin , trois onces , De la jcammonee, deux onces , Du fenne monde , une once , Des /eis de tamarifc & d'abfinde , de cbacun une dragme & denüe. Eaites-en une maße de ydules avec Jufifante quanute du fyropde fabor* La dofe en fern depuis un dtmt fcrupule jufqu'a deux* Hertas. Dole. 5 iß > Flinks fple'netiques J de Mynßcht. Vrenet, de lagmtme ammoniac tres-pure, une once , Du fiffran de Mars aperitif, & de Vextraitde racine de fougere, de cbacun demi once, Du tartre Vitriole & de l'ahes fuccotrtn , de cbacun deux dragmes , De la mynbe & du maflich , de cbacun une dragme f Des [eis d'ubfinthe , de fcolopendre & de petite centauree , de cbacun demi drtgme 3 De la femence de frefne & du faffran , de cbacun un fcrupule. Mctez, ces Ingrediens , & formez.-en une in äffe de pilules avecle fuc de futneterre epaifß: confervez. enfuite cette mafje dans unepeau imbibee d'huile de benjoin f afin que qnand onvouirA s'en fervir, ort en formera des pilules avec les doigts oingts d' huile de romaritt. R E M A R 0_ü E S. On pulverifera enfemble la gomme ammoniac, l'aloes, la myrrhe > le maflich , eTune autre part le taffran & la femence de frefne , d'une autre part on broyera le- Jaffran de Mars für le porphyre , d'une aurre part on tnettra en poudre les fels &c lc tartre. vitriole , on melera les poudres avec l'exrrait de racine de fougere , & ce qu'il faudra de fuc de fumeterre epailli en confiltence de miel für im petit feu , pour faire une malle qu'on envelopera dans une peau oince d'huile de benpin , pour en former des pilules au befoin avec les doigts imbus d'huile de romarin. Elles fonr propres pour lever les obftructions de la rarte, du foye, du mefentere, elles purgent par les urines, & legerement par les feiles ■, la dofe en eil depuis demi dragme jutqua deux dragmes. Il nenne dans cette compolidon qa'une drogue purgative, c'eftl'aloes: Le faf- fran de Mars eil une des plus effentieiies. Demi dragme des pilules fplenetiques, contient de fafFran de Mars aperitif cinq grains, d'aloes deux grains Sc demi. Deux fcrupules des pilules contiennent de fafFran de Mars aperitif fix grains , Sc . les cleux tiers d'un gram , d'aloes trois grains & le tiers d'un grain. Une dragme des pilules contient de fafFran de Mars aperitif dixgrains } d'aloes eicq grains. Quatre fcrupules des pilules contiennent de fafFran de Mars treize grains j & le tiers d'un grain , d'aloes fix grains & les deux tiers d'un grain. Une dragme Sc demie des pilules, contient de fafFran de Mars quinze grains , d'aloes fepr grains & demi. Deux dragmes des pilules contiennent de fafFran de Mars vingt grains , d':.loes dix grains.. L'excrait de la racine de jrougere fe prepare comme celui de rhubarb;, que j'ay plus I UNIVERSELLE. 559 decrit dans monlivre de Chymie : mais conime en le preparant on cn laifle echaper les parties les plus eilentielles , je lui prefererois la racine meme en fubftance iim- plement fechee Sc pulverifee. Le maftich n'cft point neceflaire ity. ll eil bon de fe promener quand on a pris de ces pilules, afin de faire defeendre us vice , le aiars 8c de l'exciter a penecrer les obftru&ions. PiUies uterines , de Mynßcht. prenez. de U majje de pilules alephangines de MynjFcbt, une once , Des fe'cules de brjone f une dragme , Du fei d'' etain, de U nacre de perles & du corail rouge prepare, de chaeun dem dragme. De l'extrait de caßoreum , da cd des pieds des chevaux , de chactm un fcrnpule De l'buüt d'angelique , un denn fcrnpule. Metex, ces Ingrediens , &faites-enune maffe dont vousformeret. des pilules avec de fhmle de fucem reäifiee , quel'on dorerafortement. REMARQUES. On broyera enfemble le corail, la nacre de perles, le calus qu'on cire dupied des chevaux , jufqu'a ce qu'ils foient en poudre impaloabie, on les meiert avec le fei d'etain , les fecules de bryone, l'exrrait de caftor , la maffe des pilules alephangines , 8c l'huile d'angelique pour faire une malle qu'on gardera, Sc l'on en formera des pilules au beibin, avec les doigts oinrs d'huile deluccin rettihee, on couvrira en- iuice ces pilules d'or en reuille. Eiles tont bonnes pour purger les humeurs groflieres qui le renconrrent dans Li matrice, elles excitent les mois auxfemmes; ladole en eft depuisdemi ferupule juiqu'a une dragme; ll n'entre de purgatif dans cetre compoiition, que la malfe des pilules alephangines. Un ferupule des pilules uterines contiene de la malle des pilules alephangines treize grains 8c demi. Demi dragme des pilules contient des pilules alephangines dix-neuf grains, & les rrois quars d'un grain. Deux fcrupules des pilules contiennent de la mafle des pilules alephangines vingt fepr grains. Une dragme des pilules contient de la mafle des pilules alephangines , trente- neuf grains 8c demi. On trouvera dans mon livre de Chymie les deferiptions des fels de corail 8c de J.ipiter. L'exrrait de caftor le tire par l'efprir de vin en la maniere ordinaire: mais comme en faifant cette prepararion, on laille dilliper la partie laplus volatile & la plus elfen- tiel du mixte , il vaut beaueoup mieux employer le caftor en fubftance qu'en ex- trait, 8c d'aurant plus que les prineipes de cette drogue fönt fort rarefiez 8c axaltez. L'elfence d'angelique fe fait comme l'eftence de canelle , dont on peut voir la Eflence defeription dans mon livre de Chymie; le lel d'etain , le corail & la nacre de perles etant des matieres aftringentes , elles ne peuvent etre convenables dans ces piiules purgatives. Il eft vray que les Aftrologues prerendent que l'etain eft propre pour les maladies de la matrice ; mais cette opimon n'a point de rondement veritable , 8c lexperience ne s'y rapporte point. Yyy ij Vertus. Dofc. Purg. de la copofiaon. 9i, 3 ß > 9ü, 3 1 ' Extrait de caltor. d'angeli- quet Venus. Doie. 54.0 PHARMACOPE* E Le calus qui fe trouve aux pieds des chevaux conrienr du fei volatil, comme les cornes , les ongles & les autresexcroiüances femblables; c'eft pourquoi eettedrogue ne peut etre qu'utile dans la compofkion oü l'on a befoin de remedes rarefians: je fciois d'avis qu'on rerormät ces pilules en la maniere fuivante. Pilules utermes reformees. Trenez. de U muffe des pilutes alephangtnes de Mynßcht reformees, une once , Desfecules de bryone , une dragme y Du caßoreJtm & du cd des pieds des chevaux f dechaeun un ferupule , De l'bade de fuccin, dix gouttes. Faites-en um maße de pilules avec le fjrop de fahr. La dofe fera depuis un ferupule jufqu* a une dragme. Vertu«. Dofe. Ptlules hyßeriques , de Scha-ffer. Trenex* de la poudre des efpeces d'htcre pure , demi once , Des extrans d'afarum f de gentiane, d'arifloloche , d'aunee , de myrrhe , de diftme blanc , de garence & du faffran , de ebaeun demi dragme. Faites-en une maße felon l'&rt. R E M A R Q_U E S. On pulverifera fubtilement le fafhan apres i'avoir fait lecher enrre deux papie.s ä une lente chaleur •, on le melera avec la poudre de hiere , les exeraits & ce qu'il faudra de fyrop d'armoife poiir faire une malle qu'on gardera, & l'on enformera des pilules au befoin. Eliesprovoquent les mois aux femmes, elles pouiTentl'arriere-faix, elles pur^ent la matrice de ces lrnpuretez; la doie en eil depuis un fempule jufqu a' quatre. II n'y a dans cecte compoficion que Li poudre de liiere de purgarive & eiTentielle, encore pourroit-on lui fubftituer pour le mieux, l'aloes fuecoerm; les autre drogues n'y fervent de rien. Je rrouve donc cette deferipnon de pilules fort inurile ; on peuc fe fervir a la place de l'extrair. d'aloes, ou meine de l'aloes luccotrin reduit en pilules ; ll produira luy feul un meilleur effet pour les maladies aufquelles on deftinoit ces pilules, que ce grand melange de drogues ne pourroit faire. Pilules de Caßorcum y d'A-jicenne. Freuet, de lafemence Sache & d'anet, & des perles preparees t de chaeun demionce, Du caßoieum, des racutes de doronique & de z.edaaire , & de la mix mufeade , dg ebaeun trois dragmes , De la femence de jujquiame , neuf grains. Faites-en une maße de pilules avec Teau d'armoife. R E M A R QJCJ E S. On pulverifera enfemble les racines, les femences , le caffor & la mufeade ; on melera la poudre avec Jes perles preparees , & l'on corponriera le melange avec l'eau d'armoite pour faire une malle qu'on gardera, Sc l'on en formera des pilules au befoin. Elles fönt propres pour les douleurs de matrice, pour diffiper les vents , pour provoquer les menftrües j la dofe en eil depuis un ferupule jufqu a quatre. UNIVERSELLE. 541 Les perles qui fönt aftringentes, & la graine de jufquiame, qui efl: condenfante , fönt des drogues de qualite contraire a l'intention qu'on doit avoir en donnant ces pikües, de defobftmer les petits vaifleaux de lamatnce ; je ferois donc d'avis qu'on lesretranchac de la compohtion , & quala place l'on augmcntät ladofe du caitor ; car puifqu'il donne le nom aux pilules , il doit y dominer. L'eau d'armoile n'eft pas propre pour bien malaxer des pilules , eile ne lie pas bien les particules de la poudre , & la malle fe defleche en peu de temps; il vaut mieux faire cette corporification avec le fyrop d'artnoife. Je ferois d'avis qu'on ajoücät dans cette defcnption deux dragmes de iel d'armoife , & qu'on la rcformät en la maniere fuivante. Pilules de Ca.Horeum reforme'es, Vrenez, du cafloreum t une once & demie , Des femences d'ache & d'anet, de cbacunes demi once , De la naix mufca.de & des racmes de doronique & de z.edoaire, de cbacunes tro'15 dragm. Du fei d'armoife , deux dragmes. Eaites- en une majfe de pilules felon l'art avec le fyrop d'armoife, La dofe fera deputs un demi fcrupule juftjua une dragme. J ilules diuretiques & byfleriqucs, de Cofte'ßus. Vrenez. du fuc d'abßntbe epaiffi , deux onces, Des trocbifques de rlmbarbe , une once , Du fpica.na.rd & du Jone odorant, de ebaeun demi once , Des femences d'ache & de perßl, de ebaeun deux dragmes & deux ferupule s. Faites-en une majfe de pilules felon l'art , avec le fyrop d'endtve. R I M A R Q^V E S. On pulverifera enfemble les femences, le lpicanard, le fchaenante & les trochif- ques de thubarbe, on incorporera la poudre avec le fuc d'ablmthe epaiffi für un pe- tit feu en confiftence d'extrait, & ce qu'il faudra de fyrop d'endive pour faire une malfe qu'on gardera, £c l'on en forrnera des pilules au befoin. Elles fönt propres pour lever les obftructions , elles excitent les mois aux fem- Verms. mes 3 la dofe en eft depuis un ferupule jufqu'a une dragme. Dole. Pilules de [ahme , de Mynficht, Vrenez, du fei de fabine , deuxparties, De l'butle dißtlle'e de la meme plante , une fois moins. Vun & l autre melez, dans un vaiffeau qui fera feelle hermeüquemcnt , feront ex- pofez. au feu philofopbi^ue jufqu'a ce qu'ils foient devenus durs commc pierre: Apres cela , prenez, du borax de Veritfe , trois onces , De la maffe de pilules alepbangines de Mynßcbt, une once & demie , De cette pierre preparee , une mee , De iextrait des efpeces dialauri, de Mynßcbt 5 Desfleurs de petite centauree & de UJahne ,de ebaeun de „u dragme , Du fäff ran Oriental, un ferupule. Melez, le tout& formez.-en une maffe avec l'buile de bayes de genievre : les pilules feront farmees en parüculier avec les hutles de canelle & de macis. R E M A R Q^U E S On mettradans un matras deux parties de lel de fabine , Sc une partie d'elTence de fabine, onbouchera le vaiffeau hermetiquement, & l'on mettra la mauere ea Yyy iij 542 PHARMAGOPE'E digeflion für un petitfeu roujours egal, comme un feu de lampe, jufqu'a cc que le iel & l'eflence s'etant unis exattement, fe foient petrifiez enfemble, on caflera alors le matras pour avoir cette mariere > on en prendra une once qu'on pulverifera avec le borax, d'une autre paart on mettra en poudre enfemble le laftran, les fleurs de pecice centauree & la fabine , on melera ces poudres avec i'extrait des efpeces diakuri ; la mafle des pilales alephangines Sc ce qu'il faudra d'huile de genievre dilti llee pour faire une malle qu'on gardera, & Ton en formera des pilules au beloin avec les doigrs imbus d'huile de canelle & de macis. Vertus. Elles fonc propres pour exciter les mois aux femmes, pour abattre les vapeurs hyf- Dofe. teriques, elles purgent la matrice de fon fang groflier Sc riiumeur melancolique , par le venire Sc par les urines •, la dole en elt depuis demi fcrupule jufqu'a un dragme. La digeflion qu'on fait du fei Sc de l'huile de fabine eft en intendon de rendre ces deux fubltances plus ouvertes & plus exaltees •, mais comme elles le fönt fuffi- famment d'elles memes, je tiens cetre Operation affez inutile ; il fuffiroit de faire entrer dans la compofirion de ces pilules du fei & de l'eflence de fabine, en des pro- portions convenables ä celles que demande l'Auteur. Je trouve qu'on fait entrer trop peu de feuilles de fabine dans cette defcription, je voudrois en augmenter la quantite Sc retrancher I'extrait dialauri Sc les fleurs de petite centauree qui fervent icy de peu de chole. On fait entrer dans ces pilules du borax en grande quantite; il y a ä craindre que ce fei s'humec"tant ne tienne la mafle trop liquide fi l'on veut la garder. L'hmle de genievre nett gueres propre a corporirier des poudres en mafle, le fyrop d'armoile leroit plus convenable : voicy comme je ferois d'avis qu'on reformet cette defcription. Pilules de (abin? fefotme'es. Prenez. du borax de Venife & de la maffe des filules alephangines reformees t de Mynßcht , de cbacun une once & demie , Dts feuilles de fabine & du fei de fabine , de cbacun ßx dragmes , Des bajes de genievre & de l'ejfence de fabine, de chaeun trois dragmes , Dufajfran , un fcrupule. Taites-en une maffe de pilules avec ce qu'il faut de fyrop d'armoife; La dofe fera depuis un demi fcrupule jufqu'a, une demi dragme. Vertus. Pole. Pilules de prjpriete\ de Mynßehu prenez, de la maffe des pilules alephangines de Mynßcht , quatreonces , Du tarne vitrioU , une once , Da magijlere de foufre , une demi once , De I'extrait de bois d'aloes , une dragme. Melez, le taut & en fait es une maffe avec le vin de malvoiße , dont les pilules feront fermees avec l'huile de femence defenouil. R E M A R Q_U E S. On melera les drogues enfemble, Sc avec ce qu'il faudra de malvoifle , on fera une mafle dont on formera des pilules au befoin avec les doigrs oingts d'eflencc de fenouil. Elles purgent la tete, l'eitomach, 'a poitrine , & ks hypocondres de leurs hu- meurs craifes•, on s'enfertpourlepilepfie , pour l'apoplexie, pour l'afthme, peur* lever les obftru&ions, pour exciter les mois aux femmes, la dofe en eft depuis u« fcrupule jufqu'a une dragme. UNIVERSELLE. 54; On trouvera dans mon Traite de Chymie les defcriptions du tartix Vitriole & du magifterede fbulfre, pour l'extrait de bois d'aloes onpeilt le tirer par l'dprit de vin, mais en faifant evaporcr Li rcinture pour la reduire en coniiftence, on lailfe echapcr la partie la plus fpirirueufe ou la plus vol.itile du bois qui eft la mcillcarc Sc la pluy eflcnrielle 5 ainfi il vaudroit mieux fe fervir du bois d'aloes fimplcment pulvenfe , quedel'extrait, mais Tun & lautre fönt inutiles dans cespilules, aufli bien quele magiftere de foulfre, car leurs vertus y fönt confondues avec celle des purgatifs, mais on en pourroit faire prendre feparernent aux jours qu on n'a point 6:6 pur^c , & a/ors ils produiroient leurs efFers : Voici donc comme je voudrois reformer cecre compofuion.. Pilules de Tropriete reformees. Prencz. de la muffe des pilules tief hangine s reformees de Mytificht , quatre onces, Du tartre Vitriole , une once, Meiez, le tout & enfaitesune maße de pilules avec l'e'lixir de propriete. La dofe fera depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Pilules an;i-hypochjndiaq:ies , de Zvvdfer. Prenez, de h racine d'ellchre mir , une once & demte , Des /einlies recentes de la meme plante , deux onces , Des bermodacles & des rofes rouges , de cbacun demi once, Du faffran t deux dragme 1. I aites boüdlir ces Ingrediens a plußeurs fois dans teau commune , jufqu'a ce que Vous en aycz* tire taute la vertu , puis coulez. la decoction & la clarißez,, apres quoi VMS y diffoudrez, de labes fuccotrm, demi Lvre. Vous coulerez. enfuite cette dtffolution, puis vous Uferet* evapor er für unpetitfeu en conßflence de miel: apres cela vous y ajcuteret. de la gomme ammomac & du fuccm prepare , de cbacun denn once , Du fei armoniac fubl.me avec le mars , & du Vitriol de mars , de cbacun trois dragmes.- Du mafiich t de la myrrhc & de l'olibau , de cbacun deux dragmes Taites-en une muffe de pilules qui fera aromatifee avec les bu'tles difltllees du maßkh, du fuccin & du macis , de cbacun demi dragme. R E M A R (Z_U E S. On incifera les feniiües & les racines, on les concaffera Sc Ion en fera une de- eocHon avec une quantite fuffiiante d'eau commune; on ajoiircra für Ja fin les rofes rouges & le fafFran ; on coulerala dccodlion avec expreffion, on merrra encore bouil- lir le marc exprime dans de nouvelle eau pour ache ver den extraite la fubftance 3 on coulera la dececlion , on la mclera avec lautre, on laiflera repofer la liqueur, on la paflera par un blanchet, Sc l'on y diffoudra l'aloes, on metrra la diffblunon dans un plat de terre vcrmiie, & par un petit feu l'on en fera confumer l'humidite jufqu'a. confiftence de miel, puis on y ajoutera la gomme ammoniac , le fuccin , les fteurs. de fei armoniac fublimees avec le mars, le vitriol de mars, lc maftich , l'oliban &£■ h myrrhc fubtilement pulverifez ; pour faire une maiTe qu'on aromatifera avec les. huiles diftillecs de maftich, de fucciu 6c de macis- Vertu». Doie. Purp; de Ia cfpofition. 9«, 91: 5ß 9n 544 PHARMACOPE* E Eiles purgenc vigoureufement, on s'en fert dans la melancolie hypocondriaque , dans l'apoplexie , dans la paralifie , dans la lethargie : La dofe en eft depuis demi fcrupulc jufqu'a une dragme. Les Ingrediens purgatifs & les plus eflentiels de cette compofition fönt l'elleborc • ijüit, les hermoda&es & l'aoes Demi lerupule des pilules antihypocondriaques, contient d'extrait d'aloes neuf grains , Sc la fubftance ou i'extrait de fix grains Sc les trois quarts d'un grain d'ellebore noir. Un fcrupule des pilules contient d'extrait d'aloes dix-huit grains , Sc la fubftance ou I'extrait de treize grains Sc demi d'ellebore noir. Demi dragme des pilules contient d'extrait d'aloes vingt-fept grains, Sc la fubftance ou I'extrait de vin^t-un grains d'ellebore. Deux fcrupules des pilules coiitiennent d'extrait d'aloes demi dragme , Sc la fubftance ou I'extrait de vingt-fept grains d'ellebore. Une dragme des pilules contient d'extrait d'aloes deux fcrupules Sc fix grains d'extrait d'aloes t Sc la (ubftance ou I'extrait de quarante-deux grains d'ellebore. Le mot Anti fignific contre , ainfi I'on entend par Antibypocondriaca le remedes qui iont propres pour guerir l'efpece de melanchohe , qui eft dite prendre fon liege aux hypochondres; cette maladie eft caufee par des humeurs tartareufes ou grameres fixes, qui ayant fait des obftructions , renvoycnt des vapeurs acides dans le fang Sc au cerveau t qui en troublent en quelque maniere l'ceconomie f dereglant la circula- tion. L'ellebore entre les autres purgatifs a toujours ere eftime un des remedes les plus propres pour purger cette humeur tartarcufc, parce quetant un fort purgatif Sc con- tenant beaucoup de lel fixe , il peut diiloudre Sc emouvoir une humeur artachee Sc fjixee, C'eft un abus que de preparer l'exrrait de la plüpart des ingrediens qui entrent dans cette compoiition , comme le demande l'Auteur , il vaudroit beaucoup mieux fe feryir des drogues en fubftance fimplement pulyerifees, comme je Tay (ouvenc prouve ailleurs. On peur rerrancher de cette compofition plulieurs chofes inutiles; comme les ro- fes , le fafftan, le i uccin, le maftich, l'oliban , la myrrhe & les eflences: Mais on peut prendre de ces drogues feparces des purgatifs aux jours qui fuivront ceux de ia purgation, elles produiront alors un bon effet, car n'eranr point interrompues par Taction des purgatifs, elles feront en etat de fortifier le cerveau Sc reftomacn: Voi- ci comme je voudrois reformet' les pilules purgatives antihypocondriaques. Pilules anti-bypocbondriaques reforme'es. Freitet, de l'aloes fuccotrin, demi üvre , De Li racme d'ellebore noir } une once } Des hermodiifies, de lagomme armoniac pure , du fei armoniac fublime avec le Mars , gr du ritriol de Mars, de ebaeun trois dragmes , Melet. le tout, & en formet, une majfe de pilules avec le fyrop de noirprum; La dofe fera depuis un denn fcrupule jufi/u'a une demi dragme. On rrouvera dans rapn Li vre de Chymie ies deferiptions du vitriol de mars , Sc des fleurs de fei armoniac chaiibees. Pilules fabelliennes , de Mefue. Vrenei*. de /' Joes fuccotrin , dix dragmes y Du fpicanard, cinq dragmes, De t'agaric, de la rhitbarbe > de iepithjme , du coßus, du maflich , du cbamedns, De UNIVERSELLE. 545 & de l'amomum , de chacun trois dragmes, Du faffran , du fpicanard, de chacun deux dragmes, £>e la mjnhe, de lacanelle , du gjrefle ,& dttjonc odorant , de chacun une dragme, Faites-en une maße de pilules avec le vin rouge. R E M A R (£_U E S, On pu/verifera enfemble l'aloes , le maftich & la myrrhe ; dune aurre part011 mecrra en poudre enfemble toutes les autres drogues, 011 melera les poudres, Sc avec ce qu'il faudra de vin , on fera une maße qu'on gardera pour en former des piiules au befoin. Blies purgent par le ventrc, elles ievent les obftrudtions du foye, de l'eftomach, Vertus. de la ratce, on les donne pour l'hydropiiie -, la dofe en eil depuis demi dragme jut- Do ^ qua deux dragmes. Les Ingrediens purgatifs & effentiels qui entrcnt dans certe compofirion , fönt Purer, de la l'aloes , la rhubarbe Sc l'agaric. copofiüon. Demi dragme des pilules contiennenc d'aloes fuecotrin fix grains , de rhubarbe 3 ß, Sc d'agaric de .chacun un peu moins de deux grains. Deux fcrupules des pilules contiennenr d'aloes huit grains, de rhubaibc 8c da- 3 ii, ■garic de chacun deux grains Sc demi. Une dragme des pilules contient d'aloes demi ferupule, de rhubarbe Sc d'agaric ? i , de chacun un peu moins de quarre grains. Quarre fcrupules des pilules contiennenr d'aloes feize gfaifrS, de rhubarbe Sc 9 iv, d'agaric de chacun cinq grains. Une. dragme & dcmie des pilules contient d'aloes dix-huit grains, de rhubarbe 3 i & , Sc d'agaric de chacun cinq grains Sc demie. Deux dragmes des pilules contiennent d'aloes un ferupule, de rhubarbe Sc d'a- g ij » garic de chacun un peu moins de huir grains. Le nom de ces pilules eft celuy de leur Auteur : Mefue les a rapportees , elles contiennent plufieurs drogues inutiles, comme le fuica ou aipic , le ipicanard, l'c- pithyme , le coftus , le maftich , le chamedrys, l'amome , le larfran , la myrrhe, la canelle , les gyrofles 6c le fchamance : tous ces ingrediens ont leur vertu ; mais il faut les donner feparement des purgatifs fi Ton veut qu'ils op'ircnt, comme j'ay dit ailleurs en pareille occafion; je ferois donc d'avis de les retrancher de la compofirion , Sc de mettre en leur place quelques dragmes de fei vcgetal: Voicy comme je voudrois reformer ces pilules. Viluksfabelliennes , reforme:s> Trenez. de l'aloes fuecotrin, une ence & demie , De la rhubarbe & de l'agaric , de chacun demi ence , Du tartre foluble > trois dragmes. Puh'erijez, ces drogues, & les melez,, puis avec fuffifante quantite de fyrop de rofes folutif, faites-en une maße de pilules feien l'art. La dofe Jera d'un demi ferupule juf- yua une dragme. Pilules d'hermes , ou de trcchifqttes d'Mandd. Vrenet, des troebifques d'alhandal,une ence & demie a Du ladamm , une ence } f Zu Vertus. Dofe. Pura;. dela compofition. 9i, 3'dr Vertus. L'ole. Purg. de la ccpoßtion, 446 PHARMACOPE'E Des myrobolans citrtns indiques , embhqties , des femences defumeterre , de eufeute , de citrouille , des rofes rouges , des fu.es d'eupatoire & d'abßntbe , de chacun deux dragmes. Taites-en une muffe de pilules avec la cafe , les tamannds , & le fuc d'endive dans la quantite qu'il faut. R E M A R Q^JJ E S. On pulverifera enfcmble la rhubarbe, l'agaric , les myrobolans , les femences 5c les rofes •, d'une autre part on mettra en poudre le diagrede, on melera les poudres avec la hiere, les fucs d'abfinthe & d'aigremoine tirez par expreffion & epaiflis für le feu en confiftence de miel, Sc ce qu'il faudra d'un melange fait de miel, de pul- pes de cafle Sc de tamannds Sc de fuc d'endive , pour faire une mafle qu'on gardera Sc Ion en formera des pilules au beloin. L'Auteur recommande ces pilules pour les fievres bilieufes & pour les maladies caufees par une bile jaune & par une abondance de fang ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme Sc demie. Les drogues purgatives quientrent dans cette compofition fönt la hiere, la rhubarbe , l'agaric , le diagrede , Sc les myrobolans., Un fcrupule des pilules contient de hiere quatre grains & les deux tiers d'un grain, de rhubarbe trois grains Sc demi, d'agatic trochifque Sc de diagrede de chacun un grain Sc le tiers d'un grain, des myrobolans citrins, Indiens Sc emblics de chacun un grain , & le demi tiers d'un grain. Demi dragme des pilules contient de hiere Cept grains , de rhubarbe cinq grains & le quart d'un grain , d'agaric trochifque Sc de diagrede de chacun deux grains, des trois myrobolans de chacun un grain &c les trois quarts d'un grain. Deux fcrupules des pilules contiennent de hiere neuf grains & le tiers d'un grain, de rhubarbe fept grains, d'agaric & de diagrede de chacun deux grains & les deux tiers d'un grain, des myrobolans de chacun deux grains & le tiers d'un grain. Une dragme des pilules contient de hiere quatorze grains, de rhubarbe dix grains Sc demie, d'agaric Sc de diagrede de chacun quatre gtains, des trois mytobolans de chacun trois grains Sc demi. Z zzij 9i» 3 ß > 9", 3J> Vertus. Dofc. Pura; 5 ; > 548 PHARMACOPE'E Quatre ferupules des pilules conriennent de hiere dix-huit grains 8c les deux tiers d'un grain , de rhubarbe quatorze grains, d'agaric & de diagrede de chacun cinq grains Sc le tiers d'ungrains, des n:yrobo!ans de chacun quarre grains & demi. Une dragme Sc demie des pilules contienr de hiere vingc 8c un grains, dexhubar- be quinze grains Sc les trois quarts d'un grain, d'agaric Sc de diagrede de chacun itx grains, des trois myrcbolans de chacun cinq grains & le quart d'un grain. On pourroir retrancher de cetre compoiinon les femenccs, les roies 8c les fucs ,. 8c meccre en leur place deux dragmes de fei d'abiinthe pour corriger les purgatiis, empechant qu'iisn'exeitent destranchces: Voicidonccomrneje voudroisrerormer ces pilules. Pilules conire les fie'vres bilieufes , riforme'es, Prenez, de lhiere ptcre t une once , Des myroholans citnns t & de la rhubarbe , de chacun ßx dragmes • Du diagrede & de l'agaric, de chacun deux dragmes & demie , Du fei d'abßnthe , deux dragmes. Taites^-en une maße de pilules avecce qu'il faudra de lapulpe de caffe nouvelle. L# dofe fera depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Pilules diarhodon , de Mefue,. Prenez, de l'aloes fuccotrin , quinze dragme? , Des trochifques diarhodon , & des feinlies d'abßnthe fechcs , de chacun cinq dragmes 3 Desfleiirs de jonc odorant & du mafiieh t de chacun deux dragmes, Du fei gemme , une dragme. Baites-en uns maße de pilules avec fem de feuilles de citron. R E M A R Q^V E S. On pulvcrifera enfemble les feuilles d'abiinthe , le fchxnante & les trochifques diarhodon ; d'une autre part l'aloes Sc le maftich ; d'une autre part le fei gemme ; ori- melera ces poudres , & avec de l'eau de feuilles de citron diftillee on fera une mafle qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. Elles. purgent Sc elles fortifient enfuite l'eftomach, elles hätent la digefeion, elles chaflent la mauvaife odeur.de la bouche ; la dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a quarre. Il n'y a que l'aloes de purgarif &: d'eßentiel dans ces pilules, i'e reite y e/l inu- rile. Un fcrupule des pilules diarhodon contient d'aloes fuccotrin neuf grains & le tiers d'un grain. Demi dragme des pilules contient d'aloes quatorze grains. Deux ferupules des pilules conriennent d'aloes dix-huit grains 8c les deux tiers d'un grain. Une dragme des pilules conrient d'aloes vingt huir grains. Quatre ferupules des pilules conriennent d'aloes rrente fepr grains 8c le tiers d'un gram. Pilules contre les e'crouelks.- Prenez, du turhth ,/ept dragmes , De la farcocolk . demi once. UNIVERSELL 1, 549 Rr la pudre des efpeces d'hiere ßmple , trois dragmes, Des trochifques d'agaric , dcux dragmes & demie , Da fei aimmat, deux üragmes , Des trochifques d'alhandal, une dragme & demie ; De l'opepatiax & de la fcamonee , de chacun une dragme. jaites-en une maffe de pilules avec le fjrop de rofes folutif. R EM A R Q^U E S. On pülverifera enfcmble le türbith , l'agaric & les- trochifques alhandal ; d'imc aiitrepart onmettra en poudreenfemble la iarcocolle, l'opopanax & la fcammonee •, d'une autre part le fei armoniac , on melera les poudres avec celle de hiere , Ton corporifiera le melange avec ce qu'il faudra de fyirop de cofes pales pour faire une malte dont on formera des pilules au befoin. Elles purgent la pituite cralle , on les empioye pour les humeurs fcrophuleufes, pour les glandes du mefentere , pour les fchirrhes du foye ,pour les ecrouelles; la dofe en eft depuis un fcrupule jufquä une dragme. Les ingrediens purgatirs de cette c-ompofition fönt le rurbith, la poudre desef- peces de hiere, l'agaric , les trochifques alhandal & la fcammonee, Un fcrupuk des pilules contient de turbith cinq grains & les deux tiers d'un grain, de poudre des efpeces de hiere fimple deux grains & demi, d'agaric tro- dufque deux grains 8i le quart d'un grain, de trochifques alhandal deux grains, de fcammonee un grain. Demi dragme des pilules contient de turbith huit grains & demi, de poudre des efpeces de hiere trois grains & les trois quarts d'un grain , d'agaric trois grains 86 un quart & demi de grain, de trochifques alhandal trois grains , de fcammonee un grain & demi. Deux fcrupules des pilules contiennent de turbith onze grains &c le tiers d'un grain , de poudre des efpeces de hiere cinq grains, d'agaric quatre grains 5c demi, de trochifques alhandal quatre grains, de fcammonee deux grains.- Une dragme des pilules contient de turbith dix-fept grains , de poudre des efpeces de hiere fept grains & demi, d'agaric fix grains & demi, de trochifques alhandal fix grains, de fcammonee trois grains. La farcocolle qui eft une gomme condenfante & deficcative, meparoit mal con- venir a. la qualite de ces pilules qui doivent etrc purgatives & rarefiantes pour pou- voir penetrer Sc dilfoudre les humeurs grameres & vifqueufes dont iont rempUs les icrophules & les fchirrhes: je voudrois donc la retrancher de cette compofition. On pourroit fans fcrupule fubftituer l'aloes iuccotrin a la poudre de hiere iimple, car c'eft prefque la meme chofe: Voici donc comme je ferois d'avis qu'on reforraat ces pilules. Pilules contte les ecrouelles, reformet'?. Prcnex. du turbith , j?x dragmes , De Valoes fuccotrin , trois dragmes s t Des trochifques d'agaric , deux dragmes& demie , du fei armoniac , deux dragmes, Des trochifques d'alhandal, une dragme & demie , De la fcammonee & de l'opopanax, de chacun une dragme , Faites-en une maffe de pilules avec le fjrop de rofes foltttif. La dofe fers, d'un fcrupule jtifqu'a une dragme. Z z z. ii); Veitüs. Dofe. Purg.-deb, cepofition. ei, € M %-) <<Ö PHARMASOPE'E Vertas. Dofe. Furg- ie la cöpofition. 3 ß > Vertus Dofe. Purgatifs. 9 i> Pilules rofates , de Mynßcht. Trcnex. de la fcammonee preparee avec les rofes , «ne De s reßnes de jalap & de turbith t de chacune deux dragmes , Du tartre Vitriole, une dragme , Del'htäle de rofes diflillee , un demi ferupule ~ Metex, le totit, & enfaites une muffe de pilules avec l'efprit de rofes. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble la fcammonee Sc les refines, on melera la poudre avcc ie tarrre vitriole & l'effence de rofes, on corporifiera le melange avec ce qu'il fau- dra d'cfprit de rofes pour faire une maiTe qu'on gardera , Sc l'on en formera des pi- lules au befoin. Eiles purgenc puiffamment la bile , la pituite & les eaux j on peut s'en fervir pour l'hydropifie ; la dofe en eft depuis demi Fernpule jufqua demi dragme. Les ingrediens purgatifs de cette compofirion fonr la fcammonee rofate , les refines de jalap Sc de turbith. Demi ferupule des pilules rofates contient de fcammonee rofate quatre grains, de refines de jalap Sc de turbith de chaeun deux grains. Un ferupule des pilules rofates contient de fcammonee rofate huit grains , de re- finesde jalap Sc de turbith de chaeun quatre grains. Demi diagne des pilules contient de fcammonee rofate demi ferupule, de refines de jalap Sc de turbith de chaeun fix grains. On trouvera dans mon Livre de Chymie les deferiptions des refines , du tartre vitriole , de l'elTence & de l'efprit de roies. Il y a a craindre que l'efprit de rofes ne lie pas bien la maffe a caufe des refines qu'elle contient: il yau droit mieux fe fervir en cette occafion du fyrop de rofes palest Pilules martiales , ot* chdybe'es, Prenez, de l'aloes fuecotrin , une once , Du faffran de mars Aperitif, Jtx dragmes , De la fcammonee , & de la gomme ammoniac pure , de chacune demi once , Du, faffran, & du tartre vitriole, de chaeun une dragme & demie. Eaites-enune maffe de pilules avec l'oximel Jcillitique. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble Valoes, la fcammonee & la gomme ammoniac choifie en larmes nettes; d'une autre part le faffran ; d'une autre part on broyera rres-fubti- lement für le porphyre , le faffran de mars aperitif, on melera les poudres avec le tartre vitriole Sc Ton incorporera le tout avec ce qu'il faudra d'oximel firiilitic pour faire une mafle qu'on gardera Sc l'or/ en formera des pilules au befoin. Elles purgent en levant les obftruCtions, elles excitent lesmois aux femmes, on s'en fert pour les palesr-couleurs, pour la cachexie, pour ffiydrcpifie; la dofe en eft depuis un ferupule jufqu a une dragme. Les ingrediens purgarifs de cerre compofition fönt l'aloes Sc la fcammonee. Un ferupule des pilules martiales conrient d'aloes fix grains, de faffran de mars aperitif quatre grains Sc demi, de fcammonee trois grains. Demi dragme des pilules martiales contient d'aloes neuf grains, de faffran de mars aperitif fix grains Sc les trois qtiavts d'un grain, de fcammonee quatre grains Sc demi. UNIVERSELLE. 55 r Deux fcrupules des pilules contiennent d'aloes demi fcrupule, de faffran de mars a :: aperitif neufgrains, de fcammonee/Ix giaiiis*. y ' Une dragme des pilules contient d'aloes dix-huit grains, de faffran de mars ape- 2 : ritif treize grains & demi, de fcammonee neufgrains. ° » Si Ton veut reifentir une bonne Operation de ces pilules, il en faut prendre en pe- tite dofe pendant douze ou quinze matins confecutifs, Sc fe promener quelque temps apres, afin de donner lieu au mars & aux purgacifs de pouffer en bas & de lever les obftru&ions. Pilules de Rudius, .Prertez. de l'aloes fuecotrin , une once , De U pulpe de coloqutnte , fix dragmes, De Ugarie, de U fcammonee , de la racine d''ellebore noir } du turbith , & des efpeces diarhodon , de chaeun demi once. Concaßez, toutes ces dreguesgrojßerement, a l'exception des cfphces diarhodon , puls les expofet* au foleil dans un vaijfeau bien fermeavec fuffifante quanthede bonne eaii de vie , & cela pendant huit jours , en forte que la liqueur für nage de fix doigts : apris cela infufez. dans l'eau de vie les efpeces diarhodon de la mime maniere pendant quam jours : couleu enfuite l'infujion & l'exprimez. fortement, puis melez, les deux colatures enfemble que vous ferez., apres les feces otees, dißtller a petit feu dans un vaiffeau cou- vert d'un alembic de verre , jufqu'a ce qu'd ne refle au find de la cueurbite qu'uns mattere epaiffie en conßflence de miel t dont on formera une maße de pilules, R E M A R QJJ E S. On pulverifera groflierement l'aloes, la fcammonee, les racines, la coloquinre' mondee de fes pepins & ineifee menu & Fagaric, on metcra toutes ces dro<*uesdans un matras , on verfera deflüs de bonne eau de vie jufqu'a ce quelle furpafle la mauere de fix doigts •, on bouchera exaetement le vailfeau, & on le placera au foleil on atme chaleur artificielle approchante, pour y laiflk digerer l'infufion pendant hui? jours5 dune autre pari onmettra infufer de la meme maniere dans un autre matras les efpeces diarhodon pendant quarre jours : Enfuite l'on coulera les deux infufions expnmant fortement lemarc , on les melera enfemble, on fera diftilier la liqueur par un alembic de verre, a petic feu jufqu'a ce qu'il refte au fond de la cueurbite une matiere epaiffie en confiftence d'extrait qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. Elles purgent toutes les humeurs, on s'en fert pour la fievre quarte, pour la me- Vertu». lanchohe hypocondriaque, pour l'apoplexie, pour la letbargie ; la dofe en eft depuis. Daf&" demi fcrupule jufqu'a demi dragme. I! y aapparence que le nom de ces pilules eft celui de leur Auteur ■, j'en ay tire la defenption de la Pharmacopee de Londres ; leur compolition eft un extraitpur, mais elles n'en valenr pas mieux •, je les eftimerois davantage fi elles eroient compo- ßes avec les drogues en fubftance , parce qu'en faifint evaporer ks teintures o» laufe toujours cchaper une portion de la vertu purgative. Les efpece^ diarhodon fönt inutiles dans cette compolition ; elles y fonemifes pour fortifier l'eftomach Sc les autres vifeeres contrel'adion violente des purganfs, mais elles n'y peuvent produire aueun effet, parce que leur vertu eft abforbee & dc- truire par la fermentation qui arrive dans les humeurs au remps de la pnrgaticn y mais fi elles pouvoient agir comme on le pretend , elles empecheroienr en partie que les humeurs ne fuffent rendues fluides & qu'elles ne fuflent evacuees, ce qui ap- porterok unobftacle a l'rntention qu'on ade purger: je ferois donc d'ayis cju'on re- Vertus. Dofe. Purg dela 551 PHARMACOPFE tranchät de cette defcription les efpeces diarhodon, Sc qu'on aiit en place quelques dragnies de tartre foluble poiir corriger le turbith, en rarefiant fa partie vifqueufe qui peiit s'attacher aux membranes internes des vifceres & y exciter des tranchies: Voici donc comme je voudrois qu'on reformät ces pilules. Pilules de Rudius , refofm'es. Trenet, del'aloes fuccotrin , uue once , Des trochifques d'albandal, Jtx dragmes , De i'agaric, de la feammonee, de la racine d'cllehore tmr&du turbith, de chacun dem once, Du tartre foluble ? trois dragmes. Formez,-en des pilules avet le fyrop de noirprun. La dofe fera depuis un deini fem-. pule jufqu'a une demi dragme. Pilules d'epithymc. Prettez. du turbith ,ßx dragmes , De Vepithyme , du bdellium , de la pierre d'armenie , de la poudre des efpeces ib'itrt fimple , des trochifques d'alhandal & d'agaric , de cbxcttn deux dragmes. Faites-eu une maße de pilules avec le miel rofat, E E M A R QJU E S. .On pulverifera enfemble le turbith , l'epithyme & les trochifques; d'une aurre part on broyera für le porphyre la pierre d'armenie, on melera les poudres avec celle de liiere, & ce qu'üfaudra de miel rofat pour faire une malle qu'on gardera & Ton en formera des pilules au befoin. Elles purgcntl'humeur melancolique & la pituite, on s'en fert pour les maladies des jointures, car elles fönt aithritiques ,• la dole en eft deputs un ferupule jufqu'a une dragme. Les ingrediens purgatifs de cette comppficion fönt le turbith , lapoudre des efpe- copofition. . ces de liiere fimple, les trochifques alhandal, l'agaric &c la feammonee. _____ 3 i, Un ferupule des pilules d'epithyme epntient de turbith fix grains , de poudre des efpeces de hiere fimple, de trochifques alhandal & d'agaric de chacun deux grains, .de feammonee un grain. £ ß , Demi dragme des pilules contient de turbith neuf grains, de poudre des elpeces de liiere, de trochilques alhandal & d'agaric de chacun trois grains, de feammonee un grain & demi. 3 ü, Deux ferupules des pilules contiennent de turbith demi ferupule, de poudre des efpeces de hiere, de trochifques alhandal & d'agaric de chacun quatre.grains , de /cammonee deux grains. J i , Une dragme des pilules contient de turbith dix-huit grains, de poudre des efpeces de hiere, de trochifques alhandal & d'agaric de chacun fix grains, de feammonee trois grains. La pierre d'armenie eft inutile dans cette compofition , je voudrois Ten retran- cher & mettre en fa place quelques dragmes de tartre foluble pour fejrvir de cor- reclif aux purgatifs. On peut auffi fubftituer I'aloes a la poudre de liiere; Voici comme je ferois d'avis .qu'on reformät cette compofition. Pilules UNIVERSELLE. 555 Pilules d'e'pithyme , reforme'es. Trenet* du turbitb , ßx dragmes , De Vepitbjmt, du bdelimm , du meilleur aloes, des troebifques d'alhandal j & d'a- gttric , du tartre foluble , de ebaeun deux dragmes , De U feammonee, une dragme. Faites-en une maffe de pilules avec le miel rofat; U dofe fera depuis un demi-feru- pulejufqu'a une dragme. Pilules de Polypode. Prenez, du turbitb , fept dragmes, des troebifques d'albandal ,Jix dragmes , Du polypode de chefne } cinq dragmes, Des efpeces d'biere fimple , deux dragmes , Du diagrede , une dragme & demie , Duflcechits & de fepithyme , deebaeun demi-dragme. Faites-en une maße avec le fyrop de fleurs de peeber. REMARQUES. On pulverifera enfemblele turbich, le polypode, le ftoschas, lepithyme & leS trochifques, dune autrepart on meerraenpoudrelediagrede,on melera les pou- dres avec celle de hiere fimple,& l'on irxorporera le melange avec du fyrop de fleurs de pecher pour faire une malle qu'on gardera 8c l'on en formera des pilules au befoin. bllt purgent la pituite & la bile noue ou reeuire, on s'en fert pour les maladies du cerveau; la dofe.en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Les ingredrens purgaeifs de cetee compofition lont le turbith , les trochifques alhandal, les efpeces de hiere 8c le diagrede. Un fcrupule des pilules de polypode contient de turbith cinq grains &c les deux tiers dun grain , de trochifques alhandal quarre grains & les deux riers d'un grain, des efpeces de hiere fimple un grain & demi, de diagrede un grain. Demi dragme des pilules contient de turbith huit grains 9 ij 5*< 354 PHARMACOPE'E Vertus. Dofc Purg de la cäpofition. 3i> Laudanum dcMynfict. Pilules Anodines , de Mynficht. Trenex. de l'extrait de pilules aloephangines de Mynßcbt, Jtx dragmes , Du tartre Vitriole & du laudanum ou opiau de Mynficht, de chacunfix dragmes. laites-en une maße de pilules feien l'art avec la ctnfeäion alkermes. X E M A R Q^U E S. On melera le tarrre vitriole bien pul verife avec le laudanum, l'extrait des pilules aloephangines , Sc ce qu'il faudra de confedtion alkermes pour faire une malTe qu'on gardera, & Ton cn formera des pilules au befoiii. EUes purgenr doucement fahs violence , on s'en fert pour appaifer les grandes douleurs , en evacuant doucement l'humeur qui les cauie. La dofe en eft depuis demi fcrupule jufqua un fcrupule. La vertu purgative de cette compofition vient de l'extrait des pilules aloephangines. Demi fcrupule des pilules anodines contient de l'extrait des pilules aloephangines fixgrains, du laudanum d'A. Mynficht ttoisgrzins. Un fcrupule des pilules contient de l'extrait des pilules aloephangines demi fcrupule , du laudanum d'A. Mynfitht fix grains. On perd une grande partie dela qualite des pilules aloephangines en tirant leur extrait; il vaudroit beaucoup mieux le fervir de la mafle reformee. Le laudanum d'A Mynficht fe fait cn lamaniere fuivante. Prenez. de l'opium deux onces, du fuc de fleur de pavot rhxas epai0i en confi- ftence de miel une once, de la racine de cynogloffe, de la mumie, du ltorax , du fuc de reglilfe, du faffran, de chacun demi once ; tirez de la teinture de l'opium fe- parement avec du vinaigre diilille , ou avec du fuc de citron, Sc la teinture du reite des drogues avec de l'ciprit de vin, faites evaporer vos teintures enfemble apres les avoir coulees jutqu'a confiftence de miel par une chaleur tres-lente , ajoutez-y de l'extrait de bezoard oriental } du foufre anodin de vitiiol de chacun deux dragmes, des fels de perles Sc de corail rouge de chacun une dragme, de Pongle d'elnn hermetiquement calcine; de l'os de coeur de cerf, du fuccinblanc de chacun demi dragme, de l'ambre gris un fcrupule , du mufc demi fcrupule, de l'or potable d'A. Mynficht une. dragme & demie, des elfences de chamomille , d'orange, de gyroffc, d'abfinthe , de mufcade, d'aneth, de citron, d'anis , de chacun demi (crupule ; nie* lez bien le tout, Sc gardez le melange pour le befoin. Voila une longue Sc embaraffante preparation , ou l'on s'efforce de corriger la vertu fomnifere de l'opium par beaucoup d'efpeces d'mgrediens fulphureux Sc fa- lins •, mais l'opium n'a point befoinde corredtif, comme je Tai remarque dansmon Livre de chymie er. traitant du laudanum. Ces drogues affoibhlTent fi fort par leur quantite Sc par leur volume la quaiite de l'opium , qu'il ne s'en fait qu'un laudanum tres-foible. Je trouverois donc plus a propos qu'on fe contentät d'employer l'opium pur ou fon extrait tel que je Tai decrit dans mon Livre de Chymie , que le laudanum d'A. Mynficht : Voici comme je ferois d'avis qu'on reformät ces pilules. Pilules anodims r refotme'es. Prenet, de la maffe de pilules aloephangines , de Mynficht, reformees , une once ,. Du tartre Vitriole , deux dragmes & demie , 555 UNIVERSELLE, De l'extrait d'opium, une dragme. Melei. ces drogucs-, &faites-en une maße de pilules; la dofe feradepuis bttit grains jufqu'a une demi-drtgme. Le rartte vitriole peiit etre mele avec Ja mafle de pilules alocphangincs Sc l'extrait d'opium , fans qu'il loit befoin de liquefier le melange , Sc d'autant plus que *les fels s'hume&ent toujours aflez. Mais fi en pilant ces drogues cnfemble dans un mortier, on trouvoit de la difliculte a les incorporer par trop de iecherefle, on y ajouteroit un peu de fyrop de rofes päles. L'ilules de Rondelet. Frenez, des gommes adragantb & arabique , de chacune demi-once , De l'amidon , deux dragmes, De Vencens, dußj/rax, de la myrrbe , du fuc de reglijfe & de l'opium , de cbacun quatre fcrupules. laites-ett une map de pilules avec le vin cuit , et qu'il en faudra. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble dans un monier qu'on aura chauffe, les gommes adra- ganth 8c arabique "> d'un autre part on mettra en poudre enfemble la myrrhe, le fto- rax, i'encens, d'une autre part l'amidon : on mclera les poudres , on amolira enfemble l'opium §c le fuc de reglifle en les battant long-tems dans un mortier de bronze avec un peu de fapa, puis on y meiern les poudres, on continuera a battre la matiere en y ajoutant ce qu'il faudra de fapa pour faire une mafle bien liee qu'on gardera , Sc l'on en formera des pilules au beloin. Elles excitent le lommeil, elles arretent les cours de venrre, elies empechent les Vertus. fluxions für les jointuies, Sc elles fönt peclornles ; la dofe en eft depuis demi fern- R ,. pule jufqu'a. demi dragme. Demi ferupule des pilules de Rändelet contient d'opium les trois quarts d'un grain. 9 ß , Un ferupule des pilules contient d'opium un grain , & les deux tiers d'un grain. g i, Demi dragme des pilules contient d'opium deux grains & demi. -z ß , Le ftyrax } I'encens Sc la myrrhe fönt employez lei pour corriger par leur fub- flance faline Sc fulphureufe, la qualite narcotique de l'opium. Pilules de fix Ingrediens. Trenez. du fuc de regliffe & des penides, de ebaeun demi-once J Du ftyrax , de Vencens & de l'opium, de chaeun deux dragmes. Faites-en une maffe avec le fyrop de pas- d?ane. R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble le ftorax & I'encens; d'une autre part les penides, on liquefiera le fuc de reglifle & l'opium , les battant enfemble dans un mortier de bronze avec un peu de fyrop de pas-d ane, jufqu'a ce qu'ils foient en päte; l'on y melera alors les poudres , l'on continuera a battre long-tems le nielange en y ajoutant du meme fyrop pour en faire une mafle bien liee qu'on gardera , Sc l'on en formera des pilules au befoin. Elles arretent les fluxions qui pourroient tomber du cerveau für la poitrine, elles v atu5 , epaifliffent les ferofitez en les adoueiflant, elles excitent le fommeil, elles reme- A a a a i j Dofe. Poids. Veitus Dofe. Dofes des fo.nniferes g vnj, eß, ei, 555 PHARMACOPE' E dient a laphtifie •, la dofe en eft depais demi fcrupule jufqu'a un fcrupute. Demi fcrupule des pilules condent d'opium un grain , 8c le demi tiers d'un grain. Un fcrupule des pilules, condent d'opium deux grains, & le tiers d'un grain. Ces pilules ont beaucoup de rapport avec les precedentes. Pilules de cynogloße , de Mejue. Prenez. de la meilleure myrrbe , ßx dragmes , De la femence de jufquiame blaue & de l'opium, de cbacun demi-once , De l'oliban , cinq dragmes , De la racine de cynogloße , quatre dragmes &demie. Du faffran & du caßoreum , de cbacun une dragme & demie. Faites-en une majje avec le fyrop violat. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble le caftor , le faffran , la femence de jufquiame , la racine de cynoglofTe, d'une autreparton mettraen poadre enfemble la myirhe 8t l'encens , on liquefiera l'opium en le battant long-tems dans un mordet de bronze avec un peu de fyrop de violettes jufqu'a ce qu'il foit en päte liquide ; on y melera alors les poudres, on continuera de battre le melange , y ajoutant peu a peu ce qu'il faudra du meine fyrop pour Eure une mafTe folide dont on formera des pilules au befoin. Cette maße pete ordinairement quarre onces & trois dragmes. Elles fönt propres pour adoucir 8c pour epaifffr les humeurs fereufes & acres qul defcendent du cerveau , elles empechent les catharres, elles arretent le crachement de fang, 8c elles excitent le fommeil. La dofe en eft depuis huit grains jufqu'a un fcrupule. Les fommiferes de la compofidon, fönt fopium 8c la femence de jufquiame. Huit grains de pilules de cynoglofle, contiennent d'opium &c de femence de jufquiame , de chaeun un grain. Demi fcrupule des pilules condent d'opium 8c de femence de jufquiame, de chaeun un grain Sc demi. Seize grains de pilules contiennent d'opium &c de femence de jufquiame, de chaeun deux grains. Un fcrupule des pilules condent d'opium 8c de femence de jufquiame, de chaeun trois grains. Plulieurs ajoutenr dans la compofuion de ces pilules des gyrofles, de la canelle, & du ftorax ; mais ces Ingrediens etant fpiritueux 8c acres , doivenr diminuer la vertu des remedes incraflans 8c fomniferes, qui fonr ici les prineipaux. Pilules de florax y de Galien. Prenez, dußorax cahmite , neuf dragmes , De la myrrbe & de l'opium , de cbacun demi-once. Faites-en une maße de pilules avec le vm etat autant qu'tl en faut. REMARQUES. On pulverifera enfemble le ftorax 8c la myrrbe, on liquefiera l'opium en le battant long-tems dans un mordet de bronze avec un peu de fapa jufqu'a. ce qu'il foit UNIVERSELLE. 5.5? en päte liquide, on y melera alors les poudres Sc ce qu'il faudra de fapa ponr faire une maiTe qu'on gardera, Sc Fori en fbrrriera des pilules au befoin. Ellescalmentla toux, elles appaifenc les douleurs Sc elles excitent le fommeil; la dofe en eft depuis fix grains jufqu a dix-huit. Six grains de pilules de ftorax contiennent d'opium un grain. Demi ferupule des pilules contienr d'opium deux grains. Dix-huit grains des pilules contiennent d'opium trois grains. Pilules hypnotiques. Frenez. du laudanum , une once , , Du fiffran , de Li poudre de diamargaritum frigidum , & des efpeees de U conjecllon d'byacmtbe , de cbacun dtux dragme s , Du fttCCtn & du cor All rouge preparez. , de cbacun une dragme. Iaitcs-en me majfe de pilules avec le fyrop de nenuphar. R E M A R O^U E S, On pulverifera le fafffan apres l'avoir fair fefcher par une lente chileur enrre deux papiers, on melera la poudre avec celle des efpeees de diamargaritum Sc de con- fecLion d'hyacinthe, le fuccih Sc le cörai! prcparez, on corponfiera le melange avec le laucianum Sc ce qu'il faudra de fyrop de .tenupharpour faire une malle qu'on gardera , & Ton en rormera des pilules au befoin. blies excitent le fommeil Sc h fueur, elles arretent le cours de ventre 5c les he- morragies. La dofe en eft depuis trois grains jufqu a huit grains. Trois grains de ces pilules contiennent de laudanuril un grain Sc le quart d'un grain. Six grains des pilules contiennent deux grains Sc demi. Neuf grains des pilules contiennent trois grains Sc les trois quarts d'un grain. Pilules narcotiques , de Platcrus* Trenez. du fucre cand't , une once , De la canelle , deux dragmes, Du poivre & du laudanum, de cbacun une dragme j De U lerne nee de coriandre, deux ferupules > Du Jaffran , une demi-dragme , Du mujc , un demi ferupule. Faites-en une majfe avec le fyrop de pavotlhinc. R E M A R OJU E f. On pulverifera enfemble la coriandre , le laffran , le poivre Sc la canelle ; d'un£ autre part le fucre candi Sc le mufc •, on melera les poudres avec le laudanum & ce qu'il faudra de fyrop de pavot pour faire une nuffe qu'on gardera, & l'on en for- mera des pilules au befoin. Elles appaifent les douleurs, elles excitent le fommeil & ia fueur. La dofe en eft depuis demi fcrupuJe jufqu a demie dragme. Demiicrupule des pilules narcotiques contient de laudanum les trois quarts d'un grain. Un ferupule des pilules narcotiques contient de laudanum un grain & demi. Demi dragme des pilules contient de laudanum deux grains Sc le quart d'un grain. Ces pilules ne doivent point etre donnees aus femmes > de peur qu'ellcs ne leur excitent des vapeurs a caule du raufe qui y eft mele. A a a a iij Vertus. Dofe. gvi» 9«> g x vüj 3 Vertut» Dofe. g v j> Vertus. Dofe. es, 3»» Vertus. Dofe. DoPes cic l'extrait d'opium. vn; : Vertus. Dofe. gvi, gix, gxv, 6 6, S xvii J, SjS P H ARMACOPE* E THules narcotiques , äfc Mynßcht. Preneic de l'extrait d'opium , fix dragmes , De la poudre desefpcces de diambra , dcux dragmes , Du fei de perles & de coraux i de chacun une dragme , De l'extrait de fleurs depavotchampitre & du [offtan oriental, de chacun deux fcru- pules, De Li pierre de bez.oard oriental & de l'os de cceur de cerf } de chacun un fcrupule , Du mu/c , dix grains , Des huilcs de gjrofles, de canelle , de marjolaine, de fuccin blanc & de carvi, de cha- cune hm goutes. Melez. le tout, & faites-en une maffe de pilules avec la confeäion alkermes. R E M A R Q^U E S. On pulverifera feparement l'os de cceur de cerf, le iafFran , la pierre de bezoard, le mute Sc les fels; on melera les poudi.es avec celles de diambra, on corpoti fiera le melange avec les extraks , les huiles Sc ce qu'il faudra de confecÜon alkermes pour taire une maffe qu'on gardera , Sc l'on en formera des pilules au befoin. Elles fönt fomniferes, cordiales, fudorifiques; elies calment les douleurs, eil es fortiiient le cerveau. La dofe en eft depuis deux grains julqu a demi fcrupule. On trouvera dans mon Livre de Chymie la maniere de preparer le laudanum ou extraii d'opium Sc les fels de corail Sc de perles. Pour les eilences elles fe fönt cora- me celle de la canelle. ll n'y a d'effentiel dans cette compofition de pilules } que l'extrait d'opium , les autres drogues ne lui fervent que de core&if. Quarre grains de ces pilules contiennent d'extrait d'opium un grain Sc demi. Huit grains des pilules contiennent trois grains d'exrrait d'opium. Pilules de Scribonius. Prenez. de l'opium , du cardamome & du caßoreum , de chacun demi-once , Du fagapenum & de Umyrrhe, de chacun deux dragmes , Dupoivre blanc, demi-dragme, Eaites-en une maffe de pilules avec le vin cuit- R E MARQUES. On pulve&ifera enfemble le cardomome Sc le poivre blanc ; d'une autre part la myrrhe Sc le caftot •, on liquefiera enfemble l'opium Sc le fagapenum , les oatrant dans un mortier de bronze avec un peu de fapa jufqu a ce qu'il foit en pate liquide ; on y melera les autres poudres 8c ce qu'il faudra encore de fapa pour faire une maffe qu'on gardera , Sc l'on en formera des pilules au befoin. Elles fönt propres pour exciter le fommeil, pour abattre les vapeurs; la dofe ea eft depuis trois grains jufqu'a dix-hnit. Six grains des pilules de Scribonius contiennent d'opium un grain. Neuf grains des pilules contiennent d'opium un grain & demi. Quinze grains des pilules contiennent d'opium deux grains Sc demi. Demi fcrupule des pilules contieut d'opium deux grains. Dix-huit grains des pilules contiennent d'opium trois grains. Pilules Magißrales d'opium. Prentu de l'opium , du faffran ,& de la caßeodorante, de cbacun demi-once Eaites-en une maffe de pilules avec le vin. gVlf 6«, UNIVERSELLE. 559 , R E M A R Q_V E S. On pulverifera chacun feparcment le caffia lignea & le faffran : On amolira I o- pium en le battanr long-cemps dans un morrier de bronze avec un peu de vin , on y melera les poudres & l'on en fera une mafie qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. Elles appaifent la roux , elles epaiffiffenr 8c adoueiifent les ferofitez rrop acres Vertns. qui defeendenr du cerveau, elles calmenr les douleurs ; h dofe en eft depuis deux Dofe. grains jufqu'a douze. Dofes de Six grains des pilules d'opium magiftrales conriennent d'opium un grain 8c le ^°Pi Ui1 ?* quarr d'un grain. Demi ferupüle des pilules conrienr d'opium deux grains 8c demi. II n'y a que l'opium d'effentiel dans ces pilules, le refte y a ete mis pour correc- tif; mais l'opium n'en a pas befoin. Je rrouve donc cerre compofition bien inurile, lc laudanum vaur mieux. Pilules harmoniques, de Gdien. Trend, de la femence de jufquiame , de l/t myrrhe , & de Popium, de chacun demionce, Du fiyrax , ducaßoreum , du poivre wir & du cardamome , de chacun trois dragmes. laites-en une maffe de pilules avec ce quü faut de vin cuit. R E M A R g_U E S. On pulverifera enfemble le cardomome, le poivre, le caftor, & la femence de jufquiame , d'une autre parr le ftorax & la myrrhe. On baerra long-remps dans un morrier de bronze l'opium avec un peu de fapa pour en faire une pä;e; on y melera les poudres, 8c avec ce qu'il faudra de fapa i'on fera une maffe qu'on gardera pour en Former des pilules au befoin. Elles fonr propres pour empecher les flixions qui defeendenr du cerveau für la poirrine, elles excitenr le fommeil 8c la fueur, eiles abacrent les vapeurs, la dofe en eft depuis quarre grains jufqu a dix-huir. Les ingrediensnarcoriqu.es de cette compofirion fönt l'opium & la femence de jufquiame. Huir grains des pilules harmoniques conriennent d'opium 8c de femence de jufquiame de chacun un grain. Demi icrupule des puules conrienr d'opium & de femence de jufquiame de chacun un grain 8c demi. Seize grains des pilules conriennent d'opium & de femence de jufquiame de chacun deux grains. Un ferupule des pilules contient d'opium 8c de femence de jufquiame de cha- o : eun rrois eräios« Ces pilules ont beaueoup de rapport avec celles de CynoglofTe. Pilules contre la. toux. Vrtne-L Au fuc de retfiffe & de l'encem, de chacun demi-once , De la myrrhe , du faff'an & de ropium , de chacun quatre ferupults. Itutes-en me majje de pilules avec le fyrop de pavot rbxas* Venus. Dofc. Do r e des narcori- cjues. g vüj» 9«, gr. xvi. Uli •Vertus. Dofe. gr. xviij 5«» Vertus. Dofc. 5 d'une autre part le fang-dragon & le maftich , d'une autre part le bol •, on melera les poudresavec le corail prepare , & ce qu'il faildra de lue d'equifetum pour faire une mafle qu'on gardera, & l'on en formera des pilules au befoin. Elles fönt employees pour les maladies des reins & pour les ulceres de la veffie : La dofe en eft depuis demi dragme jufqua une dragme & demie. Quoique l'Auteur de ces pilules leur attribue la vertu de deterger , je trouve qu'il n'y a guere employe de remedes deterfifs , elles peuyent plütot etre dttes aftringentes. Pilules pour Artetet h Gonorrhe'e. Frenex, des rdeines de bißorte , de tormentille , de nenupbar , des bayes de Uerre, des femences de laitue , de rbue , d'agnus-caßus , du Juccin , du fang de baue , du maßtcb 0 de l'ohban , du fang-dragon & de la noix mufeade , de ebaeun demi once. Faites-en une maße avec la terebentbine de Venife. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble les racines, les bayes, les femences, le fuccin & U mufeade , d'une autre part le fang-dragon, le maftich & l'oliban , d'une autre part le fang de bouc prepare; on melera les poudres , & avec ce qu'il faudra de tereben- tme de Venife , on fera une mafle dont on formera des pilules au befoin. Elles fönt aftringentes & propres pour arreter les gonorrhees, les cours de ven- Vertus; tre , les hemorrhagies: La dofe en eft depuis im ferupule jufqu'a une dragme. Hole. On trouve beaueoup de deferiptions de pilules aftringentes dans les difpenfaires, car chaque Aureur a donne la fienne qu'il a inventee ou qu'il aprife de quelque Me- decin praticien. J'ay rire celle-ci de la Pharmacopee royale , eile ne peut pas man- quer de produire de bons effets, car les ingrediens qui y entrent fönt bien appro- priez & convenables pour les maladies aufquelles ces pilules fönt employees •, mais comme chaeun a fes experiences, j'ai trouve que les pilules fuivantes m'ont mieux reuffi qu'aucunes autres. Autres Pilules contfe la gonorrhe'e. Frenez. du diapboretique mineral, dela terre ßgtllee , du fuccin ", du fang-dragon j du corail prfyare, de l'extrait de Mars aßringent , de chaeun demi once , Bbbbij L ' Vertus. Dofe. Dofe des Cinabres. 9i> 5«?4 P H A R M A C O P £' E De.* ro/f* m/g« , d« Ve'corce de gfenade , du maßich } de la grame de taüclrum, dt chaeun trots dragmes s Du ftl dt faturne , quatre dragmes , de l'spium , m ferupule. Taites-en une maße de pilules avec la terebenthine, dem't once. la dofe fera depuis un ferupule jufqu'a une dragme* R £ M A R £_U E S. Ces derniercs pilules ab'foTbent par les alkali qu elles contiennent l'humidite vif- queute & falee qui rombe für les vaiffeaux fpermatiques, elles reflerent leurs fibres par leur vertu aftringente , & elles calment le rrop grand mouvement des efprits qui iont determinez a y tomber en abondance. La quantite de l'opium qui entre dans cettz compofition eft fi petite , qu'on ne s'appercoit pas quelle excite fe fommeil. On prend de cespilules une ou deux fc'S le jour , & Ton en cenrinuc l'ufage plulieurs jours de fuite , faifant d'ailleurs des itfjeifHons ailringenres dans la verge jufqu a ce que la chaudepifTe foir arretee. Je fais cuire a demi la terebenthine, afin de la priver de fa vertu la plus aperi- t\ve qui confüte dans un Tel effentielou volatil, & afin de la rendre plus propre a epaiiur la mauere qui coule. Commc.il eft bien diffidie d'arrerercertames chaudepifles inveterees, Sc princi- palement lorfque les vaifleaux fpermatiques ont cte long-tems debilitez par des debaudb.es , ou pour avoir couru la pofte, ü eft befoin non-feulement de s'obftiner a faire prendre tous les ipurs au malade une prife ou deux de ces pilules, mais il faut iaire rous les autres remedes qui peuvent contribuer a fa guerifon , corame les in- jeebions dans la verge , les fomentations aftringentes & fortifiantes für le petßiee , les tizanes delicatives, la teinture de rofe. On ne doit poinr ufer d'auouns afti'ingents dans la curation des chaudepifles qu'on n'ait auparavant fait les remedes generaux, propres pour faire ecouler fuffifammenr la matiere virulente ; car une gonorrhee arretee trop tot & a contre-tems dpnnc la veröle. Pilules contfe U gonorrhee virulente. Prenez. de l'antmoine dtaphoretique , du ernähre naturel & de rantimoine , de la ttrre ßgülie , de la raune d'iris de Florerice , de la reglijfc , du fucem bUni prepare, da yeux d'ecrev'tffe preparez, , de chaeun denn once , De la mjrrhe cboijie , de l'ehban , du maßich &du faffran , de chaeun deux dragmes, laites-en une maffe de pilulei avec la terebenthine de Veriife« R E M Ä R QJJ E S. On pulverifera enfemble le faffran, l'iris «Sc la regliiTe,d'une autre aast fa rhyrrhe, L'oliban Sc le maftich,d'une autre pari la terre iigillee & l'antimoiiiediaphoretique-, on broyera für le porphyre les cinabres pour les reduire en poudre impalpable , on melera les poudre>, &avec ce qu'il faudra de. terebenthine de Vemie., on fera une rna/Ic donton formera des pilules au befoin. Elles refferent & elles rarFermiilent les vaifleaux fpermatiques en cörrigeant te virus: La dofe en eft depuis un ferupule jufqu'.i deux. Un ferupule'des-pilules coutient des cinabres naturel & antimonial, de chaeun deux grains. ^ UNIVERSELLE. < fSf Demi dragme des pilules contient des cinabres , dechaeuntrois gi'ains. Deux ferupules des pilules contiennent des cinabres de chaeun quatre grains, J'ai tirc cettc defeription de la Pharmacopee royale. Pilules ßyptiques , de Mynßcht, Trenez. du fuc de rcgliffe , demi once , Des poudres de diaplant agims & dtamArüs, de chaeun trois dragmes ~ t Du laudanum , deux dragmes » Du Champignon de bouleau t du caille de lievre , & du campbre, de chaeun demi once, De U come du pied de cheval brulee ■> du Vernix , & de l'oliban ; de chaeun demi once , Falte s-en une majfe arec le fuc de grenddes , & formez,-en enfuite des pilules arec fbuile de noix mufeade & de gyrofies. B0E M A R Q^U E S. Ön pulverifera enfemble l'oliban Sc le Vernix ,■ d'une autre part le champignot» tire du bouleau, d'une aurre part le caille de lievre defleche & le camphre , d'une autre part l'ongle ou la corne de pied de cheval brulee ; on melera ces poudres avec ceiles diaplantaginis Sc diamartis: on fera difioudre für un petit feu le Luc de regliflc Sc le laudanum dans du fuc de grenade, on y melera les poudres pour faire du uout une mafie qu'on gardera, & lbn en formera des pilules au befoin avec les doigts oingrs d'huiles de mufeade Sc degyrofle. Eiles arretent les cours de ventre, les hemorrhagies., elles appaifent les douleurs Sc eiles excitent le fommeil: La doie en eft depuis demi ferupule jufqu'a. demi dragme. Demi ferupule des pilules ftiptiques contient de laudanum un grain Sc le demi tiers d'un grain. Un ferupule des pilules contient de laudanum deux grains Sc le tiers d'un grain. Demi dragme des pilules contient de laudanum" trois grains Sc demi. Tiltiles d'uphoretiques de Buchs, Prenez, du cryßal de tarne & du cinabre d'antimoine, de chaeun ßx dragmes" Dt la myrrhe & de l'aloes, de chaeun trois dragmes , Faites-euune maße de pilules avec l'huile de gayac, R E M A R OJJ ES. * On pulverifera enfemble le cinabre d'antimoine & le cryftal de tartre, d'une autre part l'aloes Sc la myrrhe; on melera les poudres, & avec ce quil faudra d'huile de gayac on fera une maffe qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. Elles excitent la fueur , elles levent les obftructions , eiles purifient le fang , elles refiftent a la malignite des humeurs: La dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'a demi dragme. Demi icrupule des pilules diaphoretiques contient de'cinabre d'antimoine trois grains« Un ferupule des pilules contient de cinabre d'antimoine , fix grains. Demi dragme des pilules contient de cinabre d'antimoine neuf grains. Bbbb iij 5«, 9ü> Verriß. Dole. Dofes de l'opium. 9«, 5«, Venus. Dole. 9«, 9i, 3 ß » Vertus. Tofe. 5«. 3 »i Vertus. Pole. jStf PHARMACOPE'E Pilules fudortßques , afc le Mort, Trenez* de lagomme de gayac , une once , De l'exttait de contrayerva ,ßx dragmes , De U myrrhe t cinq dragmes & un jcrupule } Du fäff ran , de mi once , Du campbre t deux dragmes & deux fcrupules, Melez. le tout , & enfaites une majfe avec le fjrop d'ceillets, R E M A R Q_U E S. On pulverifer/a enfemble la gomme de gayac, la myrrhe & le camphre, d'iine aurre part le farrran ; on paelera les poudres avec le laudanum , l'extrait de contrayerva , & ce qu'il faudra de fyrop d'ceillets pour faire une maiTe qu'on gardera, & i'on en formera des pilules au befoin. Elles refirtent a la mahgnite des humeurs, eilet appaifent les douleurs , elles excitent le fommeil & la (ueur ; on s'en fert dans lesdievres malignes : La dofe en eil depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Un fcrupule des pilules fudonfiques contient de laudanum environ demi grain. Demi dragme des pilules contient de laudanum environ les trois quarts d'un grain. Deux fcrupules des pilules contiennent de laudanum environ un grain. Une dragme des pilules contient de laudanum environ un grain & demi. On ne peut pas faire l'extrait de contrayerva qu'on ne laufe echaper une parrie de fes principes les plus ellentiels ; ainii je trouverois plus ä propos qu'on le fervit ici de la racine de contrayerva en fubftance, eile aura plus de vertu quc J'extrait, Pilules Hyppoglotides ou fublingaales , d'Andemac. Frenez, de l'acacia , une demi once , De l'amidon , trois dragmes , Des rofes rouges , de l'eponge preparee f des meines de bißorte & d'epine blanche , de ebaeun deux dragmes, Du bd d'Armenie , de la terre ßgillee, & de i'h'jpocißis , de ebaeun une dragme , Eaites-en une maffe avec le fyrop de rofes feebes ou de myrtilles, REMARQUES. On pulverifera enfemble les racines & les rofes, d'une autre part l'amidon, le bol, la terre figillce & l'eponge calcinee ', on amojira enfemble l'acacia Hcl'hypo- eiftis en les battant Jong-temps dans un mortier de bronze avec environ une once de fyrop de rofe feche , ou de myrtille ? mis peu a peu , on y ajoutera les poudres , & Ton fera une maiTe qu'on gardera pour en former des pilules au befoin. Elles fönt bonnes pour l'acretc de la gofge , pour les relachemens de la luette : pour le goeltre, pour arrerer les mix de ventre, les hemof rahagies §C fes gonorrhees 3 La dofe en eil depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Pilu.lt s de Vernix , de Mynßcht, Trcnez. du Vernix , une demie once , De l'extrait de polypode & du tartre blatte, de chaeun deux dragmet, Du fucc'tn Hatte prepare , du poivre mir, de Valun de roebe % & de la farcocolle , de ebaeun dem dragme. De U lacque lavee, dunitrepuriße, de l'arißohcbe ronde % de U femenee de rhue fau- UNIVERSELLE. j^7 Vagi ,& du perjil, de chacun un fcrupule , Melez. le tout , & faites-en une maße avec le fuc de centmee epaißl. E £ M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le poivre , l'ariftoloche & les femences ; d'une autrc part on nierrra cn poudre enfemble le vermx , la farcocolle 8c Ja gomme lacque lavee: d'une autre part le carrre , l'alun & le falpetre , on melera les poudres & on les incorporera avec ce qu'il faudra de fuc de petite centauree epaiifi en con- iiftence de miel, pour faixe une malle qu'on gardera , 6c 1'on en formera des pilules au bcloin. On pretend qu'elles attcnuent les graifles, qu'ellcs diminuent le trop d'embon- Venus, point , & qu elles fönt maigrir : La dofe en eil d'un demi fcrupule , on en prend Dofie, tous les jours en fortant du lit. Ceux qui tireront cette defcription du Livre meme d'A. Mynßcht , doivent bien prendre garde a ne pas equivoquer lur le mot de fandaraca qui y eft employe fans explication •, car il y a deux fortes de fandaraca , un qui eft une elpece d'arienic , Sc par confequent un poifon, qu'on ne doie jamais meler dans les remedes qui fönt deftinez a ecre pris par la bouche ; lautre qui eft la gomme du genievre, Sc qu'on appelle autrement Vernix. C'eft ce dernier qui doie entrer dans notre compoiition de pilules. Au lieu de tirer l'extrait de polypode, on pourra employer la racine limplemenc pulverüee T eile aura pour le moins autant de vertu. V Utiles de rhapontic , de Jguercetan. Irenen des fucs epuret. de Rbapontic, de fumeterre , de petite centauree, de houhlon, d'aigremoine , de chacun une livre. Taites evaporer toutes ces drogues a petit feil en conjtßence d'extrait du de pilules, R E M A R QJJ E S. On aura les plantes cueillies dans leur vigueur, on les pilera , Sc l'on en tirera les fucs en la maniere ordinaire •, on les melera , on les depurera en les faifant bouillir legerement & les paflant par un blanchet,on les mettraenfuite dans une terrine qu'on placera für un feu medioere pour en laifler confumer l'humidite jufqu'a confiftence d'extrait , on gardera la matiere dans un pot pour en former des pilules au befoin, Si l'on veut prendre la peine de briiler le marc des herbes Sc d'en tirer le fei par la. leffive , on le melera dans l'extrait für la fin de l'evaporation. Cette addition rendra les pilules plus efficaces. Elles iont eftimees pour le flux hepatique , & pour les autres cours de ventre : Vertus. La doie en eft depuis un fcrupule jufqu'a quarre. Dofe. *x Pilules d'e'meraades , de Mynßcht. Trenez. des e'meraudespreparees ,ßx dragmes , Da foulfre de lune deßeihe , buit ferupules , Des bjuc'rntes preparees , deux dragmes, Du magiflere deperles orientales & du corailrouge de chacun quatre fcrupules. Faues-en une maße avec le ßyrop d'ecorce de citron mufque , & formez*-en enfuite des pilules avec l'buile d'anis, qui feront argentees* alite. eduilant 1 5& F'HARMACOPE' E R E M A R Q_V E S. On melera enfemble les emeraudes, les hyacinthes preparc.es , les magifteres & Je foulfre de lune ou d'argent, on corporifiera le melange avec du fyrop d'ecorce de citron mufque , & l'on fera une maße qu'on gardera pour en former des pilules avec les doigrs imbus d'huile d'anis, puis on les envelopera en desfeuilles d'argent. Venus. On les eftime propres pour appaifer Sc calmer les fonges furieux , pour fortiner Pole. Je coeur , pour refifter au venin : La dofe en eft un ferupule, on les prend en fe •mettant au lit. La vertu de ces pilules peur les maladies aufquelles on les deftine , nie paroie mal fondee ; je h'y vois rien qui foir capable de produire les effets qu'on leur attri- bue , les hyacinthes & les cmeraudes quelque preparation qu'on leur donne , ne fönt au plus qu'une matiere alkaline , dont Ja v.emi confiftc feulement a abfbrber Sc a adoucir les aeides ou les humeurs acres. On ne peut pas tirer de veritable foulfre de lune ou d'argent, comme je fai re- marque dans mon livre de Chymie, enparlant de ce metal, & quand on entireroit, je ne crois pas qu'il eüt les qualitcs qu'on lui attribuepour la tete: Mais ce quel' Au- reur entend par foulfre de lune fec , eft la teinture de lune evaporee par une lentc chaleur jufqu'a ce qu'il ne reftc qu'une poudre au fond du vaifleau. Les magifteres de perles & de corail fönt des matLeres quiont bien peu de quali J'ai rnontre dans le meme Livre qu'on detruifoit la vertu du corail en Je reduif en magiftere; il en eft de meme des perles. Pilules Odontalgiques , de Mynficht. Prenez.de fepium, deuxdragmes, du campbre , de lafemence de ßaphi/aigre , du gmgembre blanc, du poivre long } des galles,de U craye blanche, & de l'alun brule, de chaeun une dragme , JDeU racine de queue de pouueau , de jufqmame } & de peüie ortie " de chaeun .deux fcrupnles , De Pefprit de nitre ce qu'il en faxt peur domer au remtde une parfaite teidite. Melez* le tont exaetemtnt, puis afec le bäume odontalgique de Mjnßcbt ,faites-en une nttffc de pilules, &'formei-en enfuite des pilules pour l'ufage avec le meine bäume qui foient longues & po'mtues par leurs extremitet*. R E M A R Q^U E S. On pulvervfera enfemble le gingembrede ftaphifaigre, le poivre long, les racine« les noix de galle, d'une aatre part le camphre, la craye Sc l'alun brüle ; on melera les poudres, on les arrofera«l'efpru: de nitre pour les rendre aigreiettes, puis avec ce qu'il faudra de bäume odontalgique &A. Mynjicht , on fera une mafle dont on formera au befoin de petites pilules longuettes & poinrues par les deux boats avec les doigts imbus du meme bäume odontalgique. Vertus. EJlcs fönt employees pour le mal desdents ,on les applique dans les dentscariees, ou furlagencive malade jellesdifcutentl'humeur piuuteufe qui prelle le nerf de la dent, Sc dies en appaifent la douleur. On auroitappelle plus proprement cette compofition Trochifques, que pilules, Pilules d'Jndernac , contre l'enrouemtnt. Trenet, de la pulpe de raißns, & de la regüffe , de chaeune demi once f Desgommes adragantb & arabique , de chaeun trois dragmes , De la refinc & de la terebcntbme , de chaeune deux dragmes , Du fäff ran , une dragme. Faues-en une majje ftion l'art. REMARQUES' UNIVERSELLE. R E M A R Q^U E S. sh On pulverifera enfemble les .gommes dans un mortier chaud ; d'uneautre part la reglifle , d'une aurrepart lefaftran•, dune antre part Ja refine ; on melera lespou- dres, on fera cuire des raifins fecs dans l'eau jufqu a ce qu'ils foient mous, on les ecrafera dans un mortier de marbre & Ton en rirera demi once de pulpe , avec la- quelle 8c avec la terebentine on incorporera les poudres pour faire une mafle qu'on gardera, Sc l'on en formera des pilules au befoin. Elles fönt propres pour adoucir les acretez de la gorge, & pour epaiflir l'humeur VcitUSi rrop fereufe qui coulant dans la trachee artere fair i'enrouette ; on on en met fous iaiangue, & onla laiflefondre. La terebenthine & la renne donnent un ü mechant gout a ces pilules, qu'on a fcien de la repugnance ä les laifler fondre dans la bouche ; d'ailleurs fi on les avalc tout d'un coup , eile ne profitent pas a grande chofe , car ce n'eft qu'en faifant paffer infenfiblement leur fubftance mucilage par la gorge , qu'on peutlier & epaiflir la ferofire falee qui tombe du cerveau. Je voudrois donc fubftituer ä ces deux Ingrediens, l'amidon & la pulpe de racines d'althsa. Pilules tontre la vieilleffe , de Mynficht. Prenez. de textratt de melljje t trois dragmes, De la foudre , des efpeces diamofchi doux 5 une dragme & demie , Du fuccin blatte prepAte , une dragme s Des trocbijquesde perles, de Mynßiht, de l'ambregris , de chaeun un fcrupule. Melez, le to t, &faites-en une muffe avec la confeclwn alkewies , & formex.-en des ftlules avec l'hiüle degjrop & de marjolaine. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les trochifques de perles & l'ambre gris, on melera la poudre avec le fuccin prepare & la poudre des efpeces diamofchi dulcis; on incorporera le melange avec l'extrait de meliffe, & ce qu'il faudra de confection alkermes pour faire une mafle qu'on gardera , & l'on en formera des pilules au befoin avec les doigts oints d'hudes de gyrofle & de marjolaine. Elles fönt propres pour reftaurer les forces abbatues, pour fortifier le cceur & Veitusi 1'eftomach , pour renfter a la malignite des humeurs- La dofe en eft depuis fix grains Dofc« jufqu a demi dragme*j on en donne aux vieillards pour les fortifier , mais les fem- mes doivent s'en abftenir a caufe des drogues odorantes qui pouroient leur exciter des vapeurs. Pilules de plantain magißrules. frenet, de la myrrhe , de l'encens , du fuc de regliffe , de chaeun parties egales. Faites-en une maffe de pilules avec le fuc de plant am epaiffu R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble la myrrhe & l'encens , on tirera du fuc de plantain par expreifion , on le fera epaifli" für un petit feu jufqu'a. confiftence de fyrop, on y liquefieva alors le fuc de reglifle pour faire du tout une efpece d'extrait en confiftence de miel, puis on y melera exaclement les poudres pour faire une mafle qu'on gardera, 6c l'on en formera des pilules au befoin. 5 C c c c 5 y 0 PHARMACOPE'E Venus. Elles arretent Sc adoucilTent les ferofuez qui defcendent da cervcau. La dofe er} Pofe. e ^ depuis un fcrupule jufqu a une dragme. Pilules contre la. goutte , de Vofingius. Trenez. des feti'tlles de chamedrjs t & de chamepitbys, de chacun une dem ottce, Des fleurs de petite centauree, des racines d anßduhe ronde , de rhapmttc , de gen- tiane , de la femence d'hypericon , d i crane humum rape , de chacun trois dragmes > De la racine de chicoree & du fantal rouge , de chacun deux dragmes. Faites-en une maffe felon l'art avec le fuc de chamepitbys & unpeu de tereknthine, REMARQUES. On pulverifera toutes les drogues enfemble, & Ton corporifiera la poudre avec du fuc de chamepithys tire par exprefllon , 8c un peu de terebenthine de Venife , pour en faire une maße qu'on gardera, & Ton en formera des pilules au befoin. Venus. Elles fortifient les jointures, on s'en fert pour la goutte & pour les rhumatifmes. Dofs La dofe en eft depuis un fetupule jufqu a une dragme. Pilules emplastiques de Galten. Trenez, du fuc de regüffe , une once , Des gommes arabique & adraganth , de chaeune denn once. Faites-en une maße avec le viit cuit. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble dans un mortier chaufFe les gommes, on liquefiera le fuc de reghfle en le battant long-tems dans un mortier de bronze avec un peu de fapa pour reduire en päte , on y melera exaclement les poudres pour faire une mafle folide qu'on gardera , £c Ton en formera des pilules au betoin. Vertus. Elles fönt propres pour la toux feche, pour les acretez de la gorge, pour exciter Dofe. le crachat. La dofe en eft depuis un fcrupule jufqu a une dragme. On les laiffe fon- dre dans la bouche. Ces pilules ont ete appellees emplaftiques a caufe des gommes & du fuc de re- glifle qui Ieur donnent la confiftence d'une emplätre : il faut les laifTer fondre fous la langue , afin qu'en fe iiqaefiant peu a peu , elles arrofent infenfiblement les amy- gdales & la gorge, en epaifliuant &: adoueiflant par leur mucilage, la ferofite acre qui defeend du cerveau. Pilules de chaux vive , de Mjnßcht. Vrene-L de la chaux vive une demi once , De la farine defegle , du poivre long > dt l'ecorce de grenades } & des mix de galles , • de chacun deux dragmes , S>e la femence de jufquiame ,de gyrofles t de l'opium & de Valun brule\ de chacun quatre jerupules. Mclez. le tout, & faites-en nne maffe avec l'extraitde racine depyrethre. R E M AR Q^U E S. On pulverifera enfemble le poivre long ,-l'ecorce de grenade, la noix de galle , les iemences & l'opium ; d'une autte part la chaux vive &c l'alun brule, on melera les jpoudres avec la farine de legle, <£ L'oa incorporera ls melange avec l'extrait de UNIVERSELLE. jyt tacine depyrethre, pour faire une mafle qu'on gardera , & dont onformeraau befoin des piluleslonguettes avec les doigrs imbus d'huiles d'orignan de Crece Sc de camphre. Elles appaifent la donleur des dents etant appliquees clefTus ; elles eyacuent par VertUi. le crachatlapituite quiles prelle; elles tuent les petits vers qui s'y engeadrent, elles brulent l'onfice du ncrf & elles bouchent le pafTage de Fair. La chaux vive etant humeftee lorfqu'on fait la mafle , s'echauffe & defleche tellemcnt la matiere , quelle la reduit prefqu'en poudre - , de forte qu'on eil oblige de ia malaxer plufieurs fois. On forme ces pilules petites de longuettes afin de les introduire mieux entre les dents : Elles auroient ete mieux appellees Trochifques que Pilules. Pilules de mufc. Vrenet, des rofes rouges > du fantal rouge } & des myralolans citrins , de chaeun , demi once , Du fpode , du poivre , du gyrofle, du galanga , & du pyrethre , de chaeun UM. dragme Du camphre & du mufc, de chaeun deux ferupules lattes-en une maffe avec le fyrop d'otillets. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble les rofes, le fantal rouge , les myrabolans , le poivre , les gyrofles & les racines; d'une autre part le fpode ou y voire brule , le camphre Sc le mufc ; on melera les poudres, & avec ce qu'ü faudra de fyrop d'ceillet, on fera une mafle qu'on gardera dans un pot bien bouche pour en rormer des pilules au beloin. On s'en fert pour corriger la puanteur de la bouche , pour affermirles geneives Vextus» dans le fcorbut ; on en met une dans la bouche & on la laufe difloudre. Pilules d'ofigan deCrete, de Mynficht. Vrenet- de Vor'igan de Crete t une demi once, Des trochifques de gallia mofei)ata , de la cajfe odorante t du bois d'aloes t du fantal citrin , de l'iris de llorence , de chaeun deux dragmes t Dp florax calamite , du benjoin , du gyrofle , du galanga , de la mix mufeade , des cubehes & du maus, de chaeun quatre fcrufules. Melez* ces Ingrediens, & faites- en une maße avec la confeäion alkermes d:jfoute dans l'eau de m.irjolame ; apres quoi vous enfornierez. des pilules pour l'ufage avec les hutles dißillees de rofes & de can eile. di floate en eaude triärjolaine, on les corporifiera en une mafle (olide qu'on ghrdtera poür en fo mer des pilules au befoin, avec les doigtsin.bus d'huiles de rofes Sc de canelle diftillee. Elles forafient le cceur & l'eftomach, dies corrigent la mauyaife h-deine, & eüc Vjrtus. ) Cc Vertus. Dofe. gvi, 571 P H Ä R M A C O P E* E Dofe. aident a Ia digeftion ; Ia dofe en eft depuis demi fcrupule jufqu'a deitx fcrupuleS, Pilules anodines , de Corteßus. Vrenex, du laudanum \ une demi once , Du pivre d'lnde qui aura infufe dans le vinaigre pendant toute U nu'tt , & qu't ferA fecbe i deux dragmes , Du faffran , quatre fcupules , De la myrrbe a deux fcrupules > Du mufc , ßx grains. Faites-en une maffe avec le vin tfEfpagne. REMARQUES. On mettra infufer pendant une nuir, le poivre d'Inde dans du vinaigre pour em- f »orter une partie de fon acrete , puis on le fera fecher , &c on le pulverifera fubti- ement •, d'une autre part on mettra en poudrele faffran apres Pavoir rait iecher entre deux papiers par une tres-lente chaleur ; d'une autre part la myrrhe & le mufc , on melera les poudres , on les corporifiera avec le laudanum & ce qu'il faudra de vin d'Efpagne pour en faire une mäße qu'on battera long-tems dans im mortier de rxonze , Sc on la gardera pour en former des pilules au befoin. Elles appaifent la colique , elles provoquent le fommeil. La dofe en eft depuis deux grains jufqu'a huir. Trois grains des pilules contiennent im peu plus d'un grain de laudanum. Six grains des pilules contiennent im peu plus de deux grains de laudanum» Pilules odoriferantes, de Mjnßcht. Vrenez, du florax calamite , une once t Du benjoin } demi once , de la racine d'iris , deux dragmes, Des trochifques de gallia mofchata , & du fantal citrin, de chacun quatre fcrupules, De l'buile diflillee de rojes , deux fcrupules. Mele%* le tout & avec le mucilage de gomme adragantb pre'pare avec la canelle ', faites-en une maffe> R E M A R Q^V E S. On pulverifera enfemble le fantal citrin &l'iris; d'une antre part le ftorax & le benjoin dans un mortier oint au fond de quelques gouttes d'huile de rofes di/h'/ie'e, d'une autre part les trochilques de gallia mofchata ; on melera les poudres avec l'huile de rofes diftillee , & avec ce qu'il faudra de mucilage de gomme adraganth prepare en eau de canelle, pour faire une malle qu'on gardera , 8c Von en förmera des pilules au befoin. VeitU$> On en met dans les dents creufes pour corriger la puanteur de la bouche &c pour donner une haieine agreable. Pilules douces , de Mynficht. Trenez. du fuc de regliffe , une once , De lapoudre des efpeees diafaturni & diafulpburis de Mjnßcht, de chacun demi once f De l'extrait de racine de myrrhis & du fucre eandi blanc, de chacun deux dragmes , Desfleurs de benjoin & de lafemence de coings , de chacunes une dragme. Metex, ces drogues & faites-en une maffe avec le fyrop de pavot blayic & apres eel4 tw en formerez, des pilules avec les builes d'ams&de femuiL UNIVERSELLE. y$ R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilement le fucre candi, Sc on le melera avec les poudres cüafaturni Sc diafulphuris <\'A. Mjnßcht , Sc les fleurs de benjoin : On pilera dans un monier de marbre les femences de coing jufqu a ce qu'elles foient en päte , L'on y melera le fuc de reglifle qu'on auraliquene avec du fyrop diacodium, Vex- trair de racine de myrrhis ? les poudres Sc ce qu'il faudra de pavot blanc pour en faire une mafle folide , dont on formera des pilules au befoin avec les doigcs irnbus d'hiülc d'anis & de fenoüil. Elles fönt propres pour les catarrhes & pour les maladies de poitrine, comme pour la toux , l'afthme , la phtifie. La dofe en eft depuis un fcrupule jufqu a une dragme : on en prend au matin Sc au foir. Il vaut mieux le fervir dans cette preparation de la racine de myrrhis limplement fechee, que de fon extrait; parce qu'en le preparant on laifle echaper les parties vo- latiles & eflentielles de la racine. Pilules Bechlques Manches. Trenez, du fucre candi 6" de l'amydon , de chacun ßx onces , Des penides > trois onces , de la gomme adraganth , demi-once. Eaites-en une maffe } avec l'ean de rofes. R E M A R g_ 17 E S. On pulverifera enfemble le fucre candi, les penides Sc l'amidon •, d'une aurre paft on mettra en poudre la gomme adraganth dans un mortier chaud , on melera les poudres, Sc avec cequ'il faudra d'eau derofe , on fera une mafle dont on formera des pilules für le champ. Elles fönt propres pour epaifllr Sc pour adoucir les humeurs acres qui defcendent du cerveau , elles excitent le crachat, elles fortifient la poitrine. La dofe en eft depuis un fcrupule julqu a quatre. On le laifle fondre dans la bouche. Si l'on gardoit cette compofition en mafle , eile fe durciroit tellement qu'on ne pourroit pas en former des pilules quand on voudroit; c'eft-pourquoi il eft bon de lui donner la forme de pilules pendant que la mafle eft molette. Cette compoiition eftbien plus fouvent formee en rotules ou tablettes, qu'en pilules. Pilules Bcchiques noires , de Mefue. Trenex* du fuc de reglijfe & du fucre blanc , de chacun ßx Uragmes , De l'amydon,de la gomme adraganth & des amandes douces pelees,de chacun demi-once, Faites-en une maffe avec le mucilage de femence de coings , tiredans l'eau de rofts. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble le fucre & l'amidon; d'une autre part la gomme adraganth dans un mortier chauffe : on pilera les amandes dans un mortier de marbre pour les reduire en päte , puis on les melera avec les poudres. On liqnefiera le fuc de reglifle avecun peu d'eau rofefur unpetit feu en confiftence demiel; on y melera les poudres & ce qu'il faudra de mucilage de femence de coing tire en eau-rofe, pour faire une mafle qu'on formera en pilules. Elles fönt employees pour adoucir la toux feche , pour l'enrouement, pour exci- ter le crachat. La dofe eft depuis un fcrupule jufqu a quatre; on les laiffe fondre dans la bouche. C c c c üj Vertus. Dofe. Venus-, Dofe Vertus; Vertus. Dofe. 574 PHARMA COP E'E On trouve beaucoup d'aucres defcriptions de pilules Bechiques blanche« & noires*, mais comme elles dirrerent tres-peu en compoiirion & en vertu de celles-ci, j'ai cm qu'il feroit inutile deles rapporter: de plus les pilules bechiques ne fönt guere en ufage: on forme ordinairement ces fortes de remedes en tablecces ou en paftilles. Pilules excellentes contre U pefle. * Prenez, des racines d'angelique, de contrayerva, de zedoaire y de cbacun une once* &. demie ; de l'berbe recente de fcordium domeßique , quatre onces , De celle de rbue de j ardin , trois onces , De l'ecorce recente du dedans de citron , une once & demie. Faites boüillir toutes ces drogues incifees & pilees dans de l'eaujtmple > dont vous les arroferez. jouvent jufqu'a ce que vous en ayez,t\re tonte la vertu; pttisclanfiel la de- cocllon avec des blancs d'oeufs , la reduifez. a une hvre & demie ou environ , & für le ntarc ajoutez, du fuc de fcordium nouvellement exprime & depure , buit onces. Faites-y difjoudre de l'aloes fuecotrin , une once. Le tout etant cuit t paffez, la colaturepar un tamis , mettez,-la für les cendres chuu- des & lareduifez. en conjißence d'extrait le plus epa'is qu'il fe pourra. Puis verfez, deffus de la poudre de myrrhe cboijie , trois onces , Du faffr an Oriental & occ'idental, une once 3 & avec unpeu de vm delajez, petit a petit > & reduifez, en forme de pulte. Lorfque toutes ces drogues feront reduites en conjißence de maffe , melet, oudißille^y des huiles diflillees de genievre t de rbue , de fuccin , de chaeunes une dragme. Battez, bien le tout enfemble pour en faire une maffe , quifera un grand prefervatif contre la pefle; vous en formerez, des pilules a donner depuis demi ferupule jufqu'a un ferupule. R E M A R (£_U E S. On coupera & Ton pilera dans un morrier les racines, les herbes &c l'ecorce de citron , enfuite on en fera une forte decoclüon qu'il faudra clarifier avec le blanc d'ceuf, quand la decoction fera fiire on l'evaporera jufqu'a reduetion d'une livre & demie, on y melera l'aloes fondu & reduit en extrait dans le fuc de fcordium , on y mclera la myrrhe &le fafran, Sc quand les pilules auront pris leur confiftence on y ajoutera les huiles diftilees. Elles fönt bonnespour fe preferver de la pefte &C du mauvais air. La dofe en eft depuis demi ferupule jufqu'a un ferupule. Pilules contre U pefle , de Platerus. * Vrenez, de l'aloes , trois dragmes , de la rhubarbe pulvertfee & arrofee d'eau de cunelle , une dragme & demie, des trochifques d'agaric , une dragme , De la myrrhe choijie de la gomme ammoniac refoute dans le vtnaigre, de chaeunes deux dragmes ; Du fafran denn dragme , du camphre un ferupule , de l'huile de z.edoaire trois gouties. Taites du tout une maße avec le fjrop de fcordium. Ce nombre de pilules doit etre plus que fuffifantpour fervirde moielcs h de pareÜles prepafaüons: conHnuons ce qui reße kälte des compofit'tons internes , pour dorntet enfmte les externes, t SUITE SUITE D E L A PHARMACOPEE UNIVERSELLE, Oü apres avoir continue les compofitions internes, on raporte tout ce qui regarde les compofitions externes, & les autres preparations que doivcnt f^avoir ceux qui s'appliquent a la Pharmacie. CHAPITRE UNIVERSELLE. 57-» C H A P I T R E IX. Des Tablettes ou E'eftuaires folides. LE S Tablettes ont ete inventees pour quatre raifons principales: La premierc, poar donner bon gout aux reraedes, car on y mele plus de fucre que dans les autres compofitions : La feconde , afin qu'elles demeurent long-tems a fondre & a fe cMöudre dans la bouche , & que leur vertu fe communique mieux a la gorge Sc a Ja poitrine : La troifisrne , afin qu'elles fe gardent long-tems , car la confiftence folide eft moins fujette a la corruption que les autres: La quatrieme pour rendre la compoiition portaiives On prepare les Tablettes für Ie feu , «Sc fans feu. On fait entrer plus de poudres dans celies qui fe fönt fans feu , que dans celles qui fe fönt für le feu , mais la dofe n'en eft point limitee •, car aux unes il n'entre qu'une once de poudre für chaque livre de fucre , aux autres deux , aux autres trois , aux autres quarre. On coupe la matiere des tablettes qu'en prepare für le feu en forme de lozanges ou en quarre?, Sc Ton figuxe les tablettes qu'on prepare fans feu , en paftilles ou rotules, für lefqtielles on imprime ordinairement un cachet. EietfitAtre diacarthami. Prenez, du turbith choiß, une once & demie , De la modle de femence de carthame, de la poudre diatragacanth froid , des her-. modacles & du diagrede , de chacun une once, Du gingembre , demionce; De la manne , deux onces & demie , Du miel rofat, & de la chair de coing confite , de chacun deux dragmes , Du fucre blanc diffout dam Fe au , & cuit en eleäuaire folide , unehvrejix onces. Fattes-en felon l'art un eleäuaire en tablettes. R E M A R O^U E S. On pulverifera enfemblele turbith, les hermodactes , le gingembre & la moelle tiree des femences de Carthame , d'une autre part le diagrede ; on melera les poudres : on battra enfemble dans un morrier de marbre , la chair de coing confite , la manne Sc le miel rofat, on en tirera la pulpe par un tamis de crin renverfe , on fera enfuite fondre le fucre dans environ une livre d'eau commune für lefeu , on coulera la liqueur, & on la fera cuire jufqu'a ce quel'eau foit conlumee , ce qu'oa connoitra quand on trempera dedans une efpatule, & qu'on la retkera, car li le fucre eft cuit fuffifamment, il jettera un long fil, on retirera alors la bafline de deflusle feu, Sc on y difloudrales pulpes avec un biftortier , puis quand la matiere fera ä demi refroidie , on y melera exaclement les pöudres, on jettera la pafte cncore chaude iur un papier oint d'huile d'amandes douces , on l'etendra avec un biftortier auffi huile , Sc on la coupera en tablettes qu'on gardera dans une boette en un lieu fec. Elles purgenr particulierement la poitrine, on en donne pour les maladies du cer- veau: La doie en eft depuis une dragme jufqu'a une once , on en mele fouvent dans Jes medecines avecd'au*::espiirgatirs. Pourvii que le fucre foit furnfamment cuit quand on y melera les pulpes , il ne fera pas befoin de remetcre la bafline für le feu, mais s'U n'avoic pas cncore re '- 5 Dddd Vertiu. Dofe. Purg. des tablettes & la quantite qu'il en entre für cha- tjuedoie. 3J> 3"j« §«, 3 V J> o vi J» 578 PHARMACOPE'E une co&ion parfaite , il feroit necelTaire de faire deiTecher la mattere ,fur un perlt feu avant que d'y meler les poudres. Si la matiereetoit trop chaude quand on y mele les poudres , Ie diagredefe gru- melleroit, & il paroitroir en plufieurs endroits des tablettes, comme fepare. On oint le papier d'huile avant que d'y jetter la matiere, afin que les tablettes s'en detachent aiiement. La vertu purgative de cette compofition confifte dans le turbith, les liermoda£tes 5 le diagrede & la manne» Une dragine des tablettes diacarthami contient du turbith trois grains, des her- moda<5tes & du diagrede de chacun deux grains, de manne cinq grains. Deuxdragmes des tablettes conuennenr du turbith fix grains, des hermodactes & du diagrede de chacun quatre grains , de la manne dix g;ains. Trois dragmes des tablettes contiennent du turbith neuf grains des hermodacles & du diagrede de chacun fix" grains, de la manne quinze grains. Demi once des tablettes contient du turbith douze grains, des hermodacles & du diagrede de chacun huit grains, de la manne vingt grains. Cinq dragmes des tablettes contiennenr du turbith quinze grains, des hermodacles & du diagrede de chacun dix grains, de La manne vingt-cinq grains. Six dragmes des tablettes contiennenr du turbith dix-huir grains, [des hermodac- tes & du diagrede chacun demi fcrupule , de la manne trenre grains. Sepr dragmes des tablettes contiennent du turbith vingt-un grain; des hermodactes & du diagrede de chacun quatorze grains , de la manne trente-cinq grains. Une once des tablettes contient du turbith un fcrupule, des hermodacles, Sc du diagrede de chacun leize grains, de la manne quarante grains. On pourroit a plus jufte titre appeller ces tablettes Diatubith, que Diacarthami, car le turbith y entre en plus grande dofe , & il donne beaucoup plus de vertu a la compofition que la femence de carthame. La poudre diatragacanthi frigidi a ete employee ici pour corriger l'acrete des pur- garifs j mais la trop grande quantite de /emences froides qu'elle contient, jointe i. Ja femence de carthame rendenc les tablettes trop graffes, & empechent en quel- que maniere la liaifon des poudres; je voudrois donc n'y mettre que la gomme adra- ganth pulraife, alors eile aidera a l'union cxacle des Ingrediens , & eile donnera plus de confiftence & plus de durete aux tablettes , enforte qu'elles fe conferveront plus faciLement fans s'humecler. Le gingembrea ete mis dans cette compofition pour corriger le turbith , enna- tant fon Operation , & empechant qu'il n'excite des tranchees, mais ce prcrendu correcüf donne tant d'acrete a. la compofition , qu'U y fait plus de mal que de bien : je voudrois donc le rerrancher. La chair de coing & le miel rofat fönt deux aftringents qui ne conviennent gueres dans une compofition purgarive ; ils ont ete employez ici pour corriger la fcammo- nee; mais ourre que cette gomme n'apas befoin de correclif, die eft deja corrigee puifqu'eile y entre en diagrede. La petite quantite de manne qui entre dans chaque chofe de ces tablettes n'eft pas capable d'augmenter la force despurgatifs, mais comme eile eft vifqueufe & adou- ciflante, eile peut un peu corriger Jeur acrete & les rendre plus coulants: Yoici comme je voudrois rcformer les tablettes de diacarthami. Tablettes diacarthami le'fofme'es* Prenez. du turhith cbotß , une once & demie , UNIVERSELLE. 579 J)e hl fetnence de cdrthame t des hermodaäes , & du diugrede , de chacun une once , De la gomme adraganth f une demi once ; De la manne de calabre^ quatre onces & demie, Dujyrop tofat foluüf,deux onces ; Du fucre blanc, une livre & ßx onces. Faites-en des tablettes felon l'art. EleCtuaire de turbith. Trenez. du turbith gommeux , une once , Des hermodaäes , & de la poudre de diatragacanth froid , de chacunßx dragmes ' De U fcammonee , & de l'ecorce de citron 3 de chacune demi once , De la canelle , deux dragmes , Du fucre dtjfout dans feau de rofes , quinz,e onces. Faites-en des tablettes felon l'art* R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemblc le turbith , les hermodaäes , la canelle & l'ecorce de citron, d'une autre part la fcammonee , on melera les poudres avec celle du dia- tragacanth froid. On mettra fondre quinze onces de fucre blanc dans huit ou neuf onces d'eau de rofe, on coulera le fyrop & on le fera cuire en confiftence d'eieäuai- re folide , on retirera la bafllne de delTus le feu, & quand la matiere fera a demi refroidie , l'on y melera exaäement les poudres avec un biftortier , on jettera la maiFe encore chaude für un papier oint d'huile d'amande douce > on l'etendra & on la coupera en tablettes. Elles purgent la pituite du cerveau, on s'en fert pour la goutte , pour les rhu- matifmes, pour l'apoplexie, la paralifie , l'hydropifie : La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a. une once. Cette compofition a tant de rapport avec celle du diacarthami, qu'on peut fort bien fubftituer l'une a l'autre. Les purgatifs des tablettes Diaturpethi fönt le turbith , les hermodaäes 8c la fcammonee. Une dragme des tablettes contient du turbith quatre grains , des hermodaäes trois grains, de la fcammonee deux grains. Deux dragmes des tablettes contiennent du turbith huit grains , des hermodaäes fix grains , de la fcammonee quatre grains. Trois dragmes des tablettes contiennent du turbith demi ferupule , des hermodaäes neufgrains , de la fcammonee fix grains. Demi once de tablettes contient du turbith feize grains , des hermodaäes demi ferupule , de la fcammonee huit grains. Cinq dragmes des tablettes contiennent du turbith vingt grains , des hermodac- tes quinze grains , de la fcammonee dix grains. Six dragmes des tablettes contiennent du turbith vingt-quatre grains , des hermodaäes dix-huit grains, de la fcammonee demi-ferupule. Sept dragmes des tablettes contiennent du turbith vingt-huit grains, des hermo- modaäes vingt-un grains, de la fcammonee quatorze grains. Une once des tablettes contient du turbith trente deux grains , des hermodaäes un ferupule , de la fcammonee feize grains, Onne doit pas faire tant cuire le fucre pour ces tablettes que pour le diacarthami , parceque n'y entrant point de pulpes,il faiit qu'U y refte quelqu'humidite pour corporifier les poudres. BcUdij Vertus. Dof«. Purg. dela eöpofition. 3 1 » 3 li ' 3 üi > Ih 3 V > 3 vi > 3 YÜ, § l > 5 S* PHARMACOPE'E La canelle 8c Fecorce de citron me paroifTent inutiles dans cette compohnon : fi ce n'eft pour lui donner un gout 8c une odeur agreable. La poudre diatragacanthi frigidi peut par fa fubftance mucilagineufe adoucir & temperer le rrop d'acrete despurgatifs •, mais comme les femences qui entrent dans fa compofition pourroient fe rancir dans les tablettes, je voudrois mettre a fa place la gomme adraganth pulverifee. II eft inutile d'employer l'eau rofe plutot que del'eaii commune pour la codtion du fucre j carfon cfprit volaril en qui confifte fon odeur 8c fa vertu, fe diflipe en bouil- lant, & il ne refte qu'un phlegme qui n'eft en rien difTemblable ä l'eau commune : Voici donc comme je trouverois a propos de rcformer cette compofition. Tablettes de turbith lefotme'es. Trenez. du turbith gommeux t une once ; Deshermodaäes , ßx dragmes , De V ecorte de citron fe'cbe & de la gomme adra.ga.nth , de cbacune trois dragmes ^ De la Jcammmee , denn ance ; De la. canelle, deux dragmes , Du fucre blanc j me livre. Faites-en des tablettes felon Fan. La dofe Jera d'une dragme jujqu'a, ßx. Vertus. Dole. Pu-:;ar. des tablettes & Ja quantite ou'ilenen- trefurcha- cue dofe. 5", Eleftuaire de turbith avec rhubarbe , de 3 V J"> 3 vii: Elcciuaire de gingembre , ou gingembfe laxatif. Trenez, du diagrede y ßx dragmes; du gingembre , une demi once , De la canelle & ciugjrofle , de chacun deux dragmes; Du turbith, une dragme . De la mix mufeade & dngalanga , de chacun deux ferupules , Du f uff ran , im fcrupule&quatre grains ; Du fucre blanc > huit onces, laites-en des tablettes felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera feparement le diagrede, Sc Von merrra en poudre toutes les autres drogues enfemble ; on meleta les poudres ; on f cra cuire le liiere dans de l'eau commune en confiftence d elecLuaire Solide, on y incorporera les poudres hors du feu , on jettera la malle encore chaudefüt un papierhuilc d'lnule d'amande douce; oii l'etendra avec im biftortier , Sc on la coupera en tablettes. Eües evacuent principalement la pituite , on peut s'en fervir pour les rhumatif- mes, pour la goutte, pour les maladiesducerveaa , pour exciter les menftrues : La dofe en en eft depuis une dragme juiqu a. trois. 11 n'y a dans cette compofition quele diagrede Sc le turbith de purgatifs, encore D d d d iij Venus. Dole. 5«a PHARMACOPE'E Purg. des le rurbirh y entrc-t-ü enfi petite quantite , qii'il ne peut produire qu'an fort pctit tablettes. c ff cu - 1 3 1 ' 31U, Verrus. Dole. Une dragme des tablettes contient du diagrede cinq grains , du turbith pres d'un grain. Deux dragmes des table^ ionrieüüciii du diagrede aix grains, du turbith un g' ata ic demi Trois dragmes des tablettes contiennent du diagrede quinze grains , du turbith pres de deux grains & demi. Le gingembre donne le nom ä ces tablettes, mais ce n'eft pas de lui que vient leur qualite la plus necefiaire , au contrairc leur acrete jointe a celles du galanga , de la mufcade, de la canelle & des gyrofles, eil plus prejudiciable que neceflaire : il faut pourtant l'y laiifer ä caufe du nom, mais je youdrois reformer ces tablettes en la maniere fiuvanre. Tablettes de gingembre , refofmees. Trenet. du diagrede , Jix dragmes , Du turbith & du gingembre , de ebaeun demi once , Du faffran } unc demi dragme ; Du fucre blanc , demi livre. Eaites-en des tablettes felon l'art. La dofe fera d'une dragme jufqu'a. ßx. Elcfiuaire de citron folutif. Trenez, desfeuilles de fene mondees ,Jtx dragmes , Du tmbah choiji y cinq dragmes; De la poudre diatragacanth froid t du diagrede, de l'ecorce de citron confit , de la Con~ ferve de fleurs de violettes & de buglofe , de chactm demi once De la femence de fenouil doux , deux dragmes t Du gingembre t une demi dragme , Du medleur fucre fondu & cuit dans l'eaude buglofe , neuf once s. Faites-en uneleäuaire en tablettes felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le fene, le turbith, le fenouil, de le gingembre •, d'une autre part le diagrede: on melera lespoudres avec celle de diatragacanthi frigidi, on pilera dans un mortier de marbre l'ecorce de citron confoe avec les conferves: on humedtera la mariere avec un peu de fyrop de violettes, & l'on en tirera lapul- pc par un ramis, On fera fundre le fucre dans cinq ou fix onces d'eau de buglofe dif- rilee , ou coulera la liqueur & on la fera cuire jufqu'a confiftence d eleftuaire fo- lide , l'on y delayera alors hors du fen les pulpes , puis la mariere etant a demi re- froidie, Ton y incorporera les poudres , l'on jettera la malle für un papier oint d'huile d'amande douce , on l'etendra avec un biftortier auili fruiie, &on Jacoupe- ra en rablettes, Elles purgent routes les humeurs , elles fönt dites propres pour fortifier l'efto- mach, & les autres vifeeres : La dofe en eft- depuis une dragme jüfqu'ä fix. Cette compofition prend fon nom de l'ecorce de citron, qui ne lui apporte pas grande vertu; eile eft diente afTez diverfement dans les Pharmacopees. Cette def- tription convient avec le plus grand nombre. UNIVERSELLE. jSj Les purgatiß de ces tablettes fönt le fene , le turbith Sc le diagrede. Une dragme des tablettes contient du fene quarre grains, du turbith trois grains du diagrede deux grains & demi. Deux dragmes des tablettes contiennent du fene huit grains, du turbith fix grains, du diagrede cinq grains. Trois dragmes des tablettes contiennent du fene demi fcrupule, du turbith neuf grains, du diagrede fept grains & demi. Demi once des tablettes contient du fene feize grains, du turbith demi fcrupule, du diagrede dix grains. Cinq dragmes des tablettes contiennent du fene vingt grains, du turbith quinze grains, du diagrede douze grains & demi. Six dragmes des tablettes contiennent du fene un fcrupule, du turbith dix-huit grains , du diagrede quinse grains. La poudre diatragacanthi frigidi peut par fa fubftance glurineufe, adoucir un peu l'acrete des purgatifs, en liant les pointes de leurs fels; mais je voudrois retran- cher de fa compoiition les femences, parce qu'elles fönt fujettes a fe rancir ; ou pour mieux faire j'employerois dans les tablettes la gomme adraganth a la place de Li poudre. Cette gomme entretient la folidite des tablettes, empechant qu'elles ne s'humedtenc trop. Le gingembre, le fenouil , les conferves &c l'ecorce de citron confite fönt des drogues fort inutiles dans cette compoiition - , on peut retenir la derniere a caufe du du nom, mais je ferois d'avis qu'on le fervit de l'ecorce de citron feche pulverifee , au lieu de celle qui eft confite , parce qu'en la confifant on empörte la plus grande partie de fa vertu par l'evaporation des parties fubtiles qui fe fair dans la coction : Yoici donc comme iL me iemble a propos de reformer ces tablettes* Tablettes de citron, reformi.es. Tenez, du fene monde,ßx dragmes , Du turbith , cinq dragmes; Du diagrede , une demi once \ De l'ecorce de citron feche , de la gomme adraganth, & des femences de violettes , de chaeune deux dragmes, Du fucre blanc fondu & cuit dans Veau de buglofe , neuf onces. Eaites-en des tablettes felon l'art. La dofe en fera d'une dragme jufqua ßx. 3 U > Elei~tua.ire de fuc de rofes. Trenez, du fuc de rofes epure, & du fucre blanc , de chaeun une livre &demie, Faites-les cuire enfemble a feilt feu jufqua conjißence d'eleäuaire foüde; & quand ü fera refroidi t vous j meieren la poudre fuivante. Frenez, de la feammonee , une once & trois dragmes , Des trois fantaux & du maftich t de chaeun trois dragmes. Tidverifez, fubtilement ces drogues, & les melez. avec le fucre , felon l'art. R EMARQUES. On pulverifera chaeun feparement la feammonee, le maftich Sc les fantaux s o» meiera les poudres, on fera cuire für un petit feu le fucre avec le fuc de rofes rou- Vertust Dofe. Tur^. des tablsttes. 3JV 584 PHARMACOPE'E ges tuepar cspreflioii & depure , julqu'a confiftence deledtuairefolide, onrcti- rera alors la baiiine de deffus le feu , Sc quand la tnatiere fcra a demi reftoidie, Ton y melera exaclement les poudies , on jettera la malle encore chaude für un papier huile d'huile d'amande douce, on l'cteodra avec un biftortier , Sc on la coupera en tablettes. Dn les eftime propres pourpurger la bile, elles cVacuent aulfi les autres humeurs: La dofe en eil depuis une dragme julqu'a demi on.ce. Les deferiptiohs de cette comooli.ion qu'on trouve dans les Pharmacopees, diffe- rent en quelques circonftances: ceile-cy eft la mieux dofee , & laplus fliivie. Il n'y a que la feammonee qui rendent ces tablettes purgatiyes; voici ce qu'il en peut entrer für chaque dole. Une dragme des tablettes contient quatre grains &c demi de feammonee, Deux dragmes des tablettes contiennent neuf grains de fijammonec. Trois dragmes des tablettes contiennent tteize grains & demi de feammonee. Demi once des tablettes contient dix-huit grains de feammonee. Le fuc des rofes päles qui eft purgatif, feroit mieux adapte dans cette compofi- tion , que celui de rofe rouge qui eft aftringent ; mais ce dernier y a etc mis en Intention de reprimer ou de cornger le purgatif trop vioient de la feammonee. Les trois iantaux Sc le maftich ont encore ete ajoutez ici pour foreifier l'efto- inach contre la violence de la {cammonee , mais tous ces preterdus correctifs ne fervent a rien ; car premierement l'eftomach n'eft point en etat d'etre forririe pen- dant l'adtion du purgatif •-, d'ailleurss'il pouvoit letre ces fortifians feroient nuili- bles dans le remede, & il y auroit lieu de craindre qu'ils n'empecha & autant de femence de violettes. Les rofes me paroiflent nuifibles dans cette compofition, a caufe de leur qualite aftringente : la reglilfe y eft inutile , les quatre grandes femences froides peuvent empecher l'union exa&edes ingrediens par leur partie onctueufe, & donner un goüt de rance aux tablettes quand elles auront ete gardees quelque tems. Je vouorois donc retrancher ces trois fortes de drogues de la compofition, & mettre en leur place quelques dragmes de gomme adraganth pulverifee fubtilement; les tablettes en feroient plus fermes & plus en etat detre confervees ; Voici donc comme ie voudrois reformer ces tablettes. Tablettes de fuc violat , refofmets. Trenez, du fuc de violettes nouvellement tire, une demi livre : Du fucre blanc une livrre. Cmfci.-les en conßflence folide ,puis *joutez.-y de la femence de violettes & du du- ie^ de (haeun une once; De la gomme adraganth , demi once. Melez, letout , & faites-en des tablettes felonl'art. la dofe fera depuis une dragme jufqu'a demi once. f E ecc Vertu«. Dofe. Pure;, de !a cöpofition» 3 vI t - 5 8 De la ractne de jalap ( detut dragmcs ; Du diagrede, nne dragme t Du mercure doux , tin fcrupule t Du plus beau fucre fandu dans Veau diflillee eu dans l'infujton de tanat/Fe, & mis en (onßflence folide } une üvre. Faites-en des tabletes felon fort. R E M A R QJJ E S. On pulveriiera enlemble le fernen contra , la coralline Sc le jalap , dune aurre part le diagrede, d'une autte parr le fublime doax ; on melera les poudres, on fera cuire le fucre dans fept ou huit onces d'infufion ou d'eau diftillee de tanaiiie, jufqu a confiftence d eledtuaire folide , on le rerirera de deflus le feu , Sc quand il fera a. demi refroidi Ton y melera les poudres, on jettera la matiere encore chaude für un papier huile d'huile d'amandes douces, on l'erendra avec un biftortier, Sc on le coupera en tablettes« Vertu?. Eiles purgent doucement, elles ment Sc chaflent les vers, elles retiftent a la Dofe pourriture : La dofe en eft depuis deux dragmes jufqu'a une once & demie. Turg. de la Les Ingrediens purgatifs de ces tablertes fönt le jalap , le diagrede Sc le fublime ccpofitior. £ } oux> ii, Deux dragmes de ces tablertes contiennent du jalap deux grains Sc demi, du diagrede un gram & le quart d'un grain , du fublime doux un peu moins d'un demi gram. 5 S" Demi once de ces tablertes contient du jalap cinq grains, du diagrede deux grains Sc demi, du fublime doux environ les deux tiers d'un grain. X vi , Six dragmes de ces tablettes contiennent du jalap lepr grains Sc demi, du diagrede trois grains Sc les trois quam d'un grain , du fublime doux un grain Sc 1er quarr d'un grain. g i, Une once de ces tablertes contient du jalap dix grains, du diagrede cinq grains, du fublime doux un grain Sc les deux riers d'un grain. Dix dragmes de ces tablettes contiennent du jalap douze grains & demi, du diagrede fix grains & le quart d'un grain , du fublime doux deux grains Sc la douzie- me parrie d'un grain. iß, Une once & demie de ces tablettes contienr du jalap quinze grains, du diagrede fept grains & demi, du fublime doux deux grains & demi. On pourroit diminuer de deux onces la quantite du fucre qui entre dans ces tablertes , chaque dofe en feroit plus purgative. Tablettes de manne. Trenez. de Umanne de calabre, une once & demie j Dufucn bUnc, une livrt. Taites-en des tablettes felonVart. R E M A R Q_U E S. ' On choifira de la manne la plus belle Sc la plus nette, on la fera fondre für im pctit feu dans environ quatre onces d'eau, on coulera la duTolution , cependant o» 2 3 UNIVERSELLE. 5 8 7 Fera cuirele fucre avec fix ou fept onces d'eaujufqu a conhftence d'ele&uaire folide : on y melera Ja dilTölution de la manne, & ayant fait evaporer l'humidite' fuper- flue , on jettera Ja mauere a demi refroidie für im marbre ou Ton aura epars de l'amidon en poudre fubrile. Quand eile fera refroidie on la coupera en tablettes , lefquelles ongardera dans une boette en un lieu fec. Elles tiennent le ventre libre: La dofe en eft depuis demi once jufqu'a. deux onces. J'ai tire cecce defeription de la Pharmacopee de Gand •, je la trouve bien inutile , pmfque la manne eft une drogue facile ä prendre , fans qu'il foit befoin de la re- duire en tablettes ; de plus il me paroit qu'on y employe beaueoup plus de fucre qu'il n'en feroit neceflaire pour la quantite de la manne. Sucre en tablettes compofe. Prenez, de la rbubarbe , quatre ferupules , Des troebifques d'agaric, de la corallwe , de la corne de cerf ', des feuilles de diäame de Crete , des femences contre les vers & d'ofeille , de ebaeun unferupule , De la canelle , de la z^edoaire t du gyrofle & du faffran, de ebaeun un demi ferupule , Du fucre blanc , une livre , De Veau d'abßnthe , quatre onces , Du vtn d'abßnthe t une once t De l'eau de canelle , trots dragmes. Faites-en des tablettes felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pul verifera enfemble tous les Ingrediens qui peuvent etre pulverifez, 011 fera cuire le fucre dans l'eau d'abfinthe jufqu'a confiftence de fucre rofat, on y melera für la fin le vin d'abfinthe & l'eau de canelle, puis les poudres pour en faire unemalTe folide qu'on etendra für un papier huile d'huile d'amande douces, &on la coupera en tablettes. Elles fönt propres pour tuer les vers, pour la colique venteufe, pour fortifier i'eftomach Sc pour refifter au venin : La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a trois. Ces tablettes fönt de mauvais goüt, on feroit mieux de les changer en ele&uaire liquide qu'on prendroit en bolus enveloppe dans du pain a chanter. Le vin d'abfinthe & l'eau de canelle confervent peu de leur vertu dans les tablettes , car la chaleur en fait difliper les parties les plus volatiles Sc eflentieUes: on pourroie remedier ä cet aeeident fi l'on faifoit les tablettes fans feu •, pour cet effet, il faudroit diflöudre dans ces liqueurs fpititueufes unpeu de gomme adraganth pul- verifee pour en faire un mucilage , Sc reduire le fucre en poudre comme les autres drogues: mais on pourroit en retrancher la moitie , puis meler le tout enfemble dans unmertier de marbre, Sc avec unpeu d'eau d'abfinthe en compoferunepate folide dont on formeroit des rotules ou petites tablettes qu'on feroit lecher., Tablettes contre les iers. Vrtnet. de la rhubarbe eboiße, de lafemence contre les vers, de Celles de citron mon- dee, de pourpier , de choux & de genefi , de ebaeune trois dragmes , Du fucre tres-blanc , une livre. Faites-en des tablettes avec le mucilage de gomme adraganth tire dans Venu defleurs d'oranges. E e e e ij Verrus. Dofe, Vertus. Dofe. Vertus. Pole. Vertus. Dofe» Vertus» 588 PHARMACOPE'E R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble Li rhubarbe Sc les femences, d'une autre part le fublime doux , d'une autre part le fucre fin; on mclera' les poudres , & avec ce qu'il faudra de mucilage de gomme adraganth tire en eau de fleurs d'oranges,on fera une päre folide en bateant le touc long-rems dans un mortier de marbre avec un pilon de bois , & Ton en formera des rotules ou petites tablettes qu'on mettra fecher. Elles tuent les vers dans le corps: La doie en eil depuis une dragme jufquafix. Quoique le fublime doux foit une des drogues les plus eifentielles de cette com- pofition, on ne devroit point le faire entrer dans un remede qu'on mäche , & qui demeure quelque tems dans la bouche avant qu'il foit avale car le fublime doux peut s'en leparer par fa pefanteur , s'attacher aux dents, &: les ebranler. Pour evirer cet aeeident, il faut reduire les tablettes en päte liquide , & le faire prendre dans du pain a chanter moiiille. Tablettes cuheüiiqaes, Vrenez, du tartre Vitriole , une dragme y Des yeux d'ecreviffes preparez,, du Japan de man Aperitif, de lapoudre d'aronutt't- que rofat, de ebaeun deux feruptths , Du fticre blanc fondu & cuit dans l'eau de regtijfe t quatre onces- Faites-en des tablettes felon l'art. R E M A R 0_17 E S. On broyera für le porphyre le {afrran de mars aperirif jufqu a ce qu'il foit en pou- dre impalpable , on le mclera avec les yeux d'ecrevifie prepares , la poudre de rofe aromatique , & le tartre vitriole ; On fera cuire le fucre avec deux ou trois onces d'eau de meliife jufqu a coniiftence d'clectuaire folide, on le retirera de deifus lefeu, & quand il fera ä moitie refroidil'on y incorporera exaetement les poudres, on jet- tera la matiere encore chaude für un papier liuile d'huile d'amandes douces , 011 letendra avec un biftorrier , & on la coupera en tablettes. Elles fönt propres pour lever les ob/tru&ions & pour reiferer le ventre : La dofe en elf. depuis une dragme jufqu a rrois.- Lapoudxederofe aromatique eil inutiledans cette compofitiom Tablettes Cachetliques , de M. Daquin. T-rcnez, du diaphretique mineral, & des yeux d'ecrevißes preparez., de ehaeun demi once , Des perles preparees , deux dragmer; Du fei de mars , mit demi dragme , De l'huile dtflillee de canellc , deux gouttes; Du meilleur fucre , une demi hvre. Faites-en des tablettes avec le mucilage de gomme adraganth, tire dans l'eau de fleurs d'oranges. R E M A R QJJ E S. On melera exaiffcement enfemble dans un mortier de marbre, le diaphoretique mineral, les yeux d'ecrevifie prepares , les perles preparees, le fei de mars & le fucre redüit en poudre fubtile , on y ajoutera l'huile de canelle diftillee •, on corpo- rifierale melange avec ce qu'il faudra de mucilage de gomme adraganth tire en eatr de fleur d'orange, pour faire une päre folide qu'on battra Jong-tems , & Ton en formera des tablettes ou rotules de deux dragmes chaeunes, lefquelles on fera fecher ► Blies ouvrent les obftrußions de la ratte > de lamatrice Sc des autres vifceres, oa UNIVERSELLE. ; > ftf» tfen fert danslacachexic, dans lespäles couleurs, dansles difficultcs dünner,dans les maladies hypocondriaques. La dofe en eft d'une tablette. Tablettes de faffran de marsßmples. frenet- du faffran de mars apentif, ttne once > De U canelle, deux dragmes ; Du fucre tres-blanc, quatre snces. Eaites-en des tablettes du poids de deux dragmes % avec le mucilage de gommt adra- gantb, tire dans Veau deflturs d'oranges. R E M A R QJÜ E S. On broyera für le porphyre le faffran de mars aperirif jufqu'a. ce qu'il foir en poudre irapalpable: on pulverifera icparement la canelle & le liiere, on melera les pondres dans un mortier de marbre , &c avec ce qu'il faudra de mucilage de gomme. adraganth tire en eau de fteur d'orange , on fera une pate folide dont on formera. des tablettes ou des rotules de deux dragmes chaeunes, & on les fera fecher. Elles levent les obftru&ions, elles provoquent les mois aux femmes ; on s'en fert pour les päles couleurs; La dofe en eft d'une tablette. On peur nommer cette compofition , tablettes cache&iques de Hartman; car fr Ion met la poudre cachectique que cet Auteur a decrite, en tablettes > elles feront femblables a celles-cy. " Tablettes de faffran de mars compofees. Trenez, da faffran de mars aperitif, une once & demie , De la canelle tres-fiquante , de la rhubarbe cboijie , des fetules de bryone , & du faffran , de ebaeun deux dragmes , Du fucre tres-blanc , fondu & cuit dans Teau d'armoife , neufonces* Taites-en des tablettes fek» Part, R E M A R Q^V E S. On pulverifera enfemble la rhubarbe & la canelle , d'un autre part le faffran apres l'avoir fait fecher entre deux papiers ■-, on broyera le faffran de mars aperirif, jufqu'a ce qu'il foit en poudre impalpable , on melera les poudres avec les fecules de bryone , on fera fondre le fucre dans quatre ou cinq onces d'eau d'armoife jufqu'a. confiftence d'ele&uaire folide ; on le retirera hors du feu , 8c quand ll fera a ciemi refroidi l'on y melera exaetement les poudres , on jettera la matiere encore chaude für im papier huile d'huile d'amandes douces, on l'etendra avec un biftor- tier aufli huile, & on la coupera en tablettes. Elles fönt propres pour lever les obftrudions , & pour provoquer les mois aux femmes: La dofe en eft depuis une dragme julqu'a. deini once. On trouvera dans mon Livre de Chymie la preparation du faffran de mars aperitif. Quand on a pris de ces tablettes, il eft bon de fe promener quelque tems, afin d'exciter le mars a penetrer & a. lever les obftruclions. On fait des tablettes martiales de beaueoup d'autres manieres, qui ont des ver- tus femblables ou approchantes de celles-cy ; on y mele fouvent des purgatifs, mais alors elles fönt degoutantes ; il vaudroit mieux reduire les drogues en opiate , afirt qu'on put les prendre envelopees dans du pain a chanter. Avant l'ufage des tablettes martiales, il eft bon d'avoir fait les remedes generaux qui fönt les bouillons humecLans, les fomentations, la faignee , la purgation» afin que les vaifTeaux obftrues foient ramolis, & que la matiere qui fak l'obftruc* tion foit plus difpofec a fe degager lorfque le mars agira* E e e e iij Vertu*. Dofe. Tablettes cacheäi- ques, de Hartman» Vertus« j?o Vertus. Dole. Vertus. Dole. PHARM ACOPE E Tablettes e'wetiques. Prenez, du tartre emetique, de la regliffe rapee&de l'amldon > dethacun deuxoKCts y Du fucre blaue, denn livre. Taites-en des tablettes du poids d'une deml dragme, avec le mucilage de gomme idraganth. R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilement les Ingrediens chaeun feparemenc , on Ies melera exaetement enfemble dans un mortier de marbre, on les incorporera avec ce qu'il faudra de mucilage de gomme adraganth pour en faire une päte folide , on la bat- tra long-tems avec im pilon de bois, puis on en formera des petites tablettes ou rotules pefantes chaeune demi dragme, Elles purgent doucement par le vomiuement , & quelquefois pat les feiles: La dofe en eft depuis une tablette jufqu'a deux. Chaeune de ces tablettes contient au plus fix grains de tartre emetique. On rendroit cette compolidon beaueoup plus vomitive, fi au lieu de tartre emetique on employoit la poudre d'algaroth. Ces tablettes fönt agreables a manger ; la reglifle, l'amidon, le fucre & le mucilage ftrvent a adoucir le tartre emetique & a le rendre plus coulant ; mais fi le re- mede excitoit un vomi/Fement un peu trop violent, il faut donner au malade quelques cuillerees de bouillon gras, ou d'hmle d'amandes douces. Tablettes Mercufielks. Prenez, de lapanatee mercurielle , deux onces , De U canelle tres-piquante ) de l'iris de Elorence & du gingembre, de chaeun une drame, Du fucre blanc , quatre onces. Eaites-en une maffe folide avec le mucilage de gomme adraganth } &vous enforme- rez. enfuite des rotules du poids d'une dragme. R E M A R QJÜ E S. On pulverifera enfemble le gingembre , la canelle &c l'iris, d'une autre par le fucre im , on melera les poudres dans un monier de marbre avec la panacee mercu- rielle , on corporifiera le melange en y ajoutant ce qu'il faudra de mucilage de gomme adraganth , & on le battra long-tems avec un pilon de bois pour faire une pare folide dont on formera des petites tablettes ou rotules-du poids d'une dragme chaeune. On en fait mächer a ceux qui ont peine a recevoir le flux de bouche iorfqu'on les traite de la veröle , car elles excitent la falivation : La dofe eft une tablette. La canelle, le gingembre & l'iris fönt mis dans ces tablettes pour echauferla bouche , pour ouvrirles vaifieaux falivaires, t*~ mede : L'incention de l'inventeur a peurtant ete qu'on en put faire ufage en me- ""' decine ; mais les Pätifliers & les Confifeurs qui en preparent aufli, fe fönt etudiez fimplement a rendre la compofition agreable au goüt, (ans fe mettre en peinc fi eile etoit medecinalejpour cela ils en ont retranche tout ce qui pouvoit nuire a leur deflein, Sc leur compofition n'cft proprement qu'un melange d'amandes, de fucre Sc d'un peu de farine qu'ils pilent Sc perrifTent bien enfemble dans un mortier avec un peu d'cau. Le nomde maflepin vient de l'Italien mar capane , parce qu'un Italien nomme Etimol©* ILirco en fut l'Inveteur. gic. Le maffepain medecinal a ete invente pour les convalefcens , qui etant nouvelle- ment relevez d'un marafme ou maladie de confomption ou de poitrine , -ontbefoin d'etre reftaurez fortifiez & nourris par un aliment pe&oral & anodin ; ondoit donc choifir pour la confedtion de ce maffepain des ingrediens favoureux , doux Sc be- chiques, tels que lont les piftaches, les amandes, les abricots Sc le fucre. /Maffepain pect oral, Prenez* de- amandes douces pelees , demi livre • Des pißacbes mondees , deux onces. Vile^-les dans un mortier de marke avec un peu d'cau deßeurs d'oranges j aputex*- j du fucre tres-fin > une livre. Faites-en une maße dont vous former ez* de petits rouleaux ou petits pains a (iure au jour. R E M A R Q^TJ E S. On mondera les amandes Sc lespiftacb.es de leurs ecorces, 011 les pilera enfemble dans un mortier de marbre , les arrofant de tems en tems d'un peu d'eau de fleurs d'orange •, on y melera enfuite le fucre qu'on aura pulverife fubtilement, on con- tinuera a battre le melange jufqu'a ce quil foit reduit en une päte affez folide, on le formera enfuite en petits rouleaux ou en petits pains , qu'on mettra cuire ou rotir dans un four chaud lentement 5 mais ou il y ait aflez de chaleur pour les riifo- ler en cuifant. Ce maflepin eft bon ä manger , fortifiant , reftaurant adoueiflänt, Sc propre Vertss pour les maladies de la poitrine, fon goüt eft agreable. On peut au lieu d'eau D©fe> de fleurs d'orange y employer de l'eau de rofes:La dofe en eft depuis deux dragmes jufqu'a une once. Maffepain carminatif. Trenez, des pißacbes mondees , deux onces; Des amandes douces pelees, quatre onces* De la ferne nee d'anis , demi once; De la canelle , deux fcrupules , De la premiere ccerce d'orange amere , demi dragme. Pi/ei, le tout en femble , dr reduit en pudre , melez> ce qu'il faut d'eau du fleurs d'o- ranges, pour en faire une pate dont vous former ex. de petits rouleaux > felon l'art* • R E M AR OJU E S. On pulverifera enfemble la femence d'anis, la canelle Sc la premiere ecorce d'une orange amere qu'on aura coupee 8c enlevee bien mince & rait fechar. On pilerai dans un mortier de marbre les amandes Sc les piftaches mondees de leurs ecorces,, Vertus. Dofe. Venus Pole. Vesrtus. Pefo 5?t ^ PHARMACOPE'E y ajoürant de tems en tems un peu d'eau de fleurs d'orange, & enfin on y melera exactement les poudres pour faire une pare aftez folide qu'on formera en rouleaux ou en petits pains , lefquels on mectxa cuire au four par une chaleur douce 8c tempere*. Ce maflTepain eft bon pour aider a la digeftion, pour chafTer les vents du corps, pour fortifier l'eftomach & Ja poitrine , on en mange agreablement : La dofe en eft depuis deux dragmes jufqu a une once. On peut ajouter dans fa compofition deux dragmes d'eflence de coriandre, pour augmenter d'autant plus fa qualits carminative. Sucre rofat en tablettes, Trenez, du fucre tres-llanc } une livre , De l'eau de rofes , quatre onces } Faites-les cuire enfemble für un petit feuen conjißence d'eleäuaire folide, & en faites apres ceU des tablettes felon l'art, REMARQUES. Onmettra le fucre groffierement pulverife dans une baffine avec l'eau de rofe , on le fera cuire ä petit feu jufqu a conliftence d'electuaire folide , on le retirera alors de deftlis le feu, & quand il fera ä demi refroidi on le verfera für un marbre ou l'on aura epars de l'amidon en poudre fubtile; on etendra la matiere en levant le marbre d'uncote & d'autre , puisonla coupera en tablettes. Elles fönt propres pour deterger & pour adoucir la poitrine , pour exciter le cra- chat, pour fortifier le cceur: Ladole en eft depuis une dragme jufqu a fix. Ces tablettes ne retiennent gueres de la vertu de l'eau de rofe , car le plus fpiri- tueux le diffipe par la coction. On peut encore faire cuire le fucre avec de l'eau commune, & y verfer für la fin de la cuite environ deux onces d'eau de rofe, pour donner de l'odeur aux tablettes. Quand on veut faire du fucre rofat en poudre pour meler dans le lait qu'on fait prendre aux malades, il fuffit de mettre du fucre en poudre dans un plat de terre vermiß, de l'arroferplu/ieursfois d'eau roie,&:de le faire fecher a chaque foi$ für un peu de feu, en le remuant inceflamment avec un biftortier. Sucre rofatrouge. Trcnez. des rofes rouges mondees & pulverifees tres-fubtilement \ puis arrofees de quelques gouttes d'efprit de foulfre ou de Vitriol, une once & deme ' pu fucre tres-blanc cuit dans l'eau de rofes y une livre. Meiere ces drognes, & faites-en des tablettes felon l'art. R E M A R Q^TJ E S. Onmonderade leurs onglets des rofes rouges feches , on les pnlverifera fubtile- ment, & l'on arrofera la poudre de quelques gouttes d'elprit de foulfre ou de vitriol, pour lesrendre plus rouges : on fera cuire le fucre dans quatre ou cinq onces d'eau- rofe a petit feu jufqu a confiftence d clectuaire folide , on le retirera alors de deflus le feu , Sc quand il fera a demi refroidi l'on y melera exactement la poudre , & l'on jetterala matiere für un papier nulle , on lä laiflera eteindre , & quand eile fera prefque refroidie , on la coupera en tablettes. On s'en feit pour arreter les flnxions qui tombent du cerveau , pour fortifier la poitrine, l'eftomach de le foye '• La dofe en eft depuis une dragme jufcju'a. demi once. On UNIVERSELLE. 593 On forme ordinairemenr certe compo/idon en morceaux de la longueur Sc grof- Conferve feur du pouce, & on 1'appelle Conferve de rofe. Ae , rof e ta r 1 r röche. Main de ChrtH perlee, fucre rofat perle, 01t di/tmargdritum fimplt, Prenez, du fucre tres-blanc mit dans l'eau de rofe , une üvre. Des perles prepare'es , demi once , Melez,-les , & faites-en des tablettes felon l'art. REMJROVES. On fcra cuire le fucre dans cinq qu fix onces d'eau de rofe jufqu'a confiftence •d'elecfuaire lolide , on le retirera hors du fcu , on ymeiera les perles, Sc quand la matiere fera a. demi refroidie , on la jettera für im marbre ou Ton aura epars de la poudre d'amidon bien fubtililee , on la laiiTera etendre , puis on la coupera en tablettes. Elles fönt propres pour fortifier l'eftomach , pour adoncir les acides quand ils y v ertus . fönt en trop grande quaotite , pour le crachement de fang, Sc pour arrtter les cours -de ventre. La dofe en eic depius une dragme jufqu'a demi once. Dofe« Chaque dragme de ces tablettes contienc riois grajns de perles preparees. Les perles preparees fon.r une matiere alkaline , propre a romp.re les pointes des humeurs acides5c a les moraher , de meine quelle adoucit Sc abforbe l'acidite du vinaigre quand on la jette dedans: Les yeux d'ecreviile , ou le corail, ou l'y voire biüle feroient le meme effet. L'eau de rofe n'eft pas plus utile dans la compo/Ition de ces tablettes que l'eau commune ; car en bouillant toutes fes parties volatiles en qui confifte fa vertu , s'evaporent. Si Ton veut que les tablettes retiennent l'odeur Sc le goiit de l'eau de rofe , il faut les faire fans feu , malaxant le lucre Sc les perles melees enfemble dans un monier de marbre avec du mucilage de gomme adragantb tire en eau de rofe : mais je trouve qu'on employe trop de lucre dans cette compofition ; je voudrois en retrancher les deux tiers, & Deformer le lucre perle en la maniere I uivante. Sucre fofat perle' reforme'. Trenez. des perles preparees, une once ; Du fucre tres-blanc pulverife } demie livre. De ces drogues melees faites-en une maße folide avec ce quüfaudra de muedage de gomme adragantb üre dans l'eau de rofe , & vous en formerei, des rotules on tablettes Je Ion fort. Penides ott fuete penidie. Trencz, du fucre blaue & la decoäion d'orge, de cbaatn troispintes , Mettez, les bouillir jufqu'a conßfience de fucre en tablctte, enforte qu'il s'enfaffe une tjpece de maße äffet, folide, & pourtantjimaniable qu'elle ne s'Attache point aux doigts, & qu'on la puiffe reduire en batons menus, epais , courts ou longs, cntortillex, comme une cordt , & toujours blancs für Ltfin 5 pur en venir a baut , votre majfe etant encore chau- de-, vous la tirerez. , Vitenärez, & l'acrocherez, a un ou pla/ieurs crochets de fer atta- (bez. t im als ou contre une muratlle, & l'alongerez, de rechef jufqu'a ce quelle blan- (hijfe , Apres qnoir'öus donneret* a ces batons teile figure que vous voudrez.. f Ff ff" 5 JH PHARMACO P E' E R E M A R Q^U E S. On lavera bien deux poignees d'orge dans de l'eau chaude , puis on les fera bouillir dans une nouvelle eau bien nette pendant demi-heure pour en avoir quarre livres de decodkion coulee , on la mettra dans une baffine avec un pareil poids de fucre blanc, on fera cuire le melangeen une confiftence encore plus forte quecelle du fucre rofat, on le jettera für un marbre oint d'huile d'amande douce , on le ma- niera comme unepäte avec les mains, qu'on aura auparavant bien frorcees d'ami- don pulverife , pour empecher qu'on ne fe brüle, on Fetendra en bätons , qu'on accrochera encore chauds a. un ou plufieurs crochets de fer attaches conrre un po- teau ou contre une muraille, & on les allongera les en tortillant comme une corde, & leur donnant la figure qu'on voudra , puis on les laiflera refroidir , on aura un fucre fec , un peu ondtueux , fort blanc , facile ä rompre, d'un gout doux 6c agrca- Penides. ble , on l'appelle Penides ou epcntdes, ou Alphemc , ou fucre tors. Ceux qui le Epenides. preparent ont quelquefois le foin d'y mcler beaucoup d'amidon pour le rendre bien Alphenie. bl aiic & poui: y gagner davantage , ce qui eft une falfification condamnable •, on Sucre tors » r j /Bb -fi_ b -i * , :\ r r s appercevra de cette petite rourberie en le goutant, car alors 11 lera trop pateux a la bouche. Venus. Le fucre tors eft pc&oral, adoucillänt, incraflant, propre pour le rhume, il pro- voque le crachar , il adoucit les acretes de la poitrine. Les anciens Medecins appelloient ks penides , Saccharum hordeatum; mais les modernes ont transfere ce nom a une autre preparation de fucre , qui eft a la verite a peu prc-s de k meine qualite que le fucre tors , mais qui differe un peu par la forme & par k couleur. On fait cuire du fucre tres-fbrtement , comme quand on prepare les penides , on le jette für un marbre oint d'huile d'amande douce, & on le forme en bätons droits , longs & gros comme les doigrs , on les laiffe rerroidir, & on leur donne quand ils ne fönt encore qua. demi froids , quelque petite facon teile qu'on veut ■„ ils fönt d'une confiftence plus dure , plus Me & moins caffante que ks penides , de couleur jaune ou citrine, luifanre, d'un gout doux Sc agreabk, demeurant comme le fucre candi quelque tems a fe fondre dans la bouche. Plufieurs de ceux qui travaillent a ce fucre d'orge y melent un peu de temture de faffran, pour lui don- une couleur plus relevee. Le fucre d'orge eft fort en ukge pour le rhume , pour les fluxions de poitrine, pour le crachement •, on en met düfoudre un petit morceau dans la bouche. Les Apoticaires negligent fouvent de preparer eux-memes le fucre tors & k fucre d'orge , ils laiflent ces petites Operations aux Confifeurs , aufquels elks conviennncnr alfez bien } & ils les acheptent d'eux quand ils en ont beioin. Tablettes petfofales de l'Jbbe GendroK. Prenez. de Torge entier , une üvre ; Des raißns pajfes mondez,, qiiatreonees , De la reglifie rafpee , & concaffee trois onces; De la femence (Tonis > me once y Des gjrofles au nombre de qttatorz,e. Eaites euire ces drogues en conßflence de mucitage dansTeau commune, exprimez,-tes fortement dans une prejje , puis ajoütez. a Texpreßion , du fucre blanc , deux lirres. Cuifez. le tont enfcmble en conßßence d'ekttuwe fohde, puis faites-en des tabtettes felon Tort. Satchar. hordeatum. Sucre d'oi ge. Vertus. Dole. UNIVERSELLE. m R E M A R (Q_C7 E S. On fera bouillirl'orge bien nette dans une quantite fuffifante d'eau commune pendant long-temps, ou jufqu'a ce qu'elle foit crevee, alors onajoütera dansla de- ■codbion ks tai/ins mondes de leurs pepins , la reglifle ratiiße, Sc concaflee, l'anis Sc les gyrofles concafTes : quand le tout fera fuffifamment cuit on coulera la decoc- tionavecforte exprefllon, on fera cuire dans la colature le fucre a petit feu, jufqu'a. con/iilence delecfuaire folide , Sc Ton remuera la matiere inceflamment avec une e/patule de bois des qu'elle commencera ä s'epaillir , de peur qu'elle ne s'attacbe au fond de la balline, on la verfera für im marbre ou für un papier huile- d'huile d amande douce , Sc on l'etendra avec un biftortier aufli huile, puis on la coupent en tablettes qu'on gardera dans une boete en un lieu Cec. Elles fonr propres pour faire meurir le rhume, pour adoucir l'acrete des ferofites qui tombent du cerveau, pour exciter le crachar. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a demi once. Ces tablettes fönt difficiles a faire a caufe de la grande quantite de mucilage que donne une livred'orge crevee•, car ce mucilagesepaifiilant par la cuite , s'attache fac dement a la bajline & fe brüle fi le feu eft un peu trop fort, ou II l'on manque a remuer la matiere comme il f tut. C'eft principalement le mucilage de l'orge qui fait la bonte Sc la vertu de ces tablettes , car il lie par fes parties rameufes Sc embaraflantes, la pointe des fels acres, Sc epaifiilant la ferofite , il l'empeche de faire autant d'impreiÜon qu'elle feroit dans Ja poitrine; les raifins, la regliile Sc l'anis fönt aulli pectoraux , Sc ils conviennent bien dans cette compofition. ^ La petite quantite du gyrofle qui y entre ne peut pas produire un grand effet, Sc d'autant moins que fes parties volatiles fe diffipent cn bouillant ; ainfi quand on retrancheroit cette drogue, les tablettes n'en auroient pas moins de vertu. Quelques uns y ajoütent für la fin deux grains d'ambre gris, mais ce: aromate excite aux fem- mes des vapeurs quilesincommodent beaueoup. Quand on ufe de ces tablettes il eft bon de les laiflTer difloudre doucement dans Ja bouche , afin que leur mucilage arrofe Sc humedle infenfiblement les conduits qui vont a la poitrine. Tablettes de guimauves ßmples. Trcnex, de la pulpe de rac'wes de gulmMve nouvellement tiree, quatre onces. Du fucre bhnc foridu & cuit dans l'eatt de rofes , une livre & demie. Eaites-en des tablettes felon l'art. R E M A R QJÜ E S. On fera bouillir dans l'eau des racines d'althxa bien nettes jufqu'a ce qu'elles foient molles , on les feparera de la decodtion , on les ecrafera dans un mortier de marbre, & on les paflera par un ramis renverfe , pour en avoir la pulpe. On fera cuire le fucre fin dans fix ou fept onces d'eau de rofe jufqu'a confiftence d'ele&uaire folide , on y melera alors hors du feu la pulpe d'althaea avec un biftortier , on remettra la bafline für un tres-petit feu pour faire delfecher la matiere l'agi- tant toüjours, & quand eile aura une confiftence raifonnable, on la jettera für un papier huile d'huile d'amande douce, on l'etendra avec un biftortier, 6c on la coupera en tablettes. Elles fönt propres pour adoucir Si ernouiTer les acretes de la toux, pour epaiflir P f f f i) Venus. Dofe. Addition de deux grains d'ambre gris. Pulpe de racine d'al thxa. Tablettes d'althara , fake fans l'aide du feu. Tablettes d'althsea compofees faires Uns feu. Vettus. Do.e* ^ PHARMACOPE'E les ferofites qui tombent für la poitrine > pour faire cracher' 3 on en met fondre une rablette dans la bouche. Ori faic auffi des tablettes d'akfia^a fans feu , avec le fucre pulverife qu'on rcduit enpäte dans un mortier de marbre avec une quantite-f uftif ante de pulpe d'althaea ; on en forme des paftilles ou des rotules, & on les fair fecher. Tablettes des guimauves compofees. Trenez, de la pulpe de racines de guimauve , deux onces , De la femence de pavot blanc , de Viril de floreme , de U regltjfe , de U poudre diatr*- gacantb frotd, de chacun trois dragmes t Du fucre blanc (tut dans l'eau de rofes , une livre y Taites-en des tablettes felon l'art. R E M A R Q^u E S. On pulverifera enfemblc l'iris, la regliflfe & la femence de pavot ; on meler* la poudre avec celle diatragacanthi frigidi: on fera cuire le fucre en confiftencede fucre rofär,on y melerahors du reu la pulpepuis la poudre pour en hure unepätefohde, qu'on etendralur unpapier huile d'hiule d'amande , & qu'on coupeta en tablettes. Elles lont bonnes pour la toux inveteree, pour l'afthme ; pour les ulceres du poul- mon, on en met fondre environ une dragme dans la bouche. Sil'on ajoiitoit a la compohtion de ces tablettes deux dragmes de magiftere de foulfre , elles feroient plus propres pour lesulceres du poulmon & pour l'afthme. On.peur encore faire ces tablettes fans reu en mclant les poudres avec le fucre pulverife &£ incorporant le tout en päte dans un mortier de marbre avec une quantite fuffifante de pulpe d'altha?a pour en former des rotules. On pourroit rendre ces tablettes plus deterfives eay melant un ferupule de fleurs de benjoin. Tablettes diafulphuris , ott Ltit de foulfre* Treuen du magiftere de foulfre , une ence & demie. De l'amiden , des raunes jeehes d'aunee } & de la reglijfe , de chacun trois dragmes , Des raemes d'iris de ftorence, & des fleurs de benjoin , de chaeune un ferupule , Du fucre blanc, une livre. Taites-en une majfe folide avec le muciUge de gomme adragantb tire dans l'eau de tffes ; & forniez,-en des rotules fiten l'art. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfembleles racines v d'une autre part l'amidon , le magif&fe de foulfre & le fucre , on mefera les poudres & on les incörporera dans un monier de marbre avec ce qu'il faudra de mucilage de gomme adraganth tire en eau-rofer pour faire une malle iolide , dont on formera des rotules, &Ton les fera fecher. Elles fönt propres pour l'afthme , pour les rhumes. inveteres, pour deracher les phlegrnes epais, & pour deterger las ulceres du poulmon & de la poitrine ; on en laifle fondre environ une dragme dans la bouche. * On pourroic faire des tablettes de magiftere de foulfre moins compofees •, en la rnanier-e itnvanre. Tablettes de magiftere , eu Uit de foulfre* VnnfL du magißere de foulfre , une once & demie* De la gomme arabque , deux dragmes > UNIVERSELLE, 597 De Viris de fiorence, une dragme , Du fucre tres-blanc , deux livres. T outes ces drogues etant mt/es en poudre, & melees avec et quilfaut de mticilage de gomme adraganth tire en eau de fleurs de pavot rouge , Eaites-en me maße dont vous formerei, des tahlettes tu des rotules. On trouvera dans mon Livre de Chymie les deferiptions du magiftere de foulfre Sc des fleurs de benjoin. Tablettes peclorales blanches ,. de Mynficht. Prctiez. de la poudre des efpeces de diatragacanth frotd, & diaireosßmpk y de chaeune demi once , Du lait de foulfre ' deux dragmes , Du benjoin > une dragme , De l'buile defenoud } un feruptde , Du fuers tres- bUnc fondu dans le Mit de femetices de pavot blanc tire dans Veau dt violettes } une livre > Melez. le tout , & faitesen des rotules felon l'art. REMARQUES. Ön pulverifera fubtilement le benjoin , & on le melera avec le laict. 011 magiftere,. de foulixe , les poudres diaireos & diatragacanthi frigidi, le fucre reduit en pou*- dre fine & i'huüe de fenouil, on corporifiera le melahge avec du lait de femences . de pavot tire en maniere d'emulfion , avec l'eau de violettes diftillccs dans un moi- tier de marbre , en confiftence de päte folide , dont on lormera de petites tablettes- ou des rotules qu'on fera (edier a l'ombrc. Eües fönt propres pour les acretes de Li gorge Sc de la poitrine , pour la toux , pour l'afthme , pour la phtifie; on en pread envu'on une dragme a chaque fois , Sc on la laiile fondredans labouche. Tablettes pectorales citrims, de Myr. ficht. Trenez. du hoch fanmn epure , & de Li poudre des efpeces de diarhodon abbatis } ch chaeun denn once , Du fuc de regliffe t & des fleurs de foulfre , de chaeun une dragme ' Du benjoin , & de la raune d'tris de fiorence , de chaeun deux ferupules , De l'extrait de fafran oriental, & du bäume de foulfre anife , de chaeun «n ferupufc.- Du fucre blanc diffout dans l'eau de fen/üd , une livre. Melei, le tmt , & f.utes en des tablettes* R E M A R Q_U E S. On pulverifera chacu'11 feparernent le fucre , le benjoin & l'iris: on melera les> poudres avec celle des efpeces diarhodon abbatis 8c la fleur de foulfre , onferafon- dre le lue de reglifle dans un peu d'eau de fenoinl pour le rediure en confiftence de miel, on le melera avec le looeh, l'extrait de färfran , le bäume de foulfre anife, Sc ce qu'ü faudra d'eau de fenoüil, pour faire une päte (olide qu'on bartra kmg-temps dans un mortier , S-c l'on en formera des tablettes 011 des rotules qu'on fera fecher. Elles excitent le etachat, clles adouciflent les acretes de la poitrine en detachant les phlcgrnes, eltes facilitent la refpiration : on s'en fert pour l'afthme, pour la toux inveteree pour la phtifie, pour la pleurefie : on en prend une tablette a la bouche plufieursfois le jour. On trouvera dans mon Traite de Qh) ane la maniere de .preparer le bäume de foulfre anife , & lafleur de foulfre. ffffiij Dole»- Verl».. Dof&. Veitus. Dofc. 'J9* PHARMACOPE'E L'extrait de faffran fe prepare comrae les autres extraits des vegetans, mais on detruit entierement la verru de cette petite fleur en voulant tirer fon extrait, cat fa partie volatile en qui confifte fa qualite , fe perd dans l'evaporation quelque foirt qu'on puiflfe prendre pour la conferver, ainfi c'eft un abus que de faire cette pre- paration : les principes dn faffran fönt affez exaltez fans qu'il ioit befoin de l'aide de l'art pour les faire agir dans le corps , il vaut beaucoup mieux employer la fleur en poudre qu'en extrait. Tablettes d'emenudes, de Mynßcht, Trenez, des emeraudes preparees , deux dragmes i De Vongle d'elan calcine , me dragtne & demie, De la femence de pivome male, cueillie au decours de la lune , & de ricorce de citron~ de ebacune une dragtne t De la racine de diclame blanc J des graitts de kermes , du pet'it galanga , du faffran oriental , des cubebes } & du guy de cbefne , de ebaeun demi dragme , Du magißere de perles & de coratl rouge t des hyacinthes preparees, de Fluide de fucc'm blanc , de ebaeun un ferupule, Des bmles de noix mufeade, de macis & de canelle , de ebacune demi ferupule , Des bmles de romarin&de lavende , de ebacune quatre geuttes , Du fucre blanc diffout dans l'eau apopleäique & epileptique de Mynßcht, une livre. Melez. le tout, & faltes-en des Tablettes felon l'art. R E M A R QJÜ E S. On pulveriferaenfemble les femences, les racines, les bois, le faffran , les cubebes & le kermes , d'une autre part l'ongle d'eland calcine, le fucre , les emeraudes & les hyacinthes preparees, on melera les poudres avec les magifteres, les huiles &: ce qu'il faudra d'eau apoplectique Sc epileptique d'A. Mynßcht, pour en faire une päte folide qu'on battra long-tems dans un mortier , & dont on formera des paftilles ou petites tablettes. Elles fönt propres dans l'apoplexie, dans l'epileptie, dans laparalifie, dans le ver- tige, elles forrifient le cerveau: La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a trois. La calcinarion de Jbngle d'eland lui eft tout-a-fait prejudiciable, car le feu en faic diffiper le fei volaril en quoy confifte toute fa vertu ; il faut donc fe contenter de raper cet ongle pour le pouvoir mettre en poudre avec les autres drogues. On trouvera dans mon Livre de Chymie, les manieres de preparer les magifteres & les huiles qui entrent dans cette compofition. Les pierres precieufes & les magifteres de perles & de corail fönt inutiles dans ces tablettes •, car etant privez des principes a6tifs, il n'en peut rien fortir qui for- rifie le cerveau. Si Ton n'a point d'eau apopleclique d'A. Mynßcht, on lui fubftituera l'eau rheria- cale ou l'eau imperiale. Tablettes d'hyacinthes, de Mynßcht. Trenez, de la poudre des efpeces diarhodon ahbatis, & de diamargaritum fro'td , de ebacune demi ence, Des hyacinthes preparees , trois dragmes ; Du nitrepurifie , une dragme, Du magißere de corail rouge; De l'huile difilllee de rofes, undemi ferupule ~ Du fucre blanc fondu dans l'eau de nenuphar , une livre. llelti. le tout & formellen des tablettes fekn l'art. U V I V E R S E L L E. ^9 REMARQUES. On pulverifera enfemble le falpetre rafine & le fucre, 011 les melera avec les hya- cinthes preparees,lemagiftere clecorail, les poudres diamargaritum Sc diarhodon abbatis, Sc l'huile de role ; on corporifiera le melange dans un mordet de marbre avec ce qu'il faudra d'eau de nenuphar pour faire une päte folide qu'on battta long- tems, Sc Ion en formerades tablettes ou rotules qu'onrriectrafecher. Elles Zone eftimees propres a. calmer toutes les ardeurs du corps, pour Ja i yncope, pour 1 afthme, pour les fievres malignes, pour la toux. La dofe en eft depuis une aragmc juf qu'a trois. Quoique ces tablettes prennent leur nom des hyacinthes, elles n'en tirent pas Jeur plus grande vertu. Le magiftere decorail eftdecrit dans mon Livre de Chymie ; je le trouve fort inutile dans cette compofition, & on le pourroit fort bien retrancher fans diminuer la vertu du remede. Si l'on corpotihoit les poudres de ces tablettes avec du mucilage de gomme adra- ganth fair en eau de nenuphar, elles fe durciroient davantage en le fechant, Sc elles fe conferveroient mieux lans s'humedler. Tablettes de Magnanimite. . Prencz. de lapulpe de pißacbes , de la rdeine de J'atjrion conßte , de U conferve de fleurs de romarin, de la confeäion alkermes preparee avec fambre & le mufc, de ebne une dem once, Des troncs & des foyes de viferes , & des perles preparees, de cbacun trois dragmes , De U fenience de roquette , deux dragmes , Des reins de (eine murins t du petit cardamome , & de la rächte degalatiga , de cbacun une dragtne t Des gyrofles, de la candle , du mach , & de l'amhre gris } de cbacun demi dragme, Du mufc ertental, un demi ferupule , Du fucre diffout dans l'eau de fleurs d'orange , & cuit en conßßettce d'elecluaire fo~ ltde j une hvre. laites-en des ta&lettes felon Cart. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les troncs Sc les foyes de Vipere ineifes menu, la fe- mence d'eruca , les reins de feine , le petit cardamome , le galanga , les gyrofles , la canelle Sc le macis, d'une autre part le mufc & l'ambre avec les perles preparees , on melera les poudres. On pilera dans un monier de marbre les piftaches mondees , les racines de iaty- rion, Sc la conferve de fleurs de rofmarin , on y ajoüteraun peu de fyrop d'üeillet pour reduirc la Inatiere en une pate liquide , Sc on la pailera par im tamis pour ea avoir la ptdpe , qu'on melera avec la confecüon alkermes. On fera cuire le fucre dans quarre ou cinq onces d'eau de fleur d'orange a petit feujufqu'en confiftence d'eledtuaire folide, on y melera exaötement horsdu feu,les pulpes, la confection alkermes & les poudres , on jettera la matiere encore chaude für un papier huile d'huile d'amande douce; on l'etendra Sc on la coupera cn tablettes. Elles fönt propres pour fortifier l'eftomach Sc le cerveau, pour rc-jouir le ccEtir, pour exciter la femence , pour refifter a lacorruption des humeurs: On les appelle Tablettes mäles. La dofe en eft depuis une dragme juiqu a trois» Verttre. Doftv Vertue. Tablectes aalcs £oo PHARMACOPE'E Les perles etant une tnaticre puremcnt alkaline, me paroiflent affez inutilesdans cette compofition, qui ne nent la vertu que des Ingrediens fpirirueux &falins. Table/res vivsfiantes d'alkermes , eu imperiales. Vrenet* de la confeäion alkermes eomplette , une once f Dn fucre blaue cuit dam l'eau deflturs & orange t une Uvre. Melet*-les , & en formet* des tMettes felon l'art. R E M A R Q^U E S. On fera cuire le fucre fin dans quarre onces d'eau de fleurs d'orange a petit feu jufqu'a ce qu'il faßte bien le fil quandon en prendra avec une efpatule, on le rerirera alorshors du feu , on y melera la confection alkermes, & Ton verfera lemelange Car une feuille de papier blanc pliee par les bords en carrelet & huilee d'lmile d'amande douce, la matiere s'etendra d'elle-meme & le-durcira en refroidiflant , on la coupera en tabletres qu'on gardera dans une boete en un lieu lec. Elies lönt propres pour fortifier le cceur , pour refifter a la malignire deshumeurs, pour exciter laiemence. La dole en eil depuisune dragme jufqu'a trojs. On peut erendre ces tablettes avec un biftortier en la maniere ordinaire •, mais dies feronr plus belies fi Ton fe contente de verfer la mariere, comme j'ai dir für un papier pendaiu quelle eft encore coulante ; car de cette maniere la couleur de Li confection fera bien mieux confervee , & les pailleices d'or paroitronr. Ceux qui ne trouveronr pas affez d'odeur dans la compofition de ces tabletres , pourront y ajouter du mufc & de l'ambre. Tabletres Quelques-uns fonr entrer dans ces tabletres demi once de poudre de vipere , cc Äe longue- qui ne peur qu'augmenter leur vertu : On les appelle en Francois rablettes de Ion- Venus. Dofe. tue (rue vie itker- ce qui On pourroir doubler , tripler & quadrupler la quantire de la confection mes ■■> mais alors il feroit necelfaire d'en faire conlumer l'humidite für le feu, diminueroit beaueoup de fa vertu, car le plus fpiritueux s'en evaporeroir. Tablettes curdiaques. Freuet, du fucre tres-blatte , cuit dans l'eau de fleur d'orange , une Uvre , De la confection alkermes complette , une once , Be l'ecorce exterieure de citron nouvellement coupee & tres-mince , & de l'untimsine diapboretique , de ebaeun deux dragmes , De l'buile difiillee de canelle t incorporee avec un peu de fua e , une goute, Taitts-cn des tablettes felon l'art. R E M A R O^u E S. On aurade l'ecorce la plus fuperncielle &la plus odoranre du cirron, on la coupera le plus menu qu'on pourra avec des eifeaux, on mettra en poudre environ deux dragmes de fucre caodi blanc, on y melera une goutte d'huile de canelle pour faire un oleoüccharum , on pulveriferabien lubtilement l'anrimoine diaphoretique , on fera cuire le fucre a penr feu, dans quarre ou cinq onces d'eau de neurs d'orange , jufqu'a conjaftencp de fucre rofar: on Le rerirera hors du feu , & quand il fera a demi refroidi l'on y melera la confection alkermes complete, l'ecorce de citron incilee menu, l'antimome diaphoretique , &: enfin l'oleofaccliarum de canelle, on verfera le tout für un papier blanc huile , on le laiflera etendre fufhümment , puis etant refroidi on le coupera en tablettes qu'on gardera dans une boete en un lieu lec. J'ay UNIVERSELLE. fc,i Tai tire cette de/cription de h Pliarmacopee Royale., r On pourroit faire ces rablettes fans feu enlamaniere fuivante. Tablettes Cardiaques preparees fans feu. Treneu de laeonfeäion alkermes complette , une once , De l'ecorce exterieure de citron fechee & pulvertfee , & de Vantimoinc diaphoretiqut, dechaeun deux dragmes , De l'hutle de canelle , une goutte , Du fitere blanc jubt dement pulvert fe , demi l'tvre. Melez. le tont, & faites-en une maße folide avec le mueihge de gtmrme airaganth tire dans de l'eau de fleur d'orange, dorn vousformerex, enfutte des tablettes pur l'ufage. Tablettes Cord.ia.les, de Mynßcht. Trcnex. de la pouäre des efpeces dtarhedon abbaut , une denn ence , De la confeäwn alkermes , deux dragmes , Des perles preparees , & du nugißere de cor ad rouge , de chaeun deux dragmes y Des builes de gyrof.es & de mach, de ch.icune tjitatre gouttes , Du fitere tres-blanc dijfout dans l'eau de canelle , htttt onces. Meiez. U tout s & faites-en un eleäuaire en tablettes. R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilement le fucre , on y melera les huiles de gyrofie & de mj- eis , le magiftere de corail, les perles preparees , la poudre diarhodon,la confectioa alkermes &c ce qu'il faudra d'eau de canelle pour faire une pafte folide donc on for- mera des petices tablettes ou des rotules qu'on fera recher a. l'ombre äc qu'on gar- dera dans une boette en un Heu fec. Elles rejoüiflent & fortifient le cceur , elles excitent la femence, eiles renitent a. la pourriture. La dofe en eft depuis une dragme juiqu'a trois. Les perles 6c le magiftere de corail mc paroiffent aflcz inutiles dans cette com- pofition , parce que ces Ingrediens n'ont aueunes parties volatiles qui puiilenc fe porter dans le fang pour fortifier le cceur. Tablettes de femences , de Ferne!. Trenez. du fite de regliffe &de la femence de miltum fohs , de chaeun trois dragmes. Des qitatre grandes femences froides mondees & des petites, de Celles d'afperges, de pimpterteile , de bafiltc, de perjil , des fruits d' alk.ek.enge feebex., de chaeun deux dragmes. De la canelle & du macis , de chaeun une dragme , Du fucre blatte cutt duits l'eau d'altbea, trois livres & demie , Faites-en des tablettes felon l'art. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble les femences de milium folis, d'afperges, de pimprenelle, debafihc, de perfil, les petites femences froides, les fruits d'alkekenge, la canelle , & le macis. On pilera dans un mortier de marbre les quarre grandes femences froides mondees , de chaeun deux dragmes jufqu'ä ce qu'elles feient bien en pafte ; on lesluime&era avec unpeude fyrop d'akhxa, & lonentirera la pulpe par un tamis renvetfe. On fera fondre ou diflbudre le fuc de regliffe dans un peu d'eau de ' ? G ggg Vertus. Dofe. Venus. Dois. Vettüs. Dofe. 6oz PHARMACOPE'E guimauve diftillee für un perit feu , & on le reduira en confiftence de miel. On mettra cuire le fucre dans environ une livre d'eau de guimauve jufqu a confiftence de fucre rofat, on le retirera du feu , on y melera la palpe &C le fuc de regüffe, puis quand la matiere fera a demi refroidie , I'on y incorporera exadLement les paudrcs, on jecterale mclange encore chaud für unpapier oint d'huile d'jrnande douce, on l'etendra avec un biftortier Sc on le coapera en des tablettes que i'on gardera dans une boe'cte en un lieu fec. Elles fönt employees dans la colique nephrecique & pour faire uriner. La dofe en eft depuis une dragme jufqu a fix. Le nom de ces tablectes qui figmfie compofition de femences, leur a ete donne a caufe de la quantite des femences qui y entxenr. Laliaifon du corps de ces rabletres eft difficile a faire , a caufe de l'oncT:uofite des femences qui y entrent: C'eft par cette raifon qu'on y employe beaucoup de fucre. Tablettes Lithontriptiques , de Femel. Trenet, du fang de bouc prspare , une once & demie , De la pierre de judee , de Ijnx , d'eponge, & des yeux d'ecreviffes , de cbacun une dragme & demie. Des femences (fache , d'ar.is , d'afperges , de baßlic, d'ortie, de citron , de fix/frage, de pimprenelU t de carvi, de daucus, de perit boux, de fenoiiil, de ferßl de Mace- dune , de bardane , de fefeli, &de la meine i'afarum , de ebaeunes une dragme. Des racines de cojlis , de reglijfe , de fouchet, de la gomme adragantb & du cbame- dris, de ebaeun deux Jcrupuks , Du fpkanard , du gingembre t de la canelte , du poivre mir, du cardamome , du gy~ rofle , & du macis , de chaeun denn dragme , Du fucre tres-bUnc cuit dans Veau dz betoine , quarre Ihres. lattes-en des tablettes felon l'art. R E M A R QJÜ E S. On pulverifera enfembie les femences, les racines , le chamedrys, le fpicanard , lacanelle , le poivre, le cardamome, les gyrofles, k gomme adragantb &le macis, d'une autre part le fing de bouc prepare ; on broyera enfembie für le porphyre, les pierres jufqu a ce qu elles foient reduites en poudre impalpable ; on melera les pou- clres , on fera cuire le fucre dans quinze ou feize onces d'eau de betoine diftillee, jufqu a confiftence d'cle&uaire folide , on le retirera de deflus le feu , & quand il fera a demi refroidi, I'on y melera exa&emenr les poudres, on jettera le melange encore chaud für un papier liuile d'huile d'amende douce, on 1 erendra avec un biftortier , & on le coupera en tablettes qu'on gardera dans une boette en un lieu fec. Elles fönt propres pour artenuer la pierre , la gravelle-, les phlegmes, Sc pour les chafler par les urines. La dofe en eft depuis une dragme jufqu a demi once. Ces tablettes ont ete appellees lithonthriptiques , c'eft-a-dire rompanr ou bri- fant la pierre, parce qu'on pretend qu'elles atrenuent la pierre dans le rein ; on auroit pules nommer Diaipermaton a auffi jufte titre que les precedentes , car il y entre une grande diverfite de femences. On auroir abrege la defeription fans oter de fes vertus , (i on les avoit reduites afept ou huit des principales, augmentant leur poids a proportion. • Il y a lieu de craindre que les pierres qui entrent dans cette compofition nang- U N I V E R S E L L F, 6oj mentent ptdtot le calcul dans les reins Sc dans la veflie, que de chafler celui qui y eft. Je ferois d'avis qubn les retranchat, auffi bien ces pierres ne contienneno* elles guere de Id qui puüTe les rendre aperitives : Voici donc comme je Youdrois reformer la compohnon. Tablettes Lithontriptiques le'forme'es. Prenez. du fang de baue prepare, une once & demie , Des yeuxd'ecrevißes preparez., demi once , Disfemences d'aehe } d'afperges , d'ortie , de faxifrage , De petit houx , de per Ja , & de baßltc, de clueunes deux dragme s , Des racines de fouchet , & de ceftus * de lagotnme adraganth, du cbamedris & du fpi- canard , de chaeun um dragme , Du cardamome , du macis , & du gingembre , de chaeun denn dragme , Du fucre cuit dans l'eau de pa.rieta.ire f trois livrcs > Taites-en des tablettes felonl'art, la dofefera d'unedragmejufqWa trois. J'ay retranche une livre de fucre de la defeription, parce que j'en trouvois unc quantite trop grande a proportion des autres ingrediens qui y entrent. Tablettes propres a, excitcrle Uli t de Mynßcht. Prenez. du criflal prepare, denn once , Du cor all rouge prepare, une dragme , Des perles peparees, & du poivre long , de chaeun demi dragme , De l'hnile de femence de fenouil, im fcrupule , Du fucre blanc dijjout dans l'eau de noix mufeade dißillee , bult onces. bietet* le mit & faltes-en un electuaire en rot nies. R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilement le poivre & le fucre chaeun feparement, on meflera les poudres avec lc criftal, le corail Sc les perles preparees, l'jiuile de fenouil & ce qu'il faudra d'eau de mufeade diftillee pour faire une malle folide qu'on bartra quel- que tems dans un monier pour bien incorporcr le tout, Sc 3'on en forrnera des tablettes ou des rotules qu'on gardera pour le befoin. Elles fönt eftimees propres u exciter le lait des neurrices. La dofe en eft depuis Vertus. une dragme jufqu a trois. Dofo Tablettes de T>iatra?aganth froid. Prenet, du fucre tres-blanc pulverife, demi livre ( De la poudre de diatragaganth froid , une once & demie, Melez.~les , &fattes-en une maffe folide avec le muc'tlage de gomme adraganth , tire dans l'eau de rofes , dorn vous formerei, des tablettespour l'ujage. R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilement le fucre fin, on le mclera dans un mortier de marke avec la poudre diatragacanthi frigidi Sc ce qn'il faudra de mucilage de gomme adraganth tire en eau de rofe pour faire une mafTe folide dont on formera des ta- bletces ou des rotules qu'on fera fecher. Elles fönt propres pour adoucir les acretez de la trach.ee artete Sc de la poitrine, Vertus. Dofe. Vertus. Dofe. 604. PHARMACOPE' E pour calmer Ies ardeurs des vifceres, pour faire cracher. La dofe en eil depuis uns dragme jufqu'a. trois. On fait ordinairement ces rablertes avec le fucre cuit dans une eau pe Ies perles y fönt aufli de petite uülite \ il n'v a donc ici que l'ambre gris & le fucre für qui l'on puilfe compter. On pourroit faire des tablettes reftaurantes dsplusgrandeefricace quecelles-ci, park methode fuivante. Tablettes refomptives leforme'es. Prenez, des troncs de viperesfroids avec Ies cceurs & Ies fojes , deux dragmes , De l'as de cceur de cerf , &du diapboreüque mitmale t de cbacun une dragme y De la canelle , du gyrofle , du mach , & du fantal citrin, de cbacun demt dragme 3 De l'ambre gris , un fcrupule , Du fuere blanc, une demi livre. Mele^-hs, & avec le mucilage de gomme adragantb , tire dans Ce au de fleurs d'o- tmge, faites-en des tablettes Jelon l'art. La dofe fera depuis me dragme jufqu'a deux. UNIVERSELLE. 60$ Tablettes Stomachi^aes. Trenez. du fucre tres-blanc , une hvre, De l'eau dißillee d'ecorce de citron , quatre onces i Cuife^-les enfemble für un pefit feu jufqu'a conßßence d'eletfuaire follde , pult a)outez.-y Beb twix mufca.de confite, du fucre pile & paß a travers le tamis , & de la pulpe de pißaches , de chaeune ßx dragmes , Des ecorces d''orange & de enron nouvellement coupeesmenu & fuperficiellement , de U canelk choiße , & du maus , de ebaeun deux dragmes. Taites-en des tablettes felon l'art. R E M A R Q^TJ E S. On pulverifera enfemble Li canelle & le macis, on couperamenu les ecorces ex- terieures de citron & d'orange recemment feparees : On pilera enfemble dans im mortier les piftaches mondees & la mufeade confite, on humectera la matiere avec un peii de fyrop d'ceilletpour en faire unepäte qu'on pafferapar un tamis : On fera cuire le fucre a petit feu dans l'eau d'ecorce de citron jufqu'a coniiftence d'cle&uaire folide , on y melera hors du feu les pulpes , pius les poudres, on jettera la matiere für un papier huile d'huile d'air.ande douce , onl'etendra avec un biftortier , & on lacoupera en tablettes qu'on gardera pour le befoin dans une boette enun lies fec. Elies fortifient l'eftomach , elles facilitent la digeftion , elies corrigentla puan- teur de bouche , elles chaffent les vents , elles refiitent a la pourriture. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a trois dragmes •, on en prend apres le repas. L'eau d'ecorce de citron diftillee qu'on demande lei , ne donne guerre plus de vertu aux tablettes qne de l'eau commune , parce que dans la cuite du fucre les par- ties fpiritueufes & effentielles s'en diilipent. Il s'en faut beaueoup que la mufeade confite ait autant de vertu que la mufeade feche , car en la confilant on a fait diffiper ce qu eile contenoit de parties volatiles les plus effentielles. 11 vaudroit donc mieux lui fubftituer la mufeade ordanaire er* poudre- TabL ttes Aromatiques , de Mynficht* Trenez, da petit galavga, une dragme & demie. Dti calamus aromatique , des grains deparadis , & du gingembre blatte, de chaeun um dragme , Dugyrofle , de la caffe odorante , de la ■Ledoaire , de la ptmprenelle , Dupoivre kmg , & de lafemence de carvi t de ebaeun demi ätagme 5 Descub.bts , dt lanoix mu' t cade, dujaffran ortental, & du macis, de chaeun un fciupule , Des builes de canelle , de menthe crefpee , d'orange & de romarin , de ebaeun un denn fernpule , Du fucre tres-blanc, dißont dans l'eau flomacbale , de Mjnßcht, une hvre. laites-en des tablettes felon l'art. Venus, Dole. Gz gS") 6 PHARM ACOPE' E Vertus. Dofc. R E M A R QJJ E S. On pulverifera en particulier le fucre, 6c les autres drogues enfembie, on melera les poudres dans un mortier de marbre avec les huiles, & ce qu'il faudra de l'eau flomachale d'A. Mynficht pour faire une päce folide dont on formera des tablettes ou des rotules qu'on fera fecher &c qu'on gardera dans une boetce en un lieu Cec. Vertus. Elles fortiftent les parties vitales , elies gueriifent la colique venteufe, elles refi- Dofe. ftent ala maligpire des humeurs. La dofe en eft depuis une dragme /ufqu a deux. Tablettes de pavot blanc. Vrenei, du fyrop de pavot blanc nottveau, ce que vous roudret,. Cuifez*-le en confiflence d'elecluairc folide , & formet, en des tablettes felon Vart, R E M A R Q^U E S. On mettra bouillir für un petit feu la quantite qu'on voudra de fyrop de pavot blanc nouvellement prepare jufqu a corfiftence de (ucre rofat, on le laiflera refroi- dir a demi, & on le jettera für un papier huile d'huile d'amande douce, quand il fera froid on le coupera en tablettes , qu'on gardera en un lieu fec. Elles excitcnt le fommeil. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a fix. Tablettes carminatives , de Mynficht. Prenez. de l'huile carminative de Mynficht, une dragme & demle. Des huiles de canelle & de gyrofle t de chactine demi fcrupuie, Du fucre blanc diffout dans l'eau carminative de Mynficht, une livre. Faites-en des Tablettes felon Vart. R E M. A R Q^U E S. On pulverifera fubtilement le fucre > on y melera les huiles Sc ce qu'il faudra d'eau carminative d'A. Mynficht pour faire une mafle qu'on battra quelque temps dans un mortier de marbre, & qu'on formera en tablettes ou rotules felon l'art. Vertus. Elles diiHpent les flatuofitez , elles fortifient l'eftomach. La dofe en eft depuis Dofe. une dragme jufqu'a demi once. Si Von faifoit la päte de ces tablettes avec le mucilage de gomme adraganth tire dans l'eau carminative i'A. Mjnfiiht , elles feroient plus fermes , & elles fe garde- roient plus long-temps. Tablettes Confortatives , de du Renou. Vrenez. de la poudre des efpeces de diamargaritum froid , & des ferles, de cbatune une dragme , De la rachtre d'yvoire , deux fcruptdes ~ De Cos de. coeur de ccrf, un fcrupuie t Du fucre blanc diffout & cuit dans l'eau de rofes, une demi livre. Faites-en des Tablettes felon l'art, R E M A R Q^XJ E S. On pulverifera enfembie la raclure d yvroire & l'os de cc?ur de cerf, on melera la poudre avec celles de diamargaidü frigidi & de geramis 5 on rocetta cuire le fucre UNIVERSELLE. 6c 7 clans environ deux onces d'eau de rofe jufqu a confiftence d'ele&uaire folide, on le retirera de de/Ias Je fea, Sc lors qu'il feta a. demi refroidi Ton y melera exädfcement les poudres, on verfera la matiere encore chaude für iin papier huile d'huüe d'a- mande douce, on 1 etendra avec un bxitortier , 8c on le coupera en tablettes qu'on gardera dans une boece en un lieu iec. Elles rerabliffent les forces diffipees par une longue maladie , elles aident a la di- Venus, geftion, elles refiftent a la malignite des humeurs. La dofe en eft depuis une drag- Dofe. nie jäfqu a deux. Cette qui voudront faire ces tablettes fäns feu n'ont qua pulverifer le fucre , le meler avec les poudres, &£ incorporer le melange avec une quantite fufhfante de mucilage de gomme adraganth tire en eau de rofe pour en faire un pafte dont on formera des tablettes ou des rotules. On peut dans cette derniere defcription retrancher la moirie du fucre, les tablettes en auront plus de vertu. Tablettes de Cumin, de Mynficht. Prencz, de lapoudre des efpeces de diacumin & d'anis, de chacune demionct. De Li poudre de diamofchi donx & de diambra , de chacune une dragtiie , Du bäume de foulfre amfe, & de l'huile de fenouil , de cbacun un fcrupule. Des hui/es d'orange & de mach , de cbacunes denn fcrupule. Du fucre blatte cuit dans l'ea't beiiitt de ferpolet de Mjnjicht , une livre. Mcki~-lcs, & futes-en des Talteites felon Part. R E M A R O^U E S. Cr< melera toutes les poudres enfemble , on metträ cuire le fucre dans cinq on fix onces d'eau benite de ferpolet d'A. Ujr.jicht, pius quand il fera plus qu a demi refroidi , Ton y melera exaerement avec un biftortier, les poudres & le bäume de foufre anife ; on jettera le melange für un papier huile avec les huiles de feiiouii, d'orange &c de macis; on etendra la matiere & on la coupera en tablettes, lefquel- les erant tout a fait refroidies on les ferrera dans une boette pour les Härder en ui i * r L t_> un lieu fec. Elles diilipent les vents, eliesfortifient l'eftomach , elles aident a la refpiration. La dofe en eil depuis denn dragme jufqu a deux dragmes. Quelque lein qu'on piufie prendre en compofant ces rablettes, pour empecher la diizipation des parties volariles, on ne peut pas eviter qu'il ne s'en perde confi- derablement des plusefienticlles : car lachaleur fimoderee quelle foir, les fait ex- haler en l'air. Pour reinedier a cet inconvenient, je voudrois changer la merhode que demande l'Aureur & faire ces tablettes , par un flmple melange de drogues a. froidi fans coelion , les corporifianravec du mucilage de gomme adraganth tire en eau benite de ferpolet d'A. Mynjicln ; par ce moyen on conferveroit toutes les parties des Ingrediens, on pourroit meme en fuivant cette merhode, diminucr la quantite dafucrede fix onces , les tablettes en auroient beaueoup plus de vertu, parce que les drogues feroient ramaffees enmoins de volume. Voici donc comme je voudrois reformer cette compofition. Tablettes de Cumin reformc'es. rrenez, des poudres des efpeces de diacumin & d'anis, de chacune demi otice } Versus. Dofe. 6o8 PHARMACOPE' E Des poudres de diamofchi doux & de d'mmbra , de clucune une dragtne, Du bäume de foulfre anife , & de l'huile de fenouil , de cbacun unfcrupule , Des huiles d'orange & de macis , de clucune denn fcrupule i Dufucre blanc pulvertfe f dixonces. Mele%,ces droguesdans un morüerde marbre , & faites-enune maße foüde avec le mucilage de gemme adragantb , puis formet.-en des tMettes felon t'arfr Tablettes dcTuffiUge ou Pafdane. Prcnez, du fuc de feuilles de tujjllage spare , quatre ences. Du fucre blanc , denn livre. Eaites-les cuire en conjifience foüde % puls faites-en des tablettes felon Vart. ■ R E M A R Q^U E S. On aura des feuilles de pafdane cueillis dans leur vigueur , on les pilerabiea dans im monier de marbre, $c l'on en tirera le fuc a la prelle; on depurera ce fuc en le faifant bouillir un bouillon & le paflant par un blanchet, on dilfoudra für le feu deux parties de fucre blanc dans une partie de ce fucre depure , & on les fera cuire en confiltence folide; on retirera alors la matiere de deilus le feu , & quand eile fera a demi refroidie, on Ja verfera für un marbre oü l'on aura epars de l'amidon en poudre fubtile ; eile le condenfera en setendant, on la coupera en tablettes qu'on gardera dans une boette en im lieu (qc. Venus. Elles tont propres pour adoucir les acretez de la poitrine & pour excit« le cra- chat; on en met rondre une tablette dans la bouche. Tablettes pre'fa'v.itives Mithridatiques , de Mynßcht. Trenez. de Vextrait de Mithridat prepure avec le vinaigre difiille , une dragme & demie , De U corne de cerf' calcinee cbyjniquement, De lafemence de citron rmndee , des fleurs de foulfre, Des emeraudes preparees , & du bol oriental prepure , de cbacun une dragtne , De U racine de %*edoaire & de tormentille , de ebaeune demi dragtne , Des perles preparees , du magißere de corail, & du camphre , de cbacun un ferupuk > Des huiles de fuccin bUnc reclifiee & d'augelique } de chaeune demi fcrupule , Des huiles de gjrof.es & de rhue , de chaeune quatre gouttes , Du fucre candj diffout dans les eaux d'ofeille & de rofes , une livre. Faites-en des tablettes felon Vart. R E M A R £_U E S. On pulverifera enfemble les racines , la femence de citron & h corne de cerf, d'une autxe part le fucre & le camphre on melera les poudres avec le bol & les emeraudes preparees, le magiftere de corail, les perles preparees, la fieur de foufre, les huiles, l'extrait de mithridat & ce qiul faudra d'eau diftillees d'ofeille & de rofe, pour faire une parte folide qu'on battra quelque temps dans un monier de marbre, & l'on en formera des tablettes ou des rotules qu'on fera fecher a. l'ombre & qu'on gardera dans une boette en un lien fec. Elles prefervent delapefte , elles rehftent au mauvais air & a la malignite des humeurs. La dofeeneft depuis une dragme jufqua rrois, Pour UNIVERSELLE. 609 Pour faire l'extrait de mithridat on difloudra une once de mithridat dans huit onces de vinaigre diftille; on mertra digcrer la diflolution pendant douze heures dans im vaitfeau couvert au feu de fable bien lent, on Ja coulera ehfuite par un linge, Sc Ton en fera evaporer l'humidite a pecit feu jufqu a confiftence d'extrait. Quoique Je delfein de l'Auteur des tablettes ait ete de rendre Je mithridat p!ns quintefcentiel Sc plus falutairc en le rcduifant en extrait, il eil pourtant aife de voir que cerre preparation lui eil nuifible ', car par l'evaporation qu'on fair de l'humidite, on Mite echaper les partks les plus fpiritueufes Sc les plus eüentielles des Ingrediens qui compofent le mithridat, Sc par l'aciditc du vinaigre, l'on fixe celles qui peavent irre reftees : Il vaudroit donc mieux fe fervir du mithridat meme que de Ion extrait, les parties de cette compofition fönt aflez exaltees Sc affez difpofees a fe diftribuer par tout le corps, fans qu il foit befoin de les ouvrir davantage par de nouvelles preparations. Les emeraudes, les perles, le bol Sc le magiftere de corail me paroifTent des ma- tieres inutiles dans cette compofition , parce qu'ellesne contiennent aueunes parties volatiles qui puiflent rarefier le lang & chafler les mauvaifes humeurs, au contraire elles fönt aftringentes: Voici corame je voudrois reformer ces tablettes. Td&tettes Mithridatiques. re'forme'ss. TreneiL du mithridat, une once , ■ £>e la raclure de corne de cerf, de la ferne nee de citron mondee , des fiettrs de fotüfre ' de U racine de udoaire , de ebaeune une dragme & demie , Du campbre , un fcrupiäe , Des huiles de fuccin reäifiees & d'angelique , de ebaeune demi ferupule, Des huiles de gyrofle & de rbuc } de ebaeune quatre gouttes , Du fucrecandi y une iivre. Melez, le tout &faites-en une maffe folide avecle mucilage de gomme adraganth» tirs dans Veau de rofes, dont vous former ez. apres eela des tablettes pour l'ufage. La dofe en fera depuis une dragme jufqu 4 trois. Tablettes thenacales , de Mynßcht. Prenez, de l'extrait de la tberiaque d' Andromachus prepare avec le vinaigrc dißille , um dragme & dtmie , De Vongle d'eland chymiquement calc'me, de la terre ßgillee , de la femence d'ofeille j De Li teinture ou du bäume de foulf/e, des hjacintbespreparees , de ebaeune une dragme, Des r deines d'aunee & d'angelique , de ebaeune demi dragme , Du bois d'aloes > de l'os de caur de cerf & du fuccin blatte prepare, de clueun unfcrupule, Des huiles de campbre & de myrrbe rouge , de ebaeun demi ferupule , D?ß huiles de cafje odorante, & de %,edoaire , de ebaeune quatre gouttes t Dufucre tres-blanc , une üvre. Avec les eaux de fcabteufe & de chardon benit, faites-en des tablettes felon l'art, R E M A R OJJ E S. On pnlverifera enfemble l'ongle d'eland calcine dans un grand alembic a la va- peur dune eau cordiale , puis rape , la femence d'ofeille, les racines, lebois d'aloes Sc l'os de cceur de cerf, d'une autre part la terre figillee Sc le fucre; on melera les soudies avec les hyacinthes Sc le fuccin prepares , le bäume de foulfre , les huiles 'extrait de theriaque , Sc ce qu'il fawdra d'eaux diftiüees de feabieufe Sc de char- 5 Hhhh Extrait de mithridat. ! £io P H A R M A C O P r don benit pour faire une päte folide qu'on formera en tablettes ou enrotules. Vertus. BJJes fon propres pour fortliier le cceur, le cerveau & 1'eftomach , pour refifter üofe. au mauvais air. La dofe en eft depuis une dragme jufqua trois. Extrait ae p our ci rer l'extrait de la theriaque , il faur en diflbudre une once dans fept ou huit cnaque. onces j e vuia ig re diftüle , mettre la diffolution en digeftion pendantdouze heures für un feu lent, la couler enfuite & en füre confumer i'humidire jufqu'a confiften- ce d'extrait. Mais quelqne precaution qu'on prenne pour bien preparer cer exrrair , on ne peut empecher qu'il ne s'echape dans l'evaporarion, la plus grande parde des cor- pufcules fpiritueux ou volaules de la theriaque , dans lefquels confiftoir la plus grande vertu. Je trouve donc qu'on feroit bien mieux de fe fervir de la theriaque en fubftance qu'en extrait. On trouvera dans raon Livre de Chymie les defcriptions du bäume de foulfre , des huiles de camphre & de myrrhe ; Celles de caflla lignea & de zeodaria fe fonc comme l'huiie de canelle. La terre figillee Sc les hyacinthes fönt inutiles dans cette compofition , ces ma- tieres terreftres Sc aftringentes fönt privez des principes actifs & volatiles capables de donner une vertu alexitaire. Il feroit bon de tirer un mucilage de gomme adra- ganth dans l'eau de chardon benit pour incorporer les drogues, les tablettes en rece- vroient plus de con/iftence , Sc elles fe conferveroient mieux : Voici donc comme je voudrois reformer ces tablettes. Tablettes theriacales refofmees, Prenez. de la vieilte theriaque , une ence , Du bäume de foulfre t de la fcmence d'ofedle , de l'ongle d'eland, des racines d'aunie & d'angelique; du bois d'aloes , de l'os de cceur de cerf , du fuccin blanc , du camphre & de la myrrhe, de chacun une dragme , De rhuile de canelle , Imit gouttes , du fitere blanc , une livre. Concaffez, le tout dans un mortier de marbre , & faites-en une ma/fe avec le muci* läge de gomme adragantb tire dans l'eau de ibardon-benit } &vous en former ex, enfuite des tablettes fehn t'art. Tablettes de Rebecha. Prenez, de la regitfe t une demi once t Im fitere candi, trots dragme $ t Des poudres diaireos & didtragacanth frsid , de chacune deux dragmes, Du fticre blanc , une livre & demie. Faites-en une paße avec le mucilage de gomme adraganth tire dans l'eau derofes- 3 tont rous formerez. enfuite des tablettes. R E M A R OU E S. Onpulverifera enfemble les fucres, d'une autre part la regliile; on melera les pou- dres avec celles de diaireos Sc diatragacanthi dans un mortier de marbre, & avec ce qu'il faudra de mucilage de gomme adraganth tire en eau de rofe , on fera une päte folide qu'on battra quelque tems, puis on en formera des tablettes ou des rotules qu'on meto» lecher x & qu'on gardera dans une beerte en un lieu fec UNIVERSELLE. les tablettes du fuc de limons & degrenadts } Hhhhij 6ti PHARMACOPE'E Tablettes angeliques de Mynficht , four piiferver de l'avortemenf. Trenez* de l'extrait d'angelique prepareavee le vinaigre difltlle, une once &demie y De la corne de cerf cdeine , de la terre ßgillce , du bot d'armetiie prepare , De la racine de pivoine ferne He , & de la femence d'ofeitle t de chaeun une dragme , Des perles preparees, du magißere de cora.il y des emeraudes & des hyacinthes prefa- parees t de chaeun demi dragme y Du macis macer e dans le vinaigre f puis dejfeche 3 de la caffe odorante , & du fajfran oriental, de cb.icun un ferupule > De l'buile de fuccin blanc reäifie , & de t,edoaire } de chaeune un demi ferupule , Des huiles de gyrofles & de citron , de chaeune quatre gouttes , Du fuc candi, une livre. Faites-en une majfe avee les eaux dißillees de tormentille , & de veronique , dont vous former et. enfuite des tablettes felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble la racine de pivoine femelle, la femence d'ofeille , le caflia lignea , le faffran, le macis que Ton aura mis tremper quelques lieures dans du vinaigre & feche , d'une aucre part la terre hgillee , le fucre candi, la corne de cerf calcinec , les perles preparees , le bol, les emeraudes &c les hyacinthes preparees ; on melefa les poudres avee le mugiftere de corail, l'extrait de racine d'ange- lique, les huiles Sc ce qu'il faudra d'eaux difiillees de tormentille &c de veronique pour faire une maffe folide qu'on battta quelqne tems dans un morder demarbre , & l'on en formera des tablettes ou des rotules felon l'art. Veitus. Elles reparent les forces abbatues, elles refiilent au venin, elles empechent l'a- E&fe. vortement. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'ä rrois. Comme en tirant l'extrait d'angelique, onnepeut point empecherquelesparties les plus eflentielles de la racine ne sechapent, il vaudroit beaueoup mieux employer en £a place la racine d'angelique feche limplement pulvenfee. On trouvera dans mon traite de Cbymie, la defeription du magiftere de corai}; mais le corail limplement prepare vaudroit mieux dans cette compofition , parce qu'il eft plus a/lringent & par confequent plus propre a fbrtifier les ligamens de la matnee. On dräuit une partie de la vertu du macis en le faifant infuler dans le vinaigre; parce que cette liqueur extrait la lubflance la plus detachee. J'eftime donc qu'il vaut mieux l'employer en fon etat naturel. Tablettes fydoxrtiques , de UHjnficht , pouf les en r ans. Prenez, de l'extrait de z,edoaire prepare avee le vinaigre difülle, une ence &demie y De la corne d'eland calcine f du fucetn blanc prepare ', de la terre Jigülee du hol oriental, prepare t de chaeun une dragme t Des racines de pivoine male } de diäame blanc de tormentille, de chaeune deux ferupule s , D:s emeraudes & des hyacinthes prepare es,de la femence de citron tHonde'e de fon ecorce & de celle d'ofeille } de la femence contre les vers , du magißere de corail rouge , De celui de perles orientales, & d'yeux d'ecrerijfes, de l'os de coeur de cerf y & du bäume de foulfre anife , de chaeun un ferupule , Des huiles de canelle , de macis & de citron, de chacur.e quatre gouttes x Du fucre trk-hl&nc, une livre* UNIVERSELLE. iSi; IdeleZ. le tout, & avec les eaux de rofes & de nenuphar t faües-tn des tablettes feiert Part, R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble los de cceur de cerf, les racines& les lemences, d'une autreparrl'ongled'elandcalcine , le Giere, la terre figillee , le bol, lefuccin , les hyacinrhes, les emeraudes preparees ; on rnelcra les poudres avec les magifteres , les hailes, le bäume de foulfre anife , l'exträit de zedoaria & ce qa'il faudra d'eaux de nenuphar & de rofe pour faire une päte folide qu'on battra quelque tems dans im mortier de marbre , afin que les ingrediens s'incorporent bien, & l'on en for- niera des tablettes ou des rotules qu'on gardera dans une boctte en un Heu fec. Eiles fönt employees pour fortifier le cceui" , le cerveau & la poirrine, pour aider a la refpiration, pour chafler les venrs; on en donne aux enfans epilepriques. La do- fe en eft depuis demi dragme jufqu a deux dragmes. En prcparant l'exträit de zedoaria l'on detruit la plus grande partie de fa vertu : ainfi je trouverois apropos, qu'on employar dans ces tablettes la racine ieclie fim- plement pulverilee , elie produira plus d'effet quefon extrait. C'eft un abns que de calciner l'ongle d'cland , car-on le prive par la. de fesparties volatiles & eflentielles; il vaut beaucoup mieux l'employer en ton etat naturel, il faut le raper pour le mettre en poudre. Le bol, la terre figillee, les pierres precieufes 8c les magifteres meparoiflfent bien inutiles dans cette compofition;ce fönt des matieres fixes öc aftringentes qui ne peir- vent communiquer aucun effet dans des tablettes dontla vertu doit conlifter dans des parties fpiritueufes: Voici comme je voudrois reformer cctzz delcription. Tablettes z>edoanitJ[ucs refofmees. Vrenez, de la racine de z.edoaire , une once , De U pivoine »täte , du diäame blanc t de l'ongle d'eUnd , du fucc'in blanc } de chaeun trois dragmes , De Vos de cceur de cerf, des femences de citron , d^ofeilte, & contre les versi de cbactm une dragme , Du bäume de foulfre anife 5 unferupule , Des builes de macis t de canelle & de citron , de chaeune quarre gouttes , Du fitere tres-blanc , une hvre. Melez. le tout , & avec le muciUge de gomme adrdganth tire dans l'eau de rofes " r faites-en une mafje folide; dopt Mus formerei, des tablettes felonfart. Ladofe tnfera d'une demi dragme jufqu a deux. Vertus Dofe. Tablettes Cathxrtxles chaitdes , de Mynficht. Vrenez. de la poudre des efpeces de diamfchi doux , de diambra \ d'aromatique rofat, de iixireosßmple , de chacuu demi dragme, De l'encens,du mafltcb , du fucein blanc & de la corne de cerf'-, de chaeun un fernpule, Du fucre blanc, cinq onces. Faites-en des tablettes avec l'eati de betoine } &les eignet* legerement avec t'biiile de großes. niiiin üp tfi 4 PHARM ACOPE'E R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le fuccin & la corne de cerf, d'une autre part le maftich &: l'encens, d'nne autre part le fucre ; on melera les poudres avet celles de diamof- chi dulcis, diambrse , aromar. rofat. &c diaireos: on corporifiera le melange dans un mortier de marbre avec de l'eau de betoine pour en faire une pare folide dont on formera des tablettes ou des rotules qu'on mettra ßcher a l'ombre & qu'on oindra enfuite legerement d'huile de gyrofle ; on les gardera dans une boette en un lieu fec. Venus. Elles fortifient le cerveau , & elles en dilupent les humidites niperflues par la Dofe« tranlpiration. