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Pharmacopée universelle : contenant toutes les compositions de pharmacie qui sont en usage dans la medicine, tant en France que par toute l'Europe, leurs vertus, leurs doses, les manieres d'operer les plus simples & les meilleures ; avec un lexicon pharmaceutique, plusieurs remarques nouvelles, et des raisonnemens sur chaque operation
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UNIVERSELLE,

W

Doft.

Trochifques de viperes ou therUcsux,

Trene^ des troncs des foyes & des coeurs de viperes deffecbez, , ce cjiie vous en voudrez..

Metten-les enpoudre fubtile , pu'ts avec une fuffifante quantite de mudlagedc gommeadraganth preparee avec le vind'E/pagne , faites-en des trochijques que vous ferex.fecber a l'ombre &quc vous oindrez. enfuite avec quelque peu de haume du Perou.

R E M A R Q_U E S.

On aura des viperes bien nouries & des plus vigoureufes , on en coupera la tete,on les ecorchera, on en feparera les entrailles, on metrra fecher les troncs, les foyes& les cceur, les atcachant (eparement a des ficeiles Sc les per.danr au plancher t onles coupera enfuite par petits morceaux , Sc on les metrra enfemble en poudre fub-tile , on reduira la poudre en päte dure dans un mortier de marbre, avec une quan-tite fuffifante de mucilage de gomme adtaganth preparc dans du vin d'Efpagne, puison en formera des trochifques qu'on fera fecher a l'ombre , & afin de ieur donnerune bonne odeur Sc d'empecher que les vers ne s'y engendrent, on les oindra dequelques gouttes de bäume du Perou.

Ces trochifques fönt propres contre routes les maladies ou il y a de la rnalignitc , Vertustils chafTent par tranfpiration les mauvaifes humeurs, ils refiftent a la pouriture, ilspurifient le fang, Sc ils retabliflent les forces, la dofe en eft depuis demi fcrupulejufqua unedragme.

Ces trochifques de vipere fönt differents de ceux d'Andromaque qui fe trouventdectits dans prefque rous les Difpenfaires, mais ils doivent leur etre preferez, carils fönt beaucoup meüleurs.

Les Anciens croyant que la vipere confervoit fon venin apr^c fa mort, fe föntappliquez aurant qu ils ont pii a corriger cette pretendue malignite: pour y par-venir ils demandent dans leurs defcriptions que ces animaux foient premierementflagellez dans une baffine chaude pour les irriter Sc pour exciter leur venin a coulervers les extremitez, qu'enfuite on ieur coupe la tete deux doigts au deflous, Sc la 1 uej , V1 "queue deux doigts au deflus, qu'on cn fepare la peau, la graifle & les entrailles, anciens.qu'on fade cuire les troncs avec de l'eau falee & de l'aneth, qu'on detache la chaircuite d'avec les arreftes, 8c que für huit onces de cette chair bien pilee dans un mor-tier de marbre , on mele deux onces de pain fec Sc pulvcrife fubtilement pour faireune päte dont on forme des trochifques: Mais les viperes etant mortes il ne leurrefte aucun venin comme on a reconnupar une infinite d'experiences , ainfi les gran-des Sc longues prepararions des Anciens a cet egard, fönt non feulement inutiles,mais elles fönt diffipetee qu'ils y a de'plus effentiel dans Vanimal, car premierementen flagellant les viperes Vivantes dans unebalfine chaude , Sc en les irritant, il y abien de 1'apparence que la colere ou l'on les met, fair exhaler par leurs pores ou parleur gueule, une partie de leurs efprits qui fönt aurant de diminution a la vertuqu'on doit retirer de leur chair : En fecond lieu la codtion qu'on donne a la viperela faifanr bouillir long-temps dans de l'eau , la prive de ces prineipes adtifs Sc vo-ktils, de meme que les viandes dont on a fait le bouillon des malades fönt privees dece qu'elles avoient de meilleur 8c de plus favoureux.

En troifieme lieu le pain fec qu'on ajoute a cette chair prefqu'infipide l'adou-cit encore beaucoup , Sc il y predomine tellement quand les trochifques fönt fecs,qu'il y auroit plus ce lieu d'appeller cette preparation troclnfques de pa n , que tro-chifques de vipere.

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Trochif-