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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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PHARMACIE LÉGALE.

l'estomac, matières des vomissements et desselles, tissus du canal gastro-intestinal, du foieet des autres organes, ou enfin de toute autrematière solide suspecte ; sang, urine et autresliquides organiques préalablement concentrésà une douce chaleur.

L'expert doit commencer par examinerattentivement à l'œil nu, ou plutôt à la loupe,les substances rendues par les vomissementset les selles, les matières trouvées dans le canaldigestif, et la surface muqueuse de ce mêmecanal. Il pourra aussi, dans quelques circon-stances, trouver des parcelles de la matièretoxique en substance ; mais , en supposantqu'aucune indication ne résulte de cet examenphysique, voici comment il doit, suivant l'au-teur, procéder à la recherche des poisons com-pris dans son tableau :

On divisera avec des ciseaux, en très-petitsmorceaux, la matière suspecte qu'il s'agit d'a-nalyser, on en prendra un poids connu qui nedevra jamais aller au delà de 200 grammes, eton l'introduira dans un ballon de deux litresavec la moitié de son poids d'acide clilorliy-drique pur et fumant. Au col du ballon estadapté un bouchon perforé de deux trous,dont l'un est destiné à recevoir un tube de 55à 60 centimètres de longueur et d'un centi-mètre de diamètre intérieur, plongeant dequelques millimètres dans l'acide chlorhydri-que. De l'autre ouverture part un tube re-courbé à angle droit, dont la seconde brancheverticale plonge à travers un bouchon dans del'eau distillée contenue dans une éprouvette.Le bouchon de celle-ci présente un second troudestiné à recevoir un tube droit qui ne plon-gera pas dans l'eau.

Les choses étant ainsi disposées, on place leballon sur un bain de sable et l'éprouvettedans de l'eau froide qu'on changera de temps àautre; on maintient le sable à une tempéra-ture voisine du point d'ébullition du liquidesans l'atteindre, on agite le ballon de temps entemps, et pendant quatre heures au moins.

Les fragments de matière organique se dé-layent peu à peu dans l'acide chlorhydrique etfinissent par constituer avec lui un liquidedense, homogène et plus ou moins foncé.

On retire alors le bain de sable et on chauffele ballon à feu nu pour faire bouillir le li-quide pendant deux ou trois minutes. Cela fait,on commence à introduire peu à peu des cris-taux de chlorate potassique par le gros tube,en ayant le soin d'agiter le ballon continuelle-ment et jusqu'à ce qu'on en ait mis 16 ou 18grammes pour chaque centaine de grammes dematière suspecte employée.

Il y a une réaction des plus vives et un dé-gagement abondant de gaz chloré; le liquides'éclaircit de plus en plus, devient enfin

complètement limpide, et d'un jaune dont l'in-tensité, très-variable dans ses nuances, paraîtdépendre surtout du grand excès de chlorequi reste en dissolution. Aussi, non-seulementle liquide du ballon, mais l'eau de l'éprou-vette, offrent-ils au plus haut degré l'odeurcaractéristique du chlore. Le liquide du ballonest alors surnagé de petits fragments de char-bon et d'une matière résinoïde qui, étant peuabondante dans les recherches sur le sang,abonde surtout quand on a affaire aux tissusdu foie et d'autres organes parenchvmateux.

On laisse refroidir l'appareil, on filtre la li-queur du ballon sur du papier Derzélius, et onla mélange à l'eau de l'éprouvette et à celledont on se sera servi pour laver à plusieursreprises les résidus qui restent sur le filtre.

On fait passer, et pendant longtemps, un cou-rant d'hydrogène sulfuré bien lavé à traverstout le liquide, et on abandonne ensuite jus-qu'au lendemain dans un flacon bouché. Danstous les cas, il se formera un précipité plus oumoins abondant, dans lequel on devra recher-cher tous les métaux que l'auteur comprenddans son tableau, excepté l'argent et le zinc.Ce précipité pourra néanmoins contenir, indé-pendamment du soufre, un peu de matièreorganique dont on devra se débarrasser de lamanière suivante :

On jette le précipité sur un filtre sans pli,on le lave à l'eau distillée, et on le met dansun petit ballon avec son poids d'acide chlor-hydrique pur et fumant qu'on fait bouillir, etauquel on ajoute quelques paillettes de chlo-rate potassique.

Quand la réaction est terminée, on ajouteun peu d'eau distillée et on chauffe avec beau-coup de précaution pour chasser tout le chlorelibre qu'il pourrait y avoir. On filtre de nou-veau sur du papier lîerzélius, et on a ainsi unliquide très-limpide à peine coloré en jaune.C'est dans ce liquide qu'on doit retrouver Y ar-senic , Yantimoine , le mercure , le cuivre , leplomb et Yétain, si la matière suspecte encontenait. Quant au zinc, comme il n'est pasprécipitablc par l'acide sulfiiydrique au seind'une liqueur acide, il faudra le chercher clansle liquide obtenu par filtration après l'actionde l'acide sulfiiydrique. L'argent ne pouvant setrouver qu'à l'état insoluble, il faudra le cher-cher dans les résidus de la première filtra-tion.

M. Gaultier de Claubry a fait connaître uneméthode générale de recherche des poisonsmétalliques qui repose sur la précipitation parun courant galvanique des métaux en disso-lution. Voici comment on opère : après avoirtraité les matières comme il a été dit dansle procédé Abreu, et avoir chassé l'excèsd'acide par la concentration des liqueurs, on