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RÉGLISSE.
Wittstein trouvé, dans l'écorce de ratan-hia, 20 °/ 0 environ d'une sorte de tanninnommé Acide ratanhia-tannique très voisinde l'acide catéchu-tannique et qui fournit avecle perchlorure de fer un précipité verdàlrefoncé. Ce tannin, bouilli avec les acides,donne du rouge kramérique ou de ratanhia.On y a trouvé aussi un peu d'amidon {Yoijel),un acide particulier cristallisable, Ac. kramé-rique , découvert, en 1820, par Peschier, deGenève, et, dans l'ext. qui arrive d'Améri-que, un principe immédiat, la ratanhine(Ruge). Suivant Wittstein, l'acide kraméri-que est un mélange d'acide sulfurique et detyrosine (rathanhine d'après RugeL
Le ratanhia est un astringent puissant em-ployé avec succès dans la diarrhée chronique,les hémorrhagies passives, les écoulementsmuqueux. C'est aussi un dentifrice. Les damesde Lima s'en servent de temps immémorialà cet usage, et c'est même cette particularitéqui le fit découvrir par Ruiz ; il le nommaracine pour les dents, Raiz para los dientes.(V. Cotton, Thèse inawj. 1868).
Form. pharm. et dose. — Poudre*, 1 à 10,0;extrait*, 0,5 à 5,0 ; infusé pour la boisson(pp. 20 : 1000) ; décocté pour injection, lave-ments, fomentations (pp. 50 : 1000) ; sirop*,10 à 100,0; teinture*, 5 à 20,0.
Le commerce fournit un extrait de ratanhiapréparé dans le pays qui produit le ratanhia;il est presque insoluble et ressemble au kino;on doit lui préférer l'extrait des officines.
En traitant le ratanhia par l'eau de Rabel,on obtient ce qu'on a appelé Extrait de ratan-hia sulfatisé. Mais il paraît qu'on n'obtientainsi que du charbon acidulé.
Obs. Quelques auteurs, parmi lesquelsnous citerons Mérat et Delens d'un côté, etMM. Trousseau et Pidoux de l'autre, mettentau féminin la substance qui nous occupe, etdisent la ratanhia. Nous ne voyons que la dé-sinence qui ait pu leur faire adopter ce genre.Mais la même raison existait pour le quin-quina, le simarouba, etc., et cependant ils ontlaissé ces substances au masculin. Nous croyonsdonc qu'on doit se conformer ici à l'usage etmettre ratanhia aussi bien que coca, au mas-culin.
Incomp. : les mêmes que pour le tannin etles autres astringents végétaux.
RÉGLISSE *.
Bois doux, Racine douce; Liquiritia officinalis,Glycyrrhiza glabra (Légumineuses).
Lakritzenholz, Siissholz, al.; Liquorice, ang.; L'ssulsus,Erechsus, ar.; Wellmie, Olinde, cyn.; Laktits, dan.;sb.; Mittie lurkerie, duk.; Begaliz, Orozuz, esp.; Jeti-madh, ind.; Zoethout, UOL.; Regolizia, it.; Oyot manis,
jav.; Urat manis, mal.; Bikhmekch, per.; Korzenlukrecyowy, Czyli slodni, pol.; Alcaçuz, pdr.; Dubez,Solotko, rus.; Madhuko, Yastimadhuka, san.; Addim-dorum, tam.; ilian, tur.
Arbrisseau qui croît abondamment en Es-pagne et en Calabre. En France, il croît auxenvirons de Bayonne, à Bourgueil en Tou-raine et à l'asile de Sléphansfeld, près Stras-bourg. C'est de Bourgueil que vient la réglisseconsommée à l'état frais à Paris. Ses feuillesressemblent à celles de l'acacia. Sa tige sou-terraine, ou rhizome, improprement nomméeracine, est très-longue, traçante, grosse commele doigt, cylindrique, lisse quand elle est fraî-che, ridée quand elle est sèche, brunâtre endehors, jaunâtre en dedans, très-fibreuse, d'unesaveur douce et sucrée agréable.
Le rhizome*, qu'on nomme aussi Bois de ré-glisse, et qui est la seule partie usitée, nousest apporté sec de Bayonne en morceaux longscomme le bras et liés en grosses boites qu'onréunit elles-mêmes en ballot de 50 à 100 kil.dans de la toile grossière. Celui qui vient dela Touraine est frais et se consomme ainsi. Ilest également disposé en bottes, mais les mor-ceaux sont beaucoup plus longs et sont repliésune ou deux fois sur eux-mêmes. Le premierest à peu près le seul que l'on connaisse dansles pharmacies de Paris.
La racine de réglisse contient, d'après Ro-biquet, une matière colorante, de l'acide ma-lique, de l'asparagineet un principe particulierla Glycyrrhizine ou glyzine (à tort, sucre deréglisse}. M. Roussin a fait voir que la glycyr-rhizine pure est insoluble et insipide, elle doitsa douceur à l'ammoniaque qui exalte ses pro-priétés et l'accompagne probablement dans laplante.
On peut obtenir la glycyrrhizine en précipi-tant l'extrait de réglisse dissous par l'acidesulfurique faible, lavant le précipité avec del'eau acidulée d'abord, puis avec de feaupure; le dissolvant dans l'alcool, neutralisantpar du carbonate de potasse, filtrant et éva-porant à siccité. Ainsi obtenue, elle est enmasse d'un brun clair, brillante, cassante etd'une saveur sucrée intense. Elle se gonfleplutôt dans l'eau qu'elle ne s'y dissout ; elleest soluble dans l'alcool et non dans l'éther.Elle diffère du sucre en ce qu'elle ne donnepas d'acide oxalique par l'acide azotique etqu'elle n'éprouve pas la fermentation alcooli-que. C'est, d'après M. Gorup Besanez, un glu-coside se dédoublant par les ac. étendus, englucose et en Glycyrrhétine. Celle-ci existeégalement dans les racines de YAbrus pre-catorius, du Trifolium alpinum, de YAstra-galus ammodytes, etc. On peut obtenir jusqu'à30 de glycyrrhizine de 100 d'extrait.
La glycyrrhizine étant insoluble dans l'eau,