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a deux dragmes. Ces tablettes fe conferveroient mieux , fi les faifmt diifoudre dans l'eau de betoine , on y mettoit un peu de gomme adraganth , qui fert a les corporifier. Tablettes Catairhaks froides , de Mynficht, Vrenex. de la femence de pavot blanc concaffee , quatre onces , Des teßes de pavot blancgrojfercment coupees , deux onces. Infufe^-les pendant quelques jours dans les eaux de jeabteufe & de mucilage, apris cela dißillex. l'infußon, & itßolvit. dans la hqueur dißiUee , une once de maßteh tn lärmet. Cuifei* unpeu la liqueur & lafiltret, , puis ajoutez.-) une demi lipre de fucre blanc, &faites-en des tablettes felon l'art. R E M A R O^U E S. On coupera groflierement les tetes de pavor, on concafTera la grame , on les mettra dans une cueurbite de verre ou de grez , on verfera deflus, des eaux de tufli- lage & de fcabieufe jufqu'a ce que la matiere trempe fuffifamment dedans ; on cou- vnra la cueurbite Sc on laiffera digerer le tont environ deux jours chaudement •, on y fldaptera alors un chapiteau avec fpn reeipient, on luttera les jomtures & l'on me> rra diftiller la liqueur au fea de fable , on demelera dans l'eau difhllee, le maftich enlarmes bien pulverife , on fera bouülir legerement le melange & on le filrrera,on melera la liqueur filtree avec le fucre , & on les fera cuire enfemble a petit fea jufqu'a connftence d electuaire folide ; on iaift'era refroidir a demi la matiere, 8c on la verfera für un marbre ou Ton aura epars de l'amidon en poudre bien fubriie , on la laiffera etendre fufHfamment, Sc on la coupera en tablettes qu'on gardera dans une boette en un lieu fec. Vertus. Elles fönt propres pour les catarrhes qui viennent d'une feroftte acre Sc fubrile ; ce qu'on reconnoit quand la tere eft fort echauffee , que les yeux fönt rouges, que Dofe. k fdive eft falce ou amere , quand il y a fievre. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a trois. Tablettes d'encens. Prenez. de U femence de Coriandre , une demi once f De l'cltban & de le mix mufeade , de chaeun trois diagmes, De la regltjje & du maflich, de chaeun deux dragmes, Des cubebes , & de la corne de cerf, de chaeun une dragme , De laconfervc de rofes rouges y une once , Du fucre blinc cuit dans l'eau de betoine , huit onces. Taites-en des tablettes felon l'art. UNIVERSELLE, R E M A R Q^U E S. On pulveritera enfemble la corne de cerf rapee , h coriandre , la mufcade la reglifTe & les cubebes, d'une autre part le maftich 8c l'olibanjon fera cuire le fucre avec trois 011 quatre onces d'eau de betoine en confiftence d'electuaire folide - , on le retirera de deuusle feu , on y diflbudra la conferve de rofe, puis quandla mariere fera ä demirefroidie, on y melera exactement les poudres, en jetteralapäte encore chatide Ar im papier huile d'huile d'amande douce, on l'etendra avec un biftorrier & on Ja coupera en tablettes, lefquelles on gardera dans une boette en un lien Cec. Blies fomfient l'eftomach 8c le cerveau, eiles aident ä la digeftion, elles provo- quent l'appetit. La dofe en eft depuis unedragme jufqu a trois. Tablettes joviales. Trenet* de lapiudre joviale, ct-devant preferite , deux onces , Du fucre blanc pulverife une demi livre. Melez. les dans un monier de marbre j faites-en erifuite unepttße avec le mucitage de gomme adragantb tire dans de l'eau de meltffe , ap res quoi vous en former ex, des tablettes feien l'art. REMARQUES. On pulveriiera fubtilement le fucre , on le melera avec la poudre, on incorpo- rera ie meiange dans un morcier de marbre avec le mucilage de gomme adragantb tire en eau de meliiTe pour faire une päte folide , dont on formera des tablettes ou des rotules qu'on gardera dans une boette. Elles fortifient le cceur, le cerveau 8c l'eftomach, elles reveillent les efprits, elles excitent la gayete. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a deux dragmes. Tablettes tofutes anodines. Prenez,desfleurs de ro r es rouges , & de pavot de rbeeas , de ebaeun deux poignees ~ De la jemence de pavot blanc concaßee , une demionce. Faites-les bouillir dans une fußfante quarrt ited'eau de fontaine; couler- la dkoclioa & äiffolvL'Z. dans la colature hien exprimee une livre dumeilleur fucre, Cuifez. le tont en conßßcnce de tablettes felon l'art. REMARQUES. On aura des rofes rouges & des fleurs de coqudicoq recentes, on concaffera la femence de pavot,on fera bouillir le tout enfemble doncement dans de l'eau pendant environ demi heure pour faire une livre & demie ou deuxlivres de decodtion, on la coulera avec expreffion , on y difloudra le fucre , on clariiiera le meiange avec un- blanc d'ceuf, 8c apres l'avoir parle par un blanchet on le fera cuire d confiftence de tablettes, puis quand il fera a demi refroidi, on le jettera für un marbre, ou Ton aura epars de l'amidon en poudre fubtile, & on le coupera en tablettes qu'on gardera dans une boette en un lieu Cec ; elles feront rouges. Elles fönt bonnes pour adoucir & artetet les förofites acres qui tombent für la poitrine , elles epaifiilent le crachat , & elles meuriflent le rhume ; on enlaifte fon- ore infenfiblement un morceau dans la bouche. J'ai tire cette defeription dela Piiarmacopee de Touloufe. Vertos» Dofe. Venus» Dol'c Vsrtut. Dafe» 6i6 PHARMACOPE'E Vertus. Dofe. CHAPITRE X. Des Opiates, des Confeclions isr des Elecludires. LE nom d'opiate n'etoir autrefois donne qu a des compo/irions liquides ou il entroit de l'opium ; mais prefentement on donne cc nom a beaueoup d'elec- tuaires ou il n'en entre point. Les noms de confeeuon Sc delectuaire denotent a peu pres la meine chofe ; lc premier vient de conficere , qui fignifie achever ou perfetLionner , & Je dernier fignifie confcä'w rerum eleäatttm; auffi dit-on tieftartum aufli bitnqa'eleftuarium. Ces trois fortes de preparations ont des confiftences a peu pres femblables ä celles du miel •, elles fönt compofees de poudres, de pulpes, de fucre , de miel, de li- queurs; on les deftine ponr ecre employces ihterieurement. Elles on: ete inventees par les Anciens pour pluheurs raifons , comrne pour cor- riger l'adion trop violente de quelques remedes, pour exciter Sc augmenter la vertu de quelques autres,pour unir par le melange Sc par la ferrnentation , les qualites des mixtes ahn den faire un compofe plus parfait, pour pouvoir garder les remedes long-tems, pour les mettre en etat d'etre pris facilement &c promptement fans qu'il ioit beloin quele malade en artende la preparation. Diacode ßmple de Galten. Trcnez. dix teßes de pavot de greffeur medhere. Faites-les macerer pendant vingt-quatre beures für les cendres cbaudes, J? elles fo;it recentes , & pendant deux joiirs lorfqu'elles fönt feebes. Apres cela faites-les bmilhr jufqua diminution da tiers de l'bumidite. Coulez. enfuite cette decoäion, & Vexprimez. t puls dißolvex. dans l'exprefjion la moitie nioins de penides ou de vin cu.\t , & finalenient cu\fe%, le toutjufqu'a um conßßence teile qu'il faut pour le garder. R E M A R QJJ E S. On aura dix tetes de pavot medioerement großes, on les coupera par petits mor- ceanx , Sc on les mettra dans unpot de terre vermiß ; on verfera defllis, environ trois livres d'eau bouillante, on couvrira le pot Sc on leplacera für les cendres chau- des, on laiflera la matiere en digeftion pendant vingt-quatre heitres ü les tetes de pavots fönt recentes, ou pendant deux jours fi elles (ont leches; entuite on mettra le pot für le feu 8c Von fera bouillir l'infuiion doucement jufqua diminution du tiers de l'humidite , puis on la coulera avec forte expreilion , on pefera la liqueuf con- lee , on y dilloudra la moitie de fon poids de fapa ou de penides, Sc Ton en fera confilmer l'humidite jufqua confiftence d'eleiäuaire ; ce feraie diacodiufll fimpie. Il eft propre pour adoucir Sc epaiflir les ferofites trop acres qui viennent du cer- veau pour appaiter la tpivx & pour provoquer le fommeil. La dofe en eil depuis un ferupule jufqua deux dragmes. Cediacodium fimple eft proprement unextrait des tetes de pavot, mele avec le fapa on avec le fucre; il a ete mis a bon droit, au rang desopiares, car l'extrait des tetes de pavot eft un opium npftras. On ne fe fert plus de cette preparation depuis qu'on a reconnu que le fyrop de pavot, oomme prefentement diacödittm, produit le meine effet. Le diacotlium doit etre donne en plus petite dofe dans lespays chauds-, comme en ltalie,en Languedoc,en Provence, que dans les pays tempeies,parce que plus le So- JgÜ a deforce , Sc plus les pavots fönt fommferes. Diatod» UNIVERSELLE. r,i 7 Diacode compofe\ de Mefue'. Trenex. du diacodc fimple , une iivre , Des trochifques de ramicb , demi-once , De l'bypocißts, de lamyrrhe , dufafran & des baUuftes , de chaeun une drAgmt* Mele% ces drogues , &faites-en un Opiate felon l'art. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble les balauftes, le fafran , les trochifques & l'hypociftis > d'une aurre part la myrrhe , on melera les poudres avec le diacode fimple qu'on aura fait un peu chauffer, & l'on fera un opiate qu'on gardera pour le befoin. 11 eft propre pour arreter tk pour adoucir les catarrhes , les cours de venire , les Vertue hemorrhagies. La dofe en eft: depuis deux ferupules jufqua trois dragmes. Dofe. Si cet opiate etoit trop rendurci par le, melange des poudres , on l'amolira avec un peu de fyrop de pavot blanc. Le fomnifere de Nie. Myrepjuf. Trenez. des rofes rouges & des violettes , de ebaeune trois dragmes t De l opium , des femences de jufquiame , de pavot blanc, d'endtve t De laitue t de pourpier & de pfyllium t De l'ecorce de racine de mandragore, de la noix mufeade , De la canelle & du gingembre, de cbaCun une dragme & demie , Du fucre candi t une dragme , Des trois fantaux , de l'yvoire brule , & de la goinme adragantb , de chaeun cinq grains. Faites-en une poudre quevous garderez. pour l'ufage , ou bien prepare%.-en une ■opiate avec le yulep rofat. R E M A R Q^V E S. On pulverifera chaeun en partLculier le fpode ou y voire brulc, le fucre candi & la gomme adraganth. D'une autre part toutes les autres drogues enfemble , on melera les poudres & Ton gardera ce melange pour s'en fervir au befoin ; ou bien on le reduira en opiate en l'incorporant avec trois fois autant de juiep rofat cuit en conliftence de fyrop epais. Il eft propre pour exciter le fommeil, pour calmer les douleurs, pour fortifier, pour arreter le fang. La dofe de la poudre eil-depuis demi ferupule jufqu'a deux ferupules, & celle de l'opiate eft depuis deux ferupules jufqu'a. huit ■■, on l'applique aulfi für les tempes dans les fievres ardentes pour calmer les douleurs de tere. Les Ingrediens narcotiques qui entrent dans cette compofition fönt l'opium > la femer.ee de jufquiame & l'ecorce de racine de mandragore. Demi ferupule de la poudre , ou deux (crupules de l'opiate requies contient d'o- ium , de femence de jufquiame & de l'ecorce de racine de mandragore de chaeun es trois quarts d'un grain. Un ferupule de la poudre, ou qnatre ferupules de l'opiate contient d'opium , de g ] - femence de jufquiame 8c de l'ecorce de racine de mandragore de chaeun un grain & demi. Demi dragme de la poudre on deux ferupules de l'opiate contient d'opium , de X S 3 femence de jufquiame 8c de l'ecorce de racine de mandragore de chaeun deux grains Sc le quart d'un erain. s Vertus. Dofe- Dofe des narcotiques. 3 £ii 3 Vern*. Dofe. 3i> 618 PHARMACOPE'E Dcux fcrupules de la poudre ou huit fcrupules de l'opiat contiemient d'opium > de femence de jufquiame t &c de l'ecorce de racine de mandragore > de chacun trois grains. Antidote Jans p&reil, d'Aciumus. Prenez. de l'opium ,Jtx dragmes, De la mjrrhe , cinq dragmes & deux fcrupules , Du poivre noir ,& de la femence deperjtl, de chacun cinq dragmes " Des femences d'ache & de moutarde , de chacune demi-oncc , Du Jone odorant, de l'amome & duftorax calamite } de chacun deux dragmes , Des trochifques d'bedicroi , cinq fcrupules , De la cafle odorante t du poivre bland & de la femence de fefeli , de chacun quatte fcrupules. Taitesune poudre de toutee qut vous meieren, avec le tx'iple de miel ecume , & k gardertu pour l'ufage. REMARQUES. On pulverifera enfemble. Ies poivres, les femences, l'amotnum, le ichsnante & le caffia lignea •, d'une autre part la myrrhe , le ftorax & les trochifques d'hedicroi; on choifira l'opium le plus pur, ori cn feparera l'ecorce ou la feuille qui l'envelope ordinairement, onle coupera par petits morceaux , on le battra dans uq mortier de bronze avec un peu de miel pour le reduire en pace , on melera cette pate avec feize onces de miel ecume, puis on y incorporera les poudres pour faire du tour un opiare qu'on gardera dans un pot bien couvert pour s'en fervir au befoin. Il eft propre pour refifter a la malignite des humeurs , pour calmer les douleurs; on s'en fert pour l'epilepfie, pour les vertiges, pour la phrenefie , pour le mal des dents , pour les maladies contagieufes, pour la toux inveteree, pour faire dormir. La dofe en eft depuis un ferupule jufqua une dragme. Cette prepartion eft un opiate dont AcTruarius eft l'Aureur. Le nom de afyncri- tum qui fignifie fans pareille, lui a ete donne pour exprimer fes grandes propdetez. Sur un ferupule de cer opiate il entre un peu moins d'un grain d'opium. Sur deux fcrupules de l'opiate il entre environ un grain & demi d'opium. Sur une dragme de l'opiate il entre deux grains & demi d'opium. Le gund Philonium , on Thilomttm Romain. Prenez. des femences de jufquiame & de pavot l/lanc , de chacune cinq dragmes , De l'opium , deux dragmes & demie , De la cajfe odorante & de la canelle 2 de chacun une dragme & demie , Des femences d'ache , de perßl de Macedoine , de fenouil & de dauern de Crtte , du coflus, de la myrrhe & du cafioreum , de chacun une dragme , Du faffran, dupyrethre , du nardindique , de chacun un ferupule , Du miel ecume, neuf onces. Faites-en un opiate felon Part. R E M A R Q^U E S- On pulverifera toutes les drogues enfemble : on melera la poudre dans le miel ecume qu'on aura fait cuire en confiftence de fyrop epais, pour faire un opiate qu'on gardera dans un pot bien bouche. UNIVERSELLE. 6v> \\ eft eftime propre pour calmer les douleurs, pour le rhurae, pour les naufees, pour rabatre les vapeurs, pour excirer le fommeil, pour les coliques, pour renfter au venin. La dofe en eft depuis un lerupule jufqu a une dragme. Onl'employe aufli dans les laveraens anodins depuis une dragme-jufqu a trois, pour chaque lavement, Le nom de cec opiate vienc de fon Auteur Phüon grand Philofophe & fameux Medecin ne en Tharfe. La defcription ordinaire demande une dragme d'euphorbe : mais j'ai fuivi la Pharmacopee Royale , qui retranche cetre gomme de la compofition , 8c j'eftime que'c'eft avec raifon , car etant fort acre & meme un peu cauftique , on ne doic point en meler dans les remedes qu'on prend par la bouche. Les Ingrediens narcotiques qui entrent dans cette compofition fönt lafemence de jufquiame Sc l'opium. Un fcrupule de philonium contienr de femence de jufquiame un grain 5c le tiers d'un grain , d'opium les deux tiers d'un grain. Demi dragme de philonium contient de femence de jufquiame deux gra'ms , d'opium un grain. Deux fcrupules de philonium contiennent de femence de jufquiame deux grains &c les deux tiers d'un grain , d'opium un grain & le tiers d'un grain. Une dragme de philonium contient de lemence de jufquiame quatre grains, d'opium deux grains. Le Fhilonium ferßque , de Mefuc. Trenez. des femences de pavot blanc & de jufquiame , de cbacune dix dragme s , De ropwm & de la terreßgdlee , de chacun anq dragmes, De la pierre hemmte & du fafran , de chacun deux dragmes & dem'te , D« caßoreum, du [picanard, dupyretre , des pries preparees, du fuccin, de laz.edoa'tre, de la doromque ,&des troclnfquts de Ramkh t de chacun une demi-dragme . Da camphre , un fcrupule , JDumiel rofat, quint,e onces. MtUi. le tout , & faites-e» un opiate felon l'art. RIMjU qjj e s. OnpulveriferaenfemblelesracineS) les femences, lecaftor , lefpicanard , Iefaf- fran , les trochifques de ramich •, d'une autre part la terre figillee Sc le camphre: on broyera enfemble für leporphire, la pierre hematite, lesperles, & le fuccin jufqu'a ce qu'ils foient en poudre impalpable. On aura de l'opium bien net, on le coupera par petits morceaux & onlepileradans un monier de bronze avec un peu de miel rofat jufqu'a ce qu'il foit en pate liquide", on fera cuire du miel rofat en coniiftence de Cy- rop epais, on en pefera quinze onces dans lefquelles on melera exactement l'opium 6c les poudres pour faire un opiate qu'on gardera dans un pot bien bouche pour le beloin. Il eft propre pour arreter les hemorrhagies, les cours de ventre, pour empecher l'avortement. La dofe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Un fcrupule de cec opiate contient les deux tiers d'un grain d'opium, 8c un grain & le tiers d'un grain de femence de jufquiame. Demi dragme de l'opiate contient un grain 8c le demi quart d'un grain d'opium, Sc deux grains Sc demi de femence de jufquiame. Deuxlcrupules de l'opiate contiennent un grain Sc demid'opium , Sc trois grains de femence de jufquiame. I i i i ij Vertus, Dofe. Dofe de» narcotiques c'e la cfpofition. 3 ß > Du. Vertut. Dofe. 3«, 3 ß > 3" 5 Vertus. Dofe. 9ß, BU Bij» Vera». Dufc, 3y, on > lera Uo T> H A R M A C O P E'E Une dragme de l'opiate conrient deux grains & le quart d'un grain d'opium, 5j quatre grains Sc demi de femence de jufquiame. J'ai retranche de la defcription une dragme d'euphorbe, par Ia meme raifon qut a ete dite en la compofition precedefite ; je ferois d'avis qu'on en otat eucore la pyrethre , ä caufe de fa grande acrete. Le Philonium cha,ud , de le Mort, Prenez, des femences d'anis , de fenouü & de carvi , de cbacune cinq dragmes > T>e la candle, une demi-once, Dugmgembre , & deVextrait d'opium , de cbacuntrois dragmes, De le mufcade t deux dragmes , Du miel ecume t dix onces, Ueleu le tont, & faltes-en im opiate felon Part. R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble les femences, Ia canelle , la mufcade Sc le tfinrembre fera ecumer Sc cuire le miel julquä confiftence de lyrop epais, on y demeler exacfcement hors du feu l'exrrait d'opium , puis les poudres pour faire un opiate cju'on gardera dans un pot bien bouche. Il ne cede pas en vertu aux preparacions pre'cedentes du meme nom quoiqu'il y entre moins d'efpeces d'ingrediens. Il excite le fommeil, il appaife les dpuleurs, il refifte a la malignke des humeurs. La dofe en eil depuis demi ferupule jufqu\i une dragme. Demi ferupule de cephilonium eontient demi grain tfextrait d'opium. Un ferupule de philonium eontient un grain d'exrrair d'opium. Demi dragme de philonium eontient un grain & demi d'extrait d'opium, Deux ferupules de philonium contiennent deux grains d'excrait d'opium. Une dragme de philonium eontient trois grains d'extrait d'opium. Le Thilonium froid , de le Mort» "Prenez, des rofes rouges, une once t He la caffe odorante , Jix dragmes Du hol d'Armenie , & de la rac'me de bißorte , de cbacttrt dem't-once , De l'extratt d'opium , deux dragmes & demie , Du miel ecume , neuf onces. MeleiLle tout ,& faites-enun opiate felon t'art. R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble les rofes, le cailia lignea Sc Ia racine de bi/torte, d'une aurre part le bol; on meiera les poudres avec 1'excrait d'opium Sc le miel ecume, pour faire un opiate qu'on gardera dans un pot bien bouche. Il eft propre pour arreter les hemorragies Sc les cours de ventre, il provoque le dormir. La dofe en eft depuis denn ferupule mfqu'a une dragme. Demifcrupule de cet opiate eontient le tiers d'un gram d'extrait d'opium. Un ferupule de l'opiate eontient les deux tiers d'un grain d'extrait d'opium. Demie dragme de l'opiate conrient un grain d'extrait d'opium. Deux Icrupules de l'opiate contiennent un grain Sc le tiers d'un grain d'extrait d'opium. UNIVERSELLE. &, Une dragme de 1'opiate contient deux grains d extrait d'opium. On trouvera Ja delcription de l'extrak d'opium dans mon Trane de Chymie. LMufa. zjEnex , de Mefue'. Trenet. des racines de cabaret , de grande valeriane , de meu, & de ccßas, du dw- cus de Crete , da poivre long & mir , de U canelle , di gdbanum ( de U myrrbe, du caßorem . de l'ofium & dufafr*n , de ibaam demi-ome , Du mielecume , vmgt onees. Faites- et! un opiate felon Hart. R E M A R O^u E S. On pulverifera enfemble les racines, la canelte, le daueus, les poivres le caftor • d'un autre part le faffran, apresl'avoir fait feeber entre deux papiers , par unecha-! leur lente ; d une autre part la myrrhe & le galbanum qu'on aura choifi en larmes pour n'etre pas oblige a le punfier. On choifira de 1'opium le plus ner qu'il fe pourra on le couperapar pecits morceaux, on le barrra dans un morcier de bronze avec im peu de miel ecume pour le redmre en päce liquide ; on le delayeraaiors'dans le miel ecume, & 1'on y melera exadement ies poudres, pour faire un opiate qu'on gardera dans un po: bien bouche. II eft propre pour la colique, pour calmer les douleurs, pour refifter au venin. pour provoquer le lommeil. La dole en eft depuis un ferupule jufqu a une dragme. Mufa eft le nora de l'Aureur de la compofition : i£nea a ete ajoutee a caufe de fa couleur , qui approche de cei'e de l'äirain. Un ferupule de mufa xnea contient demi grain d'opium. Demi dragme de mufa xnea contient les rrois quam d'un grain d'opium. Deux fcrupules de mufa xnea contiennent un gram d'opium. Une dragme de mufa xnea contient un grain oc demi d'opium. CMufa, zsEnea , de Nie. Trenet, de U femence dejufqmme , de 1'oliban, de la myrhe & de la gentiane , de ehacunßx dragmes, De l'opium, une demi-once, Du faffran huit ferupule & fei'~e grains, De l'euphorbe, & de l'anfiolocbe longue , de chaeun une dragme & demic y De recoic: de racine de mandragore, qua.tr e fcrupules, Du miel ecume, treibe onces. Taites-en un opiate felon l'art. REMARQUES. On pulverifera enfemble l'ecorce de la racine de mandragore, l'ariftoloche , Ix gentiane & i i femence de jufquiame ; d'une autre parr le faffran, apres l'avoir fait lecher entre de^x papiers ; d'une autre part l'euphorbe, i'oliban & la myrrhe ; on choifira de l'opium le plus net, on le coupera par petits morceaux, on le battra dans ün monier de bronze avec un peu de miel ecume pour le redmre en päte: on le melera alors exaetement avec le miel ecume & les poudres pour faire du tout un opiate qu'on gardera au befoin. II a les memes vertus q_>e le precedent, mais il eft plus narcotique. La dofe en eft depuis demi ferupule jLi'.qu'a deux fcrupules. Demi ferupule de mufa xnea conrient le tiexs d'un grain d opium. i i i iij IH Vertus» Dofe. 3j» 3^ I Vertus. Dofe. 9ß> 9i, Vertus. Dole. 6n PHARMACOPE'E LTn fcrupule demufa snea contienc les deux tiers dun graind'opium. Demie dragme de mufa arnea contient un grain d'opium. Deux fcrupules de mufa snea contiennent un grain & le tiers d'un trrain d'opium. Je Youdrois retiancherde cette compolition l'euphorbe , a caufe de fon acrete cauftique. L'Alex andr ine do/e'e, de Nie, Prenez. de l'afarum , du carpobalfame t ou en fon Heu des cubebes , & de la femence de jufqiuame blanche, de chaeun deux dragmes & demie , Dugyrofle , de l'upmm , de la myrrhe & du fauchet , de clueun deux dragmes , De t'opobalfame , ou en Jon heu de l'buile de noix mufeade , De la canelle , de lafeuille mdienne , de la z.edoaire , Dugmgembre , du ttßttt , du corail rouge , De la cafe edorante, de feupboibe, de lagomme adragantb , De iencens , dußjrax calarntte , de la jauge % Du meu atbamantique , du catdam.me, des femences de fefeli, de moutarde , de /<£-" xifrage , d'aneih & d'ams , de chaeun une dragme , Du b'Jis d'aLes, ou en Jon Leu du /antat citrin , du rapontic , Des trjclnj(jues d'ahpta mjfchata , dt caßureum t Du fpican.tr d , du galanga t de l'opopanax , De l'anaattde , du maßte , du foufre vif, Des racines de pivome , d'eringtum , d'aeorus vray , D'anflAocbe longue , de gentiane , de grande valeriane , De i'ecorce de raeme de mandragore , des rofes rouges , du thim , du pouillot, Du cbamedris , des bayes de laurier f Des femences d'ammi, de carvi, de perßlde Macedoine , de levtßic , De rbue , dUcbe de montagne, du poivre long & blaue , Du bots de bäume , ou des lejettons de lentijques , Des per les preparees , de l'ongle de Byfance , de l'os de eceur de cerf, Des feuilles d'or & d'argent, dechaeune demi-dragme , De la raclure d'yvoire, du calamus aromatique vrai, & du pyrethre , de chaeun neuf grains , Du mitl ecume , deux livres. I Altes - en un opiate felon Vart, tjue Von gar der a pour Vufage. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble toutes les drogues excepte les perles, l'or & J'argenr i on melera la poudre avec les perles preparees , puis on l'incoi-porera dans le miel ecume un peu chaud agitanc long-rems la mariere avec un biftortier; on y melera enfin l'or en feuille > & l'on metcra l'opiate dans un pot qu'on bouchera exaetement pour le garder au befoin. ll eft propre pour les fluxions froides du cerveau, pour 1'epilepfie, pour le delirc, pour Ja douleur des dents, pour refifter au venin, pour la peile, pour exciter le fommeil. La dofe en eil depuis demie dragme jufqu a une dragme & demie. Chaque dragme de cette compo/Irion ne contient gnere plus d'un demi grain d'opium. Cet opiate eft appelle aurea a caufe de l'or qui y entre; il a ete invente par un Medecin nomme Alexandre : c'eft un antidote qui a beaueoup de rapport avec la theriaque; l'or n'y fert que d'ornement, & ks perles y fönt inutiles j la raclure UNIVERSELLE. £ i? d'yvoire & le calamus aromaricus y devroient enrrer en plus grande dofe. Au refte on peut dire que certe compofition eft un gi-and embarras d'ingrediens entaflez les uns für les aucres; on pourroit bien l'abreger en n'y faifanc enrrer que les drogues les plus elTentielJes, mais eile n'eft que-tres-peu en ufage, Sc l'on peut fort bien s'en paffer ayant la theriaque. Le MithfieL&te de T>.imocutes. freiten de tres-bonne mjrrbe , de l'oliban , du fafran , de l'agarie , du g'ingembre , de Ucanelle, du fpicanard , de Li femence de tblafpi, de chacun dtx drAgnes , De la femence de fefeii de Marfedle , de lapobalfame , ou en Jon heu de la nmx tmtf- tade , dujonc odorant , dußtxcbas arabique , du coflus, du galbanum } de la tereben- tblne de Cbio , du cafloreum , du fuc d'bjpocißis , du ftorax calamite, de l'opopanax & de la feudle indienne , de chacun une once , De la. caße odorante , du pouilht de montagne t du polvre blanc , du fcsrdium , de U la femence de daucus de Crete, üu tarpobatfame , ou enfon heu des cubebes , des m- chifques od'jrans , & du bdellium, de chacun Jtx dragmes , Du nard celttque , de lagomme arabique , des fernem es de pi tji! de Macedorne , de fe- noud & de peut cardamome ue t'opuim de Thebes ,- des rofes rouges du diu ante de Crete & de la racine de gentiane , de chacun cinq dragmes t Des racines d'acorus vrai, d'arum , de pnu, de la femence a'anis & du fagaptmm , de chacun trois dragmes, Du meu atbamantique t du vrai dcacia , du ventre de fcincus marin , & de la femence d'hypericon , de cbacun deux dragmes & demie , Du miel ecume , neuf livres huit onces & deux dragmes t Du meüleur vtn ce qu'tl en faudra. Eaites-en un Opiate felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera en particulier le faffran apres l'avoir faic fecher a une tres-Iente chaleur entre deux papiers; d'une autre part on mertra en poudre entemble les racines , les bois , les ecorces, les ftmences, l'aganc, le feine marin , les fleurs , les feuillcs , le carpobalfamum, les trochifques, les poivres } le caftor, le fpicanard , l'opium , l'hypociftis , l'acacia , 8c les gommes. On aura neur livres huit onces 8c deux dragmes de beau miel ou de miel ecume , on y meiera environ deux livres de vin d'Efpagne > & l'on fera cuire le melange a petit feu jufqu'a confiftence de fyrop epais, on retireva la baiTme de deffus le feu, on roettra le faffran pulverife dans un grand baflin d'etain , on y verfera peu a peu le miel euie encore chaud , Sc l'on agitera la mariere avec un biftortier, afin quelle prenne une belle couleur. Quand le faffran fera bien demele , on ajoütera peu a peu les poudres; mais il faut que la mariere foir plus qu'a demi refroidie , de peur que les gommes ne s'y grumeilent par le trop de chaleur , ou qu'il ne fe falle trop de diflipation des parties volatiles: enfin on liquefiera enfemble für un petit feu , la tetebenthine & l'opobalfamum ou l'huile de mufeade, & ayant verfe la liqueur dans la compofuion ., on remuera vigoureufement le tout avec un pilon de bois on un biftortier pour faire un opiate qu'on gardeta au befoin dans un pot bien bouche. Il eft propre pour prelerver de la peile 9 des fievres malignes, de la petite veröle, Vcruis. du fcorbut ; il refifte a la malignite des humeurs 5 on s'en iert contre le poifon de la Dofe. 6i 4 PHARMACOPE'E ci^ue, du napclius, on en donne dans 1 epilepfie , dans l'apoplexie, dans la para-' liiie , dans les fievres intermittentes ; il forrihel'eftomach öc le cerveau. La dotecn eft depuis un fcrupnle jufqu a une dragme &c demie. Cette compofltion a pris le nom de Ton Auteur Mithridate, ce grand Roy de Pont Sc de Bythinie , qui fit tan: de peine aux Romains: il inventa cec antidore pour fe garder du poifon qu'il craignoit quefes ennemis ne lui fiflcnt dünner: il en prenoit tous les jours, & l'on pietend que fe voulant empoifonner lors qu'il le vit en un danger eminent de tomber entre les mains de Pompee & detremene caprif a Rome, il ne püt y reuffir a caule de Ion remede qui detniiloit la force des poifons , en- forte qu'il fut contraint de fe faire tuer par fon efclave. Cette hiftoire peut etre vraye, fuppofe que Mithridate ne fe fut fervi que des poifons coagulans , corame de la cigiie , dunapellus de l'aconit, dela morfure de la vipere , ou de celle des autres ferpens , de la piqueure de fcorpion , de la tarentule : mais s'il eut pris de l'arfenic, du fublime , ou quelque autre poifon corrofif de la meme nature , fon remede n'auroit pu en empecher refFet, au contraire , il l'auroit häte par fes parties volatiles & tres-actives. Damocrate etoit un Medecin Romain qui mit la defcription du mithridate en vers hexamettres , apres qu'elle eut ete apportee a Rome par Pompee ecrite de la rnain de fon Autcur. Gerte compofirion reiTemble tant a la theriaque en toutes chofes, qu'on peut fort b:en fubftituer l'une en la place de l'autre : Ün.eftime pourtant encore plus la theriaque, & eile eft plus en ufage que le mithridate. Par ces raifons je conclus que le mithridade eft une compolition inutile, ou dont on peut bien fe pafler ayant la jheriaque. Theriaque d'Jndromichus. Prenet. des trochifques dejcille , une demi-lirre > Des trochifques de viferes & d'hedicroi, Dupoivre lotig & de Vopium , de ebaeun tro'ts onces J De l'iris de Tlorence, des rofes rouges , Du fuc de reglifft p De hfemence de bunias , du fcordium , de l'opobalfame , ou en fon Heu , de U mix mufca.de , de U cxnelle & de l'agaric, de ebaeun une once & demie , Dufpicanard , du d'täame de Cr ete , Des racines de quin.tefeuille , degingembre , de coßus , de rbapontic, Du man übe blaijc , dußaebas arabique , du jonc odorant t De la femence de perfil de Macedoine, du calament de montagne , De la cajfe odorante , du fafran , da poivre bUnc & noir , De la myrrbe, des troglotides , de l'oliban, De la terebentbine de Cbio , de ebaeun ßx dragmes , De l'amome engrappe , Des racines de gentiane , £ Acorus vrai , Du meu athamtintique y de valeriane , de nard ccltique , Du camepjtbis , des fommites d'bypericon, Des jemences d'ammi » de thlafpi , d'anis , de fenquil, defefeli de MArfetile t De petit ctrdamome , de la feuille indienne, pes fommites depouillot de montagne , Dt UNIVERSELLE. **> Xie Chxfnedris, du Ctrpobalfawe , des fucs d'hypocißis , & du vrnj acada , De la gomme arabique , duflorax c damit e , de U terre lemniene, du chalciüs vrai & du fagapenum , de chaam demi once , De U racine de petite arißdocbe , des fommitez, de petite centauree , de U femence de daucus de Crete , de l'opopanax f du gdbanumpur, du bitume de judee , & du caßoreum, de chacun deux dragmes, Du meilleur miel, cmt & ecutne , quawue üvres & demie , De tres-bm vin , mutant qu'il fera neceffaire. Emtes-en un antidote felon l'art. R E M A R OJJ E S. On pnlverifera enfemble toutes les drogues, excepte la terebentme & l'opobal- famum; il ne faut pas apprehender que les gommes ni les fucs nuifent a lapulveri- jätion , car au contraire ils y ieront utiles, empechant par leur glutinofite qu'il ne fe fade trop de diifipation des parries fubtiles du meiange. On mettra dans une grande baifine le miel & le vin d'Eipane, on pofera la baffine, für un feu mediocre , Sc quand le miel fera diftbut on le paflera par un tamis de- couvert, afin que s'il conrenoit quelque impurete , on la {eparät. On fera cuire la colature doucement jufqu'ä confiftence de iyrop epais, on retirera la balline de deifus le feu , & quand la liqueur fera ä demi refroidie , Ton y melera les poudres peu a peu, puis l'opobalfamum ou l'huile de mufcade & la cerebentine de Chio , qu'on aura liquefiez enfemble für un petit feu : On agitera long-tems le meiange avec un grand pilon de bois, puis on le gardera dans un pot bien bouche, ayant foin de le remuer de tems en tems pour y excirer la fermentation. Cet antidote ou opiate eft propre contre toutes les maladies contagieufes, comme Vertue la pefte , les fievres malignes, la petite veröle , la moriure des betes venimeufes, le poifon de la cigue, du napellus; il eft bon contre la colique venteufe, contre les vers •, on s'en fert pour l'afthme, pour les fievres intermittentes, pour la paraliiie, pour Papoplexie, pour l'epileptie , pour la lethargie, pour les maladies hyfteriques. Pendant quelle eftrecente eilefait dormir, parce quel'opinm y domine: Elle eft bonne alors pour artetet les hermorrhagics & les cours de ventre, mais en vieillii- fant eile perd cette qualite fomnifere , parce que les parties vifqueufes de Popium ont ete entierement rarefiees & exaltees par la fermentation, en (orte qu'elles ne fönt plus capables de iufpendre ni de moderer le mouvement des efprits animaux dans le cerveau , ce qui etoit neceifaire pour exciter le fommeil. La dofe de la theriaque eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Dofe. AndromaqueMedccindel'Empereur Neronayant voulurafiner für lemithridat, environ cent quarante ans apres que les Romains l'eurent mis en ulage, inventa cette compoiition & la decrivit en vers t'legiaques, fous le nom de Galene , c'eft a dire, Galene» tranquile , a cauie que ceux qui etoient atteints de pefte, de morfures de beftes veni- mcules Sc de plulleurs autres accidents fächeux, etoient rendus tranquiles ou fou- lagez de leurs maux lorfqu'ils enavoient pris. Long-tems apres Nicandre Medecin & Poete Grec lui donna le nom de theriaque, qui] donnoit a tous les autres medi- camens alexitaires. Ce nom lui eft demeure, il vientdumotgrec Dir , quifignifie une befte feroce , foit parce que la vipere y entre , foit parce que la compoiition eft propre pour guerir les morlures ou les piqueures des beftes venimeufes. Plufieurs tirent Pextrait de la theriaque recente avec de Pefprit de vin, & ils fe lau Unttm fervent de cet extrait fous le nom de Uudanum tuiijfinmm \ mais j'eftime qu'il vaut excefont. mieux employer la theriaque en fubftance qu'en extrait, parce cp'en faiiant cet 5 likkk fritf # PHARMACOH'E extrair, on laifle echaper ce qu'il y a de plus volatil & de plus efientiel dans la com- pofition. La theriaque vieille eft preferable a la recente quand il s'agir de refifter au venin,. parcequ'ayant fermente fesparcies fe fönt fubtüifees , exaltees 8c rendues capables de difloudre & de rarefier les conselations qui f e fönt faites dans le läng &c dans les autres huraeurs, foitpar les morfures ou piqaenres des ammaux venimeux, foit par les autres poifons coagulans, foit par Fair infeile , foit par la trop grande quantite d'acide qui fe rencontre dans les Corps. La theriaque vieille eft encore preferable a lanouvelle pour fortifier le cerveau & rcftomach, pour exciter la tranfpiration, parce que dans la longue iermentation 5 il s'y eft fait beaucöup de parties fubtiles , propres a produire cet erlet,. 9 i , Ün fcrupule de theriaque contient le tiers d'un grain d'opium. 3 ß, Demi dragme de theriaque contient demi grain d'opium. 9 ii, Deux fcrupuies de theriaque contiennent les deux tiers d'un grain d'opium. 5 j, Une dragme de theriaque contient un grain d'opium. On feroit bien d'employer les viperes feches dans la theriaque en la place des trochifques •, la compofition en auroit plus de vertu , par les raiions que j'ay dites dans la defcription de ces trochifques de vipere. On pourroit aufli s'epargner la peine de preparcr les trochifques de fcille pour la theriactae, car on n'auroit qu a emplover cn place la pulpe de lcille nouvellanent riree, qui auroit pour le moins autant de vertu que les trochifques. On trouvera peut etre etrange que je ne purifie point Fopiurn , l'hypociftis, I a- cacia, le galbanum, l'opopanax, le fagapenum avant que de les employer: Mais li Ton confidere la perte qui fe fait des parties les plus fubnles de ces mixtes lors qu'on_ les met diiloudre Sc evaporer pour en tirer Fextrait, on avoiiera qu'elle apporte plus de prejudice a la theriaque que ne peuvent faire quelques paillettes ou quelques petits morceaux de feuilles qui s'y trouveront melez : Mais ahn qu'il n'entre guere de ces petites impuretez dans lacompoiirion, il faut choilir les matieres les plus nettes qu'on pourra; par exemple le galbanum y doit etre mis en larmes, l'opium le plus pur qu'il ie pourra. La theriaque eft l'afTemblage d'un grand nombre d'ingrediens d'efpeces & de vertus difterentes •, lefquels, quoi qu'ils femblent mal apropriez, ne laillent pas de produire tous enfemble un bon eftet pour pluiieurs maladies ; il feroit neanmoins- fort a propos de retrancher de fa defcription plufieurs drogues qui doivent etre ou nuifibles ou inutiles - , commel'agaric , leluc de regliffe , lerhapontic , le pentaphyl- lum, le caffia lignea, la terebentine , le malabathrum, l'hypociftis, l'acacia, la gomme arabicjue, la terre figillee, le chalcitis :• Je trouve auili qu'on y fait entrer trop d'opium car la vertu narcotique n'eft pas celle qui doit etre ia plus eilimee dans la theriaque , on y demande une qualite alexitaire, qui coniifte dans des parties liihriks Sc exaltees. * Au refte, quoique cette compofition foit en une efpece de veneration dans la Medecme , foit par fon antiquite, foit par les effets qu'eile a produits, il me fem- ble qu'on pourroit faire un remede plus efHcare avec un petit nombre des efpeces fcs plus eilentiellcsquelle contient, choifies Sc meleesenfemble , luivantl'idee du Medecin, fans fe mettre en peine de'faire une preparation n grande Sc fi emba- rail.mte, car il arrive fort fouvent que certaines drogues qui entfern dans la theriaque fönt bonnes pour untemperament, Sc fönt nuifibles pour un autre ; ii eft mal aife ti'accorder pour toutes les maladies aü Ton donne h theriaque, un fi grand nombre. UNIVERSELLE, <$x 7 de äiverfes drogues entaflees les unes für Jes aucres, qui ne femblent point y avok ete mifes par le choix d'un Medecin habile. Hippocrate ne donnoit pas une fi grande etendue aux compofitions dont ilfefervoit, & nous voyonsquelesreceptes desMedecins anciensSt modernes les plus experimentez fönt courtes Sc renfermez dans im nombre de drogues fimples fort modere ; mais J y a de l'apparence que ceux qui ont invente la thenaque, le mithridat & plufieurs autres longues compontions de Pharmacie femblables , ont cru qu en melant enfcmble une grande diverfue de mixres, ils obtiendroient par Tun ce qu ils ne pouroient pas obtenir par l'autre, le reraede fe trouvant quelquefois plus feavant que celui qui le donne. Ther'ue[ue reforme'e de M. A'Ao[ttin. Trenez. des troncs de viperes deffechez, } avec les cceurs & les foyes, une livre, "Des troclrifques de falle , une dem itvre 5 De Vextrait d'opium tbebaique , une demi livre , Des r«eines de cotnrayerva , de viperine de virginie , d'angeüque } de grande va\er'une\ de meu atbamantique , degenüane , de feilte ariflahebe , de cofius, de nard indique & celtique, de la canelle, de fbuile de noix mufeade tiree par exprejjion., du faffran, du diitame de crete, de la feuille indienne, du fcordium, du calament de montagne, des fommitez. de petite centauree & d'bypericon } des flettrs de flosebas arabique, des grains d'amomum reßnetix, & de petit car dämme, de U femence de perjil de ma- ■ ce deine , d'amis , de fefeli de Marfeille } & de la myrrbe troglotide , de ebaeun quatre onces , De la reßne de fiyrax tres-pure , de l'opopanax 3 de fagapenum , & du caßoreum, de ebaeun deux onces , De Vextrait mielleux de grains de genievre , trente-ßx livres & trois onces , Du vin de malvoiße i neuf onces. laites-en la thenaque felon 1'art. E E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble toutes les drogues, a la referve des extraits &c de l'huüe de mufeade •, on tirera Vextrait de genievre avec de l'eau commune en la mattiere ordinaire , on l'appelle Tberiaca Germanorum; on y melefa quand il fera evapore en Thenaque confiftence convenable, la malvoifie, ou a fon defaut du vin d'Efpagne oü l'on iura des Ale- <üflbut l'extrait d'opium, & enfin l'huile de mufeade qu'on aura liquefi.ee par un pe- mans * tit feu ; on agitera.bien le melange, puis on le gardera dans un pot bien bouche. Cette theriaque a les memes vertus que la precedente, mais eile agit avec plus Vertus. de force. La dofe en eft depuis demi ferupule jufqu ä une dragme ; eile n'eft pas fi ]} 0 f c . fommifere que l'autre , car il y entre ä proportion un peu moins d'opium. On trouvera la defeription de l'extrait d'opium dans le traite de Chymie que j'ay compofe. Pour faire la refine de ftorax il faut mettre huix ou dix onces de ftorax en poudre Refine de groiTiere , dans un plat de terre vernifle, y verfer deflus du vin blanc ä la haureur ftorax. de trois doigts, couvrir le plat, mettre la matiere en digeftion quelques heures für un petit feu , l'agitant de tems en tems avec une efpatule , puis quand on verra que la matiere fera diffoute, ou bien ramolie , on la verfera toute chaude dans un petit fac de toile forte qu'on liera Sc qu'on mettra a la prelle entre des plaques cbaudes, pour en tirer la renne qu'on fera enfuite deffecher. Kkkkij Cz% PHARMACOFE'E Cette re/ine eft la partie la plus pure du ftorax , ou le (corax nettoye de plufteurs paillettes oupetkes impuretez qui s'y Tont melees lorfqu'ü efl forti del'arbre : On peut diie qu'etant ainfi purifie, ll eft plus propre & plus en erat d'etre employe dans les remedes qu'on prend par la bouchc: Mais comme en faifant cette purification , on ne peut point empecher qu'il ne fe dilfipe avec l'efprit de vin , beaucoup de fes parties volatiles, qui fönt les plus efTentielles •, je prefererois le florax naturel a la re- fine , ayant choifi le plusbeau &c leplus pur qu'il ie pourroit. Quoi qu'en faif ant l'extrait de genievre , il fe difiipe la plus grande partie du vo- latil, il eft conftant que cet extrait a plus de vertu que n'auroit le miel qu'on employe ordinairement en fa place pour corporifier enfenible toutes les drogties; niais on remarquera que la liaifon ne fera pas iiexa£te, & que la theriaque ne fe con- fervera pas fi long-tems dans fa confiftence, que quand eile eft faite avec le miel. Il faudra remedier a ce petit accident, en y ajoüvtant de l'extrait ou de l'eau de genievre quand il eia fera befoin. Je croy qu'on pourroit encore mieux communiquer la vertu du genievre ä la compofition , en y melant exadtement für la fin quand eile eft prefque refroidie } quatre onces d'eflence ou huile de genievre ; cette addinon pourroit reparer oufu- pleer au defaut des parties volatiles qui fe fönt evaporees lorfqu'on a prepare l'extrait de genievre. Theriaque despxuvres , Ott des q'iatre dregues de Mefue. Trenez. des rdeines degentiane & d? arißäcche ronde , des bayes de lautier & de la. myrrhe choiße , de chaeun deux onces, De tres-bon nüel ecume, deux livres. Taites-en un elccluaire felon l'art. K E M A R Q_U E S. On pulverifera la myrrhe a part, & les trois autres ingrediens' enfemble ; on nielera les poudres & on les incorporera dans le miel ecume , cuit en confiftence de Theriaque fy r op cpais & a demi refroidi, on agirera qnelqae tems la mauere avec un biftor- despau- tier , Sc Iongarderacet eleiftuairedans unpot bienbouche. Onl'appelle theriaque: des pauvres, parce qu'eile fe fait a peu de frais & en peu de tems. Elle eft propre contre les piqueures des betes venimeufes, contre l'epileptie, les" convulfions, k colique, pour faire fortir l'arriere faix, pour exciter les mois aux Dtfc femmes, pour fortifier 1'eltomaeh. La dofe en eft depuis un ferupule jufqu'a. une dragme. Le mot diatejfaron fignifie compofition de quatre drogues. Antidote , dit Ofvietan. Trenez. de la vieille theriaque &des viferesfechies } avec leurs cceurs & leursfoyes y, de chaeun quatre onces, Des racines de- fcorfonnaire , de carline, d'imperatoire , d'angeüque , de bißorte j de petite arifioloche ,. de contrayerva , de diclame blatte , de galanga , de gentiane y de cofltts , d acorus vrai, de la femence de perßl de macedoine , des few.lles de fauge } de romariti , degalega , de ebardon-bemt, de diäame de crete, des bayes de Las- rier & de genievre t de chaeun une once , De la CAtielle , dugyrofle & du maeis , de chaeun demi once , De ttes-hnmid ecume , huit livres. laites-en un antidote felon t'an. irres, Vertus. UNIVERSELLE. r 619 R E M A R Q^U E S. On pulverifera toutcs les drogues enfcmble, on ecumera le micl Sc onle fera cui- re en confiftence de fyrop epais: on le laiiTera refroidir a derai, puis on y melera exa&ement avec un biftortier la theriaque & la poudrc pour faire un eleduaire qu'on gardera dans un poc bien bouche. 11 eil forreftime contre la pefte, contre les fievres malignes, contre U petite veröle, conus les morfures des betes venimeutes, il fortifie le cerveau, le cceür & l'eftomach. La dofe en eft depuis un fcrupule julqu'a une dragme & demie. les deferiptions del'Orvieran fe trouvent ditterentes en plufieurs circonftances dans les Phannacopees ; quelques-unes y demandent la racine d'anthera , les ecor- ces de citron & dorange, & beaueoup plus de racine d'angelique qu'il n'en entre icy. J'ay tire cette defeription de la Pharmacopce Royale. La pliipart de ceux qui fönt profeflion particuliere de preparer l'Orvietan, ne fuivent pas toujours exaetement les def criptions des Phannacopees; ils y augmen- tent, ou ils en retranchent a leur plaifir. Leur but prineipal eft, que lenr compofi- tion ait beaueoup d'odeur & de force, ahn qu'elle foit mieux vendue : cär c'eft pat cette odeur qu'on fe prend ordmairement quand on en achete. Voici une defeription. d'Orvietan qui aura l'odeur, la force Sc la bonte requife* Autre Antidote orvietm» Vrenez.-de la racine d'angelique t deuxlivresr, Des viferes fechei, avec leurs cceu, s & leurs fojes , huit onces , Des racinef di contrayerva , de gentiane , d'Mortis vrai ,de cofius, de galar.ga , de carline , de gingemhre , de mett t de äiitame Marie , d'arißolocbe longue , & d'tmpe- ratoire , de chaeun deux onecs t Des [einlies de fäuge , de romann , d'ab/intbe , de calament , de fariette , de marjo- laine , de [er, dam , de tuäame de acte, d'byfope 3 de thym , de pouillot de mm- tagne t de chaeune deux onces, Des flettrs de fleeebas arabique & de luv an de , de Vecorce exterieure de citron & d'o~ ränge j du nucis y de Li canelle 3 du gyrofle , des bayes de genievre & de laurier „ des femences contre les vers, de chardon benit , de citron , de petit cardamome ; de perjtl de macedoine ,& de carvi , des /eis armomac & de tarne , de chaeun- une once, De la vieüle thertaque, une üvre , De finale der omarin , une once & demie, Du bäume du perou, deux onces , Bunuel ecume , vingt-Uois livres. Melez, le tout ,& faites-en un Antidote felon l'art; dorn la dofe fera depuis im fcrupule jufqu'a quatre. Vertas Dofe. EleitttaiK orvietan, d? Hoff man. Tieftet, des ra.ines de riticetoxicum, de z.edoaire, de carline , d'angelique , de fetafite , de valeriane , de diäame blanc 3 d'aunee , de cheltdoine t de chaeune trots onces , Des feinlies de diäame decrete t defcordium & de rhiie, de chaeune trots pignees,. K k k k nj. Vertus. Döfc. 'i& PHARMACOPE'E De Upoudre de viperes, deux onces , Du faffran oriental, une once & Jix dragmes ] Dugalbanum f une once & demie s De la myrrhe ihoiße , du foulfre & de U terreßgilUe , de chacun une once , Du fei volatd de vipcres , ßx dragmes, De la canelle & du gyrofle , de thacun demi once , Du laudanum , trois dragmes , Des Imiles de fuccm & de ckron , de cbacune une dragme & demie , Du miel de genievre, dix livres. Melex. le tout, & le laiffez, fermenter dans un vaiffeaubien dos pendant quelques mois. R E M A R dU E S. On piilverifeta fubtilement enfemble les racines, les feuilles, la canelie & les Sc les eflences ou huiles diftillees defuccin & d'ecorce decitron pour faire un elec- tuaire ou opiate qu'on gardera dans un pot bien bouche , l'y laiflfant plufieurs mois en fermenration avant que de s'en fervir. Il a les meines vertus que le precedent, & la dofe en eft pareille. Cet Orvietan eft un des meilleurs qu'on ait decrit ; & ce fut avec beaucoup de raiion que Meilieurs les Maitres Aporicaires de Paris le choifirent preferablement aux aurres en fannee 16^4. pour fervir de cbef-d'ceuvre a M. Geoffrov. Je ferois pourtant d'avis qu'on en retranchät quelques drogues aifez inutiles , comme la terre figillee , la racine de chelidoine. L'Aureur ne limite point le poids de l'excrait de genievre qu'on fait entrer dans cet opiate , il en demande feulement une quantite fuffifante : J'en ai mis le triple du poids de toutes les autres drogues , comme on a coutume de faire en pareille occafion. La petite quantite d'opium qui entre dans cette compofition, n'eit pas capable de la rendre fomnifere. Gunde athanaße cCAvlcenne. Trenez, dufoye de hup prepare , de l'eupatolre , du faffran , de la myrrhe , du ca- floreum , du coßus, du cardamome, du fpicanard , de l'opium , des femences de pavot noir & de jufquiame blanche } de la cortte droite de chevre , de chacun une once Du miel ecume t trois livres. Mele^ le tout &faites-en un opiate felon Vart. 9ß, 9 i, 911, 3 »« UNIVERSELLE. tf 3 i JR E M A R QJCJ E S. On fera raper h corne droite d'une cfaevre, & Ton prendra une once de la rafurc qu'on pulverifera fubtilementavec les femences, le fpicanard, le foye de louppre- pare , Faigremoine, lecaftorle coilus & le cardamome , d'une autrepartlefaffran, apres'l'avoiriäit^cherlenternent entre deux gapiers, d'une aucre parcla myrrhe : On melera routes les poudres enfemble , on fera ecumer & cnire du miel en con- fiftence de fyrop epais , on en pefera rrois livres dans lefquelles on demeiera exacle- meat iur un peu de feu, une once d'extrait d'opium, puis la mauere etant prefqua refroidie Ton y melera les poudres, agicant bien le tourpour faire une opiace qu'on gardera dans un pot bien bouche. 11 eft propre pour calmer les vapeurs , pour appaifer les douleurs, pour arreter Sc Vertus pour adoucir les terofues acres qui delcendenc lur la poicrine , pour exciter le fom- Dole, meil , pour refifter a la malignite des humeurs , pour la colique. La dofe en eft; de- puis demi fcrupule jufqp'a une dragme. Demi fcrupule d'athanalia magna contient le quarr d'un grain d'opium. Un fcrupule d'aclianalia contient un demi grain d'opium. Demi dragme d'athanalia contient les trois quarrs d'un grain d'opium. Deux fcrupules d'athanalia contiennent un grain d'opium. Une dragme d'athanalia magna contient un grain & demi d'opium. Ärhanafia ab ■xprivativo & dnefco y morkr t comme fi on difoit Antidote quiem- pcche de mourir» Elecfuaire de foulfre. Prenez, du foulfre jaunc , de l'encens , du meu atbamantiqtte s de la jufquiAnie bldlt*- che , de la mjrrhe duflorax & du cardamome, de tbaeun tmeonee t Düfolvre blatte & long, de chacun J?x dragmes, De la rhae , du coftus , & de la caffe edorante , de ebaeun c'inq dragutes, De l'opium & de la mandragore t de chaeun ttois dragme s , Du fäff ran, deux dragme i & detnie , Du miel ecitine , trois hvres. iMtes-en un Opiate fehn l'art,. R E M A R QJU E S~ On pulverifera enfemble l'opium , la mandragore , la jufquiame , le cailu lignea »- le coftus, la rhue , les poivres, le cardamome , le meum ; d'une autre part on met- tra en poudre enfemble la myrrhe, le itorax , l'encens, on pulverilera le (aftran f cpa- # rement, on melera les poudres Sc on les corporifiera avec le miel ecume & cuit en confiftenec. de fyrop epais , pour faire un opiate qu'on gardera au befoiu. Il eft propre pour l'aftmepour adoucir les acreres de lapöitrine, pour rarefier la pituite grolliere , pour calmer les vapeurs, ponr appaifer les douleurs, pour exciter lc lommeil. La dofe en eft: depuis unlcmpulejufqu'a une dragme & demie- Un fcrupule de cet opiate contient le demi tiers d'un grain d'opium, Demi dragme del'opiare contient le quart d'un grain d'opium. Deux fcrupules de l'öpiate contiennent le tiers d'un grain d'opium,,- Une dragme de l'öpiate contient demi grain d'opium. Quatre fcrupules de l'öpiate contiennent demi grain 6c le demi tiers d'un grain d'opiünu Une dragme & demie de l'öpiate contient les trois qaarts d'un grain d'opium. Vertust 9i, 3 ß > 9ii> 3 1 ' 9 iv, 3)> gji V H A R M A C O P E £ " Outre l'opium il entre ici plufieurs autres Ingrediens fomniferes, comme la jufquiame , la mandragore. Il eft dimcile que le foulfre agilTe bien für les poulmons pour remedier a l'aftme, quand il eft mele avec taut de narcotiqaes , parce que fes parries y fönt comme lices, 8c eil es ne peuvent point rarefier les vifcofites ou les humeurs craftes qui bouchant les fibres de ce vifcere empechent qu'ils ne s'etendent comme il faur. Auffi voyons-nous le plus fouvent que les remedes narcotiques etant donnez dans l'afthme, augmentent plücöt l'oppreffion que d'aider ä la relpirarion. Or comme 1'erTet principal qu'on doit attendre de Me&uaire de foulphre eft de faciliter la refpiration , j'en voudrois retrancher les narcotiques, & le reformer en la mänierc fuivante. 'EleEluaire de feulfre nforme. Vreneu du magiflere de foulfre , une once & demie , De l'oliban, de lamjrrhe, duflorax calamite, des rachtes d'aunee, de tufflage , de meu atbamantique > de regliffe , d'tris de florence , & de la femence d'anis, de cbacun une once , De la gomme aralique } de gyrofle, du faffran & des flcurs de benjoin , de cbacun deux dragmes, Des conferves de capillaires & de tufßlage , pajjees par le tamis, de cbacun deux onces t Du miel ecume& cuit en conßflence d'opiate dans la decoäion d'hjfope & de fcabteufe , trois, livres. Taites-en un elecluaire felon l'art, dont la dofe fera depuis un fcrupulc jufqu'a une dragme & demie, Si Ton ajoute a la compofition de cet opiare une once de bäume de foulfre, il en aura plus de vertu , mais il acquerra une odeur defagreable. Vertu«. Dok. Dofes des aarcoti- gues. Confeuion de Stor.ix , de Mefue. Prenez, duflorax calamite , de l'extrait d'opium , de la femence de jufquiame Man- che, ducaßorettm , du faffran, delamyrrhe , & de l'oliban j de cbacun une once Du intel ecunte > vwgt-une onces. Taites-en un opiate felon l'art; R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemblele caftor , & la femence de jufquiame , d'une aiirre pait le ftorax , Li myrrhe & l'oliban , d'une autre part le faffran apres l'avoir feit fecher entre deux papiers par une chaleur lente •, on melera les poudres & on ks incorpore- ra avec l'extrait d'opium, & le miel qu'on aura ecume & cuit en confiftence de fy- rop epais ; on agitera bien le tout enfemble avec un biftorrier , & l'on aura une con- feclion ou plutot un opiate qu'on gardera dans un pot bien boucfie. EJie arrece le cours de ventre, les hemorrhagies, eile foulage le tenefme , eile p woque le fommeil , elleabbaiffe le vapeurs. La dofe en eft depuis un fcrupule iu'ä une dragme, Les Ingrediens narcotiques qui entrent dans cette compofition , fönt l'extrait d'opium ÖC les femences de jufquiame. Un fcrupule de cette confedlion contient d'extrait d'opium &: de femence de jufquiame , de chacun un pen plus que les deux tiers d'un grain. Demi UNIVERSELLE. i ■> Demi dragmc de la confection conrient d'exttait d'opium & de feraencc de jui quiame , de chaeun un grain 8c le quarr d'un grain. Deux fcrupules de la confection contienuent d'extrait d'opium & de femence de jufquiame, de chaeun envirqn un grain & les deux tiers d'un srain, LJne dragme de la confedtion conrient d'extrait d'opium Sc de femence de jufquiame , de chaeun deux grains & demi. OpUte de Salomon. Prenez. de Ve'corce de citron cenfite , huit onces , De U cenferve d'alltluya, des purs de romarms & de bughfe , de chaeune deux onces, Du vieux mitbrtdat, une once. Des rojes reuges feches, des racines d'aunee & de cliäame Harte , Des femltes de diclame de Crete, des jemencescontre les vers 5 de citron mondees , & de chardon bemt > de la raclure de corne de cerf t de chaeun demi once. De l'ecorce de citron feche , du fantal citrin , de la racine de geutiane , & de Cos de coeur de cerf, de chaeun deux dragmes , De la canelle t du macis , du gjrofle & du teilt cardamonte , de ch.uan une dragme. Des grains de genievre in/ufet, pendant la nv.it dam le vinaigre fcillttic , au miliare de vingt-quatre, Dnfyrop de Lmons , deux Hp res. TAltes ~en un opiate felon Part. REMARQUES. On pulverifera enfenble les racines •, les femences, les bois, les fleurs, les feuil- les , le macis , les gyrofles, le cardamome, los de cceur de cerf, les ecorces, la raclure de corne de cerf, & les bayes de genievre qu'on aura fait infufer une nuit dans du vinaigre fcillitic , & enfuite fecher. On ineifera menu l'ecorce de citron confite, on la battra dans un mordet de mar- bre avec les conferves &: un peude fyrop de limons , pourenfaire une päte liquide qu'on paflera en pulpe par un tamis de crin renverfe. On fera cuire le f yrop de limons en conliftence de miel a petit feu, 6c quand ü fera a demi refroidi, Ton y melera exadlemenr les pulpes, la thedaque &c les pou- dres, pour en faire un elcttuaire qu'on gardera dans un potbien bouche. Il eft employe pourforrifier l'eftomacii, pour arreter le vohiiflement, pour exci- ter l'appenr, pour refifter au mauvais air &c a ia corruption des humeurs, pour faire mourir les vers , & pour toutes les maladies contagieufes. La dofe en eft depuis un fcrupulejufqua quacre. Cette compontion eft appcllee improprement opiate, parce qu'il n'y entrepoint d'opium. Jouoert qui l'a decrire le premier , dit quelle a eteinventee par unMe- decin nomme Salomon. Toutes les deferiptions qu'on en a donnees ne fe tapportent pas exadtement. On pretend augmenter la vertu des grains de genievre par l'infufion qu'on en f jit une nuit dans le vinaigre fcilhcic, mais au contraire on la diminueV, car cette liqueur empörte ce qu'il y a de plus clifloluble & de plus eiTentiel dans les grains: il vau- droit mieux les employer en leur etat naturel. La conferve d'oxytnphyilum fe fait comme les aucres conferves , en piknt les feuilles de Vherbe dans un monier de marbre avec le double du fucre. f Llll 3!)» Vertus» Dofe. Conferve d'ox tri- ptyaum. Vertus. Dofe. 6' 54 PHARMACOPE'E Eleffttaire de fcordium de Ftac/tfor. Prenez, du fcordium , des rofes rouges feparees de leurs onglets , & du hl d'artne- tiie , de tbACtin une once & demie , Duflorax caLunits , de Li ca.ne.lle, de Li cajfe odorante, des feinlies de diäante de Crete, Des rdeines de totmentale , de bifvrte , de gentiane , degulbanum t du fuccin , & de la terre lemnieme , de chaeun denn once , De l'opium , du poivre long , dugmgembre , de U femence d'ofeilte, de chaeun deux dragmes , Du mielrofat evit enconßjlence d'eleäuaire mou } trois livres & quatre onces. Du vin de malvoiße, deux onces. Faites-en un Opiate felon l'art. R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble le fcordium, les rofes, les racines, le ditSfom, le fuccin, Ie poivre , la femence d'ofeillo & l'opium ; d'unc aurre part le galbanum qu'on aura choifi en larmes, &c le ftorax ; d'une autre parr la terre iigillee & le bol; on melera lespoudres, & on les incorporera avec le miel rolat, cuit en confiitence d'ele- ftuaire mou 3c a demi refrouli: Enfln on y ajourera la malvoifie , ou a fon defaut du vin d'JBipagne, pour faire du tout une opiare qu'on gardera dans un pot bien bouche. On s'en fert pour les fievres malignes, pour la pefte , pour tuer les vers, pour refifter ä la pounture, pour la colique •, eile provoque le fommeil etant nouveau fair. La dofe en eft depuis un ferupule jufqu'a une dragme. Le diakordium eft une petite rhenaque dont f'racaftor a donne le prämier la defeription j eile a cre reformee par quelques Auteurs modernes, on en pourroit encore retranchei le bol & la terre iigiilee, qui fönt des matieres terreftres privees deprineipes actifs,& par confequent peu convenables dans une compofition qui doir fe diitribuer dansleshumeurs, & monter par fes parties volatiles jufqu'au cerveau. Le cama lignea ni la biilorre neme femblent pas non plus neceilaires ici , puif- qu'il y entre de la canelle &c de la tormentille , qui ont des vertus femblables. Je ferois d'avis qu'on les retranchät, & qu'en leur place Ton augmenrät les dofes du fcordium, de la canelle Sc de la tormentill$ Voici donc comrne je voudrois refor- mer cette compofition. Diafcordium reforme\ Trenez. des feuilles de fcordium , quatre onces, Des rofes rouges fans onglets, une once & demie . De Li canelle , & de la racine de tormentille , de chaeuneßx dragmes ~ Du florax calamite, des feuilles de diclame de Crete , de la racine de gentiane > da galbanum & du fuccin, de chaeun demi once, 'De l'opium, du poivre long, dugingembre , & de la femence d'ofeille , de ebaeun deux dragmes , Du miel rofat cuit en conßflence d'opiate molle , trois livres t du vin d'Efpagne t deux onces , Faites-en une opiate felon tan. UNIVERSELLE. %i Elefiuaire de Scordium , de Sylvius. Trenez, des feuilles de fccrdium fecbes f deux onces ' Desfcmlles de chardon benit, de diel ante de Crete & de la racine de gcntlane de cb Li 11 üj \ I Venus. 9), 3\ ß > 6$ PHARMACOPE'E Du mel ecutnl cuit en conßfience d'eleäuaire moa, treibe onces, Faitcs-en une opiate fehn l'art. R E M A R Q^U E S. On pulvenfera enfemble le caftor, ies poivres, lefpicanard , le coftus; dune autre partle ftorax & legalbanumqu'onaura choifisenlarmes ; dune autreparc le fkffran apres l'avoir fair techer par une lente chaleur entre deux papiers } on melera les poudres. On choifira de 1'opium le plus pur , on le coupera par petks morceaux, Sc on le liquefiera für un petit feu avec environ une once & demie de miel ecume dans une ecuelle dererre ; on melera la mauere avec Ies poudres dans un mortier , puis on y ajourera le refte du miel ccume qu'on aura fait cuire en confiftence d'eleclxiaire liquide , on battra bien le tout enfemble, pour faire une opiate qu'on gardera dans un pot bien bouche. Elle eft propre a rabattre & a appaiferles vapeurs byfteriques, pour calmer la toux, pour armer le crachemenr de lang, les cours de ventre, pour renfter a. lacorruprion, Dofe. pour exciter le fommeil. La dofe en eil depuis demi fcrupule jufqua une dragme. 9 ß , Demi fcrupule de certe compofition contient le riers d'un grain d'opium. Un fcrupule de la confedrion contient les deux tiers d'un grain d'opium. Demi drngmedela confection, contient un grain d'opium. Deux fcrupules de la confecTrion, contiennent un grain & le tiers d'un grain d'opium. Ur.e dragme de la confecHon contient deux grains d'opium. Cette compofition a retenu le nom de fon Auteur Archigenes Medecin d'Apa- mie en Syrie. II pratiquoit la Medecine a Romedu tems de l'Einpereur Trajan. Les drogues ipirirueufes & falines dont cette confection eft remplie, rarefient les parties vifqueufes de 1'opium , & Fempechent de faire dormir aulli long-tems qu'il feroit s'd etoit pris feul. Antidote ott Electmire de Ccrteßus. Prenez, de la pierre de bet.oard oriental ,& delx racine de contrajerva, de cbacun une once' Des perles preparees , demi once , De la terreßgillee , du bol d'armetiie, des grains de genievre t du gyrofle , du mach , de la noix'mufcade , des racines de gingembre } & de z,edoaire , de chaeune deux dragmes. Des racines d'arißoloche ronde '& lovgue , & de diäame blähe 3 de chaeune une dragme & demie , De la racine de grande cbeüdoine , des feinlies feebes de fatge , de rbue > de menthe , de balfamine t de chaeune une dragme > Des bajes de laurier , de la racine doronique romaine, du faffran, des femer:ces d'efetile de Citren & de bajilic , du mafiieb , de l'entern , du fcordium, de la raclure d'yvoire, du corailrouge prepare , des fapbjrs preparez* , des eineraudes preparees , du bois d'akes , du fantal blanc& rouge , de cbacun une demi dragme, De la conferve de citron t quatre onces , > Des conferves de rofes , de buglofe ■ de violettes 3 de la vieille theriaque, & du mitbri- dat , de cbacun une once, Du meilleur [iure , trois livres , Des eaux de fcnbieufe & de rofes , de chaeune ce qti'tl enfaudra. laites-en un elecluaire feknlart. UNIVERSELLE. REMARQUES. Du faffran , de la terre lemnienne t Des racines de rhubarbe , de rhapontic, de phu, D'acorus , ou de calamus aromatique t de fouchet, de quintefeuille , De tormcntille, d'anßoloche ronde , de pivoine, d'aunee t De coßus & d'iris, de chaeune trois dragmes \ De la r achte de gent'une , des plant es nommies libanotis male , & morfus diaboli, du gyrofle , de la noix mufeade , Du macis, du maflich , de l'encens , du ßorax , De la myrrhe s de la gomme arabique , De la therebentine la plus claire , Du fagapenum , de l'opopanax , De la plante dite laferpitium, Des trochifques de campine , & de falle , Des poudres des efpeces de diamargariti frotd, De diamofebi, de diambra , & de perles } de chaeun deux dragmes & demie ' Des racines de galanga > d'imperatoire t De diäame blanc , d'angelique ■ de ßlipendule, De ■u.edoaire, de gingembre, de tnUlefeuille , Des femences de citron, d'agnus caflus t De frejne , d'ofeille s de panais fauvage, De navet, de Nielle , de pivoine } de baßlic, d'eryfinwm ] De thlafpi j de fenoml, d'ami > 640 FHARMACOPE'E Deputation des fucs. Des bayes degenievre t de lierre t De fmilax afper a , de cubebes , De coquo, des {ommitez. de füre au, D'bypeiicon , du Jone edorant, De marrube , de galega , de fabine, De piwperneUe, du campbre & de l'bypociftis, de ebnem deux dragmes > Des feinlies de fcordmm , De cbamedris , de cbamcpytis y De ßeeebas arabique, de calament, De rbue , de mentbe t de betoine, De verveine, de fcabteufe t de chardon-benit > De meiijfopbyllum , de nard celtique , De poivre notr & long , De tous les fantaux t du bois d'aloes , De V opium, des pcrles preparees , Des fragmens d'emeraudes & d'bjacintbes preparet, , & Du cor ad rouge prepare, de chaeun unc dragme & demie Des fleurs de buglofe, de romar'm , De rofes, de fange t de lavende, De fos de coeur de cerf, de la rapure d'yvoire , De la verge de cerf \ & du caßoreum , de chaeun qttatre ferupules , De l'umcorne , du mufc , & de l'ambre gris , de chaeun une dragme' t Des fucs d'ofedle , de laitron ; de fcordmm , D'berhe aux viperes, de buglofe , De meliffophjllum, de la vietlle tberiaque , & dumithridat, de chaettn demi livre. Du medleur vin blanc, trois chopines > Du meilleur miel , huit hvres & demie, Fahes-en un elecluaire felon tan. REMARQUES. On pulverifera enfemble les meines, les ecorces , les feuilles, les fommicez, les femences, les bayes, les fruits, les fleurs , les gommes, les bois, le caitor, la verge de cerf fech.ee , los de cceur de cerf, la corne de cerf, Pyvoire, l'unicorne rapez, 1 nyoociftis , l'opium , les trochifques, les myrabolans, Pagaric , les gyrofles, la muicade, le macis; d'une aurre part la terre figillee, les fragmens preparez, le co- rail, les perles p" eparees; d'une aurre parr le camphre, le mufc , & l'ambre gns : on meiera les poudres avec celles de diamargaritum , diamofchi, diambne, Sc de gemmis. On rii era les fucs par expreflion en la maniere ordinaire; on les depurera tous enfemble en les faifant bouillir .un bouillon, & les faifanr pafler par un blanchet ou par un fikre. On pilera enfemble dans un mortier de marbre , les figues, les noix, & les pifta- ches mondees jufqu'a ce qu'elles foienc bien en pate, on les humeclera avec un peil des fucs, & on les paffera par un tamis de crin renverfe pour en avoir la pulpe. On UNIVERSELLE. 64* - Önmeletaenfemblelemiel , les fucs depurez & le viiv, on mettra boüiiliu lc melange für le feu doucement, on J ecumera , Sc on le laiflera cuire jufqu'a con- fiftence d'elecluaire raou , on le retirera alors du feu , & quand il fera a. demi re- froidi, on y delayera les pulpes, la theriaque, le mithridat, rhuiledevitriol, les poudres & la terebenthine, pour faire du tout un opiate qu'on gardera dans un pot bien bouche. Il ert propre contre la pefte & contre toutes les autres malad ies conragieufes, ii reilfteau mauvaisair, on s'en fert contre les morfures des betes venimeufes., Lado- fe en eft depuis un fcrupule jufqu'a une dragme. Ceux qui mefurent la bonte d'une compoiition par la grande diverfite des ingrediens qui y entrent, trouveront bien leur compte en celle-ci ; mais ceux qui par Ja pratique , auront reconnu que cinq 011 fix fortes de drogues bien choifies peu- vent produire un meilleur effet qu'un ii grand nombre, ie mocqueront de ces def- criptions monftrueufes qui ne lont propres qu a jetter de la poudre aux yeux , ren- dant la compoiition d'un grand prix , &c difficile a effeftuer. Comme cet Antidote eft tres-peu en ufage , il eft aflez inutile de s'appliquer ale reformer •, neanmoins fil'on veut y faire quelque reformation , on pourroit en re- trancher les coraux, lesperles,les fragmens prccieux , la terre iigiliee , comme chofes inutiles dans une compoiition alexitaire , car ces ingrediens n'ont rien de fpirituetxx ni d'actif en eux. Les figues, les noix & les piftaches fönt auffi des re- medes de petite utilite ici, on pourroit fort bien s'en pailer. L'huile de vitriol eft pliitöt nuinble qu'utile dans ce melange , parce que par fon acide violent •, eile peut iixer les parties volatiles & eüentielles des ingrediens, & par-confequent ralentir leur vertu: je voudrois fubftituer les viperes fecs aux trochifques de viperes, par les raifons que j'ai dites en la compofition de ces trochifques. L'agaric qui eft purgatif n'eft point une drogue convenable dans un Antidote; on peut en dire de meine de la rhubarbe & desmirobolans : Je voudrois les retran- eher avec plufieurs autres ingrediens inutiles, & reformer la compofition en la moniere luivance. Antidote de Mathiole > reforme. Trenet, des troncs de viperes avec les Coeurs & les foyes } deux onces * De la caße odorante, d'tx dragmes , de la corne de cerf, une demi once jj Des racines de grande valeriane , de calamus aromatique , de fouchet , d'arißolocbe ronde , d'aunee, de coflus, d'iris de florence \ desfeuilles de diu arm de Crete , & da faßran , de chaeun trois dragmes , De la racine de gentiane , du gyrofle , de la noix mufeade , du mach , da maflic , de Vollhan , du florax calamite , de la myrrhe , du fagapenum , & de l'opopanax, de chaeune deux dragmes & demie. Des racines de galanga, d'imperatoire , de diäame blanc, de l'angeltque t de la z.e* doaire , du gingembre, des femer.ces de citron , de piroine , de bafilic, de thlafpi , d'ammi , de fenouil , desgrams de kermes , de la pulpe de fälle, des fommitez, de fureau & dhjperkon , du jonc odorant, da marrube } de la fabine, & du campbre 3 de chaeun deux dragmes , Des bayes de laurier , de genievre , de cubebes, de fcordium , de calament, de rhue , de menthe , de betoine , de melißophillum , des^fleurs defloechas arabique , & de peilte centauree , & du nard celtique , de ebaeun une demipoignee. Du poivre mir, de tous les fantaux & de l'op'wn , de chaeun une dragme & demie 3 Des fleurs de fäuge, de rofes & de lavende , de chaeune deux plncees , J M mmm Vercus. Dofc. veau , pour re/Ilter a la pouriture, pour re veiller les efprits, pour chafler la melan- colie, pour exciter la femence: On en donne dans lcs palpitations, dans les fynco- pes; eile empeche l'avortement. Ladofe en eft depuis un fcrupule jufquaune drag- me ; on l'applique auffi en epitheme für les regions du casur &c de l'eftcmach. Les defcriptions de cette compofnion ne fe trouvent pas enrierement conformes dans mos les difpenfaires ; Mefue qui l'a decrite le premier, fe conrente de faire in- fufer Ja foye teinte enfuc de kermes dans l'eau de rofe & du fuc de pomme : On a depuis fort a propos reforme fa methode , en employant le fuc de la graine de jcermes meure , qui fans contredit a plus de vertu que ne pourroit avoir un peu de teinture. Veitui Dofe. La Pharmacopee de Paris aretranche la foye, ce qui ne peut pas diminuer la vertu de la componüon , car cetre foye cruc ou travaillee n'eft pas d'une nature propre a communiquer de l'impreflion a la liqueur dans laquelle on la fait bouillir. Plufieurs Pharmacopees demandent ici deux dragmes d'ambre gris, mais j'aitrou- ve ä propos de fuivre celle de Montpelier , qui n'en demande qu'une dragmc , par- ce que l'ambre gris s'etendant beaueoup , cette quantite eft capable de parfumer & de remplir de fa vertu toute la compontion. De plus une odeur trop forte donne fouvent des vapeurs a ceux qui y fönt les moins fujets. Iliiie femble qu'on pourroit retrancher de la confedion alkermes plufieurs Ingrediens que je trouve bien inutiles: Premierement la foye ,'par la raifon quej'ay dite : En fecond lieu l'eau de rofe, parce qu'en bouillant fes parties volatiles qui fönt toute fon odeur & toute fa vertu, fe diffipent: En troifieme lieu les perles & le lapis la- zuli, ce fönt des matieres alkalines & aftringentes propres a detruire ou a dulcifier les aeides, mais elles ne communiquent aueune qualite cardiaque a la confeition , car elles ne contiennent point de parties volatiles ni penetrantes qui puiflent fe communiquer au fang pour lui aider ä repoufler ce qui lui eft contraire: En qua- trieme lieu l'or , c'eftun metail fort parfait, fort precieux, agreable a la vue, donc on fait un bei ufage dans les arts & dans la monnoye; mais il ne fert que d'oenement dans notre confeäion, on le rend par les feiles tout comme on l'a pris, car c'eft une matiere li dure quelle r.e peut etre diflbute dans les eftomachs: Maisquand meine on fupoferoit qu'il s'en fut melange quelque legeie portion dans le cnyle, il n'y a point de raifon ni d'experience qui porte a croire qu'il produifit aueun effet, comme je Tay remarque plus au long dans le traite de Chymie que j'ay fait imprimer. Si l'on retranche la foye de cette compofition, il n'y a point de neceffite d'y faire entrer le fuc de pomme , car il n'y eft demande que pour extraire la qualite preten- due de la foye: Voici donc comme je voudrois reformier la confe6tion alkermes. ConfeEtion Alkermes rifotme'e. Trenet, du fyrop de Hermes nouveau cuit en conßßence de miel, une livre & dem'ie > Dufantal citrin & de la canelle, de chaeun une once , De Vambre gris , une dragme , du mufc, une demie dragme , Des builes de mms & de gyrofle , de ebaeun fix goutes. Faites-en une confeäien felon fart. * On fe fert pour fortifier le? chevaux d'une opiate de kermes don. voici la def- cription. Mmmmij de Li raclure de corne de eerf & d'yvoire 5 de cb.icun quatre onces & demie , D'ecorces d'oranges & de citron deffechez., de cbacuu quatre onces , De canelle , demi once , De noix mufcade , & de gjrofles y de cbacun deux dragmes. J 'aites le melange du tout enfemble , pulverifez,, & avec quatorz.e Im es huit onces de m'iel ecume , Faites-en une opiate felon Vart. Vertus. M. Soleyfel dans fon Livre du Parfait Marechal ordonne pour un cheval, de P9ie, cette opiate depuis deux onces jufqu a quarre dans chopine de vin blanc ou de vin d'Efpagne. On pourroir s'en fervir aufli pour les perfonnes depuis demi dragme jufqu a deux dragmes , pour fortifier l'eftomach, & pour refifter a la maüg nte des humeurs. Confection d'Hyicin'hdS, Trenez. des bjacintbes pfeparez, t du corailprepare , du hol d'Armenie &de la terre ßgillee, de cbacun neuf dragmes , Desgrains de kermes , des feuillesde diclame de Crete, de la racine de tormentille , du faffran , de la myrrhe , des rofes rouges , des trois fantaux } de l'os de cceur de cerf, de la raclure de cornes du mime ammal, & d'yvoire , des femences cfe citron mondees , d'ofeilte & de pourpier , de cbacunes huit fcrupules , Des faphirs , des emiraudes , ejr des topaz.es preparez,, des perles preparees > de la foye crue , des feuilles d'or & d'argent, de cbacun quatre dragmes > Du mufc oriental & de Vambre gm , de cbacun dix grains y Du fyrop de fieurs d'ceülets , trois livres & quatre onces. laites-en une confeäion felon Vart. R E M A R Q^U E S. Les Pharmacopees different en quelques circonftances.fur la defcription de cetre confection ; les unes demandenr la racine de didam Sc les aurres la feuille du di&am de Crere ; les unes veulenr dix grains de camphre für la quantite de cerre defcription , les autres en ont retranche cette drogue a caufe de fon odeur de/ägreable j les unes demandes la corne de cerf brulee, les autres la demandenr crue. Toutes les Pharmacopees anciennes employent le fyrop de iimons pour corponfier les pou- dres, la Pharmacopee Royale ordonne en fa place le fyrop d ceülers, & je rrouve quellea beaucoup de raifon; car il eft plus convenable dans certe compofition , non-feulement par fa vertu cordiale , mais aufli parce qu'ilne detruit point l'alkali des pierreries , comme fait le fyrop de lunons : c'efl: aufli cette Pharmacopee qae j'ai fuivie en la defcription de la confeclion d'hyacinthe. ün pulvenfera enfemble les racines , les femences , la fbye incifee menu •, le dictam , le kermes, les rofes, l'os de cosur de cerf, les rafuxes & les fantaux ; d'une UNIVERSELLE. <% autre part le faffran, apres l'avöir fait lecher par une rares lente chaleur entre deux papiers; d'une autrepartla myrrhe, d'uneaurre partla terre figillee , lebol , dune autre part le roufc & l'ambre avec un peu de fucre : on melera les poudres avec les fragmens, le corail Sc les peiies preparees, excepcc le ifaffran qu'on retiendra a part. On fera cuire le fyrop plus qua l'otdinaire, on y diilöudra le faffran avec im biftomer, ks agitant quelque temps enfemble ponr rendre la couleur de k confec- rion plus belle , puis on y incorporera les autres poudres exa&ement: On verfera enfuire Ja confection dans im pot de fayanee ou de verre, & l'on y melera avec une efpamle d'yvoire, les feuilles d'or 8c d'argent •, on bouchera bien le pot, 8c l'on s'en fervira au befoin. Elle fortifie le cceur, l'eftomach & le cerveau ; eile recree les efprits, eile tue les vers , eile refifte a la corruption des humeurs 8c a la malignite de Fair: Elle adoucit l'acrete des fucs , eile arrete le cours de ventre 8c le vomiflement. La dofe en eft depuis un fcrupule jufqu a quatre : on la mele auili dans les epithemes. On referve d'ordinaire la plus grande partie de la confection (ans y meler de mufc ni d'ambre , en faveur des femmes 8c des hommes meines qui fönt fujets aux vapeurs. Quoi qu'on ait attribue une vertu cardiaque aux hyacinthes 8c aux autres pierres precieufes, l'experience ne nous montre point qu'elles ayent d'autres qualitez que celle de mortifier lesacides, comme fönt toutes les autres matieres alkalines: Ainli ce n'eft pas dans ces pierres qu'on doit chercherla qualite cordiale de cette confection, encore qu'elles lud donnent le nom 8c qu'elles y ayent ete mifes pour bafe. On ne trouvera pas non plus cette qualite cordiale dans le bol, dans la terre figillee , dans le corail, dans les perles, car ce fönt des alkali qui n'agiffent que comme les pierres precieufes: pour l'or & l'argent, ils ne produifent aucun effet dans le corps parce qu'ils ne s'y diiTolvent pas, 8c qu'on les rend de meine qu'on les a pris fi at- tenuez qu'ils ayent ete par les ßatteurs d'or i Mais quand il fe diiloudroit quelque portion de ces metaux dans les vifceres., ils n'agiroient que comme fönt les matieres alkalines dont je viens de parier. C'eft donc une chofe fuperdue cjue de melanger de l'or & de i'argent dans les confeclions, d moins qu'on ne veuille qu'ils y fervent d'ornement: Ce qui n'eft bon a rien. La foye eft encore un ingredien aflez inutile ici , & eile donne bien de la peine a pulverifer ; On pourroit mettre en fa place de l'ecorce d'orange amere qui pro- duiroit un bon effet dans la confection. Quand donc toutes ces drogues feroient retranchees de la defcription , la com- pofition n'en leroit pas moins cordiale ; mais comme eile doit etre aufll aftringente, il eft bon d'y laiffer le corail, les hyacinthes , le bol, oula terre figillee quiont une meine vertu ; 8c au lieu des perles qui fönt fort cheres , on peut fubftituer les ,yeux d'ecreviile qui produifent lememe effet dans le corps. Les grains de kermes fecs n'ont guere plus de vertu que de la paille, parce qu'en fe fechant, toute leur fubftance interieure eft fortie en pctits vers. Je ferois d'avis qu'on employät en leur place une oncede fyrop de kermes. Plufieurs retranchent la myrrhe de la confection d'hyacinthe, a caufe de quelque defagrement qu'elle apporteau gout, ce que jen'approuvepas, car cette gomme n'eft pas inutile. Les trois fantaux ont une meine vertu , mais le fantal citrin etant le plus odorant £c le plus remph de vertu , il doit etre prefere aux autres ; c'eft-pourquoi je trou- .verois a propos qu'il f ut employe feul en la quantite de tous. M mmm iij Vertus. Dofe. Confection d'hyacinthe fans odeur. Du meilleur miel ecume > une livre & un quart. Metex, le tont , & faites-en un elecluaire felon Vart. R £ M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble tous les Ingrediens , car les gommes etant abforbees par les autres drogues , pafleront avec elles. On ecumera le miel & onle fera cuire en conuftence d'electuaire mou, puis l'ayant retire du feu & lailfe refroidir a. demi» Von y incorporera exactement les poudres avec un biftortier , pour en faire un eleftuaire qu'on gardera dans un pot bien bouche. Il eft propre pour la colique venteufe, pour la difEculte d'uriner , pour les paf- fions hyfteriques, pour exciter les mois aux femmes. La dofe en eft depuis un jfcrupule jufqu'a une dragme. 5 Nnnn Vercus. Dofe. Vertus. Dole. ^5<5 PHARMACOPE'E Vertus. Dofe. 9i> 9". 9 iv, 5) 8 > La grande quantite des Ingrediens huileux qui entrent dans cette defcription en- raiflent trop la poudre & empechent une iianon exadle dans la compofition. Je fe- rois d'avis qu'on retranchac les amandes ameres, les femences de nigella romana Sc de ligufticum. Confeciion conttt les vers. Trenez, de la femence contre les vers , une once , De la rhubarbe cb iße & du mercure doux , de chacun demi once > Dujyrop de fuc de pourpter ernten conjißence d'un eleäuaire mou , une livre. Mehl, le tout , & fattes-en une opiate ou une confcäion. R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble le fernen contra Sc la rhubarbe , d'une autre part le fublime doux •, on melera les poudres Sc on les incorporera dans le fyrop depourpier qu'on aura feit cuire en confiftence de miel pour en faire une conf eclion qu'on gar- dera au befoin dans un pot de fayaneeou de verre , &non dansun vaifleaudeme- tail, a caufe du mercure qui pourroie s'y älterer. Elle eft piopre pour tuer les vers & pour les evacuer doucement; eile empeche auili leur generation. La dofe en eft depuis un ferupule jufqua deux dragmes. Un ferupule de cette confeciion contient de fernen contra trois grains, de la rhubarbe Sc du fublime doux , de chacun un grain Sc demi. Demi dragme de la confeclion contient du fernen contra quatre grains & demi , de la rhubarbe Sc du fublime doux de chacun deux grains Sc le quarr d'un gram. Deux ferupules de la confeclion contiennent du fernen contra fix grains, de la rhubarbe Sc du fublime doux, de chacun trois grains. Une dragme de la confeciion contient de fernen contra neuf grains, de la rhubarbe Sc du fublime doux, de chacun quatre grains & demi. Quatre ferupules de la confeclion contiennent du fernen contra demi ferupule , de Li rhubarbe Sc da fublime doux, de chacun fix grains. Une dragme Sc demie de la confeciion contient de feinen contra , treize grains ßc denn, de Ja rhubarbe Sc da fublime doux, de chacun fix grains Sc les trois quarts d'un erain. Deux dragmes de la confeciion contiennent du fernen contra, dix-huit grains, de la rhubarbe Sc du fublime doux, de chacun neuf grains. Cette confeciion doit toujours etre donnee en hol & jamais en porion , de peur que le fublime qui eft pefant ne deinem ät dans les dents Sc ne les cbranlar. Eteciu/t re de Satyrium. Trenez. des racines de fatyrium bien noumes & ramolies par la cutffon dans l'eau de fleurs a'oravge , quatre onces , De la. racinr d'enngium confite , des piflacbes mondees» de la confettion alkßrmes ~ 3 avec iambre & le muff, ne chaeunes deux onces. De U noix mufeade confite & du gingembre confit, de chacun une once , Des re'tns de feine , du pnape & des tefitcules de cerf, & de la pouäre de viperes , de chacun Jix dragmes. Des femences de roquete & de fre r ne f du poivre long, du petit cardamome 8 & de Iambre gr\s , de chacun une dragme & demie, Du mufc orantd , wie demi dragme , UNIVERSELLE. 651 Des huiles de tMelle & de gyrofles , de chacune Jix gouttcs. Taltej-en un eleäuaire felon l'art avec le fyrop d'ceillets. R E M A R O^tj E S. Cet electuaire eft decrit differemmenr dans les Di/penfaires. Je nipporte la def- cription qiri m'a paru la meilleure , je Tai rire de la Pharmacopee Royale. On fera fecher äla cheminee les reins de feine marin avec le priape & les tefti- cules de cerf; on les coupera par petits morceaux & on les piilverifera avec les ferneres , le poivre & le cardamome ; d'une autre part on pulverifera enfemble i'ambre gris & le mufc dans un morrier huile au fond de quelques gouttes d'huile de gyrofle •, on melera les poudres avec celle de vipere. On choifira les racines de fatyrium les mieux nourries, & apres les avoir net- toyees , on les mettracuiredans del'eau de fleur d'orange jufqua cequ'ellesfoient molettes , on les retirera de l'eau , on les pilera dans un morrier de marbre avec la racine d'eringium confire , les piftaches mondees, les mufeades & le gingembre confirs, jufqu'ä ce que le tout foit en pate - , on paflera la mariere par un tamis de crin renverfe pour en avoir la pulpe , on la metrra dans le morrier de marbre, bn y melera exaetemenr la confedtion alkermes completre, les poudres & ce qu'il faudra de fyrop d'ocillet cuit en confiftence de miel, pour faire une opiare ou eledtuaire qu on gardera dans un poc bien bouche. Il reveille & erneut les efprits , il excite la femence , il retablit les forces abba- tues. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'ä deux dragmes. L'eau de fleur d'orange dans laquelle on fair bouillir Sc cuire les racines de fatyrium ne leur communique guere plus de vertu que feroir de l'eau commune, par- ce que fon odeur en qui confifte la qualite, fe detruir en bouillant. Cette codlrion empörte aufli beaueoup de prineipes adtifs des racines, car ils'en difTout conliderablement dans l'eau , & Fon peut dire que la racine cuire qu'on an- ploye eft privee de ce quelle avoit de meilleur & de plus eflentiel. Je voudrois donc pour remedier a cet inconvenient, qu'on fe contentät de faire cuire ces racines dans ies cendres pour apres les piler comme il a ete dir, ou bien qu on les em- ployät crues apres les avoir rapees & reduites en päte , comme l'on rape beaueoup d'autres racines , ou bien qu'on les f ir fecher & qu'on les pulverifät pour les meler enfuire dans la compofition. Les racines d'eringium confkes neme paroiflenr pas avoir grande vertu, je voudrois les retrancher , & en leur place augmenter de deux onces les racines de fatyrium. Je trouve qu'on demande trop d'ambre gris dans cette defeription ; cette drogue excite par fois des vapeurs aux hommes comme aux femmes , quand on la donne en trop grande quantite : Je ferois d'avis qu'on en retranchät le riers au moins. ConfeBion AnAca.rA.ne , de Mcfue'. Vrcne-i. de l'anacarde , de U racine de coßus , du fucre blatte, du baßlic aqu on melera Ies poudres dans le miel cuit en confiftence d'opiate & le beure frais fondti, pour faire une confeclion qu'on gardera au befoin. Elle eft propre pour la colique ventcnfe , eile calme les vapeurs , eile excire 'es mois aux femmes, eile purifie le fang 6; eile fortine le cerveau. La dofc eil eft de- puis un fcrupule jufqu'ä quatre. ,Avicenne eft l'inventeur de cette compo/itioil, Mefue Ta prife de lui, & il y a ajoute lesmyrabolanschebules ; eile ne peut etre gardee long-tems a caufe du beure, car il la fait rancir. Je trouve plufieurs chofes a reformer dans cette confe&ion, Premierement on y fair entrer trop peu d'anacardes, car puifqu'elle prcnd fon nom de ces fruits, eile doir auinetre bien empreinre de leur vertu: En fecond Heu, fix dragmes de fucre me paroiifent bien inutiles dans environ une livre ßc demie de compofition , il en faut davantage ou point du tout: En troifieme lieu , comme les quatre efpeces de myrabolans n'ont pas plus de verru qu'une feule efpece , on peur abreger la def- criprion en y employant feulement les myrabolans indiens au poids de tous les autres : En quatnemelieu, le beure ne s'accommodeguere bien avec une confection, 8c Ton peut appeller ce nielange ajufteritre, un gahmathias. Je voudrois le retran- cher Sc metrre en fa place du fucre ou du miel: Voici donc comme je ferois d'avis qu'on reformät cette confe&ion. Confection Anactirdine , reformie. Trcnez. de l'anacarde, une once & demie , Des myrabolans tndiques t une once Des racmes de coflus , & de foucbet long, des bajes de laurier & de U femence de baßlic , de cbacunfix dragmes, Du poivre long , une demi once , Du caßoreum t dcux dragmes, Du fucre blanc , & du miel ecume , de cbacun neuf oitcesl Taitei-en une confeclion felon l'art. Confection Theiiac.de , dt Adynßcht. Trenez. des racmes de tomentille & de difiame blanc, & du campbre } de cbacun deux dragmes , De la corne de cerf & de l'ongle d'eland, de cbacun une dragme & demie, Du fuccin blanc prepare, du hol rouge prepare , des hyacmtbes preparez,, des eme- rauües preparez,, de cbacun une dragme , Dm fei d'abjtntbe, de fcordium , & de cbardon benit, de cbacun denn dragme , Desmagifleres , des perle s & de cor ad , de cbacun un /crupu/e. Pulverifez. ces Ingrediens ttes-fubtilement, melez,-les enfemble & les arrofez, de t;ms en tems avec l'efprtt de gemevre dans lequel les racmes de pctajites & de gin~ gembre &les feutlles de veromque auront infufez,. Apres cela ajoutez,-y De la theriaquc d'Andromacbus & da mitbrida de Damocrates , de cbacun deux ences jj UNIVERSELLE. %& Des extralts de meines d'aunee & d'angelique, de chaeun demi once ] Des fucs epaiffs de fumetere & de bayes d'hieble , de chaeun trois dragmes > Des fleurs de foulfre , deux dragmes , Des hu'ües dißilltes de rhue , de ■uedoaire , de canelle , de mjrrhe , de gjroßes & de citron retltfiee , de chaeune an demi fernpule. tie/ex. le tout, & faites-en un elecluaire avec le rob de bayes de fureau. R E M A R g_U E S. On pulverifera enfemble les meines , les cornes de cerf & d'eland rapees, on meiern la poudre avec les hyacinthes , les emeraudes , le bol, le fuccin preparez , le camphre , les fels & les magifteres; on mettra cependantinfufer dans deux onces d'efprit de genievre pendan: douze heures , en un macras bien bouche , des meines de petafices & de gingembre concafl'ees, de chaeun une dragme , des feuilles de veronique deux pmeees. On coulera enfuite l'infufion & Ton en arrofera les pou- dres jufqu'a les mettre en päte ; on y meiern les fucs qu'on aura auparavant fait epailliriur un petic feu en confiftence de miel , les extraits , la theriaque , le mi- thridat , la fleur de foulfre , les huiles Sc ce qu'il faudra de rob ou d'extrait de bayes noires de fureau , pour faire un elecluaire qu'on gardera dans un pot bien bouche. On lui atrribue les meines qualitez qu a la theriaque. Il eft propre pour Pepilep- tie. La dofe en eft depuis un fcmpule jufqu'a une dragme. Le bol, les pierres precieufes, les magifteres , fönt des matieres terreftres qui me paroiflentinutiles dans cette compofition. Au lieu des extraits de racine d'angelique & d'enule cainpane , je voudroisem- ^er les racines en fubftance iimplement fechees & pulverifeesj car en tirant rait de ces vegetaux , on detruit beaueoup de leur vertu , comme je l'ai mon- tre ailleurs. Les huiles de myrrhe & de canelle fönt decrites dans mon Traite de Chymie > les autres eflences fe tirent comme celle de canelle. Pour faire le rob des grainsdelureau ; il faut cueillir les bayes quand elles fönt meures , les piler & en exprimer le fuc qu'on fem evaporer für le feu jufqu'a, confiftence de miel. Bleciuaire de Saffafraf. Trenex, du bols de faffafras le plus odorant, deux onces, Taites-le bouilltr dans trois chopines d'eau commune jufqua la diminution du tiers , & ajoutez.-y für la fin t De la canelle concajfee , nne demi once, Apres cela fait es cuire la colature avec deux livres de fuere blaue en corßflence d'uti fjrop epais , & jettez* par deßus une dragme de poudre de canelle tres-fine , De la H"ix mufeade , un denn Jcrupule, De l'ambregiis , trente-deux grams } . Du mnfe , trois gratns , Des feuilles d\r , dix , De l'efprit de vitriol, quatre gouttes. Taites-enun elecluaire felon l'art, Nnnn ilj VertuJ Dofe. 654 PHARMACOPE'E R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble la canelle Sc la mufcade , d'une autre part l'ambre tc le mufc melez avec un peu de fixere candi pour en faciliter la pulverifation ; on meiern les poudres. On mettra bouillir a pecit feu, le lafläfras rape, dans trois livres d'eau commune, & für la fin de la cuite Ton y jettera la canelle concaffee : On laiffera refroidir la de- coclion avec les drogues jufqu'en confiftence d'opiate ; on le retirera alors de deflus le feu, onle laiflera refroidir prefque tour a fair, puis l'on y melera les poudres, l'efprit de vitriol qu'on aura auparavant deiaye dans un peu d'eau afin qn'il s'eten.-' de bien dans la compofirion , Sc enfin les feuilles d'or: On gardera cet elecbuaire dans un pot bien bouche. Vertus. Il eft propre pour relifter ä la malignite des humeurs, pour exeker la fueur , pour forcifierle cerveau, l'eftomach & le cceur, pour aiguifer lavüe, pour aider la Pofe. coction des alimens, La dofe en eft dermis demi dragme jufqu'a deux dragmes. Il vaudroir mieux employer le faflafras en poudre dans cet electuaire qu'en de- co£tion , parce qu'en bouillant il pert fes parties volarilcs , dans lefquelles confvfte la vertu. Il en arrive de meine a la canelle , quoi qu'on ne la mette que (ur la fin dans la decoction; car pendanr la cuite du fyrop , la partie eflentielle s'evapore. Les feuilles d'or lont inutiles ici, ü ce n'eft pour l'ornement. L'efprit de vitriol ne peut pas y apporter d'utilite, au contraire etanr aeide il fixe le vitriol des autres ingrediens & il ralentit en quelque facon leur eff'et: Je vou- drois reformer cet elechiaire en la maniere fuivante. Eleäuaire de Saffafras re'fotme. Prenez, du bois de faffafras tres-odorant t deux onces 3 De la canelle t trois dragmes, De l'ambre gris, une denn dragme y Du macls , un fcruptüe , dn mufc , trois grains , Du fucre blatte dtffout & cuit dans l'eau de fenouil t une livre & demie. Faites - en un eleüuaire felon iart. Elecfuaire Mtclefa, de Nie. Alex. Trenez. des cinq myrofaUns, de ebaeun cinq dragmes. VulvcrifeiL-les & faites-les rot'ir legerement , puis prenez. des [emences de creffon y d'ants j de cumin, de carvi, de fenouil & d'ammi, de chacune trots dragmes. Ccncaffez,-les, puis les arrefez, d'un peu de vinaigre , & les faites feeber t enfuite prenez, de l'yvoire brüte , des balaußes , du fumacb } du maßte & de la gomme ara- b'ique , de chaeun deux dragmes & demie. T out es ces drogues etant pulvertfees , vous les mcorporerez, avec quatrefais ttutmt de fyrop de myrtht , pour en faire im eleüutüre (elon l'art. r'e mar cz_u e s. On pulverifera les myrobolans, & on les rorrifiera un peu für une poelle de fer pour les rendre plus aftnngens: on concafTera bien 1 es femences, on les arrofera d'un peu de vinaigre & on les fera (echer, on les pulverifera enfuite fubtilement avec les belauftes Sc le fumach : D'une autre part on mettra en poudre le fpode ou y voire UNIVERSELLE. £5* bmle •, d'une atirre part le maftich & Ja gomme arabique: On melera les poudres dans deux livres deux onces de fyrop de myrte cuit en confiftence d'opiate 8c a demi re- froidi, pour faire un eleduaire qu'on gardera au beibin. Il eft fort aftnngent & propre pour arrefter le flux de fang, d'hemorrho'ides, de menftrues, Je craenement de fang , les gonorrhees, le vomiilement. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a deux dragmes. Mietet* fignifie remede propre a. arreter les flux de fang & d'hemorrhoi'des. Les /emences qui entrent dans cette compofition me femblent inutiles. Ekctuatre cCAcorus , de Meßte'. Vrenez, des rdeines d'aeorus vrai & d'eringium & des pignons t de chaeun quatre onces & demie , Du poivre noir ■ demi once Du poivre long , du gjrofie f dugingembre , des rofes rouges & du mac'is , de chacml deux dragmes , De la mix mufeade, du petit galanga & du cardamome , de chaeun uns dragme &■ äemie , du miel ecume, deux livres & demie. Eaites - en un elecluaire felon Part. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble les racines d'aeorus, de gingembre, de galanga, le atr- damome , la mufeade, le macis, les rofes, les gyrofles & les poivres: On kra bouil- lir la racine d'eringium jufqu'a ce qu'eile foit moile, on la pilera dans un mortier de marbre avec les pignons mondez , öc l'on en tirera la pulpe : On fera cuire le miel dans la decoction de la racine d'eringium jufqu'a confiftence d'opiate, 011 y melera la pulpe & les poudres pour faire du rout- un ele&aaire qu'on gardera au befoin. Il eft propre pour rarefier la pituite vifqueufe , il fortirie le cerveau, l'eftomach & les nerfs; il reveille les efprits, il appaile la douleur de tere, il excite la femen- ce. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a deux dragmes. Elettuaire de ?uißxnc,e. Preniz. de Veleäuaire de fatyrium , une once & demie t Des piflacbes tnondees & des pignons mondez., de chaeun demi eme , De l'eleäua re d'aeorus , treis dragmes , De la chair des fems marins , de la noix mufeade , de la racine de fatyrium feebe, de la poudre des trois poivres, de lapoadrc des efpeces , de la ccnfeäion anacardiue t de chaeun deux dragmes , Du priape de taureau & de cerf t & des teflicules de cheval, de chaeun une dragme & demie, Du borax de Vemfe } du petit cardamome, des femences de roquete, d'ortie & de panais» de chaeune une demi dragme , Da mufc , cinq grains ? de l'ambre gris , trois grains , Du miel anthofat cuit en conßfii nee d'opiate , dtx onces. Eaites-en un elecluaire feien l'art. REMARQUES. On pulverifera enfemble le feine , Ja mufeade, la racine de faryrion , les pryapes de cerf öc de taureau, les tefticules de cheval, le cardamome 6c Les ieinences: D'une Vertus. Dofe. Vertus, Dofe. 6 $ 6 ?HARMACOPE'E aucre part le borax, le mufc & l'ambrc gris ; on melera les poudres avec Celles des rrois poivres 8c de Ja confeftion anacardme. On pilera enfemble dans un mortier de niarbre, les pignons & les piftaches mondees jufqu'a ce qu'elles foient bien en paftej on y melera un peu de miel anthofat & on les paiTera par un tamis renyerie. On fera cuire le miel anthofat jufqu'a confiftence d'electuaire mou, on y melera exacte- ment hors du feu , les pulpes, le diafatyrium , le diacorum &c les poudres , pour faire da tout un eleiftuaire qu'on gardera dans un pot bien bouche. Venus. Il forafie les nerfs , il recree le cerveau , le cceur & l'eftomach, il excite la fe- Dofe. mence. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a. une dragme Sc demie. Le nom de cer ele une demi livre, En dermer Heu ajoute^-y des poudres de canelle choiße , de gjrofles , de galanga ] & de noix mufeade t de chaeunes une dragme , Des femences d'anis & de fenouil, de ebaeune une denn dragme. Melez* le tout & faites-cn un eleäuaire felon l'art. R E M A R Q^U E S. On fera bouillir les raifins mondez dans cinq ou fix livres d'eau pendant demi heures, on y metcra la reglifle ratiflee & concaflee : On laiflera refroidir a demi la decocKon & on la coulera avec forte expreifion ; on y mectra bouillir legerement les myrobolans feparez de leur noyau & concaffez, on coulera la decodhon & l'on y fera cuire le iuere jufqu'a confiftence de miel, on le retirera de deflus le feu, on le laiflera refroidir a demi t puis on y melera exaetement les poudres, pour faire un electuaire qu'on gardera dans un pot bien bouche. Vertus. Il foreifie l'eftomach & le cerveau , il excite l'appetit, il reveille les efprits. La Ppfe. dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a une dragme & demie. Confeciion Cephaliqste , de Mynficht. Prenez, de la poudre de lune de Mynßcht , une once & demie , De la rdeine de diäame blanc & de la femencede citron mondee, de chaeune demi once, Desgrains de kermes, de la Jemence d'ofeille , & de l'extrait de muguet, de chaeun deux dragmes, Des emeraudes preparez., du fei de crane humain & du fuccin blanc prepare , de cha,-, eun une dragme & demie t Du magißere de perles & de corail rouge , de chaeun quatre ferttpules ] Du faffran t du petit galanga & des cubebes , de chaeun une dragme , De fos de coeur de cerf& des hyacinthespreparez,, de chaeun deux ferupules ] Des conferves de fem s depivoine Vitriole e & de ßeursderomarin, de chaeune une once, Du fucre candi blanc dißout dans l'eau apopleiJique } & du fjrop de jus de citron aigre t de chaeun huit onces. Mcfra> le tout 3 & faites-cn im cleäumc felon Xaxt. v. REMJR- V N I V E R S E L L t. 6ft B. E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les racines , les femences, l'os de coeut de cerf, le faf- fran, les cubebes, le Keimes : on melera lapoudre avec les hyacinches, le fuccin, les emeraudes preparees, le fei de crane humain , les magifteres & la poudte dia- luna:; on arrofera la conferve de fleur de pivome de quelques goutes d'efprit de Vitriol ; on Ja battra avec la conferve de fleur de romarin dans un morrier de marbre , on y ajoutera un peu de fyrop de limons pour faire une päte liquide qu'on paflera Ear un tamis de crin decouvert pour en tirer la pulpe : On diflbudra le fucrc candi laue dansenviron quatreonces d'eau apople£tiqued'j4. Mynficbt für un petit feuj on melera la diflolution avec le lyrop de citron qu'on aura fair cuire dans un plat de terre vernnTe, en confiftence d'ele&uaire liquide: on y delayera l'extrait de lys des valees ßc les pulpes •, 6c lorfque le tout fera rerroidi, l'on y incorporeralespou- dres pour en faire une conrettion qu'on gardera dans un pot bien bouche. Elle eil propre pour toutes les maladies du cerveau, eile le rejouit 6c le fortifie. La dofeeneft depuis demi dragme jufquaune dragme. L'extrait de iis des valees fe prepare comme les autres extraits communs des vege- taux, mais on ne peut point le tirer qu'on ne falle evaporer ce qu'il y a de plujfubril & de plus eflentiei dans la fleur: Ceft-pourquoi je trouverois a propos qu'on luy fubftituät la conferve de lis des valees , faire eil la mcthode ordmaire. Le fei de cräne humain fe tue comme celui de corne de cerf, qui eft decric dans raon LivredeUiyrme. On pourroit retrancher de cette defcription plufieurs ingrediens inutiles, comme les emeraudes, les hyacinthes & les magifteres •, ces matteres qui (ont terreftres, fixes & privees de principes adifs, ne peuvent en neu contribuer a. rendre ce:ce confec- tion profitable dans les maladies pour lefqaelles eile eft deftinee •, car il eft befoin de parnes volatiles qui s'exaltent au cerveau pour le fortifier; ce qu'eiles n'ont point. Elecfuaire alexiphamaque. Trenet, des racines de Marne blanc , d'ceillet & de foucbetrond , desfleurs de rofes t des feinlies de rbue , & de maflich } de chticun une ence & demie , Du fpicanard t une once , De lafarum, des bayes de gemevre & de laurier , du kl d'armenie & delapoudre pre-, fervative , de cbacun fix dragmes , De la canelle & du faffran , de cbacun demie once , Du diäame de Crete & de l'iris de Florence, de cbacun trois dragmes , Des trochifques d'agaric & de la myrrbe , de cbacun deux dragmes. Tulverifez, fubtilement toutes ces drogues , & les criblez* j apres cela i Trenez. des figues graffes , neuf onces , Des noix communes, trois onces , Pilez. les enfemble t & apres y avoir ajoüte un peu de vin > paffet~-les par U tamh tn confiflence de pulte : er.fuite Trenez. du meillettr fucre , deux livres neuf onces , Du miel ecume , trois livres , Cuifen-Us enfemble dm< une fußfante qnmAte d'eau commune t eu confißeme d , e- lecluaire } puls dih}ex.-y L t Jpe desfigua & des notx ; cnfuite 5 O o oo Dofc. Venu* Vertus. Dofe. Vemis. Dofe. tf 5 $ PHARMACOPE'E Trenez. de U conferve de rofes rouges liquide , une livre & demie , De L tberiaque d' Andromacus, neufonces , m/uc d'abjintbe epA'jfi } une once & demie , Melez.-y les poudresparfaitement , & ajoütei.-} fürU fiti J)e l'ambre gris une dragme , Du taufe } un fcrupule. laites-en un elecluaire felon fart. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble les racines, les feiiilles , les fleurs, les bayes, I'agarie trochifque , la canelle ,le Ipicanard - , dune autrepart la myrrhe, dune aurre parr , le maftich. dans un morrier imbu de quelques goutes d'eau, d'une autre part le bol > on melera les Ingrediens pulveniez avec la poudre dehvrante. On pilera dans un morrier de marbre les noix fcparees de leurs ecaiües, & les figues feches coupees par morceaux ; on y ajoutera la quantite neceflaire de vinpour cn faire une päte liquide , qu'on paiTera par un tamis de crin renverfe : On melera enfemble dans une baßine le miel ccume Sc le fucre , on y ajoutera un peud'eau, on placera la balline für le feil, & l'on fera cuire le melange en confiftence d'elecLuaire liquide ; on y demciera alors hors du feu , les pulpes, lefuc d'abfinthe epailli für le feu en conüflence d'extrait, la conferve de rofe , la theriaque & les poudres. Quand la conrection fera froide , l'on y ajoutera le mufc &: l'ambre qu'on aura pulverifez fubdlement avec un peu de fucre candi; on fera un electuaire qu'on gar- dera dans un pot bien bouche. Il eft propre contrela pefte, pour preTerver du mauvais air, pour refifter Ala malignite des humeurs. La dofe en eft depuis unfcrupule jufqua unedragme. Je trouve pluiieurs ingrediens mutiles dans certe defcription, comme le bol, les figues, I'agarie. Pandaleon ou electuaire peffofal. * Trenez. des poudres de diaireos de Salomon t deux dragmes , De dtatragacantb froid, quatre ferupuies , Des trois fantaux , deux ferupuies , Du fucre blanc , cuit comme il faut, dans l'eau de pafdane , dem livre. Faites du tottt un pandaleon t que vous mettrez* dans un vaijfeau, & le conferverez, pour vous en fervir au befotn. R E M A R Q^U E S* On fera cuire huit onces de fucre dans quatre ou cinq onces d'eau detulTilage , ä im feu modere jufqua conliftence de miel ou d'eleduaire liquide, on lelaiflera refroidir prefque tout-ä-fait, puisou y melera exadement les poudres avec unbi- ftortier , pour faire une elpece deieduaire, ou de conferve qu'on gardera dans un pot de fayence.. Il eft propre pour l'opreilion depoitrine , pour exciterle crachat, pour Pafthme, pour fortifier f eftomach , on s'en fert comme d'une conferve. La dofe en eft depuis une dragme jufqua trois. On le laifte fondre. Sc delayer doucement dans La bouche, afin qu'il puifle humeder infen/ibiement la poitrine^ Pandaleon eft une compofition pedorale qu'on avoit mife en ufage autrefois du tems, de Rondelet: eile etoit compofee d'ingrediens propres pour attenuer & don- UNIVERSELLE. ^ ner üneco&ionauxhumeurs groilieres & vifqueufes contenues dans la poitrine, & a ies rendre fluides pour errediipofees äTexpe&oration. La confiftence de cettecompo- fitionetoitfemblable a celleduneconficureque Iqs Confifeursappeüent UarmeUde. Autte P&nd&leon. * Prenez. des pignons mondez. & pikt. , deux onces, Des penides , une once , Du mielecume & cuit , autant qu'il en faut. I aites de ces Ingrediens une fuße folide , ou fanddean. REMARQUES. On cboifira des pignons recemment feparez de leur coque ofleufe & de leur pel- licule, on les battra dans un morrier de marbre pour les reduire en päce , on les me- lera avecles penides : on mettra ecumer & cuire quatreonces de miel jufqu'a confi- ftence d'ele&uaire folide, on y demelera exactement avec un biftortier , le melange de pignons & de penides, pourfaire une efpece delectuaire, ou un pandaleon qu'on gardera dans un pot de fayence. II eft pectoral, anodin, propre pour adoucir les humenrsacres qui tombent für la poitrine , pour la toux feche , pour la phafie. La dofe en eft depuis une dragme julqu a trois. Eleffmire pcc7or.iL Prenez. des pignons > une once, Du fuc de reghffe , desamandes douces , & des avelines } de cbacun demieonce , De l'byfope, des capillaires t de Ufemence d'ortie , des meines d'iris & d'arißulocbe ronde } de chaeune une dragme & demie. De l* meine d'aunle, du poive no\r , de la femence de creffon aquatique , de chacu» demi dragme , Du miel ecume, une Hvre & deux onces , Taites-en un elettuaire felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les racines, les femences, les feuilles & le poivre ; oa mondera les pignons, onpellera les amandes, on feparera les avelines de leurs coquil- les , on battra le tout dans un mortier de marbre jufqu'a ce qu'il foit en päte : on y ajourera le fuc de reglifle qu'on aura liquefie für un petit feu avec un peu d'eau d'hyflbpe , on paflera la päte par un tamis pour en tirer lapulpe : on feia ecumer 8c cuire le miel en confiftence d'opiate , on y demelera hors du feu les pulpes, puis les poudres , pour faire un ele desgrains de genievre , des feuilles de parietaire feches > de chA~ am deux ferupules. Du mithrtdate , c'mq dragmes, De l'oxjmtl fctlhtique cuit en conjiflence d'opiate > quatre onces. laites-en un elettuaire felon l'art. O ooo ij VettuJi Dofe. Vertiu. Dofe. Vertus. Po.'e. Vertus. Dofe. Verius. une livre \ I altes- en un eleäualre felon l'art* R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble la noix vomique apres l'avoir rapee , I'os de cccur de cerf Sc les racines ; d'une autre part le camphre avec un peu d'efpric de vin , on me- lera ces poudres avec les perles preparees. On fera cuire le fucre dans de l'eau d'o- feille jufqu'a confiftence d'opiate. Quand il fera preique refroidi l'on y demelera la. theriaque , 8c enfin les poudres, pour en faire un ele&uaire qu'on gardera dans un pot bien bouche. Il eft fudorifique , hifterique, propre pour refifter au venin & a la malignite des humeurs. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'ä deux. Je voudrois rerrancher de cette compofition la noix vomique , parce quellefe gonfle dans I'eftomach &c caufe de l'oprellion •, Sc les perles, parce que c'eft une ma- tiere terreftre qui ne peut produire aucun effct dans un remede dont l'a&ion cor>- £fte dans des parties volatiles Sc fpiritueufes. Electuave pre'fervatif. Trenez, de la poudre prefervative , ci-devant decrite , deux onces ; Du fucre blanc tun dans l'eau de buglofe } hu\t onces Melez*-les, & en]"altes un eleäuaire felon l'art. R E M A R Q^U E S. On fera cuire huit onces de fucre blanc dans ce qu'il faudra d'eau de buglofe juC- i[u'a confiftence de fyrop epais, on le retirera de deflus le feu , & quand il fera prefque froid , on y demelera k poudre , pour en faire un elechiaire ou confection» Si Ton meloit la poudre dans le fyrop avant qu'il fiit fuffifament refroidi, il y au- roit a craindre que le camphre Sc plufieurs autres ingrediens aromatiques qui y en- trent ne fe diffipaffent. Cet ele&uaire eft propre contre les fievres malignes, contre la pefte 5 pour refifter UNIVERSELLE. ( Mi au mauvals air , pour chafTer par tranfpiration , pour fortmer les parties nobles ; ia dofe en eft depuis demi dragme juCqa a deux dragmes. Dofe. On peuc redtiire cetre compofition en tabiettes ou en rotules , mettant le fucre en poudre , le melanr avec Li poudre & malaxanr le melange avec du mucilage de gom- me adraganth rire en eau de buglofe. Les tabiettes ne doivent point etre faites für lefeu , de peur que la chaleur ne fit diffiper-le camphre & les autres volatils. Le nom de cet eledtuaire vient de fon effet, parce qu on pretend qu'il delivre de la peite. Eletfuaire letifiant. TreneiL des myrabolans embliques , au nombre de trente * Des myrabolans cepules , au nombre de vingt , V\lez.-les groffterement , & faites-les Cime dans trois chopines d'eaHl jufqu'a d'imU tlon du tiers: exprimeu la decoäion t & ajoutez. a la colature Du miel ecume , une livre , Cuifez* le tout enfemble en eonßßence d'opiate j & enfitt milet. y de la poudre litt", fiante } ci-devant decrite , quatre onces. Faites-en un eleäuant, R E M A R Q^U E S. On metrra cuire les myrabolans concaflez dans trois livres d'eau, a diminution Verrts«. du tiers ; on coulera la deco&ion avecexpreffion, on y fera cuire le miel jufqu'a, confiftence d'opiate , puis quand il fera prefque froid , on y melera la poudre pour faire un elecLuaue qu on gardera dans un pot bien bouche. II prend fon nom de fon effet, car il rejoiiit le coeur , l'eftomach & le ccrveau, il repare les elprits diifipez. La dofe en eft depuis une dragme jufqu a trois. Dof«* Eletfuaire de GuUon , contre h peße. Trenet, des grains de genievre , des racines de gentiane \ de tormentille } de diäame blanc, & d'arifloloches ronie & longue , de chacun deux dragmes & demie ■ Des feüillesd'eeillet ou de chardon-benit, du gyroße , du mach , de la noix mufcade , du gingembre & de la i~edoaire , de chacun deux dragmes , Des feüilles de mentbe crefpee t de l'herbe du coq 5 de fauge , de rhue , de chacune une dragme , De la racine de doronique , des ba)es de launer , du faffran mental , des femences d'ofetile , de c'ttron , de bajilic , du bois d'aloes , des trois fantaux t du maßich, de Vencens , du bol d'armenie t de la terre lemniene , de Vyvoire brüle , de l'os de cceut de cerf } de la raclure d'jvoire - des perles preparies , du corail rouge prepare ■ des fragmens de faphyrs & d'emeraudes preparet, } de chat un demi dragme, Du camphre t un fcrupule , De la theriaque , des conferves de rofes, de buglofe & de nenuphar , de chacun unt once , Du fucre blanc cuit dans les eaux diflillees de rofes & de fcabieufe , trois livres , laites-m un elecluaire felon l'art, Ö ooo iij H>H PHARMACOPE'E R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les racines , les feüilles, Ies bayes , les femences, leS bois , f'yvoire, los decceur decerf,lemacis , le gyrofle , ia mufcade , lemaftich, Pencens & le faffran ; d'une autre part on mettra en poudre enfemble la terre nVillee, le bol & le camphre: On melera les poudres avec les fragmens , le corail, le fpode & les perles preparees. On paffera les confervespar un tanus renverfe , pour en faire une pulpe. On fera cuire le fucre en confifcence d'opiate , on y melera la pulpe, Sc quand le melange fera prefque refroidi , on y ajourera la theriaque 8c les poudres pour faire un eiectuaire qu on gardera dans un pot bien bouche. Vertus. H eit propre contre la pefte Sc contre les aucres maladies contagieufes. La dolc Dofe. en eft depuis un fcrupule jufqu a une dragme. On pourroir rerrancher de cette defcriprion, le bol, la terre figillee, le fpode , les fragmens , les perles Sc les coraux , comme des ingrediens purement terreftres, & qui ne peuvent produire aucun effet dans une compofition qui n'agit que par fes parries volatiles. EleEluxire d'un ceuf, de l'Emperettr LMaxlmilicn. Trenez. un ceufde poule frais pondu. Puis en ayant tire le blanc par la peinte , vous remplirez. le vuide de faffran oriental nonpulvenje ,fans en ttrer le jaune ,& enjmte vous le boucherez. avec une autre ca. quide enforte qu'd n'en puiße rien fortir. Metten-le apres cela dans un petit pot de terre , que l'onplacera au demere d'un fourneau w d y aura dufeu , jufqu'a ce que tonte la coquille de l'muf' devienne noite ;& cependant prtnez-biengarde que le faffran ne brule. Alors vous ferez. fecher la mauere que vous aurez. tiree de l'oenf' f afin tue ton puiße la reduire en poudre tres-fubtde , y ajoutant de la poudre de moutarde blanche ttutant fefant que toutes les autrcs drogues. Des grains de genievre, du camphre , des racines d'angelique , de pimpernelle & de aedoaire , de cbacun demie once. Des racines de diäame blanc , & de tormenülle , de chacune deux draimes. De la corne decerf, de la myrrhe , & de la noix vomique t de chacune une dragme. Melez, tous ces ingrediens dans un monier, & ftnalement ajoutet,-y de la theriaque mutant que de tout le rejie , & une quantite fußfante de fyrop de ümons. Pilez, le tout de nouveau & fortement pendant trois heures , & faites-en un eleäuaire felon l'art. R E M A R Q_ü E S. On aura un ceuf frais, on fera un petk rrou a un des bouts , & l'on en fera forde le glaire , appelle le blanc ; mais on y laiffera le jaune ; on remplira le vuide de Pceuf, de faffran entier •, on le couvrira d'une autre coquille d'ceuf pour boucher le trou , en/brte que rien ne trarfpire ; on le mettra dans un petit pot de terre , ou pour mieux faire dans un creufet, qu'on placera au derriere d'un fourneau ou il y aura du feu, & on Py laiflera jufqu a ce quela coquille de Pceuf commence a noir- cir , ptenant garde lurtout de faire rötir ou bruler le faffran par trop de chaleur: On retirera enfuite Pceuf de deffus le feu, & Payant vuide, on fera feeber doucc- mem la matiere & on la pulverifera : On pefera cette poudre & l'on y melera un poids egal de femence de moutarde blanche, & les autres drogues qu'on aura redui- UNIVERSELLE. 66} tes eil poudre fubtile : on pefera encore route la poudre , on la mettra dans un mortier de marbre , on L'incorporera avec un poids egal de theriaque, oC ce qu'il faudra de fyrop de limons pour faire un clecluaire qu'on agitera fortement dans le mortier avec un pilon de bois pendanc environ trois heitres, puis on le mertra dans un pot qu'on bouchera bien pour le garder au befoin. U eil; prinaipalement employe pour la pefte, il refifte au venin, il ponfTe rar tranf- pirarion ks mauvaifes humeurs. La dofe en erb depuis un fcrupule jufqu a u§e dragme. Le gtand c'lectuaire eCun oeuf^ de £)uercetan. Prenex. du magißere de foulfre , une dragme & demie , Dufoulfre d'or dtaphoi etique , & de Vejfence de fäff ran , de chacun une drtgme ; Du cryßalmineral 5 une dcmi dragme. De l'ambregris, un fcrupule , De la pierre de bcx,oard t un denn Jcrupule t Metex, le tout enfemble y &l'mcorpore%. bien avec le jaune d'ceuf, comtne il vom Luther ex. exaclement le treu de l'auf'enjorte qu'il n'en putffe rien forttr. Vouspourrez, aecomoder &preparer plußeurs autres aufs de la meine maniere , & dans la quantite que vous voudrez, pour en faire un eleäuaire. Autrement , aprh avoir ouvert unou plußeurs aufs avec le meine artifice , feparex- en le blanc d'ceuf ', &y ajoutez. de U theriaque & des confeäions d'hyacinthe & il'aher- mes } de chaeune parttes egales : Ou bienfaites de toutes ces drogues enfemble une mix- ture t de laquelle vous aputerex. a l'auf ou aux aufs ce qu'ils pourront contenir le petit trou etant bien fernte avec fon cbapiteau approprte & agglutine comme cy-devant, de maniere qu'il n'en forte rien. Tous ces aufs ainßpreparex, etant mis enfemble dans un vaiffeau de verre aßet, grand & bien dos de fon couvercle } vous les envojerex pla- cer dans un four ou l'on aura emt du pain , tequel auffi-tet ote , vous aurex. fein d'y mettre votre vaiffeau aecommode comme deffus, V y laiffam tant qu'il fera chaud , & reit er am a l'y mettre deux outrois fois, & pifqu'a ce qu'enfin le tout foit reduit en une maffe qu'on puiffe pulvenfer Prenex. un auf, prepare fuivant la prem'ere methode ,ouun autre prepare fuivant la feconde y ou bien mime deuxou trois aufs preparex,, fuivant l'une& l'autre maniere t pour en faire fehn que vout voudrex, une plusgrande ou une moindre quantite de l'e- leäuaire. Tous ces Ingrediens contenus d.ms ces aufs etant triturex. & bien meles enfemble dans un mortier de marbre JiumeäJs-les enfuite avec un peu d'eau theriacale , tu de quelque elyxtr de vie , & reduifex. le tout en forme d'eleäuaire. R E M A R Q^U E S. Onpulveriferaenfemble lecryftaimineral, l'ambre gris & le bezoard ; on me- lera la poudre avec le foulfre dor diaphoreüque , le magifteredc foulfre öc l'elTence ou teinture de latrran faitedansl'efpnt de vin. On aura un octiffrais de poule , on enlevera la pointe de la coquille fi adroite- nvent qu'on puifle la remeure quand on voudra boucher le trou - , on recirera le blanc de l'ceuf tk l'on incorporera dans la coquille avec le jaune , le melange ci-deflus de- crit. On rebouchera le trou de l'ceuf avec le morceau de coquille, on enduira les join- rures avec du lut fair de blanc d'ceuf & de farine, afin que rien ne tranfpire. On peut de la meine maniere preparer plufieurs ceufs , fuivant la quantite d'ele- lectuaire qu'on voudra faire. Venös, ,Dofe. \m ^4 PHARMACOPE'ß D'une autre part on ouvrira la pointe ou le bout le plus menu d'un ou de plu-' fieurs ceufs , comme il a ete die, on en otera le blanc & on les remplira d'un me- lange compofe departies egales de theriaque, de confeclions d'hyacinthe & d'aiker- mes qu'on melera avec les jaunes: On bouchera exa&ement le trou de l'oeuf avec fon morceau de coquille , & le meine lue dont on a lutte le premier ceuf: On met- tra cet ceufou ces ceufs dans un vaiileau de terre qu'on bouchera 8c qu'on placera dans le four immediatement apres en avoir retire le pam euie; on l'y laiilera cant qu'il y aura de chaleur , on reiterera a l'y mettre deux ou trois fois, ou jufqu a ce que la matiere fe foit reduite en une malle qu'on puifle pulvenfer. On prendra un ceuf prepare en la premiere methode, ik. un prepare en la lecon- de ; ou bien on en prendra deux ou trois de chaque mediode, felon la quanute qu'on voudra faire de 1'elecLuaire: On feparera ce qui lera dedans d'avec les coquilles , on mertra en poudre les matieres enlemble daiis un mortier de marbte, & Ton cor- porifiera la poudre avec ce qu'il faudra d'eau theriacale ou de quelque elixir de vie , pour faire un ele&uaire qu'on gardera dans un poc bien bouche. Veitus. II eft principalement employe pour prefervei de la peite & pour la guerir •, il eft }>ropre aulli dans les fievies malignes, pour faire (ortir ia pecire ve ole , pour a lethargie , pour les palpiracions. La dofe en eil depuis un fcrupule jufqua demi dragme. ün trouvera dans mon Livre de Chymie la defeription du magifterc du foulfre. Or potable Le foulfre d'or diaphoretique eft ce que les ^hymiftes appeilent or porabie, ou teinture d'or •, on le prepare en la maniere fuivante. Teinture Faires diflbudre relle quantitc d'or qu'il vous plana dans de l'eau regale, metrez ^Soulf e evaporer für un petitfeu, i'humidite de la diifolurion , il vous reftera une chaux d'or d'or dia- • enfuite vos matteres etant encore chaudes , exprimez^-les fortement pour en tirer le marc ; verfem de nouveau cette colature dans un alembiccouvert de fon chapiteati, adaptez*-y un recipient qtte vous placerez. au bain marie , pour faire dißiler laliqueur qtie vous gar den z, a part avec l'txtrait qui reßcra au fotid en unfiflence de nuel. Rcm- plijjez^-en un auf ou plußeurs fi vous vculez.., & les demelez. bien avec leur jaune, enfuite renfermez-dans le vaiffeau chacun de ccs aufs aVrc leur coquille t comme il a ete dit ci-devant: mettez,-les cuire dans un feitr chaud doni on vient d'bter le pain t conti- Kuant & reiterant cette ccäion avec une chaleur moderet : & apres avoir fepare les coquilles, fxites feeber votre mattere feulement jufqua ce qu'on la puijje »lettre enpou- ■ dre, qtie vous arroferez, de fa propre eau refervee , & vous aurei. un Antidote ou ele- ftuaire mol excellent- R E M A R Q_U E S. On concaflera enfemble dans un mordet, les racines , la canelie, les gyrofles, le genievre & le macis, d'uneautrepart la myrrhe, & le camphre -, on y melera la noix vomique rapee , le faffran, les poudres diambra & de gemmis ; on incorporera le melange avec la theriaque &c Von feraentrerle tout dans un matras; on verfera deffus de L'efprit de vin re&ifica la hauteur de quatre doigts ; on bouchera exacle- mentie vaifleau-Sc onleplacera endigeftion au bain marie, l'y laiflänt quatre ou cinq jours •, on eoulera Tinfufion encore chaude , exprimant fortement le marc; on verfera la colature dans une cueurbite de verre , on y adaptera un chapiteau 8c un recipient, on luttera exaeiement les jointures, &c l'onfera diftillerla liqueurau bain marie jufqu'a ce qu'il refte un extrait en confiftence de miel au fond de la cueurbite. Cependant on ouvrira Kfl on plufieurs ceufs frais de poule , par lapointe *, on en fera fortir le blanc, & on les remplira de l'extrait qu'on melera avec les jaunes , on bouchera ces ceufs de leur propre morceau de coquille qu'on aura leve ; on luttera exaetement les jointures avec du blanc d'cenf 8c de la farinemelez enfemble, 8c on les mettra dans un four dont on viendra de tirer le pain , tant de fois que la matiere foir feche &c prefcju'en etat d etre reduite en poudre. On la feparera alors des co- quilles, 8c on l'arrofera de fa propre eau ou efprit diftille , pour la mertre en confiftence d'eledtuaire mou , qu'on gardera dans un pot bien bouche. II a* les meines vertus que les precedens. La dofe en eil depuis un fcrupule jufqu'i Vertus. une dragme. Dofe. Cette preparationnefe peut faire qu'avec beaueoup de peine & d'embarras. De plus, on empörte en tirant l'extrait des drogues, leur meilleure fubftance dans l'efprit de vin, par la diftillation •, il eft vrai qu'on en hume£te la matiere qu'on retire des ceufs par la reduire en electuaire; mais ü y en entre peu , 8c la compofition fe fPFPP ggg PHARMACOPE'E trouve privee de ce qui devroit refter. Je voudrois donc reformer cctte defcription . cn la maniere fuivante. Eletfuaire d'wufs reforme. Vrenez, quatre jaunes d'oeufs frais de pulle } a demi cuits } De la theriaque d'Andromacns t trois onces , Du miel ecume , une livre & demie , Melei, le tout, puis ajoute%,-y de la poudre des raeines d'angelique , de z.edoaire } de canelle, de chacune une oncc, Desgrains de genievre ,ßx dragmes , Du gyrofle & du maus , de chacun trois dragmes, De la myrrhe, de la carlme , du faffran & du camphre, de chacun deux dragmes , De l'ambre gris , ßx grains. Waites-en un eleäuaire, dontla dofe fera depüis un fcrupule jufqu'a une dragme. Confettion de gingembre des Indes , de A-jynycht. Trenez. du gingembre vert, confit aux Indes , quatorz^e onces , Conferve de rofes vitrwle'e une livre ; du diacjdonium ßmple , huit onces De la poudre des efpeces d'aromatique rofat, de diarhodon abbatis , & de diagalaWA , des gyrofles pulverifez. > de chacun une once , De Vhuile de canelle , une dragvie , Melex. le tout 3 & avec le fyrop de gyngembre confit, faites-en un eleäuaire felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pilera dans un monier de marbre le gingembre confit jufqu'a ce qu'il foit en päte •, on y melera la conierve de rofe rouge qu'on aura arrolee de quelques goutes d'efprit devitriolpour la rendre vitriolee ; on humecfcera le melange avec du fyrop de gingembre , on le paflera par un ramis renverfe pour en cirer la pulpe , on melera avec cettepulpe le diacydonium fimple , les poudres , 1'eiTencede canelle & le reite du fyrop qu'on aura rrouve avec le gingembre confit, pour faire un electuaireliquide , qu'on gardera dans un pot bien bouche. Vertus. II fortifie le coeur & l'eftomach, il aide ä la co&ion des alimens , il arrete le vo- Dofe. mifTement. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a deux dragmes. Eleffuatre de noix. Trenex. des noix au nomlre de vingt, Des figues grajfes , au nembre de quinze , De la rhue feche } une once ; Du fei commun, une dragme , Du miel ecume , cuit en conßflence_ d'opiate f une livre, Faites-en un eleäuaire jelon Part. R E M A R Q^V E S. On pilera dans un mortier de marbre , les figues feches & les noix feparees de leurs ecailles, on les hume&era avec un peu de miel ecume pour les reduire en une pate liquide qu'on paffera par un tamis de crin renverfe: On pulvenfera fubtile- ment les feuilles de rhue feches & le fei, on fera ciure le miel en confiilence d'o- p.a:e, on y demeiera hors du feu , les pulpes , puis les poudres, pour faire du tout un eie&uaue qu'on gardera aubefoin. UNIVERSELLE. Uy II eft fudorifique , ftoinacal & hyfterique ; il refifteala malignitc des humeurs. Vemifc La dofe en eil depuis demi dragme jufqu'a deux dragmes. Dofe. Confectionpre'c teufe , de CMynficht, Vrenez. des conferves de fieurs d'oedlets rouges , & de rofes vitriolees, de cbacune buit onces, De l'eleofaccharum de citron , fix dragmes f Vne mufeade confite aux Indes , De. Vorpotable de Mynficbt, une demi once , De U teiniure de corail, & du magißere de perles , de chaeun deux dragmes , Des grains de kjermes , & de U corne d'elarid, de chaeun une dragme & dem'ie , Du mafiieb choifi, du bo'is d'aloes 5 du petit galanga } & du petit cardamome , de ebaeun une dragme , Des c'inq pierres precieufes preparees t de Vambre gris, & de l'extrait de faffran } de ebaeun deux ferupules , Du muff, del'ss de caeur de cerf, de l'buile de canelle, du mach, de ebaeun un ferupule, Du gyrofle & des rofes, de ebaeun un demi ferupule , llüe^le tout ,& avec le fjrop de kerrnes faites-en un clecluaire fclon Part. R E M A R Q^_U E S. On pulvedfera enfemble 1'os de cceur de cerf, le cardamome, lc galanga, lc bois d'aloes, l'ongle d'cland &lesgrains de kerrnes, dune autre part le maftich , iarnbre 8c lemufc ion meleraces poudres avec le magiftere de perles & les pierres precieufes preparees. Onpileradansunrnortiei-de marbrennenoix mufeade confite jufqu'a ce quellefoit en päre ; onla melera avec les conferves , on paffera le tout par un carais de crin renverfe pour en tirer la pulpe ; on y incorporera les poudres, l'extrait de faffran , la teineure de corail, Tor potable , l'eleofaccharum de citron , les effences 8c ce qu'il faudra de fyrop de kerrnes pour faire une confection, qu'on gardera dans un pot bien bouche. Elle eft eftimee un grand remede contre la palpitarion du cceur 8c contre les au- Vertus. tres foibled'es •, eile fornfie , eile repare les eiprics , eile eft bonne dans le fcorbut, dans la lepre , dans l'apoplexie , dans 1 epileptie • eile excite la femence. La dofe en Dofe. elf depuis un ferupule jufqu'a une dragme. Pour vitrioler la confervc derofe, ony mele quelques goutes d'efprit de vitriol, cet aeide la rend plus haute en couleur , Sc lui donne un godt agreable. L'eleofaccharum de citronn'eft autre chofe que du fucre candi pulverife, avec lequel on a mele quelques gouttes d'effence de citron. J'ai parle de l'or potable dans les remarques für l'electuaire d'ceuf de Qnercetan. La teinrure de corail eft une difiolution de quelques parties bitumir.eufes du corail faite dans Pefprit de vin ; eile n'a de vertu que ce que lui en donne l'efprit de vin. Le magiftere de perles eft decrit dans mon Livre de Chymie; c'eft une matiere terreftre qui n'a pas grande qualite. On ne peut point tirer l'extrait de faffran qu'on ne fafTe difuper le meilleur de fafubftance - , c'eft-pourquoi l'on fera bien de lui fubftituer la fleur meine du faffran fimplement pulverifee , les prineipes en fönt naturellement affez exaltez , fans qu'il foit befoin d'en tirer l'extrait. Les pierres precieufes ne peuvent avoir ici d'autre vertu que celle d'adoucir les aeides quifereueontrent dans le corps, comme fönt les autres matieres alkalines. Ppppi; Vertus. Dole. Vertus. Dofe. 66% PHARMACOPE'B Electudre de fuc de ruhe. Prenez, des racines d'arifioloche ronde & longue, & degarence * des bajes de Uurier , de genievre & dela [ahme t des fcmences de daucus, d'Agnus cafttis t & de rbue , de cbaeun une dragme , \ Des noyaux de femences de pivoine, deux ferupules , Du diäame de Crete f une demi dragme , Dufaffran , du jap t de la mjrrhe , & du caßoreum, de cbaeun unferupule. Pulverifez. le tout f & avec trois onces de fucre hlanc diffout dans le fuc de rbue " laius-en un eleäuaire felon l'art. REMAROUES. On pulverifera enfemblc les racines, les bayes , la fabine , les femences de pivoine , de daucus , d'agnus caftus , de rhue, le diftam , leiaffran 6c le caftor •, d'une autre part le jays, d'une autre part la myrrhe. On tirera par expreilion trois onces de-fuc de rhue , on y fera cuire trois onces de lucre en confiftence d'opiate , & quand il fera a demi refroidi Ton y melera exaetement les poudres pour faire un dectuairequ'ongardera dans un pot bien bouche. Il eft propre pour excirer les moisaux femmes , pour abartre les vapeurs , pour häterl'accouchemenr & 1'arrierefus. La dofe en eft depuis unferupule juiqua quatre Confecthn ou Limonade d'e'meraudes: Prenez, de la c antik, une or.ee , Du diäame de Crete, & de la femence de citron , de cbaeun deux dragmes, De la racine de pivoine male y & de la femence , de ebaeune quatre ferupules f De la femence d'ofeille , des grains de kennes t & de cora.il rouge prepare } de cbaeun une dragme , De la raclure d'jvcire , & du galanga , de cbaeun deux ferupules r Duguy de chefne , & des emerandes preparez., de cbaeun demi dragme , Des hjaeinthes preparees , & du J"aßran , de cbaeun un ferupule, Dufyropde limons pr spareavec le miel au üeu de fucre , une livre > Faitrs-t» une confeäwn felon Part, REMARQUES. On pulverifera enfemble les racines , la canelle, le guy de chefne, l'yvoire, le didlam, les femences , le faffran Sc le kermes, on melera la poudre avec lespierres precieufes & le corail preparez. On compofera du fyrop de limons avec le miel au heu de fucre ; on le fera cuire en confiftence d'opiate , on en pefera quatre onces , dans lefquelles on incorporera les poudres pour faire une confedion cju'on gardera dans un pot bien bouche. Elle fbrtifiele eoeur, l'eftomach &le cerveau , eile refifte a la malignite des humeurs , on s'en fert pour lepileptie , eile arrete le vomiflemenr. La dofe en eft depuis demi dragme juiqua. une dragme & demie. Quaique cette compo/irion prenrae Ion nom des emeraudes, ce n'eft pas d'elles quelle tirefa vertu cardiaque Sc cephalique, car ces pierresn'en ont aueune y non plus que les hyacinthes ni le corail qui y entrent ; mais comme elles fönt alkalines , dies produifent un bon effet pour arreter le vomißement. Cette confe&ion approche en compofition öc en vertu , de la confe&ion d'hya- cinthe.. UNIVERSELLE. «ISg "Elettmire Chalybe, de Fabrice Baratt, Prenet, du fafran de mars aperitif\ fept ences , De la canelle ■ de la mufcade } de U paare aromatique rofate , de chaeun fix dragmes ; De la rhubarbe, deux dragmes , Du miel ecume, & du fucre Harte , de chaeun treibe ortees. I aites-en im eleäuaire felon l'art. 91g«- R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble la canelle , la mufcade & la rhubarbe, On broyera lon^ rems für le porphyre le faffran de mars aperitif jufqua ce qu'il foir en poudre im- palpablc , on mclera ces poudres avec celle d'aromaticum rofarum. On ecumera le miel tut un peu de feu avec de l'eau , on y joindra le fucre, on fera cuire le me- lange en coniiftence d'opiate , puis etant ä demi refroidi, l'on y incorporera les poudres pour en faire un ele&uaire qu'on gardera dans un pot bien bouche. Il eft propre pour exciter les mois au» femmes, pour les päles couleurs Sc pour tou- Vertus, tes les au-cres obftru&ions. La dofe en eft depuis demi dragme jufqua deux dragmes. Dofc Cet electuaire abeaueoup de rapport avec les tablettes d'aeier 8c les poudres ca- eheeftiques qui onr ece decrites en leur rang ; mais je trouve fa confiftence plus commode pour l'ufage des perfonnes delicates , car il peuc ecre pris envelope dans du pain ä chanter. Son prineipal effer vienr du faffran de mars, dont il entre eiwi- rou denn ferupule für chaque dragme. Je voudrois ajouter dans cecte delcription deux onces de tartrevitriole , pour at- tenuer & rarefier le faffran de mars Sc pour le faire pafler plus vice , car il pefe fou- vent dans les eftomachs foibles a caufe de fa groffierete ; on l'excice iL defeendre en fe promenant quand on a pris l'elechiaire , mais on peut eviter cet aeeident en em- ployant l'extrait de mars aperitif en place du faffran de mars. Voici donc comment onpöurroit reformer la compofition. Eletfuxire chxl e reforme. Trenez. de l'extrait de mars aperitif p une demi livre , De la canelle , & de la noix mufcade , de ehaeuneßx dragmes , De la rhubarbe clmfie , denn once, \ Du miel ecume s & du fucre , de chaeun une livre , Mllez, le tout } & en faites ut eleäuaire felon l'art. J'ai rerranche en cette derniere defeription , la poudre de rofe aromatique qui pourroit donner des vapeursaux femmes , pour lefquelles cette compoiitioneftpar- ticulierement faite. Electudre de fcories de fer, de Rhaßs, trenez, de l'encens , du fpicanard , du Jone odorant , du fouchet } du gingembre } du poivre 5 & de la femence d'ami , de chaeun denn once , Des fcories de fer infufees dans le vinaigre pendant fept jours , puis dejfeches trau dragmes, Des myrabolans bleriques , indiques & embliques, de chaeun une dragme Du miel de myrabolans mit en conjißence d'opiate, une livre , Faites-en un eleäuaire felon Van. P ppp ü) *> v PHARMACOPE* E R E M A R 0_U E S. On pulverifera enfemble le fpicanard , le fcaenanre, le foucbet, le gingembre, le poivre, lafemence d'ammi & les rnyrabolans; d'une autrepart l'encens. On met- tra infufer pendant fept jours de la rouülure de fer dans du viiiaigre , puis on la fera fecher au feu , &c on la reduira en poudre impalpable für le porphyre ; on melera les poudres &c on les incorpqrera dans le miel de rnyrabolans cuic en confiftence d'o- piate , oour faire un ele&uaire qu'on gardera au befoin. Vertus. II eft propre pour lever les obftru&ions, pour exciter les vnois aux femmes , pour Dofr. abattre les vapeurs. La dofe en eil depuis demi dragme jufqu a deux dragmes. Eleciuaire de rhubarbe , de Meßte'. Prenez. de la rhubarbe & des fucs epaifßs d'abßnthe & d'eupatoire , de chactm d'tx dragmes , De la myrrhe & da faffran , de cbacim deux dragmts , Du fpicanard , de l'afarum , de la caffe cdorante , dujonc odorant t des femences d'a- ti\s, d'ache & de fumeterre , des amandes amercs mondees , de cbacun une dragme i Du miel ecume } une üvre. Faites-en un eleäuaire felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifeta enfemble la rhubarbe, le fpicanard, le faffran, lafarum , le caflia lignea, le fchinante , les femences & les amandes ameres ; d'une autre part la myr- rhe •, on melera les poudres, on ecumera & Ton fera cuire le miel jufqu a confiftence d'electuaire , ony delayera les fucs epaiffis, puis on y incorporera les poudres pour faire un eletäuaire qu'on gardera dans un pot bien bouche. Vertus. Il eft propre pour lever les obftrudtions, il refifte a la corruption des humeurs. Dofe. La dofe en eit depuis une dragme jufqu a trois. Confeciion ßyptique, de Mynßcht. Prenex. de U teinture.de mars , de rhubarbe , de coratl feches , & du fuc de cheli- doine , de cbacunes une once , De la tormenülle ) de la xJdoaire, de lagomme arabique , du gyrofle } du gingembre blanc > & de la noix nmfcade, de cbacun Jix dragmes , De la terre ßgillee , du fuccin blanc prSpare , du calamus aromatique , du petit galan- ga t des deux car'dammes , de la canelle fine , de cbacun demi once Des coquilles d'ecrevijfes cuites dans du vinaigre, de la femence de fanguinaire , de Celles de plantain, de pavot noir , & des ecorces d'orange de cbacun trois dragmes. Des feüilles de fange aigu'e , de pimprenelle & de menthe crefpee, de chacune deux dragmes , Dupryape de taureau\ de la coriandre preparee, & de l'acacia , de cbacun une dragme ejr demie, De la noix de cypres, desgrcwuilles hrulees, & du talc calcine, de cbacun une dragme, De l'buüe carminative , de Mynjicbt } trois dragmes Du cotignac fimple f trois livres. Faites-en un eleäuaire felon l'art. UNIVERSELLE. R E M A R QJU E S. € 7 X Vertust Doie. Teinture Ön pulverifera enfemble les racines, les femences , les feuilles, les fruks, les coquüles d'ecrevifTe qu'on aura fait cuire dans du vinaigre &c fechies •, le pryape du taureau feche au four , le cardamome, la canelle , 1 ecorce d'orange , l'acacia & la eommearabique, dune autre part la terre figillee & les grenouiiles calcmees: on melera les poudres avec le talc calcine & pulverife impalpablemenc, le fuccin pre- pare Sc k teinture de corail en poudre ■, on incorporera le melange dans le cotignac avec les teintures de mars & de rhubarbe & le lue de chelidoine , pour faire une confection dans laquelle on melera exadfcement l'efience carminarive , 5c on la gar- dera dans un pot bien bouche. Elle eft bonne dans tous les cours de ventre, dans les hemorrhagies, pour arrefter la gonorrhee , pour fortifier l'eftomach. la dofe en eft depuis une dragme julqua demi once. Il faudroit travailler bien long-tems pour tirer une once de teinture de corail en poudre qui entre dans cette compofition, & Ton n'auroit qu'un bitume leger de petite vertu. Je feroisdonc d'avis qu'on fubftituät le corailprepare ä la teinture. La teinture de mars fe trouve decrite dans mon cours de Chymie. La teinture de rhubarbe fe fait en mettant infufer de la rhubarbe coupee par petics morceaux dans de l'eau de chicorce ou de plantain , pendant cinq ou fix £ e rhubar " heures , ou jufqu'a ce que l'eau fe ioit empreinre , autant qu'elle peur l'eltre , de la fubftance & de la couleur de la rhurbarbe. Mais j'aimerois mieux emoloyer dans cette defeription, la rhubarbe en fubftance , que la teinture, parce qu'elle eft plus aftringente. BleciuAirc diamoritßa , de Meßte. Trenez. de la mjrrhc, trois dragmes ~ Des bayes de laurier t deux dragmes & demle , Du fäff ran & de l'acorui, de ebaeun deux dragmes \ Des trois fortes de poivre , de la canelle } de la cajfe odorante , des ßmences de daueus, de cumin , d'aehe, d'anis&d'ami , de ceflus , da Jone odorant , du carpobalfame, du cardamome , dufpieward , &^es feuilles de menthe feches } & du marrube ' de chaeun une dragme. Toutes ces drogucs etantptdverifees, feront incorporees avec dix onces de tniel ecume 3 & l'on en fera un eleäuaire fekn l'art. R E M A R QJJ E S. On pulverifera tous les ingrediens enfemble , & l'on corporifiera la poudre dans le miel ecume Sc cuit en coniiftence d'opiate, pour faire un elecftuaire qu'on garde- ra dans un pot bien bouche. Il eft propre pour les debilitez d'eftomach , il aide a la coiftion, il eft hyfte- tique , il leve les obftrucüons. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a deux dragmes. Diamorufta eft ce qu'Avicenne & Serapion ont appelle Hamorulia. Elecfuaire de femences , de Meßue'. Prenct de la canelle , dix dragmes , Des femences de cumin , d'anis , de fenmxl-, Vertus. Dofe. Hamowfix. 6ji PHARMACOPE'E de carvi, de daucus , d'ami, d'ache & d'amotnum , de cbacun ßx dragmes , De lafemence de fefeh , du gingembre , dupoivre long , dugalanga , de cbacun omj dragmes , Du cardamome , du fptcanard } & du gyrofle , de chacundemi once , Du iiguflic f trots dragmes , Dutmel ecume , deux livres t Failes-en un Eleäuaire felon tart. Vsrtus. Dofc. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble toutes les drogues, & l'on melerala poudre dansje miel ecume & cuic en coiififtence d'opiate , pour faire un eleäuaire qu'on gardera dans un pot bien bouche. II dilnpe les vents, ü fortifie l'eftomach, il leve les obftrucHons. La dofe en eil depuis une dtagme jufqu'a demi once. Meuie demande qu'on mette infufer les femences vingt-quarre heures dans du vinaigre, puis qu'on les fafle fecher pour les reduire en poudre : mais comme on les prive par cette infufion , de leur meilleure fubftance, les rendanr aftringentes, an lieu qu'elles doivent eae aperitives, j'ay retranche cetce circonftance. E'eotuaire de fruits , de Mefue. Prenez, de la cbair de coings, depoires fauvages, de pommes arides^ de cbacun une livre , Des cornes encore verds , cinq onces, Faites-les bouillir dans du fort vinaigre oü vous aurex* fait infufer pendant ringt-qua^ tze heures une livre de fumach nouveau. IZoulez* enjuite la decoäion, & paffet les fruits cuits par un tamis de foye , puis ajoit- tex. a la decoclron , Du fucre blatte, quatre livres , Du verjus , une livre , & Du fuc de berberis > deux onces. EAltes cuire le tout en conjißence d , un eleäuaire liquide , apres celamelez.1* pulpe des fruits fufdits , de la poudre de rofes rouges } & de Li femence d'ofetlle, de cba- eime, uue o;ice. Takes-en un eleäuaire felon V art, R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtUement enfemble les rofes & la femence d'ofeille. On mettra infufer pendant vingt-quatre heures, une livre de fieur de ■fumach recemmenc cueillie dans neufou dix livres de fort vinaigre; lbncouleral'infution & l'on y fera cuire doucemenr les fruits pelez, coupez par morceaux 8c mondez de leurs pepins, jufqu'a ce qu'il foient mous : On coulera la decoction , on ecrafera les fruits cuits dans un monier de marbre } 8c l'on en tirera la pulpe par un tamis. On UNIVERSELLE. 6 7J On fera cependant cuire le fucre dans la decoclion, on y ajoutera le verjus Sc le fuc de berberis. Lorfqu'iJ fetz cuir en opiare , on y difloudra la pulpe , puis le melange etant a demi refroidi Ton y melera la poudre pour faire un ele&uaire qu'ün gardera Eleetitaire Arcontiqae , de Nie. Trevoft. Trenez, dugyrofle, du boisd'aloes , du galanga, , dufpkanard, de la mix mufc ade , du gingembre t de l'yvoire brulee , du fouebet , des rofes & des violettes , de chaeun une dragme & quinz,e grains. De la canelle , du mar r übe , de la regliffe , dutnaßk, dußorax calamite , du füre au, de la balfamite , du baßlie, du cardamome f du poivre long , des myrtilles , & de l'ecorce de citron t de ebaeun deux ferupules & cinq grains Des perles preparees , de la racine de beben blanc & rouge } du cor all prepare , de U foye brulee , de chaeun vmgt-ßx grains & demi Du mufc , fept grains & demi, Du camphre , cinq grains , Du fyroj> de rofes etat en conßftence d'opiate , fept omes. jaites-tn un elecluaire felon l'art, % E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble toures les drogues, excepte le mufc , le camphre 8c l'yvoire brulee, lefquels on mettra en poudre a parr ; on melera les poudres avec les perles Sc le corail preparez, & Ton mcorporera le cour dans le fyrop de rofe cuit en confiftence d'opiate, pour en faire un elecluaire. La foye brulee eft une cendre qui n'a point de vertu, parce que tout le fei quelle ponvoit contenir etant volatil, il s'eft dillipe dans la calcmation. L'Auteur auroir pii senhardira doferles Ingrediens par ferupules, plütöt que par grains & par demi grains •, fans craindre d'inconvenient, car il n'entre neu dans cette compoiition de dangereux > mais apparemment que les poids employez dans ladefeription originale etoient differensdes notres , Sc que les traducleurs les ont mis exaetement fuivant ce qu'ils pefoient de notre poids. On l e /ert de cet elecluaire pour les melancoliques, pour fortifier l'eftomach'Sc Vertus le cerveau , pour rapelerla memoire, pour l'afthme. La dofe en eft depuis demi Dofe. dragme jufqu a deux dragmes. On pourroit retrancher de cette compofitionlafoye brulee , le corail, les perles , le (pode, comme des drogues inutiles. ElecluAlle de C&fiof , de Nie. Myrep. Trenet. du caßoreum, des myrabolans citrins, & de l'os de cceur de cerf } de chaeun trois dragmes t Des femences d'anis, de perßl } de fattx amonium, de nielle , de fermontaine , de yerßl f de fenouil, de daueus > de ßaphifaigre , du fang-dragon , de Vencens, du fei tamoniaque ,& de la z,edoaire de chaeun trois dragmes& deux ferupules & demi. De U canelle deux dragmes & quatre grains, De laloes, une dragme & demie. Du fcord'wm } de k myrrbe , & de l'eujihorbe , de chaeun une drtgme & fept grains, 5 Q<1 du fenne, dujutu cdorant , dufpnanard , de l'opopanax , du rhapon- tic, du fagapenum, du flerax calaimte& dugmgembie , de cbacun une dragme & deux grains. Da ctnnabre , une dragme, De U farriette jauvage , de l'bjfope , du cbamcdris , du pcuUlet, de l'origan , de Lt mentbt, de U mentbe aquatujue , de Li fernem de bajilique , des racines de brauche urßne , d'anfiolocbe ronde , de cboux fauvage , d'afarum } du diclame de Crete, de la fai'ge , des rofes, & du bdellium , de cbacun une denn dragme , De la foye bmle'e , de Viris , de Lepithjme, dupolypode . cun treibe grains , De la benoite ' onz.e grains, Du fuccin, de l'anacanie ,df la fabine , de lagent'wie , & de l'ecorce de mandr.4- göre, de cbacun dix grains , Du i'as-a'ane , & de Vubßntbe , de cbacun fept grains , Du iniel ecunu , tiots hvres. Faites-en im ekäuaire felon Vart. R E M A R Q^U E S. On pulverifera cnfemhfc le cafbr, les fcüts , les femences, les racines, Ies feui!- les , ies ccorces , les rleurs, le fagapenum , l'opopanax, le galbanum , la gomme adraganth & Tos de coeur de cerf ; d'une autre part le bdellium, reupho.be , Li myrrhe , 1 aloes, l'encens & le fang - dragon : d'une aucre part, le fei armomac , le nitre ouülpetre ranne & la foye brulee. On broyera e XembLe für leporphyre , le cinabre Sc le fuccin , on melera les poudres. On fera ecumer & cuire^le miel jufqu a coimftence d'opiate , on le laüfera refroidn a demi , & l'on y meiera les poudres pour en faire un electuaire qu'on gardera dans un pot de terre bien bouche.. 11 eft bon pour l'apoplexie, pour la paraiilie, pour les maladies hyfteriques, pour les verriges, pour l'epilepue; i-l eft un peu purgatif. La dofe en eft üepuis demi dragme jafqaa. deux dragmes. Cette compoilrion eft un grand ramas de drogues mal appropriees & entafiees les unes für les autres; ll y enrre des purganfs, des aftrmgents, des apennfs , des hyfte- riq..es, des cephaliques, des arduiriques, des cordiaux , des (udonfiques , des ftu- pelians. II femble que T Auceur ait voulu y paroitre myfteneux dans les dofes, car il ordonne trois dragmes deux fcrupules & demie de chacune femence & autre drogues qui fonc d'une nature temperee Sc incapable de produire de mechans eftets ,- il auroit pu s'enhardir a en mertre demi once. En d'autres il ordonne des grains ou il auroit fort bien pu mettre des demi fcrupules, ou meme des fcrupules. Comme cecte compofition eft tres peu en ufage »il feroit inutile de la reionner. Elecluictre Stomachique de MefuL Trenez, des mjrülles , une once & demie , Des femences degrenades } de coriandre , derofcs 3 d'ofeilte , deplantam , de cbacun deux dragmes, Des tefes rouges , de Vyvoire brulee , du fumacb, des treis fortes de poivres , du fantA cm n , des baLufles, de Li gomme arabique , de cbacun une dragme & demie , Du cotignac } quin^e ences. Mclez, le taut, & faites-en ur r ekcluaire felon l'arf. UNIVERSELLE. *7P REMARQUES. On pulverifera enfemble les mirtilJes, les femences, lcs fleuts, le Tantal, les poivres & la gomme arabique, d'une autre part le fpode; on melera les poudres dans le cotignac 6c Ton fera un ele&uaire qu'on gardera au befoin. II forrifiei'eftomach , il excite l'apetit, ii aide a la digeftion, il arrete les cours de venire. La dofe en eft depuis denn dragme jufqu'a deux dragmes. Elecfuaire Royal. freutet, des pignons, une once & demie , Des amandes douces 3 une denn once , Des rofes rouges', deux dragmes , Du fantal citrin , deux [crupules , De l'ambre gns, un demi fcrupule , Du mufc j trois grains, Du fucre blanc dißout dans Venu de rofes , une livre , Faites-en un elecluaire felon l'art. R E M A Ä HjV E S. On pulverifera enfemble les rofes & le fantal, d'une autre part l'ambre & le mufc avcc un petit morceau d'amande ou de pignon ; on melera les poudres enfemble. On pilera dans unmortier de marbre les pignons mondez & les amandes pelees ju(- qu'a ce qu elles foient bien en pafte ; on melera les poudres dedans, puis quand le friere aura ete fondu & cuit en confiftence d'opiate > on y demeiera le touc poui ?n faire un elecluaire qu'on gardera au befoin. Il fortifie le casur, l'eftomach & la poitrine , il rellaure les efprits t & il excite la femence. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a deux dragme-":. Les ingrediens de cet cleftuaire ne fe lient pas exatlement a caufe des pignon-: &C des amandes qui fönt des matieres huileufes. Il paro'ir toujours dedans corame des petits grumeaux ■; on le prepare aifez folide afin qu'il fe garde Sc qu'on puilfe le met- tre en petits pains quand on veut. Cell ce qu'on appelle Pain Royal. Elecfuaire antißorbutiqttt. TreneiL de la cenferve de cocblearia , deux ences & demie , De Celles de cbamedris, de meltjfe, de rofes pales, & de citron, de cbacuneßx dragmes» De la canclle & du cardamome , de chaeun une once , Des condits , du calamus aromatique , du gingembre , de la racine de pimpernelle , & delecorce de citrons confits , de chaeun trois dragmes, Des extraits d' abßntbe & de genievre j des femences de moutarde, & de royuette , ds chaeun deux dragmes 5 Du tartre Vitriole , une dragme & demie , Des huiles de canelle , demi dragme , & de Celles d'anis , un fcrupule. Faites-en un eleäuaire arec l'efprit de canelle & de cochlearia. R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilement enfemble, la canelle, le cardamome, & les femences; on melera la ..oudre avec le tartre Vitriole, on battra dans un monier de marbre, iecorce de citron , les racines confites & les conferves jufqu'a ce qu'elles fatCß« Qqqqij Vertus. Do.e. Pain Royal Vertus. Dcfe. Vetras: Dofe, '6 7 6 PHARMACOPE'E bien en parte•> on les hume&era avec un peu de fyrop de limons , on les paffera er* pulpe par un tamis de crin renverfe ; on meleta dans cette pulpe , les extrairs , la poudre, les huiles & ce qu'il faudra d'cfprks de coclilearia Sc de canellc pour faire un electuaire qu'on gardera dans un pot bien bouche. Il eft propre pour le fcorbut, il leve les obftructions, il fortifie l'eftomach. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'ä une dragme. On ne peut faire les exrraics de gcriievre Sc d'abfinrhe, qu'on ne laifle echaper les parries les plus volatiles dans lefquelles confiftoit leur principale vertu. Il vaudroii mieuxpar confequent employer ici les bayes degenievre Sc les lommites d'abünthe fimplement pulverifees. Eleffuaife pouf xig'iifer U vue y de Bitteus. * Vrenet, des fucs depuret. de rbue & de chelidoine , de ebaeun quatre onces , Du meilleur tmel qu'il je pourra , une livre , Taites-le cuire en 1'e'cumant jufqu'a une banne conßflence ; enj'uite ajov.tet.--j De la poudre des foimiites d'euphraij'e avec des rejettons noirs } deux onces Des femences de fenoial, ßx dragmes, De la canelle ,des cubebes } du gjrojle, du macis & dupoivre long 3 de chaeun une dragme. De ce melange faites-en un eleäuaire. R E M A R QJU E ,S. On pulverifera fubtilement enfemble les plantes, la canelle, les fruits , les femerv- ces, le macis. On tirera par expreffion les fucs, on les depurera Sc on les fera bouil- lir avec le miel jufqu'a confiftenced'opiate ; on y melera les poudrespour faire un electuaire qu'on gärdera. Il eft bon pour aiguifer la viie Sc la fortiiier. L'Auteur recommande den pren* die matin Sc foir rrois dragmes a la dofe. Eleciuatre de ?efches~. Prenez, de la ehalt depefebes prefque meures qui foit bien mondee , & du fuc d'au- tres pefches tire par exprejjion } de chaeun trois livres , Du fucre blanc , deux livres , De la canelle , des cubebes f & du macis, de chaeun demi once , Du bois d'aloes s & du fantal citrin t de chaeun deux dragmes , Du mufc , un demi ferapule. Faites-en un eleäuaire felon l'art. R E M A R Q^U E S, On aura des peches avant qu'elles foient tout a. fair meures , on en otera Ja peau Sc le noyau , on les fera cuire dans du fuc d'aurres peches qu'on aura die par expreffion : on eirpailera la pulpe par un tamis de crin renverfe, & Jon fera cuire le Fucre dansla decochon coulee jufqu'a confiftence de miel: Cependanton pulverifera fubtilement enfemble la canelle , le fanral, le bois d'aloes, ks cubebes Sc le macis , dune autre part le mufc avec un petit morceau de fucre candi; on melera la pulpe avec le miel cuit, on me rra deflecher le melange für un petit feu jufqu'a ce qu'il foit en confiftence de coiierve, puis on y melera quand il fera prefque froid , les poudres pour faire un eiectuaire qu'on gardera au befom dans un pot bien bouche. UNIVERSELLE, rf ? 7 I\ iorcifie l'eftomach , il corrige la mauvaife bouche. La dofe en eft cfepuis une Vertvu» dragme jufqu'a demi once. Dole. Eletiu&iYc de Pommes , de Mefue. Vrenet, despommes douces de renettes pelees & bleu mcndses de leitr ferneut , trois hvres, Du fucre blatte, deux Hvres & demle , De feau de rofes, une chopine , Du bots d'aloes 5 de U canelle t & du gyrofle } de ebaeun deux dragmer f Du fantal citrin , une dragme & demie , De l'ambre gris , une dragme y Du mufc , un denn ferupule > Melez. le tout a &faite$-en nn ekäuatre felonfart, R E M A R Q^U E S. On choifira des pommes douces Sc agreables augoüt, on les pellera, on les cotr- pera par quartiers, on en feparera le cceur, on les fera bouillir dans de l'eau jafqa'i ce qu'elles foient molles •, on les pafiera par un tamis pour en tirer la pulpe. On pul- vetifera enfemble le bois d'aloes, la canelle , les gyrofles Sc le fantal cicrin •, d'nne atitre parc l'ambre gris, & le mufc avec un petit morceau de fucre cafidi, on mele- ■ ra les poudtes. On fera cuire le (ucre avec la decoction de pommes coulce &r l'eau de rafe jufqu'a confiftence d'opiare; on y dilayera la pulpe de pommes, on fera deife- cher le melange für un perit feu l'agitant inceflamment avec un biftortier , jufqu'a ce qu'il foit en confiftence de conferve , on le retirera alors de defliis le feu 3c quand il fera prefque refroidi l'on y incorporera les poudres, poür faire un electuai- re qu'on gardera dans un poc bien bouche. Il förtifie le coeur &c l'eftomach , il aide k la digeftion , il donne bonne bouche, il excite de la joye. La dofeen eft depuis une dragme jufqu'a demi once. Eleciuaire de Sorbes , de CMefue'. Trenez, de ta chair de forbes prefque rneures, & cuites dans la decoäion de rofer rouges & d'e'corces degrenades , deux hvres , Du miel oh du fucre blatte , une livre & quatre onces y Eaites-en un ekäuatre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On aura des forbes avant qu'elles foient meures , on les pellera & on les fera cuire dans une forte decoction de rofes rouges 3c d'ecorce de grenade conca/Iee, on les ccralera enfuite 8c l'on en tirera la pulpe par un tamis renverfe: On fera cuire dans la decoction des forbes conlee , le miel ecume ou le fucre jufqu'a confiftence d'opiate, on y melera la pulpe &c l'on fera deflecher le melange a petit feu pour faire un electuaire ou une conferve qu'on gardera au befoin, Il eft propre pour an eter les cours de ventre &c les hemorrhagies. La dofe en eft Vertus. depuis deux dragmes jufqu'a une once. Dofc* On ne pourroit pas garder cette compofition long-temps fans qu'elle fe gätaft, car ily entre trop peu de miel ou de fucre, ilen faudroit le double. Ces trois dermeres preparations pourroient etre mifes au rang des condits ou des conlerves. Q.qqqiij Vertat* Dole <5 7 J PHARMACOPE'E EleBuntre d''Jlcan^j , de Mefue'. Trenet* des grains de myrthe , une demi hvre , Des fleurs derofmartn, demt once % Des myrabolans mdiques , embliques & bleriques , de cbacun trois dragmes , Des belauftes > de l'encens , de l'ecorce de atron , des fruits de tanianfc , des rofes , du coflus, & du fpicanard, de cbacun deux dragmes De la noix muftade , du calamus aromatique , dugyroße , du macis & du cardamome t de cbacun cinq fcrupules &Jix grains, Du gingembre , une dragme. Toutesces drogues feront infufees enfembie für un petit feu dans de Ion vin vleux ; fuls on les fera fecher : apres cela dies infuferont de nouveau dans le fuc de coings , & elles feront fecbees ; apres qnoi on les pulverifera fubtilement & on les melera avec deux livres & demie de cotignac pour en faire un eleäuaae felon l'art, R E M A R Q^U E S. On coneauera & l'on melera toutes les drogues enfembie , on mettra le melange ■dans un pot de terre verniflc , on verfera deflus environ deux livres de vin vieux ? pn couvrira le pot, on le placera für un petic feu , Sc quand la liqueur commencera a bouillir, o*la mettra refrpidir, Sc l'ayant coulee on fera fecher les drogues. On les mettra enfuite bouillir comme auparavant dans du fuc de coing , on coulera la liqueur Sc l'on fera fecher les drogues pour les reduire en poudre fubtile; on melera les liqueurs coulees avec le cotignac, on les fera evaporer enfembie für le feu jufqu'a. confütcKce d'opiate, on laüTera enfuite refroidir a demi la matiere, &c Ton y incor- porera la poudre pour faire un eleäuaire qu'on gardera au befoin. Vemu. II fortine 1 eftomach, il aide a la digeftion, il arrete le vomiflement & les cours Pole» £ * e ventre, il diilipe les vents. La dofe en eft depuis une dragme jufqu a trois. Mefue rapporte cette defcription, qu'il a tire d'un Medecin Arabe nomine Alcanzus: Cet Autenr demande florum Alkiel | ß , & l'on a crü que ce nom etoit le meme que Allcilchil , qui ßgniße en Arabc fleur de grenadier fauvage : Mais comme les balauftes ou fleurs de grenades fönt employces ici en un autre endroit, pluneurs pretendent que par Alkiel ou Alkelin, on doive entendre les fleurs de rofmarin. J'ai fuivi cette derniere opinion, comme la plus raifonnable. Electuaire blaue , de Bateus. Prenet de la cerufe d'antimoine t quatre onces , Du fucre tres-bUnc , une livre. Melez, &faites-en um poudre , a Uquelle vous ajotiterez.du fyrop de meines d'eryn- giumou chardm-roland , quatre onces , eu ce qu'il enfaut pour faire unelecluaire. R E M A R Q^U E S. On pulverifera le fucre & l'antimoine diaphoretique tres fubrilement, on les melera dans un monier de marbre , Sc on les incorporera ayec quatre onces, ou une quantite lufh'iante de fyrop fair avec la racine de chardon roland, on bartra bien le EtecTyaire tout enfembie pour en faire une liaifbn d'electuaire liquide, ce fera lelcdtuairc blanc. bianc qu'on gardera dans un por. Venus. Il eft eftime propre pour la cachexie, pour rhydropifle , pour la jauniiTe , pour le fcorbut, pour purifier le fang; pour abforber Sc adoucir les humeurs acres. La Pofe. dofe en eft depuis deux dragmes jufqu aiix, onenprend deux fois lejour deux UNIVERSELLE. 6 79 ©u trois dragmes ä chaque prife , puis on augmente la dofe peu ä psu les jours fuivants. Elcttmire de ch.ißete\ du meme Jutear. * Trencx. du campbre , deux onces , De Uregliffe, dix dragmet deux Jcrupulcs t Des fenmices de vigne & de jujq!ii.i;ne , une once, FAires de ce meUnge une pouare a Uquelle vous ajouterez, De Li eonferve de fleurs de nenupbar ' denn hvre , Du ftrop de nenuphar, 4Utar.t qu'ilen faut. laues du tont un electuaire felon Part, R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les*femenccs & la regliffe , on paflera par un tamis de- couvert, de la conferve de flair de nenuphar julqu a ce qu'on en aic tire dix-huic onces depulpe: on ecrafera aucant qu'on pourrale camphre dans un mortier demar- bre , puis on le difloudra peu a peu avec la conferve paffee, on y melera enfin les poudres & ce qu'il faudra de fyfop de nenuphar pour faire une opiate ou eieclruaire qu'on gardera dans un por bien bouchc. II eft propre pour reponier les trop grandes ardeurs de venus , & pour l'incon- rinence; on en prend mann & fok deux ou trois dragmes a la dofe, buvant pardef- fus un verre de pecit lair dans lequel on aura eteint un morceau de fer rongi au feu ; on oindra aulß les parties genitales avec de Fluide de femence de jufquiame tiree par expreilion. Confection Cordiale contre la melancdie. Prenet^ des perles preparees , une once & dem'te , Des feinlies d'or & d'argent t de ebaeun une dragme , Des hjacintbes preparez. , une demi dragme , De la can.'lle , du gyrofle & du m.tcis de ebaeun un ferupule ] Dufucrtblaue , cinq onces ; de l'eau de rofes, buit onces. laites-en une confeclion felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilcment le gyrofle , le macis & la canelle enfemble, on melera la poudre avec les perles & les hyacinrhes preparees: On mettra cuire le fucre avec i'eau de role jufqua confiftence de fyrop epais, on le lailfera refroidir a demi, on y melera exaclement les poudres avec un biftortier , puis enfin on y ajoutera les feudales d'or & d'argent; on gardera cette confe&ion dans un pot bien bouche. Elle fortifie le cceur , le cerveau & l'eftomah; eile abaifle les vapeurs , die diillpe lamelancolie. La doie en eft; depuis une dragme j'uiqua deux. Cette defeription eft tres maldofee ; il y entre trop peu de fucre pour la quantite des poudres. Les perles, les hyacinthes, l'or & l'argent qu'on demande ici en une quantite exceifive, & qu'on a erü etre de grands cordiaux, fönt des matieres privees de prin- cipes achfs, & par confequent peu capables de rejouir le cceur. L'eau de rofe pourroit produire un bon effet li fa partie volatile ne fe diflipoit pas en bouillant •, mais il n'en refte que du phlegme , qui n'a pas plus de vertu que de l'eau commune. Je voudrois reformer cette defeription en la maniere fuivante. Vernix Dole* Vertusi Dofe» Veitus. Dofc. 48o PHARMACOPE* E Confeffion Cordiale, vi r otmeel Vrentt, de la canelle t du gjrofle , du tnacis } & des pries preparees , de chaeun trois dragmes , Du fyrop d'aiillets, demilivre. Melcz, le tout } &faites-en un eleiiuaire felon l'art. Eleciuaire contre Ix dyfenteric , d'Hocßerus, Trenez, des racutes de grande confoude t fix dragmes , De celle de vermiculaire , oupetite joubarbe 3 demionce , J)u faffran de mars aßringent, une üragme & demie, De la mix mufcade , quatre fcrupules , De la poudre des efpeces diarrhodon abbatis, des trochlfques de fpode , & de U ttrrt figillee, de chaeun deux fcrupules , De la poudre de trochlfques de ramich, un ferupule > Du rob de prunelles fauvages t trois onces, De la vie'dle conferve de rofes rouges vitriolee , deux onces & demie f De celle de pimprenelle, dix dragmes , Des fyrops de rofes feebes & de mjrtilles t de chaeun une once f De la theriaque de quatre ans } denn once, Taites-en un eleäuaire felon l'art. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble les racines & la mufcade , d'une autre part les trochlfques. On broyera le faffran de mars jufqu a ce qn'il foir impaplable , on melera les poudres avec celle diarrhodon. On vicriolera de la conferve de rofe vieille en Parro- fant de quelques gouetes d'efpritde vitriol, e< la remuant pour les bien meler ; on la merrra dans un morrier demarbre avec la conferve de pimpernelle rouge , la the riaque, lerob de prundlle fauvage, appelce acacias noftras, & les fyrops bien le tout enfemble , & quand il fera lie Ton y melera exaetement 1 pour faire ün eleftuaire qu'on gardera au befoin dans un pot bien bouche, Jl artete la dyfenterie, la diarrhee, la lienterie , les flux de menftrues, le crache- ment de fang & les autres hemorrhagies. La dofe en eft depuisune dragme iu/cju'4 trois. La theriaque nouvelle feroit plus convenable dans cette compofition que la vieil- Je, parce qu eile eft plus aftringente a caufe de l'opium qui y domine. JLleitmire d'ofeille, de Galten, Prenez, du bois d'aloes , des cubebes , des bajes d'oxyacantha, Des femences de cttron, de courges • de concombre , de chaeun demi once , Des femences d'ofeilte , depourpier, ejr de buglofe , de chaeunes trois dragmes & demie, Du fpode, des gomnies arabique & adraganth , de chaeun trois dragmes , Des rofes rouges t du corail rouge prepare, des perles preparees, du fantal citrin , de iaveline d'inde , de chaeun deux dragmes , P'.i kl d'Amenie , une dragme & demie. Du : onbattra es poudres UNIVERSELLE. <& r . Du campbre , une dragme, Du fuc d'ofeille epaiffi en conjiftence de miel , une livre. Eakes-en un eleäuaire felon l'art. R E M A R QJU E S. ' On pulverifera enfemble les bois, les bayes, les femences , les rofes & ies ave- lines, d'une aurre part le camphre avec deux outrois gouttes d'efprit de vin , d'une autrepart le bol & le fpode , d'une autrepart les gonur.es dans un morrier chaud j on meiera les poudres avec les perles & les coraux preparez. On tirerabeaucoup de fuc d'ofeille , on le fera depurer en le metrant bouillir legerement 5c le paflänt par un blancher, on en fera evaporer rimmiditc jufqu'a confiftence de miel , on meiera exa&ement les poudres pour en faire un eiecfcnaire qu'on gardera dans un pot bien bouclre. ll eft propre pour fortifier le coeur contre les palpirations, pour refifter au venin, Vertut. pour abatre les vapeurs, pour arreter les cours de ventre. La dofe en eft depuis une Dofe. dragme jufqu'a trois. On demande daus plufieurs Difpenfaires , le fuc de cirron epaiffi pour coipori- fier les poudres, maisle fiic d'ofeille me paroit etreplus convenable a une compö- iicion quiprcnd ion nom de l'ofeille : On ue ferapourtanr pas une grande faute quand on employera Tun en place de l'aurre , car ces deux flies onc des vertus aflez ' rellemblantes. Eleffuaire diuteü^uc de Barth. Montag, Trenez, des pißaebts, qtiatrc onces , Du fang de baue prepare , cinj dragmes , De la femence d'anis & de la regliffe , de chaeun denn once , De la cendre de coquilks d'xufs dorn les pulets Jont eclos, du verre ca!cine } de lapierrt d'epcnge & dejudee , de chaeun une dragme & demie De'U femence d'aehe , depetit hottx , de perjil , d'afperges, & de levißic j de chaeun une dragme , De la ptilpe de fe heftes , une livre , Du fucre rotige t une denn livre , De l'oximel cempofe , trois onces. Taites-cn un eleäuaire felon l'art. R E M A R Q^U e S. On pulverifera enfemble les femences & la regliffe , d'une autre part le fang de bouc prepare 6c les cendres de coqiuÜes d'ceufs couvez, defquels les poulets feront fortis. On broyera für le porphyre le verre caicine & les pierres , julqu'a ce qu'ifs foient en poudre impalpablc ■, on meiera les poudres, on fera cuire dans la lefiive commune les febeftes jufqu'a ce qu'elles foienr molles. On pilera dans un monier de marbre les piftaches mondees jufqu'a ce qu'elles foient en pä:e ; on y meiera les febeftes cuires, qu'on ecrafera avec la päte , on paflera le melange par un tamis de crin renverfe pour en avoir lapulpe , on meiera avec 'cette pulpe le fucre rouge , iuxymel compofe , 6c les poudres , pour faire un electuaiie qu'on gardera. ll eft propre pour lever ies obflructions, pour faire uriner , pour attenuer les v* ertus , pierres du rein & de la veflie. La dofe eneft depuis une dragme jufqu'a demi once. f> 0 f c , cette compoiition ne peut pas erre gardee long-tems, car il n'y entre pas aflez de fucre & de miel pour la quantire des pulpes. Jeferoisd'avis qu'on retranchac de c&t ele&uaire les oierres & le verre, car je % Rrrr Vertust Vofc. Vcrtus. Dofe. r 6ti PHÄRMACOPE'E craindrois que ces matieres ne fufTent plus propres a augmenter la quantite des pler- res ou du gravier qui peuvent etre dans les reins & dans la veffie, qu a les diminuer. ElectuAife de Citron ßomachiquc , de Mefue'. Trenez, de l'ecorce de citron nouvellement fechee , trois onces & demie t D« gyrofle, du be'ts d'aloes, de la canelle, du macis, & dugalanga t de chacun deux dragmes, Du cardamome & du gingemhre , de chacun me dragme , Du mufc , une denn dragme , Du mlel ecume> quinM onces. Eaites-en un eleäuaire felon l'arf. R E M A R Q_ü E S. On pulverifera le mufc avec un peu de fucre candi, & Ton mercra en poudre les autres drogues enfemble; on melera les poudres Sc on les incorporera dans le miel ecume Sc cuit en confiftence epaiffe , pour faire un eledtuaire qu'on gardera dans un pot bien bouche. II fortine l'eftomach, il aide a la digeftion , il excite l'appetit, il corrige la puan- t( ur de bouche , il provoque la femence. La dofe en eil depuis demi dragme juf- qu'a deux dragmes. Electuxire Tetebentine. Prenez. de la terebentine bien claire , une livre p Des racines deguimauve , de chiendent, d'arretebxuf, de petit bau & de regliffe , de chacunes once. Desgommes arabiques & adraganth , des yeux d'ecreriffespreparez., du nitre purifie t du fei de foulfre , des cloportes preparex., de chacun trois dragmes , Du fei VoUtil de fuccin, & du mercure doux, de chacun deux dragmes. Melez, le tout & faites-en un eleäuaire felon Vart. R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble les racines &»les cloportes, d'une autre part les gommes dans un mortier chaud , dune autre part les fels, d'une autre part le mercure doux > on melera les poudres avec les yeux d'ecrevifTepreparez, & Ton incorporera le tout avec la terebenthine , pour faire un electuaire qu'on gardera au befoin. Il eft propre pour attenuer la pierre dans le rein 8c dans la vellie, pour faire/'etter le fable & les phlegmes par les urines, pour la colique nephretique , pour deterger & confolider les ulceres du rein, de la veffie &c dela matrice , pour les gonorrhees virulentes, pour toutes les retentions d'urine. La dofe en eft depuis demi dragme juiqu a une dragme & demie, on le prend en bol envelope dans du pain a chanter. Si l'on vouloitle reduire en pilules , il ne faudroit qu'y ajouter une quantite fuffi- fante de liiere candi en poudre. Jene lave point la terebenthine & je ne la fais point cuire, parce que dans la lotion 8c dans la codion on empörte ce qu'elle a de plus falin & de plus eflentiel-, il vaut mieux fe contenter de la choiiir belle , claire , traniparente , Sc d'une odeur. aflez forte. Ontrouveradansmon Trait? de Chymie les defcriptions des fels de foulfre & de fuccin, UNIVERSELLE, kft Za gtand opiate Anod'me , de Nie. Alex*. Trend* de l'opium tbebaique J «te#.v dragmes t De la Cdtielle, dugyrofle , duflorax calamite, des racines de petitgalanga] de %,edoaire, de gingembre, de cofius, de fauchet, d'iris de Florence, de pas- d'ane , de vrai Acorus t de calamus aromatique , du fpicanard > & dufpica celtique, de l'ectrce de racine de Mandragore , des rofes rouges , du poivre mir , des femertees d'anis , de perfil de pucedoine , de celles d'aebe vulgaire , d'aebe de montagne, de fenoüil, de dauern de Crete t de jufquiame blanche , & de bafilic , de ebaeun une dragme. Du miel cu'it ecume , dix onces. Taites-cn une opiate & la gardet, pour l'ufage. K JE M A R QJU E S. Qu pulverifera toutes les dtogues enfemble & Ton melera la poudre dans le miel qu on aura ecume & cuir en conüftence de fyrop epais, pour faire une opiate qu on gardera dans un pot bien bouche. On l'eitime pour les maladiesde la matrice provenantes d'humeur froide; on en donne par la bouche, il fomfie l'eftomach & la veilie; il refifte ä la malignite des humeurs , il arrete les coursde ventre , ilprovoque le fommeil. La dofe en eft de- pnis demi ferupule jufqu a une dragme-, on en fair auffi des peflaires, le melant avec de la poudre d'armoife & de l'huile de mufeade. Le mot de tryphera figniiie delicat. Ce n'eft pourtant pas a caufe de fon bon gout qu'on a ainfi nomme cette opiate , mais parce quelle apporte du repos & de lajoye a ceux qui en ufent. Le furnom de grand lui a ete donne pour la diftinguer d'avec ics autres compofuions du meine nom. Outre l'opium qui a ete mis dans cette compofition ä deiTein dincrafler les humeurs & d'exciter le fommeil, on y a ajoute l'ecorce de la racine de mandragore & la femence de jufquiame, qui ont une vertu narcotique approchante , mais beau- coup plus foible que cellede l'opium. Demi ferupule de tryphera magna contient d'opium un quart de grain , d'ecorce de racine de mandragore 6c de lemencede jufquiame , de chaeun le demi quart d'un grain. Un ferupule de tryphera magna, contient d'opium demi grain, d'ecorce de racine de mandragore & de femence de jufquiame , de chaeun le quart d'un grain. Demi dragme de tryphera contient d'opium les trois quarts d'un grain, de femence de jufquiame &c d'ecorce de racine de mandragore , de chaeun le quart Sc le demi quart d'un grain. Deux ferupules de tryphera magna contiennent d'opium un grain , d'ecorce de racine de mandragore & de femence de jufquiame, de chaeun demi grain. Une dragme de tryphera magna , contient d'opium un grain & demi, de racine de mandragore Sc de femence de jufquiame , les trois quarts d'un Vertus. Dofe. Ingrediens fomniferis de l'opiate &leurdo'e für chaque prife. 9«, 9i> 3 ß > 9n, 3 L » »tarn Cette opiate en vieilliuant perd beaueoup de fa qualite fomnifere , parce que la feimentation rarefie les parties vifqueufes des Ingrediens narcotiques, 6c les em- peche. d'epaiffir les humeurs ßc les efprits dans le cerveau , comme elles faifoient auparavant. R r r r ij 6S4 PHARMACOPE'E • , Z'Opiate Anodinc des Sarrazins , decritepar Nie, Alex, freuet, des tamarinds, de la caffe , & de V ecorce de myrabolans citrins , de cbactm une once & demie , Des mytabtians chcbules ,& dela manne, de chaeun ßx dragmes deux ferupules & cinq grains , Des mjraHans bleriques & embiiques , de cha am demi ence & quatre grains , De la rbub.irbe , des fenences de violettes & de fenouil , de chmin demi once , Du fpican.tr d & du maeis y de chaeun une drag me &ßx grains & demi, Di fitere blanc } vingt-trois onces . Faitcs-eu un eleäuaire felon Vart. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les myrabolans, la rhubarbe , les femences 5 le fpica- nard 8c le rnacis ; on paflera enferrible bar un tamis de crin renverfe , la moeue de cafle & les tamarinds. On fera cuire le füre dans de l'eau juiqu a confiftence d'o- piate , on y melera lur la fin , la manne qu'on aura auparavant difloute dans de l'eau , & coulee pour la purger de les ordures : on detrempera auili les pulpes hors du fen dans le iuere cuit, on remettra la bafluie für un petit feu , remuant toujours la matiere avec a.i biftorti« pour faire confimer doucement rhurnidite juiqu a confiftence delectuaire mou : on la laklera ref'oidir a demi, & l'on y melera exa- ctemenr les poudres. On gardera cet electuaire dans un pot bien bouche. Vertus. Il purge doucement la bile 8c la melanchoüe. La dofe en eft depuis deux dragmes Dofe. jufqu'a. une once. Cette compofition a ete mife en ufage par des Medecins Sarrrazins , d'oii vient qu'on l'a appellee Sarracenica : le nora de Triphera qui fignifie deheat, ne lui con- vient guere , car eile eft compofee d'ingrediens aflez degoutans. Nicolas Alexandrin femble trembler dans les dofes de fes delcriptions, car il ne mer que des ferupules & des grains en des dofes ou les dragmes pourroienr ecre empicyees fans hefiter: Par exempJe dans cerre compofition il demande de la manne & des myrabolans chebules de chaeun 5 vj 9 ij g V 5 il auroit pü s'enhardir a en mettre 3 vij. 11 demande des myrabolans bleriques & embliques de chaeun § £ g iv , il auroit pu retrancher les quatre grains 8c n'en employer que demi once fins que le remede en rut altere. Il demande des femences d'anis 8c de fenouil de chaeun 5 ij g xv j il auroit pu retrancher les quinze grains & n'en mettre que deux dragmes, ou bien les augmenter de neuf grains & en demander fept ferupules. Il demande du macis & du Ipicanard de chaeun 5 j , g vij ß, il auroit pü retrancher les grains & n'en employer qu'une dragme. Les myrabolans, le fenouil, l'anis , le ipicanard, le macis, font-ils fi fort a redouter qu'il foit befoin de les dilpenfer par grains dans une aflez grande compofition comme eft celie-ci ? Il auroit pü encore ordooner deux livres de fucre au lieu de vingt-trois onces, puifqu'il n'y a qu'une once de difference ; mais il y a bien de l'apparence que l'intention de cec Auteur etoit deparoitre myfterieux envers ceux qui ne connoiflbient point la vertu des remedes. L'anis, le fenouil, le ipicanard, le macis ont ete mis dans cette düpenfation pour fervir de correctifs aux purgatifs , mais ils ne produifent pas grand eftet en cette oc- cafion: Jetrouverois a propos qu'on les retranchät 8c qu'on mit en leur place une once de tartre loluble qui agiroit bien mieux tant pour empecher les tranchees que les purgatifs pounoient exciter, que pour augmenter leur effet purgatif 8c aperitif. UNIVERSELLE. 68$ La manne me paroit ici en trop petire quantite pour produire quelqne efFec, i'en voudrois quadrupler!! dofe. Les myrabolans cirrins fönt eftimez les meilleurs de rous, il fufRroit de les em - ployer feuls aupoids de tous les autres : Voici donc comme je voudrois reformer la compofition. L'Opiate des Sarrazins re ! forme. Trenez. des pulpes recentes de tamarmds & de cafje , de la manne & de Vecorce de myrobotans citrins, de cbacun trois onces & demie , Du tarne foluble s me once , pe la rhubarbe & des femences de violettes, de cbacun denn once , Dufucrc blanc ^ deux hvres. Faites-en un eleäuaire felon Vart. Vofiate Anodine des Perfans , tiree de Mefue's Trtnez* des fucs epurez. de morelle, d'endive & d'acbe , de cbacun deux Hvres " Du fuc de houblon & du vinaigre , de cbacun une livre. Faites-y cuire desfleurs de violettes feches , une livre , des prunes de Hamas , cin- qubite , de l'epitbyme, cmq onces , de la femence de cufcute, une denn once du fpicanard , trois dragmes. Taites enfuite infufer chaudement pendant vingt-quatre beures dans la colature de cette decoäion fortement expnmee , des myrabolans citrins ) cbebules & indiques frötet, avecVbuile d'amandesdoaces & des feinlies de fenne, de cbacun deux onces : Des trpchifques d'aganc, une once. Faites bouillir enfmte tont cela legerement, exprimez*-en la decoäion , & cuifex, a petitfeu dans la colature, du fucre blanc, trois Hvres. Apres ce la diffolvez.-] une livre de conferve de violettes > De lapulpe de caffe , quatre onces , De celle de tamarins , trois onces , De la manne une once & demie t Ajoute7~-y finalement la poudre ftüvante, Prenez. de la meilleure rhubarbe , deux onces ' Des myrabolans citrins y une once & demie t Des myrabolans cbebales & indiques , de cbacun une once , Des bleriques , embliques & de la femence d'anis • de cbacun denn once , De la femence de fumeterre i des trcchifques diarhodon, du macis , du maße , des cubebes, du fpode , du fantal citri», des quatre grandes femences froides mondees, de cbacun deux dragmes & demie , Du fpicanard, deux dragmes t Faites-en une poudre que vous arroferet, avec un peit d'huile violat, avant de l'in- corporer avec la confeclwti. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble la rhubarbe, les myrabolans , le fantal , les femences, les cubebes , le macis & le fpicanard , d'une autre part le fpode & les trochifques, diarhodon 5 d'une autre part le maftich; on melera les poudres & on les frotera Rrrr üj Veitus. Pofe CM PHARMACOPE'E avec les malps imbues de quelques goiitres d'huile violat. On rirera les fucs par expreffion en la maniere ordinaire, on les melera avec le vinaigre , on les fera bouillir legerement, on palTera la liqueur par un blanchet, on y fera bouillir doucement les prunes environ demi heure, on y ajoütera les violettes ieches & l'epirhyme , &c enfin le fpicanard : Apres quelques ebulitions , on laiüera refroidir a demi la decoction ■, on la coulera avec forte expreffion, on y media infu- i er chaudement pendant vingr-quatre heures dans im po: de terre couverr, les myra- bolans , lefene & tägaric cöncaflez : Enfuite l'onfera bouillir legerement I'infu- fion , on la coulera & l'on en exprimera fortement le marc ', on fera cuire dans la colature , le fucre jufqu'a confiftence d'opiate ; on retirera la bafllne de defTiis. le feu , & l'on y dilayera la conferve de violettes battue avec la manne dans un mor- tier, & paflee par un tamis de crin renverfe, les pulpes de tamarinds & de carte : Ec quand la matiere fera a demi refroidie, l'on y melera exaftement les poudres pour fittte un ele&uaire qu'on garderadans un pot bouche ; & l'on s'en fervira aubefoin. Il purge doucement, on s'en ferc pour la jauniffe , pour les obftructions de la ratte , pour la melancholie. La dofe en eft depuis deux dragmes jufqu'a une once. Le nom de rryphera qui fignifie delicat, n'a pas ete plus juftement donne a cette compofition qu'auxprecedentes, car legoütn'en eft point du tout agrea'ole : On l'ap- pelie trypheraPerfica,parcequelle aete mifeen ufagepar des Medecins dePerfe. J'employe le vinaigre dans la decoction , quoi que l'Auteur demande qu'on le garde pour faire cuire le fucre , parce que la quantite des (ucs etant trop petite pour le volume des drogues qu'on veut y faire cuire, le vinaigre peut en quelque facon fuppleer au defaut. Je fais infufer les purgatifs pendant vingt-quatre heures dans la decodion, ann d'en rirer mieux la fubftance, quoi que 1'Aureur fe contente de les faire bouillir avec les autres drogues. Le frotement qu'on fait anx myrabolans avec de l'huile d'amande douce n'y fert derien, & cette huile peut empecher que lesfruitsne foient fuffifainment pene- uez par la liqueur. II y abien des chofes a reformer dans cette defcription. Pi'eniieremenr, il y enrre trop peu de liqueur pour la quantite des Ingrediens dont il faut extraire la fubftance , & encore cette liqueur confifte en des (ucs qui etant deja chargez de leurs propres fubftances, ne fönt guere en etat d'en recevok d'autre. Il vaudroit donc mieux fe fervir des eaux diftillees des plantes en plus gran- de quantite. En fecond lieu , les prunes, les violettes, l'epirhyme, la cufcute, le fpicanard, qui tiennent le plus de volume, & qui rempliilent le plus les pores de la liqueur , fönt les moins utiles, Sc l'on s'en paueroit tort bien dans la compofition : Mais on pourroit fubftituer en leur place, de la graine de violette, du tartre ioluble & de Ja pulpe de prunes, En troifieme lieu , il entre ici trop peu de manne pour la quantite de la cornpofi- rion : Jen voudrois mettre autant que decaiTe , car comme c'eft un purgatif fort doux, il ne pouduit aucun effet fi l'on n'en employe une dofe raifonnable. En quatrieme lieu, il entre dans la poudre plufieurs ingrediens inutiles •, fcavoir les trochifques diarhodon , le macis, le maftich, les cubebes, lefpode, le lantal citrin, les temences froides, le fpicanard : Je ferois d'avis qu'on les retranchät de la compofition, car ces drogues etant la plupart aftringentes, elles ne peuvent que diminuer la force des purgatifs & empecher par confequent en quelque maniere le prineipal eflet du remede. UNIVERSELLE. 687 Vonacequejerrouvearefonncrdanslacompontion de cette confection, en fuivant la methode generale He l'Aureur , qui veut qu'on tire lafubftance des pur- gar ds dans les liqueurs , pour enfuice les faire cuire avec le fucre: Mais comme dans les co&ionson laifle diffiper beaucoup de Ja vertu des purgatifs, je terois d'a- vis qu'on cmpJoyät ces drogues en fubftance limplement pufveniees , & alors on fe ferviroir des uics pour faire cuire le fucre & pour aider a eurer'les pulpes: maisle fuc de/öJanum qui eft un peu narcotique & aftringent, ne me fembJe guere conve- nabJeici: Je voudrois le retrancher ik. le vinaigre aufli. Les myraqolans citrins (bat les meilleurs , & ils ont la vertu des aurres; c'efl pourquoi pour abreger la defeription , on devrokles employer feuls: Yoiei donc comme je trouverois a propos de reformer cette elecfcuaire. L'Opiate des Perfans , re'forme'e. Trenez, de la femence de violettes, & des myrabolans citrins , de ebaeun huit onces ~1 Des feinlies de fenne mondees, de Urhubarbe choifie t de ebaeun deux onces , Des trochifques d'agaric & du tartre foluble , de chaeun une once , De la conferve de violettes , une hvre , De U manne de calabre , de la pulpe de cafje , de chaeun quatre onces , De U pulpe de tamarins , trois onces, avec trois livres de fucre blanc cuit dans des fucs epurez, d'aehe , de houblon & d'endive. laites-en une opiate felon l'art, Catholicon- fimple , de Fernel. Trenez, des raißns paffes bien mondes , trois onces , De la femence de carthame emeaffee , des racines d'aunee , de buglofe , de chicoree j de guimauve , de polypode de cbefne , de ebaeun deux onces , Duftcechas , de l'hyßope , de la meliffe , de l'aigremotne , des capillaires, de la betoine, & de l'armoife , de chaeun deux poignees y Des quatre grandes femencesfroides, de l'anis, de la regliffe, de chaeun trois dragmes. Faites cuire tont cela dans cinq pintes d'bydromel reduites a trois , & fa'ttes infufer pendant dornte beures dans la colature, Des feinlies de fenne mondees, une livre & demie % De l'agaric blanc , denn livre , dugingembre , une once. Que cette infujion bouille tantfoit peu , & dans la colature bien exprimee cuifez.-y > Du miel ecume , deux livres. Du fyrop de rofes pales , De la pulpe de febefles , denn livre: 2epandez.-y für lafin De la poudre de fene monde , quatre onces > De la meilleure rhubatbe & de la canelle , de ebaeune une once ] Duftntal citrin , denn once, De U mix mufeade , deux dragmes. Faites-en un eleänaire pour l'afage t Vertus. Dofe. 688 PHARMACOPE* E R E M A R Q^U E S, On difToudra dans dix livres d'eau fept ou huir onces demielpour faire un hydro- mel clair , dans leqnel on fera cuire premierement les racines mondees & bien con- cailees ; enfmte les raifins mondez de leurs pepins, les femences, & enfin les herbes, les fteurs Sc la regliffe : On conlera la decoiftion avec expreffion , on y fera infufer chaudement pendant douze heures, dans un por de terre couverc, le fenne , l'agaric & le gingembre : On fera bouillir legerement l'infufion , on la couJera exorimant forrement le marc ; on y fera cuire ä perit fcu le fyrop de rofe Sc le miel jufqu'a con- fiftence d'opiate , on y difloudra alors hors du feu la pulpe des febeftes qu'on aura tiree a la maniere ordinaire , apres avoir fair bouillir Sc amolir les febeftes dans de l'eau commune ■, on agitera la mauere avec un biftorricr, &c quand eile fera prefque froide, l'on y incorporera exaefcement les poudres pour faire un ele&uaire. Il purge routes les humeurs. