TOXICOLOGIE.
1093
tenus en suspension dans l'eau ( Duflos ) ;de l'arsenic, des poisons métalliques et al-caloïdiques : la magnésie calcinée (fiussy) ; saufle cas de l'arsenic, son association à du sucre(magnésie 10 gr., sucre 20 à 25 gr., eau bouil-lante 100 gr.), augmente son efficacité (Curies);des poisons précédents et des poisons sepli-ques : le charbon animal (Touéry, 1831; Gar-rod, J. ch. m. 1849, p. 658) ; des alcaloïdes, engénéral, des antùnoniaux et des préparationsd'opium : la décoction de noix de galle, le tan-nin, le café noir, le thé, les décoctions dequinquina, de bois, de racines et d'écorces as-tringentes. Nous, nous proposons comme an-tidotegénéral des poisons métalliques, et alca-loïdiques (et plantes toxiques), un mélange à par-ties égales de magnésie, d'hydrate de peroxydede fer et de charbon animal (V. p. 364.) (1)*.
Réactifs. Notions générales (2). — Les preu-ves chimiques du poison en matière d'empoi-sonnement sont de la plus haute importance,surtout lorsque le fait devient du ressort de lajustice. Voici, d'une manière bien succincte, lesrègles à suivre dans la recherche des substan-ces toxiques.
Lorsqu'on trouve des parcelles encore in-tactes du poison, il suffit de les essayer parquelques réactifs pour se convaincre de leurnature; ainsi on trouve quelquefois dans lesreplis de l'estomac de l'acide arsénieux sousforme de petits grains.
Mais le plus souvent le poison est dissous;s'il est mêlé a un liquide incolore, on peutencore facilement constater ses caractères;lorsque, au contraire, la matière vénéneuse setrouve unie à une liqueur colorée, le pro-'blême est plus difficile à résoudre, car les ma-tières colorantes peuvent s'unir aux réactifs etdonner des résultats étrangers à la substanceelle-même. Dans ce cas, on commence par dé-colorer la liqueur au moyen du charbon ani-mal (.'!) ou du chlore.
Enfin, la substance toxique peut être mêléeaux matières de l'estomac ou des intestins, oubien s'être combinée avec les tissus et les vis-cères, tels que le foie, la rate, etc. C'est ce
(1) Il résulte d'expériences de 51. Jeanne!, que notreantidote ne s'applique pas aux poisons cyaniques (cya-nure de mercure, etc.) (V. Un.p/i, 1S75).
(2) Les caractère? que nous avons occasion de donneraux poisons, sous le point de Tue delà chimie légale, pour-ront être augmentés de ceux que nous donnons pour I'es-sai des médicaments, ainsi que de ceux indiqués auDispensaire. On pourra voir ces deux parties, ainsi quel'article : Documents chimiques, inséré dans les Prolé-gomènes p.53—82,etdansl'AppENDiCE pharmaceutique.
(3) L'usage du charbon comme décolorant doit être àpeu près complètement abandonné dans les rechercheschirnico-légales, aujourd'hui que l'on sait qu'il entraîneavec lui une assez forte proportion, si ce n'est la totalitédes toxiques métalliques et autres (V. p. 3GJ).
qui arrive tontes les fois que les poisons sontabsorbés.
Dans tous les cas, si l'on a des liqueurs àexaminer, il faut les concentrer, et si l'onopère sur des matières solides, on les ferabouillir avec de l'eau distillée, en ayant soinde constater si le produit est acide ou alcalin.Dans le cas où on ne peut le reconnaître, onfait passer un courant d'acide sulfhydriquedans la moitié de la liqueur préalablementacidulée avec l'acide chlorhydrique. Au boutde 24 heures, on cherche s'il s'y est formé unprécipité, dont on détermine la nature.
Si le résultat est négatif, on traite l'autremoitié du liquide par l'acétate de plomb, puispar l'acide snlfhydrique, etc., dans le but derechercher la morphine (Voy. plus loin), outout autre alcaloïde.
Enfin, dans le cas où l'analyse n'aurait pasdécelé par ces opérations l'existence d'un poi-son, il faudrait :1° traiter par l'alcool les ma-tières solides épuisées, afin d'y rechercher unalcali organique; 2° incinérer toutes ces ma-tières dans un creuset de porcelaine, reprendreles cendres par l'eau, puis par l'eau régale,évaporer, reprendre de nouveau par l'eau,enfin filtrer et traiter par l'acide sulfhydrique,pour y rechercher un poison métallique.
D'autres opérations sont nécessaires pour larecherche des préparations arsenicales et an-timoniales absorbées. (Voy. plus loin.)
Pelouze a présenté, il y a plus de trente ans,à l'Institut, au nom d'Abrcu, chimiste brési-lien, un travail destiné à faire connaître uneméthode générale pour la recherche des princi-paux poisons métalliques. Le but que l'auteurs'est proposé est de ramener les opérationsmédico-chimiques à un simple problème dechimie analytique : un ou plusieurs métauxétant donnés au sein d'une matière organique,déterminer leur nature.
Pour arriver à la solution de ce problème,il a conçu l'idée de puiser dans le procédé deMillon, pour la recherche de l'antimoine (leprocédé Millon consiste d'abord à détruire lamatière organique par l'action combinée del'acide chlorhydrique et du chlorate de po-tasse) ; et il est arrivé à modifier ce procédéde manière à pouvoir non-seulement l'étendreà la recherche des principaux poisons métal-liques, mais encore se débarrasser plus com-plètement de la matière organique.
La méthode dont il s'agit comprend lescomposés des métaux suivants :
Arsenic.Antimoine.
Mercure.Cuivre.
Plomb. Zinc.
Etain. Argent.
g. M*
Abreu conseillait d'opérer de la manièresuivante :Analyse des matières solides trouvées dans