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L' Officine ou Répertoire général de Pharmacie pratique : Contenant 1. Le Dispensaire pharmaceutique ; 2. La Pharmacie légale ; 3. L' Appendice pharmaceutique ; 4. Le Tarif général de Pharmacie et des Branches accessoires
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OXYGÈNE.

Nous rappellerons ici, pour mémoire, quel'oxygène, l'hydrogène, l'azote, le bi-oxyded'azote, l'air atmosphérique et tous les gazincoercibles ont été liquéfiés et solidifiés par lefroid et la compression. MM. Cailletet et Pictetont ouvert cette voie et y ont réussi les pre-miers.

L'eau oxygénée, appelée aussi Uoxyde ouperoxyde d'hydrogène, et qu'il ne faut pas con-fondre avec l'eau oxygénatée ou l'eau gazeuseoxygénée, a été découverte par Thénard en 1818.Elle se présente sous l'aspect d'un liquide in-colore, inodore. D. : 1,452, Mise sur la langueelle la blanchit et produit des picotements;elle a une saveur métallique. Au contact dela fibrine, elle se décompose en eau et enoxygène ; elle décolore le permanganate depotasse avec dégagement d'oxygène et dépôtd'oxyde brun de manganèse.

L'eau oxygénée décolore les matières colo-rantes, d'origine organique, à la manière del'eau chlorée; elle sertàcolorer lescheveuxenblond (V. Un. ph. 1873). Suivant Schcenbein,le meilleur réactif pour l'eau oxygénée est unmélange de teint, de gaïac et d'ext. de malt,qui bleuit au contact de l'eau qui ne contientque un millionième d'eau oxygénée. SelonAI. Struve, le meilleur réactif serait l'oxyde deplomb (en solution dans la potasse caustique),qui se transforme en bioxyde au contact desmoindres traces d'eau oxygénée; c'est à l'aidede ces réactifs que sa présence a été constatéedans l'eau de pluie, l'eau de neige, etc. (Sdiœu-bein, Struve).

L'eau oxygénée s'obtient par la réaction del'acide chlorhydriquc sur le bioxyde de ba-"ryum. (Un. ph. 1875). On a également de l'eauoxygénée très-diluée, en agitant dans un fla-con très-large de la grenaille de zinc amal-gamé avec un peu d'eau distillée (Schœntiein),Pour l'usage médical, il suffit d'une solutionchargée de 10 vol. d'oxygène ; on en admi-nistre de à à 15 gr. dans une quantité d'eauindéterminée (Mehwd$on), L'eau oxygéné aété employée dans le rhumatisme chronique,dans certaines maladies du cœur, dans lepansement des plaies (Péan , le traitement dumuguet (Damaschino) et contre la diphtérie(Baldy). En dissolution dans l'éther rectifié(éther ozonisé ou atomique), elle a été employéepour assainir l'air des chambres de malades(Bichai*dson).

C'est ici le lieu de parler d'un corps dontl'etnde est encore loin d'être terminée, del'ozone (de ïÇï, odeur) que le professeurSchcenbein, de Bàle, a découvert, en 18/iû.

Lorsqu'on fait, passer une série d'étincellesélectriques dans l'oxygène, on constate quece gaz acquiert une odeur particulière due à

l'ozone, fait que, dès 178/i, le physicien hol-landais, Van Âlarum, avait remarqué.

Pour quelques chimistes, l'ozone est un sur-oxyde ou peroxyde d'hydrogène existant natu-rellement dans l'air; pour Berzélius, ce n'estqu'une modification allotropique de l'oxygène;pour d'autres, c'est de l'oxygène modifié parl'électricité ; certains expérimentateurs le re-gardent comme un état particulier ou môme unélément de l'azote; d'autres, comme un bioxyded'oxygène. MM. Bunsen et Alagnus admettentdeux espèces d'ozone : l'une, est l'oxyg. allo-tropique; l'autre, une combinaison hydrogénée,un hydrate d'oxyg. (ozone hydrogéné, de Bau-mert). Schcenbein admet aussi 2 ozones :l'ozone proprement dit ou oxygène négatif etVantozone ou oxygène positif. L'ozone et Pan-tozone en s'unissant forment l'oxyg. ordinaireou inactif. Cette polarité ressort de la manièredont se comportent certains oxydes avec l'acidecblorliydrique ; les uns (ozonides), donnentdu chlore et décomposent l'eau oxygénée ;les autres (autozonides) , donnent de l'eauoxygénée ; les premiers étant électro-négatifspar rapport aux seconds. L'existence de l'an-tozone est contestée par beaucoup de chi-mistes (V. J. ph. 1872). Cependant denouvelles expériences de Schcenbein et deM. Aleisner tendent à prouver que dans toutecombustion lente ou vive, c'est l'ozone quioxyde, et Pantozone en présence de l'eauforme de l'eau oxygénée. Selon le chimiste deBàle, l'ozone jouerait un grand rôle dans lamétéorologie morbifique : on déviait lui rap-porter certaines épidémies de grippes , de touxcatarrhalcs ; le choléra, 'la malaria, les affec-tions paludéennes. Il semblerait exister unerelation entre la présence ou l'absence del'ozone dans l'atmosphère et la disparitionou l'apparition de certaines maladies épi-démiques, telles que le choléra. L'ozoneserait donc un agent de purification de l'air,qu'il débarrasserait de ses propriétés miasma-tiques : c'est ce qui paraîtrait résulter des ob-servatïons faites à Rouen, par Al. Uouzeau; àVersailles, par Al. le docteur Bérfgny; et derecherches venues de l'Inde, dues à un mé-decin anglais qui, par ordre de l'intendancesanitaire de la présidence de Bombay, fitdes observations ozonométriques dans seizestations différentes ou hôpitaux civils etmilitaires.

On reconnaît la présence de l'ozone dansl'atmosphère à l'aide du papier d'iodure potas-sique qu'il brunit. Comme ozonométre ou ozonos-cope, destiné à mesurer approximativement lesquantités d'ozone contenues dans l'air ou dansun gaz, on emploie le papier iodiiro-amidonnéde Schœnbein, c'est-à-dire du papier im-prégné d'un mélange d'amidon et d'iodure de