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a. une once; on en prend par la bouche & en lavement. Catholicum fignifie purgatif univcrfel; on a donne ce nom ä plufieurs compofi- tions, aufquelles on a attribue la vercu de burger toutes les elpeces de mauvaifes humeurs •, ramme la bile , la piruire , la melancolie. C'eft ici une compofition rarcie de beaueoup d'ingrediens inuriles qni empechent en partie que la fubftance des drogues erfentielles ne le duToive , Sc que les purg'a- rifs n'agiflenr auili bien qu'ils doivent. Cerre grande decoction de racines, de fruits, de femences, d'herbes, de fleurs, fimplement aiteratives, ne peut pas pro- duire un grand bien dans un elecluaire purgatif, &c il eft facile de reconnoitte le mauvais eifet quelle y caule accidentellemenr ; car l'eau etant chargee de miel 8c ayant rempli fes pores de la fubftance de ces plantes, eile n'eft plus en etat de diflou- dre autant qu'elle auroit pü de l'extrait ou de la vertu des purgatifs , & ainfi Ton re- tire le fene Sc l'agaric , qui fönt les principaux -Ingrediens de cerce coinpofition , prefque aulli empreints de leur propre fubftance comme ils etoient lors qu'on les y a mis. De plus, comment voudroit-on qu'une livre Sc demie de fene & demi livre d'agaric , qui tiennent un fort grand volume , puiifent infufer & communiquer beaueoup de leur vertu dans rrois livres de decoction epaifle charge de miel Sc de l'extrait d'une quantite coniiderable de limples l Le gingembre eft ajoüte dans l'infufion pour corriger l'agaric Sc le fene ', mais on corrigeroit bien mieuxces purgatifs fi l'on y meloic en place du gingembre , du far- tre foluble ; car ce fei auroit bien plus de force pour rarefier les lubftances vifqueu- fes & pour emoecher qn en s'attacnant aux membranes internes des inteftins, eiles ne caufafient des tranchees. De plus, la tartre foluble peut fervir de vehicule a l'eau , pour rirer la teinture Sc la force des purgatifs. La pulpe des febeftes a fans doute ete employee ici pour fortifier la poirrine, comme la mufeade, le fantal & la canelle pour fortifier le cerveau, 1'eftomach & le eceur; mais rous ces fortifians fonr inutiles dans une compofition purgative , car ils ne peuvent point produire leur effer pendant que les purgatifs agiifans dans le corps , caufent une fermentation dans tous les vifeeres. La pulpe qu'on doit eroployer dans un catholicum eft celle de cafle, qui eft purgative & convenable a l'intenuon qu'on a quand on fait prendre ce remede. Pour la mufeade, la canelle Sc le fantal, je ferois d'avis qu'on les retranchät de la compoiltion. Aurefte , je ne vois pas qu'il foir neceffaire de faire ici une infufion du purgatifs , on en perd toujours la meilleure qualitc en les'faifänt bouillir , il feroit plus a propos de les employer en fubftance fimplemenr pulvenfez. Jevoudrois donc reformier ce catholicum en la maniere fiuvante. - CAtholkon UNIVERSELLE. 3'ij> fß, 3 V > 3 v J> 3vij, 690 PHARMACOPE'E Lespurgatifs de cet electuaire fontle fenne, la rhubarbe, la femence devialetrcSj la cafle Sc ies tamarinds. Deux dragmes de catholicum double contiennent des pulpes de cafle Sc de tamarinds , de poudre de rhubarbe Sc de fenne , de chacun environ fepc grains, de femence de violettes , trois grains Sc demi. Trois dragmes de catholicum double contiennent des pulpes de cafle Sc de tamarinds , de poudre de rhubarbe Sc de fenne , de chacun dix grains Sc demi , & de femence de violettes, cinq grains Sc le quarr d'un grain. Demie-once de catholicum double contient de pulpes de cafle & de tamarinds , de poudres de rhubarbe Sc de fenne , de chacun quatoize grains > de /emence de violettes, fepc grains. Cinq dragmes de catholicum double , contiennent des pulpes de cafle 5c de tamarinds , de poudres de rhubarbe Sc de fenne , de chacun dix-lept grains & demi , de femence de violettes , huit grains & les trois quarts d'un grain. Six dragmes de carholicum double contiennent des pulpes de cafle Sc de tamarinds , des poudres de rhubarbe Sc de fenne, de chacun vingt-un grains, de femen- ces de violectes, dix grains Sc demi« Sept dragmes de catholicum double contiennent des pulpes de cafle & de tamarinds , des poudres de fenne & de rhubarbe, de chacun vingt-quatre grains & demi de femence de violettes , douze grains Sc le quart d'un grain. Une once de catholicum double contient des pulpes de cafle & de tamarinds f de poudres de rhubarbe Sc de fenne, de chacun vingt-huit grains, de femence de violettes quatorze grains. On trouve les deferiptions du catholicum double diflerentes en quelque chofe de peu de confequence: j'ai tire celle-ci de la Pbarmacopee Royale, parce que je Tai erde la plus raifonnable. Le melange du purgatif & d'aftringenr qui fe rencontre dans la rhubarbe, Sc par confequent dans cette compofition , fait qu'elle reuflit dans les cours de ventre ; cac eile purge l'huraeur qui caufe la maladie , & enfuite eile aftreint Sc eile rafermic les fibres des inteftins qui avoiewt ete debilitez par l'ecoulement des humeurs acres. On pourroit rendre le carholicum double plus aftringent Sc plus propre a arreter le cours de ventre, ü l'on diminuoit la dofe du fenne , augmentant ä proportion celle de la rhubarbe , ou fi en place du fenne , on mettoit des myrabolans citrins. L'anis, le fenouil, les quatre femences ftoides Sc la reglifle ont ete mis dans cette compofition pour correftifs des purgatifs ; mais ils ne peuvent pas y procurer un grand efFet. je ferois d'avis qu'on leur fubftituät le tartre foluble Sc les ro/esrougesj Sc qu'on reformät le catholicum double en la maniere fuivante. Catholicon double , reforme. Trenez, dupolypode de cbefne concaße , huit onces , Taites-les bouillir dans quatre pintes d'eau commune , reduites a deux, cuifez, enfuite dans cette decoäion quatre livres de fucre blanc en conßßence de miel, puis l'ayant tiredufeu, mele^-y Des pulpes recentes de cafje & de tamarinds & de la rhubarbe pulverifee , de chacun quatre onces, Des poudres de myrabolans citrins , de fenne' monde',& de femences de violettes , dt chacun deux onces , Du tartre foluble & des rofes rouges , de chacun une once. Iaites-en un elecluaire felon l'art, UNIVERSELLE. 69t EleffuAite umxietjei^ de ü Framboißere. Prenex, de U pulpe de caffe , trois otices f De celle de tamarinds , une once & demie , De U creme de tarne & desfeuilles de fenne mondees , dechacune une once , Du jalap , une demi-once , De U rhubarbe choifie , deux dragmes , ' De Ufemence d'anis verd , deux dragmes , Dugyrofle & de Ucanelle , de chaeun un ferupule , Dumiel ecume > neuf onces. faites-en un elettuaire felon l'art. R £ M A R Q^U E S. Onpulverifcraenfemblelefenne, 1« jalap, la rhubarbe, l'anis, legyrofle Sc la canelle •, d'une autre part la creme de tarne: on fera ecumer & ciüre le rniel en confiftenced'opiate, on y melera les pulpes, puis les poudres, pour faire un elec- luaite qu'on gardera au befoin. Il eft plus purgatif que le precedent, il evacue touces les humeurs. La dofe en eft depuis deux dragmes jufqu'ä une once. Les ingrediens purgatifs Sc effentiels de cet eledluaire fönt les pulpes, la creme de tartre, le fenne, le jalap Sc la rhubarbe. Deux dragmes de catholicum de la Framboifiere contiennent de pulpe de cafle environ vingt-fept grains, de pulpe de tamarinds, treize grains Sc demi, de fenne & de creme de tatre , de chaeun neuf grains, de jalap quatre grains & demi, de rhubarbe, deux grains Sc le quart d'un grain. Trois dragmes de catholicum contiennent de pulpe de caffe quaranta grains Sc demi, de pulpe de tamarinds, vingr grains & le quart d'un grain, de fenne Sc de creme de tartre, de chaeun treize grains & demi, de jalap fix grains Sc les trois quarts d'un grain , de rhubarbe trois grains Sc letiers d'un grain* Demi-once de catholicum contient de pulpe de cafTe , cinquante-quatre grains, de pulpe de tamarinds, vingt-fept grains t de fenne Sc de creme de tartre, de chaeun dix-huit grains, de jalap neuf grains, de rhubarbe quatre grains Sc demi. Cinq dragmes de catholicum contiennent de pulpe de caiTe, ioixante-fept grains Sc demi de pulpe de tamarinds, trente-trois grains 6c les trois quarts d'un grain , de fenne 8c de creme de tartre, de chaeun vingt-deux grains & demi, de jalap onze grains Sc le quart d'un grain, de rhubarbe cinq grains Sc les deux tiers d'un grain. Six dragmes de catholicum contiennent de pulpe de caffe , une dtagme Sc neuf grains , de pulpe de tamarinds, demi dragme Sc quatre grains Sc demi, de fenne Sc de creme de tartre, de chaeun vingt-fept grains, de jalap, treize grains & demi, de rhubarbe, fix grains & les trois quarts d'un grain. Sept dragmes de catholicum contiennent de pulpe de cafle , une dragme & vingt- deux grains Sc demi, de pulpe de tamarinds quarante-fept grains & le quart d'un grain , de fenne Sc de creme de tartre, de chaeun trente-un grain Sc demi, de jalap , quinze grains Sc les trois quarts d'un grain, de rhubarbe , huit grains. Line once de catholicum contient de pulpe de caffe, une dragme Sc demi, de pulpe de tamarinds , deux fcrupules & fix grains, de creme de tartre Sc de fenne, -tde chaeun demi dragme , de jalap , dix-huit grains, de rhubarbe neuf grains. Le catholicum de la Framboifiere n'a pas ete deftine pour le cours de ventre; il Sfff ij Vertu«. Dofe Purg. de l'ekciüaire 3"» 3 U J; 3 V * :vi ; 3 V1 )> I); Vertus. Dofe. fyi PHÄRMACOPE'E eft trop purgatif , Sc il contient trop peu de rhubarbe pour relTerrer apres avoir purge. L'anis, les gyrofles & la canelle fonr des ingrediens inutiies dans cecte cornpofi- tion •, je voudröis mettre en leur place du fei de tartre , qui eft bien plus propre pour empecher les rranchees que les purgarifs pourroient exciter. Voici- donc com- me je ferois d'avis de reformer cer ele£tuaire. Cathohcon de Li Framboißere fefotme. Trenez. de la pulpe de cafje > trois onces, De Celle de tamarinds , une once & demie , Du fenne monde & de la c, litte de tartre , de chacun une once ,' Da jalap & du fei de tartre , de chacun demi-once , De la rb'iba, h , deux dragmes , Du miel ecume > neuf onces, laites-en un eleäuaire felon Vart. Eleciuaire Catholicon , de Jguenetan. Trenez. des fucs epurez, de rofes pales t deux livres t De celui de hmons, une hvre , De ceux de chicore'e , de boublon, de fumetere t & desfeuilles de fenne mondees, de chacun demi-livre, Des trocbtfques recens d'agarie , trois onces , Du macis, de la canelle & dufemuil doux > de chacun une once * Metten toutesces drogues dans un matras , & lai(fez.-les en tnfußonau la'm-may'te (band pcndant trois jours > apres quoi cette infußon fera exprimee dans une preffe , Et vous dtßclverez, enftate dans U Itqueur exprimee , Dufucre blanc , deux livres , De la manne de Calabre , une demi-livre, Faites-les cuire enfuite en conjiflence de miel, pu'is l'ayant tiree du feu , melei>-j Despulpes de caße & de tamarinds , de cbacune demi-livre , Des poudres de fenne & de rbuharbe , de cbacune une once , De Celles de diatragacanth froid & d'anis , de cbacune demi-once^ Faites-en un eleäuaire felon l'art. REMARQUES. On pnlverifera enfemble le fenne , la rhubarbe Sc l'anis, on melera la poudreavec celle de diatragacanth, on tirera les fucs par exprelfion , en la maniere ordinaire , on les depurera en les faifant bouillir legeremenr Sc les paifant par un blancher; on concaflera le fenne , le macis, la canelle &c le fenouil, on rapera l'agaric, on met- rra le tont dans un matras avec les fucs depurez, on bouchera le marras, on le pla- cera au bain marie chaad, & on l'y laiftera pendant rrois jours, agiranr la mariere de tems en tems; on coulera en'uite l'infufion avec forte expreffiön, on y fera cuire a petir feu ie facre 8c la manne jufqu a confiftence de miel ; on retirera la bafline de deflus le feu , 8c Von y didoudra avec un biftortier les pulpes, puis la mariere etant a demi renoidie, Jon y ajoütera les poudres pour faire un cleduaire qu'on garderaaubefoin. 11 purge toutes les humeurs. La dofe en eft depuisdeux dragmes jufqu'a fix. Les fucs qui fonr deja empreints de leurs propres fubftances ne fonr pas difpofez a UNIVERSELLE. tra bouülir quelque tenis dans douze livres d'eau, puis on ajourera le fenouil, con- cafle & les herbes iheißespout faire urie forte decoction •, on la coulera Sc on la /eparera en deux Parties: en l'une on fera cuire le miel 3 cC en i'autre les pruneaux S f Cf iij 6 9 4 'VHARMACOPE' E pour en tirer la pnlpe. Quand le miel fera cuit en confiftence de fyrop epais, on y melera avec un biftorticr , la pulpe de prunes qu'on aura aupatavant fufhfamment deflechce, puis la poudre, pour du tout faire un eleäuaire qu'on gardera au befoin. Vertu*. II ramolic les humeurs Sc il les purge ; on ne s'en fert que Jans les lavemens. Pofe. La dofe en eft depuis demie-once jufqu'a deux onces pour chaque lavement. II feroit bon de mettre ici la femence de violette en place des fleurs, parce qu'elle eft plus purgative. Le polypode , les femences froides Sc la reglifTe, fönt des Ingrediens bien inu- tiles dans la poudre : je voudrois les retranchcr Sc mettre en leur place , du fei gemme ou du cryftal mineral. Je ferois d'avis de retraneher auffi la rhubarbe de cette compofition, parce que ce catholicum fimple n'eft employe que pourpurger cv non pour arieter le cours de ventre ou la rhubarhe eft propre: il y a merae d craindre qu'entrant dans ce temedc .eile ne contribue a. un eftet dont plufieurs malades fe plaignent, qui eft qu apres avoir pris quelques lavemens lls demeurent conftipez plufieurs jours ; on pounoit en place de rhubarbe employerla racine de bryone, Sc reformer la compofuioa en la maniere fuivante, C&tholicon pour les clyfleres , teforme. Prenez. de la decection des feinlies de meratriale , de mauve , de parte taire , de femence defenouil, quatre pintes. Dijfolvez.-} huit livres du meilleur miel , & le cuifeu dans cette decoelion en conjißence d'opiate, Jijoute7L.-y enfuite deux livres de pulpe de pruneaux, & des poudres de fenne , de racine de bryone ,& de femences de violettes , de chaeun huit onces , De celles de femence d'anis , & de fei gemme , de ebaeun deux onces, Taites-en un eleäuaire felon l'art. Les Marechaux fe fervent pour les lavemens de leurs chevaux, d'un catholicum fort acre t dont voiei la defeription. Eletfuaire catholicum pour les clyfleres des chevaux. * Prenez. de l'aloes, des hermodaäes , du ferne , des racines d'eliekore blane, & d'tl- lebore nur , de chaeun ßx onces , Despignons d'lnde, trois onces. ! E M jI R 5_ü U. Concaftez bien toutes ces drogues, mettez-les dans un grand pot de terre, Sc verfez deflus trois onces d'efprit de vitriol, feize onces de ilic d'iris noftras nou- vellement tire, Sc dix livres d'eau bien ch.uide •, couvrez le pot, iaiflez la matiere en digeftion pendant deux ou trois jours. Faites la boullir doucemenr un quart xl'heure, puis la coulez avec expreffion ; mettez evaporer la liqueur coulee a petit feu, jufqu'a ce qu'il n'en refte qu'environ trois livres, melez-y alors cinq livres de miel, & faites cuire le melange lentement jufqu'a confiftence de fyrop epais , reti- rez la baffine de deflus le feu, Sc incorporez dans la matiere les poudres des drogues fuivantes , bien fines Sc ramifees. Jalap & turbith , de chaeun dornte onces , Coloquintt , gomme-gutte , femences d'anis & de fettoml, de chaeun fix onces * Scammonee , trois onces. Tattes-en un eleäuaire que vous gar dem. dans un pot. la dofe eft de trois onces pour chaque lavement. UNIVERSELLE. 69 5 Blectttttire le'mtif de U pbamtcopee de Patts. Trenet. de Vorge mondee de fon ecorce , de Li rdeine de polypode de cbefne com äffee, des raißns paffes mondet. , & des txmarinds, de chaeun deux onces , l>es jujubes, des pruneaux, des febeßes , de chaeun le nombre de vingt, De U femence de violettes , de la regüffe rappee & concajfee, de chaeun une once , Des feuilles de mercuriale , deux poignees > De Celles de cap'illaires t une poignee. laites-en une dccoäion dansjix pintes d'eau jufqu'a, Udimintitbn dt Umritte ou en- ytron. Apute-L-y für Ufin des feuilles de fenne mondees, deux onces , De la femence de fenouü doux , deux dragmes , jjoutez. dms quatre üvresde cette eoUtute , du meilleur fucre , trois Bvres. Tattes cuire le tout en conßfience de fyrop , er ätjJolvez.-y enfuite De U pulpe de pruneaux cuite dans unepartie du refidu de la decoäkn ßfdite, De celles de tamurms & de caffe , pxffees dans le refle de U meme decoäkn , de chaeun denü-livre , De la pdudre de fenne , cinq onces, De U femence d'anis, deux dragmes & demie. Melez, le tout, &faites-en un eleäuaire feton t'art. R E M A R Q^U E S. On fera premietement bouillir l'orge 8c la racine de polypode bien concaflee r dans douze livres deau; enfuite l'on y mettra les fruits, puis les feuilles, la femence de violette concafTee , les fleurs 8c la reglilfe, jufqu'a la diminution d'environ le quart de l'humidite: on coulera cette deco&ion avec expreflion , on en prendra quatre livres dans lefquelles on mettra infufer chaudement pendant vingt-quatre heures le fenne 8c l'anisj cependant on fera cuire des pruneaux dans une paitie du reftant de la decoction, Sc l'on en tirera la pulpe ; d'une autre part on humectera enfemble la calFe 8c les tamarinds avec l'autre partie de la decoelion, 8c l'on en ti- vera la pulpe par un tamis de crin renverfe, on melera les pulpes 8c on les fera defle- cher für im petit feu ; on pulverifera enfemble cinq onces de fenne & deux dragmes 8c demie d'anis. Apres vingt-quatre heures d'infufion, on fera bouillir legerement le fenne 5c l'a- nis , on coulera la liqueur avec expteflion , on y fera cuire le liiere par un feu lent jufqu'a confiftence de fyrop bien epais , on retirera la bafline de delfus le feu , 8c l'on y diflbudra les pulpes avec un biftortier , enfuite l'on y melera les poudres pour faire un electuaire qu'on gardeta au betoin. ll amolit & adoucit, en purgeant principalement l'humeur bilieufe fans vio- lence. La dofe en eft depuis demie-once jufqu'a une once & demie. Les deferiptions de cet eleftuaire fe crouvenr fort difFerentes pour les dofes dans les difpenfaires: celle-ci m'a paru plus raifonnable. On pourroit auffi preparer un fort bon lenitif en la maniere fuivante. Le'nitifde L'Auteur. Yrenez* de la decoelion de racine de guimauve & de figuesgraffes , quatre livres , Du fucre blanc , trois livres , Cuifet.-lc dans cette decoäion en conßfience de miel ; melez.-} enfuite , De U pulpe de cajfe nouvellement ttree, melivre , Vertus. Doffo Vertus. Dofe. 6 9 S PHARM ACOPE'E De celledeptuneaux > & de lapouare de fenne , de cbacune demi-tivrei Des femences de violettes , trois onces , Du tartre foluble , une once & demie , Faites-en un eleiluaire felon l'art. Lenitif de tamarins & de manne. Vrenet. des feuilles de fenne mondees , trois onus & demie , De la canelle clmße , une dragtne , du fpicanard , deux fcrupules. Infufez. le tout cbaudement pendant la nuit dans une fuß [ante quantite de vin blanc; faites bouillir cette infußon le matin un bouälon ou deux , dtßolvez. enjutte dans la colature bien exprimee , Du fucre blanc , une livre , De la manne de Calubre , trois onces & demie. Coulez, enfuite cette decoäion & la cuifez, tnconßßence d'opiate } apres celatnekz.-) De la pulpe de tamarinds > trois onces , De celle de raißns paffes , deux dragmes, De l'eau de canelle , une dragme. Faites-en un eleäuaire felon l'art. R E M A R Q^V E S. On mettra infufer chaudement pendant une nuit,lö fene mondeda canelle concaffee & ic fpicanard ineifemenu , dans deuxlivres de vin blanc en unpot couvert, enfuite Ton fera bouillir l'infuiion un ou deux bouülons, on la coulera avec expreilion, on fera fondre dans la colature le fucre Öc la manne , on coulera la dilTolution & on la fera evaporer a petit feu jufqua confiftence de miel ; on y difloudra alors les pulpes de tamarinds & de railins qu'on aura tire en la maniere ordinaire , & quand la ma- tiere fera entietement refroidie, l'on y meiere J'cau de canelle pour faire une eleäuaire qu'on gardera au befoin. Il amolit les humeurs bilieufes &c il purge doucement, La dofe en eft depuis demi once jai qu'a une once &c demie. Le vin dans lequel on prepare l'infuiion fait dilUper beaueoup de la fubftance des purgatifs: j'aimerois mieux l'eau en cette occafion. La canelle, l'eau de canelle &c le fpicanard fönt inutiles ici; l'on pourroit les re- trancher, &: mettre en leur place dans rinfuiion , trois dragmes de tartre foluble.' Cet eleclruaire fe trouve decrit dans quelques difpenfaires , fans fucre, mais ii aigriroit bientot ü on le preparoit de cetee maniere. Nicolas Alexandrin decrit un autre lenitif de manne ; mais outre qu'il e/l beaueoup plus embarafTe que celui-ci 3 il ne le vaut pas, Eleffuaife lenitif agreable au irout. Vrenet, des petits raißns paffes & des prunes de damas , de chaeun une livre, Taites-les bouillir dans quatre pintes de vin blanc, y ajoutantpendant ce tems-la trente clous de gyrofles concaffee, & apres aVoir tire U pulpe de tousces Ingrediens ^ajmte^-j Du fucre blanc, deux livres , Des pudres de racine de jalap, de mechoacam & des feuilles de fenne, , de chdcnne trois onces , De la creme de tartre & de lapoudre d'aromatique rofat, de cbacune une once , Des efpeces de diarboden abbatis , de cbacune ätnn-once. laues-en une confeäion felon l'art, REMARQUES. UNIVERSELLE. 6 97 R E M A R O^U E S. On feracuire les petits raifms & les prunes de damas dans du v'mblanc jufqua ce qu'üs foienr mous, & pendant la cuire Von y ajoiitera les gyrofles concaifez : On. coulera la deco&ion par un tamis , on ecrafera les fruirsemts, & Ton en tirera la pulpe, on feracuire lefucredans la deco&ion jutqu a conliftence d'opiate, on y melera les puipes , puis les poudres , pour faire du touc un electuaire qu'on gardera au befoin dans un por bien bouche. lipurge principalement les ferofitez & l'humeur melancolique •, onpeuts'cn fer- virpour l'hydropiJie, pour lever les obftruäions de la ratte. La dofe en eft depuis deux dragmes juiqu a fix. Ce lenicif eft moins defagreable au goiir que les aurres ; fa vertu purgarive Sc efientielle confifte dans le jalap, le mechoacam, le fenne, la creme de tartre : on n'y doir pas employer plus de demie livre de chaetme des puipes epaillles für le feu, afin que la compofirion fe confervc bien, Deux dragmes de 1 eledmaire contiennent de jalap , de mechoacam & de fenne , de chaeun huic grains, de creme de rarere, deux grains & demi. Trois dragmes de lcicäuaire contiennent de jalap, de mechoacam, de fenne, de chaeun demi fcrupule , de creme de tartre , quarre grains. Demi once deledmaire contienr de jalap , de mechoacam , de fenne , de chaeun leize grains , de creme de tartre , cinq grains. Cinq dragmes de lele&uaire contiennent de jalap , de mechoacam, de fenne, de chaeun vingt grains, de creme de tartre , iix grains & demi. Six dragmes de 1 ele&uaire contiennent de jalap, de mechoacam, de fenne , de chaeun un fcrupule , de creme de tartre , huit grains. Les gyrofles , les poudres diarhodon, & aromatici rofati ne fönt employees dans cette compoiition que pour lui donner une odeur & un goüt agreable. Ehffu:ire le'mtifpur les- clyfteres , tili de la Pharwacopee Royale. Freiet* dupoljpode de chefne com äffe , trois livre s , Des feuilles deguimauves , de vwliers , deparietaire , de mercuriale , & De fennecon , de chaeune ■ quarre peignees , Des fleurs de camomdle & de meiilot , de chaeune , deux potgnees , Faites-les bouilltr dans qiunze pintes d'eau commune , Vms caifez, dix livres de imtl dans la colature de cette dkoäion , jufqiCa conßßence d'eleäuaire mou,apies cela detayez.-y de Li pulpe de pruneaux deux , quatre livres. De celle de caffe & de tamarinds , de chaeune , deux livres t Apres quoi vous y ajoüterez* les poudres fuivantes Tfcnez, des feuilles de fenne , des fommitez. degratiola, Des femences de violettes & d'ams , de chaeune une livre & quatre onces j De la rhubarbe & de Vagaric } de chaeun neuf onces. Taites-en un eleäuaire felon l'art. R E M A R Q^U E S. On fera bouillir quelque temslejpolypodefeulbien concafle dans trente livres d'eau commune, & enfiüte Ton y ajoutera les herbes ineifees, de enfin les fleurs, pour 9 Ttte VertuJi Dofe. Dro?ties purgatives de !a com- pofition. $V* 3 i; J' gß, 3 n > Vertus. Dofe. 3 ß , 3 v l- 3J 69S PHARMACOPE'E faire une fbrre decodVion; on la coulera, on y mettra cuire les prunaux Sc Yon en humedtera la calTe & les tamarinds pour en tirer lespulpes •, on melera le refte de la decodtion des herbes & celle des pruneauxavec le miel; on fera cuire le melange er» confiftence deledtuaire mou, on y dilfoudra hors du feu les pulpes qu'on aura aupa- ravant deflechees für un perir feu, puis on y incorporera les poudres, pour faire du tout un eleebuaire qu'on gardera. II attenue Sc il evacue les excremens Sc les humeurs du bas ventre , avec afTez de force ; on ne s'en fert que dans des lavemens. La dofe en eft depuis dcmi once jufqu'a une once Sc demie pour chaque lavement. Demi once de cec eletbuaire conrient de miel, deux dragraes Sc denx fcrupules , de pulpes de prunes, dix-neuf grains, de pulpes de calfe Sc de ramarinds, dechacun neuf grains & demi -, de racine de bryone, d'hermodadtes , de fene , de gratioia &: de femence de violerte , de chacun huir grains ; de rhubarbe Sc d'agaric , de chacun rrois grains Sc demi. Six dragmes de cet clectuaire conriennent de miel, demi once, de pulpes de prunes, vingr-fepr grains & demi, de pulpes de caffe 6c de ramarinds, de chacun qua- torze grains & les crois quarrs dun gram ; de racine de bryone , d'hermodadtes, de fene , de gratioia Sc de femence de violette , de chacun demi (crupule ; de rhu- birbe Sc d'agaric de chacun quarre grains Sc les trois quarrs d'un grain. Une once de lciecttiaire conrient de miel,cinq dragmes & un krupule,de pulpes de prunes,trente-huu grains-, de pulpes de caile Sc de tamarinds* de chacun dix-neuf grains; de racine de bryone, d'hermodactes , de fene , de grariola, de femence de violette , de chacun feize grains 5 de rhubarbe & d'agaric , de chacun fept grains. Dix dragmes de l'ele&uaire conriennent de miel, fix dragmes & deux fcrupules, de pulpes de prunes quarante-lix grains & demi, de pulpes de caife Sc de ramarinds, de chacun un fernpule & le quart d'un grain ; de racine de bryone, d'hermoda&es, de fene , de grariola Sc de femence de violette, de chacun vingt grains, de rhubarbe & d'agaric , de chacun huir grains & le quart d'un grain. Une once Sc demie de l'elecbuaire conrient de miel une once, depulpe de prune cinquante-fepr grains, de pulpes de caile Sc de tamarinds de chacun vingr-huit grains & demi, de bryone, d'liermodactes, de fenne, de gratioia Sc de femence de violette , de chacun un {crupule, de rhubarbe Sc d'agaric de chacun dix grains Sc demi. Le nom de catholicum feroir mieux adapte a cette compofition que celui de leni- tif,en ce que par leninf on doit entendre une compofition dont la vertu eft d'amolir Sc de purger doucement en lenihant les entrailles , au lieu que celle-ci irrire i'in- teftin Sc evacue vigoureufement les humeurs. Il eft vrai que la courume l'emporre, Sc que dans plufieurs villes on appelle lenitifroures ces forres d'eledfcuaires deftinez pour les lavemens. Je rrouvequ'il entre en celle-ci trop peu de pulpes de calfe & de prunes: Quant a la pulpe de tamarinds je voudrois la retrancher aulli-bien que la rhubarbe , parce que ces deux Ingrediens ont une aftri&ion qui contribue'a empecher qu'on n'aille a la feile naturellemenr apres qu'on a ufe des lavemens. Cette compofition n'eft convenable que pour les clyfteres purgatiis , car pour les deterfifs on doit fe fervir du catholicum double. L'anis & la regliife ont ete mis ici pour corriger le fene & pour chaffer les vents *, on pourroit employer enleur place le fei gemme ou le tartre foluble : qui agiroienc mieux dans cette occafion. Je voudrois donc reformer la compofition en la ma- «iere fuivante» UNIVERSELLE. C 99 Lenitifpour les clyßeres reforme. Prtttet. de la dttottion falte avec les racines de polypode de chefne , f'tm vulgaire , & le fureau, les feuilles de mercuriale , de guimauve, de parietaire & de rwliert; Itt fleurs de chamomille & de mehlot , & U femence de fenoml , qum%.t p'mtes. Dijfolvez. d*ns fept p'mtes de cette decoftion , Du miel commun , quaraitte üvres. Cuifeu-y cette quantite de miel en conßftence d'epiate. Di/olvez.-y enfuite de U pulpe de pruneaux cuits dans une partie du rtßdu de cette dece- äion t & de U caffe paßeeavec l'autre partie de cemeine reßdu, de cbacune,ßx tivres. AJoütez.-y enfuite des poudres de meine de bryone, d'hermcdaäes, de feuilles defene, de fommitez. de gratiola & de femences de violettes, de ebaeunes une livre & quatre onces. De l'agaric , dix onces , Du fei getnme , huit onces, Faites-en un eleäuaire felon Vart. Eleäuaire de caße & de ßcre pour les clyßeres , de Nie. Ttivöt. Vrenez. des feuilles de mauve , de mercuriale , de bete , de parietaire, De violiers, & desßeurs des memes plantes > de ebaeune une poignee , Faites-les cuire dans une quantite fuffifante d'eait commune t & diffelvez-y enfuite * une livre & demie de fucre. Cuifez. cela en conßßencede miel, puis melez.-y De la moetle de caffe nouvellement tiree, une livre. Faites-en un eleäuaire. Et ß au Heu de fucre vousvous fervez.de mielecume, vousl'appelterez. eleäuaire de Cafleavec caffe & de miel. R E M A R Q^U E S. On fera uns forte decoftion des herbes & des fleurs marquees : on concaflera quatre livres de bonne cafle,on en feparera le dedans avec un couteau , on l'hume- clera avec un peu de la decoftion; on en tirera la pulpe par un tamis renverfe,& on la fera deffecher a petit feu : On lavera dans le refte de la decoftion , le marc de la calfe qui fera demeure für le tamis, l'on coulera la lotion 6c Ton en fera cuire le fucre jufqu a confiftence de miel epais, puis on y demelera le pulpe de caffe pour faire un electuaire qu'on gardera. 11 lache le ventre & il purge benignement; on en met depuis demi once jufqu a deux onces dans chaque lavement. Il feroit meilleur d'employer le miel que le fucre dans cer eleftuaire, parce qu'il lache davantage le ventre: Cette compohtion eil un veritable lenitif. Etecfttaire de caße & de mmne. Vrenez. des pruneaux de datnas , deux onces , Les jieurs de violiers , une pognee & demie , De l'eiu commune , trois demi feptiers, Tttt ij le mkL Vertus. Dofe# 700 PHARM ACOPE'E Vertus. Dofe. Takes les boüiUir jufqu'a la confompüon de la moitie } puis coulez. la deCOcTioti & diffab- vez. dans la colature t ... De la pulpe de caffe, une demie livre > De celte de tamarinds , une once , De la conferve de violettes , quatre onces , Dufyrop violat, & dela meilleure manne , de chacun deux onces } Du fucre cand't, & des pemdes, de chacun une once, Faites-en un eleäuaire. R B M A R QJJ E S. Apres qu'on aura fait la decoction des prunes & des violettes, on la coulera, on en ernployera une partie pour bume&er la caffe &c les tamarins, dont on tirera le3 pulpes: on fera fondre la manne dans le rede de la decoction , on coulera la diflo- lution , & on la fera cuire a petit feu avec les fucres Sc le fyrop violat jufqu a conh- ftence d'opiate, on y melera alors les pulpes Sc La conferve de violette pour faire un electuaire. II amolit, ilprepare leshumeursbilieufes 6c illes evacuedoucement. La dofeeu eil depuis demi once jufqu'a deux onces; on en prend par la bouche 8c en lavement. Cet electuaire eft une efpece de lenitif, il ne faut pas en preparer beaueoup ä la fois, parce que nc contenant guere de liiere a proportion des pulpes, il s'aignroir. La. qranie confeeiion Hamec des Vharma-cicnt de Paus. Prenex. de la coloquinte bien divifee } des feuilles de fenne, de l'ecorce de myrabolans citrins, chebules & indiques, de chacun deux onces t Du polypode de chefne, & des violettes, de chacun une once & demie. Des feuilles d'abßnthe & de thym, des femences d'anis & de fenoüil, & des rofes rou- ges f de chaeune demi once , Toutes ces drogues bien concajfees feront mifcs en macer atan dans un vaiffeau e tarne , dont l'entree fera etroite & bien bouchee pendant deux jours, avec deux pintes & chopines de petit lait de vacbe t & une ebopine de fuc defumeterre e'pure : apres quoi on fera boütllir le tout jufqu'a la diminution de la moitie. On coulera enfuite cette decoction, & on l'exprimera , puis on- j diffoudra Du meilleur mlel ecume , & du fucre, de chacun une livre. Le tout fera cuit apres cela enconfißence de miel; & apres avoir retire le vaijfeau du feu , on j delayera Des pulpes de pruneaux & de raißns, de chaeune demi livre, & ftir la fin on J meierte Des poudres d'agaric & de fenne , de chaeune deux onces, De celle de rhubarbe choijie , une once & demie } De feammonee , & de l'epityme, de chacun une once T De la canelle y une demi once , Du gingembre , deux dragmes , Des femences d'anis & de fumetere, & dufpicanard, de chacun une dragnte.. Melez, le tout, & enfaites un elecluaire felon l'art. REMARQUES. ^ Apres avoir bien concaile les drogues, on les metrra en/emble dans un coquemart t£ecam. ou dans une grande cruebe de grez > on verfera de/Tus le petit lait & le fuc d& UNIVERSELLE. 701 fumeterre totts boüillans: on bouchera exactement le vaifleau Sc on laiftera la mauere en maceration pendant deux jours, on fera enfuite boiiillir doucement l'infu- fion a diminution de la moitie; Sc on la coulera avec expreffion ; on mettra cuirc dans la colature le miel & le lacre jufqu a confilrence deketuaire mou , puis on y diftöudra iiors du feu les pulpes de prunes & de raifins , Sc quand la mattete fera prefquerefroidie , i'on y melera exadtement lespoudr.es , pour du tont faire la con- iection. Elle purge vigoureufement tdutes les humeur-s , on s'en ferr pour la veröle, pour Venus, lefcorbut, pourla demangeaifon de la peau , pour la galle , *pour la teigne , pour les dartres, pour les ecrouelles. La dole en eft depuis une dragme jufqu'a fix dragmes. Eofe. Cette campofuion a retenu le nom de fon Aureur nomine Hamech Medecin Ara- be forr ancien. Mefue l'a mile enlumiere, Sc eile a ece decrite 11 differemment dans les difpenfaires , quapeine enpeut-on voir deux deferiptions d'une memefacon. La caufe de ces variations eft, qu'on a reconnu que les anciens avoient mal dofe les ingrediens. Les modernes qui fe fönt appliquez a la reformer , conviennent a peu pres dans le prineipal, excepte M. Chams, qui demande deux f ois auranr de miel Sc de fucre que les aurres-, ceque jetrouveexceffif & trop eloigne del'intention de l'Aureur: De plus., par La ll affoiblit tellemenc cette compofition , que fa dofe ac- coutumee ne produitpas 1'efFet qu'on en artend. Aucune defeription de cette confe- cLion ne m'a paru plus raifonnabie que celle-ci, que j'ai tire de la Pharmacopee de Paris. On pourroit pourtant en reformer pluiieurs circonftances, donc je parlerai Ingrediens danslafuite. purgaofe Les ingrediens purgatifs Sc eflentiels de la confeebion Hamec fönt la coloquinte , ~* ! a c °"" les myrabolans , le leime, la rhubarbe , l'agaric & la {camrijonee* m°ch Une dragme de cette confection contient les fubftances de trois grains de colo- ■? . quinte, de trois grains defenne , Sc de trois grains de chaeun des trois myrabolans , des poudres d'agaric , de ienne, de chaeun trois grains, de rhubarbe deux grains Sc un quart de gram , de feammonee un grain Sc demi. ■ Deux dragmes de confection eontiennent les iubftances de fix grains de colo- - {; quinte de fix grains de fenne » & de fix grains de chaeun des trois myrabolans, des poudres d'agaric , de fenne de chaeun fix grains, de rhubarbe quatre grains Sc demi, de feammonee trois grains. Trois dragmes de la confeeftion eontiennent les fubftances de neuf grains de colo- z üj } quinte, de neuf grains de fenne , Sc de neuf grains de chaeun des trois myrabolans:. Des poudres d'agaric , de fenne de chaeun neuf grains, de rhubarbe fix grains Sc les trois quarts dun grain , de feammonee quatre grains & demi. Demi once de la confeetion contient les fubftances de demi fcrupnle de colo- 5 ß ; quinte , de demi fcrupule de fenne , Sc de demi ferupule de chaeun des trois myrabolans : Des poudres d'agaric Sc de fenne de chaeun douze grains , de rhubarbe neuf grains , de feammonee fix grains. Cinq dragmes de la confeetion eontiennent les fubftances de qainze grains de 5 v , coloquinte , de quinze grains de fenne , & de quinze grains de chaeun des trois myrabolans ; des poudres d'agaric , de fenne de chaeun quinze grains , de rhubarbe onze grains Sc le quarr d'un grain, de feammonee fepr grains Sc demi. Six dragmes de la confection eontiennent les fubftances de dix-huit grains de coloquinte, de dix-huit grains de fenne & de dix-huit grains de chaeun des trois myrabolans: Des poudres d'agaric , de fenne de chaeun dix-huit grains , de rhubarbe treize grains Sc demi, de feammonee neuf grains. T 111 iij 7 oi PHARMACOPE'E Le petit lait fi clarifie qu'ilfoit contienr toujours unpeu defromagc, lcqilei rede apres la cottion des drogues dans l'electuaire; c'eft pourquoi Ton feroit Dien d'ea faire la diflillation avantquedes'enfervirpourmenftruc. Le Tue de fumeterre etant charge de fa propre fubftaiice , ne peur pas bien s'em- preindre des fubftances des drogues qu'on y met tremper : Je voudrois ernployer en fa place l'eau de fumeterre diftülee. Je ferois d'avis qu'on fubftituät la femence de violette a la fleur, parcequ'elle eft plus purgative. Le polypode, le thym, l'abfinthe , l'anis, le fenouil, les rofes meparoifTent fort inutiles ici, & comme ces ingrediens oecupent beaueoup de place dans l'infufion, ils empechent que la fubftance des purgatifs qui eft: la principale, ne fe repande autant dans les pores du diflolvanr , comme eile feroit fi eile etoit feule : Je trouverois donc a propos qu'on les retranchat, auili bien leur partic vola- tile qui eft la plus effentielle, fe detruit-elle dans la co&ion : mais je voudrois leur fubftituer des fels d'abfiftthe & de fumeterre chaeun demi once; ces fels aideroient a tlrer la teinture des purgatifs, & ils empecheroient qu'ils n'excitaflent des tran- chees. On a fort bien fait dans la Pharmacopee de Paris de retrancher de l'infufion, les prunes & les raifins que les autres deferiptions demandent, parce que ces fruits remplilfent la liqueur de leurpulpe, & empechent qu'elle ne s'empreigne fuffifanv meut des purgatifs ; mais je ne trouve pas qu'il y eüt tant de necelfire a ernployer les prunes & les raifins dans la confe&ion, que pour y en mettreles pulpes, on ait fetranche Celles de cafte Sc de tamarinds qu'on demande par tout ailleurs. Il eft vrai que les tamarinds etant un peu aftringens ne fönt pas ici d'une fort grande utilite , & qu'on peut bien leur fubftituer les prunes; mais pour la cafle eile me paroit beaueoup plus convenable que les raifins dans cette compofition. Les ingrediens purgatifs & effentiels de la poudre fönt l'agaric, le fenne,la feam- momee & la rhubaibe ; les autres drogues qui y entrent fönt inutiles, &c elles ne fönt qu'augmenter l'acrete de la confection. II ne feroit pas neceffaire que Je fenne entrat en deux endroits, il fuffiroit d'en metrre une quanrite fuffifanre ou dans l'infufion ou dans la poudre ', mais je prefe- rerois la poudre a. l'infufion, a caufe de la diflipation qui fe fait des parties les plus fubtiles dans la coef ion , & afin de contenter en partie les ferupuleux, en ne retran- chant quele moins qu'on pourrades ingrediens de la defeription, on fe ferviroitde drogues inutiles pour faire une forte decoclrion dans lequelle on mettroit cuire le miel & le fucre; Voici donc comme je voudrois reformer cette defeription. Ccnfettion Ha,*iec veformie. Prenez. des raijins paffes mondez. % une demi livre , Du polypode de chefne com äffe , une once & demle, De t'epithyme, une ante, Desfemlles d'abßnthe, de thym, de rofes rouges, des femences d'anis, de fenouil, De fumeterre , de chaeune demi once , Du gingembre & du fpkanard 3 de chaeun , deux dragmes , Faites-les bomlür dans trois ptntes de petit lait dißillc, & tmepinte d'eau de fumeterre, jufqu'a diminuüon de mottle. Dijfolvtt. tnfuite dans la colature bien exprimee Du miel ecume & du fucre blanc, de chaeun une livre & demie. Od fei. le tout enfuite jufqu'a la conßflence d'un eleftaairemu , pu'n aprh dvoir retire la baffim dt deflus le feu, d'iffotve^-y UNIVERSELLE. De la fulpe de cajfe, buh orte es , De celle depruneaux , ßx onces , Ajoute&.y Jur lafin De la poudre de mirabolans citrins & de fenni' mmde', de cbaeun, trois onces , De l'agaric , trois onces , Des troebifques d'alhandal & de rbubarbe t de cbaeun, une ome & demie ' De la feammonee } & de femences de violettes , de ebaeune } une once , Du fei de fumeterre & d'abßnthe , de cbaeun , trois dragmes. Eaites-en une confeäwn felon lart. L% petlte confeffion Hamec , de Mefue. Vreneu des raißns pajfes mondet* , une livre , Des myrabolans indiques 3 chepules &de l'epitbjme j de cbaeun une demie livre,& deux dragmes , Des pruneaux, des jujubes, des febeßes, de cbaeun , foixante-dix , De la femence de fumeterre, ou de fon fuc epure , & de l'abßntbe pontique, de ehtt- eun deux onces & demie , Du tbym , du calament de montagne , du poljpode de cbefne concaffe , de l'agaric, de U regit ffe ,& de la racine de buglofe t de cbaeun , une onee & deux dragmes , Duftcecbas arabique , du chamedrys , du cbamepitys, de leponge de cynorrhodon t & de la femence d'anis t de cbaeun , chuj dragmes, Taises cuire tont cela dans une quantitefujjßfante d'eau cojumune jufqu'a diminution dt* tiers. Apres cela diffolvet* dans la colature Du vin etat } deux livres , Du meüleur miel ecume, une livre r De la jeammunee , deux onces. laites en un eleäuaire felon l'art. REMARQUES. Il y a bien de l'aparence que ceux-la ont mal explique l'intention de Mefue , qoi ont cru qu'il entendoit qu'on fe contentat de faire diflbudre le miel, le fpa & La feammonee dans la decoction, fans faire confumer le trop d'humidite par une coc- rion , car on ne feroit qu'uneliqueur, laquellene pourroit pas ecre gardee aifement, & oüla feammonee ie preeipiteroit &nepourroit pas etre bien melee. Il faut en juger autrement d'une perfonne auili encendue en ces forces de matieres qu'etoit cet Auteur, & d'aucant plus qu'en difant ala fin de compofer un ekftuaire felon l'art , il montre affez qu'il pretend qu'on falle la cuite neceffaire pour donner a la confeclion une confiftence requife : Voici donc comme ilfautpreparer cettecom- pofition. On mertra bouillir dans fix livres d'eau, les racines concafTees, lesraifrns mondez, les jujubes, les prunes & les febeftes, pflis leponge de cynorhodon , les feuilles, les femences, 1 epithyme, le fteechas & la regliffe jufqu'a. diminurion de La moirie ; on coulera la decodtion avec expreffion, on y diffoudra le fapa & le miel, on fera confumer Vhumidire de la diflolurion a. petit reu jufqu'a confiftence d'eledtuaire liquide, puis quand la matiere fera prefque refroidie, on y melera exaclement la feammonee qu'on aura auparavant reduite en poudre tres-fubciie pour faire une confection qu'on garderaaubefoin. Vertus. Dole. 704 PHARMACOPE'E Eile purge les humeurs [es plus attachees , comme ia mclancolie , la bile brulee » Li pieuite pralle •, eile elt propre pour les dartres, pour la galle , pour les ecrouelles, I-rincipale 1 r 1 1 j /■ Tl 1 1 r r >\ 1 Pur-r dela P our ^o^but. La dole en eit depuis unedragraejulcjua demi once. cöpufition. L e prmcipal purgatif de cerce compofition vient de la feammonee, 3)* 5 ß > Une dragme de la confection conaent trois grains & demi de feammonee. Deux dragmes de la confedhon conriennenr fept grains de feammonee, Trois dragmes de laeonfeihon contiennent dix grains & demi de feammonee. Demi once de la confection contien: quacorze grains de feammonee. La decodhon eft tellenient chargee de la fubltance des Ingrediens qui y entrenc > qu'elLe ne peut guere en reeevoir de eelles des myrabolans & de l'agaric : De plus , on ne peut pas faire evaporer i'humidite de 1'infuiion qu'on ne laille echaper une partiedupeu de vertupurgative quelle aura dilloute: c'eft-pourquoi je voudrois employer dans la compoiition, l'agaric & les myrabolans fimplement pulverifez , au lieu de les metrre en infufion , mais en moindre dofe. Lesraifins meparoiflenr ici en unequantite exceflive , ils rempliuent trop les pores de ladecoction, & ils empechentqu'elle ne reeoive alfez de vertu desautres drogues qui y ennenr; il feroit bon de les reduire au poids ou ä la quantite des au- eres fhiits. Je voudrois donc reformer la confection en la maniere fuivante. Petite confeBion Harnet reforme'. Tratet des raifins paffes fnondex., depruneaux, desjujubes , & des feießes, de ebaeun foixante & dix. De l'epirhyme & de l'abßtnbe rulgaire , de ebaeun deux onces & demie , Du thjm , du calament de montagne , du polypode de chefne concaffe , de la reglijfe , & de la ruf ine de buglofe , de ebaeun une once & deux dragmes , Duflcccbas arabtque, du cbamedrjs , du cbamepitjs , de V efonge de eynorrbodon 3 & de tafemence d'anis , de ebaeun cin'q dragmes. laues une deccclion de totttes ces drogues dans une quantite fuffifante d'eau commune , fius dtffolvez. dans la colature } du vin emt & du miel eettme > de ebaeun une livre & demie. Ctafcz, le tont enfuite jtifqu'a conjtßence d'elecltuire mou, apres quoi ayant ati la. bajßne de deffus lefeu t & la mattere etant a demie rtfroidie , vous y meieren De la poudre de myrabolans , indiques & ebebules, de ebaeun trois onces. De la poudre de feammonee 3 deux onces, Des troebifques d'agant & du tartre foluble , de ebaeun une once. laitcs-enune confeäton feloti fart dontla dofe fera defuts une dragme jtifqu'a demi once. m • ' "™ ' ..... '""" ' 111 —■ ■ »1—1 Eleciuaite dtaprutt fimpte. PreneTL des prunes de damas bien »teures , au ttombre de cent. Faites-lcs cuire en perfcäion dans une quantite fuffifante d'eau commune Jtiis retinales du feu , & apres avoir coule lern decoüwn } pafjez.-les par un tamts jufqu'a ce que toute la pulpe en foit tiree. I altes boudiir enfuite dans la deeoäiott, de U fentence de violettes com äffee , une once. Apres ceU faites cuire dans la colature trois livtesdu meilleur fucre en conjtfience d'un, eleäuaire mou ; & apres avoir tire labaffine bors du feu, diffälveu-y De la pulpe de pruneaux fufdits t une livre , De celle de cajfe & de tamarinds ( de ebaeune une ence, Et melez,-)' en deruier Heu les f andres fuivantes. Trenet, UNIVERSELLE. 705 Trenex, de la rhubarbe cboijTe & de U femcuce de violettes , de clxtcune une otice. Des rofes rouges mondees de leurs englets , du fantal citrin & rouge , de la rühre d'yvoire & du fuc de reglijje , de ebaeun ßx dragmes , Hes quatre grandes femences froides mon iees t de ebaeun une dragme, Faites-en im eleäuaire felon l'art. R E M A R O^U E S. On aura de belles prunes de damas noires nouvellement cueillies quand elles fonc Jans leur maturite •> on les mettra bouülir dans trois ou quarre livres d'ean iufqu'ä* ce qu'elles foienr molles: On renverfera le rour für un ramis de crin renverfe qu'on aura place dans une rerrine , quand la decoction fera paifce, on la tirera a parr, & l'on palfera les prunes pour en rirer la pulpe avec une ciüllere'ou avec une efpatule de bois : On fera bouillir legeremenr la femence de violerre concaflee dans la decoc- tion des prunes,on coulera laliqueur avec expreflion ßc l'on y fera cuire le fucre iufqu'ä conliftence d'opiate , puis on y melera nors du feu les pulpes qu'on aura defle- chees par une lente chaleur, & ennn les poudres, pour faire du rour un electuaire. Il eft propre pour pieparer & pom' ramollir les hurneurs. La dofe en eft depuis demi oncejufqua une once & demie. Ceux qui veulenr que leur diaprunum retlenne la couleur rouge de la pulpe de prunes , retranchent de la compofition la calfe Sc les ramarinds : Ils ne dnninuent pas beaueoup par la fa qualite purgative , car on y fair enrrer fr peu de ces pulpes , qu'on pourroie les concer pour rien; il feroit pourrant mieux qu il y enträc de ia calfe fußifammenr; 3 11 1 3111 3 vl Veitus. Cefa. 5 1 ? 3"' El t et untre diaprun (oluttf\ ou compofe. Vrenez* du duprunßmple ci-devant decrit, une livre, De la feammonee fubtiltment pulverifee , une demi once , Mei*.z*-les cnfemble exaäement en les agitant long-temsavecun ftlon de bois , & en f.iites un eleäuaire. R E M A R 0_y E S. On pulverifera bien fubtilemer.t la feammonee , & on la melera exadtement avec le diaprunum fimple qu'on aura un peu fait chaufrer , remuant le melange avec uxi pilon de bois pour faire le diaprunum compofe ou iolutif. Il purge bien touces les humeurs. La dofe en eft depuis une dragme jufqu a fix. On doit prendre garde que le diaprunum fimple ne foit pas trop chaud quand on y mele la feammonee , car eile s'y grumelleroir. Il ne doit ctre guere plus que- tiede. La vertu purgative de cette compofirion vient prefque toiite de la feammonee y car les purgarifs qui entrent dans le diaprunum fimple tont fort foibles. Une dragme de diaprunum compofe contient trois grains de feammonee. Deax dragmes de diaprunum compofe contiennent iix grains de feammonee. Trois dragmes de diaprunum compofe contiennent neuf grains de feammonee. Demi once de diaprunum compofe contient demi ferupule de feammonee. Cinq dragmes de diaprunum compofe contiennent qumze grains de feammonee«. Six dragmes de diaprunum compofe contiennent dix-huit grains de feammonee. Elecf untre ChoUgogue ,, ou Diaprun de Sylvius. Prenex, du fucre blanc, feiz.e onces, De la pulpe de pmneaux aigres , dix onces, De la meilleure feammonee & de la creme de tartre , de chaeune deux onces. , De la rbubarbe eboiße , dix dragmes, De U meilleure canelle , une demi once , Du fantal citrin , deux dragmes. Melex, le tout ,& faires-enun eleäuaire felon l'art, REMARQUES. On mettra cuire des prunes de damas dans de l'eau jufqu'a ce qu'elles fbienr mof- les,puis on en rirera la pulpe par un tamis cie enn renverf e , on fera fecher certepulpe par un petit feu ; eependant on fera cuire le fucre dans la decodion des prunes jufqu'a coniiftence de miel, on y delayera hors du feu,la pulpe deilechee & Jes autres drogues qu'on aura reduites en poudre fubtile pour füre du tont un electuaire. Il purge la bile 8c les autres humeurs. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a demi once. Le prineipal purgatif de cet eleduaire eft la fcammoneejles autres fönt la rbubarbe 8c la creme de tartre, qui fonr tres-foibles en comparaifon. Une dragme de diaprunum contient de feammonee 8c de creme de tartre de cha- eun quatre gtains & demi , de rhubarbe trois grains. Deux dragmes de diaprunum contiennent de feammonee Sc de creme de tartre de- chaeun neur grains , de rhubarbe fix grains.. UNIVERSELLE. ;o 7 Trois d;agmes de diaprunum contiennent de fcammonee Sc de creme de tartre de chacun treize grains & derm, de rhubarbe neuf grains. Demi once de diaprunum conuenr de fcammonee Sc de creme de tartre de chacun dix-huitgrrins, de rhubarbe denn icnipule. La caneile öc le fantai citrin fonc inutiles ici. EleEtuAire ChoUgogue t de t ^uefcetan. Trend- des fucs epurex de petite centauree , de rofesrouges & pales , de cbactin une livre, De meine de patience , une denn livre , Fanes-y infufer des feinlies de fenne > quatre onces , De la rhubaibe eboiße , deux onces, De la caneile 5 du fantai rouge , & de l'anis , de chacun dem once , Fontes ces drogues feront mifes en macer aüondans un vaiffeau verniffe , & refleront en digeftion pendant trois jours au bain marie. Apres cela la decoäion fera coulee & exprimee , Puis on y ajoutera du fucre bUnc une livre , Du fyr'op de neuf infuJiM de violettes & de mucilage de femence de pfyllium , de chacun quatre onces. Apres qttoi Von yfera cuire le tout für un petitfeu en conßflence de miel, cjr Von y melera de la poudre de femlles de fenne & de rhubarbe , de chacun une once & demie , De celle de fcammonee , une once , De la poudre des ejpeces des trois fantaux, & de trochifquesde berberis f de ebnem trois dragmes , Des femences de fcmola , de pottrpier & de Uitu'e , de chacun deux dragmes. Faites-en un eleiluaire felon l'art. R E M A R QJJ E S. Comme la petite centauree eft une herbe peu fucculente,il fera neceflaire de l'hu- me£ter apres l'avoir pilee avec de l'eau diftillee de la merae plante,ou dfon defaut avecdel'eau commune,puisdela laiffer fept ou huit heures en digeftion chaude- ment avant que de l'expnmer, pour en tirer le lue: on rapera la racine de patience 6c l'on en tirera le lue par expreflion. On pileradans un mortier de marbre les ro- fes 5c on les exprimera pour en avoir le lue ; on melera tous les fucs enlemble; , oti les fera bouillir legereinent & on les paffera par un blanchet pour les depurer : on mettra infufer chaudement dans ces fucs depures le fenne , l'anis, la caneile, le fantai rouge &: la rhubarbe pendant trois jours ; on fera enluite bouillir l'infuflon le- gerement, on la coulera avec expreflion; on y mettra cuire lentemenc le fixere , le iyrop de violettes de neuf infufions & le mucilage jufqua eonfiftenee de miel •, puis la baillne crant retiree de dentis le feu , l'on y delayera la pulpe , & quand la maxiere teraprefque refroidie ,1'ony melera exaetement les poudres, pour faire du tout un ciecttiaire. ll purge les humeurs bilieufes Sc fereufes. La dofe en eft depuis une dragme jufqua fix. Les ingrediens purgatifs prineipaux de cette compof tion fönt le fenne Sc la rhubarbe en mfufion ■, le ienne , la rhubarbe & le diagrede en poudre. Une dragme du cholagogue contient la fubftance ou l'extrait de neuf grains de fenne, Sc la fubftance de quatre grains Sc demi de rhubarbe: Des poudres de 1 enn; V v v v ij 3111 Venus Dofe. Purg./iela eöpofkion. 3J> 11 5"J» z 3 5». 708 PHARMACOPE'E Sc de rhubarbe de cliacun trois grains c< demi, de diagrede deux grains Sc le tiers d'un grain. Deux dragmes de cholagogue contiennent les fubftances ou les extraits de dix- huit grains de fenne & de neuf grains de fhubarbe ; des poudres de fenne Sc de rhubarbe de chaeun fepr grains , de diagrede quarre grains Sc les deux tiers d'un gram. Trois dragmes de cholagogue contiennent les fubftances ou les extraits de vingt- feptgrains de fenne Sc de treize grains Sc denn de rhubarbe ;Des poudres-de fenne Sc de rhubarbe de chaeun dix grains Sc demi, de diagrede fept grains. Demi once de cholagogue contient les fubftances ou extraits de demi dragme de fenne & de dix-huit grains de rhubarbe ; des poudres de fenne Sc de rhubarbe de chaeun quatorze grains , de diagrede neuf grains & le tiers d'nn grain. Cinq dragmes de cholagogue contiennent les fubftancces ou les extraits de qua- rante-cinq grains de fenne Sc de vingt-deux grains & demi de rhubarbe: Des poudres de fenne Sc de rhubarbe de chaeun dix-fept grains Sc demi, de diagrede onzc grains & les deux tiers d'un grain. Six dragmes de cholagogue contiennent les fubftances ou les extraits de cinquan- te-quatre grains de fenne & de vingt-fept grains de rhubarbe; des poudres de fea- ne öc de rhubarbe de chaeun vingt-un grain , de diagrede quatorze grains. La fuc de rofes rouges qui elf aftringent , ne me fembie pas convenable dans cette compofiaon ; je voudrois mettre en fa place le fuc de rofes pales , qui eü purgatif. Les fucs de plantes etant chargez de leurs propres fubftances , fi bien depursz qu'ils foient, ne peuvent pas difloudre beaueoup de celies des purgatifs qu'on y met infufer , ils n'en prennent qu'une legere portion: le fantal , la canelle , l'anis dont en aecompagne la rhubarbe & le fenne dans l'infufion , fönt eftimez propres pour eorriger cespurgatifs Sc pour donner une odeur agreable a la compofition , mais ils- ne corrigent den Sc leur odeur fe perd en bouiilant ; d'ailleurs eiies fönt niufibles ici, car en tenant leurs places dans lmfu/ion, ils empreignent une partie des pores des fucs, de leur fubftance, Sc ils empechent que ces fucs ne fe chargent d'autant de la vertu des purgatifs qu'ils feroient. Je ferois donc d'avis qu'on retranchät de l'infufion la canelle , le fantal Sc l'anis, Sc qu'on mit en leur place une once de tartre foluble, ce fei aideroit a tirer la teinrure du fenne & de la rhubarbe , & il leur fer- viroit de corre&if, empechant qu'ils n'exciraüent des tranchees. Les trochifques de berberis, la poudre des trois fantaux & les femences me pa- roiflent inutiles ici , je voudrois. les recrancher & reformer la compofition en 1* snaaicre fuivante. Electuaire ChoUvo/rue „ de Qucrcetm. refofme. Treuez, des fucs epttrei* de ro/es pales ' deux livres , J>e petite centauree t une llvre , de racine de patience , une demi l'tvre. iMtes-y viacerer chaudement pendant trois put$ , des feuiiles de fenne'tllondecs , quatre onces , De U rhubarbe cbo'ijie , deux onces, Du tartre foluble, une once. Que tautes les drjgues bondlent legeremcm , & qtic leur decoelion foit coulce ö* ex- frimee , apres q:m on difoudra dans cette exprej];i>n , Du fiure b!.tnc , une livre-, du fyrop fait de neuf'mfußuns de Violettes-, & de mucilage de fenw.net de pfyllium } de chaeun denn once. UNIVERSELLE. 709 Taltes cuire le tontapetit feu en conßßenee de miel j melci*-j in dernier lutt De la pulpe de prunes douces , une denn livre. Des poudres de feuilles de fenne& de rhubarbe, de chaeun une tnce & demie , Du diagrede enpoudre , une once. Faites-en un eleäuaire dont la dafe fera depuis une dragme jufqiiaßx. Electiixire de piyllium, de Mejue. Trtgez.desfucsepttrei.de buglofc , de borracbe [ d'endive t & d'aehe , de chaeun deux hvres ; de celui de fumeterrc , trois onces. Jn c ufez. dans ces fucs pendant vingt-quatre beures, desfleurs de violettes, trois onecs, De l'epithyme } deux onces i des femences de eujeute & d'ams, des feuilles de fenne & d'afarum , de chaeun demionce. Des capillaires , une poignse , du fpicanard , deux dragmes. Que ces drogues bouüknt im bouillon t apres eela coulez. U de'coäion & fexprimez. , & dans lacolature mettez, en maceration pendant vingt-quatre beures, des ferneut s entieres de pfyllium , trois oncet. Remuez, cette infußm d'beure en heure , & enfuite exprimez. en tettt le mucilage, dans quatre livres duquel vous ferez. cuire a petitfeu, en conßßenee d'opute Du fucre blatte , trois üvres i Apres cela jettez.-j la poudre fuivante , de la feammenee , trois onces y Des trochifques de jpode , diarrbodon t & de rhubarbe, de chaeun une once , De ceux de berberis , une dem once. Taites-en un eleäuaire felon Varf. R: £" M■ A> R H U ■• * 3* Pour tlrer les fucs, on pilera premierement bien les herbes dans un monier de marbre,on les laiflera fermenter quelques heures a. froid , puis on les exprimeraj on fera bouillir les fucs un bouillon fenlemenr, on les fera paffer par un blanche: pour les depurer , on y mettra infufer les drogues preferites pendant vingt-quatre heures dans un pot de terre vermiß convert, enfiiite on les fera bouillir legete- ment par un petit feu , on coulera l'inf ufion , & Ton exprimera fortement le marc, on y mettra tremper chaudement le pfylium pendant vingt-quatre heures dans. le meme pot couver:, agitant la matiere de temps en temps avec une efpatule de bois , on coulera ce mucilage, on y melera le fucre & Ton fera cuire le melan- ge ä petir feu , l'agkäht fans cefle avec une efpatule de bois, de peur qu'ir ne s'attache a la bailine jufqu'a confiflence d'opute , on retirera alors la balfine de delfus le feu , Sc la matiere etant prefque refroidie , Von y incorporera exaclre- ment les trochifques Demi once d'eleituaire de pfyho contient fetze grains de diagrede. On retire les drogues de la premiere infulion prefqu'auill empreintes de leur fubftance qu'elles l'eroient en y entrant, parce que les tixes etanr chargez de leurs propres piincipes , n'en peuvent recevoir guere d'autres, il eil vrai quel'elecluai- re n'y perd pas grand' chofe , car excepte le leime $c l'afarum , touc le rede y eil inutile auill bien que les trochifques dans la poudre. Je voudrois reformer cettc jcompolition en la manieie fuivante. Elecfttaire de Pfyllium rifor.ne. Prenez. de la femenet de violettes concaffee , trois onces , He U racine d'afarum 3 des feinlies defenne moudees, & du tartre foluble , de ebaeun demi once. Faites infafer chaudement le tont enfembte pendant vingt-quatre beures dans des sanx dißillees de cbicoree & de borracbe t de chaeune ttots demi feptiers > De Celles de fumeterre &d'ache , de ebaeun deux onces. Faites-les bouiüir enfuite legeremeni \ ctntlez, la dkoäion & Vexprimez*. Puis dans lacolature mettez, en maceration pendant vingt-quatre heures, de la fe~ mence entiere de pfyllium, trois ences, obfervantde remuer le vaijfeaud'heure enheure. Aprescela , exprimez. le mucilage entier } & faites-y cuire a petit feu enconjißeme d''Opiate, du fucre blanc , trois livres. Jette^-y enfuite de la poudre de feammonee , trois onces, & de cellc de rbubarbe 3 üne demi once. Faites-'en un eleäuaire felon 1'art, ülecluaire de Pfyllittm , de A4ontagna.na. Prenez, du pelypode nouveau, une livre , Des feuilks de fenne, des violettes, des tamarins , des pruneaux , des raißns paffes , de ihieun trois onces, De l'eau de fomaine , cinq pintes. Laijfez. tautet ,ces drogues en infußon pendant vingt-quatre beures; apres cela, faites les bBuiliirjufjif'a diminutmn de mottle , puis coulez, Vinfußon &t'exprimez.. Refervez, une partie de la decoäion pour tirer la pulpe de la Cafe & des tamarins, & Jetten dans 1'antre partie , de la femence de pfyllium , trois onces. La\jfe~ infufer le toutpendantatttant de tems , &remuez,fouvent levaißeau } apres cela tiretu-en le mucilage , für une livre dttquel vous jetterei, quatre livres de fucre que vous ferez, cuire a petit feu; puis vous y ajouterez. Des pulpes de caffe & de tamarins y de ebaeune demi livre 3 Du diagrede , quatre onces, Des myrabolans mdiques & embliques, de chaeun cinq dragmes & dem'ie , De UrhubArbe, des violettes, dufpode, du fantal blanc & rouge, des rofes rouges, des feniencesdefavot blanc , de pourpier d'endive , de fcarwle , de fenauil, d'anis. De berberis , de fumeterre t De la gmmt adraganth & arabique , de l'amidon, UNIVERSELLE. De U rAptire d'yveire, & de la reglijfe , de chacun trois dr Agnus. Metex, le tout \ & faites-en un elecluaire felon l'art. 7U R E M A R O^U E S. On mettra dansunpot de tetre vernifle , lepolypode bien concafle , les raifms mondezjesprunes, le Tenne, les violettes & les tamarinds, on verfera deflus,l'eau bouilianre, on couvrira le pot, & Ton laitlera la mattete en digeftion vinge-quatre heures, puis on la fera bouiilit jufqu'a. diminutiondela moitie , on ia coulera 6c on l'exprimera tune partie de cette liqueur fervira a humecter lestamatinds & la cafle pour en tirer les pulpes •, dans l'autre on mettra infufer chaudement la femence de pfyllium pendant vingt-quatre heures , l'agitant de tempsentemps aveeuneefpa- ta'le de bois, enfuite on coulera le mucilage & on l'exprimera , on y meiera le liiere , on mettra cmre le melange a petit feu jufqu'a confiftence de miel, le rerhuant inceffammcnt für la fin de peur que ie mueibge ne s'attaclie au fond, on redrera la baffine de deflus le feu, & l'on y demelera les pulpes. Cependant on aura pulve-- rife enfemble les fantaux,l'yvoire, larhubarbe, la reghfle , lesfemences, les myra- bolans,les violettes & lesrofes,d'uneautrepart le ipode & lamidon , d'une autre part le diagrede, d'une autre part les gommes adraganth & arabique dans un mor- tier chaud , on aflemblera les poudres, & on les meiera exa&cment dans lamatiere a demi refroidie, paur faire un ele&uaire qu on gardera aubefoin. II pur^ela bile&lapituite , il leveles obftructions. La dole en eft depuis une dragme jufqu'a demi once. Le diagrede eft le prineipa! purgatif de cet electuaire , il en entre a proportion autant qu'au precedent , le fenne , la rhubarbe , les myrabolans , les tamarinds , la calfe qui y fönt ajoutez rendent la compofition un peu plus purgative- que lautre, La decocKon fe remplit tellement de la fubftance des prunes, des tamarinds, des raifms qu'elle ne peut pas diflbudre beaueoup de celle de fenne , c'eft pourquoi je trouverois plus a propos qu'on employät le fenne en poudre qu'en infuiion , aulli- bien fe diilipe-r-il beaueoup de fa vertu quand on iefait bouülir -, on fe pafleioit bien ici des tamarinds en deco&ion , puis qu'il y en entre en puipe une aüex bonne quantite., La poudre eft farcie d'ingrediens inutiles qu'il faudroir retrancher comme le fpode , les rofes ,les fantaux, les femences, les gommes,Pamydon , l'yvoire Sc lare- flille, on pourroit leur fubftituer une once & demi de tartre foluble & au lieu des eurs de violettes , mettre la graine , je ferois donc d'avis qu'on reformät la compofition en la maniere fuivante. £lec7uaite de Pfyllium , de Mcmtignma T rifotme. Trencz. de la decoäwn de polypode re'cent , des pruneaux & des raißns pajfes , deux. Imes dans lefquelles vous ferez, infufer chaudement pendant vingt-quatre heures de U femence de pfyllium entiere , troiscnces, en la remuant fouvent. Enfuite exprimez.-en le mucilage & le faites cmre avec quatre üvres de fucre en tonßßence de miel. Puis AjoutcTL-y delapulpe decaffe & de tamarins } de chacun demi livre,. De U poudre de feammenee , quatre ences. Des ftuilles de fenne mondees, de la fernenn de violettes 3 Vettus Dofe. Purg. de l'tlc&uaire Vertus. Pofc. 714 PHARMACOPE'E Des myrabolans indiqties t & du tarne fohble, de chacun une otxe & demie: De la rhubarbe , trois dragmes. Faites du tout un eleäuaire felon l'art. Elecluaire de pfyllium conige\ de M. Ditquin. Trene-L du polypode de ihefne concaffe , une demilivre '■ Des tAiJinsdi Dumas mondez,, des feutlhs de fenne mondees, & de U femenee dt violettes concäffee f de chacun trots onces , De l'eptthyme & du tarne blaue de Montpellier concaffe t de chacun deux onces , I 'aites culre ces Ingrediens dans les fucs epurex* d'aehe , de borrache , de buglofe , jfendive & de fumeterre , de chacun deux üvres & demie. Codex, enfuite & exprimex, la decoäion , & faites tnfufer dans fa portion la plus conßderable t De U femenee de pfyllium entiere , trois onces. Tirex.-en apres cela le mu et läge comme il fe doit , & le gardex.. Duns raune partie de la decoäion fufdite y humeäex.-y Dis tamarins f dix onces , avec la moelle de deux livres de caffe de levant; Puis tirex.- en la pulpe & l'epaifßßex, für un petit feu en t eile forte qu'il en reffe fept onces de clueune. Lemucilage que vous aurex, referve fera cutta petit feu avec quatre livres du med. leur fucre en conßflence d'eleäuaire nwu , & qtiand U mauere fera. a demi refroidie t on y meiert les pulpes & la poudre Juivante. Prenex, du diagrede choiß , quatre onces, De la meilieure rhubarbe , & de la femenee de v'niettes , de chaeune deux onces , Des rofes rouges , de la regliffe mondee , du fantal citrin & de la raclure d'yvoire, de chaeune une once , Des quatre gr,indes femences froides mond°es > & de U femenee d'anis - de fenouil & de pavot blanc, de chaeunes deux dragmes. VMtes de tout cela une poudre pour mehr dans l eleäuaire. R E M A R Q_U E S. On fera la decoction dans les fucs depufez comme eile e(l ordonnee , on mertra infufer chaudement dans les deux tiers de cecte deeoction coulee Sc exprimee , la femenee de pfylium entiere pendant vingt-qaatre heures, ou Jtifqu'ä ceque la li- queur foit en macilage. On humeitera cependant la cafle & les tamarinds avec le reite de la decoction , & l'on en tirera les pulpes qu'on fera detlecher a petit feu ; on coulera le macilage , & l'on y fera cuire le iuere par une clialeur moderee , re- muant le iyrop fur la fin jufqu a ce qu'il foit en confiftence de miel: on tirera alors labafiine de defllis le feu, öc quand la matiere fera a demi refroidie , l'on y melera les pulpes & enfm les poudres agitant long-temps le tout enfemble por.r faire une ele&uaire qu'on gardera au be/oin, il a les memes vertus que les precedents. La do~ fe en eftdepuis une dragrne jufqu a demiorce. Les fucs etant chargez de leur propre fubftance , ne tirent guere de purgatif du fcnnc ni de la femenee de violecce, &c d'autant moins qu'il entre dans la decoclion beaueoup UNIVERSELLE. 7*5 beaucouo cPautres Ingrediens qui aident a remplir les pores de la liqueur, de plus les cocHons'emportent iine bonnepartie de ce qu'il peut y avoir de cette qualite, 011 ne doit donc pas faire grand fond für ce purgarif. La vertu puigative de cet eieftuaire de pfyllio vient de la caffe , des tamarinds, du diagrede, de h rhubarbe Sc de la femence de violettes en poudre. Une dragme de cette compofition contient des ptrlpes de caffe Sc de tamarinds de chacun cinq ä fix grains , de diagrede trois grains, de rhubarbe Sc de femence de violette , de chacun un grain Sc demi. Deux dragmes de la compofition contiennent des pulpes de caffe Sc de tamarinds de chacun onze grains, de diagrede fix grains, de rhubarbe Sc de femence de violettes de chacun trois grains. Trois dragmes de cette compofition contiennent des pulpes de caffe Sc de tamarinds de chacun feize ou dvx-fept grains, de diagrede neuf grains , de rhubarbe Sc de femence de violette de chacun quarre grains Sc demi. Demi once de cette compofition contient des pulpes de caffe Sc de tamarinds de chacun vingt-un a vingt-deux grains •, de diagrede demi ferupule, de rhubarbe Sc de femence de violette de chaeunfix grains. Ces deux dernieres deferiptions ont beaueoup de rapport, elles fönt un electuaire de confiftence meilleure quecelui de Mefue , parce qu'elles contiennent des pulpes de caffe Sc de tamarinds qui n'entrent point en l'autre •■, je trouve en cette derniere plufieurs Ingrediens butiles, comme le polypode , les raifins, 1 epithyme, les rofes, la regliffe , le fantal citrin , la rafure d'yvoire, les femences froides, d'anis, de fe- couil, de pavot. Je voudrois donc reformer cette compofition en la maniere fui- vante. tlcftuaire de pßllium teforme. Prenez, des fucs epuveu d'aebe, de boracbe , de fumetere , & d'endive , de cbacufi deux livres , Dans laportion la plusconßderable de ces fucs , faltes infitfer de Ufemer.ce entiere de pfyllium t trois onus. Apres celatirez* lemucdage comme ilfaut' & le gardex*. Humeüez, enfuite avec rautre partie de ces fucs , des tamarinds de levant, dix onces y & la moelle de deux Uvres de caffe de levant t dont vous tirerez, lapulpe, que yohs epat/firez. a. petitfeu.de teile forte qu'il refie fept onces de chaeune. Vouscuirez, enfuite für un feu modere , enconßfience d'un eleäuaire meu , le tntai- läge que vous aurez, garde , & quand U mauere fem a moitie refroidie, vous y meieren les pulpes & la poudre fuivante , Pretiez, da diagrede , quatre onces , De la meilleure rhubarbe , des feuüles de fene motidees, & de U femence de violettes, de ebaeunes deux onces , Dutartre foluble , une once & demie. Faites-en une poudre que vous meieret, a l'eleäuaire. puf g. de la copofition. 3"> ui ElecJuaire diiphaenic. Trtnez, de la pulpe de dacles cuites dans l'bjdromel, paffee far le tamis& epaifie , & des pemdes t de cbatun denn livre , Des amandes douces pelees t trois onces & demie, Du turbith cboifi, quatre onfes, Du diagrede , untmee & demie, f Xxxx z 3 7 t 4 PHARMACOPE'E Dugingemhre \ da poivre blanc , du maus, de U canelle , des feultles de thut fe (hei ; Des femences de fenoud & de dauern , de chacun deux dragmes , Du m'iel ecume a deux livres , Faites-en un eleäuaire fetott fart. R E M A R QJU E S. On prendra fept ou huit onccs de da&es mondees de leur peau Sc de leur noyau , on les mettra cuire a petit feu dans deux livres d'hydromel ou ilfera encre rrois ou quarre onces de miel: quand elies feront molles on les ieparera d'avec leur decoclion, on les ecarfera dans un mortier de marbre avec les amandes pelees, on batcera bien le rout enfemble jufqu'a. ce qu'il foit en päte, on le paflera par un tamis de crin ren- verfe pour en tirer la pulpe. On pulverifera enfemble fubcilement le turbith , le gingembre, le poivre,- le macis, la canelle, larhue Sc les femences-, d'uneautre part la fcammonee, on melera les poudres -, on ecumera le miel dans la deco&ion des dadfces, on y melera les penides , Sc on les fera cuire en confiftence d'opiate, on y delayera les pulpes hors du feu , Sc quand la matiere fera plufqu'a demi refroidie , l'on y melera exa&ement les poudres avec un biftortier, pour du tour faire un electuaire qu'on gardera au befoin. Il purge principalement la piruire craiTe Sc les ferofitez y il excite les mois aux femmes , on s'en lert pour l'hydropifie, pour la lechargie > pour l'apoplexie, pour k paralifie , pour les maladies hyfteriques. La dole en eft depuis une dragme jufqu'a une once. Diaphcenic fignifie ele£buaire de dac~tes , parce que ce frr it en eft dir faire la bafe, Duphctnic ce n ' e rj: p 0urtant pas Je lui que la compoiition nre fa vertu.. Les ingrediens pnrgaufs du diaphcenic fönt le turbirh Sc le diagrede. Une dragme de cet ele&uaire contient de turbirh fix grains, de diagrede de deux grains Sc le quart d'un gram. Deux dragmes de cet eleduaire contiennent de turbith demi fcmpuie, de diagrede quatre grains & demi. Trois dragmes de diaphcenic contiennent de turbith dix-huit grains , de diagrede fix grains Sc les trois quarcs d'un grain. Demi once de diaphcenic contient un ferupule de turbith, Sc neuf grains de diagrede. Cinq dragmes de diaphcenic contiennent de turbith trente grains, de diagrede onze grains Sc le quart d'un grain. Six dragmes de diaphcenic contiennent de turbith demi dragme, de diagrede treize grains Sc demi. Sepr dragmes de diaphcenic contiennent de turbith quarante-deux grains, de diagrede quinze grains Sc les rrois quam d'un grain. Une once de dkphcenic contient de turbith deux ferupules, de diagrede dix- huit grains. Les amandes peuvent un peu adoucir par leur parrie huileufe, l'acrete des purga- tifsde cette compolicion, mais elles la rendent grumeleufe, empechant une liailon exafte des fubflances. Leuicre commun feroit auffi bon ici que les penides, le gingembre , le poivre s la canelle, le macis, la rhue, les femences peuvent aider aux purgaeifs, a rarefier la pituite vifqueufe dans les maladies du cerveau, a lever lesobftructions, Sc ä exciter les mois aux femmes. Je voudrois y ajoüter une once de fei d'armoife > Sc quelques Vertus. Dofe. Purgat- du 3 1 » 3"> I«, 3v, 3 vii > UNIVERSELLE. 715 gouttcs d'eiTence de Tauge; je ferois donc d'avis qu'on preparät le diaphoinic en 1» maniere fuivante. EleCtuaire diaphccmc , reforme. Prenec de la pulpe de datles cuites dam Veau commune paffee par le tamis, & tyaiffie] Du fucre blanc&du mielecume cuits dans cette decoclwn ) de cbacun une Itvre & demie. De la poudre de turbhb chotß, quatre onces , Du diagrede , une onee & detnie, du fei d'armoife , une once , Dugingembre, du potvre blanc 3 du macis , de la canelle, des fleurs de rhue feches \ des femences de fenouil & de daucus, de cbacun deux dragmes. Helez, le tout, &faites-en un eleäuaire auquel vous ajouteret, doifLe gouttes d'effence de fäuge , ou de meliffe , & que vous gar der ez. pour l'ufage. On peut meler 1'elTence de fange dans environ fix dragmes de fucre candi en poudre fiibtde , afin quelle s'incorpore mieux danslacompofirion. # Benedicte laxative. Prenez, du turbith cboiß& de la racine d'efule mineure, preparee avec le vinaigre , de cbacun dix dragmes f Des bermodaäes, du dtagrede & des rofes rouges, de cbacunßx dragmes , Dugyrofle, du fpicanard , dugtngembre, du Jaffran t dupoivre long, de l'amome ,du petit cardamome ; des femences d'aehe, de perßl, de carvi, defenoüil, d'afpergesj de petit houx, de faxifrage, de gremil; du fei getarnt , du galanga & du macis t de cbacun une dragme , Du medleur miel ecume & cuit en conßßence d'opiate , deux Uvres & demie , faites-en un eleäuaire felon l'art, R E M A R Q_U E S. On pulverifera feparement le diagrede & le fei gemme, rmis on mettra en poudre enfemble le refte des drogues, on melera les poudres: on fera ecumer Sc cuire le miel jufqu'en confiftenced'opiate, & quand il fera a. demi refroidi, Ion ymelera exaetement les poudies avec un biftotier , pour faire un ele&uaire qu'on gardera au befoin. Il purge la pituite Sc les ferofitez de toutes les parties du corps ; il leve les ob- ftruetions, il excite les mois aux femmes , il chafie les vents. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a fix, on l'cmploye aufli le plus fouvent dans les lavementSj 0:1 en met dans chaeun depuis trois dragmes jufqu'a une once. Le nom de berjeditte a ete donne a cetrecompofition a^aufe de fesgrandes ver- tus; le turbith, la racine d'efula, les hermodaclres Sc le diagrede en Font le purgatif. Une dragme de benedi&e contient de turbith & de la racine d'efula de chaeun deux grains & le quart d'un grain, d'hermodactes Sc de diagrede de chaeun un grain & le tiers d'un grain. Deux dragmes de benedicte contiennent de racine de turbith & d'efula de chaeun quatre grains Sc demi, d'hermoda&es & de diagrede de chaeun deux grains Sc les deux tiers d'un grain. Trois dragmes de benedicte contiennent de turbith Sc d'efula de chaeun fix grairs 6c les trois quarts d'un grain, d'hermodades 6c de diagrede de chaeun quarre grains Xxxx i) Vertus." Dofe. Purgatifs de labenc dläs, 3"> 3"»> 3 vi, pö PHARMACOPE'E Demi once de benedidre contient de turbith Sc d'efula de chacun neuf grain d'hermodadtes 8c de diagrede de chacuncinq grains 8c le tiers d'un grain. Cinq dragmes de benedi&e conriennent de turbith & d'efula de chacun onze grains & le qua« d'un grain , d'hermodacies 8c de diagrede de chacun fix grains & les deux tiers d'un grain. Six dragmes de benedidre conriennent d'efula & de turbith de chacun treize grains 8c demi, d'hermodacres 8c de diagrede de chacun hiut grains. Comme cette compofition n'eft guere en ufage que dans les lavemens , je rrouve qu'il vaudroit mieuxy empioyer la racine d'efula fimplement Cschce qu'inrufee dans le vinaigre, paixe que cette preparation en ote la vertu , on pourroit en diminuer un peu la quantite. Les rofes rouges etant aftringentes, nepeuvent produire ici aucun bon efFet, pour le refte des drogues , cjuoi qu'elles ne foient pomr purgatives,. elles peuvenc aider aux purgatifs, a rarefierla pituite crafte, a lever les obitrudtions & a chailer les vents: mais comme il y en a plufieurs d'une meine vertu, on pouroit en abrege; le nombre pour cviter l'embaras. Voici donc comme je voudrois reformer la bene- ditte laxative. Benedikte laxative, re'fofmee. Vrenez, du turbith cbo'tß, dix dragmes, de l'e'corce de petite racme d'efule , une once , Des hermodaäes & du diagrede , de chacun Jix dragmes■, &■: fei gemme , demi once , Du ffifattard, dugmgembre, dugyrofle, dufaffran , dupetit cardanwne, dugatanga-, du -mach , des femences d'ache , de carn , de faxt frage , de fenne , de chacun une dragme & demie. Tulverifez. le tout & le melet. avec deux livres & demie de miel ecume, pur en fair3 un eleäuaire felon l'art. Elecimire aperitif ', de M . Daqum. Trenei, desfeuilles mondees de fenne de levant, quatre onces , ~Du diagrede, des troclnfques albandal, de i'agaric choiß, de la rhubarbe , & de fit femence de violettes , de chacun une once & demie , De la gomnn fagapenum, de la myrrbe & de lagomme ammoniac , de chacun une once* De l'antimowediaphoretique , du mercure doux & de la poudre des trois fantaux, ds chacun ßx dragmes , Du fei de mars & de tamarifc , de chacun demi once , Du meüleur mtel ecume fkns addiüon de liqueur, ßx Ihres. ~E.aites.-en un eleäuaire felon l'art.- R E M A R Q_U E S. On pulverifera fubtilement enfemble le fene, les rrochifques aihandal, I'agaric ,, la rhubarbe, la femence de violettes & le fagapenum - y d'une autre part on mettra en. poudre enfemble la gomme ammoniac qu'on aura choiii en larmes, la myrrhe fine & le diagrede: d'une autre part le fublime doux 8c 1'anrimoine diaphoretique , on> melera toutes ces poudres & i'on y ajoütera les fels & la poudre des trois fantaux. UNIVERSELLE. -i 7 *On mettra chaufFet für uq peeit feu une quantite fuifiiante de bon rniel, & Ton en btera lecume, on pefera fix hvres de cemiel ecume , & Von y melera exade- ment les poudres avec un bürortier , pour faire du tout Uti eieduaire qu'on gardera au befoin. 11 purge routes les bumeurs , il rarefie hs matieres vifqueufes & grouietes, il leve les ohftrudions, il excite les mois aux femmes, on en donne dans les fievrcs quartes, dans les cachexies, dans les maladies hypochondriaques, dans l'hydropi- iie. La dofe en eft depuis une dragme julqu a lix. Jj entre dans cet ele&uaire quatre fois autant de miel quede poudre, les tfjirgä- tifs fönt le fene, le diagrede , les trochifques alhandal, l'agaric, la rhubarbe ,1a femence de violettes Sc ie metcure doux. Une dragme de cet eieduaire conticnt de fene trois grains, dediacn-ede, de tro- chifques alhandal, d'agaric , de rhubarbe Sc de-femence de violettes, de chacun un grain , de fublime doux denn grain. Deux dragraes de cet eieduaire contiennent de fene fix grains , de diagrede, de trodufques alhandal, d'agaric , de rhubarbe Sc de fenience de violettes, de chacun deux grains, de fublime doux un grain, Trois dragmes de cet eieduaire contiennent de fene neuf grains, de diaerede , de trodufques alhandal, d'agaric , de rhubarbe, de femence de violettes de chacun trois grains , de fublime doux un grain Sc demi. Demi orxe de cet eieduaire contient de fene demi ferupule, de diagrede , de trochifques alhandal, d'agaric , de rhubarbe Sc delemence de violettes, de chacun quatre grains, de fublime doux deux grains, Cinq dragmes de cet eieduaire contiennent de fene quinze grains, de diagrede , de trochifques alhandal» d'agaric, de rhubarbe , Sc de femence de violettes, de chacun cinq grains, de fublime doux deux grains Sc demi. Six dragmes de cet eieduaire contiennent de fene dix-huit grains , de diaerede, de trochifques alhandal, d'agaric, de rhubarbe & de femence de violettes., de chacun fix grains , de lublime doux , trois grains. Cette compofition eft un melange de remedes efientiels , je n'y trouve que la poudre des trois fantaux d'inutile. Eleäuaire de Sehe fies , de Montxo-nma:. Trencz, des fucs d'iris& degrand melon d'itide , de chacun une demi lifre '. De Celu't de mercuriak , quatre onces > Des pemdes , huit onces , Cuifez. le tout en conßßence ral jonnable, puis dijjolve^-y Hu dlaprum Jimple , une hvre & dermo , Des pulpes de ftbeßes, de pruneaux & de tamarinds, de chacun cinq onces ' Des poudres de femences de violettes, des quatregrandes femences froides mendies & de diagrede, de ebaeunt trois dragmes & demie, Taiies-en un eleäuaire que vous gardereiu pour l'ufage*. R E M A R QJJ E S. On fera une decodion de violettes dans laquelle on mettra cuireles febeftes ftc les piunes jufqu'a. ce qu'elles foient molles; on humedera les tamarinds avec la meme decodion , Sc Ton en tirei a les pulpes par un tamis de crin renverfe: on tir rera les fucs par expreflüon en Ja maniere ordinaire; on les depurera en les faifant bouühr unbooillon,.& les paflänt par un blanchet on y fera cuire les pemdes jufqu'a Xxxxin Vertus. Dofe. Purg. de la cöpofit.on» 3 " -• 3 w » SV' vu„ Veitiis. Dole. Principaux Purg de la copofition. 7 ig PHARMACOPE' E conliftence de miel, puis on y delayera hors du feu , les pulpes Sc le diaprunura fnnple. On pilera les quarre femences froides mondees dans un morrier de marbre jufqu a ce que'elles foient bien en päre, on les mclera dans la compofition, on y in- corporera enfinle diagrede Sc la femence de violerres fubtiiement puivenfez pour faire un electuaire qu'on gardera au befoin. Ilpurge fans violence, on s'en ferr dans les fieVres inrermirrenres. La dofe en efl depuis deux dragrnes jufqu a une once & demie. Les principaux purgatifs de cerre compofition fönt les fucs d'iris Sc de mercuria- le , la pulpe de tamarinds, les poudres de graines de violerres & le diagrede. Deux dragrnes de l'electuaire conriennenr lesexrrairs de dix-liuir grains de fac d'iris, & de demi ferupule de fuc de mercuriale, de pulpe , de ramarinds quinze grains, de poudres de iemence de violettes trois grains, & de diagrede un grain Sc le quart d'un gram. Pemi once de l'eleduaire contient les exrraits de demi dragme de fuc d'iris Sc d'un ferupule de fuc de mercuriale, de pulpe, de ramarinds rrenre grains, de poudres de femence de violettes fix grains, Sc de diagrede deux grains & demi. Six dragrnes de l'eiecf-uaire conriennenr les extrairs de cinquante quarre grains de fuc d'iris, Sc de demi dragme de lue de mercuriale, de pulpe de ramarinds quaran- te-cinq grains, de poudres de femence de violettes neuf grains , Sc de diagrede trois grains Sc les rrois quarrs d'un grain. Une once de l'elecluaire conrient les extrairs dune dragme de fuc d'iris Sc de deux ferupules de fuc de mercuriale, de pulpe de tamarinds deux ferupules Sc demi, de poudres de femence de violettes demi ferupule, Sc de diagrede ciuq grains. Dix dragrnes de l'electuaire conriennenr les extrairs dune dragme Sc dix-huk grains de fuc d'iris, Sc de deux ferupules Sc demi de fuc de mercuriale, de pulpe de tamarinds une dragme Sc trois grains, de poudres de femence de violettes quinze grains, Sc de diagrede fix grains Sc le quarr d'un grain. Une once Sc demie de l'electuaire contient les exrraits d'une dragme Sc demie de fuc d'iris, & d'une dragme de fuc de mercuriale, de pulpe de ramarinds une dragme Sc dix-huir grains, de poudres de femence de violettes dix-huit grains, Sc de diagrede /epr grains & demi. 11 n'etoit pas befoin de demander de la pulpe de prune de cet electuaire , puif- qu'il y entre du cliaprunum ; la pulpe de tamarinds ne m'y femble pas non plus d'une grande utiiite , puis qu'il en entre dans le meme diaprunum. Les quarre g-andes femences froides fönt mifes ici en fi grande quantite, qu'elles fönt rancir l'electuaire en peu de tems. On peut forr bien fubftituer le fucre commun aux penides, mais il y en entre trop peu pour la quantite des'pulpes, ce qui fait que l'eleduaire ne peut pas erre gardc long renis. Je voudrois le reformer en la mamere fuivanre. Electu&ire de ftbeßes reforne. Trenet. des fucs de rac'fne d'iris & de mercuriale , de ebaeun demi ttPre, Du fucre Haue, une livre. F/ 7 is PH ÄRMACOPE'E dans un mortier de marbre avec un pcu de fon fyrop , on en rirera Ia pulpe par ufj ramis: on pulverifera chacun feparement, ies txochifques, Je cryital de ranre & la refine defcamonee. On feraepaillirfur unpericfeu haironces de fyrop qu'on aura rrouve avec le gingembre conntjufqu'a confiftence de miel, on y diflbudra hors de deiTus le feu , la pulpe avec un biftomer , puis lamanere erant prefque refroidie , on y melera exactemenr les poudres, la confection alkermes, Sc enfin l'huile de canelle , pour faire un eledluaire qu'on garderadans un pot bien bouche. 11 elt dir purger les humeurs froides en fortifiant l'eftomach , il excitel'apetit, ii rhafleles vents. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'd quarre fcrupules. Le nom de Cefär a ece donne a cer eleduaire parce qu'il a ere invente pour l'u- faga d'un Empereur. De rous les drogues qui y entrent, il n'y a que la refine de fcamonee de purgative. Demi dragme de cer eledtuaire contient de refine de fcammonee cinq grains. Deux fcrupules de cer eiectuaire conriennenr de refine de fcammonee fix grains Sc le quarr d'un grain. Une dragme de cer eiectuaire contient de refine de fcammonee dix grains. Quarre fcrupules de cer eiectuaire contiennenc de refine de fcammonee douze grains Sc demi. Les aurres drogues fonr employees dans cer eiectuaire pour erendre les parries de la refine, enforre quelle ne s'arrache pas rrop conrre les membranes inrerieures des vifceres, pour rarerier les humeurs rrop condenfees: on veftr auffi qu'elles forrifient l'eftomach & le cerveau pendant Taction du purgarif, mais ces deux efFers fonr bien contraires, & il n'y a pas d'apparence que les fibres des vifceres pujffenr erre affer- mies & fortifiees dans le rems quele purgarif les irrite Sc difibur les humeurs par une fermenrationaifez violenre. On rrouvera dans mon Traire de Chymie, la deferiprion de la refine de fcammonee. Ekffuaire anti-hydropque , de M. ~Da.quin. Prenez. de la r hub.tr be choifie, desfeuilles de fennemondees, de la femence degeneß, des rachtes de bryone f de jalap & de mecboAcam , De la fcammonee , de Ja gomme gutte , & des trochifques Mandat, de chacun une once, De l'extrah d'efule, des gommes opopanax , fagapenum, ammoniac } & du fei de mars , de chacun fix dragmes , De l'extrah de concombre fauvage t une demi once, Desfucs d'iris vulgare & de füre au , epaijßs en conjifience d'unextrait mou, de chacun une llvre, D£ l'extrah mou de frajes de genievre , & du fyrop de nerprun , de chacun une llvre & dem'ie. Faites-entin eleäuaire felon l'art. R E M A R Q^V E S. On rirera les extraits du petir efula , du genievre & du concombre fauvage en la onaniere ordinaire avec de l'eau commune : on räpera les raciries d'iris & de fureau, pour enfuite les exprimer Sc en avoir les Cucs qu'on fera epaiJfir a perir feu en con- fiftence de miel; on pulverifera enfemble la rhubarbe, le fenne, la fcmence degeneft, les racinesfeches ? l'opopanax Sc le fagapenum: dune autreparr la fearnrnonee , la gomme Venus. Dole. Z ü UNIVERSELLE. ? x| gomme glitte , la gomme ammoniac qu'on stura choiii en larmes: "d'une autre parr fes trochifques Sc le fei demars. On fera chaufFer le fyrop de nerprun,on y delayera les extraits 8c les fucs epaiffis, puis quand iamariere fera prefque refroidie , on y melera exadrement lespoudres pour faire un ele&uaire qu'on gardcra au belbin. II purge puiffamment les eaux, on s'en fert pour I'hydropifie. La dofe en eft de- puis une dragme jufqu'a demi once. H^^^^^ Les ingrediens purgatifs de cet eleftuaire fontla rhubarbe , le fenne, les raci- Ingrediens nes de bryone, de jalap & de mechoacam, la fcammonee , la gomme gutte , les rro- P ur S atlfs chifques alhandal, les extraits d'efula , de concombre fauvage, d'iris, de fureau 8c C o mpo fai5 Je fyrop de nerprun. & leur Une dragme de la compofition contient du fyrop de nerprun dix-huit grains, des quantite fucs epaiffis de racines d'iris 8c de fureau de chacun demi fcrupule , de la rhubarbe, ^ 'chaque du fenne , des racines de bryone , de jalap &: de mechoacam , de la fcammonee , ° .f" • de la gomme gutte & des trochifques alhandal de chacun un grain, de l'extrait d'efu- ° ' la les trois quarts d'un grain, de I'elaterium demi grain. Deux dragmes de la compofition contiennent du fyrop de nerprun demi dragme, dgs fucs epaiffis de racines d'iris & de fureau de chacun un fcrupule , de la rhubarbe , du fenne , des racines de bryone, de jalap 3c de mechoacam, de la fcammonee , tle la gomme gutte 8c des trochifques alhandal de chacun deux grains, de l'extrait d'efula un grain & demi, de I'elaterium un grain. Trois dragmes de la compofition contiennent du fyrop de nerprun cinquante- quatre grains , des fucs epaiffis de fureau 8c d'iris de chacun demi dragme , de la rhubarbe , du fenne des racines de bryone , de jalap 8c de mechoacam, de la fcammonee , de la gomme gutte & des trochifques alhandal de chacun trois grains, de l'extrait d'efula deux grains Sc le quart d'un grain , de I'elaterium un grain & demi. Demi once de la compofition contient du fyrop de nerprun une dragme, des fucs epaiffis des racines de fureau 8c d'iris de chacun deux ferupules, du fenne, des racines de rhubarbe, de bryone, de jalap & de mechoacam, de fcammonee, de la gomme gutte & des trochifques alhandal de chacun quatre grains, de l'extrait d'efula trois grains , de I'elaterium deux grains. Ehtttinire hydragogue de Zvvelftr. Trenet, de V kor et moyennc de fureau & de la racine d'hieble, de choeune trois onces t De la racine de concombre fauvage, \deux ottees 3 De la femence d'hielte , une once & demie , De faforum, des feuilles d'bellebore mir , .& de gratlole $ de chacun une once: Vous feren. bouillir toutes ces drogues hachees & concaßees dans une fufffante quantite d'eau commune reduites a deux plntes ou environ , la decoclwn etant coulee 3 & ex- primee, & clarifiee , on j melera du (ucre blanc, & du miel ecume t de chacun dix onces, Cutfez. le tout de muveau en conßßence äffet, epa'tjje , & für la fin ajautei,-y De la poudre de jalap , trois onces , De celle de canelle t ßx dragmes , de Celle de gyrofle, de noix mufeade , & de gomme gutte , & de l'extrait de concombre fauvage, de chacun demi once. Uelet, tont cela, &faltes-enun elecluaire felon l'art. R E M A R QJJ E S. Qn mettta bouillir les ingrediens marquez dans ce qu'il faudra d'eau, pour f Yyyy Uli *>. yxx PHARM ACOPE'E avoir deux livres de forte decodion coulee, exprimee Sc clarifiea par refidence, on y difloudra lefuc Sc lemiel, Sc Ton fera cuire la diiloiution a petit feu jufqu'en- confiftence d'opiate , on retirera la bafline de deilus le feu , Sc quand la mauere fera ä demi refroidie, Ton melera exadement l'elaterium Sc les poudres, pour faire du tout im eleduaire qu'on gardera au beiom. Vertue II pnrge vigoureiuemcnt les ferofitez par les feiles, Sc quelquefois par le vomifie- Dofe. ment, on s'en fert pour l'hydropifie. La dofe en eft depuis une dragme juf- purg. de la q U 'i trois. copo ino& j^ es p U1 -g a tif s Je cette compofition fonc iecorce moyenne de fureau , les racines tkj für cha d'hyeble , de concombrc fauvage, de graine d'hyeble , d'afarum, de feuilles d'elle- qucdofc. bore noir , de gratia Dei, le jalap, la gomme gurte Sc l'elarerium. 5 i, Une dragme de l'eleduaire hydragogue contient les fubftances de cinq grains Sc demi de la leconde ecorce de fureau , de cinq grains Sc demi de racine d'hyeble, de quatre grains de racine de concombre lauvage, de trois grains de femence d'hyeble , de deux grains d'afarum , de denx grains de feuilles d'ellebore noir, Sc de deux grains de feuilles de gratia Dei; des poudres de jalap cinq grains tk. demi, de gomme gutte Sc d'elaterium de chacun un grain. Deux dragmes de l'eleduaire hydragogue contiennent les fubftances d'onze graks de la feconde ecorce de fureau , d'onze grains de racine d'hyeble, de huit grains de racine de concombre fauvage , de fix grains de femence d'hyeble , de quatre grains d'afarum , de quatre grains de feuilles d'ellebore noir , Sc de quatre grains de feuilles de gratia Dei, des poudres de jalap onze grains , de gomme gutte Sc d'elate- a 11 3 m rium de chacun deux grains. Trois dragmes de l'eleduaire hydragogue contiennent les fubftances de feize grains Sc demi de la feconde ecorce de fureau, de feize grains & demi de racine d'hyeble , de demi fcrupule de racine de concombre lauvage , de neuf grains de femence d'hyeble, de fix grains d'afarum , de fix grains de feuilles d'ellebore noir, Sc de üx grains de feuilles de gratia Dei, des poudres de jalap leize grains Sc demi , de gomme gutte , Sc d'elaterium de chacun trois grains. La canelle, le gyrofle Sc la muicade ne lervent dans cette compofition qu a en augmenter Pacrerc dont eile ne manque point , ces ingrediens y ont ete mis pour corriger les purgarifs , Sc pour fortifier les parties nobles contre leur violence, mais ils ne peuvent faire ni l'un ni l'autre en ce rencontre comme je Tai montre ailleurs: je trouverois a propos de les retrancher de la compofition , Sc de mettre en leur place une once de tartre foluble qui corrigeroit mieux les purgatifs que toute au- tre drogue. Eletfuaite hydragogue , de Sylvitts Delboe. Trenez. de l'extrait de genievre & de la pulpe de tamarinds , de chacun quatre onces. De la racine de jalap . une once & demie t De la feammonee eboiße, une o;ice , De la canelle , & de la femence de fenouil doux f de ebaeune deux dragmes a Du fucre blanc erat & dißottt dans l'eau commune, dix onces. Melez. le tout > & faltes-1» un eleäuaire felon l'art. R E M A R O^U E S. L'extrait de genievre fe prepare avec de l'eau commune en la rhamere ordinaire. On humedera fix ou fept onces de tamarinds avec un peu d'eau chaude , on en rirera h pulpe par un tamis renverfe, & on la fera deifecher ; on pulverifera enfem- UNIVERSELLE^ 7*5 ble la canelle, le fenouil & le jalap, on mettra en poudre feparement la fcammonee, on fera cuire lefucre avec de J'eau jufqu \i cöhfiftence d'opiate , on y melera hors du feu , la pulpe , l'extrait & enfin les poudfes pour faire un ele&uaire. 11 purge les ferofitez , on s'en fert pour l'hydropifie, pour la-goutte fciatique ; La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a. fix. Les purgatifs principaux de cette compofition fönt la fcammonee Sc lc jalap; f'our les ramarinds , leur qualite purgative eft fi mediocre qu'on ne doit pas es compter. Une dragme de l'elecmaire hydragogue contient de jalap quatre grains & demi, de /cammonee trois grains. Deux dragmes de l'eleclaiaire contiennent de jalap neuf grains, de fcammonee fix grains. Trois dragmes de l'eledtuaire contiennent de jalap treize grains & demi, & de fcammonee neuf grains. Demi once de l'electuaire hydragogue contient de jalap dix-huit grains , de fcammonee demi fcrupule. Cinq dragmes de l'elecmaire contiennent de jalap vingt-deux grains Sc demi, de fcammonee quinze grains. Six dragmes de l'ele&uaire contiennent de jalap vingt-fept grains Sc de fcammonee dix-huit grains. Les tamarinds me femblent mal appropriez dans cette compofition a caufe de leur qualite aftringente , je voudrois mettre en leur place de la caMe ou de .la manne. La canelle Sc la femence de fenouil ont ete ajoutez ici pour fervir de correcfcifs aux purgatifs, quoiqu'ils n'en ayent pas befoin , on pourroit leur fubftituer la tar- tre foluble qui eft aperitif & un peu purgatif ■, je voudrois donc reformer cet elec- tuaire en la maniere fuivante. Elefittaire hydragogue % reformt'. Trentz, du fucre blatte, dix onces. Cuifez.-le en conjiflence de mlel dans une quamite fuffifante d'eau commune : Tuis meleu-y des extraits de genievre & de caffe , de chaeun quatre onces. Sur U fin jettez~yde la poudre de racine de jalap , une once & demie , X>e la fcammonee choiße , une once , du tarne foluble, une demi-once» Eaites-en un clettuaire felon l'art. Eleciuaire Cathartique vioUt , de Mjnßcht. Freuen de la conferve de violettes recente & vitriolee , hult onces } Des hermodaäes mondet,, une demi livre , De la reßne de feammonh , deux onces & demie , Du tartre Vitriole une once & demie , De la canelle , du gyrofle , & du gingembre blanc , de chaeun deux dragmes , De fhuile de cumin t deux feruputes, Avti deux livres de fyrop de fuc de violettes Vitriole , faites-en un eleäuake felon fart. REMARQUES. On pulvctifera enfemblcles Hcrmodaües, la canelle, les gyrofles,&: le gingem- Y yyy ij / Vertus. Dofe. Principaux Purg de la copofitioni 3J> ik> |*. 3 V > 3" V J> Vsrtus. Dofe- Ingrediens purgat. de l'ele&uaire 3 i» 3"> 7 i 4 P H A R M A C O P £' E bre: d'tmeautre part la refine de fcammonee Sc le rartre vitriole,on melera quelques gouttes d'efprit de vitriol dans la conferve de violette Sc dans le fyrop violac en con- uftencedemieljOn y delayera la conferve hors dedeflus le feu, Sc quand la matiere fera prefque refroidie , on y incorporera les poudres Sc enfin 1 nuile de cumin pour faire du toiit un elecluaire qu'on gardera au beloin. 11 purge les leroiitez , il eft propre pour les gouteux, pour la fciatique, pour les douleurs de jointures. La dote en eil depuis une dragme jufqu'a trois. Les Ingrediens purgatifs de cet elecluaire lont les hermodactes, la refine de fcammonee & le tartre vitriole. Une dragme de cet elecftuaire contient des hermodac~t.es dix grains, de reiine de fcammonee quarre grains, du tartre vitriole deux grains Sc demi. Deux dragmes de l'eledtuairc contiennent des hermodactes vingt grains, de la refine de fcammonee huit grains , du tartre vitriole cinq grains. Trois dragmes de Feleclruaire contiennent des hermodactes trente grains, de la. refine de fcammonee demi fcrupule, du tartre vitriole fept grains Sc demi. La canelle, les gyrofles, le gingembre Sc l'huile de cumin ont ete mis ici pour fortirier les parties nobles,pendant que les purgatifs agiilent, mais ilsne fervent qua donner plus d'acrete au remede, car ils ne peuvent pas fortirier quand le purgatif eft. enaction : & quand memelon pourroit dans ce tems-lä rafFermir les fibres des parties , il faudroit l'eviter, parce qu'on empecheroit par la que les humeurs ne fer- menraflent Sc ne fe fondifleiit fuffifamment pour s'ecouler par le venire- El'effttaire rofat ,. de Mcfue. Prenez. da fuc de rofes pales, deux livres, Dujucre Urne f neuf onces ; de la manne , trois onces. Cuifcu-Us enfemble a petit feu en conßftence de miel , puis vous y ajouterez* la peu- dre fuivante Des poudres de fcammonee ,Jtx dragmes t des trocbifques de fpode , une demi dragme,. Des trocbifques de berberis , deux dragmes, De galüa mofcbata t & de faffran , de cbacun une dragme. Jaites-en un eleäuaire ftlon Vart. R E M A R Q^U E S. Mefue demande dans cette defcription ,. du fuc de rofes rouges, mais il doir en- tendre du fuc de rofes incarnates qui eft purgatif Sc non pas du fuc de rofes pour- prees qui eft aftringent, ä moins qu'il n'eüt deiiein de moderer par ce fucattrin- gent le purgatif de la fcammonee , mais cette gomme n'a point befoin de ce correctir. On cueillera donc les rofes pales ou incarnares avant le lever du foleil, quand el- les fönt a demi epanouies & hautes en couleur, on les mondera de leur pecule , on les battra dans un mortier de marbre jufqua ce qu'eUes foient enpäte, on lescou- vrira Sc les ayant laiflees digerer a froid quelques heures, on les exprimera pour en avoir le fuc, on expofera ce fuc au foleil dans une bouteille de verre , pour le faire un peu depurer , puis on le paflera par un blanchet: on di/Iöudra dans ce fuc le fucre 6c la manne y on coulera la dülblurion, Sc Ion en fera evaporer ä petit feu l'hu- midite dans un plar de terre verni/Ie jufqu a confiftence de miel,on retirerala matiere de deffuslereu, Sc lorfqu'elle fera prefque refroidie , on y melera exaetemenr les poudres pour faire un ele&uaire. Vertue Dofe. Purg. de Ia copofition. Zh § n ) » i«, 3 V > 5 n> UNIVERSELL!:. _ 71 j ll eft dir piirger principalement la bile, on s'en fert pour Ia jauniue , pour la gontte , pour les vertiges. La dofe en cft depuis une dragme jufqii'ä fix. Le purgatif principal de cet ekcluaire eft Ja kammonee; la manne & lesrofes lui dennent aufli quelque perite vertu purgative mais bien foible. Sur chaque dragme de cer ele&uaire il cntre trois grains de kammonee,- Sur deux dragmes de cet electuaire il entre fix grains de fcamrnonee. Sur trois dragmes de cet ekcluaire il entre neur grains de kammonee.- Sur demi once de l'eleckiaire il entre demi fcrupule de fcamrnonee. Sur cinq dragmes de l'electuaire il entre quinze grains de kammonee. ' Sur fix dragmes de l'eleckiaire il entre dix-huit grains de kammonee. Meine demande qu'on fafTe cuire la kammonee avec la manne, le fucre & le fuc de rofe , mais comme par cette coclion il ie perd beaueoup de parties purgatives de la gomme , il eft plus ä propos de l'employer en poudre. Les trochifques qu'on fait entrer dans la poudre y fönt plus nuifibles qu'utiles, parce qu'ils fönt la plüpart compokz d'ingrediens aftringens: le faffran n y fait poinr de mal, inais il n'y fcrt de rien , je voudrois retrancher ccs ingrediens 8c mettre en leur place fix dragmes de fei defoulfre prepare comme je l'ai decrit dans mon livre de Chymie , ilhäteroit l'action des purgatifs par fes parties penetrantes , il aideroir a la preeipitation & ä l'evacuation de la bile par les feiles & par les urines & il ren- droit 1 ekdtuaire pks agreable au goiit & a la vüe. Je ferois donc d'avis qu'on rc- formät cette compofition en la mamere fuivante» Electuaire rofat r re'fofme. VreneiL du fuc de rofes pales, deux livres, De U manne de calabre , & du fucre blanc , de ebaeun denn livre. Melez.-les , & lesfaites evaporer für unpetit feujufqu'en conßßencede miel. Apres cela jettez,-y De la poudre de fcamrnonee, & de fei de foulfre , de chactin ßx dragmes, taites-en un eleäwaire felon l'art, dont la dofe fera depuis une dragme )ufqu'aßx. EleSfuairt Cathartique rofat y de Mynfichl. ? Treuen de la conferve de rofes rouges vitriotee ,feptonces, Des trochifques de fcamrnonee rofate de Mynßcht, dix dragmes, De la poudre des efpeces dtarrhodon Vitriole , une once , Du nitre purifie , une dragme & demie , De 1'buile de canelle , un fcrupule, Faites-en un eleäuaire avec un peu de fyrop rofat folutif vitrtole. R E M A R Q^V E S. On pulVerifera chaeun kparement les trochifques de kammonee rofäre & le falpe- tre purifie , on les melera avec la poudre dkrhodon qu'on aura arrofee de quelques gouttes d'efprit de vitriol ; on delayera la conferve de rofe avec environ deux onces de fyrop de roks päles, on y melera environ une dragme d'efprit de vitriol,puis on y incorporera lespoudres & Fhuile de canelle , pour faire un electuaire qu'on gar- dera au befoin. llpurge fans violence principalement I'humeur bilieufe, il arretele vomifkment. Vertus, La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a trois. Dofe. iL ny a ici que la kammonee de purgative, tous les autres Ingrediens n'y fönt' Purg. de la melez que pour la corriger. cöpofirioiu- Y yyyiij 3i> Vertust DofK Emetique dela compofition. 31» ?!*.' £«, 3 vi, 7i l'effet va par les feiles» UNIVERSELLE. 727 La racine d'afarum contient un foulfre falin qui agiflänt dans l'eftomach peu de temps apres qu'on la pris , en picorre les fibres , Sc y excite la convulfion qui fait que les nerfs de ce vifeere fe gonflant & par confequent fe racoureiffant, ils eievent avec violcnee ce qu'il contient, Sc ils le pon/Tent dehors par labouche - , mais ii l'eftomach fe rrouve aflfez fort pour foutenir cetee irritation fans s'ebranler , Vafarum a le temps de defeendre dans les inteftins , Sc d'y exciter la meme fermentation r älors la peate des humeurs tend par les feiles. Eletfutite de "Turbith mineral y de Mynficht. Prenez. du mithridat de Damocrates , tro'is onces , Du turbith mineral & de la poudre des ejpeces diarbodon , de chaeun demi once ,- De l'efprit de Vitriol reclifie & de l'huile carminative de Mynßcbt } de chaeun un feru- pule , Dufyrop de jujubes, ce qu'il en [er* necejfaire. Taites-en un eleäuaire felon l'art. R E M A R Q^U E S. On mefera avec le mithridat quatre onces de fyrop de jujubes cuit en confiften-' ce de miel, on y ajoütera l'elpnt de vitriol, l'huile carminatif Sc les poudres, on agitera long-tems le melange avec un biftortier & l'on gardera cet elecftuaire. U purge violemment par le vomiflement , & quelquefois par les feiles , il ejt propre pour la veröle, pour l'hydropifie , pour la peftc-La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a une dragme Sc demie en bolus. Toute la vertu emetique de cette compofition vient du turbith mineral. Demi dragme de 1'elect.uaire contient deux grains Sc le quart d'un gram detur- bith mineral. Une dragme de l'electuaire contient quatre grains & demi de turbith mineral. Une dragme Sc demie de l'elecluaire contient fix grains Sc les trois quarts d'un grain de turbith mineral. Vertue» Dofe. Emetique* de la c .m- pafitlotu 3ß> 3 »» 3J ß On trouvera dans mon livre de Chymie la defeription du turbith mineral. Il ne faut point ufet de cet eleituaire en breuvage de peur que quelque portion de mercure ne demeurät entre les dents &c ne les ebranlät. Le mithridat, la poudre diarhodon &c l'huile carminative fönt emplöyez dans cette compolirion pour refifter au venin, Sc pour fortifier l'eftomach contre f a&iöBf"" du turbith mineral, mais ces ingrediens fönt inutiles pendant que le vomitif agit, il vaudrok mieux les garder pour en füre prendre le lendemain dela purgation. Le meilleur corredbif qu'on puifle donner au turbith mineral eft le bouillon gras, parce qu'il facilite le vomiflement en adoucifiTant l'acrete du remede; cetre prepa- ration me paroit donc fort inutile , il fuffit de garder le turbith mineral pur, pour en faire prendre en pilule ou en bolus quand on voudra , incorporc dans un peu de eonferve de rofe ou de violette. Elecl'tixire de gyfofles & de coßus. Trencz, du diagrede & des bettwdaftes , de chaeun une once, Du coßus, du gjrofle , du gingembre , & du cumin } de ebaeun demi once, Du tnitl ecume ßx onces. Melez. le taut, & faites-en un eleäuaire felon Tart. Vertu«. Dofe. Purgat. de l'eleciuaue Conferve «5'ceillet vi- triolee. Vertus. Dofc. Purg. de la cöpofition. 71S fHARMACO P.E'E On pulverifera feparement le diagrede Sc ies aucres drogues enfemble, on mele* ra les poudres dans le miel ecume Sc cuit en confiftence d'opiate, pour faire un ele- ötuaire qu on gardera au befoin. U eft employepour purget les ferofitez bilieufes &melancholiques , on s'enfert pour les goutteux , pour pmger le cerveau. La dofe en eft depuis une dragme mf- qu'a denn once. Le purganf de cet eleduaire vient du diagrede & des hermodacftes. Une dragme de cet ele&uaire contient du diagrede & des hermodactes de chacun trois grains & demi. Deux dragmes de l'electuaire contiennent du diagrede & des hermodactes de chacun fepc grains. Trois dragmes de l'electuaire contiennent du diagrede 6c des hermoda&es de chacun dix grains & denn. Demi once de l'ele&uaire contient du diagrede Sc des hermodactes de chacun quatorze grains. Il n'y a que les purgatifs d'effentiels dans cette compoiiuon, le refte ne fert pas i grande chofe. Elecluaife Cathaftique de gyrofles , de Mynßcht. Trenet, de la conferve defleurs d'a'illets vitriolee, fept oncts t Du turbith hUnc , & gommeux , deuxonces, De la fcammonee rofate de Mynjicht , dtx dragmes, Des gyrofles choijts, une once , Du cryßal de tarne , Jix dragmes , De la canelle&du macis, de chacun une dragme & dentle, De rhuile d'oranges , un fcrupule , Du fjrop d'ecorce de citron , dix-fept onces. laites-en un eleäuaire felon Vart. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble fubrilement le turbirh,les gyrofles, la canelle & le macis , on mettra en poudre feparement, la fcammonee Sc le eryftal de tartre, on jnelera les pourpres. On incorporera dansla conferve d'ceillet environ demi dragme d'efprir de vitriol pour la yitrioler ; on fera cuire du fyrop d'ecorce de citron en confiftence d'opiatc , on y demelera la conferve , puis les poudres , & enhn l'huile d'orange pour faire un f lecluaire qu'on gardera dans un pot bien bouche. Il purge la pituite crafle Sc les ferofitez , 011 peut s'en fervir dans l'epilep/ie, dans I'apoplexie, dans l'hydropifie. La dofe en eft depuis une dragme jufqua fix. Les purgatifs de cette compoiition fönt le turbith 8c la fcammoneerpfare. Une dragme de l'ele.cftuaire contient de turbith cinq grains, de fcammonee trois grains. Deux dragmes de 1 ejecftuaire contiennent de turbith dix grains, de fcammonee, fix grains. Trois dragmes de Pelectuaire contiennent de turbith cjuinze grains , de fcammonee neuf grains. Demi once de l'ele&uaire contient de turbith vingr grains , de fcammonee demi fcrupule» Cinq UNIVERSELLE. 719 Cinq dragme« de 1 elecluaire contiennent de turbith. vingt-cinq grains, de fcam- 5 v t monee quinze grains. Six dragmes de l'ele&uaire contiennent de turbith trente grains, de feammonee 5 vj, dix-huit grains. Les gyrofles, la canelle , le macis & Phuile d'orange nie paroifienr inutiles dans cette compo/ition purgative, on pourroit les en feparer pour en faire une poudre dont oa ie ferviroit apres la purgation pour fortifier le cerveau 8c l'eftomach. Le graftd EleffttAire indique , de Mcjuc. Frenet. du meilleur turbith t ßx onces & deux dragmes, Dufucre candt & des penides, de chacun deux onces & deniie , Du diagrede , une once & demie , De la canelle , du gyrofle , du fptcanard, des rofes rouges, de la caffe odarante , du macis , & du fouchet , de chacun denn-once, Dm fantal citrin , deux dragmes & demie , Dm bois d'alocs & de la noix mufcade , de chacun deux dragmes, Du petitgalanga , du grand & pettt cardamome, de l'afarum , & dumaßic, de cbaatn une dragme & demie. Faites une poudre de tous ces Ingrediens que vous frotcrct. entre ros mains enduites d'huile d'amandes douces , & que vous incorporerez* enfuite avec le fyrop fuivant. Prenez. des fucs de coings, de grenades 3 d'ache , & de fenouil epurei., de chacun demi livre , du mellleur miel ecume, trois livres. Cuifez*-les en conßßence de fyrop epais. Faites du tout un Eleäuaire felon Part. R E M A R 0_t7 E S. Le nom de cet eleäuaire vient de ce qu'il a ete invente & premierement mis en ufage par des Medecins des Indes Orientales , il a ete furnomme majus a caufe de celui qui iuit, lequel on a moins compofe. On pulverifera enfemble les racines, les bois, les gyrofles, le fpicanard , les ecorces, les cardamomes; les roles, la mufcade, & le macis \ d'une autre part le ma- ftich & la feammonee, on melera les poudres & on les frottera dans les mains ointes d'huile d'amande douce. On tirera les fucs en la maniere ordinaire, on mettra depurer ceux de coing &c de grenade au foleil, & Ton fera bouillir un bouillon ceux d'ache & de fenouil, on les paflera tous par un blanchet, & on les melera avec le miel ecume , le lucre candi Sc les penides, on fera bouillir lemciange jufqua confifteuce d'opiate j.puis quand il fera a demi refroidi, l'on y melera exaitement les poudres, pour faire du tout un electuaire qu'on gardera au befoin. Il purge la pituite & les autres humeurs de toutes les parties du corps. La dofe en eft depuis une dragme jufqu a fix. Les purgatifs de cette compofition fönt le turbith & la feammonee. Une dragme de cet elecfuaire contient huit grains Öc demi de turbith & deux grains de diagrede. Deux dragmes de cet electuaire contiennent dix-fept grains de turbith & quarre grains de diagrede. Trois dragmes de cet elecTruaire contiennent vingt-cinq grains &c demi de tur- ? üj bith, & fix grains de diagrede. f Z zzz Vertu*. Dofe. Purg. de la copofition. 11, 73° PHARMACOPE'E Demi once de cet ele&uaire contient trente-quatre grains de turbith, Schutt grains de diagrede. 3 v, Cinq dragmes de l'electuaire contiennent quarante deux grains &c demi de tur- bith , & dix grains de diagrede. 3 vi, Six dragmes de l'electuaire contiennent cinquante & un grain de mrbith, Sc demi ferupule de diagrede. Je ne trouve d'eflentiel dans cet electuaire que les purgatifs, tont le refte me paroit inutile, ainfi j'eftime que cette compofition pourroit etteretranchee des Dif- penfaires quand on en anroit rire le turbith , la feammonee & l'afarum dont on fe- roit une poudre purgative , je fuis perfuade que cetre poudre erant donnce feule dans du bouillon , produiroit bien mieux fon effet, que quand eile eft melee avec le grand fatras de drogues qui entrent dans la compofition , mais fi l'on veut ua eleetuaire on pourroit le compofer en la maniere fuivante. Le grand Eleetuaire indtque , reforme. Trenez. du turbith chnß ,ßx onces , du diagrede , une once & demie , Du tartre foluble , une once , de l'afarum, dtux dragmes, Du fjrop rofat folutif, cuit en conßßence de miel, deux livrts & demie. Melez, le tout, & faites-en un eleäuairc dont la dofe fera d'une dragme jufqu'aßx] Vertus. Dofe. Purg dela cöpofition. 3.V> 3"> #Ä 3 V » Le petit Eleclmire indique, de Meßte, Trenez. du ßcre blanc, & du meilleur turbith } de chacunßx onces & deux dragmes, De la feammonee , ßx dragmes , Du macis , du paivre , & dugingembre , du gjrofle, de la canelle , da grand carda- mome ,& de la nnx mufeade , de chaeun trots dragmes & demie Du miel ecume , deux livres. Taites-en un eleäuaire felon l'art. R E M A R Q^U E S. On putverifera enfemble le turbith, le macis , le poivre , le gingembre, les gy- rofles, la canelle , le cardamome, Sc la mufeade ; d'une autre part on mettra en poudre fubtile la feammonee dans un mortier oint d'une goutte d'huile d'amande: on difToudra le fucre avec le miel ecume dans un peu d'eau , puis on le fera cuirejuf- qu'a confiftence d'opiate, on le tirera de deffus le feu, & quand il fera a demi re- froidi Ton y incorporera les poudres pour faire un eleetuaire. Il a les meines vertus que leprecedent. La dofe en eft depuis unedragme pfqa a fix. La vertu purgative de cet eleetuaire vient du turbith & de la feammonee. Une dragme de cet eledtuaire contient de turbith onze grains 8c le quart d'un grain, de feammonee un grain & le quart d'un grain. Deux dragmes de l'electuaire contiennent de turbith vingt-deux grains& demi , & de feammonee deux grains Sc demi. Trois dragmes de l'electuaire contiennent de turbith trenre-trois grains Sc les trois quarts d'un grain, Demi once de l'electuaire contient de turbith quaranre-cinq grains, Sc de feammonee cinq grains. Cinq dragmes de l'electuaire contiennent de rurbith cinquante-fu grains Sc Je UNIVERSELLE. 731 quart d'un grain, 8c de fcammonee, fix grains 6c le quart d'un grain. Six dragmes de 1 eleclruaire contiennent de turbith foixante & fept grains Sc demi, & de fcammonee fept grains & demi. Je dis la meme chofe de cet electuaire corame du precedent, on s'en paiferoit fort bien dansla Medecine , toute fa vertu confifte dans le turbith & dans la fcammonee , lefquels on peut faire prendre en poudre feals, Sc ü l'on veut faire ufer des autres drogues contenues dans fa defcription, on peut en faire prendre les jours qui. fuivronc celui de la purgation pour fortifier les parties nobles, eües ne feront pomt alors rroublees par le purgatif, Sc elles produiront leur effet. Electuaire panehymagogue , de Z weif er. Trenei. de la racine de po Ijpode, trois cnces } De celle d'afarum , & de rhubarbe , J)e l'agaric & des feutlles de fenne mondees , de ebaeunes une ence & demie , De la racine d''ellebore noir , & de l'ecorce de racine d'efule , de ebaeune une ence. Joutes ces drogues bacbees & cene affers feront cuites dans une quantite/uffifante d'eau commune, & coule'es & bouühes a plußeurs reprifes jufqu'a ce que toute la vertu en ait ete tiree , apres quoi toutes les decoätons coule'es & exprtmees feront clarifiees avee les blancs d'oeufs & cailes en conßßcnce de fjrop epais enj ajoutunt deux livres de fucre : enfin quand ce fjropfera unpeu refroidi, on j ajoutera De U poudre dejaUp, trois onces, De la femence d'anis & de coriandre , De celle de turbith , deux onces , De la noix mufeade , de chaeun demi once , De la reßne de fcammonee, une once. Meierte taut, & faites-en un elecluahe fclon l'art. R £ M A R O^U E S. On concafTera les drogues demandees pour la decoebion , on les mettra infufer & bouillir dans une quantite fuffiiante d'eau commune , on coulera la liqueur tk Von exprimera le marc, on fera bouillir de rechef ce marc dans de nouvelle eau , on coulera la decodlion avec expreffion , corame devant, on reiterera de faire bouillir le marc dans de nouvelle eau pour la troifieme fois, afin de tirer autant qu'il f e poura la fubftance des mixtes: on melera ces decoctions coulees avec deux livres de fucre , on claxifiera le melange avec un blanc d'ceuf, & on le fera cuire en confi- ftence d'opiate - , cependant on pulveri(er#enfemble le jalap , le turbith, les fernen- ces , la mufeade & en particulier la refine de fcammonee , on melera exaebement ces poudres dans le fucre cuit Sc a demi refroidi pour faire un elecbuaire. Il purge toutes les humeurs. La dofe en eft depuis une dragme julqu'a. trois. Il entre ici les purgatifs de la decoebion & ceux de la poudre , ceux de ia deco- cbion fönt 1'afarum, la rhubarbe , le fenne , les racines d'ellebore noir &: d'efula : ceux de la poudre fönt le jalap, le turbith & Ia refine de fcammonee. Une dragme de l'elecbuaire panehymagogue contient les fubftances ou extraits de trois grains d'afarum, de trois grains de rhubarbe, de trois grains d'agaric , de trois grains de fenne , de deux grains de racine d'ellebore noir, & de deux grains decor- ce de racine d'efula : des poudres de jalap fix grains, de turbith quarre grains de refme de fcammonee deux grains. Deux dragmes de l'elecbuaire panehymagogue contiennent les fubftances ou extraits de fix grains d'afarum, de fix grains de rhubarbe, de fix grains d'agaric , de fix grains de fenne, de quatre grains de racines d'ellebore noir, & de quatre grains d'ccorce de racine d'efula : des poudres de jalap demi ferupule , de turbith huit grains, de refine de fcammonee quatre grains. Zzzz i j 3 V *» Ver-tus. Dofe. Ingrediens Fing, de la copofition, leur quantite für cha- que do:e. 3 1 > 3 11 732 PHARMACOPE'E 5 iii j Trois dragmes de l'electuaire panchymagogue contiennent les fubftances ou ex-^ traits de neuf grains d'afarum , de neuf grains de rhubarbe, de neuf grains d'agaric , de neuf grains de fenne, de fix grains de racine d'ellebore noir, & de fix grains decorce de racine d'efula: des poudres de jalap dix-huit grains, de turbirh douze grains, & de refine de fcammonee fix grains. Le polypode eft la drogue de la decoclrion Ja moins necefläire, neanmoinsfa fubftance s'y trouvant en plus grande quantite que d'aucune aurie drogue , eile en occupe plus les pores, & eile empc-che quelaliqueur ne foit autant empreinte quelle pouroit l'etre de la qualite des purgatifs , je lerois donc d'avis qu'on retranchät le polypode de la decoction, Sc qu'on mit les autres drogues en infulion pendanr vingt quarre heures, avant que de les faire bouillir, afin que leurs fubftances euflenr le temps de fe detacher , il feroit auili fort a propos d'ajouter dans l'inrufion une once &c demi du tartre foluble, pour aider a tirer la teinture des ingrediens, Sc pour em- pecher que leur purgatif n'excität des tranchces. Je voudrois aufli retrancher de la poudre, les femences & les mufcades, comme des drogues inutiles dans cetre compofition , voici donc comme il me fembleroic bon de reformer cet electuaire. Etecluxire panchymagogue reforme. Trenez. des rtcints d'afarum, de rhubarbe choiße, & d'agaric, desfeuüles de fenne t & du tartre foluble, de ebaeun une once & demie , De U racine d'ellebore mir & de l'e'corce de racine d'efule f deebaeune une once, Toutes cet drogues bacbees & concaffees feront infufees cbaudement pendant vingt- quatre heures dans une quantite fußfante d'eau commune ,- apres quoi on les fera cuirt für un peüt feu , puison coulera & on exprimera la decoclion. Onfera cuire enfuite la colature avec deux livres de fucre eh conjißence demiet, & quand la mauere fera a demi refroidie t on j ajoutera De la poudre de jalap, trois onces, du turbith t deux onces , De la reßne de fcammonee, une once. MelcL le tout & faites-en un eteäuaire felon Part. L'afarum Sc J'eliebore qui entrent dans cet ele&uaire pourroient exciter quelques vomiflemens aux malades , s'ils n'ejjpient meiez avec une grande quantite de purgatifs qui preeipitent leur vertu Vomitive par les feiles. Eleciuciiit emtre la goutte , de du Clos. Prenez. du fagapenum diffout cuit & purifie dans le vinaigre fcillitique, une once & demie. Des reßnts de fcammonee & de jalap , de ebaeunes une once } Des hermodaäes , Jtx dragmes , Du gyrofle , du mar um , du coflus & dugingembre , des femences d'anh>de fenouih de carvi , de gremil, & du maßic, de chaeun un demi ferupule > De l'effence d'anis . dix gouttes , Du fucre candi blanc dißout & cuit dans I'eau diflillee de chamepytis, me livre. Faites-en un eleäuaire felon Vart. R E M A R Q_U E S. On pul verifera enfemble les hermoda&es, les femences, les gyrofles, le marum, ou a fon defaut la marjolaine, le coftus &; le gingembre, d'une autre part on mettra 3*> UNIVERSELLE. 735 tn poudre enfemble les refines &c le maftich, on melera les poudres -, on fera cliflbti- dre a petit feu le fagapenum dansce qu'il fäudra de vinaigre fcillitic , on coulera la diüolurion par une etamine avec forte expreifion, puis on fera evaporer l'humi- ditejufqu a coniiftence d'extrait. On fera cuire le fucre dans fept on hau onces d'eau diftillee de chamepitis jufqu a coniiftence de miel, on y melera fiors du feu le fagapenum piirine , Sc quand la mauere fera prefque refroidie , on y incorporera les poudres 8c enfin l'eilence d'anis , pour faire du tout un elecftuaire. L'j4ureur demande qu'on en prenne par precaution rous les mois au decours de h Lune pour eviter la goutte. Il purge les ferofitez. La dofe en eft depuis demi Veitus. dragme jufqu a deux dragmes. Dofe. Les purgatifs de cette compofition fönt les refines de fcammonee Sc de jalap, les p urCT . de I a hermodactes. cöpoficion. Demi duagme de l'eleftuaire contient des refines de jalap Sc de fcammonee, de X ß , chacun deux grains , d'hermoda&es un grain & le quarc d'un grain. Une dragme de l'electuaire contient des refines de jalap Sc de fcammonee, de chacun quatre grains , d'hermodades deux grains Sc denn. Une dragme Sc demie de l'electuaire contient des refines de jalap & de fcammonee, de chacun fix grains, des hermodades trois grains Sc les trois quarts d'un grain. Deux dragmes de l'eleduaire contiennent des refines de leammonee Sc de jalap de chacun huit grains, des hermodades cinq grains. Les femences , les gyrofles, lemarum, le maftich , legingembre, le coftus &: l'eilence d'anis fönt inutiles dans cette compofition, je voudrois retrancher ces Ingrediens , Sc mettre en leur place demi once de tartre foluble. Elettmire de ftnne\ de Nie. Alex. Trenez. du fucre candi, une demi llvre t des avelincs torrefiees , c'mquMte , Du fenne monde , trois onces t de la cMelle une once , De la pierre d'az~ur lavee & fechte , trois dragmes , De la foye un peu torreffiee&coupeeen menu'e'sparties,dugjrofle, dupetitgalanga , dupoivre noir , du fpicanard , de la femence de baßlic, de la feitille indienne , du cardamome , du faffran t dugingembre, de la z.edoaire , des fleurs de rofmarin } & du poivre long, de chacun deux dragmes, De la pierre d'Armenie , une dragme , du miel ecume , deux l'mes & demie. Taites-en un elecluaire felon l'art. R B M A R QJJ E S. On torrefiera un peu les avelines feparees de leurs ecailles , on les pilera dans im tnortier , on les humedera en päte avec un peu de miel ecume, Sc on les paflera par un tamis renverfe pour en avoir la pulpe , on broyera le lapis lazuli & la pierre d'Armenie enfemble, on les lavera&on les ferafecher , on pulverifera le fucre candi a part, & le refte des drogues enfemble, on melera les poudres : on ecumera & l'on fera cuire le miel en coniiftence d'opiate liquide , on y melerahors dufeula pulpe, puis les poudres pour faire un eleduaire qu'on gardera au befoin. Il purge doacement, on s'en fert pour la mclancolie hypochondriaque, pour la ma- Vertust nie, pour lafiev/e quarre. La dofe en eft depuis demi once jufqu a une once Sc demie. Dole. Cette compofition contient pour tout purgarifle fenne , Sc il eftmelange dans un grand nombre d'aurres ingrediens i qui ne fervent qua l'empecher d'agir ; je voudrois retrancher cet elecluaire des Difpenfaires, comme inutile , il fuf- Z z z z iij ., 34 PHARMACOPE'E fit d'avoir du fenne en poudre fubtile pour s'en fervir au befoin. Electuaire de Senne, de du Renan. Frenez. des ra'ißns de corinthe, ßx dragmes, De l'ecorce de raune de caprter ; des racines de cbicoree, de buglofe } de polypode de cbefne , de chiendent, & de regliffe t de cbacun demi once , Des feuilles de capillaires , d'bemiomte , de cetberach , de cufcute , d'armoife , de fu- nieterre , d'atgremoine , de betoine , de meüjfe > des fleurs de geneß & de violettes de cbacunes demi poignie. Faltes cuire le tout dans une fufffante quantited'eau reduite a trois chopines ; Pitts infufez. & cuifez, dans la colature , des femlles de fenne t quatre onces f) Des racines d'ellebore noir , & de turbitb, de cbacunes une once & demie , Du gyrofle , deux dragmes , Des femences de daucus } de coriandre , de cbacunes une dragme & demie. Faites bouillir ces droguesjufqu'a Uconfomptwn dutiers, & ajoutez. a U colature Du fucre } une Itvre & demie, Cuifez. le tont enfuite en conßflence d'opiate f & y ntelez. l'exprejfion d'une demi once de rbubarbe eboifie infufee dans l'eau ferree , De U poudre de fenne , deux onces , de celle du bois de faffafras , une once , de celle de la pierre a'awir preparee, & de canelle, de ihacune demi once , De la racine de pivoine, de l'ecorce de tamarifc , de l'epitbyme , de l'ecorce moyenne de frefne , des femences d'agnus caflus , de melle romaine , du fpicanard , de cbacun trois dragmes , Du romarin , & duflxcbas , de cbacun une dragme. Faites-en un eleäuaire felon l'art. R E M A R Q^U E S. Abalzemer Le nom de cet eledtuaire vient de Abalzemer mot arabe qui fignifie fenne. On fera bouillir dans environ fix livres d'eau , premierement les racines mon- dees & concaflees , enfuite les raifins &c enfin les feuilles & les fleurs, pour avoir trois livres de decodtion coulce , on y mettra infufer chaudement pendant vingt- quatre heures le fenne, les racines d'ellebore noir & de turbith, les temences de coriandre & de daucus &: les gyrofles, le tout bien concaffe , enfuite i'on fera bouillir rinfuiion a pecit feu jufqu'a diminution du tiers de l'humidite , on coulerala ii- queur avec expreffion , & Ton y fera cuire le fucre en confiftence de raiel; cepen- dant onaurafait infufer chaudement pendant un jour demi once de rhiibarbe cou- pee par petits morceaux, dans une livre d'eau ferree: on coulera rinfuiion exprimanc rortement lemarc ,on melerala colature dans le fyrop qu'on fera encore bouillir doLicement, jufqu'a ce qu'il ait repris une confiftence de miel, on le rerirera alors de delliis Je feu , & quand il fera a demi refroidi, l'on y melera ks poudres pour faire un elecTruaire qu'on gardera au befoin. On s'en fert pour purger les maniaques, les hypochondriaques, les epileptiques, les verolez , les lepreux, les fcorbutiques. Ladole en eft depuis deux dragmes jufqu'a une once. Pur» de la j_ £S puve - at if s de cette compofition fönt le fenne, h racine d'ellebore noir , le r turbith & la rhubarbe. 3 ii 5 Deux dragmes del'eledfcuaire contiennent les fubflances ou extraits de dix-huic Vertus. Dole. UNIVERSELLE. 735 grains de fenne, de fix grains & les trois quarts d'un grab de racine d'ellebore noir, de fix grains & les trois quarts d'un grain de turbith , de deux grains & le quart d'un grain de rhubarbe, de poudre de fenne neuf grains. Trois dragmes de l'electuaire conriennent les fubftances 011 les extraits de vingt- fent 3 V1 > S v "> )> jr$<5 PHARM ACOPE'E Cuifet-ks en confiflence d'opiate , puis ajoute%.-y de la poudre de fenne , treis mces" } Des meines d'ellebore noir t de turbith gommeux , de rhubarbe choijie , du fei de ta~ marifc & de frefne , de ebaeun detni once. Melet, le tout, & faltes-en un e'lecluaire felon l'art, dont U dofe fera depuis une dragme jufqu'a, trois. Elecluxife Elefcoph ow de l'Eveqae , de Mefue. Prenez. da diagrede & du turbith , de chaeun ßx dragmes. Des tnjroboUns embliques % du gjrofle , de la canelle , dugingembre t de la noix mufeade , & du polypode > de ebaeun deux dragmes & demie Du fucre , nne dem'i livre, Du miel ecume , dix dragmes, Faites-en un eleäuaire felon ran, R E M A R O^U E S. On pulverifera enfemble le turbith, les myrobolans, les gyrofles, la canelle, le gingembre , Li mufeade Sc le polypode: d'une autre part le diagrede, on melera les poudres, on fera fondre le miel & le fucre enfemble avec un peu d'eau, on les fera cuire jufqua confiflence d'elechiaire liquide , on retirera alors la matiere dedeilus le f eu, Sc quand eile fera a demi refroidi, l'on y incorporera les poudres pour faire du tout un electuaire. Venus. H purge la bile Sc la pituite de tout le corps, il chaffe les vents. La dofe en eft lJoie. depuis une dragme jufqu'a demi once. Purg. de la Les purgatifs de cette compofition fönt le turbith , le diagrede Sc les myrobo- cöpöfition. J ans> 3 i , Une dragme de lelectuaire contient du diagrede Sc du turbith de chaeun deux grains Sc demi, des myrobolans un grain. 3 ii, Deux dragmes de lelecluaire contiennent du diagrede Sc du turbith de chaeun cinq grains , des myrobolans deux grains. 3 iii, Trois dragmes de Teledtuaire contiennent de turbith Sc du diagrede de chaeun fept grains & demi, des myrobolans trois grains. g" ß , Demi once de l'ele&uaire contient du diagrede Sc du turbith de chaeun dix grains, des myrobolans quatre grains. Les gyrofles, la canelle , le gingembre , la mufeade &lepolypodefont des Ingrediens fort inutiles ici, on pourroit les retrancher Sc mettre en leur place, une once 6v demi de tartre foluble : Voici donc comme je voudrois reformer lele- cluaire. Eleffttaire Elefcoph , reforme. Trenez. du diagrede & du turbith , de ebaeun ßx dragmes, Des myrobolans embliques , & du tartre foluble , de chaeun trois dragmes ] Du fucre & du miel ecuine , de chaeun demi livre. Taites-en un elettmire felon l'art , dont la dofe fera de dtux ferupules jufqH"}, trois dragmes. Elettumi UNIVERSELLE. 7i7 Elecluaire de coings , de Fernel. Trenez. despommes de coings mondecs dt leur ecorce ,& de leur femencc t neufoiieet. Da fuc de coings, trois onces, Du fucre blatte , une üvre. Cuifez. le taut en confifietice de tmel , & jetteu-j für Ufin ' t De hpudre de diagrede , une ottee , De celle de canelle , deux dragmet , Deceltt de gingembre , de macis & de gynßes , de chaeune dam dragme. Keleu ces Ingrediens, & faites-en an elecluaire [den Vart. IL E M A R H_U ES. # On pellcrades poires de coing r.ouvellement cueillies, on en feparera le pepins, & l'on en pefera neuf onces , on les fera bouillir dans une quanrite fufhfante d'eau jufqu'a ce qu'eiles foient molles: on ies feparera alors de leur decoction, Sc Ton en paflera la pulpe par un tamis de crin renverfe : on fera cuire le lucre dans ia decoc- rion , on y ajoüterafur kfin le lue de coing qu'onaura tire par expxeilion & depure: on fera bouillir la matiere jufqu'a confiftence de nuel. Cependant on pulverifera enfembie lubrilement la canelle, le inacis , le gin- gembre Sc legyrone , d'une autre part le diagredts : on delayera la pulpe de coing dans le fucre cuit, Sc Ton agitera le melange für un petic feu avec un biftortier pour en faire confumer une partie de l'iiumidite fuperflue , Sc pour le reduire en confiftence d elecluaire : on le redrera alors de deflus le feu , Sc quand il fera a. demi re- froidi, l'on y melera exadement les poudres pour faire un elecluaire de confiftence alTez folide : on le garde ordinairement dans des boe'tes coramc une gelee, c'eft un cotignac purgaeif. II purge la bile & la pituite. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a fix. Cet elecluaire n'eft purgatif que par la feammonee. Une dragme du corignac purgarii contient trois grains de diagrede. Deux dragmes du cotignac purgatif contiennent fix grains de diagrede. Trois dragmes du cotignac purgatif contiennent neu? grains de diagrede. Demi once du cotignac purgatif contient demi fcrupule de diagrede. Cinq dragmes de cotignac purgatif contiennent quinze grains de diagrede. Six dragmes de corignac purgatif contiennent dix-huit grains de diagrede. On pretend corriger la vertu purgative de la feammonee en la melant dans le coing ,qui eft aftringent. La canelle , le gingembre > le macis Sc les gyrofles fönt ajoütez dans la compofi- rion , tanr pour lui donner bon goüt que pour forrifier l'eftomach & les autres par- ties nobles contre l'acTdon violente de la feammonee •, mais il eft impoffibie que les vifeeres foient fortifiez pendant que le purgatif les irrite Sc y caufe une fermenta- tion violente; fi l'on retranchoit le gingembre Sc le macis de la poudre, l'eleccuaire cn auroit ungofuplus agreable Sc moins d'aerete. Elecluaire de Minne , de Galten. TreiK% de la manne tres-pure , & du fuc de rofes pales epure , de chxcun um livre. FAites-les mre a petifeu en confiftence dt miel, puis ajoutez.- y , f A a a a a Cotignac purgatif. Venus. Dofe. Purg dela copo.'ition. iy> 3 l h 3 Mj» 3 ß . 3 V > 3 V )> Venus. Dole. Principal pur^atif de l'eiectuaire 3J> 3 J J> 7? 3 PHARMACOPE' E Df lapoudre de Diagrede, une once , Du maflich , trois dragmes , Faites-enun eleäuaire felon l'art. R E M A R OJJ E S. On fera fondre für un petit fen , une livre de belle Sc bonne manne dans une li- vre de fuc de rofes päles depure, on coulera la dLifolurion pour en feparer quelques ordures qui poutroient etre dans la manne : on fera evaporer doucement l'liumidite de la dillolution , jufqu'a ce qu'elle foit en confiftence de miel, on la retirera de deffus le feu , & lorfqu'elle fera prefque refroidie, Ton y melera exactement le dia- grede & le maftich qu'on aura fubtilement pulverifez pour faire un eleftuaire qu on gardera au befoin. II purge la bile & les ferofitez. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a demi once» Le pnncipal purgatif # de cer eledtuaire eft le diagrede. Une dragme de diamanna contienr quarre grains £c demi de diagrede. Deux dratnnes de diamanna contiennent neuf grains de diaqrede. Trois dragmes de diamanna conriennenr treize grains & demi de diagrede. Demi once de diamanna contient dix-huit mains de diagrede. Le maftich eft murile icy , Ton pouroit le retrancher & mettre en fa piace trois dragmes de tartre foluble, qui agiroit bien mieux, Eleüiuüre de Bryone , de Dc'/nocrite. Trenez. de la rächte de bryone mondee & plee , cinq livres } Du vtn cuit , quatre or.ces , De la falle rotte, Des pgnons mondez,, de chaeun demi livre } De l'agaric, trois onces , De la noix mufeade, du cardamome , du macis & du gingembre , de chaeun deux dragmes, Du gyrofle } du poivre long & dufleechas de chaeun une dragme & demie , De la femence de fefeli, du felgemme , des trochtfques de gallia mofebata > de ebacun une dragme y Du fpeanard, une demi dragme, Faites-en un eleäuaire felon Vart. R E M A R Q^JJ E S. On choifira les racines de bryone les mieux nourries , on les mondera de Jeurs ecorces, on les coupera par morceaux , &z on les fera cuire dans de l'eau jufqu'a ce qu'elles foienc molles, on les pillera avec les pignons mondez & la fcillepreparee , dans un mortier de marbre , on en paflera la pulpe par un tamis de crin renverfe : on fera evaporer l'humidire de la decoeftion de bryone jufqu'a confiftence d'extrait , cependant on pulverifera enfemble le refte des drogues, ou melera für un petit feu les pulpes qu'on aura deflechees, avec l'extrait de bryone, le fya. & les poudres pour faire du tout un elecftuaire. 11 eft dit purger le cerveau & les nerfs , on le donne pour les humeurs froides , pour l'epileptie, pour la paralifie, pour la letargie, pour le verrige. La dofe en eft depuis deux dragmes jufqu'a une once & demie. Cette compolition eft fort peu uficee, les proportions des Ingrediens y fönt mal obfervees, car für neuf ou dix livres de l'eiectuaire il n'entre que trois dragmes «i'agaric, il vaudroit autant n'y en avoir point mis: au refte la plupact de ces ingte- UNIVERSELLE. 7i9 diens fönt inutiles icy > (1 l'on veut avoir un ele&uaire diabryonias, il me femble qu il feroit meilieur en la maniere fuivante. Elettuaire de bfyone reforme. Prenez. du fuc de racine de bryone mondee nouvellement tire } quatre livres t Du meilieur miel s deux livres, Cmfet^-les en corififtence de miel, puis ajoüte^-y, De lapoudre de turbitb , d'bermodaäes, de jalap , D'aganc & du fei de bryone , de cbacunßx dragmes , Des fecules de bryone , den» once , Faites-en un eleäunire felon l'art , dont la dofe fera depuis une dragme , jufqu'b une once. Le arand, eleffuAire amer, Aiasifffal. Prenez. de l'ahes futcouin, demi once , Des trochifques d'agaric, de turbitb , des efpeces d'hiereßmple pulverifees, De U meilleure rhubarbe , de clucun deux dragmes, Du gmgembre & du cryflal de tartre t de cb.tcim quatre fcrupules , De l'tris de Fhrence & dufenoud doux , de chacun deux fcrupules, Du fyrop de rofes folutif\ cuit en conßßence de miel ,ßx onces , ftiites-en un cleäuaire felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le turbith, la rhubarbe, i'agaric, le gingembre, l'iris 6c le fenouil-, d'autrepart l'aloes & le criftal de tartre , on mclera ces poudres avec les efpeces d'hiere firaple pulverifees: on fera cuire a petit feu , le fyrop de rotes päles en confiftence de miel, puis etant retire de deflus le feu tk a demi refroidi, Ton y demelera exattement les poudres pour faire un eleftuaire. Il purge la bile, la pituite. La dofe en eft depuis une dragme jufqu a fix en bol. Les purgatifs de cette compofition fönt l'aloes , les efpeces d'hiere, I'agaric , le turbith , 6c la rhubarbe. Une dragme de Me&uaire amer magiftral contient d'aloes quarre grains & demi , des efpeces de hiere, de i'agaric,du turbith,& de la rhubarbe,de chacun deux grains &le quarr d'un grain. Deux dragmes de l'eleftuaire contiennent de l'aloes neuf grains , des efpeces de hiere , de I'agaric, du tutbith,& dela rhubarbe, de chacun quarre grains & demi. Trois dragmes de 1'elecu.iaire contiennent de l'aloes treize grains & demi, des efpeces de hiere , de I'agaric, du turbith, &c de la rhubarbe, de chacun fix grains Sc les trois quarts d'un gram. Demi once de l'ele&uaire contient de l'aloes dix-huk grains, des efpeces de hiere , de I'agaric , du turbith, & de la rhubarbe , de chacun neuf grains. Cinq dragmes de l'eledtuaire contiennent de l'aloes vingt-deux grains & demi , des efpeces de hiere , de I'agaric, du turbith, & de la rhubaLbe , de chacun onze grains & le quart d'un grain. Six dragmes de 1 clecluaire contiennent de l'aloes vingt-fept grains, des efpeces de hiere, de I'agaric , du turbith , & de la rhubarbe, de chacun treize grains & demi. Cet ele&uaire eft bien nomme amer, car l'aloes, les efpeces de hice & lVgaric A a a a a ij Vertus. Dofe Purg. de U cöpofition. 3J> 3üj. 3 V » 3 V L Vertue Dofc Purg. i J e la cöpofitioii. 3/> 3 U J> 3 V > 5 v i' 740 PHARMACOPE'E lui donnern une amertume qui feroit infuportable au goiit fi on le prenoit cn po- cion, mais on l'avale en bol envelope dans du pain a chancer ; on devroit plutot le reduire en pilules. Les efpeces de hiere fimple ne fönt guere autre chofe que de l'aloes, c'eft pour- quoi on eftt bien pii les retrancher de la compofidon, en augmentanr de deux drag- mes la quantite de i'aloes. Le gtngembre , l'ins & le fenouil fönt inutiles icy , l'on pourroit les öter fans diminucr la vertu de la compofition. Voici donc comme je voudrois reformer i'e- le&uaire. Electuaire amer Magißral , lefotmL Trenez* de Faloes fuccotrin,ßxdragmes , Des trochifques d'agaric , de turbith , & de la meilleure rbubarbe , de cbacun deux dragmes Du crifial de tarne , une dragme & demie, Du fyrop de rofes folutif, cu.it en conßflence de m'tel , une demi livre, Taites-en un elecluaire felon l'art, dont la doje fera d'une dragme jufqu'a demi once* Vetit elecfaaife amer, Prenez* de Paloes fuccotrin , demi livre t De l'epitbjwe , une demi once, De la racine d'angehque deux dragmes, De Celles de gtntiane , de Mdoaire , d'acorus } de chacunt deux dragmes, De la canelle . une dragme & demie, Du gyrofle , du tuacts , de la mufcade , du faffran , de cbacun une dragme j Du [iure blanc & des fyrops de fcabieufe & defumeterre,de cbacun une once & demit, . Faites-en en un electuaire felon V art. R E M A R QJU E S. On pulverifera feparement l'aloes dans un monier oint au fond de quelques gouttes d'fiuile damande douce, & Ton mettra en poudre les autres drogues en- femble : on mettra fondre le fucre dans les fyrops, & les ayant fait bouillir legere- ment, on les rerirera du feu , on les laiftera refroidir a demi, puis on y melera les poudres pour en faire un electuaire. Il piuge 1'bumeur bilieufe & les ferofitez, il purine le fang, il excite ks mois aux femmes. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a fix dragmes. Il n'entre de purgatif que l'aloes dans cecte compofition. Une dragme de cet eleduaire contient treize grains & demie d'aloes. Deux dragmes de cet electuaire contiennent vingt-fepc grains d'aloes. Trois dragmes de cet electuaire contiennent quarante grains & demi d'aloes. - Denn once de cet electuaire contient cinquante-quatte grains d'aloes. Cinq dragmes de cet electuaire contiennent foixante-fept grains & demi d'aloes. Six dragmes de cer electuaire contiennent une dragme & onze grains d'aloes. L'aloes feul eft ellentiel dans cette compofition, tous ks autres Ingrediens avec lefquels il eft mele, y ont ete mis a defiein de corriger fa qualite, mais ils ne fönt qu'augmenter fon äcrete; le meilleur correctif qu'on puifle lui donner, eft de manger auflitot qu'on l'a pris. Je trouve donc cette compofition fort inutile , puifque l'aloes tout pur en pilules produira des eftets pareils a ceux qu'on lui attribue, Sc meine meilleurs. UNIVERSELLE. ( 74* 7'ai tire ces deux derniers electuaires de la Pharmacopee de Londres: ce fönt deux efpeces de hiere. Hitre picre , de Gxlien. prenez. de l'aloes fuccotrin , ßx onces & deux dragmes, De la canelle , du xilobalfame , au en fon heu des fommitez* de lentifqut , De l'afarum, du fpicanard , du fäff ran , & du mußte y de ebaeun trois dragmes , , Du wielecume, deux hvres & une once & demie. iMtes-en un ekäuxire felon Vart. B. E M A R Q^U E S. Eiera ficra fönt deux mots grecs , dont lepremier figmüc grande & facree , Sc le fecond amere j Galten avoit li bonne opinion de cette compofirion , qu'il luy a donne ce beau nom. On pulverifera enfemble la canelle, le xilobalfame, ou a fon defaut, du bois de ientifque , l'afarum, & le fpicanard ■-, d'une autre part l'aloes Sc le maftic, d'une au- tre part le faffran apres l'avoir fair fecher entre deux papiers par une lente chaleur; on melera ces Ingredienspulverifez , Sc Ion pourragarder cettepoudre pour s'en fervir au befoin : eile entre dans plufieurs compofitions. Quand on voudrafaire i'eleciaaire , on n'aura qua meler une Partie de cette poudre dans trois parties de miel ecume,& cuit en confiftence d'electoake liquide ; que!ques-uns mettent quarre parties de miel für une partie de poudre. La hiere picre eft employee pour purger l'eftomac , pour lever les obftructions, pour exciter les mois aux remmes & les hemorrhoides, pour puriner le fang. La dofe en eft depuis une dragme jufqua demi once ■, on n'en prend par la bouche qu'en bol, ä caufe de fa grande amerrume ', on s'en fert aufti dans les lavemens pour la colique, pour les maladies hyftenques, pour l'apoplexie: on en met dans chaque lavement depuis deux dragmes jufqua une once - , on en mele auüi dans les fuppofi- toires pour les rendre plus äcres Sc plus acLifs. La vertu purgative de la hiere picre confifte dans l'aloes. Une dragme de hiere picre fimple contient treize grains d'aloes fuccotrin, Deux dragmes de hiere fimple contiennent vingt-iix grains d'aloes. Trois dragmes de hiere fimple contiennent trente-neuf grains d'aloes. Demi once de hiere fimple contient cinquante-deux grains d'aloes. Toute la qualite neceflaire de cette compoiltion refide dans Laloesjes autres dro- gues n'y fervent de rien •, on les y a mifes pour corriger ce purgati£,8c pour fortiner l'eftomac , mais elles ne peuvent faire m L'un ni Lautre: car premierement l'erfec incommode de l'aloes eft de picoter les membranes de l'eftomac par fon fei äcre fer- mentatif", or il n'y a pas d'apparence que cette äcrere foit emouilee & adonciepar la canelle, par le fpicanard, & par les autres drogiies qu'on y mele , lefquelies La plupart fönt remplies de fels inciufs Sc penetrans: l'experience ne nous montre point que ces pretendus correcLifs faflent Leitet qu'on leur attribue. Le corredLif qu'on doit donner a l'aloes, c'eft de manger immediatement devant ou aufficot apres qa'on l'a pns, afin que la fubftance huileufe Sc mucilagineufe des alimens lie Sc embarafle en quelque facon le (el penetrant de cepurgatif , &-l'em- peche d'exciter les irritations, qu'on ap nelle trenchees : pour ce qui eft de fortifier l'eftomac, il eft impoffible que ces Ingrediens li fortifians qu'ils foient, puiflent agir dans le tems que le purgatif fair fon effe:; car alors les fibres des vifceres fönt irri tees Sc relächees par la fermentation & par la diftolution des humeurs,il ne ferok A a a a a iij Poudre de hie.epic e. Eledtu aire»- Vertus, Dofe. rurg. de fa hieie picre ZU % u u 74i PHARM ACOPE' E unaura Sacra, pas meme a. fouhakcr que ces remedes fortifiaiTent durant ia purgation , patce qu'en afFermiiTant les fibres, ils empecheroient que les humeurs qui doivenc etre rarehees ne fe de;achafTent. Cell doiic un abus ou du moins une chofe inurile que de meler avec l'aloes rant de ftomachiques; mais on peurles faire prendre feparement de ce purgatif, lesjours qui fiuvront ia purgation , Sc alors ils produiront un bon effer. L'afarura eft apentif & un peu vomitif , mais il en entre une fi petite quantite dans cetre hiere , qu'il ne peut produire aucun effer. Apres les raifons que j'ai alleguees für la preparation de Ia hiere picre , je conclus qu'il eft bien inucile de faire certe compontion , puifque l'aloes feul eft capable d'agir pour le moins aufti bien : de plus l'ufage en fera beaucoup plus commode , car aulieu de prendre, par exemple , deux dragmesde hiere enbolle matinajeun, on n'aura qu'ä avaler vingt-fix grains d'aloes fuccomn ou d'extrait d'aloes en pilules, dans le tems du repas, il excitera bien moins de tienchees que la hiere. Au lieu de difloudre dans un lavement demi once de hiere, on n'aura qua y metcre cinquante-deux grains d'aloes. Si l'on ajoute für chaque livre de cette hiere fix dragmes de trochifques d'agaric Hierepicre pulverifez fubtilement, on aura la hiere picre avec agaric, qui eft un peu plus avec aga- forte que l'autre. * On tire une reinture de la hiere picre qu'on appelle Ttnäura facra , en la ma- niere fuivante. Metrez dans un matras une once de la poudre des elpeces de hiere picre, Sc un fcrupule de grains de kermes aufli pulverifez , verfez defllis deux livres Sc demie de vm blanc , brouillez bien le rout, Sc ayant bouche le vaiffeau, placez-le en dige- ftion en un lieu chaud , &c l'y laiffez tiois ou quarre jours j filrrez enfuite la liqueur, vous aurez une teinture rouge 5 d'une odeur qui nefera point defagreable ,Sc d'un gout fort amer. Elle eft bonne pour nertoyer Sc fortifier le ventricule, pour exciter de l'appetit, pour tuer les vers , pour provoquer les hemorrhoides Sc les mois aux femmes , pour la fievre rierce. La dofe en eft depuis deux onces jufqn a quatre. Elle lache un peu le ventre. Hiere compofe\ de Nie. Alex. Prcnez. de l'aloes fuecotrin, deux onces , Des trochifques alhandd , du turbith f des trochifques d'agaric , De la femence de violettes , de l'afarum , de la caße odorante De U caxelle t du fpicanard , du jonc ednant, Duxdobaljame , ducarpobalfame , de Fttbjinthe pontique , de l'epithjme, des rofes . rouges , & du mußte , de chaettn une dragme. Du uuel ectwte , une hvre, Taites-en un ekäuake felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera l'aloes Sc le maftich feparement & toutes les autres drogues en- femble, on fera cuire le miel en confiftence de fyrop epais, puis quand ü fera a. demi refroidi; l'on y melerales poudres pour faire un cleäuaire. On s'en fert pour purger l'eftomach & le cerveau, on en donne dans l'epileptie, dans les cruditez d'eftomach. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a demi once; on enmele dans leslavements carminatifs, depuis aois dragmes juiqu'a une once. Vertus. Dofe. Vertus Doie. SM 3 n J S«> UNIVERSELLE. 743 Les pureatifs de cette compohnon fönt l'aloes, les trochifques älhandal, le tur- p i ,r S' S? la bath , 1 aganc 1 alarum cc la lemence de violettes. ' Une dragme de hiere compofee contient d'alocs neuf grains, de trochifques 5 j, älhandal, demrbith, d'agaric, d'afarum Sc defemences de violettes, de chacun demi grain. Deux dragnies de hiere compofee contiennent d'aloes dix-huit gräins, des trochifques älhandal, du turbith , de l'agaric , de l'afarum Sc de la femence de violettes , de chacun un grain. Trois dragmes de hiere compofee contiennent d'aloes vingt-fept grains, de trochifques älhandal, de turbith , d'agaric , d'afarum Sc de femence de violettes , de chacun un grain & demi. Demi once de hiere compofee contient d'aloes demi dragme , des trochifques älhandal, du turbith , de l'agaric Sc des femences de violettes, de chacun deux grains. Cette compohtion eft farcie d'un grand nombre d'ingrediens inutiles qu'on y a mis a. defiein de fortifier l'eftomach , Sc pour corriger les purgarifs. J'ay prouve ailleurs qu'ils ne peuvent fervir ni ä Tun , ni a l'autre , je ferois d'avis qu'on les retranchät, Sc qu'on mit en lear place du tartre foluble , pour empecher les tren- chces que pourroient excfter le turbith, l'agaric & la coloquinte, car ce fei eft biea plus capable que ces drogues de rarefier 8c diflbudfe la fubftance refmeufe des purgatifs , qui en s'attachant contreles membranes des vifceres les irrite & produit ce qu'on appelle trenchees. Voici donc comme je voudrois reformer cette hiere. Hiere compofee reforme. Trcnez. de V aloes fuccotrin , deux onces , Des trochifques älhandal & d'agaric , du turbith , de l'afarum , de U femence de violettes , de chacun une dragme , Du tartre foluble , denn once. Du miel ecume ,dix dragmes. laites-en un eleüuaire ftlon l'art, dont la dofe efl depuis une dragme jufqu'd trois. Hiere picre , de Mefne. Trenez* de l'aloes Juccotrin , quin^e dragmes , de l'agaric , de la caße odorante , du maßte , du calamus aromatique } de chacun fept dragmes , De Veuphorbe , du faffran, du fpicanard , & du chamedrys , de chacun ßx dragmes , De l'e'ptthyme , & du coßtts, de chacun cinq dragmes , Du xilobalfame , demi once , Du dtagrede & du gyrofls } de chacun deux dragmes , Du poivre blanc & noir t de la gentiane & de Vamome , de chacun une dragme ., Du miel ecume , deux livres & neuf onces & demie. Faites-en un eleüuaire felon l'art. REMiE Q^U E S. On pulverifera enfemble l'agaric , le caifia lignea , le calamus aromaticus , le faffran, le fpicanard , le chamedrys, l'epithyme, le coftus, le xylobalfamum, les gyrofles, les poivres, la gentiane 6c l'amome •, d'une autre part on mettra en poudre enfemble l'aloes, l'euphorbe, le maftich Sc le diagrede, on melera les poudres :.on Vertu s. Dofe. 3J> 3 9» 3 "j< § «» 3 V > 3 V J 744 PHARMACOPE" E ccumera Sc l'on fera cuire le miel jufqu'en confiftence de fyrop blcn epais, & quand il fera a demi refroidi, l'on y melera exaifcement les poudres paar en faire un elec- tuaire qu'on gardera au befoin. Il purge avec aflez de force, on s'en fert pour la colique venteufe, pour l'apo- plexie, pour la lethargie, pour l'cpileprie. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'A fix : on en mcle aufli dans les lavemens carminatxfs. Les purgatifs de cette compofuion fönt l'aloes, l'agaric, l'euphorbe & le dia- grcde. Une dragme de hiere conrient d'aloes trois gralns , d'agaric un grain 8c demi, d'euphorbe un grain & le quarc d'un grain, de diagrede pres dedemi grain. Deux dragmes de hiere contiennent d'aloes fix grains , d'agaric trois grains, d'euphorbe deux grains & demi, de diagrede pres d'un grain. Trois dragmes de hiere contiennent d'aloes neuf grains, d'agaric quatre grains & & demi, d'euphorbe trois grains & les trois quarts d'un grain, de diagrede un grain &c le quarc d'un grain. Demi once d'hiere contient d'aloes demi ferupule d'agaric fix grains, d'euphorbe cinq grains, de diagrede un grain & les trois quarts d'un grain. Cinq dragmes de hiere contiennent d'aloes quinze grains , d'agaric fept grains & demi , d'euphorbe fix grains & le quart d'un grain , de diagrede un peu plus de deux grains. Six dragmes de hiere contiennent d'aloes dix-huit grains , d'agaric neuf grains > d'euphorbe fept grains & demi, de diagrede deux grains & demi. L'euphorbe a une fi grande acrete, quelque preparation qu'onluidonne, quelle eft toujours a craindre quand on la prend par la bouche. je ferois d'avis qu'on la retrarchät de cette compofirion, Le cafTia lignea, le maftich , le calamus aromaticus, le faffran , le fpicanard, le chamjedrys , 1 epithyme , le coftus, le xylobalfamum , le gyrofle , lespoivres, l'a- mome & la gentiane me femblent inutiles icy: )e voudrois mettre en leur place une onee de cartre foluble, 6c reformer la defeription en la manicre fuivante. Hiere picre reformet. Vrenez. de Vatoes fuccotritl, deux onces , Des trechifques d'agaric & du tartre foluble , de chaeun une ence t Du diagrede , deux dragmes , Du miel ecume , treibe onces, I 'altes-en un eleäuuirc felon l'art , dont la dofe fera de demi dragme jufqu'a trois. Hiere de coloquinthe , d; Pachiuf, TrencL des trochifques d'alhandal & d'agaric t Du flxcbds arabique, du marrube blaue , du chamadris > de chaeun dix dragmes ,' De iopopan.tx , du fagapenum , de la femence de perßl, de la racine d'artftclocbe ronde , & du paivre blanc , de chaeun cinq dragmes , De la canelle , du fpicanard t de la myrrhe , de la feuille indienni , & du faffran , de chaeun une demi onee. Du miel ecume & cuit, trois livres' Takes-en un elecluaire felon l'art. REMARQUES. UNIVERSELLE. REMARQUES. 7V> On pulverifera toutes les drogues enfcmble fubtilement, on ecumera & Von fera cuire le micl/ufqu a confiftence de fyrop epais, on le retirera de delfus le feu , 8c quand il fera a dem i refroidi, l'on y melera les poudres pour faire un electuaire. II eft employe dans l'epilepfie , dans l'apoplexie, dans la paralifie, dans Ja Jethar- gie , pour faire venir les mois aux femmes & pour poufler l'arriere-faix , il purge la pirniredu cerveau 8c des jointurcs. La dofe en eft depuis deux dragmes jufqu'a une ojice; on s'en fert auffi dans les lavemens depuis demi once jufqu'a une once 8c de- ruie pour chaque lavement. Toute la vertu purgative de cette compofition vient des trochifques d'alhandal 8c d'agaric. Deux dragmes de hiere de coloquinte contiennent des rrochifques d'alhandal 8c d'agaric de chacun quacre grains. Trois dragmes de hiere contiennent des trochifques de coloquinte 8c d'agaric de chacun fix grains. Demi once de hiere contient des trochifques d'alhandal 8c d'agaric de chacun huit grains. Cinq dragmes de hiere contiennent des trochifques d'alhandal & d'agaric de chacun dix grains. Six dragmes de hiere contiennent des trochifques d'alhandal 8c d'agaric de chacun douze grains. Une once de hiere contient des trochifques d'alhandal 8c d'agaric de chacun feize grains. On rendroit cette compofitionplus a&ive 8c plus falutaire , fi au lieu de la feuille d'inde 8c de chamasdris qui n y donnent pas grande vertu, l'on y mettoit fix dra*. nies de fei armoniac. Hiere de Logadius , de rite pa? Nie. Prenez. de la coloquinte, de l'aloes fuecotrin , de l'eupborbe & du polypode de ebene , de chacun deux dragmes. De la femence de thymelee, de la feammonee , de l'hellebore no'ir , de l'agaric t de l'ex. trait de concombre fauvage , du fei armoniac, de l'abjinthe , de la feuille tndienne , de lagomme ammoriue , de lafcille rotte , du fpicanard , de la myrrhe & du gin- gembre, de chacun une dragme & demie. Dupouillot j du marrüble blanc t du cbam&dris , de la petite centauree , de l'hypericon, de la caffe odorante & du bdellium , de chacun une dragme & dix-huitgrains. De la canelle , de Vopopanax, du fagafenum, du faffran , de la femence deperßl de Macedoine , dupoivre long& blanc , de chacun une dragme. Du pivre noir , du caßoreum & de l'artfioloche Ungue , de cbacum deux ferupules & quin^e grains. Du miel ecume , une livre & demie. Vertus. Dofc. Pnrg. de Ja cöpofition. Fattes-e» un eleäuaire ftlon l'art. 5 B b b b b 7 4 comme les eaux fortes, l'eau de vie ordinaire , l'eau ftyptique , l'eau phagedenique, parceque je les ai decrites ailez au long dans rnon livre de Chymie. La diftillation eft une rarefa&ion 6c une exaltation des parties humides &c les plus eflentieiles des mixtes reduites par le feu en vapeurs , lefquelles etant montees au chapiieau, & y trouvaiu du rafraichiflement, fe condenfent en gouttes qui def- cendent dans le reeipient. On fait les diftillations afin de feparer les fubftances les plus pures des mixtes, & pour les pouvoir conferver fans qu'elles fe corrompent. On divifc les eaux diftillees en fimples & en compofees, les fnnples fönt celles qu'on tire de la plante fans addition , comme l'eau de plantain, l'eau de rofe, l'eau d'ofeille; les compofees fönt cellesoüllentre plufieursefpecesd'ingrediens,comme l'eau cheriacale, l'eau imperiale. On doit autant qu'on peut employer les vaifleaux de verre ou de terre pour la diftillation des eaux , mais qaand ces vaifleaux ne fönt pas afl'ez grands pour beaueoup de matiere qu'on veut diftiller ala fois, ilfaut fe fervic.de vaifleaux de cuivre eta- mez en dedans , comme je Tai remarque dans mon Livre de Chymie. ll y a deux fortes de diftillation, une qui fe fait per afeenfam Sc l'autre per def- cenfmn : la premiere de la plus ordinaire eft quand on echauffe la matiere par deflbus-, la feconde eft quand on met le feu für la matiere qu'on veut echaurfer, alors la va- peur qui en fort ne pouvant point s'elever , eile fe preeipite au fond du vaifleau. Comme les mixtes donton tire les eaux fönt de dlfreretnes fubftances } les unes volatiles , les autres fixes, les unes aqueufes ou phlegmatiques, les autres feches & falines il faut fe fervir de moyens difterens pour eolever par la diftillation , autant qu'il fe peut, deleurs parties les plus eflentieiles: je donnerai des modelles pour y reuflir. Les eaux diftillees peuvent etre gardees plufieuts annees fans qu'elles fe corrompent , parce qu'on en a fepare par la diftillation , les (ubftances fermentables qui (»ouvoient les faire gäter, mais on doit les renouvelier toutes les annees, a caufe que a vertu qu'elles ont apportec de la plante, fe detruit beaueoup dans Thy ver. Ce que c'ell que la diiuüaüon Pourouoi ot la fait. Dvifion des Eaux d.lUlUes. DhTIlatiS per afeen- fum & per defeenfitm. La raifon pourquoi lc eaux di- ftilless ie gaident long,tems. On doit les renouvelier ä cha- que annie. Eni* de Plantain. Trenez. des feuilles de plantain nouvellement cueillies , ce quevoiisvoudrez.. VxlcL-ks dam un monier de matbre & lesmettex, enfuite dans une cucurbite etamee. Jettet, dejfus du fuc de plantain nouvellement tue par exprejßon, ce qu'il en faudra. Mettez. alors le cbapiteau d'airam für la cucurbite avec fon refrtgcratoite 5 puis ayant etdapte le rtcipent, fattes U dtjiillatiw felon l'ait. Bbbbb ij Vertu*. Dof& 74 S PHARMACOPE'E On fem dißiller de U meme maniere Us Eaux fuivantes, comme par exemple „ l'eau de centinode, depeurpier, de laitue , De fempervivum oujoubarbe ,t de grande confottde, De bügle , de telepbium , de jufquime , De mandragore , de mauve, De birrache , de buglofe , de morelle , De quintefeuüle, d 'alk.ek.enge ; de bouillonblatte ' r D'aigremoine , de nenupbar , d'argenttne , D'eufraife , de cbelidoine , de coquehcoq > D'alchimille t de fanicle, de pervenche , de brunelle , De millefeuille , d'txil de boeuf , &c. R E M. A R Q^U E S. On aura une oudeux hottees de grand plantain nouvellement cueilli quandil eft; cn fa plus grande vigueur, on en pilera dans un morcict ce qu'il faudra pour en rem» plir a moitie une grande eneurbire de cuivre eramee en dedans. On rirera par expreflionenlamaniereordinaire , dix-huit ou vingt-livresdefuc dauereplantain,, Sc on le verfera für le planrain pile pour le bien humecter, en forte qu'il ne s'attache pas au fond du vai/Teau pendanr la diftillation, on placera Jacueurbite (ur unfour- neau , on la couvrirade fa tete de more eramee en dedans Sc gamiede fon refrige- ranr qu'en remplira d'eau fraichejon adaptera a fon bec un recipient, puis on mercra du feu de charbon dans le fourneau , pour faire diftiller l'humidite moyenn vite , en forte qu'unc goutte ne tarde pas a fuivre l'autre. Quand on aura tire environ la moitie de la liqueur, on laifTera eteindre le feu Sc les vaifteaux etant refroidis, on exprimera le marc de la plante Sc on le rejettera : un remettra le lue exprime dans le meme vaifleau &i'on recommencerala diftillation, laquelle on continuera jufqu'a ce qu'il ne refte plus gueres de liqueur: on expofera l'eau de plantain diftiliee quelques jours au foleil dans des boucedies de gresou de verre debouchees pour faire di/fiper fodeur d'empireume qui vient du feu , puis ou bouchera les boureiJies Sc on la gardera pour s'en fervir au befoin. Elle eft deterlive, aftringente, raf raichiflante, propre pour arrerer les cours de ventre , les hemorhagies, les gonorrhees , les fleurs blanches. La dofe en eft depuis une once jufqu'a fix, on s'en fert aufii exrerieurement pour laver des yeux dans les ophtalmies , pour les injections cleterfives Sc aftringenres. Onpeut faire diftiller de lameme maniere, les eaux de routes les planresqui abondent en un phlegme humeclant & rafraichifTant, Sc fi qnelques-unes d'enrr'el- les ne rendenrpas leur lue aifement, on en fera une forte decoction dont on humec- tera les herbes pilees. Si les vaifteaux de cuivre par lefquels on fait diftiller les plantes n eroient pas cramez, iis communiqueroient aux eaux une impr eflion de verd de gns qui leur fe- roir fort nuifible, parce que le- cuivre eft un metal des plus dillölubJes. L'etain ne l'eft pas tant, il ne donne nen aux eaux a moins qu'elles ne ibient chargees d'acide : mais (i l'on avoit quelque fcrupule de faire parier ces eaux par im alembic de metal, on peut faire diftiller les iuesdes planres feuls au feu de fable dans des cueurbi- tes de gres ou de verre des plus grandes garnies de leurs chapiteaux de verre, moyennement UNIVERSELLE. 749 Eau d'ojetlle. Trettet desfeuilles d'ofeilte blen verdoyantes & qui aurottt ite Ctieillits Avant que U plante monte en grame , ce que vous en voudrez.. Püe^-les dam un mortier de pierre , & les mettez. dans une cucurbite etamee. Verfem par deffus du fuc de lameme plante , ce qu'ilenfaudra. Apres cela couvrez, la cucurbite de fon chapitean avec fon refngeratoire & les Uitez, enfemble , ajoute%.-y enfuite fon recepient &faitesvotre dtflillatton felon Part. Vous pourret, tirer du man de cette dißtllation le fei ejjfentiel , l'extrait m le fei fixe de la plante. Onpeut dißiller de U meme maniere Des Eaux de cbardon be'nit t de fcabieuft , De ereffon aquatique , defumeterre, de trefle aceteux t De parietaire , de Chicoree , d'ulmaria , De cocklearia , de roquette, de becabunga , De moutarde , de raifort aquatique , de mcetiane , De peilte centaure'e, d'hjpericon , De tnorfus diaboli, d'oignons , de bardane , De fcrophulaire-, de pimpernelle , de fcorfonnaire , De pas d'afne , de primeverre , de verveine , De houblon , de perjicaire , de dent de Uon , d'endive ? De cham&drys , de cbamtpitys , de foucy , De fivoine, de be'toine , de patitnce , D'aunee , de raves, de mouron , De choux , d'herbe aux perlet , &c. R E M A R QJJ E S. On aura une bonne quäiuite d'ofeille tendre & bien verte 8c dans fa vigneur „ avant quelle aic monte engraine, cueillie en beau tems, pilez-la ou 1 ecrafez dans un mortier de pierre 011 demarbre , empliflez-en environ la moitie dune grande veflie ou cucurbite de cuivre etamee endedans, verfezdeüus beaucoup de lue &o~ feil nouvellement tire par expreffion , en lorte qu'd furpafTe la matiere. Adaptez a la cucurbite (on chapiteau ou tete de more auiTi etamee en dedans avec fon refr ige- rant, placez le vaiueau fur un feu nud, adaptez-y un reeipient & faires diftiller l'hnmidite par une chaleur affez forte , en forte que les gouttes fe fuivent de pres. Quand on en atxra tire environ la moitie, on laiffera refroidir les vaiffeaux, on niertra a la preile ce qui fera refte dans la cucurbite, 011 laiffera repofer le fuc , on le paflera par un blanchet, on le mettra dans une texrine , & Ton en fera evaporer fur un feu lent environ les deux tiers de l'humidite ; on tranfportera enfuire le vaif- feau en un lieu frais , on l'y laiuera quelques jours en repos, ll s'y fera autous? des petits criftaux qui fönt le fei elfendel, on les feparera & on les gardera. Si Ton ne veutpoint fe donner la peme de preparer le fei efTentiel de lofeille } on fe conrentera de mettre evaporer lejuc jufqu'en confiftence de miel epais, ee fera l'extrait d'afeille. On fera iccher le marc qu'on aura tire de la preffe , on le joindra avec beaucoup d'autte ofeille feche , on brulera le tout ,on en fera calciner les cendres, puis en ayant fait uneleflive , on la filrrera, on fera evaporer l'humiditc fur le feu, il refte- ra au fond un fei qu'on gardera, c'eft lefel fixe d'ofeüle. Bbbbb iij Ssl effen- tie! d'ofeüle. Extrait d'ofeille. Sei fixe d'ofciüe. Vertus de i'eau d'o- fcilk Dofe. V 'tus du iele. r entiel d'ofcille. Do e. Vertu', de l'extrait d'ofe 11 e. Do e. Vettus du fei fixe d'o- fcille. 7S o PH A R M A C OPE'E L'eaud'ofeille eft eftimee cordiale, rafraichi!iante,propre pour les fievrcs ardert- tes & bilicufes. La dofe eneft depius une once jufqua fix. il cxcite l'apetit, il eft Le fei ellenrie d'ofeille eft mciiif , penetrant, rareriant, i cordial. La dofe en eft depnis denn fcrupule jufqua denn dr raane. p L'extrait d'ofeille ala vertuapprochante de celledu fei eflenriel, mais la dofe en doit etrs plusgrande , eile eft depuis an fcrupule jufqu'a une dragme. Le fei fixe d'oleille eft aperitif, penerrant, propre pour levcr les obftm&ions. La dofe en eft depuis hm: grains jufqu'a. demie dragme. On pourra de la meme maniere diftiller les fels & l'extrait des autres planres non odorantes falines ; &c fi de leur nature elles eroient trop feches pour qu'on n'en piittirerle fuc } il faut les humecter en les pilant avec une forte decoction de la meine plante. On doit faire diftiller ces eaux alTez vite , afin qu'elles puiflent enlever avec elles qnelque portion du fei eflenuiel de la plante , car c'eft dans ce fei que confiftetoute la vertu des eaux qui n'ont point d'odeur : par cette raiion on ne dort jamais mettre diftiller ces plantes au bain maxie, ni au bain de vapeur qui ne pouroient faire eleve^ qu'un phlegme pur. Mais quelque methode & precaution qu'on puifle obferverdans la diftiilation de ces plantes , il arrive toujours que la plusgrande partie de leurs principes actifs &C eflentiels demeurcnt dans le lond de la cucurbite , c'eft pourquoi je trouve qu'on feroit mieux de fe fervir du lue ou dune forte decoction de la plante, pendant qu'el- le eft dans fa vigueur, que de fon eau diftiüce ; mais quand on n'a plus la plante dans la force , l'eau diftiliee peuc etre mife en ufage, & afin de la rendre plus efficace , on y difloudra lorfqu'on voudra la laire prendre, un peu de fon fei elfentiel, ou de fon extrait & de Ion fei fixe ; par ce moyen on fuppleera fort-bien au defaut de la plante en vigueur. Il faut expoler ces eaux diftillees pendant quelque tems au foleil, la bouteille debouchee , afin que leur odeur empireumatique fe diflipe. Eau d'abßnthe. Frenei, des feuilles cfibßnthe vertes , quini^e livres. Uacbet*-les & les pilez. dans un mortier , puis mettez.-les dans une cucurbite de Cilivre et Ami , & enfuite verfet, deffus cinq pintes d'une forte decoäwn de la mime plante : vous UijfercL h tout en digeftion pendant deux jours , & apres avoir couvert la cucurbite de (on chaptteati avec fon refrigeratoire, y avoir adaptele recipient &lutte les Jointures , vous en feret. une difliUaüon felon l'art. Vous pouvez, diftiller de la meine maniere les Eaux de meliffe, de mentbe, de edament, De fange , de marjolaine , de fariette , de fabine , De rofmarin i de baßlic, d'by(fope, de marrube , D'armoife , de cerfeml, de fcordium , De pomllot , de perjil, de fenouil, d'aebe , De laurier, de rbue , d'srigan , de betoine , De coftus cultive , d'byeble , d'aurone , De chamomille , de mehlot, de matricaire , De tanaifie , de genievre & de ftrpolet. UNIVERSELLE. 1 751 R E M A R Q_U E S. On aura une bonne quanrire d'abfynthe vulgaire verte recemment cneillie pen- dant qu'elle eil en fa plus gtände vigueur , on en prendrä lcs feuilles qu'on coupera & qu'on ecraferabicn dans un mortier , on en remplira environ la mottle dune grande cucurbite de cuivre etamee dedans , & on fcrä ccpendanc une forte deco- cHon d'aurre ablynthe, on la coulera touce bouillante, & Ton en verfera für l'abfm- the püee ce qu'il en raudra pour la bien humecter, de peur qu'elle ne s'artache au fo.id du vaifleau. On bouchera exacLement la cucurbite, & on laiffera la matiere en digeftion deux jours, apres lefquels on debouchera le vaifleau , on le placera dans un fourneau , on adaptera defliis la tete de more avec fon refrigerant , on y joindra un recipienr, on luttera les jointures, &c par un feu modere , Ton feia diftiller environ la moitie de la liqueur: on laiffera alors refroidir les vaiffeaux , on les feparera , on exprunerace quilera demeure dans la cucurbite , & Tony mettra- diftiller le lue comme auparavant , juiqu'a ce qu'il n'en refte que deux ou trois livres, on gar- dera l'eau diftillee dans des bouteilles bien bouchees. Elle eft propre pourineifer & attenuer la pituite , pour fortifier I'eftomac , pour exciter l'appetit, pour aider a. la digeftion , pour provoquer les mois aux femmes, pour abbatre les vapeurs> pour les vers. La dole en eft depuis demi once jufqu'a. quatre onces. On peut clarifier la liqueur demeuree au fend de la cucurbite apres la diftillation 8c en faire evaporer t'humidite jufqu a confiftence demiel, ce fera l'extrait d'abfinthe : il eft aperitif & propre pour les maladies hyfteriques. La dofe en eft depuis un ferupule jufqu a une dragme delaye dans Ci propre eau ou pris en bol. On peut auili faire fecher le marc exprime & le bruler avec beaueoup d'aurre ab- finthe , on mettra tremper les cendres dans de l'eau chaude pour en faire une leflive, laquelle etant bien filtree, on en fera evaporer 1'humidite dans une terrine de gres, ou dans un vaifleau de verre au feu de fable , il reftera un fei qu'on gardera dans une bduteille bien bouchee, c'eft le fei d'abhnche. Il eft fort aperitif,propre pourleverlcs obftruclions du foye . de la ratte , du mefentere , de la mamee , pour exciter l'urine, pour la jaumiie , pour l'hydropifie, pour les retentions de mois. La dole en eft depuis fix grains jufqu'a demi dragme delaye dans de l'eau d'abfinthe. Comme l'abfinthe eft peu fueculente , cm en fait une decoction au lieu d'en tirer du fuc pour humecler celle qui eft dans la cucurbite: on peut auili employ er pour le meine fujet, de l'eau d'abfinthe reftee de l'annee piecedentc. Si a la place de l'abfinthe verte & tendre, on fait diftiller de l'abfinthe blanchäci e raontee en graine , par un feu du troifieme degre , on trouvera für l'eau diftillee , un peu d'huile aetherce , c'eft l'huile 011 eflence d'abfinthe , on la ramaffera avec un Vertfrs. Dofe. Extrak d'abfinthe. Sei d'abfinthe Vcruis. Dcfe. re 5 en arroiant ou numeccant 1 aDiinrne puee ler au bainmarie ou au bain de vapeur. Par la meine merhode on rirera les eaux, les effences, les extraits &c les fels de toutesles plantes odoranres. Eau de rofes. VnwL des rofes blanche*ou palet en cueillks dans le hon tems & mondees de tonte leut verdtur, qnint.e livres. Huüe on efience d'abfinthe. Eau d'abfinthe fp»- lüruuCc 75* PHARM ACOE'E Pikz.'le$ dans m mortier de marke, &jettez.-y pen a peu 4h fite de rofes pales on Manches, feiz.e livres, Laiffet.- les en tnaceration pendant deux jours dans un vmjjeau bien dos } & enfuitt dißillez. le tont au bain marie ou de vapeur felon l'art. Vous pouvez. diftiller de mime Les Eaux de fleurs de pavot de rhaas , de nenuphar, De muguet, de borrache, de fives , De tilht, de rofmarin , du buglofe , De violettes , de ja/min , d'cedit ts , De tuffilage , de primevere , de fleurs d'oranges, Des fleurs de lavande, de thim , t De fange, de pivoine , &c. REMARQUES. On aura des rofes nouvellement epanouies, päles ou blanches des plus odorantes, cueillies peu de tems apres le lever du foleil en tems lec , on les mondera de leur pecule , on les ecrafera bien dans un monier de marbre: on les metrra dans une grande cueurbice de cuivre etamee en dedans, on verfera dellus du fuc d'autres rofes femblabics nouvellement tire par expreffion, pour les bien humetker , ou bien on employera a la place du fuc, de l'eau de rofe diftillee reftante de l'annee precedente, fi Ton en a: on placera le vaifleau au bain marie, ou au bain de vapeur , on le cou- vrira de fon chapiteau garni d'un refrigerant, on y adaptera un reeipient , on lut- rera exaetement les jointures, on laiflera la matiere en digeftion pendant deux jours, puis on en fera la diftillation par un bon feu , ayant foin de changer l'eau du refrigerant a mefure qu'elle s'echaufera. Quand on aura diftille environ les deux tiers de la liqueur , on fera cefler le feu, & ayant fepare les vaifleaux , on mettra la matiere reftante a la preiTe pour en tirer le fuc, lequel on remettra diftiller comme au- paravant, on aura une bonne eau de rofe qu'il faudra expofer quelques jours au foleil dans des bouteilles debouchees afin d'exciter fon odeur, puis on les bouchera Sc on les gardera pour s'en fervir au befoin. Vertus. EU e fomhe la poitrinede cceur,f eftomach. La dofe en eft depuis une once jufqu'ä Dofe. fix,on s'en feit aufli dans les coilyres pour les maladies des yeux & dans les parfums. Eau de ro- Si a la place des rofes pales ou blanches, on employoit des rofes rouges pour- fcs rouges. prees dans cette diftillation, l'eau qu'on en tireroit feroit aftringente & propre pour arreter les cours de ventre, pour le crachement de fang , pour les inje&ions deter/i- ves, eile feroit meme meilleure quela precedenre pour les collyreSjinais eile n'auroit prefquepoint d'odeur: au reftece feroit l'eau de rofe la plus convenable pour les maladies dans lefquelles on employe ordinairement ce remede, & il feroit a fouhai- ter que le monde qui veut fouvent etre tcompe, ne s'attachät po;nt tant a l'odeur de cette eau pourjuger defa bonte , les Apoticaires la feroient avec les rofes rouges , cV fon en recevroit de meilleurs effets , car j'ai fouvent appercu que l'eau de rofe bien odoranre, laquelle on employe par tout comme la meilleure, eft laxative, quoi- qu'on la donne ä deflein de refterrer le ventre , or il ne fauc pas s'eronner de cette qualite, puilque les rofes päles fönt purgatives. On peut de la meme maniere tirer les eaux de routes les fleurs , mais comme un grand nombre d'entr'cllcs fönt trop peu fueculenres pour qu'on en puifle tirer le fuc, il faut les hume&er avantla diftillation avec une infufion forte d'autres fleurs fem- bl.ables, faite tantöt dans de l'eau chaude , tantot dans du vin blanc, felon la qualite qu'ellcs onr, II UNIVERSELLE. 755 li faut cueiliir les rofes nouvellement epanouies en beau tem5, avant que le So- leil ait paffe defTus, afin de les avoir empreintes de leur meüleur fubftance, car la pluye Sc le'Soleil pouroient en empörter beaucoup. Pour tirer facilement le fuc des rofes, il faut les ayant bien pilees, les laifler fermenter quelques heures a froid , afin que leurs parties vifqueufes fe rarefien:, & foient rendues plus coulantes : enfuite on les mettra a la prelle dans im linge. Si 011 les exprimoit des qu'elles fönt pilees, elles rendroient moins de fuc, Sc le linge cre- veroir. On fe fert fouvent pour la diftiliation des rofes, d'un rofaire qui eft un vaiiTeau diftillatoire de mediore gtandeur , compofe d'un baiTm piät de cuivre etame en de dans Sc dune chape detain , on emplit la baffine de feuilles de rofes entieres, &c y ayant adapte fa chape Sc un recipient, on donne un pecit feu deffous, pour faire diftiller de l'eau de rofe ', on leve enfuite la chape Sc Ton trouveles rofes araaflees Sc aplaties en une efpece de gateau qui a pris la figure du baffin, c'eft ce qu'on appelle chapeau de rofe , on le retire du vaifleau tout entier, Sc on le met fecher au Soleil fufhfamment pour le garder: On s'en iert.en fomentation bouilli dans du vinpour fortifier, Si en faifant cette diftiliation, on poufle le feu trop vivement, le gateau fe rotit 6c s'attache au fond, ce qui donne a i'eau diftillee une odeur brülee Sc d'empireume. On fair encore de l'eau de rofe per defcenfum t en la maniere fuivante. i iyez un grand pot deterre dont l'embouchure foit large , couvrez-ledune toile nette , Sc la liez d'une ficelle autour du rebord ; enfoncez le linge avcc la main dans le pot pour y faire une cavite, laquelle vous remplirez de feuilles de rofes , pofez für ces rofes le cul d'un plat ou d'une terrine qu'on aura chauffe , lequel joigne bien avec le haut du pot > mettez dans cette terrine des cendres chaudes Sc un peu debrai- ze pour ecaurfer les rofes: la vapeur qui s'en elevera fera precipitee par le cul de la terrine, Sc eile diftillera au fond du pot ; continuez le meme degre de feu, changeant les rofes a mefure qu'elles feront feches, jufqua ce que vous ayez allez d'eau de Mayen da tirer facilement le fuc Ce roies. Rofaire, vaiffeaif ditULlatoi- re. Chapeau de rofes. Vertiis» Diftiliation de l'eau de rofe per defcenium. rofe On tire auffi de l'eau des pecules de rofes en Li maniere fuivante. On prend une bonne quantitc des pecules & des calices de rofes qui reftent apres qu'on en a 6te la fleurs, on les pile dans un monier , on les humedte avec une forte deco&ion d'autres pecuLes de rofes , 011 laufe le tout macerer un jour ou deux, puis on en fait diftiller i'huraidite en la maniere accourumce. Cette eau eft dcterfive, aftringente , propre pour les maladies des yeux , pour les injedlions. On trouvera dans mon Livre de Chymie, les defcriptions del'efprit Sc de l'huile de ro(e. Eatt de fraifes, Trenez, des fraifes meures, ce que vous voudrez., Tüe-^-les dans un mortier de marke 3 & les mettez. dans une cucutbite de vene t & les diftillez. au bain marie, felon l'art. Vous dißtllerez, de la meme facon ■ Les emx de cerifes , de prunes, de forbes , De nefles , de cornouilles, de meures , de framboifes, De berberis, de graf etiles 3 de coings t de pefches t ^oranges t de dtrons , d'abricots } de bayes de fureau , & f Cccce Eau de pecules de 1» fes. Vertus. Dofc Premiere dilhllaüon Secor.de dütillauoru Troifft-me diftiilation 7J4 PHARMACOPE'E De foUmun , de tnelons , de concombre , de citrouilles t De cottrges , defigues nouvelles , &d'autres fruits. R E M A R QJU E S. On aura quatre ou cinq livres de fiaizes meures,~ on les ecrafera bien dans un mortier de marbre, & on les mertra dans une grande cucurbite de verre, qu'on placera au bain-marie , on y adapera un chapiteau & un recipitent, on luttera les jointures & par un feu aflez fort, on fera diftiller ce qu'on pourra de i'humiditc du fruit, ce fera l'eau de fraize. Elle eft bonne pour fbmfier le coeur, le cerveau, pour purifier le fang. La dofc en eft depuis une once jufqu a trois: les Dames s'en fervent exterieurement pour fe decrafler. De la meine maniere on peut tirer les eaux des autres fruits fucculents. On fait de l'eau de fraize par plufieurs autres methodes •> les uns laiflent fermen- ter le fruit ecrafc pendant trois ou quatre jours, afin que fes principes s'exaltentavant la diftiilation, comme je Tai decrit dansmon Livre de Chymie : les autres humeclent leurs fraifes ecrafees avec du vin blanc pour rendre l'eau plus fpiritueufe & plus ape- ritive: les autres les hume&ent avec du lait d anefle, pour rendre l'eau plus propre a rembeliflement de la peau. Bat* de Nolx. Trene-L descbatonsou f.eurs de noyer nouvellement cueillies , dix livres, Pilez. les, & les faltes infufer chaudement pendant vingt-quatre hcures dansßx Uvres de decoäion bien exprimee, d'autres ßeurs de noyers toutes jemll alles. Dißillez.-les enfmte par Vdemhk , & cohobe^Veau dißdlee fürßx livres de tioix rertes concaffees t & reiteret, enfmte la d'ßillationpour la troißcme fois, für la meine quanüte de noixprefque meures, &vous garder ex. cette eau ainß dtßillee pour Vufage. R E M A R Q^U E S. On aura une bonne quantite de chatons ou fleurs de noyers nouvellement cueillies, quand elles lont en leur vigueur, on en pilera dix livres dans un mortier , & on les mettradans une grande cucurbite de cuivre. On fera cependant une forte decoction d'autres cliatons, on la coulera avec exprellion , & Ion en verfera environ douze livres toutes chaudes dans la cucurbite , ou autant qu'il en faudra pour bien hume- cter les fleurs pilees: on placera le vaiffeau für im fourneau, on y adaptera fa tete de more etamee en dedansavec fon refrigerant & un recipient ; on iailT'era la ma- tiere en digeftion pendant vingt-quatre heures , puisayant misdu feu dans le fourneau ; on fera diftjller environ la moitie de la liqueur , on laiflera enfuke eteindre le feu , & les vaiileaux etant refroidis Sc feparez , on exprimera ce qui fera demeure dans la cucurbite, on rcmettra le fuc exprime feul dans l'slenibic , & Ion en fera diftiller environ les trois quarts, on melera cette eau avec la premiere. On amaflera fix livres de noix quand elles feront au tiers de leur gro/Teur ordi- naire , on les ecrafera bien dans un mortier, on les mettra dans la veifie ou grande cucurbite de cuivre, on verfera deflus toute l'eau diftillee des fleurs de noix , on laiflera la matiere en digeftion vingt-quatre heures, puis on en fera la diftiilation comme devant, on gardera cette eau de noix. On aura fix livres de noix entieres quand elles fontbonnesä confire, ou meme en cerneaux, on les pilera bien dans un mortier, & onles mertra dans la cucurbite de cuivre, on verfera deflus l'eau de noix diftillee ; on lai/Iera le tout en digeftion vingt-quatre heures, puis on le fera diftiller comme auparavant, on aura l'eau des Em de» trois noix« Venus. Dore. Extrait Sei fixe alkali de noix Veituj, Dofe. UNIVERSELLE. 755 trois noix qu'on expofera cinq ou fix jours au Soleil dans des bouteilles debouchees pour en laiiler difliper l'odeur empireumatique, puls on bouchera ces bouteilles. L'eau des trois noix eft fudoriiique , propre pour les fievres malignes , pour la pefte , pour la petite veröle, pour ia colique venteufe, pour les vapeurshyfteriques, pour forciner l'eftomach. La dofe en eft depuis une once jufqu a fept. Si apres chaque diftillation on veut ramafler la liqueur rdlee dans la cucurbite, la pafTerparunblanchet, & en faire evaporer l'humidite jufqu a confiftence de miel epais, puis meler ces trois fucs epaiflis enfemble, on aura un toi t bon extrait de noix, qu'on gardera dans un pot ; il eft fudorifique , aperitif, febnfuge , ilfbrtihe l'efto- de noix, mach , ü refifte a. la malienite des humeurs. La dofe en eft depuis un fcrupule juf- Vemis. >\ „ j Lij'i'jr Dole. qu a unedragme en bolus ou delaye dans la propre eau. On peut aufli mettrefecher les raarcs qui reftent dans la prefle, les bruler Sc en tirer unfel fixe alxalipar une leffive , en la maniere ordinaire. Il eft aperitif & oropre pour lever les obftrutbions. La dofe en eft depuis fix grains jufqu a. un fcrupule. Les noix ni leur fleur n'etant pas trop aqueufes, ilfaut les humecter avec quelque liqueur pour empecher qu'elles ne s'atcachent au fond de la cucurbite en diftillant. On nepeur pas en employer une meilleure Sc plus convenable que la deco&ion forte des rleurs de noyer •, on laifTe les matieres en digeftion vingt-quatre heures , afin que leursprincipes ayent le tems de fe delayer dans la liqueur 5 la cohobation ou diftillation deux fois reiteree , donne a l'eau autant de vertu quelle en peut avoir , parce qu'elle enleve toujours a. chaque diftillation quelque peu de fei elTentiel ou volacile de la noix ■, c'eft ce qui la rend diaphorerique , mais la plus grande partie de ce fei de la noix eft demeure dans le fuc qu'on trouve au fond dela cucurbite apres la c i- ftillation , Sc dont on fait l'extrait. Je trouve donc qu'on augmenteroit coniide a- blement la vertu de l'eau des trois noix , li avant que de la faire prendre au malade, on y diftblvoit un peu de cet extrait, mais on auroit encore une vertu plus com- plette de la noix , fi on y ajoutoit une petite quantite de fei fixe alnali tire des marcs, comme il a ete dit 5 a la verite la potion en fera moins claire Sc moins agreable a. boire, mais le goüt neu fera pas infuportable : de plus il y auroit moyen de fauver cette dclicatelle de goiit, en faifant avaler en bol l'extrait & le fei melez enfemble, & donnaht a boire par defius l'eau diftillee des trois noix. L'eau de noix diftillee eft fouvent rougeätre ou bleuätre , a caufe d'une portion de la teinture de la noix qu'elle a enlevee dans la diftillation. £4« de ßente de vache. qu'on appelle ordinairement Ena de Milleßcurs. Trenez. an msis de Mai , delafiente de vache nouvellement falte , la quantite que vous voudrez.. Mcttez.-la dsfliller au hin mar'ie felon l'art , & la gardez. dans des bouteilles pour Vous en fervir au befom. REMARQUES. Aumois de Mai, dans le tems que les herbes commencent a avoir de la vigueur, on ramalle;a de la fiente de vache nouvellement faite , Sc en ayant rempli a demi des cucurbites de verre ou degres i on les placera au bain-marie , on y adaptera des chapitaux, Sc par un feu aflez fort, on fera diftiller une eau claire qu'on appelle Sau de mllleßeurs > on la verfera dans des bouteilles de Yerre, quo a expofera de- Ccccc i) 7S<5 PHARMACOPE'E bouchees au foleil pendant cinq ou fix jours , ahn que l'ocleitr defagreable qu'elle pouroit avoir, fe diffipe ; puis on bouchera les boureilles Sc on la gardera. Veiras. Elle eft aperitive & adouciflante; on en fait prendre pour thydropiiie, pour les Dofe. rhumatifmes, pour Li gouttefciatique. La dole en eft depuis une once jufquU fix. On s'en fert auili exrerieurement pour necroyer , rairaichir Sc adoucir la peau , eile eft refolutive. On a enrendu par le nom de millefletirs, qu'on a donne a l'excremenr de In vache > im amas d'un grandnombre de fleurs que l'animal avoir broute en fori chemin. Autre eau On a encore donne le nom d'eau de millefteurs a l'urine de vache nouvellement de mille- [ on [ e de l'animal, & Ton s'en fert avec fucces pour plufieurs maladies au prinrems l'urine de ^ enautomne. Onen boirrous les marins a jeun deux ou rrois verres, Sc Ton con- vache. tinue pendant neuf ou dix jours , onfe promene dans ce tems-la, il eft bon que ce Dofe. foit a la campagne. Cette urine purge beaucoup les lerofites , mais {ans trenchees; Venus, eile produit de bons efrcrs par les purgarions, eile eft propre pour l'afthme, pouc l'hydropiiie, pour les rhumatifmes , pour la goutte , pour les vapeurs. On peut voir une petice diflcrtarion que j'ai faite a ce lujet, dans l'Hiftoke de l'Academie Royale des Sciences de 1707. Eau de toutesßturs , de Bateus. Eamaffez. au mols ds Mai de Ufiente de vache nouvellement faite t ce que vous en vm- drez,, Metten cette mauere en d'fiilUtion avec le tiers de fon poids de vin blanc. Ou bien, ramaffez. des hmafons avec leurs coquilles , que vous ecraferez, dans un mor- tier t & les meieren avecun'pareil poids defiente de vache recente ; puis les mettreu dans des vaijjeanx propres a diftiüer. R E M A R 0_ 1/ E S. On ramaflera au mois de Mai de la fiente de vache nouvellement faite, on la pefera Sc on la mettra dans une grande cucucbire de verre ou de grez , on y melera environ le tiers de fon poids, de vin blanc , on placera le vaifleau au bain marie , ou de va- peur, on y adaptera un chapiteau & un recipient, on luttera exa&ement les jointures, Eau de ^ P ar un * eu 2 ^ ez ^° ir on a diftiüer i'humidite de la raaaere , ce fera Yeau de millefleurs. millefteurs. Eau de Ou bien on ramaflera des limacons avec leurs coquilles, on les ecrafera dans un naiUefleurs monier de pierre ou de marbre, on les melera avec un pareil poids de bouzee de compofee. V ache recente, & une troifieme partie de vin blanc ; on fera diftiüer le tout, comme il a ete dit, on aura une autre eau de millefteurs , peu differente de la nrecedente. Venus. L'une SC lautre eaux fönt eftimees arthritiques , bonnes pour le rnumaufine, Dofe. P our k goutte fciatique, pour la gravelle, pour la fuppreliion a urine. La dofe en eft depuis une once jufqu a quatre. On s'en fert aufli pour netoyer Sc adoucir la peau , pour les rougeurs, les deman- geaifons Sc les taches du vifage, & pour les dartres. Ex-a de frais de gienomlles. trenn, du nouveau frais de grenoiiilles, vingt livres. ou ce que vous vwdrez» Dißilleules au bain-marie felon l'art, & gardez-en Fe au. Dißil/ez. femblablement Lescasi.xde Im , decervem hnmain,de jang t demiel, Autre dif- tillacion de I'eau de UNIVERSELLE. 