RAT AN H l A.
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préexiste pas dans la racine ; elle ne se forme,comme celles de moutarde et d'amandes amè-res, que sous l'influence de l'eau.
Nous dirons à ce sujet que le raifort, selonles recherches de M. Lepage, ne perd pas sespropriétés par la dessiccation lorsque cette des-siccation a été opérée convenablement. Il suffitde faire intervenir l'eau pour que, sur-le-champ,l'huile volatile prenne naissance. Aussi le phar-macologiste de Gisors a-t-il été amené à pro-poser l'emploi de la poudre de raifort dans lesmêmes cas que la farine de moutarde. Pourobtenir la poudre révulsive au raifort, on coupela racine en tronçons de 8 à 12 centimètres,on la fait dessécher à la chaleur de l'été, surun four ou dans l'étuve faiblement chauffée;on mêle à la racine sèche 1,5 de graine demoutarde blanche, on pulvérise ensemble lesdeux substances et on passe au tamis. Pour seservir de cette poudre, on suit les mêmes rè-gles que pour préparer les sinapismes ordi-naires. Cette poudre prend sensiblement ledouble de l'eau de la moutarde.
Comme Epithême rubéfiant pouvant rem-placer l'alcoolé de moutarde de Fauré, M. Le-page propose : de faire macérer 12 heures1 p. de. poudre révulsive dans 2 p. d'eau,puis d'y ajouter : alcool à 90°, 3 p. On agitefréquemment le mélange pendant à 5 à 6 h.,on exprime et on filtre.
La racine de raifort n'est convenablementemployée qu'au bout d'un an de végétation etpas après deux.
C'est le plus puissant des végétaux dits an-tiscorbutiques. 11 est, en outre, estimé anti-goutteux, diurétique, stomachique, stimulanténergique. A l'extérieur, il peut servir commerubéfiant.On l'emploie frais. Cependant, sec,il n'a pas perdu toutes ses propriétés, commecertains auteurs l'ont avancé ; mais il en aperdu la plus grande partie. On en fait unsirop, un alcoolat. Il entre dans le sirop* etle vin de raifort composés, préparations jour-nellement employées.
On pourrait préparer un saccharure de rai-fort, en pilant du raifort frais avec du sucre,et faisant sécher avec précaution (Voy. Siropde raifort préparé à froid.)
Le Raifort cultivé ou des Parisiens, dit aussiRadis noir; Raphanus sativus, a été employéaussi comme antiscorbutique et expectorant.
Le Radis rose et la Rave, que l'on sert sui-tes tables, sont des variétés de cette espèce.
RATANHIA*.
Ratanhiawurzel, al.; Ratanhyroot, ang.; Ratania, esp,it., RUS.
Racine fournie par le Krameria triandra(Polygalées) des lieux arides et sablonneux duPérou, et particulièrement à Caxatambo, Tar-
ma, Huanuco. C'est un arbuste rampant dela famille des polygalées.
Racines grosses comme le doigt, partantd'un tronc plus gros, très-longues, ligneuses,composées d'une partie corticale d'un rougebrun, et d'un corps ligneux à peine rougeàtre.Saveur de l'écorce, amôre et d'une grandeastringence ; celle du corps ligneux est bienmoins prononcée. L'écorce est la seule partieactive.
C'est la racine officinale, mais on reçoitégalement dans le commerce certaines autressortes. Les deux plus importantes sont le Ra-tanhia de Savanille ou de la Nouvelle-Grenade,et le Rataiihia du Rrésil ou de Para.
Le premier qui provient de la Nouvelle-Gre-nade, est produite par le Krameria ixina.Cette racine est en morceaux généralementcourts, l'écorce est d'un gris violacé, mat,particulier, tandis que le ratanhia ordinaire(Ratanltia du Pérou ou de Voûta) est rougeet que le Ratanhia de Para ou du Brésil aune couleur mate, variant du brun au noir,Sa partie corticale est aussi plus épaisse. Au-trement elle nous paraît avoir les mêmespropriétés médicinales. Le Ratanhia des An-tilles est identique, suivant M. Fluckiger, aveccelui qui a été décrit sous le nom de Ratanhiadu Brésil.
Citons encore pour mémoire le Ratanhiadu Texas fourni par le Krameria secundiflora,son écorce est plus épaisse que le bois.
La matière active du ratanhia est solubledans l'eau et dans l'alcool. Traitée par l'eau,l'écorce seule donne un tiers de son poidsd'extrait; et la racine (écorce et meditullium),un neuvième. Cet extrait, qui constitue unmédicament important et des plus employés,doit être préparé par lixiviation à l'eau froideet évaporé complètement au B.-M., et mieuxdans le vide, en raison de sa tendance à ab-sorber l'oxygène de l'air. M. Breton, de Gre-noble, a fait la remarque qu'en préparant l'ex-trait de ratanhia avec de l'eau légèrementsucrée, on empêchait cette oxydation et que lerendement était plus considérable. Nous avonsvérifié l'exactitude de cette assertion et re-connu qu'elle s'appliquait surtout au ratanhiasavanille qui, sous ce rapport, nous a fournides particularités dignes d'être étudiées (V.Rev. ph. 1856-57). L'extrait de ratanhia ob-tenu par l'eau sucrée paraît plus avantageux,comme masse pilulaire ; de plus, l'emploi dusucre et de la glycérine donne, d'aprèsM. Castueil-Patteson, un extrait fluide, très-soluble (V. Un. ph. 1874).
La glycérine étant un des bons dissolvantsde l'extrait de ratanhia, pourrait remplaceravantageusement les corps gras dans l'applica-tion externe de ce dernier (Cotton).
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