ESSAIS DIVERS.
1305
la chaux qu'il renferme, et que le sucre decanne est toujours acide.
Réactif des sucres et des tissus.
Le chlore et les perchlorures à froid, etsurtout à chaud, transforment les divers su-cres en un caramel noir brillant. Le ligneux,l'amidon, etc., éprouvent la même transfor-mation. Partant de ce fait, M. Maumené apropose, comme réactif des sucres, des bande-lettes préparées en plongeant des lanières demérinos blanc dans un soluté aqueux au 1/3de bichlorure d'étain, et faisant sécher. Cesbandelettes trempées dans une liqueur sucrée,puis placées à une température de 130 à 150degrés, deviennent d'un beau noir. 11 suitdonc de là que le médecin, à l'aide de ce mé-rinos chloruré, pourra facilement déterminersi l'urine d'un malade renferme une trace ap-préciable de sucre. Il suffira de verser unegoutte d'urine sur une bandelette, et de l'ex-poser à la chaleur pour produire une tachenoire très-visible. La sensibilité du réactif estextrême. Dix gouttes d'une urine diabétiqueversées dans 100 gram. d'eau forment uneliqueur avec laquelle on rend le mérinos chlo-ruré complètement brun noir. L'urine ordi-naire, l'urée, l'acide urique, ne donnent riende semblable avec le chlorure d'étain. — Lebichlorure d'étain, d'après ce qui a été dit del'action des perchlorures sur le ligneux, per-mettra de distinguer dans les tissus blancs oupeu colorés le mélange de coton ovi de linavec la laine ou la soie ; les premiers fils de-viennent entièrement noirs, tandis que les au-tres conservent leur couleur (Maumené).
Réactif de Schweitzer. — Ce réactif, dé-couvert par M. Schweitzer, appelé aussi liquidecupro-ammouiacal, ou ammonio-cuprique, ouammoniaco-cuiaique, liqueur de Schweitzer,est un oxyde ammoniacal d'un bleu foncé quipossède la propriété de dissoudre la cellulose,le coton, la soie, le papier, le lin, le chanvre, lesfils d'araignée (Schlossberger), l'inuline, et aussil'albumine coagulée, la gélatine, la fibrine, lescheveux, les crins, la corne, le mucilage decoings ; ces dernières substances sont précipi-tées en partie, lorsqu'on sature la liqueur par unléger excès d'acide acétique. Dans le même cas,la dissolution de cellulose est précipitée entotalité; elle l'est aussi par l'alcool, les acides,les solutions concentrées de sels alcalins, lemiel, la gomme, la dextrine (Schlossberger). Ceréactif se prépare en arrosant, au contact del'air, d'ammoniaque seule ou additionnée d'unpeu de sel ammoniac en solution, de la tour-nure de cuivre placée dans une allonge enverre (Peligot), ou de l'hydrate d'oxyde de
cuivre (Frêmy). La pyroxyline est insoluble-dans le réactif Schweitzer ; la fécule ne faitque s'y gonfler. — Avec ce réactif, onpourra distinguer dans un tissu, le coton, lasoie et la laine, d'après la rapidité de leur dis-solution. Si on y plonge le tissu, le coton sedissout au bout d'une demi-heure ; la soie, aubout de 2Zi heures ; restera la laine, qui peutrester 15 jours au contact du liquide cu-pro-ammoniacal sans éprouver la moindre mo-dification dans sa texture.
De nombreuses applications ont été faitesde la cellulose dissoute. Le celluloîde en offreun exemple ; on sait que cette substance estune sorte de collodion ou de cellulose dissouteet comprimée ressemblant à de l'ivoire.
Essai des monnaies.
Dans les petites localités, le plus souvent,c'est le pharmacien que l'on va consulter pourconnaître la nature des monnaies suspectées.Nous allons donner, d'après M. Gaultier deClaubry, un aperçu de l'examen à faire ensemblable occurrence.
La fraude a lieu : 1° par la soustraction, aumoyen du grattage, d'une certaine quantitéde métal précieux; 2° par l'imitation aumoyen d'alliage de même apparence ; 3° enfourrant les pièces ou les lingots. L'irrégula-rité de la forme et la différence de poids suf-fisent pour indiquer qu'on a affaire â des piè-ces rognées. En général, les pièces faussesn'ont jamais le poids voulu. Pour reconnaîtrela nature d'un alliage faux, il faut recourir àl'analyse chimique. L'étain, ou ses alliagesavec le plomb, et un peu de cuivre ou d'anti-moine, ont été fréquemment employés par lesfaussaires ; le peu de dureté de ce métal et deses alliages avec le ploznb rend facile la con-statation de la fraude. Il n'en est pas tout àfait de même de l'alliage de cuivre et d'anti-moine, dont la consistance peut ne présenteraucune différence avec celle de l'alliage légal.La couleur terne de la pièce, l'odeur qu'elleexhale par le frottement, son toucher gras, leson mat qu'on obtient lorsqu'on la jette surle carreau, ou qu'on la frappe avec une autrepièce, peuvent servir d'indices de la fraude.La différence de densité qui existe entre lesmétaux substitués et les métaux précieux, etqui se reconnaît par la balance en pesant lapièce suspectée et celle de bon aloi, peut accu-ser la fraude. Mais on ne pourrait reconnaîtreainsi une pièce d'or fourrée en platine ou for-mée d'un alliage d'argent et de platine etdorée par les procédés galvanoplastiques. Encoupant une pièce réputée fausse, on reconnaîtle doublage (qui consiste à recouvrir un fland'un métal (étain) ou d'un alliage sans valeur