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i«b PHARMACOPE'E
R E M A R g_U E S.
On coupera des ecorces de citrons par quartiers, ou fi l'on veut par morceaux;plus petits , on ies arrangera dans un pot de terre, on verfera deffus, de l'eau falee >qui les furpaffera entierement, on couvrira le pot, & on laiflera la mauere en in-hifion pendant quinze jours , on rethera enfuite l'eau falee , &c on lavera les ecor-ces plufieurs fois dans de l'eau de fontaine , les laiflant tremper quelque cemps £chaque fois, on les fera meme bouillir legerement dans de l'eau, pour en empörtentout le lel marin qui y pouuoit etre refte , puis on les fera cuire dans de nouvefle eanjufqu a ce qu'elles foient attendnes fuffifamment ; onles retircra alors de leur de-coction , on les efluyera doucement avee un linge net 8c propre , on les pefera, 8c onles arrangera les unes für les autres dans un pot de terre vermiß, on fera cependantcuire le double du poids de fucre blanc dans la decoftion des ecorces julqu'ä confi-ftence d'opiate •, on le verfera tout chaud für les ecorces, on couvrira le pot, 8c onlaiflera pendant quelques jours la mauere en digeftion, afln que le fucre ait le temsde penetrer les ecorces •, enfuite l'on verfera doucement le fyrop dans une baffine, onle fera cuire auffi fortement que devant, & on le renverfera für les ecorces, onrci'terera les infufions des ecorces, 8c les codtions du fyrop jufqu a ce qu'il fe tiennedans fa confiftence , 8c que les ecorces ne le decuifent plus , ce qui monrrera quel'humidite aqueufe f uperfluc en fera abforbee : on gardera alors ces ecorces de ci-trons confites dans leur fyrop •, mais fi l'on veut les faire cuire ä fec on les reti-rera de dedans leur fyrop , on les laiflera bien egouter , puis on fera cuire de beaufucre dans de l'eau jufqu ä conhftence-de tablettes, on y jettera doucement les ecor-ces , Sc on les y fera boiiillir ä petit feu pour confumer l'humidite qu'elles peuventavoir apportee, 8c pour redonner au fucre fa meme cuite ; alors on retireta les ecor-ces , laiflant bien egouter le fyrop , &c on les etendra für des clayes qu'on placeradans une etuve, afln qu'elles y foient fechees.
Ellcs fortifient le cceur & 1 eftomach.
Le premier fyrop peut fervir aux meines ufages.
Quandonveut employer les ecorces decitron &c d'orange dans les compolitions»on les pile premierement-dans un monier de marbre , on les amolit avec un peu defyrop d'ceillet ou de capiilaire, 8c on les paffe enpulpe au travers d'un tamis de crin.
On met tremper les ecorces dans de l'eau falee avant que de les confire , afin deles rendre fermes 8c belles , car fi l'on n'obfervoit cette circonftance , elles fe fepa-reroienr en petits mpreeaux , 8c elles feroient fi molles qu'on ne pouroit pas lesfaire fecher.
Je ferois d'avis qu'on laiffät ces fortes de preparations pour les delices , 8c quelorfqu'on veut ufer des ecorces de citron 8c d'orange en Medecine , on fe contentätde les employer recemmeht tirees de defTus le fruit, elles auroient toute leur vertu,au lieu qu'enles confifant onfaitdiiliperprefque toutes leurs parties volatiles.
Les tiges ne doivent pas tremper ni bouillir fi long-tems que les ecorces , parcequ'elles fönt plus rendres.
je pourois ajouter ici les deferiptions de plufieurs condits ou confitures, de feuil-les, de fleurs, de fruits qui fervent en Medecine , mais ii vaut mieux les reduireen confeives, parce qu'on n'y fair pas une fi grande diffipation des fubftances vo-latiles.
CHAPlTRE,