1118
PHARMACIE LÉGALE.
lorsque le poison a été appliqué sur la peaudénudée.
Traitement. — Faire vomir. Le vomissementobtenu, donner une boisson acidulé; combat-tre le narcotisme par une forte infusion de café,les potions stimulantes, les sinapismes. Les fric-tions sèches sur tout le corps sont utiles, ainsique la saignée au bras ou a la jugulaire, si lemalade est comme frappé d'apoplexie ; si le poi-son a été appliqué à l'extérieur, on se compor-tera de même, à l'exception des vomissementsqu'on ne provoquera pas.
M. Bouchardat conseille d'administrer deVeau indurée (1) ou Viodurc induré de potas-sium (2) après vomissement et purgation. Cettepréparation, qu'il préconise comme antidotedans tous les empoisonnements parles plantes àalcaloïdes, donnerait lieu, suivant cet auteur,à des iodures d'iodbydrates d'alcalis végétaux,insolubles, et par conséquent bien moins vé-néneux que ces alcalis eux-mêmes. Dans lemême cas, M. Bussy conseille la magnésie ;nous ajouterons que tous les alcalis minéraux,le charbon, conviennent. (V. p. 364, 1094).
Le D r Quesneviiie a proposé l'emploi dusirop d'iodure d'amidon.
EMPOISONNEMENTS PAR L'ACIDE CYANHYDRIQUEET LE CYANURE DE POTASSIUM.
Acide cyanhydrique. — Réactifs. — Préa-lablement saturé par la potasse, le solutéd'acide cyanhydrique précipite en bleu par unmélange de proto et de perchlorure de fer; et,par le sulfate de cuivre, il donne un précipitébrun marron de cyanure de cuivre qui rend laliqueur simplement laiteuse si elle est très-étendue (Lassaiyne). Dans ces deux dernierscas, il faut ajouter après le réactif un peud'acide chlorhydrique pour enlever l'oxyde mé-tallique qu'un peu de potasse en excès pourraitavoir précipité.
Le nitrate d'argent donne un précipité decyanure d'argent, insoluble dans l'eau et dansl'acide azotique faible et froid, mais solubledans cet acide bouillant et dans l'ammoniaque ;il ne devient pas violet à l'air. Ce cyanureétant chauffé avec un peu de chlorure de so-dium et de l'eau, son soluté filtré, chaufféavec un peu d'oxyde de 1er vert hydraté, puisfiltré de nouveau, précipite les sels de fer enbleu et ceux de cuivre en brun marron(Ossian Henry). Le cyanure d'argent, mêmeen proportion très-minime, mis en contactavec du brome ou de l'iode, donne lieu à depetites aiguilles cristallines de bromure oud'iodure de cyanogène, possédant la propriété
(1) Iodure de potassium, 4 gr.; iode, 3 deeig.; eau,1 litre. A boire par demi-"verrées.
(2) L'iodure ioduré de potassium (iode, 10 gr., iodurede potassium, 20 gr.; eau, 500 gr.) est le réaetil deM. Bouchardat pour la recherche toxicologique des alca-loïdes dans les urines.
de changer de place, par l'application de lachaleur, dans le tube qui les renferme (O.Henry fils et Humbert).
Quelques gouttes d'acide prussique étendud'assez d'eau pour ne plus être accusé positi-vement par la formation du bleu de Prusse,donnent, quand on chauffe le liquide sur unverre de montre avec une goutte de sulfureammonique jusqu'à décoloration du mélange,un produit assez chargé de sitlfocyamire d'am-monium pour produire avec les persels de ferune coloration rouge intense, et avec les selsde cuivre, en présence de l'acide sulfureux,un p:écipité blanc de sulfocyanure cuivreux(Liehitj).
Le. procédé de Schœnbein, antérieurementindiqué par M. Pagenstecher (V. Gaïac. Ess.des inédir.), et recommandé comme !e plussimple et le plus sensible par M. Buchner quil'a employé dans son expertise chimico-légale duprocès Chorinsky, consiste dans l'emploi d'unpapier réactif à la résine de gaïac, imbibé d'unesolution au 2/1000 de sulfate de cuivre, quibleuit au contact do très-petites quantités devapeurs cyanhydriques ; mais ce papier bleuis-sant aussi au contact d'un assez grand nombrede corps oxydants (vapeurs d'acide nitrique,nitreuses, de chlore, d'iode, de brome, etc.)(Lebaiijue), il est nécessaire, avant tout, des'assurer de la non existence de ces derniersdans les matières soumises aux recherches mé-dico-légales (V. Un. ph. 1869). D'ailleurs commece papier réactif bleuit au contact d'un grandnombre d'éthers cyanhydriques et d'autres com-posés organiques (Schaer), au contact du chlo-rure de cuivre et des chlorures, iodures,bromures des métaux plus électronégatifs quele cuivre (J. Hardy) et de beaucoup d'autressels (Schlagdenhauffen) (V. Un. ph. 1871,1874), il en résulte que le réactif de Schœnbeinne peut plus être appliqué à la recherche del'acide cyanhydrique.
Pour isoler l'acide cyanhydrique, à l'étatd'acide, des matières suspectes, on introduitces matières, avec de l'eau si elles sont solides,dans une cornue à laquelle on adapte un tubequi va plonger dans un soluté d'azotate d'ar-gent et on soumet à une distillation ménagée,au bain de, sable; il se produit un précipitéque l'on recueille et de la nature duquel ons'assure. Si les matières sur lesquelles on opèreont éprouvé un commencement de décompo-sition putride, on les distille avec de l'eau ad-ditionnée d'une petite quantité d'acide sulfu-rique pur. En 18&6, M. Alfred Taylor a indiquéun procédé qui évite la distillation. On metune portion du liquide suspect dans un verrede montre, sur lequel on renverse ensuite unautre verre de montre mouillé avec de l'azotated'argent. On expose l'appareil à la température