757 i>e manne deßente de vacbe , vulgairement dite eau de milUflcurtl De celks d'urine, de pluye & de ro/ee. R E M A R Q^V E S. OnramaiferaauPrintemsverslemoisdeMars , la quantite qu'on voudra de frais de grenoiiilles bien pur, qui foit aflez condenfe ou epais, &c qui ait peu d'o- deur, on en fera diftiller l'humidite au bain-marie, en la maniere ordinaire , & l'onexpofera l'eau diftillee au Soleil pendant fept ouhuit jours, puis on la bouchera. Crollius decrit une autre maniere de diftiller l'eau de frais de grenoiiilles fans feu, en la maniere fuivante. On remplira un ou plufieurs facs^de toile de frais de grenoiiilles bien conditionne, comme devant, on les fufpendra les attachant a quelquepoteau, onles y laiflera long-tems, & l'on recevra la iiqueur claire qui en dccoulera jcifqu a ce qu'on en ait ^j de aflez , on mettra cette Iiqueur dans des bouteilles de verre, & on l'expofera au So- grenoiiilles leil, eile s'y purifiera & il s'y feraaufond un fediment mucilagineux , on feparera Fans feu. l'eau claire par inclination, jettant le fediment, & on la remettra au Soleil pour la faire encore puriner , on continucra de meine jufqu'a ce qu'elle foit claire comme de l'eau commune •, alors on la gardera , mais eile ne fe conferve pas li long-tems cjue celle qui eft diftillee par le feu. A la verite eile doit etre meilleure pour le ra- f raichiffement & pour l'embelliflement de la peau. L'eau de frais de grenoiiilles eft fort rafraichiflante, condenfante, propre pour les ' VeiWSi hemorragies , pour calmer la douleur de la goutte , pour les Cancers, pour les erefi- pelles & pour les autres rougeurs de la peau: onl applique exterieurement avec des linges , on s'en fert auffi pour decrafler le vifage 8c pour tenir le teint frais. La vertu adoucifTante & rafraichiflante de l'eau de frais de grenoüille, confifte principalement en ce qu'elle a enleve ou retenu un peu de mueilage, quelque diftil- lation ou purification qu'on en ait fait, c'eft la caufe pourquoi eile fe corrompt plus vite que d'autres eaux diftiliees. Eau de limapns. • Trsnen des limagons vivans avec leurs coquilles , trois livres , Tile^-les , & les mettei. dans une cucurbitede verre,& verfez* par deßus unepinte de lait d'afneffe nouvellement tire. Laiffez. ceU en digefliunpendant douz,e heitres, puis dißtlle^-le au bain-marie felon l'art, Afres cela vous expeferei. ah foleil l'eau diflillee , & vous lagardem, pour Vufage. Vous diflillerez* de nieme les eaux de grenoiiilles & d'ecrevijfes. E E M A R Q^U E $. Onaura des limacons vivants avec leurs coquilles, on lesIavera,puis onles ecra- fera dans un mortier de marbre, on les mettra dans une grande cucurbite de verre qu'on placera au bam marie, on verfera defliis, le lait d'anefle nouvellement tire, on broüiUera bien le tont avec une efpatule de bois, & ayant adapte für la cucurbite fon chapiteau avec fon recipient, & ayant lutte les jointures , on laiflera la matiere en digeftion pendant douze heures, puis on en fera la diftillation : on expofera i'eau . diftillee pendant plufieurs jours au foled dans une bouteille de verre debouchee, puis on la gardera. Elle eft humedtante, rafraichiflante, propre pour les rougeurs de la peau, on s'en Vera» C c c c c iij 758 PHARMACÖPE* E iert pour decrafler le vifage > pour adoucir les rugofitez du cnir, on l'employe avec des petits linges iins: on peut aulli en donner interieurementpour laphtilie, pourle cracnement de fang, pour la nephrecique, pour les ardeurs d'urine. La dofe en eft depuis une once jufqua fix. La principale qoalire de cette eau vienc duneefpece demucilage quelle a pris des iimacons & du laic d anefle, eile feroir fujette a fe corrompre il on ne la met- toit quelques jours au Soleil, qui rarefie une parrie de ce mucilage , 8c qui faic dilliper le peu d'odeur empireumatique quelle peut avoir acquis. On peut aulli faire dublier les Iimacons ecrafez fans addition d'humidite. Quelques-uns preferenr pour certe eau les Iimacons rouges ou autres nuds, a ccur qui onc des coquilles, mais les uns ne difterent pas beaucoup des autres en vertus. Eau de cornes de cerf, de Schröder. Prenez, des cornes de cerfs nouveiles , ou des rejettons qui rendent cncore du fang, coupez.-les par trenches , & les dißiUez. au bain marie , ou Jeuls ou avec un peu de vin d'une famie qualite , jufqua ce que toute l'eatt att monte. On peut dißiller de meme. les eaux d'arriere' fais , de crapauts t de viperes, de lex,arts t &c. R E M A R Q^U E S. On aura des jeunes cornes ou des rejettons qui pouflent au Printems a la tete du cerf, on les couperapar tranches minces , Sc on les metteradans une cucurbite de verre , on les arrofera d'un peu de vin blanc , on mettra un chapiteau für la cucurbite, on y adapteraun recipient, on luttera exa&ement les jointures, Sc Ton fera diftiller l'humidite de la matiere au bain marie, ou au bain de vapeur, on gardera l'eau Eau deute diftillce (J aris unebouteillebien bouchee , cell ce qu'on appelle eau de tete de Cerf. Vertus. £^ e eu; e fti m ce propre pour aider a l'accouchemenr des femmes, pour refifter au Dofe. venin, pour les fievres malignes. La dofe en eft depuis demi once jufqua quatre onces. On peut de la meme maniere faire diftiller les animaux entiers ou leurs parties, dont la vertu eft de fortifier, de refifter au venin Sc de chailer les humeurs par tranf- piration. L'Auteur donne le choix de faire diftiller certe eau fans addition, ou d'y ajouter un peu de vin , mais l'eau de corne de cerf diftillee fans addition, n'eft propremenr qu'un phlegme qui ne peut pas avoir de vertu, ainfi Ton doit toiijours arrofer les cornes coupees d'un peu de vin. La corne de cerf qui refte dans la cucurbite apres la diftillation, a prefqu'autant de vertu quelle avoit avant qu'on la mit dans l'alembic : on peut encore en rirer par la cornue, l'efprit, l'huile & le fei volatil, comme j'ay dit dans mon Livre de Chymie. Eatt de cornes de cerfcompofe'e. Trenez. des cornes de cerfnouvellement coupees par tranches ' une livre " t Des bajes de genievre 3 & de la canelle de chaeune demi once • De la myrrbe , du macis , & de l'ecorce exterteure d'oranges ameres, de chaeun trois dragmes. Pilez,-les , & les mettez. en infufim pen^ant trois jours dans une livre du meiileuf vin blanc f & autant d'eau de melliße dißilLe. Dofc. UNIVERSELLE. 759 T>lßllet,-les enfuite au bain marie, ou de vapeur, & dißotvez, dans chaque livre d'eau difltllee. D« fei volatil de corne de cerf bien refiiße, une dragme, Gardez cette e au pur Ca fuge dans une bout etile bten bouebee. R E M A R QJU B S. On aura des jeunes cornesde cerfencore tendres, onlescoupera par rouellcs minces, on les melera avec les autres drogues qu'on aura bien concaflees, on mertra le mtflange dans une cueurbite afTcz grande, on verfera deflus, levinblanc & l'eau de melifle; on couvrira exa&ement la cueurbite, & on Ja placera dans un lieu chaud, comme en une etuve ou dans du furnier , on y laiflera la inatiere endigeftion trois jours , puis ayant debouche la cueurbite , Sc adapte deilus un chapiteau avec fon re~ cipient, & lutte les jointures exa&ement, on fera la diftillation au bain rrtaric ou au bain de vapeur. On difloudra dans chaque livre de l'eau diftillce , une dragme de fei volatil de corne de cerf bien re&ifie, & lbn gardera cette eau dans une bouteille bien bouchee. Elle eft propre peur excirer l'accouchement &z la forrie de 1'arnere-fais, pour re- Vertus. flfter a la malignite des humeurs, pour abbatre les vapeurs. La dofe en eft depuis n^r». demi cuüleree jufqu a quarre cuillerees. La vertu de la corne de cerf confifte dans fon fei volatil, qui ne peut etre deta- che par des diftillations faites au bain marie ou au bain de vapeurs, n Ton n'a aupa- ravanr rarehe les fubftances de cette corne par quelque preparation. La fermenta- rion qu'on y a excitee avec les autres drogues , peut avoir volatilife quelque portioa de ce iel qui fera montee avec l'eau dans la diftillation, mais comme ll s'y en eft mele peu, & q ue la plus grande partie eft demeuree attachee dans ce qui eft refte au iond de la cueurbite, on fupplee a ce defaut en diilblvant une dragme de fei de corne de cerf für chaque livre de l'eau. Les ingrediens qu'on Joint a la corne de cerf augmentent beancoups la verru de cerre eau , car ils fönt remplis de fels & de fbulfres volatiles, penetrans, tres-conve- nables aux efFets qu'on en attend. Ainfi l'eau de teile de cerf compofee fera incom- patablement plus falutaire que la fimple. Eauvulneraire. Prenez. desfeuiltes & des meines de grande confoude , Des feudles de fauge f d'armAJe & de btigle } de ebaeune quatre peigrets > De Celles de betome t de janicle f d'ceil de bx-f, de petite conjoude , De grande ferophulaire , de plant am , d'aigremoine , De verveine , d'^bßnthe, de fenouil } de ebaeune detix poignees* J)e l'bypertcon f de l'arißolocbe rende du telephium , De la veronique y de la peilte centauree, de la mittefeitille , Du tabac, de la menthe } de l'bjfope t de ebaeun une poignee. Tdez. toutes ces plantes , melet.-les, & les laißez. pendant trois jours en infußon cbaudement dansßx ptntei d. vin blanc. Difitllei^les enfmte au bain marie ou de vapeur t & gxrdex, l'eau pour l'ufage. R E M A R QJU, E S. Apres avoir amaiTe les herbes les plus en vigueur qu'il fe pourra, on les monde- Eau d'ar- quebufade Vertus. Sei des pljntes a- joüti dans l'eau diftil- Ice. Veiras. Dofe. 7^0 PHARMACOPE' E ra, 011 les hachera & on les pilera bien dans un mortier, on les mettra dans un vaif- leau detroke embouchure , on verfera deifus, le vin blanc, on broiiiliera bien le touc ,011 bouchera le vaifleau 8c on le mettra dans le furnier de cheval ou dans un autre lieu chaud, pour y laiffer la matiere en digeftion pendant rrois jours; enfuite on la fera diftiller par le bain marie 011 de vapeur, 8c quand on en aura tire envi- ron la moitie de l'humidite , on lailfera refroidirles vanTeaux, on les feparera 8c Von mettra a la prelle ce qui fera demeure dans la cueurbite, on remettra diftiller le lue exprime comme devant, & ayantmele la premiere &c la feconde eau enfemblc on les gardera dansunebouteillebien boucheepour s'enferviraubeloin , c'eft ce qu'on anpeile eau d'arquebufade , ä caufe quelle a ete employee pour les playes d'arquebufe. Elle eft bonnepour les contufions, pour les diflocations , pour refoudre les tu- meurs, pour nettoyer les playes 8c les ulceres, pour fortifier, pour refifterala gangrenne appliquee exterieurement. Si l'on met fecher & briiler le marc des herbes: qu'on en fa(Te tremper les cen- dres dans de l'eau , pour en faire une leilive, qu'on filtre cette leflive, 8c qu'apres en avoir tire le fei par evaporation, on le düfolve dans l'eau diftillee, eile enfera plus deterfive 8c plus refolutive. Eau de la, Reine d'Hongrie , ou efprit de vin Antofat. Rempltffez, la moitie d'une cueurbite de verre de fleurs de romarin nouvelles: verfez.par deffus du meilleur efprit de vin autant qu'Uen faudrapour quil furnage de deux doigts au deffus des fleurs. Laißex* cela en infußon pendant trols jours , Apres AVoir luteles jointures, puls diflil- let. cette matiere aufeu de fable felon l'art. REMARQUES. On aura des fleurs de romarin nouvellement cueillies cn leur vigueur , on en remplira la moitie d'une cueurbite de verre , on verfera dellus de l'elprit de vin jufqu a ce qu'il furpafle de deux doigts les fleurs , on couvrira la cueurbite de fon chapiteau , & on laiflera la matiere en digeftion pendant trois jours: enfuite y ayant adapte un reeipient &c lutte exaetement les jointures, on fera la diftilation au feu de fable, 8c l'on gardera l'eau diftilee dans une bouteille bien bouchee, pour s'en fervir au befoin. Elle eft bonne pour laparalifie, 8c pour l'apoplexie pour la lethargie, pour les maladies hyfteriques, pour les palpitatiqns , pour les maux de cceur & d'eftomach. La dofe en eft depuis une dragmejufqu'a. trois on s'en fert auffi exterieurement pour le mal des dents, pour la brülure, pour les humeurs froides, pour les contufions , pour decrafler la peau , pour fortifier 8c raffermir les membres debilitez, pour les vapeurs etant mile au nez, aux temples, aux poignets , pour la gangrenne. QueJques-uns melent avec les fleurs des feuilles de romarin pilees ou ecrafees , pour rendre l'eau plus forte, il ne faut pas poufler le feu trop fort dans cette diftil- lation, de peur que l'eau qui eft toute efprit, ne fortit par les jointures , ou que les fleurs ne s'attachaffent au fbnd de la cueurbite, 8c ne donnaflent a l'eau une odeur d'empireume. On pouroit faire la diftilation au bain marie ou au bain de vapeur , 8c alors on n'auroit pas lieu de craindre cos aeeidents, mais il eft meilleur de lc fervir du feu de fable , qui etant plus fort que celui de ces bains, eleve mieux les parties UNIVERSELLE. 7 Gi parties eflentielles de la fleur de romarin •, quand on aura fait diftiller environ Jes deux tiers de la liqueur, il fera a propos de faire cefler le feu, de laifler refroidir les vaifleaux, de les leparer, de mettre a la preiTe ce qui fera demeure dans la cucurbi- te pour en nrer la liqueur qu'on remertra diftiller feule comme auparavant: cette derniere eau conrenant les parties les plus phlegmatiques , n aura pas taut de force que la premiere , mais eile ne laiflera pas d'avoir beaucoup de vertu. Si Ton veut rendre l'eau de la Reine d'Hongrie plus cmpreinte de la vertu du ro- Huile ou marinquelle n'eft d'ordinaire , il faut y meler für chaque livre , une dragme de eflcnce de bonne eflence ou huile de romarin qu'on tire par la diftillation des feuilles de rorna- I0 ' liaI1 "• rin comme celle d'abfmthe, ou comme celle des bayes de genievre dont il fera parle ci-apres. Eau de U Reine d'Hongrie compofe'. Trcne-L desfleurs de romarin , nouvellement cueillies , une livre & demie, Des fommitez. de remarin , de tbym , de fariette , de luvende , de cofius cultive , de petite fange & de marjolaine , de chacunes deux onces. Ptlez. le tout enfemble & le mettez. dans une cucurbite de verre , & ajoutez—y da fei armeniac & du fei de tartre pulverifez, feparement, dt cbacun denn once. Meli z.-les exaäement & verfez. par diffus deux pintes d'efprit de vin , & pour lors COHvrez, U cucurbite de fon cbaptteau , adaptez.-y Jon recipicnt, lutex, bien les jointu- res , & apres avoir laiffe tout cela en maceration peitdant trois jours , drßil!ez.-le a» bam marie comme dans l'operattonprecedente. R E M A R QJJ E S. On aura les fleurs & les herbes les plus en vigueur qu'il fera poffible : on les ecra- fera dans un mortier, Sc on les merrra dans une grande cucurbite cle verre , on y melera feparement les fels de tartre 8c armomac apres les avoir bien pulverifez , puis on y verfera aufli-t6t l'efprit de vin , on brouillera le tout avec une elpatule de bois, Sc Ton adaptera promptement für la cucurbite fon chapiteau 8c fon recipieot, on luttera exaclement les jointures: on laiflera ainfi la matiere en digeftion pendant trois jours , Sc enfuire Ton en fera la diftillation par le feu de fable, comme en l'o- peranon precedente : on aura une eau ou plütör un efprit tres-fubtil penetrant &C aromatique , qu'il faudra garder dans une bouteille bien bouchee. Il eft excellent pour routes les maladies oü l'on a befoin de rarefier, de penetrer Vertus. Sc d'exciter le mouvement des efprics, comme en l'apoplexie , en la paralifie , en la lethargie , il a les memes vertus que l'eau de la Reine de Hongrie ordinaire, mais il eft plus fubtil 8c plus aromatique, tant a caufe des herbes odorantes qui y enrrent, qua caufe du fei volatil armoniac qui ayant etc detacheparle fei du tartre , s'eft eieve 8c diflour dans la diftillation. La do/e en eft depuis une dragme jufqu'a deux. Dofc- On ne doit jamais pulverifer enfemble les fels de tartre 8c armoniac a caufe que leur joneiion fait deracher Sc echaper beaucoup des fels volatils dont on a le plus de befoin mais il faut les reduire en poudre feparement, puis les meler avec les herbes , alors le detachement de ces fels volatils fe faifant , lls ne le perdronc point, car ils feront acrochez Sc aglutinez par Phumidire des herbes & par l'efprit de vin qu'on verfe incontinent apres lur la matiere ; il eft necefläire de couvrirle vaiffeau des que le melange eft fait, afin que rien ne s'e-'apore. Si l'on diflout trois dragmes de camphre für chaque livre de cette cur diftillee , p a u de la ou aiua l'eau de la Reine de Hongrie compofee camphree , qui fera encore meil- Keine JDdddd d'Hongrie compofee camphree. Vertus. Dofe. Vertus. Dofe. 7 6i PHARMACOPFE leure quel'autre pour les vapeurs, Sc pour refifter a la gangrenne» Eau de meli[fe magifirale. Trenez. desfeuilles de meliffc nouvelles ,ßx poignees , De l'ecorce exterieure fecbe de citron , de U noix mufcade , & de U eor'tandre , de chacunes une once , Des gerofies & de U canelle , de chacun demi once. Vilet, ces drogu.es & laiffez.- les en tnfußon pendant trois jours dans une pinte de vin llanc & un de im fetter d'eau de vie. Apres ceU dtftdlez.-1'es au fett de falle modere , ou au bain marie. R E M A R Q^U E S. On aura de la melifte nouvellement cueillie en la vigneur , on la pilera clans un monier , Sc on la mc-lera avec les autres drogues bien concaffces, on mettraletout dans une cucurbite de verre, on verfera deflus le vin blanc & l'eau de-vie: on ada- ptera le chapiteau Sc le recipient, on luccera les jointures, Sc on lauTera digerer la matiere pendant trois jours, enfuite Ton fera diftiller la liqueur par un feu de fable modere au bain marie, on gardera l'eau diftillee pour s'en fervir au befoin. Elle eft propre pour l'apoplexie , pour la paralifie , pour la lethargie , pour l'epi- lepfie, pour les palpitations, pour les vapeurs hyfteriques , eile fortirie le cerveau , le coeur Sc l'eftornaeh. La dofe en eft depuis deux dragmes jufqna une once. Cette eau a ete mife en ufage a Paris depuis quelques annees. Eau de canelle. Prenez. de la meilleure canelle grojßerement concajfee y nne demi livre , Du malleur vin blatte , trois ebopmes. Laiffez, cela en tnfußon pendant deux jours , puis dißillez.4e felon l'art* On peut dißiller de meine l'eau de fememe d'an'ts, REMARQUES. On choifira de la canelle bonne Sc bien piquante , on la concaflera 5c on la mettra dans une Cucurbite de verre ou de gres f on verfera deifus , le vin blanc, on adaptera un chapiteau a la cucurbite avec fon recipient, on luttera exa&cmenr les jointures avec de la veflie mouillee , on laiflera la matiere en digeftion pendant deux jours •, on placera enfuite La cucurbite au bain marie, Sc Ton fera diftiller tou- te l'humidite, on aura une eau blanchätre qu'on gardera dans une bouteille bien bouchee. Llle eft propre pour fortifier le cceur , l'eftornaeh 8c le cerveau , eile chatte Sc diffipe les vents, eile aide a la digeftion , eile excite les mois aux femmes , eile provoque l'accouchement, eile pouife l'arriere-faix. La dofe en eft depuis une drag- me jufqu a une once. La vertu de la canelle confifte dans un foulfre falin volatil , c'eft pourquoi le vin blanc qui contient les meines prineipes , eft un diftolvant tres-convenable pour en extraire la vertu. Lapremiere eau quidiftille eftclaiie, parce quelle contient l'efprit de vin qui a dillbut exaclcment ce quil a enleve avec lui de refTence de la canelle , mais l'eau qui coule enfuite , blanchit tour ce qui fe trouve dar.s le recipient ,^arce quelle s'eft charge de i'eiTencede Ja canelle qu'elie n'a rarehee ou UNIVERSELLE. 763 difloute qu'ä demi: auffi voit-on que quand on garde l'eau de canellc long-temps, il (e precipite au fond de la bouteille , quelques goutelettes d'eflence , & l'eau de- vient claire , mais eile n'eft pas fi. bonne. On peut fe fervir auffi du feu de fable , pour la diftillation de l'eau de canelle, mais il faut prendre gatde que für la fin , la canclle ne s'arache au fond du vaifleau, ce qui communiqueroic a l'eau une odeur d'empireume ou de brüle. Le marc de la canelle qui refte au fond de la cucurbite apres la diftillation , n'a rien de bon en foi, parce qu'il eft prive de tout ce qu'il avoit de volaul & d'ef- fcnriel, on le rejette comme inurilc. Eau.cardUque de canelle , de Bateas. * Prenez* du fuc depure de borrache avec la rejidence } ßx pintes, Desfleurs de gerofies ajtmples fleurs , quatre poignees , Desfleurs de borrache , deux poigneis , Du faffran , un fcrupule , De la meilleure canelle , neuf onces. Ces drogues etant melees ,faltes les digerer & dißiller au bain mar'ie felon l'art. R E M A R Q^TJ E S. On tirera par expreflion du fuc de borrache quand la plante fcra dans fa vigueur, on le laiifera repofer dans des bouteilles jufqua ce qu'ü foit clair , on le filtrera & l'on y mettra infufer chaudement pendant trois jours dans une grande cucurbite de terre 011 de verre bien bouche , la canelle , les fleurs recemment cueillies & le fa- fran, puis y ayant adapte un chapiteau & un recipient, & ayant lutte exacftemcnt les jointures j on fera diftiller la liqueur au bain marie , on aura une eau odorantc qu'on gardera dans une bouteille bien bouchee. Elle eft bonne pour les foiblefles & palpitations de cceur _, pour la colique ven- teufe. La dofe en eft depuis demi once jufqua. deux onces. Le fuc de borrache , fi bien depure qu'il foit, retient toiijours un goiit fade 3c defagreable , il me femble qu'il ne convient pas trop bien a l'eau de canelle qui don- ne ordinairement l'idee d'une eau fort agreable au göut; j'aimerois donc mieux me fervir en cette occafion de l'eau de borrache diftillee au bain marie: il eft vrai que la vertu de l'eau de borrache diftillee n egale pas tout a fait celle du fuc , mais il me paroit que la qualite de la borrache n'eft pas celle qui doit dominer le plus dans cette preparation , les fleurs de cette plante qui y entrent lui en communiquent afleit Eau de canelle avec l'ofge , da meme Attteur. » Prenez. de l'eau d'orge , quatre pintes , De la canelle cboiße ou la meilleure qu'tl fe pourra, une livre. laites-la macerer & diftiller au bain marie felon l'art. R E M A R £_U E S. On fera bouillir de l'orge bien nette dans de l'eau pour en faire une decocKon , onla coulera, & l'on y mettra infufer chaudement la canelle concailee pendant trois jours, on mettra enluite le tout dans une cucurbite de verre ou de gres , &c l'on en ferala diftillation au bain marie en la maniere ordinaire, on aura de l'eau de canellc o»aee qu'il faudra "arder dans une bouteille bien bouchee. Dddddij Vertus. Dofe. 7 6 4 PHARMACOPE'E Venus. Qn I'eftime pour l'afthme etant melec avec un poids egal d'oxymel fcillkic 5c prife a la ciullere. Je ne reconnois pas une grande verru ä l'eau dbrge qu'on fait entrer dans cette preparation , & je tiens la defcription de l'eau de canelle orgee aflez inutile , on pourroit fe fervir en fa place des autres eaux de canelle, mais quelques Medecins l'ont mile en ufage dans la pracique. L'occafion en eil peut etre venue de ce que quand on rire l'eau de canelie ordinaire qui. fe fait avec ie vin , comme je Tai de- trite , la partie la plus phlegmatique qui diftille la derniere Sc qui eft la plus roi- ble , a une couleur blanchätre comme fi Ton y avoir mele de la ditlolurion d'orgc monde. Cette couleur procede d'une portion de l'huile de canelle qui n'etant plus diflbute exactement par la partie fpinrueufe de l'eau comme eile ecoit an commen- cemenr de la diftillation , fe condenfe en quelque facon Sc nage dans l'eau; autfi cette derniere eau de canelle eft-elle foible, Sc eile convient aflez a l'intention qu'onr ceux qui mettent en ufage l'eau de canelle orgee. Eau de canelle orgee. * Prenez, de la decoäion d'orge , deux pintes, De la meilleure canelle grojßerement pilee , ßx onces. V Alt es tnfufer pendant v'ingt quatre heures dans un heu, cbaud, & dißillez. felon tart f jufqua ce que les gouttes paroißent inßpides. R E M A R Q^U E S. On choifira de la meilleure canelle , on la concaflera, Sc on la mettra dans une cucurbire de verre : enfuite on fera une decoction d'orge qu'on laifTera bouillir juf- qu'a ce que 1 orge foit crevee , on prendra quarre livres de la decodlion que l'on verfera für la caneile concaflee , on laifTera infufer la matiere für les cendres chau- des pendant vingt-quatre heures , on adaptera un chapiteau a la cucurbire, & apres avoir iutte les jomtures on fei'a diftiller 1'hmuidite au bain marie jufqu a ce que les gourtes vierment in/ipides. Elle a les meines vertus que les precedentes, mais celle-ci devient en ufage, parce. quelle eil moins compofee» Eau Theriacale. Prenez, des raclnes de gentiane , d'angelique , d"mperatoire, de valeriane , & de contrahyerva , de chaeunes deux onces , Des ecerces de ckron & d'oranges, du gerofle, de la canelle , des bayes degeniefre, de de chaeun une once , Des fommitez, de fcordium , de rbue, d'bypericum , de chaemes une poignee. Mettez, toutes ces drogues en infußon pendant troisjours a la chaleur du bain marie dans une pnte d'efprit de vin , autant d'eau de chardon beriit, & autant d'eaude noix., AJoutez.-y enfuite De la peille theriaque, quatre onces. Laiflez. apres cela le mt en maceration Pendant vingt-quatre heures, & finalemen* dißlej.-le aunfeu modere, UNIVERSELLE. 76$ R E M A R Q^V E S. On concafTera bien les racines, les ecorces, les bayes, les gyrofles; on incifera menu les fommitez., on mcctra le rout enfemble tians une grande cucurbite de verre, on verfera deflus, l'efpnt de vin Sc les eaux diitillees , on couvrira bien la cucurbite , & on la placera dans de l'eau im peu chaude, ou a cm aucre pente chaleur, pour y laiffer la matiere en digeftion pendant trois jours: on deeouvnra enfuite le vailleau £c l'o.i y diftoudra la theriaque , on le couvrira, & on le remettra encore en dio-e- ftion pendant vingt-quatre heures : enfin on adapcera un chapiteau a la cucurbite avec un recipienc, on luttera exactement les jointures , & Ton fera diftiller la li- queur au bain marie » on aura l'eau theriacale qu'on gardera dans une bouteille bien bouchee» Elle eft propre pour fortifier les parties nobles, pour refifter au mauvais air, pour Vereus» reveiller les elprics , pour chaffer par tranfpiration les mauvaifes humeurs ; on s'en ferc dans l'apoplexie , dans la paralifie, dans la lethargie > dans 1 epdepfie. La dofe Dofc en eft depuis une dragme jufqu a fix. Comme cous les Ingrediens qui encrent dans la compofition de l'eau theriacale , fönt reniplies de parties fulphureufes &c volatiles , l'efprit de vin qui eft fulphureux eft un dilfolvant fort convenable pour les detacher & pour les exalter. Les eaux di- ftillees de noix & de chardon-benit fönt cordiales & fudorifiques, elles ont ete me- lecs avec L'efprit de vin pour en temperei- la force. Ceux qui voudront rendre l'eau theriacale plus forte , pourront difloudre dans chaque once , qiunze grains de fei volaul huileux , decrit dans mon Traite de Chymie, En cas qu'on n'eut point d'eau theriacale, dans le befoin on peut fuppleer au de- £ au therh- faut, en diffolvant une dragme de theriaque dans trois onces d'eau de vie. cale faite On peur encore tirer la teinture de quarre ou cinq onces de theriaque , les met- f" r ' e tant tremper pendant quelques jours dans douze ou quinze onces d'efprit de vin , c^mp^ puis on filtrera la liqueur. La dofe de cette teinture fera depuis un fcrupule jufqu'a theriacalft deux dragmes , on pourroit y ajoüter für chaque livre , une once de teinture de myr- Dofcv rhe , demi once de teinture de faffran & une dragme de camphre , eile en feroit plus hyftenque. Eaa 01t Efprit theriacalcamphre, de Crollius. Trenez. de la theriaque d' Andromachus, cinq onces > De la myrrhe cboifie , deux onces & demte , Du faffran eriental, demi once , Du camphre , deux dragmes* V er fei, für le tout, de l'efprit de vin rcäifte', dix onces. Apres avoir exaclement lute la cucurbite avec fen alembic , latffez* tout cela en inftt- Jtou dans un lieu chaud pendant 14. jours. Apres quoi dtßille^-les au bain marie , & vous en therez* un efprit fort vif que vous rejetterez, für les feces comermes dans la cucurbite , & veus le dißillerez, de nouveau & reitererez, ainjila difltllatwn jufqu a trus fois. R E M A R Q^U E S. On pulverifera groffierement la myrrhe , on la mettra avec le faffran dans une cucurbite de verre, on diffoudra le camphre & la theriaque dans l'efprit de vin , on Terfcraladiffoludon dans la cucurbite, onla couvrira exa&ement, &c on la placero Ddddd iijj Vertut. Dofe. Vertus. Dole. 7 66 PHARMACOPE'E en un lieu chaud , on y laifTera la mariere en digeftion pendant quatre jours \ en~ fuite Ton adaptera un chapiteau & un recipient a la cueurbite , on lurtera exa&e- ment les jointures, Sc l'on fera diftiller la hqueur au bain marie , on reverfera l'ef- prit diftille für les feces dans la cueurbite & apres vingt-quatre heures de digeftion, on le fera diftiller comme auparavant: on reiterera la meine diftiliarion ou cohoba- tion une troifieme fois, Sc Ton gardera l'eau ou l'efprit diftille daus une bouceillc bien bouchee. Il excite la fueur . il abat les vapeurs, il refifte au venin & a la malignire des hu- meurs, on l'employe dans les temps de pefte. La dofe en eft depuis une dragme juf- qu a deux. L'Auteur demande une longue digeftion des matieres & plufieurs cohobarions ," pour exalter & pour feparer mieux toutes leurs fubftances volatiles dans la diftilla- tion, mais il y a a craindre que dans ces cohobations reiterees, le plus fubtil de ces fubftances ne fe diilipe ou par les pores du verre , ou par les jointures fibien luttees qu'ellcs foient, Je ferois donc d'avis qu'on fe contentat d'une feule diftillation apres une digeftion de vingt-quatre jours, un fi long efpace de temps auroit ete fufiitant pour faciliter le diflolvant a diffoudre & a exalter tous les prineipes des ingrediens qui entrenr dans cette compofition, Sc d'autant plus que ces prineipes fonr prefque tous fulphureux Sc volatils. Eau de tfois ingrediens. Trenei, de l'eau theriacale camphree , cinq onces, De l'efpnt de tarne rtäifie , trois onces , De l'efprit de Vitriol, une once > Garde?, ce melange pour Fufage. REMARQUES. On prendra des efprits de tartre Sc de virriol preparez Sc redifiez fuivant les dei- criptions que j'ai donnees dans mon Traite de Chymie, on les melera avec l'eau theriacale cornpofee , Sc l'on gardera le melange dans une bouteille bien bouchee. Cette eau eft bonne pour refifter a la malignite des humeurs. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a une dragme. Eau imperiale. Trenez* de la canelle , quatre onces, De la noix mufeade & de l'ecorce de citron, de chaeunes deux onces ' Dugerofle , du calamus aromatique 3 du fantal citrin ,& de la racinede pivoine, de chaeun une once , Des feinlies de laurier , des fommue-L d'byffope , de marjolaine , de tbj/m , de fariette des fleurs de fäuge , de romarin , & de Uvende , dechaeun une poignee. Tileuce qu'il faudra piler ,puis tnettet, le tout en infußon pendant vingt-quatre heures , dans deux pintes de vin blanc , atttant d'eau de tnelijfe, & un denn - Jetier d'eau de fleurs d'oranges. Apres cela diflillet, le tout , & gardex. l'eau pour l'ufage. UNIVERSELLE. JR E M A R Q^U E S. 7^7 On concafTera toutes les drogues , on les mercni dans une grande cucurbite de terre ou de eres , on verfera dclfus, le vin Sc lcs eaux diftillees de meliile 5c de Acut d'orarve , on couvrira la cucurbite de km chapiceau , on y adaprera im reeipient, on lutteraexaclement ies jomtures, ik apres vingt-quarre heures de digeftion, onfera diftiller laliqueur au bain marie, on aura i'eau Imperiale. Elle eft bonne pour les maladies du cerveau, de l'eftomach & de la matrice, on s'en Zerr pour excicer les mois aux femmes & pour faciliter l'accouchement. La do- fe en eft depuis deux dragmes jufqu'a. une once. Il y a apparence que le nora de cecte eau vienc de ce qu'elle a ete inventee pour quelque Empereur , mais c'cft ce qu'ü n'eft pas neceflaire de feavoir au jufte , on en voit dans les Difpenlaires plufieurs defcnpuons un peu dirferentes les unes des au- tres; j'ai prefere celle-ci, parce qu'elle m'a paru la meilleure, je Tai tire de la Phar- rnacopee Royale. On concalfe les drogues, & on les laiffe infufer vingt- quarre heures dans la li- queur,afin de donner letempsa lafermenration den detacher lesprineipes aclifs , que la diftülation fait elever enfuite; fi on ies laifloit tremper crois jours, l'eau neu vaudroit que mieux. Le vin blanc etant rempli de parries falines Sc fulphureufes, eft tres-propre pour exciter la fermentation , Sc pour penetrer les mixtes dans leurs par- ties les plus cachees.Les eaux de meliile Sc de fleui d'orangelont hyfteriques Sc con- venables a la vertu de ce remede ; mais on rendroit l'eau Imperiale plus forte Sc plus aftive (i Ton fe contentoit du vin blanc pour touteliqueur , car ourre que le vin ieul tireroit mieux la vertu des ingrediens , fon efprit donneroit un grand vehicule a» l'eau diftillee , mais il faudroit y employer huit livres Sc demie de vin blanc, au lieu de quarre livres qui fönt demandees. Si Ton veut rendre l'eau Imperiale plus forte Sc plus efficace , on y ajoürera für chaque livre , une once de teinture de fei de rarrre decrite dans mon Livre de Chymie. Eau celeße , ou exu de vie de Mxthiole } compfee. Prenez, de la canelle , une once, De tous les fantaux , de ehaeun ßx dragmes , Du gmgembre & de la z~edoaire , de ehaeun demi once , Des deux cardamomes , de la femence de nielle romaine , de Vecorce de c'itron feche ', des poudres des efpeces diambra > d'aromaüque rofats de diamofchi doux f de dta- margaritifiöid , diarbodon abbatis f & de gemmis , de ehaeun tro'n dragmes, Du gerofle , du galanga , & de la noix mufeade , de ehaeun deux dragmes & demie, Des femencs d'anis , de fenowl,de panais fauvage, de baßhc , des raetnes d'angeliqnc, de benoite , de regliije , de calamus aromaüque , de pettte v alert ant, des feinlies d'e'claire } de thjm , de cahtment , de pouillot, de menthe, de [erpolet, de marjo- Linie , de ehaeun demi op.ee , Despurs de rofes rouges , de fauge , deromar'm , de betoine , deßaeebas, de bughfe & de borrache , de chaeunes une dragme & demie, Pilez, les drogues qu'ü faut piler, & mettet.-les en infujion pendant i 5 joun Jans Jtx phttes de la meilleure enu de vie. Verrtis. Doic. I Vertu*. Dofe. Vertus. Doie. Eau de vie hviie i ue catnphieci 7 a PHARMACOPE'E Apres ceU dißillet, le tout felon l'*rt, & tnfufez. dans l'eau dißillee Du fantal citrin ■, deux dragmes , De l'ambre gris & da mufc enj'erntet, dans un nouet ,de chacun demi fcrupule. Ajoutet.-] enfuite du julep rofat , une livre. Melez, le tout & le laijfet. en maceration pendant quirlte jours ; puls coulet, U li- qtieur, & lagardet. pour l'ufage, R E M A R Q^U E S. On concafTera les bois, les racines, lcs femenccs, les feuilles & les fleurs, on ies "melera avec lcs poudres , Sc Ton mectra infufer le melange pcndant quinze jours dans douze livres de bonne eau de vie, en un vaifleau de terre bien bouche , on fera enfuite diftiller la mauere en la maniere aecoutumee ; on mectra infufer dans l'eau diftillee pendant quinze autres jours le fantal citrin rape, le mufc & l'ambre gris pulverifez & melez & enveloppez en un nouec: on pourra meme lailfer toujours le nouet dans l'eau , qu'on gardera dans une bouteille bien bouchee. Cette eau eft eftimee un grand cardiaque pour forrificr le cceur & les autres par- ties virales, eile refifte a la malignite des humeurs, eile reveille les efprits, eile aide a la co6tion, eile excite la femence- La dofe en eftdepuis une dragme jufqu'a demi once. Quoique la defeription de cette eau ne foit que trop ample } eile l'eft beaueoup moins que celle qu'a donne Jean de Vigo fous le meme nom. Eau de vie hyßeriqtte. Freuet, des feuilles depetite fauge , de mentbe crepee & de meliffe t de chAcutus une poignee, De la canclle , de la mix mufc ade t du macis, du gingembre , du gerofle t des grains de paradiSydes cubebes & ducardamome , de chacun une once & detnie , Du galanga, une once, Du poivre long , demi once. Pulverifez gr'ofiercment toutes ces dregues & les laijfet. en infujion pendant quinze jours dans trois pintes du meilleur vin blanc f le vaißean etant bien dos : Apres celx dißdle%,-les au bam marie. K E M A R j£ XJ E 6. On ineifera Sc Ton concaflera bien rons les ingrediens , on les metrra dans une grande cueurbite de verre ou de gres, on verfera dcflus, le vin blanc; on bouchera bien la cueurbite, & on la placera dans le furnier , on y laiffera la mariere en dige- ftion pendant quatorze jours, enfuite on la fera diftiller au bainmarie, & i'on gardera cette eau diftillee dans une bouteille bien bouchee. Elle fortifie les vifeeres & principalement la matrice , eile diifipe les vapeurs & les vents, eile excite les mois aux femmes & la fueur. La dofe en eft depuis demi once jufqu'a une once. £i Ton veat rendre cette eau camphree , il faut y meler für chaque livre , une dragme de campke diflout dans un peu d'eipnt de vin , eile en fera plus hyfterique. EaU Venus. Dole. UNIVERSELLE. ih Eau admira.ble. Trenez, de la canelle cboiße , une once, De l'ecorce exterieure de citron, & de la rtoix mufcade 3 de cbacun ßx drAgnes ] Du gyrofle , du galanga , des cubebes, du macis } du cardamome, & du gtngembre de cbacun deux drjgmes. Toutesces drogues etantpllees, feront mifeseninfußon pendant 24 beures datisune chopine de fuc de meüjfe epure , autant de vin blatte , & autant d'efprtt de vin ; & apres ceta feront dißillees felon Furt aufeu de fable modere. R E M A R 0_U E S. On concaflera toutes les drogues enfemble, on les mettra dans une cucurbire de verre , on verfera deiTus le fuc de meliile depure, ou a fon defaut autant d'eau de melifle diftillee , levinblanc & l'elprit de vin, on adaptera für la cueurbite un chapireau avec fon reeipienr, on lucrera les jointures exadement , on laiffera la matiere en digeftion ä froid pendant vingt-quatre heures , puis on fera la diftilla- lion au feu de fable modere , on aura l'eau admirable. Elle fortifie toutes les parties nobles, eile rejouit le cceur & le cerveau , eile excite les mois aux femmes 8c la femence. La dofe en eft depuis deux dr'agmes jufqu'a fix. Toutes les deferiptions de cette eau ne fe trouvent pas entierement conformes dans les Difpenfaires , elles different en quelque chofe. Celle-ci m'a paru la raeil- leure , je Tai tiree de la Pharmacopee Royale. Je ferois d'avis qu'au lieu de vingt-quatre heures de maceration qu'on donne aux drogues , on leur donnät trois jours , afin que les hqueurs euffent plus de tems pour s'empreindre de toute la vertu des Ingrediens. Bau alexiphxfmacfue. Trenet. des mix avec leur ecorce cueühes au mois de]tun , du chardon-benit , deU meliffe de la rbue , de la fcabteufe & du fcordium, de cbacun quatre onces , Du vin blatte autant qu'il en faudra. piftillez. le toup enfemble felon l'art. R E M A R Q^U E S. Le mot d'Alexipharmaque fignifie un remede qui refifteau venin en fortifunt la Eau Pra- nature, on donne auffi a cette eaule furnom de Prophylactique qui fignifie a peu phylaäi- pres la meme chofe. < J ue " On prendra des noix avec leurs ecorces, dans le tems qu'elles fönt bien tendres comme au mois de Juin , on les ecrafera dans un mortier le mieux qu'il fe poura, On choifira les herbes dans leur plus grande vigueur , on les incifera öc on les pilera jufqu'a ce qu'elles foient bien en päte, on les melera avec les noix, & l'on mettra le melange dans une cueurbite de verre ou de gres, on lhumectera avec ce qu'il faudra de bon vin blanc , on couvnra la cueurbite avec fon chapiteau, on laiffera la matiere en digeftion pendant vingt-quatre heures, puis on en fera la diftillationau bain marie , on gardera l'eau dant une bouteille bien bouchee. Elle eft propre pour refifter au venin , a la malignite des humeurs, pour prefer- ver de corruption , pour chaiTer par tranfpiration. La dofe en eft depuis une once jufqu'a quatre. 5 E eeee Vertw, Dole* 77 o PHARMACOPE'E^ Les autres defcriptions demandent qu'on fe ferve de vmaigre ponr hume&er les ingrediens; mais il eft bien plus apropos d'y employer le vin blanc comnie je Tai decrit, parce que le viaaigrc ctant aftringent & fixant, il produiroit un effet con- traire a celui qu'on artend de l'eau alexipharmaque. ~Ea.ii anti(totale alexiph. deMathiolc. Trenez, de l'antidote de Matbiole , & du fyrop d'ecorce de citron , de ehaeun une denn livre, Du meilleur efprit de vin recliße , cinq denn fetlers. Ces drogues etant nüfes dansuti vaiffeau de verre i'une grandeur fußfante , & le vaiffeau etant fauche exaäement r on l'agitera tant que les drogues fotent dtjfoutes : & cela fe fera penäant un mois une fois la femaine. Apres cela on laiffera preeipiter V eleäuaire dans le fond du vaiffeau , & pour Urs la liqueur eclaircie pardtra teinte en couleur d'or 5 & cette liqueur etant verfee par inclt- naiion dans un autre vaiffeau , fera feparee des feces & fera refervee dans unvaijjean bien bouchi , enforte que rien ne s'e'vapore. R E M A R QJÜ E S. On diflbudra l'antidote de Mathiole & le fyrop d'ecorce de citron dans l'efprit de vm , on mettrala diflolution dans un matras , on le bouchera exaclement & on le placera dans du furnier de cheval ou au bain marie tiede , pour faire digerer la matiere pendant un mois, agitant le vailfeau deux foisla femaine , on laiflera en- fuite preeipiter ies feces au rond, &: l'on verfera par Induration dans une bouteille la liqueur claire , qui fera de couleur dorce, on bouchera bien la bouteille, cv l'on gardera cette teinture pour le befoin. Vertus. Elle foreifie , eile recree les parries nobles, eile refifte au venin, eile artete le vo- Dofe, miffement, eile chaife par tranfpiration les mauvaifes humeurs. La dofe en eft de- puis demi dragme ju(qu a trois dragmes. Cette preparation auroit ete appellee ä plus jufte titre elixyr ou teinture, qu'eau » mais les noms ne fonr rien , j'eftime cette liqueur meilleure en teinture , que fi on l'avoit diftillce, car eile contientunefubftance faline que ladiftillation n'enfevepas- Le fyrop d'ecorce de citron tempere la force de l'efprit de vin , & il adoucit un peu l'acrete de 1'antidote. EanpYophyUciic[ue 7 owvinaigre febrifuge y de Sylvias Bdboe, Trenez, des noix vertes concajjees , deux hvres > Des citron's nouveaux coupez,, une livre t Des feinlies de rhue de jardin 3 quatre onces , De celles de meliffe & de fi abteufe , des fleurs de fouci, & de la raeine de petafitis, de chaeun deux ences , Des racines de z.edoaire & d~angelique , de chaeune une once. Ptlez, toutes ces drogues , puls verfex. par deßus du vinaigre difidle, fix pintes. Lai(fez,-les en digeflwn pendant la nuit ,& le matin dißille^-les piefque jufqu'a Jtceite. R E M A R QJÜ E S. On prendra des noix quand elles fönt propres a erre confites & des citrons, on les coupera par petirs morceaux, on les ecrafera dans un mortier de marbre ou de UNIVERSELLE. 771 pierre, on pilerabien auffi le rede des drogues, & l'on mettra le tout dans une cu- eurbüe de verre, on vcrfera deflus, le vinaigre diftile, on couvrira la cucurbite de fon chapiteau, on laillera la matiere en digeftion pendant une nuit, puis ayant pole le vaifleau für ie fable , ad ipee un reeipient au chapiteau, & kitte les jointures, on fera diftnier la liqueur a petit feu , Sc l'on gardera cette eau dans une bouteillebien bouchee. Elle fortifie les parties nobles, eile refifte au venin, eile chafle les fievres. La do- Ve'rtiis. fe en eil depuis une dragme jufqu'a demi once. Dofe. On pouroit retirer un extrait du marc qui refte dans la cucurbite , il contiendroit les fels eflentiels des Ingrediens. Prophjlaäica fignifie Alexitaire ou refiftant au venin , comme je Tai dit ailleurs. Le vinaigre fixe beaueoup les fubftances volatiles qui me paroiflent les principales dans la cempofition de cette eau , je trouverois qu'il feroit plus a propos d'y em- ployer le vin blanc. Eau de magnanimite' % ou de fourmis. Trenez, des fourmis , detix poignees, De Pefprit de vin , une pnte. LaiJfeiL-les en dtgeßion dans un vaiffeau bien clos jufqa'a ce qne la putrefaäion les ait entierement dißoutes en liqueur : Apres cela dißülez*-lcs au bain marie t & parfumez, la liqueur dißillee avec un peu d'eau de canelle. R £ M A R O^U E S. On choifira des fourmis les plus großes, on les ecrafera dans un mortier de mar- bre, on les mettra dans une cucurbite de verre, on verfera deffus, Pefprit de vin, on couvrira la cucurbite de fon chapiteau, & on les lauTera en digeftion jufqu'a ce qu'elles foient prefque toutes dilloutes ou reduites en liqueur ; on placera alors la cucurbite au bain marie •, tk ayant adapte un reeipient au chapiteau &: lutte exaete- ment les jointures, on fera diftiller tonte l'humidite, on aromaeizera cette eau en y mettant infufer quelque temps, un petit nouet de canelle concaflee, on pourra me- me placer ce petit nouet dans le col du reeipient, afin que les gouttes qui diftille- ront, pafTent au travers & prennent inlenfiblement l'odeur de la canelle: mais fans le donner tant de peine, l'on na qua. ajouter dans l'eau de fourmis diftillee, une once ou dettx d'eau de canelle, ou bien deux gouttes d'eflence de canelle , on gardera cette eau ou plutot cet efprit dans une bouteille bien bouchee. Son nom lui a ete donne a caufe de fes grandes vertus: eile eft propre pour reveil- Vertrft» ler les efprits, pour diflbudre & refoudre les humeurs froides, pour exciterla fe- mence, pour reiiiler au venin. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a deux. Dofe» Eau apopleClique. Vrenet. des fommitez, de tnarjolaine, desfleurs de tlllot, de muguet, de romarin , delavande, de fauge & de primevere , de ebaeunune poignee &demie. LatJJet, les pendant buk jours en macer ation a la chaleur du foleil ou a Celle de tetuve , dans trois demi-fetters d'efprit de vin , & autant d'eau de fleurs d'oranges. Apres cela dißilleu-les au feu de fable felon tart , & c^nfervet, ieau dißillee. pour l'ufage. E e e e e ij 77* PHARMACOPE'E ^enus. DoFe. R E M A R Q^U E S. On concaflera bien toutes les drogues, on les metrra dans une cucurbite de ver- ce , ou de gres, on verfei a deflüs, l'elpnt de vin & l'eau de fleurs d'orange , on cou- vrira exaclement la cucurbite, & on la mettra en digeftion au foleil ou dans un au- tre lieu chaud pendant huit jours , i'agitanr de temps en temps, on adaprera enfuite a la cucurbite, un chapiteau avec fon recipient, on la placera dir le fable öc par un feu mode.e , Ion fevadiftiiler la liqueur , ceferal'eauapopledhque. Elle forufie le cerveau , ons'enfert dans l'apoplexie. La dol'eeneftdeptiis une dragme jufqu'a demi once. Cette eau fe trouve diverfement decrite dans les Difpenfaires: j'ai choifi cerre defcnption comme la meilleuie & la plus fimple, eile eft ciree de la Pharmacopee Royale; Eau ipoptt'cfique , de Mynficht. Trenez. de la femence de roquette t une denn livre > De la racine de bitmite , deux or.ces , J)es bayes de gemtvre , une once & demle , Des racines ae pivoine male , de ppetbre , & d'acorus aquatique , de chacune une once , Des bayes de laurier monde'es de leur ecorce, fix dragmes t De Ujemcnce de fermontaine , de carvi , d'ams, de chacune demi once , Du cbamapitts , de VbylJope , de U marjvlatne , de l'ortgan & de U verveine, de cbacun deux dragmes. Toutes ces Jimples etant grofßerement pilex. & concaffet, t oh les mettra dans un rnatras , & on verfera par dejjus Du vm de malvoijie deux pintes & chopine f & de l'efprit de ro/es , une cbopme. On laiffera le tout infufer pendant 14 jours, & enfuite on en fera la diflillation au habt inarie , & dans la lujiteur dtßülee, on tnfufera pour la feconcle fois Des pars de muguet nouvelies f de primevere aujfi muvelles , & de laPande , de cha~ cunes deux onces, De Celles de fange , de cham&pitis , de betoine , de romarin , des deux cardamomes, des cubebes , du bots d'aloes t de la noix mufcade , du macis , ae la canelle , dupetit galanga t dupotvre long & du gyrofle , de cbacun demi once. Melez, le tont & le laißet, en maceration pendant trois jours , & dißillez, le au ba'm bain marie a un feu tres-modere dans des vatßeaux de verre , & que la dtßillation foit reäifiee en attachant au bec de l'ulembic un demi fcrupule üe troclnfques de gallm tnojchata envelope dans du coton. R E M A R Q^U E S. Apres avoir bien concafTc les premieres drogues, on les mettra en digeftion avec la malvoifie, ou a fon deffaut, avec du vm d'Efpagne &c l'eiprir de rofe pendant ouato ze jours, dans un matras ou dans une cucuibke bien bouchee: Enfui:e l'on fera diflider la liqueur au bain marie > on mettra infufer comme devant pendant UNIVERSELLE. 775 frois jours dans l'eau diftillee , les dernieres drogues bien concauees , puis ön fe-ia diftiller l'infufionpar le meine bairi, on redifiera l'eau diftillee en la faifant diftiller de rechef feule jufqu'aux deux ciers, ayant attache afbec de l'alembic ou au col du recipient denn fcrupule de trochifques de gallia mofchaca envelopes dans un petit morceau de cotton bien net; on gardera l'eau diftillee dans une bouteille bien bou- chee. Elle forrifie le cerveau Sc les nerfs , eile rappeile la memoire , on s'en fert dans Vertu*, l'apoplexie , dansla paralifie & dans les aurres maiadies du cerveau , eile rarefie la piriure grofliere Sc eile revenle les eiprits. La dofe en eft depuis une dragmejufqa a Dofe, denuonce. Il fauc prendre garde que dans routes ces diftillations reirerees, ort nelaifie echa- per les fubftanecs les plus volatilcs des Ingrediens qui fonr les plus elientielles. Si Fön veut rendie cecte eau diftdlee encore plus apople&ique quelle n'eft , il faur y meler für chaqae Uvre , deux onces d'efprit voiarü huileux aromatique que i'ai decrit dans man ^ours de Chymie. L'eau qui refte dans la cucurbite apres la redification , eft la partie la plus phleg- matique , mais comme il lui refte toujours quelque vertu ■■> 1 on peuc s'en fervir comme d'une eau cephalique iimple. Le vin blanc ordmaire me paroir meilleur Sc plus convenable pour certe Operation que k malvoiiie, parce que l'efpric en eft plus exalce. Eau hy?eriqne d'dmfierdAW. Trenez, de la racine de bryone fe'che , des hajes de fureau menues & fechees } de chacunes deux onces , De ieorce d'orange exterieure fecbe , une onee& demie t Desfeuilles d'armoije , de diäamede Crete , de matneaire , de nepeta , de baßlic , de pouilt't, de rbue , de (xbine fecbe , ie chacunes demi once , De la myrrbe & du cafljreum , de cbacun trois dragmes , Du faffran t une dragme. Toutes ces drogues bien pulvertfe'es rejleront en maceration pendant huit jours dan? deux ptntes d'efprit de vin ; Apres quoi elles feront dißdlees feLn l'ait. R £ M A R g_U E S. On pulverifera groffierement touresles drogues enfemble, on les mettra dans un grand macras, on verfera defliis , l'efpric de vin, on bouchera exadement le matras. Sc on le placera en digeftion au bain marie ou dans un furnier on l'y laiuera pendant huit jours , on verfera eifuite l'infufion dans une cucurbite de verre ou de gres , ilaquelle on adapterafem chapiteau & un recipieiic, on luttera exadement les joineures , Sc l'on fera diftiller laliqueur au bain marie ou au bain de fable. On gardera l'eau diftillee dans une bouteille bien bouchee. Elle eft propre pour les paffions hyfteriques, eile exciteles mois aux femmes, on Vemis.' peut auffi s en fervir pour la paralifie, pour l'apoplexie. La dofe en eft depuis de.ni Dofe. d agmejufqu'adeux dragmes. On peur garder la teinture coulee Sc filrree fans la faire diftiller , eile a plus de Teirtmre ve-tu que l'eau diftillee, parce quelle contient quelques parues falines qui ne mon- h tterque, tent pomt pai la diftillation. La dofe fera la meine. Dois, E e e e e iij 774 PHARMACOPE'E Ed.u hyfterique , de Fabrice, Trenez, des feuiües de fange * dcux onces , Desfleurs de romarin > ttne unce , De la jcarwle , du pouülot , du Jcordium , de la melijfe, de U menthe f de Paurene femclle } & de U matticaire, de chacun dem once. Du caß'jreum , deux dragmes , Du gyrcfle , de la canelle , du gwgembre, & de la noix mufcade t de chacun une dragme & demie 7 Des ecorces de citrons & $ oranges & des feuilles de marjolaine, de cbacune une dragme* Du vin brule , trois demi fepners. De celui du Rhin, deux pintes. Laiffcz. tout cela en digeßim pendant trois jours dans un Heu chaud, puis faites-en ttne difiülatwn Jelon l'art. R E M A R OJJ E S. On concalTera toutes les drogues , on les mettradans une cueurbite de verre ou de gres, un y verfera ie vin du Rhin & le vin brule ou prive de fon elprit par la di- ftiliation , on couvrira la cueurbite de Ion chapiteau , on laiflera la matiere en di- geftion pendant trois jours, apres lefquels on placera la cucurbire au bain de lable , & ayanc adapte un recipienr au chapiteau & lutte exactement les jointures, on fera diftiller la liqueur. Vertus. Cette eau eft propre pour exciter. les mois aux femmes , pour abarre les vapeurs , Doie P 0lu rammer ^ es elprits dans la lechargie , dans l'apoplexie, dans la pariline. La do/e en eft depuis une dragme jufqu a une once. La fcariole n'eft point necelläire dans cette defcription, on pourroit la retrancher. On appelle vin brule , celui dont on a fait diftiller ou evaporer les elprits , mais comme on le prive par la de ce qu'il contient de meilleur , j'aimerois mieuxi'em- doyer naturel cjue brule. £>i Ton na point de vin du Rhin , on peutlui fubftituer du vin blanc ordinaire. Ea.it hyßerique , de Crollius. Vrenet. de la rachte de diäame & de la femence de daueus, de cbacune une once , De Li canelle t de la caße odorante & de la melijje } de cbacune deux ferupules , Du cafloreum , une demi dragme Dufaffran, un ferupule , de l'eau de rbue diflillee, deux livres & demie. Diflillez. le tout felon l'art. R E M A R Q^V E S. On concalTera toutes les drogues, on les mettra enfemble dans une cueurbite de verre ou de gres, on verfera dellus l'eau de rhue diftillee , on couvrira ia cucurbire ; on laiflerala matiere en digeftion pendant deux jours au bain marie tiede , enluitel on adaptera un chapiteau a la cueurbite & un recipienr, onlutcera exactement les jomtures, & Ton fera diftiller la liqueur au feu de fable, on gardera l'eau diftillee dans une bouteilie bien bouchee. Venus- L Ue eft propre pour diiareer Sc pour deterger les humeurs groftjeres de la ma- Ptffe. trice, pour e>:citer les mois, pour abbatre les vapeurs hyfteriques. La doie en eil; depuis une once jufqu'a trois. Le cailialigneane nie paroitpas bien nece/Iaire dans la cornpofition de certc UNIVERSELLE. 775 eau, puifqu'il y entre de la canelle, on pourroit le retrancher & mettre le double de canelle ; la melifle y eft en trop perite quantite , cetce plante ne doit point etre dofee par fcrupules , je voudrois en metcre demi poignee. On trouve dans les Difpenfaires plufieurs autres defcriptions d'eaux hyfteriques, celles que j'ai rapportees foiu les mcilleures & elles doivent furEre. mais ; quej. rapport Eau cephallque , de Charles- Quint. Trenez, des flammtet, de marjolatne , desfleurs de romarin, de flauge , de muguct , de lavande , de rofes rouges , de chacuncs deux poignees y DeUcanelle } dugyrofle t dumacis, du cardamome , des cubebes, & desgrains de paradis } de chacun demi once. Coupes &pilez. großercmcnt tontes ces drogues , & les faltes infufer dans trois pintes du meilleur efprit de vm , pendant ßx ■ jours. Apres cela difl.dlet.-les , & dans la liqueur diflillee faltes encore infufer de nouvel- les drogues } & r eitern, la dißillation pour lajeconde fois. REMARQUES. On eonca/Iera ronres les drogues , on les mettra enfemble dans une grande cu- curbite de verre ou de gros , on verfera par delius , l'etprit de vin , on couvrira la cucurbite exacLement, on la placera dans un lieu chaud pour Lüfter la maticre en di- geftion pendant fix jours: entuite ayant dccouvertla cucurbite , l'on y adapteraun chapiteau & un recipient, on luttera exacLement les jointures, & Ton fera diftiller la liqueur au bain marie : on mettra infufer de reche?dans l'eau diftillee , une pa- reiile quantite de nouveiles drogues femblables , &c l'on reiterera la diftiliation comme auparavant, on aura une eau ou plütot un efprit qu'il faudra garder dans une bouteille bien bouchee. Elle fomfie & eile rejouit le cerveau , enrarefiant la pituitetrop epaifle qui en Vertag offulqueroit les elprits, eile eft bonne dans l'epileptie, dans la paraliiie, dans 1 apo- plexie, dans la lethargie. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu a deux dragmes. Hofe. La feconde infufion & diftiliation qu'on fait, eft pour rendre l'eiprit de vin au- tant empreint des fubftances & des qualitez. des ingrcdiens qu'il peut etre, maison laiffe toujours echaper quelque partie de l'elprit le plus fubtil, pour bien qu'on lutte les jointures. Eau epileptique oudore'e, de Langius. Prenez, des fleurs de muguet, dornte poignees. Faites-les infufer pendant cinq jours dans quatre pintes de vin d^Efpagne : Apres ccla d>ßillez,-les au bain marie dans des vaijjeaux de verre jufqu a ce que les fleurs feient prefquentici ement feches dans le fond de la cucurbite , puis , Prenez, desfleurs de lavande nouveiles un peu deffecbe'es , une once, De la canelle , ßx dragmes , De la noix mufcade } du guy de cbefne , des racines de pivoine & de ditlame , Desfleurs nouveiles de romarin un peu feches, & de flach as , de chacun denn once y Du foivre long & des cubebes, de chacun deux dragmes. Tous ces Ingrediensgroffierement pilez., reßeront en maceraüon pendant huit jours dans la premiere eau dißdlee ; & feront enfuite diflillez* pour la feconde fois au, metne bain marie. 77^ PHARMACOPE'E R E M A R O^U E S. On choifira des plus belles fleurs de muguet recemment cueillies en beau tems & dans leur vigueur, on les ecrafera dans un mordet , & on les mettra dans une grande Cucurbita de verre ou de gres, on verfera deflus du vin d'Efpagne le plus fort qui fe trouvera; on bouchera la cucurbite exacLement, & on la placera en un Heu chaud , on y laiflera la mauere en digeftion pendant cinq jours , apres lefquels on adaptera un chapireau a la cucurbite &c un recipient, on lutcera exacfemenr les jointures, & Ton fera ddlillerlaliqueuraubainmarie , jufqu'a ce que les fleurs reftent prefque feches au fond du vaifleau. On concaflera toutes les autres drogues, ou pliitot on les mettra en poudre grof- fieres , on les fera infufer enfemble pendant huit jours dans Peau diftillee en un vaifleau de verre exactement couvert, puis on en fera la diftülation comme aupa- ravant, & l'on gardera l'eau diftillee dans une bouteille bien bouchee. Vertus. Elle fortifie le cerveau, eüe recree les parties vitales', eile rarefie & eile diffipe la pituite eralfe , eile excite l'appetit, on s'en lert particulierement pour l'epüeptie. Pofc. Ladofe en eft depuis deuxdragmes jufqu'a une once. Je prefererois dans cette preparation le vin blanc ordinaire au vin d'Efpagne, parce qu'etant plus clair, plus penetrant & ayant fes principes plus detachez, il eft plus propre d diflbudre & a exalter les fubftances des mixtes. Eau antiepilep f ique , de Schröder. Prenez, im cerveau humain , des eaux dißille'es de muguet , de lavande, de prime- vere , & du vin d'Efpagne , de chacun trois chopines. Que toutes ces drogues reflent en infußon pendant cinq jours j dißiltez*-les enfuite au bainmarie, puisgardez. l'eau difi'ülee pour Vufage. R E M A R Q^U E S. On aura le cerveau d'un jeune homme nouvellement moit de mort violente, on le demeleta avec les eaux diftillees &la malvoifie , on mettra le melange dans une cucurbite de verre ou de gres, on la couvrira de fon chapiteau , on laiflera ainii la mattete en digeftion pendant cinq jours , on placera enfuire la cucurbite au bain marie •, on adaptera un recipient au bec du chapiteau , on luttera exadtcment les jointures, & l'on fera diftiller l'humidite ; on aura une eau qn'il faudra garder dans une bouteille bien bouchee. Vertusi Elle eft bonne pour fortifier le cerveau, on s'en fert dans l'epüeptie. La dofe en Pofc- eft depuis demi once jufqu'a deux onces. Le cerveau d'un homnie mort violemment comme d'unpendu , doit etre plus rempli d'efprits , que celui d'une petfonne motte de maladie , parce qu'il ne s'en eft point tant diffipe. Je trouve que PAuteut demande une trop longue digeftion , & il y a a craindre que le cerveau ne fe corrompe pendant ce tems-la & qu'il ne donne une mauvaife odeur a l'eau diftillee , üne feroit pas memebefoin de digeflipnpour cette Operation , cor la fubftance du cerveau etant molle , ce qui doic s eleverpar la diftülation eft toutdifpole, maisil ne peutgueres'en elever autrecliofe que fäpattie phlegma- tique 3 c'eli-pourquoi j'eftimerois beaucoup mieux l'efprit de tece hutnaine , tire comme U eft decrit dans mon Livre de Chymie , & mele dans des eaux diftillees de lis des- vallees, de lavandes Sc de primevere , que cette preparation d'eau anti-epi- Eau eptique. ;pti on couvrira la cueurbire de Ion chapiteau, on laiflera la matiere en digeftion pendant vingt-quatre heures, enfuite on*placera la cueurbire für le fable : on adaprera un reeipient au bec de I'alembic, & par un feu modere l'on fera diftiller la liqueur. On mertra fecher & bruler le marc qui fera refte dans la cueurbire , 011 lavera les cendres avec de l'eau commune chaude : on filtrera la leilive &i'on en fera eva- porer l'humidite , il reftera un peu de fei au fond du vailTeau ,on le diflbudradans l'eau diftillee , & l'on gardera la dißblution dans une boureille bien bouchee. Elle eft propre pour preferver de la pefte & des aurres maiadies contagieufes , eile excite la fueur. La dofe en eft depuis demi oncejufqua quarre onces. Certe cau eft appcllee bezoardique, a caufe qu'eüe a une vertu fudorinque fem- UNIVERSELLE. 7-9 "blable ä celle du bezoard, eile eft decrite de pluüeurs autresmanicres dans les Drf- Jjcnfaires: celle-ci m'aparu lameilleure, je Tai cirede la Pharmacopee Royale. Etttt contre la me'Unchr.lie , de Fifiher. Vrenez. de la chair de coings & de pommes de renettes , de cbacun deux onees , Du Citren coucajfe avec fon ecorce , des fleurs de borracbe, de rofm.tr in & de buglofe , de cbacun une once & demie, Des racines des deux fortes de buglofe , de cbacune une once t Du faffran oriental enütr , une dragme. Coupes, toutes ces drogues & verfem par deffus Du tneilleur vin blanc , cinq demi-fetien. Laiffez. le taut en infußon au bain marie pendant vingt-quatre heures , puis verfet, la üqueur diflille'e für le nurc qite vous aurez, pile , & fattes-enune feccnde diflil- lation. R E M A R Q^U E S. On coupera les fruits &c les racines par morceaux , on les metrra dans une cucur- bite de grez ou de verre avec les fleurs , ou y verfera le vin blanc , on couvrira la cucurbite 4e lbn chapiteau , on laiflera la maxiere en digeftion pendanr vingt-qua- tre heures, on diftillera enfuite la üqueur au feude fable dans un recipienc qu'on aura adnpre au bec du chapiteau. On prendra le marc qui fera rede au fond de la cucurbite, on le pileradans un mortitr , on le rcmettra tremper dans l'eau diftillee encore vingt-quatre heures, puis on dirlillera l'humiditecomme auparavant , cell ce qu'on appelle cchobation , on gardera l'eau dans une bouteillebienbouchee. Eile eil cilimee propre pour rejouir le cerveau , pour chafler la melancolie. La dofe en eil depuis une oncejufquaquatre. Eau d'une odcur excelUnte , dite eau d'Artge. Vrenez, de la racine d'iris de Florence & du benjoin , de cbacun une once& demie , Duflyrax choiß, ßx dragmes , Du bois de rofes , demi once , Du fantal citrin , deux dragmes, Du calamus aromatique & du labdanum , de cbacun deux fcrupules , Des fleurs de benjoin , un fcrupule. Toutes ces drogues bienpnlverifees feront mifes dam un matras exaclementboucbe, & vous les y laifferez, infiijer pendant vingt-quatre heures au b.ini marie tiede dans une chopine d'eau de rofes , & un demi-fetter d'eau de fleurs d'oranges. Apres cela diflrflez. le tout dans le mime bain marie , quc vous echaufferez, davanta- ge , & dans l'eau diflille'e di!Jolvei,-y Du tnufc & de l'ambre gris , dscbttcunßx grains. R E AI A R QJJ E S. Ou pulverifera groflierement toutes les drogues, on les mertra enfemble dans une cucurbite de verre ou de grez , on verfera deflfus les eaux diilillees de rotes Sc de fleur d'orange , on bouchera bien la cucurbite , Sc l'on mettra la matierc en digeftion au bain marie tiede pendant vingt-quatre heures , enfuite l'ayant debouchee, Ff ff* ij Vertus, Doie. 780 P H A R M A C O P E'E Ton v adaptera un chapiteau & un recipient, on luttera exaciement les jointures avec de la veßie , Sc l'on fera diftilkr la liqueur au meine bain marie chaud , on diflbudra dans ikau diftillee , le mufc & I'ambre : on gardera cette eau dans unc Eau d'An- bouteilk bien bouchee , c'eft ce qu'on appellc Eau d'Ange. fi ■ Elle n'eft employ.ee que pqur les parfums on en arroie les habits, les gands, les tohkttes. * On peut arracher le mufc & I'ambre gris pulveriies Sc enveloppes dans ün peu de corton au bcG de l'akmbic avant la diftillation, afin que l'eau qai diftilkra , sem,- preigne infenfiblemcnt de ces aromates en les diflolvant. Quelques-uns fe contentent de tircr la teiritare des drogues dans les eaux dero- fes &c de fkur d'orange fans la faire diftiller» On peut faire iecher le raarc des drogues qui eft refte dans la cucurbite, & 1'em.r plpycr poiir pari umer quelques hardes, ou potir faire bruler au lieu de caftolettes ou depafhlks, car il a retenu encore beaucoup d'odeur. Qicihd on retrancheroit le labdanum de la compofition , l'eau d ange n'cn kroit pas moins odoranre. On n'employe plus euere eFeaii de fenteur ambree Sc mafquee , depuis qu'on a reconnu que ces odeurs excitoient des yapeiu$ aux feruinesj öc quelquefois meme aux hommcs. Ea/i ßomachicfue , de Myvfcht. Vrent'y de Lt rae'tne de petit gaLraga , une once & demie , X>e Ci'Ls dt gjpgcfflb.re 1/lfiti.C , dep'tmMutile , d'aunse , d'acorus aquaüque , duge- Vertus. Dofe. roße , de Li v.v.x mitfcAde , de la canelle &Au maßicb, de cbactm une ev.ee , le menthe crepe'e , de Celles de romarin , de fange & d'abßnthe t de cba- Desfeinlies de cum denn once, Des deux cardamomes , de Li femence d'ammi, du calamus aromatique , da mach , & d.t poivrelong , de cbactm trois dragnies , Du jonc odorant, du jpicanard & du bois d'aloes de ebaeun deux drag7P.cs. Toutes ces drogues bien melange'es & ptlees feront infufecs pendant qu*torz.e jours dans quaire pintes de vin d'Efpagne, une chopme d'eau de pomllot, & av.tant d'eaii de melifje. Apres cela , dißdlez~-les au bain marie felon i'art. R E M A R Q^U E S. On concaflera bien toutes les drogues, on les meftra dans im grand matras, on verfera deflus la malvoifie & les eaux diftülees, on bonchera exaclement le matras, tS: on le placera dans le furnier ou au bain marie tiede , pour y laii'Ier Ja mauere en digeition pendant quatorze jours, apres lefquels on verfera tonte 1'infuiion dans une grande cucurbite de verre ou de grez , & y ayant adas^rc un chapitenu & un reeipient, Sc kitte exailementles jointures, on en fera diftüler l'luuniciite au bain marie, ou au bain de vapeur ; on gardera l'eau diftillee dans une boureiile bien bouchee. Elle fortifie & eile rechauffe les eftamachs trop fi-oids , efleappaife les douleurs, eile dileute la pituite cra/Ie ,. eile artete le vomilfement, eile excitel'appetit , eile chafle ks vents, eile provoque les mois aux femrnes, La dofe en eft depuis djrni once jufqu'a deux onces. On peut fubftituer a la malvoiiie le vin d'Efpagne, ou mime le via blaue ordi- joaire. UNIVERSELLE» Eau ßomachiqtte , de Lemort. 7 t\ Vrenex. de l'ecorce txttrutire d'oranges , une önce , Dupetit gatiigf, cmq dragmes , "Du gmgembre, trois dragmes , Du CalMus arimatiqüe & de l'atmie, de cbacun deux dragmes, Du cardamome & du gerqfle , de ebnem une dragme & demie , De l'efpnt de vtn , trois dem fetiers , Du mtre , deux dragmes, Latffez. ces drogues en macer.ition pendant ßx jours : apres ceU fe'paret, l'eau claire du marc , & Ugardex, pour t'ufage. REMARQUES. On concaffera lesdro de Inßort: , de tormentille \ de fcor- dtum , de verveine , de patience , d'ofeille , de rhue , de cbevre , de myrrbis , des deux cyanus au blaets ,de fouej , des limms & de citrons s de ebaeun dtnu-hvic^ Des ßcs de quinte-feuüle& de pmpervelle , de cb.ic.rn trm onces , De la femence de pourpier , deux onces , De Celles de citrons & dechardon lernt , de ebaeune demi once , Des fleurs de nenupbar, deux onces , De Celles de berraebe , de buglofe , de violettes ,d''«illets , de ebaeunes une ence , De la pc:tdre des trois fantaux , ßx dragmes. Laijfez, le tont en infujton pendant trois jours , apres ccUclißiller^-le dam des vaif- feaux de verre. Ajoatet, a la üqueur dijldlee De la terreßgillee , quatre onces & demie , Des perlespre partes avec le fuc de citron , trois dragmes. M$b& le tottt enfemble & le gardei,.* R E M A R OJJ E S. Oft tirera fes fucs des plantescueiilies dans leur vigueur } önmelera ces fucs avee le vinaigre dans une grande cueurbite de g'rez ou de verre ; on y mettra infufer pendant crois jours , les iemences concaffies, les fleurs & la pouclre des trois (antaux , enfvute lonfera diftiller la liqueur au feu de fablej on dern'ete'rä dans l'eau diftillec*, la terre figiliee Sc les perles preparees ou broyees far le porphire avec du (uc de citron depure , puis (echees , on gardera le tout eniemble dans une boutcdiebicn bouchee. Fffff üj V'ertus, Dofe. Verdis. Dofc. Vertus. Dofc. 7 Si P H A R M A C O P E' t Cetre eau eft eftimee cordiale Sc rafraichiflänte;onprerend quelle refifte a la malignire des humeurs. La dole en eil; depuis de limons & d'ofeüle , & le vinaigre qui entrenr dans fa compofition; mais cerce aeidite eft detruitc ou abfor- bee par la terre ligillee , & par les peiies qu'on y ajoare- Quoique la preparation de cecce eau foit grandc, je la trouve d'ane vertu foit mediocre. Eau cordiale chaude , du meme Auteur. Prenez. de Tecorce decitron , desfeu'illes de meliffe , de bajTlic , &de vincetoxieun, Des fleurs d'ceillets , de romann , de ftriette , des femences de dttlame de {cor - diui» , de perfil & de fenaml, de ebaeunes une poignee. Inf Hfl z. ccsßmples dans une fußfante quamte de vin d'Efpagne pendant trots jours* enfuite dtßillez.-les , &faites encore tnfufer dans la liqueur dißtlle'e Du gerofle , du macis, de Li mufeade & du bois d'alaes , de chacuHs deux dragmes. D'ßillez, le wttpmr Li feconde fois; vous pourrez, meme dans cttte feconde dißillaüon dijjoudre quelques grains de mufc & d'jmbre. R E M A R Q^U E S. On concaflera l'ecorce de citron , les femences , les feuilles & les fleurs , ou les mettra eufemble dans une Cucurbita de verre ou de grez, on verfera delliis de la malvoilie f ou äfon defaut du vin mufeat a la hauteur de quarre doigts, on bou- chera bien le vaitlcau , Sc on le mettra en digeition au foleil ou au bairi marie pendant trois jours: on fera enfuite diltiller l'inrufion au bain marie ou au bain de va- peur Sc dans l'eau dillillee , on fera inruferpendanr trois autres jours, les t'yrofles, la mufeade , le macis Sc le bois d'aloes : on fera enfuite diftillcr cette feconde in- fufion , & Ton en gardera l'eau diftillee; tl on veut la vendre plus odorante , on pourra envelopper deux grains de mufc Sc aurant d'ambfe gris dans un peu de cotton , pour les attacher au bec du cliapiteau , arin que l'eau diftillant deffus , s'en empreigne. Elle fortifie le coeur & l'cftomach , eile refifte a. la malignire des humeurs, eile reveille les efprits, eile excite la femence, eile poufle la tranfpiration. La dofe en eft depuis deux dragmes jufqu'a une once. Comme les femences de diptam Sc de fcordium ne fönt pas communes, on peutleur fubftituer la racine du diptam & les fommirez du fcordium. Eau de pa.na.ces heracleum compofe'c. Freuet, du guy de cbefne & de la femence de fertnontaine } de chaeunquatre onces > De la racine de pivoine , trois onces , De Celles de levißiqae , de diäame blanc & de z,edoaire , de ebaeun deux onces , De U femence de pivoine t une once & demie , D'i pavat blanc , une once , Du c ißjreum & de la myrrhe f de ebaeun demi once , Faites-les tnfufer chaudement penddnt dix jours dans deuxpitttes d'eau de mehffe cjr dans une pinte & ebopine de vin mufeat. Apres cela dißillez>-les fclon l'art. UNIVERSELLE. 7S3 S E M A R 0_U E E. On concaifcM bien tarnet les dregucs, on les ruertra dans unegpude cucurbxtc de verre ou de grez , on y verfera le vin raufen: &c l'eau de niehlte, on couvrka exaetemenr le vaifleau , on ie pkeera en digeftion en in lieu chsaid, comme dans le furnier'ou äu foleil pendant dix jours, e&reraenujitediftilier la Iiqaeurau feu de fable s & Ion gardera feau dans une boureille bien bcmtfhfe. Llie eft propre pour les affeclions de matrice, pourprovoquer les mois aux fem- mes, pour abattre les vapeurs, pour 1 cpiiepiie, pour clnlTer les venrs, pour refifter au venia. La dofe en eft depuis une once jufqa'a trois. J'ni tirc Gerte defeription de la Pharmacopce d'Ausbourg, eile prehd (on noni du panaecs beiadetm , qui eft une plante ferulacee , doul'on croitque dccoule i'ono- panax , qui-croie abondammenc en Beorie , en Achaie , en Macedoine , taek iteft etonnant quil n'en entre poinc dans la uefeription; caril y a bien de fapparence qu'elie a ecc oubliee dans les irnpreiltons des Difpenfaires; cair pourquoi lAuteur de la compofirion kü auroit-il donnece ritre , s'il n'y avoit fait entrer que les dro- gues qu'on y trouvedecrires; IIferoit donc apropos d'y ajoucer desfeuilles du pa- naecs beracleum fixpoignees, des racines de la meine plante deux onecs, mais com- nie cette ferule ne fe trouve pas dans fa force en nos climats remperez , on pourroit lui fubftituer deux onces d'opopanax. Eah ßphyüqxe , de Batfus. Prehcz, de'la feieure de gajuc , une livre & demie, De la pure lierre twuvelle , une piute. Metteiu-les en mxcermon für les cendres chaudes pendant trois jours ; puls dißtllez.- les ptjqu"h Jxccite. REMARQUES. On mettra la feieurede gayac dans une cueurbite de verre ou de grez , on ver- fera_deffus, la biere recemment iaite & bien pirifiee , on bojehera Je vaifleau Sc on le pkeera für les cendreschaudes pour y kifler la matiere en digeftion pendant trois jours , puis on la fera diftiller au bain marie, on gardera l'eau diftiliee dans une bouteille bien bouchee. Elle eft fudorifique , dcficcative, propre pour les carares, pour les rhumatifrnes, pour la goutte fcianqae. La dofe en eft depuis une once jufqu'a fix. Si l'on diflblvoit dans cette eau diftiliee une dragme & demie de fei de gayac , on la rendroir encore plus falutaire. Enucmtfc les vers , de Äiynficht. Trenez, de la raclure decorne de cerf, ejuatre onces , Des /einlies de fenne , de la femence contreles vers , de celle de citron & de la co: aline vraye , de ebaeune une once & demie , Des nojaux de peebes , de la ibubarbe cboijie , du meilleur agaric & de la mjrrbe t de tbaeun une once, Des racines de dtäame blanc, d'arißoloche ronde& de z.edoaire, de cbacunejix d.r.\ Du tartre Uanc , dx nitrepurifie & du faflian oriental » de ebaeun dem once , JDes f;mmite% de pettte centauree & de lanaiße , des flau s de pceher , du Ins de toU4 dner rape , de cbaaut treu dragme s , Vertus, Dofe. Dcfaut dt, la compo- fition. Vertus. Dole Dote. Vertus. Dofc Reformation de l'eau t'i'hi- rondeUc. -S 4 PHARMACOPE* E De l'argent vif t deux dragmes. Toutes ces drogueshacbees & pilees feront infufees pendant buit jours dans deux pintes d'hydromel , apres Cela ajoutez*-y Des eaux d'abjmrbe poiu'tque & d'aurone , de cbacunt trois denn fetiers , De alles de elhirdon oenit, decbiendent, de fcordium , de chnenne une cboplne. liiltn. le tout & le dißillez. par l'alembic aubain-marie. R E M A R Ojü E S. On concaiTera le fenne , les femences, la coraline . les noyaux de peches , les ra- cines, l'agaric , la myrrhe , le rarere , le falpctre, les fommiteZ Sc les reuilies, on les mettra enlemble dans une grande cuenrbire de verre ou de grez avec le vif argenr , les rafures Sc le faffran , on verfera defliis l'hydromel, on bouchera cxatfcement le vaiileau , & on la metrra en digeftion au foleil ou au bain marie riede pendant huit jours , on y ajoutera enfuite les eaux diftillees, Sc ayant bien brouille le tout on en fera la diftillation au bain marie ou au bain de vapeur. Cette eau eil propre peur faire mourir les vers Sc pour empecher qu'il ne s'en iorme d'autres, eile oxcjce les mois aux femmes, eile reiifte au venin. La dofeen eft ciepuis une or.ee jufqu'.i afaatrc. Si au lieu de ia.ire la dhuiiarion on fe contentoit de l'infufion, eile feroit purga- tive Sc eile vaudrou mieux pour les vers , mais eile fe garderoit peu de tems. Eau d'Hirondelles. Prenex* des petits d'hirondelles coupez. vivanspar petits morceaux , deu.x dou&aines , DUguy de ebene t trois onees , De U racine de pivoine , deux onces , De la femer.ee de pivoine , une once } Des eaux demuguet, des fleurs de fnreau , de pivoine , de tillot,de ebaeune unepinte. Laijjez. le tout eninfußon pendant vingt-quatre bittres, puis diflillez,-le au bain marie. R E M A R OJJ E S. On r.ura desperits d'hirondelles tirez de leurs nids t on les coupera vivans par petits morceaux Sc on les rnerrrä infufer avec les aütres drogues coricaitees pendant vingt-quatre heures dans les eaux diftillees au foleil öuau bain marie tiede , pms on iera cliftüler le tout au f eu de fable: on gardera cette eau diitillee dans une bouteille bien bouchee. Elle eil propre pour l'epüelie , pour l'apoplexie , pour la paralifie } pour les ver- tiges. La dofe en elf depiusdemi once jufqu a trois onces. La fubftance des hirondelles la plus ialutaire pour les maladies dans lefquelles on donne cette eau, feroit le fei volatil, mais il ne s'en derache guere dansladiftilla- tion , prefque tout celui que ces petits animaux contiennent demeure au fond de la cucuibire avec le märe ; amfi l'eau en diftillation n'a empörte avec eile que la pär- tje phlcgfp&icfUC des hirondelles ;jeferois donc d'avis pour profiter de tout, qu on niirla matiere reftante apres la diftillation, dans une cornue de grez ou de verre lutee , qu'on ja placät dans un fourneau de reverbere, qu'on lui adaprat un gros balon de verre , qu'on lurät exaetement les jointures, Sc que par un feu gradue , Tonen fit iortir pi emiereir.ent le phlegme , puis l'efprit, 1'huile Sc enfin le fei volatil : qu'on laitlat eteindre le feu Sc refroidir les vaiifeaux , qu'on les feparacäc qu'on versätl'eau diftillee dans le balon avec l'efprit, 1'huile & le fei volatil-, qu'on agitäc bien le balon pour detacher & dilfoadre tout le fei volatil: qu'on filtrac la liqueur UNIVERSELLE. > _ 785 üqueur par un papier gris, pour en feparer l'huile, Sc qu'on rectifiät cette liqaeur filtree en la faifant diltiller par un alembic de verre für un pccit feu de fable; on auroit une eau empreinte des principales fubftances des mixtes qui entrent dans la compofition, Sc qui repondroit bien mieux quelautre aux bons effets qu'on doit en attendre; a la verite eile auroic acquis une odeur Sc un gofit un peu dcfagreable; mais on ne doit point avoir tant d'egard a ces delicatefles, qu a rendre le reraede profitable. Autre Butt ^hirondelles. Freitet, de petites hirondelles dans leur nid t au nombre de vingt, Mettez.-Ies dans une cucurbite de verre , & ajoutez,par deQus Du crane humain rape, trois onces , du caftor eum , une once & dernte s Duguy de ebene concaffe , une once t Des eaux de fleurs de tillot > de luvende & de muguet, de chaeunes trois dem fetiers - Du fuc de Li racine & des feuilles de pivoine male , & du vinaigre fcillitic , de ebaeun un denn fetter. Laijfez. taut es ces drogues en infußon für un trh-petit feu , pendant deux jours , puls vom les d'tpllere-L au feu de fable modere. R E M A R QJU E S. On rirera vingt petites hirondelles de leurs nids, on les mettra Vivantes 5c en- tieresdans une cucurbite de verre ou de grez, on y melera le crane humain rape le guy de chefne & le caftor pulvenfez grollierement, on rapera de la racine de pivoine male, & Ton en pilera les feuilles dans un mortier de marbre, on exprimera le tout pour en tirer fix onces de fuc qu'on yerfera dans la cucurbite avec le vinaigre fcillitic Sc les eaux diftiliees de fleurs de tillot, de lavende & de lis des valees, on couvrira exaitement le vaiffeau & on le mettra en un Heu chatid pour y laifler la matiere en digeftion pendant quarante heures: enluite l'ayant decouvert, on y adaptera un chapiteau & un reeipient, on iuttera les jointures ; Sc par un petit feu de fable , Ton fera diftiller la liqueur. Cette eau eft propre pour l'epileptie, pour les maladies hyfteriques, pour l'apo- Vertus, plexie. La dofe en eft depuis demi once jufqu a deux onces. On met icy les hiron- Dofc. delies Vivantes, afin qu'en mourant dans la cucurbite, elles communiquent plus de leur vertu aux liqueurs dans lefquelles on les fait macerer, mais par cette diftilla- tion , on n'enleve gucre de leur lubftance principale qui confifte dans le fei volatil, comine j'ay dit en l'operation precedente. II en eft de meme a 1 egard du crane humain , cette diftillation n'en peut deracher que la partie la plus phlegmatique qui a peu de qualite, & fon fei volatil qui fait toute fa force, refte au fond de la cucurbite avec le marc. Les prineipes du caftor etant beaueoup plus exaltez ou naturellemenr detachez , que ceux des autres parties d'animaux dont je viens de parier , ils fe communiquent auffi bien plus facilement aux liqueurs , Seilen diftille beaueoup, car l'eau eft em- preinte de leur odeur, mais il en refte auili un peu dans le marc au fond de la cucurbite. Le vinaigre fcilliric ne me paroit pas bien approprie dans la compofition de cette E au J»hi- eau, parce qu'etant aeide il fixe Sc il detruit en parties les volatiles qui doivent etre rondelle , confetvez; je voudrois le rerrancher & employer en fa place une once Sc dernie d'oi- itfoimec. gnon de lcille. Je ferois aufli d'avispar les raifons que j'ay dites, qu'apres la diftil- Jation de l'eau, on procedat a celle du marc par la cornue , pour en tirer le fei vola- fG er 00 rr I 7 86 PHARMACOPE'E til Sc les autres fubftances qu'on meleroit avec l'eau diftillee , puis on filtreroit le melange, &c on le rectifieroit par l'alembic de verre, comme il a ete dit dans les remarques für Foperation precedente. Par ce mcyen on auroit une fort bonne eau d'hirondelle. Eatt de pies co'npofe?. Prenez* des fleurs de pivoine & de primevere t de chactmesßx dragme s, J)e Celles de luvende & de romarin t de cbacunes c'wq äragmes , De Celles de fange , de marjolaine, de bitoine d'byjope & du gity de chefne > de cbacunt ydemi once, De la racine d'ariflolocbe hngue , trois dragnies , De la caneilt, dugjrofle , du ctrdamome , de la ttoix mufcadc , des cubebes , de cbacun une dragme & demte f Des fleurs dcflaecbas atabique, du cafloreum , de la fcmencc de pivoine , de felboe. Trenez, des fommitei.de petite centauree , des feuilles de romarin , de Celles de marjolaine , de rhue cultiree & de baßlic, de ebaeune une poignee & demie , De U canelle ,ßx dragmes, Des femences d'angelique , de levißic & d'anis, de chacmie denn once , Des bayes de laurier, trois dragmes, De la mix mufca.de> du macis , des racine s d'imperatoire , de galangd & de gingembre , de cbacun une dragme & demie , De la. racine d? angeltque } dugyrofle & de Fecorce d'orange t de ebaeun une dragme, Toutes ces drogues etant bachees & pilees groffiercment , verfez, par-dejfus trois chopines & demi-fetier d'efprit de vin. Vous laifferez, digerer le tout pendant dcux jours au bain-marie , apres quoi vous le 'dißilleret, jufqua la fecberejfe , & garderez. Vefprit dtßille pour l'ufage. R E M A R Q^U E S. Apres avoir ineife & concalTe toutes les drogues, on les mettra enfemble dans une cueurbite de verre ou de grez , on verfera deflus, l'efprit de vin , on couvrira la cueurbite exa&enient, & on laiflera la matiere en digeftion pendant deux jours au bain d'eau tiede : enfuite l'on adaptera un chapiteau a la cueurbite & un reeipient, on luttera exattement les jointures , & au meine bain Ton fera diftiller tou- te l'humidite, on gardeta l'eau, ou pliitot l'eiprit diftille, dans une bouteille bien bouchee. Elle eft propre pour la colique venteufe , eile difeute & eile rarerie les glaires, VerniJ, eile appaife les trenchees. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'ä deux dragmes. Dofe. Enit carminative oitde cxmomille compofee , delV.ijfer. Vrenet, des fleurs de camomille , dix poignees, Coupez,-les, pile£,4es & les mettez, en infußon dans deux pintes & chop'me d'eau G ssgg >; Vertus. Pofe. 7S8 PHARM ACOPE' E dißülee de camomille , & dans une pinte de tres bm vin > & ceU penitnt vingt-qttatre beures. Puis coulez, Vinfußon & Vexprime^furtement , & mettez. enftüte huit poignees d'au- tresfleurs de camomille infufer dans la ahaure pur la fände fois .- apres q^oi vous mettrez, en macer ation ptndant vingt-quatre beures dans cette feconde colatnre Des flettrs de camomille , quatre poignees , De l'abßnthe, de l* petite centauree , du pouillot & de Vongan \ de cbacunes um poignee , Des femences d'anetb , une once , De Celles d'anis , de fenouil, de carvi , de cumin , de ibardon benit , de chardon uatre* dame , de Ve'corce exterieure d'orange , de chacune demi once , Des bayes de genievre & de laurier , de cbacun quatre jcrupttles. Apres vingt-quatre beures d'wfußon , dißtllet* le tout au batn-marie tempere , fekn l'art. R E M A R 3_U E S. On prendra dix poignees de fleurs de camomille recentes , on les mettra en in- fufionpendant vmgt quatre heures chaudement dans l'eau de camomille & le vin blanc en un vailfeau de terre bien bouche, on coulera l'inf ulion avec forte expref- fion, & l'on y fera infufer comme auparavant, huit poignees de nouvelles fleurs de camomille , on coulera cette feconde infufion , expnmant fortement le marc > & Ton mettra dedans en digeftion pendant vingt-quatre heures en une cueurbite de verre ou de grez bien bouchee, quatre poignees de fleurs de camomille & les au- tres drogues concaflees , puis ayant adapte a la cueurbite un chapiteau & un reci- pient, & lutte exa&ement les jointures, on fera difaller toure la iiquear au bain marie. Cette eau eft fort bonne pour difeuter les glaires, &c pour difliper les vents •, on on s'en fert pour la colique , pour fortifier Peftomach pour aider a la digeftion , ex- citer les mois. La dofe en eft depuis demi once jufqu'd deux onces. Cette eau a ordinairement une couleur laitteule , a caufe de quelque portion d'huile qui monre par la diuillarion, & qui fe tient rareiiee 5 il faut la garder dans une bouteiile bien bouchee, de peur que fes parties fpiritueules ne ie diilipent> car ce fönt elles qui fönt la vertu. Eau de Chapon. Prenez, un chapon maigre , btet^-lui les entrailles, cottpen-le par morceaux & falte s, en forte qu'il ne lui refie point degraijje , cuifez,-le enfuite avec un quanüte fufi/autß d'eau de fontaine dans un vaißeau bienclos aubain-marie. Cela etant fait , Prenez, du bouillon bien exprime, trois ebopines , Des eaux de borracbe & de violettes, de ebaeune trois demi fetiers , De U mie de painfortant du four , une demi livre , De la canelle concaffee , demi once , Des fleurs de rojes rouges , deux dragmes & demie r De Celles de violettes , de borracbe & de buglofe , de chaeune une dragme, Diflillez, le tout dans desvaijfeaux de verre felun l'art. R E M A R QJU E S. On vuidera un chapon de fes entrailles ; on le coupera par morceaox 5 on en ote- UNIVERSELLE. 78p ra la graiiTe, on le fera cuire avcc une quantite fuffifante d'eaü dans un pot bien bouche , au bain niarie. On couiera le Bouillon, exprimant iortement le chapon cuit. ün metrra dans une grande cucurbite de verre ou de grez , la canelle concaf- fee 3 la mie depain chaud lortant du four öc les fleurs, on veriera deftus, le bouil- lon Sc les eaux diftillees, on laiflera le tout en digeftion pendant dix ou douze heu- res, puis on en fera la diftillation au f eu de fable , on gardera cette eau dans une bouteille de verre bien bouchee. Elle eft cordiale pe&orale &c reftaurante, eile eft bonne dans la phtifie & dans les autres raaladies de comfomption. La dofe en eft depuis demi once jufqu'a quatre onces. On fait cuire le chapon au bain marie , dans un vaiiTeau bien bouche , afin de- virer la. diffipation qui (e feroir du fei volatil en qui conilfte principalement'fa vertu. Le bouülon doic etre en gelee quand le chapon a ete exprime. On ote la grailTe du chapon, parce qu'il en pourroit diftiller quelque portion avec L'eau ce qui la rendroit defagreable. 11 s'eleve par la diftillation, un peu des fels volatils du bouillon & du pain, ce qui rend l'eau reftaurante &c fortifianre , mais le meilleur du bouillon en qui con- fifte le plus de fei volatil refte avec le marc. Je trouverois donc qu'il feroit bien plus a propos de faire prendre au malade le bouillon du chapon fortant du bain marie , que de le faire diftiller, on pourroit alors y mettre inlufer ou bouillir legere- ment les autres drogues & y roeler les caux diftillees, ou bien les employer au lieu, d'eau commune a la cuite du chapon. Eau de chapon , de J9uercetan. Prenez. un vieux chapon vmde de (es entrailles, coupck-le par morceaux &le mette%, dans une cucurbite aßet, ample, puis aputcu-y Du fucre blanc , demi-üvre , Dufantal citrin , du bols d'aloes, dugjrofle, de la noix mufcade, du cor all prepare , De la canelle & da macis, de cbacun une once , Du galanga , de Vecorce decitron , de Li z,eduaire & du faffran , de cbacun demi once ,, Des grains de kermes , trois dragmes , Des fleurs de romarin , de fange, de betoine f de luvende , de borrache , de huglofs & de rofes rouges, de cbacune unepinte , Du vin de Canarie , une pinte & choptne. Mettex, levaiffeau bien chs au batn-marie chaud pendant huit ou dix jotirs , jttfqua ce quil foit reduit parla coclim en mennes parties. Apres cela fahes-tn l'exprejfwn dans U prej/e , & dißitlez. la liqueur exprimee par l'alembic* R E M A R Q^U E S. On choifira un chapon vieux preferablement a un jeune t parce qu'erant moins charge de graifte, il donne plus au bouillon de la fubftance neceflaire pour le ren- dre bon •, on en feparera les entrailles &c la graifle , on le coupera par petits morceaux qu'on mettra dans un matras, on y melera les autres drogues, on verfera def- fus, le vin de Canarie; on bouchera exadement le matras, & on le placera au baiifc marie bien chaud, l'y laiflanc huit ou dix jours, ou jufqu'a ce que le chapon foit «xadtement cuit, on couiera enfuite l'mfufion avec forte exprellion ? & l'on fera diftiller la colatuije, on gardera cerre eau diftillee dans une bouteiUe bien b jucLc;» G SSSS "1 Vertus. Dofe. Vertus. Dofe. 75)0 PHARMACOPE'E Elle eft propre pour retablir les forces peudues. La dofe en eft depuis deuxdrag-'" mes juiqu'ä une once. Le coraii eft icv unedrogue fort inutile, car il ne s'en detache rien qui puifTe etre eleve avec i'cau dans la diftillation ; mais quand il s'en eleveroit quelques particu- les , elles ne produiroient aucun effet reftaurant. Le liiere ne donne pas non plus grande chofe dans cette diftillation, il rede au fond de la cucurbite a peu pres comme il a ete mis. Il arnve a l'egard du chapon la meine chofe que j'ay dite en la preparation pre- cedente , il s'en eleve ä la verite quelque peu de fei volatil avec l'eau, mais la plus rande quantite en qui confifte ia principale vertu, rede au fond du vaiffeau avec e lucre , il vaudroit donc beaucoup mieux faire prendie an malade, des bouillons de chapon que de l'eau diftiliee. On peut faire difhller les aurres drogues apres les avoir mifes infufer dans le vin dp Canarie , pour en faire une eau, de la quelle on donnera une cuilletee immcdia- tement apres le bouillon de chapon. Si l'on veut qu'il entre du fucre & du coraii prepare dans cette eau, l'on y en dilfoudra apres la diftillation. Eau de chapon , de Mynßcht. Trenez* un chapon , & faites-le cuire felon Vart dans un pot de terre neufverniße, & bien couvert, avce De petits raißns paßes , despignons & de Li canelle t de cbacun une once, Des ]njub(S & des febeßes, de cbacun une douz.ame , Desfgues nourelles , au nombie de butt , De la pulmonaivc , de l'endive, dupas-d'afne & de la laitu'e , de cbacun denn once , Des fieurs de violettes & de l/etoine , de cbacune une dragme. La coä'ion de ces drogues etant faste, pilez^-les dans un monier de pierre,&y ajoutcn, Du vin de canarie , trois cbopines , Des enux de tujßlage, de marrube blanc & de buglofe , de cbacune une chopine ' t De la tme de pain blanc maceree dansle lait de chevre , unedemi livre , Desconferves de borracbe, de rofes & de polytric , de cbacune troisonces , De la poudre des efpeces de diamargaritifroid , demi once % De la canelle , da micis & de la femence d'ams , de cbacun deux dragmes. Melez. le tont, dißillez.-le au bain marie , &garde%* la liqueur diflille'e pour l'ufage. EIM4R 0_U E S. On aura an vienx chapon , on en otera les entrailles & la graifle , on le coupera par morceaux, on le fera bouillir dans ce qu'il faudra d'ean , en un pot de terre ver- niile bien couvert, par im feu mediocre : quand il fera cuit a plus de la moitie, on y ajoütera les raifins de Corinthe, les pignons, les Hgues, les jujubes, les febeftes, piiis la reglifle , les herbes & les fieurs, on continuera de faire bouillir le melange jufqu'ä ce que le chapon foit parfaitement cuit. On recirera alors du pot le chapon 6c les aurres Ingrediens > on ecrafera bien le tout dans un mortier de pierre avec un pilqn de bois, on y remelera le bouillon : on mettra le melange dans une grande cucurbite de verre ou degrez, on y ajoütera le vin de Canarie, les eaux diftiuees, la mie de pain blanc infufee dans du lair de chevre> les conferves, la poudre diarnarga- ritum frigidum, la canelle , le macis & 1'anis, on adaptera a la cucurbite un chapi- eeau & un reeipiene, on luttera exadement les jointures, 8c apres cinq ou fix heu- UNIVERSELLE. 7V res de maccration > on fera diftiller toute la liqueur au bain marie, on gardcra cece eau pour le befoin. Eile eft bonne pour la phtifie, pour l'afthme , pour la toux inveteree , & pour les autres maladies de poitrine. La dofe en eft depuis deux dragmcs jufqu'aune oncc. Gerte preparation contient beaucoup de bonnes drogues bien appröpriees pour les maladies dans lefquelles on k donne , mais le malheur eft qu'efle n'en praßte ou nuifibles comme le maftich } le fang - dragon, les rofes rouges. Les conferves contiennent des fubftances qui peuvent fe ineler & s'eleverdansla diftillation, mais comme tout le fucre reile au fond de la cueurbite , il vaudroit mieux employer les fleurs dont elles fönt compolees. Esu pour U phtiße , de Ruhens. Prenez des chairs de limacons cuites dans le vin äußere t & l'eau de plantain s deux livres Des conferves de rofes & de grande confoude , de chaeune une livre. Dißlletula decoäion au bain marie, & coulet^ l'eau dißiilee par la manche d'hy- poeras, dansle fond de laquelle on mettra deux onces de fucre diffout dans l'eau de plantain , Du fantal & du fpicanard } de chaeun demi ferupule. REMARQUES. I m ra bouil- coulera UNIVERSELLE. R E M J R Q_U E S. On prendra deux livres de limacons feparez de leurs coquilles, on les fen iir dans du gros vin & de l'eau de plantain ;ufqua ce qu'iis foient cuits, on la decoction exprimant fortement le marc, on delayera dedans les conferves , on mectra Je rour dans une cucurbite de verrc ou de grez , on y adaprera un chapiteau Sc un recipient, on luttera les jointures, & l'on fera diftiller la liqueur au feu de fa- ' ble : on meiera dans l'eau diftillee, deux onces de fucre apres l'avoir diftbut dans environ autanc d'eau de plantain, on paffera la liqueur plulieurs fois par une chaufle d'hypocras , au fond de laquelle on aura mis le fpicanard incife menu , Sc le Tantal rape , on gardera enfuitecetre eau dans une boureiüe bien bouchee. Elle eft eftimee bonne pour la phtiiie, pour ks ulceres du poiimon. La dofe en eft depüis demi once jufqua une once. 11 me femble que L'eau de fcabieufe ou qtielque autre eau vulneraire conviendrok mieux pour la coction des limacons, que le vin äußere Sc l'eau de plantain, car l'ad- ftriction de ces liqueurs pent empecher le crachement qui eft neceftäire dans la phtifie. Si au lieu des conferves on employe les rofes rouges & la meine de grande conloude rapecou bienconcaflee , on epargiiera du fucre qui ne fert a rien ici, car il refte au fond de la. «ivLubm.. On meJe dans l'eau diftillee un peu defucre, & onla paffe dans une chauüe iur le /picanard Sc le fantal, ahn de la rendre agreable , un peu odorante,' Sc plus de- tciiivs, mais le fpicanard liü donne un mauvais goüt. Eau peffornl, de Bttetts. * Prenez* du bois de gayac mis en pouire , demi hvre , Des racines tCaunee & de Celle d'arißoloihe ronde, de ebaeun trois onces , De la raeme d'trts vulgaire , une once & demie, De Celles d'ins de Florence , de perjil, defenoutl& de regliffe, de ebaeune une once, Des feuillesde tabac nouvellement cueillies , quatre potgnees , De Celles dt fcabieufe , de vermique , de pas-d'ane & d'hyfope, des fomtltitez. de mar-' rube blanc & de cbardon benit t de cluenn une poignee , Des jujubes & des febeßes, de ebaeun trente , Des figites Jecbes & aes dattes, de ebaeune feit.e , Des bajes de laurier ,Ji"x dragmes, De la femence de nicottane } trois dragmes, De celle de melle, une dragme t De ce/les de Im , d'ortie, de ireffon alenois & de moutarde , de ebaeune deux dragmes , Dt la terebemhine de Venife dijjbute avec ks jaunes d'oeufs t deux onces & demie , Du vm blanc , jein,e livres, Mettez. cesdrogues en digeßion pendant trois jours, & les dißillez. felon l'art. Ayez, foixante cbportes fecs & concaßes dans un nouet de imge fin , que rous fufpendrez. ati col du recipient, afin que dans la dtftillatwn la liqueur paffant für le nouet, s'empi eigne de la qualite des cloportes , &gardei. cette eau dans des bouteilles bien bouebecs pour tufage. R E M A R Q^U E S. Onmettra dans une grande cucurbite de grez oude verre, le gayac reduit en poudre gvoffiere , les racines coupees par petits morceaux; concaflez ies feüiues ha- chees, les fruits ouverts Sc coupez par petits morceaux, les bayes Sc les fe nences concalfeesj la terebentbine demelee avec cinq ou fix jaunes d'ceafs, Sc diflout daus 5 Hhhhh VertusJ Dofe, 75>4 P~H ARMACOPE'E itvui blanc. On brouillera le tout enfemble , on couvnra le vaifleau , Sc on laific- ra la matiere en digeftion dans un lieu un peu chaud pendanc rrois jours , puis on le decouvrita , on y adaprera im chapireau & un recipient, dans le cou duquel on aura fufpendu un nouec de linge fin 3 qui contiendra foixante cloportes fecs Sc concafles : on luttera les jointnres exa&ement, & l'on placera la cucurbite au bain marie pour faire diftiller la matiere par un feu alles fort, l'eau en difhllant paffera für le nouec, & s'empreindra de la fubftance & de la quakte des cloportes. On gardera cette eau dans des bouteilles bien bouchees. Vertus. 3 Elle eil d'un bon ufage dans l'aftme , pour la difficulte de refpirer , pour la roux , Dofe. pour attenuer les humeursgrößeres du poiimon & des reins, pour la nephrerique , pour les ulceres de la vellie , pour provoquer l'urine. La dofe cn eft depuis une on- ce jufqu a deux : On en piend deux ou trois fois le jour. Eau pefforale , de Mynßcht. Trenez, de amandes ameres & des petits raißns paffes , de chacun derrit livre , De la racine d'insde Florence, de regliße, d'althea , de tujfdage, de chacune une tnce, De peilte mauve , de gründe conjoude & d'althee , de chacune demt »nee , Des femences de fenoutl , d'anis, de coings , de chardon bemt, de chardon nfore-dame, de myrtilles & d'aune>', de chacune trois drasr™<>< - - ,/■ jr —-•:> **g*ut caräamome , du maus & de la canelle J de chacun deux dragme s, Des feinlies des deux pulmmaires , de veronique , de marrube , de lierre terreflre , de capillaires , de feabteufe , d'hyfope, de fange , de chacune une dragme & demie , Des fleurs de camomille, de tufjtlage, de violettes & de jacee , de chacune une dragme > Toutes ces drogues coupees & ptlees feront mi/es en digeßion dansjtx pintes du meutern hydromel pendant buh jours , puis on les mettra dißiller au batn marie felon l'art. R E M A R Q^U E S. On ineifera Sc Ton concaflera toutes les drogues T on les mettra enfemble dans- nne grande cucurbite de gres ou de verre , on verfera deflus , douze livres d'hydro- rnel fait avec trois livres de miel dittout & ecume dans dix livres d'eau, on couvrira bien la cucurbite , 8c on k mettra en digeftion au Soleil ou dans le furnier pendanc huit jours , puis lui ayant adapte un chapireau Sc un recipient, & les jointures etanr luttees , on fera diftiller la liqueur au bain marie. Vertus. Cette eau eft propre dans toutes les maladies de poitrine, eile attenue & eile de- Dofe- ter ö e doucement la pituite crafle, eile fortirie les poümons'& l'eftomach. La dofe en eft depuis demi once jufqu a. deux onces. Hydromel . La decoction des Ingrediens qui entrent dans cette compofition , cuite avec da vulneiaire miel en hydromel, produiroit un effet bien meilleur pour les maladies de poitrine, peäoial. que ne peur faire l'eau diftillee; car cet hydromel vulneraire auroit rerenu les fub- ftances balfamiques du miel Sc des aurres drogues que l'eau ne peut enlever dans la, diftillarion. Eau de poulmon de veau , de Mynßcht. Trenez, les entraüles d'un rem , c'eß-a-dire lecceur , les poulmons , le foye ; ötez.~ en toute U graiße & les coupez, par petits morceaux, ajoutez.-} cnfutte De la racine de grande confoude , quatre onces , De U pulmonaire , de la pimpemelle, de l'hyfepe, de la veromque , de la fauge , & df l'atgremoine , de chacune demi ence UNIVERSELLE 795 Verfet dejjtcs des eaux diß llees des minies herbes ce qu'il en fmdrx put les cuire dans un pot neuf vernijje, bien couvert. Prenez. enfuite trois cbopines de bouillon avec tous les Ingrediens , Des eaux de borracbe , de buglofe &de rofes, de chacune une chopwe , De la poudre des efpeces de diamargaritifroid , de racinede pimpernelle, & de U mt'tU teure canelle , de chacune une oncc Des quatre grandes femences froides , de chacune deux dragmes , Des fleurs cordiales , de chacune unedragme , Mele%. le tont, & le dißillez. au bain marie. R E M A R (?_17 E S. On prendra le cceur , les poumons & le foye d'un veau , on feparera 3a graiiTe , &: apres les avoir lavez, 011 les coupera par morceaux, & on les mettra dans im pot verni, on y ajoutera les racines concaflees, les herbes incifees & les eaux diftillees des memes efpeces d'herbes la quantite qu'il en faudra pour faire trois livres de bouillon , on convrira bien le pot 3 Sc on le mettra au bain marie pour y faire cuire le tont: enfuite Ton verfera le bouillon Sc fes ingrediens en fubftance dans une cu- curbite de verre ou de gres, on y ajoutera les eaux diftillees, la canelle, la racine de pimpernelle concafTee, la poudre diamargaritum frigidum , les quarre grandes femences froides , Sc les fleurs cordiales; on adaptera ä la cueurbite un chapiteau Sc un reeipient, on luttera les jointures t Sc apres dix ou douze heures de digeftion , on fera la diftillation au bain marie : on gardera l'eau dans une boutcille bien bouchee. Elle eft propre aux phtifiques Sc aux heftiques, eile hume&e & eile fortifie les poumons en purifiant le fang. La dofe en eft depuis demi once jufqu a deux onces. La diftillation empörte peu des principales parties des vileeres du veau, de la confoude , de la veronique, de l'aigtemoine , de la pulmonaire, on n'en tiregueres que du phlegme, & ce que ces ingrediens contiennent de vifqueux 8c d'eflentiel, refte au fond de la cueurbite avec le marc •> il nie paroit donc qu'il feroit a propos de fe contenter de faire des bouillons avec le cceur, le foye, les poumons de veau , la confoude , la pulmonaire, la veronique, Paigremoine, la racine de pimpernelle , 6c les quatre grandes femences froides pour en faire prendre au malade, car par ce moyen on profiteroit des fubftances glutineuies de ces ingrediens, lefquelles peu- venr par leurs parties rameufes Sc embaraflantes , Her & adoucir les pointes de la lerofite trop acre, qui defeendant du cerveau für la poitrine Sc für les poumons, les ulcerent, les brülent, Sc engendre la phtiiie. D'ailleurs je ferois d'avis qu'on fit infufer & diftiller dans les eaux de borrache, de buglofe Sc de rofe, les feuilles de pimpernelle, de fauge & d'hyfope , les fleurs cordiales , la poudre diamargaritum frigidum } Sc la canelle , pour en tirer une eau fpiri- tueufe , dont on donneroit une oudeux cuillerees au malade enfuite du bouillon. Les ingrediens de cette eau etant tous remplis departies volatiles dans lefquelles confifte leur principale vertu , ils fönt tres-convenables pourla diftillation qui em- porte toujours ce qu'il y a de plus leger Sc de plus fubtil. Eau de perßcaire cnmpofe'e , de Bateus. * Prenez, des feuilles frakhes deperßcaire txchetees , trois livres , Dt la parietaire, du pourpier & des feyes tn coffes , de chacune une Uvre. . Hhhhh ij Vertu« Doie, Vemis. Dofc. 756 PHARMACOPE'B Apres avoir hacke & fite ces herbes, ajoutez.-y quatre fmtes de Ult, que vousfereü difiiller felon lart. B. E M A 1 Q^U E S. On prendra les herbes nouvellement cueillies dans leur vigueur , & les goufTes de feves vertes & bien nourries , on les ecrafera enfemble, on les mettra dans une cücurbiredecuivreetameeendeclans.Onverferade{rus,lelaitde vache, on brouil- lera bien le tout enfemble ; on adapter-a für la cueurbite la tete de more garnie de fon refrigerant & d'un reeipient, on lurtera les jointures, & Ton fera diftnler, par un feu nud & medioere, environ quatre livres de laliqueur; on paflera enfuite d^ns un linge le marc qui fera refte au fond de la cueurbite , & l'on mettra diftillerla li- queur expriinee, jufqu'a ce qu'il n'en refte qu'environ une lrvre & demie :on me- leta enleinble les deux eaux diftillees dans une bouteille , on Fexpofera debouchee au Soleil pendant lept ou huit jours pour en faire dilliper l'odeur empireumatique, puis on la bouchera , & on la gardera. Cette eau eft eftimee un bon remede pour le calcul du rein & de la veffic. La dofe en eftdepuis deux onces jufqu'a quatre. Onl'adoucit avec un peu de miel, & l'cn en prend deux fois le jour pendant vingt jours de fuite. La diftillation n'enleve guere autre chole quele phlegmedesplatues qui entrent dans la compofition de cette eau : la mariere la plus eflentielle öc la plus remplie de verru refte au fond du vaiffeau , & on la rejette. Il me paroit qu'on feroit un remede bien plus falutaire , fi au lieu de mettre diftiller le mclange des piantes avec le lait, on fe contentoit de le Luder macerer cinq ou fix heures chaudement, puis de 1'expnmer fortement :.le fuc qui en fortnoit contiendroit le fei eflentiei & huileux, des piantes, & par confequent toutes leurs vertus ; il eft vrai qu'il feroit epais, vif- queux & plus degoütant que l'eau , & qu'it ne fe garderoit pas fi bien , mais on pourroit le depurer en la raaniere. ordinaire , & le rendre par confequent clair & plus potable : pour ce qui eft de la difficulte de le conferver , eile n eft pas o-nrnde > op n'auroit qua en remplir des phioles jufqu'au cou, & les couvrir d'un peu d'huile d'amande douce, on auroit bien-rot retire cette huüe quand on voudroit employer le fuc. Eau divine ccrdiale. * Prenet. des rdeines de fc abteufe, degentime , de fouebet long, d'iris de Florence de benoite & d'aeorus vrai, de chaeune deux onces , De lacanelle , du fantat citrin & des gerofies , de chacitn une o nee, Des e'corces de citton & d'oranges, de chaeune fix dragnies > Du macis , deux dragmes, Des fleurs nouvelles de violettes , de primevere , du geroflier, de jonquille , dejacintr? de tubereufe^ de rofe rouge , derofepale , derofe mujeade, de romarin } de fäuge ^ de tbjm , de hvande , de marjolaine , de genefl , d'ceillet, d'orange, de p/min , de füre au , de meldot , de mtllepertuis, de roffolis } de fouey , de camomtUe , de ni- cotiane t de muguet, de narciffe, de ibevrefeutile , de borrache & de buglofe , de chaeunes demt poignee , Des bajes de genievre, une once , De la femence de eoriandre ,ßx dragmes. Apres avoir concaffe & pils de toutes ces drogues ce quile doit etre , melez. le tout tnfemble dans ungrand vaißeau , & verfez. deffus dixpmtes de bon efprit de vin , que vous mettre?- difiiller au bain marie felon l'art , & en urereuune eau excellente a garder pour l'ufage. UNIVERSELLE. R E M A R Q^V E S. TJ1 On commencera cette Operation a. l'entree du printemps, oh concaffera les raci- nes , les bois, les ecorces, les bayes & les femcnces, on les mettra dans un grand vaifleau de verreou de terre ; on verfera defTus, l'dprit de vin , & on le bouchera bien. On ama foin de ramaffer toutes les fleurs a mefure qu'elles paroftremt dans leur vigueur, & on les melera avec les auttes drogues dans l'mfufion ; puis on laiffera le tour en digeftion a froid encore crois jours, remuantde temps en temps la matiere; on k mettra enfin diftiller au bain marie, on aura une eau odorante , qu'il faut garder dans des bouteilles bien bouchees. Quelques-uns mettent tremper dans chaeune de ces bouteilles un petit nouet rempli d'un grain d'ambre meie dans deux dragmes de fucre candi en poudre. Cette eau fortifie le cerveau , le coeur & l'eftomach , eile aide a la digeftion , eile Vertus. eft bonne pour l'afthme, pour l'apoplexie , pour la paralifie , elleprovoque lesmois Dole, aux femmes, eile häte raecouchement, eile excite l'urine. Ladoie en eft depuis de- mi eüilleree jufqu'a une cuilleree. On s'en fert aufli exterieurement pour rortifier les nerfs Sc pour refoudre. On doit cmplpyer a la preparation de cetre eau les trois quarts de I'anneede Prin- remps , l'Eti Sc l'Äutomne ; car il y entre des fleurs qui n'ont leur force Sc leur vigueur que dans ces faifons. Cette defeription m'a ete donnee par une Princeffe qui l'avoit beaueoup mife en ufage ; je Tai preparee , & j'en ai reconnu de tres-bons eftets. Eau anti-fcorbutique, Vre neu des rachtes des dettx ra'forts fauvages , & culnves , de ebaeun une Ihre, Des fucs de cocblearia, de creffon aquatique , de becabunga , de nommulaire ;, de mentbe , de meli/je , & de fumeterre , de chaeun dem Ihre. Laijfez, le tout enfemble en nuceration pendanf vingt-quatre beures, apres cela di~ ßdlez--le au fea de fable modere > &g.irdez, l'eau pour l'ufage. R E M A R Q^U E S, On cueillera toutes les pläntes autant en leur vigueur qu'on poura , on les pilera bien , Sc l'on en tirera les fucs par expreflion en la maniere ordmaire ; la menthe Sc la meliffe etant des hetbe^peu lucculentes, doivenc etre arrofees de leurs eaux diftil- lees apres qu'elles auront etepilees, car autrement on auroit bien de la peine a en avoir un peu de lue : on concaffera bien les racines , Sc on les mettra macerer dans les fucs pendant vingt-quatre heures 3 en une cucurbite de verre ou de grez , cou- verte de Con chapiteau , enfuite on y joindra un reeipient, on luttera exatäemcnt les jointures , Sc Ton fera diftiller la üqueur au feu de fable. Cette eau eft propre pour les maladies fcorbutiques 5 pour lever les obftrucftions , Vertus, pour la pierre , pour la colique nephretique , pour exciter l'urine. La dofe en eft Doie. depuis une once jufqu'a fix. Tai tire cette defeription de la pharmacopee Royale , eile eft compofee de plantes bien choifies; mais comrae leur vertu confifte principalement dans un fei effen- tiel, dont la plus grande partie refte au fondde la cucurbite avec le marc , je ferois d'avis qu apres la diftillation , l'on tirat avec de l'eau commune , l'extrait de cette mariere reftee, par la methode ordinaire , Sc que cet exerait etant epaiifi en coijr Hhhhh itj Veftus. Vota 79$ PHARMACOPE'E fiftence requife, on le gardät dans un pot pour en diflöudre une dragme dans fix onces d'eau diftillee, a mefurc qu'on en voudroit faire prendre au malade. 11 me fembleroit auffi fort a propos de brdler le marc des planres dont on auroit tire les fucs, de tirer le fei de leurs cendrcs par la leffive , & de le meler dans l'eau diftillee , par ce moyen on auroit ramafle , autant qu'on auroir pii , toutes les fub- ftances utiles des ingrediens , &c Ton auroit lieu d'attendre de cette eau un effet beaucoup meilleur que de celui de l'eau fimplement diftillee. Dans le tems que les plantes fönt vertes & en leur vigueur , on trouvera plus de vertu dans leurs fucs que dans leurs eaux diftillees; mais comme elles ne demeurent pas long-tems dans leur force, ll eft neceiTaire d'en faire les eaux diftillees pour s'era lervir en place des fucs. Eau anti.fcorbntique^ de Mynficht. Trenez* des rACines de ralfort fauvage , coupees par tranches t une livre. Du polypode , deux onces. Des rames d'angelique , d'imperatoire f de uedoaire , de cbacttne une once & demie " Du petit galanga, da Lots de gayac rape, du faß afras & du calamus aromatique , de chacun une once. Du peilt cardamome , du faffran oriental , de la femence de fenotül, de l'ecorce dt capres & de tamarifc , de chacun ßx dragmes. Toutes ces drogues ccupees & pilees reßeront en digeßion chaudement pendant huit jours dans trois pintes de vin dEfpagne } & Von agnera le vaißeau au moins deux fois par jours. Apres cela l'on y ajoutera Des eaux de crefjon aquattque , de cochlearia , de peilte ortie , de yermiculaire de peilte chelidoine , de nommulaire & de fumeterre , de chacune une chopine. Melez. le tout, & dißitlez.-le au hin marie felon l'art. R E M A R Q^U E S. On conpera, on concafTera les drogues & on les mettra infufer enfemble pendant huit jours dans la malvoifie, ou ä fon defaut dans du vin d'Efpagne en un vaifleau .bien bouche , agitant la matiere une fois ou deux ä chaque jour, on verfera enfuite le tout dans une grande cucurbite de verre ou de grez , on y ajoutera les eaux diftillees , on adaptera a. la cucurbite un chapiteau & un recipient, on luttera exa&e- ment les jointures, & l'on fera diftiller toute la liqueur au bain marie >• on gardera l'eau diftillee dans une bouteille bien bouchee. Elle eft propre pour le fcorbut , elleleve les obftructions t eile diflipe la melan- colie , eile purifie le fang. La dofe en eft depuis une once jufqu'ä trois. Le vin blanc ordinaire me paroit meilleur pour cette compofition quelamalvoi- fic, parce qu'etant plus clair &: plus penetrant, il fera difpofe a dillbudre & a exalter les fubftances des ingrediens qu'on y met infufer. Quand on prepare cette eau en Efte , il eft meilleur d'employer les fucs des plantes nouvellement tirez que leurs eaux diftillees. Comme il refte dans la cucurbite apres Ja diftillation, beaucoup äc fei elTentiel , des ingrediens qui feroit bien neceiTaire dans l'eau, je trouverois bien ä propos qu'on tirät l'extrait de la matiere reftee avec de l'eau commune, par la methode accoutu- mee , & qu'apres l'avoir fait epaiffir en confiftence raifonnable , on le gardät pour en meler une dragme für fix onces de l'eau diftillee quand on voudra s'en fervir. 795> Dofe. UNIVERSELLE. Sil'on veut rendre cette eau encore plus efHcace , on peut difloudre dans roure f a quantite de fels de cochlearia, de creflön & de fumeterre , de chacun demi once , des efprirs de cochlearia, de fei acmoniac volatil, & de teinture de fei de tarnte , de chacun trois dragmes. Eau febrifuge contre U fievfe quarte. Prenez, de tt racine & des feuilles de fenouil , des feuilles d'abßntbe, de fange , de rhue yd'armoife, de rofmarin, des fommtex. de pettte centauree, de chacune deux poignees. iaiffex.-les en maceration pendant trois jours dans deuxfmtesde vin blatte , apres teU dißille%.-les felon Van. R E M A R Q^V E S. On ineifera & l'on pilera bien les plantes , on les mettra dans une cueurbite de verre ou de grez, on yerfera deflus , le vin blanc, on couvrira la cueurbite de fon chapiceau, Sc on laufera la matiere en digeftion pendant trois jours. Enfuite l'on adaptera un reeipient au bec de l'alembic , Sc Ton fera diftiller l'humidite au bain marie. Cette eau eir direpropra r^">- .-kifl»,- U<- fi,»-...~, j> __i. . »■ t ■ \ > «^ quarte, la donnant a i'emree duparoxiime. La dofe en eft depuis une once jufqu'a quarre. Eau ou efprit de aßoteum. Trenet, du caßoreum nouveau , quatre onces. Desfleurs de luvende nouvelle , une once , De la canelle ,ßx dragmes, Des feuilles de fange & de rofmarin, de chacune demi once. Du macis & du geroße , de chacun deux dragmes, De /' efprit de vin reäifie, trois pintes, Laiffez* le tout en digeßwn pendant deuxpurs , & dißillea-le enfuite au hin marie, felon l'art, R E M A R Q^U E S. On concaflera toutes les drogues 3 on les mettra enfemble dans une cueurbite de grez ou de verre , on verfera dellus , l'elprit de vin, on couvrira le vailleau de (on chapiteau , & on laiilera la matiere en digeftion pendant deux jours , enfuite l'on adaptera un reeipient a l'alembic , on luttera exaetement les joineures, & l'on fera diftiller la liqueur au bain mane. Cet efprit eft fort propre pour abattre & pour dilliper les vapeurs hifteriques , Vertus pour exciter les mois aux femmes, pour reveiller les efprits dans l'apoplexie , dans la lethargie, dans la paralifie. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu a deux dragmes. Eau contre le cxlcul , de du Rcnou. Trenez, des goujfes defeves nouvelles, trois onces , Des racines de chardon-roUnd , d'areße-boeuf, de raifort fauvage , (Cache y desbayes , tfdkekenge , despois rouges , & de lafemence de grenul, de chacun deux onces, Trois citrous coupeu par tranches, Des fommitez* d'althea, des feuilles de faxifrage, de pimpernelle , de betoine , de Ia ertfle marine, du creffon aquatique } de l'anri ou de fafemence, de chacun deux pei~* gnees. Dofe. 8o, PHARMACOPE'E Laiflez,-les en tnaceratton pendant unjour entier dans du vin bUnc fort detiat; *prh cela dfidlev-les, & en gardez. la difldlation pour l'ufage, R E M A R Q_V E S. On cueillera les plantes en leur vigueur, on Ies battra bien dans un mortier de roatbre, on concaflera les femcnces, les pois chiches & les bayes , on coupera les citrons par tranches, on mertra le tout enfemble dans une cucurbite de verrc ou de erez , on verfera delfus, fept ou huic livres de vm blanc bien clair, on coli vnra la cucurbite de fon chapiteau, & on laiiTera la matiere en digeftion pendant vingr- qnatre heures, puis ayant place la cucurbite für le fable , adapre un recipient au bec du chapiteau Sc lutte exa&ement les jointures, on fera diftillet la liqueur par un feu mediocre bouchee. Vertus. Dofe. Vertus. Dole. & Ton sardera l'eau diftillee dans une bouteille bien Elle eft eftimce propre pour attenuer & brifet les pierres du rein & de la vcflie , pour lever les obftructions , pour exciter l'urine. La dofe en eft depuis une once jufqu'a trois : fi Ton ajoute a chaque dofe une ou deux gouttes d'huile de yitriol, ou quarre crouttes d'efpnt de fei, on rendra l'eau plus eflicace Sc plus agreable au On peur faire fecher ßc bruler le marc des ingrediens qui refre dans la cucurbite apres la diftillation, pour en tirer un fei par la lelli ve , lequel on dilToudra dans l'eau diftillee. Les ingrediens qui entrent dans cette defcription ne fönt aperitifs que par les fels elTenticls qu'ils contiennent, c'eft pourquoi l'on trouveroit mieux fon compte a les employer en decoclion qu a les faire diftiller, parce que la deco&ion diftout öc s'empreint de ces fels, au lieu que par la diftillation l'on n'en fait guere elever dans l'eau. Ean propre a dijfoudfe le calcul, de JDuetccta?t. Vrem-udes fucs de poireaux , d'oignons , de raifort, de cbacun deux livres , De ceux de citrons & de parietaire, de cbacun demi livre. laiffez. ces ßcs melez, enfemble en digeßwn , puis en fermentation , apres ceU di- füllez. les felon I'art. R E M A R Q^U E S. ^ On pilera des poireaux, de l'oignon, des raiforts, de la parietaire , chacun fepa- rement, on ecrafera des citrons apres en avoir fepare la peau, on laiflera le tout en digeftion quelques heures , & on les mettra a la prelle pour en avoir les fucs, on melera ces fucs enfemble dans un grand matras, on le bouchera Sc on laiflera dige- rer & fermenter la liqueur pendant cinq ou fix jours en un Ueu chaud , enfuire on la fera diftiller par un alembic de verre ou de grez au feu de fable , Sc l'on garder» cette eau pour s'en fervir au befoin, Elle eft propre pour la pierre , pour la gravelle , pour faire uriner. La dofe en eft depuis une once jufqu'a deux. ^ La fermentation qui fe fair dans les fucs developpe leur fei effentiel, & le difpofe ä etre eleve par la diftillation , enforte que l'eau diftillee eft beaucoup plus efH- cace. On pourroit encore augmenter la vertu de cette eau diftillee en y ajoutant deux dragmes d'efprit de fei. Eau UNIVERSELLE. Sot Edu lithontriptiqtte , de Mynficht. Trenez. des mjAiix de cerifes & de peches t de clucun t'inq onces , Des amandes ameres , deux onces & demie, Des fleurs de füre tu & d'ac tritt , de chacune une once & demie , Des racines depimpernelle , d\irrSt°-b«uf, de verveine , de chardon-roland } de petite mauve , de ebaeunes demi once Du bois de fr ine rape , des nojaux de nefles , du fang de bouc pr^Are , de la canelle, du petitgalanga, despierres de perehes, des jeux d'e'crevijfes, de ebnem trots dragm, ' Des bayes de launer mondees de leur e-cone , de Celles degemevre & d'alkehnge , de ebaeunes deux dragmes, Des feinlies de lierre terrtflre , une dragme & demie Des femences de faxifrage , d J ort>e, d'ojeille , de perßl, de geneß , de gremil & de daueus, de ebaeunes denn dragme. Metten tous ces fimples conpti, & pilez. en digefiim pendant vingt-quatre jotirs* Agite^fouvent le raijfeau , puls les dißillez. au iain marie. R E M, A R Q^U E S. On concaflera bien tous ces Ingrediens, on les mettra cians une grande "cueurbite de verre ou de grez, on verfera deflus la malvoiiie,ou a Ion defaut du vin blancor- dinaire , on bouchera bien le vaiuean , Sc on laiilera la matiere en digeftion pen- danc quatorze jours, l'agitant de tems en tems; enfuite Ton en fera diftilier l'hu- midite au bain marie. Cette eau eft propre pour attenuer Sc divifer la pierre du rein 5c de la veille , eile excice l'urine , eile leve les obftructions. La dofe en eft depuis une once jufqu'ä trois. Les Ingrediens qui compofent cette eau lont bons pour la pierre , niais la diftiilarion n'enleve guere de leur verru ; le plus eflentiel demeure dans la cuciirbitc avec le marc. Les yeux d'ecreviffes, la pierre de perches, les eaux de nefles fönt des matteres fixes dont il ne peut s'elever que eres peu de chofe par la diftiilarion , il vaudroit mieux les faire broyer für le marbre pour les reduire en poudre, que de les eraployer. dans cette compofition, on en pourroit faire prendre dans l'eau diftillee. Je ferois d'avis qu'apres la diftiilarion on tirät l'extrait de la maciere reftee dans la cueurbite avec de l'eau commune en la maniere aecourumee , Sc qu'apres l'avoir epai-fH für unpetit feu en confiftence raifonnable , on le gardät pour en rrieler une dragme dans kx onces de l'eau diftillee , lorfquon feroit pret a en faire prendre au -malade. On rendroit cette eau encore plus falutaire fi l'on meloir dans toute fa quantite deux dragmes d'eiprit de fei, car eile feroitplus aperitive Sc plus propre a faire evacuer le fable Sc les phlegmes par lesurines. Eau iiureü^ue de noyxux. Protei des noyaux de peches & de cerifes , de chaeun une livre , Des amandes ameres, & des fleurs de füre ah feebes , de ebaeunes demi lirre. ! Iüii Venus. Dofe. Vercus. Dofe Vertus. Dofe. «02 PHARMACOPE'E Mettez~-tes en maceration pendant ringt-quatre heitres dans trols chophes & dentU fetter , de vin blanc. Apres cela itflillec-lcs au bain marie feton l'art. R E M A R QJÜ E S. On concalTera groffierement les noyaux & les amendes, on les mettra avec les fleurs de fureau dans une cucurbite de verre ou de grez: on veifera deflnsde bon vin blanc , on couvrira la cucurbite de fa chape de verre , Sc apres vingt-quatre heures de digeftion , on placerale vaifleau au bain marie , on y adaptera un reci- pient Sc Ton fera diftiller la liqueur. Cerre eau eft propre pour atrenuer la pierre dans le rein & la veffie , Dour ou- vrir Sc adoucir l'uretere dans la colique nephretique & pour pouffer par les urines. La dofe en eil depuis demi once jufqu'a deux onces. La meilleure fubftance des ingrediens eft la parrie hnileufe qni demeure dans la cucurbire apres la diftiilation j on rendroit l'eau plus efHcace fi lorfqu'on veut s'en fervir , on piloir dans un mordet de marbre un peu d'amendes ameres Sc de noyaux decerifes & de peches, & qu'on les y deliyäc pour faire une maniere d'emuluon ou (Tarnende , car par ce moyen cn feroit prendre au malade roure la qualite des drogaes qui compofenr l'eau. Eau dluretiqus , de Duclcs. Frenez, une ftnte de vin blatte , ou les citiq rachtes dmrevques , & Celle de chardon- foland , Uvef s & füees aupa- avant, aurout iticn macer atmn , De la terebentkine bienclaire , du medleur intel, des fites de mauve & de raifort, de ebaeun trois onces. Laißettle tout en digeftion pendant quatre jours. Ajoutez*-j enfttite Des vers de terre enftrvux, & fufpendus dans un wutt, cinq onces. Apres cela dißtllez.-le au bain marie felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pvendra environ une once de chaeune des cinq racines aperitives Sc d'erin- gium bicn noiuies Sc en leur plus grande vigueur , on les mondera t on les concaf- fera & on les mettra infufer drxou douze heures a froid dans environ deux livres Sc quarre onces de vin blanc , on coulera l'infulion, exprimanr fortement le inarc , on pilera dans un mortier de marbre des mauves ordinaires & des raves, pour en tirer les fucs, on melera ces fucs avec l'infufion des racines, la terebenrliine Sc le miel, on couvrira le vaifleau , on laiflera le melange en digeftion pendant quarre jours, enfuire l'on y ajourera les vers de terre enveloppes dans un nouer Sc fufpendus par un fil dans la cucurbite, piüs on y adaptera un chapiteau Sc an rccipient t on luttera les joinrures , Sc Ton fera diftiller la liqueur au bain marie. Cerre eau poufle le fable des reins Sc de la veflie en excirant l'urine t on peut s'en fervir dans la colique nephretique , dans la gonorrhee. La dofe en eft depuis demi once jufqu'a deux onces. L'Aureur demande qu'on y ajoute für chaque prife demi ferupule d'efpric de fuccin. Je trouve qu'il eft aflez inutile de faire digercr enfemble les ingrediens pendant quarre jours,quand on les feroit diftiller immediatement apres le melange i'eau n'en UNIVERSELLE, 8ej fcro'n pas moins bonne, car il n'y a rien parmi ces drogues qui puifTe etrc exalti par cetce fermentation. On enveloppe les vers de terre, afin qu'ils nc donnent point de mauvais goüt a l'cau, mais on empeche par-lä que leur vertu ne s'y communique, il vaudroit mieux les mecrre a nud dans la cucurbite, on ne doitguere fe mettre en peine de leur goüt, carcelui de la terebenthine domine & abforbe rous lesautres. L'huile attheree de terebeiuhine montedans la diftülation avec l'eau 8c eile fur- nage roujours,c'eft pourquoi lorfqu'on veut en faire prendre au tr alade,il faut avoir bien agite la bouteille lmmediatement avant que d'en verfer dans le verre , afin de melanger autant qu'il fe peut l'eau & l'huile enfemble ; cette huile rend la li- qaeur tres defagreable au gout, mais eile fait fa principale vertu. je voudrois ajouter für chaque prife de cette eau , outre demi fcrupule d'efprit de fuccin, trois gouttes d'efprit de fei ou d'efprit de nitre dulcifie. Cette eau eft bonne dans les chaudepilTes quand il eft queftion d'exciter l'urine £c de dcterger les vaifleaux (permatiques & l'uretre, mais fi on la donne dans le -tems de l'inflammation, eile irrite l'humeur & eile excite encore plus d'acrete. Eau dittrttique de A4. Daquin. Trenet. des racines d'arrete-bceuf ', (fache , de fenouil, de chxrdon-roland, des hajcs de genievre , & d'alkekenge , de chacun deux onces , Des fexilles de verge doree, de crejjon aquatique , de becabunga , desf.eu.rs de füre ah \ de chacunes deux poignees, , Tous ces ßmples conpez. & pilex. , reßeront en macer athn pendant vingt - quatre beures dans unepinte de v'in blanc , & des fttcs de raifort & deparietaire , de cbacun deux livres. On y ajouter-a enfuite Du miel de Narbonne , une livre , & De la terebenthine de Venife , demi livre. Difiillez, tont cela au feu de fable modere , & ajouter für chaque chopine d'eau di- fiillee , une dragme d'efprit de fei adouci. REMARQUES. On choifira les plantes en leur vigueur , on mondera les racines, onles coupera par morceaux , on concafTera les bayes de genicvre , on pilerabien dans un monier de marbre les feuilles &c les fleurs avec les racines coupees, on mettra le tout dans une grande cucurbite de verre ou de gres, on verfera delTus le vin blanc & les fucs qu'on aura dies par expreflion en la maniere ordinaire; on bouchera le vaifleau &C on lahTera la matiere en digeftion pendant vingt-quatre heurcs, on y verfera enfuite la terebenthine Sc le miel, on couvrira la cucurbite de fon chapiteau , on la placera für le fable , on y adaptera un recipient & ayantlutteexaclementlesjointu- res, on fera diftiller la liqueur par un feu mediocre : on pefera l'eau diftiilee & l'on y melera für chaque livre une dragme d'eiprit de fei dulcifiie. Cette eau eft excellente peur lever les obftructions, pour attenuer la pierre dans le lein 8c dans la veffie, pour exciter les urines, pour la coliquc nephretique, pour 1 1iii i) Vertut. Dofe.. V'ertus. Dofe. 804 P H A R M A COPE' E les gonorrlues , pour lcs retentions d'urines , pour le fcorbur. La dofe en eft: depuis- une once jufqu'a quarre. Quand on veuc faire prendre de cetteeau , il faut bien agiter la bouteille imme- diatement auparavanr que de la verfer dans le verre , afin de meler autant qu'on peut l'huile scheree de terebenthine qui a monte dans la diftillation, &quiprend toujours le deilus. Eau anti-nephritique , de Mjn ficht, Trenez, de la rdeine d'arrete-bxuf, une livre, Coupez,-les bien wenn t & les laiffez. en maceranoru pendant treis jours dans dettx pintes du meilleur vtn blanc* Exprimez, enfuite la decoäion , &faites infufer dans la colature Des r achtes de reghffe rapee , de fax'tfrage evttere , de perßl, de chardon-roland } dt pimpernelle , de chaeunes quatre onees, Des bayes d'dlkfihnge & de genievre , de chaeunes trois onees , Des fernem es de gremil , de melons & d'ortie , de ehaeune deux onees-y Du bois de fdßafras & du nepbritique , de ebaeun une once , De la canelle & du macis , de chdeun denn onee. Ces drogues ayant infufe'es penddnt quelques jours, vous y ajouterez. des fucs de tjerre terreftre & de pourpier , de ebuun une livre & demie , De ceux deftttnettrre , de perjil t & de veronique, de chdeun une livre. Melez* le tout & difiüleu-le par deuxfois au bain me.rie. R E M A R Q_U E S. On mondera les racines d'arrefte-bceaf, on les coupera par morceaux & oirles fera rremper trois jours dans quarre livres de bon vin blanc , on coalera l'infuiion avec exprefiion , ony mettra int uf er pendanc quelques jours, les autres drogues bien concaflees dans une grande cueurbite de verre ou de grez , enfuite Ton y me~ lera les fncs & Ton fera diftiller la liqueur au bain nurie par un alembic de verre , on reverlera l'eau diftillee dir Ion marc & l'on rc'irerera la diftillation , on rcveiv fera pour la feconde fois l'eau diftillee für le marc, l'on fera diftiller de rechef la liqueur , c'eft ce qu'on appelle cohobacion , on gardera cette eau dans une bouteille bien bouchee. Elle arrenae la pierre dans les reins Sudans la veille , eile ouvre. les conduits & eile excite L'urine. La dofe en eft depuis une once jufqu'a quarre. La cohobation ou diftillation reiteree qu'on fair de cette eau, eft capable d'exal- rer plus du fei effentiel des ingrediens, qu'il ne s'en leveroir par une ieule diftillation , mais je rrouve qu'on prorireroit beaueoup mieux de la vertu des mixces, fl apres les diftiilarions, on droit i'exrrait de ce qu'il refte dans Li cueurbite, avec de l'eau commune en la maniere aecoutuinee , & qu'apres l'avoir epailii mmfamment für un petit feu, on le gardät dans un potpour en diffoudre une dragme dans fix onees de l'eau diftillee , lorfqu'on en veut faire prendre au malade, car par cette voye l'on ramafleroit la plus grande partie du iel eilende! qui reite toujouvs avec le marc, & l'ayant commumquee a l'eau , on la readrait d'auranr plus efficace , queiie denr fa principale qualite de ce fei- UNIVERSELLE. S05 On feroit cette eau encore meiileure pour les maladies aufquellcs eile eft defti- nee, ü. für chaque livre on y ajoutoit une dragme d'elprit de nitre dulcifie. Eau ne'ph/ttique corrige'e , de Bellegarde« Trenez, du miel de Nai banne , une demi Uvre. De la tercbentine de Vetüfe , deux onces. Du bois ne'pbritique & de la racme d'arrefle-bceuf, de chacun une ence & demie. Du bois d'.iloes, une once. Dugalanga, dugerofle , dzla canelle , du macis , des cubebes & du maße s de chA~ eun une demi once. Ces drogues etant pillees, Uiffez* le tout en macer ationpendant trois joursdans deux p'tntes d'esu de vie; puts dißüle^-le a feu modere felon l'art . R E M A R Q^U E S. On concaffera les bois, les racincs, les gerafles, les cubebes , le macis & lc maftre, on les meiera dans une cueurbite de verre ou de grez avec le miel & la tc- rebenchine , on verfera deilus ? l'eati de vie, on couvrira la cueurbire de fon chapi- teau & on laiffera !a mariere en digeftion pendant trois jours , on placera enfuitc Ja cueurbite für le fable, on adäptera un reeipient au chapitean , & apres avoir exa- ctement lutte les jointures, on fera diftiller la liqueur au feu de fable modere , örr gardera cette eau fpiritueuie dans une bouteille bien bouchee. Elle eft propre pour faire fortirla gravelle du rein & de la veffie, on la donne dans la colique nephretique. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a demi once. J'ai tire cette defcription de la Pharmacopee Royale, c'eft l'cau imperiale de Belleearde corris*ee , l'Auteur l'avoit donnee en la maniere füiväfite. Eau Imperiale nephritique , de Bellegarde. Trenet* du turbilh , du bois d'ahes , du fantal citrin ; de chacun deux onces. D« gaUnga , des cubebes , du maftic , de i'oliban, de la canelle } du gerofle , de la neix mufeade , de chacun une once f De U tercbenthine , deux onces, Du miel de Narbone , deaxlivres-. De l'efprit de vin , deux pintes. Que tautes ces drogues prepare'es comme il faut, foient dißtllees felon Parti R E M A R Q^U E S. On a raifon de retrancher de la compoiition le turbith, fa vertu purgarive & ape - ritive relide ennne refinequi ne peutpoints elever dan^ cette diltillation. On a mis en place du fantal citrin , le bois nephretique & la racine d'arrefte- beeaf qui iont des aperitifs convenables a la vertu de cette eau. On a ote l'oliban , onauroit bienfait de retrancher aufli le maftic , car cette lärme etant afttingente , eile ne peut pas etre bien utile ici, eile y a ete mite avec le bovs d'aloes, le galbanum , les gyrorles, la canelle , le macis ou la muicade &c les cubebes, pour fortifier l'eftomach , qui dans les dottleurs de la nephretique eft de- bilite par un vomilfement frequent. Je doute que ces droguespuiffent agir en cettet occafion , car les fibres du ventricule fönt trop lecouees pour pouvoir etre raffer— Liiii iii Dofe. 8o<5 PHARMACOPE'E mis, mais s'ils ponvoient produire quclqueeffet en forte que le vomifTcment s'at- irecät, on devroit les fupprimer dela compofirion par cette feule raifon , car le vo- miflement eft utile en ce qu'il aide a poufler les matiercs groflieres qui fönt conte- nues dans l'uretere, & qui fönt la colique nephretique, il s'agit d orer la caufe du mal par des aperitifs, & auffi-t6t que l'uretere fera deiobftrucje vomiflement cefTe- ra,parce que le ventricule qui a grande communication avec les reins & par confe- quem avec les ureteres , ne fera plus irrite. J'eftime que les drogues utiles & neceffaires qui entrent dans cette prepara- tion, fönt le miel, la terebenthine , le bois nephretique , la racine d'arrefte-bceuf, L'eau de vie me paroit une liqueur rrop fpiritueule &c rrop acre pour les mala-, dies oü Ton employe cette eau , il y auroit a craindre qu'elle n'excität la fievre 8c une maniere d'inflammation vers les reins , je voudrois mettre en fa place du yin blaue Sc du fuc de citron , Sc reformer l'operation en la maniere luivante, Eau nephritique rcforme'e. Prenez. du miel de Narbonne , une livre, De U terebenthine bien claire , deux onces, Du hals nephretique , de U racine d'arreße-boetif ,de chaeunune ence & demie. Apres aroir pileles drogues qui ont befoin d'etre pilees , laiffez, le totit en macer ation pendant trois jours dans une pinte du meilleur vinblanc,& autant de fuc de limons muvcllenient tire. Apres quoi vous le dißilterez, a un feu modere felon Vart, Vohs garderet, cette eau dißillet,dont ladoje fera d'une demieonce jufqu'a quatre onces. Eau nephritique , de Brengger. Trenez. des racinesd'althaa, d'arreße-bxuf, de perßl, de mattve & de faxifrage, de ebaeun deux onces. Des femences d'oignons , de cynorrhodon , de fenoutl, de gremil & d'ortie , de chaeune une once. Des bayes d'alkekenge , de lierre , de genievre , de Vecorce d'aune & de tamarifc, de chaetmes demi once. Du bois de gayac , du bois nephritique , du faffafras , de la canelle, du macis, de ebaeun tro'u dragmes. Laiffez. ces drogues en infujton pendant quatorx,e jours dans deux pimtes de vin d'Ef- pagne & une pinte d'efprit de vtn. Vaffez. enfuite cette infußon > & l'exprimez., puls ajoutez,-y des fucs de fraifes , de limons, d'afperges , de raves & de veronique , de clueun une demi Itvre. Des nojaux de cerifes , depefches& de prunes fauvages, de la poudre contre le talcul & de la terebenthine de Venife, de ebaeun deux dragmes. Dißillez* les felon l'art. UNIVERSELLE. 8o 7 REMAXOVES. On mondera & l'on concaifera les racines ( les femences, lesbayes, les ecorccs, les bois oc ie macis , on les mettra dans un grand macras , on vcrfcca dellus la mal- voifie , ou a foii defaüt du bon vin blanc & l'eiprit de vin , on bouchera exa&emenc le matras, 8c on le placera au Soleü ou dans Je furnier pour y lailfer la mauere en di- geftion qaatoi ze jours , enfuite on coulera la liqueur avec expreilion, on la mectra dans uiie grarjde cucurbite de verre ou de grez , on y melera les fucs , les noyaux concaffez , la poudre concre la graveile & la terebenthine •, oncouvrira la cucurbite defon chapiteau & on lailfera le tout en digeftion pendanc vingt- quatre heures, puis y ayant adapte un recipient &c Incte exacfcement les jointures > on fera di- ftiller la liqueur au feu de table ; on gardera l'eau diilillee dans unebouteille bien bouchee. Elle attenue les phlegmes Sc les pierres dans le rein &c dans la veilie , eile ouvre les condnits & eile provoqae furine ; la dofe en eil depuis deux dragmes jufqu' a une once. je trouve qu il entre trop peu de terebenthine dans la compofition de cetteeau, comme c'eft un des ingrediens qui produit le meiileureffet dansla colique nephre- tique , je ferois d'avis qu'au lieu de deux dragmes on en mir au moins deux onces. On a trop amplifie cecte defcription , il y a plufieurs ingrediens inutiles comme la racine de mauve , puifqu'il y a de la racine d'althsa , les femences de cynorrho- don , les bayes de liere, qui fönt aftmgentes , le bois de gayac , le faffafras, la ca- nelle, le macis, lefucde veronique , les noyaux de prunes lau vages qui fönt plus fudorifiques &c aftringentes qu'aperitifs, je voudrois les retrancher & reformer la compofition en la maniere fuivante. Bau, nephntique de Brengger , fe'formee. Trenez* des racines d'altlua , d'arreße-bxuf, de perßl & de faxifage, de chacunes deux onces. Des femences d'oignons, degremil, de fenouil & d'ortie , de chacune une once. Des bayes d'alhehnge & de genlevre , de l'ecorce d'aune , de tamarifc & du bois nefri- tique , de chacun deux dragmes. Ttlez.-les grojfieremcnt, & les fAltes infufer pendant trois jours dans deux pintes de hon vin blanc. Exprimei. enfuite fmfußon & ajoutez, a la coUture Des fucs de fraifes, de Itmons & de raves, de chacun dix onces. Des noyaux de cerifes & de pefebes concajfez., & de U poudre contre le calcul, de chacun deux dragmes. De la terebenthme de Venife , deux onces. Dißillez. le tout feien l'art. J'ai retranche les deux livres d'efprit de vin, parce qu'ayanr trop d'aäion il pou- roit caufer de l'inflammation dans les humeurs, & de la rievre. Eau contre l'afdcur d'urtne , de Mynfich'. Trenez. des racines de regliffe , d'althuercetan , contre Ugonorrhe'e virulente & invetefe's* Prenez, de la racine d'iris de Tlorence, Des feuilles de diu ante de Crete & de ment he ficht , de chacun une once, Des femences d'agnus caflus , de rhue & de Lutue } de chacun ßx dragmes , De la terebentbine de Venife , quatre onces , Du vtngt blanc t ringt onces. Ayant ptleles drogues qui ont befoin de cette preparation , on mettra le tont dans une cucurbite de verre pour le dißiller au bain marie feUn l'art, & l'eau que vous en tu erex. fera gardee pour l'itj'age. R E M A R Q^U E S. On concafTera les racines, les feuilles & les femences, on les mettra dans une "" cutbke de verre ou de grez , on y melera la terebenthine & le vin blanc on cou- vrira le yaifleau de Ion chipiteau & on lauTera la matiere en djgeftiqn pendaal vmgt-quaueheures, apres quoil'ou en fera diftiller Huimiditi 5 Kkkkk Vertus. Dofe. Vertus. Dofe. 8io PIIARMACOPE'E Cetre eau eft bonne pour decerger les vaifleaux fpermariques dans la gonorrhec, apres qu'on a utc des remedes adouciflans; la dofe en eft depuis deux dragmes jüf- qu'a une once. Eait hepatique , de Mynßiht. Vrenet, des fraifes meines , une dem livre, De la poudre des efpeces diarbodon Abbaus, une once & demie , Des racines de c'ncoree > de fcorfonnaire , de chardon-roland , d'a'igremoine _, de cbacu- nes denn once , Des fleurs de petite centauree , de borracbe , d'hepatique blanche & de rofes rouges , de cbacune deux dragmes, De la rbubarbe , une dragme & demie , De tous les fantaux , de chacun une dragme , Des quatre femences froidesgrandes &petites t & de Celles d'ofeille, de cbacune deux fcrupules &Jix grains* Ces dregues coupees &pilees, reßeronten infußonpendant buh jours dans unefwte de vin rouge , puls on j ajoutera Des eaux d'hepatique f de pourpier, d'ofeille , d'endtve , de melous, de chicoree , de ronce & de cufcute , de cbacune un denn-[euer. Melez, le tont & le diflillez. au bain mme feien l'art. R E M A R Q^U E S. On ecrafera les fraifes dans un monier de marbre, on concaflerales racines, les bois & les femences 0 on les raettra enfemble dans une cucurbite de verre ou de grez avec les rleurs Sc la poudre diarhodon , on verfera für le melange le vin rouge , on bouchera bien le vaifleau & on le placera au foleil ou dans le furnier , pour y laifler la matiere en digeftion pendant huir jours , enfuite on y ajourera les eaux diftillees, & apres avoir couverc la cucurbire de fon chapiteau avec fon recipient Sc lucte les joinrures, on fera diftiller la liqueur au bain marie. Cette eau eft dire bonne pour fomfier le foye Sc pour purifier le fang ; la dofe en eft depuis une once jufqu'a rrois. Eau afthmatiqtte. Prenex, du meilleur tniel, une once & demie , Des figues grajjes , une once , Des feinlies de fange , de marjolaine , d'byfope & de marrube, de cbacune une dernl poignee , Des racines d'aunee & de tujfilage , de chacunes demi once t De Ufetile preparee, des femences d'ortte Romaine, de fenouil & de baßüc, de cb*~ eunes trois dragmes & unferupule, Des amandes douces, des ptgnons, des dattes , des petits raißns paffes, des fehefles > desjujubes , des racines ae reglijfe, de plypode de ebene , d'tris de Florence & de gentiane , de chacunes trois dragmes , De Celles de be'noite & degingembre blanc , des bayes de lautier & de genievre , de cbacune deux dragmes & un ferupule , De U canelle & du cardamome, de chacun deux dragmes. UNIVERSELLE. «ix D« vin d'Efpagne , deux pintes , De l'efprit de vin , trois chopines , Metten tout cela en digeftion pendant quelques jottrs, & enfulte dißllet-le felotl l'art. R E M A R Q^U E S. On concaflera bien les fruits', les femenccs, les racines, Ics ecorces & lcs herbes, on mettra tout enfemble dans une grande cucurbite de verre ou de grez avec le miel, l'efprit de vin & la malvoifie , oncouvrira le vaifleau de Ton chapitcau , on y «daprera un recipient, on luttera exactement les jointures , on laiflera la matiere en digeftion pendant deux ou trois jours, puis on feta diftiller l'humidite parun feu de fable modere , on aura unc eau fpiritueufe qu'on gardera dans une bouteille bien boucb.ee , on pourra y difloudre fept grains de mufc li Ton veut lui donner une bonne odeur. Elle eft bonne pour l'afthme , eile incife, eile attenue l'humeur crafle qui ctnpe- Vertuj. che l'action des poümons, eile aide a la refpiration •, la dofe en eft depuis une drag- Düie. me jufqu'a demi once. Si i on ajoure für chaque prife de cette eau deux gouttes de beaume de fouffre , eile lera encore plus falutaire pour l'afthme. Eau de Schröder, contre les mdadies du goßer. Trenets de la percefeuille , une poignee , Des femlles de poirier fauvage , d'acbe , de fanicle , de chevrefeuillc de vnginie \ de fcordium , de quintefeutlle & d'anfloloche ronde , de chacunes une poignee , De la bierre qui s'aigrit, trois pintes. Cesplantes etantpilees, on mettra le taut en digeflion dans une cucurbite pendant trois femaines , puis ajoutez.-y De U fiente de chien fecke, une once & demie , Dißälcz, le tont felon l'art. REMARQUES. On incifera Sc on pilera dans un mortier toutes les herbes enfemble jufqu'a ce qu'elles foient en päce, on les mettra dans une grande cucurbire de grez ou de verre, on verfera dehus de la bierre commencant a s'aigrir, on mettra le vaifleau bien bouche dans du furnier pour y laifler la matiere cn digeftion pendant trois femaines, enfuite on ledebouchera , ony ajoutera les crottes de chien teduires en poudre groffiere , ou fimplement ecrafees, on adaptera un chapiteau a la cucurbite avec un recipient, on luttera les jointures, & l'on fera diftiller la liqueur au feu de fable. Cette eau eft bonne pour les inflammations de la gorge , on s'en fert en gargarif- Vertus. me & en fomentation aucour du coli , on peut auffi en avaler depuis demi once juf- £ 0 f e , qua une once Sc demie , eile eft vulneraire & un peu fudorifique. Eau de Aiynficht , contfe U coüque. Yrenez^ de la rachte de TLedoaire , trois cnces , Des bafes de lautier & de gemevre , de chacun une ence & dem e , De l'iorce jattne d'orange , du calamus aromatique f du pctit gaiania , de la cmelle , de (Ijttfttn une once , Kkkkk ij Verein, Dofc. 8n P H A R M A C O £' E Des qume femences cbauc.es grandes &petttes , de Celles de cerfeuils, de nlele & d'anetbe , de cbacunes trois d/agmes. Cesfimples grojfierement ptlees refleront en infujion pendant huit jours dans qtiatre f'intes de vin d Efpagne , apres quci t'on y ajoutera De 1'eau ae cammutle de trois cobobations & ae Celles de J"erpolet difiUlee avec le Vin > de cbacune une choptnc. Melet, le tout & le dißiltez. au bain marie felon Part. REMARQUES. On concaiTera bien rous les Ingrediens, 011 les mettra dansun grand marras , on vcrfera de(fus la rnalvqiüe, ou a Ion defaut du vin d'Efpagne, on bouchera bien le mattras , & on le placera dans le furnier , pour y laiiler la matiere en digeftion pendant huit jours, enfuite on la verfera dans une grande cucurbke de veire ou de grez , on y ajoutera les eaux diftillees , on couvrira la cucurbite de fon chapi- teau , on y adaptera un recipient , on luttcra exa&ement les jointures , &c Ton tera diftiller la liquetir au bain marie. Elle eft bonne pour les coliques venteufes ou qui fönt caufc'es par une pituitc vifqueufe > la dofe en eft dcpuis demi once jufqu'a trois onces. Ea,u de Duclos yContre les m.ilxdies convulßves. Prenez, da Vitriol de Hongrie , cjuatre onces , De l'ambre JAune tnfafependant trois jours dans le vinaigre ,une once , Du vin d'Efpagne , trois demi-fetiers. Mettex. ces drogues en digeßton pendant trois jours dans le bain marie } pu'ts dißiltez*- en la liqueur ; apres cela Prenez, de cette eatt dtßillee , neuf onces , De feaa dißtlle'e de cerijes mires apres leur fermentation, des eaux defleurs de muguet r de tillot & de pmtne , de cbacunes trois onces, De la racme des deux valertanes , de cbacune demi once , De la femence depvoine, des bayes degenievre nouvelles & menues, de cbacunes trois dragmes, Trois petits d'birondelles vuidez, de leurs entrailtes , De ceux de corbeau & de pies parcillement pliifttez. & puidez, ( de chactin un Du caßoreum , une demi dragme , Du campbre , quin%.e grains. Dißiltez* le tout au bain marie felon tart. R E M A R QJJ E S. On fera infufer pendant trois jours du fuccin dans du vinaigre di/tüie, on fe- parera la liqueur, &ion mettra le fuccin avec le vitriol d'Hongne dans un tiiatras , on verfera de/Ius la malvoifie, on bouchera le matras , Sc on le mettra dans du furnier, pour y Iaifler Ja matiere en digeftion pendant huit jours, on verfera enfuite lc tout dans un cucurbite de verre ou de grez a la quelle on adaptera un chapifeau & un recipient, on en luttera les jointures & Jon fera diftiller l'humidire au feu de fable. La tiiftillation etant achcee , on feparera les vaifteaux , on jerrera ce qui fera de- meure au fond de la cucurbite & 1 ayant nettoye, on y mettra neuf onces de l'eaii diftillee de cerifes noires, qui auronc ete ecrafees öc JaiiTees un jour en digeftion UNIVERSELLE., St } avnnt quc d'etre difUllees: comme anffi l'eau de lis de vallees Sc celles de flcurs de tiuoc &: de pivoine; les racines , les femences, les bayes, le Carter ik le camphre pnl- venlez grofliereniept, les pears d'inrondelies , decorbeau Sc de pies piumcz , vui- dez de leurs entraiiles Sc coupcz par morceaux;on couvrirala cucurbite de (on cha- pireau, on y joiaata. an recipient, on lurtera exactemenr les joinrures, Sc apres dix od douze teures de dlgeftion , on fera diftillerla liqueur au bain marie. Ce-ce eau eft bonne concre laconvuliion, contre l'apoplexie, laparalifie,lepi- lepiie: 1'Aiue ir veut qu'on lamele avec la moitie de fon poids d'eau clairece am- bree Sc nmfqüee , Sc qu'on en donne a l'entree duparoxifme depuisdemi oncejuf- qu'a une 01 ;e. Le vitriol i le donne pas une grande qualite a cetre eau, car on n'en peut tirer que le phlegme par une diftillation aufli douce que celle-ci , je ferois d'avis qu'on tun en fa place fori etprit fulphureux. Bien ioin que l'infufion qu'on fair du fuccin dans le vinaigre lui communique quelque vertu , eile empörte une partie de ce qu'il a de bon , & eile fixe ce qui pourroit y etxe rede de volatil, en forte qu'il n'en monte rien par la diltiilation : je trouverois donc plus a propos qu'on employat le fuccin fms autre preparation que celle de le reduire en poudre fubtile, ou fi Ton veut encore mieux faire , on melera dans l'eau apres la diltiilation demi once d'efprit de fuccin. La plus grande partie des fels volatils des petits d'hirondelles, de pies Sc de cor- beau en qui confifte leur vertu , refte dans la cueurbite avec le marc ; car cette diftillation n'en peut faire elever que la partie la plus phlegmatique , c'eft pourquoi pour fuppleer au defaut de ces fels, on feroit bien d'ajouter dans l'eau diftillee une once Sc demie d'efprit de corne de cerf: voiei donc comme je voudrois reformer cette preparation. Eau contre lesmalaäies convulfives ., corrigee. Trenez. de U racine de valeriane t une once , De la fenunce de pivoine , des bayes de gentevre , nouvelles & meures } de ebaeun demi once , Des petits d'bjrondelle vuidez., au nombre de quatre , De ceux de corbeau & de pies , de ebaeun deux , Du caßoreum , une demi dragnie , Du camphre quinz.e grains, Du meilleur vtn bUnc , nettj onces , Des eaux de cenfes noires, desßeurs de mngttet, de tillot & de pivoine , de chacknes trois dragmes, I,aijfez.-les en digeßionpendant vingt-quatre beures. Apres cela dißillez.-les felonVart tu feu de fable modere. Melez, enfutte dans l'eau dißillee de l'efprit fulphureux doiix de Vitriol } trois onces, De l'efprit de corne de cerfreäifie , une once. Gardez, ce melange pour Vit jage , la dofe fera depttis demi onCt jufqu'a une once. On ttouvera, dans raon Livre de Cbymie les defc.iptions des efprits de vitriol fulphureux , de fuccin Sc de corne de cerf. Eau bentte de fcrpolet , de Aiynjicht. Vrenet, du ferpolet avec fesfleurs , cucilli au decottrs de la litne avant le lerer du Solei!, quatre onces. Kkkkk iij Vertu«, Dole- Vertus. Dofe. Vertus. Dofe. J14 PHARMACOPE' E Df /<* canvnnille romaine , une once , Du tbym & de la fariette , de cbacun demi once. Lai(fez,-les en infujion pendant quelques jours ditns deux plntes du meilleur vin du Rbin , & dtßdlez.- les enfuite t puis ajoutet, a la liqueur dtßdlee Du [erpolet avec fcs ßeurs , quatre onces , De la caffe odorante, Du bois d'aloes & du mach , de cbacun deux dragmes. Apres une digeflion convenable , dißiilez. de nouveau le tout au bdinrnme, & c'eß [4 Li vraye preparation de cette eau. R E M A R Q_U E S. On ramaflera da ferpolet Henri, le marin avant le lever du Soleil, aa decours de la Lane t des fleurs de camomdle , da rhym & de la fariecte , on les mettra en- femble dans une cucurbite de verre ou de grez , on verfera deflus le vin du Rhin , ou a fon defauc du vin blanc ordinaire, on couvrira la cucurbite de fon chapiteau > on laiffera digerer la matiere pendant quelques jours , enfuite Ton fera diftiller la liqueur au bain raain marie. On mettra infufer pendant rrois jours dans l'eau diftiilee les dernieres drogues bien concaflees , puis on en fera la diftillation au bain marie comme auparavant, Sc Ton gardera l'eau diftiilee dans une bouteille bien bonchee. Elle eft appellee eau benite, a caufe de Ces grandes vertus, on la donne dans les catharres , eile fortifie le cerveau , eile provoque l'appetit, eile chafte les vents , eile fait fortir l'arriere faix. La dofe en eft depuis demi once jufqu'a deux onces. Eau baute , de Ruland. Trenex. du fajfran des metaux , une once } De la canelle , une dam once y De l'eau de charden benit , une pinte ou troh chopines. Laiffez. cela. en macer ation pendant deux ou trois jours : Enfuite coulet, U liqueur & la gardez. pour l'ujage. R E M A R Q^U E S. On concaftera la canelle, on la mettra avec le faffran des metaux fubtilementpul- verife dans un matras, on verfera defliis l'eau de chardon benit diftiilee, on bouchera le vaiifeau , on le placera für le fable un pea chaad , poar y laifler h matiere en digeftion deux ou trois jours, on nltrera enfuite la liqueur , Sc on Ja gardera. Onpretendqu'elle fait vomir doucement, Sc qu'elle purge par bas. La dofe en eft depuis demi once jufqu'a deux onces. L'eau de chardon benit n'a pas aflczde penetration pour diflbudrelefoulfre falin de i'aniimoine qui feroit necefläire pour exciter le vomiiTement, au/fi l'experience ne nVapasmontre que cette eau fm emetique ; je voadrois mettfC le vin blanc a la place de l'eau de chardon benit > Sc alors on feroit du vin efneriefue. La canelle a ete ajoutee dans cette preparation oour forarier l'eftomach contre la force de l'emeuque ; mais qnand l'eau feroit vomitive, certe drogue n'y fervi- roit guere , car les vifeeres ne fönt point en etat d'erre fortiriez pendant qu'ü s'y fait une fermencation violente Sc des eftorts. UNIVERSELLE. 815 •£■*« de Dxchs , conin les cath,ifrcs. Prenez, du ferpolet, une livre, taiffez.4e cv. digeßwn petidant trcis (emawrs dans une quantltifußifsnt: de vin d'Efpagtie. Taites-enenjuitc une dißillationa femusäete , pms laijjez* macerer dans Li liqueur dißllee t du bois de faffafras rape , une once. K E M A R Q^U E S. On ineifera & Ton concaflerale ferpolet flcLiri dar.s fa plus grande vigneur, on ie mettra dans une cueurbite de verre 011 de grez , on verfera deilus la quantk^ neceflaire de malvoiiie 011a fon dc-iaut du vin blanc, pour couvrii I'hcrbe on bouchera bien la cueurbite & on la placera dans le furnier pour y laifler la matie- reen digeftion pendanc trois femaines : on fera enfuite diftiller la liqueur au bain marie ou de vapeur. On feparera le reeipient & Ton mettra infufer dans l'eau di- ftillec pendant vingt-quatre heures, le fäffarras rape , puis on le liltrera & on le gardera dans une bouceille bien bouchee. Elle eft propre pour attenuer Sc dilllper la piruite du cerveau , eile ouvre les v'ertus. pores 5c eile chafie les humeors qui caufenr les fluxions & Jes catharres. La dofe en q 0 f e eftdepuis deux dragmes jufqu'a une once. Comrne les p;incipes du ferpolet fönt narurellement exaltez & dilpofez-a fe detachet par la diftülation , la longue digeftion qu'on deir.ande de cette plante avec la malvoiiie, rae paroit bien inuale, lliuffiroit de le laiiler infuier deux jours, puis d'en faire la diuillatioii, l'eau n'en feroit pas rnoins bonne. Le failafras eft non-feulement fudorilique Sc convenabie a la vertu de cette eau, mais illui donne auliifon odeur qui eft fort agrcable. Eau contre les deuhurs de la gotttte. Treuen de la fiente de bxitf [ecke , & du frai de grenouilles , de chaettn partics egales. Melez.-les enfcmble dans une cueurbite de verre & les dißillez, enfuite a la chaleur moderee du bain marie* R E M A K QJJ E S. On fera fecher au foleilde la fiente de beeuf, on la melera avec le frai de gre- noiiille dans une cueurbite de verre , on y adaptera un chapiteau Sc un reeipient , on luttera lesjointures , & apres quelques heures de digeftion on fera diftiller l'hu- midite au bain marie, on gardera cette eau cn un lieu frais. Elle eft eftimee bonne pour appaifer les douleurs des gouttes chaudes , oü il fe rencontre de rinflammation, on en imbibe des linges qn'on applique für les en- droits douloureux. Il me paroit que Ja fiente de beeuf recente feroit plus convenabie dans cette Operation , que celle qu'on a laiffee fecher , parce quelle eft plus remplie de fubftance anodine Sc rafraichiflante , mais comme la difference n'eft pas de grande confe- quence, on peut fuivre exaetement le fentiment de l'Auteur. Eatt dt* cceut de cerf, de Mynßcht. Trcnei. un ecettr de cerf coupe par petits morceaux , Delacanelle ,dugerofle } dupetitcardamtme, du petit galanga , du mach, Si6 PHARMACOPE'E Du faff*an, de chacun deux dragmes , Du bois d'aloes, du fantal citrin, de l'ecorce de citron , de U femence de baßlic , de chacun une dragme & demie , Desfleurs de Uvättde, de romarin de meliffe & de fange, de cbacune une dragme. Lai(fez.-les en maceration pendant lamit » dans tms pmtes de vin d'Efpagne , & 4 dtfiüle%.-les au buin marie feloul'art. R E M A R Q^U E S. On aura le cceur d'un cerf jeune Sc vigoureux, on le coupera par petits morceaux, on concaftera le refte des drogues, on mettra le tout enfemble dans une cucurbke de verre ou de grez , on y verlera le vin de malvoifie , ou a fon defaut du vin blanc, on couvrira la cucurbite de fon chapireau , & on laiffera la mauere en digeftion pendant la mm, on fera enfuitediftüler la liqueur au bain marie , Sc Ton gardera l'eau diftillee dam une bouteille bien bouchee. Vertfts. ^He f° rt ifi e k cceur , eile ranime les efprits, eile excite la digeftion & la fcmen- Dofe. ce ' e " e P rovoc F e ^ es moiS aux fcmmes.-La dofe en eft depuis deux dragmes jufqu'ä une once Sc demie. Qaoiqae cette eau prcnnc fon nom du cceur de cerf qui y enrre , ce n'eft pas de lui qu'elie tire la principale vertu, car il ne s'en eleve par cette diftillation que la partie la plus phlegmatique , de forte que le meilleur de fa fubftance qui eft le fei volatil refte au fbnd de la cucurbite: c'eft pourquoi quand on voudra profiter des bonnes qualites du cceur de cerf, je confeille de le mettre cuire a petit feu dans un pot de terre bien bouche Sc den faire prendre le bouillon au malade plutot que den tiier l'eau par la diftillation. II n'en eft pas de meme a legard des autres ingrediens qui entrent dans la com- pofition de cette eau , ce fönt des aromates dontiesparties fulphureufes Sc etherees fönt facilement diifoutes par le vin & exaltees dans la diftillation. Si 1'on meloit dans cette eau diftillee demi once d'efprit de corne de cerf, on ftippleeroit au defaut du fei volatil de cceur de cerf, mais l'eau acquereroit un peu d'odeur d'enipireume. Ext* d' Anha.lt. Trenez. de la terebentbine de Venlfe , une demi livre , De l'encens male , une once , Du maße, dugerofle , de la noix mufeade, des cubebes & de U canelle , de ebaeun ßx dragmes, Des bayes de laurier & des femences de fenouil , de ebaeunes demi once , Du bjis d'aloes , trois dragmes , Da I äff ran , deux dragmes & demie. Toutes ces drogues pulvert fies (erontmifesen infußm dans deux pintes & ebopine d'efprit de vin pendant ßx pur s, j ajoutant i 5 grains de mufc he dans un muet. Apres cela dißtlle^-les felon l'art. R E M A R Q^U E S. On mettra dans une cucurbite de verre ou de gres la rerebenrhine & les autres drogues groflierementpulverifees , on verfera deflusPe/prirde vin; on couv i.u le vaifleau exadement& on laiffeia la matiere en digeftion pendant fix jours e fuue onadapteraunrecipientalacucurbite, on y pindu unreeipient dans le eoi da qucl UNIVERSELL!. Si 7 quel on aura fufpendu le mufc cnvelope dans un nouet, afin que l'eau diftillanc deifus s'en empreigne : on luttera exadtement lcs jointures , & Ion fera diftillcr la liqueur au bain marie. Elle fornfic l'eftomach 8c le cceur, eile aide a la refpiration , eile excite l'urine, eile attenue la pierre, Sc eile la fair defcendre; on s'cn ferc pour les carharres, pouc i'apoplexie, pour la paralifie. La dofe en eft depuis une dragme jufqu a trois, on en apphque au/li exrerieurcment für lcs parties attaquees de fluxions , de paralifie, de trefläiilement de nerf, de contufions, de fracuires. Eau d'aloes folutive , de Mynßcht, Prenez. de Valoes hepatique , jciz»e onces , Du fuc de jenne verd ine par txprejfion , & de l'extrait de concombre fauvage , de chacun quatre onces , De la myrrbe , une once. Tonte $ ces drogues bien melees feront diflillees ah bain marie a un feii trcs-moderf. R E M A R Q^V E S. On pulverifera l'aloes & la myrrhe, on les melera dans une cucurbite de verrc ou de giez avec l'elaterium, 8c le fuc des feuilles verres de fenneou de colurca : on adaptera a la cucurbite un chapiteau & un recipienc , on luttera les jointures , & Ton fera diftiller l'humidite au bain marie. L'Auteur de cecte delcriptiondemande qu'on imbibc un linge , ou une eponge , de l'eau diftillee , 8c qu'on cn fomente chaudement la region de l'eftomach , il pie- tend qu'on leia purge par cette feule fomentation comme par une medecine qa'on auroi pnfe par la bouche ; mais comme dans cette diftillation, on n'enleve que les parues xes plus phlegmatiques desdrogues , il n'y a guere d'apparence que cette eau ptutle prodiuie tant d'effet. On reumroit bien mieux a purger par une fomentation , fi l'on fe contentoit dereduireles Ingrediens en liqueur fansles faire diftiller. La myrrhe eft inntile dans cette compolition , car eile n'eft point purgative , je voudrois la retrancher, 8c mettre en fa place du fuc de tithymale, voici donc comme je ferois d'avis de compoler la fomentation. Fomentation d'aloes folutive. Trenez, de Valoes hepatique , quatre onces , Des fucs de concvmbre fauvage & des feutllet de baguemudier , de chacun une Une , Du fuc de petite efule , deux ences. Melez, le taut, & faites-en une fomentation» Vertui. Dole. Eau irthttüauf. Trenez, des fonanitei. de rofmarin , trois onces , De Celles de fange , de chamapithys & de la metlleure myrrhe , de chaeune deux onces, Des feuilles de poaälot, de lavende, de marjolatne & des fleurs de cbamoimUe -j de chaeunes une once , De h mix mujeade & des racines de pivoine , de ebaeun denn once , 2^;< gffofie & de UcnnelU , de ebaeun deux dragmes , De i'irh de Fhrence, de la pjretbre , du fouchet rond, de ebaeun une dragme & dernie, Du (»inumomt & da eubebes , de ebaeun une dragme, ?LU11 Vertus. Dofe. 818 PHARMACOPE'E Faites infufer ces drogues dans deux pintes d'efpiit de vin reftifie ,& aprh geltet nur nt refle en infußon pendant quatorz.e jcurs dans un vaiffeau bien dos, itfiüleu-Us enfutte au bain marie. R E M A R QJJ E S, On concafTera bien tonres les drogues , on les metrra dans un raatras, on vcrfera deflus l'efpric de vin , on bouchera exactement le vaiffeau, Sc on ie placera en di- geftion dans le furnier, l'y laiffint pendant quarorze jours: on renverfera enfuite le tout dans une cucurbite de verre ou de grcs , ony.adaprera un chapiteau Sc un reci- pient , on lurtera cxadrement les joincures , l'on fera diftiller l'humidite au bain marie, on gardera l'cau diftillee dans une boureille bien bouchee. Elle eft propre pour les doulenrs des joincures, pour la paralifie, pour les trem- blements, eile fornrie le cerveau Sc les nerfs. La dofe en eft depuis une dragmc jufqu a trois. Eatt contre le carboncle. ■ Venus. Doie, Trenez. des fleurs de rofmttrin , de muguet, de violettes & de borracbe , de chactm trois ences , DesfeuiU.es de marjolaine , de fange, de lavande , d'endive , du fpicanard t des noix mufc ade s, du gnigembre , du macis, des ghofles , de la canelie , des grains depara- dis, des cubtbes, dugalanga, du guy de ebene , des aveimes , de la femence de pivome , de U rapure de corne de cerf, de chtteun demi once. Tous ces Ingrediens etant pilez, , refleront en infußon dans trois demi-fetiers de vi» d'Efpagne, une chopine du meilleur vin blanc & des eaux de luvende, de fpico., de ro/es t & de fraifes > de chaeunes trois denü-fetters. Taites-en enfutte la diflillation au bain marie feIon Vart, puis ajoutez.al'eAii diftillee. Des feuüles d'or , desperles preparees, de los de coetir de cerf f de la pierre dt per- ches , de ebaeuns deux dragmes , Du mufc 3 demi ferupule. R E M A R QJU E S. Ou concaffera les Ingrediens & on les mertra enfemble dans une grande cucurbite de verre , on vcrfera deflus, les vins & les eaux diftillees, on couvrira exaete- ment la cucurbite, & on la placera au Soleil ou dans le furnier pour y üifferla mattete en digeftion pendant trois jours, enluite Ton fera diftiller la liqueur au bain marie. On envelopera dans un linge fln , les feuilles d'or, les perles , l'os de coeur de cerf, Ja pierre de perche & le mufc , pour en faire un noucc qu on mettra dans la boureille qui conriendra l'eau diftillee , on l'y laiflera toujours rremper. Cette eau fortifie Jes parries vitales, eile refifte a la malignire des humeurs , eile efl propre pour ceux qui onr des carboncles Sc pour preferver de lapefte. La dofe en eft depuis demi once jufqu a trois. Cette defeription eft tiree de la Pliarmacopee de Schrodere ' t il me paroit inntile d'y employer deux fortes de vin, le vin blanc ordinaire fuffiroit en quantke propor- tionnec. UNIVERSELLE. 819 L'or ni les perles ne pcuvenc commumquer aucune vertu a l'eau diftillee, ce fönt, des matieres fixes privees de principes acLfs. Le nom de cette eau vient de la vertu quelle a contre les carbondes. Eatt d'e'cteviff'esfimple. Trenez. des ecrevißes Vivantes , ce que vous en voudrez,. Pile^-les , & les diftillez. au bain marie felonl'art. R E M A R QU ES. On prendra une bonne quantite d'ecreviffes Vivantes , quand elles fönt dar« leur plus grande vigueur, on les ecrafera bien , & on les mettra dans une cueurbite de verre ou de grez , on y adaprera un chapiteau & un reeipient, on luttera les join- tures, & l'on fera diftiller touce l'humidite au bain marie , ou au bain de vapeur , on gardera l'eau diftillee. Elle eft eftimee bonne pour reftaurer & pour retablir les phtifiques, pour les ma- ladies de la poitrine, pour exciter l'urine. La dofe en eft depuis une once jufqu'a. quatre. Cette eau eft phlegmatique, car il ne monte prefque Point de fei volatil par ces efpeces de diftillations : on pourroit faire diftiller les cereviiles par la cornje a grand feu, l'eau qui en fortiroit feroit empreinte de fei volatil , mais eile auroit rrop d'aerete pour lesmaladies de la poitrine , & eile auroit acquis une odeur d'ern- pireume bien forte qui la rendroit defagreable. Je trouve donc qu'il feroit bien plus a propos de fe contenter de faire des bouillons d'ecreviffes pour les maladies de poitrine , que de les faire diftiller, car ces bouillons cantiendront les principes les meillcurs de ces animaux , exempts du goüt &c de l'odeur empkeumatique des diftillations. Si l'on calcine le marc des ecreviffes qui rede au fond de la cueurbite apres la diftillation, qu'on en tire le fei par la leffive en la maniere ordinaire , &: qu on dtf- folve ce fei dans l'eau diftillee, eile en fera plus aperitive. On peut faire de la meme maniere l'eau de cicogne & celle des autres animaux. Eau d'e'crevtßes ophtahnique , compofe'e. Vrenet, trente ecreviffes Vivantes prifes au mois dejuin , le Soleil & la Lutte etant au ßgne de Vecrevijje. Ajeutez.-y le meme poids de chclidoine , puis pilez, l'herbe aujfi bien que (es animaux dansun morticr : apres cela joignez,-y ettcore De la fewence de fenouil concajfee , une once , Des fe'ves marines & du campbre , de cbaain demi once, Du gerofte , de Vdoes be'patique & de la tutbie preparce , de ebaeun deux dragmes. Meier, le tont & le partagez. en trois parties egales. Diftillez, enfuttt la premiere par- tie au bain marie. Mettez. U feconde portwn dans une cueurbite ) puis ver/ez. par deffus la premiere eau diftillee , & apres avoir dißille cette feconde portion , mettez, la troi- Jieme dans le vatffeau dtfldlatoire & vous verfercu par deffus les deuxpr emier es diftillations , & apres aveir f alt latroißeme , garde^Veau diftillee pour l'ufage. On peut encoreßl'on veut , tirer le fei des feves apres ces trois diftillations & les mehr avec l'eau dißillee , pour la rendre encoreplus ejficacc. R E M A R Q^U E S. On prendra des ecrevifles de riviere Vivantes des plus groffes & des mieux nou- ries ramaffees au mois de Juin, quand le Soleil & la Lune fönt au figne da Cancer, LÜH ij Vertus. Dofe. txo PHARMACOPE'E on les pefera > &C on les mettra dans un mortier de marbre avec un egal poids de chelidome ou eclaire , herbe öc racine ineifees, on les ecrafera bien eniemble , puis on y ajoutera les autres Ingrediens groflierement pulvenfez , on batrra le me- lange long-temps avec un pilan de bois, puis on le divilera en trois parries egales » on en mettra diftiller une au bain marie par un alembic de verre, pour en tirer tou- te l'humidue , on ckeradededans le vaüTeaudiftillatoirele marc qui y (eva. refte apres la diftillation , öc Ton y mectra en fa place une autre partie de la mariere, on verfera deflus , l'eau diftillee , on recouvrira la cucurbite de fon chapiteau , on y adaptera le recipient, öc ayant lutee les joincures , on fera diftiller , comme devanr , roare l'humidite. On otera enfuice le marc du fond de la cucurbite , on y mettra en fa> place la treifieme öc dermete partie de la mauere, on verfera deffiis, l'eau diftillee Sc on la fera diftiller cornine auparavant au bain marie ; on gardera cette eau pour s'en fervir au befoin. Si Ton veut'prendre la peine de bruler le marc qui fera refte des trois diftilla- tions , den laver les cendres dans l'eau bouillante , öc d'en faire evaporer la leflive- filtree , on aura un fei qu'il faudra diiloudre dans de l'eau diftillee pour la rendre plus efficace. Vercus. ■ ^ ue e ^ ^ orr e fti rn( -' c p our deterger öc confolider les uiceres des yeux-, on en fait entrer dans l'ceil quelques gouetes trois ou quatre fois par jour. La tuth;e etant appliquee en fubftance dans les yeux y produit un bon efFet, mais> il ne s'en detache rien qiu puifle monter dans la diftillation : ainfi eile eft inutile en cette Operation. Il ne me paroit pas fort neceftaire d'obferver exa&ement ce que l'Auteur recom- mande a 1 egard du tems qu'on doit ramafler les ecrevilles , car il importe fort peu que ce foit au mois de juin ou en un autre mois t fous le figne du Cancer ou fous ua autre figne , pourvü qu'elles foient groffes Sc bierr nouries , les influences qu'on pretend cju'elles tirent des Aftres fönt bien imaginaires. Si l!on n'apoint de feves de mer t on peut leur fubftituer les großes feves con> munes. Eau cphultftique excellcnte. Prenez, desfleurs de hluets , recemment cueillies avec leurs edices , trois üvres*, De l'eau de neige ce qu'il en faut. Laijjez* les en maceratto» , apres cela dißdlez.-les felun I'art* R E M. A R O^U E S. On aura des fleurs de Cyanus qu'on appelle bltiets , recemment cueillies en lenr vigueur, on les ecrafera dans un monier de marbre avec ce qu'il faudra de neige ou. d'eau de neige , pour les bien humecter , on les mettra dans une cucurbite de verre ou de grez, öc y ayant adapte un chapiteau & un recipient, on lailfera digerer la matiere par une chaleur lente au bain marie pendant unjour, puis on en fera diftiller l'humidite , on expofera quelques jours au Soleil l'eau diftillee dans une bou- reille debouchee , puis on la gardera. Vertas ^^ e erc pioprepour les inflammations &c pour les autres maladies des yeux , eile , Ifes rafraichit Sc eile en rafFermit les ribres , on s'en fert pour les vieillards , öc on cafie-lunet- l'appelle eau de caile-lunerres , parce qu'en eclaireiflant la vue, eile empeche qu'on us. n'ait befom de lunettes , il en faut faire.tomber quelques goutres dans les yeux. Eau alttmineufe , de Ltcaaut. trenex. desfucs deplantain ,de pourpier > de ve r }üs, & de falun de röche 3 UNIVERSELLE. I-n de (hacttn une livre , Djuz,e blancs d'ceufs, Difitllez.-les enfemlle felon l'art, R E M A R Q^U B S. On tircra les trois efpeces de fucs par exprcfliüfi en la manier-e ordinaice , on y demelera les blancs d'ceufs Sc l'alun de röche pulverife, on merrra le melange dans im alembic de verre, on en fera diftiller l'humidite au feu de fable. Cetce eau eft propre pour nettoyer les playes Sc les ukeres. Comme il ne monte que le phlegme de l'alun par cette diftillation, plufieurs- vou- lant rendre l'eau plus forte , y difloivent denx dragmes d'alum Ea.it alumineufe magiflrale ,. de Eal/ope. Trcnez. de l'alun de röche & du mercure fublime , de chacun deux dragmes, Des eaux de plant am & de rofe , de chacune une livre , Baues bouillir le tont dans im matras jufqu'a dimtnution-de la moitie & apres l'avoir laiffe raffeoir , gar de%.-la pour l'ufage. R E M A R Q^U E S. On mettra l'alun Sc le lublime pulverifez dans un matras, on y verfera les eaux diftillees, on placera le vailfeau lur le fable, on donnera deflbus un pent feu pouc lechauffer doucemenr, enfuite on 1'augmencerapeu a peu pour faire bonilhr dou- cemenc la matiere iufqu'a diminution de la moitie : on tircra alors le matras de deflTus le feu , on lailfera punfier la liqueur par refidence , puis an la verfera par in- clination, ou bien on la filtrera par un papier gris. Cette eau eftbeaucoup plus deterftvc que la precedente , on l'employe pour netroyer les playes , les ulceres Sc les chancres qui proviennent d'une caule venenenne > pour refiiter a la gangrenne. On ne doit pas faire cette Operation dans un vailfeau de metaii > parce que le fublime s'y attacheroit. Eau divine de Ferne!, Prenez, du mercure fublime corroßf, un demi ferupule , Di? l'eau de pUntain , une eboptne. Taites bouillir l'un & lautre dans im matras für les cendres chandes jufqu'a diminu- tlon de moitie, &garde%. l'eau pour l'ufage. R E M A R OJU E S. On mettra dans une grande phiole , ou dans un matras douze graihs de füblirne" corrofif en poudre Sc fix onces d'eau de plantain, on placera le vaitleau für le fable , on fera defiousun petit feu pour l'echaurfer infentiblement, on l'augmentera peu ä peu pour faire bouillir doucemenr la liqueur juiqu'd diminution de la moitie , on retirera alors la phiole de defliis le feu , on laiflera repoler la liqueur Sc on h fil- trera par un papier gris pour s'en fervir au befoin. Elle deterge puifläment, on l'employe dans les ulccres veneriens &pour reiiftec a la gangrenne, on en lave la playe avec du charpi. Eau contfe la. g&ngrene* Vrenez, du fucre Uanc , huit onces , Delarmne d'artfluloche ronde , quatre onces , Du vtnblanc,deuxpitttes. Faites bouillir tes drogues enfemble dans im vailfeau de terre vtrmjfe bien dos y> Quftls bomlknt tnfutte jufqu'a U confamption du tiers. LllU üj. Vcrtus. 8it P H A R M A C O P E* E R E M A R Q^U E S. On mcttra dans un pon de terre vermiß, la. racine d'ariftoloche ronde bien con- caflee & le fucre , on verfera deilus , le vin blanc , on cpuvrira le po: & on l.uilera la mauere en digeftion pendant fix oli fepr heures , puis on la fera bouillir a peric feu julqu a confompuon da ners de i humidite: on coulerala liqueur pour s'en fervir, Vertus. Elle eft propre pour veiilter a ia g.mgrenne, paar deterger & pour fornfier, on en r-pplique des lmges imbtts & Ton en leringue dans les playes, eile attenue les hu- meurs groifieres & vdqueules. Cecte Operation eft proprement une fomentation ou une inje&ion. Eati de Bauderon , contre U cataUcte. Trenei.de U grame cbelidotne , du fenouil ■ de laveivtine & de l'eupbraife , de cbacune ünepotgnie, De larbue , une denn poignee. Il faut que toutes ces plante s foient nouvellement tueillies, & que Vm Vcrfepar dejfus du vin d'Efpagne , ou de quelquautre Vin exqms , y ajoutunt en/uite Du fei de perdiix , ou de qiulqu'antre volatile de meine qualite , une once & demie , Des jemences de rhut t de fermontame , de fez.eli de Mar/etile , de cbacune trois dragm. Dcsjhurs de rofmarin , une pincee. Dtßillex.-les dans un vaiffeau de verre felon fart. R E M A R Q_U E S. On pilerabien dans im mortier de marbre , les herbes & les fleurs, on concafle" ra les lemences; on meiera le rout dans une Cucurbita de verre , on verfera deiTiis» environ une hvre de malvoifie , ou a fon defaut, du vin blanc ordinaire & le fiel de perdrix ou de quelque autre oifeau de la meme nature, on couvrira la cueurbite de Ion chapireau , on y adaprera un reeipient, on luttera les jointures , & l'on fera diftiller l'humidite au bain marie ou au bain de vapeur , on gardera l'cau diftillee dans une'bouteille bien botichee. Vertus. Elle eft deterfive & propre a confumer infenfiblement les cataradtes qni com- mencent a fe former, c'eft d'ou vienrfon nom, on en fait inftilier fouvent quelques gouttes dans les yeux malades. Eatt de Jean de Vigo , contre les taches & cataralfes des yeux, Vrenez, de l'eupbraife > deux poignees, De la rbue , une poignee , Ducampbre , deux ferttpules , De la gomme fagapenum , une once , Du miel rofat, dix onces ~ De la farcocole , deux dragnies & demie , Du fiel de mouton , quatre onces, Des fucs de fenouil & de cbelidotne , de ebaeun deux onces. Melez. le tout & le diflillez, feien l'art. REMARQUES. On pilera les herbes, on concaftera le Sagapenum , la farcocolle & le camphre , on mettra le tout dans une cueurbite de verre ou de grez , on y verfera le miel rofat , le fiel de mouton Sc les fucs rirez par expreilion en la maniere ordinaire , on couvrira la cueurbite de (on chapireau , on y ad iprera un reeipient , apres dix ou douze heures de digeftion on fera diftiller l'humidite au feu de fable , on gardera l'eau diftillee dans une bouteille bien bouchee. Ventil Elle a les meines vertus que la precedente. UNIVERSELLE 8*j E*u de Schröder , contre U cAt&nfte. Prenti, du fucre blaue , deux onces , De U farcocek , de l'aloes bepatique , du poivre long, de la neix mufcade & ihigeroße t de cbaiun deux onces , Du faffran & des fleurs de rofm.mn , de cbacun demi poign/e, Des eaux d'euphraife , de femuil & de verveine , de chacunes trois onces , Des fucs de cheliaome & de rbue , de cbacun deux onces, Du fiel de perdnx t une once y Du nuel rofat, ßx dragmes. Diflillez. le tout dans un vaißeau de verre au bain marie felon Part. R E M A R QJJ E S. On teduira en poudre grofficre les droguesfolides, on les mettra dans une cucur- bite de verre ou de grez } on verfera deflus, les liqueurs , on adapcera a la cucur- Ime un ehapiteau avec Ton recipient t on luttera les jointures, & l'on fera diftiller toute l'humidite au bain marie. Cette eau a les qualitez des precedentes, mais eile eft plus acre Sc plus deterhve on en met fouvcnt quelques goutres dans les yeux malades. Eau ophtalmique , de Jjhtercetatt. rrenez, du faffran des metaux , deux dragmes , De l'eau d'euphraife ou de femuil ,ßx onces , Laiflez.-les cn digeßion dans un Heu chaud pendant trois ou quatre jours , apres ceU filtrez. la liqueur & lagarde % pour l'ujage. R E M A R Q^U E S. ■ On mettra le faffran des metaux dans une grande phiole, on verfera deflus, l'eau d'euphraife & de fenouil, on mettra la phiole au Soleil ou lur le fable un peu chaud pour y lailfer la mauere en digeftion pendant trois jours l'agitant de tems en tems, on filtrera enfuite la liqueur , ou bien on la laiilera coujours für la poudre , qui par fa pefanteur fe tiendra precipiuee au fond. Cette eau deterge Sc nettoye les yeux de leur ferne, eile confume les catara&es Sc les nuages. Autre eau ophtalmique , de £htercetan. Trenei. du Vitriol blatte, trois onces ; Du gbigembre & du macis, de cbacun un: once , De Valoes , demi once t Du lait de chevie , une livre , Des fucs de cbelidoine & d'euphraife, de cbacun demi livre. Laiffez, le tout en maceraüonpendant quatre ou cinq jours , apres cela diflillez-le an bain de vapeur; puls jettez. dans l'eau dißillee quelques morceaux de tutbie qui ne foient point pulverifez, , que Von aurafatt rougir a feu prealabh ment dans une cuilltere defer, Eteignez. les dans cette eau neuffois de fuite ,puts U'ffez-les fe raßeoir pour tcujoMs dans la mime eau. R E M A R Q_U E S. Onconcaflera les drogues folides, on les mettra infufer quarre ou cinq j dans les liqueurs, puis on fera diftiller l'humidite au bain de vapeur s on metu.i tremper dans l'eau diftillee quelques petits morceaux de tuthie qu'on auta aupj- Vertus. Venus. Vertts. Vertus. de cbacun deux #i4 PHARMACOPE' E" ravanr mls rougir au feu dans unc cuillerc de fer neuve 8c erelnts dans I'cau dift.il— Jee neuf fois •, & on les laiffcra cnfemble dans une bouteille, la tuthie le precipirera toujo irs au fond. Cc ceeau eft l-onne pour les ophtalmies , eile deterge , eile adoucit l'acrete des humeurs , eile d.ilipe les cataracies 8c les nuagcs. Eau ophulmique , de du Renou. Trenet, de l'eiipbraife , trois poignees, De la chehdome , cufenautl, de U verveine & de U fermontaine poignees p De la tbue ejr de la melifje , de cbacune unepoignee , Dugeroße , du macis & du poivre long , de cbacun demionce. Lai/fez,-les en maceration pen lant la nuit dansparties egales d'etii de partetaire & du vai blatte, puis dißillex, le taut au bain marie. R E M A R Q^U E S. On pulverifera groffieremenr le poivre long , le macis 8c les gerofles , on inci- fera & l'on pilera bien les herbes enfemble, 8c ayant mele royt, on Je mertra dans une grande cueurbire de verre ou de grez, on verfera deffus, partics egales de vin blanc & d'eau de rofe blanche diftiilee , la quantite qu'il en faudra pour faire que les ingrediens trempent , on couvrira la cueurbire de fon chapiteau , 8c on laiftera la (Datiere en digeftion pendanc une nuic , enfuire Ton fera diftiiler laliqueur au bain marie, & l'on gardera i'cau diftiilee dans une boureille bien bouchee. Eile deterge les yeux de leur fanie, eile en emporre les taches, 8c eile en gueric, les ulceres , on en fair enrrer quelques gouetes dedans. Eau ophtalmique interne , de Mynßeht. Trenez, des layes de genievre , deux sr.ee s , De U caße edorante , une ome , Des femences de fermontaine & de fenouil, de ebaeunes dem ence , De la fi mencede rlme , trots dragmes , De la poudre des ejpeces dtamafebt doux f de la mix mufeade , du bois d'aloes , de cbacun deux dratmet. Des feinlies d'euphraife , de verveine & de rbue, des fommitez, de rofmarin, de fange, de powlln t d'aneth & de fenouil ( de cbacune une dragme & demie, Des fleursde grande chehdome , de bJto'we } de lavende, de ro/es rouges, de rofmarin, de cbacun une dragme, l.aiffez,ces drogues en macerationp'ndant buit jours dans troispintes de vin d'Efpt- gne j & d'.ftillex* le tont enfuite au bain marie felon l'art. S E M A R Q^U E 5. On concaffera les drogues , on les mertra enfemble dans une grande cueurbire de verre ou de grez, on verfera deffus, la malvoiiic > ou a fon deraut du vin blanc ordinaire , on couvrira le vaifleau , & on le mertra au Solei] ou dans un autre Heu chaud , pour y laifl'er la mariere en digeftion pendanc huir jours, enfuire Ton fera diftiiler la liqueur au bain marie, Sc l'on gardera l'eau diftiilee dans une bouteille bien bouchee. Elle UNIVERSELLE. 8z 5 Elle eft bonne pour fortifier la viie, pour attenuer & diffiper les liumeurs crafles Vertus. da cerveau. La dofe en eft dcpuis demi once jufqu'a une once & demie. D 0 fc Comme cette eau cft fpiritueufe ou remplie des paedes volariles i ellepeut rare- ficr les humeurs trop crafles qui embaraflenr le nerf optique, & empechent que les cfprits foienc portezaux yeux en aflez grande quantite, & c'eft par-ü quelle for* tiiie la viic. Eau verte £ Hartman , corrige'e. Trcncz, du miel rofat , deux onces , Du foulfre vif, du vert de gris & de l'alun crud , de ebaeun une once \ Dclxßente de einen feebe t des fommitez. de fabine & de für eau , de chaeunes une dragme , Des feuilles d'hypericm , de romaritt , de rhue, de pUntain, de fauge & depouillet , de chaeunes une demi peignee , Du v'm blanc, & de l'eau demorelle 3 de chaeun une chopine. Meier* le tont cnfemble hormis le vert de gris , &faites-le houillir pendant un demi quart d'beure : Apres cela tiret, le vaißeau hors dufeu, & jettez*-j le vert de gris pour le dißoudre , & couleutnfulte une eau verte que vous garderei.. R E M A R Q^V E S. On pulverifera l'alun , le foulfre vif &c les crottes de chien , on pilera bien les plantes dans un monier , on mettra le tont enfemble dans un pot de terre verniffe avec le miel rofat , le vin blanc & l'eau de folanum diftillce, on couvrira le pot &c l'on fera bouillir la matiere pendant demi quart d'heure , enfaite on le retirera du £eu > l'on y diflbudra le verd de gris en poudre , puis on coulera la liqueur verte avec Cxpreflion , & on la gardera dans une bouteille. Elle ePt bonne pour les ulceres de la bouche , du gofier, du nez & des autres Vertus. Parties du corps tant verohques que fcorbutiques ou autres , on les touche avec du cotton ou du cliarpi imbu de cecte eau, eile deterge Sc refout. Eau epidemique , de Batcus. Trenez* des feuilles de chelidoine , de romarin , de rbue , de fauge, d'armoife n d , abßnthe de mouron , de ferpentaire , de feabieufe , d'aigremoine , de meltffe , de fcordium , de petite centauree , de cbardon benit, de betoine , de folaire , de chaeunes deux poignees, Desracines d'angelique , de tormentiüe , de gentiane , dez~edoa'we & de reglijfe , de chaeunes une once. Laiffez, cesßmples en maceratkn pendant deuxjours dans quatre pintes de vin blanc; Apres cela dtfiillez.-les felon Hart. R E M A R Q_U E S. On cueillera les feuilles &c les racinesau temps deleur viguear, on les concaffera, on les mettra dans une cueurbite de grez ou de verre, on verlera deiTus le vin blanc, on boucherala cueurbite, &c on laiftera la matiere en digeftion pendant deux pur? enfuite l'on y r.dap-era un chapireau avec fori reeipient, on luttera le c . jointures - & ayant place levaifleaiiaj '■ ~ .