Druckschrift 
L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
Entstehung
Seite
1028
URN (Seite)
  
Einzelbild herunterladen
 

1028

VANILLE.

VANILLE*.

Vanille, al.; Vanilla, ang.; Kartrab el Amerika, ab.;Vainilla, esp.; Banilje, hol.; Yaniglia, it.; Ttixochitl,mex.; Wanillia, pol.; Vanilj, su.

C'est le fruit d'une plante grimpante et pa-rasite du Mexique, de St-Domingue et duPérou, acclimatée aujourd'hui dans beaucoupde pays : YEpidendrum vanilla, L. ; Vanillaare-matica, Sw. s. sativa (Orchidées), {fig. 135.) Ce

(Fig. 135.)

fruit, en forme de silique, long de 15 à 25centimètres sur quelques millimètres d'épais-seur seulement, est brun-noirâtre, ridé, etrenferme une pulpe brune, molle, conte-nant une prodigieuse quantité de semencesexcessivement ténues. Les indigènes ont soinde le recoller, d'avril à juin, avant sa parfaitematurité pour éviter qu'il ne s'ouvre et ne laisseécouler un suc balsamiq. qu'il contient {Baumede vanille). Ils l'enduisent ensuite d'unecouche d'huile d'acajou ou de ricin, afinde lui conserver sa souplesse; ils en formentde petites bottes, de 50 ou de 100 capsules,qui nous arrivent enfermées dans des boîtesmétalliques. Le fruit vert n'a pas d'odeur, ilacquiert celle-ci en séchant par une sorte defermentation.

La bonne vanille est celle qui se recouvrenaturellement de petites aiguilles très-finesd'une substance cristalline, possédant des pro-priétés semblables à celles de l'acide benzoïque,et connue sous le nom de givre (vanille givrée),fusible de 76 à 78 oc (A. Vée), que M. Gobley aisolée et appelée vanilline (Ac. vanillique deM. Stokkeby), et qui est aussi le principe odo-rant de la vanille. L'étude de ce givre a été re-

prise par M. Caries, qui le trouve fusible entre80 et 81 0t ; il îiaraît se comporter comme unacide (ac. Vanillique) (V. Un. ph. 1870, 72-74).

En réalité la vanilline ou aldéhyde vanilliqueest l'aldéhyde méihylpfotocathécique.

MM. Tiemann et Haarmann ont produit ar-tificiellement le givre de vanille en oxydantpar l'acide chromique ou par'le perman-ganate de potasse le produit de dédoublementde la coniférine, sous l'influence des acidesdilués ou de l'émulsinc en glucose et enalcool coniféryliqué ; la coniférine étant le glu-roside cristallisante découvert, en 1861, parM. Hartif dans le cambium du Larix Europœa(de son premier nom de Lancine) et qui aété trouvé depuis dans le cambium de la plu-part des conifères.

Dans ces dernières années la vanilline estdevenue un produit industriel entre les mainsde M. de Laire.

I.a vanilline artificielle se retire égalementde VAvéni'ine, glucoside cristallisé en aiguillesblanches, extrait par Serullas de l'avoine etqui est notablement différent de la coniférine.(Un. ph. 1879). L'oxydation de Yéthyleugénol(Wassermann) ou de l'açétyleugénol (Reimeret Tiemann) fournit également de la va-nilline.

La meilleure vanille, comme finesse de par-fum, est celle du Mexique, on désigne lesdifférentes sortes sous les noms de Mansa ougrande pria, de mestiza, de Cimarrona, àepom-pona et de tara; cetle dernière est sans va-leur, la première est très recherchée, les cap-sules tachées ou fendues sont mises à part etvendues sous le nom de lacatv. La dessic. de lavanille s'y opère par l'exp. au soleil, ou, pen-dant les pluies, par l'exp. pendant 36 h. dansun four chauffé à 60 ou 75 oc , après l'avoir en-veloppée dans une couverture entourée defeuilles de bananier et le tout dans une nattefortement liée et mouillée (V. Un. Ph. 1868).

Dans le commerce, on nomme Yanillon (Va-nilla pompona ou rosa des Espagnols), une va-nille commune plus grosse que la précédente,et qui paraît avoir été privée de son suc balsa-mique. Elle vient de l'Amérique méri-dionale.

La culture de la vanille a été introduite, aTahiti et dans l'Ile de la Réunion elle estprospère.

On conserve bien la vanille en la tenantenfermée dans desboîtes enfer-blanc, entre descouches de sucre pulvérisé (Stanislas-Martin).

La vanille est un excitant. En raison de sonodeur très-suave, elle sert à aromatiser leschocolats, les crèmes, des liqueurs, etc. A ceteffet, on peut employer la teinture faite avec:vanille 10, alcool à 30° c. ZiO; on laisse macérer15 jours, on exprime et on filtre. Pour en