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PHARMACIE LÉGALE.
L'asphyxie par l'oxyde de carbone, le gazdes marais, par celui des mines de charbon,par défaut d'air respirable, par le gaz de Vè-dairage, sera traitée de la même manière.
L'asphyxie par le gaz d'éclairage, par lecharbon, a été traitée aussi avec succès parl'inhalation de l'oxygène. (V. J. Ph. 1869,1870).
ASPHYXIE PAR LE GAZ DES FOSSES D'AISANCES ,DES PUISARDS, DES ÉGOUTS.
Le gaz des fosses d'aisance est l'hydrogènesulfuré mêlé à du sulfhydrate d'ammoniaque.L'hydrogène sulfuré se rencontre aussi dansles égouts, et autres cloaques contenant desmatières organiques en décomposition pu-tride; il se dégage des eaux de féculerie déjàaltérées, des eaux de savon en putréfaction ;il se produit aussi par la décomposition dusulfate de chaux, au contact des substancesorganiques en dissolution ou en suspensiondans les eaux séléniteuses, lorsqu'on décom-pose des sulfures par des acides ; il accompagnele gaz d'éclairage mal épuré, etc., etc.
On exposera le malade au grand air; on luimettra avec précaution sous les narines doscompresses cMaro-vinaigrées (nouet de chlo-rure de chaux imbibé de vinaigre). On lotiou-nera légèrement les narines avec du chlorurede soude, ou du chlorure de chaux étendus ;on aspergera la figure avec de l'eau vinaigréefroide, on frictionnera, on saignera, enfin onmettra des sinapismes aux extrémités.
Dans les laboratoires où les émanationsd'hydrogène sulfuré sont fréquentes on peutcombattre l'empoisonnement par ce gaz délé-tère, au moyen d'alfusions d'eau chlorée.L'opérateur peut se mettre cà l'abri du dangerà l'aide du chlore gazeux ou en solution dansl'eau. Le chlore peut aussi servir à neutraliserl'action de l'hydrogène arsénié, ce gaz si émi-nemment délétère qui a causé la mort de plu-sieurs chimistes.
PROCÉDÉ POUR RECUEILLIR LES GAZ.
Lorsqu'on veut connaître la nature d'un gazau point de vue de la médecine légale, il fauten recueillir une portion; pour cela on peut seservir d'un flacon plein d'eau ou de mercureque l'on vide dans le lieu même renfermant legaz que l'on veut soumettre à l'expérience ;lorsqu'il est complètement vide du liquide etque le gaz le remplit, on le bouche aussitôt enle maintenant renversé, et on le plonge ainsidans l'eau jusqu'au moment de l'analyse.
Lorsqu'il y a du danger à entrer dans le lieuinfecté, ou pour ne pas y faire entrer l'air dudehors, on pratique à la porte une ouverturedans laquelle on place un bouchon percé d'untrou que traverse un tube coudé qui entre parson extrémité dans un bouchon fixé sur unflacon plein d'eau. Dans ce dernier bouchonon a placé un autre tube, mais droit, qui dé-
passe au dehors le coude du tube précédent,et qui ne déborde pas le bouchon dans l'in-térieur du vase. En tenant ce vase renversé,l'eau s'en écoule et l'air de l'appartement vientle remplacer.
ASPHYXIE PAR SUBMERSION. (ÏVOyéS.)
On déshabille promptement le noyé, oumieux on coupe ses habits pour avoir plus tôtfait, on le revêt d'une chemise et d'un bonnetde laine, on le couche sur le dos, un peutourné sur le côté droit, on débarrasse la bou-che, le nez et les oreilles des mucosités quipeuvent s'y trouver, en tenant la tête un peupenchée pour laisser écouler le liquide mu-queux qui souvent est contenu dans la trachée,mais on se garde bien de mettre en usage la cou-tume populaire de pendre le noyé par les pieds.
On fait aspirer des odeurs fortes, on réchauffelentement et progressivement le malade enpromenant sur toutes les parties de son corpsdes briques chauffées, des fers à repasserchauds et enveloppés dans» des torchons, dessachets remplis de cendres chaudes, en prati-quant des frictions avec de la flanelle chaudeque l'on enduit quelquefois d'un Uniment am-moniacal, puis d'autres avec des liqueurs al-cooliques ou éthérées ; on exerce encore avecméthode des compressions alternativement surla poitrine et sur le bas-ventre, afin de l'établirla respiration. Si ce moyen échoue, on insufflede l'air dans les poumons (V. Asphyxie parl'acide carbonique), on donne'un lavement pur-gatif. La nécessité de la saignée ne peut êtrereconnue que par un médecin.
Les poudres sternulatoires, le tabac, lepoivre, l'euphorbe en poudre, introduits dansles narines ; la fumée de tabac introduite dansl'anus, le lavement de tabac et de sel marin, legalvanisme, l'électro-puncture, l'urtication, laflagellation, l'ustion même, ont encore été misen usage, cl avec -succès, dans l'asphyxie parsubmersion.
Il ne faut pas se lasser trop tôt d'administrerdes secours à un noyé, quelque peu nombreu-ses que puissent être les chances de succès.Les auteurs s'accordent tous à dire qu'on a vudes noyés revenir à la vie après être restés unquart d'heure, une demi-heure, et mêmequelques heures sous l'eau, et sept ou huitheures après en avoir été retirés.
Voy. à l'Appendice la composition de laboîte de secours.
ASPHYXIE PAR STRANGULATION. (Pendus.)
On coupe le nœud, on pratique une saignéeh la jugulaire ou au pied, et on se comportedu reste comme précédemment.
ASPHYXIE PAR LE FROID.
On déshabille l'asphyxié, on le plonge dansde l'eau froide dont on élève peu à peu la tem-pérature par de l'eau d'abord moins froide,