- Vemis. Dofe. Venus. Dofe. %x6 PHARMACOPE'E due toute Phurnidite, on garder a l'eau diftillee dans une bouteille bien bouchee. Cetce eau eft en ufage a Londres dans les maladies epidemiques comme dans Ja petire veröle, dans ies fievres malignes , dans la pefte. La dofe en eft depuis de- mi once jufqu'a deux onces, ou depuis une cuilleree jufqu'a quatre. Si apres la diftillation , on faifoit ßcher le marc qui rede au fond de la cucur- bite, qu'on le brulac, qu'on en tirät le lel par la lefcive , & qu'on le fit difloudre dans l'eau diftillee , eile en auroit d'aurant plus de vertu. II me paroit qu'on pourroit rcträncher de la compoficion de certe eau /ans dirni- nuer de les qualitez, lesfeuilles de chelidoine, de mouron, de fcabieufe «Sc d'aigre- moine , les racines de reglifle & de tormentille,parce que ces planres ne conrenanc prefque point de parties volaciles, il ne s'en eleve que du phlegme par cette diftillation , Öc les fels elTentiels 6c fixes qui fönt leurs qualitez pnncipales demeurent au fond de la cucurbue , il vnudroit donc mieux faire prendre ces plantes non odo- rantes en decochon , qu'en eau diftiliee. Eau de Laif alexiuir; , de Bateus. Treuer, des feuilles de Reine des prez. , de charäon benit & de galega , de ebaemus fix poignees , "De Celles de menthe & d'abfinthe , de ebaeunes c'inq poignees, De Celles derbste, trois potgnsts , De Celles d angelique , deux poignees ,. Du Uit nouvellement tire aouz,e pintes.. Fdites-en U dißillation felon l'art.. R E M A R £_17 E S. On cueillera les herbes en leur vigueur , on les pilera bien, & on les mettra dans nne grande cucurbite de ciuvre etamee en dedans , en verfera deilus le lau nouvellement nie , on brouillera bien le tout enfemble , puis ayant couvert le vaifleau defa chape a refngerant, on le placera dans un fourneau a reu nud , ou pour mieux faire au bain marie ou de vapeur pour en faire diftiiler Phurnidite dans un recipienr de verre bien clos , on gardera cette eau pour s'en iervir au befoin. Elle eft propre pour refifter au venin , pour chafler par une douce tranfpiration les mauvaiies humeurs t pour fortifier & rejouir les parties vitales. La dofe en eft depuis une once juiqu'afix. Le lait etant une Lqueur vifqueufe 8c rafraichiflanre , ne me paroit pas un men- ftrue bien convenable pour cette Operation , mais apparemment il a ete mispour temperer la chaleur des Ingrediens •, onfe iert de cette eauprincipalementen Aa- gleterre. Eau de Uit peCf orale y de jBateus». Trenez, du fang de porc , deux lifres , Des hmacons de j ardin carte äffe %,, ueux livres , Des capülaires & da lierre terreftre y de ebaeun trois poignees } , De U langue de cerf t deux poignees , Des raißns pafjes & des jujuffes , de chaeun quatre onces, De U reglijfe & de la fernem e d'ants , de cb. eme trois onces y Du Im nouvdicment t>re , fix pintes., Uelez, le tout , & le dißillez. fehn l'*rt*. UNIVERSELLE. REMARQUES. S17 _ On aura des limacons de jartüö vivants, on les nettoyera & on les ecrafera, orj pillera enfemble dans un rnoraer les herbes qu'on aura cueillies dans leur vigueur, on concaftera exattement la reglille & I'anis, on ouvrira les jujubes , on mondera les raifins de leurs pepins , on mettra ces Ingrediens dans une grande cueurbite de verre ou de grez, on verferadeilus le fang de porc Sc le lair de vache nouvellement tirez, on biouillera bien le tout avec une efparule, Sc ayant adapre un chapireau für la cueurbite , Sc un recipient au bec du chapireau Sc lutte les jointures , on meetta diitiller la liqueur au bain marie , Sc Ton gardera l'eau diftillee. Elle eil propre pour rafraichir Sc adoucirles acretez de lapoitrine, pour la phti- fie , pour excicer le crachat, pour purificr le fang. La dofe eft depuis une once juf- qu'ä fix, on peur auiTi s'en fervir pour nectoyer Sc embellir la peau. II eft a propos d'expofercecte eau diftillee fepc ou huit jours au Soleil, la boutcil- le dcbonch.ee , fi Ton veutla garder car autrement eile feroit lujette a fc corrom- pre acaufe de quelques partiesglutineufes quelle enleve avec eile en diftillant. Cetre eau eft bonne dans les maladies de confomption oü le lair forcanc de la vache ou del'aneflTe ne peut point paffer a caufe qu'il fe caille dans l'eftomach par des aeidesquife rencontrent en trop grande quantite. Eau de Bateus, conifs l'aßhme. Prenez, desfeuillcs de tafac non roulees & de l'ecorce extericure d'oranges ,'de cFm~ eunes quatre onces, De la femence d'anis, une once & demie, De l'ecorce de cofius } ßx dragmes , Du vin d'Efpagne, misp'mtes, De l'efprtt de vin , une ebopine. laiffez. le tout en macerationpendant quelques jours, puls dißillex,-le feien l'art. R E M A R Q^U E S On aura des feuilles de tabac recemmenr fechees, de l'ecorce jaune Sc extericure des oranges ameres, de I'anis Sc de l'ecorce de Winterus, laquelle on appelle vulgairement cofius corchofus : on concaftera bien les iugrediens , Sc les ayanr melez on les mettra dans une cueurbite de verre , on verfera deilus le vin d'Efpagne , 1'eiprir de vin , on boutherale vaifleau exacäemenr, & onleplacera en un lieu un peu chaud pour y laifler la matiere en digeftion pendant quatre jours : enfuite l'on adaptera un chapiteau für la cueurbite avec un recipient, on luttera exaftement les jointures Sc l'on fera diftiller la liqueur au bain marie ou de vapeur, on crardera l'eau diftillee dans une bouteille bien bouchee. Elle eft propre pour l'afthme, pour faciliter Ja refpiration, pour lever les ob- ftruetions du poulmon , pour exiter le crachat. La dofe en eft depuis une dra pour la gravelle. La dofe de l'efprit eft depuis une dragme jufqua deux : la dofe de l'eau eft depuis deux dragmes jufqu a une once. ] 'ai tire cette defeription de la Pharmacopee de Londres, il y auroit plus de lieu de lui faire, prendre le nom des limacons que celui des vers , puis qu'il y en entre davantage , mais les noms ne fönt rien aux chofes. Pour avoir un veritable efprit de vers fans addition, il faudroit mettre les vers de terre dans une cornue Sc les poufTer par le feu, il en fortiroit du phlegme de l'efprit, de l'huile Sc du fei volatil, on brouilleroit bien le tout pour diflbudre le fei vola- til, & ayant filrre la liqueur par un papier gris pour en feparer l'huile, on rectifie- roit ce qui feroit paile , en en faifant diftiller par un petit fea environ la moitie , ce feroit l'efprit de vers , Sc ce qui refteroit feroit laparcie phlegmatique qu'on re- jetteroit comme inutile. Eati de gcnü&ne compofe'e. Irenen des rdeines de gentiane coupeespar morceaux , une livre & demie, UNIVERSELLE. 819 Des feuilles & des fleurs de petite centauree , de cbacunes quatre onces. Laiflez. cesßmplesen maceration pendant huit jours dansßx pntcs du meilleur vm blanc , & enfuite dißillez.-les felon l'art, R £ M A R Q^U E S. On aura de Ja racine de gentianc bicn choifie, on la coupera par petits morceaux, & on la metrra dans une cucurbite de vcrrc ou de grez, avec les feuilles & les fleurs de la petite centauree ecrafees , on verlera deflus le vin blanc , on bouchera bien le vai/Teau , on le placera dans du furnier chaud ou au bain marie tiede , pour y laif- fer la matiere en digeftion pendanc huit jours, enfuite on debouchera la cucurbite, on adaptera deflus , un chapiteau de verre avec fon reeipient, & ayant lutte exae- tement les jointutes, on fera diftiller la liqueur au feu ds fable , on gardera l'eau diftillee dans une bouteille bien bouchee. Elle eft febrifuge , propre pour refifter au venin , pour puriner le fang. La dofe Venus, en cd depius demi once julqu'a trois onces. Dofe. J'ai tire cette defcription de la Pharmacopee deLondrcs. Hau de bryone , compofee. Vrenex, du fuc de racine de bryone, quatre livres , Des feuilles de rbue & d'armoife , de cbacunes deux livres , Des feuilles de fabine feches, trois poignees, Des feuilles de matricaire , d'herbe au chat & depouillot, de cbacunes deux poignees. De celles de bxfihc & de diäame de Crete , de cbacunes deux poignees, De l'ecorce d'orange nmvelle , quatre onces , De U mjrrbe , deux onces , Du caßoreum, une once , Du vin de Canarie , ßxpintes. Laiffez. le tauten digefiton pendant quatre jours dam un Vaißeau cenve nable > puis £ xm ; t faltes en U dißillatwn : Enfutte quand la dtflillation fera a moitie faite , on exprimera hyfteiique. ce qui fera reiße dans falembic, on contmuera a dtfliller la liqueur exprimee , puis on en tireral'extraiten faifant epaiffir ce qui reßera de liqueur au fand de la cucurbite* R E M A R Q^V E S. On aura de la racine de bryone nouvellement tiree de terre, on la rapera & l'on en tirera par expreflion du fuc , on aura des feuilles de rhuc & d'armoifes recentes, on les pilera bien dans un mortier, & l'on en tirera le fuc en la maniere ordinaire : on aura la labine feche, le di&ame de Crete & les autres feuilles , on concaflera le tout, on les melera avec de l'ecorce jaune ou exterieure des oranges amercs , la mir- rhe & le caftor , on les mettra dans une grande cucurbite, on verfera deflus, les fucs & le vin de Canarie, on bouchera le vaifleau exaitement , on le placera en un lieu chaud pour y laüfer la matiere en digeftion pendant quatre jours, puis on la mettra diftiller au bain marie : quand on en aura rire environ la moitie , on exprimera ce qui fera refte dans l'alambic , & l'on fera diftiller l'expreflion comme au- paravant, jufqu a cc qu'il ne demeure plus guere de liqueur, alors on fera evapo- Extrait« rer Thumidite jufqua confiftence folide , on aura un extrait qu'on gardera , onme- le.a les eaux diftülees enfemble, cc fera l'eau de bryone compofee, on la gardera dans une bouteille bien bouchee. Elle eft. hifterique, aperitive, propre pour les vapeurs, pour exciter les mois aux Vertu«. femmes, pour refifter au venin, pour fonmer le cerveau Sc les nerfs, peur chaflei; M m m m m iij Dofe. Venus. Dofe. 830 PHARMACOPE'E par la tranfpirationles mauvaifes humeurs. La dofe en eil depuisdemi otic6 jufqua trois onces. L'exrrait eft hyfrerique & propre pour excirer les mois aux fcrnmes. j'aitire cette defcription de laPbarmacopee de Londres. Eau de limuons rnjgiftra'e. Vrenez. des limaccns de jardin coapez. par mirceaux , deux llvres , Unitgrandtrs feutlles de tabac iejjecbees, D.s rucwesde ?eg!ijfe pulaerifres, deux encef, De etiles d'iris de llorence & d'antue , denn ante , Des femenccs de cotton une once & ücime , des q.iatregründes femtnces froidcs&de Celles d'anis, de chacunes JtX dragmes , Du /uffran , üne dragmv t Desfleurs de refes rouges ,Jtx ptncees > Dt Celles de violettes er de borrutbc, de ibacunes qvatre ptncees , Du fang de porc nouvrüement w e & du rin bLtnc , de ebaeun qttatre üvres , IX s f.cs de lierre ternßre , de tuJJ. luge , de [abteufe, de pulmonaire fachte , de cht- eun une hvre & detnte , De pourpter , de plantain , dambtoße ( & de veronique , de ebaeun une Hvre. Latffez. le tout en macer ation pendant trois jours dans un heu cbaud , & en fattes ch- futteU ütfldlation dans des vaijfeaux de verre aufeu de cendres jufqu'aßcette. R E M A S. QJU E S. On aura des limacons de jardin , on les coupera par morceaux & on les mettra dans un grand vaifleau de rerre , ou les melera avec les feuilles de tabac feches , la reglifle , l'irls & les femences pulverifees groflieremenr, la racine d cnule-campane coupeespar petirs morceaux, les fleurs, le lang de cochon nouvellemcnt tire, le vin blanc tk. les fucs tirez par expreflion a la maniere ordinaire , on brouillera bien 1c tour enlemble, & Ton bouchera exaetement le vaifleau , on le placera en un lieu chaud comme au bain marie , ou dans le furnier, ou dans une etuve, ou Ton laiflera la matiere en digeftion pendant trois jours, puis on la fera diftiller dans une ou dans piufieurs cueurbues de verre ou de grez , couvertes de leurs chapiteaux de verre avec leui s recipients, au feu de cendre ou de fable , & Ton gardera l'eau diftillee dans une boureille bien bouchee. Elle eft propre pour les maladies du poulmon, de la poitrine, de la phtifie, pour l'afthme , pour la toux inveteree , pour exciter le crachat. La dofe en eft depuis une once jufqu a fix. Quand on aura feit diftiller environ la moitie de laliqueur , il (era a proposde couler avec expreilionce qui fera demeure dans la cueurbite, afin de faire diftiller enfuite l'expreilion fans le marc : car fi Ton n'obfervoit cette circonftance, les Ingrediens s artacheroient au fond du vaifleau , & donneroient a l'eau qui diftilleroic une fort mechante odeur de briile & une couleur rougeärre. J ai tire cette defeription de la Pharmacopee de Londres. Eau de petaßtes compofee. Vrenei. des racines de petaßtes nouvellement cueilües & pilc'es, une Hvre & demie, De Celles d'angehque & d'imperatoire , de chacunes denft, Hvre. Lai/fez.-les enmaceratwndans cinqpintes de b'terre fortefaite fans boublon : Apres cela diflillen-les jufqua ce que le ebttngement dugoüt veus fajfe conttoiti e que taute la vertu des racines Aura eti tuet, « 3 i UNIVERSELL £. R E M A R Q^U E S. On aura les racines recentes Sc bien nournes, on les coupera par morceaux, & on lcs mettra dans une grande cucurbite de cuivre eramee , on vetflera deflus de la bierre forte faite fans houblon , on couvrira le vaifteau de fon chapiteaua refrige- rarir , Sc apres trois jours de digeftion , on fera diftiller la liqueur, on reverlera 1 'eau diftilee lur le marc Sc on la fera diftiller de nouveau , on reiterera les cohoba- tions jufqu a ce qae l'eau air acquis un goüt de racine aflez fort, aiors on la garde- ra dans des bouteiUes bien bouchees. Eile eft propre pour refifter au venin, pour le fcorbut, pour les fievres malignes. La dole en eft depuis une once jufqu'a fix. J'ai pns cette defcription dans la Pharmacopee de Londres. Etitt de ra-ves compoje'e. Prenez, des feuilles des deux fortes de cocblearia bien nettojees-, de ebaeunes ßx Hvres* Apres les avoir pilies tirez.-en le fuc & l'exprimez., puis melez,-y des fites de bica~ hunga & de creß^n aquatique , de chaeun une hvre & demie. Du medleur vm blanc , quatre pwtes , Des hmons coupez. pjir tranches, une doitz.aine , Des racines de brpne nouvelles t quatre hvres , De Celles de raifort jauvage , deux Hvres, De l'ecnce de coflus, une denn hvre, Des noix mufeades quatre onces, Laiß'tz.-les en maceration pendant trois jours , & enfuite dtflilei,-les felon l'art. R E M A R O^U E S. On aura les herbes dans leur vigueur, & Ion en tirera les fucs en la maniere or- dinaire, on les melera avec le vin bianc , on les mcttra dans une grande cucurbite de verre ou de grez , on y tera infufer pendant trois jours les limons coupez avec leur ecorces , par tranches, les racines recentes rapees , la mufeade Sc l'ecorce de Wmteranus concalfez en poudre gradiere , on fera enfuite diftiller la liqueur au. £eu de fable, Sc l'on gardera L eau diftillee. Elle eft incifive , aperitive, vulneraire, propre pour le fcorbut , pour la colique nephretique. Ladole en eft depuis denn once jufqu'a" fix. Cette defcription eft tiree de la Pharmacopee de Londies- Eau de Gilbert. Frenez, des feuilles de feahieufe t de pimperntlle , de ferpentahe , de meliße, d'an~ geüque , de nunron , de tormentüle avec [es racines, de ebaeunes deux poignees. lautes ces plantes cueülies en temps convenMe & auement preparees reßeront eta tnaceration pendant pLißeurs jours dans huitptntes de vin de Canarie. Dißdlez--enßx pintes de liqueur dans l'alembtc , aufquelles vous ajiüterez. Des fli urs cordules , de ebaeunes trois onces , Desfleurs d'eeillets, ßx onces , De faffran, lernt once , Des racines de (ouebet des Indes , deux onces, Des racines de galanga , & de la femence ae bafilic, de ebaeunes une dragme „ Des femences de citron, & de cbardon benit, des gyroßes de ebaeun cmq dragmes, De ikmee de citron Jeche , une once , De la rapure de corne de cerf, quatre onces r r l.aißei. ces Ingrediens en maceration pendant vingt-quatre heures ,& les dißuUt* enfuite au bain m"rie. Aj ütez. apres cela a l'eau dßillee , Despates d'etrevijjes [ubtilement pulvert fies , ßx dragmes x . Vcimi. Dofe» Vertue. Dofeo- Vertus, Dofe, Poudre eordiale. Pofe. 8 3 i PHARMACOPE'B Des pertes preparees , demi once , Du cor All rouge prepare , des yeux d'ecrevijfes ptepurez, & du fnccln bUnc , de cbacu» deux dragmes, De Li pierre bez,oardique Orientale , & de lambre gris , de chacun deux fcrupules. LaiJJets le tout infufer aufoletl dans un vaiffeau bienbouche pendantßx Jemaines - obfervant de l'ecorce moyenne de meine de frejne , de chaeunes une livre. Ces racines etant coupees par petits morceaux , refleront en infußon pendant »tngt- quatre beures dans deuxpmees & demi-fetier de vi» bUnc & autant de vmaigre de Rhue. ■Apres ceU dtf.illei.4es 43 bain matte } & ajoutet.-j apres U dißtlUtion , de l'hutfe UNIVERSELLE. 855 ac'tde de foufre ce qu'il faudra pour donner a, la liqueur une algreur agreable ; & dans cbaque chopine de cftte liqueur diflillee, melei.-j un demi fcrupule de camphre enferme dans un nouet. R E M A R Q^v E S. On coupera Sc on concaflera les racines Sc les ecorces, 011 les mettra dans une cucurbite de verre ou de grez , on verfera deflus , le vin blanc Sc le vinaigre de rue , on couvrira la cucurbite de fon chapiteau , on y adaptera un recipient , on luttcra ies jointures, Sc apres vingt-quatre heures de digeftion, on fera diftiller la liqueur au bain marie , on fepafera eniuite le recipient, & Ton verfera l'eau diftil- Ice dans une bouteille , on y melera exactement goutte a goutte de l'efprit de foulixe , ce qu'il en faudra pour la rendre aigrelerte on pefera cecte eau Sc für chaque livre , on y mettra infuler demi fcritpule de camphre envelope dans un noiiet qu'on cttachera avec une ficelle au col de la bouteille afin qu'il demeure toujours fufpen- du dans l'eau. Elle eft bonne contre la pefte, eile rellfte a la maügnite des humeurs, eile excite l'urine , eile abat les vapeurs hyfteriques. La dofe en eft depuis demi once jufqu'a tme once Sc demie. Le vinaigre de rue fe prepare en mettant infuter douze ou quinze jotirs , des fleurs de rue dans le vinaigre au Soleil. Vertu?, Dole. Vinaigre de rue, Eau nircotique , de Mynficht. Vrenez. de Fopium diffout dans l'eau de morellc , deux onces , De l'e'corce de raune de mandrugore , & du faffran Oriental, de cbacuv. demie once, Duflorax calamitbe, deux dragmes , Du höh d'aloes } une dragtne , Du fuc de fleurs de pavot cbampetre e'pure , fet-Lc mees. Melei,ces Ingrediens & reitere-^-en la dißllation au bain marie ju/~qsia trmfm, R E M A R 0_ü E S. On concafleral'ecorce de mandragore, le bois d'aloes Sc le ftorax , on üquefiera Topium dans quatre ou cinq onces d'eau de folanum für un petit feu , on melera le rout avec le faffran dans une cucurbite de verre ou de grez , on verfera dentis, le lue de fleur de coquelicoq, nouvellement exprime Sc depure , on couvrira la cucurbite de fon chapiteau , on y adaptera un recipient, & apres vingt-quatre heures de digeftion , on mettra diftiller la liqueur au bain marie , on cohobera l'eau diftillee en le re verfant für fon marc, & la rediftillant encore deux fois comme devant afin qu'ei- le s'crnpreigne mieux de la quaüte des ingrediens, on gardera cette eau dans une bouteille bien bouchee. Elle provoque le fommeil, eile retablit les forces abatues, eile apaife les douleurs. Vertus» La dofe en eft depuis une dragme jufqu'a deux. Dofe. L'eau de folanum n'eftpas capable de difloudre tout l'opium , car eile ne peut pe- uetrer fa partie refineuie , mais il fufEt quelle leliquefie , afin que ces prineipes s'etant un peu detaches , il s'en eleve quelque portion dans la diftillation , il ne peut pourtant monter que fa partie volatile, c'eft pourquoy l'eau ne dok pas etre fort fomnifete. N n n n n ij Vertu s» Dofe, t^G PHARMACOPF E ~Ea.ii propre pouf empecher l'avortement. Vrenet, des fleurs de tillot, d'ceillets noavellement cueillis, de rofes de Danias nou- velles , de chacuties deux onces , De la noix mufcade, une once &ßx dragmes, De la fange avec fei fleurs , du cartu, du fenouil , de U verveine , des fleurs de L>.~ vande , de ikacunes une ence & demie , . Des rannes de pirotne male nouvclles , Des femences de la mime plante t du gay de chcfne , de la t,edoaire , des gratis de pa- radts , du gyrofie, de la canelle t dugingembre, & des cuhtbes > de cbacun une once. Du macis t ßx dragnies, Dugalanga , trois dragmes ~ Du fäff ran oriental , deux dragmes , Toutes ces drogues etant coupees & pilees grofßerement, feront infnfies dans trois p int es du medleur vin, Dans les eattx de tnaguet & l'efprit de fraife , de cbacun neuf onces, Les eaux de fraifes & de fenouil, dechacunes denn-fetter , Apres les avoir infufedans un Heu cband pendant im mois , on les dtflülertt au bain marie. R E M A R QJU E S. Apres avoir concafTe ou pulverife groilierement tous les Ingrediens folides, Sc pi- le les herbes Sc les fleurs dans un monier de marbre, on les mettra dans une grandc cucLirbice de verre ou de grez , on verfera deflüs, le vin de canarie , les eaux diftil- Ucs Sc l'efprir de fraize, on bouchera bien le vaifleau , Sc on le placera dans le furnier ou dans une cavepour y laifler lamariere en digeftion pendanc un mois, en- fuite l'on adaptera a la cueurbire , un chapiteau & fon reeipient, on luttera exaete- ment les jointures & l'on feradiftiller la liqneur au bain marie on gardera l'eau dif- tiliee dans une bouteille bien bouchee. Elle forrifie le cerveau &c l'eftomach, eile eft propre pour empecher l'avortement pour 1 epileptie, pour 1 apoplexie, pour la paralifie. La dofe en eft depuis demi once jufqu a une once & demie. Le nom de cette eau vient de ce quelle forrifie l'embryon ou l'enfant dans le vet*- txe de fa mere. Hau, de maffie- Trenez. du maßte , quatre onces, Du macis , deux onces } Ditgyrofle, une once , De la canelle , une demi once. Melez, ces drogues & lai ff etiles en maceration pendant troisjuurs dans une pinte de rin d'Efpagne ; apres cela dtfitlle^-les aufeu de fable modere. S E M A R Q^U E S. On reduira en poudre grofliere les ingrediens, on les mettra dans une cueurbite ic verre ou de grez, on verferadellus, la malvoifie, ou a fondefaur du vin bianc,on couvrira le vaifleau de fon chapiteau, on y laiifera la mariere en digeftion pendant tioisjoursjenfuitei'ony adaptera un reeipient, on Jurera exadtement les jointures Verrus, Dofe. UNIVERSELLE. S 3 r Sc par un feu de fable modere , l'on fera diftiller l'humidite, on gardera l'eau diftillee dans une bouceille bien bouchee. Elle fortifiereftomach , eile aide a la digeftion, eile chafTe les vents, eile arme Ie vomiflement. La dofe en eft depuis deux dragmes jufqu'a une once. La malvoifie en Ion etat naturel eft plus ftomachale que le vin blaue oidhuire , mais eile l'ell moins etant diftillee , parce qu'ayant ete moins exakte par la fermen- tation, il s'en eleve moins d'efprit ä I'alembic : on peut dire encore que le vin blanc ordinaire etant plus clair que la malvoifie , il eft plus en etat de diuoudre les fub- ftances des Ingrediens qu'on y met infufer, pour ces raifons jepreferoisle vin blanc ordinaire aux vins de liqueur dans les diftillations. Il (eroit plus a propos de faire cette diftillation au bain marie ou au bain de va- peur , qu'au feu de lable, a. caufe du maftich qui par le feu de fable , peut s'attacher au fond de la cueurbite 8c dormer a l'eau qui diftille, une odeur de briile , ce qui n'eft point a craindrepar les bains humides. La fimple infuMon des drogues dans la malvoifie, feroit pour le moins aufli falu- tairc, pour fortifier l'eftomach, que l'eau diftillee , eile contiendroit une fubftance falinc dont il ne monte gueres par diftillation. Eau mercurielle.- Trenez, de la cerufe de Venife f deux ences t De l'alun crud, une once & üemie , De la htharge , & du mercure fublime, de chaeun uneonte , Du fei nitre & arnnmac , de chaeun deux dragmes , Dugingembre , une dragme & demie , Du vmaigre une clnpine t De l'eau de cenümde t quatre onces , De celles de morelle , de phntain & de rsfes blanches , de chaeunes trois onces. Melez. ces drogues , & faites-les huüür legerement, & laijfez, enfuite l'eau fecla- rifier par reßdeme. R E M A R Q^U E S. Ön pulverifera les drogues on les mettra enfemble dans an pot de terre vernifle on y verfera le vinaigre de futctn ,& de la räche d'acorus , de (hacur.es dem'i onec. Laijfez.-les en infußm pendant hutt jours dans une quantite fußfkntt d'caux de plant ain , de tormentüle, & de bourfe de paßeur. Dißtllez.-les enfuite au bain mark, R E M A R Q^U E S. On fera fecher doucement au four le pain avec fa croute, les prunes fauvages ap- pellces acm u noßras , le coing coupe par morceaux , les nefles & les forbes, enfuite on les concaflera avec les femences , la racine d'acorus, la mufeade, les noix de ga- le Sc les fleurs de grenade , d'une autre part on pulverifera la terre figillee & le bol, on mettra le tout enfemble dans une cueurbite de verre , on verfera defllis, parties egales des eaux diftillees , la quantite qu'il en faudra feiüement pour faire tremper les drogües concaffees , onbouchera bien le vaifleau & on le placera dans le furnier, pour y laifler la matiere en digeftion pendant huit jours , puis ayant adapte a la cueurbite , un chapiteau 8c un reeipient & lutte exattement les jointures, on fera di- ftillerla liqueurau bainmarie , & ongardera l'eau diftiliee dans une bouteillebien bouchee. Elle eft propre pour la diflenterie & pour les aurres cours de ventre , pour le cra- Venus« chementde lang pour arreter la gonorrhee. Ladofe en eft depuis une once jufqu a Dole. quatre. Je dis la meine chofe de cette Operation que de la precedente,les ingrediens qui la «ompofent prodmroient un effet beaueoup meilleur , erant donnez en lubitance qu en eau diftiliee , car la diftiilation n'en eleve qae la parcie la plus phlegmatique. Eauphtfigone , ou contre les vents. Vrenet. de la femence d'itri's bien battu , quatre onces > De la canelle , deux onces , De la femence de daueus fauvage , une once , De la, noix muß ade , du macis t dugalanga y & dugyrofle, de tbactin deux dragmeu 1 outes ces drogues bien plees feror.t infufees dans deux pntes de vin d'Efpagtte pendant deux ou trois jours dans un Heu chaud , apres cela diflillez,-les felon l art, R E M A R Q^U E S. On concaflera bien tous les ingrediens enfemble , on les mettra dans une cueurbite de verre ou de grez, on verfera deiliis la malvoifie > ou a. fon defaut, de boi> vin blanc, on bouchera le vaifleau exaetement, on le placera dans le furnier, pour y laifler la matiere en digeftion pendant deux ou trois jours, enfuite l'pn debouchera. la cueurbite , on y adaptera un chapiteau & un reeipient, on luttera les jointures & Ton fera diftiller !a liqueur au bain marie, on gardera l'eau diftiliee dans unebou- teille bien bouchee. Elle difeute & eile attenue les humeurs trop vifqueufes, eile chaiTe les vents , eile fortifie l'eftomach , eile aide a la digeftion. La dofe en eft depuis une dragme jufqu'aune once- Lenomdephyfogona aerc donne acecte eau , parce quelle fait difliper les fla- cuofitcs. Veisus, Doi il eft defkea- tif etant applique exterieuremenr.- Eau celetfe* * Prenez, de l'alun brule , quAtre onces, Du fei armoniac , deux onces, De la cbaux , deux pintes. Quetoutes ces drogues bouillent enfemble a feu lentdans unvatß'eau de cuivre jufqu'% diminution du tiers. Eiltret. la liqueur & U gardez. pour Vujage* R E M A R Q^U E S. On pulvcrrfera & l'onmelera enfemble l'alun brule &le fei armoniac , on fera bouillir le melange dans l'eau de chaux en une baffine de cuivre jufqu'a diminution d'environ le tiers de i'humiclite , on retirera alors la baffine de deuus le feu, & la liqueur eranra demi refroidie , on la filtrera & on la gardera. Elle eil dereiiive t deiiecarive & vulneraire, onne s'en fert qu exterieurement pour les playes menaeees de gangrene. Cette liqueur enbouillant s'empreint du cuivre quelle diflbut de labaffine & qui lui communique une couleur bluatre, e'eft ce qui Im a fait donner le nora d'eau ce- lefte. Si en bouillant eile n'avoitpas pris aflez de cette couleur, il faudroit la laifler refroidir dans le meine vaifleau , afin quelle fe chargeat lufHfammsnt de la fubftance de ce metal, car eile acquierroit par la une qualite plus deceriive.. Pour bruler ou calcinex l'alun , il faut remplir d'alun de Rome le tiers ou la moi- rie d'un creufet ou d'un potde terrequi ne foit point verni en dedans, on placera lepotau milieudes charbons ardens, l'alun fe mettra en infulion &fegonflera beaueoup : fön humidire phlegmatique s'evaporera, on continuera la calcinaticn jufqu'a ce qu'il ne fume plus, & qr.'ii foit reduit en une malle blancliatre rarefiee qu'on appelle alun brule ou alun calcine. Ceux qui ne veulenr faire calciner qu'une petite quantite d'alun fe contentent dele mettre für une peile de fer donton fe fert dans la cheminee. L'alun brule eft efearotique, on s'en fert pour confumer les exeroiffances de chair, & pour penetrer les chairs mortes dans la gangrene. On peut proiker de l'eau ou phlegme de l'alun en le calcinant par la maniere. fuivantc UNIVERSELLE. 845 RemplirTez d'alun de Rome la moitie d'une cucurbite de tcrre , adaptez-y im chapiteau Sc un recipient, luttez lesjointures &c placez ce vaiffeau en diftülation für un feu mediocre, ilen diftillera une eau 011 phlegme infipide > continuez le feu jufqu'a ce qu'il ne diftiUe plus rien. Gerte eau d'alun eft propre pour nct- toyer , adoucir& forcifier les yeux »on s'en fert aufli en gargarifme pour la fqui- nancie* On trouvera dans la cucurbite l'alun brule. Toures ces preparations ne fonr pro- prement que des dephlegmations ou deflechemens de l'afun , elles fönt impropre- mentappellees/f/«» brule & Alun calcine , le verkable alun calcine eft celui qu'on trouve dans la cornue apres la diftülation de l'efprit d'alun , j'en ai parle dans mon Cours de Chymie. On peut diftiller de la meine maniere les eaux ou plilegmes du Vitriol, du nitre & des autics fels mineraux. Eau oti phlegme d'alun. Vcrtus, Eaux 011 phlegm?s des Sels mineraux. Eau de chaux* * Frenez. de la chaux , une livre. Laißez.-la infufer chaudement dans trols chopines d'eau commune , pendant fingt" quatre heures, puis [ihren, laliqueur & Li garclez. pour L'ufage. R E M A R Q^U E S. On raettra la- chaux vive dans une terrine ou dans un autre vaiffeau de terre', on verfera deiTus L'eau commune apres l'avoir fait chaufer : La chaux bouillonne- ra chaux quand eile s'y eft eceinte, voyez ce que j'en ai ecrit dans mon cours de' Chymie, ces parnes de feu fönt retenues & enveloppees dans l'eau par des mole- cules teneftres «Sc bitumineules, c'eft ce qui fait qn'elles fubiiftent long-tems fans s'y detruire. On reconnoitra ce que j'avance fi l'on met cette eau de chaux für le feu , & fi apres cn avoir fait evaporcr quelque quantite , on la laiffe refroidir, l'on verra paroitre a la furface de l'eau reftante une maniere de creme oü de crourc tendre, laquelle etant feparee par la filrration , l'eau demeurera plus fcible qu'eile n'etoit. Si l'on continue a faire evaporer l'eau filtree, il s'y fera encore un peu de creme, Sc l'eau s'aiFoiblira de plus en plus , parce qu'elle conriendra * proportion moins de parties teneftres qui puiflent retenir les Corps ignes. L'eau de chaux peut etre gardee fix mois , mais plus eile eft nouvelle Sc med- Ieur eile eft, parce que les parties de feu y ont un plus grand mouvement, eile ne perd fa vertu que parce que ces meines parties de feu fe fönt diffipöes ou abforbees» O o o o o iij, Eau de chaux. Venus. Dofe. Seconde raire. Eau. jaune Venus 3 4 6 P H A R M A C O P E'E Exu fhigeAenique, * Prenet, de l'eau de chaux , tro'ts cbopines , Du mercure fubiime corroßf mis etifoudre fubtile dum unmortier de verte m de nur- Ire , une dragme & demie. Melez, ces drcguespour luftige. R E M A R O^U E S. _ , On pulverifera fubtilement une dragme Sc demie de fubiime corrofif dans un eed nique. moi:t:iei: de verre ou de marbre , on le melera avec trente fix onces d'eau de chaux Eau ulce- le melange prendra aufli-tot une couleur jaune, 011 le verfera dans une boureille pour le garder , c'eft l'eau phagedenique, ou ulceraire que les Chirurgiens appei- lent eau jaune. Elle eft vulneraire , on s'en fert pour nettoyer les vieux ulceres, pourconfumer les chairs baveules & fupeiflues, pour la gangrene, on y mele quelquefois de l'efprir de vin , quelquefois de l'efprir de vitriol, on peuc meme y augmenter la quantite du (ubhme , felon qu on voudra la rendre plus forte. L'Eau phagedenique en fe repofant devient claire comme de l'eau de chaux , parce qu'il s eil fait au fond du vaifleau un precipite de mercure jaune; quand on veut fe fervir de cette eau, onlagitc pour la troubler,car faprincipale quakte con- fiite dans ce precipite. II arrive fouvent que quand l'eau de chaux eft nouvellement faite & forte , Ic precipite jaune devient rouge , ce qui eft indifferent pour la vertu de l'eau , mais qui marque la forte adtion des corps ignes. Pbagedenica, eft un mot Grec dont on trouvera l'etimologie dans le Lexicon qui eft au commencement de cette Pharmacopee. Eau forte commune. * Prenet. du vitriol verd d' Allemxgne & du nitre , de chaeuntrois livres. Broyez. & msle-L-lcs enfemb'e , puls les mettez, dtßtller tians une cornue bien luttee , qu'tlnefaudiaremplirquejufquauxdeux tiers; KJ.aptez.-y un grand reeiptent > & continuez, la dßillation par un feu gradue. R E M A R 0_V E S. On pulverifera Sc l'on melera enfemble parties egales de vitriol d'AUcmagne Sc de falpeftre d'Houflage, on mettra le melange dans une grande cornue degrez ou de verre luttee 6c l'on ne la remplira qu'aux deux tiers au plus, on placera Ja cornue dans un fourneau de reverbere, on y adaptera un grand recipient, on iurtera exa- (äeraenc les jointures Sc l'on mettra un peu de feu dans le founeau pour echauffer Ja cornue ; Sc pour faire diftiller doucement le phlegme & les premiers efpnts, on continuera la diftillation par un feu mediocre &C gradue , car fi l'on l'augmentoit trop fort dans ces commencemens , la mariere fe go: fleroit Sc fe degorgeroit en fubltance dans le recipient, ce qui obligeroit l'Artnie a remettre ce degorgemene dans la cornue pour le faire diftiller. Lorfqu'il fera forti par la diftillation quelque quantite de phlegme , il patoitra dans le recipient des vapeurs rouges qui proviendront du melange du foulfre du vitriol Sc des parties les plus volatiies du filpetre, on entretiendra alors le feu au meme degre jufqu'a ce que les vapeurs s'eclaircillenr, Sc que le recipient commen- UNIVERSELLE. 847 ce a fe refroidir , puis on auguientcra le reu jufqu'a la derniere violence , Sc quand il ne (brtira plus neu de la corriae, I'operation feca achevee , l'on y empioyc ordi- nairement fix oufept heures . ilfaut laiifer refroidir les vaifleaux & verfer l'eaa forte dans unc boiv.eiüe de verre pour i'y garder exactemenc boachce; eile eft cm* ployeepour dufoudreles metaux. Le vicnol d'Allemagne eft preferable pour cetre Operation au vitriol d'Angle- terre , parce qu'il a plus d'acrece , le falpetre de Houflage y eft auffi meilleur que le commun , parce que contenant moms de fei fixe, fes efprits fe detachent plus aifement. Le vitriol donne peu de vertu a. l'eau forte , il ne fert guere qua ecendre Sc di- viler lesparties du falpecre , afin que le feu en puifle feparer i'acide ; l'eau forte commune eft donc proprement un efprit de nitre bien abreuve de phlegme j on tire ä la vente du Vitriol par une longue diftillation un efprit tres corrolif, mais dans le peu de tems qu'on employe a faire l'eau forte , cet efprit ne fort point t il demeure concentte dans la mafle q,u refte dans la cornue 5 fi l'on veut avoir cette mafle, il faut cafler la cornue , eile eft dure , blanche , fans odeur , d'un goiit fale , on en tire par la diflolution , filtration Sc coagulation un fei qu'on ap- pelle Sal de üuobus , 011 Arcanum duflicatum , il eft fort aperitif. La dofe en eft de- SA i t ; e j ua ^ puisdemifcrupule jufqu'a demi dragme. bu% , Arce- On peut faire encore de l'eau fixte par la meme mechode, avec deux parties da- num tty-li. lun de llome Sc une parcie de falpetre bien melez enfemble : i'alun tieiit lci la place ca "' m - du vitriol, mais on y en met davantage , parce qu'il ne contient pas tant de foul- Do"e* fre Sc qu'il ne peut pas rarefier fi lacilement les parties du falpecre. Uim for- La grande quantite de phlegmes qui renferment les fels donc on fe fert dans ces te faite a- operations , affoiblit tellement l'acrion de l'efprit de nitre , qui eft la bafe de ces %ec j^' u F caux fortcs , qu'on pourroit l'appeller eau foible plucot qu'eau forte , aufli ne dif- e a pe- fout-elle que lentement les metaux , quoiqu'on en employe dans leur diflolution une bien plus grande quantite qu'il n'y faudroit d'efprit de nitre pur , c'eft ce qui m'a obhge d'inventer Sc de decrire dans mon Livre de Chymie , une autre ma- niere de faire l'eau forte , je la prepare a la verite avec les meines drogues •, mais E a „ f ortc ce n'eft qu'apres i'avoir fait delfecher , Sc y avoir mele de l'argile en pou- tres-ptue Ire. Je pulverife donc Sc mele enfemble du vitriol calcine enblancheur , du falpetre de Houflage & de l'argile fecs de chaeun deux iivres, je les fais diftdler com me en I'operation ordinaire, Sc j'en rire trente-deux onces d'eau forte prefque aulli acLive que l'efprit de nitre Sc qui comme lui, exhale toujours une petite vapeur rouge, quand on lui donne de l'air en debouchant la bouceille. L'argile ne fert icy que pour aider au vitriol a etendre Sc divifer les parties du falpetre , la matiere qui refte dans la cornue apres la diftillation eft en morceaux rouges prefque comme du colcothar , il eft facile de les retirer de la cornue fans etre oblige de cafler ce vaifleau. Trois circonftances rendent cette preparation plus commode & meilleure que la pr.ecedente, la premiere , parce qu'il n'y a pomt a craindre en celie-ci que dans lecommencement de la diftillation die falle un degorgement, la fecund- , parce que l'eau forte etant privee de la plus grande partie du phlegme des drogues , eile eft beaueoup plus pure & plus active. La troifieme , parce que ce qui refte dans lacotnue peut en etre retire fans qu'on foit oblige de calfer le vaifleau. Au refte quoique l'eau forte dont je viens de parier foit preferable a toutes cel- delacom- poficion de i'Aiittui» Efprit de Niere. ©e'part. F.au feconde. Venus, Eaux rega- les. Autres Eaux legales. 9 4 8 PHARMACOPE' E Ie quiportent ce nom , je n'en trouve point qui ait tanz de force que l'efprit de Nitre prive de phlegme, duquel jai donne la preparation dans mon Cours de Chymie > cet efpric eft une veritable eau force , & Ton fe pourroit pafl'er de touces les autres; mais les diftillateurs n'y trouveroienepas leur compte, car on leuc demande l'eau forte a trop bon marche. Eau feconde , ou de'part. * Elle fe fait de l'eau forte apres que la mattere aurifique a fem a plufieurs ufages. R E M A R Q^U E S. Quand les Orfevres veulcnt feparer de l'or qui eft mele & incorpore avec de l'argcnt, ils mettent lamaiTe dans trois ou quatre fois autant peiantd'eau forte, i'argent s'y diflout pendant que i'or fe preeipite au fond du vaifleau , c'eft ce qu'on appelle deparc. On verfe par inclination ladiflblution d'argent dans une rerrine oit l'on avoit niis auparant dix ou douze fois autant d'eau commune & une plaque de cuivre : on laifle ce melange en repos pendant quelques heures, & quand on voit le cuivre couvert d'un preeipite d'argent j & que l'eau a pris une couleur bluatre , on la filtre, c'eft ce que l'on appelle eau feconde. Elle eft acre , efearotique , propre pour ouvrir les chancres veneriens, &: pour. manger les chairs baveuies, on ne s'en fert qu'exterieurement. L'acrete de cette eau & fa qualite de faire des efearts vient d'une eau forte af- foiblie 5c d'un peu de cuivre quelle a diflout. Voyez ce que j'en ai cerit dans mon Cours de Chymie. Eau Regale. * Prenez. de l'eau forte , une livre , Du fei armoniac ms enpoudre , quatre onecs. Ealtes ce melange dans un grand matras & qu'il refie en digeftion au feu de fable , jufqH'a, ce que le fei en foit dtßout , & gardex* cette eau dam un vaiffeau bien bouebc. R E M A R QJU E S. Onmetrra dans un matras alTez grand quatre onces de fei armoniac pulverife, on verfera deflus feize onces de bonne eau forte , on placera le vaifleau en digeftion für un tres-petit feu de fable , ou a une autre chaleur femblable , l'agitant de tems en tems, quand il y auraete environ demi quart d'heure , les aeides de l'eau forte penetreront le fei armoniac , il fe fera une grand ebulition avec chaleur, Sc il fortira parle cou du matras beaueoup de vapeurs qu'il faut eviter de refpirer, . parce qu'elles fönt nuifibles a. la poitrine •, la fermentation durera jufqu'a ce que tout le fei armoniac foit diflout, on aura alors l'eau regale qu'il faut garder dans une bouteille bien bouchee, eile aura confiderablement diminue de poids acaufe des vapeurs qui en feront forties , fa couleur fera jaunatre, & eile ne furaera point comme fait l'efprit de nitre. On peut preparer une autre eau regale en faifant diftiller au feu de reverbere le melange d'une livre de falpetre, d autant de fei marin & de fix livres d'Argilc feche. On peut faire encore une eau regale für le champ en melant cnfemble huit onces d'eau forte & fix onces d'eiprit de fei. L'efprit de fei bien dephlegme eft auffi lui feul une eau reg.de. Les eaux regales ne iont gnere employees que pour difloudre l'or & l'anti- oioine,.mais elles peuvent penetrer auffi plufieurs autres nietauxSc mineraux, elles ne diilblvenr Aqua Re» ilis. UNIVERSELLE, 849 cliflblvent point l'argent, on peilt voir la raifon que j'en ai donnee dans mon cours de Chymie L'eau Regale eft appellee Aqua Regia, ou Aqua Regalis , parce que fon ufage particulier 8c principal eft de diflbudre Tor qui eft appelle le R01 des metaux: on l'a nomme encore par la meme raifon Aqua ßigia ou chryfulca , cbryfolea m ^ taU x, eS Ba/tlii. _ _ ^n ß-, Quoiqu'onfe ferve ordinairement des Eaux Regales queponr les diflblutions, ptcbtyjjdc» elles pourroient fort bien etre employees comme l'efprit de Tel pour exciter 1'urinc , c " rt f olea s *-. pourla colique nephretique, pour la pierre. La dofe en eft depuis deux goutes'i jufqü'ä huir. D e 0 r re " s * Bau odorifeunte. Trenez. de l'iris de Elorence , dugyrofle, des cubebes, de la canelle , des graitts de paradis & du calamus aromanque , de chacun une once, Des feuilles de marjolaine , de tbym, de launer , des fieurs de rofmariti & de roßs rouges i de chacunes une poignee , Des fleurs de lavende } trois dragmes t Du meilleur vin blaue , trois ptntes & trois demi fetters. Apres l'infußon faite, diflillez. le Mit au bain marie , puis ajoutex. a la liqueur diflillee Du muß , demi ßrupule, De la civette } Jixgrains. R E M A R QJCJ E S. On concaftera les ingrediens, on les mectra dans une grande cueurbite de verre ou de grez , on verfera deflus, le vin blanc , on bouchera le yaifleau , ou le pla- cera dans le furnier poury laiiler la mauere en digeftion pendant trois jours, on fe- ra enfuite diftiler la liqueur au bain marie, ayant attache au bec du chapiteau ou au col du reeipient, un petit cotton dans lequel on aura envelope la civette 8c le mufc , afin que l'eau en diftillant diilblve inteniiblement ces aromates j on gardera l'eau diftillee dans "une bouteiile bien bouchee. Elle fortifie le coeur , le cerveau & l'eftomach, eile rarefie les humeurs vifqueu- Vertus» fes Sc eile chafle les vents. La dofe en eft depuis deux dragmes jufqu'a un once : on Dofe. s'enfert aulli pour parfumer les mainsßc les monchoirs. Eau propre -pour effacer les tucbes dt* vifage. Trenez, des ßaifes une livre & demie. Des fleurs de lis & de feves , de ebaeune une demi livre , De l'alun de plume & de rocke , de chacun demi once , Du ßlgemme , du nitre & duvert de gris , de chacun deux dragmes. lxiffez.-les en maceration pendant dix jours dans une livre de miel de Narbonne , une chopme de vin d'Efpagne & antant de vinaigre blanc. Apres ctla dißillet,-les a un feu de fable msdere , & gArdcz. l'eau dißillee pour f ufage. % PppPP $5° PHARMACOPE'E R E M A R Qjü E S. On pulverifera l'alun , Ie fei gemme , Ie falpetre , le verd de gris , on ecrafera lcsfrailes & les fleurs , onrrsettrale tout avec l'alun de plume Hans unegrande cucurbite de verrc on de grez f on veifera defTus le miel, lamafvoifie öc le vinaigrc, on broiüüera tuen la mattere avec une eftapule de bois, on couvrira le vaifleau exaitement & on le placera dans le furnier , pour y laifler la matiere en digeftion pendant dix jours >• enfuitel'onfera diftiller l'humidite au feu de fable modere, & l'on gardera l'eau diftillee dans une bouteille bien bouchee. Venus» E^ e e ft propre pour empörter les Caches du vifage , on en imbibe des linges qu'on applique deflus & on s'en lave fouvent. Il fauc tjue la cucurbite loit grande ä caufe du miel, qui en fe rarefiant beau- conp par la chaleur , pafleroic en fubftance dans le chapiteau , s'il ne trouvoic aflez d'efpace vuidc. L'alun de plume ne ferr derien icy , car il ne s'en detache aucune chofe. On ne retire par cette diftüation , de l'alun de röche , du nitre & du fei gemme, qu'un peu de phlegme qui n'a pas grande vertu , & les fels demeurcnt au fond de la cucurbite avec le marc ; je trouverois plus a propos qu'au lieu de les employer dans la diftillation , on fit duToudre fans feu , dans l'eau diftillee , de l'alun de ro- . che une dragme , du fei gemme & du falpetre rafine de chacun demi dragme. On peut fort bien fubftituer le vin blanc ordinaire a la malvoifie> & il fera pour le moins auffi bon pour cette Operation. Il me paroit inunle de faire macerer la matiere aulli long-temps qu'on le de- mande , les fraifes, les fleurs & le verd de gris dont on peut attendre qu'il fe de- tachera quelques principes utiles pour la qualite de cette eau , ne fönt pas des mix- tes fi difticiles a rarefier , qu'il faiile leur donner dix jours de digeftion , ii fufli- roit donc de laifler la matiere en infufion deux ou trois jours. Eutt Cofmetique pretieuß. Prenez. du blanc d'ceuf, & de la mit de pain trempee dans le lait, de ihacnn une once Du füre bUnc, de la cerufe , de lagomme adraganth 3 des tupins, des pois , des feves , & de l'iris de florence , de chacun demi once , Des fleurs de lis blanc , ßx dragmes De Celles de feves nouvelles , une demi poignee ' De Voliban & de la gomme arabique , de chacun trois dragmes , Du borax & de l'alun de plume , de chacun deux dragmes , Du camphre } une dragme & detnie, Infufez, ces drogues pendant trois jours dans une quantitefuffifante d'eaux deßeurs de feves , & de rofes. Apres cela diflillez,-les felon Vart. R E M A R Q^U E S. On pulverifera la cerufe , le fucre, ks gommes, le camphre, le borax, les Iupins, les pois, les feves & l'iris, on ecrafera les fleurs dans im monier de marbre , on nietrra le tout enfemble dans une cucurbite de verre ou de grez , on y melera la mie de pain imbui' de lait & lesblancs d'ceufs delayez dans ce qu'il faudra des eaux de UNIVERSELLE. 851 fofe & de fleurs de fcves , pour faire que la mauere trerape , on couvrira la cucur- bite & on la mettra en digeftion pendant trois jours en un Heu chaud ; enfuite on •en fera diftiller l'humidite au bain marie & Ton gardera l'eau dans une bouteüle. Elle eft propre pour netoyer , pour adoucir 8c pour einbellir la peau, on s'en la- VertUs. ve les mains , le vifage. Le borax, le fucre , l'alun de plume 8c la cerufe fönt des Ingrediens bien inuti- les dans cecre preparation , car il ne s'cn decache rien & ils reftent au fond de la cucurbire comme on les y amis , on pourroic rendre le borax & le fucre utiles fi au lieu de les employer dans la diftillacion, on en diflolvoit une dragme ou deux de chacun, dans l'eau diftillec, car l'eau en ferok deterfive 8c plus propre a nettoyer les Caches du vifage. Extt Cofmetique de myrrhe , de Duclos. Preticz. du lait de chevre nouvellement trait, quatre Iivres , Du vin d'Efpagne , trois chopines , Du fuc de grande jombarbe , une livre ejr dornt, Des eaux de nenuphar & de rofes Manches y de chacun une livre , Dou%.e blancs d'ceufs. Faites-en une diflillation au bain marie. Vrenez. de l'eau diflillee ci-defus , deux Iivres , De la meilleure myrrhe bien pulvertfee, deux onces, Laißez*-les en digeflion pendant 2 4. heures , puls reiteret* la diflillation. R E M A R Q_U E S. On tirera du fuc de jombarbe par expreffion en la inaniere ordinaire, on le tne- lera avec le lait de chevre nouvellement tire, les eaux diftillees & le vin d'Efpa- gne , on dilayera les blancs d'asufs dans ces liqueurs , on mettra le melange dans une grande cucurbite de verre ou de grez , on y adaptera un chapiteau 8c un reci- pient, on luttera les jointures 8c Ton iera diftiller l'humidite au bain marie. On pe- fera l'eau diftillec Scfur deux Iivres on mettra infufer pendant vingt-quatre heures deux onces de myrrhefubtilement pulverifee , puison mettra diftüier la hqueur au bain marie; l'Auteur demande qu'on y diflolve du fucre candi, du borax & de l'alun brule fmvant la defcription qui fuit. Mixtion Cofme'tique. Trenez. deVeau de myrrhecy-de/fus decrite , une demi livre , du fucre candi deux dragmes , Du borax , une dragme , De l'alun brule , un fcrupule. I altes du tout une mixtion felon l'art. Cette mixture eft propre pour nettoyer 8c blanchirle vifage , pour efFacer les taches 8c pour en remplir les cavitez, il faut imbiber des lmges dans cette eau> pour en laver fouvent la peau. Eau Cofmetique de pigeons. Vrenez, deux pigeonneaux vuidez. & coupez, par morceaux , Delamte depain blanc, une livre t Des nojnux de pecbes & des quatre grandes femences froides mondees, de chacuns quatre onces , Dqum blancs d'ceufs , le fuc de quatre limons. Pppppij Venus. 8 5i PHARMACOPE' E laijfe^-les macerer pendant dsuz.e heures dans quatre livres de lait de chevre. Apres celafaites-les dtfliller aub,;in marie , & ajoutez. a l'eau dißtllee Du borax , du camphre , du fucre canai & de l'alun brule, de chaeun trois onces : puls les ayant expofez, au foleit pendant trois jours j mette-les a U eure & les y laiffez, pendant quinz.e jours 5 & apres avoir filtrel'eau } gardez,-la peur l'ufage. R E M A R QJJ E S. On aura deux pigonneaux nouvellement tuez, on les plumera, on les vuidera deleurs enrrailles & on les couperaparmorceaux, on emiera le pain blanc,on con- cafTera dans un mortier de marbre, les noyaux de peche & les femences froides mondees , on mettra le tout enfemble dans une cueurbite de verre : on exprimera quatre gros citrons pour en avoir le fuc qu'on verfera für la matierc , on y ajoüte- ra le lait de chevre nouvellement tire, dans lequel on aura delaye les blancs d'oeufs', on broiiillera bien le melange, 6c on le laiflera en digeftion pendant douze heures, puis ayant adapte a la cueurbite nn chapiteau& unreeipient & lutte les joinmres, on fera diftiler l'humidire au bain marie , on melera dans l'eau diftilee , le borax, le camphre, le fucre candi & l'alun brule pulverifez, on bouchera le reeipient & on l'expofera au Soled pendant trois jours , cnfuite onle tranfportera a la cave oü l'on le laifTera pendant quinze jours, remuant le vaiileau de temps en temps: on filtrera enfin la liqueur & on la gardera. Cette eau netoye le vifage , eile blanchit la peau , eile I'empeche de rider , eile en empörte les taches Sc eile remplit les cavitez, on s'en lave louvent avec de pe- tits linges. L'alun brule ayant ere depouille de fa partie phlematique dans la calcination, & ne reftanc en lui qu'une mauere faline fixe, il ne peut gueres donner d'impreßion a l'eau , parce qu'il ne s'en eleve rien, je trouverois a propos qu'on employät en fa place l'alun naturel. Eau de iVechfy contre les ttlceres avec carie. Trenez, da miel rofat t trois onces , De lecorce de pin , deux onces , De U racine des deux arifioloches, de Celles d'iris de Etorence & de ta petite centauree y de ibaatne une once & demie , De l'herbe robert ,dela grande confoude , du millepertuis & du pied de pigeon , de ebaeune une poignee , Des fleurs de rofmarm & de rofes touges , de ebaeunes une demipinc;e ) De l'agaric , trois dragmes. On humetlera ce melange avec ce qu'il faudra de vin blanc pmir le dißiller felon l'm. R E M A R Q^U E S. On concaflera bien enfemble l'ecorce, les racines Sc l'agaric, on ecrafera Ics herbes , on mettra le tout avec les Beats dans une cueurbite de cuivre etamee , on y melera le miel rofat, on arrofera öc l'on humeclera le melange avec du vin blanc, oncouvrirala cueurbite d'unechape deplomb, on y adaprera un reeipient &c apres dix ou douze heures de digeftion, on fera diftiller rhunudite au bain marie. UNIVERSELLE. 853 On fe fert de cette eau pour les ulceres qui fönt accompagnez de carie d'os, on on en applique deflus avec des linges. On fait diftiller cetee eau par une chape de plomb , afin quelle s'empreigne de quelque petite portion du metal qui Ja rende un peu deiliccative. Cette diftillation n'enlevc que Les parties les plus detachees des mixtes , & eile laifle au fond de la cueurbite , les fubftances falmes qui pourroient douner le plus de vertu de cette eau, c'eft pourquoi je voudrois tirer l'extrait de ce qui refte apres la diftillation avec de l'eau commune , & en difloudre une dragme dans trois onces de l'eau diftillee quand on voudroit s'en fervir , eile agiroit avec bien plus de force. j'eftime aufli qu'on feroit mieux de referver le miel rofat pour en meler avec de l'eau diftillee quand on feroit preft de l'employer, que de le mettre diftiller avec les autres drogues, car la partiela plus deterfive du miel refte dans la cueurbite. Au refte cette Operation me paroit eftre affez inutile , car on pouroit du moins aufli bien tirer la qualite des Ingrediens de laquelle on a befoin, par une decoctioa dans du vin blanc que par la diftillation. Eau pour les cheveux. Prenez. des mouches Vivantes, quatre onces } Du miel, une hvre , DuUit } deux üvres. Melez, le tout , & le diflillez. felon Vart. REMARQUES. Ommettra les mouches Vivantes dans une cueurbite de verre ou degrez, on ver- fera deflus le miel & le lait nouveau tire de la vache , on broüillera bien le tout enfemble , avec une ftapule de bois, ou adaptera un chapiteau a la cueurbite , on y joindra un reeipient de verre , & ayant exa&ement lutte les jointures , on fera diftiller la matiere au feu de fable modere , on aura une eau claire fi l'on augmente le feu für la fin , il fortira des efprits qui rendront cette eau jaunätre, & qui augmeiir teront fa vertu. Elle eft propre pour faire croitre les cheveux , pour la fourdite. Le fei volatil qui fort des mouches donne beaueoup de vertu a cette eau pour la faire penetrer & ouvrir les pores, afin que les cheveux croiflent plus aifement. Bah d'Albert le gixni. * Trenez. du fucre candi blanc, Du Vitriol blanc, de ebaeun une onCe , Du vitriol de Cjpre calcine jufqu'a bUmbeur t demt once, Du faffran t trente grains. Apres avoir mis ces drogues enpoudre , faites-en le melange } & mettez.-les en inftt- fion dans une pinte d'eau commune, pendant douz.e heitres. Filtrez. la liqueur , & la gardez. pour l'u/ager R E M A R QJJ E S. On pulverifera Sc l'on melera enfemble les vitriols Sc le fucre candi, on les met- tra avec le fafran dans l'eau , on laiflera le tout en infulion chaudement pendant douze heures > on filtrei'a enfuite la liqueur Sc on lagardera. Ppppp iij Vertus, VattiS. Haue ou eflence de bayes de genievre. Venus, Dofe. v ertus de l'eau. Extrait de bayes de genievre. germancriim Vertus. Dofe. 854 PHARMACOPE'E Elle eft bonne pour les piayes reccntes, faires par des inftrumens trenchants erant applique pure au premier appareil, il ne faur la r elever qu'au bour de vingt- quarre heures, &c la meler avec partie egale d'eau de fonraine pour s'en fervir aux panfemens fuivanrs , on continuera jufqu'a parfarregueiilon , mais 11 la playe pene- tre dans quelque capacite , l'Aureur veur qu'on en falle boire au blede dix goures a la dofe dans un verre de vin ; eile eft bonne encore pour les aprhes &c pour l'inrla- mation des yeux. Le fucre & les virriols fc diflolvent dans l'eau, en forre qu'il ven reftenr gueres für le flirre. Quant au faffran il ne donne qu'une teinture legere ä la difTolunon. Cette compofition eft une Eau ftypnque laquelle a beaueoup derapporr avec celle que j'ay donne dans mon cours de Chymie. Elle eft vulneraire & propre pour arre- ter le fang. Dißillation des grains de genievre. Trencz. des bayes de genievre meures > nouvelles & bien concaffees t quatre livres ~ Fattes-les itifufer pendant trotz jours dans fix pmtes d'eau chaude le vaiffeau bien louebe , äijiilltz.-les enfuite a l'ahmbic de cuivre bien etame &garni de fon refrigera- toire , ^dapteTL-y fon recipient & luttez, les jointures, poujfez, la dißtllation a unfeu du fecond au troijteme degre , l'eauparoitra & Ihutle nagera M-deJfus. Ott les feparera l'une de l'autre , & on les gardeia pour l'ujage. Vous difltllerez, de meme toutes les bayes qui nontpas beaueoup de fuc, lesfemences & les bois odorans. R E M A R O^U E S. On aura quatre livres de bayes de genievre des plus großes , meures , nouvclles ou recueillies dans l'annee , on les pilera bien dans un morrier , & on les mettra dans une grande cueurbitede cuivre , on verfera deiTus douze livres d'eau chaude, on placera le vaiileau dans un fourneau , on y adaptera fa tefte de more etamee en dedans avec fon refrigerant & un recipient, on luttera les jointures 8c on laiflera la mauere en digeftion pendant trois jours , on la fera enfuirediftiller par un feu de charbon aftez forr, il fortiradans le recipient une eau fpiritueufe & un peu d'huile qui nagera de/lus. Quand le recipient fcraplein on le retirera , & Ion leparera par lemoyen du petit cotton , l'huile aetheree qui fera deffus , onla gardera dans une bouteiile bien bouchee. Elle eft propre pour fortifcr le cerveau & l'eftomach, pour attenuer la pituire groiliere , pour la pierre , le fcorbut, pour exciter l'urine , pour la douleur ne- phretique , pour la colique venteufe , pour tuer les vers , pour refifter a. la corrup- tion. La dofe en eft depuis une goutte jufqu'a. fix. L'eau a la meine vertu. La dofe en eft depuis une once jufqu'a fix. On peut mettre a la prelle ce qui fera demeure dans la cueurbite, 8c aymt palTe la liqueur exprimee au rravers d'un blancher, en faire evaporer rhumidire a petit feu, jufqua confiftence de miel epais, ce fera l'extrair de genievre que quelques-uns appeilent tberiaca Germanorum. Ü eft propre pour fbrtifier l'eftomach, pour exiter Purine & lesrnois aux femmes, pour abbatre les vapeurs, pour refifter au venin. La dofe en eft depuis un ferupule jufqu'a une dragme. La maceration qu'on donne aux bayes de genievre piie'es avec l'eau , aide beaueoup au derachement de l'huile aetheree qui diftilleenuiite , mais il ne faut pas la faire durer trop long-temps, car la fermentation rarefieroit tellement cette hiule qu'elle la convertiroit en efprit. ' UNIVERSELLE. 855 II eft neceffaire que la diftillation fe falle par un feu aflez fort, car autrcmcnc Thuile ne monteroit point. On pcut encore faire une eau fpiritueufe de genievre , en humeftant les bayes Autre eau concafl'ees avec du vin blanc ou avec de l'eau de vie, Sc merrant diftiller la mattere fpiritueufe au bain marie, ou au bain de vapeur ; mais alors on ne retirera point d'huüe fcparec § enle * parce quelleaiira ete rarefiee Sc difloute par Pefprit de vin. On peut diftiller de la meine maniere tous lesmixtes fecs odorants. Quoique l'extrait de genieve foit prive des parties les plus volatiles & les plus eflenrieles des bayes , il ne laiile pas de contenir encore quelques principes actifs qui le rendenr propre a plufieurs maiadies. Je prefererois neanmoins les bayes de genievre en fubftance ä leur extrait , on en mäche deux ou trois le matin pour re- fifter au mauvais air. On met aufn infufer des bayes de genievre des plus großes Sc des plus meu- Ratafia de res dans l'eau de vie , on y ajoure du fucre pour faire une eipece de ratafia ou de bayes de teinture tres-propre pour lememe lujet: la dofe eft une ou deux cuillerees. genievre. Dtßillatio» des bayes de fureau. Uofe. * Preneii, des bayes meines de fureau autant que vous en voudrex, : Apres les avoir morde > e'crafeu-les dans un mortier de marbre , & en exprimei. le Juc : enfuite faltes diftiller par un alembic de cuivre e'tame en de dam , adaptex.-j fon chapireau & un reeipient , & les jo;ntures bten luttees, il en fornra me eau que vous gardere% dans un paijfeau bien bouche. R E M A R QJJ E S. On prendra une bonne quantite de bayes de fureau , Joriqu'elles fönt bien meu- tes, & apres les avoir mondees Sc ecrafees, on en exprimera le fuc , donton rem- plira un petit barril, que Ton tiendra a la cave , pour y fermenter ä la maniere du vin •, lorfqu'on reconnoitra que ce fuc aura acquis une odeur vineufe approchante un peu de i'aeide , on percera le barril audeflus des feces , on en tirera tout le fuc, onle mettra dans une veilie de cuivre etamee en dedans', puis l'ayant couverte de fa tete demore bien lutte , adapte a fon bec un reeipient , on fera la diftillation de ce fuc par un feu gradue, jufqu'a ce qu'on en ait tire environ les deux tiers ; il en fortira une eau (piritneufe qu'on feuera Sc gardera a part comme un efprit inflammable Sc fort penetrant. Il eft diaphoretiqne, tres-propre aux maiadies du cerveau , il purifie la mafTe du Vejtas» fang , refifte a la pournture des humeures, ouvre les obftructions de la matnee Sc en abaiile les vapeurs, On le donne dans fa propre eau, depuis demi dragme jul- qu'a deux dragmes. On peut faire les memes preparations für les bayes d'hyeble. O-li }t poufois augmenter icy un gfand nombre d'autres Faux dißille'es ,. qu'on invente tous les jouts r mais outre que cette m.itiere iroit a t'infim , etiles que fai de'crites fufßfentpour modeles de taut es forte s d'autres dif- criptions h cefujet. S56 PHARMACOPE' E C H A P LT R E XII. Des Elixyrs. LE nom d'Elyxir vient da verbe grec , 'eAjca traho , parce qu'en faifant l'Elyxir on tue la plus purcpartie des mixtcs , ou de iA^as auxiliur , d caufe dugrand feeours qu'on tire de ce remede dans la Medecine, quelques-uns vculenc qu'ii de- rivent du mot Arabe Alecbßro , qui denore une extrachon de quelque elfence. On ~Enchilotr.it. appelle quelquefois l'Elyxir EnchiUma. . L'Elyxir eft un efprit ou une teinture quintefcencielle de plufieurs mixtes choifis contenant leur iubftaiue la plus pure ; ll eft deftine pour les ufages internes. . Ehxyr de propriete. Trenez. de la myrrhe choiße & de l'ahes fuccomn , de cbacun deux onces , Du faffran ortental, de cbacun une once. Ces drogues pulverifees feront mifes dans un matras, & on verfera de V efprit de vin par dejfus jufqu'a ce qu'tlfurnage d'un doigt: apres cela le vaijjeau etant bten bauche'& m'ts dans un iteu cbaud , on laiffera la mauere en dgeßion pendant deux jours: ajoutet, j encore de V efprit de foafre a la hauteur de quatre doigts , laiffet, de nouveau la mauere en digcßion pendant quatrejours. Enfin fltrez* la teinturc & la garde%pmr /'«- fage. R E M A R Q^U E S. On pulveriferala myrrhe & l'aloes,on les metrra avec le faftran dans un matras, on verfera deilus de l'efprit de vin rcclirie a la hauteur d'un doigt 5 on bouchera exactement le vaiffeau, & l'ayant place dans un lieu un peu chaud , on lailfera deux jours la matiere en digeftion , enluitc on le debouchera & l'on y ajoütera de l'ef- prit acide de foufre jufqu'a. la hauteur de quatre doigts, on rebouchera bien le vaiffeau 8c on le placera en digeftion au Soleil ou au bain marie tiede on l'y laiftera pendant quatre jours, apres lequel on filtrera la liqueur qui fera une forte teinture & on la gardera, c'eft l'Elyxir de propriete. Il fortine le cceur & l'Eftomach, ll aide a la digeftion, il purifie le fang , ilpro- voque les lueurs, il abat les vapeurs hifteriques , il excite les mois aux femmes. La dofe en eft depuis quatre julqu'a feize gouttes. Paracelfe eft le premier qui a decrit cet Elyxir, plufieurs Auteurs y onr c/iange depuis quelques cnconftances, mais tous s'accordent a tirer la teinture des trois Ingrediens qui y fönt employez. Elixyr de vie de Mathiole. Prenez, de la canelle , une once , De tous les fantaux , de cbacun Jtx dragmes , Des racines de gingembre & de %,edoaire , de ebaeune demtonce. De lecorce de citron & des deux cardamomes , De la Jemence de nulle , des poudres des efpeces diambra , d'aromatique rofat > dia- mofebi doux , diamargariti chaud , aiarbodon abbatis , de gemmis , de cbacun trois dragmes, De la mix mufede , du galanga & du gyrofle, de chaeun deux dragmes & demie. Des Vetrus. Dofe. UNIVERSELLE 5ji bes femences d'anis ] de fenoüil, de carotte fauvage , de baßlk J Des raones d'angelique\ de benoite, de regliffe , De calamus odorant, de petite valeriane t de pouillot, Des feinlies d'eclaire , de thym, de calament, De menthe } de ferpdet & de warjolaine y de cbacune » deux dragmes, Des ßeurs äe rofes rouges , de fauge, de betoine , De re/mann t de flachas, de buglofe & de borrache , de chacunes , une dragme & demie. Pilez, les droguesqui enont befoin } &UiJfez, les infafer pendant qu\nt,e jours dam ßx pmtes di b.nne eau de vie , puis apres avoir bmcbele vaijfeau , faites-en la dißil- laton au baut mane dans une a'embic de verre ; apres quol vohs y ajouterez* pour une fecunde mfujiun de quinze jours , Du julep ro/at f une livre , Du fantal ctrm rape t deux dragmes , Dh mstfc, & ae L'ambre gr'u > de cbacu» demidragme. Tiltrex. la liqueur enfutte , & la gardez.* R E M A R Q_U E S. On pulverifera groffierement enfemble, les meines, les bois, les ecorces, les fe- mences & les fruits, on pdera dans an mortier de marbre , les feüilles & les flenrs > on mettra le rouc avec lespoudres dans une grande cncurbire de verre on de g-ez , on verfera defllis , l'eau de vie qu'on aura ciioifie bonne & forte, on bouchera b:en le vaifleau Öc on le metrra dans un lieu chaud comme dans du furnier , on dans de l'eau tiede , pour y iaitler la mariere en digeftion pendant quinze jours, en- fuite Ton fe a diftiller linfiüion au bain-marie , on feparera le recipient de l'alcin- bic , & Ton melera dans l'eau diftillee , le julep rofat, le fantal cirrinrape ,1'ambre & le mufc pulverifez avec un peu de lucre candi & envelopez dans un noüec, on bouchera bien le matras & on laiflera la mauere en digeftion pendant quinze jours , l'agitant de tems en tems, puis on fürrera la liqueur & on la gardera , c'eft l'elixyr de vie. II eft propie pour l'epileptie , pour les fyncopes, doui- fortifier le cceur , le cer- veau , l'eftomach , pour chafler les vents, pour aiaer a la digeftion , pour exci- terla ferne ace , pour corriger la mauvaile bouche ; la dofe eneft depuis une dragme jufqu a trois. Cet ehxyr eft comnofe d'ingrediens fpiritueux & propre pour les maladies auf- quellcs on les deftine ; mais comme ü y entre une grande diverfitc de drogues d'une merae quahre , on pourroit fort bien abreger la compofition } en en recranchant quelques-unes & augmentant ladofe des aurres, on pourroit par exemple employer. le fantal citrin pour les trois : le grand cardamome ou graine de paradis pour tous les autres cardamorr.es , les poudresdiambra , diamofcni & diarhodon, pour celles de gemmis , de aromat. rofat. diamargariti calidi, les femences d'anis & de bafilic , pour celles de fenoüil & de paftinacha , la fleur de ftoechas pour celle de betoine. On pourroit retrancher comme drogues inutiles, la reglifte, les fleurs de buglofe &deborache, car elles ne donncnt goere que du pbiegmc dans la diftülaaon : les rofes rouges n'y fönt point non plus neceftaiies , puifqu'il y e"tre de la poudre Vertu*. Dalc, 2,4 P H A R M A C O P E' E diarfaodon. Il me paroit auffi que le julep eft bienpeu utile dans cette eau diftillec, il i'afibiblit 6c il ne lui donne qu'une vertu bien mediocre, voici donc comrnc je voudrois reformer cet elyxir. Elyxir de vie de Matthiole , reforme. Trenez. du fantal citrin t une once , De la canelle & du grand cardorne , de cbacun une once & denüe , Des meines de gingembre & de %*idcaue, de l'ecorce de citron feiche , des poudres des efpeces diambra , dtatmfcbi doux , & diarhodon abbatts, de cbacun fix dragmes. Des femences d'anis & de bafilic , des racines d'angelique , de calmus odorant , & de valeriane, de chaeunes demie once , De la mix mufeade f du galanga & du girofle 3 de cbacun deux dragmes & demie , Desfeüiilts d'eclaire , de tlnm } de calament, de poüdlot, de menthe , de ferpolet & de marjolaine , de chaeunes unepoignee. Des Tleurs de fauge } de rofmarin & deßcechas, de chaeunes une demi poignee. Tilez.les droguc^qn'il fautpiler , puls lai/fez-les infufer pendant 1 5 jours dans fix pintes de la nmlleur eau de vie. Dißilex.-les tnfuite, &faites infufer de nouveaupen- dant 1 5 jours dans l'caii difiilee Du mufc , de l'ambre gris , de cbacun demi fcrupule. Apres cela fdtrez, la liqusur, & la gardei Le grand Elyxir de vie de Quereetan, Trenez. des racines de zedoaire , d'angelique f de gentiane, de valeriane } de tor- mentille , de fcorfunaire , de galanga t du buis d'alo'cs , & du fantal citrin } de cbacun trois onces* Des feuilles de melijfe, de menthe rouge f de marjolaine - de bafilic , d'bjffope, du tbim' du cbam&pitbys, & du cham&dris , de cbacun une demi poignee. Des bayes de laurier & degemevre a de l'ecotce de limons & d'oranges fe'ches , des femences de pivoine, de fefeü , d'anetb , de fenoüil t d'anis p de citron , & de chardon benit, de chaeunes deux onces. Dugyrofle , de la canelle , da nucis y du gingembre t des cubebes , du cardamome , du poivre long & noir , & du fpicanard , de cbacun une once & demie. Du benjotn , de la myrrhe t de l'oliban , du fuccin & du maHic , de cbacun fix dragmes. Des fieurs de rofmarin , de fauge } de pivo'me , de flaebas , de foucy, de luvende , de mute pertuis , de peüte centauree t de betoine , de tmguet de tillot, de chaeune deux pineees. De la chicore'e t des rof es rouges & de la buglofe , de chaeunes unepince'e. Du meilleur mtcl, & dufucre blanc , de cbacun une livre. De la meilleure eau de vie , c'mq pintes. Laif[et,-ks en digefiion pendant buh ou dix jours dans un vdffeau bien bauche i aprh tela faites-en la diftiUation en mettant dans le bec de l'altmbic, Dufaffran & de l'ambre gris , de cbacun , une dragme. Du mufc lie dans un nouet, une demi dragme. UNIVERSELL fj '5? REMARQUES. On concaflera bien les ingrediens , on les mertra dans une grande cucurbite de verre ou de grez, on verfera dell'us > i'eau de vie Sc Je miel, on broüllera le tout en- femble , öc ayanc bien bouche le vaifleau, on Je placera dans le fiunier oa au bain d'eau tiede, pour y laiffer la mauere en digeition Jiuic ou dix jours, enfuite Ton adaptera Cur h. cucurbite un chapiteau de verre, on concaflera i'ambre Sc le mufc, on les mectra dans un linge fin avec le laftran, on en fera un notier qu'on attachera au bec de l'alembic par un fil Sc qu'on fera entrer dans le recipienr , on lurrera les jointures Sc Ton fera diftiller la Lqueur au bain marie, on gardera cecce eau diftil- lee dans une boutedle bien bouchee, c'eft l'elixyr de vie. On peuc faire bruler le marc des ingrediens qui refte dans la cucurbite apres la diftillation , Sc en tirer le lel par la leliive & par evaporation de l'humidite, pour le meler dans I'eau diflillee. On eftime cet elixyr contre l'epileptie , conrre la paralific, l'apoplexie , la lethar- Vertus. gie , les fyncopes, l'aithme. La ciofe en eft depuis une dragme jufqu'ä rrois. Dofet Comme cette defcripdon eft fort embaraflänte par la grande diverfite des ingrediens qui la compofent, on pourroit en retrancher les inuciles ou les moins uriies , comme Je fucre , la tormencillcs, la korfonnaire, le cfiamepytis , le chamcdrys, le fiiccin, Je maftich , les fleurs de chicoree, de bugloie, les poivres, les femences d'aneth Sc de citron. Le mufc Sc I'ambre peuvent exciter des vapeurs ä ceux qui v fönt fujets, je ferois d'avis qu'on les recranchät, & qu'on mit en leur place dans i'eau diftdlee, trois Ott* ces d'efprit volatil de fei armoniac. Le p:tit Elyxir de vk , de Jgttercetan* Vvenet^ de la racine degennme & des Fleur> de perlte cenfauree » de c'ucune tro'is onces* Du petitgatanga . de la canelle, du macis & du gyrofle t de cbacun une once. Des Fleurs de (äuge & de nfmarin de ebaeunes deux pincJcs. Du meilleur vin blanc , trois pintes. Liiißei, le tout en nuceutm pendant buh jours; apres cela faites-en U dißillation felon ian. EjnaUment brulez. les cendres , & en t'iret. le fei, & par Li leßve. Le fei etant e'patjji&purifie', A\ffolvct,-le dans I'eau dißillee , CT la gardex. pour l'ufagt, R E M A R 0_U E S. On concaflera bien les ingrediens, on les mectra dans une cucurbite de verre ou de grez , on verfera deftus le vin blanc , on bouchera bien le vaiifeau Sc on le placera dans le furnier pour y laifler la mauere en digeftion pendant huit jours , enfuite Ton fera diftiller tonte la liqueur au bain marie , on brulera le marc qui fera refte dans la cucurbite , & Ton en tirerale fei par une leJlive qu'on fera des cendres on difloudra ce fei defleche & purifie dans I'eau diftillee , & l'on aura l'elixyr de vie , on le gardera dans une bauteiue bien bouchee. U fortine l'eftomach Sc le cerveau , il diminue les fievres intermittentes. La dofe Vertus. en eft: depuis deux dragmes jufqu'ä une once. Dofe. Elyxirdevie , de Fioravcnti. Trene-L, Au fucre blanc , une livre & quatre onces. Dumiel blanc , quatre onces , Q.qqqq »j Venus. Pofe. 860 PHARMACOPE'! Despigmns , des amandes, des dattes, des rai/ins paffes & desßgues^ de ibacun deux onces. Du gyrofit j de la noix mufcade, Des raar.es de l~tdoaire, de gingembre , de galattga > Du poivre blar.c & notr ; Des bajes de gcnievre & de laurier \ Del'eeorce de citron & d'orange , Du fpkanard, des cubebcs, du cardamome > du bo'is d'alo'es] De la canelle , du calamus cdorant , Des grains de paradis , du mach De l'oltban , de l'aU'is hepatique , De la femence d'artnotfc & de marjoUine Z Des feuilles de (äuge , De baßhc f de rcfmarin , de mentbe t De majolaine, de ponillot 3 de calatnent , Du füre au, du cham&dris, de camapithjs , Defieurs de flacbas, de rofes rouges & blancbes y de chacunes deux fcrupules. Du mufc, une dragme •> De lameüleure eau de vie , deux pintes & chopine. Pilez, les drogues qu'il faut piler , melez.-les , & les laijfez. enfuite en digeßion pendant dixjours dans une cucurbite bieti bnchee : apres ceUdiftillez^-lcs aubain marie : Enfinfaltes que la hqueur circule pendant deux mois au feu du furnier. R E M A R Q^U E S. On concafTera les bois , les ecorces , les femences, les baycs , les fruits, les gom~ mes , les fleurs, & les feuilles, on mettra le tout inele dans un grande cucurbite de verre ou de erez , on y jertera dellus , le Giere enpoudre , le miel blanc & l'eaude vie, on bouchera bien le vaiileau, on le placera dans le furnier pour y laüfer la mauere en digeftion pendant dixjours, enfuite 1'on adaptera a la cucurbite , un cha- piteau, au bec duquel on attachera avec un fil, le mufc envelope dans un noiiet, 011 placeva un reeipient, & ayant exaetement lutte les jointures , on fera diftiller la matiere aubain marie , onfeparera le reeipient, on verfera I'eau diftillce dans un matras quifoit affez grandpour qu'il ne loitrempiiqu'amoitie,GnaJapt,eradeflüs un aurre matras, pour en faire un vaifleau de rencontre, on luttera exaetement Jes jointures, on le placera dans le furnier chaud ou au bain marie , pour faire circuler l'eau pendant deux mois, & Ton aura l'elyxir de vie. II fortifie les parties vitales & la vue , ll eft vulneraire, il excitc la femence. La dofe en eft depius demi dragme jufqua deux dragmes. Je trouve dans cette defcriptionplufieurs drogues inutiles ou peu nece/laires , qu'on pourroit retrancher, commele liiere qui reite entierement au fbnd de la cucurbite , le miel, les pienons, les amandes , les da&es, les raifins, les Agnes. On fait circuler l'eau diftillee dans un vaifleau de rencontre pour I'exalter &: la rendreplus aeftive , mais ou fe trompe, car bien loin que l'eau fok rendue meüleure par cette preparation, on en laifle toujours echaper la partie h plus fubtile , foit par les jointures, foitpar les pores du verre , & ce qai reite eft plus phlegma tique qu'il n'etoit auparavant, il vaut donc mieuxfe conrenrerde faire diftiller i'eau fil'on veutl'exalrerdavantaee, ilne taut que la re#üjer en la faifant diftiller de UNIVERSELLE. S61. nouveau jufqu'aux deux tiers, & rejettant le tiers qui refte comme la partic la plus phlegmatique. L'Auteur demande qu'apresla diftillarion, ontranfpofe le vaifTeau für les cendres, & que par im grand feu, Ton falle diftiller dans an autre recipient, ce qui pourra s'ckver, on aura unecau rougeätre, rroubie & de mauvaife odcur , il veuc qu'on la fafle circuler comme la premiere & qu'on lagarde; il l'eftime pour les maladies de la marrice, pour la pleurefie , pour la colique, pour le mal des dents, & pour tou- tes fortes de fievres. La dofe en eft depuis demi dragmc jufqu a deux dragmes. Elixyr des ttois Ingrediens. Frenet, des rAchtes d'attnee & d'angelique nonvellement feichees , & desbayes de gemevre t de chacums quatre onccs. Etant coupees &püees grojfierement, mclez. y & verfex. dans le matras trois demi' fetieis du meillem efprit de vie reclifie. Laiffez.-lcs infufer dans unlieii chaud , jufqu'a ce que l'efprit de vinfoit bien teint, Filtret^-le enfuite, & legardet* pour fnfage. R E M A R Q^U E S. On concafTera les Ingrediens, on les mettra dans un matras , on verfera deiTüs , l'efprit de vin , on bouchera bien le matras & on le placera au bain marie tiede, on y laiilera la matiere en digeftion, jufqu'a ce que l'efprit de vin foit bien teint, ce qui arrivera en trois ou quarre jours , on exprimera alors la matiere fortement für un linge Sc on la filtrera, on gardera cette teinture filtree dans une bouteille bien bouchee, c'eft l'elixyr. Il eft propre contre la pefte , contre 1'afthme , la paralifie, l'apoplexie, la lethar- Vertu j, gie. La dofe en eft deouis un ferupule julqu'a deux dragmes. Dofe, ' Elyxir de Crellius , contre h peße. Vrenex. du bäume de fouphre avec le gemevre & le fucciti, quarre onccs. De la teinture thermale avec la myrrbe & le camphre , trois onces. De rElixyr des trois Ingrediens t une dragme & demie. Melez, le tout & le laiffez. en macer ation au bain marie bien cbaud, dans un matras exaäement bouche pendant quaton*e jours } aßn qu'il s'en fajfe unmeUnge intime & exacl. R E M A R QJJ E S. Le bäume de foufre qu'on employera dans cette Operation aura ete fait avec les eflences ou huiles de fuccin & de gemevre en la maniere ordmaire. La teinture theriacale myrrhee & camphree eft decrite dans les remarques que j'ay faires für Feau theriacale, enfuite de la delcription. On melera les trois liqueurs dans un matras aflez grand, enforte qu'il nefoit qua demi plein , on le bouchera avec un autre matras dont le col entre dans le den, on luctera exadtemenr les jointures, on placera le vaifleau dans le furnier chaud , & on laifferales liqueurs en digeftion pendant quatorze jours , afin qu'elles circulent & qu'elles fe melent bien , enfuite l'on deluttera les vaifleaux Sc i'on gardera l'elixyr dans une bouteille bien bouchee. C'eft un prefervatif & un reniede contre la pefte & contre les autres maladies Vertus. concagieufes, il aide a la refpiratiettj , il eft bon contre 1'afthme, il deterge ks ul- Qqqqq iij Dofe. Verdis. . Dofe. 86z fHARMACOPE'E ' ceres de la poitrlnc. La dofe en eft depuis un fcrupule jufqu a une dragme. Je trouve cetre longue digeftion ou cnculation affez murile, puiique les trols liqueurs fönt de nature a fe meier tk. a s'unir tres-facilement eniemble. Elixjr d'atflx. Prenez. ringt aulx bien mondez.. Coupez,-les . &hs ecrafez. dans un mortier. Mettex,-les enfuite dais une cucurbite de vcrre ( &Verfez,par deffas de l'efprtt de vm cnfortc qn'd fwnage de quatre djigts. DiMez-Aes enfuite au htm mähe pur plußeurs cohcbatkns , en ajOAtant toujours de nou- veaux aulx : enfin ajoutez, dans la dermere difidlation une dragme de campbre } enfeti. ttfe' dans un noiiet. R E M A R Q^U E S. On prendra vingt aulx des plus gros & des plus forts , on en feparera le premiere peau, on les coupera par morceaux, on les ecrafera dans un mortier de rrarbre Sc on les mectra dans une cucurbite de verre, on verfera deflus, de l'efprit de vin re&i- fie jufqu'a. la hauteur de quatre doigts, on couvrira la cucinbice de Ion chapuec.u , on lutcera cxadtement les jointures, ou adaptera un recipient au bec de l'alembic , & apres douze heures de digeftion a froid, on fera diftiller laliqueur au bain marie, jufqu'a ce que l'ail demeure pref que kc , on delurtera les vaufeaiix , on rejettera le marc des aulx qui fera demeure au forid de la cucurbite, on y en mettra pareiile quantite d'autres preparez de meme , on verfera deflus laliqueur diftülee, on laifl'era encore la matiere en digeftion comme auparavant, afin que l'efprit ait le temps de penetrer la f ubftance des aulx, puis on fera diftiller toute la liqueur au bain marie i on reiterera encore une fois la meme digeftion & diftillarion, mais en cette der- niere Ton ajoütera une dragme de camphre Iie dans un notier, on ga:dera l'efprit diftille dans une bouteille bien bouchee , c eft i'ehxyr d'aulx. II preferve de la pefte , on s'sn fert concre les maiadies epidemiques. La dofe en eft depuis demi dragme jufqu'a deux dragmes. Ehxyfde foufre , de Mynfcht. Prenez, du fucre candi t denx onces. De la myrrhe & du faffran oriental, de chaeun une once& demle. Du maß;c . du benjon , du petit cardamome & de la canelle , de chaeun , une once. Du fuc de reghfje , de la confeclion aLermes j de la raane d'aunee , de chaeun Jix drag. Des troch'.fques d'alipta mofehata , trns dragmes. Pulvertfez. les drogues qui out befoin de cette preparation, melez, le tont enfuite, & l'humeäez. d'efprit de vtn de teile forte qu'il s'en faf/e omme une pafie, apres cela rer- fez,-y de l efprtt de foufre qm (urvage de quatre doigts. Mettez, cette matiere en digefikn & en cnculation pendant un mois, apres quoi U teinture ferafeparee par inclinatim. On ajoütera enfuite de nouvel efpnt für le marc pour en wer ce qu'il lui refle de ja quält; , apres cela on feparera de nouveaula teinture que Vm milera avec la premiere y & on les gar der a ain/t mele'es pour l'ufage, S E M A R Q_U E S. On pulverifera groflierement enfernble la canelle , la cardamome, la racine d'e- nule campane & les trochifqre? d'aliora mofehata , d'une autrepart le benjoin , le maftich, la myrrhe & le fuc de re ^lifle, d'ane autre part le fucre candi, on melera les poudres avec le faffran , o i en fera une 'jä:e avec la confeclion alkermes & ce qu'il faudra d'efprit de vin , on mectra cecte pacc dans un matras, on verfera deflus de UNIVERSELLE. S£ 3 l'efprit de foufre jufqu a ce qu'il furpaffe la mauere de quarre doigts, on bouchera le marras avec un autre pour faire un vaifleaude rencontre, on luttera les jointures , on placera ie vaifleau dans ie furnier chaud ou bien dans l'eau chaude , pour y laifler la mattere en digeftion & en circülation pendant un mois ; enfuite Ton feparerales vaiffeaux , on verfera par inclinacion la ceihtüre, 8c Ton mettta de nouvel efprit de vin für la matiere reftante ala hauteur de quarre doigrs , on bouchera le marras & on laiflera le tout en digeftion pendant deux jours , puis on filtrera la teinture, 8c on la melera avec lautre , ceferal'elyxir de foufre. Ü eft eftime propre pour les maladies de poitrine, pour dererger les poumons Veitus. des humeurs groffieres & vifqueufes qui caufent l'allhme, il fortiiie ie cccur. La D 0 fa do(e en eft depuis huir gouces jufqu'a vingt. Qaoique ie foufre foit bon poiu- toutes les maladies de poitrine , l'efprit qu'on en rire etanr acide , il ne peut ecre propre pour les memes airections, parcequ'ii excire la toux , laquelle fait teliement fecoiier 8c ebranler lesnbres dupoumon , qu'il y a lieu de craindre que cet efprit n'y caufe par accident plütot de 1'inflammation que du foulagement, je ne ferois donc point d'avis qu'on le fervit de cetce prepararion pour les maladies de la poitrine. Elixyr aßmtttique de Zuvelfer. Trenez. de Li canelle & de la femetue d'anis , de chacun une once. Des feiillles nouvelles de calamcnt 5 d'byfope , de fange , de rofmarm , de cbacuneßx dragmes & deux fcrupules Des bayes de genievr« i des racines d'iris de Florence & d'aunee , de chacunes ttnq dra- gmes & i^n fcrupule. Du Campbre un fcrupule, Ces drcgues coupees &pile-es feront mifes dans une cucurbite de verre i & l'on verfera par defjus du meüleur efprit de vin , une pinte. De l'eau de rofe , une pmte. Lai/fez. le tout en digeftion , puis le difülez. au ba'm marie jufqu'a lajiccite des efpe- ' ces 3 ayant ms au bec de l'ahmbic, dans un noiiet, Du fei armoniat > quatre fcrupules t Du faffran deux fcrupules & demi. Du benjoin & duftorax calanutbe , de chacun deux fcrupules. On peut laiffer le noiiet dans l'eau dißillee pour lui donner lieu de tircr plus parfai- tement Li quahte des drogues qu'il contient; & il eß bon de rendre laliqiiem plus agrea- ble } en y melant jufqu'a deux onces de quelque fjrcp peäoraL R E M A R O^U E S. On pulverifera groffierement les Ingrediens fecs , on coupera 8c Von pilera les herbes dans un morrier , on mettra le tout dans une cucurbite de verre ou de grez , on verfera deflus l'efprit de vin & l'eau de rofe , on couvrira la cucurbite de fon chapiteau , on laiflera la mariere en digeftion pendant deux jours, on liera au bec du chapireau ou dans le col du reeipient qu'on adapfera, un noiiet ou feront enve- lopez le felarmoniac , le faffran , le benjoin 8c le ftorax , on luttera bien ies jointures , 6c l'on fera diftiller la liqueur au bain marie : les gourtes de l'eau en diftillant» tomberont für le noiiet & elles s'empreindronr de la fubftance des drogues qui y feront conrenues, mais ahn que l'eau diftiüee puiffe s'en charger fufSfämment, on la verfera dans une bouteille, au col de laquelle on attacherapar un hl le noiiet qui y trempera toujours. Venus. Dofe. Vcrtus. Dofe. 85 4 PHARMACOPFE Pour rendre cet clixyr plus agreables augoüt, on l'adoucira avec deux onces de quelque fyiop pe£toral comme avec celui d'hyflbpe. "II eft propre pour l'althme, pour deterger les ulceresdu poumon, pour rarefier 8i diffiper la pkuite vifqueufe, pour fortiher le cerveau, pour abatcre les vapeurs , pour exciter ks mois aux femmes. La dofe en eft depuis une dragme jufqu a trois. Cet elixyr lera bon pnncipaiement dans les pays froids pour des perfonnes de temperaments phlegmatiques &c robuftes, mais h on le mettoit en ufage dans les climats chauds ou temperez pour des perionnes maigres Sc fanguines, il y aurok a craindre qu'iln'allurnat la fievre, 8c qu'il necaufat plus de mal que de bien, il eil a la verire neceiläire d'employer des remedes rarefiants dans cecte maladie pour at- tenuer ou difloudre les obltiuctions qui (e lont faites dans les hbres des poumons 8c du diaphragme, mais on en peur employer de plus doux , ou qui agitent moins la malle du fang que ceux qui fönt ici deerks. Elixyr antie'piltptique , de Cv&ton. Trenez, des grains de tillot cuedhs en automne , deux onces. Des cendres de petites Corneilles Urea de leurs nids, de Celles de tourtcrellcs & de träne humain calcine. de chaeunes une once, De la fiente de Hon denn once. Verfem für ces drogues de Vefprit de vin en teile forte qu'il fuinage de trois dotgts. Laiffez*-les en digeßien pendant trots jours , puis filtrez, la teinture , aj utex.-y tri' fuite autant de vin d'E/pagne que d'e/prtt ae vm , & quatre onces tie fucre candi. Tirex, en fuite lefelpar la calcination des feces , & dijfolvez.-le dans l'elixyr. REMARQUES» On aura dix-huit ou vingt petites corneilles tirees de leurs nids, trois ou quatre tourterelles & enyiron trois onces de crane humain, on briilera 8c Ton eskinera le tout enfemble, on melera les cendres 8c le crane calcine & reduit en poudre, avec les grains de tillor cueiliis en Automne concalfez 8c la fiente de Hon, on mettra le meiange dans un matras , on verfera defllis de l'efprit de vin jufqu'a la hauteur de trois doigts, on bouchera le vaifleau, on le placera dans le furnier chaud pour y laif- fer la matiere en digeftion pendant trois jours, on flltrera enfuite la teinture , & on la melera avec un poids egal de malvoifie ; ou fera bruler & calciner le maix qui fem refte dans le matras, on en tirera le fei par la leillve , on diflöudra ce fei, & fe fucre caridi pulverife dans la liqueur en les agitant enfemble dans im monier de marbre, puis on mettra la diflolution dans une bouteille , ce fera f elixyr. II eft propre pour l'epileptie, pour l'upoplexie , pour la paralifie , pour la lethar- gie. La defe en eft depuis une dragme jufqu a trois. Cette defeription eft mal imaginee, car en calcinant les corneilles, ks tourterelles & le crane humain; on fait diffiper toivre le rr vertu , qui conflftok dans le fei vo- latil & dans l'huile, de forte que l'efprit de vin ne trouve plus rien dans les cendres qu'il puiffe extraire, & il ne s'empreint que de la fubftance des grains de tiliot Sc de celle de la fiente de Hon ; il ferok donc beaueoup plus a propos d'employer ici le crane humain rape & les oifeaux plumez 8c coupez pai" lporceaux , mais comme la plus grande partie du fei volatil qui en fait la principale qualke , refterok dans la eucarbke , 6c feroit; confume par la calcination qu'on fait du marc. Je ferois d'avis qu'on Vertus. Dofe. UNIVERSELLE. S6$ qu'on mit les oifeaux, le crane humain & la fiente de lion dans une cornue, Sc que par im feu gradue, on en riräc l'efprit 8c le Tel volatil comme 011 tire celui de la vi- pctc , qu'on melät cet eiprit 8c ce fei volatil rectifiez avec l'efprit de vin empreint de la fuoftance des grains de tillot Sc le vin d'Efpagne , pour faire de ce melange , l'elixir. Par ce moyen on auroit ramafle les fubftances volaciles des mixtes qui (011t les plus propres pour fortifier le cerveau , par confequent pour remedier a l'epilep- tie. Pource qui eft du fei frxe,outre qu'il ne ferviroit pas ici de grand' chofe,on en tire fi peu des animaux, qae je ne crois pas qu'on en eiit feulemenr quinze grains de ce qui refte dans la cueurbite apres la diftillation. Le fuete candi n'eft pas non plus fort necelfaire dans cette Operation , mais fi Ton veut en difloudre dans l'elixyr pour le rendre moins degoutant, il n'y a rien qui en empeche. Elixyr e'pileptique. Trenez.. de V efprit de coraux &de tartre , de chaeun trois onces & dem'te, Du fei volatil de crane humain , du fang humain , & du fuccin , de chaeun deux fcrupules. 2delez.-les t & les Uißex. en digeflion pendant quatorze jours. R E M A R QJU E S. On diflbudra les fels volatils dans les efprits de corail Sc de tartre , on mertra la diffolution dans un petit matras, on le bouchera exaetement, Sc on laitfera le tout en digeftion pendant quatorze jours, puis on le gardera, c'eft l'elixyr epileptique. Il eil propre pour fortifier le cerveau, pour purifier le fang, pour faire fuer, pour refifter a. la malignite des humeurs , on s'en fert dans l'epileptie 8c dans les autres maladies du cerveau. La dofe en eft depuis dix gouttes jufqu a trente. Pour faire l'efprit de corail, il fäuc meler enfemble deux parties de terre figillee Efprit de en poudre , 8c une partie de fei de corail, imbiber le melange Sc en faire une päte coral ' avec d'autre fei de corail reduit en liqueur par l'humidite de la cave ou on Laura laifle expofe dans une terrine, on mettra cette pate par petites boules dans une cornue , on piacera la cornue dans un fourneau de reverbere , on y adaptera un grand reeipient, on luttera exa&ement les jointures, Sc par un feu gradue 8c bien fort für Li fin , on fera diftiller une liqueur qu'on appelle efprit de corail, ce n'eft autre chofe que du vinaigre dont les pointes ont ete detruites ou rompucs par l'alkali du corail pendant la dilfolution 8c la diftillation , car le corail refte en fubftance dans la cornue , c'eft pourquoy Tonne doitpas attendre un grand effet de cet efprit. L'efprit de tartre, le fei de corail cv les fels volatils fönt decritsdans mon livre de Chymie. Il nie paroit fort inutile demettre en digeftion les fels volatils pendant quatorze jours avec les efprits, puiique ces fels fe diüolvent facilement 8c en peu de tems. Les efprits de corail & de tartre fönt des liqueurs de peu de vertu , on peut dirc meine que comme ils contiennent quelque peu d'aeide , ils diminuent la qualite alkaline Sc volatile des fels, je prefererois donc ä ces efprits pour cette Operation , les eaux Imperiales Cv Sc de fleurs d'orange : Et voiei comme je voudrois reformer cette Operation. El xyr e'pilep'iqite reforme. Prciici, des eaux imperiales & de fleurs d'orange t de chaennes trois onces & demie, Dijfolvezdes fels volatils de crane humam, du fang humain & de fuccin, de chaeun deux fcrupules, Taites-enun elixyr. ^Rrrrr %66 PHARMACOPFE Venus. Doie. Elixyr e'pileptique de Cfollius. Trenez. du vitriol calcinea blancbeur , mbibt%*-lt d'efprit de vin , pour en faire une majfe. Preriez, une livre & demie de cette maffe , De la rapure de crane bumain , du gm de cbefne , de fonglc d'eland , & de grains de pivoine , de cbacun une once, Coupez, &pilez, ces drogues , apres cela dißllei,4es par la retarte a un feu gradue. Reclifiez, enfuite une livre de cette liqueur dißillee au bah} marie für des frutts d'a- 'iiacarde , ßx dragmes, Du caßoreum , & de la poudre de diamofcbi doux, de cbacun denn once. Jjoutez.-y enfuite deux pintes d'efprit de vin f Du fei de pivoine f des liqueurs de fei de perles& de coraux , de chxcune une iragme > Des huiles d\ims& de fuccin, de cbacunes deux fcrupulcs. Metiz. le tont, & le laiffez* en digeßwn au bain marie , pendant im mois. R E M A R Q^U E S. On mettra trois Fivres de vitriol verd d'Angleterre dans un pot de terre com- ttiütie qiii ne foit point verniile en declans, on placera le pot dans un fourneau entre les charbons allumes, le vitriol fe liquitiera par la' chaleur & il bouillira jufqu'a ce que le phlegme en etant evapore, il fe reduife en une maffe blanche titrant für le jaune. On retirera alors le. pot de deifus le feu , on le caffera quand il fera refroidi pour en feparer le vitriol avec un marteau, on pulverifera fubulement ce vitriol cal- cine & on le reduira en päte avec une quantite fuffifante d'efprit de vin, on pefera une livre & demi de cette päte , on y melera le crane hivmain & l'ongle d'eland ra- pez , le guy de chene , & la graine de pivoine battus en pondre groiliere ; on fera entrer le melange par petites boules dans une cornue luttee qui foit alfez grande pour qu'un tiers en demeure vuide ; on placera cette cornue dansun fourneau de re- verbere , on y adaptera un grand rccipient ou balon , on luttera exactement les jointures, on donneta dellbus unpetitieu pendant quelques heures pour echauffer infenfiblement la cornue & pour faire diftilier l'efprit de vin, on augmentera enluite le feu par degrez , & on le continuera jufqu'a ce qu'il ne forte plus rien de la cornue. On prendra une livre de cette liqueur diftillee , on la verlera dans unecueur- bite de verre ou de grez & l'on y melera , les anarcades , le caftor pulverifez grof- fierement & la poudre diamofchi, on fera diftillcr ou reclirier la liqueur au bain marie , on melera ce qui fera diftille avec les quatre livres d'efprit de vin, le fei de pivoine , les liuiles de fuccin & d'anis , les liqueurs de corail& de perles qu'on aura t aites, en expolant dans un vaiifeau de verre ou de terre, les fels de corail tk de perles t on mettra le melange dans un grand fnatras qu'on bouchera avec un autre ma- tras, dont le col enrrera dans celui-ci, c'eft ce qu'on appelle vaiifeau de rencontre , on luttera exactement les jpintures , & Ton placera le vaiifeau au bain marie tiede pendant un mois, ahn que les liqueurs cv le fei s'uniilent exaclement,puis on verfera l'eiixyr dans une bouteüle & l'ayant bien bouchee, on le gardera pour le befoin. Il eil propre pour Tepileptie & pour les autres maladies du cerveau. La dofe en eft depius uue dragme jufqu'a trois». UNIVERSELLE. %6-f II n'y a que L'efpL-ic fulphureux du vitriol qui entre dans cet elixyr, Car on ne fait pas un feu aflez fort ni affez long pour faire forcir l'efprit acide qui d'ailleurs ne fe- i'oit poinr utile dans cette Operation. Les (eis volatils du crane humain & de Fongle d'cland , fönt les pr'mcipaux Ingrediens de ce remede, mais il fort avec eux beaueoup d'huile qui rendroit la li- queur defigreable a la vüe , au goüt Sc a l'odeur fl on ne la reitifioit; on fepare donc par la diftillation cette huile craffe, car eile refte au fond de la cueurbite avec le marc des drogues , pendant que ce qu'il y a de volatil' de plus effentiel Sc de plus clair, monte par l'alembic , on ne fe fert ici que de la chaleur du bain marie , afin .qu'il ne s'eleve que le plus volatil. Les liqueurs des fels de perle & de corail nie paroiffent fort inutiles dans cet plii tjt ou l'on n'a point befoin d'aftringents. Elixyr antiepileptique excellent. Trenex, de Vopium coupe par petits morceaux , une derni livre ,' Mettet.-le dans un mxtras, & verfet. par deffus de Vefprit de vin qui furaage U quatre a cinq doigts , boucbeii.exaäement le vaiffeau , &laiffet. cttte mauere en dt- geflion pendant trois jours dans un liea chaud 5 apres cela faites-en la dtflillation au bam marie, & vous en tirerez, un efpritfort Ivmpide. Trenet, de cet efprit &deceluy de teßebumaine , de ebaeun parties egales, Melez,-les , & les Uiffez. en circulation pendant deux jours , pms gardet, la liqueur, pour fufage. R I M A R QJU E S. On coupera Fopium par petits morceaux , on le mettra dans un matras Sc Fo« verfera deffus, de l'efpritde vin en forte qu'il furpafle la matiere de quatre ou cinq doigts, on bouchera exaftement le matras Sc on le placera en un lieu cliaud pour y laifler la matiere en digeftion pendant trois jours, on verfera enfuitc toute la matiere dans une cueutbite de verre ou de grez , on y adaptera un chapiteau avec fon reeipient, & ayant exaetement lutte les jointures , on fera diftiller la liqueur au bain marie. On melera dansun matras Fefprit diftille , aveeun egal poids d'efprit de tete d'homme dont j'ai donne la defeription dans mon Livre de Chymie , on joindra ä ce matras un autre matras, pour faire un vaiffeau de rencontre , on luttera exaetement les jointures, Sc ayant pole le vaiffeau für le fable , on donnera deffous un petit feu de digeftion , pour faire circuler la liqueur pendant deux jours, puis Felixyr fera ache ve , on le gardera dans une bouteille bien bouchee. Plufieurs tiennent que c'eft £e qu'on appelle gouttes d'Angleterre •, quoiqu'ilen foit il en a les vertus. 11 eft propre pour 1 epileptie, pour la paralilie, pour le delire, pour I'apoplexie, pour les vapeurs, pour le fcorbut, pour refifter au venin , pour exciter la fueur , pour le hoquet, pour concilier le fommeil, pour calmer les douleurs. La dofe en eft depuis quatre gouttes jufqua vingt. L'efpnt de vin dans la diftillation enleve avec lui les parties les plus volatiles de l'opium , lefquelles produifent unfort bon effet dans cet elixyr , car elles fönt fudo- rifiques Sc un peu lomniferes. Onmet circuler les deux liqueurs cnfemble 3 afin qu'elles fe melent Sc s'uniffent inriniement. Rrrrr ij Goutes d'Angleterre. Vertus. Dofe. V«rtus. Dole. $68 PHARMACOPFE Si i'on n'avoit point d'efprit de tece dliomme, on pourroit Iui fubftituer de Tef- prit de corne de cerf, ou de celui de vipere. L'opium qui refte au fond de la cucurbite apres la diftiilarion n'eft pas a rejetter ; on peuc encore en tircr un bon extrait en lamaniere que j'ai decrite dans moa Trai- te de Chymie. Elixyr febrifßg« , de Mynfii.ht. Vrenei. de la poudre febnfuge de Mjnjicbt , trois onces, Du polvre long, du gyrofle t de la mix mujcade, de chacun une once , De lapetite centauree , du cbsrdon lernt & de l'abßnthe , de chacun ßxpoignies , De la quinte-feuille & de la rbue, de cbacitnes trois poignees. Verfez, de l'efprit de Pia für ces drogucspour en tirer la teinture , & a mefure que cct efprit fera teint on Potera & on en rerfera d'autre ; ce que l'on reiterera jufqu'a ce qtie tonte la teinture & feffcnce foit tiree. Enfin mcttez. tonte la teinture au bain matte , faites-en difliller la moitie , & l'efprit & teffence qui reßeront dans la cucurbite , feront gardeu dans une pbtole bien bouchee. R E M A R Q_U E S. On pulverifera groflierement le poivre long, la muteade & le gyrofle, on pilera bien les herbes dans un mortier, on melerale rouc enfembie avec la poudre febnfu- ge, on niectra le melange dans une cucurbite de verre d etroite embouthure, on verfera deffus de l'efprit de vin a la haute«; de quarre doiges , on bouchera exacle- menr le vailfean , on le rr.etrra dans le furnier ou au bain marie tiede , agitant la matiere de rems en tems , jufqu a ce que l'efprit de vin fe foie cBargc d'une forte teinture , on filtrera la liqueur, & l'onmettra de nouvel efprit de vin für le rnarc, pour achever de tirer la teinture des ingrediens , on laiffera la matiere en digefhon comme auparavant, puis on filtrera la teinture, on la melera avec la premiere , 8c ayant mis ces liqueurs dans une cucurbite de verre, on y adaptera un chapueau avec fon reeipienr, on luttera les jointures , & l'on en fera difuller environ la moitie, ce fera de l'e/prit de vin, on gardera ce qui reftera en la cucurbite dans une phiole bien bouchee, c'eft 1 elixyr febnfuge. L'Auteur pretend qu'rl guenffe toutes fortes de fievres, il eft bon contre l'hydro- pifie , & contre la melancoiie hypocondriaque. La dofe en eil depuis une dragme jufqu a deux. L'efprit de vin diftille ou tire de la teinture fera empreint des parties les plus vo- latiles & les plus effentielles des ingrediens, il eft propre pour la paralilie , pour l'epileptie , pour les fievres iiitermitcentes. La dofe en eft depuis une dragme jufqu a deux. Elixyr de citfon+ Prenet, des ecorecs exterieures de citron nouvelles } feparees de fapartie Manche t une der» Itvre, De l'eau de vie, unepinte, Laiffez. les quelque tems en maceration, & les dißillet, enfuite jufqtt'a ce que le phlegme commence a monter, apres cela ajoutez, a let efprit Du fuc de citron e'pura , trois onces , De la teinture de faffran , demi once. Faites-en im ehxyr. UNIVERSELLE. S% R E M A R QJU E S. On prendra de l'c'corce exterieure de citron nouvellement feparee & purifiee de fa partie blanche qui eil la moms fpiritueufe, on la coupera bien menu &: on la me- tra dans une cucurbite de verre ou de grcz, on verfera deflus l'eau de vie,on c'ou- vrira le vaiffeau de fon chapiteau, on y adaprera un recipient, Sc apres trois ou qua- tre jours dedigeftion , on iera diftiller i'humidite au feu de fable jufqua ce qu'il ne refte qu'environlequart de la liqueur au fond de la cucurbite,cequi iera la partie la plus phlegmatique. On melera dans l'eau diftillee, le fucre de citron qu'on aura au- paravant bien depure & filtre , 8c la teinture de fafranfaite dans l'efprit de vin , on aura l'elixyr de citron qu'on gardera dans une bouteille bien bouchee. Quelqucs-uns y ajoutent du lucrepour le rendre plus agreable au goiit, on peut meine le parfumer avec quelques grams de nuifc Sc d'ambre. Ii rcjouit Sc fortifie le cceur , il refifte au mauvais air & ä le malignitc des hu- Vertus. meurs, on s'en fett dans le tems de pelle. La dofe en eil depuis une dragme juf- Doie» qua. fix. La teinture de faffran eft mite ici principalement, pour donner a la liqueur une couleur de citron, mais eile Im communique aulli une vertu cordiale. Quelques-uns retranchent de cette def cription le fuc de citron, ce que je trouve aflez a propos , parce que cet acide fixe en quelque maniere les volatils du remede, & empeche qu'il n'agiife fi bien qu'il feroit, car fon prineipal eflet eil d'agiter les efprits, d'augmenter un peu le mouvement du fang , de rarefier les humeurs trop groifieres Sc de les chafier par la tranfpiration. L'eau de vie qui eil fulphuteufe eft trcs-convenable pour extraire la fubftance hui- leufe ou eflentielle de l'ecorce de citron dont la diftillation enleve la partie la ph s fpiritueufe , mais j'ellime qu'on rendroit l'elixyr au moins auffi falutaure , fi l'on fe contentoit de tirer une forte teinture d'ecorce de citron dans de l'eau de vie fans-la faire diftiller. Etixyr camphre , tTHartman. Trenez, de l'efprit de vin reäifie , une cbopitie, Du camphre , une once &demie t du faffran oriental, denn ferupule. Apres avoirpile le camphre, d faut le dijjoudre dans l'efprit de vin , puis ymettre le faffran fufpendu dans unnouet , aßn de donner a l'efprit une teinture doree» R E M A R Q^U E S. On mettra le camphrebrifi par petits morceaux dans un matras, on verfera deflos l'efprit de vin , on bouchera le vaifleau exa&ement, on l'agitera de tems en tems jufqua ce que le camphre foit diflbut, on verfera la diflbiunqn dans une bouteille qu'on bouchera exaclement, ce fera l'elixyr de camphre ou l'efprit de vin camphre. Si on lui veut donner une couleur doree , on envelopera demi ferupule de faffran dans un noüet qu'on attachera parun fil au col de la bouteille , & qu'on laiilera in- fufer fufpendu dans la liqueur. Cet elixyr eil propre contre la pelle, pour preferver du mauvais air, pour les ma- Vertu» Luhes hyfteriques, pour l'apoplexie, pour l'epileptie: La dofe en eil depuis fix goty:- Dafs* tes jufqua vingt. Comme cettte Operation n'eft proprement qu'une diflolurion de camphre dans de l'efprit de vin , on peut fe re'f erver a la preparer für le champ quand on en aura be- foin, car le camphre etant une matiere toute fulphureufe , il fe diflbut enpeu de: R r r r r iij Verttw. Pofe. dy«3 PHARMACOPFE temps dans 1'efprit de vin qui eft im foulphre rareric, on peut meme faire cette diffo- Iution en un moment dans im mortier. La couleur doree que le farfran lui donne ri'eftguere neceffaire ni effentielle,mais ii Ton veutlui communiquerquelque vertu du faffran quand on le prepare für le champ , on y peut meler de la teinture de cette fleur faite dans de 1'efprit de vin en la quantite qu'on voudra. Elixyrde pivoine , de Mjnficht. TrencL des ratines de ricin , -d'angeltque t & de pyretbre , de chaeunes une once , Dugm de chefne , de la femence de fenouil ,&de l'anacarde, de chaeun Jtx dragmes , Des fleur s de rofmahn , de floechas Arabique & de luvende, de chaeun trois dragmes 3 De l'ongled'eland rapee } du crane bumam rape, & du eafloreum, de chaeun une dragme & demie , De la marjolaine fe'che, une poignec 5 de l'efprit de vin reäifie , une finte, Ces drognes coupe'es & pilees feront mifes eninfußon pendant quatorz,e jours dans un raijfeau de verre bien bauche, qui reflera dans un Heu ebaud; difltllex--les enju'tte au bain marie t puis ajoutez. a la hqueur dtflilhc des racines , des fleurs & de U femence de p~ veine t de chaeunes une once , De la poudre des efpeces diamofchi doux , & de xiloaloes , de chaeune demi once. Milet le tout & le tatffez. tri digeflion pendant un mois 3 agitant fouvent le vaiffeau ok Jes matteres fönt coutenues, apres cela filtrez. la teinture , & feparez.-en la mottle; puis prenez, une livre de celle qui reßera , &y ajoutez. De l'efprit de vitriol reäifie & impregne decinnabre, quatre onces , Du fei depivoine , une dragme & demie , Laijfez* le tout en digeflion & drculation pendant buit jours. REMARQUES. On coupera & Ton concaffera les ingrediens , on les mettra enfemble dans une cucuibite de verre , on verfera deflus, 1'efprit de vin , on bouchera exaitement 1c vaiffeau , & on le placera dans le furnier ou au bain marie tiede, pour laiffer la mariere en digeflion pendant quatorze jours, on debouchera enfuite la cueurbite & en meme temps on Ja couvrira de fon chapiteau , on y adaptera un reeipient, on lut- tera exadtement les jointures , & Ton fem diftiller au bain marie toute rhumidite. On mettra infufer pendant un mois dans de l'eau diftillee en un Heu chaud, la racine, la fleur, la femence de pivoine & lespoudres dans un matras bien bouche le remuant fouvent; enfuite Ton fikretala teinture, Sc Ton en fera diftiller environ la moitie qu'on gardera a parr. On prendra une livre de la Hqueur qui fera refk'e dans h cu- curbite, on y melera une dragme & demie de fei de pivoine , & quatre cones d'ef- prit de vitriol rectifie, oii Ton aura auparavant mis en en digeflion pendant im jour, une once de cinabre naturel reduit en poudre fubtile , on mettra le meiange dans vaifleau de rencontre , & par une douce chaleur, on fera circuler la Hqueur pendant buit jours , puis on la verfera dans une bouteille qu'on bouchera exadement, c'eft l'elixyr de pivoine. Il eft propre pour l'epileptie Sc pour les autres maladies du cerveau, comme 1c vewige, laparalifie, l'apoplexie, lalctargie. La dofe en eil depuis dix gouttes jufquatrente. L'efprit de vin qu'on fepare par diftillation de la derniere teinture , contient les parties les plus volatiles & les plus effentieües des ingrediens, je n'approuve point cette feparation, j'eftime qu'il vaudroit miete ne la point faire > mais fe contenter UNIVERSELLE. 871 de filtrer la teinture apres un mois de digeftion , & la meler avcc Pciprit de vitriol empreint du cinabre naturel &c le fei de pivoine, pout les mettre cnfuite circulei: enlemble* Elixyr contre Ix Jyncope. Vrenex. de tecorce exterteure de citron , une demi livre , Du fucre candi diffout dans le vinaigre rofat, quarre onces f Du Japan onental, ßx dragmes , De V Antidote orvietan , denn once , Des tmfettions d'hyacinthe t d'alker nies, & diambra t de ebaeunes deux dragmes l Du/uc de timons Spure , une livre , Des eaux de rofes, neuf onces X>e meliffe , denn livre , Des traisfleurs cordiales , de Celles de foucy , des fleurs de muguit & de folaire t de ebaeunes , quatre onces , De Celles d'osillets , ttois onces. Metten, toutes les drogues en digeftion dans un matras bien bouebe , que vous laiferex, dans le furnier de cbeval pendant qumx.e jours ; apres cell dißillex.-les au bain marie , y nieUiit quatre ferupules de poudre diambra. R E M A R 0^17 E S. On prendra de Pecorce exterieure des citrons feparee de la partie blanche , on la coupera mens , 011 la mettra avec le faffran dans un matras: on difloudra dans le tue de limons Sc dans les eaux diftillees , les confe&ions & Porvietan, On fera fon- dre däns deux ou trois onces de vinaigre rolat le fucre candi, on verfera les diffolu- tions dans le matras, on le bouchera exaetement, Sc on le placera dans le furnier pour y lailFer la matiere en digeftion pendant quinze jours , on verfera enfuite Pinfufion dans une cueurbite de verre ou de grez , on y adaptera un chapiteau avec Ion reci- pient, dans lequel on aura mis la poudre diambra enveloppee dans un noüet, on lut- tera bien les jointures, & Pon fera diftiller la liqueur au bain marie. Cet elixyr eil bon contre la defaillance de cceurou iyncope , contre Papoplexie» La dofe en eft depuis deux dragmes jufqu'a une once^c demie. Le fucre candi eft inutile dans cette compofirion, pärce qu'il n'en monte rien par la diftiilation , ilrefteen lubftance au fond de la cueurbite : fi Pon veut Pemployer utilement, il faut le reierver pour le difloudre dans P elixyr quand il fera acheve », il fervira a iui donner un goüt agreable. Elixyr de Vitriol de Venus, de ■j^Lynßcht.- Trenez. du fucre candi blanc , trois onces , Du petit gaUnga , une once & demie , Du calamus odorant, une once De la mentbe crefpee & de la fange , de chaeune demi once , De la canelle , dugyrofle & du gmgembre , de cbftcun trois dragmes ' De la noix mufeade , & des cubebes, de ebaenn deux dragmes, Dm bois d'aloes & de l'ecorce de citron . de ebaeun une dragme. Pulverifez, les drogues qui enont befoin , & bumcelez.-les enfuite avec ce quilfau- Ära d'efprit deyin pour les reduire en conßflence de miel. Mettex. enfuite ce nielange dans un matras, & verfex. par dcßus de lefprtt de Vitriol de Venus > pifqua ce qvlü fumage de quatre doigtu Vertu» Dofe«- S 7 i PHARMACOPE'E Lai/ezle tonten digeßion pendanttrois femainesouun mois. Enßn verfem Utelntttre par incltnaüon » & lafiltret,. Vertex, apres cela für la mattere rcfle'e au fand du ma- tras de l'efpnt de vin ce quilfera neceffaire pour tirer le refle de la teintute, laqueltc etant tiree fera filtree csmme la premiere. On les meiern par apres , & on les fera cir- culer pendant quatorz.e jours au law marie , puts on gardera r elixyr pour Fufage. R E M A R O^U E S. On pulverifera groilieremenr les Ingrediens, on les mettra dans tin matras, on verfera deffus , de Peiprit de vin pour en faire une päre liquide , on y ajoiirera de l'eiprit de Venus a la hauteur de quarre doigrs, on Boucherabien le matras & onle placera dans le furnier pour y laifler la mariere en digeftion rrois ou quarre femaines, enfuire l'on verfera par inclinarion la reinrure & on la filtrera , on mettra de l'efpric de vin für la mariere reftante pour achever den rirer la reinrure qu'on filtrera comrae lautre, on melera ces reinmres enfemble, 8c on les fera circuler dans un vaiffeau de renconrre au bain marie , pendant quatorze jours, puis on gardera la liqueurdans une boureille bien bouchee , c'eft 1 elixyr de vitriol. Vertus. On i'eftime pour forrifier l'eftomach & le cerveau , on s'en ferr dans l'epileptie & Dole, dam les autres roaladies du cerveau. La dofe en eft depuis derni fcrupule jufqu'a" de- mi dragme. On trouvera dans mon Livre de Chymie la defcription de l'efprir de vitrrol de Venus. Elixyt nephretique. Prenez. des femences de melons & de courges , des purs de geneß &de buglofe, de 9 tbacunes une dragme, Ouatre noyaux d'avehnes , Des bayes de myrtilles, de lierre, d'alkekenge y & de genievre, de chacun deux fcrupuks, De l'ad: ante , de la veronique ', & du petit boux t de chacun unep&ignee t Des racines de fouchet » de pimpernelle ^d'arrete-boeuf, de chacune une demi once , Du fuc de Itmons , deux dragntes , Del'efprit de vin autant qusl enfaudra. l.aifez-les en infujion danslacave. R E M A R Q^U E S. On coneaffera bien les Ingrediens , on les mettra dans un matras, on verfera deffus, le fuc de limons depure & de l'eiprir de vin a la hauteur de quatre doigts, on boHchera exadtement le vaiffeau & on le placera ä la cave pour y laifler la mariere en digeftion fept ou huit jours: enfuite l'on flltrera la teinture öc on la gardera, c'eft l'ehxyr nephretique. Vertus. ll eft propre pour ouvrir les conduits de l'urine , pour faire jerter le fable & la Dofc. pierre , on s'en fert dans la colique nephretique. La dofe en eft depuis une dragme julqu'a deux. La vertu des ingrediens qui entrent dans la comooiition de cet elixyr confiftc dans leur fei, lequel l'eiprit de vin qui eft un diffolvant fulphureuxnepeut diflbu- dte : ainfijeferois d'avis qu'au lieu de ce menftrue, l'on employat le vinblanc qui eft falin & fulphureux, 8c qu'on augmentät la dofe de felixyr , en forte qu'on en donnät depuis demi once jufqu'a deux, onces. Elixyr hl UNIVERSELLE. Elixyr antihytterique , de Lemort. Trencz. du meilleur caßoreum ? &de V affa fcetida , de cbacun dctm once J De Ühuile dißillee du fuccin, une dragme , He l'hude de fabine, demi dragme Des huiles de fhu'e & de camphre , de chacune un fcrupule , De l'efprit de vin bien reäifie , dix onces, laijfe%.le tout dansunelente digeßion , apres ceU dißillet^les i puisreverfet.fur let feces l'efprit dißille , ; ajoutant de l'efprit de corne de cerf reäifie, deux onces. Difidleu-en de mweau envirm la moitie, que vous gardereu pour l'ufage. R E M A R QJJ E S. On concaflfera grofiierement le caftor 8c l'afla fcetida, on les mettra dans un ma- tras, on verfera deflus les huiles diftillees 8c l'efprit de vin re£tifie, on bouchera exactement le matras & on le placera dans un bain marie tiede , pour y laifter la mauere en digeftion pendant trois jours , enfuite Ton verfera le tout dans une cu- curbite de verre, on y adaptera un chapiteau 8c un recipient, onlutcera exa&ement les jointures , on fera diftiller au feu de fable la liqueur, on delutcera les vaifleaux, & ayant leve le chapiteau , onrenverfera für le marc qui fera demeure au fond dela cucurbite , l'efprit diftille , & deux onces d'efprit de corne de cerf rectifie, on ra- daptera le chapiteau 8c le recipienr, on luttera exactement les jointures, 8c l'on fera diftiller au meme feu de fable, environ la moitie de la liqueur , on la gardera dans une phiole bien bouchee, c'eft l'elixyr antihyfterique. Il eil propre pour les maladies delamatrice , pourexciter lesmois 8c l'accouche- ment, pour abatre les vapeurs , pour la paralifie , pour l'epileptie , pour exciter la fueur , pour les flevres malignes, pour la pefte. La dofe en eft depuis douze gouttes julqu'a deux fcrupules. La diftillation ne me paroit point neceflaire dans cette Operation : j'aimerois mieux qu'on tirät lateinture du caftor 8c Tafla fcetida dans l'efprit de vin, en les laifl'ant en digeftion enfemble pendant trois jours dans un matras bien bouche, puis qu'on la hlträt & qu'on y melät les huiles & l'efprit de corne de cerf, on auroitpar ce moyen mieux tire les fubftances des mixtes que par la diftillation. Elixjr ou teinture cephalique^ de Sennen. Vrenex. des racines de vrai Acorus , d'iris de llorence , & de pivoine male , de cha- cunes , dem once 3 De la racine de galanga , de la mix mufcade , dugyrofle , de l'e'corce de bois de faffa- fras , des grains de paradis & des cubebes , de cbacun trois dragmes &demie. Des feuilles de fäuge , des fleurs de muguet & de ßctchas arabique , de lavende & de rofmarin fecbees , de chacunes , une demi poignee , Des femences de fenoÜü, d'anis, de femontaine & de pivoine, de chacunes deux dragmes , Des ecorces exterieures de citron feiches, de la racine de z.edoaire } du macis, dufantal citrin , du poivre long , de cbacun un fcrupule , Dugingembre , du fpicanard , & du petit cardamome , de cbacun neuf grains. Tout es ces drogues , duement pilees, feront arrofees d'efprit de vin reäifie dont on y en verferajufaua denx pintes ', & le reße feralaiffe en digeßion pendant huit jours dansunvAißem b'm lau , «n agitmi fwtnt U mauere. ö fSffff Venus. Dofe. Vertus. Dofe. Vertus. Dofe. EauLi- thothrip- tique de Touloufe. 3 ?4 PHARMACOPE'E Apres ceU on coulera & exprimera 1'infiijion, & la coUture clarifiee par rejidefite oti par filtr ation , fera confervee dans un vaijfi au de verre bleu bouche. R E M A R Q_U E S. On concaflera toutes les drogues, on les mettta enfemble dans un matras , ort verfera defTusTefprir de vin , on bouchera exa&ement le vaifle-au , Sc on laiflera infufer la maciere pendant huit jours, l'agitanr de tems en tems, enfuite l'on coulera la liqueur avec expreflion , on la filtrera & on la gardera dans une boureille bien bouchee. Cet elixyr eft propre pour fortifier le cerveau & l'eftomach , pour l'epileptie , pour l'apoplexie, pour la paralifie , pour refiller au venin. La dole en eft depuis demi dragme jufqu'a deux dragmes. Elixyr' lithontriptiqite. Trenez, des fraifes , une livre, i Du fucre candi, demi hvre } De la femence de grcmil concajfe'e , trcis onces * Des bayes d'alkeketige , une once & denüe , Des fomnutez. de virga anrea , des feuilles de lierre terreßre & de faxt frage, de chacunes une demi poignee. Mettex. toutes ces drogues coupees & pilees dans un matras, & verfez. par deffus de Veau de vie qui furnage de quatre doigts; bauchet, bien le vaijfeau, & laiffez, la mattere en digeßwn dans un Heu chaud pendant quatre ou cinq jours , en Vagitant fouvent- Coulet, enfuite & exprimez, l'infußon s & qttand la colature fera bien clarifiee par la rejidence , ou par lafiltration } gardez>-la pour l'u/age. REMARQUES. On mettra dansun matras les fraifes nouvellement cueillies en leur force 8c ma- turite , les bayes d'alkckenge recentes, großes, feparees de leurs veilies , ou enve- lopes , Ja femence de milium felis concaflee, les fommitez , les feuilles incifees & ecrafees dans un mortier de marbre , &c le fucre candi pulverife , on verlera für le melange debonne eau de vie jufqu'a la fureminence de quatre doigts. On bouchera exa&ement le matras, & on le placera dans un lieu chaud , comme dans le furnier de cheval ou au bain marietiede, on laiflera la matiere en digeftion, l'agitant tous les jours pendant quatre ou cinq jours, eniuite Ton coulera avec forte expreflion » on laiflera repofer la liqueur , & l'ayant filtree on la gardera dans une bouteille bien bouchee : c'eft l'elixyr lithontriptique. Elle eft propre , comme fon nom le porte, pour brifer la pierre dans le rein> & dans la veflie , pour la faire fortir par les urines , pour la colique nephretique, pour les retentions d'urine. La dofe en eft depuis deux dragmes jufqu'a deux onces. Cet elixyr ou teinture eft en ufage , particulierement en quelques villes du Lan- guedoc ; la Pharmacopee de Touloufe l'a decrit fouslenom d'eau lithontriptique. L'eau de vie eft unmenftrue biencapable de tirer les fubftances eflentielles des Ingrediens , principalement crant excite par une douce chaleur, le fucre s'y cüflout tout-a-fait, Sc rend la liqueur agreable au gout. Elixyr d'ambre , de Bateus. * Prcnez. du Jmin blaue, du fucre candi » dechaeun uns Qtice ? UNIVERSELLE. 875 De l'ambre gru * tioh dragmes t du mufc une dragme. Totttisces drogues etant puherifees & melzes enfemble , mettcL-les dans un mairas , & verfhL deffus de l'efprit de vin f une cbopine. Bmchez. bien le vaijfeau , & apres Cavoir mis dans un Heu unpeti cbaud \ faltes di- gerer votre mattere pendant quinz,e jours, 6" Ufiltrez. enfuite par un linge cpais; rc- mettet. enfuite cette liqueur dans un matras y & y ajontct. De l'hude ejfenütlle de gemevre ; Du bäume du Perou , de chacun deux cnces- Bouchez. le matras comme auparavant, & le weitet, dans du furnier de cbeval pendar.t mq oh fix jours , afin que votre mattere s'y digere ; rtttreu-la enfuite , & la gardet. au btfoin. R E M A R Q^U E S. On pulverifera toutes les drogues , on les meiera Sc on les mettra dans un matras a. long cou, on verfera dellus de l'efprit de vin, on bouchera exa&ement le vaifleau, on agitera la mauere & on la mettra en digeftion dans du furnier ou a. quelque autre chaleur douce , l'y lai flant pendant quinze jours, on la verfera enfuite encore chaude für un linge pour couler la teinture , Sc Ton exprimera forre- ment le marc , on remettra la teinture coulce dans le matras, on y meiera l'eilen- ce de genievre Sc le bäume du Perou, on agitera le vaiifeau , on le bouchera bien Sc on le placera en digeftion comme devant, on l'y laiflera eine] ou fix jours , ou jufquä ce que les liqueurs foient bien unies enfemble , on fera alors claririer cet Elixir par la leule refidence , Sc on le verfera par inclination dans une bouteille qu on bouchera exaftement pour le garder. II fortifie le cceur 5c l'eftomach, il met les efprits en mouvement, il excite de la vigueur a ceux qui en manquent, il eft particulierement propre aux vieillards Venus, pituiteux Sc affoiblis. La dofe en eft depuis quarre gouttes jufqu'a huit dans du vin. Les femmes fujettes aux vapeurs doivent s'abftenir de ce remede. Dofe. Le marc des drogues exprime peut encore fervir dans les parfums pour l'exterieur. Elixyr, ou e[fence d''Italic. * Trenez, de la canelle choiße , trois onces, Du grand cardamome & dugalanga , de chacun deux onces , Du gyrofle & dugingembre , de chacun dcmie-once , Des noix mufeates, deux ; dupoivre long , trois dragmes , Du mufc & de l'ambre gris, de chacun quatre grains. Filet, ces drogues , mele%-les enfemble ,& les mettet. en infajton pendant qu'tnze jours dans une pinte d'efprtt de vin ; fltret, enfuite la liquenr que vous en tirerez,, & lagardez. pour l'ufage. E E M A R QJU E S. On pulverifera groffierement toutes les drogues, on les meiera enfemble 8c on les mettra dans un matras, on verfera defius de l'efprit de vin, on bouchera bien le vailleau , on le placera en digeftion au Soleil, ou en un autre lieu chaud , l'y laif- fant pendant quinze jours , Sc l'agitant de temps en temps: enfuite l'on fikrera la teinture & on la gardera dans une bouteille bien bouchee. C'eft l'ejfence d'ltalie. ■ ™? a ^* Elle eft fortifiante, cordiale, cephalique, ftomachale, carminative , eile reftaure y^p^l les efprits, eile excite la femence, eile convient aux temperamens trop froids & trop humides. La dofe en eft depuis huit gouttes jufqu a vingt dans un demi verre Dofc. S ffff 1j t 7 6 PHARMACOPE'E de vin d'Efpngne ou autre : o i en continue l'ufage pendant plufieurs jours. Ce remede a cce invente par un Italien, je ne l'ay veu decrit dans aucune Phar- macopee ■, c'eft ur.e de ces receptes qui paffe en manufcrit de main en main, & dont on fair des fecrets chez plufieurs particuliers ; il eft rempli de fubftances volatiles penetrantes & tres-propres a emouvoir les efprirs du corps, & d fbrtifier les fibres nerveufes: mais quelquefois ces Tortes d'eflences fi acres fe trouvant dans des corps fort echaufez fubtilifent trop & ne produifent rien', on trouve mieux fon compte en cette occafion a fe fervir de drogues plus temperees. C'eft ce qui doit etre du- cingue f uivant le temperament du malade par la prudence du Medecin. ElixyY aioaciffant, & antinephritique. * Prenez. trois citrons que vom couperei, par brancbes; ayez. trente grains de genievre, Desfemencesd'aneth , de dattcus , de coriandre, d'anis , de fenouil & de carvi, de cbacun denn once, De la viperine , du bns nepbritique , de la canelle, de cbacun deux dragtnes , Du fucre blanc tnts en poudre , dem livre. Metteu ces drogues en infußon pendant quatre jours dans cinq demi-fettiers de banne eau de vie ;filtrez. enfuite la hqueur } & lagardeta dans une bouteille bien boucbit jotir en ufer au be/oin. R E M A R Q_U E S. On aura trois citrons qu'on coupera par tranches ou par petits morceaux, on les" fera entrer dans un matras, on concaflera les autres drogues, on les melera avec le fucre Sc on les mettra par deffus le citron, on y verfera alors I'eau de vie, on brouil- lera bien le tout, on bouchera exa&ement le vaifleau Sc on le placera en digeftion en un lieu un peu chaud pour l'y laifler vingt-quatre jours, mais il fera bon de l'a- giter tous les jours, afin de faciliter la diffolution des fubftances, on filtrera enfuite la liqueur, & on la gardera dans une bouteille bien bouchee , eile aura une couleur jaunarre, brune, une odeur balzamique de cha- cun trois onces, De la teinture de faffran , deux dragmes f De l'buile effentielle de gyrofle, une dragme. Fattes le melange de ces drogues , & les mettez, en digeßion dans un vaijfeau c'trcu- latoire pendant vingt-quatre heures &garde%. cet elixyr dans une bouteille bien beuchte pour le befoin. R E M A R Q^TJ E S. On melera dansun matras toutes les liqueurs demandees dans cette defcription, &: dont on trouvera les deferiptions chaeune en leur particulier dans mon Cours de Chymie , on adaptera für ce matras un autre matras pour faire un vaifTeau de ren- contre , on bouchera exa&ement la jointure, & l'on mettra ce vaifTeau en digel- tion für un feu de cendres tres-modere l'y laiflant pendant vingt quatre heures, 8c agitant la liqueur de temps en temps, on gardera cer elixir dans une bouteille bien bouchee. II eft fomnifere, il appaife les douleurs & les acretez de la poitrine , il arrefte le crachement de fang & les autres hemorragies, il eft bon pour les coliques Sc pour les cours de ventre. La dofe en eft depuis fix gouttes jufqu'a vingt. Elixyr aterin , de Rolfincius. * Prenez. desfeuilles de calament, de matricaire & de poiiilht, de chaeune une poignee. Des racines de bryone , degarence , de z-edoaire, de diäame blanc , d'irts de Florence 3 de chaeunes uneonce De la canelle t du clou de gyrofle , de la noix mufeade, dugingembre, du cardamome & des bayesde lautier , de chaeuns une once, Des ecorces de atron & d'oranges , de chacunßx dragmes J Des grains de paradis } denn once, Des jemences d'anis , demi once Du bajilic gyrofle', trois dragmes. Ces drogues hachees &pilees grofterement, mette-L-les infufer dans teile quantite d 3 efprit de vin que vous voudrez. , ajoutex^-y une once de fei de tartre j laiffe z, le tout tti digeßion pendant quinuaine ,• coulez. h liqueur & lagardei* pour l'ufage. S ffff üj Gouttes d'Anele- terreRoya- les. Vertus. Dofe. Vertus» Dofe. 8 7 S PHARMACOPE' E R E M A R Q^_U E S. On thettra dans un matras toutes les drogues demandees dans cetre defcription, pilees groflierement - , on y ajoütera une once de fei de tartre, Sc on verfera dell'us de 1'eipirit de vin a la haureur de deux doigts: on laiflera la matiere en digeftion pendant quinze jours: on filtrera la liqueur , & on la gardera pour s'en fervir au befoin. Vertus. Ce remede eft fort eftime pour corriger les intemperies froides de la marrice Sc des parties genitales , il en appaife les douleurs. II provoque les mois aux remmes , Dofe. & aide a 1'accouchement. La dofeen eft depuisun fcrupule jufqu'a unedragnie. Elixyr contre la goutte. * Prenex. des rdeines d'armoife , deux onces, De la rbubarbe choiße , de l'ariflolocbe ronde , de chaeune une once , De la femence de perßl de Macedoine , Jfx dragmes t De Celles de camedrys, de feilte centauree & d'hypericon , de chaeune s ctnq dragmes. Toutes ces drogues melees & pulvertfees feront mifes en digeßion, & arrofees d'ef- prit de vin tartarife : enfuite faites paffer cet efprit de vin par inclination jufqu'a con~ fomption de la moitie } & le refte le garderei, au befoin. R E M A R Q^U E S. On pulverifera & on metra toutes les drogues dans un matras, für lefquelles on verfera de l'efprit de vin tartarife : on mettra la matiere en digeftion pendant quelques jours, on filtrera la liqueur par inclination , Sc on la gardera dans un pot bien bouche, pour s'en fervir au befoin. Vertus. Cet elixyr etant eftime arthritique, on l'employera utilement contre l'engour- diflement des nerfs, contre les douleurs de la goutte; il diffipe les humeurs cathar- rales. Si l'on en oint les parties malades, on en reffentira bien-t6t du foulagement, Dofe. On le prend d la dofe depuis deux ferupules jufqu'a une dragme. lia LkkUkä.kSSaikikk^k^i.i.li.LLä.^i.L^I7^I^I^^Lt.^A^ 1 ..^ i -irrT^^ QUATRIE'ME PARTIE DE LA PHARMACOPEE UNIVERSELLE, CONTENANT LES COMPOSITTONS QU'ON APPLIQÜE EXTERIEUREMENT. CHAPITRE PREMIER. Des Huiles en nneral. o 0 U S le nom d'huile on a propremenr entendu le fiic on&ueux, ou la fubftancegraifleufe tiree par expreilion des olives, car oleum qui eft le nom latin vient d'olea ou eUia qui iignifient olivier ou olives. Nean- moins toute liqueur graffe & inflammable de quelque part qu'elle foit tiree , eft appellee huile •, les graifles des animaux ne fönt que des huiles congeiees par le melange qui s'y eft fair des fels volatils & d'un peu de phlegme. Les fruits, les bayes & les femences abondent en huile: enfin generalement routes les matieres combuftibles ne s'enflament que par Phuile qu'elles contiennent. On peur divifcr les huiles en naturelles & en artificielles, les naturelles Tont comme Divifion le liquidambar, la terebenthine, qui fortent par les incifions qu'on a faites aux ar- generale bres, l'huile de petrole qui decoule des fentes des Rothers. Les artificielles fönt des huiles. comme les huiles qu'on tire par expreilion ou par diftillation, ou qu'on prepare par infuiion. Je ne parlerai dans ce Traite que des huiles dont on fe fert dans la Pharmacie Ga- lenique , puifque j'ai donne des modellesdes huiles Chyiniques dans raon Livre de Chymie. Je decrirai premierement ici les huiles qu'on tire par expreilion , puis je paflerai ä celles qu'on prepare par infuiion. L'huile d'olive qui eft la plus commune de celles qu'on prepare par expreflion fe fait enla maniere fuivante. On amaffe les olives meures au mois de Novembre Sc de Decembre, on les lai (Te Ma*ier«4ö tirer l'huile d'olive. Huile vier- g e - Amurca. Huile om- phacinc. Huile om- phacine ar- tificiclle. Veitus. 880 PHARMACOPH'E depurer de leur humidite aqueufc pendant dix 011 douze jours en quelque coln de la maifon oü on les a mifes a. couvert, Sc ou elles s'echauftent; enfuite on les ecrafc fous la meule , Sc on les tnct dans des cabats de Jone 011 de palmier, lefquels on place au prefloir les uns für les autres, il fort une huile par la feule compreilion des cabats, laquelle on appelle huile vierge , c'eft la meilleure. On arrofe les olives d'eau chaude pour rendre l'huile plus fluide, Sc ori les ex- prime le plus fortement qu'on peut, on en tire une bonnehuile. On remue les olives preflees , on y jettebeaueoup d'eau chaude, & Ton tire par une nouvelle expreflion, de l'huile qui eft remplie de feces, c'eft la moins bonne de toutes , on fepare facilement ces huiles d'avec l'eau, parce qu'elles nagent def- fus, mais il fepreeipitera au fond de l'eau une fece d'huile qui eft ce que les An- ciens appelloient Amurca. Quelques-uns fönt repafler le marc des olives dans de nouveaux cabats plus forts que les precedents fous une autre meule, Sc ils l'exprimentavec plus de forcequ'au- paravant, ils tirent par la une huile epaiffe & moins bonne que les precedentes. Pour l'huile omphacine , c'eft une chimere, on n'en a jamais eu, Sc Ton n'en peut point preparer de la maniere que les Anciens l'ont decrite , ils pretendoient qu'on la tirät des olives vertes par expreflian, &c c'eft ce qui lui a fait donner le nom de Om- pbacinum, a caufe que les olives vertes reflemblent au raifin vert qu'on appelle en la- tin Omphacium , c'eft-a-dire crud &c aftringent, mais apres qu'on auroit ecrafe Sc exprime les olives vertes, on n'en pouroit tirer qu'un lue vifqueux. Ceux qui veulent donner a l'huile d'olive ordinaire les qualites attribuees a la retendue huile omphacine , y fönt boüillir des fommitez de ronce } de chene, de entifque , de chevrefeüille , de rofes rouges. On demande ordinairement pour les emplätres Sc pour les onguents de l'huile vieille , parce qu'ayant recu quelque fetmentation en fes parties infenfibles , eile en devient plus penetrante Sc plus emolliente, on l'employe aufli pour la bouche Sc dans les lavemens pour la colique, pour les trenchees, pour la dyllenterie. P k Des Huiles tirees par expreflion. Huiles d'amxnies Aouees. Pretiex. des amandes douces ce que vous voudrei.. Tilez,-les bien dans un monier de martre avec unpilon de bois , enfermet, enfuite la fate dans un fac de toille forte , & la mettex. dans lapreffe , prejfez.-la d'abordfotble- ment, & enfuite avec plus de force , puisgardet. l'expreffionpour l'ufage. On pourra tirer de mime les huiles des quatre grandes femences froides , de pavot blanc , &c. R E M A R Q^U E S. On aura des amandes douces feparees de leurs coquilles, des plus großes Sc des plus nouvelles, on les frotera dans des linges pour les netoyer d'une crafle rougea- tre qui eft attachee a la peau jufqu'a ce qu'il n'en forte plus de /älete , on mettra ces amandes dans un mortier de marbre , Sc on les pilera avec un pilon de bois jufqu'a ce qu'elles foient bien en pate, on envelopera cetre päte dans un fac ou dans un morceau de toille forte , on la mettra entre deux plaques de noyer ä la prefle , onpoferadeflbus un plat de fayence ou derain, Sc l'on preffera douce- ment UNIVERSELLE. S8i cement la matiere au commencement, pour faire couler l'huile peu a. peu fans que la toile fe creve , mais quand il en fera forti quelque quantite, on la preftera le plus fortement qu'on pourra, ongardera l'huile exprimee dans une bouteille de verre ou de fayance. Elle adoucit les acrerez de la trachee arrere 8c de la poitrine, eile excite l'uri- ne , eile appaifc les douleurs de la colique nephrerique en faifant couler la pierre , le Table ou les phlegmes du rein a la vellie , eile appaife les rranchees des femmes en couche 8c ceües des pecits enfans. La dofe en eft depuis deux dragmes jufqu a une onee 8c demie , on s'en fert aufli exterieuremenr pour ramolir & pour radoucir. Lamethode ordinaireeft de monder les amandes de leurpeau avaneque de les battre pour en tirer l'huile plus belle 8c plus nette ; mais comrae on ne peut paspeler les amandes qu'on ne les ait fait tremper auparavant dans de l'eau chaude , elles fe fönt empreintes de cette eau , qui coulant avec l'huile , la fait rancir pour peu qu'on la gaide. On retire aulll plus d'huile des amandes pelees , que de celles qui ne le fönt point : quelques - uns fönt fecher les amandes au Soleil, apres en avoir fepare la peau , mais ils n'en peuvent faire fortir la plus grande partie de l'eau qui y eft entree , 8c qui s'y eft incorporee , deforte qu'il vaut mieux que la peau des amandes y demeure quand on en veut tirer l'huile que de la retirer en les mouillant, il fufh'c qu'elle ait ete netoyee de fa cralfe, ahn quelle ne communique point d'im- purere ni de couleur a l'huile. Plufieurs mettent chauffer leurs amandes pilees avant que de les prefier, afin d'en tirer d'avantage d'huile , mais comme la chaleur du feu donne toujours quelque odeur delagreable aux huiles , & les rend plus acres, il vaut beaueoup mieux en avoir moins, 8c qu'elle (oit bien douce. On peut tirer de l'huile de noixfans feu comme de l'huile d'amande douce ; eile eft propre pour appaifer les coliques 8c les rranchees; les Dames s'en fervent pour fe decrafler. Huiles d'amandes unteres. Vertus. Dofe. Huile de noix tiree faiu feu« Trenez. des amandes ameris ce que vous en voudrez.. File %.- les avec unplon de bois dans im monier de marbre , apres cela fait es- les (bauffer doucement & les exprimez* dans la prejje. On peut tirer de meme l'huile de noix par exprejfion > comme aujft Celles d'avelines, de ben , de noyaux , de petites peebes & d'abricots, Celles de femences de Im , de cbanvre, de moutarde , de navet, de Jefame , dejufquiame , &c • B E M A R Q^U E S. On aura des amandes ameres recemment fechees , des plus groiles, depouillees de leurs coquilles , on les eftuyera fortement dans plufieurs linges, pour en 6:er la cralle , on lespilera dans un mortier de marbre jufqu a ce qu'elles foient bien en päte , on les fera chauffer für un petit feu dans une terrine vernifiec , 8c on les ex- primera comme les amandes douces, il en fortira une huile claire qui ne fera poinc ameve , car l'amertume des amandes demeure dans la partie groiiiere , on gardera cette huile dans une bouteille. Elle eft bonne pour les maladies de la matrice, eile en amollir les duretez, eile en adoucit les in&ammations , eile fait forcir la pierre öc la gravelle des reins, eile ex- f Ttttt Vertus. Dofc. D'fferencis des builes d\ mandes ameres &c douces, Effcnces des Faiiu- mairs. Pate d'amande/. Huiles d*a- nis & di naulcadc. 8Sz PHARMACOPE' E cite 1'urine , eile diffipe 1c bourdonnemenr d'oreille , on s'en fert pour empörter les taches de la peau. La dofe par la bouche en eil depms dtmi o ice jufqu'a. une once , Sc enlavementdepuisdemi once jufqu'a deux onces :on en mftiilc quelques goutres dans les oreilles avec un perir cotton pour la furdite , on la ineie auili quelquefois en cette occalion avec un peu d'eau de vie. L'huded'amandes ameres ne diftere d avec Thiule d'amande douce,qu'en ce qu'elle fe garde plus long-rems fans (e rarscit ioir parce que les amandes ameres conrien- nSnt plus de lel que les amandes douces, lou parce qu'en les chauftant, on fair diili- per une humidite aqueufe qui eil caufe du ranaffement. Les ellences des parfumeut s ne fonr qu'une huile de ben qu'ils parfument avec des fleurs odorantes- certe hiule de ben a la propricte de ne fe rancir point comme les au- tres huiles, apparemment parce qu'elle contienr moins de flegme, mais comme eile coute eher, on lui fubllituc fouvenr mal a propos de l'haile d'amande amere, qui a mefure que le parfum fe diilipe , devient ran« & defagreable a l'odeur. La pare des amandes ameres eil un poifon pour les poules } 8c elie ne fair aueurv mal aux aurres animaux ; on s'en fert pour nettoyer les niains. On peut tirer les huiles des noyaux des fruits & des femences bien oleagineu- fes, a la maniere de celle d'amande amere, mais quand il s'agir de nrei 1 huile d'u- ne iemence peu oleagineuie par expreffion , comme de l'anis, ou quand l'huile eil naturellement figee , comme dans la mufeade, il faur faire chaüfFer la mauere bien pilee a la vapeur de l'eau ou du vin , puis la preiler tres-fortement , comme ic Tai remarque dans mon Cours de Chymie. Hütte d'tEtt r s. Trenet, quarante ceufs ou envtren , & les faltes bouillir dans l'eau jufqu'a ce qu'ils fotent durs. Apres cela f parez. les jaunes des bLihs & les mettez, dans une terrine vermfjee für un feit modere , les nmuant avec un e/patule jffqua ce qu'ils ror.giftnt CT qu'ils rindern i.ne hqueur (ttnblMe a de la graijje. Enfeimez.-les enjutte dans un fac de taue forte , & les cxprimez^fortement dans une prejje que vousaurtz.chauff;e , Puis gardez. la liqueur hu'üeufe qui enjera ferne , pour l'ufagc. R E M A R O^U E S. On prendra des ceufs de fept ou huit jotirs , & non pas plus frais, parce qu'eranr trop vifqueux , l'huile ne s'en fepareroit pas bien , on les f^ra bouillir dans de l'eau jufqu'a ce qu'ils foient durs, on en leparera la coquille £v le blanc , on emiera les iaunes dans une terrine qu'on placera iur unperir feu , on aguera la mauere avec une efpariile ou avec un biftorrier jufqu'a cc qu'elle rouflifle un peu , 8c qa'il en fo. rc comme de la mcetle fondue, on la merrra alorsdans un fac de toile de chanvre forte , & on l'exprimera leplus fortemenr qu'on poarra enrre des plaques bien chaudes, il en forcira une huile jaune qu'on gardera. Vernis. Elle eft propre pour adoucir la peau , pour en 6-er les cicatrices, pour rempln- les caviTz de la pe ire veröle, pour les crevalfes du fein , pour la b;ülure. Quand on veut rendre l'huile d'ceuf blanche, & lui o.er l'odeurd'empircume que le feu lui a donnee, il faut l'expofer a la rofee de la nuir äc du matin pendant le mois de May , l'jgirant de rems en rems , & connnuer douze ouquinze nuirs. Onchauffe U Ton deifeche les jaunes d'ceufs dmcisavant que de les preffer., afin UNIVERSELLE. 88; d'en faire diffiper l'humidite aqueufe qui empecheroit que 1'huile ne fe feparat, mais il faut prendre garde que cc foit par un reu modere, car fi l'on y donnoit une cha- leur trop grande, la mattere fe bruleroir, cnforteqne 1'huile qu'on en rireroic feroit brune , Sc eile fer.tiroit trop le roti: les marques que les jaunes d'ceufs fönt fufli r famment deflechez, fönt quand il n'en fort plus de vapeur , Sc qu'ils commencent a fe mettre en ecume, il faut aiors les mettre promptemenc a la prelfe. Si apres que 1'huile jaune a ctc exprimce, on retire le marc des ceufs a la prefle, qu'on le reduife en poudre, & qu'on Ietorrefie par un feu un peii plus fort qu'aupa- ravant le remuant toujours avec un biftorrier , il fe mettra en ectime a caufe d'une humidite vifqueufe qu'il contient, il faudra alors le remettre chaudement a la prelfe, il en forrira une huilebi'une qui fentira plus l'empireume que laprecedente, & qui fera moindre en vertu , parce qu'elle aura cte moins torrenee. Quelques-uns arrofent la matiere avec de l'elprit de vin avant que de la mettre ä la prcfle pour en rendre 1'huile claire ou moins epailfe , mais c'eft de l'efprit de vin peidu , parce que la chaleur le fait entierement diffiper en l'air, de plus l'efprit de via ne convient gueres aux qualitez de 1'huile d'ceuf. Hülle de Uuriers. Prenez. des bayes de Uurkr nouvelles & hlen meines , ce que vsus voudrez.. Apres les avoir pilees ,faiteshs bouillir dans l'eau commune & les expr'unex, forte- ttUHt & quand la liqueur exprimee fera refroidte t voits ranuferet, l'hmle qui furna- gera , puls vous mettrez, de nouveau dans l'eau chaude la matiere exprimee , que vous filerez. de rechef & que vous exprtmerez,enfuue comme laprcmiere fois , pour ramaßet le refle de l'hmle. On peut tirer de mime maniere les huiles de bayes de lentlfque , de lierre , de myr- tilles , de palme , &c. R E M A R Q^V E S. On aura une bonne quantite de bayes de lautier meures & nouvellement cueillies, on les concallera bien, & on les mettra dans une grande chaudiere, on verfera delfus iiifez d'eau, pour qu'elle couvre les bayes d'un pied , on fera bouülir la matiere pendant une heure au moins, puis on coulera liqueur tonte bouillante , exprimant le marc a la prelfe le plus fortement qu'on pourra , on laiffera refroidir la colature , öc on trouvera une huile verte & iigee , nageante für l'eau , on la ramaflera, c'eft l'huile de kurier ; on battra de rechef le marc prelfe, on le mettra bauillir dans de nonvelle eau ou dans la meine , on l'exprimera comme auparavant, 6c apres avoir laifle refroidir Fexprcifion, on recueillera l'huile furnageante, qui ne ferapas fi belle ni fi bonne que la premiere, on la garder» a part. L'huile de kurier rarefie , ouvre , amolit & fortifie les nerfs, eile chafle les Venu vents, on s'en fert pour la paralific, pour la foiblelfe des nerfs, pour refoudre les tumeurs , pour les catharres, pour la goutte feiatique , pour la colique venteufe , on en frotte chaudement les parties ,on en mele aulfi dans les lavements depuis de- mi once jufqu'a une once & demie, on peut rqpme en faire prendre quelques gout; tes par la bouche. L'huile de lautier nous vient des pnys chauds, comme d'Italie, du Languedoc , T 1111 ij I Dofe. 8S4 PHARMACOPE'E oü il croit bear coup de launers Sc oü la chaleur du Soleil rend les bayes plus hui- Jeufes Sc plus fpirkueufes. La plus grande quantite de l'huile de kurier , la plus belle Sc la meilleure eil contenue dans l'ecorce , c'eft eile qui fort la premiere : plufieurs rirent cette huile fans avoir concalfe les bayes , afin que l'huile du noyau qui eil la rooins bonne > ne s'y mele point. Des Huilespreparees par infufion,ou par deco&ion 3 ou par un fimple melange. Huile rofdt. Prenez. des rofes rouges nouvelles ptle'es , une livre & demie , De l'huile d'oltves , treis livres. Mettet,-les dans un Vaiffeau convenable bien bottcbe , & les laijfez. infufer au Stleil ■pendant fept ou huit jours : apres cela faites-les bouilhr leget ement , & faites-en «n- fuite une forte expreJJion.Jettex.les rofes exprimees , & mettez.-en de nouvelles dans V huile pour une feconde mfufion & reiiterez, la. meme ihoje jufqua trois fois : apres quoi vous laifjerez, les dernieres rofes infufees dans l'huile , que vous pafferes, dans le tems que vous en aurez. befoin. On peut preparer par une infußon femblable les huiles de flenrs D'anetb , de chamomdle , de tnelüot , De hs blancs ßmples , de nenuphar , De füre au , de bouillon blanc, De violettes, de troefne , de pavot' De ge'roße , de genefl , d'althea , De tamaris, d'bypencumßmple , De natctfje blanc , de rofmarin , De fommitez. d'abßnthe, de mouron, De menthe f d'aurone , de rhue, De myrrhe , de marjolaine , Et de fauge. REMAROUES. On prendra des rofes rouges recemment cueillies , on les pilera , on les mertra dans une cruche, & Ton verfera deflus l'huile d'olive , on bouchera la cruche ( on l'expofera au Soleil pendant fept ou huit jours , puis on fera bouiliir legerement la mariere , & on l'exprimera forremenc par un iinge , on mertra une pareilie quantite de rofes rouges dans l'huile coulee , Sc l'ayant expofee au Soleil, comme au- paravant, on fera bouiliir l'infufion , on la coulera , & on l'exprimera. On mertra pour la rroifieme fois de nouvelles rofes dans l'huile coulee , Sc J'ayanr expofee au foleil pendant quelques jours , on pourra garder l'infufion piufieurs niois fans la couler jufqua ce qu'on en air beloin , mais quand on voudra l'achever , on la fera bouülr plus long-tems que les autres fois , afin den faire coniumer le fuc des rofes qui pourroit la faire garer : ou fi on ne la faitpas bouiliir aflez pour que toute l'humidite aqueufe fe dißipe, on lailleta depurer l'huile apres i'avoir UNIVERSELLE, 83 5 coulce , Ie fuc fe precipitera au fond, Sc iL fera facile de le fcparcr en verfant l'huile par inclination. L'huilc de rofe fortifie Sc raffermit en adouciflant, eile reTouc les fluxions, eile Veitus. tempere la chaleur des rcins Sc de Ja rete , on en frotre chaudement les parties. Mefue a decrit une huile rofat omphacine , c'eft-a-dire preparee avec l'huile des olives verres, mais commc l'on ne peur point tirer de ceme huile omphacine par les raifons que j'ai dites dans le chapitre de l'huile d'olive , la defcription eft. inutile. Plu/ieurs preparent l'huile rofat avec les rofes päles ä la place des rofes rouges pour la rendre odorante , mais en la faifant bouillir , la bonne odeur des rofes eft entie- remcnt ablorbce par la mauvaite odeur de l'huile ; fi l'on vouloit füre une huile de rofes odorante par infufion , il faudtoit mettre tremper au Soleil des rofes päles ou des rotes mufcatcs dans de l'hude vierge , en un vaiileau bien bouche , puis coulcr l'infufion (ans la faire chaufer , on pourroit reiterer les infufions de rofes dans la merne huile , jufqu'a ce quelle eüt acquis alfez d'odeur. L'huile de rofes päles ramolit Sc reiout plus que l'huile de rofes rouges, mais eile ne fortine pas tant les parties. Huile de lys compofe'e , de Mefue. Trenn, des fleurs de lys bUna , buk gnces , Du maß:cb , du culu?nus odorant , du coßus & du carpohlfame , de cbacun une once De U canelie & duge'rofle , de chacun dem ence, Du fäff ran , trois dragmes , De l'huile douce , deux livtes. Melez. le tout & le laiffez. en nutcerationpendant quarante joitrs dans un vaijfeau %'ten bauche : faites-le bouillir enfune legeremerit & l'txprimet,. R E M A R Q^U E S. On aura des fleurs de lys blanches nouvellement cucillies en lern vigueur , on les incifejra , on concaflera la canelie, les gerofles, le maftich , le calamus aromaticus , le coftus Sc le carpobalfamum, on mettra le tout avec le faffran dans une cruche , on verfera delTus l'huile d'olive, on bouchera bien le vaiileau & on l'expofera au Soleil, pendant quarante jours, on fera enfuite bouillir legerement la inatiere , Sc on l'ex- primera, on gardera l'huile pour le befoin. Elle refout en echaufaut, on s'en fert pour les douleurs de Peftomach , de la Vertu* • poitrine du bas ventre , on en frotte les parties malades , eile eft fort peu en ufage, on employe ordinairement l'huile de lys fimple qui fc prcpare comme de l'huile de rofe. L'Auteur demande qu'on falTe infufer Sc bouillir les Ingrediens, excepte les fleurs de lys dans l'eau commune , avant que de les meier avec l'huile Sc les fleurs, mais outre que par cette methode , l'on fait diiliper leur partie volatile qui eft la plus elTentielle , l'infufion auroit peine a fe conferver fans fe corrompre pendant quarante jours , veu qu'elle contiendroit beaueoup d'humidite aqueufe : il vaut donc bien mieux fe contenter de faire infufer toutes les drogues dans l'huile comme je Tai decrit, car leur partie fulphureufe Sc volatile fe difloudra dedans plus facilement que par la decochon qu'on en voudroit faire, Sc il ne fe diilipera rien 011 peu de chofe. T 1111 iij Venus. 886 PHARMACOPE" E Huile d'iris. Prenez, des meines d'iris pilees , une livic , Des fleurs de la mime plante , demi livre , De l huile douce , cinq livrcs. Mettex, le tout dans un vaijfeau verruße & le laifjet, en maceraüon pendant vingt- quatre beures für les cendres cbaudes; apres celafaitesAe bmillir legerement. &iex- primez,. Verfehl'Imile exprimee für de nouvelles racines & de nouvelles fieuis d'iris. Laifez,-les en maceration ; cuifet-les & faites-en l'expreßion comme la premitre fois. Reiterei enfuitela meine preparatienpour la troißeme fois ; Apres quoi vous UiJJerez. raffeoir i huile, que vous gai der ei. pour l'ufage. R E M A R Q^U E S, On aura des racines d'iris des plus grofles Sc des mieux nouries, on les rapera Sc on les metra avec les fleurs dans une cruche» on verfera deflus , l'huile commune , on bouchera la cruche , Sc on la mettra für les cendres chaudes ou au bain ma- vie , pour y laifl'er la matiere en digeftion pendant vingt-quatre heures, on fera en- fuite bouillir legerement l'infuhon , on lacoulera avec exprellion , on mettra in- fufer de nouvelles racines & de nouvelles fleurs d'iris dans lhuile coulee , Sc Von fera la coelion & 1'expreffion comme auparavant, on reiterera pour la troiiieme fois a mettre en infufion des nouvelles racines & fleurs dans i'huiie coulee , mais on laifl'era bouillir la mauere plus long-tems, afin de faire confumer le fuc del'iris, on coulera enfin la liqueur avec exprellion , & l'on gardera l'huile pour s'en fervir au betoin. Elle attenue eile decerge , Sc eile refout puiflamment, on s'en fen pour les tu- meurs froides, pour les ecrotielles, pour avancer la fupuration. Huile d'hypericum^ compofe'e. Vrenct, des fommitez. d'hyperkum fleuries & pilees , une Uvre , De l'huile commune, deux livres , Du meilleur vin rouge , trois onces. Helen, le tout & le txißex, en maceration dans un vaiffeau eouvtrt für les cendres chaudes pendant 2 4. beures , faites-le bouillir enfuite legerement, puis l'exprimee for- tement. Mettez. apres ceU de nouvelles fommitez, dans 1'huile exprimee que vous laßer et, en maceration , que vous aurez, exprimee comme la premiere fois; & quand vous aurez. reitere cette preparatwn pour la troißeme fois , vous ajouterez, a lhuile purif.ee De la terebenthme de Venife , une hvre , Du faffran 'de dans un nouet, quatre ferupules , & gar des. l'huile pour l'ufage. R E M A R Q_V E S. On aura des forrnaltez de millepertuis fleuries , nouvellement cueilües en leur vigueur, on les concaflera Sc on les mettra dans une cruche , on verfera deflus , le vin & l'huile d'olive, on bouchera la cruche Sc on la placera für les cendres chaudes ou au bain marie , pour y laifler la matiere en digeftion pendant vmgt - quatre heures : on fera bouillir legerement l'infufion , on la coulera avec forte exprellion , on mettra dans l'huile coulee aurant de fleurs de millepertuis qu auparavant, on fera les meines maceration , codion Sc exprellion : on reiterera une troifieme infufion , expr procedant de la meine maniere, excepte qu'on fera bouillir pius long-tems l'mfu- UNIVERSELLE. §S 7 /Ion , afin d'en faire diiliper le fuc aqneux. Quand l'huiie lera coulee, on la laifTera repofer , on la verfera par inclihauon pour en feparercr les feces, & l'o l y fera dif- foudre par une lenre chaleur la tercbennne , on meccra la liqueur encore chaude dans une cruche , au col de laqueile on aura acCache le faffran enveloope au large dans un nouer, & fufpendu par im lii, enforte qu'd trempe dans rhiule , on cou- vrira la cruche & Ton gardera cette huile au befom. Elle attenue , eile digere , eile refout, eile appaife les douleurs caufees par nnc Venus» humeur vifqueulc , on s'en ferc pour forttficr les nerfs Sc les jöinrures, pour la gourte fciatique ; on en met dans les playes pour les deterger & pour les guenr, c'eft un bäume nes-efficace. On doit choilir pour cette huile , les fommitez d'hypericum , lorfqu'il y paroit nn petit bouton fous la fleur car c'eft; une marque qu'il y a de la femence i laquellc eft eifentielle dans cetce preparation, a caule de fhuile c]u'eile connent. La terebentine eil un bäume qui convient fort bien aux qaahtez de cette huile. Quoique les ftcurs de miliepertuis foient jaunes, eües rendent l'huile rouge. On fair auffi l'hiule d'hypericum fimple , par les feules infufions de la fleur dans Huile d'hi- l'huile d'olive , comme on prepare l'huile de rofe , mais eile n'a pas tant de vertu pericum que celle-ci. fm P k ' H<-äle de Nicodeme. Prenez. des femenecs ou des fommitez. d'hypericum ,& de la terebenth'me , de chacim une lii'te, Du fafran , uneonce , De U lytb.irge , Jt'x dragmes , De t'aläes hepatique t de la r .thie d'Alexandrie, de chacun trois dragmes j De 1'builecoiHinnne , deux livres Du vm blanc , deux pmtes. Melez. le tout ,&le faites louillir a petit feu jufqu'a ladimimtiottdi qaart darin; apres cela expojez.-le au loleil penuant dix jorns enUianicule, apiesula aebtrez. de tmfumer le vin pa. ebJitm ifaites-en l'exprejjton enfmte, puisgai den, l'lmle expri- mee pour fufage. REMARQUES. Quoique 1'Auteur demande qu'on raffe bouillir la terebentine avec le rede des drogues , ll vaut mieux ne la inelcr qu'apres la coclion , parec qu'en bouiliant, fa partie la plus volatile fe düliperoit : je ierois donc d'avis qu'on piepare l'h.ule en la maniere fuivante. On cancaflera les fommitez ou la femence d'hypericum , on pulverifera l'aloes, la tuthie 8c la litharge , on les mettra avec le faffran dans un po r . de rerre , on verfera deftus, le vin blanc Sc l'huile , on couvrira le pot Sc Ton fera bouillir la nv,- tiere a petit feu juiqu'a diminution de la quatrieme partie du vin ou e wiron , on tctirerale pot de deffus le feu , Sc on l'expolera au Soleil de la canicule pendaot dix jours t puis on le remettra für le feu, Sc Ton fera boiulhr de rtchef l'infulion , juiqu'a ce que tout le vin (oft confume , on la coulera alors avec forte ex »retfion on y difloudrala terebenthine, Sc on ga^dera cette huile pour s'en fervir au belom. Elle eft; propre pour deterger Sc confohder les playes, cell un bäume, eile eft re- Veitua» folutive Sc nervale. Vcrtus. Huile da jafmin commune- P H A R M A C O P E' E Halle de jafmin fort o&atmtc. Trenez, de petits floccons imbibez. d'huile de ben , que vous etendrez. dans un bajfin i'une largeur convenable. Vous les couvrirez. enfuite de fleurs de jafmin nouvclles qui foient en leur vigueur , & vous couvrirez, le baffin d'un autre femblable , que vous ren- verferez, par deffus. Vous les latjferez. en cet etat pendant quatre heures , apres quoy vous retirere^ les fleurs pour y en remettre de nouvelles ,& vous rcitererez, cette ma- nceuvre jufqita dixfois. Enfin vous exprimer etiles flocctns & il en fortira une huile fort edorante que vous gar derez, pour l'ufage. R E M A R QJJ E S. On arrangera dans im baflin de fayance, des petits floccons de cotton carde 5c bien blanc, imbibez d'huile de ben tiree fans feu par exprcflion , on mettra deflus , un lic de fleurs de jafmin nouvellement cueillies en leur vigueur , a 1epaiffcur d'un travers de doigc, on couvrira le tout d'un autre baflin renverfe , on l'enveloppera d'un drap , Sc on laiflera la matiere en digeftion trois ou quatre heures-, enfuite Fon retirera doucement les fleurs , & l'on en mettra de nouvelles , on laiflera la matiere en digeftion comme auparavant, onretterera la meine chofe neuf ou dix fois , ou jufqu a ce que les cottons foient bien empreints de l'odeur du jafmin , on les mettra alors a la prefle fans les chaufter , Sc l'on aura une huile fort odorante que les Parfumeurs appellent improprement Elfence de jafmin ; on la gardera dans une phiole bien bouchee. Elle fortifie & eile rejouit le cerveau, on s'en fert plus pour les parfums que pour la medecine. Onpeutpreparer de la meine maniere les huiles odorantes de fleurs de rubc- reufe» d'orange , de rofe , de citrön , d'ceillet, de violette, de gyroflee , On doit faire cette huile fans feu , parce que l'odeur des fleurs de jafmin eft Ci fuperfkielle , que la moindre chaleur feroit capable de la difliper , de plus l'huile en chauffant acquiert toujours une mauvaife odeur , il ne faut pas piler les fleurs , parce que leur volatil fe confondroit dans les parties groflieres de la fleur , & eile fe perdroit. L'huile de ben ne rancit point etant gardee ; c'eft pourquoi eile eft preferable aux autres huiles pour cette Operation , ou l'on a affaire de la bonne odeur plus que de la vertu, mais les parfumeurs pour epargner leur bourle employent fouvenr en fa place l'huile d'amande amere qui ne coute pas tant; c'eft ce qui fait que leurs pretendues eflences fe raneiflent en peu de temps , & acquiert une odeur defa- greable. La commune methode de preparer l'huile de jafmin , eft femblable a celle de l'huile rofat; mais comme en boutllant les parties volatiles de la fleur fe diffipenr , l'huile ne retient pas une grande vertu. Huile de fajfran. Trenez. du faffran \ du calamus oderant, &de la femencede carvi, de ebaeun unt ence , De la myrrhe , une demi ence , Laiffez, UNIVERSELLE. 58? lai(fez,-les infttfer pendant cinqjours dans cbopinede vin rotige , Apres celafaitej-les louilhr a petit feu avec une livre & demie d'buile commune jufqu'a la confomption du vin , (oulez. enfuite & exprimex. l'huile pour l'ufage. R E M A R Q^U E S. On reduira en poudre groffiere le calamus aromaticus , la femence de carvi Sc la myrrhe, on les mettra avec le faffran dans un poc de terre vertäfle , on verfera le vin deifus, on couvrira le pot exaeftement , Sc on laiffera la matiere en infufion pendant cinq jours , puis on y melera l'huile , & l'on mettra bouillir le melange a. petit feu jufqu'a confomption du vin , on couleta alors l'huile avec expreuloii , 8c on la gardera. Elle dillipe les duretez , eile appaife les douleurs de la matrice Sc des autres par- ties, eile fortifie les nerfs, on en oint les parties malades. Quoique le faftian foit d'une fubftance fort tenue , il ne donne point de teinture i d'odeur a l'huile , mais il en donne a l'efprit de vin , au vin , aux liqaeurs aqueu- ni Vertus. Le fafirat ne donne i l'huile au- eune ecu- leur ni odeur. fes , c'eft pourquoi on le fait infufer dans le vin avec les autres Ingrediens pour en extraire la fubftance avant que de le meler dans l'huile Hülle de coinrrs. o Prenez, des coings pilez. avtnt qu'ils foient tout-a-fait nteurs , & de l'huile commune, de ebaeun trois livres. Mettez,-les dans un vaiffeMVerniffe & les Uiffet, eninfußon pendant 24. heitres fu r les cendres chaudes : apres cela qu'ils bouillent a petit feu , puis faites-en l'expreßion , & verfem l'huile exprimie für trois livres de nouveaux coings. Vaites - en une feconde infujion , coäion & exprefßon ; puls gardez, l'huile epuree pour l'ufage. REMARQUES. On aura des poires de coings qui ne {oient point tout-afait meures, on les rapera & on les mettra tremper dans l'huile pendant vingt-quatre heures für les cendres chaudes en un pot de terre couvert, on fera enfuite bouillir l'inhilion ä petit feu pendant un quart d'heure , on la conlera avec expreilion , on mettra infufer de re- chef dans l'huile coulee , une pareille quantite de coings rapez comme auparavant , on fera bouillir doucement l'infufion jufqu'a confomption de i'humidite du coing , on coulera l'huile, exprimant fortement le marc , Sc on la gardera pour le befoin. Eile eft aftringente , eile fortifie l'eftomach , eile arrete le vomiirement Sc les fueurs immoderees, on en frote l'eftomach, la poitrine Sc l'epine du dos: on peut en mettre dans les lavemens aftringents , depuis demi once jufqu'a detix onces. Plufieurs fönt leur huile de coing avec parties egales de lue de coing & d'huile Autre m~- qu'ils fonr bouillir doucement enfemble jufqu'a conlomption du fuc , mais l'huile de tho is de coing faire par cette derniere methode , n'eft pas li aftringente que celle qui eft j?^P, ir 5J faite avec le coing meine. Huile d'Euphorbe ßmple. Treneu de l'Euphorbe pulverifee , dix onces , De l'huile commune , une Une. Melez.-les & en faites une huile felonl'art. f V uuuu Venus, Dole. l'huile da com.'. *j>o PHARMACOPE* E R E M A R 0_U E S. On mettra l'huile dans une baffine für le feu , & quand eile fera bien chaude . on y melera l'euphorbeen poudre qui s'y fondra en un mltant, on coulera la diiTolu- uon , & Ton gardera cerce huüe pour s'en (ervir au befoin. Vertus, Elle eil refolutive, eile eft employee pour diifoudre les humeurs glaireufes froi- des , pour la lethargie , pour la paralifie , on en fiotte les parties malades. Plufieurs detcripnons ajouteir da vin dans cetre compofition , rnais comme l'eu- phorbe fe diflout aifement dans l'huile, üy feroit inutile , &c il ferok dilliper en buuiliant, le voladl de la gomme. Huile d'Euphorbe , compofe'e. TreneZa du ca.la.ment de montagne , une once & demie , De U raune de coßus , dix dragmes , De celh de pyretbre , ßx diagmes , Du caßoretim , cinq dragmes , De la. faporuire & de la ßaphifaigre , de chacune une tiemionce. Ces drogues etant pilees, laißez.-les en macer ation pendant trois jours dans une p'tntt de vtn louge , & une hvre & de mie d'huile commune. Takes bouiltir le taut jufqu'a la confomption du vin : apres cela repandez.-y de Veu- pborbe nouvelle mife en poudre fubtile y demi once. Cuife^-le un peil plus } coulez., ex- frimtt. l'huile & la garden. pour l'ufage, K E M A » QJO E S. On concaffera bien les Ingrediens, on les mettra infufer dans l'huile & le vin pendant trois jours t on fera enfuire bouillir i'inlufion doucement jufqu'a confomption du vin , 8c on la coulera exprimant forrement le marc , on la remetrra für le feu , & l'on y demelera pendant quelle fera chaude , l'euphotbe en poudre qui fe difloudra en un inftant, on la recoulera & on la gardera. Vertus. Eile eft propre pour rarefier & fondre les humeurs froides, pour fortiner les- nerfs, pour les cacharres, pour i'apoplexie, pour la paralifie . pour la lethargie , on en frotre les parties amquees , on en met quelques gouttes dans les oieilles au tems de I'apoplexie oude la lethargie. m 1 L O Huile de cadpres» 1 L Trenez. de Tkorcc de räche de capprier & desfruits du mcme arbrißeau , de chacvn quarre ortces , De rdcorce de racine de tamarifc, & des fommitez. de la meine plante fleurics de fbd- cuncs deux emes , DesfcHtlUs de rbtie nouvelles , de cigue & de ceterach, & de la femence d'agnus caßus & des jlei.tr s de geueß , de chacunes une once , Des racnes de foucbet & üe gentiane y de cbacunes demionce, De l'huile commune , trois livres , Du vin blanc & dufortvinatgre , de chacunchopitte. rüet. les drogues qui dotvent itre pilees, & wettet, le tout dans un vaißeau verruße biea couvert , & le Uißez, infufer pendant 24. heitres für les cendres chaudes,puis fai- les-ies cuire au ba n inirie bien chaud prefque ju(qu a com omptkn du vin & du rinatgre*- Cralei. enfmte UikiCum & t'exprimei. 3 &gardit* Flmilepour l'u-fage. UNIVERSELLE. 891 JR E M A R Q_U E S. On concaffera bien les Ingrediens, on les metcra enfemble dans un pot de terre vermiß , ou veriera deftus, l'huile , le vin Sc le vinaigre, on couvrira le pot & on le placera für lescendres chaudes pour y lailFer la mauere en digeftioa vingc-qiutte heares, 011 le metrra enfuire au bain marie bouillanr, pour faire ciure l'inrunon, Sc confumer prefque rout le vin Sc le vinaigre t oncoulera l'huile avec exprei'iion 3 Sc on la gardera pour s'en fervir au befoin. « Elle eft eftimee propre pour les douleurs & ponr les obftructions de la Carte, eile Vertus. eft refolutive , & par coniequent bonne pour ramolir les ichirres & les autres hu- meurs grollieres, & on en trotte les parties malades. je terois d'avis qu'on retranchät le vinaigre de cette compoficion , fa qualite aftringerite ne convient guere pour les eftecs qu'on ateend du rernede } on pourroie en la place doubler la dote du vin. Le capprier eft propre , etant pris intericuremeöt , pour lever les obftruitions de la ratte , ä caute d'un tel aperinr qu'il contient , mais il ne taut pas s'imagi- ner qu'il agiile de meme, etant applique exreneuremenr , il n'a pas auez de Force pour penetxer jufqu a ce vifcere , prxncipalemenr lorfque Ion fei a ete emoufle dans l'huile : cetre hiule neanmoins ne laiile pas de produire un bon eiler, parce qu'eile ramolit les durecez de la parne, eile agira de meme aux autres endroits du corps. On appelle ici les cappres des fruius, felon le vulgalre , mais ce n'eft que pour fe "Les cap- faire mieux enrendre , car ce ne fönt que des fleurs en bouton , ou qui n'onc point P 1 '"* „ '"' c encore ete epanouies , qu'on a conhtes dans du vinaigre. €n [ >0 ' utnns On pourroit encore preparer une huile de cappres liniple avec une parne de ces yi ü \ e j e bourons de capprier nouvellement cueillis & ecralez , Sc deux parties d'huile qu'on cappres feroit cnire ä pent feu , jufqu a confomption de prefque taute l'humidue &c qu'on " m P' e * couleroit enfuite pour s'en fervir , eile auroit les merries vertus que la precedente. Huile de nicotiane. Vrenex. du fuc de nicotiane nouvellement tire , & de l'huile commune , de chaeun parties egales. Taites-la cuire jufqu a la confomption du fuc ; coulen-la & la gardez,, Pre'parez, l'huile de eigne de U meme mattiere. R EM A R Q V .JE S. On tirera du fuc de nicotiane par expreflion , quand la planre eft en fa vigueur , on le melera avec partie egale d'huile commune , on fera bouiilir le melange jufqu'a ce que le fuc loit prelque confume , on coulera l'huile , Sc on la gardera pour le befoin. Elle eft fort refolutive, on peut s'en fervir pour fondre 6c pour difliper les fehleres , Sc les autres tumeurs. Huile coffin , de Mefue'. Trenez. des fommitet. de marjolaine , huitonces, Du eoftus vrai , deux onces , De la caffe odorante , une once , De l'huile commune , trois hvres, Du vin blunc, ce qu'il en faudra. Pilez. les drogues qui en ont befoin ; faites linfufim t confume t. les fucs far U ca- clion , & g.\rde% l'huile exprimee päur Cujage. Vuuuu ij Huile de ci»ue. $yx PHARMACOPE'E R E M A R Q^U E S. On concafTera bien les Ingrediens , on les mettxa dans im pot de terre vertäfle , on verfera defliis , trois livres d'huile & une livre de vin blanc t on couvrira le pot Sc on laiflera la matiere en digeftion pendant deux jours, enfuite on h fera bouillin dou:ement juiqu'a confomption du vin, on coulera l'huile avec exprelfion , & on la gardera. Vmus. Elle echauffe , eile refout, eile fortifie les parties ncrveufes , eile diflipe les ca- tharres , on en frotte les parties malades. Cette huile poutroit a plus jufte titre eft appellee haue de marjolaine , qu'huile de coftns, puifqu'il entre dans fa compofition beaucoup plus de cette herbe que de la racine de coftus. Huile de maßich. freuet, du maßicb cho'tfi, une denn livre } De l'huile rof.it } deux livres, Du meilleurvin , deux onces. Cttifez. ces drogues apres les avo ir mtfes dans un vaiffeau de terre vern'tße; coultx.-lei & gardez* l'huile dans fa purete. Huile de flo.ax. Vemis. Dofft Huile dt iru/tieii par la cor- BU£« Vertus On preparera de meine Fhuüe de ftorax. R E M A R Q^U E S. On prendra du maftich bien pur , on le pulverifera groflierement, & on le mettxa dans un pot vernilTe , on y verfera l'huile &C le vin, on couvrira le pot, & on le placera für un feu mediocre, pour faire bouillir doucement la matiere , jufqu a ce quele maftich foit diflout, ce qui arrivera en peu de tems, on coulera l'huile & on la gardera. Elle fortifie le cerveau , les nerfs, les jointures, l'eftomach, eile artete le vomif- fement, on en frotte les parties afFoiblies, on en met auffi. dans les lavemcns pout la lienterie, pour Ja dyfenterie, depuis demi once jufqu'a une once & demie. , On tire encore l'huile du maftich feul par la cornue a grand feu,mais eile eft noi- re & puante. Le maftich etant une reime, il fe diflout fort aifement dans l'huile ; le via eft inutile ici. Huile de Jolanum. Trcnez, des bayes demorelle meures &pilees , une livre , De l'huile commune, trois livres. Cuifez.-les jufqu a la confomptkn du fite; exprimez. l'huile & la gardez* R E M A R QJU E S. On choiiira des bayes de moi'elle meures des plus grofTes , on les «xafera biet? dans un monier , & on les fera bouillir a petit feu avec l'huile , prefqas jufqu'a confomption du fuc ; on coulera Thuile exprimant fortement le marc, on la laiflera depurer, puis l'ayantverfe par inclinarion , onla gardera pours'en lervir au befoin. Elle eft rafraiefuffante & propre a condenfer & a arrerer les humeurs: on s'enferr pour les playes enflammees, eile entre dans l'onguent pomphcJix. UNIVERSELLE. 8^ Huile de manduo-or", o Protei, dufuc de pommes de mandragore , ou a leur defaut des feultles de la mem$ plante , quatre onces , Des tetes de pavot noir , trots onces , Des feinlies de jufqmame . dettx onces , v De Celles de violettes & de eigne , de ebaeune uneonce , De lopium, du ßorax calamitbe , de cbacutt dam once , De l'huile commune , deux hvres. Ces drogues ayant eteexpofees pendant d'txjours a la chaleur du Solei!, eu.ifez.-lcs in- fenßblement jufqu'a laconfomption des fucs ; coulet, enfuite la decoäwn dans laqiielle vous dijjmdrez, l'opium , & vom y meieren le ftirax dtßout avec un peu de terebenthine. R E M A R Q^U E S. On tirera les fucs par expreilion , apres avoir bien pilc & Iaifle maecrer quelques heuresles plantes verces & recemmenr cneillies chaeune en pirticulier , on melera ces fucs avec l'huile, & Ton mettra en digeftion le melange dans une bouteille au Soleil, pour l'y laifler pendant dix jours, on Je fera enfuite bouillir dans un pot de terre vernifle , jufqu a confomption des fucs , puis on coulera l'huile , &c 1 on y dif- foudra autant qu'on pourra chaudement l'opium & le ftorax dans un peu de terebenthine , on gardera cette huile pour le befoin. Elle tempere & eile adoucit les inflammations, eile modere les douleurs en affou- piflant, eile eil bonne pour la brulure , pour les hemorrhoides. Les tetes de pavot etant peu fücculentes, fi vertes qu'eiles foient, il eft bon de les humeeter un peu apres les avoir bien pilees avec du lue de mandragore. L'opium ne le diifoudra pas tout a fait dans l'huile , mais on le laiifera toujours tremper dedans , ahn quelle s'en empreigne fufhTamment. Le ftorax eft employe ici pour corriger les autres ingrediens par fes parties fub- riles, mais il n'y eft pas beaueoup necellaire, puifque cette comppfition h'cft deftt- nee que pour l'exterieur. Huile nardin. Prenez, du fpicanard coupe par petitsmorceaux & p'üe , trois onces ■> Du metlleur vin, ejuatre onces , De l'huile commune , une livre & demie. Lai{[ez,-les enfemble en maceration dans ttn vaißeaucouvert pendant hv.it jours; Of;- fez~-les enfuite jufqu'h la confomption du vin ; fattes-en l'exprejjion , epurc~ l'huile , & la garde x pour l'ufage. R E M A R O^U E S. On ineifera menu le foieanard, on le mettra dans une cruche t on ver/era deflus l'huile & le vin , on couvrirala cruche, & on la placera au Solei! ou dans un autre Heu chaud , pour y laifler la rnatiere en digeftion pendant huit jours, on fera enfuite bouillir Pinrufion doucement, jufqu'a ce que le vin foit confume, on coulera l'huile avec expreilion , & on la gardera. Elle rarefie , eile digere , & eile refout les humeurs groffieres 8c pituiteufes, on l'employe dans la paralifie , dans les tremblements des nerfs, dans les fuffocatiom de matnee , on en introduit avec un petit cotton dans les oreilles pour les bourdon- nements. Yuuuu iij VertBS, Venia» 8> 4 PHARM ACOPE'E Haile muff*de. Tratet, des flenn de lys, de lafeuille indienne , du maßieb t du coßut & dn fp!e deux Jcrupit es t Du mufc , un fcrupule , De l'buile commune , deux livres , Du meilleur vin , une denn hvre. Ces drogues legerementpulvert fees , feront mifes en muceration } puis cuitesiufqu* Li unfimptim des fucs , & feront coulees & g.irdtes pour l'ufage. REMARQUES. On concaflera bien les ingrediens, excepre le mufc , on les mettra dans un pot de tcrre vernifle, on verfera tieiliis, le vin Sc l'hiüle, on couvrira lc poc & on le pla- cera en unlicn chaud , pour y lailler la matiere en digefhon pendant fept ou huit jours, on fera enfiure bouilhr l'infufion i petit feu julqu a confomption du vin , on rexprimera, on la verfera toutc chaude dans une cruche , Sc Ton y mettra infufer le mufc enveloppe dans un nouet, Sc fufpendu par un lil qu'on attachera au col au d l'ance de la cruche pour l'y lädier roujours, Venus. Cette hu de elt propre pour fornfier les nerfs , la matrice , l'eftomach , pour challer les vents , pou refoudre les humeurs groflieres, on en frotte les parries malades. 11 ne faut pas croire que le mufc donne ici une bonne fenteur , cet aromate ne peut pas furpafler in vaincre la mauvaife odeur dune huile bouillie , mais par fa partLe voianle & rarenante , il peut penetrer Sc ddloudre les humeurs en augmen- tant le mouvement des efprits. Huile de coticomhre fauvage , fimplc. Trenet, de U meine deconcombre fauvage coupee & concajfee , une demi-livre, De l'hude commune , trois livres. Faites-les infufer ,puis cuifeiL-les jufqua U confomption dufuc,puis exprimex. les & gardez. l'buile pour l'ufage. R E M A R Q^U E S. On aura des racines de concombre fauvage bien nouries Sctecemment cucil/ies > ' on les coupera par petics morceaux, on les pilera bien , Sc on les mettra dans une cruche , on verfera deffus 1 nuile Sc le fuc des concombres fauva?es nouvellemenc tire , on bouchera le vaiffeau, Sc on Fexpofera deux ou trois jours au Soleil , ou a un autre lieu chaud, enfuire on fera bouiliir l'infufion a petic feu jufqu a dirnmu- tion du fuc , on coulera l'hude , Sc on la gardera pour le befoin. Vertus. Elle attenue , eile amollit, eile echaufre & eile refou: , eile diffipe les humeurs froides du cerveau, etant introduite dans le nez avec un perit tampon de lmge , eile lefout les humeurs fcrophuleufes etant appliquee dellus. Comme le concombre fauvage eft vifqueux , il iäut le laiiTer macerer quelque UNIVERSELLE. 895 tems quand il a ete pile, öc le faire un peu chauffer s avant que de l'exprimer, pour en tirer le fuc. Le nora de cetce huile vienc de ce qu'eüe a ete autrefois fort en ufage dans une controe du Peioponefe , nommee Sicyonie. Htttle de comombre fnavage, compofe'e. Vrenez. de la racine de concombre faui'age, une livre k Des fleurs de rofmarm, de la pjrethre , de l'euphorbe , de l'agaric, du caßoreum & da nitre , de chacun trois onces , De l'huile commune , quntre livres , Du meilleur vin , une pinte. Mettez. le tont en infüfisn, & le cuifez, jufqu'a, la confomption du vin ; expfimez. les enfuite & l'huile epuree feragarde'e pour / 'ufage. R E M A R O^U E S. On coupera &: Ton pilera bien les racines de concombre fauvage , on les mettra dans une cniche avec les fleurs de rufmann & les aurres grollierement pulverifees , on vei-feni deilus, l'hinle & le vin , on bouchera la cruche , & on l'expofera fepc 011 halt juurs au Soleil oti a une aucre chaljeur , on fera bouillir enfuite 1 mfu/ion a. pecic feu, remuant de tems en tems la mauere avec une eiparule jufqu'a confomption du vin , on coulera la liqueur avec exprellion, & Ton gardera L'huile pour le befoin. Elle chaufre & refout plus que la precedente , eile eft propre pour les fchirres Vertue du foye c'; de la racte , pour les durecez de la marrice. Huile re'folutive. Pretiez. des racines de concombre fauvage , de bryone & d'althea , de chacun une liv t De l"huile commune , quatre livres. Expofet,-les au foletl pendant un mois; apres cela cuifc%.-les&les txpr'mex.. R E M A R O^U E S. On rapera la racine de bryone , on coupera & l'on concaflera bien les autres racines , on metcra le tont enlemble dans un pot de terre , on y verlera Thuile , on couvnra le pot exactement, & on l'expoiera au Soleil ou a un autre lieu chaud pendant un mois , on fera enluite bouillir doucement la maciere julqu'a confomption de l'humidite , on coulera l'huile par un lingc , expritnant fortement le marc , & on la gardera pour s'en lervir au befoin. Elle eft propre pour digerer , pour ramolir , & pour refoudre; on s'en fert pour V*cm;Sv attenuer les humeurs vifqueufes , & pour les faire diiliper, on en trotte les parties malades. Huile auditive ambree , de Mynßcht. Treuen de Thuile d'amandes ameres, quatre onces , Des huiles nardin & de lys f de chacun deux onces , Des (ucs d'ongnan , de marjolame , de rbue , de porraux, de raves & de cappres , dz ebactm , une once. Cesdrcgues etant melees feront cuites jufqu'a la confomption des fucs ,$>uis ayarJ uti ihuile , ttjOHtea-y 8 9 ö PHARMACOPE'E De l'efprit de vin entgegne de cloportes & du me'tlltur vinaigre , de chacun deml once , De fambregris , desfleurs de ferpolet, des bayes de (ahme, de lafemence de cum'm& du macis , de chacun une dragme , Des cubebes, de V ellebore blanc , du maflich , du ladanum , dußorax calamitc , de chacun demi dragme t Du cafloreum vrai, du poivre long , du faßt An & du nitre, de chacun un fcrupule. T outes ces drogues bien concaßees, ferontde nouveaucuitesM bain marie , apres ccU melei. aPec Vhuile expnmee De Vhuile de fourmis & d'anis , de chacun une dragme t Des trochifques degallia mofchata , un fcrupule. Mekz. le tout, & le gardex. pour fufage. R E U A R QJU E S. On tirera les fucs par expreilion cn la manierc ordinaire , on lcs melera avec lcs huiles dans un pot de terre vermiß , on fera bouillir le melange jufqu'a confom- ption de l'humidite aqueule, on coulera l'huile , &c on la laiflera refroidir •, eepen- dant on aura fair infufer pendant vingt-quatre heures deux douzaines de cloporces Vivantes dans une once d'efprit de vin, on coulera enfuite l'infufion avec expreffion , & l'on en melera demi once avec l'huile coulee , le vinaigre &c les aucres drogues groilierement pulveriiees, on laiflera macerer le tout dans un vaifTeau de verre cu de terre bien bouche pendant cinq ou fix jours. On mettra enfuite le vaifleau au bain marie chaud pendanr une heure , puis on coulera rinfiifion » exprimant forteme it le marc, on melera dans la liqueur coulee , les huiles d'anis & de fourmis , & les trochifques de gallia mofchata bien pulverifez, on gardera cette huile dans une bou- teille bien bouchee. Venus. Elle eft bonne contre la furdite , eile chafle les vents , eile diffipe le brouiue- ment des oreilles, eile appaife les douleurs de cette partie , eile fait fuppnrer les abfees qui s'y forment, on en inftille quelques gouttes dans l'oreille au matin &: au foir. Huile d'a une'e, Vrtnet. de Uracine d'aune'e , une livre, Du vin rouge , une demi livre , . De l'huile commune , deux livres. , Melez. le tout, cuifez.-le a peütfeu, exprimez. U decoelion , & gardez, Vhuile ex- frimie pour l'ufage. R E M A R Q^U E S. On aura des racines d'enule campane des mieux nourries , recemment cueillies, on les rapera, &c on les fera bouillir ä petit feu avec l'huile & le vin, jufqu'a con- fomption de l'humidite aqueufe ; on coulera la liqueur avec forte expreilion , Sc l'on gardera l'huile pour le befoin. Vsrtus. Elle eft propre pour guerir la grateile Sc les dartres, eile eil refolutive , on cn frotte les parties malades. Huiles UNIVERSELLE. 897 Huile de poivres, de Meßte. * Vrenet. des myrobolans cepules , blertques , embltques & indiques , de cbacutis cinq dragmes. Des racines d'ache & de fenouil, de chacunes trois dragmes & demie. Du gtngembre , dupotvre long , noir & blatte, de chaeun trois dragmes. Des gotnmes fogapenum , opopanax & Ammsmac, de chacunes deux dragmes & demie. Du turbith, trois dragmes. Des /ommitez. de thymvert & desfeuilles de rhue verdoyante , de chacunes , une demi poignee. Ces drogues un peupilees feront cuitesjufqua. diminution du tiers dans Jix pintes d'eau ; ajoutez. a Im colature De l'huile de Im, une livre & demie. Cuifex, le toutjufqu'a la confomption de l'eau, & re'fervez. l'buile pourl'ufage. REMARQUES. On concalTera toutes les drogues , on les mettra dans un pot de terre vernifle > on y verfera douze livres d'eau , on couvrira le pot & Ton fera bouillir le melange a petit feu , jufqu'a diminution de la troifieme partie, on coulera la deco&ion & l'on y melera 1'rnule de lin, on fera derechef cuire la liqueur jufqu a confomption de l'humidite aqueufe , on gardera l'huile qui reftera. Elle eft propre pour fortirier les nerfs, pour la paralifie , pour les convulfions, Veitus. pour la feiarique , pour les humeurs froides, pour les duretez de la ratte , on en frottera les parties malades. Meiue demande ici l'huile de ricinus , mais commc eile ne fe trouve pointchez les Apoticaires, on lui fubftituera celle de lin. il entre trop d'ingrediens dans cette compofition pour la quantite de l'huile , & il y en a plufieurs qui me paroifTent inutiles, comme les myrobolans, le turbith. La longue co&ion qu'on fait des drogues dans Teau , diflipe leur partie volatile , Sc amoindrit beaueoup leur qualite, je trouverois plus a propos qu'on les mit en di- geftion dans l'huile avec un peu de vin pendant quelques femaines, puis que l'on fifl: bouillir l'infufion legerement, & qu'on la coulat avec expreffion , par ce moyen l'huile s'empreindroit des fubilances volatiles & fixes des ingrediens. Voici donc comme je voudrois reformer cette defcription. Haile de poivres , refofme'e. Trenez, du poivre long & noir , de chaeun une vnce & demie. Des racines de gtngembre, de fenouil & d'aebe , de chaeun , demi once. Des gommes ammonuc , opopanax & de fagapenum , de chacunes > trois dragmes. Des [ommitez. de tbym vert & de rhue , de chacunes, une demi poignee. De l'huile de lin , deux livres. Du vin rouge, une demi Itvre. Pilez, ces drogues , puis Uiffcz*-les en maceration dans un Heu chaudpendant un mois , dans un vaiffeau bien bauche ; apres cela cuifei~-les a petitfeu , coulez. enfutte la deco- äion, & l'exprimez., & gardez. l'huile exprimee pour l'ufage. Huile cAlmint,tive , de Mynficbt. Prenex. des huiles d'flillees de cumin , une demi once. De l'huile de fenouil, d'ams & de carvi , de chacunes une dragme. f Xxxxx 85)3 PHARMACOPE'E De Celles d'aneth , d'orange , de camomille , de chacunet dem't dragme, Metex* le tout , & le gardex., poxr Hif.tge. R E M A R 0_U E S. On tnettra toutesles huiles diftillces ou eflences enfcmble dans une phiole & oa les agiterapour les meler exactement. Vertu». Cetce huile eft propre pour attenuer les vifcofitez, pour chafler les venrs, pour Dofe. appaifer les tranchees & les douleurs i on s'en fcrt p jur les melancoliques. La dofe en eft depuis trois gouttes jufqu'a fix. Onpeut aulli en oindre la region de l'efto- mach , & le nombril. Toutes ces huiles fe diftillent comme l'huilcde canelle , qu'ontrouveradecrite dans mon Li vre de Chymie. On pourroit abreger la compofition de l'huile carminative , fans diminuer fa vertu ; car les huiles d'aneth , d'anis & de fenouil ayant une meme qualite , on pourroit n'employer qu'une des trois en quantite proportionnee 3 ainli l'on peut reformer cette deicription en la maniere fuivante. Halle carminative , conige'e. Prenez. des huiles difl tlees de femences de cun.in , demi dragme. De l'huile d'anis \ deux dragmes & deniie. De celle de carvt , une dragmme. De Celles d'orange & de camomille , de chacunes demi dragme. Melez~-les toutes, & gardez, ce melange pour l'ufage. Huile de peuplier. Trenez, des yeux de peuplier , une Une. Dt l'huile commune % trois hvres. Du vin rouge , une denn hvre. Laiffex. le tout en macer ation pendant huit jours , Cuifei. -le ertfuite & l'exprimex, , &garde%. l'huile exprimee pour l'ufage. R E M A R Q^U E S. On aura des yeux de peupliers recemment cueillis , on les pilera bien dans an morcier , on les metcra dans une cruche , on verfera deifus, l'huile & le vin, 011 bouchera la cruche , on l'expofera huit jours au Soleil ou en un autre lieu chaud, puis on fera bouillir la matiere a petit feu jufqu'a contomption du vin , on couiera l'huile avec forte exprellion; Sc l'ayant laiflee depurer , on la gardera pour le befoin. Verttis. EUe adoucit en rafraichiflant, eile eft bonne pour les inflammations, pour la brulure entamee , eile eft refolutive. Le vin qu on fait entrer dans cette compofition luie ft pluröt prejudi ciable qu'utile , parce qu'il detruit une partie de la vertu rafraichiilante des boucons de peuplier t qui fait leur plus grande vertu , il feroit bön de leretrancher j l'humidke de peuplier fuifit pour la codtion de l'huile. UNIVERSELLE. *?«> Huile de marjolaine. Frenez, de la marjolaine , quatre poignees. Du (erpolet , deux poignees. Des f einlies de mjrtbe ou de [es l/ayes , ttne poignee. De Celles d'aurone & de mentbe aquatique , de chacunes deml poignee. De l'buile commune , trois livres. Laijfez,-les en maceration pendant buitjours dans un vaifjeau bien boucbe i cuifet.-les enfuite , fattes-en VexprcJJion , & gardex, l'buile exprimee pour l'ufage. R E M A R QJU E S. On incifera & l'onconcauera les herbes, on les mettra dans une cruche, on ver- fera detfus, l'huile , on bouchera le vaiiTeau , on l'expofera au Soleil 011 en un autre lieu chaud pendant huitjours , 011 fera enfuite bouillir legerement l'infufion a petit feu , on la coulera exprimanc fortement le marc , Sc Ton gardera l'huile coulee, pour s'en fervir au befoin. Elle eil refolutive , eile fortine le cerveau , les nerfs, l'eftomach , eile chaue les Vertus. vents & les vers f eile eft bonne pour la fciatique , eile attenue les vilcofites , on en frotte la partie malade. Quelques Auteurs demandent qu'on rei'tere encore deux infufions d'herbes dans la meme huile ; mais c'eft donner de la peine inutilement, car en l'infufion decrite, il y a plus de plantes qu'il n'en faut pour empreindre l'huile - , Sc quand on y en re- mettroit d'avantage, elles fortiroient fans y avoir rien laifle , parce que les pores de l'huile etant pleins , ils ne pourroient recevoir davantagede {ubftance. On pourroit faire une huile de marjolaine fimple avec la feule marjolaine infufec Huile de dans l'huile , eile auroit autant de vertu que 1'autre. marjolaine On tire par la diftillation une huile ou eflence de marjolaine , commc l'on tire lm P * l'huile de canelle quieft decrite dans raon Livre de Chymie. Hatte de mucilage. Trenez. de la racine de guimauve recente , quatre onces. De la femence de fenugrec & de Un , de ebaeun, une once & demie. De la [etile recente concaßee , une once. LaiffeTU-les macerer chaudement dans une fufifante qumtiie d'eau : apres cela cu'i- fez~-les jufqa'a ce qu'elles foient en etat de rendre un mucilage großer , &vous y ajouterez. Des bu'ües d'aneth , de camomiüe , & de Ijs blancs t de chacunes , trois onces. Cuifez»-les de nouve&u jufqu'a confomption de Vhumidite en remuant totijours la mattere de cratnte qu'elle ne brule , & gardez. l'huile pour l'ufage. R E M A R Q^U E S. On coupera par petits morceaux les racines d'althxa Sc les oignons de falle, on les concafTera Sc on les mettra avec les femences entieres dans un por de terre , on verfera deilus , hx ou fept livres d'eau bouillante > on couvrira le pot & oa laiflefa macerer le tout pendant dix ou douze heures ; on fera enfuite bouillir l'infufion jut- qu'a ce quelle ioit mucilagineufe , on la coulera avec expreffion , on y joindra les huiles, Sc l'on fera bouillir le melange jufqu'a confomption de l'humidite , remuant für la tin, pour empecher que le mucilage ne s'attache au fond du vaifleau , Xxxxx ij Vertu*. Vertus. Dofe. Vertu«. 900 PHARMACOPE' E Sc ne brule; on coulera l'huile, & on lagardera. Elle amolit, eile refont, eile ävarice la fupuration , eile diflipe les doulcurs de rhumatifme & des jointurcs, on en frotte les parties malades. Hu'tle nephritique , de AIynficht. Trettez. de F hatte de fuccin blanc reätfiee, de Celles de terebenthine & degen'tcvrt, de ebaeunes quatre onces p De la leviire de pain , du fei commun & du tarne blanc, de ebaeun une once , Des eaux de lierre terreßre , deperfil & d'arrete-bceuf, de chaeunes trots Itrres. Melez, le taut & le dißillez. par l'alembic: apres cela feparez. l'huile , & U referves. pur l'ufage. R E M A R Q_U E S. On pulverifera fubtilement le tartre blanc & le fei, on les melcra avec le Ievain, les huiles , on mettra le melange dans une grande cueurbite de verre ou de gres,on verfera deflus, les eaux diftillees, on couvrira la cueurbite de fa chape , on y adapte- la un recipient, on lutrera les jointures ; & par un feu de fable gradue , on fera di- ftiller la liqueur , pouflant le feu für la fin , on feparera l'huile qui furnagera l'eau dans le recipient, & on la gardera. Elle attenue Sc chafle la pierre Sc le gravier du rein , eile foulage dans la colique nephietique , eile poufle par les urines , eile fortifie la matrice, Sc eile aide a. l'ac- couchemenr. La dofe en eft depuis deux gouttes jufqua fix. L'eau diftillee qui refte dans le recipient apres qu'on en a tire l'huile , eft auffi fort aperinve, on peut s'en fervir auxmemes ufages. La dofe en eft depuis une once julqua quarre. Huile de flaphis-aigie* Prenez. ditflaphis aigre , une once & demie , Du fuc de fertoml, une demi hvre , De l'huile nardin , une hvre. Melez. ces drogues & les laijjez. en mxcerat'ion pendant quinz.e jours : apres cela cui- jez.-les , pu'ts exprimez,la decoclion , &gardez, l'huile exprtmeepeur l'ufage. £ E M A R Q^V E S. On pulverifera groffierement le ftaphis-aigre , on le mettra dans une cruche, on verfera deflus, lliuiie &c le fuc de fenoüil nouvellement tire , on bouchera la cruche , on la placera en un lieu chaud , & on l'y laiflera pendant quinze jours, on fera enfuite bouillir doucement l'infuiion jufqu'a confomption du fuc , on l'expri- mera fortement, £c Ton gardera l'huile coulee & depuree pour s'en fervir au. befoin. Elle diflipe les flaruofires & le brouilTement des oreilles, on en fait entrer quelques gouttes dedans avec im peu de cotton. Halle balfamique t de Mynßcht. Trenez, de l'huile d'olives , une Hvre , Des hmles d'hjpertcon & de bajes de laurier , de chaeunes une ence * UNIVERSELLE. 