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PHARMACIE LÉGALE.
du vin à essayer. On adapte le chapiteau, puisJe serpentin, et l'on fixe le tout au moyend'une anse à vis qui vient s'appuyer sur lechapiteau; on place une éprouvette graduée sousle bec du réfrigérant, et l'on distille à laflamme d'une lampe à alcool. On arrête l'opé-ration aussitôt que le liquide distillé repré-sente le tiers du vin employé; on en prend ledegré alcoomélrique. Supposons que le produitdistillé marque 30°, autrement qu'il contienne30/100 de son volume d'alcool absolu : commecette quantité existait primitivement dans 3 foisautant de liqueur, il en résulte que le vin es-sayé contient 3/30 ou 10 p. 100 de son vo-lume d'alcool absolu, (V. plus loin.)
L'alcool ajouté au vin pour le rendre plusgénéreux n'est pas facile à reconnaître, sur-tout si le mélange date de quelque temps; s'ilétait nouveau, on pourrait le découvrir pardistillation. En effet, on remarque que dans cecas on obtient d'abord de l'alcool, qui est ce-lui qu'on a ajouté, ensuite de l'eau, puis del'alcool, celui qui existe naturellement dans levin, et enfin de l'eau. M. Marc a proposé deconstata' l'alcoolisation des vins ou vinagçpar la déflagration en jetant le mélange surun brasier ardent. L'alcool prend feu et sereconnaît à sa flamme. Mais il faut alors quela quantité ajoutée de ce liquide soit considé-rable.
La falsification des vins blancs par le poiré oule cidre se reconnaît en évaporant en consistancede sirop clair ; laissant cristalliser le tartre, ondécante , on évapore et on laisse cristalliserde nouveau; on décante encore; enfin on faitévaporer, et le résidu, jeté sur des charbonsardents, répand une odeur manifeste de poiresou de pommes cuites (Deyeux). Mahier sesert, en outre, d'une lame de fer bien dé-capée qui se colore en noir dans le vin addi-tionné de cidre ou de poiré, tandis qu'elle peutséjourner plusieurs heuies dans le \in blancpur, sans donner traces de coloration (V. Un.ph., 1861. ). M. Moraweck distingue le vin fraudéavec du cidre ou du poiré, au moyen du chlo-rure de platine qui précipite en jaune la solu-tion aqueuse de l'extrait de ce vin; cet extraitayant été préalablement lavé à l'alcool à 75° c.pour éliminer les sels de potasse excepté lesulfate et le bitartrate de potasse. — Les ma-tières sncrées, comme la mélasse, -la casson-nade, que l'on ajoute au vin, se reconnaissentpar l'évaporation en consistance d'extrait, re-prenant par l'alcool et faisant éwvporer de nou-veau.
11 est très-difficile de se prononcer sur la co-loration artificielle des vins dans le but de re-hausser leur couleur ou de colorer des vinsblancs de moindre valeur pour les vendrecomme vins rouges. Les sucs de betteraves
rouges, de mûres, de baies d'yèble, de sureau,de myrtille, de phytolaque et de troène; lesdécodés de Fernambouc, de bois d'Inde et detournesol, les roses trémières, les pavots rouges,la cochenille ammoniacale, la fuchsine ourouge d'aniline, sont les substances employéesordinairement à cet effet. L'alun, additionnéde potasse caustique jusqu'à dissolution duprécipité, donne avec les vins naturels un pré-cipité gris sale virant plus ou moins au rouge,et, avec presque tous les principes colorants ci-dessus, des précipités autrement colorés. L'am-moniaque liquide fait passer tantôt au vertbrunâtre, tantôt au brun verdâtre la couleurrouge des vins naturels, et ne produit rien desemblable avec les \ins factices. La potassecaustique fait passer au vert bouteille et quel-quefois au vert brunâtre, sans jamais les pré-cipiter, la couleur rouge des vins naturels, etfait virer au violet les vins colorés par desbaies d'yèble, au violàtre le suc de mûres oude baies de sureau, au violet clair le tourne-sol, au violet bleu le suc de baies de troène,au rouge violacé le bois d'Inde ou de Campê-cbe, au rouge le bois de Fernambouc et lesuc de betteraves, au jaune le suc de baies dephytolaque. Le vin de Fismes ou vin de teintedestiné à colorer les vins est préparé avec lesbaies d'yèble et de sureau additionné d'alun.C'est une véritable fraude, nuisible à la santé.Pour reconnaître les vins colorés artificielle-ment, on a proposé les réactifs suivants :solutions d'alun et de carbonate de potasse(Nées tFEseubeck); ammoniaque et sulfhy-drate d'ammoniaque (Vilhol) ; sulfate d'alumineet carbonate d'ammoniaque (Jacob) ; sous-acétate de plomb (Jacob) ; gélatine (Fauié).M. Blum conseille de tremper dans le vin unmorceau de mie de pain ou d'épongé bienlavée, à placer le fragment imbibé sur del'eau contenue dans une assiette, le liquide secolore immédiatement en rouge, si la colora-tion du vin est artificielle ; dans le cas con-traire, l'eau devient opaline, et ne se colorequ'au bout d'une demi-heure. Suivant M. La-peyrère, une bande de papier Berzélius im-bibée d'une solution concentrée d'acélateneutre de cuivre prend une teinte violacéelorsqu'elle est plongée dans un vin colorépar du bois de Campèehe; rouge-pâle, dansun vin coloré par le sucre do Betteraves, grise,dans le vin naturel (V. Un. ph. 1870). L'acé-tate de cuivre colore en bleu pur, et l'acétatede soude, en lilas, un vin coloré avec lesbaies de sureau (Routière). Suivant M. Caries2 à 5 gr. de vin suspect sont versés dans250 gr. d'eau potable, s'il conserve sa couleurou vire au violet, s'il est en grande partie dé-coloré par l'albumine, s'il verdit franchementpar l'ammoniaque ou le carbonate de soude,