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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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APPENDICE PHARMACEUTIQUE.

médicaments. Quelques mots sur chacun deces véhicules.

1° Eau distillée. L'eau distillée, prépa-rée dans les alambics qui servent journellementpour les eaux aromatiques de cannelle, de men-the, de fleurs d'oranger ; pour les alcoolats deCologne, (Tunis, de raifort, etc., est impropreaux usages homœopathiques, parce qu'elle esttoujours plus ou moins imprégnée de principesétrangers provenant de ces diverses substances.Les soins ordinaires apportés au nettoyage desappareils sont loin de suffire pour faire dis-paraître toute trace médicamenteuse.

Pour obtenir une eau distillée irréprochable,il faut se servir d'un petit appareil en verre,consistant en une cornue et un ballon, réunispar un tube également en verre et s'adaptantconvenablement aux tubulures des deux vases.Mais ce procédé ne peut convenir que pourune quantité d'eau fort limitée; il serait im-praticable dans le cas il s'agirait de se pro-curer 7 à 800 litres d'eau distillée ; ici, il fautnécessairement recourir à un appareil ordinairequ'on réserve uniquement à cette opération ;on a soin de faire passer, pendant quelquesminutes, l'eau à l'état de vapeur dans le ser-pentin, de jeter les premières portions obte-nues, et d'arrêter l'opération dès que les deuxtiers du liquide sont passés à la distillation.

L'eau distillée obtenue avec l'appareil enverre sera employée pour la préparation desmédicaments; celle qui serait obtenue à l'aidede l'appareil ordinaire pourra être réservée pourl'exécution des ordonnances, c'est-à-dire pourla dispènsation au public des médicaments quidoivent être dissous dans une certaine quantitéd'eau distillée.

2° Alcool. L'alcool qui sort de l'indus-trie et des laboratoires ordinaires est impropreaux usages homœopathiques, par les mêmesmotifs qui ont été indiqués en parlant de l'eaudistillée. Un alcool qu'on prépare ou qu'on rec-tifie dans un alambic qui a servi précédemmentpour Veau de fleurs d'oranger, le sirop antis-corbutique, etc., peut être parfaitement pur,au point de vue de la chimie et de la théra-peutique allopathique; mais il ne peut pas êtivconvenable pour les préparations homœopa-thiques, si délicates, et prescrites le plus sou-vent à des doses infinitésimales. L'alcool tirédes pommes de terre ne saurait convenir nonplus, à cause de l'huile empyreumalique qu'ilrenferme, et dont il est impossible de le débar-rasser complètement. Celui qu'on prépare avecle seigle ou le froment est à peu près dans lemême cas.

Pour se procurer de l'alcool aussi pur etaussi naturel que possible, voici comment ilfaut procéder :

Dans les pays de vignobles la distillation

des vins se fait en grand, on se procure un ba-ril en bois de chêne qui n'ait jamais servi, et,après l'avoir fait tremper dans l'eau, pour lerendre capable de conserver l'alcool, on le rem- vplit d'esprit-de-vin dit trois-six, en le faisantservir de récipient à un appareil en train dedistiller; on possède alors un alcool naturel,marquant 81 à 82 degrés centésimaux. Il s'agitalors de le rectifier pour le débarrasser del'huile de vin qu'il contient, et de la matièrecolorante qu'il a enlevée au tonneau, et aussipour accroître la concentration de quelquesdegrés. Pour cela, on prend 20 litres d'alcoolenviron, on les introduit dans le bain-maried'un alambic uniquement réservé à cet usage;et, après avoir convenablement luté les join-tures de l'appareil, on distille à un feu modéréjusqu'à ce qu'on ait obtenu 12 litres environd'un alcool qui marquera, à peu près, 86 de-grés centésimaux. Ce produit, étiqueté alcool à86° et mis de côté, sera tenu en réserve pourla préparation des alcoolatures ou teinturesmères. Pour terminer l'opération, l'on adapteraun nouveau récipient, et l'on continuera ladistillation jusqu'à ce que l'on ait obtenu klitres environ d'un alcool qui marquera à peuprès 78 degrés. Celui-ci sera étiqueté alcool à78°, et sera conservé pour la préparation desdilutions. On arrêtera alors la distillation, et ontrouvera 3 à h litres de résidu, qui sera del'alcool ou eau-de-vie à 50 degrés environ. Onne pourra en tirer parti dans la pharmaciehomœopathique.

Les pharmaciens homœopatlies renoncent àfaire usage d'alcool absolu, parce qu'il n'estpas indispensable, et aussi parce qu'on nel'obtient que par l'intermédiaire de substancesavides d'eau, telles que la chaux, l'alun, lechlorure de chaux, etc., substances qui altére-raient la pureté du produit.

3° Sucre de lait. C'est dans les mon-tagnes de la Suisse qu'on prépare le sucre delait qui se trouve dans le commerce. C'estque les homœopathes conseillent de le prendreafin de l'avoir plus pur. Celui que l'on se pro-cure chez les droguistes est souvent altéré parles mortiers de fer ou de cuivre dans lesquelson le pile, et souvent aussi, il est imprégné desémanations diverses des substances au milieudesquelles il est placé.

Le sucre de lait cristallisé en forme de grap-pes est regardé comme le plus pur ; il ne fautpas le choisir en tables mais bien en bâtonslongs de 40 à 50 centimètres et épais de 5 à 6centimètres.

On purifie le sucre de lait par dissolution etcristallisatioi.. Quand on le réduit en poudre, ilfaut éviter de se servir de mortiers ou de pilonsen métal.