ESSAI PHARMACEUTIQUE DES MÉDICAMENTS.
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En traitant do Fessai ou de la falsificationd'une substance, nous ne donnons point lescaractères physiques, les ayant déjà donnés àl'article de cette substance dans le Dispen-saire : ce sera donc là qu'il faudra recourirlorsque la connaissance de ces caractères seranécessaire pour la confrontation.
Outre laialsification, il est une autre chose,que le pharmacien doit redouter, et peut-êtreplus encore par les funestes conséquences quipeuvent en résulter; c'est la substitution desmédicaments par suite d'erreur. En effet,parmi les substances que le pharmacien em-ploie, il en est un grand nombre que, pourdes motifs divers, il se procure par la voie ducommerce. A part les drogues simples, qu'ilpeut connaître à simple vue, comment pourra-t—il apprécier la nature d'un produit chimi-que, d'un sel, par exemple? par la lormegéométrique de ses cristaux? Mais ces carac-tères, difficiles à être retenus par l'esprit, dif-ficiles à reconnaître, même par la goniométrie,n'existent le plus souvent pas, et dans le cascontraire, ils ne sont que rarement apprécia-bles dans les produits du commerce; en ad-mettant même qu'ils le soient, il n'en faudraitpas moins recomir à l'emploi d'autres moyens.Notre essai des médicaments rendra clans laplupart des cas cette reconnaissance facile,car c'est en quelque sorte aussi un traitédes réactifs pharmaceutiques. (V. Prolégo-mènes et Append., Clrim. ■pharm. )
« A la rigueur, le pharmacien devrait es-sayer toutes les matières qu'il se procure dansle commerce (1); celles-ci, parce qu'en fabri-que on ne peut guère s'assujettir à toutes lesprécautions que réclame leur obtention à l'é-
(1) Aujourd'hui, les pharmaciens doivent mettre d'au-tant plus de soin à s'assurer de la pureté des produits qu'ilstirent du commerce, qu'il ressort de divers arrêts, que levendeur qui, par méprise, leur envoie une subsfanee pourune autre, si cette substance occasionne un empoisonnementsuivi de mort, n'est passible d'aucune peine, mais qu'ilssont seuls responsables; qu'en outre, ayant titre de capa-cité, ils ne peuvent invoquer leur ignorance des qualitésque doivent présenter les substances et produits qu'ilsachètent.
Rappelons que, dans ces dernières années, on a livré,dans le commerce de la droguerie, du sulfate de potassemêlé de bio.rolah' depelatsejsel d'oseille), ou d'arsèniaiede potasse; des préparations de strychnine ou de mor-phine pour du sulfate de quinine; de Yacètate de bariitepour du sulfovinate de soude; du chlorhydrate de qui-nine mêlé de ehlorhiidrate île morphine; de l'acide pieri-que pour de la santonine.
Nous ne saurions mieux faire que de citer ces parolessi vraies prononcées par M. Bussy, dans un discours àune séance de rentrée de l'Ecole de pharmacie (V. J.Plu 1867) : « C est pour le pharmacien un devoir decons-■ cience et une précaution indispensable pour sa proprek sécurité que de soumettre les matières qui lui sont« fournies par l'industrie ou le commerce à un examenk attentif et, s'il y a lieu, à une purification préalable« avant d'en faire usage, alors seulement il peut les don-« ner sous son nom et en accepter la responsabilité, s
tat de pureté absolue, ou parce que les usagesauxquels on les destine de préférence n'exi-gent pas quelles soient parlaitement pures ;celles-là, parce que d'abord préparées par desprocédés qui les fournissent telles que le phar-macien les doit employer, elles l'ont été plustard par des procédés moins parfaits, maisplus économiques; celles-là encore, parce quelongtemps livrées à des prix trop bas pourque les fraudeurs eussent intérêt à les altérer,elles ont ensuite, en augmentant de valeur,excité davantage la cupidité ; toutes, enfin,parce qu'un défaut de soin dans leur récolte,leur extraction, leur préparation ou leur con-servation, un mélange coupable ou seulementune erreur, peuvent en avoir altéré la pu-reté. »
Dans certains cas, le pharmacien peutdécouvrir par l'observation au microscope laproduction d'animalcules ou de végétaux in-férieurs à laquelle est due la détérioration decertains médicaments (eaux distillées, feuillesde digitale, de belladone, etc.).
Le gouvernement des Etats-Unis d'Amériquea institue un Bureau d'essai des drogues sim-ples. En France, aucune institution officiellede contrôle n'existe encore. En attendant, laPharmacie centrale de France, essayant da-vantage, à mesure qu'elle s'organise, les dro-gues simples et augmentant ses exigences aupoint de vue de la pureté des produits sim-ples et composés, remplace par le fait, pournotre pays, le bureau de contrôle américain.
Dans fessai des médicaments, un point im-portant à considérer, c'est de procéder dansles conditions voulues; autrement on s'exposeà de graves erreurs. Or, ces conditions nesont pas toujours connues et observées, mêmepar les analystes les plus expérimentés. Ci-tons quelques exemples : -si l'on essaye du ca-lomel en le projetant sur un cristal d'iodurede potassium humecté ou dans un soluté con-centré de ce sel, on obtiendra sut" un point laréaction des bisels de mercure, même avec lecalomel le plus exempt de bichlorure (Voy.lie», ph., 1853-54). Si on essaye de la lilliargeen employant de l'acide azotique concentré, ilse produit un sous-azotate de plomb insolublequi fait croire à tort à une sophistication duproduit essayé. Si on essaye du cyanurede potassium par un acide concentré, ilfait effervescence, qu'il soit ou non carbonate.Il en est encore de même si l'on met le cya-nure suspecté au fond d'une éprouvette, quel'on verse dessus, sans agiter, de, l'eau et en-fin de l'acide. Dans ce cas, l'acide, plus lourdque l'eau, traverse celle-ci, va attaquer lecyanure au fond du vase et détermine un dé-gagement de bulles de gaz comme dans lepremier cas. On sait que l'acide cyanhydrique