901 Des bayes de gemevre & de petrole , de cbacunes demi once , Des bois de rofes & de [pico. , de cbacunes deux dragmes , Des femences d'angelique& d'anis , de chacune une dragme , De la terebenthine de cypre lavee tians l'eau de violettes , une demi livre, Melez. le taut, & avec une quanttte fuffifante de racine d'orcanette, faites-en un bäume rouge. R E M A R Q_U E S. On mcttra dans unccruche de terre toutes leshuiles, la terebenthine lavee dans de l'eau de violettes , Sc deux onces de racines d'orcanette feche concaflee , on bou- chera bien le vaiffeau, Sc 011 le placera au bain marie chaud pour y laifler la matiere cn digeftion pendant douzc heures : enfuite Ton fera bouillir le bain marie , & quand rinfonon fera bien chaude, on l'agitera avec une efpatule de bois , Sc on la coulera avec forte exprefllon : 011 gardera l'huile coulee dans un bouteille bien bou- chee , c'eft un bäume. Elle attenue , eile echauffe , eile refout, eile ouvre & eile penetre; on peut s'en Vertuj» fervir pour dülöudre les humeurs froides, pour la parahfie , pour la goutte fciati- que, pour refifter a. la gangrenne, pour nectoyer les playes. Huile de bäume , de F. d'Jpoue. Trenez. de la terebenthine , une livre & quatre onces , Du ladanum , dix dragmes , Du florax liquide , de la myrrhe ,de l'aloes , du fpicanard , du fang-dragon , de Pen- cens, de la munne , de Popopanax , du bdelitum , du carpobaljame, de la canelle, de la furcoeolle, du faffran t du maflic , de la gomme arabique , de chacun une once , Du mujc , dtx-bmt grains. Toutes ces drogues bien melees, feront dtßillees par la retorte. R E M A R QJJ E S. On pulverifera groflierement les Ingrediens, on les mettra avec la terebenthine dans une grande cornue, dont la moitie demeurera vuide, on la placera dans un fourneau de fable, on adaptera aucou de la cornue un grand recipient, onluttera exactement les jointures , Sc par un feu gradue , Ton fera diftiller l'efprir Sc l'huile, on delutterale recipient & l'onverfera ialiqueur dansun entonnoir garni de pa- pier gris, l'efprit paflera & l'huile demeurera dans le nitre , on la gardera dans une bouteille. Elle rarefie, eile arrenue , eile deterge , eile refifte a. la putrefaftion, eile refour, Vemu. eile fornfie les nei fs Sc la matrice : on en met dans les playes , & l'on en frotte les membres doubureux , etant melee avec quelque huile appropriee, comme avec l'huile de vers. ll eft necefTaire que la cornue qu'on employe pour cette Operation foit grande , parceque la matiere etant echauffee , fe rarene beaucoup-, Sc ii eile ne trouvoit aflez d'efpace , il y auroit a craindre qu'elle ne fortit en fubftance dans le recipient . X xxxx ii}, $oi PHARMACOPE'E ! H»de cPefcarbols. * Prenez. de hfientc d'efearbots, Appelles fovulles-merde , unelivre ; De l'bitUe de Im , deux üvres. P altes fomllir le tvut enfemble a un feu lent, ptfqua confomption de thumidite tqueufe que rendent ces mfeäes >• coulez, la liqueur & l'txprimez,. R E M A R Q_U E S. On ramaffera des efearbots qu'on trouve für les exeremens , Sc qu'on appelle par ccttzvaiCon FoiiiUes-tiierde ,lortqiii\s fönt danslsur vigueur •, on les mettra tous vivans dans im vaißeau de terre , qu'on couvrira Sc qu'on placera für un pecit feu , pour y faire bouillir doucemenc la liqueur : Et q.iandon verra que l'hnmidite Huile d'ef- aqueufe aura ete confumee , on coulera la liqueur avec expreflion & Ton gardera carbots. l'huile ; c'eft l'huile d'efcarbots. Vcrtus. Elle eil refolutive , adoueiffante Sc fortifiante ; on s'en fert pour refoudre les he- morroides & pour ratFermir l'amis quand il eft reläche , etant appliquee deflus. On peut rendre cette huile plus forte & plus efticace, en reiterant d'y mettie bouillir de nouveaux efearbots. Huile ßomachde. Prenti. des fommitez. dUbßntbe , une poignee , Du maflich , deux dtAgnus & demie t Dugiiofte & du Jantal citrin , de chaeundeux dragmes , Des rojes rouges & du macis , de ebaeun une dragme & demie, De Ihtnle d'abßntbe , une livte , Du vin d'Ejpagne , une chopine. Melez, le tout & le laijfet. en maceration pendant quin&ejours j cuifez,-le tnfmtt & l'exprimez., puisgardez, l'expreßon pour l'ufage. R E M A R Q_U E S. On aura des fommites d'abfinthe vulgaire, on les ineifera Sc on les pilera dansun monier; on pulverifera groilierement le maftich , les gerofles , le fantal & le macis , on mettra la poudre dans une cruche avec les rofes Sc l'ablinthe pilee , on ver- fera dedlis l'huile & le vin , on bouchera bien la cruche, & on la mettra au Soleil ou en un autre lieu chaud , pour y laifler la matiere en digeftion pendant quinze jours , on fera enfuite bouillir l'infuiion a petit feu jufqu'ä confomption du vin , on coulera l'huile avec expreflion forte du marc, de on la gardera au be- foin. Veitus. EÜe fortifie l'eftomach, Sc eile empecheles tranchees ; eile refout, eile chafle les vers & les vents , eile attenue les hurneurs groifieres & vifqueufes, on en frotte les parties malades. L'huile d'a'oiinthe etant deja empreinte de l'herbe , eile ne peutguere recevoir d'imprefTion des drognes qu'on y fair infufer 6c bouillir. Le vin qu'on doit employer ici pour fuivre l'inrention de l'Auteur, eft le vin mufeat, ou un autre femblable •, mais Podeur qu'on y demande n'y feit de euere, car eile fe diffipe en bouillant; le gros vin de teinte y feroir plus convenable que lesautres acaufe de Ion aftri&ion. UNIVERSELLE. ?o$ Httile d'exceßer. Vrenez, desfeiüUes de rofmarin, trois onces , De Celles d'aurone , de betoine , de cbamapitbys & de Uvende , de cbaemtes , une once & demie, De la racine d'ellebore bUnc & noir , des femences de camin & de fenugrec, de l'ecorce de frefne & de limons, des fleurs de camtmille, de geneß, de lys blancs & de fureau, del'abfinthe , de lapetite centauree , del'eupatoire , du fenouil, de l'hyffope , du laurier , de la, marjolame, de la meliffe, de l herbe ah Chat, du poutllot > de lafabme, de la fange & du thym , de chacun une once , De l'euphorbe , de la moutarde , du caßoreum & du pyrethre , de chacun deux dragmes. De l'huile , qaatre hvres , Du vin , une chopine. Apres avoir pde les herbes , les femences , lesßeurs & l'euphorbe, coupe les rdeines, les ecorces & le caßoreum, & les avoir latjfe en maceration avec l'huile & le vin a la chaleur du bain marie , & les avoir fait cuire enfmte jufqu'a confomption d'humidite , coulez. Fbmle & la gardez, pour l'ufage. R E M A R Q_U E S. Oncoupera & l'on concaflTera bien toutes les drogues, on les mettra dansunpot de terre vernifle , on verfera deÜiis, l'huile Sc le vin , on couvrira le pot, Sc on lc placera au bain marie chaud , pour y laifler la mauere en digeftion pendant douze heures ; on la fera enluite bouilhr lentement jufqu'a confomption du vin & de pref- peufe des herbes ; on coulera l'huile avec forte expreilioii , Sc on la gardera pour le befoin. que tonte l'humidice aqi; Elle efl bonne pour ramolir en fortifiant, eile chalfe les vents, eile atrenue les hu- meurs vilqueufes, eile refout les duretes du foye , de la ratte Sc dela matrice. J'ainre cette deicription de la Pharmacopee de Londres, eile me paroit rrop compofee; ä la verite toutes les drogues qui y entrent fönt bonnes, remphes de ver- tus •, Sc convenables aux maladies pour lelquelleson employela compoiicion ;mais on auroit pu l'abreger en doublant, triplant ou quadruplant la quantite de pluiieurs de ces Ingrediens, Sc retranchant les autres qui ont les meines qualites. Halle des fept fleurs , de Mynficht. On prepare cette huile par plußeurs infußns re'iterees des fleurs de violettes , de füre au t de rofes, de camomille , de lys blancs, de boud'.on blanc & de mauve en arbre , dans l'huile d'ehves. Or ilfaut infufer ebaeunes de ces fleurs au Solei! feparement, & dans le tems qu'on feut les avoir enleur vigueur , & reiterer meme ces macerations feparees plus d'une fois avec de nouvelles fleurs. Ilfaut exprimer tresfortement ebaeune de ces infufims ; apres quoi melant toutes ces inftißons , vous aurcz* une huile balfamique & anodine , tres-propre pour calmer les douleurs procedmtes , taut de froideur que de chaleur , que vous gardtreu pour l'ufage. Venus. Vcrtus. Dofe. 504 PHARMACOPE' E R E M A R Q^V E S. On mettra dans unc cruche une livre de fleurs de violettes , on verfera defliis guatre livres d'huile d'olive , on boucherala cruche & on la placera en un lieu chaud oü le Soleü vienne , ony laiflera la matiere endigeftion, julqu'a. ce que les fleurs de fureau foient dans leur vigueur > alors onfera boujllir legerement l'infufion , on la coulera avec expreflion , Sc oa la reverfera toiue chaude dans la meme cruche oii Ton aurafait entrer une livre de fleurs de fureau nouvellcmcnt cueillies, on bouchera le vaifleau & on l'expolera au Soleil comme auparavant pendant quinze jours , ou jufqu'a ce que les roles toient en leur force , alors on rera bouillir, on coulera &C l'on exprimera l'infufion , on la verfera derechef dans la cruche ou Ton aura mis une livre de rofes päles mondees , on bouchera la cruche &c on la remettra au Soleü pour y laifler la mariere en digeftion pendant quinze jours, ou jufqu'a ce que les lis blaues foient epanouis, alors on fera bouillir l'infuiion , on la coulera avec expreflion t 8c on la verfera dans la cruche oii l'on aura mis une livre de fleurs de lis blancs inci- fees •, on bouchera le vaiileau , & on l'expofera au Soleil pendant quinze jours - , on fera bouillir l'infufion , on la coulera avec expreflion , & on la reverfera dans la la cruche , oii l'on aura mis une livre de fleurs de mauves en arbres rouges; on bouchera la cruche , & on la remettra au Soleil pour y laifler la matiere en digeftion, quinze jours; on fera bouillir l'infufion , on la coulera , on 1'exprimera, &c on la reverfera dans la cruche oulon aura mis une livre de fleurs de verbafeum, on bouchera le vaifleau & on le placera au Soleil pour y laifler la matiere en digeftion pendant quinze jours ; enfuite 011 la fera bouillir , on la coulera, onl'exprimera , &C l'on reverfera l'huile dans la cruche oü l'on aura mis une livre de fleurs de camo- mille ; on bouchera le vaifleau &c on le placera au Soleil ponr y laifler la matiere en digeftion pendant quinze jours; on fera bouillir l'infuiion a petit feu , jufqu'a con- lomption de piefque toute 1'humidKe aqueufe •, on la coulera , on l'exprimera , on laiflera depurer l'huile •, & l'ayant verfepar inclination pour en feparer les feces, cn la gardera dans une bouteille bien boucb.ee. Elle eft propre pour adoucir &pour calmer les douleurs de la tete & des autres parties, eile ramolit, eile refout, on peut en rneler dans les lavemens pour les coli- ques , depuis demi once jufqu'a une once & demie. L'Auteur demande qu'on reitere l'infufion de chaque fleur plufieurs fois , mais alors on peut s'afliirer que l'huile ne (era empreinte que de la fubftance des premie- res fleurs qu'on y aura mifes infufer •, car (es pores etant une fois oecupes, eile ne pourra plus recevoir d'autre impreflion. Httile de vers de terfe. Trenet. des vers de terre des plus gros & bien luvet.-, & de l'huile commune, de chactm trois hvres , Du vln bUnc , une demi-livre. Laijfez.-les en maceratton pendant 2^heures ; apres cela cuifet*-les jufqu'a confom- ft'wn du vln 5 exprimei. enfuite l'infufion , &gardez. l'huile exprimee pour l'ufage. R E M A R Q_U E S. On choifua des vers de terre des plus gros , on les lavera dans l'eau, ßc on les ettra infufer dans l'huile & le vin pendant vingt-quatre heures; enfuite l'on fera bouillir l'infufion a petit feu jufqu'a conlomptiondu vin, öc on la coulera avec expreflion pour la garder aubefoin. Elle mettrs UNIVERSELLE; , 905 Elle eft bonne pourramolir & pour fortirier les nerfs, pour les douleurs des joln- Venus. tures, pour refoudre les tumeurs, pour les diilocations, pour les foulures , on en frotte les parties malades. Les vers de terre repandent beaueoup de ieur fei volacil dans cette huile , c'eft ce qui lui donne beaueoup de vertu. Huile de Scorpionsfimple. Vrentz, foixante fcorpions vivants , De l'huile d'amandes douces, trois livres. Que les fcorpions fotent noyez. dans Phuile , ffiis enfemhlc dans un raijfeau de terre verniße aufeu d'un bain marie bien chaud , la cmffon de ces animaux etant Jane , on t.xfrimera, l'huile , on l'epurera & on la gar der a pour l'ufage. R E M A R QJÜ E S. On mertra foixante fcorpions vivans des plus gros dans un pot de terre vernhTe » on vertera deffus , trois livres d'luüle d'amende amere , on couvrira le pot exafte- ment, on le placera dans un bain marie, Sc par un feu aflez fort, on fera cuire les icorpions, on coulera l'huile avec expreffion, 8c on la gardera. On en prend incerieurement pour exciter l'urine , pour attenuer Sc pouffer la Vertus. pierre, la gravelle, pour relifter au venin; la dofe en eft depuis demi dragme ju'qu'a. Dcsfa deux dragmes. On l'applique exterieurement für la region de la veffie , furlesreins, äux emon£toires , pour les meines maladies, eile rarefie les humeurs froides Sc vif- queufes , & pour les refoudre , on en met für la piqueure du fcorpion , pour refi- fter a fon venin, mais eile n'y produirpas grand effet. On ne prepare l'huile de fcorpion que dans les pays oü ces animaux naiffent Sc habitent, comme en Italie, en Languedoc,ien Provence. Onpourroit les tranlporrer vivans dans les autres Provinces; mais ils perdroienten chemin beaueoup de leur vigueur , & l'huile n'en feroit pas bonne. La codtion de l'huile de fcorpions au bain marie dans un pot bien couvert eft preferable aux autres, parce qu'on confei: ve par cette methode le (el volatil de fcorpions qui fait laprincipale vertu de l'huile , quelques-uns y ajoutent du vin , mais il ne me paroir pas qu'il y foit neceiTaire, outre qu'en bouillant, il peut enlever une partie du fei volatil. Quand on a eii le malheur d'etre pique par un fcorpion, il ne faut pas s'attendre de pouvoir guerir par l'application feule de l'huile de fcorpions , il faut avoir re- cours a. des remedes plus prompts & plus efheaces , on prendra le fcorpion qui a pique , fi onle peut attraper, on l'ecrafera Sc onl'appliquera le plus promptement „ qu'il fe pöurr'a für la playe, on fera avaller du fei de vipere ou de corne de cerf ou a leur defaut de la theriaqueou de l'orvietan. Le fcorpion ecrafe ouvrira les pores de la playe Sc en fera fortir le venin , en forte que par ce remede feul, on peut fe iauver du danger , mais en cas que le venin eiit deja penetre jufques dans le fang , lefel volatil alkalin detruira l'acide qui fait ce venin , Sc empechera la coagulation du fang. Le venin du fcorpion Sc celui de la vipere , fönt de meme nature , mais celui du fcorpion eft moins fubtil que l'autre, c'eft pourquoiil peut etre enleve de la playe par la fimple application du fcorpion ecrafe , pourvü qu'elle foit faite aufli-tö: apres la piqueute } ce que ne pouroit pas faire lx bien la tece de la vipere. ! Yyyyy Remede contre la pipueute du fcoi- 9otf PHARMACOPE' E Huile de On pouroit tirer cliimiqucment une huile des fcorpions feitls (ans addition parla fcorpions cornue, eile ieroit noke ik puance , mais eile auroir bcaucoup plus de verru que la jfSjP" commune , parce qu'ourre qu'elle leroir. preparee ians addinon , eile contiendtoit Efprit & beaucoup plus de fei volatil, onäüroit par meme moyen , un cfpvit ßc du fei vola- ftl volatil. til 1 u i approcheroient beaucoup en qualites de ceux de la vipere. Huile de Scorpions compojee, Trenez. des feuilles de millepertuis dans leur verdeur , quatre poignees, Desfommitez. de camedris, de calament & de cbardon be'nit, de cbacunes deux poignees. De l'huile vieille Jtx hvres. Metter* cesjimples avec l'bulle dam unpot de terre vertilge bien dos , &les txfoftt* au Soleil pendant 1 5 jours. Apres celafaites-les cuire au bain marifbien chaud pendant quatre a c'inq beures , & exprimez. la decoit'ton > puls prenez. des fleurs de millepertuis nouvelles & pilees , Jtx poignees. Mettez,-les dans le meme vaiffeau , boticbez-le bien & les laiffez. en infujton au Soleil pendant 1 5 jours. Cuifez.-les enfuite au bxm mane bien cbaud , & les exprimez , ajoutez. apres cela a l'exprejßon recue dans le meme vaiffeau Des feuilles de fcordium recentes , une poignee & demie , De et IL s de calament, de cbardon bemt, de dtftxme de Crete , de per Peine & des fönt" mitez. de petttecentauree t de cbacunes denn poignee , Des racinis de z.edoane t de diäame blanc ' de gentiane , de termenttlle , d'arißoloche ronde , de cbacunes trois dragmes- Tuet, toutes ces drogues , & apres les avoir mele'es } laiffez.~les en maceration pendant trois jmrs au bain tiede ; enfuite faitesles cuire pendant une beure a un bain plus fort, & les exprimez. comme aupiravant, puis Prenez. des fcorpions au nombre de trois cens pendant les jours caniculaires , enfer- mez,-les dans le meine vaijfeau s & les tenez. für les cendres cbaudes jujqu'a ce qu'ils commencent a s'irrtterpar le fenttment de la cbaleur , & pour lots verjez. par dejjus l'hmle tiree des exprefßons precedentes: bouchez. le rai/jeau & le metteu au bain tiede pendant 24. beures , puis au feu tres-cbaud pendant deux beures. Coulez. enfuite la decoäton & l'exprimez, : Jettez. les fcorpions exprimss , & fina- lemen t Prenez, de lacanelle choiße , neuf onces , Dußorax calamite & du benjotn, de cbacun Jtx dragmes , Des bayes de genüvre , du fantal citrin , de la tberiaque , & du mitbridat, de cbacun demi once ■ De la rbubarbe , de Valoes (uccotrin & de la myrrhe , de cbacun trois dragmes, Du fpicanard & de la ntelle romaine , de cbacun deux dragmes , D« Jone odorant, du fouchet , du fajfran, de cbacun une dragme & demie. Püez, les chofes qu'U faudra piler , & apres avoir mis le tout dans le meme raiffeau , Vtrfez. par deffus l'huile exprtmee des jcorpions , & le vaißeau etant bouthe , mt ttez.- le au bain tiede pendant 24 beures, & apres ceU a un feu plus nolent pendant detni- heurc : Coulez. enfuite la decoäion , exprnnez.-la fortemeat, &gardez, l'hmle epurce dans une beutalle bien bsucbe'e paar l'ufage. VNIYEfcSELlE 507 On aura des feuilles d'hypericum quand elles fönt en leur vigueur, des fommites, de chamedns, de calament 6c de chardon benit, on les incifera 6c on les pilera en- femble dans im morcier, on les mettra dans un pot de terre vermfl'e , on verfera def- fus l'huile d'olive , on bouchera bien le pot, &c on l'expofera pendant quinze jours au Soleil > on le mettra enfuite au bain marie bouillant quatre ou cinq heures, puis on coulera la liqueur avec forte expreffion. On mettra infuler dans l'huile coulee au Soleil, pendant quinze autres jours com- meauparavant, les fleurs d'hypericum recemment cueillies & pilees, on placera enfuite le vaiffeau au bain marie bouillant , & on l'y laiflera cinq ou fix heures, puis on coulera 1'infufion , exprimant fortement le marc. On fera tremper comme auparavant dans l'huile coulee, la femence d'hypericum concaflee, on pilera l'infufion au bain marie & on l'exprimera. On incifera & l'on pilera enfemble dans un mortier le fcordium, le calament, le chardon benit , la verveine, le dietam de Crete > les fommites de petite centau- ree &c les racines , on les mettra dans le meme pot, on le placera au bain marie tiedc pour y faire digerer la matiere pendant trois jours , on augmentera enfuite le feu tous le bain , 6c on le fera bouiliir pendant une heure , ou jufqu'a ce que l'infufion foit bien chaude , on la coulera alors avec forte expreffion. On aura trois cens fcorpions vivants amafles aux jours caniculaires , onles mettra dans le meme pot, on le couvrira & on le placera für les cendres chaudes, on l'y laif- fera jufqu'a ce que les fcorpions commencent afuer&: a s'irriter ,on y verfera alors l'huile , on recouvrira exaclement le vaifleau , & on le mettra au bain marie d'eau tiede, pour y laifler la matiere en digeftion pendant vingt-quatre heures, on augmentera le feu fous le bain pour le faire bouiliir pendant deux heures , puis on coulera l'huile exprimant foitement les fcorpions. On mettra dans lememe pot la canelle , le ftorax, le benjoin , le genievre, le fantal, la rhubarbe , la myrrhe , l'aloes, le fpicanard , le nigella romana , le Jone odorant, le cyperus concaflez , le fafrran, la theriaque & le mithridat, on verfera defliis , l'huile exprimee } on bouchera le pot exaclement, on le placera au bain marie tiede, pour y laifler la matiere en digeftion pendant vingt-quatre heures, on augmentera enfuite le feu fous le bain , pour le faire bouiliir pendant demi heure, on coulera l'infufion avec forte expreflion •, & l'ayant laiflee depurer , on la gardera dans une bouteille bien bouchee. Cette huile eft eftimee contre les poifons & les venins, on js'en fert pour faire Veitufc fortir la petite veröle , dans les fievres malignes, dans la pefte f dans l'epilepfie , dans la paralifie & dans les autres maladies du cerveau , pour faire mourir les vers , on en applique für l'eftomach, für le cceur , aux cmon£toires, aux poignets , aux tempes, aux Hannes , aux pieds, on reitere l'onclion de trois en trois heures , on en fait aufli prendre quelques gouttes par labouche. Matthiole qui eft 1'Auteur de cette defeription n'y demande que trois livres d'hui- le , mais j'ai (uivi la Pharmacopee Royale , qui en demande le double avec beau- coup de raifon , car trois livres d'huile ne fönt pas caoables de recevoir l'imprcflion d'une auffi grande quantite dedroguesqu'ilen entie ich On pouroit abreger cette compofition , tant pour le travail que pour la divevfiie des ingvcdiens, car premierement eile fera aufli bonne quand on multipUtra moins le nombte des infufions. En fecond heu l'on fera fort bien d'en retrar.cher lesdro- Y y y y y ij $o3 PH A R M A CO P VI gaesles moins neceiTau'cs, comme le chardon benit, la verveine , le chamedrys, h pecite centauree, les racines de tormentille & de didtam ; lespoies de l'huilc ne peuvenc recevoir qa'une certaine quantite de fubftance; or quand on y employe trop de drogues, & quand on faic trop d'infufions les unes für les aucres , on recire la pkifparr des dernieres drogues au meine etat qu'on les y avoit mifes & l'huile ne le trouve empreinte que despremieres qui ne fönt pas quelquefois les principales, voici donc comme je ferois d'avis qu'on reformät cette compoütion. Huile de Scorpioris refo'mee. Prenez, de fommitez, fleuries d'hjpericon avec leursgrains remplis de femences t douz*s poignees. De l'huile commune , ßx tivres. Laiffez.-lcs enfemble en macer ation dans ttnpot de terre verniffe & b'ien bauche pendant i 5 jours: apres celafaites-les cuire au bain marie tiede pendant ßx heitres ,cou~ lez, la decoclion & l'exprimez.. Apres ccla , Prenez, trois cent fcorpions vivans que vous enfermerez, dam le meine pot & que vous tiendrez, für les cendres chaudes , jufjua ce que la chaleur violente les irrite , & pur lors verfez, für ces animaux l'huile expnmee, & apres avoir bim bouche le vaißeau , tenez,-le au ba.n tiede pendant 24, innres , puis cuifez, les fcorpwns avec l'huile au fett violent pendant quatre heitres. Enfmte coulez, & exprimez, la decoclion x & jettez. les fco/pions exprime-. Enßn , Prenez, des feinlies de fcordium , une poignee & dem'ie, De Celles de caiament & de dtäame de Crete , de chaeunes um poignee , De la canelle, neuf dragmes , D:ijhrax calamithe & du benjoin , de cbacunßx dragmes, Des bajes de gemevre , du fantalcitrin } de la vieilte theriaque &du mtbridat, de cba- eun demi once , De la myribe chnße , de l'abes fueotrin , des racines-de z,edoaire , de fouchet long & d'ariß/loche ronde , de cbacitn trois dragmes , Du fpicanard , deux dragmes , Du Jone odorant & du fäff ran , de chaeun une dragme & dem'ie. Pilez. les drogues qua faut piler, & apres avoir mis tous ces Ingrediens dans le meine . fst verniffe t verfez,-j l'bude de fcorpwns expnmee, & apres avoir bouche le pot, l.uffez.- Les au bain ttede pendant hutt jottrs , & enfmte cuijez.-les pendant deux heures a im bain plus chaud. Tinalement coulez, la decoäion & l'exprimez, fortement, puis melez. dam l'huile epu- ree, des huiles dißillees de gemevre & de caiament, & du bäume du perou, de cha^ eun une once , Du campht e diffout dans une once & demie d'eau de la Keine d'Hougrie , demi once. Faites-cn une huile que vous gar derez. dans une baut etile bien beuchet. REMARQUES. L'huile de fcorpions peut faire quelques bien contre les poifons coagulans comme ceux de la vipere , du fcorpion , en ce qae par les parties volatiies eile met en mou- venent les efprits , mais eile ne (erviroit ä rien contre les poifons corrouTs, oü les «&ats n'ont que trop d'agjtation. UNIVERSELLE. ;c 9 On pouroit faire für le champ une fort bonnehuile de fcorpion compofee en h manierc fiuvante. Autre htiile de Scorpions compofee, Vrenez. de l'buile de fcorpions Jimple , une Iivre. Des huiles dißlle'es de calament, de nurjoUme , de rofmarin & de bäume du Perou , de de ebaeun une once. De l'huile de canelle , une dragme. Deux dragmes de campbre dtffout dans une once d'efprit de vin. Melez. le tout & vous aurez, une butle compofee. Haile de S-corpions compofee , de Meßte', Frenez. des meines d'arißolocbe ronde , de gentium , defouebet; de l'e'corce de raetns de caprier } de ebaeunes une once. De l'buile d'amendes ameres, une Uvxe & demie. Du fuc de raves , une demie l'tvre. Concaffes les racines , &lesfaites infufer dans l'huile & dans le fuc des raves pendant vingtjouts dans un pot rerntffe bten couvert: apres ceUfaites-Les cuire jufau'a U confomption du fuc , & aputez, y für lafin äix ou qmnr~e fcorpions. Boucbez, enfuite le vatßeau & l'expofez, pendant un mois a la cbaleur du Solei!-; Apres quoivous coulerez. & exprimerez. U decoäim & l'huile exprtmee fem gardee pourfujage. R E M A R Q^U E S. On pulverifera groffierement les racines & l'ecorce de caprier, on mertra la pmi- dre dans un pot de rerre verlüde , on verfera deflus, l'huile d'amande amere & le fuc de rave , on couvrira bien le pot & on l'expoiera au Soleil ou dans le furnier chaud , pour y Laifler la mauere en digeftion vingt jours, on fera enfuite bouillir l'infufion par uri petit feu , remuanc la mauere de tems en tems avec une efpatule de bois , jufqu'a la confomrmtion da lue : on y jettera für la fin dix ou quinze fcorpions vivants, feavoir dix s'ils fönt gros •> ou q unze s'ils fonc petits : on re- couvrira le pot & on le remettra au Soleil ou dans le-fumier chaud , pour y laifler encore la matiere en digeftion pendant un mois: cnfin on fera chauffer l'infufion au bain marie boiuilant, & on la coulera avec forte expreilion , on laiflera repofer l'huile coulce , puis l'ayant fepareedefes feces par inclination , onla gardera. Elle refifte a la pefle & aux autres maladies contagieufes, on lui artnbue les me- Vertan ,ines vertusqua la precedente. 7e tronve que les fcorpions ne bouillent point aflez longtems dans l'huile pour quelle en tirc touteLi vertu , je voudrois les mettre des le com.nencement dans la co&ion. La detniere digeftion qu'on donne a l'infufion apres qu'elle a bouilli, mc paroie trop longue, c'eft du tems perdu, il fufliroit qu'elle fuc de vinge-quatre henres oa de deux jours. Yyyyy iij Moyen de rendre cette huile pluseffica- ce. 910 Ion rcra PHARMACOPE' £ gueremoins laluraire quelautre. Onpooroitpourlarendre encoreplus efficace, y ajouter du bäume du Perou, de l'huile diftillee de genievre.des tcintures de myrrhe & d'aloes de chacun trois dragmes. Huile de Grenouilles. Trenet. des grenouilles Vivantes , environ une deuz.aine. De rbuile de Im, une hvre & demie. Cu.ifez.les dans un pot de terre bien boucbe , enfuite codex. & exprimtt. U iecottion, pnis gardez, la colaturc four fufage. R E M A R Q^U E S. On aura dix 011 douze grenouilles Vivantes, on les coupera en morceaux 8c on les mettra dans un pot de terre vernifle , on verfera defliis aufli-tot une hvre Sc demie d'huile de lin , on couvrira le pot exactement, Sc on lc placera au bain marie bouillant, on l'y laiflera fept ou huit heures, enfuite Ton coulera l'huile exprimant fortement les grenouilles, on la laiflera repofer 5c on la veriera par lnclinarion pour la depurer de (es feces. Verttts. Elle adoucit, eile tempere les inflammations , eile excite le fommeil ränt appli- quee aux tempes, eile appaife les douleurs de la goutte, on cn frotte les parties douloureufes. On peut faire de la meme maniere les huiles de crapaux , decrevifles de riviere, Sc des autres animaux aquatiques. Huile de fuis de grenouilles. Trenet« de l'huile commune, trois livres* Du frais de grenouilles , deux livres. Faites-les cuire enfemble apetitfeu, jufqu'a l'entiere confomption de Upartie aqueu- fe t coulet, enfuite la decoäton & Ugardez. pour l'ufage. On peutpreparer de U memefacon les huiles de crapaux & d'ecrevijfes. R E M A R QJU E S. On aura du frais de grenouille nouvellement amafle, on le melera avec l'huile dans un pot de terre vernifle, on les fera bouillir enfemble a. petit feu, les agirant de tems en temsavec une efpatule de bois , jufqu'ace que l'numidite acjueufe foit prefque toute confumee, on coulera alors l'huile , & on la gardera feparee de fes feces. Vertu». E^e eft anodine Sc refolutive , eile apaife les inflammations. Huile de Le'farts. Frenez* des letards verds vivants une doHz,aine , quinz,t ,ou ringt , felon leur grm ■ UNIVERSELLE. ?H ieur ,jettez.-les & Us noytt. dans trois imes d'buile dt noix thiude , & treu onces de vm blaue. I 'Altes les cuire apetit feujufqu'a confomption de l'humiditeajueufe iCoulet, enfuite & exprimez* la decoäion , & gardez, l'huile pour l'ufage. Ort peut pteparer de mime l'huile de viperes& des autres fortes de ferpem. R E M. A R Q^U E S. On mettra l'huile de noix ckns un pot de cerre verniffe, on la fera chauffer , & x Jon y plongera Fune apres lauere douze ou quinze ou vingtlezards verds vigoureux on en employera plus ou ou moins felon leur groffeur , on y ajoutera le vin blanc , on couvrira le pot, Sc l'ayant place für un feu medioere , Ton fera bouillir douce- ment la mauere, jufqu'a ce que le vin Sc la plus grande partie de l'humidite aqueu- fe des lezards foir confumee, oncoulera alors l'huile avec forte expreflion , & on la gardera pour le befoin. On s'en lert pour faire croitre les cheveux , &c pour les hernies, eile eft refoluti- Vertus. ve' Sc fortifiante , on en oint les parties malades. Si apres que cette huile eft coulee & refroidie , l'on y meloit exaclement deux onces d'efpnt de vin, on la rendroit plus efticace pour les occafions aufquelles ort l'employe. Huile de Caftor fimple , de Nie. Prevoß. Vrenen. du cafloreum , une once. He l'huile vieüle , une itvre. Du vm , deux onces. Eaites-les bouillir dans un vaijfeau verniffe , & gardet, la colaturt pur Itu fage. R E M A R 5_U E S. On pulverifera groffierement le caftor, on lc mettra dans un pot de terre verniffe , on verfera defTus l'huile Sc le vin, on couvrira le pot Sc on le placera dans le furnier chaud ou au Soleil pendant fix jours, pour y laifier digerer la matiere , enfuire on le mettra au bain marie bouillant (ept ou huit heures , on coulera l'huile toute chaude , on la lailfera depurer par refidence , on la verfera par inclination pour la feparer de fesfeces , & onla gardera dans un vaiileaubien bouche. Elle eft eftimee pour les maladies du cerveauqui viennent d'une pituite craffe , Veitus» on s'en fert dans la paralifie , dans les convulhons, dans la lethargie , dans les fri- fonnemens , on en hotte les epaules & l'epinc du dos , on l'employe auili pour les maladic; de la marrice. Heft bon de mettre infufer le caftor dans l'huile Sc le vin , quoique l'Auteur n'en dife rien , afin que les parties luuleiues & falines ayent le tems de fe detacher: je fais la codlion an bain marie plutöt qu'a feu nud, ahn deviter que le caftor nc s'attache au fond , Sc que fi partie volatile &: ellentielle ne s'evapore. Il letrouve dans les bourfes du caftor quand ellesfont nouvellement ßparecs de Autrerai« l'animal, une vellicule contenant une liqueur oncTaieufe tres propre pour la fepara- niete de cion de 1 huik de caftor, on en mele trois onces avec une livre d'huile d'olive, Sc prepare« S'huile de caflor, Huile de eattor prs- pare; ians Feu. Huile de caftor verkable ti- ree par la cornue chymique- menc. fix PHARMACOP E' E trois oncesde vin, onles fait bouillir enfemblepar une douce chaleur jufqu'a con- fomption du vin. On peut preparer une huile de caftor fans feu, en melant trois onces de teinrurc de caftor faire dans l'efprk de vin avec une livre d'huile d'olive. La verkable huile de caftor fe fair chymiquement parla diftillarion Jans addkion, on mer du caftor dans une cornue,, on Ja place dans un fourneau, on y adapte un grand recipient, on en lutte les joincures exaiflement, 5c par un feu gradue Öc bien rort für la fin , on en fait fortir de l'huile fetide , mais exceilente pour les maladies donc il a ete parle. Huile de C&ßor , compofe'e. VrencL du fauchet, du jene odorant > du poivre long & noir , de la fabine & du py- rethre , de chaeun deux dragmes & demie. Du caftortum , dußorax calanitthe, du galbanum,de l'euphorbe , de la cajje odorante , du faffran, de ropopanax , des cubebes, du fpica-nard , & du ceftus , de chaeun , deux dragmes. Du vin blanc & de l'huile d'oltve , de chaeun , deux livres. Faites bouillir le tont jufqu'a la confomption du vin. R E M A R QJJ E S, On pulverifera groflierement routesles drogues,, on les mettra enfemble dansun pot de rerre verniüe , on verfera deifus, l'huile & le vin, on couvrira le pot & on le placera au Soleil ou dans le furnier , pour y laifTer la matiere en digeftion pen- dant quarre jours t l'agitant de tems en tems , enfuite l'on mettra le pot lur un petit feu Sc Ion fera bouillir l'infufion jufqu'a confomption du vin , on la coule- ra , on l'exprimera fortement, & Ton gardera l'huile dans un vaifleau bien bouchc. Ve itus. Elle a les meines vertus que la precedente , mais on Peftime plus efficace , on s'en fert pour. la furdice , pour le brouiflement des oreilles, on y en inftille quelques gouttes. La grande quantke du vin qui entre dans cette compofition fait difliper en bouil- lant beaueoup des parties volatiles & efTentielles dont les Ingrediens fönt rerapüs, je ferois d'avis qu on en retranchät les trois quarts , il y en auroit encore fuffifam- ment. Je trouve qu il entre trop peu de caftor dans cette compofition> car puifqu'elle prend le nom de cette drogue , eile en doit etre aflez empreinte, pour qu'elle re- ponde a l'idce qu'on a de fa vertu , il me paroit auffi qu'nne fi grande diver/ire de drogues y eft affez inutile, & qu'on peurok fe contenter d'y employer les plus effen- tielles, en augmentant leurs dofes - 5 voiei donc comme je voudrois reforrner l'huile de caftor compolec. nullt UNIVERSELLE. ?ij Huile de Caßor compofe'e , reformee'. Vreneiu du caßoreum , deuxonces. Du fpica-nard , du coflus, du ptretbre, de la fabine, du poivre noir, de cbacun dettti once. Hu florax calamitbe , duga.lba.num , de l'opopanax., de ebne im trois dragmes. De l'euphorbe , deux dragmes. De l'butle commune , deux hvres. Du vin blanc , denn lirre. Laißez~-les en digefiwn pendant huit jours dans un vaifjeau vernijfe. Cuifez.4es enfuite au bam marie pendantßx heures , coulez, apres cela & exprtmez. la decoäion , & dans l'butle expnmee &epure'epartefidence ,melei--y de la teinture de faffran ttree avee l'ejprit de vin , deux onces* Faites-en une huile felon l'art, que vousgarderei, pour l'ufage. L'efprit de vin qui entre dans la teinture de faffran, fervira beaueoup a rendre l'huile efticaeepour lesmaladies aulquelles on l'employe. Huile d'hitondelles. Prenez, huit birondelles entieres. Des jeutiles de rbue , du grand&petit plant am , de lamm , de poüillot , de cbamomi!-> le ', d'anetb , d'byßope , de rofmann , de fauge, d'bjpencon & de balfamites,de cba- eunes demi-potgnce. De l'butle commune , deux livres. Du nn d'Ejpagne, une ebopwe. Faites-en tme huile felon l'art. R E M A R Q_U E S. On plumera les hirondelles, on les coupera par morceatix, on les mettra dansun pot de terre vernifle avec toutes les plantes pilees, on verfera dellus, l'huile & 1c vin , on couvrira le pot, & Ton fera cuire le tout a petit feu , remuant de tems en tems au fond du pot avec une elpatule, jufqu'ace que l'humidite aqueufeloit tout a fait confumee , on coulera alors l'infufion , exprimant fortement le marc , & l'on gardera l'huile pour le befoin. Elle refout, eile ramolit, eile fortifie les nerfs, onpeuts'en fervir dans lapara- lifie , dans la goutte feiatique , on en frotte les parties affc&ees.' Le plantain , qui eft aftringent, ne me paroit pas bien place dans cette compofi- tion ,• je ferois d'avis qu'on Ten retranchät. On rendroit cette huile plus efheace pour les maladies aufquelles on l'employe fi apres qu'elle a ete coulee, on y nieloit exaetement une once & demie d'huile d'af- pic ou de rofmarin diftillee. Huile de fenxrd. Trtne*-, un renard adulte, ecorebe , vuide de fes entrailles , cou.pe par morceaux , & du fcl convnun , quatre onces , Des fommittz. recentes de thym & d'anetb , de ebaeunes deux po'gnees , De Celles de fauge , de rofmarin & de cbamepitbp , de ebaeunes une poignet , 5 Z zzzz Vertus Mo-en de rendre cette i uila plus effica- ce. Vcrtus. ji 4 P H A R M A C O P E' E De i'buile commune , quatre Uvres. Faites ctüre nutet ces ärogttet brnplUes dans un vaijfeatt verniße, hitn dos , au hmn nta*ie pendant 1 z benies : apres ceU faites-en l'txprejjisn, puisgardex. I'buileexpr't» tnee & bien Spurte , pour l'ufage. R E M A R Q_U E S. On aura un renard vigoureux , onle tuera ,on 1 ecorchcra , on en orera Ies en- trailles , on le coupera par morccaux •, on le mettra dans un pot de cerre verruße , avec lefel fubdlement pulverife &c les fommites deplanres ineifees & pilees dans un monier , on verfera deflus, l'huilc , on couvrira lc por exa&ement öc on le pla- cera au bain marie bouillant, pour y faire euire la maciere pendant douze heures , ou jufqu a ce que la chair du renard loit attendrie; on coulera alors la liqueur expri- rnant fortement le marc , on laiflfera depurer l'huile, öc l'ayant feparee par inclina- tion de fes feces, onlagardera pour le befoin. Elle eft propre pour arcenuer & pour refoudre les humeurs froides, pour forti- fier les nerrs Sc les jointures: on s'en fert pour la feiatique, pour la paralifie, on en frotte les parties foibles. Quelques deferiptions de cecte compofition demandent qu'on melede l'eau avec l'huile öc les autres drogues, pour faire cuire le rout enfemble: d'autres demandent qu'on faflTe cuire le renard dans de l'eau en particulier; puifqu on en mele le bouil- lon avec les autres drogues ,pour faire bouillir tout enfemble jufqua confomption du bouillon : mais j'eftime davantage notre deicription qui n'employe pointd'eau , & qui fait cuire les ingrediens enfemble dans un pot bien bouche au bain marie j car par ce moyen il ne fe diffipe rien des parties volatiles des mixtes, &c elles fe com - muniquent a l'huile a mefure que le renard öc les plantes s'amolifTent öc fc euifene dans leur propre fuc. Huile de :hl ens. peltts Prenez, deux petlts chiens noupeaux nes , Des vers de terre f une livre , De L'huile commune , quatre Hvres. Taites-les cuire dans tmvaiffeau de terre verniffe bien bouche au bain marie ; coulet, enfuite & exprimez. Li decoäion , & dans I'buile Spuret } melez.-y De la terebenthine bienclaire , troisonces , De Ibuile commune , quatre hvres. Vous enferet, une huile que vous garder et* pour Vufage. R E M A R O^U E S. On aura deux petitschiens nouveaux nes, on les coupera par morceaux, on les metrra dans un pot de terre vernifTe , avec une livre de vers de terre vivants bien laves & degorges de leur terre , on verfera dentis, l'huile , on couvrira ie pot exactcment , on le placera au bain marie, on mettra du feu deifous pour faire bouillir l'eau pendant douze heures , 011 jufqua ce que lespetits chiens & Jes vers foienc bien cuits •, on coulera alors l'huile avec forte expreffion , on la Jaiflera depurer , on j. .» , la feparera de fes feces, la verfant par inclination dans un aurrc vaiffeau, on y de- t cs melera la terebenthine öc l'efpnt de vin öc l'on gardera ie melange , c'eft l'huile de chiens. pe h:c tits cniens. UNIVERSELLE. mj Elle eil fort bonne pour fortifier les nerfs , pour lafciatique, ponr la paralifle, pour diflbudre de refoudre les catarres qui viennent de pituitefroide & vifqueufe, on en frotte les epaules , lepine du dos & les aucres parties malades. Comme les chiens nouveaux nes fönt plus gros les uns que les autres, il faut en employer ici plus ou moins felon leurs grofleurs, s'ils fonc aflez gros , il lufrira d'en, mettre deux ; mais s'ils fonc petits , on en mettra quarre ou cinq. On employe ordinairement dans cette Operation de l'eau ou du vin , pour faire cuire ks ingrediens, mais en faifant confommer ces liqueurs, on laifTe dilliper des fels volatils qui fönt neceffäircs dans l'huile, outre que la co&ion fe fait aufli bien fans humidite etrangere , en la manicre qui a ete dite. Huile d'Aragnees , de Mindelerus. Trenez, de großes aragnees & bien nouries , quarante-cinq ou environ , Des feutlles de rhue nouvelles , & des fleurs de füre ah aujjl nouvelles , de chaeunet une poignee & demie, Des htidesde nenuphar & des vers de terre , de ebaeun demilivrt, De Celle de millepertuis, deux onces , Du vinaigre rofat & de fouci, de ebaeun trois mees. Taites cuire le tout dans un potde terre jufqu'a la confomption du vinaigre : eoulet* enfuite la decoäion , & faitesinfufer de nouveau dans la colaturc Vingt - cinq aragnees bien nourries, & dem'% dragme de campbre diflout dans l'efprit de vin. Laißez,-les en digeßien au bm marie pendant t i beures dans un vaijfeau bien bouche, & /ans paßer l'huile davantage , gardc%.-U pour l'ufage. R E M A R QJU E S. On aura quarante-cinq aragnees des plus grandes & des plus vigoureufes , on les mettra dans un poc de terre vernifle , avec la rhue pilee & les fleurs de fureau , on verfera deflus , l'huile & les vinaigres, on couvrira le pot & Ton fera bouillir le melange par un petit feil jufqu a confomption du vinaigre, on coulera l'huile avec expremon , on y mettra tremper dans une cruche ou dans une bouteille de verre bien bouchee , pendant douze heures au bain marie tiede , vingt-cinq nouvelles aragnees 8c demi dragme de camphre diflout dans deux ou rrois dragmes d'efprit de rofe , on gardera l'infufion , & on ne la coulera qu'a. mefure qu'on voudra s'en fervir. On l'employe pour les fievres malignes, pour la pelle , pour la petite veröle , on en frotte les arteres & les emondtoires ; l'Auteur pretend quelle puifle fuppleer au defaut de l'huile de fcorpions de Matthiole. Il nie femble que le vinaigre & l'huile de nenuphar qui fönt aftringents Sc con- denfants , nefont pas bien appropries dans cette compofition , car ils peuvent fixer 5c empecher l'aetion des fels & des foufres volatils des ingrediens: Je voudrois donc reformer la defeription en la maniere fuivante. Huile d'aragne'es refoYme'e. fnnex, foixante grofjes aragnees & bien nourries , Desfeuilles de rhue nouveilt s& des fleurs de fureau } de chaeunes une poignee & demie, De rhuüe de vers , une livre , De celle de millepertuis , demi-livre. Z z z z z i; Vcnfcj. Verws. fid PHARMACOPE* E LaiJfeL-lesmdCerer cbaudement pendant vingt-quatre heitres ddns un pot Vern'iße bien boucbe ; cuifez^-les enfmte au bain maxie } & diffolvez. une demi dragme de cam- pbve dans l'huile exprimee , que vous garderei, pour l'ufage. Huile d'a- On pourroit encore preparer unc huilc d'aragnees fimple , en mettant macerer ingnees j es ara gneesdans l'huile d'amande amere pendanc huit jours, & procedant ä leur co- ^ ' 6hon comme en la defcriprion füfdice. Huile de fourmis. Vrenez, des fourmis , deux ortces, De l'huile commune , huit onces. Melez*-les & les expofei. dans un vaiffeau bien boucbe , au Soleil d'ete ,pendant qui 7 Huile de merveillc. * Trenez. des hutles de terebenthine & de millepertuis , de chacune une livre , De V huile de petrole , denn livre. Eaites-en le melange , & y verfez, chaudement pendant l'efpace de deux heures , de U racine d'orcanette jeche &püee , trois dragmes. I aites In colature , & confervez. cette huile pour l'occaßon. R E M A R Q^U E S. On mettra dans un pot de terre la racine d'oi'canette concaflee , on verfera def- fus t les huues : on placerale pot für un peric feu , & on l'y laifTera pendant deux heures, ou jufqu'a ce que les huiles ayenc tire une teinture rouge de la racine d'or- canecte ; oa coulera alors la liqueur avec exprellion : c'eft ce qu'on appelle huile de Huile de Merveille. Meiveille. Elle eft refolutive , propre pour les piqueures, pour les coupures , pour fortifier Venus. les nerfs ; les Marechäux s'ea fervcnt pour les encloueures qui arrivent aux che- vaux. La racine d'Anchufa ou orcanette ne fert dans cette compoiition , que pour don- ner une couleur rougc aux huiles; ce qui me paroit bien inutile. Huile centn U furdite. * Vre neu, de l'huile exprimee de lafemence de porreaux, de Celle des amandes awe- res & des bayes de launer , de chacunes deux onces , Du fpicanard , du caßoreum & de la eoloquintt csupes menu , de chacun une dragme , Dufuc de rhue & du vin blanc , de ehacuti une once & demie. Totites ces drogues feront mtfes en dtgeflwn au bain maxie tiede dans un matras bien bouche pendant vingt-quatre heures; & apres avoir Augmente la chaleur du bam jufqu'a confomption de l'humidite , coulez. & exprimez, Li hqueur; & apres avoir delaye dans cette huile , Jix grains de bon mufc ,gardeZu-lapour l'ufage. R E M A R Q^U E S. On aura des amandes ameres pilees, du fpica nard & de la coloquinte iacilees- menu , on y melera les fucs de porreaux & de rhue , on mettra le tout dans un matras bien bouche au bain marie , on augmentera le feu jufqu'a la confomption de l'humidite ; & apres avoir delaye quelques grains de mufc dans cette huile, on la gardera pour i'ulage. Elle eft refolutive , adoueiffante , attenuante, & tres propre a. diffiper les furdi- Vettam tes qui ne viennent pas de naillance ; on doit la mettre tiede dans l'oreille. Je pourrois etendre beaueoup davantage ce Chapitre , eny in feia.nl un grand nombre d'autres huiles qu'on peut inventer j mais il 'uffit que f'aye deent Celles qui fönt ufite'a dans laPharmacie ,& que jaye dohni des modelles pour tautes les pyepuuüons qu'on voudra faire pour ce Jujeta X z z z z üi «n8 PHARMACOPE'E Divifion des Baumes. CHAPITRE II. Des Bwmes. LE S Baumes Sc Ieshuiles onttant d'affinite & de refTemblance , entr'eux qu'on les confond fouvent, & qu'on appelle une meine Liqueur , tantotHuile, rantot Baume ; il y apoutrant cettc difference , cjue les Baumes ont generalement plus de confiftences que les Huiles. On divife les Baumes en naturels Sc en artificiels, les naturels fönt ceux qui for- tent des arbres par des incifions qu'on leur a faites , comme le bäume blanc , les terebenthines, le liquidambar , les Baumes du Perou , de Copahu. Les Baumes ar- tificiels fönt ceux qu'on prepare par la Chymie & par la Pharmacie ordinairc ; ils fönt compofes d'huiles, d'eifences t de gommes, de cire , de refine, de poudres, fuivant les differentes vertus qu'on veut leur donner, on en prepare pour les playes, pour conferver les corps morts , pour fortifier Sc rejouir le cerveau, le cceur Sc l'ef- tomach, pour refifter au yenin , pour les maladies de poitrine , pour parfumer. Baume polychreße. Trenet, des feu'üles des deux forte's deplantain, de telepbium , de grande confoude, de bügle , de feine confoude , de janale , de latigue de ferpent, des deuxvereniques, d'abfintbe vulgaire t d'herbe-robert , de millefeutile, de pilojelle , de petite centnuree , des fommitet. d'hypertcon , de herre terreßre , & de qumte-feuille , de ebtteunes une potgnee. Vous pilerei, toutes ces feuilles dans un mertier > & vous verferez. par dejjus Du gros vin rouge & de l'eau de vie , de ebaeun une chopine. Laijfez,-les enfuite en maceration pendant quatre jours für les cendres cbaudes, tpres quoi vous en expritnerez* le fuc tiede , dans lequel vws meieren deux Ihres d'huile rofat. Vous les cuirez. enfuite jufqu'a la confomption de tbumidite i vous (oulerei. apres cela la decoäion, & vous dijjoudrez* dans la colature De la terebenthine de Venife , une livre , De l'oliban mis en poudre fubtile , deux onces. Faites-en un bäume felon Vart. Ä E M A R Q^U E S. On choiiira les plantes nouvellement cueillies les plus belles qu'on pourra, on les ineiferä, on les pilera bien dans un mortier , on les mettra dans un pot de rerre ver- nifle, on les humectera avec l'eau de vie Sc le gros vin rouge ,on couvrira le pot Sc on le placera endigeftion quarre/'ours für les cendres cbaudes j au cinquieme jour on mettra la matiere a la prelle pour en tirer le fuc , on melera ce fuc exprime avec rhuile rofat, & Von ferabouillir le melange julqu'a confomption de L'bumidite aqueufe, on coulera l'huile , on y diflbudra la terebenthine & l'oliban fubtilement pulverife, pour faire an bäume qu'on gardera pour le befoin. UNIVERSELLE. 9 t 9 Lc nom de Polychrefte a ete donne a cebäume , pour fignifier qu'il fert ä plufieiirs ufages; ü eft propre pour deterger, pour confolider les playes, pour refifter a la pourriture : on en applique für les playes. Si Von veut rendre ce bäume plus aftringent , & propre pour arreter le fang , on on le preparera en la maniere fuivanre. Baume pour artetet le fang. Trenez. du bäume ci-devant decrit , quatre onees , De la cire & de la reßne , de cbacun demi-once , Dubol d'Armenie , du fang-dragon & de la piene bematite , de chacun trois dragmes, De ialoes fuccotrin, du cor ad rouge & de la mumie , de chacun une dragtne & demie, Du calcanthum brule , une dragtne. Faites-en un onguent. Si l'on veut rendre le bäume polychrefte aglutinant & farcotique, onlcprcparer* en la maniere fuivanre. Baume fafcotjque. Prenez. da weine bäume > quatre onees, De la cire blanche & de la reßne, de chacunßx dragmes ' De la gomme ammoniac , une demi once, Dugalbanum& des poudres d'arißoloche ronde 3 dtimaßicb t de la farcocolle , & de myrrhe , de cbacun deux dragmes , Du fajfran , un fcrupule Faites-en un ongwnt. Sil'on veut rendre le bäume polychrefte , nerval & fortifianc > on le preparer* en la maniere luivante. Baume nerval. Frenez, du mime bäume pol]chreße ci-devant decrit, une demi livre, De la gomme elemi , trois onees f De la gomme de Iterre & de la cire blanche , de chacun une once , Des poudres de fange , de lavende & de caßoreum , de chacun trois dragmes , Du bois d'aloes , des ctibebes, dugerofle } du macts ,des bayes de laurier & de gemeyre-, de chacun une dragme & demie } Du faffran , deux ferupules. Melez. le tout , & en faltes un onguent. L'eau de vie qu'on employe dans le bäume polychrefte, fe perd entierement dan« la co&ion : ainfi j'aimerois mieux la retrancher_, & doubler la dofedu vin. Baume polychrefte , de Lemort. Irenen de la farfepareille cinq onees , De l'efprit de vin , trois chapines. U'tffez.-les en infußon dans un vaiffeau de verre ,jufqu'a. ce que Vefprit de v'rn tat Acqms une teinture doree : ajoutez, enfnte a la ctlature huit onees de gomme de gajac* Laiffex.-les en digeßion , remuant le vaiffeau jufqu'a ce que la gomme foit enttere- Veitus. Vercus. Doft. Ufages. Vertus. JX* tnent dijjoute \ bäume. PHARMACOPE'E tnelet*-y enfuite une cuilleree de bäume du Perou, & fettes ■ R E M A R Q^U E S. en un On mettra dans un marras la racinc de farfepareille coupee parpetits morceanx , 6V bien concallee, on verlera dellus , l'eiprirde vm , on boucnera bien le vaiflcau, & on laiflera la matiere en digeftion pendant quatre jours; ou jufqu a ce que l'ef- prit de vin air acquis une couleur jaunätre ; on la coulera alors» & Ton fera infufer dans la colature la gomme de gayac concaflee, pourl'y faire entierement diilbudre, puis on y delayera le bäume du Perou , on coulera la dillolution, & Ton gardera lc bäume dans un vailleau bien bouche. Il efl fudorifique, on s'en fert pour les maladies veneriennes , pour la leprc, pour le fcorbut. La dofe en eft depuis dix gouttes jufqu adeux dragmes. La gomme de gayac eft" proprement une renne, c'eft pourquoi eile fe diflout tout-a-iaitdans l'elprit devin : une verkable ne s'y diftoudroit qu'enpartic. Quoique ce bäume ne foit deftine que pour L'interieur , on pourroit pourtant s'en fervir exterieurement pour les catarres, pour la paralüie, pour la fciatique. Baume pour les maux d'e'pine , de Bateus. * Vrene-L de l'axcnge humane , quatre onces , .De la graifje d'oye & de celle de blaireau, de chacunes trois onces , De l'huile de laurier , dcux onces , Des feuilles de fange , de marjolaine, d'hjeble , de füre au , de caUment, d'origan & de lavende , de chacnnes une poignee. V aites bouültr ces drogues enfemble jufqu'a la confomptkn desfucs ; ajoutez. a U ce~ ture exprimee Du bäume du fuccin , une once , Du beure de macis, dem once , De l'huile depetrole & de celle d'afpic , de chaeunes deux dragmes. De ce melange faltes un bäume felon l'art. R E M A R Q^U E S. On aura les plantes recemmenr cueillies au tems de leur vigueur , on les pilera Sc on les mettra dans une bafline avec les graifles & l'huile de laurier; on remue- ra le rout enfemble avec une efpatule de bois für un perit feu, jufqu'a. ce que l'humidite aqueufe des herbes fe toit confumee : on coulera alors la liqueur toure chaude avec expreffion , Ton y ajoutera le bäume de fuccin , le beure ou huile de macis, le petroleum , & l'huile d'aipic pour faire le bäume qu'on gardera dans un por bien bouche. On s'en fert pour le rachitis, on en oint & Ton en frotte l'epine du dos le ma- tin & le foir un peu avant que de fe mettre au lit, on applique delfus de la laine erafleavecunlinre en double. Il eft refolutif & nerval. Onpeutdonncra l'huile de mufeade , qu'on a tiree pat expreffion, le nom de Beure, parce quelle en a la coniiftence, & que fa couleur enapproche> mais il eft rare qu'on donne ce nom a l'huile de macis qui eft claire , Sc qu'on fait diftiller comme les huiles de canelle, de genievre: neanmoins comme cette circonftance eft cle pet-itc coufequence , je me iuis iervi du nom que lui a donne l'Auteur. Bai me UNIVERSELLE, ju Baume apople£tiqne. Trenez. de t'hülle de ttoix mufcade tireepar exprejfion , une once , "frufiorax , deux dragmes , Du bäume du Perou & de l'ambre gris , de cbacun une dragme & demie , De la civette, auatre ferupules, Du mufc oriental, une dragme, De l'huile de fuccin reäifiee , demi-dragme , De l'hmle de canelle dtflillee , un ferupule , Des huiles dißülees de luvende , de marjolaine , de rhue & de gerof.es , de ebaeunes qttiniLe gouttes. De Celles de citron , d'orange & du bois de rofe , de ebaeunes denn ferupule. De Celle de ■jajs ) fix gouttes. Eaites-en un bäume , felon fart. R E M A R Qjü E S. On pulverifera fubtilement le ftorax , le mufc & l'ambre gris dans un mortier , «tont le fond aura ete oint de quelque goutte d'une des effences ; on fera fondre l'huile de mufcade dans une ecueile de cerre verniffee für un tres-petitfeu , on reti- rera 1 'ecueile de deffus le feil ; & l'huile etant a demi refroidie, on y melera exa&c- ment le bäume du Perou, la civette, les huiles & les poudres, pour du tout faire un bäume qu'on gardera dans une bocte bien bouchee. On en fau fentir dans l'apoplexie , & dans les autres maladies du cetveau : on en v er£us , frotte les tempes, les futures de la tete , & Ton en fait entrer dans lesoreilles: il re- fifte au mauvais air par fon odeur forte , on en met un peu dans de petites boetes qu'on fait porter dans la poche, afin qu'on le puilfe fentir fouvent ; on peut auili en faire prendre par la bouche pour les meines maladies , & pour exciter la lemence. La dofe en eft depuis fix grains jufqu'a un icrupule. Qn trouveta dans mon Cours de Chymieles deferiptions de l'huile de mufcade , de l'huile de fuccin; Celle de jays fe fait de meine que l'huile de fuccin , de l'huile degerofle , de l'huile de canelle , cellesdelavende , de marjolaine, de rhue, de citron, d'orange & de bois de Rhode fe fönt de meme. On prepare des baumes apoplectiques chaeun a la mode , & comme i'on regarde ordinairement dans cette compofition plus a l'agreement de l'odeur qua la vertu du bäume , on s'applique particulierement a les rendre tres-odorants: cependant il eft facile de joindre la qualite a la bonne odeur , car ce qui eft agreable au nez etant compofe de parties volatiles, fubtiles & penetrantes, elles touchent non feulement le nerf olfa&oire, mais elles fe repandent par tout le cerveau , Sc elles peuvent en rarefier la piruite & les autres humeurs grollieres, augmentant le inouvemenc des efpnrs animaux. Voiciune compofition de bäume apoplectique , qui aura la vertu & la bonne odeur. Baume apopleffique , reforme. Trenez, de l'huile de noix mufcade ttre'e par exprejßon , une once & demie, Dußorax calamite , trois dragmes , Du bäume du Perou , deux dragmes , De benjotn , de l'ambre gris , de la civette, de chaeun demi dragme , Des huiles dißlees degerofles & de bois de rofes, de chaeun une dragme & demie, ^ A a a a a a Dofe oh PHARMACOPE'E De Celles de canelle , de citron & d'orange , de chacunes deux fcrupttles. Melet, le tout } & faites-en un bäume felon l'art. Quand on preparera ce bäume pour les Dames qui fonc fujetces aux vapeurs, on en retranchera le mufc , l'ambre & Li civette. Vertus. Baume apoplecti- que.. Baume apopleftique , d'*Ettmuller, * Prenei, des huiles de ge'rofles, troisonces, Des huiles de mix mufcades, de bois de rofes & de Ctinclle , de clucunes deux drAgnus , Du bäume du Perott, du mufc & d , ambre gris, de chacuns une ence , Du bitlmme dejudee , autant qa'il en fuut. F Alt es du taut un bäume felon l'art- R E M A R Q_t7 E S. On liquefiera enfcmble für un peu de feu , l'huüe de mufcade , le bäume im Perou, & environ deux dragmes de bicume de Judee pulverife; on y melera, erant retire de delfus le feu , les huiles eflentielles de gerofle , de bois de Rhodes & de c melle , & enfiri l'ambre gris 8c le mufc. Apres les avoir reduirs en poudre fubtile , on gardera ce bäume dans un pot bien bouche. i>es vertus approchent de Celles du precedent bäume apoplectique , mais Ion odeur eft plus douce , & eile ne penetre pas tant dans le cerveau. On a invenre un grand nombre d'autres baumes apoplectiqaes, qui differentpar les difFerentes eMences, & par plaiieurs autres drogues aromaciques qu'on y fait entrer •, mais il ferott trop long de les rapporter ici, chaeun en peut ordonner ou compofer fuivant les modeles qui ont ete donnez , & fuivant l'inteution qu'on auroit de les faire plus ou moins forts & penetrans. Les baumes apopledhques fervent prefentemenr plus a fe preferver du mauvais. air & des mauvaiies ocieurs, qua i'apoplexie. Ba ime atomatique , de Mynßcbt. Trenez. de l'huile d'abßnthe vulgare , de l'huüe nardin compofee , de Celles de meii' the crepee & de mafltch , de chacunes une ence , De rbatle d: noix mufcade üree par expreffion t trois dragmes, Des huiles dißillees de ge'rofles & de calamus odorant, de chaeunes une demi-dragme , De Celles de rojmann , de lavande , d'orange , de benjoin , de eunnn , de chacunes im demi- ferupule. Apres avoir exaäement mele toutes ces hmles , ajoutet,-y De la poudre des efpeces diapipereun & de Ligomme tacaniahaca,de chaeune une dr agme } De Celle des efpeces de trochtfques , de galiia. mo/chAta ,ßx grains, Melez, de muveau tous ces Ingrediens, pms avec une quantite fuffifantede tete-morte , d'hude de noix mufcade üree par expreffion Faites- en un bäume felon Vart. . UNIVERSELLE. ?ij R E M A R Q^V E S. On melera enfemblc toutes les huiles claites, on y fera fondre par un feu tres- ient, les huiles de mufcade & de benjoin , on retirera le vaiffeau de deflus le feu , & quand la maticrc fera a demi refroidie , l'on y melera les poudres, pour du tout faire un bäume. Si on le trouve trop liquide , on y ajoutera la quantite qu'on vou- dra du marc des mufcades preffees quand on en aura tire l'huile, on gardera ce bäume dans im poc bien bouche. 11 eil propre pour rechaufrer & fortifier l'eftomach, pour aider a la coction, pour Verttis, chafler les vents & les vers du bas venire , on en frotte les parties , & l'on mct deflus ün linge chaud double en quarre. Je ne ferois nullemenr d'avis de meler dans ce bäume , du marc de mufcade ex- prime , cetre mauere terreftre le gäteroir, & y mercroir des grumeaux incommo-, des dans l'ufage. B.tarne d'Arceus. Trenez. du fmf de bau deux livres, De la gomme elemt & de U terebembine de Veritfe , de chaeun une livre & demie > De l'axonge de porc , une livre . Eahes-en un bäume , felon l'art. REMARQUES. On metrra fondre ou liquefier routes les drogues enfemble dans une bafline für im feu medioere , de l'on paflera la matiere f ondue par un linge , pour en feparer les im- puretez qui fe trouvenr dans la gomme eiemi; on laiflera refroidir la colature: c'eft le bäume d'Arceus •, on le gardera dans un pot pour le befoin. Il eft pour confolider lesplayes, pour les piequeures, pour les diflocations, pour Vertus. les conrufions , pour fortfier les nerrs. Ce bäume eft forr en ufage, il a une confiftence un peu trop dure •, je voudrois le rendreplus mollec, eny ajoütant fix ou fepc onces d'huile d'hypericum. Il devroir etre mis au rang des onguents, puifqu'il en a la confiftence. Baume , on Huile benite > d'slpparit. Prenez. de la terebembine de vemfe , buit onces , De l'huile vieille , quam onces , De l'encens pulveri[e& des pars d'hypericum, de chaeun deux onces , Du froment pure \ une once & demie , Des meines de chardon-btnn & de valeriane , de chaeune une once. Apres avoir pile les racines& lesfleurs , verfem dejfus a.-*ant de vin qu'tl enfaudra pour les y infujer Pendant deux jours ;jettet,-y cnfuue le froment concaße , l'huile,puis cuifez, les jufqu'a confomption d'humidite. EAltes en Apres celal'exprejfwn,puis ajou- tez.-y l'encens & la terebembine. R E M A R OJU E S. On metrra infufer pendant deux jours les racines & les flenrs concauees dans en» viron fetze onces de vin en un pot couvert, on y melera enfuite L'huile & le froment concafle , on fera bouiliir le nielange iufqu'a diminution du vin, on coulera la li- queur toute chaude avec forte expretlion , on y diflbudra la terebenthine 8c l'encens en poudre , pour faire un bäume qu'on gardera au befoin. Il eft pour refoudre les rumeurs froides, pour fortifier les nerfs Sc les mufcles , Veitus. pour nettoyer les playes ; pour relifter aia gangrene , pour confolider. A a a a a a ij 5)2 4 PHARMACOPE'E Baume d'/ibßnthe , oa ßomachique , de Mynßcht. Prenez. de l'hülle de noixmufcade , tireepar exprejjion , deux onces, De Celles d'abjtnthe vulgare & de nard , compofee de cbacune une once, De celle de maßic , une dentis once, Des huiles dißillees d'abjtnthe, de gerofle , de macer, de menthe crepee & de thym r de cbitcun denn dragme. Milez,-le tout, & faites-en un bäume. R E M A R O^U E S. On liqucficra für un petit feu l'huile de mufcade avec Celles d'abfinthe , de nard & de maftich; on laiflcra refroidir la matiere, puis on y melera exactement les huiles diftillees pour faire un bäume , qu'on gardera au befoin. Vertus« II forrifie l'eftomach, il aide a la cocfcion , il dufte les vents, on en frotte la re- gion de l'eftomach & du bas venrre. On doit, autant qu'on peut, moderer la chaleur dans le melange de ces huiles, de peur de lailfer diffiper une partie delenr voiatil, qui eft le plus e(tentieL& le meil- leur du remede. B.iwie d'angelique y de Sennert. Prenet, de l'extrait d'angelique , une once , De la manne clmfie, deux dragmes t Melez* les für un petit feu , puis ajoutez,-y De l'huile dtfldle'e d'angelique , une dragme & demie^ Faites-en un bäume. R E M A R O^U E S. _ On mertra dans une ecuelle de rerre verniflee , l'exrrait d'angelique & la manne , on y ajouteraenviron une once d'eau d'angelique diftillee ,011 a fon defaut, d'eau. commune; on placera 1 ecuelle für an peat feu pour liquefier la manne & l'extrait eniembie, 8c pour les rcduire en confifrence d'elecruaire liquide , on rerirera alors la matiere de dellus le feu t Sc qüand eile fera tout-a-fait refroidie , on y melera l'huile d'angeiique pour faire un bäume qu'on gardera dans un por bien bauche. Vertus. Il eft propre pour refifter au venin, on peur s'en fervir dans la pefte & dans les fievres malignes; il fomrie i'eftomach. La dofe en eft depuis demi fcrupule jufqa'a IPafe, une dragme. Cetre compofition tient plus de l'electuaire que du bäume, j'eftime qu'on feroic mieux d'y employer la racine d'angelique en poudre , que fori extrait ; parce que quand on aprepare cecextrait , on n'a pü empecher qu'il ne sechapätlaplusgran- de partie du volatil de la plante qui fait fa quaiite la plus eflentielie , au lieu que tous les principe« fönt attachez dans la racine. La manne , qui eft purgarive» ne me femble guere appropriee dans üb remede alexitaire : je voudrois reformer ce.bäume en la maniere fuivanre. Baume d'/tngtl;que , refo/me. Trenet. de l'huile de mix de muß ade , deux onces > De l'hnile d'angelique , une demi once , De la racine d'angelique bien pulvenfe'e , deux dragmes. Saites-en un bMmc dont la dofe fera depuis im demi fcrupnle jufqu'a demi drxgme, Baume cordia.1, de Senne/t. Prenet, des huiles de citron , de gerofle , de canelle , de rofmarin & de U confeclhn alkerrnes , de ch.icunes une (crupule , De Vextrait de fäff ran , quatorz*e grains \ Du mufc & de l'ambre gris , de chaeun denn [crupule , De l'hdde de not» mufcade tiree par exprejßon , ce q»'U en faui. Eaites-en un bäume felon V Art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera le mufc & Pambre dans un mortier dont on aura oint le fond avec une goutte des hmles, on mclera la poudre avec la confeition d'alkermes, 1'cxtraic de faffian , les huiles diftillees, Sc deux onces d'huile de mufcade qu'on aura hque- fiee par un tses-petit feu ; on agicera bien le tout enfemble , &c i'on gardera ce bäume dans un pot bien bouche. Il eft propre pour rejouir le cceur, pour fortifier le ccrveau, il refifte a la mali- gnite des humeurs , il excire la digeftion , il chaife ies vcnzs. Lj. dofc en eft depuis iix grains jufqua quinze. On cro'uvera dans mon Livre de Chymie, les defcriptions des huiles. On ne peat cirer Pextrait de feffran, qu'on ne laiile echapper ce que cette petire ffeur contienc de plus vojatil & de plus etrencicl, c'eft pourquoije uouverois bien plus a propos qu'on fe ferv'it ici, & par touc adleurs, du fatrran en fubftance firrf- plement putverife , qae de Pextrait: ce mixte a des principes aflez exaltez , (ans qu'il ait befoin de preparation j les extraits ne doivent avoir etc inventez que pour les matieres dures , groilieres &c terreftres, lelquelles les diffolvants du corps ont peine a pencrrer. Baume du Chevalier de Saint-Victor. * Prenez, des flettrs de mlüepertuts monde'es & jechees t une ence. Mettez, les eninfußon pendant 24. heures dans troisdemi-feptiers d'efprit de vi» reä-fie , tirez,-en une temture reu.ge , coulez, avec exprejßon, & dans votre colatute re- mettez,en inf,ißm& f aites digerer enfembte pendant ßx jours dans un matras bien bouche , Du florax cdamite t deux onces , Du bäume du Perou le meüleur , une once , De l'eliban , de l'aloes juecotrin T de U mjrrhe choiße & de la racine d'ttngelique-, de chaeun denn once , De l'dmbregris & du mufc onentd , de chaeun ßx grains. 'Eaites-en un bäume quevousfeparerez, de fes fecespar wclin.ition&par l* cojature, £ E M A R Q^U E S, Onfera lecher entre deux papiers, les fleursde millepertuis mondees ou fepa- ree- de leuTS caiiees , on ies mettra dans un matras, on verfera deilus l'efprit de vm rectirie , on bouchera bien le matras, & on le placera en digeftion dans un heu. un peu chaud, on l'y Iaiflera pendant vingr - quatre heures, l'agirant de tems en tems", il s'y fera une teinrurc rouge , on la coulera avec expreilion parun linee ; on la remettra dans le matras, & on y ajouterale bäume du Perou & les autres dro- gues pulverifees grollierement ; on rebouchera le vaifTeau exaclement, &c on le üiefc Aaaaaa iij Vertus. Dofe. Bauras du Chevalier de Saint Väor. Vertus. Dofe. Baume du Comman - deur de Permes. 91 5 PHARM AGOPE' E tra en digeftion dans du furnier ou dans un autre lieu chaud, l'agltant de tems en tems , & l'y laiflant pendant fix jours ; on laiflera enfuice repofer la liqueur , on la verfera par inclinarion, on la paflera par un linge , & on la gardera dans une bou- teille bien bouchee ; c'eft le bäume du Chevalier de Saint-Victor. 11 eft eftime un bon remede pour la colique venteufe , pour la gou> ce fciariquc , pour les foible(Tes d'eftomach caufees par des phlegmes , ou par tine »ituite trop epaille , pour exciter de la vigueur a ceux qui n'enont point aflez. L;: dofe en eft dcpuis quarre goutres jufqu'a. douze, dans une liqueur appropriee. On le ferr aufli de ce bäume pour le mal des dents , on en met entre les gencives douloureul es avec un petit cotton •, on l'employe encore exterieurement pour les meurtrifleures , 8c pour les bleflures. On prerend qu'il empeche que les grains de la perite veröle ne marquenr, etant applique defliis ; on en met dans les playes attaquees de gan- grene. Quelques - uns ont donne a. ce bäume le nom de bäume du Commandern: de Permes. Baume de Solimin. * PreneTL. dou%.e cetifs frais , De la terebentbtne ilaire , ßx onces , De la poix navde & de la colopbme , de chaeunes quatre onces , De la myrrbe , deux onces , De la reßne , du ptn , de loltban , de la farcocolle & du Vitriol romain , de ebaeun une once & demie , De l'aloes } du nitre , du fang-dragon , de ebaeun demi once , Du faffran Oriental, quatre ferupules, De l'ejprit de vin, deux pintes. Melez, & diflillez. toutes ces drogues felon l'art, & vous nur et* le bäume deßre. R E M A R Qjrj E S. On pulverifera enfemble groflierement la myrrhe , la farcocolle , l'oliban , l'aloes , &>lefang-dragon, dune autre part le falpetre & le vitriol romain •, on me- lera les poudres avec le faffran, & on les mettra enfemble dans une cornue de ver- re ou de gres lutee, qui puifle contenir environ huit livres j on verfera für ces drogues les blancs d'oeufs & la terebenthjne qu'on aura bien melez enfemble, puis on y melera la poix navale , la colophone & la refine concaflees ; on verfera enfin für le melange l'elprit de vin , on brouillera bien le tout ; & ayant bouche la cornue, on le laiflera en digeftion pendant deux jours } a froid ; on la debouchera , on la placera dans un fourneau , & ayant adapte un reeipient & lutte les jointures , on fera diftiller par un feu medioere au commencement, & aflez fort für la fin , tout Baume de ce qui pourra fortir du melange : ce fera le bäume de Soliman. On le gardera dans Soiiman. J es DO uteilles bien bouchees. Vertus. H eft vulneraire, fortifianr , refolutif, il refifte a la ^angrene, il deterge & con- folide les playes , etant applique exterieuremenr. On peur aufli l'employer inte- rieurement; il excite les mois aux femmes & l'urine; il eft bon pour la nephreti- Dofe, que. La dofe en eft depuis un ferupule jufqu'a une dragme. UNIVERSELLE. 917 Le vitriol & le nitre ne rendant que leur phlegme dans cette preparation , nc peuvent fervir qu'si artoiblir les efprits qui en fortent ; ainfi je les crois du moins mutiies. Baume bezo.irdiquer Trenez, de Vbmle de mix mufcade, une once, Des builes dtflillees d'ecorce de citron , d'ecorce d'orange , de Uvende , de rhue & d'angelique , de cbacunes un fcrupule , De Thutle de fuccin recltfiee , dixgeuttes, Du camphre , buit grains. Meierte tont , & faites-enun bäume feknl'art. R E M. A R Q^U ES. On mettra fondre par unfeu tres-doux , l'huile de mufcade 5 on y melera leshui- les diftiliees dans lefquelles on iura dilTouc ie camphre, «Sc Ton fexa un bäume qu on gardera dans un pot de terre ou de fayance bien bouche. Il refiftc au mauvais air , ll eft propre conrre la pefte & les autres maladies conta- gieufes, il abat les vapeurs hyfteriques, il fortifie le cerveau 5 l'on en met unpetit morceau dans le nez. Lenom de ce bäume vient de ce qu'il a la vertu du bezoard pour refifter au venin •, on pourroit en faire prendre par la bouche , depuis quatre grains jufqu'ä quinze. Le camphre fe diftout en an moment dans un monier , avec les huiles. Bitume be^otrdiqite ou cordUl i'Angelas Sala. * Prenez, de llnnle de (erneue de citron ex träte par ex-preßlon ,& de la che jaune, de chaeun une once, Du fuc de citron reduit enconßßence de miel par l'e'vaporat'wn , une dragme , Des builes diftülees d'ecorce de citron , d'angchque & d'abßntbe , de cbacunes dsmi- dragme , Du tbym , du rofmarin & des gerofies , de ebaeun un fcrupule , Du camphre , qumz*e grains. De ce melange faites un bäume felon l'art. Vertus, Dofe. REMARQUES. On mettra fondre für un peu de feu , la cire jaune avec l'huile de femence de citron , puis etant hors du feu , Ton y melera les eflences ou huiles diftiliees , dans lefquelles on aura auparavant diflbut le camphre, le tout etant prefque refroidi Ton y incorporera le jus de citron epaifli, agitant beaueoup le bäume avec un biftortier , &c on le gardera.. Il a les memes qualirez qnc le precedent, on s'en frotte le nez , les tempes , les mains, les poignets, quand on eft dans un air corrompu Sc contagieux; il fortifie le CCCUT. Vertue. Vertus. Vertus. $x3 PHARM ACO P E' E Je voudrois retrancher de cette compoficion le fuc de citron epaifll, car otitre qu'd eft dißicile a incorporer avec touces les fubftances grafles qui fönt le corps da bäume , ll eft caufe qu'il fe moifit öc qu'il perd une pame de fä bonne odeur, fi on le garde long-tems; au contraire , fi Ton fait le bäume fans y faire entrer de ce lue > il fe gardera tant qu'on voudra dans fa bonne odeur. Baume hypnotique , de Mynßcht. Prenet, de l'huile de noix mufeade tiree par exprejfwn, cinq dragmes , De la moelle de cerf, trois dragmes , Des Mies de rofes ruigatres , de violettes , de njmpbia , de ebaeunes deux drtgmes , Des femences de jufquiame & de pavot blanc, tirees par exprcfßon, Des butles de brtques & de benjoin , & de l'onguentpopuleum , deebaeun une dragme t De l'extrattd'opium & du [äffran ortent al, de chaeun une dragme & demie , De l'ambre gris, du tnufc & de l'ejjence de rofes, de chaeun un ferupuh. 1 aites de tout cela un bäume felon l'art. R E M A R Q_U E S. On mettra fondre enfemble par un feu tres-lent, les huiles, Ia mobile de cerf, le populeum : on amolira par unpeud'efpritdevinl'extrait d'opium aubain maric , & on le melera dans la matiere la remuant fortemenr , puis etant refroidie , Ton agi- tera le faffran , l'ambre & le male fubtilement pulverifez dans un morder fnule au fond avec l'eflence de rofe , on aura un bäume qu'on gardera dans un pot bien büiiche. Il excite le dormir f il appaile la douleur de tete ; on en frotte les narines, les tempes, les poignets. L'huile de brique donne une odeur fort dcfagreable a ce bäume, & eile n'y fert de rien, je ferois donc d'avis qu'on la retranchät de la deferipeion. Baume vulgatre. Trenez, de la terebentbine deVenife, une Itvre t De la gomme elemi, quatre onces, De U refine de pln , deux onces , De l'ariflolocbe longue , une once & demie , Du fang-dragon , deux dragnies. I aites un bäume felon l'art. R E M A R QJU E S. On pulverifera fubtilement chaeun feparement le fang dragon Sc l'ariitoloche , on fera fondre la gomme elemi & la reime avec la terebentlune für un peu de feu, on pafiera la matiere fondue par un linge pour en feparer les ordures , & l'on y melera les poudres : on gardera ce bäume pour s'en fervir au befoin. Il elf propre pour les playes & les ulceres vienx & nouveaux , il deterge & fait revenir les chairs, il fortifie les nerfs; il eft bon pour les diflocations. Baume vert de Mets , oude Mademotfclle Feuillet. Prenez, de l'huile de femence de lin, tiree par expreffion & de celled'oiives , de chd- eune une hvre , De l'huile de launer , une once , De la terebentbine de Venife, deux onces. londeu ces huües apetttfeu , & quand elles feront refroidies , ajoute%.~y De UNIVERSELLE 9 i 9 De Vhuile diflillee de bayes de genievre , une ome & demie , Du verd de gris , trois dragmes De l'aloes fucotrin , deux dragmes, Du Vitriol blatte, une dragme & demie, De l'buile de gerofle, une dragme. Eaites-en un bäume felon l'art. « R E M A K Q^U E S. On pulverifera bien fubtilement chaeun feparement, le virriol blanc, l'aloes Sc le verd de gris , on melera eniemble für un petit feu, laterebenthine Sc les huiles de lin , d'olive & de launer : quand le melange fera a demi refroidi, on y incorpo- rera les poudres exaetement , agitant la matiere quelque tems avec an biftorrier , puis on y ajoutera les huiles diitillees de genievre Sc de gerofle , pour faire du tout un bäume qu'on gardera dans un vaitleau bien bouche. Il eft propre pour mondifier les playes & les ulceres, pour les incarner 6c cica- y ertuJt trifer , pour les morfures desbetes venimeufes; on en fait chauffer Sc Ton en appli- que dans la playe avec la frange d'une plume ou avec des plumaceaux de charpi, on met par defTus un emplatreftyptique, dont on rrouvera la delcription au Chapitre des emplätres , fous le nom aEmplatre Stjptique de Crclims. Ce bäume a ete invence en premier Heu par Monfieur du Clos, Medecin de Mets: Madame Feiiillet l'a mis en inagc ä Paris, & l'a fait appeller de fori nom. Baume de Guidon. Trenez. du fuede cafloreum & duflorax ealamite nouveau, de cb,icun cinq dragmes. De l'aloes bepatique , du bdellium , du carpobal/ame , du faffran , de la gomme ara- biqne , du maflieb , de la mnmie 7 de la mjrrbe choiße , du fang dragon } du fpica- nard , de l'encens, de chaeun deux dragmes &demie , De l'buile jaune de terebentbine , quatre onees & ßx dragmes. Toutes ees droguespilees & melees avec l'buile de terebentbine, feront d:flilleis par la retarte , y ajoutant enfuite bmt onees de v'in blanc. Laliqueur buileufe feparee de l'aqueufe , fera gardee dans une pbiole bien bouche'e t quand on y aura dijjout deux dragmes d'opobalfame. Freparez,-en votre bäume. R E M A R Q_U E S. On pulverifera groifierement les gommes Sc le carpobalfamum , oua fon defaiit, les cubebes; on ineifera menule fpicanard,on les mettra avec le faffran dans une cor- nuc de verre ou de gres, on verfera deflus l'huile jaune de terebenthine Sc le iue de cattor , c'eft-a-dire une liqueur onötueufe contenue a part dans les bourfes du caitor; mais comme l'on ne trouvepas toujours de cette liqueur t on peut lui fubftituer le caftor en poudre : il ne faut pas que la cornue foit plus qua i?. moitiepleine, on la _ , placera dans un fourneau für le fable t on y adaptera un grand reeipient, on lurtera ^ Qu ceque exaetement les jointures, on fera deflous un petit feu pendant deux ou trois heures c'eit. pour echauffer doucement le vaifleau , Sc pour faire diililler la liqueur la plus vola- rile, enfuite Ton augmentera le feu peu a peu pour faire fortir les efprics Sc l'huile , cn le conünuera fort jufqu a ce qu'il ne diftille plus riei;, on delutera alors les joiu- J Bbbbbb Vertus. Vertus. Dcfe de Jdpriu 93 o P H A R M ACOPE'E rares, Sc äyant fepareles vaiifeaux, on verfera dans le recipient für la liqaeur diftil- lee, ie vin , on brouillera le tout, & on le verfera dans un entonneir gann de papier gris, l'efprit paffera Sc l'huile reftera dedans, on la mettra dans une bouteille, 8t on y melera exaclement 1'opobalfamum , ou a. fon defaut, le bäume du Perou , on gar- dera cette huile pour le befoin ; c'eft le Baume de Gnidoji. Il eft bon pour les ulcercs de la matrice & de la veilie, on en peut faire prendre quelques gouttes par la bouche, Sc s'en fervir en injeifHbn dansl'urerus , erant mele en une liqueur appropriee. On en fair fentir aulli pour ibattre les vap On trouvera dans mon Livre deChymie > la defenption de l'huile jaune de terc- benrhine. On doie laifler beaueoup de vuide dans la cornue , parce que la matiere etanr echauffee ie gonfle beaueoup, Sc eile paiferoit en fubftance dans le recipient: U faur aulli que le recipient (oit grand , afiii que les vapeursayent de l'efpace iufhfammenc pour circuler , car aunement eües creveroienr tout. Le vin eft mis dans le recipient apres la diftillacion, pour en detacher plus faci- kment l'huile , Sc ahn que l'efprit donr on n'a que faire s'en fepare mieux. Baume vulnera.tre de Fallope.. Prenet, de la terebentbiue bien claire , une livre, De V buile de Im , une denn livre , De la rejint de pin , trau dragmes , De l'entern , de la myrrbe, de l'aloes, du maßteh , de la farcocolle , du mach t du ßaß- fran y & du bois d'ahes t de ebaeun demionce } Metten tout es ces drogues dans une retorte , & vous en tirerez. premierement une tau clatre a unfi u modere : apres eda poußant le ßeu y vous am ex. une buile rouge, & garderez. l'une & l'autre jeparement. R £ M A R O^U E S. On pulverifera groflierement les gommes, la reime , le macis Sc le bois d'aloes,. on les rnercrä dans une cornue , on verfera deilus la terebenthine Sc l'huile , ll nc faut pas que la cornue ioit plus qu'a moirie remplie , on la placera dans un foumeau fur le table , on y adaptera un grand recipient, on luttera exaetement les jointures, & par un feu modere l'on fera diftiller en premier lieu l'elpric, enhiite l'on aagmeo- tera le feu par degrez , Sc l'on fera difhlier toute l'huile : on lailfera rcrroiäir les. vailfeaux > on verfera ce que contiendra le recipient dans un entonnoir garni de papier gris, l'efprit paffera Sc i'huüe reftera dans le filtre, on la gardeta dans une bou- reille , c'eft le Baune vulneraire. Il eft propre pour nettoyer & confolider les playes & les vieux ulceres > on en ap- pliqüc dedans avec des plumaceaux; il refifte a la pourriture. L 'efprit eft apentif & propre pour la gravelie. La dofe en eft depuis demi dragms jufqu'a une dragme. Ce bäume produit de bons effets , mais il feroit du moins auffi faluraire ii l'on fe contentoit de pulverifer Jes drogues feches qai y entrenr, & de les meleravec la te- rebenrhme , la refine & l'huile de Im, pour en faire une forme donguenc fans di- ftiilation. Baume vulneraire , de Mind(.rerus. Vitnet. ie la terebenthine de. Venife % une ence & demie ,. UNIVERSELLE. yji D e Vhu'tle de mitlepertuis, une omu , De lagommt Htm, fix dragmes , De l'hiiil. de are diß.llee , deux (crupules. Melez* le tont & en faltes un Bdtime. R E M A R f?_U E S. On mettra fondre a petit feu la gomme eiemi avec l'huile d'hypericum & la te- rebenthine , on pallera la matiere fondue par un linge , & l'on y melera l'huile de circ pour faire un bäume qu'on gardera au befoin. II eft fort propre pour les playes recentes , on en met dedans avec des pluma- Vertui. ccaux : on peut auffi s'en fervir dans l'apoplexie , pour forcifier les nerfs , pour re- foudre les catharres. Ü en faut frottcr les parcies malades. On trouvera la defeription de l'huile de cire, dans raon Tratte de Chymie* Baume Samaritain. Trenez* de Vhu'tle commune t & du vin parties egales , Cuifez*-les enfemble a petit feu dans un vaiffeau vermjje jufqu'a la confamption du vin , & gardci~le bäume. R £ M A R Q^V E S. On mettra parties egales d'huile commune & de vin rouge dans un pot de terre verniile , on le couvrira &c on le placera für un feu medioere pour faire bouillit la liqueur jufqu'a ce que le vin feit confumc , on gardera cecte huile pour s'en fervir; c'eft le Baume Samaritain. 11 nettoye &c confolide les playes, il fortifie les nerfs , il refout les catharres. On appelle cette huile Baume de Samarie , ä caufe du Samaritain de l'Evangile , qui s'en fervit pour guerir un malade taut couvert de playes. Bturne de Chrift , de Paucelfe. * Vrenet, du. vin de teinte , trois chopines, Des fleurs de millepertuis, demi livre , De la liqueur de mumie , quatre onces , De l'huile d'olive , une once. T.ütes macerer le tout enfemble pendant un nah , puis le diftillez.. R E M A R Q^U E S. Pour faire la liqueur de mumie , on pulveriiera dix ou douze onces de bonne ma- Liqueur de mie , on mettra la poudre en päte dans une terrine avec une quantite luffilante de Mumie, vin rouge ; on expofera la päte a la cave l'y laiflTant quelques jours , jufqu'a ce qu'on y voye une liqueur trouble & chargee qui fe fera leparce de la päte : on ramalfera cette liqueur, on humectera de rechef la päte avec du vin rouge , on la laülera en- core liquefier , on continuera de meme jufqu'a ce que la liqueur qui fe feparera ne foit plus chargee de la fubftance de la mumie, on gardera la liqueur trouble Sc alfez epaifle ', c'eft la liqueur de mumie. On mettra dans une cueurbite de verre ou de grez les fleurs de millepertuis, la Baume de liqueur de mumie , l'huile d'olive & le vin noir appelie Vin de teinte , on brouillera Chiill. bienle tout enfemble , on bouebera exadtement le vaifleau , & on le placera en di- geftion dans un lieu chaud , ou on le laiflerä un mois: on debouchera entuite la cueurbite , on y adaptera un chapiteau &c un reeipient, & on la placera en diftülation au feu de fable', lä liqueur diftillee fera le Baume de Chrift. Bbbbbb ij 9$i PHARMACOPE'E Vertus. II cft vulneraire , Sc tres-bon pour les playes des arcicles. Je crouve qu'on fait entrer trop peu d'huile dans ce bäume •, je ferois d'avis qu'au lieu d'uaeonce , on y en mitune livre & demie , & qu'a Li place de l'huile, d'olive , on employat celle de millepertuis , & qu'on wtranchät par confequent la ftioitie des fleurs de millepertuis. Voici donc comme je voudrois faire la reforma- tion de ce bäume. Baume de Chriß de Paracel/e, refotmL * Vrent"L du vin nolr , trois hvres , De rimile d'hjperieon , une livre & demie, De la liqueur de mumie & des fleurs d'hyper'tcon , quatre onces. Melez, tous ces Ingrediens enfemble pendant un mots , & les dißillez... Baume de Jofepb Balfame, Chevalier de Sünte Ctoix. Prenez. des rdeines des deux fertes d'angelique , de bißorte , de tormentille , d'im^ peratoire , de gentiane , de calatnus odorant, de meu atbamantiquc , de cailine , de rbapohtic, de pohpode, de gründe confoude t d'ariflolocbe rende & d'aebe, de ebaeunes quatre onces. Des feuiUes & des fleurs de roßmarin , de fabine , de rbue , delavcnde^ d'byffi>pe } d'ab- Jintüe romame & pontique , cl'aurone, de menthe , de ferpolet, de verveine , de fe- nv.nl , de perßl, de pilo/elle , de tamanfe , de capillaires , de fcohpenäre , d'a- diante, de pahtrtc , de tvetiffe , de marjolaine , de miilefeir.lle , de man übe, de pohpode 3 des fleurs de geneß , de jonc odorant, de millepertuis , d'ongan , de ma- tricaire , de mdilot, de camom'üle , de rofes rouges , de ebaeunes une poignee Des bayes de laurier & de gemevre , des femences d'anis , de dattais de Crete , dt cortandre , de feuouil, & de coloquinte , de chacutus quatre onces, De l'opium, de la mix indientie & mufeade , de la eanelle & du gerofle, de chacurt, dtux onces > De lextrait de mumie & de tabac, de ebaeun trois onces t De lagomme ammoniac & de l'encens , de chaeun denn livre , Des gommes elemi, galbanum , tacamabaca & du maflieb, de ebaeunes quatre onces , De la myrrhe , trois dragmes , Des gommes bdeüium , fagapenum, farcocolle , opopanax , de ebaeunes de ax onces , De l'affa fwt:d.i, une once % De lafoix navalle , demi livre ' De lareßnc depin., quatre onces , De la teiebentbme , deux onces , De la griffe dt bUireau t bmt onces , De Celle d'bomme, de vipere & de einen De Celle de beue , trois onces , De celh dg taitpe, deux onces.-, de ebaeunes demi livre. UNIVERSELLE; j }i De Vhuile d^olives, douz,e livres , De celles de mix , bun livres , De celle de terebentlnne , quatre livres, De cne , une üvre > De luvende , demi hvre , De celles d'abßnthe , d'byperkon , de millefeuille , des philofophes >. & de rhue , de ch.uunes quatre onces , De Celles de rofm.irm , aeux onces , De etiles ue fange , de gemevre , de marjcla'me, de mentbe , de Ungue de vipe- ptres , de tbjm , de gayac , de fucun, de rojes , de baljamme, de cbacunes une once. falte s-en un bäume felon tut. R E M A R 0_V E S. On amaffera les racincs Ies plus recentes Sc les mieux nourries qu'il fe pourra , o« les cöncaflera bien , on cueillera les feuüles & les fleurs en leur vigueur on les in- eifera & on les ecrafera dans un mortier , on concailera les bayes , ies femences les noix cTlnde ec de mufeade , Sa caneile & le gerofle , on coupera lbpium par peats morceaux , on melera le tout dans un grand pot avec les graiües, les huiles d'olive & de noix & les extrairs , on couvrira bien le pot, Sc l'ayant place en lieu chaud on laiflera ia matiere en digeftion pendant huit jours , puis on la fera bouillir a petit feu , i'agitant mceilamment avec une efpatule de bois jufqu'a confomprion de pref- que tonte l'humidicc aqueufe , on la coulera alors avec forte expreilion , & l'ayant Lulle repofer , on la leparera nette de fes feces, on y mettra fondre für un petit feu , La poix noire , la renne, l'encens & la gomme elemi, on coulera la matiere forr- due pour en leparer quelques ordures. Cependant on fera dilloudre dans du vin , le galbanum, la gomme ammoniac , le lagapenum , l'opopanax , l'aflafastidä & le bdellium , on coulera la diffolution , & i'on en mettra evaporet l'humidue par un. petit feu jufqu'a confiftence d'emplätre, puis on y melera Ia terebenthine , &c l'on diiloudra ce melangedans le bäume. On puivenfera fubtilement les autres eommes ,. & on les y melera auffi , remuant le tout avec un biftortier. Enfin la matiere etant prelque refroidie, on y ajoutera toutes les autres huiles pour faire un bäume, qu on gardera dans un pot bien bauche. 11 eft nerval, fortiftant, penetrant, refolutif, propre pour les catharres , ppur les rhumatilmes , pour les humeurs froides , pour ia parahfie , pour les convullions, pour la goutte lciatique , pour les diilocations , pour la migraine , applique für la tece, pour la colique venteufe , applique für le ventre. J'ai rire certe grande defeription de la Pharmacopee de Toulouze; eile eft com- pofee de cent quatre fortes de drogues:. il y a apparence que li l'Auteur en avoie eonnu davantage , il les y auroit mifes: on pourroit bien la reformer & en retran- cher beaueoup d'ingrediens inutiles, mais l'onguent martiatum vautautant, &l'oa peutbien le fubftiruer a.cette longnepreparation. L'huile de langucs de viperes ne fe trouve decrite en aueun endroit que je feache r quand on voudra la faire , il faut tirer avec des eifeaux quatre douzaines de lan- gues de tetes de viperes qui viennnent d'erre coupees & encore Vivantes , les jetter a meiiire dans fix onces d huile d'amande amere un peu chaude , puis les laiilcr en B. b b b b b iij VeHV& Hülle 3b tingufs de viperes». 934 PHARMACOPE'E digeftion dans une boureille bien bouchee au Soleil pendant quarante jours , cn- Vertus. ^ Ulte couler l'huile avec expreffion & la garder. Elle eil fort refolutive; un fei vo- latil contenu dans ces langues, & qui fe diflout dans cette huile, fair fa vertu. Si au Huüe de lieu de fe ccntenter des langues de viperes, on mettoit infufer leurs tetes ecrafees süss de vi- dans l'huile d'amande amere en une quantite proportionr.ee , eile auroit plus de P eres ; vertu. E-xtraits de Les extraits de mumie & de tabac doivent etre tirez par l'efprit de vin , mais on rnumie & feroit mieux d'employer ces drogues en fubftances qu'en extraits, a caufe de Ja diffi- pation qui fe fait de leurs parties volatiles, dans les evaporations. On trouvera dans mon Livre de Chymie les manieres de preparer les huiles de terebenthine, de cire , de briques, de gayac 3 de fuccinum, Baume bUnc de Leonard Fioraventi , Mcdecin ejr Chevalier de Bolozne. * Prcttcz.de Ugomme arabique , quatre onces, Du galbanum , de idiban, de la myrrhe t de lagomme de tierrt & du bois cTaloes, de chaeuntrois onces , Du pet'it galanga , du gerofle , de la petite confoude , de la canelle, de la noix muf- cade , dela Z.edorne , du gingembre , du dtetame blanc , de chteun um once , Du mufc & de l'ambre gris , de ebaeun deux gros. Tous ces Ingredienspllez, & me'.ez. feront mis dans une cornue de verre aßet, ample : en repandra dejfus de U terebenthine claire } une livre, De l'huile de Lturier , quatre onces , De 1'e.iu de rie rtätfiee ou de l'efprit de vin, trois pintes. Ayant broutlle le tont enfemble dans un vaiffeau bien bauche, mettez,-le en digeßoH dans un lieu chaud pendant neuf jours: enfuite l ayant mis a unfeu gradue de cendres su de fable , faites-le diflilier felon l'art } , & gardez. cette hqueur au befoin. R E M A R g_U E S. On pulverifera grofllerement enfemble le bois d'aloes , le galanga , lesgerofles, la canelle , la mufeade, le zedoaria , le gingembre, & le di&ame : d'uneautrepart totues les gommes , dune autre part le mufc & l'ambre ; on ecrafera la petite confoude , on melera bien le tout enfemble , on mettra le melange dans une grande cornue de verre ou de grez. On mettra fondre ou liquefier enfemble la terebenthine Sc l'huile de laurier, on les verfera fur la matiere dans la cornue , & l'on y ajoutera en meine rems l'eau de vie rectifiee : on bouchera exadlement le vaiffeau , on l'agitera pour bien meler toutes les drogues , puis on le mettra en digeftion dans le furnier ou dans quelqu'autre lieu chaud , pour l'y laifTer pendant neuf jours: on le debou- chera enfuite , on le placera dans un fourneau au bain de cendres ou de fable, on adaptera un reeipienr, on luttera exaclement les jointures, &: par un petit feu Ton echauffera doucement la cornue ; on augmentera le feu peu a peu , u diftiilera une hqueur blanche : on continuera le feu du fecond au troiüeme degre , jufqu'ä £e qu'on voye que les gouttes commencent a fortir noirätres, Sc qu'il paroiife des UNIVERSELLE. j 5 f vapcurs : on changera alors le recipient , & l'on augmentera le feu jufqu'au qua- trieme degre •, on le continuera en cet etat , jufqu a ce qu'il ne forte plus de va- peurs, puis on laiftera refioicür les vaiüeaux. La prerhiere liqueur diihliee eil le bäume blanc.' C'cft proprement un melange d'une eau blanchiere Sc d'une huile brune qai y furnage ; Ion odeur eil defagreable tirant für celle de la terebenthine , d'un gour douceätre. Il eil d'un grand ufage dans la Chirurgie ; c'eil un excellent remede pour deter- ger & fHondiher les playes Sc les ukeres les plus ma'uns, pour y ranimer les efprits & refifter a la gangrene applique avec des plumaceaux , pour refoudre les tumeurs , pour förtifier les nerfs. Onpeut divifer par le moyen d'un filcre, la liqueur diftillee du bäume blanc en deux portions; ce qui paiTera par le filtre fera l'eau blanche , l'huiie rellera dans le filtre. On gaxderaccs deux fubftances chaeune en leur parciculier. L'eau blanche eil appeHee Eau cle Bauine ; ce qui fait fa blancheur eft une legere portion d'huile rarefiec , ou a demi dulbute par des ieis volatils. Elle eft propre pour provoquer Purine , pour la carnofite , pour la iciatique, pour la roux inveteree. On l'eftime bonne pour eclaircir Sc conferver la vüe , pour polir Sc embelür la peau j eile eil vulneraire Sc propre pour les blefTures , etant appliquee delliis. Ladole , ii l'on en prend par la bouche , eft depuis une dragme jufqu a deux. L'huiie feparee d avec l'eau blanche , Sc demeuree dans le filtre , eft anpelle'e Huile de Baume. On l'eftime particulierement pour les playes de la tere , quand les os & les membranes onr ete oftenfez , & pour reloudre les tumeurs, etant appliquee deflus. On dir quelle eft bonne pour la pleurefie & pour la toux , etant prife par la bouche depuis une dragme juftju'a. deux, dans une liqueur appro- price. La feconde liqueur diftiliee qu'on trouve dans le recipient, apres la fin de l'o- peration, eft de couleur noiratre , d'une odeur puante , d'un goiit un peu acre.. Cell un melange de Pefprit & de [flaue les plus fixes dss Ingrediens; on appelle ce melange Mere de Baume. Elle eft eftimee bonne pour la galle , pour la teigne, pour la lepre Sc pour les ulceres, appliquee exterieuremenr. On peut divifer cettc derniere liqueur en deux portions par le filtre , comme la prece.iente : t'eiprit qui palfera iera de couleur brune , Sc l'huiie cjui reftera für le filtre lera noire. On rrouvera dans la cornue unematiere noire tres-rarefiee, tres-lcgere Sc com- nie reiuiletee. ^ Baume de Mynficht , contre Lt convulßon. blanc aiti- ficiel. Vertut. Eau da Baume. Veitus« Dofe, Huile ce Baume. Venus. Mere & Baume«. Trenez, de la graiße d'anguille, une once , De l'huiie de galbanum difldlee avec l'e/prit de terebenthine , une dem once , De cells de Vers de terre & de Ijs blancs , de chaeunes trois dragme s, De celies de fuccin blanc rcäifie\ de rofmarin & d'angelique } de chaeunes uns dragme & demie , de chamomdle , d'origan t de laurier , de chaeunes uns De etile de genievre dragme^ De cellts de gerofle , pule*. de lavsnde , de fauge & de rhue , de chaeunes un fc$u~ f}6 PHARMACOPE' E Melez. le tont , & avec une quantite fttjfifante d'huile de noix mufcade, tiree $&t txprefßon & de cue blanche ^faites-en un bäume. REMARQUES. On fera fondre enfemble ä petit feu , dans une ecuellc de rerrc verniflec , de l'huile de mufcade Sc de la cire blanche , de chacun trois dragmes , avec la graiiTe d'anguille & les huiles de vers , de lys, de chamomille & de laurier , on laifTera re- froidir la matiere , Sc Ton y melerales autres huiles tirees par diftillation , on aura un bäume qu'on gardera pour le befoin. Vcitus. u fortifie les nerfs , ll modere les mouvemens convulfifs , il rarefie & refout les humenrs froides, il appaife les tranchces des femmes nouvellement accouchecs, on en frotce les parcies malades. On trouvera dans 1'operation fuivante , la maniere de faire diftiller le galbanum avec l'efprit ou l'huile acchereede terebenthine. Ce remede excellent s'employe par- ticiilierement aux parcies inferieures. Il ne fauc poinc meler chaudement les huiles odorantes } de peur que leurs parcies les plus vokales ne le dhlipent. Bdume utetin de Gdbrnum , de Sennen. Trcnez, du galbanum , denü livre t De l'huile de terebenthine bien clanfiee , trois livres. J 4ijfti*-lts en digeßion dans une cucurblte de verre afeu lent pendant quatre jours', Apris ctla dtßille%.-les, & j ajotttex, de l'huile de lavende , une once, DifiillcL-les une feconde fois & faites-en unbaume :& Jivous le faitestirculer avec de l'efprit de vin , il fera encere plus excellent. R E M A R Q^U E S. Onchoifna du galbanum le plus nee, on le coupera par pecirs morceaux , on le meerra dans une cueurbite de verre ou de grez, on verfera deiTus, l'huile claire ou astheree de cerebenchine , on couvrira la cueurbite de (on chapiteau , Sc on laiifera la matiere en digeftion pendant quatorze jours ; on adaptera alors un reeipient au bec du chapiteau , on luteera les jointnres exaclement & par un feu de fable gra- due , Ton fera diftiller la liqueur pouflanr le feu fortemenr für la fin •, on laiifera en- fuite refroidir les vaifTeaux Sc on les delurrera , on melera dans la liqueur diftil- L'e l'huile de lavende , & l'on fera diifiller de rechef le melange au feu de fable dans des vaifTeaux femblables, on gardera l'huile diftülee : c'eft le bäume de galbanum j li l'on y mele de l'efprit de vin Sc qu'on falle circulcr le melange, il en fera plus penetrant. Vertus. ^ e ^ ^ on P° ur ^ es lI ^ cei 'es Sc pour les duretez de la matrice, il fortifie ce vifeere , il abat les vapeurs t on en introduit dans la matrice, Sc l'on en frotre le bas vencre , on en met auffi un peu aux narines. La derniere diftillation nie paroit inutile , ä moins que ce ne foit pour re&ifier le bäume , en le rendant plus clair. Autre UNIVERSELLE; Autre Baume uterin. 937 Trenez. da fuifde bouc , deux onces , Des huiles difldlees de fuccin, de jap, de rbue & de fabine, de cbacune deux dragmes t Du galbanum pur, de l'affa-fettda & deUgraiße contenue dans la vefße du cußor , de chacun une dragme & de?me. laites-enun Baume felon l'art. R E M A R QJCJ E S. On battra les gommes dans un mortier de bronze chaud avec un peu de fuifde bouc , jufqu'a ce qu'elles (oient en päce, puis on y melera peu a peu les autres dro- gues , on agiteca long-tems letouc cnfemble pour faire an bäume qu'on garderaau befoin. 11 calme les douleurs de la matrice, il appaife les vapeurs, il provoque les mois, on en applique für le nombril, & Ton en frotte les narines. Si Ton n'a poinc de la liqueur huileufe qui fe rrouve dans les bourfes du caftor, on lui fubftiruera le caftor en poudre fubtüe. Baume de Houllier. Trenez, des fucs de cbanupithis & de primevere , des gommes eiemi, opopanax , de benjoin, d'encens, de maßicb , de cbacune s deux onces, Des racines d'iris , d'arißalocbe ronde , de diclame blanc & de grande confoude , de cbacunes uneonce , Des noyaitx de pin t des bajes de lautier, des cubebes , de la noix mufeade , de la z,e- doaire , du galanga , de la canelle & du gerofle , de cbacunes fix dragmes , De la myrrbe , de l'aloes, du ladanum , de lafarcocolle , du caßoreum , de ebaeun une once , De la, terebenthine , deux livres & trois onces & demie. Incorporez, ces Ingrediens, dißiütz.-les enfuite dans l'alembic , vous en tirerez. d'a- bord une eau , puis une huile, & enfin une liqueur epaiße comme le mtl. c'eft de cette hude dorn l'Auteurcompofe Jon Baume. R E M A R Q^U E S. On concaffera bien les drogues folides, on les mettra dans une cueurbite de ver- re ou de grez, on verfera deifus, les fucs & la terebenthine , on bromllera bien le touc'avec un bäton, on couvrira la cueurbite de fon chapiteau , on adaptera un re- cipient, on lutrera les jointures, Sc Ton fera diftiller la mattere au feu de fable gra- due, il forrira premierement une eau , puis une liqueur huileufe, & enfin une huile epaiife comme du miel, on feparera la liqueur aqueute par le papier gris, & Ton gardera l'huile , c'eft le bäume d'Hollerius. Il eft propre pour fortifier les nerfs, pour refoudre les humeurs froides , pour Vertus. difliper les catharrcs, on 'en frotte les parties malades. Cette Operation fe feroit mieux dans une cornue que dans un alembic , parce qu'on en remeroit plus d'huile epaifle qui eft la principale. f C ccccc Venus. Venus. Doic. c,% PHARMACOPE'E "Bxume b&ralitique , de Mynßcht. Prenez. de Vhuile de galbanum dißdUe avec Cefprit de teiebentbine & dg l'huile de fiiccin reäifiee , de ebaeune une once , Des huiles de ro [marin &d'angelique , de chac nenne dragme , De Celles de chamomille Romaine , de g:rufles & de fauge , de chaeunes detni dragme , De Celles d'origan de Crete & de lavande , de ebaeune un fcrupule. Melez. le tout, & avec une qnAntue fuffifante d'buile de tieix t faites-en un bäume d'une conßftence raifontiabU , ou un Itmment mou , auquel vous ajouterez., au moins pur les plus rtches, des traebifques de gallia mofebata , un [crupule. R E M A R Q^U E S. On fera fondre dans une ecueile deterre verniüee a petit feu , une once d'huile de mufeade tiree par expreflion avec les huiles de fuccin & de galbanum, on reti- rera l'ecuelle de deflus le feu , «Sc quand ia mauere fera refroidie , Ton y melera exa&ement les auues huiles, pour faire un bäume ou un liniment, on pourraleren- d c plus odorant en y melant un fcrupule de trochifques de gallia mofehata en pou- d.eiubcilj. II fomfie les nerfs & le cerveau , il refout les humeurs groifieies & pituiteufes, on l'employe dans la paralifie , on en frorce la nuque & l'epi.x du dos. L'huile de galbanum diftiliee avec l'eipnt de terebenthine eft la meme chofe que le bäume de galbanum de Sennerte , qui a ete decrit ci-devant. On trouvera dans mon traue de Chyrnie les defcriptions des huiles de fuccin, & de gyrofles, les autres huües fe tirent commc celle de canelle qui eft aulll deente dans le meme Livre. Baume des Medecins de Flotenee* Prenez, de la terebenthine , une Uvre , Des tutles nouvclles & biencmtes , hutt onces , De l'huile vieille , une demi Uvre , De l'huile de laurier , quatre oy.ccs , De Ia canelle & du fpteanard , de chaeun detix onces , Apres avoir pile les drogues qui. en ont befom , diflillez* le tout par la retorte» R E M A R Q^U E S. On aura des ruiles recemment cuites , on les concaftera , on pulverifera groftTe- rement la canelle Sc le {picanard , on melera le tout avec la terebenthine & les huiles , on mettra le melange dans une cornue alTez grande pour que la moitie demeu- re vuide , on placera la cornue dans un fourneau , 8c y ayant adapte un recipienr Sc lutte les jointures exa&ement, on fera diftiller toute l'humidite par un feu gradae, & tres-fort für la fin, on gardera l'huile diftiliee , c'eft le bäume de Florence. II excite l'orine ; üpouile la pierre , il tue les vers , il fortifie les nerfs, on s'en fert dans la paralifie , pour les douleurs des jointures , on en frotte ks parties malades ; on peut aulll en faire prendre par la bouche pour la gravelie , depuis deux gouttes jufqu'a huit. Les tuiles ne fervent pas de grande chofe dans cetze diftillarion , fi ce n'eft pour retenir les parties les plus fixes des Ingrediens, pendant que ks plus claires forti- vont. UNIVERSELLE, 9)9 BAume propre a faciliter U ßrtie des dentt aux tnfattsl Vrenez, du beure de May höh fale, ttois onces Des grüßts de poules & de canart, de chacune deux onces , Des fleurs depavot champetre, une dragme. Cuifez,-les dans le fuc d'e'creviffes Vivantespilees , tireavec l'eau de bittet & le mu- cilige de racine d'althea, de cbacun deux onces , jufqua confomption des fucs ; apres tvotr exprime la decoäion , ajoute & le garde^four l'ufage. R E M A R 0_L7 E S. On pulverifera la myrrhe & l'aloes, onk melera avec la fleur de foufre Sc le fa- fran dans un matras, on verfera deflus de Pefprit de terebenthine pour furpafler la matiere de deux doigts ou environ, on bouchera le matras Sc on le placera en di- geftion für un petit feu de fable , on l'y laiflera dix ou douze heures , jufqu'a ce que l'efprit de terebenthine fe foit charge d'une teintnre rouge brune , on laiflera alors repofer la liqueur ä froid Sc on la verfera par inclination ; c'eft le bäume de foufre compofe. Il eft employe pour les ulceres du poumon & de la poitrine , il deterge plus que les precedents. La dofe en eft depuis deuxgouttes jufqu'a fix. On peut aufli s'en fer- vir exterieurement pour nettoyer les playes, pour rarefier les humeurs froides, pour refifter ä la gangrene. Buttme du foufre d'antimoine , de l'Attteur. * Prenez, du foufre dore d'antimoine , deux onces , De Pefprit de t* ebenthine , quatre onces. Mettez.-les digerer enfemble dans un matras, jufqu'a ce que l'efprit de terebenthine ievienne rouge : enfuite reürez,la liqueur de deffuslefeu, & lagardez. pour l'ufage. R E M A R Q_V E S. Onmettra dans un matras le foufre dore d'antimoine , on verfera deftiis l'efprit de terebenthine , on bouchera bien le vaiflbau & on le placera für le fable , on l'y laiflera en digeftion pendant vingt-quatre heures , l'agitant de tems en tems jufqu'a' ce que la liqueur ait acquis une couleur rouge bvwnc ; Oü le retirera alors de deflus f Dddddd Baume de foufre fuccine. Veitus. Dofe. BaniTie de foufre ben^ joine. Venus. Dofe. ■ 5r 4 6 ■PHARMACOPE' E le feu, & la mauere etant repofee on verfera par inclinarion la liqueur claire, qui Eaume de fera le Baume de foufre. foufre fti- J' a i parle de cette Operation dans mon Traite de PAntimoine , ( ous le nom de bia1, Baume de Soufre flibial. Vertus. II eft deterfif, vulneraire , propre pour les vieux ukeres fales, crark applique deffus. On en peur aulli donner par la bouche , pour l'afthme , pour fes ukeres du Dofe. poumon &c dela poirrine. La dofe en eftdepuis deux , jufqua fix gourres. Si Pefprit de terebenthine ne tiroit pas aifement la teiriture rouge , dont il a ete parle ; il faudroit augmenrer un peu le feu fous le macras , jufqua faire jetter des petits bouillons a la matiere pendant une heure. Si Pon peut profiter encore de ce qui fera refte dans le matras, apres qu'on en aurä ßpare par inclinarion le bäume , on y verfera de rechet de Pefprit de terebenthine, & on le mettra en digeftion com- me auparavant, on aura encore du bäume de foufre ftibial •, mais il fera un peu moins rouge , & par confequenr moins charge que Pautre. Il arrive dans cette Operation ce qui eft arrive dans celle du bäume de foufre commun , Pelprit de terebenthine qui eft une huile aetheree a penetre le foufre , cv s'eft charge de la fubftance fulfuree , ou la plus onetueufe du foufre qui Pa ren- due rouge. Baume de Satufne. Trenez, du fei de Saturne pulverife, une demi livre. laijfet*-les en digeßon dans un matras, avec V huile de terebenthine qui furnagera de qHAtre dotgts pendant vingt-quatre heures;& quand l'efprit deviendra rouge, verfehle par inclinaüon y & remettez, de nouvel efprit für la, rejidence ; taiffex.-le en digeftion, fuis verfez,-le par inclination comme laprenuere fois, Mflez. enfuite ces temtures, puls tirei, par la diflillation la meine de l'efprit de terebenthine, & vous gar der ez. pour l'ufage le bäume qui fera refte dans la cornue. R E M A R Q^U E S. On mettra dans un matras le fei de Saturne pulverife , on verfera deffits de Pefprit de terebenthine a la hauteur de quarre doigts, on bouchera le matras , on le placera en digeftion iur le fable chaud pendant vingt-quatre heures, ou jufqua ce que Pefprit de terebenthine ait pris une couleur rouge , on feparera la liqueur par inclinarion , & Pon mettra für la refidence de nouvel efprir de terebenthine; on fera la digeftion & la feparation comme auparavant; on melera les temtures, on les mettra dans une cornue de verre ou de grez, &; par un feu de fable modere Pon en fera diftiller environ la moitie de Pefprit de terebenthine , on gardera ce qui fera demeure dans la cornue •, c'eft le bäume de Saturne. Venus. Il eft propre pour nettoyer & cicatrifer les ukeres & les chancres; il refiftei la gangrene. Le fei de Saturne fe diftbut dans Pelprit fulphureux de terebenthine; parce qu'il vient duplomb qui eft fulphureux , la couleur rouge procede de ce que le foufre a ete extremement exalte. Si Pon s'obftinoit a rnettre toüjoursde nouvel efprit de terebenthine für la refidence , eile fe difloudroit entierement, mais Poperation fe- roir longue. On fut diftiller la moitie de Pefprit de terebenthine, afin que la teinturereftan- te foit plus forte & plus epaifle : cet efprit peut fervir de rechef en une Operation pa- seille , cat üfera aum en etat qu'auparavant, de di (Ibudre du fei de Saturne. fa turne camphre. UNIVERSELLE. 947 Si Ton veut diiToudre dans ce bäume deux dragmes de camphce , on aura le bau- Baume de mc de Saturne camphre fort propre contte la gangcene. Baume de Lucatel. Vrenez, de l'huile d'olives , & de la, terebenthineUree & blancbiedem l'eau de Hofes , de ebaeunes une livre & demie , De la cirejaune , une livte , Dufantal rouge blen pulverife t demiotice ] Du vin de Canane , ce qu'ü en faudra. cuife^-les au bain-mme jufqu'a la confomption du vin , pulsgardez, le bäume pour l'ufage, R E M A R O^U E S. On mettra dans un pot de terre vermiß l'huile d'olives, 5c huit ou neufonces de vin de Canane, on placera le pot au bain marie bouillant, 8c on l'y laifTera jufqu'a ce que le vin foit confume; on coulera l'huile, & l'on y fera fondre la cire & la terebenthine on retireralamatiere dedeffus le feu; & quand eile fera prefque refroi- die , l'on y melera exaöement le fantal rouge reduit en poudre lubtile pour faire un bäume , qu'on gardera aubefoin. Il eft propre pour deterger 6c pour confolider les playes recentes, il fortifie les Vetyis nerfs. Baume ou huile tranquille , de l'Abbe Roußeau. * Trene^ des feuilles dejolanum engrappe t du folanum fitrieux , oh du folanum des boutiques ( c'eß la morelle ) de jufquiame , du tabac & des tefles de pavot blatte , de chaeuns deux poignees ■ Des feuilles de rof marin , de fange , de rhue , d'ahjinthe , d'hjffope, de tanaiße & de perßcAire , des fommitez, de lavande & de tbym , desfleurs de fureau & d' bypericon, de chaeun demi poignie. Tout es ces drogues melees& pilees feront infufe'es & mifes en macer ation cbaude- ment pendant dou^e heures dans huit livres d'huile d'olives : En/uite faites euire le tont a petit feu jufqu'a confomption de l'bumidite aqueufe ; puis coulez, avec exprejfwn , &, gardez, cette huile au beftm. R E M A R QJJ E S. On ramaffera toutes les plantes cueillies dans leur force, on les coupera & on les battra enfemble dans un monier , on les mettra dans une baffine , on verfera deflus huit livres d'huile d'olives chaude; on remue'ra le melange avec une efpatule de bois , on le couvrira & on le lailTera en digeftion pendant douze henres,puis on le fera bouillir a petit feu l'agitant toüjours jufqu'a confomption de l'humidite aqueufe , ou jufqu'a ce que les herbes commencent a devenir nuolees 8c cefTent de bouillir, On jettera alors le tout dans un linge, & l'on coulera la liqueur avec ex- preflion &c on la gardera - , ce fera le bäume tranquille. L'Auteur ne marque point la quantite d'huile d'olives qu'il pretend qu'on em- ploye ici -, mais je crois y enavoir marque une affez jufte proportion pourla quantite des plantes, le but qu'on doit avoir en faifant cette preparation eft, que l'huile foit autant empieinte de la fubftance des plantes, qu'elle le peut etre. Elle n'en peut recevoir qu'une certaine quantite qui rempüffe fes pores : on s'obftineroit inutilement a lui en donner davantage» Ddddddij Baume Tranquille Addition des crapaux. *4& PHARMACOPE'B Je ne laifTe la matiere que pendant douze heures en infufion, parce qu'il y avtroit a craindre fi je l'y laiflois bien long-tems, qu'une trop longue digeftion n alterät en quelque maniere la vertu des plantes narcotiques qui entrent dans cette compofi- tion , Sc qui fönt fa principale qualite. L'Auteur die que quand on veut faire ce beaume encore meilleur , on y ajoütera autant de gros crapaux vifs qu'il y a de livres d'huile , lefqueis il fauc faire bouillir tant qu'ils demeurent prefque brüiez ou rbris au fond de la baffine , afin que leur fuc & leur graifTe fe melant dans le bäume , augmentent beaueoup l'excellence du remede. Vertust Les qualites qu'on attribue a ce bäume fönt de guerir la fquinancie , par la feu- le ondhon , avant que l'abfces foit forme. On en frotte toute la gorge ave c la main le plus chaudement qu'on le peut fouffrir pendant demi quart d'heure, puis on y applique des linges chauds. On reitere cette fridfcion de demi-heure en demi-heure, ü le malade ne dort point- Si l'abfces eft forme, l'on change de methode, on mele le bäume avec autant d'efprit volatil de fei armoniac , en les agitant enfemble •, il s'en fait une efpecede favon mou , ou un onguent dont on fe fett a froid pour en frorter la gorge. On fait de meme du bäume feul a chaud für la poitrine, pour les fluxions Sc in- flammations de cette partie : Si le mal efl trop preilänt, on en fait avaler depuis demi-ciullerce jufqu'a une cuillerce: on en donne auili en la meine dofepour les coliques & inflammations des entrailles, Sc l'on en fait prendre en lavement deux ou trois cuillerees dans une decodtion de fon Sc de graine de lin. On lui attribue auffi d'etre foit bonne pour les brülures &c les playes recentes, pour les regles des femmes arretees, pour faciliter l'accouchement, Sc pour diffiper l'inftammation de la matrice, en faifant l'onction par le bas. Ce fönt lä en abrege les Remarques de f Auteur lur les vertus de ce remede qu'il doit avoir eprouvees une infinite de fois- Il declare qu'il n'eft pas bon pour la goutte. Ce bäume eft compofe de plantes , les unes narcotiques ou ftupefiantes, comrae fönt les efpeces de folanum, la jufquiame, le pavot: les autres fpiritueufes, aroma- tiques Sc attenuantes, excepte pourtant le periicaria& le millepertuis, que l'Auteur dit y avoir fait entrer, a caufe de leur vertu conßcllee. \\ me femble que fans s'arre- ter a la conftellation, qui eft affez imaginaire a iegard de ces plantes, on peut dire qu'elles ne peuvent etre qu'utiles dans cette compoiition , puifqu'elies fönt toutes deux reconnues vulneraires. Les planres aromatiques fervent de corredtifs aux narcotiques ; les crapaux meines , fi. on les y ajoüte, fbnt capables par le fei volatil qu'ils contienuent, de rarefier un peu, Sc par confequent de corriger leur fubftance con- denfante ; mais quelques corredtifs qu'on donne a ce bäume, le narcotique y domine , & c'eft lui qui en fait la vertu principale. Solanum racemofum, eft decrit dans mon Traite univerfel des Drogues Cimples fous le nom de Pbytolacca. Solanum furiofmn eft la plante apppellee Belladona : on peut employera fon de- faut celle qu'on nomine Stramonium. On trouvera les deferiptions de toutes ces plantes dansle memeLivre. Quant aux effets du bäume en general, il n'y pas a douter qu'ils ne föient fort adoueiffans, Sc capables de calmer puiftämment les douleurs, comme fönt tous les narcotiques; mais on doit s'en fervir avec precaution, car ilsne fönt fouvent que fufpendre le mouvement de l'humeur ; Sc apres un certain tems , les humeurs re- pi ennent leur fermentation 6c leur acrete plus vivement qu'auparaYant. Mon avis UNIVERSELLE. 949 feroit donc , qu'avant que de s'en fervir pour la fquinancie & pour ies inflamma- tions de poitrine & des entrailles, on eilt fait les faignees & les autres remedes ne- ceifaires. Les vertus de ce bäume pour la brülurc nouvellement faire, fönt encore equivo- ques •, ll doit a la verire arriver qu'en l'applicjuant dellns ü appaife la douleur, par- ce qu'il arrerera l'a&ion des parries de rea qui fönt entrees dans la chair , mais ce ne lera pas pour un long elpace de tems, les corpufcules ignees reprendront leur mouvemcnt Sc leur vigueur d'autant plus fortement, que par le fejour qu'ils y au- ronr faic ; ils fe feront mßnuez plus profondement dans la partie. Pour ce qui eft d'exciter les regles des femmes & de faciliter l'accouchement, j'avoue que je ne comprends pas comment ce bäume pourroit y etre utile; au con- traire je crois qu'il devoit etre nuifible en cette occafion , Sc qu'il feroit un effet contraire. Au refte , quoi que j'aye pris la liberte de dire mon fentiment für les qualices de ce bäume , ce n'eft point par envie de critiquer ; j'eftime ce remede pour temperer les ardeurs &: lesinflammations , pourprocurer de l'adouciffement & dure- pos au malade , car il aflbupit l'humeur trop agitee, &pour refoudre ; mais je vou- drois qu'on ne l'emplayät qu'apres avoir fait les remedes generaux. Sc qu'on n'outrac point la matiere a l'occafion de fes vertus. Baume anodin y ou appaife~doitleurs , deButeus, * Prenex. du favon rape\ une once , Du campbre , ßx dragmes , de l'opium , denn dragme , Du faffran , une demi dragme } de Tefprit de vin reäifie } huit onces. Mettei* le tout en digeßion cbaudemem pendmt dix jottrs , & faites enfuite U cota~ ture. R E M A R QJU E S.- On rapera le favon , on coupera l'opium par petits morceaux, on concafTerä le cämphre , on mettra toutes les drogues dans un matras avec l'eiprit de vin, on bou- chera ce vaiifeau exa&ement, Sc on le placera en digeftion für du fable chaud , ou a quelqu'autte chaleur douce; on l'y laiflera pendant dix jours , l'agitant do temps en temps pour exciter k diffolution des matieres; on pauera enfuite la liqueur par un etamine , Sc on la gardera. Cell: le Baume Anodin. Il appaife les douleurs les plus violentes, etant applique defliis la partie avec un petit linge qui en feraimbu, Sc on le renouvelle de quatreen quarre lieures jufqu'a ce que la douleur ait celfe. On s'en feit pour les rhumarifmes, pour la goutte : on en donne aufli par la beuche depuis trente jufqu'a. cinquantegouttes, dans du vin. Ce Baume peut etre appelle Baume rranquille a. aufli jufte titre que plulieurs au^ tres a qui Ton a donne ce nom •, car il afloupit Sc fufpend les douleurs. Sa principale qualite vient de l'opium. Baume ou onguent de Jympxthie , de Bateus* * Prenez, de l'ufnee de er au bumai» t J)e l'axonge d'homme , de chaeun deux car ils n'y don- nent que leurs phlegmes, Qn peut recirer de dedans la cucut'bite ? ane maffe noire qui y fera reftee, la mettre que. * Vejtus» UNIVERSELLE. 9j't dans une grande cornue, y adapter im recipient •, &c par un feu graduc , mais fort für la fin , en faire diftiller tour ce qui en poura fortir»on aura un autre bäume fae- tide , noir , huileux , fort refolutif & denccatif. Baume de mumie , de L&X." Riviere. * Prenez, de la mumie pulverifee , quatre onces , Du faffran de Mars , de la terel/enthine de Venife, du miel blanc, de chacun quatre onces, De la myrrhe, une once & demie , Des extraits d'hypericon , de grande confoude , de chacun une once ] De petite centauree & d'anßoloche ronde, de chacun demi-once. Metten le tout dans UHtnapas 5 &verfez, deffus trois pintes d'efprlt de vin, laiffet,- le en digeßion pendant un mois } enfutte fepar-ex* par inclination la teinture de fes feces, & la mettez, difliller au bain marie felon l'art ; l'extrait qui refiera dans la cucurbite , aura une ctmßflence de miel; c'efi ce qu'on appelle Baume de mumie, qti'il fautgarder pour l'ufage. " R £ M A R O^U E S. On pulverifera la mumie , on la mectra avec les extraits 8c les autres drogues dans un matras, on verfera delfus l'efprit de vin , oh bouchera exaef ement le ma- tras , on le placera dans le furnier ou dans un autre lieu chaud , on l'y laiflera un mois , ayant foin de l'agiter detems en tems pour faciliter la diflolution des fub- ftances : on verfera enfuite par inclination toute la liqueur dans un autic vaiifeau, ponr la feparer d'avec le marc qui reftera au fond du matras: on mettra certe liqueur dans une cucurbite de verre ou de terre : on la placera au bain marie , on y adaptera un chapiteau & un recipient, on luttera les jomtures, & l'on fera diftiller l'humidite jufqu'a ce qu'ilnerefte danslefonddu vailfeauqu'un extrait en conti- ftence de mielj ce fera le Baume de Mumie , qu'on gardera. Il eft deterfif, vulneraire, farcotique , propre pour toutes fortes de playes. L'eau diftillee eft vulneraire , refolunve, fortihante, aperitive , propre pour refifter a la gangrene, on en peut prendre depuis demi dragme jufqu'a deux dra- ■ gmes. Lefaffran de Mars n'eft pas dune grande utilite dans la compofition de ce bäume •, il me paroit que les liqueurs qui y entrent, ne fönt guere de nature a s'en em- preindre , il refte au fond du matras tout entier ; mais quand les fubftances liquides en auroient diflout quelque portion la plus attenuee , la diftillation ne l'auroit point elevee. Bäume admir.ible , de du Renou. Prenez, des fommitet.de toute-faine t de millepertuis ,& des deux fortes de piment } des feuilles de lierre terreflre , de chamnes deux poignees , Des feuilles des deux fortes de fauge & de chanupitbis, de chaeunes une demie poignee. laijfez.-les en macer ationpendant deux jours dans un vaiffeau vermjfe , avec deux üvres & dorne de vtedle huile , & une pinte du meilleur vin blanc, laites-les bouillir enfuite a petit feu jufqu'a la confomption du vin } puis melez, dans la coUture De la terebenthine , une livre , De l'cncens , quatre onces t De la myrrhe, trois onces. Baume de mumie. Verrus. II I 95 i PHARMACOPE' E Du maftich & du fang-dragon , de chacun detix onces , Dußorax caUmite , une once. Taites-les un peu fremir für le feu ; apres cela expofetiles M Soleü ptndmt fept jours , puis gardez. le bäume pour l'ußge. REMARQUES, On aura les plantes recemment cueillies en leur plus grande vigueur , on les incifera, on les pilera bien dans un mortier, & on les mettra dans un pot de terre verniffe ; on verfera deffus le vin & l'huile, on bouchera le pot Sc on leplace- ra en digeftion au foleil ou au furnier de cheval, l'y laifTant pendant deux jours ; on fera enmire bouillir l'infufion a petit feu jufqu a confomption du vin, & l'on cou- lera l'huile avec exprelfion , on melera dans la colature für un peu de feu, la tere- benrhine, puis les gommes en poudre fubtile. On gardera ce bäume dans un vaif- feau de verre ou de terre. i'ertus. lieft propre pour netoyer Sc confolider les playes Sc les ulceres , il fortifie les nerfs, il rarefic, Sc il refoutles humeurs vifqueufes Sc groflierei, BAumi de civette , de Mynficht. Prenet. de llmile de noix mufeade tireepar exprejßon , une once, De la civette , demi once t Des builes diftillees de favon &carminatives de Mynßcht, & de Celle de cire reclifiee , de chaeune une dragme , 9es builes de gyroßes & de macls, de ebaeune une demi dragme, De Panibre & du mufc , de ebaeun demi-ferupule. Melez, le tout, & en faites un bäume. R E M A R Q_U E S. On liquefiera par une foible chaleur , l'huile de mufeade >■ on y melera exa&e- ment la civette , les autres huiles , Sc enfin le mufc Sc l'ambre qu'on aura pulverifez avec une goutte ou deux d'une des huiles, on fera du tout un bäume qu'on gardera dans un vaifleau de verre bien bouche. Vcrnis, On en fröre lenombril pour appaiferla colique : on pretend qu'etant applique vers la matrice , il abat les fuffbeations ou les vapeurs. Les huiles de mufeade , de cire Sc de gyrofle fönt decrites dans mon Livre de Chymie.L'huile de macis fe fait comme celle de gyrofles, Sc l'huile de favon cornme l'huile de cire. On pretend que la civette, le mufc Sc l'ambre gris erant appliquez au nombril Sc versla matrice > attirent par leur bonne odeur, la matrice en bas , & la remettenr. en fon etatnaturel, lorfqu'elle a ete fecouee dans letems des vapeurs Sc des fuffbeations , de la meine maniere que ces meines odeurs la fönt remuer & foulever lors qu'elles fontrecues par le nez; mais il n'y a guere d'apparence que ces Ingrediens gardent leur bonne odeur , erant melezavecles huiles de cire Sc favon : au-con- rraire , ils deviennent feetides. S'ils fönt donc quelqu'effet erant appliquez aux en- virons de la matrice, c'eft qu'ils attenuent Sc refolvent par leurs parties fubriles les humeurs groflieres, qui bouchant les petits vaiffeaux de ce vifeere ? foat la pre- piierecaule defamaladie, ß4UWg UNIVERSELLE. 5>53 Baume d'Italie. Trenei* de l'huile d'olives, une dem livre , De l'huile de laurier t cinq onces , De celle de terebenthim , deux onces, Des builes de genievre , de fpica , de petrole f & de milleportttis, de chacun dem once » De la che jtmne , deux onces. Mihi, letout, & faltes-en un Baume felon tan. R E M A R C^U E S. Apres avoir coupe Li cire jaune par pecits moirceaux , on la fera fondre a petit feix daris les huiles d'olive & de millepertuis ; puis la baiJine etant fetiree de deflüs Je feu , Ton y melera les autres huiles, & Ton fera un bäume qu'on gardera dans un pot bien bouehe. Il eft vulneraire, & propre pour fortifier les nerfs. On ne mele point les huilesqui ont de l'odeur für le feu, de peur d'en faire diffi- per les parries les plus volatiles, qui fönt le meilleur de leur vertu. Baume ccphalique d'Italie. « * Vrenen. de fhuile de mufcadt, une once t Du vrai bäume & de V ambro gris, de chacun deux dragmes \ Du mufc , un fcrupale , Des builes de gyroftes , & de'fange , de chacunes vingt-deux gonttes > Du maflich , vingt gouttes, De la gomme tacamahaca } autant qu'il en faut. Faites-en un bäume felon Vart. REMAROUES. On anrauhe dragmeile gomme tacamahaca bien pure , ou helle ne I'eft pas af- fez naturellcment, on la pulverifera grodierement & l'on en fcparera les Corps etrangers , on la mettra fondre ou liquerier für un petit feu avec l'huile de mufca- de , on y ajoütera etant hors du feu , le bäume blanc naturel & verkable, les huiles , Sc entin l'ambre gris de le mute qui auront ete pulverifez fubtilement. On melera le tout exaclement pour faire un bäume qu'on gardera au befoin. 11 eft propre pour fortifier le oerveau , on en oingt les tempes & les narines» Baume cephaliqae d'Angelas Sah. * Prenez, de la cire rouge , une once , De l'huile d'amandes douces tiree fans feu , de Celles de mufc ade , de chacun demi once, Dt celle de fuccin , vingt-une gouttes , De Celles de marjolaine, de thim, de clous de gjrofle & du macis , de chacun qidnt-e gouttes , Du camphre, du mufc , de l'ambre gris , de chacun un fcrupale. Metex, ces drogues, & faites-en un bäume felon l'art. R E M A R Q_U E S. On mettra fondre enfemble für un peu de feu la cire rouge , l'huile de mufeade daus l'huile d'amande douce; puis les ayant retirces de deiTus le feu, l'on y melera 5 E e e e e e Vertus, Vextus. Vertus» ? 5 4 P H A R M A COPE'E le camphre rompu par perits morceaux , il s'y liquefiera aifement, on y ajoiitera. les huiles elfenuelles , & enfin l'ambre & le mute apres les avoir reduits en pou- dre fubtile, on aura un bäume odorant qa'ii faudra garder dans un vafe Dien bouche. V Auteur i'eftime beaueoup contre les maladies de Ja tete, comme Ia migraine, les crourdiffemens, l'apoplexie, lepileptie , poiir fortifier la memoire,on enfrotte la tete, les tempes, les narines: on peut aufli en faire prendre par la bouche. La do- Dofe. f e en e ft depuis un fcrupule, jufqu'a une dragme & demie. Baumes Ce bäume & le precedent fönt mis au rang de ceux qu'on appelle Baumes Apo- apopleai- pleftiques, & qu'on porte dans de petites boetes pereees de pluüeurs perits trous, ^ * pour fervir de caifolettes quand on eil fujet aux vapeurs , & qu'on täche de fe pre- ferver du mauvais air. On s'attache a rendre ces fortes de baumes les plus agreables qu'on peut al'odo- rat, quoique lubtils &c penetrans. Il fe rencontre dans ceux-ci deux drogues qui ne fönt pas agreables a l'odeur, l'iiuile de fuccin & le camphre ; mais comme ils fönt de nature fort aetheree ils relevent les autres , & produifent un bon effet contre les vapeurs principalement. %dume hyßerique , de Verliehet. * Prenez. de l'affafetida, dugalbanmn , de Topopanax , du fagapenum t & de U gornme ammonuc , de ebaeun une dragme , Du caflor-eum , des huiles dißillees de. rhue 3 de fuccin > de genievre, de ebaeun un fcrupule. Melez, ces drogues, & faites-en un bäume felon l'art.. R E M A R Q_C7 E S. On choiiira les gommes les plus pures , on les fera liquefier en les battant dans un< mortier chaud, pius on y mclera le caftor pulverife & les huiles continuantabattre bien le rout dans le meine mortier, jukp'a ce qu'il s'y foit fut une liaifon exaete On gardera ce bäume pour le beloin, Il eft propre pour ies vapeurs & pour toutes les autres maladies hifteriques, on lefait fentir , & l'on en applique für ie nomb.-il. On peut auili en faire prendre par la bouche depuis demi- fcrupule jufqu'a demi-dcagme pour exciter les mois aux fem- mes , & pour häter la fortie de l'arnere-fais. Si lk>n ajoütoit une dragme de camphre dans cette compoficion , on augmente- roit fa qualite hifterique. Les femmes fujeties aux vapeurs peuvent en etre foulagees en portant toüjours de ce bäume dans une petite boete d'yvoire ou de metal percee de plufieurs petita trous j ce qui fera l'eifet d'une cafloletce qu'elles fentiront facüement. Baume magißrd, de Bateus. * Prenez. de Fbuile d'ohves , une livre & demie f De l'byfericon t une ence &• demie Des huiles petrole, d'afpic , de laurier, de bayes de genievre , de cbdcun une toiee , Du gjrofle , uns dragme , De la canelle , demi dragme , De la terebenüne de Vemje } huit onces , De la che, quatre onces & demie > Buftorax liquide , quatre onces t Vertus. Pofe. UNIVERSELLE. s>S< De U gomme caragne , & du fantal rouge , de chacun une once , Du benjoin & du fang-dragon, de chacun dem once. Melez, ces drogues 3 & faitcs-en un bäumt fehn l'art. R E M A S Q^V E S. On mettra enfemble dans un pot de rerre les huiles d'olive, de millepcrtuis, de. petrole, d'afpic & de laurier , la rerebenthme, La cire, le ftorax liquide 8c la gomme de caragne •, on couvrira le pot & on le placera für un feu m;diocre , on l'y laillera pendant une heure, remuant fouvent la matiere avec une efpacule , afin que rout fe liquefie: cependanc on pulverifera fubtilemcnt chacun feparement le fantal rouge, le benjoin , & le fang-dragon. On paUera par un ligne la mariere qui fera fondue dans le pot etant encore chau* de, & on l'agitera avec l'eipatule pendant qu'elle refroidira. Quaud eile fera pref* que froide , Ton y melera les poudres , 8c enfin les huiles diftillees de bayes de genievte , de gyrofles & de canelle. On gardera ce bäume dans un pot bien bauche. ■ On l'eftime un remede tres-efficace pour les playes internes ou externes recen- tes , pour les contuiions, pour adoucir les douleurs de la tete, des mufcles & des nerfs, pour chaner les vents , & le fable du rein 8c de la veilie , pour arreter l'he- morragie du nez , pour aider a la digeftion, pour les vers ; on en prend par Ja bou- che depuis une dragme jufqu a trois dans un peu de vin chaud , de Ion en applique für les parties malades. Baume faralitique , de Buteus. * Prenez. de la terebentbine de Venife , quatre livres, De la gomme elemi y & du IManum } de chacun trois otices ~ Du ftorax liquide , deux onces , De Li canelle t demionce > Des fleurs de romarin, & de fange 3 de ebaeunes ßx dragmes \ De l'ohban , de laloes , ducaftoreum , de la myrrhe , du bois d'alogs , & des fieurs de, millepertuis , de chacun une once , Du calamus aromatique , dugyrofie , & dugalanga, de chacun ßx dragmes. Toutes ces drogues etant bien preparees , fakes-en un melange avee la terebentim , y ajoütant de l'efprit de vin deux pintes; faites digerer le tout un peu tie'de pendant ßx jours ; enfuite mette^-le diftiller dans une grande cornue , fremierement a un petitfeu de cendrespendant deuxfois 24 beures ) enfuite augmentet. unpeu lefeu, &lepouJ/ex, enfin jufqu'au plus fort. ll faut recevoir la premiert eau qui coule de foy, comme de Ceau ordinaire, la fecon- de eauquicoule comme une buite claire, mais jaunatre , de tt es legere fubfiance- La premiere s'appclle , la mere du Baume, la feconde , le Baume paraütique, & U troißenie , Huile de Baume. R E M A R O^U E S. On pulverifera gtoflierement enfemble la canelle, le bois d'alocs le calamus aro- maticus , le galanga 8c les gyrofles, d'une autre part la myrrhe , le labdanum, l'oli- ban, l'alocs 8c le caitor; on melera avec ces poudres les fleurs de millepertuis, de ro- marin & de fauge. On mettra liquener enfemble par un tres-petit reu la tereben- thine , la gomme elcmi , le bäume du Perou , & le ftorax liquide ; on y melera les poudres & les fleurs, &c Ton mettra le melange dans une fort grande cornue de grez, ön verfera denus l'efprit de vin, agitant la cornue, afin que toures les drogues s'u- E e e e e e ij Vertus. Dofft Mere de Baume. Baume pa- ratitique. Huikde Baume. Baume de jnccin. Vertus. Pole. $ 5 5 PHARMACOPE'E niflent enfemble", on bouchera le vaifleau , & on laifferala matiere en digeftion en un lieu chaud pendant fix jours, on la placera enfuite dans im fourneau au bain de ccndres, Sc y ayant adapte un recipient Sc kitte exactementles jointures, ondonne- radelfousun feu du premier degre, qui nechauftera quepeu la cornue, Sc qui fera par confequent diftiÜer la liqueur tres-doucement: On continuera ce degre de feu pendant 48 heures,& Ten retirera cette premiere liqueur qu'on trouvera claire comme del'eau dansle recipient pourh. garder dans une bouteille bien bouchee. On readapterale recipient coninic devant, & ayant augmentele feu jufqu'au fecond degre chi un peu plus förtjOn fera diftiller une liqueur claire,mais jaunätre & huileufe : quand ll ne viendra plus rifen par ce degre de feu,on rirera du recipient cette Ceconde liqueur pour la garder dans une bouteille apart. On readapterale recipient 6c Von augmentera le feu peu ä peu jufqu'au quatneme degre, il fortiraune liuile vifqueufe & epaifTe de couleur brnne, noirätre , on continuera lc feu jufqu'a ce qu'ilne diftil- le plus rien ; on gardera cette troifieme Sc derniere liqueur a part. La pi-emiete liqueur diftillee eft appellee Mere de bäume, la feconde Baume Para- lytiquc , Sc la troifieme Huile de Baume. Ces liqueurs fonr bonnes pour fortifierles nerfs , pour gucrir la paralifie naiflante, Sc les convulfions etant prifes interieure- ment Sc appl iquees exceneuremenr. Cette corapofition de bäume a beaucoup de rapport avec celle du bäume blanc de Fioraventi,& je crois que ces deux baumespoffedent des quaütes fortapprochantes, je preferero'.s pourtant ce dermer a l'autrepourla paralifie &pour les autresmala- dies des nerfs, a caufe de la nature des drogues balfaraiques Sc fortifiantes qui y en- trenr. Baume ou beurrc de fuccin y de Baten?. * Prenez. du fuccin blanc mis enpoudre trh-fubtile, deux onces , "De l'buite de terebtntbine , demi »nee. On les laijferafort Itmg-temps expofez* au Soletl, & jufqu'a ce que le fuccin fo'it farfattement dißaut. R E H A K QJJ E S. On pul veri fera fiibtilement le fuccin, on le mettra dans un matras, on verfera. delfus l'huile de terebentine, 011 expofera le matras au foleil, on l'agitera de tems tems, Sc on l'y laiflera jufqu'a ce que le fuccin foit pari aitement diilbut ? la dillblu- tion iera le bäume de luccm. II eft propre pour fordfier le cerveau «Sc les nerfs, pour les convulfions, pour lepileptie , pour lesmaladies hifteriques , pour exciter l'urine. La doie en eil de- puis une goutte jufqu'a fix. Comme le fuccin eft gras Sc huiletix , il peut fe difloudre dans les builes, mais cc n'eft pas en peu de tems, le blanc qui eft le plus pur, a plus de facilite a fe diilöudre que le jaune, on demande qu'on expole le matras au foleil pour exciter la diftolu- non de la mariere ; mais au defaut de cette chaleur 011 peut fe fervir d'une digeftion faite par un feu ordinaire. A Poccafion du fuccin dont il eft f tit ici mention, Pbn peut voir dans mon Traite univerfel des Drogues, a la Diction Karabe, ( qu'on appeile en Francois ambre jaune , ou fuccin) les fentimens partages des Anciens Sc des Modernes für la harnte cv l'origine de ce mixte, qui felon les derniers eft un bitume , Sc felon les autres une mariere qui durcit comme de la pierie. Mais j'eftime J'opinion des Anciens prefe- i&ble a celle des Modernes» Ü4ume UNIVERSELLE. * ?$<; Baume hemißen. Prenex. des bulles de camphre t de fuccln & de citron , de chacunes parties egales. Laiffez,-les enfemble dans un matras bien bntcbe dans un bainfort doux , jufqu'a ce qiielles foient bten mele'es , & qne l'huile acqtnerre une teinture d'or. R E M A R QJJ E S. On melera enfemble dans un matras, parcies egales d'huiles de camphre, de fuc- -cin & de citron, on bouchera le matras 6c on le placera en digeftion au bain marie tiede , on agitera la liqueur de tems en tems; &c quand les huiles feront bien liees & unies entemble & qu'elles auront acquis une couleur doree, on les verfera dans une phiole laquelle on bouchera , & l'on gardera ce bäume pour l'ufage. Il eft propre contre la pefte, contre le fcorbut'& contre toutes les autres maladies contagieufes. il rabat les vapeurs , il excite les mois aux femmes. La dofe eft de- puis deux gouttes jufqu a fix. Les huiles de fuccin Sc de camphre fönt decrites dans mon Traite de Chymie. L'huile d'ecorce de citronfeprepare comme l'huile decanelle, dont on trouve la defcription dans lememe Livre. Ceux qui n'auront point d'huile de camphre, pourront mettre enfa place du camphre en iubftance , il fe diffoudra aifement dans les huiles , & la liaifon (era menie plus exacfte. Baume de Palme, Prenex. de l'huile de palme nouvelle > wie demi livre , De celle de laurier, deux onces , Des huiles de noix mufcade & de genievre ~ De Vonguent martlatum, Du bäume du Perou & de copahu } de chacun demi-once. Uelet, le tout, & faites-en un bäume felon l'art. R £ M A R QJÜ E S. On mettra tous les Ingrediens enfemble dansun plat deterre & on les liquefiera par une douce chaleur au bain marie , pour faire un bäume qu on gardera dans un pot bien bouchc. Il eft nerval, fortifiant, refolutif, propre pour la paralifie, pour ramolir les du- retez des jointures, pour lagoutte fciatique, pour dütbudre les humeurs froides: on en träte les parties malades. Baume nephritlque , de Füllet. * Prenex. d'huile d'amandes douces nouvellement faltes, quatre onces > De l'huile nouvelle de femences de pavot blanc & de Im, de cbacune deux onces s De l'huile de noix mufcade , thee par exprejßon » demi-once , De l'huile petrole , cinq dragnies , Da bäume de copahu , ßx dragmes J Du bäume du Perou , deux dragmes , De l'huile de genievre , quatre fcrupules» t Vertus. Dofe. ♦«?5? PHARMACOPE'E De l'huile d'äfiis, mt drägmc, + De l'huile de vitriol reäifiee t une once , . De l'huile de campbre t deux fcrupules. 2>lelez. le töuf > & faltes le Lmmc felon Vart. R E M A R Q^U E S. On agitera toutes ces drogues darjs un vaiffeau de verre qui foit aiTez gramer juC- qu'a ce qu'elles fe foienc furhfamrnent echaufrees , & qu'elles ayent acquifes une couleur noire ; quand la chaleur fera paflce cnlesmettra digerer au bain marie jiendanc deux jours, en remiiant fou'veht la matiere; enfuite on la laiflera repofer pour s'en fervir anbefoin. Mais pour mt-ier plus promptement ces Ingrediens, on fera cnaoffer ies hüiles au bain marie ; & certe mariere etant un peu chaude, on venera dellus de l'huile. de vitriol, jufqu'a ce oue toutes ies Iiuiles föierit bien melees «3c unies enfem» ble. V extus. Cet exccllenr bäume eft rres efficace pour Ies douleurs de reins , il en vuide le grr.vier , il fair fortir ie calcül, il provoque l'urine, il eft iouverain contreles malad ies de poitrine , il fair cracher , il appaife ia roux, Dofct -^ a ^°^ e cn e ^ ^ e p u " dix gourresjufqu a cinquante ? donrtees avec le fyrop d'al - thxa , ou quelqu'aurre decoction pectorale. Baume admirdbU, de Fidler. * Vrenez, de Fencent t deux onces, Du maflic , des gjrofles, du galanga , dumtcis, descubebes . de chaeun denn once ," Du bois d'Joes, une cr.ee. Mtlez. tes poudres arce denn livre de miel, & de U terebenthine de Venife , une livre. Ajoutez* a ces drvgucs ce quil'fauarü cTefprtt de via , c'efl-a-diie autttnt qu'tl en faut paar en tirer Li teinture, Bißi/iez. votre matiere au bam-marie , & quand vous verrez. tonte votre eau c'uire & UmpiSe , veus rr.ctt.ic~ pur de (jus un untre recipier.t paus en nrerex. pour U ftconde fpit un bäume ränge excelknt oue vous rcäißcrez. )tt- fiüte. R E M A R £_U E S. On pniveriiera fubtilenient toutes Ies drogues; enfuite on Ies melera avec le miel & Ja terebenthine ; quand le melange fera fair on Ies mc-trra dans nnc cueur- bire & l'on verfera dellus de 1'eiprit de vln a la hauteur de deux ou trois doigts; on diftillera le tour au bai-n-maric jufqu a ce qus la liqueur paroifle rouge; aJors ü faudra changer de reeipient, Sc conrinuer le feu pour urer le bäume qu'ü 6u- dra re>5tirier. Vertut« Il eft bon pour guerir toutes {ohes de playes, pour Ies vieux ulceres, pcwir Ies chancres, pour Ies fiftvies, pour le mal des yeux. Dofe. J-3 dole en eft interieurement depuis cinq gouttes jufqu a da. CHAP, UNIVERSELLE. 9<7 OnCo PHARMACOPE* E Onguent nutritum , ou de litharge. Treuen de la litharge d'or bien pulverifee } une demi livre, Du meilleur vinaigre , huit onces , De ihuile commune , une livre & demie. Agitez. la litharge dans un mortier de fönte > verfant deffus altemativement de l'huile & du vinaigre , jufqu'a ce qu'tls foient bien um, & que V onguent prenne une conßflence raifonnable. R E M A R Q^V E S. On agitera long-tems la litharge pulverifee avec le vinaigre Sc l'huile qu'on metr tra peil a peu dans le mortier , tantot de Tun, tantot de lautre pour noutir, unir Sc- lierles ingrediens eufemble, Sc pour faire une efpece d'onguent qu'on gardera dans un pot pour le befoin. Veitus. 11 eft propre pour deflecher la galle , les dartres Sc les autres demangeaifons de la peau , il 6ce l'inrlammation Sc l'acrete des playes , Sc il les cicatrife etant appli- que deflus. Le nom de nutritum a ete donne a cet onguent, parce qu'il fe fait en nourriffant l'huile , le vinaigre Sc la litharge peu a peu enfemble > Sc leur donnant un corps qu'ils n'avoient point etant feparez. Le nom de triapharmacum vient de ce qu'il eft compofe de trois Tortes de drogues. On peut a la place de la litharge employer la cerule ou le minium , Sc a la place du vinaigre , les fucs de lolanum , de planbin , de fempervivum. On fait un fort bon nutritum en agitant Sc nouriifant enfemble peu a peu dans un mortier a froid , egales parties de vinaigre de Saturne Sc d'huile de rofe, c'eft ce qu'on appelle beute de Saturne. Onguent pompholix, de Nie. Alex, Trenet, de l'huile rofat , ringt onces ; Du fuc de grains de morelle , huit onces. Cuife^-les enfemble a petitfeu jufqu'a, U confomption du fuc , apres teU (oulm- les , & faltes fandre dans la colature De la cire blanche , cinq onces t Dcla cerufe lavee, qttatre onces , Duplomb brüle pulverife t & de la tuthie preparee , de chaeun denx onces ~ De t''entern (ubtilement pulverife , une once. Faites-en un onguent felon l'art. R E M A R Q^U E S. On fem bouillir a petit feu dans une bafline , le fuc de graine Je morelle avec l'huile de rofe jufqu'a confomption du fuc , on coulera l'huile pour k ßparer de fes feces Sc Ton y mettra fondre la cire blanche , puis ayant retire la bailine du f eu> l'on y melerales poudres pour faire du tout un onguent qu'on gardera dans un pot pourl'ufage. Il eft propre pour oter l'inrlammation desulceres des y\mhes,Sc pom 'es defTecher. On prefere dans cet onguent la cire blanche ala cire /aüiie, a caufe quelle eft plus lafi-aichiflante 3 raais cecte difference eft de petite confequence. Onguent Bcurc de Saturnc. Veitus. UNIVERSELLE. $6t Onguent de'ßccatif y fouge. Trenei* de l'buile commune , une livre , de la cire blanche , trois onces. Taites-les fandre enfemble für un petit feu, & quand cette decoäwn fera a dctm refraidie , melez,-y les poudres fuivantes , qui fönt De la pierre calaminaire , & du bol d'Armenie, de chacun deux onces , De la lytharge d'or & de la certtfe de Venife, de chacun une once & demie , Du camphre une dem dragme. Iaites-en un onguent felon Part» K E M A R Q^V E S. On pulverifera bien fubtilement la pierre calaminaire , Ie bol, Li litharge Seh cerufe, on fera fondre für un pecit feu , la cire blanche rompuc par perics morceaux, dans l'huile , &C quand la mauere fera a demi refroidLe, l'on y melerales poudres 8c enrin le camphre qu'on aura auparavant diilouc dans environ une dragme d'huüe, on aura l'onguent deiiecatif qu'on gardera dans un por. Il deileche en rafraiclnflant 3 il fortifie 8c fair revenir les chairs, on s'cn fert pour lesplayes enflammees. On ne doir meler le camphre que quand l'onguent eft refroidi, parce qu'ecant fort volatil, peu de chaleur en feroit diiliper une grande partie. Onguent fouge , de Lemott. Prenez. de taxonge de porc & de l'huile d'hjpericon, de chaeuue qttatre onces, De la cire t deux onces, de la craye , une once, Du minium > deux onces, du camphre , deux ferupules. Metex, le tout, & enj"altes un onguent. R E M A R QJCJ E S. On pulverifera fubtilement le minium 8c la craye, on mettra fondre la cire dans l'huile Hypericum 8c dans lagrailfe de porc melees enfemble, on y incorporera hors du feu les poudres & le camphre qu'on aura diffout dans un peu d'huüe d'hyperi- cum , pour faire du tout un onguent qu'on gardera au befoin. Il eft propre pour ocerlinflammation des playes 8c pour les deffecher. Onguent de minium, ou Onguent fouge camphre'. Prenez. du minium, trois onces; de la lytharge t deux onces, De la cerufe, une once & demie ,- de la tuthie preparee , trois dragme f, Du camphre , deux dragmts , de la che blanche t deux onces , De l'huile rofat, une livre & demie. lAites-en un onguent felon l'art, i R E M A R O^U E S. On pulverifera fubtilement le minium , la litharge & la cerufe , on les mclera avec Li tuthie preparee , on dilloudrale camphre dans environ une once de l'huile rofat: on fera fondre a petit feu dans le refte de l'huile , la cire rompuc par petits morceaux , on y incorporera hors du feu , les poudres , puis quand l'onguent fera tout.! fait refroidi, l'on meiera la duTolution du camphre Sc on le gardera pour le befoin. f Ff ff ff Vcitus» Vertun Veitas» ce nom a cte donnc ä l'onguent Tetraphar- Biacum. Bafilicum minus. Unt'uen- tum bafili- cttnmajus. fgx PHARMACOPE'E II defTeche , il cicatrife les ulceres en otant l'inflammarion , il agit a peu ptes comme l'onguent pompholix. Ces qua:re derniers onguents fon compofez de matieres alkalines propres a ab- forber les humeurs acides ou falines qui caufent les inflammations dans les playes &: qui les entreriennent, c'eft par cette raifon qu'ils deiTechent.. Onvuent bafiticon , ou fuparatif. Vrenet, de la cire jaune , du fuif de mouton , de la refine , de la pn'ixnavate , de la terebenthine de Venife t de chacun une demie Hvre , De l'huile commune deux livres & demie. laitesfondre le taut dans l'huile , coulez. la decoclion , & gardet* l'onguent pour l'ufage. R £ M A R Q^U E S. On couperapar morceaux La cire & le fuif, on concafFerab refine & lapoix noire on meraa fondre le tout dans l'huile für un feu mediocre, on couiera ta mauere fondue & Ton y melera la rerebentine pour faire un onguent qu'on gardera. Il digere les humeurs Sc il avance la fupurarion etant applique für les rumeurs & dans les playes.. Baßhcum eft un mot Grec qui fignifie Royal pour exprimer (es grandes vertus. Mefue decrit un onguent bafilic qu'il compofc avec de la cire, de la refine, de la poix noire de chacun demi hvre & de l'huile commune deux livres, il appelle cet onguent tetrapharmacum , a caufe qu'ii eft compole de quarre fortes de dro ö ues, ou baßhcum minus , pour le d irrerentier du baßlicutn majus qai eft une compofition d'onguent peu en ufage. L'onguent bafilic dont j'äy rapporte la defcriprion eft plus ufite que celui de Mefue , mars il ne peut pas etre nomine tetrapharnnicum , car iL contient plus de quarre fortes de drogues. Si l'on ajoute a la defcriptionde cet onguent de la myrrhe & de l'oliban reduits enpoudre fubtile , on aura ce qu'on appelle unguentüm baßlicum majus , il feraplus decerfif & vulneraire que les autres. Onguent de Bacox* * Vrenet* de l'huile d'clive , deux livres t De la, cire neuve } de la reßne } de la potx noire , de la terebenthine , de chazune une Hvre , De Ufiente de chapon , de celle de blaireau y de cheval } de mulet >& de la moellede cerf , de ch-teun etnq onces, Des hmles de terebenthine , de caflorcan y ie tdmbrics t oh vers de terre , de canuh nulle t d'hjpericm t de lin & de renard de chacun quatre onces } De l'huile de petrole , deux onces. Melez, le tont enjemble pour en faire un onguent felon l'art. R E M A R Q^U E S. On coupera la cire parpetits morceaux , on coneaflera la refine & lapoix noire , on les mettra dans une bailine avec toutes les autres drogues, on merrrala bäume für un peu de feu pour faire fondre doucement le rout, on le couiera par un linge , & on le remuera avec une efpatule de bois jufqu'a ce qu'il foit fvoid. Cec onguent eft rcfolucif, nerval, adoueiiiant & färtifiant, on s'en frartc les UNIVERSELLE. 9^5 parües malades. Les Marechaux s'en fervent aufli pour les detorfes Sc pour les fou- lures des chevaux. Onptent d;s Apotres , ott de dorne drogues, Prenez. de la c'nejaune f quatre onces , De la reßne t de la terebemhme, & de la gomme ammoniac t de ebaeun une once & fix dragmes, De la litharge d'or , une once & une dragme , De Vollbart, du bdelltum & de l'artßohcbe ronde , de chaeun ßx dragmes, De la myrrhe } & du galbanum f de chaeun demi-once } De l'buile commune t deux hvres. Eaites-en un onguent felon Part, R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble dans un mortier huile au fond , la gomme ammoniac, Ic bdellium , l'oliban Sc la myrrhe , d'autre part on mettra en poudre chaeun fepare- anent , le verd de gris, l'anftoloche Sc la litharge , on puriRera par le vinaigre en la maniere accoiitumce le galbanum Sc l'opopanax , on mettra cuire la litharge avec l'htüle y ajoütant une livre d'eau ou davantage , s'il en faut, Sc remüäht toüjours avec une efpatulc de bois •, quand la litharge fera cnite , on y fera fondre la che, la teilnc rompucs par petits morceaux ( les gommes purifiees Sc la terebenthine , on cerirera la bäume de defliis le leu , Ton y.melera le verd de gris , pius l'anftoloche Sc enfin les gommes pulverifees; on fera un onguent qu'on gardera dans un pot bien bouche. 11 eft propre pour mondifier les playes Sc les ulceres Sc pour les cicatrifer. On pretend que le norri d'Apofiolorum vienne de ce que le nombre des drogues qui compofent cet onguent eft pareil ä celui des Apotres, mais il en faudroit donc «xclute l'huile , car fi on la conte , il y aura treize Tortes de drogues, je vois plus d'apparence qu'on ait voulu exprimer par ce beaunom , unecompofitionquipoile- de des grandes vertus. Au refte Mefue decrit cet onguent fous le hörn de unguentum crafeos , il en fait deux dirTerences , l'un eft furnomme magnum Sc i'zutrc parvum. * Quand les Marechaux veulent faire venir a fupuration quelque glande, ou autre tumeur furvenuc a un cheval , ils fe fervent du melange fuivant. Prenez quatre onces d'onguent bafilic ordinaire, 5c une once d'emplätre divin ; faites-les fondre enfemble, & a mefure que le nielange fe refroidira, melez-y trois onces de theriaque vieille pour faire un onguent. Cet onguent a fa vertu & fon utilite , aulli-bien pour les hommes que pour les chevaux 5 il produit un tres-bon effet, etant applique für les tumeurs dures, malignes , douloureufes, enflammees , qu'on appelle Charbons. Il les amollit, Sc il les conduit peu a peu a la luppuration > en refiftant ä Vertu« Unguentum crafeos. Onguent pour les chevaux. Vertust appuration , en rchltant a leur malignite. Onguent mondificatif d'aehe. Vrencz. des feinlies d'aebe " t une poignee & demie , De celles de iterre terreßre , de grande abßntbe , de petite centdttree , de chamadris , de fange , de mi/lepertuis, de plantain , de milkfeuille , de pervenebe , de grande & moyenne confoude, de bhoine , de cbevrefeutlle , de verveine 5 de veromque , de caillet , de centmode , de Ungue de ferpent & de pimpcrndle , de ebaeune me poignee, Ffffff ij 964 PHARMACOPE'E De l 1 bulle commune , quatre livres , De la cire jaune y du fuifde mouton } de la reßne } & de la terebentbine , de chaeun une hvre, Laiffez* en macer ation les herbes pilees dans Vhiiile , le fuif t la cire , la reßne & la terebentbine , & cuifei^-les enfuite a petit feu , remuant fmvent le vaijjeaujufqu'a ce que l'bumidite des plantes foit confumee. Coulet, enfuite & t'xprimez, fortement la de- coäion t puis melex. dans la colaturc hen purifiee Des poudres de myrrbe & d'alots , de cbacune dettx onces, De la racine d'iris de Elorence & d'arißolocbe ronde , de cbacune une cnce« Eaites-en im onguent, fehlt l'art. REMARQUES. On cueillera toutes les plantcs en leur vigueur, oiiles incifera & on les pilerabien; on fera fondre enfernble dans une baffine le fuif de rnouton , la cire , la refine, & la terebentbine avec Thuile, on y melera les herbes pilees, on laiilera macerer la mauere pendant deux jours, puis on la fera ciure a petic feu , la remuant avec une el- patule de bois, jufqu'a ce que l'humidite des plantes foit prefque confumee , on la coulera alors exprimanc fortementle marc , &l'ayant laifl'ce repofer quelque rems , on la verfera par inclinarion pour en feparer les feces , puis on y melera les poudres on gardera cet onguent pour s'en fervir au befoin. ^crttis. 11 eft propre pour nettoyer & pour cicatrifer les playes & les ulceres, on en met dans la moriure du einen enrage. Je trouve qa'il entre trop peu dache dans cetre compofirion , 5c qu'on pourroir rabreger en retranchant plufieurs plantes desmoins utiles, & en augmentant a pro- tionles autres en la maniere fuivante. Ongutnt mondifeatif d'aehe , lefiofmZ Frcnez, des feuilles d'aebe , trois poignees , De Celles d'abßnthe vulgaire, de üerre tereßre , de fange , de millepertuis , de per- venebe t de grande canfoude, de be'toine , de verotuqite , de verveine , de millefeuille & de pimpernelle , de chaeunes une poignec & dernie, De l'buile commune , quatre livres , De lacire jame , du. fuif de mouton , de la, reßne & de la terebentbine , de chaeun une iivre, laiffez, les berbes en maceration avec l'huile t la c'tre , le fuif t la reßne & la terebentbine pendant deux jours; cuife~-les enfuite apettt feit ? remuant fouvent le vaiffeau jufqu'a ce que toute l'bumidite des plantes feit confumee. Coulez, enfuite & exprimea. la decoäion, & dans cette exprejßon a demi refroidie , melez. des poudres de mjrrht clnifie & d'aloes fuecotrin , de chaeun deux onces , Des racines d'iris de Floretue & d'arißolocbe ronde , de cbacune une once. Iaites-c.n un onguent felon l'atu Je laiße macerer les herbes pilees pendant deux jours avec les autres matteres y . ahn qu'elles ayent plus de tems pour commumquer leurs quahtes; &l'c«iremarque- ra que i'onguent fera plus vert que fi i on s'ctoic contente de üire bouillir la mauere, fansialaifTer digerer- UNIVERSELLE. 5165 Ongutnt mondificatif de refine. Prenex. de i'huile commune , une livre , De la reßne , de Li ttrebenthine & du miel commun s de chacun dcmi livre , De la etre jaune , trois enccs, De la myrrhe choifie , de la farcocolle , des farmes de Im & de fenugrec , de l'entens & du maßkb , de chacun une once. Eaites-en un onguent felon Part. R E M A R Q^V E S. On pulverifera enfemble dans un mortier fiuile au fond , la myn-he , l'encens, lc maflich , la farcocolle : d'une aurre part on mectraen poudre enfemble lesfemcnces de Un Sc de fcenugrec 5 on mettra fondre dans I'huile , la refine , la cire & la tere.- bentine : & quand la mauere fera a demi refroidie , Ton y mclera lc miel, les fa- riiies 6c enfin les eomrries pulverifees : on fera du tout un onguent, qu'on gardera pour le belom. Il ades qualiteslemblables ä Celles du mondificatif dache. VeitüSf Comme on ne peur pas faire en toures faifons le mondificatif dache, a caufe des planres. qui y entrent, lelquellesdoivent etre employees vertcs Sc recemment cueil- lies, on a invente cet onguent mondificatif pour fupplcer a Ion defaut, on lui a donne le nom de la Refine pour le diftinguer d'avec Tautre. • Cet orguent ne peut pas etregarde bienlong-temsfansqu'il femoififle , acaufe du miel qui yentre; mais on en doit laire peu a. la fois, oubienattendre qu'on veiuL- le s'en fervir pour y meler du miel.. \ n Onguent mondificAtif du DotfeuK * Prenez, de Vaxongede porc & dela terebentbine t de chacun huit onces , Du beure frais , de I'huile d'hjpencon & de l'otiguent papuleum, de chacun quaire OttttQ De I'huile de 11 anriet, & du verd de gris , de chacun trois onces i Du Vitriol blatte , quaire onces Du borax & du realgal ou arfenic rottge , de chacun deux onces, Eaites-en un onguent felon l'art, R E M A R Q^U E S, Pulverifez & melez enfemble le vert de gris, le vitrioi" blanc , le Borax & le rialgal; faites fondre entemble par un petit feu, dans une baffine , la prahle dtf porc , le beure frais & le populeum , ajoütez-y hors de defius le feu la rerebenthi- ne & les huiles; puis le melange etant prefque entierement refroidi, Ton y melera exaetement les poudres , agitant le tout quelque tems avec un bhtortier •, 011 gardera cet onguent pour le bcioin» ll deterge puiflämment & il defleche les playes, il conferve les chairs baveufes, il Veitus. reiifte a ia gangreneron en peut appliquer avec des plumaceaux,fur les vieux ulceres, für les tumeurs icrophulcules ouvertes. Les Marechaux s'en ferv-etit avec fucces-, pour une maladie deschevaux quonap- pelle Joüar encorne. Soleyfel parle de cet onguent dans fön Livre du Parfait Mar©- ^ ß cbal, pag. 216, fous le nom de Mondificatif, ou Onguent du Dauern. £lcur, Fffff'f iij '"*(, Onsuent 9S6 PHARMACOPE'E Vertus. tum mag- flUttl Onguent Egypt'uc. Trenez. du meilleur miel , vtngt-hu.it onces , Du vinaigre tres-fort, quatorz^e onces , Du verd degris , dix onces, Cuifet.-les a petit fett, jufqu'a conßflence d"'onguent. R E M A R Q^U E S. On pulverifera le verd de gris , Sc on le fera cuire avec le miel Sc le vinaigre jufqu'a conüftence d'onguent. II eft propre pour deterger Sc pour confumer les cliairs baveufes & la pourriture , il relifte a la eangrene. Cerrecompolition eft mal nommee Onguent, puifqu'il n'y entre rien d'huileux ni de gras, eile eft appellee /Egjptiacum , parce quelle a ete inventee en Egypte,ßc Unguen- tiiclleum , a caufe du miel qui y entre, on la nomme encore XJnguentum magnum , a caufe de les grandes proprietes. Le verd de c?ris donne d'abord a. la matiere une teinture verre , mais en bouil- lant les aeides s en feparent, Sc reprenant la couleur du cuivre, l'onguent devient rouge. Quelques-uns y ajoütent de l'alun brulepour le rendre plus acre, ou de l'encens pour lui donner plus de vertu vulneraire; mais on peut toiijours y melerces drogues für le champ, quand il en fera befoin. Onguent d'Althea. Prenez, des rachtes d'altbea nouvelles , &coupees b'ien menu , une dem] üvre , Des fernem es entieres de Im & de fenugrec , & de la falle coupee bien menu , de cba- eunes quatre onces , De Veau de fontaine , huitlivres. Laiffet.-les enfemble en maceration für un petit fett pendant vingt-quatreheures , en les remuant avec une efpatule de bois. Cuifez,-les enfuite jufqu'a ce qu'elles ayent ac- qms la conßfitnce d'un mucilage epats. Coulez,-les enfuite , & les exprimet, fortement. Faites cutre apres cela l'expreßionmucilagmeufe für un petit feu , jufqu'a la conjom- ption de l'humidite aqueufe. Coulez,-lesde nouveau , & faites fandre dans la colature De la cire jaune , de chaeune une livre. Coulez*-les encore , & dans la colature a denn refroidie , nieleiL de la terebenthine de Venije , du galbanum pur , & de la gomme de lierre pulvert fee , de ebaeun deux onces. du galbanum pur , & de la gomme de lierre pylverifee } Faites-en un onguent felon Vart. R E M A R g_ t/ E S. On choifira des plus großes racines d'altha:a & des mieux nourries, on les net- royera, on les coupera par petits morceaux , on les merrra dans unporde rerre ver- nifle avec les iemences entieres & l'oignon de fcille ineife menu, on verfera deflus huit livres d'eau de fontaine boüillante , on couvrira le pot Sc on le placera für les cendres chaudes pout y laififer la matiere en digeftion vingr-quarre heures , on la fem bouillir eniuite l'agiunt de tems en tems avec une eiparule, jufqu'a ce que la ü- UNIVERSELLE. 96-? queur fe foit cpaiifie cn mucilage, on la coulera älors avec expreffion , on fera cuire ce mucilage avec l'huile jufqu'a confomption de l'humidite aqueute,oncoulera l'hui- le & Ton y fera fondre la cire, la refine , le galbanum purine par le vinaigre &: la terebenthinc ; puis quand la matiere fera prefque refroidie, Ton y melera la gommc de lierre pul verifee pour faire un onguent qu'on gardera au befoin. II eft propre pour ramolir , pour humedter Sc pour refoudre ; il appaite les dou- Vertus. leurs de c6te il amolit toures les duretcs, ii fortifie les nerfs, il diifipe les rhumatif- mes, on en frotte les parties malades. Je voudgpis mettre dans cetce compofirion , la gomme ammoniac a la place de celle de lierre -, parce que je la crois plus ramolliflänte Sc plus convenable a la vertu de l'onguent. L'onguent d'althaeareTout Sc diffipe les duretcs ; parce qu'il ramollit par (a fubftan- ce mucilagineufe , les humeurs grouieres, les rendant en etat detre entrainees peu a peu par le cours des humeurs qui circulent. Plufieurs defciiptions retranchent les gommes de La compofition de cet onguent, & elles le privent par-la de ce qu'il doit avoir de plus elfentiel: d'autres en fönt de deux fortes; Tun fans gommes qu'elles appellent Simple , Sc l'autre avec les gommes qu'elles appellent Compole •, mais il me femble plus a propos de n'en preparcr. que d'une forte , & qu'il foit bon autant qu'il peut l'etre. Onvuent dofe. o Trenez. de l'hülle commune, deux hvres & demve , De la cire jaune , une äetni hvre, De la terebentbtne cfaire , deux onces , De la- reßne & de la colopbone , de cbaeune une once & detnie , De l'encens & du maflick, de ebaeun une once , Du J'djfran t une dragme. Melei.lt tout &faltes im onguent feien l'arf. R E M A R QJÜ E S, On mettra fondre dans l'huile la cire , la refine Sc la coloplione, on coulera fe melange par un finge pour en feparer les ordures , on y melera la terebenthine Sc en~ fin l'encens ,le maftic & le fafrran qu'on aura pulverifez fubulement chaeun a part,.. pour faire du tout un onguent qu'on gardera au beibin. II eft propre pour incarner Sc pour cicatrifer les playes y il en adouck l'acrete. On Vanusr peut auili s'en iervir pour les douieurs des pintures. Cet onguent a pris (on nom de la couleur, qui approche de celle de Tor. La refine & la colophone fönt fi femblables en tout,qu'on peut fort bieoau defaut de la colophone, employer de la refine , c'eft-a-dire endoubier la dofe. Onguent martixtum» Vrenez, des racines d\:ltbex& d'aunez t des femences de fenugrec & dcctimin> de 1 baeunes deux onces , Du (peanard, une once, Des feinlies de rofmarin , de Uur'ter s de rliue ' De marjoLiine , d'hjeble t de fabine , $>e menthe dejardin& aquatiqut , 26$ PHARMACOPE' E De bafilk t de fäuge , deprhnevere , De pouillot de montagne , d'armoife ( De grande abßntbe y d'origan , de betoine , De brauche urßne , de coquelourde , de cofius de jardin * Deßtreau, de millefeuille, de cham&medris De millepertuis , depetite centaure'e t de crapaudine , De chardon bctiit, d'aurene male &fenteile , De cbevrefeuille , de cbam&pitbjs , Des fleurs de ßcechas arabi/ue t de camomüle & d'etil de lauf , de chacunes unt poignee, Laiffex. en maceration tous cesßmples pilez. dans un vaifjeau de terre vermffe für les tendres chaudes pendelt vmgt-quatre heures , avec buh livres d'huile commune. Apres celac:tifez.-lesa petitfeu enles remuant toujours , jufqua ce que Xbumidite des plantes fett a peti pres confumee. Coulez, enfutte la decoäwn & l'exprimet* forte- nient; & dans l'exprejßon bten nette } faltes fondre De la cire j.iune t deux livres Da beure de May , De l'axonge d'ours & de poule , de la mo'elle de cerf & de U terebentbine de Venife , de chacunes quatre onces. Quand la mauere fera a demie refroidie , mele%.-j Du fiorax liquide f deux onces , Des poudres de mjrrbe , d'oliban & de maflich , de chacunes une once. Faites-en unonguent * que vous gar der ez. pour l'ufage, R E M A R 0_U E S. On ineifera St Ton cerafera tuen toutes lesplantes , on les mettra dans im grand pot de terre verniile , on verlera defTus l'huile commune; on meiera le tout, on bouchera bien le pot, & onle mettra en digeftion für les cendres chaudespendant vingt-quatre heures, eniuite Ton fera bouillir doucement lamatiere, l'agitant fou- vent avec une efpatule de bois, jufqu a contomption de preique toute ihumidite aqueufe. On coulera l'huile avec forte exprellion, & on la laiifera repofer ; on la verlera par inclination pour en feparer les feces; on mettra fondre dans cette huile a petit reu la cire coupee par petits morceaux , le beure fait au mois de May, les graifles, la mobile de cerf& la terebenthine ; on retirera longuencde deflusie reu, & quand il fera a demi refroidi, Ton y meiera le ftorax liquide & les poudres, on remuera bien le melange & on le gardera dans an pot couverr. Heft propre pour forrifier les nerfs <3c les jointures, il rarefie & refbut les hu-* meurs froides, il appaife la douleur feiatique: on en frotte les parties malades. Cet Onguent a pris fon nom d'un Medecin appelle Martianus , qui l'a inventc. Quelques-uns l'appellenr Unguentum adjutorium a caufe des bon erfers qu'il pro- Wra adju- duit. On a ramaffe pour fa compofition,toutes les plantes qu'on a crues propres pour JOimau fortifier & refoudre; mais comme il y en entre plufieurs d'une meme vertu, on pour- pourroit l'abreger de beaueoup en retranchant plufieurs de ces plantes , & en augmentant a proportion la quantite de celles qui reftent. Je trouverois aufli a propos qu'on mit infufer & cuire avec Jes'plantes pilees, graitfes apres les avoir fait fondre däns Ihuile , afin qu'el- Vcrtus. Unijuen- la cire , le beure & les gr les UNIVERSELLE. ?6 9 les fe chavgcaflent auffi-bicn que l'huile de la qualite des plantes. Comme la graifle d'ours n'eft pas bien commune, on pourroit, en cas qu'on n'en eilt poinc, lui fubftituer l'huile de launer. Voici donc comme je voudrois reformer cet onguent. Onguent mart'iAtum , reforme. Trcnez. de Urmne d'aunee & de la femcnce defenugrec, de cbacune trois onces] Du itard indique , une once & demie, Des feinlies de ro/marm, de rhue , de marjolaine > d'bieble , de fabine , de grande abßn- tbe, de coflus de jardin , d'origan , de grande aurone , de lautier, de poiullot de man- ■ tagne 3 ci herbe au cbat , de cbacunes deux poignees & demie, Des fleurs de ßoechas Arabique , de fiireau & de camomille, de cbacune deux poignees. Tons ccs ßmples pilez. reßeront en maceration pendatit buh jours dans un pot deter- re vtrnißc avec hutt livres d'huilc commune , deux livres & demie de cire jaune t qua- tre onces de beure de Uaj & autant d'axonge de poule.On les cutra enfuite au bain ma- rie pendant deute heures , remuant fouvent la mattere avec une efpatule. Von coulera enfuiteia decoäion& on l'exprimerafortement, puis on fera fordre dans l'expreffion Iten purtfiee, de la mo'ellt, de cerf, de l'huile de laurier & de la terebembine de Fern fe , de cbactin quatre onces; & quand la mauere fera a denn refroidie, on j mttera Duflorax liquide , deux onces, Des poudres de myrrhe , d'oliban & de maßicb , de cbacune une once , & l'on en fera n» onguent fe Ion l'art. On mettra fondre la cire, le beure & la graifle de poule dans l'huile, avanc quc de les meler avec les herbes. Si le ftorax liquide n'eft pas bien pur , on le fera fondre dans une petite partie de l'onguent, Sc on le coulera avant que de le meler. Onguent Neapoliuin fimple. Vrenez, de l'argent-vif^ßx onces & demie , De la terebembine de Vemfe t quatre onces , De l'axonge deporc , quatre livres , Faitts-en un onguent fehn Part. REMARQUES. On ngitera fortement le vif argem avec la terebenthine dans un grand mortier de bronze pendant cinq ou fix heures, ahn qu'il s'eteigne entieremenr, on y melera en- fuire peu a peu la graifle de pourceau, pour faire un onguent qu'on gardera , & donc on fe fervira au befoin. 11 eft propre pour la gale , pour la grateile , pour les dartres on a joute racine d'enula le rendrbittrop pur & trop fec. l'huile On peut hure l'onguent enulatum fans mercure . il ferabonpour laqratelle > mais d'abfinthe. •1 ' ■ r r 1. Onguent il n agira pas li iurement que 1 autre j = m Onvuent contrt U taigne. Jans mei- eure. Treuer, du beute fale , quatre onces De l'huile de l/ois de gemevre une par U retorte , & de la terebentbine de Venife , de ebaeun deux onces , Da foulfre vtf , de U fnye , de la fiente de pigeon , du verd de gris, de chaeun demi- ence f Du fei armoniac, deux dragmes > lahes-m un onguent fehn l'art. Ggggggij * tfi, PHARMACOFE'E R E M A R Q^U E S. On pulvcrifera fubtilcmcnt le fei armoniac, le verd de gris, !a fienre de pigeon Zeche, la fuye & le foulfre vif ; on melcra ces poudres avec le beure & les huües. pour faire un onguent qu'on gardcra au befoin. Venus. H eft propre pour derTecher Scguerir la reigne , on en mcc un empläcre für la tetc. Je voudrois ajouter dans cette compofition , demi-once de precipite bianc de aiercurc. Onguent de du Renou , contre U gutelle. Prenez, de faxonge de porc laveeplttjtcars fois avec l'eau de fcabteufe une demi livre, De la r achte depatience ernte dans le vinaigre jufqu'a molejfe , & paffee par le tmis, & du foulfre lave dans le fuc de limons , de chaeun une once & demie, De l'onguent populeum nourri avec le fuc d'aunee , demi-once , Apres avoir ptle toutes.ee s drogues dans un mortier , fattes-en un onguent que vous garderez. pour l'ufage R E M A R QJJ E S« On lavera huir ou dix fois la graifle de porc dans du fuc de feabieufe nouvelle- ment tire. On fera bouiliir des racines de patience dans du vinaigre jufqu'a ce qu'el- les loienr moÜ€S,on lespilera dans un morrier& Ton en paflera par un tamis,une once & demie de pulpe; on pulvcrifera fubnlement une once Sc demie de foulfre , on lavera la poudre dans du tue de limons, puis on la fera lecher & on la pulverifera de- rechef. On agitera enfemble dans un mortier , parties egales de populeum & de fuc dxnule campane , jufqu'a ce qu'ils foient bien unis ennucritom , on en melcra demi-once avec la graiile lavee, la pulpe de racine de patience & la poudre , pour faire un onguent qu on gardera au befoin. Vertüs. ^ adoucit les demangeailons &c la gratelle. Il' nie paroit adez inutile de laver lagraifle avec le fuc de feabieufe , car quoique le nom de l'herbe femble denorer quelle eft propre pour la galle , eile n'a guere de vertu contre cette maladic. Cet onguent ne peut pas etre garde long-tems fans fe moifir, a caufe de la pulpe de racine depatience & du fuc d enule campane qui y fönt meies , il faut en faire peu de le reiterer fouvent. La lotion du foulfre dans le fuc de limons eil encore une circonftance bien peu neceflaire , le foulfre contient aflez d'aeide en foi, fans qu'on lui en donne de nouveau. Onguent medicamenteux > de Adynßcht. Vrenet, de lagraiffe de lard vieux, une livre, De la terebenthme de Venife t demi hvre , De la pierre medicamenteufe & de Pkutle de tarne , de chaeune une once-& demie , Du foulfre vif & du citrin , de la cerufe lavee ,de la lytharge , du mtnium & de- U tuthie preparee , de ebaeun une once , Desdeux fort es d'ellebore & dupoivre long , de chaeun demi once, Mtlez, ces dicgues , puis verfez, dejfus Des fucs epurez. de racutes de patience & de fertphulatre, de ceux de fümettrre t & de UNIVERSELLE. 97) fcab'ieufe , de l'ecorce Interieure verte de furem , & de celui de limons > de cbacun quatre onus. Cuifet. le tout jufqu'a Li confomption des fucs s puis ajoutcL-y Du florax liquide & du cinnabre , de cbacun une once & deime , Des huiles de lautier , de genievre & d'ceufs , de cbacun une once , Du mercure fublime , denn once , Melez. le tont , &faites en un onguent pour l'ufage, R E M A R QJU E S. . On rcra rotir ou fondre du vieux lard pour en avoir une livre de graitTe , on Ia mectra dans un pot de terre vernifle 8c Ton y melera la terebenthine , l'huile de tar- tre & les autres drogues fubtuernent pulverifees, on verfera deflus les fucs , on mectra le pot für le feu , & l'on fera bouillir doucemenc la matiefe jufqu'a confomption des (ms , on yajoutera, quand eile fera a demie refroidie , le ftorax liquide , les huiles 8c enfin le cinabre & le fublime qu'on aura aaparavant broyes für le porphyre, on fera un onguent qu'on gardera au befoin. Il eft propre pour la teigne, pour la galle , pour la grateile , pour la lepre, pour Vertu?» les dartres; il en faut frotter les parties malades, apres avoir fait les evacuations ne- cedaires, commela faignee & la purgation. On pouroh abreger la diverfite des drogues qui entrent dans cet onguent fans di- minuer fa vertu: par exemple, la cerule , leminium de lalitarge etant trois prepara- tions de plomb qui ont unememe vertu , on pourroit fe contenter d'une des trois & en mettre trois onces, le foulfre vif & le foulfre commun ayant une qualite fem- blable pour la galle ; on feroit aufli-bien de n'en employer que d'une forte en poids double ; l'ellebore blanc ayant la venu du noir & etant plus fort & plus propre pour la galle & pour la teigne , je voudrois qu'on le mir feul en poids double. Le fublime corrofif etant bien acre pour cet onguent, Sc n'y produilant point d'autrc eitettpe-- cipique que le cinabre , je ferois d'avis qu'on le retranchac, & qu'on augmentät de fon poids celui du cinabre : les fucs ordonnes les plus convenables pour ia vertu de cet onguent fönt ceux de limons & de racines de patience ; je voudrois employer ces deux-la feuls en parties egales au poids de tous. Je trouve aulli a reformer dans la preparation de l'onguent *, car je ne voudrois faire bouillir ni la terebenthine , ni le foulfre , ni l'ellebore } ni le poivre long , la principale qualite de ces drogues confiftant dans leurs prineipes volatils , il s'en echape trop dans la decoefcion. Voici donc comme je trouverois ä propos de reformer cet onguent Onguent nieMcamcnteux , re forme. Prcnez, de U vkillegxaiffe & des fucs de limons & de patience t de cbacun une livre. De l'huile de tartre & de Upierre me die amenteufe , de cbacun une once & demie , De la Ijtharge d'orpriparee , trois onces , De la tuthie preparee , une once. Cuifez.-les enfemble en lesremuant toujours avec une efpatule -de bois jufqu'a csn- fmpion des fucs , aputez,-y enjutte De U terebenthine bien claire , une derni livre , Du florax kquide , une once & demie, Des huiles de lautier , de genievre & d'ceufs , de chaeune une once , Des psudres.de foulfre v>f& de cinnabre, de ebaetme denn once , Ggggg»j 974 l'HARMACOPE'E De Ur deine d'ellebore bbnc , uneonce , Dupoivre long , denn once. Faites-enun onguent felort Vtrt. " Onguent de nicotisne, Prenez. des feuilles de nkoüane pilee ,&de l'axonge de porc nouvelle 3 de cbacurt äeux Uvres, Du fuc de mcotUne exprime , une dem livre. Laijjez.-les enfemble en nuceration pendant trois jours ; Apres ceU cuifet.-les juf- qu'a confomptioH d'bumidite : puis ajoutez. a la coluture , De lartfloUcbe ronde pulvertfee , deux oncts. F.utes-en un onguent fehnlart. R E M A R Q^V E S. On aura des feuilles de nicotiane nouvellement cueillles en leur vigueui", on les incifera & on les pilera bien dans un mortier, on les melera avec la graifle dansun pot de terre vcrnifle, on couvrira le pot & on lailTerala matiere en digeftion pen- dant trois jours; enluite Ton tircra par expreffion demi livre de fuc d'autre niconane apres l'avoir bien pilee, on verlera ce fuc dans le pot avec les autres drogues, & l'on fera bouillir le melange doucement jufqu a confomption de l'humidite aqueulcd'agi- tant fort fouvcnt avec une efpatule de bois,puis on la coulera avec forte expreflion. Quand la colatnre fera prefque refroidie, l'on y melera l'ariftoloche lubtilement pul- verifee , öc l'on fera un onguent qu'on gardera. Veitus. II netoyc les uiceres fans donleur , il digere les tumeurs, il gueritles dartres , la gratelle & les autres demangeaifons du cuir. Onguent ophtd/niefue , ou de tuthie. Prenet, du heute nouveau lave' plußeurs fois dans Venu d'eufraife , quatre onces ] De la tuthie preparie, demi-once. UeUt.-les, & faites-en un onguent felon ?art* R £ M A R Q^U E S. On aura du beure bien frais , on le lavera dans de l'eau d'euphraife cinq ou fix fois, ou jufqu a ce qu'il ait perdu fon odeur, on l'egouttera pour en feparer l'eau autant qu'il ie pourra, puis on y melera exattement la tuthie preparee, on gardera cet onguent pour s'en fervir au beloin. Vertust II eil propre pour les demangeaifons des yeux , il en nettoye les puftules & la chaffie , il cn appaife les douleurs, il en arrete ies fluxions ■, on enmet unpetitmor- ceau dans le coin de l'ccil malade en fe couchant , & l'on en frotte doucement la paupiere. # On lave le beure pour le rendre autant net & autant doux qu'il doit ecre , pour fervir a une partie auffi delicatte qu'eft i'ceil : la tuthie qu'on y mcle empethe qu'il nefe rancille aufli facilement qu'il teroit ; parceque e'eit un alicali qui en abforbe & qui en adoucit l'acide •, mais on ne doit preparer que peu de cet onguent a la fois. Quelques difpenfaires ajoutent en cette defeription dcmi-fcrupule de verd de w UNIVERSELLE. 975 gris r ce qui doit etre bon pour deterger les petits ulcercs qui fe forment fouvent aux bords des yeux5 mais comme rouces lcs maladics des yeux ne demandent pas un ü fortdeterfif, je fuis d'avis qu'on fe referve a meler de cecce drogue dans l'onguent, quand la necemte le requerra. On peuc auiK doubler la dofe de la ruthiedorfqu'on voudra rendre l'onguent plus deficcatif. Onguent pour les yeux. Vrenez, du teure nouveau , deux onces , Du miel rofat , une once, De la pierre calamtnaire preparee , deux dragmes , De U tutbie prepare'e , ttne dragme & demie , Du Vitriol blanc , un ferupule. Mele^cestngredtens, & faites-en un onguent felonl'art. R E M A R QJU E S. On lavera le beure fraispluiieurs fois avec de L'eaude plantain t Sc apres l'avoir bien egoutte , l'on y melerale miel rofat 8c les poudres de tuthie , de pierre de cala- minane Sc de virriolpour en faire un onguent. II eft propre pour nettoyer les yeux, Sc pour deflecher les petits ulceres qui s'y Vettm, formentj li fornfie la vue. Le mot d'oxydorcicum fignifie, propre pour les yeux. Cet onguent ne peut pas «regarde long-tems fans qu'il fe ranciiTe , a caufe da miel qui y entre. II ne laut en faire qu'un peu a la fois. Pommade officinale. Vrenet, de U rächte d'iris de Tlorence , trois onces , Dujantdl citrin & du benjoin, de ebaeun une once t Du florax , trois dragmes , Du bois de rofes & des fleurs de luvende , de chaeunes une dragme y De ra.corus vrai & duge'roße, de chaeun deml dragme. Enfermez. toutes ces drogues grojjierement pilees dans un fachet de tolle >• apres ceU Trenez, de l'axonge de porc bien Uvee t trois hvres , Du fuif de bouc nouveau , une hvre , Des pommes nouvelles mondees de leurpeau & de leurs pepins, & coupeespar mortCAUX* une doui~aine, De l'eau de rofes , demi iivre , Des ßeurs d'oranges , quatre onces. Cuifez. toutes ces drogues dansun vaiffeau de terre verniffe, dont l'entree foit etrohe& bien bouchee, au baln mariejufqu'a confomption d'bumidite j coulez. enfuite la de'coäioti & 1'expnmez.moyenement &l'exprefßon etantrefroidie gar dez* la pommade pour l'ufage* R E M A R Q^U E S. On pulverifera groflierement les drogues, & onles enclora dans un fachet de tolle deliee allez grand , afin qu'etant au large , leur vertu fe communique plus facile- lnent aux grailles : on mettra le fachet dans une cruche de terre avec douze pommes de renette mondees de leurs ecorces & de leurs cceurs, Sc coupees par petits raor- ceaux t Sc les graifles de porc Sc de chevreau feparees de leurs membranes Sc bien Livees v on melera tout enfemble, & on verfera deflus les eaux de fleurs d'orangc Sc ds rofe 3 Sc on couvrirala cruche &.onlap!acera au bain maxie bouillant pour Fy Vertut. Pomade de iafrain. Pomade rougeponr les levres. Pom ade de raifins rate (ans feu. 9 yg PHARMACOPE'E laiflerpeiidaiudixoudoiueheures, oujufqu'aconfomption Je prefque touteVhu- midite aqueufe , on coulera la pomade avec expreffion, on la punfiera de les fe- ces Sc on la eardera au befoin. Ons'en fert pom les eievures du nez Sc de la bouche,pour lesfentes & crevafTes des levres, des mammeles, des mains, des pieds, pour ramolir lapeau. La pomade tire ibn nom & une partie de fa vertu des pommes ; mais on prepare beaueoup d'aurrcs efpeces de pomades , ouil n'entre point de pommes. La pomade de jalmin n'eft qu'une graifTe de porc bien lavee, ä laquelle l'on a empreint l'odeur des fleurs de jafmin par plufieurs ftratifications j eile lert plus pour le partum que pour les remedes :onpeut l'employer pour ramolir, pour adoucir Sc pour reToudre. La pomaderouge dont on fe fert pour l'aridite des levres, fe compofe en la ma- niere fuivante. Prenez trois onces de g'raiflc qui fe trouve proche des roignons du veau , fepa- rez-en les peaux , faites-la fondre , coulez-la , & Payant lavee par plufieurs eaux Sc egout^e ■> liquefiez-la par un tres-petit feu avec autant de cire blanche , deux onces d'huile des quarre grandes femences froides tiree fans feu par expreffion , 8c demi-once de racine de nature de baieine ; ajoutez-y un petit morceau d'orcanette ecrafec , laiffant environ demie heure la matiere fondue für un petit feu afin qu'elle fe rougiiTe : vous la coulerez enfuite par un finge für une alliete de fayance bien propre , 8C PayanrlaiiTee rerroidir fans la remuer , vous la couperez par tablettes. On en oint les levres pour les amolir & les adoucir. Si l'on veut cette compofition plus ou moins ferme, on n'a qua. ajouter ou diminuer de l'huile des quarre femences froides. On fair une autre pomade pour les levres fans feu , avec de la cire jaune rapee ; qu'on bat long-tems dans un mortier de marbre avec des raifins meures recents pe- les Sc mondes de leurs pepins, & ce qu'il faur d'huile d'amande douce tiree fans feu. Elle humecte beaueoup les levres, & les adoucir. Onne pourroirpas rapportericitoutes les efpeces de pomades qu'on prepare, car chaeun les invente a fa mode , il fuffit d'en avoir donne quelques modeles. Ongttent d'Agnppn , ou de Bryonc. Trenez, des racines nouvelles de bryone, une demi livre , Du concombre fauvage , trois onces , De U falle , une once & demie , De la racine d'iris, Jix dragmes , De celle d'jeble , de feugere & d'arum , de ebaeunes demi once , De l'huile d'olivts , une livre & demie , De la cire jaune . quatre onces & demie. Toutes les racines mondees, conpees & pilees, refteronten macer ation dans Pbuilepen' dam vingt-quatre heitres : apres cela cuifei~-les a petit feu , coulex,-les & les expri- mez. , puis njoutex* la cire a la colature , & faites-en un onguent felon l'an. R E M A R Q^U E S. On räpera les racines de bryone & d'iris, on coupera Sc l'on concaiTera les autres racines, on les mettra dans une cruche , on verfera deffiis l'huile d'olive, on bou- cherale vaiffeau ,on le placera dansle furnier ou au bain marie chaudpour y lädier la mariere en digeftion pendanr vingt-quatre heures; enfuite l'on fera bouillir len- f erneut h matiere, on coulera l'huile avec expreffion, onla punfiera de fes feces, Sc l'on tTN "I V E R S E L L E. 97 7 Ton y fera fondre la cire qu'on aura ccupee par petits morceaux \ pour faire" un onguent qu'on gardera. Il eft propre pour refoudre lesrumeurs, on en frotte le vcntre pour l'hydropifie Vertus» &c la rcgion de la ratre , pour lcs obltru&ions de ce vifcere. On en applique für l'eftomach Sc für le nombril, pour lächer le venrre. Le nomd'Agrippa qu'on a donne acet onguent, vient de ce qu'on acru que le "Roy Agrippa en avöir ete l'inventeur , & celui de Diabryonias, d caufe de la racine de bryonc qui y cntre en bonne quantite. Plufieurs employent dans certe defcription le fruit du tribulus aquaticus , a la place de la racine d'arum. Touces les meines qui enttent dans la compofition de l'onguent Agrippa etanr penetrantes , purgatives & aperitives , quelque parrie de leur vertu peut paffer par les pores , Sc exciter une rarefa&ion dans les humeurs qui produife un eftet de purga- tif ; mais ce n'eft que pour les perlonnes aifees a emouvoir- Onguent Styptiquc. Trenet. de l'huile commune , deux iivres , > Des myrtilles feches concaffees , neufonces , Des fucs de myrülles & de forbes Avant leur matunte , de chMun une demi-üvre , De l'alun de röche , trois ences. Melez* le tout& le cuife^ jufqu'a U confomptitn des fucs ; coulc% enfuite la deco- clion , pmsfahes fondre dans l'huile purifie'e de toutes [es feces , De la cire jaune , cinq onces. Et quand la matter e^fera a moit'te refroidie , rnelcz.-) les fuivantes; feavoir > Des notx de cypres , des mjrtilles, des balaufles, des gravis de raißns , des e'corces de grenades & de gl and , des os de cuiffe de beeuf calcinez., des grams de fumach , du maflich t de Facacu , de l'alun brule , de l'ecorce moyenne de chaflaigne , de chaeun Jix dragmes. Taites-en un onguent felon l'art. R E U A K QJÜ E S. On concaffera les myrtilles feches, on pulverifera l'alun, on les metträ enfemble dans un pot de terre verniffe , on verfera deilus, les fucs Sc l'huile , on melerä bien le tout, on couvrira le pot, 5c l'on fera cuire la matiere a petit feu jutqu'a conlom- tion des fucs, on coulera l'huile avec expreffion, on la lanlera repoler & on la verfera par inclination pour la depurer de les feces on y mettra fondre la cire apres l'avoir coupee par petits morceaux •, Sc quand l'onguent (era a. demi rerreidi ; l'on y melera exadkement les poudres , on gardera cet onguent pour le beioin. Il eft propre pour empecher lcs delcentes , Sc l'avortement, il artete le vomiffe- ment, il fortifie Sc remet les parties apres l'accouchement. «" Gommc il eil bien difficile de tirer du fuc des myrtilles, on pourra en ecrafer Sc en faire une forre ddcodtion. Pour calciner l'os de la cuiffe du beeuf, il ne faut que le mettre au feu Sc le reti- rcr quand il nc brulera plus, Sc qu'il (era devenu blanc Sc leger. Pour calciner ou brufer l'alun , on le mettra für une pelle a feu , laquelle ontien- dra für des charbons ardents, jufqu'a ce que toute l'humidite aqueufe de celel mi- «eral foit confumee. f Hhhhhh Vertus. Calrnn- tion de l'os As h ciuiTfi du beeuf. Caicina- tion de l'alun. Vertus. Ant'iera roiariuri. 578 PHARMACOPE' E Les onguents ftyptiques peuvent ecre profitables pour les hernies , mais il faut joindre a ceiemedele bandage i c'eft le plusalTure. Autre Onguent ßyftiqtte , de Mynftcht. Trenet^ de Yhuile de myrtilles , huit onces , De Celles de coings & de nenuib.tr , de cbacune quatre onces, Des builes de millepertuis & de rofes , de cbacune deux onces , Des fucs de plantatn , de bourfe-a-birger & de millefemlle , de cbacun ttne dcmi- Itvre. Melez.ces drogues & les cuife-Lpifqu'a confomption del'humidite ; apres cela ajoutez.