VALERIANES.
1027
chaude. On recueille les cristaux formés et onévapore les eaux mères pour en obtenir denouveaux.
On peut encore l'obtenir en décomposant levalérianate de chaux ou de baryte par le sul-fate de zinc.
M. Ceresoli le prépare en versant et agitantdu valérianate de soude, dans une solution desulfate de zinc, chauffée à 36 QC . (V. Un.pharm., 1865.)
Le valérianate de zinc est sous forme depaillettes brillantes, légères, nacrées commel'acide borique; il est neutre, soluble dans50 p. environ d'eau froide, et dans ZiO p. d'eauchaude. Il se dissout aussi dans l'alcool ettrès-peu dans l'éther. Il a une odeur particu-lière d'acide valérianique , et une saveurastringente un peu métallique; la chaleur lefait fondre et le décompose, il brûle avecflamme. Sa dissolution aqueuse se décompose,à l'ébullition, en acide valérianique qui sevolatilise et en valérianate basique qui restedans la liqueur.
Selon M. Devay, qui l'a mis en usage enFrance, c'est un antispasmodique pur qni agitdirectement sur le système nerveux. Il convientdans la migraine, les névralgies faciales, le sa-tyriasis, etc. La dose est de 1 à h décig. parjour en poudre, potions et surtout pilules, pen-dant ou après l'accès. M. Herpin l'a expéri-menté dans le traitement de l'épilepsie.
VALÉRIANES.
\Baldrian, Katzenwurzel, al., dan.; Valerian, ano.,hol.; Herr, ar.; "Valeriana, esp., it., pob.; Balderjan,rus.; Wœndelrot, su.; K-iedi otou, Tua.
Plusieurs plantes de ce nom sont indiquéesdans les pharmacopées ; nous n'avons à nousoccuper ici que des deux suivantes :
1° Valériane sauvage ou sylvestre ^ *,Petite valériane, Herbe a>ix chats (V. Cataire);Valeriana elatior sylvestris, Valeriana offici-nalis (Valérianées). Plante <$ herbacée, indi-gène, à tige fistuleuse, à feuilles découpées età fleurs blanches ou couleur lilas, en cimes ausommet des tiges. (Fiq. 134.) La racine ^ secompose de fibres déliées, brunâtres ; elle ac-quiert, par la dessiccation, une odeur fétided'urine de chat, très-désagréable ; fraîche, sonodeur est peu sensible. Elle a une saveur acreet amère. Elle contient une huile volatile (0,50à 2 p. 100), une résine, de V Acide valérianique.
L'huile essentielle, telle qu'on la retire dela racine sèche, est un mélange (Yacide valé-rianique (o p. 100 environ, Picrlot; ; de valé-rène (environ 23 p. 100) ; et de 70 p. 100 decomposés oxygénés qui cristallisent en partieà 0" et se résinifient facilement. Parmi ce?derniers on a signalé le Valérol ou Stèaropténe
de valériane et un camphre identique avec le
Bornéol.Il y a une remarque importante à faire, c'estque la valériane
peut différerbeaucoup d'elle-même. Venuedans un terrainhumide, bas, lelong des ruis-seaux , elle estbien moins ac-tive que cellequi croît sur leshauteurs, dansles bois et lesterrains mai-gres, qui a uneodeur, une sa-veur, et partantdes propriétésou 3 ans et en
à 2
plus développées. C'est
automne qu'il convient de la récolter.
Suivant M. Ïimbal-Lagrave, la fig. 13Zi re-présente le Valeriana samhucifolia et non leValeriana officinalis (V. J. Ch. m. 1867).
La valériane est un antispasmodique puissant,employé principalement dans les affections ner-veuses. On la dit aussi fébrifuge, vermifuge,sédative, antihystérique et antiépileptique.Tissot, parmi les modernes, assure que si l'épi-lepsie lui résiste, elle est incurable. Elle estprescrite le plus souvent en infusé. L'adminis-tration de l'extrait de valériane paraît dimi-nuer la production de l'urée.
Les feuilles contusôes sont, dit-on, un excel-lent moyen pour réduire les varices.
Forrn. pharm. et doses. Poudre *, 0,5 à 10,0;extrait*, 0,25 à 5,0; liydroiat*, 10,0 à 100,0;teinture alcoolique*, 2,0 à 30,0 ; teinture élhé-rée, 1,0 à 5,0; sirop* 10,0 à 50,0 ; infusé10 : 1000).
La valériane fait, depuis plusieurs siècles,partie de la matière médicale européenne; ilest probable qu'elle y a été introduite d'abordcomme une substitution de la valériane desGrecs, le çoù de Dioscoride, dont nous allonsparler maintenant.
Aux Etats-Unis, on emploie comme succé-dané de la valériane, sous le nom de Valérianeaméricaine, la racine du Cypripidium pubes-cens (Orchidées).
2 J Valériane phu, Grande valériane, Va-lériane des jardins, Nard de Crète ; Valerianaphu. Cette espèce est cultivée dans les jardins;sa racine est beaucoup plus développée quecelle de la précédente ; mais son odeur estmoins forte. Elle n'est plus employée.
Nous avons vu que les nards celtique et in-dique sont produits par des valérianes.