Druckschrift 
L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
Entstehung
Seite
1233
URN (Seite)
  
Einzelbild herunterladen
 

ESSAI PHARMACEUTIQUE DES MÉDICAMENTS.

1233

à l'aide d'un petit instrument basé sur les phé-nomènes capillaires. Il le nomme capillan-mètre (fig. 149) ou liquomêtre et en fait re-poser le principe sur ce que certaines sub-stances, comme l'alcool, l'acide acétique, ontla propriété d'abaisser considérablement lahauteur de l'eau dans les tubes capillaires;chaque mélange d'eau et d'alcool ou d'eauet d'acide acétique atteint une hauteur inva-riable, pour la même température; les hau-teurs capillaires de ces mélanges sont, à lamême température, dans un rapport constantavec celles de l'eau, quel que soit le diamètre<les tubes capillaires (V. Un. ph. 1865). Depuis,MM. Berquier et Limousin ont construit unappareil qu'ils appellent alcoométre-œrmmètre,qui a pour but de mesurer la richesse en alcooldes liquides, des vins, d'après le volume desgouttes que fournissent ceux-ci à l'extrémitéd'un tube capillaire. Cet instrument est fondésur les variations qu'éprouve le volume desgouttes d'un liquide, suivant sa richesse enalcool, indépendamment de toutes les sub-stances qui peuvent s'y trouver en dissolu-tion. M. Duclaux a proposé, dans le mêmebut, un compte-gouttes-pipette, du volumede 5 c. cubes, qu'il remplit du liquide àexaminer ; il le laisse couler lentement etconclut son titre alcoolique du nombre desgouttes qu'il fournit, au moyen de tables dres-sées pour diverses températures ; le nombrede gouttes par un orifice déterminé et constantétant variable d'un mélange alcoolique à unautre et constant pour chacun d'eux (V. J.ph. 1874).

Lorsque l'on veut connaître la quantité decrème détartre contenue dans un vin, on le pré-cipite en y ajoutant 5 fois son volume d'un mé-lange d'alcool et d'éther à volumes égaux{Berthelot et de Fleurieu) (V. J. ph. 1863,1864,1871).

Boissons frelatées par les sels de plomb.Les nombreux cas de coliques saturnines dé-terminées par le mode qu'ont adopté des fabri-cants de Paris pour la fabrication du cidreont amené, au sein de la Société médicale deshôpitaux, plusieurs communications intéres-santes, parmi lesquelles se trouvent les procé-dés très-simples employés par M. Noël Que-neau de Mussy pour l'analyse des boissons fre-latées par les "sels de plomb.

La couleur pâle du cidre permet facilementde voir le précipité noir qui se forme quandon y verse de l'acide sulfhydrique ou un suif-hydrate. Dans un vin de couleur foncée, il estbeaucoup moins aisé d'apprécier cette réaction.M. Guéneau de Mussy a trouvé un procédéqui isole le sulfure de plomb de la matière co-lorante ; on prend un tube fermé a une de sesextrémités par une baudruche, et, après avoir

fait un petit trou capillaire à l'aide d'une ai-guille, on y verse une solution concentrée desulfbydrate de soude. On plonge ce petit appa-reil au fond d'un verre du vin sophistiqué, enayant soin que la colonne du liquide réactifn'atteigne pas la hauteur a laquelle le vin s'é-lève dans le verre. Aussitôt, instantanément enquelque sorte, une couche noire, floconneuse,de sulfure de plomb vient surnager la solutionde sulfhydrate.

Si la colonne du réactif dépassait celle duvin, le sulfhydrate se précipiterait dans le verreà travers l'ouverture de la baudruche, et laréaction se ferait au milieu du vin. Il faut, pourque l'expérience réussisse, qu'elle ait lieu auniveau même du trou capillaire. Le sulfureformé s'élève dans le tube en vertu de sa pe-santeur spécifique. Un tube - éprouvette enverre, percé d'un trou capillaire, donne lemême résultat.

Un autre procédé plus simple encore, maisqui ne permet pas d'isoler le sulfure de plomb,consiste à verser dans un verre la solution desulfhydrate de soude ; on y place ensuite unepetite plaque de liège, ou une croûte de pain,sur laquelle on fait tomber goutte à goutte levin que l'on veut analyser. Le vin surnage lasolution aqueuse; mais bientôt, entre les deuxcouches, on aperçoit une zone noire, très-nettement distincte, et constituée par du sulfurede plomb.

En résumé, l'essai complet d'un vin secompose : de l'étude de ses propriétés phy-siques et physiologiques ; de la déterminationde son acidité par les méthodes acidimétriques ;du dosage de l'extrait, qui varie moyennementde 18 à 28 gr. par litre et qui est de 22 gr.environ pour les vins de France; du dosagede l'alcool dont la proportion oscille entre 6 et20 0/0 en volume, et qui est de 12 0/0, enmoyenne pour les vins de France ; du dosagedu glucose qui varie de 2 à 6 gr. par litre ; dudosage de l'acide tartrique libre et du bitar-trate de potasse qui, dans le vin normal, estde 4 à 8 gr. au plus (1); de l'étude de la matièrecolorante; enfin du dosage et de l'analyse descendres dont le poids moyen est de 2 gr. parlitre. (V. Brun, anal. chim. des vins, 1863 ;Bolley, manuelpratiq. d'essais, 1869.)

Lorsque le vin est additionné d'acide sali-cylique, pour empêcher toute fermentationultérieure, on constate la présence de cet acideen versant dans' un tube à essai 20 cc de viaà analyser ; on lui ajoute 0 M 5 d'acide chlor-hydrique, puis 3 CC d'éther sulfurique ; onrenverse ensuite plusieurs fois le tube surlui-même, sans trop agiter, pour ne pas

(1) Un vin no contient jamais plus de 3 gr. de crèmedétartre pir litre (Berlltelol, Fleurieu, deMaumenè).