-? Du fang-dragon & du faffr.m de Mars aßrtngent, de cbacim une once , Du bot rougeprepare , de In terre douce de Vitriol, du cor All rouge ptSpare , de chacun denu-once , Des racmes de tormentille & de bißorte , de cbacune deux dragmcs , Du duvet jaune de rofes , des femences de plantatn & de beberis , de cbacune imt dragme , Vn peu de vinaigre , & de la che ce quil en faudra. Metex, le taut, & faites-en un onguent felon l'art. R E M A R Q^U E S. On tirera par expreflion les fucs des plantes en la maniere ordinaire, &c on les tne- lera avec les builes & un peu de vinaigre ; on fera bouillir le meiange für un perit feu dans un pot de terre verniiTe jufqu'a confomption des fucs , on coulera Pbuile , on y metrra fondre cinq onces de cire, on retirera la bafline de defliis le feu , öc quand la maciere fera a demi refroidie, on y melera les autres drogues qu'on aurapul- verifees fubrilement, &c Ton aura un onguent qu'on garderä pour ie befoin. Il eft propre pour arreter les fluxions & les hemorrhagj.es , on l'empioye dans le flux des menftrues , on en frotre les reins Sc le bas ventre. Ambe> a rofarum eft une maciere jaune en forme de duvet, qui fc trouve entre les fleuts des rofes 6c leur calice. Onixuent de la. Conteffe. Trenet, de l'ecorce mojenne de cbaßaigne , de Celles de gland, de chefne & de feves t Des bayes de myrtilles, de laqueue de cbeval , des gdles, des grains de raifins , des forbes feebees avant leur maturite, des nefles mn meines & par etile nie nt feebees, des feinlies de prunier fauvage , dont on fait l'acada vulgaire , du pavot comu , cu a fon üefaut, de la racine de gtande cheiidoine , de ebaeun une ence & demie. Cuifez. tous ces Jimples pilez* dans huit itvres d'eau de plant am t jufqu'a confomption de motte. On lavera les drogues fuivantes neuffois dans la alature , en verfant de nouvelles a cbaque fois ; fcivoir , Des builes de myrthe & de maßteh , de cbacune une Itvre & demie, De la cire blanche , huit onces & demie. Ces drogues etant fondttes & lavees , vchs y meieret*lespoudres fuivantes „ UNIVERSELLE; 97? Des trochlfques de \tfabe , äeux ences , De l'ecorce moyenne de chaßatgne de Celles de gland , de chefne°alle , de chaeune une once , Des myrtilles, desgrappes de raißns , des forbes fechees avant leurmaturite , & de l'os de U cuijjc de beeuf calcine , de ebaeun dem- once. Faites-en un onguent, & le gardez*. R E M A R QJJ E S. On fera une forte deco&ion des premiers Ingrediens en eau de plantain , & on la coulera avec expreffion ; on mectra fondre la cire blanche dans les huiles demyrehe & de maftich , on lavera le melange avec la deco&ion neuf fois, piüs on y melera les poudres, on aura un onguent qu'on gardera au befoin. II empeche l'avortement & les hernies, il fortifie les reins relächez > il avrete les Vertus. flux de ventre & d'hemorrhoides. Le nom de cet onguent vient de ce que 1' Auteur s'en fervit heureufement en fa- veur d'une Comtelle de Vadre, en la prefervant d'avortement; il differe peu d'avcc l'onguent ftyptique precedent: & quand on aura l'un des deux, il eft inutile de pre- parer lautre. Je trouverois plus a propos de mettre cuire la decoction avec les huiles, que d'e» faire de iimples lotions, qui laiffent peu de leur impreflion. Onvuent de Mynßcht , contre les hemies» Prenez, trente-cinq jaunes d'aufs durch, Du beure de May bien [de , une derrii hvre. Mcles-les - & les cuifez. enfemble a un feu de charbon modere , les remuant & rt- muant toujours , jufqu'a ce que In mattere ne femble etre quune bulle pure. Alors vons en fereu une forte expreß! on dans la prcjje j puis vous meieret* dans l'expreffion une de~ mi-itvre d'huile balfamiqae de Mynßcht, De l'emplatre d'oxycrcceum, cinq onces , De l'buüe de petrole , quatre onces. Eaites de tont cela un onguent. REMAROUES. On aura trente-cinq ceufs frais qu'on raettra bouülir dans de l'eau jufqu'a ce qu'ils foient durcis, on en prendra les jauncs qu'on emiera dans une baliine , on y melera le beure , on pofera la baffirte für un petit feu , on agitera inceffamment la maticre avec un biftortier pendant qu'elle cuira ■, & quand eile lera en forme d'hm- le , on la coulera exprimant fortement le marc chaudemenr , on mettra fondre dans l'huile coulee l'emplatre oxyeroceum & les huiles, paar faire un onguent qu'on gardera. Il eft propre pour les hernies , on en frotte la tumeur, mais il eft a propos d'ap- y crtus , pliquer un bandage ou fufpenfoire pour tenir les parties en etat. Onguent aßringent , de FetneL Trtnei. de l'huile ro/at Uveeplußeursfois dans l'eau alumineufe , une Hvre & demie, De la cire blanche, quatre ences, Hhhhhh ij 5>8o PHARMACOPE'E De l'acacid , des bayes de myrthe , des balauftes , de l'eeorce de glands } & de teile de grenades , des galles mn meures , des mix de cjpres , du funutc , & du mußicb, dt chaeun une mce. Taites un onguent fclon l'art. R E M A R Qjj E S~ On pulverifera enfemble rouces les drogues qui doivent etre piuvedfees, on la- vcra plufieurs fois l'huilc roiat avec l'eau alumineufe , on y mettra fondre Li che blanche, & quand la mauere fera a derni reft oidie, on y melera les poudres , poar faire du tont un onguent qu'on gardera au befoin, Vertus. Il eft propre pour les hernies , pour arrecer le fang, pour foruner, pour deflechex les playes. Onguent refompiif, de Nie. Prevot. Vrenex. du beute nouveau , une livre , De la. che jaune , une demi-hvre , De l'axonge de pre , trois onces , De ccllcs de pule t d'oye & de canard f des huiles d'amandes douces , de violettes , d~e Cdmomilte & d'aneth , de chaeune deux onces , DesmiiaLigcs de racines de gumauve , de f cenv.gr cc & de Im > tirea. avec l'eau de rojes , de chaeun une ov.ee De la laine graffe ,, demi-once^ Faites-en un onguent fclon l'art. R E M A R Q^V E S. On fera bouillir les mucilages avec le beure , les graiffes & les huiles jufqu a con- fbmpnon de l'humidite aqueuie , on coulerala liqueur, Sc Ton y fera fondre la cire de l'cefipe pour faire an onguenc qu'on gardera au befoin. %rtus H ramolit, ü refouc, on s'cn fert pour l'afthme , pour la pleurefie , pour la fievfe heiuque, on en (rotte les parries affe<äees. Les graifles d'oye, de canards & de poules, fönt coures bien refokitives & conve- nabSes dans la compoiinon decer onguent ; mais comme elles onz des quahrez fem« blabies tes unes aux autres, on pourroit fort bien fe contenter d'une fcule , pourvu qu'on en mit a la quantite des trois. Onguent aregen , de Nie. Salem. Vrenex des de-ux fortes d'berbes aux puces & de la Unreale , de chaeune quatre onces & dorne, Des femlles de concombre fauvage & d'herbe au cbat, de chaeune trois ences , Des racines de concombre fauvage & d'arum , du rofmarin de la marjolame , du f(t- pokt & de la rbue , de chaeun deux onces & deux dragmes >■ Desfüuilles de laurier de fabine & de fange & de la racine de bryone t de chaeun une once & demte , Des racines de pyretbre & deglngtmbre , dupoivre & de l'eupborbe , de chaeun dem once , Du ntaßicb & de fencens, de chaeun t; ois dragmes , Du beure t deux onces , De la frrijfe d'ours & de l'hmle de laurier , de chaeun une once & demie % UNIVERSELLE. ?8i De rbuile de mufcade , dix dragmes, De cclle de pctrole , demi once , De Li cire jaune , fept onces & dentis , Dir rbuile commune , deux Itvies & demie , Du meüleur vin , une chopine , laites-en un onguent felon l'art^ R E M A R Q^U E S. On ineifera & Ton concai'lera bien ies racines & les herbes, on les mertra dans im pot de cerre vernifle, on verfera deilus Thude & le vin •, on cöuvrira le pot t 8c on laiflera la mauere en digeftion {ep: ou huir jours : cnfuite on la fera bouillir douce- ment jufqu a confomption de l'humidite aqueufe } on la coulera avec expreffion , &c dans la colaturc on fera fondte la cire coupee par peuts morceaux , le beure , la graule d'ours, les huiles de launer , de mufcelinum & de petrole , on rerirera la bailine de defTus le feu , 6c quand la matierc fera a demi refroidie , Ton y melcra exaftement le poivre , l'euphorbe , le mafttch & i'encens fabtilemenr pulveritez , pour hure un onguent qu'on gardera au beloin. Il digere , il actenue , il rarefie , on s'en fert pour les Simons qui viennent d'hu- meurs pituiteufes &c groiiieres, pour la paralifie, pour les foiblelles des nerfs, on en frotte l'epinc du dos, on remployeauili pourla colique venteufe , on en oinr le bas verirre , il purge ies vents 6c les humeurs par les feiles , il excite l'accouchemenr. Cet onguent a pris fon nom de ion eftec , car aregon tignirie donnant fecours. Le grxnd Onguent de Arthanttx j de Mtjue, Trenez. du fuc de l'berbe nommee , pain de pomeeau , trois livres, De l'buile d'irts , deux livres, Du fuc de concombre [auvage & du teure t de chaeun une livre ,, Du polypode t demi livre , De la pulpe de coloquinthe , quatre onces , De l'euphorbe , denn once. Faites fe'cber ces trois dernieres drogues & laiffe^-les enfuiit macerer pendant hiüi jours avec les facs , l'buile & le beure dans un vaiffeau de verre , dont l'entree ßit etroite ; cmjez-les Apres ciU en remuant toujours ju/qu'a la confomption prejqjie en- tiere des fucs , couiez. & exprimcz* la decoäion s &enfin mele^-y De lache jaune y .(inq onus , Du fiel de teurem , du f.igapenum, de la feammonee, de faloes , de U femenee de tj - melee , de lacohqmnthe & du turbitb , de cbacunjix dragmes & deux Jcrupules > Du fei gemme , une denn once > De la myrrhe, de Ceuplwbe , du poivre long } du gingetnbre & de U caimm'üle , dt cka- eun deux dragmes & deux fcrupules, Taites-en un onguent felon l'aru REMARQUES. ön concadera bien la racine de polipode , on mondera la coloquinte de fes pt- pins 1 5c on l'incifera mentt > on pulverifera gtoflierement l'euphorbe t on mettra le tout dansunpoede terre verniffe , on verfera defl'us , les fucs nouveiiement tirez par exprdlion , 1'huilc d'iris & le beure fondu , on brouiilera le tont enfemblc ,. &: ayant couvertie pot , on lailfera la mattere eu maceration pendant huit jours a la HKhhhh nj Veitus» 9*t PHARMACOPE'E | chaleur du furnier ou du bain inarie •, enfuite on la fera bouillir doueement, la rc« muanrlouvent avec uneetpaculede bois, jufqu'a conlomprion de prefquecourel'htt- nndite aqucule, pius on la couiera avec expreiiion , Sc dans la colarure on melera le fiel de taureau, on fera fondre la cire, & Ton retirera la baifine de deflus le feu : cependant on aura pulvedle enfemble le fagapenum , l'aloes , la fcammonee, la myrrhe & i'euphoibe; duneautre part lafemence dechymelea, la coloquintemon- dee de fa femence & coupee par petits morceaux , le turbith , le poivre long , le gingembre & la fleur de camomille : dune autre parc le fei gemme. On melera toures ces poudres avec la maciere a demi refroidie dans la baiEne , pour faire im onguent qu'on gardera au beloin. Vertus. Il excite le vomiüemcnt, fi on en frotte la region de Feftomach , & il purge par bas, fi l'on en hotte le bas venire. Il eil bon pour l'hydropifie, il tue les vers, il effc commode pour ceux qui ne peuvenr pas prendre des remedes par la bouche. Il entre pluiieurs ingrediens inuulesdans cette defcription , comme le polipode, le gingembre , la chaÄomille , le fiel de raureau , la myrrhe, le fagapenum ; le poivre long. Le peiit Onguent de Arthanila, de Mefue'. Prenez. de l'buile d'iris, deux Uwes , De la cirejaune , une dem: livre, Des fucs depain de porceau , de racine de fangete &d'yeble , de chaeunquatre tnces 3 Des fommttez, de tamarifc > deux onces , Dt la lainegraffe , cinq dragmes, De l'ecorce de racine de capprier , une once & demie , Du fpicanard , demi once , Des gommes ammomac & bdellium , de ebaeune une dragntc & demie. Faites-en un onguentfelon l'art. R E M A R Q^U E S. On fera bouillir enfemble les fucs & l'huile jufqu'a confomption de l'humiditc aqueufe , on couiera la liqaeur & Ton y mettra londre l'ceüpe öc la cire coupee par petits morceaux , puis on retirera la bailine de deflus le feu : cependant on aura pul- verife lubtilement, enfemble l'ecorce de racine de capprier & le fpicanard : d'une autre part la gomme ammoniac & le bdellium ; on melera ces poudres exa£rement avec la matiere a demi refroidie dans la balline , pour fiure un onguent qu'on gardera au befoin. Vertut. II eir propre pour ramoür les duretez de la ratte , les fchirres &c les rumeurs fero- phuleules; mais il n'efr. point en ufage , Sc on ne le crouve guere dans les bouriepes des Apoticaires. Oncntent fplenetlque. Trentt. de lagrande nicotiane & de la gomme elemi, de ebaeunes deuxences, De l'buile de mUlepertuis , demi livre , De la reßne , de la gomme ammoniac ernte & dißoute dans le vinaigre de cappres , ö* de la eire jaune , de chaeune demi once. Ces ebofes etant fondues tirez,~les dnfeu,puisjettez.-y la poudre d'artfioloche ronde, & de celle de pain de pourceau , de chaeune deux dragmes. Faites-en un onguent que vous gar der ez. pur l'nfage. UNIVERSELLE. 083 R E M A R Q^U E S. On mettra fondre enfemble dans l'huile d'hypericum, la renne, la cire & la gom- me elemi , on y meiera le fuc de la grandc nicouane qu'on aura tire par expref- fion , on mettra le melar.ge für le feu pour en faire confumer 1 humidite aqueufe , on le coulera, on fera fondre dans la colature la gommc ammoniac diffoute öc cuue dans le vinaigre de cappner quand la maticre fera a demi refroidie , l'on y meiera exactement ies racines leches öc reduites en poudre pour en faire im ongucnt. II ramoht & refout les dureccz de la ratte. On en appüque für la rcgion de la rarre. Comme en faifant dnfoudre la gomme ammoniac on perd beaucoup de fes parties volatiles } ü ieroit plus ä propos qu'on fe contenrätde la mettre en poudre. Ongucntfplenique , de Mynficht^ Trenez. du fuc de fcolopendre , quatre onces , De l'hutle de cappres , trois onces , De la femence de rcquette, de nulle & de ckanvrt exprime, de chacun une otice , Des amandes douces , une dtmi-cnce. Melez~les, &Uscuifez*apetitfeujufqu , a confompüon du fuc : apres cela ajouten-y De la cire blanche, deux onces, De l'hutle dißillee de gernevre , demi-once , De celle de maßicb , de cumin & de tnyrrhe , de chtcune une dragme, De la gomme ammoniac , de la camcmille & de l'abßnthe , de chacun denn-dragme , De l'extrait de faffrar,, deux dragmes. Taites-en un onguent felon l'art. R E M A R Q_U E S. On mettra bouillir a petit feu les premieres huiles avec le fuc de fcolopendre juf- qu'a confomption du fuc , on paflera la liqueur par un linge, & l'on y fera fondre la cire blanche rompue en petits morceaux , puis la mauere etanr prelque refroidie, on y meiera avec un biftortier les huiles diftillees «Si l'extrait de faffran , pour faire un onguent qu'on gardera au befoin. Il ramolit les duretez de la ratce , il en diilipe les gonflemens, &c la fait abaiffer. Vejtui, On en frotte la region de ce vifeere. Le fuc de fcolopendre n'apporte pas une grande vertu a cet onguent, & il le pri- ve de beaucoup des parties les plus eflentielles des huiles , car elles fe diflipent en bouillant. On ne peut tirer l'extrait de fiffran , qu'on ne detruife ce que cette petite fleur a de plus volatile & de meilleur , ainfi il elf bien plus a propos de l'employer en fub- ftance (implement pulverile , fes prineipes fönt narurellement aifez rarefiez, fans qu'il foit befoin de preparation pour les ouvrir davantage. Onvuent citreum, de Nie. Alex. o Trenez, de la cerufe de Venife , une demi-livre , Des fecules de petite ferpentaire , une once , J>« coratl hlanc , demi-once , Du nitre , de l'encens blanc, du myau marin , de la dent de chien, du crjßal , de Va- nndon , de l'adraganth blanc, de iombiltc mann , de l'alun de plutr.e , du borax & du mai Ire blanc , de chacun deux dragmes. ■Gerß , ftfi FaecuU dracunti] 984 P H A R M A C O P E' E Metex, teutes ces drogues pulvertfees, puis prtnef. de l'axonge de fort , une Uvre & demie , Du fuif de cbevreau , une «nee & demie, De lagratjje de ctq , une once. Taites fandre (es graißes dans un vaißeau de terr* vernifle , & enfuite laißex.-y ma- cerer & estire leget ement deux citrons ctupez. pur peius morceaux ; coulez. apres ceU les graißes , & mtltirjl l* poudre, pour en faire un onguent felon l'art. R E M A K Q_U E S. On pulverifera fubtilement la cerufe , en la frottanr für un tamis renverfe ; on broyera für unporphyrele corail blanc , les coquilles d'antale , de denrali, d'ombi- lic marin , le marbre blanc & le cryftal apres qu'il aura ete rougi au feu , 5c eteinc dans du yinaigre , jufqu'a ce que le tout foie reduit en poudre impalpable. On pulverifera la gomine adraganth dans un morticr chaud : on mettra en poudre l'en- cens feparement, d'iane aurre parc on pulverdera enfemble l'amidon , le nirre Sc le borax. 1 On choifira des racines du pecit draeuntium, ou lerpentaria de Diofcoride des mietix nourries t nouvellement tirees de la terre, ou a leur defaut des racines darum, on les rapera, &c Ton en tirera le fuc par expreffion , on le laiffera ralfeoir pour en avoir ics feces ou fecules qui le preeipiteront au fond du vaiiTcau , on venera par inclinatton le fac , &c i'on fcra fecher ces fecules au Soleil pour les reduire en poudre , & les meler avec les aurres poudres & l'aiuianthus prepare. On mondera deux citrons de leurs ecorces, on les coupera parpetits morceaux , on les mettra macerer pendant vingt-quatre heures avec lesgraüTes qu on aura faic (andre en'embie dans un poc de terre vernifle ; puis on les fera bouülir doucemenr jufqu'a confomption de prefque toute i'Iunindite aqueufe , on coulera l'infufion • avec forte expreffion, & quand eile (cra a demi refioidie , l'on y melera exaetemenf les poudres pour faire du totit un onguent qu'qn gardera au befoin. Vertus. « eft deteriif, propre pour efFacer les taches de la peau , comme les Ientilles, les rougeurs , les cicatrices, -les dartres. Cet onguent a pris fou nom des citrons qui en- trent dans fa compoiition. Comme Tonguent citreum fe rancit en vieillifTant , on peut garder la poudre a part pour le compofer , quand on en aura befoin. Cette defeription eft trop compolee: on pourroit l'abreger, fans diminuer la qua- lite de i'onguent en la maniere iuivante. Onguent citreum , reforme. Prenez. du magißere de Saturne . tto'ts onces , Du tuyau marin & de la dent de einen pr Spar ex., de chacunßx dragmes, Du cryßal prepare , du nitre & du borax , de ebaeun demi-once , Deux citrons coupez. par morceaux , De l'axonge de porc lavee , une livre & demie. Laiffet,-les en macer ationpendant ringt - quatre heures. Cuifex.~les enfuite a petit feu , coulez.-les & les exprimet, , puis melez, la poudre dans la colature rtfroidie , & faites-en un onguent felon l'art. Autre UNIVERSELLE, ?h Autre Onguent citreum. Prenez, de Ugraiße tiree des inteßins des oyes & lavee , deux livres } Deux citrons, De la chatr de veau } demi-livre , Quatre meines de Ijs , De U ßemence de pavot bUnc concaßee , des quatre grandes femences froides mondees & concaffees , de chaeune trois or.ces , Du borax & de l'alun , de chaeun detni-once. Mein, ces drogues & les faltes cuire dans un pßt de terre verniße au bain marie pen- dant dix ou douT~e heures: apres eeU coulez. & exprimez. le decoäion , puis ajoutti.-y Du fperme de baieine , deux onces. Eaites-en un onguent feloti l'art. R E M A R Q^V E S. On aura de la graifle qui fe trouve artachee aux inteftins des oyes, on la lavera plufieurs fois dans de l'eau de fontaine 8c on la mectra dans un pot de terre verniile, on y melera les citrons mondes de leurs ecorces , les oignons de lys laves, nettoyes ■de ineifes menu , le maigre de veau coupe par petits morceaux, les femences pilees dans un mortier de marbi e , le borax Sc l'alun en poudre , on couvrira le pot Sc on le placera au bain marie qu'on fera bouiüir pendant dix heures, on coulera la ma- tiere avec exprellion , onla laüTera depurer de fa craffe Sc de Ion humidite aqneu- fe qui fe preeipiteront au fond., on Ten feparera, Sc Pon mectra fondre dans l'on- guent par une tres-douce dialeur , la nature de baieine > on gardera cet onguent pour le befoin. Il eft propre pour empörter les taches du vifage , pour adoucir &: remplir les ca- vertuj» vites apres la petitc veröle , pour diiliper les cicatrices: on en oint fouvent le vifage , les mains , les bras, la gorge. Je me fuis fervi de cet onguent en plufieurs occafions > oü il m a bien reufli ; c'eft pourquoi yeie donne au public. Onguent de siorax. Trenez. du ßorax liquide , de la gomme elemi & de U cire jaune , de chaeune fept onces & demie , De la colopbone , deux onces , Df I'buile de noix , deux livres & demie. Eaites-en un onguent felon l'art. REMARQUES. On mettra fondre enfemble tous les ingrediens dans une baffine für un feu me- dioere t on paffera la mauere par un linge pour la purger des ordures quelle pourroie contenir &on lalaiifeta refroidir, Pagitant de tems en tems pour empecher qu'il ne s'y falle des grameaux ; c'eft l'onguent de ftorax. Il eft propre pour deterger Sc mondifier les ulceres fcorbutiques, il fortifte les v cmiJl nerfs Sc il refout les rumeurs froides. On peut augmenter oa diminuer la quantite de I'huile de noix , fuivant qu'on voudra rendre l'onguent plus ou moins liquide. fliiiii 9ß6 l'HARMACOPE'E Onguent npercußifde bol , de Guidon. Prenex, du bol d'Armenie , dt vinaigre ou du fuc de morelle , de plant «in tu dt quelqu'autre plante de mhne vertu,, de chacun quatre onces, De l'hülle rojat, une livre & demie. Agite-u-les doucement dans un mortier jufqu'k conjrßcnce de liniment. R E M A R Q_U E S. On pulverifera fubtilement le bol, on le melera peu ä peu dans un grand morticr avec l'huile rofat 6c le vinaigre, agitant le melange pour en faire un onguent nu- tritum. Vertu«. II fortifie , il artetele fang j etant applique f r les playes. Onpeutaulieuduvinaigre employer le fuc de plaiicam ou defolanum, ou de quelque autre plante de meine vertu. Cet onguent fe durcit enpeu de tems, enforte qu'on efl: obiige d'y ajouter de l'huile rolat pour le ramolir. Onguent de'fenßf. Trenez. de l'huile rofat, une livre , De la cire jaune & du bol d'Armenie , de chacun trois onces , Du fanv-dragon , une onc. , Du meilleur vinaigre de vin , une once & demie. , laites-en un onguent felon Part. R E M A R Q_V ES. On coupera la cire en petits morceaux > on la fera fondre dans l'huile de rofe s puis la baffine etant hors du feu- & la matiere a demi refroidie , on y melera avec un biftortier le bol & ie fang-dragon qu'on aura auparavant reduits en poudre fub- tile , on y incorporera enfuite le vinaigre peu a peu , i'agitant avec l'onguent dans un mortier. Versus. ^ £ t onguent arrete les fluxions & il les empeche de tomber für les parties malades, il fortifie & delfeche, ü a plus de venu que le precedenr, & il eil de meiüeure confiftence. Onguent d'efcafbots. Prenez. des ßentes d'efcarhts bien ecmfez. , huit onces , De l'huile de lautier, une livre & demie. Melez. ces deux drogues & les lai/Jez. en digeflion pendant un mois dans un pot de terre bien boucbe \ enfuite mettez, chanffer cette nutiere a petitfeu, faites-en la colature & l'expt ejfion, pour la reduire en onguent. R E M A R Q^U E S. On amaflera des efcarbots, qu'on appelle Eoüilles-merde , quand ils fonrdnns leur vigueur , on les ecrafera bien dans un mortier, Sc on les melera avec l'huile de lau- rier : on mettrale melange dxas un pot qu'on bonchera exaetemenr , 8c on le lai (fera endigeftion pendant un mois: on le fera enfuite chauffer par une chaleur douce* comme par le bain marie , puison le coulera avec expreffion : onle mettra ralTeoit Sc l'on en feparera les feces qui feront tombees au fond : on gardera cet onguent pour s'enlervir su befoku UNIVERSELLE. 9*7 II eft nerval & refolutif, propre pour lcs rhumatilmes, Les Marechaux s'en 1er- Venus. vent auffi pour les furors qui nailfent für les jambes des chevaux » il tire ÖC iait for- tir Fhumeur corrompue qui eft delfous. On ne doit faire bouillir cette compofition d'onguent, de peur que le feun'em- porte une partie du fei volacii de l'efcarbot, & des parties fpiritueules de Flunle de laurier ; car c'eft principalement dans ces parties voiatils , que confifte la vertu du remede. Onguent contre lcs vers. Prenez, des huiles d'abßntbe , d'amandes ameres & de rbue , de cbacune deux onces , Du fuc de fleurs de pefcber & de matricaire, de cbacun une etice , Du fiel de taureau , de l'aloes fuccotrin, de lafarmede lupins , de la feine centauree de la cor ahne , de Ufetnence contre les vers , de la corne de cerf } de l'aurone Jeche & des rofes rouges, de cbacun une dragme , De la che , une once. Faites-en un onguent felon l'art. R E M A R Q^U E S. On mettra bouillir les fucs avec les huiles jufqu a coniomption de l'hun-.idite aqueufc , on coulera l'huile, on y melera le fiel de taureau & l'on y fondra la cirej puis quand la matiere fera a demi refroidie , on y melcra les autres Ingrediens re- duirs en poudre fubtile , on aiira un onguent qu'on garderaaubefom. Il eil propre pour faire mourir lcs vers , on en frotte l'ombilic chaudemcnt. Venus. Cet onguent eft trop compofe, il y entre plufieurs drognes inunles, comme les rofes , la farinede lupins, l'huile d'amande douce: je voudrois le reformer en la roaniere fuivante. Onguent contre les vers , reforme. Vrenet. de l'huile d'abßntbe , une demi livre , Des fucs de feinlies de pefcber & de tanatße t de cbacun une once, De la che , une once & demie t De l'aloes , deux dragmes & demie De la petite centauree, de la cor ahne , de la femence contre les vers , de cbacune une dragme & demie. Faites-en un onguent felon l'art. R E M A R Q^U E S. Si l'on ajoute dans cette compolition une dragme de mercure fublime doux, il en fera encore plus efficace. Onguent contre les vers , de Mynßcht. Trcnez* de l'aloes bepatique , trois onces, De Vextrait de gentiane , une once& demie. Diffolvez-lcs dans une quantite fufßfante d'efprit de vin, puis ajoutez.-y Des huiles d'amandes ameres , d'abßntbe & de camomdle, de cbacune denn livre , Du fiel de taureau , quatre onces , Du vmaigre, une once & demie. liiiii ij leitus. j>8S PHARMACOPE' £ Uelei. ces Ingrediens & les cuife^yufqua confomption de l'efprit de v'ttt, du vhiAi- gre & du fiel , ajoute^-y für la fin De la myrrbe , une once , Des trochifques alhandal & de V bulle de fabine , de chaeun trtis dragmes , De U cire jaune , ce qu'il en faudra. Faites-en un onguent felon l'art. R E M A R 0_U E S. On pulverifera Faloes, on le mettra dans un matras avec l'cxtrait de gentiane : , on verfera dentis de l'efprit de vina la hauteur de quarre doigts , on bouchera Je vaiffeau , on laiflera la matiere en digeflion au Soleil ou a la chaleur du furnier pen- dant vingt-quatre heures , reinuant le marras de tems en tems, puis on la verfera dans un pot de terra vernille, on y melera les huiles, le vinaigre & le fiel de tau- reau , on couvrira le pot, & Ton fera bouiilir le meiange a petit feu jufqu'a con-i fbmption de l'efprit de vin , du vinaigre & du fiel; on verfera par inclination la matiere reftantc , on y fera fondre quatre onces de cire jaune , & quand eile feraä deirue refroidie, Ton y melera la myrrhe , les trochifques alhandal, qu'on aura re- duits en poudre fubtile , &_enfin l'huile de fabine pour faire un onguent, qu'on gar- dera au hefoin. Ii eft propre pour faire mourir les vers , pour chafler les vents > on en hotte le bas venire , il a plus de force que le precedent. Enpreparant l'extrait de gentianc, on laiffe echaper la plus grande parrie du vo- latil, en quoi cqnfifte la principale vertu de la plante •, c'eft pourquoi il vaudroit mieux employer la racine de gentiane fimplement pulverifee , qu'en extrait. L'efprit de via dont on fe fert ici pour dülbudre l'aloes & Texrait de gentiane , empörte avec lui pendant la codtion qu'onen fait avec l'huile > beaueoup du volatil de l'aloes, je trouverois plus a propos qu'on employät a la place de ce diflolvant, du fuc d'abfinthe, ou qu'on melät l'aloes. en poudre dans la compofition. L'huile d'abfinthe me paroit la meiüeure des trois pour les vers, & je ferois d'a- vis qu'on l'employät feule dans ce reinedc. Voici donc commentje voudrois reior- roer fonguenr.. Onguent contt'c les vers , reforme'. Trenez, de l'huile d'ab/tntbe , une üvre & demie , Du fiel de taureau , quatre onces , Du vinaigre , une once & demie. Ueiei-'les & les faites cuire jufqu'a confomption d'bumidite : ajoHtet,-) 1 pour Ion- De la cire , quatre onces , Des poudres d'alocs & de racine de gentiane , de chaeun une once & demie, De la myrrhe , une once , Des trochifques alhandal & de l'huile de fabine t de chaeun trois dragmes.- Fait es-en un onguent felon l'art. Cngucnt de favs co?ttTi les angelures. Prenei. de l'huile de raves , quatre onces , 2>e la reßne de pin, de U cire jaune , de la terebentbine, de lagraijfe de helier } de. ihaeune une once. Ces drogues etantfondues enfcmble ,faites-enun onguent felon l'Art- UNIVERSELLE. jS? R E M A R QJJ E S. On mettra fondre enfemble für im feu mediocrc la cire , la refme, la terebenthine 8c la graifle dans l'hirile cit ee par expreflion, de la femence de ravc ou de na- vet: o.i agireralamauere jufqu'ace quelle foit refroidie, afin qa'il ne s'y fade poinr de gmmeaux : *^'eft l'onguenr de raves > il ferä en conflftence plus lolide que les onguenrs ordinaires; mais ii on le defire plus mou , on na qu'a y employer d'a- vantagc d'hmle de rave. LI eil propre pour les angelures qui viennent en hyver aux pieds 8c aus mains. Vertas» L'liuile de femence de julqaiame eftmeilieure pour les angelures , que celle de rave. Onguent nervin , de Lemort» Frenez. de V onguent d'tltbea , trois onces , De U graiße de canard , d'vye , de einen & de cbat , Des bulles d'aneth , d-ecbatnomdle , de laurier t de vers de terre , de renard , de cha- eune une once, De Celles d'euphorbe , de petrole , de fpica, de terebenthine, de cJjacuh dtmi dragme , De la cire, ce qu'ü en faiidra. laites-en un onguent mou. R E M A R QJU E S. On mettra foudre une once & demie de cire coupee par petits morceaux dans lc5 huiles d'aneth , de chamomille , de vers , de renard 8c d'euphorbe , puis on y me- lera hors du feu l'onguenr d'akhxa , les graifles de canard, d'oye , de einen &c de chat, riuule de laurier, le perroleum , 8c les huiles d'afpic & de terebenthine, pour faire un onguent qu'on gardera au befoin. Il eft propre pour fortirier les nerfs, pour les convulfions, pour la paralifie : on en frotte l'epine du dos, les epaules & les parties malades. On pourroit abreger la compohtion de cet onguent, en rerranefiant la graifle de canard, les huiles d'aneth, de renard 8c de terebenthine, «Sremployant le double de la graifle d'oye , des huiles de chamomille , de vers 8c d'afpic •, car comme cesgraii- fes 8c ces huiles fönt d'une meine vertu, il eft inutile de mettre ici les unes & les 1 a«r tves. Voici donc comme on pourroit reformer cette compofuion. Onguent nervin , reforme', Frenez. de l'onguent d'althea , trois onces ,, De la cire t une once & demie x De lagrasjfe d'oye , deux onces , De Celles de chamomille & de vers , de chaeme deux onces- 5 De Celles de laurier & de fpica, de ebaeune une once , De Celles d'euphorbe & depetrole , de ebaeune derai once. F.iites-en un onguent felon l'art. Onguent de beufe nerval , de Duclos. Srenex. des herbes vertes d'abjinthe , de warjolaine^ de raifort aquaüque , d'hyffop?, - Liiüi iij *>?a PHARMACOP E 1 E fty meliffe, de calament , d'origan , de mdlcpertuls, de rhue , de eti- lendule t de fabine , de tanaiße > d'arin-iife & d'anronc , Des fleurs de camomille, de mtlilot, d'bypertton , de betome , d'aigremoine & de petita centamee , de chucune une potgne'e. Pilez.-les & lescuifez. avec buit livres de beure de Majf , & demi-fepticr d'efprit devtti , Du fuc de nkotiane , deux livrts, Melez, dans la colature De la terelentlnne , une livre , De U cire , une denn livre. " Faites-en un onguent felon Hart. R E U A R QJJ E S. Oncoupcn £vloa conciflerabieiida is un mjrtier les herbes &les fleurs, onles metrra dans un grand pot de rerre: on rera fondre le beure Sc on le veriera für les heibes pilees , on y ajoutera l'elprit de vin Sc le fuc de nicoriane, on brouillera bien le tour enlemble , on couvrira le por & on lailTera la matiere en digeftion pendant deuxjours, cnfuire onlamertra bouillir für un peric feu , la remuanr de tems en teuis avec une efpatule de bois jufqu a coniomption de l'efprir de vin & de prefque roate l'humidite aqueufe : on la coulera alo;s avec expreflion, Sc Ton y fera fondre la cire coupee par perirs morceaux Sc Ja terebenthme, pour faire un onguent qu'on gardera au beioin. Vertus. Il fortifie les nerfs , il difeute &r Beute de May. Bcurede May. Onguent d'alebatrc. Vrene-L de Falebkrt tres pure bten pulvert fee , une or.ee & demie , De l'huile rofat , neufonces, Des fucs de fleurs de chamomille , de rofes renges & de rachtes d'althea , tii ce par hti- meäaüond'eau cbai.de , uneotice, Des feutlles de tbu'e& de batoine, de cbacunesßx dragmes. LaiJJ'ez.-lesinfufcr pendmt U nu'tt, & cuifez,-les enfuite jufqu'a confomption des fucs jur un pettt feu , puis fritts fondre dansla colature De la cue blanche , deuxonces & demie, Faites-en un onguent felon tan R E M A R 0_U E S. On broyera für le porphire l'alebätte jufqu'a ce qu'il foit reduit en poudre im * palpable. On pilera leparement des fleurs de chamomille , de roles rouges, des ra- cines d'akhea , des feinlles de rhue & deberoine recemment cueillies jufqu a ce qu'eiles foient en pate, on les humectera avec un peu d'eau chaude , on les lai/Iera en digeftion quelques heures, puis on les exprimera pour en avoir les fucs qu'on pe- fera & qu'on melera avec l'huile rofat & l'alebatre broye dans les proportions pref- crites , on les laiflera enfemble en digeltion pendant une nuit dans un pot de terre verniife couvert, puis on fera bouilhr la mauere doucement jufqu'a confomption des fucs, on coulera laliqueur, & l'on y fera fondre la cire coupee par petits mor- ceaux , puison laiflera refroidir l'onguent enl'aguant avec un biftortier, pour em- pecher qu'il nes'y falle des grumeaux. Il eft propre pour ramolir &z pour adoucir les duretez t pour fortifier le cerveau 8c l'efiomach. L'alebatre ne communique point fa vertu enbouillant avec les fucs & l'huile, on le tire comme on l'a employe , quelqne fubtilement qu'on l'ait pulvenfe ,• il vau- droit beaueoup mieux le meler dans l'onguent, quand il feroit a demi refroidi. Onffucnt anodin. Vrenez, de l'huile de lys blancs, um demie Hvre , Decclle d'aneth & de cbamsmille , de ebaeune deux onces . De edle u'amandes douces, une once , Vera:ä. fr- PHARM ACOPE'E ' Be lagraiffe de can&rd &■ de foule , de chacune deux onces , De U ttre blanche trois onces. Melez. le tont , & faites-en un ongttent felon fart. R E M A R Q^V E S. On melera les huiles Sc les graifTes cnfcmble , on y fcra fondre für un perit feu la cire blanche rompue par pecics morceaux , on agitera l'onguent a meiiirc qu'il fc rcfroidira , Sc on legardera. VcrtiKT. H eft propre pour ramolir, pour refoudre, pour adoucir l'acrete des humeurs , pour les hemorroi'des , pour la brulurc entamee. Onguent anodin de Nuremberg, contre les hemorrold.es. Prenet. des huiles rofat & violat, de chacune trois onces , De U cire , une once & denue, De Vaihydon , de la cerufe & de la litarge preparee, du plomb brule & de lagommt adragantb ,de ihacun trois drf.gmes, Du camphre & de l'opium , de chacun deux fcrupules , Deux blancs d'aufs, Faites-en un onguent felon t'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble la cerufe, la litarge , lc plomb brule Sc l'amidon, d'une autre part la gomme adraganth dans un monier chaud , on ecrafera l'opium dans un mortier , Sc on le pulveritera en le broyant avec un peu de lautre poudre , on fcra fondre la cire coupee par petits morceaux dans les huiles: on melera les pou- dres hors du feu; & quand l'onguent fera refroidi, l'on y incorporera les blancs d'ceufs Sc le camphre diflbut dans un peu d'huile rofat pour faire du tout un onguenc qu'on gardera au befoin. Veitus. H- e1 ^ propre pour adoucir Sc pour defTecher, il apaife les douleurs, il tempere les inflammations. On en applique für les hemorrhoide?. Onpourroit fe contenter dans la compofition de cet onguent d'une des prepa- rations du plomb , fans y en faire enrrer trois , car la litarge , la cerufe Sc lc plomb brule ont une vertu femblable. Onguent pour U brulure. Prenex, de l'huile de navette , deux livres , De Vaxonge de brebis & de la cire jaune , de chacun dem livre , Da mintum & de la cerufe , de chacun trois onces. Faites-en un onguent felon l'art. R E M. A R Q^U E S. On pulverifera fubtilementla cerufe & leminium, on mettra fondre a perit reu la cire coupee par petits morceaux & la graiffe de brebis dans l'huile de naver, puis on y melera hors du feu les poudres: on gardera cet onguent pour s'en fervir au befoin. Veitus. Il eft propre pour adoucir Sc pour deilecher la brulurc entammee Sc les autres playes. Quand la brulure n'eft point entamee , il y faut appliquer auffitot qu eile a cte faire , un linge trempe dans l'efprit de vin , ou bien un oignon cv du fei pilez enfemble: ces Ingrediens fönt capables de faire ouvrir Jcspores, 5c faire forrir les UNIVERSELLE. 093 Ies parties du feu qui n'ont pas encore penetre fort avant dans ies chairs >• mais fi la -brulure n'eft pas nouvellement faite & quelle foir entamee, cet onguent y eft con- vcnable , parce qu'il en adoucic l'acrete & la defleche. On pourroit en place du minium , employer le double de cenife. Onguent de Mynfitht pour U brulure. Vrenez. des blancs d'ceufs, deux ences, De l'buile d'olives , une ouce. Melez.-les exaäement t &.fa\tet-en un onguent febn l'art. REMARQUES. On mettra cn un plat de terre des blancs d'ceufs frais avec de bonne huilc d'olive en laportion ordonnee , on Ies agitera enfemble avec une efpacule de bois jufqu'a. ce qu'ils fe (oient bien melez, Sc qu'ils s'en foit fait un onguent ou un nutritum. II eft fort propre pour adoucir & pour calmer Ies acretez de la brulure. V Auteur Venus* demande qu'on en oigne plufieurs fois le jour la partie brulee avec une plume de poule noire , fans appliquer par deffus aueuns hnges, jufqu'ä ce que la croute qui s'y fera , tombe d'ellc-meme. La plume noire plutöt que d'unc autre couleur eft un myftere de petire confe- quence , & auquel on ne doit guere s'arreter ; mais pour 1 applicarion de l'onguent fans linge , eile doit etre obfervee pour eviter la douleur de la playe , & pour qu'elle defleche plus vice , carIes lingeseavent fouvent & enlevent avec eux ce qui etoit defleche. Cet onguent eft bon pourla brulure entamee , il adoucit, il rafraichit, il defleche ; mais je ne confeillerois pas de s'en fervir dans une biülure feche , il bouche- roit Ies pores, & il empecheroit Ies parties du feu de fortir. Il doit etre nouvellement fait quand on l'applique , & comme la preparation cn eft prompte & aifee, il nefaut le compoler que für le champ , lorfqu'on en a befoin, aufli-bien ne fe gardcroit-il pas. Autre Onguent pour la brulure. Trenez. de la fiente de cheval nouvelle , quatre ences , De l'axonge de porc , une hvre. Helet.-les & Ies fricajjez. dans une poi'lle Couleu-les enfuite & Ies exprimez. for* tement; apres qim vous cnferez, un onguent fe Ion l'art. REM A R O^U E S. On aura des etrons de cheval recemment faits , on Ies emiera Sc on Ies melera avec la graifle de porc ou avec du vieux oing dans une pocie , on fricaflera le meian- ge für un feu modere pendant environ un quart d'heure , remuant toujours la ma- tiere avec une efpatule, puis on la coulera touce chaude l'exprimant fortemenc, on laiflera refroidir la colature , ce fera l'onguent. Il eft tres-bon pour la brulure entamee ou non entamee , il adoucit beaueoup , on v ertU j, cn applique defliis avec un papier broüillard. Le fei volatil contenu dans l'excrement du cheval fe melant dans la graifle pendant qu'on fricafle la mauere , lui donne la vertu d'ouvrir Ies pores öc de faire fortir des corpufcules ignes de la partie bi ülee pendant qu eile adoucit. Lepapiet broüillard eft preferable au Inge en cette occafion, parce qu'il fe leve plus facilemcnt, & qu'il ne creufepoint la playe, comme fait (ouvent le knge. 5 Kkkkkk 9iH PHARM ACOPE'E j'ai trouve par experience cec onguent le meilleur de ceux qu'on employe pour la brüiure. Onguent de Uuriet. Trend, des feuiltes de lautier pik'es , une demi-livre , Des bajes de la meine plante auffi pilees, deux onces , Des femlles de ebou t deux onces , De V bude de Uuner, deux iivres & demie , Du fuif de boeuf, denn hvre. Cmfez*-les enfemblc , coule^-les , & faites-en un onguent felon l'art. R E M A R O^U E S. On concalTera bien dans'un mortiet les bayes de laurier , !es feuilles de kurier & de choux, on les melera avec l'huile de launer & le huf de beeuf fondu dans un por » on ie couvrira& o.i laiflera la matiere en digeftion deuxou trois jours, eniiuteonla fera chaufFer au bain marie bouillant neuf ou dix heures „on la coulera avec forte ex- preflion, on la laiflera repoler & refroidir, puis on la feparera d'avec les feces, on gardera cec onguent daüs un pot bien brauche. Venus. H foruric les nerfs , il teXout les humeurs froides. On en frotte les parties atta- quees. On peut bien fe paffer de cet onguent, car l'huile de laurier a pour le moins au- tant de vertu» Ovguent de chaux. Trenet, de la chaux Uvee au moins feptfois, & fechte , & de la ein , dt chaeun trois onces , He l'huile rofat , une Hvre. Melev-les , & enfaites un ongnent felon l'art. R E M A R Q_U E S. On eteindra de la chaux dans de l'eau chaude, on jettera L'eau , & l'on en verfem d'autre für la chaux ereinte , on reiterera a laver la matiere au moins fept fois, on fera fecher certe chaux lavee Sc l'on en pefera trois onces, qu'on melera exaetemene avec la cire 6c l'huile rofat qu'on aura mis fondre enfemble, pour faire un onguent qu'on gardera au befoin. Vertus. Il adoucit &c deifeche> on L'employc pour la brulure ? pour cicatrifer les vieux ul- ceres, erant nettoyez de lenr pourriture &c prefque remplis de chair; fi on le reduit en confiftence d'emplätre, il peut lervir au lieu de litharge, de cerufe , ou de mine de plomb. Onguent de chaux vive , de Mynßcht* Trenez. de la chaux vive , quatre onces , De Vorpiment, une once & demie , De la racine d'iris de Fhrence , du foulfre citrin & du nitre , de chaeun demi oncr , De la lefßvt de üges de feves , deux iivres. Melei. ces dtegues & les cuifez. jufqu'a une conßflence raifonnahle , dans un pot de- tene verruße neuf, ce tjue vous connoitrez, en y trempant une plume, car pur Urs sil eß äffet, fort, lesfranges s'en fepareront fort atfernem. AJoute7c-j enfuite De l'huile de fpica f demi-ome. laites-tn un onguent, ou flutet un d:'pilaioirt. Depilatoire. Vertut. UNIVERSELLE. 555 R E M A R Q^V E S. On ferabmler beaueoup de tiges de feves feches pour en avoir une bonne quan- tite de cendres, on veifera defliis , ce qu'il faudra d'cau commune pour faire une forte lcflive, on la filcrera, on en prendra deux livres, dans lefquelles on mectra ma- cerer quelques heures dans un pot de ten-e vermiß, la chaux vive entiere , car en la pilant on laifle diffiper beaueoup de fes partiesde feu qui fonc neceflaires pour ren- drececte compofition depilatoire -, enfuite l'on y ajoucera les autres drogues fubtile- rnent pulveriiees , onfera cuire la mauere par un feu mediocre jufqu a confiftence de pate liquide ou d'onguenr, Sc Ton y ajoutera l'hmle d'afpic ou quelqu'autre huilo odorance. C'cft un depilatoire, il enleve le poil de quelque partie que ce foit für laquelle on l'applique : on reconnoit s'il eft bon en y trempant une plume ; car s'il eft aifez fort, il en attendrit tellementles franges, qu'on les fepare facilement. Quand le depilatoire a fait fon eftet für la peau, & qu'il eft ote , on la graifle avec un peu d'onguent rofat ou de pomade , pour adouar l'acrete qui peut y etre reftee. Ce depilatoire agiroit avec plus de force , (i l'on fe contentoit pour fa compofition de la cliaux , de l'orpiment Sc de la leflive , rous les aucres Ingrediens ne fönt que Faffoiblir. Onguent de blellium. Frenez. du bdellium , fix dragnies , De l'euphoibe & du fagapenum , de ebaeun dem once , Du cafloreum , trots dragmes, De U c'ire , une once & fept dragmes , De V bulle de füre au , dix onces. Faites-en un onguent [elon Part. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble les gommes Sc le caftor, apres les avoir deflechez par une douce chaleur, on fera fondre la cire dansl'huile de fureau , Sc l'on y incorpo- rera les poudres pour faire un onguent qu'on gardera au befoin. Il eft propre pour amolir & refoudre les duretez de la matrice , Sc pour fortiner Vertus. les nerfs. Onguent de lirtaite , pour les hemorro'ides. Frene-L de U Unaire nouvelle avec fes fleurs 5 une livre , De Caxonge de porc mondee& lave'e , une livre & demle. Laiffez.-les en maceratlon dans vn Iteu tempere pendant quelques jours ; entfez, - les enfuite jufqu'a confomption d'humdite; coulez.-les, puls fa\tes-en un onguent felon l'art, R E M A R 0_V E S. On feparera la graiiTe de porc de fes membranes , on la laverabien Sc on la met- tra dans un pot de terre vernifle, on y melera une livre de linaire flenne recemment cueiüie Sc pilee dans un mortier de marbre, on couvrira le pot Sc on le placera dans le furnier au Soleil pour y laifler la matieire en digeftion trois ou quatre jou"s , enfuite on la fera bouillir doucement, l'agitant avec une efpatule de bois j .ifqa'a con- fomption de l'humidite aqueufe, on la coulera avec cxpieffion, Sc l'on gardera l'on- cuent pour s'en fervir au befoin. ö * Kkkkkkij 99 6 PHARMACOPE'E Vemis. Ilcft bonpour ramolir 6c pour adoucir , on sen lere pour les hemorroides^ On peut reitet er l'infuiion de la linaire dans la meine graiife une ou deux fois , pour rendie l'onguent plus empreint de la vertu de l'herbe. Onguent pour les eafnoßtez, de l'uretre, Trenez, du mercure preeipiterouge , une once > De Calun faule , demi-once , De l'onguent bUnc de Rba/ts, trois onces. Milez. le taut, & faites-en un onguent dent vous mcttrex,quelqtie peu a Vextremits d'une bongte , quevous poujjerez, dam le canal de l'uretre. R E M A R Q^U E S. On pulveriiera bien fnbrilement le preeipite rouge & l'alun brüle , on les melera exattement dans l'onguent; de cerufe, & l'on gardera cet onguent. Vertas. il eft propre pour confumer les carnofitez ou verrucs qui viennent dans la verge anres les chaudepifles, on en met un peu au bout d'une bougxe qu'on introduit dans h. partie. Quelques- uns ajoutent dans cet onguent de la fabine en poudre , de l'efprit de vitriol. du beure d'anrimoine. Quand l'onguent a fait fon effet & que la bougie eft retiree du canal de l'urine ,, il en faut inrroduire une autre enduite d'onguent rofat , ou de l'onguent fuivant, Onguent dont tlfautfe [efvirquxnAU ctfnofite a e'teconfumee. Trenez. de l'huile d'amandes douces tlree[ans feu , deux onces , De la terebenthme claire , de U cerufe pulverifee , de chaeun une deml once. Melez..-les nvec un peu de cire blanche , & faites-en un onguent felon l'art. REMARQUES. On putverifera fubtilement la cerufe , on mettra fondre deux dragmes de cire- Blanche dans un plat de terre ou d'etain avec la terebenthine & l'huile d'amande douce tiree fans feu, on rerirera ie plat de deflüs le feu , & l'on y melera exa&e- ment la cerufe en poudre pour en faire un onguent qu'on gardera au befoin. Il adoucit & deilecheles efearres qua fait l'onguentprecedent. Onguent de Macedoine. Trenez, de la che , de U colophone & de lapoix, de lagraiße ou de la moelle de vean* & de fencens , de chaeun deux onces. Mclez, le tout, & faites-en un onguent feien l'art.. R E M A R Q^U E S. On liquefiera enfemble für un peu de feu la cire , la colophone , la poix , far. graifle ou la moelle de veau & i'cncens, on coulera la matiere & on la iaiilera re- froidir. V.crsjs, Cet onguent eft propre pour ramolir, deterger & cicatriler les phyes. Cette compofition devroit etre mife plütöt au rang des emplarres que des on- ents , car eile en a la foüdite ; mäis on l'a touiours appeliee ongaeflt. Elle, a tirc teixus* guents , car ene en a ia lonoite •, mais on t a toujours Ion nura de Macedcune, ou,elle a ete invenr.ee. UNIVERSELLE. rn Onguent d'acbe. frenet, du fuc fache t une llvre y D:< micl , ncufonces, De la farine de froment , trois onces. Cmfez.-les enfemble jufqu'a une confiftente raifonnaHe. R E M A R QJU E S. On tirera par expreflion 1c fuc des feuillcs d'ache pilees , on y demelera &c l'-on y fera cuire la farine Sc le miel ,.remuant toujours avec un biftortier jufqu a conii* fience d 'onguent. Il efbpropre pour ramolir &c pour refoudre les tumeurs. Cette compofitiön eil plütor un cataplaime qu'un onguent; il n'en faut faire que dans ie tems du befoin, car eile le garde peu. Qnguent carminatif\ de Mynficht* Vrenez, des fteurs de fureau t deax livre» , Da beure de May non Jale, une livre , Du fuc de camomdle exprtme avec du v'tn , demi-livre. Faites-lcs bonülir au ba'mmahe jufqu'a confomption d'humidite -. ajoutcz, a la colli* ture de l'huile de car vi , fix dragmes > De Celle de cumin, deux dragmes } De Celle de fenouil, une dragme.. Melez, letout y & faites-en un onguent felon Vart. R E M A R Q^U E S. On aura des fleurs de fureau nouveliement cueillies, on les pilera dans un moraer de marbre , on les melera avec le beure frais fait au mois de May , on verfefa def- fus le fuc de camomüle qu'on aura tire des fleurs de camomille pilees & humeclrees avec le vin , on fera bouillir doucement le tour dans un pot de terre vermlfe juf- qu'ä confomption de l'humidite aqueufe , on coulera la matierc avec expreflion, & Ion y melera les huiles ou eflencescarminadves-de fenouil, de carvi &c de cumin , pour faire un onguent qu'on gardera au beloin. Il eft propre pour ciiifiper les vents 8c les humiditez de l'eftomach , on en frottc Les parties malades, & Ton en peut mettre dans les lavements. Qnguent c'yfmaiique. Trenez* des mattves , des guhnauves , de la brauche urßnt, de parietale , de h- mercurinle , de chaeune s qnatre poignees , Des racines d'altbea CT de lis blancs , de chaeune- quatre onces , Des fteurs de camomüle & de melilot , de chaeune trois poignees, Du beure nonveau , cinq livrcs. Remuez,-i'cs bien enfemble &les laiffex. en digeßionpemtant tout un mois ; euifez-les tnfutte & les exprimez», R E M A R QJJ £ S, On pilera bien dans un mattier de marbre, les racines , les herbes & les fleurs „ onks mettra dans ungrand pot de terre vernifle, on verlera deflus le beure qu'on aura fait fondre, on brouillera bien la matierc avec une. cfpatale de beis, on cou- K. kkkkk in Vertus» Vertus- bV PHARMACOPE'E vrira Ic pot, & cm La lanTera digerer pendant un mois, pnis on la fera ciiire a pctk fcu jufqu'a conibmpnon de l'humidire aqueufe , on la coulera avec exprellion , & l'öngatderal'onguent, Vertus. II amolic le ventrc , il adoucit lcs humcars acrcs , il evacue doucemcnr, on en nie: dans les iavements, ou bien on en fair fondre Sc on ie donne feul en clylterq pour la dytlencerie. Ottguent pour empechet l'avottement. Prertei. de la pierte bematite , denn once , De la racine ae bißorte & de l'ecorce de cbataignes , de chacune deux dragmes, Des rofcs rouges , une dragme & demie , Des balaufles , du jang-dragon , de l'alun t de l'acacia & de l'hypccißis , de cbacun une dragme. De la cire , deux onces f Des hatles de myrrbe & de rofes, du vinaigre de v'ttt & du fuc de coings , de cbacun qua,-. tre onces. I alt es- en un ongutnt felon l'art. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble la racine de biftorte , l'ecorce de chäraigne , les rofes rouges, les balaufles , l'acacia Sc l'hypociftis: d'une autre parc le fang-dragon : d'n- ne autre part l'alun: on broyera lur le porphyre la pierre hemari.ce julqu'a ce qu'elle foit en poudre impalpable , on melera dans un por de cerre vernifle le vin , le vinai- gre, lefucde coing Sc les huües : on fera bouühr le melange a penr feu jufqu'd confomption de l'humidite aqueufe, on fera fondre dans l'huile qui fera reftee , la cire coupee par petits morceaux, puisquandlamatiere fera a demirefroidie , l'on y melera les poudres pour en faire un onguent qu'on gardera au befoin. Vertus. Il fprtine , il reilerre , on s'en fern pour empechet i'avortement, on cn frotce le bas ventrc Sc les rems des femmes grolTes. On^umt de [umAch. Vrenez, du fumscb t ue'ts onces , Des galles vertes, des bdjes de myrtbe , des balaufles , de Vecorce ie grenades 3 de Celles de gland , des mix de cypres , de cbacun demi once , De l'acacia & du m.ißuh , de cbacun trois dragmes , De la cire blanche t eine] onces , De l'huile rofat f une livre & deux onces. Piksi jtibtilement les drognes qui en ent befoin , puis laiffet. le tout en maceraüon pendant quatre jours dans une fufßjante qu.mtite de fucs de n.-fles & de forbes vertes; laiffez. les enfuite fe'chcr 4 un feu modere , & enfin cutfex. cette mauere en ongutnt avec l'huile & U cire. R E M A R Q^U E S. On pulveriiera fubrifement toures les drogues enfemble , on mettra infu/er quelques htures la poudre dans dzs fucs de netle Sc de forbes verces qu'on aura tirez pat exprellion, enfuite on la fera fecher par une lente chaleur: on coupera la cire par petits morceaux, on la liquefiera dans Pnuiiß für un peu de feu , puis la (datiere etant a demi refroidie , l'on y melera la poudre pour faire du tout un onguenc qu'on gardera au befoin. Vertus. Il reilerre,' il arrere les hcinorragies, il fortifie. UNIVERSELLE. ?<>* Onguent eordixl^ de Cl, Lnh»> Vrenet. de t'onguent rofat , trois onces , De Fbuile de mufcade exprimee , une ctragme , De cclle d'e'corce de Citren diflille'e , une denn ferupule , De Celle de ruf es , fix gouttes , De alle de canelle, cmq gouttes , Du bäume apoplcäique, un ferupule. Mtlex* le tout, & faites-enun onguent, R E M A R Q^U E S. On fern, fondre par un tres-petit feu l'huile de mufcade avec l'onguent rofat Sc le- baume apopleckique , puis la mariere. etanthorsdu feu &c a demi refroidie , l'on j melera les nuiles diftülees de rofe , d'ecorce de citron & de canelie pour faire un onguent , ou plutot un bäume qu'on gardera dans un pot bien bouche. Il fottilie, il refifte aumauvais air , on en frotte les rcgions du cceui' & de l'efto- Veitiu» mach. Onguent de govfmi e'lcmi. Trenez, du fuc de mouton , deux onces , De U gomme elemt & de U terebentbine bien elaire y de chaeune une once & demie , De la graiffe de porc, une once. Melez. le tout , & j"altes -en un onguent. R E M A R dU E S. On mettira fondre tontes les drogues enfemble für un petit feu, on les coulera & on laiAera refroidir la mauere, c'ett l'onguent de gomme elemi, on le gardera pour le befoin. Il eft propre pour refoudre & pour fortifier les nerfs. Versus, Onguent de fuif de bouc , de Mynfieht. Trenez. du fuif de bouc , une once , Des bmles d'ceufs , d'amandesdouces , de jufquiame tireepaf expreßlon t de pavot } de ehaeunes demi once Des graijfes d'oye , de pule & de CAmrd , de ehaeun trois dragmes-, De la tut Ine preparee } deux dragmes & demie , De la litharge d'argentpreparee , de la cerufe lave'e & du minium , de ehaeun un? dragme & demie, De l'alun brule , du fucre cdndi blanc & de l'oliban , de ehaeun une dragme > Du campbre & de l'opium, de ehaeun demi ferupule. Melez, le tout, &fmtes-en un onguent avee une fufßfante quantitede cire. REMARQUES. On liquefiera für un petit feu demi-once de cire blanche , le fuif de bouc Sc les grailTes d'oyes , de poule Sc de canard dans les huiles, puis on y melera hors du feu ? iatuthie , la litharge, la cerufe , le minium, enfuite l'alun brule , l'opium , lc fucre candi ,1 oliban , le laffran qu'on aura red.iits en poudre ttes-fubtile , & quand la ma- tiere fera tour-A- fait refroidie, on y ajoürera le camphre diflout dans un peu d'huilc d'amandc douce , on aura un onguent qu'on gardera au bsloin. 'Venus. Vertus. 1000 PHARMACOPFE' II eft propre pour les crevaffes des mains , des pieds, du fein , pour les eflaveu- res; il adoucit, ll appaife les douleurs, Sc il deffeche. II entre dans cecte compoficion plulieurs drogues de qualirez fi femblables qu'on pourroit fort bien n'cn mettre que dune efpecc pour toutes les aucres , par exemple la lirharge , la cerufe , le minium fönt trois preparations de pbmb qui ont une memc vertu , on pourroit fe conrencer de la cerufe au poids des trois ; les graif- ies d'oye, de canard& de pouleföntrourcs trois fortadouciflantes , mais une des trois fumroit, (ans qu'il fut betoin de tant diverfirier. II entre trop de poudres dans cet onguent i proportion des autres ingrediens , je ferois d'avis d'augmenter la quantite du fuif de bouc , &c de l'huüe d'amandc douce. L'alun brule , qui eft efearrotique , ne convient gucre dans un onguent adou- eiflant, il vaut mieux fe fervir de l'alun naturel. Voici donc commc je voudrois rc- former la compofition. Onguent de fuif de bouc y rtforme. Trencz, du fuif de bouc , quatre onces , De la graiffe, d'oye , une once & demie , Be l'huile d'amandes douces > une once , De-cetles de jtmence ie pavot, de jufqmame & d'oeufs , tnies par exprcffien , de cb~A« eune denn once , De U cerufe lavee, quatre dragmes & demie, De U tuthie preparee , trois dragmes , De l'alun de röche t du fucre candi , & de l'ohban , de chaeun une dragtne , Du fafran , unferupule , Du camphre & de l'opium , de chaeun demt fcrupule. Melez, le tout, & faites-en un onguent felon tart. Onauent de mußich. Prenet, des huiles de tnaßicb , d'abßnthe & nardtn, de ebaeun deux onces " De la (ire , une once , Du maßich , de la menthe , des rofes rouges , du coraUrouge prepare , dugeroße y de U canellc , du bois d'aloes & du jonc odorant, de chaeun deux dragmes. Faites-en un onguent Jelon l'art. REMARQUES. On mettra fondre la cire coupee par petits morceaux dans les huiles, on y mcle- ra les autres ingrediens fubtilcmenr pulverifez , pour faire un onguent qu'on gardera au befoin. Il eft propre pour fortifier, pour refTerrer, pour refifter a la gangrene. Il entre rrop de poudres dans cet onguent a proportion desaunes ingrediens s je ferois d'avis d'augmenter l'huile de maftich de quatre onces, Sc h cire d'ur.e once. Onguent de patience. Prenez. de la rmne de patience ernte jufqua molejfe dans du vinaigre , & paße'e UNIVERSELLE. *<*<* pdffeepar te tamis& dufouphre, de chactin demi-once, De l'axonge de porc, une demi livre , De l'onguent populeum , demi once. De toutes ces drogues pilees dms un monier , faites-en «» onguent felon l'art. R E M A R Q_Ü E S. On fera bouillir des racines de patience dans du vinaigre jufqu a ce qu'elles foient molles, on les ecrafera &c on les patfera par un tamis renverie pour en avoir demi- once de pulpe qu'on melera dans un mortier avec la graifie de porc, le populeum Sc le foufre fubtilement pulverife pour faire un onguenr. Il eft propre pour lagratelie , pour les dartres öc pour les autres demangeaifons du cuir. On ne doit preparercet onguent qua mefurequ'on en aura befoin , parce qu'e- tant garde il fe moifiroic a cauie de la pulpe qui y entre ; fi l'on veut qu'il fe garde , il faut y employer la racine de patience fechee &c pulverifee, il n'en aurapas mpins de vertu. Onguent pefforaL Prenez, du beure nouveau t demi livre , De l'buile d'amandes douces, quatre onces, De Celles de cbamomille & de violettes , & de la cire blanche , de cbacunes tro'is onces y Des graiffes de canard & depoule , de cbacune deux onces, De la racine d'iris , une once. Faites-en un onguent felon Part. R E M A R Q^U E S. On fera fondre la cire blanche avec le beure, les graiffes 8c les huiles, quan matiere fera prefque refroidie Ton y melera Firis reduit en poudre fubtile. Il eft refolutu , propre pour appaiterles douleurs de la poitrine , pour le rhume & pour faciliter le crachat: on en frotte la region dela poitrine. Onguent de re'vlijje. Prenez. de la regliffe nouvelle & bien fueculente , deux onces , Du beure nouveau lave plußeurs fois avec l'eau de rofes , demi-livre. Pilez, la regliffe & UfAltes cuire avec le beure dans un pe'e'le ; faites-en Yexprefflon tnfuite , puis ajoutant de wuvelle regliffe pilee a la colature , cuijez,-la de nouveau comme lapremiere fois ; reiteret, cette preparation pour latroißeme fois , & enfin jettez* dans le beure expnme, de la cerufe Uvee , une once & demie ; De la tuthie preparee j une dragme , Du campbre , un ferupule , Du blanc'd'ceuf , ßx dragmes. Mclez, le tout, & faites-en un onguent felon l'art, R E M A R QJU E S. On aura des racines de regliffe recente , on les concaffera bfen,on lavera du beure frais plufieurs fois avec de l'eau de rofe , on le metrra dans une poele für le feu , on y melera la reglifle , on fera bouillir legerement le melange , on le cpulera avec expreffion, on mettra dans la matiere coulee encore autant de regliffe, on procedera comme auparavant , on reiterera la meine chofe une troifieme fois, & l'on melera dans la colature, la -tuthie preparee &la cerufe layeefubtilement pulverifee: quand 5L111U Venus. idla : meurir Vertu«. Venus. Venus. Venus, ©ofe. 1002 PHARMACOPFE le melange fera refroidi l'on y ajoutera le camphre diffout dans ön pcu tfhuile d'a- mande douce & le blanc d'ceuf, on agitera bicn le rout avec un biftortier, pour faire un onguenc qu'on gardera au befoin. Il eft propre pour netroyer la fanie desyeux , pour adoucir les humeurs acres qul y tombent, pour deifecher les puftules faires par un fang acre & bilieux , on en mer un petir morceau dans l'ceil, & l'on en frotre les bords. Le blanc d'ceuf empeche qu'on ne prüfte garder cer onguenr long-rems : je ferois. d'avis qu'on atteadit a en metrre quandon feroir pret de s'en fervir. Onguent digefiif' magifird. Trenet, de l'huile rofat & de la terebenthine , de chacun une livre, De U che blanche } demi livre. Lave^-les avec l'eau de plantain, &faites-en un onguent. R E M A R Q_U E S. On fera fondre la cire blanche dans l'huile rofat, puis on y ajoutera la tereben~ thine : quand l'onguent fera refroidi on lelavera avec de l'eau deplantain. Il eft digeftif & vulneraire , il prepare la matiere des playes pour la fupuration: on en applique avec des plumaceaux. Il fe garde plus long-rems que celui que les Chirurgiens prcparent avee le jaunc d'ceuf, l'huile de rote & la rerebenrhine. Onguent potable. Trenez, du beure nouveatt, une livre & denüe , De lagarence , du caftoreum , de la nature de baieine & de la tormemille t de chacun une once & demie. Eaites-les boüillir enfemble dans une fuffifante quantite de vin mufeat > jufqu'a con~ fomption du vin , & faites-en un onguent felon l'arr. R E M A R Q^U E S. On concafTera les racines & le caftor, on les mettra avec le beure dans un pot de> rerre vernifle , on ver/era de/fus une livre de vin mufeat , on couvrira le pot 8c l'ayant place für un feu modere , l'on fera bouillir la matiere jufqu'a confomprion du vin , on la coulera avec forte expreffion,on jetrera dans la colature encore chau- de , la nature de baieine ahn quelle s'y fonde,puis on laiffera refroidir l'onguent c'eft l'onguent potable. On l'eftime pour l'epileptie, pour les ulceres des vifeeres, & particulieremenr de la matrice. La dofe en eft depuis deux dragmes jufqu'a une once. Comme les onguents femblent n'etre deftinez que pour l'exterieur , il eft rare qu'on en Lille pour prendre interieurement. Il n'y a pourtant rien qui y rcpagne de chacunes unepoignee. Des feuilles d'armotfe , de pervenche , de grande ortie , de confoude mojenne & de rhue , de chacunes une demi poignee. Coupez. toutes trois onces. Mclei. le tout, & faites-en un cnguent, R E M A R OJJ E S. On cueillera toutes les plantes dans lc mois de May ou quand elles feront en leut* vigueur , on les coupera, on les pilera dans un mortier Sc on les mettra dans un grand pot de terre,on y melera le beure frais fondu, on couvrira le pot Sc on lemet- tra au Soleil ou dans le furnier pendant trois jours , on fera enfuite bouillir la mauere ä petit feu pendant deux heures , la remuant incefTamment avec une efpatule -de bois, on la coulera avec forte expreflion, on laifTera un peu rafTeoir la colature pour la feparer de fes feces, on la verfera par inclination, on y melera l'huile d'olive , puis on y mettrafondre la cire; Sc quandlonguentferaa demi refroidi , on y ajoütera l'encens fubtilement pulverife. Cet onguent eft propre pour la paralifie, pour la goutte feiatique, pour les con- Veina« Yulfions , &c pour toutes les maladies qui viennent de caufe froide. Si Ton employoit l'huile d'olive dans l'infufion , eile s'empreindroit de la fub- ftance des plantes: 8c longuent en auroit un peu plus de vertu; mais je trouve fort inutile d'ordonner dans une fi grande quantite d'onguent, quatre onces d'huile d'olive Sc autant de cire »il vaudroit autant n'y en mettre ni de Tun ni de lautre. On trouve dans les Difpenfaires, des deferiptions de cet onguent differentes en plufieurscirconftances , j'ai choifi celle-ci commela meilleure: maison peut fort bien s'enpaffer quand on a longuent martiatum, car ila des qualites femblables > Sc meme enun degre plus eleve. Llllllij •JOCf PHARMACOPFE JTertus. ¥ertus» Dole* Onguent verd , de Galten. Prenez. de la rejirte de pin , une livre y De la cire & de l'huile commune , de chacune dem livre , Du verd de gris , une once & demie. Melez. !e tout, & faites-en un onguent felon Vart. R E M A R Q^V E S. On mettra fondre dans l'huile krenne & k che, puis on y melera exadtement avec le biftortier 1c verd de gris qu'on aura reduit en poudre fubtüe, on fera du tout un onguent dur 8c empiaftique qu'on gardera pour le befoin. II netcoye les playes öc ies ukeres, & if les guerit. On en fait un emplätre quon apphque deilus. Le verd de gris , qui n'eft autre chofe que du cuivre empreint des fels du vir.„ fait la vertu deterfive de cetre compofition. Onguent de cynoglojfe. Tren-ez. des meines de cynogloffes rouges , une demi-livre \ Du beure nouveau, une livre & demie , Du vingt rouge , quarre onces* Cuifeh-les jufqtfa confomption du vin, & les coulex^- R E M A R QJCJ E S. On aura des racines de cynoglofle ou langues de chien rouges quand eües ieronr en leurpiusgrande vigueur , on les coupera bar petits rriorccäux, on les ecrafera & on les fera cuire avec ie beure & le vin a petit feu jufqu'a confomption du vin, on coulera k matiere avec forte exprellion, & l'ayant kille repofer on en feparera les feces, cC l'on gardera l'onguent pour le befoin. Il eft propre pour ies conrufions, pour les diflocations, pour dilloudre le fang caille', on s'en fert exterieurement Sc mterieurement, on peut en donner par la bauche depuis une dragme jufqu'a fix. Onguent de ßUnttm*. Jrettez, de l'huile rofat, une livre, Du fuc de morelle & de la litharge lavee , de chactm deux onces & demie „ De la cerufe lavee, quatre onces , De la cire blanche , trois onces & demie „ De. l'encenspulverife 3 . cinq dragmes. laites-en un onguent felon tarU- R E M A R Q^XJ E Si. ' On mettra bouittir enfemble l'haile de rofe, & le fuc de morelle qu'on auratire par expreffionjufqu'ä confomption du fuc , on coulera l'huile &l'on y liquefierafur an peu de feu keire blanche coupee par petits mosceaux , puison y melera hors dm il reflemble quand on a un de fort en ces on- les UNIVERSELLE. *ooj feu avec un biftortier la litharge, la cerufe, 5c enfin l'encens (ubtilement pulverife pour faire un onguent qu'on garderaaubefoin. Il eft propre pour dellecher les playes en les confolidant; compofirion & en vertu a l'onguent pompholix: ainii quai guents , il eft inutiled'avoir lautre, Onguent pour exciter les menßyues. Frenez, de la viertle gralße cl'oye } & de la cire jaune , de chacune une once & demie , De la terebentbine , des bildes de pouilht , de fabine & de canelle \ de chacunes uns once, Des huiles de violier jaune & d'iris, de chacunes demionce , De l'bulle de fpca odorante , des poudres de fabine , de foüillot & de rhu'e , de cha* cunes deux dragmes t Des femences d'acbe , de Jone odorant, de fpica-Celtique , desgrains de genierre & d'a/arum f de chaeun une once. Taites-en un onguent feton Van. REMARQUES. Onbroyera le marbre en poudre impalpable, onpulverifera enfemble fubtilement :es Ingrediens, on mettra fondre für un petit feu, la cire avec la graifle d'un vieux oye,la terebenthine, & les huiles d'iris Sc de violier; enfuite la matiere etant prefque refroidie , on y melera les huiles odorantes & les poudres, agitant bien le melange avec un biftortier , on gardera cet onguent dans un pot bien bouche. Il eft propre pour amolir Sc difloudre les duretes de la matrice , pour iever les obftructions Sc pour exciter les mois- aux femmes: on en frone l'ombilic Sc lare- gion de la matrice. CommePhuile de canelle eft fort chere pour etre employee dans un onguent, on pourroit lui fubftituer celle de mufeade. Je crois le marbre bien inutile ici, car c'eft une matiere privee de prineipes aeftifsv Sc qui n'eft paseapable de penetrer pour produire aueun efret. Onguent pour fuiliter 1'a.ccouehement, Prenez, de l'axonge depoule 1 de canard, d'oje & de pourceatt , de chacune deu% tmees. Du beure nouveau & de l'huile d'iris } de ebaeun une once „ Des troebifques de mjrrhe • demi once , Des deux arißehches t de la canelle , du ßorax & de la mjrrhe , de chaeun um dragnte. Melez, le tout , & faites-en un ongnent,. R E M A R Q^U E S. On liquefiera enfemble par un petit feu , les graiftes , le beure Sc l'huile , puis on y melera les autres drogues reduites en poudre fubtile, agitant l'onguent avec un biftortier julqu a ce qu'il foit refroidi. lieft propre pour faciliter l'accouchement Sc pour faire fortir l'arriere-fais , on en frotte le bas du ventre en la region hypogaftrique , Sc dans le vagina quand la. fernme eft en travaiL Lülll ii> Vercus. Vertss» Veicue, %oqS PHUMACOPE'E Les graifTes de poules , de canard & d'oye, onc une meine vertu pour cet on- guent, on pourroic abreger la compofirion en n'y mettant que Celle d'oye au poids des trois •, le beure &c la graifTe de porc faifant ici un meme efFet, on pourroic met> Ire du beure au poids des deux ; il eft inutile d'ordonner des trochifejues de myrrhe &c de la myrthe , je voudrois employer de la myrrhe feule qui produira un meilleur eftet que les trochifques. Voici donc comme je ferois d'avis qubn abre- geät cette compofirion. Onguent pour fuciüterVaecouehement t reforme'. Prenez. de l'axonge d'oye, une denn livre , Du beure nouveau f trois onces , De l'huile d'iris , une once , De U myrrhe y trois dragmes, De la racine d'arifloloche ronde , deux dragmes ~ De la canelle & du florax , de chaeun une dragme. Melez. le tout, & faites-en un onguent. Onguent fomnifere. Trcnet.dc Vhuile exprimee de noix mufeade, deux onces, De l'huile de noyaux de peches & du fucre de faturne , de chaeun deux onces * De l'opitm > deux dragmes , Du camphre & du mufc, de chaeun deux ferupules. Melez. le tout , & faites-en un onguent felon l'art. R E M A R QJJ E S. On coupera l'opium par petits morceaux, on le fera deflecher par une douce chaleur , pius on le meerra en poudre dans un mortier avec le mufc, on y melera le fei de Saturne, on diflbudra le camphre dans rimile de noyaux de pefche, on lique- fiera für un feu tres-foible, l'huile de mufeade , on y melera les poudres Sc la dif- folution du camphre, pour faire un onguent qu'on gardera au befoin dans un poc bien bouche. V>rtu$. ® n sCn ^ ctt P our exc ^ ter ^ fommeil, on en frotte les tempes, il calme les douleurs. Le mufc & le camphre qui entrent dans cet onguent fönt plus capables d'empe- cherle fommeil que de l'exciter a caufe de leur odeur; il fe peut meme faire que le mufc provoque des vapeurs aux femmes qui fe ferviroient de ce remede, je ferois donc d'avis qu'on retranchat ces deux ingrediens. On peut dire auffi que l'huile de mufeade eft un pen trop odorante pour etre em- ployee en /igrande quantite dans un onguent fomnifere. Si on lui iubftituoiti onguent populeum, le remede en agiroit mieux. Onguent de fucs, d'Jrantius. Prenez, de l'huile rofat, une livre & demie, Des facs de plantain, de morelle, de petite eentauree & de patience, de chaeun trois onces. Faites-les boiiillir enfemble jufqu'a confompt'ton desfues, enfuite ajoutez*-y Pe U cire blanche, quatre onces. UNIVERSELLE. xoo/ S>e Pottguent poputem & du cerat rafrakbijfattt de Gdm , it chttctw deux onces > De U litharge, trois onces , Du plomb bnile , ßx dragnies , De la tuthie preparc'e, demi once, De l'orge brüle'&pulvenfe > ttois dragmes, Du bold'Armenie & du cantphre, de cbacun deux dragmtSr Eaites-en un onguent, felon Hart. R E M A R QJJ E S. On tirera facilement les fncs de plantain , de laparhum Sc de morelle par expreß- fion , apres avoir pile les plantes ; mais comme la petite centauree eft une herbe peu fücculente , il eft neceflaite de l'humecter avec unpeu d'eau apres l'avoir pilee,pui$ on la laifTera quelque tems en digeftion avanr que de la mettre a la prefTe. On pulverifera liibtilement la litharge , l'orge i'6rie 8c le bol , on melera les poudres avec la tuthie preparee. On melera les fucs avec l'huile de rofe dans un por de terre , on fera bouillir le melange jufqu a confompcion des fucs , on coulera la liqueur reftante & l'on y fera fondre la cire blanche, le populeuin Sc le cerac de Galien, on retirera la niatiere de deiTus le feu 8c l'on y melera les poudres ; puis quand eile fera refroidie, on diflbu- dra le camphre dans environ demi once d'huile de rofe 8c on l'y incorporera, on gardera cet onguent pour le befoin. It eft propre pour deflecher & pour incarner les playes & Les ulceres ou il y a in- Vertu*, flammauon , il diflfere peu en vercus de l'onguent pompholix.- Autre Onguent de fucs, Treiiez. du fuc d'hjeble , huit onces , De ceux d'abßmbe & d'iris, de cbacun cinq onces , De ceux de perßl & i'acbe, de cbacun quatre onces, De l'huile de lis , dix dragmes , De l'huile commune , de Celles d'abßnthe & de chamomille, dechaeune demi4\vrt r Desgraiffes de canard & de poule , de ebaeune deux onces , Cuifez.-les enfemblea petit feu jufqu'a confomption des fucs ; coulet^les enfu'ite ? & faites fondre dans la colature de lacire blanche t deux onces. Eaites-en un onguent felon l'art, R E M A R Ü_U E S. On cueillera les plantes en leur vigueur , on en tirera les fucs par expremon, on. melera ces fucs avec les huiles & les graifles dans un pot de terre & on les fera bouillir enfemblejufqu'ala confomption des fucs, on coulera la liqueur & l'on y fera fondre la cire blanche , on agitera l'onguent jufqu a. ce qu'il ioit refroidi , 8c on le gardera au befoin. Il ramolit, il refout, il eft propre pour les duretes de la ratre& du foye , pour les Y-eitti* catharres , pour laparahfie., pour lafeiatique, onen frotte les partiesattaquees, Onguent admirable , de Nicodeme. Vrer.tz. de la myrrhe , de l'alo'es & de la fercocolle, de cbacun deux onces ^ Du mielecume une Itvre, Du vin blanc , ce qu'il en faudra. Cuifex.-les a petitfeu } encovßßence d'onguent,- xooi PHARMACOPE'E R E M A R Q^U E S. On pulverifera la myrrhe , l'aloes & la farcocolle, on les incorporera dans une baffine avec le miel ecume , on y ajoütera fept ou huit onces de vin blanc, on fera bouillir le melange a. petit feu, l'agkant toujours avec une efpatule de bois jufqu'a ce qu'elle foit epaiffie cn confiftence d'onguent, on lagarderaau befoin ; c'eft ce qu'on appelle Onguent admirable. Quelques-uns y ajoutent une once de col- cothar. Venus* Ii dererge, il mondifieles playes & les vieux ulceres, il aglutine, il cicatrife, il refifte a la pourrkure, on en met dans les playes avec du charpy. Cette compofition n'eft pas bien nommee Onguent; puifqu'il n'y entre point d'huilc ni de OTaifle. Onguent d amante, Trenez. de l'amiante , quatre onces , Du plomb bruU , une Itvre , De la tut hie preparee , une once. Calcinez*-lcs t mettez,-les en poudre , puis laijfez.-les en macer ation dans une quantite fufifante de vinaigre difiillependant un mois , agitant cette matiere une fois cbaque pur: apres faites-la bouillir pendant un quartd'beure , &laijfez,-la en repos jufqu'a cz qiie le vinaigre paroiße clarifie. Trenez. apres cela de ce vinaigre bien clarifie) & de l'huile rofat , de cbacun ce qu'il enferaneceffaire. Battez*-les enfuite dans un mortier, pour teur donner U conjiflence de liniment. R E M A R Q^U E S. On calcinera enfemble a grand feu dans un creufetpendant cinq ou fix heuresde plomb brüle , l'amiante Sc la cuchie preparee, on laiflera refroidir le melange , on le pulverifera & on le mertra dans un matras , on verfera defllis du vinaigre diftille jufqu'a la hauteur de quatre doigts , on boucherale matras &on laiflera la matiere en digeftionpendantun mois, l'agkanttous les jours une fois pour en facilker la diflblution: apres le mois pafle on placera le matras für le fable Sc par un feu gra- due , l'on fera bouillir la matiere pendant un quart d'heure , puis on la laiflera refroidir & repoter •, on filtrera la liqueur par un papier gris, Sc Ton en fern un nu- tritum dans un mortier de marbre avec ce qu'il faudra d'huile de rofe , les melant peuapeu, & les agitant avec un pilon de bois jufqu'a ce qu'ils ayent pris la con- fiftence d'un onguent. yettus* Il eft propre pour deflecher les dartresdes erefipelles &c les autres demangeaifons du cuir : on en frotte les parties malades. Quoique cette compofition tire fon nom de la pierre amiante, il n'y en entre point, car Je vinaigre n'en peut rien diflbudre. Le beure de Saturne a autaat de vertu , que cet onguent. Onguent de plomb. Trenez. du plomb brule & de la litbarge, de cbacun une once, De la cerufe & de fantimoine > de cbacun demi once De la cirejaune , deux onces , De l'huile rofat, neuf onces. Melez, le tout } & faites-en un onguent felon l'art. -REMARQUES. VgttUSi UNIVERSELLE. 1009 R E M A & Q^V E S. On pulverifera fubtilement enfemble la Htharge, 1'antimo'me k la cemfe, on les ftielera avec le plomb brüle : on liquefiera la cire dans l'huile, puis Von y melera les poudres pour faire un onguent, qu'on gardera au befoin. II eii deterlif, defficanf, & propre pour les ulceres. Onguent brun , de Nicolas. Frenez. de ("huilt, une hvre & demie , De U cire neuve , quatre encts t De la poix grecque & noire , du fagapenum , de chacun deux onces * Du maflicb , du galbanum, de l'tncem & de la terebenthine , de chacun une once. Taites-en un onguent felon Cart. R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilement enfemble le maftich & l'encens dans un monier ■mouille au fond de quelques gouttes d'eau , pour empecher que ces gommes reii- neufes ne s'y artachenr. On fera dilloudre dans du vinaigre le fagapenum , legalba- nunr, on coulera la diffolution & Ton fera confumer l'humidite jufqu'en confIltence iolide., 011 liquefiera dans l'huile für un peu de feu , la cire , les poix & la terebenthine : on coulera la matiere & Ton y melera les gommes, puis les poudres, 8c Sc Fon auraun onguent de couleur brune. Il mondifie & il pmge les playes & les vieux ulceres, il excite la fupuration des Vertas. rumeurs _, etant applique deffus. Onguent de terebenthine. Trenez. de la terebenthine blen claire, une Hvre , Du maftich , de la mjrrhe & de l'ohban 3 de chacun demi-once. Trols jaunes d'aufs. Taites-en un onguent felon l'art, R E M A R Q^V E S. On pulverifera fubtilement la myrrhc , l'oliban & le mafthich , on les melera avec la terebenthine , puis on y ajoutera les blancs d'ceufs: on y agitera bien le me- Iange avec un biftortier, & Ton gardera cet onguent; c'eft un digeftif. Il digere & il difpofe les matieres pour la fupuration : on en applique dans les Vertus. playes nouvellemcnt faites furdesplumaceaux, & Ton en entoure lestentes. Onguent de ch.it. Trenez, un peilt chat nouveau ne } Des Vers terreßres lavez, dans le vin , demi Hvre , Des racines d'altbea } de üs blancs , d'iris & d'acorus , de chacunes une once , l);j camtpitys , de la (äuge, de la marjolaine & du ferpolet , de chacun unepoignee , Desfleurs de rofmarin & de millepertu'ts , de chacunes une demi poignee, De Celles de Jone odorant, deux dragmes , Coupcz. les drogties qui en ont befoin en msnuts partics, puis laiffez.-les en macer a- } Mmmmmm xoio PHARMACOPE'E ttonptndätit vingt-quatre heures dans une cbopine de vin d'Efpagne & des-huiles dtlis blaues, de müiepertuis & d'amandes douces, de chaeunes quatte oriccs. Faites-les bouillir jufqtta confomption d'bumidite, puis diffolvci* dans l'buile ex- primee , De la m feile de cerf& du fuif de bouc , de chacun deux onces. Taites-en un onguent fclon V an, R E M A R 0_U E 5. On aura un petit chien nonvcau ne, on le couperapar morceaux , on le mettra dans un pot de tcrre verniffe,avec les versde terre qu'on aura auparavant lavez dans du vin , les racines coupees par petits morceaux , les heibes Sc les fleurs incilces Sc ecrafees dans un mortier, on verfera deffus le vin d'Efpagne & les huiles, on cou- vrirale pot & on laiffera macerer la mariere pendant vingt-quatre heures, on la fera enfuite bouillir für un petit feu juf qu a confomption du vin , on laconlera avec forte expreflion Sc on liquefiera dans la colature par une douce chaleur , la moelle de cerf & le fuif de bouc , pour faire un onguent liquide qu'on gardera au befoin. Venus ^ eu: pcoprc pour reioudre , pour iortifier les nerfs, pour la paralifie , pour les convulfions, pour lescatharres, pour hgoutte lciatique; on en frotte chaudement les parties malades. Je trouve qu'il entre rrop peu d'huiles, de mobile Sc de graiffe dans cet onguent, pour Li quantite des drogues de la decoclion; j'en voudrois doubler les dofes. Cet onguent eit rnou , Sc approchant de la ccnhftence du liniment. Onguent de Jupiter. Prenez. de la reglijfe nouvelle t une hvre & demie , Des feullles de violiers , de pavot lUnc & de eigne , de chaeunes trois poignees t De Celles de jufqutame , de verveine , de parietale , de fureaii & de geramum , de chaeunes deux poignees , De la grande jombarde , une poignee & demie. Cuetllez, toutesces plantcs noiivelles t coupez, les; & apres les avoir bienpUees , in- corpore■L.-les du mieux qtte vous pourrez,avec ee qu'ilfaudra de riouveau beure , & laif- fez.-tes ainfi pendant quinz.e jours: apres cela cuifez.-les , & les exprtmez, pour ert faire un onguent. % t M A R Q_U S S. On concafTera exaetement la reglirfe Sc on la feparera par filaments, on indfera Sc on pilera les herbes dans un mortier de marbre ou de pierre: on melera le tout avec fept ou huit livres de beure frais , ou autant qu'il en faudra pour faire une päre : on mettra la matiere en digeftion dans un pot couvert pendant quinze jours, apres lefquels on la fera cuire a petit feu , jufquä confomption de prelque tonte rliumidite des herbes, puis on la coulera, on l'exprimera fortement Sc on laiffera raffoir l'onguent pour le depurer de fes f eces qui fe preeipitexone au fond, on gardera cet onguent puur le befoin. Vertus» II eft propre pour les infiammatiöns, pour refoudre les tumeurs qui viennent d'un fangtrop fubtil, & pour lcs ardeurs de Venus, on en frorte ks parties malades , on peut en appliquer für les Cancers du fein. On a donne le nom de Jupiter a. cet onguent, ou pourexprimer fon ex.celler.ee , ou parce qu'il y entre de la jombarbe , que quelques-uns appeiient Joris harb*. UNIVERSELLE, tau Onguent de gayac , de 'JM.eica.tus. Prenez, de U rapure de gajac t une demi livre , Dh concombre fauvage , de lafumetere & du bouillon blatte , de chaeun trois poignees, De la vieille huile & du vin blanc , de chaeun une livre. Toutes ces drogues tnelees & infufees pendant trois jours feront cuites enfemble juf~ qWa confomption du vin ; ajoutez,-y dans l'expreffon Du diachilon commun , trois onces , Des onguents d'aregon , d'agrippa & d'althxa 3 de chaeun demi ouce. laites-en m onguent feIon l'art. R E M A R QJU E S. On aura des concombres (auvages , ou a leur defaur les feuilles de la plante , de la fumeterre 6c du verbafeum, on les pilera bien enfemble dans un mortier, on les mettra dans un pot de terre vernilfe, on y melera le gayac rape, on verfera deflus le vin & 1'huile , on couvrira le pot, on le placera für les cendres chaudes, &c on laiifera digerer la matiere pendant trois jours, ou laiflera enfuite le pot für le feu, &: l'on fera bouillir i'inrafion doucement, la remuant avec une efpatule de bois jufqn a la confomption du vin, onlacoulera avec forte expreflion, on mettra repofer laco- Jature, on la feparera d'avec fes feces, puis ony fera fondre le diachilon commun les onguents pour faire un onguent qu'on gardera au befoin. II eft propre pour ramolir les tumeurs , les nodolltes veneriennes , pour refoudre Vcitus. les humeurs froides, pour adoucir les douleurs : on en frotte la partie malade. Onguent de courges , d'Oviedo. Prenez, des fucs de courges , de pourpier & de morelle , de chaeun demi livre > Des hutles d'amandes douces & violat > de chaeune huit onces , De la ctre blanche, quatre onces. Faites-en un onguent felon l'art. R E M A R O^U E S. On tirera les fucs par expreflion en lamaniere ordinaire , on les melera avec les huiles dans un pot deterre vernilfe , on fera bouillir le melange a petit reu jufqu a confomption de l'humidite aqueufe , on coulera l'huile & l'on y mettra fondre la cire apres l'avoir rompuc par petits morceaux , on agitera l'onguent a mefure qu'il refroidira avec un biftortier , pour empecher qu'il ne s'y falle des grumeaux , & on le gardera pour s'en lervir au beloin. ll eft rarraichilfant & hume&ant, propre pour temperer la chaleur des reins Sc pour d'autrcs maladies femblables: on en frotte les parties maladies. Onguent pour les cheveux , de Bateus. Vrenet, de la graiße d'ours , quatre onces , Du labdanum t une once & detnie , p« miel crud , une once , De l'aurone feche & du bäume du Terou , de chaeun Jix dragmes , De U racine de rofeau feche, trois dragmes, De l'huile dt noix mufeade > deux dragmes. Faites-en un onguent felon 1'art, M m m m m m ij Venus, aoii PHARMACOPE'E R E M A R Q^V E S. On pulverifera enfemble la racine de rofeau & Pabrotanum Ccc, d'une autfe part le labdanum: on liquefiera enfemble la graifle d'ours, le bäume du Perou & PrimLe de mufcade par une lentc chaleur , puis on y melera exaftement les poudres & en- fin le miel, pour faire un onguenr. Verttis. Ü eft propre pour faire crome les eheveux , etant applique für la tete , ou bien- on peut en cindre les dents du peigne avec lequel on fe peignc. Onguent de'plUtoire , de Bateus. Vrenez. de la chaux v'ive r qtiatre onees , De l'orpiment , une once & demie , De la racine d'iris de Florcnce , une once \ Du fei nitre & du foufre , de chacun demi-once " r De la lejßve tres-forte ■ deux livres. Cmfex.-les en conßflence d'onguent ' puis ajontez-j De l'huile de gjroßes , vingt gouttes. Metex, le tont, & fahes-en un depilatoire. F, E M A R QJÜ E S. On pulverifera l'orpiment , le lalpctre & le foufre enfemble , d'une autre pari Firis de Florence . on les mettra dans un poelon avec la chaux vive , on verlera def - fus la leflive qui aura ete faire avec beaueoup de cendres , on fera bouillir la marie- re doucement, la remuant avec une elpatulede bois jufqu a ce qu'elle ait acquis une confiftence d'onguent ou de cataplaüne : alors on la retirera de deifus le feu, on la lailfera refroidir &c Pon y melera l'huile degyrofle On auraunonguentpefant vingt & une once T de eouleur verdätre. Verttis» ll eft depilatoire , ou propre pour enlever le poil, etant applique lur la chair. * L'iris de l'huile de gyrofle ne peuvent fervir dans la compofition de cet on- guent, que pour corrigei la mauvaife odeur des autres ingrediens', car le foufre , Porpiment Sc la chaux rendent enfemble une odeur puante, Mais ce correctif n'empeche pas que Ponguent n'ait toüjours une odeur fort defagreable. Il nepeutpas etre garde bien long-tems en une confiftence raiionna- ble , il' fe durcit trop , ou bien il f e corrompt; il eft plus avantageux qu'il fe dur- eiffe que de fe corrompre, car alors on en eft quitte pour le liquener avec del'eau chaude : mais s'il fe corrompt il acquiert une odeur encore plus mauvaife, que celis qu'il avoit auparavant. Onguent pour U gl Melle & pour les dartres. Prenez. du fei de Saturne, dtmi once, Du nmeure doux, deux dragmes , De l'onguent rofat t troisonces , Melez,-les, & faites-en un onguent. R E M A R O^U E S. On pulverifera fubtilement le fei de Sarurne & le fublime doux , onles mcletir dans l'onguent rofat exaerement,. & Pon gardera cet onguent poarle beföin. Vena* ll eft propre pour guenr la gratelle , les dartres & les autres demangeaifons du cuir : on en frotte les parties malades. Mais il eft fort a propos d'avoir auparavant purge & faigne , k de peur d'eufermer les humeurs.. UNIVERSELLE. ioi 3 On peut rendre cct onguent plus efficace &c plus prompt dam fon effet, en y sjodtant eccore une dragme de fublime doux , ou de precipite blanc. Onguent de nerprun & d'aune, deMinderem*. Trenez. des meines nouvelles de fcropbulaire , deux onces f De Celles d'aune'e , de patienec & de grande cbelidoine ; des ecorces mojennes d AUilt noir & de nerprun nouveau , de ebaeunes une once , Du beure nouveau , fe'vue onces, Filet, les enfemble fortement avec quatre onces de vinaigre de rhue i &ßx dragtnes de vinaigre fciUittque. Cuife%,-les enfuite jufqu'a confomption du vinaigre, coutez. la decotiion & Cexpri- mez,; puis melez, dans la colature De la terebentbine bien claire } ßx dragmes , Du fiorax liquide , trois dragmes ,. Quatre jaunes d'ceufs , Du fei nitre , une dragme & demie t Dufoufre vif, une dragme. Takes - en un ongüent Jelon tarf. R E M A R Q^Ü E S- On amalTera les meines & les fecondes ecorces recernment feparees Tors qu'elles fönt en leur plus grande vigueur , on les coupera par morceaux, on les concaflera bien dans un morrier Sc on les melera avec le beure frais , on mettra le tout enfemble pour en faire une patc qu'on mettra dans un pot de terre , on verfera deflüs, les vinaigres , on couvrira lepot, on iaiflera la matiere en digeftion pendant vingt-qua- tre heures , puis on la fera bouillir a petit feu jufqu'ä confomption du vinaigre , on coulera la matiere avec forte exprellion; Sc apres l'avoir laillee repofer quelques tems on lafeparera de fes feces, &l'on y melera hors du feu la terebentbine , le ftorax liquide, le foufre vif, le falpetre en poudre fubtile «Sc enfin les jaunes d'oeufs: on gardera cet onguent pour s'en iervir au befoin.- II elt propre pour dclTecher Sc guerir les dartres, la gratelle & les autres deman- VfetUfc. geailons de la peau : on en frotte les parties malades. Liniment hemorrhiidaL Trenex. de la pulpe de cloportes 3 de l'ongucnt populettm & de l'buile d'ceufs , De l'cxtrait d'ojium , une demi dragme, Melez.-les , & faites-en un Liniment fclon /'.rn, R E M A R 0_U E S. On .iura des cloportes Vivantes, on les pilera bien dans an morrier de mar&re ou de pierre , & on les paflera par un ramis renverle pour en avoir la pulpe , on ia melera avec l'cxtrait d'opium , puis ou les incorporera avec l'onguenr populeum & l'huile d'oeaf, en les agitanc long-tems enfemble dans un mortier pour faire un liniment. Il eft; propre pour appaifer la dotileur des hemorro'ides , etant applique deffus. Ce liniment elf toujours mal lie , quelque long-tems qu'on l'agite , parce que l'ongucnt ni Thuile nc s'unifient'pas avec les pulpes ; il n'en fant faire" qoepen a Li fais, parce qu'il nc k gardepas: l'opium qui y enne , hxe& arrete la fermenta- 2vl mm m mm iii Veizuu ioi4 PHARMACOPE'E rion de l'humeur qui caufe la douleur, mais ce n'eit que pout* quelques heures Sc fouvent eile recommence avec plus de Force qu'auparavant; c'eft pourquoy je vou- droisretrancher lopiura de la compofition, 8c n'employer que des remedes limple- menc adouciilans, comme fonr les aucres drogues. Autre linimtnt pour le memt md. * Trenez, des fleurs de foufre , deux dragnies t De rbuile d'ceufs , une demi once , De l'huile rofat, une once. Melez. ces drogues , & von säuret* un tris-bon liniment pour les hemorroides. Autre liniment. Prenez, du fei de Saturne, demi-once, Des bniles rofat, de cbamomille & de fuc d'umklic de Venus , de cbacun deux onces. Taites-en un liniment en forme de nutritum ,felon l'art. Autre liniment. Frenei. de rbuile de Un , de la pulpe d'oignon cuit fous les cendres } de cbacun deux onces , De la che Hauche , demi-once. Faites un liniment feion l'art. Vertus. Tons ces differens linimcns fönt tres-propres pour appaifer les douleurs des he- morroides. Liniment pourl'berpes. Vreneu de l'axonge deporc & du beute nouveau; de cbacun quatre onces, Du fuc de paüence , deux onces , De l'buile de jufquiame tiree par expreßon, du mercure preeipite rotige , & du vitriol verd , de cbacun une once , De l'alun brule , denn once , Du verd de gris & du öorax , de cbacun deux dragmes. Faites un liniment felon l'art, R E M A R Q_U E S. On mettra bouillir la grairfe Sc le beure avec le fuc de patience , jufqu a con- fomption du fuc , on coulera la matiere Ton y mlicra l'huile de feroence de ju('~ quiame tiree par expreffion ; & quand le melange fera prefque froid , on y incor- porera les autres ingrediens fubtilement pulverifez , pour faire un liniment qubn gardera. Vertus. Il eft propre pour guerir la gratelle , les dartres, les autres demangeaifons de la peau, &c meme la teigne. Liniment pour empecherles marques de U petite veröle. Prenez. de la cerufe lavee dans l'eau de rofes , & de U litharge d'or preparee , de ebaeune une dragme. De l'buile des quatre grandes femences froides mondees , d'amandes douces & d'xufs , de ebaeunes denn once , Des eaux dt morelle &de plantain y de ebaeunes cc qu'ilfaudra. Faites-en un Uniment en forme de nutntum. UNIVERSELLE. • 1015 R E M A R C£_U E S. On mettra dans un mortier de bronze la lithafge Sc la cerufe preparces, on y nielera pea a peu les huilcs &z environ fix dragmes des eaux deplantainSc delo- lanam , nourriilanr & agitant la mauere pour en faire un rmrritum dont on fe 1er- vira au befbin. Il eft propre pour effacer le? cicatrices & remplir les cavites que Ja petite veröle Venus» laifle fax la peau : on en frotte le vifage , le cou & les mains , lorfque les grains fe fechent. Liniment pour artetet le vomiflement. Trenez, de l'buile de noix mufca.de , tire'epar expreßion , & de l'eaude la Reine d'Hongrie , de ebaeun denü-once , Du mafiicb en pottdre , deux dragmes } De Vbuile dißill/e d'abßntbe } une dragme, Helen, le taut, & faites-en un liniment felon l'art. R E M A R Q^V £ S. On fera fondre l'buile de mufeade für im petitfeu , <3c quand eile fera a demire- froidie , Ton y melera l'huile 011 eflence d'abiinthe , lemafticli enkrmes reduit en poudre tres-fubtile , & l'eau de la Reine d'Hongrie, pour faire un liniment qu'ou gardera dans un pot bien bouche. Il eil propre pour arrerer le vomiifemenr &z pour foreifier l'eftomach, on en ap- Vertu& plique für la region de ce vifeere. Comme tous les ingrediens qui compofent ce liniment fönt odorants & remplis de parties fubtiles, il ne faut leur donner que le moins de chaleur qu'il fera poffible pour les melanger. On trouvera dans mon Livre de Chymie les deferiptions des huiles de mufeade > 6c d'abfinthe. Liniment fomnife^'e. Trenez* des ongttents roßt & populeum , de ebaeun une once , De l'buile de ferne nee de jufqutame tueepar exprefßon, deux dragmes , De l'extrait liquide d'vpium, une dragme. Uelet,-les, & faites-en un liniment. R E M A R Q_U E S. On agitera enfemble dans un mortier tous les ingrediens jufqu a ce qu'ils foient Hez , & l'on gardera le liniment. Il eft propre pour calmer les douleurs de tete Sc pour excitet le fommeil, on en Vestua* applique für le front & ar.x tempes. Liniment pour U feiatique , de Chxtxs. * Prenez, troispeüts ebiens nouveaux nez,, & autant de ttupes un vie , Des vers de terre , une livre, Des feuilles de laurier t de rofmarin , de menthg , de marjolaine } de lavende 3 de ferpolet, & millepertuis , de chaeunes une poignee , Taftes Cime ces drogues dans de l'buile commune & duvinrouge, de chaeun rrob (hopmss t & les tenez. für le feu jujqua diminution du vtn ; coulez»-les enfuite & les> VerttiSi Venus- fort PHARMACOPE'E exprimez, fortentent 5 puis ajoutxnt al'expreßon de la cire jaune & de l'dxonge d't]t> de thactm d'tx mices , votre limment fern fatt. R E M A R Q^V E S. On prcndra trois petits chiens nouveaux nez j it-etreprincipalement adouciifante , il va>:.t mieux y mettre moins de cire, afin qu'ayant un peu moins de folidite ou de confiftence que les cerats ordinaires, eüc s'etende & penetre ailcment aux endroits ou on l'applique : on a donc trouve qu'il fufhfoit d'y employer une partie de cire für quatre parties d'huile , comme il eft ordonne dans plufieurs Pharmacopees. Il faut attendre que le cerat foit refroidi en onguent avant que d'y verfer de l'eau fraiche •, car fi l'on en meloit pendant qu'il eft encore chaud, il fe grumeleroit en refroidiifant tout d'un coup. Gaben demande qu'apres avoir bien lavc ce cerat avec de l'eau fraiche , onle la- ve avec un peu de vinaigre •, mais alors il eft un peu piquant, & U caulc fouvent des douleurs, quand 011 l'auplxquc für des chairs excoriees. Si . , t UNIVERSELLE. roi . Si an heu de l'huile rofat on employe l'huile d'amande douce, ou l'huile de fe- mence de pavot, ou celle des quarre grandes femences froides tirees fans fea , le cerar en fera beaucoup plus blanc, plus adouciflänt 8c exempt d'odeur. Il ne faur faire du cerat qu'en perire quantite, ahn den rarerer fouvent la com- polinon, car en vieilliflant ll perd fa vertu. Cerat fantalin. Freneu de l'huile rofat , une livre. De la cire blanche , quatre onces. Eondez-les enfemble dam un vaiffeau de terre vernift, & quand U matiere Ter4 a demi refroidie meleuy les poudres fuivantes : De Celles de rofes rouges, une once & demie Du fantal rouge , dix dragmes t Du fantal blanc & citrin , de chacunßx dragmes. Du bol d'Armenie , fept dragmes , Du fpode t denn once , du camphre , deux dragmes, Faites-en un cerat felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble les fantaux & les rofes rouges feches , d'une autre narr ie bol & le fpode : on fera fondre la cire rompue par petirs morceaux dans l'huile par un perit feu en un plar de terre verniffe , quand la matiere fera a demi refroidie , l'on y melera exadement les poudres avec un biftortier, 8c für la fin le camphre qu'on aura diflbut dans un peu d'huile rofat J pour faire un cerat qu'on gardera au befoin. On s'en fert pour les duretez 8c les chaleurs de foye, des reins, de l'efbmach : on le mele avec de l'huile rofat avec de Ponguent populeum pour le rendre plus liquide , on y mele auffi quelquefois un peu d'opium, & l'on en frotte les tempes 8c le front pour calmer les douleurs de tete & pour faire dormir. Quoi qu'on attribue une vertu rafraichiffänte a ce cerat, il n'y a guere d'apparen- ce qu'il rafraichiffe, car il eft compofc d'ingrediens la pliiparr remphs de parties fubtiles 8c plus propres ä exciter le mouvement des humeurs q'u'd le ralentir , auili ne met-on guere en ufage le cerat fantalin pour les maladies qui proviennent de chaleur , il eft plus propre pour fortifier les parties affoiblies, mais on fe pafleroit fort bien de cetre compohnon. Au lieu du fantal blanc, on devroit doubler la dofe du fantal citrin , qui a plus de vertu. Cerat ßomachique , de Mefne'. Prenez. de l'huile rofat , une livre & demie. De la cire jaune , quatre onces. Des rofes rouges & du maflich , de chacun deux onces & demie. Des feuilles degrande abßnthe fecbe, une once & fept dragmes y Du nard indique, une once & deux dragmes. Faites-en un cerat felon l'art. R E M A R QJU E S. On pulverifera enfemble les rofes, les feuilles d'abfmthe feches 8c le fpicanard , d'une autre part on mettra en poudre le maflich, 011 coupera la cire par perits morceaux, on la mettra liquener dans l'huile , puis quand la matiere fera a tsemi refroi- J Nnnnnn Vertat*. ioig »PHARMACOPE'E die, l'on y melera les poudres, pour faire un onguent qu'on gardera au beibin. Vertut. II eft propre pour fortifier 1'eftomach etant aplique delfus , il chatte les vents» & il aide a la digeftion. Cerat polychreHe. Vrenez, de f hülle d/'ollves , une llvre , De la cerufe bien pulvertjee , quatre onces & demie. De la che neuve , wie once & demie. De la terebenthlne bten claire & de l'encrns, de ihacun une once, Des gommes ammoniac & bdcllium , de cbacuneßx dragmes, Des gommes galbanum & opop.inax , de cbacune demi-once , De la myrrke f de la pierre calaminaire t de l'arifivloche rende &longue y de chacim deux dragmes. Meiertetout , &f'altesan cerat felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilement enfemble les ariftoloches , d'une autre part la myr- rhe, le bdellium, l'encens, le galbanum & l'opopanax qu'on aura delfechez par une lente chaleur , d'une autre part la litharge & la pierre calaminaire. On mertra cuire ces deux dernieres drogues dans l'huile avec ce qu'il faudra d'eau, agitant in- ceflamment la mauere avec une efpatule de bois , julqu'a ce quelle aic acquis une confiftence d'onguent, on y melera alors les gommes pulveriices 8c la cire qui s'y fondront en peu de temps, on retirera la h.fline de deilus le feu & le cerat etant a. demi refroidi, l'on y melera exattement la terebenthlne Sc la poudre des ariftoloches , on la gardera pour le befoin. Veras. II eft propre pour amolir, pour digerer , pour faire fupurer les playes, pour les cicatrifer. Ce cerat eft appellc Polychrefte, parce qu'il peut fervir a plufieurs ufages. Il vaut beaucoup mieux employer les gommes pulverifees que diflbutes, parce que dans la diflolution leurs parties volatiles le dillipent. On peut meler les gommes pulverifees dans Fonguent des qu'il a cefle de bouil- lir , pendant qu'ü eft bicn chaud , ou bien quand il eft prefque froid •, mais fi on les mele lors qu'il n'eft qu ä demi refroidi, eiles fe gmmelent facilement. Cerat d'ceßpe , de Gälte», Vrenez, de Vceßpe ou Line grajfe , dix onces , Des halles de camomüle & d'iris, de chacune demi livre , de la cire jaune, trois onceu Du mafltcb t de lagomme ammoniac & de la terebenthlne } de chacunune once t De la rejine , duflaraxcaUmite , de cbacun demi once. Du fpicanard, deux dragmes & demie. Du Jafran , une dragme & demie. I altes- en un cerat felon Vart, R E M A R QJJ E S. On pulverifera fubtilement enfemble le ftorax, le maftich & la gomme ammc*- niac, d'une autre part le fpicanard & le fafran , on coupera la cire par perits mor- ceaux , & on la mettra fondre dans les huiles avec la re/ine & la rerebenthine, puis on y melera l'cefipe avec un biftortier , on kiflera la bailine quelque temps für ua UNIVERSELLE. *oi 9 petit feu pour en deflecher l'humidite fuperflue , puis onla retirera : & lorfque la matiereferaprefquerefroidie , Von y incorporera exac\ement les poudres, pour faire un cerat qu'on gardcra au befoin. 11 amolit, il digere , il fortifie les nerfs, il refout: on s'en fert pour lesplayes ou Veruis. il eft befoin de mondifier & de deterger. Cet&tou emplatre d'ammoniac , de Foreßus. Trenet* des muc'dages de femences de Un & de feriHgrec, de chacun une cnce & deme* De l'huile d'iris , fix dragmes , De l'onguent d'althea ,fix dragmes , Des graißes de canard , d'oye & de foule , de chacune une dragme & demle > Cuifez.-les jufqu'a confomption d'humidite j puis ajoutez.-y De la cire jaune , deux onces , de la terebenthine , une once , du fort , fix dragmes , De l'emplatre de meidet & des racines de brjor.e & d'iris, de chacun deux dragmes Du galbanum pur & du bdellium , de chacun une dragme, Eaites-en un cerat felon l'art. R E M A R 0_U E S. On pulverifera enfemble le galbanum, le bdellium & la gomme ammoniac, d'unc autre part les racines qu'on aura fait fecher & le fon. On mettra boiiillir les rnuci- lages avec les huiles, les graifles & l'onguent d'althssa , jufqu'a la confomption de l'humidite aqueufe, on coulera la liqueur & l'on y fera fondre la cire, la refine , l'emplatre de melilot &: la terebenthine, on y melera aufli für le feu les gommes en poudre , on retirera enfuite la bailine •, &c quand la matiere fera a demi refroidie , Ton y melera les autres poudres, pour faire un cerat qu'on gardera au befoin. Il amolit, il digere , il excite la fupuration , il deterge les ulceres & les playes, Veims. & il les confolide. Je ne voi pas que le fon puuTe produire un grand eftet dans cet emplatre, je vou- drois le retrancher de la defcription , &c doublet le poids de la gomme ammoniac de laquelle le cerat prend le nom. Cerat matrical, ou de Galbanum. Vrenez* du galbanum bien purifie , une once & demie , De l'affa fcetida , demi once , de la mjrrhe , deux dragmes, du bdellium une dragme t Des feuilles feches de matricaire & d'armoife , de chacunes demi once , De la femence de dauern un ferupule , De la cire , deux onces t De l'huile commune t autant qu'd en faut. Taites-en un cerat felon l'art. KIMiS Q^U E 5» On pulverifera enfemble l'affa-fostida, la myrrhe, le bdellium, d\me autre parc les feuilles & la femence. On difloudra du galbanum dans du vinaigre für le feu , on coulera la diilblution avec expreflion , & on la fera evaporer jufqu'a confiftence d'emplätre. On mettra fondre la cire dans quatre onces d'huile d'olive, on y melera le galbanum purifie , puis les poudres, pour faire un cerat qu'on gardera ♦iu befoin. Nnnnnn ij ioio PHARMACOPE' E Vcrtus. Il diflipe les flatuofitez Sc les humeurs froit^es de la matrice & il la fortifie: on l'appüque für le bas ventre. Ort trouve ce cerat diverfement decrit dans les Difpenfaires ; la plupart n'y met- tenc point d'huile , & d'autres n'y demandent ni huile , ni cire. Cerat blanc cuit* Trenez, de Vbuile, deux livres. De la cerufe , une livre & demie. De la cire blanche , trots onces. Cuifez,-ks fclon Van , pur les reduire en forme de cerat. R E M A R QJU E S. On pulverifera fubtilement la cerufe en la frottant für un tamis renverfe, on la nielera avec l'huile dans la balline, on y ajoutera trois ou quatre livres d'eau, on fera boiiillir la matiere doucement en la remuant incenamment avec une efpatule de bois, iufqu'a ce quelle foit enconiiftence d'onguent folide , & qne l'eau foit confumce , on y fera fondre alors la cire blanche rompue par petics morceaux , Sc Ton anra un cerat blanc que Ion gardera au befoin. Vertus. Il defleche enrafrakhiuant, il ne difFere de 1'emplätre de cerufe qu'en la confl- ftence. Cerat de betoine. Trenet. de la terebentbine, de la reßne de pln & de U cirejaune, de cbacunes deux onces. Des feuilles de betoine fecbes , une demi once , Du maflich &de l'encens , de cbacun deux dragmes y De la mumie , une dragme & demie , De ibmig de millepertuis , ce qu'tl en faudra. Metex, le tout, & faites-en un cerat: R E M A R Q^U E S. On pulverifera feparement & fubtilement la betoine, l'encens, la mumie Sc le maftich, on fera fondre la cire , la renne Sc la terebenthine dans quatre onces d'huile de millepertuis, puis la matiere etant plus qu a demi refroidie , l'on y meiern les poudres, & l'on fera un cerat. VcrtHSr II eil employe pour les playes de la tete , il deterge & il confolide. Parce qu'on areconnu quel'odeur de betoine fortifioitle cerveau , on s'eftima- gine qu'en melant de cette herbe dans un cerat, on le rendroit plus propre a guerir les playes de la tete ; mais la betoine etant abforbee par la cire, la renne & les gom- mes qui enrrent dans le cerat, eile a perdu fa volatilite , &c eile ne peut plus agir comme ellefaiibit: il ne lui refte donequefa vertu vulneraire , qui eft egalement bonnepour toutes les playes, en quelque partie du corps qu'elles foient. Ce rat de foulfre. WrencL du bäume de foulfre fait , avec l'huile de noix , une livre j De la cire jaune , quatre onces, De U colofbone & de U mjrre cboi/ie , de ebaeune trois onces, imt-en un (erat (ekn l'aru UNIVERSELLE. Ken R E M A R 0_U E S. Ön rompra par petits morceaux lache & la colophone, on les liquefiera par un petit feu , avec le bäume de foulfre compofe en hiüle de noix , on retirera la mauere de dentis le feu, Sc quand eile fera a demie refroidie, Ton y melera la myrrhe fubtilementpulverifee , Sc Ton fera un cerat qu'on gardera au beibin. II eftpropre ä ramolir Sc a refoudre les tumeurs lcrophuleufes Sc les autres hu- Vertus meurs froides : on l'employe pour les tumeurs des tefticules, pour mondifier & confolider les vieux ulceres , pour refifter a la gangrenne. Quelques-uns doublen: ici le poids de la myrrhe, d'aurres le triplent, d'autres le quadruplent. Cerat capital. Trenez. de la c'ire jaune , une once , De la terebenthine bten cUire , Jtx dragmes, Dumeilleur ladanum , denn once , Du fandaracb , de l'encens , du mafiicb, du bois d'alo'e's , du fantal rouge & des rofet rouges , de chacun une dragme , De l'bmle commune ce qu'il en faudra. lattes-en un cerat felon Part. R E M A R Q_V E S. On pulverüera cniemblele vcmlx uu faadaräch , le Lidanuni, l'encens öc lema- ftich , dune autre part les bois d'aloes 8c de fantal rouge , on fera fondre la cire &C la terebenthine avec deux onces d'huile , on retirera la matiere de deflus le feu ; Sc quand eile fera plus qua demi refroidie , Ton y melera exa&ement les poudres pour faire un cerat qu'on gardera au befoin. 9 II eil propre pour arreter les fluxions du cerveau, Sc pour le fortifier : on en ap- VextUS? plique für la tete. Les defcriptions de ce cerat ne demandent point ordinairement d'huile, mais il eft a propos d'y en faire entrer , tant pour la liaifon des ingrediens, que pour don- ner a la compofition uue confiftence de cerat, car autrement ce feroit un empläcre des plus durs. Cerat de Cteßphon, Trenet. de la cirejtune, de la terebenthine , de l'huile vieille& du fei nitre 3 de, (bacun parties egales. Melez.-les , & en faites un cerat felon Van, R E M A R Q^U E S. On fera fondre dans Ihuile la cire & la terebenthine, puis la matiere etant a demi refroidie , l'on y meleta le falpetre qu'on aura auparavant bien feche Sc reduit en poudre lubtile , pour faire un cerat qu'on gardera au befoin. Il eft deteriif Sc deficcatif. VcrtW«. Il entre trop de nitre dans ce cerat, il eft ä craindre qu'il ne picotte quand on l'applique für les playes. Je trouve aufli que la compofition a trop de folidite, je voudrois y mettre un© proportion plus grande d'huile, & la reformer en la maniere fuivante. Nnnnnn iij iOil PHARMACOPE* E Cerat de Cteßphon , reforme. Prenez, de la che jaune & de U terebenthine f de chacunes quatre onces. De Vhuile commune, une denn livre , Du fei nitre pulverife , deux onces , Melei. le tont , & faites-en un cerat felon l'art. Dans le tems que ce cerat a ete invente , on fe fervoit d'un nitre differenr du fal- pctre & beaucoup plusdoux ; c'eft apparemment pourquoi l'Auteur en a fait entrer une fi grande quantite dans ce cerat ; mais comme nous n'avons plus de ce nitre des Anciens , il taut lui fubftituer le notre en une quantite proportionnee a fa force. Cerat aß ringen t. Prenez, de U litharge & de la pierre d'aymant, de chacun deux dragmes & demie. De l'encens & de la myrrhe , de chacun deux dragmes , Des gommes opopanax , bdellium & de la mumie , de chacun une dragme & demie , De fhuile rofat, deux onces & demie, De Vhuile de myrrhe , uneonce & demie j De la cire & de la terebenthine , de chacunes deux onces, De la poix navalle , une once. \lelef-. le tont t df faites-en un fer/tt felon l'art. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble l'encens , la myrrhe , la mumie , l'opopanax &le bdellium , dune autre partla litharge & la pierre d'aymant: on mettra fondre dans les huiles, la cire , la terebenthine & la poix noire : on coulera la matiere fondue, & quand eile fera plus qu'a demi refroidie , l'on y melerales poudrespour faire un cerat qu'on gardera au befoin. Vertus. Il detergc les playes, & il les cicatrife. Le grand Cerat , on le grand Cataplafme de Figo, contre la commotion du cerveau, Prenez. de la farine de feves, quatre onces, Du fon , trois onces Des feuilles d^abßnthe , une poignee , Desfleurs de chamomille & de meldot, de chacunes une demi poignee , De celles d'aneth , de betoine , de chevrefeuille f de chacunes deux pincees ," De Celles de jonc odorant &deßcechas , de chacunes unepincee , De rkorce de grenade, des feuilles de grenadier , de myrttlle & de rofes rouges , de chacunes demi once, Des fernem es d'anis & de coriandre } de chacune trois dragmes. Toutes ces drogues bien pilees feront mifes en infußon dans une fuffifante quantite de vin cuit&unpeu de vmmufcat, onles fira bouilhr enfuite dans ces liqueurs jufqu'a, conßflence feltde , & für lafin de la cuijfon on y ajoutera Des huiles d'aneth, de chamomille , de myrrhe & de rofes > de chacunes dix dragmes, De la cire blanche , une once. UNIVERSELLE. 101} laiffetu-hs bouillir enfuite pour la feconde fots un feul petit bouillon , puis remuez, la mattere jufqu'a ce qu'elle foit devenue ßmplement tiede : «krs vqus j ajcutertt* Du calamus odorant bien pulverife , cinq dragmes , Du fafran , deux fcrupules &huitgrains. Taites-en un cataplafme en formt de cerat. R E M A R g_U E S. On pulverifera enfemble les feves, le fon, l'ecorce de grenade, les femences, les feuilles Sc les fleurs, on metrra la poudre dans une baffine, on la melera avec envi- ron deux livres de i'apa liquide , ou ce qu'il en faudra pour l'mcorporer, on fera bouillir le melange ä petit feu , Pagitant inceflamment avec un biftortier ju'qu'd ce qu'il ait pris une confiftence folide , on y ajoütera für la fin deux ou trois onces de vm d'Etpagne ou du vinmufcat, enfuite l'on y melera exactement la cire qu'on aura fait fondre dans les huiles, on agicera la mauere quelque temps lur le feu, afin que les drogues s'uniflent bien enfemble , puis on la laiflera refroidir en laremuant tou- jours , jufqu'a ce qu'elle ne foit plus que tiede : on y melera alors le calamus aroma- ticus 8c le lafran reduits en poudre fubtile , on aura un cerat ou un cataplafme. 11 eft propre pour ramolir les tumeurs de la rete , pour diiHper la pituite, pour v Desfleuisdemelilot&decbamomille, de ebaeunes une demi-poignee , Six noix de cypres. Toutes ces drogues etant bien pilees & criblees , feront tnifes für le feu, avec du vin cuit&dd nn mir, & reduites en forme de cataplafme d'une confiftence folide , &p«ur Urs vous y ajouterez. de l'huile de cbamomille & rofat , de ebaeunes trois onces , De la cire blanche , deux onces & demie , Du majtieb & de fencens, de chaeun trois dragmes , de la mjrrbe , deux dragmes. les huiles etant fondu'es avec la che, melex. le tout enfemble, & faltes-en un cata- flajme en forme de cerat. R E A4 A R Q^U E S. On pulverifera fubtilement les drogues enfemble , on les demelera dans du fapa & du vin noir de chaeun environ une livre, on fera cuire le melange für un petit feu , Pagitant continuellement avec un biftortier , jufqu'a. ce qu'il foit en une confiftence de cataplafme epais, ony melera alors la cire qu'onaura liquefiee dans les huiles: cependant on pulverifera enfemble le maftich , fencens & la myrrhe ,^ Sc Von melera la poudre dansla compofiuon pour faire un cerat ou cataplafme, qu'on ;ardeia au befoin. On l'emoloye aux meines ufages que le precedent. Ces deux derniers cerats ne peuvenr pas ecre gardez long-temps fans s'aigrir ; ainfi Ton n'en doit preparer que dans le temps qu'on en aura befoin, Vettwb I0l4 PHARM ACOPE'E Je ne ferois pas d'avis qu'on fift bouillir les Ingrediens aromatiques, comme le calamus aromaticus, les rofes, les fleurs de chamomille & de melilot, de peur d^erv faire diffiper la partie volatile & eifentielle ; mais je ne voudrois pas les meler plü- töt qu'apres la cuite. Cent bafbxtum , de Galten. Trenez. de U terebenthlne , de U cire , de la reßne depin, de U faujfe colophone , du bitume de Judee, de cbacun une demi-livre » De l'hülle , quatre onces , De la litharge t cinq dragmes, De la ceruje & du verdet, de cbacun deux dragmes & demle , De l'opopanax , une dragme & demie. Faites-enun cerat felonl'art. R E M A R Q^U E S. On mettra fondre les poix 8c la cire avec 1'hiüle, on pulverifera fubtilement le bitume de Judee , la litharge, la cerufe , le werdet &c l'opopanax, & on les melera dans la matiere fondue d mefure qu'elle fe refroidira, pour faire un cerat qu'on gar- dera au befoin. Vertus. Il eft propre pour les playes tecentes, pour les fchirrhes , pour la goutte ; il de- terge , il cicatrife , il amolit, il refout. Il entre trop peu d'huile dans certe compoiition pour un cerat, eile a la confiften- ce d'un emplätre , on pourroit au moins tripler la quantite d'huile. On peut faire fondre le bitume de Judee avec les reilnes, au lieu de le mettre en poudre. Par reßna friäa on doit entendre la faufle colophone qui refle apres qu'on a tire Thiüle de terebenthine , ou la poix noir. Cerat de poivre , de Gatien. Prenez, de l'huile commune , deux livres, De la litharge d''urgent & de la cerufe, de chacune une livre , De la cire , demi livre , de la terebenthine, tr.o'u onces , De l'encens t une once & denne , De l'alun > ßx dragmes t Du poivre noir , trois dragmes. Faites-en un cerat felon l'art. R E M A R Q_U E S. On pulverifera fubtilement la litharge & la cerufe, on les melera dans une baf- jfine avec l'huile & trois ou quatre livres d'eau commune, on fera bouillir le melan- ge für le feu, le remuant inceflamment avec une efpatule de bois jufqu'a ce qu'il ioit cuit en con/Iitence d'onguent epais , & que l'eau foit confumee, on y fera fondre alors la cire coupee par petits morceaux & la terebenthine : puis quandle cerat fera a demi refroidi, l'on melera le poivre , l'alun & l'encens reduits en poudre f ubtile: on gardera ce cerat pour s'en fervir au beibin. Venus. Ü eft propre pour deterger Sc delTecher les ulceres. Il entre trop de litharge &c trop de cerufe dans cette compo/irion a proportion de riiuile , quandon retrancheroit la moitie de Tun &c de lautre, ii en refteroit en- corc fuftifamment pour faire une confiftence de cerat. Cerat UNIVERSELLE; »15 Cerat de mininm. • Trenet, du nünkm , une livre , De rhatle d'olives, deux livres. Cui/ez.-les en conjifience de cerat. R E M A R Q_U E S. On pulverifera fubtilement le minium, on le melera avec l'huile dans une baffine, on y aioutera trois ou quarre livres d'eau commune , on fera bouillir la matiere für le feu en Pagitant inceflamment avec une efpatule de bois, jufqu'a ce qu'elle aic acquis une confiftence de cerat ou d'empläcre , & que l'eau loit confumee : on rccirera alors la baffine de deilus le feu , Sc Ton gardera ce cerat polar s'cn fervir au betein. II cicatrife les playes, Sc il fait revenir les chäirs. Vsitus, Cette comoofition eft improprement appellee cerat, puifquil n'y entre point de cire : on peut a Ion defaut employer le drapalme diflöut, car il a les memes qua- lites. Cerat de piewe a feu, de Galien. Trenet, de l'huile viertle , trois livres & quatre onces , De la cirejaune , trois onces & demie , De U terebenthine & de la perre a feu pfeparee, de ebaeune trois onces & une'dragme, Du bitume de Jndee&de lahtbarge , de chaeun deux onces & demie, De Vtilun , quinz.e dragmes, De la rejtne & de lagomme ammoniac, de chaeune une once & demie i Du galbanum & de iahes , de chaeune une once , Du verdet & de l'encens, de chaeun cinq dragmes. Taites-enun cerat felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilement enfemble l'encens , l'aloes , le bitume , la gomme ammoniac , d'une autre part l'alun : on melera cespoudres avec le pyrites oupierre a feu calcine eteint dans du vinaigre Sc broye impalpablement für le porphyre , on purihera le galbanum en le dillbivant dans du vinaigre, le coulant avec expref- fion & faifant evaporer l'humidite On mertra en poudre la litavge , on la fera cuire avec l'huile dans une baffine avec trois ou quatre livres d'eau, jufqu'a ce qu'elle foit tout-a-fait fondue , on y liquefiera alors la cire , la terebenthine & le galbanum purifie i puis la matiere etant a demi refroidie , Pony melera les poudres pour faire un cerat qu'on gardera au befoin. Il eft propre pour les ulceres malins, pour les fiftules j il deterge , il cicatrife, il Venus, amolit, ü refout. Lescaiilous donnent bienpeu de vertu ä ce cerat, quoiqu'il en tire fon nom. La proportion de l'huile n'eft pas bien obfervee dans cette compofinon , il y en entre trop pour la quantire des autres drogues, ce qui rend le cerat trop liquide , je ferois d'avis qu'on en retranchät julqu'a. feize onces. Ce>\it de dteitme y onfacre, de Gilien, Vrenet. de l'huile vieille , deux livres & demie , De la In bärge , une livre & denn once, f Oooooo Verttis. Vertust 101 g PHARM ACOPE' E De U colophone , demt livre, DeUcire jtunt , quatre onces , , D onla fera cui- re avec l'huile Sc rrois ou quarre livres d'eau dansüne bailme , agitant toujours la matiere avec urieefpatule de bois, jufqua ce quelle ait acquisune confiftence de cerat , & queieau foit confumee, on y meerra fondre alorsla ciic , la colophone , le galbanum qu'on aurä auparavant purine par le vinaigre ■■, Sc quand la matiere fera ä dt mi refroidie >• Ton y incorporera les poudres, pour faire un cerat qu'on gardera au Lefoin. II eft propre ponr det erger. Sc pour cicatrifer les playes , il amolit, il refout. II entre trop de litharge danscerre compofition , pour lui -donner la confiftence d'un cei ar, il y en auroit affez pour celled'un empläue, je voudrois en retranchec trois onces. Cent de mucila^es. o Trenez. de la che , deux lirres , Des muc-lages de femences d'althea , de litt & de feenugrec , de chaeun une demi livre, De la terebe.nthine , dt la fax n-avale & de la litlhtrgt } de chaeun quatre ences , De la m >elle de tauf, de l'huile de lis & des feces d'huile de Un, de chacur.es trois onces, Dußu,ax caUmitbe , du bdclhum , des gommes ammoniac , & opopanax , de chaeun deux onces. Eattes-en un cerat felon l'art. REMARQUES. Onrnettrainfuferpendantunjour dans quatre ou cinq livres d'eau chande, deux oncesderacir.es d'slthxa coupee parpetits morceaux , une once Sc demie de graine de un & autant de renugrec , eniuite Ton fera bouiliir l'infuiion , pour avoir une livre Sc demie de mucilage qu'on c oulera avec forte expreilion , on pulverifera fub- nlement fa lirarge, on la fera cuire avec les huiles, la moelle de boeuf Sc les muci- lages, jufqu a ce quei'humidite aqueufe foir confumee , on mettra fondre alors la cire coupee par perirs morceaux , la terebenthine Sc la poix noire , on rerirera la bafline de deflus le feu; Sc quand la matiere fera plus qua demi refroidie, loa y melera exaetement le ftorax , le bdellium, la gomme ammoniac Sc l'opopanax re- duits en poudre fubftile, on aura le cerat de mueihge qu'on gardera. Il amoiit, il refoot les tumeurs, ou bien il excite la fupuranon. Cette compofition a toute la confiftence d'un empläue : fi l'on mit quelle pren- ne celle d'un cerat, il faut doubler la quantite des luuies deiis Sc de im. UNIVERSELLE. 1017 Cerat de Nutembeig y pour les hefnies. Trenez, de la che , tieufotices , De la reßne & de l'buile rofat, de chacune trois onces , Des huiles mjrtin , & de maflicb , de chacune une once , De U pierre bematite , du bol d'Armenie & du fang-dragon, de chaeunfix Angines , Du maflich t de la mumie , de Vencens, du fuain, de Ugomme arabique & adra^anth t Du meillcur aloes ; des balauf.es & des rofes , de chaeun denn - once $ Faites-en un cerat feLn l'art. R E M A R Q^U E S. On broyera für un porphyre la pierre hematite, le bol & le fuccin , ponr les re- duire en poudre impalpable; on mettra enfemble en poudre les gommes arabique Sc ädraganth dans un monier chauffe: d'une autre parr on pulveriiera enfemble dans un morrier huile au fond le fang-dragon; la mumie, l'encens , l'aloes & le maftich : d'une autre part les rofes & les balauftes , on fera fondre la cire & la refine dans les huiles; & quand la mauere fera a demi refroidie , on y melera les poudres, pour faire un cerar qu'on gardera au befoin. II eft propre pour rafrermir le peritoine , & pour empecher les hernies. Ce cerat a une confiftence forr approchante de ceile d'uh emplätre: on pouroie y ajouter deux 011 trois onces et*huile de rofe, pour le rendre plus molet. Cerat de litarge , de Gallen. Trenez. de l'buile vleille , deux livres & demie t De la litbarge , wie livre , Du fort vinaigre, une demie livre , Cuife%.-les enfemble fcIon Vart, R £ M A R OJJ E S. On pnlverifera fubtilement la litarge, on la melera avec l'huile &: ie vinaigre dans unebalfine,onfera bouillir doucement le melahge l'agitaht üiceiTamrnent avec une efpatule de bois jutqu'ä ce qu'ilfoit en confiftence de cerar. Il deterge & il defTeche les ulceres. Si le vinaigre neuiffit pas pour cuire la litarge , on pourra y ajouter de l'eau & faire bouillir laniatiere,jufqu'ä ce quelle ait acquisune confiftence de cerat. Cette compofirion eft improprement appeilee cerat, pmfqu'il n'y entre point de cire ; eile ne diftere d'avec l'emplatre triapharmacum de Mctue qu'cn confiftence. Cerat de'fenßf. Trcncz, de Ihuile roßt, du vinaigre rofat & de la cire bLinche , de chaeun une demi livre , Du bol d'Armer.ie & de la terre figillee , de chaeun deux onces , Du fang-dragon , une once, Des balanfles , demi once. Tiütes-en un cerat fehn Parti O o 0 o o o ij Venus. Venus. xoiS PHARM ACOPE'E REMARQUES. On fera bouillir enfcmble l'huile Sc le vinaigre rolac iufqu'a confomption da vinaigre , onmettra fondre alqrs dans l'huile für im peu cfefeii , Ja cire blanche, apres l'avoir rornpuc en petits morceaux; & quand la matiere iera a demi refroidie, Tony melera les aurresdroguesapres lesavoirrcduites enpoudre iubtile, on aura im cerat qu'on gardera pour Je beioin. Vertus. ' ^ e ft aftrfhgent; propre pour artetet le fang, pour empecher les humeurs de couler für quelqcie parcie. Cerat , emplatfe , ou cat.iplafme de croute de pain , de Montagnann, Trenez, de la croute de pain brulee & macer ce dans le vinaigre, deux onces , Des biiles de mafiicb & de coings , de ebaeune une once , De l.t p wärt de maßieb , de meutbe , de fpode prepare, de corail rouge prepare , & de jantal blanc & rsuge , de ebaeun une dragme, De U farine d'orge , ce quil en faiidra. Taites-en un cerat, on un cataplafme felön l'art. R E M A R 0_U E S. On fera bien rotir de la croute de pain . on la mettra tremper quelques heures dans du vinaigre , on pulverifera enlenible les fantaux Sc la menthe , d'une aurre part le maftien , on melera ces poudres avec le corail Sc l'y voir calcine preparez ; on fera cuire environ deux onces de farine d'orge dans I'eau , jufqu'a ce quelle foit en confiftence de cataplafme bien epais, l'on y melera la croute de pain ramohedans le vinaigre Sc ecraiee , puis les huiles; Sc qaand la matiere iera a demi refroidie , l'on y incorporera les poudres pour faire un cataplafme. Versus. ^ eu: ^urmgent, & propre pour empecher la gangrene. Cette compofition eft mal appeilie cerat, puifqu'il n'y entre point de cire ; c'cft proprement im cataplafme qu'ilne faut eompofer que dans le tems qu'on en aura beioiri, car il fe gare Sc le corrompt facilement. Quelques deferiptions y ajoutent de la cire & de Ja reime , Sc Je mercent au rang des empldtres ; mais il eil difficile delui danner une confiftence convenable. Cerat de ttna drovues , de Mejut* Vrene-~ de la cire pume & de l'buile 4'iris , de cb.icnne trois onces , De Li rerebentbine , une once , De Li gomme de herre , demi-once ", Du fiorax liquide } deux dragmes. Eaites-en un cerat. R E M A R Q^U E S, Onpulvervferafubtilerncnt la gomme de liere , on fera fondre dans J'JiuiJe lür unpea de reu la"cire coupeepar petits morceaux , leftörax liquide Sc Ja tereben- riiine , puis la matiere tum prefque refroidie, i'on y melera h gomme de lierre,, pour faire un cerat qu'on gardera aii beioin. Venus. jl e ft propre pour ramolir Sc pour refifter ä la gangrene. Le mot de di.ipciu'ie ngmrie , cornpqfe de cinq diogues UNIVERSELLE. 102« Cerat ä'Alexandie , de Mejue. Prenez, de la gomme ammotiiac & du ftorax calamite , de clucutt uns tnce & dorne , De l'encens & des fommitez. d'abjinthe , de chacun dix dragmes , Du fpicanard, trois dragmes , De la cire , quatre onces, De I' bmle de camomüle , ce qu'il enfaudra. FMtes-en un cerat felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifcra enfemble la gomme ammoniac , le ftorax Sc l'encens, d'une au- tre part on mettra cn poudre les lomniites d'abfinthe , le fpicanard, on coupera la cire par petits morceaux , on la mettra fondre für un peu de feu dans Imit onces d'huile de camomüle, & quand la matierc fera a demi refroidie , Ton y melera les poudres pour faire un cerat qu'on gardera. au beioin. 11 eil propre pour fortifier 1'eftomach , pour aider ä la digeftion; pour cliafler les Vertns» vents. On peut augmenter ou diminuer la quantite de l'huile, fuivant qu'on voudra ren- dre ce cerat plus ou moins dur. Cerat d'euphorhe , de Galien* Trenez. de l'euphorbe, urte once , De la, cire , trois onus, De l'huile d'ohves, une üvre- lüus-en un cerat felon l'art. R E M A R Q^U ES. On pulverifcra üibtilement l'euphorbe , y melant un peu de vinaigre pourem- pecher quelle ne s'exalte trop : on fera fondre dans l'huile la cire coupee par petits morceaux ; & quand la matiere fera a demi refroidie, l'on y meiera l'euphorbe pour faire im cerat qu'on gardera au beioin. On Peftime pour ia migraine, pour dilliper les humidites vifqueufcs 8c pour for~ Vwmw,. rifier lesnerfs: on enfrottele front & les articles. Cerat d'Jndromaque,. Trenez. du maflieb , une once & demle v De la canelle, ßx dragmes ,■ Du ßorax , denn-once , Du fpicanard & de la fcuille indienne > de clueun trois dragmes & demie „ De Veupho be , trois dragmes , De l'huile de beben, btut onces, De l'huile de bäume & de la cire blanche t de cbacmie quinz,e dragmes,- Eattes-en un cerat felon l'art. R E M A R O^U E S. On pulverifcra le maftich dans un mortier, dont le fond aura ete un peu htirne-- quatre onces. I 'aites ctiire ces drogues enfemble , & für lafin de la ernte , ajoutdL-y De l'e'pine de vipere pulverifee , trois onces , Et du mimum mis en poudre , une once. Faites-en itn cerat , felon l'art. R £ M A R Q_U E S. On aura dela graifTe de vipere , de l'onguent populeum 8c de la litarge , qu'on melera enfemble avec unpeu d'eau, pour les faire bouillir jufqu'a ce que la litarge le foitfondue; quand l'humidke auraete entierement confumee , on y ajoutera de la poix grecque Sc de la cire blanche , &c Ton y melera für la fin l'epme de ; vipere Sc le rainium fubtilement pulveriges, pour faite un cerat qu'on gardera au befoin. Il eft refolutif, deterfif & propre a meurir les tumeurs dures, comme les anthrax, 8c les bubons veneriens. Cerat diitbotanum avec mercure. Prenez, des emplatres diahotanum , de eigne & de nicotiane , de chaeun une livre , De la cire jattne , demi-hvre , Dufiorax liquide , de la terebenthine claire , des huiles de launer & de palme , de cha- cuh quatre onces , de l'argem vif une denn livre. Uele'L-le tout, & faites-en un cerat felon l'art. REMAROUES. On fera eteindre exaetement le vif-argent en l'agitant fortement pendant fept 011 huit heures dans un monier avec la terebenthine 8c l'fauile de laurier ; d'uneau- treparr on mettra fondre ou liquefier enfemble für un petit feu, les emplärres, la cire , le ftorax liquide , bien net & l'huile de palme , on verfera la matiere fondue dans le mortier für le mercure «eint, 8c Ton melera bien le tout enfemble pour en faire un cerat qu'on gardera au befoin. Il eft: fort refolutif, propre pour les loupes, pour les tumeurs Forme«d'humeurs, groflieres > pour les nodus veneriens, pour les glandes fcrophuleufes, etant applique deilus en emplätre. Ce cerat aune vertu anprochante de celle de Pemnlätre de vigo avec le mercure, il eft plus mollet 6c plus facile ä ecendre. Il prend fon nom del'emplatre diahotanum, qui y entre. UNIVERSELLE. 1031 CHAPITRE IV. Des Emplätres. LE S anciens Grecs appelloientles emplätres Emplaßa du verbe grec E^TrXiT- 75. k , qai fignifieformer en malle, enduire & boucher ", mais les Grecs modernes onr prononce emplaßra , & les Latins les ont fuivis. On a pourtant tire l'adje- ctif du nom emplaßa , car on prononce emplafl'cum & non empUßricum L'emplätreeft la compofirion laplus folidede toutes celles qu'on applique exte- rieurcment; il a ete inventc en cerce circonftance , afin qu'en demeurantlong-rems applique für les parries du Corps, les remedes donr il eft compofe euflent aflez de tcms pour produire leur effet. Les drogues qui fervent ä donner corps & confiftence aux emplätres fönt oidi- nairement la cire , la refme , les poix , les gommes, les graifles, la litarge & les autres preparanons de plomb. Le plomb c-tantfulphureux fe diflbut en cuifant avec les graifles & les huiles, qui fonr des foulfrcs, & il leur donne une confiftence dure. Emplatre diachalciteos ou de palmier, on de litharge. TreneTL de U dkoäion des brancbes les plus tendres du palmier ou du chefne , de la lith*rge d'or prefaree & de l'buäe commune , de cbacune trois livres , De i\ixonge de porc > detix livres, Du cbalculs ou du Vitriol culcine a rotigeur & dißout dans une portion de la deccct'wn , quatre onces. Cuifez.-les, & fa.lt es-enun emplktre feien l'art. R E M A R QJJ E S. On fera une forte deco&ion des branches les plus tendres du palmier , ou a leur defaut de celles du chene , on coulera la decoclrion, on tnctträ dans une baffine la litharge preparee, onla delayera avecl'hude , on y melera envirpn la moitie de la decocftion de palmier, on ferabouillir la matiere , lagitant inceflamment avec une elpatule de bois, de peur que la litarge ne s'atrache au fond •, apres environ une heule de cocftion, on ajoutera la graifle de porc & le refte de la dccoction, ata referve d'environ fix onces, dans lefquelles on ditToudra le vitriol rouge fubtilement pulve- rife , on continnera de faire bouillir la matiere >• & quand eile aura une confiftence de cerat, on y melera le vitriol diflout, on pourfuivra la cuite jufqu'a confiftence d'emplätre , on retirera enfuite labaffine.de dcflus le feu t on agitera Tonplatte jufqu'a ce qu'il foitprefque froid , puis Ton en formera des magdaleons , les roulanc avec les mains mouillees d'eau ou de decoction de palmier. 11 eft propre pour deterger & deflecher les playes & lesukeres. Cec emplatre prend une couleur rouge du colcotlur : on pouroit le faire blanc en fubftituanr au colcothar le double de fon poids de vitriol vert. Il faut que dans la cuite de Femplatre la litarge , qui eft un plomb rarefie , fe lie & fe fonde dans i'huile & la graifle , pour leur donner une confiftence folide ; c'eft pourquoi il eft necefläire quela matiere bouille aflez fortement. Quand la deco&ion eft confumee la maciere cefle de bouillir, 011 en met d'autre Veuus. loj'i P H A R M A C O P E* E pour achever la einte »maison doir auparavanr retirer la bafline de defiiis le feu Sc Ja Laifler un peu refroidir, ou bien verler la deco&ion doucemenr, car l'humidite aqueufe qui eft contrainte par la chaleur de s'elever, etant brtibaraflee par les partics raitteufes de l'huile, eile fait bouillonner $C rejaillir la matiere de core Sc d'autre avec un petillement violent: pour eviter cet embarras, il faut aj outer Ja decoction avant que l'autie (oit confumee. Si la quantite de la decodion preferite ne fufHfoit pas pour achever la cuire de Templätre, il faudroit en employer davanrage •, mais il ne faut point qu'il y en reite, car cette humidite aqueufe empecheroit que 1'emplätre ne fut bien he , Sc par con- fequent qu'il ne fut emplaftique, c'eftä dire qu'il ne s'etendit bien für le cuir ou für la toiie. Si donc 1'emplätre bouilloit encore , quoiqiülfüt folide Sc cuit, ce Colon une marque qu'il y auroit encore de la decoction, il faudroit la laifler confii- mer, on doit meme apres le confomprion de l'humidite aqueufe , tenir encore l'emplatre für un petit feu environ demi~heure,continuant a l'agiter fortement avec l'elpatule de bois, ann de le deflecher aflez Sc de le rendre plus emplaftique. Il eft bon de le lervir pour cette Operation d'une baffine aile.z grande : car la matiere le rarefie beaueoup en bouillant, & principalement für la fiii de la cuite ; par- cc qu'alors etant plus epaiile , l'humidite aqueufe a moins d'iffiie pour s'evaporer Sc eile fouleve la matiere avec erTorr. Quoiqu'onfaile entrer le vitriol dans toutes les deferiptions de 1'emplätre diapal- me, les Apoticaires le retranchent ordmairement, Sc il fönt diftinction entre le dia- palme & le diachalciteos. On afurnornme cet emplätre Palmeum ou Diapalma, ä caufe du palmier qui y entre •, mais les anciennes Pharmacopees ne demandent autre chofe que de remuer 1'emplätre pendant qu'il eft lur le feu , avec une elpatule faire de bois de palmier vetd , ou ä fon defaut, de diene ou deroleau , ou de prunier fauvage , ou de hefljer dont on ratifleroir fouvent le bout, ahn que la lubftance du bois fe commumquät plus facilement ä 1'emplätre. La decoction des branches les plus tendres de l'arbre que nous employons ici donne beaucöüpplu.« de vertu au diapalme , que ne feroit une efpatule; ainfi quand il n'y auroit que cette railon, notre merhode doit etre preferee: mais de plus ceux qui travaillent feavent qu'on ne peut pas bien faire cet emplätre en fuivant exaete- menr les deferiptions des Anciens, qui ne demandent autre humidite aqueufe dans la cuire de la Lirarge avec l'huile Sc la graiflfe, que celle qui peut fortir de l'eipatule de palmier, car 1'emplätre noirciroit Sc il n'aequereroit jamais une bonne confi- ftence , mais on y ajoute ordinairement de l'eau pour la faire bouillir ä gros bouil- lons; or la decoction de palmier (era plus convenable que l'eau pure , li Ton veut fui- vre l'intention de l'Auteur; qui a deflein de communiquer ä 1'emplätre la qualitc de cet arbre, Emplätre diapahnc otdinx'ire. Prebet, dl h decofl'ton des brar.cbes les plus tendres du palmier ou du ebene , de ihmle commune , de l\ixonge de porc , & de la htharge d'or preparee , de chaeune Jtx livres. Cuifez,-les, & faites-en un emplätre fclsn l'art. R E M A R Q^U E S. On delayera dans une grande bailine la lirarge preparee avec J'Jitiile Sc la graifle, On Vertu», Cent de UNIVERSELLE, ro i} on y ajoutcra cnvlron la rooitie de la decoction coulee, on fem bouillir le melange ä grands boudlons, l'agitant inceflamment avec une efpatule debois: quand ons'ap- percevra que la decochon lera prefque confommee, on y en melera d'autre pour faire boiuiiir l'emplatre jufqua ce qu'ü foit cuit; ce quon reconnoitra , fi l'on en met refroidir un petit morceau, on rerirera alors la bailine de deftüslefeu, Sc l'emplatre eranc a demi refroidi, on le formera en magdaleons. Il delTeche moins vice que le precedent , il amolit, il rcTout, il detcrge, il cica- trife ; cell l'emplatre le plus ufite pour les playes & pour les ulceres, on 1 'amolit en y melant le quart de fon poicls d'huile de role, afin d'en faire plus facilcment des cm- $£££0^, piacres ; c'eft ce qu'on appelle cerat de diapalme , ou diapalme dillout. 0 u diaf al- Au commencement de la cuite la matierc paroit jaune , mais a mefure que la li- me uiflbut. tharge qm lui donne cette couleur fe diflbut en boiullant, eile blanchit. Comme on cft bien aife que le diapalme foit blanc , il faut prendre garde qu'il ne manque de decoction dans la balline, car pour peu que l'emplatre demeurät für un grand feu fans humidite aqueufe , il brunnoic. Quelques-uns y melent de l'eau faleepour le blan- chir d'avantage. Quand l'kimidite aqueufe eft conlumce, & que l'emplatre eft cuit, il faur le laifler encore pendant demi-heure für un petit feu , l'agitant toujours avec l'eipatule , il s'en elevera quantite de bulles en Vau-, &c fe deflechanr un peu , U en Csra plus emplaftique. Quoique l'emplatre tive fon nom du palmier, fa vertu principale vient de la li- tharge ■■, les Anciens fe contentoient de remuer l'emplatre avec une efpatule de bois, de palmier, mais la decodion des branches les plus tencues de l'arbre lui communi- quent beaucoup plus de vertu , comme il a ere die au Chapitre precedent ; auffi bien a-t'on befoin d une liqueur aqueufe pour cuire l'emplatre comme il faut. * Si par curioiiteTon pefe la malle de l'emplärre apres l'avoir laiilee refroidir, on rrouvera dix-huit livres; ce qui eft le meine poids des drogues qu'on y a employees. Il ne s'en eft donc diifipe que l'humidire aqueufe. Emplatre des trots drogues , de Mefue. Frenez. de U litharge d'or bienpulvaife'e , & du vinaigre de vin rouge tres-fort , de chaeun une livre , De l'bmle commune vmlle deux livres, CuifeiL-les en emplatre. R E M Ä R Qjü E S. On pulverifera fubtilement la litharge , on la delayera avec I'huile Sc le vinai- gre dans une balline , on fera bouillir la matierc , la remuant inceßamment au fond avec une efpatule de bois, jufqu a ce que l'emplatre foit cuit en conliftence rai- fonnablc : fi la livre de vinaigre ne fufrifoitpas pour achever la cuite , on en ajoutera d'autre. Cer emplatre deterge, arrete le fang & confolide les playes. Le mot de trupbar- niticum fignifieun remede compofe de troisfortes de drogues , aulli n'en entre-t-il que trois dans cette compofition. Le vinaigre penetre la litharge & la rarefie plutbt que ne feroit l'eau. Si l'emplatre eft prefque cuit apres la confomprion du vinaigre, l'on en peut achever la cuite , quoiqu'il ne bouille plus en le remuant toujours avec l'eipatule für un petit feu pendant environ une heute ; mais s'il n'eft encore qu'en conliftence d'on- guent, on fera mieux d'y ajouter de nouveau vinaigre pour le faire bouillir julqu a ce que la litharge foit bien difloute Sc que l'emplatre foit dur. f PpPFPP Poids. io j4 PHARMACOPE'E Emplatre diachylon fimplc. Trenex. de l'buile commune t trois livres, De U Ütharge d'or preparee , une livre & äcmie , Des mucilages de racines d'altlea , de fcenugrec & de Im , de chacun une livre , Cmfez.-les en conjiftence d'emplatre. R E M A R O^V E S. On coupera par pecits morceaux crois onces de racines de guimauves recentes, on les mettfa dans un pot de terre vernifß aveedeux onces de grainc de Im Sc aucant de fenugrec , on verfera defllis, fix ou fept livres d'eau chaude , on lailfera la matierc en digeftion jdqu'au lendemain , puis on la fera bouilhr doucement jufqu'a ce que b liqueur foit devenue epaifle & mucilagineufe, on la coulera avec expixflion, on la meiera avec l'huüe & la ütharge dans une bauine , on fera bouillir la matiere par un feu aflez vigpurdne, l'agirant roujours avec une elpatule de bois , jutqu'a cc qu'elle ait acquis une durete d'emplatre , Sc que toute i'humidice aqueule foit con- iumee , ce qu'on connoitra quand l'empläcre ne bouiliira plus , ll laut aiors recirer la bauine de deflus le feu & continuer a le remuer jufqu'a ce qu'il (ort a demi froid » puis on le roulera en magdaleons avec les mainsraouillees d'eau, lis'aplanra un peu cn refroiditfant, ä cauie du mucilage qui y reft reite. Il eft propre pour ramoiir, pour cügerer i pour meuric , pour refoudre. Diachylon vient du mot Grec vuA"» qm ügnirie mucilage, parce que les mucila- 1 " e ges=font la bafe defa compohtion. Si apres la conlomprion des mucilages, l'emplatre netoit pas tont - ä - fair cuit, il faut mectre la baifiue iur un peru feu , Sc agicer toujours torrement la maciere , il achevera de fe cuire quoiqu'ilnebouille plus, Sc il contervera la couleur blanche •, mais li on le laille lur un giand feu quand il n'y aura plus d'humidite aqueufe , il Piachylon noircira en peu de tems: piufieurs le fonr noircir expies, croyant qu'il en au plus de Vertus. D'oa v ent h diachylon, Einplane. laoir, vertu. un Veitus. Si au lieu de la ütharge d'or onemploye ici la litharge d'argent , & qu'on continue n grand ieu fous la matierc a la fin de la cuite , apres la confomption de i'humidice aqueufe , l'empläcre prendra une coleur rouge , on le prepare de cette maniere en en piufieurs endroits; mais la mcilleure de toutes ces prepararions doit ecre celie qui faitle diachylon blanc , parce que-les mucilages y fonr moins akerez. Emplatre diachylon avec /' iüs , de M-fue. Trenez, de l'emplätre diachylon blanc , une livre , De Vins de Florence pulverifee , une once. Melez,-les , & faites-en un emplatre. REMARQUES. On fera ramoiir (ur un peu de feu le diachylon blanc , puis Ton y melera exa&e- ment la poudre d'iris de Florence, Sc on le formera en magdaleons. Cet emplatre digere, mcife cc meurit avec plus de forceque le diachylon fimplc. EmpUire didchylorkanodiM , de Mynßcht, Preiiet, deVhuile anodine des fept fleurs , de Ujnßcht } De U litharge preparee , une livre * UNIVERSELLE. # io;$ £>esmucilagts de femences dejufquixmt, de pfjlltnm,de coings , de Un , de l'ecerce mojenne de tilbt & de racine d'altbea tirez, avec l'eau de morelle , de ciueun quatre ences. Cui fetales enfemble , en conjiflence d'emplatre. REMARQUES. On mettra dans un poc de terre verniffe de lafemence de jufquiame , de la fe- conde ccoL'ce de tiliot Sc de la racine d'althaea coupees par petits morceaux Sc con- caflees de chaeun fix dragtnes , des femences de coing, de pfyllium & de lin entie- rcs de chaeune demi-once , on melcra le tout & Ton verfera deflus> fix livres d'eau de folanum toutc bouillante , on mettra infufer la matierc en un Heu chand pendant un jour , enfuite on la fera bouillir a diminution d'environ les deux tiers, ou jufqu a ce que la liqueur foit bien mucilagineufe , on la coulera alors avec expreflion , on la melcra dans une bafline avec l'huile & la litbarge preparee, on les mettra bouillir enfemble , les remuant inceflamment Sc fortement, jufqu a. ce que la litharge etant difloute Sc l'humidite aqueufe evaporee , ils ayent pris une confiftence d'em- plätre , on retirera alors la balline de defliis le feu , continuant d'agiter 1'emplatre jufqu a ce qu'il foit a demi refroidi, puis on le roulera en magdaleons felon Part. II amolic, il refout, il appaife les douleurs, il meurit les tumeurs. II y a les memes circonftances a obferver dans la cuite de cet emplätre , conime dans celle du diaehybn fimple. Le gr/tnd Emplätre diaehylo». Prenez. des racines d'altbea nouvelles coupees par petits morceaux , quatre onces , Desfigues & desraißns paffes me-ndez., des femences entieres de Im & de feenugree , de chaeun deux onces & demie , InfufcZj-les cbaudement pendant vingt-quatre heures dans trois ftntes d'eau commune > & cuifez.-les enfutte en conjiflence de mucilage , puis coulez. & exprimez, U deco- Ition , & gardez. le mucilage : Et en meine tems Prenez. des fucs de [etile & d'iris vulgaire , de chaeun quatre onces. Reduifez. dans ces fucs für un petit feu , en conßflence de mucilage, De la tolle de poijfon hachee mena , une once. Gardez.ce mucilage feparement j cependant Vrenez. de la litharge d'or preparee , deux üvres , Des builes de camomille , d'iris vulgaire & d'anetb, de'chaeune une livre & quatre oncet. Melez.-les avec lepremier mucilage dans lequel vous les ferez. cuire , en les remuant svec foin av.ee une efpatule de bois ; puis ayant ajoute für lafin de Li ccäion le mucilage de colli de poiffon, reduifez. letout en conjiflence d'emplätre , apres qm vous y meieret. De la terebentbine de Venife , une demi livre , De la rejine depin, de la cire jaune & de la laine graße la plus humide , de chaeune quatre onces. Eaites-en un emplätre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On aura des racines d'althxa nouvellement tirces de la terre , on les nettoyera , on les coupera par petits morceaux, on les mettra dans un pot de terre verlüde avec P p P p p p ij Vertus. 1036 PHARMACOPE'E les figues aufil coupees, les raifins ouverts 8c mondez de leurs pepins 8c les femerr- ces entieres, 011 verfera deflus fixlivres d'eau bouilianre , on iaiflera la macierc en digeftion pendant vingt-quatre heures, puis on la fera bouillir a petir feu jufqu a diminucion de la moitie > 011 jufqu'a ce qiie la liqueur foit en mucilage, on la coulera alors 8c on l'exprimera fortemenr. Cependanr on rapera im ou pluneurs oig;:ons de fcille 6c des racines d'iris noftras chaeun feparemenr , on les laiflera en maceracion dans des terrines pendant fept ou huit heures, puis on en nrera les fucs par expref- fton. D'une autxe part ou mettra dans un pot de terre vernifie , une once d'ichrhya- colla coupe par perits morceaux , on venera deflus des iues de fcüle & d'iris recem- ment tirez , comme il a etedit ; de chaeun quarre onces; on couvrira le poc, on Ic placerafur les cendres chaudes pour y laifler la matiere en digeflion , jufqu'a ce que tour fe foir redint en une colle ou mucilage epais; on melera dans une bafline aflez grande la litharge , les huiles Sc lespremiers mucilages, on les fera bouillir er.fem- ble aflez fortemenr, les remuanr inceflammenr avec une efpaiule de bois; & quand la litharge ne paroirra plus, que les mucilages feronr confumez , & que l'eiriplatre fera prelque cuit, on y melera hors du feu le mucilage de colle de poiÜ'on, on con- tinuera a le faire bouillir jufqu'a ce que l'humidite aqueufe loit confumee , 8c que la matiere ait acquis une confiftence dure , on y ajoutera alors hors de deflus le feu l'ceiipe, il fe fera encore une ebuliition ä caufe de l'hiimidke aqueufe de cette dro- gue , mais eile ne durera guere : quand eile fera finie, l'on y mettra fondre la refine 8c la cire rompue par petits morceaux , puis la terebenthine, &c Ton aura l'empläcrc diaehylon magnum qu'on formera en magdalcons. Vertns II amolit, il digere , il meurit, il refout. Si l'emplätre eft entierement prive d'humidire aqueufe quand on y mele le mucilage d'ichthyocolla&l'cefipe ,la matiere fe gonrle avec rant de force , quelle pafle- roit par deflus la bafline , li l'on n'avoit eu le foin de la rerirer de deflus le feu , parce que l'humidite de ces fubftances mucilagineuies fe trouvanr engagee dans la matiere epaifle de l'emplätre , eile la poufle pour avoir une iflue libre. Cetemplätre diaehylon eft furnomme grand , pour le differencierdespreceden» qu'on appelle fimples. Emplätre dinchy'on fromme. Trenez, de la ma[Je du grand diaehylon ci-devant decrit, trois Ihres, Des gommes ammomac , galbanum, bdellmm & fagapenum , de ehaeune une once. Melei*-les , & faites-en un emplätre [tlonfart. R E M A R QJU E S. La commune methode eft de faire difloudre les gommes dans du vin ou dans du vinaigre für un feu mediocre , de couler la diflolution & de la faire epaiflir für le meine feu jufqu'a confiftence d'empläcre ; mais comme par cette moniere d'operer on laifle difliper ie plus volatil 8c le plus elTenrid des gommes, je confeille de s'ef- forcer , autant qu'on pourra , de mettre les gommes en poudre : ä quoi on peut reullir , fi apres les avoir choifies belles, on les met un peu fecher au iaicil on ä un petit feu , avant que de les mettre dans le mordet. La preparation de cet emplätre eft aifee de quelque maniere qu'on aecommode les gommes, il n'y a qu'ä faire fondre l'emplätre diaehylon magnum für un feu mediocre , puis y meler les gommes ; fi elles bnt ete diflbutes on les mettra fondre avec i'emplätre; mais fi elles fönt en poudre, on ne les melera que quand il fera plus qu'ä UNIVERSELLE. io? 7 dcmi refroidi , afin d evitcr les grumeaux qui s'y pourroient former : on pourroic encore fuivre une methode oppotee pour meler ies gommes pulverilecs , c'eft de les jetter peu a peu dans l'cmplavre pendant qa'il eft fort chaud, car elles s'y fondent Sc s'y lient parfaitement en peu de tems , a la verke ll s'en echappe quelques parties volatiles. L'empMrre diaehylon gomme eft le pluspuiflänt de tous pour digerer 3 cuire , Venus, meurir 8c reloudre. Emplatre de galbanum , fafrane. Trcnez. des emplatres de diaehylon ßmple & de melilot , de cbactiti trois onces > De la cire jaune , deux onces , De la terebenthine de Venife , une once , Dug.ilbunum dtjfeut dansle vinaigre , paffe & fuffifament epaijfi , & du faffran fuh- ülement pulvertfe, de cbacunßx dragmes. Taites-en un emplatre felon l'art. R E M A R O^U E S. On Kqnefiera enfemble für un petit feu la lire coupee par petits morceaux f les emplatres, le galbanum punrie Sc la terebenthine , agitant inceflämment la matiere avec une efpacule de bois, puis quand le melange fera prefque refroidi, I'on melcra exa&ement le faffran pulvenfc lubtilemcnt, Sc i'on aura un emplatre qu'on formera en rouleaux ou magdaleons. IL eft propre pour ramolir &pour refoudre les durerez de la matricc, du foye Sc Vertus. des autres vifeeres. Il me paroit qu'on fait entrer une trop grancle quantire de faffran dans cet emplatre , ce qui le rend trop lec ; je voudrois en retrancher la moitie. Emplaire de mucilages , de Ben . Textor. Prenez, des mucilages de racines d'altbea , de femencs de Un & de fotnugrec & des figues, de ebnem quatre onces > De la terebenthine, trois onces , Des huites de camomille & de lis , de ta reßne depin , de moelle de cuiffes de veau ö» de bxuf f & au beute twuveau , de ebaeun deux onces- , De la cire jauue f vingt onces t ou ce qu'd enfaudra. Eaites-en un emplatre felon l'art, R E M A R Q^U E S. On coupera par petits morceaux des raemes d aftnaea recentes & des figues fe~ ches de chaeune fix dragmes, on les mettra dans un pot de terre vernifte avec des femences de Im Sc de feenugree entieres de chaeun demi-once , on verfera deflus trois livres d'eau , on laiflera la matiere en infufion chaudement pendant vingt- quarre heures , pnis en la fera bouillir doucement jufqu adiminution des deux tieis, ou juiqu a ce que la liqueur foit en mucilage, on la coulera alors avec expreflion Sc i'on fera bouillir ce mucilage avec les huües , la cire, la reiine rompues' par petits morceaux, la moelle de la jambe d'un veau ou d'un beeuf, le beute & la terebenthine qu'on aura auparavant fait fondre tous enfemble. Quand le mucilage fera confume , I'on palfera la matiere toute cbande par un linge pour en feparer quelques impmctez qui peavent s'y rencontrer x bc on la temueta; jufqu a ce qu'eue ioit prcC- Pppppp iij jo 3 S PHARMACOPE'E que refroidie, afin que l'emplacre foit bien lie, puis on en fbrmera des magdalcons avec Jes roaias ointes de qaclques gouttes d'huilc de lys. Vcrtus. L'emplatre de mucilage eftpropre pour caraolir, pourrefoudre les curaeurs du- res, Sc pour aider ä la fuporation. Les autres Phajnaacopees demandenr qu'on faffe confumer les mucilages avec les huiles, le beure & la moelie avanc que d'y meier la cire, la refine Sc la terebe.nthi- ne; mais ces Premiers Ingrediens etartt enpeure quantite, ilsnepeuvenc aullirece- voir qu'une mediocre impreflion des mucilages, & le refte fe cuit Sc fe durcir au fond de la baffine en grumeaux qu'il faur feparer : il eft Jone bien plus a propos de faire confumer ces mucilages avec toutes les drogucs enfemble , afin qa'en s'y eten- dant ils lui communiquent leur qualite emmoüiente qui eft neceflairc & eflentielle dans cec ernpiatre.. Si Ton ne fait entrer que vingt onces de cire dans cetre compofition, eile n'aura que la confiftence d'un cerat , il en faüt du moins trois livres , li l'on veut qu'elie ait la folidite d'un emplärre , encore fera-ce un emplärre rnollet, & certe grande quantite de cire eteindra Sc diminuera beaueoup la verru des mucilages ; je vou- drois donc pour remedier a ces inconveniens, qu'on recranchäc les huiles de la def- criprion , par ce moyen les vinge onces de cire fuffiroient > Sc il y auroit affez de la terebenthine , du beure Sc de la moelie pour les ramolir en ernpiatre. Voici donc comme je ferois d'avis qu'on reformät la compofition. EmpUire de mucilages, reforme. Trenn, des mucilages de racine d'althea, de femences delin& de feenugree & de figues , de chaeun quatre onces , De la terebenthine , trois onces , De U reßne de pin , de la moelie de cuiße de veau ou de boeuf, & du beure nouveau , de cJmcuk deux onces, De la cire jattne t vingt onces. Cuifez.-hs enfemblejufq'Aala confomption des mucilages \coulet. enfuite la deco- äion , & faites V ernpiatre. Ernpiatre de mucilages gomme , du meme Textor. Trenez, de l'emplatre de mucilages ci-devant decrit , deux livres & demie , DeU gomme ammoniac, um once , Des gommes galbanum , opopanax , fagapenum de chaeun demi once , DU faffran bien pulverifs > deux dragmes. MeleiL le tout, & faites-enun ernpiatre felon Vart. R E M A R Q^U E S. 11 vaut mieux pulverifer les gommes que de les difibudre a caufe de la di/lipation qui fe fait des parties volariles pendant la diilblurion Sc l'evaporation du vinaigre , mais on n'eft pas allure de reuflir a les mectre en poudre, parce qu'elles fonr molaf- fes & vifqueufes, principalement quand elles ne fönt pas des plus pures ; en cas donc qu'on ne puifle pas les pulverifer , on les fera difibudre dans du vinaigre, on coulera la diffolution, & Ton mettra confumer l'humidite für un feu mediocre , jufqu'a ce quelle fok reduire en confiftence folide, on melera ces gommes ou pulverifees, ou purifiees, comme il a ete dit dans l'emplatre de rnucitege qu'on aura liquefie für un UN IVERSELLE. _ io y9 peu de feu; & quand le melauge fera a dcmi refroidi , Von y ajoutera le laffran fubtilenÄdt pulvenie, on auira 1'emplatre de muciläge gomme qu il faudra rouler en magdaleons pour le garder. II eft propre pour ramolir , pour digerer , pour refoudre, pour aidcr a, la fupura- Vertut. tion. On fepaffera fort bien de cet emplatre, ayanr celui de diachylon compofe. Emplatre de melilot. Trenez* des fleurs de melilot feches , trois onces , De la racute d'iris , de la Jemence de foenugrec , des feuilles d'abßnthe feches, de Li gomme ammomac & de U myrrhe , de ebaeun une once , Des racines de jauchet, d'altbea , de nard celtique, des bayesde laurier , des fleurs de camomille & du fäff ran , de chaeun denn once , De la cue jaune , une livre , De la rcßne , de la potx blanche & du [inj de baue , de chaeun quatreonces , De la terebenthmt de Vemfe ©• de l'huile d'abßnthe , de chaeme trois onces. Faites-en un emplatre je Ion l'art. R E M A R Q^U E S. On pulveriferafübtilement enfemble les fleurs, les herbes, ies racines , les fe- mences. ies bayes, d'uneautre partle lafFran apres l'avoir faitfecher eritre deux pa- piei s •, d'une aurre part la gomme ammomac & ia myrrhe: on mclera ies poudres enfemble , on mertra foudre dans une bailine für un peu de feu , la cire , ia reime , la poix , le fuif de boueavec la rerebenthine & l'huiie d'abfinthe , on paßera la matiere rondue par un linge-, pour en feparer quelques impuretez qui fe trouvent ordmai- remenr dans les poix 5 &c quand eile fera a denn retroidie , Ton y mclera exacteinent les poudres pour faire un emplatre qu on roulefa en magdaleons. 11 eft propre pour ramolir , pour refoudre , pour difliper les vents. * Il entre trop de poudre y jetter dedans des morceaux de tode un peu elimee ou ufee , afin qu'ils s'en imbibent des deux cotez , piiis les retirer , les pre- nant par deux coins avec les doigts mouiilez d'eau fraiche , & les tremper dans un feeau d'eau {ans les plier : quand ils feront refroidis, on les etendra für un marbre & on les polira avec un biftortier. Il ne faur pas que l'emplarre foit chaud quand on en retire la toile , patee qu'il n'y en demeurcroir pas aflez d'aecache ; il ne faut pas aufli qu'd foit trop froid , parce que la toile s'en chargeroir trop; il doit etre moderement chaud. . On coupe le fparadrap par petits quarrez pour apphquer für les cauteres > ils fer- vent des deux cotez Tun apies lautre. Ce fparadrap exe ite la fupuration del'humeur qui doit fortir par 1c cautcre , &. il n'adhere point trop a la chair. Emplatre bUnc , ou de certfe. PrtneL de la cerufe de Venife & de l'huile rofat, de chaeunt quatre livres , De l'eau de fontaine , deux livres , ou ce qu'il enfaudra. Falles cuire ces drogues en conjißence d'emplatre tnfuite ajoutet,-y De la cire blanche , huit onces , & en faites un emplatre jelon l'art. REM.AH. q^u e s. Onpulverifera fubtilement la cerufe en la frottant für un tamis renverfe , on la melera avec l'huile & l'eau dans une bafTine qu'on placera für le feu , pour faire bouillir la matiere , l'agirant incefTamment avec une efpatule de bois, jufqu'a ce qu'elie ait acquis une confiftencc d'empläcre , & que l'eau foit confumee, on y mec- ttafondre alors par une lente chaleur la cire blanche rompue en petits morceaux ; & quand l'emplarre fera prefque refroidi, on le formera en magdaleons avec les mains mouillees d'eau fraiche. Vertu». f 1 ^ft deftine pour deiTecher les playes enflammees, comme pour la brulure. On s'en fert aufli pour cicatrifer. La cerufe eft ce qui donne corps ä cet emplatre , car en fe fondant Sc s'uniflänt avec l'liuile dans la cothon eile lui communique fa durete , de meine que fait la Ji- tharge dans les autres emplatres ; mais eile fe corporifie avec moins de facilire que la Hthargc ; c'eft pourquoi i'on en employe une plus grande quantite , a proportion de l'huile. Si l'on veut que l'emplarre de cerufe foit bien blanc , il faut le faire bouillir alTez fortement tant qu'il y aura de l'eau ; mais des que l'eau fera confumee, ce qu'on re- connoirra quand lebouillon ceflera , on retirera promptement la baffinede deffusle feu , & fi la coction n'etoit pas encore achevee, on y mettra de nouvelle eau pour le fa ire bouillir comme auparavant: ou bien fi Ja matiere approchoit de la durete ou, confiftence requife , on fe contentera de l'agicer für un petic feu jufqu'a ce quelle foit bien empiaftique. Emplaftre 104* UNIVERSELLE, Emplatre de cerufe brule'e. Trenez. de U cerufe bien pulverifee, & de Vbuile commune , de cbacun parties egales, Faites-les bouilitr a feu violent , en y ajoutant de tems en tems unpeu de vinaigre, jufqua ce quelles ajent acqms la conßflence d'emplatre & une couleur bien m'tre. R E M A R OJU E S. On pulverifera fübtilcment deux ou trois Hvres de ccrufe, on les melera avec üb poids egal d'huile d'olive dans une baffine de cuivre aflez grande qu'on pofera für un feu de charbon, pctit au commencement, Sc l'on agitera toujours la matiere afin quelle fe lie , on augmentera le feu , & quandeile ferabien chaude , on y verfcra deux ou trois onces de vinaigre, il fe fcra un petillement Sc un bouillonnemenc con- fiderable ; quand le vinaigre fera confume, la matierc s'abaiffera , jetcanc beaucoup de fumee puante, an l'agitcra en cet etat quelque tems für le feu, puis on y mettra de nouveau vinaigre comme auparavant, on continuera ainfi a le faire cuire par un feu vigoureux , y ajoutant de tems en tems un peu de vinaigre jufqu'a ce quelle ait acquis une confiftence d'emplacre Sc une couleur noire, puis on la.Iaiflera refroidir A j^,,,: 8,___i____!„..., *,„ m *nA~\—Z.- _____ i_„ ___:.......-.-il.' . j>.,».. >.,a i'„„. a demi Sc on la roulera en magdaleons avec les mains mouillees d'eau , c'eft era- L'i- Emplaftrum nkr m. platre de cerufe brulee, qae plufieurs appellent emplaßrum nigrum , mais je decr rai un autre emplatre noir dans la luite. Il eft deterfir, fort deficcatif, propre pour les playes Sc les vieux ulceres, parti- Vertjj. culrer-ement pour ceux des jambes. On peut au lieu de la cerufe , employer le minium ou une autre prepararion de plomb , a la verite le nom de cerufe ne conviendra plus alors a l'emplätre , mais il n'en aura ni plus ni moins de vertu } pourvü qu'on obferve dans la cuite les meines circonftances que j'ai dccrites. Le petillement & le bouillonnement fubit & violent qui fe fait des qu'on a verfe le vinaigre dans la mauere chaude, vient de ce que cette liqueur qui corabe d'abord au fond , etant poufße fortement par le feu , &c ne trouvant pas aifez d'iflue libre pour fortir , ponlfe l'huile & la fait rarefier. Ce qui rend cet emplatre noir f eft que l'action violente du feu revivifie la prepararion du plomb, & fait reprendre a ce rnetal fa couleur naturelle en meine tems quelle le fait diflbudrc Sc nielanger intimement dans l'huile. Emplatre de minium ßmple. Trcnez* da minium j une livre & demie , De l'huile rofat , trois livres, De l'eau commune , ce qu'il enfaudra. Cui[et.-les, & faites-en un emplatre felon l'art. R E M A R QjJ E S. On pulverifera fubtilement le minium , on le melera dans une baffine avec l'huile Sc environ deux livres d'eau commune , on fera bouillir fortement la mauere (ur le feu enl'agitant inceffamment avec une efpatule de bois , jufqua ce quelle foit en confiftence d'emplatre ; s'il n'y avoit pas affez d'eau pour achever la cuite , on en iijouteroit encore. ' L'emplätre de minium eft deficcatif Sc propre pour cicatrifer les playes. Venus. f Qqqqqq Vertus. so 4 i PHARM ACOPE'E Quelques-uns melent huit onces de cire jaune dans cet emplatre } Sc alors on s'en fert pour chaifer lc kic des mammelles, on en applique für le fein. Emplatre de minium , de Figo. Trenez, de U terebenthine , dix dragmes , De l'axonge de porc , fept onces , Du futf de mauton & de vache , & de l'httile rofat, de chacm dem l'me , De l'buile de myrtbe , de l'onguent populeum , de la ceru/e , de chacun qitatre onces 3 De la Ht bärge d'or & d'urgent, de cbaeune trois onces & demie , Du minium , trois onces , De l'axonge de poule , deux onces, De la cire blanche , ce qu'il enfaudra. Faites-en un emplatre felon Fart. R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilement enfemble les litharges, lc minium Sc la cemfe, on les melera dans une baßine avec les huiles , les graifles & l'onguent populeum , on y ajoutera deux livres d'eau commune , Sc l'on fera bouillir le melange , le remuant toujours avec une elpacule de bois , jafq.ua ce qu'il aic acquis une confiftence d'em- plätre , Sc que Peau foie entierement confommee, ce qu'on connoitra quand il ne bouillira plus, on fera fondre alors dedans huit onces de cire blanche rompue par petirs morceaux y la terebenchine, pour faire da tout un emplärre qu'on gardera au befoin. Il defleche , il cicatrife & il refout. L'Auteur amal dofe les Ingrediens de cette compofition , ou bien les copiftes onc embrouille la matiere , car au Heu de demi livre d'huile de rofe qui entre ici, l'oa troove plufieurs Difpenfaires qui en demandent une livre & demie , cerre diverfite ehibarafle les Apoticaires qui onr pour but de fuivre exaetement l'mtention d'un Auteur: de plus, la quantite des preparations de plomb n'etant point proportionnee a celle des huiles Sc des grailles , ils ne peuvent donner a. leur emplatre une confiftence requife. Je trouve qu'il entre trop peu de minium dans cet emplatre , on doit en doubler la dofe, afin de donner une meilleure confiftence a la preparation, car lans cette ad- dition il fera un peu mollct , de plus commc le minium lui donne le nom , il doit y entrer en alfez grande quantite da litharge ni la cerufe n'y fönt pas plus necelfaires que le minium , ainfi l'on pourroitfe contenter de cette feule preparation de plomb en une dofe proportionnee. La terebenthine entre dans cet emplatre en trop grande quantite , eile Pamolit trop , il feroit a propos de lui fubftituer la refine ■> voiei donc comme je voudro» reformer la compoiirion. Emplutie de minium , reforme. Trenez, du minium , une livre & dem'te i De l'axonge de porc , du fttif de mrnton & de vache , & de l'buile rofat, de chacun demi-livre , De l'huilc de myrthe, & de l'onguent populeum , de cbaeune quatre eines 3 De l'axonge de poule, deux onces t UNIVERSELLE; io 4? Mikt.-Us } &0ee une quantite fuffifante d'tau commune , tulfet-let tnconfißence d'empljitre , apres quoi vous y ajouterez. De la refine , dix ences , De la cire blanche , buit onces , Emplatre de minium , de Mjnßcht. Prenez, de Vhuile d'olives , dornte onces , Dtt minium , quatre onces , De la cerufe , deux dragmes , Da fuif de bouc , une once & demie , Du fantal rouge , fix dragmes , De U che jaune & de Calun brule, de tbacun trois dragmes, Des rofes rouges , uns dragme. Melez. le tout , & faites-en un emplatre felon l'art. R E M A R 0_U E S. A pres avoir pulverife fubtilcment le minium Sc la cerufe, on les mettra cuire dans une Baffine par un feu aflez fort avec l'huile , le fuif de bouc & environ deux livres d'eau , les agitant inceilämment jufqu a ce que la matiere aic acquis une confiftencc d'emplätre , on y fera fondre alors la cire, & quand l'emplätre fera a demi refroidi > fon y melera le fantal, l'alun brule & les rofes qu'on aura pulverifez fubulement , pour faire du tout un emplatre qu'on formera en magdaleons. II deterge , il defleche, il cicatrifc , il refiite a la pourrimre. On pourroir fe paffer de cerufe dans cette compofition , en mettant cn fa place du minium , car la cerufe Sc le minium fönt deux preparations de plomb qui pro- -duifent des efFets iemblables , etant cuits dans les emplätres. La cire entre ici en fort petite quantite , il vaudroit mieux qu'on n'y en eüt poinc inis, car que peuvent faire trois dragmes de cire für deux livres d'emplätre ? Emplatre de be'toine. Prenez, des feuilles vertes de betoine , de laurier, de plantain, d'acbe & de verveine bien pilees , de cbacune trois poignees , De la refine , de la poix blanche , de la terebenthine de Venife & de la cire jaune , de cbacune deux livres. Cuife-L-les enfemble a petit feu , en les remuant fouvent jufqu'a ce que Ibumidite des herbes foit prefqu'enttereinent confmnee ; coulez.enfuite & exprimez, la decoäiOH fortement, puis dans cette exprejfon bien pulverife'e & refnidie J melez,-/ Du mafiicb & de l'ulibanpulverifez. , de cbacun deux onces. Tattes-en un emplatre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On cueillera les plantes dans leur plus grande force Sc vigucur, on les nettoyera on les coupera Sc on les pilera bien dans un mortier : cependant on liquefiera enfemble dans une baffine für le feu, la refine , la poix blanche , la cire &c la terebenthine, on y melera les herbes pilees , on fera bouillir le melangc doucement pendant une Q.qqqqq ij Vertus. Vertus. Smplaßrum de jatlUK, IGßJflJS 1044. PHARMACöPE'E heure, le remuant fouvenc avec une efpatule de bois , on retirera la baflinc - de dellüs le feu, & on laitlera la mauere en digeftion ä froid pendant trois ou quatfe jours) enfuice Ton recommencera a. la faire cuire , Sc Ion continuera jufqu'a con- fomption de prefque route l'humidite aqueufe , on la coulera p.ir 1111 linge & on la mettra routechaudea la prelle , pour l'exprimer fortement, on feparera ies fcccs qui fe trouvcront au fond de l'emplarre refroidi, on le merrra für un peu de feu pour le liquefier, & Ton y melera exactement avec un biftortier les poudres de maftich Sc l'oliban pour faire un emplatre qu'on gavdera au befoin. On l'employe pour les playes de la tete, il deterge & il cicatrife , on peut s'en fer- vir auffi pour les autres playes. On a appelle autrefois cec emplatre emplaßrum de janu , mais ce nom n'eft plus en nfage. On ne demande ordinairement que les fucs des plantes pour cette compofition , mais en employanr les plantes meme pilees , l'emplätre en retire plus de verdeur &Z plus de vertu. On le fert de l'emplarre de betoine pour les playes de la tete a caufe que la betoine eft cephalique , mais cette qualite ne confifte qu'en des efprits volatiles t lefquels fe diffipent dans Febulition t ou qui perdent leur volatilite dans laglutinofitede l'em- plarre, ainfi je ne vois pas que l'emplätre de betoine doive etre plus propre pour les. playes de la tete que pour celles des autres parties du Corps. Emplatre de U g?.ice de Diea. Prenez. de Li rejine , une hvre , Di' la tercbenthine , demi Hvre Di U che , qtiiitre onces, De U betoine , de U pimpernelle ,&dela verveine nouvelle, de chdcune une poignee , Du Pitt bUnc , une hvre. Cmfeu-Us enfemble jufqna confomption d'bumidite. CouUz.-les & les exprime^for^ tement, puis dans Li mauere Ctulee & purifie'e , melez.-y Du nußtcb bien pulverife, wie once. Faites-en un emplatre felon Fart. R E AI A R O^U E S. On aura les herbes nouvellement cueillies dans leur vigueur, on les coupera &C on les pilera bien dans ün monier de marbre , cependant on mettra fondre eniem- ble für un feu mediocre , la cire, la renne Sc la terebenthine , on y melera les herbes pilees & le vin blanc, on fera bouülir le nielange jutqu'ä confomption de l'humidite ; on coulera la matiere toute chaude & 011 i'expnmera fortement ( onla laif- fera refroidir fans la remuer, on (eparera les feces s'il y en a on la fera refondre für un pent feu , Sc quand eile fera a demi refroidie , Ton y melera exactement le mar ftien fubtilcment pulverife , pour faire un emplatre qu'on roulera en.magdaleons pour s'en fervir au befoin. II deterge & il agjutirie en jfortinant, on Peniplbye aux playes de la tete. Le nom de cet emplatre hü a erc donrie pour exprimer fes grandes vertu?, decrit differernment dans les Difpenfaires , quelques-uas en retranchenrles her! d'autres en fönt une deco&ion dansle vin blanc, avec laquelle ils Javent & ma; Üempjatre :Ja rheijleure methode eft celle quej'ai rapportee ; parce qu'on l'empreims de.s Gibitanc.es des herbes,. on l'a bes , aienc UNIVERSELLE. 104J Cec emplätre a beaucoup de rappott avec ceküde betome , c'eil pourquoi Ton pourroit fort bien fe paffer de Tun ayant lautre. EmpUtre cephaliqne ou coronnl. l'renez, des gommes de liere , du tacbamaacba, deflorax f de benjoin , de maßicb ■ 0,'ohban t de labdanum t de chacune deux onces, Ds U canelle , de la terebentbine de Venife , de chacune une once. Avec ce qu'U faudra de ßcrax liquide , faites-en un emplätre, R E M A R Q^_U E S. On pulverifera enfemble les gommes & le labdanum , d'une autrepart La canelfe, les gyrorles & la mufcade , on mettra toutes ces poudres enfemble dans un morrief de bronze, on les incprporera avec la terebenthme & ce qu'il faudra de ftorax liquide biennet, pour donner au melange une conliftence demplätre; on le battraloag- tems afin de bienlier & incorporer les Ingrediens. Cec emplätre eil fort eftime ponr fbrciher le cerveau, pour rarelier & pour diffi- \/ eiivSl> per la pituitetrop epaiffc, ons'enlert dans Lepilepfie, dans la lethargie , on i'ap- plique für la future coronale. Les empläcres bouchenc les pores & empechent fbuvent une partic de la cranfpi- ration qui fe feroit, mais lls ne laiffent pas de produire un bon effet, en ce qu'ils ramoliilent Sc difpofent les humeurs ä eure enlevees peu ä peu par la circularion,ce quinefe pouvoit pas faire aifement lorlque i'humeur etoit trop condenfee &c trop groffiere. Cec emplätre cephalique eft compore d'ingrediens propres ä faire une rarefaction dans les humeurs pituiteutes & trop vilqueules du cerveau, & s'il ne les fait pas tranfpirer , il les liquefie de les fait couler par les conduits ordmaires du nez & de. k bouche , ou bien il les fait diffiper par la cuxulation. Stephaniaum eft un mot grec qui fignifie coronal , ou pour les futures. Emplätre epllepttq-te , de Mynficht. Prenez. des huiles de cafloreum , de rhue & d'iris , de chacune une once ~ } Des racines de pjrethre & de pivoine , & de la femence de U mimt plante t de chacune une dragme\ Bit guy de ebene , de la falle preparee , de l'ongle d'e'ian & du träne humain , de cba- citn deux (craputes , Dt l'encens eboiß } du maßicb , du ladanum , des gommes galbanum & opopanax , dl chaeun denn drdgmt , Des fleurs de lavende , de ftoeebas arabique & du fpicanard , de chaeun une poignee , Des huiles diflilees de rojmarin & d'bjjjope, de celle de noix mufcade tiree par expref- Jim , de chacune un ferupule , De la rejine & de la ein , de chacune ce qua en faudra. Eaites-en un emplätre felon l'art. R E M A BL O^U E S. On pulverifera enfemble fubtilement les racines, les bois ; les femences, les fleurä, la falle trochifquee , le crane humain & l'ongle deland rapez ,\le ladanum & les gommes, on hquefiera de la cire & de la poix-refme de chaeun huic onces, avec les huiles de rhue, d'iris & de caftor, on agiterä la matiere avec un bi! tortiet, & quandl so 4 * PHARMACOPE'E die fera a demi refroidie, Ton meiera les poudrcs, 5c enfin l'huile de mufcade Fondue &Ies huilcs diftillees, pour faire im emplatre qu'on formera en magdaleons. Vettuj. H eft propre pour fortirier le cerveau , pour preferver de l'epilepfie, on l'applique für la futuxe coronale. Emplatre Aivin. Vrenez, de la litbärge d'or preparie , une livre & äemie, De l'huile commune , trois livres, De l'eau de fontaine , detix livres. Cuife^-les enfemble en conjifience d'emplatre, puis milcL-y De lapierre d'aymantpreparee , une demi livre , Des gommes ammoniac , galbanum , opopanax , bdellium , de chacun trois onces , De la myrrbe , de Voliban , du maflicb , du verd de gm , de l'arifloUcbe ronde > de c &4- cun une ence & demie , De la cire jaune , buk onces , De la tercbentbine , quatre onces. Faites-en un emplatre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On choifira les gommes les plus nettes qu'il fe pourra, on les mettra fecher par une douce chaleur encre deux papiers . puis on les pulverifera enfemble, on mettra en poudre fubtilele verd de gns &c lariftoloche chacun feparement, onbroyeralur le porphyre la pierre d'aymant pour la rendre impalpable , on meiera dans une baf- fine la litharge preparee , l'huile öc l'eau, on fera bouillir le melange für un bon feu , l'agitanr incefiamment avec une efpatule de bois , jufqu'a ce qu'il ait acquis une confiftence d'emplatre : on y jettera alors pcu a peu les gommes en poudre, la circ conpce par petits morceaux & la terebenthine, elles fe fondront en peu de tems, on retirera la baffine de deflus le feu, continuant toujours a. remuer la matiere, & quand eile fera a demi refroidie , l'on y meiera le verd de gris & lariftolochepulverftez , pour faire un emplatre qu'on roulera en magdaleons pour les garder au befoin. VeitiiSi ^ deterge , il mondine } il cicatrife, il amolit, il refout, il fortirie , l'on s'en fert pour toutes fortes de playes & d'ulceres, pour refoudre les tumeurs , pour les contu- iions; le furnom de divinum lui a ete donne a caufe de fes grandes vertus. La litharge en bouillant avec l'huile & l'eau fe diflout, & eile donne a l'huile une confiftence d'emplatre , l'eau n'y eft mife qne pour faire cuire la matiere •, s'il n'y en avoit point afiez pour achever la cuite , on en ajouteroit d'autre , mais fi l'cmplätrc eft prafque cuit apres la confomption de l'eau , il faut fe contenter d'en continuer l'agitation quelque tems für un feu medioere : quoiqu'il ne bouille plus ; il fe dur- cira. La methode ordinaire eft depurifierpar le vinaigre la gomme ammoniac, le galbanum , l'opopanax & le bdellium, mais conime on ne peut point faire cetre purifi- cation , qu'on ne laifle diffiper beaueoup de parties volatiles de ccs gommes, il vaut beaueoup mieux les reduirc en poudre avec les autres, il eft vrai que le galbanum & l'opopanax fönt d'une fubftance vhqueufe & difhcile a mettre en poudre > mais quand on les aura fiit fecher , &c qu'on les aura meles avec les autres gommes, elles s'y reduiront facilement. On peut incorporer les gommes pulverifees dans l'emplatre , pendant qu'il eft UNIVERSELLE. 1 04? forr chaud , ou Iorfqu'il eft plus qua. moitie refroidi, mais il y a danger qu'elles ne fe grumellent, fi on les y met pcndant une chaleur moyenne , Sc elles ne fe lient jamais fi parfaitement au refte de la matiere. D'un aurre cote on pcut dire qu'en me- laiit les gommes dans la matiere fort chaude , on fait difliper une partie de leur vo- latile , mais coname elles fe fondent en un moment fe lianc incimement au corps de l'emplätre, leur fubftance volatile s'y aglutinc pour la plus grande partie , & eUc s'y fixe en forte qu'il ne fe fait guere de dilfipation, au refte ceux qui auront du fcru- pule a cet egard pourront choifk lautre methode. Quand on ne mele le verd de gris dans l'emplätre qu'a. la fin, comme il eft ici dc- crit , il lui donne une couleur verdätre , mais fi on l'y mele immediatement apres lacuite de lalitharge, il lui donne une couleur rougeätre, parce que les acides tarta- reux qui fönt dans fes pores fe derachant par la chaleur, lailfent reprendre au cuivre fa couleur rouge naturelle ; mais l'emplätre n'en eft pas fi deterfif, il vauc mieux ne l'y mettre que lur la fin. La pierre d'aymant a ete ernployce ici a deflein cPattker & de faire fortir le fer qui peut etre entre dans les playes des bleflez , mais eile n'eft plus capable de pro- duire cet effet, car outre qu'etant pulverifee eile n'agit plus für le fer, eile fe trouve encore embaraftee dans des matieres epaifles Sc glurineuies qui la retiennenc, Sc qui changeant la difpofition de les pores , la rendent inutile a cet egard , ilne faut donc point s'attendre ä cette qualite de l'aymant, fi l'on peut lui attribuer quelque vertu , c'eft celle de deifecher , mais je trouve qu'elle entre dans cette compofition en trop grande quanrite, j'en voudrois retrancher la moitie, Sc mettre a fa place trois onces de pierre calaminaire. EmpUtte namme t main de Dien. Trenez, de lalitharge d'or freparce , deux livres, De l'hmle commune , quatre livres , De l'eau commune , trois livres. Cuifez.-les en conßjlence d'emplatre , puis iHeltv-j De la cire j.tune , une livre , De la terebentbine de Venife, denn livre. Des gomynes ammoriuc , galbanum, opop&nax , [agapemm , de la mjrrhe , de roiibitt, du maflicb, de cbaeun quatre onces , De l'hude de laurier , trois enses , Des pierres d'aymant & calaminaire, de Varißolocbe ronde & longue > de cbasun deux mces. Taites-en un emplatre felonl'art. R E M A R Q_U E S. On pulverifera cnfemble toures les gommes apres les avoirfait fecher doucemenc au feu 011 au Soleil, on broyera für le porphyre les pierres, jufqu'ä ce qu'elles ioient en poudre impalpable, on mettra en poudre (ubrile les meines d ariftoloche apres les avoir fait fecher entre deux papiers, on fera cuire la litharge avec l'huiie & l'eau commune , comme ila ete die en l'emplätre precedent, puis on y jettera peu a peu les gommes pulverilees, la cire coupee par pecics morceaux > la terebenthine, l'huiie de laurier : on rerirera la bafiine de deifus le feu , Sc lorfque l'emplätre fera a demi refroidi ■ l'on y melera les pierres broyees, Sc les ariftoloches pulverifees, pour faire un emplatre qu'on roulera en magdaleons Sc on legarderaau beioin. Il a les meines vertus que le precedent, excepte qu'il eil uwins deterfif. Vcm«, $04* PHARMACOPE'E La petite difterence qui fe trouve ehtrc les emplätres divinum cV mdtius Dei s ne roeriteroit pas qu'on en hfl: deux defcriptions feparees , auili la plüpart des Apoti- caires confondcnt-ils Tun avec l'aurre; mais comme les Dames qui preparent l'emplätre minus Dei poiu" en faire des charitez aux pauvres, croyent qu'il eft fort diffe- renc du divinum , il eil bon d'en rendre la defcription publique. Il y a ici les memes obfervarions a faire für la cuire de l'emplätre &: für le melange des gommes , que j'ai faites en la defcription de l'emplätre divin , fon «om vient auffi de ks grandes vertus. Emplatre de Paracelfe. Prenez, de la litharge d'or preparee , une livre , De V bulle commune &de l'eau de fonta'me , de cbacun deux livres. Cuifac-les en conßftence d'emplatre , puls ajoutet-y De la clre janne, denn livre , De la terebenthlne de Venife , quairc onces , Des gommes elemi & ammonlac , de' cbacun deux onces , De l'bulle de laurier, une once & demle , Des gommes Bdellium , opopanax , galbanum, du maßich, de la myrrhe , de Vencent } de l'aloes , de la racine d'arlßotocbe ronde , de la pierre calaminaire , de cbacun une once. Faites-en un emplatre felon l'art. REMARQUES. On pulverifera;enfemble la gomme ammoniac, le bdellium , l'opopanax , le galbanum , le maftic , la myrrhe , l'encens & l'aloes, on broyera bien fubtilement lur le porphyre la pierre calaminaire & Fon reduira en poudre fubtile l'anftoloche, on melera enfemble dans une baffine la litharge preparee, l'huile & l'eau, on placera la baffine für un reu aflez fort, pour faire bouillir le melange a grands bouillons , on l'agitera inceflamment avec une efparule de bois , & quand il fera cuit en confiften- ce d'empläcre, on y jettera peu a peu les gommes & la cire coupee par petits mor- ceaux , & l'on retirera auffitot la baffine de deflfus le feu , car il y aura aflez de cha- leur pour les liquefier, cependant on fera fondre enfemble dans une ecueile de rerre, la gomme elemi. coupee par petits morceaux , l'huile de laurier & la terebenthine } on paffera la mariere fondue par un linge pour en feparer les impuretez , & on les melera dans l'emplätre quand il fera a demi refroidi t puis la pierre calaminaire & l'ariftoloche pulvenfees, pour faire du tout un emplatre qu'on formera en magda- leons pour le garder. Vertus. Il eft propre pour deterger & pour cicatrifer les playes , pour refoudre , pour fortifier les nerfs & pour les conrufions. On peut attendre a melanger les gommes pulverifees que l'emplätre foirprefque froid, mais elles ne s'y lient pas li bien. Ces trois derniers emplätres diff erent il peu dans leurs compofitions & dans leurs ' vertus, qu'on peut fort bien f ans ferupule fubftituer l'un pour lautre. Emplaire po'if les frxElmes & luxxtions des es. Prenez, des racines & des feuilles de frene & de grandeconfoude, de l'ecorce moyenne d'mue , des bayes & des feuilles de myrtbe , & des feuilles de jaule , De UNIVERSELL £. io 49 de chdcune deuxpoignees , Bes rofes , une once. Tous ces ßmples pilez,, environ a petitfeujufqu'a d'mimtun de mottle ■, dans l'eau de forge & l'eau äußere que Von ajouterafur lajfn, de chacun cinq iivres. Coulez. cnfuite & exprimez, la decoäion } puis mele^-U avec du mucilage de racine d'altbea , des builes rofat & myrtin & du fmf de baue , de chacun deux Iivres , De la litbarge d'or puparee , trois hvres. Cuifez. le tout enfembte pour U feconde fois en conjißence d'emplatre , puis mele%.-y De la cire jaune , une livre e> demie De la terebtnthine , huit onces t Du hl d'Armente , de la terre ßgillee & du fang-dragon, de chacun denn livre , Des myrtilles & des rofes rouges , de chacun quxtre onces , De Vollbart , de la mjrrhe , & du maßich , de chacun trois onces. Faites-cn un emplatre felon Cart. REMARQUES. v On feratremper & bouillir dans une quantite fuffifante d'eau cinq ou fix onces de racincs d'althgea coupees par petits njorecaux pour en faire deux Iivres de mucilage qifon coulera avec expreiuon. On aura des reuilles 5c des racines de frene , de grande confoude, de la feconde ecorce d'ormCjdes feuilles & des bayes de rnyrte Sc des feuilles de faule, on les coupera & on les concallera bien, on j jomdra les rofes rouges feches , on metrra bouillir le tour premieremenr avec l'eau de forge de ma- rechal, & Ton n'y melera le vin que für la fin de la coction , afin d'en conterver une parcie de l'efprit: quand la deco£Hon fera dimintiee de la moitie on environ , on la coulera & on l'exprimera fortement. On melera dans une bailine aflez grande la lirharge preparee avec les huiles, le mucilage & la dkoftion, onpolera la bafli- ne für un bon feu de charbon , & Ton fera bouillir le melange , le remuanc incef- famment au fond avec une efpacule de bois, pour empecher que la lirharge ne s'y attache. Apres environ une heure de codtion , on y ajoutera le fuif de baue Sc Ton continuera a le faire bouillir jafqu'a confiitence d'emplatre , & que l'liumidite aqueufe foit confumee, on fera alors fondre dedans , la cire coupee par pe:its mor- ceanx & la terebenthine ; cependanc on aura pulverife fubtilement enfemble le bol Sc la terre figillee, d'une autre part les rofes Sc les myrtilles , d'une autre part les gommes. Quand l'emplätre fera a. demi refroidi, Ton y melera les poudres d figillee , puis celle des rofes & des myrtilles, & enfin celle des gommes, on aura im emplatre qu'il faudra laifTer qumze jours en maife , afin que la lerraentation ait le rems de s'y faire , puis on le roulera en magdaleons. Son nom marque (es verrus, on l'employe pour les contufions, pour les difloca- t» eituj# tions , pour les foiblefles des jointurcs , pour armer les fluxionspour refoudre , pour fortifier les nerfs , pour les gouttes. Cette defeription contient quelque chofe d'extraordinaire, comme l'ecorce d'or- rac & les rofes dans la decoebion, les myrtilles, les rofes Sc le fang-dragon dans la poudre:ces ingiediensfont tres-convenablesa l'effet de cec emplatre , Sc llsne peu- vent quaugmenrer (a vertu : aufli ay-je remarque en beaueoup d'occafions qu'il agif- foir mieux que celui qui eil fait fuivant les defcrjptions ordinaires. f Rrrrrr adres de bol & de terre Emplätre La plus grande partie des defcriptions de cet emplatre demandent de la poix l'euspi-uc noire , maiscomme eile noircic & qu'elie empeche qu'on n'y appercoive la couleur du fafFran , j'ai fuivi les Pharmacopees qui preferent la poix de Bourgogne , car il eft fort indifferent pour les vertus de la compoiition , quelle des poix l'on empioye. On pouroitpiüveriferla gomme ammoniac avec les autres gommes , & meine Ic galbanum s'il etoit en larmcs, ou aflez (cc pour etre pulverife , au lieu de les faire difloudre pour les meler dans l'emplätte , on n'auroit pas a la verite d'egard au nom , puifqu'on retrancheroit le vinaigre qui en fait la moitie , mais la compolition n'en auroit que plus de vertu, car ounre que dans la difTolution des gommes & dans Fe- ' vaporauon , on laiffe echapcr bqaucoup de leurs parties les plus voiaales & ies plus eflentielies , corarae j'ai dir aillcurs , ce diflblvant acide fixe ce qui en refte , & laiffe une impreilion aftringente qui n'eft guere convenable a la qualite delem- plätre. Emplatre dit Ccroine. Trenez, de la ein jaune & de la poix de Bourgogne, de ebaeune hult onces } De U colophone & de U terebenthine f de tbaeune qtiatre onces , Du fafran t trois onces , Des gommes ammomac & fagapenum , de chaeune une once & demie , De Valoes bipaüque , de l'encens & de la mjrrbe , de ebaeun une once , Des gommes opopanax, galbanum t bdellmm , dufiorax caUmtte, du maflicb , de l'aluu & du fenugrec , de chaeun trois dragmes, De Ia Ut bärge d'or preparee , une dragme & demie. Faites-en un emplatre felon l'Art. R E M A R O^U E S, On pulverifera cn particulier le faffiran apres l'avoir fait fecher par une lente chaleur entre deux papiers. On mettra en poudire toutes les gommes enfemble > apres Rirrri ij Vertus. Ciroene- Fiux cero- besim, Venus. 1051 PHARMACOPE* E avoir fa'u fecher doucement cellcs qui fönt trop humides, on rednira auffi en noir- dre l'alun &c le fenugrec chaeun en leur particulier, on mettra fondre enfemble la cire, ia colophone , la poix noire 8c la terebenthine , on coulera le melange par im linge j & quand il fera a demi refroidi, Ton y melera exadtement la litharge pre- paree , l'alun , le faffran, le fenugrec & enfin les gommes pulverifees pour faire Line mafle d'emplatre qu'on roulera en magdaleons. Il a les meines vertus que le precedent, &c l'on peut bien fubftituer l'un a 1 au- cre. Cet emplatre a pris fon nora de la cire & du faffran qui y entrent, c'eft aufli doli vient le mot de ciroene, nom que le vulgaire doiine aux etnpläeres qui fomfient. Les defcripcions de cet emplärre fe trouvent mal dofees Jans les Pharmacopees, car on y fait entrer ordinairement trop peu de cire, de poix noire, de colophone &c de terebenthine pont la quantite des poudres >• cclle-ci paroitra beaueoup plas rai- fonnable. L'emplätre de ceroneum eil fort en ufage dans quelques Villes de France , mais comme on le de.n.inde ä bon marche , les colporteurs le contrefont en teignant le. diapalme en jaune avec du terra merita en poudre fubtile qu'ils mclent dedans. Emplatre de cire & de cum in. Trcmz, de la che jaune , une lirre t De Li rejtne & de Vhuile rofat » de chaeun cinq onees , De U terebt nthme de Vemfe , de la poudre de cumin , & du hol d' Armenie , de chaeun trois onces , Des fwurs de camomille, de meldst & de rofes rouges , des mjrtillts , & du fang- dragon , de chaeun trois onces , Faites-en un emplatre felon Vart. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble le cumin , les fleurs & les myrtilles , d'une autrepart le fang-dragon , d'une autre part le bol, on fera fondre enfemble la cire, la refine cou- pee par pecirs morceaux & h terebenthine avecl'huile rofat, 8c lorfque la matiere fera ä demi refroidie, on y melera les poudres pour faire un emplatre qu'on for- inera en magdaleons. 11 eft propre pour les rractures, pour les diflocations , il fortifie , il refout Sc il diffipe les vents. Emplatre de cbarpy*- Prenez, du vieux charpj coupe bien menu, hm onces, De l'huile commune & de VetU defontame, de chaeune huit Uvres , Cu.ifex.-les enfemble für uttfeu modere jufcjua confomption d'un tiers ; coulet^-les enjuite & les exprimez,fortemetit , pms coiilez, l'exprejfon avec deux livres de cerufe de Vemfe bien pulvcnfee, en con/ißence d'emplatre. Fondez*-y apres ccla , De la cire jaune , une livre. Et quand la matiere fera a demi refroidie, vous y meieret* les poudres fuivantes ? feavoir , De la tnjrrhe, du maßich & de l'cliban, de chaeun trois ences, De l'does choiji, deux onces, Faites-en un emplatre felon Lart, UNIVERSELL E. 1 REMARQUES. 10 33 On fera du charpy de vieux linge bicn nee f on le coupera le plus menu qu'on Fourrä avec des eifeaux, on le mettra dans un pot de cerre vemiffe , on verfera deflus haile & l'eau, on couvixra le pot , & on le placera für un fea modere pour faire boLullir la matiere julqu'a confomprion da tiers , enluire on la coulera avec forte exprefiiqn , on mettra la colature dans une baßine, on y demelera la cerufe pulve- riföe , & l'on fera euke le melange en le remuant coujaurs avec une eipatule de bois jufqu'a ce qu'il ait acquis une confiftence d'emplätre ■, s'il n'y avoit pomt affez d'eau pour achever la cuite 3 on y en ajouteroit d'avantage , on mettra fondre dans l'em- plätre , la cire coupee par petits raorecaux , & quand il fera plus qu a demi refroidi Ton y melera les gommes qu'on aura reduites en poudre eres - fine , on roulera cet emplatre par magdaleons öc on le gardera. Il eft propre pour monchfier &c pour cicatrifer les playes & les ukeres. Cet emplatre eft decrit diverfement dans les Diipenfaircs , toutes les deferiptions fönt bonnes, mais celle-ci m'a paru k meüleure , je Tai tiree de la Pharmacopee Royale; le charpy en (ubftance f err pour les playes, on en forme des tentes öc des plumaceaux propres a foutemr öc a introduite les onguents , pour abforber une par- tie des humiditez & pour les tenir ouvertes , mais la decodtion qu'on fair de ce linge rarefie ne peut ecre utile pour aueun de ces errecs , ainii quoique la compofinon pren- ne fon nom du charpy , eile n'en tire aueune qualite. * Les Marechaux fe fervent de l'emplätre de charpy , fous le nom d'Onguent de iVlonfieur Curty , öc ils l'employent pour les encloueures, pour les playes öc pou» les meurtäfleures des chevaux. Emplatre de foulfre, Vrenet, de la cire j atme , de U reßne & delapoix navalle , de chaeun une l'tvre , Du feulfre fubülement pulvertj-e & de l'huilt de camomille, de cbattm quatreonets, De U terebentbine , des racines d ins & de cumitt , de chaeunes une eme & demie. Idites-en un emplatre felon Vtktt. R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilemer* le foulfre en particulier , dune autre part on mettra en poudre enfemble le cumin 8c la racine d'iris : on fera fondre enfemble für un petit feu la racine , la refme & la poix noire rompues par petits morceaux , avec la terebenthine &c l'huile de camomille , on paflera la matiere fonduepar un linge pour en feparer les impuretez , puis on y melera le loulfre öc les autres poudres, on ior- mera cet emplatre en magdaleons. Il refout les cumeurs, il chatte les vents. Ceux qui voudront que l'emplätre retiennc la couleur du foulfre , employeront dans la compofition , lapoix de bourgogfte a la place de la poix noire, & le remede n'en aura pas raoins de vertu. E npldtre de foulfre , de Ruland. Treaez. du-bäume de foulfre de Ruland , tro'aouces, De U cire , deimonce, De la celopbone , trois dragmes , De la mjrrbe , autttnt que de tont le reße. Faites-en un emgljitre felon l'art. Rr r rrr Vertus» Vera» ioj4 Vertas. Vertu*. l'HARMACOPE'E R E M A R Q^u E S. ■ On mettra fondre ia cnc & a coiophohe avec le bäume de foulfte de Rukndus fu un pcut fe«, puu on y melera orois onces fepc dragmes de myrrhe «bVüemcnc pulvenlcc, on üuflera le belange für le feu le remuant Ljours , KquV e S a acqms une conhftence d'unplärre. ; ' l •".equiiait rituref F ° FC P ° Ur d " CrgCL ' & m ° ndifiCr lCS pkyeS • J1 refout & ü reflIte * ia Po«' pas^üez 1 de 1 cn^ C ?" ^ ******* ^ ** b ° nnC COofiftcnce ' P arCe ¥* n 7 en ' Emfatre de cigue. Freuet, de Vhmle de eigne & du fuc de U mime plante , de chaeun deux Imes , De U litbarge d or preparce , une hvre. Cuifez, les en conßßcnce d'emplatre puis ajoutez.