TOXICOLOGIE.
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Contre-poisons. — On fera vomir en mêmetemps qu'on administrera du sesquioxyde defer hydraté gélatineux (Voy. ce mot), de ma-nière à en gorger le malade (1 à 2 kilog.même, s'il le faut); l'hydrate est préalable-ment délayé dans de l'eau sucrée. A défautd'hydrate de fer gélatineux, on emploiera dusafran de mars apéritif, ou hydrate de sesqui-oxyde de fer sec. Mil. Bouchardat et Sandrasproposent aussi le persulfure de fer hydraté(Voy. p. 973) ; M. Duflos, l'acétate de sur-oxyde de fer; et M. Bussy, la magnésie hydra-tée. A défaut de ces substances, on fera pren-dre de l'eau de chaux pure, ou mieux mêlée àdu lait ou de l'huile, du charbon en poudre etdélayé dans de l'eau sucrée, une boisson muci-lagineuse, une potion huileuse (huile d'olivesou d'amandes douces), du lait, de l'eau albu-mineuse, une eau sulfureuse, de l'eau de puitscalcaire. Nous considérons comme inutile,et même comme faisant perdre un temps pré-cieux, l'emploi d'un décocté de galles ou dequinquina préconisé, par divers auteurs, ainsique l'antidote proposé par Rognetta, et quiconsiste en un mélange de bouillon, de vin etd'eau-de-vie. L'emploi de l'oxyde de fer dialysen'offre aucune efficacité malgré des assertionscontraires.
Suite du traitement : comme pour les acides.
Le peroxyde de fer hydraté a été proposé,en, 1834, par le docteur Bunsen, de Gccl-tingue, comme contre-poison de l'acide ar-sénieux, et l'on peut dire que c'est l'undes meilleurs contre-poisons de cette sub-stance : d'assez nombreuses expériences surl'homme et les animaux l'attestent (1). Maisil faut, bien entendu, qu'il soit administré àtemps, avant que le poison ait été absorbé.Son action est toute chimique ; il agit en for-mant dans l'estomac avec l'acide arsénieux del'arsénite de fer, insoluble, et conséquemmentsans action sur l'économie.
Goibôurt, qui admet du reste que l'hydratehumide est plus propre à neutraliser l'acidearsénieux, dit que l'on peut avec avantage, àdéfaut de celui-ci, employer l'hydrate sec. Le
(1) Un fait qui n'a été enregistré, que nous sachions,
Far aucun recueil scientifique, et qui démontre à la foisefficacité do l'antidote qui nous occupe, et la propriétéde l'urine d'être, comme le professait Orfila, l'agent expul-seur principal de l'arsenic lorsque la vie se prolonge aprèsl'empoisonnement, est le suivant, que nous tenons d'unconfrère, M. Philippe.
L'ne jeune personne de magasin prend volontairementenviron 20 grammes d'acide arsénieux; on ne s'aperçoitde l'empoisonnement que par les contorsions de la jeunefille. Aussitôt on appelle des médecins; l'hydrate gélati-neux est administré en quantité, en même temps que Ionfait vomir, et après quelques jours de convalescence lamalade était guérie. Lecanu,qùi avait suivi cet empoison-nement, trouva, par l'appareil de Marsh, que le cinquièmejour après l'empoisonnement les urines contenaient encorede l'arsenic.
même auteur fait remarquer qu'il faut envi-ron 30 gr. de peroxyde hydraté sec pourneutraliser les effets de 1 décig. d'ac. arsénieux.
100 grammes d'hydrate gélatineux en repré-sentent de 30 à 35 seulement de peroxyde defer calciné. Il faut insister sur ce dernier ré-sultat, parce qu'on a vu des praticiens croireavoir assez fait dans les empoisonnements parl'arsenic, en donnant au patient quelques cuil-lerées du magma ferrugineux tandis qu'il fautl'employer, ainsi que nous l'avons dit plushaut, par kilogrammes, en le fractionnant pardoses suffisamment rapprochées, destinées àneutraliser les effets du poison, à mesure qu'ilse dissout dans les liquides du canal digestif.Comme on provoque en môme temps le vomis-sement, on n'a pas à craindre la plénitude del'estomac.
La circonstance de l'emploi à hautes dosesde l'hydrate gélatineux de sesquioxyde de fer,fait un devoir impérieux aux pharmaciens deconserver toujours sous l'eau 3 à !i kilogr.de cette préparation, divisés en plusieurs fla-cons. Il résulte des expériences de G. Leroy,de Bruxelles, que cet hydrate, auquel on re-prochait de passer avec le temps à l'état cris-tallin, peut se maintenir amorphe et parfaite-ment actif, si on le place dans une conditionde température telle qu'elle ne puisse s'abais-ser beaucoup au-dessous de+ 12° et qu'elle soitde 15 0c environ.
On a dit que quelquefois le sesquioxyde defer gélatineux contenait de l'arsenic ; maiscomme l'arsénite de fer n'a pas d'action surl'économie, ce n'est pas là un motif pour nepas l'employer. On ne tiendra compte de cotteremarque que dans le cas d'expertise judi-ciaire, où l'arsenic de l'oxyde de fer pourraitinduire en erreur.
La magnésie proposée, dès 1795, parMandel,pharmacien de Nancy, mais oubliée jusqu'en18/i6, époque à laquelle M. Bussy démontrad'une manière péremptoire sa propriété antido-taire, doit encore être mise au-dessus de l'hy-drate de peroxyde de fer gélatineux commecontre-poison de l'arsenic: 1" comme étant plusfacile à se procurer que ce dernier; 2" parcequ'en raison de sa propriété laxalive elle oéter-mine plus promptoment l'expulsion du produitarsenical formé. Aujourd'hui les cas de réussitepar la magnésie sont déjà aussi nombreux etaussi évidents que ceux obtenus avec l'hydrateferrique. La magnésie doit être administrée enexcès et délayée dans de l'eau. Elle ne doit pasêtre trop fortement calcinée, et même l'hydratede magnésie en gelée serait bien préférable.Les pharmaciens feraient donc bien d'en avoiraussi de préparée à l'avance. (Dans notre Ma-gnésîognoèie nous traitons cette question phiscomplètement, V. Magnésie et page 1095.)