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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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VINAIGRES MEDICINAUX.

La connaissance du vinaigre, comme celledu vin, remonte à l'antiquité la plus reculée.Moïse parle du vinaigre comme étant en usagechez les Israélites; Pline fait l'éloge de cetacide, soit comme assaisonnement, soit pourconserver des fruits et des légumes. On saitaussi que la boisson ordinaire des soldatsromains était de l'eau vinaigrée (O.ryciaf).

Les anciens chimistes attribuaient la saveuraigre du vinaigre, et par suite celle de tousles autres acides qu'ils connaissaient, à uneaction mécanique. Leeuwenhœck, ayant vu aumicroscope, dans un vinaigre, de petits cris-taux très-fins de crème de tartre, dont onignorait alors la nature, dit, dans ses Arcana?iaturœ, que l'acidité du vinaigre, qu'on attri-buait à la piqûre des anguilles (vibrions) duvinaigre, devait, au contraire, être attribuée àl'introduction de la pointe de ces cristaux sa-gittés dans les papilles de l'organe du goût.Ce qui le confirmait encore davantage danscette idée, c'est que plus le vinaigre était fortà la langue, plus les cristaux lui paraissaientacérés. Dans le vin généreux, au contraire, ilvit que les cristaux étaient obtus ou tronquéspar les deux bouts; il profita de cette dernièreobservation pour réfuter ceux qui prétendaientque le vin engendre la goutte ; car, avantobservé les calculs de la goutte, il n'y ren-contra aucun des cristaux du vin. Hippocrateemployait thérapeutiquenient le vinaigre.

Le vinaigre sert, en pharmacie, à faire les vi-naigres médicinaux dont nous parlerons bien-tôt, et les oxvmclliles. A l'article Extrait, nousavons fait remarquer que le vinaigre avait uneaction spéciale sur certaines plantes, dont ilfournissait les extraits doués de propriétés plusactives que ceux obtenus par l'eau ou l'alcool.Dans l'économie domestique, le vinaigre estl'assaisonnement le plus commun et le plusUtile ; il rend les aliments plus tendres, plusfaciles à digérer, couvre leur fadeur et en re-lève le goût. Mais l'emploi abusif des alimentsvinaigrés détermine toujours de graves acci-dents. Il est des personnes qui boivent du vi-naigre dans l'intention de se faire maigrir, cardepuis longtemps cet acide jouit de la réputa-tion de faire cesser l'obésité ; malheureuse-ment, le remède est pire que le mal, il occa-sionne des irritations très-intenses de l'estomacet des intestins.

Etendu d'assez d'eau pour ne conserverqu'une légère acidité, il est rafraîchissant,augmente la sécrétion urinaire et, selon Halle,la diaphorèse. On le donne en boissons, enlavements, principalement dans les affectionsbilieuses, putrides, scorbutiques. Il est hé-mostatique. Pur ou à peu près, il est usitécomme révulsif en frictions, fomentations,pédiluves.

Le vinaigre, de tout temps, a éfé regardécomme propre à empêcher la contagion et àdétruire les miasmes et les mauvaises odeursrépandus dans l'air. De l'usage si fréquentde jeter du vinaigre sur une pelle rougie au feupour purifier l'air vicié des habitations. Mais c'estgratuitement qu'on lui concède cette propriété,car il ne fait que masquer les odeurs et ne lesdétruit pas.

Le vinaigre est un agent précieux de con-servation pour les substances végétales et ani-males.

VINAIGRES MÉDICINAUX.

Oxcolés, Chéreau.

Acétoléslierai.

Âcétolatures,

Les vinaigres médicinaux résultent de l'ac-tion dissolvante du vinaigre sur une ou plu-sieurs substances médicamenteuses.

Pour préparer ces médicaments, on se sertde vinaigre blanc ou de vinaigre rouge.Le premier est préférable au second, en cequ'il est de meilleure conservation. Il est, danstous les cas, indispensable d'employer de bonvinaigre. 11 doit Offrir une grande fluidité, uneodeur suave, acide et spirilueuse, une saveuraigre franche; il doit marquer 3° à l'aréomètre(d tc environ 1,019) et 100 doivent saturer 8 decarbonate de soude anhydre.

On ne doit pas remplacer le vinaigre par del'acide pyroligneux faible, pas davantage parun mélange d'eau et d'acide acétique, qui n'estpas plus du vinaigre qu'un composé d'eau etd'alcool n'est du vin.

Le vinaigre ordinaire, Acide acétevx desanciens chimistes, est composé d'eau, d'acideacétique et de bitartrate de potasse ; il contient,en outre, quelque peu d'alcool, de matière co-lorante, etc. Les principes qu'il peut dissoudresont à peu près les mêmes que le vin; maison lui accorde la propriété d'en modifier quel-ques-uns. C'est ainsi qu'il corrige , dit-on ,l'àcreté de la scille et du colchique, qu'il di-minueJa propriété vireuse de l'opium. Il faut,en outre, reconnaître que par son acide il estbien plus apte que le vin à s'emparer des al-caloïdes , lorsqu'on le met en contact avec lesplantes qui en contiennent.

Les vinaigres médicinaux se préparent de lamême manière que les vins, c'est-à-dire queles substances doivent être sèches et convena-blement divisées; cependant les vinaigrierspréparent presque tous leurs vinaigres avecdes plantes fraîches.

Quelquefois on ajoute aux vinaigres, ^ pouren assurer la conservation, un peu d'acideacétique. Cette addition est plus rationnelleque celle d'alcool qu'on avait proposé dans lemême but.