TOXICOLOGIE.
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de 60°, et si la liqueur contient de l'acideprussique, il se formera du cyanure d'argentsur le verre enduit d'azotate de ce métal.
Le sang contenant de l'ac. cyanliydrique,même en très-minime quantité, conserve uneteinte rouge cerise clair pendant plusieursjours (Buchner) et brunit profondément sousl'influence de l'eau oxygénée (Schœnbcùi).
Contre-poisons. — Faire vomir; faire respi-rer de l'eau chlorée (quatre parties d'eau, unede chlore liquide; à défaut, du chlorure desoude), de l'eau ammoniacale; affusions d'eautrès-froide sur la tête, la nuque et tout le trajetde la colonne vertébrale ; glace sur la tête ; sai-gnée delà jugulaire ou du bras ; sangsues der-rière les oreilles ; frictions sur les tempes avecla teinture de canlharides et l'ammoniaque; si-napismes aux pieds. Malheureusement tous cesmoyens ne sont point certains, et d'un antrecôté le poison agit si promptement que, fus-sent-ils dans le cas contraire, on les administretoujours trop tard ; quoi qu'il en soit, il fauttoujours les mettre en usage. L'acide cyanliy-drique anhydre tue à la dose de 5 cenligr.pris en une seule fois, et à dose moindre,étendu d'eau. L'action foudroyante de cetacide, surtout chez les animaux à sang chaud,paraît due à ce qu'il arrête en quelque sortemécaniquement et brusquement l'oxydationvitale (V. Un. ph. 1872).
Dans la première édition de cet ouvrage,nous émettions l'idée que les sels de fer de-vaient être des antidotes de l'acide cyanliy-drique. Aujourd'hui cela est un fait. MM. T. etH. Smith, d'Edimbourg, proposent, d'aprèsl'expérience, comme contre-poison de l'acideprussique, le mélange suivant : ils pren-nent 7 p. de sulfate ferreux dont ils trans-forment h p. en sulfate, ferrique. Au mélangede ces sulfates dissous, ils ajoutent par chaquepartie de ceux-ci 3 à k p. de carbonate sodique.On conserve cet antidote dans un flacon bienbouché ; il convient également dans les empoi-sonnements par les eaux distillées de laurier-cerise et d'amandes amères. Le chlore, em-ployé concurremment avec l'antidote deMM. Smith, peut aussi, d'après M. Larocque,produire de très-bons effets. Ce dernier chi-miste préfère pour l'antidote de MM. Smith laformule suivante : sucre 60, sulfate ferreux 55,sulfate ferrique 90, eau 250, carbonate de soudecristallisé 560. D'autres auteurs indiquent defaire prendre 1/2 gr. de sulfate de fer dissousdans 200 gr. d'eau sucrée à avaler simultané-ment avec 15 gr. de carbonate de soude ensoluté (V. Antidotes généraux, p. 1094), Sui-vant M. Ozanam, l'oxygène et la respirationartificielle seraient l'antidote de l'acide cyan-liydrique dans les cas d'empoisonnement parinspiration.
Cyanure de potassium. — Traité à froid parles acides forts, il laisse dégager de l'acidecyanliydrique; sa dissolution précipite en jauneorangé le protosulfate de fer; en blanc bleuâtrele persulfate de fer ; en blanc les sels de zinc,de plomb, d'argent, et en jaune cannelle lespet'sels de cuivre. (Voy. Acide cyanliydrique etPotasse.)
Contre-poisons. — Sels desesquioxydedefer.
L'ac. cyanliydrique et le cyanure de potas-sium disparaissent complètement sous l'in-fluence de la putréfaction (Boujenn).
Eau de laurier-cerise. —Elle précip. en blancl'azotate d'argent. (Voy. Acide cyanliydrique.)
A ces empoisonnements il faut ajouter ceuxoccasionnés par le laurier-cerise , les feuillesde pécher, les amandes amères, le suc deManioc, etc.
EMPOISONNEMENTS PAR l'OPICM, SES PRÉPARA-TIONS PHARMACEUTIQUES ET SES PRODUITSCHIMIQUES.
C'est spécialement dans les empoisonnementspar l'opium (Voy. Contre-poisons généraux desnarcotiques, p. 1094, 1118) que le décoeféde noix de Galle, le décocté de café chargé (50à 100 gr. de bon café pour 500 d'eau) et sanssucre, sont efficaces.
Opium, Laudanum, etc. — Un chimiste al-lemand a proposé comme réactif très-sensiblede l'opium V acidexanthique ou picrique (pro-duit parl'action de l'acide azotiquesur l'indigo).Cet acide occasionne instantanément, dans lessolutés d'opium les plus dilués, un précipitéjiuine terin, tandis que la liqueur de\ient rougede vin. Le précipité formé est soluble dans l'al-cool, l'éther, les huiles essentielles, les alca-lis, etc. Le plus généralement, dans les empoi-sonnements par l'opium ou ses préparationspharmaceutiques, on recherche la morphine oul'ac. méconique. Pour les mettre en évidence, onfait bouillir les aliments et les tissus organiquesavec de l'eau aiguisée d'acide acétique ; on filtreet on évapore. On traite le résidu par de l'alcoolbouillant et on filtre la liqueur; on y verse dusous-acétate de plomb ; il se forme un précipitéde méconate de plomb, et il reste dans la li-queur une solution d'acétate de morphine. Onsoumet le dépôt à l'action de l'acide sulfhy-drique, et on sépare par le filtre le sulfure deplomb formé. On évapore lentement la li-queur, et on y constate la présence de l'acideméconique à l'aide d'un persel de fer en dis-solution étendue, qui donne une colorationrouge. La liqueur qui contient l'acétate demorphine est traitée par l'acide sulfhydriquepour la débarrasser de l'excès d'acétate deplomb. On sépare et on essaye par les réactifsde la morphine. Heusler a indiqué un moyende découvrir les petites quantités d'opium qui