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PHARMACIE LÉGALE.
lement répandues, la toxicologie du phosphore,qui a été l'objet de nombreuses recherches dansces dernières années, exige une mention spé-ciale. L'intoxication particulière aux ouvriersqui y travaillent, et la nécrose des maxillaires,qui en est la suite, ont été aussi très-étudiées.Signes de l'empoisonnement. — Désordresnerveux, inflammation, brûlure et désorgani-sation des tissus en contact; accidents d'ail-leurs variables, suivant que le phosphore estdi\isé dans l'eau, en suspensior dans uncorps gras, dissous dans les huiles, pulvériséou en cylindres.
Contre-poisons. — Suivant MM. Antonelliet Borsarelli, le meilleur est la magnésie cal-cinée, en suspension dans l'eau bouillante etadministrée en grande quantité; boissons rau-cilagineuses préparées avec de l'eau portée àl'ébullilion afin de la priver d'air le plus pos-sible. Nous proposons les boissons albumi-neuses ou mucilagineuses mêlées de magnésie.L'huile nous paraît, par son action dissol-vante, plutôt nuisible qu'utile (V. Rev., ylini-m.1851-52). Dans quelques cas, administrer desvomitifs (emétique) ou des évacuants éner-giques, pour expulser le poison. 11 résulted'expériences récentes, que l'essence de téré-benthine, administrée dans une potion gom-meuse, ou mieux, en capsules, détruit les effetsfunestes du phosphore (D r Audant, Personne)(V. Un. Th. 1868, 1869, 1872). M. Vigierconstate la valeur antidolique de l'essence detérébenthine. Dans le même but et aussi pourcombattre les efléts pernicieux des vapeursde phosphore dans les fabriques d'allumetteschimiques, MM. Eulenberg et Vohl ont pro-posé le charbon animal sous forme de pilules(V. W. fh. 1871).
Réactifs.— Plusieurs procédés ont été pro-posés successivement pour constater la pré-sence du phosphore. Nous citerons celui de M.Lipowitz {Rev. pharm., 1855-56), puis celui deMitscherlich, qui est d'une exécution facile etd'une grande
sensibilité.
Ce dernierprocédé, pré-sentéenl856,consiste à dis-tiller les ma-tières suspec-tes divisées,dans une cor-nue ou un bal-lon avec un
peu d'acide,sulfurique etQ. S. d'eau
Les vapeurs
arrivent par un tube deux
fois recourbé à angle droit, et communi-quent avec un serpentin vertical placé dansun réfrigérant ou manchon en verre refroidipar un courant d'eau froide {fig. 139). Siles matières contiennent du phosphore, onaperçoit, dans l'obscurité, au point de con-densation des vapeurs, une lueur phosphores-cente, plus ou moins persistante, semblable àun anneau lumineux. Si les matières suspectescontiennent des substances volatiles (alcool,éther, essence de térébenthine, huiles volati-les), la phosphorescence ne se manifeste quelorsque celles-ci ont passé à la distillation. Onpeut ainsi déceler la présence de un cent mil-lième de phosphore.
Pour rendre l'appareil accessible à tous lespharmaciens, M. Chevallier lui a fait subirune modification consistant en deux ballonsplacés et chauffés sur le même bain de sable etcommuniquant chacun par des tubes courbés àangle droit, avec un petit ballon faisant fonctionde récipient. L'un des ballons contient lesmatières suspectes, l'autre sert à faire uneexpérience comparative avec des matièresanalogues aux premières, mais entièrementexemptes de phosphore (V. Un. ph., 18G0); onopère du reste comme avec l'appareil deMitscherlich. D'après M. Hardy (Uh.pfc. 1873),la température constante de la phosphores-cence est de 88 à 89°.
En 1857, M. Dussart a proposé un autreprocédé de recherche basé sur la propriétéque possèdent le phosphore et tous les com-posés oxygénés du phosphore, inférieurs à l'a-cide phosphorique (ac. phosphoreux, hypo-phosphoreux), de donner, dans l'appareil deMarsh, de l'hydrogène phosphore dont laflamme produit, dans l'obscurité ou à la lu-mière artificielle, un reflet vert émeraude : laréaction est des plus sensibles ; malheureu-sement beaucoup de matières organiques, laplupart des matières animales solubles, em-pêchent l'hydrogène phosphore de brûler avecsa coloration caractéristique (On. ph., 1862 —J. Ch. m. 1870).
Le procédé de M. Lintner est basé sur cefait signalé par M. Bocttger, que le phosphorebouilli a\ec une solution concentrée de sul-fate de, cuivre donne un mélange de phos-phure et de phosphate basique do cuivre, quimis, encore humide, en contact avec le cya-nure de potassium pulvérisé, dégage de l'hy-drogène phosphore inflammable, reconnaissa-ble à son odeur et à la coloration noire qu'ilfait prendre à l'azotate d'argent ou au papierqui en est imprégné (V. ,1. ph. 1870).
Pour isoler le phosphore des matières grais-seuses (bouillon, potage, etc.) avec lesquellesil peut être mêlé, M. Van Bastelaer emploiel'ammoniaque liquide qui dis-oul la graisse