-y De Ugomme ammonuu diffoute , paßee & epaijße dans l' tM de ciguc , une hvre , Di U terebentbme ken claire , quutie onces. Faites-en un emplatre felon l'art. R E M A R qju E S. On concaflera bien environ feize onces de gomme ammoniac , on lamettra d™ S od P lac de ten-e , on verfera deflus, environ deux livres de fuc de Lue no^vcl e- ment txre par expreffion, on mettra la manere en digeftion für les cef dres chaudes pendant cjnq od fix heures enhure on la fera bouilhr ffic le feu doucemen uvnon un quarr d heure , ou jufqu'a ce que la gomme foit difloure , on la paffer laZ Z une etarmne Sc on 1 «pnmera fortement pour en feparer les jmpuScnS y 've■ k d i £i£ I V ' t P k dliI ° f 10n C ° mme «V«t« . on la melera DÄ r -L«.Ä? fc ^ aflez fort dans une bäume les remuant inceflanWnc ave* une eL de de bo s jufqu a ce qu ils ayent acqms une confiftence d'empktre, 8c que ffiditeaqueufe du fuc axt eteconlumee , on reureraalors labaffine dedeflul le feu & luv d! melera la gomme ammomac difloure 8c la terebenthme, pour farreune m 3em- platre qu on roulera en magdaleons pour le garder Heft fort refolntif.ons'cnferr pour les tumeurs fchirreufes du fove Sc de la rattc , pour les loupes pour les fcrophules. 7 >*»/» emplatre de tigui. Df /4 fi« y,ir;?/e , buit onces. Milc^lesen/em^&faltes-enunempatre felon Cm. R E M A R' Q^u E 5# On concaflera deux livres & demie ou trois livres de gonunc ammoniac on 11 meto» dans une temne, on verfera deiTus, quarre üvres^ou environ de lue de cy- UNIVERSELLE. 1054 gue nouve'lcment tire par expreffion , on mcttra la mauere en digcftion pendant quelques beu.es , puis on procedera a lacolature, a la difTolurion 6c a I'evaporation ou codfcion , de la meine maniere qu'en 1'Operation precedente. On mettra fondre avec ia gomme ammoniac purifice dans le fuc de cygue , Sc epaiffie, la cire coupee par petics uiorceauxfur un peu de feu , remuantle meiange avec une efpatule , & l'on aura l'emplätre de cygue qa'on gardera au befoin. Il a Jes meines vertus qae le precedent. H vaut mieux garder cec emplatre en maffe dans une terrine , que de le former en rouleaux, parce qu'il s'apiatit beaueoup : il eft plus verd que l'autre , on l'eftlm« auili davantage, a caufe qu'il y entre plus de gomme ammoniac, Emplatre de nicotiane. Vreneii. de la nicotiane nouvelle concaffee, quatre livres , De la reßne , de lapoix blanche & du fuif de mouton , de ebaeun une livre & dcmle , De la cire jaune , une hv.e. Cutfez,-les er.fcmble en remuant fouvent avec une efpatule de bois, prefque jufqu'a conjomptwn d'bumidiie ; coulct. enfuite & exprtmez,fntement la decoäion, puis melet. dans L'cxprejlion , de U gomme ammoniac diffoitte , pafjec & epaijjit dans le fuc de nicotiane & de laterebentlnne claire , de chaenn fruit onces. Tiiltes- en un emplatre fclon l'art. R E M A R O^V E S. On fera fondre enfemble dans une balline , h cire, la poix de Bourgogne, la reime de chacune demi-livre. Melez.-les & les faltescu'tre dans U dccoäionprecedente jufqua conßflence d'emp-U- tre , & faites-y fondre enfnite De la cire jaune , une livre. Puis la mauere etant a demi refmdie , melei*-y De la poudre d'oliban , trois onces, De l'euphorbe t une once & demie , Du fafran , demi once , De Vargent vif, une livre , De la graijfe de vipere, de la terebenthine & dußorax liquide, de chacun quatre onces- Faites-en un emplatre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On aura les grcnouilles Öc lcs vers de rerre vivans, on lavera bien ces derniers , les racines feront nouvellement cueillies , nettoyees Sc coupees par morceaux , on mettra bouillir le tout enfemble dans le vin pendant un quarr d'heure, puis on y ajoutera le feheenanth, le ftoechas Sc la matricaire, on continuera Ja coftion a petic feu, jufqu a confomption du tiers de l'humidite , on coulera enfuite la liqueur , exprimant fortement le rnarc , on la mettra dans une baliine avec la litharge preparee , les graifTes Sc les faules, on fera bouillir le melange en remuant meeiiam- UNIVERSELLE. 1 1059 mcnt au fond de la baffine aveune grande efpatule debois, jufqu'ä ce qu'il ait ac- quis une confiftence d'cmplätre , on y mettra fondre alors la cire coupee par pecits morceaux. On eteindra cependant dans un grand monier de bronze, le vif argeiu avec la teirebenthine, le ftorax liquide & la graiffe de vipere , en les agitant eniemble for- temenc Sc long-tems j puis quand remplätrc fera a demi refroidi , on le verfera dans le monier , pour le meler exadtement pendanc qu'il fera encore un peumou , ivec le mercure eceint. On y incorporera auffi i'oliban , l'euphorbe & le faffran, qu'on aura reduits en poudre fubtile , on formera cet emplatre en magdaleons avec les mains ointes dun peu d'huile, pour le garder au befoin. II eft fort refolutif, on l'cmploye pour amolir & diffiper les humeurs froides , f>our les loupes t pour les nodohtez , pour les tumeurs veneriennes , pourappaifer es douleurs : on en mec des empiärres par tout le corps, quand on veut excitcr le flux de bouche. Il entre environ une once & demie de mercure für chaque livre de cet emplatre, ce qui fait une dragme für chaque once, on peut le doubler , le tripler, le quadrupler quand on veut, mais la quantite ordonnee doit fuftire. On peut garder Une partie de l'empläcre fans mercure , on Pappellc Emtlaßrum de Vigoßmplex ; il eft refolutif. Il a retenu le nom de fon Auteur Jean de Vigo. Toutes les deferiptions qu'on en trouve dans les Pharmacopees , ne conviennent pas dans la proportion de la litharge qui y doit entrer , car la pliipart en deman- dent trop peu, ce qui fait qu'en les fuivant on ne peut jamais donner une confiftence atlez folide a la compofition. On travaillera en affurance de reuffi: entout, pourvu qu'on fuive exa&ement notre defeription , car la juftefte des dofes y eft fort bien obfervee. Emplatre diahotanum de A4. Blondel , Medec. de Paris. Trenet. des raciues & des feuilles nouv eilet de bardane , de gefaßtes , de eigne , de tbam a. caufe de la quantite des plantcs qui y D'oü vient :rent , car ce nom iignifie compofition de planres a ßoTa,vH > berba. Je . nom de Diabotanum, Vertus. entrent , car ce nom ilgmhe compofition de plantes a ßiToLvy ■. Emplätre oh ca.t.ipUfme de b.xyes de Uurier. Prenez, des bayes de Uurier y deux onces , Du maflieb, de l'encens & de la myrrbe y de chieun une once , Des racines de fauchet de cofius , de ebne une demi-once , Du miel ecume , ce qu'il enfaudra. laites-en un einplane felon Furt. R E M A R 0_U E Si On pulvrifera enfemble les bayes 8c les racines , d'une autre part on mettra eh poudre enfemble la myrrhe & l'encens dans un monier huile au fond : d'une autre part on pulverifera le maftich a part dans un mortier humeete au fond de deux gouttes d'eau , on melera toutes ces poudres & on les incorporera avec une livre 8c dcmie de miel ecume cuir en confiftence d'opiate , pour faire un emplätre ou plu- t6t un cataplafme ou un electuaire. Li eft propre pour la solique venteufe , pour l'hydropifie , pour les doulcurs de la matrice 8c des internus: on l'apphque ehaudement für le bas venire. Mcfue pretend que cet emplätre fera cncore plus eftteace pour l'hydropifie , fi Von triple le poids du cyperus dans la compofition, 8c fi l'on y ajotite autant que le tout pefera , de fiente dechevre ou de vache fechee. PlulTcurs gardent la poudre de cet emplätre pour le faire für le champ , au be,- foin. Emplätre de natare de b.de ine, de Myiifch',- Vrentz, dz la che blanche , quatre onces, De la nature de bateine , deux onces , Dugalbanumdißoutdans le vinaigre mit, & pajje , une once. Melez le tout, & fa'nes-en un emplätre felon V.'.rf. R E M A R Q^V E S. Ön liquefiera far un petit feu dans une ecuclle de terre verniiTee la cire blanche rompue par petits morceaux avec le galbanum purifie, puis on y ajoutcra la naruic de baieine : on melera bien le tout, 8c l'on gardera cet emplätre. Il appaile la furie du lait des femmes nouvellement aecouchees, il empeche qu'il Vemis; ne le grumelle dans les mammelles , 8c il diflout le lait grumcle que les femmes Sfff ff iij Vwtus. 106t PHARMACOPE'E appellent vulgaircmcnt le poil •, il amolit aulli , Sc ii refour les tumeurs fcrophu- leufes. Cet emplatre eft rendu moller par la quantite de la narure de baieine qui y entre: onpeuc le garder dans un por fi il eft trop mou , pour etre roule en magdaleons. Emplatre de frais de grenouilles. Prenex. du frais de grenouilles , de l'huile de frais de grenouilles , de la cerufe bien pulverifee , de chacun deux hvres , Du vitriol blanc & de l'alun er ad, une once & demie. Cuifez.-les enfemble en conßfence d'emplatre, puis ajoutex.-y De la cire blanche , trois onces, Du maflieb & de l'encens , de chacun demi-once , Du camphre trois dragtnes. Faites-en un emplatre felon l'art. R E M A R QJJ E S. On aura du frais de grenouilles nouvellement ramafle , on le melera dans une baffine avec l'huile de frais de grenouile, la cerufe , le vitriol blanc Sc l'alun pulve- rifez , on fera cuire le melange par un feu modere jufqu'a confiftence d'emplatre , on y mettra alors fondre la cire blanche ; Sc quand il fera prefque refroidi, l'on y incorporera le maftich, l'encens fubtilement pulverifez , & enrin le camphre dif- fout dans environ demi-once d'huilede frais de grenouille : on roulera cec emplatre en magdaleons , pour le garder. Il eft propre pour les playes ou. il y a inflammation ; il deterge, il adoucit l'acrete de l'humcur Sc il defleche : on s'en fert pour les playes des yeux. On ne mele ordinairement le vitriol Sc l'alun que für la fin de la cuite de l'em- plätre; mais comme il ne peut fortir de ces fels mineraux que du phlegmc par cetee codion , il importc peu il on ne les employe plutöt ou plus tard, Emplatre 9 ßittique de Crollius. Trene%. du minium , de la litbarge d'or & d'argent, & de lapierre cahminahe , de chacun demiAivre , Des huile de Un & d'oiives , de chaeune une livre & demie , De l'huile de laurier , une iivre , De la decoäwn d'arifloloche ronde & longue , trois Hvres. Cuifez. le tont enfemble felon l'art en conjifience d'emplatre , puis ajoutet.-y De lacire jaune & de lacohphone, de chaeune une livre , De la terebenthine & durernix , de chacun demi-livre , Des gommes opopanax, fagapenum, galbanum , anpnoniac , biellium } de chaeune trois onces , De l'ohban , delamyrrbe , del'aloes , du fuccin , des racincs d'arifloloche ronde & longue, de chacun une once & demie , De la mumie, de la fierre d'aymant f de la pierre bematite , du cor all rouge & blanc , de la nacre de perles , du fang-dragon , de la terre ßgillee, du Vitriol blanc & du camphre , de chacun une once. UNIVERSELLE. iotfj Des flturs cpAntimtitte & du fafran de Mars aflringent, ie CaMHft dem wee. Faites-en ttn emplatre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On broyera enfemble für le porphyre lefuccinum, la picrrc hcmatitc > l'aymant, les coratix , le faffran de Mars , la nacre de pcrles, jufqu a ce qu'il« foient impalpa- bles. On pulverifera dans lc grand mortier de bronzc les ariftoloches , Sc on les paf- fera par un tamis fin ; d'une autre part on mettra en poudre enfemble les gommes Sc la mumie , apres avoir faic fecher doucement celles qui feront trop humides. D'une autre part on broyera dans un mortier la terre figillee avec le vitriol en poudre fub- tile qu'on melera avec les fleurs d'antimoine &les pierres broyees, d'une autre part on pulverifera enfemble les litharges , la pierre calaminaire Sc le minium, on mettra cette derniere poudre dans une bailine , on y melera les huiles Sc la decodtion qu'on aura faites avec trois onces de racines d'ariftoloche longue Sc ronde , on pla- cera la bailine für unfeu affez fort pour faire bouillir la matiere ä gros bouillons 3 l'agitant inceffamment avec une efpatule de bois ,• & quand eile fera cuite en confi- ftence d'emplätrc , on y jettera peu a peu en retirant la bailine de deflus le feu, les gommes pulverifees, la cire Sc la colophone rompues parpetits morceaux, le tout fe liquefiera en peu de tems: quand la matiere iera a demi refroidie, l'on y melera la terebenthine & lespoudres; puis quand eile fera prefque froide, on y ajoutera le camphre diiTbut dans un peu d'huile , on formera cet empläere en magdaleons pour le garder. 11 eft propre pour les coups cTepee , pour les piqueures , pour les morfures 5c pour routes les aurres playes 6c ulceres j ll digere , ll meurit, il mondifie, il cica- trife , il refout, il fortiiie les nerfs , il reilftc a la malignite. Les litharges Sc le minium fönt tirez d'une meme matiere qui eft le plomb , & ils produifent ici un meme effet; c'eft pourquoi l'on pourroit fans ferupule abreger la defeription, en n'y employant qu'unedes efpeces au poids des trois. Ces preparations de plomb & la pierre calaminaire fe diiTolvent en bouillant dans les huiles, & elles leur donnent une folidite d'empiätre La decodtion d'ariftoloche fert a la cuite des Ingrediens, Sc eile communique a l'empiatre fa qualite vulnerai- re. Si la matiere n'etoit pas ehcore en confiftence folide lorfque la decodtion fera confumee , l'on en peut ajouter dayantagc ; mais il ne faut point qu'il en refte dans l'empiatre , car eile empecheroit qu'il ne fut emplaftique ; il faut le Iaifler für le feu , tant qu'il bouillira, encore qu'il tut fuffifamment cuit, afin que tout ce qu'il y aura d'humidite aqueufe fe diiTipe , Sc l'on connoitra qu'ü n'y en aura plus lors qu'il ceflera de bouülir. Quand les gommes ne feroient pas en poudre bien fubtile , elles ne laifleroient pas de fe diflbudre facilement dans l'empiatre , pourveu qu'on les y jette pendant qu'il eft bien chaud ; mais li l'on ne veut pas les meler dans ce tems-la , il eft ne- cefläire de les pulverifer fubtilement, & on ne les incorporera que quand l'empiatre fera plus qua demi froid. Comme la pierre d'aymant, la pierre hematite & le faffran de Mars aftringent ont une vertu femblable , onpourroir, pour abreger la compofition, n'employer qu'une de ces trois drogues en une quantite proportiomiee, j'en dis de meme des coraux Sc de la nacre de perles. Voici donc comme je voudrois abreger ou reformer l'empla- tre de Crollius. Vcrt«s. 1064 PHARMACOPE' E Emplatre ßiciique de Ctollius^ reforme. Prenez. de la litbarge preparee , une livre & demie , De la pierre calaminaire, demi livre, Des huiles de litt & d'olives, de chacune une livre .& demie, De l'buile de lautier , une livre , De la decoäion de racine d'arißoloche , ce quil enfaudra. Cuifez.-les felon lart en conßflence d'cmplätre , puis ajoutei~-y De la cire & de lacolophone , de chacune une livre , Dela terebeutbine & du Vernix , de chacun demi livre, De la nacre de perles , de l'opopanax , du fagapcnum , du galbanum 3 du biellmm & de la gomme ammoniac f de chacun trois onces , De la pierre hematite , deux onces & demie , De l'oliban , de la myrrhe , de l'aloes , dufuccin, de l'arißolocbe ronde & longue , de chacun une once & demie , Dela mumie , dufang-dragon , de la terreßgillee, du vitriol blanc & du campbre , de chacun une once, Des fleurs d'antimoine , demi once. Faites-en un einplane felon l'art. Commc ie camphre eft fort volatil, il ne faut le meler que quand l'emplätrc eft prefquc froid. 'i i i i ■——^—^———^— i Emplatre oppodeldoch , de Paracelfe. Prenez, de l'buile commune , une livre & demie , De la litbarge preparee , neuf onces , De la pierre calaminaire preparee , deux onces. Cuifez.-les en conßflence d'emplatre , puis ajoutez.~y De la cire jaune, une livre, De l'buile de lautier , quatre onces, Des gommes galbanum & opopanax , de chacune trois onces , De la myrrhe , de lencens& du maßich , de chacun deux onces, Des gommes ammoniac & Idellium , de chacune une once , De la racine d'arißoloche ronde, deux onces , Du fafran de mars aßringent, de la mumie , de l'aymant prepare , du m.igißcre de co- rail blanc & rouge, de la terebenthine de Venife , de chacun dt im once , De l'buile de fuccin & du campbre, de chacun une dragme , Du fafran Oriental , demi dragme. Faites-en un emplatre feien l'art. R E M A R Q^U E S. On melera dans une baffine Ja licharge Sc la pierre calaminaire preparecs, av.ee lnuile , on y ajouteva trois ou quatre livres d'eau commune , on pofera la baffine für le feu , & l'on fera bouillir le melange , le remuant inceflammenr avec une ef- patnle debois, jufqu'a ce qu'il ait pris uneconiiftence demplatre Sc que l'eau foit eonfumee : cependant on pulverifera enlemble les gonuncs Sc Ja mumie apres avoir fair UNIVERSELLE. 10S5 fait fccher doucemenr celles qui fe trouveront humides. D'une autre part l'ariftolo- che, d'une autre part le fafran, on broyera impalpablement ful le porp'iire, la pierrc d'aymant Sc le fafran de Mars aftringent> on melera cetre poudre ave: celles d'ari- ftoloche , de fafran & le magiftere de corail •, on jertera peu a peu les gommes pul- verifees dans l'emplätre tout chaud en le rerirant du feu, elles fe fondront al'inftant, on y mettra aufli la cire coupee par pecits morceaux, puis l'huilc de laurierjktcrc- benthineJes autres poudres,& quand il fera prefque froid on y melera le camphre diiTout dans l'huile defuccin pour faire unemplatre qu on roulera en magdaleons. II a les memes vercus que le precedent. Ces deux dernieres prepararions ont tant de rapport entre elles , qu'on peuc fort bien en employer une poar l'autre. On trouvera dans mon Livre de Chymie, les prepararions du fafran de Mars aftringent , des magifteres de corail & de l'huile de fuccin, mais je prcfererois ici le corail prepare a Ion magiftere , parce qu'il eft plus alkalin &c par confequent plus propre a confumer les humiditez des playes. Les defcriptions de cet emplatre (c trouvent dans les Pharmacopees. Emplatre de fillemagne , pour la. piqueure du piedde chcv&h Frenez. de U cire jaune > de la gomme elemi, de la refine & de la terebenthine, de chacune demi livre , De l'huile de petrole } une ence & demie , Des meines d'arifloloche longue & ronde , & de U grande confoude , du fang-dragon & da cinabre , de chaeunfix dragmes. Yaites du tout un emplatre felon l'art. REMARQUES. On pulverifera fubtilement enfemble les racines •, d'une autre part le fang-dragon, on broyera le cinabre impalpablement für le porphyre, on mettra fondre enfemble la cire , la gomme elemi, la refine & la terebenthine avec l'huile de petrole, on coulerala matiere fondue par un linge pour en feparer les impuretes, 8c quand eile fera a demi refroidie, Ton y melera les poudres des racines, du fang-dragon 8C en- fin le cinabre broye , on formera cet emplatre en magdaleons. Il eft excellent pour guerir Pencloueure des pieds des chevaux , on en fait entrer dans laplaye apres 1'avoir fondu & Ton en applique un emplatre deflus, il eft fort bon auili pour les playes & les ulceres veneriens j il deterge , il mondifie 8c il cica- trifc. . Cet emplatre a retenu le nom de fon Auteur qui s'appelle de Villemagne. * Les Marechaux fe fervent encore pour les encloueures des chevaux, d'un autre emplatre qui a beaueoup de rapport a. celui-ci; ils l'appellent Onguent de Maifire Sieur. En voiei la defeription. Emplatre ou onguent de Maifire Sieur, Prenez, de la cire rouge , une livre & demie , De la terebenthine, demi- livre , De h refine de pin & de la gomme elemi , de chacune deux onces , De l'anßoloche ronde , quatre onces , du fang-dragon , deux onces, TAites-en un emplatre felon l'art, f Ttmt Venus» Vertust Onguent de Mailhe Sieur. lotf PHARMACOPE'E Emplatre de mr>caßite. Freuet, de U pierre marcaffte prepAree , deux onces & demie, Du labdanum , une once , De la muffe d'einplane de eigne , une hvre & dem'te , De l'huile de folanum , ce qn'il enfaudrd. Faites-en un emplatre fe loa fort, E £ M A R Q^U E S. On broyerafur le porpliyre la marcaffitc jufqu'a ce quelle foit en poudre impal- pable , on pulveriferafuSrilementle labdanum , on ferafondre l'emplatre de eigne avec environ une once d huile de folanum a petit feu , pais Ton y maeta cxacle- ment les poudres. Vertus. Cet emplatre eft fort reTolutif, on s'en fert pour les loupes , pour les humeurs Diveifes krophuleuies, pönt les fchirres, quelques-uns pour preparer la pierre demateafiue prepara- l a rougiüent an feu , l'eteignent dans l'huile de lin ( paisla broyenc deflus le mar-, tions de la bre; d autres (ans la calciner , la reduiient en poudre , la meient dans une terrine pierre mar- avec c | eLlx fois autanr d'huile de lin , puis ils y mettent le reu » touce l'huile fe con- fume Sc il refte au fond une poudre brune qu'ils appellent marcaffite preparee, mais ces deux manieres de la preparer lui fönt plus de corc que de bien , car elles diflipent ce qu'elie peut avoir de volatil , qui bien fouvent eft ia par'tic la plus refolutive : la mfcilleare preparatiqn eft celle de broyer.la pierre fans autre ficon für le porphyre, jufqu'a ce qu'elie foit en poudre impalpablc > cörhme il a ete dir. Au deraut de l'emplatre de eigne, l'on peut (ubftituet celui de nicotiane. Enipt^tlft pour ix douleur des dents. Vrenet, des gommes tacamahaca , elemi & du maßich, de ebaeun dsux onces, De l'opium } deux drannes. Melez.-les, & faites-tn un emplatre fehrt l'art. REMARQUES. On choifirale maftich en larmes & les autres gommes bien nettes, onpulvenfera. le maftich & Ja gomme tacamahaca, on ies raettra avec l'opium & la gorame eiemi dans un morticr chaud & avec un pilon qu'on aura auffi chauffe , on batrra le tout eniemble alTez fortement Sc aflez longtems pour bien melanger les ingrediens efjon torrefiee, de cbacun trois dragmes. LaiffeZs-les en macer ation pendant vingt-quatre beures dans le vinaigre rofat, fedwi- les enfuite , & faites-en une poudre avec de l'opium pulvert fe , une once. Vous meieren letout aprescela avec de la cire jaune , quatre onces & demie De la terebenthine , dem once , De la colophone & de la poix navale , de chacune deute dragnies , Des huiles de pavot blanc & de jufqwame t de cbacun une once. Fait es-en un emplatre felon l'art. R E M A R QJU E S. On rnettra infufer pendant vingt-quatre heures les premieres drogues dans du vinaigre rofat, puis les ayanr feparees du vmaigre , on les metcra fecher au foleil, ou a quelqu'äutre chaleur temblable , on les pulverifera avec l'opium qu'on aära auffi fair fecher •, on mettra fondre eniemble dans un plar de terre vermiß für un petic feu , la cire coupee par petits morceaux, la colophone , la poix navale avec les huiles de pavot & de jufquiame , on y melera horsdufeu les poudrespour faire un emplätre qu'on gardera aubefoin. Il eft propre pour la douleur des dents erant applique für les tempes. J'ai tire cette defeription de la Pharmacopee de M. Penicher; je n'approuve point de mettre infufer les drogues vingt-quatre heures dans le vinaigre rolat avanc que de les employer , cette liquenr en tire ce qu'elles ont de plus ellcntiel & de meilleur , il ferok bien plus a propos de fe contenter pour toute prepafatiön , de pulverifer enfemble les rofes , les noix de cypres & la femence de creflbn fans l'a- voir torrefiee , d'une autre part le rhaftich , & d'une autre part la terre iigiliee , pour meler enfuite ces poudres avec le refte des drogues. Cet emplatre agit commc le precedent \ en arretant & en adö'ucißant la fluxion Vertui, qui. eft determinee a tomber für les dents , mais commc ces fortes de remedes he donnent lieu a aueune evaenation, ils n'empechent point que le mal qui n'a cte qu'alToupi ne revienne&: meme fouvent avec plus de force qu'auparavanr. Les meil- leurs emplätres dont on puifle fe lervir contre les fluxions qui tombent für les dents fönt les veilicatoires dont je parlerai dans la fuite. Emplatre de VAbbe' de ffrace. Prenez. de l'bulle rofat, feiz^e onces , Du fuc de rofes pales epure & de la litharge cfor preparee , de cbacun huit onces, De la cerufe de Venife preparee , deux onces. Cuifcz*-les felon l'art en conjiflence d'emplatre, puis *joutet,-j De la cire jaune , quatre onces. Vaites-en un emplatre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On fera cuire enfemble dans une baffine , la litharge > la cerufe , l'huile rofat & le fuc derofe , les agicanr. incelTamment avec une efpatule debois jufqu aconfiftence T11111 ij Vertus- Vextus. Venus. Venus Vertu s. 1068 PHARMACOPE'E d'emplätre , on y mettta fondre enfuite la cire coupee par perits morceaux, & lorf- qu'il fera prelque refroidi, on le roulera en magdaleons. IJ eft propre pour defTccher les playes Sc les ulceres, on en faic aufli du fparadrap pour les cauteres. Emplatre d'Andre de U Croix*. Prtnez, de la reßne, une livre, De lagomme elemi , qu> il a retenu le nom d'Andre de la Croix qui l'a invente.. Emplattc de gomme elemi. Preitez, de la gotmne elemi coupee par morceaux } qaatre onces, De la cire jaune , deux onces , De U terebenthine , uneonce & denve , De la colopbene , de l'arifioloche ronde & longue, de ebaeune une once. Faites-en un emplatre felon l'art. R E M A R O^U E S. On pulverifera fubrilement les racines d'ariftoloche , on fera fondre enfemble la cire , la gomme elemi, la colophone & la terebenthine , on paflera la matiere Fondue par un linge pour en feparer les faletez, Sc Ton y melera exaclement la poudre, pour faire un emplatre qu'on roulera en magdaleons pour le garder. Il eft propre pour nettoyer & pour cicatrifei les playes Sc les ulceres, pour re- ioudre & pour rortifaer. Emplatre ■vsficatolre. Vrenez, des cantbarides , trois onces, De lapeix blanche , de la cire jaune & de la terebenthine , de chaeun une once. Melez. le tout , & faites-en un emplatre felon l'art. REMARQUES. On fera fondre enfemble la poix de Bourgogne , la cire Sc la terebenthine , puis on y melera les cantharides qu'on aura pulvenfees, pour fiire.ua emplarre. Il excite des veflies remplies de feroiuez für la peau en tous les endroirs 011 I'on 1'applique, Sc par la il derourne les humeurs qui tombent für quelques parties cöm- me für les yeux, für les dents •■> il eft propre auifi pour reveiiler Sc ranimer Jes elprits dans la lethargie , dans l'apoplexie , dans la paralifie , on 1'applique tanröt deniere les oreiiles, tantöt entre les epaules , tantot a la nuque en guife de cantere , tantot au gras des jambes; il opere cn cinqou Jix heures; quand ks veiiies ne peive.it paa UNIVERSELLE. 1069 d'elles-memes , on lespcrce avec des ufeaux , il en fortbeaucoup de ferofite äcre , 011 peut remettre les emplatres für les playes pour faire couler plus long-terns ia ferofice , ou bien Ton applique en leurs places de Ja poiree graiflee de beure frais, pour adoucir & pour guerir le mal peu a peu. Les cantharicies cöntiennent im fcl bruiant Sc un peu corrofif, quiproduit tout l'effec des vefficatoires. Plufieurs delcnpuons ajoutenc dans l'emplacre vefficatoire , de l'euphorbe , de la graine de moutarde, du poivre, de la pyrethre , & d'autres Ingrediens äcres, mais ces addit 10ns fönt piutot nuifibles qu'utiles, les meilleurs vefficatoires fönt ceux dans lelquels on a fait enrrer le plus de cantharides •- c'efl; pourquoi les Apoticaires ne doivent guere s'embarafTer de la preparation de cet empiätre , il ne fäut que me- ler für le champ des moucbes cantharides pulverifees avec ce qu'il faudra de levaia Sc de vinaigre ou de terebenthiue pour pouvoir etendre la matiere für de la peau , quand on fera pret de l'appliquer , on en verra plus d'eftec que de tous les empla- tres vefficatoires decrits dans les Ditpenfaires. Je fais fouvent appliquer des vefficatoires a la nuque ou au haut du cou derriere la tete , principalement aux enfans attaquez de fluxions } je continue ce remede quinze 011 vingt jours defuite & quelquetois plus long-tcms, afin de detourner ailez 1 humeur. Mais j'ai vfi arriver deux outrois fois que ces vefficatoires avoient produit une acrete d'urine confiderable , a quoi je remediai en retiraut les emplätres de deffiis la nuque. J'ai remarque que le meme accident etoit arrive a plufieurs hom- mes Sc femmes a qui j'en avois fait appliquer entre les epaules & aux jamoes : cette acrete d'urine provieat des cantharides , car nous voyons que quand quelqu'un a par malheur avale une pecite quantite de ces mouches, il fent peu de tems apres des ardeurs Sc des irritations fort prefiäntes dans la veffie & dans les conduits & vaif- feaux qui en fönt proches, il laut donc que la membrane interne de ce vifcere foit tapiffee d'une efpece de glu particulierement propre a acrocher les cantharides, les autres vifceres n'ont point cette meme difpofirioh , puÜque les cantharides n'y fönt point tant d'impreflion, mais ce qui eil etonnant & difhcile a comprendre eft qu'il faut neceflairement que les fels voratiles & piquants qui fortent des vefficatoires pendant qu'ils fönt appliquez für la peau , penetrent le Corps juiques dansdes entraii- puifqu'ils vont s'attaclier dans ta veffie Sc y imprimer lenr qualite. A la verite l'acrete que ces mouches peuvent communiquer par cette voye n'eft pas a comparer en force ä celle qu'elles produifent quand on les a prifes interieurement, car alors elles cau- fent fouvent des ulceres mortelles dans la veffie , au Heu qu'en levant les veilicatoi- res , Sc en faifant boire aux malades quelques bouteilies demulfions , on les guerir faciiement, mais on peut dire que ces accidents ne differerit que du plus au moins , Sc qu'ils proviennent d'une meme caule. Emplciiie d'abßnthc. Prenei. des femlles d'abßnthe vulgaire , une denü-oncc , De Celles de menthe & de marjolaine f de chacune trois. dragmts > Des rofes ränget , du gmgembre , de la mix mufcade , du gjrofle, de Ia um eile , da l'encens , de l'ahcs, & du benjoiu , de chacun deux dragmes , Des cjuatre grandes femences cbaudes , de cbnenne une dvagme , De l'buüe d'abßntbe, cinq onces , De U cire jdtitie , une demt-hvre. FMcs-enim emplatre fclon l'art. T ttttt üj Les meilleurs vefficatoires faits liir ig champ. Ips exci- tent quelques i-sdes acretes d'uiine. 10JO PHARM A C Ü P F £ REMARQUES. On cueillera les planten en leur vigaeur, on les mettra fecher entre deux papiers, puis on les pulverifera avec les rofes, le gingembre > la mufcade, les gyrofles, la ca- nelle } &c les quarre grandesfemenceschaudes: dune aurrepart on pulverifera en- femble , l'aloes, l'encens & le benjoin. On fera fondre la ciredans Inuilepar unpe- tic feu, puis on y melera les potidi es pour faire un empiatre. Vertus. Il eft propre pour les foiblefles & crudkez d'eftomach , pour chafler les venrs , pour forafier la matrice. Empiatre de Savon. Prenez. de la maffe d'empiatre de cerufe , une l'ivre & demle t Du favon t cinq onces. M(U%.-les , & faites-en un empiatre felon V art. R E M A R Q_U E S. On fera fondre enfemble dans un plat de terre für un petir feu f l'emplatre de cerufe & le favon coupez par petits morceaux , Sc quand la matiere fera prefque re- froidie , on la roulera en magdaleons; c'eft l'emplatre de favon. Vertus. Il eil propre pour refbudre les tumeurs, pour fdrtifier la matrice , applique für le nombril, pour excirer les mois, on s'en (erc aulli pour les engelures. Le iavan contienc beaucoup de fei alkali qui eil fort propre pour fondre les hu- meurs groilieres qui fe rencontrent fouvenc dans la matrice , c'eft par Li qu'il peut cxcitei les mois Sc fortifier cette partie en la dechargeant de ce qui l'embarallbit. Empiatre pour U matrice. Trenet, de la gornme galbanum , quatre onces , De la gomme tacamahaca . & de la cire jaulte , de chacune trois onces , De la terebenthine , & de la myrrhe cholße, de chacune deux onces , De fajfa fctida , une once , De lagraifje tiree de la vejf.cule du caflor , demi-once , Des builes dißillees de lbue & de fuccin , de chacune une dragme. Faites-en un empiatre felon rart. R E M A R 0_U E S. On fera difloudre dans du vinaigre für un peu de feu , le giibanum & Tadä fe- tida , on coulera avec forte expreilion les gommes diifouces Sc l'on en fera confu- mei-rhumidite pour les rcduire en confiltence d'emplarre. On pulverifera fubtile- ment la myrrhe & le tacamahaca , on liquefiera enfemble par un perit feu, la cire, les gommes purifiees & la terebenthine , & lorfque la matiere fera prefque refroi- die , l'on y incorporera les poudres , la liqueur onctueufe qui le trouve dans les te- fticules du caftor , ou a (on defaut , du refticule de caftor meine reduit en poii- dre fubtile , & enfin les huiles diftillees , pour faire un empiatre qu'on gardera au befoin. Vertus. ^ e ^ P ro p re P our ramolir les duretez de la matrice , pour empecher les vapeurs qui caufent les luffocations, &pouu exciter les mois aux femmes , on f'applique lur le nombril , on met quelquefois au milieu de l'emplätre , im perit coton imbu d'huilc de jayet ou de karabc , ou un peu de camphre , ce qui nepeut qu'augmcn- UNIVERSELLE. 1071 ter la vertu da remede; plufieurs a. la place de ces ingrediens fcetides y mettent du mute t de la civette , de l'ambre gris, croyant qu'ii y au une fimparhie de ces aro- mates avec la matrice, pour la faire defeendre dans le tems des luffocations , c'eft auffi pour certe raiion qu'ils incroduifent dans ce vifeere , des pailTaires, 011 ils en ont f.nt entrer ; mais fi ces romates font quelque bon cfFet en cette occafion , on ne doir pasl'attribucr a leur bonne odeur, car iis cellent den avoir des qu'ils font ap- pliquez für l'emplatre , c'eft d leurs parties volatiles indifferemment , qui agiffent de Ja meine maniere que les ingrediens les plus fcetides , en rareßant un fang trop grofficr , ou en diilipant les obftructions de la matrice. Si ne trouvant point de la liqueur huileufe du caftor , on eft oblige de fubftituer du caftor en poudre , il n'en faudra raeerre que deux dragmes & doubler ou meine tripler le poids des huiles diftiiiee , pour donner une bonne confiftence a l'empiatre, car autrement il feroit trop dar. Bmplatre matrici'e , de MpißcPrt, Vrenex. des gommes galbannm & tacamabaca, de c'ueune une once > D. la cire jaune , & de U terebenthine bien cl.itre , de ebaeune fix dragmes , De Vaffa Jen Ja , de la mjrrbe , & du vrai caßoreum , de ebaeun trois dragmes , Du magißei e de Jupiter, & de l'buile de fucem , de ebaeun une dragme & demie, Melep le taut, & fuites-en an emplatre feto» l'art. R E M A R Q^U £ S. On pulverifera enfemble les gommes tacamahaca , la myrrhe & le caftor dans un mortier oint au fond de quelques gouttes d'huiie de fuccin, On punfiera par le vi- naigre le galbanurn Sc l'afla ferida en la maniere ordinaire. On mettra fondre enfemble la cire, la terebentbine & les gommes purifiees, on y melera hors du feu & ademirefroidi.es , les poudres, le magiltere de jupiter & enrin 1 liiule deiuccin. on gardera cet emplatre, Il a les meines qualirez que le precedent. On trouvera ladefcription du magiftere deJupiter ou d'etain dans monLivre de Chymie ; cette drogue ne donne pas une grande vertu a i emplatre, je crois meme qu'elle y eft inutile. Il entre trop peu de cire dans cette compofirion , il raudtoit e.i quadrupler la quantite , afin de lui donner une bonne coniittence d'emplatre. Cette defeription a une fi grande reffemblance avec la uiecedente t qu'on ne peut pasdouter qu'une n'air ete tiree de l'autre. Emplatre pour empechcr Pavortemint. Prenez, des huiles de bajes de lentlfques , de mjrttlles , & de litborge fre'paree , de ebaeune bttit onees, De la cire blanche , qtitttre onces , De la terebentbine , trois onces , De la colle de peak de beller , & de celle de poijjon , de chaeunc dt ux onees, Du b>l d'Armtnie , des grains de Kermes , des rofes totiges, des balaujles , de la fe- mente de herbem & de pl antun , de chucune une once & demie , Dela plerre d'aigls , de la favcocolle , de la mmrite , du fang-dragoit, du fang buma'm deßeche , de ebaeun une once. Vcrtus. ic 7 z PHARMACOPE' E De l'encens, de U mjrrhe , du faffran de Mars aflringent, du coraii rouge prepare & du fucein , de chaeun demi-once. Faites-cn un emplatre felon l'art. Veirus. R E M A R Q^V E S. On broyera für le porphire impalpablement la pierre d'aigle , lc faffran de Mars", le coraii, le fucein Sc le bol, on pulverifera fubtilement enlemble dans un monier de bronzene kermes, les rofes, les fleurs de grenade, les lemences Sc le fang hu- mainfeche t d'nne autre part la mumie , le fang-dragon, la farcocolle , l'encens Sc la myrrhe, on prendra un morceau de la peau d'un belier nouvellement feparee de l'animal, on l'mcifera menu avec des eifeaux , Sc on le fem bouiüir avec ce qu'il faudra de decodtion de racines de grande confoude, jufqu a ce qu'il foit diflout Sc que la liqueur foit en colle, on la palTera enfuite par un Imge & Ton en pefera deux onces. D'une autre parc on fera infufer chaudement environ demi-once de colle de poiflbn coupee menu , dans trois ou quarre onces de decoction de burfa pafloris , jufqu'a ce quel'infufion foit reduite en une colle , on lapaffera Sc Ton en pefera deux onces, on melera dans une baffine ces deux efpeces de mucilage avec les hui- les, la litharge Sc environ deux livres de decodion de pecules de rofes rouges, on fera bouillir le melange , le remuant incelTamment avec une efpatule de bois jufqu'a confiftence d'emplätre , on retirera la baffine de deiTus le feu en y jettant la cire coupee par petits morceaux , qui fe fondront en peu de tems, puis la terebenthine -, qnand l'emplätre fera a demi refroidi, Ton y melera exadement les poudres, Sc on le formera en magdaleons. Il efl aftringent Sc propre pour empecher l'avortement des femmes großes, on en applique für les lombes Sc für l'os facrum, ahn qu'il forrifie Sc raffermifTe les liga- mens de la matrice. Emplatre d'albatre. Prenex. de l'emplätre de cerufe ,& de la cire blanche , de ebaeun hidt onces, Dn l'albatre prepare , deux onces , Du fucein prepare , dufang-dragm , du coraii rouge, du crane buma'tn, & de la comt de cerf brühe % de chaeun une once , Du florax liquide , & de la terebenthine,, de chaeun une once & demie. Faites-cn un emplatre felon l'art. REMARQUES. On cakinera enfemble la cornedecerf& le crane humain jufqu'a cequ'ilsiöient reduits en une matiere blanche , poreufe Sc legere , on les broyera für le porphyre avec l'albätre, le coraii rouge Sc le fucein , pour les rendre en poudre impalpable. On pulverifera le fang-dragon dans un mortier de bronze, on mettra fondre enfemble dans unplat de terre für un petit feu , l'-empläcre de cerufe , la cire blanche 3 la terebenthine Sc le ftorax liquide , puis on y melera les poudres pour faire un em- placrc qu'on formera en magdaleons. On UNIVERSELLE. iorj On s'en fect pour empecher l'avortement: on l'appüque luv les lombcs & fuc i'os Venus, facrum. , Emplatre du fils de Zacchxrie. Trenez, de la cire jaune , de la moelle de cuijje de vacbe , de U graiffe de can&rd & de foule, & du mucilage de femence de lin , de chacun denu-livre, De ceux de fenugrec & d'althea , de chacun trois onces , De la laine grajfe humide , du mucilage de colle de foifjon & de l'huile de gyroflee, de chacun deux ences. Faites-en un emplatre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On mettra dans un pot de terre de la graine de lin deux onces , du fcenugrec Sc de la racine d'alchsa de chacun fix dragmes , on verfera deflus trois livres d'eau bouillancej Sc on les laiflera tremper fept ou huit heures , on fera bouillir enfuLte l'infufion a. diminution des deux uers Sc on la coulera avec expreilion : d'une autre part on mettra infufer dans trois ou quatre onces d'eau chaude, trois dragmes de colle de poidbn incifee par petits morceaux t jufqua ce qu'elle foit reduit e en colle ; on mettra fondre dansune baffine la cire avec l'riiiile, la moelle , les graifles Sc les mucilages, on placera la baffine für le feu Sc Ton fera bouillir la matiere jufqu a con- fomption des mucilages, on y mclera für la fin l'ceiipe ou remuera le tout avec un bi- ftortier jnfqu'a. ce qu'il foit refroidi, Sc on le gardera dans un pot. Il eft propre pour amolir les duretez des jointures, les glandes fcrophuleufes , les Vertus. tumeurs fchirreufes, pour refoudre Sc pour appaifer les douleurs. Cette compolition eft mal nommee emplatre, car eile n'a la confiftence que d'un cerat. Elle aeteinventee par le fils d'un certain Zaccharie , & rapportee par Me- fue. Si l'on veut lui donner la durete ordinaire des emplätres, il faut retrancher de (a compolition l'huile de violier Sc les graiiTes de poule Sc de canard, alors eile aura beaucoup de rapport avec l'emplätre de mucilage. Emplam diaphoretique , de Mjnficht. Prenez, de la cire jaune , une livre , De la colopbone & du bdellium , de chacun quatre onces, Du fuccin , trois onces , De la gomme ammoniac & de la terebenthine bien claire , de chacune deux snces , Du galbanum & du Vernix , de chacun une once , Du maß'tcb & de l'encens, de chacun demi-once. Melez, le tout, & faites-en un emplatre felon l'art, R E M A R QJU E S. On purifiera le galbanum Sc la gomme ammoniac par le vinaigre en la maniere ordinaire , on pulverifera enfemble le bdellium, le maftich, l'encens, le vernix ou fandaraca , d'une autre part on broyera le fuccin impalpablement , on fera fondre enfemble la cire, la colophone Sc les gommes purifices für un pecic feu , & l'on y melera les Ingrediens pour faire un emplatre qu'on roulera en magdaleons. Il eft diaphoretique , parce qu'ayant demeure quelques jours für une partie du corps U ouvre les pores, Sc l'on trouve defföus des gouttes d'eau. On en applique tur l'ifchium pour la goutte kiatique, für lespieds enflez } für les pavotides. f Vuuunu Venus» io 7 4 PHARMACOPE'E Laplüpartdcs emplätres qu'on laiffe long-tems appliquez produifent le meme effet que celui-ci, parce qu'ilsempechent que l'humidite qui fort par la tranfpira- tion ne fe diflipe comme eile fair en fortant des autres parties du corps : or il faut bien que cecce vapeur fe refolve en gouttelettes d'eau entre la peau Sc i'emplätre, ce remede ne lailTe pourtant pas d'agir pour les maux aufquels on l'employe , parce qu'il amolit & dilpofe i'humeur qui etoit trop endurcie ä en etre enlevee avec les autres par la circulatiom Emplatre pour la feiatique. Prenez* de la cire jaune , de la poix blanche & ncire , & de Li terebenthine, de chaeune une denn hvre , De la gomme ammoniac & des fleurs de fottlfre , de chaeun trois onces , De Vollbart, de la raune d'iris & du fenugrec , de chaeun une ence & demie. Melez. le tont ,& faites-en un emplatre felon l'art. R E M A R Q_U E S. On pulverifera enfemble la gomme ammoniac & l'oliban , d'une autre part l'iris & le feenugrec. On fera fondre enfemble par un petit feu , la cire, la poix& la terebenthine , on y raeicra les poudres &c les fleurs de foulfre , pour faire un emplatre qu'on formera en magdaleons pour le garder au befoin. Vertus. Il agit a pen pres comme le precedent, erant applique für l'ifchium & für les autres parcies attaquees de rhumatifmes, il refout &c il fortifie. Emplatre pour la goutte. Freuet* de I'emplätre diachalciteos dißout dans le vin rokge äußere , & cttit jufqtCa eunfomption du vin , une hvie , De la terebenthine , trois onces , Des mjrülles , des rofes rouges , du maftub & du tartre de vin rouge , de chaeun deux, dragmes, Du chanmpithys & des fleurs de camomille, de chaeun une dragme. Faites-en un emplatre Jelon l'art. REMARQUES. On pulverifera enfemble le chamepitis, les myrtilles, les fleurs Sc le rartre, d'une autre part le maftich dans un monier hume£ti au fond d'une goutte d'eau de rofe. On mettra fondre dans un plat de terre ou dans une baffine le diachalciteos, puis on y melera environ autant de vin , on fera bouillir doucement le melange , l'agitant toujours avec une efpatule de bois jufqu'a confomption du vin , on reti- rera alors la baffine de defliis le feu ; & quand I'emplätre fera ädemi refroidi, loa y melera la terebenthine & les poudres, pour faire un emplatre qu'on roulera en magdaleons. Veitus. li e ft propre pour fortffier les parties attaquees de la goutte Sc du rhmnarifme , pour les fra&ures, les meurtrifieiires, il difeure & il refout. Le vin en bouillant avec le diachalciteos lui imprime fon tartre, qui ie rend propre a fortifier. Si I'emplätre etoit trop fec apres le melange des poudres , onpourroit le ramolir avec un peu d'huile de myrtilles ou de rofes. UNIVERSELLE. 1075 Empljne contte U podagre. Vrenez. de V emplatre diachalcitcos, unel\vre& demie , De la cire neuve & de la tcrebentblne de Venife, de cbacune denn llvre , De l'huile de mafiicb , quatre onces , Des mucilage s de fenugrec & de rachtes d'altbea tiret, dans le vin rouge , dt cbttcM» trols onces , Des coqmllcs de itmacons calcinees & du fafran de mars aflnngent, de cbacun une once & demie, De l'iris de Tlorence , une once , Du tnaßtch , du vermx & du fang-iragon , de cbacun ßx dragmes , Des rofes rouges, des mytilUs ,de labßnthe , du florax calamtte & du bsnjoin , de cbacun demi once. Taltes-en un emplatre felon l'art. REMARQUES. On mettra infufer chaudement pendanr dix 011 douze heures dans une fivre Sc demie de vin rouge , demi- once de femences defaenugrec & fix dragmes de racines d alchxa coupees par petits morceaux , on fera enfuite bouillir doucemenc l'infuilan jufqu'a dimiimrion des deux tiers , & Ton couiera le mucilage avec expreflion, on le melcra avec la cire qu'on aura liquefiee dans Thrille de mailich, on fera bouiilir le melange ä petit feu jufqu'ä confomption du mucilage , on y metrra fondre alors 1'emplatre diachalcitcos coupe par petits morceaux & la terebenchine , puis on re- tirera la baffine de defliis le reu , cependanc on pulverifera fubtilement enfemble l'iris, les rofes, les myrtilles & l'ablinthe , d'une autrepart le fang-dragon, le vernix, le benjoin, le maftich & le ftorax ; d'uue aurre part les coquilles de limacons calcinees Sc le faffran de Mars, on melcra ces poudres dans 1'emplatre quand il fera a demi refroidi, & on le roulera en magdaleons. Ii eft propre pour fortitier les parties attaquees de la goutte , pour les fract-ures 8c Vertus. pour les diflocations. Emplatre nervin. Vrenez des vers de terre lavcL , deux onces, Des fommitex. d'bypericon } de rofmartn , de betoine , de queu'e de cheval , de petite centauree , de ebaeunes une poignee , De la racine de garence , dix dragmes. Faites-les cuire dans deux pmtes de vin rouge jufqu'a diminution de mottle ,• coultt* enfuite & exprimez. la decoclwn , puls melez, dans la colature Des htharges d'er& d'argent preparees , de cbacune deux onces & demie , Du mlnium , deux onces , Du fmf de boeuf & de bouc , de cbacun deux onces & demie , Des builes de camonnlle & rofat , de cbacune deux onces , De Celles de mafiicb , de litt & de terebentblne , de cbacune une once & demie , Civ.let.-les en conßßence d'emplatre , & apres cela melex.-y De la terebentb'tne ernte , quatre onces , De la potx navale & de la refine , de cbacune une once & demie , De Ugomnte e'lemi, du mxfiich , desgommes galbanum , ammoniac & fagapenttm , de cbacun trois dragmes. Taites-en un emplatre felon Vtrt. Vuuuuu ij Vertus. Vertu». Aymant arfenical 1076 PHARMACOPE' E R E M A R Q^U E S. On mettra cn poudre le maftich fubtilemcnt dans un morticr humecte au fond de quelque goutte d'eau de rofe , afin qu'il nc s'y attache poinc , on purifiera par Je vin , les gommes ammoniac , galbanum & (ägapenum en la maniere ordinaire , on nettoyera bien les vers de terre en Jes Javanr , on les mettra dans un pot de tet- re vernilTe avec les racines de garences coupees par morceaux , les herbes hachees 6c le vin , on couvrira le pot & l'ayant mis für un feu modere , Ton fera bouilür le melange jufqu'a confomption de la moitie du vin , on coulera la decoction avec forte expreffion > on la mettra dans une baffine avec les litharges preparees, le mi- nium , les huiles 8c les fuifs , on fera bouillir le melange für le feu , l'agitant incef- famment avec une eipatule de bois jufqu'a ce qu'il ait acquis une confiftence d'em- plätre, & que la decoction ioit confumee : cependant on mettra fondre enfemble dans un plat de terre für un peu de feu la poix noire , la reiine } la gommc elemi 8c la terebenthine cuite , c'eft-a-dire bouillie dans l'eau, on les paflera toutes chaudes par un linge , pour en feparer les impuretez , 8c on les melera dans 1'emplätre avec les gommes pulverifees , dans le tems qu'on le retirera de deiTus le feu; puis quand il fera prefque reftoidi, l'on y melera le maftich pulverife » on roulera cet empla- tre en magdaleons. Il eft propre pour ramolir , pour reloudre , pour fortifier les nerfs, pour les fra- ctures,pour lesdiilocations: on l'applique für les epaules , für l'epine du dos & für les autres parties attaquees de paralifie. Emßlatre mttgnetiqne , d'Angelas Sala. Prenez. de Ix cire jaune & de la terebenthine , de ebaeune neufonces , Des gommes ammoniac , galbanum & jägapenum diffoutes dans le v'malgre fcillitique , puls coulces & cuites, de chaeune demi livre , De l'aimant arfenical , aujfi demi-hvre, De la terre de Vitriol lavee , deux onces , De l'haue de fuccin , une once. Faites-en un empldtre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble 1'aymant arfemcal & la terre de vitriol lavee & fechee, on fera difloudre les gommes dans du vinaigre fcilliric , on coulera la diftölution , on la mettra epaiffir für un petit feu , jufqu'a* coniiftence folide , on y melera la cire coupee par petits morceaux & la terebenthine; quand la matiere fera fondue on la retirera de deilus le feu , 8c Ton y melera exa&ement les poudres 8c i'huile de fuccin , pour faire un emplätre qu'on gardera en magdaleons. Angelus Sala fon Auteur lui attribue de grandes qualitez ; il pretend qu'cranr applique für des charbons peftilentiels , il en fafle forrir tout le venin par fa qua» lite magnetique , empechant que la playe fe referme , & evitant que la pefte ne le mele dans le fang. Il eft propre pour les ecrouelles, il en fair forcir 1'humeur fero- phuleufe & il les confoiide en cinq ou fix femaines , il deterge & mondifie ks 11I- ceres rebelles. Pour faire l'aymant arfenical, on pulverifera & Ton melera enfemble egales parties d'arfenic blanc , de foulfre & d'antimoine, on mettra le melange dans une ter- rine de grez , ou dans un vaifleau de verre , on le placera für le fable, Sc par un reu gradue l'on fera fondre la matiere , en forte quelle paroifle tour-a-fait en liqueur, UNIVERSELLE; 1077 enfuite on la retirera de deflus le feu, & l'ayant laiflee refroidir Sc fc condcnfer , on la feparera du vaifTeau 5 c'eft un cauftique fort doux, eile deterge, eile mondi- fie les playes. L'huile de fuccin eft decrite dans mon Traue de Chymie. Je me fuis fervi fouvent de cet emplatre ; mais je n'ai pas reconnu qu'il produi- iift tous les beaux efFecs que fon Auteur Uli arrribue; ce que j'ai remarque eft qu'il fair une efcarre noire für les lieux oü on l'apphque , laquelle il faut amolir & lever avec de l'onguent rofat: on rrouvc deflous cecte efcarre la playe afTez belle , mais comme l'emplätre eft un peu brulant ou cauftique , il ne fair guere fupurer , ii ce n'eft quand on l'appliquelur les ecrouelies qui viennent dune humeur vifqueufe 6c gypfeufe froide qu'il taut attenuer Sc rarefier. La terre de Vitriol me paroit nuifible plutot qu'utile dans cette compolition , parce quelle la rend trop deficcative Sc eile empeche la fupuration. Emplatre de taupe , de Mynßcht. Vrenez. du beure de May non fale , denn- Uvre t De la rhue verte , une poignee , De la racine du fceau de Salomon nonvelle , dem cnce. Cuifez, les enfemble jufqu'a ce quele beure paroiffe verd ; apres cela ceulei. la de- coäwn& fexprimez, ; puisajoutex*-y de la cire jaune, une demi Itvre , De la potx navale , quAtre ences , Du bäume de .Saturne , une once , une taupe brulee , Du miel vierge , dettx cuillere'es , De l'avoine blanche & du feigle reti dans une poele de fer jufqu'a nmreeur , puls pulvert jee , d e chaeun une poignee. Metex, le tont, & faites-en un emplatre feien l'art. R E M A R Q^U £ S. On mettra une taupe vivante dans un creufet , on le couvrira d'untuilot Sc on le placera enrre les charbons ardents, pour faire calciner l'animal jufqu'a ce qu'il foit en charbon : on le retirera alors, Sc on le reduira en poudre fubrile. On mettra dans une poele de fer du (egle Sc de l'avoine de chaeun une poignee , on les fricaflera enfemble jufqu'a ce qu'ils deviennent noirs, puis on les pulverifera iubtilement. On coupera par petits morceaux la racine du (ceau de Salomon Sc la rhue , on les cerafera dans un mortier, on y melera le beure > &c l'on fera bouillir doucement le melange jufqu'a ce qu'il devienr.e verd , on le coulera alors chaudement avec ex- preiiion , on y mettra fondre la cire Sc la poix noire calfees par petits morceaux; puis quand la matiere iera a demi refroidie, l'on y melera le miel, le bäume de Saturne & les poudres , pour faire un emplatre qu'on gardera au bctoin. Il deterge , il defleche , il cicatrife les vieux ulceres. Cette compofnion a plutot la conliftence d'un cerat que celle d'un emplatre , la liaifon n'en eft pas memc fort bonne a caufe du miel qui y entre, eile approche im peu du cataplafme. En brulant ou calcinant la taupe , on laifte diffiper tous fes prineipes volatiles Sc l'on ne vetient que fa partie terreftre alkaline qui eft deficcative Sc convenable aux qualitez de cet emplatre. En torrefiant l'avoine Sc le fegle dans une poele de fer, on fait fortir de ces V U u u u u iij Veiws» Calcina- tion de la caupe Torrefa- ition de l'avoine Sc du feigle, Vertus io 7 8 PHARMACOPE'E Miel vier- Vertus. femences ce quelles contenoienr de plus phlegmatique & deplas vifqueux,en forte qubn les rend plus deterfives & plus deficcatives & empreintes de quelques parci- cules du fer. On trouvc la defcription du bäume de Saturne dans mon Livre de Chymie. Le miel vierge eft le miel blanc , qui a ece fepare des ruches fans feu. Emp ift te polych 'eße. Prenez. de l'huile commune & de l'eau defontame , de chacun deux livres , De Li litharge preparee , une hvre , De Li cerufe , quatre onces. Cuifez.-les enfemble jufqu'a conßflence d'emplatre, pitis ajoutez.-y De Li cire juune , buk onces , De la terebentbine bienclaire , denn livre. Taites-enun emplatre felonl'art. R E M A R Q^U E S. On melera dans une baffine la litharge preparee , la cerufe pulverifee , l'huile & l'eau , onfera bouillir le melange , l'agitant lnceflamment jiilqu a confiftcncc d'emplatre , on y mettra fondre la cire coupee par perits morceaux & la terebenchine , on continuera d remuer l'emplätre jufqu'a ce qu'il foit froid ; puis on le formera en magdaleons. Le nom de polychrefte a cte donne a cet emplatre , parce qu'il fert a guerir plu- fieurs fortes de playes. Il eft propre pour la brulure, pour les crevalTes du lein & des mains, pour les angelures, pour faire fupurer, pour deilecher & cicatrifer , pour reloudre : on peut en faire du fparadrap pour les cauteres. Le graad emplatre ba.rbatum. Trend, de U poix noire , deux livres , De la cire jaune , vingt onces , De Li reßne de pin & du vinaigre , de cbacun quinz.e onces , Du bitume de Judee , une hvre , Dela terebentbitte , demi hvre , De ihuile commune , quatre onces & demie , De l'encens , une once & demie , De V dun brule , une once , Du verd-de-gris , de U htbarge & dela cerufe , de cbacun fix dragme s , De l'alun crud, de l'opopanax, du gdbanutn, du cuivre brüh ', de cbacun treis dragmes, De Lecorce de racine de mandragore fe'cbe , une dragme & demie , Del'aloes, de lamyrrbe & de l'opmm % de cbacun une dragme. Taites-en un emplatre felon l'art. R E M A R O^U E S. On limera & l'on broyera fubtilement für le porphyre le cuivre brule, on pul- venfera la litharge , d'une autre part le verdet äc la cerufe , on les melera enfemble dans une baffine avcc l'huile Sc le vinaigre , on fera bouillir la matiere en l'agitant Lnceflamment jufqu'a confompnon du vinaigre , on y mettra fondre alors La cire , les poix rompues par petits morceaux & le bitume Judaique redüit en pou- dre, on mettra ccpendant en poudre enlemblc l'aloes, la myrrhe , l'opium, le gal- banum , l'opopanax & l'encens , apres avoir fait deilecher les plus humides de ces gommes par une lente chaleur, & l'on melera la poudre dansl'einplatre rout chaud , UNIVERSELLE. io 79 dune autre part on pulverifera enfemble l'alun brule & l'alun crud 5 d'une aurre part l'ecorce de racine de mandragore feche , on melera ces dermeres poudres dans 1'emplätre quand il fera a denn reiroidi, & on le formera en magdaleons. II dcierge , il deffeche Öc il cicamfe les playes & les ukercs les plus opiniätres« * ertus ' Emplätre de maßich, Prenez.de la cire &de la refine, de ebaeune une livre & trois onces , Du maßich & de U terebenthme , de lapoix navale, & des Imiles de maßich & nardin , de chaeun trois onces , Ces drogues e'tant fondues & la baffine tiree du fett t ojoutez,-y Du ladanum pur & de l'encens , de chaeun deux onces & demie Des feuilles de lentifque oit d'un autre arbre aßnngent & des myrtilles, de chaeun deux onces » Da fumach, du berberis , de Cbypocißis, de l'acac'ta , des rofes nuges , du fantal rouge, du b-A d'Armenie , du corail o»ge prepare & de laterre figillee, de chaeun une ence. Du galanga , du fauchet, de la menthe feche f de la coriandre du his d'alo'es & de la canelle , de chaeun fix dragmes, Du cumin , de lagrande abjinthe , du ftu ein , de la marjolaine, des fleuts de rofmarin & des trochifques degalliamofcbata , de chaeun deux dragmes. Eaites-en un emplätre jelon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble l'hypociftis , l'acacia , le ladanum Sc les trochifques * d'une autre part l'encens; d'une autre part le maftich dans un monier humedle d'eau au fond •, d'une autre part les feuilles de lentifque , de marjolaine , de menthe , d'abflnthe techee entre deux papiers, les fleitrs de rofmarin , de fumac , de rofe, les bayes de myrte , le berberis (ec , les (emences de cumin 6c de coriandre, le fantal , le gala tga , le cyperus, le bois d'aloes Sc la canelle ; d'une autre part le bol, la terre figillee , ie corail prepare ; on melera toutes ces poudres enfemble. On mettra fon- dre dans une baffinc la cire , la refine , la poix noire & la terebenrhine avec les hui- les •, puis la baffine etant hors du feu , l'on y melera exaetement les poudres pour faire un emplätre qu'on formera en magdaleons. Il fortifie l'eltomach , il aide a la digeftion, il arrete le vomihemenr, on l'appli- Vertus» que für la region de l'eltomach. Il entre dans la compofition de cet emplätre beau- coup de drogues inutiles, je voudrois le reformer en la maniere fuivantc. Emplätre de mafiieh, feforme. Prcnez, de la cire & de Li refine , de chaeune une livre & demie , De Vhuile de maßich , & du maßich , de chaeun une denn livre , Da ladanum & de l'encens, de chaeun deux onces & demie, Des myrtilles , deux onces, Du fumach , de l'hypociflis , des rofes rouges, du fantal rouge , & de la terre figillee , de chaeun une ence & demie , Du galanga, de la menthe feche , de la coriandre & de la canelle, de chaeun fix dragmes , io8o PHARMACOPE'E De l'dfinthe , des flenn de rofmarin , de chaeun trois dragmes. Faites-en un emplatre felon l'art. Emplatre Bomachal , de Lemort. Vrenez. de la cire jaune, de la gomme tacamahaca, duflorax calamite & dumaflieh de chaeun deux onees, De la gomme de gayac, de l'huile de mix mufeade tireepar exprejfion , de chaeun une once , De la terebenthine bien claire , dix dragmes , Du bäume du Perou , de la myrrhe & de l'encens , de chaeun ßx dragmes, De la racine de fauchet rond , demi once , De celle de T~edoaire , desbayes de laurier , de chaeun cinq dragmes, Du. camphre t une dragme & demie, Des huiles de myrrhe , de gerofle & d^ecorce d'orange , de chaeune deux ferupules. Faites-en un emplatre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On pulverifera enfemble toutes les gommes; d'une autre part les racines 8c les bayes , on fera fondre enlemble für un petic feu dans un plat de terre, la cire, l'huile de mufeade, la terebenthine 8c le bäume du Perou ; puis ayant retire le plat de deflus le feu , l'on y melera les poudres , 8c enfin le camphre , apres l'avoir diflbuc dans les huiles diftillees de menthe , de gyrofle 8c d'ecorce d'orange , pour faire un emplatre qu'on gardera. Vertus ^ fortifie l'eftomach, il excite Pappetit, il arrete le vomiflement , il diifipe les vents, il refifte a la pourriture : on en applique für la region de l'eftomach« ßmplatre ßomxchic^ue, de Mynßcht, Prenez. de la gomme tacamahaca , trois onees, Du ladanum pur & du benjom , de chaeun deux onees. De la colophone & de la cire jaune , de chaeune une once , Du bäume d'ahßnthe de Mynßcht , & de celui du Perou , de chaeun demi once , Des huiles diflillees d'origan de Crete, de J'erpolet, de %.edoaire & de rojmarin , de chaeune y demijcrupule , De la terebenthine bien claire, ce qu'il enfaudra. Faites-en un emplatre feien l'art, R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble le tacamahaca , le benjoin 8c le ladanum , on mettra fondre a petit feu la cire , la colophone avec demi-livre de terebenthine, Sc l'on y melera hors du feu , la matiere erant a demi refroidie , les baumes, Jes poudres 6c les eiTences , pour faire un emplatre qu'on gardera au befoin. Vextus. Il corrige les cruditez de l'eftomach , il en chafle les vents, il le fortifie , il arrete le YomilTcment. Emplatre UNIVERSELLE. xo8i Emplatre de Cef&r. "Prenez, de la cire blanche, une livre , De la reßne de pin , dix onces , De lapoix noire , demi-livre , De la terebenthme , quatrc onces , De l'htule rofat , trois onces , Des fucs de pla- tarn, de joubarbe & de telephium, de cbacun unt once , Des rofes rouges , une once & deme , Du maflicb , demi once , De la racine de l/ißorte , des noix dt eypres, de tous les fantaux , de la menthe & de la femenct de coriandre, de cbacun deux dragnies, De Vhypociftis , de iacacia , du fang-dragon } de la terre ßgillee, du hol & du CtrM rouge prepare, de cbacun deux dragmes. Eaites-enun emplatre felon l'art. R E M A R QJJ E S. On pul verifera enfemble les rofes rouges , la racine de biftorre, Ics noix de. cypres , les fanraux , la menthe Sc la coriandre j d'une autre parc le maftich ,• d'une autre part le lang-dragon ; d'une autre part le bol, la terre figillee & le corail prepare : on melera ces poudres enfemble , on tirera les fucs par expreflion en la manie- re ordinaire , on y mettra diflbudre dans une ecueile de terre für une peu de feu, l'hypociftis , l'acacia concafle , ou coulera la diflblution & on melera avec la cire les poix , la terebenrhine & l'huile rofat, on fera fondre & bouillir doucement le me- lange , le remuant inceflamment jufqua confomption des fucs: on retirera alors la matiere de deflus le feu, & etant a demie refroidie Ton y melera les poudres pour faire un emplatre, qu'on formera en wiagdaleons. II eft aftringentSc deterfif, il fortifie les parties en arretant les fluxions, il eft VcrtUI» propre pour les fra&ures, pour les diflocations. Le nom de cet emplatre vient apparemmenr de ce qu'il a ete invente par un Em- pereur, ou de ce qu'un Empereur s'en eft fervi. Emp!a're JpoHoltque, de Nie. Alex. Prenez. de la vieille bulle , une livre, De la htbarge d'or preparee , demi-livre , De la cire jaune & de lacolophone , de chaeune deux onces , De la cire vierge qui enduit les ruches & duguy de ebene , de cbacun une once t De la gnmme ammomac & de la pierre calamtnaire , de cbacunßx dragmes , Du maftich , de l'encens & de la mumie , de cbacun denn once , De la terebenthine , des gommes bdelhum, galbanum , opopanax, de la myrrbe , de U farcocolle t du cutvre brule , du verdet t de la cbaux vive, du diclame de Crete &_ de l'ttrtftolocbe , de cbacun trois dragmes. Taites-en un emplatre felon l'art. REMARQUES. On pulverifera enfemble le guy de chene, l'ariftoloche Sc le dietam , d'une part,' la chaux vive 8c le verdet, d'une autre part la farcocolle, la myrrhe, la mumie, 5 X xxxxx toSi ÜHARMACOPE'E l'cncens, Ie bdellium , le maftich, l'opopanax Sc le galbanum. On melera dans nnc baffine la titarge, le cuivre brulc pulvenfes fubnlement, l'huile & enviton deux livres d'eau , on mettra bouillii le melange far le reu , 1'agitant inceflätnmeat avec une cfpatule de bois jufqu'a ce qu'ellc ait acquis une conhftencc d'emplätre Sc que l'eau fort confumee, on y fera fondrc alors la che, la propolis Sc la colophone , on incorporera la poudre des gommcs ; Sc quand l'emplätre fera a demi refroidi, l'on y melera les autres poudres , & on le roulera en magdaleons. Venus. Il eft eftime propre ä faire fortir par fupnration le venin des betes venimeufes ,, comme du chien enrage : il eft bon aulli pour les cloux, pour les carboncles, pour les abfces, pour les tumeursfcrophuleufes. Le nom de cet emplätre vient ä railon de fes grandes vertus. 11 fuffiroit d'employer dans cette compofition du verd de gris , fans y ajouter du du cuivre brule qui eft difticile ä mettre en poudre : ce fönt memes macieres qui ne difrerent qu'en ce que le verd de gris eft un cuivre rarefie Sc empreint de quelques lels acides ou tartareux du raifin, au lieu que le cuivre brule eft le metail tout pur. Si l'on ne trouvoit point de propolis , on pouroit lui fubftituer de la cire jaune* Emplätre de goujfes d'ail y d-'Alcx. Prenez, dela cire jaune , une livre , De i'axonge de porc nouvelle & de la graiffe d'oye , de chacune cinq onces , De la terebenthine , quatre onces , Des gouffes d'atl'bien epluchees , trois onces & demie , Duflorax , du bdellium & de Valoes , de chacun trois onces , De l'eupborbe , une once & demie , Du fafran , demi once , Du maßicb & de l'encens , de chacun une dragme & demie. Faites-en un einplane felon V art. R E M A R Q^U E S. On mettra fbndre enfemble la cire & les graides , on y melera les goufles d'ail qu'on aura coupees mcnu Sc bien ecrafees, on lailTera la maciere en digcftion pen- dant vingt-quatre-heures: cependant on pulverifera enfemble le ftorax , le bdellium , l'aloes, l'euphorbe , le maftich Sc l'encens : d'une autre part on mettra en poudre fuhtüeleiaffran, apres l'avokfait fecher entre deux papiers par une trcs- lente chaleur. On fera bouillir für un petit feu la mauere digeree jufqu'a confomption de pref- que toute l'humidite puis on la coulera avec forte expreilion , on y melera la terebenthine Sc les poudres pour faire du tout un emplätre. Vertust ^ c ft P ro P r c pour fortifier l'eftomach Sc les inteftins, pour rarcfier la pituite craf- fe , pour empecher le progres de l'hydropifie qui commence. Cette dcfcription a ete rapporree par Mefue : eile vient d'un Medecin de Ion tems, nomine Alexandre : il y ajoute de l'huile de nard Sc du vin en quanritehif- fifante •> mais ces deux Ingrediens fcroient plus nuilibles qu'utiies, car J'huilc amoliroit trop l'emplätre, qui n'a deja la conliftence que d'un cerat; Sc Je vm feroit difllper en bouillant le volatil de l'ail, ce qui le privcroit d'une parüe de fa vertu, Emplätre de guimxuve , cotnpofe. Treue t. de U cire jdune , une livrt, UNIVERSELLE. i©8j De U meine de gutmAUve pulverifee , une demi livrt , De l'emplätre dmehylon avec les gommes, troisonces y Des huiles de camomille , de lys & d'aneth , de chaeunes deux oncis > De l'htüle rofat& de la. graiße de canard , de chaeune une ence. Melez,-les, &faites-en un emplätre felon Vart. R E M A R Q^U E S. On mettra fecher au Soleil les racincs d'althaea & on les pulverifera uibtilement •on fera fondre cnfemble für un petit feu la cire, l'emplätre j le diachilon gomme & la graifle de canard avec les huiles, puis on retirera le melange de defliis le feu, Sc quand il fera a demi refroidi, Ton y melera la poudre d'althara pour faire un emplätre quem garderaaubefoin. Il eft propre pour amolir, pour adoucir & pour appaifer les douleurs de la poi- mne, il refout les tumeurs. Emplätre febrifuge. Trenez. des goußes i'ail bieneplucbees , deux onces, Trente araignees Vivantes , du bitume dejuiee , du fei armoniac t de Ureßne , dt la cire & de la terebenthine, de thaeun une once & deime Des huiles de fpica & de maflich , de ebaeun une ence , Du camphre , deux dragmes. Eaites-en un einplane felon Van, R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilemenc lc bitume judaique & le fei armoniac, on eoupera les gouifes d'ailpar petics morceaux , on les ecrafera bien dans un mortier avec les araignees, on les melera avec la cire, la renne , la terebenthine qu'on aura fair fondre avec rhuile de maftich , on tiendra le melange fondu für les cendres chaudes pendant cinq ou fix heures, agitanc la matiere de tems en tems, enfuite on la cou- lera avec une forte expreflion & l'on y melera exa&ement les poudres & enfin le camphre diffout dans l'huile d'afpic pour faite un emplätre qu'on gardera bien en- veloppe, de peur qu'ü ne fe diffipe une partie de fa fubftance volatile en qui con- fifte fa vertu. Il eft propre pour chafler la fievre intermittente, etant applique autour des poi- gnets dans le tems du paroxyfme. Cet emplätre agit comme quantite d'autres amulettes ou remedes qu'on applique au cou ou au bras des febricitans , les parties volatiles dont ces fortes de roedica- mens fönt remplis peuvent entrer par les pores dans les humeurs Sc rectiner en dif- folvant les obftructions qui s'y fönt faites; mais il ne faut pas croire que ce febrifuge foit immanquable , il faut avoir faigne &c purge funifamment avant que de s'en fervir. Emplätre mondißcatif. Trenez. de lacirejaune , unelivre, De la reßne & du fite de chelidoine ine par exprejjlen , de cbactiH quatre onces j Des huiles de crapaux & de fcorpions, de chaeune deux ences 3 De la gomme ammoniac , une once & dem'ie , De la terebenthine , une once , Dußorax liquide > ßx dragmes , X xxxxx i/ Vertu j. VettUJ» 10S4 PHARMACOPE'E De l'ariflokche ronde , demi once , De Umjrrhe & de U Jarcocolle , une dragme , Faites-en un emplatre felon Furt. REMARQUES. On pulverifera enfemble la gomme ammoniac , la myrrhe, la farcocolie, d'unc autreparc l'anftoloche , on melera le fuc de chelidoinc tue par expreffion , avec les huiles on les fera bouillir doucement enlemble jufqu'a confomption du fuc, on met- tra fondre dans l'huile qui rcfterala cire, la terebenthine & le ftorax liquide,. oa coulera la matiere fondue Sc l'on y melera les poudres pour faire un emplatre. Vcituj. Il deterge , il mondifie, il cicatrife les playes Sc les ulceres. Emplatre de cinnabre. Frenez, de V emplatre de mucilage , trois onces , De la poix de Bwgogne & du galbanum purifie ; de chacun deux onces & demie „ Du cinnabre t une once & demte } De l'enguent agyptiac , demi once t De l'eufborbe & de Vorpiment, de chacun deux dragmts & demie. Melc%*-les & faites-en un emplatre felon Van* . R £ M A R Q^U E S. On pulveritera l'euphorbe dans un mortierhuile au fond , on broyera enfemble impalpablementfür le porphyre , le cinabre&l'orpiment, onpurirlerale galbanum en le diliolvanr dans du vmaigre , coulanc la difTolution avec forte expreffion & le faiiant epaiifir für unfeu mediocre, jufqu'a confiitence d'empiatre , on y melera l'Egyptiac ; puis on y mectra fondre la poix de Bouxgogue & l'emplatre de mucila- ge coupez par petits morceaux , on retirera la mariere de deilus le reu, & quand eile fera ademi refroidie , Ton y incarporera les poudres pour faire un emplatre , qu'on roulera en magdaleons. Versus. Il eft propre pou r ouvrir les chancres veneriens, pour confumer les chairs baveu- les, pour deterger les ulceres veroliques. Cer emplatre n'aura pas une liaifon exakte äcaufe de l'onguent egyptiac •, fi l'on veut qu'il en ait une meilleure , il faut en fupprimer cct onguent, tk mettre a fa place une dragmc öc demie de verd de gris en poudre , qui auralameme vertu» EmpUtfe d'euphorbc* Trenet, de la che jaune , bu.it onces , De l/tpoix navale & de la terebenthine , de chacun quatre onces f De Venpborbc , une once. Meleu-lcs & faites-en un emplatre felon l'art. R E M A R 0_ü E S. On pulverifera fubtilement l'euphorbe, on fera fondre enfemble la cire , la poix Koire & Li terebenthine , puis quand la matiere fera ademi refroidie, l'on y melera, I'euphoLbepour faire un emplatre qu'on roulera en magdaleons. VeiOBi "' c ^ P ro P re P° ,jr deterger 5c manger les chairs baveufes qui fe rencontient dans les playes & dans les ulceres. Emplatre fdntaliw. Frenez. de U rejine, cinq onces & demie » UNIVERSELLE. ©Sj 3e U cht jattne , quttre onces , De Cefprix de vin & du fantal rouge , de cbacun me once & demie , Dufajfran , deux dragmes , De l'oliban } du maßteh, de la myrrhe & de l'alm , de cbacun une once & demie. Faites-en un emplatre felon l'art. R E M A R QJJ E S. On pulverifera enfemble l'oliban, lemaftich&la myrrhe , d'une autre part 1c fanral, l'arrofant de tems en rems avec un peu d'efprit de vin , d'une aurre part le fafran , apres l'avoir fak fecher tres doucemenc enrre deux papiers 5 d'une autre part J'alun, On mettra fondre enfemble la refine & la cire , & quand la matiere fera plus qu'a demi refroidie, Ton y melera les poudres , Sc enfin le rede de l'efpric de vin , pour faire un emplatre qu'on roulera en magdaleons. Il eft employe pour fortifier le foye , & pour lever les obftrucftions. Si l'emplätre avoit une confiftence crop dure & trop feche , on pourroit y ajouter un peu d'huile de rofe. II eft bien diffizile de conferver l'efprir de vin dans cer emplatre , car la moindre chaleur eft capable de le faire diilipeiv Or on ne peut le meler dans lacompofition , quependant quelle eft encoreun peumolle Sc chaude. Empiatfe cafminatif y de Sylvius. Prenez, des gommes galbanum , bdellium & ammoniac , de cbacun deux onces > De la. myrrhe rouge & de l'encens male , de cbacun une once , * De l'opium de Thebes , une denn once. Toutes ces gommes etant dijjoutes dans le vinaigre fcillitique, puis epaiffies de nott* veau , ajoutez. y De la cire jaune & de la cohpbone, de chaeune une once & demie , Du bäume du eerou& de l'butle des Ibilofopbes , de cbacun demi-once , Des hudes de petrole & de carvi diftillees , deux ferupules , De la terebentbine de Venife t ce quil en faudra. Melez*-les , & faites-en un emplatre felon l'art» R E M A R Q_U E S. On mettra dans une terrine toutes les gommes concaflees, on verfera deflus , du vinaigre fcillitic a la hauteur de quatre doigts, on le laiflera tremper cinq ou fix heures für les cendres chaudes, puis on les fera bouillir doucement für le feu , juf- qu'a ce qu'elles. foient difloutes, on coulera la diflolution par une etamine avec forte expreflion , on mettra für le marc de nouveau vinaigre fcillitic pour achever de dif- foudre ce qui peut y etre refte de gorame , on le remettra für le feu, Sc apres l'avoir fair bouillir quelques bouillons , on coulera la diflolution comme auparavant, on melera enfemble les liqueurs coulees, Sc für un pecit feu l'on en fera confumer 1 hu- midite , jufqu'a ce qu'elles foient epaiffies en confiftence d'emplätre, on y melera alors un peu de terebenthine, puis la cire , la colophone, & enfin les huiles & le bäume : 11 i'on n'a point d'huile de terre veritable , on lui fubftituera lepetroleum ordinaire. Il chafte les vents , il refout les tumeurs froides > il appaife les douleurs de coli- «jue , onl'applique für le ventre. La confiftence de cet empläere etant rendue aflez molle par les fiuilss Sc parle bäume du Perou qui y entrent, on pourroit fe pafler d'y ajouter de la terebenthine, Xxxxxx iij Vertus» veina. ioM FHARMACOPE'E Huile de L'huile de terre eft unc efpece de pecrole ou une liqueur huileufc , etaire, tranf- terre. parence , d'une odeur forte: eile coule de quelque montagne des Indes, d ou eile nous eft apportee ; mais eile eft rare. Empl&tre citrin. Trenet, de la reßne , une livre , De U cirejatme , une demiJivre , D« futf de cerf , quatre onces , De U terebenthine , deux onces. laites-en un emplatre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On mettra fondre für un petit feu toutes les drogues cnfemble \ & Ton en fera im empläere. Vgrtus. Il eft pour nettoyer & cicatrifer les playes, ü fortifie, Cet empläere prend fon nom de ta coaleur. EmpUtre verd. Frenez. de la cire , de la reßne & de la terebenthine, de chaeune quatre onces , De Vohban , du maßub & du verd-de gris, de chaeun trois onces. Me!ez.-les , & faites-en un emplatre felon l'art, R E M A R O^V E S. On pulverifera fubtilement l'oliban , le maftich & le verd de gris , on fera fonw dre enfemble la cire , la refinc & la terebenthine, on y melera le verdet ; & quand la matiere fera ä demi refroidie, on y incorporera les autres poudres pour faire un emplatre qu'on roulera en magdaleons. Vertu». Il eft propre pour deterger, & pour confolider les playes» Emplatre de pterre cxlxmmaire. Frenez. de f huile commune, du fuif de cerf , & de U litharge d'or preparfe , de chaeun quatre onces , Be la cire blanche , trois onces s De la pierre calaminaire , deux onces , De la terebenthine } une once & demie, De l'encens , dix dragmes , De la cerufe, une once , Du maßich , ßx dragmes y De la myrrhe , demi-once ~ t De camphre , trois dragmes , De la tut hie preparee , une dragme , De l'eau commune , ce qu'il en faadra. Faites-en un emplatre felon l'art. R E M A R Qjü E S. On meflera dans une baffine la litharge, la cerufe & la pierre calaminaire reduf- tes en poudre fubtile avec 1 huile, le fuif de cerf Sc environ une livre d'eau , on fera cuire le melange par un feu modere, l'agitant incelTammenr, jufqu a cc qu'il ait aequis une confiftence d'emplatre , on y melera alors l'encens , la mirrJie & le maftich qu'on aura pulverifez fubtilement, on y fera fondre la cire & la terebenthine •, puis quandl'emplätrefera prefque refroidi , Tony melera la tuthiepreparee 8c le camphre diflout dans un peu d'huile , on le formera en magdaleons. Venus. II defteche en abforbant les feis aeides des playes, par les maticres alkalines donc il eft rempli. UNIVERSELLE. Le grand Enplatre toyal , de Mefue. io%7 Trenes. de la cire blanche , de la reßne de pin , du fuif de vache , de U poix no'ire & de Bourgogne, de la terebentbine , de l'encens & de la mjrrbe , de chacununc once » De l'hmle «immune , ce qu'tl enfaudra. Faites-en un emplatre felon l'art. R E M A R Q^V E S. On pulverifera fubtilement la myrrhe, on mettra fondrc enfemble toutes les au- tres drogues avec environ une once d'huilc commune, on coulera la mauere fonduc &c Ton y melerala myrrhe pour faire un emplatre qu'on gardera au befoin. Il aide a la fupuration, il aglutinc les playes & il les guerit. Cec emplatre eft appelle Bafilicum , c'eft-ä-dire Royal, ou ä caufe de fes grandes vertus, ou parce que des Rois en ont faic diftribuer aux pauvres par charite. Le petit Emplatre royal y de CAlien. Vreneu de la poix noire , de la reßne, de la cire, & de lagraijfe de vache , farties egales, Melex.-les, & faites-en un emplatre felon l'art. R E M A R Q^V E S. On mettra fondre toures les drogues enfemble , & Ton coulera la matiere fonduc pour en fcparer les impuretez , puis quand eile fera prefque froide on la formera en magdaleons ■, c'eft l'emplatre tetrapharmacum. Il eft propre pour faire fupurer les playes, & pour faire revenir les chairs» Le mot de tetraphannacum lignihe compofe de quarre drogues. Emplatre pour conßtmetU camofite' de l'utette. Trenez. de l'emplatre diachalciteos, une demi-livre , Du rerd-de-gris , de l'orpiment , de l'alun knie & du mercure precipite rouge , de cbacun trois dragmes. Melez..les, & faites-en un emplatre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On broyera enfemble für le potphyre le verdet, l'orpiment , l'alun brule &: 1c precipite rouge jufqu a ce qu'ils foient en poudre impalpable , on melera exade- menr cette poudre dans l'emplatre diachalciteos qu'on aura fait ramolir fuffifam- menr für le feil, on mettra de cet emplatre autour des bougies de cire ou des figurcs de bougies faites en plomb, pour les pouvoir introduire Sans la verge jufqu a l'en- droit de la carnofite. Cet emplatre ronge & confume par fa corrofion les carnofitez de la verge; fi Ton veut qu'il foit plus ou moins corrofif, on peut augmenter ou diminuer les poudres: quand on a laifie quelque tems la bougie dans la verge on la retire , Sc l'on en met une de cire enduite de cerat de Galien ou d'onguent rofat, pour adoucir l'acretc qu'a caufe le rcmede. Vsitm. Venia. Vetia» Jo8t PHARMACOPE'E ycrttis. Venus. Emplatre de concombte fauvuge. Prenet, de la racine de concombre fauvage , trois onces , Du fouifre vif & de la femence de cumin, de chaeun dcux tnces , De feuphorbe , une once & demie , De la, poix de Bourgogne , trois livres & deux onCes, De l'onguent de arthamitx , trois onces F aites- in un emplatre felon l'art. R E M A R Q^U E S. On fera fccher les racincs de concombre fauvage au foleil , Sc on les mettra en poudrc avcc la femence de cumin, d'une autre parc on pulverifera le fouifre vif, 8c d'une autre part l'euphorbe : on melera ces poudres enfemble, on fera fondre la poix de Bourgogne a petit feu , on la paflera par un linge clair pour en feparer l'im- purete, l'on y melera longuent de arthanita 6c les poudres , pour faire un emplatre qu'on gardera au befoin. II purge les ferofltez etant applique für le bas ventre: il eft propre pour l'hydro- pifle; mais h" on l'appliquoit tur l'eftomach, il exciteroit peut-etre le vomiiTe- menc. Emplatre de fuye. Prenet. du favon de Venife , quatre onces, Du beute nouveau , de la terebenthine & du levain , de chaeun deux onces r De la fuye de chemmee , une once & demie , Da fei commun , une once , Du miel rofat , ßx dragmes J De la tberiaque & du mitbridat , de chaeun demi-once , Quatre ]aunes d'oeufs , Du f äff ran Orient al , trüs dragmes. Melez.-les , & faites-en un emplatre felon l'art. R £ AI A R Q^V E S. On pulverifera la fuye, le fei & le faffran chaeun feparement, puis on melera les poudtes qu'on mettra fondre enfemble, le beure äc le favon coupe par petits mor- ceaux & la terebenthine, on y melera hors du feu les poudres , le levain , la theria- que , le mithridat, le miel rofat, & enfin les jaunes d'oeufs : on incorporera le touc enfemble en agitant long-tems la matiere avec un biftortier , Sc l'on gardera cec emplatre dans un pot bien bouche. Il eft fort propre pour poufler ä maturite les bubons peftilentiels , l'anthrax , les carboncles , & pour en faire fortir le venin. Cette compofition eft pliitot un cataplafme qu'un emplatre , le miel rofat qui eft aftringent ne m'y paroit pas convenable ; je voudrois mettre a fa place le miel violat, ou du miel commun, Emplatre bepatiqtte, Prenez. de U cire jaune, demi-livre , De la terebenthine bien claire } quatre onces Des fleurs de fei armoniac , deux onces & demie , Des gommes ammonw & elemi, des fucs d'aigremoine & d'abßnthe, de chaeun deux onces , De la myrrhe , une once , Des feuilles d'aigremoiue feebes & du camphre diffout dans rhülle de fuccin , de chaeun deml-once, Faites-en un emplatre felm l'art, REMARQUES. UNIVERSELLE. 108? R E M A R Q^U E S. On fera fecher de l'aigremoine entre deux papiers, Sc on la reduira en poudre fubtile •, d'une autre part on pulverifera enfemble la myrrhe Sc la gomme ammoniac, on tirera les fucs par expremon apres avoir fufhfamment pile les herbes, on les fera bouillir doucement avec la cire jufqu a ce qu'ils foient confumez, on melera alors dans la cire reftante la gomme elemi & la terebenthine : on pallera le melange tout chaud par un linge pour en feparer les impuretez ; on y incorporera enfuite l'aigremoine en poudre , puis les gommes, les fleurs de fei armoniac, & enfin lorfque le melange fera prefque refroidi, l'on y melera le camphre qu'on aura auparavant dilTout dans un mortier avec environ une once d'huile de fuccfii pour faire un em- plätre qu'on gardera au befoin. 11 eft propre pour ramolir, pour reToudre , pour lever les obftrudions du foye , Verci«, de la ratte 6c des autresparties. Emplatre da Bn'bier. Prenez, de la poix noire \ deux livres, De la cire , une livre. De la reßnt, une dem livre. De la femence de fcemgrec &de la racine de cbameleon mir, de chacune quatre onces, Du cutrnn , deux onces. De l'huile d'iris, ce qu'il en faudra. Faites - en un emplatre felon l'art, REMARQUES. On aura de la racine de chameleon noir, ou a fon defaut de celle de bryone> on la mettra lecher au foferl & on la pulvenfera fubtilement avec le cumin Sc le fcenu- crrec , on ferafondre enfemble lapoix noire , la cire & larefine coupees par petits morc'eaux avec cinq ou fix onces d'huile d'iris, on coulera la mariere fondue pour en feparer les impuretez, puis on y melera les poudres pour faire un empläcre qu'on formera en magdaleons. 11 eft refolutif, on s'en fert pour la goutte fciatique, pour 1 hydropihe , pour les VeitaSm rhumatifmes, pour meurir les apoftemes. „.-,„•.• Aerius a rapporte cet emplatre , qui a ete mvente par un Barbier de Bithyme •, mais il n'y demande point d'huile. On a trouve a propos d'y en ajoücer, parce quc ,'eiuplätre feroit trop fec, fi Ton n'y en mettoir point. Emplat/e de pompbolix. Prenez. defhuile de niorelle & de la che blanche, de chacune deux livres. De la cerufe , du plomb brüle & du fomfhttx , de chacun neuf onces. De Voliban , quatre onces. I altes - en un emplatre felon l'art. R E M A R OJJ E S. Onbroyera für le porphyre le pompholix ou tuthie, jufqu a ce qu'il foit impal- pable , onpulverifera la cerufe en la frottant für un ramis •, on mettra en poudre fub- tile l'ohban dans un mortier de bronze qu'on aura oint au fond de quelque goutte d'huile, on melera dans une balline l'huile de folanum, la cerufe, le plomb brüle &c 5 Yyyyyy 1090 PHARMACOPE'E le pompholix, on y ajoutera quatre livres d'eau commune, on fera bouillir Ie metarr- ge par un feu aflez fort, l'agitant inceilamment au fond de la baffine avec une efpa- tuie de bois jufqu'a ce que la mariere ait acquis une confiftence d emplätre, on y fera fondre alors la cire, & l'on y melera i'obban pour faire un emplätre qu'on rou- iera en magdaleons. Vertus. Il deffeche les playes & les ulceres en rafraichiffant, il a les memes vertus quc l'onguenr pompholix ; aufll ne differe-t-il de cet onguent qu'en confiftence. Emplxtte des quatre gommes. Trenet. des gommes ammoriuc, fagapcnum > galbanum & opopattax, de cbacune une livte. De U colophone , denn hvre. laites-en un emplätre felon l'art. R E M A R QJU E S. On mettra diftöudre les gommes dans du vinaigre für un perit feu, on paflera la diiTolution par une etaminc avec forte expreilion, & on la fera epaiilir jufqu'a confiftence folide •, on y melera la colophone , & l'on fera un emplarre qu'on gardera pour s'en fervir au befoiru Vertus» Il eft propre pour ramolir, pour faire fupurer , pour refoudre les tumeurs. Il vaut mieux garder cet emplätre dans un pot, que de le mettre en rouleau - , par- ce qu'il s'aplatiroit en s'attachant ii fort au papier qui l'enveloperoit, qu'on ne pou- roit pas Ten feparer qaand on voudroit s'en {ervir. Emplätre de Guillmm? le Serviteur. Prenez, de la poix navale , dettx livres, De la reßne , de la colophone & de la cire , de chacune une livre* De la terebenthim , buit onces , Du gingembre , une once & demie , Desbayes de laurier % du foulfre , de la femence d'anis , de Vabßntne t dupouillot , de l'encens , du faffran, du maftich , dugyrofle , de la canelle & du creßon, de cbacun: une once. Faites-en un emplätre felon l'art v R E M A R Q^U E S. On pulverifera fubtilement enfemble le gingembre, les gyrofles, l'anis, les bayes- de laurier , rabfinthe,lecreiibn & le pulegmm fechez; d'une autrepart le fafran y . d'une autre part le mallich & l'encens, d'une autre part le foulfre: on melera les poudres: on mettra fondre enfemble les poix , la cire , la terebenthine, & l'on y melera les poudres pour faire un emplätre qu'on roulera en magdaleons. Veitus. Il ramolir, il relout les duretez , il appaife les douleurs, il fortifie les nerfs &: ies mufcles: on l'employe pour les conrufions, pour les diilocations, pour les fra&ures» Emplätre de centaure'e , de Guidon, Trenet, de ta terebenthine t une livre. De ta cire & du m'iel de centauree, de clucun trois onces t Du tait de femme > deux onces t De U reßne , une once & demie , Ds l'encens , de lagomme Arabique & du maßich, de chacun une once, Milez.-les , & fatalen un emplätre felon Varu UNIVERSELLE, io# R E M A R £_17 £ S.'~ On pulverifera la gomme arabique dans un monier chaud, d'une aiure part on mettra en poudre enfemble l'encens & le maftich ; on melera les poudres, on mettra dans une bafline la terebenthine , le miel de ceritaüree , la cire , la refine &c le lalt de femme , on placera la baffine für un petit feu pour faire fondre & bouillir enfemble les matieres jufqua confompcion de l'hnmidite aqueufe, enfuite on la rou- lera; & quand eile fera ä demirefroidie, Von y melera exa&ement les poudres pour faire un emplätre qu'on formera en magdaleons. On s'en fert pour les playes de la tete; ü deterge , il'deffeche, & il fortifie. Vertu& Cet emplätre ne peut pas avoir une conliftence Fort exa&e > ä caufe du miel qui y entre. EmpUtfe ßiptique , de M.ynficht. PreneZa de la colophone , de U terebenthine & de la cirejaune, de chacune dem llvre ] De la croüte de pain rotte & macer ee dans le vinaigre , quatre onces. De l'huile de noix mufcade tiree par exprejjion , trois cnces. Du maflich i du fandarac & de l'oliban , de chacun deux cnces. De la terre Jtgtllee, du hol d' Arme nie , de la menthe crepee & de l'abßnthe , de chacun une once. Da caUmus odorant & du gjroße , de chacun demi once. Des balaufles, des rofes rouges , des noix de cypres, de l'ecorce de grenades, des galles ' du fang-dragon , de chacun deux dragmes. Melez.-les avec une fuff.fante quaniitt d'hu'ile de coins; faites-en un emplätre[ehn l'art. R £ M A R Q^U £ S. On pulverifera enfemble fubtilement le maftich , l'öliban, le fandarac ou Vernix, & le fang dragon', dune autre part on mettra tremper dans du vinaigre environ une heure , dela croute de pain rotie , puis on la fera fecher &: on la mettra en poudre avec la terre figillee & le bol ; dune autre part on pulverifera enfemble la menthe , l'abfinthe feche , le calamus aromaticus, les gyroftes, les rofes, les noix de cypres, les galles, l'ecorce de grenade & les balauftes •, on melera les poudres, on mettra fondre enfemble für un petit feu la cire, la colophone, l'huile de mufcade coupees par petits morceaux avec la terebenthine & environ une once d'huile de coing, on reti- rera la mattere de deffus le feu , & l'on y melera exa&ement les poudres pour faire un emplätre. Il eft employe dans la dyfenterie & dans les aütres cours de ventre, dans le cho- Veitua» lera morbus: il arrefte le vomnTement, il fortifie l'eftomach etant applique deflus, & für le ventre inferieur. Cet emplätre n'eft pas de bonne confiftence, parce qu'il y entre trop de poudres a proportion des ingrediens emplaftiques: je voudrois doubler la quantite de la cire , pour lui donner plus de corps. Emplätre de fang humain, Frenez, de l'huile de millepertuis , une llvre 5 De la litharge d'or preparee , & du vinaigre tres-fort , de chacun demi Ihre J De la cirejaune , de la terebenthine bien claire } de l'axonge huiname & du fang htt r ma'm , de chacun deux onces, De la hmaille de cutvre, du verdet t du. vitriol de cypres & du fei de perßcaire, de chacun demi once. Taites-en un emplätre felon Vart, Yyyyyyij •«o 5 i PHARMACOPFE UNIVERSELLE; R E M A R Q^U E S. On pulverlfera fubtilement la Iimaille de cuivre, d'une autre part Je vitriol de Cypre, le verd-de-gris & lefei de perficaire: onaura du fang dun jeune homme fäin, on le fera deilecher au Soleil, puis on le mettra enpoudre, fnbtile pour en avoir deux onces qu'on melera avec les autres poudres, on mettradansunebaffine la lithar- ge preparee , l'huile d'hypericum & le vinaigre",. on les fera cuire enfemble für im feu mediocre, remuant lamatiereavec uneeipatuledeboisjufqu'äce quelleaitpris la confiftenced'un emplatre, on y mettra fondre alors, la retirant de dentis le feu, la- cire, la terebenthine Sc l'axonge humaine, puis on y melera exactement les poudres , pour faire un emplatre qu'on roulera en magdaleons pour s'en fervir au•befoiri. Vertus. Il eft deterfif, deficcatif, vulneraire, fortifiant, refolutif: il eft propre pour le» vieux ulceres, pour faire diffiper les tumeurs , pour les contufions. J'ai tire cette defcription de la Pharmacopee de Lille i il etoit peu neceflabe d'y employer de la Iimaille de cuivre puifqu'il y entre du verd-de-gris ; il ne faloit qu'augmenter la dofe de ce dernier. Le fei de perficaire fe prepare comme le fei de chardon-benit, dont on verra la defcription dans mon Traite de Chymie. Emplatre pour les gattglignf , de M. Chafaf. Trenei. des gommes ammonnie , galbanum , opopanax & fagapenum diffoutes dans h vinaigre, coulees & efmjjies >& de la myrrbe choiße pulvenfee , de cbacune trois onces.. De l'huile de Immer & de l'efprit de vin , de ebnem une once. Du foulfre vif , du vitriol Romain & du fei armoniac , de ebaeun demi once.. De l'eupborbe , deux dragmes. Faites-en un emplatre felon l'art". R E M A R Q^U E S. On difloudra enfemble dans le vinaigre, les gommes ammoniac , galbanum,' opopanax Sc fagapenum , on coulera la dilfolution avec forte expreilion , & l'on en fera evaporer l'humidite jufcjua ce qu'elle foit reduite en confiftence d emplatre , cependant on pulverifera eniemble la myrrhe & l'euphorbe •, d'une autre part le fbulfre vif, d'une autre part le vitriol Romain & le fei armoniac : on melera les poudres, on incorporera dans les gommes purifiees &c liquefiees par un peu de feu , l'huile de kurier , enfuite les poudres , & enfin l'efprit de vm , on agitera long- temps le melange , & l'emplätre fera fait. Venus«, U e ^ penetrant, attenuant, amoliffanr, refolutif,. propre pour les fcrophules, pour les loupes, pour les fchirres ou duretez du foye , de la ratte, pour les ecroüelles. L'efprit de vin qu'oii employe dans cette compofition, n'y communique pas beau- coup de fa vertu , car la chaleurde l'emplätre, fi douce qu'elle puifTe etre , quand on-tait le melange, diffipe le plus fubtil de cetefprir. On ne doit point former cet emplatre en magdaleons, il s'applatiroit trop , i caufe de la grande quanrite de gommes qui le compofent, & il s'attacheroit fi fort au papier qui l'enveloperoit, cju'on ne pouroit Ten feparer •, il vaut mieux le garder dans un pot. Si l'on n'a point de vitriol Romain, on peut fort bien lui fubftituer le vitridl d*Ängleterre, qui a lameme qua-lite. F IN. TABLE DES MAXIERES par ordre Alphabethique. ABfmthe , 172 Abiinthepreparee en guife de the , ibid. Acacia noftras, 116 Acerbe , favcur , 12 Acetabulum , mefure des Anciens , r 1 de 66 Acumeli 011 apomeli , oxymel, 1 6 & 1 69 AZgyptiacumyV'. OnguentEgyptiac , 966 /Ereolus , poids des Anciens, 12 & 63 ^Ethiops mineral > c'eft une preparation de' mercure, " Äggregatives, vojex, pilules äggregatives ou polychreftes, 464 Aigre, terme de Fondeurs , 13. Aigre de miel, ou vinaigre philofophique , rx 'Alle , biere d'Angleterre , 14$ Al, parcicule Arabe, 13 Alchymie,c'eft la partie de Chymie qui traite de la tranfmutation des metaux , ibid. Alembic , vaifleau diftillatoire , ibid. Alephangines, v. pilules alephangines , 498 Alexicacon , amulette rehftant au venin , ibid. Alexipharmaques, remedes propres a. rehfter a la malienite des humeurs , ibid. Alexiteres, remedes employez concre la mor- fure des betes venimeufes, ibid. Alhandal, coloquinte > V. Trochifques alhandal , 386 Aliment, vieat d'alka ab alere , nourir , 13 Alipta mofehata , melange mufque , voyex, dans les Trochifques, 399 'Alkwß 5 di/Iolvant univerfel, 13 'Alkali , foude ou fei du Kali, ibid. Alkermes , v. Confedtion alkermes , 641 Alkpol, eft unefprir tres-fubtil, 14 Alphenic , penides, 011 fucre tors , 594 A ludels , pors pour les lüblimations > 14 Alumineufe , v. Hau alumineufe , S20 Amalgame , eft un melange du vif argent, avec un autre metal fondu \ 14 Amandez & orgeats,, 84 Amphibie , eft tour animal qui vit dans l'eau Ss fürlä terre, 14 Amulettes , fönt remedes qu'on porte pour guerir la fievre ou pour fefifter au venin , ibidem. ÄnaTyie , eft une diflolution ou feparation des prineipes qui compofent un mixte, ib. Anapbromeli , eft un miel ecurhe , tbi d. Anodins , fönt des remedes adoueiffans & propres ä calmer les humeurs , 15. Ami, fignifie contre , ibid. Antiapoplecftiques, remedes contre 1'Apoplexie , ibi d. Antiaftlimatiques , remedes propres pour l'afthme, ibid. Antidote , remede contre les venins, ibid. Antidote contre la pefte, 646 &c 647 Antidote de Cortenus, 638 Antidote de Mathiol'e * 639 & 641 Antidote, ditOrvietan , 628 & 629 Antidote tans pareil, d'Asftuarius , 618 Antidyfenteriques remedes contre la dyfen- terie, 15, Antiepileptiques , contre l'euileptie , ibid. Antihedtiques, contre la fievre hectique , ibidem. Anthihydropiques, contre l'hydropifie, ibid. Antihypocondriaques , contre le mal hypo- condriaque, ibid. Antimelancoliques, contra la melancolie, ib. Antimoine diagredie , ibid. Antimoine purifie ou verre d'antimoine , 5 8 —Comment 1'antimoine fair vomir, 147 Yyyyyy iir TABLE DE Antinephrctiques , contre la gravelle ou la nephretique, 15 An:ipocbgnqties , contre la goutte , ibid. Antipyretiques, rem. contre la brulure, Ibid. Antifcorbutiques rem. pour le icorbut, ibid. Antifpafmatiques , contre les convulfions , ibid. Apomeli , oxymel , 16 &£ 169 Apophlegmatifmes , mafticatoires , 16 & 91 Apozemes , ou decoctions , 77 Apozeme alterant & aperitif, ibid. Apozeme cephalique purgatif, 80 Apozeme ou bouillon amer , 78 Apozeme ou bouillon amer fait -au bain- marie, 8p Apozeme ou bouillon rouge , ibid. AquiUi alba. , c'eft le fubüme doux , 1 6 Arbre de Diane, eft un melange d'argent, de mercure &: d'efpi 1: de nitre , ibid. Arcane corallin , c'eft un prccipite rouge or- dinaire, ibid. Arcane double , ou fei des deux , eft un fei blanc tire du vitriol tc du falpetre , ib'd. Aregon , eft un onguent refolutif , ibid. & 5180 Aromats, entrent dans la matiere des pef- faires, 99 Aromats mis dans la matrice, ibid. —Comment ils agiflent, ibid. Aromatifation du cotignac , 141 Aromatifation du ratafia, 153 Arthririques, remedes pour les maladies des jointures, 17 Afiaieret, fönt des pilules purgatives , 501 Afthmatiques, remedes contre l'afthme, 17 Aftringenrs, remedes qui reiferem &c forri- fienr, ibid. Aifation , eft une coclion feche ,' 17 Athanaue, eft une efpece d'opiare, 17 & 630 Athanor , fourneau philofophique , ibid. Attenuants , ce fönt des remedes qui pene- trent \ rarefient &c fubtüifent les humeurs, 17 Auftere, faveur acre , 18 Aymant arfcnical, 41 Sc 1076 B BAin-marie, 18 Bain de furnier de cheval, ibid. Bain de vapeur , ibid. Bales ou pilules de regule d'antimoine, 531 M A T I E R E S. Balon , grand recipient de VCtTC ou de grais, 18 Barre de fer pour les preftes , 6j Bafilic , onguent fupuratif, 962 Baumes &c leur divifion , 918 Baume admirable de du Renou , 915 Baume anodin, 941 * anodin , ou appaife douleurs , de Ba- teus, j 949 * antipodagrique , ou contre la goutte, de Ph. Müller, 950 apople&ique , 911 §c 954 apoplecftique reforme , 911 * apopledique d'Ettmuller , 911 aromatique , de Mynficht , ibid. bezoardique , 9 27 * bezoardique ou cordial d'Angelus Sala, ibid. blanc artificiel, 935 * blanc de Leon-Fioraventi Medecin deBologne, 5)34 * cephalique d'Italie , ibid. conrre la convulfion , de Mynficht, 935 contre la goutte , de Muller , 950 contre la picqucure des nerts, 941 cordial d'Angelus Sala, 928 cordial de Sennert, 915 d'ablinthe ou ftomachique , de Mynficht , 924 d'angelique , de Sennert, ibid. d'angelique de Sennert reforme , ibid. d'Apparit, 913 d'Arcxus, ibid. de bailamine , * de Chrift de Paracelfe , * de Chrift de Paracelfe reforme , de civetre, de Mynficht, d'Efpagne, de la Framboifiere , pour la picqueure des nerfs, 94 1 de Guidon, 9 2 9 de Heurnius , 94 l d'Houllier, 937 de Jacques Pinto , 94 1 de Jof. Baifame, Chevalier de Samte- Croix, 93 i d'Italie, 955 de Lucatel, 947 de Mademoifelle Feuillet, 928 940 932 9J2 9}9 TABLE DES * Baume de mumie, de Laz. Riviere, 9 51 des Medecins de Florence, 938 de Palme, 957 de Saturne, 94S de Saturne camphre > ihd, "*deSoliman, 92.6 de foulfre anife , 944 de foulfre benjoine , 945 de foulfre compofe , ibid. * de foulfre d'antimoine ou flibial de l'Auteur, ibid. de foulfre de Ruland , 943 de foulfre de Ruland reforme , 944 de foulfre fimpleou terebenthine , 943 de foulfre fuccine, * de fymparhie , de Bateus ; * du Chevalier Saint-Vidtor, du Commandern- de Permes , Hemefien, hypnotique , de Mynficht, * hyfterique, de Peniclier » * magiftral, de Bateus > nephretique » nerval, ou beute de fuccin , de Bateus , ou huile benite , d'Apparit, * ou huile tranquille de l'Abbe Rouf- feau, 947 * 011 onguent de fympatie , de Bateus , 949 * paralytique de Bateus, 955 paraly tique de Mynficht, 938 polychrefte, 918 polychrefte de Lemort , 919 pour arreter le fang , ibi d. * pour faciliter la forde des dents anx enfans , 939 pour les maux d'epine, de Bateus , 920 famaritain , 931 farcotique, 919 Aomachique , de Mynficht, 914 ftyptique de Mynficht , 940 * rranquille , de l'Abbe Rouffeau, 947 venerien, de Mynficht, 04z vert de > r etz , 918 uterin de galbanum , de Saniert , 936 autre bäume uterin, vulgaire, vulncraire de Falloje \ vulneraire de Mindereriis, 945 949 92.6 9)7 928 954 ibid. 957 919 93.(5 9^3 M A T I E R E S. Baye, c'eft le grain d'un petit fruit rond , 18 Bechiques, cc fönt des remedes qui ealment la toux , & qui adouciffent les äcrecez de la poitrine, ibid. Benedicte laxative , c'eft un ele&uaire pur- gatif, ibid. &715 Benedikte laxative reformee , 7 16 Besou beßls , poids des Anciens, 18 & 65 Beute d'antimoine lunaire , 19 Beure ou huile glaciale d'antimoine , ihd. Beute d'arfenic , ibid' Beure de cire , ibid. Beure d'erain ou de Jupiter , ibid. Beure de May , vojez. Onguent de beure reforme, 991 Beure de Saturne , 19 Beure de fuccin , de Bateus, 94^ Bezoard animal, eft le foye & le cceur de la vipere pulverifez , 18 & 130 Bezoard mineral, elf une preparation d'anti- 18 6 18 &C66 149- 18 & 6y 959 19 ^3 937 928 930 ibid. moine fudorifique Biberons , Bicongius , mefure des Anciens, Biere d'Angleterre , appellee aile , Biftortier, rouleau de bois, Blanchet, morceau de drap , Blanc railin ou onguent de cerufe, Bochet ou bouchet, Boettes de plomb , leur ufage , Bol, eft un melange de drogues medecinales reduitesen petitsmorceaux longuets qu'on envelope de pain a chanter uiouiilc, Sc qu'on fait avaler fans macher , 89 Bol purgatif ou apsritif contre la gonorrhee, ibid. Bouqaain, c'eft du fing ob bouc prepare, 1 9 Bouteille de verre , 6 1 CAchectiques , remedes aperitifs pour lever les obfttu&ions, 19 Cadavres tleffechez par la chaux , 527 deffechez par le Soleil, par les fahles de la Lybie, Cadus ou ceranium, mefure , Caille de lievre , ce que c'eft , Calcination , ce que c'eft , Calcinationde l'alun , Eau ouphlcgme d'alun, &desfelsmmeraux, 845 ibid. ibid. 19 £c 6j 3 o3 19 & 308 844 & 977 io 7 7 977 310 10 TABLE DES Calcinacion de la corne de ccrf, 130 de la raupe, de l'eponge, de Jos de la cuiflfe de bceuf, deshmas , du poil de lievre , du vitriol de Chypre , Cafats , poids d'or ou de perles, Cardiaques, remedes cordiaux &c rortifiants, ibid. grand Cardiaque de Bareus , la fleux des cordiaux , 833 Carminarifs, remedes fulphureux Sc diffipans les humeurs, zo Carrelet, inftrument de bois, ibid. Caryocoftin, clectuaire purgatif, 717 Caite avec miel pour les clyfteres, 699 Cafle avec manne , ibid. Carte avec fucre , ibid. Caflblettes, vaifleaux de cuivre , 109 Cataplalmes, remedes qu'on applique für les parties malades, 10 Sc 11 6 Cataplafme anodin & refolurif, ibid. * Cataplafme apoplettique , de Bareus, 118 Cataplafme de crores de chien, du meine, 117 Caraplafme de croute de pain, 1028 Cataplafmes de nid d'hirondelles t 1 18 Cataplafme de Vigo , pour la commotion du cerveau, 1022 Sc 1023 Cataplafme emollient Sc digeftif, 117 Cathartiques , remedes purgarifs, 48 Catheretiques } pour confurher les chairs ba- veufes, zo Catholicon, purgatif univerfel, ibid. Catholicon double ^le rhubarbe, 689 Catholicon double refbrme , 690 Catholicon de la Framboifierc , 691 Catholicon de la Frarnboifiere, reforme, 693 Catholicon, de Querceran , 692 Catholicon de Quercetan , reforme , 693 Catholicon limple , de Fernel, 687 Catholicon fimple , reforme , 689 Catholicon pour les clyfteres, de Verny, 693 Catholicon pour les clyfteres, reforme , 694 Catholicon pour les clyfteres des chevaux, ib. Cauftiquesoucauteres, remedes brulants, zi Cauftique perpemel, c'eft la pierre infernale, 59 Cautere potentiel, c'eft la pierre a cautere , tbid. MAXIERES. Cement Royal, c'eft la piuification de l'or J 21 Cementation, c'eft la maniere de purifier. l'or, ibid. Cendre de verre ou de Kali , 354 Cephaliques , remedes p©ur les maladies de la tere, z 1 Cerantum , mefuredes Anciens , 11 8c 6j Cerat'wn , etoit unpoids des Anciens , ibid. Cerat, ce que c'eft , 11 & 917 Cerar de diapalme diflout, ibid. Cerat aftringent, barbarum , de Galien , blanc cuit , blanc rafraichiüant, capital, d'Alexandre , de Mefue , d'ammoniac , de Foreftus, d'Andromaque, de betoine, de croute de pain, de Montagnana, ioz8 de Ctefiphon , de Cteiiphon , reforme, defenfif, de diabotanum avec mercure , de di&ame ou facre de Galien , d'euphorbe , de Galien , de galbanum, ou marrical, de litharge, de Galien, de minium, de mucilages, de Nuremberg, pour les hernies , 10Z7 d'cefipe, de Galien , 1018 de pierre ä feu , de Galien, 1025 de poivre , de Galien , 1024 de loulfre, 1020 de Vigo, grand & petit pour la commotion du cerveau , iozz Sc 1023 *devipere, i°5° des cinq drogues , de Mefue, marrical ou de galbanum , * polychrefte, facre de Galien ou de dictaine , fantalin , ftomachique, deMcfae, Cervoife ou biere purgative, de Sydenham , 148 Ceroine , ouciroene,emplatre, 1051 Ceruie d'anrimoine , fönt les fleurs d'Anti- moine 1022 1024 1020 101(5 1021 IO29 IOI9 IO29 I02O 1021 I022 IO27 IO3O I02C IO29 IOI9 IO27 102) IOZ(J 1019 1018 1025 1017 ibid. TABLE DES moine fixes ; z 1 Chcenix , mefure des Anciens, ibid. & 6 5 Chalcus, poids des Anciens , ibid. fk 65 Chapeau de rofes, z 1 6c 7 5 3 Chapiteau, c'eft le haut d'un alembic , zo Chapiteau avengle , alembic , ibid. Chauile d'hypocras , 41 & 65 Chema , mefure des Anciens , z 1 & 6~j Chevrettes , vates de fayance , 21 &c 61 Chift , eft un fexrier, z 1 &c 66 Choix ou eledion des drogues fimples, 7 Cholagogues , remedes purgatifs, 4 & z 1 Chopine , mefure connue , 66 Chus , mefure des Anciens, ibid. Chymie , traite de l'analize des mixtes, z 1 Cineration , eft reduire un mixte en cen- dre, ibid. Cinabre artifkiel ou fadice f ibid. Cinabre d'antimoine, ibid. Cinq Capiilaires , 6 Cincj fragments pretieux , 7 Cinq racincs aperitives, 6 Cinulation , ce que c'eft f zi Ciroene , anplärre reTolutif, ibid. Clarification , puriner une liqueur , zz Climat doit etre obferve dans le choix des drogues zz Clyflus , efpcce d'extrait ou teinture Clyfmatiques, remedes pour les lavemens, ibid. Clyftere ou clyfmus, lavements , ibid. Clyftere carminacif& laxatif, 95 Clyftere contre la douleut nephretique, 96 Clyftere deteriif, ibid % Clyftere emollient & laxatif, 94 Clyftere hyfterique & laxatif, j> 5 Coagulation , ce que c'eft, zo Cochees, pilules purgatives, zz , 436 & 437 Codion, eft quand on fait cuire oubouillir les drogues, 9 Codion de la terebentlüne , IZ7 Cohobation , eft une diftillation , zz Colature , eft feparer une liqueur de fes im- puretez, ibid. Collyres, ce fbnt des remedes pour les ma- ladies des yeux, zz Sc 1 1 z Collyres blancs, 408 Collyrebleu 114 Collyres citrins , 4z 1 Collyre delcBrun, 113 MAT1ERES. Collyre de Charas, Collyre de Damantius, Collyre de Lanfranc, Collyre deterfif, IJ 3 ikd. Collyre ou eau ophtalmique de M. Daquin, 114 Collyre ou eau ophtalmique de Madame Fouquet } 115 Collyre pour preferver les ycux delapetite veröle, 114 Collyre rafraichifiant, uz Collyre fec, 116 Collytiques, remedes agglutinans , zz Coloration , c'eft embellir ou donncr cou- leur aux drogues qu'on prepare, zz Concretion, eft un epaififlement ou coagulation d'une matiere fluide , ibid. Condits ou confitures faires au fucre , 158 Confeüion , c'eft faire ou perfedionner elec- tuaire ou tablettes , 2,2. & 616 Confedion alkermes, 64z Confedion alkermes reformee, 643 Confedion de kermes pour les chevaux,644 Confedion anacardine , 651 Confedion anacardine reformee , 6 5 z Confedion cephalique , de Mynficht, 6^6 Confed. cordiale contre la mclancolie, 679 Confedion cordiale reformee , 6S0 Confedion contre les vers , 650 Confedion d'acorus y de Mefue , 655 Conf. d'althasa ou de guimauves fimples, <,9 66j f Zzzz?2 703 704 654 *55 *53 654, 63z TABLE DES Confedion ftyptique , de Mynfichr, 6-jo Confedion theriacale , 65 2 Confedion univerfelle, &Ö89 Cmtgelatien , eft une confiftence que le froid donne aux liqueurs , 13 Congius , Meture des Anciens, x$ &c 69 Ccnquitjfation , piler un corps dur , 25 Conferves, condi^sou confitures , 161 —Difference des condits &c des conferves, ibid. Conferve d'ache folide , Conferve de violettes, Conferves de fleurs d'althara , de borrachc , de buglofe, de chicoree, de coquelicoc , de lis blancs , de mauves, de nytnphsa, de pivoine , Conferves de fleurs de pas-d'äne , de becoine , degeneft , d'hyflope , de muguec, d'ceillets , de pefcher, de pied de chat, de primevere de romarin , de roiiolis, de lauge , de fcabieufe , de fouci , de tillot, Conferves des fommitez d'abfinthe , des capillaires nouvelles, Conferves de feuilles d'alleluya , de cochlearia , d'euphraife , de fumeterre, de marjolaine , de lierre terreftre, dsmenthc, ibid. de marrube blanc , de melifle , ibid. de rhue, de fcordium, de tamaris, ibid. Conferves de rofes molles , 162 de rofe , folide, 1 6 3 de rofes pales & mufcates , ibid. de rofes en röche , 59? Conferves des fruirs de cynorrhodon , 1 66 Conferves des racines d'aunee , 1C5 des racines d'althara , 1 66 des racines de grandc confoude, ibid. Conferve d'ceillet vitriolee , 728 Corne de cerf calcinee , 150 Corne de cerf preparee philofophiquemenr, ibid. Corpufcules ignees, ou petits corps de feu , cequec'eft > z $ Corredifs de h racine d efula., 1 2.6 da fennc.employez par les Anciens,7<> Corredion, cequec'eft! 25 i6 7 161 ibid. ibid. ibid. ibid. ibid. 164 ibid. ibid. ibid. ibid. ibid. ibid. ibid. irf 5 ibid. ibid. ibid. ibid. M A T I E R E S. Corrodanrs ou corrofifs, ce fönt de reme- des acres & rongeanrs, ibid. Cofmeriques, drogues qui fervent ä l'em- belliflement de la peau , ibid. Cotignac hxatif, 141 Cotignac , &fonaromatifation , ibid. Cotjla t mefure des Anciens, 23 Sc 66 Couleur doit etre confideree dans ieiedion des drogues, g Coupelle, 20. Voye%. dans mon Cours de Chymie. Creveure, crever, eft un amolüTemenr d'un fruit ou d'une femence , 2 j Creufet , vailleau a calcinations , ibid. Cribration , cribler, eft paffer unepoudre par un tamis, 23 Cruches fervant aux infufions , 61 Cryftallifation , c'eft reduire en criftaux , ibid. Cryftaux de lunc , 85 Cucufes , ou demi cucufes , bonnets , 108 Cucurbite, vaifleau de verre, ou de terre,24 Cuilleres couvevtes , 6$ Cuine, efpece de cornue , 24 Cu.lt us & Cyathus , etoient des mefures des Anciens, tbid. D DEcantation, ou decupellation , eft ver- fer doucement par inclination une li- queur qui furnage les matieres , 24 Decodion , eft une elixation de medica- mens dans quelque liqueur , ibid. Decodion amere, 70 Decodion amere purgative > 71 Decodion antifcorbutique , ibid. Decodion blanche , de Sydenham , 70 Decodion cephalique , 6p Decodion commune d'un clyftere emoi- lient, 7* Decodion cordiale , , <5j? Decodion deterfifpour les clyfteres, ib-'d* Decodion pedorale, ou ftomadiigae , 70 Decodion fudorifique, ou pre/crvarive, 71 Decrepitation , eft un bruitouperillemenE qnefait le fei common &autres fembla- bles drogues quand on les calcine , 24 Defaillance, eft la refoiizrion de quelque fei en liqueur y ibid. Deffenfifs, fönt des remedes aftringents, ib. TABLE DES Definition Sc objet de k Pharmacie , i Defrutum , vin cuit, 24 Sc 138 Degrez du feu , 37 Demi-fextier , mefure , 66 Dentrifiques, fönt des remedes pour les dents, 15 & 119 Depart oulinquart , 25 Depilatoires, 25 , 415 Sc 995 Deputation des fucs , 1 5 , 13 6 Sc 640 —Caufe de la congelation des fucs, 140 —-Moyen de les conferver, 136 Deficcatif rouge , 23. Voyeu aus onguents , Defpumation, eft quand on ecume une li- qucur qui boult iur le feu , 25 Deftillation , il y en adedeux foutes, l'une per afcenfam, Sc l'autre }er dcfcenfum, 25 Deftillation des bayes, desbois, des graines Sc des femences , 8 5 4 Sc 8 5 5 He fucce rofarmn , fönt des tablettes putatives , _ 15 & 5 y 5 JDi? /k co violarum , ibid. & 5 8 5 Dctetfifs, remedes propres a nettoyer Sc penetrer les humeurs , ibid. Detonnatipn , eft m bruit qui fe fair par petillement des matieres qu'on pouffe für le feu, . tb ' d - De Vigo , eft un emplätre refolutif. Vojez. Emplätre de Vigo avec mercure, ibid. &1058 Deunx Sc dextans , poids des Anciens , 25 Sc 66 Diabotanum, emplätre refolutif, x6 Diabryomas , electuaire cephalique , ibid. &7 3 8 Diacarthami, tablettes putatives , ibid. Sc 577 Diacaffia , elecftuaire purgatif, ibid. &c 699 Diachalciteos, emplätre de diapalme , ibid. Sc 1031 Diachylon anodin , Diachylon , grand emplätre, Diachylon gomme , 1034 1035 1036 1054 Diachylon fimple ou noir , Diacinnamomi, poudre cordiale, 26 & 380 Diacodedes Anciens , eft l'extraitdes tetes de pavot 8c le fapa , z6 Diacode des Modernes , eft le fyrop de pavot blanc, ibid. Diacode fimple , de Galien , 616 MATIERES. Diacode compofe , de Mefue , 617 Diacolocynthidos, confeftion Hamcc, 245 Sc 700 Diacorum, electuaire cephalique, 27 Sc 65 5 Diagrede, eft dela feammonee, ibid. Sc 122 Diagrede glycirrhife, 123 Diamargaritum,poudre cordiale forünante, 28 , 34Ö 8c 347 Diamargaricum fimple , eft un fucre rotat perle , ibid. Sc 593 Diamorum fimple , v. rob de meures, 139 Diamorum compofe, ibid. Dianthos, poudre cephalique , ibid. Diapalme , emplätre defficatif, 1032 Diapalme diflout, 1033 Diaphcenic , eledtuaire , 713 Diaphoretiques, remedes {"udorifiques, 28 Diaphoretique mineral, c'eft l'antimoine diaphoretique , V. mon Traite de i'An- timoine. Diaphoretique folaire, c'eft le ftomachique de Potenus, v. le meriae Traite. Diapompholigos, onguent defficatif, 28 Sc 960 Diaprun fimple , z6 , 704 Sc 705 Diaprun iolutif, ou compofe , 706 Diaxhodon Abbatis , poudre cordiale, 345 Sc 346 . Diarhodon, pilules purgatives , 548 Diarhodon, trochifques ftomachiques, 401 Diafcordium, opiate fommfere , 720 Diafenna , poudre purgative , 29 Sc 287 Diafulphuris , tablettes anüafthmatiques , 30 Sc 596 Diateflaron , compofition de quarre dro- gues, 30 Diathamaron , poudre ftomachale, ibid. &314 Diatragacanthi , poudre pedtorale, ibid. . & 35 8 Diaturpethi, tablettes purgatives , ibid. Sc 580 Difference des condits Sc des conferves, 1 61 Digeftif, eft un onguent fupuratif , 3 o Digeftion, efpece de fermentation, ibid. Difpenfaire ou Pharmacopee, 47 Difpenlation , eft un arrangemeat de dro- gues, 31 Dinolution, c'eft fondre un mixte dans quel- queliqueur par une chaleur moderee, ibid. Z z z z z z i) TABLE DES Diflilation, eft une rarefa&ion Sc exalration des parties aqueufes d'un mixte reduites cn vapenrs par le feu , 747 Diflilation fe fait endeuxmanieres, oaper afcenfum , ou per defc tu (um, J.5& 747 Divifion des medicarnens , 1 cv 2. Diuretiqnes , fönt remedes aperitifs , ou propres a exciter 1'urine , 31 Dodrans, erolt un poids des Anciens, Ibid. Dome, eitlecouvercle d'un fourneau, ibid. Dragme , ou gros , c'efl lahukieme partie d'une once, ibid. Droptx, eil un depilatoire , ibid. SuelU Sc dupondtum, poids des Anciens, ibid. EAux en general, tant fimples que compolees, diftillees ou non diftillees, mifes par ordre al- phabetique. £au admirable, 769 alexipharmaque, ibid, alumineufe , de Liebaut, 820 alumineufe magiftrale, de Mynf. 821 antidote alexipharmaque, 770 anhaltine , ou d'anhalt, 81 6 - antidyfenterique , 838 annepileprique, de Schröder , yj6 antihe&ique , 791 antinephritiqne, de Mynficht , 804 anrifcorbutique, 791 antifcorbunque , de Mynficht, 789 apoplechque, 771 apoplecTrique, de Mynficht, 771 arthrifique , 817 afthmarique j 810 d'abiicots, 753 tfabfinthe» 750 d'aehe , ibid. d'aigremoine, 748 d'Albertle Grand, ' 853 d'alchimille, 748 «Talkekenge, ibid. d'alces fälurif, de Mynficht, 817 —Fomentation d'alcej folunve, ibid. d'arge „d'une odeur excellente, 779 d'anhalt, 816 M AT Eau d'anis , d'argentinc 5 d'armoife, d'arrierefais, d'aunee } d'auronne , benite , de Ruland , benite , de ferpolet , bezoardique > de bardane > de bardane compofee de baiilic, de becabunga, de benoite, de berbens , de beroine , de borrache » de bouillon blanc , de brunelle 3 debryone compofee^ de bügle > de buglofe, I E R E S. 761 748 759 758 749 750 S14 813 778 475> %4 75° 749 ibid. 753 740 748 & 751 ibid. ibid. 829 74S 748 & 751 de bayes de genievre, 854 Eflence de bayes de genievre, ibid. —-Extrait de bayes de genievre; Selon ques-uns , c'eft la Thera- ibid. 855 quelq que des Allemans, de bayes d'liyeble » de bayes de fblanum , ibid. de bayes de fureau, ibid. * cardiaque de canelle, de Bateus, 765 carnnnative, de Sylvius Delboe, 787 —autre eau carmmative ou de camo- mille compofee, de VuafFer , ib. celefte , ou eau de vie de Mathiole t compofee > y6j cephahque , de Charles-Quint, 775 clairette compofee, 150 clairette fimple , 149 contre l'ardeur d'urine de Mynf. 807 contreL'afthme , de Bateus, 827 contre l'avorteuient p ° 3 4 contre leealeul, deQuerceran, 8c» contre le calcul, de du Renou , 799 contre la carboncle, 818 contre la cararaiäe, de Bauderon, 8 ix contre la cataraße, de Schioder, 823 contre la cohqne, de Mynficht , 814 contre le crac/iement de fang, 837 contre la gangrene , 821 v TABLE DE Eau contre la gonorrhee virulente S>c in- veteree , de Quercetan , 809 contre l'fiydropifie, de Mynficht, ibid. contre Ja melancolie , 779 contre les catharres, de Duclos ,815 contre les craintes &c les chutes des femmes großes, 841 contre les douleurs de lagoutte ,815 contre les maladies convulfives , de Duclos, 812 & 813 contre les maladies du gofier , de Schröder, 811 contre les taches & cataractes des yeux, de Jean Vigo , 812. contre les vers, de Mynficht , 783 contre les ulceres avec carie, de Vvecker , 812 cordiale chaude, d'Hercule de Saxe , 78z cordiale froide , du meme , 781 cofraetique pretieufe, 850 cofmetique de my rrhe, de Duclos, 8 5 r cofmetique de pigeons, ibid. _mixrion cofmetique, ibid. de caillous, . 16 decalament, 750 de camomille, ibid. de canelle , 76z de canelle avec orge, de Bateus, 7^3 de canelle , orgee , 7H de caftoreum, 779 de petite centauree , 749 de centinode, 74S de cerieutl, 750 de cerifes, 75? de cervean humain , 756 de chamxdrys, 749 de chamacpytis, ibid. de chapon, 788 de chapon, de Quercetan , 989 de chapon , de Myniicht > 79° dechardon benit^ 749 * de chaux, 845 de chelidoine, 748 de chicotee, 749 de choux , ibid. dccitrons , 74? de citrouilles , ibid. de cochleatia , 74? M A T I E R E S. Eau de cceur de cerf, de Mynficht, de coins , de concombrc j de grande confoudc , de coquelicocq, de corne de cerf, de corne de cerf, compofee , —detete de cerf, \ de cornouilles, de coftus cultive, de courges, de crapaux, de creflbn aquatique, de damas odoriferante, de dent de lion , des Dames , de Mynficht, des Philofophes , des trois Ingrediens , 745 ibid. 748 ibid. 75S ibid. 758 755 750 205 &75J 758 749 24 & 849 749 8 45 84c* 766 7 6 7 768" ibid. 796 821 802 de vie , de Mathiole , de vie hyfterique , de vie hyfterique camphree , divine cordiale , divine , de Fernel, diuretique , de Duclos , diuretique , de M. Daquin , diuretique de noyaux, -decrevifles, d'ecreviffes fnnple, d'ecteviues ophtalmique compofee , ibid d'embryons, d'endive , d'enule campannc, ou d'aunee , d'euphraife epidemique , de Bateus, epileptique, de Schröder^ epileptique , de Myniicht, epileptique ou doree, de Langius, 775 efprit de caftoreum , 75)9. efprit de vin anthofat, 760 efprit magiftral de vers de terre ,827 efprit theriacal camphre , 765 febrifuge contre la nevre quarre, 799* * forte commune, 846 * forre rres-pure , de 1'Autcur y 817 de fenouil 750 de figues nouvelles, 755 de fientede vache, dite eau demille- fleurs > 7 j5 Z z z z z z üj. 805 801 757 8i5> 855 ,749 ibid. 74S 825 77S 777 TABLE DE —»Autre cau de millefleurs d'urine de vache , 75<> —autre cau de millefleurs compofee, ibid. de fleurs. de pavot rhxas, Eaux de borrache, de buglole , de feves , de jafmin , de lavande, de mnguec, de nenuphar , d'ceillets, d'oranges , de pivome , de primevere, de romarin de fauge, de thym , de tiilor, de tullilage, de violettes, Tous ces Jimples pag. 75 z.fe preparent de meme que l'eau de rojes , p. 751 Eau de fourmis, - de frais de grenouilies, de frais de grenouilies Gins feu, de fraifes, de framboifes > de fumeterre , de genievre , de gentiane compofee, de Gilbert , de grande confoude, de grenouilies, d'herbe aux perles , de houblon, d'hirondelles, d'hyeble, d'hypericon, d'hyflope > hepatique, de Mynficht, hyftenque , d'Amfterdam , hyftenque de Crollius , hyfterique de Fabrice , Imperiale , 77i 756 757 753 ibid. 749 75° 8z8 851 748 755 749 7)7 7S4&7S5 75° 749 ibid. 810 773 774 ibid. 766 Imperiale nephritique, de Bellegarde, 805 de jafmin , 75 z dejoubarbe, 748 dejufquiame, ibid. deiait, 756" de lait alexitaire , de Bateus, 826 de lait pecloral, du meme , ibid. de laitue , 748 de lavande, 751 de lavande compofee , 841 dekorier, 7jo MATIERES. Eau de lezarts t de limas, ou limacons , de limacons magiftrale , lithontriptique > de Mynficht magiftrale de vers de terre , de magnammite, de mandragore, de manne , de marjolaine, de marrube, de maftich, de matricaire, de mauve, de melilot, de melifle , de melifle magiftrale, de melon, ^^^^ de menthe , mercurielle , de meures, de miel, de millefeuille , de millefleurs, de millefleurs compofee, de moreile , de morfus diaboli, de moutarde, de mouron de muguet, de myrthe cofmetique de Duclos, 85 narcotique , de Mynficht, 835 denefles, 753 de nenuphar , 748 & 751 nephritique de Bellegarde , 805 nephritique corrigee , du meme, ibid. nephritique de Brengger , 806 & 807 de nicotiane, odoriferante, d'ceillets, d'ceilde bceuf, d'oignons, d'oranges, j> • ö d ongan, 75* 757 830 801 8z 7 77i 748 756 75° ibid. 8 5 <£ 750 74« 750 ibid. 7 6i 753 750 837 753 75«? 748 755 75* 848 749 ibid. ibid. 75* 1 d'ofeüle, ophtalmique excellente, ophtalmique , de Querceran , ophtalmique , de du Renou > ophtalmique interne, de Mynficht ibid. paralytiqtie, 777 749 779 75* 74* 749 75* 75° 849 810 8z 5 8z 4 TABLE DES Eau pe&orale , de Bateus, 793 pe&orale, de Mynficht, 794 phagedenique y 846 phyfigone ou contre les vers } 83 9 prophylaclique , 770 pour les cheveux , 8 5 3 pour effacer les Caches du vifage, 849 pour l'etiiie , le poulmon de veau , de Mynficht, 795 pour la phtifie, de Vecker, 791 pour la phtifie, de Rubeus • 792 depanaces heracleum compofee, 782 de parietaire, 749 de pas-d'äne, ibid. de patience, ibid. de pavot rliceas, 748 de perficaire , 749 de perficaire compofee de Bateus, 79 j de perfil, de pervenche, de pefches, de petafites compofee, de petite centauree, depies compofee, de Bateus depimprenelle, depivoine, de plantain, de pluye, de pommes, de pouillot, de poulmon de veau, de pourpier, de primevere, de prunelle, de prunes de quintefeuille, Ratafia de cerifes, ratafia de citrons, ratafia de noyaux , ratafia d'ceillets, * regale, de raifort aquatique, de rafure de gayac , de ravcs compofee, de la Reine des Prez, de la Reine d'Hongrie, ou efprit de vin anthofat, 760 de la Reine d'Hongrie, compofee 761 de la Reine d'Hongrie, compofee cam- phree » 76z ibid. 75° 74S 75> 830 749 786 74? &751 747 75« 753 750 75o 748 749 & 7)2- 748 755 748 158 l n 151 »5 1 848 749 54 & 785 851 749 MATIEUS Eau de romarin, de roquette, de rofes, de rofee, de rhue, feconde ou de depart, fiphylique , de Bateus , fplenetique , ftomachique > de Lemort, de fabine, de fang , de fanicle , de fariette , de Saturne d'Efculape, de fauge, de fauge compofee, de feabieufe , de fcordium , de fcordium compofee, de fcorfonaire y de ferofulaire, de femence d'anis, de ferpolet , de folanum, de forbes, de fouci y de tabac ou nicotiane, de tanaiiie , de telephium, de tillot, de toutes fleurs de Bateus s thetiacale, theriacale faire für le champ — teinture theriacacale. 745), 750 & 752 749 75» 75^ 750 848 743 808 ibid* 750 756 748 750 843 750 841 749 750 835 749 ibtd. 762. 750 755 ibid, ibid. 749 750 748 75 * 75« 764 7*5 ibid. •—efprit tlieriacal camphre de Crol- lius, 765 dethym, 752. de trefle aceteux » 745? de tuffilage, 75 z de verveine , 749 verte de Hartman corrigee , 815 de viperes, 75^ Vomitive de Platerus, 847 ulceraire , ou eau jaune » 1 46 d'ulmaria , 749 vulneraire , 759t Ebullition, bouillir , eft une rarefadion des liqueurs faite par le feu, 5 t Ecailles de mer, Enconnoirs, Efpatules Sc Etamines, fontdes inftrumens de Phar- macie t 60 Sc 6z TABLE DE Eclegme, looch, 31 Sc 278 Ecorces de citron & d'orange , 1 60 Ecuflbns, remedes emplaftiques , 107 Edulcoration, eft un adouciiiement qu'on donnc aux liqueurs , 32. Effervefcence , eft une efpece de fermenta- tation des liqueurs , ibid. Elaterium,ceft l'extrait deconcombrelau- vage , ibid. Ele&ion ou choix des drogues fimples doi • vent etre confiderez en Pharmacie , 7 Elettuaire, eft une compofition faite de plufieurs ingrediens choifis, 31 Sc 616 Ele&uaires fönt de deux fortes en general , —les liquides fe trouvent de fuite, f. 616 577 *57 367 720 675 616 678 660 ——les folides commencent page Eleduaire alexipharmaque, analeptique, antihydropique } antifcorbutique > aperitif, de M. Daquin , arcontique de Nie. Prevoft, blanc de Bateus , camphre , de Kegler , cathartiques de gyrofles, de Mynfichr, catharrique imperiale } de Myniicht , 719 cathartique rofat, de Mynficht, 724 catharrique violac, dumeme , 723 catholicon double de rhubarbe , ou confection univerfelle , 689 catholicon double reforme , 690 catholicon de Quercetan , 692 catholicon deQiiercetan,rerbrme, 693 catholicon ou univerfel, de la Fram- boifiere, ■ 69 1 catholicon de la Framboifiere reforme , 692 catholicon pour les clyfteres de Verny, cathol. pour les clyfteres reformes, 694 catholicon pour les clyfteres des che- vaux, »ÄÜ. catholicon fimple de Fernel, 687 catholicon fimple reforme, 689 chalibe de Barzon, 669 chalibe reforme , ibid. cholagogue, de Quercetan , 707 cholagogue de Quercetan reforme, 708 M'ATIERES. Eledtuaiie cholagogue, ou diaprun de Sylvias , 706 contre la dyfenterie, d'Hoefterus, 680 contre la goatte , de Duclos , 732 contre les vers , d'aeorus, d'ail, _^^__^^^_ d'alkanfi , d'afarum , de Fernel, de bayes de kurier , de bryone, de Democrite , de bryone reforme, de calamenr, de Nie. Alex. de canelle, de caflc & de manne, 650 655 678 ji6 738 739 382 381 699 de caffe Sc de fucre pour les clyfteres, de Nie. Prevoft, ibid. de caftor, de Nie. Myrepfus , 673 de chattete , de Bateus , 679 de citron folutif, 581 de citron folutif reforme , 583 de citron ftomachique, de Mefue 682 de coins , de Fernel, 737 deCortefius , 638 de cumin , 56^9 de fruits, de Mefue , 672 de galanga , 380 de garence , 349 degingembrelaxatif, 581 de gingembre des Indes , 666 de Guidon contre la pefte , 661 de gyrofles & de coftus , 727 de l'Eveque , de Mefue , 73<> de FEveque , reforme , ibid. de manne , de Gaben , 757 de Micleta, de Nie. Alex. 654 de noix, 666 d'orvietan , d'Hoffman, 619 d'ofeille , de Gaben, 6Sq deperles, j<>/ de pefches , 6y6 de pomme9 s *>77 de pfyllium , de Mefue, 7°9 de pfylliurq reforme , 7 10 de pfyllium , de Montagnana , ^ ibid. . de pfyllium de Montag, reforme ,711 de pfyllium corrige, de M, Daquin , 712 de pfyllium reforme, 713 de puillance, 65 5 de TABLE Ele&uaires de raifins paffes, de rhubarbe, de Mefue, defaffran, de Salomon compofe, de fafTäffras, de fafläfras , reforme , de fatyrium, de fcordium, de Fracaftor , —diafcordium reforme , de fcordium , de Sylvius, —diafcordium reforme , de fcorie de fer, de Rhafis, de febeftes, de Montagnana, de febeftes reforme , de 1 emences , de Mefue , de fenne , de Nie. Alex, de fenne , de du Renou , de fenne reforme, de forbes, de Mefue , de foufre , de foufre reforme, de fuc de rhue , de Mefue , de fuc de rofes, de fuc de rofes reforme , de fuc de violettes , de fuc violat reforme, de turbith, de turbith reforme, de turbith avec rhubarbe, de turbith avec rhubarbe reforme, 581 de turbith mineral, de Mynficht, 727 de vie, d'Arn. de Villeneuve , 65 g D £ 719 670 3586CJ39 37^ 654 650 634 ibid. 635 636 66<) 7 J 7 7 it 668 735 734 73 5 677 631 63 z 668 583 584 ibid. 585 579 580 ibid. 750 ibid. 577 578 671 715 715 704 705 706 681 diacarthami, diacarthami reforme , diamorulia , de Mefue , diapheenix, diapheenic reforme , diaprun fimple, diaprun fimple reforme, diaprun folutif compole, diuretique , de Montagnana , d'un oeuf ,de 1'Empereur Maximilien, 662. eleicoph, oudci'Eveque, deMef. 736 elefcoph reforme, ibid. grand amer magiftral, '739 grand magiftral reforme , 740 petit ele&uaire amer , bid. grand eleduaire indique , de Mefue, 7 Z 2 S M A T I H.E S. Electuai r e gr. indique reforme , peweleft, indique, gr. elecf uaire d'un ceuf, de Quercei ai, 663 petit eled. d'un ceuf, du meme, 665 eleift. d'ceufs reforme , 666 hydragogue, de Zuelfer , 721 hydragogue, de Sylvius Delboe, 722 hy d ragogue reforme, 723 letifiant , 661 lenitif de la Pharmacopee de Paris, lenitif de l'Auteur , ibid. lenitif agreable au gout, 696 lenitif de tamarinds & de caffe, ibid. lenitif pour les clyfteres , tire de la Pharmacopee Royale , 697 lenitif pour les clyfteres, reforme, 6<)^ lithontriptique, 353 panehymagogue, 731 panehymagogue reforme, 73 2 * pandaleon , ou pe&oral, 658 pectoral, 65 9 * pour aiguifer la vue, de ßateus, 676 prefervatif, 660 Royal, ou Pain Royal, 675 rofat, de Mefue , 724 rofat reforme , 725 ftomachique, 674 terebenthine, 682 Eleofaccharum, ou oleofaccharum , eil une eftence ouhuile incorporee dansdu fucre candi en poudre , 13 3 Elixation, eft une co&ion de drogues dans quelque liqueur , 3 2 Elixyrs ,font des liqneurs fpiritueufes tir.e; de la plus pure fubftance des mixtes, ikd. öc$$6 * Elixyr adoueiffant Sc antinephritique , * 876 antiepileptique , de Craron , i'64 antiepileptique excellent, 8 67 antihyfterique , de Lemort, »175 * apopledfctqueou les gouttes d'An^ le- rerre, ^76 afthmatique , de Zuelfer, % 63 camphre , d'Hartman, 865» * contre la goutte , 878 contre, la fyncope ou defailLmce de coeur 7_ 871. 5 Aaaaaaa TABLE * Elixyr d'ambre, de Bateus, d'aulx , de citron , de Crollius, contre Ia pefte , de pivome , de Myniicht, de propriete , de (oufre , de Mynficht, des trois ingrediens, DES 875 862 868 Sei 870 856 862. 861 860 816 ibid. de vie, de Fioraventi, de vie, de Mathiole , de vie de Mathiole reforme, grand elixyr de vie de Quercetan, 858 fetit elixyr de vie de Quercetan, 859 de vitriol de Venus , de Mynf. 871 epileptique, d'Ereyen > 865 epileptique reforme, ibid. epileptique , de Crollius , 866 febrifuge, de Myniicht, 868 lithontnptique, 874 nephritique, 872 * ou eiTence d'Italie , 875 ou les goutes Royales d'Angleterre, 876 ou teinture cephalique de Sennert,. 8 73 * fomnifere ou le hlence de la poi- trine , 877 * uterin , de Rolfincius , ibid. Embrocation , eft une efpece de lotion ou arrofement de quelque liqueur ,. 101 Embrocation pour la lethargie , ibid. —fomnifere, 102 Emetiques, remedes exciransle vomifle- ment , 32 Emmenagogues , remedes provoquans les menftrues, ibid. Emollients, remedes qui lächent le ventre, ibid. Emplarres, fönt des remedes emplaftiques qui bouchent les pores, ibid. apoftolique ou apoftolorum, blanc ou de cerule , carmmatifde Sylvius, cephalique ou coronal, citrin , coronal, ou pour les futures contre la podagre , contre laruprure, d'abiinihe, d'albatre,' 1081 1040 1085 1045 J 045 I0 75 1055 1069 107z matieres. Emplarres d'ammoniac , de Foreftus , 1019 d'Andre de la Croix, de bayes de kurier , de Bailieul, de beroine, de centauree , de Galien , de ceroine, de cerufe, de cerufe brulec ? de Cefar » de charpy, de cigue, untre de cigue, de cinnabre , de cire ou de cumin , de concombre fauvage, de croute de pain , de Montagnana , 1028 defenhf, d'euphorbe , de frais de grenouilles ,. de galbanum fafrane , de gomme elemi, de gouffe d'ail, de Guillaume le Serviteur ,- de guimauve compofe , de janua, de i'Abbe de Graue , de la grace de Dieu, dela pierre calaminaire ,. de marcaflite, de litharge y de rnaftic, de maftic reforme,. de melilot, de melilot reforme , de minium , de Myniicht, de minium iimple, de minium de Vigo , de minium reforme , de mucilages , de Textor , de mucilages gomme , de mucilages reforme, de nature de baieine ,, de nrcoriane , de palmier , de Paracelfe, de peau d'anguiile pour la he:nie 1057 de pompholi* > I0 ^i> ioöS IOö'l 1050 1045 1090 J05I 1040 1041 108 1 1054 ibid. 1084 1051 1088 1050 1084 1062. 1037 1068 1082 1090 1082 1044 10 6j 1044 1086 10(55 1031 1079 ibid. 1039 Und* 1043 1041 1042 ibid. 102,7 io$8 ibid. 1061 1055 103» T.04S TABL EmpMtre de fang humain, de lavon , de foufre , de foufre , de Ruland , de fuye, de raupe , de Mynficht, de Vigo aveemercure , D E 1091 1070 1055 ibid. 10SS 1076 1058 de Viüemagnepour la piqueure d pied de cheval , des trois drogues, de Mefue > des quatre gommes, diabotanum de Blondel, diachaiciteos, diaehylon anodin, ^ diaehylon avec l'iris a > diaehylon funple , j diaehylon gomme 5 diapalme ordinaire, diaphoretique , de Mynficht , divin , du Barbier, du fils de Zacharie , epileprique , de Mynficht, febriruge, grand emplatre barbatum, trand emplatre diaehylon , grand empl. Royal de Metue , petit empl. Royal de Galien , hepatique, magnetique , d'Angelus Sala , main de Dieu , a'tnfi nomme , matrical, de Mynficht, mondincatif, nervin, oppodeldoch, deParacelfe, ou cataplafme de bayes de laurier , 1061 ou onguent de Maiftre Sicur , 1065 oxyeroceum , 1050 Polychrefte, 1078 pour conferver la carnolite de l'ure- tre, 1087 pour empecher l'avortement, 1071 pour la douleur des dents , ie66 autre pour la douleur des dents, 1067 pourlagoutte, 1074 pourla kiatique, ibid. pour \t% ganglions , de M. Charas, 109z pour la matrice, 1070 1065 IOJJ 1090 1059 1031 1034 1036 1032 1073 1040 1089 1073 1045 1083 1078 1035 1087 ibid. 1088 1076 1047 1071 1083 1075 1064 MATIEKE S. Emplatre pour les fra&ures & luxations des OS. 1048 1056 1084 1039 1061 iO(?4 1080 ibid. 1039 10W 1008 81 84 8z 83 3 1 S61 Royal, contre la hernic , fantalin, fparadrape pour les cauteres , ftidfcique, de Crollius, ftictique de Crollius reforme , ftomachal de Lemort, ftomachal de Mynficht, toile Gautier pour les cauteres, verd , vefficatoire , Empyreume , eft une odeur d'un goiit defa- greable fentant le brule, 3 1 Emulfion , c'eft unlait qu'ontire des aman- des pilees, Emulfion aftringente s pectorale , l'afraichiiTante & aperitif, Enchylomeou elixyr, —des trois Ingrediens, Enfer, vaiifcau de verrc bien lutte, Entonnoirs } doivent etre de verre ou de gres, 6 z Enulatum , v. Onguent d'aunee , 973 Epenides, ou aiphenic , fucre tors , $94 Epidemiques , s "entendent des remedes alexiteres contre les maladies popiüairei, Epileptiques, remedes qu'on donne contre lepilepfie, ibid. Epitheme ou fomentation , 106 Epitheme hepatique, ibid. coi dial en forme liquide , ibid. en forme folide , 107 Eponge de lumiere , c'eft la pierre de Bou- lognc preparee en phofphore ; voyez mos Cours de Chymie , 3 3 Epulotiqr.es , remedes cicatrifans, ibid. Errhines, ou fternutatoires , remedes qu'on introduit dans le nez , 91 Errhine liquide , 9z en forme d'onguent, ibid. aftringente folide , ibid. Efcarrotiques,font des remedes cauftiques qui fönt efearre en brulant la chair , 3 3 Efpatules, ce que c'eft , 54 & 6z Efprit de l'hydromel vineux pareil a celuy de f efprit de vin , 169 Efprit de caftoreum , 759 Aaaaäaa ij 388 ibid. 9o6 827 765 d'un 53 TABLE DES Efprit de corail, 865 Efprit de vin anthofat \ 760 Efprit de vin fcamphre , 761 Elprit de vicriol dulcifie , Efprit de vitriol rofat; Elprit de fei volatil de fcorpions, Efprit magiftral de vers de terre , Elprit theriacal camphre, Eflence , c'eft la pattie fpiritueufe mixte , Eflence antihyfterique , pour les maladies de matrice, 873 EfTencc d'abfinthe , 75 r Eflence d'angelique , 539 Eflence 'de bayes de genievre, 854 Eflence de romarin , 861 Eflence de fafran , 461 & 664 Eflence des Parfumeurs , 881 Eramines fervants aux emulflons, £3 Etimologie des termes de Pharmacie , 12 Evaporation eft une diflipation des parties inutilesdune liqueur, 33 Euphorbe prepare , 123 & 124 Exagium , poids des anciens, 33 8c 6$ Exaltation , eil une volatilifation , ibid. Expreilion, preflement de matieres, ibid. Extinclion , eteindre une matiererougie au feu dans une liqueur froide , ibid. Extraclion, eil feparer le pur d'avec l'impur, ibid. Extraits ou teintures, j ibid. Fecules de pivoine , 517 Fecules du petit dracontium , ibid. & 984 Fermentation , eil une ebulition ou erler- vefeence des parties volatiles d'un mixte, 3 4 Feu & fes divers degrez, "\ Feu de cendres , Feu de lampe, Feu de limaille de fer, Feu de reverbere , \ Feu de roue , Feu de fable , Feu de fuppreflion, Feu gradue, Feu nud ou immediate , _ ) Fiel de beeuf & fa preparation, 157- Filtration fe fait par la languette de drap , ou par le papier gris, 34 & 63 Fleurs carminatives x 6 Fleurs cordiaies, ibid* Fleurs d'Antimoine , 45«? Fleurs de fei armoniac , 647 Fleurs des cordiaux, cfpece d'elixyr ,34, &S34 Fomentation , fe fait de dcco&ion d'herbes- eniollientes & rafraichiffantes, 99 Fomentation d'aloes folutive , 817 Fomentation propre aux diflocations & aux 100 99 100 * 64 129 7 & 34 37 contufions Fomentations feches , Fomentations en fachets , Fourneaux , vaifleaux ä difh'fier Foye d'antimoine, Foyes & cceurs de viperes 3 Fragmens precieux, TABLE DES Frixion , efpecs d'aflation ou coction, 3 4 Frontal eft un remede qu'on appliqne für le front, 34 & 111 —Il s'en fait de deux fortes, de fecs & de liquides, in de 112. Fvdmination , eil foudroyer , ou faire bruit en fortant avec impetuofite , 3 j Fumigarion, eft parfumer, ou faire recevoir a quelque corps , la fumee d'un autre , ibid. G GAlbaneta eft un compofe de galbanum, 35 Gallia mofehata , voyez. Trochifques de gallia mofehata , 399 Gargarifme, eft un remede pour les mala- dies du palais & de la gorge , 3 5 & 89 * Gargarifme contre 1'inflammation du go- ficr, 90 Gargarifme propre a arreter le flux de bou- Che, ibid. Gelee fe fönt des fucs de viande ou de fruits, 3 5 & 140 Gelee d'abricots , 141 Gelee de coins, 140 Gelee de corne de cerf, 141 Gelee de grofeilles , ibid. Gelee de pommes,, 141 Gelee de verjus, 14z Gelee de viperes, 143 & 3 24 Geleniabin , miel rofat, 3 5 GdU vitrioli , eft du vitriol blanc puririe par filtration, ibid. Gobelet emetique ou vomitif; voyez mon Traite de 1' Antimoine. Gommes & leur preparation ou purification, J 35 Gommes & leurs differences. On les trou- vera toutes dans mon Dicüonaire des Drogues. Gomme adraganrh, & fes effets , 13 8 Gomme animoniac , t arrimoniac , ~\ galbanum, f opopanax, C 8c fagapenum, J '35 Sc(agape Goüt doit etre confidere dans l'election des Drogues, 7 Gouttes d'Angleterre, 867 Grain , le pluspetit des poids, oula grof- fem d'un grain d'orge , 35 M A T I E R E S. Grain de vie , 445 Grains ou piiules angeliques, 3 5 Sc 445 Graine d'ecarlate , z68 Graifle de vipere Sc fa preparatio«, 12.9 Grand cardiaque, 834 Grandeur & grofleur doivent etre confide- rees dans les Drogues, 8 Gratia Dei, emplätre vulneraire , 1044 Granulation , eft reduire un metal fondu en forme de grains, 3 5 Gros ou dragme , 31 Sc 64 Gutteta, poudre epileptique, 36 H HAmorußd ou diamortt/ia, electuaire, 671 Hemoptoiques, remedes qui arretent le erachement de lang , 3 6 lledycroum , voyez Trochifques d'Hedi- croon, 396 Helcliques, remedes qui tirent violem- ment les humeurs , 3 6 Hetiofis , ou infolation, eft quand on expofe un remede au foleil, ibid. Hemine , ou demi - fextier des Anciens , ibid. & 66 Hepatiques, ce fönt des remedes pour les maladies du foye > ibid. Herbes emollientes, 6 Vulneraires, ibid. Hermetique , litt ou feeau hermetique , 3 6 74i 74* 743 74* 744 743 744 745 746 Hiere picre, de Galien , Hiere compofee, de Nie. Alex. Hiere compofee reformee , Hiere picre avec agaric , Hiere de coloquinte » Hiere picre , de Mefue , Hiere picre reformee , Hiere de Logadius, Hiere de Locidius reformee , Hitifes en venera,!. Huiles tirees par expreÜion, ou preparc'es par infufion , par deco&ion, ou par un fimple melange. Huile auditive ambree, de Mynficht, 895 balfamique , de Mynficht. benite , dApparit , carminative, du meine y carminative corrigee ■> \ C r * contre la lurdite , epftin, ou de coftus , A aaaaaa iij 900 897 898 917 891 a TABLE : DES Huile mufcade, 8 94 nardin, % omphacine artificielle , 880 refolutive , 85,5 rofat, 884 ftomachale, 902 vierge , 880 d'abricots, 881 d'amandes amercs , ibid. d'amandes douces, 880 d'anis & de mufcade , 88z d'aragnees fimple , 916 d'aragnees, de Mindererus , ? l $ d'aragnees reformee > ibid. d'avelines, 881 d'aunee ou d'enule campanne j 8 9 ibid. de frais de grenouiiles, 910 de grenouiiles, ibid. d'hirondelles, 9 1 ? d'hypericon fimple, 887 d'hypericon compofee, SS6 de jafmin commune > 888 de jafmin odoranre , ibid. f On peut preparer de meme les huiles odorantes des fleurs de cirron, de gyroflee , d'oeillet , d'orange, de roinann , de rofe , de eubereuf«* de violettes, m M A T I E R E 5. Huile d'iris, de langues de viperes , _ de laurier , de lefarts, de lis blancs fimple , de lis compofee, de mandragore, de marjolaine, de marjolaine fimple, de maftich fimple, de maftich par la cornue, de merveille, de mucilage, de Nicodeme , de nicotiane , de noix tiree fans feu , de noyaux de pefches, d'ceurs, de petits chiens > de peripher , de poivre , de Mcfue , de poivre reformee, de renard t de icorpions fimple, autre tire par diitillation , de fcorpions compofee , de fcorpions reformee, aut re de fcorpions comoofee , autre compofe de Mefue , de fafran de folanum, de ftaphifaigre, de ftorax, de rerre, de teres de viperes, de vers de terre , des bayes de lentifques, de lierre terreftre, de myrtilles , de palmc, des fepr heurs de Mynficht , des fleurs odorantes par infufion d'althra, 884 denenupfiar, d'äneth, de pavor, de bouiilonblanc , de romarin 885 934 883 910 884 885 893 S99 ibid. 89z ibid. 5>!7 899 887 891 %%\ ibid. 88z 914 S98 897 ibid. 915 905 906 ibid. 908 909 ibid. 889 S92 90a 89z 1085 5>34 904 883 ibid. ibid. ibid. 9°) S84 de camomille, de gerieft, de gyroflee, de melilor, dcnarciileblanc, de roth odorante , de&reau , Je tamarifc > de troefne, de violettes, ibid» D E 881 ibid. ibid. ibid. ibid. ibid. S8o 884 ibid. ibid. ibid. ibid. ibid. ibid. ibid. TABLE Huiie des femences de chanvre , de jugoline, dejuUjuiame, de ün 5 de nioutarde , de navet, de pavot, des quatre grandes femences froides. ibid, des fommitez d'abftntlic, d'auronne, de menthe, de mouron, de myrte, de rhue, de fabine , de fureau, Humectarion , c'eft humecler un medica- ment pour le ramolir lorfqu'il eil 1ec , 8 Hydatodes , vin qui porte beancoup d'eau } Hydragogues, remedes qui purgcnt les eaux, ibid. Hydromel , melange de miel Sc d'eau , 3 6 HydromeJ ordinaire, Hydromel vineux, Hydromel vulneraire y Hydromel vulneraire pectoral , — Efprir de l'hydromei vineux , —Fermentation de rhydromel, Hydroa iques, remedes propres pour l dropifie, Hydrojaccbarum , julep, ou eau fucree , 3 7 Hypercathartiques, remedes qui purgent avec exces, ibid. Hypnotiques, remedes qui excitent le fom- mei!, ibid. Hypocras, ou vin hypocratique, 148 Hypoglotydes , pilules pour adoucir les acretez de la luette , 37 Hyiteriques,remedes propres concre les ma- kdies de la matrice , ibid. i6cj i(58 169 794 ibid. ■V MATIERES. Impalpable , eft une poudre fubtiliße, ibid. Impaftation , mettre une matiere en päte , ibid. Impregrmion , c'eft un mixte empreint duneliqueur , ibid. Inauration, c'eft enveloper un remede d'une feuille d'or, ibid. Incarnatifs, remedes propres a renouveller les chairs , ibid. Incineration, c'eft reduire un mixte en cen- dres, ibid. Inciiivifs, ce Com remedes attenuants & ra- refianrs les humeurs, ibid. Inclination , c'eft baiifer une liqueur & la verfer doucement , ibid. Incorporacion , c'eft donner confiftence a une poudre ou a une liqueur , ibid. Incraflant, lignifie remede qui epaiffit Sc agglurine les humeurs , ibid. Infuiion, c'eft tremper im remede dans une liqueur, tj,28&74. Infuiion purgative commune , 75 Injeclion , jetter dedans, 38 & 35)- Injeclion pour arrerer la gonorrhee , ibid. Injeclion vulneraire , ibid» Inlblation, c'eft expofer une matiere au So- leil, ikd. Inftautatifs , remedes propres a retablir les parties attenuees, 3 ibid. »74 ibid. T 74 1078 41 Sc 615 Mixture antiepileptique , Mixture cofmetique, Mixture diurerique , Mixture hyfterique, 5 Bbbbbbb ibid. 851 88 tbid. TABLE DES Mixture des trois Ingrediens , -jGG Modele dune decoction , 68 Mois philofophique , eil: l'efpace de qua- rante jours, 42 Moletre, eft un morceau de porphyre ou de pierre dure avec laquelle 011 broye les matieres dures , 43 Sc 62. Monder , eft oter ä ün mixte fes parties groffieres, 8 Mondificarifdache, onguent, 963 Mondificatif de reiine , onguent, 965 Mortiers & leurs pilons fervent en Pharmacie, 61 Morrifier, en Chymie , c'eft changer la forme exterieure d'un mixte, 43 Moufle, eft un couvercle de terre fair en ibid. 136 119 45 & 104 ibid. 1 petit dorne , Moyen de conierver les fucs , Moyen deconferver les viperes Mucilage liqueur vifqueufe , Mucilage emollient ordinaire, Mucilage de colle de poiflbn , 105 Mucilage de gomme adraganth , 104 Mucilage de peau d'anguille, 106 Mucilage de peau de belier , 105 Murnie des Egyptiens , 529 Mufa xnea. , c'eft un opiate (bmnifere , 43 & 611 Myracopon , remede odorant, 43 Iviyron , fignifie onguent, ibid. Myropole, vendeur d'onguents, c'eft un Apoticaire, ibid. Myftre , grande &£ petite mefure des An- ciens t ibid. Sc GG N NArcotiques, fönt des remedes qui excitent rafloupifTement , 44 Nafales ou errhines, fönt des remedes qu'on introduit clans le nez pour faire moucher & eternuer, 91 Neapolitamim, onguent pour la galle , 969 Neige d'andmoine, c'eft la fleur blanche du regule d'antimoine, ibid. Ncpentbes , c'eft le laudanum , remede qui appaifc la douleur , 44 Neohritiques , fönt des remedes propres a faire fortir le fable des reins, ibid. Nervins, remedes propres a raraolir & for- ufiss les nerfs , Und, MATIERES. Nom de la Pharmacie, d'011 eile vient, 1 Nutrition, fe fait en fournißant au medi- cament un fuc ou ur.e eau eifoime de nourriture, 44 Nutrituin , onguent fait de litharge , ibid. &c 960 O OBjet de la Pharmacie , 1 Obole , poids des Anciens, 44 Sc 6$ Obftruants, medicaments qui incraffent les humeurs trop fubtiles , 44 Odeur , doit etre confideree dans le choix des Drogues, 8 Odontalgiques, remedes pour les douleurs des dents, ibid. Oefipe humide , eft une matiere graifTeufe &c refolutive , on l'appelle laine grafle , 44 & 124 Oenomel, c'eft un melange de vin & de miel, 169 Once , c'eft la douzieme partie de la livre , poids de Medecine , 64 Onguents fönt de deux fortes , les uns chauds, les autres froids, ji Onguents & leurs differences des Liniments &: des Cerats, 957 Onguents mis par ordre alphabetiquc. Onguent adjutovium , ■ 968 * admirable , de Nicodeme , 1007 anodin, 991 anodin , de Nuremberg contre les he- morroides , 99z aregon , de Nicolas Salerne, 980 aftringent , de Fernel , 979 bafilicon ou fupuratif, 961 blancs ou de ceruie , 95? brun , de Nicolas, 1009 carminatif, de Mynficht > 997 cathartique, de Mefue , 981 citreum , de Nie. Alex. 985 citreum reforme , 9^4 autre onguent citreum , 98 5 clyfmatique, ibid. contre lagratelle , de da Renou , 971 contre la taigne , 97 l contre les angelures , 988 contre les hemorro'ides , 992. . contre Jes hernies, de Myr.ikht» 979 D E 987 ibid. ibid. 988 999 991 976 966 1001 971 ibid. 961 99$ 989 TABLE Onguent contre les vers , contre les vers, reforme, contre les vers , de Mynficht, contre les vers , reforme , cordial, de Cl. Ladon , • d'ache , d'Agripa , ou de bryone , d albatre, d'amianthe > d'aunee , d'aunee (ans mercure, de Bacon , de bdellium » de beure nerval, de Duclos, de beure reforme > dit beure de May , 99i de bryone, de cerufe, de Rhafis, de chat, de chaux, de chaux vive , de Mynficht , de courges, d'Oviedo , de cynoglolle, defenfif, depilaroire, de Bateus, deflicatif rouge, digeftif magiitral, dore , des Apotres, ou des douze drogues , 9 6 3 d'efcarbots, de gayac , de Mercatus, de gomme elemi, de Jupiter , de la Comtefle, de laurier, de litharge, de linaire pour les hemorroi'des, 995 de Macedoine, 996 de Maiftre Sieur, 1065 de maftic , 1000 deminium, 961 de Montpellier , 959 de nerprun 6i d'aunee , de Mindere- 97S 979 1009 994 ibid. IÖII 1014 IOIZ 961 lOOl 9 de patience , de plomb , de raves contre les angelures> de reglifle, 1013 974 1000 1008 889 iooi M A T I E R E S. Onguent de refinc, 100t defolanum, 1004 de ftorax, 985 de fucs, d'Arantius , 1006 AUtre de fucs , 1007 de fumach , 998 de fuif de bouc , de Mynficht, 999 de fuif de bouc reforme , 1000 de terebenthine, 1009 de reftes de pavot > comme Ic rofat, 957 966 962 ibid. 981 98z 967 969 97i 975 9^5 9^4- 9 989 nervin , reforme , ibid. nurritum, 960 ophtalmique , ou de turhie pour les yeux, 974 pectoral, 1001 pompholix, de Nie. Alex. 960 pomade ofticinale, 975 pomade pour la galle, 970 populeum, 958 pourles yeux , 975 pour la carnofite de Puretre , 996 eng. dont il faut fe fervir quandla carnofite a ete confumee , 996 pourlabrülure , 992, pour la brülure, de Mynficht, 995 Mtre onguent pour la brülure, ibid. pour exciter les menftrues, 1005 pour empecher l'avortement, 998 pour faciliter l'accouchement, 1005 pour faciliter l'accouchem. ref. 1006 pour la grateile & les autres darcres , IOIi Bbbbbbb ij TABLE DES 1 Onguent pour lesglandes des chevaux, 963 pour faire venir les cheveux, de Ba- teus, IOII potabJe , 1001 purgarif, de Arthanita, 985 rouge, de Lemorc > 961 rouge reforme , ibid. rouge camphre , 961 repercuflir de bol, de Guidon, 986 refomptif, de Nie. . Prevoft , 980 rofat, 957 lomnifere, 1006 fpienique, 982 &98 3 ftyptique, 977 Sc 978 fupuratif, 961 verd de la Reync, IOOJ verd, de Galien , 1004 violat, de meme que le rofat, 957 Ophtalmiques, remedes propres pour les maladies des yeux , 45 Opiate, eft un electuaire liquide oü il en- tre de l'opium , ibid. Opiate Alexandrine doree , 611 grande Opiate anodine, de Nie. Alex. 683 Opiate anodine des Perfans, 685 Opiate des Perfans reformee » 687 Opiate anodine des Sarrafins, 684 Opiate des Sarrafins, reformee , 6% 5 Opiate antinephritique, 648 Opiate cordiale du College de Lyon , 647 Opiate hydragogue de Touloufe , (548 Opiate dAvicenne, dite grande athanafie, 630 Opiate de kermes pour les chevaux , 644 Opiate de Salomon, 630 Opiate pour les dents , 329 Opium , eft: un fuc tire pat expreflion des tetes de pavots v. au Diclionaire des Drogues, Oppodeldoch, emplatre de Paracelfe, 1064 Optiques > remedes qu'on deftine pour les yeux, 4 j Orgeat des Limonadiers, 85 Orgeat ou orge monde , ibid. Origine du fuc des plantes , 136 Or potable , 664 Orpotable dA. Mynficht > 374 Orvietan ou antidote , 618 Sc 629 Outremer, 121 GxeUum 3 melange de vinaigre Sc d'huile , 45 M A T I E R E S. Oxifrage, remedequi brife Sc adoucit les pointes des aeides, ibid. Oxicrat, melange de vinaigre Sc d'eau, ibid. Oxicrat de Saturne, eft un melange de vinaigre de Saturne Sc de lait virginal, ibid. Oxycroceum , emplatrerefolutif, 1050 Oxydorcique , remede propre pour aigui- fer la vue , ibid. Oxymel, eft un melange de miel Sc de vinaigre , 46 Sc 170 Oxymel fcillitique, 170 Oxymel fimple, ibid. Oxymel compofe » 171 Oxyporion, remede qui paffe vlte, 46 Oxyrrhodin, melange d'huile, de rofe Sc de vinaigre, ibid. Oxyfaccharum 5 efpece de fyrop fait avec du vinaigre & du lucre, Oxyfaccharum fimple, Oxyfaccharum compofe , ibid. ibid. PA in a chanter , iS Pain Royal, eft un eled. cordial, 675 Palliatifs , fönt des remedes qui affoupiffenr lesdouleurs , 46 Panacee , e'eft un remede qu'on eftime uni- verfel, « ibid. Panacee antimoniale , eft im tartre foluble emetique. Voje%. mon Traite de l'Antim. Panacee mercurielle , c'eft un fublime de mercure dulcitie , 46 Panacee mercurielle violette , c'eft un mercure violet empreint de quelques portions de foufre Sc de fei armoniac , ibid. Pancbrefium , remede utile pour toutes les maladies, ibid. Panchymagogues , remedes propres a pur- ger toutes les humeurs s ibid. Sc 731 Pandaleon , eft un eleduaire pectoral, ibid. Sc 658 Papier a filtrer, eft un papier gris fanscolle, ou papier brouiilard, 21 & 63 Paralytiques , fönt des remedes contre la paralilie, 48 Paregoriques, eft un remede adouciflantla douleur, ibid. Parfüms, en Medecineon employe les Parfüms a plußeurs uns> mais toujours au TABLE DES /öulagement des malades : on en) fait de deux fortes , les uns fönt liquides 6c les autres fecs , 109 Parfüm cephalique, ibid. Parfüm forrifiant & recreant les efprirs^ 110 Parfüm propre a provoquer les menftrues , ibid. Parfüm pour empecher une humeur de tom- ber für les poumons t ibid. Parfüm pour excirer le flux de bouche dans le traitemenc de la veröle , m Tarygron, eft un medicament liquide, 46 Paftilles mafticatoires, drogues qu'on mäche, 91 Paftille ou rorule f on donnc ce nora aux trochifques, 46 6c 3 66 Pate d'amandes ameres eft un poifon pour les poules, 888 Pe&oraux, fönt des remedes propres pour les maladies de poitrine , 46 Pedilave , remede a laver les pieds > ibid. Pelican eft un vaifleau de verre qui fervoit autrefois en Chymie , ibid. Penides 011 alphenic , fucre tors, 595 Peilaire , elf un medicament folide forme en petit bäton rond , 47 6c S98 Pcüaixes aftringents, 99 —Liniment pour les pelTaires , 98 — Matiere folide, pour les pelläires, ibid. Petit pain ou paftille, trochifque , 3 85 Petites preparations de Pharmacic , 68 Phagedeniques, remedes propres a confu- mer les chairs baveules, 47 Pharmaceutique, ce qui depend de la Phar- macie, ibid. Pharmacie , & fa definition , 1 Sc 47 Pharmacopee ou Düpenfaire , ibid. Pharmacien , eft celui qui compofe les me- dicameos, Apoticaire, ibid. Pharmacopole, eft celui qui vend les medi- mens, Apoticaire ibid. Tharmacon, fignifie medicament, ibid. Philonium , eft uneopiate fomnifcre y ibid. Philonium chaud » 6zo Philonuim froid » ibid. grand Philonium, ou Philonium Romain, 6\% Philörrittm Pctfiqrre » 619 Phlegine , c'eft de la piruite, 47 Phlegme , elf encore vn principe pafiif des Chymifres, ibid. M A T I E R E S. Phlegmagogues, remedes qui purgent la pituite, ibid. Phenigme , eft un remede qui excite de la rougeur & des vefcies, 47 Phofphore , eft une pievre ou autre matiere luifante dans les tenebres, ibid. Phofphore hermetique , de Baudoin, ibid. Phofphore de la pierre de Bologne , 48 Phofphore liquide, ibid. Phofphore brülanr ou urineux , ibid. Phylogone, eft un remede qui diilipe les flatuolitez, ibid. Ticatio , emplätre fait de poix, ibid. Tiger Henricus , on nommeainft lefourneau d'athanor , Pierre a cautere, Pierre admirable, Pierre cauftique ou efcarotique , Pierre infernale, Pierre medicamenteufe , Pilules fönt des remedes qu'on forme en petites boules pour les faire prendre plus ibid. 39 ibid. ibid. ibid. ibid. facilement aux malades f 436 Pilules aggregatives ou polychreftes , de Mefue, 464 alephangines , ou aromatiques , de Mefue r 498 alephangines, de Mynficht, 499 alephangines reformees, jgo angeliques , 48 6c 44 ^ anodines, de Mynficht , anodines, reformees , anodines, de Cortefius, antiepileptiques, antiepileptiques, reformees ~ t antiepileptiques, de Duclos, antiepileptiques reformees , antihypochondriaques, 554 ibid. 57* 516 527 ibid. 518 de Zuelier, 44S & 543 antihypochondriaques reformees, 449 ■ , & 544 antipodagriques ou contre la goutte , 570 arabiques f de Nicolas, aromatiques, de Mefue , arthritiques, de Nie. Salern. arthritiques, reformees, arthritiques , de Scherler , arthritiques reformees, affilieret, d'Avicerme , Bbbbbbb iij 498 475 474 47S ibid. 501 I TABLE DE Pilules aflaieret reformees, 501 * aftringenres de 1' Auteur t $61 bechiques, de Mefue , 573 bechiques blanches, ibid. benites, de Quercetan, 464 benites, de Mynficht, 500 catholiques, de Quercetan , 45 5 catholiques, de Quere, reform. 456 catholiques, de Mynficht, 454 catholiques t de Potier , 45 6 catholiques ou Imperiales, de Fernel, 453 catholiques reformees , cephaliques , de Mynficht, cephaliques reformees, cephaliques , de Mynficht, cephaliques reformees, cephaliques, de Fabrice , cephaliques reformees, chalybees , cholagogues de centauree , de Quercetan , 518 cholagogues de centauree, reform. 519 cochees majeures, de Rhafis, 436 cochees majeures reformees > 43 8 cochees mineures ouadmirables t ibid. communes, de Ruffus , 449 contre la colique, de Daquin , 494 contre l'enrouement , d'Andernac , 568 454 5 X 5 554 5 J 5 51Ö ibid. 5*7 55° contre les ecrouelles 548 contre les ecrouelles, reformees, 549 contre la fievre quarte, de Sennert, contre la fievre quarte , de Gefner , contre la fievre quarte reformee , 514 contre les fievres bilieufes, & contre les maladies caufees par une bile jaune & par une abondance de 547 reform. fan S ' contre les fievres bilieufes contre la goutte, de Doringius contre la gonorrhee , 548 570 contre la gonorrhee virulente , 5 64 — * autres pilules aftringentes pour armer la gonorrhee t 5 63 contre la manie , de Starckei, 495 contre la folie , reformees, 497 M A T I E R E 5. * Pilules contre la manie , de Bateus J 497 contre la pefte t de Platcrus, 574 contre la pefte, de Bauderon, 450 contre la pefte, de Quercetan , 503 contre la pituite vifqueuf e, de Sylvius, 481 contre la pituite vitree, 413 contre la toux, 559 contre la vieillefle , 5 69 d'agaric, 439 d'agaric reformees , ibid. d'aloes, 443 d'aloes & de maftich ( de Nie. 444 d'aloes & de maftic , reformees , 445 d'ammoniac , de Quercetan, 471 d'ammoniac magiftrales , de Bateus , ibid. de bdellium majeures , 472 de bdellium mineures, ibid. de benedidre , 498 de ehaux vive, de Mynficht \ 570 de caftoreum t d'Avicenne , 540 de caftoreum , reformees , 541 de coloquinte, 457 de coloquinte, reformees, ibid. de cynoglofle, de Mefue , 556 de deux drogues, 5 08 de concombre fauvage , 532 d'emeraudes , de Mynficht, 567 d'epithyme , 552 d'epithyme , reformees , 553 d'efule, de Fernel, 502 d'eupatoires majeures, de Mefue, 487 d'eupatoire majeures, reformees, 488 d'eupatoke mineures , de Mefue, ibid. d'euphorbe , de Quercetan , 503 d'euphorbe de Quercetan contre la pefte, ibid. d'euphorbe cordiales, reformees, 504 d'euphorbe, de Mefue, ibid. de Francfort, 446 de fumeterre , d'Avicenne , 484 de gomme ammoniac, 471 de gomme gutte , de Lemorr, 505 d'hellebore arthritiques, de Quercetan , 478 d'hellebore reformees, 579 d'hermes ou trochifques alhandal ,545 —-hermetiques reformees , 54a d'hermodaßes majeures, de Mefue , 47J TABLE DE Pilules d'hermoda&es reformees t 476 d'hermodacfes mineures, de Mefue , ibid. d'hermoda&es mineures reform. 477 — aurres pilules d'hermoda&es, de Mefue, ibid. d'hiere fimple, de Galien , 441 d'hiere compofees d'agaric , 44z d'hiere compofees, de Nie. Alex. ibid. d'hiere compofees , reformees , 443 de huit drogues , de Nie. Alex. 505 de huit drogues, reformees y 506 de ladanum, 530 de longue vie, 446 de macer > $46 de marum & de coftus, de Mindere- rus, 535 55<5 501 57i 458 5*7 5*8 —maroeoftines, reformees , de mechoacan , de du Renou , de mezereum } de Meine , de mute , de nitre d'Alexandre Trallian , d'opopanax , de Mefue , d'opopanax, reformees, d'origan de Crete, de Mynficht, 571 de Philagre , 467 de Philagre , reformees , 468 de pierre d'Armenie, de Mefue ,510 depierre d'Armenie, reformees ,511 de pierre d'azur , de Mefue , 495 de pierre d'azur, reformees > de plantain magiflrales, de polypode, depolypodes reformees , de propricte, de Mynficht, de propriete , reformees, de reeule d'antimoine , de reime , de rhapontic, de Quercetan , de rhubarbe, de rhubarbe reformees , de Rudius, de Rudius, reformees , de Rondelet, de RufFus , de labine , de Mynficht, de fabine reformees, de fagapenam , de Mefue , de (agapenum reformees , de fägapenum , de Camille , M A T I E R E S. Pilules de fagapenum reformees, 493 de fandaraque ou Vernix , de Mynficht , 566 de farcocolle , de Mefue , 513 de Scribonius 5 558 de fix drogues, 555 de Sapa, 514 de ftorax , de Galien, 556 de fuccin, de Craton , 525 de fuccin, reformees > ibid. de rartre , de Bontius, 459 de tartre, reformees , 460 de rartre, de Schröder , ibid. de tartre, de Quercetan, 46z de tartre reformees, de Quercetan , de terebenthine , 5 60 de terebenthine reformees \ ibid. de terebenthine tartarifees , de Mynficht, 561 de trois drogues , 506 des cinq mirobolans , 507 des cinq mirobolans reformees, ibid. de turbith dorees, de Mefue , 441 de turbith dorees reformees, de violettes, deterfives , de Cortefius , diaphoretiques, de Duclos , diarhodon , de Meiue , diuretiques, de Duclos, ibid. diuretiques & hyileriques , de S 6 9 fius, 553 dorees, de Nie. Alex. ibid. dorees reformees, 54^ douces, de Mynficht , H5 emplafliques , de Galien , 55 1 excellentes contre la peile , famiiieres, de Mynficht , 53*- 5*7 feetides majeures,. 45 1 fostides majeures reformees » 453 foetides mineures, 55 1 feetides mineures reformees 9 55 1 - gommeufes, de Duclos,. 555 gourmandes, de Mefue y 449 hormoniques , de Galien y 54i helleborines arthririques , 542 helleborines reformees x 49* hepatiques, 49z hydragogues , de'Mynficht, ibid. hydragogues reformees, ibid. 5°5 5 6 5 548 56z 54 1 440 ibid. 57^ 570 574 5*4 488 48? ibid. 49 J jzS 446 478 ibid. 5 J 3 458 557 TABLE DES Pilules hydragogues, Cuculini , 511 hydragogues , Cuculini reformees, hydragogues , de Quercetan, hydragogues de Quercetan , ref. hydropiques, de Boncius, hypnotiques, hyppoglotides ou fublinguales , d'An dernac, 566 hyfteriques, 47 3 hyfteriques, de SchefFer , 540 imperiales , de Fernel, 45 3 indiennes , de Haly , 492 indiennes, reformees , 494 imperiales des Medecins de Lyon , 454 magiftrales, d opium, maroeoftines, de Mindererus, maroeoftines reformees, martiales ou chalybees, maftichines , de P, Abano , 5)8 535 536 55° 449 533 535 484 485 486 487 479 4^9 471 55« 559 5 68 57i 480 menalagogues, menalagogues reformees, mercurielles, mercurielles, de M. Charas , mercurielles, de Baiberouüe > mercurielles, reformees, mefenteriques, de M. Daquin mochliques , mochliques reformees , narcotiques , de Mynficht, narcotiques , de Platerus, odontalgiques, de Mynficht, odoriferantes , de Mynficht, optiques majeures, de Mefue , opriques ou de Jumiere majeures, reformees, 481 optiques mineures, de Mefue , ibid. optiques mineures, reformees t 482 panehymagogues, de Quercetan, 52.1 panehymagogues reformees , 522 panehymagogue de Zuelfer , ibid. panehymagogues reformees, 523 perpetuelles, 531 phlegmagogues d'abfinthe , de Quercetan , 5 20 phlegmagogues d'ablinthe ref. ibid. pois de rartre , de Mynficht , 561 polychreftes , de Mefue, 465 polychreftes reformees, ibid. M A T I E R E S. Pilules polychreftes majeures, 4 5 S polychreftes majeures, refoim. 466 polychreftes mineures , ibid. polychreftes mineures reform. 467 polychreftes, de Quercetan, 464 polychreftes reformees, ibid. pourarreterlagonorrh.ee, 563 propres a prendre avant le repas , au- trement dites, ftomachiques , de Mefue, 546 rofates , de Mynficht, 550 fabelliennes, de Mynficht, 544 fabelliennes reformees i 545 fans lefquelles ü ne faut point etre , fans lefquelles, reformees, ibid. fplenetiques, 536 fplenetiques , reformees , 538 fplenetiques , de Mynficht, ibid. ftomachiques , dAlkind > 447 ftomachiques reformees , 448 ftomachiques Sc antihypochondria- ques » de Zuelfer, ibid. ftomachiques de Zuelfer , ref. 449 Autres ftomachiques, de Mefue , 446 ftybiales , de Crollius , 468 ftyptiques , de Mynficht, 565 fudorifiques > de Lemort, 5 66 uterines , de Mynficht, 539 uterines reformees, 540 Piluliers , 61 Pinte , eft une mefure de liqueurs, 48 & 66 Placentule, efpece de trochifque plat &c rond , 48 & 5 85 Plaques, inftrumens qui fervent en Phar- macie, 63 Pleoneftiques, remedes propres a diminuer une trop grande repletion , ibid. Tieres arconticon , eft une poudre fortifianre rempliflant leprineipal , 360 Pleuretiques, remedes propres pourlapleu- refie, 4^ Pneumoniques , remedes propres a faeihter la refpiiation, tbid. Podagaques, remedes contrelagoutte, ibid. Poids & mefures, 64 Poids des Anciens, 6> Poids d'un Ecu d'or, 64 Poignee, 4 1 Poifcon & demi-poifvon, petites mefur. 66 Polyanodins, TABLE DES Polyanodins , remedes qui appaifent les douleuts en peu de temps, 48 Polychreftes, remedes qui fönt d'une grande utilite, ibid. Pomade officinale , efpece d'onguent adou- ciilanr, qu'on tient prepare dans les bou- tiques, y-jt Pomade de jafmin , 976 Pomade de raifins faite fans feu, ibid. Pomade rouge pour les levres , ibid. Pomade pour ia galle , 970 Pompholix , v. Onguentpornpholix , 960 Pondo, terme ufite des Änciens , pour fi- gnifier la liyre de Medecine , qu'on de- iigne aujourd'hui par ce caradere ib i, 5c pour la demi livre ib ß , 64 Populeum eft un onguent refolutif, 958 Porphyres, 61 Pofca , c'eft de l'oxycrat, ou de l'eau vinai- gree, 48 Tofcetum , eft une liqueur qu'on boit &c qu'on appellebochet ou bouchet, ibid. Potion ou DoilTon, eft un melange de fyrops ou eleduaires qu'on donne a prendre par la bouche , ibid. Potion antinephritique, 87 Porion cephalique, 86 Potion cordiaie, jbid, Potion hyfterique , 87 Pots a canon , dl Poudres , rangees par alphabeth. Poudtes a canon, jo alexipharmaque ou bezoardique ,336 algaroth ou algeroth , c 0 analeptique ou refomprive, de Fer- nel, 5( s 7 antiepileptique , de M. Daquin , 305 antiepileptique excellente , ibid. aromatique de gyroße, de Mefue, 383 aftringente, de Galien, 309 aftringente topique ou pour appliquer au dehors •, de Zuelfer , ibid. aftringente contre le crachement & MATIERES. Poudre cachedique fimple d'Hartman, 311 12 vomiflement de fang , ibid. balfamique pour embaumer 5c confer- ver les corps morts, i 2 <> bezoardique lunaire , , 64 bezoardique ou alexipharmaque, 3 3 6 blanche , , x , «ufarine blanche,de Myficht, 329 ibid. 320 231 390 ibid. cachedique, de Quercetan , cachectique, de Lemort, cardiaque magiftrale , cardiaque reformee, carminative , de Mynficht, catheretique , cholagogue, de Quercetan , cholagogue , de Mynficht, contre les affedions froides du cer- veau, 292 contre les chütes de haut, 307 contre les dartres , de Mynficht, 3 23 autre contre les dartres, '3 3° contre les ecrouelles, d'Arn. de Vil- leneuve, 338 contre l'epileptie, amxement dite de guueta, 304 contre la fievre , de Mynficht, 353 contre Phemorragie , des Medecins du College de Lyon , 318 contre l'incontinence d'urine , 352 contre les maladies, 318 contre la pefte , de Bauderon, 3 40 .contre la phtifie , 311 contre la phrenefie , deRondelet, 373 contre la toux des enfans , 336 contre les vers, de Quercetan , 29 5 contre les vers, de Leinort, 296 contre les vers > de MM. les Medecins de la Facultc de Paris, ibid. contre les vers , de Mynficht, 297 cordiaie , 383 &c 832 d'aeier des Medecins de Paris, 323 d'adraganth chaud, de Nie. d'adraganth chaud reforme , d'adraganth froid, d'adraganth froid reforme , d'ambre, de Mefue , d'anis, de Mefue , de balauftes, du bois d'aloes, de Mefue , d'alces reformee, de bezoard animal, de bol, autre de bol, de boüillon blanc , de Mynficht, 381 de bnglofe, de Mynficht, 374 decalament, de Nie. Alex. 382 de canelle, 380 f Ccccccc 358 359 358 ibid. 382 ibid. 380 378 379 3*4 3*5 366 I 1 ■ TABLE Poudre de cendre d'Avicenne , de cendres reformee , de cinnabre, de Mynficht, de cinnabre reformee , de coftus, de Mefue , de craye, de Mynficht , de cryftal, de Mynlicht, de cumin , de Nie. Alex. de cypre ordinaire , de dactes, de Nie. Myrepfus, de diofpoli, de Galten , d'encens Sc d'alocs, d efule , d efule reformee > de fleurs de romarin, de Nie» de galanga , de Mefue , de garence, de gingembre , de Nicolas > de Haly, de biete picre, d'Hongrie, de jalap , de Mynficht, d'iris fimple, d'iris reformee, DES 354 355 306 307 384 375 37i 368 3*7 jl 299 300 $66 379 349 3**4 jl8 743 337 299 375 ibid. d'iris de Salomon, 011 compofee, ibid. de lacque , de Mefue , de laurier , de Mynficht, de lune, de Mynficht, de marrube, de Nie. Alex. de mars , de Mynficht, de mercure contre les vers , de mumie , de Mynficht, de roufc douce , de Mefue, de raufe amere, de nitre , de Mynficht, d'ohban , du meme , de pattes d ecreviftes fimple, de plantain, de Mefue, de racine d'ärum , compofee, de rofes aromatiques, de Gabriel, 344 de rofes nouvelles, de Nie. de fafran , de Mefue , de faifepareille laxative , de faturne , de Mynficht , de faxe, de femences', de fenne, mtres de fenne, de fpufre , de Mynficht, de fuccin , du meme , de f ympathie>. 346 3 6 9 3% 370 3 Z 3 2-97 34* 364 3*5 ibid. 35° 3 Xi 57 3 J 5 31Ö ibid. 3 l 7 308 310 35* 3 11 5° 306 3*4 5° 340 autre poudre rouge de Cefar , contre la pefte, hemorrhoi'dale , hydragogue , de Quercetan , hydragogue reformee , hyfterique , Joviale, de Nie. de Salerne • joviale hyfterique, joviale , de Mynficht, Imperiale , lithontriptique, de Nie. v4iex. menalagogue , de Quercetan, nephritique , nephritique , de Mynficht, odorantepourJesmains , pourles mains reformee ,353 34i 381 W 55* 355 35 f ibid. 369 35* 291 35* ibid. 33* TABLE DES Poudre odorante pour les dents, 319 ophtalmique, 334 pannoniqae, 337 panchymagogue , de Quercetan , 291 phlegmagogue , du meme , ibid. polychreite imperiale, de Mynf. 3 77 pour apphquer au dehors, de Zuelter, 309 pour des coeffes, cucufes , 011 bonnets picquez , 330 & 380 pour frotter les dents, 328 pour les epithemes du coeur, 331 pour les epithemes du foye , ibid. pour l'enterocelle des enfans, de Bauderon , 334 pour les ulceres du gofier, 363 pour empecher l'avortement, 335 pour un parfum propre a rortifier Sc X deflecher le cerveau , 331 pour un parfum forrifiant, 11 o preparee pour des cucufes , 108 prefervative de Valdi Cordi, 385 prefervarive reformc'e, ibid. propre a de/Techer , confolider & gue- n rir Jes puftules de la petite veröle , de Mynficht, 330 propre a fervir d'un parfum cephali- que, 109 propre ä avancer Paccouchement 5355 propre a appaifer les tranchees apres l'accouchement, tbid. propre a encrouter les cadavres f 326 purgarive pour toutes les affe&ions froides du cerveau , cle Quercetan , rempliuant le principal, de Nie. de Salerne , . 3 60 refomptive, de Ferne!, 3 6-j reftaurante, de Mynficht, 3Ö1 reftaurante reformee, 361 farcotique, 331 fperniolle , de Crollius, 357 fternutatoire , 91 & 315 iblutive de trois drogues, 30z foktuve magiftrale, de Stockftald , folutivetartarifee, 299 ftomachique, de Birckman, 313 ftom chique, de Mynficht, 314 ftomachique exquife, du meme, 314 579 319 320 61 M A T I E R E S. Poudre ftiptique, de Mynficht fudorifique , de Lemort, fudorifique , vulgaire cont-re les vers , Poudricrs de verre , Prccipitatiön , c'eft faire tomber une mauere de haut en bas, 49 Precipite jaune , ou turbith mineral, eft une preparation de mercure jaune , purga- tive , Precipite {blaire , Preparation de la cerufe, de la corne de cerf, de la craye , de la gomme laque , de la graitfe de vipere, de l'alun de plume, de la laine graife , de ia moufle, de la nacre de perles, de la pierre Amyante , de la pierre calaminaire , de la pierre d'aymant, de la pierre de carpe , de la pierre hematite ou fangume ,119 de la pierre marcaflite , 1066 de la pierre ponce, 134 de la raeine d'Aron, 1 25 &c 313 delaracine d'efula , de la raeine d'hcllebore noire , de l'arriere-fais, de la kamonnee , ou diagrede, de ia terebenthine , de la terre de Vitriol, de la terre figillee, de la tuthie, delelaterium , deleponge , del'euphorbe, 123 de lbefipe , de l'oignon de fcille , de l'oleofaccharüm, de l'yvoire, de mercure, des bayes de lautier , des cailloux, des cloportes, des crapaux, des feuilles de mezereum, ou lau- reola , 116 Ccccccc i; 57 J*7 121 IJO 121 SC373 122 I29 I34 I24 5 2 7 119 120 119 375 12.6 ibid. 127 123 127 134 121 120 124 I3 1 &124 124 Hl 130 12 369 r >5 128 ibid. TABLE D ES eparation des foyes Sc des cceurs de vi- peres, IZcj des graines de coriandre Sc de cumin, IZ de l'agaric, de la coloquinte, de letain, des aromares fecs, des cailloux, des cornes & des ongles, des gommes, des matteres acres , de la noix vomique , du cryftal, du plomb, du fafran, des rofes Sc autres fleurs, z86 du talc de Venife , Purificacion de la gomme ammoniac , de l'opopanax , du galbanum , du iagapeuum , Putrefiants, remedes fepriques ou corroiifs, qui appliquez exterieurement, rongent les chairs , 5 3 Pycnotiques, fönt des remedes froids SC condenfants, 5 o Pyriame , fignifle fomentation , ibid. Pyrotechnie , ou art du feu, c'eft la Chymie, ibid. Pyrotiques , remedes äcres Sc brülans com- me des cauteres, %bii* 9&z8? 286 287 ibid. 286 ibid. z8 7 xS6 ibid. z8 7 286 z8 7 ibid, J 3S ibid. ibid. ibid. Q Uadrans , poids des Anciens t Quarteron, c'eft la quatrieme partie livre, 50 Quarre eaux antipleuretiques, Quarre eaux cordiales, Quatre fleurs carminarives, Quarre grandes femences froides , Quatre perites femences froides , Quatre grandes femences chaudes , Quatre perites femences chaudes > Quatre onguenrs froids, Quarre onguenrs chauds, Quincunx, poids des Anciens, 65 R RAcines aperirives, 6 Racines conütes a Sc en quel tems il faut les choiiir } 158 50 Sc 6$ d'une Sc 64 7 ibid. 6 ibid. ibid. 6 7 ibid. ibid. 6c 70 TABLE DES Racines confites d'acorus vulgaire , 159 de primprenelle, d'angelique j de iatyrmm , d'cpine jaune, de fcorfonaire, de grande confoude, de zedoaire, de gingembre, 5° ibid. 150 J 53 ih'td. 151 15z 855 de borrache , de buglofe, de benoire, de chicoree , depaindepour- ceau, d'aunee , de pivoine, &c. ibid. Ramich , 40 , voyez* Trochii^ues de Ramich, 594 Rapes 011 Rapoires, 63 Rarefaction , eit une dilatation des parties d'un mixte, Radare 011 rafure d'un corps dur, Ratafia de cerifes, Ratafia de citron , aromatifation de ce ratafia, Ratafia d'ceillecs, Rarafia de noyaux, Ratafia de bayes de genievre , Recipient, vaiffeau de verre ou de grais , 5° Rectification , efpece d'exaltation Chymi- que par des diilillations rei'terees, ibid. Refrigerant ou refrigetatoire , eft un baffin de cuivre, 51 Regale , eil la partie plus pefante d'un rai- neral, ibid. Remedes & leurs efpeces. Remedes alterants , fönt ceux qui apportent quelque changement a notre corps , z & 14 Aftringents ou arretanrs , fönt ceux qui ret- ferent ou empechent le cours immodere des humeurs , 4 & 17 AfTonpifTants ou engourdhTants, fönt des anodins qui rafraichiiTant un peu le fang , moderent ion mouvement trop violent, 3 & 5 5 Cacheetiques, fönt des remedes aperitifs, & propres a lever les obftructions, 19 Carnünatifs , fönt des remedes falins , fpi- ritueux 8c propres a. dilfoudre ies humeurs, <5 Cephaliques, ce Com lesfulphureux , vela- ' tils & propres aux maladies de la tete. Condenfanrs, fom ceux qui ddfechent ou MATIERES. figent les humeurs, $ Cordiaux ou cardiaques, fönt des remedes qui en reparant les eiprits , forufient le cceur, 5 Corrofifs fönt des remedes äcres & briilants, . 4 Dentrifiques , fönt ceux qui par leur äftric- tion nettoyent & raff crmiflent les dents , D=r,cc at ifs„„derrec,„„ t „ro„ t ae„= m e S - des qui entrainent ou abforbent les humi- ditez {uperflues, z Deterfifs, fönt ceux qui difpofant les humeurs a fe detacher , les evacue , 4 Diaphoretiques ou fudorifiques , fönt ceux qui ouvrant les pores du corps en chaflent les humeurs par inienfible tranfpiration , Digeftifs, fönt ceux qui excitenr la fuppu- ration des humeurs arretees, 4 Diuretiques ou aperitifs , lont ceux qui ra- refient le fang par leurs parties lalines , Echaurrants ou rafraichiffants, fönt ceux qui par eux-memes ou paraccident reveillent l'agitation des humeurs , z Emetiques ou vomitifs , lont des remedes qui purgent promptement, 4 Emolhents ou laxatifs , fönt ceux qui amo- lilfent ou lachent le ventre par quelque leger purgacif, 3 Fomfiants , lont des remedes qui corrigent les humeurs alterees, ou qui en excitent le mouvement ralenti, i Hepatiques, fönt ceux qui en corrigeant les vices du fang , fortifient le foye , 6 Humectants , fönt ceux qui en augmentant rhumeur acqueufe, rafraichilfent, z Hydragogues, tont des remedes qui purgent les eaux , 4 8c 3 9 Hyfteriques, fönt des remedes qu'on em- ploye pour les maladies de la matrice , 6 Incraflänts, fönt ceux qui epaififfent & ag • glutinent les humeurs , 4 Lächants, folutifs ou laxatifs, ce fönt remedes purgatifs qui lächent le ventre doucement, 3 Ophtalmiques , fönt ceux qui fortifient 8c gueriflent les maladies des yeux , 5 Pectoraux ou bechiques, fönt ceux qui cal- C c c c c c c lij 1 TABLE DES ment Sc adonciflent les acretez de la poi- trine, ibid. Purgatifs ou cathartiques ,font des remedes qui detachent les üumeurs fuperflues Sc les exacucnt , x Rarraichiilants , fönt ceux qui compofez de parties aqueufes, temperent l'aci'unonie des humears, ibid. Rarefiants ou attenuants , ce fönt remedes qui compofez de parties lubciies & penetrantes rendent les humeurs plus coulan- tes, 5 Repercuflifs ou repouflants , fönt des remedes aftringenrs qui arretent le cours des humeurs , j i Relolutifs ou fondants, fönt ceux qui par lears parties volatiles Sc penetrantes, ou- vrent les pores & evacuent l'hnmeur qui cauloit la maladie , 4 Relomptifs ou reflerrants, fönt des remedes pecioraux Sc alimenteux, donton rc- tabht les perlonnes attenuees par de lon- gues maladies, ibid. Reiferants, fönt des remedes qui par leur aftn&ion Sc fttipticite coaguient ies humeurs , 3 Spleniques ou fpleninques, fönt remedes propres pour les maladies de la ratte, 5 x Stomachiques , lont ceux qui conviennent aux maladies de 1 eftomach , 5 & $2 Styptiques, fönt des remedes fort aftrin- gents, _ 55 Repos de la poitnne , de Nie. eft un opiare iomnifere , Refidence ou lie des liqueurs , Refme ammoniac , de Schröder , Reiine de )alap , Reime de feammonce , Reime de ftorax, Reiine de turbith , Reiinee ou fepa, Retorte , cornue, vaifleau diftillatoire ,51 Reverberation , c'eft repouiTer ou rabattre la flamme d'un fourneau , ibid. Revivificarion, revivifier eft reduire un mixte en fon premier etat, ibid. Rhodin ou oxyrrhodin , eft un melange d'hmle de rofe &: de vinaigre , ibid. Rhodomel, c'eft du miel rofar , ibid. Rhvptiques > föne des remedes deterfifs , ibid. 5 1 ibid. 46b 432 ibid. 627 53 2 5 Z 3? M A T I E R £ 5. Rob ou robub, c'eft le Cac d'un fruit eVa- poree , j 1 Robs de bayes de fureau, de beiberis, de cerifes, de coins , de comouilles, de grofeilles, de meures , de noix, de verjus , de veronique , Rofaire , vaifleau diftillatoire , 61 Sc 75 j Rofee de Miel, 46 Rofes vitriolees, 2510 -Eau de rofe rouge , 75 2 —Eau depecules de rofes, 75 ^ Roflolis febrifuge, eft une teinture de quin- quina, V. dans mon Cours de Chymie. Rotuie, efpece de trochifque ou tablette, j 86 Rotules angeliques pour-preferver lesfem- mes großes de l'avortement, 6ix Rotules aromatiques , 605 carminatives, 606 catarrhales chaudes , 61 j catarrhales froides , 614 cordiales, 601 de pavot blanc , 606 de cumin,' 607 de cumin reforme , £08 demeraudes, 598 d'hyacinthes, ibid. peclrorales blanches , 597 pectorales citri nes, ibid. prefervatives mitridatiques, 608 — mithridatiques reformees , 605» propres pour exciter le l:.it , 603 refomptives, 604 refomptives reformees, ibid. theriacales, Co>) theriacales reformees , 610 Rubine d'antimoine, c'eft une efpecs de foye d'antimoine prepare , 41 Sc 5 2 SAfran de cuivre , eft dtfcuivre brule re- duit en poudre, 2 j Safran de Mars, c'eß une preparation de limaille de fer, ibid. TABLE DES Safran de metaut , c'eft le foye d'antimoine lave , on l'appelle crocas metaiLrum , . ibid. Safran de metaux d'A. Mynficht , 5 09 Safran d'or, ou or fulminant, on l'appelle crocus aun , 17 Sapa, fuc des raihns cuics , on l'appelle reßnee , 5 2 & 13 8 Sarcotiques , remedes propres ä rairq reve- nir les chairs, ibid. Saturnins , remedes ou il entre des prepara- tions de plomb , 5 j Scammonee ou diagrede rofar , 38S Sceller hermetiquement , 53 Scleronriques , remedes propres a durch les chairs du corps, ibid. Scorbuciques ou antifcorbutiques , remedes propres pour le fcorbut i 15 Scones y t c'eft une ecume de mineral, ibid. Scrupule , c'eft la troifieme partie d'une dragme, ibid. Secher , on fait fecher a l'ombre ou au fo- leil , 8 Sei acide , qui ne fermente point, 52 Sei admirable , c'eft un fei armoniac , qu'on appelle fei amere cathartique , ibid. Sei alkali, c'eft proprement le fei de la foude, ibid. Sei d'abfinthe, 751 Sei de Mars, ou vitriol de verrc , c'eft du cuivre diflout, 5 8 —autrc fei de Mars tire de l'eau minerale de Spa, 515 Sei de tartre folie , 416 Sei elfenriel, eft un fei acide tire du fuc des plantes , 52 Sei eflentiel & fixe d'ofeille , 749 Sei fixe, eft un fei qui fouffre l'a&ion dufeu, Sei fixe alkali tire de l'eau de noix, 755 Sei fluot, eft un acide qui demeure liquide. .5 1 Sei polychrefte ftibial, eft un fei empreint d'antimoine, ibid. Sei de orunelle , on donne aufii ce nom au cryftal mineral , ibid. Sei ledatif, ou tranquille , ibid. Sei volatil, a caufe qu'il fe fublime de s'en- M A T I E R E S. vole a la moindre chaleur , ibid. Sei volatil de icerpion , 906 Sei volatil & narcotique de vitriol , 5 2 Semences chaudes grandes & petites ,6 Sc 7 Semences froides grandes Sc petites, 6 Septiques, remedes rongeants les chairs , ibid. Septunx , poids de fept onces , ibid. Seringues neceflaires en Pharmacie , 62. Serpentain , tuyau d'ctain ou de cuivre , 5 3 Sfamx , Sc fextuns , ou feeunx, poids des Anciens, ibid. Sextmus Sc fextula, fextier, mefure, ibid. Sief, ou collyre, ibid. Siffbn, eft un tuyau de cuivre recourbe, ibid. Siphylique , c'eft une eau diftillee , 54 Smectique , remede qu'on apphque für la chair, ibid.- Sparadrap , Toile-Gautier , ibid. Spargyne ou Spagyrie, c'eft la Chymie , ibid. Staltiques , reme'des fondants les chairs , ibid. Stegnotiques, remedes bouchants Sc incraf- fants, ibid. Stibiale, compofition d'antimoine, ibid. Stictiques , aftringents qu'on applique au dehors, ibid. Stomachiques, remedes deterfifs & deilica- tifs, ibid. Stratifier , mettre dhTerentes matieres cou- ches für couches, ou lit lur lit, ibid. Styptiques , remedes fort aftringents , ibid. Sublimation ou volatilifation , ibid. Sublinguales , fönt des pilules, ibid. Subftance des droa;ues , & Subftance echeree , 12 Suc , eft lahqueur qu'on tire d'un mixte, 5 5 Suc de caftor, hqueur on&ueufe, 929 Suc de regliffe blanc , 1 $6 Suc de regime noir , 137 Suc de reglifte de Blois, ibid. Sucre d'orge, 5 2 Sc 5 94 Sucre en tablettes compofe , 587 Sucre penidie, '593 Sucre rofat perle , ibid. Sucre rofat perle reforme, ibid. '! TABLE DES Sucre rofat en tablettes, 592 Sucre rofat rouge , ibid. Sucs des planres, la maniere de les tirer, & le moyen de les conferver , 1 3 6 Sucs des planres vifqueufes ou fueculentes, ibid. Sujf, eft une graifle qu'on rire des beftiaux, r ■ 5 * Suppontoues , ibid. 8c 97 Suppuratif, c'eft l'onguentbafllic, 5 5 & 962 Syncoptiques, remedes pour La deriullance, tbid. Syrops en generxl par ordre alphabetique. Syrop antiafthmatique , de M. Daquin , antiepileptique > de M. Daquin, 265 antinephritique, du meine, 269 antifcoibutique, du merac, 170 aperitif cachedtique , du raeme , 2 13 d'abfinthe fimple , 179 d'abilnrhe preparee en die , ibid. d'abfinthe compofe, 180 d'agnus caftus, 264 d'aigremoine fimple , 259 d'althxa , 181 d'anis, 261 d'armoife , de Fernel, 181 d'armoife compofe, 18z de becabunga , 260 de berberis, 2Z4 de betoine fimple ', 246 de betoine compofe , ibid. bifantin fimple , deMefue, Z51 bifantin compofe , 25 z de blancs d'cetifs, 277 de bleuet, ou cyanus , 203 de borrache , de Alefue, 250 de borrys, Z7Z de buglofe, Z51 de calabre , zoz decalamenr, Z52 de camomille , 253 de canelle, 260 de capillaires fimple , 177 de capillaires compofe , 1 79 de carthame ou diacode, 207 M A T I E R E S. Syrop de carthame reforme., 108 de centinode, 263 de cerifes aigriottes, 2z3 chalybe aperitif cathartique , de M. Daquin , z 15 de chamedrys, de Bauderon , Z59 de chamaspyüs, 274 de chardon benit , 2.61 de chicoree, 183 de chicoree reforme , 184 de chicoree compofe avec rbubarbe , ibid. de cochlearia, 260 deeoins, Z17 de coloquinte, zo5>5 TABLE DES Syrop de Tantal citrin, z6i defailäfras, ibid. de lauge, . 203 de fcabieufe, Ibid. de (camtnonee; zooSc 101 de fcoiopendre , de Fernel, 259 de fcordium (imple , zö'j de fcordium compole , 264 de fcordium compole refotme , 265 de feine , 206 de fouci, 262 de fteechas , de Fernel, 241 de ftoechas reforme , 24» de fuc d'alieluya , 228 de (uc de citrons ou de limons , 227 de fuc d'oranges > 250 de verjus, 229 de veronique, 16 3 de vinaigre iimple, 229 de vinaigre compofe, 230 de vinaigre rofat, de Mefue , ibid. d'yeble , 216 dyfenterique, 200 emetique, 221 emetique , d'Angelus Sala, 222 Atitre fyrop emetique & purgatif , exhilarant, de du Laurent, 269 exhilaranr reforme , 270 fortifiant, 214 hydragogue , de Querceran , 25)5 hydragogue reforme , 294 lientenque , de M. Daquin, 214 magiftral aftringent, 200 magiftral purgatif, 199 narcotique de fuccin , 238 refomptif, ou de tortues , 267 royal, ou julep Alexandrin , 270 violat fimple , 203 violat compofe, de Mefue , 204 violat folutif, 205 Tablettes ou Ele&uaires iolides , 577 Tablettes angeliques pour preferver de l'a- vortemenr, . 612 M A T I E R E S. Tablettes aromatiques, de Mynficht, 605 cache&iques , 588 cacheeftiques, de M. Daquin, ibid. cachechques, de Hartman , 589 cardiaques, 600 cardiaques preparees fans feu, 601 carminatives, de Mynficht , 606 catharrales chaudes , de Mynficht, 6 H catarrhales froides , 614 confortatives , de du Renou, (,06 contre les vers, 587 cordiales , de Mynficht, 601 d'alkermes , 600 de berberis, 611 de citrons folutives , 582 de citron , reformees, 58} de cumin , de Mynficht, 607 de cumin reformees , 608 de diatragaganth froid , 603 d'emeraudes , de Mynficht, 6<> deterfifs , de Pafin , 4M diarhodon, 4 QI diarhodon reformez , ibid. efeharotiques, 4M hyppoglotides , 4 00 hyileriques , 40 3 joviaux 011 d etain 5 428 TABLE DES Trochifques narcotiques, de Fernel, 407 naLxotiques reformez, 408 odorans, 011 oyfelets de Cypre, 417 ophtalmiques , de Mynlicht, 409 polides, d'Andromachus, 418 pour armer le nux hemorroi'dal, 417 pour arreter le vomiflement da lang , 416 pour la diarrhee , 42.7 fomniferes , de Mefuc , 413 rheriacaux, 395 verds, 411 Trois fleurs cordiales, 7 Trois huiles ftomachiques, ibid. Trois onguents chauds, ibid. Trois onguents froids, ibid. Turbith mineral, c'eft le precipitc jaune , ou une preparation de mercure jaune, yomitive Sc purgati ve, 57 VAilTeaux qui fervent en Pharmacie , 58&60 Vaifleau circulatoire , ibid. Vaifleau de cuivre fervant aux diftillations, ibid. Vaifleau de verre appelie enfer , ibid. Ventre de cheval, c'eft; proprement du furnier de cheval chaud, dans lequel on met divcrfes matieres en digeftion, ibid. Verjus, & fes preparations , 156 Vermifuge, remede qui cbafle ou fait m,ou- rir les vers, 5 8 Verre d'antimoine, ibid, Veffie de cuivre , c'eft une gtande cucur- bite , ibid. Vefficatoire, eft un emplätre qui excite des veflies für la peau , 1068 Vins medecinaux. Vmd'abfinthe , Vinco«, c'eft lefapa , Vin de manne, 5 8 Vin de miel, c'eft l'hydromel vineux, ibid. Vin diftille, c eft l'eau de vie , \C, Vin evente , 58 Vin emetique ou ftibie , 14S HS 138 58 MATIUH. Vin febtrifuge, Vin bypocrarique, ou bypocras , Vin magiftral purgatif, Vin martial, Vin nephritique , de Bauderon / Vin ftybial, Vinacee , c'eft le marc des raifms, Vinnigfes medecintux. ibid. 146 HS 144 ibid. 58 ibid. ■ M4 ibid. MS V / r S4 Vinaigres d'antimoine, 1 1 de faturne, ibid. Sc 58 diftille , voyez. mon cours de Chyrryfcj phylofophique, radical, rofat, fcillitique, theriacal, de capucirie, de corne de cerf, d'eftragon, de gyroflee, d'ceiilets , de plantain, de rhue, de romarin, de fauge , de fouci, de fureau ou lural Vitriol de Lune, c'eft de i'argent diflbut Sc cryftallife , on l'appelle auili cryftaux de Lune, 58 Vitriol de mars , c'eft le fei de mars faitpar cryftalifation, ibid. Vitriol de Venus, c'eft le cuivre diflout Sc cryftalife, ibid. Vivihantes, fönt les tablettes de longue vie, ibid. Voifmage des drogues doie erre confidere pour l'election, 7 Uretiques, ou diuretiques, fönt des reme- des aperitifs Sc propres pour les ureteres, 59 Urne , mefure des Anciens , ibid, Uftion , c'eft bruler un mixte Sc le rcduire en cendres, ibid. Uterins , remede pour les maladies de la marrice, ibid. Vulneraiies , remedes pour les playes , ibid. Ddd.lddd iij TABLE DES MATIERES, XErocollyre, eft un remede ou collyre pour les yeux , 5 9 Xeromyre , eft un melange de la myrrhe &c d'aloes, ibid. Xerophtälmiques , remedes propres pour l'innammation feche des yeux , ibid. ' Voke brule, ou fpvdium, 119 & 15 0 ZIngiber laxatif , eft un electuaire Co- lide , purgatif, 3 o & 5 81 Zulap , ou julep , eftun melange de fyrop & d'eau , 59 Zyme , c'eft du levain , Und, Zythe , c'eft de la biere , ibid. F 1 N DE LA TABLE. 1 >WU H a: ^ -£ ¥ PSPl |OT > k ^ --j0f J Bp*^B»- »" ^K^ ■'•-K.. u r& Ü J^T^frWl^V ^ sHB ; ,~* l y w B^Sp v \ ^TfCj / •-"* ^tlÜ r^^" •■ .JSI eS* **m0 j h 3-W* . r ^ I!